Le Titre du Roman

AccueilAccueil  AccueilAccueil  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  

Partagez | 
 

 Les dernières parutions

Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1 ... 9 ... 14, 15, 16, 17, 18, 19  Suivant
AuteurMessage
Elisabeth
Admin
avatar


MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 16:57

- La blancheur qu'on croyait éternelle
de Virginie Carton
Éditions Stock / Mars 2014


Mathilde aimerait bien devenir chocolatière mais elle est trop diplômée pour ça. Elle ne sort pas beaucoup et n'aime pas se déguiser. Ce qu'elle préfère, c'est regarder le concours de Miss France à la télé en mangeant des palets bretons trempés dans du lait. Quand elle avait sept ans, Mathilde a été traumatisée par la mort de Romy Schneider. À trente-quatre ans, elle pense encore à Julien, et Éléonore, sa meilleure amie, est décidée à lui trouver un bon parti. Lucien est pédiatre, il aime les films avec Jean-Louis Trintignant, et Deauville. Il n'aime pas tellement danser. Ça remonte à son enfance, à l'époque des premières boums ratées. Chaque année, au Nouvel An, il envoie une carte de vœux à ses parents. À trente-cinq ans, il est célibataire. Il aimerait bien que ça change. Mais il n'est pas très à l'aise avec les SMS, alors c'est pas gagné. Mathilde et Lucien habitent le même immeuble mais ne le savent pas. Un jour, le nouveau voisin les invite à sa soirée déguisée. La blancheur qu'on croyait éternelle est l'histoire de deux solitudes, deux sentimentaux perdus dans un monde plus vraiment sentimental.


- La déchéance de Mrs Robinson
de Kate Summerscale
Éditions 10-18 / Mars 2014


1844, Isabella Walker épouse l'ingénieur Henry Robinson. 1850, elle s'éprend d'Edward Lane, jeune et brillant médecin, et relate cette passion fantasmée dans son journal intime. 1855, Henry dérobe ces écrits et l'accule au divorce, faisant de cette femme sous verre l'héroïne bafouée d'un procès scandaleux qui excite les préjugés d'une société victorienne régie par les hommes. Un tableau saisissant de l'intenable condition féminine dans l'Angleterre corsetée du XIXe siècle. Passionnant.


- La faute
de Paula Daly
Éditions Cherche Midi / Mars 2014


Avec trois enfants et un métier à plein temps, Lisa Kallisto est une femme débordée. Elle a du mal à être à la fois la mère, l'épouse et l'amie idéales qu'elle voudrait être et se le reproche sans cesse. Aussi envie-t-elle la vie de sa meilleure amie, Kathy, mère au foyer, pour qui tout semble plus facile. Mais, le jour où la fille de Kathy, Lucinda, qui devait dormir chez elle, disparaît mystérieusement, l'existence de Lisa tourne au cauchemar. L'adolescente a-t-elle été enlevée, comme cette autre jeune fille que l'on vient de retrouver errant à moitié nue et complètement traumatisée dans les rues de la ville? Si Lucinda devait ne jamais revenir, Lisa, qui se sent terriblement en faute, ne se le pardonnerait jamais. Alors, elle n'a pas le choix, elle doit tout faire pour la retrouver.


- La femme au carnet rouge
de Antoine Laurain
Éditions Flammarion / Mars 2014


Un soir à Paris, une jeune femme se fait voler son sac à main. Il est retrouvé par Laurent Lettelier, libraire de profession, qui ne trouve pour seuls indices sur sa propriétaire que quelques effets personnels (un ticket de pressing, un roman, une pince à cheveux, un carnet...). S'ensuit un jeu de piste romanesque.


- La fille de Debussy
de Damien Luce
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mars 2014


"Chaque semaine, je jouerai un morceau de Claude Debussy. Ce sera ma façon de fleurir sa mémoire, de le démourir. Je retracerai sa vie pas à pas, note à note". Printemps 1918. Claude-Emma Debussy, affectueusement surnommée Chouchou, se confie à son journal intime. Portant un regard tendre sur le monde, elle y restitue son quotidien, à une époque marquée par la guerre. En hommage à son père disparu, elle se promet de déchiffrer une partition chaque semaine au piano. Loin des gammes qu'on lui impose, elle écrit avec poésie et candeur la musique de sa vie. Comme dans l'œuvre de Debussy, la mélancolie se transmue en pure joie sous la plume de cette enfant prodige. Journal imaginaire, La Fille de Debussy nous entraîne dans l'univers romantique d'une jeune fille pas comme les autres, qui fut la joie d'un compositeur de génie.


- La fille qui tombe du ciel
de Simon Mawer
Éditions Cherche Midi / Mars 2014


1941. Élevée à Genève et parfaitement bilingue, Marian Sutro, révoltée par la situation en Europe occupée, est la recrue idéale pour les services secrets anglais. Après quelques hésitations, la jeune fille accepte de tout quitter et de disparaître dans la clandestinité. Durant son entraînement en Angleterre, elle rencontre Benoît, un résistant français au charme duquel elle n'est pas insensible, qui va l'accompagner dans sa mission. Parachutée dans le sud-ouest de la France, Marian rejoint la Résistance avec pour objectif de gagner Paris afin de convaincre son amour d'adolescence, Clément Pelletier, un physicien dont les travaux sont d'une importance cruciale pour la suite du conflit, de venir en Angleterre. Commence alors un long périple dans une France désolée, où de nombreux dangers la guettent. C'est également le début d'un dilemme amoureux entre Benoît, le compagnon des jours difficiles, et Clément, qu'elle n'a jamais réussi à oublier.


- La langue des signes
de Luiz Schwarcz
Éditions Actes Sud / Mars 2014


Quand elle évoque le grand homme de sa vie, Ludvig van Beethoven, dans ses conférences destinées aux sourds et malentendants, Antônia, l'épouse du narrateur, pratique la langue des signes. Et comme si elle-même était muette, du matin au soir c'est en passant des disques de Beethoven qu'elle tient à distance son mari, lequel depuis l'enfance a pressenti qu'un hiatus était la marque de son existence. Cela vient-il en droite ligne du jour où son grand-père a été poussé du train qui conduisait les siens vers un camp de la mort? Toutes sortes de circonstances parsèment son chemin d'avanies minuscules. Le hasard semble en embuscade, la judéité est un héritage complexe, et l'insouciance serait à jamais coupable. Circonspect, il enregistre les manifestations d'un destin revêche, comme s'il devait avant tout se réjouir de s'en tirer à si bon compte. Luiz Schwarcz, dans ces récits subtilement articulés, qui se tiennent juste en lisière du roman, orchestre un savoureux mélange de signifiants intempestifs et de variations calamiteuses, dont l'agencement place son héros dans la réjouissante lignée des intranquilles.


- La libellule et le philosophe
de Alain Cugno
Éditions Albin Michel / Mars 2014


Le philosophe Alain Cugno nourrit depuis toujours une passion insolite pour les libellules, qu'il observe, à chaque saison, des heures durant. Sous ses yeux, elles se donnent sans réserve à une vie explosive, brillante, aérienne. Elles viennent, s'en vont ailleurs. Elles sont le détachement même. Elles ne tiennent à rien, sinon à s'en aller. Leur liberté nous fascine. Loin des bruits du monde, l'auteur nous invite à suivre le vol fragile des libellules et, chemin faisant, à philosopher, sur Dieu, la beauté, le temps. Et aussi sur nous-mêmes. Lumineux et sensible, ce livre est une méditation sur le bonheur. Sa profondeur nous habite longtemps après l'avoir refermé.


- La maison de Tess
de Cathy Kelly
Éditions Presses De La Cité / Mars 2014


Sur la paisible côté irlandaise, dans la petite ville d'Avalon, quatre femmes vont se rapprocher pour chasser les démons de leur passé. Tess a toujours vécu heureuse à Avalon. Mais aujourd'hui, depuis son charmant cottage, elle peine à faire face à son récent divorce et aux difficultés financières rencontrées avec son magasin d'antiquités. Sa fougueuse sœur Suki, elle, a depuis longtemps coupé les ponts avec la ville de son enfance pour épouser un homme promis à un brillant avenir politique. Mais quand elle devient la proie d'un biographe tenace, elle n'a d'autre solution que de retourner à Avalon, qu'elle s'était juré d'oublier. De son côté, la joyeuse et exubérante Mara vient chercher auprès de sa tante Danae le soutien qui lui permettra de surmonter une rupture difficile. Appréciée de tous, Danae est responsable du bureau de poste de la petite ville balnéaire depuis des années. Sa vie solitaire et recluse lui convient à merveille et lui permet de protéger un lourd secret qu'elle se refuse de partager. La vie suit donc son court tant bien que mal sur la côte irlandaise. Mais à l'approche des fêtes de Noël, des événements qu'elles n'attendaient pas vont les placer devant un choix crucial à faire. Quatre femmes, quatre destinées, pour qui la volonté d'en finir avec le passé va s'incarner dans l'expression d'une amitié inébranlable.


- La mort s'habille en crinoline
de Jean-Christophe Duchon-Doris
Éditions Julliard / Mars 2014


Meurtres en série au temps des crinolines, dans le Paris du Second Empire. En 1856, la comtesse de Castiglione, beauté fatale d'origine italienne, s'apprête à faire une entrée spectaculaire au grand bal des Tuileries. Ce soir-là, l'enjeu est capital, car elle a pour mission de conquérir le cœur de Napoléon III. Ébloui par la plus audacieuse robe à crinoline qu'on n'ait jamais vue, l'empereur succombe en effet à ses charmes. Devenue sa maîtresse, l'intrigante va, pendant trois ans, faire et défaire la mode féminine au gré de ses caprices vestimentaires. Sept ans plus tard, un jeune officier de police, Dragan Vladeski, découvre sur un chantier le corps d'une femme égorgée, sosie de la belle Florentine. Bientôt, d'autres cadavres, portant une robe identique à celle de la comtesse le soir de son triomphe, surgissent aux quatre coins de la ville. Aidé par la délicieuse Églantine, une des "petites mains" ayant participé à la fabrication du modèle original, Dragan tente de percer le mystère de ces assassinats. Une robe, aussi mythique soit-elle, peut-elle être à l'origine d'une série de meurtres effroyables? Sur fond de rénovation urbaine, dans une capitale éventrée par le percement des grandes avenues haussmanniennes, La mort s'habille en crinoline décrit avec minutie ce moment charnière qui fit basculer les Parisiens dans la modernité. Une époque qui, en libérant peu à peu le corps des femmes, rendit obsolète toute une constellation de petits métiers, telles ces innombrables couturières et modistes qui, pour travailler dans des conditions éprouvantes, n'en étaient pas moins de véritables artistes. L'intrigue s'inspire de personnages réels, comme la comtesse de Castiglione et le photographe Pierson qui livra d'elle des portraits considérés comme les premières photographies de mode.


- La nuit de Maritzburg
de Gilbert Sinoué
Éditions Flammarion / Mars 2014


En 1893, Mohandas Karamchand Gandhi part en Afrique du Sud pour défendre les intérêts d'une entreprise indienne. À Durban, en 1904, il fait la connaissance d'un allemand, Hermann Kallenbach, avec qui il va partager une amitié fusionnelle et hors du commun par son intensité et les conséquences psychologiques qui en découleront.


- La passion suspendue
de Marguerite Duras
Entretiens avec Leopoldina Pallotta della Torre
Éditions Du Seuil / Mars 2014


"Pendant des années, j'ai eu une vie sociale et la facilité avec laquelle je rencontrais les gens ou je leur parlais se reflétait dans mes livres. Jusqu'à ce que je connaisse un homme, et peu à peu, toute cette mondanité a disparu. C'était un amour violent, très érotique, plus fort que moi, pour la première fois. J'ai même eu envie de me tuer, et ça a changé ma façon même de faire de la littérature: c'était comme de découvrir les vides, les trous que j'avais en moi, et de trouver le courage de les dire. La femme de Moderato Cantabile et celle de Hiroshima mon amour, c'était moi: exténuée par cette passion que, ne pouvant me confier par la parole, j'ai décidé d'écrire, presque avec froideur". Entre 1987 et 1989, après le succès foudroyant de L'Amant qui fait d'elle un écrivain mondialement reconnu, Marguerite Duras se confie en toute liberté à une jeune journaliste italienne sur sa vie, son œuvre, son obscurité, puis sa gloire, la politique, la passion. Ce dialogue, publié une seule fois en langue italienne, avait disparu, ignoré des admirateurs de Duras qui vont ici réentendre sa voix.


- La petite foule
de Christine Angot
Éditions Flammarion / Mars 2014


Une galerie de portraits de passants. Ce sont des hommes, des femmes, ils sont jeunes, vieux, ou entre deux âges, riches, puissants, pauvres, ou ni l'un ni l'autre, Christine Angot les passe, en radiologue du genre humain, à son laser, croisant leurs similitudes et leurs différences.


- La préparation de la vie
de Colette Fellous
Éditions Gallimard / Mars 2014


"Roland Barthes est devenu mon guide vagabond, il apparaît et disparaît, il n'y a jamais eu aucune contrainte dans notre lien: c'était notre pacte, il l'est resté. Tant d'années après, sa voix est là, inchangée, elle m'accompagne et je l'aime. Je l'emporte toujours dans mes bagages quand je voyage ou quand je retourne en Tunisie, comme si elle était mon enfance, comme si elle comptait davantage que ma famille. J'écoute son dernier séminaire au Collège de France, de 1978 à 1980: La préparation du roman. Devant ce grand rectangle d'eau, à Sidi Bou Saïd, en suivant sa voix et sa recherche infinie d'un roman qui serait absolu, unique et finalement impossible à écrire, je le rends complice de tout ce que je vois, de tout ce dont je me souviens, de tout ce dont je suis témoin, au cœur de cette Tunisie en grande métamorphose depuis le 14 janvier 2011. Oui, devant ce grand rectangle découpé dans la Méditerranée, sur cette terre de naissance dont je ne veux pas me séparer, je compose ce livre labyrinthe, à la fois pour lui rendre hommage et pour le remercier de m'avoir aidée à préparer ma vie, depuis le jour où, en 1975, dans un café de l'Odéon, il m'a dit, amical et affectueux: Vous savez, vous avez le droit de dire je". Colette Fellous.


- La rivière d'Enoch O'Reilly
de Peter Murphy
Éditions Calmann Lévy / Mars 2014


En 1984, la Rua déborde près de la petite ville irlandaise de Murn. Quand le déluge s'arrête, les eaux recrachent neuf corps. Neuf suicides. Qu'est-ce qui a pu pousser ainsi ces gens vers la rivière? Un jour, dans la cave dont l'accès lui était interdit, le petit Enoch O'Reilly entendit la voix terrifiante d'un évangéliste diffusée par une radio que son père avait trafiquée. Cette frousse mêlée de fascination et associée à son obsession pour Elvis Presley donneront à Enoch sa vocation. Il deviendra radio-évangéliste, pour diffuser la bonne parole et divertir les auditeurs de Murn. Mais il n'oublie pas la prophétie de son cinglé de père, qui croyait pouvoir déterminer la prochaine crue de la rivière grâce à de savants calculs et une théorie des ondes toute personnelle. La Rivière d'Enoch O'Reilly mêle influences gothiques, musicales et poétiques pour donner voix au blues le plus sombre, au murmure obsessionnel des torrents et aux prédicateurs radio des fréquences oubliées. C'est un roman sur les légendes, celles de l'Irlande, de la Bible et du rock'n'roll.


- La sage-femme
de Katja Kettu
Éditions Actes Sud / Mars 2014


C'est la guerre de Laponie, tout dernier épisode de la Seconde Guerre Mondiale qui oppose les Finlandais aux Allemands. Les mines de nickel du Petsamo sont convoitées par le IIIe Reich qui refuse d'évacuer la région après la signature de l'armistice entre la Finlande et l'URSS. Au bord de l'océan Arctique, les conditions de vie déjà très rudes sont davantage aggravées par la présence allemande. Ici, les alliances sont éphémères, les amis d'hier sont tous potentiellement les ennemis de demain. Dans ce coin reculé du monde, Oeil-Tordu, une sage-femme aux étranges pouvoirs, tombe amoureuse d'un officier SS. Elle le suit dans le camp de Titovka, loin de se douter de la nature du travail qu'elle va devoir accomplir au nom du Führer. Jusqu'où sera-t-elle prête à aller pour assouvir la soif de son cœur? C'est dans le fjord du Mort, un endroit du globe réputé maudit et resté inexploré en raison d'un phénomène magnétique, que l'attente d'Œil- Tordu viendra à son terme. Puisant dans la tradition nordique, Katja Kettu fait cohabiter le beau et le laid, le sublime et le sordide dans un lyrisme singulier, offrant au lecteur un étonnant voyage dans un univers poétique hors normes. Une voix rare de la littérature finlandaise, au service d'un roman qui lui a valu les louanges des critiques et du public de son pays.


- La scandaleuse de Moscou
de Jacqueline Monsigny
Éditions L'Archipel / Mars 2014


Océane vit désormais à New York avec son grand amour, Lenny. Son quotidien s'obscurcit lorsque deux de ses amis sont accusés d'espionnage au profit de l'URSS. Malgré ses tentatives pour les disculper, ces derniers n'échapperont pas à une condamnation à mort. Afin de se remettre de cette tragédie, Océane part s'installer en Angleterre. Elle se retrouve au cœur d'un complot lié à l'ambassade britannique à Moscou. Devenue une héroïne des services secrets occidentaux, elle décide pourtant de ne pas s'y impliquer davantage. Quittant son poste à Cambridge pour rejoindre Lenny à Paris, elle apprend que celui-ci a disparu. Elle se rend à Moscou.


- La tombe du martyr
de Jeri Westerson
Éditions Flammarion / Mars 2014


Londres, 1385. Crispin Guest est chargé par l'archevêque de Canterbury de protéger le tombeau de saint Thomas Becket contre une secte hérétique qui a proféré des menaces. Mais de précieuses reliques sont dérobées et des meurtres sont perpétrés à l'endroit même où Becket a été assassiné 200 ans auparavant. Crispin et son fidèle ami Jack vont mener l'enquête.


- La vraie vie de Kevin
de Baptiste Rossi
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2014


Vous êtes confortablement installé devant votre petit écran. Les chaînes sont tristes, hélas, et vous avez vu tous les programmes. Rien ne vous impressionne plus. Vous êtes blasé. Vous pensez que le pire a été atteint depuis longtemps. Que toutes les ficelles, sexe, violence, émotion, amour, gloire et beauté, ont été définitivement usées. Vous croyez qu'on ne saurait pousser plus loin la folie, l'absurdité, la cruauté de notre monde télévisuel. Vous vous trompez. Bienvenue dans La Vraie Vie de Kevin. Qu'on le lise comme une satire, tour à tour burlesque et lyrique, des dérives de notre nouvelle société du spectacle, une comédie entre le Truman Show, Bret Easton Ellis et un Rabelais qui surferait sur Facebook, ou le portrait critique et clinique d'une génération perdue, ce livre est, d'abord et avant tout, une flamboyante déclaration d'amour à la littérature, qui annonce tambour battant l'avènement d'un jeune écrivain surdoué.


- Le bomeur
Une vie de bobo chômeur
de Nathanaël Rouas
Éditions Robert Laffont / Mars 2014


Bomeur? Bobo-chômeur, une espèce de plus en plus répandue en ces temps de crise. "Quand Lola m'a ajouté sur Facebook, elle a checké mon profil. En 586 photos, 320 statuts et 1780 friends, elle en a déduit que j'étais un connard. Un connard prétentieux. Pour mes 1780 friends, j'ai une vie cool. Ils ne me voient pas bader le dimanche soir, seul chez moi devant mon ordinateur, une rediffusion de "Zone interdite" en fond sonore, et mon paquet de clopes vides sur la table basse. Je ne vais pas poster de photos de mon rendez-vous Pôle emploi à 9h30 à Belleville en plein hiver et de mon arrivée en scoot sous la pluie. En fait, j'ai un statut social virtuel cool. Et un vrai statut social de merde".


- Le bruit des autres
de Amy Grace Loyd
Éditions Stock / Mars 2014


Depuis la mort de son mari, Celia tient le monde à distance. Propriétaire d'un immeuble à Brooklyn, elle a choisi ses locataires pour leur discrétion. Puis il y a l'arrivée de Hope, une belle femme un peu perdue, fuyant un mari infidèle. Lorsque Hope entame une liaison dangereuse et qu'un de ses locataires disparaît soudainement, Celia voit ses murs vaciller. L'équilibre précaire qu'elle était parvenue à construire vole en éclats et l'oblige à sortir d'elle-même. Amy Grace Loyd ausculte le bruit des autres à travers les murs d'un brownstone et guette les désordres, les désirs de ce petit monde. Une exploration sans tabou du deuil, du sexe et des petits arrangements avec la vie dans un New York voluptueux et brûlant.


- Le Christ selon l'Afrique
de Calixthe Beyala
Éditions Albin Michel / Mars 2014


Boréale n'a que vingt ans mais des problèmes à revendre, entre un amoureux infidèle, une patronne dépressive, une tante qui veut lui faire porter son enfant et une mère qui la dénigre constamment. Dans ce quartier populaire de Douala où elle habite, on s'enthousiasme comme on déteste, selon le dernier tribun qui a parlé, et des tribuns il y en a à tous les carrefours, des prophètes surtout qui hypnotisent la foule par leurs prières, leurs transes et leurs promesses mirifiques, attirant chaque jour davantage de croyants. Boréale, elle, ne croit en rien et ne veut obéir à personne mais en a-t-elle la liberté?


- Le goût de la vie commune
de Claude Habib
Éditions Flammarion / Mars 2014


Un éloge de la vie à deux, dans lequel l'auteure défend les qualités de l'ennui et le principe de durée et fustige le consumérisme et l'individualisme.


- Le jeu de quilles en or
de Jean-Pierre Fournier la Touraille
Éditions Plon / Mars 2014


Novembre 1793: sentant que Robespierre va l'éliminer, Hébert, l'un des révolutionnaires les plus extrêmes, décide de libérer le Dauphin du Temple avec la complicité des royalistes. Paris, automne 1793: au deuxième étage de la Tour du Temple est retenu le petit Louis XVII, devenu roi après l'exécution de son père. À huit ans, le malheureux orphelin est l'objet de toutes les convoitises. Otage aux mains des républicains, il reste un immense espoir pour les royalistes. Dehors, ou la lutte pour le pouvoir est un combat à mort, sévit la Terreur. Farouche opposant à Robespierre, Hébert, le rédacteur du très révolutionnaire Père-Duchesne, se sent menacé. Pour sauver sa tête, il rêve de faire évader le jeune roi afin de restaurer une monarchie dans laquelle il jouerait un rôle important. Mais, en secret, s'organise une opération dirigée par un gentilhomme auvergnat libéral, Amblard de Montorgue. Par humanité, il souhaite arracher le petit roi à sa cellule. Honni des républicains, il sait que le clan royaliste ne lui fera aucun cadeau, surtout depuis qu'il a séduit l'épouse de l'un de ses chefs, le marquis d'Aigrin. Dans cette course folle où républicains, réformateurs et ultras se disputent la vie d'un enfant et parfois le cœur d'une femme, personne n'aura de scrupule à trahir l'autre.


- Le Lys de Brooklyn
de Betty Smith
Éditions Belfond / Mars 2014


"Mon Dieu, faites que je sois quelque chose, à chaque instant de chacune des heures de ma vie. Faites que je sois gaie; faites que je sois triste; que j'aie froid, ou chaud; que j'aie faim... ou trop à manger; que je sois en haillons, ou mise avec élégance; que je sois sincère ou perfide; loyale ou menteuse; digne d'estime ou pécheresse. Mais faites que je sois quelque chose, à chaque instant. Et, quand je dors, faites que je ne cesse de rêver, afin que le moindre petit morceau de mon existence ne soit perdu". Succès phénoménal jamais démenti depuis sa parution en 1943, un mythe de la littérature américaine, adapté au cinéma par Elia Kazan. Un superbe roman d'apprentissage sur les jeunes années de Francie Nolan, fillette sensible, assoiffée de culture et de livres, dans le quartier misérable de Brooklyn au début du XXe siècle. Un coup de cœurs d'une fraîcheur et d'une imagination extraordinaires, un livre-culte publié en France en 1946 et inexplicablement jamais réédité depuis, une redécouverte indispensable.


- Le Maître Bonsaï
de Antoine Bueno
Éditions Albin Michel / Mars 2014


La légende de la fin des temps raconte qu'après la mort de Sakurako le monde n'était plus que désolation. Pourtant, sur la terre désertée, s'éleva bientôt un arbre à l'endroit même où la jeune fille s'était éteinte, frappée par le sabre de son père. À la fin du monde, ne subsista plus qu'un cerisier blanc, gardé par un serpent. Empreint de mystère et d'étrangeté, ce roman à la lisière du conte initiatique nous ouvre à la magie des bonsaïs pour révéler un secret: celui de notre part d'ombre.


- Le miroir de lorrain
de Tom Bullough
Éditions Calmann Lévy / Mars 2014


Andrew, sept ans, vit dans une ferme du pays de Galles, non loin de la levée d'Offa. C'est un enfant mutique, sauvage, maltraité par ses parents, agriculteurs pauvres et sans idéaux. Ses seuls amis sont les chiens auprès de qui il se réfugie. Robin, lui, est le fils d'un couple de hippies anglais venus s'essayer à la vie à la campagne en ce milieu des années 1980. Son imaginaire est rempli de rois, de dragons, de lieux merveilleux dont regorgent les légendes locales. Alors qu'Andrew explore la maison de ses parents, il découvre un vieux miroir convexe, vestige du XVIIIe siècle, qui transforme les paysages, en donne une image diminuée, circonscrite et fragile, comme l'est sa conscience du monde. Ce miroir "magique", qu'il partage avec Robin contre la promesse d'une vie meilleure, scelle l'amitié entre les deux garçons. Mais cette relation réconfortante se révèle précaire, dès lors que la jalousie et la convoitise secouent l'univers des adultes, aux prises avec une nature perpétuellement hostile.


- Le nageur dans la mer secrète
de William Kotzwinkle
Éditions Actes Sud / Mars 2014


C'est l'aube du jour qu'ils ont tant attendu, et sur les chemins glacés d'une forêt du Maine un homme et une femme se mettent en route vers la maternité. Si près d'eux, pourtant si lointain encore, dans la  "mer secrète" un petit nageur se débat pour venir à leur rencontre. Longuement, interminablement, soudés par la force démesurée de leur attente, ils l'encouragent à les rejoindre, se retrouvent l'un l'autre tels qu'ils furent, tels qu'ils sont devenus, face à cet avenir espéré, précaire, incertain. Car le scénario n'est jamais joué d'avance, et l'aventure de la naissance peut à chaque instant imposer à l'espoir un désaveu aussi tragique qu'inexorable. L'art de William Kotzwinkle nous fait témoins d'une sincérité et d'une rigueur peu communes. Il faut ici en prévenir le lecteur: ce court texte est sans doute l'un des plus beaux et des plus bouleversants qu'il nous ait été donné de publier.


- Le point de rencontre
de Lucy Caldwell
Éditions Plon / Mars 2014


C'est l'heure du grand départ. Ruth n'a jamais quitté le cocon familial ni son doux confort occidental. Mais Euan, son mari, a trouvé un poste au Bahreïn. Une nouvelle aventure qu'ils vont vivre en famille, avec leur bébé. Une fois installée dans leur ghetto pour expatriés, Ruth déchante. Car l'inconnu se trouve, en fait, sous son propre toit. Son mari n'est pas celui qu'elle croyait. Il les a emmenés dans ce pays pour accomplir une mission dangereuse, pour lui, et pour eux. Bouleversée et isolée, Ruth essaie de se concentrer sur sa petite fille. Mais le voisinage avec une adolescente étrange et la rencontre de Farid vont la pousser à explorer ses propres zones d'ombre. À la frontière de deux mondes, l'Occident et l'Orient, à la croisée de deux chemins, le mensonge et la fidélité, Le Point de rencontre dessine une cartographie existentielle et sentimentale fascinante: l'amour, la confiance, la foi, et la fin de l'innocence.


- Le reste de sa vie
de Marrier Isabelle
Éditions Flammarion / Mars 2014


Délia a posé un congé parental. Mais pour son dernier jour, rien ne se passe comme prévu. Ses collègues lui reprochent son départ, son mari lui envoie des messages rageurs et elle a oublié de déposer sa fille chez la nounou. La petite est restée, toute la journée, dans la voiture.


- Le retard russe
de Georges Sokoloff
Éditions Fayard / Mars 2014


Vers l'an mil de notre ère, l'Europe et la Russie se trouvaient au même niveau de développement. Or, deux siècles et demi plus tard, surgissent les redoutables envahisseurs mongols. Dévastant une grande partie de l'Asie, ils ruinent également la Russie, alors centrée sur Kiev. Les options retenues ensuite par les tsars pour construire un nouvel Etat autour de Moscou, puissance militaire, tsarisme et féodalisme, "Idée russe", étaient plus faites pour forger et défendre un empire que pour "rattraper" le retard pris entretemps sur l'Europe. La Russie a gardé de ces avatars un profil économique et une culture politique qui ont souvent fait dire aux Occidentaux qu'elle n'était pas "normale". Après le millénaire cruel qu'elle a vécu, n'est-elle pas plutôt "normalement différente"? Georges Sokoloff, éminent spécialiste de l'histoire russe, est professeur émérite à l'Institut national des langues et civilisations orientales et conseiller au CEPII (Centre d'études prospectives et d'informations internationales). "Sa beauté ne tenait qu'à un fil, elle n'était pas une force, mais un accident, un heureux hasard, le contentement d'une femme qui se sait aimée et frémit de joie à l'idée de regagner chaque soir son petit monde de tendresse poudrée". Saint-Mares, ville sans histoire. Saint-Mares, ses commerces, ses cancans et sa bibliothèque municipale où la narratrice travaille depuis des années sans ambition ni déplaisir. Jusqu'à ce jour de mai où surgit Carole Valleski. La peau comme une banquise, de longs cheveux bruns, le regard noir. Envoyée par le Muséum national d'Histoire naturelle, elle vient s'occuper de la phonothèque léguée par feu-Monsieur le maire, un passionné de la faune savanienne qui sut capter pêle-mêle le ronflement du phacochère, la course de l'antilope et le bruissement du python royal. Mais, sous ce vernis de comédie, une relation destructrice se noue entre la narratrice et la nouvelle venue. Emportée dans une spirale dévorante, la narratrice s'emballe jusqu'au vertige, transformant la paisible bibliothèque en théâtre de fureur. Sentiments ordinaires et passions extravagantes: jusqu'où peut-on prendre à l'autre ce que l'on ne possède pas soi-même? Entre conte cruel et fantaisie réaliste, Histoire naturelle explore avec brio le thème du miroir et de l'identité.


- Le roman de Perón
de Tomas Eloy Martinez
Éditions Robert Laffont / Mars 2014


Juin 1973: une foule d'un million de personnes attend le retour triomphal du général Perón à Buenos Aires après dix-huit ans d'exil. Dans l'avion, Perón met la dernière main à ses Mémoires. Penché sur son passé, il songe aussi à un avenir improbable: que va devenir l'Argentine en proie aux factions péronistes prêtes à s'entretuer? Bâti sur le principe qui a fait le succès de Santa Evita, un "mentir-vrai" qui mêle l'Histoire et la fiction et passe la réalité au tamis de l'imaginaire, Le Roman de Perón est un de ces récits foisonnants et baroques dont les grands auteurs sud-américains ont le secret.


- Le Samouraï
de David Kirk
Éditions Albin Michel / Mars 2014


Il deviendra un guerrier. Une légende. Un samouraï. À treize ans, Bennosuke n'a qu'un rêve: devenir un grand guerrier à l'image de son père, l'un des samouraïs les plus redoutés et les plus respectés du Japon. Mais avant d'accéder à la gloire, il doit prouver qu'il est digne d'un tel héritage. La voie du sabre est faite de sang, de vengeance, d'héroïsme. Le jeune garçon l'apprendra, parfois à ses dépens, avant de remettre en question des siècles de tradition: pourquoi un samouraï devrait-il préférer la mort au déshonneur? Quel prix devra-t-il payer pour entrer dans l'Histoire sous le nom de Musashi Miyamoto? Autour de la figure emblématique du légendaire samouraï Musashi Miyamoto, auteur du Traité des cinq roues, David Kirk brosse la fresque étincelante du Japon du XVIIe siècle, marqué par des codes moraux immémoriaux et des combats épiques, à la culture aussi cruelle que raffinée.


- Le sang des papillons
de Vivian Lofiego
Éditions JC Lattès / Mars 2014


"Commença alors l'histoire d'un être qui avait disparu. Commença alors l'obsession de le maintenir en vie, de le sentir, de le palper, de suivre la piste, à l'endroit où il ne restait plus qu'une vague empreinte, de plus en plus floue, abstraite, imperceptible, de son existence". Argentine, 1976. À la suite d'un coup d'État, la Junte militaire commandée par Videla, Massera et Agosti prend le pouvoir. Le climat est délétère, la méfiance s'installe, les gens ont peur. Les opposants de gauche sont traqués comme des bêtes. Peu à peu, des hommes "disparaissent". Tamara, la narratrice, est encore une enfant lorsqu'elle voit, un soir, son père se faire emmener de force par des hommes. Ils le jettent dans une voiture et démarrent. À cette même période commencent les "vuelos de la muerte", "les vols de la mort", châtiment des opposants au régime, jetés d'un avion dans le Río de la Plata. Tamara ne verra plus jamais son père. Ana, sa mère, plonge dans le désespoir et se coupe de tout: du monde, de sa fille. Angélica, la grand-mère, essaie de soutenir la famille, mais comment vivre avec le poids du silence?


- Le silence d'Amarine
de Carole Duplessy-Rousée
Éditions Flammarion / Mars 2014


Lors d'un week-end à Saint-Vaast-la-Hougue chez sa grand-mère Amarine, Béatrix Andrieu de Bazer, une jeune femme fortunée, trouve un collier qu'elle n'a encore jamais vu. Amarine lui en explique l'origine mystérieuse, impliquant une famille disparue. Troublée, Béatrix décide d'entreprendre des recherches. Son frère Alban ne semble pas prêt à remuer le passé.


- Le théorème du homard
Ou comment trouver la femme idéale
de Graeme Simsion
Éditions Nil / Mars 2014


Peut-on trouver une épouse sur mesure? Le professeur de génétique Don Tillman, génie des sciences mais absolument inapte à vivre en société, en est persuadé. Pour mener à bien son "Projet Épouse", il met au point un questionnaire extrêmement détaillé lui permettant d'éliminer toutes les candidates qui ne répondraient pas à ses exigences. Et celles-ci sont nombreuses, car pour Don:
La femme idéale NE DOIT PAS
1. Fumer et boire.
2. Être végétarienne et aimer la glace à l'abricot.
3. Se lever après 6 heures.
Mais elle DOIT
1. Faire du sport.
2. Être ponctuelle.
3. Accepter le Système de Repas Normalisé qui prévoit du homard au dîner le mardi.
S'il y a bien une personne qui ne remplit aucun des critères établis, c'est Rosie Jarman, étudiante le jour et barmaid la nuit, dont la vie est aussi désordonnée que celle de Don est méthodiquement organisée.


- Le Viking qui voulait épouser la fille de soie
de Katarina Mazetti
Éditions Gaïa / Mars 2014


Sur une île du sud de la Suède au Xe  siècle, un homme vit seul à la ferme avec ses deux fils. Le chemin de ceux-ci est tout tracé: naviguer au loin, pour guerroyer au-delà des mers à l'Ouest, ou pour faire commerce sur les voies fluviales de l'Est. De l'autre côté de la Baltique, à Kiev, vivent un marchand de soie et sa famille. Radoslav rêve de devenir soldat, sa sœur Milka est une jeune fille raffinée qui joue avec ses deux esclaves : Petite Marmite et Poisson d'Or. Mais la belle ville d'Orient est sur le point de tomber aux mains des pillards. Milka et Radoslav trouveront refuge auprès de rustres navigateurs venus du Nord. Dès lors le destin des deux familles sera à jamais mêlé. Du suspense, de l'amour, du sang, des combats, et même de la poésie, eh oui, les Vikings étaient aussi de formidables poètes.


- Le visiteur aveugle
de Jean-Pierre Milovanoff
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2014


Théo a treize ans lorsqu'une vague de chaleur sans précédent s'abat sur l'Europe. Il assiste à la disparition des petites vieilles de son immeuble auxquelles il tenait la porte, dont il ne se sentait pas vraiment proche, bien sûr, mais qui faisaient partie de sa vie. Il découvre un nom à ce mal: la déshydratation. C'est la première fois qu'il entend parler d'un tel phénomène. De sa mère, interne à l'hôpital, il ne reçoit pas de nouvelles plus rassurantes. Alors, sur les trottoirs brûlants de Paris, Théo achève de grandir. Ce "temps suspendu" de la canicule permet soudain tout à tous. Théo se prend ainsi d'amitié pour un personnage extravagant occupé à voler méthodiquement l'appartement de Madame Roseland, ancienne et célèbre danseuse à l'Alcazar, et qui vient de céder sous l'accablante chaleur. Dans ce récit à la poésie simple, Jean-Pierre Milovanoff adopte le point de vue d'un jeune garçon. C'est à travers ce regard innocent, empli d'une vérité tendre, que l'auteur choisit de raconter un été pas comme les autres.


