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 Les dernières parutions

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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 18:18

- Rien
de Janne Teller
Éditions Les Grandes Personnes / Septembre 2012


Le jour de la rentrée, Pierre Anthon, élève de 4e, annonce qu'il a compris que la vie n'a pas de sens, "parce que tout commence pour finir", avant de quitter l'école. Ses copains de classe, perturbés, décident de lui prouver qu'il a tort en constituant un "mont de signification". Chacun devra y déposer quelque chose qui en a, justement, de la signification. Tout y passe crescendo: les jolies sandales vertes, la croix du Christ, le cercueil du petit frère, la virginité de Sophie. Tous font un sacrifice demandé par les autres. Mais à ce jeu, la surenchère va bientôt gagner les esprits, jusqu'à l'irréparable. Les séquences de ce court roman s'enchaînent sur un mode profondément poétique, jamais condescendant envers des personnages qui dévoilent petit à petit leur part sombre. Une véritable réflexion sur le sens de la vie, dont les protagonistes sont ce qu'ils doivent être à un âge où la naïveté, la clairvoyance et la morbidité se rencontrent. Ou comment rendre compte de la densité des premiers soupçons métaphysiques.


- Risibles amours
de Milan Kundera
Éditions Gallimard / Septembre 2012


"Je sais que tu as toujours été un type droit et que tu en es fier. Mais pose-toi une question: Pourquoi dire la vérité? Qu'est-ce qui nous y oblige? Et pourquoi faut-il considérer la sincérité comme une vertu? Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu te disputer avec lui? Vas-tu te déshabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires? Vas-tu lui dire en face ce que tu penses? Eh bien, dis-moi. Son frère se taisait, et Édouard poursuivit: Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es toi-même fou. C'est exactement la même chose avec le monde qui nous entoure. Si tu t'obstinais à lui dire la vérité en face, ça voudrait dire que tu le prends au sérieux. Et prendre au sérieux quelque chose d'aussi peu sérieux, c'est perdre soi-même tout son sérieux. Moi, je dois mentir pour ne pas prendre au sérieux des fous et ne pas devenir moi-même fou".


- Silence et tumulte
de Nihad Sirees
Éditions Robert Laffont / Septembre 2012


Une journée dans la vie de Fathi Chin, écrivain célèbre interdit de publication par le Chef suprême de son pays (un pays qui pourrait être... la Syrie). Ce jour-là, on célèbre les vingt ans de pouvoir du despote: sous un soleil de feu, des milliers de personnes défilent en hurlant des slogans, des haut-parleurs braillent en boucle les discours du dictateur et les miliciens, hors d'eux, s'acharnent sur la foule. Emporté par le mouvement, harcelé par la milice, assourdi par le tintamarre, Fathi est balloté d'un lieu à un autre dans un maelström de plus en plus extravagant. Il se retrouve dans un hôpital grand-guignolesque ou malades et morts s'entassent dans les couloirs, puis dans les bâtiments d'une administration tentaculaire. Là, il est renvoyé de service en service, oublié dans une antichambre, jeté dans une cellule d'isolement, puis interrogé par d'absurdes fonctionnaires qui se savent pas ce qu'ils disent, avant d'être enfin libéré. Et s'il pensait pouvoir échapper à ce délire en se réfugiant chez sa mère, il se trompait. Car dans sa volonté de gagner à sa cause cet écrivain dissident, le Chef suprême a décidé de s'immiscer jusque dans sa famille: sa mère, veuve, lui apprend qu'elle va épouser l'un des membres les plus éminents du gouvernement. Il ne reste donc à Fathi qu'un seul havre ou se mettre hors d'atteinte du pouvoir: l'appartement de Lama, sa maîtresse, ou règne un calme d'une autre époque. Là, dans le bonheur de l'amour et dans l'exultation des corps, Fathi croit trouver les éléments qui forgent la liberté. Mais comment savoir si, à l'instar du reste, ce dernier refuge n'est pas une illusion? Comment être sûr qu'il ne s'agit pas d'un rêve éveillé qui, à tout moment, peut basculer dans la cauchemar?


- Tout piller, tout brûler
de Wells Tower
Éditions 10-18 / Septembre 2012


Des marginaux, des rêveurs, des génies ratés s'escriment à masquer leurs déboires et leurs âmes en morceaux. Avec un esprit ravageur et une prose électrique, l'humanité de Wells Tower se disloque dans la poussière de combats perdus ou de familles consumées. À grand renfort d'humour, ses nouvelles saisissent sur le vif l'ombre et les voix qu'on enterre.


- Tout va très bien
de Charles Chadwick
Éditions Jacqueline Chambon / Septembre 2012


Tom Ripple est un type qui ne fait pas de vagues. Anglais moyen, il porte un regard singulier sur son existence banale. Marié à une femme socialement très engagée, il trouve plus reposant de se contenter de la vie plus ou moins telle qu'elle est. Rien ne le ravit tant que le petit train-train satisfait, la routine au ronron attachant. Il n'est pas non plus porté à vouloir découvrir la source et le sens des choses. Pourtant, sans raison apparente, il se met un jour à consigner sa vie par le menu. Avec un mélange d'honnêteté et de maladresse, d'humilité et d'auto-dérision, il raconte son quotidien de banlieusard sans histoires dans l'Angleterre des années 1970, ses relations avec ses voisins, son mariage qui se désagrège, ses enfants qui s'éloignent, la vie du petit village du Suffolk dans lequel il élit domicile, ses amours déçues, son retour à Londres, puis son ultime retraite dans une station balnéaire, la santé qui décline, les souvenirs qui refluent, et la fin d'un millénaire qui semble se confondre avec ses derniers jours. Écrit sur plus de vingt années et publié par un jeune auteur de soixante-dix ans, Tout va très bien compose une singulière et attachante épopée du quotidien. Avec ce gigantesque premier roman qui commence par une anecdote griffonnée sur un bout de papier et s'achève comme un monument destiné à entretenir un souvenir qui s'estompe, Charles Chadwick a écrit le grand monologue de l'homme ordinaire.


- Un héros
de Félicité Herzog
Éditions Grasset & Fasquelle / Septembre 2012


C'est une affaire de cordée trahie et de fratrie blessée. Félicité Herzog est une rescapée. Entre ce père (Maurice Herzog), premier homme à gravir l'Annapurna puis ministre sous de Gaulle, don Juan toujours absent, et cette mère trop intelligente, héritière des forges du Creusot, elle n'a pas eu une enfance comme les autres. Ses vacances, elle les a passées entre les deux châteaux familiaux, pour l'été, celui d'Apremont, et pour l'hiver, celui de la Celle-les-Bordes, que venait visiter la reine d'Angleterre. Elle raconte ce père illustre et décevant, ce père manquant, trop occupé à bâtir sa légende. Elle raconte ses grands-parents, ses oncles et tantes qui servirent de modèles à Proust, des gens d'un autre siècle, d'un autre monde, conservateur et suranné, au bord du précipice. Elle raconte aussi ses rapports intenses et houleux avec son frère Laurent, et le culte de l'exploit dans lequel on les éleva tous les deux, exploit sportif sur les pistes noires de Chamonix, exploit scolaire dans les plus grands lycées parisiens. Un devoir d'excellence que sans doute Laurent n'a pas supporté. Est-ce pour échapper à tant de pression que le jeune homme finit par s'inventer un monde imaginaire, moins rude, où vivre selon son bon plaisir? Avec Laurent, sa folie et sa mort, c'est la tragédie qui s'installe dans l'existence apparemment si facile et dorée de Félicité. Un livre sobre et sincère, le roman des origines.


- Une question d'orgueil
de Pierre Assouline
Éditions Gallimard / Septembre 2012


Qu'est-ce qui pousse un homme à trahir son pays? Ou, plus précisément: qu'est-ce qui pousse, en pleine guerre froide, un haut fonctionnaire français, doté de responsabilités à la Défense et à l'OTAN, à transmettre des documents secrets au KGB pendant près de vingt ans? Ni l'argent ni l'idéologie. Quoi alors? Obsédé par ce cas unique dans les annales de l'espionnage, le narrateur d'Une question d'orgueil décide de tout faire pour retrouver cet antihéros de l'Histoire et tenter de déchiffrer ses mobiles. Une longue traque va s'ensuivre, où il reviendra à deux femmes de lui livrer les clés de ce monde opaque.


- Une semaine de vacances
de Christine Angot
Éditions Flammarion / Septembre 2012


Un court roman, une audace à couper le souffle, un morceau de littérature dont on ne sort pas indemne. Jamais Christine Angot n'a été si aiguë et si bouleversante.


- Une vie pour l'impossible
de Christine Jordis
Éditions Gallimard / Septembre 2012


Il s'agit d'une histoire vraie. Celle d'un homme qui, dans les années vingt, commença sa vie d'aventurier en Syrie, dans le désert du Djebel Druze, pour manquer de la finir, quelque cinquante ans plus tard, dans un autre désert, de glace celui-là, au pôle Nord, sur la banquise. Entre-temps il exerça le métier de banquier, de journaliste, d'industriel, de commerçant, autant de rôles qui ne le contentaient pas. Que cherchait-il vraiment? Une vie plus intense? Un horizon plus vaste? Trouver la liberté? Il fut un guerrier, héros de la bataille du mont Cassin, à la tête de la seule unité qui cassa la position allemande. Un voyageur qui toujours prit le large pour mieux entendre la voix qu'il portait en lui. Mais aussi un homme d'affaires avisé qui sut compter et calculer. Puis un saint qui, à soixante ans passés, ayant tout donné de ses biens, s'en alla vivre au Pôle parmi les Eskimos inuits. Son étrange destin lui réservait d'autres aventures, d'autres amours encore. En puisant dans lettres, articles, carnets et documents personnels, ce livre raconte une vie à hauts risques: celle d'un homme qui voulut s'évader de la société et de ses pièges pour mieux se rendre libre.


- 35 morts
de Sergio Alvarez
Éditions Fayard / Août 2012


Roman haletant où s'entrecroisent confessions et monologues au gré de l'actualité terrifiante de la Colombie, 35 Morts parcourt l'histoire de ce pays pendant les quatre dernières décennies. Depuis la naissance du protagoniste, en Colombie, jusqu'au dernier rebondissement, à Madrid, nous le suivons dans des aventures toutes plus réelles les unes que les autres: combats politiques, enlèvements, répressions, massacres, coups de filets. Un souffle d'écriture, un torrent où se mêlent mille voix qui hurlent leur volonté de vivre. Un univers de violence où les "mâles" sont fleur-bleue, pleurent d'amour et rivalisent de machisme, où les "gonzesses" espèrent toujours rencontrer le chevalier blanc et où la guérilla, la brutalité policière et le trafic de drogue constituent le paysage dans lequel il faut parvenir à survivre.


- 120 journées
de Jérôme Noirez
Éditions Calmann Lévy / Août 2012


Huit collégiens: quatre filles, quatre garçons âgés de douze à quinze ans. Ils se connaissent, s'ignorent, et se rendent au collège par des routes divergentes. Un soir, ils ne ressortent pas de leu rétablissement. Ils se réveillent à Silling, un lieu obscur, souterrain, mi-bunker mi-pensionnat où quatre mois durant, ils devront se plier à des rituels étranges, des simulacres scolaires, tantôt subjugués tantôt livrés à leur propre passivité, spectateurs et acteurs de drames sanglants. À ce récit se superpose celui d'un conteur radiophonique, chargé de s'adresser aux collégiens séquestrés depuis son ordinateur. Il se prête au jeu moyennant finance sans être convaincu d'avoir un auditoire. Le voilà qui narre des histoires d'adolescence drôles, tragiques, horrifiques, des contes de fées peuplés de princes-zombies et de limnées géantes. Entre le dedans et le dehors, le quasi-fantasme et le presque-réel, de bizarres conjonctions naîtront. "Parce que toute existence a besoin d'un récit. Ce n'est pas la puberté qui différencie l'enfant de l'adolescent, mais ce soudain déni de récit que les adultes imposent aux enfants quand ils décident de voir en eux autre chose. L'adolescent n'est qu'un enfant privé de récit, monsieur Duclos".


- 1948
de Yoram Kaniuk
Éditions Fayard / Août 2012


Yoram Kaniuk interroge ici le jeune homme qu'il a été en 1948, survivant d'une guerre (la guerre d'Indépendance) qui relève davantage de Charlot soldat que du récit héroïque. À partir d'anecdotes où l'horreur côtoie le burlesque, l'écrivain compose un puzzle inédit. Dans une écriture à la fois jaillissante et contrôlée, il retrouve son regard d'adolescent perplexe jeté dans la bataille avec, pour tout entraînement, quelques bains de mer glacés. Témoin privilégié d'événements qui le dépassent, d'un conflit où rien n'a été réglé malgré le prix humain démesuré qu'il exige encore, Yoram Kaniuk ne cherche ni à justifier ni à condamner. Magistralement, avec beaucoup de subtilité, en évoquant un conflit vieux de plus de soixante ans, l'écrivain nous parle d'aujourd'hui. Au fond de chaque description de ces combats d'où nul n'est ressorti vivant, c'est l'inanité de toutes les guerres qui nous prend à la gorge.


- À nous deux, Paris !
de Benoît Duteurtre
Éditions Fayard / Août 2012


1980. Le clinquant Forum des Halles a remplacé l'ancien "ventre de Paris", les bars des alentours résonnent de new wave. À peine arrivé de sa Normandie natale, Jérôme est certain de pouvoir épancher ici sa soif de modernité. Mais pour ce musicien de vingt ans pressé de se faire un nom, la "montée à Paris" est aussi un mythe gorgé de littérature. Rastignac vêtu de skaï, il cherche l'Histoire aux portes des boîtes de nuit et plonge dans un tourbillon futile, persuadé d'y retrouver l'esprit bohème.


- Arrive un vagabond
de Robert Goolrick
Éditions Anne Carrière / Août 2012


C'est au cours de l'été 1948 que Charlie Beale arriva à Brownsburg. Il était chargé de deux valises, l'une contenait quelques affaires et des couteaux de boucher, l'autre une importante somme d'argent. Charlie y tomba deux fois amoureux. D'abord, il s'éprit de cette ville paisible de Virginie dont les habitants semblaient vivre dignement, dans la crainte supportable d'un Dieu qu'ils avaient toutes les raisons de trouver plutôt bienveillant à leur égard. Une preuve parmi d'autres: il n'y avait encore jamais eu de crime à Brownsburg. La deuxième fois que Charlie tomba amoureux fut le jour où il rencontra Sylvan Glass.


- Avancer
de Maria Pourchet
Éditions Gallimard / Août 2012


D'abord Victoria, jeune personne en quête d'avenir. Peu pressée de cotiser et convaincue que tout arrive, elle est disposée à étudier n'importe quelle offre du Destin, en dehors du travail. Victoria se tient donc la plupart du temps au balcon, dans un état de vigilance avancée. Sous le même toit, Marc-Ange, quelqu'un d'assez facile à vivre. Jadis professeur de Victoria, il est aujourd'hui son compagnon alors qu'il s'était juré de ne pas tomber dans le panneau. De son prochain, Marc-Ange n'attend rien d'extraordinaire: qu'il aille voir ailleurs s'il y est. Ça ne l'empêche pas d'avoir un fils, le Petit, brillant sujet de dix ans prompt à donner son avis sur des questions extérieures à son champ d'expertise, dans une langue trop recherchée pour être honnête. Qui d'autre? Les Dupont. En ce moment les Dupont, un jeune, un vieux, l'un poli l'autre non, vivent sur le trottoir, d'air frais et d'on ne sait quoi. Bref chacun est à peu près à sa place. Pour l'instant. Tout arrive, en effet.


- Avez-vous l'adresse du paradis ?
de François Bott
Éditions Cherche Midi / Août 2012


Robert et René Maupas, Rose, Juliette, Jim Anderson, Lady Brett, Gatsby, Cécile et même les silhouettes de passage, comme la mascotte ou Léon Morand. Tous les personnages de ce roman montrent l'existence comme un grand jeu de cache-cache entre divers destins qui finiront par se recouper, se rejoindre, avec une impression de "déjà vu", illustrant ainsi la phrase de Paul Éluard: "Le hasard n'existe pas. Il n'y a que des rendez-vous". Et comme si l'amour, les sempiternelles raisons du cœurs étaient le seul rempart, si précaire, si fragile, contre le naufrage, la défaite de toute vie. Tout cela sur fond de rumeurs, de bruit, de fureur: les tourments et le tumulte de l'histoire, servis par un style majestueux et un humour à fleur de mots.


- Bois Sauvage
de Jesmyn Ward
Éditions Belfond / Août 2012


Esch Baptiste, quatorze ans, observe. Elle voit son père tenter de s'extirper des vapeurs de l'alcool pour consolider leur masure; elle voit Randall, son frère aîné, s'entraîner sans relâche au basket, dans l'espoir de décrocher une bourse sportive, d'échapper enfin à Bois Sauvage, à cette misère; elle voit Skeet, le cadet, voler de la nourriture pour China, son pitbull adoré, sa championne de combats; elle voit Junior, le petit dernier, chercher un peu de tendresse et d'attention; elle voit leur mère, morte en couches, qui veille sur eux malgré tout; et puis elle voit son corps qui change, ce secret dont elle ne peut parler à personne, ce bébé qu'elle n'attendait pas. Dans dix jours, un ouragan va frapper le golfe du Mexique. Mais cet ouragan n'est pas un ouragan comme les autres, c'est Katrina, la mère de tous les ouragans. Telle Médée dont Esch lit et relit l'histoire, Katrina est venue pour tuer.


- Brioche
de Caroline Vié
Éditions JC Lattès / Août 2012


"Il paraît que tu n'es pas très beau. Tout le monde me le dit et c'est sans doute un fait. Je le vois. Je le sais. Tu transpires un peu. Et j'ai rarement vu quelqu'un d'aussi mal fagoté. Quand tu marches, tu te dandines. Tes jambes sont arquées. Ta silhouette est un peu voûtée comme si ta tête était trop grosse, trop lourde pour le reste de ton corps. Tu as largement dix kilos de trop. J'ai bien vu tout ça. Mieux que personne. Mais j'aime chacun de tes défauts. Comme je suis seule à les chérir, tes faiblesses n'appartiennent qu'à moi. Et puis, un jour, j'ai appris que tu étais marié. C'est là que j'aurais dû poser les armes, mais je ne l'ai pas fait parce qu'on ne change pas les rayures d'un zèbre". Elle croise à longueur de journée des stars de cinéma, enchaîne les voyages exotiques, est mariée à un homme formidable qui lui a donné un petit garçon modèle. Bien sûr, elle s'ennuie. Jusqu'au jour où elle le rencontre, au hasard d'une interview. Avant lui, elle ne savait rien de l'amour. On ne soupçonne jamais les folies qui sommeillent en nous.


- Ce que savait Jennie
de Gérard Mordillat
Éditions Calmann Lévy / Août 2012


À vingt-trois ans, Jennie n'a qu'un but dans la vie: réunir ses sœurs et son frère dispersés dans des familles d'accueil et un foyer afin de les emmener voir la mer depuis les falaises d'Étretat. Au cours de cette quête à travers la France, Jennie va rencontrer Quincy, un acteur qui ne veut plus l'être. Lui aussi est animé d'une volonté sans faille: venger le suicide de sa mère. Unis face au pire et portés par une détermination farouche, ces amants tragiques mettront tout en œuvre pour parvenir à leurs fins. Un récit incarné par une héroïne bouleversante et sublime, où l'espoir mène tout droit à la folie.


- Certaines n'avaient jamais vu la mer
de Julie Otsuka
Éditions Phébus / Août 2012


L'écriture de Julie Otsuka est puissante, poétique, incantatoire. Les voix sont nombreuses et passionnées. La musique sublime, entêtante et douloureuse. Les visages, les voix, les images, les vies que l'auteur décrit sont ceux de ces Japonaises qui ont quitté leur pays au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis un homme qu'elles n'ont pas choisi. C'est après une éprouvante traversée de l'océan Pacifique qu'elles rencontrent pour la première fois celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui dont elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir. À la façon d'un chœur antique, leurs voix se lèvent et racontent leur misérable vie d'exilées, leur nuit de noces, souvent brutale, leurs rudes journées de travail, leur combat pour apprivoiser une langue inconnue, l'humiliation venue des Blancs, le rejet par leur progéniture de leur patrimoine et de leur histoire. Une véritable clameur jusqu'au silence de la guerre. Et l'oubli.


- Ciseaux
de Stéphane Michaka
Éditions Fayard / Août 2012


"Jour après jour, j'entends dire qu'on ne vit pas dans un monde de certitudes. Qu'il n'y a de certain que l'amour, tant qu'il dure, la famille, tant qu'elle se maintient, les amis quand ils sont de passage. Autant dire, tout cela n'est pas plus sûr que le reste. Alors quoi? Est-ce qu'on doit se passer de certitudes? Est-ce qu'on peut tenir longtemps, sans un ou deux cailloux dans le creux de la main? Je crois que dans mes nouvelles je n'ai jamais parlé d'autre chose. Je m'appelle Raymond. Je suis écrivain. Enfin, j'espère le devenir".


- Comme une bête
de Joy Sorman
Éditions Gallimard / Août 2012


"Pim passe sa main partout où il peut, identifie à haute voix le jarret, la côte première et le filet mignon, les mots la font rire et puis moins quand il passe à la tranche grasse et au cuisseau. Le corps de l'apprenti ankylosé par des jours de découpe, de désossage et de nettoyage se détend enfin, s'assouplit, ses mains se décrispent, la chair est mobile, la peau se griffe, le sang détale dans les veines, il pose ses doigts sur les tempes de la fille, ça pulse". Comme une bête est l'histoire d'un jeune homme qui aime les vaches au point de devenir boucher.


- Cool Water
de Dianne Warren
Éditions Presses De La Cité / Août 2012


Les attentes, les peurs et les rêves se mêlent, à l'Oasis Café, unique lieu de rencontre d'une ville de 1011 âmes où il ne se passe jamais rien. Un jour, pourtant, surviennent dans la vie de certains habitants des événements qui vont influencer à jamais celle de leurs voisins. Dans ce décor faussement calme, les langues se délient, les conflits latents explosent, les existences se transforment, pour le meilleur et pour le pire.


- Dieu n'est même pas mort
de Samuel Doux
Éditions Julliard / Août 2012


Jeune trentenaire parisien, Elias apprend, non sans soulagement, que sa grand-mère maternelle, femme culpabilisante et anxiogène, vient de mettre fin à ses jours. Contraint de se rendre à Poitiers, qu'il exècre, pour organiser les funérailles, il découvre que la vieille dame juive s'est volontairement suicidée lors de Yom Kippour, jour du Grand Pardon. Si le geste est déjà chargé de symboles, le cauchemar ne s'arrête pas là, car la date ne dit pas la manière, et sur ce sujet tout le monde se tait. Elias se lance alors dans la recherche fiévreuse d'une bague sertie de diamants dont il doit hériter, témoignage d'une histoire séculaire. Trois jours durant le jeune homme suit le jeu de piste laissé par sa grand-mère, prépare sans conviction la cérémonie d'adieux, prévient des gens indifférents, tout en essayant de faire taire les fantômes familiaux. Finalement, il se prend les pieds dans le tapis de son histoire, celle qu'il connaît comme celle qu'il ignore. Trois autres récits croisent alors celui d'Elias pour l'éclairer d'un nouveau jour. Son arrière-grand-père, Moshe Herschel, nous raconte sa Pologne natale et les horreurs quotidiennes infligées aux populations juives par les soldats du Tsar. Vingt ans plus tard, exilé en France, il échappe à la barbarie nazie, mais le reste de sa famille est décimé. Paul Serré, le grand-père d'Elias, remonte, lui, le fil de sa jeunesse sous l'Occupation, découvrant avec inquiétude son goût pour les hommes. Enfin, vient le récit d'Emmanuelle, la mère d'Elias, jeune femme exaltée qui se jette à corps perdu dans l'euphorie des années soixante, et nous dit sa soif de vivre, trop tôt brisée par l'arrivée d'un cancer.


- Discordances
de Anna Jörgensdotter
Éditions JC Lattès / Août 2012


Nos récits s'entrelacent telles les bandes de lirette dans la trame d'un tapis. Et chacun y reste pris. Jusqu'à l'usure. En devient partie intégrante. L'idée de départ était peut-être autre que le résultat, ou alors nous sommes parfaits, un récit parfait, sur tout, sur rien. Sur la vie telle qu'elle a été. Mais jamais sur ce qu'elle aurait pu être. Je suis tissée dans ton récit. Inextricablement. Cinq frères et sœurs grandissent dans une petite communauté suédoise au pied du mont Kungsberg: deux frères, Edwin et Otto, et trois sœurs, Karin et Sofia, qui restent inséparables jusqu'à ce que l'amour puis la mort les sépare, tandis qu'Emilia sillonne les rues à bicyclette en rêvant d'évasion. Tout commence en 1938, lorsqu'une maison prend feu, celle de Mlle Filipsson, femme singulière venue d'on ne sait où. Edwin est le seul à la pleurer. Un an plus tard, c'est l'Europe entière qui s'embrase. Le jour même de l'invasion de la Pologne, une petite fille naît, et Karin, sa mère, agonise. Chacun des membres de la fratrie poursuit sa vie, entre rêves et désillusions. Au long de deux décennies, Anna Jorgensdötter nous livre un roman choral semé d'amour et de drames, marqué par les disparités entre hommes et femmes dans une société en mutation.


- En attendant que les beaux jours reviennent
de Cécile Harel
Éditions Les Escales / Août 2012


Tour à tour mélancolique et lumineux, violent et tendre, En attendant que les beaux jours reviennent nous livre le portrait d'une femme à la recherche d'elle-même, des siens et de l'amour. Sa lutte pour sauver son frère de la folie, les rendez-vous manqués avec son père, la mort de sa mère, sa relation fusionnelle avec son mari, toutes ces heures de la vie d'une femme sont évoquées avec grâce, émotion, humour dans un roman poignant, pudique et d'autant plus bouleversant.


- En retard sur la vie
de Éric Paradisi
Éditions Fayard / Août 2012


Publier des romans ne m'empêche pas de rater ma vie amoureuse. Mais lorsqu'une réalisatrice m'a demandé d'embrasser Meryl dans le champ de la caméra, mon cœur a basculé. À l'image, c'était un baiser de cinéma, pour nous, bien plus qu'une scène de comédie romantique. Contrairement à moi, Meryl n'était pas figurante, c'était une vraie comédienne, et en amour elle n'acceptait que le premier rôle. Peut-on s'aimer lorsque l'un crée des personnages et que l'autre en interprète? Dans mes livres le sentiment prend toute la place. Si seulement je parvenais à concilier deux histoires, celle que je vis et celle que j'invente. Mais l'écriture est si possessive qu'elle m'empêche de vivre. Pourtant je ne voulais pas passer à côté de la vie. Ni à côté de Meryl.


- Escalier F
de Jeanne Cordelier
Éditions Phébus / Août 2012


L'enfance n'est pas toujours le nid douillet rêvé. Au sixième étage du 14, rue Hoche à Malakoff, une fratrie a subi, dans les années cinquante, les assauts d'un milieu familial violent. "On a toujours fait front, juchés sur le cheval imaginaire ailé que ma sœur et moi avions dessiné, elle le haut, moi le bas, sur les portes tristement blanches et écaillées du buffet de la cuisine. Ensemble, serrés les uns contre les autres, nous n'étions pas qu'une nichée, qui se tenait chaud. Nous étions un bouquet d'arbres écorcés, qui souvent tremblait, mais jamais ne ployait". Le temps a passé. L'appartement s'est vidé et la mère poursuit sa tyrannie faite de plaintes, d'alcool et d'explosions de rage. Les enfants eux se sont dispersés, tenus par un amour fraternel rarement démenti. Dany, devenue romancière à succès, mariée à un homme parcourant le monde, raconte ses frères et sœurs et les chemins qu'ils ont pris. Apparaît alors, sans pathos ni faux-semblants, la vie et ses coups durs. Les rêves parfois. Une écriture aussi, faite de sensibilité et de force, qui rend toute leur dignité à ces êtres fragiles et pétris d'humanité qui ne demandaient qu'un peu de soleil.


- Fermeture éclair
de Carl Aderhold
Éditions JC Lattès / Août 2012


"Il est des hommes que la beauté des femmes électrise, réveillant en eux l'instinct de possession, d'autres, dépourvus de toute imagination, chez qui elle ne produit qu'une brève oscillation parmi le flux des informations gérées par leur cerveau, et d'autres enfin que ce spectacle tétanise. Ainsi était Laurent". Laurent, ouvrier depuis plus de vingt ans dans une usine de pots catalytiques, la Contilis, est brutalement licencié pour cause de délocalisation en République tchèque. À la suite d'une séquestration mouvementée de son patron, il se retrouve seul: sa femme, l'unique amour de sa vie, est partie en emmenant leur fils. Laurent semble alors condamné aux stages inutiles et au chômage longue durée, jusqu'au jour où le Conseil régional lui propose de disputer avec ses anciens collègues la Coupe du monde de football des sans-emplois. Portrait d'une revanche sur la vie, Fermeture éclair dépeint avec humanité et finesse la fin du monde ouvrier, ses conséquences sociales, mais aussi ses espoirs.


- Gains
de Richard Powers
Éditions Cherche Midi / Août 2012


1830. La famille Clare crée à Boston une petite entreprise de savon. Celle-ci va évoluer au rythme des États-Unis et devenir, un siècle et demi plus tard, une véritable multinationale. Des plantes médicinales aux cosmétiques, détergents et autres insecticides, des pionniers inventifs au règne de la communication et du libéralisme, le chemin sera long et impitoyable.
1998. Laura Bodey, 42 ans, divorcée, mère de deux enfants, travaille dans l'immobilier à Lacewood, Illinois, siège des usines de Clare Inc. Sa vie va basculer et son destin converger d'une façon inattendue avec celui de la multinationale, faisant d'elle une victime révoltée par l'idée de fatalité.


- Générosité
de Richard Powers
Éditions 10-18 / Août 2012


Le bonheur est-il génétique? Jeune Algérienne réfugiée aux États-Unis, Thassa poursuit ses études à Chicago. Pleine de vie, lumineuse, le scientifique Thomas Kurton en est certain: la jeune fille détient génétiquement le secret du bonheur. Une conviction qui les jette dans une course à la science effrénée et met en gage le sourire de l'humanité.


- Ils désertent
de Thierry Beinstingel
Éditions Fayard / Août 2012


Ses collègues l'appellent l'ancêtre ou l'ours, peu importe le surnom, pourvu qu'on lui concède sa vie de solitude sur les routes. Il est VRP en papier peint depuis quarante ans. Soudain, sa hiérarchie voudrait qu'il vende aussi des canapés. Mais quand il songe au temps qu'il a fallu à l'espèce humaine pour apprendre à se tenir debout, il juge cette évolution déshonorante. D'où lui vient une telle idée? Peut-être de la correspondance de Rimbaud. Car, en chemin, toujours, il emporte les œuvres du plus célèbre voyageur de commerce. C'est une toute jeune femme sans beaucoup d'appuis, elle ne doit son diplôme de commerce qu'à son mérite. Et elle vient d'être nommée à la tête de l'équipe de ventes. Salaire inespéré, qui lui a permis d'acheter à crédit un appartement trop grand pour elle, dont une pièce reste obstinément vide. Y installerat-elle un canapé? Peut-être le jour où elle fera une rencontre amoureuse qu'elle ne jugera pas comme une menace. La première mission de la jeune femme est claire: licencier l'ancêtre sans délais. Ils devraient s'affronter. Mais l'être humain trouve parfois d'étonnantes ressources pour braver la logique d'entreprise en se réinventant un destin.


- Invulnérable
de Iris Wong
Éditions Stock / Août 2012


Une jeune femme s'enferme avec le cadavre de son mari la veille de son enterrement. Elle compte sur cet ultime face à face pour percer le mystère de son suicide et chasser toute trace de chagrin et de culpabilité. Elle nourrit même le fol espoir d'en sortir grandie et plus invulnérable que jamais.
Car notre héroïne est une femme habitée par une ambition et une volonté de puissance hors du commun, et elle a choisi le terrain de la politique pour les exercer. Chef de cabinet de la ministre de l'Écologie, elle est parvenue à conquérir ce poste grâce à son audace et à son intelligence mais n'a pas l'intention de s'arrêter là. Depuis son adolescence, elle met tout en œuvre pour atteindre un rêve: devenir la première femme présidente de la République française. Or le suicide de son mari pourrait bien compromettre ses plans. Sa vie, ses espoirs, ses angoisses, ses fantasmes, sa vision implacable de la société n'auront bientôt plus aucun secret pour nous. Avec elle, nous traverserons tous les déchirements que cette confrontation va provoquer. Avec elle, nous mourrons et nous vaincrons.


- Kalooki nights
de Howard Jacobson
Éditions Calmann Lévy / Août 2012


Dans le Manchester des années 1950, deux garçons passaient des heures terrés dans un abri antiaérien à rédiger une bande dessinée intitulée Cinq mille ans d'inquiétude. Drôle de tandem: d'un côté, Max Glickman, rejeton d'un ancien boxeur athée et communiste et d'une créature de rêve obsédée par des parties de cartes entre amies; de l'autre, Manny Washinsky, sa famille orthodoxe, ses coutumes ancestrales, sa culture talmudique, sa fascination pour les nazis. Devenu dessinateur humoristique, Max a bâti sa carrière sur sa passion pour les femmes non juives aux prénoms affublés d'un tréma. Manny pour sa part a passé ses plus belles années en prison, après avoir assassiné ses parents durant leur sommeil. Contacté par un producteur pour écrire un scénario portant sur l'incroyable histoire de Manny, Max renoue avec ce dernier lorsqu'il est libéré de prison. Peut-être, en revisitant leur enfance dans le quartier de Crumpsall Park, finira-t-il par comprendre ce qui a poussé son ami à commettre un crime abominable. Suffit-il, pour devenir un assassin, d'écouter les fantômes des pères de ses pères?


- Kolka
de Bengt Ohlsson
Éditions Phébus / Août 2012


"À partir de maintenant, ce sera l'anglais. C'est ma nouvelle vie". C'est sur cette déclaration lapidaire que l'adolescente sans nom ouvre son journal, le soir même du remariage de son père. Brutalement transplantée de Lettonie en Angleterre, elle décide de couper définitivement les liens qui la rattachaient à son pays d'origine et choisit d'oublier sa langue maternelle. Décision qui aura un bruit de déflagration. L'insolente, la capricieuse, la cynique, la sentimentale, la voleuse, l'intrépide, la couarde, la fiévreuse jeune fille arpente les pelouses et la demeure patricienne de sa riche et tendre belle-mère, observe avec cruauté et amour son père, fréquente les supermarchés, s'égare dans la nuit et engage une conversation, via Internet, avec un bien étrange personnage, loup ou ogre, sûrement les deux. Les monstres convoitent et manipulent toujours le Petit Chaperon rouge. Dans un constant décalage culturel, linguistique et identitaire, Kolka est l'un des plus percutants portraits d'adolescente de ces dernières années.


- L'Alpha
de Nadia Bouzid
Éditions Plon / Août 2012


Depuis qu'elle s'est réveillée dans cette maison sinistre et encombrée de vieilleries poussiéreuses, Léo a l'impression de vivre hors du monde. Mais elle n'a pas vraiment le choix depuis qu'un incendie a ravagé son immeuble et qu'elle a échoué à L'Alpha, le vieux cinéma d'art et d'essai du quartier. Andrea, la propriétaire, lui a proposé un étrange marché: la loger en échange d'un travail qui tarde à venir. En attendant, Léo se voit confier des tâches plus absurdes et insensées les unes que les autres. Andrea est impénétrable, autoritaire, souvent bizarre. Inquiétante à l'image de sa maison, où elle se déplace en silence, surgissant à l'improviste. Bientôt, Léo a l'impression d'être surveillée par les murs eux-mêmes et finit par ne plus savoir qui elle est, ni ce qu'elle fait là. Que lui veut Andrea? Pourquoi personne ne doit-il savoir où elle vit? Quels sont ces bruits qu'elle entend dans la maison?


- L'amer orange
de Teodoro Gilabert
Éditions Buchet Chastel / Août 2012


Une maison orange accrochée à une falaise de calcaire, au milieu d'une garrigue qui peine à se maintenir face aux assauts du vent salé, constitue le meilleur amer qu'un marin puisse espérer. C'est aussi un excellent poste pour observer les faits et gestes de ceux qui fréquentent cette calanque proche de Marseille. Faits et gestes consignés par le narrateur dans un journal de bord un brin fantasmatique. À moins qu'il ne s'agisse d'un prétexte pour faire le point sur sa vie, sur la nécessité d'écrire et sur la permanence de ses sentiments pour Carole, sur le lieu de leur idylle, vingt ans plus tard. Car L'amer orange est avant tout une déclaration d'amour.


- L'amour sans le faire
de Serge Joncour
Éditions Flammarion / Août 2012


Après dix ans de silence, Franck téléphone un soir à ses parents. Curieusement, c'est un petit garçon qui décroche. Plus curieusement encore, il s'appelle Alexandre, comme son frère disparu des années auparavant. Franck décide alors de revenir dans la ferme familiale. Louise, elle, a prévu d'y passer quelques jours avec son fils. Franck et Louise, sans se confier, semblent se comprendre. "On ne refait pas sa vie, c'est juste l'ancienne sur laquelle on insiste", pense Franck en arrivant. Mais dans le silence de cet été ensoleillé et chaud, autour d'un enfant de cinq ans, "insister" finit par ressembler à la vie réinventée. L'Amour sans le faire, c'est une histoire de la tendresse en même temps qu'un hymne à la nature, une nature sauvage, imprévisible, qui invite à changer, et pourquoi pas à renaître.


- L'Ange de la renardière
de Paul Couturiau
Éditions Michel Lafon / Août 2012


Le jour où Alexandre revient à La Renardière, grande propriété des Bazelaire en Lorraine, son frère aîné s'apprête à fuir en Amérique à la suite d'un drame familial, abandonnant la place de maître de forges qui lui était destinée. Dans la tourmente économique mondiale des années 1860, Alexandre, ingénieur jeune et ambitieux, incarne dorénavant l'espoir et l'avenir. Lui qui rêvait de Paris et de constructions architecturales avec son ami Gustave Eiffel se trouve confronté à un dilemme: faire entrer l'entreprise familiale de métallurgie dans une ère nouvelle ou risquer de la voir péricliter. Mais en pleine révolution industrielle, alors que le conflit avec l'Allemagne voisine devient inévitable, les Bazelaire se déchirent: scandales, non-dits et amours coupables ressurgissent. Quand Alexandre tombe éperdument amoureux de la belle et surprenante Emily, la femme de son meilleur ami et associé, il a conscience qu'il risque de ruiner l'œuvre de plusieurs générations. Au milieu des tensions économiques et des déchirures familiales, Alexandre peut-il encore sauver l'honneur et la fortune des Bazelaire?


- L'attachement
de Florence Noiville
Éditions Stock / Août 2012


Quand Anna découvre la longue lettre que sa mère Marie a écrite, cette dernière est morte. Et a disparu avec son secret. Cette lettre est adressée à son premier grand amour, un professeur beaucoup plus âgé qu'elle, tellement moins gracieux. Cette lettre, Marie l'a-t-elle envoyée? Cet homme l'a-t-il reçue? Anna enquête alors auprès de sa famille et d'anciens camarades, et cherche à comprendre ce qui a lié sa mère à ce professeur. Qui était l'homme aimé? Est-il encore vivant? Le retrouver aidera-t-il Anna à mieux connaître une mère disparue quand elle avait quatorze ans? À partir de cette parcelle d'amour fou observée à la loupe sous divers points de vue, mère et fille tentent de répondre à la même question: qu'est-ce qui se joue en nous lorsque nous nous attachons à quelqu'un dont nous n'aurions jamais dû nous approcher?


- L'enfant grec
de Vassilis Alexakis
Éditions Stock / Août 2012


C'est l'histoire d'un va-et-vient incessant entre deux jardins, celui de l'enfance, situé dans le quartier de Callithéa à Athènes, et le jardin du Luxembourg, où le narrateur erre péniblement, soutenu par ses béquilles. Il vient de subir une grosse opération, mais qui n'intéresse plus personne, sauf la dame qui tient les toilettes du jardin, un clochard nommé Ricardo, la directrice du théâtre de marionnettes et un vieil homme à cheveux blancs qui ressemble à Jean Valjean. La solitude fait peu à peu surgir autour de lui tous les héros de son enfance, ceux qui ont réellement fréquenté le Luxembourg, comme Jean Valjean et les trois mousquetaires, mais aussi Tarzan qui ne comprend pas pourquoi on construit des maisons autour des jardins alors qu'il y a tant de places dans les arbres, des orphelins, des pirates, des Indiens et Richelieu qui surveille tout ce petit monde à travers les fenêtres du Sénat. Il y a aussi la mort, représentée par une marionnette géante vêtue de blanc qui a des pattes de poulet à la place des mains, et une belle Italienne coulée dans du bronze. Le bruit du monde parvient assourdi jusqu'au jardin: on entend les cris des jeunes gens qui manifestent place de la Constitution à Athènes, on apprend que Zorba a dansé dans le Bundestag devant les députés allemands. Comme les romanciers aiment bien envoyer leurs personnages sous terre, dans les égouts ou dans les terriers, l'histoire finira dans les catacombes. Jean Valjean aura la bonté de porter le narrateur sur son dos. Comme on le devine, le personnage central du roman est la littérature.


- L'escalier de Jack
de Jean Cagnard
Éditions Gaïa / Août 2012


"Et vous, que vouliez-vous faire quand vous étiez petit? Qui rêviez-vous de devenir?" De moulages en plâtre vendus pour le compte du curé au trafic de métaux transportés dans la carriole maternelle, vous découvrez que certaines activités sont rémunératrices. D'autres moins. Dans une ville du nord normand, les usines dessinent de drôles de poèmes dans le ciel, et aliènent les travailleurs tout en nourrissant les familles. Les années 70 fleurissent, vous prenez la route, guitare en bandoulière. De petits boulots en petits boulots, vous éprouvez une affection tout en retenue pour le salaire minimum interprofessionnel de croissance. Gagner plus? Pas de ça chez vous. Soudain les livres entrent dans votre vie, et c'est la révélation. Comme si, plutôt que de gravir les échelons, mieux valait dévaler les escaliers.


- L'esprit de mes pères
de Patricio Pron
Éditions Flammarion / Août 2012


Au chevet de son père mourant, un jeune écrivain argentin découvre que son père nourrit depuis des années une véritable obsession pour un homme assassiné dans de mystérieuses circonstances en 2008. Sans le vouloir, il se lance sur les traces de son histoire familiale en cherchant à comprendre pourquoi son père traquait le moindre indice concernant ce fait divers. D'une écriture incisive, presque chirurgicale à la façon d'un Truman Capote, Patricio Pron met en scène les malaises d'une société argentine toujours malade de son passé. Ce n'est plus son histoire ni celle de son père qu'il raconte mais la douleur de toute une génération d'enfants en attente de réponses, si douloureuses soient-elles.


- L'hiver des hommes
de Lionel Duroy
Éditions Julliard / Août 2012


Pourquoi la fille du général Mladic, commandant en chef des forces serbes durant le siège de Sarajevo, accusé de génocide, s'est-elle tirée une balle dans la tête avec le revolver préféré de son père? C'est pour tenter de répondre à cette question que Marc, écrivain, passionné depuis toujours par le destin des enfants de criminels de guerre, s'envole pour Belgrade en novembre 2010 alors que rien ne va plus dans sa propre vie. À Belgrade, il est amené par d'étonnants hasards, ou malentendus, à rencontrer quelques-uns des plus proches lieutenants du général Mladic, des hommes pour la plupart recherchés pour crimes de guerre. Ce sont eux qui l'encouragent à partir pour la petite République serbe de Bosnie ou, disent-ils, il rencontrera le véritable peuple serbe, celui qui a gagné la guerre et continue de se battre aujourd'hui contre les Musulmans. Arrivé à Pale, la capitale historique des Serbes de Bosnie, un ancien village de montagne devenu une ville de trente mille habitants prise sous un mètre de neige, Marc découvre une population emmurée dans le désespoir, abandonnée de tous, mais cependant persuadée d'avoir mené une guerre juste. Les ex-officiers ne nient pas avoir commis les crimes les plus épouvantables contre leurs anciens voisins musulmans et croates, mais ils estiment avoir agi en état de légitime défense et avoir été trahis par leurs anciens alliés français. Pour se justifier, ils font à Marc le récit de leur guerre, ne cachant rien des atrocités qu'ils ont commises, ou qu'ils ont subies. Marc ne les juge pas, des jours et des nuits durant il les écoute. Ce sont pour la plupart des hommes attachants, exceptionnels parfois, qui luttent aujourd'hui contre leur propre conscience, contre leurs cauchemars aussi, enfermés dans une prison dont ils sont les geôliers. L'écrivain éprouve à leur endroit une curieuse empathie, comme si cet enfer dans lequel ils se sont enfermés faisait écho à son propre désarroi.


- L'homme qui aimait ma femme
de Simonetta Greggio
Éditions Stock / Août 2012


Deux frères, Alexandre et Yann, aiment la même femme, Maria, rencontrée au milieu des années 1960 alors qu'ils sont tous les trois étudiants. Pendant plus de quarante ans, elle sera le pivot de leur vie et la spectatrice intime de cette histoire d'amour qui va se dérouler essentiellement à Paris, noyau politique, littéraire et artistique d'une France en mutation. Alexandre, l'aîné, deviendra professeur de lettres, Yann, le cadet, après un passage à l'École Normale Supérieure, sera avocat, Maria écrira des biographies. Le mouvement pacifiste et hippie va laisser place aux paillettes du premier néolibéralisme puis aux différentes crises économiques qui aboutiront à la récession des années 2000, Truffaut tournera Jules et Jim, Lacan endoctrinera des cohortes de jeunes psychanalystes, Althusser étranglera sa femme, Jankélévitch et Levinas croiseront Derrida, Deleuze, et même Lagarde et Michard. C'est Allis, amie d'Alexandre et témoin extérieur, qui nous raconte l'histoire belle mais terrible de ces quarante années d'amour et de trahison.


- L'inconscience
de Thierry Hesse
Éditions de l'Olivier / Août 2012


Chez les Vogelgesang, une famille catholique, traditionnelle et alsacienne, quatre fois par an, la mère imposait à ses deux fils un "petit examen du cœur", dans le but de les aider à grandir, de les rendre plus responsables, plus humains. Que sont-ils devenus? Carl, après avoir fondé une famille et travaillé vingt ans dans la même mutuelle, a radicalement changé d'orientation: il s'est laissé envoûter par un certain Stern, dont il est devenu en quelques semaines l'associé et l'amant. Il vit, ou plutôt vivait, à Metz, car pour l'heure il est plongé dans un coma profond après une chute inexpliquée de la fenêtre de son agence. Marcus, l'aîné, célibataire, séducteur et insouciant, a multiplié les expériences avant de se fixer à Roubaix, où il enseigne l'ethnologie et couche avec ses étudiantes.


- La blonde et le bunker
de Jakuta Alikavazovic
Éditions de l'Olivier / Août 2012


À Paris, dans une maison blanche et moderne, vivent la blonde Anna, une photographe reconnue, Gray, son jeune amant, et John Volstead, un écrivain dont elle vient de divorcer. Anna habite au premier étage, Gray occupe la chambre bleue du rez-de-chaussée tandis que John hante le sous-sol en forme de bunker. John, qui a connu la gloire avec son roman Les Narcissiques anonymes, se remet à l'écriture: un livre sur Anna et la fin du monde, dont il prie Gray de lui lire des fragments. Ce livre restera inachevé car John meurt subitement. Il lègue à Gray la Castiglioni, une collection d'œuvres d'art mythique dont l'existence même n'est pas avérée. Gray doit alors mener deux enquêtes qui pourraient bien n'en faire qu'une: comprendre l'origine d'une mystérieuse photo qu'Anna n'a de cesse de détruire, et retrouver la fameuse collection.

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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 18:10

- La déesse des petites victoires
de Yannick Grannec
Éditions Anne Carrière / Août 2012


Université de Princeton, 1980. Anna Roth, jeune documentaliste sans ambition, se voit confier la tâche de récupérer les archives de Kurt Gödel, le plus fascinant et hermétique mathématicien du XXe siècle. Sa mission consiste à apprivoiser la veuve du grand homme, une mégère notoire qui semble exercer une vengeance tardive contre l'establishment en refusant de céder les documents d'une incommensurable valeur scientifique. Dès la première rencontre, Adèle voit clair dans le jeu d'Anna. Contre toute attente, elle ne la rejette pas mais impose ses règles. La vieille femme sait qu'elle va bientôt mourir, et il lui reste une histoire à raconter, une histoire que personne n'a jamais voulu entendre. De la Vienne flamboyante des années 1930 au Princeton de l'après-guerre; de l'Anschluss au maccarthysme; de la fin de l'idéal positiviste à l'avènement de l'arme nucléaire, Anna découvre l'épopée d'un génie qui ne savait pas vivre et d'une femme qui ne savait qu'aimer.


- La dernière nuit de Claude Eatherly
de Marc Durin-Valois
Éditions Plon / Août 2012


Texas, 1949: photographe-reporter débutante, Rose Calter est jolie, ambitieuse et obsessionnelle. Dans le petit tribunal de Sherman, elle croise un certain Claude Eatherly, un jeune vétéran de l'armée de l'air. Après enquête, elle découvre que cet ancien pilote a ouvert la route d'Hiroshima au premier bombardier atomique de l'histoire. C'est le début d'une relation mystérieuse et trouble de trente ans entre la photographe et l'ancien as de l'aviation qui a sombré dans la délinquance et la boisson, alternant prison et hôpital psychiatrique. Le beau pilote, qui fascine journalistes et intellectuels du monde entier, reste une énigme. Transformé par les médias en icône mondiale du pacifisme et en Dreyfus de l'ère nucléaire, est-il sincère ou cherche-t-il à s'emparer de la lumière noire d'Hiroshima afin d'entrer dans a postérité?


- La fabrique des illusions
de Jonathan Dee
Éditions Plon / Août 2012


Molly Howe ne s'attache à personne. Elle traverse l'existence telle une ombre, fuyante et insaisissable, son propre pouvoir de fascination lui échappe. Trop à l'étroit dans un monde étriqué, elle s'enfuit à Berkeley où elle rencontre John Wheelwright, étudiant en histoire de l'art, prêt à tout pour elle. Jusqu'à ce qu'elle disparaisse. À dix années de là, New York. John est devenu un jeune homme brillant, sa carrière dans la publicité démarre en flèche, il vient d'être repéré par le gourou visionnaire Mal Osbourne et s'apprête à le suivre dans un défi exaltant et révolutionnaire: tuer la publicité et sauver la création. Absorbé tout entier par l'aventure, il a presque oublié cette béance dans son passé, jusqu'à ce que Molly rejaillisse de l'ombre.


- La fille à la vodka
de Delphine de Malherbe
Éditions Plon / Août 2012


Alice est belle. À Paris, le monde lui sourit. Mais soudain, pour une raison mystérieuse, elle abandonne sa vie et part s'installer à Avignon. Dans la capitale du théâtre, elle tombe le masque devant un homme étrange qui l'attire. Face à lui, elle défaille et se révèle victime d'un mal tabou chez un nombre croissant de jeunes femmes: l'alcool. La passion amoureuse va-t-elle la guérir de la dépendance à la vodka? Pas à pas, telle une équilibriste fragile sur un fil tendu, elle avance avec hésitation entre la sagesse et le gouffre, entre l'ivresse de vivre et le vertige de l'amour.


- La leçon interrompue
de Hermann Hesse
Éditions Calmann Lévy / Août 2012


"Je ne saurais évoquer en des termes plus heureux toutes les heures de mon existence au cours desquelles, oublié du monde, j'ai joui d'un bref repos, tous les instants de bonheur inattendu ou d'amour libéré du désir qui me faisaient perdre la notion du temps qu'en les comparant à cette verdoyante image de mon enfance. Et j'ai le même sentiment à propos de toutes les choses que, ma vie durant, j'ai aimées et souhaitées pour mon délassement et ma plus haute jouissance, toutes les traversées de villages inconnus, toutes les soirées où je comptais les étoiles, toutes les heures passées étendu à l'ombre des feuillages, toutes mes conversations avec les arbres, les nuages et les enfants". Les cinq nouvelles réunies ici ont été écrites au cours d'une longue période, entre 1896 et 1949. Elle reflètent l'interminable quête de l'homme à la recherche de sa vérité, "les besoins impérieux de saisir les choses dans leur ensemble, d'en discerner les causes, la nostalgie d'un monde harmonieux et d'une certitude spirituelle".


- La mer, le matin
de Margaret Mazzantini
Éditions Robert Laffont / Août 2012


En Libye la révolte gronde. La guerre éclate. Dans un pays en proie à la violence, en pleine déroute, certains n'ont plus le choix. Il leur faut partir avant d'être tués, comme Omar, le mari de Jamila. La jeune femme part donc avec son petit garçon, Farid, trop jeune pour comprendre la violence des hommes. Farid ne connaît que le désert. La terre de ses ancêtres bédouins. Il n'a jamais vu la mer. Mais Jamila sait que le salut est là, que leur unique chance de survie est d'embarquer sur l'un de ces bateaux qui promettent de les mener en Sicile. Jamila a donné tout son argent au passeur, elle n'a plus rien, plus rien que cette dérisoire amulette qu'elle a nouée autour du cou de Farid, plus rien que son châle qui le protégera du soleil et du sel, plus rien qu'un peu d'eau qu'elle lui donne goutte à goutte, pour qu'il ne meure pas. Et cette force que le désespoir donne aux mères. De l'autre côté de la mer, vit un autre garçon, Vito, qui ne sait que faire de ses dix-huit ans. Vito est né en Sicile mais sa mère, Angelina, a vu le jour à Tripoli. Pendant onze ans, elle a été arabe. Avant qu'en 1970, Kadhafi, ayant pris le pouvoir, chasse les colons italiens de cette "quatrième rive" de l'Italie ou la faim les avait poussés à émigrer. Elle est partie avec ses parents, qui n'ont jamais pu se sentir chez eux en Italie. Un jour, Angelina a su que les Italiens pouvaient revenir en Libye. Faire du tourisme. Kadhafi était l'ami de Berlusconi. Alors Angelina est retournée à Tripoli avec son fils, Vito, et sa mère, Santa. Angelina a marché sur les traces de son passé, de celui de tous ces Italiens qui ont travaillé la terre de Libye, de ses parents qui avaient repris une petite fabrique de bougies. Elle a même retrouvé Ali, son ami d'enfance. Mais la Libye n'est plus le pays de ses jeunes années, et Ali n'est plus le garçon d'autrefois. L'été n'en finit pas de s'achever. Vito traîne sur les plages son mal de vivre. Sur la grève, la mer dépose les débris d'un naufrage, les débris d'une histoire. Celle de tous ceux qui ont voulu fuir leur pays mais qui n'accosteront jamais aux rives de l'Italie. Vito ramasse ces vestiges sur la plage. Il sait, il sent qu'il lui faut préserver la mémoire de ces jours terribles. Il colle ses trouvailles sur un immense tableau bleu. Au centre, une de ces amulettes porte-bonheur que les mères arabes mettent au cou de leurs enfants pour les protéger du mauvais sort.


- La nuit a dévoré le monde
de Pit Agarmen
Éditions Robert Laffont / Août 2012


Quand les hommes se transforment en zombies, et qu'un jeune écrivain se trouve seul confronté à cette violente apocalypse, il n'est finalement pas si surpris. Depuis longtemps l'homme a fait preuve de sa décadence et de sa cruauté. Aujourd'hui, un pas de plus dans l'abomination a été franchi: il est devenu un monstre anthropophage. Face à cette nuit de cauchemar, tel Robinson sur son île, le jeune survivant s'organise. Il vit reclus dans un appartement et se croit un temps à l'abri, en dépit des attaques répétées des morts-vivants. Mais la folie de ce nouveau monde fait vaciller sa propre raison. Pour échapper au désespoir, il réapprend à vivre et à lutter, Armé d'un fusil, il découvre avec surprise qu'il peut tuer et qu'il a même un certain talent pour ça. En réinterrogant son passé, il se livre aussi à une introspection sensible sur sa propre condition et les raisons de ses échecs passés. C'est son inadaptation à la société des hommes qui explique peut-être sa survie à cette fin du monde. Un roman d'action, littéraire et psychologique, qui reprend les codes du genre pour mieux les subvertir.


- La recherche de la couleur
de Jean-Marc Parisis
Éditions Stock / Août 2012


"C'est chez Dayen que j'avais ressenti les premiers signes d'une déprise, d'un départ, j'ignorais alors qu'il serait précédé de beaucoup d'autres. Un accablement, une aversion soudaine pour le décor, le décor humain j'entends, car il y avait un piano. Qu'est-ce que mon corps, autrement dit ce qu'il me restait de ma vie, faisait là?". Qui est François Novel? Un homme qui vit d'écrire, un homme libre, qui entend bien le rester. Un événement dramatique va amplifier son sentiment d'exil, sa distance face au "décor humain". Et quel décor. Un faux ami, une chanteuse toxique, des figurants grotesques ou malfaisants. Tout un théâtre de cruautés et de vanités transcendé par l'irruption de personnages bouleversants. Car pour qui cherche la couleur dans un monde transparent, l'aventure se rencontre au coin de la rue.


- La rencontre
de Isabelle Pestre
Éditions Belfond / Août 2012


Une nuit, au volant de sa voiture, Marie percute un cycliste. Incapable de faire face à son geste, elle s'échappe. Commence alors pour elle une longue errance. À présent, quel sens donner à sa vie? Va-t-elle céder à la facilité et s'exiler du monde? Se perdre dans les bras d'un homme maladroit rencontré au détour du chemin? La jeune femme retourne sur les lieux de l'accident, attirée malgré elle. Elle trouve une place au magnifique domaine de l'Yprée, où vit le père de la victime. Ce parc radieux, où la nature à la fois sauvage et domestiquée s'épanouit, sera l'occasion d'une rencontre, belle et impromptue. Mais le passé a laissé des traces indélébiles.


- La table des autres
de Michaël Ondaatje
Éditions de l'Olivier / Août 2012


"Il avait onze ans quand, ce soir-là, aussi neuf au monde qu'il pouvait l'être, il monta à bord du seul et premier navire de sa vie". Le jeune Michael quitte Colombo pour retrouver sa mère, installée en Angleterre. Il voyage à bord de l'Oronsay, un gigantesque paquebot qui constitue un monde en soi: des cales sombres aux cabines élégantes, le jeune Michaël va explorer toutes les classes sociales durant les 21 jours de ce périple, mais surtout faire l'expérience de l'amitié et du désir. Pour le garçon, ce voyage est un apprentissage en accéléré et, pour Ondaatje, une ode à la fiction: chaque passager recèle une histoire, chaque personnage appelle un roman et l'écrivain est l'homme qui déchiffre ces mystères.


- La théorie de l'information
de Aurélien Bellanger
Éditions Gallimard / Août 2012


La théorie de l'information est une épopée économique française. De l'invention du Minitel à l'arrivée des terminaux mobiles, de l'apparition d'Internet au Web 2.0, du triomphe de France Télécom au démantèlement de son monopole, on assistera à l'irruption d'acteurs nouveaux, souvent incontrôlables. La théorie de l'information est l'histoire de Pascal Ertanger, le plus brillant d'entre eux. Adolescent solitaire épris d'informatique, il verra son existence basculer au contact de certains artefacts technologiques: éditeur de jeux en BASIC, pornographe amateur, pirate récidiviste et investisseur inspiré, il deviendra l'un des hommes les plus riches du monde. La théorie de l'information raconte aussi comment un article scientifique publié en 1948 a révolutionné l'histoire des télécommunications et fait basculer le monde dans une ère nouvelle, baptisée Âge de l'information. Pascal Ertanger s'en voudra le prophète exclusif. La théorie de l'information évoque enfin le destin d'une planète devenue un jouet entre les mains d'un milliardaire fou.


- La vallée des masques
de Tarun Tejpal
Éditions Albin Michel / Août 2012


"J'ai été, un jour, un homme de convictions, volontaire et déterminé. Les autres venaient me consulter pour retrouver un ancrage solide quand leurs cœurs et leurs âmes vacillaient. Un jour...Aujourd'hui, c'est à l'urgence que je dois faire face". Au cours d'une longue nuit où il attend ses assassins, d'anciens frères d'armes, un homme raconte son histoire, celle d'une communauté recluse dans une vallée inaccessible de l'Inde, selon les préceptes d'un gourou légendaire, Aum, le pur des purs.


- La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis
de Francis Dannemark
Éditions Robert Laffont / Août 2012


Max a une cinquantaine d'années. Veuf et père de deux enfants, il exerce le métier de psychologue. La vaste maison où il vit est pleine de charme mais délabrée. Sous le nom de "La Maison aux bons soins", il y avait rassemblé des médecins et des praticiens du bien-être, mais il ne reste plus grand-chose aujourd'hui de ce trop beau projet. Et Max s'inquiète. Il est incapable de payer les nombreuses réparations urgentes qui s'imposent, il n'a pas de nouvelles perspectives et il ne lui reste que quelques semaines pour prendre des décisions et trouver des solutions. En attendant, qu'il pleuve, qu'il neige ou qu'il vente, Max continue à accueillir chez lui chaque mercredi soir les membres de son ciné-club: sept femmes et son vieil ami Jean-François, grand amateur de comédies de l'âge d'or du cinéma américain et animateur passionné de leurs soirées. Leur bonheur partagé est de se laisser emporter par la magie de films qui rendent plus léger le cours des jours. Et aussi de parler de l'amour, qui leur a souvent joué des tours mais dont ils attendent, sans trop oser le dire ou même le savoir, qu'il retrouve une place dans leur vie. À ce groupe chaleureux de cinéphiles enthousiastes va se joindre une dixième personne, Felisa, une femme mystérieuse venue au départ pour consulter Max. Avec ses dons de guérisseuse, de voyante peut-être, qui est-elle? Une folle ou une fée? Toujours est-il que, peu à peu, tandis que l'on chemine vers l'été, la vie de chacun va changer de couleur.


- La vie rêvée D'ernesto G.
de Jean-Michel Guenassia
Éditions Albin Michel / Août 2012


De 1910 à 2010 et de Prague à Alger en passant par Paris. La traversée du siècle de Joseph Kaplan, médecin juif pragois. De la Bohème et ses guinguettes où l'on croisait des filles qui dansaient divinement le tango en fumant des Bastos, à l'exil dans le djebel, de la peste d'Alger aux désillusions du communisme, voici la vie d'un héros malgré lui, pris dans les tourmentes de l'Histoire. Une vie d'amours et de grandes amitiés, une vie d'espoirs et de rencontres, jusqu'à celle, un jour de 1966, d'un certain Ernesto G., guerrier magnifique et terrassé, échoué au fin fond de la campagne tchèque après sa déroute africaine.


- La vie sans fards
de Maryse Condé
Éditions JC Lattès / Août 2012


"La Vie sans fards répond à une double ambition. D'abord je me suis toujours demandé pourquoi toute tentative de se raconter aboutissait à un fatras de demi-vérités. Trop souvent les autobiographies et les mémoires deviennent des constructions de fantaisie. Il semble que l'être humain soit tellement désireux de se peindre une existence différente de celle qu'il a vécue, qu'il l'embellit, souvent malgré lui. Il faut donc considérer La Vie sans fards comme une tentative de parler vrai, de rejeter les mythes et les idéalisations flatteuses et faciles. C'est aussi une tentative de décrire la naissance d'une vocation mystérieuse qui est celle de l'écrivain. Est-ce vraiment un métier? Y gagne-t-on sa vie? Pourquoi inventer des existences, pourquoi inventer des personnages sans rapport direct avec la réalité? Une existence ne pèse-t-elle pas d'un poids déjà trop lourd sur les épaules de celui ou celle qui la subit? "La Vie sans fards est peut-être le plus universel de mes livres. J'emploie ce mot universel à dessein bien qu'il déplaise fortement à certains". En dépit du contexte très précis et des références locales, il ne s'agit pas seulement d'une Guadeloupéenne tentant de découvrir son identité en Afrique. Il s'agit d'abord et avant tout d'une femme aux prises avec les difficultés de la vie. Elle est confrontée à ce choix capital et toujours actuel: être mère ou exister pour soi seule. Je pense que La Vie sans fards est surtout la réflexion d'un être humain cherchant à se réaliser pleinement. Mon premier roman s'intitulait En attendant le bonheur: Heremakhonon, ce livre affirme: il finira par arriver".


- Le bonheur conjugal
de Tahar Ben Jelloun
Éditions Gallimard / Août 2012


Casablanca, début des années 2000. Un peintre, au sommet de sa gloire, se retrouve du jour au lendemain cloué dans un fauteuil roulant, paralysé par une attaque cérébrale. Sa carrière est brisée et sa vie brillante, faite d'expositions, de voyages et de liberté, foudroyée. Muré dans la maladie, il rumine sa défaite, persuadé que son mariage est responsable de son effondrement. Aussi décide-t-il, pour échapper à la dépression qui le guette, d'écrire en secret un livre qui racontera l'enfer de son couple. Un travail d'auto-analyse qui l'aidera à trouver le courage de se libérer de sa relation perverse et destructrice. Mais sa femme découvre le manuscrit caché dans un coffre de l'atelier et décide de livrer sa version des faits, répondant point par point aux accusations de son mari. Qu'est-ce que le bonheur conjugal dans une société où le mariage est une institution? Souvent rien d'autre qu'une façade, une illusion entretenue par lâcheté ou respect des convenances. C'est ce que raconte ce roman en confrontant deux versants d'une même histoire.


- Le bruit de nos pas
de Ronit Matalon
Éditions Stock / Août 2012


Une famille, une maison au milieu du désert israélien. La mère: une femme d'origine égyptienne qui parle un mélange d'arabe et de français et veut tenir sa "baraque" coûte que coûte. "L'enfant", qui n'a pas de prénom. Elle est cet être qui erre dans la baraque, dont la mère n'a peut-être jamais désiré l'existence. La Nonna, la grand-mère, l'aime et la couve comme sa propre fille. Presque trop. Surtout quand la mère part à l'aube pour aller faire le ménage dans de grandes maisons bourgeoises et ne revient que tard le soir. Il y a la sœur, Corinne, grande coquette qui se marie trop tôt et passe son temps perchée sur des talons aiguilles à ébaucher des projets farfelus. Le frère, Sammy, menuisier, qui déteste les beaux vêtements et aime boire des litres de coca. Et le père, Maurice, l'éternel absent, le révolutionnaire idéaliste, qui va et vient dans la famille comme une ombre. Et "l'enfant" qui voit tout, se souvient et reconstruit pour nous le puzzle familial. Ronit Matalon nous offre avec Le bruit de nos pas un texte d'une sensibilité et d'une poésie inouïes sur une famille immigrée, démantelée. En décortiquant la structure familiale et la place centrale qu'y occupe la mère, elle interroge la fragilité du vivre ensemble, malgré l'amour et les liens du sang.


- Le coursier de Valenciennes
de Clélia Anfray
Éditions Gallimard / Août 2012


"Simon Abramovitch ne ferait pas de vieux os à Valenciennes. Il remettrait le paquet à la famille, un poème et une lettre, autant dire pas grand-chose, et puis il rentrerait chez lui. Six ans déjà qu'il devait s'en acquitter. Mais il faut dire que ses affaires dans le commerce de chaussures ne lui avaient guère laissé de répit. C'était au camp de travail de Klein Mangersdorf que Simon avait vu Pierre Weill pour la dernière fois et c'était là qu'il avait fait le serment de restituer à ses proches ses derniers mots. Dans cette ville ouvrière encore abîmée par la guerre, Simon ne s'imaginait pas tomber sur une famille bourgeoise. Artiste, dans son idée, ça n'avait pas le sou. Et là-bas, rien ne distinguait le vendeur du poète. Surtout, il ne s'attendait pas à découvrir dans l'enveloppe de Pierre un message d'une tout autre nature". Clélia Anfray


- Le jour où les chiffres ont disparu
de Olivier Dutaillis
Éditions Albin Michel / Août 2012


"On se met à tout compter. À tout calculer. C'est sournois, visqueux, ça se glisse même pendant le sommeil... Et crac. Ca y est. On est atteint. C'est grave. Très grave. C'est ça la dictature des chiffres. Eh bien, ça a assez duré". Anna, jeune virtuose, interrompt brutalement sa carrière, frappée d'un mal étrange: la mathématopathie aiguë. Elle choisit alors de s'en prendre aux chiffres eux-mêmes, et conçoit un grand projet pour combattre cette tyrannie. Un projet pas si fou que ça.


- Le peintre et la jeune fille
de Margriet de Moor
Éditions Buchet Chastel / Août 2012


"Le jour où ils s'apprêtaient à étrangler la jeune fille, le peintre s'était rendu en ville dès le matin".
L'Amsterdam du XVIIe siècle est la toile de fond du destin de ces deux personnages: un peintre sexagénaire reconnu, sous l'anonymat duquel il est aisé de reconnaître Rembrandt, et Elsje, une Danoise de dix-huit ans arrêtée pour avoir assassiné sa logeuse à coups de hache. À contre-courant de la population convergeant vers l'exécution publique, le peintre décide de ne pas assister au lugubre spectacle. Il ne rencontrera la jeune condamnée qu'après sa mise à mort, lorsqu'il dessinera son corps pendu au gibet. Prenant pour point de départ un dessin de Rembrandt, Margriet de Moor évoque avec vivacité et minutie la vie du peintre, ses deux mariages, la banqueroute où il perd sa fortune, la mort de sa seconde épouse fauchée par la peste, son travail acharné à l'atelier. En contrepoint, le parcours fulgurant d'une jeune inconnue, arrachée très tôt à la vie mais immortalisée par ce dessin posthume.


- Le vase où meurt cette verveine
de Frédérique Martin
Éditions Belfond / Août 2012


Je vais encore être cause de ta peine. Ta verveine est morte aux premières brûlures de juillet. Je crains d'en être responsable. Après l'avoir trop arrosée, je l'ai quelque peu délaissée, tu vois le résultat. Devant mon abattement, Gauthier a suggéré que je la remplace sans rien te dire. Comme c'est mal me connaître. Je ne t'infligerais jamais un tel affront, je sais trop comme tu tenais à elle. Parce que leurs enfants ne peuvent les accueillir ensemble lorsque Zika doit aller se faire soigner le cœurs, Joseph et sa femme se retrouvent séparés après plus de cinquante-six années de vie commune. Lui est accueilli chez son fils Gauthier à Montfort, elle chez sa fille Isabelle à Paris. Commence alors entre eux une relation épistolaire qui voit s'éloigner la perspective de leurs retrouvailles et se déliter leur univers. En se rebellant contre cette séparation forcée, Zika et Joseph découvrent la face cachée de leurs enfants et leurs propres zones d'ombres. Jusqu'au drame final, où ils devront affronter le désastre humain qu'ils ont engendré.


- Le voyageur de papier
de Jean-Claude Perrier
Éditions Héloïse d'Ormesson / Août 2012


"Dès que j'eus appris à lire, le livre m'est apparu comme un frère naturel". De la tentation de l'Inde de Malraux au grenier de Gide, en passant par le vison de Michèle Morgan, une galerie de portraits, évocations tendres et complices, jalonne le parcours du narrateur. Au détour d'un poème, d'un voyage, d'une chanson, on croise une Sagan gourmande, un Michaux malicieux, un Jonasz passionné de sagesse orientale ou l'improbable Docteur Gainsbourg. Sans oublier les incontournables figures de l'édition, Françoise Verny, prodigieuse dragueuse de plumes, ou Simone Gallimard, affranchie des conventions. Autant de visites chez celles et ceux qui ont permis au romancier de se construire. Observateur aigu, confident espiègle, Jean-Claude Perrier traverse son époque et décode le milieu. Le Voyageur de papier, porté par une écriture jubilatoire, nous lance sur les pas d'un enfant des mots.


- Les accusées
de Charlotte Rogan
Éditions Fleuve Noir / Août 2012


À l'été 1914, l'Impératrice Alexandra, un paquebot transatlantique croisant vers New York, fait naufrage suite à une mystérieuse explosion. À son bord se trouve Henry Winter, un riche banquier en voyage de noces avec sa jeune épouse Grace. Malgré la panique ambiante, Henry parvient à trouver une place à sa femme sur l'une des chaloupes de sauvetage. Elle y rejoint trente-huit autres passagers, bien plus que l'embarcation ne peut en contenir. Pendant vingt et un jours et vingt et une nuits, les rescapés luttent contre les éléments, la faim, la soif et leur pire ennemi: la peur. La chaloupe menace de chavirer à tout moment et les inimitiés ne tardent pas à apparaître. Une évidence se fait jour: pour que certains vivent, d'autres doivent mourir. Grace fait partie de ceux qui ont survécu... mais à quel prix? C'est ce que cherche à savoir le tribunal devant lequel elle comparaît avec deux autres femmes, toutes trois accusées d'avoir tué l'un de leurs compagnons d'infortune. Mais la justice peut-elle vraiment statuer sur ce qui s'est passé entre ces hommes et ces femmes confrontés à une mort imminente? Sublime et dérangeant, Les Accusées explore les limites de la morale humaine.


- Les affreux
de Chloé Schmitt
Éditions Albin Michel / Août 2012


D'un jour à l'autre, un homme perd l'usage de son corps. Pas tout à fait mort, plus réellement vivant, il assiste, impuissant, au spectacle d'un monde sur lequel il n'a plus prise. Lâche, cruel, vulgaire. Le monde tel qu'il est ou tel qu'il le voit? Dans un souffle furieux, porté par une langue heurtée et sans cesse réinventée, ce roman raconte la déchéance d'un homme et, au-delà, l'impossible communication dans une société qui court à sa perte.


- Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel
de Marianne Rubinstein
Éditions Albin Michel / Août 2012


"C'est quoi, pour toi, la quarantaine?" demande-t-elle obstinément à ses amies. Elle pour qui le "milieu du chemin de la vie" a commencé par une rupture et la garde alternée de son petit garçon. Après l'effondrement, vient pourtant le temps de la reconstruction, des amitiés fondatrices, des amours éphémères, et d'une certaine douceur de vivre. Dans Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel, Marianne Rubinstein évoque tout en subtilité cet ébranlement intime de la quarantaine. D'un ton juste et lumineux, l'auteur de Tout le monde n'a pas la chance d'être orphelin et du Journal de Yaël Koppman, en analyse les découvertes, les effrois, les bonheurs et la liberté qui peut en résulter.


- Les chagrins de l'Arsenal
de Patrice Delbourg
Éditions Cherche Midi / Août 2012


Un livre saccagé vogue au fil de la Seine. Un autre, déchiqueté en petits morceaux, gît au fond d'une corbeille de jardin public. Un troisième, calciné, attend sur un banc à l'arrêt d'un autobus. Une inquiétante et cruelle épidémie contamine le quartier de l'Arsenal. On murmure qu'un forcené s'adonne, nuitamment, à un étrange ballet de livricide. Un petit Fahrenheit de poche. Un autodafé intime. Faire disparaître d'une bibliothèque tous les ouvrages qui ont pourri vos jeunes années... Froide détermination? Insupportable solitude? Folie douce? Timothée Flandrin a une conception toute personnelle de la loi du talion. Une déclaration d'amour fou à la littérature.


- Les choix secrets
de Hervé Bel
Éditions JC Lattès / Août 2012


"Il n'y a plus que la cuisine et le mari, le ciel gris derrière la mousseline des rideaux, et ce présent dont il faut bien se contenter. Ce présent est sa prison. Plus jeune, elle l'a supporté parce que, concevant l'avenir comme un espace vierge, un monde à lui tout seul, elle a cru que celui-ci prendrait un jour la place de celui-là et changerait le goût de sa vie. Mais le temps n'a fait que traverser son corps. Il est passé, la laissant là, inchangée avec sa façon d'appréhender les choses et les gens. L'avenir s'est rétréci tellement qu'il s'est confondu avec le présent et empêche désormais toute espérance de se déployer". Chaque soir, Marie commence sa ronde: il faut être certain que tout est bien fermé, chaque volet, chaque fenêtre, que l'on n'a surtout pas oublié d'éteindre la lumière. Marie est une vieille femme: elle ne veut pas être dérangée. Elle veut que chaque chose soit à sa place, que chaque jour s'écoule comme la veille, sans imprévu, sans douleur, qu'elle puisse contempler tout ce que la vie lui a permis de rassembler et d'accumuler: les objets, les photos, les souvenirs. Aujourd'hui cette vie sans histoires lui convient. Mais, avant, elle voulait vivre, elle cherchait la passion et les drames, la souffrance, la sienne et celle des autres, de tous ceux qui l'entouraient. Elle s'est mariée, a eu deux enfants, elle a hérité de la maison de ses parents, mais a-t-elle vécu? Et comment a-t-elle vécu?


- Les fidélités successives
de Nicolas d'Estienne d'Orves
Éditions Albin Michel / Août 2012


"Champion du double jeu, je ne sais plus ni qui je suis, ni quelle vie est véritablement la mienne".
Anglais et Français, résistant et collaborateur, lâche et héros, Guillaume Berkeley oscille, dans le Paris de l'Occupation, entre mensonge et vérité. Amoureux, tout comme Victor, son frère aîné, de Pauline, leur demi-sœur, il vit au rythme de ses "fidélités successives". Servie par une écriture limpide, cette fresque romanesque explore, avec sensibilité et lucidité, les ambiguïtés amoureuses et les engagements politiques d'un personnage complexe, tantôt ombre tantôt lumière, victime de ses démons intérieurs et confronté à des circonstances qui le dépassent. Nicolas d'Estienne d'Orves, prix Roger Nimier pour Othon ou l'aurore immobile, nous donne ici un roman ambitieux où réalité et illusion apparaissent comme les deux figures d'une même monnaie.


- Les lisières
de Olivier Adam
Éditions Flammarion / Août 2012


Entre son ex-femme dont il est toujours amoureux, ses enfants qui lui manquent, son frère qui le somme de partir s'occuper de ses parents "pour une fois", son père ouvrier qui s'apprête à voter FN et le tsunami qui ravage un Japon où il a vécu les meilleurs moments de sa vie, tout semble pousser Paul Steiner aux lisières de sa propre existence. De retour dans la banlieue de son enfance, il va se confronter au monde qui l'a fondé et qu'il a fui. En quelques semaines et autant de rencontres, c'est à un véritable état des lieux personnel, social et culturel qu'il se livre, porté par l'espoir de trouver, enfin, sa place. Dans ce roman ample et percutant, Olivier Adam embrasse dans un même souffle le destin d'un homme et le portrait d'une certaine France, à la périphérie d'elle-même.


- Les privilèges
de Jonathan Dee
Éditions 10-18 / Août 2012


Beaux, riches, brillants et jeunes mariés, les Morey sont prêts à conquérir leur avenir. Rois d'un monde glorieux, ils vaquent de réussites en privilèges dans la haute société new-yorkaise. Mais à quel prix dominer son bonheur? Entre grandeur et décadence, le masque des vanités se fissure. La fresque vive et subtile d'une nouvelle Amérique.


- Les rois d'ailleurs
de Nicolas Deleau
Éditions Payot &Rivages / Août 2012


Je sais qu'on se sent toujours fiévreux après les pluies; et je reste longtemps en mer, aussi longtemps que mes vivres me le permettent. L'air que je respire alors me semble moins lourd qu'à terre, et invite à d'autres choses.


- Les trois lumières
de Claire Keegan
Éditions 10-18 / Août 2012


Dans la campagne irlandaise, une fillette est confiée pour quelque temps à un couple sans enfants. Livrée à elle-même, l'enfant pénètre jour après jour un monde étranger, ou elle découvre l'innocence et la tendresse de l'été. Peu à peu, des liens se tissent, chacun apprivoise l'autre et les ombres secrètes de sa lumière. Pourtant, certains détails intriguent la fillette.


- Libellules
de Joël Egloff
Éditions Buchet Chastel / Août 2012


On a beau avoir deux yeux, ils regardent souvent dans la même direction, si bien qu'au lieu de se compléter, ils travaillent en doublon, ce qui est regrettable. Toute considération esthétique mise à part, s'ils pouvaient, chacun d'eux, faire preuve d'un peu plus d'autonomie, si l'un s'occupait de regarder à droite pendant que l'autre regarde à gauche, on aurait sûrement une vision du monde moins parcellaire. On toucherait d'un peu plus près à la vérité des choses. Il y a, dans Libellules, un enfant qui grandit et sans cesse s'interroge, un père qui aimerait pouvoir lui répondre, il y a cette femme qui, du matin au soir, secoue son linge à sa fenêtre, il y a Kate, là-bas, en Antarctique, et la tragique histoire d'un chapeau à la mer. Avec tendresse et bienveillance, un homme, écrivain, porte un regard sensible et drôle sur le monde qui l'entoure.


- Loin du centre
de Jacques Braunstein
Éditions Nil / Août 2012


Se réveiller un matin dans un lit inconnu avec, à vos côtés, la plus belle fille du lycée suffit à rendre cette nuit mémorable. Quand en plus vous découvrez que cette ravissante Sacha ne respire plus, cette nuit devient inoubliable, la cicatrice de votre jeunesse. C'est ce qui arrive au narrateur de ce roman qui nous embarque en Chappy et mini dans le Paris de la jeunesse dorée des années 80. Époque boîte à bac et boîtes de nuit. Sur fond d'attentats qui secouent régulièrement la capitale, une petite bande de privilégiés oisifs découvre les premiers frissons de la nuit. Il y a Édouard, le rentier vieille France, Benjy, le "Feuj" show-off, Chahine, le Libanais en exil, Cassandre, la bourge meilleure amie de Sacha. Et le narrateur, moins riche, moins introduit que cette petite bande car ses parents à lui habitent en banlieue, qui observe ce monde avec autant d'envie que de minutie. Avec son jean 501 usé, ses Converses montantes et ses chemises trop larges, l'uniforme de l'époque, il ne va pas tarder à atteindre ce "centre" qui l'attire tant: le Palace, les Bains Douches, le Bus Palladium. Que va-t-il découvrir au cœurs de ce centre? Comment s'est-il retrouvé, de retour de soirée, dans le lit de Sacha, cette fille qu'il connaissait à peine parce qu'il n'osait pas lui parler? Quel crédit accorder à ces rumeurs qui font de la mère de Sacha une demi-mondaine sachant monnayer ses charmes? Et que penser de celles qui courent sur son père, homme d'affaires mystérieux aux fréquentations douteuses? Le roman est le long monologue du narrateur, devenu DJ, adressé à une mystérieuse jeune fille rencontrée en boîte. Il lui raconte comment, depuis ce drame, sa jeunesse s'est transformée en longue glissade dans la nuit, à la recherche de la vérité sur la disparition de Sacha, ou des moyens d'effacer son souvenir.


