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 Les dernières parutions

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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 15:12

- Une humeur de chien
de Rebecca Hunt
Éditions Denöel / Octobre 2011


Juillet 1964. Churchill s'apprête à prendre sa retraite, mortifié. La dépression, "ce chien noir sur mon épaule" comme il se plaisait à la nommer, est là qui rôde. La magie du roman lui donne même corps et vie sous les traits d'un molosse, un chien noir massif et puant. Hideux mais charismatique, dérangeant mais attachant, en un mot terriblement machiavélique, ce dénommé Mr Chartwell parle et se tient debout comme un homme. Son métier est de déprimer les gens: Churchill depuis des années, mais aussi la jeune Esther, bibliothécaire au palais de Westminster, chez qui il installe ses quartiers avec la ferme intention de rogner la moindre joie de son existence. Réunis le temps de mettre au point le discours d'adieu du grand homme au parlement, Esther et Churchill se découvrent liés par le même trouble-fête pour le moins encombrant. Sauront-ils s'en libérer? Un premier roman d'une grande fraîcheur, incisif et drôle, qui fait vivre sous nos yeux un Winston Churchill plus savoureux que nature tout en livrant une subtile réflexion sur la perte de soi. Une charmante parabole en somme.


- Une ombre japonaise
de Lee Langley
Éditions Fleuve Noir / Octobre 2011


Sur les pas de Madame Butterfly. Nagasaki, années 1920. Cho-Cho a 15 ans. Jolie et naïve, cette orpheline tombe amoureuse de Pinkerton, une jeune officier de marine américain. Lorsque l'amour de sa vie reprend le large, Cho-Cho se persuade qu'il reviendra la chercher. Mais les mois, les années passent, et rien. De cette union est né un petit garçon, blond, comme son père. Et alors qu'elle n'osait plus y croire, Pinkerton finit par reparaître... avec sa fiancée américaine Nancy qui ignorait l'existence de Cho-Cho. Humiliée, trahie, Nancy décide de ramener l'enfant avec eux aux États-Unis. Il est petit, il suffira de lui expliquer que sa maman est morte, il l'oubliera vite. Tandis que leur bateau s'éloigne, ces étrangers laissent dans leur sillage une Cho-Cho terrassée par le désespoir et le déshonneur.


- Veuf
de Jean-Louis Fournier
Éditions Stock / Octobre 2011


"Je suis veuf, Sylvie est morte le 12 novembre, c'est bien triste, cette année on n'ira pas faire les soldes ensemble. Elle est partie discrètement sur la pointe des pieds, en faisant un entrechat et le bruit que fait le bonheur en partant. Sylvie m'a quitté, mais pas pour un autre. Elle est tombée délicatement avec les feuilles. On discutait de la couleur du bec d'un oiseau qui traversait la rivière. On n'était pas d'accord, je lui ai dit tu ne peux pas le voir, tu n'as pas tes lunettes, elle ne voulait pas les mettre par coquetterie, elle m'a répondu je vois très bien de loin, et elle s'est tue, définitivement. J'ai eu beaucoup de chance de la rencontrer, elle m'a porté à bout de bras, toujours avec le sourire. C'était la rencontre entre une optimiste et un pessimiste, une altruiste et un égoïste. On était complémentaires, j'avais les défauts, elle avait les qualités. Elle m'a supporté quarante ans avec le sourire, moi que je ne souhaite à personne. Elle n'aimait pas parler d'elle, encore moins qu'on en dise du bien. Je vais en profiter, maintenant qu'elle est partie". Jean-Louis Fournier souhaitait mourir le premier, il a perdu. Sa femme partie, il n'a plus personne avec qui parler de lui. Alors pour se consoler, ou pour se venger, en nous parlant d'elle, il nous parle de lui.


- Vice et Versailles
de Alain Baraton
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2011


Au palais des monarques, le crime est roi, assassinats, règlements de compte, empoisonnements, attentats. Pas une pièce qui n'ait connu de drame, pas un paravent derrière lequel n'ait été ourdi quelque complot, pas un escalier où n'ait eu lieu un accident funeste. Versailles, c'est la grande boutique des horreurs. Lorsque les guides instruisent les visiteurs, ils omettent de préciser que ce rideau de brocard a servi de refuge à un espion, ce chandelier d'argent d'arme à un assassin et que l'eau de cette carafe était empoisonnée. La somptueuse Galerie des Glaces n'a pas brisé que des cœurs, elle a aussi reflété les mines émaciées des miroitiers vénitiens morts pour la construire et celles des soldats prussiens qui y succombèrent durant la Guerre de 1870. À l'intérieur de ce château de conte de fées, les souvenirs lugubres se bousculent, il n'y a pas assez de chambres pour tous les fantômes qui le hantent, comme celui de Mlle de Fontanges, maîtresse de Louis XIX morte empoisonnée. Quant aux bois alentours, ils sont ensorcelés depuis le XVIe siècle, des biches de tous ordres, celles qui sont tombées sous les balles des aristocrates jusqu'à celles des ballets roses de la IVe République.


- Zébulon
de Rudolph Wurlitzer
Éditions 10-18 / Octobre 2011


Victime d'un sortilège, Zebulon Shook est condamné à errer entre les mondes. Fantôme parmi les vivants, il traverse l'Ouest sauvage au temps de la Ruée vers l'or, dans un flot sanglant de rencontres, de fièvres et de passions. Du Colorado au Mexique, une aventure sauvage et subversive sur les limites de l'amour et les malaises de la vie.


- Alice au pays des embrouilles
de Lisa Klimt
Éditions Fleuve Noir / Septembre 2011


Alice est une jeune fille on ne peut plus discrète qui prépare Sciences Po. Une existence (presque) parfaite jusqu'au jour ou sa sœur, fraîchement larguée, commence à souffrir de sérieux troubles de la personnalité. Un coup elle se prend pour Blanche-Neige, un autre pour cette pauvre Cendrillon et le lendemain pour la merveilleuse Fée Clochette. Une seule constance: son prince charmant a été dévoré par un vilain dragon. Un tableau qui frôle l'apocalypse à quelques jours pour Alice du concours de sa vie. Pourtant, elle est loin de se douter que son immersion dans la douce folie de sa Mary Poppins de sœur risque de bouleverser son existence à plus d'un titre.


- Attention au scorpion
de André Boris
Éditions Flammarion / Septembre 2011


Vous ne croyez tout de même pas à ces bêtises? Attention au Scorpion Né(e) entre le 1er janvier et le 31 décembre, vous devriez prendre le temps de savourer une véritable comédie romantique avec des personnages à l'humour incisif, des rebondissements en cascade, un peu de sexe et beaucoup d'amour. Né (e) entre le 23 octobre et le 22 novembre, l'histoire de Julie Finkelstein, psychanalyste Scorpion, instinctive et sulfureuse, ressemble étrangement à la vôtre. Et si vous n'avez pas encore croisé de Guillaume Béranger, jeune homme Vierge, à l'esprit vif et indépendant, vous ferez bientôt une rencontre décisive.


- Black Mamba Boy
de Nadifa Mohamed
Éditions Phébus / Septembre 2011


"Je suis le griot de mon père, ceci est un hymne à sa gloire. Je vais vous conter sa vie, afin d'inscrire, avec toute la magie que sa mère lui a cousue sous la peau, sa chair et son sang dans l'histoire. Car je veux faire de lui un héros, non pas taillé dans l'étoffe des guerriers ni des romantiques, mais plutôt dans celle, bien réelle, du gamin affamé qui survit aux flèches et aux coups que la fortune hostile destine à ceux de son espèce". Dans ce remarquable premier roman, Nadifa Mohamed emboîte le pas de Jama, un enfant des rues d'Aden, dont la mère lui jure qu'il est né sous une bonne étoile. Lorsque cette ouvrière d'origine somalienne s'éteint en 1935, Jama se retrouve seul au monde. Il quitte alors le Yémen pour retrouver la trace de son père. Ce périple, rendu incandescent par la croyance en une Terre promise, le mène sur les routes d'Érythrée et du Soudan dévastés, et sur celles d'Égypte, de Palestine et même d'Angleterre. Jama vit d'expédients, se nourrit de rencontres, s'engage au service des puissances coloniales. Ce laissé-pour-compte a la bravoure du serpent tatoué sur son bras: un mamba noir. Évocation puissante de contrées en proie à la guerre, mais aussi roman de formation, Black Mamba Boy est une véritable épopée qui nous fait mieux comprendre le destin d'une partie du globe aujourd'hui en ébullition.


- Ces corps vils
de Evelyn Waugh
Éditions Robert Laffont / Septembre 2011


"Soirées masquées, soirées sauvages, soirées victoriennes, soirées grecques, soirées cow-boys, soirées russes, soirées ou il faut se déguiser en quelqu'un d'autre, réceptions nudistes, réceptions dans des appartements, dans des studios, dans des maisons, dans des hôtels, des bateaux et des boîtes de nuit"; À la fin des année 30, Adam et Nina forment un couple aussi frivole qu'hédoniste; ils s'abandonnent à une succession de mondanités, jusqu'à ne devenir que des corps, vils. Alors que la Seconde Guerre Mondiale est sur le point d'éclater, Adam va même finir par vendre Nina à un ami.


- Chacun peut dire Je
de Robert Menasse
Éditions Jacqueline Chambon / Septembre 2011


Dans ces nouvelles, toute une génération peut se reconnaître, celle qui est née après la Seconde Guerre Mondiale, a vibré en 68 pour les idéologies gauchistes qui foisonnaient dans les universités et, en 89, bouche bée devant son poste de télévision, a vu s'écrouler, avec la chute du Mur de Berlin, l'ordre de l'après-guerre. Entre deux voyages, une rupture sentimentale, un colloque d'écrivains et une ballade dans Vienne, Robert Menasse nous dresse le portrait d'un héros qui voit l'histoire s'inviter au plus intime de son existence et croit assister en direct à l'assassinat de Kennedy, à l'enlèvement de l'industriel Walter Palmers par la Fraction armée rouge, ou plus prosaïquement à la victoire de l'équipe de foot grecque à l'Euro 2004... Chacun était quelque part quand quelque chose se passait. Celui qui le raconte dit "je" parce que c'est comme s'il y était. Chacun peut dire "je". Alliant une liberté de ton très contemporaine à l'élégance et la légèreté de l'esprit viennois, ces nouvelles ne peuvent que ravir le lecteur français.


- Conrad
de Olivier Weber
Éditions Flammarion / Septembre 2011


Ce livre est une promenade littéraire pour rendre hommage à Conrad. De belles biographies existent, mais il manquait une lucarne, celle qui ouvre sur son inquiétude, ses affres puisées ou détruites dans le mouvement de ses escapades maritimes. Une somme de tourments qui ont mené Conrad des ports plus ou moins bien fréquentés, des rixes de ponts et des tempêtes jusqu'à l'écritoire, ce lieu où guettent à la fois la rédemption et le naufrage. Trois horizons hantent ses livres: le secret de l'écriture, la faute et la foi en l'homme. Davantage qu'un écrivain de l'exotisme, il fut d'abord peintre de la condition humaine et aventurier du dedans.


- Cyr@no
de Bessora
Éditions Belfond / Septembre 2011


Si à sa naissance l'officier de l'état civil ne s'y était pas opposé, Roxane se serait appelée Cyrano, et sans doute alors tout aurait-il été plus simple pour elle dans le milieu du théâtre. Mais Roxane s'appelle Roxane, et elle doit faire avec, comme elle doit faire avec ses jambes de Teutonne, sa poitrine de nymphette, son "cul à chier" et son nez trop long. C'est d'autant plus difficile que, dans la vraie vie, elle s'est amourachée de Christian, un bellâtre blond légèrement bedonnant qui l'a aimée un soir pour la congédier le lendemain par mail. Heureusement, pour remédier à ses ratages, Roxane peut compter sur son double: Cyrano, l'autre elle-même, aimante, pleine de ressources mais aussi pleine de fiel Ensemble, elles concoctent un implacable stratagème pour séduire Christian et le transir d'amour pour elle(s). Elles créent Cyr@no, avatar de Roxane et Cyrano mêlées, créature virtuelle qui va incarner l'idéal féminin de l'insaisissable Christian.


- En s'agenouillant
de Marie Billetdoux
Éditions Stock / Septembre 2011


C'est le retour au roman de Marie Billetdoux, un roman où courent la sève et la fièvre de la jeunesse, une jeunesse du début des années 50, assoiffée de poésie, de littérature, dans un Paris méconnaissable au cœur de ce Quartier latin dont on a presque oublié le nom, la magie, le parfum. Jean La Haut, 21 ans, Lim Houang-Ho, 20 ans, Sorbonne, rue d'Ulm, amitiés, chambres de bonne, fontaine au bout du couloir, mots sous la porte, l'amour, le catholicisme, Paul Valéry, Mallarmé, l'encens, la France, les vieilles dames, la campagne, l'attente de l'avenir et chez tous, sans cesse, la peur au ventre de manquer sa vie.


- Et rester vivant
de Jean-Philippe Blondel
Éditions Buchet Chastel / Septembre 2011


Le narrateur a vingt-deux ans. Il a perdu sa mère, son frère, dans un accident de voiture. L'histoire commence, il vient de perdre son père dans un accident de voiture. Seul désormais, il décide de vendre l'appartement familial et de partir avec ses deux plus proches amis, Laure et Samuel. Direction: Morro Bay, Californie. Morro Bay: une obsession nourrie depuis des années par la chanson de Lloyd Cole. La Californie, le pays mythique qui a marqué une génération. Et rester vivant raconte ce voyage initiatique. Entre fous rires et douleur. Découvertes, rencontres et retours sur le passé. Pour la première fois, Jean-Philippe Blondel se raconte. On retrouve sa douceur; on découvre son incroyable capacité de résistance. Et ce texte, qui fait définitivement le deuil, rend surtout un véritable hommage à la vie.


- Father
de Vito Bruschini
Éditions Buchet Chastel / Septembre 2011


Tissé d'amour et de mort, il s'enracine dans les domaines agricoles irrigués par la sueur et le sang des paysans et dirigés d'une main de fer par l'aristocratie. Sur ces terres, splendides mais rudes, seul le mystérieux prince Ferdinando Licata manifeste sa compassion envers les plus humbles. Tout ce peuple de déshérités l'appelle u patri, le père. Mais la montée du fascisme va changer la donne. Face à la barbarie et aux exactions des Chemises Noires, l'Amérique apparaît vite comme le refuge ultime; ce sera dans le Bronx que le prestige du prince s'élevera au firmament. Alors que la clarinette de Benny Goodman tente de faire oublier l'imminence de la Seconde Guerre Mondiale, Ferdinando Licata découvre la puissance occulte d'une organisation déterminée à s'enrichir de tous les trafics. U patri en devient le Father, le parrain des parrains. Débute alors le règne marqué par la violence de Cosa Nostra, état dans l'état, suffisamment influente pour dicter sa loi au pouvoir américain et pour jouer le premier rôle dans le débarquement des alliés en Sicile. Tandis qu'au village où tout a commencé, une belle sicilienne attend le retour de celui qu'elle aime. Car elle sait qu'une fois son secret révélé, elle sera de nouveau maîtresse de son destin.


- Feu de camp
de Julia Franck
Éditions Flammarion / Septembre 2011


Berlin-Est, fin des années soixante-dix: une jeune femme dont la beauté classique et la tranquille détermination suscitent partout la curiosité a obtenu de passer à l'Ouest avec ses deux enfants Aleksej et Katja. Après avoir affronté les mille et une menaces et humiliations qu'infligeait la RDA à ces candidats au départ, voici Nelly Senff au pays de l'abondance et de la liberté. Mais l'Ouest, c'est d'abord pour les réfugiés la promiscuité d'une chambre partagée avec des inconnus au camp de Berlin Marienfelde et un avenir incertain. Sans compter les interrogatoires soupçonneux et sans fin de la CIA. Feu de camp est un témoignage captivant de l'Allemagne contemporaine, un vrai bonheur d'écriture et un roman bouleversant du début à la fin.


- Galveston
de Nic Pizzolatto
Éditions Belfond /Septembre 2011


1987, La Nouvelle-Orléans. Le même jour, Roy Cady apprend qu'il a un cancer du poumon et que Stan, son boss proxénète et dealer, lui confie une mission qui ressemble fort à un piège. Sorti vivant de ce traquenard, Roy prend la fuite, emmenant avec lui Rocky, petite prostituée, et Tiffany, quatre ans. Le début d'une cavale sur les routes brûlantes du golfe du Mexique jusqu'à Galveston, Texas. Et la tentation d'un répit dans un motel paumé au milieu d'autres âmes perdues. Mais comment échapper à une bande de tueurs quand on a en sa possession des documents compromettants et beaucoup de sang sur les mains? Vingt ans plus tard, Roy est homme à tout faire. Son corps martyrisé porte les stigmates d'un terrible drame. Il n'a pour seuls compagnons que son chien et ses livres. Quelqu'un est à sa recherche.


- Journal d'un raté
de Edouard Limonov
Éditions Albin Michel / Septembre 2011


Le Journal d'un raté, c'est New York et le monde vu par un marginal, et ce marginal raconté par lui-même, l'auteur parlant sous son nom, à la première personne, avec ses cris et ses chuchotements, ses haines, ses rêves de vengeance insensés et un délire sexuel auquel il ne parvient pas à échapper. Russe piégé par la civilisation de l'Occident, le raté de Limonov choisit la révolte du désespoir plutôt que la résignation de l'esclave. Il nourrit ses fantasmes de puissance d'un amalgame confus où s'entremêlent séances de films, unes de journaux à sensation, spots publicitaires, fragments de livres et de magazines pour sex-shops. Les images se chevauchent, vrais clochards, souvenirs d'un passé héroïque et, sur fond de sexe, mirages d'un avenir vengeur, d'un avenir de guerres et de révolutions. Un texte d'une grande puissance poétique et provocatrice.


- Kadicha
de Alexandre Najjar
Éditions Plon / Septembre 2011


Banquier à Beyrouth, Sami Rahmé décide, sur un coup de tête, de tout quitter pour aller vivre à proximité de la Kadicha, la vallée sainte, l'un des hauts lieux spirituels de la chrétienté en Orient. Quand son ancienne amie française, Florence, reporter à Libération, quitte en catastrophe la Syrie en révolte pour échouer au Liban, il trouve l'occasion de renouer avec elle et de l'initier à la vie paisible qu'il a choisi de mener. Ensemble, guidés par Kennedy, un aventurier érudit, ils explorent cette vallée et découvrent les personnages pittoresques qui y ont vécu: Sarkis Rizzi, qui se ruina pour installer une imprimerie au monastère de Kozhaya; le patriarche Louqa qui, réfugié dans une grotte, résista longtemps aux mamelouks; Marina, qui se déguisa en homme pour entrer au couvent; François de Chasteuil, qui abandonna sa famille à Aix pour devenir ermite au Mont-Liban; le poète Gibran, qui puisa son inspiration dans cet univers merveilleux. Un beau roman où découverte, histoire, aventure, spiritualité et passion se mêlent dans un voyage initiatique, dans l'espace et le temps, sur les traces des chrétiens d'Orient.


- L'amour aujourd'hui
de Maxim Biller
Éditions de l'Olivier / Septembre 2011


"J'étais heureux de revoir Geli après tant d'années. Je n'avais plus de femme depuis longtemps et Geli me plaisait. Elle était petite, mince, elle ressemblait à Ellen Barkin, mais en moins triste, et je sus aussitôt qu'elle aimait le sexe. Elle me demanda si j'étais marié ou si j'avais une amie. Au lieu de répondre, je lui demandai ce qu'il en était pour elle.
- Je suis justement en train de me séparer de quelqu'un, dit-elle, mais lui, hélas, ne se sépare pas de moi.
Nous étions dehors, au coin de la Reichenbachstrasse et de la Gärtnerplatz, et Geli dit:
- Accompagne-moi chez moi. J'ai lu ton dernier livre. Je veux en parler avec toi.
- Non, dis-je, surtout pas. Mais emmène-moi tout de même.
Le livre était posé à côté du lit de Geli. C'était une histoire d'amour, celle d'une femme qui ne peut pas, bien qu'elle veuille, et d'un homme qui veut, bien que la femme ne puisse pas.
Après que nous nous fûmes rhabillés, Geli dit:
- Je veux juste savoir une chose: dans la vie, tout était-il exactement comme dans ton livre?".


- L'amour en minuscules
de Francesc Miralles
Éditions Fleuve Noir / Septembre 2011


Samuel de Juan est un professeur d'allemand solitaire qui aime se réfugier dans la lecture et la musique classique. De sa bulle, il ne s'échappe que pour donner ses cours à l'université. Mais au lendemain d'un réveillon du nouvel an, la visite inattendue d'un chat bouscule ses habitudes. En rapportant le félin à son voisin, Samuel fait la connaissance de Titus, un vieux rédacteur bourru. Le premier domino vient de basculer entraînant dans sa chute un second. Car cette première rencontre est annonciatrice de bien d'autres tout aussi surprenantes. Bientôt, Samuel croise le chemin d'un savant lunatique et celui d'une belle femme mystérieuse. Sa petite vie paisible se mue alors en une véritable aventure initiatique.


- L'antarctique
de Claire Keegan
Éditions 10-18 / Septembre 2011


Dans l'authenticité d'une Irlande rurale, chaque nouvelle déchire le voile d'une existence renversée, d'un destin brisé ou reconquis. Face aux drames dissimulés sous les gestes du quotidien, les êtres de Claire Keegan vacillent: une seconde les fera basculer vers l'ombre ou la lumière.


- L'écrivain et l'autre
de Carlos Liscano
Éditions 10-18 / Septembre 2011


Après avoir noirci des milliers de pages, Carlos Liscano a rencontré la panne. Celle dont on ne repart pas sans casse. Pour combler les nuits sans sommeil et les jours sans fin, l'auteur uruguayen démonte avec beaucoup de sincérité et d'autocritique le mécanisme de l'inspiration. Une quête dont il ne sortira pas indemne.


- L'enfant du jeudi
de Sonya Hartnett
Éditions Les Grandes Personnes / Septembre 2011


Quelque part en Australie, pendant la Grande Dépression, sur une terre où rien ne pousse, la jeune Harper Flute raconte l'étrange histoire de son petit frère Tin, qui ne pense qu'à creuser des galeries et devient peu à peu sauvage, sous l'œil curieusement compréhensif de ses parents. Pendant ce temps, en surface, la fillette grandit avec le reste de la fratrie. Son père fait tous les mauvais choix possibles et la famille peine à s'en sortir. Harper, cependant, qui n'a pas connu d'autre vie que la sienne, porte un regard encore enchanté sur ces années décisives, qui la conduiront au sortir de l'enfance. Un roman poignant qui évoque avec tendresse et justesse les liens familiaux, sans mièvrerie aucune. On sort de ce récit conquis par la voix de Harper et par la dignité et l'humanité des Flute tout au long de leur chute.


- L'héritage Jenna Fox
de Mary E. Pearson
Éditions Les Grandes Personnes / Septembre 2011


Il fut un temps où ils étaient trois… Jenna Fox croyait avoir mis fin au calvaire de ses meilleurs amis, physiquement détruits lors d'un même accident, en se débarrassant des sauvegardes de leurs esprits. Pourtant, après 260 ans passés dans le noir, Kara et Locke s'éveillent dans des corps tout neufs. Dans un monde qui n'est plus le leur, dont ils ne savent rien, et où tous ceux qu'ils ont un jour connus ou aimés ont disparu. Tous sauf Jenna Fox. Désireux d'échapper aux griffes de l'inquiétant Dr Gatsbro, leur sauveur et geôlier, les deux adolescents se lancent dans une course-poursuite effrénée à travers une Amérique futuriste, bien décidés à retrouver Jenna.


- L'innocent de Palerme
de Silvana Gandolfi
Éditions Les Grandes Personnes / Septembre 2011


Palerme, en Sicile. Santino se réveille dans un lit d'hôpital, après avoir miraculeusement survécu à un règlement de comptes orchestré par la mafia. Entre cauchemars et flash-back, le garçonnet reçoit bientôt la visite d'un juge, qui souhaite le convaincre de témoigner. Lucio, lui, vit à Livourne avec sa mère et sa petite sœur. À onze ans, il est l'homme de la famille, et confie ses interrogations et ses peines au mystérieux Chasseur, à qui il écrit inlassablement. L'un se pose des questions, l'autre en sait beaucoup trop pour son âge. Quel est le point commun de ces deux vies, si différentes de celles des autres gamins? Inspiré de faits réels, un roman qui évoque la terrible réalité de la mafia, qui donne une voix aux victimes innocentes.


- L'origine du silence
de Jed Rubenfeld
Éditions Fleuve Noir / Septembre 2011


Un soleil radieux baigne Wall Street, le douzième coup de midi résonne au clocher de Trinity Church quand une violente explosion retentit. Une vague de terreur sans précédent s'abat sur New York, des centaines de victimes sont à déplorer. Nous sommes au mois de septembre 1920.Trois amis assistent à la scène: le capitaine de police James Littlemore, le docteur Stratham Younger, et Colette Rousseau, une jeune scientifique française tout juste arrivée aux États-Unis avec son frère Luc, un enfant rendu muet par les horreurs de la guerre. Peu de temps après la déflagration, Colette est prise pour cible de mystérieuses attaques, mais par qui? Pourquoi? La piste à la fois policière et psychologique qui commence à se dessiner dépasse les frontières américaines. De Wall Street à Paris ou à Prague, et du cabinet viennois de Sigmund Freud à l'antichambre du pouvoir à Washington, les pièces du puzzle se mettent progressivement en place. Tandis que Freud tente de découvrir l'origine du silence de Luc, il élabore une théorie qui pourrait bien éclairer d'un jour nouveau les deux enquêtes.


- La Bible d'Amiens
de John Ruskin
Éditions Payot & Rivages / Septembre 2011


Préface de Marcel Proust
Je voudrais donner au lecteur le désir et le moyen d'aller passer une journée à Amiens en une sorte de pèlerinage ruskinien. Ce n'était pas la peine de commencer par lui demander d'aller à Florence ou à Venise, quand Ruskin a écrit sur Amiens tout un livre. Sans doute le snobisme qui fait paraître raisonnable tout ce que Ruskin touche n'a pas encore atteint (pour les Français du moins) et par là préservé du ridicule, ces promenades esthétiques. Dites que vous allez à Bayreuth entendre un opéra de Wagner, à Amsterdam visiter une exposition, on regrettera de ne pouvoir vous accompagner. Mais, si vous avouez que vous allez voir, à la Pointe du Raz, une tempête, en Normandie, les pommiers en fleurs, à Amiens, une statue aimée de Ruskin, on ne pourra s'empêcher de sourire. Je n'en espère pas moins que vous irez à Amiens après m'avoir lu. Marcel Proust


- La bicyclette statique
de Sergi Pàmies
Éditions Jacqueline Chambon / Septembre 2011


L'âge mûr et ses problèmes sont au centre de ces vingt nouvelles. Sergi Pàmies y retrace les difficultés existentielles d'hommes et de femmes qui, tiraillés entre des décisions absurdes ou héroïques, pédalent souvent dans la semoule, d'où le titre. Dans ces nouvelles toujours inattendues et surprenantes, l'auteur semble pour la première fois se livrer plus ouvertement. Comment ne pas voir dans "La Carte de la curiosité" l'évocation du jeune émigré espagnol qu'il fut, et dans "Les Chansons préférées de Lénine" le souvenir du père qu'il vient de perdre. La pudeur des sentiments est sans doute ce qui caractérise l'esprit de Sergi Pàmies, drôle sans méchanceté, lucide mais jamais amer. On imagine facilement la détestation du petit Sergi, dont "la curiosité est née dans un terrain vague de banlieue", pour le trop poétique et trop élégant Petit Prince.


- La conversation
de Jean d'Ormesson
Éditions Héloïse d'Ormesson / Septembre 2011


Un soir de l'hiver 1803-1804, aux Tuileries. Une conversation imaginaire entre Bonaparte et son deuxième consul, Jean-Jacques Régis de Cambacérès, celui à qui il ne cache rien et demande tout. Au comble de la tension entre l'esprit révolutionnaire et l'avidité de puissance, le vainqueur d'Arcole tente de rallier son complice à ses convictions. Une seule volonté anime le héros républicain: bâtir sa légende de son vivant. L'empire, va-t-il démontrer avec éloquence, c'est la république qui monte sur le trône. Jean d'Ormesson saisit l'ambition au moment où elle se change en histoire, le rêve sur le point de devenir réalité. "Il y a des moments où l'histoire semble hésiter avant de prendre son élan: Hannibal quand il décide de passer les Alpes avec ses éléphants pour frapper Rome au cœur; César sur les bords du Rubicon; le général de Gaulle à l'aube du 17 juin 1940, quand il monte dans l'avion qui va l'emmener vers Londres. C'est un éclair de cet ordre que j'ai tenté de saisir". Jean d'Ormesson


- La ferme des Neshov
de Anne B. Ragde
Éditions 10-18 / Septembre 2011


Après l'enterrement de leur mère, les frères Neshov pensaient reprendre le cours de leur vie. Mais tout a changé: Erlend est confronté au désir d'enfant de son compagnon, Margido à sa solitude et Tor, l'aîné, vit mal son quotidien à la ferme, auprès du "père". À leur insu, le drame couve et pour chacun d'eux, l'heure des choix a sonné.


- La fille du marais
de Franny Billingsley
Éditions Les Grandes Personnes / Septembre 2011


Briony Larkin a 17 ans et elle a un secret. Un secret qui est à l'origine de la déficience mentale de sa sœur jumelle, Rose; un secret qui est une menace pour tous les habitants du Swampsea. Briony a le don de seconde vue, qui la relie au monde des Esprits. Elle est ce qu'on appelle plus communément une sorcière, et pour cela, elle risque d'être pendue. Alors la jeune fille se tait et étouffe sa nature profonde. C'est sans compter sur la venue de l'ingénieur Clayborne et de son fils, Eldric, dans cette région sauvage d'Angleterre. Avec eux arrive la construction du chemin de fer et l'assèchement du marais, qui déchaînera la fureur du Seigneur du marécage. Si elle veut sauver sa sœur d'une mort certaine, Briony va devoir faire face à ses démons ainsi qu'à l'indéniable attirance qu'elle éprouve pour Eldric.


- La onzième heure
de Isabelle Pestre
Éditions Belfond / Septembre 2011


Comme chaque année, Lisbeth, onze ans, passe ses vacances au bord de l'Océan, en Charente-Maritime, dans la modeste villa aux volets verts de Tante Irène. Enfant lourde et passive, elle ennuie profondément Alice, sa mère, et ne suscite qu'indifférence chez son père. Pour ne pas importuner les adultes, Lisbeth traîne sa solitude et sa discrétion en rêvant devant la maison où elle aime écouter la musique douce et rassurante des marées, jusqu'à se faire oublier. Cet été-là, sa mère la confie à une jeune fille, désignée comme telle par la famille, à quoi servirait-il de retenir son prénom puisqu'elle ne sert qu'une fois? Mais la baby-sitter, elle aussi, abandonne l'enfant, préférant aller flirter sur la plage. Livrée à elle-même, Lisbeth vit en retrait du monde, là où son existence ne dérange personne. Mais un jour, elle rencontre Micha, un immigré albanais. Seul dans un pays dont il ignore la langue, le jeune homme puise du réconfort dans l'affection que lui porte Lisbeth. Et l'enfant, heureuse qu'on s'intéresse enfin à elle, lui livre son cœur tout entier. Jusqu'au drame.


- La petite fille aux nuages noirs
de Kitty Sewell
Éditions Belfond / Septembre 2011


Des paysages grandioses de l'Himalaya à la nouvelle Lhassa ressuscitée dans le Colorado, des monastères tibétains dévastés par l'invasion chinoise aux somptueux sommets du Ladakh indien, un roman palpitant qui allie aventure au bout du monde, trahison amoureuse et douloureuse quête d'identité. À Vancouver, Daniel, pilote d'hélicoptère, est inquiet pour sa fille Rosie. Tourmentée par le récent divorce de ses parents, celle-ci fait des cauchemars dans lesquels son père court un terrible danger. Alors qu'il essaie tant bien que mal de la rassurer et de lui redonner un équilibre, Daniel, qui se croyait orphelin, reçoit une incroyable nouvelle: son père est bien vivant et le réclame à son côté. Au chevet du vieil homme, Daniel se voit confier une mission qui le conduira aux portes du lointain Tibet, à la recherche d'un mystérieux bouddha d'or très convoité. Au cœur d'un voyage aussi fascinant que périlleux, Daniel va prendre tous les risques pour accomplir son destin et découvrir enfin le secret de ses origines.


- La somnambule de la villa aux loups
de Jean Contrucci
Éditions JC Lattès / Septembre 2011


Où l'on découvre, dans une villa, les corps sans vie de deux amants. Puis on assiste comme si on y était à l'exploit d'un cascadeur plongeant du Pont à Transbordeur, et ce qui s'ensuit. Où l'on apprend aussi que les articles publiés dans Le Petit Provençal par notre héros ne sont pas appréciés de tous ses lecteurs. Où l'on voit notre héros recevoir à ses entiers dépens sa première leçon sur l'hypnose et le sommeil somnambulique. On se demande d'ailleurs ce que l'hypnose vient faire dans l'histoire, sinon embrouiller un peu plus les choses. Et où finalement, dans le calme vespéral d'une calanque marseillaise, est imaginée l'opération "faire sortir le loup du bois". Un professeur de médecine réputé de Marseille se retrouve veuf après la mort suspecte de son épouse. Celle-ci, retrouvée dans une position plus suspecte encore, semble avoir été poussée au suicide par son jeune amant, un étudiant en littérature romantique et exalté, qui se serait lui-même "raté" auprès de sa belle. Dans un état critique à l'hôpital, il est accusé de meurtre, et le bon professeur de médecine entend bien qu'il paye. Cependant, pour Raoul Signoret, reporter au Petit Provençal, les indices ne sont pas si évidents qu'il y paraît. Mais qui aurait ainsi intérêt à faire porter le chapeau au jeune homme?


- La tentation du homard
de Elizabeth Gilbert
Éditions Calmann Lévy / Septembre 2011


Sur deux îles voisines le long des côtes du Maine, des pêcheurs de homards se livrent depuis des générations une lutte sans merci pour s'approprier les ressources de l'océan. Ruth Thomas, âgée de dix-huit ans, revient parmi les siens après des années passées en pension sur le continent, résolue à intégrer pleinement la communauté des durs à cuire qui peuplent son île. Plus la lutte qui oppose Fort Niles à Port Courne s'envenime, plus la détermination de Ruth s'affermit, sa place est parmi ces drôles d'insulaires, la truculente Mme Pommeroy et sa ribambelle de garçons, Simon le Sénateur et son rêve de musée, Angus le teigneux, Webster et sa chasse au trésor. Futée comme personne mais pas romantique pour deux sous, Ruth succombe pourtant au charme d'Owney Wishnell, un jeune pêcheur beau à se damner, issu de l'île rivale. La tentation du homard est le premier roman d'Elizabeth Gilbert. Il brosse le portrait d'une inoubliable héroïne promise à un destin hors du commun.


- La tour de Wardenclyffe
Ou la prodigieuse invention de Nikola Tesla
de Martine Le Coz
Éditions Michalon / Septembre 2011


"Notre voisin est un savant, avait déclaré Wild père. Si tu le croises, mon garçon, tiens-toi bien, et regarde ses yeux. Poule mouillée comme tu es, tu fileras en courant: ces yeux-là ne se fabriquent pas en Amérique, et je ne parle pas de la couleur. Des yeux qui cherchent. Même pas sûr que le bon Dieu ait répertorié leur propriétaire parmi ses créatures". Vingt ans plus tard, Thomas Théobald Wild retrouve une lettre qui porte la signature de son illustre voisin: Nikola Tesla. Surgit le croquis de la tour de Wardenclyffe, la plus formidable invention de Tesla. Entre le jeune homme et lui, dans l'outre monde, la communication va s'établir afin que Tesla délivre son ultime message à la génération à venir.


- Le cri du petit chaperon rouge
de Beate Teresa Hanika
Éditions Alice / Septembre 2011


Au centre de ce récit tendu à se rompre, Malvina, treize ans. Les vacances de Pâques commencent. La grand-mère de Malvina est morte, et quelqu'un doit s'occuper du grand-père qui vit désormais seul dans son appartement; sa mère souffre de migraines chroniques et s'est complètement retirée de la vie de famille; ses frères et sœurs ont déjà quitté la maison et se désintéressent du problème; quant à son père, il se contente de donner des ordres. Malvina sera donc le "petit chaperon rouge" qui, à vélo, chaque jour, apporte un repas chaud et une bouteille de vin rouge au grand-père. Lors de sa dernière visite, il a demandé à sa "petite-fille préférée" si elle avait déjà un petit ami, et l'a embrassée sur la bouche. Malvina est restée seule avec sa honte, incapable d'en parler. Seule? Pas tout à fait: il y a Lizzy, son amie de toujours, madame Bitschek, la voisine polonaise, et puis un gars du quartier, surnommé Traque. Jour après jour, nous plongeons dans l'intimité de cette attachante héroïne, qui nous fait tout partager: ses souvenirs d'enfance profondément enfouis, sa peur et son sentiment de culpabilité, la naissance de son premier amour, sa complicité avec sa meilleure amie, ses relations conflictuelles avec le reste de sa famille. Ce récit est bien plus qu'un livre sur le délicat problème de l'abus sexuel: nous sommes ici en présence d'un véritable événement littéraire dans le domaine du roman jeunesse. L'auteur fait preuve d'une étonnante faculté à pénétrer dans le monde émotionnel d'une jeune fille qui, en l'espace des deux semaines que durent les vacances de Pâques, va passer de l'enfance à la puberté. Le lecteur est invité à plonger dans la conscience de Malvina, laquelle, au fil des jours, trouve un chemin qui lui permet d'appréhender et de comprendre, pas à pas, la cruauté de ce que son grand-père lui fait subir, et lui a fait subir par le passé. Avec énormément de délicatesse et de justesse, évitant tout pathos et toute prévisibilité, l'auteur décrit ce lent processus, au terme duquel Malvina parvient à sortir du désespoir et à regarder l'avenir avec optimisme. Mais ce qui fascine le lecteur, c'est aussi la douceur et la luminosité d'un roman qui superpose subtilement différents degrés d'émotion. Le trouble de l'amour naissant côtoie l'horreur et la honte; l'angoisse quotidienne de voir le bourreau est apaisée par la force de l'amitié et la poésie d'un regard qui enveloppe les choses et la vie d'un voile de douceur.


- Le fils de la Providence
de Herbjørg Wassmo
Éditions Gaïa / Septembre 2011


Benjamin, le fils de Dina, est témoin à 11 ans d'un meurtre perpétré par sa mère. Témoin du drame et de la cruauté, il se rend coupable de silence. Petit garçon solitaire et tourmenté, Benjamin erre à Reinsnes, guette le retour des pêcheurs partis aux Lofoten, cherche à communiquer avec une Dina inaccessible, se choisit un père en la personne du mesuré Anders qui le reçoit comme un cadeau. Voici donc l'histoire du fils de Dina, de son adolescence et de son passage à l'âge adulte, de son rapport difficile avec les femmes et une sexualité qu'il découvre débordante, aussi cruel et orgueilleux que sa mère, et pourtant tellement maladroit. Le parcours romanesque d'un jeune homme héritier de passions exclusives dans l'Europe du début du siècle dernier.


- Le pavillon des cancéreux
de Alexandre Soljenitsyne
Éditions Robert Laffont / Septembre 2011


Le Pavillon des cancéreux, c'est le quotidien du bâtiment numéro treize de l'hôpital de Tachkent, celui ou quelques hommes alités souffrent d'un mal que l'on dit incurable. En s'y installant, Roussanov, haut fonctionnaire du Parti, ne voit pas d'un bon oeil d'être contraint de partager sa chambre avec des patients de moindre valeur comme Kostoglotov, un ancien prisonnier du Goulag. Mais, très vite, il va se rendre compte que tous les titres et passe-droit dont il usait dans la vie réelle ne lui serviront à rien. Il est mis dans la salle commune et doit se soumettre aux traitements. Comme les autres, il va vivre le combat de l'homme face à la vision de sa mort et son dénuement devant la vanité de sa vie passée. Dans cette salle d'hôpital, on vit de l'intérieur l'angoisse de chacun des sept personnages qui y sont enfermés, qu'on pourrait voir comme un échantillonnage de la société russe au moment dit du "dégel", juste après la mort de Staline. Le lieu vit presque en autarcie, pourtant il est plein des bruits du monde et hanté par la guerre et le communisme. Au-delà des malades, on découvre peu à peu le personnel médical: Zoé, une jeune infirmière, Véra, le médecin, Lioudmila, la chirurgienne et la difficulté de leurs décisions, leur impuissance et leurs interrogations face à des traitements encore incertains.


- Le temps d'apprendre à vivre
de Jacques Verdier
Éditions Flammarion / Septembre 2011


Quand Alexandre, jeune rugbyman brillant mais fragile et introverti, rencontre Gabriella, il est immédiatement séduit par sa beauté et sa détermination. Distante, elle est la maîtresse du président du club, mais aussi une artiste passionnée. Comment pourrait-elle jamais s'intéresser à lui alors que tout les sépare? C'est sur le terrain de l'enfance et de ses blessures qu'ils trouveront les mots. Alexandre parviendra-t-il à détourner Gabriella de ses démons? Chemin faisant, saura-t-il devenir l'homme qu'il n'envisageait plus d'être? Ce roman d'apprentissage, qui jette un regard original sur l'identité et la construction de soi, est aussi une formidable histoire d'amour.


- Les bois de Sawgamet
de Alexi Zentner
Éditions JC Lattès / Septembre 2011


Stephen, aujourd'hui pasteur, revient sur les lieux de son enfance, au chevet de sa mère mourante, mais aussi afin de reprendre place au sein d'une communauté qui a tant compté pour lui. À Sawgamet, ville champignon fondée dans les forêts du Nord par son grand-père un demi-siècle plus tôt, le froid est si intense pendant l'hiver qu'il brise le verre des thermomètres et la magie des bois est plus à craindre que les dangers du travail de bûcheron. Stephen retrace l'histoire de son grand-père Jeannot et de sa femme bien aimée Martine, la façon dont ils se rencontrèrent et s'aimèrent. Mais à Sawgamet, il y eut aussi la tragique disparition de son père et de sa jeune sœur, emportés sous la glace, lorsqu'il était enfant. Les bois de Sawgamet entraîne le lecteur dans un monde merveilleux et plein de tendresse, où les sorcières des bois et les caribous d'or côtoient des chiens qui chantent, où les vivants et les morts se séparent et se retrouvent dans la beauté stupéfiante de l'hiver.


- Les larmes et l'espoir
de Elise Fischer et Geneviève Senger
Éditions Presses De La Cité / Septembre 2011


Bouleversante épopée à deux voix qui retrace, à travers le moment le plus douloureux de l'histoire contemporaine, les itinéraires de deux sœurs de cœur, élevées comme des jumelles: Magda Von Ehrenberg, aristocrate allemande, et Esther Shprinzel, juive adoptée. De la Nuit de Cristal en 1938 à la bataille de Berlin en mai 1945, en passant par Paris et Londres, ce sont sept années de larmes et d'espoir durant lesquelles la guerre révèle la personnalité des deux jeunes femmes. Magda s'engage en toute sincérité pour la cause nazie; Esther, elle, prenant conscience de sa judéité, décide, révoltée, de combattre aux côtés des résistants. À l'heure des choix ne restera que l'amour sororal, véritable et malmené de Magda et Esther.


- Les oreilles de Buster
de Maria Ernestam
Éditions Gaïa / Septembre 2011


Eva cultive ses rosiers. À cinquante-six ans, elle a une vie bien réglée qu'elle partage avec Sven. Quelques amies, des enfants, et une vieille dame acariâtre dont elle s'occupe. Le soir, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. La nuit est propice aux souvenirs, aussi douloureux soient-ils. Peut-être aussi la cruauté est-elle plus douce lorsqu'on l'évoque dans l'atmosphère feutrée d'une maison endormie. Eva fut une petite fille traumatisée par sa mère, personnage fantasque et tyrannique, qui ne l'a jamais aimée. Très tôt, Eva s'était promis de se venger. Et elle l'a fait, avoue-t-elle d'emblée à son journal intime. Un délicieux mélange de candeur et de perversion.


- Les toutes premières choses
de Hubert Klimko
Éditions Belfond / Septembre 2011


Le cœur brisé par une beauté cruelle, le jeune Hubert quitte son pays natal. Prêt à dévorer le monde, il commence par faire du stop, plumer des volailles et cueillir des fraises tout en rêvant à la belle Ulla. Visitant l'Europe et son propre passé, le jeune vagabond croisera les destinées rocambolesques d'un Japonais fleur bleue diseur de bonne aventure, d'un oncle fanatique de la gelée de framboise, d'un pommier magique et d'un psychothérapeute qui joue à l'hirondelle. Des rencontres aussi belles qu'insolites qui le conduiront à entreprendre une tout autre odyssée, celle de l'écriture.


- Les rivages du souvenir
de Alison Booth
Éditions Presses De La Cité / Septembre 2011


Lorsque Ilona, pianiste lettonne rescapée des camps de la mort, s'installe avec sa fille dans le village côtier de Zingera, la jeune veuve souhaite plus que tout prendre un nouveau départ. Bien que restant "l'Étrangère", avec son fort accent et ses manières insolites, Ilona parvient à se faire accepter par les villageois, qu'elle apprend à connaître. Il y a George, le boucher qui regarde les étoiles pour échapper à une épouse tyrannique, son fils Jim, l'élève doué qu'on hésite à envoyer étudier en ville, ou Cherry, la serveuse du pub dont le mari cache un hideux secret. Mais la pianiste ne tarde pas à découvrir que même dans ce lieu aux allures d'éden, le Mal a su prendre racine. Et quand sa fille se retrouve menacée, ce sont tous les espoirs d'Ilona qui menacent de voler en éclats.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 15:08

- Les vaches de Staline
de Sofi Oksanen
Éditions Stock / Septembre 2011


Les "vaches de Staline", c'est ainsi que les Estoniens déportés désignèrent les maigres chèvres qu'ils trouvèrent sur les terres de Sibérie, dans une sorte de pied de nez adressé à la propagande soviétique qui affirmait que ce régime produisait des vaches exceptionnelles. C'est aussi le titre du premier roman de Sofi Oksanen, dont l'héroïne, Anna, est une jeune Finlandaise née dans les années 1970, qui souffre de troubles alimentaires profonds. La mère de celle-ci est estonienne, et afin d'être acceptée, cette femme a tenté d'effacer toute trace de ses origines, et de taire les peurs et les souffrances vécues sous l'ère soviétique. Ne serait-ce pas ce passé qui hante encore le corps de sa fille? Sofi Oksanen fait preuve d'une grande puissance d'évocation quand elle décrit les obsessions de ces deux femmes. Il y a la voix d'Anna qui tente de tout contrôler, son corps, les hommes, et le récit plus distant de la mère qui se souvient de la rencontre avec "le Finlandais", à Tallinn, dans les années 1970, sous un régime de terreur et de surveillance.


- Mon frère italien
de Giovanni Arpino
Éditions Belfond / Septembre 2011


La vie de Carlo Botero, instituteur à la retraite, s'égrène lentement: tous les matins, ce même réveil solitaire, ces discussions absconses avec Staline, son chat, et la lecture du journal, cette longue-vue braquée sur un monde qu'il ne comprend plus. Et puis, un jour, comme pour l'arracher à sa torpeur, sa fille Stella dépose un revolver sur sa table. Chargé de la débarrasser de Pepito, son misérable époux, Botero erre dans les rues sombres de Turin. Jusqu'à ce que son chemin croise celui de Raffaele Cardoso. L'homme vient de Calabre pour réaliser une promesse. Unis par l'infortune, l'intellectuel turinois et le rustre calabrais vont se confronter, se jauger, s'apprécier et entamer ensemble une danse macabre qui n'est autre qu'un formidable élan de survie.


- Palo Alto
de Franco James
Éditions Michel Lafon / Septembre 2011


Palo Alto, Californie. Cette petite ville huppée, berceau de l'informatique, a tout d'un paradis. Et pourtant… James Franco nous dépeint des adolescents désorientés, accablés d'ennui, qui se révoltent contre leur famille et leurs professeurs, s'entre-déchirent, flirtent avec la violence et l'autodestruction. Une jeune fille dont la vie entière se brise lors d'une soirée trop arrosée; un étudiant, afin d'impressionner une camarade de classe, fait l'apologie de l'esclavage au cours d'un exposé d'histoire; un adolescent solitaire accumule des armes, rêvant de se venger de ses persécuteurs.


- Petites misères de la vie conjugale
de Honoré de Balzac
Éditions Payot & Rivages / Septembre 2011


Balzac se promène en observateur amusé dans l'intimité des couples: dans cette suite de saynètes sur la vie conjugale, il porte à son apogée le genre des physiologies - petites études de mœurs traitées avec légèreté. L'essentiel est alors de saisir sur le vif les petites mesquineries et les grandes déceptions du mariage bourgeois, tout en gardant toujours un rire généreux. D'un côté, Adolphe, l'homme bourgeois, se signale par une aridité mentale désespérante; de l'autre, la femme, Caroline, est réduite à être l'un des "plus jolis joujoux que l'industrie sociale ait inventés". Ensemble, les jeunes époux vont suivre pas à pas le chemin qui mène de la promesse de bonheur aux "misères" du mariage. Le narrateur, lui, se permet de délicieusement compter les points dans la guerre des sexes.


- Rien n'est trop beau
de Rona Jaffe
Éditions Presses De La Cité / Septembre 2011


New York, début des années 1950. Elles sont jeunes et Manhattan leur tend les bras. Lorsqu'il fut publié, en 1958, le premier roman de Rona Jaffe provoqua l'engouement de millions de lectrices américaines. Elles s'identifièrent immédiatement à ses personnages, de jeunes secrétaires venues d'horizons différents employées dans une grande maison d'édition new-yorkaise. Leurs rêves et leurs doutes reflétaient ceux de toute une génération de femmes. Il y a la brillante Caroline, dont l'ambition est de quitter la salle des dactylos pour occuper un poste éditorial. Mary Agnès, une collègue obnubilée par les préparatifs de son mariage. La naïve April, jeune provinciale du Colorado venue à New York pour faire carrière dans la chanson. Si la ville semble leur offrir d'infinies possibilités professionnelles et amoureuses, chacune doit se battre avec ses armes pour se faire une place dans un monde d'hommes.


- Sanctuaire du cœur
de Duong Thu Huong
Éditions Sabine Wespieser / Septembre 2011


La fugue de Thanh plonge dans la stupeur ses parents, un couple de professeurs respectés, ainsi que toute la petite ville proche de Hanoi où vit cette famille modèle. À seize ans, le jeune homme était promis à un brillant avenir et n'avait jamais donné le moindre signe de trouble ni de rébellion. Quand on le retrouve quatorze ans plus tard, en 1999, le temps du récit, il est devenu gigolo, entretenu par une femme d'affaires rencontrée dans la maison close de Saigon où il exerçait ses talents de prostitué. Comment, et pourquoi, ce jeune homme sans histoires en est arrivé là, c'est ce que dévoile ce roman diaboliquement construit. Thanh a tout le temps, pendant ses longues journées dans la villa de la côte que seuls rythment des dîners dans des établissements de luxe, de se remémorer son passé. Ses jeunes années sont autant de souvenirs lumineux: elles ont été à jamais marquées par la présence radieuse de Tra My, son amie de toujours, la petite fille que ses parents avaient recueillie et dont il était tombé éperdument amoureux. Sa descente aux enfers après sa fugue vient en sombre contrepoint de cette enfance heureuse: les scènes époustouflantes de son arrestation par erreur dans un hôtel de passe, de son emprisonnement avec des droit commun ou de sa rencontre avec le proxénète qui l'a embauché donnent à Duong Thu Huong la matière d'un portrait sans appel d'une société vietnamienne déstabilisée et corrompue que dominent le sexe, le pouvoir et l'argent. Quand Thanh ne supporte plus sa vie oisive d'objet sexuel et qu'il décide de prendre un nouveau départ, il ne peut s'empêcher de buter sur le traumatisme subi lors de ses seize ans. La scène qui le hante, et dont son propre père est l'acteur principal, donne la clé de sa dérive et du roman tout entier. La question sous-jacente que pose en effet Duong Thu Huong tout au long de ce livre consacré aux enfants des hommes et des femmes de sa génération, celle qui s'est battue pour des idéaux et qui ne se reconnaît pas dans le Vietnam d'aujourd'hui, est déchirante: qu'avons-nous fait à nos enfants? Quel monde leur laissons-nous?


- Smog
de Jérôme Harlay
Éditions Belfond / Septembre 2011


Étrange demeure que Smog, un bateau planté dans la végétation sur les hauteurs de Marseille. De la poupe à la proue, l'illusion est parfaite: les chambres sont devenues cabines, la terrasse s'est transformée en pont avant, jusqu'au sol incliné comme celui d'un navire en mer. Le jardin lui-même semble animé par des flots invisibles. La mort tragique des propriétaires change soudain le destin de cette maison-bateau, qui revient par testament à Fergus, un garçon de dix ans. L'enfant est intelligent, sensible et craintif. Il vit seul avec son père, qui le confie le temps d'un été à Marc Labeyrie, l'homme à tout faire du Smog. Mélancolique et mystérieux, celui-ci instaure avec le petit une relation singulière, protecteur comme un père, mais étrangement possessif. Une complicité dont Joël, le demi-frère de Fergus, se sent exclu d'emblée. Son cadet concentre sur lui tout l'amour et toute l'attention de son entourage. Très vite, Joël va se rebeller contre l'autorité de Labeyrie, déclenchant malgré lui une véritable catastrophe.


- Sur l'autre rive du Jourdain
de Monte Schulz
Éditions Phébus / Septembre 2011


Été 1929, à la veille du krach boursier, Illinois. Alvin Pendergast, un jeune fermier rongé par la tuberculose, sort d'un long séjour au sanatorium. Bien décidé à fuir son quotidien, Alvin accepte l'offre d'emploi d'un inconnu: Chester Burke. Un travail qui le mènerait au-delà du Mississippi. Alvin sent déjà sur ses lèvres le souffle de la liberté, ignorant encore que l'homme qu'il s'apprête à suivre est en réalité un gangster, doublé d'un psychopathe… Montés à bord de sa Packard Six, Alvin et Rascal, un nain exubérant rencontré sur la route, deviennent malgré eux ses complices. Dans les paysages infinis du Middle West, rien n'arrêtera la folie de Chester Burke. Monte Schulz nous entraîne dans un road trip échevelé au cœur d'une Amérique au bord du gouffre, dans une ambiance noire et déjantée digne des frères Cohen.


- Tous nos petits morceaux
de Emmanuelle Urien
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Septembre 2011


"Miroir, mon beau miroir…", petite phrase qui a bercé nos enfances. Mais les miroirs sont-ils beaux? À force de réfléchir le monde et ses turpitudes, n'ont-ils pas développé des réflexions particulières? N'ont-ils pas, témoins muets de nos intimités, appris à voir ce que nous cherchons à cacher? Dans Tous nos petits morceaux, Emmanuelle Urien donne la parole à ces objets du quotidien. Miroirs de poche ou grande psyché, chacun a une histoire à nous raconter, un aspect de nous-même que ces témoins silencieux reflètent à l'envie.


- Une âme perdue
de Nathalie Bauer
Éditions 10-18 / Septembre 2011


Tino, adolescent frêle et gauche, se rend à Turin pour réviser son baccalauréat. Sitôt installé dans la maison familiale, Anetta, la servante, lui fait une étrange révélation, à l'étage, derrière une porte close, le frère jumeau de son oncle vit reclus. Forcé de partager son toit, Tino veille. Jusqu'à ce petit matin ou lui est révélé le terrible drame.


- Waterloo Necropolis
de Mary Hooper
Éditions Les Grandes Personnes / Septembre 2011


Londres, 1861. Grace Parkes, presque 16 ans, embarque à bord de l'express funéraire Necropolis, en direction du cimetière de Brockwood, pour y dire adieu à un être cher. Elle fera là-bas une rencontre décisive en la personne de Mr et Mrs Unwin, entrepreneurs de pompes funèbres, qui lui proposent de devenir pleureuse d'enterrement. D'abord réticente, la jeune fille finit par accepter leur offre, et doit faire face aux manigances de cette famille peu scrupuleuse, prête à tout pour s'emparer d'un mystérieux héritage. Mary Hooper, en s'inspirant de faits réels, à savoir l'épidémie de choléra de la fin des années 1840 et le réel culte du deuil qui s'est développé à cette époque, nous livre une fois de plus un roman passionnant.


- Amitié amoureuse
de Hermine Lecomte du Nouy
Éditions Calmann Lévy / Août 2011


Roman épistolaire, Amitié amoureuse repose sur la correspondance suivie de deux trentenaires: Denise, jeune veuve élevant seule sa fille, et Philippe qui ne semble pas avoir eu de femme dans sa vie. De leur rencontre lors d'une soirée très ennuyeuse naîtra une indéfectible amitié. Cinq ans durant, ils ne cesseront de s'écrire, parfois même deux fois par jour. Évidemment, quand l'un se déclare, l'autre le repousse au nom du sentiment qui les unit déjà. Ils cultivent ainsi une relation ambiguë, passant beaucoup de temps ensemble, y compris les vacances. Ils s'essayent à l'amitié, à l'amour, et finalement optent pour un compromis fait de douleur et de tendresse: "Cher, qu'importe de vieillir quand on est deux, si merveilleusement, si amoureusement amis".


- À vol d'oiseau
de Jim Lynch
Éditions Les Deux Terres / Août 2011


Brandon a toujours eu une vision un peu particulière de la vie. S'il sait reconnaître le chant des oiseaux, il a du mal à trouver sa place parmi les humains. Son père, éleveur de bovins, ne sait pas quoi faire de lui. Promu agent de la police des frontières, Brandon surveille des centaines de kilomètres entre les États-Unis et le Canada, là où se déroule la guerre contre le trafic de drogue, les clandestins et les terroristes. Le paysage se peuple de politiciens paranoïaques, de caméras de surveillance et d'immigrés qu'il arrête par hasard. Mais Brandon n'a aucune conscience de ces problèmes. Tel les hirondelles colonisant la région, il reste libre de franchir la frontière invisible, et d'observer les deux communautés si éloignées par la politique mais si proches à vol d'oiseau.


- Banquises
de Valentine Goby
Éditions Albin Michel / Août 2011


"Vingt-sept ans d'absence. Vingt-sept anniversaires qui ont pris le dessus, année après année, sur le jour de naissance: ils n'ont plus compté l'âge écoulé de Sarah mais mesuré l'attente". En 1982, Sarah a quitté la France pour Uummannaq au Groenland. Elle est montée dans un avion qui l'emportait vers la calotte glaciaire. Sa famille ne l'a jamais revue. Elle a disparu, corps et âme. Elle avait vingt-deux ans. Lisa, vingt-sept ans plus tard, part sur les traces de sa sœur. Elle découvre un territoire dévasté et une population qui voit se réduire comme peau de chagrin son domaine de glace.


- Bienvenue à Oakland
de Éric Miles Williamson
Éditions Fayard / Août 2011


États-Unis, de nos jours. T-Bird Murphy, la quarantaine, fils d'immigrés irlandais, se terre dans un box de parking. On le soupçonne d'un crime qu'il n'a peut-être pas commis. Incarnation du quart-monde occidental, T-Bird écrit sa rage. Un long monologue intérieur, animé par les figures de son passé, qui vient tromper sa solitude et mettre des mots sur la violence de l'exclusion. T-Bird a grandi dans le ghetto noir et mexicain d'Oakland, une ville industrielle qui rejette les Noirs, les Chicanos et les Blancs pauvres vers les décharges, sur les bords pollués de la baie de San Francisco. Pour faire mentir le destin, il a sacrifié à la sainte trinité: études, mariage et consommation. Il a fait tous les petits boulots, vécu dans les pires conditions. Mais on n'a jamais voulu voir en lui que l'enfant de ses origines, fauteur de troubles en puissance.


- Bienvenue dans la vraie vie !
de Bernard Foglino
Éditions Buchet Chastel / Août 2011


Frank Medrano, 40 ans, est une vedette de la salle des Marchés du Consortium, la plus grande banque du monde. Son job est de dénicher, pour ses clients, les actions qui crèvent le plafond. Son quotidien est réglé par le Marché et, dès qu'il sort de cet univers, Frank est perdu. D'ailleurs, sa vie privée est un désert. Sa fiancée vient de le quitter, il dérive dans un appartement quasiment vide. Mais les choses commencent, lentement, à se gripper. Frank a des migraines carabinées. Son ami le Marché ne lui souffle plus autant de bonnes idées. Son patron trouve que, dernièrement, il est moins performant. On a peu de pitié dans ce monde. Frank est donc prié de se remuer. Paniqué, il décide alors d'inventer de toutes pièces une petite société de recyclage de déchets, un thème à la mode. Dans un monde dominé par l'information, il est devenu très facile de mentir. Grâce à l'aide du mystérieux M. Smith et de la douce Marlène, Frank mène à bien son projet. "ForEverGreen" connaît un succès immédiat dont les cours atteignent des sommets. Jusqu'à quand?


- Ces âmes chagrines
de Léonora Miano
Éditions Plon / Août 2011


Né dans l'Hexagone, Antoine Kingué, dit Snow, n'arrive pas à surmonter la rancœur qu'il nourrit envers sa mère, coupable de ne l'avoir pas assez aimé. Elle l'a laissé en pension alors qu'il n'avait que sept ans et envoyé passer les grandes vacances seul au Mboasu, ce pays subsaharien où il ne s'est jamais senti à sa place. Par ailleurs, il est persuadé que son frère Maxime a reçu plus d'affection que lui. Pour se venger de cette enfance malheureuse, Snow fait payer ceux qui l'ont fait souffrir, rêve de devenir une vedette adulée, une star dont la vie serait enfin brillante et facile. Quand son frère lui annonce son retour au pays avec leur mère, Snow voit son univers s'effondrer. Sans plus personne sur qui passer sa rage, il se retrouve face à lui-même.


- Chiens féraux
de Felipe Becerra Calderon
Éditions Anne Carrière / Août 2011


1980, Nord du Chili, sous la dictature de Pinochet. Les terres arides du désert d'Atacama ne sont ensemencées que par les fosses communes du régime. Rocío, ancienne étudiante en médecine, a suivi son mari, Carlos, lieutenant de police, affecté à la réserve de Huara où il n'y a rien à faire et trop à méditer. Carlos consigne dans un cahier son ennui, ses doutes et ses inquiétudes concernant l'état psychologique de sa femme. Car Rocío, elle, n'est pas seule. À la différence des autres "Blancs", elle voit les villageois andins qui fuient leur présence comme une malédiction ; elle voit les chiens retournés à l'état sauvage rôder, craintifs et affamés, autour de la déliquescence morale des oppresseurs ; et surtout elle entend ces voix d'enfants qui l'habitent, comme le remords de son ventre infécond, comme le cri vengeur d'un peuple et d'un lieu martyrisés. Dans ce roman surréaliste et polyphonique, Felipe Becerra Calderon explore les effets de la folie et de la solitude sur deux êtres ordinaires qui ont la particularité d'appartenir au camp des bourreaux. Il nous offre un texte dense, où la langue se fait schizophrène pour chanter la contagion du mal.


- Dans un avion pour Caracas
de Charles Dantzig
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2011


C'est l'histoire d'un homme dans un avion. Il est parti à la recherche d'un ami disparu. Cet ami, un célèbre spécialiste des mots, un philologue, a été enlevé au Venezuela. Pendant les neuf heures du trajet entre Paris et Caracas, le narrateur va essayer de comprendre pourquoi il s'est mis en tête d'écrire un livre sur Hugo Chávez, "dictateur moderne, mélange de Mussolini et de Michel Drucker". Et il se pose des questions sur l'amitié. Son ami disparu lui en avait dit des choses violentes, choquantes, paradoxales peut-être. "Pour quelle raison l'amitié devrait-elle être un vieux chien qui sommeille à l'entrée de sa niche?" Il en a théorisé la rupture. Selon lui, en effet, il n'y a pas d'amitié, il n'y a que des formes d'amour. Pour l'amour, il y a eu Lucie, une artiste conceptuelle, gaie et narquoise, qui sait très bien ce qu'elle veut. Et d'abord, qu'elle veut Xabi. Le disparu s'appelle en effet Xabi, prénom basque qui se prononce "chabi". C'est un homme qui aime les mots, les femmes et les fleurs. Les fleurs et les mots ne le décevront pas, mais qu'en est-il de Lucie, la jeune rousse aux goûts ambigus? Ah, Xabi, qu'est-il donc allé faire au Venezuela?


- Des fourmis dans la bouche
de Khadi Hane
Éditions Denöel / Août 2011


Gratteurs d'écailles dans une poissonnerie, vendeurs ambulants de montres de pacotille ou de statuettes en bois, journaliers payés au noir pour décharger des sacs d'un camion, hommes à tout faire d'un commerçant pakistanais qui revendait des pots de crème à l'hydroquinone censés procurer aux nègres l'éclat d'une peau blanche, la leur ne faisant plus l'affaire. Sur le marché Dejean, on trouvait de tout. Née au Mali, Khadîja élève seule quatre enfants à Paris, dans le quartier de Château-Rouge. Pétrie de double culture, musulmane mais le doute chevillé au corps, elle se retrouve exclue de sa communauté du fait de sa liaison avec Jacques, le père de son fils métis. Cercle après cercle, depuis ses voisines maliennes jusqu'aux patriarches du foyer Sonacotra et à ses propres enfants, Khadîja passe en jugement. Mais cette absurde comparution, où Africains et Européens rivalisent dans la bêtise et l'injustice, réveille en elle une force et un humour inattendus. Tableau intense de Château-Rouge, Des fourmis dans la bouche est porté par une écriture inventive au ton très singulier, fondée sur la double appartenance. Un roman qui dit la difficile liberté d'une femme africaine en France.


- Des vies d'oiseaux
de Véronique Ovaldé
Éditions de l'Olivier / Août 2011


Quand sa fille Paloma déserte sans prévenir la somptueuse villa familiale, Vida Izzara croit en deviner la raison: elle serait partie avec son amant vivre une vie moins conventionnelle. Jusqu'au jour où Vida comprend que c'est elle aussi que Paloma fuit. Aidée par Taïbo, qui enquête sur un couple de jeunes gens habitant clandestinement les demeures inoccupées de la région, elle part à la recherche de sa fille. Ce périple la conduira de l'Irigoy de son enfance aux recoins secrets de son cœur. Les vies d'oiseaux, ce sont celles que mènent ces quatre personnages dont les trajets se croisent sans cesse. Chacun à sa manière, par la grâce d'un nouvel amour, est amené à se défaire de ses liens, conjugaux, familiaux, sociaux, pour éprouver sa liberté d'exister.


- Deux jeunes artistes au chômage
de Cyrille Martinez
Éditions Buchet Chastel / Août 2011


À New York New York, deux jeunes artistes au chômage se grisent de vernissages underground, de soirées drague et de poésie sonore. On reconnaîtra peut-être, derrière ces personnages, l'image réinventée d'Andy Warhol et de John Giorno, l'unique acteur du film Sleep. Mais ce n'est qu'un détail dans cette histoire de sommeil, d'art plastique et de poésie. Une épopée comique où s'entend, en sourdine, une inquiétude sur le devenir de l'art et de la littérature.


- Drood
de Dan Simmons
Éditions Robert Laffont / Août 2011


9 juin 1865. Charles Dickens, alors âgé de 53 ans et au faîte de son art et de sa gloire, regagne Londres en secret en compagnie de sa maîtresse à bord du train de marée. Soudain, à Staplehurst, l'Express déraille. Tous les wagons de première classe s'écrasent en contrebas du pont, à l'exception de celui de Dickens. Indemne, "l'écrivain le plus célèbre du monde", comme on le surnomme, tente de se porter au secours des survivants. Au fond du ravin, sa route croise celle d'un personnage à l'allure spectrale qui va désormais l'obséder: Drood. De retour à Londres, Dickens confie le secret de son étrange rencontre à son ami Wilkie Collins, écrivain lui aussi, à qui il reviendra de relater les dernières années de la vie de celui qu'il appelle, avec autant d'admiration que d'ironie, l'Inimitable. À la poursuite de Dickens, qui a cessé d'écrire pour hanter les bas-fonds, cryptes, cimetières et catacombes, de Londres, Collins cherche à comprendre quels rapports unissent désormais l'Inimitable et l'inquiétant Drood. Mais peut-on vraiment porter foi au récit halluciné de Collins, opiomane en proie à la paranoïa?


- D'un pays sans amour
de Gilles Rozier
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2011


"Je suis née dans un royaume juif, une ville où durant toute une vie vous pouviez ne parler que cette langue surgie un millénaire avant sur les rives du Rhin et qui était comme chez elle au bord de la Vistule. Un royaume avec ses seigneurs et ses serfs, ses frontières et son territoire, la langue". Ainsi parlait Sulamita, une vieille dame digne, une mémoire vivante, qui a vécu dans sa chair le monde englouti mittel-européen, qui de Moscou à Bucarest, de Varsovie à Lvov, chantait, vibrait, mentait, respirait le yiddish. Pierre, un jeune homme d'abord froid puis passionné, se prend d'amitié pour Sulamita, recluse en son palais romain. Il l'interroge sur le destin de trois poètes, étoiles filantes qui se croisent dans le ciel étoilé de Varsovie en 1922, Peretz Markish, Uri-Zvi Grinberg, Melek Ravitsch. Des noms qui ne vous disent rien? Quelle importance? L'un émigra en Palestine en 1923, l'autre rejoignit les communistes soviétiques en 1926, le troisième voyagea de Mandchourie à Mexico, avant de se fixer à Montréal. Ils eurent vingt ans, des maîtresses, une gloire de révoltés de la langue, une rage de vivre qui se brisa contre la catastrophe sans équivalent aucun où le Yiddishland disparut, terres et livres, corps et âmes. Pas vraiment, l'âme , elle est là, dans ces pages infusées d'histoires et de cris, d'anecdotes et de poèmes, dans ce roman d'amour fou qui caracole sur la ligne de crête des empires incendiés, l'Autriche-Hongrie, le IIIème Reich, la vieille Europe. "Mère, nous arrivons d'un pays sans amour, d'un pays où Dieu est absent, Déluge en tête et crépuscule dans le sang".


- Eléctrico W
de Hervé le Tellier
Éditions JC Lattès / Août 2011


Un photographe, Antonio, retourne à Lisbonne après dix ans d'absence. Il y retrouve le correspondant de son journal, Vincent, le narrateur de ce récit, afin de suivre le procès d'un tueur en série. Enfant, Antonio a rencontré en une fillette, Canard, l'amour mythique, éternel, celui qui promet de grandir sans jamais s'affadir, mais ce rêve de bonheur s'est déchiré. Vincent a ses raisons, peu avouables de vouloir guérir cette blessure, réparer ce qui s'est brisé, retrouver Canard. Lui qui est si peu doué pour la vie, lui qui n'achève jamais rien de ce qu'il entreprend, veut devenir l'artisan d'un destin inaccompli. Chaque rencontre rapproche du but comme la vague pousse un radeau vers le rivage. Mais il n'est d'horizon qui ne se déplace sans cesse. Electrico W raconte les neuf jours de cette quête en ce mois de septembre 1985 où la terre trembla à Mexico et où mourut l'écrivain Italo Calvino. Si les tramways, comme l'Electrico W qui donne son nom au livre, suivent des rails, la vie des hommes obéit à d'autres lois.


- Elvire & Jeremy
de Pierre de Vilno
Éditions Héloïse d'Ormesson / Août 2011


Elvire partage la vie d'une femme, et Jeremy préfère la compagnie des hommes, et pourtant ils sont aimantés l'un par l'autre. Mais la passion les consume et leur liaison est aussi douloureuse qu'une séparation. Écartelés, les deux amants préfèrent s'étourdir dans les bras de conquêtes furtives, privilégiant le plaisir des sens aux tourments de l'amour. Pierre de Vilno peint une jeunesse libérée, mais néanmoins égarée. Sismographe des émotions, il capte l'humeur du temps, cette impossibilité de l'amour dans une société où tout est possible. Son récit libertin se déguste comme une coupe de champagne. Les séquences érotiques ajoutent un charme trouble à ce premier roman.


- Entretien avec le Marquis de Sade
de Noëlle Chatelet
Éditions Plon / Août 2011


De Sade on connaît surtout le sadisme, et la démesure d'une œuvre considérée parmi les plus noires de la littérature. Cet entretien fictif entre Noëlle Châtelet et le marquis de Sade (questions inventées et réponses puisées dans les écrits du marquis) permet de dépasser les a priori, les procès hâtifs que Sade a lui-même entretenus par ses provocations et sa complaisance dans la cruauté, et de faire la part entre la complexité de sa personne et l'outrance de ses personnages. Grâce aux questions stimulantes de Noëlle Châtelet, on découvre comment Sade s'inscrit, à sa façon, dans l'aventure intellectuelle des Lumières, et le rôle théorique qu'il joue pendant la Révolution française et lors des premiers pas de la République. Avec le pessimisme d'un homme le plus souvent privé de liberté, il se plaît notamment à disserter sur les grands débats du siècle: le despotisme, la religion, la place de l'homme dans la nature, la toute-puissance de l'instinct sur la civilisation, la relativité des lois, la liberté sexuelle des femmes, la suppression de la peine de mort, le principe de laïcité, etc. Autant de sujets qui interrogent encore notre époque. Converser avec Sade aujourd'hui, deux siècles après sa mort: une manière nouvelle et originale d'approcher l'homme et sa pensée.


- Famille modèle
de Éric Puchner
Éditions Albin Michel / Août 2011


Éric Puchner réussit un premier roman saisissant de drôlerie et d'intelligence. Sur le ton de la tragicomédie, il raconte la chute de la famille Ziller, et plus particulièrement du père, Warren, qui a délaissé le bonheur paisible du Wisconsin pour la Californie du rêve américain. Mais rien ne se passe comme prévu et Warren ne peut avouer à sa femme et à ses trois enfants qu'il a investi toutes leurs économies dans un projet immobilier qui vient de tourner au désastre. Un mensonge qui ne sera pas sans conséquences.


- Franz Stangl et moi
de Dominique Sigaud
Éditions Stock / Août 2011


"Au début il y aurait eu cet homme, Franz Stangl, né en Autriche en mars 1908, bon professionnel de la police autrichienne, embauché par l'Histoire dans la Gestapo, rapidement monté en grade, d'abord surintendant à l'un des hôpitaux du programme d'extermination des handicapés, puis commandant du camp d'extermination de Treblinka en 1942. Sa dernière promotion. De là, l'Italie, la défaite, la fuite, le faux nom et l'installation au Brésil. De longues et belles années jusqu'à l'arrestation en 1967, l'extradition en Allemagne, le procès, la condamnation à perpétuité, puis l'appel. Au début du récit, il y aurait pourtant cette phrase prononcée la veille de sa mort, "Je n'ai plus d'espoir", presque une phrase finale, précédée d'un "À présent j'ai tout dit pour la première fois", le différenciant cette fois radicalement des autres responsables et qui entamerait la dernière période de son existence, environ vingt-quatre heures, l'engageant de façon inattendue dans une voie presque contraire à ce qu'il avait vécu jusque-là. D'où mon attrait peut-être, le désir d'en savoir plus. Une entrée en matière en tout cas, et ce Franz Stangl et moi venu d'emblée, en une fois".


- Freedom
de Jonathan Franzen
Éditions de l'Olivier / Août 2011


Patty Berglund est-elle la femme idéale? Pour Walter, son mari, la réponse ne fait aucun doute: c'est oui. Épouse aimante, mère parfaite, Patty a tout bon. Mais qu'en pense-t-elle? En renonçant à Walter, ce "bad boy" dont elle était amoureuse, et qui se trouve être le meilleur ami de Walter, Patty a peut-être commis l'erreur de sa vie. Freedom raconte l'histoire de ce trio et capture le climat émotionnel, moral et politique des États-Unis entre 1970 et 2010 avec une incroyable virtuosité.


- Héritage
de Nicholas Shakespeare
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2011


Que feriez-vous si vous deveniez soudain millionnaire? C'est ce qui arrive à Andy Larkham, employé sans avenir dans une maison d'édition de guides pratiques, que sa fiancée vient de quitter. Se rendant à l'enterrement d'un ancien professeur, il se trompe de chapelle et assiste, en compagnie d'une étrange vieille dame, aux funérailles d'un certain Christopher Madigan. Lequel avait stipulé, dans son testament, que seules hériteraient de sa colossale fortune les personnes présentes à la cérémonie. Du jour au lendemain, la vie d'Andy bascule. Qu'est-ce qui change, lorsqu'on se retrouve soudain à la tête de 17 millions de livres sterling? Pris de scrupules face à ce coup du hasard, Andy décide d'enquêter sur son mystérieux bienfaiteur. Qui était Madigan? Comment ce réfugié arménien est-il devenu nabab du minerai de fer en Australie, pour finir sa vie en reclus dans son manoir londonien? Pourquoi a-t-il déshérité sa fille? Et de quels autres secrets Andy est-il devenu le dépositaire malgré lui? Un roman à multiples facettes qui tend un miroir vertigineux à l'Histoire dont nous sommes, tous, les héritiers.


- Ils ont tous raison
de Paolo Sorrentino
Éditions Albin Michel / Août 2011


Tony Pagoda, chanteur de charme, a traversé la scène d'une Italie florissante. De Naples à Capri, il a connu la gloire, l'argent, les femmes. Aussi, lorsque la scène évolue, il comprend que le moment est venu de changer de cap. À l'occasion d'une brève tournée au Brésil, il décide d'y rester. Mais après dix-huit ans d'un exil moite au fin fond de l'Amazonie, un puissant chef d'entreprise reconverti dans la politique lui offre un pont d'or pour qu'il se produise à nouveau en Italie. Tony Pagoda découvre alors un pays natal qu'il ne reconnaît plus, une Italie vulgaire et stupide où l'argent est roi.


- Iphigénie Vanderbilt
de Éric Deschodt
Éditions Robert Laffont / Août 2011


Au départ, il y a un coup de foudre. Henri, alors élève à polytechnique, rencontre Iphigénie, une jeune beauté américaine. On prévient Henri de l'excentricité, voire de l'étrangeté des Américaines. Henri passe outre. Il épouse Iphigénie peu avant les événements de 68. Très rapidement trois enfants naissent: Victor, Ariane et Louis. En dépit de leurs fortes différences culturelles, le couple avance en confiance sur le chemin de l'existence. Il en sera de même pour leurs beaux-parents: Paul et Anne apprennent à apprécier toujours davantage Jack et Andromaque, au point d'avoir le sentiment, avec les années, de ne former plus qu'une seule et même grande famille. Mai 68, le retrait des troupes du Vietnam, l'arrivée de la gauche en France, le scandale du Rainbow Warrior, la guerre en Irak, les attentats du 11 Septembre, l'élection d'Obama, autant de péripéties de l'Histoire que les Lebleu et les Vanderbuilt vont traverser ensemble. Au bout du compte, même si les décennies s'égrènent et que la folie du monde empire, demeure la belle part d'humanité qu'ont su préserver ces deux familles. Voilà le plus important.


- J'ai déserté le pays de l'enfance
de Sigolène Vinson
Éditions Plon / Août 2011


Je rêve d'autre chose… La vie d'adulte, en nous mettant un métier et un salaire entre les mains, brade nos souvenirs, remise nos idéaux, raille nos folies de jeunesse. Un jour pourtant, l'enfance se rappelle à nous, cette époque où l'on était quelqu'un, où l'on était sûr de le devenir. Avocate à Paris, S. V. supporte de plus en plus mal les compromis, les trajets en métro, les ciels gris et sa robe noire. Loin, à la Corne de l'Afrique, il y a Djibouti, qu'elle a déserté à la fin de l'enfance. Le pays des braves, des pêcheurs, des bergers, de la mer et du vent. Une terre d'aventuriers où séjournèrent Arthur Rimbaud, Henry de Monfreid, où l'on raconte qu'accosta Corto Maltese. Un ailleurs où elle doit revenir pour ne pas mourir bête, pour ne pas mourir singe, le pays du premier homme, des origines et des possibles.


- Jayne Mansfield 1967
de Simon Liberati
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2011


"Aux basses heures de la nuit, le 29 juin 1967 sur un tronçon de la route US 90 qui relie la ville de Biloxi à la Nouvelle Orléans, une Buick Electra 225 bleu métallisé, modèle 66, se trouva engagée dans une collision mortelle". Au moment où le roman s'ouvre, cette voiture n'est plus que tôle froissée, métal écrasé, vitres explosées. Au sol, un chihuahua mort, une mèche blonde peroxydée, des flaques d'huile, de l'essence, du sang. Tout près, un gigantesque camion de dix-huit mètres, cause de l'accident. La scène se passe en Louisiane. Dans cette Buick broyée se trouvait une femme, une "Hollywood movie star" de trente-quatre ans, danseuse nue à Las Vegas, célébrissime sex-symbol des années 1950. À partir de ce spectaculaire événement, la mort de Jayne Mansfield dans un crash automobile, Simon Liberati dresse un portrait de l'actrice, fouille dans les recoins les plus mystérieux de sa vie, retrace ses dernières heures. Il raconte la prédilection pour le rose et la tentation du satanisme, l'amour des chiens et le whisky à haute dose, les enfants orphelins et les coups de ses amants. La vie désaxée et la mort par décapitation. Fascination pour la violence, érotisme de la mort, joie de contempler et de dire la destruction, c'est le roman du morbid chic, du baroque moderne.


- Jeanne et Marguerite
de Valérie Péronnet
Éditions Calmann Lévy / Août 2011


Depuis toujours Jeanne prête sa plume à d'autres. Mais cette fois, elle raconte sa propre histoire. Une histoire d'amour étrange et fantasque, drôle et forte, avec un certain "James", qu'elle rencontre dans la pénombre, parfois, et qu'elle attend en écrivant. Elle raconte aussi, en parallèle, l'histoire de Marguerite. Celle d'un amour innocent et éperdu avec le bel Eugène, croisé sur la plage de Nice en 1906, qu'elle retrouve en vacances et qu'elle attend en écrivant. La Première Guerre mondiale bouleversera l'amour de Marguerite, l'Afghanistan, Gaza ou la Tchétchénie, celui de Jeanne. Jeanne et Marguerite est un texte doux et intime, où la violence des sentiments se dit sans emphase, mais avec des mots nus, vifs, et facétieux parfois, dont on s'aperçoit qu'ils ont mis longtemps à remonter à la surface. Un siècle, peut-être.


- Je ne suis pas celle que je suis
de Chahdortt Djavann
Éditions Flammarion / Août 2011


Des vies différentes dans des villes différentes, et une même femme. Deux histoires entrelacées. L'une, picaresque, nous fait voyager en compagnie de l'héroïne, qui traverse mille et une épreuves, de Téhéran au golfe Persique, de Dubaï aux rives du Bosphore. Et l'autre, intime, à Paris, se construit dans le cabinet d'un psy. Pour la première fois une psychanalyse nous est dépeinte, séance par séance, comme un tableau impressionniste. Le rapport au père, à la mère, aux hommes, la prison, la torture, le viol, la prostitution, la solitude, l'exil et la langue française dont il faut s'emparer pour faire le récit d'une vie, pour se réconcilier avec la vie sont les thèmes de ce livre.


- JR
de William Gaddis
Éditions Plon / Août 2011


Au centre de ce conte d'un comique colossal sur la libre entreprise se tient JR, un gamin de onze ans aux baskets élimées devenu, incognito, un empereur du capitalisme. Obsédé par l'argent, monomane du dollar, acharné du billet vert, JR est la victime tragi-comique de son propre mythe, qui est aussi celui de l'Amérique.


- Juste avant
de Fanny Saintenoy
Éditions Flammarion / Août 2011


Le bouleversant portrait croisé de Juliette, une vieille dame sur son lit de mort, et de son arrère-petite-fille Fanny, bousculée par la vie moderne. Leurs deux récits s'alternent en courts chapitres, entre drôlerie et poésie douce.