- Le voyage dans le passé
de Stefan Zweig
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2014


C'est l'histoire d'un amour contrarié par les circonstances de la vie: un jeune homme pauvre tombe amoureux de la femme de son riche employeur, qui est également son bienfaiteur. Elle l'aime aussi. Il est envoyé pour plusieurs années en Amérique Latine pour une mission de confiance; elle lui promet de se donner à lui quand il reviendra. Mais ce retour ne cessera d'être différé: la guerre de 1914-18 éclate, empêchant toute traversée de l'Atlantique pour les ressortissants des pays ennemis de l'Angleterre; le jeune homme finit par se marier et fonder une famille. Les retrouvailles n'ont finalement lieu que neuf ans plus tard et elles ont un goût amer. Le lecteur est pris par cette histoire d'amour impossible, émouvante. Une belle réflexion sur l'usure des sentiments et l'impossibilité de faire revivre le passé.


- Les attentives
de Karima Berger
Éditions Albin Michel / Mars 2014


Lorsqu'elle vivait à Amsterdam, Etty Hillesum avait accroché la photographie d'une jeune Marocaine au-dessus de sa table de travail. Elle s'adressait parfois à cette figure orientale en écrivant son Journal qui n'a cessé, par-delà sa mort à Auschwitz en 1943, d'être lu à travers le monde. Karima Berger redonne voix à cette "petite Marocaine au regard animal et serein", qui entre dans un dialogue d'une grande intensité avec Etty Hillesum. Une complicité se noue, à des années de distance et au-delà des différences culturelles, pour dire le monde et lui donner sens, même lorsqu'il paraît sombrer. Dans cette confrontation au siècle et à ses périls, un combat spirituel se fait jour chez ces femmes et la fécondité des paroles d'Etty Hillesum résonne plus que jamais dans ce dialogue rêvé entre Attentives.


- Les brumes de l'apparence
de Frédérique Deghelt
Éditions Actes Sud / Mars 2014


Quand un notaire de province lui annonce qu'elle hérite d'une masure au milieu de nulle part dans l'isolement d'une forêt, décidée dans l'instant à s'en débarrasser, Gabrielle (parisienne, quarante ans) s'élance sur les routes de France pour rejoindre l'inattendu lieu-dit, signer sans état d'âme actes de propriété et autres mandats de mise en vente, agir avec rigueur et efficacité. Un paysage, un enchevêtrement d'arbres et de ronces à l'abandon, où se trouve blottie depuis des décennies une maison dont une seule pièce demeure à l'abri du ciel, dix hectares alentour, traversés par le bruissement d'une rivière et d'une nature dévorante. Tel est le territoire que découvre Gabrielle, insensible à la beauté étrange, voire menaçante, des lieux, après des heures de route. Contrainte de passer la nuit sur place, isolée, sans réseau téléphonique, Gabrielle s'endort sans avoir peur. Mais son sommeil est peuplé de rêves, d'odeurs de fleurs blanches et de présences. Dans les jours qui suivent, toutes sortes de circonstances vont l'obliger à admettre ce qu'elle refuse de croire: certains lieux, certaines personnes peuvent entretenir avec l'au-delà une relation particulière. Gabrielle en fait désormais partie: elle se découvre médium.


- Les enfants sauvages
de Louis Nowra
Éditions Denöel / Mars 2014


Deux fillettes perdues dans la forêt australienne. Leur unique chance de survie: deux tigres de Tasmanie. Après un terrible orage, Hannah et Becky, sept ans, se retrouvent seules au cœur d'une dense forêt. Effrayées et transies de froid, elles se réfugient dans une grotte où sommeille un couple de tigres de Tasmanie. Les deux enfants se blottissent et se réchauffent contre leur pelage, apprennent peu à peu à leur faire confiance. Elles se mettent à manger de la viande crue, à marcher à quatre pattes pour finir par abandonner leurs vêtements, leur langage, et une partie de leur humanité. Un jour, un chasseur les retrouve.


- Les enquêtes de Monsieur Proust
de Pierre-Yves Leprince
Éditions Gallimard / Mars 2014


"C'est à la fin de 1906, à Versailles. Je suis minuscule (j'ai dix-sept ans mais l'air d'en avoir treize), je gagne ma vie comme coursier. Un jour, le portier d’un grand hôtel me demande de retrouver un cornet qu'un riche client a perdu. Je me dis qu'il doit s'agir d'un sourd, je monte à sa chambre et frappe avec force, on m'ouvre. J'attendais un vieillard, je vois un homme encore jeune, mal rasé, pâle et inquiet. Il se penche vers moi et me dit d'une voix plaintive: "Pourquoi frapper si fort, mon enfant?
– Je ne suis plus un enfant, Monsieur, je frappe fort parce que vous avez perdu votre cornet.
– Mon cornet? Quel cornet?
– Votre cornet acoustique, Monsieur".
Monsieur Proust, c'était lui, pousse un cri aigu, court se rouler sur un canapé couvert de papiers et de journaux. Il râle, gémit, va s'étouffer, j'ai peur. Non, il rit, je l'imite. Il est écrivain, il n'a pas quarante ans, je n'en ai pas vingt, ni lui, ni le gamin que je suis, ni personne ne peut imaginer le futur, pour le moment nous rions. Nous suffoquons ensemble, nous sommes heureux, le temps de ce qu'il appellera toujours nos secrètes enquêtes  a commencé".


- Les falaises de Wangsisina
de Pavan K. Varma
Éditions Actes Sud / Mars 2014


Quand Anand, jeune avocat ambitieux, apprend qu'il souffre d'un cancer du pancréas incurable, il voit son existence se défaire brusquement: sa femme le quitte pour son meilleur ami et patron, et il prend conscience de la vanité de ses priorités professionnelles. Pourtant, un autre tour du destin le guette: le diagnostic posé par les médecins est finalement erroné. Anand doit repenser radicalement la vie qu'il s'apprêtait à perdre, et c'est au Bhoutan qu'il trouve refuge pour envisager son avenir en toute quiétude. À Wangsisina, il se lie d'amitié avec Chimi, sa logeuse, qui lui révèle la légende des falaises qui font la célébrité de la région. Il fait aussi la connaissance de Tara, jeune femme insaisissable, décidée à devenir religieuse par dépit amoureux. Au cours d'un pèlerinage qu'ils accomplissent ensemble dans un haut lieu du bouddhisme, ces deux personnages en quête d'apaisement et de sens font une rencontre décisive: celle d'un disciple de Drukpa Kunley, yogi tantrique tibétain du XVIe siècle dit le "fou divin", qui les initie à cette philosophie de liberté et de sagesse fondée sur le rire et le sexe dont les principes vont éclairer la seconde chance qui s'offre à eux. Les Falaises de Wangsisina n'est pas seulement une histoire d'amour. Ce roman, ponctué de poésie sous la forme de versets éclectiques insérés dans la trame fictionnelle, se lit aussi comme un dialogue entre dukkha ("la tristesse"), mot clé du bouddhisme, et ananda ("la joie") qui anime une bonne part de la philosophie hindoue.


- Les invasions quotidiennes
de Mazarine Pingeot
Éditions Julliard / Mars 2014


Depuis quelque temps, rien ne tourne plus rond dans la vie de Joséphine Fayolle (pour ceux qui l'ignorent, un "nom" de la littérature jeunesse, spécialiste ès histoires d'animaux handicapés). D'abord, c'est son ex-mari, père de ses deux garçons, qui ne semble pas vraiment d'accord sur le sens du mot "séparation", et continue à maintenir le siège, déployant une imagination sans borne, à inventer ce qui pourrait enquiquiner Joséphine, tous les moyens sont bons pour rester dans sa vie. Ensuite, c'est l'inspiration qui lui fait faux bond, au moment même où Joséphine doit faire ses preuves, son éditrice, mère putative et éternelle alliée, prend sa retraite, et l'inconnu qui la remplace s'impatiente de lire les premières pages de son prochain livre. Et puis, ce matin-là, choisissant l'instant ou son banquier l'appelle pour lui parler de son découvert, c'est son lave-vaisselle qui la lâche. Le début de la fin. Ou alors... le début d'une nouvelle vie? S'inventant un double gaffeur et borderline (et un père employé de la SNCF), Mazarine Pingeot raconte avec Joséphine Fayolle cette génération de femmes encore jeunes, mères d'enfants en bas âge, fraîchement séparées, qui rêvent un impossible retour à l'insouciance et la liberté de leurs vingt ans. Scotchée à son iPhone devenu son plus fidèle compagnon, son héroïne aux faux airs de Charlotte Gainsbourg (son modèle depuis qu'elle a vu, à dix ans, L'Effrontée) traîne sa silhouette maladroite et ses questions existentielles de jeune femme de quarante ans en quête d'amour au fil de mésaventures quotidiennes croustillantes.


- Les lignes et les jours
de Peter Sloterdijk
Éditions Buchet Chastel / Mars 2014


Depuis quarante ans, Peter Sloterdijk prend quotidiennement des notes dans de grands cahiers qui n'ont jamais été exploités. Il a finalement décidé de publier une dizaine de ces cahiers, couvrant la période 2008-2011. À mi-chemin entre le journal et les notes philosophiques, écrites d'une plume vive et mordante, ces pages nous font découvrir l'auteur au travail, ses projets, ses voyages, ses colères, ses souffrances et ses émerveillements. On y lit les ridicules du temps présent, mais on y devine aussi l'angoisse de la mort, la solitude du penseur et la difficulté à vivre dans cette époque qui est la nôtre. "Quand nous partirons, nous aurons le sentiment d'avoir passé notre enfance dans l'Antiquité, nos années de maturité dans un Moyen Âge que l'on appelait la modernité et nos vieux jours dans une époque monstrueuse pour laquelle nous n'avons pas encore de nom". Entre bouillonnement intellectuel et mélancolie existentielle, ces notes font la lumière sur les coulisses de l'élaboration d'une des œuvres majeures de la philosophie contemporaine.


- Les plus belles mains de Delhi
de Mikael Bergstrand
Éditions Gaïa / Mars 2014


Göran Borg, la cinquantaine, divorcé, vient de se faire virer. Son ami Erik lui propose de changer d'air et de quitter un temps son Malmö gris et pluvieux pour le suivre dans le voyage organisé qu'il anime en Inde: "L'Inde incroyable" Là-bas, il découvre un autre monde. La foule, le bruit, la cuisine épicée, le taux de change de la couronne suédoise: un vrai choc. Rien de tel pour se remettre qu'une séance de manucure, surtout lorsqu'on tombe sous le charme de Preeti. De petits mensonges en prise de conscience politique, Göran mue. Les voyages forment la jeunesse, ou comment un éternel adolescent se construit une toute nouvelle vie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://le-titre-du-roman.forumactif.org
Elisabeth
Admin
avatar


MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 16:38

- Les serrements d'amour
de Richard Cannavo
Éditions La Grande Ourse / Mars 2014


Lorsque Mathilde annonce à Lorenzo qu'elle le quitte, celui-ci perd pied. Tout s'écroule. Elle, cette femme qu'il aime tendrement, "sa Mathilde", décide de mettre un terme à leur histoire. Une histoire à leur image, tendre et complice. Car Lorenzo est marié et Mathilde ne supporte plus cette relation murée dans une attente interminable, mêlée de solitude et de doute. Alors qu'elle tente de passer de l'ombre à la lumière, il s'enfonce dans la tristesse et le désespoir. Un désespoir qui dure longtemps et qui l'étreint, elle aussi. Un jour enfin, chacun reprend sa vie en main. Lorenzo se recentre sur l'essentiel, Mathilde parcourt le monde, s'adonnant à sa passion, la photographie. Lentement, les cicatrices se referment. La vie est là, les attend, les appelle. Plus forte que jamais.


- Les Thermes du Paradis
de Akli Tadjer
Éditions JC Lattès / Mars 2014


Adèle Reverdy est une jeune femme pleine de complexes et, pour comble de malheur, les hommes la fuient dès qu'elle avoue son métier de croque-morts. Mais sa vie va changer le jour de ses trente ans. Parmi les invités venus à la fête organisée par sa sœur, il y a Léo, ancien trapéziste devenu aveugle à la suite d'un accident puis masseur aux Thermes du Paradis. Un soleil noir dans la vie d'Adèle qui, aidée de sa meilleure amie Leila, talentueuse thanatopractrice, va tout faire pour conquérir le cœur de Léo. Un roman plein d'humour et de tendresse où l'on découvre que l'on ne voit bien qu'avec le cœur et que l'essentiel est invisible pour les yeux.


- Les vrais paradis
de François Jonquet
Éditions Sabine Wespieser / Mars 2014


Au tournant des années 80, un jeune homme découvre la vie dans une discothèque. Cet ancien théâtre, transformé en temple de la disco, il va en faire un fabuleux terrain de jeu, de séduction et d'expérimentation. Chaque soir, il part se perdre dans un labyrinthe hédoniste qui ouvre grand sur l'imaginaire. Dans le sillage du narrateur, Les Vrais paradis restitue un moment de grâce, sorte de Movida française, évoquée ainsi par Gilles Châtelet: "Décidément, qui n'aura pas connu la fin des années 70 n'aura pas connu la douceur de vivre, ce frisson d'escarpolette où l'Histoire balance entre un Ancien Régime et les fracas d'une Révolution". Suit le moment charnière où le jeune homme assiste au basculement d'un monde et à la naissance du nôtre. Tour à tour initiatique puis crépusculaire, ce roman marque le passage de l'adolescence à la jeunesse, d'un milieu à un autre, des couloirs aux coulisses, du music-hall au cirque, de la fête au drame. C'est l'entrée des artistes, des masques, des drogues, des fantômes. Les Vrais Paradis est aussi un salut au vieux Paris, celui de Baudelaire et de Lautréamont, des surréalistes et d'Alain Pacadis, d'Édith Piaf, de Coluche.


- Limon
de Didier Desbrugères
Éditions Gaïa / Mars 2014


Des médailles militaires oubliées au fond d'un tiroir, ou des douilles d'obus ouvragées sur le manteau d'une cheminée, des boîtes à chaussures emplies de lettres et de visages de jeunes soldats sur lesquels on ne sait plus mettre un nom. Voilà l'écho, souvent, de la Grande Guerre. Limon, ce sont des nouvelles qui viennent porter notre regard sur le conflit de 1914-1918 sous un éclairage diffracté, comme à travers un verre brisé, pour rendre hommage à ces hommes et ces femmes précipités dans un conflit qui n'était pas le leur. Loin des faits d'armes et des actions héroïques, se pencher sur le quotidien, sur le front et à l'arrière, et sentir les cicatrices toujours vives, plus profondes que les sillons qui tentent depuis de les recouvrir.


- Matière noire
de Dror Burstein
Éditions Actes Sud / Mars 2014


Un matin d'hiver, Ouri Ullman débarque chez son père à Jérusalem dans l'espoir de comprendre les raisons qui ont poussé Dorit, sa sœur aînée adorée, à mettre fin à ses jours, un an auparavant et ses parents à le lui cacher. Bien sûr, l'enquête d'Ouri ne résoudra pas ces questions sans réponse, mais en reconstituant le puzzle éclaté de sa mémoire, elle tracera le portrait bouleversant d'une famille en lutte contre les lois de la gravité. Avec une drôlerie inattendue et salvatrice, et comme en apesanteur, Dror Burstein recrée l'intimité qui unit un frère et une sœur, donne une incarnation sensible à la présence essentielle, vitale, concrète de la poésie dans certaines vies.


- Maudit best-seller
de Marc Kryngiel
Éditions Du Seuil / Mars 2014


Cyril Gramenk est un obscur romancier qui rêve de gloire. Pour se débarrasser d'un contrat qu'il ne veut pas honorer, il donne à son éditeur le manuscrit épouvantable qu'un admirateur lui a envoyé. À son plus grand étonnement, le livre est un succès. C'est là que les ennuis commencent; le retour d'une ancienne maîtresse et la découverte de l'existence d'un fils caché n'arrangent rien. Sa vie n'est plus alors qu'une succession de situations délirantes, hilarantes ou pour le moins surprenantes, pour le plus grand plaisir du lecteur qui jubile à chaque rebondissement, jusqu'au bouquet final. Maudit Best-Seller est le récit d'une savoureuse dégringolade. On se prend d'emblée d'empathie pour cet anti-héros aussi touchant qu'agaçant, et à chaque malheur qui lui tombe dessus, on en redemande.


- Méandre
de Yves Hughes
Éditions Stock / Mars 2014


Mortimer n'a jamais su déchiffrer l'expression du visage de sa mère, ni d'aucun être humain. Il souffre d'un trouble autistique nommé Asperger. D'une intelligence aiguë, il se passionne pour les mathématiques et connaît le langage des oiseaux. Ce personnage étrange partage une vie apparemment paisible entre Paris et la Normandie au bord d'un méandre de la Seine où il nage et côtoie des voisins qui se consacrent à leur verger et à leurs oies. Jusqu'au jour où il retrouve un ancien copain de lycée qui entraîne une équipe de badminton. Sa fascination inattendue pour ce sport va l'obséder au point de faire basculer sa vie et de l'amener à sombrer dans une folie aussi discrète qu'effrayante. Avant de commettre l'inimaginable.


- Musique rapide et lente
de Cyrille Martinez
Éditions Buchet Chastel / Mars 2014


Que faire quand on a 15 ans dans un "quartier rouge" à la périphérie d'une grande ville, qu'on s'ennuie, et qu'on refuse aussi bien la carrière d'apprenti proxénète que celle de coiffeur? Wladimir, dit Wally, monte un groupe avec quatre autres jeunes chevelus et désœuvrés. Ainsi naissent Les Étrangers, et avec eux, la mode de la musique rapide et lente. À travers le parcours de ces apôtres du mauvais goût capillaire, vestimentaire et peut-être même musical, entêtés et rebelles, Cyrille Martinez poursuit son exploration des rapports ambigus qu'entretiennent la société et les milieux de l'art. Sous forme de courts tableaux souvent hilarants, toujours incisifs, mêlant fausse naïveté et art de la pointe, l'auteur dresse le portrait d'une époque imaginaire, qui ressemble aux années 1960 mais qui partage de nombreux traits avec la nôtre. En conduisant ses tout jeunes personnages de l'anonymat au succès, puis de la presque gloire à l'oubli, Musique rapide et lente conjugue satire politique et sociale, ballade urbaine et ode à l'esprit intemporel du rock.


- Nageur de rivière
de Jim Harrison
Éditions Flammarion / Mars 2014


Sur les bords du lac Michigan, un jeune homme tente d'échapper à la pauvreté en devenant un nageur émérite. En cavale à la suite d'une bagarre avec le père d'une de ses conquêtes, il se prépare à traverser le lac pour gagner Chicago.


- Naufragés
de Fernando Monacelli
Éditions Les Escales / Mars 2014


Enquête familiale bouleversante et réflexion troublante sur la maternité, Naufragés est aussi une magnifique évocation de l'Argentine contemporaine, le portrait d'un pays marqué par les cicatrices du passé, qui se cherche un futur. Vingt-cinq ans après la guerre des Malouines, le cadavre gelé d'un soldat est découvert sur un canot de sauvetage en Antarctique. Après des années d'incertitude, Ana peut enfin enterrer son fils. Et surtout, le journal du naufragé lui révèle l'existence d'un petit-fils qu'elle veut retrouver à tout prix. Pour l'aider dans sa quête, Ana fait appel à une journaliste, Celina, qui décide de se jeter à corps perdu dans cette affaire, nouveau point d'ancrage de son existence à la dérive. De l'effervescence de Buenos Aires au petit village de pêcheurs d'Ana, les deux femmes vont devoir affronter secrets et trahisons pour découvrir la clé du mystère familial et prendre un nouveau départ.


- Notre fin sera si douce
de Will McIntosh
Éditions Fleuve Noir / Mars 2014


En 2023, le taux de chômage aux États-Unis a explosé, la crise économique bat son plein, les conflits pour l'accès à l'eau potable se multiplient, le gouvernement ne peut plus rien face aux gangs de tous bords. Et pourtant, pour ceux qui ont encore un travail et un toit, l'apocalypse à venir n'est qu'une menace diffuse. La crise va sûrement passer, les choses s'arranger, la vie reprendre ses droits? Jasper ne fait pas partie de ceux qui connaissent encore ce confort. Il migre de ville en ville avec sa "tribu", des jeunes issus de la classe moyenne qui n'ont jamais réussi à s'insérer dans une société devenue impénétrable. Jasper est un romantique, et dans ce monde qui refuse de lui donner une place, il s'est fixé un objectif: trouver l'âme sœur, connaître l'amour avant que tout ne s'écroule. Pendant ce temps, une nouvelle drogue fait fureur: le Dr Bonheur, censée rendre les gens heureux. Serait-ce l'ultime solution en attendant la fin du monde?


- Notre vie, disent-ils
de Jacques Attali
Éditions Fayard / Mars 2014


Lors d'une conférence à Genève, en janvier 2015, Tristan, brillant professeur de mathématiques à l'université de Princeton, tombe sous le charme d'une mystérieuse jeune femme, Yse, qui semble disposer, comme lui, de dons de prescience. Saura-t-il empêcher l'immense catastrophe qu'elle prévoit? La guerre mondiale qu'il devine aura-t-elle lieu? De Rome à Paris, de Venise à Angkor, de Vârânasî à Jérusalem, Yse l'entraîne à la recherche de savoirs anciens qui pourraient l'aider à relever ces défis. En racontant leur histoire d'amour et l'étrange pacte qui les lie, Jacques Attali rompt l'ordonnancement du temps et pose les questions qui hantent l'humanité depuis ses commencements: peut-on échapper à son destin, tel que les autres le prévoient ou le décident? Pouvons-nous faire en sorte que notre vie ne se réduise pas à ce que les autres en disent.


- Nous aurons de l'or
de Jean-Éric Boulin
Éditions Du Seuil / Mars 2014


Banlieue nord de Paris, aux alentours de 2030. Après vingt ans d'exil aux États-Unis, un boxeur rentre en France. Le pays maussade qu'il avait laissé derrière lui a radicalement changé. La joie est revenue. On danse dans les rues: Rachida Meziane vient d'être élue à la présidence de la République française. Le récit se déroule le jour de son investiture devant la basilique de Saint-Denis. Au fil de ses déambulations, ce boxeur mélancolique revit son enfance de garçon blanc au Bourget, son amitié, scellée à l'adolescence dans le feu des émeutes de 2005, avec l'artiste de génie Yassine Inoubli, ce combat de boxe à Moscou par la grâce duquel il devint le héros d'une autre France. Puis l'exil à New York où il a rencontré Hannah, son amour, et dont la présence illumine les rues du 93 comme celles des villes américaines où ils ont vécu et qui connaissent, elles aussi, des temps exceptionnels. Parce que, aux alentours de 2030, il semble que le feu soit partout.


- Nuits sans sommeil
de Elizabeth Hardwick
Éditions Buchet Chastel / Mars 2014


Entre fiction et réalité, passé et présent, Elizabeth Hardwick retrace et romance sa propre existence dans cette fresque pointilliste qui recrée pour nous l'univers intellectuel de la côte est des États-Unis de 1940 à 1970. Les souvenirs émergent au fil de la plume et racontent une vie de voyages, de lectures et de rencontres. Ces réminiscences sont notamment l'occasion de portraits sensibles et profonds, de Josette et Ida, ses femmes de ménage, jusqu'à l'inoubliable Billie Holiday. Préoccupée particulièrement par le " tourment des relations personnelles ", elle nous entraîne au plus près de l'intime. Nuits sans sommeil frappe par sa sensibilité à la fois éclatante et douloureuse, par la beauté du style d'une auteure encore trop mal connue en France.


- Panique à la Scala
de Dino Buzzati
Éditions Robert Laffont / Mars 2014


Un dragon qui terrorise un village de montagnards, un grand chef d'orchestre aux prises avec un groupe terroriste, une étrange peste qui décime des automobiles. Dans ces vingt-quatre nouvelles, Dino Buzzati mêle l'étrange au quotidien, l'humour à l'angoisse et, avec la subtile causticité dont il a le secret, nous offre une peinture délicieusement acerbe de la nature humaine. On y trouvera la panoplie des rêveries, spéculations, obsessions et autres chimères qui donnent à son œuvre un caractère si particulier.


- Parler seul
de Andrès Neuman
Éditions Buchet Chastel / Mars 2014


Lito, dix ans, est persuadé que s'il se concentre très fort, il peut faire varier la météo. Son père Mario, se sachant très malade, est persuadé qu'il doit laisser à cet enfant des souvenirs mémorables, Il emmène alors son fils, qui ignore tout de la situation, parcourir les routes en camion. Ensemble, père et fils embarquent pour un voyage à travers des paysages étranges, aux frontières du monde hispano-américain. Au même moment, Elena, la mère de Lito, restée à la maison, tente de trouver dans ses lectures un peu de réconfort et s'engage bientôt dans une aventure incertaine. Parler seul nous plonge avec délicatesse dans la tête de ces personnages et nous dévoile trois intimités en proie à la perte, au désir, à l'incroyable force de vie qui chacun nous anime. Trois voix, trois voyages: le premier de Lito, le dernier de son père. Et celui, intérieur, torturé et violemment érotique d'Elena. Alors que l'enfant pense, que la mère écrit et que le père dit, tous parlent seuls. Entre récit d'apprentissage et derniers instants, découverte du monde et deuil de soi, entre puissance salvatrice des mots et exigences des corps, Andrès Neuman livre un texte remarquable sur ce qui unit au-delà du dicible.


- Pas à vendre
de Enzo Cormann
Éditions Gallimard / Mars 2014


Paco Liebsman dit Sam Nibel traduit des polars depuis trente-cinq ans. Après avoir achevé sa centième traduction, au titre prémonitoire de Toutes affaires cessantes, il décide de mettre fin à ses jours et contacte Sibylle, étudiante en philosophie, repérée sur un site d'escorting. Il trouve dans cette jeune et déroutante personne une présence inattendue, quelqu'un à qui parler. "Elle était venue au premier rendez-vous, ombrageuse et circonspecte, scrutant ton regard sur elle avec un aplomb déconcertant, refusant que tu tires le verrou de la porte d'entrée, refusant vin, whisky, fumette, compliments, musique, complicité, demandant tout de go: qu'est-ce que vous attendez de moi?"


- Père des mensonges
de Brian Evenson
Éditions 10-18 / Mars 2014


Doyen respectable d'une secte religieuse, Eldon Fochs trace sa voie avec l'assurance d'avoir Dieu à ses côtés. Seule ombre au tableau: ses troubles du sommeil. Poussé par sa femme à suivre une thérapie, Fochs accepte peu à peu de dévoiler ses pulsions profondes. Après tout, qui n'a pas de désir coupable?


- Personne ne peut arrêter une fille qui rêve
de Brigitte Hemmerlin
Éditions Calmann Lévy / Mars 2014


Ce livre est l'histoire d'un amour impossible, celui de Claire, très jeune fille éprise d'un grand avocat pénaliste. Pour le séduire, lui qui ne la regarde pas, elle s'immisce peu à peu dans son quotidien, devient sa secrétaire le temps d'un été, puis sa collaboratrice durant des années. Sa famille, ses amis, son avenir, elle lui abandonne tout. Ombre de son ombre, douloureuse et pourtant sereine, elle ne se résigne pas à l'oublier quand il décide de la renvoyer. Bien au contraire, elle fracasse sa vie pour le ramener à elle. Inspiré d'un fait divers vieux de plus de trente ans, ce texte se veut le reflet d'une époque où la peine de mort n'était pas encore abolie, mais aussi d'un milieu, celui de la justice, des cabinets d'avocats aux tribunaux, en passant par les prisons hantées par des condamnés en souffrance.


- Petits papiers au gré du vent
de Eduardo Sacheri
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mars 2014


Depuis les bancs du primaire à Buenos Aires, ils étaient inséparables, Alejandro, alias "le Singe", son frère Fernando, Mauricio et le Russe. L'argent, les femmes, rien n'était parvenu à altérer leur complicité, jusqu'à ce que la maladie emporte le Singe. Par fidélité au disparu, le trio voudrait prendre soin de sa fille, Guadalupe. Seulement les caisses sont vides?: le mort avait investi toute sa fortune dans l'achat d'un jeune footballeur, totalement tocard. Les trois hommes se lancent alors dans une série de magouilles géniales et cocasses, pour récupérer les trois cent mille dollars qu'ont coûtés le gamin, qui ne vaut plus deux pesos. Savoureuse galerie de personnages à la Dino Risi, Petits papiers au gré du vent est une ode à l'amitié et la preuve que l'amour et le rire peuvent triompher de la dureté de l'existence.


- Pour tes lèvres
de Irène Cao
Éditions JC Lattès / Mars 2014


Elena a tourné la page. Sa passion dévorante pour Leonardo, qui l'a initiée aux plaisirs des sens, est maintenant derrière elle. Elle a choisi Filippo: pour lui, elle a quitté Venise et est venue s'installer à Rome. Mais rien ne sert de lutter contre le destin. Pour ses trente ans, Filippo invite Elena au restaurant. Au moment du dessert, elle découvre, parsemés sur son assiette, des grains de grenade... Le fruit de Leonardo. L'homme qui l'a tant hantée est là, et la désire plus que jamais. Pour Elena, une fois de plus, tout bascule. Mais ce qu'elle ignore, c'est que se dresse entre eux le secret le plus inavouable de Leonardo.


- Quelque chose de lui
de Françoise Dorner
Éditions Albin Michel / Mars 2014


Il ne veut pas de moi.
Il me refuse.
Je vais lui prendre ce qu'il a de plus cher.
Sauf que...
On ne devrait jamais tomber amoureux de la personne qu'on veut détruire. Un père lâche, un fils vengeur et une jeune femme aussi délicieuse que perdue. Trois personnages pris au piège des sentiments dans une comédie au charme féroce de Françoise Dorner.


- Rencontres et visites
de Bohumil Hrabal
Éditions Robert Laffont / Mars 2014


Des premiers écrits d'une rare sincérité, dans lesquels toute l'œuvre de l'écrivain tchèque est en germe. Chez un auteur de l'importance de Hrabal, l'intérêt des premiers textes est grand. Anarchisme spontané, obsession des choses et des gens de la rue, triomphe de l'imagination flirtant avec le fantastique, et surtout révolte contre la banalité du quotidien et les normes établies. Toute son œuvre future se profile dans les nouvelles présentées dans ce recueil, ou l'on fait la connaissance d'un formidable raconteur d'histoires qui n'avait pas encore appris à ménager le lecteur et le pouvoir. Le Hrabal des années d'après-guerre, d'avant le régime communiste et sa censure, avec laquelle il a dû, par la suite, de son propre aveu, ruser pour continuer à écrire.


- Requiem pour une révolution
de Robert Littell
Éditions Baker Street / Mars 2014


Alors qu'il avait immigré, adolescent, à New York pour fuir les pogroms de sa Russie natale, Alexander Til retourne à Petrograd à la veille de la révolution d'Octobre. Il s'engage dans le mouvement bolchevik, dans l'espoir de transformer la Russie en une société libre et égalitaire. Commence alors un périple mouvementé, qui le voit prendre part à chaque séquence de la grande révolution: idéaliste enflammé, il devient bientôt le témoin horrifié des atrocités perpétrées au nom de la cause, qui plongent le peuple russe dans des abîmes de souffrance. Entouré de Lili Ioussoupova, la sublime princesse rouge, sœur de l'assassin de Raspoutine, dont il tombe fou amoureux malgré lui, d'Atticus Tuohy, un mercenaire russo-irlandais au cœurs noir, et de Ronzha, poète visionnaire qui a pressenti les purges staliniennes, il avancera pendant plus de trente-cinq ans aux côtés, tour à tour, de Trotski, Lénine et Staline, croyant en eux, doutant d'eux et enfin s'y opposant, toujours s'efforçant de trouver un sens à la marche terrifiante des événements, jusqu'à ce que l'horreur de la réalité ait définitivement raison de ses rêves. Avec sa maîtrise et son brio habituels, Robert Littell associe étroitement l'histoire et la fiction, imaginant un dénouement audacieux pour aider la Russie à sortir de l'enfer dans lequel l'ont plongée la folie de ses dirigeants et les dérives de l'idéologie. Tout au long de cette fresque portée par un souffle d'une rare puissance, initialement parue en 1989, Littell dessine le grand roman de la Révolution russe, comme il donnera, quinze ans plus tard, La Compagnie, son grand roman de la CIA. Et se repèrent déjà ici les traces d'une inspiration qui conduira à son roman consacré au poète Mandelstam, L'Hirondelle avant l'orage, qui mettra en lumière le rôle vital que l'art peut jouer dans la lutte contre le pouvoir.


- Ruiz doit mourir
de Étienne Barilier
Éditions Buchet Chastel / Mars 2014


Au printemps 1917, Picasso se rend à Rome où il rejoint les Ballets Russes et travaille au décor de Parade. Son atelier se trouve à deux pas de la villa Médicis et d'une autre maison qui abrite, elle aussi, des peintres. Parmi eux, un certain John William Godward, néo-classique anglais qui ne jure que par la beauté grecque, et représente opiniâtrement, presque exclusivement, le même sujet: une belle jeune fille pensive, sur fond de marbre ou de mer. Horrifié par une modernité qu'il ressent comme inhumaine et destructrice, Godward aurait dit: "Dans ce monde, il n'y a pas de place à la fois pour Picasso et pour moi". Il finira par se donner la mort devant une toile blanche. Sur fond de guerre mondiale et de révolution russe, ce roman s'inscrit dans un moment très précis de l'Histoire et de l'histoire de l'art, auxquelles il se veut fidèle. Ce n'en est pas moins une fiction, qui prend la forme du journal de John William Godward. Apprenant la présence de Picasso à Rome, son ennemi l'épie, rêve d'arrêter sa main sacrilège et, qui sait, de le convertir à ce qu'il considère comme la beauté éternelle. L'idée d'une rencontre le fascine et l'effraie. Cette rencontre est-elle possible?


- San Miguel
de T. C. Boyle
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2014


San Miguel, c'est le nom d'une île minuscule au large des côtes californiennes. Sur ce lopin de terre aride à l'autre bout du monde, qui pourrait faire aussi bien figure de paradis que d'enfer, les destinées de deux familles, à plusieurs décennies de distance, vont se croiser. Le jour de l'an 1888, Marantha Waters débarque sur la côte de San Miguel; elle n'a pas quarante ans et la tuberculose menace de l'emporter; son mari, Will, espère que cet exil sauvage lui redonnera la force et le goût de vivre. Un demi-siècle plus tard, la famille Lester s'établit à son tour sur l'île de San Miguel, fuyant la Grande Dépression et le souvenir traumatisant de la Première Guerre Mondiale. Animés par un optimisme farouche, ils tenteront d'y créer, en microcosme, une société idéale, mais les cahots du monde et les spectres d'une nouvelle guerre vont bientôt frapper à leur porte. Prenant à nouveau pour décor l'archipel des Channel Islands qui constituait la toile de fond de son précédent roman, Après le carnage, et s'inspirant de deux histoires vraies, T. C. Boyle délaisse la satire pour peindre une ode pastorale et grandiose où il met en scène, avec une puissance rarement atteinte, l'un ses grands thèmes de prédilection: l'éternelle confrontation de l'homme et de la nature.


- Sans faille
de Valentin Musso
Éditions Du Seuil / Mars 2014


Ils sont cinq. Cinq amis, la trentaine, qui se retrouvent après plusieurs années pour une randonnée dans les Pyrénées, le temps d'un week-end. Romuald, le gamin des cités à qui tout a réussi, a invité Théo, Dorothée, David et Juliette dans son luxueux chalet. Mais la montagne lui est-elle aussi familière qu'il l'a laissé croire? Le groupe s'égare, d'anciennes inimitiés ressurgissent, les secrets de chacun se font jour. Jusqu'au drame. Impensable. Imprévisible? C'est du moins ce qu'il croient, au début. Connaît-on vraiment ses amis? Le nouveau roman de Valentin Musso nous plonge au cœur d'une histoire vertigineuse et fascinante.


- Sans les meubles
de Caroline Sers
Éditions Buchet Chastel / Mars 2014


Corinne, la trentaine, se retrouve avec ses tantes chez le notaire pour régler la succession de sa grand-mère. Ayant perdu son père, elle est en première ligne. Tout se passe bien jusqu'à ce que tante Jeanne demande qu'un inventaire soit fait. Et qu'elle glisse à sa nièce qu'il faudra aller voir ce qu'elle a chez elle. De l'héritage des grands-parents, il ne reste pas grand-chose. Des meubles. Et des objets. La maison a été vendue à la mort du grand-père, quand il est apparu que de la modeste fortune familiale il ne subsistait plus rien. Inexplicablement. À la mort de son père, Corinne a dû refuser l'héritage, pour ne pas payer les dettes. Sa mère lui a donné tout ce qui venait de sa famille paternelle, dont les meubles, et les objets, issus de la maison familiale. Ceux-là mêmes que tante Jeanne veut intégrer à l'inventaire. Sans pour autant ouvrir sa propre porte. Héritage accepté, refusé, disputé, la famille Lenoir doit faire face à son passé et à ses petits secrets soigneusement enfouis.


- Schroder
de Amity Gaige
Éditions Belfond / Mars 2014


À quelques semaines de son procès, Erik Schroder prend la plume pour expliquer ses actes à son ex-femme. Lui dire qu'il est un bon père. Qu'il n'a jamais voulu enlever leur fille, Meadow. Que leur petit road-trip n'avait qu'un but: voler quelques heures de bonheur avec son enfant. Mais voilà, quelque chose est arrivé. Et tout ce qu'Erik a tu pendant trente ans remonte à la surface. Comment un père aimant a-t-il pu mettre en danger sa propre fille? Quels secrets cache son passé? Qui est vraiment Erik Schroder?