- Magari
de Éric Valmir
Éditions Robert Laffont / Août 2012


Quand Lorenzo sort de chez lui ce matin-là, flottent sur Rome toutes les promesses de l'été. Nous sommes le 19 juin 2001. Silvio Berlusconi est redevenu quelques jours plus tôt chef du gouvernement. Pour la plus grande joie de ses tifosi, l'AS Roma vient de remporter le troisième scudetto de son histoire. Et Lorenzo est heureux: certainement pas à cause du retour aux affaires du Cavaliere, la politique, il en a soupé. Peut-être même pas grâce à la victoire de son équipe, et Dieu sait pourtant s'il a rêvé de revivre une telle liesse. Non, Lorenzo est heureux parce que Francesca l'aime. Parce que, dans quelques mois, naîtra leur premier enfant, une fille, il en est certain. Parce que, à l'abord de la trentaine, l'ombre du petit garçon naïf et malhabile, celle de l'adolescent irrésolu ballotté par tous les vents contraires, n'est plus si lourde à porter. Aujourd'hui, sa vie a un axe, un socle, une direction. Alors, il traverse la rue sans faire attention. Et ne voit pas la voiture qui surgit au même moment. Étendu sur le bitume, Lorenzo remonte le fil de sa vie. Celle d'un jeune Romain qui a grandi écartelé entre l'intransigeance d'un père communiste ultra militant, les migraines d'une mère rongée par un drame familial et l'amour d'un grand-père cachant tant bien que mal son passé mussolinien. Un parcours chaotique marqué par ce sentiment d'incertitude, de désirs, de rêves enfouis et aussi de résignation qu'exprime le mot "magari" ("si seulement..."), comme un état d'âme qui se décline à l'infini. De l'assassinat d'Aldo Moro à l'avènement des années Berlusconi, c'est une radioscopie de la société italienne dans toutes ses nuances et ses contradictions que nous offre ce roman d'apprentissage au souffle à la fois intime et puissant. C'est aussi un voyage plein de sensualité dans les boucles du Tibre, ou l'on sent à chaque page les brûlures du soleil et la fraîcheur de l'eau sur la peau du héros.


- Mais qu'est-ce que tu fais là, tout seul ?
de Pierre Szalowski
Éditions Héloïse d'Ormesson / Août 2012


Le 24 décembre, dans un palace déserté de Montréal, Martin Ladouceur, célibataire endurci, s'apprête à passer le pire réveillon de sa vie. Avec pour seule compagnie un concierge protocolaire, un groom débutant et une femme de chambre timide, l'ex-légende du hockey canadien se retrouve, en prime, au régime sec sans strip-teaseuses ni grands crus. Mais, contre toute attente, en cette nuit de Noël, un petit bonhomme va lui offrir le plus beau des cadeaux. Et, comme par magie, la terreur des patinoires découvrira un sentiment qu'il ignorait jusqu'alors. Petite philosophie du bonheur, Mais qu'est-ce que tu fais là, tout seul? est une fable tendre et drôle, remède absolu contre la morosité.


- Maleficium
de Martine Desjardins
Éditions Phébus / Août 2012


"Père, pardonnez-leur, ils ne savent pas ce qu'ils font". Pardonnez à ces sept pécheurs victimes d'étranges maléfices, venus chercher dans le confessionnal une oreille attentive au récit de leur infortune, et implorer le salut de leur âme souillée par la curiosité et la faiblesse de la chair. Pardonnez aussi à cette femme calomniée, emmurée dans un cruel silence. Pardonnez enfin à l'homme de Dieu qui a recueilli leurs aveux et brisé le sceau de la confession en les transcrivant dans un opus à l'odeur de soufre, Maleficium. À la fin du XIXe siècle, sept hommes partis aux confins de l'Orient et de l'Afrique croisent tour à tour la route d'une troublante créature. Pourquoi les soumet-elle aux plus inavouables tentations? De quoi cherche-t-elle à les punir? En huit tableaux, Martine Desjardins compose une fresque baroque, invitant à voyager aux limites des plaisirs et de la souffrance. Une œuvre rare, parfumée de fantastique, d'exotisme et d'érotisme, portée par une langue somptueuse.


- Mécaniques du ciel
de Tom Bullough
Éditions Calmann Lévy / Août 2012


"De toute façon, dans mon monde, il n'y aurait pas de gravité. On pourrait arracher du sol tout ce qu'on voudrait. Dans mon monde, je pourrais faire des bonds de plusieurs verstes et franchir les nuages pour rejoindre l'éther. Si l'envie me prenait d'aller à Moscou, il me suffirait de courir et de bondir. Je pourrais même m'y rendre en volant, facile. Les passagers du train me verraient filer à toute allure, comme un boulet de canon". En 1867, Kostya a dix ans. Il vit à Riazan, sur les rives du fleuve Oka en Russie centrale, et il rêve de s'envoler; vers Moscou, vers les étoiles. Mais un jour, il contracte une scarlatine qui le prive de ses facultés auditives. Seules sa fascination pour le progrès et sa soif de savoir lui donnent de l'espoir. Des forêts infestées de loups aux bordels moscovites, des superstitions villageoises aux miracles technologiques, du tragique à l'amour, Mécaniques du ciel raconte l'extraordinaire histoire d'un savant autodidacte qui, grâce à son admirable entêtement, a envoyé l'humanité dans l'espace. En mêlant fiction et histoire, science et émerveillement, ce roman poétique, enchanteur, démontre le pouvoir illimité de l'imagination.


- Métamorphoses
de François Vallejo
Éditions Viviane Hamy / Août 2012


Le roman s'ouvre sur l'uppercut qu'encaisse Alix Thézé lorsqu'elle apprend que son demi-frère, Alban Joseph, s'est converti à l'islam. Dans la même seconde, une image brutale submerge sa mémoire: celle d'Alban, encore adolescent, à l'Europa-Park, devenu soudainement un autre sous ses yeux.


- Moi et toi
de Niccolò Ammaniti
Éditions Robert Laffont / Août 2012


Depuis toujours, Lorenzo est l'un de ces enfants que l'on dit "différent". Selon le professeur Masburger, le psychiatre auquel il a été confié tout jeune, il souffre d'un sentiment hypertrophique de soi, un dérèglement narcissique, un "ego grandiose". Conséquence logique: il est en perpétuelle inadéquation avec le groupe, et ce depuis son entrée à l'école. Ses parents s'en trouvent totalement démunis. Les années passant, de peur de chagriner une maman qu'il aime plus que tout, Lorenzo choisit alors la fiction. À quatorze ans, il fait semblant d'avoir des amis, de s'intégrer, de jouer dans l'équipe de football de son collège. Ainsi il parvient à la fois à la rassurer et à se prémunir de la violence que les adolescents testent sur les plus faibles. Le jour ou il monte tout un stratagème pour faire croire qu'il a été invité à partir skier à Cortina avec trois camarades de classe, il vise au pur chef-d’œuvre mythomane. Mais, s'il s'est montré à la hauteur du défi, en préparant méthodiquement de quoi tenir un siège au fond d'une cave abandonnée, il n'a pu cependant imaginer qu'une lointaine demi-sœur bousculerait tous ses plans. Émaciée, épuisée, en pleine crise de manque, elle pense, elle aussi, se dérober au regard des autres en se réfugiant justement dans cette cave. Cette cohabitation forcée, ce refuge de fortune qu'ils vont partager dans des conditions difficiles, fera voler en éclats les faux-semblants dont ils ont chacun paré leurs vies. Lorenzo apprendra qu'être nécessaire à la vie des autres donne le sentiment d'exister. Et, confrontée au regard de ce demi-frère inconnu, Olivia devra elle aussi se livrer à un examen de conscience pour se dévoiler. Entre eux, qui ont triomphé secrètement d'une terrible épreuve, se crée un lien indéfectible et se noue la promesse mutuelle d'un retour à la vie. Oui, mais...


- Mon pire ennemi est sous mon chapeau
de Laurent Benegui
Éditions Julliard / Août 2012


Après Le jour ou j'ai voté pour Chirac et SMS, Laurent Bénégui revient avec une comédie policière désopilante. Un régal. Laurent Minkowski, la quarantaine, est un chercheur en génétique qui ne veut pas se reproduire, comme il est des chirurgiens qui ne supportent pas la viande ou des pharmaciens qui ne jurent que par la tisane. Depuis quelque temps, il est à cran. Le laboratoire privé où il travaillait l'a licencié, plus personne n'embauche dans le public, et son médecin traitant lui a découvert une forte hypertension artérielle. Bon, vous me direz qu'il y a des millions de gens comme lui dans notre pays. Mais le vrai problème de Laurent, c'est qu'il vit avec Juliette, de vingt ans sa cadette. Persuadé qu'il doit paraître rassurant en toutes circonstances, voire invulnérable, il se lance dans des larcins de proximité pour lui cacher qu'il est au chômage, mais son entrée maladroite et désordonnée dans la délinquance, bandit, c'est comme tout, ça s'apprend, va l'entraîner dans une dégringolade incontrôlée, aussi hilarante que périlleuse. Apprenti cambrioleur, il est envoyé dans un appartement huppé du XVIIe arrondissement où il découvre dans la cuisine un couple abattu, puis un nourrisson caché sous le lit, à demi mort de froid. Pourquoi, au moment de s'enfuir, ne peut-il s'empêcher d'embarquer ce nouveau-né? Que dire à Juliette pour justifier l'irruption d'un bébé dans leur couple? Tandis que le double meurtre défraie la chronique, Laurent Minkowski s'aperçoit qu'il a été piégé. Mais en dehors de lui-même, qui pourrait bien lui vouloir autant de mal, et pourquoi?


- Mother
de Luc Lang
Éditions Stock / Août 2012


Voilà trois histoires qui se contaminent en ayant pour dessein de n'en dire qu'une. Cette histoire, c'est celle d'une Trinité constituée par Andrée, Robert et le fils. Ce fils raconte, de sa propre naissance à la mort de sa mère, la fabrication d'une espèce de famille qui tient bon en dépit des éclats, des égarements, des déroutes, grandioses. En dépit aussi des croyances et des visions d'Andrée. Car c'est elle, femme-volcan éprise de liberté, être tout en fureurs, qui trace la destinée commune. Le fils l'a vue en fuite, emportée par des amours imaginaires, puis, toujours, l'a vue revenir. Il l'a vue guérisseuse, médium, inspirée, mais aussi chanteuse de variétés, femme moderne et femme de tête, missionnée, insurrectionnelle et toujours entendue. Il l'a vue aimée par Robert, cet homme-rocher dont l'existence semée de deuils en fait pourtant la cheville ouvrière de cette étrange association familiale. Le fils n'a pas vu la chute finale, il aurait pu la prédire et entendre cette ritournelle, ce "Salut la compagnie" dont Andrée usait comme d'une menace, cette fois-ci bien réelle. Hanté par le sentiment de la tragédie imminente, Mother déploie, au présent et en trois axes, une trajectoire clanique autant que familiale toujours imprévisible, en livrant un portrait de la folie qui donne à l'écriture toute son énergie et sa nécessité, et dont souvent on s'arrache par la tendresse et un rire salvateur.


- Nevada
de Claire Vaye Watkins
Éditions Calmann Lévy / Août 2012


Nevada jaillit de la confluence entre une sensibilité et un lieu. Avec ce recueil de nouvelles à la puissance d'évocation exceptionnelle, Claire Vaye Watkins se fraye vaillamment un chemin à travers la mythologie de l'Ouest américain, et par le biais de la création littéraire affronte un héritage sanglant dont elle est la dépositaire, celui de la Famille de Charles Manson. Comme les œuvres de Cormac McCarthy ou d'Annie Proulx, ses histoires se déploient du sublime aux grands espaces, de l'intime à l'infini, de la Ruée vers l'or à la ville fantôme en passant par le désert et le bordel, hommages poignants à tous les êtres en lutte.


- Nos cheveux blanchiront avec nos yeux
de Thomas Vinau
Éditions 10-18 / Août 2012


Le voyage géographique et intime d'un jeune homme qui devient père. Walther quitte la femme qu'il aime pour aller vagabonder du nord au sud, des Flandres laiteuses jusqu'à l'Espagne éclatante. Un voyage qui finira par le ramener, presque par hasard à l'essentiel, vers celle qui a su le laisser partir et attendre leur enfant. Composé d'instantanés d'une grande délicatesse, ce roman est conçu en deux parties: les jours d'errance puis la vie à demeure, les lointains dépaysants et l'art des petits riens.


- Nous étions faits pour être heureux
de Véronique Olmi
Éditions Albin Michel / Août 2012


Quand Suzanne vient dans la maison de Serge à Montmartre, il ne la remarque pas. Elle accorde le piano de son fils. Elle est mariée, lui aussi, et à 60 ans il a ce dont rêvent les hommes: un métier rentable, une jeune femme parfaite, deux beaux enfants. Pourquoi soudain recherche-t-il Suzanne qui n'est ni jeune, ni belle, et apparemment ordinaire? Pourquoi va-t-il lui confier un secret d'enfance dont il n'a jamais parlé et qui a changé le cours de sa vie?


- Open City
de Teju Cole
Éditions Denöel / Août 2012


Nous sommes en hiver: Julius, un jeune Nigérian interne en psychiatrie, vient de connaître une rupture douloureuse. La pression des consultations le laisse exsangue et son passé au Niger le hante. Pour tromper sa solitude, il déambule dans New York. Très vite, ces longues marches deviennent l'occasion de confronter son isolement à des milliers de visages anonymes dans une ville cosmopolite mais meurtrie par les attaques du 11 septembre. De rencontre fortuite en rencontre fortuite, ces visages prennent corps, donnent de la voix, comme autant de témoins d'un paysage humain morcelé, à la fois déchiré et uni par la question de l'autre: marathonien claudiquant seul sur le trottoir après l'exploit, vieux professeur de littérature à l'agonie, cireur de chaussures haïtien, sans-papiers libérien incarcéré, jeunes Noirs américains en quête d'eux-mêmes, patients inconsolables. Magnifique série de rencontres qui font s'engouffrer dans le texte toute la modernité de New York, cependant qu'en contrepoint l'architecture que Julius déchiffre sans relâche, la musique qu'il écoute, les pièces d'art qu'il contemple dévoilent au lecteur le prodigieux palimpseste de la ville. Étonnant premier roman, Open City met en scène un homme en crise dans une ville en crise. La prose de Teju Cole, profonde, rythmée, sert à merveille cette belle médiation sur l'identité, la perte, l'acceptation de soi et des autres, dans un monde où l'altérité est partout brandie comme une menace.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 17:57

- Orchidée fixe
de Serge Bramly
Éditions JC Lattès / Août 2012


"J'ai commencé ce livre il y a un peu plus de vingt ans. Je l'ai abandonné et l'ai repris à plusieurs reprises. L'idée d'écrire quelque chose sur Marcel Duchamp m'obsédait mais je n'ai pas su pendant longtemps quelle forme cela devait prendre. Je commençais un chapitre, le jetais au rancart, l'envisageais sous un autre angle, et mes notes se seraient accumulées sans fin si je n'avais eu un jour l'idée d'y introduire des éléments personnels, quasi autobiographiques, ce dont je m'étais toujours abstenu dans mes romans. Mon point de départ était une lettre que l'artiste avait écrite à son ami Henri-Pierre Roché, le 27 mai 1942, du Maroc. Il fuyait alors l'occupation allemande et venait d'être interné dans un camp de transit, à Aïn Sebaa, dans les environs de Casablanca. "Évidemment, écrivait-il, le camp d'hébergement est une horreur (pas de lit et une salle commune avec paillasses, hommes et femmes, une centaine), mais j'ai réussi à échapper à cela". Il ajoutait: "Je couche seul dans une salle de bains, très confortable, à 7 kilomètres de Casa au bord de la mer". Mon projet a commencé à prendre forme lorsque je lui ai adjoint une narratrice, l'arrière-petite-fille des propriétaires de la salle de bains où Duchamp avait trouvé refuge, et un universitaire que ses recherches avaient lancé sur les traces de l'artiste. L'une habitait Tel-Aviv où avaient émigré ses parents, l'autre, Français expatrié, enseignait à l'Université du Colorado: il n'appartenait qu'à Duchamp de les réunir. Orchidée fixe (calembour emprunté aux notes l'artiste) est ainsi l'histoire d'une double rencontre, d'une double passion, et de milieux et d'époques qui se croisent dans une longue suite de causes et d'effets". Serge Bramly


- Personnages secondaires
de Alejandro Zambra
Éditions de l'Olivier / Août 2012


"Je reçois l'histoire comme si je l'attendais. Car je l'attends, en un certain sens. C'est l'histoire de ma génération". Dans les années 80, à Santiago du Chili, un enfant de neuf ans accepte de jouer les espions pour plaire à une petite fille. Il note les allers et venues d'un homme, puis livre son rapport détaillé. Il se prend au jeu. Sans le savoir, le jeune garçon reproduit la dictature en miniature. Plus de vingt ans après, un écrivain qui a lui aussi connu cette époque s'interroge sur sa propre enfance: était-ce si étrange de vivre sous Pinochet? Que pensaient véritablement ses parents de la répression? Et lui, qu'a-t-il à dire, au-delà des versions officielles? Peut-on se construire sur des silences?


- Printemps barbare
de Hector Tobar
Éditions Belfond / Août 2012


Stupéfiant d'acuité et d'imagination, un roman coup de poing, porté par une plume corrosive et un humour mordant. Qualifiée par la critique de Bûcher des vanités pour le XXIe siècle, une œuvre engagée, une radiographie lucide et féroce de nos sociétés paranoïaques, gangrenées par l'indifférence, l'incompréhension et le repli sur soi. Quand elle était jeune fille au Mexique, Araceli Ramírez voulait être une artiste. Au lieu de ça, la voici cuisinière dans la luxueuse villa de bobos californiens. Cuisinière, mais aussi femme deménage et baby-sitter. C'est que la crise est passée par là, forçant les Torres-Thompson à dire adiós à leur bataillon de domestiques latinos. Aujourd'hui justement, Araceli est inquiète. Cela fait maintenant quatre jours qu'el señor et la señora ont quitté la maison après une dispute, la laissant seule avec les deux petits garçons. Que faire? Prendre son courage à deux mains et tenter l'aventure dans la jungle de Los Angeles, à la recherche d'un hypothétique grand-père dont elle ignore jusqu'à l'adresse. Mais l'expédition tourne au cauchemar. Perdue dans une ville hostile, accusée de kidnapping par des parents fautifs et affolés, Araceli va découvrir le sort cruel réservé aux barbares, ceux qui ont eu le tort de croire à l'American dream.


- Quand la lumière décline
de Eugen Ruge
Éditions Les Escales / Août 2012


Odyssée familiale magistrale et voyage passionnant à travers l'histoire contemporaine, ce premier roman brillant, drôle et émouvant a créé l'événement outre-Rhin ou il a été couronné par le Deutscher Buchpreis, avant de conquérir la scène littéraire internationale. Splendeur et décadence d'une famille russo-allemande des années cinquante à nos jours. Berlin, 2001. Incurable. Suite à ce diagnostic, Alexander part au Mexique, un rêve d'enfant nourri par les récits nostalgiques de sa grand-mère. Pourtant, en 1952, celle-ci a tout fait pour mettre fin à son exil et rentrer participer à la construction de l'État socialiste en Allemagne. Le père d'Alexander aussi est revenu plein d'espoir de Sibérie, avec son épouse russe qui ne maîtrisera jamais la langue de Goethe et sa belle-mère qui ne se défera pas de ses bocaux de cornichons. Alexander, lui, se sent vite à l'étroit en RDA. Jusqu'à la fête célébrant les 90 ans du patriarche communiste, alors que le Mur est sur le point de s'effondrer, ou tous ces destins vont se croiser, s'affronter, se rencontrer ou se séparer. De Mexico à Berlin en passant par Moscou, les voix de quatre générations s'entremêlent pour dire l'histoire d'un monde, d'une famille, d'une vie, quand la lumière des idéaux décline.


- Qu'avons-nous fait de nos rêves ?
de Jennifer Egan
Éditions Stock / Août 2012


Sasha a une petite trentaine. Elle vivote à New York, après avoir quitté son poste d'assistante de production dans une grande maison de disques. On la découvre sur le canapé de son psychothérapeute, tentant de régler son problème de kleptomanie et de remettre de l'ordre dans sa vie. Sans amis, sans travail, elle est une âme solitaire et prédatrice. Bennie, lui, a la quarantaine passée. Ancien producteur star des Conduits, un groupe de rock emblématique, il se contente désormais d'éditer des tubes insipides. Divorcé, il essaie d'entretenir des liens avec son fils, sans trop y parvenir. Déprimé, il n'arrive même plus à avoir la moindre érection. D'une écriture acérée, Jennifer Egan nous plonge dans la conscience et l'histoire de ces deux personnages dont les chemins un jour se sont croisés. Jeune homme timide, Bennie se passionna pour le punk, dans un San Francisco débridé. Adolescente au tempérament fougueux, Sasha partit pour Naples afin d'oublier des parents destructeurs. Une foule de personnages jalonnent leur existence, qu'il s'agisse de Lou Kline, le mentor allumé de la bande, ou de l'oncle de Sasha, un homme au bord du gouffre. Ces histoires de vie s'enchaînent, des personnalités très fortes se dégagent, une véritable tension naît autour de leurs destinées. En restituant le passage du temps et les aléas du désir, Jennifer Egan ausculte notre capacité à avancer et à devenir ce que nous sommes, sans rien nier du passé.


- Que viva la musica !
de Andrés Caicedo
Éditions Belfond / Août 2012


Le jour où María, petite-bourgeoise de dix-sept ans, sèche son rendez-vous hebdomadaire avec de jeunes marxistes étudiant Le Capital, elle sort du chemin qui était tout tracé pour elle et se jette à la nuit. Arpentant sa ville de fête en fête, glorieuse, tout au plaisir de la danse, elle se fait grimpante de night-club, amante des enfants perdus du rock et de la salsa, goûte cocaïne, acides, herbe, champignons hallucinogènes et envoie valser le conformisme de son milieu au nom de la jouissance et de la beauté. Pour vivre vite et surtout ne jamais vieillir, celle qui se surnomme elle-même "la Toute-Vivante" se lance dans une étourdissante quête de tous les plaisirs. Une odyssée endiablée et poétique à la poursuite d'un rêve insaisissable: celui de l'innocence éternelle et absolue.


- Reste l'été
de Nicolas le Golvan
Éditions Flammarion / Août 2012


Après des vacances d'été avec femme et enfants, un homme décide de prolonger seul son séjour dans la maison familiale de l'île de Ré. Il va se remémorer l'histoire de son couple. Leur amour, il aimerait savoir ce qu'il en reste.


- Sensorium
de Abha Dawesar
Éditions Héloïse d'Ormesson / Août 2012


Lors d'un voyage dans son Inde natale, alors que sa vie part à la dérive, Durga accepte de consulter un devin. La jeune plasticienne est troublée par les prédictions formulées. Lui faut-il expier le lourd péché qu'elle aurait commis lors de sa vie antérieure? Son esprit cartésien se rebelle, mais son cœur balance entre les croyances hindoues et la raison occidentale. Au gré des réminiscences, la pensée de l'artiste vagabonde de la métaphysique du temps à la gestation de l'éléphant, de son appartement de Madison Avenue à la campagne des Flandres. Jonglant avec les concepts et les anecdotes, la facétieuse Durga jette des ponts entre art et science. Telle la déesse éponyme chevauchant un tigre, elle nous entraîne dans un prodigieux périple sous l'égide de Ganesh. Foisonnant roman émaillé de croquis et d'intrigues arborescentes, Sensorium ausculte avec audace le monde contemporain.


- Simon Weber
de Jean Mattern
Éditions Sabine Wespieser / Août 2012


Étudiant en médecine très protégé par un père qui l'a élevé seul, le narrateur de ce roman de formation s'est trouvé précipité dans l'âge adulte par l'annonce de la maladie. Sur un coup de tête, pour fuir un père trop parfait, constamment à ses côtés lors de son traitement?, il décide de partir en Israël et d'attendre là les analyses qui lui annonceront une éventuelle rémission. À Jérusalem, Simon a trouvé en Amir un hôte et un confident. Le jeune Israélien qui lui avait porté secours au parc Montsouris alors qu'il était pris de malaise n'a cessé de l'entourer de sa sollicitude, au point de faciliter son départ de Paris, contre l'avis de tous. Avec Amir, Simon retrouve une forme de légèreté et d'insouciance. Dans ce pays qu'il découvre, il veut enfin vivre pleinement. Son éducation sentimentale et sexuelle, en compagnie notamment d'une étonnante Rivka, Suédoise convertie par amour et parlant hébreu comme une sabra, se déroule en accéléré. Mais, dans un mouvement inverse, le temps s'étire, le ramenant sans cesse à ses jeunes années, à sa mère tôt disparue et au mystère qu'a toujours été pour lui la vie de son père. Quand Gabriel, ce père avec qui il n'a jamais échangé que des propos anodins, vient lui rendre visite, les deux hommes se retrouvent à former avec Amir un trio inédit. Les sentiments qui les habitent, comme exacerbés par la peur et l'urgence, se conjuguent alors en une troublante valse.


- Swamplandia
de Karen Russell
Éditions Albin Michel / Août 2012


Swamplandia a longtemps été le parc d'attractions le plus célèbre de toute la Floride, et sa star, Hilola Bigtree, dompteuse d'alligators de classe internationale, cuisinière exécrable et mère de trois enfants, n'y était pas pour rien. Mais à sa mort, l'entreprise sombre dans le chaos. Seule sa fille Ava, treize ans, semble en mesure de sauver les Bigtree du naufrage et de la menace du Monde de l'Obscur, leur redoutable concurrent.


- The Queen is dead
de Aurélia Bonnal
Éditions Buchet Chastel / Août 2012


"Quel était le sens de tout cela? Ma vie avait-elle d'ailleurs un sens, devait-elle en avoir un, est-ce que la vie de qui que ce soit avait un sens, et j'avais pas passé l'âge de toutes ces questions à la con, non, mais quel âge j'avais, je ne pourrais donc jamais être certain de quoi que ce soit, j'enrageais". Élo a la trentaine parisienne, un mari, une petite fille, un humour caustique et des doutes sur sa carrière d'écrivain. Bert est employé chez un marchand de vin près de Perpignan; guitariste dans un groupe amateur, il aime le rock et sa copine Gilberte. Une porte a été claquée entre eux il y a vingt ans, définitivement, croyaient-ils. Une histoire d'amitié, de communication virtuelle et d'accession à l'âge adulte qui se lit d'un seul souffle.


- Tigre, tigre !
de Margaux Fragoso
Éditions Flammarion / Août 2012


Par une belle journée d'été, Margaux Fragoso rencontre Peter Curran à la piscine de son quartier, et ils commencent à jouer. Elle a sept ans; il en a cinquante et un. Quand Peter l'invite chez lui avec sa mère, la petite fille découvre un paradis pour enfant composé d'animaux exotiques et de jeux. Peter endosse alors progressivement, insidieusement, le rôle d'ami, puis de père, et d'amant. Charmeur et manipulateur, Peter s'insinue dans tous les aspects de la vie de Margaux, et transforme l'enfant affectueuse et vive en une adolescente torturée. Lyrique, profond et d'une limpidité hypnotique, Tigre, tigre! dépeint d'une manière saisissante les forces opposées de l'emprise et de la mémoire, de l'aveu et du déni, et questionne nos capacités de guérison. Un récit extraordinaire qui dévoile de l'intérieur la pensée d'une jeune fille au bord de la chute libre. Tigre, tigre! est un livre qui va faire parler de lui. Margaux Fragoso réalise l'impossible: d'une plume précise et audacieuse, elle rend son humanité au pédophile dont le crime n'en devient alors que plus effrayant. Sa façon de décrire leur relation est tout à la fois choquante, révélatrice et courageuse.


- Trois fois le loyer
de Julien Capron
Éditions Flammarion / Août 2012


Il s'agit d'une quête. Peut-être pas la plus arthurienne des quêtes, mais pas forcément la moins épique: trouver, de nos jours, un logement à Paris. Et les moyens de se l'offrir. C'est l'histoire d'un couple qui a commis une erreur: croire qu'il faut faire ce qu'on aime dans la vie. Cyril est photographe de presse, Pauline cuisinière free-lance. Ils naviguent entre Montmartre et les jolis cafés des bords de l'Ourcq. En clair, ce sont des bobos. Mais des bobos sans complexe de supériorité et qui défendent courageusement leurs rêves. Célibataires, ils se débrouillaient avec des miettes de revenus. Ils se sont rencontrés, ils sont tombés amoureux, ils ont décidé de s'installer ensemble. Le deux-pièces où ils devaient emménager leur échappe. Ils n'ont que quelques jours pour trouver un toit. Les agents immobiliers les éconduisent à une cadence de métronome. Bientôt, c'est la plongée dans l'envers de Paris, celui des trafics et des misères. Pauline et Cyril n'ont plus qu'un moyen de s'en sortir: le poker. Il va falloir apprendre à jouer. Il va falloir faire équipe au-delà des bonnes intentions et des jolis sentiments.


- Un repas en hiver
de Hubert Mingarelli
Éditions Stock / Août 2012


Dans ce nouveau roman, Hubert Mingarelli met en scène des soldats d'une compagnie isolée en Pologne, dont la mission est impossible. Soit ils participent chaque jour aux exécutions sommaires, soit ils sont envoyés dans la campagne alentour pour en ramener "un", c'est-à-dire un Juif, qu'ils devront ensuite livrer à leur supérieur et donc à la mort. Trois hommes, las des fusillades, prennent la route un matin, et avancent péniblement dans la neige, le ventre vide et les pensées tournées vers leur vie civile, sans autre choix que de prendre part à une chasse à l'homme à laquelle ils ne croient pas. Ce jour-là, ils débusquent presque malgré eux un Juif caché dans la forêt et, soucieux de se nourrir et de retarder leur retour au camp, ils vont procéder dans une maison abandonnée à la laborieuse préparation d'un repas avec le peu de vivres dont ils disposent. Les hommes doivent trouver de quoi faire du feu et réussir à porter à ébullition une casserole d'eau. Ils en viennent à brûler le banc sur lequel ils sont assis, ainsi que la porte derrière laquelle ils ont isolé le Juif. Le tour de force d'Hubert Mingarelli constitue à mettre autour d'une table trois soldats allemands, un jeune Juif et un Polonais de passage dont l'antisémitisme affiché va, contre toute attente, réveiller chez les soldats un sentiment de fraternité vis-à-vis de leur proie. Se posent alors des questions monstrueuses: Faut-il proposer au Juif de manger? Et, une fois le repas partagé, faut-il le ramener ou le libérer? C'est ici qu'Hubert Mingarelli, dans son style sobre et précis, met le lecteur face à sa conscience et la logique meurtrière à laquelle sont soumis ces hommes. En convoquant la peur, la raison, l'espoir, la folie et l'humanité contenus en chacun d'entre nous.


- Un week-end en famille
de Francois Marchand
Éditions Cherche Midi / Août 2012


Faire la connaissance de ses beaux-parents n'est jamais chose facile. Surtout s'ils habitent en Samouse, région que le jeune marié va apprendre à connaître le temps d'un week-end interminable. Dès le vendredi soir, il lui est évident que cela se passera mal. Mais jusqu'à quel point? Et l'impulsivité dont il fera preuve est-elle due à son état psychologique déjà bien dégradé ou à la rencontre de plein fouet avec cette diabolique région? Son objectif de départ, limiter les dégâts, finira par faire place à une exaltation mystique qui culminera le dimanche, jour du Seigneur.


- Une certaine fatigue
de Christian Authier
Éditions Stock / Août 2012


À quarante-huit ans, Patrick Berthet vient de perdre son père. Pour cet architecte en vue dans une grande ville de province, lui-même père de deux adolescents et amoureux comme au premier jour de celle qui partage sa vie depuis près de vingt ans, vient le moment d'une remise en question. Un temps refoulées, la tristesse et la fatigue provoquées par le deuil s'invitent. Pire: Patrick apprend qu'il est frappé d'une maladie ne lui laissant que quelques mois devant lui. Stoïque, il organise le plus froidement possible son départ jusqu'à ce que les médecins lui annoncent une erreur de diagnostic. Au soulagement succède immédiatement une immense lassitude. Comment vivre encore quand la mort programmée et attendue laisse place à une vie supplémentaire? Patrick choisit de se cloîtrer dans une chambre d'hôtel, loin des siens, de sa famille, de ses amis. Commence alors une retraite cocasse et propice aux désirs les plus inattendus.


- Une partie de chasse
de Agnès Desarthe
Éditions de l'Olivier / Août 2012


Au cours d'une partie de chasse, un homme tombe dans une galerie souterraine. Tristan est désigné pour rester sur les lieux tandis que les autres iront chercher du renfort. Mais les secours n'arrivent pas et la tempête se lève. Une longue attente commence. Tout en essayant de soutenir moralement celui qui s'est blessé en tombant (et dont il se sent si loin), Tristan se remémore la suite des événements. Il revit sa rencontre avec sa femme Emma, l'évolution de leur relation. C'est elle qui l'a convaincu de partir chasser, pour que les autres l'acceptent dans le cercle des hommes. Il repense aussi à sa mère malade dont l'image le hante encore aujourd'hui, au petit garçon docile qu'il était alors à son chevet. Et lui, qui a toujours plié sous la volonté des femmes, interroge enfin la place de son propre désir. Tristan s'abrite de la tempête comme on se terre au fond d'un terrier, dialoguant en cachette avec un animal rescapé de la partie de chasse, quand les voix des humains ne lui parviennent plus. La nature se déchaîne alors dans une colère salutaire. Et peut-être le déluge, qui emporte tout sur son passage, obéit-il au rêve de Tristan de faire table rase.


- Velvet
de Mary Hooper
Éditions Les Grandes Personnes / Août 2012


Orpheline dans le Londres des années 1900, Velvet survit tant bien que mal en travaillant dans l'enfer d'une blanchisserie. Lorsque l'occasion lui est donnée de s'occuper du linge de clients fortunés, la jeune fille saisit sa chance et attire l'attention de l'intrigante Madame Savoya, l'un des médiums les plus courus de la capitale. Emménageant à la Villa Darkling aux côtés de Madame et de George, son séduisant assistant, Velvet ne va pas tarder à découvrir les usages et secrets de cet univers fascinant qu'est celui du spiritisme. Elle est pourtant loin de se douter que le danger qui la guette ne vient pas du royaume des morts. Un roman envoûtant qui nous plonge dans les coulisses des salons des plus grands médiums du début du XXe siècle. Lumières tamisées et ambiance feutrée: quand les esprits parlent, les vivants doivent les écouter.


- Big Book Van Der Meer
de Vonne Van Der Meer
Éditions 10-18 / Juillet 2012


Les saisons se succèdent dans la "Maison des dunes" de l'île Vlieland. Venus pour se délasser, les vacanciers livrent aux vagues des fragments de leur existence, saisis dans la pleine lumière de l'été. Semaine après semaine, la maison devient le coffre-fort précieux de leurs petites confidences. À travers ces deux volets, Vonne Van der Meer cristallise avec une subtile maîtrise des instants de peine, de doute ou de lutte intérieure, comme autant de variations sur la manière de s'accommoder aux épreuves de la vie.


- En cuisine
de Monica Ali
Éditions 10-18 / Juillet 2012


Gabriel Lightfoot dirige les cuisines de l'hôtel Imperial, un palace londonien sur le déclin, ou il peine à gérer une équipe multiculturelle de travailleurs, en grande partie clandestins. La mort étrange de Yuri, l'un des plongeurs, et l'arrivée de la belle Lena lui font brutalement découvrir la triste réalité de ses employés. Une radiographie sans concession de l'Angleterre actuelle.


- L'espionne de Tanger
de María Dueñas
Éditions Robert Laffont / Juillet 2012


Alors que la guerre civile espagnole vient d'éclater, Sira tombe amoureuse de Ramiro. Elle n'a pas vingt ans, et Ramiro la traite comme une déesse. Quand, sur un coup de tête, Ramiro décide de partir pour Tanger, Sira ne se pose pas de questions elle le suit, laissant sa mère dans Madrid en guerre. Au bout de quelques mois, Ramiro disparaît. Sira se retrouve seule en terre étrangère, sans un sou et avec une ardoise impressionnante dans l'hôtel de luxe ou ils sont descendus. Fuyant la prison pour dettes, elle se réfugie à Tétouan, alors sous protectorat espagnol. Que va-t-elle devenir, sans amis et sans argent? Pour s'en sortir elle n'a qu'un seul savoir, transmis par sa mère: la couture. À force de ténacité et de privations, elle parvient à monter un petit salon de couture. Quand la Deuxième Guerre mondiale est déclarée, elle est prête à offrir ses services aux épouses des Européens coincés au Maroc par les hostilités. Sira saisit sa chance lorsque Rosalinda, la jeune maîtresse de l'ambassadeur de Grande-Bretagne, a besoin de toute urgence d'une robe du soir pour sa première apparition publique. Sira lui confectionne une copie époustouflante d'une robe de Fortuny. Dès lors, elle est propulsée dans le monde luxueux des riches expatriées, dans les fêtes ou se nouent et se dénouent les alliances secrètes entre l'Allemagne et l'Espagne. Rosalinda, excentrique maîtresse d'un haut dignitaire espagnol, souhaite de toutes ses forces empêcher le rapprochement entre l'Allemagne nazie et l'Espagne franquiste. Suivant les ordres du séduisant Marcus, agent de sa Très Gracieuse Majesté et officiellement photographe de presse, elle propose à Sira de lui rapporter les propos tenus par ses clientes allemandes: ce que font leurs maris, qui ils fréquentent et ce qui se dit dans la communauté allemande. Sira met au point un très ingénieux système pour communiquer avec les Anglais: dans ses patrons de couture, qu'elle dessine elle-même, elle introduit des messages codés en morse. Bientôt, de plus en plus impliquée dans son travail clandestin, Sira voyage entre Tétouan, Tanger, Madrid et Lisbonne, apparemment pour acheter des tissus, en vérité pour servir de messagère aux agents britanniques. Mais la guerre des espions n'est pas un jeu d'enfants. Sira met sa vie en danger. La seule personne assez puissante pour l'aider est Rosalinda, elle-même sous haute surveillance. Quant à Marcus, il semble jouer un double jeu.


- Mendoza
de Carine Geerts
Éditions Brumerge / Juillet 2012


Ramón Calderón, ancien ouvrier agricole, est devenu le riche propriétaire d'une "Bodega" à Mendoza en Argentine. Âpre au gain, brutal et jouisseur, il n'a qu'une passion dans la vie: la vigne. Du moins, jusqu'à l'arrivée de Concepción, une jeune vendangeuse, dotée d'un corps aguichant et dont le cerveau cliquette comme un tiroir-caisse. L'implantation du Groupe Financier d'Alfonso Carranza va perturber l'équilibre du milieu vinicole de Mendoza. Bientôt les passions de l'argent vont se mêler à celles de la chair avec le cortège de grèves et de colères.


- Monsieur le commandant
de Romain Slocombe
Éditions Nil / Juillet 2012


Écrivain et académicien dans le Paris de l'avant-guerre, Paul-Jean Husson s'est désormais retiré dans une petite ville de Normandie pour se consacrer à son œuvre, émaillée d'un antisémitisme "patriotique". Lorsque la guerre éclate et que son fils Olivier rejoint la France libre, il prend en charge la protection de sa belle-fille, Ilse, une Allemande aux traits aryens et à la blondeur lumineuse. Sa beauté fait surgir en lui un éblouissement bientôt en contradiction avec toutes ses valeurs, car il découvre qu'Ilse est juive, sans toutefois parvenir à brider l'élan qui le consume. Peu à peu, l'univers si confortable du grand écrivain pétainiste, modèle de bon bourgeois enkysté dans ses ambivalences, vacille. Les secrets de familles sortent comme autant de cadavres de leurs placards et à l'heure où son existence torturée est percée à jour par une Occupation aux effets ontologiques imprévisibles, seule une lettre adressée au commandant de la Kreiskommandantur peut permettre à Husson de sauver la face. C'est en salaud imaginaire que Romain Slocombe porte en lui une lettre jamais écrite, une lettre de délation; il prouve ainsi que la part la plus vile de l'âme humaine ne trouve de meilleure place ou se révéler que dans le genre épistolaire.


- Muléum
de Erlend Loe
Éditions 10-18 / Juillet 2012


Suite à la disparition de sa famille au complet dans un accident d'avion, Julie, dix-huit ans, est bien décidée à en finir. Mais l'adolescente n'excelle pas dans l'art du suicide et chacune de ses tentatives est un échec. En voyage aux quatre coins du monde pour multiplier les chances de s'écraser, Julie fait la rencontre d'étonnants personnages. Lui vient alors une folle envie de vivre.


- Après Venise
de Laurent Vignat
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Juin 2012


Dans la galerie commerciale qui l'emploie, la jeune Linda Trouvère est devenue une célébrité depuis qu'elle a gagné, à la loterie annuelle, quatre jours à Venise. Ignorant tout de la Sérénissime, elle s'y rend presque avec réticence. Elle ne voit dans ce séjour qu'une occasion de quitter sa banlieue et les pizzas qu'elle prépare. Ce sera pour elle une sidération, une renaissance. Foudroyée par un regard surgi du XVe siècle, c'est toute son existence qu'il lui faudra réinventer, après Venise.


- Délire tropical
de Pierrette Champon
Éditions Brumerge / Juin 2012


Pour fuir la routine de leur collège de banlieue et joindre l'utile à l'agréable Joëlle et Marc ont décidé de demander un poste d'enseignant en Côte d'Ivoire. Dans ce milieu nouveau où les mœurs sont libres, le dépaysement est total et ils doivent s'adapter. Le couple parviendra-t-il à maintenir le cap?


- Entre de bonnes mains
de Abbie Taylor
Éditions Belfond / Juin 2012


Dawn, la trentaine célibataire, a largement mérité son prestigieux poste d'infirmière en chef: son travail, c'est sa passion et elle se consacre nuit et jour au bien-être de ses patients. Quitte, parfois, à s'impliquer un peu trop. Ainsi, quand une de ses patientes la supplie d'abréger ses souffrances, Dawn fait le choix qui lui semble le plus humain. Sans réaliser que quelqu'un l'a observée et est bien décidé à tirer avantage de la situation. S'agit-il de Clive, l'insupportable jeune recrue qui maltraite les malades? Du docteur Coulton, surnommé" La Brute"? D'un autre patient? Rongée par la paranoïa et la culpabilité, soumise à un dangereux chantage, Dawn doit découvrir l'identité de son bourreau avant que la situation ne lui échappe. Et qu'elle ait à faire le plus terrible des sacrifices pour protéger ses patients.


- Eugène Bullard
de Claude Ribbe
Éditions Cherche Midi / Juin 2012


La vie d'Eugène Bullard (1895-1961), aviateur afro-américain, jazzman, activiste et francophile, est une suite ininterrompue de défis et de luttes contre les préjugés raciaux. Né dans la Géorgie ségrégationniste de la fin du XIXe siècle, le jeune Bullard, traumatisé par une tentative de lynchage visant son père, s'enfuit en clandestin sur un steamer en partance vers une Europe qu'il idéalise. Pour survivre, le voilà cible vivante dans une foire, artiste de music-hall, boxeur, avant de plonger dans le Paris de la Belle Époque au moment même où l'Europe s'embrase. C'est la Première Guerre mondiale. D'abord engagé dans la Légion et frère d'armes du peintre Kisling, Bullard, blessé à Verdun, rejoint l'aviation française et devient l'un des premiers pilotes militaires noirs de l'histoire. Il participe ensuite à l'aventure dujazz à Montmartre puis connaîtra, sur fond de charleston, une trépidante histoire d'amour. Agent des services français de contre-espionnage, il quittera la France à l'arrivée des nazis et se construira une nouvelle vie à New York. Un récit flamboyant et exaltant où l'on croise Charles de Gaulle, Blaise Cendrars, Charles Nungesser, Sidney Bechet, Joséphine Baker, des héros et des salauds.


- Fais un vœu
de Alexandra Bullen
Éditions Michel Lafon / Juin 2012


Adoptée alors qu'elle n'était qu'un bébé, Hazel Snow cherche depuis toujours la vérité sur ses origines. Lorsqu'elle croit avoir découvert l'identité de sa mère biologique, une artiste influente, elle n'a plus qu'une idée en tête, la rencontrer. Elle tente de l'approcher lors d'un dîner de charité, vêtue d'une robe confectionnée par une mystérieuse couturière. Mais là, elle apprend sa soudaine disparition. Effondrée, dans son chagrin, elle se prend à souhaiter de toutes ses forces avoir connu cette femme. Elle découvre alors dans son sac deux autres robes, accompagnées d'un mot de l'étrange couturière aux doigts de fée: chacune d'elles a le pouvoir d'exaucer un vœu. Transportée dix-huit ans plus tôt, Hazel fait enfin la connaissance de cette mère dont elle a tant rêvé. Pourtant, tout ne se passe pas comme elle l'imaginait. La magie ne peut pas panser toutes les blessures.


- Gokan
de Diniz Galhos
Éditions Cherche Midi / Juin 2012


Tokyo, 2010.
Une garagiste, jeune, jolie, très désagréable.
Son père, ancien Béret Vert, à peine plus aimable.
Une valise diplomatique débordant de billets.
Un assassin américain lancé dans un safari humain.
Des yakuzas dépassés.
Du béton, de l'électricité, des armes et du sang.
De la musique, du cinéma.
Et un professeur de la Sorbonne chargé de voler une bouteille de saké appartenant à Quentin Tarantino.
Secouez le tout.
Servez dans un bar de quinze mètres carrés.


- Inquisitio
de Nicolas Cuche
Éditions Michel Lafon / Juin 2012


1355. Le jeune Guillaume de Tasteville, envoyé au cachot pour être puni de sa jalousie à l'égard de son frère cadet, échappe au fléau qui emporte toute sa famille: la peste. Vingt-cinq ans plus tard, c'est sous un nom d'emprunt qu'il parcourt les routes de la chrétienté, traquant les blasphémateurs, sorciers et autres hérétiques. C'est l'époque de l'Inquisition, et il en est un des bras armés. L'Église est déchirée par des luttes internes: en Avignon règne le pape Clément VII, un bon vivant, tandis qu'à Rome le pape Urbain VI prône une rigueur absolue. Dans ce contexte de schisme, les temps sont particulièrement troublés. Quand des meurtres sont perpétrés sur des prêtres, mutilés atrocement, ils sont cloués sur des croix, tête en bas, celui qui se fait désormais appeler Guillermo Barnal n'a de cesse de retrouver les maudits qui osent commettre de telles horreurs. Son enquête le mène vers la belle et mystérieuse Madeleine, dont les cheveux de feu et le tempérament sauvage pourraient être des signes de sorcellerie. Mais le spectre de la mort noire n'a pas fini de rôder. L'épidémie de peste est-elle une punition divine? Un médecin idéaliste se dresse face à l'inquisiteur et veut lui prouver que l'on peut sauver les populations. Entre les deux hommes s'engage un bras de fer au cours duquel chacun va voir ses certitudes vaciller.


- Istanbul était un conte
de Mario Levi
Éditions 10-18 / Juin 2012


Entre chronique florissante et fabuleux conte moderne, cette myriade de récits entremêle le quotidien de trois générations de juifs stambouliotes au XXe siècle. Istanbul modèle leur existence à la lueur de leurs regrets, de leurs fantasmes ou des souvenirs qu'ils recréent. Dessinant, au gré de leurs errances, un monde nostalgique aux parfums enchanteurs.


- Julian Corkle est un fieffé menteur
de D. J. Connell
Éditions 10-18 / Juin 2012


Julian est gros, adore la coiffure, rêve de glamour. Sa mère le voit déjà en superstar, au grand dam de son père, fan de sport et de bière. Il faut dire que dans la Tasmanie paumée des seventies, on n'aime pas les excentriques. De vilaines déceptions en grandes désillusions, Julian devra braver tout ce petit monde. À moins qu'une rencontre insolite ne lui offre une célébrité inattendue.


- L'affaire tequila
de F. G. Haghenbeck
Éditions Denöel / Juin 2012


C'est à Acapulco que se déroulent cette fois les aventures de Sunny Pascal, privé américano-mexicain porté sur le surf, les jolies filles et les cocktails VIP. Sa mission consiste à biberonner Johnny Weissmuller, ex-Tarzan à la dérive un brin porté sur la boisson, pendant la durée du célèbre festival de cinéma qui se tient le long de cette mythique baie. Un jeu d'enfant, en somme. Mais c'est sans compter sur les mauvaises fréquentations de l'homme-singe et ses soucis en tout genre: car Weissmuller est plongé jusqu'au cou dans des affaires crapuleuses que Sunny devra démêler s'il veut sauver sa peau. La mafia, de sombres Cubains aux allégeances troubles et même Ann Margret, l'ex d'Elvis avec laquelle Sunny se lie d'une amitié fort peu catholique, viendront mettre à mal le flegme de notre fin limier. Dans ce nid d'espions où chacun essaie de tirer son épingle du jeu, Sunny mènera l'enquête avec la nonchalance et l'humour qu'on lui connaît. Portrait drôle et sexy du milieu hollywoodien des années soixante, L'Affaire tequila nous entraîne dans une intrigue caliente en diable. À consommer sans modération.


- L'amour écorché
de Marie-Bernadette Dupuy
Éditions L'Archipel / Juin 2012


Pianiste virtuose, Hélène, 23 ans, est pétillante de vie. Pour que son bonheur soit complet, il ne lui manque plus que l'âme sœur. Appelée au chevet d'un vieil ami mourant, elle rencontre Alexandre, un inconnu dont le regard magnétique et la force paisible troublent la jeune femme jusqu'au plus profond de son être. Qui est-il? La réponse glace le cœurs d'Hélène: il est prêtre. Elle est alors loin d'imaginer les années de douleurs et de tourments qui l'attendent. Alexandre, qui a juré fidélité à Dieu, se trouve face à un choix cornélien. Renoncera-t-il à son sacerdoce pour aimer Hélène?


- L'art du jeu
de Chad Harbach
Éditions JC Lattès / Juin 2012


Henry Skrimshander est une véritable star du baseball, dans l'équipe du Westish College, petite université du Wisconsin, il conclut tous ses matches par un sans-faute. Jusqu'au jour où il rate un lancer facile. Son destin, ainsi que la vie de quatre personnes, prennent alors un tournant décisif. Déstabilisé, Henry remet en cause la brillante carrière à laquelle il est promis. Guert Affenlight, le président de l'université, tombe contre toute attente éperdument amoureux. Owen Dunne, coéquipier homosexuel de Henry, s'embarque dans une liaison dangereuse, tandis que Mike Schwartz, capitaine de l'équipe de baseball, est pris de doute sur son avenir et sur le rôle de mentor qu'il a joué pour Henry. Enfin, Pella Affenlight, la fille de Guert, revient à Westish pour échapper à un mariage malheureux et recommencer une nouvelle vie. Alors que les derniers matches de la saison approchent, ces cinq personnages vont devoir affronter leurs espoirs, leurs angoisses et leurs secrets les plus intimes. Ensemble, ils vont s'aider à trouver leur voie et tisser de nouveaux liens. Tendre et subtil, L'art du jeu évoque, à travers des personnages attachants, aussi bien l'amitié, l'amour et la famille, que les aspirations de chacun, l'ambition et ses limites.


- L'inconnue de la Seine
de Didier Blonde
Éditions Gallimard / Juin 2012


"Elle était devant moi, endormie. Ou elle faisait semblant. Quel secret cachait-elle derrière cette moue lassée qui n'était pas de son âge? À l'instant même où le brocanteur a dit simplement "L'Inconnue de la Seine", comme s'il faisait les présentations, j'ai reconnu la jeune noyée dont le visage a été moulé à la morgue. L'anonymat n'a jamais été levé. Elle reste retranchée derrière le rempart de son secret. Pour qui, pourquoi a-t-elle choisi la mort? Qu'a-t-elle entrevu pour en ramener ce souvenir d'extase? Elle est tombée dans le domaine public, mais on n'a pas réussi à la faire parler. À quoi sert de trépaner les morts?"


- L'ouest barbare
de Jean-François Coatmeur
Éditions Albin Michel / Juin 2012


Tout accusait Jérôme de la mort de son beau-père: il a été condamné à vingt ans de réclusion. Mais l'entrée des Allemands en France va changer son destin. En pleine Débacle, il réussit à s'échapper en compagnie d'un codétenu, un criminel endurci. Jérôme n'a qu'une idée en tête, rejoindre son village près de Douarnenez pour revoir sa femme avant de tenter de rejoindre l'Angleterre. Au fil de leur cavale, les deux hommes se lient d'amitié, se confient leurs secrets. Mais leur arrivée à Pouldavid ne va pas faire que des heureux.


- La belle imparfaite
de Cécilia Samartin
Éditions L'Archipel / Juin 2012


Jamilet est une jolie jeune fille mexicaine, qui a grandi avec l'idée que l'énorme tache de naissance qui recouvre son dos était la marque du diable. Quand, à 17 ans, la jeune fille perd sa mère, elle part rejoindre illégalement sa tante Carmen aux États-Unis, où elle espère qu'on pourra la soigner. En Californie, Carmen lui procure des faux papiers, grâce auxquels elle trouve un travail de garde-malade dans un hôpital psychiatrique. Jamilet doit surtout veiller sur le Señor Peregrino, un vieil Espagnol acariâtre, qui découvre bien vite la véritable identité de Jamilet et lui vole ses faux papiers. Il ne les lui rendra que si la jeune femme daigne l'écouter raconter le pèlerinage qu'il fit à Saint Jacques de Compostelle, au cours duquel il rencontra Rosa, le grand amour de sa vie. Au contact de Jamilet, Señor Peregrino se libère de son passé douloureux. Jamilet, qui désormais considère le vieil homme comme son grand-père, prend confiance en elle, apprend à lire, s'accepte enfin, et s'ouvre aux autres.


- La compagne de Russie
de Edouard Moradpour
Éditions Michalon / Juin 2012


"Je me suis installé à Moscou dans le contexte sulfureux du craquèlement du mur de Berlin". Alexandre, le héros de La Compagne de Russie, est un séduisant et successful publicitaire français, un peu paumé, qui découvre dans les bras des femmes les excès et tourments de la Moscou post-communiste, terre adoptive d'Édouard Moradpour. Personnage attachant et romantique, Alexandre multiplie les rencontres à la recherche de l'amour. En vain. Il est incapable d'aimer toutes ses conquêtes mais trop faible pour les quitter: "Faire l'amour sans amour, j'étais bien le dernier à qui cela pose problème". Au cœur de l'intrigue, le suicide inexpliqué de la jeune et belle Aliona va bouleverser notre héros et faire évoluer sa quête dans un sens inattendu. Parviendra-t-il à s'extraire de l'emprise fascinante des poupées russes, elles-mêmes en quête de stabilité, de reconnaissance et de maternité?


- La malédiction de la Rainha Filipa
de Gérard Janichon
Éditions Flammarion / Juin 2012


Comment se reconstruire quand on a tout perdu, que l'on gît blessé, amnésique, entre la vie et la mort, sur un lit d'hôpital? Pour reprendre pied dans le monde des vivants, Alexander Kleb n'a qu'une certitude au cœurs: il appartient à la mer et à la glorieuse famille des conquérants portugais du XVe siècle. Soutenu par l'amour du docteur Emma Belcant, une jeune femme au passé flou, guidé par Voilmot, un commissaire de police lui-même chargé de lourds secrets, Kleb va mener une enquête délicate et devra affronter les souvenirs fantômes d'un navigateur oublié depuis cinq siècles. Au cours de ce voyage initiatique qui le conduit de La Rochelle au cap de Bonne-Espérance, en passant par le Portugal, Kleb devra composer avec la destinée tragique d'Emma pour déchiffrer les mystères de son étrange mémoire. C'est au prix de ces épreuves qu'il pourra espérer mettre fin à son errance, sauver l'âme d'Emma et lever la malédiction qui les frappe tous deux.


- La nuit du solstice
de L. J. Smith
Éditions Michel Lafon / Juin 2012


Selon la légende, il y a bien longtemps, les passages reliant la Terre au Féerie ont été scellés, éloignant à jamais les humains de ce monde où les contes vivent encore. Seule la magicienne Morgana Shee détient le secret du dernier enchantement qui en ouvre les portes. On raconte que sa résidence est construite sur le dernier passage existant. La maison sur la colline est un lieu étrange. Irrésistiblement attirée par le mystère qui s'en dégage, Claudia implore sa grande sœur, Alys, ainsi que ses amis, les jumeaux Charles et Janie, de l'y accompagner. Là-bas, grâce à une formule obscure qui leur permet de traverser les miroirs, ils sont transportés dans un autre univers, le Féerie, où la magie règne. Un monde où la sorcière Morgana, gardienne des portes, a disparu. Or le solstice d'hiver approche, seul moment d'ouverture du dernier passage.
Et maintenant que les portes ne sont plus gardées, le terrible mage noir Cadal prévoit de l'utiliser pour envahir et asservir les humains. Pour l'en empêcher, Claudia, Alys, Charles et Janie vont devoir libérer Morgana, retenue prisonnière par un sombre enchantement. Mais comment retrouver la sorcière protectrice dans ce monde aussi étranger qu'imprévisible?


- La petite boutique des rêves
de Roopa Farooki
Éditions Gaïa / Juin 2012


"Dans ce monde, il n'y a que deux tragédies. La première est de ne pas obtenir ce que l'on veut, et la seconde est de l'obtenir". Oscar Wilde Lucky est un jeune garçon de quatorze ans qui rêve de faire gagner la coupe du monde de foot à son équipe. Son père Jinan, d'origine bangladaise, est un brillant avocat. Sa mère Delphine est française. Après une belle carrière dans le marketing, elle vit dans une aisance que toutes ses amies lui envient mais qu'elle trouve terne. Son plus grand malheur serait-il d'avoir réalisé ses rêves trop tôt? Delphine n'oublie-t-elle pas un peu vite Zaki, son truculent beau-père, qu'elle a connu bien avant Jinan et avec lequel la vie se parait des feux de la passion? Zaki, le joueur, l'ours tendre, qui tient au coin d'une rue la petite boutique où Lucky vient se réfugier avec ses rêves.


- Le huitième continent
de Florian Ferrier
Éditions Plon / Juin 2012


Quelque part dans le Pacifique, une violente tempête s'abat sur le Cyrano, le voilier de la famille Becker. Au matin, les parents de Roxane et Christo ont disparu. Les deux adolescents et Stephen, le skipper, sont seuls à bord du bateau qui sombre. Dérivant sur un radeau de survie, les rescapés sont pris dans un vortex qui les échoue sur le huitième continent: gigantesque banquise d'ordures où règnent l'horreur et la désolation. Un repaire où les prédateurs les plus dangereux sont des hommes. Egarés, traqués, Roxane, Christo et Stephen vont devoir survivre à la faim, la soif, la peur, la folie, dans l'espoir de s'arracher aux griffes du huitième continent.


- Le triomphe de l'œuf
de Sherwood Anderson
Éditions Robert Laffont / Juin 2012


Sherwood Anderson déploie tout son talent de conteur dans ce recueil de vingt-neuf nouvelles sélectionnées dans ses œuvres complètes et parfaitement représentatives de son univers. Observateur hors pair de la vie sociale, il pénètre avec clairvoyance et précision jusqu'aux tréfonds de l'âme de ses personnages. Ces courts récits racontent souvent, sans tabous ni détails superflus, le quotidien d'hommes et de femmes issus de milieux sociaux défavorisés. De petites gens, certes, mais à la psychologie complexe et torturée; des personnages en quête d'accomplissement dont le désir n'est jamais assouvi. Les nouvelles possèdent également un côté plus lumineux: l'auteur évoque sa propre vie de vagabond, son désir d'ailleurs et de voyage, cette perception aiguisée que l'on développe quand on est étranger dans une ville ou un pays. La plupart des histoires ont d'ailleurs une forte dimension autobiographique, et sont le plus souvent écrites à la première personne.


- Les chroniques de Lady Yoga
de Rain Mitchell
Éditions 10-18 / Juin 2012


Au studio de yoga de Lee, on apprend à lâcher prise. Un art qui ouvre de nouvelles perspectives à Katherine, masseuse et ex-junkie, Imani, star de télé dépressive, Stephanie, agent à Hollywood, paumée, et Graciela, danseuse abîmée guettant le casting. Mais lorsque Lee se voit offrir l'opportunité d'un mirifique contrat avec YogaHappens, le véritable Starbucks du yoga, elle glisse doucement vers l'intranquilité. Comment pourrait-elle trahir ses fidèles de toujours? Encouragée par son futur ex-mari Alan, Lee va-t-elle se laisser tenter par cette proposition? Chroniques originales d'une communauté farfelue. Un réjouissant cocktail de drôlerie et de sagesse.


- Les sortilèges du Cap Cod
de Richard Russo
Éditions 10-18 / Juin 2012


Il suffit d'un mariage pour que celui de Joy et Jack Griffin, la soixantaine, vole en éclats. Un an plus tard, les noces de leur propre fille au cap Cod scellent leurs retrouvailles. De retour sur les lieux de son enfance, Jack vient y disperser les cendres de ses impitoyables et défunts parents. Le contexte invite à la crise existentielle. Et le bilan des ratés est lourd.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 17:51

- Ma vie pour un Oscar
de Aurélie Levy
Éditions Plon / Juin 2012


"John Bogus a tout, de l'argent depuis qu'il est adolescent, l'accès à toutes les drogues ainsi qu'à toutes les positions sexuelles imaginables. Il passe devant tout le monde quand le Dalaï Lama est en visite officielle, se fait refaire les paupières lorsqu'elles se fatiguent de porter son regard de braise. Des années que les sapes, les palaces, les safaris et les sauts à l'élastique ne le font plus vibrer. Il ne reste plus que la mort, avec laquelle il jongle". Camille, jeune Parisienne caustique et mégalo, devient l'assistante personnelle de John Bogus, une star hollywoodienne. Entre scandales, voyages humanitaires et course à l'Oscar, elle va changer d'avis sur le vrai sens du succès. Un récit corrosif et sans concession sur le milieu du cinéma. Une satire férocement lucide sur notre soif de notoriété. Aurélie Lévy, trente-quatre ans, a vécu et travaillé dix ans à Hollywood. Réalisatrice de documentaires, Ma vie pour un Oscar est son premier roman.


- Mémoire d'une nuit d'orage
de Nancy Pickard
Éditions Belfond / Juin 2012


Baigné de violence et de sensualité, un superbe roman au cœurs des vastes plaines du Middle West, à la rencontre des secrets et des drames d'une toute-puissante famille d'éleveurs. Un orage s'abat sur la petite ville de Rose, fougueux, dévastateur. Dans cette ambiance électrique, un drame va se nouer qui verra l'assassinat de Hugh-Jay Linder et la disparition de sa femme Laurie. Seule survivante: leur fille Jody, trois ans. Pour le très soudé clan Linder, et pour toute la bourgade, le coupable ne fait aucun doute: Billy Crosby, mauvais garçon notoire. Vingt-trois ans plus tard, le meurtrier présumé sort de prison. Une libération anticipée due aux nombreuses failles du dossier. Pour Jody qui avait pris soin de tenir son tragique passé à distance, c'est toute sa vie qui est de nouveau ébranlée. Mystères, mensonges et jalousies resurgissent; la ville s'embrase. Pour la jeune femme, l'heure est venue de se confronter à des vérités dérangeantes.


- Nos (pires) meilleures vacances à Las Vegas
de Agathe Colombier-Hochberg
Éditions Fleuve Noir / Juin 2012


Depuis trois ans, Géraldine et sa famille recomposée passent les grandes vacances ensemble. De préférence chez Yannis, le plus fou des Grecs que la terre ait porté. Mais à un mois du départ, changement de cap, toute la troupe s'envole pour Vegas ou la sœur de Géraldine a décidé d'épouser son amoureux. Le programme est simple: une fois sur place, Géraldine aidera sa sœur à préparer la noce pendant que les hommes partiront visiter les grands parcs avec les enfants. Mais Géraldine a oublié un léger détail: si dans la vie, tout lui réussit, les vacances sont pour elle synonyme de catastrophe annoncée. Au bout de quelques heures, les garçons perdent la petite dernière dans le Grand Canyon. Du côté des filles, ce n'est pas mieux depuis que ces dames se laissent entraîner dans des parties de poker endiablées et légèrement addictives. Entre courses poursuites, anniversaire en plein désert, invités surprises au mariage costumé, soirées aux tables de jeux, et grand concert de Céline Dion à ne surtout pas rater pour certains (à fuir pour d'autres), les vacances de Géraldine risquent de ne pas être de tout repos. Mais ne dit-on pas que les vacances (et les mariages) ratés sont souvent les meilleurs?


- Nous, les noyés
de Carsten Jensen
Éditions 10-18 / Juin 2012


Du port de Marstal, les hommes libres se lancent à la conquête des furies océanes. Contre les flots noirs et les terres proscrites, contre le deuil, trois générations de marins affrontent depuis 1848 leur destinée épique. Au seuil de leurs limites, de leurs forces et de leurs rêves, ils gravent, de continent en continent, l'horizon flamboyant d'une odyssée humaine.


- Potes pour la vie
de Ingvar Ambjørnsen
Éditions Gaïa / Juin 2012


Elling et Kjell Bjarne se sont rencontrés au "centre de cure et de convalescence" de Brøynes, bref, un institut psychiatrique. Épaulés par Frank, leur tuteur, ils prennent un appartement en ville et luttent pour faire leur grand retour dans la société. Mais leur champ de bataille est vaste. Apprivoiser le téléphone demande de l'apprentissage, sortir de chez soi est un combat. Tous les quinze jours, Frank vient s'assurer que tout se passe pour le mieux. L'occasion d'une virée en ville entre potes, cinéma, pizzeria. La belle vie. Si Kjell Bjarne est un mufle qui ne pense qu'à la bouffe et aux filles, Elling est légèrement plus hyper nerveux. Les deux compères construisent un équilibre fragile: l'existence est effrayante, mais supportable, à petites doses. Un récit tragi-comique sur le fait d'oser descendre dans la rue et se confronter à la vie du dehors.


- Rien ne s'oppose à la nuit
de Delphine de Vigan
Éditions JC Lattès / Juin 2012


"La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d'adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d'explication est vouée à l'échec. L'écriture n'y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d'interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j'ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination; je l'ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d'autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti". Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.


- Rondo Capriccioso
de Isabelle Huc-Vasseur
Éditions Prisma / Juin 2012


En cette belle journée de juin 1914, Julie Maréchal fête ses fiançailles au domaine de Misère, où vit sa famille. L'avenir lui sourit, elle aime Francis et ils seront bientôt mariés. Mais, le destin capricieux en a décidé autrement et le 1er août, la guerre vient mettre un terme à cette douce euphorie. Les hommes sont mobilisés, obligeant les femmes à prendre en main leur propre destinée. Loin du front, dans ce village du littoral héraultais, la vie continue envers et contre tout. Julie nous entraîne, avec pudeur et tendresse, dans le quotidien des gens de l'arrière pris eux aussi dans la tourmente.


- Sacrée famille !
de David Safier
Éditions Presses De La Cité / Juin 2012


Pour relancer sa librairie, Emma veut inviter Stéphanie Meyer, l'illustre auteure de la saga Twilight. Emma Wünschmann a sacrifié sa carrière prometteuse dans l'édition pour se consacrer à ses enfants. Un choix qu'elle regrette aujourd'hui. En effet, la librairie qu'elle possède à Berlin périclite, et sa famille ne se montre pas d'un grand soutien. Sa fille adolescente a honte d'elle, son fils vit reclus dans ses livres, son mari se montre distant. Lorsqu'un ancien collègue propose à Emma d'accueillir la célébrissime Stéphanie Meyer, Emma y voit l'occasion de relancer son commerce. Malheureusement, la rencontre se passe très mal. Alors qu'Emma et les siens, tous déguisés pour l'événement, rentrent chez eux, leur chemin croise celui d'une étrange vieille dame qui leur jette un sort: chacun se retrouve propulsé dans la peau du personnage dont il porte le costume. Afin de briser le sortilège, il faut retrouver la vieille femme. Mais, pour cela, il leur faudra retrouver l'esprit d'équipe.


- Tout a commencé à Monte-Carlo
de Elizabeth Adler
Éditions Belfond / Juin 2012


Rien ne va plus entre nos détectives de choc et de charme, Mac Reilly et Sunny Alvarez! Jalousie, aventure et romance sous le soleil de la Riviera. Le plus sexy des duos prend tous les risques dans ce nouveau roman d'Elizabeth Adler. Sunny est furieuse: Mac a encore repoussé la date de leur mariage. Cette fois, c'en est trop! Elle fait ses valises, laisse la bague et une lettre de rupture derrière elle et s'envole pour Monte Carlo. Pour oublier le goujat, rien de tel qu'un peu de farniente à l'Hôtel de Paris et de shopping sur les avenues de la principauté. Loin de Mac, Sunny s'étourdit et flirte avec toutes les tentations: un troublant Brésilien, un businessman suédois, mais aussi les affaires un peu louches de Mara, une créatrice de bijoux indienne, prête à entraîner la pauvre Sunny sur un chemin très périlleux. Heureusement, Mac veille. Bien décidé à reconquérir sa belle, il est prêt à voler à son secours. L'amour triomphera-t-il? Monte Carlo n'a pas encore livré tous ses secrets.


- Tu m'aimes toujours ?
de Emily Giffin
Éditions Michel Lafon / Juin 2012


Tessa est l'épouse modèle du grand chirurgien Nick Russo et une mère de famille dévouée. Valérie, brillante avocate, élève seule son fils. Ces deux jeunes femmes n'ont en commun que la banlieue chic de Boston où elles résident et l'amour qu'elles portent à leurs enfants. Pourtant, elles vont bientôt partager l'être le plus important qui soit: l'homme de leur vie. Le jour où, à la suite d'un accident, Valérie amène son fils au docteur Russo, ce dernier n'est pas insensible aux charmes de cette femme belle, indépendante, et qui gère sa carrière avec brio. Tout le contraire de son épouse qui semble ne s'intéresser qu'aux ragots et dont les tenues sexy dorment au fond d'un placard. Tu m'aimes toujours ? raconte l'histoire de ce trio de gens bien, pris malgré eux entre les feux d'une passion qui s'étiole et d'une autre qui renaît. Comment remettre en cause tout ce qu'on a construit? Peut-on fonder un nouveau bonheur sur les ruines d'un autre? Dans son nouveau roman, Emily Giffin montre qu'écouter son cœur n'est pas toujours facile.


- Un concours de circonstances
de Amy Waldman
Éditions de l'Olivier / Juin 2012


Quelques années après le 11 Septembre, un jury se réunit pour choisir un projet de mémorial afin de rendre hommage aux victimes. À la stupeur générale, le vainqueur du concours est un musulman, l'architecte Mohammad Kahn. La presse s'empare de cette nouvelle et un débat féroce déchire l'opinion. Familles endeuillées, journalistes, jurés, tous réagissent avec violence. Les uns crient à l'outrage, les autres en appellent à la liberté. Considéré comme Le Bûcher des vanités des années 2000, Un concours de circonstances dresse le portrait d'un pays aux prises avec ses paradoxes. Amy Waldman explore les conséquences médiatiques, politiques et intimes de ce jour funeste qui a transformé à jamais l'Amérique.


- À contre-nuit
de Frederick Reiken
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2012


Dans une paisible maison de retraite, une vieille dame voit resurgir sur un écran de télévision un homme ressemblant trait pour trait à son amour de jeunesse. Nous sommes en 1984, et le temps, en cette année orwellienne, s'apprête à se disloquer. Quarante ans plus tôt, en Lituanie, 500 hommes ont été fusillés par les Nazis. La légende raconte que deux d'entre eux réchappèrent au massacre; nul ne sait qui ils sont, ni s'ils ont réellement survécu, mais depuis, ces deux fantômes hantent une foule de personnages qui n'ont a priori rien en commun. Un biologiste de la faune marine; une jeune femme perturbée, victime présumée de manipulations mentales dans une secte mormone; son frère, dans le coma après un accident de moto en Israël; mais aussi une dangereuse et énigmatique fugitive, traquée par le FBI depuis vingt ans.


- À contre vent
de Angeles Caso
Éditions Buchet Chastel / Mai 2012


Au début des années 2000, deux femmes que tout oppose se rencontrent à Madrid. Suite à une rupture douloureuse, la narratrice traverse une période difficile. Ses amis arrivent à la convaincre de s'adjoindre les services d'une femme de ménage. C'est la pétillante Saõ, originaire du Cap-Vert, qui va venir bouleverser sa vie. Impressionnée par sa force de caractère, la narratrice décide alors de raconter l'histoire de cette immigrée téméraire qui n'aura pas toujours été épargnée. C'est ainsi que l'on suit l'itinéraire de la petite Saõ, enfant pauvre du Cap-Vert, abandonnée par sa mère à une autre femme. Saõ est une petite fille très courageuse qui rêve de devenir médecin pour les enfants démunis. Son institutrice, Natercia l'y encourage, mais il lui faudra hélas abandonner très vite l'école pour subvenir à ses propres besoins. C'est ainsi qu'elle devient nourrice d'une famille aisée. Pourtant, lorsque le père des quatre enfants tente d'abuser d'elle, Saõ décide de s'enfuir et de saisir sa chance en Europe. C'est au Portugal, entre Lisbonne et les plages de l'Algarve, propices à la rêverie, qu'elle se prend à croire à une vie meilleure. Elle file alors le parfait amour avec Bigador, le père de son enfant. Mais cet Angolais, traumatisé par la guerre dans son pays ne porte-t-il pas en lui les stigmates de la violence? Saõ, même dotée d'une force de vie exceptionnelle, saura-t-elle surmonter les épreuves qui l'attendent? À contre vent est le roman d'une amitié entre deux femmes. Inspiré de faits réels, il rend également hommage aux femmes immigrées qui croient en leur destin et se heurtent à la dureté des hommes, au racisme, à l'injustice, sans jamais perdre espoir. Il constitue ainsi une invitation au voyage suggérée par une écriture poétique et empreinte de nostalgie.


- À la lueur d'une étoile distante
de Mary McGarry Morris
Éditions Belfond / Mai 2012


Porté par le style raffiné et l'exceptionnel pouvoir d'évocation de Mary McGarry Morris, un roman délicat, plein de force et d'émotion, sur la culpabilité et la rédemption, l'innocence de l'enfance et la violence du monde adulte. Ces derniers temps, Nellie Peck, treize ans, a enfin trouvé de quoi combler son désœuvrement: espionner la nouvelle locataire de sa mère dans le petit studio attenant à leur maison. Activité d'autant plus excitante que l'arrivée de la jeune et jolie Dolly, danseuse de cabaret à la sensualité débordante, n'est pas passée inaperçue dans le quartier. Et rapidement, c'est à un véritable défilé de prétendants qu'assiste Nellie, cachée dans les arbres. Un matin, le corps de Dolly est retrouvé sans vie. Crime passionnel, vengeance? Tous les regards se tournent vers Max, ancien délinquant sexuel, repoussé par la belle. Alors que le jeune homme risque la condamnation à vie, la voix d'une enfant s'élève: Nellie. Qui croire? Entre des adultes respectables et une gamine à l'imagination débordante, le poids de la vérité pèsera-t-il assez lourd?


- Alors j'étais mort et je vous observais
de Philippe Napoletano
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Mai 2012


Lui, le narrateur, on ne connaît pas son nom. P., c'est son frère aîné, Pierre. Il a réussi. Il dirige une entreprise prospère et envisage sérieusement de prendre la direction du club de foot local. J., c'est la femme de Pierre, Juliette. Elle a toujours bien tenu sa place de femme au foyer, d'épouse attentive, un peu soumise. P. et J. n'ont pas d'enfants, le seul échec de P. dans une vie plutôt bien menée. J., elle, n'en est pas mécontente, tout comme elle n'est pas mécontente de se rendre compte que cela fait plus de huit mois qu'ils n'ont pas fait l'amour.N., c'est sa sœur, la petite dernière, Nathalie. N. est une artiste: performeuse-plasticienne. Elle vit seule, et ça lui plaît. Elle aime la solitude, l'immobilité. Tout comme, adolescente, elle aimait l'immobilité en préparant sa seringue, l'immobilité après l'injection. N. a toujours été mal à l'aise d'être la préférée de son père, de n'être pas comprise, pas aimée par sa mère. Elle non plus n'a pas d'enfants, mais c'est parce qu'elle est séropositive. Raison suffisante. Eux, ce sont les parents, qui oublient leur vie entre les murs de la cuisine recouverts d'un papier peint épais et mou au motif de crépi, couleur coquille d'œuf. Qui voient leurs enfants grandir, vivre et ne les comprennent plus, devant le petit sapin en plastique posé sur la commode, enrubanné d'une guirlande lumineuse. Lui, il a décidé de mourir, ce soir, après la fête. Alors, il regarde ces gens, sa famille, et pour la première fois, il les comprend, il les perce à jour. Il en est capable parce qu'il va mourir, et que cela le rend merveilleusement détaché de tout. Au-delà de ce que l'on n'ose pas penser, se dire ou s'avouer au sujet de nos proches, ce texte est une introspection lucide qui, s'appuyant sur l'histoire familiale, porte un regard sur la condition humaine d'aujourd'hui.


- Bons baisers de Cora Sledge
de Leslie Larson
Éditions 10-18 / Mai 2012


Cora: 82 ans, 136 kilos, accro au tabac et aux antidépresseurs. Malgré son tempérament de feu, ses enfants décident de la placer en maison de retraite. Mais pour Cora, pas question de perdre le contrôle de sa vie. Elle a bien encore toute la vie devant elle, non? Avec ses nouveaux amis Marcos et Vitus, la voici bien décidée à s'offrir une seconde jeunesse.


- C'est beau une ville la nuit
de Richard Bohringer
Éditions Flammarion / Mai 2012


Une balade dans la vie nocturne de la ville, dans la solitude des bars. Récit poétique d'une errance aux épisodes réels et imaginaires: amours, enfance, voyages, premières expériences d'acteur.


- Chaque geste que tu fais
de David Malouf
Éditions Albin Michel / Mai 2012


Un jeune homme partant à la guerre tente de comprendre quelle est sa véritable place dans le monde qu'il s'apprête à quitter; une partie de chasse met à nu les secrets de chacun; un compositeur voit sa vie prendre des allures de cantate complexe; une femme se souvient de son bonheur passé au bord d'une piscine italienne; une veuve essaye de garder le contrôle de sa vie. Dans les sept nouvelles bouleversantes qui composent ce recueil, David Malouf, l'un des plus grands auteurs australiens contemporains, nous laisse entendre des hommes et des femmes étrangement seuls, face à un passé enfoui et un présent à décrypter. Puissamment enraciné dans les paysages et les réalités d'une Australie magnifiée, ce livre poignant résonne comme une exploration de ces mondes intérieurs qui nous séparent et nous relient les uns aux autres.


- Chibani
de Ahmed Dich
Éditions Anne Carrière / Mai 2012


Malick, fils d'un ouvrier agricole, quitte la capitale pour revenir dans son village du Sud-Ouest. Il veut se ressourcer, faire le point. Son ambition de devenir comédien s'est heurtée au mur des stéréotypes: avec sa "gueule de fait divers", on ne lui donne pas d'autre rôle que celui de l'Arabe de service. Au village, il retrouve Chibani, un vieil ami de son père, et leur rencontre va tourner à l'affrontement. Contraint de cohabiter quelques jours avec cet homme désabusé, il découvre un père meurtri depuis le mariage de sa fille avec un gaouri. Le jeune homme, qui a tout fait pour s'intégrer, se voit reprocher d'avoir renié ses origines. Malick à son tour souligne le manque de tolérance et le refus de s'intégrer de Chibani. À travers ce dialogue haut en couleur, deux visions de l'immigration s'affrontent, celles de la première et de la deuxième génération.


- Dans ses yeux
de Eduardo Sacheri
Éditions 10-18 / Mai 2012


Buenos Aires, 1968. La jeune Liliana Morales est sauvagement étranglée. Bouleversé, Benjamín Chaparro, greffier au Palais de Justice, jure de dénouer cette affaire qui l'obsède. Mais dans l'Argentine des années de plomb, iniquité, trahisons politiques et exil sabreront sa quête éperdue de vérité. Trente ans plus tard, hanté par le souvenir, il livre le terrible récit de ce drame.


- David
de Madeleine Chapsal
Éditions Fayard / Mai 2012


Ce jour de l'été 2011, pour la première fois depuis mes quinze ans, j'ai cessé d'écrire. Plus rien ne me venait, ni courrier, ni journal, ni texte littéraire. Ecrire m'était devenu impossible, j'avais la gorge nouée. Que s'était-il passé qui puisse justifier cet étranglement? Ce subit refus de continuer ce qui, jusque-là, faisait ma vie, l'écriture? La réponse m'apparut comme évidente: le dimanche 24 juillet, à l'hôpital de Fécamp, David était mort. Mort, le mot lui allait si mal. Même quand j'ai su qu'il rechutait, six mois plus tôt, je n'y ai pas cru, David, mon "fils de cœur", allait à nouveau trouver des solutions à son mal. Aujourd'hui, si je m'y remets, serait-ce que David attend de moi que j'écrive sur lui, puisque tel est mon seul savoir-faire? Je sens en tout cas, que je ne pourrai recommencer un texte qu'après avoir transcrit ce que ce "fils" disparu a été pour moi, ce que nous avons vécu en commun, ces rares moments qui n'ont été qu'à nous deux. Sans que cela ôte quoi que ce soit à aucun d'entre les siens, proches ou lointains. Voici donc ce que j'ai vécu d'unique avec David.


- Déraison d'État
de Fabrice Tassel
Éditions Denöel / Mai 2012


Homme de gauche au service d'un gouvernement de droite, Paul est un haut fonctionnaire atypique, très apprécié au sommet de l'État. Pourtant, depuis peu, il s'ennuie. Les promotions, l'admiration des proches, l'argent ne lui suffisent plus. Écœuré par la vacuité du pouvoir, rattrapé par un vertigineux sentiment d'inutilité, il veut vibrer à nouveau. Quand sa fille se fait sermonner par un inconnu au jardin d'enfants, Paul laisse exploser sa colère. Aussi surpris que fasciné par la sensation de puissance et de renaissance que lui procure cette altercation, il se prend à tester les limites de son impunité. Peut-il vraiment tout se permettre? Jusqu'où aller sans être inquiété? La violence, l'acte gratuit, le meurtre? Fabrice Tassel dresse le portrait glaçant d'un homme dont l'ascension professionnelle s'accompagne d'une descente aux enfers, et sonde les mécanismes d'un monde politique qui dévore peu à peu ceux qui le servent.


- Des amours dérisoires
de Virginie Carton
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2012


D'infimes détails, de ridicules imprévus conditionnent parfois les plus grands choix de nos vies et même nos engagements amoureux. Vincent, 36 ans, architecte, nourrit encore quelques rêves d'enfance. Quand il rencontre Marine dans un zoo, il se dit pourtant que le temps est venu pour lui de se poser et de grandir. Mais quelques concours de circonstances, parfois improbables, vont défier ses intentions. Des Amours dérisoires est l'histoire de ce fil invisible qui fait la magie de nos amours ou nos pires déconvenues. C'est aussi celle de Raphaël, Juliette, David, Pierre et les autres, une bande d'amis trentenaires, de leurs relations de couple et d'amitié, de leurs contradictions.


- Des bleus au cœurs
de Louisa Reid
Éditions Plon / Mai 2012


Des bleus au cœurs est un conte, mais un conte terrifiant et terriblement réaliste. C'est l'histoire tragique de ces deux sœurs jumelles prises au piège d'un père monstrueux, une histoire comme on en découvre dans les pages de faits divers, un drame familial qui se déroule derrière les portes closes d'une maison tranquille et proprette, et qu'aucun voisin ne soupçonne d'abriter les pires violences. De chapitre en chapitre, les voix des deux sœurs alternent autour d'une scène terrible qu'on ne découvrira vraiment qu'à la fin: la mort d'Hephzibah. Rebecca raconte l'après, comment elle tente de s'enfuir, pour échapper au même destin. Hephzi, elle, déroule le fil de son destin, tissé d'amour, de rêves et de désespoir. Profondément touchantes, fortes, loyales, les jumelles de Louisa Reid prennent vie et laissent le lecteur sonné et hanté, les yeux écarquillés et le cœurs serré.