- Kafka sur le rivage
de Haruki Murakami
Éditions 10-18 / Août 2011


Un adolescent, Kafka Tamura, quitte la maison familiale de Tokyo pour échapper à une malédiction œdipienne proférée par son père. De l'autre côté de l'archipel, Nakata, un vieil homme amnésique, décide lui aussi de prendre la route. Leurs deux destinées s'entremêlent pour devenir le miroir l'une de l'autre, tandis que, sur leur chemin, la réalité bruisse d'un murmure envoûtant.


- Karitas
de Kristín Marja Baldursdóttir
Éditions Gaïa / Août 2011


Karitas est née au tout début du XXe siècle en Islande. Elle grandit dans une famille modeste dont le père, comme beaucoup de courageux marins, est disparu en mer. Karitas, la plus jeune des filles, s'occupera longtemps du foyer avant d'aller comme les autres jeunes femmes saler le poisson. Mais au fond d'elle-même elle se sent une âme d'artiste et dessine comme son père lui avait appris. Karitas rêve d'une tout autre vie. Lorsqu'elle croise par hasard une femme extraordinaire avec son chevalet et sa palette de couleurs, son destin bascule. Contre vents et marées, elle s'acharnera à peindre un art abstrait alors que la nature sauvage et sublime l'entoure. Magistrale reconstitution historique, sociale et humaine située dans un décor époustouflant, Karitas est un roman-fleuve, où l'auteur, utilisant sa plume comme un pinceau, suscite une grande émotion et un attachement immédiat à l'héroïne.


- L'aimer ou le fuir
de Delphine de Malherbe
Éditions Plon / Août 2011


L'amour reste le plus sûr moyen de guérir quelqu'un de ses démons ou, inversement, de le détruire. Quand l'immense écrivain Colette, si moderne et si classique à la fois, s'éprend du fils de son second mari, tout s'écroule. Elle a 47 ans et lui 17. Vivre cet amour ou le fuir? Elle cherche la réponse dans son passé. À 20 ans, elle avait épousé Willy, un séducteur compulsif qui signait de son nom les livres qu'elle écrivait. Pour pouvoir le quitter, elle devra gagner sa vie en prenant des risques: danser nue, porter le costume et montrer un sein, se muer en chroniqueuse judiciaire ou en critique de théâtre. Delphine de Malherbe fait entrer comme personne le lecteur dans le cœur et la tête de cette femme fascinante, à l'instant où sa vie bascule.


- L'envie
de Sophie Fontanel
Éditions Robert Laffont / Août 2011


"Pendant une longue période, qu'au fond je n'ai à cœur ni de situer dans le temps, ni d'estimer ici en nombre d'années, j'ai vécu dans peut-être la pire insubordination de notre époque, qui est l'absence de vie sexuelle. Encore faudrait-il que ce terme soit le bon, si l'on considère qu'une part colossale de sensualité a accompagné ces années, ou seuls les rêves ont comblé mes attentes, mais quels rêves?, et où ce que j'ai approché, ce n'était qu'en pensée, mais quelles pensées. Sur ce rien qui me fut salutaire, et dans lequel j'ai appris à puiser des ressources insoupçonnées, sur ce qu'est la caresse pour quelqu'un qui n'est plus caressé et qui, probablement, ne caresse plus, sur l'obsession gonflant en vous et dont on dit si bien qu'elle vous monte à la tête, sur la foule résignée que je devine, ces gens que je reconnais en un instant et pour lesquels j'éprouve tant de tendresse, je voulais faire un livre".


- L'équation africaine
de Yasmina Khadra
Éditions Julliard / Août 2011


Médecin à Francfort, Kurt Krausmann mène une existence ordinaire, limitée à ses allers-retours entre son cabinet de consultation et son appartement bourgeois. Jusqu'au drame familial qui va le précipiter dans le désespoir. Afin de l'aider à surmonter son chagrin, son meilleur ami, Hans, un riche homme d'affaires versé dans l'humanitaire, lui propose de l'emmener sur son voilier jusque dans les Comores, pour les besoins d'une bonne cause. Au large des côtes somaliennes, leur bateau est assailli par des pirates. Kurt et Hans sont enlevés puis transférés dans un campement clandestin. Dans leur geôle improvisée, se trouve déjà Bruno, un otage français que tout le monde semble avoir oublié, et qui tente péniblement de concilier sa passion pour le continent africain avec l'angoisse de sa captivité. Une détention à l'issue incertaine, des conditions de vie innommables, une promiscuité dangereuse avec des mercenaires sans pitié, c'est le début d'une descente aux enfers dont personne ne sortira indemne. Mais parce que le drame est propice aux revirements de situation, c'est aussi pour Kurt le début d'une grande histoire d'amour.


- L'histoire de l'histoire
de Ida Hattemer-Higgins
Éditions Flammarion / Août 2011


Margaret, jeune femme torturée, se retrouve un jour déguenillée, tremblante et complètement perdue, en lisière de forêt .aux alentours de Berlin. Elle n'a plus aucun souvenir, ni de la veille, ni des mois précédents. Deux ans plus tard, la jeune femme commence à avoir d'inquiétantes hallucinations: elle voit Berlin déformée, personnifiée. Des fantômes d'anciens nazis apparaissent aux balcons, les immeubles deviennent des formes de chair, d'os et de sang, un faucon à tête de femme la guette d'un air menaçant. Ida Hattemer-Higgins nous parle de l'amnésie, du défaut de mémoire, qu'il soit individuel ou national. Elle nous parle d'oubli, de déni, de mythes et de rédemption.


- La comtesse et les ombres
de Carey Wallace
Éditions Presses De La Cité / Août 2011


Début du XIXe siècle, dans une vallée italienne. Alors que la comtesse Carolina Fantoni s'apprête à épouser Pietro, le célibataire le plus couru de la région, un terrible voile vient obscurcir son bonheur: elle est en train de perdre la vue. Inexorablement, son champ de vision se réduit, lui dissimulant la beauté des paysages qui lui sont si chers. Ses parents refusent de la croire, tout comme son fiancé. Seul Pellegrino Turri, inventeur excentrique et ami de longue date, la comprend. Epris de la comtesse depuis leur rencontre des années auparavant, le jeune homme met au point une invention révolutionnaire: la première machine à écrire, qui va permettre à Carolina de communiquer avec son entourage. Cette invention, qui suscite la convoitise dans la vallée, va sceller le destin de ces deux rêveurs, qui entament une correspondance secrète et dangereuse.


- La confusion des peines
de Laurence Tardieu
Éditions Stock / Août 2011


"J'ai toujours su qu'un jour, ce livre, je l'écrirais. Il m'a fallu du temps. Il m'a fallu écrire d'abord d'autres livres, plus doux, plus feutrés, inventer des histoires, sans doute tentatives d'approche de celui-ci. Un jour d'août 2009, parce qu'il ne pouvait plus en être autrement, j'ai su que j'allais enfin affronter ce autour de quoi j'avais toujours tourné. On écrit de très loin. De ce qui ne peut se dire. Vient un moment où écrire, c'est aller chercher tout ça, qui se tenait enfoui, secret, pour le libérer enfin, afin de pouvoir continuer à vivre. La confusion des peines, c'est le livre d'une fille pour son père. La fille, la narratrice, prend appui sur le silence qui depuis dix ans a entouré la condamnation de son père et, dans le même temps, la mort de sa mère, pour tenter de retracer un cheminement: qui est cet homme, qu'enfant elle a aimé d'un amour fou, qui lui apparaissait tellement au-dessus des autres, qui un jour s'est brutalement retrouvé condamné pour corruption, et qu'aujourd'hui elle ne sait plus rejoindre? Comment comprendre, accepter, qu'un homme n'est pas un mais multiple, secret, contradictoire, faillible, humain? Et, ce cheminement étant fait, comment sortir du silence qui la lie depuis toujours à ce père, si proche et si lointain, pour s'arracher à lui et exister enfin? N'être plus la fille, devenir une femme? La confusion des peines, c'est cette expérience: celle, miraculeuse, que permet l'écriture: passer d'une rive à une autre, naître, enfin". Laurence Tardieu


- La femme et l'ours
de Philippe Jaenada
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2011


Jadis, Serge Sabaniego, surnommé Bix, ne se couchait jamais avant l'aube. C'était du temps où il n'était pas marié, et surveillé, père de famille et unique salaire. Une vie rangée? C'est un révolté placide, un enragé doux, un pantouflard qui se rêve en tigre (ou en ours). Et puis, un jour, une dispute conjugale, et le voilà parti, sac écossais sur l'épaule, dans une errance fortement alcoolisée, un bad trip aux couleurs de tous les bars du canal Saint-Martin, puis par cercles concentriques, le Lutetia, et enfin un banc à Monaco. Splendeur, décadence et résurrection d'un Ulysse d'estaminet, d'un Don Quichotte dont les moulins à vent seraient autant de brunes à fortes poitrines et à cervelles réduites. Sur le chemin qui le mène en enfer, on croise toute une humanité fracassée, des compagnons de beuverie, gueules cassées et amnésiques, une fille-fantasme, un ours kidnappeur, un champion de poker qui perd sa vie par insouciance, et même un couple échangiste en bonne santé. La touche Philippe Jaenada, c'est la drôlerie et le désespoir, la déambulation et la lenteur, la chute sans fin et la lumière, là-bas, au bout du tunnel. C'est un romancier moderne et rock, donc un menteur qui dit la vérité.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 15:03

- La fille tombée du ciel
de Heidi W. Durrow
Éditions Anne Carrière / Août 2011


À onze ans, Rachel Morse, fille d'une mère danoise et d'un père G.I. noir américain, voit sa vie basculer: un drame dont elle est la seule survivante lui arrache sa famille. Recueillie par sa grand-mère paternelle, une femme aussi aimante qu'intransigeante, Rachel découvre bientôt la difficulté d'être métisse dans une société qui donne trop d'importance à la couleur de peau. Des voix se mêlent à son récit pour dévoiler la véritable nature de la tragédie qui s'est déroulée, un triste jour d'été, sur un toit de Chicago. La plus vibrante d'entre elles est celle de Brick, un jeune voisin qui a assisté à sa chute et qui se retrouve, bien malgré lui, dépositaire du seul fragment de vérité susceptible de libérer Rachel des ombres de son passé.


- La légende des fils
de Laurent Seksik
Éditions Flammarion / Août 2011


Phoenix, Arizona, automne 1962. Scott vit des instants de grâce auprès d'une mère aimante et tente d'échapper à l'ivresse sauvage d'un père revenu brisé de la guerre. Scott est un doux rêveur, en quête d'absolu et de grands espaces. Chaque jour s'ouvre sur les retrouvailles avec sa mère, infirmière de nuit au Mémorial Hospital, et s'achève sous la menace du tyran à la patte folle. Un matin d'octobre, mère et fils prennent la fuite en direction de Flagstaff. Le destin les attend sur la route 17. Avec Les derniers jours de Stefan Zweig, Laurent Seksik retraçait la tragédie d'un homme meurtri. La Légende des fils raconte l'odyssée d'un adolescent dans l'Ouest américain des années 1960. Le récit de l'innocence perdue.


- La loi du plus fort
de Frédéric Chouraki
Éditions Denöel / Août 2011


Écrivain confidentiel et dilettante endurci, Samuel jongle avec le fisc et les Assedic. Acculé, il se décide à prendre un emploi de commercial à la Défense chez Jonas Wolf, fils à papa raté et néolibéral mégalomane. Chargé de démarcher un hypothétique marché hindou, il devient rapidement son homme à tout faire. En huis clos avec ce patron tyrannique et névrosé qui masque sa nullité sous des airs de prédateur, Samuel doit réinventer l'art de la guerre. Dans son entourage, tout se délite: Arsène, son compagnon, victime d'une usurpation d'identité, est persécuté par le fisc et subit une impitoyable descente aux enfers. Freddy Costume, un cadre sup canadien en rupture de ban, s'enfonce dans la folie mystique. Quant à Ester, journaliste dans la presse féminine, elle se trouve harcelée par un mari qu'elle veut quitter. Servi par une écriture caustique et subtile, La Loi du plus fort est la comédie d'un monde d'après-crise. Le roman d'une génération fantôme qui n'a plus ni argent ni certitude d'être subversive. Le harcèlement y est la règle et chacun est contraint d'usurper son rôle, dans un constant abus de pouvoir, financier ou amoureux.


- La mer était si calme
de Yves Viollier
Éditions Robert Laffont / Août 2011


À travers la vie de quatre familles, Yves Viollier écrit le roman de la catastrophe qui a frappé la France en 2010: la tempête Xynthia. Au soir du 27 février 2010, les habitants de la Faute-sur-Mer se sont endormis paisiblement sans s'inquiéter de la tempête annoncée. C'est à 3 heures du matin que les digues ont lâché et que la mer est montée. Lentement, inexorablement, elle a noyé les plages, les routes, les jardins et, sans jamais modifier son allure, elle a enlacé les maisons, piégé les résidents et tenté de les engloutir. À travers l'histoire de quatre familles, Yves Viollier raconte ces heures atroces que ces hommes, ces femmes et ces enfants ont dû affronter en tentant de toutes leurs forces de survivre. Il y a les Clemenceau, Guillaume et Alexandra, et leur toute petite fille Amandine, les Murail, un vieux couple installés là depuis toujours, Julie, la jeune célibataire et son chat, et enfin les Montauran, grands-parents de Jérémie et de Claire que leurs parents leur ont confiés pour les vacances scolaires. Torturés par l'angoisse, la culpabilité, le désespoir, s'accrochant au moindre espoir, montant sur les chaises, les tables, les meubles, poussés inexorablement vers le plafond et le toit, tous tenteront d'échapper à cet élément si familier devenu en quelques heures un ennemi mortel. Tous ne seront pas sauvés.


- La question finkler
de Howard Jacobson
Éditions Calmann Lévy / Août 2011


Julian Treslove et Sam Finkler se connaissent depuis l'enfance, Libor Sevcik est leur ancien prof d'histoire. Au fil des ans, la vie les a séparés sans qu'ils se perdent tout à fait de vue. La mort des épouses de Finkler et de Libor va les réunir de nouveau, Treslove, veuf honoraire, passe quelques heures délicieusement pénibles avec ses deux amis, à se rappeler le passé. Or, ce soir-là, en rentrant chez lui le cœur lourd, il est victime d'une banale agression qu'il passera des jours à décortiquer. Peu à peu, une certitude s'impose à lui, on l'a pris pour un juif. Et s'il l'était vraiment?


- La répétition
de Eleanor Catton
Éditions Denöel / Août 2011


Un scandale éclate dans un lycée de jeunes filles: M. Saladin, le professeur de musique, est renvoyé pour avoir entretenu des relations coupables avec l'une de ses élèves, Victoria. Les camarades de classe de l'adolescente et sa jeune sœur se confient tour à tour à leur professeur de saxophone. Toutes sont en émoi, comme brusquement propulsées dans un monde de désir, de choix, de fantasmes dont elles pressentent obscurément qu'ils forgent la vie tout entière. Les adultes, englués dans leurs angoisses et leur lâcheté, essaient tant bien que mal d'endiguer l'onde de choc. L'affaire agite les conversations jusqu'à l'obsession et l'école de théâtre locale finit même par l'adapter en pièce de fin d'année, brouillant définitivement les frontières entre réalité et fiction. En cours de saxophone ou sur les planches, les jeunes personnages expérimentent leur propre désir et celui d'autrui. En sortiront-ils indemnes? De cette affaire tristement banale, Ellie Catton tire un formidable roman d'apprentissage, juste, bouleversant et, surtout, extrêmement original.


- La vieille dame du Riad
de Fouad Laroui
Éditions Julliard / Août 2011


Comment partager son espace avec quelqu'un qui vous est totalement étranger? Telle est la question. À travers cette fable tragi-comique, Fouad Laroui pose la question des rapports entre la France et le Maroc dans leurs dimensions historique, affective et culturelle. Sur un coup de tête, François et Cécile lâchent tout à Paris pour aller s'installer à Marrakech. Quel choc quand ils découvrent, dans une petite pièce au fond du riad qu'ils viennent d'acquérir, une vieille femme qui y semble installée de toute éternité. Ni l'agence immobilière ni les anciens propriétaires ne sont en mesure de leur expliquer ce qu'elle fait là. La femme est très vieille, paisible, parlant quelques mots d'un dialecte que personne ne comprend et ne paraît absolument pas disposée à quitter les lieux. Cette présence dérangeante plonge le jeune couple dans le plus profond des embarras. Pétris de valeurs humanistes, ils ne savent comment gérer cette situation. Pas question de jeter à la rue une personne aussi fragile. Aucune institution n'est prête à l'accueillir. Impossible de retrouver sa famille. Comment aménager cette cohabitation? La faire travailler contre le gîte et le couvert? Mais pour faire quoi? La considérer comme une amie de la famille? Mais ils n'ont absolument rien en commun. Lui trouver une chambre en ville? Impossible de la faire partir manu militari. Accomplir un acte charitable et l'accueillir comme une SDF? Se soumettre et accepter cette étrange situation? Mais cette présence, aussi discrète soit-elle, reste une intrusion insupportable et un viol de l'intimité de ce couple plein de bonnes intentions. Avec cette fable drôle et touchante, Fouad Laroui s'interroge de façon faussement naïve sur les différences culturelles et leur difficile cohabitation.


- Le ciel de Bay City
de Catherine Mavrikakis
Éditions 10-18 / Août 2011


À Bay City, Amy grandit sous un ciel lourd de fantômes, vestiges d'un passé que les siens tiennent enfoui. Rongée par cette mémoire collective, ses jours sont habités par de sourdes obsessions. Jusqu'à ce terrible soir de juillet 1979 ou sa famille entière part en fumée, la laissant seule capable d'exorciser la malédiction familiale et de construire un avenir.


- Le dernier testament de Ben Zion Avrohom
de James Frey
Éditions Flammarion / Août 2011


Ils disent que le Messie est toujours vivant. Qu'il vit à New York en plein XXIe siècle. Qu'il a des liaisons avec des hommes, engrosse les filles, soigne les malades et euthanasie les mourants. Ils disent qu'il défie le gouvernement et bafoue le sacré. Et vous, que feriez-vous si vous le rencontriez et qu'il changeait votre vie? Le prendriez-vous au sérieux? Une chose est sûre: que vous soyez bouleversés ou enragés, vous serez fascinés par ce chef-d’œuvre de James Frey, aussi révolutionnaire et irrévérent que profondément sensible.


- Le jardin
de Bertina Henrichs
Éditions Cherche Midi / Août 2011


Ultime bout de l'Europe. Au bord de l'Atlantique, durant un printemps maussade, Marthe prépare son jardin. Sa vie est devenue trop tranquille. Depuis la mort de son mari, Paul, les sollicitations se font rares, jusqu'à ce que s'introduise, dans sa boîte aux lettres, un prospectus qui chamboulera tout.


- Le kiosque
de Olga Grushin
Éditions Payot & Rivages / Août 2011


En Union soviétique, à une époque non déterminée, une rumeur circule selon laquelle un célèbre compositeur en exil revient à Moscou pour un dernier concert. Une file d'attente commence à se former devant un kiosque. Sergueï, musicien rêvant d'interpréter une symphonie, apprend qu'il n'y aura que 300 places disponibles avec un seul billet par personne. Il est alors persuadé que c'est lui, et personne d'autre de sa famille, qui a le droit d'aller écouter Selinsky. Peu à peu, des gens qui ne se connaissent pas se retrouvent, chaque jour, pendant un an. Et, au fil du temps et des saisons qui passent, alors que le kiosque reste fermé, ces "silhouettes" anonymes prennent corps. Des amitiés improbables se nouent, des souvenirs enfouis refont surface, des événements inattendus les aident à dépasser les frustrations quotidiennes. Comme le précise l'auteur, elle s'est inspirée d'une histoire vraie. En 1962, le célèbre compositeur Igor Fiodorovitch Stravinsky est invité par le régime soviétique à venir diriger un concert à Moscou; ce sera son premier voyage de retour dans son pays natal après presque 50 ans d'absence. La file d'attente pour les billets commença un an avant le spectacle et se transforma en un étrange et compliqué réseau social.


- Le nom de son père
de Stéphane Guibourgé
Éditions Stock / Août 2011


Vincent et Anna se rencontrent en 1986. Ils ont vingt ans, appartiennent à une génération, à une époque de bruit et de fureur, qui n'est pas faite pour eux. Ils s'aiment quelque temps et se séparent. Se retrouvent de loin en loin, d'années en années, ne cessent pas de s'aimer, à leur façon. Anna voyage, elle restaure des œuvres d'art, en différents endroits du monde, arrachant au silence la beauté de peintures effacées, tandis que Vincent s'adonne à sa passion, à sa raison de vivre, l'escalade; il s'échappe toujours d'un monde qui l'étouffe. Un jour, Vincent disparaît. Se fait passer pour mort en montagne. Anna guette longtemps son retour, puis, alors qu'elle ne l'espère plus, elle voit resurgir par hasard cet homme qu'elle aime encore. Pourtant, respectant sa liberté, elle l'incitera à partir vers une quête insatiable et brutale, qui conduira Vincent sur la trace de son père. Il est temps pour Vincent d'affronter ses origines. Quel est cet homme venu travailler en France, qui l'a abandonné pour retourner dans son pays? Quels mots berbères lui murmurait-il? L'histoire du Nom de son père est autant l'histoire de Vincent que celle de Mokhtar, ouvrier marocain exilé en France.


- Le pacte des vierges
de Vanessa Schneider
Éditions Stock / Août 2011


2008, Gloucester, États-Unis. Dix-sept jeunes filles d'un même lycée tombent enceintes en même temps. Stupeur dans la ville. La rumeur publique fait état d'un pacte. Les gamines se seraient concertées pour faire et élever leurs enfants ensemble. Qu'en est-il exactement? À une journaliste venue enquêter sur l'événement, quatre d'entre elles se racontent. Il y a Lana, la meneuse, dont le père a disparu un jour, la laissant seule avec une mère devenue mutique, abrutie de médicaments, d'alcool et de télévision. Placée un temps dans un foyer, elle y a rencontré Cindy dont la mère a quitté le domicile pour s'enfuir avec le plombier et que sa tante a ensuite recueillie. Il y a Sue, coincée entre ses parents puritains et bien-pensants, et Kylie, qui partage la passion de sa mère pour Kylie Minogue et enchaîne les concours de Mini-Miss depuis toute petite. Leurs voix se succèdent pour évoquer le "groupe", leurs relations, le mystère de leur grossesse multiple et ce pacte, qui leur permet d'échapper au quotidien d'une ville portuaire où le chômage et ses conséquences déciment les familles et laissent peu de place à un avenir meilleur. À travers la narration croisée de ces quatre vies d'adolescentes, à travers le récit de leur enfance et de leurs blessures, de leurs espoirs et de leurs bonheurs, Vanessa Schneider nous raconte avec tendresse et non sans humour une certaine société américaine entre désœuvrement, rêves et réalité.


- Le palais de mémoire
de Élise Fontenaille
Éditions Calmann Lévy / Août 2011


Depuis que je suis revenu dans la fumerie, j'ai cessé de souffrir, je vis reclus dans mon palais de mémoire. Les yeux clos, l'embout brûlant entre les lèvres, je vois Jade tel qu'il m'apparut en ce jour lointain, à la grande chasse d'automne, son faucon sur un bras. Dans les limbes d'une fumerie d'opium, le jésuite Artus de Leys, déserté par la foi, déchiré par l'amour, hésite entre le réconfort de l'oubli et la douleur du souvenir. L'homme qu'il aime n'existe plus que dans son esprit, et pour l'y faire revivre sans cesse, Artus bâtit un édifice imaginaire hérité d'un art antique: un palais de mémoire. Au fil des "pièces" qu'il y ajoute, il se revoit arrivant en Chine pour former les jeunes lettrés de la Cité interdite à l'invitation de l'empereur Kangxi. Il revisite sa vie parisienne, convoque ses amis d'antan. Il chevauche à travers la Mandchourie au côté de Jade, son élève bien-aimé, prince qu'il initie à l'ars memoriae et à la foi chrétienne. Mais Artus ne peut repousser le souvenir du tour funeste que prendra leur passion, sous peine de voir s'effondrer son palais de mémoire. À travers ce conte tourmenté, exquis, Élise Fontenaille entraîne le lecteur sur des chemins intellectuels, spirituels et sensuels, dans un voyage hypnotique.


- Le pied mécanique
de Joshua Ferris
Éditions JC Lattès / Août 2011


Tim Fanrsworth est un homme séduisant. Les années paraissent ne pas avoir prise sur lui, il ressemble toujours à ces stars de cinéma que les femmes admirent tant. Il aime sa femme, Jane, superbe elle aussi, et, en dépit des épreuves du quotidien et des petites tentations, nées de longues années de vie commune, leur mariage est heureux. Le travail de Tim est sa passion, associé d'un grand cabinet d'avocats de Manhattan, il gère les affaires les plus importantes. Même lorsque sa fille unique, Becka, se cache derrière sa guitare, ses dreadlocks et ses rondeurs, il n'a de cesse de lui répéter en père modèle et aimant qu'elle est, pour lui, la plus jolie fille du monde. Tim a tout pour être heureux, il aime sa femme, sa famille, son travail, sa maison. Mais un jour, il se lève de son siège et s'en va. Il se met à marcher et ne peut plus s'arrêter. Ces crises peuvent durer quelques jours ou quelques années. Alors, il perd tout ce qui lui semblait à jamais acquis, un présent heureux, un avenir serein, toutes ses certitudes. Pour combattre ce mal mystérieux qui grignote sa vie, ses passions, son âme, Tim doit renoncer à ce qu'il croyait être, porter un casque plein d'électrodes sur son crâne nu, quitter son travail, accepter l'inconnu. Le portrait bouleversant d'un homme dépouillé de tout et d'une famille bouleversée par la folie et l'absence mais qui résiste, se bat, s'aime. C'est un roman d'amour étonnant ainsi qu'une réflexion fabuleuse et émouvante sur le corps et l'esprit et sur ce qui fonde notre identité.


- Le Seigneur des Atolls
de Pascal Martin
Éditions Presses De La Cité / Août 2011


Été 1968: Upo ("fêlé" en tahitien) se refait une vie au cœur de l'atoll de Tureia dont il découvre la culture maorie. Mais ce paradis terrestre est en danger: il recèle des trésors qui attisent les appétits les plus voraces et des essais nucléaires sont pratiqués à proximité sans que la population en soit informée. Un an plus tard: Foch est le seigneur de l'atoll et y règne en maître absolu et respecté. Chrétien, Upo et Foch sont un seul et même homme, recherché par la DST et par les barbouzes. Lui veut simplement préserver son île de la contamination nucléaire et des dérives mercantiles. Son arme? Un secret qui, révélé au monde, remettrait bien des choses en question.


- Le silence ne sera qu'un souvenir
de Laurence Vilaine
Éditions Gaïa / Août 2011


Le vieux Mikluš se déciderait-il à parler? Rongé par le remords d'avoir gardé le silence, il s'en remet à un journaliste venu à l'occasion des vingt ans de la chute du Mur de Berlin, et raconte les siens, cette communauté rom installée sur une rive slovaque du Danube. Dilino est le souffre-douleur de la bande, parce qu'il est différent avec son air de gadjo. Il ignore qui est cette femme qui s'occupe parfois de lui. "La Vieille" s'appelait Chnepki et avait une voix d'ange. Elle fut brisée en plein vol un matin de 1942 et réduite au silence des années durant. Jusqu'au jour où apparut Lubko, le sculpteur de marionnettes qui jouait du violon comme un Tsigane. À l'heure où de plus en plus de crânes rasés tapissent la ville de croix gammées, Mikluš éclaire ces existences opprimées, révèle les non-dits. Et balaie les étiquettes pour laisser surgir les visages.


- Le soleil, l'herbe, et une vie à gagner
de Charles Consigny et Thierry Consigny
Éditions JC Lattès / Août 2011


"Mon père était venu un jeudi matin me cueillir à l'hôpital après un bad trip de cocaïne, après que je lui ai expliqué méthodiquement l'ampleur de mon désastre affectif, le manque, la souffrance d'être homo, le dégoût des hommes. L'humanité me dégoûte". L'Hôtel-Dieu, un matin d'hiver. Thierry va chercher Charles, son fils. À vingt ans, Charles vit une descente aux enfers, la drogue, les dettes et un chagrin d'amour. Il aura fallu cette nuit terrible pour que Thierry mesure toute la détresse de son fils. Pour ne pas s'effondrer, et pour aider Charles à goûter à nouveau à la vie, le père et le fils vont entreprendre ce récit à deux voix, sans en connaître la fin. Où l'on découvre que les failles, la peur de grandir, la peur de vivre aussi, se répondent. La coke, le sexe, la culpabilité, la mort de Lara, leur sœur et fille, l'argent se mélangent à la douceur, la tendresse, les rires. C'est l'hiver et leur vaste chantier est une magnifique ode à l'amour et à l'espoir. Une histoire qui se joue à Paris, à l'île d'Yeu et en Bourgogne, dans la maison de famille. On y retrouve le charme des souvenirs d'enfance, la cruauté des coups du sort et le désenchantement des enfants gâtés. Tant de vies sont ratées, mais pour ces deux-là, tout commence.


- Le souvenir du monde
de Michel Crépu
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2011


Chateaubriand est un mal-aimé. Boudé par sa famille, les anti-modernes, honni par les révolutionnaires, il demeure un romantique trop peu sulfureux. Et pourtant… Séducteur invétéré, frère amoureux de sa propre sœur, chantre ambigu de la liberté, royaliste scandaleux, Chateaubriand reste un des écrivains les plus complexes de la langue française. Admirée par de Gaulle et objet de fascination pour Gracq et Sainte-Beuve, son œuvre immense est le témoin privilégié de la période révolutionnaire, de l'Empire, et des débuts de la république. Il était donc temps que Michel Crépu ressuscite l'auteur des Mémoires d'outre-tombe et l'amant de Juliette Récamier. Peignant avec humour ce "jean-foutre qui avait raison sur les choses graves", il nous livre, outre le portrait d'un écrivain méconnu, la chronique d'une époque. De la pourpre consulaire aux champs de bataille, en passant par l'intimité des chambres de jeunes filles, Michel Crépu nous offre un essai brillant, et prodigieux de vérité.


- Le système Victoria
de Éric Reinhardt
Éditions Stock / Août 2011


Si David Kolski, architecte reconverti en directeur de travaux, avait renoncé à adresser la parole à cette inconnue croisée dans une galerie marchande, s'il lui avait dit: "Excusez-moi, je suis désolé, je vous ai pris pour quelqu'un d'autre", s'il avait su qu'en abordant une femme de cette stature il entraînerait son existence dans une direction impossible, Victoria de Winter n'aurait pas trouvé la mort onze mois jour pour jour après leur rencontre. Aujourd'hui, elle serait encore vivante, David ne vivrait pas retiré dans un hôtel de la Creuse, séparé de sa femme et de ses filles. Il n'aurait pas été détruit par le rôle qu'il a joué dans ce drame ni par les deux jours de garde à vue qui en ont découlé. Seulement, le visage de Victoria s'est tourné vers le sien et David a aussitôt basculé dans sa vie.


- Le Vazaha sans terre
de Michel Rio
Éditions Fayard / Août 2011


"La dérive du canot fut bientôt stoppée par un tapis de jacinthes d'eau. Je commençai à m'imprégner des lieux, sans réfléchir. Soudain ils m'envahirent, et pour la première fois depuis mon arrivée dans l'île je fis un véritable retour dans un monde disparu, un monde régi par l'espace seul, où le temps est aboli. Un monde où tout est à sa place, décors et acteurs, de toute éternité. Un monde où, depuis l'éveil de la perception et de la conscience des choses, les vieux ont toujours été vieux, les mères ont toujours été mères et les enfants, enfants, et le resteront toujours, vieux, mères et enfants. Un monde où les canaux ont l'éternité des fleuves, jamais creusés, où les grands arbres n'ont jamais été des pousses, où les crocodiles sont immuables. Un monde où les jours passent, mais sont les seuls à passer, parce que les jours ne sont pas le temps. Un monde où la mort est absente".


- Les amants de Francfort
de Michel Quint
Éditions Héloïse d'Ormesson / Août 2011


"La nuit où Lena et Florent devinrent amants, un double meurtre fut commis dans leur hôtel de Francfort?" De l'Allemagne qui lui a pris son père, Florent Vallin ne veut pas entendre parler. Mais après un passage obligé à Francfort où une brune incendiaire se trouve sur son chemin, le jeune éditeur à succès décide d'exhumer un passé familial douloureux. Sur les deux rives du Rhin, de Paris à Berlin, entre jeux de masque et secrets de cœur, il s'engouffre dans une époque sanglante où la bande à Baader et les anciens nazis avaient pignon sur rue. Quand l'Histoire rejoint l'histoire, Florent ne peut plus esquiver sa quête de la vérité, à la vie, à la mort.


- Les cœurs en skaï mauve
de Sacha Sperling
Éditions Fayard / Août 2011


"De l'âge de pierre au temps du plastique, on ne choisit pas ses idoles, mais d'artifices en artifices, ils trouveront bien un boulevard qui leur plaît. S'ils font semblant de croire aux mirages, ils ignorent tout de la poussière qui recouvre les routes. Jim et Lou fréquentent les mêmes chapelles, ils pensent que la vie serait plus simple au volant d'un Range Rover, au détour du soleil. Alors peut-être qu'un jour il l'emmènera pour de vrai".


- Les étincelles du bonheur
de Jérôme Arnaud Wagner
Éditions Michalon / Août 2011


"Certains soirs où la nuit était particulièrement belle, nous redescendions dans le jardin, afin de mieux voir la lune. Alors que le vent soufflait légèrement et faisait se balancer les ombres des immenses cèdres du Liban comme des sentinelles imposantes mais rassurantes, et que toutes les odeurs parfumées de cette terre du midi venaient chatouiller nos narines, ma grand-mère me prenait par la main, et nous nous enfoncions tous les deux dans l'obscurité de la nuit, seulement éclairés par la lune. Nous allions ramasser des feuilles de tilleul pour faire une tisane; ma grand-mère disait qu'elle aidait à bien digérer, et à dormir, ce qui était vrai. Et puis surtout, nous regardions notre amie la lune: - Tu vois, mon chéri, la lune est menteuse ! - Pourquoi, Manette? - Eh bien, lorsqu'elle est en forme de croissant, c'est qu'elle décroît, et lorsqu'elle dessine au contraire un D, c'est qu'elle croit. Depuis, je ne regarde plus tout à fait la lune de la même façon, et j'ai appris à me méfier de l'apparence des choses". Jérôme-Arnaud Wagner signe un deuxième livre sur son histoire d'amour avec sa grand-mère "Manette", et le lien qui les unissait par-delà les générations.


- Les îles
de Philippe Lançon
Éditions JC Lattès / Août 2011


C'est l'histoire d'une femme élégante et éduquée de Hong-Kong qui devient folle lors d'un voyage à Cuba. C'est l'histoire des raisons pour lesquelles elle y est allée. C'est l'histoire de l'effet de cette folie sur celui qui la raconte, l'imagine: ses souvenirs, ses amours, ses amis, ses rêveries. C'est l'histoire d'un homme dont le cœur est vissé à ces deux îles où rien n'aurait jamais dû le conduire, sinon l'obscur et capricieux désir de vivre l'instant, de n'en plus sortir, de l'écrire et d'aimer. C'est l'histoire de gens qui vivent à Hong-Kong, à Paris, à Cuba, en Inde. Ils sont seuls et voyagent parce qu'ils sont seuls. Ce sont des îles.


- Les villes de la plaine
de Diane Meur
Éditions Sabine Wespieser / Août 2011


Dans une civilisation antique imaginaire, mais qui éveille en nous un curieux sentiment de familiarité, le scribe Asral se voit chargé de produire une copie neuve des lois. Grâce aux questions naïves de son garde Ordjéneb, il s'avise bientôt que la langue sacrée qu'il transcrit est vieillie et que la vraie fidélité à l'esprit du texte consisterait à le reformuler, afin qu'il soit à nouveau compris tel qu'il avait été pensé quatre ou cinq siècles plus tôt. Peu à peu, cependant, le doute s'installe. Qui était Anouher, législateur mythique dont on a presque fait un dieu? Ces lois qui soumettent à un contrôle de chaque instant la vie publique, les relations privées et jusqu'au corps des femmes, sont-elles toutes de sa main? Et Asral a-t-il plus de chances de le savoir un jour que de se faire aimer de Djinnet, un jeune chanteur du faubourg des vanniers? C'est tout le talent de Diane Meur que de nous faire réfléchir aux grandes questions de la religion et de nos systèmes politiques par le biais de ce récit haletant, où souffle un vent de liberté jubilatoire et contagieux. Nous suivons Asral dans sa quête, et Ordjéneb dans sa progressive initiation, avec le même plaisir que nous voyons se déliter l'un après l'autre les traditions et les rituels de cet ordre social rigide. Les suivrons-nous jusqu'au bout? Ou préférerons-nous retomber en proie à la fascination du mythe, comme ces archéologues prussiens que nous découvrons, vers 1840, en train d'exhumer les premiers vestiges de la ville disparue? Entre drame et satire, roman d'amour et fable rationaliste un peu folle, se trouve ici campé un univers qu'on quitte à regret.


- Latex etc...
de Margaux Guyon
Éditions Plon / Août 2011


Que faire quand on habite la petite ville de C. et que l'on trouve le temps désespérément long? Margaux, dix-huit ans, est partagée entre les copains, les livres, l'art de la vanne sèche et les soucis vestimentaires. Et ce n'est pas dans sa famille, mère démissionnaire, père absent et sœur frappée de mysticisme et d'acné juvénile, qu'elle trouvera un divertissement à son ennui. Apparaît alors une solution, temporaire, à son désœuvrement. Histoire de s'oublier, elle se jette dans les bras de la bonne bourgeoisie d'Avignon, la grande ville toute proche qui, elle, ne l'oubliera pas. Et la payera cher. Call-girl de hasard, elle dépense ce qu'elle gagne en s'achetant fanfreluches et accessoires, notamment le Mac sur lequel elle raconte sa lamentable, joyeuse et trop véridique existence. Entre heurs et malheurs, une histoire faite d'amours vénales, et sans joie. Évidemment, cela ne peut que mal finir.


- Mimi
de Sébastien Marnier
Éditions Fayard / Août 2011


À l'école, JP ne pige rien; à la maison, il traîne son ennui en évitant les claques de son père ou les vannes de ses cinq frères; dans son lit, la nuit, il ressasse ses frustrations, ses peurs, son envie d'en découdre avec la terre entière. Chez lui, cité des 4000 à La Courneuve, il a parfois l'impression que seul le vacarme peut venir à bout de sa solitude. C'est avec ses potes que JP se sent enfin exister. Toujours ensemble, toujours dans la surenchère, toujours plus aveuglés par un sentiment d'impunité, ils aiment jouer les durs, et surtout martyriser le premier de la classe: Barthélémy, un blondinet avec une tête de vainqueur. La bande grandit, se disloque, les copains s'en sortent plus ou moins, trouvent du boulot, tombent amoureux. JP est à la traîne. Du boulot, il en a, mais minable. Quant à tomber amoureux, impossible: JP ne connaît des femmes que les mères exténuées ou les actrices des pornos. Alors rien ne l'apaise. Ses terreurs d'enfant dégénèrent en obsessions, la cruauté mentale et la tyrannie sexuelle occultent la misère affective. Il faut que JP se défoule. Ça tombe bien, Barthélémy repasse par là.


- Mingus Mood
de William Memlouk
Éditions Julliard / Août 2011


Sur fond de ségrégation raciale dans l'Amérique des années 50, Mingus Mood s'inspire de l'existence fougueuse et rebelle du célèbre jazzman Charlie Mingus. Un premier roman sensuel, lyrique et envoûtant, à l'image même de la musique de Mingus. En 1957, Charlie M., célèbre contrebassiste et compositeur de jazz, quitte New York sur un coup de tête pour rejoindre Tijuana, ville frontière mexicaine, à bord d'une voiture qu'il vient de gagner dans une joute musicale. Que fuit-il? L'humiliation des lois ségrégationnistes nord-américaines? Ou son amour impossible pour une femme blanche de Greenwich Village? Sait-il déjà que toute sa révolte et sa passion s'incarneront là-bas dans son plus bel album, Tijuana moods? En 1981, interviewé par une journaliste dans un bar de La Nouvelle-Orléans, un vieil ami se remémore les fragments de sa vie aux côtés de Mingus. Le narrateur évoque alors l'enfance du petit Charlie, confronté au racisme ordinaire, le traumatisme de la mort de sa mère, sa colère montante face aux injustices sociales. Puis vient son extraordinaire ascension musicale, sa passion pour la boxe, cette folie sourde qui le menace, son expérience de la psychanalyse, son besoin farouche de liberté, d'alcool et de drogue. Jusqu'à cette rencontre improbable avec une femme blanche qu'il séduit instantanément, et dont il tombe éperdument amoureux. Mais leurs univers se révéleront trop radicalement éloignés. Atteint d'une maladie dégénérative, Charlie terminera tragiquement son existence, paralysé sur un fauteuil roulant. S'il n'a pas eu de son vivant la reconnaissance qu'il méritait, tous ceux qui l'ont connu s'accordent à voir en lui, plus encore qu'un virtuose, un véritable génie. Ses légendaires accès de rage, sur la scène comme dans sa vie privée, traduisent le combat qui fut le sien contre une Amérique qui n'avait cessé de le rejeter. Construit comme une brillante improvisation musicale, mêlant éléments biographiques et imaginaires, ce récit retrace la trajectoire fulgurante d'un des musiciens les plus importants du XXe siècle. À travers la reconstitution des moments clefs de sa vie, se dessine le portrait captivant d'un homme possédé par le jazz, ayant voué sa vie entière à la musique.


- Mondial nomade
de Philippe Pollet-Villard
Éditions Flammarion / Août 2011


Jean-Charles Rem a fait fortune en créant la plus grande société mondiale de gardiennage mobilier. Lassé de sa vie d'entrepreneur à la retraite, il décide de rechercher un homme qui lui rappelle sa jeunesse perdue, lorsqu'il se voyait en aventurier plein d'avenir. Sa quête le conduira en Inde, devenue une gigantesque usine de l'industrie européenne délocalisée.


- Muse
de Joseph O'Connor
Éditions Phébus / Août 2011


Elle était pauvre, irrévérencieuse, sensuelle, très belle et rebelle à toute autorité, sauf à celle du génie et de l'amour. Elle s'appelait Molly Allgood, elle fut une comédienne aussi prometteuse que courtisée, et eut pour amant l'un des plus grands dramaturges irlandais, John Millington Synge. C'était en 1907, l'année de la création du Baladin du monde occidental au théâtre de l'Abbaye, dans un Dublin bruissant de rumeurs. Molly avait dix-neuf ans, John trente-sept. Il fut son Pygmalion, elle sa muse. Leur passion aurait-elle pu résister au poids des conventions et à l'hostilité de leurs proches? À Londres, près de cinquante ans plus tard, l'actrice déchue hante les rues noyées dans le brouillard. Peu à peu, les souvenirs resurgissent, comme le désir pour celui qu'elle n'a jamais réussi à oublier. Joseph O'Connor fait revivre deux êtres d'exception dans ce roman forgé de lumière et d'airain.


- Nestor rend les armes
de Clara Dupont-Monod
Éditions Sabine Wespieser / Août 2011


"Lui, c'était un homme d'excès. Un homme qui n'avait pas peur des outrances, prêt à vivre avec un corps et une mémoire démesurés. Il mangeait trop, dormait en criant, ne passait pas les portes et ne faisait aucun effort pour se lier". C. D.-M.
Clara Dupont-Monod, avec ce nouveau portrait d'un être des marges, poursuit une œuvre forte et singulière. Nestor est obèse. De cet homme désigné au regard des autres comme un monstre, elle tente, avec une paradoxale économie de mots, de saisir le mystère. Au fil des pages, et comme à l'insu du lecteur, le gros père prend la dimension d'un être humain riche de son histoire. Celui dont le seul horizon est la photo d'un phare du bout du monde devient sous nos yeux un personnage: argentin, arrivé en France pendant la dictature, il y a retrouvé une jeune femme qu'il a épousée et avec qui la vie était douce. Jusqu'au drame qui inexorablement les a éloignés l'un de l'autre, au point qu'il finisse enfermé dans la rassurante forteresse de sa propre chair. À force de patience et de tendresse, une jeune femme médecin parviendra peut-être à conjuguer sa propre solitude à celle de ce patient peu ordinaire. La langue riche et précise de Clara Dupont-Monod agit comme un charme puissant pour suggérer l'indéfinissable attachement qui naît entre ces deux-là. L'écrivain se garde bien de conclure: trois issues s'offrent au lecteur, comme s'il était impossible qu'une histoire aussi improbable et bouleversante finisse mal.


- Pas d'inquiétude
de Brigitte Giraud
Éditions Stock / Août 2011


Au lieu d'aménager la maison qu'il vient juste de faire construire, le narrateur de Pas d'inquiétude va être contraint de prendre un long congé pour rester près de son fils malade et s'installe avec lui dans un tête à tête fait de gestes et d'actes inédits chaque jour réinventés. Homme au foyer malgré lui, il s'éloigne de l'imprimerie où il travaille et de Manu, l'ami indispensable, et glisse dans une vie domestique et invisible, pendant que sa femme, récemment embauchée dans une PME, ne peut se permettre aucune absence et n'a d'autre alternative que se dévouer à son poste. Cette famille ordinaire perd petit à petit ses relations sociales et ses repères, happée par la logique de la maladie qui donne soudain un autre sens à son existence, fait voler en éclat la place de chacun, celle des parents autant que celle de Lisa, la grande sœur, et voit la vie des autres se dérouler à l'extérieur, soudain irréelle et inaccessible. Le jour où les collègues de l'imprimerie donnent chacun de leurs congés pour permettre au père de renouveler les journées qu'il consacre à Mehdi, cet élan de solidarité radical et inattendu bouleverse codes et habitudes, et se pose alors, de manière plus forte encore, la question de l'équilibre entre sphère sociale et sphère familiale. Tout finit par se nouer autour de ce nouveau temps imparti, inespéré mais qui agit comme un piège, tant il est compliqué de recevoir un tel cadeau. Dans un monde où la solidarité est loin d'être une norme, la générosité des collègues rassure autant qu'elle déstabilise, d'autant qu'ils offrent du temps et non de l'argent. Le récit tente de sonder ce que serait une vie dédiée à l'autre, aux autres, de même qu'il pose la question du don, de la dette, de la soumission et la domination, tout en interrogeant: qu'est-ce qu'être un père aujourd'hui, et qu'est-ce qu'être un couple de parents?


- Pour mémoire
de Mazarine Pingeot
Éditions Julliard / Août 2011


C'est l'histoire d'un garçon hanté par la Shoah. Pourtant, ni lui ni sa famille n'ont été touchés par le génocide. Mais enfant, il a vu à la télévision des images qu'il n'aurait pas dû voir- le cauchemar trop réel de Nuit et Brouillard. Cela a suffi à faire écrouler le début de sa vie. C'est l'histoire de cet adolescent qui n'a plus trouvé le sommeil, et décidé de ne plus manger. Qui a construit son existence sur une obsession, celle de ces scènes d'extermination massive, et qui s'y est perdu, à force de s'interroger. Comment cela a-t-il été possible? Comment vivre parmi les hommes après ça? Comment être un homme? Sous la forme d'un monologue introspectif, le garçon devenu adulte raconte le choc, la douleur, les délires, la descente aux enfers, depuis l'enfant brusquement orphelin de ses frères humains, à l'adolescent anorexique qui mène une lutte intransigeante contre le bonheur, confondant devoir de mémoire et devoir de souffrance. Et nous écoutons, dans un texte aussi court que percutant, le cheminement de cette conscience en butte avec LA page noire du XXe siècle.


- Room
de Emma Donoghue
Éditions Stock / Août 2011


Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque. Il ne pense qu'à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l'entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions. Cette mère occupe dans sa vie une place immense, d'autant plus qu'il habite seul avec elle dans une pièce unique, depuis sa naissance. Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais Ma fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu'au jour où elle réalise que l'enfant grandit, et qu'elle ne va pouvoir continuer longtemps à entretenir l'illusion d'une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s'enfuir. Mais l'enfant va-t-il réussir à trouver des repères loin de leur univers? Quel accueil lui réservera le monde extérieur, lui l'enfant né de la captivité d'une femme?


- Rouler
de Christian Oster
Éditions de l'Olivier / Août 2011


"J'ai pris le volant un jour d'été, à treize heures trente". On ne sait pas grand-chose des raisons qui poussent le narrateur à quitter Paris et à rouler en direction de Marseille, ville qui s'est imposée à lui comme un mot plus que comme une destination. Le seul besoin de fuir? Ce serait trop simple. N'a-t-il pas plutôt l'intuition que c'est justement en s'en remettant au hasard que la vie peut enfin apporter du neuf? "La géographie n'a jamais été mon fort", apprendrons-nous plus loin. Avec ce road-novel d'un genre très particulier, Christian Oster signe l'un de ses romans les plus forts.


- Skoda
de Olivier Sillig
Éditions Buchet Chastel / Août 2011


Un jeune homme reprend conscience. Autour de lui gisent ses camarades d'infortune. L'histoire se passe de nos jours, dans un pays qui n'est pas nommé. À quelques mètres, une voiture, une Skoda, elle aussi victime du raid aérien. À l'intérieur, un bébé respire encore. Après quelques hésitations, l'homme prend l'enfant dans ses bras et part sur la route. Notre monde et sa violence. Mais aussi, le lien qui se crée entre un jeune homme et un enfant. La beauté de la vie contre l'absurdité de la mort.


- So long, Luise
de Céline Minard
Éditions Denöel / Août 2011


Au soir de sa vie, une femme écrivain mondialement connue reprend une dernière fois la rédaction d'un texte auquel elle travaille depuis plusieurs décennies: son testament. À l'occasion de cette "dernière copie" la narratrice revient sur son enfance, les raisons de sa conversion à l'anglais comme "contre-langue de création", son éblouissante rencontre avec Luise, sa compagne de cinquante années, leurs villégiatures en Angleterre, en Irlande, en Italie, leur installation en Suisse, leur vie commune, réelle et fictive. Autant de lieux et de temps réinventés où elles ont croisé toutes sortes de personnages truculents, fait les quatre cents coups et partagé leurs aventures dans les bois autour des étangs avec des nains, des carpes, des boucs et des fées. De ce vrai-faux testament métamorphosé en récit de souvenirs résulte un roman intensément poétique, érotique et ludique, où l'inventivité et la somptuosité de la langue sont portées à leur point d'incandescence. Car "nous ne possédons rien, si ce n'est la puissance et, peut-être, le talent de recréer, allongé sous un saule dans un fauteuil articulé, ce que nous avons soi-disant déjà vécu".


- Térézín Plage
de Morten Brask
Éditions Presses De La Cité / Août 2011


Dès son arrivée en 1943 à Terezín, Daniel Faigel, jeune médecin danois hanté par un lourd passé, se retrouve plongé en enfer. Présentée par les nazis comme une "colonie juive modèle", la ville sert en réalité de zone de transit vers des camps d'extermination. Affecté à l'hôpital du ghetto, Daniel passe ses journées à essayer d'arracher à la mort et aux déportations quelques-uns de ses patients. Parmi eux se trouve Ludmilla. L'amour qui naît entre eux leur donne la force de supporter un quotidien ponctué par la peur de faire partie du prochain convoi, dont on sait intuitivement qu'on ne reviendra pas. Comme tous les habitants du ghetto, les deux amants vont bientôt devoir prendre part à une gigantesque mascarade orchestrée par les nazis: l'embellissement du camp en vue d'une inspection de la Croix-Rouge.


- Tout, tout de suite
de Morgan Sportes
Éditions Fayard / Août 2011


Vous qui entrez ici, laissez toute espérance. Ce livre est une autopsie: celle de nos sociétés saisies par la barbarie. En 2006, après des mois de coups tordus et d'opérations avortées, une petite bande de banlieue enlève un jeune homme. La rançon exigée ne correspond en rien au milieu plutôt modeste dont ce dernier est issu. Mais le choix de ses agresseurs s'est porté sur lui parce que, en tant que Juif, il est supposé riche. Séquestré vingt-quatre jours, soumis à des brutalités, il est finalement assassiné. Les auteurs de ce forfait sont chômeurs, livreurs de pizzas, lycéens, délinquants. Certains ont des enfants, d'autres sont encore mineurs. Mais la bande est soudée par cette obsession morbide: "Tout, tout de suite". Morgan Sportès a reconstitué pièce par pièce leur acte de démence. Sans s'autoriser le moindre jugement, il s'attache à restituer leurs dialogues confondants d'inconscience, à retracer leur parcours de fast-foods en cybercafés, de la cave glaciale où ils retiennent leur otage aux cabines téléphoniques d'où ils vocifèrent leurs menaces, dans une guerre psychologique avec la famille de la victime au désespoir et des policiers que cette affaire, devenue hautement "politique", met sur les dents.


- Trois amis
de Mario Tobino
Éditions Plon / Août 2011


Turri, Campi et Ottaviani étaient amis. Ottaviani, resté seul, se souvient. Des premiers regards échangés à la faculté de médecine, de leurs idées communes contre le fascisme et de leurs rêves d'une Italie libre. Lorsque la guerre s'impose à eux, les trois amis se battent, chacun avec leurs armes. Campi, martyr, demeure jusqu'au bout leur héros, par-delà la mort, qu'il brave avec un courage sans faille face à la barbarie nazie. Sous les canons, Turri se découvre une âme de chef et devient une grande figure de la résistance organisée. Ottaviani, psychiatre, poète, épris de paix et de liberté, suit les trajectoires de ses deux amis, comme habité par eux. Ce sont les silences des hommes qui se disent ici, leur force et leur intégrité à l'épreuve des événements, leur engagement profond, leur pudeur, leurs exploits discrets et leurs coups d'éclat; ce que l'on partage sans même le vivre ensemble, et ce qui reste des êtres lorsque l'Histoire s'empare de leur destin: leurs liens, leurs amis.


- Tu
de Sandrine Soimaud
Éditions Buchet Chastel / Août 2011


Dans la blancheur ouatée d'une clinique, une femme est harcelée par sa mémoire. Entre des pilules censées offrir l'oubli, des infirmières faussement affectueuses, un médecin peut-être salvateur, Lisa lutte en vain contre le souvenir. Le je, le tu, le on se succèdent dans un vertige identitaire où se mêlent l'obsession du désir et les ombres du passé. Jusqu'à l'ultime révélation, c'est toute une existence qui se dévoile par pans, opaque et charnelle. Sandrine Soimaud prête vie à Lisa et à ses fantômes, dans un ballet hypnotique qui s'offre au lecteur comme une véritable expérience.


- Un garçon si tranquille
de François Chollet
Éditions Cherche Midi / Août 2011


"Elle allait mourir. L'issue ne faisait aucun doute. Alexis attendait cet instant depuis le début, sans pouvoir s'y préparer. Maintenant il ne demandait plus grand-chose: "Encore une minute, monsieur le bourreau". La minute de répit supplémentaire qui durerait plusieurs heures, tout ce temps en trop, inutile. Il avait appris à patienter et il n'avait plus rien à faire, qu'à laisser mijoter l'angoisse dans l'apnée de ses sentiments. Ces derniers temps, le médecin l'avait chargé de la délicate mission de doser la morphine. Tâche douloureuse de la toute-puissance: Si vous sentez qu'elle a mal, appuyez ici. Mais, bien évidemment, cela accélèrera la fin. Bien évidemment. Ce jean-foutre lui avait mis entre les mains un marché sans issue: la drogue la soulageait et la tuait en même temps. Pendant deux ans les médicastres les avaient traînés de bien évidemment en je vais vous donner un conseil, sans jamais admettre leur incapacité à sauver sa mère. Même pas en biaisant avec des mots décents ou courageux. Qu'on le prévienne une bonne fois pour toutes que c'était terminé! Personne n'a le courage de l'annoncer. Ils avaient fini par le laisser tomber, cette fiole de morphine à la main, et quelques nuits d'hiver glacées devant lui".


- Un soir d'aquarium
de Patrice Delbourg
Éditions Cherche Midi / Août 2011


Novembre 1963. Kennedy tombe à Dallas et la chanson à texte bat de l'aile devant la déferlante yé-yé. Quelques enseignes de cabarets clignotent encore au fronton des Grands Boulevards de la capitale. Dans les débuts d'une Ve République bien maussade, un certain Gabin Delahy, vieil enfant à la carcasse démesurée, s'essaye à un genre délicat et novateur: l'humour noir avec éclats à la sanguine. Il ne récolte que sifflets et éreintements. De scènes improbables en planches improvisées, on resquille au portillon de la célébrité. Quatre cachetons au galop par soirée. En ce temps-là, la vie d'artiste s'apparente à un long chemin de croix. Dans les coulisses de ces caveaux de l'irrévérence, on croise les silhouettes de Jacques Grello, Gérard Séty, Robert Rocca, Maurice Horgues, Jean Rigaux, René-Louis Lafforgue, Boby Lapointe et une dame-pipi hors d'âge sans cesse dans le besoin. Salut l'artiste!


- Va et dis-le aux chiens
de Isabelle Coudrier
Éditions Fayard / Août 2011


Agrégée de mathématiques, Sylvia aime la pureté algébrique et s'accommode mal des équations sans solution de l'existence. Lectrice de Thomas Mann, elle laisse fréquemment son esprit rejoindre Hans Castorp sur un balcon du sanatorium de Davos, pour contempler avec lui des neiges dont l'éternité évoque en elle celle des nombres premiers. Critique de cinéma, Louis traque les lieux communs, non seulement dans les films mais dans le monde qui l'entoure. Naturellement, Louis et Sylvia ne peuvent s'aimer. Pour l'un, l'amour est la plus téléphonée des intrigues. Pour l'autre, c'est comme la quadrature du cercle ou le séquençage de Pi. Pourtant, n'ont-ils pas en commun une intelligence désespérée et une ironie née de leur incapacité à vivre? Maladroitement, ils vont faire tous les gestes de l'amour sans jamais en prononcer le nom. Ni omettre, après chaque étape, de ne plus se voir pendant des semaines afin de se convaincre que rien entre eux n'a d'importance. Peut-être le destin, cet autre cliché, se chargera-t-il de leur faire admettre que l'amour est aussi éternel que les neiges de Davos, et qu'il constitue le seul scénario souhaitable pour la vie humaine. À moins qu'il ne soit déjà trop tard.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 14:58

- Vers la mer
de Anne-Sophie Stefanini
Éditions JC Lattès / Août 2011


Laure a dix-huit ans. Sa mère lui a légué son goût pour la solitude, le silence et les longs voyages. Enfant, elle a appris à lire dans les pages du Livre des voyageurs, une encyclopédie peuplée des récits héroïques d'explorateurs poètes et d'aventurières nées deux siècles avant elle. La jeune fille a grandi en attendant d'être en âge de partir elle aussi. Laure a dix-huit ans et elle part demain, un voyage avec sa mère, un dernier tête-à-tête. De Paris à Nice, un itinéraire facile mais long, s'étirant comme un serpent, au rythme capricieux d'une vieille voiture, d'étapes et de rencontres hasardeuses. La jeune fille guette les rives qui la font tant rêver. La mère s'approche, elle, de la ville où sa fille la quittera, une ville qu'elle a fuie vingt ans plus tôt lorsqu'elle cherchait, avant Laure, l'aventure et l'oubli. Sur la route, ces deux femmes se découvrent hantées par les mêmes peurs et les mêmes désirs, de faux souvenirs, des images fabriquées et des résolutions impossibles. Et pour elles, rien n'a plus d'importance que ce moment, juste avant la séparation.


- Vous êtes nés à la bonne époque
de Matthieu Jung
Éditions Stock / Août 2011


"Je ne prétends pas que celles qui n'ont pas d'enfants sont des fleurs fanées, autour de moi je peux citer vingt noms de femmes qui s'épanouissent en dehors de la maternité, simplement-moi si je n'ai pas mon deuxième, je peux examiner la question sous toutes les coutures, je dois admettre que ma vie perdrait son sens, c'est clair, ça, au moins?". Nathalie, médecin quadragénaire, rencontre Arno, un jeune peintre de vingt ans son cadet. Des deux côtés, coup de foudre. Entre petits boulots et crise du logement, il tente de vivre de son art. Dans un superbe appartement parisien que son insolente réussite professionnelle lui a permis de s'offrir, elle rêve d'un deuxième enfant. Ils ne vont plus se quitter, alors que tout les sépare. Presque tout.


- Wam
de Slimane Kader
Éditions Nil / Août 2011


Wam et ses copains de la "cité des artistes" ont un emploi du temps immuable: lever à 16 heures puis occupation du hall BC jusqu'à la tombée de la nuit. Un soir, accablés par l'ennui, ils décident d'une virée sur Paname. Le début d'une nuit de folie. Happé dans un tourbillon de vie et d'embrouilles, Wam se retrouve au milieu d'une crise de couple, se tape la cloche à l'œil dans une brasserie, festoie dans un Donald avec un caïd du 93, pousse la chansonnette dans un loft de bobos, devient mascotte d'une soirée mondaine, transforme un camion poubelle en taxi.


- Wolf
de Jim Harrison
Éditions 10-18 / Août 2011


Vifs, sensuels, lumineux, les souvenirs coulent entre les arbres et les pierres, enfiévrant le cœur des montagnes d'Huron. Swanson, vagabond littéraire perdu en pleine forêt, reconstitue par bribes celui qu'il fut, amateur de whisky, de jolies serveuses et d'Arthur Rimbaud. À l'orée des bois et de la vie, la poésie surgit, simple et profonde.


- Au pays du fou rire
de P. G. Wodehouse
Éditions 10-18 / Juillet 2011


Lady Clara se fait du mouron. Son fiston, alcoolique de renom, vient de lui annoncer ses fiançailles avec, horreur, une Américaine. La machine de guerre est lancée. Objectif, récupérer ce traître de rejeton à Hollywood, mythique territoire des stars et starlettes, toutes plus fatales les unes que les autres. Un choc des cultures drôle à se damner.


- Hôtel des adieux
de Brad Kessler
Éditions 10-18 / Juillet 2011


À la fin de l'été, alors que les touristes désertent Trachis Island, près des côtes canadiennes, un avion s'abîme en mer. Le vieil hôtel tenu par Kevin accueille les familles des victimes, venues des quatre coins du monde. Dans ce cocon douillet, havre de solidarité au cœur d'une nature exubérante, ils cherchent tous un peu de réconfort et y trouveront un nouveau départ.


- Le secret de Torrenova
de Simonetta Agnello Hornby
Éditions 10-18 / Juillet 2011


Dans le clan sicilien de Torrenova, Tito, l'inflexible patriarche, fête ses soixante ans. Sous le soleil écrasant, dans la magnifique propriété qui fait sa fierté, il dirige les siens d'une main de fer, comme la fabrique de pâtes qui a fait la fortune de sa famille. Mais au cœur du domaine de Torrenova et de la vie de Tito se niche un secret douloureux, terrible et très bien gardé.


- Vous avez un nouveau message
de Jean Roncenelle
Éditions Brumerge / Juillet 2011


Sous le contrôle des états dominants, soumise à la menace terroriste, l'humanité serait-elle sous l'emprise d'un danger imminent beaucoup plus grave? Internet, qui a enveloppé la planète de sa toile, est bien malade. D'innombrables virus y pullulent et les internautes doivent renforcer continuellement la protection de leurs ordinateurs pour éviter l'infection. Néanmoins, de curieux symptômes laissent penser qu'une espèce d'une nouvelle génération, encore invisible aux pare-feux existants, est en train de coloniser le réseau. Henri, informaticien à Gutenberg, célibataire, vivant encore chez sa mère, se demande s'il n'en serait pas contaminé. En effet, la récente intrusion d'une mystérieuse Évelyne dans sa messagerie électronique, lui paraît suspecte. À priori sans effet sur son ordinateur, l'influence qu'elle exerce sur sa vie est en revanche assez inquiétante.


- Blanche du lac
de Jean-Jacques Antier
Éditions Calmann Lévy / Juin 2011


Louis-Janvier fixa le berger. Il était sérieux, presque angoissé. Avait-il trouvé quelque chose de rare, là-haut dans sa montagne? Pourquoi la vérité ne viendrait-elle que des villes? Personnalité en vue du monde scientifique, Emmanuel Visage s'est retiré du monde dans la montagne des Graux, sur les pentes du lac d'Allos au cœur du Mercantour. Il y vit en ermite avec quatre chèvres, un bouc, quelques chevreaux et sa fille sourde-muette de dix-sept ans, Blanche, à laquelle les bergers prêtent des dons de guérisseuse et d'autres pouvoirs mystérieux. Déconcerté, Louis-Janvier s'interroge: comment un neurobiologiste de haut niveau peut-il tolérer dans son entourage des pratiques qui s'apparentent à la sorcellerie? Qui est Blanche du Lac? Une enfant psychotique ou un être véritablement charismatique?


- Ces messieurs de Saint-Malo
de Bernard Simiot
Éditions Albin Michel / Juin 2011


Seul de tous les petits commerçants de Saint-Malo, Mathieu Carbec, dont les grands-parents vendaient naguère de la chandelle, a eu l'audace d'acheter trois actions de la Compagnie des Indes Orientales que vient de fonder Colbert. Ce sera le point de départ d'une grande saga familiale au moment où la bourgeoisie maritime se rue à la conquête des piastres, des charges et des titres nobiliaires. Négociants, armateurs, corsaires ou négriers, les Carbec, parmi tant d'autres, se lanceront sur toutes les mers du globe, de Terre-Neuve à Pondichéry, de la Chine au Pérou, sans se soucier de savoir si leurs écus ou leurs fleurons sentent trop les épices ou la traite, la ruse ou la fraude. Petit port de pêche aux maisons de bois, Saint-Malo deviendra en quelques décennies une cité de pierre aux façades orgueilleuses. Lorsque la Compagnie des Indes connaîtra de graves difficultés financières, le Roi lui-même décidera que pour la renflouer il convient de faire appel à "Ces messieurs de Saint-Malo".


- Come back
de Christian et Éric Cazalot
Éditions XO / Juin 2011


Enfin. Pour la première fois, Hélène Lancel, la star du cinéma français, a accepté un rôle à la télévision. Producteurs, scénario, décors, casting: tout est bouclé en un temps record. Le jeune Jamal, un inconnu choisi pour le premier rôle masculin, fait chavirer les cœurs, de la chargée de casting à l'assistante de prod. Même Hélène. Et le tournage démarre dans l'effervescence. C'est alors que survient un premier incident. Puis un autre, plus grave, et encore un autre. Quelqu'un est prêt à tuer pour que ce film ne se fasse pas. Quelqu'un qui a préparé son coup de très très loin.


- Comme un frère
de Françoise Bourdin
Éditions Belfond / Juin 2011


Dans un village isolé du Jura, un nom fait peur: Nathan Desroches. Un colosse capable de soulever un tronc à mains nues, le seul à oser élever des chevaux dans cette région au climat hostile. Mais si la puissance de ce travailleur infatigable impressionne son entourage, sa maison effraie. Dans cette immense demeure où il élève seul ses deux frères depuis l'incendie qui a ravagé la ferme de leurs parents, Nathan a instauré un sinistre huis clos familial. À l'un, qu'il ne laisse jamais sortir, cet homme autoritaire réserve toute sa haine. C'est Justin, le cadet, simple d'esprit, à l'origine du sinistre qui les a rendus orphelins. À l'autre, Joachim, un enfant beau et fragile, Nathan donne tout son amour. Un amour aussi inhumain que lui, immense, exclusif et exigeant. Au point que les deux frères ne se quittent jamais. Aucune fille n'a pu les séparer, pas même l'épouse de Nathan, qui doit s'effacer. Jusqu'au jour où Joachim tombe amoureux. La tragédie, dès lors, est inévitable.


- En scène, les audacieuses
de Tonie Behar
Éditions Michel Lafon / Juin 2011


Déborah Shapiro, 42 ans, directrice de label dans une maison de disques, ne cherche pas l'égalité mais le pouvoir. Pour cette conquérante très attachante, qui dissimule ses doutes et ses failles sous des tenues fashion, le glamour est une arme, au même titre que le talent, l'intelligence ou le carnet d'adresses. Mais tout n'est pas simple dans un monde de la musique miné par la crise. Déborah doit tenir bon la barre, tout en résistant aux manipulations culpabilisatrices de sa fille de douze ans, aux excentricités de ses parents, artistes bohèmes, et au retour d'un dangereux homme du passé. Sans parler de Nelly Caldeira, une chanteuse de R'n'B, ronde et énervée, prête à toutes les métamorphoses pour devenir une star; Sandra, une avocate spécialisée dans le divorce, qui ne sait pas résister à un homme en détresse; Delphine, une assistante ambitieuse et moyennement loyale; Unna, la directrice redoutée d'une grande agence de mannequins, qui contrôle tout, sauf une libido rangée au frigo. Pour toutes, malgré leur ambition, être sexy n'est plus synonyme de soumission. Et l'amour reste la plus grande des aventures.


- Et surtout, ne cherchez pas à me joindre
de Heleen Van Royen
Éditions Presses De La Cité / Juin 2011


SOS. Femme au foyer cherche bonheur désespérément. Âgée de trente-six ans, Juliette a tout pour être comblée. Un mari, deux enfants, une belle maison. Mais Juliette est malheureuse. Elle s'ennuie. Elle veut fuir. Être, pour une fois dans sa vie, une mauvaise mère, une mauvaise épouse, une mauvaise fille. Étouffée par la routine, elle décide un beau matin de laisser sa famille derrière elle. De se la jouer Thelma et Louise, mais en solo. Direction, le soleil. Sur un coup de tête, elle choisit de s'envoler vers le Portugal. Là-bas, Juliette fera ce que beaucoup rêvent de faire sans jamais l'oser, donner libre cours à ses désirs, à ses fantasmes. Au risque parfois de se perdre. Mais n'est-ce pas le prix de sa liberté nouvellement acquise?


- Harry, revu et corrigé
de Bernard Cohen
Éditions 10-18 / Juin 2011


En route pour assister à la crémation de sa femme, Harry est saisi d'un béguin irrésistible pour Molly, la serveuse du café ou il s'est arrêté. Pour ce loser pétri de culpabilité, conquérir le cœur de sa belle va le mener très loin. Mais dans sa tentative échevelée pour reprendre les rênes de son existence, il ne parvient qu'à semer le doute et la confusion autour de lui. Attachant, paumé, rêveur et maladroit. Voici Harry, l'antihéros le plus terriblement humain qui soit.


- In Love
de Alfred Hayes
Éditions Stock / Juin 2011


New York. Les années 1950. Des amants s'enlacent, se tiennent par la main et déambulent parmi ses rues, ses restaurants, ses bars. Le couple: un homme et une femme désenchantés. Lui est écrivain, mais il n'écrit plus. À force d'introspection, il a perdu foi en sa création et s'enferme dans une forme de complaisance qui fait de lui un être égoïste, qui a besoin de souffrir pour se sentir exister. Elle est l'archétype de la jeune femme moderne; dépourvue de nom, elle est endettée, mère célibataire, elle a déjà aimé et a été déçue. Dans un grand restaurant, elle est courtisée par un riche homme d'affaires qui lui fait une proposition des plus indécentes. Elle refuse d'abord, puis finit par abandonner son jeune amant pauvre qui ne la retient pas. Elle, de choisir une vie facile, oisive, et lui, de souffrir en silence et de jouer la comédie d'un amour trahi.


- L'enfant de personne
de Charlotte Link
Éditions Presses De La Cité / Juin 2011


Un soir de juillet 2008, Amy Mills, étudiante dans une ville côtière du Yorkshire, est sauvagement assassinée, le crâne fracassé contre un mur. Quelques mois plus tard, non loin de là, on retrouve dans un ravin le corps d'une septuagénaire, Fiona Barnes, dont la tête a été écrasée à coups de pierre. Le mode opératoire similaire laisse penser que les deux affaires sont liées. Si l'enquête piétine, des zones d'ombre dans le passé de la vieille dame ne tardent pas à apparaître. Placée dans une ferme du Yorkshire pendant les bombardements de Londres en 1940, Fiona, alors âgée de onze ans, s'était liée d'amitié avec Chad, l'un des fils de sa famille d'accueil. Par jeu, tous deux avaient pris en grippe un orphelin handicapé mental lui aussi logé à la ferme, et à le maltraiter. "Nobody", comme l'avaient surnommé cruellement à l'époque les deux enfants tortionnaires, a-t-il, des années plus tard, cherché à se venger? Au fil d'une intrigue policière habilement conçue, Charlotte Link nous plonge au cœur des secrets et non-dits de la Seconde Guerre Mondiale, et livre l'un de ses meilleurs romans à ce jour.


- L'Inde en héritage
de Abha Dawesar
Éditions 10-18 / Juin 2011


De sa chambre, située entre les cabinets de ses parents médecins, avec les microbes et les bactéries pour compagnons de jeu, un petit garçon ausculte son entourage. Observateur discret, il capte l'imposture ambiante, perçoit la violence qui vérole le système. Un regard acide et sans concession sur la société indienne contemporaine. Décapant.


- L'orange mécanique
de Anthony Burgess
Éditions Robert Laffont / Juin 2011


Le décor inquiétant de cette fable anti-utopiste est bien connu: c'est celui de la banlieue concentrationnaire qui va recouvrir peu à peu la surface habitable de la planète. Une immense zone urbaine d'ennui, de désolation et de peur. Sur ce monde déshumanisé et ses habitants asservis, Alex, le voyou au charme pervers féru de musique classique et de langues anciennes, entend régner par la violence et la terreur. À la tête de sa horde adolescente, il matraque, viole, brûle, torture, et s'acharne à détruire une société programmée pour le bonheur et le progrès. Un jour, il est arrêté et envoyé en prison. Afin de faire écourter sa peine, il se porte volontaire pour une thérapie révolutionnaire financée par le gouvernement dans le cadre d'un programme expérimental d'éradication de la délinquance ou des psychanalystes l'emploient comme cobaye dans des expériences destinées à juguler la criminalité. Il s'agit d'amener Alex à associer certains stimuli (des scènes de violence ou de sexe projetées sur un écran qu'il est forcé de regarder) aux douleurs provoquées par les drogues qu'on lui administre au cours de ce traitement. Après sa remise en liberté, il apparaît totalement inadapté et sans défense face au reste de la société. Chassé et agressé par tous, il se réfugie chez un homme, qui se révèle une de ses anciennes victimes. Celui-ci, désireux d'affaiblir le gouvernement en place et de se venger d'Alex, décide de le pousser au suicide. La tentative échoue. Alex est finalement sauvé et pris en charge par le ministre de l'Intérieur.


- La femme fardée
de Françoise Sagan
Éditions Stock / Juin 2011


À bord du Narcissus, la croisière organisée en l'honneur de la diva Dorriaccie revêt des allures de drame amoureux. Des passions secrètes se tissent au sein de la cohorte de bourgeois réunis et rompent la tranquillité mondaine. Il y a Olga Lamouroux, starlette française, dernière protégée du cinéaste Simon Béjart; la riche Edma Bautet-Lebrêche et son ennuyeux mari Armand; Julien Peyrat, commissaire-priseur plein de charme; le jeune Andréas Fayard, gigolo professionnel et enfin, Éric Lethuillier, à la tête d'un journal "de gauche", accompagné par sa timide épouse Clarisse. Sous l'emprise de son mari, cette dernière tente vainement de dissimuler sa fragilité sous un maquillage outrancier. Elle est "la femme fardée" qui intrigue autant qu'elle émeut. Alors qu'Éric s'affiche publiquement en compagnie d'Olga, Clarisse succombe à la passion adultère dans les bras de Julien. La tension monte et les poses mondaines, insuffisantes à dissimuler les sentiments abjects, deviennent aussi tristes que burlesques. Scandés par des airs d'opéra, les masques tombent les uns après les autres, faisant retentir une seule question: l'orgueil bourgeois laisse-t-il une chance à l'amour? Dans La femme fardée, c'est le drame qui affleure à chacune des pages. Sans jamais éclater, la tension est palpable et ne connaît pour unique catharsis que la musique, parfois lascive, souvent violente. On y retrouve le ton enlevé et décapant de Françoise Sagan. Avec un regard amer sur les hautes sphères bourgeoises, elle offre une satire sociale au vitriol. C'est sous une lumière des plus incisives qu'on y lit les thématiques chères à l'auteur: celles de l'amour, du bonheur, et de la fragile désinvolture qui en ont fait sa gloire.


- La resquilleuse
de Mary Wesley
Éditions Héloïse d'Ormesson / Juin 2011


Elle a réglé ses factures (inhabituel), rangé son bureau (extravagant) et détruit toutes les toiles d'araignées (surprenant). Matilda s'apprête à filer à l'anglaise. Plus rien ne la retient à la vie: son mari est mort, leur chien et leur chatte aussi. Mais elle se heurte à un empêcheur de se suicider en rond. Grand-mère indigne, sa philosophie fera rougir. De plaisir ou de jalousie? La belle n'en a cure.


- La symphonie des nombres premiers
de Marcus du Sautoy
Éditions Héloïse d'Ormesson / Juin 2011


L'humanité côtoie depuis la nuit des temps les nombres premiers, briques énigmatiques sur lesquelles repose toute la pensée mathématique. La découverte de leur ordonnancement demeure le plus beau Graal scientifique. Des génies de Göttingen à ceux de Cambridge, des casseurs de codes de la Deuxième Guerre mondiale aux inventeurs de codes sur Internet, tous ont tenté de percer leur mystère. Sur les traces de ces chercheurs, Marcus du Sautoy traite la question en détective. Merveilleux pédagogue de l'abstrait, il nous entraîne dans d'autres dimensions, à la suite d'explorateurs de renom tels que Riemann, Hilbert et Gauss. Avec lui, même le profane succombera à la beauté de ces ailleurs insoupçonnés et se laissera porter par la musique de ces nombres premiers fascinants.


- La vie commence à 20h10
de Thomas Raphaël
Éditions Flammarion / Juin 2011


Sophie peine à terminer sa thèse à Bordeaux. Elle croise Joyce Verneuil, productrice de télévision, à qui elle fait lire son premier roman, refusé par plusieurs éditeurs. Joyce lui promet de recommander son manuscrit à un grand éditeur parisien, mais à la condition que Sophie la suive dans la capitale et travaille avec elle. Marc, son compagnon, et sa mère ne sont pas d'accord, mais sont-ils obligés de le savoir?


- Le chien couchant
de Françoise Sagan
Éditions Stock / Juin 2011


À Cardin, petite ville du Nord, Guéret emprunte chaque soir le même chemin pour rentrer de l'usine, et chaque soir, c'est le même chien qui l'accompagne jusqu'à sa pension. Ce chien serait son unique compagnon s'il n'y avait Nicole, jeune ouvrière qui rêve de mariage. Nicole est désirable et attentionnée, mais tellement frivole que Guéret lui préfère Maria, sa logeuse quinquagénaire. Hélas, celle-ci ne lui exprime qu'indifférence et mépris; jusqu'au jour où un meurtre sanglant est commis. Maria a tôt fait de prendre son piètre locataire pour l'auteur du crime. Elle le regarde enfin. Bien plus, elle le respecte et l'admire. Guéret, trop heureux d'avoir enfin ses faveurs, ne la détrompera pas. Un jeu de dupes s'instaure alors entre eux. Jusqu'où cette imposture mènera-t-elle Guéret? S'il se dévoile, ne risque-t-il pas de perdre l'amour de Maria, de tout perdre? Seul témoin de cette relation qui peut en pressentir la douloureuse fin: le fidèle chien couchant. Dans ce livre, Françoise Sagan tente une gageure. Le Chien couchant est un texte inattendu. Loin de Paris, de la frivolité mondaine et des drames amoureux bourgeois, l'auteur de Bonjour tristesse inscrit son roman dans le milieu prolétaire, s'approprie sa rudesse et sa morosité. Plus d'artifices, seulement d'honnêtes gens pris au piège d'amours farfelues et de rêves ambitieux. C'est alors avec un réel plaisir que l'on découvre de façon insolite ce qu'on aime tant chez Françoise Sagan: on trompe l'ennui comme on peut, on aime en trichant un peu. Un livre délicat sur la question de l'amour sincère et de sa mise à nu.


- Le cimetière du diable
Auteur Anonyme
Éditions Sonatine / Juin 2011


Vous n'avez pas lu "le livre sans nom"? Vous êtes donc encore de ce monde, et c'est tant mieux. Vous allez pouvoir assister à un spectacle sans précédent, mettant en scène Judy Garland, James Brown, Johnny Cash, les Blues Brothers, Kurt Cobain, Elvis Presley, Janis Joplin, Freddie Mercury, Michael Jackson et le Bourbon Kid. Les héros du Livre sans nom se retrouvent cette fois dans une délicieuse petite bourgade en plein milieu du désert pour assister à un festival de musique au nom prometteur: Back from the dead. Imaginez un Dix petits nègres rock revu et corrigé par Quentin Tarantino. Vous y êtes? C'est encore mieux.


- Le cri de Job
de Laurent Vignat
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Juin 2011


L'action de ce roman, aux allures et à la brièveté d'une fable, se passe, essentiellement, dans une déchetterie, au bord d'une nationale bourguignonne. Lieu quotidien, lieu a priori peu séduisant car exhibant les épaves de nos frénésies consuméristes,  l'envers du décor de nos vies riches et aseptisées, mais aussi lieu d'aventures c'est-à-dire de rencontres hasardeuses, de péripéties drôles ou pathétiques. Au cœur de ces aventures, il y a Antoine Verrier, le gérant de la dite déchetterie, un de ces blousons fluorescents qui assistent les usagers lorsque le coffre est trop rempli ou qu'ils hésitent sur la vocation des bennes (déchets verts? bois? ferrailles? rebuts? papiers? cartons?…). Gros colosse bienveillant, Antoine Verrier s'efforce de donner à cet espace incongru de la convivialité,  provoque des échanges, tisse des liens, des sourires, ébauche des projets, à l'image de l'exposition de son ami Jean-Claude, électricien à la retraite, qui sublime son veuvage par une pratique naïve de l'art. Gros colosse cabossé comme un réfrigérateur, Antoine Verrier traîne les restes d'une rencontre funeste, celle d'un 4X4 à gueule d'argent qui, sur une route du Bugey, a écrabouillé sa fille, son épouse, une moitié de sa vie. Gros colosse apprécié, figure tutélaire des bennes, il contemple ces immenses poubelles à ciel ouvert, ce cimetière au tri obligatoire, d'où il tire des leçons de sagesse. Seulement, les habitudes, dans le monde si palpitant de l'entreprise, ne sont pas bonnes. Et la société PLUX, qui monopolise dans cette France des années 2020 le secteur du déchet, décide de changer de stratégie. Le temps des bavardages, des rencontres autour des bennes, est révolu. Place à l'efficacité, à l'individualisation dans la gestion de ses poubelles. Ce changement prend le visage d'un inspecteur, Arnaud Clobart, diplômé en rudologie, sorte de Javert des détritus. Un conflit se prépare. Une lutte entre deux hommes, entre deux conceptions existentielles, voire métaphysiques. Et, aussi improbable que cela puisse paraître, cette déchetterie pourrait devenir le théâtre d'une nouvelle utopie, un phalanstère de résistants mené par un Job colosse qui, juché sur une colonne d'ordinateur, hurle des vérités aux muets que nous sommes.


- Le don d'Anna
de Cécilia Samartin
Éditions L'Archipel / Juin 2011


Adam va mourir. Avec lui Anna perd son grand amour. Eux qui avaient mis tant d'années à se l'avouer. Alors elle se souvient, elle repense à sa vie passée, et aux événements qui l'ont menée là: son enfance dans un Salvador en proie à la guerre civile, le massacre de sa mère et des habitants de son village par la junte, l'orphelinat, l'exil vers les États-Unis, le couvent. Puis cette décision de Sœur Josepha de la placer comme nourrice pour s'occuper des deux enfants d'Adam et Lillian Trevis, riche famille californienne. Comment imaginer qu'elle en deviendrait le véritable ange gardien? Lorsque Lilian quitte le domicile conjugal, Adam avoue à Anna les sentiments qu'il lui porte. Mais leur amour est mis à mal par les réactions de la famille. Anna se fixe un dernier but: réconcilier le père et le fils.