- Shanghai
L'ordinaire et l'exceptionnel
de Françoise Ged
Éditions Buchet Chastel / Mars 2014


Shanghai, c'est la ville mythique par excellence. Capable de se renouveler cycliquement, de se rebâtir continuellement, on pourrait la croire dans un présent absolu, comme absente à son histoire, récente ou non, comme sans mémoire. Mais ce qui était vrai au début des années 2000 ne l'est peut-être plus aujourd'hui. Ville à l'avant-garde, ville laboratoire, elle a connu des bouleversements majeurs. Les grands travaux ayant pris fin, la ville se tourne vers d'autres chantiers, se réapproprie son histoire en même temps que son territoire. Et la société participe au premier chef à ces nouvelles aventures qui sont comme les prémices du visage de la Chine elle-même dans quelques années. Au cours de cette traversée des années 1980 à nos jours, Françoise Ged nous guide dans cette ville où l'ordinaire et l'exceptionnel sans cesse se côtoient. Les photographies de Yang Hui Bahai scandent son récit comme des voyants, des indices d'une époque en train de disparaître, remplacée par un temps pas encore tout à fait là.


- Si nous vivions en 1913
de Antoine Prost
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2014


Transportons-nous cent ans en arrière et découvrons le quotidien des Français de 1913: des scènes de ménages aux langes des enfants, de la vie de château à celle du meunier, des odeurs aux premiers HLM, du certificat d'études aux usines Renault, du goût du pain à l'idée de la "République". Sans omettre la marche à pieds qui était le moyen de locomotion le plus courant, l'usage de l'écriture et du papier à lettre qui régissaient tout le système de communication ou encore la grande "question religieuse" qui divisait la France. "Si nous vivions en 1913, nous aurions déjà enterré bien des amis. Si nous vivions en 1913, nous serions surpris de voir autant de militaires. Si nous vivions en 1913, nous serions paysans, maréchaux-ferrants, couturières ou bourgeois, peut-être même rentiers. Si nous vivions en 1913, nous travaillerions beaucoup. Si nous vivions en 1913, nous serions fiers d'être une République". À travers une série de chroniques originales et passionnantes qui réveillent le passé dans tout ce qu'il a de plus ordinaire, Antoine Prost nous dresse un portrait de la société française en 1913 tel qu'on ne l'apprend pas dans les manuels scolaires. Une façon d'entrer dans la grande Histoire par une petite porte. Un livre qui nous en dit long sur cette "Belle Époque".


- Skippy dans les étoiles
de Paul Murray
Éditions 10-18 / Mars 2014


Looser flanqué d'un génie obèse pour meilleur ami, fou de la jolie mais inaccessible Lori, traqué par un dealer psychopathe, Skippy tente de survivre à Seabrook, internat dublinois catholique ou les adultes sont tous des lâches, ou des salauds. L'enfer. Jusqu'à ce concours de mangeurs de beignets qui pourrait bien créer la surprise, une surprise de taille.


- Soldat d'Allah
de Christian Authier
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2014


À 22 ans, Olivier se convertit à l'Islam. Avec quelques compagnons, il braque des banques dans une traînée de sang et défie le pouvoir politique. Le RAID interviendra à Roubaix pour mettre fin à cette sombre épopée. Mais Olivier ne veut pas en rester là: il se radicalise et part pour l'ex-Yougoslavie. Devenu un soldat d'Allah, il croit qu'il va libérer la Bosnie, traversant un monde de cruauté et de vengeance. Il espère jouer les premiers rôles mais, dans l'ombre, des professionnels de la manipulation décident pour lui. Malgré la prison et les trahisons, Olivier ne renonce pas. Il gagne l'Asie, trouve l'amour, tente de se faire oublier, mais son feu sacré ne s'éteint pas. Ne s'éteindra jamais. Soldat d'Allah est un roman d'apprentissage. Ce jeune homme idéaliste veut devenir un justicier et le libérateur des opprimés du monde entier, mais à quel prix? Le braqueur et meurtrier est aussi sincère que naïf.


- Soliloques de l'exil
de Samuel Brussell
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2014


Aux premiers jours de l'automne, le narrateur se replie dans une pension d'un bourg du Léman pour relire le manuscrit d'un voyage en Italie et, dans ses carnets et feuillets épars, découvre la trame d'un récit laissé en suspens. Au fil des jours, le livre retrouve son ordre naturel, l'idée originelle qu'il portait en lui. Les épisodes appellent des souvenirs, les souvenirs prennent la forme de conversations et toujours les rencontres imprévues écrivent le prologue et l'épilogue d'une histoire restée en suspens. Ces pages sont le théâtre de vingt apparitions: dans les confessions de Fellini, l'auteur reconnaît son enfance nomade. Edward Gibbon répond en écho à l'esprit soviétique d'un financier des temps modernes et Eric Rohmer s'épanche sur la beauté, entre deux pots de confiture dans une cuisine genevoise. Le romancier russe Edichka Limonov s'échappe du roman de son hagiographe parisien et le comique Stéphane Hessel est canonisé avec les honneurs militaires. Enfin une fable de Sholem Aleykhem envoie Darwin au diable. Et, comme au théâtre, les décors changent avec les scènes: on traverse le quartier de Golders Green à Londres, on respire l'air frais du Gornergrat à Zermatt, on converse sur révolution en compagnie du chat Tchorny à Paris et, dans une chambre d'hôtel du Zurichberg, on assiste au cri d'un paon en émoi que s'exerce à pousser à la fenêtre une écrivaine zurichoise.


- Souviens-moi
de Yves Pagès
Éditions de l'Olivier / Mars 2014


"L'oubli, c'est un bruit de fond familier, le mien. Une nappe sonore qui empêche d'isoler ceci de cela, cernée par la plénitude du silence autour. Tant de balises portées disparues, refoulées dans les profondeurs, depuis sept quinze trente ans, et les voilà soudain ici flottant à la surface". Brèves rencontres, deuils en miroir, scènes insolites, malentendus exemplaires: autant d'instantanés patiemment rassemblés, grâce auxquels Yves Pagès, par un subtil jeu d'échos, se réinvente une mémoire. Autant d'émotions, constamment déjouées par l'humour et les surprises du montage. c'est ce regard décalé, insolent, qui donne tout son prix à cet autoportrait en forme de puzzle.


- Souviens-toi de demain
de Vanessa Caffin
Éditions Calmann Lévy / Mars 2014


Victime d'une agression, Charlie Longe se réveille à l'hôpital totalement amnésique. Non seulement elle a tout oublié de son passé, mais elle est incapable d'enregistrer de nouveaux souvenirs. Pour ne pas perdre le fil des événements, elle tient un journal. Sur la première page figurent quelques lignes pour le moins troublantes: "Je vais mourir. Retrouver mon mari, retrouver Adam", ainsi qu'un numéro de téléphone portable. Est-elle menacée? Qu'est-il arrivé à Adam? Pourquoi ne lui répond-on jamais lorsqu'elle appelle à ce numéro? Déterminée à reconstruire le puzzle de sa vie, la jeune femme part en quête de la vérité, avec ses notes comme seule boussole ainsi que le badge d'une agence de publicité où elle semblait travailler avant son accident. Mais tout sonne faux et la voilà saisie d'une affolante paranoïa, d'autant plus que son entourage paraît s'acharner à brouiller les pistes. Charlie le sait, elle ne peut se fier à personne, ni même à sa mémoire.


- Tête à crack
de Adriaan Van Dis
Éditions Actes Sud / Mars 2014


Quand Mulder revient passer quelque temps en Afrique du Sud à l'invitation de son ami Donald, il découvre avec stupeur que la fin de l'apartheid n'a nullement apaisé les relations entre Blancs et Noirs. Barricadés dans leur villa sur les hauteurs protégées d'un village de pêcheurs aux quartiers d'une extrême pauvreté, les voisins de Mulder tentent dans un premier temps de lui faire part des règles de prudence à respecter pour demeurer en paix. Mais Mulder, qui est, tout comme Donald d'ailleurs, un ancien activiste d'un mouvement d'extrême gauche ayant combattu l'apartheid dans les années soixante-dix, refuse d'évoluer dans un tel climat de méfiance, de se murer ainsi dans l'oubli des luttes et des amours passés. Quand il croise le chemin de Hendrik, un jeune métis complètement shooté au crack, Mulder semble touché par sa situation. Un sentiment que partage Donald. Mais leurs tentatives de "rééducation" de ce gosse perdu n'aboutiront qu'à réveiller d'anciens conflits, d'invincibles contradictions.


- The Kid
de Sapphire
Éditions de l'Olivier / Mars 2014


"Ici je deviens musique, ici je suis jamais allé chez les flics à cause de bobards, ici j'ai une mère et c'est pas une pute crevée du sida. Ici c'est le rythme de ma vie". Abdul Jamal Jones est le fils de Precious, l'héroïne de Push dont l'histoire nous avait bouleversés. Abdul a 9 ans, et sa mère vient de mourir. Recueilli dans un foyer pour orphelins à Harlem, il grandit dans un monde rendu toxique par la perversité des adultes. Sans repères, contaminé peu à peu par la violence qui l'entoure, Abdul est mal parti. Mais lorsqu'il découvre la danse, tout est transformé: Il vient peut-être de trouver là le moyen de sauver sa peau, et son âme.


- "Tuta Blu" (Bleu de travail)
de Tommaso di Ciaula
Éditions Actes Sud / Mars 2014


Ce témoignage subversif, poétique et politique, violent, tendre et terriblement vrai, c'est celui de Tommaso Di Ciaula, ouvrier, petit-fils de paysans qui, après ses huit heures de travail, écrit de toutes ses forces, avec la volonté de donner la parole à des siècles de silence de la classe ouvrière.


- Un amour à l'aube
de Elisabeth Barillé
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2014


Parce qu'une statuette signée Modigliani la trouble et qu'elle croit la reconnaitre, Elisabeth Barillé se lance dans une quête fabuleuse. Ce visage énigmatique n'est-il pas celui de la poétesse Anna Akhmatova? Quel lien unissait le sculpteur à la femme de lettres? Au fil des voyages et des indices qu'elle cherche avec passion, lettres, poèmes, photographies, dessin au crayon d'Anna par Modigliani, l'auteur rend vie à leur  rencontre, dans le Paris des grandes crues: 1910. Comment deux êtres aux destins si remarquables se sont-ils attirés et aimés, au début de leur vie d'artiste? Anna, jeune mariée en voyage de noces, s'ennuie déjà de son époux et n'a qu'un rêve: devenir poète. Au même moment, Modigliani arrive d'Italie, il a 26 ans et a décidé de se consacrer corps et âme à la sculpture. Plus que la restitution d'un amour éphémère, c'est la résurrection de deux figures à l'aube de leur succès que nous offre Elisabeth Barillé. Deux voix s'aimant dans un français malhabile, deux artistes emplis de désir, de belle ambition. Et aussi deux "milieux" en plein essor: le Montparnasse des années 1900 et les poètes russes de "La Tour".


- Un champion fragile
de Adolfo Bioy Casares
Éditions Robert Laffont / Mars 2014


Le "champion fragile" qui donne son titre à ce roman, c'est Luis Angel Morales, un garçon plutôt timide et réservé, une sorte d'antihéros. Chauffeur de taxi, il parcourt les rues de Buenos Aires en quête d'un amour de jeunesse évanoui. Subitement et mystérieusement doté d'une force herculéenne, il se laisse entraîner par ses clients dans des aventures à l'issue incertaine, au cours desquelles il lui faut presque toujours jouer des poings. Un jour, enfin, il retrouvera la trace de la femme aimée, sa chère Valentina. Dans un style volontairement épuré et avec son humour un brin amer, Bioy Casares lance son lecteur sur de fausses pistes. Entre fantastique et évocation d'un univers urbain impitoyable, il peint un monde ou l'individu mesure son impuissance face à la solitude, la désillusion et la fuite du temps.


- Un ciel rouge, le matin
de Paul Lynch
Éditions Albin Michel / Mars 2014


Printemps 1832. Coll Coyle, jeune métayer au service d'un puissant propriétaire anglais, apprend qu'il est expulsé avec femme et enfants de la terre qu'il exploite. Ignorant la raison de sa disgrâce, il décide d'aller voir l'héritier de la famille, qui règne désormais en maître. Mais la confrontation tourne au drame: Coll Coyle n'a d'autre choix que de fuir. C'est le début d'une véritable chasse à l'homme, qui va le mener de la péninsule d'Inishowen à Londonderry puis aux États-Unis, en Pennsylvanie. Pleine de rage et d'espoirs déçus, son odyssée tragique parle d'oppression et de vengeance, du lien viscéral qui unit les hommes à leur terre.


- Un fragile espoir
de Hannah Richell
Éditions Belfond / Mars 2014


Toutes les familles ont leurs secrets. Mais certains sont plus difficiles à porter que d'autres. Célébrée dans le monde entier comme la descendante littéraire de Daphné du Maurier, Rosamund Pilcher et Anita Shreve, Hannah Richell signe un premier roman subtil, très touchant et plein de mystère sur la complexité des liens familiaux, la maternité, la trahison, la perte et le formidable courage qu'il faut pour renaître. Empruntant à Daphné Du Maurier et Kate Morton, un roman plein d'émotion et de charme, un suspense psychologique captivant sur la complexité des relations mère-fille, la trahison et le courage qu'il faut pour pardonner. À vingt-cinq ans, Dora mène la vie rêvée d'une jeune Londonienne: une carrière passionnante dans la pub, un fiancé attentionné, un bébé prévu pour l'hiver. Pourtant, Dora est terrifiée: comment annoncer l'événement à sa mère? Aura-t-elle la force de renouer des liens brisés depuis tant d'années? Aussitôt arrivée devant l'imposante demeure de Clifftop, au sud-ouest de l'Angleterre, les souvenirs affluent: les rires de sa sœur Cassie et de leur petit frère Alfie; le couple parfait que formaient leurs parents. La photo de famille idéale, avant ce jour tragique, seize ans plus tôt. Pour sa famille, pour elle, pour son bébé, Dora veut comprendre: que s'est-il passé cet été-là? Qu'est devenu Alfie? Est-elle la seule coupable du drame qui a détruit les siens? Quels douloureux secrets cache encore Clifftop? L'espoir serait-il possible?


- Un printemps à la Villa Rose
de Debbie Macomber
Éditions Charleston / Mars 2014


Installée depuis peu à Cedar Cove, Jo Marie commence à s'y sentir chez elle. Avec l'arrivée du printemps, sa maison d'hôtes, la Ville Rose, affiche complet. Kent et Julie, ont décidé d'y célébrer leurs noces d'or, le seul problème, c'est que leur couple paraît au bord de l'explosion. Leur petite-fille, Annie, joue les arbitres et doit en outre accepter la présence de leur voisin, qui lui a toujours été insupportable. Femme d'affaires, Mary Smith a connu les plus grands succès dans sa carrière. Désormais atteinte d'une grave maladie, elle ne peut plus échapper à un douloureux regret. Près de dix-neuf ans plus tôt, elle a rompu avec son seul véritable amour, et revient à Cedar Cove pour obtenir son pardon. Et puis, il y a Mark, l'homme à tout faire, dont Jo Marie commence à apprécier la compagnie.


- Un suspect presque parfait
de Jimmy Sabater
Éditions La Grande Ourse / Mars 2014


Quentin a 17 ans et mène une vie tranquille de lycéen à Meridiart, une petite ville proche de la mer, lorsqu'Émilie, la jeune punk dont il est amoureux, lui propose de faire une séance photo au bord des falaises avec son meilleur ami Eliott. Mais Eliott ne vient pas et Émilie insiste pour se faire photographier avec Quentin tentant de l'étrangler au bord du vide. Sujet à un vertige maladif, Quentin panique, fait une crise d'épilepsie et perd connaissance ne gardant aucun souvenir des évènements. Le lendemain, on découvre le corps d'Eliott au pied des falaises, sans vie. Quant aux photos pernicieuses d'Émilie prises par Quentin, elles ont été postées sur Facebook par Émilie elle-même. Une rumeur se propage et Quentin devient le suspect idéal. Troublé, il se met à douter de son innocence.


- Une collection de trésors minuscules
de Caroline Vermalle
Éditions Belfond / Mars 2014


La trentaine séduisante, Frédéric Solis est un brillant avocat qui collectionne les succès et les tableaux impressionnistes. Son assistante, Pétronille, n'a d'yeux que pour lui mais il ne la voit pas, tout à son ambition et à son appétit de collectionneur, jusqu'au jour où un notaire lui annonce qu'il a fait un mystérieux héritage. Persuadé d'avoir touché le jackpot, Frédéric tombe de haut lorsqu'il découvre que son legs consiste en quelques tickets de métro et en une étrange carte aux trésors. Et puis la chance tourne. Quelques mauvaises affaires, et le voilà acculé: ses clients disparaissent et ses biens sont saisis. Il ne lui reste plus qu'à suivre la trace de l'étrange héritage, tandis que dans l'ombre Pétronille fait tout pour l'aider. De rencontre en rencontre et de surprise en surprise, le jeu de piste légué par un défunt bienveillant lui permettra de regarder, enfin, la vie au fond des yeux. Quand un flirt avec la dérive se transforme en aventure trépidante et savoureuse, généreuse et amoureuse.


- Une femme simple
de Cédric Morgan
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2014


C'est l'histoire d'une géante qui vécut en Bretagne au XIXème siècle. Sa taille et sa force exceptionnelles troublaient ceux qui la côtoyaient. "Passeuse" héroïque, elle transportait dans sa barque, passagers, animaux et marchandises et sauva plusieurs vies de la noyade. Une femme simple et mystérieuse qui n'a guère livré ses secrets. Ce roman conte ce qu'aurait pu être sa vie. Et sa vérité.


- Une saison de nuits
de Joan Didion
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2014


Près d'un demi-siècle avant L'Année de la pensée magique, une jeune femme faisait ses débuts sur la scène littéraire américaine. Joan Didion n'a pas trente ans lorsque paraît en 1963 Run River, premier roman et premier jalon d'une œuvre immense à venir, dont il annonce déjà, à bien des égards, les thèmes, la couleur et l'écriture si particulière. À première vue, c'est une histoire presque banale: Everett McClellan tue l'amant de sa femme, Lily. Aux mains de n'importe quel écrivain, on aurait affaire, au choix, à une bluette sentimentale ou à un roman policier des plus ordinaires. Mais l'auteur du Bleu de la nuit n'est pas n'importe qui; chez elle, cette trame domestique et dramatique sert un propos ô combien plus ambitieux. Derrière l'analyse des tromperies et des faux-semblants de la vie de couple, il s'agit pour elle de démonter méthodiquement les ressorts et les conséquences d'un assassinat d'une tout autre nature: celui des illusions qu'une certaine Amérique aura nourries pendant plusieurs décennies, depuis l'époque des grands pionniers californiens dont Everett et Lily sont les ultimes descendants, jusqu'à l'aube des années 1960, qui sous la plume acérée et visionnaire de Didion s'apparente plutôt à un crépuscule: la fin du Rêve Américain.


- U.S.!
de Chris Bachelder
Éditions 10-18 / Mars 2014


Les idéaux socialistes sont increvables. Pour preuve, de jeunes gauchistes ressuscitent l'activiste Upton Sinclair, auteur de Pétrole!, décédé en 1968. Centenaire en verve, le "Zola américain" revient hanter l'Amérique d'aujourd'hui ou plus que jamais le besoin d'une conscience sociale se fait sentir. Mais les suppôts du capital veillent, et la droite musclée veut sa peau. Constat sans appel sur l'état de la société libérale, cette épopée politique désopilante ouvre une nouvelle voie au roman engagé: déjantée, stupéfiante, corrosive, brillante.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://le-titre-du-roman.forumactif.org
Elisabeth
Admin
avatar


MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 16:27

- Van Gogh ou l'enterrement dans les blés
de Viviane Forrester
Éditions Du Seuil / Mars 2014


Au centre du parcours de Viviane Forrester dans la vie et dans l'œuvre du peintre génial, "suicidé de la société" selon la formule d'Antonin Artaud, il y a un fait biographique précis et lourd de conséquences: Vincent Van Gogh est né le 30 mars 1853, soit un an jour pour jour après son frère portant le même prénom, mort-né le 30 mars 1852. D'où, chez lui, le sentiment tenace et obsessionnel d'usurper la vie d'un autre, cet aîné qui le hante comme un fantôme. Quand il part à l'aventure et abandonne le domicile paternel, il a ces mots: "L'assassin a quitté la maison". Génie méconnu, entretenant une relation passionnelle avec son autre frère Théo, amant éperdu d'une vie qu'il ne sait pas vivre, massacré, écorché, déserté par tous, Vincent Van Gogh crée une œuvre énorme. Il meurt le 29 juillet 1890 à Auvers-sur-Oise, à l'âge de trente-huit ans. "Je le vois encore sur son lit étroit dans la petite mansarde, torturé par une douleur terrible. "N'y a-t-il personne pour m'ouvrir le ventre?" Il faisait une chaleur étouffante dans la chambre, sous le toit". Et il n'y avait personne. Au matin, avant l'arrivée de son frère Théo, une dernière visite: celle de deux gendarmes. Plantés au pied du lit, courroucés, ils interrogent l'agonisant: pourquoi s'est-il suicidé? D'où tenait-il son arme? Vincent fume sa pipe, adossé contre les oreillers. Il répond, la voix calme, avoir agi comme il en était libre; les autres insistent, s'acharnent. Vincent regarde en silence, droit devant lui, ignorant les représentants de cette autorité à laquelle il échappe enfin.


- Vieux, râleur et suicidaire
de Fredrik Backman
Éditions Presses De La Cité / Mars 2014


"Ove et le chat se sont rencontrés un matin à six heures moins cinq. Le chat a détesté Ove sur-le-champ. Le sentiment était plus que réciproque". Dans le lotissement où il vit depuis quarante ans, Ove est connu pour être un râleur de la pire espèce. Mais depuis qu'il est sans travail, il se sent seul et inutile. Il erre dans sa maison, fait des rondes de quartier pour relever les infractions des habitants. Jusqu'au jour où, las de cette routine, il décide d'en finir. Corde au cou, debout dans le salon, il est prêt à passer à l'acte. C'est sans compter l'arrivée de nouveaux voisins et d'un chat abandonné. Interrompant involontairement ses tentatives de suicide, ceux-ci vont peu à peu pousser Ove dans ses derniers retranchements et le ramener à la vie. Tel un chat de gouttière amoché et craintif, à la fois drôle et touchant, Ove réveille l'instinct protecteur qui sommeille en chacun de nous. Mais attention, il griffe.


- Zéro
de Charles Seife
Éditions Fayard / Mars 2014


À coup sûr, le zéro n'est pas un chiffre comme un autre. Aussi a-t-il tout naturellement suscité autant les interrogations des mathématiciens que les spéculations des théologiens et des philosophes. Le zéro est puissant parce qu'il triomphe des autres chiffres, rend folles les divisions et est le frère jumeau de l'infini. Les plus vertigineuses questions de la science et de la religion se posent autour du rien et de l'éternité, du vide et de l'infinité. Des débats passionnés et souvent violents autour du zéro ébranlèrent les fondations de la philosophie, de la science, de la religion. De Pythagore à Aristote, qui renièrent son existence, des chrétiens, qui le craignirent, jusqu'aux musulmans, qui le réintroduisirent en Occident, Charles Seife raconte avec clarté l'histoire extraordinairement mouvementée de ce concept qui est aujourd'hui une des clefs de la physique quantique, de la compréhension des trous noirs et de la naissance de l'univers.


- 1, rue des petits-pas
de Nathalie Hug
Éditions Calmann Lévy / Février 2014


Lorraine, hiver 1918-1919. Dans un village en ruines à quelques kilomètres du front, une communauté de rescapés s'organise pour que la vie continue. Louise, seize ans, est recueillie au 1, rue des Petits-Pas par une sage-femme qui va lui transmettre son savoir: accoucher, bien sûr, mais aussi lire et écrire, soigner les maux courants et, enfin, être l'oreille attentive de toutes les confidences. Mais dans ce village ravagé par la guerre et isolé du monde, les légendes nourrissent les peurs, et la haine tient les hommes debout. Ces peurs et cette haine, Louise va devoir les affronter car elle exerce son art dans l'illégalité, élève un enfant qui n'est pas le sien, aime un être qu'elle n'a pas le droit d'aimer, et tente de se reconstruire dans cet univers où horreur et malveillance rivalisent avec solidarité et espoir.


- Adieu à Berlin
de Christopher Isherwood
Éditions Grasset & Fasquelle / Février 2014


Adieu à Berlin (Goodbye to Berlin) est le chef-d'œuvre de Christopher Isherwood. Dans ce roman, le narrateur, un jeune Anglais, loue une chambre chez l'affectueuse, envahissante et pittoresque fraulein Schroeder. Il y fait la connaissance de Sally Bowles, jeune chanteuse de cabarets aux ongles peints en vert, qui s'imagine qu'elle deviendra une star. Ils seront amis avec une riche héritière juive, une famille d'ouvriers et le couple de garçons Peter et Otto. S'ensuit la chronique joyeuse et scandaleuse du Berlin de la République de Weimar, peu à peu menacée par le parti nazi dont l'insolence et la brutalité augmentent de jour en jour. Adieu Berlin a inspiré le célèbre film Cabaret de Bob Fosse avec Lisa Minnelli en 1972.


- Aimer fatigue
de Philippe Fusaro
Éditions de l'Olivier / Février 2014


C'est l'été à Tanger. Dans l'hôtel Minzah qui leur sert de décor, trois personnages jouent une étrange partie. Il y a Lulù, ravissante actrice italienne qui s'est surtout illustrée dans des péplums où elle apparaît très déshabillée. La Spia, espion ordinaire ("petite main", précise-t-il), beau comme un jeune premier légèrement empâté. Memphis, écrivain américain, un double de de Tennessee Williams, noyant sa mélancolie dans l'alcool et le Seconal. Lulù devient la maîtresse de La Spia, lequel noue avec Memphis une amitié aussi intense qu'inattendue. Tout se terminera avec la fin de l'été.


- Âme qui vive
de Véronique Bizot
Éditions Actes Sud / Février 2014


Dans une campagne isolée et vaguement montagneuse, quatre hommes se rendent visite; et s'ils ne se disent pas grand-chose, ils s'entendent et la circulation de l'inattendu les emmène en voyage. Raconté par un tout jeune homme mutique, Âme qui vive plonge le lecteur dans le vertige paradoxal d'un silence habité, loquace et palpitant, animé d'une drôlerie funambule. Comme toujours chez Véronique Bizot, ce qui se joue entre ces trois maisons vides et ces quatre hommes seuls échappe au saisissable: la tragédie est source de perplexité, la place de l'Étoile est exotique, les tropiques menaçants et la famille un pur mystère. Rien ne se passe comme prévu et tout peut arriver. Radical et buté, le silence qui règne sur ce ballet de solitudes solidaires est chaleureux et le roman distille une surprenante douceur, désertant les environs du désespoir pour, aux confins de l'improbable, faire jaillir une lumière orageuse mais enveloppante: la possibilité d'un avenir.


- Au départ d'Atocha
de Ben Lerner
Éditions de l'Olivier / Février 2014


Adam Gordon est un jeune poète américain en résidence d'écriture à Madrid. Mais il écrit peu: il fume, déambule, lit, drague Isabel, courtise Teresa et s'invente une vie. Dans ses récits tissés de mensonges, sa mère est malade et son père fasciste. Spectateur fasciné de sa fausse existence, Adam navigue au sein d'un univers fait de littérature, d'art et d'intrigues amoureuses. Mais quand un attentat frappe la gare d'Atocha, la réalité vient troubler sa fiction. Au départ d'Atocha est un premier roman impertinent, dans lequel les expatriés sont renvoyés au vide de leur condition, loin des corridas chères à Hemingway. Il s'inscrit cependant dans une autre filiation, où l'ironie se conjugue au lyrisme de l'errance: celle de Musil, Rilke ou Svevo. Avec ce livre inclassable, Ben Lerner esquisse un saisissant portrait de l'artiste en jeune homme.


- Au présent
de Helle Helle
Éditions Buchet Chastel / Février 2014


Dorte, une jeune femme pleine de vie, de rêves et d'espoir s'installe près de la gare de Glumsø, non loin de Copenhague. Alors qu'elle fait semblant de poursuivre ses études, elle erre de lieux en lieux, de conversation en conversation. Prisonnière des débuts de l'existence et de ses hésitations, elle revient sur ses premiers émois, ses premières nourritures sensibles, ses rencontres: sa tante qui porte le même prénom qu'elle, Hase, Per, tous ces êtres qu'elle prend le temps de suivre un moment. D'une gare à une autre, au gré de dialogues esquissés et d'étreintes ébauchées, elle trace un chemin, joue avec les mots, rêve d'écrire. Dorte mène une existence du bout des doigts, comme au fil de l'eau. Dépouillé et sensible, Au présent nous entraîne dans le sillage d'une jeune femme et d'une voix encore en construction.


- Cesare Battisti, les coulisses obscures
de Carlos A. Lungarzo
Éditions Viviane Hamy / Février 2014


Dix ans ont passé depuis le début de "l'affaire Battisti", qui enflamma démesurément l'opinion publique. L'unanimité et la puissance de la vindicte collective, en France comme en Italie et au Brésil, est un fait sans précédent dans les annales des acharnements judiciaires du siècle. Il fallait donc que l'Histoire s'en mêle, qu'une recherche exhaustive fût rigoureusement conduite, disant tout ne cachant rien, qu'un livre expose enfin l'ensemble des faits auxquels le public ne put jamais accéder. Car il y a droit: qu'a fait, au juste, Cesare Battisti? Sur quelles bases fut-il condamné à vie, en son absence, sans preuve et sans témoins? Ne citons qu'un seul fait: les trois procurations par lesquelles Cesare Battisti désigna des avocats pour le défendre sont des faux. Ils furent utilisés durant les onze années de son procès par la magistrature italienne. Un élément trop crucial pour qu'il soit dévoilé: en neuf ans écoulés depuis cette découverte, pas un journal n'accepta de reproduire ces faux. Et pas un tribunal, de France, d'Europe ou du Brésil ne voulut en tenir compte. Pour la première fois, chacun peut ici les découvrir et constater par lui-même la fraude qui lui fut cachée avec tant de soin. Cette fraude-là, mais aussi bien d'autres. Avec ce livre, le lecteur pénètre dans les coulisses obscures de trente années d'Histoire, par le biais de cette stupéfiante affaire, dont le dernier mot n'est pas encore écrit.


- Cocaïne
de Christophe Mouton
Éditions Julliard / Février 2014


Portrait d'un jeune homme en dealer. Né dans une cité de la banlieue parisienne, Tarek, garçon brillant et séduisant, est repéré dès le début de sa scolarité par ses professeurs. À dix-huit ans, grâce à une procédure d'exception, il intègre Sciences-Po sans concours. Constamment renvoyé à son statut de "minorité visible", il choisit de se tourner vers le trafic de drogue pour sortir d'une mauvaise passe un ami de toujours, le jeune et fougueux Moussa. Mais à la différence de ses camarades d'enfance, Tarek a pour lui le bagage intellectuel acquis durant ses études. C'est ainsi qu'après avoir parfaitement intégré les notions d'offre et de demande, d'approvisionnement, de distribution et de gestion des ressources humaines, il conquiert le marché avec succès, aidé par son fidèle chauffeur-partner, Moussa. Lorsqu'il comprend pourtant, une fois son compte en banque bien rempli, que la pérennité d'une entreprise repose à long terme sur le mépris de la clientèle, en rognant sur la qualité du produit et en gonflant les prix, et plus encore sur la capacité à se débarrasser de la concurrence, y compris par les méthodes les plus expéditives, une certaine lassitude commence à s'immiscer en lui. Saura-t-il se reconvertir à temps? Après avoir calculé son pouvoir de séduction sur l'échelle des notations financières, après avoir pleuré la perte de la fille qu'il aimait dans un faire-part de mariage, Christophe Mouton poursuit son obsession: subvertir les codes littéraires en y appliquant le langage souvent déshumanisé de la modernité. Cette fois, c'est au vocabulaire du management entrepreneurial qu'il s'est attaqué pour narrer l'ascension d'un jeune dealer de banlieue. En appliquant la terminologie de la gestion et du commerce à son récit, il revisite avec un humour cinglant le roman d'apprentissage. Quant au parcours sans faute de son héros, qu'il décrit comme un modèle d'auto-entreprise, voilà bien un constat provocateur qui semble gommer tout jugement moral. Pourtant le cynisme de certaines industries légales ne nous incite-t-il pas à adhérer à la même logique? Car sous ses dehors ironiques et légers, Cocaïne est un roman très ambitieux, une véritable fresque sociale qui croque aussi bien, de la façon la plus mordante, le profil des "consommateurs", que celui du jeune de quartier bénéficiaire d'une discrimination positive qui ne fait que le stigmatiser davantage. À la fois drôle et très bien vue, cette chronique pose la question de la liberté individuelle face aux déterminismes de tout poil, critique sociale qui ne nie pas ses influences balzaciennes


- Comédie romantique
de André Bessy
Éditions Flammarion / Février 2014


Brillante éditrice dotée d'un solide tempérament romanesque, Victoire, trente-cinq ans, n'a pas encore trouvé le grand amour  jusqu'à ce que trois hommes traversent sa vie.


- Dans la gueule de la bête
de Armel Job
Éditions Robert Laffont / Février 2014


Qu'est-ce qu'elle peut bien y comprendre, Annette, à ces histoires de grandes personnes, à ces rendez-vous secrets du mercredi après-midi, chaperonnée par des bonnes sœurs en cornette au regard doux et préoccupé? Peut-être que si Annette ne s'appelait pas en réalité Hanna, peut-être que si elle n'était pas juive, il en irait différemment. La fillette pourrait voir ses parents autrement qu'en cachette, à l'abri des regards indiscrets. Ils viendraient lui rendre visite comme chaque semaine et l'emmèneraient avec eux, loin du couvent. Les parents d'Hanna doivent cependant se méfier. Le peuple de Liège a beau renâcler devant la rigueur des lois anti-juives, eux aussi sont en sursis, épiés, traqués. Et si des catholiques de la bonne bourgeoisie de la ville s'évertuent à les protéger et à leur donner asile, un homme, informateur zélé de l'occupant allemand, les exilerait volontiers vers des cieux moins cléments. Il faut donc être sur ses gardes. D'autant que la trahison ne vient pas toujours du camp et pour les raisons que l'on croit. S'il y avait d'un côté les bons et de l'autre les méchants, les choses seraient beaucoup trop simples. Comment réagissent des gens ordinaires confrontés à une situation extraordinaire? Quelle est la frontière entre le bien et le mal, entre un héros et un salaud? Ne peut-on pas être les deux à la fois? Armel Job nous précipite dans la gueule de la bête, ce for intérieur qui tient lieu de conscience à chacun de nous, ou se révèlent toutes les nuances de l'âme humaine, sombre et généreuse, capable du meilleur comme du pire, et nous sème dans les rues de Liège, hérissées de chausse-trapes et de faux-semblants, théâtre de ce polar versatile jusqu'à la dernière ligne.


- Dans le pavillon rouge
de Pauline Chen
Éditions Robert Laffont / Février 2014


Daiyu, provinciale de dix-sept ans, est accueillie à Pékin, au sein de la famille de sa mère qui vient de décéder. Ayant vécu simplement et sans contraintes, Daiyu est totalement déconcertée par le faste et la rigidité du palais de Rongguo ou elle fait la connaissance de toute la famille Jia, des aristocrates liés à la Maison impériale. Sa grand-mère avait coupé tout lien avec sa mère, qui avait choisi de faire un mariage d'amour. Dans cette immense demeure aux multiples appartements et aux innombrables domestiques, Grand-Mère Jia, secondée et servie par Xifeng, la femme de son petit-fils, règne sur le gynécée qu'est la résidence des femmes ou tout le monde, maîtresses comme servantes, obéit à des règles hiérarchiques strictes. Xifeng veille au bien-être de tous, gérant l'intendance et la fortune familiale. Malgré son dévouement, elle est néanmoins très vite remplacée dans le lit de son mari par une concubine, car elle n'a pas réussi à enfanter. Daiyu quant à elle tombe amoureuse de Baoyu. Brillant et imprévisible héritier de la famille, sans savoir que Grand-Mère Jia souhaite le marier à la sage Baochai, sa cousine, avec qui elle s'est liée d'amitié. Un meurtre, des amours illicites et un coup d'État après la mort de l'empereur précipiteront la chute de cette famille. Xifeng, Daiyu et Baochai tenteront, chacune à leur manière, de façonner leur destinée.