- Diane et autres stories en short
de Christian Laborde
Éditions Robert Laffont / Mai 2012


Nous disons "nouvelles", les Anglais "short stories" et l'auteur "stories en short". Pourquoi? Parce que les héroïnes de ces dix-sept histoires érotiques portent chacune un short. Il y a le short noir d'Irène qui joue au volley-ball, celui de Florence à qui un homme éperdu réussit à dire quelques mots. Il y a le short vert d'une jeune anarchiste, celui que Rebecca retire dès qu'un orage éclate, le short à revers de Mathilde qui rencontre son futur amant au rayon "Biscuits" à Auchan... Un homme ou une femme fait l'amour autant avec son imagination qu'avec ses organes. Ici l'imagination procède naturellement des mots, c'est-à-dire du style de Christian Laborde, léger mais précis, rapide mais brillant, quand il met en scène les objets du désir. Que démontrent ces délicieuses et excitantes nouvelles? Que l'érotisme, omniprésent dans la société actuelle, reste une voix personnelle, presque indéfinissable. Il appartient pour chacun d'entre nous au domaine du rêve. En ce sens, il est le contraire de la pornographie qui montre alors que l'érotisme suggère. Voilà un livre très suggestif et attachant parce que s'y mêlent avec un grand charme le trouble des héros, les coups de tonnerre de la passion sensuelle et même l'amour des bons livres.


- Emily
de Stewart O'Nan
Éditions de l'Olivier / Mai 2012


Dans la vie d'Emily, il y a eu les repas animés, la ronde des jours et des choses à faire. Aujourd'hui, Emily est veuve. Ses enfants sont loin. Sa belle-sœur, Arlene, lui tient compagnie. Elle aime la musique classique, les musées, les petits déjeuners copieux du Eat'n Park. Sa santé est bonne. Elle ne manque de rien. À 80 ans, le temps rétrécit mais il semble infini.


- Homme arrêté
de Sébastien Amiel
Éditions de l'Olivier / Mai 2012


"Ils atteignirent la vallée en milieu de matinée. Au détour d'un virage, ils aperçurent les eaux calmes du lac. Le voyage avait duré une heure, une heure pendant laquelle Adam et Anna n'avaient échangé que peu de mots. Elle et le petit avaient dormi un bon moment, bercés par la musique qui passait à la radio et l'air rafraîchi des sous-bois s'engouffrant par les vitres entrouvertes et glissant dans leurs cheveux. Adam avait conduit comme un automate, les yeux rivés sur la route, bifurquant aux embranchements, freinant, accélérant, et traversant les villages sans même en avoir conscience, l'esprit occupé par la fugue de Vasco. Dès qu'il coupa le contact, il eut le sentiment qu'il ne reverrait jamais son chien". La chaleur est écrasante. Le drame peut commencer.


- Hommes en armes
de Evelyn Waugh
Éditions Robert Laffont / Mai 2012


Porteur d'un message désabusé, ce livre constitue un tour de force ou, selon Olivier Todd, la "joie du rire cache le pessimisme manichéen". Nous replongeant au cœur des années 1940, Hommes en armes raconte l'histoire du pauvre Guy Crouchback, qui incarne l'état d'esprit et la morale de son époque. Ce jeune homme, issu d'une famille de la haute bourgeoisie, introverti, catholique dévot et malchanceux en amour, décide de s'engager sous les drapeaux et se voit confronté à la réalité caricaturale des divisions de réserve de l'armée britannique. C'est en participant à la guerre, il trouve son propre rôle dans le monde moderne. Avec ses supérieurs directs, Aphtorpe (cliché de l'officier expérimenté, désenchanté et obsédé par l'étiquette) et Ritchie-Hook (militaire téméraire, exalté et irascible), il va mener des campagnes jusqu'en Afrique. Hommes en armes est un texte attachant et plein d'humour caustique, qui parle d'une époque révolue avec beaucoup de verve. Une critique intéressante ressort de la satire d'Evelyn Waugh, mettant en scène de manière très efficace la médiocrité humaine dépourvue d'idéal, surtout par le contraste entre Guy Crouchback et ses supérieurs.


- Hôtel Miranda
de Iman Bassalah
Éditions Calmann Lévy / Mai 2012


Elle écrivit "Yamen" et "Rabih" sur la plage, effaça vite les deux noms en se souvenant qu'ils signaleraient sa présence. Puis elle courut se jeter à l'eau toute vêtue, comme elle le faisait dans son enfance, sans rien écouter de ceux qui lui couraient derrière les bras levés. C'était bon, entière, libre, perdue. La révolution du Jasmin n'a pas encore eu lieu quand, après un séjour dans une geôle tunisienne, Selma, 20 ans, monte dans une embarcation incertaine pour Lampedusa. Depuis que Yamen, son fiancé a mystérieusement disparu, rejoindre Paris est sa raison de vivre. Elle laisse derrière elle sa mère, Zineb, et son adorable petit frère, Rabih, qui collectionne les photos de Ben Ali. Louise, photographe parisienne, a décidé qu'elle ne passerait pas un 14 Juillet de plus enfermée dans son couple. Elle abandonne mari, enfants et vie aisée Pour ne pas sombrer, elle passe le périphérique. Les deux fugitives vont partager un terminus provisoire à Montreuil: l'Hôtel Miranda. Un bouge sans étoiles où l'humanité brillera, à travers des personnages solaires au passé triste. Un foyer où Selma et Louise entament; au milieu des autres, l'ultime voyage vers la liberté.


- Je t'écoute
de Federica de Paolis
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2012


Diego travaille pour les guides Lonely Planet et court le monde depuis des années. Un décollement de la rétine le force à rentrer se faire opérer en Italie. Il s'installe dans l'appartement où il a grandi et que sa sœur, qui vit actuellement aux États-Unis, s'est refusé à vendre à la mort de leurs parents. Bien vite, ses voisins ne vont plus avoir de secrets pour lui, un problème de branchement téléphonique fait que son téléphone sonne chaque fois que les habitants de l'immeuble passent ou reçoivent un appel. Diego ne sort plus de chez lui et se précipite sur le combiné chaque fois que la sonnerie retentit. Toutefois, il ne se contente pas d'écouter la vie des autres, il s'en mêle aussi, et en bon samaritain, leur vient en aide. Car il ne peut supporter ni le malheur ni les larmes, il a lui-même trop fui, passant d'un pays à l'autre, continuellement en mouvement.


- Je voulais te dire...
de Louisa Young
Éditions Baker Street / Mai 2012


Nadine et Riley sont deux jeunes Londoniens issus de milieux très différents, mais amis depuis l'enfance. Au moment où leur complicité pouvait prendre un tour plus intime, des considérations de classe se dressent brusquement sur leur chemin. C'est alors qu'éclate la Grande Guerre. Ils n'ont que 18 ans. Riley passera trois ans dans les tranchées des Flandres et de la Somme, tandis que Nadine s'engagera comme infirmière. Quand il revient, il n'est plus le même homme; ce qui lui est arrivé sur le champ de bataille l'aura changé pour toujours. Ne pouvant pas imaginer que Nadine puisse encore vouloir de lui, il fera tout pour la repousser. Mais le destin lui compliquera la tâche. Louisa Young décrit avec éloquence la fin d'un monde, les dévastations morales et matérielles causées par le premier conflit mondial, l'incompréhension qui règne entre les combattants et ceux qui ne savent rien de ce qui se passe au front. Elle fait aussi, et c'est une des grandes originalités du roman, le récit du remarquable travail de pionnier accompli par les chirurgiens de la reconstruction faciale. Et, dans cette histoire d'un amour passion que tout contrarie, elle dépeint avec subtilité les relations sociales dans une Angleterre en pleine métamorphose.


- L'âge des miracles
de Karen Walker
Éditions Presses De La Cité / Mai 2012


Et si nos journées commençaient à s'allonger, d'abord de quelques minutes, puis de plusieurs heures, jusqu'à ce que le jour devienne la nuit et la nuit le jour? Une journée d'octobre apparemment comme les autres, l'humanité découvre avec stupeur que la vitesse de rotation de la Terre a ralenti. Les jours atteignent progressivement 26, 28 puis 30 heures. La gravité est modifiée, les oiseaux, désorientés, s'écrasent, les marées se dérèglent et les baleines s'échouent. Tandis que certains cèdent à la panique, d'autres, au contraire, s'accrochent à leur routine, comme pour nier l'évidence que la fin du monde est imminente. En Californie, Julia, est le témoin de ce bouleversement, de ses conséquences sur sa communauté et sa famille. Adolescente à fleur de peau, elle est à l'âge ou son corps, son rapport aux autres et sa vision du monde changent, l'âge des miracles.


- L'amant de Patagonie
de Isabelle Autissier
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2012


1880, Ouchouaya, Patagonie. Orpheline farouche, Emily l'écossaise a 16 ans, de longs cheveux bouclés, les yeux verts. En cette période d'évangélisation du Nouveau Monde, Emily est envoyée en Patagonie en tant que "gouvernante" des enfants du Révérend. Quelle étrangeté soudaine. Elle qui ne sait rien de la vie découvre à la fois la beauté sauvage du détroit de Beagle, l'alliance des gris, bleus, verts et blancs, les saisons de froid intense et de soleil lumineux, toute l'âpre splendeur des peuples de l'eau et des peuples de la forêt, les baleines et les orques, au bout du Monde. La si jolie jeune fille, encore innocente, découvre aussi le corps d'Aneki, autochtone Yamana, dont elle tombe amoureuse. Alors, sa vie trop sage bascule. Réprouvée, en marge des codes et des lois de la civilisation blanche, Emily fugue, rejoint Anaki et croit vivre une passion de femme libre. Jusqu'au drame. Peut-on faire table rase de ses origines? Doit-on s'oublier pour renaître dans la peau d'une autre? Une magicienne ou une étrangère? Sur fond d'anthropologie naissante, de colonisation des terres patagonnes par les blancs, d'affrontements sanglants entre les tribus Yamana et Alakaluffs, de croyances scandées, le roman d'Isabelle Autissier puise à la fois aux sources du réel et de la fiction, qui connaît mieux que la navigatrice les mers du Grand Sud et leurs histoires? Mais il fallait le talent de l'écrivain pour incarner ces Roméo et Juliette des terres australes, Emily et Aneki.


- L'anglais
de Denise Bombardier
Éditions Robert Laffont / Mai 2012


Les contes de fées existent... La preuve? Ce roman autobiographique, porté par la verve de la Québecoise Denise Bombardier. Ou comment, à plus de cinquante ans, une femme qui a toujours été à la pointe du combat féministe et vécu plusieurs histoires d'amour compliquées et douloureuses qui ont sapé sa confiance dans les hommes rencontre, au moment où elle ne l'espère plus, l'amour de sa vie. Répondant à l'invitation du Dr Philip T. Spencer, Denise B. accepte du bout des lèvres de se rendre à Belfast, en Irlande du Nord, ou cet émérite professeur à Trinity College organise un colloque. Elle s'attend à être accueillie par un vieil Irlandais barbu et bedonnant au visage raviné par les pintes de Guinness. C'est tout le contraire qui se produit: le Dr Spencer est un Anglais francophile et 100% British, beau "comme un acteur de cinéma", incroyablement séduisant et pourtant tout l'inverse d'un séducteur. Tout l'inverse, surtout, de ce qu'elle a connu jusque-là, ce qui est aussi déstabilisant qu'attirant. Le coup de foudre est immédiat.


- L'infamie
de Jean-Denis Bredin de l'Académie Française
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2012


Le procès de Riom, février-avril 1942. Dans L'infamie, Jean-Denis Bredin, grand avocat et académicien, reconstitue le procès de Riom, qui se tint au printemps 1942. En revenant point par point sur l'affaire, des prémices au dénouement final, l'auteur ressuscite, en même temps qu'une situation politique française chaotique, le mystère d'un "procès-fantôme". La France de Vichy, Pétain en tête, reproche aux hommes de la IIIe République la défaite de 1940. C'est bien la République qu'ils veulent traduire en justice, et discréditer. Se faisant l'avocat acharné de la réalité, l'auteur donne la parole aux principaux accusés. À la barre, Léon Blum, Edouard Daladier, Guy Lachambre, et d'autres officiers appelés à livrer leurs témoignages se succèdent. Mais la cour ne prononcera jamais son jugement. Après une vingtaine d'audiences, et devant la défense acharnée, brillante, courageuse de Blum et Daladier, le procès est suspendu. Avec précision et minutie, et s'efforçant de privilégier une objectivité souveraine, Jean-Denis Bredin élève le document historique à la hauteur de l'épopée.


- L'iranienne
de Maurice Bigio
Éditions Calmann Lévy / Mai 2012


La vie de Shirine est un combat. Iranienne et avocate, Shirine se bat contre l'oppression d’un régime totalitaire et lutte contre la maladie de Shantia, son fils atteint de myopathie. Shirine est une femme engagée et défend avec ardeur les homosexuels condamnés à la pendaison, les fillettes abusées ou les poètes contestataires, censurés et enfermés. L'autre combat, celui que mène Shirine pour soigner son enfant, l'éloigne chaque jour de Shapour, son mari, directeur du programme nucléaire iranien dont elle ne partage plus les idéaux. C'est pourtant dans les couleurs, les odeurs de Téhéran si chères à son cœur, que Shirine puisera du réconfort et grâce aussi au soutien indéfectible de son amie Anouch. Mais la peur est omniprésente, la prison menace et l'exil est inéluctable. La détermination et la ténacité de Shirine suffiront-elles pour résister aux répressions et à l'arbitraire du quotidien?


- La bonne étoile
de Esther Freud
Éditions Albin Michel / Mai 2012


La timide Nell, Charlie la magnifique, Dan l'ambitieux, Jema la révoltée: tous croient en leur "bonne étoile". Formés au très select Drama Arts de Londres, où ils se sont rencontrés, ils rêvent de devenir des stars. La réalité sera-t-elle à la hauteur de leurs espérances? Auditions improbables, agents injoignables, tournées miteuses, tapis rouge sans lendemain ponctuent leur parcours semé d'embûches dans un monde dominé par l'ambition, la vanité et les faux-semblants. Seule Nell prendra le chemin de la réussite, mais à quel prix. Dans cette comédie douce-amère, Esther Freud, qui fut elle-même actrice, pose un regard à la fois tendre et aigu sur ses personnages ainsi que sur les splendeurs et misères d'une profession aussi exaltante qu'impitoyable.


- La fureur de la langouste
de Lucia Puenzo
Éditions Stock / Mai 2012


Tino a onze ans. Il vit à Buenos Aires avec sa mère, son père, sa sœur, Bruno le garde du corps et Irma la bonne paraguayenne, dans une maison bourgeoise cossue, sous surveillance vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Car sa famille n'est pas comme les autres: son père, Razzani, dont le plat préféré est la langouste au jerez, est un des hommes les plus puissants du pays. Ce qui inquiète Maia, une amie d'école avec laquelle Tino entretient un jeu amoureux. Jusqu'au jour où Razzani fait les gros titres de la presse et que le père de celle-ci, présentateur de l'émission "Le chasseur", l'invite et tente de le démolir en direct. Tout s'effondre autour de Tino: et s'il ne connaissait pas son père? Qui est cet inconnu qui l'a élevé? Pourquoi tous ces mensonges? Et quand l'homme le plus recherché du pays prend la fuite, c'est toute sa famille qui s'effrite: la sœur, anorexique et sous antidépresseurs, la mère, qui refuse de voir la réalité en face et Tino qui fait l'expérience de la disgrâce.


- La Perle du Sud
de Linda Holeman
Éditions Plon / Mai 2012


Sidonie O'Shea n'a pas froid aux yeux. Cette jeune Américaine des années 1930 vient d'annoncer à son amant qu'elle est enceinte. Depuis, plus de nouvelles d'Étienne. Lancée à sa recherche, elle traverse l'Atlantique jusqu'à l'énigmatique "perle du Sud": Marrakech. La rencontre avec cette ville inconnue fascinante et exotique est un choc. Là-bas, les pistes se brouillent: la disparition d'Étienne semble cacher un secret de famille. Sur la route de Sidonie surgit aussi Aszulay, un Touareg au regard envoûtant. Partie à la recherche de son amant, elle accomplira un tout autre voyage en se découvrant elle-même.


- La porte mystérieuse
de Pierrette Champon
Éditions Brumerge / Mai 2012


Cette histoire me fut inspirée par les élèves d'un collège de la banlieue lyonnaise que j'avais initiés à l'écriture. Les difficultés des 6ème à s'adapter à un nouvel environnement, leurs interprétations diverses des thèmes des cours m'ont amenée à ce récit plutôt loufoque mais divertissant qui devrait rappeler aux adultes quelques-uns des cours de leur enfance. Les aventures du personnage qui se trouve, malgré lui, plongé dans les pages du livre d'Histoire ne devraient pas laisser le lecteur indifférent.


- La présidentielle
de Patrick Besson
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2012


Patrick Besson s'est livré à un exercice littéraire sans précédent. Chaque jour, depuis le 16 janvier, il a tenu pour Lepoint.fr un journal de la campagne électorale et emprunté la voix d'un célèbre écrivain, vivant ou mort, français ou étranger, pour raconter les grandes heures et les coulisses de l'élection présidentielle. Commencé le jour où la France perd son triple A, il se finit à la veille du premier tour de l'élection présidentielle. Maigret découvrant Bernard Tapie planqué dans une boutique de lingerie fine avec son magot en espèce, Patrick Bruel chantant Nathalie Arthaud, Victor Hugo annonçant le châtiment des socialistes, David Foenkinos constatant l'indélicatesse d'Eric Woerth, Ernest Hemingway évoquant le vieil homme et Mamère, ou Louis-Ferdinand Céline accoudé à un bar avec Jean-Louis Borloo. Ces pastiches forment un recueil unique, drôle et très actuel. Dans cette étude littéraire et politique, l'auteur met à profit 40 ans de lecture.


- La vie romantique d'Alice B.
de Mélanie Gideon
Éditions Fleuve Noir / Mai 2012


Le plus puissant aphrodisiaque au monde? Le secret. Or, dans le mariage, c'est justement ce qui fait défaut. En ouvrant sa boîte mail, Alice Buckle tombe des nues: elle est invitée à répondre à un sondage sur le mariage au XXIe siècle. Par soucis d'anonymat, elle signera son courrier Épouse 22, et correspondra avec un enquêteur nommé Chercheur 101. Ah ça, Alice en a des choses à dire sur ses vingt ans de mariage et sa famille ou tout le monde surfe sur Internet, mais où plus personne ne communique. C'est bien simple, Alice n'est plus au courant de rien, doute de tout. Que fait son ado de fille enfermée dans la salle de bain? Son fils de 12 ans serait-il homosexuel? Mais surtout: William, son mari, l'aime-t-il encore? Avec franchise et humour, Alice se livre un plus à chaque question, tout en cachant sa participation au sondage à William. Et de confidences en confidences, par mail, par chat ou sur Facebook, Épouse 22 et Chercheur 101 se lient d'amitié. Tombent sous le charme l'un de l'autre. Et si perdre le contrôle de leur vie était la meilleure chose qui pouvait leur arriver?


- Le banquet des affamés
de Didier Daeninckx
Éditions Gallimard / Mai 2012


"Je suis la somme de tous ceux dont j'ai, à distance, l'impression d'avoir endossé le costume. Je me reconnais en tous. Novice sur le pont noir de La Belle Poule, zouave d'opérette devant Sébastopol, soldat bafoué en Algérie, comédien et pourquoi pas saltimbanque, fossoyeur de l'empire, colonel des Turcos de la Commune, compagnon de Louise Michel et metteur en scène de ses œuvres, laissé pour mort sur la barricade du Château-d'Eau, estropié sans pension, condamné à mort, déporté en Calédonie, inventeur du théâtre déshabillé, directeur des Bouffes-du-Nord, gargotier, fondateur de journaux, orateur, dresseur de lions édentés, prétendant à la députation, buraliste en désespoir de cause, mari fidèle et père aimant". Ainsi Didier Daeninckx fait-il parler Maxime Lisbonne (1839-1905). On comprend que l'auteur ait été fasciné par ce personnage de réfractaire haut en couleur, héros des barricades de la Commune, homme de théâtre, dur à cuire pétri d'idéaux révolutionnaires, précurseur des Restos du Cœur avec son "banquet des Affamés" et défenseur de la cause canaque alors que la plupart de ses amis bagnards se rangeaient du côté de la brutalité coloniale. Maxime Lisbonne fit de sa vie une succession de fureurs héroïques et de ratages splendides: un vrai roman d'aventures.


- Le cap des trois frères
de Henry de Monfreid
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2012


La petite enfance d'Henry de Monfreid se déroule principalement chez ses grands-parents maternels à La Franqui. Ils adorent ce sauvageon épris de nature, attiré par la mer et qui fait toutes les bêtises du monde. L'été, la famille se retrouve, Georges, Amélie, l'oncle Locamus. Après un orage conjugal, Georges doit affronter une tempête dans le Golfe de Gascogne alors qu'il essaie de ramener à Port-Vendres lagoélette qu'il vient d'acheter. L'été est riche d'aventures et de découverte, la confection du pain, les confitures, l'épisode du cochon, un naufrage. Bientôt, il sera temps pour Henry de retrouver ses parents à Paris, et de reprendre le chemin de l'école.


- Le carnet de la mathématicienne
de Michelle Richmond
Éditions Buchet Chastel / Mai 2012


Quand Ellie Enderlin retrouve Peter McConnell dans un café d'un village perdu du Nicaragua, cela fait vingt ans qu'elle n'a pas croisé son chemin. À l'époque, elle était jeune étudiante et sa sœur aînée Lila, brillante mathématicienne, venait d'être assassinée. Sa famille était effondrée et la police ne parvenait pas à mettre la main sur le meurtrier. Profitant du chagrin d'Ellie, Andrew Thorpe, son professeur de littérature, avait alors recueilli ses confidences et mené sa propre enquête. Il en avait tiré un livre le consacrant comme auteur à succès dans lequel il désignait Peter McConnell, l'amant de Lila, lui aussi mathématicien, comme l'auteur du crime. Pendant toutes ces années, Ellie en est restée convaincue. Sa rencontre avec Peter McConnell et le carnet de sa sœur qu'il lui remet vont ébranler ses certitudes et la pousser à reprendre les recherches. Sur quelles preuves véritables reposait le scénario si bien ficelé d'Andrew Thorpe? La vérité est-elle seulement le résultat d'évidences? Connaît-on vraiment ceux qui nous sont proches? Autant de questions auxquelles va être confrontée Ellie et qui vont l'amener à faire de surprenantes découvertes.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 17:45

- Le contenu du silence
de Lucía Etxebarria
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mai 2012


Gabriel est sans nouvelles de sa sœur depuis dix ans, lorsqu'il reçoit un sinistre appel: Cordelia serait l'une des victimes du suicide collectif d'une secte à Tenerife. Il délaisse aussitôt les préparatifs de son mariage et entreprend le voyage dans l'archipel des Canaries pour faire la lumière sur ce drame. Sur les pas de sa cadette, il plonge au cœur d'une étrange constellation familiale et affronte ses peurs et ses névroses, jusqu'à donner voix au silence qui s'est interposé entre sa sœur et lui. Suspense psychologique sur fond de paradis perdu et de paysages sauvages, Le Contenu du silence est une variation sur le mensonge et la trahison qui dénonce l'embrigadement des sectes et épingle l'aliénation que peut représenter la famille. Entre mirage et désir, Lucía Etxebarria mène une enquête subversive et brise les tabous.


- Le dernier vide-grenier de Faith Bass Darling
de Lynda Rutledge
Éditions Jacqueline Chambon / Mai 2012


Le dernier jour du millénaire, dans la petite ville de Bass, au Texas, la septuagénaire Faith Bass Darling, qui s'est improvisée fumeuse invétérée et n'en fait qu'à sa tête, étale tous ses biens de grande valeur sur la pelouse de sa demeure ancestrale pour un vide-grenier. Pourquoi? Parce que Dieu le lui a demandé. Et parce qu'elle sait de quoi il est question: de sa mort, et du meurtre lointain de son mari, Claude. À mesure que les habitants s'arrachent les antiquités accumulées par cinq générations de Darling, un revolver de la guerre civile, une alliance, une pendule vestige de l'histoire de France, une bible de famille, un bureau à cylindre, une multitude de lampes Tiffany, chaque objet révèle le rôle secret qu'il a joué dans la saga familiale et pose les plus profondes des questions existentielles. Dans une narration piquante et enlevée concentrée sur le récit d'une folle journée, Lynda Rutledge signe un roman drôle et émouvant sur les étonnants greniers de la mémoire et le réconfort que nous apportent ces objets dont nous entourons nos vies.


- Le goût du Mezcal
de Miguel Sandin
Éditions JC Lattès / Mai 2012


Augusto Cons, veuf depuis peu et ex-fonctionnaire, arrive à Madrid pour chercher du travail, mais l'avenir est sombre. Un jour pourtant il tombe sur une annonce, "Auteur payerait pour une bonne histoire". Il se rend à l'adresse indiquée et fait la connaissance d'Eliseo Varela, vieil homme d'origine mexicaine, mal en point mais plein d'une vitalité étonnante. Augusto gagne sa confiance sans très bien savoir comment et obtient le poste. Chaque jour il se présente à cinq heures de l'après-midi avec une bouteille de mezcal, des citrons et une histoire qu'il cherche désespérément toute la journée et qu'ils commenteront ensemble. Un jour le vieil homme lui dit qu'il doit écrire un scénario pour la télévision mexicaine et le prie de l'aider. Une amitié s'instaure entre les deux hommes et les conversations les plus intelligentes se mêlent à la drôlerie, à l'ivresse et au scénario. Grâce à Eliseo, Augusto rencontrera Berta, une brune aussi belle qu'intelligente, journaliste. À partir de là, sa vie va prendre une autre direction.


- Le meilleur des jours
de Yassaman Montazami
Éditions Sabine Wespieser / Mai 2012


"Karl Marx et mon père avaient un point commun: ils ne travaillèrent jamais pour gagner leur vie. "Les vrais révolutionnaires ne travaillent pas", affirmait mon père. Cet état de fait lui paraissait logique: on ne pouvait œuvrer à l'abolition du salariat et être salarié, c'était incompatible". Y. M.
Après la mort de son père, Yassaman Montazami se réfugie dans l'écriture pour tenter de garder vive la mémoire de ce personnage hors norme. La drôlerie et la cocasserie des souvenirs atténuent peu à peu l'immense chagrin causé par sa perte. Né avant terme, condamné puis miraculé, l'enfant adulé par sa mère, qui jamais ne lui refusa rien, fut nommé Behrouz, en persan: "le meilleur des jours", un prénom prédestiné pour un futur idéaliste épris de justice et un pitre incapable de prendre la vie au sérieux. Envoyé en France pour y poursuivre des études qu'il n'achèvera jamais, il participe à sa manière aux événements révolutionnaires de 1979, au cours desquels l'Iran bascule de la monarchie à la République islamique, en faisant de son appartement parisien un refuge pour les Iraniens en exil. Leurs chassés croisés entre Paris et Téhéran donnent à l'auteur l'occasion de brosser une multitude de personnages improbables et issus des milieux les plus divers: une épouse de colonel en fuite, fanatique d'Autant en emporte le vent, un poète libertin, mystique et interdit de publication, un révolutionnaire maoïste enfermé à la prison d'Evin, et même un ancien chef d'entreprise devenu opiomane. Évocation d'un monde aujourd'hui disparu, ce premier roman frappe par sa maîtrise et par l'acuité de son trait.


- Le serment de Maria
de Marie-Odile Ascher
Éditions Anne Carrière / Mai 2012


Maria est une jeune Polonaise de 19 ans, profondément patriote, catholique, attachée aux valeurs familiales. Elle est aussi ambitieuse et caresse le projet d'aller étudier à Paris, puisque les Russes n'autorisent pas les femmes à entrer à l'université. Institutrice, elle assume seule la charge de sa mère malade et n'hésite pas à braver les lois de l'occupant dans un esprit de résistance. Pour l'amour d'un officier russe, Igor, elle va tout balayer, projets, famille, religion, patrie. Tout les sépare, notamment le milieu social. Maria découvre, horrifiée, qu'Igor est marié. Malgré cela, elle vibre d'un amour inconditionnel et accepte de suivre Igor à Tachkent puis à Saint-Pétersbourg. Auprès de lui et de leurs quatre fils, elle vivra dans la capitale russe les événements de la chute du tsarisme puis de la prise du pouvoir par les bolcheviks, sur fond de la grande guerre. Fondé sur une solide documentation historique, ce roman relate la destinée romanesque de Maria, la grand-mère de Marina, l'héroïne de Pain amer. Une femme animée d'une passion amoureuse impérieuse, emportée dans la tourmente de l'Histoire.


- Les affligés
de Chris Womersley
Éditions Albin Michel / Mai 2012


Australie, 1919. Alors que la Grande Guerre est enfin terminée, une épidémie de grippe espagnole ravage le pays. Dans une atmosphère de fin du monde, des hommes en armes bloquent les routes et parcourent les campagnes pour imposer la quarantaine. Quinn Walker, un soldat démobilisé et hanté par ce qu'il a vécu, retrouve la petite ville de Flint en Nouvelle- Galles du Sud, qu'il avait quittée dix ans plus tôt, après avoir été accusé à tort d'un crime effroyable. Persuadé que son père et son oncle le pendront s'ils le trouvent, Quinn décide de se cacher dans les collines avoisinantes. Il y rencontre une gamine mystérieuse, qui l'encourage à réclamer justice et semble en savoir plus qu'elle ne le devrait sur son supposé crime. Roman sombre et lumineux où il est question d'amour, de rédemption, de regret et de vengeance, Les Affligés est un livre fort, qui nous parle aussi des souffrances qu'impose la guerre tant à ceux qui partent au front, qu'à ceux restés derrière pour toujours.


- Les aventures de Joseph Grimaldi
de Charles Dickens
Éditions Nil / Mai 2012


Un Dickens méconnu et quasi inédit en français. Dans ce roman biographique, qui relate les étranges aventures du plus grand clown anglais du XIXe siècle, le jeune Boz laisse déjà percevoir son étonnant talent de conteur. Voici un ouvrage de Dickens à peu près ignoré en France, qui fut partiellement traduit en 1951, dans une édition confidentielle, aujourd'hui épuisée et introuvable (Éditions du Globe). L'histoire de ce manuscrit est assez surprenante, et c'est par un curieux détour que Dickens en devint l'auteur officiel: Le clown Grimaldi employa l'année qui précéda sa mort à rédiger l'histoire complète de sa vie, puis confia le volumineux manuscrit à un ami, qui s'appliqua à le condenser avant de le présenter à un premier éditeur. Celui-ci, profitant de la liberté que lui rendait la mort de l'auteur, les porta immédiatement à Charles Dickens. Charles Dickens, en 1838, n'avait que vingt-cinq ans, mais sous le pseudonyme de "Boz" était déjà un auteur chéri du public. Les Sketches, publiés dans les journaux et magazines dont ils avaient fait le succès, les Pickwick Papers, si promptement populaires, avaient assis en trois ou quatre ans sa réputation. Le propriétaire des Mémoires de Grimaldi eut donc toutes les raisons de penser qu'il en tirerait un excellent parti si Dickens les remaniait entièrement en y déployant sa simplicité un peu narquoise, sa bonhomie rusée, sa profonde connaissance des mœurs vulgaires, de l'argot populaire et des excentricités mal famées. Dickens, de son côté, sentit que c'était là pour sa plume un heureux sujet, et qu'elle ne dérogerait pas en s'associant aux souvenirs d'un clown, il est vrai, mais d'un clown comme on n'en avait guère vu jusqu'alors. La vie du grand Joe, son aventureuse carrière, nous livre en effet quelques-uns des plus curieux aspects des mœurs britanniques, de la vie de ses théâtres et de ses bas-fonds. Le hasard, en semant bien des incidents étranges, des rencontres dramatiques, des péripéties bizarres dans l'existence de ce comédien, semble s'être complu à lui faire un sort extraordinaire, et à le désigner ainsi doublement à l'attention des biographes. Et par bien des aspects, Dickens vit sans doute en cet enfant prodige et en cet artiste au cœur pur une sorte de double de lui-même.


- Les chasseurs de tornades
de Jenna Blum
Éditions Les Escales / Mai 2012


Jusqu'où seriez-vous prêt à aller pour protéger votre frère ou votre sœur? Adolescente, Karena a toujours pris soin de Charles, son frère jumeau, bipolaire. Fasciné par les tornades qui semblent refléter ses propres pulsions, Charles devient toutefois peu à peu incontrôlable jusqu'à cet accident qui va les séparer pendant des années. Vingt ans plus tard, journaliste à Minneapolis, divorcée et toujours hantée par ce drame, Karena reçoit un appel d'un hôpital psychiatrique: on lui demande de venir chercher son frère. Mais elle arrive trop tard, Charles est déjà parti chasser un nouvel ouragan. Karena n'a alors qu'une option: suivre les tornades à son tour. Pour retrouver son frère et le sauver de lui-même.


- Les derniers flamants de Bombay
de Siddharth Dhanvant Shanghvi
Éditions 10-18 / Mai 2012


Dans Bombay devenu Mumbai, les flamants sont le vestige d'un passé somptueux. Photographe, Karan Seth tente de saisir l'esprit de la mégalopole en shootant sa jet-set: Samar, excentrique pianiste; Rhea, épouse frustrée; Zaira, star de Bollywood. L'assassinat de l'actrice ébranlera ce microcosme, révélant les non-dits d'une élite indienne corrompue, oublieuse de ses valeurs ancestrales.


- Les joies éphémères de Percy Darling
de Julia Glass
Éditions Les Deux Terres / Mai 2012


Dans une ancienne ferme près de Boston, Percy, soixante-dix ans, passe sa retraite à lire, à regarder de vieux films et à nager dans son étang en tenue d'Adam. Il n'apprécie que les visites de Robert, son cher petit-fils étudiant en médecine. Cette paisible routine est compromise lorsqu'il permet à une école maternelle d'occuper sa grange. À mesure qu'élèves, parents et professeurs assiègent son refuge, il remet en question la vie solitaire qu'il mène depuis la mort de sa femme, trente ans plus tôt. Quand il croise avec Robert le destin d'Ira, instituteur homosexuel, et de Celestino, jardinier guatémaltèque, il lui devient soudain impossible de rester à l'écart de sa communauté, de ses deux filles, ni même, à sa grande surprise, des joies éphémères de l'amour.


- Les larmes d'Aral
de Jérôme Delafosse
Éditions Robert Laffont / Mai 2012


Du monde inquiétant du renseignement à celui de chercheurs apprentis sorciers de l'ex-bloc soviétique en passant par les terribles geôles d'Irlande du Nord, un thriller à couper le souffle. Irlande, automne 1994. En plein conflit nord-irlandais, Sinead McKeown, grand reporter de guerre, survit à l'attentat à la bombe qui tue son mari et l'enfant qu'elle porte. Très vite, la police découvre que son compagnon a été sauvagement assassiné à l'arme blanche avant même que la bombe n'explose. Les soupçons se dirigent vers Sinead. Abusivement accusée du meurtre de sa propre famille sous prétexte de liens secrets avec l'IRA, la jeune femme parvient à s'échapper. Fugitive recherchée par toutes les polices, elle n'a désormais qu'un but, retrouver les véritables meurtriers de ce massacre. Et pour cela un seul indice en sa possession, une fiole contenant des paupières humaines ornées de mystérieux tatouages. Paris, au même moment. Un homme, presque nu et terrorisé, est pris en chasse aux alentours de la gare de Lyon par une patrouille-nuit de la BAC. Sur le point d'être interpellé, il saute dans la Seine. Quand son corps, marqué de plaies nécrosées, est repêché deux jours plus tard, les premières constatations laissent croire au suicide d'un SDF. Mais l'affaire prend une tout autre tournure lorsque les policiers qui ont manipulé le cadavre sont frappés d'un mal étrange. Contre la DST et les experts de la DGSE, Raphaël Zeck, jeune flic du 36 quai des Orfèvres et son adjoint Drago, dit le Serbe, sont chargés de l'enquête. Ce qu'à ce stade ni Sinead ni Raphaël ne peuvent soupçonner, c'est que leurs deux enquêtes sont liées. Le pacte qui les réunira malgré eux va les plonger dans un monde ou le crime naît de croyances ancestrales effrayantes, de manipulations scientifiques terrifiantes et de "secrets Défense" à glacer le sang. Un monde vertigineux au cœur de la folie des hommes, là où les "larmes d'Aral" coulent pour l'éternité.


- Les lois de la famille
de Benjamin Law
Éditions Belfond / Mai 2012


Si votre adolescence n'a été qu'un long combat orthodontaire; si vous avez subi l'horreur fashion des années 80; si vous avez d'affreux souvenirs de Noëls en famille; si vous avez participé, enfant, à des spectacles artistico-niais dans des maisons de retraite; s'il vous reste quelques cicatrices de batailles fraternelles; si, par hasard, vous avez vécu une rencontre aussi violente que sensuelle avec un diable de Tasmanie, ne cherchez plus, ce livre est pour vous. En vingt-trois vignettes, Benjamin Law nous entraîne à la découverte de la plus excentrique, la plus irrésistible, la plus cruelle des familles: la sienne. Dans la lignée des œuvres d'un David Sedaris, un ovni littéraire hilarant et grinçant qui nous donne à voir une Australie fort éloignée des guides touristiques.


- Les manguiers de Bellavista
de Robin Bayley
Éditions Flammarion / Mai 2012


Dans les années 1990, l'auteur décide de partir sur les traces de son arrière-grand-père parti au Mexique au début du XXe siècle. Il retrace son périple initiatique à travers toute l'Amérique latine, voyage fait de folies, de superstitions, de dangers et de situations cocasses. Un récit qui livre un aperçu de la culture mexicaine et une histoire d'humanité.


- Les mots du passé
de Jean-Michel Denis
Éditions Prisma / Mai 2012


Été 2003, une terrible canicule assèche la France. Louis et son fils s'apprêtent à prendre la mer au large de La Charente afin de trouver un peu de fraîcheur. Soudain, un coup de téléphone les oblige à faire demi-tour. C'est Pierre, le père de Louis. Cet octogénaire solitaire et taciturne éprouve soudain un besoin capital de dévoiler enfin son passé à son fils. Pierre et Louis vont alors remonter le temps jusqu'aux années sombres de l'occupation à Paris, ce qui aura des conséquences totalement inattendues et bouleversantes.


- Les oranges ne sont pas les seuls fruits
de Jeanette Winterson
Éditions de l'Olivier / Mai 2012


"Ma mère n'avait pas d'opinions nuancées. Il y avait ses amis et ses ennemis. Ses ennemis étaient: le Diable (sous toutes ses formes), les Voisins d'à côté, le sexe (sous toutes ses formes), les limaces. Ses amis étaient: Dieu, notre chienne, tante Madge, les romans de Charlotte Brontë, les granulés anti-limaces, et moi, au début". Les oranges ne sont pas les seuls fruits recrée sur le mode de la fable l'enfance de Jeanette, double fictionnel de l'auteur. À la maison, les livres sont interdits, le bonheur est suspect. Seul Dieu bénéficie d'un traitement de faveur. Ce premier roman nourri par les légendes arthuriennes ou la Bible célèbre la puissance de l'imaginaire. Tout semble vrai dans ce récit personnel mais tout est inventé, réécrit, passé au tamis de la poésie et de l'humour. Publié en 1985 en Angleterre, Les oranges ne sont pas les seuls fruits a connu un immense succès, devenant rapidement un classique de la littérature contemporaine et un symbole du mouvement féministe.


- Les travaux d'Hercule
de Camille Laurens
Éditions Gallimard / Mai 2012


La mission du "privé" ressemble à des vacances au soleil, tous frais payés, même si la mystérieuse commanditaire dissimule ses traits, même si le jeu consiste, en fait, à trouver une aiguille dans une botte de foin. Parti à la recherche d'un Jacques, il découvre qu'en fait c'est un Simon qui a disparu sans laisser d'adresse, avec femme, enfant, et même chien. Il découvre des secrets, des complicités, des silences qui en disent long. Mais si l'enquête semble avancer bon train, il s'avère aussi que la recherche de la vérité est semblable à un chemin jalonné d'obstacles aux allures de miroirs. À l'issue d'un parcours initiatique digne d'Hercule, notre héros trouvera la réponse tant désirée. Mais comme, dans l'intervalle, la question a changé, peut-être ne sera-t-il plus rien d'autre, alors, que le protagoniste de l'un de ces romans modernes où les demi-dieux échouent et où les amants ne sont pas dignes d'être aimés.


- Les tribulations d'un lapin en Laponie
de Tuomas Kyrö
Éditions Denöel / Mai 2012


Des chaussures de foot à crampons. C'est afin de pouvoir en offrir à son fils Miklos que Vatanescu quitte sa Roumanie natale pour mendier sur les trottoirs de Helsinki, sous l'impitoyable férule d'un trafiquant russe, Iegor Kugar. Mais les affaires tournent vite au vinaigre et Vatanescu est contraint de fuir. Sans papiers, pourchassé par la mafia et par la police, notre Candide contemporain entame un long périple qui va le mener jusqu'en Laponie, en compagnie d'un lapin dont il a sauvé la vie dans un jardin public. Leur épopée sera jalonnée de rencontres et de personnages hauts en couleur. Les péripéties du héros et de son lapin, plus burlesques les unes que les autres, laisseront à Vatanescu le loisir d'étudier les us, coutumes et travers des Finlandais en particulier et des pays développés en général. Les tribulations d'un lapin en Laponie, roman en forme d'hommage au cultissime Lièvre de Vatanen, impose Tuomas Kyrö comme le fils spirituel du grand Arto Paasilinna, dont il partage l'humour, le sens de l'épopée bucolique et l'art de croquer avec tendresse les loufoqueries de ses contemporains.


- Légère comme un papillon
de Michela Marzano
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2012


À 42 ans et pour la première fois, Michela Marzano évoque, dans ce récit original sous forme d'autoportrait, l'anorexie dont elle a été victime de longues années. Et bouscule d'emblée les idées reçues, ce que trop de gens croient une maladie est en réalité un "symptôme". L'élément révélateur d'une douleur enfouie et latente. À partir de ce mal, l'auteur développe une réflexion aux allures d'introspection sur l'être, ses rapports au monde, à l'autre et à lui-même. Un discours centré sur l'humain. Et sa capacité à affronter la vie, à appréhender la mort, à convertir en énergie vertueuse, les passions qui le martèlent. En fondant son discours sur sa propre expérience, de son enfance auprès d'un père obsessionnel et tyrannique à la dépression, des amours contrariées à la tentative de suicide, des jours passés en hôpital psychiatrique à l'enseignement de la philosophie, et en invoquant Kant, Kierkegaard, Freud et bien d'autres, Michela Marzano se révèle. La force du livre réside dans ce que le personnel fait écho à l'universel, en expliquant la peur, le doute, la haine de soi, la volonté d'être aimé ou l'aspiration à l'absolu. Avec sensibilité et justesse, Michela Marzano lâche, en même temps qu'une souffrance trop longtemps tue, un cri de douleur domptée et d'espoir.


- London prisoner
de Régis Franc
Éditions Fayard / Mai 2012


Quand j'ai dit à mes amis (français) que je m'installais à Londres, ils ont été unanimes: Londres? Cool. Comparé au swinging London, Paris, c'était la belle endormie. Alors je me suis engouffré dans le boyau obscur du tunnel sous la Manche en me disant, pour me donner du courage, que j'allais faire connaissance avec "Ze" Paul McCartney. Seulement voilà: mon anglais était approximatif, et j'étais persuadé que David Beckham était un joueur de tennis. Comment dire? Mon intégration s'en est trouvée contrariée. Et puis il y avait autre chose. Non, pas la nostalgie. Mais des fantômes. Surgis d'une enfance passée sous le soleil de plomb du Languedoc. On ne se débarrasse de rien en s'éloignant. Ce serait même plutôt le contraire. Sous la pluie, dans la ville la plus in du monde, je redevenais méditerranéen.


- Love song
de Alex Miller
Éditions Phébus / Mai 2012


Au cours de l'été 1946, Dom Pakos et son épouse tunisienne Houria acquièrent un café-restaurant près des abattoirs de Vaugirard. Vingt ans plus tard, ce lieu chaleureux, où l'on sert avec le sourire des spécialités orientales, s'est imposé comme le point de ralliement des travailleurs immigrés. Lorsque son mari adoré disparaît, Houria, qui n'a pas eu d'enfants, peut compter sur sa nièce Sabiha, venue du bled pour la seconder. Les deux femmes s'accordent parfaitement. Un jour de pluie, un touriste australien pousse la porte de Chez Dom. Avec la belle Sabiha, c'est le coup de foudre. Leur mariage est harmonieux, malgré la nostalgie de John pour sa terre natale. Mais un mal le ronge: le couple ne peut avoir d'enfant. Certaine que c'est son époux qui est stérile, et déterminée à avoir la petite fille dont elle rêve, Sabiha décide de se donner à l'un de leurs fournisseurs. Cet acte réveillera la sensualité de l'héroïne et bouleversera leurs trois existences. Par un judicieux principe de mise en abyme, la ballade de John et Sabiha nous est contée par Ken, écrivain en mal d'inspiration devenu leur voisin à Melbourne.


- Mangez du lion
de André Boris
Éditions Flammarion / Mai 2012


Productrice de télé-réalité connue, rousse aux allures de lionne, Ambre Deschanel a tout pour être heureuse. Mais après trois divorces, la jeune femme commence à se poser des questions sur son avenir sentimental. Jusqu'au jour où elle rencontre Paul-Martin Duval, un journaliste enrôlé par son ex-mari pour se faire passer pour un candidat de sa nouvelle émission.


- Marâtre
de Caroline de Bodinat
Éditions Fayard / Mai 2012


Elle a trente-deux ans, un caractère de chat de gouttière. Elle, c'est Mathilde, avant de rencontrer Eugène, divorcé, quarante-cinq ans, père de deux enfants. Vincent, quinze ans, et Chloé, bientôt onze, sont coriaces, ils ont dégommé plus d'une marâtre, mais Mathilde est tenace. Avec les deux adolescents, elle connaîtra les claquements de portes, la jalousie, la rivalité, l'ambivalence des sentiments, la paix armée, les petites victoires remportées à l'arraché. Ce roman porte un regard caustique et d'une grande justesse sur une situation devenue un phénomène de société: plus d'un million d'enfants en France vivent sous le même toit avec un parent et un beau-parent.


- Marya, une vie
de Joyce Carol Oates
Éditions Stock / Mai 2012


Marya Knauer a huit ans quand son père est tué dans une rixe. Un peu plus tard, sa mère la confie à une tante et un oncle avant de disparaître complètement. Cette jeune fille secrète, solitaire, apprend la peur, la cruauté. Au lycée, elle devient brillante et bien supérieure aux autres, ce qui la condamne à encore plus d'isolement. Elle entre à l'université et se plonge violemment dans l'écriture, en développe une passion proche de la folie. Il lui faut encore attendre quelques années pour connaître un amour heureux avec un journaliste, mais Marya si forte dans le désespoir saura-t-elle maintenir une vie heureuse? On la quitte alors qu'elle entame une recherche sur son passé et surtout sur sa mère qui lui disait si souvent: "Ne commence pas à pleurer, tu ne pourras plus t'arrêter". Joyce Carol Oates nous nous donne à voir la complexité des émotions d'une femme écrivain. Marya, une vie est un de ses livres les plus personnels.


- Marilyn, Elvis, le prince William et moi
de Lucy Anne Holmes
Éditions Plon / Mai 2012


Gracie Flowers est craquante, pas seulement parce qu'elle est jolie comme un cœur, qu'elle ne se prend pas au sérieux, qu'elle parle comme un charretier du haut de son mètre soixante, et qu'elle a planifié toute sa vie selon un "plan en 5 ans" scotché dans sa salle de bains. Aussi parce qu'elle a ce petit supplément d'âme lorsqu'elle chante quand personne ne l'écoute, les chansons de Nina Simone que son père lui avait apprises, qu'elle se souvient de son enfance comme d'une parenthèse enchantée et pose sur ceux qu'elle aime ce regard tendre et malicieux. Seulement Gracie n'est pas une petite chose fragile, et quand tout à coup, alors que tout se mettait en place, le disque se met à rayer et que son plan en 5 ans s'effondre pièce par pièce, Gracie sort les dents. Contre le blanc-bec qui lui a piqué la promotion qu'elle méritait, son petit ami Danny qui la largue du jour au lendemain, les créanciers qui menacent de mettre sa mère en banqueroute. Gracie ne se démonte pas, et elle est aussi drôle qu'elle est féroce, les catastrophes s'enchaînent? Elle s'en sortira quand même, elle est pleine de ressources, elle a même en elle des trésors qu'elle croyait enfouis à jamais. Et si elle s'était trompée de chemin? Peu à peu, un rêve abandonné depuis dix ans refait surface, un rêve de chansons et d'amour, qu'elle n'a jamais vraiment oublié.


- Mensonge d'une nuit d'été
de Charlotte Marin et Marion Michau
Éditions Michel Lafon / Mai 2012


Pour son retour d'Inde, les amis de Charlotte lui organisent une fête surprise. Martin, son ex dont elle est encore raide love, s'est incrusté. Piquée au vif par son attitude "j'arrive-très-bien-à-vivre-sans-toi", elle lui dit qu'elle va se marier. Cette annonce inespérée se propage comme un feu de pinède: tout le monde s'emballe, surtout sa mère. Le lendemain, Charlotte essaie d'effacer cet horrible mensonge, mais malheureusement, la vie n'est pas un écran magique. Sa mère lui avoue qu'elle a un cancer et que ce mariage est sa nouvelle raison de vivre. Terrassée, Charlotte lui laisse carte blanche pour tout organiser. Maintenant il lui faut un mari à tout prix. Elle se lance à contrecœur dans ce mariage au bout de l'enfer, elle qui ne rêve que d'une chose: reconquérir Martin. Avec un humour désopilant et une tendresse à vous mettre les yeux au bain-marie, Charlotte Marin et Marion Michau signent une nouvelle comédie romantique menée tambour battant.


- Mon père, c'était toi ?
de Vincent Pichon-Varin
Éditions Cherche Midi / Mai 2012


À 40 ans passés, Gilles hérite de la maison d'un père inconnu et part sur ses traces. Vendeur de chaussures pour femmes au Bon Marché le jour, transformiste dans un cabaret de Montmartre la nuit, il partage son existence avec Lucie, leur fille Honorine, sa mère Monica et les cinq vieux colocs de celle-ci: Blanche, Paul, Kathy, Odette et Jean. Gilles embarque la troupe au grand complet à la découverte de son héritage et, au fur et à mesure que le voile se lève sur certaines zones d'ombre de son passé, se sent de plus en plus vivant. Mais, au fil de ses découvertes, certains détails viennent troubler ses nouvelles certitudes. Une mise en scène trop évidente semble masquer la vérité.


- Monroerama
de Françoise-Marie Santucci
Éditions Stock / Mai 2012


C'est l'année Marilyn Monroe. 36 ans de vie, 50 ans de mort, qui seront célébrés, au cours des mois à venir, par des ouvrages, des rééditions, des films, des documentaires. Qu'y a-t-il encore à dire sur elle? Même si certains livres font autorité, la plupart proposent un regard unidimensionnel sur l'époque et sur cette "MM girl" ainsi qu'on la surnommait. Monroerama ne prétend livrer aucune explication. Si cet ouvrage a une raison d'être, c'est celle de rendre compte de la complexité d'une femme née moins que rien et devenue plus que tout, qui rêvait d'être une star avec une envie si dévorante qu'elle y fut engloutie. Monroerama est un puzzle, un tableau abstrait et coloré où divers contributeurs posent leur touche. Ce dispositif en forme de télescopages me semble le plus à même d'embrasser un tel personnage et de proposer une grille de lecture ultra-contemporaine. Ainsi ce livre rassemble-t-il des éléments aussi différents que des interviews de cinéastes, d'un parfumeur ou d'un coloriste; des listes des maisons où Marilyn a vécu, des jolies robes qu'elle a portées, des plus prestigieuses enchères de ses effets personnels; des infographies résumant ses liens avec ses amants, ses mentors, ses amis; des textes d'écrivains qui livrent leur vision de Marilyn; des essais sur sa voix, sexy et voilée, sur les causes de sa mort ou sur les contrats peu avantageux qui la liaient à la 20th Century Fox. Toutes choses qui tentent de refléter ce que fut la vie de Marilyn Monroe. Aussi sérieuse que futile. Aussi dramatique que légère. En refermant , sans doute aurez-vous une vision différente de Marilyn Monroe. Conçu et dirigé par Françoise-Marie Santucci, avec Élisabeth Franck-Dumas, Monroerama rassemble entre autres les contributions de Jerome Charyn, Marie Darrieussecq, Olivier Assayas,Maylis de Kerangal, Michel Contat, Ann Scott, Bruce Benderson, Maïwenn, ainsi que celle de l'artiste Douglas Gordon, celle du nouveau président de La Quinzaine des réalisateurs Edouard Waintrop, et celles des journalistes Maïté Turonnet et Sandrine Cabut.


- Monsignor Quichotte
de Graham Greene
Éditions Robert Laffont / Mai 2012


Dans l'Espagne postfranquiste, le père Quichotte se lie d'amitié avec Zancas, le maire communiste de sa ville, qu'il appelle affectueusement Sancho. Le supérieur du prêtre, un évêque dépité par lamort de Franco et par la transition politique qui a suivi, voit cette amitié d'un très mauvais œil. Aussi, lorsque Quichotte est nommé "Monsignore" par le Pape, l'évêque saute sur l'occasion et l'envoie en congé dans le but de le remplacer par un prêtre affilié à l'Opus Dei. Au même moment, le maire perd les élections et décide de quitter le village. Le prêtre catholique et le maire communiste, devenus des compagnons de voyage pour le moins saugrenus, s'embarquent ensemble sur les routes d'Espagne. Leur parcours initiatique est un long dialogue sur la foi et la politique, traversé par les doutes et l'incertitude des deux personnages sur leurs idéologies respectives. Munis de caisses de vin et de bon fromage, les deux hommes vivent des aventures rocambolesques et souvent hilarantes.


- Noces de sel
de Maxence Fermine
Éditions Albin Michel / Mai 2012


À Aigues-Mortes, où l'on vit du sel, de la vigne ou des arènes, le ténébreux Valentin Sol, face au taureau, est le meilleur des "raseteurs". Depuis toujours, il aime la fille du boulanger, la blonde Isoline, dont le père s'oppose mystérieusement à leur mariage. À trois heures de l'après-midi, sous le soleil implacable de la Camargue, le destin des amants va se jouer. Inexorable.


- N'ouvre pas les yeux
de John Verdon
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2012


Après avoir résolu "l'affaire 658", Dave Gurney avait juré qu'on ne l'y reprendrait plus. Mais quand il se retrouve confronté au meurtre le plus macabre et insoluble de toute sa carrière, difficile de résister. Une jeune femme, Jillian Perry, a été retrouvée décapitée le jour même de son mariage, dans la somptueuse propriété des Ashton. Tout accuse le jardinier mexicain, un certain Hector Flores, qui demeure introuvable depuis. Gurney, appelé en dernier recours par la mère de la victime pour retrouver Flores, s'aperçoit bientôt que la mariée n'avait rien d'une oie blanche. Hystérique, violente, manipulatrice et nymphomane, elle avait d'ailleurs été l'élève de Scott Ashton, jeune psychiatre en pleine ascension et fondateur d'un institut pour enfants "difficiles", avant de devenir sa future épouse. Les préparatifs de la cérémonie ayant été intégralement filmés, Gurney les visionne et ne tarde pas à se rendre compte qu'on l'a lancé sur une fausse piste. Mais quand il retrouve, posée sur son propre lit, une poupée décapitée, il comprend qu'il risque d'être la prochaine victime du meurtrier insaisissable. Ce qu'il ne sait pas encore, c'est que son enquête va le mener bien au-delà du meurtre, dans la toile inextricable d'un ennemi terrifiant, tentaculaire et, surtout, très patient.


- Ombres chinoises
de Lisa See
Éditions Flammarion / Mai 2012


Los Angeles, début 1957. Dans cette suite de "Filles de Shangai", Joy, la fille de Pearl, est bouleversée par les secrets liant sa mère et sa tante May. Elle décide de retrouver son père biologique, Z.G. Li, un artiste, à Shangai. Éblouie par la personnalité de celui-ci et aveuglée par des idéaux révolutionnaires, Joy se lance dans le projet de la Nouvelle République populaire de Chine.


- Passé pas mort
de Robert de Saint Jean
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2012


Passé pas mort, c'est la vie d'un homme qui a connu l'époque "où les peintres en bâtiments chantaient à plein gosier sur les échafaudages (aujourd'hui, muets, ils posent à côté d'eux leur transistor)", celle où "le chiffre 75 ne désignait pas encore Paris mais le canon mirobolant qui nous permettrait de gagner la prochaine guerre contre Guillaume II". Une confession charmante où Saint Jean cède avec bonheur aux souvenirs de l'enfance, comme lorsqu'il évoque sa grand-mère, "maman laine" ou qu'il revient sur son adolescence, "cet âge où l'on ne donne rien et où on reçoit toutes faveurs comme choses dues dans une indifférence polie". Dans son âge adulte, le voici parmi les principaux hommes politiques et les grands événements de son temps. Entre guerre et fracas politiques, il n'oublie jamais sa passion principale, la littérature. Robert de Saint Jean a été le confident et l'ami des grands écrivains dont il fait le portrait. De Paul Morand à Marcel Proust, en passant par Maurice Barrès et André Malraux, aucun ne manque à cette fresque d'un des plus beaux demi-siècles de la littérature française. Sans oublier celui qui a été son ami de cœur, Julien Green. D'un style précis et sensuel, Passé pas mort dépasse le genre du journalisme et fait entrer son auteur dans la catégorie des mémorialistes incontournables du XXe siècle.


- Paula Spencer
de Roddy Doyle
Éditions Robert Laffont / Mai 2012


Paula Spencer vient de fêter ses quarante-huit ans, en juin 2004. Dans son quartier de Dublin, le "Tigre celtique" a effacé les traces de la pauvreté, au supermarché les caissières sont africaines, au coin de la rue le café est tenu par des Italiens. Dans ce monde en pleine mutation, Paula a décidé de changer, elle aussi, depuis quatre mois et cinq jours, très précisément, elle n'a pas touché à l'alcool. Armée de sa colère et de son humour, elle livre journée après journée la guerre à ce despote à la fois fascinant et repoussant. Elle le traque sans relâche dans les gestes quotidiens qu'elle accomplit sans y penser, déjoue ses pièges, ruse avec lui. Elle s'acharne à inverser les rôles, refusant de rester une victime, elle plonge dans la bataille pour anéantir ce monstre qui la détruit, elle et ses enfants. Sans l'ébriété pour la protéger, Paula ne peut compter que sur elle-même. S'appuyant sur les petits bonheurs quotidiens et les grandes douleurs du passé, gouailleuse et furieuse, elle redevient lentement une femme libre. Elle reconquiert ses enfants, Jack, quatorze ans, qui reprend confiance en sa mère, Nicola, qui perd son attitude trop protectrice, John-Paul, héroïnomane qui a fui la maison et qui revient, désintoxiqué, enfin Leanne, la plus fragile, véritable miroir de tout ce que fut Paula et qui est à son tour touchée par l'alcoolisme. Insensiblement, le combat de Paula pour affronter son passé et recouvrer son identité apparaît comme celui de l'Irlande. L'Irlande qui lutte contre le souvenir des guerres ayant marqué son histoire, contre le mépris de soi et une forme tragique de complaisance.


- Portes ouvertes sur maison close
de Madame Lisa
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2012


Comme une Madame d'aujourd'hui, Lisa dirige le plus grand salon érotique de Genève. Une activité totalement légale en Suisse. Née à La Rochelle, fille d'ostréiculteurs, rien ne la destinait à diriger cet établissement qui a pignon sur rue dans l'une des plus grandes places financières de la planète. Une cinquantaine de femmes de nationalités et d'horizons très divers s'y relaient sept jours sur sept et vingt- quatre heures sur vingt-quatre pour accueillir des clients en quête d'une large gamme de pratiques sexuelles tarifées à la carte. Il est aussi question d'amour dans ces pages. Comment un rendez-vous dans un grand hôtel parisien avec un client titulaire d'un MBA se termine en mariage. "Aimant autant le sexe que l'argent", selon ses dires, Lisa continue aujourd'hui à pratiquer le plus vieux métier du monde tout en dirigeant au quotidien son établissement qu'elle a conçu dans l'esprit des anciennes maisons closes. Elle mène désormais en parallèle la vie de famille qu'elle espérait avec ses trois enfants et son mari, tous au courant de son activité. Elle a écrit ce livre en réaction aux lois prohibitionnistes qui visent actuellement la prostitution et aussi, pour défendre ces femmes qui, comme elles, ont choisi cette voie librement. "Je suis une pute mais je ne supporte pas d'être traitée de sale pute et cela est valable pour toutes mes sœurs qu'il faut cesser de stigmatiser", conclut-elle.


- Pourquoi pas ?
de David Nicholls
Éditions Belfond / Mai 2012


L'université. Brian Jackson s'y voyait déjà en dandy intello, distribuant les bons mots et charmant de son esprit toutes les filles du campus. Adieu l'usine de toasters, la mère envahissante, le pub crasseux. Bonjour la vraie vie. Seulement voilà, entre le rêve et la réalité, il y a un monde. Pas facile de devenir la coqueluche de la fac quand on est affligé d'une acné récalcitrante. Et encore moins de séduire la belle et riche Alice. Mais le jeune homme a une arme secrète: une culture générale foisonnante. Sélectionné in extremis dans l'équipe du Questions pour un champion local, la voie du succès semble désormais entrouverte. De grandes surprises en petites désillusions, Brian Jackson finira par faire plier le destin.


- Quand blanchit le monde
de Kamila Shamsie
Éditions 10-18 / Mai 2012


En 1945, à Nagasaki, le monde blanchit... Rescapée de l'apocalypse nucléaire, Hiroko porte à jamais dans sa chair les brûlures d'une vie détruite. De Karachi à New York, jusqu'à l'Afghanistan, dans un demi-siècle fiévreux et grave où s'affrontent sans relâche le bien et le mal, elle part en quête d'un recommencement. Et dresse, à travers les conflits, un hymne bouleversant à l'humanité.


- Romance
de Camille Laurens
Éditions Gallimard / Mai 2012


Chansons, maisons, frissons. Héros des stades, bourreaux de cœurs. Idylles, hymens, séparations. Ces fragments assemblés forment une vie, des vies, une succession d'images qui se ressemblent sans se répéter tout à fait. Mythologie familiale, histoire d'amour? Et si Romance n'était pas ce roman, mais un écran qui cache autre chose? Si l'on s'était laissé prendre à l'illusion? Et si, en donnant un léger tour au kaléidoscope, c'était la reconstitution d'un meurtre qui, sur un air de valse, se dessinait?


- Rompre le charme
de Amanda Sthers
Éditions Stock / Mai 2012


"Quand j'avais six ans, mon oncle Benoît s'est suicidé. Il était beau. Il était vivant et enfantin parce qu'il était fou aussi. Ma mère a épousé un psychiatre et celui-ci lui a donné trois enfants, mais a échoué à sauver son frère. Juste après, ils ont divorcé et ma mère est morte aussi, morte à mes yeux: Viviane avait presque la même voix, le même visage, le même prénom, les mêmes gestes, mais cette dame qui s'occupait de nous n'était pas ma maman. Je suis mère à mon tour, j'ai des enfants, l'âge de ma mère à cette époque, et mon frère a l'âge de Benoît. Depuis plus d'un an, Benoît hante mes rêves et me dit qu'il a froid. À Madagascar, où ma mère a grandi, c'est le signe que le retournement des morts doit avoir lieu. Il faut sortir le cadavre de son tombeau et procéder à une série de rites afin de faire fuir ce qui n'est pas mort avec lui. Pour éviter que la malédiction s'abatte, que l'histoire se répète, pour rompre le charme".


- Rue Bassano
de Alain Duménil
Éditions Fayard / Mai 2012


Nommé attaché à l'ambassade de France à Bonn en 1954, j'y suis tombé amoureux d'Alissa, la jeune épouse d'un grisonnant baron prussien. Ce n'était pas très diplomatique, mais j'étais trop jeune pour m'en soucier. Pour ne rien arranger, l'amour se doubla d'une énigme quand j'appris qu'Alissa était française, juive, et qu'elle avait rencontré son mari pendant la guerre. Tandis que mon ambassadeur parlait d'avenir et de réconciliation, tout me ramenait une dizaine d'années en arrière, dans Paris occupé, plus précisément rue Bassano, où s'était joué, derrière la façade respectable d'un immeuble cossu, un des actes les plus méconnus et les plus troubles de la tragédie de la shoah en France.


- Sagan et fils
de Denis Westhoff
Éditions Stock / Mai 2012


Françoise Sagan est morte le 24 septembre 2004. Elle laisse une dette fiscale de plus d'un million d'euros et une œuvre, composée d'une trentaine de romans et d'une dizaine de pièces de théâtre, sur le point d'être purement et simplement liquidée. Sagan est en passe de disparaître deux fois quand Denis Westhoff, son fils unique, décide, en 2006, d'accepter cette succession empoisonnée, hors norme. Un vrai parcours du combattant qui le conduit à repasser sur les traces de ce "charmant petit monstre", né sur la scène littéraire et médiatique en 1954 par la grâce de son premier roman, Bonjour tristesse. Il réalise alors que la femme publique que l'on a dit si prodigue avec son argent, aimant vivre dangereusement et de préférence à cent à l'heure, lui est longtemps restée inconnue. Lui a été aimé et élevé par une mère qui a pris soin de le protéger des éclats de sa légende d'écrivain-star. L'envie de remettre les points sur certains i, de dire les choses telles qu'il les a vues, entendues, et non pas telles qu'on a bien voulu les interpréter, grandit peu à peu en lui. En repassant par certains lieux, en se remémorant des anecdotes, des moments forts, gais ou douloureux, des conversations intimes, en dessinant les portraits de ceux qui ont vraiment fait partie du cercle Françoise Sagan, dont ses grands-parents Quoirez ou encore son père, l'anticonformiste Robert Westhoff, il éclaire d'une lumière totalement inédite l'une des figures majeures de la littérature française. Ce livre n'a pas pour ambition de dire la vérité sur Françoise Sagan, mais une vérité. Celle d'un fils qui ose enfin dire, avec bonheur et liberté, ce qu'il a vécu auprès d'une mère pas tout à fait comme les autres.


- Salut Marie
de Antoine Senanque
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2012


Pour quelle raison la Vierge Marie a-t-elle décidé, ce 1er avril 2008, de rendre visite à Pierre Mourange, vétérinaire incroyant et résigné? Pourquoi a-t-il été élu par Celle qu'il affectionne si peu? Entre les suggestions de ses proches inquiets pour sa santé mentale et les consultations auprès d'autorités peu secourables (le père Baugin, cinéphile en soutane, le docteur Cotan, psychanalyste convaincu des bienfaits de l'état dépressif, l'évêque Douze, allergique aux voyants), le narrateur se retrouve entraîné dans une série de péripéties hilarantes et loufoques. Des dévots qui glissent dans ses poches des messages à transmettre à la Vierge aux clients pleins d'espoir qui attendent un miracle ou pillent son cabinet pour emporter une relique sainte, jusqu'à un pèlerinage à Lourdes où rien de ce qui est souhaité ne se réalise, Pierre Mourange va de rencontre en rencontre et le lecteur de surprise en surprise.


- Scène de plage
de Charles Gancel
Éditions Buchet Chastel / Mai 2012


C'est l'été, les vacances, la Corse. Il est fonctionnaire au Sénat, célibataire, chétif, érotomane. Il s'embarque sur le Popeye, petit "promène couillons", qui fait l'aller-retour entre le littoral et une île ornée d'une plage idyllique. À ses côtés, pendant la traversée, il remarque un couple d'un certain âge, des corses, avec leur fille. Une de ces beautés boudeuses dont la grâce vacille entre la fraîcheur de l'enfance et la triste corruption de l'âge adulte, poitrine nue sous un teeshirt sans manches, naturellement trop court et dégageant le ventre, sur lequel on pouvait lire Fuck me hard, I'm so cool. Très vite, le cerveau (et le reste) de notre voyeur s'échauffe. Pendant quelques heures, sous un soleil de feu, il élabore un stratagème pour appâter sa proie. Et bien entendu, la chute sera cruelle. Dans Scène de plage, le lecteur devient le voyeur du voyeur. C'est pervers, mais très drôle.


- Septembre absolu
de Renaud Camus
Éditions Fayard / Mai 2012


Mercredi 21 septembre. J'ai beau me saouler de travail et ne sortir pratiquement pas de cette bibliothèque, je bois à grandes lampées l'élixir de septembre, qui d'ailleurs n'est nulle part si enivrant qu'entre ces pans de livres. Les Pyrénées complaisantes, pour la première fois de la saison, sont apparues dans le soleil au-dessus de la canopée, comme en hiver. Pourtant nous sommes encore en été, je crois bien. Le matin semblait le penser aussi, sans y tenir plus que cela. C'est cela, l'enchantement de septembre: il n'y tient pas. Creusé qu'il est du temps qui fut (weather aussi bien que time), il habite avec nonchalance le pays des morts. Je regrette de m'être laissé influencer une ou deux fois déjà, jadis et naguère, par mon entourage qui a poussé les hauts cris à l'idée d'un volume de ce journal qui se serait appelé Septembre absolu. C'est pourtant bien de cela qu'il s'agit. Toute la journée s'est écoulée dans la splendeur discrète de ce mois détaché des choses, tranquillement revenu de tout, et qui n'en fait pas une affaire. Entré sans manières par les fenêtres, il prenait ses aises entre les rayonnages, dans les fauteuils, sur les tapis, jusqu'entre les dalles de notre carrelage décrié. Nous vivons sans doute les dernières heures de l'absolutisme. C'est aussi ce qui le rend irrésistible.


- Si tu existes ailleurs
de Thierry Cohen
Éditions Flammarion / Mai 2012


Une seule femme a compté pour lui. Un seul drame l'a anéanti. Une simple phrase bouleverse sa vie: une prédiction étrange, faite par une enfant, qui lui révèle comment et avec qui il va mourir. Noam s'engage alors dans une quête effrénée pour trouver les réponses aux questions qui le hantent. Une aventure qui le conduira, aux limites de sa raison, là où la vie peut prendre fin et où l'amour peut renaître. Un roman au suspense haletant, des personnages sincères et attachants, une histoire envoûtante que vous n'oublierez jamais.


- Sophie au Flore
de Sylvie Bourgeois
Éditions Flammarion / Mai 2012


Sur un coup de tête, Sophie quitte Annecy et Raphaël, son compagnon, pour tenter sa chance à Paris, comme elle aurait dû le faire, réalise-t-elle, il y a vingt ans déjà. Mais comment réussir quand on a quarante ans, que l'on loue une chambre chez une vieille dame, que l'on ne sait pas exactement quel métier exercer et que l'on est, comme Sophie, surtout préoccupée par son besoin de liberté? Et si fréquenter le fameux café de Flore pouvait l'aider à réorganiser sa vie?
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 17:29

- Trois singes
de Stephan Mendel-Enk
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2012


Jacob est le petit-fils d'une famille juive installée à Göteborg. Peu pratiquant, il a pris ses distances avec sa communauté, mais revient, à l'occasion de l'enterrement de sa grand-mère, sur son enfance et les événements tragiques qui l'ont marquée. Au fil des pages, il est question de tout ce qui touche cette communauté un peu à part, arrivée en Suède en passant par le Danemark, ses rites, ses espoirs, ses déconvenues, ses opinions sur la marche du monde. On suit les aventures de Jacob, ce lycéen convoqué chez le rabbin et sur qui pèsent tant d'espoirs, on observe par le trou de la serrure cet univers si particulier. Confronté au drame de la séparation de ses parents, tandis que ceux-ci ne voient rien du terrible conflit de loyauté qui s'engage pour lui, étouffé par sa famille, ses grands-parents et sa mère qui prennent toute la place, Jacob s'absente, s'enfonce dans la torpeur, la passivité, un désespoir muet qui grandit à mesure qu'il voit son père se transformer en zombie.


- Un amant espagnol
de Joanna Trollope
Éditions Les Deux Terres / Mai 2012


Lizzie et Frances sont jumelles, à la fois identiques et complémentaires: l'une est mariée, mère de famille et comblée, l'autre est célibataire, introvertie et très investie dans son travail. Si cet étrange équilibre a toujours contenté Lizzie, la sœur chanceuse, il est menacé le jour où Frances rencontre un homme, un Espagnol enjoué au cœur tendre. Avec lui, elle s'épanouit enfin et connaît à son tour l'exaltation d'une ardeur nouvelle. Mais alors que Lizzie, dont l'existence idyllique prend l'eau, devrait se réjouir pour elle, celle-ci ne voit que le négatif: Luis est plus âgé, marié, et surtout, elle n'envisage pas le bonheur de sa sœur loin d'elle en Espagne. Pour Frances en revanche, il semble à portée de main. Il ne lui reste plus qu'une petite faveur à obtenir de son bel amant espagnol.


- Un cœur en flammes
de Nora Roberts
Éditions Michel Lafon / Mai 2012


Sauter en parachute au beau milieu d'un feu de forêt ne fait pas peur à Rowan. Car son métier, c'est de combattre les flammes. Pourtant, depuis la mort de son coéquipier lors d'un incendie l'été précédent, elle fait des cauchemars toutes les nuits. Mais pas question d'abandonner sa vocation, même quand elle reçoit des lettres anonymes l'accusant d'avoir précipité son collègue dans les flammes, même quand les soupçons ternissent la solidarité des pompiers qui l'entourent. Certes, le beau Gull aimerait bien la consoler, toutefois Rowan a une règle d'or: ne jamais mélanger le cœur et le travail. Avec les menaces qui se précisent, avec le danger constant qui plane sur chacune de ses missions, une simple erreur peut très vite devenir fatale.


- Un dernier coup de théâtre
de Robert Deleuse
Éditions Cherche Midi / Mai 2012


"On ne se suicide pas d'une balle en plein cœurs tirée à un bon mètre de la cible. Même avec la meilleure volonté du monde et dans le pays où impossible n'est pas hexagonal". C'est pourquoi, contrairement à certaines affaires de faux suicide demeurées en l'état, l'assassinat du dramaturge Romain Delorme, sur une plage de la Riviera par une arme de poing vraisemblablement tenue par un tueur professionnel, ne peut prêter à confusion. Assassiné, Romain Delorme l'a bel et bien été, en ce jeudi 9 juin 2005, aux alentours de sept heures du matin. La question posée est, comme toujours, celle du mobile. Qui, en effet, avait intérêt à voir disparaître ce dramaturge déchu, presque oublié, si ce n'est (peut-être) quelques solides inimitiés liées à des intérêts privés, étrangers au microcosme artistique. Mais là où l'auteur aurait pu se contenter d'un "polar" ordinaire, c'est à une traversée du siècle que nous invite Robert Deleuse avec une foule de personnages, un véritable travail de fond littéraire sans oublier, au passage, de crever quelques abcès purulents que les actualités s'ingénient à tordre ou à minimiser et que l'Histoire officielle s'emploie à occulter, donnant ainsi un roman comme nous en avons rarement vécu.


- Un écart de conduite
de Robin Cook
Éditions Payot & Rivages / Mai 2012


Georges Breakwater, trente-trois ans, sans emploi, ancien élève de la prestigieuse école privée d'Eton, est condamné à une amende de cinquante livres pour attentat à la pudeur commis dans un pub de Londres. Fermement incité par le magistrat à consulter un psychiatre, Breakwater entreprend une série de séances au cours desquelles il va révéler de larges pans de son passé, et, du même coup, l'essence même de la classe sociale dont il est issu, qu'il rejette et condamne violemment, en bloc.


- Une autre femme
de Anne Tyler
Éditions Stock / Mai 2012


"La police fédérale du Delaware a annoncé en début de matinée que Cordelia Grinstead, âgée de 40 ans, épouse d'un médecin de Roland Park, a disparu alors qu'elle se trouvait en vacances avec sa famille à Bethany Beach". Dès le premier jour de ses vacances, Delia Grinstead part marcher le long de la plage, loin. Sans en avoir formulé le désir, elle est en train d'abandonner sa famille. Pour son mari, Sam, elle fait depuis presque vingt-cinq ans partie des meubles. De ses trois enfants, le petit dernier, le cher Carroll, a déjà 17 ans et n'a plus autant besoin de sa maman. Ses sœurs, omniprésentes, la considèrent incompétente, évanescente, inutile. Elle s'installe dans une ville à deux heures de Baltimore, trouve un travail, et prétend mener enfin une vie qu'elle aurait choisie, loin des attaches et des tracas. Mais au fond, qu'attend-elle de cette fugue? De cette vie ou de l'ancienne, laquelle finira-t-elle par choisir?


- Vous prendrez bien une tasse de thé ?
de Claude Keller
Éditions Plon / Mai 2012


Les beaux quartiers de Lyon, immeubles de pierre de taille, appartements sombres où l'on rencontre des choses bizarres, des familles à secrets: Francine Kennedy, une gentille grand-mère qui peine à refréner ses pulsions meurtrières; Isabelle Vital-Ronget, la dame catéchiste qui entretient une liaison clandestine; Aurélie, seize ans, qui couche avec Étienne de la Salle, l'écrivain raté du grenier; et Marie-Cécile, la mère d'Aurélie, qui ignore tant de choses. Et puis, cachés quelque part, il y a ces deux amoureux en rupture de ban. Fille de psy, Dora, quinze ans, vient de fuguer sur un coup de tête. Enfant de personne, Ben est un petit voyou qui croit en l'impossible. Ils s'aiment mais autour d'eux le monde s'agite férocement et les bouscule. Enfin, il y a ce fantôme surprenant et bien intentionné qui erre d'un étage à l'autre, témoin de ce qui est en train de se jouer.


- Y revenir
de Dominique Ané
Éditions Stock / Mai 2012


Y revenir est un récit dans lequel Dominique Ané sonde la relation qu'il entretient avec sa ville natale: Provins (Seine-et-Marne), où il a vécu son enfance et son adolescence. Il tente de comprendre pourquoi ce lieu, par-delà les années, ne cesse de le hanter tout en le confrontant à un sentiment double: attirance et répulsion pour la ville fortifiée, "imbue de son passé", "cernée de champs de betteraves", d'où suintent l'ennui et une sensation de bout du monde. Comme l'écrit Dominique Ané, "la plaine désole et isole", mais elle est peut-être à l'origine de la mélancolie qui fait le style si particulier de ses chansons et de son univers musical. Le récit, une succession de sensations, d'images, de portraits, de faits qui ont marqué l'enfant et l'adolescent, révèle l'intégration difficile d'une famille communiste venue des montagnes de l'Ariège et l'expérience de l'enfant unique confronté à sa fragilité et à la singularité du monde qui est le sien. C'est avec l'apprentissage du chant, de la voix et de la musique que l'adolescent va trouver sa place et exister enfin, loin de toutes les peurs. Puis la rencontre avec Vincent, l'ami par qui tout arrive, et la création de son premier groupe vont décider de l'avenir du jeune Dominique. Y revenir, c'est un voyage accompli à rebours, c'est ausculter, plus de vingt ans après, les lieux, les êtres rencontrés, les sentiments éprouvés, une ville à laquelle le musicien a consacré deux chansons, Rue des marais et Les terres brunes. Pour dénouer le fil, il fallait un vrai retour à Provins. Ce livre est aussi le récit d'un concert donné en mars 2011 au pied des remparts et qui réserva à l'auteur d'étranges surprises et quelques révélations, confirmant que la mémoire et le lien à l'enfance sont l'endroit de curieux paradoxes.


- Zona frigida
de Anne B. Ragde
Éditions 10-18 / Mai 2012


Embarquement pour le Spitzberg. Cette "zona frigida", étendue froide et aride, semble peu propice aux vacances qu'a décidé de s'offrir Béa. À moins que la jeune caricaturiste ne soit venue chercher, entre deux litres d'alcool, une mystérieuse délivrance. La croisière bascule bientôt dans un redoutable huis clos ou s'abat, glacial, l'esprit de vengeance.


- Au cœurs de l'espoir
de Éric Cheysson et Michel Faure
Éditions Robert Laffont / Avril 2012


Comment supporter qu'un enfant, sous prétexte qu'il n'est pas né au bon endroit, meure parce que la médecine moderne ne peut l'atteindre? Une poignée d'hommes et de femmes se sont dressés contre cette fatalité pour créer l'hôpital français à Kaboul. C'est un terrain vague livré à l'abandon et encombré de débris, situé dans un faubourg de Kaboul, au pied d'une montagne où s'entassent les bidonvilles. Sur ce terrain misérable, en quelques années, grâce à la conviction et à la générosité de quelques hommes et de quelques femmes, un rêve fou va devenir réalité, un hôpital aux normes internationales sera bâti pour apporter les bienfaits de la médecine et de la chirurgie du XXIe siècle aux enfants d'un pays économiquement attardé, politiquement écartelé et dévasté par trente ans de guerre. Aujourd'hui, malgré les attentats, malgré le fanatisme, malgré l'insécurité, malgré le manque d'argent, cet hôpital sauve la vie de milliers de petits Afghans chaque année. On le sait peu, mais ceux à qui l'on doit ce miracle sont une poignée de Français. Leur aventure plonge ses racines dans la saga des French Doctors, dont l'un des acteurs fut Éric Cheysson, le responsable de l'Hôpital français à Kaboul, et se poursuit jusqu'à nos jours. Ce livre raconte l'histoire d'amour qui lie un homme à ce pays et, au-delà, le combat de tous ceux qui ont rendu possible un projet humanitaire hors du commun. Construit comme un roman choral, le récit d'Éric Cheysson entrecroise les destins de journalistes, d'artistes, d'entrepreneurs, de politiques qui se sont engagés pour donner corps à une idée folle, des médecins qui la font vivre tous les jours, et ceux de leurs patients. Ainsi Kate, infirmière écossaise, Alexander, le pédiatre allemand, ou Nadjeebullah, le chirurgien afghan. Ainsi Yalda et Mozamel (atteints d'une malformation cardiaque), Afzal (à l'oesophage brûlé par l'acide) ou Hosaï (violemment avortée par les siens), ces enfants qu'un accident, une anomalie ou une maladie grave condamnaient irrémédiablement et à qui l'hôpital français va donner une chance. On suit le parcours heureux ou tragique de chacun d'eux (entourés de leur famille) alors que l'Hôpital finit de se construire dans une course contre la montre et contre la mort.


- Avenue des géants
de Marc Dugain
Éditions Gallimard / Avril 2012


Al Kenner serait un adolescent ordinaire s'il ne mesurait pas près de 2,20 mètres et si son QI n'était pas supérieur à celui d'Einstein. Sa vie bascule par hasard le jour de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Plus jamais il ne sera le même. Désormais, il entre en lutte contre ses mauvaises pensées. Observateur intransigeant d'une époque qui lui échappe, il mène seul un combat désespéré contre le mal qui l'habite. Inspiré d'un personnage réel, Avenue des Géants, récit du cheminement intérieur d'un tueur hors du commun, est aussi un hymne à la route, aux grands espaces, aux mouvements hippies, dans cette société américaine des années 60 en plein bouleversement, où le pacifisme s'illusionne dans les décombres de la guerre du Vietnam.


- Cahiers de Paris
de Petr Kral
Éditions Flammarion / Avril 2012


Petr Král est un poète-piéton. Il marche et repère ce que, dans la bousculade moderne, on n'aperçoit pas, une bouche de femme qui avive la marge de la ville, la feuille morte qui aiguillonne une voiture en glissant sur son toit, la mystérieuse zone du plafond qu'on désigne quand on enfile son manteau; il voit la viande qui tourne sur une broche "au milieu du cosmos". Ces carnets qui parcourent quarante ans, de 1968 à 2006, rendent nostalgique d'un Paris qui disparaît progressivement comme la neige qui fond au soleil. Mais ils sont écrits avec un ton réjouissant et irrévérencieux où l'humour le dispute à la poésie. Un livre rare.