- Le livre coquin des filles
de Candice Hill
Éditions Fleuve Noir / Juin 2011


Marilyn Monroe, Cléopâtre, Brigitte Bardot, la marquise de Pompadour, Dita Von Teese. Des noms qui font rêver. Mais aviez-vous déjà songé que vous pourriez être la prochaine sur la liste? L'heure est venue de balancer vos dessous ringards, de vaincre vos inhibitions, de dire ce qui vous plaît et surtout de le faire. Réveillez la séductrice qui sommeille en vous, tapie sous vos airs sages, grâce à ce petit livre (rose) de chevet, indispensable à l'égérie glamour que vous êtes. Vous y découvrirez le parcours de celles qui ont franchi le pas avant vous, et redonné au verbe "vivre" toutes ses lettres de hardiesse. Vous y trouverez toutes les réponses aux questions que vous n'avez jamais osé poser, y apprendrez quelle vilaine fille vous êtes, et saurez dorénavant comment mettre du piment dans votre vie comme dans votre assiette (car il y a certains aliments à avoir toujours au frais pour passer des nuits chaudes). Une chose est sûre: vous allez adorer ça.


- Le retour aux alizés
de Martine Delomme
Éditions Belfond / Juin 2011


Juliette Leroux, expatriée au Canada depuis trois ans, revient aux Alizés, le domaine viticole familial, pour assister aux obsèques de son ex-mari. Isabelle, sa fille, gère de main de maître le vignoble qu'elle lui avait confié avant son départ. Mais celle-ci l'accueille avec des sentiments mitigés alors que Juliette trouve plus de réconfort chez son ami d'enfance, Nicolas Frémont, maire de la commune de Saint-Louis et entrepreneur associé de son ex-mari. Il lui confie que la société connaît une situation financière catastrophique, le défunt ayant engagé des fonds importants pour l'acquisition d'un terrain. Mais à quelles fins? C'est en triant ses papiers que Juliette fait alors une découverte extraordinaire qui la pousse à retarder son retour à Montréal, où l'attend l'homme qu'elle aime. Le terrain recèle en réalité un trésor: des sources thermales de l'époque romaine. Nicolas et Juliette décident de reprendre à leur compte le projet de création d'un centre de thermalisme, projet qui pourrait bien relancer l'économie d'une région frappée par la crise. Très rapidement, l'entreprise suscite l'opposition farouche de certains locaux qui défendent la promotion de leur vignoble. Dès lors, la vie de Juliette et de ses proches risque d'être bouleversée.


- Le testament de l'orange
de Anthony Burgess
Éditions Robert Laffont / Juin 2011


Professeur de littérature anglaise dans une université de New York, Enderby a écrit un scénario tiré du poème de Gérard Manley Hopkins, Le Naufrage du Deutschland. Le cinéaste engagé sur le film va complètement détourner le script pour en faire une histoire plus que scabreuse. La version hollywoodienne met en effet principalement en scène le viol de nonnes par de jeunes nazis. La sortie du film provoque un déchaînement de violence: de jeunes déséquilibrés vont eux aussi s'en prendre à des sœurs. Rendu responsable de ces actes terribles, Enderby est désormais l'ennemi public n° 1. Entre les coups de fil anonymes, les menaces incessantes, les voyous mais aussi les médias, c'est une société tout entière qui se retourne contre un seul homme et devient l'incarnation de la violence qu'elle dénonce. Le Testament de l'Orange n'est pas la suite de L'Orange mécanique, le précédent roman de Burgess. Mais il semble évident que l'auteur fait là un parallèle avec sa propre histoire. Après la sortie de l'adaptation cinématographique de L'Orange mécanique, plusieurs faits divers atroces furent attribués à l'influence néfaste du film. Antony Burgess, qui avait participé à sa campagne promotionnelle aux côtés de Stanley Kubrick, avait rapidement été mis en accusation.


- Le voyageur liquide
de Jean Cagnard
Éditions Gaïa / Juin 2011


Sur une aire d'autoroute, un serpent tombe du ciel. Puis un autre. Un homme est en route, il va rendre visite à ses six frères et sœurs qu'il n'a pas vus depuis des lustres. Après avoir embrassé la femme de sa troisième vie, il part. Huit cents kilomètres vers le sud-est, six cents vers le nord-est, cinq cents vers le sud-ouest. Son itinéraire est établi non pas en fonction de la proximité géographique mais par ordre chronologique de sa fratrie. Sur sa route, il croise parfois des lacs, des fleuves, des étendues d'eau. Alors son cellulaire sonne: c'est son fils. Il est sur un chantier de fouilles, et joue de la guitare électrique. Leurs dialogues sont elliptiques et tendres, le "jeune crétin" et le "vieil homme" savent aller à l'essentiel. Une mouche sur le pare-brise tient compagnie au voyageur. Qui rate ses frères et sœurs: l'une après l'autre, les maisons restent volets clos, pour vacances? Départ précipité? Le voyageur reprend sa route. Parfois, quand il klaxonne, il pleut des écureuils.


- Les colocs
de Vincent Pichon-Varin
Éditions Cherche Midi / Juin 2011


Près du Bon Marché, à Paris, six vieux amis âgés de 60 à 85 ans, aux personnalités originales et attachantes, partagent leur quotidien pour adoucir leurs vieux jours dans un grand appartement. Jean, le "précieux" patron du dernier cabaret transformiste de Montmartre; Kathy, une comédienne sur le retour; Monica, une ancienne vendeuse du Bon Marché devenue agent de renseignements du quartier; Paul, ancien détective de l'hôtel Lutetia et vieux séducteur accro au Viagra; Blanche, une romancière en herbe en quête d'un éditeur, et Honorine, une vieille bougonne neurasthénique. Leur vie s'écoule tranquillement jusqu'au jour où une société foncière vient mettre en péril l'avenir du cabaret en projetant de le remplacer par le premier hôtel de luxe de la Butte Montmartre. Notre petite bande va remuer ciel et terre pour tenter de le sauver.


- Les expéditions
de Karl Iagnemma
Éditions 10-18 / Juin 2011


1844. Elisha Stone, seize ans, a fui sa famille et le Massachusetts pour Detroit, alors aux avant-postes du monde civilisé. Rêvant de devenir naturaliste, il se joint à une expédition en partance pour le Michigan. Sur ces terres sauvages et inexplorées, Elisha découvre les réels enjeux de ce voyage. Ignorant alors que son père cherche à le retrouver, à n'importe quel prix.


- Les heures lointaines
de Kate Morton
Éditions Presses De La Cité / Juin 2011


Lorsqu'elle reçoit un courrier en provenance du Kent qui aurait dû lui arriver cinquante ans auparavant, Meredith Burchill révèle à sa fille Edie un épisode de sa vie qu'elle avait gardé secret jusqu'alors. En septembre 1939, comme beaucoup d'autres enfants, Meredith avait été évacuée de Londres et mise à l'abri à la campagne. Recueillie par des aristocrates du Kent dans le château de Milderhurst, elle était devenue l'amie de l'excentrique et talentueuse Juniper, la cadette de la famille. Pourquoi Meredith a-t-elle dissimulé son passé à sa propre fille? Et pourquoi n'est-elle pas restée en contact avec Juniper, devenue folle après avoir été abandonnée par son fiancé? Afin de reconstituer le puzzle de son histoire familiale, Edie se rend au château de Milderhurst dont les vieilles pierres cachent plus d'un secret.


- Leçons de conduite
de Anne Tyler
Éditions Stock / Juin 2011


Partis en voiture assister aux funérailles d'un vieil ami, Ira et Maggie n'éviteront pas les querelles triviales et les remises en cause douloureuses d'un couple que tout semble opposer: lui est d'un réalisme sans concession; elle, une grande rêveuse. L'émotion des retrouvailles entre copains transformera bientôt la cérémonie en remake des noces du défunt. La vie conjugale ne serait-elle qu'un long deuil? À l'image de leur vieille guimbarde, l'amour d'Ira et Maggie s'étiole au fil des kilomètres et des petites disputes. À chaque carrefour, Maggie hésite, remet en question ses choix, défait et refait sa vie, s'abandonne à la rêverie complaisante d'une existence réussie. Entre stations-services et fast-foods, mari et femme trouvent toujours un inconnu, confident de fortune, à qui livrer leurs petits tracas, leurs maux d'amour, leurs regrets ou leurs timides espoirs. Comédie de mœurs aux personnages irrésistiblement drôles et émouvants, Leçons de conduite, pour lequel Anne Tyler a obtenu le prix Pulitzer en 1989, est avant tout une leçon d'amour.


- Mississippi
de Hillary Jordan
Éditions 10-18 / Juin 2011


Dans le Vieux Sud sauvage des années 40, Laura et Henry luttent pour élever leurs enfants sur une terre ingrate. Laura sait qu'elle ne sera jamais heureuse dans cette ferme isolée et sans confort. Lorsque deux soldats rentrent du front, elle se sent renaître peu à peu. Empoisonné par le racisme, cet univers de boue, de désirs et de mort verra la sauvagerie tout emporter.


- Prête-moi ton homme
de Emily Giffin
Éditions Michel Lafon / Juin 2011


Trente ans. Voilà, il était arrivé, ce fameux anniversaire. Pas vraiment comme je l'avais rêvé gamine. Où étaient le mari séduisant et amoureux, les enfants adorables, la reconnaissance professionnelle? J'étais célibataire, j'avais un boulot assommant, et je ne voyais absolument rien de folichon se profiler à l'horizon. Ce soir-là, j'ai un peu forcé sur la tequila et j'ai couché avec le fiancé de ma meilleure amie qui se marie dans cinq mois. Crime odieux, monstrueux, impardonnable. Surtout pour moi, qui d'ordinaire ne dévie jamais du droit chemin. Ce souvenir honteux, il fallait à tout prix le refouler. Cela ne signifiait rien. Nous avions trop bu, nous ne savions pas ce que nous faisions. D'ailleurs, la page était déjà tournée. Alors, pourquoi avons-nous recommencé?


- Retour à Brixton Beach
de Roma Tearne
Éditions Albin Michel / Juin 2011


Alice n'a jamais oublié le sable blanc de Brixton Beach, à Ceylan, où elle a passé son enfance dans l'ombre de Bee, son grand-père adoré, peintre talentueux et taciturne. C'était avant que la guerre civile éclate et ravage le futur Sri Lanka. Depuis, Alice, de mère cingalaise et de père tamoul, a fui son "paradis marin" avec une partie de sa famille pour la Grande-Bretagne. Dans un paysage froid et hostile, la jeune fille sensible et rêveuse tente de se reconstruire et fait de l'art le support de ses passions et l'horizon de son bonheur. Un bonheur que la rencontre avec Simon comble de manière inespérée. Jusqu'à ce matin de juillet 2005, où la violence croise à nouveau son chemin.


- Toi contre moi
de Jenny Downham
Éditions Plon / Juin 2011


Roméo et Juliette des années 2000, Toi contre moi est tour à tour haletant, drôle, tendre et terrible. Ses deux héros, Ellie et Mikey, tiraillés entre leurs familles et leurs sentiments, se battront jusqu'au bout pour pouvoir vivre leur première grande histoire d'amour.


- Trouble
de Hélène Uri
Éditions JC Lattès / Juin 2011


À sa mort, Karsten Wiig ne compte presque plus de proches dans son entourage, six personnes seulement assistent à ses obsèques. Parmi elles, curieusement, se tient le célèbre magistrat Edvard Frisbakke, réputé pour son sens infaillible de la justice. Lui qui a toujours été si sûr de sa capacité à distinguer le mal du bien afin de rendre le monde meilleur a fait basculer la vie du défunt, vingt ans plus tôt. Bien des années auparavant, Karsten vit avec Marianne. Mariés, deux enfants, ils s'aiment malgré les difficultés du quotidien, jusqu'à ce que Marianne découvre que Karsten l'a trompée. Tout vole alors en éclats, la confiance est brisée, à tel point que Marianne ne sait plus vraiment qui est son mari. Peut-on être sûr de connaître celui qu'on aime? À quel moment la confiance dans un couple est-elle remise en question?


- Un enfant à soi
de Clare Brown
Éditions Belfond / Juin 2011


À trente-deux ans, Jennifer se sent prisonnière d'un quotidien qu'elle déteste. Ses journées s'égrènent, sans joie ni bonheur. Un soir, son chemin croise celui de Sam, un petit garçon de deux ans maltraité par sa mère. Emportée par un formidable élan d'affection, Jennifer va se convaincre qu'elle seule peut sauver l'enfant de la violence des adultes. Qu'elle doit enlever Sam. Une nouvelle vie commence pour Jennifer. Un nouveau départ avec son fils. L'occasion de tirer un trait sur le passé, de combler le silence et de retisser des liens avec sa mère, qu'elle n'a pas vue depuis tant d'années. Mais un jour, la réalité la rattrape, brutalement. Soudain, le voile du mensonge se déchire, libérant les terribles secrets d'une famille brisée.


- Un été à Saint-Tropez
de Elizabeth Adler
Éditions Belfond / Juin 2011


Mauvaise surprise pour Mac Reilly, le séduisant détective, et sa sublime fiancée Sunny. Eux qui pensaient passer des vacances de rêve à La Violette, une splendide villa sur les hauteurs de Saint-Tropez. En fait, ladite villa est une quasi-ruine et, cerise sur le gâteau, ils vont devoir la partager avec une flopée de locataires, dont un ex-trader dépressif, une femme au foyer en fuite, un tout juste veuf et sa petite fille. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, les uns parcourent l'arrière-pays à la recherche du mas de leurs rêves, les autres s'adonnent à la pétanque sur la place des Lices. Mais pour nos deux héros, pas de farniente! Alors que Sunny tente de percer le secret de La Violette, du nom d'une chanteuse de l'entre-deux-guerres au sombre destin, Mac, lui, va mettre au jour un ignoble trafic d'art. Heureusement, le soleil provençal n'a pas son pareil pour réchauffer les cœurs et adoucir les mœurs.


- Un mariage en héritage
de Ayelet Waldman
Éditions Robert Laffont / Juin 2011


Voilà dix ans que John et Rebecca s'aiment, dix ans que Rebecca vient en vacances à Red Hook, ville côtière du Maine ou John habite. C'est aujourd'hui le grand jour, le mariage a été méticuleusement préparé, le buffet est prêt. On attend les mariés qui n'arriveront pas, leur limousine a terminé sa course dans un fossé. Ils sont morts sur le coup. Tout oppose les familles des mariés. John et ses deux frères ont été élevés à la dure par une mère femme de ménage à Red Hook. Les parents de la mariée, universitaires new-yorkais, viennent depuis toujours dans la charmante station balnéaire pour les vacances. Le drame va unir les destins de ces deux familles. Parents, frères et sœurs vont tenter chacun à leur manière de surmonter le deuil, année après année. Jusqu'à doucement retrouver, ensemble ou séparément, une nouvelle forme d'harmonie.


- Une anglaise à bicyclette
de Didier Decoin
Éditions Stock / Juin 2011


Tout commence par un massacre d'Indiens en décembre 1890 dans le Dakota du Sud. Jayson Flannery, un photographe anglais veuf de son état, recueille une petite fille de trois ans dont la mère a été victime du massacre. Il songe bien sûr à confier Emily à un orphelinat, s'apprête à reprendre son paquebot pour l'Angleterre, mais il ne repartira pas seul et décide d'enlever la petite Emily aux sœurs qui l'ont prise en charge. On les retrouve tous les deux dans un manoir du Yorkshire où Jayson a toujours vécu. Emily grandit, va à l'école, apprend à lire. Tous dans le village se posent mille questions à son sujet. Jayson l'a-t-il adoptée, kidnappée? Viendra-t-on un jour la chercher? Un policier mène son enquête, s'obstine et s'entête à rechercher les véritables origines d'Emily. Jayson comprend bientôt que, s'il veut donner une véritable identité à son Indienne d'Emily et donc des papiers et donc une appartenance sociale, il n'a d'autre choix que celui de l'épouser. Le mariage sera grandiose et mettra fin à la suspicion de tous, y compris celle du policier. Emily rêvait d'un cheval, dans sa corbeille de noces elle trouve une bicyclette. Jayson ne pouvait imaginer que ce cadeau de mariage allait changer la destinée d'Emily. Elle commence par rouler pendant des heures, puis pendant des jours, puis pendant des nuits. Au terme de ses randonnées, elle fait une découverte spectaculaire: deux fillettes de quatorze et seize ans dans un village lointain prétendent fréquenter des fées au bord d'une rivière. Tout le monde a envie de les croire, Emily la première. Le père des jeunes filles, lui aussi photographe, demande à ses enfants de photographier la preuve de ce qu'elles avancent. Les fillettes s'exécutent et rapportent cinq clichés stupéfiants. Le village où a grandi Emily avait des doutes sur sa véritable identité, l'Angleterre toute entière va se diviser en croyants et non-croyants de l'existence des fées. Dans cette Angleterre qui entre dans les années folles de l'après-Première Guerre mondiale vieillit Sir Conan Doyle, qui se console et se passionne jusqu'à l'obsession pour le spiritisme. Cette fabuleuse histoire de fées tombe si bien dans sa vie. Il y croira dur comme fer, en fera son dernier combat et entraînera Emily dans la protection de la vérité et des mensonges des petites filles. Hélas, il y a toujours une vérité, aussi parfois vaut-il mieux la taire.


- Vacances avec papa
de Dora Heldt
Éditions L'Archipel / Juin 2011


"- C'est juste pour deux petites semaines.
Dès le début de la conversation téléphonique, une boule d'appréhension me nouait l'estomac.
Et puis c'est ton père, après tout, reprit ma mère. N'importe quelle fillette se réjouirait d'une telle nouvelle.
- Maman, qu'est-ce que tu entends par fillette? Dois-je te rappeler que j'ai 45 ans".
Christine s'apprête à partir en vacances sur l'île Norderney (en Frise orientale, au nord de l'Allemagne) pour aider son amie Marleen à rénover sa pension de famille. Mais sa mère, qui doit se faire opérer du genou, lui demande d'emmener avec elle son père. Problème: Christine a 45 ans, son père 73, et surtout il est du genre à se mêler de tout. Il donne son avis à tout moment, critique l'aménagement de la pension, apostrophe sans cesse les autres vacanciers. Et puis il s'est aussi mis en tête que le jeune homme qui plaît à sa fille n'est tout simplement qu'un "escroc au mariage". Bonnes vacances, Christine.


- Venir au monde
de Margaret Mazzantini
Éditions 10-18 / Juin 2011


À Rome, un matin de 2008, Gemma quitte sa vie ordinaire et s'envole avec son fils pour Sarajevo où il est né seize ans plus tôt. Ce voyage à la recherche des origines est aussi l'occasion pour elle d'affronter le passé: Sarajevo sous les bombes, une histoire d'amour impossible, et sa quête éperdue pour devenir mère dans une ville assiégée, ou la tragédie guette à tout instant.


- Alzheimer mon amour
de Cécile Huguenin
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mai 2011


Au cœur du naufrage, continuer d'aimer. Comment faire le deuil d'un couple alors que l'être aimé est encore en vie? Il y a d'abord eu les premiers signes, les mots qui s'emmêlent, les souvenirs qui s'étiolent. Puis le diagnostic. Mais pour Cécile et Daniel, unis par une vie de bonheur de plus de trente ans, l'amour est plus fort que la peur. Magnifique hommage qu'une épouse attentive et inquiète rend à son mari, ce récit donne la voix aux patients, mais également aux soignants et aux proches. Car cette maladie affecte l'entourage: face à la détresse, à la solitude, à la crainte de la perte, les accompagnants doivent aussi être soulagés. Alzheimer mon amour, étonnant travail de reconstruction, est un témoignage bouleversant, mais apaisé, qui chante extraordinairement la vie, et fait progresser le regard de chacun. Préface du professeur Jean-François Mattei, président de la Croix-Rouge française.


- Autour du monde avec tante Mame
de Patrick Dennis
Éditions Flammarion / Mai 2011


Femme émancipée, imprévisible, pleine de fantaisie, Tante Mame a enlevé son petit-neveu et entrepris de parcourir le monde en sa compagnie. Le vieux continent, dont elle n'ignore rien des usages, sera un théâtre à sa démesure. Ainsi sera-t-elle meneuse de revue aux Folies Bergères, châtelaine cernée par les nazis en Autriche, victime d'un gigolo sur la côte basque, menacée par les fascistes à Venise, prisonnière d'un kolkhoze en Russie. À ses côtés, on retrouve son neveu Patrick et sa meilleure amie, la légendaire et non moins riche actrice Vera Charles, ainsi qu'une loufoque bande d'originaux, d'expatriés et de play-boys. Nouveaux adeptes et fans de longue date se délecteront de ce second volet des frasques toujours plus extravagantes de la célèbre globe trotteuse. Subtil, insolent et furieusement drôle, Tante Mame n'a pas pris une ride et son tour du monde reste toujours aussi irrésistible.


- Betty et ses filles
de Cathleen Schine
Éditions Phébus / Mai 2011


Que faire quand vous avez soixante-quinze ans et que votre mari parle soudain de "différences incompatibles" puis demande le divorce après cinquante ans de mariage? Désespérée, Betty Weissmann se réfugie à Westport, dans le Connecticut, dans un cottage au bord de la mer. Bientôt ses deux filles l'y rejoignent. Agent littéraire à succès, Miranda est tombée en disgrâce après plusieurs scandales retentissants. Quant à Annie, divorcée et mère de deux grands enfants, elle peine à joindre les deux bouts. Mais bientôt l'amour ressurgit dans la vie des deux sœurs. Betty et ses filles est un texte tout en délicatesse et en drôlerie, qui brasse d'une manière percutante intrigues amoureuses et scènes crépusculaires.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 14:48

- Blue Gene
de Joey Goebel
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mai 2011


Quelque part au fin fond des États-Unis, Blue Gene, 27 ans, tatouages, coupe mulet, tongs noires et chaussettes blanches, gagne sa croûte en vendant ses jouets au marché aux puces. Un brin rebelle, joyeusement immature, cet excentrique n'est autre que le mouton noir de la dynastie Mapother. Lorsque ces magnats du tabac décident de réaliser un rêve et de briguer le Congrès, leur loser de fils est appelé à la rescousse: avec dans leur camp ce fervent patriote, fana de catch et de bière, ces conservateurs bon teint empocheront les voix du peuple, à coup sûr. Cruelle sans être violente, cette comédie politique est l'expression de la contre-culture enjouée.


- Demain est une autre vie
de Thierry Serfaty
Éditions Albin Michel / Mai 2011


Jamie Byrne, au volant de sa voiture sous une pluie battante, vient de griller un feu rouge, et freine trop tard. Le choc est mortel. En quelques secondes, il voit sa vie défiler devant lui: son seul regret, ne pas avoir su quitter à temps la femme qui ne l'aime plus et lui a toujours refusé les enfants dont il rêvait. Jamie s'éveille en sursaut et regarde autour de lui. Il est vivant, dans sa maison, et sa voiture est intacte. Une sublime jeune femme l'enlace et l'embrasse tendrement, deux jeunes garçons lui sautent au cou. Jamie est incapable de prononcer un mot et pour cause: cette femme merveilleuse et ces enfants, il ne les a jamais vus. Est-ce son rêve qui s'accomplit ou bien son cauchemar qui commence? Au bout d'un suspense mené à un rythme infernal, Jamie Byrne saura ce que sa quête lui réserve: la destruction finale, ou l'amour ultime.


- Deux sœurs
de Madeleine Chapsal
Éditions Fayard / Mai 2011


Sara voue à sa sœur aînée une jalousie terrifiante qui la pousse à la calomnie et à la violence. "Pourtant nous nous aimions tant quand nous étions enfant", s'afflige Emma qui ne comprend pas pourquoi sa petite sœur, devenue sa pire ennemie, s'acharne à la détruire. Longtemps elle va espérer la désarmer par un excès de patience et de générosité, mais rien n'y fait: plus elle lui cède plus sa sœur s'enflamme. C'est au décès de leur mère puis de leur père que Sara achève d'exploser: au mépris de la loi et même du bon sens, elle commet l'impensable pour arriver à dépouiller sa sœur, quitte à en pâtir elle-même. Bien des familles se déchirent ainsi au moment des héritages, par jalousie fraternelle plus encore que par appât du gain: elles ne peuvent que se reconnaître dans ce nouveau roman de Madeleine Chapsal, si juste qu'il en paraît vrai.


- Faute d'identité
de Michka Assayas
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2011


"En novembre 2009, j'ai vécu une expérience qu'ont déjà connue des centaines de milliers de nos concitoyens. Français depuis toujours, je me suis vu refuser le renouvellement de mon passeport. Incapable de fournir les documents prouvant la nationalité de mes parents, français de longue date mais nés à l'étranger, j'ai été expédié par l'administration dans un no man's land juridique. Je me suis retrouvé dans la peau d'un Français précaire, avec un droit de voyager restreint. Cette expérience m'a transformé. Comme tout le monde, j'ai une histoire familiale. Je n'avais pas imaginé qu'un jour elle me vaudrait des ennuis. On me demande comment je suis devenu français. Eh bien, je réponds à ma façon. Mon père, modeste figure de la France libre, cinéaste reconnu dans les années 1950, issu d'une famille juive laïque et francophone, était milanais. Ma mère, réfugiée hongroise, chassée de son pays par la guerre, dessinatrice de mode, venait d'un milieu calviniste de Budapest. Je me suis rendu compte que le lien qui m'a uni à mes parents, à leur histoire, à leur passé, à ce monde de la Seconde Guerre Mondiale dont ils sont issus, était bien plus fort que je ne pensais, et que mon rapport à leur passé m'a façonné. Je croyais échapper à mes origines, elles m'ont rattrapé. En me penchant sur mon enfance, je me suis aperçu que ces origines m'ont donné une identité à la fois forte et fragile, dont la survivance est aujourd'hui problématique. Ce livre est aussi pour moi l'occasion de célébrer un monde disparu, certes bâti sur les ruines et la destruction, mais libre, généreux, léger et confiant en l'avenir, bien plus que les temps obscurs que nous traversons".


- Femmes à rénover
de Mara Goyet et Sophie Giagnoni
Éditions Flammarion / Mai 2011


Bertrand, la soixantaine sonnée, rayonne à observer et aussi charmer ces jeunes mères de famille trop déprimées, trop désœuvrées, trop vieillissantes déjà, qui attendent sur le trottoir la sortie de l'école.


- Folie d'une femme séduite
de Susan Fromberg-Schaeffer
Éditions Belfond / Mai 2011


Ayant quitté sa ferme natale, Agnès Dempster découvre du haut de ses seize ans la vie citadine. Quand Frank Holt, tailleur de pierres de son état, fait irruption dans sa vie, elle s'en éprend sur le champ. Abandonnant travail, amis et même l'enfant qu'elle porte, elle se donne corps et âme à cet homme fruste qu'elle pare de toutes les couleurs du héros romantique et de l'artiste d'exception, jusqu'à perdre sa propre identité. Quand Frank, effrayé par cet amour suffocant, s'échappe dans les bras d'une autre, Agnès perd pied. Contrainte à un geste fatal, elle devra répondre de ses actes face à l'opinion publique et aux médecins de l'asile.


- Journal d'un parfumeur
de Jean-Claude Ellena
Éditions Sabine Wespieser / Mai 2011


"Pendant un an, j'ai tenu ce journal de façon assidue ou plus relâchée, décousue, sporadique, régulière, souhaitant partager quelque aperçu sur la vie d'un nez. J'imaginais que dans le désordre apparent de cette pensée ainsi exposée, au-delà des digressions ou des chemins de traverse, le lecteur entrant dans mes pas pouvait se construire une vision globale assez fidèle, significative, de ce qu'est la réalité d'un compositeur de parfums. Le fait est que beaucoup d'éléments de ma vie sont tendus vers cette forme d'expression particulière qu'est la composition d'un parfum. Mes pensées quotidiennes m'y ramènent souvent, en tout cas finissent toujours par y revenir, comme si j'étais tissé de cela. Les odeurs sont mes mots. Le maniement que j'en ai découle d'une logique, d'un instinct, d'un travail que je crois comparables à la démarche d'un écrivain lorsqu'il s'attelle à un livre. Je sais aussi que ce métier, parce qu'il est un art, est irréductible au langage et aux concepts. Avec ce journal, j'ai voulu simplement partager une expérience". J.-C. E.
Suivi d'un abrégé d'odeurs


- Juliet, Naked
de Nick Hornby
Éditions 10-18 / Mai 2011


À Gooleness, station balnéaire surannée, Annie se demande ce qu'elle a fait de sa vie... En couple avec Duncan, dont la passion pour Tucker Crowe, un ex-chanteur des eighties, commence sérieusement à l'agacer, elle s'apprête à faire sa révolution. La crise de la quarantaine perçue avec verve et punch, par un Nick Hornby au sommet de son art.


- L'ange aux ailes de cristal
de Dominique Rebourg
Éditions Flammarion / Mai 2011


À l'issue d'une éclatante tournée mondiale, Guillaume Bast, danseur étoile, quitte l'Opéra de Paris pour rejoindre la compagnie Pavel Niouchine. Sa beauté, son talent, sa personnalité envoûtante exercent sur son entourage une irrésistible attraction. Choyé par ses amis, aimé des femmes et des hommes, à la fois séducteur et solitaire, fort et fragile, il n'en est pas moins tout entier concentré sur son ego. Dans sa vie, il n'y a de place que pour la danse. Lorsqu'il apprend qu'il est atteint d'une tumeur cérébrale maligne, il décide de continuer à danser et de garder son secret pour lui seul. Tandis que la maladie altère son caractère et désarme ses intimes qui ne le reconnaissent plus, il s'enferre dans ce paradoxe: danser pour ne pas mourir, tout en sachant que danser le tuera. Jusqu'où va le conduire cette soif d'absolu qui ne le quitte pas depuis l'enfance? Saura-t-il enfin s'ouvrir au monde? En nous immergeant dans les secrets de la danse de haut niveau, Dominique Rebourg donne vie à un être d'un rayonnement inouï.


- L'étoile de Strindberg
de Jan Wallentin
Éditions Fleuve Noir / Mai 2011


Le corps d'un homme est retrouvé au fond d'une mine inondée de Suède, dans un état de conservation exceptionnel. Invité sur un plateau de télévision, Erik Hall, le plongeur à l'origine de cette découverte, rencontre Don Titelman, un historien taciturne, spécialisé dans les mythes et symboles occultes. À l'abri des oreilles indiscrètes, Hall lui confie que le cadavre de la mine tenait une croix qu'il a conservée en secret. Il n'a aucune idée de ce qu'il vient d'exhumer. Ni de la tempête que cela va déclencher. Associée à une étoile, cette croix constitue la clé d'un mystère extraordinaire. Et pour le percer à jour, nombreux sont prêts à risquer leur vie. Ou se cache cette étoile? De quel mystère est-il question? Et surtout, pourquoi Titelman, étranger à tout cela, se voit-il précipité malgré lui dans une traque frénétique et meurtrière? Tout en revisitant les événements les plus bouleversants de ces cent dernières années, Jan Wallentin nous plonge dans une aventure à couper le souffle. À bord d'un train de fret sillonnant l'Europe ou d'un brise-glace en partance de Mourmansk, lors de l'expédition au pôle Nord d'Andrée et Strindberg ou au cœur de la folie nazie à Wewelsburg, il nous embarque dans une quête effrénée et fascinante.


- L'homme qui haïssait les femmes
de Élise Fontenaille
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2011


"Le 6 décembre 1989, à Montréal, un jeune homme entre dans une salle de cours de l'école Polytechnique, célèbre école d'ingénieur québécoise, sort un fusil de son sac, force les garçons à se regrouper, et exige qu'ils sortent de la salle.
Resté seul avec les étudiantes, il leur dit:
- Vous faites des études scientifiques, vous allez être ingénieurs, vous êtes des féministes, je hais les féministes.
Une jeune femme tente de s'interposer, il l'abat, puis tire sur les huit autres, quitte la salle en les laissant pour mortes, et, dans les couloirs de l'école, il poursuit son carnage, ne visant que des femmes. Au total, il en tuera quatorze, avant de se faire sauter la cervelle. Il laisse une lettre où il revendique son geste par haine des féministes, qui, dit-il, lui ont gâché la vie. Cet homme a existé. J'ai choisi dans ce livre de l'appeler Gabriel Lacroix. C'est son parcours que je retrace, celui d'un enfant martyrisé par un père ultra-violent d'origine maghrébine, lui-même torturé pendant la guerre d'Algérie. Vingt ans après sa mort, Gabriel Lacroix est devenu une icône des masculinistes québécois. C'est donc l'histoire du meurtrier, de la tuerie, et son retentissement au Québec que je raconte dans L'Homme qui Haïssait les Femmes. Portrait d'un enfant brûlé, et d'une société qui, en moins d'une génération, est passée d'un catholicisme tout puissant à un féminisme triomphant, non sans heurts".


- La liseuse d'icônes
de Nicole Calfan
Éditions L'Archipel / Mai 2011


Paulette, grande gigue rousse de 13 ans, vit à La Rochelle où elle travaille, sur le port, en plein air, dans la crêperie de sa mère. Au même moment à Athènes, Théodora, petite fille gâtée par son père, vit une enfance dorée, mais troublée par la fragilité d'une mère ombrageuse et taciturne. Dix ans plus tard, Paulette est devenue nourrice. Théodora, elle, habite seule dans le grand appartement où son père l'a installée à Paris, après le mystérieux suicide de sa mère. Devenue artiste, Théodora "écrit" (peint), et "lit" des icônes. En proie à une grande solitude, elle décide de prendre une gouvernante. C'est ainsi que Paulette entre dans sa vie. Une rencontre qui va tout changer.


- La modiste
de Andréa Vitali
Éditions Buchet Chastel / Mai 2011


Ce soir-là, Firmato Bicicli, le gardien de nuit de la mairie de Bellano, parti fêter au bar son anniversaire de manière un peu trop arrosée, oublie de prendre son poste. Des voleurs en profitent pour s'introduire dans l'édifice. Même si rien n'a été volé, le mal est fait. Atteint dans son honneur, Firmato n'a dès lors qu'une obsession, la vengeance. Les curieux se pressent devant l'hôtel de ville. Carmine Accadi, le chef des carabiniers sicilien, un rien bellâtre, muté depuis peu sur les bords du lac de Côme est sur les dents. Mais quand la belle Anna Montani s'approche à son tour, il n'a d'yeux que pour la grâce de ses courbes pleines. C'est qu'elle l'obsède la magnifique modiste dont chaque pas exhale une sensualité digne d'une star de cinéma telle que Silvana Mangano. Il n'est d'ailleurs pas le seul à être tourmenté par le désir, tous les hommes lui tournent autour, à la Montani, depuis la disparition de son mari, Ezio, parti à la guerre. En réalité, Anna Montani n'attend qu'une chose, que son veuvage soit officialisé pour convoler avec Romeo Gargassa, un voleur ayant amassé une fortune douteuse pendant la guerre, et qui doit servir à lui offrir le bel atelier dont elle rêve. Est-elle à ce point fourbe, notre ambitieuse modiste ou simplement légèrement ingénue? Et Ezio, est-il bien mort ou a-t-il déserté?


- La parole perdue
de Violette Cabesos et Frédéric Lenoir
Éditions Albin Michel / Mai 2011


La basilique de Vézelay: une des plus anciennes églises dédiées à Marie-Madeleine, la pécheresse des Évangiles. Dans ce haut lieu de la chrétienté, Johanna, archéologue médiéviste, tente d'établir la vérité sur les origines controversées du culte de la sainte. Mais la sérénité de la jeune femme est rapidement troublée par une série de meurtres sur le chantier d'un de ses collègues à Pompéi et l'étrange maladie de sa petite fille, qui semble inexplicablement liée à ces crimes. Prête à tout pour la sauver, Johanna se lance alors dans une enquête périlleuse, dont la clé pourrait bien être l'un des plus grands secrets de l'humanité: la mystérieuse phrase tracée par Jésus sur le sable aux pieds de la femme adultère, la seule qu'il ait jamais écrite.


- La place aux autres
de Philippe Mouche
Éditions Gaïa / Mai 2011


Une ville, avec des caméras de surveillance à tous les coins de rue. Tristan, ancien élu fatigué de politique, décide de partir à la recherche du Présent. Le Présent se trouve peut-être dans les mots de ces réfugiés climatiques avec qui il partage sa maison, sous la protection du Sous-Commandant, un chat pas très domestique. Ou bien dans cet hypermarché où une Inconnue règle l'unique achat de Tristan: une boîte de petits pois. Comment retrouver l'Inconnue? Combien y a-t-il de petits pois dans la boîte? Qui est Argus, l'internaute qui voit tout et sait tout? Les questions se multiplient dans une ville en effervescence. D'étranges tribus urbaines s'agitent et la révolte gronde dans un univers où nos existences mêmes sont en garde à vue, où tout ce que nous vivrons pourra être retenu contre nous. Comme courir tout nu sur la place aux autres.


- La veuve
de Gil Adamson
Éditions 10-18 / Mai 2011


La Veuve, western au féminin dans les grands espaces. Épique, poétique, initiatique, un premier roman à couper le souffle. Canada, 1903. Mary Bolton, 19 ans et "veuve par sa faute", fuit à travers la forêt pour échapper à ses poursuivants.


- Le choix de Goldie
de Roopa Farooki
Éditions Gaïa / Mai 2011


À treize ans, Shona craque pour Parvez dès la première œillade. Follement amoureux et inconscients, les jeunes amants fuient le Pakistan pour voler de leurs propres ailes, à Londres. Passés l'exaltation d'un nouveau départ et les joies de la vie d'une famille qui s'agrandit, Shona se sent rattrapée par son passé. À l'image de sa mère, elle construit sa vie sur des mensonges, se risque à mener une double-vie, jusqu'au jour où les secrets deviennent trop lourds à porter. Même la vitalité de ses jumeaux adolescents, Omar qui brille dans les études, et Sharif qui tombe les filles, ne suffit plus à compenser les non-dits accumulés au fil des années, des générations. Mais peut-on revenir sur un tel héritage? L'amour sera-t-il assez fort pour vaincre les erreurs du passé?


- Le dernier lion de Castelnau
de Alain Casabona
Éditions Calmann Lévy / Mai 2011


Dans une vieille bastide du sud de la France, Sigi, compositeur célèbre et désabusé, cherche l'inspiration pour sa prochaine œuvre, Orphée. Mais cette nuit-là, une agitation inhabituelle règne, une rumeur, un trouble sans origine décelable, qui intriguent le musicien et le poussent à sortir. Dans la pénombre du jardin envahi par la végétation, il se retrouve face à un étrange visiteur surgi de son passé, qui l'entraîne vers une découverte magique.


- Le dîner
de Herman Koch
Éditions Belfond / Mai 2011


Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant branché d'Amsterdam.
Hors-d'œuvre: le maître d'hôtel s'affaire.
Plat principal: on parle de tout, des films à l'affiche, des vacances en Dordogne.
Dessert: on évite soigneusement le véritable enjeu du dîner, les enfants.
Car leurs fils respectifs ont commis un acte d'une violence inouïe.
Un café, un digestif, l'addition.
Reste la question: jusqu'où irions-nous pour préserver nos enfants?


- Le mensonge de Dieu
de Mohamed Benchicou
Éditions Michalon / Mai 2011


Aurai-je la force de tout écrire? Je suis le mendiant du cimetière et j'avais cette histoire pour les hommes. Mais Double-Goulot est mort et il n'est plus personne à qui la raconter. Personne si ce n'est toi, mon vin. Oui, qui écouterait mon récit sans rougir de sa propre capitulation? Alger, décembre 2007. Poursuivis par les services secrets algériens, les petits-enfants du mendiant ont emporté son précieux journal avant de fuir la ville exsangue. À sa lecture ressurgissent leurs souvenirs, éclairés par la voix du miséreux venu leur conter l'odyssée extraordinaire de leurs ancêtres, épris, tout comme eux, de liberté et de justice. Dans cette grande fresque romanesque, Mohamed Benchicou retrace les destins croisés d'une famille de combattants indigènes, insoumis et séducteurs. D'une plume vibrante et sensuelle, il nous entraîne sur les traces du peuple algérien de 1870 à nos jours. Un livre-prière, poétique et musical, mêlant toutes les passions humaines. Un texte engagé contre l'obscurantisme, porté par un souffle épique et une puissante énergie lyrique.


- Le piano de ma mère
de Yann Queffélec
Éditions L'Archipel / Mai 2011


"Je m'appelle Yann Queffélec et je suis né le 4 septembre 1949, à Paris XVe. Sous X. Père et mère inconnus. Inexact? En effet. Toujours cette fichue tendance à broder, à romancer... Je m'appelle Yann Queffélec. J'ai appris à mentir très jeune, encouragé par mon père, homme droit qui plaçait le mensonge au rang de vice, le plus noir de tous. Il avait les yeux bleus, d'un bleu vertigineux, comme l'horizon marin. Il me regardait et je n'avais rien dit qu'il me murmurait: menteur! Étonnez-vous qu'après je sois devenu romancier. Ces mémoires vont donc retracer la relation houleuse, et souvent tourmentée, que j'ai toujours eue avec mon père, l'homme que j'ai le plus aimé, admiré, craint, et qui voulait me faire plier sous sa loi. Ils vont aussi raconter le déclin familial des Queffélec, des gens contradictoires, aussi modestes que prétentieux, aussi discrets qu'arrogants, timides, mais ne doutant pas d'appartenir à une catégorie supérieure". Le premier tome de ce récit autobiographique couvre les deux premières décennies de l'auteur, s'achevant sur la mort de sa mère, en 1969.


- Le plaisir ne saurait attendre
de Tishani Doshi
Éditions Buchet Chastel / Mai 2011


Madras. Août 1968. Avec ses dents éclatantes et ses cheveux bouclés, Babo est le fils aîné de la famille Patel, et le premier à prendre l'avion. Mais il décolle pour Londres, afin d'y compléter ses études, accablé d'interdits par ses parents jains: ni femme, ni alcool, ni viande. Trois mois après son arrivée, ses résolutions sont balayées, en un coup de foudre, par la minijupe blanche et le ruban rouge dans la chevelure auburn de Sian Jones, une libre et saisissante Galloise. Balayé aussi son mariage arrangé par ses parents en Inde avec Falguni. Des larmes, des plaisirs et des années plus tard, Bean et Mayuri, les filles de Sian et Babo, jouent en riant derrière le portail orange et noir de leur maison de Madras. Et tandis que les Beatles composent Hey Jude, que le prince Charles et Diana s'aiment puis se déchirent, qu'Indira Gandhi tombe sous les balles de la vengeance sikhe et que Madras devient Chennai, une famille indo-galloise joue la partition tour à tour tendre et tragique d'une vie métissée en Inde. Inspirée par l'histoire d'amour de ses parents, Tishani Doshi nous invite avec lyrisme et poésie à suivre le destin attachant d'un clan chamarré qui reste heureusement guidé par Ba, la sage et philosophe aïeule entourée de plumes de paon et de lézards rouges.


- Les corneilles blanches
de Robert Arnaut
Éditions Cherche Midi / Mai 2011


Au siècle dernier, Guilhem, l'aîné des Artigaux, renonçant à son droit d'aînesse, est parti pour les Amériques. Du même coup, il a trahi son clan qui le tient pour mort. Le chef de ce clan, le vieux Yusep, est le gardien de la tradition, rude dans ces hautes vallées pyrénéennes. Après le départ de Guilhem, c'est Pierre, le cadet, qui devient "majoral" et futur chef du clan. Il épousera Jeannette, qui était promise à son frère, l'automne venu. Tous ces beaux projets vont être bouleversés par le retour de Guilhem.


- Les nouveaux contes de la cité perdue
de Richard Bohringer
Éditions Flammarion / Mai 2011


Des personnages attachants et magnifiques se retrouvent au comptoir d'Au bout du monde, le bar de la 300e Rue où se croisent ceux qui voudraient que la vie les fasse encore rêver. Il y a là John, marié deux fois et deux fois abandonné. Ce n'est pas son vrai prénom mais certains soirs il préfère s'appeler John pour voir si ça fait revenir l'amour. Il y rencontre Solange qui vit sans sexe et sans petit ami. Sauf lorsqu'elle devient Betty, Betty qui aime l'amour et les hommes. Avec Paulo, ils ont en commun un immense savoir de l'ivresse, un dégoût du monde voué au culte de l'argent, bouffi d'orgueil et de préjugés. Ensemble, ils vont prendre la route pour conquérir de nouveaux territoires à l'abri des vanités et des malveillances de l'ancien monde. Richard Bohringer nous livre peut-être son texte le plus intime et le plus engagé. Il y parle des hommes tels qu'ils sont et tels qu'ils voudraient être, il n'a jamais autant décrit le monde d'aujourd'hui ni autant éclairé les pistes que nous donnent à voir les provocateurs et leurs lumières.


- Longtemps, j'ai rêvé d'elle
de Thierry Cohen
Éditions Flammarion / Mai 2011


Jonas, homme seul, réservé et intègre, auteur sous le pseudonyme de Raphaël Scali, libraire amoureux d'une cliente, et Lior, femme seule et romantique, lectrice amoureuse de Raphaël Scali, cliente d'un libraire: une histoire d'amour vue des deux côtés.


- Mary Ann en automne
de Armistead Maupin
Éditions de l'Olivier / Mai 2011


Après vingt ans d'exil à New York, Mary Ann Singleton revient sur les lieux de sa jeunesse à San Francisco. Trompée par son mari, atteinte d'un cancer, elle a décidé de se battre pour changer de vie. Elle est hébergée par son ami de toujours, Michael Tolliver, et retrouve Anna Madrigal, la légende du 28, Barbary Lane, qui n'a rien perdu de son humour ni de son énergie.


- Méfiez-vous de la vierge
de André Boris
Éditions Flammarion / Mai 2011


Né(e) entre le 1er janvier et le 31 décembre, vous devriez prendre le temps de savourer une véritable comédie romantique avec des personnages à l'humour incisif, des rebondissements en cascade, un peu de sexe et beaucoup d'amour. Né(e) entre le 23 août et le 22 septembre, l'histoire de Charlotte Ropraz, diététicienne Vierge et méthodique, ressemble étrangement à la vôtre. Et si vous n'avez pas encore croisé de Jérémie Destal, comédien Lion et charismatique, vous ferez bientôt une rencontre décisive.


- Nous dormirons ensemble
de Pierre Lagier
Éditions Buchet Chastel / Mai 2011


Au seuil de la mort, un vieil homme demande à voir son petit-fils. Depuis des années, une véritable relation de tendresse existe entre eux. Leur complicité, qui n'a jamais eu besoin de longs discours, va prendre fin. Ce jour-là, dans un dernier souffle, le grand-père confie à son petit-fils une lettre qu'il devra apporter à une mystérieuse destinatrice. À quoi sert une telle mise en scène, si ce n'est à susciter la curiosité du messager? Obligé soudain de remonter les années, le narrateur va mettre à jour de lourds secrets et découvrir, avec bonheur, que les sentiments, comme les pathologies, sont transmissibles d'une génération à une autre. Sur le lit défait des non-dits, l'amour autrefois caché des aïeux va-t-il refleurir?


- Onde générale
de Jean Daive
Éditions Flammarion / Mai 2011


Un rêve inaugure ce livre: les eaux recouvrent toute la terre, un enfant s'avance en serrant dans ses bras un radiateur. Il faut comprendre qu'un fils porte son père et que la terreur l'assaille devant l'homme, les mots, sa propre voix. Il crie, il ne parle pas. Il se dématérialise. En marchant, il découvre son corps étagé. Il compte une, deux naissances. Celle de son père avant la sienne. Il éprouve un ordre et les logiques de cet ordre et ce qui vient, le monde de la Loi.


- Quand je te reverrai
de André Dhôtel
Éditions Phébus / Mai 2011


Seize nouvelles jamais réunies en recueil à ce jour, dispersées dans diverses revues entre 1942 et 1973, qui ont l'air de raconter seize fois la même histoire, et qui se donnent seize façons de nous égarer, de nous désespérer, pour mieux nous émerveiller. La même histoire… Un garçon rencontre une fille et la perd. Pourquoi s'insurger?… puisque le monde en son entier semble conspirer à le persuader que cette fille-là n'est pas pour lui. Mais qui saura jamais dire ce qui est pour nous, parmi l'énigmatique banalité de ce qui advient sous le ciel? Reste presque toujours au héros de l'affaire, en général un anti-héros de la bonne espèce, la simple promesse d'un regard, d'une chanson envolée, d'un silence bizarrement partagé, qui témoigne en secret que la vraie vie est autre: à la fois absente de partout et violemment présente en sa feinte invisibilité (dans les Ardennes, la famille de Dhôtel cousinait vaguement avec celle de Rimbaud). Peu importe dès lors l'issue bonne ou mauvaise de l'aventure. Peu importe même si celui ou celle que l'on s'est promis de revoir un jour revient trop tard ou ne revient pas du tout. L'essentiel, sans doute, est d'avoir aperçu, même le temps d'une seconde, la fêlure ouverte dans le mur obtus de ce que les gens sérieux appellent le réel, par quoi se fait brusquement jour une lumière incompréhensible, plus vraie que toute réalité prétendue, et si merveilleusement inutile qu'on est tenté de lui donner le beau nom, si inutile lui aussi, de vérité. Seize histoires qui n'ont l'air de rien, mais où il n'est pas interdit de s'attendre à tout.


- Serial Killers
de Stephane Bourgoin
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2011


Traduit dans le monde entier, cet ouvrage de référence, revu et augmenté pour la troisième fois est le résultat d'une trentaine d'années de recherches sur ces criminels qui tuent en série sans mobile évident, mais sous l'emprise de pulsions sexuelles le plus souvent, et qui commettent leurs forfaits en toute impunité pendant des mois, voire des années. Stéphane Bourgoin a pu s'entretenir avec plus d'une quarantaine de ces serials killers dans les prisons de haute sécurité du monde entier. Cannibales, comme Ottis Toole ou le pédophile sud-africain Stewart Wilken, psychotiques, tel Gary Heidnik, dont le cas inspire le personnage de Buffalo Bill dans Le Silence des agneaux, ou Richard Chase et James Riva, authentiques vampires modernes, femmes criminelles, comme Martha Beck ou Christine Falling, tueurs d'enfants à l'exemple de John Joubert et Albert Fish, nécrophiles et chasseurs de têtes, à l'image de Gerard Schaefer et Ed Kemper qui sert de modèle au Hannibal Lecter de Thomas Harris, étrangleurs de prostituées à la façon d'Arthur Shawcross, tous expriment les mêmes fantasmes sanglants, et une absence totale de remords. Grâce à de nombreux séjours à l'étranger (États-Unis, Afrique du Sud, Europe de l'Est...), l'auteur a pu rencontrer les agents spéciaux du FBI chargés d'étudier ces assassins hors norme, ainsi que des profilers du monde entier qui utilisent une approche psychologique et des bases de données informatiques pour résoudre les enquêtes. Leurs conclusions sont confrontées à l'avis des plus grands psychiatres dans le domaine.


- Se souvenir des jours heureux
de Vendela Vida
Éditions Albin Michel / Mai 2011


Veuve depuis peu, Yvonne, la cinquantaine, accepte l'invitation de ses enfants à une croisière en Méditerranée. Avant de retrouver les siens, elle a décidé de séjourner une semaine seule à Datça, sur la côte turque, où elle avait passé sa lune de miel vingt-huit ans auparavant, pour se replonger dans le souvenir des jours heureux. Ces souvenirs la perturbent plus qu'ils ne lui apportent de réconfort, et le séjour, avec son cortège de rencontres insolites, ne se déroule pas comme prévu. Il n'y a guère qu'avec Ahmet, petit pêcheur de coquillages qui ne parle pas un mot d'anglais, qu'Yvonne parvient à oublier ses soucis. Jusqu'à ce qu'un tragique accident vienne semer le chaos dans sa vie. Dans ce livre troublant et sensible, Vendela Vidaréussit un très beau portrait de femme. Sa prose détachée et sobre, sa finesse d'observation, restituent la grâce et les zones d'ombre des sentiments, et la quête intérieure qu'évoque le voyage.


- Tarabisco
de Frédérick Tristan
Éditions Fayard / Mai 2011


Un jeune homme reclus dans une maison promise à la démolition survit dans ses rêves. Lui apparaissent l'illustre Tarabisco, sa grand-mère défunte, cantatrice monstrueuse qui le hante et qu'en secret il vénère, son père, vendeur de bretelles et gérant sournois d'une maison close, sa mère guettant à jamais le retour de son premier amour, mort en mer. Pour se libérer de ses peurs et décrire ses fantasmes, il écrit un journal onirique dans lequel les morts et les souvenirs du passé l'assaillent. Comment retrouver parmi eux Eulalie Belladonna, image de l'enfance et de la femme idéale? À l'hôpital, un patient du nom de Jean-Arthur Quinquet se réveille. Amnésique, il a été retrouvé inanimé dans une cabane au fond des bois, avec une musette pleine de curieux dessins, et de fragments d'une étrange pièce de théâtre. Peu à peu, l'homme sans passé se souvient. Des images surnagent sur son inconscient tourmenté: celle de son père, grand raconteur d'histoires extraordinaires comme celle de Manuela l'Indienne ou de son aïeule Tarabisco; celle de sa mère qui lui préférait sa sœur Eulalie, dont il était follement amoureux; celle de ce fameux jour de la Fête Neu-Neu où il se retrouva enfermé dans le Tunnel de la mort. Commence un bras de fer avec le psychiatre. Et s'il feignait de ne pas se rappeler? Dans ce roman construit en deux parties, illustration vivante du dédoublement des schizophrènes, Frédérick Tristan embarque le lecteur dans un surprenant voyage des profondeurs de la psyché, souvent drôle, parfois tragique.


- Tu pourrais rater intégralement ta vie
de Toni Jordan
Éditions 10-18 / Mai 2011


Grace compte tout. Les bananes du supermarché, ses pas, les poils de sa brosse à dents. Sa folie douce lui a valu d'être renvoyée, et côté cœur, c'est le néant. Quand Seamus, un garçon tout à fait normal frappe à sa porte, Grace doit résoudre la nouvelle équation à une inconnue: l'amour en cinq lettres.


- Un an autour de l'Océan Indien
de Antoine Calvino
Éditions Phébus / Mai 2011


Qui n'a jamais rêvé de larguer les amarres pour entamer un voyage au long cours? Antoine Calvino l'a fait. Il a suspendu ses activités le temps d'une année afin de découvrir, sac au dos et en solitaire, les pays du pourtour de l'océan Indien. Cap sur l'Inde, le Yémen, l'Éthiopie, le Somaliland, le Kenya, l'Ouganda, Dubaï, l'Iran, la Syrie, la Jordanie et Israël. Plus encore que les paysages, ce sont les rencontres qui l'intéressent. Logé dès que possible chez l'habitant, fraternisant avec les éternels ravers de Goa, les rastas d'Éthiopie, la jeunesse révoltée de Téhéran ou les pacifistes israéliens, ce trentenaire enthousiaste a réussi l'essentiel: voir ce que personne d'autre n'aurait vu, dire ce que lui seul pouvait raconter. La plume aussi vive que son pas, Antoine Calvino témoigne d'une réalité bien éloignée des idées reçues et transmet une irrépressible envie de bouger.


- Une histoire qui fait du bruit
de Françoise Laborde
Éditions Fayard / Mai 2011


Diane Allard a tout d'une femme comblée. Journaliste vedette à la télévision, elle présente les éditions du week-end et un magazine d'investigation. Mère d'une ado et d'un garçon autiste, elle a bataillé pour les élever seule, sans son premier amour, reporter de guerre, tué accidentellement en Irak. Mais Diane a trouvé avec Henri, son second mari, le réconfort chaleureux d'un haut fonctionnaire qui sait l'aimer et lui offrir la vie dont elle a toujours rêvé. À plus de 50 ans, à force de travail et d'obstination, elle a réussi sa carrière et sa vie de famille. Pourtant, elle va mettre en péril ce bel équilibre. L'émission qu'elle décide de consacrer aux trains de la déportation l'entraîne beaucoup plus loin qu'elle ne l'avait imaginé et elle se retrouve au centre d'une controverse politique et d'un séisme familial. Mise à pied, menacée de mort, la vie professionnelle, amoureuse et familiale de Diane va basculer. Elle doit affronter une nouvelle épreuve et non des moindres: rester fidèle à elle-même et garder le cap. Et si cette histoire qui fait du bruit allait lui permettre de trouver sa vérité? Entre comédie familiale et tragédie historique, Françoise Laborde dévoile aussi dans ce roman les ressorts de l'emballement médiatique et ses ravages.


- Une semaine avec ma mère
de William Sutcliffe
Éditions 10-18 / Mai 2011


Sans crier gare, Gilian, Carol et Helen débarquent chez leurs fils respectifs, trentenaires célibataires, bien trop distants à leur goût. Elles les ont supportés dix-huit ans, ils peuvent bien les héberger une semaine. Leur but, renouer les liens, à tout prix. Mais qui des mamans-poules ou des fils ingrats fera le plus de découvertes?


- American clichés
de Sophie Simon
Éditions JC Lattès / Avril 2011


Howard est un prodigieux chanteur d'opéra davantage reconnu par son chien que par sa femme. Debby est une midinette séduisante qui se cherche un mari parmi ses amis homosexuels. Ed et sa femme coulent des jours tranquilles jusqu'au soir où il renverse le fiancé de sa nièce. Mais on est en Amérique, et rien n'est jamais noir, rien n'est jamais perdu. Tout commence dans les années 1950, le mythe de l'American Dream est à son apogée. Les foyers sont coquets, les banlieues paisibles et familiales, les cow-boys ont les mains calleuses mais le cœur tendre, et les actrices, forcément blond platine, sont sexy et névrosées. D'autres nouvelles se situent de nos jours, les jeunes femmes prennent des amants tandis que leurs maris rêvent de beaux enfants blonds dans leur jolie banlieue. Les héros de ce recueil viennent des quatre coins des États-Unis. Ils ne vivent pas à la même époque, n'ont rien en commun, si ce n'est une réalité qui ne leur convient pas vraiment. On les rencontre à un moment crucial de leur vie. Là où quelque chose, normalement, devrait changer la donne.


- Attentat à la mangue
de Mohammed Hanif
Éditions 10-18 / Avril 2011


Au Pakistan, après onze ans de règne, le général Zia ul Haq craint pour sa vie. Lui qui chaque jour aime interroger le Coran comme on consulte un horoscope, pourra-t-il faire le lien avec le vol d'un avion militaire, un sous-officier en mal de vengeance, le secrétaire du syndicat des balayeurs, et un corbeau trop gourmand de mangues? Quand l'histoire est en marche, il faut la regarder parader.


- Ces messieurs-dames de la famille
de Jean-Pierre Coffe
Éditions Plon / Avril 2011


Comment présenter à des amis les membres de sa famille qui n'en sont pas toujours? Ces parents proches, lointains, imaginaires ont eu des vies souvent inattendues, inavouables pour certains, mais leurs attitudes, leurs angoisses peuvent nous amuser ou nous émouvoir. Il y a chez Jean-Pierre Coffe tout à la fois un désenchantement pour ce qui concerne l'homme dans son absolue médiocrité et un incommensurable amour de la vie. Il tente ainsi l'impossible qui est de vouloir greffer un peu de bonheur sur beaucoup de misère quotidienne.


- Comment je suis devenu Jacques Brel
de Jean-Hugues Lime
Éditions Cherche Midi / Avril 2011


Le mythe éternel de Don Quichotte et Sancho Pansa revisité, transposé au pays de la saucisse, c'est-à-dire à Morteau même, puis ailleurs, dans d'autres endroits encore plus improbables. Sous les auspices tutélaires du fantôme de Jacques Brel, gardien des belles et bonnes âmes qui jamais ne les abandonne, Jacky Stark, un artiste mythomane itinérant, et Marcel Penchat, un marchand de saucisses AOC, s'en vont par les routes, à la découverte de l'amitié, de l'amour, du monde, de leurs rêves et de leur destin. Ils se cognent au réel, à la bêtise, au froid, à la neige, au désert, au silence. Ils bravent les foudres. Vont, viennent, se cassent la gueule et triomphent. On retrouve, dans ce roman cocasse et émouvant à la fois, l'atmosphère des grandes chansons de Brel. Jacky et Marcel sont "beaux et cons", en quête de Mathilde et de Madeleine folles et accortes. Le temps d'oublier le dernier verre pour la route.


- Cuisine et correspondance
de Andréa Israel et Nancy Garfinkel
Éditions Fleuve Noir / Avril 2011


Une amitié en 82 recettes. Lilly et Val, c'est un peu le jour et la nuit, et pourtant les deux femmes sont amies depuis l'enfance. Leur point commun? Leur passion pour la cuisine. À l'âge de 7 ans, elles ont d'ailleurs fondé un petit club de recettes très fermé, qui n'a jamais compté qu'elles deux. Ensemble elles ont grandi, mûri, partageant tout, leurs craintes, leurs désirs, leurs secrets, leurs fous rires et leurs meilleures réalisations culinaires. Aujourd'hui, à 40 ans passés, alors qu'un stupide malentendu a mis fin à leur belle complicité, elles essaient timidement de renouer. Entre leurs premières lettres et leurs derniers e-mails, leurs plumes et leurs recettes se sont affinées. Au fil des pages, on se régale donc de leurs expériences de vie, et de leurs petits plats aux noms savoureux. Mais à mesure que les souvenirs refont surface, une découverte bouleversante manque de les séparer une nouvelle fois.


- Des adhésifs dans le monde moderne
de Marina Lewycka
Éditions Les Deux Terres / Avril 2011


Georgie a le moral en berne: son mari vient de la quitter et elle a pris du retard pour rendre ses articles à la revue Les Adhésifs dans le monde moderne. Mais quand elle rencontre Mrs Shapiro, une vieille émigrée juive excentrique qui fourrage dans sa benne à ordures, une solide amitié se noue. Peu après, Mrs Shapiro est admise à l'hôpital et Georgie, attachée à sa nouvelle amie, prend en charge sa grande bâtisse en ruine. Flanquée de sept chats malodorants, de trois artisans incompétents et de deux agents immobiliers véreux, elle découvre le passé de Mrs Shapiro et de sa maison. Elle se rend compte combien les êtres humains sont soumis aux lois chimiques de l'adhésion, et combien ils sont accrochés les uns aux autres par des liens qui se tissent tout au long de la vie.


- Doña Isabel
de Christel Mouchard
Éditions Robert Laffont / Avril 2011


En octobre 1769, Doña Isabel, une Créole du Pérou, a quitté son hacienda à la tête de trente et un porteurs pour ne plus jamais revenir. Elle s'est enfoncée dans la forêt d'Amazonie. Son but était de rejoindre son mari, qui se trouvait alors en Guyane, un mari français, Jean Godin des Odonais, qu'elle n'avait pas vu depuis vingt ans. Mais son expédition s'est perdue, et les voyageurs sont tous morts les uns après les autres dans des conditions atroces. Tous sauf Doña Isabel. Seule dans la forêt, elle a marché pendant près de deux semaines avant d'arriver à demi morte à la mission chrétienne d'Andoas. Comment a-t-elle pu survivre? Dans un salon parisien, M. de La Condamine, savant réputé et grand voyageur, contemporain de Voltaire et de Diderot, entend parler de cet incroyable et émouvant exploit. Mais lui, qui a bien connu Jean et Isabel Godin des Odonais, n'est pas dupe. Que se cache-t-il derrière cette histoire, si lisse, si romanesque en apparence? Pour tenter de le découvrir, le vieil homme entreprend un dernier voyage et une dernière enquête.


- Focus
de Arthur Miller
Éditions Robert Laffont / Avril 2011


Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, Laurent Newman est un New-Yorkais bon teint, descendant d'une famille anglaise dont les racines remontent au XIXe siècle. Il est cadre à la direction du personnel dans la même société depuis une quinzaine d'années. Un jour, il est réprimandé par son chef pour avoir engagé une secrétaire "à l'air juif", erreur qu'il impute à la mauvaise vue de Newman. Laurent achète donc sa première paire de lunettes. Celles-ci font ressortir son nez. Tout d'un coup sa vie bascule. On le prend pour un juif. Pressions, brimades, agressions, la spirale de la haine se met en place, Newman perd son travail et échappe de peu à un lynchage. D'autant qu'une sorte de "front" antisémite sévit dans son voisinage. Gertrude, sa femme, le pousse à adhérer au "front". Newman refuse. De fait, peu à peu, il s'identifie davantage aux victimes qu'aux agresseurs.


- Golgotha
de Carine Geerts
Éditions Brumerge / Avril 2011


Meryem Goldstein découvre à la mort de son père un précieux manuscrit. Celui-ci est écrit en araméen, et représenterait la véritable source écrite par l'évangéliste Marc sur la Passion du Christ, rédigé dans les jours qui suivirent la crucifixion. Gardienne des écritures, Meryem va devoir se méfier de tout le monde, et sans le savoir, elle partira à la rencontre des mystères de la vie et de la mort de Jésus. Si ce manuscrit se révèle véridique, c'est l'Église de Rome qui tremblera sur ses fondations.


- Grand amour
de Stéphane Carlier
Éditions Cherche Midi / Avril 2011


"Qu'est-ce qui vous empêche d'être dans ses bras?
- Les bras de qui?
- Ce garçon, ce sportif.
- Je ne le connais pas. Enfin, pas personnellement. Il a posé pour un calendrier, un de ces calendriers de rugbymen.
- Mais il vous touche, n'est-ce pas? Il vous plaît?
- Oui, il me... Oui.
- Il habite où?
- Il joue pour l'équipe d'Aurillac.
- Alors, qu'est-ce qui vous empêche d'aller le retrouver à Aurillac?"
À la suite d'une déception amoureuse, Agnès, traductrice de romans sentimentaux, quitte Paris sur un coup de tête. Direction l'Auvergne où se trouve l'homme de ses rêves, le demi de mêlée de l'équipe d'Aurillac qu'elle a vu nu dans un calendrier. Après le très remarqué Actrice en 2005, Stéphane Carlier signe une comédie remuante, élégante et sexy. Hommage décomplexé à la littérature sentimentale façon Barbara Cartland, Grand Amour est à la fois d'un romantisme éperdu et d'une irrésistible drôlerie.


- Heureux les fêlés...
Car ils laisseront passer la lumière
de Yvan Audouard
Éditions Nil / Avril 2011


Presque sept ans après la mort d'Yvan Audouard, ce petit livre nous fait réentendre sa voix. Les pensées qui constituent ce recueil représentent la quintessence de son talent et de son humour. Pour réunir les pensées, réflexions et aphorismes qui constituent Heureux les fêlés. Pendant deux ans, Françoise Audouard, la femme d'Yvan, a relu chacun des quelque quatre-vingts livres de la bibliographie de son mari: contes provençaux, essais polémiques, romans policiers, romans et autres livres de circonstance. De cette turbulente marmaille, elle a extrait les aphorismes, les phrases isolées, les lignes de dialogues qui étaient une de ses marques de fabrique et sa meilleure part. S'y sont ajoutés des "mots" recueillis de lui au cours des dernières semaines de sa vie. Yvan Audouard a toujours montré un goût pour la saillie, le mot d'esprit, le haïku à la Lutèce, l'à-peu-près, l'épigramme, tout ce qu'il y a de bref dans la littérature.


- Idylle avec chien qui se noie
de Michaël Köhlmeier
Éditions Jacqueline Chambon / Avril 2011


Deux hommes se promènent le long du Rhin, plongés dans une discussion sur la littérature. L'un est écrivain, l'autre son éditeur. On est au cœur de l'hiver, l'ancien bras du fleuve est gelé, pourtant le foehn souffle, annonciateur du printemps. De loin, les promeneurs aperçoivent soudain un grand chien noir qui court à leur rencontre sur la glace, mais elle cède sous son poids et il tombe à l'eau. Pendant que son ami part chercher du secours, l'écrivain rampe jusqu'au chien qui s'agrippe à sa manche. Très vite, il comprend qu'il risque de sombrer avec lui. Pourquoi ne renonce-t-il pas, pourquoi refuse-t-il, au mépris de sa vie, de laisser le dernier mot à la mort? Michaël Köhlmeier a perdu sa fille aînée après une chute mortelle en montagne. Comment la retrouver par l'écriture sans que sa mort devienne un objet littéraire, c'est tout l'enjeu de ce livre admirable.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 13:28

- Il ferait quoi Tarantino à ma place ?
de Géraldine Maillet
Éditions Flammarion / Avril 2011


Ce roman-réalité est une plongée dans l'univers cruel du septième art, avec ses codes, ses lâchetés, ses enthousiasmes, ses délires, ses impostures, ses sables mouvants. Entre les paillettes d'une avant-première et les résultats minables du box-office, après le parcours du combattant d'un montage financier, au milieu des mensonges et des chagrins, mon amour pour le cinéma survivra-t-il? Et le vôtre?


- L'enfant sauvage
de T. C. Boyle
Éditions Grasset & Fasquelle / Avril 2011


Un soir d'automne en 1797, dans le Languedoc, des chasseurs capturent un étrange garçon d'une dizaine d'années, errant nu dans la forêt, sale et hirsute. Toute la région est en émoi devant ce "prodige" sourd, muet et aussi dépourvu d'âme et de raison, semble-t-il, qu'un animal. Qui est cet "enfant sauvage", vivant défi au siècle des Lumières triomphant? Bientôt, les notables se l'arrachent, et il passe de main en main, objet de toutes les curiosités et de toutes les maltraitances. Promené d'auberges en orphelinats et d'estrades en salons mondains telle une bête de foire, il sera bientôt abandonné à son incurable sauvagerie, sauf par le jeune docteur Itard, de l'Institution des sourds-muets à Paris, persuadé que de cet "animal" il saura faire un homme. Des semaines, des mois, des années durant, l'enfant sauvage, rebaptisé Victor, va subir ainsi l'apprentissage de la civilisation. T. C. Boyle, fasciné depuis toujours par la frontière trouble entre l'animal et l'humain, semblait destiné à reprendre un jour à son compte la célèbre histoire vraie de Victor de l'Aveyron, magnifique et mythique sujet qui, entre autres, inspira l'un de ses plus beaux films à François Truffaut.


- L'île de tous les dangers
de Natasha Cooper
Éditions Belfond / Avril 2011


Karen Taylor, Londonienne spécialiste des troubles comportementaux, se penche sur le cas de Spike Falconer, un homme accusé d'avoir abattu toute une famille de sang-froid. Mais, alors qu'elle pense rencontrer un terrifiant psychopathe, Karen se retrouve face à un homme séduisant, calme et sûr de lui. Est-il réellement le monstre que chacun se plaît à lui dépeindre? Pour comprendre cet homme énigmatique, Karen va commencer à enquêter sur son passé et à sonder les habitants de l'île. Mais les mystères de Wight sont soigneusement gardés. Apparences trompeuses, traumatismes d'enfance, complots. Avec l'aide de l'inspecteur Trench et de Will, son fiancé, Karen se lance dans une dangereuse quête de vérité. Une quête qui l'obligera à affronter ses propres démons.


- L'inconnue
de Philippe Nonie
Éditions Calmann Lévy / Avril 2011


L'inconnue avait tout prévu, sauf une chose. Une nuit, une rencontre, une vie qui bascule. Celle d'Hubert, expatrié en Australie, trader accro au travail et quitté par sa femme huit mois plus tôt. Ce soir-là, une inconnue se présente à sa porte et lui annonce sa fin prochaine. Elle lui propose un étrange marché. Vingt ans plus tard, Céline part séjourner sur les plages landaises malgré les mauvais pressentiments de ses parents. Un voyage qui changera le cours de sa vie. Car bientôt, pour sauver l'homme qu'elle aime, la jeune fille devra percer un terrible secret familial, se confronter à l'impensable et partir dans une incroyable quête à la recherche de l'inconnue.


- L'odeur du figuier
de Simonetta Greggio
Éditions Flammarion / Avril 2011


Cinq histoires dont le point commun est une odeur de figuier sauvage, une senteur d'été, d'enfance, de nostalgie, un parfum de délicieuse mélancolie, comme une chanson qui ramènerait à une époque oubliée. Et cette odeur, suspendue sur la vie des personnages, est là pour leur rappeler que la joie est admissible et recevable, qu'elle est tout près, qu'il faut la respirer, y croire, la laisser planer et s'en envelopper.


- La ballade de l'impossible
de Haruki Murakami
Éditions Belfond / Avril 2011


Au cours d'un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles: "Norwegian Wood". Instantanément, il replonge dans le souvenir d'un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s'est suicidé. Kizuki avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux. Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il l'aime ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît.


- La Casati
de Camille de Peretti
Éditions Stock / Avril 2011


Née en 1881, la plus riche héritière d'Italie est morte en 1957, fouillant les poubelles de Londres. Luisa Amman, dite "La Casati", n'était pas belle, elle était spectaculaire. Brillante, exhibitionniste, fascinante, imprévisible et prenant l'extravagance très au sérieux, elle voulait "faire de sa vie une œuvre d'art". Muse de Gabriele d'Annunzio, Serge Diaghilev ou Léon Bakst, amie d'Isadora Duncan, d'Augustus John ou de Man Ray. Quelle curieuse injustice que l'une des femmes les plus portraiturées de l'Histoire, avec la Vierge Marie et Cléopâtre, soit si peu connue du grand public. Pour Camille de Peretti, écrire le roman de la marquise Casati, c'est aussi s'interroger sur la démarche du biographe (empathie ou duel?), tenter de se mettre à la place d'une autre, la faire parler d'entre les morts, recouper des suppositions. "Peu importe que la Casati ait ou non habité le Palazzo dei Leoni à Venise. Car c'est moi qui dormirai dans son lit". Au gré d'allers-retours audacieux entre sa propre histoire et celle de ce personnage hors du commun, l'auteur redonne vie et démesure à cette héroïne oubliée de la première moitié du XXe siècle qui a inspiré les plus grands artistes de son temps.


- La dame à la larme
de Claire Wolniewicz
Éditions Viviane Hamy / Avril 2011


Adam Volladier, le faussaire de génie que Claire Wolniewicz nous présentait dans Ubiquité est devenu un peintre reconnu. Il vit avec Rita et leur fils, Félix. Son œuvre picturale se déploie, grâce au soutien sans faille d'Émile Deltim, son fidèle galeriste. Cette harmonie se fracasse mystérieusement lorsque meurt sa grand-mère Joséphine: notre héros perd tout désir, nul sentiment ne l'anime, pas plus son amour pour Rita et Félix que son besoin vital de peindre. Son imaginaire s'est évanoui comme vapeur dans le ciel: ne subsiste que l'indifférence d'un être déserté par son âme.


- La dernière bagnarde
de Bernadette Pécassou-Camebrac
Éditions Flammarion / Avril 2011


En mai 1888, Marie Bartête, à l'âge de vingt ans, embarque sur le Ville de Saint-Nazaire. Elle ne le sait pas encore, mais elle ne reverra plus jamais sa terre de France. On l'envoie au bagne, en Guyane. Bien sûr, elle a été arrêtée plusieurs fois pour de petits délits, mais elle a connu la prison pour cela. Pourquoi maintenant l'expédie-t-on à l'autre bout du monde? Reléguée. La France ne veut plus d'elle. Sur le bateau, elle rencontre Louise, persuadée qu'on les emmène au paradis. Là-bas, on dit qu'il fait toujours beau et qu'elle se mariera. Mais l'illusion sera de courte durée. Le voyage de six semaines à fond de cale, les mauvais traitements et l'arrivée en terre inhospitalière achèvent de la convaincre que c'est bien l'enfer qui l'attend. Et que, malgré la bonne volonté de sœur Agnès et de Romain, jeune médecin de métropole, personne ne l'en sortira jamais. C'est le destin de cette prisonnière du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni que fait revivre ici Bernadette Pécassou-Camebrac. Elle met en scène d'une écriture énergique et sensible le sort tragique de ces femmes abandonnées de tous, que l'histoire a tout simplement oubliées.


- La fête du siècle
de Niccolò Ammaniti
Éditions Robert Laffont / Avril 2011


À l'occasion de la plus décadente fête du siècle, organisée par un magnat de l'immobilier, un écrivain narcissique en mal d'inspiration, bloqué depuis trois ans au chapitre deux de son nouveau roman, va croiser le chemin d'une minable secte satanique, baptisée "Les Enragés d'Abaddon" et décidée à sacrifier une chanteuse pop pour s'ériger sur l'autel de la célébrité. Au programme de la fête: un triple safari avec chasse au lion, au renard et au tigre, ou est convié tout ce que Rome peut compter en VIP. Chirurgiens plastique, acteurs, mannequins, avant-centres, journalistes s'y rendent, leur ego en bandoulière. Mais très vite la fable prend des allures apocalyptiques, et plus aucun des personnages n'est à la place ou il devrait être.


- La grande maison
de Nicole Krauss
Éditions de l'Olivier / Avril 2011


Que reste-t-il quand on a tout perdu? Nadia vit à New York. Son mari l'a quittée, son appartement est presque vide, les livres qu'elle écrit se vendent peu. À Londres, Arthur affronte la maladie de sa femme, Lotte. Il découvre qu'elle lui a caché une partie de son passé. Isabel, une américaine venue étudier à Oxford, rencontre un antiquaire qui mène une traque incessante pour retrouver les biens juifs confisqués par les Nazis. Au même moment, à Jérusalem, Aaron tente de se rapprocher de son fils, Dov, et lui adresse une lettre bouleversante. Exilés de leur propre vie, tous sont liés sans le savoir par un objet mystérieux, un bureau comportant dix-neuf tiroirs qui aurait appartenu à Federico Garcia Lorca.


- La joie en herbe
de Claude Vincent
Éditions Anne Carrière / Avril 2011


Par le plus grand des hasards, Maya, jeune chienne folle, sans compter dépensière d'amour, atterrit dans la vie d'un homme qui n'était vraiment pas fait pour la recevoir. Écrivain reconnu, critique littéraire, l'homme est secret et rigide, économe de sentiments, bardé de certitudes, d'indifférence sèche. Lui et son épouse, vieux couple poursuivant sans trop d'illusions la route ensemble, viennent d'acquérir une maison dans le sud de la France. Repères chamboulés, cet homme va voir se modifier son regard, prendre goût au rire, découvrir une tendresse et un émoi jusque-là ignorés. Maya l'introduisant en quelque sorte dans la communauté villageoise, les verrous cèdent, porte ouverte à cette part d'humanité plus simple que, les yeux fixés trop haut, il ne savait pas porter en lui. Une rencontre où se conjuguent la folie joyeuse de la bête et l'acquiescement passionné du maître.


- La mer noire
de Kéthévane Davrichewy
Éditions 10-18 / Avril 2011


À Paris, le jour de son anniversaire, Tamouna repense à la Georgie, ce pays qu'elle a dû fuir à quinze ans. À l'âge ou les souvenirs s'effritent, les siens sont restés intacts: son exil, la déchirure de sa famille, et ses amours manquées. Et tandis que passé et présent se rejoignent doucement, se dessine le portrait d'une femme toujours habitée par la joie et le désir, malgré les caprices de l'Histoire.


- La petite fille qui venait d'Alger
de Hubert Huertas
Éditions Presses De La Cité / Avril 2011


1997. Les parents de Sohane, une petite Algérienne de sept ans, sont massacrés par des terroristes. Désespéré, son grand-oncle Omar appelle au secours son ami d'enfance, Albert, et lui demande d'accueillir l'orpheline en France. Omar et Albert ont combattu ensemble pour l'indépendance de l'Algérie. Omar, devenu pamphlétaire et auteur de théâtre, est sévère avec son pays mais refuse de le quitter. Albert, lui, a connu le succès grâce à des ouvrages sur l'attitude la France pendant la décolonisation. En 2010, après un voyage à Alger, Sohane disparaît. Une fugue au bout du monde, c'est-à-dire en banlieue, à deux pas du périphérique. Pour la retrouver, ses parents adoptifs, Albert et Charlotte, et son grand-oncle accouru d'Alger, devront bousculer leurs habitudes et leurs idées reçues.


- La séquence exacte des gestes
de Fabio Geda
Éditions Gaïa / Avril 2011


Marta a douze ans et une vie qui n'est pas celle d'une petite fille, entre une mère alcoolique et un père souvent absent. Marta s'occupe de ses frères et sœur. Jusqu'au drame. Sa petite sœur se noie accidentellement, et la mère perd la garde des enfants. Corrado a seize ans et une obsession: trouver de l'argent pour organiser une grande fête à la sortie de prison de sa mère. Jeune rebelle, il flirte avec la délinquance. Marta et Corrado se rencontrent dans un foyer de Turin. Pour les éducateurs comme Ascanio: c'est un vrai sacerdoce de s'occuper de ces jeunes. Même s'il doute parfois, s'épanche sur son blog, et ne sait comment déclarer sa flamme à la douce Elisa. Comme si les adultes eux-mêmes avaient "perdu le mode d'emploi, indécis sur la séquence exacte des gestes qui permet de réduire la distance entre les êtres".


- Le continent perdu
de Harrisson Percy Fawcett
Éditions Flammarion / Avril 2011


Les huit expéditions de Percy Harrison Fawcett au cœur de l'Amazonie constituent l'une des plus extraordinaires aventures du XXe siècle. Colonel de la British Army, prototype de l'explorateur anglais à la fois visionnaire et flegmatique, Facwett s'était juré, sur la foi d'anciennes chroniques portugaises et d'indications d'un voyant, de retrouver les ruines d'une ancienne cité de l'Atlantide enfouie dans les ténèbres de la jungle brésilienne. Il disparut au cours de sa huitième expédition, dans des circonstances qui demeurent à ce jour mystérieuses. Les hypothèses les plus folles furent émises. Finit-il par découvrir la fabuleuse cité mégalithique? Mourut-il, frappé d'amnésie, errant à travers la forêt vierge? De nombreux explorateurs se lancèrent à sa recherche et certains, à leur tour, ne revinrent jamais. Ouvrage posthume publié en 1953 par le fils de l'explorateur, Brian Fawcett, à partir de ses journaux et notes, Le Continent perdu contient par ailleurs une passionnante (et parfois cocasse) description de la vie dans les postes de récolte de caoutchouc de la forêt amazonienne au début du siècle.


- Le correcteur
de Ricardo Menéndez Salmón
Éditions Jacqueline Chambon / Avril 2011


Le 11 mars 2004, à Madrid, des bombes explosent dans quatre trains de banlieue. Il y aura cent quatre-vingt-onze morts et un grand nombre de blessés. Lorsque Vladimir, écrivain raté devenu correcteur, apprend la nouvelle, il est en train de travailler sur une traduction des Démons de Dostoïevski, et alors que toute l'Espagne, y compris le gouvernement, voit dans l'attentat la main de l'ETA, lui comprend immédiatement que ce n'est pas possible. Non qu'il en sache plus que les autres ou que cette organisation n'ait les moyens de perpétrer un tel massacre, mais parce que ce n'est pas son style. Et le style, en littérature comme dans la vie, c'est une signature. Plus tard on apprendra que le gouvernement a menti en désignant l'ETA, mais le narrateur peut-il condamner le mensonge, lui qui n'a jamais osé avouer à sa femme l'existence d'un fils né sur un autre continent?Avec humour et brio, Ricardo Menéndez Salmón montre comment un drame collectif s'invite dans notre intimité, nous apprend que notre mal-être s'inscrit dans l'histoire en train de se faire.


- Le destin miraculeux d'Edgar Mint
de Brady Udall
Éditions 10-18 / Avril 2011


On peut avoir été abandonné par une mère apache et un père blanc, être miraculé d'un terrible accident et partir à la rencontre de sa propre vie avec humour et espoir. Brady Udall nous le prouve. Avec Grandeur. Une épopée chaotique et déconcertante sur mille chemins de traverses dans l'ouest américain.


- Le garçon qui voulait dormir
de Aharon Appelfeld
Éditions de l'Olivier / Avril 2011


Erwin a 17 ans lorsque, au sortir au sortir de la guerre, il se retrouve après une longue errance en Europe sur la côte de Naples au cœur d'un groupe de réfugiés apatrides. Il a tout perdu: père, mère, langue, environnement familier et émerge peu à peu du sommeil auquel il a recours pour faire revivre tout un pan de sa vie anéanti. Enrôlé, avec d'autres jeunes gens de son âge, par un émissaire de l'Agence juive, il se prête à l'apprentissage intensif de l'hébreu et à l'entraînement physique, quasi-militaire, que celui-ci leur impose chaque jour pour les préparer à une nouvelle vie dans l'État d'Israël sur le point de naître. Vient le temps de la traversée en bateau sur une mer déchaînée, de l'immigration clandestine (la Palestine est encore sous mandat britannique) et de l'arrivée dans les montagnes de Judée où les jeunes pionniers sont affectés à la construction de terrasses agricoles. Erwin, comme tous ses camarades, accepte de changer de prénom et s'appelle désormais Aharon. Lorsque la guerre d'Indépendance éclate, les jeunes pionniers sont affectés à des missions militaires. Erwin-Aharon, blessé au cours de l'une d'elle, restera de longs mois paralysé dans une maison de repos, subissant opération sur opération. C'est là qu'il renoue avec le sommeil et le passé. Il craint de trahir les siens en adoptant une nouvelle langue et un nouveau pays et seuls ses échanges avec un médecin et ses discussions avec de vieux pionniers blessés l'aident à surmonter le sentiment de culpabilité qu'il le hante. Peu à peu, une décision s'impose à lui: celle de mettre ses pas dans ceux de son père disparu, et devenir l'écrivain que celui-ci rêvait d'être.