- Deux secondes de trop
de Rachel Joyce
Éditions XO / Février 2014


Angleterre, 1972. Byron Hemmings, onze ans, apprend de la bouche de son meilleur ami que deux secondes vont être ajoutées au temps, afin de faire coïncider l'heure officielle avec la rotation réelle de la Terre. Cela le terrifie. Toucher au temps n'est-il pas extrêmement dangereux? En petit garçon responsable, il écrit à la BBC, à la Nasa, à son député. Mais personne ne semble prendre la mesure du danger. Lorsqu'il voit l'aiguille des secondes de sa montre reculer, il se jette sur sa mère, Diana, pour qu'elle en soit témoin. Celle-ci, au volant, a un instant d'inattention. Et l'irréparable se produit. La vie parfaite construite par Diana s'effondre peu à peu. Qui en est le véritable responsable? La fatalité? Le hasard? Ou ces deux secondes qui n'auraient jamais dû exister? Fragilité des êtres, de l'existence, mais aussi rédemption par l'amitié et l'amour, tels sont les thèmes abordés dans ce texte tendre et poétique.


- Dis-lui que je l'attends
de Takuji Ichikawa
Éditions Flammarion / Février 2014


Karin, ancienne mannequin, est désormais actrice. Elle propose à Satoshi de venir travailler dans sa boutique. Il réalise alors qu'il s'agit de son premier amour, lorsqu'elle, lui et Yuji formaient un trio inséparable. Le destin semble leur offrir une seconde chance, mais Yuji a un accident qui le plonge dans le coma.


- En kit
de Laure Naimski
Éditions Belfond / Février 2014


Parce que Samuel l'a quittée, Hélène plante sa tente au milieu de son salon et s'y met à l'abri avec son chat d'Artagnan. Mais elle n'est pas au bout de ses peines: double toit ou pas, l'extérieur s'incruste. Entre une mère hôtesse de l'air qui change d'amant comme de coiffeuse, un père juif rescapé de la Shoah, très pratiquant mais pas toujours moralement nickel, et les ouvriers sans papiers qui circulent devant ses fenêtres, Hélène n'a pas une seconde à elle. Par touches cocasses ou graves, Laure Naimski dessine le monde un peu piqué d'une femme au bord de la crise de nerfs. Une fable tendue, caustique et désopilante sur la précarité et l'incohérence contemporaines.


- En route pour Compostelle
de Monika Peetz
Éditions Presses De La Cité / Février 2014


Cinq amies, très différentes, se retrouvent depuis quinze ans chaque mardi du mois dans un restaurant français de Cologne. Liées comme les doigts de la main, ces "femmes du mardi", comme les surnomme le patron de l'établissement où elles se donnent rendez-vous, partagent leurs joies comme leurs peines. Tous les ans, elles passent ensemble quelques jours de vacances, une parenthèse enchantée qu'elles ne manqueraient pour rien au monde. Cette année cependant, l'une d'elles, veuve depuis peu, annonce qu'elle ne sera pas de la partie car elle souhaite accomplir le pèlerinage que son mari n'a pas pu terminer à cause de la maladie. Qu'à cela ne tienne. Les autres décident de l'accompagner pour la soutenir. Et voilà comment les "dames du mardi" entament un périple riche en surprises et en émotion qui changera leur vie à tout jamais.


- Épilogue
de Gérard Genette
Éditions Du Seuil / Février 2014


Comme l'indique son titre, ce petit livre met un point final à la suite bardadraque qui l'a précédé, selon une fonction d'examen  auto-critique et dans un après-coup plus ou moins tardif, que la tradition classique assignait comme définitive et forclusive. La sagesse populaire, qui craint à juste titre les suppléments inutiles et les promesses en l'air, dit en pareil cas: "N'épiloguons pas", ou parfois, et plus bizarrement: "N'anticipons pas". Je vais donc épiloguer un peu, mais pas trop, dans un autre désordre à bâtons rompus et sous le signe paradoxal de la convergence des temps, sans éviter quelques détours à fins de repentirs ambigus, d'aggravations provocantes ou de diversions hasardeuses, et non sans anticiper parfois, mais pas de beaucoup, on verra bien quoi.


- Face aux ombres
de Catherine Enjolet
Éditions Phébus / Février 2014


Ariane s'installe dans un immeuble neuf au cœur du quartier latin et s'aperçoit, à la suite de rencontres et d'indices troublants, que son appartement est habité. Monteuse au cinéma, la jeune femme découvre que ses choix de vie, professionnels ou amoureux, semblent déterminés par une histoire familiale qu'elle ignore. Coupée de tout repère par des placements à la mort de son père, elle va devoir affronter les non-dits mortifères, les malédictions et faire face aux ombres du passé avant de donner la vie à l'enfant qu'elle attend. Entre quête et enquête, une histoire vraie où l'on retrouve les héroïnes du quotidien chères à Catherine Enjolet et la légendaire rue Mouffetard.


- Grand cirque Taddei
de Andrea Camilleri
Éditions Fayard / Février 2014


Dans la Conjuration, un tailleur ambulant déploie avec générosité des talents d'amant qui aiguisent la convoitise de la présidente de l'association des femmes fascistes… Dans Grand Cirque Taddei, le jeune Pippo profite de l'arrivée d'un cirque pour tenter de se débarrasser de sa richissime tante Michela, dont il est le seul héritier. Dans le Trésor enfoui, la voyante Arsenia attire une clientèle nombreuse, parmi laquelle figure le chef mafieux local. La Vigatà de l'époque fasciste offre à Andrea Camilleri matière à huit nouvelles drôles et truculentes, qui épinglent la bêtise et la cupidité, le pouvoir et la lâcheté, et font triompher la joie de vivre, sous forme de joyeux désordres amoureux. Un condensé de moquerie salutaire dans une langue qui, elle aussi, se joue des carcans.


- Guerres
de Timothy Findley
Éditions Phébus / Février 2014


"Rien ne manque de l'habituel roman de guerre, les convois, les tranchées, les gaz, les attaques aériennes, les obus, les rats, les blessés et les morts, mais il y a autre chose. De haut, de loin, par-delà le temps, il y a ce que l'on peut voir à côté de la bataille et qui, chez Findley, est d'une surprenante diversité. Il y a la vie animale, qui est l'un des sujets du livre. Il y a la vie de ceux qui attendent à l'arrière, leur angoisse, leurs chagrins, leur solitude, comment ce florilège de souffrances endommage la famille, femmes, mères et fratries. Il y a la vie en général: la sauvagerie maternelle, l'amour et la jalousie fraternels, l'impuissance de l'enfance, la difficulté d'être. Il y a l'amour, le mariage, la sexualité. Il y a tout ce qui arrive, la mort des enfants, le suicide, la maladie, la folie, la prostitution, la séduction, le viol". Timothy Findley
Une méditation sur la violence, la lâcheté, la peur et la souffrance, sur l'espèce humaine en somme.


- Histoires confidentielles
de Pierre Herbart
Éditions Grasset & Fasquelle / Février 2014


Les Histoires confidentielles, ce sont douze récits de déchirantes déchéances. L'alcool, la prostitution, la folie, la mort… Loin de tout naturalisme, l'écrivain raffiné qu'était Herbart les aborde avec une compréhension, une humanité, une absence de jugement moral, qui leur donnent un frémissement de pureté. Dans "Maman Bonheur", un adolescent suit une clocharde dans un terrain vague (et qu'on se rappelle que le père d'Herbart s'était volontairement clochardisé); dans "L'escalier", l'amoureux jaloux d'un jeune Italien se torture de jalousie; "Peau d'ange" nous révèle le secret d'une prostituée de vingt ans. Toute la violente tendresse de l'auteur de L'Âge d'or. Pierre Herbart (1903-1974) est un des grands auteurs secrets de la littérature française du XXe siècle. Homme engagé puis détache, styliste, dandy, homosexuel qui ne se cachait pas de l'être, ami de Cocteau et de Gide, il a laissé une œuvre de premier plan.


- Indétectable
de Jean-Noël Pancrazi
Éditions Gallimard / Février 2014


Indétectable raconte au plus près la vie de Mady, sans papiers, sur le qui-vive depuis qu'il est venu d'Afrique, il y a dix ans. On le suit dans ses parcours limités à travers Paris, ses peurs, ses détresses, ses démarches inabouties, son amour difficile pour Mariama. On le voit aller d'abri en abri, trouver un temps refuge chez le narrateur, rejoindre parfois ses camarades au foyer, ce petit palace déglingué du Père-Lachaise où l'on palabre, se retrouve, et se tient chaud, et puis repartir avec sa vaillance intacte vers une place qu'on lui accordera peut-être. Ce récit d'une existence fragile et condamnée à l'ombre redonne à Mady une dignité et une densité humaines que le mot neutre, générique et commode de "sans papiers" pourrait faire oublier.


- Jaguar
de Hector Tobar
Éditions Belfond / Février 2014


Du Guatemala de la dictature militaire au Los Angeles des terrains vagues, de la misère humaine et de l'injustice, un face-à-face tragique, une fascinante histoire de vengeance et de haine. Incisif et poignant, un roman inoubliable. La Cité des Anges. Tant d'immigrés débarquent ici en quête d'un nouveau départ. Parmi eux, Antonio Bernal avec, à la main, un sac plastique rempli de livres, ultimes vestiges de sa vie d'avant. Avant, au Guatemala, Antonio était un mari et un père de famille dévoués, un homme brillant, un intellectuel engagé. Avant, il vibrait pour un idéal, un farouche désir de liberté dans un pays aux mains des milices. Avant, sa route n'avait pas encore croisé celle des Jaguars, l'escadron de la mort. Aujourd'hui, seul à L. A., Antonio est un homme détruit. Aujourd'hui, des marchands de sommeil aux bidonvilles, il mène la vie d'errance des clandestins anonymes. Mais, aujourd'hui, l'instinct de vengeance va prendre le pas sur l'instinct de survie. Car dans un parc Antonio a vu un homme. Sur son bras, le tatouage qui le hante depuis si longtemps: la marque de l'escadron jaguar qui a emporté les siens.


- L'âge des miracles
de Karen Thompson Walker
Éditions 10-18 / Février 2014


Une journée d'octobre apparemment comme les autres, l'humanité découvre avec stupeur que la rotation de la Terre a ralenti. Les jours atteignent progressivement vingt-six, vingt-huit puis trente heures. Tandis que certains voient dans ce changement inexpliqué un signe que la fin est proche et cèdent à la panique, d'autres, au contraire, s'accrochent coûte que coûte à leur routine, comme pour nier l'évidence. Bientôt, la gravité est modifiée et certaines personnes sont touchées par un syndrome provoquant des malaises à répétition, les oiseaux sont désorientés et s'écrasent, les marées se dérèglent et les baleines s'échouent. En Californie, Julia est le témoin de ce bouleversement, et de ses conséquences sur la communauté, sa famille, et elle-même. Adolescente à fleur de peau, elle entre dans l'âge ou son corps, son rapport aux autres et sa vision du monde changent: l'âge des miracles. Entre roman d'anticipation et d'apprentissage, L'âge des miracles est un livre visionnaire sur la capacité d'adaptation de l'Homme, poussée ici à son paroxysme.


- L'âne et l'abeille
de Gilles Lapouge
Éditions Albin Michel / Février 2014


"Francis Jammes est un très beau poète. Un jour, il a mis dans un quatrain un âne et une abeille. Je me suis demandé pourquoi il avait réuni ces deux animaux. J'ai comparé les labeurs de l'abeille avec la philosophie espiègle de l'âne. J'ai jeté un œil dans les ruches, dans l'atelier où les hyménoptères fabriquent le nectar des dieux. Et j'ai cru repérer le lieu où les deux animaux affichent leur ressemblance. Ce lieu est la sexualité: l'insecte et le mammifère défient la loi fondamentale: tu n'aimeras pas un individu d'une autre espèce que la tienne. Ils désobéissent. Ils aiment ceux qu'ils aiment, et tant pis si les dieux froncent le sourcil. Pareille révolte contre l'ordre des choses est sans exemple. C'est elle qui a permis à l'âne d'introduire sur la terre un individu qui n'avait pas été dessiné dans les cartons de Dieu, le mulet, et à l'abeille de renouveler le miracle de la vie en faisant l'amour avec les roses".


- L'assujetti
de Zelter Joachim
Éditions Grasset & Fasquelle / Février 2014


Né en Allemagne dans les années soixante-dix, Friederich est le fils unique d'une famille de la petite bourgeoisie qui destine son enfant à un avenir brillant à ses yeux: il sera bachelier. Le jeune Ostertag est envoyé à l'école avec un an d'avance. Dès lors commence son véritable calvaire. Friederich saute à nouveau une classe, puis atterrit finalement dans un pensionnat où, toujours traité comme un bouc émissaire, il développera son seul talent: écrire pour les autres. D'abord des lettres aux parents pour soutirer de l'argent, puis, son bac en poche, un Mémoire pour son "compagnon" Von Conti, un fils de bonne famille, parvenu et séducteur. Von Conti est porté aux nues et devient un grand dirigeant politique, tandis que Friederich, reste son nègre. Licencié par Van Conti, il met fin à ses jours. On est pris dans la trame, on souffre avec Friederich, on est impuissant avec lui à sortir de cet écueil terrible où se répand sa non-vie. Assujettissement aux autres, à une société cruelle et castratrice au travers de figures comme celles du père, de l'école, de l'argent ou du pouvoir. C'est brillant. Dès les premières pages on est happé par une force d'écriture qui submerge. Il y a là en partie la froideur et l'absurdité des ambiances de Kafka, dépeints avec un réalisme étonnant de justesse. Un livre, tout à la fois comique, pathétique et tragique, sensible et juste, jusque dans la monstruosité des personnages.


- L'égaré de Lisbonne
de Bruno d'Halluin
Éditions Gaïa / Février 2014


1500. Deux ans après l'ouverture de la route des Indes par Vasco de Gama, l'armada de treize nefs et caravelles commandée par Pedro Álvares Cabral s'engage elle aussi en direction du cap de Bonne-Espérance. João Faras, médecin et chirurgien du roi de Portugal, cosmographe, est embarqué dans l'aventure. Il est amené à dessiner le contour de côtes jusqu'alors jamais observées, espérant ainsi contribuer à l'enrichissement du très convoité Padrão Real, la carte du monde royale et secrète. Envoûté ou effrayé par les peuples rencontrés, malmené par la tempête, la maladie et la faim, il se languit de sa famille et doute de jamais revoir Lisbonne, porte sur la mer océane. En ces temps de grandes découvertes, João erre entre le Moyen Âge et la Renaissance, le judaïsme et le christianisme, entre la terre et la mer, l'Ancien et le Nouveau Monde.


- L'élixir de l'immortalité
de Gabi Gleichmann
Éditions Grasset & Fasquelle / Février 2014


Au chevet de sa mère mourante à Oslo en 1989, Ari Spinoza, le dernier descendant de la famille, lui promet de raconter la vie de ses ancêtres à travers les siècles: soit 37 générations. L'histoire débute en Espagne en 1140 quand un jeune homme, Baruch Spinoza, après avoir eu une vision de Moïse, va entreprendre un voyage initiatique qui le mènera jusqu'au Portugal, où il deviendra médecin du roi. Là, il conçoit l'élixir de l'immortalité. Le secret de sa fabrication sera transmis de génération en génération, de Baruch, à Simon, Amos, Shlomo, Israël, Chaïm, Moishe, Salman, le seul qui l'ingérera, vivra plus de 130 ans et incarnera la figure du Juif Errant. En l'espace de huit siècles, chaque détenteur du secret va connaître un incroyable destin et marquer l'histoire de l'Europe, en traversant l'Inquisition, la Seconde Guerre Mondiale, l'holocauste, le communisme, en passant par le siècle des lumières et la révolution française. C'est toute l'histoire de l'Europe, petite et grande, qui passe en accéléré: un Elixir composé d'anecdotes, récits en tout genre, parfois érotiques, contes, considérations religieuses ou métaphysiques, saga familiale: une valse des sentiments humains du plus abject au plus généreux, une folle farandole, un hymne à la vie. Le dernier des Spinoza a sauvé sa famille de l'oubli et transmis le seul vrai trésor que l'on doit transmettre: la mémoire et les souvenirs. Une promesse est une promesse. Gabi Gleichmann est né à Budapest en 1954, il a étudié la littérature et la philosophie en Suède. Il vit aujourd'hui à Oslo où il est écrivain, éditeur et critique littéraire.


- L'espoir, cette tragédie
de Shalom Auslander
Éditions 10-18 / Février 2014


La paix, c'est ce qu'espérait Salomon Kugel en s'exilant avec les siens dans cette ferme paumée. Raté. Son épouse le houspille, sa mère le serine avec la Shoah qu'elle-même n'a pas vécue et un pyromane rôde dans la région. Ça pourrait être pire? Oui. Voilà qu'il débusque au grenier une vieille dame acariâtre, une icône de l'Histoire déterminée à rétablir la vérité: Anne Frank.


- L'homme aux yeux à facettes
de Wu Ming-yi
Éditions Stock / Février 2014


Sur l'île de Wayo-Wayo, lorsque vient le temps de leur quatre vingtième pleine lune, les fils cadets sont condamnés à partir en mer pour un voyage dont ils ne reviennent pas. C'est le destin du jeune Atihei. Alice, professeure de lettres, est anéantie par la disparition en montagne de son fils et de son mari et songe au suicide dans sa maison au bord de l'océan, sur la côte est de Taiwan. Ces deux êtres prêts à mourir ne peuvent alors imaginer qu'un gigantesque vortex de déchets amoncelés depuis des décennies dans le Pacifique viendra à jamais bouleverser leur vie. Ce tourbillon qui les dépasse arrachera Alice, Atihei et une galerie d'autres personnages aux méandres de leur solitude. Wu Ming-yi échafaude un monde où s'entremêlent réalisme magique et fable fantastique, questionnant notre rapport à la nature et à l'autre.


- La bête
de Catherine Hermary-Vieille
Éditions Albin Michel / Février 2014


Au XVIIIe siècle, dans le petit village de La Besseyre-Sainte-Marie, en Gévaudan, on a moins peur des loups, que l'on sait traquer depuis longtemps, que du Diable. Seul le père Chastel sait le tenir à distance avec ses potions et ses amulettes. On respecte, on craint cet homme qui détient tant de "secrets". Mais lorsque la région devient la proie d'un animal aussi sanguinaire qu'insaisissable, comme vomi par l'enfer, le sorcier reste impuissant. La perte de ses pouvoirs serait-elle liée au retour de son fils Antoine, cet étrange garçon solitaire et sauvage, échappé des geôles du dey d'Alger? À la frontière du mythe et de l'Histoire, Catherine Hermary-Vieille revisite la légende de la Bête du Gévaudan en explorant notre part secrète de violence et de bestialité. Un roman fascinant qui sonde les plus obscures pulsions humaines.


- La chasseuse d'astres
de Zoé Valdés
Éditions JC Lattès / Février 2014


Venue chercher l'inspiration au bord de la mer, Zamia, écrivaine cubaine, rencontre sur la plage une jeune femme mystérieuse, qui se présente comme une chasseuse d'astres. C'est Remedios Varo, grande artiste surréaliste oubliée de nos contemporains, comme beaucoup de femmes. Deux femmes qu'un siècle sépare, et dont les histoires résonnent pourtant avec harmonie. Peintre et artiste surdouée née en Espagne au début du XXe siècle, Remedios Varo fut l'amie de Dali, Lorca et Breton. Elle fuit à Paris au début de la Guerre Civile, puis s'installa à Mexico pendant l'occupation allemande. Zoé Valdés dresse le portrait de cette femme exceptionnelle, de son rapport absolu à l'art, de ses quêtes amoureuses. En creux, se dessine le portrait de Zamia, jeune cubaine qui lutte à sa façon pour faire entendre sa voix d'artiste. Épouse d'un diplomate installé à Paris, elle vit avec le poids de la surveillance, la censure jusque dans son propre foyer, et l'envie désespérée de liberté.


- La cité sauvage
de T. J. English
Éditions 10-18 / Février 2014


Homicides à coups de batte, viols, acharnements racistes et corruption: tel est le visage du New York des années 1960, cité d'une humanité sauvage frappée par la haine et l'effroi. À partir du meurtre des "Career girls" le jour du fameux discours de Martin Luther King, T.J. English rédige au scalpel la chronique d'une décennie en pleine mutation.


- La couleur des ombres
de Toibin Colm
Éditions Robert Laffont / Février 2014


La mémoire est un piège cruel, une machine à fabriquer de la fiction. Les personnages de ces neuf nouvelles sont saisis dans ce moment "entre deux" ou la réalité déchire le tissu des souvenirs. Et la réalité, c'est cela: sans tapage et sans violence, ils ont été bannis du cercle des relations familiales, mis à l'écart de leur propre histoire; leurs traces ont été gommées ou distordues, leur identité lissée. Sans doute parce qu'ils étaient un peu différents, légèrement rebelles aux bonnes mœurs et aux hypocrisies locales, sensuels et amoureux, prêts à se donner. Pour ceux qu'ils ont connu dans leur enfance ou qu'ils ont aimé avant de quitter leur pays et d'y revenir, ils sont devenus des fantômes de plus en plus transparents, de plus en plus inexistants. Pourtant, de se voir ainsi proscrits sans pouvoir se défendre, ni Malik, ni Lady Gregory, ni Frances ne souffrent. Au contraire. Tout à coup, c'est comme s'ils braquaient un projecteur sur les incohérences de leurs espoirs et les mensonges de leurs souvenirs. Malik, le jeune Pakistanais exilé à Barcelone, peut enfin librement aimer un homme; Frances, l'Irlandaise devenue américaine, se réconcilie avec une des plus belles pages de sa vie amoureuse; Carme, reniée par ses parents franquistes à cause de ses convictions communistes, sauve de la destruction la vieille demeure familiale ou règne encore l'absolue liberté de sa grand-mère. Les neuf protagonistes de ces nouvelles reprennent voluptueusement possession de leur profonde singularité: ils sont seuls, peut-être, mais ils sont désormais pleinement eux-mêmes. Débarrassés d'une famille qui les nie, de vieilles amours mortes depuis longtemps et qu'ils ont voulu garder vivantes, libérés des entraves d'émotions rancies, ils se mettent en marche vers leur avenir.


- La cuisinière
de Mary Beth Keane
Éditions Presses De La Cité / Février 2014


Immigrée irlandaise courageuse et obstinée arrivée seule à New York à la fin du XIXe siècle, Mary Mallon travaille comme lingère avant de se découvrir un talent caché pour la cuisine. Malheureusement, dans toutes les maisons bourgeoises où elle est employée, les gens contractent la typhoïde, et certains en meurent. Mary, de son côté, ne présente aucun symptôme de la maladie. Au contraire, sa robustesse est presque indécente. Des médecins finissent par s'intéresser à son cas, mais la cuisinière déteste qu'on l'observe comme une bête curieuse et refuse de coopérer. Pourquoi la traite-t-on comme une malade alors qu'elle est en parfaite santé? Les autorités sanitaires, qui la considèrent comme dangereuse décident de l'envoyer en quarantaine sur une île au large de Manhattan. Commence alors pour Mary Mallon, femme indépendante, un combat à armes inégales pour sa liberté.


- La dame à la camionnette
de Alan Bennett
Éditions Buchet Chastel / Février 2014


Miss Shepherd, vieille dame excentrique, vit dans une camionnette aux abords de la résidence londonienne d'Alan Bennett. Victime de l'embourgeoisement du quartier et de quelques vauriens, elle finit par installer son véhicule dans la propriété de l'auteur. Commence alors une incroyable cohabitation entre la marginale et la célébrité, qui durera près de vingt ans. Entre disputes, extravagances et situations drolatiques, la dame à la camionnette n'épargne rien à son hôte ni au lecteur. Bennett, en excellent conteur, saisit leur duo et livre, au-delà des anecdotes, un tableau très juste du Londres des années 1970 et 1980, de sa bourgeoisie progressiste et de ses exclus. Un récit d'une grande humanité qui croque avec humour les travers de la société britannique contemporaine.


- La dernière fête
de Gil Scott-Heron
Éditions de l'Olivier / Février 2014


"Je voulais amener les gens qui m'écoutaient à comprendre qu'ils n'étaient pas seuls et qu'il était possible de changer les choses". De Jackson, Tennessee, au Madison Square Garden de New York où il chanta le morceau légendaire "The Revolution Will Not Be Televised", Gil Scott-Heron, musicien et écrivain noir américain, a toujours été un homme de combats. Il se confie pour la première fois dans ces mémoires aussi émouvants que drôles, rythmés par son phrasé vif et imagé qui inspira des générations d'artistes. Heureux hasards, coups d'audace, coups de sang. Gil Scott-Heron évoque son enfance mouvementée mais aussi ses rencontres avec Bob  Marley, Michael Jackson ou encore Stevie Wonder, le "frère" qui l'embarqua dans une tournée épique en hommage à Martin Luther King. Disparu en 2011, Gil Scott-Heron a laissé derrière lui, en un ultime opus littéraire, ces fragments d'une vie d'artiste et de citoyen engagé. Et il nous livre, à sa manière, une contre-histoire de la société américaine des années 1960 à 1990.


- La femme des dunes
de Chris Bohjalian
Éditions Charleston / Février 2014


Alep (Syrie), 1915. Elizabeth Endicott, une jeune Américaine, arrive en Syrie durant le génocide arménien. Elle se lie d'amitié avec Armen, un ingénieur arménien qui a perdu sa femme et sa fille. Mais très vite, Armen quitte Alep pour s'engager dans l'armée anglaise. Il entame alors une correspondance avec Elizabeth et comprend qu'il est tombé amoureux de la riche Américaine, si différente de la femme qu'il a perdue. Bronxville, banlieue de New York, 2012. Laura Petrosian, romancière, n'a jamais accordé beaucoup d'importance à ses origines arméniennes. Jusqu'au jour où une amie l'appelle: elle croit avoir reconnu la grand-mère de Laura sur une photo tirée d'une exposition au musée de Boston. Laura entreprend alors un voyage à travers son histoire familiale et découvre un terrible secret enfoui depuis des générations.


- La fin des Dieux
de Byatt et Susan Antonia
Éditions Flammarion / Février 2014


Seconde Guerre Mondiale, Angleterre. Une jeune fille est évacuée à la campagne pour échapper aux bombes. Alors qu'elle a du mal à s'acclimater à sa nouvelle vie, son univers est complètement transformé quand un livre sur les anciens mythes scandinaves lui est offert.


- La fin du monde a du retard
de J. M. Erre
Éditions Buchet Chastel / Février 2014


Construit sous la forme d'une course poursuite, La Fin du monde a du retard met en scène Alice et Julius, deux amnésiques qui s'évadent de la clinique psychiatrique où ils sont traités. En effet, Julius s'est donné pour mission de déjouer un terrible complot qui menace l'humanité. Poursuivis par la police, par des journalistes et par de mystérieux personnages de l'ombre, ils iront de péripéties en rebondissements jusqu'à l'incroyable révélation finale. Comme dans chacun de ses romans, J. M. Erre joue avec les codes d'un univers de la culture populaire. Dans ce nouvel opus, ce sont les thrillers ésotériques à la Da Vinci Code qui servent de terrain de jeu. En s'interrogeant de façon décalée sur la manière dont chacun construit ses certitudes, La Fin du monde a du retard se veut avant tout un récit joyeux sur ce qui fait à la fois le malheur et la grandeur de l'être humain: sa capacité à se raconter des histoires.


- La légèreté
de Emmanuelle Richard
Éditions de l'Olivier / Février 2014


"Alors donc, au départ, il y a ça: la maison blanche simple et bourgeoise prêtée ou soldée, peu importe, et puis le reste, le fond: Antoine s'est jeté du pont de Normandie et elle ne sera jamais légère malgré ses quatorze ans et les champs de coquelicots rouges qui éclatent dans sa tête et l'écrasement du ciel délaissé, les vagues violentes des champs d'herbes sèches qui ondulent subitement, l'odeur de boucherie de ce mois de juillet vibrant". Elle est rêche, nerveuse, tordue, électrique. Elle ne peut plus attendre, il faut qu'elle rencontre un garçon. D'errances en déplacements sur une île de vacances, dans un village où elle n'a pas sa place, l'adolescente marche. À la recherche d'autres, pour enfin être vue, car qui peut vivre sans être vu, aimé, désiré? Emmanuelle Richard restitue admirablement la sauvagerie de l'adolescence dans ce roman déchirant mais dépourvu de toute forme de sensiblerie.


- La nuit n'oubliera pas
de Pamela Hartshorne
Éditions L'Archipel / Février 2014


Après avoir survécu au tsunami de 2004, Grace se rend à York, au nord de l'Angleterre, pour régler la succession de sa marraine Lucy, dont elle vient d'hériter. Or, dès qu'elle pénètre dans la maison vide de sa marraine, elle est assaillie par d'étranges visions venues d'un lointain passé. Pire, elle croit entendre une voix angoissée appeler une fillette prénommée Bess. Qui est cette enfant? D'où vient ce chuchotement désespéré? York, 1577. Hawise, une jeune fille rêveuse éprise de liberté, rencontre le séduisant Francis. Mais ce dernier révèlera vite sa vraie nature, et sa passion destructrice pour Hawise. Il la veut, vivante ou morte. Pour ces deux femmes, malgré les quatre siècles qui les séparent, un même destin et un seul but: sauver une enfant en danger.


- La passion d'Edith S.
de Maryse Wolinski
Éditions Du Seuil / Février 2014


Août 1942. Dans le wagon qui l'emporte vers Auschwitz, Edith, philosophe d'origine juive, disciple de Husserl, convertie au catholicisme et carmélite, remonte le fil de sa vie. Autour d'elle, des hommes, des femmes, des enfants juifs. Hannah, journaliste idéaliste et radicale, Suzanna, convertie elle aussi au catholicisme mais qui a préféré l'action au Carmel, ou encore Werner, ce jeune homme séduit par la foi d'Edith. Mais aussi le petit Emmy, à la recherche de son père. C'est à eux qu'Edith livre une part de sa vie intérieure, démêlant illusions, fantasmes, ambiguïtés; opposant au tragique de ce dernier voyage sa quête et sa passion de la vérité. S'inspirant librement d'Edith Stein, devenue Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix et co-patronne de l'Europe, Maryse Wolinski a bâti un roman sensible sur un personnage énigmatique, aux amours contrariées, confronté au drame de l'Histoire et à la rencontre de la foi.


- La rose des vents
de Frédéric Dany
Éditions Michalon / Février 2014


Par loyauté envers sa sœur, Dimitri accepte de s'occuper de son neveu Xavier, un enfant autiste d'une douzaine d'années. Rien ne destinait cet homme solitaire et marginal, abîmé par l'existence, à accueillir dans sa vie ce petit garçon étrange, aux comportements imprévisibles et déroutants. Tous deux vont apprendre à se connaître et à s'aimer dans la lutte et l'adversité, jusqu'au jour où ils sont chassés de leur appartement. L'errance commence. Une rencontre fortuite va les conduire vers l'utopique Rose des Vents, paradis perdu des exilés et des sans-nom. Un drame finira par les replonger brutalement dans la réalité, et poussera Dimitri à commettre l'irréparable. Un récit tout en pudeur qui soulève une hypothèse troublante: et si l'autisme n'était pas qu'une maladie?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://le-titre-du-roman.forumactif.org
Elisabeth
Admin
avatar


MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 16:22

- La traversée du K.-O.
de Mohamed al-Fakharany
Éditions Du Seuil / Février 2014


Plongée vertigineuse dans le quotidien, les rêves et les désillusions des habitants d'un bidonville situé à la périphérie du Caire, La Traversée du K.-O. est un roman qui ne recule devant rien. À travers ce récit d'une grande inventivité formelle, au réalisme brutal, Mohamed al-Fakharany donne à voir la vérité toute nue de ces territoires invisibles où la vie impose toute sa violence aux individus, où la morale et la légalité constituent de pures abstractions, où le terme "gouvernement" sert à désigner la police, où le trafic de stupéfiants et la prostitution sont à peu près les seuls métiers envisageables, où la consommation de drogues de toutes sortes et la violence entre les sexes sont les exutoires les plus courants de la rage collective. Un roman à la fois prémonitoire des renversements politiques qu'a connus l'Égypte ces toutes dernières années et, malheureusement, encore d'actualité.


- La vallée des roses
de Lucien Bodard
Éditions Grasset & Fasquelle / Février 2014


La Vallée des roses est l'histoire d'une ambition folle qui réussira, d'une ascension qui n'avait pas une chance sur un million de se réaliser, celle d'une fleur, d'une beauté à la grâce incarnée: une jeune fille qui a nom Yi. Yi, qui caresse un rêve inouï: devenir la femme de l'Empereur régnant et, en le subjuguant, gouverner la Chine aux 500 millions de sujets, devenir la fameuse impératrice Tseu-hi. On voudrait tout citer, tout raconter. D'abord Hieng-fong, le Soleil Impérial, le souverain auquel Yi rêve de s'unir, dégénéré, ivrogne et débauché, une raclure, un être sans foi ni loi. Habité de surcroît d'une totale horreur des femmes, Hieng-fong règne sur une cour que composent des gitons. On voudrait dire aussi, évoquer la Cité Violette de Pékin, que gardent des régiments de castrats. Et encore le Concours du Concubinat où, gardée par le Grand Eunuque et le Grand Surveillant, la Mère du Ciel (mère de l'Empereur) choisira, parmi cent filles dénichées d'un bout à l'autre de la Chine, les trente qui seront les concubines de son fils, formeront le Harem Impérial et tenteront de séduire l'implacable pédéraste. Né en Chine en 1914 et mort à Paris en 1998, Lucien Bodard s'est vite imposé comme un des plus grands reporters de classe internationale. Ses articles ont fait partout sensation. De son expérience du continent asiatique, il a tiré des ouvrages fondamentaux: La Chine de la douceur, La Chine du cauchemar, Mao, et une trilogie consacrée à la guerre d'Indochine. Il est également l'auteur d'un bouleversant témoignage: Le massacre des Indiens. Monsieur le Consul est le premier roman de Lucien Bodard qui, d'emblée, a rallié les suffrages de la critique et du public. La qualité saisissante de cette œuvre a valu à son auteur le Prix Interallié 1973 décerné à l'unanimité.


- La vérité sur Gustavo Roderer
de Guillermo Martínez
Éditions Robert Laffont / Février 2014


Dans un café de Puente Viejo, gros bourg endormi d'Argentine, deux adolescents disputent une partie d'échecs. L'un d'eux est Gustavo Roderer, nouveau venu dans la ville; l'autre est le narrateur, champion d'échecs de la région. Contre toute attente, Roderer gagne. Sans plaisir apparent, avec ce commentaire: "Les échecs, c'était juste une expérience; un modèle. À un petit niveau, bien sûr". Ce mélange de mépris et d'indifférence restera fiché comme une flèche empoisonnée dans l'orgueil de son adversaire. S'établit pourtant entre les deux adolescents une relation singulière, dépourvue d'affection, ou s'affrontent leurs intelligences. Le narrateur, brillant élève bien inséré dans la société, rencontre partout le succès. Enfermé chez lui, incapable d'aimer, Roderer est dévoré par sa quête obsessionnelle d'une philosophie radicalement nouvelle. L'un est contraint de partir pour la guerre des Malouines, l'autre tâte des drogues pour développer ses capacités. Quand l'un mène une vie amoureuse épanouie, l'autre est en butte à l'incompréhension de tous et réduit au chagrin la jeune fille qui l'aime. Mais lorsque le narrateur croit triompher intellectuellement de Roderer et tenir sa vengeance, il ne fait que précipiter vers la mort son ennemi le plus accompli.


- La vie après la peine
de Serge Portelli et Marine Chanel
Éditions Grasset & Fasquelle / Février 2014


À la sortie de prison, une autre existence commence. Quatorze personnes qui ont passé de longues périodes en prison, jusqu'à 26 ans, ont accepté de nous parler. Ces périodes de vie renseignent sur les changements possibles d'un individu et sa capacité à s'extraire de la délinquance, ce que l'on appelle la "désistance". Quatorze personnes: hommes, femmes, condamnés pour meurtre, terrorisme, détournements, agressions sexuelles, trafic de stupéfiants. Le discours est livré avec ses aspérités, ses émotions, ses réflexions. Nous suivons des parcours pleins d'accidents, parfois chaotiques. Mais au détour de la prison, aux effets souvent délétères, voire mortifères, peut survenir un déclic qui changera le cours d'une existence. La confrontation à la loi, une rencontre, une prise de conscience, la disparition d'un proche, la découverte de soi. À l'issue de cette longue écoute, naît une certitude: rien ne pourra être fait de valable si cette parole n'est pas entendue. Elle permet de ne plus considérer ces individus comme des étrangers à notre société. Cette écoute est une nécessité pour que les institutions soient efficaces. Afin que le lecteur puisse s'orienter, le livre propose entre chaque portrait-témoignage, quatorze chapitres, apportant une information précise, actualisée et objective sur cette vie après la peine: la récidive, les suivis judiciaires, les longues peines, la réinsertion, le suivi des délinquants sexuels, la place de la victime. Sont abordées également des problématiques nouvelles telles que la désistance ou la justice réparatrice. Serge Portelli, magistrat et enseignant, est l'auteur d'ouvrages sur la justice, la délinquance et la torture. Marine Chanel a été journaliste de télévision et de presse écrite. Elle est désormais enseignante.