- Cet été-là
de William Trevor
Éditions Phébus / Avril 2012


Nous sommes à Rathmoye, petite ville d'Irlande, dans les années 1950. Lors des obsèques de la vieille et riche Mrs Connulty, Ellie, seconde épouse du fermier Dillahan, aperçoit aux abords de l'église un drôle de personnage qui photographie l'événement. Les endeuillés, le cortège, le cimetière. Florian Kilderry attire les regards, suscite la curiosité des indiscrets, mais lui n'a d'yeux que pour Ellie. L'amour s'empare d'eux. Ellie croit qu'elle va rompre avec la monotonie de sa vie, avec la tendresse sans relief et pourtant sincère de son époux. Mais Florian, jeune homme depuis peu orphelin, ne songe qu'à quitter l'Irlande. Il n'est que de passage. L'auteur nous livre une histoire inoubliable, une héroïne magnifique. En décrivant l'indicible, l'impalpable, il se fait l'égal d'un Tchekhov ou d'une Katherine Mansfield.


- Charivari
de Nancy Mitford
Éditions 10-18 / Avril 2012


Remuante héritière de la plus grosse fortune d'Angleterre, Eugenia milite ardemment pour le parti fasciste de l'Union Jackshirts. Dans son sillage, deux dandys courant la dot, une duchesse en fuite, une lady cocue et une bourgeoise fantasque. Entre harangues politiques et garden-parties, grand amour ou mariage d'intérêt, chacun devra tirer son épingle de cet effarant jeu de dupes. Paru en 1935, ce roman est demeuré introuvable près de soixante dix ans. L'extravagante Nancy Mitford décida elle-même de le laisser en sommeil, suite à la terrible brouille familiale qu'il causa à sa publication. Aujourd'hui enfin, le Charivari peut recommencer.


- Couché
de David Whitehouse
Éditions Plon / Avril 2012


Malcolm n'était pas un enfant ordinaire, il avait cette espèce de confiance qui attire les adultes et fascine les enfants. Sa famille, ses parents et son frère, était sûre qu'il était promis à un destin extraordinaire. En un sens ils avaient raison. Un jour, à l'âge où l'on se lance dans la vie, Mal a décidé d'aller se coucher. Il ne se relèvera pas. En l'espace de vingt ans, l'enfant chéri s'est gavé jusqu'à atteindre un état de paresse gargantuesque. Pourquoi? La réponse viendra, à travers le regard de son frère qui observe Mal devenir, plus qu'un homme, une planète, autour de laquelle ses parents et lui gravitent, otages affectifs de cet immobilisme délibéré.


- Dans ma jeunesse
de Albert Jacquard
Éditions Stock / Avril 2012


Sur le ton de la confidence, après la mort de sa femme, Albert Jacquard raconte son enfance et sa jeunesse. Non pas pour le plaisir de se raconter, tout au contraire, mais parce que cette enfance et cette jeunesse sont d'une certaine façon celles d'un autre que celui que nous connaissons, l'infatigable défenseur des sans voix, le pourfendeur de la compétition, l'observateur lucide du monde. Cet "Albert Jacquard avant Albert Jacquard" nous révèle une jeunesse pendant laquelle il se tenait soigneusement à l'écart du monde, de sa rumeur, de ses drames, et même de la Guerre qui se déroulait sous ses yeux de lycéen provincial. Il nous raconte, de façon bouleversante, l'accident de voiture qu'il a vécu quand il avait neuf ans, dans lequel ont péri l'un de ses frères, et ses grands-parents paternels. Lui, n'a été "que" défiguré. Cette trace, il l'a portée toute sa vie, plus jamais il ne s'est reconnu dans une glace. Il raconte aussi ses années à Polytechnique, le carriérisme de ses camarades, son insatisfaction, puis ses premières années à la manufacture des Tabacs où, après s'être montré bon élève, il se montre bon ingénieur mais piètre citoyen, à ses yeux d'aujourd'hui. Puis le départ aux États-Unis avec sa femme et ses fils, le retour à Paris et, par hasard, dit-il, la rencontre avec le militantisme. C'est quand Albert Jacquard devient le célèbre Albert Jacquard que ce livre s'achève.


- Des cailloux dans le ventre
de Jon Bauer
Éditions Stock / Avril 2012


Des cailloux dans le ventre est l'histoire d'un petit garçon de huit ans et de l'adulte instable qu'il est devenu. Au cours de son enfance, ses parents choisissent d'être "une famille d'accueil" en dépit du violent sentiment de jalousie que cela provoque en lui. Cette jalousie prend des proportions dramatiques quand l'enfant doit faire de la place à Robert, un jeune garçon auquel sa mère s'attache particulièrement. La relation qui naît entre eux va déclencher un événement qui transformera l'existence de la famille entière. Et particulièrement celle de Robert. À l'âge de vingt-huit ans, et après une longue absence, le fils vient rendre visite à sa mère. Il ne lui a rien pardonné. Mais cette femme, malade, a besoin de lui. Comment pourrait-il ne pas profiter de la situation? Des cailloux dans le ventre décrit les dégâts que s'infligent parents et enfants, comme pour nous rappeler que la famille est l'endroit dont il faut partir pour se trouver. À partir des secrets que dissimulent ses protagonistes, le romancier installe une forte tension dramatique. Mais si les douleurs du passé sont évoquées avec puissance, l'écrivain sait révéler les situations cocasses de nos existences et décrire la métamorphose d'un être qui se défait progressivement du poids de son enfance.


- Deux zèbres sur la 30e Rue
de Marc Michel-Amadry
Éditions Héloïse d'Ormesson / Avril 2012


Pour remplacer ses zèbres morts de faim, Mahmoud Barghouti, directeur du modeste zoo de Gaza, se résout à peindre des rayures à deux ânes. James, correspondant du New York Times au Moyen-Orient, s'empare de ce fait divers insolite, porteur d'un message d'espoir et de paix. Une chronique dont les échos dépassent les frontières et qui bouleverse des destins. Entre Paris et Berlin, New York et Gaza, d'un ambitieux consultant à une artiste peintre branchée, d'un intrépide journaliste de guerre à une volcanique DJ, deux couples sont réunis grâce à la magie de ces zèbres pas comme les autres. Bijou d'optimisme, sésame vers le bonheur, Deux zèbres sur la 30e Rue est une incitation à oser vivre à la hauteur de ses rêves. Un livre qui fait du bien, à mettre entre toutes les mains.


- Divina
de Frédérique Hebrard
Éditions Plon / Avril 2012


8 h 17. Gare d'Austerlitz, quai n° 7. Des écrivains se retrouvent devant le panneau annonçant le premier Salon du Livre de Fondeveau-sur-Burette. Des écrivains, il y en a pour tous les goûts, de Bijou, la rappeuse aux ongles verts, à Velléda, le top model qui les domine tous d'une tête, jusqu'à William Jefferson Byrd, le best-seller américain traduit dans le monde entier qui, à la stupeur générale, a accepté de présider ce premier salon. Mais il manque à l'appel, le TGV va partir sans lui, emmenant romanciers, poètes, philosophes, biographes, historiens, as de la BD, journalistes et photographes vers cette petite ville du centre de la France dont personne n'a jamais parlé: Fondeveau-sur-Burette. Pourquoi William Jefferson Byrd a-t-il accepté cette présidence? Ça, c'est le secret de Divina. Divina, c'est l'âme de la petite ville depuis sa fondation au bord d'une source. Elle sait que l'arrivée de ses visiteurs va réveiller son Passé, lourd d'Histoire et de Secrets. Elle attend les écrivains avec fièvre et espoir car elle sait, Divina, qu'on trouve tout dans un Salon du Livre.


- Double identité
de Didier Van Cauwelaert
Éditions Albin Michel / Avril 2012


"Martin Harris avait deux passions: sa femme et une plante. Je suis seul aujourd'hui à pouvoir les sauver. Mais comment protéger une femme lorsqu'on est traqué sans relâche par les services secrets? Et comment libérer une plante médicinale volée aux Indiens d'Amazonie par le numéro un mondial des cosmétiques? Une plante qui pourrait guérir des milliers de malades et qui, victime d'un brevet exclusif, ne sert qu'à fabriquer la plus chère des crèmes antirides". Avec son art du suspense et son humour féroce, Didier Van Cauwelaert nous entraîne dans le destin fascinant d'un tueur repenti qui, par amour, reprend le combat de l'homme dont il avait usurpé l'existence.


- Edward Hopper
de Alain Cueff
Éditions Flammarion / Avril 2012


"Tableau après tableau, Edward Hopper a découvert l'Amérique. Terre déjà conquise et d'apparences familières, ce monde en attente n'avait jamais été vu dans son énigmatique simplicité: rivages déserts, promesses oubliées, rêves et silences continués. Dans ce théâtre équivoque, les acteurs cherchent leur rôle sous une lumière impérieuse, leurs ombres perdues dans les décors. Hopper n'a pas fabriqué ces images: il les a pensées et les a peintes. Simples, immédiates, offertes avec l'évidence d'un souvenir personnel, réalistes et surnaturelles, familières mais lointaines. Les lieux communs sont hantés, les évidences aveuglées, les mystères creusés dans les certitudes de la vision. Déjà vu? Oui, mais rien qui y ressemble. Tout est question de perspective: il s'agit de la faire valoir dans sa singularité". A. C.


- En attendant Babylone
de Amanda Boyden
Éditions 10-18 / Avril 2012


À Uptown, le destin des hommes se traîne dans la boue et la tôle froissée. Au cœur d'un voisinage hybride et tapageur, chacun tente de construire son quotidien, menacé par une catastrophe dont personne ne se doute encore. Un an avant Katrina, vacillant au-dessus du chaos, La Nouvelle-Orléans déploie son plus beau chant du cygne.


- En l'absence de classement final
de Tristan Garcia
Éditions Gallimard / Avril 2012


Voici des gymnastes roumaines, des cyclistes espagnols, des volleyeuses cubaines ou des pongistes chinois qui sacrifient leur vie, l'épuisent dans l'effort, espérant une victoire dont le sens demeure énigmatique. Chacune des trente nouvelles de ce recueil porte sur une discipline sportive différente, bien connue ou inattendue, du football au kourach ouzbek, du tennis de table au biathlon. Souvent brefs, ces textes drôles et tragiques recueillent la souffrance et la joie du corps, la chance des perdants et le prix payé par les gagnants. Arrivés les premiers ou les derniers, sportifs et sportives sont les pièces d'un puzzle qui ne représente rien, sinon la carte approximative du monde actuel: une compétition chaotique, dont personne ne parvient à déterminer les règles ni le classement final.


- Fan des sixties. Tome 3
de Jean Roncenelle
Éditions Brumerge / Avril 2012


Le cœur à bout de souffle après dix-huit mois de coma, alors que la fin semble imminente, Jean ouvre soudain les yeux. La mémoire abîmée, il croit se réveiller onze ans plus tôt. Et lorsque sa femme Laurence lui raconte ses dernières années, il se découvre une existence banale et sans saveur. Pour lui dont l'ambition de sa jeunesse est restée intacte, quelle déception. Mais très vite, il réalise que cette amnésie est l'occasion de prendre un nouveau départ. Bedou, le chef du service de réanimation de la clinique des Genêts, se veut rassurant. "La mémoire lui reviendra, c'est juste une question de temps". Ceci dit, Laurence n'est pas pressée. Aujourd'hui, Jean s'accommode très bien de son état, alors, à quoi bon exhumer les causes de sa tentative de suicide, à quoi bon tirer des oubliettes le fantôme de Julie, une improbable passion que son cerveau malade a créé de toute pièce? Non, elle préfère de loin ce nouveau mari que tout oppose à l'ancien, dynamique, sûr de lui et amoureux comme aux premières heures. Et peu importe si ses souvenirs émanent d'un passé bizarrement falsifié où tout n'est qu'amour gloire et beauté, peu importe si elle trouve ringard son projet de parc d'attraction sur le thème des années 60. Tout ce qui compte, c'est que l'autre Jean, le schizophrène, le suicidaire, ne revienne jamais plus. C'est promis, elle fera tout pour éviter la rechute. Le bonheur est si fragile.


- Pendant que je rêvais. Tome 2
de Jean Roncenelle
Éditions Brumerge / Janvier 2012


À la clinique des genêts, un an après sa tentative de suicide ratée, Jean sommeille toujours dans un coma profond. Et comme chaque jour, rongée de remord, Laurence vient s'occuper de son mari, farouchement accrochée à l'espoir d'un réveil possible, sourde au pronostic résolument pessimiste du docteur Bedou. Sa fille Fanny, Gégé, l'ami fidèle du couple, et ses collègues de travail ont beau lui répéter qu'il serait sage maintenant de tourner la page, elle n'en démord pas. Sa place est auprès de Jean, ses chances de réveil fussent-elles minimes. Mais, comment lutter à armes égales contre l'usure et la force tranquille du temps qui passe? Pendant ce temps, derrière son atonie végétative, sous les radars des électroencéphalogrammes, un résidu de conscience perdure dans le cerveau cabossé de Jean, à l'insu de Laurence et Bedou. À travers des souvenirs embrumés interférant avec la réalité hospitalière qui l'entoure, Jean revisite sa vie depuis sa prime enfance. Une vie peuplée d'improbables cocons, avec le don inexpliqué de "se souvenir du futur".


- Double Je. Tome 1
de Jean Roncenelle
Éditions Brumerge / Mars 2010


Jean, cadre supérieur quadragénaire d'une grande entreprise de télécommunications, traverse une vie sans histoire au côté de son épouse Laurence et de sa fille Fanny. Jusqu'au jour où il croise Julie au hasard d'une formation professionnelle. De cette rencontre éphémère, naît une passion amoureuse qui bouleverse son existence. Sous l'emprise d'une épouse autoritaire, accablé par le stress au travail, il choisit de fuir la réalité pour s'enfermer dans un monde peuplé de rêves et de phantasmes avec Julie omniprésente. Cette fuite devient une obsession, à tel point qu'il s'est construit une seconde vie, virtuelle, un refuge qui le tient à l'abri des tracas de la vraie vie et qui devient sa seconde résidence principale. Irrésistiblement aspiré dans un tourbillon où s'entremêlent deux univers parallèles, Jean finit par confondre rêve et réalité, et sombrer peu à peu dans la folie.


- Feux
de Raymond Carver
Éditions de l'Olivier / Avril 2012


"J'écoutais les gens présenter leurs condoléances à ma mère. J'étais heureux que la famille de mon père se soit ainsi réunie autour de lui. Je croyais que j'allais me souvenir de toutes les conversations, des moindres faits et gestes de cette journée, et qu'un jour j'arriverais peut-être à en faire le récit. Mais je me trompais. J'ai tout oublié, ou presque. Ce dont je me souviens, c'est d'avoir entendu prononcer plusieurs fois, durant cet après-midi, le prénom de mon père. Ce prénom est aussi le mien, mais je savais que c'était de mon père qu'on parlait. Raymond, répétaient ces gens avec leurs voix merveilleuses surgies de mon enfance. Raymond".


- Grâce
de Delphine Bertholon
Éditions JC Lattès / Avril 2012


"Dès que je passai le seuil de la maison, je sus que quelque chose n'allait pas".1981. Dans sa maison près de Villefranche-sur-Saône, la très jolie Grâce Marie Bataille, trente-trois ans, vit au rythme des retours de son mari, représentant en électroménager, lorsqu'une jeune fille au pair d'origine polonaise vient perturber une vie qui semblait jusque-là tracée à la craie. En 2010, Nathan, son fils, vient fêter Noël en famille. Mais cette année, tout est différent. Nathan apprend que son père, disparu sans crier gare trois décennies plus tôt, a refait surface. D'inquiétants phénomènes surviennent alors dans la maison familiale. Dialogue virtuel entre une mère et son fils à trente ans d'intervalle, Grâce invoque les fantômes, les secrets et les non-dits familiaux, sur le rythme staccato d'un thriller psychologique.


- Il n'y a pas de grand soir
de Christel Périssé
Éditions Payot & Rivages / Avril 2012


Étudiant impulsif dans les années 1970, beau parleur, passionné d'Histoire et homme à femmes, tel est le portrait du père. Les années ont passé et sa fille reprend le fil entre elle et lui. En cinquante-cinq instantanés, c'est un homme littéralement en mouvement qui se dessine, de son enfance à aujourd'hui. Et puisque ce personnage est un paradoxe vivant, capable des revirements les plus inattendus, il était temps d'éclaircir les choses.


- Inès et la joie
de Almudena Grandes
Éditions JC Lattès / Avril 2012


En 1944, alors que le Débarquement approche, Monzon et ses compagnons, membres du parti communiste, sont convaincus de pouvoir instaurer bientôt un gouvernement républicain à Viella, en Catalogne. Pas très loin de là vit Inès. Restée seule à Madrid pendant la guerre civile, elle a épousé la cause républicaine, au grand dam de son frère, délégué provincial de la Phalange de Lerida, qui la tient à l'œil. Inès écoute Radio Pyrénées en cachette et capte un jour l'annonce de l'Opération Reconquête. Pleine de courage, elle décide de rejoindre cette armée. Une vie aventureuse et un grand amour l'y attendent.


- L'arbre de l'oubli
de Alexandra Fuller
Éditions Les Deux Terres / Avril 2012


Née sur l'île écossaise de Skye, la mère d'Alexandra Fuller, mieux connue sous le nom de "Nicola Fuller d'Afrique centrale", a grandi au Kenya dans les années cinquante, avant d'épouser un Anglais fringant. Ils s'installent dans leur propre ferme, d'abord au Kenya puis en Rhodésie (l'actuel Zimbabwe) où l'auteur, Bobo, et sa sœur ont grandi, avant d'atterrir en Zambie. Nicola, à la fois drôle, originale et spontanée, reste inébranlable dans le maintien de ses valeurs familiales, la fierté de son sang écossais, et sa passion pour la terre et les animaux. Le parcours de la famille Fuller, déterminée à rester en Afrique malgré la guerre civile, est fait de survie, de folie, de loyauté et de pardon. Elle trouvera la sérénité sous son "arbre de l'oubli".


- L'art et la manière
de George V. Higgins
Éditions Michel Lafon / Avril 2012


Jackie Cogan, homme de main de la Mafia, est chargé d'enquêter sur un vol qui s'est déroulé lors d'un tournoi de poker clandestin. Dans un monde sans foi ni loi régi par les gangsters, il ne reculera devant rien et n'épargnera personne pour débusquer le coupable. Avec un franc-parler sans égal, l'efficacité d'un homme d'affaires peu scrupuleux, un sens aigu des faiblesses humaines et un style aussi glacial que son regard, Cogan se lance à corps perdu dans sa quête. Dans le grand bazar des bas-fonds de Boston où prospèrent petites escroqueries en tout genre et violence animale, Cogan fait le ménage pour restaurer l'honneur de ses commanditaires.


- L'(autre) homme de ma vie
de Stephen McCauley
Éditions 10-18 / Avril 2012


Richard Rossi se flatte de connaître tous les subterfuges pour dissimuler les passions parallèles. Bien qu'il partage déjà sa vie avec quelqu'un, ce cadre bostonien entretient une relation adultère mouvementée. Au long de cet hiver glacial de la fin de l'ère Bush, Richard navigue à vue. Jusqu'au jour où il se rend compte que "l'objet de son affection" conjugale n'est pas non plus à l'abri des tentations. Stephen McCauley, l'écrivain toute catégorie de la comédie de mœurs, signe une chronique brillante et caustique, plus mature et mélancolique que jamais.


- L'autre rive du monde
de Geraldine Brooks
Éditions Belfond / Avril 2012


Élevée dans le calvinisme le plus pur, Bethia Mayfield, fille de pasteur, se sent à l'étroit dans sa vie. Dotée d'un esprit vif, d'une curiosité sans bornes, elle n'aspire qu'à une chose: se voir offrir la même éducation que les hommes. Pour tromper l'ennui, la jeune fille arpente les terres sauvages de Martha's Vineyard. Un jour, son chemin croise celui d'un jeune Indien Wampanoag. Une rencontre incongrue, premier pas vers une amitié aussi inébranlable que secrète. Alors que Bethia lui apprend des rudiments d'anglais et de catéchisme, le jeune homme, rebaptisé Caleb, l'initie aux rites et croyances de sa tribu. Recueilli peu après par les Mayfield, Caleb est envoyé à Harvard pour y recevoir l'éducation qui lui permettra de convertir son peuple. Mais peut-on jamais renier ses origines? Bonne conscience chrétienne, racisme primaire et préjugés moraux, au fil du journal de Bethia se dessine l'histoire d'une tragique utopie américaine, d'un monde déchiré entre deux rives.


- L'empire de la lune d'été
de Sam Gwynne
Éditions Albin Michel / Avril 2012


Le livre de S.C. Gwynne retrace l'ascension et le déclin des Comanches, qui régnèrent sur les Grandes Plaines du Sud pendant plus de deux siècles. Cavaliers et guerriers hors-pair, craints par les Espagnols, les Français et plus tard les Mexicains et les Américains, ils ont mené une lutte acharnée pour défendre leur territoire face à l'envahisseur blanc. Un homme incarne par-dessus tout cette résistance: Quanah Parker. Dernier et plus grand chef de la tribu, il est le fils d'un guerrier indien et d'une femme blanche, Cynthia Ann Parker, enlevée par les Comanches à l'âge de neuf ans, qui inspirera à John Ford l'un de ses plus beaux films, La Prisonnière du désert. Mais l'arrivée du chemin de fer et la destruction des troupeaux de bisons dans les années 1870 auront raison de la liberté et du courage des Indiens. Résigné à vivre sur une réserve, Quanah se transforme alors en éleveur prospère et gagne une stature politique en devenant l'ami de Theodore Roosevelt, ce qui lui permet de défendre les droits des siens. Plus qu'une biographie, ce livre passionnant, qui se lit comme un roman, a connu un succès phénoménal aux États-Unis. Il est actuellement en cours d'adaptation pour le cinéma. Destiné à devenir un classique, il apporte une contribution essentielle à l'Histoire des Indiens d'Amérique.


- L'esprit de l'escalier
de Raúl Ruiz
Éditions Fayard / Avril 2012


"Oui, au début ça avait l'air facile: "Vous allez nous inventer une vie", toute une vie. Au fond, on me demandait de m'inventer. Une nouvelle vie. J'avais l'embarras du choix... Je pouvais raconter ma vie d'empereur de Chine. Ou de légionnaire romain, de bandit catalan, que sais-je. Au fond, j'ai eu de la chance: j'ai réinventé ma propre vie, juste avec un léger décalage. Je ne pouvais pas savoir que cette vie-là, j'allais la vivre. Pour de vrai. Que la mort par moi racontée, je devrais la subir. Littéralement (si j'ose dire)". R.R.


- L'objet de mon affection
de Stephen McCauley
Éditions 10-18 / Avril 2012


Dans leur appartement de Brooklyn, Nina et George forment un couple hors du commun. Enceinte d'Howard, Nina fuit le mariage et l'engagement aux côtés de George, homosexuel affranchi qui se remet avec peine de sa rupture récente. Avec une séduisante maladresse, chacun poursuit le bonheur qu'il lui faut tailler sur mesure. Une comédie de mœurs et de chassés-croisés à l'inimitable charme new-yorkais.


- L'odyssée d'une femme amoureuse
de Bernard Simonay
Éditions Presses De La Cité / Avril 2012


Allemagne nazie, début 1938. Elyane Steiner a vingt-six ans. Quelques années plus tôt, elle a épousé Eran, un Juif allemand dont elle est éperdument amoureuse. Afin de lui permettre d'échapper aux persécutions, elle sacrifie les trois quarts de sa fortune pour émigrer vers l'Argentine. Mais Eran a un gros défaut: il est infidèle. Lorsqu'un Français séduisant, rencontré sur le bateau, lui propose de l'épouser si elle divorce, elle refuse. Mais les frasques d'Eran finissent par l'exaspérer, et elle accepte de tout perdre pour rejoindre un homme dont elle sait peu de chose. Elle revient donc en France. Mais la guerre menace.


- La belle impatience
de Annie Lemoine
Éditions Flammarion / Avril 2012


"La personne qui me plaisait le plus au monde depuis quelque temps, celle que j'avais rencontrée et dont j'étais tombée folle amoureuse, celle que j'aimais au point de la protéger, la choyer, lui faire des déclarations à n'importe quel moment de la journée (souvent le matin au réveil mais pas seulement), à laquelle je faisais des cadeaux somptueux (des pulls merveilleux en cachemire, des chemises en lin d'une créatrice japonaise aussi talentueuse que hors de prix), celle que j'embrassais, invitais au restaurant, promenais sur les quais de Seine le dimanche, emmenais en week-end, que je ne quittais plus maintenant que je l'avais trouvée, avec qui je passais tout mon temps sans le partager, ivre de bonheur… C'était moi".


- La chute du Colonel
de Mahmoud Dowlatabadi
Éditions Buchet Chastel / Avril 2012


Un décor lugubre, une ville iranienne sous la pluie. Le Colonel est réveillé en pleine nuit par deux agents de la police politique. À la faveur de cette irruption, le vieil homme se remémore les années passées, son engagement dans l'armée du Chah, la mort de trois de ses cinq enfants et de sa femme lors de la révolution. Seuls restent Amir, qui vit reclus dans la cave de son père, hanté par les atrocités dont il a été le témoin, et Farzâneh, sa deuxième fille. Le récit des événements passés s'articule autour de l'enterrement de la cadette Parvâneh, exécutée alors qu'elle n'avait que quatorze ans. Dans un va-et-vient incessant entre présent et passé, dont les frontières semblent d'autant plus floues que la mémoire du Colonel est de plus en plus défaillante, les voix du vieil homme et de son fils Amir s'élèvent, se mêlent et se répondent.


- La garde blanche
de Mikhail Boulgakov
Éditions Robert Laffont / Avril 2012


Kiev, décembre 1918. Sur fond de guerre civile russe, Boulgakov raconte la fin de l'Ukraine tsariste à travers la destinée de la famille Tourbine, inspirée de sa propre famille. La ville est occupée par les Allemands et le gouvernement de l'hetman Pavlo Skoropadsky. La mort sévit partout, mais chez les Tourbine, autour de la table familiale, ou éclatent la blancheur de la nappe et le chatoiement de la porcelaine, rescapés des combats, le temps est suspendu. Les frères Tourbine et leurs amis de collège savourent le plaisir de se revoir. Le 14 décembre, lorsque les troupes ukrainiennes, dirigées par Simon Petlioura, déferlent sur Kiev, tous les hommes de la famille rejoignent la Garde blanche organisée par le général Dénikine pour arrêter l'avance des bolcheviques. Ces événements, et plus particulièrement la prise de la ville par les troupes de Petlioura constituent la toile de fond de ce roman.


- La main de Wylder
de Joseph Sheridan le Fanu
Éditions Phébus / Avril 2012


Charles de Cresseron, le narrateur, revient après une vingtaine d'années d'absence chez son ami, Mark Wylder. Celui-ci est sur le point de se marier avec sa cousine, Dorcas Brandon, belle, énigmatique et froide, du moins avec lui. Dorcas a pour confidente Rachel Lake, dont le frère Stanley, roublard, violent et cynique, ne songe qu'à épouser la fiancée de Wylder. Un jour, ce dernier disparaît. Dans les bois et dans les corridors du manoir surgit alors un fantôme annonçant que la vérité sera bientôt faite. Stanley parvient à épouser Dorcas. Le vent se lève, les feuilles mortes se changent en boue, l'automne chasse l'hiver, et un jour on découvre le cadavre de Mark, sa main dépassant d'un tapis d'humus. Stanley mourra, d'une chute de cheval, avant d'avoir été arrêté. Rachel et Dorcas s'en iront voyager en Italie.


- La mémoire des autres
de Annelise Corbrion
Éditions Calmann Lévy / Avril 2012


Infographiste spécialisée dans la retouche des photographies anciennes, Emma se remet difficilement de la mort brutale de ses parents. Plongée dans la vie d'inconnus figés dans leurs moments les plus heureux, elle rend aux souvenirs des autres l'éclat que leur a volé le temps. Mais la réalité la rattrape étrangement le jour où elle reçoit un courriel dont l'expéditeur n'est autre qu'un homme posant sur l'une des photos restaurées. Un homme décédé dans les années 40. Il a besoin d'elle, comme les autres fantômes qui assaillent bientôt la boîte mail de la jeune femme. Que veulent les défunts capables de communiquer avec les vivants? Emma devient une messagère et porte leurs dernières volontés pour défier l'oubli et rétablir la vérité. Jusqu'au mail de trop, celui qui la touche personnellement. Emma se lance alors dans une enquête au cœurs de dangereux souvenirs qui n'appartiennent pas encore tout à fait au passé. Les morts la ramènent littéralement à la vie, l'entraînent dans une course folle. Mais jusqu'où Emma ira-t-elle dans sa quête de vérité?


- La scandaleuse de Périclès
de Sylvie Perez
Éditions Robert Laffont / Avril 2012


Athènes, Ve siècle avant Jésus-Christ. La cité vient d'inventer la démocratie. La colline de l'Acropole attire le génie humain: sculpture, architecture, tragédie, philosophie atteignent le sommet de leur art. Les guerres contre les cités adverses rythment l'existence des citoyens. C'est une époque brutale, ambitieuse, esthétique. Périclès, l'homme le plus puissant d'Athènes, s'éprend follement d'Aspasie, la métèque aux jolis pieds. Il ne peut plus se passer ni de ce corps ravissant, ni de cet esprit articulé qui fascine aussi le jeune Socrate. En contradiction avec les usages de son temps, Périclès chasse son épouse pour accueillir Aspasie sous son toit. Leur foi dans l'avenir, leurs actions en faveur du rayonnement de la cité n'y feront rien. Athènes ne leur pardonnera pas cet écart aux bonnes mœurs. Et bientôt la guerre contre Sparte et la peste qui décime la population étoufferont la splendeur de la cité. La Scandaleuse de Périclès est un roman inspiré d'une réalité historique. On sait à la fois tout et peu de chose de cette période. Presque rien sur le quotidien de l'Athénien du Ve siècle avant J.-C. Beaucoup sur ses productions intellectuelles, qui sont le fondement de notre civilisation. Le plus frappant est de voir combien cette histoire résonne aujourd'hui. Plus que jamais l'actualité fait écho aux questions posées dès cette époque. Quelle frontière entre vie publique et vie privée pour nos dirigeants? Quel avenir pour la démocratie, minée par le poids démesuré de l'opinion publique et ses corollaires, la démagogie et la corruption? Doit-on exporter notre "modèle démocratique", fût-ce par les armes? Alors que notre système politique, auquel nous demeurons malgré tout attachés, s'englue dans les affaires, et se voit suspecté de délabrement, ce roman nous plonge dans une société tenue pour exemplaire, et néanmoins en butte aux mêmes interrogations.


- La sélection
de Kiera Cass
Éditions Robert Laffont / Avril 2012


Dans un futur proche, les États-Unis et leur dette colossale ont été rachetés par la Chine. Des ruines est née Illeá, une petite monarchie repliée sur elle-même et régie par un système de castes. Face à la misère, des rebelles menacent la famille royale. Un jeu de télé-réalité pourrait bien changer la donne. Pour trente-cinq jeunes filles du royaume d'Illeá, la "Sélection" s'annonce comme l'opportunité de leur vie. L'unique chance pour elles de troquer un destin misérable contre une vie de paillettes. L'unique occasion d'habiter dans un palais et de conquérir le cœur du jeune Prince Maxon, l'héritier du trône. Mais pour America Singer, qui a été inscrite d'office à ce jeu par sa mère, être sélectionnée relève plutôt du cauchemar. Cela signifie renoncer à son amour interdit avec Aspen, un soldat de la caste inférieure, quitter sa famille et entrer dans une compétition sans merci pour une couronne qu'elle ne désire pas , et vivre dans un palais, cible de constantes attaques de rebelles. Puis America rencontre enfin le Prince. En chair et en os. Et tous les plans qu'elle avait échafaudés s'en trouvent bouleversés: l'existence dont elle rêvait avec Aspen supportera-t-elle la comparaison face à cet avenir qu'elle n'aurait jamais osé imaginer?


- La sirène du Pacifique
de Jacqueline Monsigny
Éditions L'Archipel / Avril 2012


Océane, une jeune orpheline française, vit avec Séverin, son grand-père, en Nouvelle-Calédonie, quand éclate la bataille de France en 1940. Pour fêter ses seize ans, Séverin l'emmène à Hawaï où elle découvre l'amour avec le jeune Américain Floyd Nelson. C'est là, le 7 décembre 1941, le jour de son anniversaire, que sa vie bascule: horrifiée, la jeune femme voit couler le Missouri avec 1 500 marins à bord, sous l'attaque de trois cents avions japonais pilonnant Pearl Harbour. Elle décide alors de s'engager aux côtés des défenseurs de la liberté. Océane va devenir une héroïne en participant au raid vengeur du colonel Doolittle. Engagée dans les personnels soignants, elle montre un courage inouï pendant le drame de Corregidor. Devenue célèbre, elle vend des bonds de guerre à Washington pour soutenir l'armée, et rencontre au cirque Barnum le séduisant Lenny Paterson Zah, devenu "Navarro Code". Oubliant quelque peu Floyd, perdu dans la "Marche de la mort" à Bataan, Océane vit avec passion son nouvel amour avec Lenny. La voici partagée entre les deux hommes qu'elle aime.


- La vie et moi
de Cécelia Ahern
Éditions Flammarion / Avril 2012


Un jour, lorsqu'elle rentre du travail, Lucy Silchester trouve une enveloppe dorée par terre sur le tapis. À l'intérieur, elle trouve une invitation pour un rendez-vous avec la Vie. Sa Vie. Il s'avère qu'elle l'a perdue de vue depuis longtemps et elle a besoin de la rencontrer en personne. Cette Vie en question prend les traits d'un vieil homme, reflet de l'existence chaotique et désespérée de Lucy: il est malheureux, négligé, déprimé. Cela paraît étrange, mais Lucy a lu un article à ce sujet dans un magazine. De toute façon, elle ne peut pas se rendre au rendez-vous, elle a beaucoup trop à faire: détester son boulot, poser des lapins à ses amis et fuir sa famille. Dès lors qu'elle rencontre l'homme qui se présente comme sa Vie, ses demi-vérités obstinées vont être révélées au grand jour, à moins que Lucy n'apprenne à dire la vérité sur les sujets qui lui tiennent vraiment à cœur. Lucy Silchester a rendez-vous avec sa Vie, et elle va bien devoir y aller. Attendrissant et chaleureux, drôle et émouvant, le dernier roman de Cecelia Ahern s'intéresse à ce qui peut arriver lorsqu'on arrête de faire attention à son existence.


- Le blues du braqueur de banque
de Flemming Jensen
Éditions Gaïa / Avril 2012


Max est conseiller politique de haut niveau. Il est l'homme de l'ombre, le génie. Il est malin et avec lui on s'en sort toujours. Seulement cette fois, Max a assassiné son meilleur ami, qui est aussi, accessoirement, le Premier ministre danois. Coincé entre une insurrection groenlandaise et d'âpres négociations internationales, un match Danemark-Suède et l'intervention d'une jeune scoute peut-être pas si cruche qu'elle en a l'air, quel plan génial pourra-t-il échafauder pour se tirer d'affaire? Un texte décalé et burlesque sur fond de satire politique.


- Le cœur n'a pas de rides
de Marina Rozenman
Éditions Nil / Avril 2012


Inspirée par la dernière histoire d'amour de sa grand-mère qui, à 71 ans, a vécu une relation passionnée avec son nouveau voisin de 81 ans, une jeune journaliste part à la rencontre de celles et ceux qui vivent de grandes histoires d'amour passé l'âge de 70 ans. On croise ainsi Pierre et Odile, les amants terribles du Perche: ils ont eu un coup de foudre lors d'un bal, ont vécu un an et demi entre Paris et Nogent-le-Rotrou puis ont "cassé". Il y a Jorge et Perla: lui est veuf, elle est divorcée, ils se sont rencontrés en voyage à Cuba et se sont mariés. Il y a Jeannette et Julius: lui est allemand, elle est française, ils se sont aimés au Havre pendant la guerre, se sont interdits de se revoir après, mais continuent de s'aimer, soixante ans plus tard, au téléphone. Il y a Françoise et Charles, qui s'étaient connus adolescents en Algérie, manqués à l'âge adulte, et qui s'aiment enfin, soixante-dix ans plus tard, à Montpellier. Il y a aussi Georges et Odette, un couple qui co-habite avec panache, dans une résidence des bords de Loire, ou Armand, le serial dragueur de 80 ans, qui essaie de noyer son chagrin amoureux sur Meetic. En dix portraits de couples et solitaires en quête d'amour, ce livre nous plonge dans des histoires extraordinairement romanesques et émouvantes, destins individuels dans la France des années 40 à nos jours. Poids des conventions sociales, gênes des enfants et petits-enfants, pudeur sur la question de la sexualité: le phénomène des amours tardifs est aussi important que tabou. Pour la première fois, parce que Marina Rozenman a su prendre le temps de les écouter durant deux ans, ces amoureux acceptent de parler à cœur ouvert. Plus qu'un reportage sur l'amour après 70 ans, Le cœur n'a pas de rides est un livre sur l'amour tout court. Un hymne à la vie.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 17:07

- Le journal de Philol
de Yael Hassan
Éditions Plon / Avril 2012


Pour son quinzième anniversaire, Philomène, dite Philol, reçoit en cadeau de sa mère un journal intime. Trop ringard? Pas tant que ça, finalement. Raconter sa vie et celle des autres, c'est un régal, surtout quand les événements se bousculent au lycée et à la maison. Et puis Philol tombe folle amoureuse de Nathan, le roots de la classe, le beau gosse que convoite cette punaise d'Aurélie, une fille capable des pires horreurs. Comme si ça ne suffisait pas, voilà que Morgane, vilain petit canard du lycée, fait une TS (tentative de suicide), suite au message baveux d'un mystérieux corbeau, qui distille sa haine sur Internet.


- Le livre de la mort
Auteur Anonyme
Éditions Sonatine / Avril 2012


Il est sans doute préférable pour votre bien-être que personne n'inscrive jamais votre nom dans Le Livre de la mort, sans quoi il vous resterait très peu de temps pour formuler vos dernières volontés. Aussi on peut aisément comprendre que celui-ci fasse l'objet de multiples convoitises, en général assez mal intentionnées. Et que quelques contrariétés guettent son actuel détenteur, l'infortuné Sanchez. Officiellement mort, le Bourbon Kid, le tueur le plus impitoyable que la terre ait jamais portée, devrait, pour sa part, pouvoir aspirer à des jours heureux en compagnie de Beth, son amour de jeunesse enfin retrouvé. Encore faudrait-il que sa nouvelle identité reste secrète, sans quoi ses nombreuses victimes et ses ennemis, plus nombreux encore, pourraient bien s'unir pour élaborer une terrible vengeance. Mais quand Beth est kidnappée et qu'il s'avère être le seul à pouvoir sauver la petite ville de Santa Mondega d'un terrible bain de sang, le Bourbon Kid n'a plus qu'une solution: revenir d'entre les morts. Plus sauvage et impitoyable que jamais.


- Le quadrille des maudits
de Guillaume Prévost
Éditions Nil / Avril 2012


Novembre 1919. Les Parisiens veulent oublier la guerre, revivre, aller au cinéma, ce jeune art de plus en plus populaire. Jusqu'à ce qu'une série de meurtres, reproduisant au détail près le scénario du film-événement de l'année, sème un vent de panique parmi les spectateurs. Les Maudits, le thriller à la mode, enflamme les cinémas parisiens: chaque nouvel épisode de ce feuilleton cinématographique (l'ancêtre de nos séries télévisées modernes, en somme), produit quasiment en temps réel, attire des foules de plus en plus nombreuses. Mais voilà qu'un assassin se met à confondre fiction et réalité: il poignarde des jeunes femmes en pleine séance, imitant point par point les acteurs à l'écran, leur mode opératoire et les péripéties du scénario. Très vite, les soupçons des policiers se tournent vers le monde animé des studios de Vincennes, ou l'usine à rêves ressemble de plus en plus à une fabrique de crimes en série. À la tête de l'enquête, le jeune inspecteur François-Claudius Simon comprend que s'il veut débusquer le tueur des salles obscures, il va devoir faire lui aussi un peu de cinéma. En plein désarroi personnel, il n'a pourtant ni le cœur ni la tête à ça. Son amante, la sublime Elsa, a disparu du jour au lendemain, son passé d'orphelin, qu'il a toujours soigneusement évité d'affronter, le rattrape brutalement, et son ex-fiancée, avec qui il n'est pas tout à fait certain d'avoir réussi à tourner la page, réapparaît dans sa vie de manière bien troublante: au cœur de son enquête.


- Le ravissement de l'été
de Luisa Etxenike
Éditions Robert Laffont / Avril 2012


Un fils mal aimé prêt à tout pour obtenir l'argent et l'attention que sa mère lui refuse. Une femme fortunée et inaccessible à la recherche d'une profondeur et d'une sincérité qu'elle a perdues. Un jeune homme qui vit seul au milieu de ses vignes en chérissant un amour splendide pour celle qu'il n'a jamais revue. Au fil de ce récit polyphonique, qui joue habilement avec les points de vue, ces trois personnages se croisent et se dévoilent, et restent seuls face à leur vérité intime. Le Ravissement de l'été évoque l'initiation sentimentale et sexuelle d'un adolescent, avec une belle sensualité. Ce roman psychologique nous parle aussi de la mémoire et du passage du temps, dont le vin est ici une métaphore. Et révèle la manière dont le souvenir s'épanouit en nous, nous poursuit, nous anime, nous détruit ou nous éclaire.


- Le sanglot de l'homme noir
de Alain Mabanckou
Éditions Fayard / Avril 2012


Je suis noir, et forcément ça se voit. Du coup les Noirs que je croise à Paris m'appellent "mon frère". Le sommes-nous vraiment? Qu'ont en commun un Antillais, un Sénégalais, et un Noir né dans le Xème arrondissement, sinon la couleur à laquelle ils se plaignent d'être constamment réduits? J'oublie évidemment la généalogie qu'ils se sont forgée, celle du malheur et de l'humiliation, traite négrière, colonisation, conditions de vie des immigrés. Car par-delà la peau, ce qui les réunit, ce sont leurs sanglots. Je ne conteste pas les souffrances qu'ont subies et que subissent encore les Noirs. Je conteste la tendance à ériger ces souffrances en signe d'identité. Je suis né au Congo Brazzaville, j'ai étudié en France, j'enseigne désormais en Californie. Je suis noir, muni d'un passeport français et d'une carte verte. Qui suis-je? J'aurais bien du mal à le dire. Mais je refuse de me définir par les larmes et le ressentiment.


- Le secret d'Alice
de Deborah Smith
Éditions L'Archipel / Avril 2012


Parce qu'elle a sauvé de la noyade la fille du gouverneur de Géorgie, Alice Riley, 34 ans, se trouve projetée sous les feux de l'actualité et fait connaissance avec ses tantes paternelles: Lilith, Mara et Pearl Bonavendier, descendantes d'un flibustier et de Mélusine... une sirène. Orpheline, Alice est partagée entre le désir de rompre sa solitude en se liant avec ses tantes et le refus d'origines aussi fantastiques, même si elles expliquent ses particularités: des pieds palmés, d'extraordinaires dons de nageuse et de télépathe. Ce conflit intérieur est avivé par l'attitude qu'elle éprouve pour Griffin Randolph, chercheur d'épaves et héritier d'une famille ennemie des Bonavendier.


- Le studio de l'inutilité
de Simon Leys
Éditions Flammarion / Avril 2012


Dans sa jeunesse, Simon Leys passa deux ans dans une cahute de Hong Kong en compagnie de trois amis, une période bénie où "l'étude et la vie ne formaient plus qu'une seule et même entreprise". C'est en souvenir de ce gîte régi par l'échange et l'émulation, surnommé "Le Studio de l'inutilité", qu'il a baptisé ce recueil consacré à ses domaines de prédilection: la littérature, la Chine et la mer. Il y éclaire la "belgitude" d'Henri Michaux, dépeint la personnalité de George Orwell, analyse les rouages du génocide cambodgien, épingle les notes de Barthes visitant la Chine maoïste, débrouille les énigmes du "miracle chinois" à la lumière tragique des analyses de Liu Xiaobo, Prix Nobel de la Paix toujours emprisonné. Infligeant de salutaires accrocs à la pensée unique, Simon Leys fait partager ses curiosités et ses admirations, ses enthousiasmes et ses indignations. Ce Studio est une ode au savoir "inutile" et à la quête désintéressée de la vérité.


- Le violoncelliste de Sarajevo
de Steven Galloway
Éditions 10-18 / Avril 2012


Dans une Sarajevo assiégée, un obus fauche vingt-deux civils devant une boulangerie. En hommage à ses voisins disparus, un violoncelliste virtuose va pendant vingt-deux jours, à seize heures précises, jouer l'Adagio d'Albinoni, sur les lieux du drame. À partir de cette histoire authentique, Steven Galloway élabore un roman sur le courage et la peur, sur la mort tombée du ciel.


- Les amoureux de Sylvia
de Elizabeth Gaskell
Éditions Fayard / Avril 2012


1796. La guerre contre la France révolutionnaire fait rage et ses répercussions ébranlent les provinces anglaises les plus lointaines. Le petit port baleinier de Monkshaven (Yorkshire) paie un lourd tribut en hommes valides, que les sergents recruteurs, haïs par la population, kidnappent de force pour servir le Roi. L'héroïne, Sylvia Robson, seize ans, fille unique de fermiers locaux, est une jolie sauvageonne, follement aimée par son terne cousin, Philip Hepburn. Arrive un harponneur audacieux et généreux, qui tombe amoureux d'elle et chavire son cœur. Hélas, les recruteurs vont bouleverser ces vies. Le caractère de Sylvia, fait pour l'insouciance et la légèreté, se trempe et prend une envergure dont personne ne l'aurait crue capable. Dans ce grand roman victorien, Elizabeth Gaskell montre les passions à l'œuvre chez des gens ordinaires, et décline sur plusieurs tons le thème de l'amour frustré. Plongés dans une tourmente qui les dépasse, les personnages sont livrés à la violence de leurs sentiments, qui fait écho à celle de l'Histoire.


- Les dix enfants que Madame Ming n'a jamais eus
de Éric-Emmanuel Schmitt
Éditions Albin Michel / Avril 2012


Madame Ming aime parler de ses dix enfants vivant dans divers lieux de l'immense Chine. Fabule-t-elle, au pays de l'enfant unique? A-t-elle contourné la loi? Aurait-elle sombré dans une folie douce? Et si cette progéniture n'était pas imaginaire? L'incroyable secret de Madame Ming rejoint celui de la Chine d'hier et d'aujourd'hui, éclairé par la sagesse immémoriale de Confucius.


- Les eaux noires
de Martine Delomme
Éditions Belfond / Avril 2012


Jeune diplômée de l'École de police de Paris, Clémence est mutée à Saint-Jean-de-Luz. Sa nomination au poste d'adjointe du commissaire suscite les sarcasmes, son intégration dans la petite cité basque est difficile. Chargée d'enquêter sur l'assassinat d'un notable local, elle va devoir pénétrer le milieu fermé des pêcheurs et des mareyeurs. Amours contrariés, destins brisés, une saga romanesque aux multiples rebondissements, dans le cadre enchanteur du pays basque. Après cinq années passées à Paris, Clémence, jeune lieutenant de police, est nommée adjointe du commissaire principal de Saint-Jean-de-Luz. Cette mutation est pour elle l'occasion de se rapprocher de son père, sa mère est morte alors qu'elle n'était qu'une enfant. Mais son intégration dans la cité est difficile et ses collègues, essentiellement des hommes, ne lui épargnent pas leurs sarcasmes. Très vite, elle est chargée d'enquêter sur l'assassinat d'un mareyeur dont le corps a été retrouvé sur le port. Dans le cadre de ses investigations, elle doit interroger Pierre, un armateur important de la région, et surtout un défenseur engagé des artisans pêcheurs. Des liens amicaux se tissent immédiatement entre eux malgré leur différence d'âge, tous deux partageant le chagrin d'avoir perdu très jeune un parent. Mais les événements se précipitent, un deuxième meurtre est commis. Clémence, pressée par sa hiérarchie, poursuit son enquête avec détermination. Elle découvre le milieu fermé de la pêche et celui des notables, dont Mathilde, la mère de Pierre, est une femme forte et autoritaire, et Sandrine, propriétaire d'un hôtel de luxe, prisonnière des frasques d'un mari volage et joueur. Tous semblent être liés par un terrible secret, et ces meurtres pourraient bien être les signes précurseurs d'une vengeance élaborée depuis de longues années. Chacun en ressortira-t-il indemne?


- Les enfants de la paranoïa
de Trevor Shane
Éditions Michel Lafon / Avril 2012


Règle un: on ne tue pas les innocents. Règle deux: on ne tue pas les ennemis de moins de 18 ans. Depuis des siècles une guerre clandestine, ignorée du commun des mortels, oppose deux clans qui se déchirent au nom du Bien et du Mal. Des deux côtés, des assassins endoctrinés et entraînés dès leur enfance à haïr et détruire le camp adverse. Artistes de la dissimulation, ils maquillent leurs meurtres en actes de violences aléatoires: des affaires qui curieusement ne sont jamais résolues. Joseph, vingt-trois ans, est l'un de ces tueurs d'élite. Il ne connaît qu'une réalité: tuer ou être tué. Mais alors qu'il retrouve ses deux plus proches amis pour quelques jours de vacances dans le New Jersey, il tombe dans une embuscade. Échappant de peu à ce piège mortel, il est envoyé en mission à Montréal où il rencontre Maria, une jeune innocente de dix-sept ans. Pour la première fois, Joseph découvre l'amour… et le doute. S'il veut protéger la femme qu'il aime et l'enfant qu'elle porte, il doit abandonner la vie qu'il a toujours connue et trahir ses frères d'armes. Osera-t-il transgresser les règles?


- Les foudroyés
de Paul Harding
Éditions 10-18 / Avril 2012


Oscillant entre ombre et lumière, étendu dans son salon, George se meurt parmi les siens. Tandis que s'égrènent les dernières heures et que le monde lui échappe, autour de lui se pressent des images, visions hallucinées et souvenirs. Au fil de ce roman familial ou trône la fascinante silhouette d'un père colporteur, la vie se cristallise peu à peu, victorieuse et guérie du temps.


- Les guichets du Louvre
de Roger Boussinot
Éditions Gaïa / Avril 2012


Paris, juillet 1942. Un étudiant bordelais voit s'achever l'année universitaire à Paris. Il fait beau et chaud. Ça sent les vacances, la province, la maison familiale. Alors qu'il prépare ses valises et range sa chambre d'étudiant, un de ses camarades de cours, distant et d'ordinaire peu disert, vient à lui. Un peu mystérieux, angoissé et intrigant, voilà qu'il propose à notre narrateur une mission des plus inattendues, à la fois excitante et apparemment peu difficile à mettre en œuvre. Car bien sûr le jeune homme veut agir. Sitôt informé du projet de rafle organisée sur la rive droite par les forces de police françaises à l'encontre des Juifs de la capitale, il est pour lui hors de question de rester inactif, indifférent. Et pourtant? La mission est simple: mettre à l'abri au cours de la journée le maximum de femmes et d'enfants juifs en cachant leur étoile jaune et en les faisant passer sur la rive gauche. Il ne s'agit que de retarder son départ, prendre le train du soir ou du lendemain matin et sauver quelques vies de ce qu'on appellera plus tard la "Rafle du Vel d'Hiv". Seulement voilà, comment agir, lorsqu'on est timide et peu débrouillard, qu'on cherche ses mots avant d'oser aborder quelqu'un dans la rue, qu'on rougit sous le regard des femmes inconnues?


- Les neiges de Toula
de Jean-Baptiste Bester
Éditions Calmann Lévy / Avril 2012


En Russie, dans les années 1860, sous le règne du tsar Alexandre II. Sergueï Borodine, héritier d'une dynastie d'armuriers, laisse les rênes du domaine familial à son frère cadet pour s'enfuir de Toula avec une serve dont il s'est épris. À Saint-Pétersbourg, il s'engage dans l'armée et intègre la prestigieuse école des Pages où il s'oppose au prince Mirnov, un cadet arrogant, qu'il provoque en duel. Le prince est blessé et Sergueï, chassé. Le colonel Kéransky, son supérieur, lui propose alors de se racheter. En liaison avec les services secrets, il devra infiltrer un dangereux groupe terroriste qui projette d'assassiner le tsar. Sergueï accepte et parvient à s'introduire au cœurs de cette organisation clandestine dont l'âme s'appelle Olga Dementieva, une révolutionnaire fanatique dont la beauté n'a d'égale que la cruauté. Oubliant sa mission, Borodine succombe à son charme. Porté par un souffle romantique et passionné, ce roman plein de péripéties nous entraîne jusqu'au bord de l'abîme aux côtés de ces nihilistes russes qui ne connaissaient qu'une seule science: celle de la destruction.


- Les sacrifiés
de Juliette Morillot
Éditions Belfond / Avril 2012


États-Unis, août 1954. Un vieil homme se fait renverser par une voiture, mortellement blessé. Refusant la thèse de l'accident, ses deux filles se penchent sur le passé trouble de leur mère, Ethel Proudlock, une Anglaise de Malaisie britannique accusée autrefois du meurtre de son amant et condamnée à mort, avant d'être graciée par le sultan de Selangor. Cette quête vertigineuse de la vérité nous emmène des coulisses de la bonne société coloniale de l'empire des Indes à la côte Est des États-Unis dans les années cinquante. S'inspirant de l'"affaire Proudlock", un fait divers qui a défrayé la chronique en 1911 et inspiré Somerset Maugham, qui écrivit alors sa célèbre nouvelle La Lettre, l'auteur met à nu avec une modernité implacable les rouages de la manipulation féminine. De non-dits en révélations effroyables, les personnages vont sombrer dans la folie et le lecteur, tour à tour séduit et trompé, comprendra dans un ultime rebondissement qu'il a été lui aussi pris dans les rets vénéneux d'Ethel, une femme amoureuse sublime dans toute sa splendeur.


- Larmes de pierre
de Alexandra Fuller
Éditions Les Deux Terres / Avril 2012


Petite fille, Bobo a appris à manier le fusil, à cuisiner un impala, à conduire un tracteur et à se garder des morsures de serpents. En 1972, elle s'installe avec sa famille en Rhodésie, l'actuel Zimbabwe, pays ravagé par la guerre civile, mais aussi terre de saveurs, de parfums et de sons qu'elle reconnaît intuitivement comme la sienne. Son enfance, ponctuée de déménagements successifs en Afrique australe, oscille au gré de tragédies historiques et intimes. Ce récit est un chant d'amour à une famille adorée, chaotique, souvent drôle, et à l'Afrique, terre des premiers émois, de l'initiation et de la découverte naturelle de l'autre. Alexandra Fuller ouvre ainsi une page d'histoire et sa malle aux souvenirs, souvent tendres, parfois durs, et toujours poignants.


- Leçons singulières
de David Abbott
Éditions Payot & Rivages / Avril 2012


Henry Cage, puissant homme d'affaires londonien, voit sa vie basculer le jour où ses associés le démettent de ses fonctions. Lorsque son ex-femme, malade, lui demande de la rejoindre en Floride, il réalise qu'il ne lui reste que peu de temps pour réparer les erreurs du passé.


- Maurice Garrel, le veilleur
de Jacques Morice
Éditions Stock / Avril 2012


"Un jour, cher Maurice, vous avez pensé à moi pour un livre. Un livre particulier. Un livre sur vous mais écrit par moi, où je pourrais tout dire, votre part d'ombre comme de lumière. Vous ne vouliez pas d'une biographie écrite par un nègre. Ni d'un livre d'entretiens ou de mémoires, rien de plus ennuyeux et pontifiant que ces mémoires d'acteur sur leur carrière. La carrière, disiez-vous, ce n'est pas intéressant, c'est la vie qui l'est. Non, ce que vous souhaitiez, c'était un livre avec mon regard, dans lequel je pourrais évoquer tout ce qui m'intéresse, y compris les aspects dérangeants de votre personnalité. Le cadeau était de taille. Était-il empoisonné? Nous nous connaissions à peine et vous m'aviez choisi pour mettre à exécution une commande qui n'en était pas une. Une commande spéciale qui réclamait d'être détournée. À quelles fins? Sans doute, je m'en rendis compte par la suite, afin de créer un lien inédit. Un étrange passage de relais entre vous, comédien rare, à la silhouette et à la voix qui me fascinait depuis tant d'années et qui décidait au soir de sa vie de se livrer, pour se délivrer peut-être. Et moi, inconnu ou presque, qui acceptait d'être ainsi votre confident et votre juge, votre marionnette et votre compagnon de voyage. Le temps d'une traversée. Désert, mer et glacier nous attendaient. Le détachement et la haine de soi en bandoulière". J. M.


- Ma vie précaire
de Élise Fontenaille
Éditions Calmann Lévy / Avril 2012


"J'avais enfin quitté la marchande de sommeil, et trouvé pour quelques jours refuge à Vincennes, non loin de la tour où le marquis de Sade passa quelques années chez un ami d'ami parti en voyage, mais décidément Paris m'était impossible, jamais je ne trouverais un bail, personne ne voudrait louer ne serait-ce qu'un studio à un écrivain sans le sou, et surtout sans fiche de paye, le sésame des temps modernes, il me fallait repartir, au hasard Balthazar, encore une fois". Forcée de quitter son domicile parisien, Élise, double littéraire de l'auteur, se débarrasse de tous ses biens, y compris de ses livres. Affranchie du matériel, elle vit au jour le jour, s'en remettant à ses désirs, à sa curiosité d'esprit, et à la bonté d'étrangers. Chaque décision devient une épreuve, où l'heureux dénouement le dispute au tragique. D'une bicoque à Saint-Nazaire à une plage guyanaise, d'une marchande de sommeil à un flic-écrivain, d'amitiés solides en relations virtuelles, d'étreintes tarifées aux blessures amoureuses, de nuits à la belle étoile à l'enfermement dans un cloître, Élise va et vient, bousculée par le hasard, débordée par ses choix, chahutée par ses rencontres. Ce livre, écrit sur le fil, comme un numéro d'équilibriste, un fil tendu par l'urgence, la nécessité, et un goût certain du risque, rend compte magnifiquement de la fragilité de l'existence.


- N'en faites pas une histoire
de Raymond Carver
Éditions de l'Olivier / Avril 2012


"Il y a d'abord cette vision fugace. Ensuite, la vision fugace s'anime, se mue en quelque chose qui va illuminer l'instant et va peut-être laisser une empreinte indélébile dans l'esprit du lecteur, qui l'intégrera à son expérience personnelle de la vie, pour reprendre la belle formule de Hemingway. Pour de bon. Et à jamais. C'est là tout l'espoir de l'écrivain".


- Petits arrangements avec le mariage
de Moni Mohsin
Éditions Fleuve Noir / Avril 2012


Elle ne jure que par les grands couturiers, stylistes et joailliers, c'est une accro du shopping... pakistanaise. Loin de la 5e Avenue, son terrain de chasse favori se trouve dans les quartiers chics de Lahore. Mais être à la pointe de la mode n'est pas de tout repos, surtout lorsqu'il faut enchaîner avec les réunions entre copines et les cocktails mondains. Des festivités malheureusement de plus en plus rares depuis que les "barbus-fondus" font régner leur loi. Ce quotidien bien réglé est bouleversé le jour ou tante Pussy vient faire appel à ses talents de marieuse. Elle l'implore de trouver à son cousin une bonne épouse, issue d'une famille honorable comme la leur, pas une de ces femmes aux mœurs douteuses dont il s'entiche en permanence. Notre héroïne se met alors en quête de l'épouse parfaite: une jeune fille au teint clair, gentille, obéissante et riche bien sûr. Car si elle a une certitude, c'est bien que l'argent fait le bonheur. Mais pas sûr que l'intéressé partage son point de vue sur la question.


- Quand reviennent les âmes errantes
de François Cheng
Éditions Albin Michel / Avril 2012


Dans une forme éminemment originale, François Cheng signe là un drame épique où le destin humain, avec toute la complexité des désirs qui l'habitent, se dévoile comme dans les tragédies antiques. Quand reviennent les âmes errantes, un singulier échange se noue, et toute la vie vécue, extrêmes douleurs et extrêmes joies mêlées, se trouve éclairée d'une lumière autre, revécue dans une résonnance infinie.


- Reste avec moi
de Jessica Warman
Éditions Fleuve Noir / Avril 2012


Quand la perfection et la beauté cachent une terrible vérité. Elizabeth menait une vie de rêve. Presque parfaite. Le jour de ses 18 ans, elle meurt brutalement. Meurtre ou accident, qui pourra le découvrir? Une seule personne, Elizabeth elle-même.


- Retour à Dublin
de Cathy Kelly
Éditions Presses De La Cité / Avril 2012


Eleanor Levine, veuve depuis peu, retourne s'installer à Dublin, sa ville natale, laissant à New York sa famille pour laquelle elle a peur de devenir une charge. Depuis sa fenêtre, elle s'amuse à imaginer la vie des habitantes de Golden Square. Eleanor fait bientôt la rencontre de trois d'entre elles et devient leur confidente. Il y a Megan, l'actrice à la réputation sulfureuse fuyant les paparazzis, Rae, propriétaire du salon de thé local, qui cache un lourd secret, et Connie, célibataire endurcie que la crise de la quarantaine menace. Ensemble, elles vont découvrir combien la solidarité, l'entraide et l'attention portée aux autres peuvent être des cadeaux de la vie.


- Roman à l'eau de bleu
de Isabelle Alonso
Éditions Héloïse d'Ormesson / Avril 2012


Imaginez un monde où les femmes ont toujours eu le pouvoir. Deux représentants du sexe faible, les hommes, se heurtent à la domination féminine. Enfermés dans leur position d'objet de désir, ils enchaînent déboires et désillusions. Cette planète où les rapports sont inversés révèle avec plus d'éclat encore l'absurdité de nos conventions. Comédie désopilante, Roman à l'eau de bleu épingle les travers d'une société où les hommes d'extérieur veulent rentrer à la maison, où la maternité est le rouage central du système. À contre-courant du politiquement correct, cette percutante fiction sociale donne à rire et à réfléchir. Elle fallait le faire.


- Salam Ouessant
de Azouz Begag
Éditions Albin Michel / Avril 2012


"Mes filles, vous verrez comme c'est beau la Bretagne". Mais qu'est-ce qui a bien pu passer par la tête de ce père divorcé pour traîner à Ouessant contre leur gré deux gamines qui fantasment sur le soleil algérien? Dans sa vie, il est passé à côté de pas mal de choses: le Lyon de son enfance, son pays "d'avant", un amour de jeunesse, son ex-femme, et maintenant peut-être même ses adorables pestes de filles. Leur arrivée à Ouessant sous une pluie battante n'augure rien de bon. Mais il faut toujours compter sur la magie des îles.


- Seuls les innocents n'ont pas d'alibi
de Georgio Faletti
Éditions Robert Laffont / Avril 2012


Francesco Marcona, alias Bravo, n'est pas à proprement parler un enfant de chœur. Au volant de sa vieille Austin Mini, ce voyou ambitieux au physique de jeune premier écume chaque nuit en loup solitaire tout ce que le Milan de la fin des années 1970 compte de lieux interlopes, autant pour y prendre du bon temps que pour y faire prospérer ses affaires. Son créneau? Le commerce des femmes. "Proxénète haut de gamme" à l'impressionnant carnet d'adresses, Bravo se propose de gérer au mieux les intérêts de ses protégées, de jeunes beautés avides d'argent, en les mettant en relation avec des hommes riches en quête d'aventures sexuelles. D'aventures sexuelles, Bravo, lui, n'a guère le loisir d'en avoir. Et quand bien même il le souhaiterait, il ne le pourrait pas. Car Bravo a un signe très particulier, il n'a pas de sexe. Ou, plus précisément, il n'a plus de sexe depuis que, quelques années plus tôt, il a été châtié au couteau, ses attributs virils sacrifiés sur l'autel de mystérieuses représailles. Mais l'abstinence sexuelle, qu'elle soit volontaire ou contrainte, n'empêche pas les sentiments. Aussi, lorsque le hasard place sur sa route Carla, prête à vendre ses charmes pour s'offrir une vie meilleure, Bravo tombe-t-il aussitôt éperdument amoureux. Un coup de foudre, bientôt suivi de coups de feu, qui pourraient bien lui faire perdre ce qui lui reste de peau. Auteur de romans noirs à succès, Giorgio Faletti n'a pas son pareil pour façonner des labyrinthes dont lui seul connaît la sortie. Seuls les innocents n'ont pas d'alibi, dont l'action se déroule en 1978, au moment de l'enlèvement du dirigeant démocrate-chrétien Aldo Moro, en apporte la plus brillante des illustrations. Dans le sillage de Bravo, à travers ce Milan des années 1970 qu'il a bien connu et au terme d'un suspense haletant, Giorgio Faletti, nous conduit à vive allure jusqu'au cœurs des ténèbres des années de plomb italiennes marquées au fer rouge par l'ultra-violence terroriste.


- Sniper
Vie d'un soldat en Tchétchénie
de Nicolaï Lilin
Éditions Denöel / Avril 2012


Jeune Sibérien un peu paumé, Kolyma voudrait bien échapper au service militaire. Dans un élan de bravoure, il tente de s'enfuir de la base où il a été convoqué. Les représailles seront à la mesure de l'intraitable armée russe: il est envoyé en Tchétchénie et enrôlé dans un des régiments les plus durs, celui des "saboteurs". La plongée dans l'horreur peut commencer. Kolyma, qui sait manier les armes depuis l'enfance, connaîtra une ascension fulgurante dans cet univers d'une violence inouïe, où l'indéfectible camaraderie des soldats semble constituer le seul rempart à la folie. Ce dérangeant récit de guerre se lit comme un journal des combats, loin des simagrées idéologiques ou politiquement correctes. Lilin nous fait toucher du doigt ce que nous ne voulons pas voir, cette part d'inhumanité qui règne sur le monde et nous définit malgré tout. Un texte fort, haletant, viril, qui reconstitue avec brio le huis clos émotionnel qu'est la guerre et toute l'angoisse qu'elle charrie. Lilin, dont on avait découvert le talent de conteur avec Urkas, parvient une fois de plus à brouiller les pistes et à faire réagir, avec ce roman aux forts accents autobiographiques et aux prises de position pour le moins musclées.


- Transes
de Christopher Sorrentino
Éditions Sonatine / Avril 2012


1974. En plein scandale du Watergate, Alice Galton, riche héritière d'un magnat de la presse, est enlevée en Californie par un groupuscule gauchiste. Cette jeune fille de bonne famille, élevée au sein de l'élite américaine épouse contre toute attente la cause des révolutionnaires et participe à un braquage à San Francisco. Les médias s'emparent de l'affaire, l'Amérique entière est sous le choc, toutes les polices du pays se lancent aux trousses des terroristes. Dans la lignée de Pastorale américaine, de Philip Roth, et du Temps où nous chantions, de Richard Powers, Christopher Sorrentino s'empare, avec ce roman exceptionnel, de l'histoire contemporaine des États-Unis. S'inspirant d'un fait-divers réel, l'enlèvement par le Weather Underground de la riche héritière Patty Hearst et la conversion de celle-ci à la cause de la gauche radicale, il dresse un fabuleux tableau de cette période, les Seventies, marquée à la fois par le discrédit du pouvoir politique, l'errance délétère des idéaux révolutionnaires et la montée en puissance de la société du spectacle. Mêlant l'intime et l'histoire, Christopher Sorrentino, servi par un style virtuose et un formidable sens de la construction, nous offre un roman qui transcende tous les genres: à la fois thriller, chronique familiale, histoire d'amour, comédie postmoderne et exploration géniale du côté obscur de notre société.


- Tu seras notre enfant
de Charity Norman
Éditions Belfond / Avril 2012


Des secrets d'un vieux manoir anglais aux vastes étendues de la savane kenyane, un roman chaleureux, bouleversant et optimiste qui aborde avec délicatesse le sujet de l'adoption. Cette bonne nouvelle, Leïla et David l'attendaient depuis trois ans. Très bientôt, un bébé leur sera confié; une petite fille, Grace, qui va combler leur désir le plus cher: fonder un foyer. Mais c'est compter sans la famille biologique de Grace, les Harrison. Bien décidés à faire valoir leurs droits, ils sollicitent l'aide de leur ami Jake. Fasciné par ce clan aussi intrigant que charismatique, Jake va se lancer dans une quête éperdue. Avec, à la clé, une décision, forcément déchirante.


- Un cadeau
de Éliane Girard
Éditions Buchet Chastel / Avril 2012


À la dernière minute, Félicien se rue dans les magasins pour trouver le cadeau d'anniversaire de son amie Laure. Acculé, pressé, il craque pour une paire de bottes sublimes. Oui, mais à 869,95 euros. Le prix de son loyer. Il regrette aussitôt. Toute la journée, Félicien n'aura qu'une obsession: comment assumer cet achat. Culpabilisé par son acte, il devient paranoïaque; son cadeau, avec son emballage siglé, le désigne aux autres, les usagers du métro, les SDF, ses collègues de travail, comme un riche. Un malentendu qui va l'entraîner dans une course folle, de catastrophe en catastrophe. Un cadeau parle de la valeur des choses et de leur relativité. Une réflexion drôle et légère sur notre monde, où l'argent est notre meilleur ennemi.


- Un jour après l'autre
de Anita Shreve
Éditions Belfond / Avril 2012


Porté par l'écriture vibrante d'Anita Shreve, le portrait saisissant d'une famille portée à bout de bras par l'amour fou d'un père. Une variation tout en subtilité sur le poids des erreurs passées et la difficulté de pardonner. Webster, jeune ambulancier secouriste, sauve chaque nuit des vies. C'est sa raison d'être. Un soir comme beaucoup d'autres, il est appelé sur les lieux d'un accident de voiture. La victime se prénomme Sheila: c'est le coup de foudre. Webster en est convaincu, cette beauté farouche de vingt-quatre ans, hantée par un passé difficile, a besoin de lui. Mais peut-on protéger quelqu'un de lui-même? Après la lune de miel des premiers mois et la naissance de la petite Rowan, Sheila se renferme et se met à boire. Malgré tout l'amour dont l'entoure Webster, la situation dégénère, jusqu'au drame. Quinze ans plus tard, Webster élève seul Rowan. Depuis quelque temps, il ne reconnaît plus sa fille dans cette adolescente irritable, qui joue avec le feu et se met délibérément en danger. Mort d'inquiétude, prêt à tout pour empêcher que l'histoire se répète, Webster va être forcé de réveiller le passé pour venir en aide à sa fille.


- Une année à Venise
de Lauren Elkin
Éditions Héloïse d'Ormesson / Avril 2012


Laissant derrière elle son fiancé new-yorkais, Catherine Parrish s'installe à Venise pour se consacrer à sa thèse en histoire de l'art. Au gré des venelles et des vaporetti, de flâneries sur les Zattere en prosecco aux abords du Rialto, la brillante étudiante cède au charme ensorcelant de la cité des Doges. Marco, jeune gondolier, et Neva, mystérieuse Croate à la recherche d'une synagogue cachée, l'initient aux arcanes de la ville jaillie de la mer, hors des sentiers touristiques. Ces rencontres inattendues vont dévier le cours de l'existence rangée de Catherine. Amours clandestines et énigmes cabalistiques, Une année à Venise est une magnifique déclaration d'amour à la Sérénissime et la preuve que les relations humaines sont, comme cette cité flottante, sinueuses et imprévisibles.


- Une vie de cow-boy: la légende de Colton H. Bryan
de Alexandra Fuller
Éditions Les Deux Terres / Avril 2012


En 2007, Alexandra Fuller entreprend des recherches documentaires sur l'exploitation du gaz de schiste des hauts plateaux du Wyoming pour le New Yorker. Elle observe des plateformes de forage à perte de vue, "éclairées comme autant de tours Eiffel": assez de démesure pour que l'article prévu se transforme en un grand récit documentaire, dressant le portrait fascinant et bouleversant d'une Amérique rurale au seuil d'une catastrophe écologique et humaine. À travers la vie du jeune cow-boy Colton Bryant, qui incarne l'Ouest rêvé des grands espaces sauvages (l'Ouest de la chasse, des rodéos, des pick-up et du camping) l'auteur donne à voir un territoire livré à une nouvelle ruée vers l'or, où les hommes ont, depuis des générations, "le cheval et le pétrole dans le sang".


- 21 rue La Boétie
de Anne Sinclair
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


Il y a deux ans, Anne Sinclair a vu sa carte d'identité lui être refusée. Ce qui l'a conduite à écrire sur sa famille, creuser une ascendance mal connue et partir à la recherche d'un monde englouti. Son grand-père, Paul Rosenberg, fut un grand marchand de tableaux à Paris entre 1910 et 1940, puis à New York où la guerre l'avait obligé à se réfugier. L'auteur, qui se voulait avant tout journaliste, avait toujours refusé de cultiver ces souvenirs du côté maternel de sa famille. Sa mère disparue, et sa "francité" contestée, elle a voulu se plonger dans les cartons, les photos, les livres et les lettres familiales pour faire revivre une relation passionnante entre le galeriste Paul Rosenberg et la plupart des grands peintres de l'époque moderne, Braque, Matisse, Léger et surtout Picasso dont son grand-père fut le marchand attitré à partir de 1918, qu'il installa à côté de chez lui, et avec lequel il entretint une correspondance dont Anne Sinclair dévoile ici tout un pan. Ce livre est donc le récit de cette quête sur un amateur d'art disparu, une réflexion sur le métier de marchand de tableaux, et la découverte, chemin faisant, de troublantes coïncidences. C'est ainsi que le siège de la galerie familiale, au 21 rue La Boétie devint, une fois pillé par l'Occupant, celui de l'Institut des Questions Juives entre 1940 et 1944. C'est ainsi que l'oncle d'Anne, lieutenant dans la Deuxième Division Blindée qui libéra Paris, arrêta lui-même un train emportant en Allemagne beaucoup de tableaux appartenant à Paul Rosenberg, son propre père. C'est ainsi qu'une famille française juive a pu se retrouver déchue de sa nationalité par le gouvernement de Vichy, et que 70 ans plus tard, on demande à Anne Sinclair, qui fut, il y a quelques années, consacrée comme Marianne, de prouver, une fois de plus, ses ascendances françaises.


- Andy Andy
de Michel Nuridsany
Éditions Flammarion / Mars 2012


"Warhol, je suis son amant. Évidemment, tout le monde me prend pour un gigolo. Ça m'amuse. Si l'on savait… Oui: j'avais une vie avant de connaître ce cher Andy. Étudiant à l'école du Louvre et voleur amateur, formé ensuite, plus sérieusement, par un collectionneur du quai Voltaire, marchand de faux qu'il savait admirablement rendre vrais, trafiquant d'armes proche des renseignements généraux que j'appelais Monsieur X, je suis devenu un excellent faussaire et un riche marchand. Au Japon, qui était un Eldorado pour des gens comme moi dans les années 60, j'ai fait fortune et rencontré Warhol. On l'appelait, alors, le survivant. C'est un peu après, alors que nous revenions de Giverny, qu'il m'a fait la proposition qui allait changer ma vie et la sienne: prendre sa place, continuer son œuvre, entrer en possession de la marque, comme il m'a dit. Et lui? Incroyable. Vous n'imaginez pas ce qu'il m'a demandé".


- À pas aveugles de par le monde
de Leïb Rochman
Éditions Denöel / Mars 2012


Ce chef-d'œuvre de la littérature yiddish, inédit en France, s'ouvre au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, parmi les cendres, les corps disloqués, dans la froideur d'une terre sans Dieu où les réchappés de la barbarie des hommes tentent de retrouver un semblant d'humanité. Le héros, un être triple, car la focalisation oscille entre Leibl, S. ou "Je", vogue de lieu en lieu; partout, pour mille raisons, il est retenu et comme happé par l'endroit qui l'accueille. Chaque ville fait naître des romans dans le roman, où se croisent des dizaines de personnages, ceux qui ont connu "les Plaines", comme l'auteur nomme les lieux d'extermination, et les autres, les épargnés. Les premiers tentent de vivre, mais demeurent à tout jamais des êtres de souvenir, portant leurs tragédies personnelles et la tragédie de l'Histoire; les seconds souhaitent juste oublier. Puis les bourreaux, à leur tour, resurgissent. Entre ces hommes, entre les morts et les vivants, se tissent des liens: des drames anciens ou nouveaux éclatent, les sentences tombent. Les fantasmes comme le réel vacillent et se mêlent, alimentant à l'infini le chaos d'un univers à jamais halluciné. Le cortège de morts et les héros de Rochman, tel Ulysse en route pour Ithaque, partent en quête d'un lieu où le dénombrement pourra enfin advenir: sous leurs pas, sous le poids du nombre et des souffrances, c'est le monde tout entier qui menace de céder. À pas aveugles de par le monde est un texte unique, mêlant avec une finesse et une puissance inégalées les registres de langue et de genre pour tenter de transmettre l'indicible, malgré tout.


- Axelle
de Pierre Benoit
Éditions Albin Michel / Mars 2012


Axelle est avant tout une apparition. Elle circule dans les corridors glacés du château de Reichendorf, elle se détache au loin sur la lande que survolent les canards sauvages. Elle est une illusion de beauté, de réconfort, de sensualité. Pour elle, on aurait voulu, comme Dumaine, le sous-officier français, rester prisonnier pour l'éternité.


- Cahier de l'été indien
de Marc Siguier
Éditions JC Lattès / Mars 2012


"Il y a deux jours, j'avais annoncé à une mère que la gangrène de son enfant nécessiterait une amputation. J'avais articulé cette sentence tragique la gorge serrée. […] N'ayant pas prétexte à consoler, j'étais moi-même inconsolable. La cour ensoleillée me permettait de reprendre souffle, avant de replonger dans d'autres souffrances muettes. Entre chaque lit, il fallait se déchausser pour fouler, pieds nus, les nattes en paille tressée disposées çà et là, et qui marquaient le territoire des familles accompagnatrices. Ce minuscule cadastre des malheurs devait être respecté". Au rythme fuyant de L'Été indien, son voilier, Jacques remonte l'Atlantique, il vient d'apprendre la mort de son ami de toujours, Samuel, et rentre à Belle-Ile. Seul en mer, il se souvient. Comme Sam, Jacques est chirurgien pour Médecins du monde. En Érythrée autrefois, au Tchad maintenant, la guerre. Lorsqu'une anesthésiste française, Clara, les rejoint dans ce morceau délabré d'Afrique, un trio se forme sur les rives du Chari. Peu à peu, dans l'intimité de la souffrance et des longues heures d'opération, les fêlures des uns et des autres se font jour. Ils croyaient partir à la rencontre de l'autre et découvrent qu'on ne part jamais que pour se fuir. Sur le principe de la fugue musicale, Cahier de l'été indien explore avec pudeur l'effroi, la lâcheté, mais aussi l'engagement et l'amour.


- Ce que porte la nuit
de Scott O'Connor
Éditions Belfond / Mars 2012


Lucy Darby a disparu il y a un an, laissant derrière elle Le Kid, son petit garçon de onze ans, et son mari, David. Depuis, chacun essaie de combler ce vide insupportable comme il peut. Le Kid a fait vœu de silence et se réfugie dans un univers d'invincibles super-héros; quant à son père, nettoyeur de scènes de crime, il aide chaque nuit des inconnus à faire un deuil dont il est lui-même incapable. Mais Le Kid dort de moins en moins et David est tourmenté par des flashs troublants dans lesquels Lucy lui apparaît. Que s'est-il vraiment passé un an plus tôt? Alors que Le Kid commence à faire le mur la nuit avec sa petite bande de loosers et que David s'enfonce dans une introspection douloureuse, père et fils vont devoir se heurter au monde et à eux-mêmes pour lever le voile sur leur passé.


- Cher Gabriel
de Halfdan W. Freihow
Éditions Gaïa / Mars 2012


"Est-ce que tu apprendras un jour à jouer avec les mots, Gabriel? Le paysage plaisante sans cesse avec nous. Les nuages sont des visages ou des animaux effrayants, mais ils n'arrêtent pas pour autant d'être des nuages? Ça ne fait rien si de temps en temps tu as envie de boire un cheval ou un pantalon d'eau, le verre ne reste pas moins un verre". Cher Gabriel est une lettre intime et émouvante d'un père à son fils. Gabriel est autiste. Il vit avec sa famille dans une maison située sur la côte norvégienne, en pleine nature sauvage et balayée par les vents. H. W. Freihow met en lumière une relation complexe, un amour inconditionnel. Tel un château de sable qui tantôt prend des allures de palais étincelant, tantôt se laisse engloutir à la première houle, et qui sans cesse demande à être reconstruit.


- Chroniques de l'oiseau à ressort
de Haruki Murakami
Éditions Belfond / Mars 2012


Somnambule et halluciné, un roman sur l'amour et la solitude, plein d'une lumineuse mélancolie et d'un humour délirant. Dans la plus pure tradition murakamienne, une plongée dans le quotidien tourmenté d'une petite banlieue de Tokyo aux allures de voyage au cœur du rêve. Le jour où son chat disparaît, suivi de près par sa femme, la vie de Toru Okada bascule soudain dans un tourbillon d'aventures saugrenues. Deux sœurs un peu sorcières, une mère maquerelle et son fils muet, un ancien militaire fasciné par les puits et un homme politique aux pouvoirs occultes se présentent à sa porte, chacun porteur d'une nouvelle énigme. Et pendant ce temps, l'oiseau à ressort remonte patiemment la pendule du monde.


- Clandestin
de Philip Caputo
Éditions Cherche Midi / Mars 2012


Gil Castle, homme d'affaires new-yorkais, ne se remet pas de la disparition brutale de sa femme. Après une longue dépression, il décide de tout abandonner pour s'installer seul avec son chien en Arizona, dans une petite bicoque perdue au milieu des terres familiales, près du ranch de son cousin. Là, à quelques encablures de la frontière mexicaine, il commence peu à peu une nouvelle vie, s'enivrant le jour de la beauté des paysages, lisant Sénèque la nuit. Mais en recueillant un immigré clandestin, rescapé d'un deal de drogue ayant mal tourné, il va faire connaissance avec la face obscure de la frontière. Celle qui, depuis des générations, pèse sur sa famille. Et avec l'apparition d'Yvonne Menendez, figure haute en couleur d'un cartel mexicain, le passé et le présent ne vont pas tarder à converger vers un final étourdissant.


- Corps étrangers
de Cynthia Ozick
Éditions de l'Olivier / Mars 2012


1952. Doris "Do" Nightingale est chargée par son frère Marvin de retrouver son neveu. Do découvre que le jeune Julian mène la vie de bohème à Paris. Il essaie d'être artiste et vit avec une Roumaine en exil dans un appartement luxueux qu'ils ne paient pas. La sœur de Julian, Iris, les rejoint: elle aussi cherche à fuir le destin trop étriqué qui l'attend en Amérique. Mais le Paris idyllique n'est qu'une légende et les trois idéalistes doivent affronter la réalité. Personnages sans ancrage, corps étrangers à tout ce qui les entoure, ils finiront par retourner aux États-Unis.