- Le jour où la vierge a marché sur la lune
de Rolf Bauerdick
Éditions Nil / Avril 2011


En plein cœur de la Roumanie, à Baia Luna, un petit village des Carpates isolé du monde, les Roumains, les Hongrois, les Saxons, et les Tziganes vivent ensemble, dans une joyeuse entente. Mais le 3 novembre 1957, le Spoutnik 2 est envoyé dans l'espace, et comme si l'ordre terrestre devait se trouver renversé par cette victoire cosmique du socialisme, une série d'événements funestes et étranges se succèdent au village: le prêtre est égorgé dans sa chapelle, puis son corps se volatilise; l'institutrice, Angela Barbulescu, se suicide de manière incompréhensible, et voilà que la Vierge du Perpétuel Secours disparaît à son tour. Les peurs et les rumeurs enflent, une puissance maléfique semble s'être abattue sur Baia Luna. Accompagné de Buba, une jeune Tzigane espiègle, et de Dimitru, chef des Tziganes et meilleur ami de son grand-père, Pavel Botev, quinze ans, s'engage dans une enquête qui va le conduire à fouiller le passé politique et personnel de certains des habitants. C'est la mission de sa vie, il en est persuadé: venger Angela, et tenir la promesse qu'il lui a faite un jour; envoyer en enfer Stephanescu, le secrétaire du Parti de la région. Mais plus de trente ans vont passer. Pavel devra attendre la chute du socialisme, en 1989, pour accomplir sa mission, retrouver la vérité, l'amour et la liberté, qu'il aura perdus en chemin. Loufoque et d'une intelligence acérée, ce roman s'apparente tantôt à un conte drolatique, tantôt à un aperçu dramatique d'un demi-siècle de socialisme: son réalisme cruel est à la hauteur de l'humour et de la fantaisie des personnages, et ce contraste donne au récit une profondeur et une vérité bouleversantes.


- Le pays d'où je viens
de Didier Cornaille
Éditions Albin Michel / Avril 2011


Lorsqu'il se réveille sur une aire d'autoroute, Luc se souvient vaguement d'une soirée arrosée et d'une mystérieuse passagère qui l'a détourné de sa destination, le Morvan, où il mène depuis quelques années une vie paisible. L'inconnue a disparu, abandonnant dans le coffre de la voiture un sac de voyage et des qui ramèneront Luc dans le Nord de la France où il est né et où il a grandi. Troublé par cette rencontre, il décide de s'arrêter quelques jours pour retrouver sa passagère et ce pays familier qui n'est plus tout à fait le sien.


- Le porte bonheur
de Nicholas Sparks
Éditions Michel Lafon / Avril 2011


Quand Logan, soldat en Irak, trouve par terre la photographie d'une femme, son premier réflexe est de la jeter. Il la garde pourtant, poussé par un curieux pressentiment. Dès lors, l'image de cette inconnue l'accompagne partout et étrangement Logan connaît une succession de chances incroyables. Des tables de poker aux champs de bataille, où il survit à un combat alors que ses meilleurs amis périssent, il semble protégé. La photo serait-elle son porte-bonheur? À son retour dans le Colorado, il ne pense plus qu'à cette femme et à son mystère. Persuadé que la retrouver fait partie de son destin, il entreprend un périple à travers le pays. Et si le secret qu'elle détenait pouvait changer sa vie?


- Le printemps des pères
de Henri Husetowski
Éditions Buchet Chastel / Avril 2011


Printemps 1942. C'est l'histoire de Ludovic. Non seulement il est bâtard, mais il est aussi détenteur d'un terrible secret, son meilleur ami, Gaétan, s'est jeté du haut de la falaise. Enfin, il le croit, même s'il ne l'a pas vraiment vu et s'il ne l'a pas entendu crier. Face à ce doute, il décide qu'il ne dira rien à personne, rien aux gens du village partis à la recherche de Gaétan, rien à la mère ni à la sœur de son ami. La mère de Ludovic, qui fait des ménages à la gendarmerie et ambitionne d'en faire aussi chez ces "messieurs les Allemands", reproche à son fils sa bâtardise et ses mauvaises manières. Celui-ci s'en fiche et rêve depuis toujours d'être adopté par la famille de Gaétan. Très vite, la vie de Ludovic bascule: la mort de Gaétan va radicalement le transformer, faire surgir des souvenirs et des cauchemards qui le plongeront dans un passé insoupçonné et l'installeront dans une douleur infinie. Ni Eugène, amateur d'alcool de poire et roi du volant à treize ans, ni le docteur Lavergne qui le prend comme apprenti, et surtout ni Marie, avec qui il a fait l'amour et qui a chaviré son âme, ne pourront l'apaiser.


- Les abeilles de McKay
de Thomas McMahon
Éditions Calmann Lévy / Avril 2011


Après la lecture d'un ouvrage sur l'apiculture écrit par un certain révérend Langstroth, Gordon McKay décide d'emmener vers le Kansas, où il compte établir un élevage d'abeilles, sa femme, son beau-frère et un groupe d'horlogers allemands, qui construiront les ruches. Ainsi commence un parcours plein de rebondissements dans l'Amérique du milieu du XIXe siècle: l'achat d'un bateau à vapeur et le recrutement d'un capitaine pour remonter le fleuve; l'acquisition de deux alligators (dans l'intention de monter un commerce de peaux); les rencontres de la troupe de pionniers avec les bandits du fleuve, les esclavagistes, les Indiens Crow, des scientifiques illuminés (dans tous les sens du terme); les succès et déboires de l'élevage apicole. Un parcours où, finalement, le voyage compte davantage que la destination.


- Les ailes de l'ange
de Jenny Wingfield
Éditions Belfond / Avril 2011


Bercé par la musique country et le gospel, un premier roman lumineux qui nous plonge dans l'atmosphère languide du Deep South des années 1950. Une œuvre aussi drôle que bouleversante sur la perte de l'innocence, la solidarité familiale et la force de l'amitié. Dans les plaines de l'Arkansas, dans une petite maison qui fait aussi épicerie et bar vivent les Moses, une famille joyeusement bruyante ou l'on surmonte grandes déceptions et petites tragédies par un cœur bon et une âme généreuse. C'est là que grandit Swan, garçon manqué de onze ans qui déteste les jupes et adore jouer à la guerre avec ses frères. Une rencontre va bouleverser la vie de Swan et celle des siens: Blade a dix ans. Il a peur. Son père est un homme sadique, un monstre de violence et de cruauté. Un jour, c'est le coup de trop, un geste atroce, d'une horreur indicible. Pour les Moses, il y a urgence, il faut protéger l'enfant. Mais, face à l'effroyable désir de vengeance d'un être animé par le mal, tout l'amour du monde pourrait bien ne pas suffire.


- Les enfants perdus de Casablanca
de Tito Topin
Éditions Denöel / Avril 2011


Louis, un Américain débarqué en 1942 à Casablanca avec les Alliés et qui va y ouvrir un bar, Lucas, un pied-noir attaché à son pays et désemparé par la mort brutale de sa mère, Jilali, un avocat marocain idéaliste qui va plonger dans la résistance à la colonisation, se retrouvent unis par l'amour qu'ils portent à la même jeune fille, la belle Gabrielle, en révolte permanente. Confrontés tous les quatre à des événements tragiques, ils deviennent adultes trop tôt, trop vite. Pourront-ils préserver l'insouciance propre à la jeunesse et vivre avec leurs blessures? Entourés de nombreux personnages hauts en couleur, que les circonstances rendent cyniques ou brisés, ils n'ont d'autre boussole que leurs sentiments exacerbés. Qui les amènent à côtoyer la mort. Une grande fresque historique très documentée, située au Maroc entre 1942 et 1955, qui se déroule sur fond de Seconde Guerre Mondiale, de conflit entre Vichy et les libérateurs de l'Afrique du Nord, de luttes d'indépendance. Mais aussi un roman d'amour à suspense, plein de bruit et de fureur, où l'on croise des personnages de fiction très attachants ainsi que des figures historiques peu banales, comme le général Patton, Winston Churchill ou un certain Charles de Gaulle.


- Les lunettes de Heidegger
de Thaisa Frank
Éditions Michel Lafon / Avril 2011


Allemagne, 1944. Dans un abri souterrain, une ville reconstituée. Sol pavé peint en rose, ciel artificiel au plafond. Là, pendant que le IIIe Reich est pris entre les feux des Alliés, des prisonniers de guerre polyglottes répondent aux lettres adressées aux détenus des camps de la mort. Dirigé par Elie et Gerhardt, des amants aux motivations ambiguës, ce Cantonnement de scribes a pour but ultime d'empêcher les vivants de découvrir la solution finale. Un jour, une lettre pas comme les autres arrive. Elle est signée de Martin Heidegger, à l'attention de son ami ophtalmologiste, un homme désormais perdu dans les entrailles d'Auschwitz. Ces quelques mots de l'éminent philosophe vont changer à jamais la vie de cette étrange société d'écrivains-fantômes.


- Les menottes et le radiateur
de Alexandra Lapierre
Éditions Plon / Avril 2011


Vous dînez chez des amis. La conversation roule sur la passion. On raconte une histoire: amour fou, menottes et radiateur. L'imagination de chacun s'enflamme. Le plus torride reste à venir. Choderlos de Laclos et Vivant Denon hantent ce jeu littéraire, aussi moderne que malicieux.


- Les trois lumières
de Claire Keegan
Éditions Sabine Wespieser / Avril 2011


Par une radieuse journée d'été, un père emmène sa fillette dans une ferme du Wexford, au fond de l'Irlande rurale. Le séjour chez les Kinsella semble devoir durer. La mère est à nouveau enceinte, et elle a fort à faire. Son mari semble plutôt désinvolte: il oublie le bagage de la gamine dans le coffre de la voiture en partant. Au fil des jours, la jeune narratrice apprivoise cet endroit singulier. Livrée à elle-même au milieu d'adultes qui ne la traitent pas comme une enfant, elle apprend à connaître, au gré des veillées, des parties de cartes et des travaux quotidiens, ce couple de fermiers taciturnes qui l'entourent de leur bienveillance. Pour elle qui était habituée à une nombreuse fratrie, la vie prend une autre dimension. Elle savoure la beauté de la nature environnante, et s'épanouit dans l'affection de cette nouvelle famille si paisible. En apparence du moins. Certains détails l'intriguent: la manière dont Mrs Kinsella lui propose d'aller puiser de l'eau, les habits de garçon dont elle se voit affublée, la réaction de Mr Kinsella quand il les découvre sur elle. Claire Keegan excelle à éveiller l'attention de son lecteur sur ces petites dissonances où transparaissent l'ambiguïté et le désarroi de ses personnages, si maîtres d'eux-mêmes. Et, dans cet envoûtant récit, le regard d'une enfant basculant à son insu dans le monde mystérieux des adultes donne toute sa force dramatique à la part cachée de leurs existences.


- Légume vert
de Philippe Vigand
Éditions Anne Carrière / Avril 2011


Atteint du locked-in syndrom (ou syndrome de l'enfermement) depuis vingt ans, Philippe Vigand est paralysé des pieds à la tête. Privé de l'usage de la parole, il ne peut s'exprimer que par battements de paupière. Le handicap est (très) lourd, mais le cerveau intact, l'esprit vif, le regard aigu, l'humour corrosif. Au fil des années, Philippe Vigand s'est habitué à son état et n'aspire plus qu'à être traité comme un homme normal. Alors il s'étonne, parfois s'amuse, souvent s'agace de ce que beaucoup le considèrent au mieux comme un spécimen, au pire comme un légume. C'est ce décalage quasi permanent entre ce qu'il est, au-delà des apparences, et la façon dont les autres le perçoivent qu'il raconte ici à travers des anecdotes vécues. Ses récits sont tout à la fois drôles, savoureux, grinçants et émouvants. Philippe Vigand n'est pas du genre à s'apitoyer sur son sort. Il préfère garder ses forces pour goûter les plaisirs de la vie et sa lucidité pour épingler ses travers et les nôtres.


- Mauvais genre
de Naomi Alderman
Éditions de l'Olivier / Avril 2011


"Au départ, je suis tombé. Pas en disgrâce. Ni vaincu par la fin foudroyante, inéluctable, de l'amour. Ça, c'est venu après. Au départ, j'ai simplement fait une chute sur un sentier verglacé. J'ai trébuché, j'ai oscillé, vacillé et je suis tombé. Il n'y a pas de honte à tomber. Tout le monde tombe. Mais j'ai découvert qu'il était plus difficile de se relever que je ne me l'étais imaginé, sur ce petit chemin gelé d'Oxford, voilà bien longtemps". James Stieff est admis dans la prestigieuse université d'Oxford. Il y rencontre Franny, Simon, Jessica, tout un groupe d'amis qui s'installe dans la maison du séduisant (et manipulateur) Mark Winters. Mauvais genre raconte les premières amours, les soirées inoubliables, mais aussi le désenchantement et les bouleversements intimes de cet âge de déraison qu'est la jeunesse.


- Mauvaise pente
de Keith Ridgway
Éditions Phébus / Avril 2011


Grace Quinn exploitait hier encore une ferme dans la campagne irlandaise aux côtés de son mari, homme mutique, violent et rongé par la culpabilité. Mais Grace a tué son mari. Avec préméditation ou non, personne ne le saura jamais. Elle part alors pour Dublin rejoindre son fils, Martin. Hantée par un passé qui refuse de se laisser oublier, Grace Quinn est une femme aux abois, poursuivie par l'irréparable et le supplice de l'aveu.


- Mémoires captives
de Azar Nafisi
Éditions 10-18 / Avril 2011


Briser le silence. De l'ascension politique de son père en Iran à la trahison, de l'idéal révolutionnaire à la désillusion totalitaire, Azar Nafisi raconte. Entre secrets de famille et secrets d’État, il n'y a qu'un pas, que l'auteur de Lire Lolita à Téhéran franchit pour réaffirmer sa foi en sa patrie de cœur, celle de l'imagination. Un témoignage à la beauté mélancolique.


- Mensonges
de Valérie Zenatti
Éditions de l'Olivier / Avril 2011


"Menteuse", Valérie Zenatti l'est dès la première ligne de ce livre puisqu'elle prétend être Aharon Appelfeld jusqu'à ce qu'elle dévoile sa propre identité. Cet aveu l'amène à parler de son enfance à Nice, de sa fascination pour les fêtes juives, de la révélation que fut pour elle, enfant, le film Holocauste, de son adolescence en Israël avec sa famille, de sa rencontre avec Aharon Appelfeld, l'écrivain dont elle devient la traductrice et l'amie.


- Mon petit bunker
de Marine Bramly
Éditions JC Lattès / Avril 2011


Il aura suffi de la visite de Fabien, son mari, dans son atelier, pour que Noah reconnaisse combien elle se sent à l'étroit, coincée dans son couple, bloquée dans son travail, prête à éclater, et qu'elle ait envie de faire voler en éclats la coquille paisible de sa vie, ce petit bunker où elle se croyait à l'abri. Enfermée dans ce même atelier, un soir de pluie, Noah se souvient. Qui a jamais eu une enfance aussi merveilleusement libre que la sienne? Elle, la petite Blanche, sillonnait Dakar à sa guise, avec sa bande de gosses des rues qui la croyaient des leurs. Elle était la mascotte des artisans de la ville, mécaniciens, ferblantiers, c'est dans leurs échoppes qu'elle a appris son métier d'artiste. Depuis l'âge adulte, pourtant, elle tient l'Afrique à distance, tel un tabou, un sortilège, quelque chose qu'il ne faut évoquer sous aucun prétexte. Quels souvenirs terribles enfouis au fond de sa mémoire l'empêchent d'avancer? Ce soir, Noah va affronter le passé. Elle s'autorise enfin à revisiter son enfance idéalisée, à remettre en cause son éducation, ses parents faisaient joujou avec sa vie, comme pour ajouter des chapitres à la leur. Voilà comment, avec les meilleures intentions du monde, vos géniteurs peuvent vous étouffer dans l'œuf. Voilà comment les souvenirs d'une enfance trop flamboyante peuvent empoisonner le présent et réduire les chances du bonheur.


- Petites histoires douces-amères
de Claudine Vincenot
Éditions Anne Carrière / Avril 2011


C'est avec une jubilation contagieuse et une lucidité enjouée qu'elle entraîne ses personnages dans de courtes aventures, à la fois douces et amères. Ainsi, l'attachement démesuré d'un vieux paysan bourguignon, âpre au gain, pour sa terre, qu'il préfère à sa famille et à lui-même jusqu'à la mort. Ou encore le joyeux drille d'un douar berbère qui tire gloire d'être doté de trois testicules. jusqu'à ce qu'un médecin le détrompe. Il y a encore ce souvenir d'enfance de l'auteur qui, à l'âge de quatre ans, fait connaissance avec la mort lors d'un combat anglo-allemand à la fin de la guerre 1939-1945, dans son village de Commarin, en Bourgogne. L'émerveillement, aussi, d'un jeune berger qui retrouve son étoile perdue dans le regard d'une fille et découvre ainsi l'amour dans un bal de campagne. Amours interdites, amours déçues, amours joyeuses. À travers ces "petites histoires", Claudine Vincenot nous fait partager son observation amusée des évènements du quotidien et son affection pour ses personnages, désemparés ou pleins d'astuce mais toujours attachants, pour peu qu'on les accepte avec leurs différences, leurs rêves parfois illusoires et leurs contradictions. Des humains qui nous ressemblent étrangement.


- Présence
de Arthur Miller
Éditions Robert Laffont / Avril 2011


Un garçon de treize ans voit une annonce pour acheter un chiot, s'aventure hors de Brooklyn, et fait sa première expérience sexuelle. Un danseur de claquettes juif raconte sa tournée en Europe et à Berlin, dans les années 30, ou sa troupe a été remarquée par Hitler. Un propriétaire veut éliminer les castors de son étang, mais se trouve confronté à l'étonnante résistance et vitalité des rongeurs. Un homme revient à Haïti, trente ans plus tard, se souvient de son épouse disparue, et découvre l'état politique du pays. Un écrivain en panne d'inspiration fait appel à une call-girl au corps incroyablement fuselé et magnifique. Un vieil homme surprend un couple en train de faire l'amour sur une plage; la femme sent son étrange présence. Ces six nouvelles, aux thèmes et aux décors très différents, dessinent un même univers, poétique, profond et parfois mélancolique. Toutes révèlent la même finesse psychologique, le même humanisme et cette profonde empathie qui caractérisent l'œuvre littéraire de Miller: un questionnement incessant sur l'essence du désir et de la nature humaine. Mais à travers ces nouvelles, écrites au soir de sa vie, nous découvrons aussi un homme au regard plus introspectif et rétrospectif, qui révèle une réconciliation tardive avec soi-même, un bonheur possible malgré la conscience aiguë de la finitude humaine.


- Résistance
de Owen Sheers
Éditions Payot & Rivages / Avril 2011


Résistance explore un chemin que l'Histoire n'a pas emprunté: l'Allemagne nazie, victorieuse sur le front de l'Est, a rapatrié un grand nombre de ses troupes à l'ouest, le débarquement de juin 1944 a été un fiasco et la Wehrmacht a envahi la Grande-Bretagne. Face à ce péril, un peu partout dans les campagnes, des hommes ont rejoint brusquement la résistance et la clandestinité. À Londres, le capitaine Albrecht Wolfram reçoit l'ordre de choisir cinq hommes et de mener une patrouille à la lisière du Pays de Galles. Ils s'installent dans une vallée où quelques femmes dont les maris ont disparu tentent de faire tourner leurs fermes. Tous les sentiments vont se succéder: la peur, l'indifférence, le rejet, l'entraide, le sens du devoir, qu'il soit issu du règlement militaire ou de la simple humanité, l'attirance, le respect mutuel. La guerre est laissée de côté. Mais elle va les rattraper.


- Rich boy
de Sharon Pomerantz
Éditions Flammarion / Avril 2011


Robert Vishniak est l'enfant chéri d'Oxford Circle, un quartier juif ouvrier de Philadelphie. Beau garçon et intelligent, il pénètre dans le monde fermé des universités de la Nouvelle-Angleterre, où les rejetons de familles riches et influentes côtoient des élèves d'origine plus modeste comme Robert qui doivent travailler pour acheter leurs livres. Cet univers lui ouvre les portes des plus hautes sphères de la société new-yorkaise des années soixante, où tout ce que Robert a appris sur les femmes, la séduction et les peines de cœur s'avère payant. Fresque magistrale sur la lutte des classes, des sexes et des sentiments, Rich boy regarde en face notre désir de réussite et de rédemption, et le prix que nous devons payer pour y arriver.


- Rossmore Avenue
de Vanessa Caffin
Éditions Belfond / Avril 2011


Lily Brochant s'est installée il y a dix ans à Los Angeles, où elle a suivi un amour de passage. Allergique à l'inculture américaine, elle se débat au milieu du vernis californien, décidée à imposer un ton résolument irrévérencieux et parisien, bien intriguant pour la communauté du 500, Rossmore Avenue, le petit immeuble chic et vieille Angleterre de Hancock Park où elle a posé ses valises. Reine du shiatsu auprès d'une clientèle fortunée, elle se jette sur le pouls de ses voisins pour mieux traquer leurs manques affectifs: Jane, malmenée par un fils hyperactif bien décidée à démasquer les infidélités de son mari; Georges, un Français sexagénaire inconsolable depuis le décès de sa femme, parti à L.A. dans l'espoir de rencontrer son idole, Sylvie Vartan; Luke, peintre dépressif en mal d'inspiration; et Cora, concierge latino mélancolique rêvant de fuir en Norvège. Mais quand le mari de Cora est retrouvé mort dans les poubelles et qu'un natif de L.A. se met à courtiser Lily à la française, la vie prend des tours inattendus au 500, Rossmore Avenue.


- Secrets d'alcôve
de Carmen Domingo
Éditions Stock / Avril 2011


Nous sommes en Espagne à la veille de la guerre civile. Les phalangistes luttent contre les "rouges" et essaient d'imposer leur vision d'une Espagne traditionnelle, catholique et hiérarchique, dans laquelle les femmes occupent un rang inférieur. C'est dans ce contexte que l'on retrouve Carmen Polo, Pilar Primo de Rivera et Mercedes Sanz Bachiller, épouses des trois plus influents hommes de l'époque et qui ont marqué l'Histoire: José Antonio Primo de Rivera, Onésimo Redondo et bien sûr, Francisco Franco. En alternant leurs pensées, Carmen Domingo nous offre un roman choral d'une grande véracité. D'une écriture précise et magistrale, elle nous replonge dans une époque capitale de l'Espagne. En évoquant le quotidien de femmes qui ont en réalité fait basculer l'Histoire, elle nous offre un point de vue d'une grande originalité en donnant une voix à celles que l'on a longtemps fait taire.


- Si on te demande, tu diras que tu ne sais pas
de Katia Denard
Éditions Anne Carrière / Avril 2011


"Ce livre n'avait qu'un lecteur, un destinataire et un seul. Avec ce livre, je n'avais qu'un seul but: que mon père le lise. Alors j'ai commencé à écrire, et il est tombé malade. Maladie de la mémoire. Je me suis dépêchée, écrire devenait urgent. Vite avant qu'il ne sombre, que les mots ne deviennent des hiéroglyphes illisibles. Il était déjà trop tard, sous mes airs de lièvre shooté je ne suis rien d'autre qu'une tortue. Et encore, pas une rapide. Alors, dans la lenteur de l'écriture, je l'ai fait vivre. Et plus je l'écrivais, plus il était vivant, plus jeune et en forme. J'ai continué d'écrire de plus en plus lentement pour le maintenir en vie. Ça n'a pas marché. J'en ai été la première étonnée". Ceci n'est pas une biographie de Bob Denard, juste le livre plein d'émotion, de douleur, de rage et de drôlerie d'une fille qui a mis des années avant d'en finir avec Œdipe. Un portrait étonnant de l'homme qui fit sauter les gouvernements, servi par une écriture incisive où certains mots tombent comme des couperets et d'autres glissent comme une caresse. La "vie de famille" de Bob Denard et un témoignage inédit des derniers mois de sa vie, de son dernier retour en France aux premières atteintes de la maladie d'Alzheimer, jusqu'à sa mort en 2007. Le regard bouleversant que pose sa fille sur la fin de celui qui était pour elle "Bob Denard, l'aventurier contre tout chacal", l'homme le plus puissant du monde.


- Si vous recevez cette lettre
de Sarah Blake
Éditions Calmann Lévy / Avril 2011


1940. La France capitule, les bombes pleuvent sur Londres, et le président Roosevelt promet d'épargner à ses boys une guerre qui ne les concerne pas. Pourtant, la journaliste Frankie Bard, qui couvre le Blitz pour la radio américaine, ne veut rien tant que sensibiliser ses compatriotes au conflit. Dans un petit village du cap Cod, deux femmes écoutent les récits poignants de la reporter, Iris James, la receveuse des postes dont l'amant guette une offensive sous-marine allemande, et Emma Fitch, jeune épouse d'un médecin idéaliste parti soigner les victimes des bombardements. Entre le continent épargné et celui déchiré par la guerre, les destins de ces trois femmes s'entremêlent. Ils se lient au sort des populations pilonnées par la Luftwaffe, à celui des Juifs qui sillonnent les routes en quête d'un improbable refuge, à celui des hommes qu'elles aiment.


- Sous une bonne étoile
de Cathy Kelly
Éditions Presses De La Cité / Avril 2011


Lorsque la vie vous malmène, vous pouvez toujours compter sur vos amies. Ingrid Fitzgerald est gâtée par la vie. Célèbre présentatrice de la télévision irlandaise, elle est mariée à un homme qu'elle adore, avec qui elle a deux merveilleux enfants. Mais lorsque ces derniers quittent le foyer pour voler de leurs propres ailes, Ingrid fait une découverte qui bouleverse tout son petit monde. Lorsque la vie vous malmène, vous pouvez toujours compter sur vos amies. Ingrid Fitzgerald est gâtée par la vie. Célèbre présentatrice de la télévision irlandaise, elle est mariée à un homme qu'elle adore, avec qui elle a deux merveilleux enfants. Mais lorsque ces derniers quittent le foyer pour voler de leurs propres ailes, Ingrid fait une découverte qui bouleverse tout son petit monde. Pour la première fois, Natalie Flynn est en train de tomber amoureuse. Mais les secrets entourant le passé de sa mère la tourmentent et l'empêchent d'être pleinement heureuse. Osera-t-elle lui poser les questions qui la taraudent? Charlie Fallon aime sa famille et son travail. Seule ombre au tableau, sa mère excentrique et envahissante, qui lui en demande toujours plus. Il est peut-être temps pour Charlie de lui fixer des limites. Une personne a le pouvoir d'aider ces trois femmes qui se trouvent à un tournant de leur existence, la flamboyante Star Bluestone, artisan, esprit libre et voyante à ses heures perdues.


- Syster
de Bengt Ohlsson
Éditions Phébus / Avril 2011


"La sœur de Marjorie disparut un vendredi, début mai". Ce jour-là, Miriam n'est pas rentrée de l'école, mais on l'a vue marcher, là-bas, du côté de la colline. Si ses parents sont angoissés, Marjorie, elle, semble hors d'atteinte, indifférente, insondable. Ou… peut-être se réjouit-elle un peu, un tout petit peu de cette disparition car, après tout, il y avait parfois des jours où elle ne l'aimait pas trop, sa grande sœur Miriam. Alors, pour l'éloigner d'une ambiance saturée de désespoir, sa tante Ilse l'héberge. Et, de jour en jour, tente de l'aider à voir un peu plus clair en elle, à distinguer l'amour de la haine, la jalousie de la générosité, l'aveuglement de la lucidité. En somme, elle apprend à Marjorie à grandir et à assumer ses contradictions. Véritable tour de force, Syster restitue à la perfection le regard multiple, voire parcellaire, que tout être pose sur ses proches, sur les paysages et sur le monde.


- Un beau jour de printemps
de Yiyun Li
Éditions 10-18 / Avril 2011


En ce jour de printemps 1979, la ville de Rivière-Fangeuse se prépare à l'exécution de Gu Shan, une ancienne garde rouge devenue dissidente. Pour ses parents et les quelques habitants écœurés par cette ultime injustice, plus rien ne sera comme avant. Sous l'œil omniprésent du Parti, contre la terreur ordinaire dans la Chine post-maoïste, ils tentent de modifier la trajectoire imposée.


- Un blog trop mortel
de Madeleine Roux
Éditions Fleuve Noir / Avril 2011


Je m'appelle Allison Hewitt. Ceci est mon blog et peut-être le tout dernier témoignage. Les Infectés nous ont encerclés, ils sont de plus en plus nombreux. Quelques survivants m'accompagnent. Nous voulons rejoindre Liberty Village, un havre de paix pour les derniers hommes. S'il existe vraiment. Si vous lisez ce blog, ou que vous soyez, répondez. Aidez-nous!
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 13:23

- Un chien dans le ventre
de Hilde Hagerup
Éditions Les Grandes Personnes / Avril 2011


Jonas Nilsen compte les jours. Bientôt, sa mère sortira de prison, où elle purge sa peine depuis presque six ans. À son retour, Jonas devra cesser d'enjoliver. À son retour, il dira les choses telles qu'elles sont: qu'il n'a pas de véritable ami ni de petite copine nommée Bobby, qu'il n'a jamais été délégué de classe, que sa vie est en fait bien plus moche qu'il n'a jamais osé l'avouer. Pendant toutes ces années, il n'a pourtant pas été question pour lui de mentir. Juste de faire en sorte que tout soit plus beau aux yeux de l'absente. Un roman attachant et affranchi des conventions littéraires, qui dit avec pudeur la difficulté d'être différent à l'âge où on se construit, qui dit la détresse et la violence des espoirs déçus, la complexité du passage à l'âge adulte.


- Un délicieux naufrage
de Frank de Bondt
Éditions Buchet Chastel / Avril 2011


Philippe Langon est un homme respectable, prof à l'université, intellectuel reconnu, auteur d'un essai politique qui a eu un certain succès. À 55 ans, marié à Babette, père de 4 enfants, il s'ennuie pourtant. Jusqu'à ce qu'il croise Lena, 28 ans, qu'il va séduire (pour se sentir redevenir jeune?), et qui lui apporte la bouffée d'oxygène dont il a besoin à ce moment précis de sa vie. Cette parenthèse ludique, légère, devient une véritable passion qu'il finit par ne plus maîtriser du tout. Jusqu'où cette aventure sans lendemain l'emportera? Ce texte drôle et léger est plus sérieux qu'il ne paraît au premier abord. Le cadre universitaire, les contraintes familiales, le contraste 28-55 ans, ménagent des scènes cocasses. Mais ce qui intéresse surtout l'auteur, c'est de développer, avec une certaine finesse, une réflexion sur l'amour à travers des personnages très différents. On retrouve Frank de Bondt dans ce roman doux-amer. Lucidité et ironie sont au rendez-vous. Une vie, finalement, ce n'est ni si bon ni si mauvais qu'on croit.


- Un lac immense et blanc
de Michèle Lesbre
Éditions Sabine Wespieser / Avril 2011


"Je réinvente ma vie dans le désordre en mélangeant les temps, les lieux, les êtres chers, mais c'est tout de même ma vraie vie. Peut-être que cette journée est un cadeau plutôt qu'un empêchement et un rendez-vous manqué. J'attendais l'Italien, c'est Antoine qui est venu, dans le silence de la ville qui est une autre ville, lointaine et familière à la fois". M. L.
Par un matin de neige, la narratrice attend dans une gare un homme qu'elle ne connaît pas: elle a envie de parler de Ferrare avec cet étranger qui, tous les mercredis matin, dans ce Café lunaire où ils ont leurs habitudes, évoque inlassablement sa ville d'origine. Elle a pris sa journée, mais l'homme n'arrive pas par le train habituel. Dès lors le temps s'étire, en autant de fondus enchaînés que favorise la blancheur environnante: les grilles du Jardin des Plantes s'estompent, laissant place au "lac immense et blanc", noyé sous la neige de l'Aubrac, où Édith Arnaud vécut ses premières amours et ses premiers combats politiques. Elle n'a jamais revu Antoine, le jeune homme en colère qui, à l'aube des années soixante, voulait changer le monde. Sa silhouette traverse le récit et bientôt se superpose à celle de l'Italien du delta du Pô, dont les brumes hantent le paysage mental de cette femme rompue à l'usage du monde. Le temps qui passe, la perte des illusions et les rendez-vous manqués ont pourtant éveillé en elle une joyeuse mélancolie. Témoin ses dialogues loufoques avec le corbeau freux du Jardin des Plantes. Dans le silence et la blancheur de cette journée particulière, la solitude a moins que jamais le goût des renoncements. Entrelaçant fiction et expérience intime, Michèle Lesbre est, dans ce récit lumineux, au plus près d'elle-même.


- Un papillon sous la neige
de Daphne-Eva Kalotay
Éditions Presses De La Cité / Avril 2011


Lorsqu'elle décide de mettre en vente son incroyable collection de bijoux, Nina Revskaïa, ancienne étoile du Bolchoï surnommée "Papillon", est persuadée qu'elle a tiré un trait sur son passé. Et pourtant, la danseuse se retrouve assaillie par des souvenirs de sa terre natale et des événements qui ont changé le cours de sa vie, un demi-siècle auparavant. La magie du ballet, sa rencontre avec le poète Viktor Elsin, qui deviendra son mari, mais aussi la dureté du régime stalinien dont elle fut une des victimes, avant de fuir et de venir finir sa vie à Boston. Nina n'a jamais partagé les terribles secrets de cette époque, mais deux personnes vont tout faire pour les découvrir: Drew Brooks, la jeune femme qui s'occupe de la vente des bijoux, et Grigori Solodin, un professeur de russe persuadé que Nina détient la clé de son propre passé. Ensemble, ils vont lever le voile sur ce mystère et trouver des réponses qui bouleverseront leur vie à tous les trois.


- Une vie pleine
de Kristin Kimball
Éditions Fleuve Noir / Avril 2011


Mon histoire d'amour avec un homme et une ferme. Deux rencontres ont changé le cours de l'existence de Kristin Kimball, journaliste new-yorkaise trentenaire: l'une avec Mark, jeune fermier bio compliqué, exaspérant mais ô combien séduisant; l'autre avec le travail de la terre dont elle a fait, contre toute attente, son métier. Ce livre est le récit de ces deux histoires d'amour. La terre prend racine en vous; à côté, tout le reste paraît dérisoire. Vos champs deviennent un univers à part entière. Et vous vous rendez compte que c'est au royaume des magnétoscopes numériques, des tours de bureaux, des fast-foods, du chauffage central et de l'air conditionné, dans ce pays ou presque tout le monde vit aujourd'hui dans le confort, que vous étiez privé de quelque chose: du plaisir du désir, de l'effort et de la difficulté, du sens de l'accomplissement.


- Vladivostok
de Cédric Gras
Éditions Phébus / Avril 2011


Lorsque Cédric Gras, irrésistiblement attiré par les confins, descend du Transsibérien tant fantasmé et découvre Vladivostok, il est déçu de ne pas trouver le bout du monde auquel il s'attendait. "Vladivostok, c'est un marais à l'eau salée et à l'air vicié. On a beau être dans le plus grand pays du monde, on n'en reste pas moins prisonnier de cette péninsule à la pointe difforme". De la désillusion initiale va naître une exploration patiente de cette cité portuaire si proche de la Chine. Ni les déboires liés à son installation ni la laideur première des rues n'empêcheront le jeune homme d'être, saison après saison, envoûté par cette ville cachée et porteuse de rêve. Hymne à l'Extrême-Orient russe, à sa rudesse, à sa fougue et à ses habitants, Vladivostok est le récit de cette fascination grandissante pour une terre méconnue.


- Voyage en Pologne
de Alfred Döblin
Éditions Flammarion / Avril 2011


"Des champs plats passent furtivement, de petites forêts. Au bord d'un cours d'eau, sous un pont de bois, une paysanne va pieds nus, foulard blanc sur la tête. Qu'est-ce que cela? Troupeaux de bœufs. De nouveau des terres cultivées. Beaucoup d'oies blanches. C'est la Pologne". Un matin de septembre 1924, par la fenêtre du train qui l'emmène de Berlin à Varsovie, Alfred Döblin pose pour la première fois le regard sur la campagne polonaise. Il parcourra le pays pendant deux mois, mû par le désir de comprendre cet État voisin, tout juste sorti des cendres de la Première Guerre mondiale et qu'il connaît mal. Posant sur toutes choses un regard curieux, notant au fil de ses promenades les impressions qui feront la matière de ce livre, il interroge sans relâche ses interlocuteurs: "Quelles forces, quelles puissances organisent l'État? Qui gouverne, officiellement ou non? Qui a faim, et qui est rassasié?". Alerté par la montée de l'antisémitisme à Berlin depuis le début des années 1920, Alfred Döblin accorde une attention toute particulière à la population juive. Le mode de vie de ce peuple ayant sa propre langue, sa propre religion et sa propre culture bouleverse le voyageur, lui-même d'origine juive. Ce monde décrit par Alfred Döblin a cessé d'exister: la guerre et la barbarie nazie ont anéanti la culture juive polonaise et bouleversé à jamais la physionomie du pays. Le témoignage de l'écrivain, façonné par le style puissant qui fait de lui l'un des plus grands auteurs allemands du XX(e siècle, retrace les contours d'un monde disparu.


- À la recherche du paon perdu
de Angélique Villeneuve
Éditions Les Grandes Personnes / Mars 2011


Mollux est un garçon passionné de mousses au chocolat et collectionneur de dictionnaires, où il dégote à tout-va des surnoms pour tout ce qui bouge. Ainsi, la plupart de ses profs sont affublés de noms d'animaux étranges, tandis que son père, qui ne lui a parlé qu'à deux reprises, répond au sobriquet de Sauf2fois. Mais voici qu'un jour, l'adolescent surprend ce dernier dans son salon en compagnie d'un invité pour le moins inattendu: un paon. Et quand l'incroyable volatile, puis Sauf2fois, finissent par mystérieusement disparaître, Mollux se lance dans une enquête plus que loufoque, aidé, mais pas toujours, de l'inénarrable Procopé, son seul ami ici-bas.


- Avril enchanté
de Elizabeth Von Arnim
Éditions 10-18 / Mars 2011


Comment résister à une telle offre: "Particulier loue petit château médiéval meublé bord de la Méditerranée". Un jour de pluie et d'autobus bondés, il n'en faut pas plus aux jeunes Londoniennes, Mrs Wilkins et Mrs. Arbuthnot, pour se lancer seules dans l'aventure et partir, sans presque prévenir leurs époux, un mois en Italie. Au menu: soleil, repos et réflexions.


- Cent portes battant aux quatre vents
de Steinunn Sigurdardóttir
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mars 2011


Je déjeunais dans un restaurant de la place Toudouze lorsque je découvris ce qui manquait. Un amant. Un amant pour de vrai, avec mots doux, imposition des mains et tout le saint-frusquin. Comment n'y avoir pas pensé plus tôt? Pourquoi avoir ressassé pendant vingt-cinq ans un amour impossible? Et pourquoi, tout ce temps durant, s'être imposé une désespérante vie sans chair, désolée et blanche? De retour à Paris, Brynhildur se remémore ses années de jeunesse, les eaux froides où l'irrésistible Islandaise a perdu son professeur de grec, et son érotisme avec. Sur le ton d'une confession indécente, un esprit libre et narquois fait le bilan d'une vie dont l'amour est la clé. L'amour et son manque. Rieuse, insolente, Steinunn Sigurdardóttir explore en magicienne les troubles de la passion et les outrages du temps.


- C'est ici que l'on se quitte
de Jonathan Tropper
Éditions 10-18 / Mars 2011


Qu'est-ce qui est pire que d'aller enterrer son père? Réponse, passer les sept jours de deuil qui suivent enfermé avec sa propre famille de dingues. Pour Judd, qui nage en pleine déprime, cette semaine de Shiva'h pourrait être la pire de sa vie. Famille, je vous hais. Heureusement, il y en a au moins un qui n'est plus là pour voir ça.


- Comptine pour l'enfant-soldat
de Chris Abani
Éditions Albin Michel / Mars 2011


My Luck a quinze ans. Enrôlé à la tête d'une unité d'enfants-soldats, il tue pour survivre et parfois pour le plaisir, comme le lui ont appris les adultes. Il ne crie plus, car on lui a coupé les cordes vocales, mais il entend toujours les hurlements de sa mère assassinée devant lui, les légendes que lui racontait son grand-père, et la voix d'Ijeoma, une gamine de son unité qui a sauté sur une mine. Dans cet enfer où les fleuves ne charrient que des cadavres, où le mal et le bien n'ont plus de sens, et où victimes et bourreaux mènent un même combat, la déroute infernale de My Luck sonne comme une terrible prophétie.


- Dead boys
de Richard Lange
Éditions 10-18 / Mars 2011


Dans la touffeur de Los Angeles, immense fourmilière sans âme, des hommes en sursis sont perdus, "K.O. Debout". Si loin, si proches du paradis hollywoodien, les losers magnifiques de Richard Lange aiment, rêvent, picolent, braquent des banques et se brûlent les ailes et le cœur dans une cité des anges qui n'a jamais si mal porté son nom.


- Intuitions
de Dominique Dyens
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mars 2011


Un pavillon cossu dans une banlieue résidentielle, de belles situations, des enfants superbes: les Royer semblent comblés. Mais lorsque leur fils annonce par SMS son prochain mariage, l'image de la famille idéale se fissure. Guidée par une intuition paranoïaque, Nathalie, mère protectrice, décide de mener une enquête sur sa future belle-fille et d'infiltrer son intimité, au risque de faire voler en éclats une vie bien rangée. Car, chez ces gens-là, renoncer à sauver les apparences, c'est se mettre en péril. Avec un sens aigu du suspense et une délicieuse ironie, Dominique Dyens craquelle le vernis lisse du microcosme bourgeois et épingle ses valeurs et ses bonnes manières.


- Je ne suis pas d'ici
de Hugo Hamilton
Éditions Phébus / Mars 2011


Pour Vid Cosic, jeune Serbe de Belgrade et charpentier de métier, Dublin est la ville du nouveau départ, du rêve irlandais. Immigré doué pour l'espoir, un peu naïf sans doute, Vid Cosic ne songe qu'à faire le bien autour de lui. Dès son arrivée, il se lie d'amitié avec un avocat, Kevin Concannon, auquel tout semble réussir, mais qui est résolu à faire taire le chaos familial dans lequel s'est déroulée son enfance. Une rencontre qui représente pour Vid la chance d'appartenir à un nouveau peuple, mais qui sera la source de mille catastrophes. Hugo Hamilton dresse dans Je ne suis pas d'ici le portrait incisif et cocasse d'un émigré sur le sol irlandais, d'un déraciné pour qui éloignement géographique rime avec errance psychologique.


- J'étais numéro un
de Claude Durand
Éditions Albin Michel / Mars 2011


Jusqu'à sa mort on lui donnera du "Monsieur le Président": il a été Chef de l'État, numéro un de son pays. Plus très vert, il n'est pas assuré de rester dans l'Histoire. Pour conjurer l'oubli, il livre ses souvenirs parfois lacunaires, souvent enjolivés, toujours cruels. On découvre la face cachée du pouvoir tel qu'il s'exerce en France, celle d'une Cour agitée par les complots les plus insignifiants interrompus, rarement, par le vertige d'une décision importante à prendre. Parallèlement à ce passé qui défile à un rythme endiablé sous les yeux du lecteur, maintes pages inavouables de sa vie affluent irrésistiblement à l'esprit de l'aventurier politique.


- L'amour du lion berbère et autres récits
de Daniel Katz
Éditions Gaïa / Mars 2011


Dans une ville frontière de Finlande, l'écrivain Attila Kouf vient de mourir, laissant des nouvelles inachevées. Sa veuve, "madame U", croit à un suicide et cherche à comprendre. Persuadée que la clef de l'énigme se cache quelque part dans l'ordinateur du défunt, elle charge un ami, écrivain lui aussi, de prendre connaissance des textes. Devenu narrateur, celui-ci se prend au jeu et devient le double d'Attila Kouf y compris dans sa maison et auprès de sa compagne. Les récits qui s'imbriquent alors font écho aux fabulistes classiques comme aux contes et légendes populaires, et alternent avec des souvenirs ou pensées d'Attila. L'auteur, ou ses doubles?, nous régale de situations délicieusement abracadabrantes, pimentées de subtils jeux de langage.


- La floraison des baobabs
de Hilaire Dovonon
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Mars 2011


Là-bas, le soir, lorsque les voiles du soir s'élèvent en brumes et écumes sur les vagues chevelures des collines, l'on voit le long des coteaux lisses et nus, des filles nubiles descendre lentement vers les sources, les bras portant en équilibre au sommet de la tête, des calebasses au cou d'amphore. Elles descendaient, souples colonnes aux hanches félines, jusques aux sources qui coulent des mamelles des collines, les sources de vie qui font vivre tout le village, pour y puiser l'eau d'un soir, l'eau d'une journée, l'eau d'une vie. Ce recueil nous invite à un voyage africain, un voyage loin des clichés et des images convenues. L'Afrique que nous découvrons dans ces pages est celle du village où se croisent les vivants et les morts, les légendes et la poussière, la vie et la nuit. C'est cette Afrique où l'auteur vit, respire et travaille. Il ne l'explique pas au lecteur, mais la lui fait parcourir avec des yeux africains.


- La limite c'est le ciel
de Elisabeth Godfrid
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Mars 2011


Il suffit parfois d'un répondeur, d'une danse, d'une erreur et tout change. Mystère des tournants de vie. Mouvement souterrain non spectaculaire que le corps sent bien avant les "Je ne veux plus" ou "J'ai envie de ça". Ça ou un autre possible, ailleurs. Dans ces nouvelles, il y a des peurs, des faux bonds, déceptions et des rêves aussi, blessés, lovés mais toujours vivants. Une rencontre, un événement infime et les imaginaires fugueurs retraversent les murs. Le désir encore, la force de vie malgré tout.


- La lune s'enfuit
de Rax Rinnekangas
Éditions Phébus / Mars 2011


C'est l'été en Finlande. Comme tous les ans, Lassi passe ses vacances à Latvala, dans la ferme de son oncle et de sa tante. Comme tous les ans aussi, il y retrouve ses cousins, Sonja et Léo. Mais cet été-là, le treizième de sa vie, rien n'est plus pareil. Sonja, belle et fascinante, entraîne les deux garçons dans un monde de mystérieuses ténèbres. Par la magie d'un érotisme lumineux, les trois jeunes adolescents accèdent à une incandescente intimité. Mais la mort rôde sous le ciel de juillet. Ce qui était ne sera jamais plus. Et la joie va laisser place à un immense chagrin. La littérature finlandaise offre, avec La lune s'enfuit, l'un de ses plus beaux joyaux, tant l'écriture cristalline de Rax Rinnekangas parvient à saisir avec une rare précision les émois et les méandres de l'adolescence.


- La merditude des choses
de Dimitri Verhulst
Éditions Denöel / Mars 2011


Bienvenue dans la Belgique profonde, chez la plus grande famille de soiffards que la terre ait jamais portée. Dimitri vit avec son père et ses trois oncles chez sa grand-mère, une sainte femme qui fait leur lessive, les laisse boire sa maigre pension et nettoie le mobilier avant le passage de l'huissier. Les Verhulst ne travaillent pas, ou seulement en cas d'extrême nécessité. Le reste du temps, ils éclusent les bars de Reetveerdegem lors de beuveries épiques, défendent à coups de poing l'honneur familial, organisent des Tours de France éthyliques ou des courses de vélo nudistes. Leur dieu: Roy Orbison; leur déesse: la Dive Bouteille. De cuites phénoménales en tendres démonstrations de solidarité familiale, La Merditude des choses dresse le portrait d'un clan de marginaux déjantés, qui sont à la société ce que la famille Addams est aux Lequenois. Un roman hilarant et mélancolique, mais qui porte sur ses personnages le regard tendrement nostalgique de celui qui en a réchappé et, par là même, a trahi.


- La terre des mensonges
de Anne B. Ragde
Éditions 10-18 / Mars 2011


Quelques jours avant Noël, en Norvège, dans une ferme délabrée de Trondheim, la tyrannique Anna Neshov se meurt. Ses trois fils, leur père, ombre fantomatique et Torunn, l'unique petite-fille, se retrouvent alors pour la première fois pour une confrontation explosive ou éclateront les drames secrets dont sont tissées leurs vies.


- Le caveau de famille
de Katarina Mazetti
Éditions Gaïa / Mars 2011


Elle c'est Désirée, la bibliothécaire, et lui c'est Benny, le paysan. Elle dévore les livres comme les produits bio, lui élève des vaches et n'imagine pas qu'on puisse lire "de son plein gré". Pourtant, ils s'accordent trois essais pour avoir un enfant ensemble. Si cela ne donne rien, c'est terminé pour toujours. Et si ça marche. Comme le disait un critique littéraire suédois: "Le quotidien tue l'amour, la vie de famille l'enterre." C'est gai. Bienvenue dans le caveau de famille. Pétillant et jubilatoire.


- Le cheval soleil
de Steinunn Sigurdardottir
Éditions 10-18 / Mars 2011


Elle porte le nom d'une fleur, mais Lilla n'a jamais vraiment éclos. Elle a grandi dans l'indifférence de ses parents, trop occupés à soigner les enfants des autres. Lorsque son grand amour réapparaît des années plus tard à Reykjavik, Li décide de commencer à vivre. De remuer la terre souillée de ses souvenirs, depuis les nuits passées avec son frère dans le grenier, ses conversations avec une amie imaginaire, à son mariage raté, pour faire enfin pousser le bonheur. Mais les fjords glacés ne murmurent-ils pas que les chagrins d'amour se transmettent de génération en génération?


- Le livre de Joe
de Jonathan Tropper
Éditions 10-18 / Mars 2011


Après dix-sept ans d'absence, Joe revient à Bush Falls, le patelin de son enfance. Couronné par le succès d'un livre qui ridiculisait ses voisins, il se heurte à l'hostilité d'une ville entière, bien décidée à lui faire payer ses écarts autobiographiques. Entre souvenirs et fantômes du passé, Joe va devoir affronter ses propres contradictions et peut-être enfin trouver sa place.


- Le polygame solitaire
de Brady Udall
Éditions Albin Michel / Mars 2011


Brady Udall raconte l'histoire exceptionnelle d'une famille non moins exceptionnelle. À quarante ans, le très mormon Golden Richards, quatre fois marié et père de vingt-huit enfants, est en pleine crise existentielle. Son entreprise de bâtiment bat de l'aile, son foyer est une poudrière minée par les rivalités et les menaces d'insurrection. Rongé par le chagrin depuis la mort de deux de ses enfants, il commence sérieusement à douter de ses qualités de père et de sa capacité à aimer. Golden Richards, tragiquement fidèle à ses idéaux, se sent seul. Mais dans le désert du Nevada, il va découvrir que l'amour est une mine inépuisable. Porté par une verve aussi féroce qu'originale, Le Polygame solitaire nous parle avec humour du désir et de la perte, de la famille et de l'amour.


- Mal tiempo
de David Fauquemberg
Éditions 10-18 / Mars 2011


Cuba. Une poignée de boxeurs prometteurs réunis pour un stage intensif. Parmi eux, le jeune prodige Yoangel Corto, un poids lourd au style unique, frontal. Lui, le paysan d'un pueblo perdu, traversé par l'antique magie de ses ancêtres yorubas, réussira -t-il l'impossible: vaincre, vraiment?


- Mathilda Savitch
de Victor Lodato
Éditions 10-18 / Mars 2011


Minutes de silence, peurs irraisonnées, enfants qui se déguisent en terroristes. Voici l'Amérique de Mathilda Savitch, adolescente en colère. Tout a changé lorsque sa sœur aînée a disparu. Face à des parents écrasés de chagrin, Mathilda, cruellement inventive, observe son petit monde et cherche sa place. Pourtant, sa voix unique crie haut et fort.


- No impact man
de Colin Beavan
Éditions 10-18 / Mars 2011


Réduire au maximum son empreinte environnementale. C'est le défi de Colin Beavan. Pas facile quand on vit en plein cœur de Manhattan avec femme et enfant, au 9e étage d'un building. Pourtant, pendant un an, ce sera sans ascenseur, sans réfrigérateur, sans climatiseur ni voiture. À l'heure de la surconsommation, le défi relève presque de l'impossible. Le compte à rebours est enclenché.


- Perte et fracas
de Jonathan Tropper
Éditions 10-18 / Mars 2011


Doug a vingt-neuf ans et il est veuf. Plus qu'un constat, c'est un art de vivre, qui s'incarne dans une léthargie autodestructrice au Jack Daniel's et une chronique hebdomadaire, Comment parler à un veuf. Tout ça lui conviendrait parfaitement si sa famille, mobilisée au grand complet, ne s'était pas mis en tête de le sortir de sa torpeur.


- Portrait de femme
de Henry James
Éditions 10-18 / Mars 2011


Belle, libre, intelligente, Isabel n'en reste pas moins orgueilleuse et naïve. Cette Américaine en mal d'aventure va découvrir la vie en accéléré sur les bords de la Tamise. Entre passion et confusion des sentiments, elle entame un voyage initiatique dans la haute société de la fin du XIXe siècle.


- Regarder au-delà
de Hugues de Montalembert
Éditions Anne Carrière / Mars 2011


En 1978, Hugues de Montalembert a été agressé à New York par deux hommes venus le voler. Lors d'un affrontement violent, l'un d'eux lui a jeté du décapant au visage. En quelques heures, il s'est retrouvé aveugle. Cet ouvrage est le fruit de trente ans de réflexion sur les conséquences de cette nuit-là. Avec une concision et une force remarquables, mêlant la pensée actuelle aux extraits de son journal intime d'alors, l'auteur retrace, sans jamais s'apitoyer sur son sort, ce par quoi il a dû passer: accepter que la vie bascule brutalement, se rééduquer pour retrouver, autant que possible, une existence libre et indépendante, savoir se faire aider mais aussi savoir établir avec les autres une relation dans laquelle sa condition se ferait oublier. De façon étonnante, il a continué à voyager seul à l'autre bout du monde, et même à voir, bien qu'il ait perdu l'usage de ses yeux.


- Roman de l'au-delà
de Matthias Politycki
Éditions Jacqueline Chambon / Mars 2011


Il est parfois des matins où l'air déjà tiédi, la lumière dorée augurent bien de la journée. C'est ainsi que le Pr Schepp, entrant dans son bureau d'humeur joyeuse, reste figé d'effroi en découvrant, assise à sa table de travail, sa femme immobile, inanimée, morte. Une mort qui le ramène quarante ans en arrière, à l'époque de leurs fiançailles. Influencés sans doute par le tableau d'Arnold Böcklin, ils avaient fait un serment: le premier qui mourrait attendrait l'autre sur le rivage, afin de rejoindre ensemble l'Île des morts. Mais à mesure que les heures passent, alors que déjà les ombres s'allongent et qu'une odeur douceâtre envahit sournoisement la pièce, le professeur, toujours plongé dans le manuscrit que corrigeait son épouse, découvre, atterré, une femme tout autre qu'aimante, une étrangère. Qui ne l'attendra plus dans l'au-delà.


- Rose
de Tatiana de Rosnay
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mars 2011


Paris, sous le Second Empire. Les ambitieux travaux d'Haussmann réduisent des quartiers entiers en poussière et génèrent des milliers d'expropriations douloureuses. Loin du tumulte, Rose Bazelet mène une vie paisible, au rythme de sa lecture du Petit Journal et de ses promenades au Luxembourg. Jusqu'au jour où elle reçoit la fatidique lettre du préfet: sa maison, située sur le tracé du boulevard Saint-Germain, doit être démolie. Liée par une promesse faite à son mari, elle ne peut se résoudre à partir. Contre le baron, contre l'empereur, Rose va se battre pour sauver la demeure familiale qui renferme un secret jalousement gardé.


- San Francisco
de Catherine O'Flynn
Éditions Jacqueline Chambon / Mars 2011


Frank présente les infos régionales sur une chaîne de télévision locale à Birmingham. Quand il ne prépare pas un reportage sur le concours de la meilleure tourte des Midlands ou qu'il ne rend pas visite à sa mère dans sa maison de retraite, il est hanté par les disparitions: celle de son prédécesseur et ami, Phil Smethway, étrangement renversé sur une petite route de campagne par un mystérieux chauffard; celle des bâtiments imaginés par son père architecte dans le plus pur style brutaliste et que l'éternelle soif de renouvellement de Birmingham détruit les uns après les autres; celle d'inconnus, enfin, à qui une mort solitaire vaut un passage aux informations mais dont l'existence semble n'avoir laissé aucune empreinte. Entre les drames et les ridicules du milieu médiatique et une mère qui se complaît dans un cynisme ravageur, Frank va tenter de donner un sens à toutes ces absences. Avec des personnages à la fois drôles et touchants, dans ces ambiances douces-amères qu'elle excelle à créer, Catherine O'Flynn compose un roman très anglais sur la famille, l'amitié et la mauvaise télévision. Livre après livre, elle raconte la tristesse du monde moderne sans jamais perdre son sens de l'humour.


- Sincères condoléances
de Erling Jepsen
Éditions Sabine Wespieser / Mars 2011


Alors qu'il regarde un reportage sur la guerre en Irak, Allan apprend la mort de son père, qu'il n'a pas revu depuis des années. Et pour cause. Dans ses romans et ses pièces à succès, l'écrivain qu'il est devenu n'a cessé d'instruire contre ce père honni un procès à charge. Feignant d'abord l'indifférence, il se décide à envoyer une couronne pour l'enterrement: touchée par son sommaire Sincères condoléances, sa mère l'appelle et obtient de lui qu'il revienne enfin la voir. Il convainc sa sœur Sanne, restée traumatisée par le cauchemar familial, de l'accompagner. Les voici en route vers le village du Sud Jütland, théâtre des secrets et des turpitudes de leur enfance. Il n'est pas certain, avec ce retour au pays natal, qu'Allan parvienne à tirer un trait sur son passé: rien de ce qu'il découvre n'est conforme à ses attentes. Sa mère, si douce et résignée, affiche un soulagement frisant l'indécence: elle n'a qu'une hâte, déménager dans une maison moderne et confortable, et brûler les affaires de son mari. Dans les papiers du vieux laitier, Allan retrouve toutes les coupures de presse le concernant. Son père l'aurait-il aimé? Cet homme abominable, qui aurait perversement manipulé sa famille, aurait-il été lui-même une victime? Et, au fond, de quoi est-il réellement mort? Au fil d'une enquête où l'incrédulité rivalise avec la consternation, le burlesque des situations avec le désespoir, se dessine le portrait d'une femme qui figurerait en bonne place au panthéon des mères manipulatrices et dénaturées. Le ton est grinçant, l'intrigue palpitante, et le constat sur la perversité des familles sans appel.


- Sous silence
de Catherine Enjolet
Éditions Phébus / Mars 2011


Nabisouberne, un drôle de nom pour une drôle de vie. Celle qui se surnomme "Bisou" mène le lecteur sur la piste d'une enfance sous silence. Depuis la disparition de son père, Nabisouberne s'est enferrée dans un silence de mort. La peur de la séparation et de la Ddass mine sa famille. Pourtant autour d'elle, ça chahute, ça crie, ça hurle à la cour des Miracles, au cœur du Paris populaire, où elle vit avec ses frères entre la mélancolie d'une grand-mère ruinée et l'insouciance d'une mère fantasque. Pour ceux qui portent l'invisible étoile de l'exclusion, le quotidien, entre rire et larmes, réserve ses menaces et ses espoirs. Nabisouberne rejette cet isolement et sème des mots sur sa route; elle s'ancre au fil des lignes pour se relier aux autres. Un jour, pour tous ceux et celles que l'on n'entend pas, elle écrira. Avec cette chronique douce-amère d'une enfance sous silence, récit lucide et tout en finesse, Catherine Enjolet plaide par la plume la cause des enfants sans voix.


- Tout peut arriver
de Jonathan Tropper
Éditions 10-18 / Mars 2011


Zach mène la belle vie. Trentenaire fiancé à une femme superbe, il habite un immense appart dans l'Upper West Side. Jusqu'à "ce jour où rien ne va plus". Manathan est réveillé par une secousse et Zach par un inquiétant problème de santé. Et puis il y a son père, de retour après sept ans d'absence. Pourtant il devrait savoir d'expérience que tout peut arriver.


- Adam et Èvelyne
de Ingo Schulze
Éditions Fayard / Février 2011


Une localité d'Allemagne de l'Est, vers la fin de l'été 1989. Adam, tailleur pour dames, vit avec Èvelyne, serveuse de restaurant. Lui travaille à la maison et succombe parfois aux charmes de ses clientes. L'ayant surpris un jour en rentrant de son travail, elle décide de partir en vacances sur-le-champ, en voiture, avec un couple d'amis. Adam décide de les suivre. La course poursuite, assez lente, qui s'engage alors les conduit après un passage en Tchécoslovaquie, sur les rives ensoleillées du Balaton. Lorsque la Hongrie ouvre soudain sa frontière occidentale, le fruit interdit est à portée de main. Où est le paradis? Dans le contexte historique des bouleversements intervenus en Europe au cours de l'automne 1989, Ingo Schulze nous offre, sous la forme d'une comédie dialoguée, un attachant récit, subtile relecture du mythe d'Adam et Ève.


- American lady
de Caroline de Margerie
Éditions Robert Laffont / Février 2011


Elle était belle, subtile et nostalgique. De 1945 à 2004, cette héroïne qui aurait pu sortir d'un roman d'Henry James ou d'Edith Wharton entrelace sa vie à l'Histoire avec un grand ou un petit H. Née dans une vieille famille américaine, elle épouse un diplomate et, après la guerre, quand son mari et elle s'installent à Paris, elle ne tarde pas à régner sur le milieu politique et mondain qui compose l'avant-poste américain en Europe. Son amour de la France se double d'un plus grand amour encore, celui qu'elle éprouve pour le célèbre Duff Cooper, à l'époque ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris. Les grands sentiments se mêlant à la grande politique, sa culture, son intelligence et son jugement s'en trouvent renforcés. Deuxième acte, son époux et son amant meurent tous les deux. Désespérée, Susan Mary rentre à Washington avec ses deux enfants. La campagne présidentielle bat son plein. Joe Alsop, un vieil ami, un proche de J. F. Kennedy et l'un des plus fameux éditorialistes américains la demande en mariage. Elle accepte. Les Alsop deviennent des intimes du couple présidentiel et des familiers de la Maison Blanche. Susan Mary se transforme en grand témoin de l'ère kennedienne, elle devient l'hôtesse n°1 de la capitale. Après son divorce d'avec Joe, elle entame une carrière littéraire et publie quatre livres qui sont autant de grands succès. Sa vie romanesque est l'incarnation de la féminité et de la subtilité, sa perspicacité et sa souplesse font merveille dans les allées du grand monde. Description de Paris après-guerre, portraits d'hommes politiques, plongées dans les milieux du pouvoir américain, c'est un fil qui court le long des relations internationales de la seconde moitié du XXe siècle.


- Autobiographie
de Julien Green
Éditions Plon / Février 2011


"À la distance qui me sépare aujourd'hui du jeune homme que je fus, j'essaie non de le juger, mais bien de le comprendre. Il m'apparaît avec l'éternel visage de la jeunesse qui ne sait ce qu'elle veut, ni où elle va, qui ne se connaît pas elle-même et s'engoue tout à coup de ce qu'elle abominera demain, passant de l'enthousiasme au désespoir avec tous les élans que les années se chargeront de briser, crédule, généreuse, injuste? Irremplaçable. Ses colères, ses rêves, je les portais en moi. Je ne me sens pas meilleur de ne les avoir plus". Cette autobiographie de Julien Green revient sur l'enfance de l'écrivain et son passage, tout en douleur, vers l'âge adulte. Il y évoque le paradis de ses premières années qui brusquement s'achève, à la mort de sa mère, alors qu'il n'a que quatorze ans. Le récit témoigne de son entrée brutale dans la vie, de ses difficultés, de ses études et livre un portrait de la jeunesse d'une étonnante modernité.


- Cent ans
de Herbjørg Wassmo
Éditions Gaïa / Février 2011


Sara Susanne, Elida et Hjørdis, sont respectivement l'arrière-grand-mère, la grand-mère et la mère de la narratrice. Cent ans est le roman de leurs vies, des hommes qu'elles voulaient et des hommes qu'elles ont eus, des enfants auxquels elles ont donné naissance. C'est aussi l'histoire d'une petite fille qui se cache au grenier pour l'éviter, lui. Elle a un crayon jaune qu'elle taille avec son couteau de poche et qui lui sert à écrire. À survivre.


- Ce regard en arrière (et autres écrits journalistiques)
de Nuala O'Faolain
Éditions Sabine Wespieser / Février 2011


Alors que le public irlandais garde vive la mémoire des chroniques, des articles et des émissions de la grande journaliste que fut aussi Nuala O'Faolain, les lecteurs français ne connaissent "que" ses romans et ses mémoires. Dans la sélection des soixante-dix textes publiée aujourd'hui, englobant plus de vingt années de carrière, de 1986 à 2008, se retrouvent tout entiers l'intelligence pointue, la sensibilité, la faculté d'empathie et le talent d'observation de la grande dame irlandaise disparue. Traitant des sujets les plus divers, le statut des femmes dans la société, le processus de paix en Irlande, le boom économique, l'omniprésence de l'Église catholique, les effets du 11 Septembre à New York et dans le monde, les concerts de U2, l'importance de Sinatra ou la mort de sa chienne Molly, Nuala O'Faolain ne baisse jamais la garde: elle ne cesse de dénoncer, avec la précision teintée d'ironie qui lui était propre, les mécanismes intimes du pouvoir et de l'impuissance. Ceux qui ont lu ses romans auront l'émouvant sentiment de la retrouver telle qu'en elle-même dans sa lucidité et sa tendresse pour le monde. Ils découvriront l'étendue des centres d'intérêt et la richesse de la palette narrative de celle qui contribua grandement au combat féministe en Irlande et fut une grande conscience de son époque.


- Ces choses que nous n'avons pas vues venir
de Steven Amsterdam
Éditions Albin Michel / Février 2011


Et si le monde tel que nous le connaissons s'arrêtait demain? Détérioration du climat, épidémies, chaos politique, restriction des libertés. "Ces choses que nous n'avons pas vues venir", Steven Amsterdam en a fait la matière de son premier livre. Dans un no man's land qui ressemble à s'y méprendre aux Etats-Unis, l'écrivain invente un roman d'anticipation qui colle étrangement au présent, sur les traces d'un personnage qui, de l'enfance à l'âge adulte, survit à la désintégration de son univers. Tout, de la puissance et la justesse des images et des émotions à l'humour noir de l'auteur, interroge notre humanité et notre tragique capacité à nous adapter. Au cœur de ce tableau apocalyptique où la terre est traversée par des torrents de pluie et où des employés d'une agence pour l'emploi lisent dans vos pensées, le style limpide et sans fioritures de Steven Amsterdam annonce un incontestable talent.


- Charles Jessold, meurtrier présumé
de Wesley Stace
Éditions Flammarion / Février 2011


Compositeur, véritable prodige de la musique, Charles Jessold n'a pas le profil d'un tueur. La bonne société londonienne est loin de s'imaginer ce dont il est capable. Et pourtant, la femme de Jessold et son professeur de chant sont retrouvés empoisonnés dans le lit conjugal. La veille du crime devait avoir lieu la première d'un opéra composé par Jessold, l'histoire d'un mari trahi qui assassine sa femme et son amant avant de se suicider. Dans son nouveau roman, Wesley Stace explore l'amour sous toutes ses formes. Que ce soit entre chef d'orchestre et musicien, mari et femme, ou encore entre critique et artiste, il dirige cette symphonie avec une vivacité d'esprit rappelant P. G. Wodehouse. Le résultat est un roman passionnant qui combine personnages complexes et dialogues d'une légèreté enlevée.


- Et embrasser la liberté sur la bouche
de Philippe Seguy
Éditions Flammarion / Février 2011


Au XVIIIe siècle, Anne Théroigne dite Théroigne de Méricourt, fuit la Belgique et fait l'apprentissage de l'amour et de la liberté. En 1789, elle part pour la France pour participer à la Révolution et rejoint le camp des républicains. Victime de la Révolution comme ses amis Girondins, elle sombre dans la folie.


- Femmes tortues, hommes crocodiles
de Sophie Stern
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Février 2011


Dix nouvelles actuelles avec en filigrane le monde de l'entreprise, dix histoires nous montrant les dilemmes et les choix, les doutes et les espoirs. Aujourd'hui, dans la multinationale ou la PME, il convient de cacher ses failles, pour se protéger des autres, de soi. Alors les femmes se métamorphosent en tortues aux carapaces épaisses et les hommes en crocodiles au cuir inattaquable. Pourtant au gré du temps ou des hasards, des fissures se révèlent. Après un long parcours professionnel, Sophie Stern s'intéresse dans ce recueil à ce qui se cache derrière les apparences. Ses fictions, courageuses et sensibles, nous questionnent sur les rapports hommes femmes, le lien au travail, les nouvelles solitudes. Et finalement, ce que l'auteure nous rappelle, c'est tout simplement que si les femmes ont une âme, les hommes ont un cœur.


- Fontenoy ne reviendra plus
de Gérard Guégan
Éditions Stock / Février 2011


"Comme je viens d'une époque, voire d'un monde, où chacun jurait de rester éternellement fidèle à ses convictions, je me suis souvent demandé pourquoi tant de figures énergiques avaient ensuite, et sans trop tarder, tourné la page de leur jeunesse. Cette question: qu'est-ce qui pousse un homme à changer de camp, à passer, par exemple, de la gauche la plus enragée à la droite la moins clémente? a fini par m'obséder. J'aurais pu en tirer la matière d'un pamphlet si ce n'est que je voulais toucher au-delà du cercle des convaincus. Aussi ai-je ressuscité un écrivain du siècle dernier, Jean Fontenoy, qui, pour reprendre le mot de Malraux, fut partout où cela comptait, tout du moins dans ses 20 ans: la Grande Guerre, Dada, Octobre, Maïakovski, Lénine et Trotski, Moscou et Shangai... Or, lui qui était né pauvre, que l'école de la République avait su distinguer et dont les livres avaient séduit aussi bien Kessel que Colette, Blanchot que Céline, voilà que, contre toute attente (il avait dénoncé le nazisme dès 1933), il se fit soudain fasciste. Quelques années plus tard, non sans logique (et aussi par haine de la lâcheté), il ne lui resterait plus qu'à partir se suicider dans Berlin assiégée par l'Armée rouge. Reste que je n'ai écrit Fontenoy ne reviendra plus que pour comprendre de quoi nous sommes faits et à quoi tiennent nos destinées. Et nos refus". G. G.


- Homeboy
de Florent le Reste
Éditions Michalon / Février 2011


Du quartier au hip-hop. Florent le Reste témoigne du quotidien de son enfance et de son adolescence en Seine-Saint-Denis au début des années 80, époque où son père voyait dans les HLM de banlieue un nouveau confort de vie. Cet espace limité par une autoroute, un cimetière et un stade devient alors son terrain de jeu, celui d'une jeunesse laissée à l'abandon. Les faits sont bruts, violents, choquants, mais l'auteur confesse avec lucidité la situation des cités: le désœuvrement, l'absence d'encadrement, l'ignorance de valeurs fondamentales. Pour palier ces manques, Florent Le Reste adopte une culture devenue aujourd'hui identitaire: le hip-hop. Il a grandi avec les valeurs positives défendues par ce mouvement, lui permettant de traverser ces années pour finalement s'accomplir. C'est l'histoire de cette culture qu'il nous propose en filigrane de son parcours édifiant de "jeune quartier".


- Impardonnable
de Lucy Dawson
Éditions Fleuve Noir / Février 2011


Dans le silence d'une chambre d'hôpital, la jeune animatrice de télévision Gretchen Bartholomew est plongée dans le coma. Sa meilleure amie Alice est à son chevet et n'espère qu'une chose: qu'elle ne se réveille jamais. Un an plus tôt, Alice mène une vie londonienne paisible avec son petit ami Tom jusqu'au jour où son agence l'envoie photographier Gretchen aux États-Unis. Les deux jeunes femmes se lient d'amitié instantanément, la fantaisie de Gretchen réveillant le morne quotidien d'Alice. Au fil des jours, Gretchen la complice, la confidente se mue pourtant en une redoutable manipulatrice.


- Infinis
de John Banville
Éditions Robert Laffont / Février 2011


Adam Godley, un brillant mathématicien, spécialiste de l'infinité des infinis, et de la possibilité d'univers parallèles, repose dans sa chambre, au seuil de la mort. Autour de lui, dans une maison à l'atmosphère oppressante, le veillent sa deuxième épouse, sa fille, une adolescente fragile, son fils, accompagné de sa femme, Helen, une comédienne à la beauté troublante. En un jour, en un lieu, ce monde mortel et imparfait va recevoir la visite invisible des dieux de l'Olympe, des dieux à l'esprit facétieux, qui vont se plaire à prendre la place des humains pour satisfaire leurs désirs illicites. Zeus, follement épris d'Helen, se fera passer le temps d'une nuit pour son mari afin de jouir de ses charmes. Puis en prenant l'apparence de Rody, le fiancé de la fille d'Adam, il poursuivra son œuvre de séduction. Hermès, le fils de Zeus, est le narrateur espiègle de cette tragi-comédie ensorcelante, qui évoque le Songe d'une nuit d'été, en illustrant la folie de l'amour et des actes qu'il peut nous pousser à commettre. Hermès se déguisera lui-même en fermier pour conquérir l'une des servantes, sans se soucier des conséquences. Ainsi la présence des dieux va bientôt faire exploser les tensions jusque-là silencieuses, exaspérer les drames, tandis qu'Adam, toujours mourant, revit dans son esprit le souvenir de ses années passées. En s'inspirant de l'Amphitryon de Kleist, Banville mêle les genres avec virtuosité, dans une langue iridescente et poétique. Le texte oscille constamment entre gravité et ironie. Le réel et le merveilleux se répondent, donnent une profondeur envoûtante au récit. En mêlant des questions métaphysiques et humaines, Banville ne cesse d'interroger le sens de notre existence, son mystère et sa beauté.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 13:19

- J'attends
de Capucine Ruat
Éditions Stock / Février 2011


"Il y a beaucoup d'enfants qui ne naissent jamais, et des adultes qu'on n'a pas mis au monde. La mort a fermé les yeux des disparus et ouvert ceux des survivants, tous deux sont à présent parfaitement lucides. J'aimerais l'être moins". Celle qui dit "je", c'est Angèle Videau, sœur d'Arielle, fille d'Armelle et du "père", une apparition dans ce roman de femmes. Des femmes sur trois générations, de Mané à Armelle, d'Armelle à Angèle. Trois générations, pas une de plus. On rencontre Angèle dans la salle d'attente d'un cabinet médical, les mains posées sur un ventre qu'elle a gonflé d'espérance. Alors que se déploie sous ses yeux le ballet des futures mères, des jeunes enfants et de celles qui les ont enfantés, Angèle s'adresse à Éric. Ce prince Éric qu'elle désire de toutes ses forces et porte en elle, elle tente de l'apprivoiser. L'occasion de convoquer les rêves, les souvenirs et de combler les places laissées vides. Pourquoi les désamours et à quel point le manque? A-t-on "raté" sa vie quand on ne la donne pas? Il y a les questions, toutes les questions d'Angèle et qui demeurent sans réponse. Car J'attends, c'est la sensation d'une carence; le cœur bat en sourdine, la laideur, celle qui ne s'altère pas finit par saisir d'effroi, le corps est sec et, si l'on n'y prend garde, bientôt, dans cette famille qui s'amenuise comme une peau de chagrin, les morts auront supplanté les vivants. Angèle aimerait être moins lucide mais pour Éric, elle a tout déballé. Un regard sans filtre, quasi clinique, qu'elle offre sur les siens et sur elle-même et qui révèle, dans une violence contenue et dans le sang, parfois, les secrets, les envies, les pensées honteuses, tout ce qu'on n'a pas su et pas pu dire.


- Jeunes femmes en uniforme
de Tereska Torrès
Éditions Phébus / Février 2011


Caron, Nellie, Muriel et les autres font partie de ces femmes qui ont tout quitté pour rejoindre le général de Gaulle à Londres. Elles ont vingt ans, parfois moins, sont bretonnes, parisiennes, paysannes, journalistes et sont les premières engagées des Forces françaises libres. Conscientes que la mort peut les faucher à chaque instant, fières de contribuer à l'effort commun, la guerre, l'urgence et les rencontres nées de l'exil vont leur faire découvrir une nouvelle vie. Ce roman, publié aux États-Unis en 1951, provoqua un scandale lors de sa publication parce qu'il décrit la vie de plusieurs jeunes femmes soldats et ne les représente pas en images d'Épinal. L'auteur, à l'époque, par crainte de choquer également ses compatriotes, s'était opposée à une parution en France. Elle le fait aujourd'hui dans une version française originale et inédite. Elle y dresse le portrait romancé de quelques jeunes filles qui firent preuve d'un courage quotidien remarquable pendant le Blitz en 1940 et 1941.


- Journal secret (1836-1837)
de Alexandre S. Pouchkine
Éditions Belfond / Février 2011


La redécouverte d'un manuscrit mythique et contesté, recherché durant plus d'un siècle et sorti clandestinement d'URSS: le fameux journal secret de Pouchkine. Une confession érotique et tragique, où le grand écrivain russe nous dévoile les secrets de son âme obsédée par la chair et la mort. Une réflexion brillante sur la passion, la création et le destin. À la veille d'un duel qu'il pressent fatal, Pouchkine se met à nu et livre la face cachée de l'homme que toute la Russie encense: sa soif d'écrire et de jouir, les difficultés de sa vie maritale, ses relations complexes avec le tsar Nicolas 1er. Et, surtout, son besoin de collectionner les femmes avec le stakhanovisme du laid savourant sa revanche, lui, le nain au visage de singe marié à une déesse. Séducteur insatiable, amant de ses belles-sœurs aussi bien que de catins racolées dans les rues de Saint-Pétersbourg, organisateur de cérémonies orgiaques, sa vénération pour le sexe féminin lui fait multiplier les aventures comme un saint homme qui visiterait toutes les églises pour mieux prier Dieu. Mais quand son épouse se prête aux jeux érotiques du tsar ou sourit aux œillades du jeune et beau baron français d'Anthès, Pouchkine se laisse dévorer par la jalousie jusqu'à causer peu à peu sa propre perte.


- Jours d'Alexandrie
de Dimitris Stefanakis
Éditions Viviane Hamy / Février 2011


Jours d'Alexandrie se déploie sur les soixantes premières années du XXe siècle, du début de la Première Guerre mondiale à la nationalisation du Canal de Suez. Saga urbaine et familiale, épopée des diasporas, les personnages gardent, où qu'ils soient, un lien viscéral avec leur ville, Alexandrie, Babel des temps modernes. On ne peut s'empêcher de songer au Quatuor d'Alexandrie de Lawrence Durell. Trois figures emblématiques se détachent: Antonis Hàramis, le Grec chef de famille, issu des milieux les plus pauvres d'Athènes, devenu l'industriel du tabac le plus important d'Égypte, Élias Khoùri, "le Libanais" distant, manipulateur, polyglotte, incarnation de l'internationalisme alexandrin, point de jonction de tous les personnages. Et Yvette Santon, Française au caractère bien trempé, agent secret des Anglais. Autour d'eux gravite une pléiade d'acteurs d'origines et de conditions très diverses. Mais au-dessus de tout et de tous, Alexandrie, impériale, observe les fortunes qui se nouent et se dénouent, et la marche du temps.


- Justice dans un paysage de rêve
de Malla Nunn
Éditions Les Deux Terres / Février 2011


Un capitaine de police blanc ayant été abattu dans une ville de la province sud-africaine au cours des années cinquante, l'inspecteur Cooper arrive de Johannesburg pour mener l'enquête. Il doit se frayer un chemin dans le labyrinthe des clivages raciaux et sociaux qui divisent la communauté. L'éminente et très respectable famille de la victime l'observe d'un œil soupçonneux, et l'enquête est rapidement récupérée par la Security Branch. Cooper poursuit néanmoins ses recherches et, en découvrant la double vie du capitaine défunt, est entraîné dans une affaire qui révèlera que la couleur de peau compte bien plus que la justice.


- Killing Kate Knight
de K Arkady
Éditions Calmann Lévy / Février 2011


Alors qu'elle était en plein tournage, une jeune et célèbre actrice se réveille menottée à un lit, détenue par un étrange maniaque qui lui déclare qu'elle doit mourir, pour son propre bien et celui du cinéma. Lara Sarah Delilah K, une tueuse professionnelle œuvrant en secret pour le gouvernement, est sur la piste d'une mystérieuse narco-organisation. Ses convictions déraillent quand une mission anodine vire au jeu de massacre. L'actrice finit par entrer dans le jeu de son ravisseur, Lara par se rendre compte que ses actes font partie d'un schéma d'ensemble aux conséquences dramatiques. Avec, au final, cette même question, qui est Kate Knight?


- La compagnie des femmes
de Yves Simon
Éditions Stock / Février 2011


Certains écrivains, au gré de leurs publications, nous donnent volontiers de leurs nouvelles à travers chacun de leur livre; ils n'hésitent pas à raconter, à montrer le monde, l'époque, pour tenter de mieux les comprendre, mais avant tout de se comprendre eux-mêmes. Depuis son premier livre, Les Jours en couleurs, paru voilà quarante ans, Yves Simon n'aura cessé de poursuivre sa propre trace, il nous a dit sa jeunesse, ses illusions perdues, ses chagrins, ses amours, mais jamais n'avait-il consacré jusqu'à ce jour un roman tout entier empreint, comme son titre l'indique, de la compagnie des femmes. S'il se présente autant comme une autobiographie déguisée qu'un carnet de route, le nouveau roman d'Yves Simon vaut surtout pour l'histoire d'amour très singulière qui l'anime, le porte et le transcende. "Léonie était jeune et moi qui vieillissais", écrit le narrateur avant de reprendre le chemin de quelques-unes des femmes qui le hantent, aussi bien sa mère que les rencontres les plus éphémères. Mais la beauté de cet amour décisif éprouvé pour Léonie emporte dans le même élan lecteur et narrateur. On se prend alors à rêver d'être le passager clandestin de ce voyage, un road novel, dont seul l'écrivain connaît la destination finale.


- La fille porte-bonheur
de Christophe Lambert
Éditions Plon / Février 2011


Lumière blafarde, décor fatigué. Un pianiste joue, avec un talent teinté de désespoir dans l'indifférence générale. Et pourtant… Mike Wilson fut à 18 ans un virtuose. Que lui est-il arrivé? Pourquoi s'est-il enfoncé dans cette déchéance? Vingt ans plus tard, une deuxième chance lui est donnée en la personne de Lucy, "la fille porte-bonheur", et d'un producteur qui croit en son génie. La vie va à nouveau le confronter à un choix douloureux. Malgré les mauvais coups du sort, les détours qu'il nous fait prendre, n'est-on pas toujours rattrapé par son destin?


- La forêt des 29
de Irène Frain
Éditions Michel Lafon / Février 2011


Dans ce pays aimé des poètes, les puissants ont tout saccagé. Pour leurs constructions mirifiques, ils ont déboisé les forêts, méprisé les forces de la terre et du ciel. Le vent s'engouffre dans les villages, la sécheresse s'installe, le fossé entre les riches et les pauvres devient intolérable, la misère rôde, la vie est en danger. Pourtant chacun courbe l'échine. Cela se passait en Inde, il y a plus de cinq siècles. Un miroir tendu aux angoisses de notre temps. Un jeune paysan va refuser la fatalité. Rejeté par les siens, Djambo a rejoint le peuple des Errants, connu la faim, la soif, la passion et l'inanité des rêves d'abondance. Avec quelques vagabonds, il fonde une communauté dont la survie tient à 29 principes simples. Leur ligne directrice: le respect de la Nature et de tous les êtres humains. Ces principes vont permettre au Pays de la Mort de ressusciter.