- Le bleu des anges
de Manfred Flügge
Éditions Grasset & Fasquelle / Février 2014


Ce récit est guidé par un paradoxe dans la vie de l'écrivain Heinrich Mann: sa relation avec la France fut déterminante pour ses idées littéraires et sa pensée politique, mais jusqu'en 1923 il ne la connut que par le prisme des livres et des journaux, exception faite pour Nice, sa "ville idéale". C'est le modèle de la République française qui fit de lui un écrivain engagé et un adversaire de l'Allemagne de Guillaume II. En 1915, au beau milieu de la Grande Guerre, il écrit un essai à la gloire d'Émile Zola, dans lequel il prédit la chute de l'Empire allemand. Mann peut être considéré comme l'un des pionniers de l'entente franco-allemande. Dans sa vie intime, Heinrich Mann évolua dans le demi-monde, celui des femmes légères, et la connaissance qu'il en avait trouva son apogée dans le mythe de l'Ange bleu (Professeur Unrat) dont il transposa la vraie histoire, un scandale survenu à Berlin, dans sa ville natale Lübeck: un professeur d'université s'était mis en ménage avec une soubrette et était apparu dans un cabaret déguisé en clown… De Nice, Heinrich Mann fut chassé en 1940, on lui refusa la nationalité française, il fuit à pied de Cerbère à Port Bou à travers les Pyrénées avec l'aide de Varian Fry, et se retrouva à Hollywood, oublié, miséreux, veuf, esseulé. Mais il continua à croire en la France.


- Le bois de la nuit
de Djuna Barnes
Éditions Du Seuil / Février 2014


Campé dans le Paris des années 1920 et 1930, ce roman est la transposition de l'histoire d'amour tumultueuse entre la sculptrice américaine Thelma Wood et l'auteur, figure féminine majeure de la littérature moderniste. Robin Vote, jeune Américaine à l'allure androgyne, somnambule hantée par une légère folie, fascine son entourage. Le baron Félix Volkbein, un juif autrichien érudit qu'elle épouse et à qui elle donne un fils, Guido, enfant retardé qu'elle abandonne en quittant le foyer. Nora Flood, raffinée, douce et ardente, dont elle s'éprend puis qu'elle délaisse au profit de la richissime et vulgaire Jenny Pethridge. Et le docteur Matthieu O'Connor, un désemparé hypersensible, recueille les confidences de chacun. Dans un style hautement poétique, Djuna Barnes met en évidence la part sombre de l'être, le mal auquel les personnages sont asservis.


- Le cœurs et les confins
de Cédric Gras
Éditions Phébus / Février 2014


"Cette histoire m'a été contée mille fois. On la raconte dans tous les trains, dans toutes les gares, sur les quais de chaque port. Elle se propage par les routes d'Asie et les pistes d'Afrique, elle se murmure à la bougie dans les contrées sans électricité, elle court par les sentes des montagnes les plus reculées, elle se confie dans les paradis des cocotiers. Elle connaît autant de déclinaisons que de narrateurs. Elle a frappé les grands explorateurs comme les jeunes premiers. Elle est une expérience en commun à tous ceux qui vibrent à l'appel du lointain. Elle est redoutée comme la peste, repoussée aux calendes grecques, et pourtant, elle est presque inéluctable". Des Himalayas à Montevideo, de l'océan glacial Arctique aux steppes de Mongolie, le voyageur ne sera jamais à l'abri de l'amour, que ce soit celui d'un homme pour une femme ou celui d'une famille pour son fils prodigue. Il est "l'un des plus grands périls que réserve la route". Ce qui pourra faire douter, renoncer ou même ôter toute capacité à jouir de l'ailleurs. L'amour et le voyage seraient-ils définitivement deux pôles incompatibles se déchirant de leurs forces l'explorateur? Douze nouvelles pour répondre à cette question par l'un des grands globe-trotters de notre temps.


- Le collier rouge
de Jean-Christophe Rufin
Éditions Gallimard / Février 2014


Dans une petite ville du Berry, écrasée par la chaleur de l'été, en 1919, un héros de la guerre est retenu prisonnier au fond d'une caserne déserte. Devant la porte, son chien tout cabossé aboie jour et nuit. Non loin de là, dans la campagne, une jeune femme usée par le travail de la terre, trop instruite cependant pour être une simple paysanne, attend et espère. Le juge qui arrive pour démêler cette affaire est un aristocrate dont la guerre a fait vaciller les principes. Trois personnages et, au milieu d'eux, un chien, qui détient la clef du drame. Plein de poésie et de vie, ce court récit, d'une fulgurante simplicité, est aussi un grand roman sur la fidélité. Être loyal à ses amis, se battre pour ceux qu'on aime, est une qualité que nous partageons avec les bêtes. Le propre de l'être humain n'est-il pas d'aller au-delà et de pouvoir aussi reconnaître le frère en celui qui vous combat?


- Le corps où je suis née
de Guadalupe Nettel
Éditions Actes Sud / Février 2014


Dans un monologue tendre et cocasse, une jeune femme retrace pour un thérapeute imaginaire les faits marquants de son existence. L'élément fondateur de sa singularité: le cache qui recouvrait un de ses yeux quand elle était enfant, la livrant à la curiosité d'autrui. Ce roman, qui emprunte son titre à Allen Ginsberg, exhale les acides de la Beat Generation. Communautés hippies, engagement politique, liberté des mœurs: la famille de la narratrice a embrassé les idéaux de l'époque. La fillette fréquente une école Montessori, joue avec "Krouchevna" ou "Lenin", connaît tout, en théorie, de la sexualité. Le "couple ouvert" conduit ses parents au divorce, et le cocon familial se désintègre. La mère gagne la banlieue d'Aix-en-Provence et l'enfant se voit confiée à une grand-mère revêche, en total désaccord avec une éducation permissive. La synthèse ne se fera pas sans mal, à l'heure du regroupement familial. Du Mexico de l'enfance, avec ses exilés latino-américains fuyant les dictatures, à la Ville aux mille fontaines des années 1980, qui abrite derrière la splendeur des vestiges romains une foule bigarrée de Roms et de Maghrébins, la marginalité originelle est devenue un territoire physique et mental dans lequel on peut construire une vie, enfin réconciliée avec ce corps qui reste à jamais le plus étrange et le plus obsédant des mystères.


- Le dernier été du siècle
de Fabio Geda
Éditions Albin Michel / Février 2014


Été 1999. Un grand-père et son petit-fils se rencontrent pour la première fois après de longues années d'incompréhension familiale qui les ont séparés. Simone, né le 17 novembre 1938, le jour où l'Italie a promulgué les lois raciales, ne s'est jamais autorisé à vivre, hanté par le souvenir du petit garçon juif traqué qu'il était. Aujourd'hui retiré dans le village du Piémont où il s'était réfugié pendant la guerre avec sa famille, il mène une existence solitaire. Zeno, un adolescent rêveur et passionné de bandes dessinées, vit au jour au le jour, comme tous les gamins de son âge. Peu lui importe le passé ou la mémoire. Pourtant, en partageant avec son grand-père ce dernier été du XXe siècle, il prend conscience de ce qui le lie à lui, tandis que Simone éprouve, pour la première fois, le sentiment d'exister.


- Le héros des femmes
de Adolfo Bioy Casares
Éditions Robert Laffont / Février 2014


Dans ce recueil de onze nouvelles Adolfo Bioy Casares mêle comme personne le fantastique à l'humour par l'absurde. Quel est cet étrange docteur qui parcourt le delta du Parana et invite les co-voyageurs à franchir les limites de l'espace et du temps? Eladio a-t-il inventé la machine à transmettre la pensée par-delà la mort? Le jeune Luisito a-t-il échappé à son assassin parce qu'une fée l'a fait dormir trois jours et trois nuits? Est-ce vraiment un tigre qui a enlevé la belle Laura en la tenant par la taille? Les personnages des contes d'Adolfo Bioy Casares vivent dans des univers fantastiques, à mi-chemin du rêve et de la réalité, ou ils se trouvent confrontés à une menace, parfois précise, parfois diffuse, parfois confinant à l'absurde. Cette ambiance insolite débouche souvent sur l'humour: ainsi lorsque des contrebandiers se servent de la quatrième dimension ou lorsqu'un homme désireux d'échapper à une femme ne se soumet à l'hibernation que pour mieux retrouver, un siècle plus tard, celle qui a fait son malheur. Dans ces onze nouvelles au style épuré, Adolfo Bioy Casares manie avec adresse un mélange savant d'imagination et d'ironie au service d'anecdotes presque transparentes dans leur déroulement, mais aux implications troublantes et parfois dévastatrices.


- Le livre de Leela
de Alice Albinia
Éditions Actes Sud / Février 2014


Après un exil volontaire de vingt ans aux États-Unis, la belle Leela Bose, une riche Indienne au passé mystérieux, se résout à renouer avec ses origines afin d'assister, à Delhi, au mariage de la nièce de son mari, fille d'un fervent nationaliste hindou, avec le fils de Vyasa Chaturvedi, universitaire de renom et spécialiste de sanskrit. Or, Vyasa n'est autre que le mari de la sœur de Leela, décédée des années auparavant, celui par lequel le malheur est arrivé. Ce nouveau rapprochement entre les deux familles provoque chez leurs membres une onde de choc qui met en mouvement tout le kaléidoscope social, culturel et religieux de l'Inde contemporaine. Persuadés qu'ils jouissent de leur libre arbitre, tous les personnages ignorent cependant que leurs destinées sont le jouet de Ganesh, le dieu-éléphant et scribe du Mahabharata, qui s'est donné pour mission de sauver son héroïne bien-aimée, Leela, des griffes de son éternel ennemi, Vyasa. Dès lors, le roman d'Alice Albinia ne serait, en fait, en ce début de XXIe siècle, que l'ultime avatar du conflit séculaire qui a opposé les deux protagonistes au fil de multiples réincarnations. Avec cette fiction aussi ludique que remarquable d'érudition, Alice Albinia invite à déchiffrer l'Inde d'aujourd'hui à la lumière féconde de sa mythologie et de son histoire.


- Le méchant prince et autres histoires sans morales
de Stéphane Hoffmann
Éditions Albin Michel / Février 2014


En Europe Centrale, un roi abdique pour ouvrir une auberge.
En Italie, un play-boy devient pape.
En France, plus personne ne veut travailler, tout le monde veut faire l'amour.
Vous avez demandé le bonheur? Ne quittez pas. Avec la liberté du romancier et la vivacité du nouvelliste, Stéphane Hoffmann ajoute à sa galerie du monde contemporain trois inoubliables portraits. Trois contes dont l'humour ravageur révèle les dessous de l'époque, le conformisme des familles royales, les diverses manières de lire les Évangiles et de comprendre que le bonheur, c'est pas la joie.


- Le soldeur
de Michel Field
Éditions Julliard / Février 2014


Un homme, un jour, se décide à vendre quelques livres de sa bibliothèque. Chez le soldeur, il croise une jeune femme qui le subjugue. Il voudrait la revoir. Elle lui propose un pacte. Elle lancera un mot comme on lance un défi, et lui devra rassembler les livres autour de ce mot, les lui raconter et s'en défaire pour n'en garder qu'un. Pour elle. Le trajet chez le soldeur devient un rite, bientôt une obsession, et il se sépare de tous les livres qui ont nourri sa vie. Pris dans une spirale vertigineuse, c'est par pans entiers qu'il va vider cette bibliothèque constituée depuis l'enfance et devenue au fil du temps le miroir de sa vie. À travers cette singulière histoire d'amour, le héros se trouve confronté au mystère des sentiments qui nous lient à nos livres et à l'intimité de nos bibliothèques. Se déprendre des livres de sa vie, est-ce un renoncement ou une libération? C'est l'énigme à laquelle cette mystérieuse jeune femme soumet, tel un sphinx, le narrateur du Soldeur, mais aussi ses lecteurs, dans ce roman initiatique, hommage à toutes les écritures et à toutes les lectures.


- Le sourire des femmes
de Nicolas Barreau
Éditions Héloïse d'Ormesson / Février 2014


"L'année dernière, en novembre, un livre m'a sauvé la vie. Je sais que cela peut sembler invraisemblable et pourtant c'est exactement ce qui s'est passé, un jour qui ressemblait à tous les autres. Un jour où mon imbécile de cœur s'était brisé". Le hasard n'existe pas. Aurélie, jeune propriétaire d'un restaurant parisien, en est convaincue depuis qu'un roman lui a redonné goût à la vie. À sa grande surprise, l'héroïne du livre lui ressemble comme deux gouttes d'eau. Intriguée, elle tente d'entrer en contact avec l'auteur, un énigmatique collectionneur de voitures anciennes qui vit reclus dans son cottage. Qu'à cela ne tienne, elle est déterminée à faire sa connaissance, mais l'éditeur du romancier ne va pas lui faciliter la tâche. S'ensuit une série de rendez-vous manqués et de quiproquos délicieux. Comédie romantique qui peint avec saveur un Paris chromo et gourmet, Le Sourire des femmes revisite le nouveau désordre amoureux non sans un soupçon de magie et un zeste d'enchantement.


- Le sujet de l'empereur
de Heinrich Mann
Éditions Grasset & Fasquelle / Février 2014


L'Allemagne, avant 1914. Didier Hessling, citoyen soumis, ambitieux, antisémite, ne jure que par l'Empereur Guillaume II. Directeur d'usine, il méprise ses ouvriers. Ce parfait zélateur de l'Empereur ne recule cependant devant aucune bassesse, aucun compromis, avec notables et militaires, pour nuire à ses concurrents. Spéculateur névrosé, ce pantin est surtout marié avec l'argent. Cette fresque tragi-comique dresse un constat accablant, prophétique: avec de tels sujets, l'Allemagne, idolâtre et mystique, se prépare au pire. Heinrich Mann, frère du grand Thomas, écrit comme on ricane, en provocateur et polémiste passionné. Le sujet l'installe dans le gotha de la littérature allemande du XXe siècle. Heinrich Mann (1871-1950), frère aîné de Thomas Mann, fut écrivain et dessinateur. Opposé à l'empire et, plus tard, au nazisme, ainsi qu'admirateur de la France, il fuira la guerre pour mourir en solitude aux États-Unis.


- Le trompettiste de Staline
de Patrick Anidjar
Éditions Plon / Février 2014


Le destin tragique d'Izzy Grynberg, le trompettiste de jazz préféré de Staline. Qui se souvient encore d'Izzy Grynberg? Du Montmartre des années 1920 à la mythique scène de l'Apollo à New York, ce trompettiste aura magnifié le jazz, encouragé par son mentor, Louis Armstrong. Un parcours exceptionnel pour ce Juif originaire d'Odessa dont le destin bascule le jour ou Staline, qui l'admire, lui demande de donner naissance à un jazz purement soviétique. C'est là que se perd le destin d'Izzy Grynberg, entraîné dans la tragédie du stalinisme, derrière les murs du Kremlin et jusque dans la tourmente du Goulag. C'est là aussi qu'intervient le Français Jacques Linhardt. Adopté tout petit par un couple de communistes, il découvre, à cinquante ans, qu'il serait en réalité le fils d'Izzy, le trompettiste, et d'Elsa, une ancienne danseuse du Bolchoï. Remonter la piste du jazzman devient une nécessité vitale. Mais la musique parlant au cœurs et à l'âme, enquêter sur le trompettiste préféré de Staline va conduire Jacques Linhardt à rencontrer une part très intime du Petit Père des peuples.


- Le ventre lisse
de Olivier Delahaye
Éditions Héloïse d'Ormesson / Février 2014


Romain a treize ans et une obsession: découvrir ce qui se cache sous les jupes des filles. Ses parents, férocement conservateurs, tiennent à le maintenir dans l'ignorance et à préserver son innocence. Pourtant, l'interdit ne fait qu'attiser la curiosité de l'adolescent. De vaines tentatives en déconvenues, Romain n'apprend rien des femmes qu'il côtoie, jusqu'à sa rencontre avec Flore, une jeune musicienne aveugle qui le guidera sur le chemin de la sensualité. Roman initiatique empreint de poésie et de grâce, Le Ventre lisse dépeint avec justesse le passage de la candeur aux premières ardeurs. Cette quête juvénile de l'origine du monde expose la beauté nue sans tabous.


- Le vertige danois de Paul Gauguin
de Bertrand Leclair
Éditions Actes Sud / Février 2014


Contraint de rejoindre sa femme et leurs cinq enfants à Copenhague, en novembre 1884, Gauguin n'est pas encore Gauguin, mais il le devient, confronté à l'hostilité qu'il génère. Au long d'une enquête tourbillonnante, Bertrand Leclair restitue le vertige d'un homme déchiré, incapable de renoncer à sa fascination pour la peinture.


- Les bonnes gens
de Laird Hunt
Éditions Actes Sud / Février 2014


Au soir de sa vie, Ginny, une vieille femme blanche, conte les terribles événements qui se produisirent, avant la guerre civile, dans la ferme isolée du Kentucky où, à peine sortie de l'adolescence, elle vécut avec son mari, Linus Lancaster, individu plus enclin à la bienveillance vis-à-vis de ses porcs voraces qu'envers ses esclaves noirs exploités à merci. Dès lors que, prenant prétexte d'une hypothétique stérilité de sa femme, Linus se met à abuser sexuellement de Cleome et Zinnia, les deux domestiques noires qui, à peine plus âgées que Ginny, forment sa seule compagnie, l'épouse délaissée, rongée par la jalousie, entreprend de rivaliser avec sa sinistre moitié en matière d'atrocités racistes. Jusqu'à cette aube glaciale où, quelqu'un ayant enfin osé mettre sauvagement un terme aux jours du tyran, la jeune veuve comprend que ses deux esclaves en mesure, à présent, d'assouvir impunément leur vengeance, vont, à leur tour, imposer à leur maîtresse déchue et haïe une ordalie d'une cauchemardesque cruauté. Dans ce roman d'une intensité rare, narré à plusieurs voix, Laird Hunt convoque sur un mode hallucinatoire l'une des périodes les plus sombres de l'histoire des États-Unis en érigeant, sur la scène même de toutes les amnésies, une stèle où se donne à lire la partition sans fin de la redoutable réversibilité du Mal.


- Les couleurs de l'espoir
de Julie Kibler
Éditions Belfond / Février 2014


Portée par un souffle romanesque exceptionnel, une magnifique histoire d'amitié, d'amour et de sacrifices; des années 1930 à nos jours, le portrait en creux d'une Amérique forgée dans les larmes, la violence et la ségrégation. Dorrie Curtis, jeune coiffeuse de Dallas, se demande encore ce qui l'a poussée à accepter la requête d'Isabelle McAllistair. Certes, Mlle McAllistair est une excellente cliente, mais de là à entreprendre un si long périple, du Texas à l'Ohio, pour la conduire à de mystérieuses funérailles. Et pourtant, sur la route, va se lier entre l'énergique mère célibataire afro-américaine et la digne vieille dame de quatre-vingt-neuf ans une amitié d'autant plus belle qu'elle était encore improbable il y a peu. À mesure que défilent les États du Vieux Sud, Isabelle se confie: l'histoire d'une jeune fille éprise de liberté; d'une famille bourgeoise engoncée dans ses certitudes; d'une passion aussi forte qu'interdite sur ces terres rongées par le racisme, et dont l'écho résonne encore douloureusement. Quelle est la véritable raison de ce voyage? Que cachent les silences d'Isabelle? Et si, malgré leurs différences, les deux femmes avaient plus en commun qu'elles ne le croyaient?


- Les deux écoles
de Yves Viollier
Éditions Robert Laffont / Février 2014


1984, un peu partout en France, les manifestations éclatent pour la défense de l'école libre. Pour Chrysostome Lhermite, ces événements font écho de manière insupportable à un lointain et douloureux passé, au temps de sa jeunesse ou déjà les clans s'affrontaient. Avec son voisin et ami, Louis Malidin, ils étaient alors liés comme les doigts de la main. Ils avaient vu le jour presque en même temps, peu avant la Première Guerre mondiale, dans deux fermes voisines d'un village de Vendée et ne s'étaient dès lors plus quittés. Deux enfants espiègles et joyeux qui avaient fréquenté les bancs de la même école, deux jeunes adultes entreprenants et déterminés qui avaient décidé d'allier leurs efforts pour tirer le meilleur parti de leurs terres, deux amis inséparables et qui auraient dû le rester jusqu'à la mort. Louis et Chrysostome se souciaient assez peu de politique et de religion dans un village ou l'on était pourtant censé prendre parti pour les Blancs ou pour les Rouges. Tout a changé le jour ou le fils de Chrysostome a été tragiquement touché par une pierre lors d'une bagarre d'enfants de l'école laïque et de l'école libre. La pierre avait été lancée par le fils de Louis. Depuis ce jour funeste de 1937 et pendant près de cinquante ans, Louis et Chrysostome, séparés désormais par un mur bâti entre leurs deux propriétés, ne se sont plus adressé la parole, murés dans leurs certitudes et leurs rancœurs. Est-ce que rien n'a changé, cinquante ans après? Ou 1984 va-t-il être, enfin, l'occasion de signer l'armistice? Est-il possible de pardonner après si longtemps? Une amitié peut-elle avoir raison des plus grands drames de l'existence?


- Les filles du prophète
de Peggy Riley
Éditions Presses De La Cité / Février 2014


Après un incendie criminel dans leur communauté, Amaranth, première des cinquante épouses du gourou d'une secte mormone fondamentaliste, décide de prendre la fuite avec ses deux filles, Amity et Sorrow. Elle est convaincue que son mari, dans un acte de folie, a tenté de tuer tous ses disciples en mettant le feu au domaine. Leur cavale connaît une fin abrupte au beau milieu de l'Oklahoma après un accident. Les trois fugitives échouent chez Bradley, un fermier désœuvré et solitaire, qui accepte de les héberger. Ce qui ne devait être au départ qu'une solution de dépannage prend des allures de nouveau départ au fur et à mesure qu'Amaranth et Bradley se rapprochent. Si Amity, la cadette, s'accommode à merveille de la situation et découvre avec des yeux ébahis le monde moderne, Sorrow, quant à elle, vient de faire une fausse couche et n'a qu'une obsession: retourner dans sa communauté et retrouver sa place de prophétesse et préférée de son père?


- Les lunes de Mir Ali
de Fatima Bhutto
Éditions Les Escales / Février 2014


Par une jeune prodige, issue de la célèbre dynastie Bhutto, une chronique familiale poignante, à la fois tendre et violente, émouvante et haletante. En explorant les drames, les peurs, les luttes de la jeunesse pakistanaise actuelle, Fatima Bhutto nous offre une histoire universelle d'amour et de perte, pleine de poésie et de force. Mir Ali, petite ville rebelle du Pakistan, à la frontière de l'Afghanistan, premier jour de l'Aïd. Trois frères quittent la table du petit déjeuner. Tout juste rentré des États-Unis, l'aîné hèle un taxi pour se rendre à la mosquée. Le deuxième, médecin, part travailler à l'hôpital. Tourmentée, son épouse ne s'est pas jointe à la famille ce matin. Personne ne sait ce qu'elle fait de ses journées en ce moment. Le benjamin, l'idéaliste, prend quant à lui sa moto pour rejoindre la ville. Assise derrière lui, une jeune femme, transformée par la guerre, avec un combat à mener. À chaque heure de la matinée qui s'écoule, leurs choix, leurs trahisons et leurs sacrifices vont sceller à jamais le destin de ces cinq êtres forcés de vivre et d'aimer dans un univers de feu et de sang.


- Look
de Romain Villet
Éditions Gallimard / Février 2014


Lucien est pianiste de jazz. Il est aveugle. Un soir, il rencontre Sophie, une architecte qui plane dans l'air du temps. Avec elle, sortant de sa nuit presque noire, guidé par cette main rassurante dans les tourbillons colorés de la société de l'image, il entrevoit bientôt un avenir. Mais, un jour, Sophie ressent le besoin de voyager. Voir du pays? Lucien résiste, lui le détracteur du tourisme de masse, du fun et des charters, lui le casanier qui ne voyage d'ordinaire que par la musique ou les mots. Il accepte pourtant de la suivre pour un trek au Maroc. Look: une histoire de voyage et de solitude, de clairvoyance et d'aveuglements, d'harmonies et de dissonances amoureuses.


- Malabourg
de Perrine Leblanc
Éditions Gallimard / Février 2014


Trois jeunes femmes ont disparu à Malabourg. Les amours cachées, les conditions matérielles délicates et la rumeur s'imposent alors entre les gens comme des obstacles et des fantômes. L'hiver suivant, Alexis et Mina quittent le village. Lui s'exile en France pour apprendre à composer des parfums. Elle s'installe à des centaines de kilomètres de la mer pour tout oublier. Ils se retrouveront quelques années plus tard à Montréal. Malabourg se déploie en Amérique, dans la partie nord du continent, entre les Appalaches et la mer, à la lisière de la forêt boréale, sur les routes québécoises et les rives du fleuve Saint-Laurent, dans les rues de Montréal dont se sont emparés les étudiants en grève, sur l'Interstate 87 et à New York, l'étalon états-unien des grandes villes américaines.


- Mali, ô Mali
de Erik Orsenna
Éditions Stock / Février 2014


Voulez-vous les dernières nouvelles du Mali? Madame Bâ Marguerite se propose de vous y emmener. Cette dame, qui n'est pas humble de nature, se prend pour une Grande Royale, une Jeanne d'Arc africaine. Elle veut libérer son pays des djihadistes et c'est son petit-fils, ex-footballeur devenu griot, qui raconte sa campagne mi-glorieuse, mi-désespérée. Sur les pas de ce duo, vous rencontrerez les femmes échappées de justesse aux horreurs de la charia. Vous découvrirez l'économie très puissante et très illégale dont vit grassement le Sahara. Vous ferez connaissance avec des petits capitaines, soldats d'opérettes, terrorisés par les combats. Vous tomberez sous le charme de leurs épouses prédatrices, frénétiques de la Visa Premier. Vous remonterez le fleuve Niger en évitant toutes sortes de périls. Vous verrez comment et pourquoi bandits et djihadistes s'entendent comme larrons en foire. Vous saluerez des musiciens et des tisserands, inlassables créateurs des liens qui fabriquent un pays. Vous atteindrez juste à temps Tombouctou pour assister à l'arrivée des Français. Surtout, vous plongerez dans la réalité du Mali, sa vaillance, sa noblesse. Mali, ô Mali. Comment ne pas comprendre que ta fragilité est la nôtre?


- Mary Barton
de Elizabeth Gaskell
Éditions Fayard / Février 2014


Angleterre, 1839. Les ouvriers des filatures de Manchester, durement éprouvés par la misère et la maladie, se mettent en grève. La jeune et jolie Mary Barton, apprentie couturière, vit seule avec son père, syndicaliste aux positions radicales. Courtisée à la fois par Jem Wilson, le fils de l'ami de son père, et par Harry Carson, le fils du patron des filatures, elle va devoir choisir. Premier roman d'Elizabeth Gaskell, et publié anonymement, Mary Barton (1848) suscita une controverse lors de sa parution lorsqu'on apprit que cette représentation vigoureuse de la vie des ouvriers et des luttes qui opposent ceux-ci aux patrons était l'œuvre d'une femme. C'est aussi un roman d'éducation qui explore la confusion des sentiments chez une toute jeune fille. L'intrigue, habilement tissée, ménage un suspense tendu qui entraîne le lecteur dans une course contre la montre haletante.


- Mes vieux papiers
de Patrick Besson
Éditions Fayard / Février 2014


"La lecture des gazettes est la prière du matin des réalistes", disait Hegel, le philosophe à cause duquel mon fils aîné (26 ans) renonça à la philosophie pour vendre des cigarettes électroniques. Il y a eu beaucoup de jours dans ma vie où je me suis levé exprès à l'aube pour acheter les journaux, même quand il n'y avait aucun texte sur moi ou de moi dedans. J'ai publié mon premier article (dans Le Quotidien de Paris) l'année où j'ai publié mon premier roman (au Seuil): 1974. J'ai toujours fait attention à ce que j'écrivais dans la presse, parce que je lisais la presse avec attention. J'ai écrit dans presque tous les journaux que je lisais, donc dans presque tous les journaux. Cela a formé, avec le temps, une sorte de journal extime dans lequel le plus clair et le plus sombre de ma vie sont conservés. Peut-être me suis-je davantage confessé, au sens chrétien comme au sens sadien du terme, dans les quotidiens et les hebdos de mon pays que je ne l'ai fait dans mes romans de mœurs exotiques et aventureuses. Mes vieux papiers couvre les années 1980 et 1990 que j'ai traversées, pour mes patrons de l'époque, Roger Thérond de Paris-Match, Bernard Chapuis de Vogue Hommes, François Cérésa de Télé Obs, Jean-Edern Hallier de L'Idiot international, etc., avec la curiosité ardente et parfois avinée et la méchante désinvolture propres à beaucoup de jeunes écrivains de l'époque, quand la morale était encore dans les chaussures et que seules deux choses nous indignaient: le manque d'esprit et l'absence de cœur". P. B.


- Minuit à Pékin
de Paul French
Éditions Belfond / Février 2014


Entre polar compulsif et document édifiant, un true crime exceptionnel. Dans le Pékin des années 1930, en plein chaos diplomatique et dépravation morale, une enquête minutieuse qui résout un mystère vieux de près de quatre-vingts ans. Par une froide nuit de janvier 1937, au pied de la tour de garde du vieux quartier de la Légation, le corps atrocement mutilé d'une jeune femme est retrouvé. Elle s'appelait Pamela Werner, elle avait vingt ans, elle était la fille adoptive de l'ancien consul de Grande-Bretagne. Crime d'un rôdeur ou affaire d'État? Dépêché par le Foreign Office, l'inspecteur Dennis lance l'enquête pour s'apercevoir rapidement que personne n'est pressé de voir la vérité triompher. Car Pékin est alors une véritable poudrière. Tandis que diplomates et seigneurs de la guerre complotent dans les fumeries d'opium, les expatriés se plongent dans une frénésie d'alcool, de drogue et de luxure pour oublier les rumeurs de l'invasion japonaise imminente et la fin annoncée de leurs privilèges. Et l'horrible assassinat de Pamela Werner pourrait bien faire l'effet d'une bombe diplomatique. Soixante-quinze ans plus tard, après une enquête qui l'amènera à interroger les derniers témoins vivants et fouiller les notes jusqu'alors classées secret défense du père de la victime, Paul French dévoile le nom du monstre qui a tué Pamela et terrorisé Pékin.


- Mobile de rupture
de Cookie Allez
Éditions Buchet Chastel / Février 2014


Deux personnages, un homme et une femme. Une action, ils fêtent leur anniversaire de mariage. Un temps, celui d'un dîner. Un lieu, Le Parc des saveurs, restaurant branché. Un téléphone portable, dans le rôle de l'inséparable suivante, donne la réplique. Complice ou traîtresse, la petite boîte noire met son grain de sel dans la conversation. Elle charme l'un, exaspère l'autre. Et les trompe tous les deux. Corps à corps feutré, gracieux, grinçant. Peu à peu se révèlent les fissures et les lézardes. Jusqu'à la déflagration finale. Au théâtre de la vie, on ne sait jamais sur quel mot le rideau se ferme.


- Moi aussi, j'ai eu une petite amie bisexuelle
de Guillermo Martínez
Éditions Nil / Février 2014


Le nouveau roman du prodige des lettres argentines invité au Salon du livre. En août 2001, un écrivain argentin est accueilli par une université du sud des États-Unis pour un semestre de cours sur la littérature espagnole. Il découvre les interdictions qui régissent les rapports d'un professeur avec ses élèves: ne pas les recevoir dans un bureau fermé, ne pas discuter trop longtemps avec eux, ne jamais se retrouver en tête à tête avec l'un d'eux. L'atmosphère est corrodée par la suspicion, l'obsession du sexe règne. Les textes qu'il choisit d'étudier, les devoirs qu'il donne sont l'objet d'interprétations malsaines. La plus grande littérature est réduite par certains à des ratiocinages de pervers sexuels. Dans cette ambiance, les gestes sont involontairement provocants et l'innocence n'existe pas. Mais peut-on empêcher la circulation du désir? Le désir, c'est ce qui empoigne Jenny et son professeur argentin dès leur première rencontre. Dans le plus grand secret, ils se retrouvent pour des explorations toujours plus osées du corps de l'autre. La fragilité de Jenny, experte en joutes sexuelles mais si peu sûre d'elle dès qu'il s'agit de sentiments, transforme les jeux érotiques en dévoilement des émotions et des personnalités. C'est pour le professeur un tournant dans leur liaison, quelque chose d'important dans sa vie: il reprend le roman qu'il ne parvenait pas à terminer, y insère une sorte de journal de bord de ses amours avec Jenny. Un tournant pour lui, mais pour Jenny? Pour elle, leur lien est un rêve, quelque chose détaché de la réalité. Car pour elle l'amour doit faire souffrir, se confondre avec la soumission et l'effacement de soi. Cette sorte de relation mortelle est ce qu'elle a vécu avec sa petite amie, possessive jusqu'à la violence. Face à l'attraction puissante de l'autodestruction, que peut l'amour d'un homme? Que peut le bonheur face à l'attrait de la mort? Septembre arrive, les Twin Towers sont détruites, le secret des amants vole en éclats. Chassé de l'université, le professeur doit retourner en Argentine. Désormais, plus rien ne retient Jenny au bord de l'abîme.


- Monsieur Loriot
de Clélia Anfray
Éditions Gallimard / Février 2014


Raymond Loriot trie, classe, liste et répertorie sa vie qu'il range dans de petites enveloppes blanches, par catégorie. Il aime le bricolage, Jacques Chirac, les trains à l'échelle H0, l'astronomie, Dallas, le Concorde, les betteraves-œufs mimosa, Châteauroux, la Toyota Celica modèle 76, l'Amérique. Il n'aime pas les navets, Châteauvallon, les mauvaises manières, la contradiction, les Noirs, sa femme. Un jour pourtant, malgré une vie impeccablement réglée, monsieur Loriot disparaît. Inspiré des souvenirs d'enfance de l'auteur, Monsieur Loriot incarne une certaine France, celle des années 80, conventionnelle, raciste, nourrie de séries télévisées, avide de technologies nouvelles et fascinée par l'Amérique.


- M. Pénombre, libraire ouvert jour et nuit
de Robin Sloan
Éditions Michel Lafon / Février 2014


Quand Clay Jannon est embauché dans la librairie de l'étrange M. Pénombre, il découvre un lieu aussi insolite que son propriétaire, et fréquenté par les membres d'un drôle de club de lecture. Ceux-ci débarquent toujours en pleine nuit pour emprunter l'un des très poussiéreux volumes relégués au fond de la boutique. Volumes que M. Pénombre a formellement interdit à son nouvel employé de consulter. Clay finit pourtant par succomber à sa curiosité et découvre que ces livres sont tous écrits en code. Quelle obscure révélation renferment-ils? Cédant à l'appel du mystère, Clay s'attaque à "l'énigme du Fondateur" avec l'aide de son colocataire, de son meilleur ami et de son amoureuse, ingénieure prodige chez Google. Les quatre amis se lancent alors dans une quête qui les mènera bien au-delà des murs de la petite librairie. De San Francisco à New York, ils se trouveront aux prises avec une société occulte d'érudits légèrement allumés, un codex indéchiffrable, un génial typographe du XVe siècle et, qui sait, le secret de l'immortalité.


- Murmurer à l'oreille des femmes
de Douglas Kennedy
Éditions Belfond / Février 2014


L'amour et la solitude, la possibilité de changer de vie, le hasard des rencontres, les choix qui s'offrent à nous, l'art de la fuite... et les femmes.
L'amour et la solitude.
La possibilité de changer de vie.
Le hasard des rencontres.
Les choix qui s'offrent à nous.
L'art de la fuite.
Douglas Kennedy explore ses obsessions et livre une variation en douze mouvements, douze histoires tour à tour nostalgiques, drôles ou douces-amères dans lesquelles l'auteur se dévoile comme jamais pour revisiter le discours amoureux.


- N'éteins pas la lumière
de Bernard Minier
Éditions XO / février 2014


Christine Steinmeyer croyait que la missive trouvée le soir de Noël dans sa boîte aux lettres ne lui était pas destinée. Mais l'homme qui l'interpelle en direct à la radio, dans son émission, semble persuadé du contraire. Bientôt, les incidents se multiplient, comme si quelqu'un avait pris le contrôle de son existence. Tout ce qui faisait tenir Christine debout s'effondre. Avant que l'horreur fasse irruption. Martin Servaz, de son côté, a reçu par la poste la clé d'une chambre d'hôtel. Une chambre où une artiste plasticienne s'est donné la mort un an plus tôt. Quelqu'un veut le voir reprendre du service, ce qu'il va faire, à l'insu de sa hiérarchie et de ses collègues. Et si nos proches n'étaient pas ce que nous croyons? Et si dans l'obscurité certains secrets refusaient de mourir? Non, n'éteignez pas la lumière, ou alors préparez-vous au pire.


- Nocturnes à la Havane
de T. J. English
Éditions 10-18 / Février 2014


Pendant la Prohibition (1919-1933), les mafieux Al Capone, Lucky Luciano et Meyer Lansky ouvrent boutique à Cuba. La mer des Caraïbes devient la Rum Row ("l'Avenue du rhum"), route des cargaisons illégales d'alcool à destination des Etats-Unis. Juin 1948: Accusé de meurtre sur la personne d'un policier, un certain Fidel Castro, jeune étudiant en droit versant dans le gangsterismo, ne laisse pas encore deviner le leader révolutionnaire qu'il deviendra bientôt. Puis Lansky lorgne sur un jeune militaire qui a le vent en poupe: Fulgencio Batista. La pègre compte utiliser l'île comme base des opérations d'une prochaine multinationale du crime. C'est chose faite lorsque Batista s'empare brutalement du pouvoir, le 10 mars 1952. Moyennant environ 10 millions de dollars de pots-de-vin par an, le dictateur laisse hôtels de luxe, casinos, cabarets, maisons de passe, vie nocturne débridée générer des bénéfices prodigieux. Jusqu'à ce que, le 26 juillet 1953, Fidel Castro attaque la caserne Moncada. Dès lors, la vie à La Havane emprunte deux chemins parallèles: celui de la pègre? Lansky, Santo Trafficante, Sam Giancana, Albert Anastasia? et celui de la révolution. Cette dernière l'emportant, c'est vers ces poids lourds du "syndicat du jeu" que la Central Intelligence Agency (CIA) se tournera pour tenter d'assassiner M. Castro.