- Deux sœurs
Yvonne et Christine Rouart, les muses de l'Impressionnisme
de Dominique Bona
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


"Berthe Morisot est le point de départ de ce livre, c'est par elle que j'ai découvert l'histoire des sœurs Rouart-Lerolle, enfants chéries de l'Impressionnisme, dont la vie a été mêlée à celle des plus grands artistes de leur époque, peintres, musiciens et écrivains. Illustres, Yvonne et Christine Rouart-Lerolle le sont notamment grâce à leur fameux portrait au piano par Renoir. Leur destin hors normes restait cependant méconnu. Si l'Impressionnisme les a puissamment éclairées, leurs vies de femmes n'en furent pas moins douloureuses et, parfois, tragiques. Elles ont grandi dans une atmosphère que l'on peine à imaginer, tant les génies s'y bousculent. Leur père, Henry Lerolle, est le meilleur ami de Debussy. Il est aussi le beau-frère d'Ernest Chausson. Camille et Paul Claudel, Mallarmé, Paul Valéry sont des familiers de la maison. Tout comme Renoir et Degas. C'est Degas qui va organiser leur mariage. Leur double union avec Eugène et Louis Rouart, les fils du peintre et collectionneur Henri Rouart, accroît encore le cercle de leurs amitiés avec des artistes d'exception. Apparaissent alors Gide, le meilleur ami d'Eugène, Mauriac, Bernanos. Mais très vite, leur vie conjugale se fait orageuse, incertaine et tourmentée. Elles avaient tout pour être heureuses. Elles font l'expérience du désenchantement et, pour l'une d'entre elles, de la ruine et du malheur. Ces désenchantées, j'ai pu suivre leur itinéraire grâce à des photographies, des lettres, des documents inédits. Mais ce sont les nombreux tableaux qui les représentent, aujourd'hui dans de prestigieux musées, qui m'ont raconté leur histoire et transmis leur parfum. Parfum de campagne ensoleillée, de salon de musique envahi par la fumée des cigares, de chambre aux rideaux tirés où s'échangent des confidences".
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 16:39

- Dieu surfe au Pays Basque
de Harold Cobert
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mars 2012


Ils se sont rencontrés à Biarritz. De cette romance estivale sur fond de plages sauvages et de balades en scooter naît une histoire d'amour, et un désir d'enfant. Le jeune couple parviendra-t-il à conjurer les coups du destin, à préserver l'ivresse des débuts? Des souvenirs heureux aux épreuves du présent, Harold Cobert explore la vie conjugale du point de vue masculin. Mêlant dérision et tendresse, son échographie d'un père n'esquive rien, ni l'appréhension de la paternité ni la tragédie de la perte de l'enfant à naître. Avec pudeur, comme en équilibre sur la crête des séismes intimes, un roman paradoxalement drôle et bouleversant.


- En attendant Ludmilla
de D. B. C. Pierre
Éditions Payot & Rivages / Mars 2012


À l'Ouest, deux frères siamois, Bunny et Blair Heath. À l'Est, Ludmilla, une paysanne au langage merveilleusement fleuri. Les jumeaux, séparés chirurgicalement à l'âge de trente-trois ans, sont lâchés dans Londres après avoir passé leur vie dans un établissement spécialisé. Blair, excité par cette liberté nouvelle, s'escrime à perdre sa virginité. Bunny regrette son cocon médicalisé. Par le biais d'un site internet qui vend aux Occidentaux en mal d'amour slave de jolies jeunes femmes prêtes à tout pour échapper à la misère, ils rencontrent Ludmilla, originaire d'une république fictive du Caucase. Les deux mondes se rejoignent dans une apothéose qui n'est pas celle attendue par les âmes sensibles.


- En attendant Robert Capa
de Susana Fortes
Éditions 10-18 / Mars 2012


Dans les années 30, Gerta Pohorylle, juive allemande, fuit son pays pour Paris. Elle y rencontre le tout jeune André Friedmann, hongrois antifasciste et photographe passionné, qui l'initie à son art. Après s'être inventé de nouvelles identités, Robert Capa et Gerda Taro, tous deux se rendent sur le front espagnol, gravant sur pellicule les atrocités du franquisme et leur légende en noir et blanc.


- Entretien avec Karl Marx
de Henri Pena-Ruiz
Éditions Plon / Mars 2012


Bonjour, monsieur Marx. Je ne peux vous cacher mon émotion. Vous représentez beaucoup pour ceux qui se révoltent contre le monde comme il va. Aujourd'hui le capitalisme fait rage, l'argent roi règne. Comment caractériser le genre de relations qu'il instaure entre les hommes? Premiers jours de janvier 1882. Maitland Park Road, quartier de Londres, j'arrive enfin chez lui. Désormais, Karl Marx est seul. Il n'a que 63 ans, mais tous ceux qui l'ont rencontré dernièrement le décrivent comme à bout de forces. Il continue cependant à travailler, à revoir ses manuscrits pour son grand œuvre: Le Capital, le chef d'œuvre inachevé. Je m'assieds en face de lui. Notre premier entretien commence. Il sourit parfois, s'indigne souvent des injustices qu'il évoque et de l'hypocrisie qui les recouvre. Une photo de son ami de toujours, Friedrich Engels, est là, sur la cheminée, derrière lui. Pour de nombreuses questions, je vais avoir le sentiment de m'adresser à eux deux. D'ailleurs, Karl Marx se tourne régulièrement vers l'image de son ami, comme pour mieux solliciter son acquiescement. Les deux penseurs ont voulu dire tout haut la vérité d'un monde à dépasser et celle d'un monde à inventer.


- Est-ce ainsi que les femmes meurent ?
de Didier Decoin
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


"D'après le rapport des flics, ils étaient trente-huit. Trente-huit témoins, hommes et femmes, à assister pendant plus d'une demi-heure au martyre de Kitty Genovese. Bien au chaud derrière leurs fenêtres. Certains entortillés dans une couverture, d'autres qui avaient pris le temps d'enfiler une robe de chambre. Aucun n'a tenté quoi que ce soit pour porter secours à la pauvre petite". Didier Decoin s'est inspiré de ce fait divers, qui fit d'abord l'objet d'un entrefilet, "une habitante du quartier meurt poignardée devant chez elle", avant de passer à la Une de tous les journaux, une fois que la lâcheté des témoins devint le vrai sujet d'enquête pour la presse. En Mars 2012 sort le film "38 témoins" de Lucas Belvaux adapté du livre de Didier Decoin. Avec Yvan Attal, Sophie Quinton et Nicole Garcia. Un film puissant qui se passe dans les décors naturels du Havre.


- Euphorie
de Frank Deroche
Éditions Gallimard / Mars 2012


En retrouvant Nelly Andrieu, dernière infirmière de Jeanne Calment, le narrateur décide d'écrire L'Arlésienne, biographie romancée de la célèbre centenaire et chronique hilarante d'une maison de retraite, la résidence du Lac. Au fil des rencontres et des confidences, une complicité s'installe entre le jeune écrivain et son inspiratrice. Malgré le déclin physique et mental de celle-ci, le livre verra le jour et, avec lui, une réflexion étonnante, mi-tendre, mi-cynique, sur le corps, l'avancée en âge et la féminité.


- Face au mur
de Cesare Battisti
Éditions Flammarion / Mars 2012


Cesare Battisti n'est pas un homme sans passé, contrairement au narrateur de son dernier livre dont on ne connaîtra jamais les raisons de la fuite. Mais c'est un grand écrivain. Ici, deux récits s'entremêlent: celui d'un homme en fuite qui raconte quelques mois passés à Riodans l'ombre d'une femme; et celui que ce même homme nous livre depuis la prison où il est incarcéré, un récit nourri des confessions de ses codétenus. Ce livre se lit comme un grand roman d'amour à suspense. Depuis son arrivée au Brésil, le narrateur se sait espionné. Il devine même que c'est la police qui a mis sur sa route la jeune et belle Janaïna, avec laquelle il noue une relation tout d'abord érotique. Puis l'amour s'invite entre eux comme un corps étranger. Et délibérément, le narrateur décide de continuer, de vivre cette histoire jusqu'au bout, quitte à y laisser sa peau. Cet amour, d'une beauté noire et mélancolique, résonne en nous: n'y-a-t-il pas des moments, dans une existence, où choisir de s'illusionner est une question de vie et de mort, en ce sens que seul l'aveuglement permet de se sentir enfin "vivant"?


- Ferme les yeux
de Amanda Eyre Ward
Éditions Buchet Chastel / Mars 2012


Lauren Mahdian a l'impression angoissante que sa vie part en vrille. Surtout après le départ pour l'Irak de son frère aîné, Alex, qu'elle adore. Devenue agent immobilier à Austin, au Texas, où elle a été élevée par sa grand-mère, Lauren se débat contre ses crises de panique et est perturbée par les demandes en mariage réitérées de son fiancé. En réalité, elle a trente et un ans mais ne parvient à oublier ni le meurtre sauvage de sa mère alors qu'elle n'était qu'une petite fille de six ans ni l'inculpation et l'emprisonnement de son père pour cet assassinat. Quand Alex lui annonce non seulement sa décision de rejoindre Médecins sans Frontières mais aussi qu'il a gardé le contact avec leur père pendant toutes ces années, elle sent son existence lui échapper. Au même moment, Sylvia Hall, de dix ans son aînée, traverse les États-Unis en bus, elle préfère la fuite à un troisième avortement. Elle roule vers New York dans l'espoir d'être hébergée par son amie d'enfance fortunée, Victoria. Sans savoir qu'au cœur de son passé dissolu il y a un secret. Un secret terrible qui réunira ces trois femmes, Lauren, Sylvia et Victoria.


- Florence d'arabie
de Christopher Buckley
Éditions Baker Street / Mars 2012


Horrifiée par les mauvais traitements infligés aux femmes dans le Royaume de Wasabie, la jeune Américaine Florence Farfaletti décide de taper du poing dans le sable. Démise de ses fonctions d'adjointe du sous-secrétaire d'État adjoint aux Affaires du Proche-Orient, elle s'engage dans une mission secrète visant à promouvoir l'égalité des droits entre les sexes dans le petit émirat du Matar, "la Suisse du Golfe". Son équipe d'élite se compose d'un tueur de la CIA, d'un conseiller en communication et d'un bureaucrate brillant mais frustré. Son arme: une chaîne de télévision féministe diffusant un talk-show où l'on incite, entre autres, les femmes à prendre le volant, et une sitcom tournant en ridicule une escouade d'officiers de la police religieuse, qu'un critique télé surnomme le "Friends de l'Enfer". Résultats: une fatwa contre le personnel de la chaîne et une lutte acharnée pour garder le contrôle du Royaume alors que la rumeur d'un coup d'État gronde. Démantelant sans concession autant l'ineptie américaine, l'interventionnisme intéressé de la France, que l'archaïsme de quelques pays arabes, Florence d'Arabie est une satire mordante sur la façon dont les bonnes intentions des pouvoirs occidentaux peuvent parfois dégénérer en farce.


- Guerres intimes
de Sara Daniel
Éditions Flammarion / Mars 2012


"Comme les marins d'Ulysse, j'ai oublié qu'un jour j'ai fait autre chose que d'être en voyage en Afghanistan. Je suis hypnotisée, prisonnière de cette aventure, du premier de mes reportages de guerres, le plus douloureux et le plus beau". De l'Afghanistan à la Libye en passant par l'Irak, le Liban ou le Pakistan, Sara Daniel nous éclaire sur les enjeux géopolitiques complexes de cette partie du monde à travers une succession de portraits, de morceaux de vie. Sara Daniel nous raconte aussi les moments d'excitation et d'abattement de son métier de correspondante de guerre, les dangers, les rencontres extraordinaires et les déchirements face aux populations civiles aux prises avec une réalité quotidienne toujours plus cruelle.


- Histoires sans issue
de T. C. Boyle
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


Sur la côte californienne, un chauffeur routier, chargé de transporter un organe pour une transplantation, se trouve bloqué dans un gigantesque glissement de terrain. Une jeune femme s'éprend du chirurgien esthétique qu'elle a timidement consulté pour une cure de Botox. Un couple de vieux millionnaires fait cloner son lévrier afghan chéri pour la modique somme de 250000, et engage une jeune femme pour "l'éduquer" à l'identique de l'original. Ces histoires sans issue mettent en scène des personnages excentriques ou pris dans des situations exceptionnelles, évoluant dans des mondes tout à tour absurdes, dangereux, effrayants, ridicules mais par-dessus tout, des mondes drôles.


- Idiane
de Jean-Bernard Veron
Éditions Buchet Chastel / Mars 2012


"Voyez-vous, monsieur, m'a répondu une vieille dame, navrée que ma recherche fût vaine, nous ne marquons pas suffisamment la différence entre la réalité et des histoires inventées de toutes pièces. Elle avait ajouté que c'était là leur maladie, la maladie de leur âme d'immigrés. Il leur fallait du rêve". Égaré à la frontière austro-hongroise, il échoue un soir dans une auberge de village. Au mur, le portrait d'une toute jeune femme: Idiane. Regard aimanté, curiosité piquée au vif jusqu'à la fascination. Qui est-elle? Il s'empare des souvenirs des proches d'Idiane, qui sont autant de fragments de son existence en pointillé. Il remonte à la veille de la chute du rideau de fer. Et reconstitue peu à peu l'errance de cette orpheline, réfugiée auprès d'un marchand de fourrures avant d'être livrée en pâture à des mafieux hongrois. Avec Ivan, l'un de ses clients, elle a voulu fuir. Qu'ont-ils fait de ce rêve de liberté?


- Immortel, enfin
de Pauline Dreyfus
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


1968-1969. Cinquième candidature de Paul Morand à l'Académie française. L'écrivain n'est plus l'auteur glorieux du Grasset d'avant-guerre (Lewis et Irène, 1924, Champions du Monde, 1930). Il a "perdu sa guerre". Il a 80 ans. Dix ans plus tôt, le général de Gaulle, lui reprochant sa collaboration avec le régime de Vichy, a refusé qu'il entre sous la Coupole. Pour qui sent la mort approcher, n'est-elle pas la promesse de devenir immortel? C'est l'heure délicieuse de la revanche que nous montre ce roman vif et piquant, morandien, somme toute. Et voici le récit de sa campagne, sa dernière campagne, qui ne sera pas Waterloo. Elle est mêlée de flashbacks ressuscitant les grands moments de sa vie, de sa rencontre avec sa femme, la princesse Hélène Soutzo, à son amitié avec Marcel Proust. Dans le temps présent, apparaît une facette moins connue de Morand. Celle de la bienveillance et de la générosité. Il transmet son expérience à de jeunes disciples, on croisera, dans son fameux salon du Champ-de-Mars, à Paris, Jean d'Ormesson, Patrick Modiano, Alexandre Vialatte, mais aussi une jeune étudiante au Conservatoire qui s'est présentée pour faire la lecture à Hélène que ses yeux commencent à trahir, Nathalie Baye. Le portrait original d'un homme réconcilié avec lui-même et siégeant, à jamais, au rang des plus grands.


- Intrigue à Venise
de Adrien Goetz
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


Invitée à un colloque, Pénélope, la désormais célèbre enquêtrice de la série des "Intrigues", se trouve à Venise pour la première fois de sa vie. Tout est calme jusqu'à ce que l'on apprenne l'assassinat d'Achille Novéant, un vieil écrivain français dont le sujet de prédilection est Venise. Le meurtre a été commis à la villa Médicis de Florence que dirige son vieil ami, le diplomate Lambel. Dès cet instant, tous les écrivains français ayant écrit sur la Sérénissime reçoivent des menaces de mort. À force d'enquêter, Pénélope, accompagnée de son fiancé Wandrille, découvre l'existence d'une société secrète qui réunit, depuis l'époque de Paul Morand, les écrivains français de Venise. Cette compagnie est propriétaire d'un Rembrandt inédit (il serait passé entre les mains de Napoléon, d'André Malraux et d'Adolf Hitler) qui lui aurait été offert après la guerre par un richissime aristocrate. L'œuvre est l'objet d'une convoitise malveillante et Pénélope doit trouver celui, ou celle, qui commandite les assassinats pour arriver, par Dieu sait quel moyen, à ce tableau. Ce nouveau récit des aventures de Pénélope emmène le lecteur dans les palazzi, les fêtes et les îlots oubliés de Venise. S'accompagnant d'une foule d'anecdotes authentiques, sur un rythme alerte, Adrien Goetz mobilise son érudition et un sens de l'intrigue incomparable pour livrer un polar mené à sauts et à gambades. Mais que vient faire un château de Louis II de Bavière dans cette histoire?


- Jesus Man
de Christos Tsiolkas
Éditions Belfond / Mars 2012


Tommy Stefano n'a jamais trouvé sa place. Ni dans sa famille où il ne parvient pas à sortir de l'ombre de ses frères, ni dans son boulot d'employé de bureau dépassé par la révolution informatique. Le jour où son chef lui signifie son licenciement, Tommy bascule. Désormais reclus, il sombre dans la pornographie, la violence et bientôt la folie. Un chemin de croix qui le mènera au sacrifice ultime. Comment en est-il arrivé là? À qui la faute? À la famille? À cette malédiction qui semble frapper les fils Stefano de génération en génération? À la télévision qui déverse ses torrents d'images? À Dieu lui-même? Quelques années plus tard, en quête de réponses, le plus jeune frère, Lou, va entamer un voyage initiatique, sur les traces de la terrible histoire des Stefano.


- L'affinité des traces
de Gérald Tenenbaum
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mars 2012


"Les traces, comme les hommes, ont leurs dispositions secrètes, sur le sable une trace peut en rejoindre une autre. C'est l'impérissable, l'inaltérable magie propre aux traces, leur mystérieuse alchimie". Le début des années soixante, en France. Pour échapper au mari et à l'avenir qu'on a choisis pour elle, Édith Behr, une jeune fille juive, s'engage comme secrétaire dans l'armée. Affectée sur une base au Sahara, en pleine guerre d'Algérie, elle découvre l'altérité auprès des Touaregs, le peuple du désert à la parole voilée. Les étoiles jalonneront alors pour elle la route à suivre. Roman aux résonances séculaires en prise sur notre temps, L'Affinité des traces nous entraîne dans une aventure aux confins de deux mondes, sur les pas d'une femme maîtresse de son destin.


- L'écho du doute
de Rebecca Frayn
Éditions Belfond / Mars 2012


Inspiré d'une histoire vraie, un suspense psychologique bouleversant sur le pire cauchemar de tout parent. Lorsqu'elle rencontre Julian, Annie, jeune veuve et mère de deux enfants, pense en avoir fini avec le malheur. C'est alors qu'un nouveau drame surgit: Dan, son fils de douze ans, disparaît un soir après l'école. Amis, professeurs, voisins, personne n'a rien vu, rien entendu. Comme si Dan s'était évanoui dans la nature. Malgré une enquête minutieuse, les jours se changent en semaines, puis en mois: Dan reste introuvable. S'opposant farouchement à Julian qui la pousse à reprendre le cours de sa vie, Annie s'accroche à l'espoir que, quelque part, son fils est vivant. Trois ans plus tard, le téléphone sonne, porteur d'incroyables révélations. Et loin de se résoudre, le mystère s'épaissit encore.


- L'empreinte à Crusoé
de Patrick Chamoiseau
Éditions Gallimard / Mars 2012


Robinson Crusoé vient de passer vingt ans de solitude dans son île déserte. Il a dû reconstruire son équilibre. C'est avec fierté, celle d'avoir soumis l'île à sa domination, qu'il entame ce matin-là une promenade rituelle sur la plage où il avait mystérieusement échoué il y a tant d'années. C'est alors qu'il découvre l'inconcevable: dans le sable, une empreinte. Celle d'un homme. Passé l'affolement, puis la posture agressive et guerrière, le solitaire s'élance à la recherche de cet Autre qui lui apporte ce dont il avait oublié l'existence: l'idée même de l'humain. Commence alors une étrange aventure qui le précipite en présence de lui-même et d'une île inconnue jusqu'alors. Celui qui avait réussi à survivre sans civilisation, sans culture, sans autrui, doit maintenant affronter ce qu'il n'aurait pu imaginer ailleurs qu'ici: la relation à l'impensable.


- L'espoir en contrebande
de Didier Daeninckx
Éditions Cherche Midi / Mars 2012


L'Espoir en contrebande ou comment faire le tour du monde en vingt-six nouvelles, du canal de l'Ourcq à Ostende, d'Aubervilliers à Nouméa, de La Rochelle au Québec, de Bordeaux aux Antilles, de Granville au Mexique, de Nantes au Gabon, du Périgord au Danemark, de Saint-Benoît-du-Sault à Stettin. Histoires vraies ou histoires inventées? En fait, Didier Daeninckx se plaît à jeter  "des passerelles de fiction entre deux blocs de réalité". Pour lui, vie et littérature ne font qu'un. Dans ses "nouvelles noires", comme dans la vie, chacun est confronté à toutes sortes de situations: des moments d'émotion, des scènes violentes, des instants désopilants, des événements historiques. Et tout le monde croise ou rencontre des individus de tous genres: des flics, des voyous, des salauds, des paumés, des chômeurs, des couples d'amoureux, des rebelles. Mais que viennent faire là-dedans Mussolini et Richard Durn, Thierry la Fronde et saint Denis, Paco Ibáñez et Charles de Gaulle, Paul Bocuse et Silvio Berlusconi, John Lennon et Éloi Machoro, Louise Michel et Rino Della Negra, Gandhi et Arlette Laguiller, Marat Safin et Coluche, Steve McQueen et Mehdi Ben Barka, Ousmane Sow et Michel Simon, Missak Manouchian et Jean Moulin? Ils ne sont peut-être pas là par hasard.


- L'homme des haies
de Jean-Loup Trassard
Éditions Gallimard / Mars 2012


"Ayant depuis plusieurs années cédé la ferme à son fils, Vincent Loiseau est vieux, soixante-quinze ans ou plus. Il demeure quand même à La Hourdais, dans sa famille en somme, où il se contente des tâches dont il est encore capable et, surtout, que son fils lui laisse faire. Selon le désordre de la mémoire, mais avec minutie et un humour discret, il raconte sa vie de retiré sur place, les petits travaux qui l'occupent et ceux qu'il a rudement accomplis autrefois. C'est l'entretien des haies, son ouvrage préféré. Il en détaille les charmes, exprimant du même coup sa profonde solitude. Une solitude dans les choses, qui se console par leur contact, et celui des animaux. Voilà l'homme habillé d'écorces. Si son monologue permet d'entrer dans une ferme, d'écouter les voix paysannes tout au fond du bocage mayennais il y a quelques décennies, autant dire hier, c'est surtout l'occasion d'un jeu avec la langue pour restituer la façon singulière dont l'homme de la terre ressent ce qu'il fait, ce qu'il touche, et comment il le dit". Jean-Loup Trassard


- L'ombre d'un homme
de Bénédicte des Mazery
Éditions Anne Carrière / Mars 2012


Alfred Vigneux n'a jamais oublié Charlotte, son amour de jeunesse. Des décennies plus tard, sortant d'une existence recluse et solitaire, le vieillard décide d'héberger gratuitement dans un appartement dont il est le propriétaire une famille, Adèle, son mari et leur jeune fils, Léo. En échange, il viendra dîner avec eux chaque soir. Cette famille, il ne l'a pas choisie au hasard. Alfred a des comptes à régler avec son passé, qui remonte au temps de l'occupation allemande, à Paris, lorsque Charlotte, demi-juive, a été arrêtée et internée à Lévitan. Ce camp parisien, une annexe du camp de Drancy, tenu par les Allemands dans le 10e arrondissement, regroupait les prisonniers qui n'étaient pas déportés sur-le-champ en raison de leurs origines. Ils étaient chargés de trier les meubles et les objets saisis dans les appartements juifs et destinés à être expédiés à la population allemande, contribuant malgré eux à l'entreprise de destruction des nazis. Au fil des dîners, l'histoire familiale se révèle peu à peu, sous la pression du jeune Léo, bien décidé à en découvrir le secret. Mais le passé peut-il être réparé? Et quelles traces les fautes commises ou subies laissent-elles sur les descendants? Un roman qui mêle la petite histoire à la grande, celle de ces hommes et ces femmes pas tout à fait juifs, pas toujours déportés, mais victimes du régime nazi, et dont le sort reste souvent méconnu.


- La belle Hélène
de Charlotte Link
Éditions L'Archipel / Mars 2012


Helena Calvy, belle orpheline, a été élevée par son oncle et sa tante Lord et Lady Ryan. À 17 ans, elle épouse l'homme que lui a choisi son oncle, Jimmy Golbrooke. Ensemble, ils partent s'installer dans son domaine des Cornouailles, Charity Hill. Ils y coulent des jours paisibles et Helena met au monde deux enfants, un garçon et une fille. Mais des troubles éclatent bientôt en Angleterre. Royalistes et défenseurs des Droits du Parlement s'opposent. Après la mise à mort de Charles Ier, Cromwell prend le pouvoir. Jimmy est tué lors de ces affrontements. Charity Hill tombe aux mains des rebelles. Helena fuit à Londres avec Alexander, un ami de Jimmy dont elle était secrètement amoureuse. Mais ce dernier appartient à un mouvement secret de résistance. Des heures difficiles s'annoncent pour Helena, qui connaîtra la prison puis l'exil avant de pouvoir enfin revenir en Angleterre après l'avènement de Charles II et prendre un nouveau départ.


- La châtelaine du Liban
de Pierre Benoit
Éditions Albin Michel / Mars 2012


Aventurière, espionne, Athelstane Orlof est l'archétype de la femme fatale, tout à la fois madone et ange de perdition, une de ces dévoreuses d'hommes qui enchantent les romans de Pierre Benoit. Egérie des cercles mondains du Beyrouth cosmopolite des années 20, l'énigmatique Anglaise, veuve d'un diplomate russe, collectionne les amants et multiplie les complots politiques, comme, un siècle plus tôt, la célèbre Lady Stanhope. Pris aux sortilèges de cette nouvelle "châtelaine du Liban", le capitaine Domèvre sacrifiera sa fiancée, sa fortune et surtout son honneur à celle qui est tout "ce par quoi la vie d'un homme vaut la peine d'être vécue, tout simplement".


- La demoiselle des Tic-Tac
de Nathalie Hug
Éditions Calmann Lévy / Mars 2012


Ses doigts crispés sur mon bras, Mutti halète en scrutant les rues désertes, les papiers qui virevoltent dans la fumée noire, les silhouettes fugitives, les volets claqués à la hâte. Je sens le cœur de Mutti cogner contre ma joue, ses doigts refermés sur mon bras meurtrissent ma chair, mais ce n'est rien en comparaison des mots que ces hommes nous ont crachés à la figure, nous sommes deux sales boches, tout juste bonnes à crever. Rosy et sa mère ont quitté Ludwigshafen en 1937 pour une vie meilleure en France, dans un petit village de Moselle. Or, personne n'a oublié l'annexion de 1871 et rares sont ceux qui leur tendent la main. Il est vrai que Mutti admire Hitler, méprise les curés, les Juifs et les fonctionnaires, et que Mein Kampf est son livre de chevet. Pour Rosy, dix ans, la vie n'est pas drôle tous les jours. Quand en 1940, Hitler s'empare de la Moselle, leurs conditions de vie s'améliorent. Pas pour longtemps. Entre novembre 1944 et mars 1945, alors que les Alliés pilonnent la région, Rosy et sa mère se terrent à la cave. Pour tenir, Rosy se raccroche à ses souvenirs, avec de maigres provisions et pour toute compagnie une petite poule et de drôles d'araignées aux pattes fines, que son oncle Edy, qu'elle aimait comme un père, surnommait les tic-tac.


- La gifle
de Christos Tsiolkas
Éditions 10-18 / Mars 2012


Lors d'un barbecue entre amis, un adulte gifle un enfant qui n'est pas le sien. Cet incident déclenche une réaction en chaîne, explosive, qui fait voler en éclats les faux-semblants et révèle avec la violence d'un boomerang le tableau implacable d'une société en pleine confusion. Provocant, urgent, impitoyable, un roman coup de poing, une révélation.


- La nuit de la 25e heure
de Edward Hogan
Éditions Les Grandes Personnes / Mars 2012


Dan, adolescent mal dans sa peau, passe ses vacances d'automne avec son père dans un complexe de loisirs, bungalows en forêt, vélos et piscine sous dôme. La mère est partie avec un autre, le père boit trop: ça ne va pas fort. Le garçon remarque alors Lexi, étrange jeune fille qui nage jour après jour dans l'étang glacial. Lexi est drôle, lui donne confiance en lui, mais est aussi terriblement mystérieuse. Qu'en est-il de ces bleus sur son visage, plus marqués à chaque rencontre? De ces blessures qui apparaissent à leur tour sur le corps de Dan? Et pourquoi la montre de la jeune fille égrène-t-elle les secondes à rebours? Pourquoi semble-t-il être le seul à la voir? Une seule chose est sûre: avant le passage à l'heure d'hiver, Dan risquera tout pour mettre au jour la menace qui pèse sur Lexi et briser le cycle de la terreur.


- La pluie et le beau temps
de Lily King
Éditions Presses De La Cité / Mars 2012


Nouvelle-Angleterre, dans les années 1970. À onze ans, Daley n'a qu'un héros, son père. Il est toujours prêt à faire les quatre cent coups avec elle, chante à tue-tête, court nu dans le jardin, tout ça pour la faire rire. Ce que Daley ne comprend pas encore, c'est que ce père qu'elle adore est alcoolique. Bientôt, sa mère demande le divorce, et chacun part vivre de son côté. Des années plus tard, Daley quitte l'université diplôme en poche et tout juste fiancée. Son frère l'appelle, affolé: leur père est au plus mal, elle doit revenir de toute urgence pour s'occuper de lui. Que choisira-t-elle: partir et fonder sa propre famille ou rester et soutenir celui qui fut son idole?


- La somme des jours
de Isabel Allende
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


Dans La somme des jours, Isabel Allende rassemble ses souvenirs et nous livre une partie de ses mémoires. Isabel Allende revient sur les années qui ont succédé la mort de sa fille, Paula, décédée d'une maladie incurable en 1991, s'arrête sur les moments clés de sa vie, exprime sa douleur de mère, sa fierté de grand-mère. C'est surtout le moyen pour elle de retrouver dans ces pages sa "tribu", cette famille qui l'a toujours entourée. Mari, parents, enfants, petits-enfants et amis avancent, fléchissent et se relèvent avec elle, au rythme des peines et des joies.


- La vie contrariée de Louise
de Corinne Royer
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mars 2012


Lorsque James Nicholson apprend l'existence d'une grand-mère qui vit en France, au Chambon-sur-Lignon, il est trop tard. Comme seul testament, Louise laisse à son petit-fils venu des États-Unis un cahier rouge, journal intime de sa jeunesse. Au fil des pages lues par Nina, serveuse dans le petit hôtel où il séjourne, l'Américain découvre que le village protégea des milliers de réfugiés sous l'Occupation. Pourtant, même les plus belles histoires recèlent leur part d'ombre et de mystère. De la liaison de Louise avec Franz jusqu'au terrible secret des enfants cachés, James plonge dans un passé familial où la barbarie bouscule l'innocence et l'amour. Nul ne peut tout à fait se soustraire à son destin, mais il appartiendra à Nina, la lectrice, de décider si toute vérité est, ou non, bonne à dire. Réminiscences du Liseur, désirs clandestins, sensualité de la lecture, La Vie contrariée de Louise est un suspense bouleversant.


- Le cerveau de Voltaire
de Franck Nouchi
Éditions Flammarion / Mars 2012


"Le cerveau de Voltaire l'attendait. Elle n'avait plus qu'à chercher. Un brin d'ADN suffirait. Après, il lui faudrait comparer avec un autre fragment prélevé sur le cœur. En cas de similitude, il n'y aurait aucun doute sur l'identité du cerveau entreposé à la Comédie-Française". Lorsque Voltaire meurt le 30 mai 1778, son corps est autopsié. Son cœur finit par échoir à la Bibliothèque nationale, son cerveau à la Comédie-Française. En 2011, la jeune Clélia, brillante généticienne, réussit pour la première fois à décrypter l'ADN du philosophe. Le soir même de l'annonce de ces résultats, le cerveau de Voltaire est dérobé par un mystérieux scientifique. Alors que l'équipe d'enquêteurs du commissaire Attias met tout en œuvre pour le retrouver, le voleur dévoile son projet insensé: cloner Voltaire de manière à ressusciter l'esprit des Lumières et lutter ainsi contre la médiocrité ambiante.


- Le cœur électrique
de Peter Stephan Jungk
Éditions Jacqueline Chambon / Mars 2012


Comment vivre avec un cœur qui sans arrêt s'emballe, cogne, se détraque, ne se laisse jamais oublier? Max David Villanders, dramaturge à succès, est né avec une malformation cardiaque: un trou entre les oreillettes. Il a été opéré à dix-neuf ans mais, trois décennies plus tard, il doit repasser sur la table d'opération et le danger est alors encore plus grand. Omniprésent dans la vie du héros, son cœurs ne se contente plus du rôle de serviteur muet. Cette revendication va si loin que tous deux décident d'écrire l'histoire de leur vie en commun. Il apparaît bien vite que c'est "le cœurs électrique" qui encourage Max à oublier sa femme et à tomber amoureux d'une jeune postière kabyle. Celle-ci est prête à répondre à l'amour de Max (et de son cœurs) s'il lui raconte et lui avoue toutes ses aventures amoureuses, sans exception.


- Le fiasco du labrador
de Margaret Atwood
Éditions 10-18 / Mars 2012


De Toronto à la campagne de l'Ontario, Nell a traversé le siècle la tête haute. Aujourd'hui, elle ouvre l'album photo de sa vie et se souvient: tour à tour sœur, fille, amante et mère. D'une nouvelle à l'autre se répondent anecdotes et moments cruciaux, tissant au final le patchwork inoubliable d'instantanés poignants et universels.


- Le glaive sans la balance
de Xavier Lameyre
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


Xavier Lameyre est juge, et il condamne. Seulement, il le fait avec mesure et en demandant des lois humaines. Que ce soit dans la peau de l'enseignant ou dans celle du magistrat, il a vu l'évolution d'une législation toujours plus sévère et toujours plus inefficace. Avec ce livre, il revient sur la politique punitive que mène l'Etat français depuis plus de vingt ans. Selon lui, on assiste, quelle que soit la couleur politique des gouvernements, à une inflation des peines. Elle s'accompagne de dérives à toutes les étapes de la procédure. La France se dote d'un arsenal juridique toujours plus fort, mais combien de lois votées sont réellement appliquées?  Combien de celles qui sont appliquées se révèlent utiles? Est-il vraiment utile d'aggraver les peines des délits les plus mineurs, au point de devoir inquiéter le citoyen ordinaire? Cette frénésie sécuritaire semble plus motivée par le désir de flatter l'opinion publique et la soif de médiatisation de certains politiciens. Dès qu'un crime fait trembler la télévision, un député se lève pour proposer une loi sévère, alors que, la plupart du temps, cette loi existe. Résultat paradoxal, la répression automatique engendre de nouvelles formes de délinquance, comme on le constate en matière de sécurité routière et de trafic de stupéfiants. Les peines planchers et l'emprisonnement systématique semblent n'avoir aucun effet positif sur les chiffres de la récidive. De sa réflexion, nourrie par l'expérience et des chiffres éloquents, Xavier Lameyre tire une conclusion alarmante, de ces lois bâclées, souvent inutiles, ne vient aucun résultat efficace et, c'est l'État lui-même qui sort pratiquement et moralement affaibli de cette politique indigne d'une République humaniste. Les indignations d'un modéré.


- Le grand cœur
de Jean-Christophe Rufin
Éditions Gallimard / Mars 2012


Dans la chaleur d'une île grecque, un homme se cache pour échapper à ses poursuivants. Il évoque sa vie hors du commun et tente de démêler l'écheveau de son destin. Fils d'un modeste pelletier, il est devenu l'homme le plus riche de France. Il a permis à Charles VII de terminer la guerre de Cent Ans. Il a changé le regard sur l'Orient. Avec lui, l'Europe est passée du temps des croisades à celui de l'échange. Comme son palais à Bourges, château médiéval d'un côté et palais Renaissance de l'autre, c'est un être à deux faces. Aussi familier des rois et du pape que des plus humbles maisons, il a voyagé à travers tout le monde connu. Au faîte de sa gloire, il a vécu la chute, le dénuement, la torture avant de retrouver la liberté et la fortune. Parmi tous les attachements de sa vie, le plus bouleversant fut celui qui le lia à Agnès Sorel, la Dame de Beauté, première favorite royale de l'Histoire de France, disparue à vingt-huit ans. Son nom est Jacques Cœur. Il faut tout oublier de ce que l'on sait sur le Moyen Âge et plonger dans la fraîcheur de ce livre. Il a la puissance d'un roman picaresque, la précision d'une biographie et le charme mélancolique des confessions.


- Le labyrinthe des désirs retrouvés
de Jean-Pierre Otte
Éditions Julliard / Mars 2012


Amours, fêtes et rencontres extravagantes dans les très secrètes catacombes de Paris. Sans cesse à la recherche d'aventures hors norme, Jean-Pierre Otte relate cette fois sa rencontre avec un groupe de jeunes "cataphiles", amateurs de visites clandestines des anciennes carrières souterraines de Paris plus connues sous le nom de Catacombes. Introduit dans ce petit monde de noctambules, il s'initie avec eux à un univers d'une richesse insoupçonnée. Peu de piétons de Paris soupçonnent ce qui se déroule en réalité la nuit sous leurs pieds. Bien sûr, il y a la partie ouverte au public, les visites en famille ou l'on s'extasie sur des tas d'ossements et des noms de rues gravés sur les murs, seuls repères dans cette géographie parallèle de la ville. Mais la majeure partie des Catacombes est fermée au public. Pourtant, depuis qu'elles existent, elles sont le lieu de réunions clandestines dont Jean-Pierre Otte retrace ici un pan de l'histoire. Utilisé sous l'Occupation par l'armée des ombres pour circuler discrètement d'un quartier à l'autre, voire s'y échanger des informations confidentielles, ce réseau souterrain a plus tard servi aux zazous pour y improviser de frénétiques soirées jazzy. En 68, situationnistes et anarchistes s'y croisent pour réinvestir la ville par l'art et/ou la politique, et dans les années 80, la scène punk-rock underground prend la relève en y donnant des concerts plus ou moins mémorables. De nos jours, de la performance artistique à la messe noire, en passant par la méditation solitaire, les pique-niques improvisés à la bougie, la réalisation de copies de fresques célèbres (par des étudiants des Beaux-Arts) ou les bains de minuit, les spectacles les plus étonnants y sont possibles. Plus inattendue encore, la littérature "cataphile", textes ou tracts produits par des initiés et semés au hasard, comme autant de rébus, au gré des différentes salles. Jean-Pierre Otte y découvre d'étranges fragments d'une fable érotique écrite sous un pseudonyme et dont il commence à chercher les parties manquantes. Cette histoire dans l'histoire sera le fil conducteur de son récit qui le conduira même à découvrir l'identité de son mystérieux auteur. Dans cet outre-monde qu'il explore, en dehors et à l'insu du monde, Jean-Pierre Otte continue de creuser la thématique de la marge qui lui tient tant à cœurs. Explorer de nouvelles contrées, interdites, secrètes, retranchées, lui permet aussi de se recréer une famille d'élection, composée d'individus tout aussi passionnés qu'insolites, dont il sait rendre le caractère par son sens de l'événement et de l'anecdote. Il porte sur ces baladeurs de l'obscur, à la fois confrérie et tribu, un regard semi-intrigué, semi-amusé d'anthropologue. Mais ce monde souterrain qu'il découvre n'est pas que le trivial envers du dehors. S'y aventurer signifie se révéler à soi-même, ou se régénérer, comme lors d'un rite initiatique, ou d'une expérience primitive de retour aux sources.


- Le livre des visages
de Sylvie Gracia
Éditions Jacqueline Chambon / Mars 2012


Durant une année, Sylvie Gracia s'astreint à publier régulièrement sur facebook une photo prise avec son téléphone portable, puis écrit la réaction spontanée que cette image fait naître en elle. S'invente alors au jour le jour une nouvelle forme du Journal littéraire où le plus intime surgit d'un étonnement, d'un éclat de colère, d'une peur d'être dévoilée, d'un désir soudain avoué. Ici, c'est le fragment, si consubstantiel à notre modernité, qui dévoile le réel, et la poésie la plus délicate comme la critique la plus féroce peuvent en naître. Ici l'instant est roi. Qu'il s'agisse du regard d'une femme de cinquante ans sur son propre corps, de la tendresse d'une mère pour ses filles, de l'appartement familier, d'un paysage urbain mais aussi d'idéologie ou de politique, l'œil est comme neuf, lavé, et même l'épreuve de la maladie, grâce à ce processus de distanciation, pourra peut-être se vivre autrement.


- Le manoir de Tyneford
de Natasha Solomons
Éditions Calmann Lévy / Mars 2012


Au printemps 1938, l'Autriche n'est plus un havre de paix pour les juifs. Élise Landau, jeune fille de la bourgeoisie viennoise, est contrainte à l'exil. Elle ne sait rien de l'Angleterre, si ce n'est qu'elle ne s'y plaira pas. Tandis que sa famille attend un improbable visa pour l'Amérique, elle devient domestique dans une grande propriété du Dorset, c'est elle désormais qui polit l'argenterie et sert à table. Au début, tout lui paraît étranger. Elle se fait discrète, dissimule les perles de sa mère sous son uniforme, tait l'humiliation du racisme, du déclassement, l'inquiétude pour les siens et ne parle pas du manuscrit que son père, écrivain de renom, a caché dans son alto. Mais la guerre gronde, le monde change et Élise l'insouciante est forcée de changer à son tour. Elle s'attache aux lieux, s'ouvre aux autres, se fait aimer et provoque même un scandale en dansant avec le fils du maître des lieux lors d'une soirée inoubliable au manoir. Il y a quelque chose d'enchanteur à Tyneford. Élise y apprendra qu'on peut vivre plus d'une vie et que l'on peut aimer plus d'une fois.


- Le passé continu
de Neel Mukherjee
Éditions JC Lattès / Mars 2012


Ritwik Gosh, 22 ans, ayant quitté sa ville natale de Calcutta après la mort de sa mère, décide de s'établir en Angleterre dans les années 1990 avec l'espoir de repartir à zéro. Mais pour cela, Ritwik doit commencer par donner un sens à son passé, et surtout exorciser les relations dévorantes qu'il a entretenues avec sa mère, et qui lui ont laissé tant de cicatrices. Ritwik va tenter sa chance à Oxford, puis à Londres, mais peu à peu son existence se délite dans les bas-fonds incertains de la ville, là où survivent les immigrants illégaux. Pour conjurer sa solitude, il s'évade dans l'écriture, et imagine la vie d'une Anglaise établie au Bengale, Miss Gilby, qui enseigne l'anglais, la musique et les bonnes manières occidentales à l'épouse d'un notable bengali, juste avant la partition de l'Inde. Ritwik est logé chez une vieille dame de 86 ans, Anne Cameron, fragile et blessée, qui lui offre l'hospitalité en échange de soins dont elle a besoin. Une nuit, dans les environs peu sûrs de King's Cross, Ritwik fait la rencontre du mystérieux Zafar bin Hashm, incroyablement riche, possible marchand d'armes. Ritwik pourra-t-il enfin trouver la rédemption à laquelle il aspire tant? Ce roman puissant, plein de compassion, écrit avec une implacable honnêteté, explore avec talent les liens qu'entretient le héros avec le réel et l'imaginaire.


- Le regard de crocodile
de Caroline Sers
Éditions Buchet Chastel / Mars 2012


"Le 31 juillet 2008, notre fils Thomas est mort. Il avait presque huit mois. En huit mois, il a passé deux jours à la maison. Le reste, à l'hôpital. Je n'ai pas envie de vous parler de la mort de Thomas, mais de sa vie. Les médecins nous avaient assuré qu'ils savaient traiter la malformation dont il souffrait. Nous désirions cette naissance et nous voulions les croire. C'est ainsi que Thomas est arrivé dans notre vie. Nous avons alors découvert le quotidien à l'hôpital. Et, dans cet univers étranger, nous sommes devenus les parents de Thomas. Le regard de crocodile, c'est ainsi que nous décrivions la façon qu'avait Thomas, dès son premier mois, de jeter des coups d'œil autour de lui, les paupières mi-closes, afin de déterminer qui était dans sa chambre: une blouse blanche, il refermait les yeux, notre blouse bleue, il les ouvrait". Le regard de crocodile est un livre de vie et d'amour. Avec pudeur, tendresse, Caroline Sers raconte les quelques mois qui ont bouleversé son existence.


- Le testament américain
de Franz Bartelt
Éditions Gallimard / Mars 2012


Le village de Neuville s'enorgueillit d'avoir vu naître, à la faveur d'un accident d'avion, l'illustre Clébac Darouin, milliardaire américain. Celui-ci est resté reconnaissant à ce coin de campagne de lui avoir permis de voir le jour, et il inonde le bourg de ses bienfaits. Son dernier cadeau est le plus somptueux: il offre par testament aux Neuvillois un cimetière hors normes. Chaque habitant y aura sa tombe, vaste comme une maison. La cité funéraire se bâtit à l'abri de murs, et chacun y a son petit palais de marbre. Le nouveau cimetière va bientôt attirer les journalistes (dont la jeune et trop excitante Anne-Marie), mais aussi quelques complications inattendues. On retrouve ici l'univers inimitable de Franz Bartelt, et son style formidable de précision, d'ironie et de roublardise.


- Les champs de bataille
de Dan Franck
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


Jean Moulin a-t-il été dénoncé parce qu'on craignait ses idées? Certains l'ont-ils livré aux nazis pour reconstruire, à la Libération, une France autre que celle qu'il espérait? Après la guerre, la justice a choisi de répondre "non" à ces questions. Par deux fois, le principal suspect, René Hardy, a été acquitté. Malgré les témoignages troublants, malgré les documents embarrassants. Décidé à comprendre ce qui se noua à Caluire, le 21 juin 1943, un juge à la retraite rouvre le dossier. René Hardy est donc convoqué par cet homme, pour un nouvel interrogatoire. Un face-à-face impressionnant, où l'on croise des grands résistants, des petites frappes, une femme sublime. Mais un face-à-face imaginaire. Ce magistrat cherche-t-il la vérité ou un sens à sa propre histoire? De la gare de Perrache aux geôles de la Gestapo, des couloirs du Palais de Justice aux rendez-vous secrets de la Résistance, les versions de chacun se confondent et se contredisent. Les héros et les traîtres sont attachants, secrets, romanesques. La vérité de Caluire, cette matière fissile, sortira-t-elle de ces confrontations? Le juge lui-même comprendra-t-il enfin son époque, et ses obsessions?


- Les démons de Berlin
de Ignacio Del Valle
Éditions Phébus / Mars 2012


Berlin, 1945. Les chars russes sont sur le point d'entrer dans la capitale bombardée. La défaite de l'Allemagne est imminente. La División Azul, corps de volontaires composé pour moitié de militaires franquistes et de phalangistes, a été rapatriée: seule une poignée de soldats espagnols continue de se battre aux côtés de l'armée allemande. Parmi eux, Arturo Andrade, jeune homme ambigu et fascinant, décide de rester à Berlin "pour voir". Pour scruter l'horreur et guetter les monstres qui l'entretiennent. Sa mission: identifier l'assassin d'Ewald Von Kleist, un scientifique chargé du programme atomique dont le corps a été retrouvé dans la chancellerie du Reich, avec dans une poche un faire-part de mariage pour le moins intrigant. Dans une Allemagne à l'agonie, Arturo Andrade, entouré des fidèles et drolatiques Manolete, Saladino, Ninfo, Ramiro, observe la dislocation du régime nazi, côtoie des savants dévoués à la fabrication de l'arme totale, rencontre l'amour et hante les ténèbres du cœur humain et celles de son temps. Un thriller historique et psychologique haletant.


- Les dents de ma mère
de Amandine Cornette de Saint Cyr
Éditions Plon / Mars 2012


Vingt-sept ans que ma Mère me phagocyte avec ses "je t'aime".
Vingt-sept ans qu'Elle me rabâche que la seule personne capable de m'aimer, c'est Elle.
Vingt-sept ans qu'Elle m'étrangle avec son cordon sur lequel je tire vainement. Mais là, c'est fini, j'ai trouvé le courage de le trancher.
Je vais faire ma vie loin d'Elle.
Avec un autre qu'Elle. Enfin…


- Les lumières de septembre
de Carlos Ruiz Zafón
Éditions Robert Laffont / Mars 2012


1937. La mort de son mari l'ayant laissée sans revenus, Simone Sauvelle accepte de quitter Paris pour occuper un emploi de secrétaire particulière en Normandie. Lazare Jann, son employeur, est un génial inventeur de jouets. Il vit dans une immense propriété en compagnie de sa femme, très malade, qui n'a pas quitté son lit depuis vingt ans. Passionnément amoureux d'elle, il la soigne personnellement. Simone Sauvelle, sa fille Irène, quinze ans, et Dorian, son jeune fils, sont immédiatement séduits par la grande gentillesse de Lazarus. Ils tombent aussi sous le charme de Cravenmoore, son extraordinaire demeure. Composée d'innombrables pièces et corridors qui se perdent dans l'obscurité, elle est peuplée de marionnettes qui semblent mener une existence indépendante. Hannah, la jeune domestique de Lazarus, devient vite l'amie d'Irène, à laquelle elle présente Ismaël, son beau cousin. Et très naturellement les deux adolescents tombent amoureux l'un de l'autre, tandis qu'une douce amitié rapproche Lazarus et Simone. C'est alors qu'une force criminelle prend possession de Cravenmoore, comme si l'amour et l'affection lui étaient insupportables. Ombre plus noire que les recoins les plus obscurs, elle tue Hannah, cherche à assassiner Irène et Ismaël, attaque Simone, Dorian et Lazarus. Pourquoi manifeste-t-elle tant de jalousie et de haine? Et quelles sont ses motivations? En trouvant dans un phare abandonné le journal intime d'une jeune femme disparue des années auparavant, Irène et Ismaël percent peu à peu le mystère de cette force désespérée. Et c'est dans une chambre isolée, au bout d'un long couloir gardé par des marionnettes possédées par une folie homicide, près d'une femme oubliée du monde depuis vingt ans, que les deux adolescents doivent aller traquer la vérité.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 16:26

- Gabriela, Girofle et Cannelle
de Jorge Amado
Éditions Stock / Février 2012


L'histoire commence en 1925 à Ilhéus, au Brésil. Nacib, Syrien et patron du bar Le Vesuvio, se voit abandonné par sa cuisinière, partie vivre avec son fils, alors qu'il doit s'occuper d'un important repas d'inauguration pour trente personnes. Dans l'urgence, il se voit obligé d'employer deux jumelles d'un certain âge, mais ne cesse de chercher la perle rare. C'est là qu'il rencontre la belle Gabriela, qui l'envoûte avec sa peau à l'odeur de girofle et de cannelle et qu'il embauche. Celle-ci ne tardera pas à devenir son amante et sa femme. Mais Nacib est un homme extrêmement jaloux et Gabriela une jeune femme libre et indépendante. Leur mariage résistera-t-il à l'inconstance? Pendant ce temps-là, Mundinho Falcao, un jeune Carioca qui s'est enrichi grâce à l'exportation, veut faire tomber Batos, un gouverneur peu recommandable. Au cours du repas, l'affrontement sera tacite mais ne tardera pas à se muer en véritable guerre de pouvoir.


- Héloïse est chauve
de Émilie de Turckheim
Éditions Héloïse d'Ormesson / Février 2012


"Tout le monde la voit. Elle hameçonne les hommes des trottoirs, des voitures, de tous les âges, des terrasses de café, guêpes posées sur sa beauté". Héloïse a cinq mois et une tétine dans la bouche quand elle tombe amoureuse du Dr Lawrence Calvagh. À treize ans, grâce intacte, corps incandescent, boucles blond vénitien, rouge à lèvres cerise, Héloïse a un appétit d'ogresse et l'avenir lui sourit. Pourquoi ne pas tout sacrifier pour une passion de contrebande, qui avant même d'être goûtée porte en elle cruauté et mélancolie? D'une liberté irrésistible, Héloïse croit au miracle amoureux et tord le cou des lois, une échappatoire à l'ennui et à la brutalité de la vie.


- Ils étaient tous mes fils
de Arthur Miller
Éditions Robert Laffont / Février 2012


Une banlieue américaine, un mois d'août de l'après-guerre. Joe Keller, grâce à son usine d'armement, affiche une réussite sociale emblématique du "rêve américain". Mais son fils Tom, pilote, est toujours porté disparu. Et Kate, sa mère, attend son retour. Quand leur second fils, Chris, décide d'épouser Anne, la fiancée de Tom, tout bascule, et la triste vérité éclate enfin: la réussite de Joe Keller est fondée sur un crime. En effet, vingt-deux pilotes, dont son propre fils, sont morts à cause de culasses défectueuses sorties de son usine. Et Joe, par lâcheté, a accusé le père d'Anne, son ancien associé, qui a été injustement jeté en prison. Reflet du climat social et économique de l'après-guerre, cette pièce témoigne des difficultés que rencontrent alors les Américains. Elle possède déjà tous les ingrédients qui feront la réussite des pièces ultérieures de l'auteur. Derrière les apparences de la banalité quotidienne d'une typique famille américaine, Arthur Miller nous fait voir une véritable tragédie.


- Introspections
de Rachel Seiffert
Éditions Robert Laffont / Février 2012


Dans ces onze nouvelles, majoritairement situées en ex-Allemagne de l'Est et en Pologne, des individus cherchent à se reconstruire. Alors que la chute du communisme a modifié radicalement l'équilibre auquel ils étaient habitués, les frontières ont bougé au sein même de leur personnalité. Les changements politiques et historiques ont déplacé les structures de l'intime. Des sentiments et des émotions meurent, d'autres naissent, dans un brouillage impalpable des identités. Au seuil de quelque chose qu'ils ne savent définir, les personnages tremblent, tel ce très vieil apiculteur, isolé des autres depuis des années, qui recueille un enfant malade surgi de nulle part. Cet enfant est-il une promesse de renaissance, comme le printemps qui fait une délicate apparition, comme la toute jeune démocratie? Ou, au contraire, comme la neige qui endort encore les abeilles, annonce-t-il la fin d'un monde et la mort?


- Je n'ai pas fini de regarder le monde
de David Thomas
Éditions Albin Michel / Février 2012


"Je ne sais pas pourquoi je raconte tout ça, sans doute parce que j'aimerais moi aussi savoir qui je suis". Un homme qui ne peut se passer des hurlements de sa femme, un autre qui se fait arrêter par la police juste pour fumer une cigarette au chaud, un petit monsieur sous une maîtresse de 192 kilos, une femme qui rêve de mettre KO son conjoint sur un ring. Avec ces 75 nouvelles, David Thomas s'invite une nouvelle fois dans les interstices de nos vies. Rien n'est épargné, notre ridicule, nos cruautés, nos faiblesses ou nos inavouables arrangements avec nous-mêmes. Mais qu'ils nous fassent rire ou nous serrent le ventre, tous ces personnages portent aussi en eux ce qui peut faire de l'humain un être attachant à côté de qui on a envie de s'asseoir.


- Je reviendrai avec la pluie
de Takeji Ichikawa
Éditions Flammarion / Février 2012


Depuis la mort de sa femme Mio, Takumi vit seul avec son fils Yûji, âgé de six ans. Il gère le quotidien et l'éducation de son fils du mieux qu'il peut. Une seule chose le fait tenir, la promesse faite par Mio qu'elle reviendrait avec la pluie. Le premier jour de la saison humide, cette promesse se réalise. Durant six semaines, le temps se suspend pour Mio et Takumi. En 2003, plus de trois millions de lecteurs japonais tombent amoureux de Je reviendrai avec la pluie. Suite à son immense succès, le livre a inspiré un film et une série télé encensés par la critique, ainsi qu'un manga sacré best-seller. Takuji Ichikawa défend une vision idéalisée de l'amour et met au service de cette histoire bouleversante une écriture d'une sensibilité rare, poétique et pleine de fantaisie.


- Je suis un phénomène
de Elisabeth Atkinson
Éditions Alice / Février 2012


Il y a cinq choses dont Faye Noman est certaine:
1) Sa mère n'a pas pris la peine de prononcer son nom à voix haute avant de l'inscrire au registre des naissances.
2) Ce problème serait moins important si elle ne mesurait pas déjà presque 1,80 m à seulement 12 ans.
3) Moins important, aussi, si sa mère ne s'obstinait pas à s'habiller comme une hippie et pouvait lui donner une réponse claire sur l'identité de son père.
4) Moins important, encore, si parler à quelqu'un de son âge ne lui semblait pas une tâche insurmontable.
5) Il existe certainement un endroit sur terre, quelque part, où elle se sent chez elle... non?
Cet endroit, Faye espère l'avoir trouvé le jour où une lettre arrive pour l'inviter à passer une semaine dans un camping, pour une grande réunion organisée par la famille de son père. Elle y découvrira que les principes d'éducation rien moins qu'originaux qu'a appliqués son excentrique de mère ont certains avantages, entre autres de lui avoir donné un esprit d'indépendance et la faculté de prendre des décisions. "Je suis un phénomène!" est un roman très nuancé qui invite à aller au-delà des apparences, pour se rendre compte qu'il n'y a en général pas qu'une seule interprétation des faits et qu'il est important de réserver son jugement. Beaucoup de situations ou d'anecdotes qui pouvaient sembler dans un premier temps très positives ou très négatives sont envisagées plus tard sous un tout autre regard. L'auteur nous dresse le portrait détaillé d'une adolescente très contrastée, à la fois maladivement timide et incroyablement mature. Sa seule amie a plusieurs années en moins qu'elle mais Faye gère sans problème le magasin de sa mère durant ses très fréquentes absences. Les listes pleines d'humour (et d'auto-dérision) qu'elle dresse pour ne pas trop angoisser devant une situation à laquelle elle n'est pas assez préparée à son goût contribuent à ce que le roman conserve un petit côté "léger" malgré la profondeur des personnages.


- Je trouverai ce que tu aimes
de Louise Doughty
Éditions Belfond / Février 2012


La vie de Laura Needham vient de basculer: Betty, sa fille de neuf ans, a été renversée par une voiture. Une mort rapide, violente, injuste. Peu à peu, Laura perd pied. Comment accepter la pitié de ceux qui ne pourront jamais comprendre sa douleur? Comment respirer lorsque tout son être étouffe? Et comment s'appuyer sur David, son ex-mari, lui-même en pleine tourmente? Laura est seule face à sa souffrance, à sa colère. Et elle ne veut pas d'aide. Aucune cellule psychologique ne pourra la détourner de cette pensée obsédante: faire justice. Car elle a fini par apprendre l'identité du conducteur. Emportée dans un engrenage de vengeance, de violence et de passion, Laura n'a plus qu'une idée en tête: trouver ce à quoi cet homme tient le plus. Et le lui arracher.


- L'avenir n'est pas écrit
de Ron Currie Jr.
Éditions Robert Laffont / Février 2012


Imaginez-vous, encore foetus, baignant dans le liquide amniotique. Imaginez à présent que, tandis que vous vous prélassez ainsi en toute insouciance, un oiseau de mauvais augure à la voix douce vienne vous souffler à l'oreille que trente-six ans et demi après votre venue au monde, une comète entrera en collision avec la Terre. Imaginez que l'annonce de cette tragédie vous échoie à vous, et à personne d'autre. De la révélation de ce malheur programmé, de ce cauchemar aussi inconcevable qu'inadmissible, Junior Thibodeau, cadet d'une famille modeste du Maine, est le dépositaire unique: bientôt toutes les choses prendront fin. Junior appartient-il à cette catégorie de fous atteint de paranoïa aiguë qui prophétisent pour demain la fin du monde? Et s'il n'est pas fou, à quoi bon grandir, aimer, à quoi bon tout simplement vivre? Comment supporter seul le poids d'un tel fardeau? Et en quel sens agir pour empêcher, si c'est encore possible, l'inexorable d'advenir? Si L'avenir n'est pas écrit s'ouvre par le chapitre 97, au lieu du chapitre 1 attendu, c'est bien entendu que le compte à rebours a déjà commencé. Sur la base de ce postulat glaçant et vertigineux, Ron Currie, Jr. Dévide le fil d'une intrigue diaboliquement construite autour d'un surdoué solitaire et incompris, en butte à l'incrédulité d'une humanité qui, confrontée à l'imminence du cataclysme, se refuse malgré tout à regarder la réalité en face. Sans jamais se départir d'une ironie souvent mordante mais toujours marquée par une profonde empathie, Ron Currie, Jr. nous invite in fine, à travers ce roman iconoclaste, à considérer la vie pour ce qu'elle est: le plus inestimable des trésors.


- L'eau noire
de Fabrice Gaignault
Éditions Stock / Février 2012


Un yacht luxueux appartenant à un financier sur lequel embarquent neuf invités pour une croisière qui doit les mener de Saint-Tropez aux îles italiennes. Parmi les convives, un journaliste-écrivain embarqué pour achever les mémoires du maître à bord, et son amie, dévastée par un drame qui les unit et les sépare dans un même mouvement de passion et de destruction. Il y a aussi cette actrice américaine trop parfaite et son amant insipide, ce célèbre chirurgien plastique affirmant avoir rajeuni la moitié de la planète "people", cet ex-manager de rock toxicomane et sa femme, adeptes enthousiastes de l'urinothérapie, sans oublier ce couple de vieilles vipères crachant leur venin sur tout ce qui bouge. Les jours et les nuits s'enchaînent, entre huis-clos tendus, séances de ragots amusants, fêtes somptueuses, dîners animés, virées à terre, pics de folie et abysses d'ennui. La mer joue aussi sa partition, tendre et violente, bleue et si noire. Des corps de clandestins naufragés viennent bientôt enrayer la mécanique parfaite de cette petite société coupée du monde. Les tensions et les exaspérations, les antipathies grandissantes entre certains, font peu à peu sombrer la belle croisière dans un cauchemar où les affrontements verbaux le disputent aux menaces diffuses plus radicales au fur et à mesure que les côtes africaines se rapprochent.


- L'herbe du diable et la petite fumée
de Carlos Castaneda
Éditions 10-18 / Février 2012


Arizona, 1961. Alors qu'il est étudiant en anthropologie de l'université de Los Angeles, Carlos Castaneda rencontre don Juan Matus, un indien Yaqui de la province de Sonora. L'homme de savoir, étrange sorcier, l'initie au chamanisme en lui dévoilant l'envers du monde et la manière d'apprivoiser la racine Datura Inoxia: l'herbe du diable.


- L'insolent
de Maxence Caron
Éditions Nil / Février 2012


Molière vient de monter Le Misanthrope. Alceste est furieux, humilié, déshonoré. Lui, l'être au goût exquis, le véritable aristocrate du savoir, le défenseur des vertus foulées au pied par flatteurs et courtisans, le gentilhomme infiniment supérieur aux petits marquis que cette diablesse de Célimène a le culot de lui préférer. Voilà qu'on ose le railler sur scène? Hésitant toujours à partir au désert, Alceste se tourne, en désespoir de cause, vers son maître en misanthropie, un maître éternel, qui a tout vu, tout entendu, tout senti, et de tout temps, sans deviner que ses jérémiades vont provoquer un torrent de fureur. Outré par les simagrées de son ancien élève, Maxence Caron s'énerve et songe d'abord à les ignorer: après tout, pourquoi un misanthrope émérite viendrait-il au secours de qui que ce soit? Difficile, cependant, de ne pas saisir cette trop belle occasion de dire à un disciple en herbe ce qu'est la misanthropie, loin de toute caricature. Il est temps de montrer à ce pauvre Alceste que le monde est encore plus ridicule, corrompu, encore plus nigaud que la cour de paons désignée par Molière, et que le désert ne peut servir de refuge à celui qui ne renonce pas à croire en l'humanité. Car tout est là: un misanthrope, un vrai, ne déteste les siens que parce qu'il conserve préalablement en lui la plus haute idée de l'esprit humain, une foi en la beauté, la douceur, l'harmonie et la sagesse. Pour parvenir à retrouver cette image de la perfection humaine, à comprendre d'où elle provient, le misanthrope devra regarder droit dans les yeux les horreurs de la société ou il est né. En somme, pour accéder au Paradis, encore faut-il avoir désigné ou se situe l'Enfer et s'être patiemment imbibé de l'enseignement d'un purgatoire. Prenant Alceste par la main, Maxence Caron le mène dans une nuit de Walpurgis ou défilent les figures grimaçantes d'artistes, d'écrivains ou d'hommes politiques infiniment plus nocifs que ceux qu'Alceste a condamnés sur la scène du Misanthrope. Une fois décillé, Alceste sera prêt à comprendre le rôle élévateur de la musique et à s'approprier ses symboles, pour savoir entendre et écouter d'invisibles beautés, grâce à Liszt, Schubert, Beethoven et Bach, qui réconcilient l'entendement et la sensibilité dans l'âme du misanthrope le plus aguerri. Alors seulement, la misanthropie devient un art, un exercice humaniste hors des circonstances, parfaitement ontologique, et même un droit divin. Car en profondeur, la joie et la misanthropie ne sont pas opposées.


- La belle année
de Cypora Petitjean-Cerf
Éditions Stock / Février 2012


À onze ans, Tracey vit à Saint-Denis, entre la cité des Quatre Mille et la cité des Cosmonautes. Elle déteste son beau-père, Takashi, un Japonais qui essaie d'apprendre à parler le français, et entretient des relations compliquées avec sa mère Elizabeth. "Me gâcher la vie, c'est tout ce que tu sais faire!" hurle-t-elle deux à trois fois par jour, avant de gifler sa fille. Tout semble pouvoir durer ainsi invariablement. Pourtant, en septembre, Tracey entre au collège et les choses changent. Pour commencer, elle crée sa propre religion, le Culte du Chiffre Huit. Ensuite, elle a une petite sœur, Saïa, dont elle s'occupe beaucoup. Et surtout ses rapports avec les autres, son père, sa mère, Takashi, sa grand-mère, son meilleur ami Cosimo, se transforment. Elle se lie même avec un garçon nommé Rabah qu'elle détestait jusque-là. Ensemble, ils arpentent pendant de longs mois Saint-Denis, leur ville pleine de tours, de barres et d'espaces verts. Le temps de quatre saisons, d'une belle année, la vie de Tracey se métamorphose.


- La biche ne se montre pas au chasseur
de Éloïse Lièvre
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Février 2012


Une jeune femme veut un enfant. L'enfant ne vient pas. Le désir la déchiquette à belles dents. Elle veut comprendre, il doit bien y avoir une explication, une bouée rationnelle, physique, à laquelle se raccrocher. Dans sa quête, elle rencontre successivement une ogresse lilliputienne, une gentille patricienne paresseuse, un ours plaisantin, un fana des jeux vidéo in utero, des cyber-sirènes, et les affres de la normalité. Tout va malheureusement bien. Alors elle décide de prendre sa tête au sérieux et de chercher dedans. Dedans, il y a un souvenir de grand-mère, des chiens, des chats, des chevaux, et un événement, quand elle avait quinze ans. C'est une épopée gynécologique miniature, une exploration de l'intimité féminine du désir d'enfantement, suivie d'un bestiaire introspectif où l'on voit que la sexualité des jeunes filles s'apprend chez les animaux.


- La confession d'un bâtard du siècle
de Ludovic Janvier
Éditions Fayard / Février 2012


Il a hérité de son père inconnu un teint pâle et des cheveux clairs et sa mère est antillaise. "Vous êtes sûrs qu'il est de moi?". Ce n'était pas un bon début. Dans la France en guerre, tantôt à Paris, tantôt en Gironde, bègue, il tâche de grandir, seul, ou même pas, car sa mulâtre absente quand ça lui chante essaie de temps en temps de lui faire croire qu'elle est sa mère. Mais s'il fait une bourde elle lui jure bien qu'elle lui pardonne, et lui promet un baiser pour qu'il s'approche à portée de gifle. Mulâtre et traîtresse. Jeune homme il rêve d'être boxeur. Pourtant ce n'est pas la violence qui domine en lui. Un jour, à l'étude, ses devoirs achevés, le voilà qui prend sa plume. Et il écrit. Jubilation de "se voir d'en haut". Dès lors il sait qu'il ne sera plus jamais seul de la même façon. À côté de lui se tient sa propre voix qui le fait sourire.


- La deuxième personne
de Sayed Kashua
Éditions de l'Olivier / Février 2012


L'Avocat, un homme de loi arabe, installé dans la partie juive de Jérusalem, découvre dans un livre d'occasion un billet d'amour écrit de la main de sa femme. Son destinataire? Sans doute ce "Yonatan" dont le nom figure sur la page de garde. Cette découverte fait naître en lui une jalousie impossible à maîtriser et le pousse à négliger son cabinet prospère pour retrouver celui qu'il soupçonne être l'amant de sa femme. Parallèlement à son enquête, on suit le parcours d'un jeune Arabe, Amir Lahav, assistant social, engagé pour s'occuper d'un jeune homme, paralysé, réduit à l'état végétatif à son domicile, qui s'appelle Yonatan. Un glissement d'identité s'opère peu à peu: Amir Lahav, l'Arabe, devient Yonatan Forschmidt, Juif ashkénaze, "bien sous tous rapports" et photographe de talent.


- La favorite du sultan
de Jane Johnson
Éditions Presses De La Cité / Février 2012


Royaume du Maroc, XVIIe siècle. Accusé à tort d'un meurtre, l'eunuque Nouss-Nouss, doit, pour avoir la vie sauve, s'acquitter d'une mission: convaincre Alys, une jeune Anglaise que le sultan destine à son harem, de se convertir à l'islam. Farouchement attachée à sa religion, la captive risque la mort si elle ne se plie pas aux désirs du sultan. En lui racontant sa propre histoire, Nouss-Nouss parvient à émouvoir la jeune femme, qui accepte de se convertir. Entre ces deux êtres naît une profonde amitié, qui se transforme rapidement en amour. Mais, devenue la favorite du sultan, Alys appartient dorénavant à un homme et un seul, le plus puissant du royaume.


- La fille de braises et de ronces
de Rae Carson
Éditions Robert Laffont / Février 2012


À 16 ans, Élisa est devenue malgré elle l'Élue et l'unique porteuse de la Pierre Sacrée. Bien qu'elle porte le joyau à son nombril, signe qu'elle a été choisie pour une destinée hors normes, la princesse Élisa a déçu les attentes de son peuple: la population de son royaume ne voit en elle qu'une jeune fille paresseuse, inutile et enveloppée. Le jour de ses 16 ans, son père l'envoie dans un lointain royaume afin de retrouver son futur mari, un bel homme de vingt ans son aîné. Mais ce dernier refuse finalement de la reconnaître comme sa femme. Dévastée par la tristesse, Élisa décide alors de prendre son destin en main et de découvrir quelle est sa mission. Alors qu'une armée menée par des êtres aux pouvoirs effrayants s'apprête à envahir et détruire son nouveau royaume, et que chacun à la cour tente de la manipuler, Élisa prend conscience que, non seulement sa vie, mais aussi le monde entier sont en danger. Comment une jeune fille qui ne connaît rien aux arcanes politiques, et tout aussi ignorante des choses de l'amour, pourrait être l'Élue qui sauvera l'humanité? Élisa doit découvrir au plus vite l'histoire mystérieuse et les pouvoirs de la Pierre Sacrée, avant que l'ennemi ne vienne lui dérober le joyau qui orne son ventre et la prive de son héroïque et tragique destinée.


- La liste de mes envies
de Grégoire Delacourt
Éditions JC Lattès / Février 2012


Jocelyne, dite Jo, rêvait d'être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n'a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c'est Jocelyn, dit Jo, qui s'est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l'épouse) a courbé l'échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu'au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff'Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être.


- La symétrie ou les maths au clair de lune
de Marcus du Sautoy
Éditions Héloïse d'Ormesson / Février 2012


Qu'y a-t-il de commun entre un flocon de neige, une mosaïque et un rayon de miel? Leur symétrie, source constante de fascination pour les mathématiciens depuis des millénaires. Car au-delà de ce que l'œil perçoit, au-delà des illusions d'optique et des mirages, des nombres invisibles unissent tous ces curieux objets symétriques. Avec l'humour pour sésame, Marcus du Sautoy nous entraîne dans la prodigieuse histoire de ce pan des mathématiques. Il nous raconte les impasses et découvertes fulgurantes de ces chercheurs, les Escher, Gauss, Cauchy, acariâtres parfois, excentriques souvent, autistes même, qui se sont battus pour trouver les clés de ces équations. Voyage insolite au cœur du langage intrigant de la symétrie, cet essai déchiffre une science qui tente de percer les secrets de la nature, la beauté et la complexité du monde.


- La terre du bout du monde
de Tamara McKinley
Éditions L'Archipel / Février 2012


Cornouailles, XVIIIe siècle. Susan Penhalligan accepte d'épouser le révérend Ezra Collinson pour sauver sa mère et son frère Billy de la misère. Mais son cœurs est tout à Jonathan Caldwaller, parti courir les mers à bord de l'Endeavour. Quinze ans plus tard, Billy est déporté en Australie pour vol. De leur côté, Susan et son mari partent s'installer à Botany Bay, à quelques kilomètres du futur centre de Sydney. Ils y découvrent le nouveau monde ainsi que ses habitants, les aborigènes. La vie suit son cours, malgré les difficultés économiques. Ernest et George, les enfants de Susan, deviennent fermiers, Billy, enfin libéré, se marie. Susan, dynamique et généreuse, se démène pour le bonheur des siens, dont celui d'Ezra, qu'elle a appris à aimer. C'est alors que Jonathan, l'ancien amant de Susan, fait sa réapparition.


- Le canyon
de Benjamin Percy
Éditions Albin Michel / Février 2012


Echo Canyon, un lieu encore sauvage de l'Oregon, menacé par les activités humaines. Mais aussi un lieu de souvenirs conflictuels entre Justin Caves et son père Paul, qui n'ont jamais entretenu une relation facile. Quand Paul propose à Justin d'y faire un dernier week-end de chasse, celui-ci accepte, espérant remettre les choses à niveau entre eux deux. Il décide même d'emmener Graham, son fils, afin que les trois générations soient réunies. Au fur et à mesure que le week-end avance, Justin subit la pression et les moqueries de son père, le poids de l'effort physique et ressent la présence évidente d'une menace. Une seule chose l'obsède: respecter la promesse qu'il a faite à sa femme. Ramener son fils sain et sauf.


- Le chef est une femme
de Valérie Gans
Éditions Flammarion / Février 2012


Graciane a des recettes pour tout sauf pour l'amour. Son métier: chef étoilé. Divorcée, deux ados, un garçon et une fille, qu'elle élève seule à Paris. Elle vient de Sarre, petit village des Pyrénées au-dessus de Saint-Jean-de-Luz. La petite quarantaine, elle est jolie, rousse, un peu ronde, son corps respire la gourmandise…Elle aime la vie, la bouffe, les fleurs, le vin, elle a un sourire éblouissant. Parfaitement bien dans son 40 et son 95 C, elle n'attache aucune importance à ses premières rides. Elle assume l'âge qu'elle a, pas de quête de jeunisme, au contraire: le corps, c'est comme le vin, il se bonifie avec le temps. C'est une sensuelle, une généreuse de corps et d'esprit. Elle a un humour décapant qui peut parfois déstabiliser. Elle ne résiste pas à un bon mot ou à une répartie un peu cinglante, elle n'a pas la langue dans sa poche et dit ce qu'elle pense.


- Le défaut du ciel
de Philippe Renoncay
Éditions Phébus / Février 2012


"- Je suis content que tu sois là, même si tu m'as trahi". Peut-on transformer le passé? Effacer les blessures et les hontes intimes ou collectives en réécrivant l'Histoire? Être un Dieu finalement au milieu des mortels. Deux amis longtemps liés par une relation fusionnelle s'étaient perdus de vue à la suite d'un accident bizarre. Si le temps a coulé, la blessure demeure. Des années plus tard, sollicité par la famille pour retrouver le premier mystérieusement disparu, le second entre de nouveau dans la vie de l'absent. Le Bien et le Mal. L'amour et la haine. Ce qui est réel et ce qui ne l'est pas. Le Défaut du ciel déroule la quête d'un homme qui, en cherchant la vérité d'un autre, rencontrera celle de la guerre d'Indochine et de ce qu'il advint d'un village, une nuit, perdu au beau milieu de la jungle.


- Le diable de Radcliffe Hall
de Stéphanie des Horts
Éditions Albin Michel / Février 2012


Elle est américaine. Elle a vingt ans tout juste, une peau laiteuse et des rondeurs conséquentes. Maisie Kane est aussi et surtout fabuleusement riche et bien décidée à trouver un époux sur le vieux continent. En 1953, au Savoy à Londres, elle croise le chemin des Radcliffe, aristocrates aussi lancés que dépravés, aussi cruels que parfaitement amoraux, dont elle devient très vite, du moins, le croient-ils- le jouet. Car Miss Kane n'a pas fini de faire parler d'elle chez les heureux du monde. Un roman délicieusement pervers et loufoque qui ménage jusqu'à la fin un savant suspense.


- Le Docteur Thorne
de Anthony Trollope
Éditions Fayard / Février 2012


Le Docteur Thorne, qui a valu à Anthony Trollope son plus grand succès, constitue (en 1858) l'une des premières apparitions dans le roman anglais du personnage du médecin, appelé à un bel avenir littéraire. Les rapports entre le mariage et l'argent, dans une société inégalitaire mais mobile, sont au cœur d'une intrigue attachante. Le docteur Thorne, célibataire endurci, a recueilli chez lui sa nièce Mary, orpheline, qui est devenue une belle jeune fille. Il souffre de la voir mise à l'écart par la bonne société du village, du fait qu'elle est de naissance obscure et sans fortune. Elle ne saurait épouser celui qu'elle aime, Frank Gresham, un jeune héritier désargenté qui l'aime également, mais dont le devoir est d'épouser "une fortune" pour sauver le domaine familial hypothéqué. Trollope nous offre ici un magnifique roman d'amour, qui se distingue, comme toujours, par la richesse psychologique de ses personnages, l'intérêt de son étude de mœurs et son inspiration aimablement satirique.


- Le garçon d'à côté
de Katrina Kittle
Éditions Phébus / Février 2012


Dans une banlieue tranquille du Middle West, une fracassante nouvelle vient mettre à mal le fragile équilibre que Sarah Laden essayait de maintenir avec ses enfants, Nate et Danny, depuis la mort de son mari. Les Kendrick, ses voisins, sont accusés de pédophilie. Elle pensait les connaître, elle les appréciait. Courtney Kendrick était même une amie, une vraie. Mais que savait-elle réellement de ce couple? L'horreur était sous ses yeux, pourtant Sarah n'a rien vu, rien senti. En décidant d'accueillir chez elle leur fils Jordan, victime d'abus, c'est toute la famille de Sarah qui doit changer de regard pour comprendre l'inconcevable. Les voix puissantes de Sarah, Nate et Danny alternent avec fluidité, et tour à tour, l'adulte, l'adolescent et l'enfant tentent de réinventer leurs rôles respectifs et leurs certitudes pour redonner à Jordan goût à la vie et l'aider à grandir.


- Le mal d'Algérie
de Jacques Duquesne
Éditions Plon / Février 2012


C'est l'histoire d'un jeune professeur qui veut savoir comment son père, cultivateur, a combattu en Algérie. Et qui va de découverte en découverte. C'est aussi l'histoire d'un poste de soldats français presque isolé dans une zone montagneuse. Et c'est encore l'occasion d'une réflexion sur la violence et le mal. Mais c'est d'abord un roman.


- Le Miracle
de Ariel Kenig
Éditions de l'Olivier / Février 2012


Une ancienne camarade de classe contacte le narrateur, devenu écrivain, via Facebook et lui propose de lui transmettre des photos confidentielles du fils du président en vacances au Brésil. Alors que celui-ci était censé avoir "miraculeusement" échappé à une coulée de boue, les clichés révèlent qu'il se la coulait luxueusement et doucement sous les palmiers. Dès lors: que faire de ces clichés? Comment en profiter? Les vendre à la presse people? Mais quelle histoire leur faire raconter? Et s'il n'y avait finalement rien à en dire? S'ils ne signifiaient que l'insignifiant?


- Le porte-monnaie
de Ali Mansour
Éditions Fayard / Février 2012


Un adolescent endosse le rôle de chef de famille laissé vacant par son père; une mère accablée par le poids de la tradition veut se venger de tous les hommes, même de son fils; une grand-mère ne se raccroche à l'existence que par tendresse pour les siens; un commissaire de police cruel réinvente la vie de ceux qu'il interroge comme sur la scène d'un macabre théâtre; une bande d'écoliers s'enivre du vin interdit de la liberté. À Tunis, autour d'un porte-monnaie volé, une poignée d'hommes et de femmes confrontent leurs désirs brimés, leurs aspirations bafouées, leurs rêves inaccomplis. Que faudra-t-il pour faire renaître l'espoir dans un pays où la dictature et la misère se conjuguent pour faire régner l'arbitraire? Ali Mansour est tunisien. Il est le fils d'un docker, décédé aujourd'hui.


- Le voyage de Kokochkin
de Hans Joachim Schädlich
Éditions Jacqueline Chambon / Février 2012


On est en 2005. Fiodor Kokochkin, un alerte nonagénaire, professeur émérite de biologie, retourne à New York sur le luxueux Queen Mary après un dernier voyage en Europe où il est allé revoir encore une fois les lieux de son enfance et de sa jeunesse. Des lieux chaque fois moins reconnaissables, comme si le temps, en détruisant les traces de son passé, effaçait peu à peu l'histoire de sa vie. Une vie d'errance, de Saint-Pétersbourg, où son père est assassiné par les bolcheviks, jusqu'à Prague, dernier refuge avant les États-Unis, que l'arrivée au pouvoir des nazis a rendu bien précaire. Auparavant, il a croisé Bounine à Odessa, Berberova à Berlin, et tous ces anonymes qui les ont aidés, sa mère et lui, à survivre. Cette double fuite devant les deux régimes totalitaires les plus sanglants du XXe siècle, évoquée dans l'atmosphère faussement rassurante du grand paquebot, donne à ce roman une profondeur légère qui est la marque du grand écrivain qu'est H. J. Schädlich.


- Les blessures invisibles
de Nicholas Evans
Éditions Albin Michel / Février 2012


Rejeté par des parents trop âgés, enfermé dans un horrible pensionnat, Tom Bedford pourrait être un personnage de Dickens. Son seul échappatoire: rêver de cowboys et d'Indiens. Le jour où Diane, sa sœur aînée et star montante du cinéma, épouse Ray Montane, acteur vedette d'une série western, tout semble alors s'éclairer pour le petit garçon qui part rejoindre le couple en Amérique. Mais à Hollywood, le bonheur est souvent de courte durée. Il faudra bien des années et un nouveau drame pour que Tom se résolve enfin à affronter ses démons, ses blessures invisibles.


- Les dames de Grâce Adieu
de Susanna Clarke
Éditions Robert Laffont / Février 2012


Ne vous laissez pas prendre au charme paisible de la campagne anglaise. Un pont ancien ou une trouée dans un bosquet peuvent être autant de passages pour l'Autre Pays, ou vivent les fées. De nombreux mortels s'y sont égarés, parfois sans espoir de retour. À cheval entre notre monde et l'Autre Pays vivent les magiciens. Et les magiciennes. Malicieuses, cachottières et impertinentes sous leur apparente modestie, elles s'opposent à la magie masculine qui, comme celle de Jonathan Strange & Mr Norrell, combine l'arrogance à la violence. Elles créent sous la surface du réel des ondes d'émotions, troublent délicatement l'ordre des choses, modifient imperceptiblement le sens commun. Les dames de Grâce Adieu sont trois. Pour protéger leur relative liberté, elles explorent avec délices les maléfices interdits. Leur consœur, dans un autre lieu et un autre temps, use de toute sa ruse pour se débarrasser des soupçons d'un mari malcommode. Et quand le duc de Wellington entre dans l'Autre Pays pour récupérer son cheval, est-ce à une fée ou à une magicienne qu'il doit se confronter? Les ruses de la gardienne de Marie Stuart, prisonnière sur ordre d'Élisabeth Ière, sont-elles réellement celles d'une humaine? Quant à Mrs Mabb, qui aime trop les beaux militaires, surtout s'ils sont fiancés à une autre, elle se heurtera à la joyeuse, et très efficace, cruauté de sa rivale.