- La guerre de Louise
de Elsa Chabrol
Éditions Belfond / Février 2011


À La Pièva, près de Bonifacio, Louise, une adolescente au caractère ardent et déterminé, vit en milieu protégé auprès de son vieux père, un ingénieur érudit aux idées humanistes, et de son cousin Julien dont elle est secrètement éprise. Mais lorsque éclate la Première Guerre mondiale, Julien est envoyé au front et son père décède peu après, la laissant seule et sans ressources. Commence alors pour Louise un périple qui la mène de la Corse au Continent, de famille d'accueil en tuteur de guerre, de rencontres en tragédies. Confrontée à une situation désespérée, la jeune fille doit absolument retrouver Julien avant qu'il ne soit trop tard. Sa quête éperdue va l'entraîner jusque dans les tranchées de la Somme, où le destin lui réservera bien des surprises.


- La lettre de Buenos Aires
de Hubert Mingarelli
Éditions Buchet Chastel / Février 2011


"La nuit, à Buenos Aires, ils font comme en plein jour. C'est pareil pour eux. Il fait seulement un peu moins chaud. Les bars sont ouverts. Ils sortent les tables sur les trottoirs. C'est là que je t'ai écrit. On m'avait donné du papier. Je faisais attention, je ne t'écrivais pas n'importe quoi. Ça m'a pris presque toute la nuit à choisir ce qui était bon ou pas à te dire. J'en ai bu des cafés. Je me creusais la tête. Mais à quoi ça m'a servi?" Comme souvent dans ses livres, l'auteur raconte des errances. Le monde, autour, est menaçant, même si la nature contient encore la beauté des choses. Sur la route, des personnages vivent leur voyage. Les vies les plus humbles possèdent leur mystère et leur tragédie. Hubert Mingarelli sait les dévoiler au lecteur avec pudeur et poésie.


- La malédiction de Jacinta
de Lucia Puenzo
Éditions Stock / Février 2011


Pepino, littéralement, concombre, est un jeune homme petit et désorienté. Il vit dans la Plata, à Buenos Aires, un quartier en marge. Tenant son surnom de la série Señora Maestra, qui mettait en scène une classe d'enfants dans laquelle il jouait un bègue, il est obsédé par son auteur: Santa Cruz. Un soir, alors qu'il a décidé de tuer Bochatón, un chanteur rock sur le retour, pour le faire accéder à la gloire, il rencontre une jeune femme grande et perdue: Twiggy. Schizophrène, droguée et loufoque, elle reconnaît sa solitude dans les yeux de ce garçon aux airs d'orphelin. Ils tombent amoureux. Devenus inséparables, après avoir cru croiser Santa Cruz dans la rue, ils apprennent la mort mystérieuse de Jacinta Pichimahuida, l'institutrice de la série. S'ensuivent des disparitions tragiques d'anciens acteurs, enfants stars, tombés depuis dans l'anonymat. Mais Santa Cruz est-il toujours vivant? Qui se cache derrière Pepino, celui que personne ne reconnaît jamais?


- La splendeur des Charteris
de Stéphanie des Horts
Éditions Albin Michel / Février 2011


Noblesse oblige, chez les Charteris, lords de père en fils, les "honorable young ladies" font peu de cas de leur vertu, les ministres ont les idées larges et les amours ancillaires, les homosexuels embrassent les filles sur la bouche et un inspecteur chinois joue les Hercule Poirot. En 1936, dans leur résidence d'été de l'île de Wight, on se noie dans le champagne avec l'ambassadeur d'Allemagne Ribbentrop pour se consoler de l'absence de ce cher Monsieur Hitler, qui manque décidément à tout le monde. Entre P. G. Wodehouse et les sœurs Mitford, Stéphanie des Horts ressuscite, avec un humour noir très british, une aristocratie aussi arrogante et snob que délicieusement décadente, aux mœurs bien peu conservatrices.


- La ville d'ambre
de José Carlos Llop
Éditions Jacqueline Chambon / Février 2011


Comme l'ambre est capable de conserver intactes une fourmi ou une araignée mortes depuis des siècles, le souvenir sait garder intacts des instants du passé, pris dans la même lumière orangée. C'est ce que constate le héros de La Ville d'ambre, retrouvant tant d'années après la ville insulaire où il a grandi et le salon désormais déserté de l'oncle qui l'a élevé. Un bien curieux personnage, ce dandy sur le retour, collectionneur peu regardant sur la provenance des œuvres, photographe mondain, autrefois célèbre, réduit à la compagnie de faux aristocrates mais vrais aventuriers et de comtesses un peu trop voyantes pour le titre qu'elles portent. Avec la grâce nostalgique qu'on lui connaît, José Carlos Llop nous raconte en demi-teinte l'enfance peu commune du héros, entre un oncle aussi flamboyant qu'énigmatique et une servante au grand cœur qui lui apprend la vie.


- Le fantôme du capitaine
de Gilles Jacob
Éditions Robert Laffont / Février 2011


Où s'arrête la vie, ou commence le romanesque? Cette correspondance imaginaire avec une soixantaine d'artistes, célèbres ou chimériques, mêle gaieté et sentiments, vérité et mensonge. L'auteur y expose sa vie et ses rêves au jour le jour, en facettes teintées d'humour ou d'émotion. Ces contes des 1001 nuits appellent des destinataires privilégiés: Juliette Binoche, dans le rôle de la muse, Michel Piccoli, celui du confident, le loup de Tex Avery en disciple. Il sera question de femmes, de stars, d'admiration, de création littéraire, du temps qui passe, de chaussures, de Truffaut, de Nabokov, de Fellini, de séduction, de fantômes, de direction d'orchestre, de Lady Chatterley, de Sherlock Holmes, de tracas de parking, de pêche à la truite avec Jane Fonda. Plaisir de basculer soudain dans une fantaisie débridée, un décalage comique ou surnaturel quand le héros se transforme en courant d'air ou s'englue littéralement dans la peinture d'un tableau célèbre. Adoration pour la beauté féminine, jeu de l'amour et du hasard avec les grandes actrices du monde entier. Sous l'ironie des états d'âme, un parfum d'air du temps. Inutile de rêver la nuit: le fantôme s'en charge.


- Le fracas des hommes
de Bernard Marc et Maryse Rivière
Éditions Calmann Lévy / Février 2011


1909, Louis Tréhen, nommé externe des hôpitaux à Paris, découvre avec enthousiasme les éclats de la Ville lumière et l'ombre de Belleville. Au fil des rencontres de personnages hauts en couleur, Louis va nouer amitiés et liaisons et être conforté dans sa vocation de médecin.
1919, Louis est immobilisé dans une gangue à l'hôpital Maritime de Berck. Médecin au front, il a connu la souffrance des hommes. Blessé à son tour, il attend, résigné, que son état s'améliore. Pour oublier sa douleur, il entreprend d'écrire pour ses compagnons d'infortune le récit de ses belles années. Dans ce roman initiatique, Maryse Rivière et Bernard Marc entremêlent l'histoire de ces deux Louis, le premier, jeune et heureux, le second, broyé par la guerre. Ils nous entraînent d'un Paris pittoresque aux combats de la Grande Guerre jusqu'à une salle d'hôpital, nous faisant partager le destin de ces sacrifiés de l'aube du XXe siècle.


- Le gang des mégères inapprivoisées
de Tom Sharpe
Éditions 10-18 / Février 2011


Dans le Northumberland, depuis des générations, les dames Grope font régner la terreur. Signes distinctifs: un physique ingrat, une nature antipathique et des pulsions castratrices inversement proportionnelles à leur volonté de se reproduire. Qu'à cela ne tienne. Chez les Grope, on kidnappe les hommes de mère en fille. Une coutume familiale dont le jeune Esmond Burnes va faire les frais.


- Le rossignol de Val Jabert
de Marie-Bernadette Dupuy
Éditions Calmann Lévy / Février 2011


En ce Noël 1932, Hermine coule des jours heureux auprès de Toshan, son époux métis, avec l'enfant né de leur union dans le village de Val-Jabert sur les bords du lac Saint-Jean, au cœur de la forêt québécoise. Élevée comme une orpheline par des religieuses, celle que les villageois surnomment le "rossignol des neiges", à cause de sa voix exceptionnelle, a renoncé à sa passion pour le chant et s'est résolue à devenir une épouse et une mère de famille fidèle aux traditions québécoises. Mais peut-on empêcher un rossignol de chanter? En cédant à l'appel de sa vocation, Hermine va réveiller les fantômes du passé.


- Le voyage de cent pas
de Richard C. Morais
Éditions Calmann Lévy / Février 2011


"Cet adolescent maigrichon possède ce petit quelque chose qu'on ne rencontre qu'une fois par génération. C'est un chef né. Un artiste". Ainsi débute l'ascension d'Hassan Haji, gourmet improbable du roman picaresque. Né au-dessus du petit restaurant de son grand-père à Bombay, Hassan grandit dans les senteurs de curry, entre les promenades dans les marchés aux épices et l'initiation à la bonne chère en compagnie de sa mère. Mais une tragédie pousse les siens vers l'exil. Direction l'Angleterre, d'abord, et, par la force des choses, la France et Lumière, un petit village du Jura dans lequel la famille Haji ouvre une gargote en face d'un respectable restaurant, celui de Mme Mallory, chef émérite. Une guerre culturelle et culinaire s'ensuit, jusqu'à ce que Mme Mallory accepte de prendre sous son aile le jeune Hassan, lequel finira par emprunter un chemin qui le mènera à Paris, vers de nouvelles aventures. Cent pas, c'est la courte distance qui sépare le boui-boui familial de l'établissement deux étoiles. Une vie sera nécessaire à Hassan Haji pour les parcourir.


- Les chemins d'Alep
de Mark T. Mustian
Éditions Presses De La Cité / Février 2011


Jeune gendarme turc pendant la Première Guerre mondiale, Emmet est chargé de conduire des centaines d'Arméniens hors de son pays, jusqu'en Syrie. Lors de cette marche forcée, longue de plusieurs centaines de kilomètres, il se livre, comme tous ceux chargés d'encadrer cette opération, à des exactions sur les populations déportées. Pour Emmet, qui rêve d'entrer dans l'armée, il ne s'agit que d'une mission, d'un devoir qu'il accomplit au nom de la patrie. Mais sa rencontre avec Araxie, une adolescente arménienne aux yeux vairons, bouleverse toutes ses certitudes.


- Les eaux amères
de Armel Job
Éditions Robert Laffont / Février 2011


"On a beau vivre ensemble, on ne sait jamais vraiment ce qui se passe derrière le front de l'autre". Le 4 août est une parenthèse douloureuse dans la vie d'Abraham Steinberg, un triste jour anniversaire dont il appréhende chaque année le retour avec un sentiment mêlé de souffrance et de culpabilité. Et le dimanche 4 août 1968 ne saurait faire exception à la règle. Plus la date fatidique approche, plus une image vieille d'un quart de siècle revient le hanter, celle de son père, sa mère, sa petite sœur et lui-même, réunis dans la cour de la caserne Dossin, à Malines pour la dernière fois. Sauvé in extremis de la déportation par une "envie pressante" aussi dérisoire que tyrannique, le petit garçon d'alors a depuis, à son tour, fondé une famille et fait fortune; il n'est en revanche jamais parvenu à vivre en paix avec ses fantômes. Or cette année, les angoisses existentielles du très estimé Bram, comme tout le monde le nomme en ville, sont encore avivées par une mystérieuse lettre anonyme ainsi libellé: "Abraham, Ta femme te file entre les doigts. Tu as des yeux et tu ne vois pas". Se pourrait-il que la belle Esther, la mère de ses deux grandes filles, son épouse adorée, le trompe? Bien que viscéralement athée, Bram se décide à rendre visite au rabbin, ainsi que l'aurait fait son père en pareilles circonstances pour "boucher le trou", comme il disait. D'après le religieux, seule la cérémonie des eaux amères décrite dans la Bible pourra apporter une réponse irréfutable à cette question: après les avoir bues, en cas d'adultère, la femme verra son ventre enfler et ses flancs se dessécher. Au lendemain de Mai 68 et de l'apparition de la pilule, Les Eaux amères nous offrent la chronique d'une semaine mémorable dans la vie d'un couple et de toute une commune, suspendue au sort de Bram et Esther. Le ventre d'Esther enflera-t-il? Qui est l'auteur des étranges missives signées "L'unique qui ait pitié de toi"? Bram parviendra-t-il à se réconcilier avec ce Dieu méchant qui, un soir de l'été 1942, lui a ravi d'un coup toute sa famille? Tour à tour désopilant et grave, servi par une langue superbe et un art consommé du récit, ce thriller métaphysique inclassable au dénouement aussi imparable qu'inattendu est une incontestable réussite.


- Les saisons de Giacomo
de Mario Rigoni Stern
Éditions Robert Laffont / Février 2011


Après la Seconde Guerre Mondiale, un homme retourne au hameau de la montagne vénitienne ou il a passé son enfance. Si les pierres et les rues en ont été remodelées pour le transformer en un village de villégiature, les stigmates de l'horreur et le souvenir de ceux qui y vécurent sont demeurés bien vivaces. Lorsqu'il passe devant l'ancienne maison de Giacomo, son ami d'école, il décide de raconter son histoire et celle des siens. Giacomo est un petit gamin d'une famille pauvre qui, de l'entre-deux-guerres à la campagne de Russie, traversa toutes les vicissitudes réservées aux montagnards italiens. Ce sont les violences infligées à la terre, ou se dissimule encore le cuivre des obus et des bombes de 14-18, que Giacomo exhume pour le revendre et apporter quelques sous à sa mère. C'est encore l'exil des pères, dans les mines de Lorraine ou en Afrique, afin de sauver les familles de l'absolue misère. Puis c'est la marche du fascisme qui s'empare du pays et envoie ses fils à la mort.


- Les trois roses jaunes
de Raymond Carver
Éditions de l'Olivier / Février 2011


"La rue est jonchée de feuilles mortes. Même les caniveaux en sont pleins. Partout où se posent mes yeux, il y a des tas de feuilles mortes. Et il en tombe d'autres sur mon passage. À chaque pas, j'en écrase sous mes semelles. Il faudrait que quelqu'un fasse un effort. Il faudrait que quelqu'un prenne un râteau et mette un peu d'ordre là-dedans".


- Lâcher sa main
de Séverine Vidal
Éditions Grasset & Fasquelle / Février 2011


"Maman est folle, mais c'est pas ça qui la définit. Pas plus que le reste. Elle est aussi rigolote, belle, bonne cuisinière, de mauvaise foi, coquine, tendre, ridée, grosse, tatouée, un peu mécano sur les bords, ruinée, bavarde, cochonne, vivante. C'est tout ça, et pas seulement sa folie douce, qui dessine les contours de ma mère. Les pieds sur Terre et la tête (un peu) ailleurs. Depuis des mois, j'écris à ma mère toutes les semaines. Je lui raconte le voyage que je fais. Les endroits qu'on traverse, les gens qu'on rencontre. Quatre mois que je suis partie, obéissant à une vieille promesse". Fleur a quinze ans. Et une mère "folle". Alors, quand celle-ci lui demande de prendre le large, elle embarque sur le Tony Truand avec sa bande de joyeux amis, Tristan, Vampire, Alfredo et les parents de la petite Lou. Ensemble, ils vont réaliser leur rêve, la vie de voyage. Tandis qu'ils apprennent à mieux se connaître, les souvenirs de Fleur se mêlent à l'écume pour revenir sur son enfance avec la folie douce de sa mère, ses accalmies, et ses rechutes. Et tandis que Fleur apprend à fuir les frelons, quels qu'ils soient, elle va aussi découvrir sur qui elle peut compter et s'épanouir.


- Moi et Miss M.
de Jemma Forte
Éditions Presses De La Cité / Février 2011


Profession: esclave de star. Francesca rêve depuis sa plus tendre enfance de devenir actrice. Mais, à bientôt trente ans, elle n'a qu'une publicité ridicule à son actif et un travail de secrétaire qui l'ennuie. Grâce à une amie, Francesca décroche le job de ses rêves, elle devient l'assistante de Caroline Mason, une actrice américaine venue à Londres jouer dans une pièce de théâtre. Elle va peut-être enfin pouvoir mettre un pied dans l'univers doré du cinéma. Hélas, la jeune femme ne tarde pas à déchanter. Capricieuse, snob et autoritaire, l'actrice fait de sa vie un enfer. Devenue l'esclave de "Miss M", comme elle la surnomme, Francesca est-elle prête à tout sacrifier pour son travail? Dans cette comédie légère, pétillante et rythmée, Jemma Forte croque les célébrités et leurs courtisans avec beaucoup de justesse et d'humour, et livre une satire décapante du milieu du show-business.


- Mon amoureux et moi
de Isabelle Minière
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Février 2011


De la jeune fille à la vieille dame, chaque femme de ce recueil nous donne des nouvelles de l'amour. Leur amoureux, comment elles l'ont connu, comment elles l'ont aimé, chacune à sa façon, avec passion, avec tendresse, ou avec gourmandise, c'est selon; comment l'amour fait souffrir et comme il fait plaisir, les deux à la fois le plus souvent. De la légèreté, de la gravité, de la fantaisie, de l'humour et un zeste de citron. De la sensualité, des sentiments, de la douceur, de l'ironie et une pincée de piment. Un cocktail surprenant, et pourtant si familier, qu'on soit un homme ou une femme. Mon amoureux et moi, c'est un peu vous, c'est un peu moi, c'est un peu nous tous, ou bien ça pourrait l'être. On a tous en nous un amoureux ou une amoureuse qui espère, qui s'inquiète ou qui jubile. Jubilons.


- Philippe
de Camille Laurens
Éditions Stock / Février 2011


"On peut bien dire qu'on est malheureux, mais on ne peut pas dire le malheur. Il n'y a pas de malheur dans le mot malheureux. Tous les mots sont secs. Ils restent au bord des larmes. Le malheur est toujours un secret". Le 7 février 1994, Camille Laurens met au monde un fils nommé Philippe. Le lendemain, elle assiste à son enterrement. Philippe est mort deux heures après sa naissance par la négligence du médecin qui l'a accouché. Par son arrogance, surtout. C'est ce malheur et cette inhumanité, mais aussi l'indélicatesse de certains proches, que l'auteur raconte dans ce magnifique récit. Au cours de quatre chapitres, "Souffrir", "Comprendre", "Vivre" et "Écrire", elle décrit le temps écoulé de la douleur à l'écriture, avec une ironie grave, une intense clairvoyance. Au fil des pages se compose un livre pour voir, pour comprendre, pour rendre justice, pour s'armer de mots, pour dire son amour, pour crier, pour pleurer, pour ne pas oublier Philippe.


- Polynie
de Mélanie Vincelette
Éditions Robert Laffont / Février 2011


Rosaire Nicolet est retrouvé mort dans sa chambre d'hôtel. C'est Lumi, une strip-teaseuse, qui, un beau matin, l'a découvert inanimé. La petite ville d'Iqaluit dans le cercle arctique est d'autant plus bouleversée par cette nouvelle que tout le monde appréciait Rosaire. Ce jeune avocat était beau et intelligent, infiniment séducteur. En tant que spécialiste des questions autochtones et des tracés frontaliers, il s'était attaché les faveurs des puissants tout en poursuivant son combat pour la défense des Inuits. Oui, tout le monde aimait Rosaire. Trop peut-être. Lorsqu'il apprend cette nouvelle et qu'il est invité à venir reconnaître le corps, son jeune frère, Léandre Nicolet, est bouleversé. Il récuse l'idée d'un meurtre passionnel au profit d'une autre thèse. Chez les Nicolet, depuis que leur aïeul Jean Nicolet, un explorateur du XVIIe siècle, a fait une découverte extraordinaire, on se transmet un secret de père en fils: ce n'est pas Christophe Colomb qui a découvert l'Amérique mais un Chinois, l'amiral Zheng He, en 1418. Voilà, Léandre en est convaincu, Rosaire aura divulgué ce secret et c'est pourquoi il a été tué. Mais une fois sur place, bien vite, les certitudes de Léandre fondent comme neige au soleil. Sous couvert d'une enquête policière, Mélanie Vincelette nous plonge au cœur d'une réflexion sur les mystères des individus. Pourquoi idéalise-t-on les êtres? Sait-on jamais qui on aime? Léandre s'est construit une image idéale de son frère, séducteur et serviteur des justes causes, mais la réalité est beaucoup moins chatoyante. Sans être un parfait salaud, Rosaire n'était pas un ange non plus.


- Polyte
de Savinien Mérédac
Éditions JC Lattès / Février 2011


"Étant enfant, Polyte une fois s'était cassé un piquant d'oursin dans le doigt; ni les cataplasmes de gingembre, ni les emplâtres de vers de terre pilés, rien n'avait pu faire sortir la fine pointe barbelée. Et pendant bien des mois, il avait connu cette sensation cuisante d'un élancement subit qui vous larde la chair, sans avertissement, sans raison. Il semble à Polyte qu'il a maintenant un piquant d'oursin dans le cœur". Hippolyte Lavictoire dit Polyte a navigué sur toutes les mers du monde: il a connu les péniches, les chasse-marées, les goélettes, les longs courriers. Mais après trente-six ans d'aventures et de tempêtes, il ne peut résister à l'appel de la terre, sa terre: deux arpents de glèbe pierreuse, un chétif domaine, que son père et ses pères avant lui, lui ont transmis et qu'il ne peut se résoudre à abandonner. Alors ce cœur farouche, asséché par la dureté d'une vie en mer, s'ancre pour la première fois: il trouve une jeune épouse, Rebecca Sansdésir, des occupations quotidiennes, et surtout il guette l'arrivée de l'enfant, l'héritier qui sauvera son maigre bien et transmettra sa mémoire. Mais l'enfant ne vient pas et l'attente de Polyte devient tourment, doute, colère. Et quand six ans plus tard survient enfin l'heureux événement, il est trop tard. La suspicion, la jalousie et le désir de vengeance se sont emparés du cœur farouche de Polyte. Il est devenu ce monstre implacable, qui broie lentement les siens et s'enferme dans le cachot de la haine qu'il crée lui-même de toutes pièces. Polyte est bien le héros de cette tragédie superbe, un héros terrible mais qui nous fascine aussi par ses chimères vaines et fragiles comme l'écume, par sa verve fine jusqu'à la rouerie, qui touche à la poésie, à la magie.


- Sans amour
de Pierre Pachet
Éditions Denöel / Février 2011


Les dames âgées ne sont pas nées telles. Elles furent des jeunes filles, qui attiraient le regard des hommes et le regard en général. Pour les regarder comme elles le méritent, je dois opérer une conversion de mon regard: le forcer à cesser de se tourner vers ces jeunesses attirantes, pleines de vie et de charme, dont le sourire heureux, conquérant, ravageur, s'atténuera puis s'effacera avec l'âge, sans qu'elles perdent pour autant leur beauté ou leur attrait. À travers des personnages de femmes qu'il a connues, Pierre Pachet s'interroge sur le renoncement à l'amour, sur le choix de la solitude, quand viennent l'âge, la mort ou l'abandon d'un compagnon. Sur le mystérieux, pour lui, désir de paix des femmes. Irène, Léa, Mme Salzberg, Mania, Mizou… Leurs destins ont été liés. En essayant de les reconstituer, l'auteur fait aussi renaître des époques: les années 30, l'Occupation, le frémissement de la fin des années 50, et un milieu, constitué d'émigrés russes, de Juifs hésitant entre diverses appartenances.


- Spooner
de Pete Dexter
Éditions de l'Olivier / Février 2011


"Pour la mère de Spooner, cet accouchement marquait la fin d'un mois épuisant: d'abord le crève-cœur de voir (pour la deuxième fois) Eisenhower l'emporter sur le démocrate Adlai Stevenson, puis la mort de son père, puis la soudaine et mystérieuse maladie de Ward, son mari, et à présent ce funeste accouchement dont le travail interminable avait entraîné la mort du plus beau de ses jumeaux, Clifford, son premier fils. Et ensuite? Qu'avait-elle à montrer en récompense de ses souffrances? Spooner. Warren Whitlowe Spooner, 2,270 kg, cinquante-trois heures rien que pour franchir le portillon". Né dans les années 50 à Milledgeville (Géorgie), Spooner est intenable. Enfant agité, adolescent rebelle, il est élevé par son beau-père, Calmer Ottosson. Cet ancien officier de marine, expulsé de l'armée, consacrera sa vie à tenter, en vain, d'empêcher Spooner de semer autour de lui le chaos et la désolation.


- Tereza Batista
de Jorge Amado
Éditions Stock / Février 2011


Bienvenue dans l'univers coloré, exotique, érotique et cruel de Tereza Batista. Dans un Brésil déchiré par des inégalités sociales grandissantes, la petite Tereza est vendue par sa tante au Capitão, un monstre de cruauté et de dépravation qui abuse des fillettes qu'il achète comme une vulgaire marchandise. Adolescente, elle trouve naïvement refuge dans les bras d'un don Juan manipulateur. Femme, elle croit rencontrer l'amour avec un médecin bien sous tous rapports qui fait d'elle une infirmière respectable et finit par mourir. Désabusée, elle se tourne alors vers le Bordel, où sa sensualité de mulâtresse devient son arme pour survivre. C'est alors que la Peste Noire s'abat sur le pays. Avec les autres filles des rues, Tereza résiste, lutte et repousse le mal.


- Un grand oiseau blanc avec une chemise
de Régis Franc
Éditions Fayard / Février 2011


Éternelle jeune fille de quarante-cinq ans, Joséphine vit en sandales et en robe légère dans l'île d'Ibiza. Les touristes sont partis, elle a gagné de quoi attendre rêveusement l'été prochain. Mais un anglais arrive, qui a loué la luxueuse villa située en-dessous de chez elle. Les voisins trouvent à cet homme un air d'oiseau décharné. La rumeur prétend qu'il a acquis gloire et fortune en peignant des horreurs. La première fois qu'il lui adresse la parole, Joséphine, pour sa part, a l'impression de reconnaître la voix de son père tant aimé. Bientôt, elle le trouve attachant jusque dans son égoïsme, désarmant jusque dans ses caprices. Mais lui? Artiste adulé, cruel dans sa peinture et ironique dans l'existence, que peut-il trouver à une fille simple, solitaire, qui n'a pas voulu comprendre que la saison des colliers de fleurs était passée? Son art lui fait-il voir cette femme autrement? Entre eux s'installe un jeu ambigu. Amoureux? Sans doute, mais à la manière du soleil d'automne qui illumine la Méditerranée sans brûler.


- Un jour
de David Nicholls
Éditions Belfond / Février 2011


Comédie de mœurs, tableau social de l'Angleterre des vingt dernières années, mais surtout sublime histoire d'amour, Un jour est le livre qui a fait chavirer l'Europe tout entière. Superbement construit, un roman drôle et lucide sur l'amitié, le passage à l'âge adulte, les occasions manquées, les illusions perdues. Lui, Dexter, issu d'un milieu aisé, séduisant, sûr de lui, insouciant. Elle, Emma, d'origine modeste, charmante qui s'ignore, bourrée de complexes, de principes et de convictions. Nous sommes le 15 juillet 1988. Margaret Thatcher est au pouvoir, la new wave bat son plein, Dexter et Emma viennent de passer une nuit ensemble. Ces deux-là ne le savent pas encore mais ils ont vécu un coup de foudre. D'année en année, Dexter et Emma vont se chercher, se perdre, s'aimer, se détester, se séparer, et finir par comprendre qu'ils ne sont jamais aussi heureux que lorsqu'ils sont ensemble. Nous sommes le 15 juillet 2004. Tony Blair est Premier ministre, Robbie Williams cartonne et la vie, la vie qui va, réserve encore bien des surprises.


- Une famille anglaise
de Helen Walsh
Éditions Flammarion / Février 2011


Par la nuit la plus froide de 1975, un jeune homme à la flamboyante tignasse rousse parcourt à toute allure les rues enneigées d'un quartier résidentiel de Warrington. Son nom est Robbie Fitzgerald, et il court pour sauver sa vie et celle de sa famille. Dans cette ville rigide du nord de l'Angleterre, il a épousé Susheela, la belle infirmière qui a recousu ses blessures. Pour Robbie, sa femme est une princesse tamoule, mais dans la vie de tous les jours, les Fitzgerald doivent aussi faire face à l'intolérance, à la pauvreté, et à la haine de leurs voisins. Helen Walsh retrace deux décennies de lutte, d'espoirs et de triomphes avec un talent éblouissant pour chroniquer nos semblables. Avec les Fitzgerald, elle donne vie à une famille qui restera dans le cœur du lecteur bien après avoir refermé le livre.


- Une poignée de cendres
de Evelyn Waugh
Éditions Robert Laffont / Février 2011


Tony Last est le propriétaire heureux et fier de Hetton, un domaine campagnard néogothique, et le mari moins heureux, quoique toujours épris, de Lady Brenda. La vie de Tony, avec sa femme et leur fils John Andrew, semble parfaite, jusqu'au jour ou Brenda rencontre John Beaver, un jeune mondain ambitieux et avide d'argent, et le prend comme amant. Après la mort accidentelle de John Andrew, propice à un quiproquo des plus tragiques, Brenda et Tony s'accordent sur un divorce qui ressemble fort à un jeu de dupe. Mais quand il comprend que le divorce lui coûterait la perte de Hetton, Tony fait volte-face et décide de s'embarquer aux côtés d'un explorateur douteux pour l'Amérique latine. Fatalement, l'expédition tourne à la catastrophe, et, alors qu'à Londres Brenda est abandonnée par son jeune amant, le pauvre Tony tombe malade, manque de mourir, puis est capturé dans la jungle par un ermite fou, qui l'oblige à lui lire à haute voix les œuvres complètes de Charles Dickens jusqu'à la fin de ses jours. Sous la plume acérée de Waugh, toujours juste et pleine d'humour, la bonne société anglaise des clubs, des châteaux et des soirées mondaines en prend pour son grade et se révèle dans toute son inauthenticité: alors que tous les personnages sont caractérisés par une évidente inadéquation de leur vie à leur être, Waugh désigne le seul et unique moteur qui fait se mouvoir toutes choses: l'argent.Une poignée de cendres est aussi une parodie des romans de son époque, de leur psychologie et de leurs thématiques: Evelyn Waugh plonge dans des profondeurs existentielles de l'homme dont l'humour est la seule transposition possible. Le tout est d'une cruauté indicible, en même temps que d'une folle drôlerie, et propose un voyage sans complaisance dans l'âme humaine.


- Ultimes rituels
de Yrsa Sigurdardottir
Éditions Anne Carrière / Février 2011


Novembre 2005, Reykjavik. Un étudiant allemand est retrouvé mort, atrocement mutilé. Le jeune homme étudiait l'histoire islandaise et portait un intérêt tout particulier à ses heures les plus sombres. Sa famille ne se satisfait pas des conclusions de la police et décide de louer les services de l'avocate islandaise Thora Gudmundsdottir et de l'ancien inspecteur Matthew Reich, un Allemand, afin qu'ils poussent l'enquête plus avant. Elle est sociable et insouciante; lui est rigide et sévère. Leur enquête parallèle révèle que l'étudiant assassiné avait recueilli des informations conséquentes au sujet de documents très anciens, et qu'il était membre d'un mystérieux groupuscule, composé d'Islandais fascinés par les événements historiques liés aux méthodes de torture et d'exécution. En outre, le jeune homme avait retiré une importante somme d'argent sur un compte à son nom et était sur le point d'acheter un équipement de sorcellerie. Qui a pu vouloir sa mort? Quel lien existe-t-il entre cette tragédie et les événements atroces qui se sont déroulés par le passé?


- Aerkaos
de Jean-Michel Payet
Éditions Les Grandes Personnes / Janvier 2011


Les livres ont une puissance insoupçonnable. C'est ce que n'aurait jamais dû découvrir Oonaa, jeune vestale recluse dans la Citadelle de Maahsandor. Rien n'était en effet censé venir bouleverser l'existence de la jeune fille, soumise aux règles de l'Ordre vunique. Pourtant, dès lors qu'elle entre en contact avec un groupe de dissidents, Oonaa n'hésite pas à se mettre en péril. Elle remet en cause les vérités qu'on lui a enseignées, expérimente le doute, la trahison. Elle comprend aussi que les livres sont des passerelles entre les hommes et, plus étonnant encore, entre les mondes. Telle est l'histoire dont Ferdinand lit le récit dans un intrigant manuscrit trouvé chez son oncle. À sa grande stupéfaction, la fiction rattrape bientôt la réalité: son chemin et celui de Oonaa, son héroïne de papier, vont inexorablement se croiser.


- À l'attention de la femme de ménage
de Émilie Desvaux
Éditions Stock / Janvier 2011


C'est une belle demeure de campagne, au milieu d'un parc arboré, pleine d'escaliers, d'enfilades de pièces et de mobilier élégant. C'est une maison peuplée de souvenirs, de fantômes et de rêveries où vivent deux femmes. L'une est veuve depuis quelques mois. Elle s'installe souvent dans le salon d'hiver, pour lire, silencieuse et pensive. L'autre, c'est Marie-Jeanne, une jeune fille vive et désordonnée, infiniment sensuelle. Sans attaches, elle a surgi un jour pour qu'on s'occupe d'elle et n'est jamais repartie. Les deux femmes se sont éprises, mais, au fil de quelques saisons, la veuve supporte de moins en moins la présence de Marie-Jeanne, ses longs bains mystérieux, son amour inconditionnel, et se fait plus cruelle. Se glissent dans ses songes l'ombre de sa mère, dure et sèche, et celle de son père, qui lui racontait le mythe ensorcelant des sirènes. S'immisce en elle le désir de détruire cet amour finissant ou de le transformer en autre chose. En arrière de l'histoire de ces femmes, et comme confondue avec la maison, la femme de ménage passe telle une ombre. Elle est la dépositaire de leurs secrets. Le témoin de leur amour trouble et de leur étrange métamorphose. Semblable à un conte ou une légende, à une rêverie baroque, À l'attention de la femme de ménage est un premier roman singulier dont les images et la langue enchantent.


- Après
de Anne Terral
Éditions Stock / Janvier 2011


La petite fille qui est l'héroïne de ce récit décrit ses sensations et ses émotions. Juste après la mort du père, une vache est apparue dans le pré voisin. Ses meuglements la nuit perturbent la vie du village. La bête empêche de dormir, elle fait peur. L'enfant, au contraire, est fascinée par l'animal car son cri vient éclairer l'obscurité et apaiser l'angoisse. La bête est pourtant pareille à la mort qui a coupé l'enfance en deux: énorme et terrifiante.


- Aujourd'hui les cœurs se desserrent
de Pascale Roze
Éditions Stock / Janvier 2011


Les Deslorgeux, industriels rouennais qui tirent leur gloire de la fabrication de la popeline, perdent sur trois générations argent, certitude, pouvoir. Ne reste d'eux qu'une petite Lorette, vivant quelque part dans le monde. La Seconde Guerre Mondiale, la montée en puissance du tiers-monde peuvent expliquer le déclin de cette famille, mais aussi le besoin d'échapper à son destin, de rester fidèle à ses principes envers et contre tout, de desserrer un cœur que la morale bourgeoise, catholique et provinciale contraint si durement. Le récit se noue autour de la rivalité de deux frères. L'un s'évade d'un camp disciplinaire pendant la guerre, et refuse d'en parler, tandis que l'autre échappe à la dureté des combats et se réfugie dans la peinture. L'un se marie, a des enfants, mais s'enferme sa vie durant dans le silence. C'est lui qui dirigera l'entreprise familiale. L'autre, qui a vu celle qu'il aimait épouser son frère, n'a pas de descendance. C'est donc le dernier des fils de cette famille qui prend la parole. Au fil de son récit où se reconstituent les événements passés surgissent des questions essentielles et douloureuses: qu'est-ce qu'une vie réussie? Comment vivre "sa" vie? Que reçoit-on en héritage?


- Brooklyn
de Colm Toibin
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


Enniscorthy, sud-est de l'Irlande, années 1950. Comme de nombreux jeunes de sa génération, Eilis Lacey, diplôme de comptabilité en poche, ne parvient pas à trouver du travail. Par l'entremise d'un prêtre, sa sœur Rose obtient pour elle un emploi aux États-Unis. En poussant sa jeune sœur à partir, Rose se sacrifie, elle sera seule désormais pour s'occuper de leur mère veuve et aura peu de chance de se marier. Terrorisée à l'idée de quitter le cocon familial, mais contrainte de se plier à la décision de Rose, Eilis quitte l'Irlande. À Brooklyn, elle loue une chambre dans une pension de famille irlandaise et commence son existence américaine sous la surveillance insistante de la logeuse et des autres locataires. Au début, le mal du pays la submerge, la laissant triste et solitaire. Puis, peu à peu, elle s'attache à la nouveauté de son existence. À son travail de vendeuse dans un grand magasin ou les premières clientes noires font une apparition timide qui scandalise les âmes bien-pensantes, sauf Eilis, qui, dans sa petite ville d'origine, n'a jamais connu le racisme. Au bal du vendredi à la paroisse du quartier. Aux cours du soir grâce auxquels elle se perfectionne en comptabilité. Dans ce rythme entre monotonie rassurante et nouveautés excitantes, Eilis trouve une sorte de liberté assez proche du bonheur. Et quand Tony, un Italien tendre, sérieux et très amoureux, entre dans sa vie, elle est convaincue que son avenir est tout tracé, elle deviendra américaine. Mais un drame familial l'oblige à retraverser l'Atlantique pour un séjour de quelques semaines en Irlande. Au pays, Eilis est devenue une femme à la mode, désirable, parée du charme des exilées. Brooklyn, Tony, la vie américaine se voilent de l'irréalité des rêves. Un nouvel avenir l'attend dans la bourgade de son enfance, un homme prêt à l'épouser, un travail. Deux pays, deux emplois, deux amours. Les possibilités inconciliables déferlent sur Eilis, lui infligeant cette petite mort que suppose l'impératif des choix.


- Cet été-là
de Veronique Olmi
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


Depuis 16 ans, trois couples d'amis passent le 14 juillet ensemble, au bord de la mer, en Normandie. Ils ont décidé de vivre ces trois jours dans l'insouciance comme un rite amical et joyeux. Mais un adolescent inconnu et insaisissable va s'immiscer dans leur petit groupe. Tous sont réunis chez Denis et Delphine, qui les reçoivent chaque été, Nicolas et Marie, Lola et son amant Samuel. Mis à part ce dernier, 26 ans à peine, tous ont entre 40 et 55 ans. Ils ont de l'argent ou n'en n'ont pas, sont amoureux ou en désamour, ont des enfants présents ou absents, mais ce qui les unit c'est le désir de partager la joie des repas dans le jardin, les parties de tennis, les bains de mer. Mais sur la plage, Jeanne, 16 ans, la fille de Denis et Delphine, rencontre Dimitri. Il n'est pas d'ici, il a 20 ans et semble d'un autre temps, indéfinissable, timide peut-être, attirant ou repoussant, lumineux ou sombre, comment savoir? Tout cela serait sans importance si Dimitri, un jour, ne pénétrait dans le jardin, et n'annonçait que le grand pin qui y règne en seigneur allait mourir. Le grand pin, cet arbre qui domine le jardin, les protège de la pluie, du soleil, sous lequel ils dressent les longues tables des repas heureux, cet arbre est-il réellement menacé? C'est à partir de cette trame que Véronique Olmi bâtit ce roman qui parlera au cœur de tous ceux qui traversent "le milieu du chemin de la vie". On pense aux meilleurs films de Claude Sautet. Avec, le bruit du temps qui passe et des amours qui se défont.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 13:10

- Cette vie ou une autre
de Dan Chaon
Éditions Albin Michel / Janvier 2011


Lucy a quitté le lycée et sa famille pour suivre un professeur charismatique qui n'est peut-être pas celui qu'elle croyait, Mike recherche son frère jumeau disparu depuis dix ans et qui a sans doute causé la mort de leurs parents, le jeune Ryan est bouleversé d'apprendre la véritable identité de son père: trois personnages totalement étrangers les uns aux autres, et dont les destins viennent s'entremêler de manière vertigineuse.


- Dans la peau de Patrick Modiano
de Denis Cosnard
Éditions Fayard / Janvier 2011


Tout commence en 1968, lorsque Patrick Modiano, à la parution de son premier roman La Place de l'étoile, s'invente une date de naissance: 1947 au lieu de 1945. Il mettra près de dix ans pour rétablir son état civil, et plus de quarante pour s'en expliquer. Étonnant Modiano, toujours entre fiction et réalité. Lors de son entrée sur la scène littéraire, il entremêle sa date de naissance et celle de son frère disparu, une façon de rendre à celui-ci un hommage discret. Dans ses livres, surtout, il ne cesse de "vaporiser" des éléments réels, liés pour beaucoup à la période de l'Occupation qui l'obsède. Les gestapistes de la rue Lauriston, le duo Bonny-Lafont et surtout le mystérieux Eddy Pagnon, hantent ainsi ses textes, du premier au dernier roman. Au fil des ans, cependant, Modiano avance. On le décrit prisonnier des brumes des années 1940, le voici qui rédige un scénario sur Mesrine avec Michel Audiard. Lui qui se présente comme le fils "d'un juif et d'une Flamande" porte sur ses parents un regard nouveau: le père équivoque et déchu des premiers textes est lentement réhabilité, pendant que la mère actrice se retrouve la cible tardive d'attaques frontales. En parallèle, il se construit une famille de papier où se croisent Maurice Sachs, Emmanuel Berl, Raymond Queneau, Georges Perec, Dora Bruder, Serge Klarsfeld, mais aussi Françoise Hardy et Catherine Deneuve. En se glissant dans la peau de l'écrivain, Denis Cosnard mène à travers les textes une enquête passionnante pour aller au-delà du mythe Modiano.


- Dans la tête de ma rivale
de Sarah Miller
Éditions Fleuve Noir / Janvier 2011


Molly a un super pouvoir: elle peut lire dans les pensées de son amoureux. Le rêve de toute fille et un précieux atout. Pourtant, un jour, elle "découvre" que celui-ci a en tête Sara, la beauté du lycée. Son sang ne fait qu'un tour. Molly n'est pas partageuse pour un sou, alors elle quitte Jonathan, et son esprit par la même occasion. Mais voilà que son don lui joue des tours: à présent, elle se retrouve plongée dans les pensées de sa rivale. Et ce qu'elle apprend la bouleverse et la confronte à un nouveau problème: comment préserver son secret tout en protégeant Jonathan des plans de Sara?


- Dans ses yeux
de Eduardo Sacheri
Éditions Denöel / Janvier 2011


Buenos Aires, 1968. Liliana Emma Colotto, enceinte de quelques semaines, est sauvagement violée et étranglée. Benjamín Chaparro, jeune secrétaire au palais de justice, se voit confier l'affaire. Pour tenter d'oublier ses amours contrariées avec Irène, une collègue au charme magnétique, les divagations de son voisin de bureau alcoolique et l'étroitesse d'esprit de sa hiérarchie, Chaparro se lance à corps perdu dans ce sulfureux dossier. Peu à peu, cet homicide devient son obsession: bouleversé par la souffrance du jeune époux de Liliana, il jure de faire condamner le meurtrier. Mais nous sommes dans les années 70, et l'Argentine, en proie à toutes les iniquités, s'enfonce dans la "guerre sale" et les années de plomb. Pour venir à bout de ce qui devient l'affaire de sa vie, Benjamin devra affronter inimitiés politiques, trahisons et exil. Trente ans plus tard, il décide de coucher le terrible récit de ce crime sur le papier. Campé dans l'Argentine de la dictature, Dans ses yeux est une magnifique histoire d'amour doublée d'une brûlante réflexion sur la légitimité de la vengeance.


- Dead Kennedy
de Sean Stewart
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2011


William "Dead" Kennedy, trente-deux ans bien tassés, est un homme hanté. Par sa famille, par son ex-femme qu'il ne parvient pas à oublier, par toutes ces chansons de rock qu'on n'arrive pas à se sortir de la tête. Mais surtout par des morts. Littéralement. Des morts qu'il est le seul à voir, depuis son enfance, qui tous lui demandent des réponses, jusqu'à son oncle Billy, depuis longtemps décédé, qui l'exhorte à régler ses comptes avec son passé. Pour ne rien arranger, il vient de perdre son boulot dans une boutique animalière de Houston, son air conditionné a rendu l'âme, sa fille de douze ans a décidé de s'occuper de son cas et il rêve de routes fantômes en noir et blanc. Alors, quand un cousin éloigné, toujours se méfier de la famille, l'appelle au milieu de la nuit pour lui demander de le débarrasser d'une jeune morte qui hante son garage, Will y voit un moyen de se faire facilement quelques centaines de dollars. Sans se douter que ses problèmes ne font que commencer.


- Des chevaux sauvages, ou presque
de Jeannette Walls
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


Lily Casey, l'aînée d'une fratrie de trois enfants, vient au monde en 1901. Dans sa famille d'immigrés irlandais, elle apprend dès son plus jeune âge à ne jamais capituler: elle résiste aux catastrophes naturelles, gagne sa place dans la société parmi les hommes et préserve son indépendance, même aux temps de la crise économique qui vient ruiner ses espoirs de confort. Pour Lily Casey, le remède aux drames de la vie, c'est l'action. Sa devise: ne jamais regarder en arrière. Quand son père achète des chiens avec l'argent de ses études, elle s'obstine et réussit à devenir institutrice, malgré tout. Lorsque sa seule amie meurt dans un accident de travail, ou lorsqu'elle découvre les mensonges de son premier mari déjà pourvu d'une famille, elle ne se déclare pas vaincue. Malgré la ruine, les diffamations, les expulsions, Lily Casey se bat. Mère aimante mais exigeante, élevant ses enfants avec pragmatisme, Lily Casey refuse de s'apitoyer sur leur sort à tous. Mais, de tous les aléas de l'existence, la seule chose qu'elle n'avait pas prévu, c'est que sa fille, Rosemary, serait une rebelle indomptable.


- Des gens très bien
de Alexandre Jardin
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


"Tandis que mon père s'endort peu à peu contre moi, je lui parle une dernière fois:
Plus tard, tu ne pourras pas vivre avec le secret des Jardin. Il te tuera...
Tu feras un livre, Le nain jaune, pour le camoufler.
Au même âge que toi, j'en ferai un, Des gens très bien, pour l'exposer.
Et je vivrai la dernière partie de ta vie... La mienne.
Dors mon petit papa, dors...


- Des nouvelles d'hier
de Robin Black
Éditions Flammarion / Janvier 2011


Des nouvelles d'hier fait vivre au lecteur les transitions déstabilisantes que la vie réserve à tous. Un père s'efforce de se construire une identité alors que sa fille aveugle prépare son départ pour l'université. Une artiste pleure la fin de son amour tandis qu'elle peint le portrait d'un homme au seuil de la mort. D'une lucidité magnifique, Des nouvelles d'hier met en lumière les vérités des relations humaines avec maturité et clairvoyance tout en sondant les profondeurs de l'amour, de la perte et de l'espoir.


- Donne-moi le monde
de Lloyd Jones
Éditions Michel Lafon / Janvier 2011


C'est l'histoire d'une femme. Noire, seule, sur une plage de Sicile. Elle a traversé la Méditerranée pour retrouver son fils. Avec rien de plus que son uniforme de femme de chambre et un couteau dans un sac en plastique, elle marche vers Berlin. Elle marche vers son fils, qu'elle a vu seulement quelques jours, avant qu'on le lui enlève. En chemin, elle attire l'attention d'inconnus. Un chauffeur routier, qui la prend pour une prostituée. Une femme, à qui elle emprunte son identité. Un chasseur, qui lui offre de partager son repas. C'est l'histoire d'une mère prête à tout pour revoir son enfant.


- Dos à dos
de Sophie Bassignac
Éditions JC Lattès / Janvier 2011


Fin août, une nuit du côté de Saint-Tropez. Dans la Villa des Roses, tout le monde dort lorsqu'Arnaud, visage d'ange mais cœur sombre, débarque sans prévenir chez ses parents qu'il n'a pas vus depuis longtemps. Ses bonnes résolutions, il les a déjà oubliées. Le lendemain, Gabriel, romancier quinquagénaire qui n'écrit plus, lit un message destiné à son fils. Un message qui lui fait l'effet d'un coup de couteau. Arnaud est recherché par la police. Aussitôt, dans un tourbillon de rage, d'accablement et d'angoisse, l'homme de lettres se lance à sa poursuite. Tourmenté par ses états d'âme d'écrivain mais aussi et surtout par sa femme italienne, Ester, toujours en guerre dès qu'il s'agit de sauver son fils, Gabriel devra redécouvrir cet enfant qu'il pensait connaître. Comment les êtres qui nous sont le plus proches deviennent parfois des étrangers? Autour de cette famille décomposée où les tensions s'amoncèlent, gravitent des personnages qui participent, impuissants, à la catastrophe annoncée. Pamela, l'amie de toujours de la famille, veuve, alcoolique et infatigable poseuse de questions, Fumiko la Japonaise, poétique amie d'Arnaud qui dessine les gens dans le métro, Jean-Mi Causse, le détective-écrivain de science-fiction, ou encore la troublante et fragile Guinevere, photographe débutante perchée sur ses talons échasses. Tragi-comédie du désir et des liens filiaux, voici un roman au style réjouissant et effréné, qui sonde les thèmes de la création artistique, de la culpabilité et de la part d'ombre qui nous habite tous.


- Du pur amour et du saut à l'élastique
de Frédéric Pages
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2011


Max de Kool, célibataire trentenaire, passionné de philosophie, mène une existence nomade consacrée à Descartes et Nietzsche, ses deux auteurs de prédilection, et à l'écriture d'un essai en préparation depuis des années sur le sublime chez Kant. Le hasard de ses pérégrinations le conduit à Genève où il fait la rencontre de Blandina Blandinova, top-modèle russe de renommée internationale. Sans l'avoir voulu, il se retrouve dans son lit. L'idylle dure peu car Max, quoique rationaliste, ne peut maîtriser une dangereuse pulsion: quand il entend une chanson de Julio Iglesias, il devient violent. Et la pauvre Blandina se retrouve au tapis pour avoir écouté "Vous, les femmes". Piteux, il part à la montagne faire le point sur sa vie, ses amours et ses colères. À 2 000 mètres d'altitude, unique client d'un hôtel abandonné, il voit sa retraite perturbée par l'arrivée d'étudiants en marketing, venus avec leurs professeurs fêter la fin de l'année. Gala chic ou teuf techno? Faut-il autoriser les drogues et le strip-tease? Une gendarmette mystique, adepte de Madame Guyon et du quiétisme, tente de prêcher la paix, l'oraison du cœur et la dissolution de l'ego. Rien de plus opposé à la philosophie de Max. Pour lui, le salut est en haut, dans le ciel des idées. L'harmonie des styles, des musiques et des générations est pourtant en passe de se réaliser quand retentit la voix de Julio Iglesias. Victime de ses démons, Max gâche la fête par un acte inqualifiable. Et si le salut était dans la chute? Au petit matin, Max plonge tête la première dans le vide. La résurrection est en vue.


- Du train où vont les choses à la fin d'un long hiver
de Francis Dannemark
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


"Je croyais avoir besoin de voyager seul et de rester silencieux vingt-quatre heures pour regarder en face le temps qui passe. En réalité, j'avais besoin d'autre chose. J'avais besoin, je crois, de partager un peu de temps volé avec une aimable inconnue". En pleine crise de lassitude au cœur de la crise économique, Christopher, opérateur culturel belge de cinquante ans au bord de la faillite, souhaite ralentir et se recentrer sur des valeurs plus justes. Parce que "la vie rappelle de temps en temps que le monde est tout petit", il décide de s'arrêter et de partir. Ce sera pour le Portugal, en train. Alors que le ciel additionne les nuages, Christopher croise sur le quai de la gare une inconnue, Emma, qu'il va découvrir le temps d'un voyage entre Bruxelles et Lisbonne, au cours d'une longue et belle conversation, à la fois tendre, émouvante, et toujours sincère.


- En attendant Robert Capa
de Susana Fortes
Éditions Héloïse d'Ormesson / Janvier 2011


En 1935, gravitant dans les cercles intellectuels de la rive gauche à Paris, la jeune émigrée Gerta Pohorylle rencontre un autre réfugié juif, venu de Budapest, André Friedmann. Photographe passionné, il l'initie à son art. Bientôt les deux amants obtiennent leurs lettres de noblesse sur les sentiers du front espagnol, en gravant les atrocités du franquisme sur la pellicule. Habités par le goût du risque, investis par le devoir d'informer, ils deviennent deux des plus grands photographes de guerre de tous les temps. Sous le nom de Robert Capa et Gerda Taro, ils bâtissent leur propre légende, jusqu'à sacrifier leur vie pour défendre leurs idéaux.


- Françoise
de Laure Adler
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


Françoise Giroud, c'est une légende. Engagée en 1945 par Hélène Lazareff comme journaliste à la création de Elle, puis fondatrice de L'Express, elle avait des phrases assassines, comme le fameux "On ne tire pas sur une ambulance" qui visait Chaban-Delmas. On la craignait, on la respectait. Le sens de la formule, le sourire enjôleur, la rapidité, le feu sous la glace de l'émotion toujours contenue. Compagne et complice de Jean-Jacques Servan-Schreiber, amie fidèle de Mendès France et Mitterrand, celle qui "inventa" la Nouvelle Vague et roulait en décapotable, fut une grande amoureuse, carnassière, aimant le plaisir autant que le devoir, on apprendra ici tout de son tempérament passionné, jusqu'aux malheurs, aux larmes, à la tentative de suicide, à la trahison. Femme politique, cette fille d'immigrés turcs ne passa jamais son bac, mais devint secrétaire d'État à la condition féminine sous Giscard d'Estaing. Travailleuse frénétique, élégante en diable et follement charismatique, femme d'action, éprise de liberté, c'était une visionnaire. De son engagement dans la Résistance à son union avec un homme proche de la Gestapo, de son opposition farouche à la guerre d'Algérie aux secrets et mensonges dont elle a enveloppé son histoire, ce sont les zones d'ombre d'une femme publique que Laure Adler explore dans cette biographie nourrie aux meilleures sources, fondée sur l'accès à des archives inédites de l'IMEC.


- G229
de Jean-Philippe Blondel
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2011


"C'est bizarre, des fois, comme c'est. On croirait pas quand on arrive qu'on va rester si longtemps. Et puis le temps passe et voilà", c'est le constat que dresse la concierge du lycée où "monsieur Blondel" œuvre depuis tant de temps. Non seulement il est resté vingt ans dans le même lycée, mais dans la même salle aussi, la "G229", qui lui a été attribuée de manière permanente, tandis que les autres profs changent de salle à chaque cours. Alors on s'attache à cette salle de classe où les tables sont disposées en U, comme dans un banquet, pour faciliter la communication, établir une certaine convivialité. Loin des discours catastrophiques sur l'école et l'enseignement, Jean-Philippe Blondel brosse un très joli portrait de son métier. Le lecteur retrouvera les thèmes chers à l'auteur: les rapports entre générations, le fait que nous partageons tous un domaine commun, que nous tissons des liens, que nous le voulions ou pas. Éducation, enseignement, temps qui passe, relations entre profs, élèves, parents d'élèves, Jean-Philippe Blondel parle de son métier avec passion et sensibilité. L'enseignement nourrit la littérature, et la littérature nourrit l'enseignement. Dans les deux cas, on est dans la vie. C'est le message quasi militant et optimiste que l'auteur du Baby-sitter transmet à ceux qui doutent de l'école d'aujourd'hui.


- Glory boom
de Killian Arthur
Éditions Fayard / Janvier 2011


"Au cours des trois derniers mois, j'ai fait deux fois la couverture de People. En tapant mon nom sur Google, on obtient six millions de résultats. Je suis français, américain, japonais, brésilien, mondial. Je suis un it boy. Je suis une putain de star. Et qu'ai-je fait pour en arriver là? Rien. Je suis quelqu'un qui ne fait rien. Ma contribution au monde est nulle. Alors j'imagine que j'ai eu de la chance, mais un détail me tracasse quand même: il paraît que l'homme est la somme de ses actes. Or cela ne peut signifier qu'une chose: je n'existe pas". À 27 ans Avril Alken est ce que notre époque a produit de plus fascinant, c'est-à-dire le pire: une célébrité sans talent, un artiste sans art, un monstre sacré par Youtube. De Londres à Hollywood en passant par Las Vegas, sa confession nous invite à le suivre au pays des merveilles, où fiction et réalité se confondent sous l'effet des flashs, des pilules et des étranges menaces de mort qu'il reçoit. Une fresque pop, trash et palpitante. Le portrait d'une génération qui rêve d'entrer dans l'histoire sans en écrire une ligne: celle du Glory Boom.


- Good bye Fassbinder!
de Pierre Gras
Éditions Jacqueline Chambon / Janvier 2011


Trente ans après la mort de R. W. Fassbinder, immense cinéaste à l'énergie créatrice démesurée, et vingt ans après la réunification, le moment est venu de mettre en lumière le cinéma allemand actuel dans toute sa diversité. Good Bye Lenin et La Vie des autres, Marseille et Septième Ciel, Au loin les lumières et Sous toi la ville, Le Projet Himmler et Yella, Désirs et Soul Kitchen sont des œuvres qu’il faut replacer dans un tissu très riche où la critique française a distingué l'apparition d'une génération de cinéastes, parfois présentée comme une "nouvelle vague allemande". Le bilan proposé ici, qui étudie fiction et documentaire, cinéastes expérimentés et débutants, films à sujets historiques et à sujets contemporains, a pour but de faire mieux connaître les films et les cinéastes essentiels, de dégager leur importance esthétique et de proposer une nouvelle vision de l'histoire récente du cinéma allemand. Un index des films et un index des personnalités complètent cet ouvrage, le premier en français à être consacré à ce sujet.


- Hors-Service
de Solja Krapu
Éditions Gaïa / Janvier 2011


Eva-Lena a une petite vie bien rodée, avec maison, enfants, mari et collège. Elle est parfaite, quoique un brin hystérique dès qu'on vient changer son planning. Un vendredi soir, elle enfourche son vélo pour aller faire des photocopies au collège. Ça l'avancera pour lundi. Sauf qu'elle se retrouve enfermée dans le local de la photocopieuse. Pour tout le week-end? Par l'ingéniosité de son sujet, le ton tragi-comique, la richesse des personnages et leur psychologie décortiquée sans chichis, Hors-Service cible juste. Car enfin, qui oserait prétendre qu'il ne se sent, au grand jamais, ne serait-ce qu'un tout petit peu prisonnier de son quotidien?


- Hôtel Saint-Georges
de Rachid Boudjedra
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


Jean est ébéniste, et c'est en cette qualité qu'on l'envoie en Algérie au moment des "événements". Non pas pour faire la guerre que tout le monde refuse d'appeler par ce nom, mais pour fabriquer les nombreux cercueils qui serviront bientôt d'ultime demeure aux soldats tombés pour la France. Jean s'acquittera de sa tâche avec une conscience professionnelle acharnée, se réfugiant aveuglément dans les beautés subtiles de son artisanat pour échapper à l'horreur quotidienne. Après sa mort, quelques années plus tard, sa fille, Jeanne, curieuse d'en savoir plus sur ce père secret et blessé, part sur ses traces, à Alger et Constantine. Cette enquête intime va faire resurgir les fantômes douloureux du passé, ceux de Jeanne, mais aussi ceux de Rac, le jeune Algérien qui lui servira de guide. Leur voyage va les entraîner tous deux à la rencontre des époques, des paysages et des visages divers de l'Algérie magnifique, tourmentée. Récit polyphonique et fragmenté, ou plutôt à fragmentation, comme on le dit de certaines bombes, Hôtel Saint-Georges est un texte de bruit et de fureur, placé sous la noire étoile de Faulkner. Armé d'une prose plus viscérale et électrique que jamais, Rachid Boudjedra continue ainsi d'explorer les mystères, les souffrances, parfois aussi les éclats de splendeur, d'un passé qui ne passe pas.


- Istanbul était un conte
de Mario Levi
Éditions Sabine Wespieser / Janvier 2011


Saga familiale, livre-fleuve, déambulation intime et roman-monde, Istanbul était un conte est tout cela à la fois. Issu d'une famille juive séfarade arrivée à Istanbul au moment de la Reconquista, l'écrivain plonge dans la mémoire de sa ville natale comme s'il ouvrait une malle aux trésors. Les objets, les tableaux et les photographies sépia s'animent, et c'est la vie quotidienne de trois générations de Juifs stambouliotes au cours du XXe siècle qui prend forme. Il faut accepter de se perdre dans les ruelles étroites de la ville, sur les rives du Bosphore et dans les méandres des histoires familiales: au gré des errances du narrateur, dévoilant à travers mille récits et anecdotes les secrets de chacun de ses quarante-sept personnages (qu'il inventorie dans un lexique en début d'ouvrage), le charme agit. Istanbul est un conte, comme le sont les aventures, réelles ou rêvées, de ses habitants. D'une histoire à une autre, se dessine le portrait d'une ville-monde, mais aussi son évolution vers la modernité. La ville cosmopolite et accueillante pour les communautés étrangères change au fil des ans, tandis que retentissent jusqu'au cœur des foyers les tragédies du siècle. Puissamment nostalgique, le livre de Mario Levi tente, et ce n'est pas son moindre attrait, de sauver un monde englouti, un monde de commerçants parlant encore le yiddish et le ladino, un monde où cohabitaient toutes les traditions et toutes les religions. Istanbul était un conte est le chant d'amour de l'écrivain à sa ville, en même temps qu'une formidable invitation au voyage.


- Jack Rosenblum rêve en anglais
de Natasha Solomons
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2011


Depuis qu'il a débarqué au port d'Harwich en 1937, Jack Rosenblum, un mètre cinquante-cinq de ténacité pure, entend devenir un véritable gentleman britannique. Durant quinze ans, ne ménageant ni sa peine ni son temps, il a rédigé un guide exhaustif des us et coutumes de son pays d'adoption. Il sait que la marmelade s'achète chez Fortnum & Mason, il connaît par cœur les noms de tous les rois d'Angleterre, considère le bulletin météo de la BBC comme le moment phare de sa journée et ne parle plus allemand, sauf pour proférer des jurons. Malgré toute sa bonne volonté, son désir de se fondre parmi les sujets de Sa Royale Majesté se heurte à des obstacles. Notamment à la force d'inertie de son épouse Sadie, qui refuse obstinément de renier leurs origines, de tirer un trait sur leurs traditions, la recette de la Baumtorte, leurs amis d'autrefois, et ce monde juif allemand, anéanti, qui était le leur. Jack reste pourtant persuadé d'avoir trouvé sa patrie. Pour que se réalise son rêve d'assimilation, il lui reste une seule épreuve à surmonter, devenir membre d'un club de golf à Londres. On ne veut pas de lui? Qu'à cela ne tienne, il quittera la capitale pour s'installer à la campagne, entre les cochons et les jacinthes, et entreprendra de construire son propre green sur la colline de Bulbarrow.


- Je voudrais que tu…
de Franck Andriat
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


Salomé, treize ans, aime chatter avec ses copains et ses copines. Avec Florine, sa meilleure amie, avec Saïd et Philippe, elle peut passer des heures à discuter de tout et de rien. Pour Salomé, Internet, c'est la vie réelle, la porte ouverte sur le monde et sur les autres qu'elle ne pourrait pas rencontrer autrement. Elle fait ainsi la connaissance de Michaël, seize ans, beau et bronzé, vivant à Tours, à quelques heures de chez elle en Bretagne. Ils apprennent à se connaître sans se rencontrer, à se dévoiler. Elle aime aussi chatter avec Coralie, fragile, solitaire. Coralie qui lui avoue qu'elle ne pourrait pas vivre sans ces échanges, Coralie qui lui demande de la rencontrer. Mais elle ira de surprise en surprise et découvrira que ceux avec qui elle chatte ne sont pas toujours ceux qu'elle croit.


- L'argent des autres
de Justin Cartwright
Éditions Jacqueline Chambon / Janvier 2011


À son décès, Sir Harry Trevelyan-Tubal laissera derrière lui la banque privée Tubal & Co., fondée par son ancêtre en 1671, de somptueuses demeures à Chelsea, à Antibes et en Toscane, un yacht de luxe et une précieuse collection de Matisse et de Cézanne. Victime de plusieurs AVC, il ne sait pas que le yacht est déjà vendu à un oligarque russe. Ni que son épouse Fleur entretient une relation avec son professeur de gym. Ni que son fils Julian s'apprête à vendre la banque, plombée par les créances douteuses, et se livre à des tours de passe-passe comptables afin d'embellir la mariée. Victime collatérale de ces manipulations, le folklorique Artair MacCleod, un auteur dramatique aux ambitions déçues qui vivote en montant des pièces pour enfants dans un coin des Cornouailles, ne reçoit plus la rente que Sir Harry lui avait accordée à vie en échange de la promesse de ne plus jamais entrer en contact avec Fleur. Lorsqu'il s'en ouvre à une jeune blogueuse venue faire un reportage sur l'activité culturelle locale, il ignore qu'il va précipiter la fin de toute une époque. Avec drôlerie et intelligence, Justin Cartwright livre dans ce roman le subtil portrait d'un monde, d'une classe, et use de toute la palette de la satire sociale pour dépeindre les travers d'un siècle où certains tiennent le haut du pavé grâce à l'argent des autres. Tragi-comédie éclairée par un humour féroce, L'Argent des autres est, au plus haut point, un roman de son temps.


- L'écrivain de la famille
de Grégoire Delacourt
Éditions JC Lattès / Janvier 2011


À sept ans, Edouard écrit son premier poème. Trois rimes pauvres qui vont le porter aux nues et faire de lui l'écrivain de la famille. Mais à neuf, il découvre le sens de "déchéance". Les mots ne lui viennent plus. Les années passent. Il assiste à la lente décomposition de sa famille et court toujours derrière l'amour que son poème, autrefois, suscita. Il écrit, écrit mais le destin que les autres vous choisissent n'est jamais tout à fait le bon. Edouard n'a pas de talent. Sauf dans la publicité où les mots futiles valent de l'or. Pas pour ce grand roman qu'il s'est juré d'écrire. N'ayant pas su trouver les mots qu'on attendait de lui, Edouard, l'écrivain de la famille, vit dans l'échec et le dégoût de soi. Alors quand la beauté de sa mère se fane, quand son frère-oiseau meurt tragiquement, quand le cœur de sa sœur devient pierre et que son père disparaît dans ses silences, il prend la plume pour écrire l'histoire de ceux qu'il aime. Mais surtout pour en changer la fin.


- L'enfant-rien
de Nathalie Hug
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2011


"Aussi loin que je me souvienne, je l'attendais assis, le menton sur les genoux, les bras autour des jambes et le dos appuyé contre la porte du placard". Petit garçon étrange, Adrien guette chaque semaine l'arrivée du père de sa demi-sœur, dans l'espoir de recueillir un regard, une parole ou un geste tendre. S'il rêve d'un papa, Adrien veut surtout percer le secret de sa naissance, secret qu'il croit enfermé dans une boîte rouge, cachée hors de sa portée. Le jour où sa mère se fait renverser par une voiture et se transforme en "tas-de-fraises-à-la-crème", la possibilité d'une vie différente s'ouvre à lui. Mais Adrien, l'enfant-rien, peut-il vraiment trouver sa place dans une famille qui n'est pas la sienne?


- L'heure du roi
de Boris Khazanov
Éditions Viviane Hamy / Janvier 2011


Chaque livre possède son histoire. Celle de L'Heure du roi, bijou de finesse littéraire et politique, est à l'aune de son contenu: extraordinaire. Publié dans une revue israélienne avant d'être reproduit dans les samizdat russes, il finit en Allemagne. Atypique dans la production russe contemporaine (par sa brieveté, son style, son propos, son intemporalité), le roman de Boris Khazanov est à ranger dans la catégorie culte.


- L'homme de Lyon
de François-Guillaume Lorrain
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


"La photo est très banale, mais au verso il a rédigé très lisiblement ces quelques mots, qui laissent penser le contraire, "C'est là que tout a commencé et que tout a fini". Mon père me laisse sur cette photo, vide et dépeuplée. Qu'est-ce qui avait commencé et qu'est-ce qui avait fini? Cette fois-ci, il n'y a pas de lettre. À moi de me débrouiller". Huit ans après la disparition de son père Guy, le narrateur reçoit un paquet qu'avant de mourir celui-ci avait préparé à son intention. Dans ce paquet, il y a six photos, et des lettres.À partir de ces indices, il va tenter de reconstituer l'histoire de ce père si secret. Se pliant aux règles du jeu fixées par son père, le narrateur ira à Lyon, à Berlin, voir des inconnus et des anciens voisins, sur les traces d'un passé trouble. Qui est cet Allemand sur la troisième photo? Que vient faire Jean Moulin dans ce jeu de pistes? Qu'est devenue la petite sœur de Guy? Que s'est-il passé dans cette cour d'école de la rue Jarente? Et ce vieil homme de quatre-vingts ans, monsieur Maillard, que sait-il exactement? De la quête personnelle à l'enquête policière, de la mémoire stricte aux fantasmes de l'imagination, le narrateur est entraîné sur la pente d'un roman familial qui lui fera enfin connaître son père, l'homme de Lyon, et, peut-être, le rapprochera de sa sœur dont il n'a pas de nouvelles depuis si longtemps.


- L'homme du livre
de Driss Chraïbi
Éditions Denöel / Janvier 2011


An 610, non loin de La Mecque. Sortant d'une caverne où il a passé quelques heures à méditer, un homme sent profondément que plus rien, ni en lui-même ni dans le cours du monde, ne sera plus comme avant. En arrière-plan se déploie une Arabie d'une somptueuse beauté, avec ses déserts, ses montagnes, ses tribus guerrières. Dans un récit de fiction à la poésie intense, Driss Chraïbi évoque la vie de Mohammed dans son aventure terrestre, avant qu'il ne devienne prophète de l'islam.


- L'immeuble
de Patrick Cauvin
Éditions Cherche Midi / Janvier 2011


"Lorsque je me suis trouvé devant une centaine de portraits, certains en pied, d'autres en buste, quelques-uns en couple, j'ai eu le sentiment que, s'ils étaient tous différents, ils avaient quelque chose de commun et que je devais savoir ce qui les reliait d'une assez inexplicable façon. Après examen, je pense avoir résolu le mystère: tous ces gens habitaient dans le même immeuble. Rien de bien rationnel dans tout cela, mais il m'a vraiment semblé que ces personnages devaient se croiser à un moment ou à un autre, dans l'ascenseur, chez les commerçants du quartier, dans le hall. Et à partir de leurs visages, de leurs silhouettes, il me fallait reconstituer la vie qui avait été la leur, leur histoire, raconter une existence, un parcours. Cela fut facile pour certains, l'image me renseignait sur l'âge, un trait de caractère, un milieu social, d'autres étaient plus hermétiques et il me fallait avoir recours à d'avantage d'invention. Percer en même temps un secret et imaginer une vie à partir de ces étranges locataires dont les uns devaient certainement occuper les quelques mètres carrés d'une chambre de bonne sous les toits avec WC sur le palier et d'autres 200 mètres carrés sur la rue. Certains heureux, amoureux, furieusement vivants, d'autres traînant leur destin comme un sac trop lourd, rigolos, pitoyables, attendrissants, cinglés, bref, ce condensé urbain d'une société d'aujourd'hui que l'on appelle un immeuble". Patrick Cauvin


- L'œil de la lune
Auteur Anonyme
Éditions Sonatine / Janvier 2011


Personne n'a oublié le Bourbon Kid, mystérieux tueur en série aux innombrables victimes. Ni les lecteurs du Livre sans nom, ni les habitants de Santa Mondega, l'étrange cité d'Amérique du Sud, où sommeillent toujours de terribles secrets. Alors que la ville s'apprête à fêter Halloween, le Bourbon Kid célèbre, lui, le dix-huitième anniversaire de son premier homicide. Il est alors loin de se douter qu'il est devenu la proie d'une agence très spéciale. Une proie particulièrement coriace, de celles qu'il ne faut pas rater, sous peine d'une impitoyable vengeance. Mais cela n'est rien à côté de ce qui attend Santa Mondega lorsqu'une mystérieuse momie disparaît du musée local. Avec "le livre sans nom", diffusé sur Internet avant de devenir l'un des premiers ouvrages cultes du siècle nouveau, un auteur anonyme nous donnait pour la première fois l'équivalent littéraire des films jubilatoires et explosifs de Quentin Tarantino ou de Robert Rodriguez.


- L'œuvre des mers
de Eugène Nicole
Éditions de l'Olivier / Janvier 2011


En 1956, un jeune garçon de quatorze ans quitte son archipel natal, Saint-Pierre et Miquelon, territoire d'outre-mer de 242 km2, au large du Canada. Des années plus tard, ce grand départ, transformé en exil, le pousse à entreprendre un projet ambitieux: traverser mentalement l'Atlantique, suivre les méandres de sa mémoire pour raconter ce pays de naufrages, de neige et de brouillard, et trouver dans l'écriture les reliefs oubliés de son univers. Foisonnant de personnages aux curieux destins, drôles ou pathétiques, son récit est la perpétuelle représentation de ce microcosme sur la scène des îles et de son emblématique théâtre paroissial, L'Œuvre des Mers.


- La belle étoile
de Jean Védrines
Éditions Fayard / Janvier 2011


Un jour, les révolutionnaires sont fatigués. Gioachino, ouvrier métallurgiste, s'est battu dans la Résistance en Italie. En 1946-1947, il voulait continuer la guerre civile contre la bourgeoisie. Mais brusquement, il renonce et conduit femme et enfants en France, au bocage. Giovan avait sept ans quand son père l'a arraché aux Pouilles, à la langue italienne. Cinq ans plus tard, il ne comprend toujours pas ce départ précipité. Inlassablement, il questionne, il interroge autour de lui: les ouvriers de l'usine où travaille son père, les cheminots rouges. Mais personne ne répond, il ne récolte que des fragments de l'histoire paternelle et de nouveaux mystères. Son frère aîné, Pietro, lui, cherche ailleurs, dans la littérature révolutionnaire et l'Histoire, ce que ce père refuse de leur transmettre. Pourtant, un matin de 1968, quand les ouvriers occupent l'usine, Gioachino doit bien redescendre dans l'arène. Giovan et Pietro vont-ils enfin voir la légende des révolutions reprendre son cours? Parce que la langue des révolutions est celle de l'adolescence de l'âme, c'était à un enfant qu'il revenait de chanter le long poème des insurrections manquées de France et d'Italie, et d'évoquer la mystérieuse transmission de la violence révolutionnaire.


- La circassienne
de Guillemette de Sairigné
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


Exilée du Caucase, mannequin chez Chanel, cette célèbre beauté fut une héroïne de la Seconde Guerre Mondiale et une icône de la Légion étrangère. Leïla Hagondokoff est une enfant qui vit entre le Caucase et Saint-Pétersbourg dans une famille de militaires. En 1917, elle a dix-neuf ans, elle est très belle, et tombe amoureuse d'un officier atteint d'une grave blessure à la tête qu'elle épouse contre l'avis de ses parents. La Révolution les pousse à fuir vers l'est et ils atteignent Shanghai au terme d'un terrible voyage. En Chine son existence est aventureuse, elle divorce et parvient à gagner la France. Chanel l'engage comme mannequin et sa vie sentimentale bien remplie se termine par un élégant mariage français. Mais cette séductrice devient une combattante pendant la guerre d'Espagne et la Seconde Guerre Mondiale. Elle invente, fait financer et dirige des ambulances qui, pour la première fois, sont conçues afin d'opérer les blessés intransportables. Elle fait la campagne d'Italie, la campagne de France, repartira en Algérie pendant la guerre afin d'établir un centre de repos pour les soldats désargentés. La fin de sa vie et le reste de sa fortune sont consacrés à la Légion étrangère, pour qui elle est une bienfaitrice et une légende vivante. Personnalité complexe, libre et transgressive, sa volonté de fer et son courage physique et moral n'eurent d'égal que sa célèbre beauté.


- La coupe d'or
de Belva Plain
Éditions Belfond / Janvier 2011


À dix-huit ans, l'impulsive et romantique Henrietta De Riviera s'éprend de Dan Roth, un brillant professeur désargenté. Mais les parents de la jeune fille, soucieux de la réputation de leur famille, voient d'un mauvais œil l'arrivée de ce jeune idéaliste, qui se bat contre la misère des Juifs dans leur ghetto de New York. Aveuglée par la passion, Henrietta est prête à tout pour suivre son mari. Jusqu'à ce que le voile de l'amour se déchire, révélant la nature sombre de Dan. Sous son apparence chevaleresque, cet homme cache un lourd secret. Quête de liberté et de justice, lutte sociale et secrets enfouis, la destinée irrésistible d'une femme plongée dans un monde de passions exacerbées, ou les sentiments les plus nobles se heurtent aux drames cruels de l'Histoire.


- La cruche cassée
de Hayat El Yamani
Éditions Anne Carrière / Janvier 2011


Dounia revient dans son village natal, au Maroc, pour assister aux funérailles de Yemma, l'aïeule de la famille. Elle renoue avec un univers radicalement autre, dont le deuil accentue la singularité. D'abord spectatrice, Dounia, qu'on surnomme "l'Européenne", prend conscience, à la vue du corps de la vieille dame, de l'impact que cette mort a sur elle. La distance s'amenuise. Au fil des jours et des rituels, hommes et femmes se confient à elle, comme Yemma aimait à le faire. Son sentiment de différence s'efface, facilité en cela par la promiscuité féminine permanente, de la maison au hammam.


- La dernière femme de sa vie
de Christine Fizscher
Éditions Stock / Janvier 2011


Leur rencontre n'a l'air de rien. Printemps 2000. Place Saint-Germain-des-Prés, on célèbre par une plaque les amours contingentes de Sartre et Beauvoir. Sont présents quelques philosophes, des écrivains, une poignée de féministes et l'immense André Markhem. Entre lui et Alma, le premier échange est bref. Il lui laisse un numéro. Elle oublie ou croit oublier, peu importe. Il suffira de quelques semaines et d'un message sur un répondeur pour que l'histoire prenne tout son sens. Neuf ans, ce n'est pas rien. Alma aurait pu être la dernière femme de la vie d'André, lui qui a traversé un presque siècle, l'a animé, serré au plus près, lui qui a aimé et séduit, beaucoup, et aborde de toute sa puissance la fin de son existence. Il aurait pu mourir et ne penser qu'à elle, car ils se sont aimés, avec passion, avec violence, en se vénérant l'un l'autre au point d'espérer échanger les corps. Alma aurait pu posséder André à tous les âges, remonter le temps et lui appartenir aux commencements. "Je ne vous retrouverai jamais. Pas facilement. Jamais. Pourquoi ai-je envie de me tirer une balle dans la tête? Parce que nous avons tous les deux le goût de l'absolu". Chaque fragment de leur histoire est contaminé par une quête partagée de l'absolu. Les repas sont des festins, le banal échange une joute verbale et le sexe se joue sans interruption. Est-ce la mort qu'ils tentent en vain de tromper? Neuf ans ont passé. André a publié ses mémoires et Alma partage son temps entre écriture et réalisation. Elle a divorcé, fait l'amour avec d'autres hommes, des femmes aussi. Elle cohabite depuis peu avec ce qu'elle nomme "un crabe", et qui lui pince la poitrine. Elle a reçu une lettre d'André, le 24 octobre 2009. Une lettre définitive.


- La fête de l'ours
de Jordi Soler
Éditions Belfond / Janvier 2011


Par l'un des plus grands auteurs espagnols actuels, un jeu de piste virtuose entre réalité et fiction pour une enquête familiale échevelée. Peuplé de personnages extraordinaires, tour à tour héroïques ou effrayants de sauvagerie, un conte magnifique de noirceur autour des thèmes récurrents de Soler: l'exil, la mémoire, la culpabilité, le poids de l'histoire familiale. Lors d'une conférence, Jordi Soler rencontre une femme étrange qui lui remet une photo et une lettre. Sur la photo, trois soldats républicains parmi lesquels Arcadi, le grand-père du narrateur, et Oriol, son frère. Dans la lettre, une incroyable révélation. Oriol, qu'Arcadi avait dû abandonner blessé en 1939, et que tout le monde croyait mort ou reconverti en pianiste quelque part en Amérique latine, Oriol aurait vécu le reste de sa vie, là, près d'Argelès-sur Mer. Bouleversé, Jordi Soler va découvrir la face cachée de celui que la légende familiale avait érigé en héros.


- La gifle
de Christos Tsiolkas
Éditions Belfond / Janvier 2011


Provocant, urgent, impitoyable, un roman coup de poing, une révélation dans la lignée d'un Don DeLillo ou d'un Jonathan Franzen. Lors d'un barbecue entre amis, un adulte gifle un enfant qui n'est pas le sien. Un incident qui va créer une onde de choc parmi les invités et provoquer une série d'événements explosifs. Mais aussi révéler, derrière les belles apparences, le racisme ordinaire, la drogue, l'alcool, la honte et une extrême solitude. Tour à tour violent et bouleversant de tendresse, un très grand roman qui dresse, avec une formidable lucidité, le tableau d'un Occident en pleine confusion.


- La légende de Bloodsmoor
de Joyce Carol Oates
Éditions Stock / Janvier 2011


Pensylvannie. 1789. Cinq sœurs entre seize et vingt-deux ans. La narratrice: une vierge amère. Tout commence quand Miss Deirdre Zin, fille adoptive de l'inventeur John Quincy Zin, est enlevée par un homme mystérieux en pleine journée. Avant cet épisode, la famille Zin était une famille comme les autres: cinq filles en âge de se marier, vivant tranquillement dans la vallée de Bloodsmoor. Mais après cet événement tragique, tout va basculer. Constance Philippa, qui se comporte de manière scandaleuse la nuit de son mariage. Malvinia, séduite par les feux de la rampe, va attirer l'attention d'un dandy peu scrupuleux, Mark Twain. Octavia, la moins rebelle des sœurs, trouvera sa "récompense" non loin de chez elle. Samantha, la plus douée des cinq, se dévouera entièrement à l'œuvre de son père et en subira les conséquences. Quel sera leur sort à la veille du siècle nouveau?


- La mémoire égarée
de Samantha Harvey
Éditions Stock / Janvier 2011


Jake approche la soixantaine quand il apprend qu'il est atteint d'Alzheimer. Quelque temps après l'annonce de cette terrible nouvelle, il survole une prison dont il a bâti les plans, et on comprend que son fils y est incarcéré. Très vite, l'existence de cet homme apparaît dans toutes ses zones d'ombre: son amour pour Helen, qu'il épousa, peut-être un peu rapidement, sa relation avec le personnage imposant de sa mère, Sara, qui a survécu à l'Holocauste. Les autres femmes de sa vie, son désir de paternité. Son rapport à la religion. Très vite, le lecteur s'interroge sur la confiance qu'il peut accorder au récit de Jake, remarquant certaines incohérences, certains mensonges. Mais aussi l'influence sur sa mémoire de tous les récits qui lui ont été livrés. L'ambition même de ce premier roman impressionne: explorer les méandres d'une mémoire qui se défait, des prémisses de la maladie au grand final. Tout en accomplissant cette prouesse, Samantha Harvey plonge le lecteur au cœur de la vie même, de ses intrigues et explore la manière dont la nature fragmentaire du souvenir affecte nos existences.