- No Sex
de Tim Parks
Éditions Actes Sud / Février 2014


La jeune Elisabeth s'est retirée dans un lieu idyllique, un centre de méditation devenu son havre de paix. Les règles y sont strictes: ni sexe, ni paroles échangées, aucune connexion aux réseaux. Pourquoi le bonheur, auquel elle aspire, semble-t-il toujours aussi inaccessible? La découverte du journal tenu par un des participants libère ses démons et l'incite à écrire, elle aussi. Avec une bonne dose d'autodérision, elle nous livre sa vérité. Car, dans le passé, elle a été tout autre. Un grand roman: original, profond et captivant.


- Nos anges
de Jean-Baptiste Predali
Éditions Actes Sud / Février 2014


Ce matin-là, un employé municipal, Augustin, découvre un nourrisson sur la décharge publique d'un quartier de Borgu-Serenu. Dans ce faubourg déshérité où l'on prie Notre-Dame de la Miséricorde et raille avec volupté la police, l'ange miraculé s'installe bientôt dans les conversations, chacun commentant avidement le mystère de cette apparition. Tandis que l'événement attise la curiosité de la presse, la justice diligente une enquête que les solidarités ancestrales à l'œuvre au sein de la petite communauté locale ne tardent pas à condamner à l'échec. Loin de la ville qu'il a fuie le jour même, Augustin dresse, dans son refuge, l'amer bilan du combat indépendantiste auquel il a dédié sa vie: vingt ans ont passé et les ardents jeunes hommes jadis voués à la cause ont sombré dans la violence gratuite ou de mortifères luttes intestines. Pour le vieux militant comme pour le substitut du procureur ou les journalistes, également dépassés, l'enfant abandonné semble, de son anonyme main innocente, être venu désigner les plaies mal refermées et les abcès de fixation auxquelles un État impuissant et des institutions nécrosées sont incapables de porter remède. Mais ce roman incantatoire construit comme un palimpseste fait avant tout entendre le chant douloureux qui monte de ceux qu'une faillite collective condamne à subir leur existence de vivants sur le mode d'une autopsie permanente de tous leurs rêves de rédemption.


- Nous étions une histoire
de Olivia Elkaim
Éditions Stock / Février 2014


"Nous sommes une famille ordinaire, une famille sans histoire". Quand Anita accouche d'un petit garçon, toute sa famille se réjouit. Pas elle. Angoisses, nuits sans sommeil, hallucinations. Le présent se dérobe, le passé refait surface. D'où vient un tel désarroi? Anita quitte son mari et son bébé pour fuir vers Marseille, ville qui fut le théâtre d'un psychodrame familial. Elle tente de comprendre comment, entre sa mère, l'omniprésente et égocentrique Rosie, et sa grand-mère, Odette, séductrice et alcoolique, elle peut trouver sa place. Être une femme et une mère. Aimer les siens et les détester. Se souvenir et oublier. Percer les secrets qui font notre identité. Dans ce roman sensible et violent, tendre comme un chagrin d'enfant, Olivia Elkaim dresse le portrait de trois femmes au bord de la crise de nerfs.


- Oscar a toujours raison
de Xavier Darcos
Éditions Plon / Février 2014


La redécouverte d'Oscar Wilde, un écrivain lucide, séducteur et insoumis, qui voit la société comme une farce ou chacun joue la comédie, et qui s'en amuse. Un esprit inventif et très actuel. Oscar Wilde aimait les artistes, le monde du théâtre et des salons, les quartiers interlopes, les gentlemen qui mènent une double vie, les miroirs, les poètes, le non sense et les objets baroques. Cet esprit si libre est une cure de jouvence en ces temps de morosité mondialisée et moralisatrice. Wilde se méfiait des doctrinaires et des théoriciens. Il voyait la société comme une farce, ou chacun joue la comédie. Il en révèle les déguisements et les feintes, s'en amuse au lieu de s'en offusquer. C'est de cette lucidité stimulante que je veux ici témoigner. Je prends Wilde comme il est, touche-à-tout, dispersé, indiscret. Je le laisse gloser sur tout, comme s'il était là, parmi nous, toujours titillé et, plus encore, consterné par le spectacle du monde. X. D.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://le-titre-du-roman.forumactif.org
Elisabeth
Admin
avatar


MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 16:18

- Paradis inhabité
de Ana-Maria Matute
Éditions 10-18 / Février 2014


Nous sommes à Madrid, dans les années vingt. Adriana a six ans et vit dans une famille bourgeoise. Sensible et rêveuse, elle observe le monde des adultes, ces "Géants", et lui oppose avec opiniâtreté une licorne échappée de la trame d'un tapis, blanche, énigmatique et symbole de l'enfance qui s'enfuit. Afin de lutter contre l'angoisse qui la saisit à voir ses parents se déchirer, elle renforce ses liens avec sa tante Eduarda, féminine, indépendante et amoureuse de Michelmonamour. Et voici Adriana maintenant adolescente qui noue une amitié incandescente, sinon une passion, avec un de ses voisins, Gravila. Son univers volera en éclats lorsque la guerre civile incendiera l'Espagne.


- Petits moments de bonheur volés
de Francesco Piccolo
Éditions Denöel / Février 2014


Errer de nuit dans les rues désertées de Rome en plein mois d'août. Monter dans le train et espérer trouver quelqu'un à sa place pour l'en chasser avec délectation. Rester sagement assis, pendant que tous les invités se ruent sur le buffet, parce qu'un ami est allé nous chercher à manger. Francesco Piccolo met à nu les plaisirs les plus inavouables, les petits vices et les faiblesses avec lesquels nous avons tous composé un jour. Page après page, le lecteur se laisse submerger par un délicieux sentiment de culpabilité et d'hilarité, le tout mêlé à une insistante impression de vécu. Francesco Piccolo nous livre un catalogue irrévérencieux, universel, poétique des travers humains ordinaires et de ces moments si particuliers pendant lesquels on ressent, pour une obscure raison, une joie inépuisable, ces Petits moments de bonheur volés. Absolument délicieux.


- Petites coupures
de Dominique Costermans
Éditions Quadrature / Février 2014


C'est l'histoire d'une pièce d'un franc, à l'effigie du Roi, qui n'a pas trouvé le chemin de la tirelire. D'un billet de cinquante, plié en quatre, reçu comme étrennes avec en prime une leçon de dignité. D'une magnifique pièce de dix, toute brillante, à l'existence éphémère. D'un carnet d'épargne bardé de timbres et de cachets. De billets de cinq mille cachés dans un soutien-gorge, de Traveller's cheques qui rendirent amoureux un employé de change et même d'un mystérieux bracelet de pièces anglaises. Entre menue monnaie et billets doux, ces souvenirs intimes tissent avec tendresse le parcours sensible de nos rapports à la vie et, l'une après l'autre, les petites coupures se transforment en vif-argent.


- Portrait d'une femme sous influence
de Louise Doughty
Éditions Belfond / Février 2014


Assise devant les jurés, sur le banc des accusés, Yvonne Carmichael écoute impassible les avocats retracer son histoire. Celle d'une femme de cinquante-deux ans, mère et épouse dévouée, généticienne reconnue et respectée. Mais aussi celle d'une femme insatisfaite, une femme en mal de passion. L'histoire d'une rencontre de hasard, dans les couloirs de Westminster, d'une attraction immédiate, irrésistible. De retrouvailles clandestines, hâtives et torrides. Et l'histoire de ce soir où tout a basculé. Coupable ou innocente? Victime séduite ou femme indigne? La cour doit trancher. Au travers de lettres destinées à son mystérieux amant, Yvonne tente de justifier ses actes, pour lui, pour les siens, pour elle-même. Mais comment expliquer l'irrationnel? Qui peut juger les crimes d'une femme amoureuse?


- Poupée
de Alain Sevestre
Éditions Gallimard / Février 2014


Julie est une jeune femme survoltée, instable, qui rejoint à Londres un amant riche et vieux. Elle va le faire tourner en bourrique, téléphoner à sa femme pour lui révéler leur liaison, se perdre dans des nuits déjantées et alcoolisées. Cette existence désaxée prend fin quand elle rencontre Edgar, un financier surdoué et quasi autiste. Mais le lecteur n'est pas pour autant au bout de ses surprises. Ce livre offre un portrait de femme surprenant, électrique, violent, moderne: Julie cherche à se libérer de toutes ses entraves, et brise avec méthode tout ce qui s'oppose à elle, quitte à foncer vers le désastre. Alain Sevestre signe un roman formidablement écrit, très caustique et juste dans la description d'un milieu abêti par la fascination de l'argent et de la technologie.


- Premier crayon
de Mathieu Bénézet
Éditions Flammarion / Février 2014


L'auteur a écrit et annoté ces poèmes alors qu'il était à l'article de la mort, luttant contre une longue maladie et sans jamais s'apitoyer sur son sort.


- Premières séances
de Patrick Besson
Éditions Fayard / Février 2014


"Chez le Boulinier du boulevard Jourdan (Paris, 14e arrondissement), j'ai trouvé en solde un vieux guide Leguèbe des films (Omnibus, 2000). Il y a 22 000 films dedans. L'ancienne propriétaire du livre, une certaine Marité, son prénom étant inscrit sur la page de garde, en avait coché un quart d'entre eux, sans doute ceux qu'elle avait vus. Je me suis rendu compte qu'on avait vu en gros les mêmes. Elle doit avoir mon âge ou un peu plus, car dans son choix il y a pas mal de films américains des années 1940 ou 1950 que j'étais trop jeune pour connaître. Peut-être est-elle décédée. Quand quelqu'un meurt, les héritiers se débarrassent en premier de ses livres. Cette Marité et moi, on avait donc dans la tête les mêmes visages, les mêmes paysages, les mêmes histoires découvertes au cinéma. Cela fait de nous, en quelque sorte, des parents. Comme le sont par exemple tous les chrétiens. Le cinéma n'est-il pas une messe? Il y a des séances tous les jours et toutes les heures, dans les églises des Champs-Élysées et du Quartier latin. Le cinéma est aussi, après le roman, le second miroir que l'on promène le long du chemin de Stendhal, dont les livres ont fait d'excellents films qu'il n'a pas vus. Premières séances rassemble 438 critiques de films qui, avec leur idéologie en bandoulière, m'ont montré le monde de 2000 à 2009". P. B.


- Printemps Barbare
de Hector Tobar
Éditions 10-18 / Février 2014


Avant de jouer les domestiques à Los Angeles, Araceli Ramírez rêvait de devenir artiste. Mais pour avoir voulu croire en l'american dream, c'est un tout autre sort qui l'attend; celui qu'on réserve aux barbares. Accusée de kidnapping et livrée à elle-même dans une ville hostile, la jeune Mexicaine va se voir révélées les coulisses de la cité des anges.


- Quand as-tu vu ton père pour la dernière fois ?
de Alex Taylor
Éditions JC Lattès / Février 2014


Que faire, quand on n'a plus de racines? La vie d'Alex Taylor avait atteint son altitude de croisière, la cinquantaine tranquille, carrière de journaliste "européen" entre Paris, Berlin, Bruxelles. Jusqu'à un coup de fil qui l'oblige à tout laisser tomber pour rentrer s'occuper de son père, 90 ans, et atteint de la maladie d'Alzheimer. Ce livre est l'occasion de faire un voyage vers cette l'Angleterre que l'auteur avait quittée il y a plus de trente ans, sans jamais chercher les vraies raisons. En même temps que son père, les certitudes s'en vont petit à petit. Être anglais, européen, gay même. Surtout, lorsque son père ne sera plus là, ce déraciné à vie comprend qu'il n'aura plus aucune raison de revenir dans le pays qui l'a vu naître. C'est l'occasion d'ouvrir, et surtout de vider quelques valises bien cachées dans le grenier de la mémoire


- Quand on s'appelle Simone
de Corinne Naa
Éditions La Grande Ourse / Février 2014


Dans la famille Molière, il y a les parents, flics de quartier: Gino, le père, obsédé par le climat d'insécurité ambiant, collectionne les couteaux; Gisèle, la mère, véritable accro au culturisme, sculpte son corps sans relâche. Et puis il y a Simone, la fille, gamine un peu paumée qui évolue comme elle peut dans ce cadre bancal, bénéficiant heureusement de la tendresse et de la complicité de sa grand-mère, vieille dame originale au passé mystérieux. Rapidement, Simone décide de quitter le cercle familial avec pour principal objectif, la quête du bonheur. Tantôt légère, tantôt cruelle, la plume de Corinne Naa nous entraîne dans un récit intense et parfaitement rythmé.


- Quatre murs
de Kéthévane Davrichewy
Éditions Sabine Wespieser / Février 2014


La maison familiale est trop vaste pour une femme seule. En ce jour de déménagement, les quatre enfants, devenus adultes, s'y retrouvent pour la dernière fois. Leur père est mort. Dans les pièces vides qui résonnent, les propos en apparence anodins se chargent de sous-entendus. Ces quatre-là se connaissent trop pour donner le change, d'autant que leur mère, profitant qu'ils soient pour une fois ensemble sans enfants ni conjoints, soulève la question de l'héritage. Deux ans plus tard, rien n'est résolu: les frères et sœurs ne se parlent plus guère, et surtout pas de leur passé. Sur l'insistance de leur mère, ils ont pourtant accepté de se retrouver en Grèce, le pays de leur origine, dans la maison où l'aîné vient de s'installer. Ce voyage est, pour chacun d'entre eux, l'occasion de revenir sur l'ambivalence de leurs relations. Comment en sont-ils arrivés là, eux qui étaient tous les uns pour les autres? Excellant à pointer la dissonance dans les voix de ses quatre protagonistes, qui chacun livre sa version des faits, Kéthévane Davrichewy, comme si elle assemblait les pièces d'un puzzle, révèle petit à petit les motifs d'un drame familial, et propose une belle variation sur la perte de l'innocence.


- Que ton règne vienne
de Xavier de Moulins
Éditions JC Lattès / Février 2014


Deux ans après l'enterrement de son père, Paul revient progressivement à la vie. Jean-Paul a été de ces pères solaires, flamboyants, qu'on se tue à trop aimer. Une enfance de carte postale, un ami à la vie à la mort, un amour absolu. Jean-Paul plane sur la vie de son fils, figure tutélaire écrasante autant qu'admirée. Jusqu'à un soir de novembre 2013, où tout va basculer. Comment survivre quand le passé a un tel goût de trahison? Paul en réchappe grâce à la fidélité d'Oscar, son ami d'enfance. Mais il lui reste tout à réapprendre. Sous ses airs désenchantés, Que ton règne vienne est un vibrant hommage au père, au lien filial. Une illustration parfaite de cette phrase de Jules Renard, qui ouvre le livre en forme de mise en garde: "Un père a deux vies: la sienne et celle de son fils".


- Relation fortuite
de Charles Chadwick
Éditions Jacqueline Chambon / Février 2014


Un ancien condamné pour meurtre et une femme que sa laideur a isolée des autres se rencontrent par hasard dans un bus. Stan sort de prison, travaille en usine et, en dehors de quelques menus larcins, se tient à carreau. Quant à Elsie, c'est à peine si elle existe. Sa mère lui dit que c'est la beauté intérieure qui compte, mais elle sait que ce ne sont que des mots. Les gens ne supportent pas sa vue. Elle les révulse. Peu à peu, les deux réprouvés vont se rapprocher. Stan doit se mettre au vert pour échapper à un ancien complice, et demande de l'aide à Elsie. Ils se réfugient dans un petit cottage au bord de la mer, dans le Dorset. Les jours passent paisiblement, et bientôt les semaines. Stan et Elsie partagent les corvées, entretiennent le jardin et s'habituent à la compagnie l'un de l'autre, deux âmes esseulées qui jouent au couple marié. Mais lorsque le poursuivant de Stan retrouve leur trace, les choses prennent un tour imprévu. On retrouve dans Relation fortuite toute la maîtrise romanesque déployée dans Tout va très bien. D'un roman l'autre, Charles Chadwick passe de l'épopée à la miniature, et de la vie d'un homme ordinaire à la rencontre inattendue de deux asociaux, avec cette admirable retenue dans le maniement de l'émotion et cet humour délicieux qu'il partage avec les plus grands auteurs anglais.


- Ruth
de Elizabeth Gaskell
Éditions Phébus / Février 2014


Publié en 1853, Ruth est un des romans majeurs d'Elizabeth Gaskell. Traduit partiellement au XIXe siècle, l'édition d'aujourd'hui est la première à paraître dans son intégralité. Avec Ruth, Elizabeth Gaskell trace le portrait d'une jeune femme qui émeut, sinon bouleverse, une orpheline naïve que la vie n'a pas épargnée, sans cesse victime de l'hypocrisie de la société victorienne toujours sûre de son bon droit et de la viabilité de ses préjugés. Et pourtant, en dépit de la tragédie, toujours la lumière s'immisce dans sa vie par la magie d'un instant, la bonté de certains êtres. Pour donner corps à son histoire, Elizabeth Gaskell use d'un style puissant et d'une psychologie à l'imparable précision.


- S.
de J. J. Abrams et Doug Dorst
Éditions Michel Lafon / Février 2014


Une étudiante ramasse un livre égaré. À l'intérieur, une série de notes révèlent un lecteur captivé. La jeune femme annote le livre à son tour, puis le repose à l'endroit où le lecteur inconnu l'a laissé. Ainsi commence un chassé-croisé qui va entraîner les deux étudiants, Éric et Jennifer, dans une aventure inouïe. L'auteur du roman est V.M. Straka, l'écrivain le plus énigmatique du XXe siècle. Il a fasciné des milliers de personnes avant de mourir assassiné en 1946, sans que nul n'ait jamais découvert son identité. La clé de son mystère se trouve-t-elle dans son dernier ouvrage, Le Bateau de Thésée, que les deux étudiants passent au crible? C'est l'histoire de S., un homme qui a perdu la mémoire et se retrouve embarqué de force sur un étrange bateau à l'équipage monstrueux, avec une seule idée en tête: survivre pour trouver qui il est. Éric et Jennifer sont prêts à tous les sacrifices pour lever le voile sur cet écrivain de génie. Ils ne sont pas les seuls.


- Sans oublier
de Ariane Bois
Éditions Belfond / Février 2014


Lorsqu'elle apprend l'accident qui a coûté la vie à sa mère, une jeune femme voit sa vie exploser. Tout se délite et s'obscurcit dans le ciel de sa mémoire. L'onde de choc atteint ses enfants et son mari. Pour enrayer cette chute libre, il lui faut partir, tenter de se retrouver pour sauver les siens. Récit d'un crash intime, d'une fugue maternelle sur les traces d'un silence familial, Sans oublier raconte comment, pour devenir mère, il faut d'abord cesser d'être une fille. Une écriture intense qui réconcilie de façon saisissante la noirceur du deuil et la rage de vivre.


- Santa Evita
de Tomas Eloy Martinez
Éditions Robert Laffont / Février 2014


Lorsqu'elle naît dans un trou perdu de la province argentine, le destin de María Eva Duarte, fille illégitime d'un petit propriétaire terrien, paraît tout tracé: elle ne sera rien, forcément, et son existence aura pour tout horizon la campagne misérable, vide et infinie. Pourtant, la petite fille au regard intense et dur grimpera tout en haut de l'échelle. Accrochée aux basques d'un chanteur de tango de passage dans son village, elle débarque à Buenos Aires: elle y crèvera la faim, jouera de son corps, deviendra une vedette du feuilleton radio et finira par épouser le colonel Perón, futur dictateur, dont elle sera l'égérie, haïe par les uns, saluée par les autres. À l'âge de trente-trois ans, quand un cancer emporte son corps ravagé, elle est plus que la première dame du pays: elle est devenue Santa Evita, la madone des sans-chemises, les descamisados. Or le destin de son corps après la mort sera aussi hallucinant que sa brève existence. Embaumé pour être livré à l'adoration populaire, il est subtilisé en 1955 par les militaires qui chassent Perón du pouvoir. Commence alors une invraisemblable errance, dont les stations ressemblent à un inventaire à la Prévert: casernes, ambulances, camions, hangars, cinémas désaffectés, jardins d'ambassades, cimetières milanais discrets. Et tous ceux qui auront eu la garde, à un moment ou un autre, du corps immortel de Santa Evita, verront leur vie détruite comme par une malédiction, sombrant dans la démence, l'alcool, le meurtre. C'est cette double histoire, celle d'un cadavre immortel et du corps vivant qui l'a précédé, qui forme la trame de ce roman qui est une biographie, et de cette biographie qui ne cesse de se métamorphoser en roman sous nos yeux.


- Tu convoiteras
de Ornela Vorpsi
Éditions Gallimard / Février 2014


Pour Katarina, la nuit promet d'être interminable. Au matin, après une séparation longue et douloureuse, elle doit retrouver son amant à la beauté et à l'insouciance féroces. Plus jeune qu'elle, il appartient à l'âge des amours dont inexorablement Katarina se sent bannie. Elle vit cette hantise et dans la gloire du jeune homme voit le temps qui dévaste. Katarina est mariée, mère d'un enfant. Son fils est malade. Va-t-elle le conduire malgré tout à la crèche, ou rester auprès de lui? Katarina tranche. Dès cet instant, tout en préparant fiévreusement la rencontre amoureuse, elle devient spectatrice d'elle-même. Qu'est-ce donc, être amante, épouse, mère? Tu convoiteras raconte une obsession érotique violente, qui prend parfois des teintes de cauchemar. Ornela Vorpsi décrit les tourments de Katarina, ceux d'une passion charnelle aux accents presque mystiques, les remords ardents mêlés aux désirs les plus troubles, l'insatisfaction qui suit leur réalisation, au fil d'un récit d'une intensité exceptionnelle.


- Un coup de téléphone du ciel
de Veronesi Sandro
Éditions Grasset & Fasquelle / Février 2014


Acclamé comme véritable chef-d'œuvre, Prophétie, qui ouvre ce recueil, traite des difficultés d'un fils qui accompagne son père tout le long d'une maladie aussi éprouvante qu'incurable. Veronesi nous conduit dans son monde où règnent l'obsession du mal, l'amour, la mort. On saisit les personnages au tournant de leur vie, ou à l'époque de leur maturité tourmentée, hantés par des questions irrésolues aux conséquences parfois dramatiques. Un briquet atterrit dans le moteur d'une voiture, une vieille voix au téléphone veut parler à une inconnue, une simple promenade à Paris se termine par l'inquiétante traversée à pied des Champs-Élysées. Il faut le lire pour le croire. Ce que vivent les protagonistes de ces nouvelles est banal et extraordinaire à la fois, si bien que l'on a envie d'accompagner ces gens ordinaires pour donner un sens à ce qu'ils font. Magistral.


- Un temps égaré
de Marie-Laure de Cazotte
Éditions Albin Michel / Février 2014


Patron arrogant et cynique, Eric Meyer voit sa vie bouleversée le jour où, apprenant la tentative de suicide de sa maîtresse, il décide de consulter un psychiatre, le docteur Kaplan. Son secret espoir: s'entendre dire qu'il n'est pas responsable du geste désespéré de la jeune femme. Les deux hommes, que tout oppose, ont en commun une même histoire d'enfance liée aux drames vécus par leurs parents. Mais si le premier a effacé cette mémoire au risque du déséquilibre, le second en a fait un instrument de sagesse et de connaissance de soi et des autres. Descente au plus profond des traumatismes d'enfance et de leur guérison, ce premier roman de Marie-Laure de Cazotte se penche avec une subtilité teintée d'humour sur les vacillements de l'âme et les arcanes de la mémoire. Au centre de ce "temps égaré", l'hôpital psychiatrique, lieu de toutes les expériences et de toutes les renaissances.


- Un temps pour les caresses
de Thomas Bouvatier
Éditions Fayard / Février 2014


20 mars 1995. Des disciples de la secte Aum lâchent du gaz sarin dans le métro de Tokyo. Qu'est-ce qui fait qu'une telle folie survient dans le quotidien le plus banal? Comment est-il possible d'être endoctriné au point de commettre un tel crime? Regroupant les témoignages de blessés mais aussi de disciples de la secte, Haruki Murakami cherche à comprendre. Victimes et coupables sont-il vraiment si différents que les seconds soient considérés comme le diable en personne? Et si les fanatiques d'Aum n'étaient finalement que l'effrayant miroir de ce dont nous sommes tous capables? Avec ce livre dérangeant, Haruki Murakami développe les thèmes qui lui sont chers, l'étrangeté au monde, le culte du leader, le mal venu des profondeurs, et livre une des pièces maîtresses de sa réflexion sur l'être humain.


- Une histoire de famille
de Jennifer Schwarz
Éditions Robert Laffont / Février 2014


"Nous étions ce seul corps qui marchait sur les trottoirs de Paris. Et, pourtant, cette union entre nous trois n'était pas le fruit d'un miracle génétique. C'était le fruit d'un amour entre deux femmes". Son "histoire de famille", elle ne se serait sans doute pas décidée à l'écrire si la loi sur le mariage pour tous n'avait provoqué tant de heurts. Mais beaucoup manifestaient dans la rue; d'autres, sociologues, anthropologues, juristes, psychanalystes, politiques, représentants religieux, polémistes, journalistes... , débattaient au Parlement, sur les plateaux de télévision, dans les journaux, à la radio. Rompue aux débats sociétaux et éthiques (elle fut pendant plusieurs années rédactrice en chef du Monde des religions), Jennifer Schwarz les a tous beaucoup écoutés, elle les a entendus discourir, parler de sa situation, de sa famille, de ses enfants. Poser sur elle et sur eux, leurs mots, leurs diagnostics, parfois leurs anathèmes. Elle a entendu tant de choses qu'à son tour elle a voulu raconter. Raconter, au plus juste des sentiments, et aussi chercher à comprendre, à travers sa propre histoire, la part d'universalité que véhicule chaque famille, comment cette histoire, "traditionnelle" ou non, interroge notre lien à la parentalité, à la transmission. À travers un récit intime tout en finesse et sensibilité, une réflexion lumineuse sur le fait d'être parent aujourd'hui tout en étant un couple de même sexe et, au-delà, sur toutes les questions liées la filiation.


- Underground
de Haruki Murakami
Éditions 10-18 / Février 2014


20 mars 1995. Des disciples de la secte Aum lâchent du gaz sarin dans le métro de Tokyo. Qu'est-ce qui fait qu'une telle folie survient dans le quotidien le plus banal? Comment est-il possible d'être endoctriné au point de commettre un tel crime? Regroupant les témoignages de blessés mais aussi de disciples de la secte, Haruki Murakami cherche à comprendre. Victimes et coupables sont-ils vraiment si différents que les seconds soient considérés comme le diable en personne? Et si les fanatiques d'Aum n'étaient finalement que l'effrayant miroir de ce dont nous sommes tous capables? Avec ce livre dérangeant, Haruki Murakami développe les thèmes qui lui sont chers, l'étrangeté au monde, le culte du leader, le mal venu des profondeurs, et livre une des pièces maîtresses de sa réflexion sur l'être humain.


- Voyeur
Mémoires indiscrets du roi des paparazzi
de Rostain Pascal
Éditions Grasset & Fasquelle / Février 2014


Malgré une jeunesse pleine de match de rugby, quelques combats de boxe et un engagement impulsif dans les parachutistes de marine, Pascal Rostain a toutes ses dents, et il s'en sert pour dévorer le monde. C'est un paparazzi professionnel. Le plus grand de sa génération. Et il n'a pas froid aux yeux. Kodak en bandoulière, ce baroudeur erre de Monte-Carlo à Saint-Barth, de Castel Gandolfo à l'Élysée, de sa Bretagne natale au Tchad ou aux différents "sommets" du G8 ou du G20, et il "sent" les scoops. Cow-boy, tête brûlée (avec sa petite morale immorale, tout de même…), pirates de "people", il s'intéresse aussi bien au ventre arrondi de Charlotte Casiraghi qu'à la chute de Ndjamena, à Carla qu'à Valérie, à Prost qu'à Johnny. Membre éminent de la chevalerie des photos-reporter de Paris-Match, il assume tout: et d'abord, les reproches adressés à la profession qu'il exerce comme un sacerdoce. Dans ce livre, il raconte tout: les situations, les complicités avec ceux qui (ensuite) se plaindront, les tricheries, les attentes dans le froid ou le chaud. Cet homme aime voler des moments intimes. Il aime fabriquer des scandales. Chez lui, c'est une passion professionnelle et incontrôlée. De Mitterrand à Orson Welles, de Brando (Marlon) à Sarkozy, de Benoit XVI à Georges Bush (père et fils), il raconte sa vie. Et il écrit dans une langue joyeuse et iconoclaste. Au passage, il nous montre l'envers de la "grande presse". Pascal Rostain est le roi, le King, la Star des paparazzi. Il "planque" pour Paris-Match depuis une vingtaine d'années. Il a "shooté" tous les grands de ce monde et ses photos (résolument indiscrètes) ont fait le tour de la planète. Sa religion: le culot. Sa méthode: la patience. Sa devise: il y a toujours un moment où le Pape prend un bain de soleil.


- Zone Grise
de C. et L. Mary
Éditions de l'Olivier / Février 2014


"Je ne suis retenu à rien et pourtant je suis toujours là, au milieu de ce monde qui ressemble trop à celui des vivants pour ne pas l'être et pourtant ne l'est pas. En quoi sont-ils vivants, ces gens dans cette pièce, par rapport à moi? Je dirais qu'ils sont concentrés et patients. Je dirais aussi qu'ils ne font pas d'histoires, ils font même des efforts, encore". Assis autour du narrateur dans la salle ronde d'un centre de formation, cinq autres chômeurs doivent apprendre à trouver un emploi. L'objectif à atteindre est d'une netteté évidente: être OK dans un monde OK, optimiser ses performances, savoir se vendre. Pourtant, cet homme ne se souvient plus du jour de son arrivée ni même des raisons de sa présence. Il ne lui reste que quelques indices sauvés de sa mémoire et le sentiment que quelqu'un ou quelque chose le retient ici, dans cette sphère d'entraînement à la lisière d'une forêt gelée, un 25 décembre. Quel est ce lieu, cette zone où, entre deux simulations d'entretien, l'on s'inquiète au sujet d'un rôdeur et du nom oublié d'une fille disparue? Et à quoi tient ce gris, partout?


- À bois perdu
de Alain Galan
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2014


Alors qu'il s'apprête à en finir avec le métier, le narrateur s'interroge sur l'origine de ce double pupitre en bois ciré, un chameau, disent les ébénistes dans leur argot, sur lequel, depuis près de quarante ans, il s'obstine jour après jour à pousser la plume. L'histoire de cet étrange meuble à écrire, fabriqué à bois perdu, par un artisan de village, se perd en Basse-Normandie, du côté de Falaise. Serait-il, comme l'enquête le donne à penser, celui de Bouvard et Pécuchet, les deux copistes de Flaubert? Ces derniers, avant de devenir des personnages de roman, n'ont-ils pas été deux rentiers ayant réellement existé? Sur les traces du chameau, on ne peut que remonter le temps. Et voyager à travers un siècle et demi qui connut la disparition de la plume d'oie, la naissance de celle en acier jugée dangereuse et pouvant blesser, l'invention des premières machines capables de retranscrire les lettres aussi bien que l'écriture manuelle et l'avènement du numérique.


- À l'heure où les hommes vivent
de Delphine de Malherbe
Éditions Plon / Janvier 2014


Après avoir traité des tabous féminins inédits avec succès, Delphine de Malherbe s'attaque ici au mystère masculin. À l'heure où les hommes vivent, à la minute où ils veulent réussir, aimer, respirer, Franck Steiner voit sa maison prendre feu. Ses certitudes et ses valeurs les plus profondes volent en éclats. Les jours qui suivent l'embarquent dans un tourbillon de rencontres et d'expériences qui mettent en cause son passé et son identité. Un thriller psychologique passionnant qui ravive nos propres questionnements et nos désirs. Les hommes sont-ils des êtres mus par leurs besoins, par leurs idéaux ou par leur quête du plaisir? Qu'est-ce qu'une vie réussie à l'heure ou le monde change?


- Apologie du slow
de Fabio Viscogliosi
Éditions Stock / Janvier 2014


"Il y a quelque temps, en milieu d'après-midi, quelque chose d'étrange s'est produit: j'ai réalisé qu'il était urgent de reconsidérer ce qui, dans ma vie, m'apparaissait comme essentiel. L'urgence était telle que je ne pouvais attendre un jour ou une seconde de plus". Fabio Viscogliosi poursuit une entreprise romanesque faite de fragments d'existence avisés et électriques. Un manifeste en forme d'autoportrait jubilatoire, aussi ludique qu'inventif, aussi pudique que burlesque.


- Belle arrière-grand-mère
de Janine Boissard
Éditions Fayard / Janvier 2014


Il n'y a pas d'âge pour grandir? C'est ce que Babou va découvrir en devenant arrière-grand-mère pour la première fois d'une petite Adella, fille de Justino, 18 ans, et de Haydée, 17, poursuivie par la fureur de son père. Puis voilà Babou frappée par un deuil douloureux. Et enfin, elle vole au secours d'un jeune garçon victime de maltraitance psychologique, l'une des plus cruelles. Que d'émotions, de larmes, mais aussi de rires avant que, le calme revenu dans la famille, elle puisse réaliser son rêve: se remettre à la peinture.


- Biographie d'Éric Rohmer
de Antoine de Baecque et Noël Herpe
Éditions Stock / Janvier 2014


Que sait-on d'Éric Rohmer, sinon qu'il incarne une manière très française et très raffinée de faire du cinéma? De lui, on connaît quelques titres: Ma nuit chez Maud, L'Amour, l'après-midi, Les Nuits de la pleine lune… On sait aussi combien le cinéaste aimait filmer de jeunes et jolies femmes, les "rohmériennes", d'Arielle Dombasle à Rosette, de Pascale Ogier à Marie Rivière… On se souvient encore qu'il lança plusieurs acteurs, qui devaient faire leur chemin sans lui: Jean-Claude Brialy, Fabrice Luchini ou Pascal Greggory. Mais sait-on par exemple que l'ensemble de ses vingt-cinq longs métrages ont attiré en France plus de huit millions de spectateurs, et quelques millions d'autres autour du monde? Sait-on qu'un autre homme, Maurice Schérer, se cachait derrière le pseudonyme d'Éric Rohmer, tant il aimait s'inventer des doubles et masquer son visage derrière ses films? Voici la première biographie d'Éric Rohmer: puritain et esthète, catholique pratiquant et amoureux de la beauté sous toutes ses formes, rédacteur en chef des Cahiers du cinéma et homme de télévision, citoyen désengagé, nostalgique de l'Ancien Régime, qui aura fini par voter écologiste. Un homme riche de ses contradictions, et de l'extraordinaire diversité de ses curiosités artistiques. Nourri d'archives inédites, ce livre dessine le portrait d'un grand metteur en scène qui fut également écrivain, dessinateur, compositeur, producteur et parfois même acteur. Un véritable homme-orchestre, pour qui le cinéma fut la somme de tous les arts.


- Bohemian Flats
de Mary Relindes Ellis
Éditions Belfond / Janvier 2014


Au tournant du xxe siècle, d'une petite ville bavaroise engoncée dans son obscurantisme aux opportunités du grand Midwest américain, la passionnante aventure de trois jeunes gens en quête de liberté; une magnifique réflexion sur le déracinement, la transmission de la mémoire familiale et la cohabitation des cultures. Au pied de Minneapolis, sur la rive du Mississippi, se dressent de petites baraques de bois connues sous le nom de Bohemian Flats. C'est là, dans un joyeux chaos, que des migrants venus des quatre coins d'Europe, Tchèques, Irlandais, Finlandais ou encore Russes, échangent leurs histoires, partagent leurs coutumes, et s'épaulent sur le chemin laborieux du grand rêve américain. Parmi eux, Albert et Raimund Kaufmann et leur amie d'enfance, Magdalena Richter, aspirent à un avenir plus libre, loin d'une Allemagne moyenâgeuse et intolérante. Mais la Première Guerre Mondiale éclate, et avec elle s'envole la belle harmonie qui régnait dans les Flats. Rattrapés par leur identité allemande, Albert, Raimund, Magdalena et leurs enfants vont être confrontés au passé douloureux de la famille, et à des secrets qu'ils croyaient enterrés pour toujours.


- Bonjour minuit
de Jean Rhys
Éditions Denöel / Janvier 2014


Une Anglaise retourne à Paris où elle a vécu un grand amour. Portée par le hasard des rencontres, elle s'étourdit dans le Montparnasse d'avant-guerre, mais le passé l'envahit inévitablement. Jean Rhys tire de sa vie dans la bohème des années 20 la substance de ses romans. La romancière a l'art de saisir sans concession et avec humour les infimes émotions, les doutes, les contradictions et les joies qui nous traversent. Oh mon Dieu, ai-je l'air de ça? Ai-je vraiment l'air d'une riche rombière qui fait un tour à Montparnasse dans l'espoir de…? Après tout le mal que je me suis donné, est-ce de ça que j'ai l'air? Je suppose que oui. Vais-je lui dire d'aller se faire fiche? Mais après tout, me dis-je, voilà peut-être l'occasion de me payer un peu de retour?