- Les petites mères
de Sandrine Roudeix
Éditions Flammarion / Février 2012


Concepción, Fernande et Babeth. Trois femmes d'une même famille, trois femmes abandonnées par l'homme qu'elles aimaient, trois femmes qui ont élevé seules leur fille. Ce sont elles, les petites mères, comme les surnomme Rose. Rose qui, justement, vient dîner ce soir pour leur présenter son fiancé. Rose, la fille de Babeth, qui est partie vivre si loin, depuis si longtemps. Son retour réveille le passé, et avec lui la peur, les malentendus. Le repas approche et chacune des petites mères revisite son histoire en espérant que Rose se marie et échappe à la fatalité familiale. Mais Rose, elle, qu'espère-t-elle? Comment se construire en tant que femme quand on a grandi dans un univers matriarcal où la dureté et l'incompréhension remplaçaient trop souvent la tendresse et la solidarité? Dans ce portrait de famille, Sandrine Roudeix raconte les vies de ces femmes sans hommes et explore avec beaucoup de subtilité la complexité du lien maternel, et la nécessité de s'en défaire pour être libre, enfin.


- Les souvenirs sont au comptoir
de Angelo Rinaldi
Éditions Fayard / Février 2012


Les souvenirs sont au comptoir continuent l'autopsie d'une société qui n'a plus de hauteur que celle de ses étages, de ses liasses, de ses talons ou de ses prétentions, se repaissant de son propre spectacle quand, en contrechamp de ce théâtre, de ses poncifs et de ses trompe-l'œil, la remémoration d'une enfance humble autour d'un bistrot-lupanar de province jette les éclats d'une nostalgie relevée d'humour et de tendresse. Conti, qui fut cet enfant, est le célibataire vieillissant qui, entre les jardins du Palais Royal, l'entrée du théâtre, la terrasse d'un café, embrasse d'un ample maelström mémoriel un tourbillon de scènes trouvant son axe autour d'une cérémonie d'anniversaire donnée naguère dans un restaurant chic du quartier pour les quarante ans de son ami anglomane et homosexuel. Le fameux dîner est comme ces scènes d'opéra où, en prévision du baisser de rideau et du salut qui l'accompagne, l'auteur a fait se rassembler acteurs principaux, seconds rôles et figurants. La férocité rinaldienne s'en donne à cœur joie pour camper des types imaginaires aux traits, pour certains, assez reconnaissables, mais avec, en contrepoint, cousins parigots des figurants de province, le petit peuple des grooms, larbins, gigolos et filles du trottoir, pigistes à la manque et poètes sans œuvre. Rinaldi reste un des rares à entretenir la flamme d'une littérature digne de ce nom, celle qui ne paraphrase pas le monde, mais le pare, avec des mots frottés comme des silex, d'un éclat qu'il n'avait pas ou que notre œil casanier ne voyait plus. Angelo Rinaldi, romancier et critique littéraire, est membre de l'Académie française. Il a reçu pour l'ensemble de son œuvre le prix Prince-Pierrede-Monaco.


- Latham
de Christine Lapostolle
Éditions Flammarion / Février 2012


Dans une exposition à Paris, une femme tombe sous le charme d'une photographie: un jeune homme fume une cigarette au loin sur les flots, sur un étrange radeau. C'est Hubert Latham, un des pionniers de l'aviation, dandy et aventurier du siècle dernier, perdant superbe qui échoua, sourire aux lèvres, dans la traversée de la Manche. Le "livre autour du rêve de voler" peut s'écrire. Les recherches de la narratrice autour de Latham, qui l'accompagne comme un ami intime, vont la conduire à Sangatte. Sangatte d'où Latham avait choisi de s'envoler, devenu aujourd'hui le symbole du destin contrarié, de l'impossibilité de traverser, du sort cruel des migrants condamnés à l'immobilité. À travers la figure romanesque de Latham, Christine Lapostolle nous livre une méditation empreinte de poésie et de nostalgie sur les rêves de liberté brisés et les destins humains.


- Lettre à Zohra D.
de Danielle Michel-Chich
Éditions Flammarion / Février 2012


Le 30 septembre 1956, Danielle Michel-Chich a cinq ans et déguste une glace en compagnie de sa grand-mère lorsqu'une bombe explose au Milk-Bar de la rue d'Isly à Alger. L'attentat fait un carnage dans ce café bondé à l'heure du retour de la plage, une veille de rentrée des classes. Danielle perd sa grand-mère, ainsi que sa jambe gauche dont elle apprend rapidement à se passer. Et sa tranquillité d'enfant, à jamais. Cinquante-cinq ans plus tard, le souvenir de ce moment violent semble intact. Danielle Michel-Chich écrit à Zohra Drif qui avait vingt ans lorsqu'elle déposa la bombe meurtrière, habillée en élégante jeune femme européenne et qui est aujourd'hui avocate à la retraite, toujours sénatrice, vice-présidente du Conseil de la nation et figure historique du FLN. "Je n'ai toujours pas de colère ni de rancœur. Ce que je veux en écrivant cette lettre, c'est me réconcilier avec l'émotion que je n'ai jamais eue. Pour qu'hier ne m'empêche pas de vivre aujourd'hui j'ai construit toute ma vie sur une version mezzo voce de l'histoire. Sans doute en ai-je suffisamment accompli aujourd'hui pour accepter le son de ma voix. À la veille du cinquantenaire de la fin de la guerre et de l'indépendance de l'Algérie, j'ai envie de faire entendre une voix discordante et autonome, sans pour autant alimenter le fond de commerce de l'aigreur ou d'un groupe partisan. Je n'ai pas pleuré hier; je ne vocifère pas aujourd'hui".


- Madame B., ma seconde mère
de Daniel Prévost
Éditions Cherche Midi / Février 2012


Daniel Prévost se retourne vers son passé, sa petite enfance et son adolescence, et nous dresse avec tendresse le portrait d'une femme qui, par sa présence bienveillante, lui fit don des rares moments de lumière de ses jeunes années. Cette femme, c'est madame B., comme il l'écrit pudiquement. Elle était la directrice de son école primaire. Pleine de bonté et de générosité, elle le sortit avec douceur d'un contexte familial délétère. Elle fut pour lui un refuge permanent. Et Daniel Prévost n'hésite pas à écrire d'elle qu'elle était une "sainte laïque".


- Madame Hemingway
de Paula McLain
Éditions Buchet Chastel / Février 2012


Chicago, octobre 1920. Dans la ville qui vibre sur les derniers airs de jazz de la Nouvelle Orléans, la douce Hadley Richardson rencontre un garçon de vingt ans, grand et svelte, cheveux noirs et yeux noisette, avec, sur la joue droite, une fossette irrésistible. Il s'appelle Ernest Hemingway et méduse l'assistance avec ses récits sur la Grande guerre dont il est rentré blessé à la jambe pour avoir tenté de sauver des vies en Italie. Hadley qui ignore tout du jazz mais joue Rachmaninov avec passion succombe à l'air bravache et aux regards de braise du jeune homme. Elle a vingt-huit ans. Mariés en un éclair, follement amoureux, les Hemingway embarquent le 8 décembre 1921 à bord du Leopoldina pour Paris la trépidante où ils se retrouvent vite au cœur d'une "génération perdue" d'écrivains expatriés qui compte déjà Gertrude Stein, Ezra Pound, James Joyce, F. Scott et Zelda Fitzgerald. Entre l'alcool qui coule à flots, la guerre des ego et la beauté des femmes qui l'entourent, Ernest travaille péniblement à ce qui sera bientôt Le soleil se lève aussi. Son premier roman lui apportera fortune et consécration. Mais à quel prix? Hadley, qui s'acharne à rester fidèle à ses valeurs, saura-t-elle répondre à ses exigences et rester sa muse, sa complice, son épouse, face à la belle et perfide Pauline Pfeiffer?


- Mauvais signe
de Bernard du Boucheron
Éditions Gallimard / Février 2012


"J'ai été projetée hors de la banquette par une embardée accompagnée d'un bruit terrifiant. Des objets-projectiles sortaient de partout. J'avais oublié je ne sais où un gros pot de miel qui est allé s'écraser contre le plafond. Le radio-compas, arraché de son support, a été lancé sur la banquette que je venais de quitter, à côté de l'endroit où se trouvait ma tête un instant auparavant. J'ai eu en un éclair la conscience de l'enjeu". Une femme, deux hommes. Elle aime son mari, qui la trompe et s'amuse d'elle. Elle méprise son amant, dont le désir est exaspéré par les humiliations subies. Une croisière à trois et la rencontre d'une tempête vont les révéler à eux-mêmes. On retrouve ici le style tranchant et glacial de Bernard du Boucheron, sa précision dans la description des passions extrêmes.


- Mon ami Jésus
de Lars Husum
Éditions JC Lattès / Février 2012


Je catapulte le cendrier contre sa tête et, bong, vise à la perfection, l'arme improvisée lui percute le crâne de plein fouet. Il reste d'aplomb mais, de douleur, se touche l'arrière de la tête. Que fait-on quand Jésus fait irruption chez soi, en pleine nuit, sans crier gare? Nikolaj n'y réfléchit pas à deux fois, il l'assomme. Après la mort de sa mère, célèbre chanteuse adulée dans le pays tout entier, Nikolaj entre dans une spirale de violence et d'autodestruction. Pendant dix ans, sa sœur aînée tente désespérément de le protéger de lui-même et du monde extérieur. Mais Nikolaj se bagarre avec tout ce qui se trouve en travers de son chemin. Jusqu'à ce qu'il rencontre un grand barbu en sandales. Cet homme-là le pousse à devenir meilleur.


- Montagnes d'une vie
de Walter Bonatti
Éditions Flammarion / Février 2012


Walter Bonatti, le célèbre alpiniste et explorateur italien, a marqué les esprits par ses ascensions incroyables et ses écrits. En 1996, il publie pour la première fois ses mémoires, dont chaque chapitre est consacré à l'une des montagnes qui a forgé son caractère et jalonné sa carrière: le Grand Capucin, le K2, les Grandes Jorasses, le Cervin, les sommets de Patagonie et le massif du Mont-Blanc, où Bonatti frôla la mort et sauva des vies. Il y explique également pourquoi il a mis fin à sa carrière en 1965 et s'interroge sur l'évolution de l'alpinisme. Walter Bonatti est décédé en septembre 2011. "L'aventure est un engagement de l'être tout entier et sait aller chercher dans les profondeurs ce qui est resté de meilleur et d'humain en nous. Quand le paquet de cartes n'a pas été truqué pour gagner à tous les coups existent encore le jeu, la surprise, l'imagination, l'enthousiasme de la réussite et le doute de l'échec. L'aventure".


- No man Iceland
de Damien Artero
Éditions Flammarion / Février 2012


Tombé sous le charme de l'Islande lors d'un premier périple, Damien Artero décide d'y retourner avec sa compagne et leur petite fille de neuf mois. Devenir parent n'a pas fait renoncer le jeune homme à ses voyages, et les voilà tous trois sillonnant le pays pendant plusieurs mois, une petite carriole accrochée au tandem. Un voyage à la rencontre des Islandais, si chaleureux derrière leur réserve apparente? Pas seulement. Damien Artero veut aussi découvrir les croyances de cette contrée mystérieuse et donner la part belle à l'imaginaire en partant à la découverte du "peuple invisible" (elfes et trolls). Émaillé d'anecdotes, de témoignages hauts en couleur, de paysages somptueux, No Man Iceland est un récit vivant et profond, qui invite à découvrir un pays méconnu, tout en s'interrogeant sur le sens et les difficultés du voyage en famille.


- Onze ans avec Lou
de Bernard Chapuis
Éditions Stock / Février 2012


Jean Dulac a huit ans quand il débarque avec sa famille dans un immeuble des boulevards circulaires à Paris. C'est l'année de la mort de Staline et du couronnement de la reine d'Angleterre. Les Dulac viennent de passer trois ans à Singapour où Lou, le père de Dulac, était l'attaché naval français auprès du gouverneur britannique. Une maison blanche au milieu des fleurs, avec cuisinier, chauffeur, femme de chambre, amah chinoise. Les enfants jouent au docteur et les adultes au tennis. À Paris, Dulac est dépaysé. Persuadé qu'il y avait un roi de France, il baragouine le français avec l'accent anglais. On l'inscrit dans un cours privé où les pères de ses copains sont comte, marquis, duc, prince et même maharadjah. Dulac est particulièrement indiscret. Il vit à l'affût des mystères de la planète Dulac. Il se poste à la porte derrière laquelle sa mère et quelques habitués fument l'opium. Peu à peu, Dulac découvre la face cachée des Dulac. Au fil du temps, des nuages apparaissent. La famille a du mal à joindre les deux bouts et à préserver un bonheur qui s'effrite. Jean persiste à lorgner la coulisse des adultes à ses risques et périls, au fil des parties de chasse ou des soirées d'opium. Refusé en sixième, envoyé chez une psychologue, il passe ses vacances chez des aristocrates, dans un château à la campagne. À l'automne, Lou se montre de plus en plus silencieux. Un deux janvier au matin, il se tue dans la cave de l'immeuble. Jean Dulac a passé onze ans avec Lou.


- Paroles de résistances
de Michel Piquemal
Éditions Albin Michel / Février 2012


Chaque époque suscite ses "indignez-vous", ses révoltes, ses batailles contre les injustices, l'arbitraire ou la volonté de soumission des pouvoirs. Une trentaine de textes parcourent ici le chemin des résistances contemporaines: contre le nazisme, l'apartheid, l'écrasement de la république espagnole, le coup d'état militaire chilien, l'arrogance des nantis. Pacifistes, peuples opprimés, ouvriers spoliés, opposants politiques réprimés, sans logis, d'innombrables résistants puisent une indomptable énergie pour ne pas laisser faire, ne pas courber l'échine, secouer les chaînes, désobéir aux injonctions de passivité, de silence ou de douillet endormissement. Ces textes engagés d'écrivains d'aujourd'hui ou d'hier (Martin Luther King, Rosa Luxemburg, Giono, Mahmud Darwich, Stéphane Hessel …) clament l'impérieuse nécessité de toujours se lever et faire face.


- Petit frère l'orage
de Marieke Aucante
Éditions Albin Michel / Février 2012


Mis au monde par un chirurgien incompétent, Denis est né "tout noir". Il est atteint d'une encéphalopathie gravissime, qui va se doubler au fil des ans d'une hémiplégie, puis d'une épilepsie chronique. La narratrice est sa sœur aînée. Elle a grandi avec le poids de ce handicap qui terrasse tous les membres de cette famille d'agriculteurs solognots. Pourtant, l'histoire de la cohabitation avec ce frère-boulet, avec tous les drames et les tracas quotidiens qui s'ensuivent, est une histoire pleine de tendresse pour cet être difforme et bouleversant "qui s'accroche à la vie comme l'écureuil à son arbre". L'auteur réussit le tour de force de nous faire parfois sourire et même rire malgré tout ce malheur: ce boulet de Denis devient presque léger, il devient notre petit frère. Et quand, il finit par disparaître à 51 ans, on comprend avec la narratrice que ce n'est pas là "un soulagement, la fin d'un cauchemar", comme le lui suggèrent des amis, mais la fin d'un bonheur. Comme elle, nous en étions arrivés à croire Denis éternel, il nous avait transmis son humanité salvatrice.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 16:18

- Saints et Pécheurs
de Edna O'Brien
Éditions Sabine Wespieser / Février 2012


Qu'elle évoque, dans Rois de la pelle, ces Irlandais venus à Londres creuser les canalisations, qu'elle explore le trouble de la sexualité chez une vieille logeuse dans Pécheurs, qu'elle suive la trace d'un activiste politique juste sorti de prison dans Fleur noire, qu'elle nous fasse partager, dans Georgette verte, les rêves déçus d'une petite fille invitée avec sa mère dans la plus jolie maison du bourg, ou qu'elle nous entraîne, avec Vieilles blessures, la dernière et la plus poignante des nouvelles de ce recueil, sur une île du Shannon dont le cimetière est l'enjeu d'une querelle familiale, Edna O'Brien, hormis avec Manhattan pot-pourri, haletante autopsie d'un coup de foudre, enracine son livre dans la terre d'Irlande. Tous de passion, de beauté et de chagrin contenus, ces onze textes courts sont autant de joyaux où le lyrisme de l'écrivain distille une sourde émotion. Son attention aux moindres détails, sa sensibilité exacerbée aux hommes et à la nature illuminent d'une grâce singulière les fortes histoires qui font le destin souvent tragique de ses personnages.


- Second tour ou les bons sentiments
de Isabelle Monnin
Éditions JC Lattès / Février 2012


"Vous étiez là pour mes vingt ans, accompagnez-moi pour mon passage à la cinquantaine. Nous ferons la fête le 5 mai 2012 à partir de 20 heures, et le lendemain, mes amis, nous gagnerons la présidentielle. Jipé". 5 mai 2012. Demain aura lieu le second tour de l'élection présidentielle mais ce soir, dans la fébrilité de cette attente, Jipé fête ses cinquante ans. Pour l'occasion, il a invité les amis de ses vingt ans, ceux avec qui il fêta aussi la victoire de François Mitterrand le 10 mai 1981. Parmi les hôtes excités par l'enjeu électoral, Pierre et Jeanne. Ils ne se sont pas vus depuis trente ans mais n'ont rien oublié de l'amour qui les avait fait trembler alors. Pierre a été photographe de guerre, il a arpenté la planète comme on erre, pour fuir une famille en morceaux et le souvenir entêtant de Jeanne. Jeanne, la voilà, prisonnière de ses choix de jeunesse et d'un mariage à qui elle a abandonné ses rêves de jeune fille engagée. Tous deux à vingt ans pensaient enchanter le monde. Ils ont cinquante ans déjà et les désillusions parsèment leurs chemins. Lorsque l'aube se lèvera sur une journée où le cours de l'histoire peut changer, auront-ils réussi à renouer avec l'espoir et le romantisme de leur jeunesse? Ou sont-ils condamnés, à l'image de leur génération, à n'être que les orphelins honteux de ce que les cyniques appellent leurs "bons sentiments"? Second tour est un roman politique et un roman d'amour, à moins que ce ne soit l'inverse.


- Siam
de Lily Tuck
Éditions Jacqueline Chambon / Février 2012


Claire, une jeune Bostonienne qui vient de se marier avec un militaire un peu plus âgé qu'elle, débarque avec lui à Bangkok le 9 mars 1967, le jour même où l'aviation américaine commence à bombarder le Nord-Viêtnam à partir de ses bases thaïlandaises. Coupée de son ancienne vie dans ce pays dont elle ne sait rien, elle rencontre bientôt Jim Thompson, un célèbre entrepreneur américain, fondateur de la Thai Silk Company. La disparition de Thompson, quelques semaines plus tard, donne lieu à de nombreuses spéculations, aussi contradictoires que perturbantes pour elle. Car Claire est tombée sous le charme de cet homme, dont la distinction, l'élégance, la culture tranchent avec son quotidien. Déstabilisée tout à la fois par les silences pesants de son mari, sur son activité, la situation géopolitique et la disparition de Thompson, par un environnement violemment inhabituel et par une solitude plus subie que choisie, Claire devient la proie d'obsessions et d'inquiétudes qui, toutes, la ramènent vers Jim Thompson. À sa manière maladroite, inquiète, Claire, une héroïne de Joan Didion dans l'Orient de Graham Greene, se lance alors dans une sorte de quête naïve, éperdue, d'une vérité inaccessible. Basé sur un fait divers réel (Lily Tuck a connu Jim Thompson), moralement imprégné du désastre que représenta pour les États-Unis leur implication militaire en Asie du Sud-Est, Siam est le roman tranchant, tragique, élégant, d'une innocence perdue.


- Solitudes
de Anne Bragance
Éditions Presses De La Cité / Février 2012


Une femme regarde un homme qui regarde la télévision. Il s'appelle Grégoire et passe ses journées, de l'autre côté de la rue, à s'empiffrer, assis dans un fauteuil face à ses écrans. Elle s'appelle Pénèle et, parce qu'elle est seule, parce qu'elle s'ennuie, elle observe son étrange voisin avec une curiosité qui bientôt devient intérêt obsédant. Dès lors qu'elle fait de Grégoire le centre de sa vie, Pénèle l'espionne du matin au soir et se donne pour mission d'assurer le salut de cet homme prisonnier de sa geôle d'images et enkysté dans ses rituels solitaires. Emportée par sa passion naïve, elle va concevoir un projet merveilleux afin d'atteindre son objectif. Mais chacun sait que le Mal s'amuse parfois à travailler dans le camp du Bien.


- So shocking !
de Alan Bennett
Éditions Denöel / Février 2012


Mrs Donaldson et Mrs Forbes ont la cinquantaine. Mariées et mères de famille, elles sont ce que l'on pourrait appeler des "femmes respectables" de la middle-class anglaise. La première, vieille dame effacée que le veuvage vient de libérer d'un mariage trop ordinaire, s'apprête à goûter à la solitude altière et digne à laquelle son nouveau statut la prédispose. La seconde, matrone surprotectrice, a des idées bien arrêtées sur tout, et voit d'un œil critique les noces de son fils Graham, conseiller bancaire séduisant et passablement narcissique, avec la disgracieuse Betty. Mais voilà qu'un souffle libertin vient bousculer ce havre de respectabilité petit-bourgeois. Mrs Donaldson devient la logeuse de deux étudiants en médecine qui, en fait de loyer, offrent leurs ébats sexuels à ses regards voyeuristes. Quant à Mrs Forbes, il faut toute la ruse de son entourage pour lui camoufler les frasques de son fils, homosexuel non avoué, qui assouvit ses pulsions en louant les services d'un prostitué. Fantaisie impertinente sur une libération sexuelle tardive et farce familiale qui vire au macabre se mêlent ici pour un régal de lecture impudique et subversive.


- Sous le vent
de Joe G. Pinelli et Jean-Bernard Pouy
Éditions JC Lattès / Février 2012


Dans la petite école de Bothoa, au cœur de la Bretagne, un jeune élève, Pol, s'ennuie. Il observe les cartes accrochées aux murs et rêve d'un ailleurs, un monde où le vert ne dominerait pas, où les fruits seraient gros et juteux, où le vent serait chaud. Il se persuade que le jour où il faudrait partir, car un jour ou l'autre un Breton doit s'en aller, il choisirait la main du hasard. Il accrocherait lui aussi une carte au mur, il prendrait une fléchette, la lancerait et se jurerait d'aller là où la pointe d'acier se ficherait. Des années plus tard, le moment est venu pour Pol de partir. La pointe de la fléchette se plante en plein Pacifique. Alors, sans réfléchir, Pol fait vite son baluchon et s'en va, un petit matin aussi flamboyant que ses souvenirs. Là-bas, il rencontre Maeva. "Il ne savait pas s'il aimait Maeva. L'amour, ici, ne supportait pas une nouvelle saison. Le printemps n'existait pas dans les îles, la montée de la sève ne régulait pas les sentiments. Il n'y avait que la saison des pluies où l'on pleurait beaucoup et la saison sèche qui tarissait les larmes".


- Traité de la vie élégante
de Honoré de Balzac
Éditions Payot & Rivages / Février 2012


L'idée même a quelque chose de chic: Balzac, rédacteur à La Mode, accepte d'écrire une sorte d'étude sur les manières et les vêtements. Il est déjà le grand génie que son destin l'appelle à être, mais il a encore les manières, le piquant, l'ironie du journaliste parisien, capable d'asséner de fausses vérités et de se moquer de lui-même. Son texte d'observation s'adresse aussi bien à la jeune recrue qui fait ses premiers pas dans la promenade sociale, qu'aux tenants confirmés du bon goût qui y reconnaîtront leur expérience. Avec la Théorie de la démarche, l'analyse gagne les terrains du geste et du mouvement, car l'élégance ne connaît pas les étroites limites de la matière. Passant du dandysme le plus maîtrisé aux considérations de toilette les plus quotidiennes, le romancier scanne avec humour les manières de faire briller de tous ses feux la noble apparence humaine, jusqu'à ce qu'elle flambe, délicieusement consumée par sa propre image.


- Un autre monde
de Barbara Kingsolver
Éditions Payot & Rivages / Février 2012


Né aux Etats-Unis, élevé au Mexique, Harrison William Shepherd n'a jamais trouvé de foyer. Les petits carnets qu'il tient chaque jour sont sa seule raison d'être. Au hasard de ses déambulations sur un marché de Mexico, dans les années 30, il croise une femme couverte de bijoux et de tissus bariolés qui l'ensorcelle. Il ne sait pas qu'elle est peintre, qu'il va devenir son cuisinier et son confident. Et qu'elle va instiller en lui un incroyable souffle de vie. C'est ainsi qu'il pénètre dans la maison de Frieda Kahlo et de Diego Rivera et rencontre Trotsky en exil. Shepherd lie, malgré lui, son sort à l'art et la révolution.


- Un enfant ou une voiture
de Julie Resa
Éditions Buchet Chastel / Février 2012


Ils en avaient rêvé. Quitter Paris. Quitter le bruit, la pollution et la fatigue. Trouver une maison en province. Près d'une ville où ils auraient leur boulot. Retrouver les plaisirs simples de la convivialité, de la nature... Avoir enfin cet enfant. Il était temps. Babette approchait des quarante ans. Oui, mais la réalité ne ressemble pas vraiment à leur rêve. Paul n'a pas trouvé un travail à moins d'une heure et demie de train, quand tout va bien. Épuisé, Paul décide, un soir de grand retard ferroviaire, d'acheter une voiture. Babette pensait tomber enceinte très vite. Elle, que le sujet avait longtemps laissée indifférente, est devenue d'une obsession maladive. Cela fait presque deux ans maintenant qu'ils sont à Chambéry. Chacun, de son côté, bâtit son château en Espagne. Un enfant ou une voiture. Les deux n'étaient pourtant pas incompatibles. En théorie du moins. Le rêve de la province: une vie sans stress, une maison et un joli jardin. Avec finesse et humour, Julie Resa évoque les illusions d'une génération.


- Un jour
de David Nicholls
Éditions 10-18 / Février 2012


15 juillet 1988. Emma et Dexter se rencontrent pour la première fois. Tout les oppose, pourtant ce jour marque le début d'une relation hors du commun. Pendant vingt ans, chaque année, ils vont se croiser, se séparer et s'attendre, dans les remous étourdissants de leur existence. Un conte des temps modernes ou la splendeur d'aimer a fait chavirer le monde entier.


- Une dangereuse emprise
de Araminta Hall
Éditions Belfond / Février 2012


Jeune maman débordée en pleine crise conjugale, Ruth Donaldson reprend espoir le jour où elle embauche Agatha. En un rien de temps, Agatha réorganise la maison, plante un petit potager, persuade Betty, cinq ans, de faire ses nuits dans son lit et parvient même à apprivoiser le petit Hal qui, à trois ans, n'a toujours pas prononcé un mot. Bref, la baby-sitter parfaite. Un peu trop parfaite. Car tout à son soulagement de pouvoir souffler et se consacrer de nouveau à son job et à son mari, Ruth ne réalise pas qu'Agatha a autre chose en tête que le bien-être des petits. Et que derrière ce masque de perfection se cache une personnalité troublée prête à tout pour exercer sa dangereuse emprise.


- Une simple mélodie
de Arthur Phillips
Éditions Cherche Midi / Février 2012


Julian Donahue a toujours aimé la musique. Il est pourtant aujourd'hui à cet âge où l'on commence à ne plus connaître le nom des nouveaux groupes, où l'on se sent vieux, très vieux même, dans une boîte de nuit, où l'on réalise que la jeune fille que l'on dévisage n'était pas encore née lorsque nos albums préférés sont sortis. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir un véritable coup de cœurs pour une jeune chanteuse irlandaise, Cait O'Dwyer, entendue par hasard un soir dans un petit club de Brooklyn. Une relation virtuelle étrange se noue alors, nourrie d'e-mails et de SMS. Cait, dont la carrière est en train de décoller, est vite séduite par cet étrange inconnu qui semble la comprendre mieux que personne mais qui refuse obstinément de la rencontrer. Après des débuts enthousiastes, cette liaison pas comme les autres ne va cependant pas tarder à se transformer en jeu dangereux.


- U. S.!
de Chris Bachelder
Éditions Sonatine / Février 2012


Upton Sinclair est l'archétype de l'écrivain de gauche engagé. Activiste, fondateur du mouvement EPIC (End Poverty In California), l'auteur de La Jungle et de Pétrole., dont a été tiré le film There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson, a souvent été qualifié de Zola américain. S'il est décédé en 1968, à l'âge de 90 ans, il partage néanmoins avec les idéaux socialistes le mérite de ne jamais être complètement mort. De fait des nostalgiques de la grande époque de la gauche américaine ont le pouvoir de faire renaître Upton de nos jours, dans un pays, les États-Unis, où plus que jamais le besoin d'une conscience sociale se fait sentir. Mais les suppôts du capital veillent et la droite musclée, consciente du risque que représenterait un nouvel évangile de gauche, n'a de cesse de traquer l'écrivain pour le supprimer. Upton Sinclair et le socialisme américain ont-ils vraiment un avenir? Aussi paradoxal que cela puisse paraître, U. S.. est un roman politique désopilant. Servi par une écriture inventive, baroque et déjantée, une imagination stupéfiante et un humour noir corrosif, ce livre dresse un constat sans appel de l'état de la société libérale et de son rapport aux utopies.


- Villa Diamante
de Boris Izaguirre
Éditions Presses De La Cité / Février 2012


Beaux quartiers de Caracas, 1935. Alors qu'Irène et sa sœur Ana Élisa préparent Noël en famille, leur maison est investie et saccagée par la foule qui célèbre la mort du dictateur dont leur père, Alfredo, est partisan. Incapable de surmonter cette humiliation, Alfredo meurt, tandis que sa femme sombre dans une profonde dépression. Les fillettes sont recueillies par leurs voisins, qui rapidement font main basse sur leurs biens. Irène est promise au fils aîné, alors qu'Ana Élisa est cantonnée aux tâches domestiques. C'est tragiquement que celle-ci échappe à sa condition et s'enfuit pour Trinidad.


- À cause d'un baiser
de Brigitte Kernel
Éditions Flammarion / Janvier 2012


"Elle était si parfaite, comment avais-je pu soudain aimer une autre personne? Que deux coups de téléphone, un déjeuner, un baiser, un seul baiser et quelques caresses remettent à ce point ma vie, notre vie, en question? Qu'est-ce qui m'avait pris de dire aussi vite à Léa: J'ai embrassé une autre femme? La greffe avait pris, en un baiser. Un baiser qui avait duré plus de deux heures et les mains, les doigts de Marie, sous mon pull, sur ma poitrine. Il m'avait semblé que ma vie basculait. Et maintenant comment faire? Léa, Marie; Marie, Léa. Peut-on donc l'espace d'un court moment, ou même d'un temps plus long, aimer deux personnes à la fois".


- Alice
de Judith Hermann
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


Quand un proche disparaît, on oublie son apparence, sa manière de parler, de sourire, de déambuler dans la vie. Même si l'on croit parfois l'apercevoir dans la dernière voiture d'un tramway, sur un escalier roulant, au feu rouge sur le trottoir d'en face.


- American music
de Jane Mendelsohn
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2012


Honor soigne Milo, un soldat blessé, hanté par la guerre d'Irak. Quand la jeune femme pose les mains sur son dos brisé, des images puissantes, étranges, les envahissent tous les deux, réminiscences d'un passé qui n'est pas le leur. "Puis sa main était remontée jusqu'au cou et elle avait vu d'autres apparitions. Des personnes qui se mouvaient en musique, couples scintillants sur une piste de danse". Un mariage menacé dans les années 30, une photographe des années 60, une adolescente décidée à garder l'enfant qu'elle porte, et un amour interdit dans la Turquie du XVIIe siècle, à l'origine d'une musique emblématique de l'Amérique, le swing. Explorant la mémoire des corps et les blessures enfouies, Jane Mendelsohn livre un roman délicat, onirique et bouleversant.


- Arcadia
de Lauren Groff
Éditions Plon / Janvier 2012


Ridley est l'enfant d'un rêve, premier né d'une communauté hippie des années 1960. Il grandit comme il respire, le monde est son terrain de jeux. Car le monde se finit aux portes d'Arcadia. Respect de la nature, autosuffisance, amour libre: Arcadia se veut une grande famille, chaleureuse et libertaire. Mais la réalité est plus compliquée. Et plus la communauté grandit, plus l'utopie s'éloigne: les parents négligent leurs enfants, la drogue embrume les esprits, les tensions minent l'équilibre des origines. Jusqu'à l'implosion. Hors d'Arcadia, il faudra vivre dans les forêts d'immeubles new-yorkaises, ouvrir les yeux sur les dérives du rêve déchu, gagner sa vie, être père et accepter le réel. Mais l'idéal des commencements, l'amour et la paix, Ridley ne les perdra jamais vraiment, les portera jusque dans le monde, les concrétisera à sa manière, douce et honnête, profondément humaine.


- Astrid et Veronika
de Linda Olsson
Éditions L'Archipel / Janvier 2012


Veronika, écrivain, la trentaine, quitte la Nouvelle-Zélande pour revenir en Suède, son pays natal, afin de se reconstruire et d'y achever son roman. Elle loue une maison isolée en pleine campagne, avec pour seule voisine une vieille dame, Astrid, une octogénaire qui vit en quasi-ermite et l'observe s'installer avec retenue. Au fil des saisons, les deux femmes nouent pourtant une amitié improbable qui va bouleverser leur vie. Par petites touches, elles se racontent les drames de leurs vies et leurs inavouables secrets. Ce faisant, elles se libèrent du poids du passé et, surtout, réussissent à se souvenir des belles choses qu'elles croyaient oubliées à jamais: un sourire, une musique de Brahms, la beauté de l'amour.


- Autogenèse
de Erwan Larher
Éditions Michalon / Janvier 2012


Il se réveille, nu, dans une maison isolée. Il ne se souvient plus de rien. Il se lance dans le monde, à la recherche de son passé et de son identité. C'est un destin qu'il trouvera, agrémenté d'une mystérieuse Ange-Gardien à la gâchette facile, d'un journaliste schizophrène, d'un bienfaiteur sans scrupules. Dans son turbulent sillage, les trajectoires se déjettent, pas toujours en douceur. D'exclu amnésique, jouet du hasard, nom de code Icare, il devient maître du jeu. Mais certains n'ont pas l'intention de le laisser faire. Roman picaresque et politique, Autogenèse interroge sur la folie et la grandeur des hommes, entrelaçant parcours singuliers et Histoire en marche. Peut-on (se) construire en misant sur le bon sens contre les passions, les émotions? Peut-on (se) bâtir sans mémoire?... et qui est ce diable d'Icare?


- Avant
de J. B. Pontalis
Éditions Gallimard / Janvier 2012


"Quand il nous arrive de dire "C'était mieux avant", sommes-nous des passéistes en proie à la nostalgie d'une enfance lointaine, d'une jeunesse révolue, d'une époque antérieure à la nôtre où nous avons l'illusion qu'il faisait bon vivre? À moins que cet avant ne soit un hors-temps échappant au temps des horloges et des calendriers. Je me refuse à découper le temps. Nous avons, j'ai tous les âges". J. B. Pontalis


- Brian Evenson
de Baby Leg
Éditions Cherche Midi / Janvier 2012


Kraus, un homme mystérieux amputé d'une main, se réveille, un matin, amnésique, dans une cabane au milieu de la forêt. Il est hanté par la vision d'une femme avec une hache, dotée d'une jambe normale et d'une jambe de bébé. Il découvre alors, dans un village voisin, le portrait d'un individu recherché qui lui ressemble étrangement. Les hommes qui le poursuivent sont à la solde d'un certain docteur Varner.


- Brune. Moi, Flora Tristan
de Nicole Avril
Éditions Plon / Janvier 2012


Je l'imagine. Brune comme une héroïne romantique. Ardente et intense. Flora Tristan. Sa rencontre a marqué ma vie. Son histoire dans l'Histoire est un roman. Née à Paris en 1803, de mère française et de père péruvien, elle s'embarque, seule femme à bord, quatre mois en mer et le cap Horn en prime, pour faire valoir ses droits auprès de sa riche famille paternelle qui l'a abandonnée. Au Pérou, elle découvre la passion, la violence et l'esclavage. Autodidacte, elle écrit à son retour Pérégrinations d'une paria. Jaloux de son succès, son mari lui tire une balle dans le dos, qui restera fichée à deux doigts de son cœur. Prophète et amoureuse, cette aventurière de l'absolu a inventé son destin. Flora Tristan est la première femme à lire dans la révolution industrielle anglaise l'avenir de la France. La première à établir un lien entre socialisme et féminisme. La première à entreprendre un épuisant tour de France pour unir la classe ouvrière et libérer les femmes. Elle n'est pas notre contemporaine. Flora Tristan nous devance.


- Ce qu'il advint du sauvage blanc
de François Garde
Éditions Gallimard / Janvier 2012


Au milieu du XIXe siècle, Narcisse Pelletier, un jeune matelot français, est abandonné sur une plage d'Australie. Dix-sept ans plus tard, un navire anglais le retrouve par hasard: il vit nu, tatoué, sait chasser et pêcher à la manière de la tribu qui l'a recueilli. Il a perdu l'usage de la langue française et oublié son nom. Que s'est-il passé pendant ces dix-sept années? C'est l'énigme à laquelle se heurte Octave de Vallombrun, l'homme providentiel qui recueille à Sydney celui qu'on surnomme désormais le "sauvage blanc".


- Cœur de Napalm
de Clara Usón
Éditions JC Lattès / Janvier 2012


À 14 ans, Fede n'est ni tout à fait un enfant ni tout à fait un homme, il est gros, grossier, mal dans sa peau, sauf quand il écoute les Sex Pistols, son groupe préféré, et surtout son bassiste Sid Vicious. Ilvit à Santander entre son père et sa belle-mère mais il n'a qu'un rêve, retrouver sa mère qui vit à Barcelone. À Barcelone vit aussi Marta, une jeune peintre qui s'épuise à vouloir se faire un nom dans le milieu très fermé de l'art contemporain. Elle qui n'aime ni boire ni se coucher tard court les soirées mondaines pour nouer des contacts nécessaires mais toujours décevants. Faute d'argent ou d'idées, elle accepte de réaliser des toiles pour un des grands noms de la peinture que la vieillesse empêche de continuer. Lors d'une exposition, elle rencontre Juan, il est juge pour enfants, sérieux, rangé et amoureux. Fede retrouve sa mère, Marta l'amour et la sécurité. Mais rien ne se passe comme ils l'espéraient.


- Commandeur des incroyables et autres honorables correspondants
de Jacques A. Bertrand
Éditions Julliard / Janvier 2012


Jacques A. Bertrand adresse ce récit à quelques autorités supérieures dont il voudrait attirer l'attention, non sans ironie, sur certaines pratiques déplorables. Savent-ils bien, ces êtres d'exception, que les humains, non contents de s'entretuer (ce qui pourrait paraître suffisant) ont une fâcheuse tendance à s'infliger par-dessus le marché d'abominables souffrances? Il a des preuves, le narrateur, il connaît des histoires... Qu'il nous raconte au cours d'une balade dans différentes époques, mélancolique et ponctuée d'humour (sans lequel le tragique humain ne serait pas supportable). Trois récits emblématiques ponctuent une série de lettres ou l'auteur prend à partie, toujours respectueusement et en toute amitié, ses interlocuteurs imaginaires, esprits et somme de toute vie, symboles de sagesse millénaire. Comment expliquer tant d'horreur? Au début du siècle dernier, un jeune ouvrier italien est torturé dans un refuge de montagne après le meurtre d'un marchand de bois querelleur. Plus tard, on suit le parcours sanglant d'un exécuteur de basses œuvres à la fin de la Seconde Guerre Mondiale dans une campagne française. Dans le Nouveau Monde, sous prétexte de commerce et de propriété terrienne, colons français, britanniques, puis américains, autochtones hurons et algonquins se massacrent autour des Grands Lacs. Et l'ancien monde n'est pas en reste...


- Comme un frère
de Stéphanie Polack
Éditions Stock / Janvier 2012


Partie sur les traces de son histoire familiale, une jeune femme poursuit le souvenir d'un condamné à mort: un garçon de 24 ans embarqué dans un braquage suicidaire en 1954. La postérité a retenu qu'il avait retrouvé la foi en prison. La justice en a fait un monstre, l'église a voulu en faire un saint. Qui était-il? Que cherchait-il? Ce garçon s'appelait Jacques Fesch, c'est l'oncle de la narratrice. Un oncle fantasmé qu'elle n'a jamais connu et dont la légende la hante. Alors qu'elle plonge dans les années 1950, tentant de comprendre le parcours de cet homme insaisissable, ses questions virent à l'obsession et font resurgir des chagrins enfouis. Comme un frère est l'histoire d'un fantasme et d'une quête. Un road movie intime. C'est l'histoire d'un frère inventé, maudit, l'histoire d'une rencontre impossible. Stéphanie Polack a publié en 2007 un premier roman remarqué, Route royale, où elle faisait entendre sa voix singulière. C'est cette même voix, cette même énergie, cette même âpreté que l'on retrouve dans Comme un frère, qui confirme son talent.


- Dans le square
de Martin Belskis
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2012


"Le monde-tel-qu'il-est, la vie-comme-elle-vient, la réalité banale et sordide sont toujours là, qui nous bouchent la vue de l'esprit, cadenassent nos pensées, alors qu'il nous faudrait des livres qui nous donnent les clefs de la cellule. Les vôtres, j'en suis sûre, recèlent ces clefs". Sarah a une soif de liberté, le dégoût du banal et la radicalité pleine de fougue de ses vingt ans. Captivée par le dernier livre de Maurice R., romancier tombé dans l'oubli, elle entame avec lui une correspondance. D'épanchement en coup de griffe, les lettres du vieil écrivain et de la jeune fille deviennent le territoire où chacun met sa conscience à l'épreuve, du contemporain aux traces des années 1940, de l'exigence farouche de pureté à l'humilité devant la sensation, de la littérature à la vie et de la confidence à la trahison. Mais où finit la fidélité, où commence le reniement? Et quel est le prix à payer pour une existence lucide?


- Des hommes ordinaires
de Kjartan Flogstad
Éditions Stock / Janvier 2012


Nous sommes en 2008 en Allemagne: alors qu'Otto Nebelung enterre son ami et compagnon d'armes Paul Damaskus, fidèle défenseur du IIIe Reich, il se souvient de leur amitié. Un lycée bourgeois dans les années 1930 à Munich. Heidegger officie en tant que professeur, Geghard Himmler est proviseur et l'élite toute entière regarde Adolf Hitler, le nouveau leader de l'Allemagne, comme un prophète. Puis la guerre éclate, une guerre au nom de l'Ordre nouveau qui érige l'homme aryen en être supérieur et condamne les êtres inférieurs à l'exil ou à la mort. 1950: les nazis sont jugés, mais Otto et Paul, comme tant d'autres, parviennent à réintégrer de hautes fonctions au sein de l'administration allemande. 1960, en Norvège: le jeune Alf Magnus Mayen, fils adoptif d'un ancien collaborateur, décide de rentrer dans la police pour faire régner l'ordre et réparer l'irréparable. En pleine Guerre froide, l'ennemi communiste est partout et son élimination se pose comme le seul moyen de faire prospérer la démocratie et la paix. Grense Jakobselv, frontière entre la Norvège et l'Union soviétique, devient un lieu stratégique qu'il faut protéger à tout prix.


- Dieu, ma mère et moi
de Franz-Olivier Giesbert
Éditions Gallimard / Janvier 2012


"Je n'ai jamais eu à chercher Dieu: je vis avec lui. Avant même que je sois extrait par des spatules du ventre de ma mère où je serais bien resté, si on m'avait demandé mon avis, il était en moi comme je suis en lui. Il m'accompagne tout le temps. Même quand je dors. C'est ma mère qui m'a inoculé Dieu. Une caricature de sainte mystique qu'un rien exaltait, des pivoines en fleur aussi bien qu'une crotte de son dernier-né, au fond du pot. Je suis sûr qu'elle avait de l'eau bénite en guise de liquide amniotique. Elle exsudait la foi".


- Duchesse à l'anglaise
de Deborah Devonshire
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2012


Pas facile de se tailler une place quand on est en Angleterre la plus jeune des excentriques sœurs Mitford. L'aînée, Nancy, la romancière, fut amoureuse d'un gaulliste, la deuxième des animaux et la quatrième d'Hitler; la troisième se convertit au fascisme et la cinquième au communisme. La petite dernière épousa un cadet de famille qui devint contre toute attente onzième duc de Devonshire. Le couple s'établit à Chatsworth, ce "Versailles anglais" auquel Deborah redonna vie et qui fut sans doute son plus grand amour. Devenue veuve, elle a attendu pour publier ses mémoires de déménager dans un presbytère et de fêter ses quatre-vingt-dix ans. Parente de Churchill et du président Kennedy, la "duchesse douairière" distille l'humour Mitford dans une galerie de portraits qui, sur près d'un siècle, nous promène de son poulailler jusqu'au champ de courses d'Ascot. Avec la perspicacité d'une Jane Austen déguisée en Miss Marple, Deborah Devonshire fait plus que nous raconter sa vie: elle nous explique les bonnes mœurs de l'aristocratie britattnique et comment les transgresser.


- Du trapèze au-dessus des piranhas
de Yves Bourdillon
Éditions Anne Carrière / Janvier 2012


Fred Beaumont, 38 ans, journaliste dans un quotidien régional, décide sur un coup de tête de réaliser tous ses rêves d'adolescence en même temps: se mettre à son compte (fantasme d'un Français sur trois), retrouver un amour de jeunesse et gravir un sommet de l'Himalaya. L'affaire se complique quand, débarqué à Paris sans sa femme qui poursuit sa carrière en province, il se trouve obligé de gérer en outre la scolarité de sa cancre de fille, Chloé. Dans un registre oscillant entre l'humour et le burlesque, Fred est confronté au scepticisme de ses proches, à la férocité de ses concurrents, aux caprices de ses clients et à une bureaucratie particulièrement raffinée. Il essaye tant bien que mal de s'armer de flegme face aux imprévus et aux situations les plus loufoques. Mais il découvre qu'il est capable de relever des défis et de trouver en sa fille une complice. Sous cette comédie aux dialogues percutants perce une radiographie ironique des contradictions de la société française contemporaine, qui appelle chacun, dans les discours, à se réaliser et à prendre des risques, tout en le poussant, en réalité, à n'en rien faire. Ce roman, ancré dans le vécu, s'adresse à tous ceux qui ambitionnent de monter leur boîte, regrettent de l'avoir fait, envisagent de devenir parents, sont décontenancés de l'être, ou ont plus généralement encore un rêve de gosse tapi quelque part.


- Embrasement
de Anne Swärd
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2012


Lou grandit dans les années soixante-dix, à la périphérie d'un village suédois. Elle est la cadette d'une famille aussi nombreuse que peu ordinaire. Venus du grand Nord, ses oncles, tantes, parents et grands-parents l'entourent d'une affection protectrice, chargée des blessures du passé. Lou trouve à s'en échapper auprès du voisin, Lukas, qui vit seul avec son père. Les deux enfants se rencontrent dans l'agitation d'un incendie d'été. Lou n'a pas sept ans, Lukas est presque deux fois plus âgé. Leur amitié se tisse et aucune interdiction n'aura raison de leur attraction. Mais comme l'héroïne de leur film préféré, À bout de souffle, Lou va se révéler insaisissable. Le jour de ses dix-sept ans, elle part pour Stockholm avec le premier venu, "pour rester elle-même". Elle sait qu'en partant, elle trahit Lukas, mais elle sait aussi que parfois, il n'y pas d'autre choix pour vivre. Cracovie, Budapest, New York, Lou découvre le monde au gré des hommes rencontrés au hasard. "Méfie-toi de l'amour", lui avait toujours dit sa mère sans jamais lui expliquer pourquoi. Lou ne cessera de chercher la réponse, sans parvenir à oublier Lukas.


- Émilie, une aventure épistolaire
de Gérard Oberle
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


"Si ma rencontre avec Émilie fut fortuite, le commerce qui s'en suivit le fut beaucoup moins. La classe de quatrième devant laquelle j'étais invité à parler de mes activités d'écrivain comptait une vingtaine de collégiens. À la fin de la séance, une fillette que je n'avais pas remarquée s'est levée tout au fond de la salle où elle était assise seule. "Excusez-moi, Monsieur, j'ai lu vos trois romans. Dans les deux premiers vous parlez de votre personnage à la troisième personne. Dans le dernier, c'est lui qui raconte l'histoire, à la première personne. Pourquoi ce changement d'écriture?" La jolie brunette s'appelait Émilie et personne avant elle, aucun lecteur, ni critique, ni même l'éditeur qui avait publié mes trois romans, ne m'avait posé cette question. Quelques jours plus tard je recevais une lettre d'Émilie, me disant qu'elle aurait aimé me poser bien d'autres questions, mais qu'elle n'avait pas osé, par timidité, pour ne pas "faire sa maligne" devant les autres. Nous avons correspondu pendant plus d'un an et nous nous sommes retrouvés à plusieurs reprises, pour une ballade en forêt, une visite de musée, une flânerie dans des librairies. Lorsque je lui ai parlé de mon projet de rédiger tous les mois une "lettre à Émilie" pour une revue littéraire, elle s'est mise à rire.
- Votre combine est vraiment farfelue. De quoi parlerez-vous dans ces lettres?
- On m'a suggéré de vous enseigner les plaisirs de l'existence, car j'ai la réputation d'un jouisseur. Rassurez-vous, je ne suis pas assez charlatan pour me lancer dans une mission pédagogique aussi louche. Mes lettres parleront de tout et de n'importe quoi. Cette étrange aventure a duré plus de sept années".


- Enjoy
de Solange Bied-Charreton
Éditions Stock / Janvier 2012


Charles Valérien est un jeune homme d'aujourd'hui. Il a hérité à vingt-quatre ans l'appartement de sa marraine à Passy. À décroché son premier emploi. S'est acheté des meubles sur Internet. S'est filmé en train de poser son parquet. Un beau début dans la vie, une vie qui n'a cependant de valeur que dans le virtuel. Pour lui comme pour ceux qu'il fréquente, c'est sur ShowYou, le réseau social le plus fréquenté au monde, qu'on s'exprime, qu'on existe et qu'on se montre sous son meilleur jour. Mieux, qu'on gagne le respect de ses supérieurs hiérarchiques. Il rencontre au même moment Anne-Laure, dite "Al", étudiante à la Sorbonne, et les membres farfelus de son groupe de rock. Aucun d'entre eux ne possède de compte utilisateur sur ShowYou. Un monde existerait donc, en dehors d'Internet. C'est de ce monde, en plus d'Anne-Laure, dont le narrateur tombe amoureux. Un danseur androgyne, une blogueuse en colère, une vieille dame asociale et un écrivain obèse, miroir déformé du jeune homme dans sa solitude, animent également cette fable contemporaine où le divertissement à tout prix n'a pas raison de l'ennui, où celui qui assiste à la vie des autres ne domine pas forcément la sienne, où l'ennemi n'est pas celui qu'on croit. Enjoy est une peinture de la "Génération Y", la net generation, jamais loin de ses écrans de contrôle, mais qui le perd, sincère à défaut d'être cynique, en proie au désœuvrement dans l'enfer du voyeurisme.


- En l'absence des hommes
de Philippe Besson
Éditions 10-18 / Janvier 2012


Été 1916. Vincent découvre la passion dans les bras d'Arthur, jeune soldat qui tente d'échapper pour quelques jours à l'horreur des tranchées. Dans le même temps, il ébauche une affection amoureuse avec l'écrivain mondain et renommé Marcel Proust. Le temps de ce bel été, l'un va devenir l'amant, l'autre l'ami. Comme deux fragiles éclats de bonheur au milieu de la tragédie.


- En vieillissant les hommes pleurent
de Jean-Luc Seigle
Éditions Flammarion / Janvier 2012


9 juillet 1961. Dès le lever du jour, il fait déjà une chaleur à crever. Albert est ouvrier chez Michelin. Suzanne coud ses robes elle-même. Gilles, leur cadet, se passionne pour un roman de Balzac. Ce jour-là, la télévision fait son entrée dans la famille Chassaing. Tous attendent de voir Henri, le fils aîné, dans le reportage sur la guerre d'Algérie diffusé le soir même. Pour Albert, c'est le monde qui bascule. Saura-t-il y trouver sa place? Réflexion sur la modernité et le passage à la société de consommation, En vieillissant les hommes pleurent jette un regard saisissant sur les années 1960, théâtre intime et silencieux d'un des plus grands bouleversements du siècle dernier.


- Et puis, Paulette...
de Barbara Constantine
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2012


Ferdinand vit seul dans sa grande ferme vide. Et ça ne le rend pas franchement joyeux. Un jour, après un violent orage, il passe chez sa voisine avec ses petits-fils et découvre que son toit est sur le point de s'effondrer. À l'évidence, elle n'a nulle part où aller. Très naturellement, les Lulus (6 et 8 ans) lui suggèrent de l'inviter à la ferme. L'idée le fait sourire. Mais ce n'est pas si simple, certaines choses se font, d'autres pas. Après une longue nuit de réflexion, il finit tout de même par aller la chercher. De fil en aiguille, la ferme va se remplir, s'agiter, recommencer à fonctionner. Un ami d'enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux. Et puis, Paulette…


- Et devant moi, le monde
de Joyce Maynard
Éditions 10-18 / Janvier 2012


En 1972, le New York Times Magazine publie l'article d'une étudiante, Joyce Maynard, sur sa génération. Succès. La jeune femme est repérée par J.D. Salinger, de trente-cinq ans son aîné. Séduite par l'auteur énigmatique de L'Attrape-cœurs, elle s'enferme avec lui dans une relation aussi brève que destructrice. Vingt-cinq ans après, celle qui est devenue écrivain tente d'exorciser son histoire.


- Fugues
de Lauren Groff
Éditions 10-18 / Janvier 2012


Dans l'ombre de ses héroïnes, la conteuse veille à nous prendre au piège, au hasard des époques et des lieux. Accident, perte de l'être aimé, rencontres fortuites: du New York des années 20 à la France de l'Occupation, ce sont des vies entières qui traversent ces neuf portraits de femmes fortes ou vulnérables, mais toujours envoûtantes.


- Fusions
de Daniel Roulet
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2012


"La fusion du cœur de Tchernobyl a été la véritable raison de l'effondrement de l'Union soviétique". Gorbatchev
Le 2 juin 1988, le président Reagan, qui rentre de Moscou, annonce à la reine d'Angleterre et au monde la fin de la guerre froide, la fusion des empires. Gorbatchev a cédé. Que vive le marché mondial. Ce même jour, les deux plus grandes entreprises mondiales spécialisées dans le traitement des déchets nucléaires fusionnent. Des deux côtés, des têtes vont tomber, des licenciements sont programmés. La bataille a lieu dans une tour, à Londres, au milieu des jeux de pouvoir et d'argent. Elle met face à face deux femmes d'exception: Marthe, née à Téhéran à la fin des années 30, et Shizuko, née à Nagasaki le jour où la bombe atomique a détruit la ville. Mais leurs destins, comme leurs amours, sont scellés depuis longtemps.


- Genesis
de Karin Slaughter
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


Quelqu'un l'a torturée…torturée longuement. L'ancien médecin légiste de Gran County, Sara Linton, s'est installée depuis trois ans à Atlanta pour essayer d'oublier les moments atroces qu'elle vient de vivre. Médecin dans un grand hôpital de la ville, elle reconstruit peu à peu sa vie. Quand arrive aux urgences une femme très grièvement blessée, elle se retrouve plongée dans le monde de la violence et de la terreur. La femme a été renversée par une voiture mais elle était nue et couvertes de marques de coups et de blessures. Elle avait visiblement été la victime d'un esprit dérangé. L'inspecteur Will Trent du Georgia Bureau of Investigation est dépêché sur les lieux et ne va pas tarder à découvrir sous terre une chambre de torture et s'apercevoir que la patiente de Sara est la première victime d'un tueur sadique. Retirant l'affaire à la police locale, Will Trent et sa co-équipière Faith Mitchell vont traquer le tueur. Sara, Will et Faith, avec leurs propres blessures et leurs secrets, sont les seuls à pouvoir décortiquer le cerveau d'un tel détraqué et l'empêcher de perpétrer ses abominables meurtres.


- Glamorama
de Bret Easton Ellis
Éditions 10-18 / Janvier 2012


Bienvenue dans le monde des images de Victor Ward, mannequin, entraîné malgré lui sur la trace d'une actrice disparue. Mais pour la jet-set, la vérité n'existe plus que dans le miroir de sa conscience, perdue dans le gouffre de la consommation. Hilarante et cruelle, la peinture désabusée de la société branchée new-yorkaise, par l'enfant terrible des lettres américaines.


- Il faudrait s'arracher le cœur
de Dominique Fabre
Éditions de l'Olivier / Janvier 2012


"Il portait une chemise blanche, un jean bleu nuit, il était très élégant. Quand je suis arrivé, son père lisait le journal dans la grande pièce, le double living. Je pense à ma mère en disant cela: un double living, ça lui plaisait. Au bout d'un certain nombre d'années, tous les mots vous font penser à des gens, et les gens disparaîtront, mais pas les mots. Les mots ne disparaîtront jamais tout à fait". Ces disparus, ces paroles enfouies persistent à éclairer notre route, à nous montrer le chemin: il faut continuer d'aimer, malgré les abandons et les chagrins. Que lisiez-vous en 1983, Duras ou Albertine Sarrazin? Étiez-vous fan des Pink Floyd ou de Keith Jarrett? Fréquentiez-vous le pub Renault? Et ces autres miracles de nos vies ordinaires.


- Je vais beaucoup mieux que mes copains morts
de Viviane Chocas
Éditions Héloïse d'Ormesson / Janvier 2012


On ne disparaît pas impunément d'une maison de retraite avec des pensionnaires qui ont pris la poudre d'escampette. La jeune Blanche, animatrice de l'atelier d'écriture, complice malgré elle, le sait bien. L'improbable gang en cavale est mené par un petit bout de femme en fauteuil roulant, une septuagénaire qui perd gentiment la boule, et deux papis flingueurs armés d'un pétard et d'une canne de mousquetaire. Ces vieux-là gardent le poing levé et sont décidés à faire danser encore un peu le monde sous leurs pieds. Une utopie du troisième âge, dont les héros ne sont ni sages ni assoupis. Subtil, drôle et désinhibé, Je vais beaucoup mieux que mes copains morts insuffle un ébouriffant vent de liberté, à rebours des préjugés.


- Jours inquiets dans l'Île Saint-Louis
de Frédéric Vitoux
Éditions Fayard / Janvier 2012


Un paisible avocat, veuf depuis longtemps, retiré dans l'Île Saint-Louis, enclave villageoise au cœur de Paris, chargée d'histoire mais sans histoires, est témoin d'une agression perpétrée en pleine rue par un inconnu. Ce fait divers fait irruption dans sa vie et le bouleverse. Le suspect ne serait-il pas cet individu qui ne cesse de le poursuivre jusqu'à son domicile, de le harceler pour lui extorquer de l'argent? Au même moment, la présence d'une jeune femme vient comme un antidote adoucir son cauchemar, égayer sa vie de célibataire d'un dernier flirt sans illusions. La paix reviendra-t-elle dans l'île que la colère des manifestants et des défilés populaires, en cet automne 2010, ne semble pas inquiéter?


- Kamal Jann
de Dominique Eddé
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


Été 2010. C'est la guerre au sein de la famille Jann. Avocat d'affaires à Manhattan, Kamal a une revanche à prendre sur son oncle, le chef des services de renseignements syriens qui fit tuer ses parents, trente ans plus tôt, lors des massacres de Hama. Il est condamné, en même temps, à pactiser avec la CIA pour sauver son jeune frère islamiste sur le point de commettre un attentat. Manipulés, de bout en bout, par les services secrets arabes et occidentaux, tous les membres du clan sont piégés, dont les femmes qui dans l'ombre jouent un rôle décisif et sans pitié.


- L'amour dure trois ans
de Frédéric Beigbeder
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


"Au début, tout est beau, même vous. Vous n'en revenez pas d'être aussi amoureux. Pendant un an, la vie n'est qu'une succession de matins ensoleillés, même l'après-midi quand il neige. Vous écrivez des livres là-dessus. Vous vous mariez, le plus vite possible, pourquoi réfléchir quand on est heureux?" C'est une histoire d'amour très moderne et radicalement autobiographique. Le héros, un jeune homme "branché" et noceur, se souvient de ses débuts dans la vie lorsque, plein d'illusions, il épousa Anne, la plus jolie fille de sa génération. Il se souvient qu'au début de leur amour, tout était bleu, que la tendresse succéda à l'amour dès la deuxième année de leur mariage, que l'infidélité fut la loi de leur couple dès la troisième année. Alors, il sait que la loi du monde pourrait ainsi se formuler, "l'amour dure trois ans". Tout le roman, dont le symbole est l'horloge de Beaubourg, qui marche à reculons en décomptant les secondes qui nous séparent de l'an 2000, est une variation drôle et émouvante sur ce thème. Il faut savoir que, pendant qu'il raconte l'échec programmé de son premier mariage, le héros vit avec Alice. Et, là encore, l'heure tourne.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 16:13

- L'argent des autres
de Lucien de Pena
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2012


Dans le secret des circuits occultes de l'argent public. Lorsqu'on lui propose de se présenter aux élections municipales, Charles, médecin respecté, hésite. La politique et ses compromissions ne l'ont jamais attiré. Il est pourtant élu triomphalement. Très vite, il découvre d'étranges irrégularités dans les comptes de sa commune. Il est révolté. Mais la soif de pouvoir prend le dessus. Sous l'égide d'un mentor aguerri et d'une troublante directrice de cabinet, le jeune loup perd peu à peu tout scrupule. Conseiller régional puis député, il devient le spécialiste pour son parti des financements parallèles. À travers la dérive d'un homme de la société civile qui perd son âme dans les méandres de la politique, Lucien de Pena nous initie de l'intérieur à tous les mécanismes du détournement de l'argent public. L'auteur ayant exercé la plupart des fonctions liées aux finances publiques, sans le moindre esprit partisan, ce roman glaçant et tragique jette un éclairage inédit et indispensable sur les multiples "affaires" dont notre actualité est malheureusement tissée.


- L'armoire des robes oubliées
de Riikka Pulkkinen
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


Alors que sa grand-mère Elsa se meurt d'un cancer foudroyant et que tous ses proches se rassemblent pour adoucir ses derniers jours, Anna découvre que, derrière le mariage apparemment heureux de ses grands-parents, se cache un drame qui a marqué à jamais tous les membres de sa famille. Une vieille robe trouvée par hasard, et dont elle apprend qu'elle aurait appartenu à une certaine Eeva, va réveiller le passé. Cette Eeva, dont on ne lui a jamais parlé, aurait été, dans les années 60, la nourrice de sa mère. Mais Anna ne tarde pas à comprendre qu'elle a été beaucoup plus qu'une employée et que son grand-père, peintre célèbre, l'a profondément aimée.


- L'arpenteur
de Marie Rouanet
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


Emile, revenu habiter le moulin familial à Bourg-en-Rouergue, voit apparaître un soir d'hiver celui qu'il nommera l'Arpenteur et qui va changer sa vie. C'est le nouveau notaire, un homme laid, orgueilleux, infatigable fouilleur de ruines, de mémoires et d'Histoire sur qui courent les rumeurs les plus folles. Qui mieux qu'un notaire pour connaître les secrets de famille, par le cadastre les terres inexploitées, les successions et les testaments?


- L'été de l'ours
de Bella Pollen
Éditions Belfond / Janvier 2012


Poignant, bourré d'émotion et de poésie, un roman au charme particulier, qui oscille entre rire et larmes. Une œuvre lumineuse, dont la lecture captive autant qu'elle réconforte. Après le décès aussi soudain qu'inexpliqué de son époux, haut diplomate anglais, Letty Fleming prend une décision: fuir l'ambassade de Bonn en pleine guerre froide et s'installer avec ses trois enfants sur une île d'Écosse. Mais la distance n'y fait rien, Letty ne peut se détacher de ces questions: son mari était-il vraiment le traître qu'on lui a dépeint? Et quelles menaces rôdent autour des siens? Comblant les silences de leur mère et l'absence de leur père, les enfants, eux, tentent de reconstruire leur vie. Tandis que la douce Georgie découvre les joies de l'amour, la terrible Alba passe son chagrin et ses nerfs sur son jeune frère. Hypersensible, doté d'une imagination sans bornes, Jamie envoie des bouteilles à la mer en songeant à celui qui ramènera leur père. Arpentant les plages et la lande désolées, un ours solitaire rêve de liberté et d'une âme à sauver.


- L'héritage impossible
de Anne B. Ragde
Éditions 10-18 / Janvier 2012


Suite au terrible secret révélé au clan des Neshov, la fratrie se disloque dans de pesants non-dits. Jusqu'au jour, funeste, où ils doivent faire face, ensemble. Dans une chaleur suffocante, Torunn, héritière malgré elle de la ferme familiale et des guerres silencieuses du passé, dénouera leurs destins, traçant une vie nouvelle.


- L'homme à la carrure d'ours
de Franck Pavloff
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


Dans une zone du Grand Nord ignorée des cartes, d'anciens ouvriers oubliés de tous se sont regroupés en communautés hostiles. Seuls Kolya, un sculpteur d'ivoire descendant des Lapons, et Lyouba, la seule jeune femme à y être née, savent écouter les saisons, les hivers terribles et les printemps flamboyants, passer les frontières, déjouer la vigilance de gardiens invisibles pour s'aventurer à leurs risques et périls hors de ce lieu interdit.


- L'hypothèse des sentiments
de Jean-Paul Enthoven
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


Ce roman s'ouvre, un 23 juin, à Rome, sur un épisode "hitchcokien" et a priori sans conséquence, un bagagiste d'hôtel range, dans le coffre du taxi (dans lequel se trouve un certain Max, scénariste, en route vers l'aéroport de Fiumicino…) la valise rouge que celui-ci lui a confié, le matin-même en quittant sa chambre. Il se trouve que le bagagiste s'est trompé, et a confondu ladite valise avec celle, rigoureusement identique, d'un autre client également sur le départ. Max ne s'avisera de cette méprise qu'en arrivant chez lui, à Paris. Or, dans cette valise qui n'est pas la sienne, Max découvre des objets qui vont, chacun, jouer un rôle décisif au fil des 300 pages qui suivent. Ce qu'il trouve? Des soieries, deux paires d'escarpins, un portrait de l'actrice Audrey Hepburn, un exemplaire d'"Anna Karénine" et le journal intime d'une femme prénommée Marion, manifestement belle, mélancolique et sexuellement désœuvrée. À partir de là, se tisse une longue et tumultueuse histoire d'amour, de désamour, de plaisir, de mysticisme, de fantaisie. On y rencontrera un ex-banquier protestant et fou, un psychanalyste pervers, un proxénète spécialisé dans le beau monde, une voyante, un "privé", deux fantômes, la Vierge Marie, un Arménien aux mœurs douteuses, quelques Italiennes sensuelles. Dans ce roman, il est également question des grandes heures de Cinecittà, du hasard, de Stendhal, de la Russie, des palaces de Monte-Carlo, du bonheur. Mais aussi d'érotisme, d'astrologie, d'"athéisme amoureux" et de "Sentiments" si fluctuants qu'on ne sait, au final, s'ils sont sincères ou "hypothétiques".


- L'inconnue de Birobidjan
de Marek Halter
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


Des coulisses du Kremlin au Birobidjan, l'État juif créé par Staline en Sibérie; du Goulag aux prisons du FBI; du théâtre yiddish à Broadway... l'épopée extraordinaire d'une jeune actrice russe. Juin 1950. Washington. McCarthy et son équipe interrogent une certaine Maria Apron. Elle est accusée d'être entrée aux États-Unis avec un faux passeport et d'avoir assassiné un agent secret américain en Union soviétique. Avant elle, Orson Welles, Lauren Bacall, Arthur Miller et des centaines d'autres artistes soupçonnés de sympathies communistes ont été interrogés par McCarthy. Leur carrière a été détruite, leurs familles ont été brisées. Pour se défendre, Maria Apron n'a que ses souvenirs. En actrice consommée, elle va, telle Shéhérazade, les distiller à ses accusateurs pour sauver sa tête. Maria Apron, de son vrai nom Marina Andreïva, commence par une révélation scandaleuse: oui, elle a connu Staline; elle a même été sa maîtresse. En octobre 1932, elle a dix-neuf ans et est l'étoile montante du théâtre moscovite. Invitée au dîner fêtant l'anniversaire de la Révolution, Marina découvre la réalité du Kremlin. Devant elle, Staline déclare à ses convives, dont beaucoup sont juifs, que le Birobidjan, un petit pays de Sibérie, sera désormais une région autonome juive: les Juifs du monde entier pourront y émigrer et la langue officielle sera le yiddish. Ce soir-là, Marina, partagée entre la répulsion et la fascination, se laisse séduire par Staline. Mais Nadejda Allilouïeva, l'épouse de Staline, se suicide pendant que son mari est avec Marina. Marina doit se faire oublier. Sa carrière est interrompue, puis elle doit fuir Moscou. Ou aller? Vers qui se tourner? Ironie de l'histoire, elle, la jeune actrice antisémite, se retrouve au Birobidjan. Dans ce petit pays, elle découvre la vitalité du théâtre yiddish, renommé dans le monde entier. Et c'est là, auprès de vieux comédiens, que Marina renoue avec le travail d'actrice, le grand, le vrai, exigeant et généreux. Elle oublie les années de terreur, croit au bonheur, tombe amoureuse. Il s'appelle Michaël Apron, il est médecin et américain. Mais la fin de la Seconde Guerre Mondiale modifie les équilibres politiques: les Américains, alliés d'hier, deviennent les nouveaux ennemis. Accusé d'espionnage, Michaël est envoyé au Goulag. Pour le tirer du camp sibérien où il doit mourir, Marina brave l'enfer.


- La carte du monde invisible
de Tash AW
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


Indonésie, 1964: "l'année de tous les dangers". La vie d'Adam, un jeune Indonésien de 16 ans, bascule le jour ou son père adoptif, Karl, peintre d'origine hollandaise, est enlevé par les hommes du président Sukarno. Adam, déjà hanté par le souvenir de son frère Johan, dont il a été séparé à l'orphelinat, quitte alors son île idyllique et se rend à Jakarta pour retrouver celui qu'il considère comme son vrai père. Il est aidé dans sa quête par une universitaire américaine, Margaret, le grand amour de jeunesse de Karl, qui, à l'instar de ce dernier, se sent aussi chez elle dans ce pays, que Sukarno veut pourtant purger par le feu et le sang de toutes traces du passé colonial. L'auteur nous emmène dans les rues de Jakarta de plus en plus gagné par le chaos, en compagnie de personnages hantés par cette question lancinante, "Ou est ma maison?". Passé et présent s'entremêlent dans ce roman, épique lorsqu'il retrace l'histoire de l'Indonésie, et intime lorsqu'il révèle avec sensibilité le passé des protagonistes. Si La Carte du monde invisible est un grand roman de la littérature post-coloniale, les thèmes qu'il aborde, l'identité, la mémoire, sont universels.


- La couleur de l'âme des anges
de Sophie Audouin-Mamikonian
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


Jeremy, jeune homme de 23 ans, est sauvagement assassiné. En devenant un Ange, il réalise que la lutte pour survivre n'est pas terminée et qu'il peut aussi mourir dans ce nouvel univers. En effet, pour ne pas disparaître, tout Ange doit se nourrir de sentiments humains. Et Jeremy va bientôt découvrir avec effroi qu'il doit même les provoquer. Provoquer la haine, l'amour, la joie, la tristesse, la peur, la compassion. Seules les émotions fortes peuvent rassasier les Anges, colorant leur peau en bleu pour les émotions positives, en rouge pour les négatives. Recherchant la raison pour laquelle il a été tué, Jeremy piste alors Allison, une vivante de 20 ans, témoin involontaire de son exécution. À force de côtoyer, jour et nuit, la ravissante et naïve jeune fille, il finit par en tomber follement amoureux. Mais l'assassin de Jeremy cherche à supprimer à tout prix ce témoin indésirable. Alors que des Anges se liguent aussi contre lui, Jeremy parviendra-t-il à sauver Allison? Sera-t-il capable de sacrifier ses sentiments et de vivre à jamais séparé d'elle?


- La fille de l'hiver
de Eowyn Ivey
Éditions Fleuve Noir / Janvier 2012


L'Alaska, ses forêts impénétrables, ses étendues enneigées. Son silence. Sa solitude. Depuis la mort de leur bébé, le mariage de Mabel et Jack n'a plus jamais été le même. Partir vivre sur ces terres inhospitalières paraissait alors une bonne idée. Seulement, le chagrin et le désir d'enfant les ont suivis là-bas et la rudesse du climat, le travail éreintant aux champs les enferment chacun dans leur douleur. Jusqu'à ce soir de début d'hiver ou, dans un moment d'insouciance, le couple sculpte un bonhomme de neige à qui ils donnent les traits d'une petite fille. Le lendemain matin, celui-ci a fondu et de minuscules empreintes de pas partent en direction de la forêt. Peu de temps après, une petite fille apparaît près de leur cabane, parfois suivie d'un renard roux tout aussi farouche qu'elle. Qui est-elle? D'où vient-elle? Est-elle une hallucination ou un miracle? Et si cette petite fille était la clé de ce bonheur qu'ils n'attendaient plus? Inspiré d'un conte traditionnel russe, La Fille de l'hiver est un roman à la fois moderne et intemporel ou le réalisme des descriptions n'enlève rien à la poésie d'une histoire merveilleuse, dans tous les sens du terme.


- La meilleure façon de s'aimer
de Akli Tadjer
Éditions JC Lattès / Janvier 2012


J'ai eu le tournis et des palpitations de cœur parce que La petite fille en robe jaune m'est apparue. Elle jouait à la marelle sur le parvis de la Grande Poste d'Alger. J'ai crié son nom, elle s'est retournée, m'a fait coucou de la main, puis elle a sauté à cloche-pied une, deux, trois cases avant de disparaître dans celle du paradis. Murée dans son silence, Fatima revisite son passé, ses secrets, ses histoires d'amour bâclées, faites de violence et de trahisons. Et, tout au bout de sa mémoire, tel un soleil ressuscité, surgit un petit enfant. Auprès d'elle, à Paris, son fils Saïd n'a toujours pas compris pourquoi sa mère n'a jamais su lui dire qu'elle l'aime.


- La nuit de San Remo
de Philippe Brunel
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


Janvier 1967, Festival de San Remo. Ce pourrait être une simple idylle entre Dalida, déjà une star, et ce ténébreux à la voix troublante quand il chante "Ciao, amore, ciao". Sauf qu'on trouve Luigi Tenco mort d'une balle dans la tête, dans sa chambre de l'Hôtel Savoy. Un suicide d'après les enquêteurs. Mais on n'a jamais retrouvé trace du projectile. Pourquoi avoir ramené la dépouille de Tenco de la morgue au Savoy où les policiers l'avaient redéposé dans sa chambre et dans son propre sang "comme ils l'avaient trouvé", sur le dos, au pied de son lit? Dalida a-t-elle assisté à la scène macabre? Étaient-ils vraiment amants? Ou les acteurs consentants d'une "picture story" orchestrée par la presse? Pourquoi Dalida quitte-t-elle San Remo dans la nuit, au terme d'un interrogatoire sommaire? Que craignait-elle? Comment expliquer son absence aux obsèques de Tenco dont elle avait porté le deuil en France? Et que faisait sur les lieux son ancien mari et impresario, Lucien Morisse qui se suicidera trois ans plus tard, à Paris, avec un Walther PPK, une arme identique à celle de Tenco? Fallait-il y voir un signe? Des années plus tard, le narrateur interroge les lieux et les rares témoins de cette tragédie qui le renvoie à l'Italie puritaine des années soixante. Mais surtout à ses propres fantômes? "Qu'est-ce que la gloire? Sinon l'autre face de la persécution?"


- Là où commence le secret
de Arthur Loustalot
Éditions JC Lattès / Janvier 2012


La route est longue de Land's End à John O' Grots pour les voyageurs qui traversent l'Ecosse. Suspendu sur une falaise, Fergus, enserré dans un costume d'ange, attend les touristes qui viennent d'achever leur périple. Moïra, l'amour qu'il n'a pas su retenir, est partie. Fergus est seul et ses ailes d'ange lui pèsent; mais l'attente a des vertus. Nino est seul, lui aussi. Sous l'argile troglodyte de son village andalou, l'ancienne étoile du flamenco n'a plus que des souvenirs, un âne pour compagnon, et une canne râpant le sol. L'accident a brisé rêves et carrière. Pour son anniversaire, il invite Abigail, celle avec qui autrefois il dansait à en mourir. Dans sa robe de scène rouge, la jeune femme offre un dernier cadeau à Nino. Plus loin, on découvre Wu, un vieux Chinois qui, un petit caillou en poche, rendra le plus bouleversant des hommages à son fils disparu; ou Georges, soixante-seize ans, qui dévale Paris à vélo; ou encore Javier qui, du haut de sa cabane, garde les ampoules électriques d'un gigantesque panneau publicitaire de La Paz. Dans ce recueil cosmopolite où les rudesses de la vie côtoient des tragédies intimes, Arthur Loustalot déploie des portraits aussi violents que sensibles d'hommes plus grands que le malheur. Leur solitude résonne dans des paysages tantôt âpres, tantôt tourbillonnants; elle nous parle d'amour, de sacrifices, de deuils, mais également du miracle de l'imagination pour retrouver l'espoir, là où commence le secret.


- Le bar des menteurs
de Ingrid Naour
Éditions Cherche Midi / Janvier 2012


Dans le petit monde du Bar des menteurs sur l'île de Noirmoutier, chacun s'applique à ne pas être surpris en flagrant délit d'inconduite, car, selon Baudelaire, "un homme qui ne boit que de l'eau a un secret à cacher à ses semblables". Qu'ils soient marins du zinc, rêveurs définitifs, inactifs surmenés, ces grandes gueules au verbe haut et au cœur tendre souffrent du mal de terre. Alors ils boivent pour oublier qu'ils ont déjà trop bu. Mais qu'y peuvent-ils si leur soif s'accorde aux étoiles qui dansent derrière l'horizon et s'ils ont en permanence "le toboggan à sec"?


- Le chapeau de Mitterrand
de Antoine Laurain
Éditions Flammarion / Janvier 2012


Un soir à Paris, Daniel Mercier, comptable, dîne en solitaire dans une brasserie, quand un illustre convive s'installe à la table voisine: François Mitterrand. Son repas achevé, le Président oublie son chapeau, que notre Français moyen décide de s'approprier en souvenir. Il ignore que son existence va en être bouleversée. Tel un talisman, ce célèbre feutre noir ne tarde pas à transformer le destin du petit employé au sein de son entreprise. Daniel aurait-il percé le mystère du pouvoir suprême? Hélas, il perd à son tour le précieux objet qui poursuit sur d'autres têtes son voyage atypique au sein de la société française des années 1980. Cette fable pleine d'esprit et de malice possède comme le fameux chapeau un charme mystérieux, celui de ressusciter une époque et, surtout, de mettre au jour à travers une galerie de personnages notre rêve commun: voir s'accomplir par magie nos désirs les plus secrets.


- Le crime de la renarde
de Michèle Lajoux
Éditions Cherche Midi / Janvier 2012


"À certains moments, je redeviens comme quand j'étais enfant, je ne sais plus que je suis là, c'est ensuite comme un trou dans ma vie. À l'école, je le faisais exprès. On me disait que j'étais toujours dans la lune. En fait, je n'allais jamais dans la lune, je n'ai jamais été tentée. Je rentrais en moi, je trouvais que c'était beaucoup plus intéressant. Je m'imaginais que je circulais dans mon cerveau pour y découvrir de quoi j'étais faite. Certains endroits étaient fermés à clé, jamais je n'ai pu y entrer, j'étais vraiment agacée. Au moment où je sentais que la serrure allait céder, le prof me criait dessus et tout était à recommencer". Cendrine, 23 ans, condamnée à vingt-cinq ans de prison pour le meurtre de son fils. La jeune femme, qui n'aime pas s'exprimer sort progressivement de sa chrysalide. Du cahier bleu au cahier rouge, elle se cherche sans vraiment savoir où elle va. C'est le cahier noir qui lui apportera la révélation.


- Le garde-barrière
de Andrea Camilleri
Éditions Fayard / Janvier 2012


La petite ville de Vigàta, en 1942-43. Nino, garde-barrière de son état et Minica, son épouse, filent des jours heureux dans leur maisonnette au bord de la voie ferrée. La guerre qui gronde autour d'eux et le fascisme aux abois, mais toujours virulent, ne les empêchent pas de rêver d'un enfant et, pourquoi pas, de gagner à la loterie. Cependant tout bascule lorsque Nino et son copain Totò, qui arrondissent leurs fins de mois grâce à de petits concerts dans le salon du barbier, décident de contourner la censure en interprétant des versions remaniées d'hymnes militaires et patriotiques. À sa manière tendre et truculente, Camilleri brosse le tableau des lâchetés ordinaires et des héroïsmes modestes d'une période troublée de l'histoire sicilienne. Soif du pouvoir et cruauté s'entrecroisent, auxquelles répond le tenace espoir des gens simples.


- Le livre des enfants
de Antonia Susan Byatt
Éditions Flammarion / Janvier 2012


Londres, 1895. Olive Wellwood, célèbre écrivain, décide de créer un livre unique, relié d'une couleur différente, tout spécialement pour chacun de ses enfants. Dans leur vaste demeure près du marais de Romney, ils évoluent dans un monde de contes de fées. Pourtant chaque famille porte le poids de ses secrets. Tous grandissent dans les étés enchantés de l'époque post-victorienne, mais tandis que les garçons se rebellent contre leurs parents et que les filles rêvent d'indépendance, ils ignorent qu'un avenir sombre les attend. Et que les adultes qui les aiment les trahiront malgré eux. Le Livre des enfants est une œuvre époustouflante, véritable reconstitution historique qui ressuscite l'époque de la création de Peter Pan. C'est aussi un roman intime et poignant sur les rapports entre parents et enfants, les luttes les plus âpres de cette époque charnière mais aussi les plaisirs les plus intenses que nous offre la vie.


- Le maître et Marguerite
de Mikhail Boulgakov
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


Dans le Moscou des années trente, deux écrivains discutent sur un banc, dans un jardin public. Jésus a-t-il réellement existé? Tel est le thème de la discussion. Tout à coup, se produit un mouvement de l'air, et un personnage est là, assis sur le banc voisin, qui se mêle bientôt à leur conversation. Étranger? Espion? Ou intrus simplement? L'inconnu montre ses papiers: il est en règle. Il est, dit-il, un professeur venu en consultation. Mais, curieusement, il a un don de vision et lit dans l'avenir. Peu après, l'un des écrivains meurt comme il l'avait prédit; le second devient fou, c'était aussi prédit. L'inconnu, c'est le Diable, en visite dans le monde socialiste. Tel est le début de cet extraordinaire roman. Mais le début seulement. Car autour de Woland (c'est le nom qu'a pris le Diable), trois récits vont s'organiser et s'entre-tisser: la fantastique sarabande dans laquelle va être entraînée Moscou, et qui déchaînera presque une catastrophe nationale; la rencontre, par l'écrivain devenu fou, à l'hôpital psychiatrique, du "Maître", fou aussi, qui lui racontera son amour pour Marguerite; l'histoire de Ponce-Pilate, écrite par le "Maître" (à la suite de quoi il est devenu fou). De l'un à l'autre de ces trois romans en un seul, l'intérêt, la surprise rebondissent sans arrêt. Mais une œuvre aussi riche ne se raconte pas.