- La mort lente de Luciana B.
de Guillermo Martinez
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


Dix ans ont passé depuis que le narrateur a vu Luciana B. pour la dernière fois. À l'époque, il était tombé amoureux d'elle. Bien qu'elle fût la secrétaire personnelle du célèbre auteur de romans policiers Kloster, il l'avait engagée en cachette pour taper les pages de son roman. Aujourd'hui, il ne reste plus rien de la jeune fille gaie et séduisante qu'il a connue. Que s'est-il passé ces dernières années? Luciana se raconte: elle a vu, tour à tour, mourir la plupart de ses proches, son fiancé, ses parents, son frère dans des circonstances qui semblent forcer le hasard. Et elle, ou sa sœur, pourraient être les prochaines sur la liste. Luciana vit à présent dans la terreur, dans l'observation de chaque ombre, de chaque personne qui frôle son passage. Selon elle, ces décès survenus avec une régularité méthodique n'ont rien d'accidentel; ils sont l'œuvre de Kloster qui a lancé une vendetta contre elle parce qu'il y a dix ans, en portant plainte contre lui pour harcèlement sexuel, elle a provoqué un enchaînement de désastres qu'il a décidé de lui faire payer au septuple. À moins que ce ne soit Luciana elle-même qui, rongée par la culpabilité, provoque sa propre perte. Au bord du désespoir, elle s'adresse à celui qui l'a autrefois aimée, et qui est le seul susceptible de la croire. Qui sait, en tant qu'écrivain, peut-être le narrateur sera-t-il à même de percer à jour les ténèbres de Kloster et de faire le tri entre la réalité et la fiction? Les Carnets d'Henry James et un volume de la Bible seront ses clés pour un voyage sans retour dans les plus obscures régions du mal.


- La mort rôde
de Madeleine Chapsal
Éditions Fayard / Janvier 2011


"Un jour que ma mère m'avait emmenée dans le petit cimetière richement entretenu de notre bourg d'Eymoutiers, elle me déclara: "Ici, nous aimons beaucoup les morts". Sur l'instant, j'en fus presque choquée: ne s'agit-il pas d'abord d'aimer les vivants? Depuis j'ai renversé la proposition et je pense que c'est ce qu'entendait par là ma mère: ce sont les morts qui nous aiment". M. C.


- La vérité sur Gustavo Roderer
de Guillermo Martinez
Éditions Nil / Janvier 2011


Qu'est-ce qui différencie une intelligence supérieure d'une intelligence extraordinaire? Dans un café de Puente Viejo, gros bourg endormi d'Argentine, deux adolescents disputent une partie d'échecs. L'un d'eux est Gustavo Roderer, nouveau venu dans la ville; l'autre est le narrateur, champion d'échecs de la région. Contre toute attente, Roderer gagne. Sans plaisir apparent, avec ce commentaire: "Les échecs, c'était juste une expérience; un modèle. À un petit niveau, bien sûr". Ce mélange de mépris et d'indifférence restera fiché comme une flèche empoisonnée dans l'orgueil de son adversaire. S'établit pourtant entre les deux adolescents une relation singulière, dépourvue d'affection, ou s'affrontent leurs intelligences. Le narrateur, brillant élève bien inséré dans la société, rencontre partout le succès. Enfermé chez lui, incapable d'aimer, Roderer est dévoré par sa quête obsessionnelle d'une philosophie radicalement nouvelle. L'un est contraint de partir pour la guerre des Malouines, l'autre tâte des drogues pour développer ses capacités. Quand l'un mène une vie amoureuse épanouie, l'autre est en butte à l'incompréhension de tous et réduit au chagrin la jeune fille qui l'aime. Mais lorsque le narrateur croit triompher intellectuellement de Roderer et tenir sa vengeance, il ne fait que précipiter vers la mort son ennemi le plus accompli. S'interrogeant sur une préoccupation vieille comme l'humanité, l'intelligence, Guillermo Martínez élabore un récit d'inspiration borgésienne, mélange subtil et dérangeant de romanesque et de métaphysique.


- Le banc des soupirs
de Anne Goscinny
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


Une femme a été tuée. La police enquête et interroge tour à tour les personnages qui ont croisé le principal suspect, mari de la victime et psychanalyste. Parmi les témoignages, celui de Jeanne, sa dernière patiente, qui avait décidé de suivre jusque dans son intimité la plus secrète celui à qui, trois fois par semaine, elle se livrait. Chaque déposition, à sa façon, accuse le mari, la femme de ménage, son meilleur ami, sa mère, tous ont des raisons légitimes de lui en vouloir. Est-ce suffisant pour en faire un coupable? Un kaléidoscope de points de vue, une ronde de style, de tons et de voix, une tension romanesque jusqu'au coup de théâtre final?
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 13:00

- Le bordel de Soroca
de Benoît Rayski
Éditions Denöel / Janvier 2011


À Soroca, il y eut aussi la mort après la vie. La mort qui s'avance comme un char muni d'un hautparleur d'où l'on entendrait: "Sortez de vos maisons, vous allez mourir!" Puis l'engin écraserait tous les êtres humains sur son passage. La mort prévient et tue. La mort s'annonce par des messages sans appel qu'elle envoie pour paralyser les corps et les âmes. À Soroca, le messager l'annonciateur de la mort se nommait Curzio Malaparte. Un écrivain et journaliste italien de renom et de grand talent. "Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Malaparte, correspondant de guerre, visita le bordel de Soroca. Des jeunes Juives y étaient enfermées pour les besoins de l'armée allemande. Au bout de quinze jours, elles étaient assassinées au bord du Dniestr et remplacées par d'autres filles juives. Malaparte en fit une nouvelle dans son recueil Kaputt. Je n'ai pas voulu qu'elles meurent ni qu'elles soient esclaves au bordel. Je suis parti à leur recherche. Je les ai sauvées. Et pour cela il m'a fallu d'abord tuer Malaparte". B. R.


- Le cerf-volant d'or
de Kosztolányi Deszö
Éditions Viviane Hamy / Janvier 2011


Veille du bac, début du XXe siècle. Vili Liszner excelle dans la course à pied mais guère en géométrie. Antal Novak enseigne les mathématiques avec foi et enthousiasme, et ne peut, en dépit de sa bonté et de sa compréhension, accorder l'examen à l'adolescent. Les cancres recalés sont dangereux la nuit, et complotent contre le professeur, déjà abattu par la fuite de sa fille avec son amant.


- Le ciel du faubourg
de André Dhotel
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


C'est dans une banlieue populaire de l'après-guerre que survient la mort accidentelle d'un industriel, Dassigne. Autour de cet événement se mettent à graviter d'anciennes querelles de famille, un domaine inconnu, des contentieux financiers, qui lient plusieurs proches du défunt. Très vite tout le voisinage réclame sa part de vérité. L'enquête mènera les protagonistes jusque dans le Morvan, où ils retrouvent la trace du domaine inconnu et d'un homme mystérieux qui exerce sur le faubourg une influence menaçante. Dans cet ouvrage, c'est tout l'univers fantastique de André Dhôtel que l'on retrouve, ses personnages à l'air insignifiant au-dessus desquels plane un mystère. L'auteur parvient à édifier une fabuleuse intrigue qui ne se déploie qu'en franchissant la frontière des apparences.


- Le cocher du Pont Neuf
de Jean-Baptiste Bester
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2011


Paris, 1720. Alors que le Régent Philippe d'Orléans donne l'exemple de la débauche la plus débridée au sommet de l'État, le jeune et misérable Félicien Bouvier lutte pour survivre en faisant tous les petits métiers. La chance lui sourit lorsqu'il entre au service de Maître Benoît Farel, notaire de son état, en qualité de cocher. Grisé par ce nouvel emploi, Félicien se montre excessivement hardi, non content d'avoir précipité dans la Seine le cocher arrogant d'un haut personnage, il se fait surprendre en fâcheuse posture, d'abord avec la servante, puis sur dénonciation de celle-ci, avec Pauline, la nourrice de Mme Farel. Congédié pour son inconduite, il tue accidentellement un perruquier qui lui cherchait querelle. Pris en chasse par le sinistre inspecteur Isabeau, il erre dans la capitale où chaque ruelle peut dissimuler un traquenard. Dans le tourbillon du Paris de la Régence, Jean-Baptiste Bester nous offre un roman d'apprentissage incroyablement enlevé dans lequel souffle l'esprit de Marivaux et de l'abbé Prévost. On y croise un poète débutant nommé Voltaire, Cartouche, le Cardinal Dubois et Louis XV qui n'est alors qu'un enfant. On découvre le Pont-Neuf où se presse le petit peuple, frondeur, tapageur, dont l'exaspération face aux abus de la haute noblesse annonce déjà la Révolution.


- Le cœur est un noyau candide
de Lydia Millet
Éditions 10-18 / Janvier 2011


Trois semaines avant Hiroshima. Les États-Unis testent à Los Alamos, Nouveau Mexique, la tristement célèbre bombe atomique. Lors de la déflagration, Oppenheimer, Szilard et Fermi, trois des pères fondateurs du projet, sont mystérieusement "télé-transportés" en 2006, à Santa Fe. Recueillis par Ann, une bibliothécaire, ils y découvrent l'horreur de leur création et, pris d'un éclair de conscience, entament une croisade pacifiste, entre l'Amérique et le Japon. Le but final: désarmer l'ensemble du globe.


- Le jour où Gary Cooper est mort
de Michel Boujut
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2011


Michel Boujut a grandi entre deux drames familiaux, insérés dans la tragédie collective des deux guerres mondiales. Celui de son grand-père Maurice, fauché à 26 ans en septembre 1914, et celui de son père Pierre, prisonnier dans un stalag pendant quatre ans et demi. À la troisième génération, Michel, jeune appelé qui doit partir pour l'Algérie, décide de rompre le cycle infernal du casse-pipe: il désertera. La raison de son adieu aux armes, c'est "le refus, radical, d'une guerre sale faite salement".
Alors, au lieu de rejoindre son unité, le soldat Boujut Michel arrive à Paris, le 13 mai 1961, le jour où le monde apprend la mort de Gary Cooper. C'est un signe du destin: en attendant de quitter la France, il se cachera pendant quinze jours dans les salles obscures du Quartier latin. Ainsi naîtra une vocation dont il fera son métier. Critique de cinéma, essayiste et romancier, Michel Boujut revient sur le moment clé qui a fait basculer son existence, son refus d'aller combattre en Algérie. Loin d'être une évocation nostalgique, ce livre plein d'élan nous fait partager des coups de cœur de cinéphile, des passions littéraires, et ouvre les portes d'une réflexion profonde sur la nécessité de l'insoumission face à l'indignité.


- Le mariage de Kipling
de François Rivière
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


Automne 1889. À 24 ans, Rudyard Kipling quitte ses Indes natales pour conquérir, à Londres, la planète des Lettres. Adoubés par Henry James, ses Simples contes de la colline font déjà grand bruit, suscitant autant de curiosité que de jalousie. Car dans le petit monde des lettres londoniennes, le jeune Anglo-Indien détonne: sauvage, excentrique, lunatique, il a la brusquerie des grands timides et bien peu de goût pour les mondanités dont semblent se délecter ses pairs. De plus, il déteste cette ville, sa grisaille, sa froidure, qui lui rappellent de sombres souvenirs d'enfance, la chaleur, les couleurs de l'Inde, son ayah lui manquent terriblement. C'est dans cette période de fragilité et de désarroi que Kipling va, par l'entremise de James, rencontrer Wolcott Balestier. Wolcott a l'assurance, l'énergie, l'optimisme, aussi, du Nouveau Monde dont il vient: jeune agent littéraire ambitieux, il est bien décidé à importer sur le Vieux Continent les méthodes américaines modernes en matière d'édition. Kipling est d'abord pour lui le client idéal. Mais, très vite, les deux jeunes gens vont écrire ensemble une histoire beaucoup plus intime, formant avec la sœur de Wolcott, Carrie, un trio aussi ambigu qu'attirant.


- Le pays de l'absence
de Christine Orban
Éditions Albin Michel / Janvier 2011


Et si un jour nous devenions les parents de nos parents? Si irrémédiablement, les rôles s'inversaient avec le temps? Avec justesse et sensibilité, tendresse et humour, Christine Orban nous raconte une histoire qui forcément nous rappelle quelque chose de nos vies.


- Le petit oiseau va sortir
de Kurt Vonnegut
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


Le petit oiseau va sortir, série de vignettes ciselées à la perfection, nous plonge dans l'univers de Vonnegut. Dans un style inventif et loufoque, il brosse un portrait de l'Amérique d'après-guerre et de son peuple de laissés-pour-compte, de dépressifs, d'introvertis, d'opportunistes. Un employé sans grand avenir invente un objet révolutionnaire, qui va bouleverser la vie de l'humanité. Un marchand de "fenêtres à double-vitrage" se présente au domicile d'un couple en pleine crise de ménage, madame ayant écrit un best-seller trop autobiographique. Un couple sans histoires va se retrouver mêlé bien malgré lui à une affaire de meurtre. Deux policiers se présentent chez un hypnotiseur soupçonné d'homicide, mais il devient bientôt difficile de différencier l'hypnotisé de l'hypnotiseur. En pleine ère stalinienne, deux frères russes, éminents spécialistes des fourmis, sont envoyés sur un site de forage d'uranium, où ils font une découverte stupéfiante, la plus ancienne civilisation de fourmis jamais trouvée, fossilisée depuis des millions d'années, des fourmis à la civilisation tout aussi évoluée que la nôtre.


- Le rêve d'Amanda Ruth
de Michelle Richmond
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2011


Amanda Ruth n'a qu'un rêve: partir en Chine sur les traces de ses ancêtres pour se rendre le long des rives du Yangzi Jiang, dans l'un de ces vieux villages condamnés à être engloutis à la suite de la construction du titanesque barrage des Trois-Gorges. Mais ce voyage, Amanda Ruth ne le fera jamais car elle a été mystérieusement et sauvagement assassinée à dix-huit ans, dans sa petite ville de l'Alabama. Quatorze années ont passé. Jenny, sa tendre amie d'enfance, remonte le long fleuve chinois avec, sur ses genoux, une boîte rouge contenant les cendres d'Amanda qu'elle s'est donné pour mission de disperser sur le site grandiose des Trois-Gorges. Lors d'une chaude nuit d'été, tandis que Dave, son époux qui la néglige, dort dans leur cabine, Jenny se laisse aborder par un séduisant et insaisissable voyageur qui bouleversera son avenir. Et alors que le bateau de croisière remonte le Yangzi Jiang en crue, avec dans son sillage des panoramas chargés d'histoire, des villes défigurées et des villages fantômes, Jenny se plonge dans un passé qui la hante. Elle se souvient d'Amanda, de sa sensualité à vif, comme des questions et des secrets qui entourent toujours sa mort. Mais, au-delà de l'émotion et de la nostalgie, elle va réorienter sa vie.


- Le silence de ma mère
de Antoine Silber
Éditions Denöel / Janvier 2011


On croit que la mort éloigne, mais c'est le contraire: la mort rapproche. C'est un peu comme si en parlant de ma mère avec Anne, en repensant à elle sans cesse, je l'aimais plus et, en l'aimant plus, je la faisais revivre. Une enfance dans les années cinquante au sein d'une famille placée sous l'ombre tutélaire d'un père passionné de littérature et d'une mère à la fois crainte et admirée, peintre prometteuse tour à tour fantasque et ombrageuse. Les instants du passé remontent à la surface, entre la maison familiale au charme baroque de Neauphle-le-Château et les incursions dans le Saint-Germain-des-Prés de l'époque. Un récit intimiste et cathartique sur les non-dits et les zones d'ombre d'une figure maternelle énigmatique. Une élégie à la mère disparue qui dessine le puzzle d'une enfance de l'après-guerre.


- Les aventures fantastiques d'Hercule Barfuss
de Carl-Johan Vallgren
Éditions JC Lattès / Janvier 2011


Dès sa naissance, une nuit de 1813 dans une maison close de Königsberg, le corps difforme d'Hercule Barfuss suscite l'horreur chez tous ceux qui le voient. Nain monstrueux, sourd de surcroît, Hercule a toutefois un talent singulier, celui de lire dans les pensées. Ce don de télépathie lui vaudra un destin marqué par le drame, peuplé d'ennemis, alors que le héros court le monde à la recherche de sa bien-aimée, la douce Henriette Vogel, née la même nuit dans le même bordel. Les aventures fantastiques de Hercule Barfuss transporte le lecteur dans une bouleversante histoire d'amour à travers l'Europe du XIXe siècle, théâtre d'injustices sociales, de corruption et de persécutions religieuses.


- Les Champs de Paris
de Yann Suty
Éditions Stock / Janvier 2011


Les Champs de Paris, c'est un bar où se retrouvent régulièrement Freddy et Cortès, amis de longue date que tout oppose. Freddy gagne bien sa vie, il est beau et il a une petite amie magnifique, Anna. Cortès, lui, n'a rien d'un don Juan et, malgré des études de biologie, il enchaîne les boulots alimentaires. En plus, il est fou amoureux d'Anna. Alors qu'il avait l'habitude d'évoluer dans l'ombre de Freddy, Cortès décide de prendre enfin les choses en mains. Les Champs de Paris, c'est un bar que Vanessa a découvert. Depuis un grave accident de voiture dont elle est la seule rescapée, elle s'est prise de passion pour le bodybuilding. Cortès, son frère, et Freddy la taquinent souvent à ce sujet. Désormais, sa musculature a de quoi effrayer les hommes. Sauf l'écrivain Yann Suty, qui s'intéresse à la discipline qu'elle pratique. Les Champs de Paris, c'est un bar où, tous les premiers mercredis du mois, des hommes en costume-cravate patientent dans un coin avant de franchir une porte occultée par un rideau. Impossible de savoir ce qui se trame derrière le molosse qui la garde ni de se faire inviter. C'est sans compter sur l'opiniâtreté de Freddy. Les Champs de Paris, c'est un bar qui n'a rien d'extraordinaire pour Anna. Elle ne comprend pas pourquoi Freddy y passe son temps. De toute façon, il irait n'importe où pour ne pas être avec elle. La journée, il est au travail, le soir avec ses copains. Elle a beau passer ses après-midi à faire du shopping aux Galeries Lafayette, elle s'ennuie. Jusqu'à ce qu'une balade lui ouvre de nouveaux horizons. Quatre protagonistes, quatre points de vue. Yann Suty, en mêlant avec brio les pensées de chacun sur les mêmes faits, tisse subtilement les événements qui font basculer ses personnages.


- Les derniers jours de François Mitterrand
de Barbier Christophe
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


Que s'est-il vraiment passé pendant les derniers jours de François Mitterrand? Comment le monarque à l'agonie a-t-il, ces jours-là, bâti sa propre légende et sculpté sa statue pour l'Histoire? Pourquoi a-t-il voulu, du 17 mai 1995 au 8 janvier 1996, revisiter Venise, Belle-Ile et Assouan, relire saint Paul et honorer sainte Thérèse de Lisieux, méditer dans l'église troglodyte d'Aubeterre (Charente) et colloquer sur la Guerre froide à Colorado Springs (États-Unis)? Quels témoins s'est-il alors choisis pour porter son image, méticuleusement tracée, et défendre son bilan, soigneusement épuré? C'est ce que ce livre raconte, en traversant 237 jours énigmatiques et en interrogeant la centaine de confidents qui ont défilé, alors, au chevet du Président. Mais ce livre, c'est surtout le roman d'une course contre la mort, où l'on voit un François Mitterrand qui veut solder ses comptes. Avec son passé (Bousquet, de Gaulle…), avec ses familles (Mazarine, Danielle…), avec sa postérité (ses derniers écrits, le choix "scandaleux" de ses doubles funérailles…).Cette agonie possède sa propre liturgie, en une minutieuse mise en scène qui doit autant à Mitterrand-le-Grand, un homme opiniâtre et libre qui veut mourir sans se rendre, qu'à Mitterrand-le-Petit, un vieillard obsédé par d'ultimes règlements de comptes. Christophe Barbier revisite en expert cette "cérémonie des adieux" qui n'a rien perdu de son mystère.


- Les feux sauvages de la mémoire
de Kitty Sewell
Éditions Belfond / Janvier 2011


Réputée pour ses miracles, la petite cité espagnole de Torre de Burros cache bien des blessures derrière ses respectables façades. Chez les Martinez, Hector vit depuis toujours avec sa mère, sous le joug de sa grand-mère Pilar, une vieille femme tyrannique, hantée par les drames du passé. Mais l'arrivée d'une jeune et belle Galloise va tout faire basculer. Mair Watkins est sur la trace de son grand-père, un volontaire républicain disparu à Torre de Burros. Prêt à tout pour se rapprocher de Mair, Hector l'aide à fouiller dans la mémoire vivante du village. Loin d'imaginer les révélations qui l'attendent sur ses propres aïeux. Crimes de guerre, trahisons familiales, passions contrariées et mensonges funestes. Hector et Mair vont lever le voile sur des vérités brûlantes enfouies depuis trop longtemps, pour enfin libérer leurs familles de décennies de culpabilité et de silence.


- Les jours fragiles
de Philippe Besson
Éditions 10-18 / Janvier 2011


Elle a grandi dans l'ombre de son frère aîné, surdoué scandaleux. Lorsqu'il a choisi de s'enfuir, elle a appris l'absence et le manque. Aujourd'hui, l'exilé volontaire est de retour de ses lointains voyages et il la réclame. Il ne lui propose que des jours fragiles, fébriles. Elle accepte sans réfléchir. Empêtrée dans ses frayeurs, guidée par un infatigable espoir, Isabelle Rimbaud est enfin prête, à trente ans, à cheminer aux côtés d'Arthur vers l'irréparable.


- Les pensées sauvages
de Marc Durin-Valois
Éditions Plon / Janvier 2011


Quand Antonin débarque à V. au volant de sa décapotable défraîchie, personne ne sait ce que ce jeune Parisien de 19 ans est venu chercher dans ce village ariégeois où vécut autrefois sa grand-mère. Pas même lui. Gorgé de drogues et de rêves, harcelé par une gamine d'une rare laideur qui s'est entichée de lui, le garçon engage un jeu provocateur et sexuel de plus en plus dangereux avec les habitants du lieu. Nouant avec la mère, la fille et la cousine d'une même famille des passions destructrices, il tisse avec Hugo, le patriarche, une relation étrange faite de leçons énigmatiques. Ce qui ne devait être qu'un passage rituel au monde adulte se transforme en une épreuve poétique et féroce dans laquelle, sans qu'il s'en doute, se glisse peu à peu un enjeu majeur: celui de sa propre survie.


- Les petits
de Christine Angot
Éditions Flammarion / Janvier 2011


Hélène, mère célibataire, rencontre Billy, musicien venant de Martinique. Après s'être installé et avoir fait quatre enfants, le couple va connaître l'hostilité croissante, la violence entre père et mère, les manipulations et les déchirements qu'éveillent les enfants. L'auteure dévoile le côté sombre de la puissance féminine et l'utilisation par certaines femmes d'un pouvoir maternel tentaculaire.


- Les petits
de Frédérique Clémençon
Éditions de l'Olivier / Janvier 2011


À la veille d'en perdre définitivement la garde, un père emmène ses deux fillettes pique-niquer au bord de l'eau. Son entourage s'est acharné à tranquillement l'évincer, lui assurant que ses filles lui en seraient plus tard reconnaissantes. Il n'a qu'une journée, la première d'une vie promise au chagrin, pour tisser, ou rompre, le lien paternel. Dans cette nouvelle comme dans les suivantes, les enfants et les adultes sont des territoires que l'on conquiert ou que l'on perd. Chacun bataille pour préserver son intégrité ou, au contraire, étendre son pouvoir sur les autres. Et gare à ceux qui, trop "petits" ou trop fragiles, ne savent pas résister.


- Lettres à Alice
de Lewis Carroll
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2011


"Après tant d'années de silence, ceci vous parviendra, je l'imagine, presque comme une voix d'entre les morts, et pourtant, ces années n'ont fait aucune différence perceptible dans la clarté des souvenirs que j'ai de l'époque où nous avons bel et bien entretenu une correspondance. Je commence à sentir ce qu'est la mémoire défaillante d'un vieil homme touchant les événements récents et les nouveaux amis, [...] mais il y a en moi une image mentale aussi vive que jamais de quelqu'un qui fut, pendant de longues années, mon amie-enfant idéale".


- Long week-end
de Joyce Maynard
Éditions 10-18 / Janvier 2011


Une chaleur caniculaire règne sur la côte est. Henry, treize ans, et sa mère Adèle doivent faire les dernières courses pour la rentrée des classes. Une rencontre fortuite au supermarché va venir tout bouleverser, Franck, un taulard en cavale, leur demande de l'héberger. Le temps d'un long week-end, le trio va vivre en huis clos une expérience qui bouleversera leur vie à jamais.


- Madame Tabard n'est pas une femme
de Elsa Flageul
Éditions Julliard / Janvier 2011


Tandis que résonnent dans la salle du Royal Palace les premières répliques du film Baisers volés, Hannah, la jeune projectionniste, se souvient. Enfant, lorsqu'elle vivait seule avec sa mère, un homme s'était présenté chez elles, un soir, sous le nom farfelu de "Fabienne Tabard", un des personnages féminins du film de Truffaut. En vérité, ce n'était autre qu'Antoine, l'homme dont sa mère venait de tomber amoureuse et qu'Hannah rencontrait pour la première fois. Drôle, léger, séduisant, mais papillonnant d'un cœur à l'autre, Antoine se révéla hélas incapable d'aimer, et finit par disparaître de leurs existences. Certaines rencontres ont pourtant un effet à retardement, et certaines coïncidences nous inciteraient presque à croire au destin. À moins que ce ne soit la "magie du cinéma"? Dans la pénombre du Royal Palace, un dénouement inattendu se prépare peut-être un happy end?


- Maria
de Pierre Pelot
Éditions Héloïse d'Ormesson / Janvier 2011


Les Vosges, sous l'Occupation. Maria est institutrice. Un matin, les maquisards viennent la chercher devant sa classe. Jean, son mari, est collabo. Elle n'en savait rien. Pour avoir été la femme d'un traître, pour l'avoir aimé, Maria paiera. Marquée à vie par la cruauté de ceux que la France élève bientôt au rang de héros, elle ne révélera jamais le châtiment qui lui a été injustement infligé. Soixante ans plus tard, un jeune homme arrive dans cette contrée, à la recherche d'une pensionnaire de la maison de retraite. Dans son périple l'accompagne la voix envoûtante d'une conteuse qui, sur les ondes de la radio locale, évoque l'histoire de ces terres où gèlent les eaux de la Moselle. Avec Maria, Pierre Pelot revient à sa géographie intime, honorant, dans une langue percutante et sensible, une région rude et secrète.


- Marina
de Carlos Ruiz Zafón
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


Oscar Drai, quinze ans, a disparu pendant une semaine du pensionnat ou il est interne. Ou est-il allé et que lui est-il arrivé? Quand l'histoire commence, Oscar vagabonde à travers Barcelone. Attiré par une mystérieuse maison apparemment abandonnée, il pénètre à l'intérieur. Se croyant seul, il commence ses investigations. Alors qu'il est en train d'examiner une curieuse montre à gousset laissée sur une table, il se rend compte que quelqu'un l'observe. Terrorisé, il s'enfuit. En rentrant au pensionnat, il s'aperçoit qu'il a gardé la montre. Tenaillé par les remords, il retourne quelques jours plus tard dans la grande maison. Il y fait alors la connaissance de Marina, fille du propriétaire. Elle a son âge, de l'audace et une intelligence très vive. Elle entraîne son nouveau compagnon dans l'élucidation d'un mystère qui la tourmente, au cœur du plus vieux cimetière de Barcelone, une vieille femme voilée visite une tombe anonyme sur laquelle figure le dessin d'un papillon noir. Qui est-elle, et qui dort sous la pierre tombale? En menant leur enquête, les deux adolescents franchissent les limites d'une propriété privée délaissée. Dans la serre qui la jouxte, des pantins en partie amputés de leurs membres pendent dans les airs. Soudain, ils descendent lentement et semblent s'animer. Une odeur pestilentielle envahit la serre. Sur le fronton, un papillon noir identique à celui de la tombe paraît contempler l'épouvantable scène. Parcourant les plus effrayants endroits de Barcelone, s'égarant dans les entrailles de souterrains où vivent des créatures de cauchemar, s'enfonçant dans les coulisses d'un inquiétant théâtre désaffecté, Oscar et Marina réveillent les protagonistes d'une tragédie vieille de plusieurs décennies. La vengeance est en route, mue par une armée de fantômes, guidée par un savant de génie et une amoureuse désespérée. Entraînés dans la folie homicide de ces ombres tout droit sorties du passé, Oscar et Marina frôlent la mort. Pourtant, celle-ci les attaquera là où ils ne l'attendaient pas.


- Match retour
de Julien Capron
Éditions Flammarion / Janvier 2011


À Volmeneur, l'enquêteur Fénimore Garamande se retrouve face à des cadavres, semés au fur et à mesure des matchs par des assassins qui manipulent l'opinion, les médias et les joueurs. Le club de rugby est touché par la crise, une grève liant les joueurs autant qu'elle ravage leur réputation.


- Mes inconnues
Solange, Denise, Mado
de Alain Defossé
Éditions Phébus / Janvier 2011


"De mes inconnues, je ne connais que les prénoms tombés sur moi, très tôt dans ma vie, comme trois gouttes de pluie d'un ciel vide. De leur simple prénom, elles m'ont investi, m'ont donné une très grande connaissance de ce que je n'ai pas pu connaître. Ce sont les vieilles fées penchées sur ma jeune vie. Qui a choisi qui? La rencontre entre un enfant et une parole prononcée devant lui est imprévisible et irréversible, comme le hasard qui n'en est pas un. Solange, Denise, Mado, sont trois prénoms du hasard, auxquels je rends leur visage de femme". A. D.
Il est des absents dont la trace est plus tenace que celle des vivants. Alain Defossé s'intéresse à trois figures jadis liées à sa famille, qui lui sont apparues par le truchement de récits ou de photographies. Découvrir qui elles sont, c'est s'approcher de la source de son imaginaire et du fragile secret de son origine.


- Miss Sweety
de Valérie Saubade
Éditions Anne Carrière / Janvier 2011


Septembre 2001. La discrète Samantha Fallow mène une vie paisible à Hampstead, un quartier huppé de Londres. Elle travaille à domicile pour le magazine féminin You and I. Couples en vrille, amours adolescentes, démon de midi? Samantha, qui se cache derrière le pseudonyme de "Miss Sweety", répond à tous les cœurs brisés. Pour y parvenir, elle compte davantage sur son doctorat en psychologie que sur sa propre expérience; à 36 ans, elle est toujours célibataire, et habite chez sa grand-mère et sa grand-tante, toutes deux octogénaires. Cette vie sans histoires est bouleversée le jour où Samantha reçoit, dans le courrier des lecteurs, une lettre la menaçant de mort. Ce n'est que la première d'une longue série. La police, mobilisée par les risques d'attentat terroriste, ne prend pas ces menaces au sérieux. Bien que n'ayant pas l'étoffe d'un détective, la jeune femme décide alors de découvrir qui est l'auteur de ces missives, avec l'aide de sa grand-mère et sa grand-tante. Le jour où elle retrouve ses propres cheveux, récemment coupés, dans sa boîte aux lettres, Samantha n'a plus que deux solutions: découvrir qui la tourmente ainsi ou s'enfuir.


- Mr.
de Emma Becker
Éditions Denöel / Janvier 2011


Parfois on extrait une écharde. Parfois on s'extrait d'une écharde. Le reste importe peu. Le reste n'est que ce long processus de désamour qui ramène toutes les petites filles à des rivages où elles désapprennent la douleur, la compromission, l'abnégation, le tourment, où les chagrins sont moins poignants et le plaisir moins dense. Ellie, vingt ans, mène une existence légère et insouciante jusqu'au jour où elle rencontre Monsieur, un chirurgien marié approchant la cinquantaine. D'abord épistolaire, leur liaison prend son envol dans une chambre d'hôtel du quinzième arrondissement. Au gré des rencontres clandestines et d'appels téléphoniques fugaces, Ellie traversera plusieurs mois d'attente fiévreuse. Un engrenage passionnel dont elle tentera sans succès de se déprendre. Un roman-confession. Une description cruelle de la traversé du fantasme. Le désenchantement d'une Lolita contemporaine.


- Œil-de-chat
de Margaret Atwood
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


À l'occasion d'une rétrospective de son travail dans une galerie, Elaine Risley, une artiste-peintre controversée, retourne à Toronto sur les lieux de son enfance. Hier puritaine et grise, aujourd'hui éclatante de la lumière des néons, la ville provoque chez Elaine un choc qui fait rejaillir les souvenirs de son enfance. Pendant la semaine qu'elle y passe, l'attention d'Elaine, et celle du roman, se concentrent sur le passé et sur l'introspection. Et au milieu des images diverses qui remontent à la surface de sa mémoire, revient celle qui a peut-être le plus pesé sur son destin: l'image de Cordelia, son amie d'enfance, sa tourmenteuse, son double. Entre passé et présent, la vie de la narratrice se dévoile et l'on suit les premières années de son arrivée à Toronto. Là, Elaine rencontre Carole, Grace et Cordelia. Ensemble, les petites filles mettent en place un monde à elles, loin des préoccupations des adultes et ou se jouent des tragédies silencieuses, des drames étouffés. Puis les années passent et Elaine continue son chemin, mais garde en elle le souvenir de cette période étrange, ou s'enracine sa mémoire et ses oublis, et qui est le terreau dans lequel s'inscrit son art. Avec ce magnifique roman de formation, Margaret Atwood fait tourner devant nous son œil-de-chat, cette bille fétiche, ou se trouve reflétée la vie de toutes les femmes, de toutes les petites filles qu'elles ont été.


- Pain amer
de Marie-Odile Ascher
Éditions Anne Carrière / Janvier 2011


En 1946, Staline offre l'amnistie aux Russes blancs résidant sur le territoire français et les invite à rentrer au pays. Quelque quatre à six mille personnes, celles-là mêmes qui avaient fui les bolcheviks en 1920 pour trouver refuge en France, vont répondre à cet appel. Parmi elles, la famille de Marina, une jeune fille de dix-huit ans: elle se sent française avant tout, mais accepte d'accompagner les siens tout en formant le projet de revenir rapidement, afin d'épouser Marc, qu'elle aime passionnément. Le long voyage en train commence. Au fil des kilomètres, le désir et la détermination de la jeune fille grandissent, nourris par le manque. Malgré le temps qui passe, elle ne perd pas espoir.


- Papa was not a Rolling Stone
de Sylvie Ohayon
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


Lili n'est pas d'une nature à baisser les bras. Elle a cette certitude chevillée au corps "qu'il faut dépasser ses malheurs en klaxonnant bien fort, garder ses cheveux au vent et continuer à offrir son beau visage au soleil". Et pourtant les malheurs, Lili, elle les accumule. Issue d'une famille de juifs d'Afrique du Nord débarqués à la cité des 4000 à la Courneuve, elle est mise au monde sous X, car elle est le fruit de la honte et du déshonneur: un soir de Noël, après un flirt poussé dans une voiture, sa mère tombe enceinte d'un Kabyle qu'elle vient de rencontrer. Le grand-père Moïse, au cœur chaud, pris par le remords de l'abandon, reviendra chercher Lili à l'orphelinat. Mais en arrangeant un mariage avec Daniel, un catholique autoritaire qui voudra bien de sa fille déshonorée il livrera malgré lui sa petite-fille à la violence d'un beau-père destructeur et au déséquilibre psychique d'une mère fragile. Heureusement Lili aura toujours comme refuge le foyer aimant de Margaux et Moïse, ses grands-parents protecteurs. Et puis il y a Lahlou, Magid, Farid, Sosso, Mounhir, Karima et les autres copains de la banlieue, avec qui Lili trouvera les élans d'amitié et de solidarité qui donnent la force de s'en sortir, même quand on est né du mauvais côté du périphérique.


- Paradis inhabité
de Ana-Maria Matute
Éditions Phébus / Janvier 2011


Adriana a six ans et vit dans une famille de la bourgeoisie madrilène. En secret, elle observe le monde des adultes, ces Géants aux personnalités bien souvent sibyllines, ces ombres indifférentes. Sensible et rêveuse, elle préfère bien volontiers se réfugier dans les lumières de la nuit, écouter les bruits des feuilles mortes sous les sabots de la Licorne, celle qui s'est échappée du cadre dans le salon. Un paradis inhabité, celui de l'enfance, celui des chimères incandescentes. De la solitude assumée. Loin des tumultes de la vie adulte, de ses parents qui se déchirent, des injustices et de la guerre civile qui gronde. Curieuse de tout, elle ne tardera pas à découvrir les vertus de l'amitié et les premiers émois. Son voisin Gavrila lui ressemble et ils parlent la même langue. Ils ne savent pas encore que l'enfance, comme les licornes, ça ne revient jamais.


- Perce-neige
de A. D. Miller
Éditions Flammarion / Janvier 2011


Moscou, début des années 2000. Nick Platt, jeune ressortissant anglais, travaille dans un grand cabinet comme avocat d'affaires. Peu regardant sur la moralité de ses clients, il aime à se perdre dans le monde fascinant de la nuit où se mêlent entrepreneurs louches, oligarques richissimes et jeunes filles en quête d'ascension sociale. Un jour dans le métro il porte secours à deux ravissantes sœurs, Masha et Katya, victimes d'un pickpocket. Peu à peu, Nick commence à ressentir pour Masha un sentiment qu'il se plaît à voir comme de l'amour. Les jeunes filles lui demandent alors d'aider leur vieille tante à trouver un nouvel appartement. Perce-neige examine l'attrait irrésistible du péché et met en scène des personnages au cœur aussi froid que l'hiver russe, un pays où les secrets, et les cadavres, ne remontent à la surface que lorsque l'épaisse couche de neige entame son dégel.


- Plein soleil
de Valérie Clo
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2011


"7 heures du matin. Le compte à rebours a commencé. Dans quatre heures mon père sera mort. J'ai treize mois". Il aura fallu de nombreuses années et de multiples détours pour que l'auteur aborde enfin cette histoire qu'elle n'a jamais voulu regarder en face: la mort brutale de son père. Plein soleil, livre intime, marque la fin d'une longue amnésie. Avec sensibilité, Valérie Clo met en scène tous les personnages du drame: son père, sa mère, elle-même, la famille. Elle se souvient de ses grands-parents dont la langue maternelle était l'arabe, évoque la Tunisie, renoue le fil fragile de ses origines, égrène des souvenirs qui ne lui appartiennent pas. Pour elle, si vite, rien n'a plus été comme avant. Si vite, un voile sombre, opaque, épais a tout recouvert. Heureusement le goût des mots peut sauver. Arrachées à la nuit de la toute petite enfance, ces pages émouvantes sont le récit d'une libération. Un retour apaisé à la pleine lumière.


- Portrait d'un fumeur de crack en jeune homme
de Bill Clegg
Éditions Jacqueline Chambon / Janvier 2011


Dans Portrait d'un fumeur de crack en jeune homme, Bill Clegg fait le récit de sa descente aux enfers. Au début des années 2000, alors qu'il fumait du crack et consommait toutes sortes de drogues de façon occasionnelle depuis plusieurs années déjà, il devient soudain complètement dépendant. Il abandonne peu à peu son petit ami, l'agence littéraire qu'il avait fondée et tout ce qui faisait sa vie. L'honnêteté du récit est d'une radicalité rare. La mise à nu est totale. Le récit autobiographique, lui, est proprement fulgurant. Alternant avec les chapitres à la première personne qui relatent les affres de ces quelques mois, Clegg revient, avec une concision qui est, autant que le résultat d'une écriture d'un jet (le texte a été écrit en quelques jours), le refus de toute concession à la mise en scène, aux joliesses ou au pathos, sur différents épisodes de sa vie, du malaise de l'enfance à la figure complexe du père, de la découverte de l'homosexualité à l'entrée dans le milieu de l'édition, à la troisième personne cette fois. Jusqu'à ce que cette troisième personne rejoigne la première personne du récit contemporain, s'échange avec elle, rejouant la confusion de l'auteur quant à l'identité commune de tous ces moments. Pratiquant le refus assumé de toute fiction du je, Bill Clegg se livre en quelque sorte "dans toute la vérité de la nature". Un nouveau lyrisme est à l'œuvre.


- Pour lui
de Annick Geille
Éditions Fayard / Janvier 2011


À force de succès, Daniel Filipacchi acquiert aux Champs-Elysées les pouvoirs d'un dieu. Mais le succès, sur terre, c'est quoi? Par exemple de créer un empire de presse et de le faire prospérer. Personnalité énigmatique, Daniel aime l'art, les femmes, le jazz: il collectionne. Sa religion? Le beau et la liberté qui l'accompagne. Une débutante qui rêve de devenir journaliste survient, venue de nulle part. Aux Champs-Elysées, Anne gravit une à une les marches et devient rédactrice en chef de trois magazines. Daniel est profondément ému car Anne l'intrigue. Il lui donnera tout, sauf l'essentiel, qu'elle cherchera pendant vingt ans à ses côtés, sans jamais oser le lui dire: son amour.


- Prête-moi ta vie pour t'écrire là-haut
de Françoise Dorin
Éditions Flammarion / Janvier 2011


"Si je n'avais pas été la fille de mon père, j'aurais sûrement écrit un roman sur sa vie. Sur son enfance plus que modeste de petit villageois charentais, se voyant déjà en haut de l'affiche comme violoniste virtuose. Sur son obligation de concilier musique et notariat. Sur son engagement dans l'armée pour pouvoir monter à Paris avec vue sur le Conservatoire. Sur son rêve brisé par la guerre de 1914 et son violon remplacé par un brancard. Sur ses années de galère, après l'armistice et avant, pour lui, une réussite inattendue à la fois comme chansonnier-revuiste et comme mari d'une ravissante normande. Oui, vraiment, la vie de mon père avait tout pour devenir un roman. Alors, finalement, je l'ai racontée sous son regard, dans une tendre et joyeuse complicité".


- Quand tu n'étais pas là
de Laura Bloom
Éditions Presses De La Cité / Janvier 2011


Summer Hill, une banlieue de Sydney, dans les années 1940. Pour les femmes restées au pays, la guerre est aussi une épreuve. Sans nouvelles de son mari, mobilisé dans le Pacifique, Catherine est persuadée qu'il est mort. Ne supportant plus la solitude, elle finit par trouver du réconfort auprès d'un soldat américain. Mais, en février 1946, son époux revient. Hanté par le souvenir des combats, il n'est plus le même homme. Catherine est quant à elle rongée par la culpabilité. Car l'adultère n'est pas le seul de ses secrets. Avec ce roman remarquable de justesse psychologique, Laura Bloom évoque de façon subtile les drames intimes engendrés par la guerre et offre le magnifique portrait d'une femme qui assume ses choix envers et contre tous.


- Qui écrira notre histoire ?
de Samuel D.. Kassow
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


Les archives secrètes du ghetto de Varsovie. En octobre 1939, Emanuel Ringelblum, historien de formation, entreprit de rassembler systématiquement les documents touchant le sort des Juifs de Pologne et constitua autour de lui un groupe de bénévoles qui se donna pour nom de code "Oneg Shabbath", en hébreu, "Joie du sabbat". Si Ringelblum et sa famille périrent en Mars 1944, comme la majorité des quelque soixante membres de ce réseau (historiens, sociologues, économistes, éducateurs, etc., en sorte qu'aucun domaine de la vie ne soit ignoré), le groupe réussit à travailler d'arrache-pied jusqu'au printemps 1943, pour écrire, d'abord inconsciemment, et de plus en plus en ayant conscience de la "catastrophe", la chronique de la disparition de la communauté yiddish, un des pans les plus riches du livre est celui consacré à l'exposé des témoignages suscités par le groupe pour dire et écrire la catastrophe au moment où elle se déroule. Avant la disparition des principaux membres, les archivistes réussirent à cacher des milliers de documents dans des bidons de lait ou des boîtes en fer blanc, avant de les enterrer.


- Retour parmi les hommes
de Philippe Besson
Éditions Julliard / Janvier 2011


En 1916, à la mort d'Arthur, son jeune amant tué au combat, Vincent de l'Étoile, héros d'En l'absence des hommes, s'est enfui. En Italie d'abord, puis en Égypte, au Soudan, en Abyssinie sur les traces de Rimbaud, en Syrie, au Liban; errance de vagabond inconsolable, miséreux et rêveur; puis c'est la traversée de l'Atlantique dans un bateau d'émigrants, l'Amérique, le New York des années vingt. Après quelques années de dérive à traîner son deuil, Vincent retourne en France en 1923; c'est un peu comme s'il acceptait enfin la mort d'Arthur. Quand il retrouve sa ville natale, il ne reconnaît rien et peine à trouver sa place dans ce Paris des années folles. Son mentor, l'écrivain Marcel Proust, est mort lui aussi. Mais le hasard va le mettre en présence de Raymond Radiguet, qui vient de publier Le Diable au corps. C'est un très jeune homme, talentueux, brillant, charismatique qui séduit profondément Vincent. L'attrait est réciproque bien que Radiguet soit hétérosexuel. Avec cette énergie et cette joie de vivre qui est la sienne, l'écrivain en vogue, protégé de Cocteau, entraîne son nouvel ami dans les milieux intellectuels parisiens et les folles nuits de Montparnasse. Mais il existe une face sombre de Radiguet, une fêlure chez ce garçon de vingt ans qui, malgré sa gloire éclatante et brutale, semble pressentir le sort tragique qui le guette et cette fièvre typhoïde qui va le tuer en décembre 1923.


- Rouge dans la brume
de Gérard Mordillat
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2011


Carvin, la trentaine, est ouvrier mécanicien dans une usine du Nord. Sa femme Chantal rêve de confort et de soleil. Ne supportant plus la dureté de leur vie ni les luttes quotidiennes, elle le quitte et emmène avec elle Océane, leur fille de quatre ans. Anath, la trentaine elle aussi, est DRH dans l'usine où travaille Carvin. Elle est mariée à un professeur d'université qui lentement s'éloigne d'elle, perdu dans les livres, l'alcool et d'inavouables secrets. Rien ne semblait devoir rapprocher Carvin et Anath. Un monde les séparait. Mais quand l'usine est brutalement fermée par ses actionnaires américains, qui rayent de la carte presque 400 emplois, la tempête qui se lève unit leurs destins. Les ouvriers s'insurgent, occupent le site, incendient le stock, les ateliers, les camions de ceux qui voulaient déménager les machines. La révolte se propage à une deuxième usine, puis à une troisième, portée par l'espoir que le pays tout entier s'embrase. C'est au cœur du brasier qu'Anath et Carvin se découvrent. Contre toute attente, contre toute raison, c'est dans la lutte que naît leur amour. L'un et l'autre n'ont plus rien à perdre, mais une vie à gagner. Sont-ils fous, criminels, insensés? Ont-ils une chance de triompher? Qu'importe. Dans la folie du temps présent, ils auront su dire non. Ils auront fait entendre leur voix.


- Soul Patch
de Reed Farrel Coleman
Éditions Phébus / Janvier 2011


Fin des années 80 dans un quartier imaginaire de New York nommé "Soul Patch". Moe Prager, ancien flic reconverti dans le commerce de spiritueux, s'apprête à ouvrir, avec son frère Aaron, sa troisième cave à vin. Le soir de l'inauguration, Larry McDonald, un ancien collègue devenu chef des détectives à la police de New York, lui remet un mystérieux enregistrement. Celui-ci renferme la déposition d'une petite frappe qui balance le nom d'un ancien caïd de la drogue assassiné trente ans plus tôt. Débute alors pour Moe Prager, en proie à l'ennui et à un mariage qui se délite, une sombre affaire qui va réveiller le passé.


- Submarino
de Jonas T. Bengtsson
Éditions Denöel / Janvier 2011


Enfants des services sociaux, Nick et son frère se rencontrent à la sortie d'un foyer, le jour où leur mère décide de leur offrir un semblant de vie de famille. Très vite pourtant, elle tombe enceinte et reprend son errance de bar en bar, de passe en passe. Livrés à eux-mêmes, les deux frères s'occupent du bébé avec les moyens du bord. Quand le petit crie trop fort, ils mettent la télé à fond et sniffent de la peinture. mais un jour le bébé ne crie plus: il est mort. Des années plus tard, Nick traîne son corps bodybuildé et rongé par l'alcool dans les bas-fonds de Copenhague. Son frère, héroïnomane, élève seul son fils et prend la tête d'une petite armée de dealers. Tous deux se débattent pour survivre à ce terrible passé et tenter d'échapper, en vain, à la marginalité. Chronique violente et sans concession, Submarino dissèque les vies de ces êtres mal nés, héritiers malgré eux d'une misère sociale dont ils ne parviennent pas à s'extraire. Un livre coup de poing auquel le cliché d'un Danemark pays-le-plus-heureux-du-monde ne résiste pas et dont on peine à sortir indemne.


- Trois vies chinoises
de Sijie Dai
Éditions Flammarion / Janvier 2011


Un gamin de treize ans, atteint d'une maladie rare qui lui donne l'aspect d'un petit vieux, est acheté par le directeur de la cantine d'une prison. Une jeune fille, encore lycéenne, est convaincue de la culpabilité de son père, gardien d'un réservoir d'eau, dans la disparition de sa mère. Une ancienne forgeronne ranime son fourneau pour fabriquer une chaîne de fer qui attachera son fils à un arbre.Ces trois vies parallèles se déroulent simultanément, dans un même lieu: l'étrangement nommée île de la Noblesse. Un décor gigantesque, digne d'un film de science-fiction, où affluent les déchets et matériels électriques de tout un pays, la Chine moderne, l'atelier du monde. Ces trois histoires, aux images brutales et fulgurantes, s'imposent par leur force poétique et leur paradoxale liberté.


- Un café sur la lune
de Jean-Marie Gourio
Éditions Julliard / Janvier 2011


Dans un siècle, la Lune sera pleine. Venus de tous les coins de la planète, des centaines de milliers d'êtres humains s'y seront installés. Des gens raisonnables cédant aux charmes d'une vie nouvelle et aux promesses d'avantages sociaux non négligeables, des miséreux, des indésirables chassés sans ménagement d'une Terre devenue trop petite. Sans compter les aventuriers et les fous furieux prêts à fouiller à mains nues le sol de ce nouveau territoire pour en extraire des minerais rares, des pierres précieuses et autres trésors inattendus. Et le jour ou tous ces gens se seront acclimatés aux conditions de la vie sur la Lune et que les centres commerciaux se seront multipliés, quelqu'un aura, c'était inévitable, l'idée d'ouvrir un bistrot. Époustouflant, ce roman raconte l'ouverture du premier café sur la Lune. Pour l'inauguration, les patrons, Bob l'Irlandais et sa compagne TinTao, ont vu grand. Un décor somptueux, des lumières, des musiques, un comptoir grandiose, des flots d'alcools et de bière. Ils veulent que cette soirée soit inoubliable. Elle le sera bien au-delà de tout ce qu'ils avaient imaginé. Car ils sont venus, les assoiffés, les piliers de comptoir, tous ceux qui savent l'importance que peut avoir dans une vie l'existence d'un vrai bistrot. Ils ont investi les lieux, lourds de leurs biographies improbables, de leurs souvenirs, leurs désirs, leur peurs, leurs rêves, leurs folies. Attirant vers ce nouveau lieu de vie des visiteurs extravagants, des Touaregs, des enfants sauvages, des Gitans, Bob et TinTao ont inventé dans ce coin perdu de l'espace un jardin extraordinaire ou tout devient possible. Étrangement réunis, ces hommes, ces femmes, ces enfants, premiers habitants sur la Lune, vont être traversés par tous les sentiments et toutes les sensations que peut ressentir un être humain, de la douceur la plus lumineuse à la violence la plus cruelle. La nuit sera longue, la nuit sera folle, la nuit sera merveilleuse et terrible. En ouvrant ce premier café sur la Lune, Bob et sa femme vont déclencher un ouragan.


- Un fauteuil pneumatique rose au milieu d'une forêt de conifères
de Thibault Lang-Willar
Éditions Héloïse d'Ormesson / Janvier 2011


Inspirez, retenez votre souffle et suivez ces tueurs en série dans un voyage au bout de la violence, où le rire donne la réplique à l'horreur. Un violeur multirécidiviste à qui l'on donnerait le bon Dieu sans confession, un cannibale fin gourmet, un pédophile au cœur d'or: autant d'individus dégénérés et tragiquement drôles qui hantent nos sociétés. Dans un style tranchant, ces fables acides à l'imagination débridée décortiquent avec un humour sauvage les travers sordides de la vie moderne. De ce grand jeu de massacre, vous ne ressortirez pas indemne.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 12:56

- Un homme sans ambition
de Maurice Denuzière
Éditions Fayard / Janvier 2011


Benoît Escalet, trentenaire à l'aise, célibataire de vocation et juriste dans une compagnie d'assurances, a pour passion dominante la protection de son indépendance et de sa tranquillité. Il refuse tout avancement et fuit les relations, de voisinage ou mondaines. C'est l'asocial type. Il pratique l'athéisme politique. Pour lui, tout objet qui n'est pas nécessaire est inutile; et le superflu, produit à l'extrême par la société de consommation, le hérisse. Julien Merlot, son seul ami et confident, comme lui enfant du divorce, ambitionne, au contraire, réussite matérielle et politique. Considérant qu'il est dangereux d'être aimé et qu'aimer est une servitude, Benoît, qui a longtemps limité ses relations avec les femmes à l'hygiène sexuelle, vivra des expériences agitées avec une domoticienne délurée et une intellectuelle écologiste. Jusqu'au jour où Cupidon finira par le blesser d'une flèche convaincante, sans entamer son art d'esquiver les contraintes. À mille lieues du cynisme lapidaire ambiant et de l'agressivité contemporaine, Maurice Denuzière pose ici, avec humour, son regard caustique, mais toujours empreint d'une grande tendresse, sur les travers de la nature humaine.


- Un jour
de Morris Gleitzman
Éditions Les Grandes Personnes / Janvier 2011


Un jour, je me suis évadé d'un orphelinat pour retrouver papa et maman. Un jour, j'ai sauvé une petite fille qui s'appelait Zelda d'une maison en feu. Un jour, je vivais dans une cave avec sept autres enfants, alors que je n'aurais pas dû. Un jour, j'ai fait rire un nazi avec une rage de dents. Un jour, j'ai fait mon premier voyage en train, mais je ne dirais pas que c'était formidable. Mon nom est Félix. Ceci est mon histoire. Un roman historique poignant et drôle à la fois, où il est question de l'holocauste et de la fin de l'innocence, mais aussi d'amour et de solidarité. Ou comment, dans la Pologne occupée de 1942, un garçon de dix ans tâche de saisir l'inimaginable.


- Un samedi entre amis
de Andrea Camilleri
Éditions Fayard / Janvier 2011


Une grande ville italienne, de nos jours. La routine festive qui, le week-end, réunit trois couples bon chic bon genre est perturbée par la réapparition d'un ancien camarade de jeunesse, Gianni, désormais lancé en politique. Coïncidence ou manipulation, ce retour ranime chez tous les invités des épisodes d'adolescence, quand Matteo l'industriel, Fabio le magistrat, Andrea le médecin, Giulia l'avocate, Anna la riche épouse et Rena la femme fatale découvraient ensemble les méandres de la vie amoureuse. Ce samedi-là, l'un d'eux est en danger. L'âge n'a rien assagi ni pacifié. Car les émois des sens et leur violence sont profondément enracinés.


- Une autre époque
de Alain-Claude Sulzer
Éditions Jacqueline Chambon / Janvier 2011


Alors qu'il n'y a jamais vraiment prêté attention, le héros se met à s'intéresser à la photo de son père posée sur une étagère de sa chambre, et à la montre portée par celui-ci. Il a seize ans, sa mère lui a très peu parlé de ce père mort à sa naissance, et voilà qu'à présent il ressent un besoin impérieux de retrouver cette montre et de savoir qui était l'homme qui la portait. Découvrant derrière la photographie le nom et l'adresse parisienne du photographe, qu'il sait être son parrain mais qu'il n'a jamais vu, il décide sur un coup de tête de partir à Paris sans prévenir sa mère ni son beau-père. Ce qu'il va découvrir, une capitale, un milieu artistique, la liberté des mœurs, l'homosexualité dont il ignorait tout, va prendre pour lui la forme d'un voyage initiatique qui le libérera d'une enfance trop protégée. En parallèle, Alain Claude Sulzer décrit le chemin de croix du père, la clinique psychiatrique pour redevenir normal aux yeux de ses parents, le mariage pour asseoir cette normalité, enfin la passion interdite, le chantage et le suicide. Alain Claude Sulzer retrouve ici la sensualité et la tension dramatique d'Un garçon parfait. Comment, en deux décennies, l'homosexualité est passée d'un secret honteux à un choix de vie. Comment un jeune homme plein d'avenir pouvait préférer la mort à la honte. C'est sans véhémence militante, mais plutôt avec une sorte de douceur implacable, que Alain Claude Sulzer dénonce la cruauté de cette "autre époque".


- Vivre encore un peu
de Christophe Donner
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


" - Mais votre âme, Elias, comment va votre âme? Quel est votre état d'esprit en ce moment?
J'attends longtemps la réponse, je pense qu'elle ne viendra pas, et puis il se tourne vers moi, pas complètement, de manière à garder les yeux dans le vague, il sourit.
- Je vous aime beaucoup, Monsieur Christophe.
- Elias. Monsieur Elias. Vous êtes un sacré coquin.
Moi aussi, je l'aimais beaucoup, mais je me rends compte que ça n'est plus ça. Il aurait plutôt tendance à m'exaspérer, à présent. Bien sûr, c'est son âge que je déteste, ce record absurde qui fait l'admiration de tous et qui le conduit peu à peu à cette ruine désolante que la mort ne veut pas soulager. Je voudrais à ce moment-là l'accompagner gentiment vers la mort, il me tiendrait le bras comme quand on sortait de l'église, il mourrait en s'enfonçant dans la question de Dieu. Mais il ne veut pas".
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 12:39

- Cœurs blessés
de Victoria Lancelotta
Éditions 10-18 / Décembre 2010


Il aura suffi à Regina d'une infidélité de plus pour entrevoir sa dévotion. Rongée par les démons de son enfance, cette femme à l'air sensible et chaleureux ne parvient plus à jouer le rôle de la parfaite épouse auprès de cet homme qui l'aime et lui donne tout. Mais pour Daniel, las de ce qu'il ressent comme de l'indifférence, il est déjà trop tard. Abandonnée en terrain trop connu, à cette solitude qui fut naguère la sienne, Regina va plonger aux racines de son mal et apprendre à se dépouiller de ses illusions et de ses mensonges. Avant de découvrir qu'elle aime son mari. Portée par la grâce de l'écriture, Victoria Lancelotta brosse dans un souffle le portrait sans fard d'une femme blessée et les infinies contradictions du cœurs.


- L'épaisseur des âmes
de Colm Tóibín
Éditions 10-18 / Décembre 2010


Promesse trahie, aveux refoulés, abandon ou possession. D'une écriture envoûtante, Colm Tóibín signe avec L'épaisseur des âmes neuf histoires d'une subtilité rare, autour de la relation si singulière unissant les mères et leurs fils. Alcoolisme, remords, homosexualité les ont enfermés dans des silences qu'ils ne savent plus rompre. À travers ces face-à-face, ces dialogues muets d'une force dévastatrice et salvatrice, Colm Tóibín pose l'universelle question des dévoilements et des secrets dont sont constitués ces liens mystérieux du sang.


- Le monde de Barney
de Mordecai Richler
Éditions Albin Michel / Décembre 2010


Confession impudique d'un vieil iconoclaste, juif jusqu'au bout des ongles, Le Monde de Barney raconte les amitiés, les saouleries et les obsessions sexuelles d'un certain Barney Panofsky. Déconcertante "autobiographie" d'un homme qui eut trois épouses, trois enfants, connut la bohème des Canadiens expatriés à Paris durant les années cinquante et finit solitaire, vieux et poivrot, se débattant entre son amour du hockey, des femmes et du Montréal d'avant la décadence démocratique. Une plume acerbe, un humour ravageur, une insolence salutaire font de ce roman d'une virtuosité sidérante le chef-d'œuvre d'un des plus grands auteurs canadiens contemporains. Avec exubérance et générosité, Mordecai Richler compose un véritable hymne à la vie chanté à la face d'une civilisation qui finalement n'a qu'une peur: celle de la mort.


- Un Noël en famille
de Jennifer Johnston
Éditions 10-18 / Décembre 2010


Suite à un accident de voiture, Henry, la cinquantaine, se réveille à l'hôpital, amnésique. Vont peu à peu se succéder à son chevet celles et ceux qui ont traversé sa vie, est-il encore marié à Stéphanie, cette femme énergique, à l'allure autoritaire? Quelles étaient vraiment ses relations avec Ciara, sa fille de seize ans? Son fils Donough lui cacherait-il quelque chose? Et qui est Sébastien, ce bel homme qui le veille jour et nuit? Au fur et à mesure que son corps se répare, ses souvenirs reviennent et, avec eux, des sentiments d'urgence et de culpabilité. Il faudra un peu de temps, un drame et la magie d'un soir de Noël pour que les liens se renouent.


- Attention Dieu méchant
de Shalom Auslander
Éditions 10-18 / Novembre 2010


Rabbins violents, épouses perverses, chiens culpabilisateurs ou encore chimpanzés suicidaires: autant de personnages loufoques peuplent les histoires de ce recueil délicieusement blasphématoire. Avec un humour dévastateur, Shalom Auslander soulève des questions fondamentales sur la condition humaine et son besoin d'interdits.


- Carnets de la passagère
de Alain Louyot
Éditions Grasset / Novembre 2010


Incroyable destinée que celle de Sylviane, née à Paris en 1907. Petite fille d'émigrés chercheurs d'or ayant fait fortune aux États-Unis, elle est enlevée à son père en plein Paris par Alexandrine, sa mère américaine, richissime et égocentrique, pressée de se débarrasser de son mari pour mener, sans entrave, sa vie mondaine de grande séductrice. À Chicago, l'enfant est confiée à une nurse, puis enfermée, à sept ans à peine, sous un faux nom, dans d'austères pensionnats en Europe. Lorsque Sylviane a dix-huit ans, sa mère réapparaît soudain pour l'exhiber dans le "happy few" de la côte californienne afin de la marier. Sylviane fait la Une des journaux, rencontre les gloires de l'époque, Lindbergh, Chrysler, Nungesser, Maeterlinck. Mais la jeune fille, élevée dans des couvents, rejette vite ce monde de paillettes et choisit de se marier avec un modeste étudiant lorrain, fils d'épicier. Ivre de rage, sa mère la déshérite. Hier, reine de San Francisco, Sylviane atterrit ainsi à Briey, au cœur du bassin houiller. Le maréchal Lyautey accepte d'être témoin de ce mariage. Sylviane aura sept enfants mais cette vie provinciale et monotone finit par lui peser. La Seconde Guerre Mondiale l'arrache à son ennui. Elle s'engage dans la résistance sous le nom de code de "la Belette", accepte les missions les plus périlleuses et se retrouve aux mains de la Gestapo. À la Libération, elle devient l'interprète du général Patton. Mais l'aventure de Sylviane ne s'arrête pas là.


- Des filles de la Côte Est
de Courtney Elridge
Éditions 10-18 / Novembre 2010


Elles ont toutes un petit grain, ces filles de la côte Est. À commencer par Courtney Eldridge elle-même, qui nous conte par le menu, dans la première nouvelle, tous les projets de récits déjantés qui ont fini au panier, étouffés dans l’œuf par ses angoisses d'écrivain. On la devine ailleurs: dans cette vendeuse en papeterie prise en otage par une cliente névrosée. Et les proches, réels ou imaginaires, de l'auteur ne sont pas en reste: il y a sa meilleure amie et sa phobie des requins de piscine, il y a cette mère alcoolique qui peine à communiquer avec sa fille lesbienne. Courtney Eldridge est une sacrée conteuse, de celles qui savent, définitivement, capter l'air du temps.


- Doggy bag (L'intégrale)
de Philippe Djian
Éditions Julliard / Novembre 2010


Tout commence lorsqu'une belle inconnue entre, sans se faire annoncer, dans le bureau des frères Sollens. À peine ont-ils le temps de la reconnaître, stupéfiés, qu'une onde de choc traverse la ville et fait trembler ses fondations. Quarante-cinq secondes plus tard, le tremblement de terre cesse, mais l'existence de David et Marc Sollens vient de basculer pour toujours. Après vingt ans d'absence, Édith, leur amour de jeunesse, a fait sa réapparition, bien décidée à trouver lequel des deux frères est le père de sa fille.


- En toute discrétion
de Jessica Brody
Éditions Fleuve Noir / Novembre 2010


Depuis qu'elle a monté sa propre agence de "testeurs de fidélité" à Los Angeles, Jennifer Hunter a un planning très chargé. Autrefois simple enquêtrice, nom de code: Ashlyn, c'est elle qui dirige les opérations à présent. Épaulée par une équipe de créatures de rêve, elle traque le mensonge conjugal. Jen reçoit la clientèle, dresse le profil des "cibles" et désigne celui ou celle qui jouera les détectives pour confondre le suspect. Chaque mission fait l'objet d'un rapport détaillé et se conclut, soit par un soulagement: "Vous pouvez dormir tranquille", soit par une déception: "Il n'est pas digne de confiance, désolée". Heureuse en affaires, Jennifer l'est aussi en amour. Jamie et elle envisagent même l'engagement suprême. Jamie connaît tout des activités particulières de sa fiancée, mais il ne s'inquiète pas puisqu'elle a renoncé au terrain. Seulement, le jour où l'une de ses enquêtrices l'appelle à l'aide, Jennifer comprend vite qu'elle va devoir choisir entre la parole donnée à Jamie et sa conscience professionnelle.


- Et que le vaste monde poursuive sa course folle
de Colum McCann
Éditions 10-18 / Novembre 2010


7 août 1974, un funambule s'élance entre les Twin Towers, se jouant du vide. De cette apparition fugace, Colum McCann déroule le panorama d'un New York en pleine ébullition: grandes dames de Park Avenue, prostituées épuisées, curés égarés, junkies en cavale, mères pleurant la "sale guerre". Une ronde de personnages dont les voix s'entremêlent comme autant de fils tendus sur la course du monde.


- Jeunes, riches et fabuleuses
de Kate Kingsley
Éditions Calmann Lévy / Novembre 2010


À tout juste seize ans, Alice Rochester et Natalya Abbot sont branchées, sexy et archi-gâtées. Quand elles ne sont pas en cours, dans un lycée huppé où elles côtoient les héritiers de la bonne société européenne, elles s'éclatent dans les soirées privées de Londres ou s'envolent pour les fiestas de Paris ou Ibiza. Depuis leur arrivée à Sainte-Cécilia, Alice et Natalya sont les reines du bahut. Mais leur règne touche peut-être à leur fin: les amitiés avec certains garçons se compliquent, créent des tensions entre les filles. Et pour ne rien arranger, une nouvelle élève, venue d'Amérique, vient semer la zizanie.


- Journal intime
de Sophie Tolstoï
Éditions Albin Michel / Novembre 2010


Source inestimable de renseignements pour le spécialiste, cri bouleversant pour le simple lecteur, le Journal intime de Sophie Tolstoï, qui a consacré sa vie à Léon Tolstoï et lui a donné treize enfants, nous force à constater que le génial créateur d'Anna Karénine n'a jamais rien compris à la femme qui a vécu dans son ombre quarante-huit années durant. Sophie Tolstoï entame la rédaction de son journal dès son mariage et la poursuivra jusqu'à la mort de Tolstoï. Elle y tient la chronique d'une vie conjugale éprouvante où les maternités à répétition, l'éducation des enfants et la gestion du domaine d'Iasnaïa Poliana et de la maison de Moscou viennent s'ajouter à son activité de secrétaire, dactylographe, copiste et correctrice de Léon. Jusqu'à cette nuit de l'automne 1910 où Tolstoï s'enfuit pour mourir, quelques jours plus tard, dans une gare de campagne. Sophie ne pourra même pas lui dire adieu: leurs enfants lui interdisent l'entrée de la pièce où il agonise. Elle s'éteindra en 1919, en pleine guerre civile, dans son domaine nationalisé.


- L'affabuleuse histoire vraie de Jules Cardot
de Samir Bouadi et Agathe Colombier-Hochberg
Éditions Fleuve Noir / Novembre 2010


Qui est vraiment Jules Cardot? Un illuminé? Un génie? Un mythomane? Si la croyance populaire en fait un homme exceptionnel qui, dès son plus jeune âge, sait parler aux animaux, l'histoire officielle le décrit comme un héros de guerre, un résistant convaincu, un scientifique visionnaire, un écologiste avant l'heure, un Don Juan sans scrupules, un espion intrépide. En un mot, une énigme. De son petit village de Lorraine jusqu'aux limites du cercle polaire, en passant par l'Espagne franquiste ou l'Amérique de la guerre froide, l'extraordinaire Jules Cardot est surtout l'être follement attachant dont vous allez découvrir l'histoire à travers le regard de ceux qui ont croisé sa route et en seront à jamais bouleversés.


- L'arbre des pleurs
de Naseem Rakha
Éditions L'Archipel / Novembre 2010


Irène et Nate Stanley vivent paisiblement dans leur ferme de l'Illinois avec leurs deux enfants, Bliss et Shep, jusqu'au jour où Nate se voit offrir un poste de shérif adjoint à l'autre bout du pays. Malgré les réticences d'Irène, qui ne veut pas s'éloigner de sa famille, le couple part s'installer dans l'Oregon. Peu de temps après, Shep, leur fils de quinze ans, est assassiné chez eux au cours d'une apparente tentative de cambriolage. Le jeune meurtrier, Daniel Robbins, qui possède déjà un lourd passé de délinquant, est condamné à mort. L'équilibre de la famille se rompt suite à cette tragédie, que chacun essaie de surmonter à sa manière. Nate se terre dans le silence; Irène, rongée par la haine, sombre dans l'alcool et la dépression; Bliss, leur fille, se retrouve livrée à elle-même. Irène se raccroche d'abord à l'idée que l'exécution du meurtrier de son fils la délivrera de sa douleur. Mais, plus le temps passe, plus Irène prend conscience que la mort de Robbins ne pourra diminuer sa peine. Elle décide alors, à l'insu de son mari, d'écrire à celui qui a tué son fils pour lui offrir son pardon. C'est le début d'une correspondance qui durera huit ans. Des années plus tard, l'annonce de l'exécution de Daniel Robbins consterne Irène. Nate, révulsé par la réaction de sa femme, décide alors de lui livrer le secret de la mort de Shep.


- L'énigme du paravent des enfers
de I. J. Parker
Éditions Belfond / Novembre 2010


Après un exil tumultueux comme gouverneur de la lointaine province d'Echigo, Sugawara Akitada est autorisé à rentrer à la capitale, au chevet de sa mère. En chemin, un orage le force à se réfugier dans un temple bouddhique, ou s'est abritée une troupe de théâtre. Cette nuit-là, la vision d'un paravent dépeignant les horreurs de l'enfer et un cri déchirant viennent troubler son sommeil. De retour chez lui, alors qu'il doit affronter le mépris de sa mère et innocenter son beau-frère accusé de vol, Akitada apprend avec stupeur que la jeune et belle épouse d'un marchand d'art a été assassinée au temple, cette fameuse nuit. Antiquaires vieillissants, prostituées défigurées, peintres macabres, Akitada se retrouve bientôt pris au piège d'un nœud de trahisons et de crimes qui pourraient impliquer sa propre famille.


- L'étrangère
de Sándor Márai
Éditions Albin Michel / Novembre 2010


Par un jour d'été torride, un homme arrive dans un hôtel d'une petite station balnéaire de la côte dalmate. Il cherche à guérir d'une dépression, et fuit à la fois sa maîtresse qu'il vient de quitter, sa femme, sa fille, ses amis, son travail. Il fuit le questionnement qui le hante: que cherche-t-on, qui se dérobe constamment, derrière le désir, la passion, quel manque insondable aspire-t-on à combler à travers chaque acte de sa vie?Au terme de quatre jours fiévreux durant lesquels il revit les étapes de son adultère, occasion pour Sándor Márai de stigmatiser avec une ironie mordante les conventions sociales et d'analyser crûment les balancements d'un cœur masculin, il prend une décision soudaine et folle qui va faire basculer sa vie.


- L'étreinte du scorpion
de Merete Pryds Helle
Éditions Gaïa / Novembre 2010


Édith participe à des fouilles archéologiques en Jordanie, sur un site vieux de dix mille ans. Sous le soleil du désert, l'équipe exhume pierres et silex. Au moment où apparaît sous le sable un cercueil rempli d'os et de crânes, Édith est piquée par un scorpion. La fièvre la retient dans une chambre d'hôtel. Pour repousser l'angoisse, Édith travaille sur sa thèse dans un état second. Une thèse sur le village de Shkârat Msaied, et le clan qui y habitait. Pour la première fois, l'homme, au lieu de s'adapter à la nature, entreprit de la dompter. Pour incarner cette révolution, Édith s'imagine une homonyme de l'âge de pierre. Et nourrit ses rêves de son amour ardent pour Taïko, qui tarde à la rejoindre.


- L'homme que vous aimerez haïr
de Joséphine Dedet
Éditions Belfond /Novembre 2010


Hollywood, 1928. Le tournage du Bourbier réunit Von, Gloria et Jo. Alors que Von, le réalisateur, s'englue dans son scénario et prend un plaisir pervers à épier Gloria, un étrange corbeau amène le cinéaste à dévoiler les mensonges que depuis vingt ans il a tissés sur ses origines modestes et sa judéité. Le beau portrait de Von en aristocrate du défunt empire austro-hongrois pourrait bien se fissurer. Mais l'homme maîtrise son verbe avec autant de virtuosité que son image, et il n'est pas certain qu'en fin de compte se dévoile qui l'on croyait. Librement inspiré de la rencontre entre Erich Von Stroheim, Gloria Swanson et Joseph Kennedy, L'homme que vous aimerez haïr est une fantaisie cinglante portée par une écriture tirée au cordeau. Entre fiction et réalité, mystification et voyeurisme, l'invention d'un cinéaste de génie.


- L'imprévue
de Alain Elkann
Éditions Flammarion / Novembre 2010


Loin de l'agitation du monde, un vieil homme, Mario, vit retiré dans la villa que sa femme Ada a laissée en héritage à sa famille. Sa maîtresse et le fidèle majordome égyptien Kemal sont la seule compagnie de sa vie solitaire et routinière, peuplée par les fantômes du passé, comme Elena, la sœur d'Ada, disparue pendant la Seconde Guerre Mondiale. Arrive Vanni, ancien compagnon d'armes, qui vient chercher auprès de Mario un dernier refuge, une complicité dans l'attente de sa fin proche. Mais peut-être cette apparition n'est-elle pas le fruit du hasard? Dans un enchaînement de malentendus, d'accusations et de questions sans réponse, Alain Elkann développe une trame romanesque faite de personnages aux passions extrêmes, éternellement confrontés à leur destin.


- L'orpheline des neiges
de Marie-Bernadette Dupuy
Éditions Calmann Lévy / Novembre 2010


Janvier 1916. Dans le village de Val-Jalbert sur les bords du lac Saint-Jean au cœur de la forêt québécoise, la stupéfaction est à son comble, Une religieuse a découvert un bébé abandonné dans un ballot de fourrures sur le perron enneigé du couvent-école. D'où vient ce poupon aux yeux si bleus, qui porte le nom de Marie-Hermine, comme en témoigne une courte lettre cachée dans ses vêtements? L'enfant sera élevée et instruite par les sœurs du Bon-Conseil et souvent confiée à une jeune mère des environs, Elisabeth Marois, désespérée de ne pas avoir de fille. Dotée d'une voix exceptionnelle, au fil des années, l'orpheline gagnera le surnom de "rossignol des neiges".


- La calèche
de Jean Diwo
Éditions Flammarion / Novembre 2010


"Figure-toi que j'ai lu dans un journal français que le nombre croissant des voitures cause des encombrements permanents à Paris, que les cabriolets, les calèches, les cavaliers et les chevaux de volée se bousculent sur les Champs-Élysées comme au Bois de Boulogne, et qu'il n'y a pas assez de selliers pour satisfaire les besoins de tant d'équipages. Eh bien, moi, je leur en ferai, des selles. Magnifiques, en cuir fauve, lissées comme un miroir, cousues à la façon du maître Hermès, foi de Thierry". Le nouveau roman de Jean Diwo, qui raconte avec souffle et passion la saga de la famille Hermès, est bien plus que l'histoire du jeune Thierry, talentueux sellier monté à Paris au début du XIXe siècle pour fonder la célèbre marque, symbole du luxe à la française. C'est le grand roman d'une dynastie du savoir-faire qui traverse les tourments et les progrès d'une époque où tout s'accélère, tout en gardant à l'esprit son rêve d'excellence. Des campagnes de Napoléon jusqu'à l'aube du XXe siècle, en passant par les Trois Glorieuses et la Commune, c'est le cœurs d'une famille de chair et de cuir qui bat dans cette grande fresque romanesque.


- La confrérie des mutilés
de Brian Evenson
Éditions 10-18 / Novembre 2010


Après avoir perdu une main lors d'un règlement de comptes, Kline, un détective privé, se voit confier une enquête au sein d'une société secrète composée de mutilés volontaires, ou un meurtre a été commis. Mais pour cela, Kline doit gagner la confiance des membres de cette étrange secte. Or, cette confiance se paie cher: pour accéder à certains niveaux de la hiérarchie, il convient d'être à chaque fois davantage amputé. Jusqu'où Kline sera-t-il prêt à aller pour découvrir l'insoutenable vérité? Les voies de la confrérie sont-elles impénétrables?


- La Fée Morgane
de Jean Markale
Éditions Flammarion / Novembre 2010


Cette reconstitution chronologique du mythe du Graal, dans le langage d'aujourd'hui, est une nouvelle version complète et lumineuse de l'ensemble des romans de la Table Ronde. Jean Markale, grand spécialiste des légendes médiévales, propose ainsi l'essence des textes originaux, souvent perçus de façon fragmentaire et confuse. Il révèle aussi avec éclat la dimension originelle et immuable d'un mythe qui demeure, pour les hommes en quête de sagesse et d'un monde meilleur, un message d'espérance et de sérénité. La Naissance du Roi Arthur. Les origines de la légende: la mystérieuse figure de Merlin, tour à tour inspiré par Dieu et par le diable, "deus ex machina" de tous les événements qui vont se dérouler sur les terres anciennes d'Angleterre et de Bretagne, mais aussi sur l'énigmatique et brumeuse île d'Avalon. Les Chevaliers de la Table Ronde. L'ascension et la prise du pouvoir du roi Arthur, protégé par Merlin l'enchanteur: seul, le roi réussit à soulever l'épée Excalibur, gage et symbole de la souveraineté. Il rassemble autour de lui les "chevaliers-servants" pour assurer l'équilibre d'un monde nouveau. Ainsi naît la Table Ronde. Lancelot du Lac. Fils de roi, Lancelot du Lac est soustrait à sa mère dans son enfance et élevé par la Dame du Lac dans un palais de cristal, au fond des eaux. Une fois adulte, il devient le héros d'une série d'épreuves héroïques, déjouant les pièges et les embûches de monstres et de démons. Il apparaît bientôt comme le champion des forces bienfaisantes, triomphant du Mal, et parvient à la cour du roi Arthur où il surpasse tous les chevaliers. La reine Guenièvre lui révèle l'Amour. La Fée Morgane. Lancelot du Lac a gagné l'amour de la reine Guenièvre. Mais cet adultère l'empêche de devenir le roi du Graal. C'est à son fils Galaad qu'il reviendra d'accomplir son destin. Pendant ce temps, tapie dans la forêt de Brocéliande, la fée Morgane, sensuelle et ambiguë, énigmatique et provocatrice, trouble les cœurs, pervertit les âmes ou les sauve. Elle est la déesse, l'ordonnatrice suprême, la femme éternelle: amante, mère et fille. C'est l'une des images mythologiques féminines les plus rayonnantes que l'imaginaire a créées.


- La maison de mes pères
de Jørn Riel
Éditions Gaïa / Novembre 2010


L'enfance, l'adolescence et les premiers émois d'Agojaraq, entouré de sa nourrice et de ses cinq pères possibles, dans le Grand Nord Canadien. Il y a Louis, le cuisinier français; le père Brian, escroc devant l'éternel; Ivitaq le vieux chaman un peu dépassé par l'évolution des mentalités. Toute la tendresse du monde, tout l'humour de Jørn Riel.


- La marque de Windfield
de Ken Follett
Éditions Robert Laffont / Novembre 2010


1866. Un jeune élève du collège de Windfield, non loin de Londres, se noie lors d'une escapade qui tourne au drame. Plusieurs garçons sont témoins. Parmi eux, Micky Miranda, fils d'un grand propriétaire terrien d'Amérique du Sud, Edward Pilaster, l’héritier de la fortune des Pilaster, une richissime dynastie de banquiers, et Hugh Pilaster, un cousin pauvre d'Edward, rejeté par la famille depuis que son père, victime d'un krach bancaire, s'est pendu. Ce tragique accident, mais s'agit-il d'un accident? Et les secrets qui l'entourent vont marquer à jamais ces trois garçons. Leurs destins ne cesseront dès lors de s'entrecroiser au fil des rivalités amoureuses et des luttes impitoyables pour s'assurer le contrôle de la banque. Des bureaux lambrissés d'acajou des grands temples de la finance aux bas-fonds londoniens ou les gentlemen s'encanaillent dans le jeu et la débauche, tous seront tour à tour les instigateurs et les victimes d'un drame dont les péripéties se dérouleront inexorablement au long des années.


- La mauvaise habitude d'être soi
de Martin Page et Quentin Faucompré
Éditions de l'Olivier / Novembre 2010


Un homme, fatigué d'être lui-même, décide de disparaître un temps pour expérimenter le plaisir de n'être plus personne; un autre, au hasard d'une analyse de sang, voit sa vie basculer car on a découvert qu'il n'était pas un véritable homo sapiens mais un spécimen en voie de disparition; un dernier déménage pour s'installer à l'intérieur de lui-même, en toute intimité.


- La route du sel
de Jane Johnson
Éditions Presses De La Cité / Novembre 2010


Depuis l'enfance, Isabelle ne s'est jamais vraiment sentie à sa place. Peut-être est-ce pour cela qu'elle a choisi de mener une vie bien réglée, sans danger ni surprise. Mais la mort de son père bouleverse ce fragile équilibre. Archéologue dont elle était sans nouvelles depuis trente ans, l'homme lui laisse un curieux héritage: une lettre l'invitant à reconstituer son passé, accompagnée d'une boîte dans laquelle se trouvent, dit-il, les "jalons de sa vie". Ces jalons sont en fait des objets qui ont tous un lien avec le Maroc. Isabelle décide de se rendre dans ce pays, afin d'en apprendre davantage sur elle-même. Là-bas, au cœurs du désert, la jeune femme démêlera les fils de son histoire, profondément liée à celle de Mariata, une Touareg au destin tragique.


- La servante de Monsieur VIncent
de Martine Marie Muller
Éditions Robert Laffont / Novembre 2010


Hiver terrible et cruel que celui de 1684 pour Mlle Aude de Granville. À Dieppe, sa ville natale, le port est pris dans un étau de glace, réduisant les pêcheurs à l'inactivité et leur famille à la misère. Hommes, femmes, enfants, le froid et la faim font chaque jour de nouvelles victimes. Et puis à la fin de l'hiver, alors que la neige consent enfin à rendre à sa Normandie une vie normale, l'impensable se produit: Noël de Miromesnil, le jeune homme auquel Aude était promise, se pend "comme un manant". "Cette mort est un signe. Le mariage n'est pas fait pour moi. Dieu a prévu autre chose. Mais c'est à moi de le découvrir". La congrégation des Sœurs de la Charité, fondée par saint Vincent de Paul et qui vient en aide aux plus pauvres, montre à la jeune femme le chemin à suivre. À Dieppe d'abord, puis au milieu du tumulte de la capitale, celle-ci fait le choix de se consacrer entièrement aux plus déshérités, dont le malheur la bouleverse. "Ma vie, personne ne me l'enlève, je m'en dessaisis de moi-même".


- Le bureau des objets trouvés
de Siegfried Lenz
Éditions Robert Laffont / Novembre 2010


Un jour, Henry rapporte sa sacoche à Fédor Lagutin. Mathématicien de haut niveau originaire de l'Oural, Fédor est invité à un colloque par l'université. Henry est charmé par l'allemand désuet de Fédor qui, de son côté, se laisse volontiers entraîner par l'affection débonnaire d'Henry. Cette amitié est la première intrusion de la réalité dans l'univers d'Henry. Fédor est issu d'une population de paisibles nomades, respectueux des autres et d'une scrupuleuse politesse. Quant aux mathématiques, elles ont érigé entre le quotidien et lui une barrière d'aimables relations intellectuelles. Comment pourrait-il comprendre ces motards qui le battent et l'insultent parce qu'il est russe? Comment serait-il armé face aux propos racistes de ses voisins? Fédor fuit l'Allemagne, laissant Henry en colère. Au travail, des fissures se forment dans la bulle imaginaire d'Henry: Paula, sa collègue, souffre d'aimer un mari qui la délaisse; Albert, vieux garçon dévoué à son père, est menacé de chômage. Et Barbara, cette sœur qu'il a toujours considérée comme un pilier, est déchirée par la fuite de Fédor. Peu à peu Henry pressent que chaque être abrite une oasis. À l'image de ces propriétaires chérissant des objets anodins pour eux irremplaçables, Paula, Barbara, Fédor, Albert s'acharnent à maintenir l'espérance, la fidélité et l'amitié. Gardien des objets, Henry acceptera-t-il de comprendre qu'il peut, qu'il doit-être l'un de ces gardiens anonymes de la meilleure part de l'homme?