- Bonne à (re)marier
de Sylvie Ohayon
Éditions Robert Laffont / Janvier 2014


Anéantie après la trahison de son mari, Sarah refuse de devenir une bête aigrie cachée sous son brushing. Elle va remonter la pente de sa vie. Histoire d'une rédemption. Un sale matin, Sarah découvre que son mari la trompe. Ben, l'époux attentionné et le père parfait de ses deux fillettes, multiplie les conquêtes. Depuis des années. Elle, pauvre idiote, a suivi Ben le joueur de flûte jusqu'à la falaise, et elle est tombée de haut. Du jour au lendemain, Sarah se retrouve seule, avec des enfants à élever, une marmite à faire bouillir, le cœurs en lambeaux et un trou noir pour seul compagnon. Salie, honteuse, perdue dans un océan de silence et de tristesse, elle sait que si elle suit cette pente, elle fêtera ses cinquante ans le cou retenu par une jolie corde tressée de ceintures de cuir siglées. Ses amis, sa famille, ont tous un avis sur sa situation. Sa sœur lui conseille de renoncer à la haine et de s'ouvrir aux autres, son assistant la gave de shortbreads et sa copine lui ordonne de se faire refaire les seins au plus vite. Le long chemin de la reconstruction et du salut passe par l'acceptation de soi et du monde. Sarah va réapprendre à rire, va retrouver la légèreté des choses. Bientôt, elle sera prête à accepter cette main qu'on lui tend. Bonne à (re)marier.

- Calcutta
de Shumona Sinha
Éditons de l'Olivier / Janvier 2014


"Trisha ne reconnaît plus le ciel de sa ville. En plein jour la lumière lui semble estompée, tachetée de noir". La jeune femme sait depuis toujours qu'il faut se méfier de l'obscurité. Cette ville, dans laquelle elle revient pour assister à la crémation de son père, c'est Calcutta. Elle y retrouve le quartier, la maison, les meubles et les objets de son enfance, et tout la bouleverse. Elle se souvient que l'huile d'hibiscus était un remède pour adoucir la folie de sa mère et que la couette rouge remisée au grenier cachait l'arme de son père communiste. Dans ce roman à l'écriture puissante, Shumona Sinha revisite à travers l'histoire d'une famille les violences politiques d'un pays qui est le sien, le Bengale occidental.


- Ce que j'ai oublié de te dire
de Joyce Carol Oates
Éditions Albin Michel / Janvier 2014


C'est la dernière année de lycée pour Merissa et Nadia. Les deux filles ont plus que jamais besoin de leur meilleure amie, la singulière, l'étrange et abrupte Tink qui s'est suicidée six mois plus tôt. Chacune est seule avec des secrets qu'elles ne pouvaient partager qu'avec Tink. Des secrets inavouables qui ont mis en péril leur amitié, mais qui les ont également mises en danger. Tink aussi avait un secret, un secret très lourd mais jamais elle ne leur a confié son tourment. Comment continuer à vivre avec ses silences quand la seule personne qui vous comprenait est morte?


- Ce qui meurt en été
de Tom Wright
Éditions Presses De La Cité / Janvier 2014


James, surnommé "Biscuit", et sa cousine Lee Ann, sont tous deux rescapés de foyers violents et déséquilibrés. Ils vivent chez leur grand-mère dans une petite ville du Texas dans les années 1970. Un jour, au cours d'une promenade, ils découvrent le cadavre d'une jeune fille, violée et mutilée. Elle est la troisième victime d'un tueur qui sévit dans la région. Et James la connaît, puisqu'elle lui est apparue à plusieurs reprises. Au cours de cet été marqué par les deuils, la violence et les premières grandes expériences, James et Lee Ann vont quitter le monde de l'enfance.


- C'est à toi
de Marcello Fois
Éditions Du Seuil / Janvier 2014


Quand l'orphelin Vincenzo Chironi débarque en Sardaigne en 1943 à la recherche de ses origines, de la famille de son père, héros de la Grande Guerre, il ignore tout du destin qui l'attend. Pour son grand-père, le forgeron Michele Angelo, et sa tante Marianna, Vincenzo représente un nouvel espoir. Après tous les malheurs qui se sont abattus sur leur lignée, le cycle infini de la vie et de la mort, des amours et des haines, de la joie et de la douleur semble pouvoir reprendre. Et en effet Vincenzo devient une des personnalités du village de Nuoro; en recomposant son histoire personnelle, il va enfin commencer à vivre, se trouver, se construire. Quand ses yeux croisent ceux de Cecilia, il ne peut que tomber amoureux d'elle: un amour immense, mais interdit car Cecilia est déjà promise. Et pourtant. S'il est vrai que "la désobéissance appelle le châtiment", leur union ne sera que le dernier maillon d'une chaîne qui n'est pas encore prête à s'interrompre. Dans la langue magnifique qui les décrit, les paysages sardes, âpres et lumineux, sont aussi vivants que les hommes qui les peuplent.


- C'est le métier qui rentre
de Sylvie Testud
Éditions Fayard / Janvier 2014


Sybille croit aux histoires qui finissent bien. Elle a beau savoir de quelle manière est morte Jeanne d'Arc, quand elle regarde un des films qui lui ont été consacrés, Sybille ne peut s'empêcher d'espérer qu'un pompier vienne la tirer d'affaire. Alors comment imaginer que la réalisation de son propre long-métrage va virer au film catastrophe? Toute à sa passion, l'apprentie cinéaste refuse de se laisser abattre par les problèmes qui s'accumulent. Producteurs qui écrivent les scénarios, actrices qui entrent en résistance, agents hystériques, financiers qui ne financent pas: tout va s'arranger, elle n'en démord pas. Son enthousiasme aveugle lui donne des ailes. Celles du pigeon que l'on plume ou celles du dindon de la farce? Comédienne et réalisatrice comme son héroïne, Sylvie Testud est aussi romancière. Avec l'humour et l'autodérision que ses lecteurs lui connaissent, voici les mésaventures drolatiques que lui valent quelquefois sa confiance dans sa bonne étoile et dans le genre humain. Et en bonus une visite inédite dans les couloirs de l'"usine à rêves" cinématographique où le public ne va jamais.


- Cette fille est différente
de J. J. Johnson
Éditions Alice / Janvier 2014


Cette fille différente, c'est Évie (on vous épargne son vrai nom, inventé par sa mère). Elle a été scolarisée à domicile, dans une maison durable que sa mère et elle ont construite pour y vivre en autonomie, avec poules et vache. Avant de s'inscrire dans l'université de ses rêves, Cornell, dans l'État de New York, Évie souhaite fréquenter d'autres jeunes et se familiariser avec le système scolaire. C'est ainsi qu'elle débarque à seize ans dans les couloirs obscurs d'un lycée absolument banal. Banal pour les étudiants qui sont formatés depuis leur enfance à trouver tout normal, mais pas pour Évie, qui vit son année scolaire comme une expérience ethnographique et pose des questions qui dérangent sur la discrimination, le respect, l'abus de pouvoir, les inégalités sociales, la liberté d'expression. Ce qui lui vaudra, dans un premier temps, une certaine popularité, mais fera ensuite fuir jusqu'à ses plus proches amis. Quelle serait votre attitude si un de vos amis proches avait une relation avec un de vos professeurs? Et si vous étiez avec 10 autres personnes sur une barque prête à couler, qui jetteriez-vous par-dessus bord? Dans ce roman, Évie nous invite à nous remettre en question. Presque à chaque chapitre, le lecteur se fait la réflexion "mais c'est vrai, au fond! ce n'est pas normal, ça!". Évie pose un regard neuf sur tout, et ose se plaindre de ce qu'elle trouve injuste. Ce qui est rare... mais pas sans coût. Le roman aborde des thèmes porteurs (l'écologie, les inégalités sociales, la liberté d'expression...) sur fond d'amitié et d'amour.


- Cette nuit, je l'ai vue
de Drago Jancar
Éditions Phébus / Janvier 2014


Veronika Zarnik est de ces femmes troublantes, insaisissables, de celles que l'on n'oublie pas. Sensuelle, excentrique, éprise de liberté, impudente et imprudente, elle forme avec Leo, son mari, un couple bourgeois peu conventionnel aux heures sombres de la Seconde Guerre Mondiale, tant leur indépendance d'esprit, leur refus des contraintes imposées par l'Histoire et leur douce folie contrastent avec le tragique de l'époque. Une nuit de janvier 1944, le couple disparaît dans de mystérieuses circonstances, laissant leur entourage en proie aux doutes. Qui était vraiment Veronika? Quelle fut vraiment sa vie? Que cachait-elle? Cinq proches du couple tentent alors de cerner l'énigmatique jeune femme et délivrent, par fragments, les nombreuses facettes de sa personnalité, et ainsi reconstruisent son histoire, celle de son mari et celle de la Slovénie. Une œuvre polyphonique magistrale.


- Ceux qui reviennent
de Maryline Desbiolles
Éditions Du Seuil / Janvier 2014


J'ai toujours aimé entrer dans les cimetières. Regarder les photos, lire les noms. Les mots de regret et d'amour. Relier, renouer les histoires. Que ce soit celle des inconnus ou de Gaby, le communiste, celle de mes grands-parents italiens ou de la victime collatérale d'un fait-divers sanglant dans les forêts de Haute-Savoie. J'ai toujours aimé les cimetières. Ces lieux à l'écart, retranchés, qui me semblent parfois au cœur battant du monde. Au cœur des migrations de ce que nous n'appelons plus les âmes. Elles n'en reviennent pas moins vers nous qui hésitons à prendre la relève.


- Christopher et son monde
de Christopher Isherwood
Éditions Fayard / Janvier 2014


Dans ce récit picaresque ponctué de fragments de journaux intimes et de lettres, Christopher Isherwood décrit, à sa manière directe et pénétrante, sa formation d'individu et d'artiste, parmi ses amis Auden, Stephen Spender, E.M.Forster, et aux côtés de Jean Ross, dont il s'inspira pour camper le personnage de Sally Bowles dans Adieu à Berlin. Il évoque ses souvenirs des milieux littéraires, où il approcha Somerset Maugham et Virginia Woolf, ses premières tentatives théâtrales et cinématographiques, ses errances à travers l'Europe, son voyage en Chine, alors en guerre, son départ pour l'Amérique. Récit d'une destinée mêlée aux soubresauts qui agitèrent l'Europe dans les années 1930, plaidoyer véhément en faveur de la liberté homosexuelle, Christopher et son monde révèle l'envers des expériences narrées sous forme romanesque dans Mr.Norris change de train et Adieu à Berlin.


- Comment fait-on l'amour pendant la guerre ?
de Cathie Barreau
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2014


Le roman se partage entre la France et le Liban, entre Nantes et Beyrouth, entre deux histoires d'amour et plusieurs guerres. À Nantes, Donatienne vit une relation à distance avec Jad, journaliste à Beyrouth. Jad lui envoie des messages électroniques où il lui dit le manque d'elle, cette étrangère qu'il a rencontrée il y a quelques années. Donatienne cherche à écrire l'histoire des conflits qui s'enchevêtrent en elle: celui du Liban, mais aussi les deux Guerres mondiales vécues par ses ancêtres, dont Nantes porte encore les stigmates. Elle invente ainsi l'histoire de Kamila et Charbel, amants clandestins dans le Beyrouth dans les années 1980, alors que la guerre civile déchire la ville et les hommes. Chaque jour, les amants se retrouvent dans le secret de leur chambre, et chaque jour ils vivent l'heure de la séparation comme "une fin insupportable, une trahison". Le quotidien des personnages est fait de sensations et de pensées où se mêlent l'histoire de leur lignée familiale, les paysages où ils vivent, leur amour et l'urgence de se retrouver. Comment fait-on l'amour pendant la guerre? Une question simple et universelle, leitmotiv de ce triptyque romanesque. Dans une langue sensible et délicate, Cathie Barreau parvient à dire l'absence, l'amour, les disparitions; et, aussi, ce qui fait de la guerre une expérience vitale où l'être éprouve ses limites.


- Comment j'ai mangé mon estomac
de  Jacques A. Bertrand
Éditions Julliard / Janvier 2014


Sous la forme d'un récit poétique et léger, Jacques A. Bertrand retrace la chronique facétieuse de sa maladie. Avec un étonnant mélange d'humour, de flegme et de sagesse, il dépeint tous les aspects de son expérience, des plus absurdes aux plus douloureux, et atteint sans conteste le sommet de son art. Ce bon vieux docteur Knock l'avait bien dit: "La santé est un état précaire qui ne présage rien de bon". Pourtant, avant qu'Anatole Berthaud (double de Jacques A. Bertrand, bien connu de ses aficionados) n'apprenne qu'une tumeur s'est logée à l'entrée de son estomac, jamais il ne s'était préoccupé outre mesure de cette région de son abdomen. Par malchance, au même moment, sa compagne se découvre une tumeur au sein. Plus tard, atteinte d'un accès de mélancolie aiguë, elle se retrouvera dans un service de réanimation (coma profond). D'aucuns trouveraient la situation désespérante. De fait, elle l'est, et pourtant c'est avec une irréductible insouciance, et un sens de l'humour libéré de toute complainte, que le narrateur décrit l'univers inhospitalier de l'hôpital; le peu d'empathie du personnel soignant; la dignité qu'on abandonne en remettant son corps à la médecine; l'attente interminable qui devient le lot quotidien du "patient"; le deuil de sa liberté lorsqu'on est astreint à résidence dans une chambre vétuste rappelant davantage une cellule. Affronter avec humour et philosophie une des circonstances les plus graves de l'existence, telle est la réussite de ce récit enthousiasmant. Avec une pudeur à la hauteur de sa légendaire élégance physique et morale, Jacques A. Bertrand a manifestement le souci de ne pas faire peser sur le lecteur ses grandes et petites misères. Il instaure avec lui une complicité immédiate. Poète ingénu évoluant dans le monde froid et rationnel de la médecine, son "héros" (digne de la situation) prend le contrepied du lamento et nous régale de ses reparties loufoques qui surprennent son entourage. Car Jacques A. Bertrand l'a bien compris, la maladie est une métaphore et, à ce titre, un pur objet littéraire. Tout symptôme est d'abord une expression de soi, comme l'est la littérature. Si le narrateur de ce récit déclare avoir mangé son estomac, nul doute alors que Proust avait délibérément aspiré ses bronches, et Montaigne calcifié ses reins. Mais la souffrance physique est rarement un sujet de plaisanterie et peu d'auteurs sont parvenus, comme Jacques A. Bertrand, à mettre à distance leur calvaire. Chez lui, la seule voie possible consiste à s'en remettre encore et toujours à l'écriture, et au plaisir de faire de bons mots, à défaut de bon maux. Avec l'insolence de s'amuser de tout et même de sa maladie, il conserve cet esprit insoumis et espiègle si nécessaire à la traversée des grandes turbulences. Et comme il le répète sans cesse: "Il restera toujours les dîners au clair de lune, les soirs de fin d'été".


- Crache les cuisses
de Benoît Sourty
Éditions Fayard / Janvier 2014


Un souvenir refait toujours surface un jour ou l'autre. Et la menace qui rôdait sans doute depuis des années débarque et balaye l'once de bonheur qui semblait s'installer il y a une seconde.


- Dans la dèche à Los Angeles
de Larry Fondation
Éditions Fayard / Janvier 2014


Ils sont trois: Fish, Soap et Bonds. Deux hommes, une femme. Deux blancs, un noir. Trois clochards. L'un cherche dans les journaux abandonnés sur les trottoirs des nouvelles atroces du vaste monde qui le font se sentir moins misérable, l'autre se souvient d'une guerre à laquelle il a survécu, la troisième préfère voler du rouge à lèvres plutôt que de la nourriture pour se rappeler le temps où elle était jolie. On est à Los Angeles, en 1994. Des promoteurs immobiliers rachètent à bas prix des taudis du côté de Hollywood. La radio sur laquelle Fish, Soap et Bonds écoutent des vieux tubes a été fabriquée en Chine. Et puis après tout il fait beau: c'est la Californie. Dans l'Amérique du soleil et des palmiers, mais loin du Walk of Fame, les tribulations tragi-comiques de trois laissés pour compte qui ont raté le train, ou le jet privé…, du libéralisme.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://le-titre-du-roman.forumactif.org
Elisabeth
Admin
avatar


MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 15:59

- Dans la loge de l'Ange Gardien
de Pierre Lunère
Éditions Fleuve Noir / Janvier 2014


Si votre concierge a toujours raison sur le temps qu'il va faire, méfiez-vous: il est peut-être devin. C'est le cas de Pierre. Officiellement concierge d'un immeuble parisien, officieusement, voyant. D'un côté celui qu'on vient voir comme un homme à tout faire, de l'autre celui qu'on consulte comme le messie. Tel un psychiatre qui verrait défiler les patients dans son cabinet, avec un recul tout aussi drôle que pertinent sur cette double casquette. Pierre Lunère, derrière son balai ou les deux mains sur ses jeux de tarots, nous raconte ceux qu'il croise dans sa loge de concierge et voyant, du sans-papiers à la comédienne hystérique, de l'amoureuse transie à l'homme d'affaires pressé. En revenant sur ses deux métiers au service des autres et qui ont forgé son regard sur notre société, sur la vie et sur la mort, Pierre Lunère nous livre son quotidien de roman, et transmet sa philosophie de vie, rappelant au passage qu'il n'est peut-être pas besoin d'être devin pour lire dans le cœurs des hommes.


- Dark nights
de Denis Jeambar
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2014


"Quelque chose qui devait s'appeler la jeunesse s'était brisé en lui et il ne parvenait pas à recoller les morceaux de cette porcelaine intime". La quête d'absolu, la nostalgie du temps des possibles, la duplicité, la déliquescence de l'âme ou du corps sont au cœur de ces vingt-neuf "nouvelles nocturnes". Une diva, un boxeur à gueule d'ange, un fildefériste, un homme qui choisit de devenir un tueur au sang froid, un collectionneur malchanceux, un commissaire assassin, une belle cubaine. Dark Nights convoque des personnages dont la vision du monde change, se déforme, et qui portent tous un mystère. Denis Jeambar pose son regard d'écrivain sur ces vies qui basculent et, par un étrange effet miroir, nous invite à l'introspection. Le recueil d'un idéaliste désenchanté, d'un jeune homme devenu mûr, traversé par une fêlure qui affleure à chaque page. Une atmosphère douce-amère, parfois jusqu'au grincement, au craquement, à la détonation.


- Dédé, enfant de salaud
de Marianne Maury Kaufmann
Éditions Fayard / Janvier 2014


Au fil de trois saisons, Dédé, qui vit dans la ferme familiale, passera de l'affection de sa grand-mère à l'amour qui vient aux enfants de son âge, celui des femmes. Son apprentissage, il le mène selon sa nature, avec rage et candeur. Cet enfant de salaud est doué pour la vie. Mais, si apte soit-il, pourra-t-il se soustraire à sa vraie quête, être aimé de sa mère?


- De là on voit la mer
de Philippe Besson
Éditions 10-18 / Janvier 2014


Sur les hauteurs de Toscane, Louise se voue tout entière à l'écriture de son roman. Un exil volontaire qu'elle savoure loin de Paris et du mari qui l'attend, émancipée du monde. Quand Luca, un jeune homme au charme insolent, réveille son désir, elle s'abandonne à la joie d'une liberté sans concession. Jusqu'à ce qu'un grave accident la rappelle au chevet de son mari.


- Dernières nouvelles du martin-pêcheur
de Bernard Chambaz
Éditions Flammarion / Janvier 2014


"Depuis dix-neuf ans, je n'ai écrit que de biais à "ce sujet". Aujourd'hui j'y reviens de front, sur la route. La marche à pied ou n'importe quel véhicule auraient fait l'affaire. Mais si je suis à vélo, il doit bien y avoir une raison". Qu'est-ce qui a poussé Bernard Chambaz à traverser les États-Unis de la côte Est à la côte Ouest? L'été 2011, dix-neuf ans après la mort de son fils Martin, il repart à sa rencontre. Chaque coup de pédale sur cette terre de mirages et de merveilles l'entraîne et le relance. Sur la route défile l'Amérique, ses scènes de la vie banales et ses destins extraordinaires, les Roosevelt, les Lindbergh, ces soldats de retour d'Irak, ces motards en balade autour de la cité des Anges. Mais une question demeure à laquelle nul n'échappe: qu'y a-t-il au bout du chemin? Bernard Chambaz signe ici son livre le plus ambitieux, entre révélation du quotidien et quête des grands mythes.


- Derrière la colline
de Xavier Hanotte
Éditions Belfond / Janvier 2014


Une réflexion poignante sur la destinée, l'identité, l'amour déçu et cette Grande Guerre qui n'en finit pas de jeter sur les siècles les lueurs et les ombres d'une folie toujours prête à ressurgir. Deux soldats britanniques, engagés volontaires dans la sanglante guerre de 14-18, vont faire ensemble l'apprentissage des tranchées. Mais cette Grande Guerre est-elle bien la leur? À travers le récit d'un des deux camarades, Derrière la colline propose une formidable évocation du quotidien et de l'horreur des temps. C'est aussi un roman poignant sur la destinée, l'identité, l'amour déçu et l'amitié, qui nous rappelle que la Première Guerre mondiale n'en finit pas de jeter sur notre siècle les ombres d'une folie toujours prête à ressurgir. L'écriture de Xavier Hanotte y mêle harmonieusement souci du détail, échappées poétiques, réalisme impitoyable et vertige onirique.


- Des amis si proches
de Danielle Steel
Éditions Presses De La Cité / Janvier 2014


Gabbie, Billy, Izzie, Andy et Sean, cinq enfants très différents, se sont rencontrés le jour de leur entrée à la maternelle. Depuis, ils sont inséparables. Leurs familles se rapprochent par la même occasion et la petite bande grandit dans ce cocon privilégié, insouciante de l'avenir. À l'adolescence, leurs vies en apparence si parfaite sont bouleversées par des déchirements familiaux, des défaites, mais aussi des victoires. C'est leur amitié, toujours plus forte, qui les aide à surmonter les difficultés. Après le lycée, chacun part étudier aux quatre coins des États-Unis. Désormais seuls, ils se retrouvent vite désarmés devant les nombreux défis de la vie adulte. Les choix sont plus difficiles, les risques plus importants, et le destin, qui longtemps les avait favorisés, semble s'acharner sur eux. Leur amitié est mise à rude épreuve, y survivra-t-elle?


- Des vacances inoubliables
de Madeleine Wickham / Sophie Kinsella
Éditions Belfond / Janvier 2014


Dans sa boutique de couture, Chloé rêve de partir en voyage avec ses deux fils et son compagnon, Philip. Aussi, quand un ami leur prête sa luxueuse villa en Andalousie, s'empressent-ils d'accepter cette offre tombée du ciel. Piscine, farniente, sieste: rien de tel pour oublier tous les soucis. Malheureusement, une surprise de taille les attend à leur arrivée. Amanda et Hugh, un jeune couple stressé, leurs deux petites filles et une invraisemblable baby-sitter couverte de piercings ont déjà investi les lieux. La cohabitation s'annonce délicate, d'autant que Hugh et Chloé ont jadis vécu une grande passion qu'ils se sont bien gardés de révéler à leurs conjoints. Et voilà comment des vacances de rêve pourraient bien tourner au cauchemar.


- Drôle de mariage
de Madeleine Wickham / Sophie Kinsella
Éditions Belfond / Janvier 2014


À dix-huit ans, lors d'un été à Oxford, Milly se lie d'amitié avec Rupert et Allan, un couple gay. Quand Allan, l'Américain, lui demande de contracter un mariage blanc afin de pouvoir rester en Angleterre, Milly n'hésite pas une seconde. Dix ans plus tard, Milly est sur le point d'épouser Simon Pinacle, un des plus beaux partis d'Angleterre. Tout à son amour pour son bien-aimé, Milly a quelque peu occulté son premier mariage. Or le photographe engagé pour l'occasion va prendre un malin plaisir à lui rappeler sa folle jeunesse. Et voici qu'à la veille de ses noces Milly se voit dans l'obligation d'avouer à son fiancé qu'elle est déjà mariée à un autre. Une situation pour le moins délicate.


- Edisto
de Padgett Powell
Éditions Belfond / Janvier 2014


Edisto ou le parcours initiatique de Simon Everson Manigault, adolescent blanc de douze ans, dans une communauté noire de Caroline du Sud. Doté d'un vocabulaire et d'une sophistication bien supérieurs à son âge, Simon observe le comportement des adultes qui l'entourent avec perplexité et humour: sa mère, la Duchesse, qui l'abreuve de littérature; son père absent, le Géniteur; et le Centaure, ce métis au charme magnétique qui, le temps d'un été, transformera la vie de Simon en une formidable aventure.


- Elle qui ne sait pas dire je
de Pierre Pelot
Éditions Héloïse d'Ormesson / Janvier 2014


Un mort qui a emporté son secret dans la tombe, un mari à la recherche d'un remède miraculeux pour son épouse, un garçon bourru en quête d'un trésor caché, et elle, elle qui ne sait pas dire je, sauvage et rêveuse, inéluctablement liée à tous ces destins par un don mystérieux. Un roman dense, tellurique, avec des accents de Faulkner dans la polyphonie et la restitution des patois, ou bien de Sand pour ces paysages d'une France rurale, ancestrale, où rôde une magie qui flirte avec la folie. Les personnages mâchonnent sans fin leur "rengaine", tandis que le lecteur est pris dans le tourbillon qui avance en cercles concentriques, dans une incantation hypnotique.


- En cas de forte chaleur
de Maggie O'Farrell
Éditions Belfond / Janvier 2014


Comme chaque matin depuis trente ans, Robert Riordan part acheter son journal. Mais en ce jour caniculaire de juillet 1976, Robert part et ne revient pas. Dans leur maison londonienne, Gretta, sa femme, s'interroge: quelle mouche a bien pu le piquer? Doit-elle prévenir les enfants? À peine réunis, ces derniers tentent de prendre la situation en main: les placards sont retournés, les tiroirs vidés, chaque pièce fouillée en quête d'indices. Mais, alors que le mystère autour de leur père s'épaissit, les vieilles rancœurs  ressurgissent. L'aîné en a assez: pourquoi est-ce toujours à lui de prendre en charge sa famille? Quant aux deux sœurs, jadis si proches, quel événement a brisé leur lien, si terrible que la cadette a décidé de mettre un océan entre elles? Et Gretta, a-t-elle vraiment tout dit?


- Enfants des fleurs
de Hong Ying
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2014


Avez-vous jamais vu un datura? Nous, les Chinois, nous appelons cette mystérieuse plante indienne mandala en référence aux motifs kaléidoscopiques auxquels on a recours dans la méditation bouddhiste. Les fleurs présentent une épine pointue à l'intérieur de leurs corolles en forme de trompettes et les feuilles exsudent un liquide toxique. Selon ma mère, je devais avoir appris, dans une vie antérieure, au cours de pérégrinations à Java ou dans quelque autre pays exotique, une langue étrange. "Ma petite sixième, comme dans cette vie-ci tu es venue à moi, tu n'as plus besoin des épines qui poussaient sur ton corps dans ces régions sauvages. Gardes-en tout de même une. Lorsque je serai partie, elle t'aidera à affronter ce monde dont tu as si peur". Un poème chinois compare l'amour au fil qu'une mère utilise pour coudre les vêtements de ses enfants, fil que rien ne peut rompre, ni le temps ni l'espace. La narratrice, qui vient de perdre sa mère, n'en mesurera la vérité que trop tard. Puissant, sans détour, lyrique et cru, ce texte aussi personnel qu'allégorique impose Hong Ying comme l'une des voix les plus étonnantes de la Chine d'aujourd'hui.


- En remontant vers le Nord
de Lilyane Beauquel
Éditions Gallimard / Janvier 2014


En remontant vers le Nord se déroule dans un pays nordique à la fin du XIXe siècle. Le narrateur, un jeune ingénieur prénommé Sven, est chargé de creuser un tunnel qui désenclavera les terres les plus reculées. Ce pays, Sven croit bien le connaître pour y être né et y avoir vécu jusqu'à ses dix-sept ans, avant de le quitter pour un long périple à travers le monde. Après dix ans d'absence, il revient avec l'assurance d'un homme de progrès. Alors qu'il se rêvait renouant avec la lignée de ses ancêtres, ses illusions volent en éclats au contact d'une nature inhospitalière et d'un peuple autarcique où règne encore la loi des clans. Aidé de Zia et de Vieux Bec, d'Edensen et de la belle Silke, il déchiffre les croyances et les superstitions de cette étrange vallée et les raisons des rivalités ancestrales qui opposent les Landsen aux Zir. Pendant ce temps, sur le chantier, les incidents et accidents se succèdent au point que Sven doute d'arriver au bout de sa mission: réussir à percer la montagne et enfin atteindre la lumière qui baigne l'autre côté. En remontant vers le Nord se réapproprie d'une manière superbe la grande tradition des contes nordiques.


- Ensemble
de Richard Sennett
Éditions Albin Michel / Janvier 2014


Inscrit dans les gènes de tous les animaux sociaux, le soutien mutuel est reconnaissable aussi bien chez les chimpanzés qui s'épouillent les uns les autres que chez les enfants qui construisent un château de sable ou les hommes et les femmes qui amassent des sacs de terre pour parer à une inondation soudaine: tous coopèrent pour accomplir ce qu'ils ne peuvent faire seuls. Cette tendance naturelle, innée, est pourtant moins un trait génétique qu'un art, une capacité sociale, qui requiert un rituel pour se développer. Dans un monde structuré par la concurrence, où la compétition prime toujours sur l'entente, savons-nous encore ce que c'est qu'être ensemble, par-delà le repli tribal du "nous-contre-eux"? Dans ce deuxième volet de la trilogie qu'il consacre à l'Homo faber, Richard Sennett, se fait tour à tour historien, sociologue, philosophe ou anthropologue  pour étudier cet atout social particulier qu'est la coopération dans le travail pratique. De la coordination des tâches dans l'atelier de l'imprimeur aux répétitions d'un orchestre, il nous fait découvrir de nombreuses expériences de communauté et d'action collective qui permettent de proposer une vision critique des sociétés capitalistes contemporaines. La richesse des références, l'originalité des points de vue, la liberté du style et la volonté de rester toujours au niveau de l'expérience quotidienne font la force de ce livre singulier et engagé. Et si, pour sortir de la crise, il suffisait de réapprendre à coopérer?


- Entorse
de Philippe Mathieu
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2014


Léo, 35 ans, désœuvré, quitte tout et se laisse porter par les courants, sans réflexion, sans volonté. Il nage, dans des piscines car il ne se verrait pas bien dans des eaux sans limite. Mais s'il était maître de sa vie, et s'il avait du goût pour les voyages, il serait explorateur, ce qu'il n'est pas, mais alors pas du tout. De toute manière, pour cela, il lui faudrait s'alléger parce qu'il est encombré d'un chat qu'il s'est laissé imposer. Encombré de Florence, de Mathilde, de Pierre, peut-être de Charlotte, de sa mère et de l'absence de son père, de souvenirs qu'il n'a pas, et aussi d'une vocation inhabituelle de pianiste de bar.


- Ernst Jünger
de Julien Hervier
Éditions Fayard / Janvier 2014


Témoin exceptionnel du XXe siècle, mort à cent deux ans, Ernst Jünger a vécu en Allemagne sous quatre régimes politiques et participé à deux conflits mondiaux. Héros de la Grande Guerre, d'un nationalisme agressif après la défaite allemande à laquelle il ne se résigne pas, il fait l'éloge du progrès technique et de la mobilisation totale dans les années trente; mais il refuse sans ambiguïté les avances du régime nazi, avant d'adopter dans la seconde moitié de sa vie une position écologique aussi radicale qu'indifférente aux clivages politiques. Passionnément controversé en Allemagne où il a autant d'adversaires résolus que de partisans enthousiastes, il ne saurait laisser personne indifférent. Avant tout, il est dominé par sa passion de la langue; depuis ses premiers balbutiements littéraires en 1909, il n'a jamais cessé d'écrire, jusqu'aux dernières lignes de son journal en 1996. Grand lecteur de Bloy, de Malraux et de tant d'autres, il a suscité l'admiration de Gide ou de Borges, croisé Braque et Picasso, et incarné la réconciliation franco-allemande aux côtés de Kohl et de Mitterrand. La biographie de Julien Hervier est la première à répondre avec une précision éclairante à la curiosité qu'il suscite auprès du public français.


- Étienne regrette
de Antoine Senanque
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


Le graffiti humiliant d'un élève aura suffi pour qu'Etienne Fusain, professeur de philosophie morose, décide de changer de vie. Il quitte travail, famille, mélancolie, et part retrouver son vieil ami d'enfance. Commence alors une errance réjouissante, cure de jouvence, d'immoralité, d'excès, de tendresse où la rencontre avec la sublime et irrésistible Lily lui donne une nouvelle chance d'être heureux.


- Faire l'aventure
de Fabienne Kanor
Éditions JC Lattès / Janvier 2014


Biram a 17 ans et il n'a encore rien vécu. Mais il a du temps et beaucoup d'imagination. Alors avec ses jumelles pointées sur la ligne d'horizon, il imagine ce que sera sa vie à des milliers de kilomètres du Sénégal et de Mbour: il dansera un funk sur une piste de danse, il portera une veste de cuir, il conduira une voiture allemande, des filles l'entoureront. Il oubliera ce village loin de tout, la maison de sa tante, la buvette où il travaille deux jours par semaine, ces pleureuses qu'il croise chaque jour sur la plage, là où elles ont vu leur fils partir faire l'aventure et ne jamais revenir. Il oubliera même Marème, cette petite crâneuse, une fille de Dakar, qui passe ces vacances au village et qui est son premier amour. Lorsque Biram se tient face à l'océan, c'est comme s'il possédait le monde. Il se fiche des discours de ceux qu'il appelle les "anciens combattants", ceux qui sont partis en Europe, preuves vivantes que l'aventure se termine souvent au point de départ, sur un convertible épuisé à ressasser des souvenirs de voyages ratés. Biram, comme Marème, rêvent de quitter Mbour où le temps semble passer moins vite qu'ailleurs. Ils "feront l'aventure".


- Fantaisie-sarabande
de Héléna Marienské
Éditions Flammarion / Janvier 2014


Peut-on supporter d'un mari avare et volage qu'il vous empoisonne la vie? Non: on le tue. Peut-on, lorsqu'on est belle à se damner, supporter de vivre au sein d'une famille de nazillons misérable et malodorante dans les friches de la Lorraine? Non: on profite de sa beauté pour s'en sortir. Angèle la meurtrière, Annabelle la prostituée de luxe ont dit non. Elles se rencontrent: coup de foudre. Elles disent alors oui, oui à l'amour, la déraison, la passion. Oui, la femme est clairement l'avenir de la femme. Si ce n'est qu'un flic enquête sur le meurtre du mari d'Angèle. Une comédie réjouissante qui mêle fantaisie policière, romance et pornographie débridée.


- Femme nue devant sa glace
de Jean Grégor
Éditions Fayard / Janvier 2014


Une prostituée retrouvée à moitié morte sur le boulevard des Maréchaux. Un pendentif avec un prénom: Nathalie. Pas de papiers, pas d'histoire, et un coma qui se prolonge dans un hôpital où personne ne vient la réclamer ni lui rendre visite. Personne sauf Gérard Robence, un vieil adjudant de police. D'abord à la recherche de son état civil, Robence va sortir peu à peu de ses prérogatives et découvrir des morceaux de la vie de Nathalie. Mauvaises rencontres, amours déçues, c'est la peinture d'une fille sauvage qui va se présenter au vieux policier.


- Feu pour feu
de Carole Zalberg
Éditions Actes Sud / Janvier 2014


Le récit d'exil d'un père et sa fille, dont les deux voix, mues par une énergie d'entrailles et tissées sur le fil du rasoir, disent l'abîme qui les sépare: la rage urbaine de la jeune Adama face au mutisme résigné de son père, qui voit comme une malédiction la mort arriver par la main de sa fille inculpée pour un incendie dans la cité.


- Géographie française
de Gabriel Garran
Éditions Flammarion / Janvier 2014


Récit mené à la première personne. Le témoignage d'un adolescent qui passera la ligne de démarcation le jour même où les Allemands envahissent la zone libre. Quand les Alliés débarquent, Gabriel a survécu ainsi que sa mère et sa sœur.


- Grand chasseur blanc
de Denis Parent
Éditions Robert Laffont / Janvier 2014


"On ne peut pas disparaître et rester vivant. On a besoin de poursuivants". Que reste-t-il de l'amour libre, des utopies des années soixante-dix, du rêve d'une vie à l'autre bout du monde? À travers les tribulations asiatiques de Simon Sorreau, écrivain en cavale, Grand chasseur blanc brosse le portrait doux-amer et néanmoins épique de toute une génération. "J'ai franchi plusieurs frontières, toujours vers l'est. L'extrême est. Avec un passeport d'homme blanc dans la poche. Et pas grand-chose d'autre. Quelques routes du ciel, quelques chemins d'Asie. Je me suis retrouvé un jour à Bali. J'y suis resté. Ça faisait déjà trop longtemps que j'étais parti ou alors c'est que j'étais fatigué de regarder derrière moi. J'avais l'impression d'être dans le cul-de-sac de ma vie, à cinquante ans, comme un vieux hippie. L'indigène était jeune, bienveillant, il avait un smartphone. Les ponts aériens déversaient des touristes mondialisés. On signalait la disparition inquiétante des dieux. Moi, dans mon coin de rizière, je léchais mes plaies. C'est là que j'ai rencontré Jean-Bat, qui était gigantesque, québécois et homo. Ce qui faisait beaucoup pour un seul homme. C'est là que Jeanne m'est tombée dessus avec ses seins flottants et toutes ses joies de vivre. Ce qui était trop pour en faire une passion. Heureusement, il y avait de la bière et de la mousson pour noyer tout ça comme on noie des chatons. Et des réseaux sociaux pour interroger hier, quand on était jeune, dans une autre vie. Quand on était beau et criminel".