- Le monde est dans la tête
de Christophe Poschenrieder
Éditions Flammarion / Janvier 2012


Leipzig, automne 1818. Le jeune Arthur Schopenhauer ne parvient pas à faire publier son premier traité de philosophie. Après s'être disputé avec son éditeur, il se met en route pour Venise, muni d'une recommandation de Goethe, dans l'espoir de rencontrer le sulfureux Lord Byron, poète adulé par la jeunesse. En franchissant les Alpes, il se lie d'amitié avec un étudiant amateur d'opium et, comme lui, d'hindouisme. Mais leurs excentricités ont tôt fait d'attirer l'attention des polices de Metternich. Le séjour de Schopenhauer à Venise s'agrémente dès lors de complications cocasses en tous genres; d'autant que le philosophe en vacances, délaissant notables et touristes, préfère explorer l'envers du décor et s'éprendre de Teresa, souffleuse de verre à Murano, aussi libre d'idées et de mœurs qu'elle est belle. Dans la Sérénissime qu'il connaît comme sa poche, Christoph Poschenrieder situe une histoire, presque véridique, d'un charme prenant et d'une rare drôlerie.


- Le palais de minuit
de Carlos Ruiz Zafón
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


"Très bientôt, toi et moi, nous serons un seul être. Je ne suis pas ton ennemi. Je suis ton avenir". Calcutta, 1916. Un soldat anglais fuit dans les ombres nocturnes de la Cité des palais. Au creux de ses bras, il abrite des jumeaux de quelques jours qu'il vient d'arracher à un mystérieux criminel. Confiés à leur grand-mère, les jumeaux, un garçon et une fille, sont séparés. Sheere reste avec sa grand-mère, Ben est confié à un orphelinat. Le jour de leur seize ans, Sheere retrouve Ben à l'orphelinat. Il s'y est fait six fidèles amis avec lesquels il a formé la Chowdar Society. La nuit, les sept enfants se réunissent dans une grande bâtisse désolée qu'ils ont baptisée le "Palais de Minuit". À son tour, Sheere est admise à la Chowdar Society. Mais dès que les jumeaux sont réunis, une force maléfique semble se réveiller. Un train de feu tout droit sorti de l'enfer les terrorise. Une ombre liquide s'acharne contre eux. Qui est l'être, ou le démon, à l'œuvre derrière les attaques répétées contre Sheere et Ben? Pourquoi leur manifeste-t-il une haine aussi implacable? Interrogeant la grand-mère des jumeaux, fouillant les archives de la ville, les membres de la Chowdar Society découvrent alors la véritable personnalité de Jawahal, le père disparu de Ben et de Sheere. Architecte de génie possédé par une folie homicide, il a bâti l'extraordinaire garde de Jheeter's Gate. Cathédrale élevée à la gloire de la technologie ferroviaire, ce bâtiment sans égal dans le monde a été la proie d'un terrible incendie le jour même de son inauguration. Depuis, sa carcasse noire, dressée au centre de Calcutta, est hantée par l'âme en colère de Jawahal. C'est au cœur de ce lieu maudit que Ben et Sheere doivent affronter les vérités douloureuses de leur passé. Ensemble, les huit membres de la Chowdar Society s'enfoncent dans les ténèbres de la gare maudite. Au bout des tunnels les attend le plus cruel et le plus attachant des criminels. Il veut l'âme de Sheere et la mort de Ben. Pour cela, il doit détruire l'amitié qui unit les adolescents. Mais l'amour est toujours plus fort que la mort, armés de leur courage, de leur attachement et de leur sincérité, Sheere, Ben et leurs six amis vont tout risquer pour apaiser l'esprit malade de Jawahal.


- Le ravissement des femmes
de Corinne Hoex
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


Elisabeth, la quarantaine, est célibataire, très aisée, oisive, curieuse. Elevée dans une famille athée, très sceptique devant toutes les formes de pensée religieuse, elle se rapproche par désœuvrement du père Constantin, un prêtre et conférencier mondain qui a un groupe de femmes à sa dévotion. La nouvelle venue comprend très vite que ces ouailles, rien que des femmes, sont subjuguées par le charme du père et se disputent âprement sa faveur, à défaut de ses faveurs. En réalité c'est un leurre. Constantin est un gourou extrêmement subtil, et un viveur raffiné, qui assoit sa domination sur ces femmes en se refusant à la plupart d'entre elles. Il les traite en "épouses inépousées", réservant ses ardeurs à telle ou telle, les plus riches et les plus généreuses, après une longue attente. Ce sera, pour Elisabeth, au terme d'un baptême longtemps repoussé, qu'il passera à l'acte.


- Le retour de Silas Jones
de Tom Franklin
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


Dans le Mississipi des années 70, tout aurait dû séparer Larry Ott et Silas Jones: la classe sociale et la couleur de peau. Les deux adolescents sont pourtant devenus amis, jusqu'à ce que la disparition d'une jeune fille vienne bouleverser leurs existences. Vingt ans plus tard, Silas Jones revient sur les lieux de son enfance. Alors qu'il n'a aucune raison de reprendre contact avec Larry, une nouvelle tragédie les oblige à se confronter, ensemble, à un passé douloureux. À travers le portrait croisé de ces deux hommes, Tom Franklin nous offre une fresque inoubliable du Sud, cette région mythique des Etats-Unis où la question de l'identité, le poids de la ségrégation et la violence sont encore présents aujourd'hui. Un roman magnifique, couronné par plusieurs prix littéraires dont le Los Angeles Times Fiction Prize.


- Le rêve de l'homme lucide
de Philippe Ségur
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2012


"Une panoplie de plus venait s'ajouter à ma collection. Un statut d'écrivain, des invitations chez les libraires, dans les salons, à la radio-télévision. Je leur servais des platitudes. C'était pour cela qu'on me conviait. Parce que j'étais rassurant, moi qui n'étais qu'instabilité et colère. Parce que j'étais amusant, moi qui n'étais pas drôle. Et je les leur servais, ces platitudes, parce que je les connaissais toutes, parce que j'étais l'anxiolytique social fabriqué par la société pour ne pas la décevoir. Ainsi allais-je partout, presque partout, pour ne pas décevoir. Mais ce n'était pas moi qui m'y rendais. C'était toujours l'autre, le bon garçon, le caméléon, celui de qui j'avais l'air. Alors, si pendant toutes ces années j'avais été un autre, qui étais-je vraiment? Le Dr Zennegger avait vu juste. Je n'étais personne. Un possédé ne peut être personne". Simon Perse est écrivain, insomniaque, révolté et lucide. Sa particularité? Il ne dort plus du tout. Mais, tandis que s'ouvre pour lui un jour sans fin, libéré de la contrainte du sommeil, des hallucinations commencent à s'emparer de lui qui vont le mener à la plus décisive des confrontations: la rencontre avec soi-même.


- Le roi n'a pas sommeil
de Cécile Coulon
Éditions Viviane Hamy / Janvier 2012


"Ce que personne n'a jamais su, ce mystère dont on ne parlait pas le dimanche après le match, autour d'une bière fraîche, cette sensation que les vieilles tentaient de décortiquer le soir, enfouies sous les draps, ce poids, cette horreur planquée derrière chaque phrase, chaque geste, couverte par les capsules de soda, tachée par la moutarde des hot-dogs vendus avant les concerts de blues; cette peur insupportable, étouffée par les familles, les écoliers, les chauffeurs de bus et les prostituées, ce que personne n'a pu savoir, c'est ce que Thomas avait ressenti quand le flic aux cheveux gras était venu lui passer les bracelets, en serrant si fort son poignet que le sang avait giclé sur la manche de sa chemise".


- Le scénariste
de Louis Gardel
Éditions Stock / Janvier 2012


François est romancier. Il deviendra scénariste à la suite de circonstances qui lui paraîtront relever du hasard. Il n'est pas quelqu'un qui dirige sa vie. Il s'arrange avec ce qui se présente. Ce sont les milieux littéraires et ceux du cinéma qui servent de cadre au roman. La jeune fille de province dont François tombe amoureux travaille aujourd'hui à Paris, dans l'édition. Pour vivre avec François, elle interrompt brutalement une liaison avec un vieil écrivain que cet abandon rend à peu près fou. Mais François ignorera toujours chantages et menaces. Une partie du roman se déroule aussi en Algérie, où François est né. Sa mère s'y était installée après l'indépendance, par conviction idéologique, pour se mettre au service de ce peuple neuf. Elle est revenue en France en 1974, quand son petit garçon avait cinq ans. François n'a jamais su qui était son père. Sa mère ne le lui a jamais révélé. C'était une femme qui ne parlait pas. De ce secret François a pris son parti. Il a un grand appétit de bonheur. Ses tourments, il les met dans les histoires qu'il écrit. Ce ne sont pas des transpositions de la vie réelle, plutôt une quête de ce qui est peut-être arrivé ou qui aurait pu arriver, une sorte de monde parallèle. Dans le quotidien des jours François ne calcule rien. Il se laisse porter par ses désirs et par la chance: la vie n'est pas sérieuse. Ce qui est sérieux, c'est ce qu'il invente.


- Le Seigneur de la route
de Jean-Pierre Gattégno
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2012


Que faire lorsque tout va mal? Lorsque l'on est chahuté par ses élèves, méprisé par ses collègues, piétiné par ses supérieurs, trompé par son épouse? Pierre Raustampon ne supporte plus cette vie et, un jour, s'enfuit dans la luxueuse Mercedes de l'amant de sa femme. Grisé par la puissance de cette voiture, il fonce pleins gaz, sillonnant au hasard l'Hexagone. Il espère ainsi couper les ponts avec une existence désespérante. À cette errance géographique se superpose un trajet plus intime, un voyage intérieur qui le conduit vers d'obscures régions de lui-même. De multiples péripéties, rencontres féminines plus que troublantes, maffieux et police lancés à ses trousses, échanges amoureux avec l'épouse de son rival, l'amènent à découvrir une vérité à laquelle il est loin de s'attendre. Une vérité brutale qui donnera un sens particulier à cette aventure.


- Le tapis du salon
de Annie Saumont
Éditions Julliard / Janvier 2012


Quoi de commun entre un kidnappeur apprivoisé par sa victime, un garçon ne lâchant jamais la main d'un frère imaginaire, une mère sans scrupules volant son fiancé à sa propre fille, un frère follement amoureux de sa sœur handicapée, un poète en herbe mort d'avoir plongé d'une falaise à marée basse? Tous ces personnages anonymes, paumés, décalés, silencieux, peuplant un univers en apparence banal à crever, ont une histoire extraordinaire à raconter. Mais seul un détail peut nous y faire accéder. Une promesse de jeunesse non tenue, un coucher de soleil, la mort d'un poisson rouge, l'envoi d'une lettre anonyme ou une simple tache sur un tapis, tout est prétexte à Annie Saumont pour creuser les failles d'une humanité à la dérive, qui pourtant s'acharne à résister. Véritable orfèvre de l'écriture, Annie Saumont scrute notre quotidien, s'attache aux situations qui dérapent, aux manifestations de trouble, jusque dans le langage, miroir de tous les dérèglements affectifs et sociaux. Partant d'un fait divers ou d'une anecdote, elle croque ses antihéros au moment où leur vie bascule. Chacune de ses nouvelles est comme un détail d'un même tableau, formant une peinture de société sombre, implacable et poignante. Du très grand art. Avec déjà plus de trois cents nouvelles et trente recueils couronnées par les prix les plus prestigieux, Annie Saumont est un cas unique dans les lettres françaises. Souvent comparée à Raymond Carver, elle a entièrement consacré son œuvre à la nouvelle. Et comme en témoigne la critique littéraire, qui ne cesse de l'encenser, année après année, et de voir en elle la plus talentueuse des nouvellistes de langue française, Annie Saumont est toujours aussi moderne.


- Le tristement célèbre Johnny Lim
de Tash Aw
Éditions 10-18 / Janvier 2012


Qui est Johnny Lim, ce monstre-héros de Malaisie qui divise tant les esprits? Un homme brutal et cruel? Ou un ange au cœur pur? La clé de l'énigme est à chercher du côté des îles mythiques Seven Maidens, en 1941, lors d'une expédition qui scellera à jamais le destin de Johnny. Un premier roman chatoyant ou brillent les derniers feux des colonies britanniques.


- Le vent pleure Marie
de Stéphane Koechlin
Éditions Fayard / Janvier 2012


En 1950, Rodolphe Koechlin rapporta de La Nouvelle-Orléans un disque de Louis Armstrong dans un Constellation à hélices. Ou était-ce en 1951? Qu'importe. La légende de la famille tient dans cette phrase. Car ce n'est évidemment pas un hasard si Philippe, le fils de Rodolphe, fonda par la suite la mythique revue Rock & Folk. L'attrait pour les musiques nouvelles, c'est ce disque qui l'avait suscité. Pourtant la légende serait incomplète si on oubliait d'évoquer Marie, la femme de Philippe, elle-même initiée au jazz par la bonne de ses parents, qui cirait les parquets en swinguant. Ni Charles, l'oncle compositeur et critique musical. La légende devient saga. Courant sur plus de cent ans, traversant deux guerres, elle raconte la transmission de ces deux passions que furent la musique et la presse, si puissantes qu'elles semblèrent atténuer les deuils et augmenter les joies, mais surtout souder ses protagonistes au-delà des liens du sang. De la construction de la tour Eiffel (dessinée par un Koechlin) aux années Mitterrand et en passant par Woodstock, elle embrasse le siècle que l'histoire retiendra peut-être, qui sait, comme celui du jazz et du rock. Son narrateur? Stéphane, le fils de Marie et Philippe. Profession? Écrivain, bien sûr, mais aussi critique musical.


- Les années faribole
de Jean Vautrin
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


Quatre soldats français happés dans le tourbillon de l'après-guerre, ils sont rattrapés par un crime qu'ils ont commis sur le front. C'est l'armistice. Ils sont quatre soldats français tout juste sortis du bourbier de la Grande Guerre, quatre amis soudés à la vie à la mort par l'expérience des tranchées. Et liés par un lourd secret: ensemble, aux derniers jours de la boucherie, ils ont assassiné un bourreau, un homme sadique et incompétent, un colonel de l'armée française. Dans une France qui verse peu à peu dans la fièvre des années folles, chacun retourne à sa vie d'antan. Guy Maupetit, dit Ramier, ajusteur de son état et grand amoureux de la pêche au brochet, a du mal à se remettre à l'ouvrage et préfère chercher le réconfort dans le sein des femmes. Le distingué Raoul Montech, éleveur de vins en pays sauternais, retrouve son domaine, ses ambitions politiques, son épouse adultère et sa charmante belle-sœur. Le géant russe Boris Malinowitch-Korodine glisse de la butte Montmartre à Montparnasse et se prépare à devenir un peintre à succès. Quant à Arnaud de Tincry, le séduisant aristocrate cambrioleur, il reprend ses activités illicites et, sous le masque de Spector, défraye bientôt la chronique policière. Les quatre amis ne sont pas seulement poursuivis par le remords, mais aussi par un ancien voisin de tranchée, devenu policier, l'ex-caporal Charpaillez. Témoin de leur crime, cet homme à la mentalité déplorable n'hésite pas à se livrer au chantage. D'autres fantômes sortis des tranchées viendront-ils obscurcir le destin des quatre soldats français?


- Les complaisances du cœur
de Belva Plain
Éditions Belfond / Janvier 2012


À trente ans, Laura McAllister ne sait plus où elle en est. Investie dans une carrière qui la comble, elle est mariée à un homme qui la préférerait femme au foyer, et doit subir les foudres de sa mère, qui a une vision de la femme pour le moins conventionnelle. Sa rencontre avec Nick va venir tout chambouler. Au contact de ce beau photographe, Laura se sent pousser des ailes. Enfin, elle s'avoue ce qu'elle se cache depuis si longtemps: non, son mariage ne la rend pas heureuse, c'est en femme libre qu'elle veut désormais s'épanouir. Mais ce que Laura ignore, c'est que pour s'affranchir du carcan McAllister, elle va devoir faire face aux zones d'ombre du passé maternel. Aura-t-elle le courage de briser les tabous familiaux et d'en assumer les douloureuses conséquences?


- Les descendants
de Kaui Hart Hemmings
Éditions Jacqueline Chambon / Janvier 2012


Descendant de l'un des plus grands propriétaires terriens de l'île d'Hawaii, Matthew King voit son destin basculer le jour où son épouse, la belle et frivole Joanie, sombre dans le coma après un grave accident de bateau. Bientôt, conformément au testament qu'elle avait rédigé, les appareils seront débranchés, et Matt devra s'occuper seul de ses deux filles, Alex, dix-sept ans, ancien mannequin et déjà quelques problèmes de drogue à son actif, et Scottie, une pétulante petite fille de dix ans. Tandis qu'il demande à la famille et aux amis de Joanie d'aller lui dire au revoir, Matt découvre que sa femme avait un amant. Décidé à le retrouver pour qu'il puisse, lui aussi, faire ses adieux, Matt prend la route avec ses filles et se lance dans une quête salvatrice. D'une plume tout à la fois incisive et mélancolique, acide et sincère, lucide et drôle, Kaui Hart Hemmings sonde les liens affectifs qui font d'un homme un amant, un mari et un père, et signe, avec Les Descendants, un authentique roman d'amour.


- Les Éphémérides
de Stéphanie Hochet
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2012


Le gouvernement anglais vient d'annoncer qu'un événement exceptionnel aura lieu le 21 mars. Chacun est sur le qui-vive. Tara et Patty dans leur ferme d'Ecosse, le peintre Simon Black à Londres, son amante Ecuador, Alice qui retourne à son premier amour et n'est pas au bout de ses surprises. Pendant trois mois, avant la date fatidique, un climat d'insurrection s'installe, c'est l'heure du dévoilement. Le passage de l'hiver au printemps n'a jamais été aussi prometteur.


- Les Érythréens
de Léonard Vincent
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2012


C'est une contrée qui borde la mer Rouge. Au nord le Soudan, au sud l'Ethiopie. À première vue, le bout du monde parfait. Mais Issaias Afeworki règne sur ce pays, l'Erythrée, depuis vingt ans. Après avoir conduit la guerre d'indépendance, l'homme s'est mué en dictateur alcoolique et paranoïaque. Il dirige son État comme une caserne. Chaque parcelle est verrouillée, la police est omniprésente, les prisons sont pleines. Tous cherchent à s'enfuir. Grâce aux trafiquants et quelques centaines de dollars économisés au fil du temps, certains y parviennent. Pour la première fois, dans ce récit d'une grande justesse, les Erythréens ont la parole. Ils lèvent le voile sur un peuple pris en otage. En attendant le jour de la délivrance.


- Les favorites
de Florence Chapiro
Éditions Fayard / Janvier 2012


Quatre femmes, un enterrement. Quatre rivales qui se sont partagé le même homme, peintre de renom auquel le monde de la culture vient rendre un dernier hommage. Comment vont-elles se tenir? Il y a tant à se disputer dans l'héritage intellectuel et affectif d'un artiste. De l'épouse inexpugnable, de la jeune maîtresse qui voulait un enfant, de la muse insaisissable, de l'élève trop douée, qui l'a le mieux inspiré? Le mieux compris? Le mieux accompagné dans le doute comme dans la gloire? Le vénérable cimetière du Père-Lachaise n'en serait pas à sa première scène d'affrontement, de cris et de larmes. À moins, bien sûr, qu'ensemble elles ne se montrent plus orgueilleuses encore que ne l'était cet homme volage, et ne découvrent dans le deuil une ironique façon de dépasser leurs jalousies.


- Les lapins ne meurent pas
de Savatie Bastovoi
Éditions Jacqueline Chambon / Janvier 2012


Nous sommes en 1980. Sasha, neuf ans, vit en République de Moldavie. Une vie sous le communisme, avec ses défilés, ses slogans, sa pruderie, ses kolkhozes, ses organisations de jeunesse quasi militaires. Pour Sasha, qui a un besoin éperdu de croire, la propagande devient à la lettre parole d'Évangile. Il vénère les martyrs de la cause communiste dont les visages sont peints sur les murs de l'école, et en premier lieu Lénine, gloire de l'Union soviétique qui a combattu les puissances du Mal capitaliste. À cette dévotion athée s'ajoute un amour sensuel pour la forêt, où il aime se réfugier quand ça va trop mal à l'école. L'institutrice lui reproche aigrement ses vêtements usés, l'odeur des cochons qu'il nourrit avant de venir en classe et ses poux. On peut aussi être un paria dans l'utopie communiste d'une société sans classes. Ici, le sentiment panthéiste de Savatie Bastovoi s'incarne avec une délicatesse fragile dans cet enfant qui s'accroche aux mythes d'un monde parfait pour oublier la dure réalité d'un système fait pour broyer les hommes. Savatie Bastovoi est né à Chisinau en 1976. Adolescent, il est interné en hôpital psychiatrique à Socola, où il écrit le cycle Un Valium pour Dieu qui le consacre comme poète. En 1998, il abandonne la faculté de Timisoara et, en 2002, il reçoit la tonsure. Il vit au monastère de la Nativité du Christ, en République de Moldavie. Il dirige la maison d'édition Cathisma, la revue de spiritualité orthodoxe Ekklesia et enseigne l'iconographie au Séminaire de théologie de Chisinau.


- Les merveilles
de Claire Castillon
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


"D'un coup, l'amour. L'homme, tout le trafic autour, ça me met de l'essence. Dès que je peux faire la fille, je suis complètement nénuphar, et j'ai le rose aux joues. Une vraie vacherie au début, la présentation de soi-même devant le mâle, à travailler comme un paon. J'ai pas l'habitude de sourire comme ça à n'importe qui et je rame. J'ai peur que mes dents tombent". Evelyne est cynique, moqueuse, et drôle. Elle a treize ans, des parents qu'elle méprise, un frère qu'elle sadise, et un chien, Lulu, qu'elle chérit. Un jour, son père mutile Lulu sous ses yeux, et sa vie bascule. C'est un Premier Mai, muguet, clochettes. Désormais, Evelyne héberge des carillons dans sa tête. Il leur arrivera de s'exprimer à sa place, en toute légitime violence. Ensuite, elle tape sur sa mère à coups de marteau, couche avec Joe Vandaire, un ami de ses parents, est exclue du lycée, devient strip-teaseuse, et puis Lulu meurt. Alors Evelyne s'en va. Elle s'installe avec Luiggi le pizzaïolo, qui lui fait un enfant. Une vie presque normale. Mais la semaine, au lieu d'aller à l'usine faire le ménage, Evelyne est escort-girl en secret. À force de rencontrer des "clients distingués", elle commence à sentir "la possibilité de l'épaisseur des gens". Et puis Daniel entre dans sa vie, "Il a plus d'idée qu'un génie à deux têtes. Il me les partage, ça me consolide". Côtoyer l'intelligence, ça la grise, mais Daniel parle trop, trop, trop, il est narcissique et égocentrique, Evelyne se lasse, elle le quitte, il s'accroche et pleurniche.
Elle le poignarde.


- Les mystères de Winterthurn
de Joyce Carol Oates
Éditions Stock / Janvier 2012


À la fin du XIXe siècle, au manoir de Glen Mawr situé dans la ville de Winterthurn à l'est des États-Unis, vit l'étrange famille Kilgarvan, composée de trois filles: Georgina, l'aînée, appelée la "nonne bleue", et ses deux demi-sœurs qu'elle élève seule, la sage et studieuse Thérèse et la jolie et fantasque Perdita. À l'aube d'une journée de mai, Georgina s'en va en ville acheter cinquante livres de chaux vive. Peu après, on retrouvera le bébé de sa cousine Abigaïl, venue quelques jours en visite, égorgé près du lit de la mère. Douze ans plus tard, cinq jeunes filles sont retrouvées mortes, atrocement mutilées, près de Winterthurn. Et, douze ans plus tard encore, c'est le pasteur, sa mère et une de ses paroissiennes qui sont sauvagement assassinés à coups de hache. Chaque fois, la clé de ces mystères épouvantables va être la même: jusqu'où ose aller une femme amoureuse? Xavier Kilgarvan mène les trois enquêtes avec verve et passion et met toute sa vie dans la résolution de ces crimes. Et l'on suit avec délice les façons de la société du tournant du siècle avec tout ce qu'elle a de suranné et d'hypocrite à force de bienséance.


- Les passagers de l'Anna C.
de Laura Alcoba
Éditions Gallimard / Janvier 2012


"Lors de notre traversée de l'Atlantique à bord de l'Anna C., je devais avoir un peu plus d'un mois. Je ne sais pas quel nom je portais à l'époque, mes parents ne s'accordent pas sur la question, comme sur tant d'autres choses". Au milieu des années 1960, une poignée de jeunes Argentins quittent clandestinement leur pays pour s'embarquer dans un périple qui doit leur permettre de rejoindre le Che Guevara. Ils sont prêts à donner leur vie pour qu'advienne la Révolution. Laura Alcoba a composé ce roman à partir des souvenirs des rares survivants de cet incroyable voyage, dont ses parents faisaient partie et au cours duquel elle est née.


- Les petits succès sont un désastre
de Sonia David
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


Avoir des amis mais renoncer à écrire, ou créer des personnages et perdre tous ses amis? Quand elle ne traduit pas (c'est son métier), le passe-temps favori de Rose est de "(se) faire des romans" sur tout ce qui l'entoure, de préférence avec la "Pap' Team", ses amis et voisins qu'elle retrouve régulièrement au Papillon, leur bistrot de Montmartre. Dans ses tiroirs traînent des dizaines de débuts d'histoires, toutes inachevées. Le jour où elle reçoit 60 000 euros en gagnant un jeu-concours sur Internet, Rose décide de se lancer (enfin.) et de prendre une année sabbatique pour consacrer à ses amis son premier vrai roman. Mais le livre, censé raconter la douceur de l'amitié et rendre hommage au plaisir de ce quotidien à la fois ordinaire et essentiel, aura au contraire pour conséquence de l'interrompre définitivement.


- Les raisons de mon crime
de Nathalie Kuperman
Éditions Gallimard / Janvier 2012


"Elle n'avait pas eu une vie facile. Elle passait les détails, mais ce qu'il fallait qu'il sache, et puisque ça lui viendrait aux oreilles un jour ou l'autre elle devait le lui dire, c'est que les quatre hommes qu'elle avait aimés depuis son divorce étaient morts. Maurice faillit s'étrangler.
Ils sont morts de quoi?
De mort naturelle, pardi!
Et ce fut elle qui s'étrangla de rire. Maurice la regardait, de plus en plus fasciné. Cette femme était exactement la femme dont il rêvait.
Bon, maintenant que tu sais, tu restes?
Tu veux bien de moi?
Et comment!
Ils se tapèrent dans la main comme pour conclure une bonne affaire (et Maurice n'osait croire qu'il venait de croiser l'amour une seconde fois, de façon si brutale, si forte, si rapide)". En retrouvant des années plus tard une cousine perdue de vue, la narratrice se trouve plongée dans un univers qui l'effraie et la fascine jusqu'au vertige. Les personnages de ce roman sont impressionnants de brutalité, presque de sauvagerie, et pourtant bouleversants de franchise, d'humanité blessée.


- Les séparées
de Kéthévane Davrichewy
Éditions Sabine Wespieser / Janvier 2012


Quand s'ouvre le roman, le 10 mai 1981, Alice et Cécile ont seize ans. Trente ans plus tard, celles qui depuis l'enfance ne se quittaient pas se sont perdues. Alice, installée dans un café, laisse vagabonder son esprit, tentant inlassablement, au fil des réflexions et des souvenirs, de comprendre la raison de cette rupture amicale, que réactivent d'autres chagrins. Plongée dans un semi-coma, Cécile, elle, écrit dans sa tête des lettres imaginaires à Alice. Tissant en une double trame les décennies écoulées, les voix des deux jeunes femmes déroulent le fil de leur histoire. Depuis leur rencontre, elles ont tout partagé: leurs premiers émois amoureux, leurs familles, leur passion pour la littérature, la bande-son et les grands moments des "années Mitterrand". Elles ont même rêvé à un avenir professionnel commun. Si, de cette amitié fusionnelle, Kéthévane Davrichewy excelle à évoquer les élans et la joie, si les portraits de ceux qu'Alice et Cécile ont aimés illuminent son livre, elle écrit aussi très subtilement sur la complexité des sentiments. Croisant les points de vue de ses deux narratrices, et comme à leur insu, elle laisse affleurer au fil des pages les failles, les malentendus et les secrets dont va se nourrir l'inévitable désamour. Car c'est tout simplement de la perte et de la fin de l'enfance qu'il s'agit dans ce roman à deux voix qui sonne si juste.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 16:07

- Luxomania
Confidences d'une vendeuse dans l'univers secret du luxe
de Edwige Martin
Éditions Plon / Janvier 2012


Charlotte n'est pas une vendeuse comme les autres. Elle travaille dans l'un des magasins les plus prestigieux au monde, rue du Faubourg-Saint-Honoré, le cœur du luxe parisien. Ses clientes sont des princesses arabes, des milliardaires russes, des stars, des personnalités politiques ou des héritières d'empires financiers. Elle vend des sacs à 22 000 euros, des chaussures à 11 000 euros et même des tee-shirts à 895 euros, toujours avec le sourire. Bienvenue chez Montezzo, dans l'univers de tous les excès, là où souffle l'esprit de la démesure, là où la frénésie du luxe ne connaît pas de limites. En caméra cachée, Charlotte nous entraîne dans un monde étincelant où règnent happy few et protocole impitoyable. Là où parfois, aussi, la couleur de l'argent masque l'extrême solitude de la jet-set qui comble son ennui à fortes doses de fourrure et de croco.


- Mémoires d'enracinés
de Assiya Hamza
Éditions Michalon / Janvier 2012


Mes rencontres avec ces pieds-noirs qui ont choisi de rester en Algérie. "Je suis française d'origine algérienne, et ma double identité, c'est ma richesse. Mais que ferais-je à l'heure du choix, si choix il devait y avoir? Émettre une préférence reviendrait à renier mon histoire. Et aussi celle de la France. Qu'on le veuille ou non, la France et l'Algérie ont une histoire commune. Une histoire tumultueuse qui a duré un peu plus d'un siècle. Cette introspection m'a menée sur les traces des pieds-noirs qui ont choisi de rester en Algérie au lendemain de l'Indépendance. Un million d'hommes et de femmes se sont arrachés à cette terre l'été 62, très peu ont refusé de partir. J'ai voulu savoir pourquoi ils avaient, eux, renoncé à l'exil et résisté à l'exode. Qu'aurais-je fait à leur place?" Cécile, Momo, Éliette, Marie-France, Paul, Céleste et les autres lui ont ouvert leur maison et leur mémoire. Dix personnes qui lui ont tendu un miroir, la renvoyant à sa propre histoire, à sa différence, à ses racines, à son intégration à la française.


- Mémoires d'une femme de ménage
de Isaure
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


Isaure a 30 ans. Elle est bac + 5 et femme de ménage professionnelle. "Ce livre raconte comment je suis devenue votre ombre. Celle qui effleure la surface des objets et rend présentable l'inavouable. Celle qui ouvre les tiroirs, connaît l'envers de vos vies mais file, discrète, à la fin de la journée. Celle qui ne parle pas, prend son chèque et vous remercie". Au service d'un couple hype, d'une grosse vache, de familles fashion clonées les unes sur les autres, d'handicapés insupportables et d'employeurs parfois rigolos, elle découvre, comme bonne, la bonne et la moins bonne société. Elle raconte, avec une lucidité amusée, des bouts de vie dans l'envers du décor, celui que nous essayons de dissimuler aux autres et que nous aimerions connaître d'eux. Loin de l'exotisme bobo ou de l'érotisme gogo, ce récit, cruel et drôle, est garanti 100% authentique. Sa justesse de ton en fait, en plus d'un témoignage sociologique exceptionnel, un texte étonnant.


- Mufle
de Éric Neuhoff
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


Lui: deux fois divorcé, de grands enfants. À cinquante ans, il croyait avoir enfin trouvé la femme de sa vie. Elle, c'est Charlotte. Elle se sera bien foutue de lui. Mufle se livre à l'autopsie d'un mensonge. L'amour est toujours une fiction.


- Nebraska song
de Tom Mc Neal
Éditions Presses De La Cité / Janvier 2012


Qu'arriverait-il si vous retrouviez votre premier amour? Judith Withman a toujours cru au grand amour. Un sentiment capable de vous transporter au bout du monde. Cette passion-là, elle l'a connue, à 17 ans, avec Willy. Mais leur histoire ne dure que le temps d'un été, Judith devant partir pour l'université. Aujourd'hui, à 44 ans, Judith vit à Los Angeles auprès d'un mari qu'elle soupçonne d'infidélité et de leur fille, avec qui elle n'arrive plus à communiquer. Les souvenirs de son premier amour la hantent. C'est alors qu'elle retrouve le numéro de téléphone de Willy. Quelle serait sa réaction si elle l'appelait, plus de vingt ans après? L'a-t-il oubliée? Peut-on rattraper le temps perdu, changer le cours des choses sans sacrifier ce que l'on a construit? Revoir Willy permettra-t-il à Judith de sauver son couple? Un portrait de femme émouvant et juste, doublé d'une interrogation sur l'essence même du bonheur, avec pour décor les paysages grandioses du Nebraska.


- Noces de verre
de Philippe Routier
Éditions Stock / Janvier 2012


Khadija a grandi dans la petite épicerie que tenaient ses parents à Puteaux. À la mort de sa mère, son père Tareq est reparti vivre au Maroc. À vingt ans, la jeune femme mène une vie simple et solitaire jusqu'au jour où elle rencontre Virgile, un garçon un peu frustre, mais sociable et au charme certain. Deux ans plus tard, parents d'un petit garçon, Virgile et Khadija s'installent dans un mas des environs de Cahors, où ils ne tardent pas à se marier. La jeune épouse aspire à un bonheur tranquille, mais très vite son existence bascule de façon terrifiante. Égoïste et tyrannique, Virgile la soumet à des humiliations puis à des brutalités régulières. Isolée et sans ressources, Khadija plonge dans l'enfer de la violence conjugale. Elle n'aura de cesse de protéger son fils, mais très vite un autre piège infernal se refermera sur elle.


- On ne tue pas les gens
de Alain Defossé
Éditions Flammarion / Janvier 2012


"Je n'ai pas vu une seule chemise bleue, pas une voiture bleue, pas un seul uniforme. Personne ne m'a interrogé, ni le lendemain, ni après, ni depuis. Pourtant j'étais au bar ce soir-là. J'ai passé la soirée au bar ce soir-là. Ce soir-là, j'ai été le dernier à quitter le bar et les protagonistes de l'affaire, vivants et morts. Je me suis tu. Cela fait dix ans que je me tais". Ce soir-là, Alain Defossé est le témoin d'une soirée qui se conclura par un meurtre. Tout à la fois récit intime, autoportrait impudique et enquête au suspense angoissant, On ne tue pas les gens est un livre puissant, habité par l'urgence à raconter enfin cette inquiétante nuit de juillet 1999.


- Orgueil et préjugés
de Jane Austen
Éditions 10-18 / Janvier 2012


Pour les Anglaises du XIXe siècle, hors du mariage, point de salut. Romanesques en diable, les démêlés de la caustique Elizabeth Bennett et du vaniteux Mr Darcy n'ont pas pris une ride. Mais, il faut parfois savoir renoncer à son orgueil. Et accepter la tombée des masques pour voir clair dans la nuit. Un classique universel, drôle et émouvant.


- Passages à l'acte
de Jean-Charles Marchand
Éditions Anne Carrière / Janvier 2012


Une mère tue son enfant pour punir son compagnon, un jeune homme devient assassin "par amitié", une épouse empoisonne un mari grabataire, un jeune homme tue son père avec la bague qu'il lui a volée, une femme place son nourrisson étouffé au congélateur afin que le père le découvre, un marginal poignarde un prêtre pour "tuer le Père"… Voici, décrits dans ce livre, quelques-uns des portraits d'accusés dont les passages à l'acte interpellent non seulement la justice, mais aussi la psychiatrie et l'ensemble des sciences humaines. Au fil des audiences de cours d'assises, qui constituent un champ d'observation privilégié, Passages à l'acte restitue minutieusement les faits et les dires, et tente de comprendre le sens de tragédies humaines complexes dont la densité dépasse tout récit fictionnel. La conclusion majeure est que tout crime en cache un autre; chaque mobile allégué dissimule des mécanismes psychiques et socioculturels bien plus profonds et bien moins apparents; chaque acte criminel, enraciné dans le passé, révèle l'imaginaire de l'accusé et son rapport symbolique au monde.


- Place de la Trinité
de Alain Monnier
Éditions Flammarion / Janvier 2012


Adrien Delorme aime Louise qui se refuse à lui depuis trois ans. Ce 6 avril, elle ne vient pas à leur rendez-vous rituel. Adrien décide de l'attendre, le temps qu'il faudra. Il se promet de ne plus bouger et organise peu à peu sa vie autour de cette attente, mais le monde ne le laisse pas en paix. Le défilé permanent sur la place de la Trinité ne cesse de le perturber, il y croise ses amis, ses collègues, et se trouve malgré lui mêlé à l'effervescence de la vie publique. Louise se décidera-t-elle à lui faire un signe? Ou restera-t-elle désirée et inaccessible, à l'image de Laure que Pétrarque, l'idole d'Adrien, célébra tout sa vie? Avec la causticité dont il a le secret, Alain Monnier signe une comédie réjouissante: ici, l'attente se vit à toute allure. Mais cette histoire d'amour fantaisiste cache aussi une réflexion originale sur le temps et la nature du désir.


- Raison et sentiments
de Jane Austen
Éditions 10-18 / Janvier 2012


En amour, comme en tout, rien n'a changé depuis le 19eme siècle de Lady Jane. Si la fougueuse Marianne s'abandonne à une passion qui menace de lui brûler les ailes, la sage Elinor prend le risque de perdre l'amour à force de tempérance. Raison et sentiments: impossible équation? Les deux jeunes femmes devront apprendre de leurs vacillements. Pour le meilleur et pour le pire.


- Rêves oubliés
de Léonor de Récondo
Éditions Sabine Wespieser / Janvier 2012


Quand il arrive à Irún où il espère rejoindre sa famille, Aïta trouve la maison vide. Le gâteau de riz abandonné révèle un départ précipité. En ce mois d'août 1936, le Pays basque espagnol risque de tomber entre les mains des franquistes. Aïta sait que ses beaux-frères sont des activistes. Informé par une voisine, il parvient à retrouver les siens à Hendaye. Ama, leurs trois fils, les grands-parents et les oncles ont trouvé refuge dans une maison amie. Aucun d'eux ne sait encore qu'ils ne reviendront pas en Espagne. Être ensemble, c'est tout ce qui compte: au fil des années, cette simple phrase sera leur raison de vivre. Malgré le danger, la nostalgie et les conditions difficiles, pour nourrir sa famille, Aïta travaille comme ouvrier à l'usine d'armement, lui qui dirigeait une fabrique de céramique. En 1939, quand les oncles sont arrêtés et internés au camp de Gurs, il faut fuir plus loin encore. Tous se retrouvent alors au cœur de la nature, dans une ferme des Landes. La rumeur du monde plane sur leur vie frugale, rythmée par le labeur quotidien: les Allemands, non loin, surveillent la centrale électrique voisine, et les oncles, libérés, poursuivent leurs activités clandestines. Écrit comme pour lutter contre la fuite des jours, le carnet où Ama consigne souvenirs, émotions et secrets donne à ce très beau roman une intensité et une profondeur particulières. Léonor de Récondo, en peu de mots, fait surgir des images fortes pour rendre à cette famille d'exilés un hommage où une pudique retenue exclut le pathos.


- Rhapsodie pour une dent creuse
de Régis Delicata
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


Gavotti, le narrateur de ce livre, est "trouveur de pièces introuvables" pour des collectionneurs extravagants. Sa dernière mission? Aller chercher à Los Angeles le dentier de Robert Mitchum pour un certain John T. Garner. Avant de quitter Paris, il s'adjoint un valeureux acolyte, brute épaisse du nom de Gaston Bachelard. À partir de là, l'aventure (folle, lyrique, picaresque) commence, et les ennuis, et les scènes hilarantes, à Hollywood, dans un cimetière by night, dans une prison (où Gavotti est rejoint par sa femme Élisabeth et son ami avocat maître Blaze), dans de somptueuses propriétés américaines, jusqu'au retour à Paris, et à la stupéfiante révélation, le dentier rapporté par Gavotti au péril de sa vie est un faux, il lui manque une dent creuse censée contenir des microfilms qui auraient dû révéler au commanditaire de l'opération les circonstances de l'assassinat de Kennedy. Dans cette parodie de roman policier, très drôle, très intelligente, (qui rappelle parfois certains livres d'Echenoz), l'auteur tord le cou aux clichés tout en jonglant avec eux, et déjoue tous les stéréotypes. Il s'amuse avec les références mythiques de la littérature et du cinéma, compose des dialogues à la OSS 117, crée un personnage attachant de anti-héros décalé. Rhapsodie pour une dent creuse, c'est monsieur Tout-Le-Monde qui se trouve embarqué dans un film noir sans comprendre pourquoi. Le lecteur, lui, s'amuse beaucoup.


- Robinson Crusoé
de Daniel Defoe
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


Robinson Crusoé, sans doute le plus célèbre des romans de langue anglaise, fut un énorme succès en Angleterre dès sa parution en 1719, puis en France à la fin du siècle, grâce à J.-J. Rousseau qui y voyait "le plus heureux traité d'éducation naturelle". Probablement inspirée de la mésaventure réelle du marin Alexander Selkirk, abandonné par son capitaine sur une île déserte du Pacifique, l'histoire de Robinson est présentée par Defoe comme un récit véridique, dont le caractère réaliste et concret demeure toujours aussi convaincant trois siècles plus tard. Mais l'influence considérable de ce classique du livre d'aventures tient aussi à la dimension philosophique et morale de l'épreuve qu'affronte son héros solitaire et vaillant que Malraux compara à Don Quichotte et à l'Idiot.


- Shalom India Résidence
de Esther David
Éditions Héloïse d'Ormesson / Janvier 2012


En plein cœur de la ville d'Ahmedabad, dans le sillage des émeutes de 2002, une nouvelle résidence voit le jour. À l'entrée de chaque bâtiment,  une mezzouza, au mur de chaque foyer,  le portrait du prophète Élie. En Inde,  la chose est plutôt rare. Dans ces immeubles cohabitent  trois générations d'une minuscule  communauté juive, autant de destins  qui se croisent, s'ignorent, s'aiment  ou s'affrontent, tiraillés entre le poids  des traditions et la tentation  de nouveaux horizons. Merveilleuse conteuse, Esther David  dresse ici le portrait d'un microcosme  complexe et coloré, surprenant  et attachant, hors du temps,  mais résolument de son siècle.


- Solistes
de Caroline Gautier
Éditions Anne Carrière / Janvier 2012


Solistes met en lien cinq discours, cinq récits à la première personne: M. Bergerac, psychanalyste quinquagénaire et aigri; Anthony, jeune adulte déprimé en quête de lui-même; Elisabeth, abîmée par la prostitution et la drogue; M. Bernard, vieil homme coincé dans un corps infirme; et Dorothée, post-adolescente sauvage récemment apprivoisée. Leurs parcours croisés s'entrechoquent au travers des affres de la solitude, des démons qui les hantent, des désirs d'émancipation qu'ils osent à peine rêver. Chacun joue sa partition, se perd dans des pensées égocentriques, arpente un quotidien étriqué. Puis une rencontre singulière les engage vers un ailleurs, et leur horizon s'élargit. En choisissant le mouvement plutôt que l'inertie, ces cinq narrateurs ouvrent une porte et se risquent à espérer un autre dénouement que celui vers lequel ils s'acheminaient.


- Suite(s) impériale(s)
de Bret Easton Ellis
Éditions 10-18 / Janvier 2012


Vingt-cinq ans après la publication de Moins que zéro, l'histoire continue dans la Cité des Anges. Devenu scénariste, Clay participe au casting de son prochain film et séduit Rain, pute à ses heures et actrice ratée, à qui il promet un rôle. Mais dans un Hollywood déshumanisé ou les rêves sont des refuges dorés, la manipulation est un jeu de dupe mortel.


- Sur les nerfs
de Larry Fondation
Éditions Fayard / Janvier 2012


Flash, fragments, vignettes, rythmes accidentés: Los Angeles est une jungle de béton trépidante où vit une foule ensauvagée. Poz et Army imaginent un meurtre qui pourrait rapporter, mais Army en sait trop, Poz va devoir l'éliminer. Gina élève seule son gosse hyperactif dans une baraque squattée par un gang du quartier. Angela se ronge les ongles en attendant que son mec se fasse descendre. Johnny pratique le zen en tirant les rats d'une cave désaffectée. Quant aux jeunes filles, certaines devraient apprendre à se méfier. Loin des paillettes et des palmiers, Larry Fondation sculpte le noir à force d'éclats de lumière, quand un de ses personnages se relève et, par sa révolte, transcende sa misère. Larry Fondation est médiateur de quartier à Los Angeles depuis plus de vingt ans. Sur les nerfs est son premier roman.


- Tous les conspirateurs
de Christopher Isherwood
Éditions Fayard / Janvier 2012


Au début des années 1920, un jeune homme, Philipp Lindsay, qui travaille à la City de Londres, se bat pour se libérer de l'emprise de sa mère, qui entend décider de son destin et l'empêcher de se consacrer à la peinture et à l'écriture. Il se rapproche de deux de ses amis, Victor et Allen. L'un représente le monde étouffant du passé (il est manipulé par la mère de Philipp qui veut lui faire épouser sa fille, Joan), l'autre la perspective d'une nouvelle vie (il s'adonne à la boisson et remet tout en question).


- Tout ça pour quoi
de Lionel Shriver
Éditions Belfond / Janvier 2012


Parfois, le soir, dans les embouteillages, Shep Knacker laisse son esprit divaguer: fuir les humiliations au travail, échapper aux jérémiades de son artiste de sœur, aux caprices des enfants, aux discours stériles de son meilleur ami. Quitter tout ça, partir sur cette île au large de Zanzibar, dormir, pêcher son poisson, lire, réfléchir. Vivre, tout simplement. Un fantasme qu'il touche du doigt le jour où il vend sa société et touche un petit pactole. Sa décision est prise. C'est alors que Glynis, son épouse, va briser net ce doux rêve: elle est atteinte d'une maladie rare, à un stade déjà avancé, et doit commencer au plus vite un traitement expérimental coûteux. Comment faire face à ce qui nous fait peur? Comment affronter ce que l'on passe notre existence à fuir? Combien vaut une vie?


- Un éclat minuscule
de Jean-Baptiste Gendarme
Éditions Gallimard / Janvier 2012


Ils venaient d'avoir trente ans. Ça leur était tombé dessus sans crier gare. Ils s'aimaient, ils avaient un fils de vingt mois qui leur ferait bientôt sentir qu'ils étaient trop vieux pour le comprendre. Leur situation professionnelle était plus qu'incertaine, mais souvent enviée. Ils avaient des projets de voyages, un plan d'épargne logement comme les gens raisonnables, alimenté très irrégulièrement parce qu'ils n'étaient pas vraiment des gens raisonnables. Ils avaient, croyaient-ils, l'avenir devant eux.


- Un fabuleux menteur
de Susann Pasztor
Éditions Anne Carrière / Janvier 2012


Lily, la narratrice âgée de seize ans de ce roman aussi drôle qu'intelligent, nous relate une réunion de famille vouée à la mémoire de son grand-père Joschi, grand raconteur d'histoires devant l'Éternel, menteur impénitent, séducteur aux nombreuses épouses et aux nombreux enfants. À trop raconter d'histoires, c'est bien à sa mémoire que Joschi a jeté un sort. Plus exactement aux bribes de mémoire, si contradictoires, que ses descendants aimeraient bien trier pour leur trouver une cohérence et s'accorder enfin sur le récit de leurs origines. Comédie humaine à l'échelle d'une famille, farce fort peu innocente puisqu'elle s'organise autour du voyage à Buchenwald de quelques Allemands un peu perdus à la recherche d'une confirmation de leur judéité, Un fabuleux menteur est un roman d'une légèreté perspicace, et d'une gravité généreuse.


- Un garçon sans séduction
de Christophe Mouton
Éditions Julliard / Janvier 2012


Jeune trentenaire que sa petite amie vient de quitter pour un trader, Thomas Loiseau décide d'appliquer le modèle de calcul des cotations boursières à son propre pouvoir de séduction. Brillant, drôle et caustique, un récit atypique qui dénonce la marchandisation des corps et des esprits. Thomas Loiseau est ingénieur en automation, métier noble, mais peu "sexy". Sybille vient de le quitter pour un trader au train de vie nettement plus séduisant. Assailli de doutes quant aux raisons de cette rupture, Thomas échafaude un raisonnement économique susceptible d'évaluer son quotient de séduction. Pour commencer, il doit établir une liste de critères mettant en balance ses qualités et défauts sur la même échelle que celle utilisée par les agences de cotation. Une fois évaluées ses capacités de charme, et après avoir découvert que sa marge de manœuvre sur le marché de la séduction est assez faible, il lui faut définir, selon les mêmes calculs, les qualités et défauts de "la fille faite pour lui". Passé cette étape, ne lui reste plus, en guise de stratégie amoureuse, qu'à trouver le "stratagème d'acquisition" le plus efficace. Pour s'apercevoir au final qu'aucun mode de calcul n'est jamais fiable, et que ce à quoi il aspire est bien au-delà du marché. Tournant en dérision l'emprise nébuleuse de l'économie sur nos vies, ce texte inventorie les critères de séduction imposés par la société de consommation. Hormis le commentaire social sur l'influence de la publicité dans notre imaginaire, et la dénonciation du mensonge sur lequel elle repose, ce récit offre une réflexion à la fois érudite et humoristique sur les dérives sémantiques du mot "séduction", sur le donjuanisme moderne, mais aussi sur la nature parfois inavouable de nos désirs. Entre la démonstration philosophique, le précis d'économie et le traité de séduction, ce récit, truffé de références à Laclos, Casanova ou Kant, est un livre ovni, pétri d'humour, à lire, bien sûr, au second degré.


- Un homme de tempérament
de David Lodge
Éditions Payot &Rivages / Janvier 2012


"Le sexe pour [Wells] était idéalement une forme de récréation comme le tennis et le badminton, quelque chose que l'on faisait quand on était avec satisfaction venu à bout d'une tâche, pour se défouler et exercer un moment son corps plutôt que son esprit". Fervent défenseur de l'Amour libre, H.G. Wells a multiplié les aventures et mésaventures sexuelles qui lui ont compliqué sa vie privée et contrarié ses ambitions d'homme politique. Dans sa maison londonienne barricadée pendant le blitz de 1944, malade, il revient sur son existence peuplée d'incidents, de livres et de femmes.


- Un roman américain
de Stephen Carter
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


Été 1952, Martha's Vineyard. Vingt hommes se réunissent dans le plus grand secret. Politiciens, avocats, hommes d'affaires, universitaires, Blancs et Noirs, ils sont l'élite de l'Amérique. Ce soir-là, ils signent un pacte diabolique destiné à manipuler le président des États-Unis pour les décennies à venir. Deux ans plus tard, au cœur de Sugar Hill, par une nuit glaciale de février, à la sortie d'une réception huppée, le jeune écrivain noir Eddie Wesley tombe sur un cadavre. Lequel cadavre agrippe entre ses mains une étrange croix inversée. Qui a tué ce riche avocat blanc croisé quelques heures plus tôt à la fête? Que signifie cette croix? Alors que la curiosité d'Eddie commence à déranger, sa petite sœur, Junie, promise à un brillant avenir à la Cour suprême, s'évanouit brusquement dans la nature. Quel est le lien entre cette disparition, le meurtre de l'avocat et le complot visant à contrôler le président des États-Unis?


- Une année studieuse
de Anne Wiazemsky
Éditions Gallimard / Janvier 2012


"Un jour de juin 1966, j'écrivis une courte lettre à Jean-Luc Godard adressée aux Cahiers du Cinéma, 5 rue Clément-Marot, Paris 8e. Je lui disais avoir beaucoup aimé son dernier film, Masculin Féminin. Je lui disais encore que j'aimais l'homme qui était derrière, que je l'aimais, lui. J'avais agi sans réaliser la portée de certains mots".


- Une bonne raison de se tuer
de Philippe Besson
Éditions Julliard / Janvier 2012


À Los Angeles, tandis que l'Amérique s'apprête à élire un nouveau président, Laura, en proie à une résignation qui semble insurmontable, et Samuel, dévasté par la mort de son fils, vacillent au bord du précipice, insensibles à l'effervescence de leur pays. Ils ne se connaissent pas. Leurs destins vont se croiser. Pourront-ils se sauver l'un l'autre? L'action se déroule le 4 novembre 2008, date de l'élection de Barack Obama. À Los Angeles comme partout ailleurs, c'est une journée d'exaltation, d'espoir de renouveau et d'attente fiévreuse. Mais tandis que l'Amérique semble retenir son souffle, impatiente de connaître l'issue de ce jour historique, pour Laura et Samuel, cette journée sera la plus longue et la plus terrible de leur vie. Car aujourd'hui Samuel doit se rendre aux funérailles de Paul, son fils de dix-sept ans qui vient de se suicider. Laura, femme seule de quarante-cinq ans, serveuse dans une cafétéria, a décidé, quant à elle, de se donner la mort le soir venu. Pour chacun d'eux, l'enjeu sera le même, comment échapper au déroulement implacable de cette journée? Samuel pourra-t-il surmonter son chagrin, ne serait-ce que le temps de la cérémonie? A-t-il même le droit de survivre à l'absence de celui qui n'aurait jamais dû partir avant lui? Et quel sens donner au geste de son fils, un geste d'autant plus révoltant qu'il est inexpliqué? Laura, elle, a mûrement réfléchi son choix. Personne ne la regrettera, ni son fils indifférent ni son ex-mari qui, lui, a su refaire sa vie. Cette dernière journée aura-t-elle un goût moins fade que toutes celles qu'elle vient de laisser derrière elle? Un goût d'exceptionnel qui pourrait la faire changer d'avis? Samuel et Laura ne se connaissent pas encore. Pourtant ils ont déjà beaucoup en commun. Ils vont d'ailleurs se rencontrer au crépuscule. Roman de la mélancolie moderne, Une bonne raison de se tuer explore le sentiment de vide dans lequel nous plonge la société contemporaine. Pour décrire cette solitude, ces liens de plus en plus distendus entre les individus, Philippe Besson porte une attention soutenue à ces gestes machinaux qui forment un quotidien insipide, souvent inepte. En s'attardant sur une même et unique journée, il amplifie chaque détail, comme grossi à la loupe, et placé sous une lumière crue. Car, au fond, le lent écoulement du temps est tout ce qui reste aux personnages bouleversants de ce roman. Hommage au film d'Ettore Scola, Une journée particulière, auquel il fait écho, ce livre évoque en toile de fond une Amérique malade, mais son constat est bien plus vaste encore, le désespoir est, de toutes les menaces, la plus redoutable.


- Une irrésistible et coupable passion
de Ron Hansen
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2012


Une irrépressible et coupable passion: c'est ainsi que le New York Daily Mirror titre sa Une en 1927 au lendemain du crime sanglant qui scandalise l'Amérique et qui fait vendre des millions de journaux jusqu'au procès. Plus tard, il inspirera le roman de James M. Cain, Assurance sur la mort, le film éponyme de Billy Wilder, et les deux versions du film "Le facteur sonne toujours deux fois". Puisant parmi les minutes de l'audience, les récits écrits par les meurtriers en prison dans l'attente de leur exécution et les pages de la presse à scandale new-yorkaise de l'époque, Ron Hansen redonne vie aux trois protagonistes en retraçant leur destin tragique. Ruth Snyder, voluptueuse et capiteuse, téméraire mais imprudente, mère d'une fillette de neuf ans, est piégée par un mariage violent et dénué d'amour. Elle n'a qu'une idée en tête, se débarrasser d'Albert, son mari. Pour arriver à ses fins, elle tisse lentement sa toile autour de Judd Gray, marié lui aussi, petit représentant en lingerie féminine qu'elle a récemment rencontré dans un boui-boui de Manhattan et qu'elle sait subjuguer par sa sensualité animale. De lettres secrètes en rendez-vous clandestins et torrides dans les chambres du Waldorf Astoria, elle amène son amant, entre désir et caresses, là où elle a besoin de lui. Mais Judd saura-t-il tuer pour elle? Et le voudra-t-il?


- Une vie en plus
de Janine Boissard
Éditions Fayard / Janvier 2012


Qu'arrive-t-il à Adeline? À trente-neuf ans, voici qu'elle abandonne une brillante carrière pour "rentrer à la maison", devenir femme au foyer. C'est qu'elle n'a jamais pris le temps de profiter d'un mari tendre et aimant, de voir grandir Adèle, Eugène, Elsa, ses trois craquants ados, alors elle a décidé de s'offrir une pause pour mieux les suivre, les connaître, les aimer. Mais c'est l'aventure qui l'attend avec la rencontre de Mathis, talentueux musicien, avec lequel elle réalisera un rêve d'enfant qu'elle croyait perdu. Et si cette "vie en plus" recelait un piège pour les siens, de l'amour en moins? Attention, Adeline, danger.


- Vida
de Patricia Engel
Éditions Anne Carrière / Janvier 2012


Dans ce premier roman unanimement salué par la critique américaine, Patricia Engel nous emmène sur les (hauts) talons de sa narratrice, Sabina, une jeune femme appartenant à la diaspora colombienne aux États-Unis, qui lutte pour façonner son identité dans et au-delà de sa sphère familiale. Progressant par tableaux, dans le New Jersey, à New York, à Miami, à Bogota, l'auteur manie aussi bien le détail que l'ellipse pour nous faire ressentir les secousses de cette transformation à la si lente violence que l'on appelle "devenir une femme".


- Vie animale
de Justin Torres
Éditions de l'Olivier / Janvier 2012


"On en voulait encore. On frappait sur la table avec le manche de nos fourchettes, on cognait nos cuillères vides contre nos bols vides; on avait faim. On voulait plus de bruit, plus de révoltes. On montait le son de la télé jusqu'à avoir mal aux oreilles à cause du cri des hommes en colère. On voulait plus de musique à la radio; on voulait du rythme; on voulait du rock. On voulait des muscles sur nos bras maigres. On avait des os d'oiseau creux et légers, on voulait plus d'épaisseur, plus de poids. On était six mains qui happaient et six pieds qui trépignaient; on était des frères, des garçons, trois petits rois unis dans un complot pour en avoir encore". La famille, c'est la jungle. Les parents s'aiment, se battent. Au milieu du chaos, trois enfants tentent de grandir. La meute observe les fauves. Quand le père danse, les petits l'imitent. Quand la mère dort, ils apprennent à rester silencieux. La vie animale est âpre. Mais l'imaginaire est sans limite.


- Virginia et Vita
de Christine Orban
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


En 1927 Virginia Woolf qui vient de publier "La promenade au phare" vit une passion tourmentée avec Vita Sackville-West dont le célèbre château paternel de Knole se situe tout près de Monk's House, la modeste demeure de Virginia et de son époux l'éditeur Leonard Woolf. De sa fascination pour Vita, de l'abîme entre sa vie bohème et le faste de l'excentrique aristocrate va naître le personnage d'Orlando. La relation amoureuse s'est métamorphosée en création littéraire. Dans ce roman où tout est dit de la passion et de la jalousie, Christine Orban évoque en mélodie subtile, la complicité de deux femmes exceptionnelles, puissantes et fragiles qui marient à leur manière amour et création.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 15:24

- L'étrange voyage de Monsieur Daldry
de Marc Levy
Éditions Robert Laffont / Décembre 2011


"L'homme qui va le plus compter dans ta vie vient de passer dans ton dos. Pour le retrouver, tu devras entreprendre un long voyage et rencontrer six personnes qui te mèneront jusqu'à lui... Il y a deux vies en toi, Alice. Celle que tu connais et une autre, qui t'attend depuis toujours". Londres, 1950. Alice mène une existence tranquille entre son travail, qui la passionne, et sa bande d'amis, tous artistes à leurs heures. Pourtant, la veille de Noël, sa vie va être bouleversée. Au cours d'une virée à la fête foraine de Brighton, une voyante lui prédit un mystérieux avenir. Alice n'a jamais cru à la voyance, mais elle n'arrive pas à chasser ces paroles de son esprit, et ses nuits se peuplent de cauchemars qui semblent aussi réels qu'incompréhensibles. Son voisin de palier, Monsieur Daldry, célibataire endurci, gentleman excentrique et drôle, aux motivations ambiguës, la persuade de prendre au sérieux la prédiction de la voyante et de retrouver les six personnes qui la mèneront vers son destin. De Londres à Istanbul, il décide de l'accompagner dans un étrange voyage.


- Le temps des métamorphoses
de Poppy Adams
Éditions 10-18 / Décembre 2011


À Bulburrow Court, entre les murs épais tapissés de papillons, la vieille Virginia Stone vit recluse. Le jour où sa sœur paraît à la porte du manoir, cinquante ans de silence vacillent. Elles ont tout à réapprendre l'une de l'autre. Mais sous les vestiges d'une enfance complice et ténébreuse, les souvenirs se muent peu à peu en de terribles révélations.


- Rani
de Jean Van Hamme
Éditions Michel Lafon / Décembre 2011


1743. Amoureuse d'un bel officier anglais, une jeune noble française, Jolanne de Valcourt, abominablement trahie par son demi-frère Philippe, est accusée à tort de meurtre et de trahison. Après avoir été marquée au fer rouge de la fleur de lys, elle est condamnée à la déportation en Inde. Prostituée de force dans un bordel du comptoir de Mahé, Jolanne parvient néanmoins à s'évader. Elle manque de périr dans un naufrage mais est recueillie dans un village de pauvres pêcheurs indiens. Elle atteint finalement Pondichéry où elle se met sous la protection de la "princesse" Jeanne, la très charismatique épouse de Joseph-François Dupleix, gouverneur des cinq comptoirs français. Jusqu'au jour où Jolanne rencontre le séduisant Mishra Din Aktar, prince héritier et futur maharadjah de Chandrapur, qui fera d'elle sa troisième rani, sa troisième épouse. Au sein de ce palais doré, la jeune femme parviendra-t-elle à trouver sa place? À surmonter la jalousie des autres épouses et, surtout, à oublier Craig, son bel officier anglais?


- Sonate cartésienne
de William Gass
Éditions 10-18 / Décembre 2011


Dans un monde qui ne leur laisse aucune place, hommes et femmes se débattent avec leur haine, leur désespoir, et sculptent leurs fantasmes. Après Le Tunnel, unanimement reconnu comme un chef-d’œuvre de la littérature américaine, William H. Gass déploie sa sonate au fil de quatre nouvelles, projetant sur la réalité une lumière implacable.


- À l'enfant que je n'aurai pas
de Linda Lê
Éditions Nil / Novembre 2011


L'essai d'Élisabeth Badinter intitulé Le Conflit soulignait, l'an passé, la dureté de l'injonction faite aux femmes par l'obligation non seulement d'être mères, mais de l'être absolument, dans un fantasme de perfection typique d'une société ou la sphère privée est devenue un spectacle permanent. En écrivant à l'enfant qu'elle a choisi de ne jamais concevoir, Linda Lê s'affranchit du monde en général pour poser un regard strictement personnel sur sa volonté de ne pas devenir mère. Ce travail autobiographique lui permet d'éclairer les premiers jalons qui, dans l'enfance, préparent l'expression de sa liberté d'adulte. La figure étouffante de la mère et une adolescence passée dans un monde exclusivement féminin contribuent à forger un désir de soi, aussi évident que douloureux à porter dans le regard de l'autre, et plus particulièrement de cet homme, S. Car l'homme qu'elle aime veut avoir des enfants. Chaque jour il tente de lui montrer que son refus se fonde sur l'erreur: erreur d'analyse, trop intellectuelle; erreur ontologique d'un égocentrisme qui aurait mal tourné; erreur personnelle, d'une peur jamais confrontée, etc. La narratrice, elle, en lieu et place d'idées toutes faites, voit défiler de simples images, précises et palpables: celle d'un enfant qu'elle ne saurait pas aimer, quelle que soit son identité, et celle d'un écrivain qui perdrait forcément la sienne à l'éduquer. "On ne part pas à la conquête du Graal avec une poussette", écrivait Karen Blixen. Et là ou l'expression de la liberté devient intolérable aux yeux des notaires de ce monde exigeant une conversion systématique au modèle de la famille, la narratrice écarte toute forme de dureté, toute prétention à une règle édifiée à d'autres qu'elle-même. Bien au contraire, c'est toute la douceur de son amour qu'elle offre à cet enfant qui n'existera jamais, mais vit sans cesse, à chaque seconde, dans l'imaginaire lumineux de sa conceptrice.


- Alors,
de Florence Pazzottu
Éditions Flammarion / Novembre 2011


Alors, onzième livre de Florence Pazzottu, poursuit un dialogue têtu entre les deux versants, les deux versions du monde: l'intérieur et l'extérieur, le silence et la parole, l'impalpable et le tangible... Le réel le plus immédiat, le plus inacceptable aussi, s'y confronte à l'irréversible joie, aux épiphanies témoignant que les jeux graves du langage peuvent rendre une forme de lumière à la grisaille ordinaire. D'où la manière dont les vers viennent se poser, s'éparpiller parfois sur la plage, dans l'éclat d'un rire irréductible. Un livre médian: S'il tranche, se présente comme un traité de poétique ironique et cinglant. Dans la dernière partie la parole se trouble, les strophes se resserrent, mais c'est pour mieux dire un drame commun, malgré la solitude à laquelle il renvoie. Dans ces pages traversées, poignantes, Florence Pazzottu retrouve la tension majeure qui fonde son écriture poétique, la lumière qu'elle sait extraire de la nuit pour en montrer la blessure secrète.


- Au nord du monde
de Marcel Theroux
Éditions 10-18 / Novembre 2011


"Ici, dix mois par an, le climat mord la peau. Le silence règne, désormais. La ville est plus vide que le paradis". Au nord du monde, la terre s'étend à perte de vue, anéantie par un cataclysme. Parmi les décombres, le shérif Makepeace erre. La route porte ses pas, à la recherche d'un temps qui n'existe plus et d'une humanité à reconstruire. Ravivant à l'horizon la lueur d'une rédemption.


- Chiens perdus et cœurs solitaires
de Lucy Dillon
Éditions L'Archipel / Novembre 2011


Le sort semble s'acharner sur Rachel Fielding. En l'espace de quelques jours, cette jeune Londonienne de 39 ans découvre ses premiers cheveux blancs, perd son travail, son appartement et se fait plaquer par son petit ami. D'autres auraient sombré. Rachel n'en a pas le temps. Elle apprend dans la foulée qu'en mourant son excentrique tante Dot vient de lui léguer un refuge canin. Plutôt que de le vendre, elle décide de s'installer dans le Worcestershire et de s'occuper de tous les chiens perdus qu'avait recueillis sa tante. En trouvant des familles d'adoption pour Bertie, le basset, Lulu, le caniche, ou Toffee, le labrador, elle viendra, presque à son insu, en aide aux cœurs perdus du voisinage dont le sien.


- Chaos sur la toile
de Kristín Marja Baldursdóttir
Éditions Gaïa / Novembre 2011


Karitas vient de verser l'eau bouillante dans la bassine lorsque les belles-sœurs frappent à la porte de l'atelier glacial. Karitas  ne vit que pour l'art qui, lorsqu'il vient, crée le chaos sur ses toiles. Elle vit à Reykjavík, loin de son mari, l'armateur aux  yeux vert océan, loin de ses enfants. Le jour où elle prend la décision de partir pour Paris, surgit son fils avec une petite fille. Et Karitas se retrouve avec deux valises  au lieu d'une pour découvrir le monde. Elle sillonne les musées,  se nourrit des œuvres des plus grands peintres, rit dans les soirées  enfumées et enivrantes. De Paris à New York, de Rome jusqu'aux fjords islandais, Karitas peint. Ou s'inquiète de ne plus peindre. Itinéraire d'une femme libre, contemporaine de Simone de  Beauvoir, et pourtant enchaînée à son art, Chaos sur la toile est un magnifique roman sur la passion et ces choix, parfois fous, qui façonnent nos vies.


- D'autres prendront nos places
de Pierre Noirclerc
Éditions Flammarion / Novembre 2011


"J'étais un raté moderne. Un type qui a tout fait comme il faut. Pas d'ennuis avec les flics, à part quelques contraventions, un diplôme, pas de handicap, un physique ni gracieux ni disgracieux. Et pourtant j'y arrivais pas. On devrait filer une notice à la naissance: Comment se démerder dans un monde pourri et corrompu peuplé à 95 d'abrutis complets". Entretiens d'embauche absurdes, saouleries solitaires et étreintes minables, le quotidien risible d'un antihéros de la génération Y balloté entre l'échec et la résignation, qui finira par dégoter une carrière et un amour forcément imparfaits.


- Demain j'arrête !
de Gilles Legardinier
Éditions Fleuve Noir / Novembre 2011


Et vous, quel est le truc le plus idiot que vous ayez fait de votre vie? Comme tout le monde, Julie a fait beaucoup de trucs stupides. Elle pourrait raconter la fois ou elle a enfilé un pull en dévalant des escaliers, celle où elle a tenté de réparer une prise électrique en tenant les fils entre ses dents, ou encore son obsession pour le nouveau voisin qu'elle n'a pourtant jamais vu, obsession qui lui a valu de se coincer la main dans sa boîte aux lettres en espionnant un mystérieux courrier. Mais tout cela n'est rien, absolument rien, à côté des choses insensées qu'elle va tenter pour approcher cet homme dont elle veut désormais percer le secret. Poussée par une inventivité débridée, à la fois intriguée et attirée par cet inconnu à côté duquel elle vit mais dont elle ignore tout, Julie va prendre des risques toujours plus délirants, jusqu'à pouvoir enfin trouver la réponse à cette question qui révèle tellement: pour qui avons-nous fait le truc le plus idiot de notre vie?


- Descente aux grands crus
de Paul Torday
Éditions 10-18 / Novembre 2011


Jeune et brillant, Wilberforce est obsédé par son boulot et méconnaît les plaisirs. Jusqu'au jour ou un certain Francis Blake lui ouvre les portes de sa cave enchanteresse: là, le vin et l'hospitalité de l'aristocratie anglaise coulent à flot. Pour la première fois, Wilberforce découvre une vie exaltante qui a tôt fait de le griser. Mais à quel prix?


- Deux
de Irène Némirovsky
Éditions Albin Michel / Novembre 2011


Deux reflète parfaitement le talent de la romancière pour décrire le charme de la rencontre amoureuse, la dégénérescence dans le mariage, et la paix retrouvée à la fin entre les époux. Marianne, fille d'un peintre connu, n'a qu'un désir: s'amuser. Sa vie n'est qu'une succession de bals et de sorties mondaines. Charmeur et volage, Antoine séduit Marianne. Elle l'aime, il ne l'aime pas, qu'importe, il finira par l'épouser. Analyse aussi fine qu'implacable de la passion et de son désenchantement, Deux brosse un tableau sombre et cruel de ces années d'entre-deux-guerres, aussi folles que désespérées.


- Dors et fais pas chier
de Adam Mansbach
Éditions Grasset & Fasquelle / Novembre 2011


Attention: ceci n'est PAS un livre pour enfants.
Avis à tous les parents exténués par leurs adorables bambins refusant de s'endormir le soir: ce livre d'une "délicieuse obscénité" (Newsweek) est fait pour vous.
Dodo fait le tigre au cœur de la jungle immense.
Du haut de son arbre, même le moineau se tait.
Ton doudou, tu peux te le mettre où je pense.
Fais pas chier. Ferme les yeux. Fous-moi la paix.
Qui n'a jamais rêvé de troquer les mièvreries des comptines enfantines pour une berceuse un peu moins hypocrite et un peu plus proche de la réalité? Qui n'a jamais rêvé de laisser libre cours à son exaspération face à une progéniture rétive au sommeil? Vous n'avez jamais osé parler ainsi à votre enfant? Les auteurs de ce jouissif détournement de la littérature jeunesse l'ont fait pour vous. Ce qui n'était au départ qu'une pochade, imaginée par un jeune papa au bord de la crise de nerfs, s'est transformé en un véritable phénomène de société aux États-Unis: Dors et fais pas chier, non content de devenir le best-seller le plus inattendu de l'année (450 000 exemplaires vendus en 2 mois), a déclenché une déferlante de réactions et de débats dont toute la presse (New York Times, New Yorker, Washington Post, et en France, avant même sa parution, Courrier International, Rue89, Le Monde…) s'est fait l'écho.


- Jeu de pistes
de Marcel Theroux
Éditions Plon / Novembre 2011


Damien March a 35 ans. Il s'ennuie. Des nuits à écrire des voix off pour la BBC alors qu'il se rêvait grand reporter, du temps perdu, de vagues amis et quelques histoires oubliables. Jusqu'à ce télégramme: "Patrick mort. Papa". Son oncle est mort, il avait presque oublié qu'il était vivant. Pourtant il a fait de lui son unique héritier. Damien plaque tout et s'en va vivre dans la maison de Cape Cod de son oncle, ancien écrivain à succès dont l'originalité et la fantaisie peuplent ses souvenirs d'enfance. C'est un véritable cabinet de curiosités, où il déniche un manuscrit inachevé: Les Confessions de Mycroft Holmes, pastiche savoureux dont le héros est le frère méconnu de Sherlock Holmes. Et qui recèle des indices, menant eux-mêmes, de fausses pistes en détours, à un secret de famille insoupçonné.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 15:22

- Jude. R
de Shaké Mouradian
Éditions XO / Novembre 2011


1970. Jude R. traverse les États-Unis d'est en ouest. Poursuivi par la haine d'individus vengeurs, il rencontre Lipi, une gamine de quinze ans aussi perdue que lui, ombrageuse et torturée, surnommée "la main d'or" pour sa chance insolente au poker. Commence alors une violente course-poursuite. Partout où le couple improbable passe, il laisse des morts derrière lui. Lipi s'attache malgré tout à ce drôle de personnage qu'est Jude R. alors même que la violence qui sommeillait en lui ne cesse de grandir.


- L'enfant de la neige
de Henri Gougaud
Éditions Albin Michel / Novembre 2011


XIIIe siècle. Nous sommes en Languedoc dans la bonne ville de Pamiers. L'Inquisition rôde encore sur cette région cathare. Jaufré, un enfant abandonné devenu troubadour, revient au pays. Il y retrouve sa nourrice Thomette, son demi-frère Alexis, le père abbé Aymar qui l'a élevé, le luthier qui l'a initié à la musique, le bibliothécaire du monastère et tout un petit peuple haut en couleurs. Jaufré découvrira l'amour et un mystérieux manuscrit hérétique dans les combles de l'église. Se dévoileront alors peu à peu les énigmes douloureuses qui hantent les ruines récentes du château fort, les caves du monastère et l'esprit des gens.


- L'expression des sentiments
de Patrick Poivre d'Arvor
Éditions Stock / Novembre 2011


"Ma mère est morte cet été. Le sol s'est dérobé sous mes pieds. J'ai perdu mes repères, tout autant que ma mère. Après la disparition de mes deux filles, la mort rôde une nouvelle fois. J'ai du chagrin, mais je ne peux pas le dire, ma mère me l'a toujours interdit. Une femme secrète, retenue, emmurée, droite, digne, qui détestait la maladie et l'hôpital. Pour elle comme pour les autres. A-t-elle aimé ses enfants? Évidemment. Le leur a-t-elle dit? Non. Les a-t-elle jamais embrassés? Pas sûr. Combien de non-dits qui auront surgi entre pudeur et impudeur? Des souvenirs lumineux d'enfance qui éclatent comme des bulles". Plus qu'une introspection, qu'une thérapie, ce livre est l'hommage d'un homme redevenu petit garçon.


- L'insolente de Kaboul
de Chékéba Hachemi
Éditions Anne Carrière / Novembre 2011


Chekeba Hachemi est née en 1974 à Kaboul dans une famille bourgeoise et influente. Elle a onze frères et sœurs. Son père était gouverneur, un homme proche du peuple, qui est mort quand elle avait deux ans, mais qui a toujours incarné son modèle. À l'âge de onze ans, alors que sa mère décide que leur tour est venu de fuir l'occupation soviétique, Chekeba se trouve séparée d'elle et va traverser la passe de Khaibar avec un passeur menaçant. Onze jours de terreur, dans les montagnes, qui lui ouvriront les yeux sur la réalité de la violence de l'occupation russe.
En 1999, Chekeba décide qu'il est temps de rencontrer ce Massoud pour lequel l'association qu'elle a créée, trois ans plus tôt, récolte des fonds en vue d'ouvrir des écoles dans le Panshir. Elle redécouvre son pays plongé dans la guerre et devient proche du célèbre commandant, qui voit en elle une aide précieuse pour sensibiliser la communauté internationale à la lutte contre les talibans.
En septembre 2001, Massoud est assassiné, les tours tombent, les talibans sont défaits; Chekeba entre dans Kaboul libéré et devient la première femme diplomate afghane en poste à Bruxelles.
En 2005, elle est nommée conseillère auprès du vice-président à Kaboul. Puis, en 2007, ministre-conseiller à Paris.
En 2009, après avoir dénoncé la corruption, et lassée de constater qu'aucun changement ne répond à son appel, elle décide de donner sa démission.


- L'instinct du prédateur
de Joël Raguénès
Éditions Calmann Lévy / Novembre 2011


D'origine modeste, Jean-Noël Castellan est devenu en quelques années un grand patron redouté. À la tête d'un des plus grands groupes de distribution français, il soigne sa réputation d'homme d'affaires hors pair et une image médiatique brillante d'amateur d'art et de séducteur qui cache une ambition obsessionnelle. Pour réussir, Castellan ne recule devant rien, manipulations, intimidations, chantage, trahisons. Il ne compte plus ses victimes, jusque dans le cercle de ses proches les plus intimes, mais toutes se taisent car il les tient sous sa coupe ou les annihile. Au grand poker du succès Castellan pense avoir la meilleure main. Il ignore tout de l'ennemi implacable qui, dans l'ombre, lit dans son jeu et œuvre à le démasquer. Le moment approche où seront révélées au grand jour les origines africaines plus que douteuses de sa fortune, ses complicités dans le monde politique, ses méthodes criminelles. Tout est prêt pour le faire chuter. Une seule chose peut encore le sauver, son instinct de prédateur. Avec ce roman au suspense haletant, Joël Raguénès nous entraîne dans les coulisses du véritable pouvoir, le pouvoir économique, au cœur de ses mœurs impitoyables et de ses terrifiants secrets de famille.


- L'œuf
de Sylvie Beauget
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Novembre 2011


Dans ce troisième roman,  Sylvie Beauget continue son exploration des marges. Ici il s'agit de la condition de fille-mère dans la France du XXe siècle (des années 30 aux années 70). Elle a choisi de nous narrer l'histoire de cette famille, de cette lignée plutôt, constituée de Fanette, issue de l'Assistance Publique, Aline sa fille et de l'enfant à naître de celle-ci. C'est cet enfant qui raconte l'histoire de sa lignée, son envie de ne pas la poursuivre, puis celle plus forte de tenter l'aventure de la vie.


- La confession des anges
de Christel Noir
Éditions Prisma / Novembre 2011


Au lendemain d'une rupture amoureuse, Olivia, 35 ans, se réfugie chez sa grand-mère, dans une maison du Luberon. Dans cette ancienne demeure située en pleine campagne, quatre vieilles dames, drôles et mystérieuses se livrent à d'étranges activités. Aidée de son amie Laure, Olivia découvre le combat de ces anges contre les forces du mal. Roman trépidant, nous plonge dans un parcours initiatique où flirtent le spirituel et le fantastique.


- La nuit des temps
de René Barjavel
Éditions Presses De La Cité / Novembre 2011


Dans le grand silence blanc de l'Antarctique, les membres d'une mission des Expéditions polaires françaises s'activent à prélever des carottes de glace. L'épaisseur de la banquise atteint plus de 1 000 mètres, les couches les plus profondes remontant à 900 000 ans. C'est alors que l'incroyable intervient: les appareils sondeurs enregistrent un signal provenant du niveau du sol. Il y a un émetteur sous la glace. La nouvelle éclate comme une bombe et les journaux du monde entier rivalisent de gros titres: "Une ville sous la glace", "Un cœur sous la banquise", etc. Que vont découvrir les savants et les techniciens qui, venus du monde entier, forent la glace à la rencontre du mystère? Reportage, épopée et chant d'amour passionné, La Nuit des temps est tout cela à la fois.


- La part de l'homme
de Kari Hotakainen
Éditions JC Lattès / Novembre 2011


7000 euros, c'est le prix auquel Salme Malmikunnas a vendu sa vie à un écrivain pour son nouveau roman. Salme, une ancienne mercière de 80 ans, se confie, le mutisme de son mari, le malheur de l'une de ses filles, le mariage de sa cadette, les succès commerciaux de son fils. Mais Salme raconte-t-elle vraiment tout? Et l'écrivain se contente-t-il de relater simplement son histoire? Ce destin touchant nous permet de comprendre notre époque et la transformation de notre société. Il pose la question du destin de l'homme, qu'il explore au travers d'une abondante galerie de personnages. Kari Hotakainen nous livre un roman complexe, d'une émotion forte et d'un humour très original.


- La philosophie en hiver
de Ricardo Menéndez Salmón
Éditions Jacqueline Chambon / Novembre 2011


Une passion (la philosophie), une atmosphère (l'hiver), un génie (Spinoza). Avec ces trois brins, Ricardo Menéndez Salmón tresse deux histoires séparées par trois cents ans, mais unies par les deux grandes pulsions humaines, l'amour et la mort. Les deux héros ont en commun d'être espagnols à Amsterdam. Ils ont aussi la pauvreté en partage. L'inventaire des biens terrestres que laisse Spinoza à sa mort serre le cœur tant s'y révèle la précarité de son existence. La philosophie ne nourrit pas son homme, mais réchauffe-t-elle en hiver? Prenant pour prétexte l'existence grise d'un érudit espagnol qui enterre ses illusions à Amsterdam et celle de Spinoza, qui aima et mourut dans cette même ville, La Philosophie en hiver peut être lue à la fois comme la confession d'un malaise, une biographie atypique et une enquête policière où coexistent la digression philosophique, l'image expressionniste et la fresque historique. Un récit précieux, brillant et rare.


- La sœur
de Sándor Márai
Éditions Albin Michel / Novembre 2011


En 1939, un pianiste hongrois en pleine gloire est brusquement hospitalisé à l'issue d'un concert à Florence, victime d'un mal mystérieux. Il va passer trois mois en proie à de grandes souffrances, dans un état quasi-hallucinatoire parfois, tandis que quatre infirmières, des religieuses à la fois bienveillantes et un peu inquiétantes, lui dispensent l'oubli à coup de morphine. Ce sont ses "rendez-vous chimiques" qu'il attend avec l'impatience d'un amant. Tandis qu'au-dehors la guerre se déchaîne, Z. mène à huis clos un combat contre un mal intérieur dont il cherche les causes. C'est ainsi qu'il revisite la relation passionnelle qu'il entretient depuis plusieurs années avec une femme mariée, belle et frigide. Un bonheur qui se nourrissait du manque et du déni. Mais la dépossession de soi qu'engendre la maladie est peut-être le premier pas vers une renaissance.


- Le bal des vipères
de Horacio Castellanos Moya
Éditions 10-18 / Novembre 2011


Jeune désœuvré, Eduardo Sosa tue et usurpe l'identité d'un clochard à l'existence tapageuse. À bord de sa Chevrolet, le voilà lancé dans une virée hallucinée en compagnie de quatre vipères venimeuses, mettant la ville à feu et à sang. Satire sociale et délire surréaliste: embarquez pour une balade ophidienne inoubliable.