- Le dernier bateau
de Siegfried Lenz
Éditions Robert Laffont / Novembre 2010


Arne, douze ans, a perdu ses parents et ses sœurs. Il est recueilli par un ami de son père, responsable d'un chantier de démolition navale dans le port de Hambourg ou l'on découpe les bateaux mis au rebut, et ou le moindre élément encore utilisable semble avoir sa propre histoire, qui parle d'océan et de pays étrangers. Il devient rapidement l'ami de Hans, le fils aîné de la famille. À l'école, ses dons exceptionnels lui permettent d'éclipser largement ses camarades, mais il reste un être en marge. Son plus cher désir est de se faire accepter par une bande d'adolescents du port. Plus il essaie de gagner leurs bonnes grâces cependant, plus ils l'excluent. Désespéré, Arne s'éloigne sur l'Elbe dans une barque. Hans retrouvera l'embarcation vide, accrochée à une bouée au milieu du fleuve. C'est une triste mission qui l'attend alors. Fragment par fragment, il met en caisse les affaires d'Arne: sa grammaire finnoise, la planche aux nœuds marins, tout ce que le jeune garçon a récupéré sur des bateaux démolis. Et à chaque objet, ce sont d'autres souvenirs de son ami disparu qui remontent à sa mémoire et qu'il raconte.


- Le pays de la liberté
de Ken Follett
Éditions Robert Laffont / Novembre 2010


Depuis sa plus tendre enfance, Mack McAsh passe ses heures de veille au fond du puits de la mine de charbon des Jamisson, en Écosse. Alors que le jeune homme brûle du désir de s'évader de cet enfer sur terre, il trouve un appui inespéré en la personne de Lizzie Hallim, une jeune aristocrate aussi belle qu'impulsive, qui ne sait comment échapper au poids des traditions et du mariage de convention auquel elle a dû consentir. Dans la société anglaise étriquée du XVIIe siècle, l'un et l'autre n'ont de choix qu'entre la soumission ou la révolte. Animé par une soif de justice inaltérable, Mack entre en conflit avec son propriétaire, puis avec le gouvernement britannique et se voit condamner à la déportation en Amérique. Le destin remet alors Mack et Lizzie l'un en face de l'autre, sur une terre de liberté à la mesure de leur passion.


- Le voyage
de Ida Fink
Éditions Héloïse d'Ormesson / Novembre 2010


Automne 1942, la Pologne est sous le joug nazi. Katarzyna et Elzbieta, jeunes Juives polonaises, réussissent à fuir le ghetto pour échapper à la déportation. Un long périple les mène chez l'ennemi même, en Allemagne, où elles s'inscrivent pour le travail volontaire. Comme le dit leur père, "plus les projets sont fous, plus ils réussissent". Mais le subterfuge, utilisé par de nombreux Juifs, est déjà connu de la Gestapo. Contraintes d'errer d'usines en fermes, de changer de noms et de rôles, les deux sœurs vivent dans la peur d'être démasquées et l'espoir de retrouver leur père et leur pays.


- Les larmes de diamant
de Deborah Crombie
Éditions Albin Michel / Novembre 2010


En 1939, les Rosenthal ont quitté l'Allemagne nazie pour se réfugier en Angleterre. C'est tout ce que sait l'inspectrice Gemma James du passé de son amie Erika. Mais aujourd'hui, la vieille dame a besoin de son aide. Une broche en diamants réalisée par son père, célèbre joaillier art déco, volée durant leur fuite, figure au catalogue d'une prestigieuse vente aux enchères londonienne. Qui la détenait durant toutes ces années? David, le mari d'Erika, a-t-il été assassiné? Autant de questions auxquelles les milieux feutrés de la haute société londonienne aimeraient ne pas avoir à répondre. Le secret de la broche semble mettre en danger tous ceux qui l'approchent: premier d'une série, le meurtre de l'adjointe du commissaire-priseur vient semer le trouble. Chargé de l'affaire, le commissaire à Scotland Yard Duncan Kincaid, compagnon de Gemma, se lance dans une enquête dont les répercussions pourraient bien s'avérer redoutables.


- Maman.
de Isabelle Alonso
Éditions Héloïse d'Ormesson / Novembre 2010


"Maman n'est jamais morte jusqu'à présent, ce n'est pas aujourd'hui qu'elle va commencer".
"Ce matin, j'ai tapé "maman est morte" sur Google. En un dixième de seconde, le moteur de recherche affiche un million trois cent mille réponses". La mort, on se l'imagine comme dans les films: tirs de mitraillettes, cow-boy fauché par une flèche, et un mot d'esprit qui s'échappe au moment du dernier soupir. Mais en fait la mort d'une mère, c'est insidieux et ça vous prend par surprise. Malgré les signes avant-coureurs, en dépit des diagnostics médicaux, on refuse l'inéluctable. Entre fêtes et larmes, malheur et douceur, Isabelle Alonso ose parler de la perte la plus Intime qui soit: celle de sa mère. Elle ne s'épargne rien et, par le rire, tord le cou au larmoyant, pour en être que plus poignante.


- Merci pour les souvenirs
de Cecelia Ahern
Éditions Flammarion / Novembre 2010


Après un accident qui a bouleversé sa vie et détruit son mariage, Joyce Conway ne doit la vie qu'à une transfusion sanguine. Mais des phénomènes étranges commencent à se produire. Elle se souvient de choses qu'elle n'a pas vécues. Elle peut parler des heures durant des rues pavées et sinueuses de Paris, ville qu'elle n'a jamais visitée, ou disserter sur l'architecture baroque. Et, toutes les nuits, elle rêve d'une petite fille aux cheveux blonds. Dès lors, Joyce n'aura plus qu'un but: découvrir à tout prix qui lui a donné son sang, dans l'espoir de comprendre ce qui lui arrive. Et retrouver le charmant Américain dont elle a fait la connaissance le jour de sa sortie de l'hôpital. Un roman plein d'esprit, profondément humain, qui vous fera rire, pleurer et réfléchir sur ce qui fait la beauté de la vie.


- No et moi
de Delphine de Vigan
Éditions JC Lattès / Novembre 2010


Lou Bertignac a 13 ans, un QI de 160 et des questions plein la tête. Les yeux grand ouverts, elle observe les gens, collectionne les mots, se livre à des expériences domestiques et dévore les encyclopédies. Enfant unique d'une famille en déséquilibre, entre une mère brisée et un père champion de la bonne humeur feinte, dans l'obscurité d'un appartement dont les rideaux restent tirés, Lou invente des théories pour apprivoiser le monde. À la gare d'Austerlitz, elle rencontre No, une jeune fille SDF à peine plus âgée qu'elle. No, son visage fatigué, ses vêtements sales, son silence. No, privée d'amour, rebelle, sauvage. No dont l'errance et la solitude questionnent le monde. Des hommes et des femmes dorment dans la rue, font la queue pour un repas chaud, marchent pour ne pas mourir de froid. "Les choses sont ce qu'elles sont". Voilà ce dont il faudrait se contenter pour expliquer la violence qui nous entoure. Ce qu'il faudrait admettre. Mais Lou voudrait que les choses soient autrement. Que la terre change de sens, que la réalité ressemble aux affiches du métro, que chacun trouve sa place. Alors elle décide de sauver No, de lui donner un toit, une famille, se lance dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Envers et contre tous. Roman d'apprentissage, No et moi est un rêve d'adolescence soumis à l'épreuve du réel. Un regard d'enfant précoce, naïf et lucide, posé sur la misère du monde. Un regard de petite fille grandie trop vite, sombre et fantaisiste. Un regard sur ce qui nous porte et ce qui nous manque, à jamais.


- Parce qu'on est d'ici
de Vicenç Villatoro
Éditions Robert Laffont / Novembre 2010


"Pourquoi t'es revenu?" demande Albert, quinze ans, à Jaume, son père parti quatre ans auparavant comme correspondant à Buenos Aires, quittant sa femme Rosa et ses deux enfants, Glòria et Albert. De retour chez lui pour revoir son propre père, qui est en train de mourir, Jaume cherche à renouer le fil d'une relation totalement distendue avec son fils et l'invite à assister à la finale de la Ligue des champions entre le Barça et Arsenal, qui se joue à Paris [en mai 2006]. Le livre est le roman de ce voyage du père et du fils à Paris, le roman d'une histoire familiale brusquement interrompue quatre ans plus tôt, la somme d'histoires individuelles qui se révèlent à l'occasion de cet événement considérable pour tout Catalan qui se respecte: la victoire du Barça en Ligue des champions. Pendant deux jours et trois nuits, un homme dont le père est en train de mourir va tenter de devenir véritablement le père de son fils.


- Portraits de femmes
de Jean Dutourd
Éditions Flammarion / Novembre 2010


Fervent admirateur de Zola, Remi Chapotot est un romancier médiocre qui jouit malgré tout d'une notoriété certaine. Jacky Lataste, provinciale rêvant de gloire et de lauriers, le repère comme un parti très prometteur; elle décide de prendre en main sa carrière et obtient finalement son élection à l'Académie française. Fort de sa réussite sociale, Chapotot se révèle bien malgré lui l'objet de toutes les convoitises féminines: de Mme Petitdider, sa secrétaire qui lui voue une adoration sans bornes, à Jacky, la provinciale qui rêve de devenir sa maîtresse, en passant par Mme de la Bigne, vieille aristocrate tenant salon comme au XIXe siècle, il déchaîne les passions. Dressant avec humour et subtilité un portrait de l'écrivain dans son milieu, Jean Dutourd brosse un tableau réjouissant du petit monde des lettres et de la critique qui sévit dans la deuxième moitié du XXe siècle. Jouant sur les codes du roman proustien ou flaubertien, il égratigne l'arrivisme de la bonne société parisienne, et nous donne à lire l'un de ses plus délicieux romans.


- Pour l'amour du chocolat
de José Carlos Carmona
Éditions Grasset / Novembre 2010


Lausanne, 1922, Adrian Troadec, jeune homme grand et gauche, sillonne la ville pour vendre du lait. C'est ainsi qu'il assiste un jour à un concert d'étudiants et tombe fou amoureux d'Alma, une violoncelliste. Il ne lui parle pas, ne connaît pas son prénom mais elle bouleverse sa vie. Il décide de la suivre, de concerts en concerts, et cherche à s'élever pour elle. Rien n'arrête Adrian, il tente le violoncelle, échoue, se met aux échecs, devient champion national suisse mais rien n'y fait, Alma l'ignore. Au cours d'une partie mal engagée, il se voit offrir un carré de chocolat et sa vie bascule pour la deuxième fois, voilà la solution pour conquérir Alma. La douceur du chocolat, Adrian a trouvé sa voie. 1927, il ouvre un magasin de chocolat, et c'est le début d'un empire. Le lait, le violoncelle et les échecs ont laissé Alma indifférente jusqu'à présent, mais le chocolat semble une réussite, elle se rapproche d'Adrian qu'elle voit comme un ami. Car elle est tombée amoureuse d'un soldat américain et décide de le suivre aux États-Unis. Ce roman traverse le XX° siècle et ses événements les plus marquants. Il suit ainsi plusieurs générations, d'Adrien Troadec, le fondateur, à son petit-neveu, Guiliano, abattu par les carabinieri lors d'une manifestation altermondialiste en Italie.


- Roman sans titre
de Duong Thu Huong
Éditions Sabine Wespieser / Novembre 2010


Premier des romans de Duong Thu Huong à avoir été interdit de publication au Viêtnam, il met en scène la dérive hallucinée d'un combattant au cœur de la guerre contre les Américains. Quân, capitaine d'une unité de combat, est envoyé dans la lointaine zone K par Luong, son supérieur, pour retrouver Biên, en passe de sombrer dans la folie. Les trois hommes sont amis depuis l'enfance; originaires du même village, ils se sont enrôlés le même jour, transportés par leur exaltation patriotique et guerrière. En traversant la jungle et les vallées sinistrées par les bombardements, Quân prend la mesure du fossé qui s'est creusé entre eux. Au fil de son angoissant périple, alors qu'affluent les images de sa vie heureuse et à jamais disparue de jeune homme pressé de défendre son idéal, Quân découvre également l'ampleur des destructions subies par son pays. Le rêve d'un nouveau Viêtnam s'est perdu dans des slogans qui résonnent de manière de plus en plus absurde à ses oreilles. Plongeant au cœur des ténèbres avec une force lumineuse, Duong Thu Huong dénonce, dans ce roman qui tient une place centrale dans son œuvre, la vanité de la guerre et le cynisme de ses instigateurs.


- Scoop
de Evelyn Waugh
Éditions Robert Laffont / Novembre 2010


William Boot, chroniqueur pour la rubrique "Faune et flore" d'un journal britannique, est un jeune homme avide de culture, menant une vie modeste, loin du tumulte londonien. Mais le jour ou le rédacteur en chef du Daily Beast le confond avec un romancier de renom et l'envoie de force à l'étranger en tant qu'envoyé spécial, tout bascule. William est dépêché en Ismaël, un État fictif d'Afrique orientale, ou une guerre civile serait sur le point d'éclater. Mais à Jacksonburg, la capitale, nulle trace de révolte, ni même d'opposition: seulement une nuée de journalistes étrangers venus guetter les soubresauts inexistants de l'actualité ismaëlienne. Chacun s'acquitte pourtant de sa tâche: couvrir à tout prix l'événement, généraliser, extrapoler, copier les autres, inventer pour tenir tête à la concurrence tout en télégraphiant les nouvelles que tous les magnats de la presse ont déjà prévues. Et malgré sa totale incompétence, c'est William Boot qui, accidentellement, décrochera le scoop tant attendu.


- Secrètes et menteuses
de Kate Kingsley
Éditions Calmann Lévy / Novembre 2010


Il y a de l'amour dans l'air au lycée Sainte-Cécilia. Alice Rochester a un nouveau copain, ce qui fait enrager son ex, Tristan. Les cours particuliers du craquant M. Logan enchantent Tally Abbott tandis que Jasper drague Dylan Taylor, la nouvelle. Mais mettre le grappin sur l'objet convoité n'est pas toujours facile, même lorsque l'on a tout ce qu'il faut pour. Les tensions montent au sein de la bande. Le prétendant d'Alice n'est peut-être pas aussi parfait qu'il en a l'air. Peut-être n'a-t-elle tout simplement pas encore tourné la page. Quant à Tally, le flirt avec son prof pourrait bien avoir des conséquences qu'elle n'avait pas imaginées.


- Sommeil
de Kat Menschik et Haruki Murakami
Éditions Belfond / Novembre 2010


Une femme, la trentaine. Elle est mariée, a un enfant. Le matin, elle fait les courses et prépare les repas. L'après-midi, elle va nager à la piscine. Elle vit sa vie comme un robot. Mais la nuit, quand tout le monde dort, la femme se verse un verre de cognac, mange un peu de chocolat, lit et relit Anna Karénine. La nuit, cette femme redécouvre le plaisir. Dix-sept nuits sans sommeil.


- Stiletto blues à Hollywood
de Lauren Weisberger
Éditions Fleuve Noir / Novembre 2010


La musique adoucit-elle les mœurs? À Hollywood, rien n'est moins sûr. Brooke et Julian filent le parfait amour depuis neuf ans. Il est auteur-compositeur-interprète et a une voix en or. Seulement, de la scène underground aux sommets des hit-parades la route est longue. Un jour pourtant, c'est la consécration. Sony accepte de financer son album. Le premier showcase est un succès, et les propositions de concerts affluent de toutes parts. Les dates s'enchaînent et les médias, eux, se déchaînent. La vie privée de leur couple se retrouve étalée dans les tabloïds, les rumeurs les plus folles courent à leur sujet, et face aux créatures de rêve qui peuplent les palaces ou évolue désormais sa rock star de mari, la jolie rouquine commence à perdre confiance. Entre l'éloignement, les horaires de dingues, les paparazzis et les groupies, la mélodie du bonheur vire à la cacophonie. Et puis arrivent les photos de trop. Qui dit conte de fées, ne dit pas forcément happy end, Brooke.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 12:35

- Traité culinaire à l'usage des femmes tristes
de Hector Abad Faciolince
Éditions JC Lattès / Novembre 2010


"Saine coutume est de jeûner aux jours du malheur. Pourtant, ma longue pratique des fruits et légumes, herbes et racines, muscles et viscères d'animaux sauvages ou domestiques, m'a parfois montré la voie du réconfort. Il s'agit de préparations simples, qui présentent un moindre risque. Certes, accueille-les avec prudence, les meilleurs remèdes peuvent être des poisons pour certaines d'entre vous. Toutefois, n'hésite pas à les goûter, à en tâter. Je te déconseille de caresser, en toute passivité, ton malheur. La tristesse constipe. Recherche la purgation des larmes, ne dédaigne pas la transpiration. Après le jeûne, tourne-toi vers mes recettes. Ma façon est équivoque. Il m'a semblé que mon art n'était pas très respectueux des préceptes. Défie-toi de moi, ne cuisine pas mes potions, si tantôt t'effleure un soupçon. Mais lis cette illusoire ébauche de sorcellerie. Le sortilège, s'il opère, ne le doit qu'au bruit qu'il aura fait, ce qui soigne, c'est le souffle exhalé par les mots". De la mélisse pour faire revenir un être aimé, ou l'oublier tout à fait , un chou-fleur en brumes pour déguster la tristesse, de l'urine et du basilic pour retrouver sa jeunesse , une longe de veau au poivre pour délier la langue d'un taiseux, des spaghettis al dente, ail, huile, piment, un verre de vin rouge et deux livres de poésie pour guérir l'indigestion de mots, telles sont les recettes livrées par Héctor Abad, recettes de vie, d'amour, de passion, de jalousie et surtout une grande leçon de littérature.


- Tueurs
de Stéphane Bourgoin
Éditions Grasset / Novembre 2010


Le portrait de quinze meurtrières et tueurs en série méconnus et oubliés de l'histoire criminelle, depuis la Belle Époque jusqu'à nos jours. Quatre affaires sont américaines, cinq sont françaises et les six dernières portent sur des femmes multirécidivistes. Les cas, "Torso", un tueur dépeceur de SDF à Cleveland, traqué en vain par Eliot Ness des "Incorruptibles". Cette affaire est le nouveau projet du cinéaste David Fincher, l'auteur de "Seven" et de "Zodiac", "Belle le Boucher", une veuve noire aux cinquante victimes qui fabrique des saucisses de chair humaine, "La Tigresse de velours" et sa malle sanglante, un couple de "routards du crime" qui écument les autoroutes pour torturer de jeunes auto-stoppeuses, l'ogre du Montana qui rêve de "Tourte au petit garçon" et de "Barbecue de gamin", Priscilla Ford qui entend la voix de Dieu lui commandant d'écraser un maximum de passants dans les rues de Las Vegas, ou encore les confessions hallucinantes d'Antoine Léger, un pédophile français, à la fois vampire et cannibale.


- Un cœur insoumis
de Sarah Dunant
Éditions Belfond / Novembre 2010


À Ferrare, au couvent de Santa Catarina, nombreuses sont les jeunes filles nobles mariées au Christ à défaut de dot. Tel est le sort de Serafina, seize ans à peine, enfermée de force par sa famille suite à sa liaison avec un simple chanteur. Insoumise, Serafina se heurte bientôt à l'ordre établi par l'abbesse Chiara et à la piété exacerbée de sœur Umiliana, prête à affamer le corps des novices pour libérer leur esprit. Isolée parmi les nonnes cloîtrées en proie à d'étranges extases mystiques, la jeune rebelle peut compter sur la bienveillance de Zuana, une nonne érudite, qui soigne tous les maux du couvent, y compris les blessures que les sœurs s'infligent à elles-mêmes. Mais jusqu'où est-elle prête à l'aider? Tandis que les forces de la Contre-Réforme grondent au-dehors pour durcir les règles en vigueur dans les couvents, Serafina va tout tenter pour s'enfuir. Le début de guerres intestines qui vont bouleverser la vie des sœurs à jamais.


- Une partie du tout
de Steve Toltz
Éditions 10-18 / Novembre 2010


Toute sa vie, Jasper Dean a hésité entre détester, plaindre, adorer et tuer Martin, son père. Maintenant que Martin est mort, Jasper peut revenir sur le cas de ce philosophe autodidacte, génie méconnu et féroce misanthrope, qui l'a élevé en reclus, sous haute surveillance intellectuelle. De dépressions passagères en illuminations foudroyantes, de clubs de strip-tease en paquebots clandestins, père et fils vont se retrouver embarqués dans une aventure qui les dépasse. Mais face aux coups du sort, c'est en Jasper que Martin trouvera le meilleur compagnon d'infortune de ses vains efforts pour laisser son sillon dans ce monde qu'il méprise.


- Alfred de Musset
de Gonzague Saint Bris
Éditions Grasset / Octobre 2010


"Deux cents ans après sa naissance et un siècle et demi après sa disparition, Alfred de Musset demeure une énigme. Car si son œuvre poétique est célèbre, sa vie reste reste une inconnue. Enfant terrible et précoce, prince du paradoxe perpétuellement déchiré entre angélisme et débauche, entre fêtes et larmes, il est l'incarnation par sa jeunesse, sa beauté et son immense talent, du romantisme le plus absolu. Pourtant, cet écrivain génial demeure, malgré le succès, un incompris magnifique et fragile. "Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse": Musset boira jusqu'à la lie les poisons de la vie. Victime d'hallucinations névrotiques, il est ce dépravé qui s'abîme dans l'alcool et la drogue. Ses amours toujours recommencées le renvoient à son inguérissable solitude et au lent dégoût de lui-même. Préfigurant l'image du poète maudit, âme insaisissable, il refusa de faire carrière et de fonder une famille, ne vécut au fond que pour son œuvre. Il y trouva non seulement une manière d'exister, mais encore d'exprimer son intimité douloureuse. C'est ce qui lui donne sans doute, à l'heure de son bicentenaire, cet aspect inimitable et sa saisissante modernité".


- Amusez-vous
de Annie Lemoine
Éditions Flammarion / Octobre 2010


"Il écoutait, ponctuant mon récit de "Non", "Non", tous plus stupéfaits les uns que les autres. Puis, sans analyse préalable de ma situation, il me dit ces deux mots qui allaient changer la face de mon week-end: "Amusez-vous". Nous n'étions pas suffisamment intimes pour que je lui demande de me dévoiler ce que cachait ce conseil déconcertant mais, contre toute attente, la phrase sonnait juste à mes oreilles". Claire, presque quarante ans. Un divorce. Deux enfants. Une escapade au bord de la mer en solitaire qui prend une couleur imprévisible et bouleverse sa vie.


- Blues pour Elise
de Léonora Miano
Éditions Plon / Octobre 2010


Qu'est-ce qui fait courir les personnages de Blues pour Élise? C'est l'amour. Celui qu'on désespère de trouver, comme Akasha qui ne se remet pas d'une peine de cœur. Celui qu'on croit avoir perdu, comme Amahoro, dont le compagnon a pris ses distances. Celui qu'on n'attendait pas, comme Shale, follement éprise d'un homme peu avenant. Celui dont on doute soudain, comme Malaïka, paniquée à la veille de son mariage. À travers le parcours de ces quatre femmes et de leurs proches, Blues pour Élise dresse le portrait coloré, urbain et charnel de la France noire. Celle qui, loin des clichés misérabilistes, adopte le mode de vie bobo, se nourrit de graines germées, se déplace en Vélib', recourt au speed dating pour rompre la solitude. Roman de société, Blues pour Élise parle avant tout d'amour. Celui de soi, celui de l'autre.


- Brida
de Paulo Coelho
Éditions Flammarion / Octobre 2010


Brida, une jeune Irlandaise à la recherche de la Connaissance, s'intéresse depuis toujours aux différents aspects de la magie, mais elle aspire à quelque chose de plus. Sa quête l'amène à rencontrer des personnes d'une grande sagesse, qui lui font découvrir le monde spirituel: un mage habitant la forêt lui apprend à vaincre ses peurs et à croire en la bonté de l'univers; une magicienne lui explique comment danser au rythme du monde et invoquer la lune. Brida part alors à la rencontre de son destin. Parviendra-t-elle à réconcilier sa vie amoureuse et son désir de tout quitter pour devenir sorcière?


- Cette vie
de Karel Schoeman
Éditions 10-18 / Octobre 2010


Seule dans l'obscurité de sa chambre, une vieille femme se meurt et resonge à sa vie discrète, passée à écouter et observer les autres. Au crépuscule de son existence, elle lève enfin le voile sur les secrets inavoués de son clan et recompose un puzzle intime, pétri de rancœurs et de douleurs. Sur fond de paysage tissé par le vent, la poussière et le silence, c'est un monde fantôme qui se déploie sous ses yeux, celui des Afrikaners, austères et secrètement ardents, débarqués au début du XIXème siècle, sur les terres arides d'Afrique du Sud. Là "ou le pardon n'existe pas".


- Comment oublier une femme
de Dan Lungu
Éditions Jacqueline Chambon / Octobre 2010


"Je suis partie, un jour tu comprendras". Andi doit bientôt se rendre à l'évidence, Marga ne reviendra plus. En bon journaliste qu'il est, il se lance alors dans une investigation minutieuse de leur passé commun, traquant les indices cachés capables d'expliquer cette incompréhensible rupture. En quoi a-t-il failli? Qui d'elle ou de lui est coupable? Faut-il incriminer la nouvelle permissivité ou les effets délétères du passé? Avec l'humour qu'on lui connaît, Dan Lungu en profite pour faire le portrait au vitriol de cette frange de la société roumaine qui a si facilement succombé aux charmes du capitalisme. D'autant que, parallèlement à ses recherches privées, Andi continue son métier de journaliste, qui le conduit à enquêter sur les juteuses affaires des potentats locaux comme sur les pratiques intégristes d'une église néo-protestante. D'abord amusé par ces idéalistes qui, eux, n'ont pas changé, rebuté par des pratiques frôlant le ridicule, il finit par trouver un certain réconfort auprès de ces dévots d'un autre âge qui, contre vents et marées, croient en la fraternité. Il reste sceptique mais tout est bon à prendre quand il s'agit d'oublier une femme.


- Dans l'ombre de la ville
de James Conan
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2010


Chicago, octobre 1893. Alors que l'exposition universelle bat son plein, le cadavre d'une jeune femme est repêché dans le fleuve. Il s'agirait d'Anna Zemeckis, une New-Yorkaise de vingt et un ans installée depuis peu dans la région. Jeune journaliste pleine d'ambition, Emily Strauss convainc le magnat de la presse Joseph Pulitzer de l'envoyer enquêter sur l'affaire. Son but: montrer le vrai visage de Chicago, celui que le maire s'efforce de cacher afin de ne pas ternir l'image de la ville qui est au centre de toutes les attentions. Emily ne tarde pas à découvrir qu'Anna Zemeckis n'est pas morte, mais que, comme d'autres jeunes femmes, elle a été victime d'un réseau florissant de pornographie implanté dans la cité la plus moderne d'Amérique.


- Dolce Vita
de Simonetta Greggio
Éditions Stock / Octobre 2010


1959. Le film de Federico Fellini, la Dolce vita, fait scandale en Italie, dans un pays pudibond tenu par l'Église; il remporte la Palme d'or à Cannes en 1960. Son succès signe le début d'une ère pleine de promesses et de libertés qui rompt avec les années de pauvreté de l'après-guerre.
1969. Une bombe explose à Milan et fait seize morts. C'est un massacre, le premier d'une longue série, qui voit le pays durablement endeuillé par les actes de terrorisme.
2010. Le prince Malo se confie au prêtre Saverio. À quatre-vingts ans passés, il sait qu'il ne lui reste que peu de temps à vivre. Sa confession porte sur son existence dissolue, celle d'une aristocratie décadente, et les secrets hautement politiques qu'il a tus jusque-là. Il est l'un des derniers témoins des années les plus glamour et les plus sombres de l'Italie. Pourquoi et comment ce pays que nous avons tant aimé a-t-il basculé dans le rouge et le noir? Livre d'investigation construit comme un scénario de film avec flash-back et plans séquences, Dolce vita est le roman de l'Italie entre 1959 et 1979. Affaires de mœurs, scandales financiers, Brigades rouges, enlèvement et meurtre de Moro, mort du réalisateur et poète Pasolini, Cosa Nostra, Vatican. Toutes les grandes affaires qui ont traversé ce pays durant vingt ans sont évoquées ici. Les événements éclairés, les liens occultes mis au jour. Dans la trame du récit se détache peu à peu un fil de sang tissé entre Vatican, Loge maçonnique déviée P2 et Mafia, tandis que se dessine l'ombre d'une autre puissance, l'Amérique, à laquelle l'Italie doit sa libération et un nouveau, plus discret, asservissement. Dessinant le portrait fascinant d'un pays voisin infiniment romanesque, Dolce vita donne les clés de l'Italie d'aujourd'hui, celle d'un Berlusconi tragi-comique. Racontée par le dernier Guépard, son histoire a la saveur douce amère et le charme vénéneux d'une fin de règne qui n'en finit plus, car un pays qui ne fait pas les comptes avec son passé est un pays qui ne cesse de le payer.


- Do you love me ?
de Florence Giorgetti
Éditions Sabine Wespieser / Octobre 2010


"Do you love me?" Jane Bowles ne manquait jamais de poser cette question à ceux qu'elle rencontrait pour la première fois. Quand Florence Giorgetti veut convaincre Paul Bowles de la laisser interpréter "Sa maison d'été", l'unique pièce écrite par sa femme Jane, elle lui demande tout naturellement: "Do you love me?" Et bien sûr la question court au fil de ce récit personnel et vagabond évoquant la pratique du métier d'acteur. Où l'on suit les tribulations de la comédienne engagée dans un double projet: jouer le rôle principal de la pièce de Jane Bowles, qui la conduit à Tanger et à une rencontre fantasque et lumineuse avec Paul, et répéter dans une ville de province une pièce de Strindberg, Créanciers. Florence Giorgetti multiplie les anecdotes, épingle les détails du quotidien, livre des fragments de son journal, envoie des lettres: à un acteur, à son metteur en scène, à la costumière. Pour conjurer l'angoisse, elle dresse des listes: celle de ses phobies, celle des commissions avant la répétition, celle des recommandations utiles. Mais la comédienne sait trop bien que l'enjeu essentiel est de jouer à être ce qu'elle est. Écrit par une femme passionnée et amoureuse des textes, voici un livre qui puise dans leur fréquentation la plus belle énergie qui soit, celle de la création.


- Dracula en Dior
de Scarlett, Comtesse de Saint-Germain
Éditions Fleuve Noir / Octobre 2010


Vous… oui vous… qui êtes affublés d'une paire d'ailes et de crocs acérés, je ne vous apprends rien, les vampires sont ultra tendance en ce moment. C'est simple, nous sommes partout et les humains nous i-do-lâ-trent. Seulement, si je puis me permettre, il y a vraiment des progrès à faire niveau look. Croyez-moi, il ne faut pas plaisanter avec ça, c'est la clé du succès. Un vampire bien habillé est un vampire qui inspire confiance aux humains et donc un vampire bien nourri. Alors fini les tenues has been, exit les capes et robes en velours, dites non à la ringardise et oui à l'élégance. Dans ce petit livre, vous découvrirez tous les écueils à éviter en matière de mode et, à l'inverse, les must have qui doivent impérativement intégrer vos garde-robes. Les noms Jimmy Choo, Alberta Ferretti, Balmain, Fendi ne vous disent rien? C'est grave mais pas irrémédiable. Je vais vous aider, moi, à devenir une vraie fashionista. Après tout, si le Diable s'habille en Prada, Dracula peut bien s'habiller en Dior.


- Faire le bien
de Trude Marstein
Éditions Stock / Octobre 2010


"Une légère secousse, et voilà le train qui se met en marche et Karoline qui s'en va. Karoline s'en va. On se détache l'un de l'autre, on se quitte de plus en plus vite". Une ville de Norvège de taille moyenne, un week-end d'été. Deux trains se croisent. Dans l'un d'eux, Karoline, une femme de caractère, belle et ambitieuse. Un homme qui l'a connue autrefois la regarde avec nostalgie et laisse ses pensées vagabonder. Il descend du train, dirige son regard sur un hôtel et alors qu'il repense aux nuits d'amour qu'ils ont vécues par le passé, il aperçoit un homme et une femme sur le balcon. Changement de point de vue. Un homme et une femme. Un couple gay et la future mère de leur enfant. Tandis que son compagnon passe à l'acte, Glen sort dans la rue et aperçoit devant l'hôtel une tête connue, un ami de son cousin Kjetil. Nouveau personnage, nouveau narrateur, nouvelle histoire. Dans Faire le bien, cent dix-huit voix défilent ainsi et s'entremêlent, offrant au lecteur autant de morceaux de vie variés et complexes. Véritable livre-puzzle, il multiplie les points de vue sur des situations précises en donnant la parole à une galerie de personnages profondément humains. Le personnage de Karoline est le motif central, cette femme à qui tout semble avoir réussi mais qui ne cesse pourtant de reporter le moment de se rendre à sa fête d'anniversaire.


- Helena Rubinstein
La femme qui inventa la beauté
de Michèle Fitoussi
Éditions Grasset / Octobre 2010


"Pour la plupart, Helena Rubinstein, c'est une marque de cosmétiques. Pour ceux qui en connaissent un peu plus, c'est une vieille femme richissime et autoritaire, qui a bâti un empire avec ses crèmes de beauté. Un jour, par hasard, j'ai découvert son existence d'une étonnante modernité. Elle a vécu mille vies, connu deux guerres, traversé deux siècles. Je l'imagine embarquant toute seule, à 24 ans, sur un bateau reliant Gênes à Melbourne. Il en fallait du culot. Et elle en avait, mon Helena. Née en 1872 en Pologne, dans une famille pauvre de juifs orthodoxes, elle grandit à Kazimierz, le quartier juif de Cracovie, et exerce son autorité en élevant ses sept sœurs cadettes. Un jour, elle claque la porte de chez elle parce qu'elle refuse le prétendant que son père veut lui faire épouser. Elle se réfugie d'abord chez une tante, à Vienne. Puis elle quitte tout pour s'installer en Australie chez ses oncles maternels. C'est là-bas que, s'improvisant chimiste, elle commence à soigner la peau burinée de la bourgeoisie locale à l'aide de la crème familiale. Commence alors le roman vrai d'une femme devenue l'une des plus célèbres de son temps, une pionnière. Une avant-gardiste qui inventa la beauté. En deux décennies à peine, Helena fabrique en quantités la crème donnée par sa mère, en invente des dizaines d'autres, ouvre des salons de beauté en Australie, à Londres, à Paris, à New York… Elle pousse les femmes du monde entier à prendre soin de leur peau, de leur corps, de leur maquillage, en mettant la science au service des cosmétiques. Mariée à un juif américain d'origine polonaise, journaliste, éditeur, brillant publicitaire qui l'aide à établir son empire, elle rencontre tout ce qui compte dans le milieu de la culture et des arts, leurs amis s'appellent Poiret, Misia Sert, Cocteau, Colette, D.H. Lawrence, Man Ray, Louise de Vilmorin. Collectionneuse acharnée, elle est toujours précurseur. Elle est peinte par Dali, Dufy, Marie Laurencin, Helleu, dessinée par Picasso. Elle achète six ou sept maisons en Europe et aux États-Unis, qu'elle fait décorer par les plus grands designers de l'époque. En 1928, elle vend son affaire à Lehman Brothers et la rachète un an plus tard, en pleine crise de 1929, empochant 6 millions de dollars de bénéfice. Partie de rien, elle devient la femme la plus riche d'Amérique. Tout ça du haut de son mètre quarante-sept et de ses talons de douze centimètres, elle qui répétait sans cesse pour justifier son parcours, Si je ne l'avais pas fait, d'autres que moi l'auraient fait".


- Histoire de la beauté
de Umberto Eco
Éditions Flammarion / Octobre 2010


Qu'est-ce que la Beauté? Qu'est-ce que l'art, le goût, la mode? Le Beau est-il quelque chose que l'on peut définir rationnellement, ou s'agit-il d'une appréciation purement subjective? Ainsi commence l'exploration d'Umberto Eco au cœurs de l'esthétique. À travers une étude détaillée des plus grandes œuvres de la culture occidentale (de la Vénus de Milo jusqu'à la Marilyn d'Andy Warhol en passant par les monstres de Jérôme Bosch, les madones de Botticelli ou les odalisques de Manet), l'auteur dresse un état des lieux complet des multiples facettes de la Beauté, véritable voyage dans le temps de la Grèce antique jusqu'à nos jours. Pour étayer son propos il convoque tous les artistes et penseurs qui ont, chacun à leur façon, tenté de répondre à cette interrogation éternelle. Indispensable, ce livre tord le cou à bien des idées reçues et dessine, chapitre après chapitre, une véritable carte du tendre, du beau.


- Je ne vous oublie pas
de Emmanuel Sabatie
Éditions Cherche Midi / Octobre 2010


Vite! Courir... Ne pas se retourner... Ne penser à rien non plus... Avancer encore et courir toujours plus vite. Échapper aux diables et aux enfers. Tenir encore, pour eux: Zohra, Brahim et Abdel. Car l'ennemi est partout. Vite. Ne pas s'arrêter... Trouver un souffle, respirer et reprendre sa course contre la montre. Fuir vers l'avant... Toujours vers l'avant... Échapper à l'ennemi qui guette, là, au prochain coin de rue, sous le masque de n'importe quel visage: ce chibani assis sur un banc ou cette Mauresque avec un cabas trop lourd pour elle. L'ennemi est un chacal qui vous renifle à distance et vous suit à la trace et n'attendant qu'une seule chose: en finir avec votre petite vie de bâtard et de traître. Il fait chaud, cet été. Très chaud en Algérie. Été 1962... Quand les démons et les enfers sont partout. Quand l'Algérie devient un purgatoire pour les harkis et que la nuit fait peur. Alors vous auriez fait comme Abdelkader, Benyoucef, Hamed et tous les autres. Vous auriez fui jusqu'à votre fin.


- Just Kids
de Patti Smith
Éditions Denöel / Octobre 2010


C'était l'été où Coltrane est mort, l'été de l'amour et des émeutes, l'été où une rencontre fortuite à Brooklyn a guidé deux jeunes gens sur la voie de l'art, de la ténacité et de l'apprentissage. Patti Smith deviendrait poète et performeuse, et Robert Mapplethorpe, au style très provocateur, se dirigerait vers la photographie. Liés par une même innocence et un même enthousiasme, ils traversent la ville de Brooklyn à Coney Island, de la 42e Rue à la célèbre table ronde du Max's Kansas City, où siège la cour d'Andy Warhol. En 1969, le couple élit domicile au Chelsea Hotel et intègre bientôt une communauté de vedettes et d'inconnues, artistes influents de l'époque et marginaux hauts en couleur. C'est une époque d'intense lucidité, les univers de la poésie, du rock and roll, de l'art et du sexe explosent et s'entrechoquent. Immergés dans ce milieu, deux gamins font le pacte de toujours prendre soin l'un de l'autre. Romantiques, engagés dans leur pratique artistique, nourris de rêves et d'ambitions, ils se soutiennent et se donnent confiance pendant les années de vache maigre. Just Kids commence comme une histoire d'amour et finit comme une élégie, brossant un inoubliable instantané du New York des années 60-70, de ses riches et de ses pauvres, de ses paumés et de ses provocateurs. Véritable conte, il retrace l'ascension de deux jeunes artistes, tel un prélude à leur réussite.


- L'alchimiste
de Paulo Coelho
Éditions Flammarion / Octobre 2010


"Mon cœurs craint de souffrir, dit le jeune homme à l'alchimiste, une nuit qu'ils regardaient le ciel sans lune. Dis-lui que la crainte de la souffrance est pire que la souffrance elle-même. Et qu'aucun cœurs n'a jamais souffert alors qu'il était à la poursuite de ses rêves". Santiago, un jeune berger andalou, part à la recherche d'un trésor enfoui au pied des Pyramides. Lorsqu'il rencontre l'Alchimiste dans le désert, celui-ci lui apprend à écouter son cœurs, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve. Merveilleux conte philosophique destiné à l'enfant qui sommeille en chaque être, ce livre a marqué une génération de lecteurs.


- L'âme des soleils noirs
de Danièle Saint-Bois
Éditions Julliard / Octobre 2010


Une fillette portée disparue, un drame enfoui depuis plus de vingt ans dans la mémoire d'une petite ville de province, une enquête rondement menée par un quatuor de femmes au caractère bien trempé, tels sont les ingrédients de ce thriller énergique qui, pour une fois, fait la part belle aux personnages féminins. Fuyant le marasme de sa vie parisienne, Asia s'est réfugiée dans la petite ville de son enfance. Entre une histoire bancale avec un homme marié, la garde de Marcelle, une vieille dame indigne qu'elle adore, et une improbable collaboration au journal local, elle attend de trouver la force de s'arracher à cette existence médiocre ou elle s'enlise. Sa vie bascule le jour ou une enfant du coin disparaît. Seule journaliste sur place, elle passe au journal télévisé et son image furtive surgit dans l'appartement parisien d'Iris, une jeune romancière à succès qui coule des jours heureux avec Clara, sa compagne. Quand elles avaient dix ans, Iris et Asia étaient inséparables. Jusqu'au jour ou la famille d'Iris a précipitamment quitté la ville. Les deux petites filles ne se sont plus jamais revues. Les fantômes du passé refont alors surface poussant Iris à retourner en secret sur les lieux de son enfance. Suivie par Clara, intriguée et jalouse. Et c'est ainsi que les trois femmes se retrouvent dans cette ville étouffante ou tout le monde s'épie et garde pour soi ses pires secrets, chacune en quête d'une vérité cachée. Quant à Marcelle, il s'avérera, malgré ses pertes de mémoire, qu'elle en savait plus qu'on ne le présumait.


- L'apocalypse différée
de Dario Fo
Éditions Fayard / Octobre 2010


Dans cette grande fresque orale, Dario Fo imagine Milan se réveillant un beau matin privé de toute énergie fossile: plus de pétrole, plus d'essence, place (enfin.) aux énergies renouvelables. Fo décrit avec entrain et jubilation l'effet choc de cette pénurie, la secousse salutaire qu'elle représente, les réactions somme toute astucieuses et soulagées des gens qui, libérés du carcan de la consommation forcenée, redeviennent des personnes en charge de leurs choix de (sur)vie. Entre essai de sociopolitique et répertoire de fables joyeuses à réciter, mimer ou jouer, Dario Fo aborde ici une des questions qui lui tiennent le plus à cœur: la pollution de la planète Terre et l'urgence de changer les comportements des sociétés humaines. Saynètes aux dialogues vifs, aux personnages croqués avec indulgence, au ton souvent moqueur: on retrouve ici la sympathie inaltérable de Dario Fo pour les humbles et les déshérités, sa complicité avec leur vitalité subversive, sa verve endiablée contre la puissance mortifère de l'argent et ses serviteurs intéressés que sont la censure religieuse et la complaisance intellectuelle.


- L'(autre) homme de ma vie
de Stephen Mccauley
Éditions Baker Street / Octobre 2010


Richard Rossi se flatte de connaître tous les subterfuges nécessaires pour dissimuler les passions parallèles qui font le piquant de certaines existences. Bien qu'il partage déjà sa vie avec quelqu'un, ce cadre bostonien entretient en effet une relation adultère qui, pour être épisodique, n'en est pas moins mouvementée. Entre péripéties professionnelles, séances à la salle de sport et rendez-vous secrets, Richard navigue à vue jusqu'au jour où il se rend compte que "l'objet de son affection" conjugale n'est pas non plus à l'abri des tentations, et passe de plus en plus de temps dans l'Ohio. Avec sa savoureuse sarabande d'amis, de collègues et de coachs personnels, cette comédie de mœurs s'inscrit dans la veine ironique des précédents romans de Stephen McCauley. Si l'on y retrouve avec plaisir la fine psychologie et les subtiles reparties de ce maître du comique, L'(autre) homme de ma vie témoigne également d'une inflexion nouvelle dans l’œuvre de McCauley, plus grinçante, teintée de mélancolie.


- L'enfant venu d'ailleurs
de A. B. Daniel
Éditions XO / Octobre 2010


Qui est Alex? Le fils que Lucie n'espérait plus et qui lui est tombé du ciel à Roissy, il y a huit ans, petit garçon au visage grave, comme le plus grand des bonheurs. Le seul homme de sa vie. C'est l'anniversaire de cette rencontre qu'ils vont fêter, puisqu'on ignore sa vraie date de naissance et même d'où il vient. Quelle importance? Lucie est la plus heureuse des mères. Alex s'est révélé intelligent, plus que doué à l'école, complice, voire fusionnel, avec sa mère. Bien sûr, il y a ces cauchemars violents qui le hantent, mais quel enfant n'en a pas? Aujourd'hui, c'est l'anniversaire d'Alex et toute la vie de Lucie bascule: Alex disparaît. Commence alors pour Lucie une quête obstinée, dans l'urgence et dans la révolte. Elle sent bien que le mystère de cette disparition vient du passé. Mais jamais, jamais, Lucie ne renoncera à son fils. Pourtant, comment, seule, luttera-t-elle contre une folie venue de si loin?


- L'excellence de nos aînés
de Ivy Compton-Burnett
Éditions Phébus / Octobre 2010


Dans la campagne anglaise, à l'époque edwardienne, les Calderon et les Donne sont à la fois voisins et parents par alliance. Les membres de cette tribu, pour la plupart cyniques, avares, envieux et bavards, ont retenu la leçon de leurs aînés: vertu et excellence sont une arme pour qui aspire à la respectabilité. Mais derrière le masque des convenances et des bonnes intentions, les vérités assénées avec une tranquille méchanceté feront s'enchaîner machinations aussi infernales que sordides. Les romans d'Ivy Compton-Burnett, et celui-ci en particulier, véritable fleuron de cruauté, sont peuplés de monstres, créatures congénitalement amorales qui n'oublient pas d'être fascinantes et drôles. Depuis Jane Austen, on avait rarement été aussi loin dans l'auscultation sans pitié de l'âme humaine. Une des œuvres majeures d'une "grande" des lettres anglaises, dans une nouvelle traduction.


- L'homme qui voulait vivre sa vie
de Douglas Kennedy
Éditions Belfond / Octobre 2010


Qui n'a jamais rêvé de changer de vie? De New York aux splendides paysages du Montana, une histoire d'amour et d'émotion, et un héros extraordinairement attachant, prêt à payer le prix pour vivre sa vie. Ben Bradford a réussi. La trentaine, avocat compétent, un beau poste dans l'un des plus grands cabinets de Wall Street, un salaire à l'avenant, une femme et deux fils tout droit sortis d'un catalogue Gap. Sauf que cette vie, Ben la déteste. Il a toujours rêvé d'être photographe. Quand il soupçonne que la froideur de son épouse est moins liée à la dépression postnatale qu'à une aventure extraconjugale, ses doutes reviennent en force, et avec eux la douloureuse impression de s'être fourvoyé. Ses soupçons confirmés, un coup de folie meurtrier fait basculer son existence, l'amenant à endosser une nouvelle identité.


- L'homme sacrifié
de Allan Massie
Éditions Payot & Rivages / Octobre 2010


Rome, à la fin des années soixante-dix. Le chef du gouvernement démocrate-chrétien, Corrado Dusa, est enlevé par un groupe terroriste d'extrême-gauche, alors qu'il s'apprêtait à réaliser un "compromis historique" visant à faire entrer le parti communiste dans le jeu politique classique. Avec le souffle et l'art de l'évocation qui le caractérisent, Allan Massie a réussi l'exploit de combiner, bien au-delà de ce qui aurait pu n'être qu'un simple thriller politique, un grand roman de moeurs, une cruelle satire contemporaine et une attachante chronique romaine.


- L'importance d'être reconnaissant
de Alexander McCall Smith
Éditions Les Deux Terres / Octobre 2010


Dans la sixième enquête philosophique d'Isabel Dalhousie, elle rencontre sa vieille ennemie Minty Auchterlonie lors d'un goûter pour leurs jeunes enfants. Isabel s'en méfie toujours, mais quand l'ambitieuse Minty, dirigeante d'une banque d'investissements, se trouve confrontée à l'hostilité de ses actionnaires, Isabel décide de s'en mêler. En affrontant le problème du plagiat, elle croise de nouveau le fer avec son adversaire, le professeur Dove. Quant aux fiançailles récentes de sa nièce Cat à un funambule, Isabel redoute qu'elles ne tournent à la tragédie. Pendant ce temps, Jamie, le père de son enfant, comprend lui aussi l'importance d'être reconnaissant.


- L'impossible pardon
de Randy Susan Meyers
Éditions Calmann Lévy / Octobre 2010


"Quand maman m'a demandé de lui sauver la vie, je n'ai pas du tout été surprise. Dès ma première semaine à la maternelle, j'avais compris qu'elle n'était pas le genre de mère à porter des colliers de nouilles. Passe-moi un Pepsi, Lulu. Sors le lait pour les céréales de ta sœur. Va m'acheter un paquet de Winston. Et puis un jour, elle est montée d'un cran. Ne laisse pas entrer papa dans l'appartement". Mais Lulu, dix ans, finit par ouvrir la porte, et le cauchemar commence. Son père poignarde sa mère et blesse grièvement sa petite sœur, Merry, six ans. Recueillies par leur grand-mère, puis envoyées dans un orphelinat, les fillettes grandissent avec le poids de cette journée terrible. Tandis que l'aînée raye son père de son existence, la cadette lui rend visite en prison. Confrontées à une même douleur, Lulu et Merry réagissent différemment, la première veut bâtir sa vie vaille que vaille, l'autre se débat dans ses traumatismes. Alternant les récits des deux sœurs sur une trentaine d'années, ce roman bouleversant aborde avec force, nuance et complexité les questions de la survie et de la culpabilité et de la lente reconstruction de ces petites filles meurtries.


- La brûlure du chocolat
de Barbara Abel
Éditions Fleuve Noir / Octobre 2010


Zoé Letellier est une jeune écrivaine dont le succès dépasse les frontières. Tout le monde se retourne sur elle dans la rue, lit sa vie dans les magazines, bref tout le monde la connaît sauf elle. Car depuis qu'elle a perdu la mémoire après un mystérieux choc émotionnel, elle est non seulement incapable de savoir qui elle est, comment elle s'appelle, ou elle habite, mais aussi d'envoyer son très attendu nouveau manuscrit à son éditrice ou, accessoirement, d'éprouver le moindre sentiment pour le garçon qu'elle doit épouser à la fin de la semaine. Aidée de ses proches, notre héroïne s'attelle à la quête de toute une vie: apprendre en quelques jours qui elle est, ce qu'elle veut vraiment, et ce qu'elle aimerait changer de l'ancienne Zoé. Seulement voilà, entre ce que lui disent les uns et ce que lui taisent les autres, pas facile de s'y retrouver. D'ailleurs, ont-ils réellement tous intérêt à ce qu'elle recouvre la mémoire? Une jolie leçon de vie à suivre à une époque ou tellement de gens cherchent à faire le point. Et si la meilleure solution était de devenir amnésique?


- La course au Paradis
de J. G. Ballard
Éditions Denöel / Octobre 2010


Barbara Rafferty, radiée de l'ordre britannique des médecins pour avoir pratiqué l'euthanasie, s'est reconvertie dans le militantisme écologique, précisément dans la sauvegarde des albatros de Saint-Esprit, une île de Polynésie où doivent reprendre les essais nucléaires français. Épaulée dans sa tâche par le jeune Neil Dempsey, orphelin de père et quelque peu désœuvré, Barbara gagne son combat, a priori perdu d'avance, grâce à une bavure: les patrouilleurs français ont blessé Neil par balles et l'opinion internationale s'est aussitôt enflammée. Forte de sa victoire sur les autorités françaises, Barbara commence à transformer Saint-Esprit en sanctuaire pour espèces animales et végétales menacées. Les albatros reviennent, les dons affluent, les visiteurs se succèdent. Les meurtres peuvent maintenant commencer.


- La disparue du désert
de Zoë Ferraris
Éditions 10-18 / Octobre 2010


Un fiancé, un train de vie luxueux, une famille aimante: Nouf a tout abandonné pour s'enfuir dans les dunes du désert d'Arabie Saoudite deux jours avant ses noces. Lorsque les équipes lancées à sa recherche retrouve la jeune fille, il est déjà trop tard. On conclue à un accident, mais le frère de Nouf demande à un ami, Nayir, d'enquêter sur la mort de sa sœur. Déterminé à lever le voile sur cette affaire, cet homme d'action, plus à l'aise dans le silence des dunes qu'en présence des femmes, va trouver en Katya, médecin légiste à la beauté troublante, une alliée inattendue. Une quête de vérité qui va les mener du désert et de ses mirages au dédale de la cité de Djeddah et ébranler leurs certitudes à jamais.


- Le cherche-bonheur
de Michael Zadoorian
Éditions Fleuve Noir / Octobre 2010


Avis de recherche: Ella et John Robina, couple de citoyens américains à la retraite, vus pour la dernière fois au volant de leur camping-car le Cherche-bonheur, aux abords de Detroit. Si vous avez des informations, merci de contacter au plus vite leurs enfants au numéro qui suit. Après une longue vie et soixante ans de mariage, la santé chancelante et la mémoire qui flanche, Ella et John savent que leurs jours d'autonomie sont comptés. Si John ne se souvient plus nécessairement si on est mardi ou jeudi, il peut encore conduire. Ella le "kidnappe" donc, avec une seule idée en tête: partir une dernière fois à l'aventure. C'est le début d'un périple extraordinaire.


- Le ciel volé
de Andrea Camilleri
Éditions Fayard / Octobre 2010


Pierre-Auguste Renoir a-t-il bien séjourné en 1882 dans la ville sicilienne de Girgenti (aujourd'hui Agrigente), comme l'affirme son fils Jean dans la biographie qu'il lui a consacrée? Si oui, pourquoi n'existe-t-il aucune trace de ce voyage dans les toiles du maître de l'impressionisme? À travers l'échange épistolaire qu'entretient le vieux notaire Michele Riotta avec la belle et mystérieuse Alma Corradi, Andrea Camilleri propose un scénario adroit et mordant, où la passion brouille les cartes jusqu'à l'ultime rebondissement.


- Le dernier secret
de Mary Mc Garry Morris
Éditions Belfond / Octobre 2010


À dix-sept ans, Nora fugue avec son petit ami Eddie. Mais, sur le parking d'une aire d'autoroute, en direction de L.A., Eddie commet l'irréparable. Vingt ans plus tard, Nora s'est reconstruit une vie en apparence parfaite au sein de la bonne société de Nouvelle-Angleterre. Jusqu'au jour ou son mari lui révèle sa liaison avec leur meilleure amie. Et tandis que son monde s'effondre, Nora voit resurgir Eddie, tout juste sorti de prison, bien décidé à lui faire payer toutes ces années perdues. Chantages, menaces, mensonges, trahisons. Prise au piège d'une spirale infernale, Nora va devoir affronter ses propres pulsions de vengeance et ses secrets les plus enfouis pour renaître.


- Le ministère des affaires spéciales
de Nathan Englander
Éditions 10-18 / Octobre 2010


Derrière le mur du vieux cimetière juif de Buenos Aires se dressent les pierres tombales des prostituées, maquereaux et autres brigands. Dans l'obscurité, Kaddish Poznan, payé par les honorables Juifs bourgeois, efface les noms de ces aïeux gênants. Chaque nuit, il entraîne avec lui son fils, Pato, un étudiant sanguin et révolté, qu'il tente de protéger. Mais dans l'Argentine de 1976, l'espoir n'est plus permis et le pire se produit: Pato est arrêté par la junte militaire fraîchement installée. Débute alors pour Kaddish et son épouse une quête kafkaïenne du "fils disparu", qui les conduira aux portes du tentaculaire et tout aussi effroyable ministère des affaires spéciales.


- Le temps qui manque
de Héléna Kadaré
Éditions Fayard / Octobre 2010


Écrivain elle-même, épouse d'Ismail Kadaré, Helena dévoile ici le destin d'un couple exceptionnel. Dans ce récit truffé d'événements qui sortent de l'ordinaire d'une vie à deux, surgit l'actualité du demi-siècle qui a vu l'apogée, puis l'agonie et la fin des régimes communistes à l'est de l'Europe. Dans la ronde des amitiés, des rencontres, des confidences partagées, ce couple trouve l'énergie et le courage de surmonter l'angoisse que fait peser la dictature sur les habitants du pays le plus verrouillé et le plus mystérieux d'Europe. Au-delà des très riches anecdotes, et d'un humour que seul confère l'expérience de la tragédie, ces mémoires témoignent de première main sur le complexe "travail de laboratoire" qui voit s'élaborer l'œuvre d'Ismail Kadaré, comme sur les stratégies employées pour déjouer la censure ou mettre à l'abri, en France, les textes les plus dangereux. Tout cet aspect se trouve enrichi par de très nombreux inédits. Cette "spéléologie" dans les sous-sols de la création littéraire explique à merveille ce qui s'est épanoui en surface: les quelque vingt mille pages de l'œuvre publiée. Tour à tour insolite, audacieuse, d'une rare franchise, pleine de légèreté et d'émotion, cette ample chronique se lit comme un roman d'aventures et de passions, celles que suscite et inspire l'amour de l'art et de la liberté.


- Les Frères Rattaire
de Philippe Langenieux-Villard
Éditions Héloïse d'Ormesson / Octobre 2010


Pourquoi les trois fils d'Adolphe Rattaire, héroïquement tombés au champ d'honneur en 1914-1918, ne sont-ils pas inscrits sur le monument aux morts de leur commune? S'agit-il d'une erreur, d'une vengeance? Cet oubli troublant méritait enquête. Avec justesse et empathie, Philippe Langénieux-Villard dévoile un scandale qui dépasse les frontières de ce village du Dauphiné. Il décrypte les dessous d'une guerre mondiale qui fut aussi franco-française, d'une guerre de tranchées qui fut aussi celle de l'arrière. Et réhabilite l'honneur bafoué de ces vaillants soldats. Un document salutaire, qui nous plonge dans la France des années 1920.


- Les vitamines du bonheur
de Raymond Carver
Éditions de l'Olivier / Octobre 2010


"Tout le monde rêve. Si tu ne rêvais pas, tu deviendrais fou. J'ai lu des trucs là-dessus. C'est une soupape. Les gens rêvent quand ils dorment. Où alors, ils deviennent dingues. Mais moi, quand je rêve, je rêve de vitamines. Tu comprends ce que je te dis?"


- Liberace
de Amanda Sthers
Éditions Plon / Octobre 2010


Liberace, pianiste de génie, star américaine des années 1960, était-il fou? À travers une confession fictive, Amanda Sthers lui donne la parole. Celui qui a bouleversé les États-Unis puritains, l'un des premiers morts du sida médiatisés, évoque son parcours, son amitié avec Elvis et Streisand, son enfance, sa mère étouffante, son jumeau mort-né, ce double qu'il a cherché toute sa vie, cet amant à qui il a fait remodeler le visage pour qu'il lui ressemble trait pour trait avec quarante années de moins et qu'il a fini par jeter à la rue avec un simple sac-poubelle. Le roman d'une vie qui ressemble à une superproduction hollywoodienne.


- Luka et le feu de la vie
de Salman Rushdie
Éditions Plon / Octobre 2010


Dans la ville de Kahani, au pays d'Alifbay, Luka, 12 ans, mène une vie heureuse et paisible avec sa mère Soraya, son père Rachid Khalifa, conteur, et son frère Haroun, de vingt ans son aîné. Tout bascule le jour où son père sombre dans un sommeil sans fin. Pour le sauver, le jeune Luka doit alors partir à la recherche du Feu de la Vie. Reprenant la mer des histoires où son frère avait tant navigué, Luka, merveilleux petit seigneur des anneaux, devra traverser les obstacles magiques, voyager en tapis volant, éviter les ennemis, le Papapersonne, double fantomatique et malfaisant de son père, trouver son chemin dans les "brumes du temps" et surtout rapporter le Feu de la Vie. Dans sa course, Luka peut compter sur un chien et un ours magiques; mais surtout la plume de l'auteur, fantaisiste et amusée, souffle à son héros l'énergie du conte, le pouvoir de l'imagination.


- Mauve
de Fatou Diome
Éditions Flammarion / Octobre 2010


Un récit empreint de la couleur mauve, fruit de l'alliance entre le rouge et le bleu, dans un voyage sensoriel et littéraire. Ces deux couleurs évoquent différents aspects de la vie: une saison mauve, une heure mauve, une humeur mauve. Cette couleur est aussi une métaphore des relations entre l'Europe, bleue, et l'Afrique, rouge, comme un horizon entre le Nord et le Sud.


- Même pas mort
de François d'Epenoux
Éditions Anne Carrière / Octobre 2010


Paradoxe? La mort donne naissance à d'extraordinaires moments de vie: recueillis, tendres, bouleversants, mais aussi inattendus, surréalistes, cocasses et parfois même franchement drôles. Pompes funèbres, préparation de la cérémonie, condoléances. Très vite, la réalité reprend le dessus, matérielle, prosaïque. Combien de personnes autour du buffet? En d'autres termes, le corps est encore chaud qu'il faut penser viande froide. C'est comme ça, et c'est peut-être bien ainsi. À travers les neuf jours qui entourent la mort d'un père, de son opération fatale au lendemain de son inhumation, ce journal raconte l'incroyable marathon d'une famille soudée autour du disparu. L'émotion est constante et l'humour souvent présent. Jamais sacrilège, mais vital et sans doute salutaire. En forme d'hommage à un père qui "aurait été le premier à mourir de rire" devant l'incongruité de certaines situations. Parce qu'il tente, selon le mot d'Oscar Wilde, de "parler des choses graves avec légèreté" et raconte comment rester debout quand la douleur frappe fort, ce témoignage entièrement vécu se veut universel. Chacun pourra s'y reconnaître et, qui sait, y puiser un peu de force et de consolation.


- Mr Engleby
de Sebastian Faulks
Éditions Flammarion / Octobre 2010


"Je m'appelle Mike Engleby et je suis inscrit en deuxième année dans une vénérable université". C'est par cette brève présentation que l'on découvre la voix la plus fascinante et la plus singulière d'une longue lignée de narrateurs inquiétants. Malgré son intelligence, quelque chose dérange chez l'étrange et solitaire Engleby. Dès le moment où Jennifer Arkland, l'étudiante pour laquelle il nourrissait une véritable obsession, disparaît, une question ne cesse de se poser: est-il responsable? Le nouveau roman de Sebastian Faulks est une plongée envoûtante dans l'univers feutré de l'éducation anglaise, des publics schools aux universités d'élite, dont Engleby semble la troublante incarnation.


- Pute
de Maria Luna Vera
Éditions Buchet Chastel / Octobre 2010


"Louise va s'appeler David Russo, comme un con qui était à l'école avec nous et qui faisait du karaté. Je m'appellerai Rolando Vera, j'en ai déjà rêvé. On s'est fait faire des cartes de visite. On va travailler. Quand on travaille, on a des cartes de visite, c'est comme ça. C'est amusant. Je les ai fait imprimer, à Washington et 11th, près de chez moi. 100 business cards, 48 dollars, South Beach est cher. Mais c'était un investissement nécessaire, on va vite le récupérer. Plus on investit, plus on a en retour, c'est comme ça. Première difficulté, j'ai payé avec ma Visa, il y avait mon nom dessus, je leur avais dit que je m'appelais Rolando, je m'étais déguisée, la colombienne qui m'a encaissé m'a regardée étonnée, j'ai fait comme si de rien n'était, elle avait intérêt à ne pas me faire chier, elle n'a qu'à pas s'en mêler, chacun gagne ses sous comme il peut. La prochaine fois, je payerai cash. J'espère ne pas trop payer, c'est à moi d'encaisser".


- Satan à Goray
de Isaac Bashevis Singer
Éditions Stock / Octobre 2010


Goray, vers 1665, petite ville perdue dans la province de Lublin en Pologne. La communauté juive se remet tout juste des massacres perpétrés par les cosaques de Chmielnichi seize ans plus tôt, quand le bruit de l'arrivée du Messie, incarné par un certain Zabattaï Zevi, se propage comme une traînée de poudre. Un rabbin peu scrupuleux oriente alors les fidèles dans la lecture des textes sacrés, les incitant à abandonner leurs biens et à vivre dans le péché pour mieux se préparer à la rédemption. Plongeant ainsi la ville dans un chaos sans nom. Qui de Zabattaï Zevi, Rechele la prophétesse ou Reb Gedaliya imposera sa Loi à Goray? Dans Satan à Goray, Isaac Bashevis Singer nous immerge au cœurs d'une communauté déchirée par l'interprétation des textes qui la régissent, dévoilant ainsi les contradictions tragiques qui l'habitent. Vive, ardente, sa plume dépeint pour nous un monde magique et fascinant, que son talent de conteur fait revivre avec tendresse.


- Souvenir parfait de la mort
de Radoslav Petković
Éditions Gaïa / Octobre 2010


XVe siècle. À la croisée de l'Orient et de l'Occident, Constantinople, est l'objet de toutes les convoitises. Un jeune homme qui aspire à devenir soldat échappe à des accusations de sorcellerie et est contraint à devenir moine. Dès lors, Philarion, au lieu de devenir un archer exceptionnel, va suivre l'enseignement du philosophe Gemistos. En cette époque où religieux et philosophes sont influents, véritables conseillers du Pouvoir, les Romains ne jurent plus que par Aristote. Gemistos, en bon Hellène, remet Platon au goût du jour. De monastère en monastère, Philarion sillonne le Péloponnèse, dialogue avec son Maître non sans une ironie digne de Socrate, part à la recherche de manuscrits dans les bibliothèques nichées au creux des rochers du sud de la Grèce.Alors que les religions catholique et orthodoxe envisagent une union pour lutter contre l'empire ottoman envahisseur, Gemistos prône une autre vision, païenne, ô combien, de l'âme, car Platon intégrait la métempsychose à sa vision du monde. Et "l'âme qui chemine ne change que de nom et ce faisant conserve un souvenir parfait de la mort".Un roman qui amalgame subtilement religion, philosophie, théologie et ésotérisme autour de personnages historiques. Le seul personnage fictif est Philarion, fil conducteur de ce roman déconstruit.


- Storr
de Françoise Cloarec
ÉditionsPhébus / Octobre 2010


Qui est Storr? Le jour où Françoise Cloarec est contactée par un mystérieux couple de collectionneurs, elle ne se doute pas qu'elle va découvrir une œuvre époustouflante, jamais sortie de l'ombre. Sous ses yeux ébahis se déploient soixante-douze dessins au crayon et à l'encre de couleur, représentant cathédrales lumineuses, bâtiments exotiques et cités utopiques tout droit sortis de l'imaginaire de Marcel Storr, cantonnier de la ville de Paris décédé en 1976 dont on ne sait presque rien. Qu'importe. Écrire, n'est-ce pas se confronter à l'inconnu? Pas à pas, l'auteur reconstitue le parcours d'un enfant de l'Assistance publique élevé à la dure par des paysans sans scrupules, puis d'un homme blessé, illettré et solitaire, dont le talent fou s'est épanoui malgré tout. Le soir, le balayeur fasciné par Paris et les États-Unis se transforme en architecte: il dessine ses propres villes et sa propre vie. Françoise Cloarec signe là une évocation biographique bouleversante, véritable porte ouverte sur l'univers d'un créateur visionnaire, qui n'eut pourtant "pas de mode d'emploi, ni de l'art, ni du monde, ni du cœur".
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 12:32

- Tais-toi, je t'en prie
de Raymond Carver
Éditions de l'Olivier / Octobre 2010


"Il s'apprêtait à allumer une cigarette avec sa dernière allumette, mais ses mains se mirent à trembler. L'allumette s'éteignit et il resta là, tenant sa cigarette d'une main et sa pochette d'allumettes vide de l'autre, fixant d'un œil vide la forêt qui s'étalait à l'infini à l'extrémité de la prairie d'un vert cru, Harry, il faut qu'on s'aime, dit Emily. Il ne nous reste plus qu'à nous aimer, dit-elle". Nous sommes en 1976. Carver va très mal. Son mariage avec Maryann bat de l'aile, les problèmes d'argent s'accumulent, et, en dépit de ses efforts répétés pour vaincre son addiction (cures de désintoxication, adhésion aux Alcooliques Anonymes), l'écrivain semble s'enfoncer irrémédiablement dans l'alcoolisme. Gordon Lish, qui a déjà édité plusieurs de ses nouvelles dans Esquire et vient d'être nommé directeur de collection chez McGraw-Hill, lui propose un contrat.


- Théâtre
de Françoise Sagan
Éditions Stock / Octobre 2010


Dans la continuité des rééditions de l’œuvre de Françoise Sagan, les éditions Stock publient en un seul volume trois pièces de théâtre très différentes, dont une est inédite. L'excès contraire ou le chevalier de lait, l'inédite, est une pièce de boulevard. Drôle, rapide, enlevée, elle se situe en Allemagne, en 1914. Et, comme il se doit, les quiproquos et les allusions sexuelles se font la part belle. Frédéric, jeune lieutenant du troisième régiment de Uhlans de Saxe, est l'amant d'une nuit d'Adèle lorsque le mari de celle-ci rentre à l'improviste de la chasse. Le cocu demande réparation au jeune Frédéric qui se révèle capon et fuit dès le lendemain. Il trouve refuge chez la sœur du mari trompé pensant pouvoir l'épouser pour éviter le duel. Un piano dans l'herbe est peut-être plus proche de ce à quoi nous sommes habitués dans l'univers de Sagan. Les personnages ont une quarantaine d'années, ils sont réunis pour des vacances à la campagne et cherchent à retrouver leur jeunesse. Mais comme dit l'un des protagonistes: "La jeunesse, ma chérie, c'est aussi dangereux à réveiller qu'un tigre". Il fait beau jour et nuit est certainement la pièce la plus grave de cette sélection. Une jeune femme vient de sortir de l'asile où elle a passé trois ans à se demander si elle était vraiment folle, à s'inspecter, à avoir peur d'elle-même. Elle retrouve son mari et sa cousine qui n'ont pas toujours les meilleures intentions. On ne peut s'empêcher de penser au séjour que Françoise Sagan a effectué en cure de désintoxication et qu'elle raconte dans Toxique. Ces trois pièces se complètent et confirment si besoin était l'immense talent de conteuse de Françoise Sagan. Sa "petite musique" prend toute son ampleur dans des dialogues acerbes, drôles, froids ou tendres.


- Un loup à ma table
de Augusten Burroughs
Éditions 10-18 / Octobre 2010


Pour le petit Augusten, son père est une présence fantomatique, à peine signalée par une toux ou des volutes de tabac dans l'obscurité d'une pièce. Ce géniteur dévoré de psoriasis, Augusten l'aime plus que tout et ne souhaite qu'une chose, le lui prouver. Mais ce dernier en a décidé autrement et peu à peu, l'amour se mue en une haine tenace et acerbe. Jusqu'à ce qu'entre eux deux, commencent de drôles de jeux. Une autofiction introspective, angoissante et hors des sentiers battus, auscultant les traumatismes de l'enfance et le dysfonctionnement familial avec singularité et impétuosité.


- Un orage immobile
de Françoise Sagan
Éditions Stock / Octobre 2010


Au printemps de 1832, Flora, fille d'émigrés, née, élevée, mariée et devenue brutalement orpheline et veuve en Angleterre, arrive un beau jour à Jarnac pour y rouvrir Margelasse, le château de sa famille. Personne ne l'a aperçue encore dans la région quand Me Nicolas Lomont, trente ans, notaire, met son cheval en route vers Margelasse. L'histoire commence. Au début, c'est une tranquille histoire d'amour, puis vient le drame plein de bruit, de fureur, de passion. Le récit est tout entier rapporté par Nicolas, trente ans plus tard. Vieux, solitaire, peu porté à la littérature, il ne sait pas trop ce qui le pousse à saisir un cahier et tracer ces mots: "Si un lecteur découvre un jour ces pages", mais il continue. Me Lomont, bien qu'il décide plusieurs fois d'arrêter, de jeter son manuscrit au feu, se prend au jeu. Il dira tout. Il se surprend même à se griser de mots, à ressusciter d'une phrase ses amis morts, son ennemie disparue. Autant que pour l'histoire elle-même, violente, insolite, éperdue, on se passionne pour ce miracle qui transforme peu à peu chaque soir, quelques années avant 1870, un vieux notaire de province en un écrivain d'abord sage et classique, puis de plus en plus fougueux, débridé, lyrique. En un mot romantique. Un livre à part dans l'univers de Françoise Sagan, proche de Stendhal ou Maupassant.


- Une femme drôle
de Maryline Desbiolles
Éditions de l'Olivier / Octobre 2010


Cette "femme massive tout en noir, sans maquillage, sans mèche affriolante, les cheveux tirés et la robe noire comme une paysanne", c'est Zouc. Maryline Desbiolles l'a découverte un jour à la télévision, dans les années 70. Depuis, elle ne l'a jamais quittée. Zouc, cette comédienne étrange, pourvue d'un accent suisse et d'une voix capable de monter très haut dans les aigus lorsqu'elle se livre à l'une de ses incarnations: en scène, elle est à la fois la petite fille capricieuse, la mère exaspérée, la maîtresse d'école, la paysanne du Jura. Zouc, drôle à faire peur. En suivant le fil de son obsession, Maryline Desbiolles explore son propre passé. Souvenirs d'une enfance niçoise, la place Masséna, les camarades de classe, mais aussi savoyarde, avec la campagne où l'on passe les vacances, les odeurs fortes, le lapin qu'on saigne. Et le portrait de sa mère, cette "femme drôle", si différente de Zouc, et pourtant si proche, comme une image inversée.


- Une scandaleuse affaire
de Anita Shreve
Éditions Belfond / Octobre 2010


Le lycée Avery, prestigieuse pension de Nouvelle-Angleterre, est sous le choc depuis la découverte d'un film. Sur cette vidéo, les ébats sexuels de quatre élèves: trois garçons, ivres, et une fille de quatorze ans. Telle la boîte de Pandore, la cassette, dont le contenu circule bientôt sur internet, va libérer les secrets d'une petite communauté apparemment sans histoire, entre mensonges, adultères, hypocrisies, jalousies, culpabilité. La machine à broyer médiatique est en marche, n'épargnant personne, ni les adultes, ni les élèves, jusqu'au drame.


- Villa mimosa
de Belinda Alexandra
Éditions Belfond / Octobre 2010


Après la mort de leur père, Adéla et Klára voient entrer dans leur vie Milo?, un homme arrogant et volage, surtout intéressé par la fortune de leur mère. Et quand celle-ci meurt dans d'étranges circonstances, les deux orphelines doivent fuir Prague pour se protéger de ce beau-père résolu à récupérer leur héritage. Leur refuge: la maison de leur oncle en Australie. Tandis qu'Adéla s'épanouit dans le cinéma, Klára, pianiste virtuose, sombre peu à peu. Jusqu'à cette rencontre avec le doux et séduisant Dr Philip Page, qui va marquer la vie des deux jeunes filles à jamais. Amours impossibles, drames familiaux, vocations contrariées, c'est quand elles semblent enfin pouvoir vivre libres qu'Adéla et Klára vont devoir affronter les fantômes du passé, revenus mettre en péril leurs existences et celles de leurs proches.


- Ze Star
de Ben Elton
Éditions Belfond / Octobre 2010


99 000 candidats. 12 finalistes face à un jury impitoyable. À la fin, il n'en restera qu'un. Ça vous rappelle quelque chose? Ze Star ou l'émission qui passionne toute l'Angleterre. Chaque semaine, devant un public chauffé à blanc, le jury humilie à qui mieux mieux les apprentis chanteurs qui en redemandent. Un vrai carton d'audience qui fait le bonheur du richissime producteur, Calvin Simms. À voir... Car sa toute nouvelle épouse, par le jackpot alléchée, menace de divorcer. Calvin lui lance alors un défi: elle choisit le candidat, même le plus improbable; si Calvin parvient à le faire gagner, elle ne touchera rien; sinon, à elle la totalité de sa fortune. Prise au jeu, la future ex-Mme Simms se décide pour le prince de Galles en personne. Mission impossible? Pas pour le plus pourri des producteurs télé.


- À l'assaut du Khili-Khili
de W. E. Bowman
Éditions Payot & Rivages / Septembre 2010


"Quand vous vous balancez désespérément au bout d'une corde de trente mètres, il est important de savoir que l'homme qui se trouve à l'autre bout est un ami". On connaît l'Everest et l'Annapurna, mais qui sait que le plus haut sommet du monde est en fait le Khili-Khili? Découvert pendant la Seconde Guerre mondiale par des aviateurs alliés qui estimèrent son altitude à plus de 13 000 mètres, il fut l'objet d'une première mission de reconnaissance britannique en 1947 emmenée par le valeureux Trotter. Son rapport d'expédition décrivait le Khili-Khili comme un sommet extrêmement difficile, voire périlleux, mais dont l'ascension n'était pas totalement impossible. C'est une équipe de sept hommes, sept montagnards aguerris, qui se lance alors dans l'aventure: outre le chef de l'expédition, qui nous narrera cette épopée, on y trouve un guide (perpétuellement perdu), un médecin (perpétuellement malade), un interprète (perpétuellement incompris des autochtones), tous grands amateurs de spiritueux, ainsi que trois mille porteurs yogistanais fortement portés sur la renégociation de leurs prestations.À l'assaut du Khili-Khili, on l'aura compris, passe à la moulinette de l'absurde tous les poncifs héroïques du récit d'expédition en montagne, avec une efficacité rarement égalée dans l'art de la parodie. Un chef-d’œuvre méconnu de l'humour anglais.


- Antoine et Isabelle
de Vincent Borel
Éditions Sabine Wespieser / Septembre 2010


Quand ils se rencontrent à Barcelone en 1925, Antonio et Isabel rêvent d'une vie libre et neuve, à l'image des utopies du temps. Isabel a fui avec sa famille la misère de l'Andalousie, Antonio a gravi les échelons au grand hôtel Oriente. Avec ses camarades de rang, il s'enthousiasme pour la jeune République espagnole. Son engagement a tôt fait de l'entraîner dans le tourbillon de l'histoire: en 1936, il prend les armes, quittant à jamais Barcelone. La bataille de l'Èbre, la fuite précipitée avec la troupe en déroute, le camp de réfugiés dans les Alpes, où il retrouve sa jeune famille, puis le maquis, l'arrestation par les Allemands en 1943 et l'envoi au camp de Mauthausen, voilà où ses choix conduisirent l'homme vaillant et opiniâtre que fut le grand-père du romancier. Vincent Borel en effet ne cache pas ses intentions: rendre justice à ceux qui, installés en France, devinrent Antoine et Isabelle. En s'appropriant la mémoire des siens, l'écrivain prend la pleine mesure de la nécessité qu'a la littérature de témoigner. Se démarquant de la saga familiale, il inscrit le destin de ses proches dans l'épopée du vingtième siècle. L'histoire exemplaire de ses grands-parents est conduite en parallèle avec celle, non moins exemplaire, d'industriels lyonnais. De cette famille Gillet, aperçue par Antonio quand il était dans la claque de l'opéra de Barcelone, le romancier retrace les tribulations: s'immisçant dans les mariages arrangés et les alliances stratégiques, il donne chair et corps à ces capitaines d'industrie que les soucis d'équilibre boursier et d'acquisition de brevets menèrent, à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, à préserver coûte que coûte leurs intérêts. Le textile et la chimie étaient bien loin des idéaux de la Résistance. Alternant, dans une narration éblouissante, l'évocation des républicains espagnols et celle des nantis lyonnais, Vincent Borel convainc par l'intelligence de ses personnages: chacun a fait des choix, que le romancier ne s'arroge pas le droit de juger. D'éclairer plutôt, disant avec force et talent le pouvoir des mots.


- Au service du mal
de Jean-Marc Deville
Éditions Les Grandes Personnes / Septembre 2010


Défendre la veuve et l'orphelin? Plutôt mourir! Sauver l'humanité? Et puis quoi encore! Privé dès son plus jeune âge de sa sorcière de mère, Wilmuth entre au séminaire Inferno pour y suivre l'enseignement de l'infâme Triple-Mort, et vouer ainsi sa vie au service du mal. Pour son bonheur, notre héros a vu le jour au Moyen Âge, une époque sanglante à souhait. Et quoi de mieux quand on veut en découdre que d'affronter Charlemagne en personne? Mauviettes et rabat-joie, s'abstenir: tourner les pages de ce livre pourrait vous être fatal.


- Berceuse pour un pendu
de Hubert Klimko
Éditions Belfond / Septembre 2010


Quand il débarque à Reykjavík, le narrateur, un jeune immigré polonais, n'a d'autre choix que de s'inventer les métiers les plus improbables pour gagner sa vie. Il s'improvise artiste peintre amateur, mime de rue, poète sous le nom de plume de Hugo de Hugo; traîne avec Boro, excentrique peintre croate atteint d'une étrange phobie du vert et qui, à ses heures perdues, joue de l'harmonica à une orque apprivoisée. Et puis, il fait la connaissance de Szymon, Polonais lui aussi, compositeur, violoniste, jazzman un peu fou. Très vite, les trois hommes deviennent inséparables. Entre débrouille, aventures loufoques et petits tracas naît une amitié qui va transformer la vie du narrateur.


- Bibi
de Victor-Lévy Beaulieu
Éditions Grasset / Septembre 2010


Qui est cet homme déjà âgé, poliomyélitique et buvant trop dans un hôtel de Libreville? Il cherche au Gabon les indices que lui a laissés Judith, son premier amour, afin qu'il la retrouve dans un jeu de piste mondial qui l'a mené de l'Amérique à l'Afrique centrale, en passant par l'île de Pâques. Pourquoi elle ne vient jamais aux rendez-vous qu'elle lui fixe de pays en pays, il n'en sait rien. Il persiste, pourtant, chaque fois, à s'y rendre. Un ultime voyage le mènera jusqu'à la vallée de l'Omo, berceau de l'Histoire qui sera peut-être la conclusion de son histoire.


- Cléo
de Fred Bernard
Éditions Nil / Septembre 2010


Cléo est une jeune femme presque comme les autres. Elle n'est pas mince, mais elle n'est pas grosse non plus. Elle n'est pas moche, mais elle n'est pas top model non plus. Elle n'est pas idiote mais elle dit des bêtises. Elle n'est pas folle mais elle fait des bêtises. Bref, c'est une fille comme les autres et qui, comme les autres, se demande si elle n'est pas différente. Une jeune femme prétendument ordinaire. Un matin, elle part de chez elle rejoindre l'homme qu'elle vient de rencontrer. Il pleut, elle va s'abriter dans un café et toute sa vie défile dans ses rêveries. Sa vie, autant dire sa vie amoureuse car ce sont surtout les mecs qui préoccupent Cléo d. Et un mec, elle n'en a pas. Ou plutôt elle en a trop. Pourquoi ça ne marche jamais? Parce que Cléo est comme ça: amoureuse d'un homme, puis d'un autre, toujours à l'écoute de ses désirs et à la recherche du prince charmant. Et si, ce matin, elle partait rejoindre le bon? Grâce à ses inventions visuelles, Fred Bernard transforme la vie intime de Cléo en tourbillon graphique. Une vie intime qui en dit beaucoup sur notre époque puisque rien n'est inventé dans cette histoire: les propos ont été entendus, les situations ont été vues ou vécues. Bref, Cléo n'existe pas mais tout est vrai.