- Le caractère de la bruyère
de Philippe Delerm
Éditions Albin Michel / Novembre 2011


"Terre de bruyère. Elle a donné son nom au sol qui la conçoit. C'est dire de quel prestige est habité la fleur éponyme, pourtant si simple, couvre sol de lande et de forêt. On en cueille un brin frêle. Les clochettes lilliputiennes ont le rose-mauve d'une fraîcheur à l'avance passée mélancolique, un trait de rouille infime sur les bords. Un signe, une histoire d'amour, un souvenir d'automne". Bruyère, pensée, coquelicot, pivoine, rose trémière, hortensia, chrysanthème, jonquille, muguet, jacinthe, pissenlit, glaïeul, carotte sauvage. En 40 textes ciselés, Philippe Delerm décrit autant de fleurs et plantes de nos jardins, pousses des chemins ou herbes folles, joliment illustrées par des aquarelles de Martine Delerm.


- Le complexe du spaghetti
de Viviane Campomar
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Novembre 2011


Le Complexe du spaghetti est un roman sombre, étrange et tortueux, à l'image de Willy Peterson, son personnage principal. Cet étudiant américain, en France pour quelques années, est un adulte ordinaire. Il travaille, voit des amis, fréquente des femmes. Plusieurs événements cependant vont le conduire peu à peu à se poser des questions sur cette vie qui semble soudain sortir de ses rails droits et bien tracés. À moins que ce ne soit son propre esprit qui devienne peu à peu malade. Un autre Willy Peterson semble prendre sa place, insidieusement. Simple coïncidence? Quoi qu'il en soit, Willy se sent brisé, comme un spaghetti: jamais en deux, toujours en trois, quatre ou cinq morceaux inégaux. Mais lequel de ces morceaux est le véritable Willy?


- Le fils du yéti
de Didier Tronchet
Éditions Flammarion / Novembre 2011


Au cours d'une même semaine, un trentenaire, indécis et nostalgique, remet en cause ses relations à sa famille et ses proches. Roman d'inspiration autobiographique sur la figure du père disparu.


- Le Paris de mes amours
Abécédaire sentimental
de Régine Deforges
Éditions Plon / Novembre 2011


J'aime me balader dans Paris, vagabonder le nez en l'air en compagnie de mes chers fantômes: poètes, romanciers, peintres, photographes, piétons de Paris ou mauvais garçons. Les uns m'entraînent dans telle ou telle rue, tel bistrot, les autres dans l'ombre d'une église ou celle d'un pont. Flâner est une occupation qui m'est familière, et Paris est le lieu idéal où s'entremêlent l'histoire et les anecdotes populaires, les émotions de la vie du passé et de celle qui nous occupe. Musarder dans Paris, c'est savoir regarder en souriant un couple d'amoureux, un vol de canards au-dessus de la Seine, s'arrêter pour écouter le vieil accordéoniste qui joue en fredonnant: "Paris je t'aime, je t'aime, je t'aime avec ivresse, comme une maîtresse". R. D.


- Le petit salaud
de Edouard Limonov
Éditions Albin Michel / Novembre 2011


Ouvrier-fondeur modèle, Ed quitte l'usine à 21 ans afin de réaliser son rêve: devenir un "grand criminel". Mais la chance est contre lui, même s'il échappe à la prison. Un boulot de survie à la librairie "Poésie" lui permet de rencontrer Anna Moïsseevna Rubinstein, une juive de 27 ans, demi-folle, excentrique et volcanique. Si Ed est effrayé par le physique d'Anna, il est hypnotisé par toute la bohème de Kharkov qui gravite autour d'elle: Anna sera sa clé pour le monde des "décadents". Il décide alors de se l'approprier, la suit partout et s'installe dans l'appartement qu'elle partage avec sa mère. Ed fait désormais partie des lumpen-intellectuels.


- Le prince de la brume
de Carlos Ruiz Zafón
Éditions Robert Laffont / Novembre 2011


1943, Angleterre. Fuyant la guerre, la famille Carver, les parents et leurs trois enfants, Max, Alicia et Irène, se réfugie dans un village de bord de mer. Leur nouvelle maison appartenait précédemment à un riche couple qui a quitté le pays après la mort de leur petit garçon, Jacob. Peu après son emménagement, la famille Carver est confrontée à de troublants événements. La maison de la plage paraît hantée. Quelque chose ou quelqu'un rôde entre les murs. Max et Alicia commencent à enquêter sur les circonstances obscures de la mort de Jacob. Roland, un adolescent du village, les aide. Il les entraîne dans des plongées autour d'un cargo qui a coulé dans la baie après une tempête, des années auparavant. Autour de cette épave, tout respire la peur, les poissons ne s'y risquent jamais, des ombres paraissent à l'affût derrière les cloisons rouillées et dans les coursives délabrées. Et c'est Roland qu'elles épient, Roland dont elles veulent se saisir. Qui accumule les pièges mortels autour du jeune homme? Pourquoi Roland est-il l'objet d'une si terrible haine? En menant leur enquête, Max et Alicia exhument involontairement les secrets du passé. Un passé terrible dont émerge un être machiavélique, le Prince de la Brume. Doté de pouvoirs diaboliques, le Prince de la Brume peut emprunter toutes les formes et tous les visages. Il est le maître d'une troupe de grotesques statues à demi-vivantes qui ont élu domicile dans le jardin de la maison des Carver. Le Prince de la Brume réclame le paiement d'une dette contractée peu avant la naissance de Jacob. Une dette dont Roland est le prix. S'ils veulent sauver leur ami, Max et Alicia doivent affronter l'être maléfique sur son territoire, dans le jardin des statues vivantes mais aussi dans le terrifiant cargo enseveli sous les eaux.


- Le roman de Yocandra
de Zoé Valdés
Éditions JC Lattès / Novembre 2011


Publié en France en 1995, Le Néant quotidien est l'un des premiers textes à décrire la vie quotidienne à Cuba. Largement applaudi en Europe, il a fait de Zoé Valdés l'un des écrivains cubains les plus appréciés des lecteurs français et de Yocandra une figure de la résistance cubaine. "Elle vient d'une île qui avait voulu construire le paradis, et qui a créé l'enfer". Baptisée Patrie à sa naissance, une jeune Cubaine renaît sous le nom de Yocandra. Son récit décrit le quotidien lourd, oppressant, et vide de La Havane, cette ville qui rampe dans la ruine depuis si longtemps que la mémoire de l'opulence s'est perdue, ou n'était-ce qu'un songe? Au bord de la mer qui la sépare de la liberté, elle décrit la perte de l'innocence, des illusions, les ambitions dérisoires, les vocations gâchées car tout, y compris les carrières professionnelles, est assujetti au plan. Entre le blocus américain et le régime castriste, il semble qu'à Cuba, la politique n'existe que pour empêcher les gens de vivre. Écho à cette plongée dans le néant, Le Paradis du néant, rédigé quinze ans plus tard, est le récit de l'exil, de la nostalgie douce-amère d'un pays qu'on a rêvé de quitter, de la liberté impossible. Yocandra a quitté Cuba, par Miami, avant d'arriver à Paris. À La Havane, elle a laissé sa mère, l'homme qu'elle aime, ses livres et ses premiers poèmes. À Paris, où elle est venue chercher l'oubli, la liberté, elle est poursuivie par le son de la rumba, les prières de la santería, et même par un Cubain particulièrement opiniâtre appelé Fidel Raúl.


- Les bergers blancs
de Catherine École-Boivin
Éditions Albin Michel / Novembre 2011


Sur les landes battues par les vents et les vagues du Cap de La Hague, il se disait encore, à la fin du XIXe siècle, que les "bergers blancs", qui louaient leurs bras à la saison, venaient de la mer. Les paysans craignaient ces hommes libres, à la peau diaphane d'albinos, arborant à l'épaule un tatouage de bateau au mat brisé: des jeteurs de sort, qui pouvaient lire l'avenir dans les mains et les eaux dormantes. Puisant son inspiration dans les souvenirs des habitants de cette partie la plus secrète de la Normandie, la romancière Catherine École-Boivin nous entraîne sur les pas de Léo, le berger un peu sorcier, et de sa fille adoptive Katica, "La Dormante", dotée d'un étrange pouvoir de guérison. Traversant un demi-siècle d'Histoire, cette grande saga, où passions et émotions sont indissociablement mêlées aux forces mystérieuses de la nature, redonne vie à un monde rural oublié.


- Les centurions
de Jean Larteguy
Éditions Presses De La Cité / Novembre 2011


Un camp de prisonniers français dans la jungle asiatique après la défaite de Diên Biên Phu. Rééduqués à la doctrine communiste vietminh, les officiers Raspéguy, Boisfeuras, Merle, Esclavier ne seront plus jamais les mêmes. Ces hommes ont assisté à la mort cruelle et soudaine des copains, rencontré parfois l'amour et sont marqués par le charme de l'Asie. De retour au pays, comment reprendre le fil d'une vie de famille normale, entouré de femme et enfants? Arrivent les premiers événements en Algérie. On a besoin d'hommes aguerris et expérimentés. Ils rempilent donc pour le 10e régiment de parachutistes coloniaux. Le Maghreb va les happer, mais rien ici ne ressemble à l'Asie. Il n'y a qu'une chose semblable: la guerre. Les bombes, les terroristes, les colons, le Djebel et Alger la blanche. C'est une autre guerre ici, même si le motif rejoint celui des Indochinois... L'indépendance...


- Les cerfs-volants de Kaboul (illustré)
de Mirka Andolfo / Fabio Celoni / Khaled Hosseini
Éditions Belfond / Novembre 2011


Bien que frères de lait, Amir et Hassan ont grandi dans des mondes différents: le premier est le fils d'un riche commerçant, le second est le fils de leur serviteur. Inséparables, liés par une même passion, les deux garçons se vouent une amitié indéfectible. Mais ce lien va se briser à jamais. Alors que sous ses yeux Hassan subit une véritable ignominie, Amir reste pétrifié. Peur? Lâcheté? Honte? Pris dans une terrible confusion des sentiments, il n'esquissera pas un geste pour sauver son ami. Été 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux États-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. Il existe un moyen de te racheter, lui annonce la voix au téléphone. Mais ce moyen passe par une plongée au cœur de l'Afghanistan des talibans et de son propre passé.


- Les morts le diront
de Christophe Garda
Éditions Prisma / Novembre 2011


Andreï appelle Viktor au milieu de la nuit pour lui demander de l'aider. En 1968, alors qu'ils étaient étudiants aux Beaux-Arts, ils avaient fui ensemble à l'Ouest, en laissant tout derrière eux. Entre Prague, Paris, New York et Londres leurs histoires traversent la Grande Histoire, et leurs vies se rejoignent autour des femmes, de l'art, de l'amour et de l'amitié. Un roman sur l'amour et l'amitié tissé sur la trame euphorique du Printemps de Prague. Les rêves d'une bande de copains d'alors déterminent la quête insatiable qui va précipiter leur destin.


- Les œillets jaunes
de Véronique El Baze
Éditions Prisma / Novembre 2011


"Cassandra s'immobilise, se mord la lèvre au sang pour détourner l'objet de la douleur et prolonger cette exquise tension. Les freins du camion benne à ordures ont crissé dans la rue et Franck dort étalé au travers du lit. Il n'est pas matinal et cela tombe bien, il ne doit rien savoir de ce rituel morbide. Cette petite mort lui appartient. Le décès annoncé d'un bébé pas même conçu, juste fantasmé. Elle veut se réserver l'impact de la nouvelle". Un roman dérangeant où l'auteur lève un tabou qui bouscule nos consciences. Jusqu'où le monstrueux pourra-t-il s'imposer?


- Les tigres de Tasmanie
de Bernard Simonay
Éditions Presses De La Cité / Novembre 2011


Hobart, novembre 1919.Clémentine, jeune Française, arrive en Tasmanie à la recherche de la famille de son défunt mari, un officier qu'elle a épousé pendant la Grande Guerre. Étrangement, ses démarches auprès de l'administration n'aboutissent pas. Seule avec sa petite fille, Clémentine veut refaire sa vie dans cet endroit du bout du monde. Plusieurs hommes jalonnent son parcours: Peter le forestier, Brian l'Irlandais et Richard le jeune avocat cynique et désabusé, auquel la lie un amour dévastateur. Mais au-delà de ces rencontres se dessine une passion encore plus étrange, celle qui chaque jour attache Clémentine à la forêt profonde, où l'on rencontre les plus grands arbres du monde et où erre encore le fantôme d'un animal fabuleux, le loup marsupial, plus connu sous le nom de: "tigre de Tasmanie".


- Les tribus du roi
de Alain Dubos
Éditions Presses De La Cité / Novembre 2011


1689, au Canada. La destinée contrastée de deux frères, orphelins à la suite d'un massacre perpétré à Lachine près de Montréal. Daniel, sauvage et tourmenté, sera milicien vengeur, tueur d'Indiens, coureur des bois épris de liberté, assassin par amour et proscrit promis à la potence. François, le cadet, sage et ambitieux, gravira les échelons de la vie sociale et politique auprès des gouverneurs de la colonie au Québec. Tout sépare les frères Beauchêne, sauf leurs rencontres au fil de l'histoire authentique du Canada français dans le contexte passionnant de la Grande Paix de Montréal en 1701, leur recherche de l'amour et les dettes contractées l'un envers l'autre, dont ils s'acquitteront.


- Pensées d'un père pour la fille qu'il n'a pas eue
de Alain Teulié
Éditions Anne Carrière / Novembre 2011


À l'âge de cinquante ans, un homme réalise soudain qu'il n'a pas d'enfant. C'est comme s'il s'éveillait d'un long rêve. Il se met alors à penser à celui qu'il aurait pu avoir. Une fille, de préférence. Pourquoi une fille? Il nous dit pourquoi. Cette fille imaginaire a entre vingt et vingt-cinq ans. Il se voit avec elle, chez lui, chez elle, dans la rue, au restaurant. Mais ce n'est pas toujours la même. C'est une galerie de portraits. Différents par le physique, le caractère, la façon d'être, de s'exprimer. De la fille parfaite à la fille de cauchemar. Il s'efforce de comprendre. Il se demande pourquoi cette fille n'est pas là. Comment justifier cette absence? Il analyse les années passées, pense aux femmes qu'il a rencontrées, aux amours fugaces, à tous ces moments où l'enfant n'a pas été le fruit du plaisir éprouvé. Il aimerait que sa fille lui pardonne. Être un père n'est pas toujours facile. Surtout être un père qui n'a pas d'enfant. Un livre court et poétique, le premier bilan d'une vie d'homme dans un monde qui nous fait parfois oublier l'essentiel: ce que nous sommes, ce que nous voulons vraiment être.


- Perdu dans un supermarché
de Svetislav Basara
Éditions 10-18 / Novembre 2011


Attention: bizarre. Qui sait comment réussir un crime parfait? Que se passe- t-il dans la tête d'un homme enfermé la nuit dans un supermarché ou celle d'une personne chutant de la Tour Eiffel? Dans un foisonnement d'aventures loufoques et jubilatoires, Svetislav Basara explore l'absurdité de nos existences, jusqu'à cet ultime point, ou du néant surgit l'humanité.


- Questions de littérature légale
Du plagiat, de la supposition d'auteurs, des supercheries qui ont rapport au livre
de Charles Nodier
Éditions Payot & Rivages / Novembre 2011


Avec un sérieux qui l'honore, Charles Nodier (1780-1844), grand conteur du premier romantisme et bibliophile passionné, établit ici la toute première typologie des fraudes littéraires: du plagiat jusqu'au changement de date, en passant par l'interpolation de passages apocryphes ou l'invention de fausses références, il isole et définit une à une des pratiques qu'Internet rend aujourd'hui omniprésentes. Mais ces arrangements sont aussi des jeux, et le traité en donne lui-même l'exemple. Avec une drôlerie irrésistible, Charles Nodier (qui n'était pas en reste quant à ses propres fraudes) alimente sa réflexion à sa fantaisie, inventant d'une page à l'autre des fictions livresques dignes de Borgès.


- Sonny Liston était mon ami
de Thom Jones
Éditions AlbinMichel / Novembre 2011


Avec cet humour noir dopé aux amphétamines qui lui est propre, il brosse, dans ce troisième recueil de nouvelles, le portrait de personnages abîmés par la vie, habités par la maladie, la folie ou la souffrance, mais qui ne peuvent se résoudre à abandonner la partie. On y retrouve, entre autres incroyables personnages, des boxeurs, des anciens du Vietnam, mais aussi des adolescents tourmentés par le sexe.


- Un amour dérobé
de Mackenzie Ford
Éditions JC Lattès / Novembre 2011


Noël 1914: Quand le soldat britannique Hal lie connaissance avec le lieutenant allemand Wilhelm durant une trêve, en plein milieu du no man's land, il ne se doute pas des répercussions que cette rencontre de hasard aura sur sa vie. Wilhelm est amoureux d'une Anglaise, Sam, et il glisse dans la main de Hal une photographie. S'il survit à la guerre, Hal promet d'aller trouver Sam pour lui remettre de la part de Wilhelm ce gage d'affection. Rapatrié après avoir été blessé alors que les combats font toujours rage, Hal part à la recherche de Sam. Mais dès l'instant où il la voit, son émoi est tel qu'il cache la photo de Wilhelm dans sa poche. Alors commencent pour lui une vie, et une histoire d'amour, destinées à un autre.


- Un homme ordinaire
de Yves Simon
Éditions Nil / Novembre 2011


Il faut bien toute une vie d'écrivain pour regarder la statue du Commandeur, quand il s'agit du père parfait, celui qui a disparu en ne laissant rien d'autre derrière lui qu'un amour absolu. Fils unique choyé par des parents qui mènent une vie modeste, Yves Simon a passé son enfance à regarder ces deux êtres s'aimer d'un amour fou et s'épuiser chaque jour à affronter des fins de mois difficiles. Comme la rive dorée de Zurich, Contrexéville exhibe ses opulentes villas, et un petit garçon qui perçoit déjà la dure condition infligée au monde ouvrier est initié au courage et à la joie par un couple déjà légendaire pour lui. Mais un adolescent qui est soudain happé par la folie des années 60, qui assiste à la naissance du rock, à la révolution Dylan, et découvre les jupes des filles sur les scooters peut-il encore seulement voir tout l'amour que lui voue son père? Sans en avoir conscience, il embrasse l'avenir qu'il fera sien avec la bénédiction d'un cheminot ancré, lui, dans un univers d'humilité et de discrétion incompatible avec les ardeurs de la jeunesse. Et à l' instant où ce père disparaît, un autre fils naît: un orphelin de vingt ans découvrant avec stupeur que c'est précisément sa liberté d'artiste que lui a léguée l'affection inconditionnelle d'un "homme ordinaire".


- Un matin pour la vie
de Françoise Sagan
Éditions Stock / Novembre 2011


Un matin pour la vie, un dimanche matin comme les autres. Nicole est tirée de son sommeil par le téléphone, fait étrange, si tôt un dimanche, pour cette jeune femme à la vie exemplaire d'héroïne de Sagan. Son amie lui apprend la fin du monde: un missile est lancé vers Paris. San Francisco et Léningrad sont déjà effacés de la carte. Il ne lui reste plus qu'une heure à vivre. Que fait-on dans ces cas-là? À qui pense-t-on? Rémi Pelletier laisse sa femme et ses enfants en vacances, il va passer le mois d'août seul à Paris. Cette perspective l'enchante, il peut enfin regarder tranquillement les matchs de football à la télévision. Et pourtant qui va lui recoudre les trois boutons qu'il vient de perdre? Il ne voudrait pas avoir l'air débraillé lundi au bureau sous prétexte que sa femme n'est pas là. Il y a bien la voisine, Olga, une amie de son épouse, qui a une tête d'oiseau, une voix d'oiseau. Mais on ne peut quand même pas demander à une presque inconnue de recoudre ses boutons sans un minimum de civilité, n'est-ce pas?


- Vilaine
de Constance Briscoe
Éditions Presses De La Cité / Novembre 2011


Londres, milieu des années 1960. Depuis son plus jeune âge, Constance Briscoe est persécutée par sa mère, qui en a fait son souffre-douleur. Insultes, coups, humiliation, privation de nourriture. Les mauvais traitements ne connaissent aucune limite, sans pour autant attirer l'attention des services sociaux. Mais grâce à son incroyable résilience, et avec l'aide de quelques personnes bienveillantes, Constance parviendra à réaliser son rêve, devenir avocate, un idéal alors difficile à atteindre pour une jeune Noire issue d'un milieu défavorisé. Son témoignage, poignant, prouve que malgré un très mauvais départ dans la vie un individu peut accomplir de grandes choses. En 1996, l'avocate britannique Constance Briscoe devient l'une des premières femmes juges noires de son pays. Publié en 2006 en Grande-Bretagne, Vilaine connaît un succès immédiat. À la parution du livre, sa mère a porté plainte pour diffamation, mais a été déboutée.


- Adieu Alexandrie
de André Aciman
Éditions Flammarion / Octobre 2011


Ces mémoires hauts en couleur retracent les exploits d'une famille juive extravagante, de son arrivée triomphante dans Alexandrie la cosmopolite à son exode piteux trois générations plus tard. Dans une prose élégante et pleine d'esprit, André Aciman nous présente les formidables excentriques qui ont marqué sa vie: l'oncle Vili, fanfaron casse-cou, soldat, marchand, espion; les deux grands-mères, la Princesse et la Sainte, qui cancanent en six langues; la tante Flora, réfugiée allemande qui l'avertit que les Juifs perdent tout "au moins deux fois dans leur vie". À travers toutes ces histoires, nous faisons la connaissance d'un jeune garçon qui, bien qu'aspirant à un monde plus vaste, refuse de sortir d'Égypte à tout jamais.


- À la vie, à la mort !
de Yoram Kaniuk
Éditions Fayard / Octobre 2011


Après une opération chirurgicale réussie, Yoram Kaniuk est soudain tombé dans le coma, où il est resté pendant plusieurs semaines. De ce voyage inerte, l'écrivain rapporte un texte incisif, écrit d'un jet semble-t-il, où le lecteur retrouve les héros qui ont peuplé ses précédents livres (notamment le Dernier Juif) mais dans la version qu'en donne à présent l'homme âgé qu'est devenu leur auteur. Que reste-t-il lorsque l'on a perdu toute dignité physique mais qu'on est là et bien là, comment se supporter lorsque tout se déglingue? Kaniuk, dont les yeux ne cessent de briller de malice et d'intelligence, se peint sans concession, touche à l'intime en évitant tout voyeurisme malsain, et narre des situations tellement cocasses que, bien souvent, c'est le rire qui l'emporte. L'Israël d'aujourd'hui n'est pas le pays dont il avait rêvé et tout ce livre est aussi, en arrière-plan, un hymne aux déçus, sans amertume, avec seulement de la tristesse. Un livre où Kaniuk distille le meilleur de lui-même.


- Aleph
de Paulo Coelho
Éditions Flammarion / Octobre 2011


Paulo traverse une crise existentielle et spirituelle qui le pousse à tout abandonner et à quitter son village, dans les Pyrénées-Orientales, pour voyager à travers l'Asie à bord du Transsibérien. En Russie, il rencontre Hilal, une jeune Turque de 21 ans. S'ouvre alors une fenêtre sur leurs âmes et sur les portes de l'Aleph, là où convergent le temps et l'espace.


- Alibis
de André Aciman
Éditions Flammarion / Octobre 2011


Un alibi n'est pas seulement un ailleurs, mais aussi un autrefois. C'est une époque, un lieu ou un être, réels et imaginaires à la fois, modifiés par la puissance de la nostalgie et du souvenir: vies utopiques, paradis perdus, amours contrariées. L'alibi d'André Aciman est Alexandrie. Mais aussi Rome, Paris, et New York... Il nous fait voyager dans sa mémoire à travers une série de tableaux, passant du cimetière juif oublié d'Alexandrie à Harvard, d'un coin de la 72ème rue de New York à la maison de Proust à Illiers-Combray, du bleu de la mer en Italie à la côte égyptienne. André Aciman nous livre avec Alibis une réflexion profonde et passionnante sur la tragique condition d'exilé, décrivant le désir perpétuel et insatiable de vouloir rentrer chez soi tout en sachant que, même là-bas, le passé est bel et bien révolu.


- American stranger
de David Plante
Éditions Plon / Octobre 2011


Nancy Green est la fille unique de parents juifs ashkénazes, dont les origines allemandes et russes sont chargées d'un passé douloureux. Son rôle à elle est d'être heureuse, tolérante, affranchie de l'histoire familiale. Pourtant la religion, l'altérité et l'identité ne cessent de l'entraver, de la heurter et de l'attirer. D'un homme à l'autre, de désillusions en erreurs, Nancy s'éloigne de l'étudiante légère qu'elle était. À travers ses amants, elle interroge ses origines, ce besoin, même inconscient, de se déraciner, jusqu'à devenir l'étrangère: juive avec un catholique, Américaine à Londres, ashkénaze dans une communauté séfarade très fermée. Ainsi son destin, ses errements et ses passions posent avec une sensibilité et une finesse rares, la question inépuisable et universelle de l'identité.


- Cet instant-là
de Douglas Kennedy
Éditions Belfond / Octobre 2011


À la fois drame psychologique, roman d'idées, roman d'espionnage mais surtout histoire d'amour aussi tragique que passionnée, une œuvre ambitieuse portée par le talent exceptionnel de Douglas Kennedy. Écrivain new-yorkais, la cinquantaine, Thomas Nesbitt reçoit à quelques jours d'intervalle deux missives qui vont ébranler sa vie: les papiers de son divorce et un paquet posté d'Allemagne par un certain Johannes Dussmann. Les souvenirs remontent. Parti à Berlin en pleine guerre froide afin d'écrire un récit de voyage, Thomas arrondit ses fins de mois en travaillant pour une radio de propagande américaine. C'est là qu'il rencontre Petra. Entre l'Américain sans attaches et l'Allemande réfugiée à l'Ouest, c'est le coup de foudre. Et Petra raconte son histoire, une histoire douloureuse et ordinaire dans une ville soumise à l'horreur totalitaire. Thomas est bouleversé. Pour la première fois, il envisage la possibilité d'un amour vrai, absolu. Mais bientôt se produit l'impensable et Thomas va devoir choisir. Un choix impossible qui fera basculer à jamais le destin des amants. Aujourd'hui, vingt-cinq ans plus tard, Thomas est-il prêt à affronter toute la vérité?


- Ciels d'orage
de Enki Bilal
Éditions Flammarion / Octobre 2011


Né à Belgrade le 7 octobre 1951 d'une mère tchèque et catholique et d'un père bosniaque et musulman, Enki Bilal est l'un de nos artistes les plus fascinants. En trente-neuf ans de carrière, entouré d'un cortège de héros amnésiques et de belles filles égarées, il a dynamité en pionnier les frontières entre bande dessinée, cinéma et art contemporain dont il est aujourd'hui l'une des stars. À quoi ressemble l'enfance d'un homme qui a dessiné avant qu'elles n'arrivent les pires catastrophes du XXe siècle? Quel rôle attribuer à son père, tailleur du maréchal Tito, qui l'abandonne quand il a cinq ans? Tout s'est-il joué dans cet atroce voyage en train vers l'exil, à neuf ans, ou entre les murs de la forteresse dont l'enfant avait fait sa cour de récréation? Quel est-il, ce "casting inconscient" qui a fait éclore ces femmes aux seins bleus, et qu'est-ce que cette "planétologie" dont il a fait sa cause? De Goscinny "passe-ton-bac-d'abord" à Ridley Scott et ses blade runners, des cendres de l'ex-Yougoslavie au sable d'une plage de Thaïlande, ces quarante-deux heures d'entretiens livrent pour la première fois les clefs d'un univers à la beauté tourmentée mais réputé hermétique. Les clefs de la boîte noire d'Enki Bilal.


- Comment rêvent les morts
de Lydia Millet
Éditions Cherche Midi / Octobre 2011


Depuis son plus jeune âge, Thomas vénère le Dieu Dollar et la beauté glaciale de la société capitaliste. Agent immobilier sans scrupule, il n'a d'autre horizon que l'enrichissement et l'accumulation. Jusqu'au jour où des événements successifs, une histoire d'amour avortée, un bouleversement familial, la mort d'un coyote, vont provoquer chez lui une crise spirituelle sans précédent. Peu à peu, il se met à nourrir une étrange obsession pour les zoos, les espèces en captivité, celles en voie de disparition.


- Croc Attack
de Assaf Gavron
Éditions Payot & Rivages / Octobre 2011


Tel-Aviv, aujourd'hui. Eitan Enoch, Croc pour ses amis, prend le bus comme chaque matin. Une bombe explose et tous les passagers sont tués, sauf lui. Des attentats suicides auxquels il sera mêlé, il sortira chaque fois vivant. Il devient alors "symbole de la résistance" pour les uns et une cible à abattre pour les autres. Jérusalem, une chambre d'hôpital. Fahmi, jeune Palestinien devenu terroriste par la force des choses, lutte entre la vie et la mort et se demande comment il en est arrivé là. Une tragi-comédie qui peint à vif, à travers deux destins que tout oppose, l'absurdité de la vie quotidienne et la réalité bizarre et sanglante de la guerre. Transcendé par l'humour, le roman fait voler en éclats les clichés pour saisir l'ambiguïté du conflit israélo-palestinien.


- Des voyous magnifiques
de Bruno Gallet
Éditions Anne Carrière / Octobre 2011


Lors d'un braquage dans une petite ville du sud des Alpes, Tuscan tue le directeur d'une banque. Après avoir volé une voiture, il s'enfuit en compagnie d'Abel, son complice, pour trouver refuge chez sa sœur, au fin fond du Causse. Mais, à la suite d'un accident, tous deux sont contraints de fuir à pied à travers la campagne, en plein cœur de l'hiver. En chemin, par l'insolite magie d'un précieux fardeau qu'ils ont dû prendre en charge, leur cavale ordinaire se transforme peu à peu en quête rédemptrice, métamorphosant les malfrats qu'ils sont en voyous magnifiques. À l'instar des romans ruraux américains, l'histoire parle de manière simple de choses essentielles et souvent tragiques, au sein d'une nature omniprésente qui peut écraser, mais parfois aussi transcender l'homme. Ce qui s'annonce comme un "getaway" policier classique devient alors une aventure humaine et sensible, à laquelle la force des sentiments et la beauté sauvage des paysages confèrent une dimension épique et généreuse.


- Dimiter
de William Peter Blatty
Éditions Robert Laffont / Octobre 2011


Perdu au fin fond de l'État totalitaire le plus oppressif et le plus isolé de la planète, l'Albanie de 1973, un homme est détenu prisonnier. Arrêté par hasard, à la faveur d'une enquête de routine, il est soupçonné d'être un espion d'envergure: les autorités déploient toutes les formes de cruauté et de torture pour réussir à lui soutirer des informations. Mais le prisonnier résiste de manière très inhabituelle aux traitements barbares et aux manipulations psychiques: insensible à la douleur, mystérieux sur son identité, il parvient, jusqu'à son évasion finale, à confondre ses ravisseurs. Un an plus tard, à Jérusalem, des événements étranges attirent l'attention des autorités locales et des responsables du renseignement: un enfant de l'hôpital d'Hadassah a guéri comme par miracle, tandis qu'un corps était découvert dans le très sacré tombeau du Christ. Le Dr Moses Mayo, un neurologue plein d'humour, son ami, le sombre détective de police arabo-chrétien, Peter Meral, Samia, une jolie infirmière à la langue acerbe, et un assortiment de fonctionnaires américains et israéliens, vont se trouver pris dans une série de rebondissements et de décès inexplicables. S'agit-il là d'un complot? Tous les indices semblent converger vers une seule et même personne: Dimiter, surnommé "l'agent de l'enfer".


- Éclats de Cristal
de Caroline Riegel
Éditions Phébus / Octobre 2011


"À vingt-six ans, détachée en mission professionnelle, ingénieur en constructions hydrauliques, je suivis, un an durant, les travaux de surélévation d'un barrage situé en plein cœur de la forêt vierge et ondoyante des monts de Cristal. La communauté restreinte de Blancs, nous fûmes deux Français présents pendant toute la durée du chantier, d'âge, de situation et de services différents, influença la vie de la base. Il n'y avait pas de village et guère d'activité. Passé huit mois, j'avoue avoir éprouvé quelque faiblesse morale, une sorte d'anémie des tropiques, un ennui exacerbé par la routine du chantier et son isolement. Certes, j'habitais un lieu grandiose, au milieu d'une débauche de nature; mais sans le loisir de m'y enfouir pleinement. Chahutée par cette terre ivre d'extrêmes, j'ai éprouvé la nécessité de vider ma tête trop pleine. Il me fallait digérer le défilé d'histoires peu banales, dont, novice, je ne percevais pas toujours le sens. Les premiers mots de cette vie de broussarde jaillirent presque d'eux-mêmes". C. R.


- En descendant les fleuves
de Éric Faye et Christian Garcin
Éditions Stock / Octobre 2011


"Le voyage que nous avons effectué pendant l'été 2010 vers l'Extrême-Orient de la Russie répondait à un vieux désir que nous avions l'un et l'autre. Hormis l'attrait que nous éprouvions depuis longtemps pour cette région du monde, à chacun de nous avaient été vantées la sauvagerie et la beauté des paysages autour de l'immense fleuve Lena, qu'il était possible de descendre depuis la ville de Iakoutsk jusqu'à son embouchure dans l'océan Glacial Arctique, bien au nord du cercle polaire. Ce livre est la relation de ce périple. Il débute par l'arrivée à Iakoutsk, la plus grande ville au monde bâtie sur permafrost, et dont les immeubles reposent sur pilotis. Puis la descente du fleuve Lena, qu'aucun pont ne traverse, et dont le lit s'étend parfois sur des dizaines de kilomètres. Les haltes dans des villages abandonnés du monde. Les lectures sur le pont au soleil de minuit. Le débarquement dans l'incroyable ville de Tiksi, sépulcrale, sinistrée, post-soviétique, sur les bords de l'océan Glacial Arctique, Tiksi, interdite aux étrangers jusqu'à la fin de l'URSS. Nos premiers pas dans la toundra. Le retour sur Iakoutsk dans un coucou bringuebalant. Le départ vers Khabarovsk, bien plus au sud, sur le fleuve Amour, juste en face de la Chine. Une journée à Birobidjan, première république juive créée par Staline en 1929, où le yiddish est une des deux langues officielles. Et enfin Vladivostok, au bord du Pacifique, à deux pas de la Corée du Nord, de la Chine et du Japon, Vladivostok-la-grise, dont le nom fait rêver, mais dont l'urbanisme chaotique et l'omniprésence des véhicules à moteur masque parfois la beauté. Que ce soit par la rudesse de leur approche ou par la réalité brute dont ils témoignaient, ces lieux, tout sauf touristiques, ont été un moteur d'écriture puissant. Très vite il nous est apparu essentiel de ne pas composer un livre à deux voix, mais uniquement à deux mains: les textes ont été composés soit par l'un, soit par l'autre, soit par les deux, avec dans ce cas insertion de passages de l'un au milieu du texte de l'autre. Par ailleurs, la voix narrative est toujours la même: un "je" qui recoupe parfois la réalité d'un de nous, parfois celle des deux, un "je" muni de quatre jambes, quatre yeux et quatre oreilles, une chambre d'écho démultipliée".


- Entretien avec René Descartes
de Mazarine Pingeot
Éditions Plon / Octobre 2011


C'est à Amsterdam, puis à Stockholm, que Mazarine Pingeot a choisi de rencontrer René Descartes, peu de temps avant sa mort. Au cours de leur entretien, elle l'entraîne à expliciter son œuvre et montre comment il sort la philosophie de sa prison théorique pour en faire une manière de vivre. René Descartes nous invite à mettre en doute tous nos préjugés afin d'accéder à une pensée propre, à nous affranchir des passions qui nous entravent, à nous libérer du désir de gloire et de vanité, à rechercher la vérité qui ne peut être que notre vérité. Plus de trois siècles après sa disparition, Descartes n'a rien perdu de sa modernité. Converser avec lui, c'est regarder autrement notre société dans la perspective d'y vivre plus libre.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 15:17

- Fille de
de Carole Achache
Éditions Stock / Octobre 2011


"Ma mère m'a laissé une énigme, l'histoire de notre relation. Elle avait la particularité de n'aimer que des homosexuels. Elle travaillait chez Gallimard et était écrivain. Elle m'a permis d'être le témoin, avec mes yeux d'enfant, d'un moment exceptionnel de la vie intellectuelle et littéraire après la Libération. Littérature, politique, amitié et mauvaise foi, pieds et poings liés. Le Parti communiste, la smala d'Espagnols exilés pour la plupart, débarquant chez elle, rue Poissonnière, quand elle a commencé sa liaison avec Juan Goytisolo, dès mes trois ans. Bourrasque d'individus remarquables qui avaient envie d'être libres au sortir de la guerre. Violette Leduc, Duras, Florence Malraux, Jorge Semprun, Faulkner, Jean Genet, Queneau, Giacometti. Je les ai côtoyés sans être consciente de mon privilège. Elle, et ses emballements. Moi, et ma féminité. Je la regarde, je l'aime. Je ne comprends pas tout. Je ne vis qu'avec des adultes. J'observe, je grandis, je pose des questions. Ma mère se dérobe. Me dire la vérité, c'est déclarer ses failles. Elle bredouille des approximations. Mon univers a beau se distinguer par son intelligence, il ne m'éclaire pas. Je dérape. Je deviens une furie. Quelque chose ne tourne pas rond. Quand cela a-t-il commencé? Jusqu'où vais-je aller? Je ne la quitte pas. C'est elle qui s'en va. Elle rend son âme. Elle me lègue ses agendas. Je tombe sur une mine d'or. Je les lis, je les décrypte. Je vois mais c'est trop tard. Je suis enfermée dans le silence. Je ne raconte rien. J'ai honte de ce que j'ai vécu. Elle aussi s'est tue, je l'ai appris par hasard. Ce roman parle du silence. Je ne sais plus si je l'aime. Je l'ai trop protégée. Elle s'appelle Monique Lange, et elle a tout d'un ange. Elle se passerait de son sexe, de ses seins, du sang, et surtout du sperme. Et pourtant, je viens d'elle. Je rêve d'un monde où plus personne n'aura honte d'avouer ce qu'il est ou ce qu'il a été".


- Généalogie d'un fantôme
de Marc Archippe
Éditions Anne Carrière / Octobre 2011


Parfois, les rencontres de hasard ressemblent à des rendez-vous, à croire que le destin en est l'organisateur. Henry Foster, écrivain solitaire à la dérive, découvre dans un carton oublié un manuscrit qu'il n'a pas écrit. Convaincu que c'est l'œuvre d'un ami de son fils disparu, il décide d'en retrouver l'auteur et de le faire publier. Il prend la route de la Virginie dans un vieux break Ford et rencontre en chemin une très jeune fille, Sarah Beth, sorte de Lolita faussement délurée et attachante, en rupture de ban avec sa famille. Ce road trip d'un quinquagénaire et d'une adolescente retrace le retour à la lumière d'un homme écrasé par l'ombre de son propre père, un homme blessé qu'une femme-enfant va prendre par la main. "On conduit toujours en fonction du véhicule et du poids de ce que l'on transporte. Tous les vieux camionneurs vous le diront. Alors, c'est peut-être aussi la bâche de la remorque que Sarah Beth avait soulevée. Puis, d'un signe de tête mutin, comme elle sait si bien le faire, elle m'avait signifié de regarder par-dessus les ridelles…"


- Icare trahi
de Jean-Paul Auffray
Éditions Viviane Hamy / Octobre 2011


Icare trahi est un conte autour de la figure d'Évariste Galois (1811-1832), mathématicien au génie exceptionnel qui connut un destin tragique. Trop en avance pour être compris par ses contemporains les plus illustres, les portes se fermèrent toujours devant lui au moment où il était sur le point de rencontrer enfin celui qui aurait pu comprendre son travail, percevoir son intuition exceptionnelle relative à cette matière: l'Algèbre.


- Jamai Rajah
de Nathaniel Herzberg
Éditions Fayard / Octobre 2011


Le séjour s'annonçait paisible. Deux mois dans mon deuxième foyer, Ahmedabad, avec femme et enfants. Comme chaque fois, ma belle-mère veillerait sur son "Jamai Rajah", son gendre roi, lui assurant tout le confort possible dans la petite maison de Guptanagar. Mais l'Inde promet, même au visiteur aguerri, son lot de surprises. Le souvenir obsédant d'un tremblement de terre, le traumatisme de terribles émeutes interconfessionnelles, les visites répétées à l'hôpital de la ville ou la quête joyeuse, sous la chaleur écrasante de la côte du Konkan, des origines juives de ma famille indienne. Autant d'épreuves successives propres à transformer le coq-en-pâte en chien de chasse et cet énième voyage en Inde en périple initiatique.


- Jardins, les vrais et les autres
de Umberto Pasti
Éditions Flammarion / Octobre 2011


Voici un manifeste ironique de résistance botanique. Mais aussi une radiographie de notre société à travers une attaque en règle contre les jardins à la mode et une galerie de portraits sans pitié de leurs propriétaires. Aucun jardin n'y manque: le jardin du collectionneur fanatique obsédé par les espèces rares au point d'oublier le plaisir visuel ou le parfum des fleurs; le jardin bon chic bon genre, artificiel à force de trouvailles accumulées; le jardin milliardaire sans passion, symbole de réussite sociale, confié à un paysagiste, pardon, un garden-designer; les parterres kitch qui s'étalent sur les ronds-points et même le jardin pornographique où la nature débridée explose dans toute sa sensualité. Mais cette vallée des horreurs réserve aussi de bonnes surprises comme le jardin du pompiste, le potager clandestin et imprévisible prospérant en dépit de tous les taux de pollution, bizarrerie de la nature donnant naissance à des créations touchantes.


- Je ne viens pas à vous par hasard
de Adaobi Tricia Nwaubani
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2011


Mon ami(e), Dans ma quête d'une oreille attentive, on m'a recommandé de vous écrire. Comme vous le savez, les temps sont durs au Nigeria. Agé de vingt-cinq ans, je dois, depuis la mort de mon père, subvenir aux besoins de ma famille. Mais malgré mon diplôme, je ne trouve pas d'emploi. Pour couronner le tout, ma petite amie, fatiguée d'attendre le mariage de ses rêves, vient de me quitter. Alors j'ai décidé de me tourner vers mon oncle Boniface, alias Cash Daddy. Il n'est pas très cultivé, ni très raffiné, mais c'est un homme puissant et respecté dans la région. Il m'a proposé de me lancer dans le 419, vous savez, ces e-mails d'appel à l'aide dont le but est d'extorquer des fonds à des étrangers crédules. Sans doute en avez-vous déjà reçu vous-même? J'ai beau être un garçon honnête, je me suis aperçu que j'avais un vrai talent pour la cyberarnaque. Et que cela était très lucratif. Mon ami(e), je vous le demande, prenez le temps de me lire et de découvrir mon histoire. Je suis sûr qu'elle ne manquera pas de vous amuser, et peut-être même, parfois, de vous émouvoir. Votre très dévoué Kingsley.


- Jerzy Kosinski
de Jérôme Charyn
Éditions Denöel / Octobre 2011


Portrait romancé du plus romanesque des écrivains du siècle dernier, Jerzy Kosinski tente de rendre l'énigme d'une vie littéraire tout en démesure et livre une chronique douce-amère de l'intelligentsia new-yorkaise des années 60. Enfant survivant de la Shoah, Jerzy quitte la Pologne pour les États-Unis. Il y deviendra auteur à succès grâce à L'Oiseau bariolé: soupçonné d'être un affabulateur, Kosinski finira par se suicider en s'étouffant avec un sac plastique à l'instar de Bruno Bettelheim. Entre-temps, une vie. Quelques frasques. Des amis célèbres comme Peter Sellers, Andy Warhol, Gore Vidal et tant d'autres. Et une question qui sans cesse revient: Kosinski est-il réellement celui qu'il prétend être? Charyn, fidèle à l'esprit du roman, ne disserte guère sur la question: il effleure, il évoque à travers divers points de vue comme autant de pièces d'un puzzle la vie de cet écrivain controversé. En émerge un insaisissable portrait, à l'image de l'homme et de l'artiste. En contrepoint de cette existence mouvementée, les souvenirs d'une Pologne envahie par les nazis viendront clore le récit.


- L'an prochain à Tbilissi
de Sana Krasikov
Éditions Albin Michel / Octobre 2011


Certains des personnages de Sana Krasikov ont émigré aux Etats-Unis, d'autres sont restés dans l'ancien empire soviétique, créant ainsi un univers doux-amer entre deux rives. Tous sont à la recherche d'une vie meilleure; certains ont réussi, la plupart vivent dans un désespoir stoïque. Sana Krasikov se met au diapason des sentiments de ses personnages désorientés. Avec une ampleur romanesque, elle restitue le destin de personnages qui évoluent dans un monde dont les règles ont changé. Ces nouvelles, pleines de petites ou grandes tragédies, d'incidents risibles ou regrettables, sont aussi tranchantes que le scalpel d'un chirurgien. Pourtant, Sana Krasikov a de ses personnages, le plus souvent de leurs folies et de leurs imperfections, une compréhension plein de tendresse et de compassion.


- L'année du jardinier
de Karel Capek
Éditions 10-18 / Octobre 2011


Quel est ce curieux spécimen humain aux mains vertes? Sous forme d'almanach, Capek observe avec humour et tendresse les manies du jardinier, partageant son effort et ses émerveillements au gré des floraisons. Cette promenade poétique de janvier à décembre est devenue un classique.


- L'aube des cendres
de Jean-Louis Perrier
Éditions Albin Michel / Octobre 2011


Belle, intelligente et très éprise de Baptiste, Clairemonde a seize ans lorsque son existence bascule: Charles de Raynal, un aristocrate dont dépend le sort de sa famille, la viole avant de la séparer de celui qu'elle aime en le faisant passer pour un criminel. Un an plus tard, il lui vole sa fille. Fière et volontaire, Clairemonde va se battre pour voir grandir son enfant et retrouver Baptiste. Mais lors de la catastrophe minière de Courrière, près de Béthune, la jeune femme croise la route de Gert, un secouriste allemand. C'est le coup de foudre. Elle ira jusqu'au bout de cette histoire d'amour impossible dans une France bientôt bouleversée par la guerre 14-18. Une saga familiale aux multiples rebondissements, qui nous entraîne dans une France en plein bouleversement industriel et politique.


- L'aviateur anglais
de H. E. Bates
Éditions Phébus / Octobre 2011


Un avion anglais survole la zone occupée. Une panne l'oblige à atterrir dans la campagne française, au cœur de la Seconde Guerre Mondiale. L'engin est endommagé et John Franklin, le commandant, a deux choses en tête: la sécurité de son équipage et l'état de son bras, gravement blessé. Les cinq Anglais trouvent refuge dans une ferme tenue par des résistants. Ceux-ci acceptent de les cacher dans leur moulin et de leur obtenir des faux-papiers afin qu'ils puissent rejoindre la zone libre. John, très affaibli, sera le dernier à partir. Au fil des jours, il s'éprend de la jeune fermière, qui, plus que des soins, lui apporte force, courage et apaisement, alors que la terre gronde et les arrestations se multiplient. La fuite vers Marseille devient de plus en plus dangereuse. Écrit en 1944, à l'heure où la France peinait à retrouver sa fierté, L'Aviateur anglais étonne par sa modernité et sa justesse.


- L'exorciste
de William Peter Blatty
Éditions Robert Laffont / Octobre 2011


Des évènements insolites et angoissants se produisent dans la maison de la célèbre actrice Chris MacNeil. Des bruits qui viennent de nulle part, des meubles qui semblent se déplacer dans la nuit. Et la petite Regan, fillette de douze ans, qui change peu à peu mais radicalement de comportement. Sa mère s'inquiète et les médecins, perplexes, sont incapables de comprendre le phénomène. Dédoublement de personnalité? Hystérie? Si l'enfant en présente les symptômes comportementaux, aucune preuve clinique ne parvient à prouver ces éventualités. Scanners, radios, analyses multiples. Tout est mis en œuvre pour tenter de percer à jour ce mystère, mais l'énigme demeure insoluble. Les neuro psychiatres ne découvrent rien. Ni lésion cérébrale, ni épilepsie ou schizophrénie. La situation s'aggrave encore lorsque Burke, le meilleur ami de Chris, est retrouvé mort sous la fenêtre de Regan. Pendant ce temps, l'état de la fillette continue d'empirer: lévitation, hyperkinésie, glossolalie, force herculéenne. Jusqu'au moment ou un psychiatre suggère l'exorcisme. Un style glacial et angoissant, qui donne des sueurs froides. Des descriptions chocs et des scènes terrifiantes propulsent ce livre et son auteur au rang des maîtres du genre.


- L'héritage
de Katherine Webb
Éditions Belfond / Octobre 2011


Quand elles étaient enfants, Erica Calcott et sa sœur Beth passaient toutes leurs vacances à Storton, le manoir de leur grand-mère Meredith. Jusqu'au jour où leur cousin Henry disparaît, brisant d'un coup la famille et plongeant Beth dans une intense dépression. Vingt-cinq ans plus tard, Meredith vient de mourir et les sœurs Calcott reprennent le chemin de leur enfance. Tandis que Beth s'enfonce davantage dans la souffrance, Erica entreprend de trier les affaires de leur aïeule et tombe sur une photo de leur arrière-grand-mère Caroline avec un petit garçon dans les bras. Qui est-il? Et, surtout, qu'est-il devenu? Erica décide de fouiller l'histoire de ses ancêtres, et notamment celle de Caroline. Elle est loin d'imaginer qu'elle s'apprête à mettre au jour leur véritable héritage, un secret si douloureux que quatre générations plus tard, les sœurs Calcott en portent encore le fardeau.


- L'héritage de Karna
de Herbjørg Wassmo
Éditions Gaïa / Octobre 2011


L'extrême nord de la Norvège, à la fin du XIXème siècle. Benjamin Grønelv rentre au pays après ses études de médecine à Copenhague. Les retrouvailles sont tumultueuses avec ce pays froid et désertique, isolé entre la mer et les montagnes. Le comptoir de Reinsnes n'attire plus guère de monde, et les étagères de la boutique d'Anders restent vides depuis que le vapeur ne vient plus faire escale ici. C'est un Benjamin adulte qui vient exercer dans ce coin retiré ses fonctions de médecin. Et il ne rentre pas seul: il débarque sur le quai avec un paquet gigotant et hurlant sous le bras, Karna, sa fille, fruit d'amours illicites avec une infirmière danoise morte en couches. Alors que Benjamin tente de réapprivoiser le domaine et son enfance, à travers l'ombre de sa mère Dina absente depuis tant d'années, et sous le regard farouche de Hanna, l'amie de tous les jeux d'enfance et d'adolescence, Karna grandit et s'invente un univers. Elle s'ouvre au monde qui l'entoure, découvre l'affection féminine auprès des domestiques, se débat dans les amours emmêlées de son père lorsque vient en visite une autre Anna, celle de Copenhague, et passe des heures au grenier en compagnie d'une grand-mère fantasmée.


- L'indésirable
de Sarah Waters
Éditions 10-18 / Octobre 2011


Depuis la Seconde Guerre Mondiale, la demeure d'Hundreds Hall n'est plus que l'ombre d'elle-même: loin de sa splendeur passée, d'étranges événements se succèdent et distillent entre les murs un vent de terreur. Faraday, médecin de campagne, assiste la famille Ayres qui s'efforce de cacher la débâcle. À moins que le cœur du manoir ne soit rongé par un lugubre secret.


- La Bataille du Petit Trianon
de Jorge Amado
Éditions Stock / Octobre 2011


Nous sommes au Brésil à Rio de Janeiro, en pleine Seconde Guerre Mondiale, sous l'Estado Novo, dictature militaire proche de l'idéologie nazie qui n'a de cesse de chasser les communistes et de torturer les opposants politiques. Le grand poète académicien Antonio Bruno apprend la déroute des Français et l'entrée des Allemands dans Paris. Devant une telle défaite, voyant que la barbarie s'installe, il meurt de chagrin. Une place est désormais vacante à l'Académie des Lettres brésilienne; le colonel Agnaldo Sampaio Pereira, grand admirateur du IIIe Reich, va alors se présenter, persuadé d'être élu à l'unanimité. Mais les académiciens refusent de laisser ce "Goebbels" brésilien briguer le fauteuil des immortels et vont lui imposer un autre candidat, membre de l'armée lui aussi, mais défenseur de la démocratie: le général Waldomiro Moreira. Qui du fascisme ou du libéralisme finira par gagner? L'armée parviendra-t-elle à trouver sa place au sein du précieux monde des Lettres?


- La fille de nos rêves
de Buddhadeva Bose
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2011


Par une froide nuit de décembre, quatre voyageurs d'un certain âge, un entrepreneur, un fonctionnaire, un médecin et un écrivain, sont bloqués à la suite du déraillement d'un convoi de marchandises dans la gare d'une petite ville du cœur de l'Inde, à proximité d'Agra. Ils ont fait la première partie du voyage dans le même compartiment, aussi décident-ils de se tenir compagnie jusqu'au matin. Alors qu'ils boivent un café, un couple apparaît quelques instants à la porte de la salle d'attente. Émus par l'amour évident qui lie les jeunes mariés, ces hommes, qui ont du temps à tuer, en viennent aux confidences. Tour à tour, chacun va évoquer l'histoire d'amour qui l'a marqué à tout jamais. Figure éminente du mouvement moderniste du Bengale, Buddhadeva Bose (1908-1974) a écrit de nombreux romans, nouvelles, pièces de théâtre, essais, ainsi que des recueils de poèmes. Il a également traduit Baudelaire, Hölderlin et Rilke en bengali. La Fille de nos rêves a été publié en 1951.


- La maison
de Claire Germouty
Éditions Albin Michel / Octobre 2011


La vie d'une maison close, durant l'incroyable semaine où la France a frôlé la faillite. Grande courtisane et mondaine accomplie, Alix règne sur un des lieux les plus secrets de Paris, la "Maison", clin d'œil à la "Maison dorée" que fréquentait toute l'oligarchie et la galanterie du Directoire et du XIXe siècle. Dans ce lupanar fastueux et exclusif des Invalides, dont l'Élysée n'ignore pas l'existence, elle préside aux rendez-vous clandestins des squales de la finance et de Bercy, des agents du pouvoir, de la presse et de l'affairisme. Entre salons et boudoirs, son réseau de prostituées de haut vol leur dispense les plus onéreuses voluptés. Victime d'un chantage sexuel visant le tout récent ministre du Budget, Alix doit résoudre au plus vite cette dangereuse affaire alors qu'un psychodrame sordide, impliquant un prince saoudien dégénéré, menace de devenir une affaire d'État. Quand certains pays et certains clients de "la maison" détiennent les leviers financiers de notre économie, la France, traquée par les agences de notations, danse sur le volcan de ses dettes publiques, risquant de sombrer à chaque instant. Autour d'Alix, de ses pensionnaires et de ses commanditaires occultes, se joue une partie qui peut anéantir la nation. Cette "maison" de débauche et de complots existe-t-elle vraiment? Qui la finance et la protège, y est réellement admis? Relève-telle du fantasme ou du roman? Il serait risqué de le croire car tous les événements, chiffres ou personnages évoqués ici paraissent terriblement familiers.


- La passion de Claudel
La Vie de Rosalie Scibor-Rylska
de Thérèse Mourlevat
Éditions Phébus / Octobre 2011


Qui se cache derrière Ysé, la flamboyante héroïne de Partage de midi, et Prouhèze, celle du Soulier de satin? Paul Claudel confie: "Elle a été la seule femme que j'ai passionnément aimée, celle qui a joué dans ma vie tout le rôle qu'une femme pouvait y jouer". Elle s'appelait Rosalie Scibor-Rylska. Leur rencontre eut lieu en 1900, sur le paquebot qui les menait en Chine. Il rejoignait son poste de consul à Foutchéou, accablé de s'être vu refuser l'entrée dans les ordres. Elle suivait son aventurier de mari avec leurs quatre fils. La beauté et la personnalité solaire de Rosalie inspirèrent à Paul des sentiments aussi puissants qu'insoupçonnés. Cette passion coupable donna naissance à une fille, Louise, mais aussi à une relation profonde qui sut résister aux trahisons, aux incompréhensions et aux silences. À la lumière des confidences de Louise et de l'étude d'une correspondance de famille inédite, Thérèse Mourlevat reconstitue l'existence de l'énigmatique Rosalie. Se dessine le portrait d'une Autrichienne intrépide, hantée par la patrie mythique d'un père polonais, qui sera élevée en France puis entraînée au gré des vicissitudes de continent en continent, connaissant tour à tour l'opulence et la ruine. Le récit de son destin vibrant fait d'elle une héroïne à part entière et éclaire d'un jour nouveau l'œuvre de Paul Claudel.


- La passion Inès
de Marie-Claude Gay
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2011


En 1936, prise dans une cruelle guerre fratricide, l'Espagne agonise. Virgile, journaliste bordelais, est envoyé sur le front pour couvrir les événements. À Madrid, il rencontre Inès, issue de la haute société, pourtant partisane des républicains. Très attiré par elle, il fuit cet amour qui le culpabilise et se rend à Tolède où il est témoin de la barbarie des "Maures", ces troupes marocaines enrôlées par les franquistes. Enfermé dans l'Alcázar sans cesse pilonné, il vit l'enfer des prisonniers. La conscience en éveil, le cœur tiraillé entre sa passion grandissante pour Inès et son attachement pour son épouse Sarah, Virgile est à l'heure des choix. Ce roman dense et prenant dans une Espagne dévastée, tenaillée entre haine et espoir d'une vie nouvelle, nous tient en haleine jusqu'à la résolution finale.


- La petite fille qui aimait la lumière
de Cyril Massarotto
Éditions XO / Octobre 2011


Barricadé dans sa maison au cœur d'une ville déserte, un vieil homme prend des risques fous pour recueillir une petite fille blessée. L'enfant ne parle pas, elle ne prononce qu'un mot: Lumière, elle qui a si peur du noir. Alors le vieillard parle, il lui raconte la beauté de la vie d'avant, les petites joies du quotidien, son espoir qu'on vienne les délivrer. Il lui enseigne la possibilité d'un avenir, quand elle lui offre de savourer le présent.


- La saison des mangues introuvables
de Daniyal Mueenuddin
Éditions 10-18 / Octobre 2011


À la fin des années 1970, entre Lahore et Islamabad, tandis que décline l'ordre féodal du Pakistan, une galerie inoubliable de serviteurs, de chauffeurs, de contremaîtres et de comptables gravite autour de K. K. Harouni, un propriétaire terrien distant et négligent. Un magistral recueil de huit histoires entrelacées aux odeurs de poussière, de luxure et de mangues.


- Le cas Sneijder
de Jean-Paul Dubois
Éditions de l'Olivier / Octobre 2011


"Je devrais être mort depuis le mardi 4 janvier 2011. Et pourtant je suis là, chez moi, dans cette maison qui m'est de plus en plus étrangère, assis, seul devant la fenêtre, repensant à une infinité de détails, réfléchissant à toutes ces petites choses méticuleusement assemblées par le hasard et qui, ce jour-là, ont concouru à ma survie". Victime d'un terrible, et rarissime, accident d'ascenseur dans une tour de Montréal, Paul Sneijder découvre, en sortant du coma, qu'il en est aussi l'unique rescapé. C'est le début d'une étrange retraite spirituelle qui va le conduire à remettre toute son existence en question. Sa femme, ses fils jumeaux, son travail, tout lui devient peu à peu indifférent. Jusqu'au jour où, à la recherche d'un emploi, il tombe sur la petite annonce qui va peut-être lui sauver la vie.


- Le cherche-bonheur
de Michael Zadoorian
Éditions 10-18 / Octobre 2011


Pour John et Ella, soixante ans de mariage au compteur, c'est l'heure de la grande évasion. Bravant l'interdit familial et médical, ils quittent Detroit à bord de leur camping-car, direction la Californie, via la mythique route 66. L'un a la mémoire qui flanche, l'autre le corps en déroute, mais il n'est jamais trop tard pour partir à la conquête de son bonheur.


- Le ciel divisé
de Christa Wolf
Éditions Stock / Octobre 2011


Quand Rita rencontre Manfred, elle vit dans son village natal où elle exerce un travail alimentaire de peu d'envergure. Mais elle a d'autres rêves. S'éprenant de lui, elle va alors tout quitter pour le suivre en ville, où elle pourra à la fois intégrer une brigade de production d'une entreprise de wagons et devenir institutrice. Nous sommes en août 1961, en RDA, juste avant l'édification du mur de Berlin. Et quand Manfred décide de s'enfuir vers l'Ouest, Rita se trouve face à un dilemme: doit-elle le suivre et demeurer une étrangère dans cette ville inconnue ou rester chez elle, seule? Ce grand roman de Christa Wolf évoque avec brio la division présente dans chacun de nos êtres lors des choix cruciaux qui jalonnent notre existence. En évoquant la période charnière qui sépara l'Allemagne en deux, elle fait ressurgir la profonde injustice de l'Histoire qui sépare les êtres; même ceux qui s'aiment.


- Le journal intime d'un arbre
de Didier Van Cauwelaert
Éditions Michel Lafon / Octobre 2011


Il s'appelait Tristan, il avait trois cents ans, il avait connu toute la gamme des passions humaines. Une tempête vient de l'abattre, et c'est une nouvelle vie qui commence pour lui. Planté sous Louis XV, ce poirier nous entraîne à la poursuite du terrible secret de ses origines. Des guerres de religion à la Révolution française, de l'affaire Dreyfus à l'Occupation, il revit les drames et les bonheurs dont il a été le témoin, le symbole ou la cause. Mais, s'il est prisonnier de sa mémoire, il n'en reste pas moins lié au présent, à travers ce qui reste de lui: des racines, des bûches, une statue de femme sculptée dans son bois, et les deux êtres qui ont commencé à s'aimer grâce à lui. Comment "fonctionne" un arbre? De quoi se compose sa conscience, de quelle manière agit-il sur son environnement? Son récit posthume nous fait voir le monde, la nature et les hommes d'une manière nouvelle, par le biais d'une pensée végétale qui évolue au rythme d'un véritable suspense. Captivant, drôle et poignant, Le Journal intime d'un arbre apporte une réponse inédite à une question universelle: quelle est, pour un arbre comme pour un être humain, la meilleure façon de ne pas mourir?


- Le long du Gange
de Ilija Trojanow
Éditions Buchet Chastel / Octobre 2011


Le Gange. Les ermites et les prêtres de l'Inde lui attribuent mille noms différents. Ganga. Gangaji. Ganga Mataji. Ils considèrent cependant qu'en parler comme d'un fleuve est une insulte. Car pour eux, le Gange est une déesse. Certains disent même que c'est la source du monde. En 2001, Ilija Trojanow a voulu en avoir le cœur net. Il est monté sur le glacier de l'Himalaya qui surplombe Gangotri et d'où jaillit le Gange dans un vacarme hallucinant. Là, il a effectivement vu danser Shiva, mi-chaman, mi-sadhou, qui s'est laissé emporter par les tourbillons glacés comme dans une passion amoureuse. Ensuite, Trojanow s'est arrêté à Uttarkashi, à Rishikesh, à Haridwar oùil a croisé Ganesha et où il a fait une offrande de fleurs et d'encens aux eaux les plus sacrées du monde, dans un rituel du soir. Avant de continuer sur Kampur… Varanasi… Allahabad… Et Calcutta, pour finir, avec ses douze millions d'âmes, juste avant que le Gange fusionne avec le golfe du Bengale. À pied, en bateau, en bus, en train, il a longé ses courbes et épousé son débit. Il a découvert ses festivals mystiques. Il s'est assis sur ses ghats, a fréquenté ses rives, ses cultes et ses étranges habitués, il a même levé un coin du voile sur les désastres écologiques pressentis, dus à ses barrages. À la fois livre de voyage plein de rencontres étonnantes et chronique fidèle et chamarrée du grand fleuve sacré, Le long du Gange nous entraîne, entre traditions millénaires et une modernité toute récente, au cœur même de la complexité et de l'intimité de l'Inde.


- Le roman de Thomas Lilienstein
de Laurence Werner David
Éditions Buchet Chastel / Octobre 2011


"Je ne pense qu'à la présence de Thomas à Khila, au fait même de son retour qui, chaque jour, devient une puissance d'attraction et de vie que je crois immuable, solide, jamais déçue. La magie est dans ce sésame: Reviens, Thomas. Et il revient. Les déconvenues ne peuvent plus m'atteindre". Mikel aime Thomas Lilienstein, un paysagiste obstinément en voyage. Elle l'attend à Khila où elle entreprend d'écrire le roman de leur amour, tandis qu'il se perd dans la quête des plans du dernier jardin imaginé par sa mère. Mikel explore la vie des amis de Thomas, décrypte leur géographie intime et le mystère des liens qui les unissent, pour composer peu à peu le portrait de son insaisissable compagnon. Une œuvre en forme de labyrinthe, aussi savamment désordonnée qu'un jardin anglais.


- Le soleil peut attendre
de Monique Pelletier
Éditions Anne Carrière / Octobre 2011


"Par tempérament, par goût, je vais de l'avant. J'ai toujours aimé vivre au présent et préparer l'avenir. Ce livre, s'il raconte mon passé, formule des propositions pour notre avenir commun. Il y a plus de trente ans, mon mari a eu un AVC qui l'a lourdement handicapé. Il ne bouge plus, parle mal et rarement, il est aujourd'hui aveugle, mais j'ai écrit sous son regard infiniment tendre. Je raconte quelques étapes de mon existence, qui a été riche en événements, en expériences et en rencontres. Cela couvre une longue période de la vie française: la tourmente de la guerre, ma découverte de la liberté et de l'amour, ma maternité (ô combien heureuse, avec sept enfants!), mon engagement dans la vie professionnelle et politique. Les positions que j'ai occupées, avocate, chargée de mission sur la drogue, secrétaire d'État à la Justice, ministre de la Famille et de la Condition féminine, membre du Conseil constitutionnel, présidente du Conseil national handicap, me permettent d'esquisser aussi le portrait de personnalités que j'ai eu la chance de côtoyer. J'exprime mon avis concernant un certain nombre de sujets de société: les mères porteuses, l'homosexualité, l'euthanasie, entre autres, sur lesquels mon parcours m'autorise à prendre position. Je suis souvent indignée par les situations intolérables que je rencontre, et je formule des propositions pour y remédier, qu'il s'agisse de la drogue, de la justice, des femmes ou du handicap. Je m'exprime dans ce livre en toute franchise car, avec l'âge, je suis totalement libre de mes opinions et de mes paroles".


- Le temps mord
de Doris Lessing
Éditions Flammarion / Octobre 2011


Au terme de sa longue vie, Goethe affirmait qu'il venait tout juste d'apprendre à lire. Dans ce recueil des meilleurs essais de Doris Lessing, rassemblés pour la première fois, on retrouve la sagesse et la passion d'un auteur qui a elle-même appris, au cours de son intense et longue vie, à lire le monde autrement. Depuis les expériences sexuelles secrètes de Tolstoï jusqu'aux mystères du soufisme, en passant par la critique des grands classiques de la littérature, ces essais abordent un très grand nombre de sujets, de cultures, de périodes et de thèmes. Peinture de l'âme humaine, de nos espoirs, de nos peurs et de nos désirs, Le temps mord offre un portrait unique en son genre de l'un des auteurs les plus talentueux de notre époque.


- Les charmants travers de nos semblables
de Alexander McCall Smith
Éditions Les Deux Terres / Octobre 2011


À la demande d'une amie, Isabel Dalhousie, philosophe et directrice à Édimbourg de la Revue d'éthique appliquée, enquête sur un pensionnat où l'on doit nommer un nouveau directeur. Une lettre anonyme laisse entendre qu'un des candidats au poste a un passé compromettant, mais duquel s'agit-il? Isabel prépare son mariage avec Jamie, mais il se trouve que son fiancé a quelque chose à cacher, lui aussi. Entre-temps, un vieil ennemi d'Isabel, le professeur Lettuce, resurgit et entend s'imposer dans la Revue. Une fois de plus, Isabel s'interroge sur le comportement de ses semblables et sur les charmants travers qui les caractérisent.


- Les filles de Sweethaven
de Lakambini Sitoy
Éditions Albin Michel / Octobre 2011


L'ambitieuse Narita Pastor a abandonné sa fille illégitime pour faire carrière à Manille. Elevée par sa tante et ses grands-parents, de respectables enseignants, Naia est devenue une adolescente rebelle. Quand des images torrides de la jeune fille commencent à circuler sur le net, le scandale éclate au sein de la communauté fermée de l'Université presbytérienne de Sweethaven. Narita décide alors de voler au secours de son enfant perdue. À travers l'intellectuelle frondeuse de la capitale et sa sœur Antonia, ce sont deux mondes qui s'affrontent et se jaugent, tandis que remontent à la surface les blessures oubliées et les mensonges enfouis. Portrait magistral de trois générations de femmes tiraillées entre tradition et modernité, le premier roman de la journaliste philippine Lakambini Sitoy, finaliste du prestigieux Man Asian Literary Prize, est une véritable révélation.


- Les enfants de Hansen
de Ognjen Spahić
Éditions Gaïa / Octobre 2011


Avril 1989, Roumanie, dans la dernière léproserie d'Europe. Les pensionnaires sont coupés du monde des bien-portants. Le peu qu'ils aperçoivent du monde extérieur est une cimenterie, avec l'effigie de Ceaucescu sur le mur. Une évasion est prévue au sein de la léproserie, lorsqu'un matin, l'émeute de décembre 1989, qui fera tomber Ceaucescu, éclate.


- Les enfants du cinéma
de Francois-Guillaume Lorrain
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2011


Jean-Pierre Léaud dans "Les 400 coups", Brigitte Fossey dans "Jeux interdits", Sophie Marceau dans "La Boum", Charlotte Gainsbourg dans "L'Effrontée"… Il arrive que les enfants du cinéma tiennent leurs promesses à l'âge adulte, mais ce n'est pas toujours le cas. Beaucoup de ces petits prodiges, premiers rôles d'un jour, éphémères têtes d'affiches, manquent le virage de l'adolescence, et n'embrassent pas, finalement, la carrière de comédien. Après une ou deux expériences devant la caméra, le Monde du Cinéma leur ferme ses portes, et ils retrouvent la vie ordinaire qui était la leur avant qu'un jour un directeur de casting ou un réalisateur ne les repèrent, leur faisant croire, un moment, que tout est possible. Qui a retenu le nom du Petit Gibus de "La Guerre des boutons"? Qu'est devenu l'enfant sauvage de Truffaut? Pourquoi a-t-on perdu la trace de Catherine Demongeot, qui joua Zazie dans le film de Louis Malle? Et le jeune garçon de "Crin-Blanc", la Mouchette de Robert Bresson, l'héroïne de "Diabolo Menthe", ou encore celle du "Beau-Père" de Blier, ces visages que nous connaissons tous, ces voix que nous n'oublierons jamais, ces regards qui nous ont tant marqués. Ils font partie du patrimoine national et pourtant, ils ont disparu. Spécialiste du cinéma, curieux de ces destins hors du commun, François-Guillaume Lorrain a mené l'enquête, et a retrouvé la plupart de ces enfants retournés à l'anonymat, il raconte ici leurs parcours, le tournage qui les a révélés, la célébrité si fugace, le regard des autres parfois lourd à supporter, la nostalgie, le choix de la "normalité".


- Légendes d'une vie
de Stefan Zweig
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2011


Quatre personnages se croisent, Léonore Franck, veuve du célèbre écrivain Karl Amadeus Franck, leur fils Friedrich, Bürstein, le biographe du maître et une mystérieuse femme qui s'avère être l'amour d'enfance du grand écrivain, celle à qui il a écrit des dizaines de pièces enflammées et dédié une pièce de théâtre que tout le monde croyait perdue. Or cette femme détient les lettres et le manuscrit. Tout le génie de Zweig est de glisser du vaudeville classique à la pièce métaphysique sur la création. Depuis la mort de l'écrivain, sa veuve, ainsi que le biographe, ont maquillé la réalité. Or quand Bürstein se repent, la légende de l'écrivain s'effondre, mais pour donner naissance à la véritable histoire d'une vie et d'un amour passionné.


- Nos rêves sont plus grands que le ciel
de Jean Cavé
Éditions Plon / Octobre 2011


Il est né pour incarner l'idéal étriqué de la riche bourgeoisie bostonienne. Mais Percival Lowell a un autre avenir. Il se voit en héros de planètes inconnues et veut ouvrir aux hommes le chemin des étoiles. Lorsqu'il prend possession de l'observatoire qu'il a fait construire à Flagstaff en 1894, dans l'Ouest américain, l'astronome amateur braque sa lunette sur son destin: Mars et son peuple fantasmatique. Jamais plus il ne les quittera des yeux. Jean Cavé retrace ici l'aventure d'un authentique génie qui fascina les plus grands esprits de son temps, et les déboussola. Tout est vrai évidemment dans ce roman où s'incarne un homme grandi par son rêve et submergé au-delà de ses espérances par les êtres ahurissants que sa flamboyante vision a engendrés.


- Notre oncle
de Arnon Grunberg
Éditions Héloïse d'Ormesson / Octobre 2011


Un pays sous le joug d'une dictature militaire. Le major Anthony pense régler ses problèmes en adoptant une orpheline. N'a-t-il pas trouvé avec Lina le plus beau gage d'amour pour son épouse Paloma? Cette enfant de rebelles qu'il vient d'assassiner saura combler le désir de maternité de sa femme et sauver leur couple à la dérive. Une aubaine. Pourquoi ne voient-elles pas la situation du même œil? Saga absurde et grinçante, Notre oncle est un récit déroutant, où Arnon Grunberg n'épargne personne. En poussant à l'extrême la parodie, il porte un regard d'une effrayante lucidité sur la nature humaine.


- Oliver VII
de Antal Szerb
Éditions Viviane Hamy / Octobre 2011


Oliver VII est le tout jeune roi du royaume d'Alturie mais il ne veut plus régner sur un pays au bord de la faillite et dont les seules ressources demeurent le vin et la sardine. Il décide alors d'organiser un coup d'état contre lui-même. Ce faux complot aboutit et le roi abdique puis disparaît. C'est en Italie que le peintre Sandoval le retrouve, il est devenu Oscar, un petit escroc. Il va vite s'apercevoir, lors d'une de ces escroqueries loufoques, qu'il est bien difficile d'échapper à son destin. Mille personnages se mêlent, les quiproquos se multiplient, les situations sont cocasses et absurdes, voilà une histoire qui évoque irrésistiblement Shakespeare.


- Piégées
de Gordon Reece
Éditions Flammarion / Octobre 2011


Après des mois de souffrance silencieuse, c'est à Honeysuckle cottage, maison isolée en pleine campagne, que Shelley et sa mère, toutes deux malmenées par l'existence, trouvent enfin une solution à leurs problèmes. Bien à l'abri du monde extérieur, les deux femmes se reconstruisent peu à peu une vie calme et sûre. Mais lorsqu'un soir un cambrioleur pénètre dans la maison, cette fragile sécurité vole en éclats et elles réagissent d'une façon dont elles ne se seraient jamais crues capables. Avec Piégées, Gordon Reece nous livre une véritable réflexion sur la complexité de la nature humaine et sur les fragiles limites entre bien et mal. Un thriller psychologique angoissant qui fait s'envoler toutes nos certitudes et nous rappelle que personne n'est entièrement victime ni complètement bourreau.


- Sophie à Cannes
de Sylvie Bourgeois
Éditions Flammarion / Octobre 2011


À la suite d'une rupture amoureuse, Sophie, quarante ans, se retrouve "malgré elle" coincée à Cannes pendant le festival sans connaître les usages et coutumes du milieu du cinéma qui fascine tant son amie Géraldine. Son sens de la repartie et sa débrouillardise lui suffiront-ils à éviter les nombreux obstacles et déconvenues qu'une jolie femme livrée à elle-même et un peu perdue ne manque pas de rencontrer dans ce type de manifestations? Dans un style alerte et plein d'humour, Sylvie Bourgeois nous fait pénétrer avec fantaisie et justesse dans les coulisses du plus grand festival de cinéma du monde.


- Superfragilibus
de Carmen Bramly
Éditions JC Lattès / Octobre 2011


Livrée à elle-même dans un Paris caniculaire, Doodoowa fait la rencontre de Jules, post-ado déboussolé qui semble avoir déjà tout vu, tout vécu, et son existence soudain s'illumine. Fuyant le désœuvrement dans la capitale, les voici emportés dans un road trip grinçant, des bas-fonds de Londres à la Normandie profonde, où ils rencontreront tour à tour à un chanteur punk d'opéra, une jeune provinciale jouant les drag-queen, un universitaire égyptien adepte du bœuf bourguignon, un épicier rêvant de boîtes de nuit. Superfragilibus raconte l'histoire d'une quête du bonheur sur fond de Sex Pistols.


- Tous nos petits mensonges
de Diane Chamberlain
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2011


Maya et Rebecca sont toutes deux de brillants médecins, mais c'est leur seul point commun. Depuis l'adolescence, la fragile Maya vit dans l'ombre protectrice de sa sœur Rebecca, qui l'a sauvée des balles d'un tueur. Hantée par son passé, elle est devenue une femme secrète, même avec son mari, Adam, qu'elle aime pourtant beaucoup. Lorsqu'un cyclone frappe les côtes de la Caroline du Nord, Rebecca et Adam parviennent à convaincre Maya de participer avec eux aux opérations de sauvetage. Malheureusement, l'hélicoptère dans lequel elle se trouve tombe dans des eaux tumultueuses. Obligée de lutter pour sa survie, Maya n'a d'autre choix que de prendre elle-même son destin en main. Passée maître dans l'art d'étudier les liens familiaux, Diane Chamberlain explore ici avec subtilité la relation d'amour et de rivalité unissant deux sœurs frappées très jeunes par la tragédie.


- Un amour de geek
de Luc Blanvillain
Éditions Plon / Octobre 2011


Thomas est un geek. Un quoi? Un geek. C'est-à-dire un nolife qui fragge comme il respire, slappe les cheaters et bizute les noobs. Si vous n'y comprenez rien, c'est que vous êtes un pauvre parent, perdu dans la réalité. Mais si, comme Thomas, vous passez vos nuits devant l'écran à dégommer des crâs, à assiéger les donjons d'Azeroth, à diriger des guildes, vous savez ce que vivre veut dire. Dans son monde Haute Définition, Thomas échappe aux êtres désagréables qui grouillent "in real life": les nazes du lycée, l'odieux Latreille, Mme Friol, la prof de français fan de gros bouquins bourrés de descriptions. Il supporte même ses parents, leurs gratins bios et sa petite sœur Pauline. Alors? Où est le problème? Le problème, c'est Esther dont Thomas est bêtement tombé amoureux. Esther qui voltige sur le dos des chevaux, aime la lumière dans les arbres et rêve de vrais voyages. Esther qui déteste les ordinateurs et ne sortira avec lui que s'il cesse d'être un nolife et jure de ne plus s'approcher d'un écran. Thomas relèvera-t-il l'impossible défi?


- Un amour exclusif
de Johanna Adorjan
Éditions 10-18 / Octobre 2011


Vera et István s'aiment passionnément depuis un demi-siècle. Ils ont survécu à la Shoah, au régime communiste, à l'insurrection de Budapest et à l'exil au Danemark. Jusqu'à ce dimanche d'octobre 1991 ou ils décident de mourir, ensemble. Traquant les souvenirs, Johanna Adorján part sur les traces de leur destinée belle et douloureuse.


- Un été à Cold Spring
de Richard Yates
Éditions Robert Laffont / Octobre 2011


Long Island, fin des années 1930. Fils d'un officier en retraite et d'une mère neurasthénique, le très séduisant Evan Shepard n'a pas dix-huit ans quand il épouse Mary, une lycéenne "provocante", tombée enceinte peu après leur première sortie au cinéma. S'il se révèle un mécanicien prometteur, il est parfaitement dénué d'ambition tandis que Mary, elle, prépare son entrée à l'université dès la naissance de leur fille, elle veut devenir un "être à part entière". Rapidement, c'est l'échec du couple, puis le divorce. Quelques années plus tard, une deuxième chance s'offre à Evan en la personne de Rachel Drake. Étonnamment douce, vertueuse et effacée, parfaite antithèse de Mary, elle est la fille de Gloria, une hystérique en mal d'amour et la sœur de Phil, un adolescent brillant, chétif et complexé. Evan et Rachel se rapprochent, se fréquentent, s'émoustillent et se marient pour, enfin, assouvir leur désir réciproque. Désargentés mais heureux, ils louent un appartement confortable loin de leurs familles respectives. Evan envisage même de reprendre ses études pour devenir ingénieur. Mais leur insouciance n'a qu'un temps, l'écho de Pearl Harbor se propage bientôt jusqu'à eux, la guerre éclate, l'armée recrute et, comble de malchance, Rachel tombe enceinte. C'est l'heure des compromis. Sous prétexte de quelques économies, Gloria propose bientôt aux jeunes mariés de partager ensemble une maison à Cold Spring, petite bourgade cossue ou se côtoient paisibles parvenus et vieilles familles bourgeoises. C'est aussi là qu'habitent, fort opportunément, leur belle-famille, Grace et Charles Shepard, pour lequel Gloria ne peut cacher une violente inclination. Au cours d'un été, en 1942, toute cette assemblée de personnalités mal assorties et bien alcoolisées va cohabiter dans la grande demeure humide, amenée à devenir le théâtre des désillusions individuelles et collectives de ses hôtes.


- Un génie ordinaire
de Ann Jacoby
Éditions JC Lattès / Octobre 2011


Théodore Mead Fegley, petit génie de dix-huit ans, est à deux doigts de révolutionner le monde des mathématiques. Étudiant à l'université de Chicago, il est en passe de prouver la fameuse hypothèse de Riemann, celle-là même qui laisse les chercheurs et universitaires du monde entier incrédules depuis plus d'un siècle. Mais voici qu'à l'aube de sa consécration, le jeune Mead prend la fuite et se réfugie chez ses parents dans l'Illinois rural. Là, il est confronté aux remontrances de sa mère, à l'incompréhension de son père, à l'animosité de son oncle et aux comportements hébétés de sa tante. Il tente tant bien que mal de renouer avec les siens et d'apprendre de son père et de son oncle le commerce des meubles et des pompes funèbres qui fait vivre sa famille de génération en génération. Rattrapé par les fantômes de son passé et traqué par Herman Weinstein, un camarade de promotion obsédé par la réussite, Mead entre dans la vie adulte au gré d'un parcours initiatique façonné par l'amour, la mort, le courage et la marque du génie.


- Un si joli visage
de Lori Lansens
Éditions L'Archipel / Octobre 2011


5 kilos pris à la mort de son père, 10 à la suite de sa fausse-couche. En raison de son obésité, Marie se complaît jour après jour dans une solitude mortifère. Consumée par un quotidien qui se résume à des allers-retours entre son lit et le frigidaire, Marie, ne vit que pour et par Jimmy, son mari. Or, un soir, à la veille de ses noces d'argent, celui-ci ne regagne pas leur maison en Ontario. Résolue à retrouver Jimmy, Marie délaisse sa vie sans remous et s'envole pour Los Angeles. Au fil de rencontres insolites, avec un immigrant mexicain, puis des triplés dont elle prendra soin comme s'ils étaient ses propres enfants, Marie apprend à s'ouvrir aux autres et à se libérer de ses peurs. Son périple sous le soleil de Californie devient contre toute attente un voyage initiatique où la personne recherchée n'est peut-être qu'elle-même.
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