- Crépuscule irlandais
de Edna O'Brien
Éditions Sabine Wespieser / Septembre 2010


Edna O'Brien écrit ici le roman tumultueux et enfiévré de l'amour maternel. Il faudra un long chemin à Eleanora pour comprendre la vraie nature de sa mère, Dilly, qui pour elle avait toujours représenté le poids de la morale et de la tradition. Dilly avait eu beau vouloir dans sa jeunesse échapper à son destin de fille d'Irlande, elle était revenue au pays, résignée, et s'était mariée, après sa tentative avortée de fuite aux États-Unis. Sa fascination pour New York, son premier travail comme bonne à tout faire, et puis le rêve qui tourne court et, dès son retour, l'installation à Rusheen, cette campagne perdue où elle a vécu la majeure partie de sa vie: elle a tout le temps de se les remémorer dans l'hôpital de Dublin où elle attend un diagnostic. Âgée et malade, elle ne désire plus qu'une visite de sa fille, à qui elle n'a jamais cessé d'envoyer des lettres aimantes et fascinées. Eleanora, elle, a fui très jeune pour Londres l'étouffante campagne irlandaise. Elle y est désormais célèbre et détestée pour ses romans sulfureux. Quand enfin elle se rend au chevet de sa mère, c'est en coup de vent: elle prétexte un rendez-vous, et part retrouver un amant. Dans sa précipitation, elle oublie son journal intime. Quand elle s'en aperçoit, sa panique est vaine: la vie affranchie et passionnée qu'elle y consigne a sans doute tendu à sa mère un troublant miroir où celle-ci a pu reconnaître l'ombre de ses désirs passés. Eleanora découvrira, trop tard, la dimension de l'amour que lui vouait Dilly.


- Délivre-moi
de Yves Viollier
Éditions Robert Laffont / Septembre 2010


Quand les bulldozers du Mans mettent au jour un charnier datant des guerres de Vendée, la vie de Clotilde s'en trouve bouleversée. Depuis sa naissance, elle est assaillie par des images de guerre, de meurtres, de violences, associées à un visage de femme dont elle ne connaît que le nom: Setima. Longtemps suivie par des psychiatres, Clotilde a réussi à surmonter ce cauchemar. Les médicaments l'ont aidée. Son père aussi, qui l'adorait et, malgré l'opposition haineuse de sa mère, qui a réussi à prouver que cette femme était une des ancêtres de la famille ayant vécu pendant la Révolution. En grandissant, Clotilde s'est reconstruite. Devenue photographe, elle est partie travailler en Afrique dans l'humanitaire, a rencontré Marc qu'elle aime et avec qui elle a adopté un enfant centrafricain. Ils se sont installés dans la Vendée de son enfance et, si tout semble aller au mieux, Clotilde n'ignore pas que les fantômes qui la tourmentent sont toujours aux aguets. Quand les ossements des Vendéens massacrés dans la ville en 1793 s'étalent à la une des journaux, elle sait que le temps est venu de régler définitivement ses comptes avec le passé. Car ce sont bien des images de cette nuit atroce du 13 au 14 décembre 1793 qui la hantent depuis sa naissance. L'enquête de Clotilde va la conduire à découvrir le destin extraordinaire de son ancêtre.


- Désirer
de Richard Flanagan
Éditions Belfond / Septembre 2010


Dans une colonie anglaise de Tasmanie, un peintre fait le portrait d'une petite aborigène. Elle se prénomme Mathinna, elle est la fille adoptive de Sir John Franklin et de Lady Jane. Pour le gouverneur et son épouse, l'éducation de la fillette doit illustrer le triomphe de la civilisation sur l'état sauvage. En quelques mois, Mathinna devient la coqueluche de la colonie, avant de connaître un destin tragique. Des années plus tard, Londres bruit du scandale entourant la disparition de Sir Franklin, accusé de cannibalisme lors de sa dernière expédition. Désireuse de laver la mémoire de son mari, Lady Jane se tourne vers Charles Dickens, alors au sommet de sa gloire. De cette rencontre naît une pièce de théâtre qui va prendre une singulière résonance sur l'existence du grand écrivain, en proie à une grave crise conjugale.


- Divines amours
de Michaël Bracewell
Éditions Phébus / Septembre 2010


Londres, fin des années 1970: Ancien du prestigieux collège d'Eton, Miles Harrier est aussi beau que snob, et plus bourreau des cœurs que foudre de guerre. Après avoir fait perdre la tête à la fragile et artiste Kelly O' Kelly, il hésite entre les deux amies d'enfance qu'il vient juste de retrouver. D'un côté il y a Lucinda, charmante publicitaire; de l'autre Stella, mannequin inaccessible. Elles sont colocataires, ce qui n'arrange en rien les affaires de Mr Harrier. Mais il est loin de se douter que le destin va s'en mêler et que ce marivaudage s'avérera funeste, à la fois pour Kelly et pour Lucinda. Resté seul avec Stella, Miles espère entamer une passion à sa mesure. Mais l'idole se révèle aussi fascinante que frigide. Cet authentique premier amour saura-t-il s'épanouir malgré tout? Entre tendresse et ironie dévastatrice, Michaël Bracewell livre le portrait d'une génération et éclaire le chemin qui mène des enthousiasmes de la jeunesse au conformisme de l'âge adulte. Il signe une brillante comédie de mœurs où sont disséqués les jeux de l'amour et du hasard, le pouvoir de la beauté et le piège du désir.


- Fleur de sable
de Nathalie de Broc
Éditions Presses De La Cité / Septembre 2010


Ils étaient trois. Trois amis d'enfance, dans les années cinquante à Douarnenez, partageant la même passion pour la mer et une même volonté de faire fortune. Ils étaient trois garçons mais il fallait aussi compter avec Élisa, sœur de l'un, amoureuse de l'autre et secrètement adulée par le troisième. À bord de leur Fleur de Sable, fier langoustier construit de leurs mains, les trois inséparables se lancèrent vers la Mauritanie et, les saisons de pêche succédant aux saisons de pêche toujours plus fructueuses, la fortune vint. Jusqu'à ce que l'un des trois amis si pleins de certitudes commence à douter: avoir les poches pleines apporte-t-il vraiment le bonheur? Sa rencontre avec une femme, belle et mystérieuse fleur du désert, y était sans doute pour quelque chose. La donne, alors, changea du tout au tout. Et l'amitié avec. Paolig, Germain et Christian n'avaient plus les mêmes rêves et allaient le payer cher. Très cher.


- Fugue
de Anne Delaflotte-Mehdevi
Éditions Gaïa / Septembre 2010


Madeleine s'enfuit de l'école le jour de la rentrée. Sa mère, folle d'angoisse, crie son nom le long de la rivière. L'enfant est saine et sauve, mais Clothilde y perd la voix. Sa voix du quotidien, sa voix de mère, de fille, d'amie et d'amante lui fait désormais défaut. Clothilde consulte, se refuse aux traitements, se heurte à l'incompréhension de tous. Et, contre toute attente, prend des cours de chant. La voix chantée de Clothilde est belle, sublime même. Passionnée de musique depuis l'enfance, comment pourrait-elle se détourner de ce talent qui affleure? Un portrait de femme d'une tonalité bouleversante.


- Isabelle ou le crépuscule des Guanches
de Yves Jacob
Éditions Presses De La Cité / Septembre 2010


Près d'un siècle avant l'épopée de Christophe Colomb, le Normand Jean de Béthencourt part à la conquête des îles Fortunées (Canaries). Isabelle, superbe esclave guanche affranchie, sert d'interprète. Elle est tiraillée entre son amour pour Hannibal, fils d'un chef de l'expédition, et son attachement aux siens qu'elle souffre de voir asservis par ces conquérants vêtus de fer et brandissant la croix. Accusée de trahison, Isabelle est violée puis mutilée par des soudards français. Enceinte, se sentant indigne de l'homme qu'elle aime, elle décide de revenir auprès de son peuple, qui, elle le sait pourtant, condamnera son enfant à être un paria du fait de son sang étranger. La lente tragédie d'Isabelle devient alors intimement liée à celle des Guanches, gardiens de traditions séculaires, prisonniers des Européens sur leur propre terre.


- Journaux de jeunesse
de Anaïs Nin
Éditions Stock /Septembre 2010


Après la réédition des journaux intimes de Virginia Woolf, La Cosmopolite poursuit son entreprise et réunit ici l'ensemble des journaux de jeunesse d'Anaïs Nin, qui furent historiquement publiés en trois volumes séparés. Cette édition comprendra la partie inédite qui va de 1927 à 1931, pour marquer enfin la continuité de l'enfance à la rencontre avec Henry Miller. On y découvre une enfant naïve, avide de compliments et d'amour, qui cherche l'attention et la reconnaissance. Puis une jeune fille ravissante et intelligente qui fait la douloureuse expérience de la perte des illusions et de l'amour. Une jeune fille tiraillée entre son individualité et ce que sa famille et la société attendent d'elle. Sa mère, Joaquinito et Thorvald, ses frères, son père, éternelle figure de l'absent, côtoient ainsi dans ses journaux des personnages puissants et évocateurs, peintres et écrivains: D. H. Lawrence, Sinclair Lewis, Botticelli. Réalité et fantasme, quotidien et exceptionnel se croisent et se mélangent, dépeignant pour nous une époque passionnante que constituent les années 1917 à 1931. Les anecdotes croustillantes, témoignages d'un autre temps, se mêlent aux questions existentielles d'une jeune fille éprise de liberté dans un siècle qui étouffe la femme. Poèmes, chansons et petites pièces de théâtre viennent parfois se glisser entre ses confessions qui forment un récit foisonnant et éclectique. Lire ou relire les journaux de jeunesse d'Anaïs Nin, c'est comprendre l'écrivain qu'elle est devenue et découvrir avec elle la liberté d'être ce que l'on désire, sans fard et sans regrets.


- Jours toxiques
de Roxana Robinson
Éditions Buchet Chastel / Septembre 2010


Cet été-là, Julia Lambert, professeur d'art à New York et artiste peintre, accueille ses parents dans sa petite maison vétuste du Maine, au bord de l'Atlantique. Elle tient à s'occuper de son père, un ancien neurochirurgien autoritaire, et de sa mère, d'un naturel heureux et stoïque, qui perd inexorablement la mémoire. Quand Julia apprend de Steven, son fils aîné, que Jack, son cadet, se shoote régulièrement à l'héroïne, elle s'effondre. Héroïne. Le mot résonne avec incrédulité et angoisse dans cette famille cultivée, tolérante et sans histoires de la bourgeoisie américaine, et transforme ces jours de vacances en un piège tragique. Julia met tout en œuvre pour arracher son fils, esclave du velours noir que l'enfer de ses veines réclame goulûment, au danger et à une mort certaine. Elle rassemble autour de lui, pour une improbable médiation, outre ses parents et Steven, Wendell, son ex-mari, Hariett, sa sœur complexée et Ralph, un ancien héroïnomane devenu spécialiste de la désintoxication. Mais en s'invitant avec fracas au cœur d'une famille confrontée pour la première fois à l'addiction, l'héroïne convie aussi le blâme, la rage, la honte, les regrets et ravive d'intimes blessures. La tragédie de Jack fera voler en éclats les non-dits du cercle familial et révélera les failles de chacun sous les apparences du bonheur. Et s'il est vrai que le bonheur a un prix, pourquoi Jack serait-il le seul à en payer le lourd tribut?


- Juliette
de Anne Fortier
Éditions Michel Lafon / Septembre 2010


À la mort de sa tante préférée, Julie ne reçoit pour héritage qu'une mystérieuse clef, accompagnée de l'adresse d'une banque à Sienne. Elle s'envole aussitôt pour l'Italie et y trouve une liasse de papiers jaunis relatant les amours d'un jeune homme prénommé Roméo avec celle qui est sans doute son ancêtre, la belle Juliette Tolomei. La Juliette de Shakespeare. Alors que Julie déchiffre les parchemins, elle comprend que la sinistre malédiction prononcée six siècles plus tôt plane encore sur sa famille. Pourra-t-elle échapper au danger qui la guette à vouloir ainsi découvrir son destin?


- L'enquête
de Philippe Claudel
Éditions Stock / Septembre 2010


"C'est en ne cherchant pas que tu trouveras". Comment l'Enquêteur du nouveau roman de Philippe Claudel aurait-il pu s'en douter? Comment aurait-il imaginé que cette enquête de routine serait la dernière de sa vie? Chargé d'élucider les causes d'une vague de suicides dans l'entreprise d'une ville qui ressemble hélas à toutes les nôtres, l'Enquêteur est investi d'une mission qu'il doit mener à terme comme il l'a toujours fait. Des signes d'inquiétude s'emparent de lui peu à peu: l'hôtel où il s'installe accueille tantôt des touristes bruyants et joyeux, tantôt des personnes déplacées en détresse. Dans l'entreprise où il devrait être attendu afin de résoudre son enquête, personne ne l'attend et tous lui sont hostiles. Est-il tombé dans un piège, serait-il la proie d'un véritable cauchemar? On l'empêche de boire, de dormir, de se nourrir, on ne répond jamais à ses questions que par d'autres questions. Le personnel même est changeant, soit affable soit menaçant. À mesure qu'il avance dans ses découvertes, l'Enquêteur se demande s'il n'est pas lui-même la prochaine victime d'une machine infernale prête à le broyer comme les autres. On devine ainsi que l'impuissance de l'Enquêteur à clore son enquête reflète notre propre impuissance face au monde que nous avons construit pour mieux nous détruire


- L'entravée
de Ismail Kadaré
Éditions Fayard /Septembre 2010


Linda B. est une jeune fille aux rêves à première vue des plus simples: entre autres visiter la capitale de son pays. Mais c'est précisément ce qui lui est impossible. Dans la plupart des pays communistes existait une loi interdisant cet accès à une catégorie de gens dont Linda fait partie. Sa condition de reléguée évoque celle d'Eurydice, "entravée" elle aussi, et retenue aux enfers. Linda B. est vivante, elle, mais les lois de l'État albanais sont encore plus inflexibles que celles de la mort. Pourtant, une amie lycéenne, dans le rôle de la "passeuse", essaie de l'arracher à son assignation à résidence, du moins son enveloppe corporelle. Un dramaturge, de son côté, tente d'en extraire sa composante spirituelle. Réunie corps et âme, va-t-elle pouvoir accéder un jour à la réalisation de ses rêves? Dans cette œuvre majeure mariant, comme souvent chez lui, les mythes immémoriaux et une actualité historique à peine refroidie, Ismail Kadaré revient ici sur l'antique pacte d'Orphée, mais par une approche singulière, en essayant d'en décoder un aspect resté jusqu'ici inexpliqué.


- L'ombre en fuite
de Richard Powers
Éditions 10-18 / Septembre 2010


Adie Klarpol, jeune artiste désillusionnée, est engagée par une société d'informatique pour œuvrer sur un mystérieux système expérimental, baptisé "la Caverne". Ce fabuleux simulateur d'univers virtuels en 3D permet, comme par magie, de revisiter les chefs-d'œuvre de l'art. Au même moment à Beyrouth, Taimur Martin, professeur d'anglais, est pris en otage par des fondamentalistes islamistes. Isolé dans son cachot, seules sa mémoire et son imagination lui autorisent un peu d'évasion. Les deux histoires, l'une virtuelle, l'autre purement cérébrale, apparemment inconciliables, vont alors se nouer et entrer en connexion, pour le meilleur ou le pire.


- La ballade de Lila K
de Blandine le Callet
Éditions Stock / Septembre 2010


La ballade de Lila K, c'est d'abord une voix: celle d'une jeune femme sensible et caustique, fragile et volontaire, qui raconte son histoire depuis le jour où des hommes en noir l'ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, où on l'a prise en charge. Surdouée, asociale, polytraumatisée, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. Elle n'a qu'une obsession: retrouver sa mère, et sa mémoire perdue. Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d'un univers étrangement décalé, où la sécurité semble désormais totalement assurée, mais où les livres n'ont plus droit de cité. Au cours d'une enquête qui la mènera en marge de la légalité, Lila découvrira peu à peu son passé, et apprendra enfin ce qu'est devenue sa mère. Sa trajectoire croisera celle de nombreux personnages, parmi lesquels un maître érudit et provocateur, un éducateur aussi conventionnel que dévoué, une violoncelliste neurasthénique en mal d'enfant, une concierge vipérine, un jeune homme défiguré, un mystérieux bibliophile, un chat multicolore. Roman d'initiation où le suspense se mêle à une troublante histoire d'amour, La ballade de Lila K est aussi un livre qui s'interroge sur les évolutions et possibles dérives de notre société.


- La confidence de l'ange
de J. L. Calyel
Éditions Cherche Midi / Septembre 2010


William, Jessy. Deux jumeaux que tout oppose. Depuis leur plus tendre enfance, leur parcours est jalonné de défis relevés parfois au péril de leur vie. La fraternité a fait place à une haine féroce sous l'œil absent d'un unique parent. Un père absorbé par une vie très active et une mère disparue trop tôt dans le cœurs d'un enfant: celui de Jessy. Mamie Jo, la gouvernante, tente depuis toujours de combler les carences affectives et maintenir un équilibre familial fragile. Malgré ses efforts et son amour, la situation se dégrade un peu plus chaque jour. Les altercations se succèdent entre les garçons devenus adolescents. Seul refuge pour Jessy, l'écriture et l'intime conviction d'être accompagné de maman. Les confidences chuchotées en prière et les faits inexpliqués, dont il est le seul témoin, soulignent le lien indestructible qui l'unit à elle pour l'éternité. À l'âge adulte, chacun des jumeaux embrasse une carrière opposée. Les années passent. Le lien fraternel est définitivement rompu. Jusqu'au jour où un événement bouleverse l'ordre des choses jusqu'à ébranler les fondements de la vie.


- La couleur des sentiments
de Kathryn Stockett
Éditions Jacqueline Chambon / Septembre 2010


Chez les Blancs de Jackson, Mississipi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine et s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre État, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, a pu partir sans même lui laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante. Passionnant, drôle, émouvant, La Couleur des sentiments a conquis l'Amérique avec ses personnages inoubliables. Vendu à plus de deux millions d'exemplaires, ce premier roman, véritable phénomène culturel outre-Atlantique, est un pur bonheur de lecture.


- La petite Malika
de Habiba Mahany et Mabrouck Rachedi
Éditions JC Lattès / Septembre 2010


Dès 5 ans, Malika est repérée pour ses dons exceptionnels. Pour elle qui tient les comptes de la famille, les jeux de maternelle sont enfantins. Comment s'épanouir dans un milieu sourd et aveugle à ses talents? Avec une mère persuadée que"précoce" est synonyme de" grossesse précoce" et qui refuse que sa fille saute une classe. Trop mature pour ses copines, trop singulière pour les adultes, Malika cultive sa différence. À 13 ans, son destin bascule, lorsqu'elle se retrouve isolée dans une chambre d'hôpital. Entre la vie et la mort, elle découvre Nietzsche et la philosophie qu'elle expérimente avec un enthousiasme qui déborde parfois. Écrit à deux voix par des enfants de la banlieue, La Petite Malika est un roman plein de fraîcheur et de drôlerie qui évoque avec délicatesse la difficulté de grandir.


- La solitude du Docteur March
de Geraldine Brooks
Éditions Belfond / Septembre 2010


Dans le Massachusetts, à Concord, un homme quitte femme et enfants pour s'engager auprès des nordistes. Un père aimant, mari fidèle et abolitionniste convaincu: le docteur March. Enrôlé comme aumônier, March va bientôt voir ses certitudes ébranler par les atrocités commises sur le champ de bataille. Mais rien n'aurait pu le préparer à retrouver celle qu'il n'a jamais pu oublier: la belle et douce Grace, une esclave rencontrée vingt ans plus tôt. Entre attirance tragique et culpabilité dévorante, engagements humanistes et devoirs familiaux, lynchages publics et mise à sac de plantations, March va devoir affronter des épreuves qui le changeront à jamais. Seul face à lui-même, sur une terre où s'effacent les frontières entre le bien et le mal.


- Le buveur
de Hans Fallada
Éditions Denöel / Septembre 2010


Erwin Sommer, citoyen estimé de sa ville, mène une vie paisible, heureux propriétaire d'un florissant magasin de produits agricoles, marié depuis quinze ans à Magda. Une série d'échecs professionnels et de tensions grandissantes dans son couple l'entraîne à boire: il découvre la plénitude de l'ivresse, les joies de la débauche et de l'oubli. Lucide sur sa dépendance et sa lâcheté, Sommer continue malgré tout, toujours plus bas, toujours plus vite, à faire le choix de l'alcool, des compagnons de misère et du suicide social. D'humiliations sordides en cuisantes défaites, de formidables beuveries en terribles disputes avec sa femme, il finit derrière les barreaux où il entame une monumentale gueule de bois. Peinture réaliste des bas-fonds de la société allemande et des recoins les plus sombres de l'âme humaine, ce récit écrit en 1944 est à la fois un brûlant témoignage d'une atroce dépendance dont Fallada lui-même ne réussit jamais à se débarrasser, et une extraordinaire peinture des mœurs sociales, judiciaires et pénitentiaires d'une époque. Du grand Hans Fallada, noir et grinçant.


- Le jour où le ciel s'en va
de Jean-Philippe Domecq
Éditions Fayard / Septembre 2010


Ça commence sur une plage d'été, bondée, du temps on y allait en foule, avec ses criailleries, sa torpeur d'ennui trompé en masse. Tout va bien, comme toujours. Vers six heures, deux coups de vent, les ballons qui s'envolent, les piquets et fanions qui sifflent, les nappes des paillotes qui se soulèvent. Et puis, rien. Deux heures plus tard, c'est la Rafale. Tout le sable soulevé. Jusqu'au dessus de la falaise d'immeubles d'été, jusqu'aux parkings et routes où fuiront, après le souffle qui a tout aspiré, les marées de voitures en panique. Dans les bars, les rues, les halls d'hôtels, les gens se sont engouffrés, n'entendant même pas que leurs cris ne résonnaient plus qu'en eux. C'était comme un écho qui aurait siphonné le son, se dira-t-on plus tard. Et certains, les uns partis vers les dunes et d'autres réfugiés dans une villa abandonnée, sont assez loin de tout ça pour remarquer que le ciel paraît se tendre inexorablement, lisse, en rideau peu à peu tiré vers un fond qui là-haut s'éclaire jusqu'à l'aube, comme si apparaissait l'espace derrière… derrière le ciel, pour le dire à l'humaine. Pendant ce temps, bien sûr, les êtres continuent leurs petites intrigues; mais, dépassés, ne comprenant rien à "ce qui arrive", ils communiquent et perçoivent comme jamais.


- Le pas de l'adieu
de Giovanni Arpino
Éditions Belfond / Septembre 2010


Comme tous les dimanches, le Pr Giovanni Bertola reçoit la visite de son ancien élève, Carlo Meroni. Comme tous les dimanches, les deux amis se lancent dans une âpre partie d'échecs. Comme tous les dimanches, ils discutent à bâtons rompus de sciences, de mathématiques, de philosophie, des femmes, de la vie. Un jour, l'irruption d'une inconnue, Ginetta, stupéfiante d'aisance et de désinvolture, va bousculer leur routine. Si elle s'offre sans états d'âme à Carlo, c'est le vieux professeur, cet homme fier et profondément irrévérencieux, qui fascine Ginetta. Jusqu'à cette nuit ou Carlo confie à la jeune femme l'étrange promesse qu'il a faite à Bertola. La découverte du pacte secret qui unit les deux hommes va précipiter l'issue de cette ultime partie d'échecs.


- Le plus bel endroit du monde est ici
de Miralles et Santos
Éditions Fleuve Noir / Septembre 2010


Iris a trente-six ans et des idées noires plein la tête. Ses deux parents viennent de mourir dans un tragique accident et, en une seconde, toute sa vie a basculé. Par un après-midi froid et gris, elle songe même à en finir. Son regard se pose alors sur la devanture d'un café auquel elle n'avait jamais prêté attention auparavant. Son nom étrange, Le plus bel endroit du monde est ici, éveille sa curiosité. À l'intérieur, il ne reste qu'une table libre, l'homme derrière le comptoir l'invite à s'y asseoir. Sans trop savoir pourquoi, Iris se laisse guider et fait bientôt une rencontre touchante, inoubliable, magique. Il s'appelle Luca, il est italien et, pendant six jours d'affilée, ils vont se retrouver dans cet endroit hors du temps, loin des soucis du quotidien. Petit à petit, Iris retrouve le sourire. Mais l'après-midi du septième jour, Luca ne réapparaît pas. Iris comprend qu'il ne reviendra plus mais, surtout, qu'il lui a ouvert une porte dont elle ne soupçonnait pas l'existence: celle du bonheur. Le plus bel endroit du monde est ici, huit petits mots qui vont tout changer, sa vision du monde, sa vie et peut-être la vôtre.


- Les jeux de la nuit
de Jim Harrison
Éditions Flammarion / Septembre 2010


Dans la veine de ses plus grandes nouvelles, tisse trois destins solitaires, trois personnages tragiques en quête de rédemption qui évoluent dans l'Amérique idéale de l'écrivain, aux habitants aussi rudes que les saisons du Montana. On découvre Sarah, une adolescente qui cherche à assouvir un désir de vengeance irrépressible après l'agression dont elle a été victime à l'âge de quinze ans. On retrouve avec délectation Chien Brun, à la recherche de l'âme sœur. Et enfin un loup-garou en proie à de terribles accès de violence les soirs de pleine lune. Avec humour, émotion et une profonde humanité, Jim Harrison justifie une fois de plus son statut de maître de la littérature américaine.


- Les ombres du souvenir
de Roger Martin
Éditions Cherche Midi / Septembre 2010


Héléna Rénal est encore une jeune fille lorsqu'elle est condamnée pour parricide. Vingt ans plus tard, innocentée, c'est une femme meurtrie mais combative qui sort de la prison de Rennes, bien décidée à utiliser l'argent de son indemnisation pour venir en aide à d'autres victimes d'erreurs judiciaires. À la tête de L'Agence du dernier recours, basée à Avignon, elle mène depuis trois ans des contre-enquêtes difficiles sur la seule foi de son intime conviction. Un jour, elle reçoit la visite de Jennifer, une ancienne codétenue qui l'a beaucoup épaulée. Celle-ci la supplie d'enquêter sur la mort d'une amie en prison, décès d'autant plus suspect que deux de ses frères ont, eux aussi, connu une fin mystérieuse dans d'autres établissements pénitentiaires. Entre Avignon, Paris et Le Gévaudan, Héléna Rénal ira de surprise en surprise au cours d'une recherche mouvementée durant laquelle elle recevra le soutien inattendu d'un lieutenant de gendarmerie, David El Khaïdi, en quête d'une personne disparue. Ensemble, ils devront surmonter des épreuves périlleuses et déjouer les pièges d'adversaires sans scrupule avant de mettre en lumière des faits incroyables et de dénouer les derniers fils d'une histoire tragique et violente.


- Les quatre morts de Jean de Dieu
de Andrée Chedid
Éditions Flammarion / Septembre 2010


"Elle aurait aimé crier, se battre, soustraire Jean à cette fin. Elle aurait tant voulu prolonger leurs âges, vivre jusqu'au bout. Qu'ils s'accompagnent mutuellement, longuement, le plus longuement possible et entrer dans la nuit ensemble en se tenant la main. Maintenant il fallait peu à peu envisager, admettre, accepter le poids de cette main froide, qui n'avait plus de vie, qui n'avait plus de sens. Admettre, accepter, se résigner. Non. Jamais. Ce serait comme trahir". De la guerre d'Espagne à la chute du mur de Berlin, Andrée Chedid fait le portrait d'un enfant du siècle dans ce roman profond et émouvant qui est comme la quintessence de toute son œuvre.


- Lait noir
de Elif Shafak
Éditions 10-18 / Septembre 2010


Comment concilier l'écriture et la maternité? Dans ce roman polyphonique, Elif Shafak fait parler les voix intérieures qui depuis toujours l'ont questionnée et raconte sa propre expérience. Miss Cynique Intello, miss Ego Ambition, miss Intelligence pratique, Dame Derviche, Maman Gâteau et Miss Satin Volupté sont autant de petites créatures mentales et capricieuses, qui tentent de s'imposer à l'esprit d'une trentenaire en mal de repères. Convoquant de grandes figures littéraires telles que Simone de Beauvoir ou Virginia Wolf, Elif Shafak conte avec humour et érudition, la bataille rangée de la femme d'hier, d'aujourd'hui et de demain, pour nous dire que tout lui est possible.


- Lunar park
de Bret Easton Ellis
Éditions 10-18 / Septembre 2010


Où s'arrête le réel? Où commence la fiction? Dans cette œuvre introspective, Bret Easton Ellis nous dévoile les coulisses de sa vie d'écrivain. Usé par ses excès, l'auteur sulfureux décide de se ranger. Mais un nouvel assaut de dérapages contrarie le tableau idyllique et, très vite, l'autobiographie vire au cauchemar.


- Lycée out
de Claire Loup
Éditions Plon / Septembre 2010


Que faire quand on a un petit ami qui a le mauvais goût de vous quitter en expédiant une carte postale sans même la glisser dans une enveloppe? Pleurer? Ce n'est pas le genre d'Emma. Se venger, sûrement, d'autant qu'il est davantage question d'amour-propre que de grands sentiments. Et la vengeance d'Emma est somptueuse, imaginative, inattendue. L'amoureuse délaissée devient une redoutable combattante, une "Napoléonienne de l'amour", comme elle se surnomme elle-même. Le seul détail que la brillante stratège a négligé, c'est qu'elle attirerait l'attention d'un garçon inconnu qui lui donnerait la réplique en se dissimulant sous le pseudo de Don Juan.


- May le monde
de Michel Jeury
Éditions Robert Laffont / Septembre 2010


May a dix ans. Peut-être est-elle en train de mourir. Le Dr Goldberg l'a envoyée en vacances dans la maison ronde, au milieu de la forêt, rejoindre quatre locataires, Thomas et Lola, Nora et la docteure Anne. Ils sont chargés en fait de distraire les enfants malades. Et de leur apprendre le monde. Un monde qui ressemble au nôtre. Mais qui n'est pas le nôtre, qui en est prodigieusement distinct et distant, sur une autre "brane". Ou tout, en réalité, est différent, subtilement ou violemment. Le Dr Goldberg vous expliquera ça. Encore heureux qu'il y ait le changement, sans lequel la vie ne vaudrait pas d'être vécue. La langue de ce roman est étrange. Ce n'est pas tout à fait la nôtre. C'est celle d'un autre univers, parallèle si l'on veut, autorisé par la théorie des cordes, et ou les personnages ont la faculté de passer d'un monde à l'autre, voire peut-être de créer des mondes, la faculté de changer. May le monde est peut-être le monde que la petite May mourante est en train de se créer pour y vivre (qui sait?) à jamais. Peu de romans de science-fiction sont aussi bouleversants. Aucun n'a jamais été aussi loin dans l'originalité en s'attaquant aux règles même du langage sans jamais sombrer dans l'inintelligibilité ou l'obscurité.


- Mémoire vive
de Vanessa Caffin
Éditions Belfond / Septembre 2010


Du haut de ses trente ans, Sara n'a jamais su pleurer. Elle ne peut pas; son corps est sec. Elle vit seule, sans amis, et se tient à l'écart des hommes. Journaliste dans un grand quotidien, elle fait illusion auprès de ses collègues et de sa famille, qui la voient comme une personne curieuse et engagée, quoique indéchiffrable. Alors qu'elle peine déjà à faire le deuil de son grand-père, sa grand-mère Minouche lui confie un secret. Elle a aimé pendant la guerre un autre homme, un peintre, qui serait son véritable grand-père. Bien décidée à retisser le fil de l'histoire, Sara part dans le Sud-Ouest à la rencontre de cet hypothétique parent. Mais comment enquêter sur ses aïeux quand on a soi-même tant de mal à construire sa vie? Confrontée à la mort, à la jalousie, à la maladie et à sa propre fragilité, Sara s'enlise dans sa quête et déterre peu à peu les secrets. Mais la vérité est peut-être plus insidieuse qu'on ne le croit. Et personne n'en ressortira indemne.


- Mes alliances
de Elizabeth Gilbert
Éditions Calmann Lévy / Septembre 2010


À la fin de son périple autour du monde qu'elle relata dans Mange, Prie, Aime, Elizabeth Gilbert s'éprenait de Felipe, citoyen australien natif du Brésil. Ils se jurèrent fidélité, mais, échaudés par des séparations douloureuses, se promirent de ne jamais convoler en justes noces. Le Ciel, ou plutôt l'immigration américaine, en décida autrement: le couple serait obligé d'envisager une union officielle afin que Felipe puisse remettre les pieds aux États-Unis. "Condamnée" à se marier, Elizabeth Gilbert résolut de juguler sa peur de l'institution en s'y intéressant de plus près. Pendant près d'un an, et tout en parcourant l'Asie du Sud-Est avec son compagnon dans l'attente d'un visa en règle, elle se consacra à l'étude de ce sujet. Mes alliances est le fruit des réflexions d'une femme qui a cherché à se réconcilier avec l'idée du mariage.


- Moins que zéro
de Bret Easton ellis
Éditions Robert Laffont / Septembre 2010


Clay, jeune étudiant sur la côte Est, revient à Los Angeles pour les vacances de Noël. Il erre de fête en fête, avec les filles et fils de riches producteurs, essaye diverses drogues, se demande ce qu'il éprouve pour sa petite amie, couche avec celles et ceux qu'il croise, au hasard des rencontres. Il observe avec un froid détachement le mal-être, le désœuvrement désabusé et halluciné de ceux qui l'entourent, l'angoisse, le vertige tapis dans l'apparente indifférence, la recherche incessantes de plaisirs, l'accoutumance l'apathie, et le vide qui les consument. Clay remarque sur les panneaux publicitaires de L.A. cette étrange injonction "Disparaître ici". Dans ce monde miroitant, factice, qui ne parvient plus à masquer le désespoir et la violence qu'il engendre, il est difficile de rester en vie. Le sexe, l'ivresse, l'argent n'apportent ni le bonheur ni la puissance escomptés. Mais ils demeurent peut-être les derniers objets du désir, pour se sentir encore vivant.


- Onze rêves de suie
de Manuela Draeger
Éditions de l'Olivier / Septembre 2010


À l'occasion d'une manifestation interdite, la bolcho pride, un groupe de jeunes gens se lance dans une opération gauchiste qui échoue. Ils se retrouvent piégés dans un bâtiment en flammes. Ils invoquent alors la figure de la Mémé Holgolde, une grand-mère immortelle qui a dominé leurs années d'orphelinat, de ghetto et de violence, et qui a formé leur sensibilité à la révolution mondiale et au merveilleux. Tandis que l'incendie fait rage, ils se remémorent le monde qu'ils ont connu, peuplé de soldats, d'invalides, de pogromistes, d'enfants inquiets et d'adultes qui n'ont plus d'espoir. À leurs souvenirs se mêlent les contes de leur enfance, en particulier les aventures de l'éléphante Marta Ashkarot, qui marche sans fin d'existence en existence. Et bientôt eux-mêmes deviennent des créatures féeriques: des cormorans étranges qui maîtrisent l'écoulement du temps et vivent dans le feu. Immobiles dans le brasier, ils échangent fraternellement leurs identités. Ils rêvent. Ils écoutent une célèbre chanteuse soviétique. Leurs mémoires se rejoignent. Ils sont ensemble. Pour toujours.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 12:28

- Pied-de-mouche
de Adam Mars-Jones
Éditions JC Lattès / Septembre 2010


Je ne suis pas certain de pouvoir prétendre avoir pris place dans l'alphabet humain, même en tant que vingt-septième lettre honoraire. Je suis plutôt comme un signe de ponctuation particulier, une cédille, un umlaut ou un pied-de-mouche, difficile à dénicher sur le clavier d'un ordinateur ou d'une machine à écrire. Voici un pied-de-mouche: C'est le nom de plume de John Cromer. Il est excentrique, marginal, à peine présent dans les interstices de la vie des autres. Atteint depuis sa petite enfance de la rare maladie des os de verre qui le cloue au lit, John Cromer développe une intense réflexion et sonde intérieurement les possibilités du langage et de l'imagination. D'une façon ou d'une autre, il doit sortir de son carcan de reclus pour se faire une place dans le monde. Pied-de-mouche est l'exploration d'une vie solitaire mais riche, une histoire passionnante avec ses seconds rôles de goules, de surveillantes et d'aventuriers sexuels.


- Sommeil des Dieux
de Erwin Mortier
Éditions Fayard / Septembre 2010


Une très vieille femme, Helena, se remémore sa très longue vie, qu'elle consigne dans des cahiers que personne ne lira jamais. Les dialogues avec Rachida, l'infirmière marocaine qui s'occupe d'elle, constituent son seul contact avec le monde actuel, après le décès de sa fille, de son époux et de son frère. Le monde d'Helena, petite-fille d'un grand propriétaire terrien de Flandre française et fille d'un négociant flamand de Gand, est celui de la Belle Époque, à la lisière de deux pays et de deux langues. À la veille de la Première Guerre mondiale, elle part avec sa mère et son frère passer les vacances d'été dans la famille de sa mère, ce séjour en France durera toute la guerre. Le théâtre de la destruction devient, pour Helena, le théâtre d'une initiation sexuelle et d'une libération personnelle. Écrit dans la langue sensuelle, lyrique, et poétique qui constitue la petite musique d'Erwin Mortier, Sommeil des Dieux est la description de l'étrange contradiction, presque surréaliste, qu'offre la guerre: orgie de violence gratuite, absurde, mais aussi, de manière perfide, spectacle sublime d'un gigantesque feu d'artifice. Il émane de ce récit empli de non-dits un charme et une fascination jamais morbides.


- Sors de ce corps, William !
de David Safier
Éditions Presses De La Cité / Septembre 2010


Deux dans un corps, c'est un de trop. Afin de réparer ses erreurs et reconquérir l'homme de sa vie, Rosa décide d'avoir recours aux services de Prospero, un magicien soi-disant capable de faire voyager les gens dans le passé. Et voilà comment la jeune femme se réveille dans la peau du génial William Shakespeare. Lequel, oh dear, n'apprécie pas vraiment cette cohabitation forcée. Loufoque, rythmée et profondément humaine, la nouvelle comédie de David Safier offre un grand moment de divertissement


- Suite(s) impériale(s)
de Bret Easton Ellis
Éditions Robert Laffont / Septembre 2010


Clay, l'anti-héros du premier best-seller de Ellis, Moins que zéro, revient à Los Angeles. Il a vingt ans de plus, il est un peu plus vieux, un peu plus seul et désœuvré. Il retrouve ceux qu'il a connus dans sa jeunesse, Blair, Trent, Julian, Rip... les représentants d'une génération dorée et perdue, abandonnés à la vacuité, la solitude et la vanité qui les détruisent. Producteur associé à l'adaptation cinématographique de son dernier scénario, Clay participe au casting du film, joue de son pouvoir, séduit Rain, une jeune actrice sublime et sans talent, lui fait de fausses promesses. Il est prêt à tout pour la posséder. Mais qui manipule qui? Clay découvre vite qu'il est constamment observé et suivi.


- Surtout ne pas déranger !
de Tilly Bagshawe
Éditions Belfond / Septembre 2010


Honor Palmer a un rêve: rendre à l'hôtel familial, jadis le joyau des Hamptons, sa splendeur d'antan. Et elle a fort à faire entre les dettes contractées par son père, les exigences financières démentielles de sa sœur et les travaux de remise aux normes. Mais le pire est à venir: juste au moment ou Honor pense avoir la tête hors de l'eau, voici qu'AntonTisch, un riche homme d'affaires au passé sulfureux, entreprend d'ouvrir un hôtel non loin de là. Surtout, il en a confié la gérance à Lucas Ruiz. Entre l'héritière déchue et le self-made-man majorquin, la guerre est déclarée. Des Hamptons à Manhattan, en passant par Boston, Paris et Monte-Carlo, Honor et Lucas vont se livrer une bataille sans merci pour régner sur le monde des palaces. À moins qu'ils aient plus à gagner en cédant à l'attirance qui les pousse irrésistiblement l'un vers l'autre.


- The anomalies
de Joey Goebel
Éditions 10-18 / Septembre 2010


Dans une petite ville du fin fond du Kentucky, ils sont une brochette de cinq déjantés, réunis pour former le plus hallucinant des groupes de rock. À la guitare, Opal, octogénaire rebelle en t-shirt punk et bottes à franges. À la basse, Ember, 8 ans seulement, mais déjà aussi caractérielle que la pire des ados. Une bombe sexuelle frigide à la batterie, un Irakien gay aux claviers, et derrière le micro, Luster, le black intello-bizarre. Entre trajectoires improbables et délire collectif permanent, ils répètent pendant des semaines, bien décidés à mettre le feu, et voilà qu'une scène s'offre soudain à leur groove ravageur. En ville comme pour chacun d'entre eux, rien ne sera plus jamais comme avant. Vous avez dit rock'n'roll?


- Traîne pas trop sous la pluie
de Richard Bohringer
Éditions Flammarion / Septembre 2010


"Je suis arrivé devant l'hôpital posé à quai comme un cargo la nuit. Ses lumières immobiles sous la pluie. Planté là sous le néon, dégoulinant de l'averse. Le vent frissonne sur les flaques. Quelqu'un marche vite. Un taxi ferme sa lumière. J'y suis. J'ai demandé au toubib, perdu au milieu des perfus, des chariots, des solitaires sans un son, et puis d'autres qui en ont marre. On sait plus si c'est de la vie. J'ai demandé au toubib s'il me gardait cette nuit. Il a dit oui". Richard Bohringer


- Un livre de raison
de Joan Didion
Éditions Robert Laffont / Septembre 2010


Un Livre de raison est un chef-d’œuvre sur l'innocence et le mal. Dans son style habituel, sensible et tranchant, Joan Didion continue d'explorer l'atomisation de la société contemporaine en faisant le portrait de deux femmes aux prises avec l'implacable réalité d'une vie à la marge, dans un pays au futur incertain. La narratrice du roman, Grace Strasser-Mendana, est d'origine américaine, mais elle est devenue par son mariage, puis par son veuvage, une propriétaire riche et influente de Boca Grande, petite "république" fictionnelle et délabrée d'Amérique Centrale. De sa formation d'ethnologue elle a conservé une passion pour l'observation des êtres humains, et si elle possède une grande partie des richesses du pays, elle en connaît aussi tous les secrets. Alors qu'elle se meurt lentement d'un cancer, Grace mène une dernière enquête autour de Charlotte Douglas, une belle Américaine de quarante ans échouée à Boca Grande dans l'espoir de retrouver sa fille rebelle en fuite, et qui a été abattue d'une balle dans le dos au cours d'une des nombreuses révolutions qui secouent le pays.


- Frères de sang
de Richard Price
Éditions Presses De La Cité / Août 2010


Le Bronx, dans les années 1970. À bientôt dix-huit ans, il est temps pour Stony de choisir son chemin. Tout le pousse à suivre les pas de son père, et à devenir électricien? Une perspective qui ne l'enchante guère. Mais entre une petite amie volage, un jeune frère anorexique qu'il essaie de protéger de leur mère et une famille envahissante, Stony n'a pas le temps de penser à son avenir. Pourtant, lorsqu'il trouve un emploi dans un hôpital, il se prend à rêver d'une autre vie que celle à laquelle la tradition familiale le destine. Mais pourra-t-il échapper à ses origines? Véritable tragédie de l'ordinaire, cette chronique d'une famille unie mais dysfonctionnelle, écrite alors que Richard Price n'avait même pas trente ans, était inédite en France jusqu'à ce jour.


- À la folle jeunesse
de Ann Scott
Éditions Stock / Août 2010


"C'est le dernier jour, mais je ne le sais pas encore. Exactement comme au moment où a été pris ce Polaroïd. Je dois avoir dix ans, mes yeux sont plissés de fureur parce qu'on me force à me tenir face au soleil ou parce que je n'existe qu'en photo; le tee-shirt bleu ciel des Dents de la mer ne me rappelle rien, le banc de sable qu'on devine flou derrière non plus, et du jour où cette photo a été prise, je ne sais que ce qu'on m'en a dit: qu'après l'avoir éventée pour la faire sécher, au lieu de l'empocher comme n'importe quel parent, ma mère me l'a tendue comme si elle ne voyait vraiment pas quoi en faire. Maintenant je la regarde sans me reconnaître tant je n'ai aucun souvenir d'avoir été aussi déterminée, aussi certaine, à cet âge, de ce que j'étais et de ce que je refuserais de devenir, et je finis par penser que si je dois quelque chose à quelqu'un, c'est à cette gamine énervée qui ne fixait pas sa mère mais un point déjà bien au-delà". Au fil d'une journée où se croisent ceux qu'on a trop aimés ou pas assez, un passé resurgit et se déconstruit peu à peu. À la folle jeunesse exprime, avec le plus de sincérité possible, les plus gros mensonges. Et inversement.


- Ardoise
de Philippe Djian
Éditions 10-18 / Août 2010


"Il y a cette idée de devoir quelque chose. D'être redevable. D'avoir une ardoise quelque part. Et un jour, il faut régler ses comptes. Ma dette, envers certains écrivains, ne sera jamais réglée. Je ne m'en acquitte que d'une faible part.D'un cœurs joyeux". Philippe Djian


- Bamako climax
de Elizabeth Tchoungui
Éditions Plon / Août 2010


Elliott Marie-Rose est Antillais, Elio Della Valle, juif italien. Tous deux sont amoureux de Céleste, la reporter afropéenne mondaine, aventureuse et fantasque. Mais paralysés par leur problème d'identité, ils échouent à l'aimer vraiment: Elio, son mari, ne peut s'empêcher de la tromper; Eliott, son amant, n'arrive pas à dépasser le cap du marivaudage. Un jour, alors que de violents attentats terroristes frappent les intérêts occidentaux des franges du Sahara au golfe de Guinée, Céleste disparaît en Afrique. Aurait-elle fui ses désillusions amoureuses pour se lancer dans une dangereuse aventure au cœurs du continent originel?


- Béatrice et Virgile
de Yann Martel
Éditions Flammarion / Août 2010


Henry, romancier à succès, a décidé qu'il n'écrirait plus. Jusqu'au jour où il reçoit un extrait d'une pièce de théâtre accompagné d'un mot lui demandant son aide. L'auteur, un taxidermiste étrange et manipulateur, lui présente ses curieux personnages: Béatrice et Virgile, une ânesse et un singe empaillés. À mesure qu'il découvre la pièce, Henry est hanté par les expériences traumatisantes qu'endurent les deux animaux. Au point d'en voir sa vie bouleversée. Véritable réflexion sur le mal, Béatrice et Virgile est un roman dérangeant.


- Bifteck
de Martin Provost
Éditions Phébus / Août 2010


Chez Plomeur, à Quimper, on est boucher de père en fils. En pleine Première Guerre mondiale, le tout jeune André se découvre un don pour faire "chanter la chair", et pas n'importe laquelle: celle des femmes, dont la file s'allonge devant la boucherie. Leurs hommes partis au front, celles-ci comptent sur André pour goûter au plaisir suprême. Hélas, le conflit touche à sa fin et les maris reviennent. Un matin, le boucher trouve sur le pas de sa porte un bébé gazouillant dans un panier en osier, puis un deuxième, un troisième. Du jour au lendemain, le voilà père de sept enfants, et poursuivi par un époux jaloux décidé à lui faire la peau. Avec la chair de sa chair, André s'enfuit à Concarneau et affrète un bateau. Direction l'Amérique. Martin Provost sort des sentiers battus pour nous proposer une fable savoureuse, où il est question de sensualité, de paternité et du rapport à notre terre nourricière. Il y a du Gargantua et du Robinson Crusoë dans ce Bifteck exquis et étonnant, à consommer sans modération.


- Black Rock
de Amanda Smyth
Éditions Phébus / Août 2010


"Une âme s'en vient, une autre s'en va", disait souvent Tante Tassi, quand elle expliquait à la belle Celia que sa mère était morte en lui donnant le jour. Elle l'avait recueillie, et élevée auprès de ses deux filles, Vera et Violet, et de son second mari, Roman. Roman était pour Celia le diable en personne. Un être pernicieux, misérable et détestable; une brute alcoolique, doublé d'un coureur de jupons. Elle aurait aimé se tromper, mais, le jour où elle devint femme, il commit l'irréparable et lui fit découvrir l'enfer. Le soir même, ne pouvant s'imaginer dormir une nuit de plus sous le toit de cet infâme personnage, elle s'enfuit du village de Black Rock à Tobago et entama, sans le savoir, un bouleversant voyage intérieur, celui vers l'âge adulte. D'une plume intense et subtile, Amanda Smyth signe avec Black Rock un premier roman aussi luxuriant que les paysages caribéens traversés par son héroïne.


- Bons baisers de la montagne
de Noémie de Lapparent
Éditions Julliard / Août 2010


Ne jamais faire confiance à quiconque souhaiterait faire votre bonheur malgré vous, sous peine d'être expédié en enfer. Démonstration dans ce premier roman drôle, grinçant, loufoque, décalé, et totalement ébouriffant. Rien de plus ennuyeux qu'une station de sports d'hiver quand on n'a pas les moyens de se payer ni les remontées mécaniques ni la location de skis. Pourtant, "Péril rouge", ainsi que la surnomme ses amis, a fini, faute de mieux, par accepter l'invitation de ses cousins. Un soir, elle apprend l'existence d'un garçon étrange, vivant dans un chalet non loin de là, que ses parents ont tenu enfermé dans un placard depuis sa naissance. Le jour de sa délivrance, à la mort de ses tortionnaires, Paul K., devenu adulte, a choisi de continuer à vivre seul dans sa ferme alpine, sans jamais mettre le pied dehors.Auprès des habitants de la région, il jouit désormais d'une réputation de sage et malgré son isolement, on lui prête une connaissance profonde des sentiments humains, on vient le consulter dans la détresse et chacun en ressort réconcilié avec lui-même. La jeune femme, elle, a toujours été attirée par les mystiques. C'est décidé, Paul K sera son guide. Au terme d'une expédition calamiteuse, bien qu'exaltante, Péril rouge parvient enfin à rencontrer l'énigmatique ermite de la montagne. Mais rien ne se passe comme prévu. Si dans un premier temps on est séduit par la cruauté, l'auto-dérision et l'humour (noir) qui conduisent ce récit, on s'aperçoit très vite qu'une réflexion profonde se cache derrière le comique de situation. Bons baisers de la montagne évoque le rôle du fantasme dans la rencontre amoureuse, interroge les limites de la prise de pouvoir sur la vie d'autrui. Des thèmes d'une grande originalité qui font de ce roman une comédie à la fois haletante et subtile dont le dénouement inattendu n'a pas fini de nous faire réfléchir.


- Borinka
de Pierre Drachline
Éditions Cherche Midi / Août 2010


La bouquinerie Aux invendables est à l'image de Paul, le libraire, qui a voulu faire de son antre "un refuge pour auteurs oubliés avant qu'ils ne meurent". Ce misanthrope en mal de fraternité verra bientôt sa vie enchantée après sa rencontre avec Borinka, un vieil homme au comportement d'enfant immortel qui a fait de la provocation un art de vivre. Cette amitié faite d'orages, de rires et d'outrances a pour terrain de jeux Paris. Une ville qu'ils voudraient réveiller afin qu'elle redevienne une cité turbulente où le mystère se réinvente à chaque coin de rue.


- Celles qui attendent
de Fatou Diome
Éditions Flammarion / Août 2010


Celles qui attendent Arame et Bougna, mères de Lamine et Issa, clandestins partis pour l'Europe, ne comptaient plus leurs printemps; chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le pilier qui tenait la demeure sur les galeries creusées par l'absence. Coumba et Daba, jeunes épouses des deux émigrés, humaient leurs premières roses: assoiffées d'amour, d'avenir et de modernité, elles s'étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à peu leur chemin de croix. La vie n'attend pas les absents: les amours varient, les secrets de famille affleurent, les petites et grandes trahisons alimentent la chronique sociale et déterminent la nature des retrouvailles. Le visage qu'on retrouve n'est pas forcément celui qu'on attendait.


- Clockers
de Richard Price
Éditions Presses De La Cité / Août 2010


Une grande fresque urbaine et sociale, adaptée au cinéma par Spike Lee. L'inspecteur Rocco Klein travaille depuis bien trop longtemps à Dempsy, une banlieue déshéritée de New York, pour ne pas être blasé par la violence qu'il côtoie au quotidien. Face à lui, un groupe d'adolescents qui vendent de la drogue en espérant un jour atteindre l'âge adulte. Car à Dempsy, quand on est noir, la seule façon de s'en sortir, c'est de dealer. Parmi ces jeunes, Strike Dunham est prêt à tout pour réussir. Chef d'une équipe de "clockers", gagne-petit de la dope, il organise le trafic dans la cité. Après le meurtre de l'un des caïds du quartier, les chemins du délinquant et du flic désabusé vont se croiser.


- Corps
de Fabienne Jacob
Éditions Buchet Chastel / Août 2010


Chaque jour, Monika arrive la première à l'institut de beauté. Elle observe, écoute, juge parfois les clientes qu'elle voit défiler dans sa cabine. Toutes lui racontent des histoires, des plus anodines aux plus intimes. Loin des chairs lisses et insipides jetées en pâture à notre imaginaire, Fabienne Jacob fouille l'opacité du corps féminin, brossant un portrait sensible de la femme contemporaine, entre enfance ,âge de tous les possibles, et maturité, âge de quelques lucidités.


- Dans la nuit brune
de Agnès Desarthe
Éditions de l'Olivier / Août 2010


Jérôme est un homme calme. C'est du moins ce qu'il croit. Lorsque l'amoureux de sa fille Marina meurt dans un accident, il tombe dans une profonde agitation. Que faire du chagrin de Marina? D'autres secousses, de plus en plus fortes, viennent ébranler la vie de Jérôme. Il doit alors se rendre à l'évidence: de lui-même et de ses origines, il ne sait rien, sinon qu'il fut recueilli jadis, errant dans les bois, par un couple qui l'adopta. D'où vient Jérôme, l'enfant sauvage? Pour le savoir, il lui faudra plonger à nouveau dans la nuit brune, guidé par un étrange mentor. Dans ce livre, un homme doit se confronter à des forces qui le dépassent, et qui portent des noms si anciens qu'ils ont presque perdu leur sens, comme Éros ou Thanatos. Pour lui, l'Histoire est vraiment un cauchemar dont il essaie de s'éveiller. Usant de toutes les ressources du romanesque, sans se priver de celles du conte, Agnès Desarthe ne cesse de nous surprendre et de nous enchanter.


- Dans la tête des autres
de Mano Gentil
Éditions Calmann Lévy / Août 2010


Il éteint son téléviseur, tenant fébrilement dans sa main droite un petit bout de papier. Quelques chiffres qui viennent de changer le cours de sa vie. Serge, gros gagnant du Loto, partageait jusque là un quotidien très ordinaire entre sa mère, Geneviève, vieille dame aveugle inquiète et maniaque, et ses collègues de l'usine. Le fort en gueule Gérald, ouvrier dont la vie privée se situe à mille lieues de celle de ses camarades, la belle Laëtitia, fausse ingénue au passé mouvementé, Eugénie, aide à domicile zélée obsédée par sa fille, Séverine, petite bourgeoise ayant renoncé à son grand amour. Ceux que Serge croit connaître se montrent sous un nouveau jour lorsqu'il vient à frapper à leurs portes, une grille de Loto de six millions glissée dans sa poche. Un cortège de personnages, ressemblant à vos voisins, à vos amis, à vous, à tout un chacun, révèle sous des dehors banals des caractères infiniment complexes, des vies et des rêves brisés, des secrets lourds à porter. Qui n'a pas rêvé de savoir ce qu'il se passe réellement dans la tête des autres?


- De lait et de miel
de Jean Mattern
Éditions Sabine Wespieser / Août 2010


Au premier regard, quand il la rencontre en 1957 à la sortie d'un concert au bénéfice des réfugiés hongrois, le narrateur sait qu'il peut offrir à Zsuzsanna une vie de lait et de miel. Avec cette jeune femme volontaire et lumineuse, qui a fui Budapest et sa révolution manquée, il a en commun l'expérience de l'exil et, chevillé au corps, le désir de construire un avenir possible. Arrivé en France quelques années plus tôt, il a lui aussi échappé à l'étau de l'histoire. Parvenu au soir de sa vie, il se remémore son long combat contre le typhus, dans un hôpital de fortune, après qu'à l'automne 1944 il a quitté précipitamment avec son ami Stefan la ville de Temesvar que se disputaient les puissances ennemies. Roumain du Banat, d'origine française pourtant, il ne s'est jamais senti tout à fait chez lui dans cette Champagne où avec Zsuzsanna devenue Suzanne il a fondé une famille. D'autant que la malédiction d'un drame intime n'a pas tardé à rattraper ces deux-là, qui avaient tant voulu oublier les traumatismes collectifs. Le vieil homme, qui se confie par bribes à son fils Gabriel, aimerait trouver l'apaisement. L'on comprend à quel point Stefan lui a manqué pendant tout ce temps. Leur séparation sur un quai de gare à Budapest soixante ans auparavant le hante toujours. Dans ce roman, Jean Mattern construit avec justesse et maîtrise l'histoire intime d'un double exil. Tissant avec une grande subtilité sentiments et sensations diffuses, il donne corps à des personnages d'une émouvante vérité.


- Des feux fragiles dans la nuit qui vient
de Xavier Hanotte
Éditions Belfond / Août 2010


Il y a une Île et le Continent. L'une en état de siège, l'autre en plein boom économique. Une guerre qui s'éternise au large dans l'indifférence générale. Les troupiers abandonnés d'une démocratie en partance, laissés seuls face aux partisans convaincus du Rien. Dans les Hautes-Terres évacuées, des villes entières disparaissent sans que l'État central fasse mine de réagir. Mais pourquoi donc personne n'ose-t-il s'aventurer au-delà des forêts du nord? Comment combattre un ennemi qui demeure insaisissable? Sur l'avenir de l'Île plane une menace aux accents étrangement prophétiques, et un sentiment de déjà-vu pousse alors l'adjudant Berthier à relire une très ancienne légende nordique, La Relève de saint Olaf. Et si tout, déjà, était écrit? Dans les méandres d'une écriture envoûtante apparaissent peu à peu les reflets ténus d'un grand jeu de miroirs. En les suivant, Berthier et quelques autres ne s'acheminent-ils pas vers leur propre vérité?


- Du plomb dans le cassetin
de Jean Bernard-Maugiron
Éditions Buchet Chastel / Août 2010


"Je travaille de nuit comme correcteur de presse dans un grand journal régional", écrit Victor. Timide, passionné par son métier, à moins de cinq ans de la retraite, il vit encore avec sa vieille mère. "En fait, quand j'étais petit, je voulais faire conducteur de locomotive quand je serai grand" avoue-t-il. "Après réflexion, j'avais décidé de faire chef de gare". Il se retrouve finalement "typo", un métier moins dangereux. C'est ce qu'il croit. Mais, à force de positionner des petites lettres, Victor ne finira-t-il pas par péter les plombs? Du plomb dans le cassetin témoigne de la vie dans un journal parmi les ouvriers du Livre. L'auteur parvient à exprimer et communiquer l'amour de ce métier, qui est au fond un véritable sacerdoce. C'est aussi l'histoire de la mort annoncée de l'imprimerie. "Les ouvriers du Livre disparaissent un à un, c'est comme le dernier poilu bientôt il y en aura plus". Du plomb dans le cassetin est un premier roman singulier et émouvant. Jean Bernard-Maugiron se glisse avec talent dans la peau de Victor, correcteur consciencieux, homme un peu simplet, solitaire et décalé, dont la vie va basculer à quelque mois de la retraite. L'écriture ménage de grands éclats de rire, croise tragique et comique, tout en faisant monter dans le récit une sourde inquiétude.


- Elles vivaient d'espoir
de Claudie Hunzinger
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2010


C'est l'histoire d'amour entre Emma et Thérèse qui se sont rencontrées à Nancy, dans une classe préparatoire au concours d'entrée à Fontenay, dans les années 20. Cette histoire, Emma l'a relatée dans la correspondance et les cahiers qu'elle a tenus tout au long de sa vie, et dont s'est inspirée Claudie Hunzinger, sa fille, pour écrire le roman de ces deux femmes. Cet amour est un modèle d'audace et de liberté. Éloignées l'une de l'autre par les postes où elles sont nommées, elles s'écrivent et essaient de s'accommoder de ces solitudes imposées. Si Emma, modèle de vitalité, y parvient sans peine (et non sans infidélités), Thérèse souffre et n'aspire qu'à retrouver Emma. Celle-ci finit par se marier peu de temps avant que la guerre n'éclate. Thérèse a été nommée en Bretagne, tandis qu'Emma, désormais en charge d'une famille, enseigne en Alsace. Les circonstances tragiques imposées par l'Histoire vont alors les empêcher de jamais se revoir. Thérèse, la délicate, la fragile, est devenue responsable d'un réseau armé en Bretagne puis capturée par la Gestapo et torturée quatre jours consécutifs, elle mourra sans avoir parlé , une héroïne magnifique, restée une héroïne invisible. Personne ne sait aujourd'hui qui elle fut. L'engagement des femmes dans le chapitre de la guerre est très peu connu. Emma, de son côté, meurtrie par un mariage qui ne lui convient guère, continue à écrire. On lit dans un cahier la dernière partie de sa vie, "C'est par la dévastation de moi-même que je me suis finalement construite". Romancées par Claudie Hunzinger, se déploient ainsi deux trajectoires dont on n'a jamais tout à fait la clef. L'énigme et les fragments des destinées de ces deux femmes fondent l'essentiel poétique de ce roman.


- En attendant Babylone
de Amanda Boyden
Éditions Albin Michel / Août 2010


"Nous aimons un lieu qui ne peut être sauvé par des digues. Nous sommes des losers de génie. Mais, bien sûr, ceux d'entre nous qui vivent à Uptown, sur Orchid Street, ne le savent pas encore. Nous n'avons rendez-vous avec Katrina que dans un an". Placé sous le signe du chaos, le roman d'Amanda Boyden, traduite pour la première fois en français, restitue l'âme et l'atmosphère de la Nouvelle Orléans. À la manière d'un photographe, la romancière fixe son regard sur la rue d'un quartier populaire de la ville, Orchid Street, dont elle observe la vie pendant une année. À travers les voix de plusieurs habitants, c'est un paysage social et intime, mais aussi une Amérique fissurée par les différences de race et de classe qu'elle saisit. Cette étonnante capacité à s'emparer du réel tout en tissant une trame romanesque complexe est l'une des forces de ce magnifique roman dont la véritable héroïne demeure La Nouvelle-Orléans, à la fois superbe et décadente, débordante d'énergie et de sensualité.


- En attendant la montée des eaux
de Maryse Condé
Éditions JC Lattès / Août 2010


Babakar est médecin. Il vit seul avec ses souvenirs d'une enfance africaine, d'une mère aux yeux bleus qui vient le visiter en songe, d'un ancien amour, Azelia, disparue elle aussi, et autres rêves de jeunesse d'avant son exil en Guadeloupe, berceau de sa famille. Mais le hasard ou la providence place une enfant sur sa route et l'oblige à renoncer à sa solitude, à ses fantômes. La petite Anaïs n'a que lui. Sa mère, une réfugiée haïtienne, est morte en la mettant au monde, lui léguant sa fuite et sa misère. Babakar veut lui offrir un autre avenir. Ils s'envolent pour Haïti, cette île martyrisée par la violence, les gouvernements corrompus, les bandes rebelles, mais si belle, si envoûtante. Babakar recherche la famille d'Anaïs, une tante, un oncle, des grands-parents peut-être, qui pourraient lui raconter son histoire. Mais Babakar ne rencontre personne et ne peut compter que sur lui et sur ses deux amis Movar et Fouad. Des hommes qui lui ressemblent, exilés, solitaires, à la recherche d'eux-mêmes et qui trouvent à Haïti des réponses à leur quête, un lieu de paix au milieu des décombres.


- En cuisine
de Monica Ali
Éditions Belfond / Août 2010


Chef des cuisines de l'hôtel Impérial, un palace plus vraiment à la hauteur de sa splendeur d'antan, Gabriel Lightfoot doit composer chaque jour avec une équipe cosmopolite et chahuteuse, une petite amie chanteuse qui se pose des questions sur leur relation et un père malade qui lui laisse des messages aussi laconiques que culpabilisants sur son répondeur. Une mort va faire voler en éclats son fragile équilibre: le corps d'un des employés est retrouvé dans les sous-sols du restaurant. Une mort solitaire, anonyme, parmi ces travailleurs immigrés interchangeables. Soudain, Gabriel prend conscience que ses cuisines cachent bien des secrets: trafics en tous genres, prostitution, chantages, violence quotidienne. Surgit Lena, une fille de l'Est, mystérieusement liée à cette mort. Irrésistiblement attiré par cette femme en perdition, Gabriel va prendre une décision qui remettra en question tout ce en quoi il avait cru jusqu'ici.


- En règle avec la nuit
de Justine Augier
Éditions Stock / Août 2010


La narratrice a soixante-dix ans. Elle est mariée avec un personnage important du gouvernement, et habite dans la zone la plus paisible de la "région". La nuit elle souffre de terribles insomnies. Depuis des années, une guerre larvée épuise et divise la population. Chacun vit avec la peur. Les ennemis sont les religieux qui posent des bombes. Il y a quelques mois, une jeune femme, qui travaillait dans une organisation pour la paix, a été tuée dans l'explosion de sa voiture. La narratrice la connaissait bien: sa colère, son engagement, son empathie pour les autres la troublaient beaucoup. Ne parvenant à l'oublier, elle décide de visiter son assassin en prison. Elle réussit à gagner sa confiance et à le faire parler. Ce qui a tout déclenché, lui avoue-t-il, c'est la mort de son petit frère dans un soulèvement. La pauvreté aussi, l'absence de réparation, surtout. Et la main tendue par les religieux. La femme rencontre ensuite un écrivain, qui la fascine, et d'autres personnages qui ont marqué la vie de la disparue. Durant son errance la guerre se fait de plus en plus présente. Elle la conduit jusqu'à la ligne de front. Là où elle n'a plus peur


- Étrangers
de Anita Brookner
Éditions Fayard / Août 2010


Á soixante-douze ans, Paul Sturgis voit la vieillesse le rattraper inexorablement. Une grisaille générale, plus métaphysique que physiologique, s'est imprimée sur sa vie depuis que la banque où il a fait carrière l'a mis à une retraite anticipée. Son appartement, jadis symbole de sa réussite et de son émancipation, est devenu le reflet de ses échecs personnels. Pour y échapper, Sturgis remplit ses journées de déambulations dans Londres. Á Venise, où il a fui la solitude des fêtes de Noël, il rencontre Vicky, récemment divorcée. Plus tard, il retrouve par hasard une femme aimée jadis, Sarah. Leur présence à toutes deux sert de catalyseur à la question qui, désormais, obsède Paul: décider comment, et avec qui, passer le reste de ses jours. Un texte subtil et finement soigné, une écriture juste, pour évoquer un sujet rarement abordé dans la littérature: que faire lorsque, l'âge venant, le sens des mots "amour", "travail", "maison" change à ce point que l'on se sent véritablement en terre étrangère?


- Féroces
de Robert Goolrick
Éditions Anne Carrière / Août 2010


Les Goolrick étaient des princes. Et tout le monde voulait leur ressembler. C'étaient les années 50, les femmes se faisaient des coiffures sophistiquées, elles portaient des robes de taffetas ou de soie, des gants et des chapeaux, et elles avaient de l'esprit. Les hommes préparaient des cocktails, des Gimlet, des Manhattan, des Gibson, des Singapore Sling, c'était la seule chose qu'ils prenaient au sérieux. Dans cette petite ville de Virginie, on avait vraiment de la classe, d'ailleurs on trouvait son style en lisant le New Yorker. Chez les Goolrick, il y avait trois enfants, tous brillants. Et une seule loi: on ne parle jamais à l'extérieur de ce qui se passe à la maison. À la maison, il y avait des secrets. Les Goolrick étaient féroces.


- Gorges chaudes
de Daniel Hébrard
Éditions Julliard / Août 2010


Une "fureur de vivre" en pays cévenol au temps des trente Glorieuses. Pour un garçon doté d'une vitalité exceptionnelle et d'une irrépressible joie de vivre, la campagne cévenole est l'endroit idéal pour jouir d'une enfance libre et heureuse. Le jeune Daniel en profite sans vergogne. Il est beau, fort, agile, gourmand, rieur. Il n'a peur de rien. Mais dans les Cévennes des années 50, et particulièrement dans le bassin minier, le monde est en train de changer. La France de l'après-guerre a d'énormes besoins énergétiques. Il faut extraire de plus en plus de charbon. Il faut produire à moindre coût. Le monde paysan doit s'effacer devant les modes de vie que génère l'industrialisation. Il convient d'apprendre dès le plus jeune âge à se plier aux dures lois de la productivité. Pour Daniel, cette soumission à laquelle veut le contraindre l'école et sa famille est inacceptable. L'enfant heureux devient vite un adolescent rebelle dont la sensualité débordante va troubler profondément l'ordre moral qu'impose la dureté des temps. Sa beauté, sa capacité de séduction le conduisent rapidement à devenir un objet de scandale qui fait le malheur de sa mère et le désigne à l'opprobre des bien-pensants. Une véritable chape de plomb tombe sur les épaules de l'adolescent qui jamais ne cédera. Poussé par son irrésistible appétit des femmes, il va semer autour de lui le désordre et le malheur, jusqu'au jour de ses dix sept ans ou il pourra enfin s'enfuir et s'engager dans la marine.


- Grand Paradis
de Angélique Villeneuve
Éditions Phébus / Août 2010


"Je monte. Il est l'heure. La bibliothécaire, assise derrière son bureau, règne sur la pièce déserte. Le moment est venu de lui expliquer la raison de ma présence ici, car la bibliothèque de neurosciences Jean Martin Charcot n'est pas une salle de lecture comme les autres. Ouverte aux étudiants de troisième cycle, aux médecins, aux chercheurs, aux praticiens hospitaliers et paramédicaux. À moi aussi, paraît-il, mais sur demande motivée. La veille au téléphone, j'ai menti à cette femme, ne pouvant me résoudre à avouer quelle sorte de quête était la mienne, sur quelles traces je me penchais. Sur quelles traces n'est pas vraiment l'expression appropriée, elle évoque un enquêteur, et un enquêteur n'a pas peur. Un enquêteur cherche la vérité, quand je ne suis pas certaine de désirer autre chose que l'apaisement de celle qui attend dans ma poche, dans le papier kraft". Fleuriste dans une station balnéaire, Dominique a l'impression de passer à côté de son existence. À l'aube de la cinquantaine, elle hérite de souvenirs de famille, dont le troublant portrait d'une aïeule inconnue d'elle: Léontine. Le cliché, signé Albert Londe, photographe jadis associé au professeur Charcot à la Salpêtrière, la représente en pleine phase hystérique. Se plongeant dans les archives du célèbre hôpital, Dominique va en découvrir davantage sur cette lointaine parente, sur les siens et enfin sur elle-même.


- Grandir
de Sophie Fontanel
Éditions Robert Laffont / Août 2010


Quand l'auteur parle de grandir, elle parle d'elle-même. Sa mère est dépendante d'elle. Il arrive que cette mère soit absente et parfois, au contraire, ses paroles et sa présence sont justes, drôles et imprévisibles. Et durant toute cette période, l'amour qu'elle a donné à sa fille lui est rendu comme on voudrait qu'il le soit toujours. Chaque morceau de la vie d'une vieille dame vulnérable est raconté: un jeune médecin, l'appétit, les vacances, un aide-soignant, les petits-enfants, des mains très douces, des souvenirs, l'Arménie, une amie d'enfance. À la page qui suit, on voit sa fille: une cavale, une vie à gagner, un défilé de mode, des articles à écrire, des dîners décommandés, la ville à traverser quand sa mère est tombée, les infirmières de jour et celles de nuit, les douceurs. Avec des phrases très simples: "Elle a fait de mon enfance une vraie enfance, je peux bien lui rendre à présent", et qui vous serrent le cœur. Ou bien des dialogues: "Ouh là, ne prie pas pour moi, hein?" J'ai demandé pourquoi. Elle a dit: "Ne va pas me faire repérer". Le miracle du livre: parce que sa mère est devenue son enfant, l'auteur grandit. Elle a eu cette grâce et elle pense: "D'où me vient tout cet amour?"


- Hôtel de Lausanne
de Thierry Dancourt
Éditions 10-18 / Août 2010


Au cimetière du Trocadéro, un homme et une femme s'assoient sur un banc. Le vent souffle, elle n'arrive pas à allumer sa cigarette, ils entament la conversation. Elle s'appelle Christine, vit un peu hors du temps, entre un père obsédé par les mappemondes et un fiancé qui semble ne pas beaucoup compter. Lui, Daniel, parcourt le monde à la recherche d'objets anciens. Entre eux se noue une relation à part, clandestine, dans un Paris enneigé et brumeux. Du XVIe arrondissement à Casablanca, une galerie de portraits se dessine, mais une figure domine, entre ombre et lumière, celle, singulière et attachante, de Christine Stretter.


- Il vous faudra nous tuer
de Natacha Boussaa
Éditions Denöel / Août 2010


C'est le chaos, un tableau de Bosch, sans les monstres. Ou bien serait-ce nous, les monstres? Et c'est peut-être ce qui nous enivre. Nous, des monstres bien vivants, grouillant dans ces rouges orangés, dans cette cacophonie splendide de sirènes et de cris, dans ces bouquets odoriférants de gaz, de poudre et de brûlé. La comparaison avec Mai 68 est sur toutes les lèvres mais, hasard du calendrier, on célèbre un autre anniversaire. À vingt-sept ans, Lena sait que le travail est la pire excuse que se soit inventée l'homme pour s'empêcher de vivre. Hôtesse d'accueil dans une entreprise, elle se cache pour lire Antonin Artaud. En mars 2006, les manifestations contre le CPE enflamment la France entière. En quelques jours, une jeunesse aux origines diverses s'y trouve aspirée. Lena entre au cœur de l'action. Entre charges de CRS et rencontres amoureuses, d'une ligne de front à l'autre, elle retrouve la mémoire d'un Paris de la révolte. Instantané des événements de 2006 et condamnation d'une société bloquée, Il vous faudra nous tuer trouve l'écriture vive, traversée de fulgurances, d'une rébellion en marche.


- Interdit
de Karine Tuil
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2010


"Je m'appelle Saül Weissmann, mais ne vous fiez pas à mon nom qui n'est pas juif en dépit des apparences. J'ai été, pendant soixante-dix ans, un imposteur pour les autres et pour moi-même". Ainsi commence la confession du narrateur, un vieux survivant d'Auschwitz qui apprend de la bouche d'un rabbin qu'il n'est pas juif selon la Loi de Moïse. Traqué en tant que juif pendant la guerre, le voilà rejeté par les siens et ignoré par la femme qu'il devait épouser. Saül Weissmann se trouve en proie à une véritable crise identitaire, un autre Weissmann, son double issu de la négation de sa judéité, surgit en lui-même. S'engage alors un dialogue difficile entre ce juif et ce non-juif qui cohabitent en lui. Pour Weissmann, c'est le début d'un long questionnement, quelle identité doit-il revendiquer?


- Jenna Fox, pour toujours
de Mary E. Pearson
Éditions Les Grandes Personnes / Août 2010


Jenna, 17 ans, est amnésique après un an passé dans le coma. Tant bien que mal, sous la houlette de ses parents, la jeune fille réapprend à être celle qu'elle a toujours été. Pourtant, très vite, Jenna comprend qu'elle est bien plus que les vidéos qu'on lui fait regarder, les statistiques qu'on lui fait avaler. Et avec les souvenirs apparaissent des questions auxquelles personne ne répond. Identité et éthique scientifique sont au cœur de ce roman d'anticipation aux allures de thriller.


- Je suis l'homme le plus beau du monde
de Cyril Massarotto
Éditions XO / Août 2010


Cet homme est une légende. Pourtant, il rêve de disparaître. Et quand il rencontre enfin sa raison de vivre, il est peut-être déjà trop tard. "Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été beau. Je dis beau, mais dans la bouche des gens j'entends plutôt canon, magnifique, sublime, incroyable. Plus généralement, en me voyant, les gens disent: "Waouh". Ces mots, je les ai entendus dans toutes les langues, sur tous les tons. On me les a dits en pleurant, en hurlant, ou juste avant de s¹évanouir. On me les a dits à voix basse, sans oser me regarder, ou en écarquillant grand les sourcils. Je suis l'Homme le plus beau du monde. Bien sûr, je suis malheureux".


- L'arbre du père
de Judy Pascoe
Éditions 10-18 / Août 2010


Simone n'a que neuf ans à la mort de son père, alors que la souffrance imprègne chaque mur de la maison. Un soir, la fillette se sent attirée par le majestueux Flamboyant qui trône au fond du jardin et découvre que l'esprit de son père y a trouvé refuge. Nichée dans les branches, elle communique avec le défunt et obtient les réponses à ses questions. Sensible au chagrin de sa mère qui ne parvient pas à surmonter son deuil, elle décide de partager son secret avec elle. La famille commence dès lors à panser ses blessures. Mais les racines de l'arbre menacent bientôt la maison et la nécessité de le couper devient de plus en plus pressante.


- L'Atlas des inconnus
de Tania James
Éditions Stock / Août 2010


Linno et Anju sont deux adolescentes qui grandissent au Kerala, en compagnie de leur père et de leur grand-mère. Leur mère est morte alors qu'elles n'étaient encore que des enfants. Anju, la plus jeune, possède un fort caractère. Elle souhaite plus que tout quitter l'Inde pour aller étudier à New York. L'aînée, Linno, est très introvertie, peut-être en raison de son handicap: enfant, elle a perdu une main en jouant avec des pétards. Ainsi, quand une Américaine vient leur proposer une bourse pour passer une année dans une école d'art à New York, Anju, prête à tout pour obtenir ce passeport vers l'Amérique, s'approprie les superbes dessins de Linno. Elle partira à New York, laissant sa sœur meurtrie par cette trahison. De nombreux aléas vont ponctuer l'odyssée new-yorkaise d'Anju et la rencontre avec Bird, jeune femme qui a bien connu leur mère dans sa jeunesse, va bouleverser l'histoire de cette famille.


- L'effet Larsen
de Delphine Bertholon
Éditions JC Lattès / Août 2010


Depuis plus d'une décennie, Nola vit avec une zone d'ombre au sein de son histoire. Mais voilà, on ne peut pas fuir éternellement. Elle décide alors, l'année de ses trente ans, d'enfin trucider son fantôme. Elle rembobine, jusqu'à cet été-là, l'été le plus marquant de son existence. Août 1998. Il fait 37 degrés, Paris est vide, les Bleus sont champions du monde. Nola a dix-huit ans et vient de perdre son père, Jacques. Sauvée de la solitude par un job d'été dans un bistrot où les hurluberlus imbibés se succèdent plus vite que les petits ballons de rouge, la jeune fille gère avec les moyens du bord le chagrin de Mira, sa mère, et sa propre colère. Contraintes d'emménager dans l'"immeuble-mutant", reflet architectural de leurs vies décrochées, les deux femmes espèrent se reconstruire. Mais, à peine un pied posé dans le nouvel appartement, Mira présente d'étranges symptômes. Le bruit du monde lui devient intolérable, un papier froissé sonne comme une explosion, un robinet qui goutte suffit à la faire disjoncter. Nola assiste, impuissante, à la lente descente aux enfers de sa mère, et s'interroge sur ce que tout cela signifie. L'hyperacousie est-elle le simple contrecoup de la mort de Jacques, ou la matérialisation de quelque chose d'autre? Cet abominable immeuble serait-il une sorte de catalyseur? Peut-être, mais de quoi? Et surtout, comment soulager Mira de ce poids infini, qui semble se situer bien au-delà du deuil? Commence alors pour la jeune Nola une (en)quête insolite au cœur de la mémoire familiale.


- L'enfant du fantôme
de Sonya Hartnett
Éditions Les Grandes Personnes / Août 2010


Née en Australie au début du XXe siècle, Maddy est une enfant solitaire, qui rêve d'une vie pleine de mystère. Alors le jour où, sur une plage, elle croise Plume, qui n'a aucune attache et ne possède rien, elle s'éprend aussitôt de sa liberté et de son parfum d'impossible. Une fable lumineuse servie par une langue singulière, qui dit si bien le transport amoureux, mais aussi la nature australienne, empreinte d'ancestrales légendes.


- L'ennemi du bien
de Stéphane Denis
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2010


Considéré comme un parfait salaud pour avoir organisé un meurtre qu'il n'a pas commis, et condamné à mort, le célèbre scénariste Paul Jarvis a réussi à s'échapper de sa prison de Palma de Majorque. Direction, L'Amérique du Sud où le docteur Arturo Puig est supposé lui refaire un visage et une identité. En réalité, Puig fait de lui le cobbaye d'une expérience, il modifie son identité profonde en altérant son ARN (le siège de la mémoire). "Le jour vint où l'on me jugea suffisamment moi-même pour devenir un autre", mais qui est-il vraiment devenu? Pourquoi son sommeil est-il agité de cris, de souvenirs d'incendies et d'émeutes? À qui appartient l'argent déposé à son nom dans le coffre d'une banque bâloise? Pourquoi parle-t-il allemand et se souvient-il si bien des ruelles de Riga? Quel destin pour un homme de bien devenu un salaud malgré lui? Et quelle rédemption? D'Amérique du Sud à Riga en passant par la Suisse endormie, des forêts lettones où l'on massacre aux montagnes helvétiques, Stéphane Denis déploie son imagination et sa fantaisie, empruntant à la science contemporaine et à une documentation très précise sur un épisode méconnu de l'histoire de la Deuxième Guerre Mondiale le prétexte à un roman vif qu'on lit d'un souffle.


- L'entrevue de Saint-Cloud
de Harold Cobert
Éditions Héloïse d'Ormesson / Août 2010


Le 3 juillet 1790, alors que la monarchie est en péril et l'avenir de la France incertain, Marie-Antoinette accorde à Mirabeau une audience secrète à Saint-Cloud. Ces quelques heures à la dérobée suffiront-elles au comte libertin pour renverser l'inexorable cours de l'Histoire? Car, paradoxalement, une seule volonté anime l'orateur du peuple, élu du tiers état, celle de sauver le trône. Déployant toute son éloquence, le redoutable tribun saura-t-il rallier la reine à ses convictions? Duel de deux mondes, roman en costumes, L'Entrevue de Saint-Cloud illustre d'une manière saisissante la fragilité des destinées collectives.


- L'éternité n'est pas si longue
de Fanny Chiarello
Éditions de l'Olivier / Août 2010


"Si l'on m'avait dit un jour que la variole viendrait décimer notre espèce, j'aurais certes frémi, mais j'aurais aussi imaginé tout ce qu'un tel événement pouvait apporter à nos sociétés malades, et je me serais trompée: la variole ne nous a pas changés. Il ne se passe rien, des gens meurent par centaines de milliers, mais mourir ce n'est pas quelque chose, au contraire: c'est encore plus de rien. Aucune fraternité, aucun miracle n'est à observer nulle part. Aucune révélation ne soulève jamais aucun de mes semblables et nous sombrons tous dans la médiocrité, dans l'indignité, sans avoir rien abdiqué de nos considérations ineptes, de nos susceptibilités ridicules ni de nos habitudes sans relief. Si je veux dormir dans un monde si décevant, je n'ai d'autre choix que de me raconter des histoires comme si j'étais mon propre enfant". L'éternité n'est pas si longue ne raconte pas la fin de l'espèce humaine mais celle d'un de ses plus originaux spécimens, Nora, une jeune femme à l'humour fulgurant et au fort penchant mélancolique. Elle qui, après avoir miraculeusement échappé à la mort, reprochait à ses proches amis de ne pas vivre comme s'ils allaient mourir un jour doit soudain réinventer son existence.


- L'homme aux lacets défaits
de Patrice Delbourg
Éditions Cherche Midi / Août 2010


Automne 1888. Le scandale de Panamá débute, l'emprunt russe se lance, Jack l'éventreur trucide pour de bon dans le quartier londonien de Whitechapel. Le cœurs de Paris bruisse de cent petits métiers divers, le général Boulanger s'en va, la tour Eiffel s'érige. Enfant du Marais, ingénieur électricien de génie, inventeur de l'alternateur, Lucien Gaulard traîne sa perte d'espérance dans le dédale des ruelles de la capitale au lourd passé historique. Son importante découverte est boudée, méprisée, occultée par ses compatriotes. Les Européens lui tournent le dos. Les Américains lui font les poches. Sa propre famille lui dénie toute paternité scientifique. "L'homme aux lacets défaits" se retrouve du mauvais côté du balcon. De jardins publics en estaminets enfumés, du Crédit municipal aux officines d'apothicaire, nous partageons les derniers jours du passage terrestre de cet étrange apôtre du progrès.
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