- Guido
de Guy Scarpetta
Éditions Gallimard / Janvier 2014


Ce roman raconte l'histoire de Guido, un antifasciste italien, né au XIXe siècle, exilé en France, participant très tôt à la Résistance, puis arrêté, déporté dans l'un des derniers convois: ce "Train Fantôme" qui mit des semaines à atteindre Dachau, tandis que la France se libérait. Voyage dont il n'est jamais revenu. C'est aussi l'enquête menée par le narrateur, son petit-fils, pour reconstituer cette vie, l'arracher à l'oubli, en éclairer les zones d'obscurité, et faire surgir tout un pan mal connu, héroïque et tragique, de l'histoire de la dernière guerre. À quoi se noue une méditation sur la fragile transmission chez les descendants de ceux qui étaient signalés, dans les camps, non par l'étoile jaune mais par le triangle rouge, les déportés politiques. Un livre qui bouscule les frontières des genres admis: participant tout à la fois de la chronique familiale, du documentaire historique, de l'essai sur la mémoire, et de l'art du roman, là où il s'agit d'imaginer tout un passé maudit, englouti.


- Homme cherche femme
Et autres histoires d'amour
de Simon Rich
Éditions Du Seuil / Janvier 2014


Que vous soyez un martien, un homme préhistorique, Zeus ou même un chien il y aura toujours une fille pour vous briser le cœur. Simon Rich, dans une succession de vignettes construites comme des sketchs, traite de l'amour sous des formes pour le moins inattendues. On y côtoie Sherlock Holmes, qui détecte le moindre indice mais ne voit pas que sa fiancée le trompe, Cupidon en ado flemmard qui ne décoche ses flèches qu'aux gens cool, des martiens qui proposent des parties fines, un homme des cavernes amoureux ou même des chiens qui se parlent par petites annonces. À chaque page, on est surpris et on hurle de rire.


- Hongrie-Hollywood Express
1984, volume I
de Éric Plamondon
Éditions Phébus / Janvier 2014


Il y a des années charnières symboliques cachées dans l'histoire du monde. 1984 en est une. Johnny Weissmuller et Richard Brautigan s'éteignent. Steve Jobs lance le premier Macintosh d'Apple. Quand Gabriel Rivages raconte ce siècle et la vie du petit Janos devenu Tarzan au cinéma, c'est tout le patchwork américain qui s'anime, des exploits sportifs qui font rêver la planète tout entière aux soubresauts de l'underground littéraire, des gloires de Hollywood aux déclins obscurs. Burroughs vend des taille-crayons, Al Capone domine Chicago, Albert Einstein croise un chasseur d'écureuils, le record du monde du 100 mètres nage libre passe sous la minute, un comptable véreux s'enfuit avec la caisse et un mythe vivant finit placier dans un restaurant de Las Vegas. De Montréal aux îles Bikini, Éric Plamondon nous promène avec finesse et jubilation dans l'histoire culturelle de la grande Amérique.


- Mayonnaise
1984, volume II
de Éric Plamondon
Éditions Phébus / Janvier 2014


Il y a des années charnières cachées dans l'histoire du monde. 1984 en est une. Johnny Weissmuller meurt dans l'oubli. Richard Brautigan se suicide. Steve Jobs lance le premier Macintosh. Gabriel Rivages, déjà croisé dans Hongrie-Hollywood Express, mêle ici sa vie à celle d'une figure culte de la littérature des États-Unis, Richard Brautigan, poète et écrivain de l'Ouest américain que l'on surnomma le dernier des beatniks. Dans cet opus qui allie haïkus, apartés encyclopédiques et digressions, Éric Plamondon fait une nouvelle fois preuve d'un sens exceptionnellement aiguisé du récit. On y suit Brautigan depuis son enfance dans l'Oregon à ses années bohèmes à San Francisco, de son enregistrement sur le célèbre label des Beatles à sa fin tragique dans sa maison de Bolinas. Ce tableau, qui revisite avec brio l'histoire des États-Unis, ne saurait être complet si l'on n'y rencontrait pas aussi Janis Joplin, Eliphalet Remington ou bien encore Charlie Chaplin.


- Pomme S
1984, volume III
de Éric Plamondon
Éditions Phébus / Septembre 2014


Il y a des années charnières cachées dans l'histoire du monde. 1984 en est une. Johnny Weissmuller meurt dans l'oubli. Richard Brautigan se suicide. Steve Jobs lance le premier Macintosh. L'ordinateur est la plus puissante machine de l'humanité. Son histoire, c'est celle de Turing, de Babbage, de Byron, d'Einstein, de Pascal et d'Orwell. C'est aussi celle des automates, des métiers à tisser, de la machine à écrire et de l'ampoule électrique. Pour Gabriel Rivages, c'est d'abord l'histoire de Steve Jobs, enfant adopté, ancien hippie, employé chez Atari, père de Lisa, créateur du Macintosh et storyteller. Prométhée est puni. Des enfants naissent. Al-Kharezmi invente l'algèbre. On se tire le Yi King. On peint des chefs-d'œuvre. On fait la guerre. Bugs Bunny imite Tarzan à Hawaï. C'est la finale du Super Bowl: 1984 ne sera pas comme 1984. Brautigan écrit Tous veillés par des machines de grâce aimante et un père admire son fils. Avec Pomme S, Éric Plamondon conclut magistralement son triptyque d'un Ouest américain kaléidoscopique, intime, culturel et connecté.


- Hors-bord
de Renata Adler
Éditions de l'Olivier / Janvier 2014


"Je travaille pour la presse à scandale, au Standard Evening Sun. Depuis que j'ai ce boulot, je suis sortie avec quatre fils de célébrités, deux hommes d'affaires auteurs de romans inachevés, trois écrivains qui avaient la manie de me demander "Ça te dérange si je m'en sers dans mon livre?" chaque fois que je faisais une remarque qui leur paraissait typique. (…) Les choses ont beaucoup changé, même plusieurs fois depuis mon enfance et, comme tout le monde à New York, exceptés les intellectuels, j'ai vécu plusieurs vies et continue d'en vivre certaines". Jen Fain, une jeune journaliste new yorkaise, entreprend de raconter les petits et les grands événements de sa vie. Au fil de son récit s'égrènent souvenirs, faits divers, portraits de ses contemporains: une vieille dame terrorise les passagers d'un avion, une famille trinque en l'honneur du Dow Jones, et les femmes prennent des amants imaginaires.


- Je ferai de toi un homme heureux
de Anne B. Ragde
Éditions 10-18 / Janvier 2014


Au cœur de Trondheim, dans les années 1960, l'ère est à l'harmonie et au progrès. En apparence, du moins. Car de l'autre côté des murs, ou la modernité fait rage à coup d'électroménagers, ça scrute ses voisins et ça cancane à grand bruit. Lorsqu'un beau jour, un commercial propose d'installer des judas aux portes, menaçant de faire craqueler le vernis.


- Jesus Man
de Christos Tsiolkas
Éditions 10-18 / Janvier 2014


Frappé par la malédiction de ses ancêtres, Tommy vagabonde au cœur des eighties, dans une existence qui le laisse en marge. Licencié, il se mure bientôt dans la violence et la pornographie, sondant le fond de l'abîme ou il ne lui reste qu'une question à résoudre: jusqu'où pousser le sacrifice pour expier la société moderne?


- Journal de la guerre au cochon
de Adolfo Bioy Casares
Éditions Robert Laffont / Janvier 2014


L'incroyable histoire d'une guerre des jeunes contre les plus âgés dans une ville argentine imaginaire. Dans une ville imaginaire semblable à Buenos Aires, Vidal, 60 ans, vit avec son fils Isidirito dans un immeuble modeste. Il passe l'essentiel de son temps avec des amis de son âge, à jouer aux cartes. Mais, sous ses airs calmes, la ville est en train de changer. Des immeubles sont abattus, les lieux qui peuplent les souvenirs de Vidal et ses amis s'effacent: une guerre est en marche. Pas une simple guerre humaine, mais une guerre "générationnelle". Soutenus par le gouvernement, les jeunes abattent froidement les plus anciens sans honte ni scrupules, tandis que les vieux ne ripostent pas. Un combat vu à travers le regard de Vidal qui ne comprend pas ce qui arrive. Angoissé par le temps qui passe, envahi par la peur de mourir, Vidal, protégé par son fils, tente de s'en sortir. Dans un grenier ou il s'est caché, Vidal rencontre Nélida, une jeune femme de l'immeuble venue lui offrir son aide. Portant le nom d'une femme que le vieil homme a aimée, Nélida développe pour Vidal une affection toute particulière. Entre souvenirs et réalité, Vidal nourrit alors pour elle une passion qui, malgré la situation, ne cesse de grandir. Pour son amour et malgré la guerre qui fait rage, Vidal, spectateur d'un monde en pleine mutation, tente de survivre.


- Jours nocturnes
de Myriam Anissimov
Éditions Du Seuil / Janvier 2014


En mai 1968, une jeune actrice quitte Lyon, sa famille et son mari, pour entreprendre un voyage initiatique à Paris, où elle rêve de vivre depuis son enfance. Elle croit à l'amour et à la roue de la fortune. Dans une capitale en pleine ébullition, elle fait des rencontres provoquées ou subies, cocasses ou tragiques. On devinera quelques personnages célèbres: une jeune romancière sortie de prison, un barde juif et canadien qui électrise les foules, un futur grand écrivain, dont le portrait surprendra. Vivant d'expédients, la narratrice pose sur le monde un regard caustique et émouvant. Malgré cette éducation sentimentale, elle se retrouve souvent seule et aux abois, et, devenue chanteuse, invoque sa relation destructrice avec sa mère pour s'en libérer avec violence et rage, grâce à la littérature. Sa seule vérité. "Nul doute que ma petite Maman et moi, nous nous haïssions jusqu'à l'extrême danger de nous jeter l'une sur l'autre, jusqu'au fait d'en venir aux mains et, pourquoi pas, de nous entretuer. Il ressortait de nos conversations quotidiennes que je n'étais pas normale, normale comme elle, comme tout le monde".


- L'âge tendre
de Charles Consigny
Éditions JC Lattès / Janvier 2014


"Quelle vie menions-nous alors? Perdions-nous du temps? Profitions-nous pleinement du plaisir d'être ivres, rigolards, insouciants, nous moquant de la suite et des autres? Life is short, disait Joséphine. Je n'ai jamais su trancher, j'ai vécu la nuit comme si c'était maintenant ou jamais, la journée comme si j'allais vivre jusqu'à cent ans". Les amis de Charles s'appellent Joséphine, Noé, Matthias. Ils ont un peu plus de vingt ans. Charles les a  aimés. Ce livre est le récit d'une quête, à travers les souvenirs d'enfance et d'adolescence, les vertiges de la drogue, les reconstructions psychiques et les passions. Que signifie être un homme à son âge, en ce début de siècle? Voici l'histoire d'une génération rêveuse et défoncée, effrayée par ses propres désirs, qui grandit sans foi dans un monde où beaucoup de choses disparaissent, et qui y sauve une forme de poésie, d'ardeur et de joie.


- L'année des volcans
de François-Guillaume Lorrain
Éditions Flammarion / Janvier 2014


Rome, 1949. L'une des plus scandaleuses histoires d'amour du cinéma voit le jour, la liaison entre Roberto Rossellini et Ingrid Bergman. Une passion qui déclenche une étrange guerre cinématographique: alors que Rossellini filme Ingrid Bergman dans Stromboli, au même moment, sur l'île d'à côté, Anna Magnani, la maîtresse trahie de Rossellini, réplique en tournant Vulcano sous la direction de Dieterle: deux scénarios voisins, deux tournages chaotiques, deux actrices face à face. Ce roman, plein de bruit et de fureur, fait magistralement revivre le cinéma et le climat d'après-guerre. François-Guillaume Lorrain, en approchant le mystère de trois monstres sacrés, met en scène le désir de liberté et la beauté de ceux qui risquent tout pour rester eux-mêmes.


- L'an prochain à Grenade
de Gérard de Cortanze
Éditions Albin Michel / Janvier 2014


Grenade, 31 décembre 1066: cinq mille Juifs sont massacrés en une nuit. Echappent à la tuerie la jeune Gâlâh et Halim, son ami. Mémoire vivante de son peuple, Gâlâh traverse les siècles. On la retrouve à Séville, à Tolède, à Lisbonne, à Oran, à Constantinople, à Venise, à Haarlem, à Treblinka, à Sarajevo, à New York, à Grenade à nouveau, à Paris enfin, devant une école, un matin de septembre où  un tueur l'attend. Grand roman d'amour entre une jeune fille juive et un poète musulman, L'An prochain à Grenade est aussi un roman épique au souffle puissant, traversé par les guerres et les pogroms. Un roman politique, car la nuit noire de 1066 résonne d'échos étrangement actuels. Un conte philosophique enfin, sur la naissance du mal et la persistance de la haine.


- L'assassinat d'Elsa
de André Rollin
Éditions Cherche Midi / Janvier 2014


"Je vais écrire sur Aragon. Ce sera l'histoire d'un meurtre: celui d'Elsa".
Où est le vrai? Où est le faux?
Avec Aragon comme héros de roman, tout est possible.


- L'éclair silencieux du Catatumbo
de Daniel Fohr
Éditions Robert Laffont / Janvier 2014


Une plongée dans un univers extravagant et hallucinatoire. Bienvenue à Maracaibo, Venezuela, ville de la drogue, du marché de l'extorsion, du kidnapping, de la contrebande en tout genre, et de l'organisation criminelle généralisée. C'est dans ce chaos ambiant, bercé par une chaleur infernale, la pluie, les inondations et les incessantes coupures d'eau, qu'un fin lecteur de Proust, cinéphile et légèrement dépressif, vient chercher un remède à son chagrin d'amour. Dans une ville ou il peut arriver n'importe quoi, n'importe quand, à n'importe qui, des épreuves de toutes sortes l'attendent. Mais pas vraiment celles qu'il espérait. Loin de découvrir une terre de passions, d'envoûtements et de sortilèges, un réalisme magique proprement romanesque, notre explorateur s'aventure dans une ville sur-urbanisée, avec ses tours, son ambiance post-apocalyptique, une faune et des personnages extraordinaires tout en démesure vénézuélienne, face auxquels il est toujours désarmé. La petite vie de professeur, le monde des expatriés, les élèves retors, les périodes d'abstinence et les déclinaisons de l'adultère local finissent encore d'aggraver sa mélancolie. Sans trouver un sens à la succession des événements étranges de sa nouvelle vie, plus égaré qu'aventurier, il poursuit sa quête des grandeurs tropicales et des femmes aux yeux fardés. Et au bout, l'amour, peut-être, après quelques meurtres et disparitions.


- L'entaille
de Nadine Diamant
Éditions La Grande Ourse / Janvier 2014


Alors qu'elle prépare le dîner d'anniversaire de Philippe, son mari, Agathe s'entaille la main en ouvrant une boîte de conserve. La vue du sang qui coule la transporte soudain des années en arrière. Elle voit alors défiler toute son existence; les souvenirs remontent à la surface, vifs, violents, émouvants. Un passé cauchemardesque sublimé par la force du rêve.


- L'été des lucioles
de Gilles Paris
Éditions Héloïse d'Ormesson / Janvier 2014


Du haut de ses neuf ans, Victor a quelques certitudes: c'est parce que François, son père, n'ouvre pas son courrier qui s'amoncelle dans un placard que ses parents ne vivent plus ensemble; c'est parce que Claire et Pilar adorent regarder des mélos tout en mangeant du pop-corn qu'elles sont heureuses ensemble. Et c'est parce que les adultes n'aiment pas descendre les poubelles au local peint en vert qu'il a rencontré son meilleur ami Gaspard. Les vacances au Cap-Martin, cet été-là, seront pour Victor et son copain Gaspard l'occasion de partir à l'aventure sur l'étroit chemin des douaniers qui surplombe la côte. En guidant les garçons jusqu'aux passages secrets menant aux somptueuses villas, papillons, baronne et jumeaux feront bien plus que leur ouvrir la porte des jardins enchantés. Un voyage au pays de l'enfance qui déborde d'émotion et de tendresse.


- L'expérience Oregon
de Keith Scribner
Éditions 10-18 / Janvier 2014


Naomi et Scanlon Pratt sont sur le point de commencer une nouvelle vie. Ils viennent de quitter la côte Est pour s'installer à Douglas, une petite ville de l'Oregon ou Scanlon a accepté un poste à l'université, poste qui pourrait enfin lui permettre d'être titularisé. Sa femme, "nez" créatrice de senteurs qui a perdu l'odorat à la suite d'un choc psychologique, est enceinte de leur premier enfant. Cette dernière, véritable New Yorkaise, est nettement moins enchantée que son époux par son nouveau cadre de vie. En effet, pour Scanlon, dont les cours porteront sur les mouvements de masse et le radicalisme politique aux États-Unis, tout cela est idéal: libre de mener des enquêtes de terrain, il trouve le parfait sujet d'étude en la personne de Clay, un jeune anarchiste qui le méprise mais vénère son épouse. Dans le même temps, il s'implique dans un mouvement séparatiste local, dont le leader, Sequoia, une femme sensuelle et à l'esprit libre, ne le laisse pas indifférent. Dès le premier jour à Douglas, Naomi réalise qu'elle est en train de retrouver l'odorat mais elle choisit de ne pas en avertir immédiatement Scanlon: si la multitude des senteurs de l'Oregon l'enchante, la découverte de l'odeur de son mari, qu'elle avait rencontré juste après que son anosmie s'est déclarée, n'est pas sans la troubler. Après la naissance de leur fils, leurs existences se trouvent de plus en plus étroitement liées à celles de Clay et de Sequoia, mettant en péril le nouvel équilibre de leur couple. Si Douglas est en apparence une bourgade bien tranquille, les tensions au sein de la population ne sont pas loin de se transformer en insurrection et les Pratt devront bientôt décider à quel camp ils appartiennent.


- L'homme qui a oublié sa femme
de John O'Farrell
Éditions Presses De La Cité / Janvier 2014


Après un étrange malaise, Vaughan, un quadragénaire, reprend connaissance dans le métro londonien. Il ne se souvient plus de rien: ni de son nom, ni de ses deux enfants, ni de sa femme, la sublime Maddy. Quand, après moult péripéties, il revoit celle-ci pour la première fois, c'est le coup de foudre. Pas de chance, ils sont en pleine procédure de divorce. Vaughan n'aura désormais qu'une obsession: la reconquérir. Une mission quasi impossible, puisque Maddy ne veut plus entendre parler de lui. Et pour cause, Vaughan découvre que son ancien "moi" était un homme plutôt odieux porté sur la bouteille. S'il souhaite la séduire à nouveau, Vaughan devra lui prouver qu'il a changé.


- L'homme qui avait soif
de Hubert Mingarelli
Éditions Stock / Janvier 2014


Japon, 1946, pendant l'occupation américaine. Démobilisé depuis peu, Hisao revient de la montagne avec une soif obsédante et des rêves qui le hantent. À bord du train qui doit le conduire vers la femme aimée, il commet une terrible erreur. Descendu pour boire, il voit le train repartir avec sa valise et l'œuf de jade qu'il a prévu d'offrir à Shigeko. Alors qu'un suspens subtil mais intense invite le lecteur à suivre les péripéties d'Hisao courant après sa valise, se dessine la bataille de Peleliu où il a combattu aux côtés de Takeshi, jeune soldat troublant qui chante dans le noir. Et qui mourra à ses côtés. Dans ce roman aussi puissant que poétique, Hubert Mingarelli évoque avec une rare élégance l'amitié entre hommes et le Japon meurtri par la guerre. Hisao retrouvera-t-il sa valise et arrivera-t-il jusqu'au "mystère Shigeko"?


- L'illustre inconnu  
de Jennifer Richard
Éditions Robert Laffont / Janvier 2014


Difficile d'être un homme comme les autres quand on s'appelle Félix Fort. Félix Fort naît au début des années 1970, le jour même de la mort de son grand-père, à qui il emprunte à la fois son nom et son prénom. Tandis qu'une foule d'anonymes se presse autour du nouveau-né comme s'il s'agissait du petit Jésus en personne, nul ne songe à aller se recueillir dans la pièce voisine auprès du cercueil de l'ancêtre. Raccourci saisissant du destin des deux hommes: alors que le grand-père a mené sa vie durant une existence d'homme invisible, ignoré de tous en dépit de son incontestable présence en ce bas monde, son petit-fils aimante inexplicablement, dès sa naissance, l'ensemble des regards. C'est l'histoire incroyable de ces deux hommes que L'Illustre Inconnu nous propose de découvrir, en accompagnant d'abord dans sa quête le jeune Félix Fort, résolu à percer le mystère de son fantomatique grand-père, puis, à travers des centaines de lettres exhumées d'un grenier, en suivant les tribulations tour à tour tragiques et hilarantes d'un homme oublié de ses semblables. Des champs de bataille de la Première Guerre mondiale, dont le grand-père rapporte un témoignage poignant, à la télé-réalité, dont le petit-fils, célèbre à son corps défendant, préfigure l'apparition, des Jeux olympiques de 1924 à Paris à ceux de Londres en 2012, de l'Occupation allemande à Mai 68, Jennifer Richard nous invite à effectuer au côté de ses deux héros une étourdissante traversée du XXe siècle. Si l'autre ne nous voit pas, existe-t-on vraiment? Le regard d'autrui est-il indispensable à la construction de soi? Comment entrer en relation avec le monde extérieur quand on en est soi-même exclu? Sur le thème de la quête d'identité, Jennifer Richard nous offre, avec L'Illustre Inconnu, un roman subtil et ambitieux ou la vérité historique (qui, comme chacun le sait, n'existe pas) le dispute en permanence au fantastique et à l'humour.


- L'instant précis où les destins s'entremêlent
de Angélique Barbérat
Éditions Michel Lafon / Janvier 2014


Une tache rouge sur l'oreiller, juste sous les cheveux de sa maman, morte sous les coups de son mari. Voilà ce que le petit garçon a vu, à cinq ans… Pour survivre, Kyle se jette à cœur perdu dans la musique, que sa mère aimait tant. Vingt ans après, devenu leader d'un groupe de rock, il est célèbre dans le monde entier. Mais inapte au bonheur. Coryn, elle, a grandi dans une banlieue sans charme. À dix-sept ans, elle tombe dans les bras de Jack Brannigan, qui fou amoureux l'épouse, mais, jaloux et violent, l'enferme dans une prison dorée, "Parce que tu m'appartiens". Comment ces deux êtres que tout semble séparer auraient-ils la moindre chance de s'aimer? Pourtant, à l'instant précis où les destins s'entremêlent, chacun d'eux sait que sa vie ne sera plus jamais la même.


- L'italienne
de Adriana Trigiani
Éditions Charleston / Janvier 2014


Nous sommes en 1905, dans les Alpes italiennes. Enza et Ciro, deux enfants de la montagne, se rencontrent pour la première fois. Ciro, pour avoir découvert le comportement scandaleux du prêtre de la paroisse, est banni de son village et envoyé aux États-Unis, où il devient cordonnier. Enza doit à son tour s'exiler pour assurer l'avenir des siens. C'est à New York que le destin les réunira. Mais la Première Guerre mondiale éclate et Ciro s'engage dans l'armée. Des riches demeures de Carnegie Hill aux ruelles de Little Italy en passant par les faubourgs ouvriers et les vastes plaines du Minnesota, ces deux jeunes gens finiront-ils par se retrouver à temps, malgré le poids de l'histoire et de la destinée?


- La ballade de Rikers Island
de Régis Jauffret
Éditions Du Seuil / Janvier 2014


Ce roman relate des événements qui se sont déroulés au début du XXIe siècle. Le président d'une institution financière internationale est accusé de viol par une femme de chambre d'origine africaine. Il est incarcéré pendant quelques jours dans une prison du continent américain. Libéré sous caution, les poursuites sont finalement abandonnées. À la suite de cet incident, sa carrière est brisée et son épouse demande le divorce. Une histoire anodine. Seule la célébrité dont semblait jouir l'accusé à cette époque a pu pousser quelqu'un à s'en emparer. Cette affaire s'est effacée des réseaux avec le temps. Quelques copeaux d'articles de presse nous amènent cependant à supposer un fond de réalité à ce récit dont un exemplaire a été exhumé intact du fond d'un gouffre. Si vous êtes contemporain des faits dont il s'inspire, c'est peut-être celui que vous tenez entre vos mains.


- La conspiration
de Jean-Léo Gros
Éditions Presses De La Cité / Janvier 2014


Pas facile d'être officier de la Sécurité intérieure et de mettre au jour une fraude impliquant le plus haut personnage de l'Etat. Surtout quand la hiérarchie décide de la rendre publique sans aucune précaution. Jacques Dufour trouvera dans la tourmente une alliée, Eugénie, femme complexe, aussi farouche que séduisante. Mais, à plusieurs reprises, face à une vérité déconcertante, il est amené à douter de la loyauté de ses amis les plus fidèles. Rivalités savamment orchestrées, ennemis tapis dans l'ombre, trahisons, assassinats et coups bas, tout semble permis dès qu'il s'agit d'accéder au pouvoir.


- La corde et le vent
de Elvire de Brissac
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


"Pendant la moitié de sa vie, on se demande qui on est, pendant l'autre qui on aurait dû être. Au dernier moment, la ligature du nœud retient les uns, la fureur du souffle emporte les autres. Qu'est-ce donc qu'une existence si ce n'est l'action contrariée de la corde et du vent?" E. B.


- La grande ménagerie
de Howard Jacobson
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2014


Guy Ableman, écrivain de son état, est fou de sa femme Vanessa, une rousse éblouissante, perpétuellement en colère. L'ennui c'est que, depuis le premier jour, il est aussi fou de la non moins séduisante mère de Vanessa, Poppy. Pareilles à des sœurs plutôt qu'à une mère et sa fille, elles forment un tandem volcanique: si elles lui inspirent les scènes les plus farfelues, elles le perturbent au point qu'il ne peut plus produire une ligne. Non que Guy fût très lu ces jours-ci. Non que quiconque lise quoi que ce soit non plus. D'ailleurs, Guy en est convaincu, la lecture, c'est fini. La littérature aussi. Son éditeur est du même avis, il s'est suicidé. Son agent? Aux abonnés absents. Entre-temps Vanessa a décidé d'écrire. Guy ne s'attend pas à ce qu'elle termine son œuvre, ni même qu'elle la commence, mais il en perd le sommeil. Peut-être est-il l'heure pour lui de révéler sa flamme à Poppy? Si le roman est mort, le désir existe toujours. Et il se pourrait bien que ce désir lui permette d'accoucher d'un grand bouquin.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://le-titre-du-roman.forumactif.org
Elisabeth
Admin
avatar


MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 15:55

- La grande peur des belles âmes
de Dominique Sopo
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


Ce livre part d'un constat troublant: si un militant antiraciste avait quitté la France quelques mois avant la dernière élection présidentielle et y revenait aujourd'hui, sans avoir lu le moindre journal, ni écouté la moindre radio, pendant son absence, il ne douterait pas que le Président élu en 2012 s'appelle… Nicolas Sarkozy. En effet, alors que la droite gouvernementale avait sombré dans de graves excès en stigmatisant les étrangers et leurs enfants, tout indique que la gauche au pouvoir n'a guère changé les choses. Mais avec elle, c'est pire: ceux qui ont voté pour François Hollande nourrissaient de vrais espoirs en matière d'antiracisme. Dominique Sopo, président de SOS Racisme de 2003 à 2012, dresse un constat sévère des dix-huit mois de gauche au pouvoir. Les socialistes auraient-ils trop vite capitulé devant la culture énarchique? Auraient-ils une allergie viscérale à l'altérité? N'auraient-ils pas admis que l'identité française n'est plus ce qu'elle était?


- La Madone des enterrements
de Madeleine Wickham / Sophie Kinsella
Éditions Belfond / Janvier 2014


Après Un week-end entre amis et Une maison de rêve, la redécouverte des premières œuvres d'une romancière plus connue aujourd'hui sous le nom de Sophie Kinsella. Un régal de comédie, un tableau décapant des ridicules et de l'hypocrisie de la petite bourgeoisie de province. La quarantaine resplendissante, Fleur Daxeny a une spécialité: séduire les riches veufs, vivre un moment à leurs crochets avant de disparaître en emportant leurs cartes de crédit et un maximum de cash. Sa technique? Repérage des cibles potentielles dans la rubrique nécrologique du Times, première approche le jour même de l'enterrement de l'épouse, au moment où Monsieur est le plus vulnérable. Le charme et l'aplomb extraordinaires de la jeune femme font le reste. Quand Fleur jette son dévolu sur l'austère Richard Favour, elle ne doute pas d'arriver très vite à ses fins. Mais c'est compter sans l'encombrante famille de son promis et un rival de poids dans la course aux millions. Les arnaqueurs ne sont pas forcément ceux qu'on croit.


- La maison atlantique
de Philippe Besson
Éditions Julliard / Janvier 2014


L'homme qui prend la parole se souvient de sa jeunesse, pas si lointaine. L'été de ses dix-huit ans, il se retrouve seul avec son père dans la maison de vacances de son enfance, quelque part au bord de l'Atlantique. Le père, homme d'affaires sûr de lui et de son charme, ignore que l'y attend un huis clos étouffant. Car la fatalité s'acharne parfois sur certains lieux comme s'ils étaient hantés par le désespoir de ceux qui les ont habités. Et le présent se charge de déterrer les contentieux du passé et de raviver les chagrins inconsolés. Père et fils pourraient dépasser le ressentiment, l'incompréhension mutuelle et peut-être leur rivalité inconsciente, mais, dans la torpeur de juillet, aucun n'en fait l'effort. Et lorsqu’apparaît une jeune femme trop séduisante, affublée d'un mari trop confiant, le drame peut se nouer. Terrible, sans concession, le nouveau roman de Philippe Besson sonde les relations psychologiques tendues entre deux personnalités aux antipodes: un fils écorché vif, gardien de la mémoire d'une disparue, et son père, parangon d'égoïsme. Le récit bascule peu à peu de la légèreté dans la férocité, du marivaudage dans la cruauté. L'auteur excelle à disséquer dans les moindres détails ces situations en apparence anodines qui procèdent pourtant d'une logique inéluctable, échappant à la volonté même des personnages.


- La maison de terre
de Woody Guthrie
Éditions Flammarion / Janvier 2014


Dans le Texas des années 30, Tike et Ella May, jeune couple d'agriculteurs, ont bien du mal à planter de quoi vivre sur cette terre aride. Ella May est enceinte et ne veut pas continuer à habiter leur cabane en bois envahie par les insectes. Problème, ils n'ont pas le sou pour s'offrir le lopin de terre censé accueillir la maison de leurs rêves. Mais l'État et les banques ont tout prévu. Il suffit de leur faire confiance. La Maison de terre est un portrait brûlant de la misère et de l'espoir butant contre un paysage ravagé. Combinant le sens moral de John Steinbeck avec l'érotisme cru de D. H. Lawrence, voici un puissant récit de l'Amérique de la Grande Dépression, brossé par l'un de ses plus grands artistes.


- La Maison Zeidawi
de Olga Lossky
Éditions Denöel / Janvier 2014


Dominant le port de Beyrouth, la maison Zeidawi est le symbole d'une réussite: celle d'Évelyne, la paysanne maronite devenue par son mariage l'aïeule d'une prestigieuse lignée libanaise. Entre les murs de la demeure familiale, les générations se succèdent et se déchirent, au rythme des soubresauts que l'Histoire impose aux rives du Levant. Lorsqu'il vient à Beyrouth signer la vente de la maison Zeidawi dont il est l'un des héritiers, Fouad, Parisien d'âge mûr, découvre le pays de ses ancêtres, que sa mère a quitté cinquante ans auparavant dans des circonstances obscures. Confrontation avec un passé qu'il avait toujours fui, son voyage prend alors les accents d'une quête intérieure dont il sortira renouvelé. Olga Lossky nous mène des montagnes du Metn à la fébrilité des rues de Beyrouth en perpétuelle mutation et aux somptueux paysages de Byblos. À travers ces portraits des femmes Zeidawi, fortes, courageuses, rebelles, elle raconte la métamorphose d'un homme, sa renaissance.


- La mesure de la dérive
de Alexander Maksik
Éditions Belfond / Janvier 2014


Jeune Libérienne, Jacqueline installe son grabat de fortune dans une grotte, sur une plage de Santorin. Chaque jour, elle lutte pour trouver un peu de nourriture et d'eau, éviter les rondes de police, passer inaperçue au milieu des touristes. Chaque jour, la faim et la solitude l'affaiblissent un peu plus. Chaque jour, la voix de sa mère la hante davantage, évoquant les images profondément enfouies d'une autre vie, mesures de sa dérive. Mais pourquoi Jacqueline est-elle si seule? Quelles terribles circonstances l'ont-elles amenée là? Comment affronter l'insoutenable? Face à la folie qui la guette, c'est en elle-même qu'elle devra trouver la force, malgré tout, de continuer à vivre.


- La nuit recommencée
de Leopoldo Brizuela
Éditions Du Seuil / Janvier 2014


Avoir à la fois envie et peur de savoir. Désirer comprendre et être, d'avance, terrifié à cette seule idée. Tel est le conflit qui hante ce roman de Leopoldo Brizuela sur le Mal argentin des années de dictature et sa persistance jusqu'à ce jour. Une nuit de 2010, l'écrivain Leonardo Bazán est témoin d'une effraction au domicile de ses voisins. Il ne s'agit pas d'un simple cambriolage mais d'une opération montée par une bande organisée escortée par une voiture de police: voilà qui réveille en lui le souvenir d'une intrusion similaire, dans la même maison, en 1976. Une intervention dont lui-même et ses parents ont été les témoins et aussi, en quelque sorte, les protagonistes. Leonardo se trouve alors confronté à une vérité insupportable qu'il ne pourra se révéler à lui-même qu'en essayant de l'écrire. Et en acceptant de plonger au cœur des ténèbres. La Nuit recommencée est une enquête abyssale qui conduit le lecteur à se poser les mêmes questions que le narrateur: comment réagissons-nous lorsque l'autre est en danger et jusqu'où avons-nous conscience de notre propre lâcheté?


- Là où la terre est rouge
de Thomas Dietrich
Éditions Albin Michel / Janvier 2014


Alors qu'il vient d'abandonner ses études, Icare se voit propulsé, par une étrange rencontre, conseiller politique d'un État africain. Initié à l'art des élections truquées, des coups d'État réussis et des rébellions à mater, il découvre en même temps l'amour et l'ivresse du pouvoir, qui tous deux peuvent porter aux nues comme en enfer.


- La petite communiste qui ne souriait jamais
de Lola Lafon
Éditions Actes Sud / Janvier 2014


Parce qu'elle est fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux jo de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d'accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu'elle imagine de l'expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d'une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d'une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d'Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques? Mimétique de l'audace féerique des figures jadis tracées au ciel de la compétition par une simple enfant, le roman acrobate de Lola Lafon, plus proche de la légende d'Icare que de la mythologie des "dieux du stade", rend l'hommage d'une fiction inspirée à celle-là, qui, d'un coup de pied à la lune, a ravagé le chemin rétréci qu'on réserve aux petites filles, ces petites filles de l'été 1976 qui, grâce à elle, ont rêvé de s'élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue.


- La vie au ralenti
de Kjersti A. Skomsvold
Éditions Du Seuil / Janvier 2014


Mathea Martinsen, une veuve âgée de "presque cent ans", vit seule dans un petit appartement à Haugerud, une banlieue calme d'Oslo. Depuis le décès de son mari, Epsilon, elle sent l'approche de sa propre mort, et sa pente la vouerait facilement à l'effacement, au repli ou à la transparence, mais elle décide de surmonter sa phobie sociale afin de laisser quelques traces dans ce monde. Ses efforts de socialisation sont héroïques, drôles, et souvent ratés. Sa meilleure compagnie demeure en fin de compte les fantômes qui l'habitent, en particulier celle d'Epsilon, avec qui elle maintient un dialogue presque permanent, pour une belle histoire d'amour qui ne s'éteint pas. Un roman écrit à la première personne, où souvenirs et impressions se confondent dans un présent décloisonné et hanté par le passé, pour offrir le récit drôle et poignant de la vieillesse approchant de son terme.


- La villégiature de Wilhelm Weitling
de Sten Nadolny
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


Wilhelm Weitling a une certitude: "Il est dans la vie une poignée de choses fondamentales que je n'ai jamais comprises, et je ne sais même pas lesquelles". Né en 1942, juge à la retraite, marié et sans enfants, il profite de son temps libre dans une vieille maison au bord du lac de Chiem. Mais qui est réellement Weitling? Et qui était-il à seize ans, alors qu'une bourrasque faillit lui coûter la vie au milieu du lac? À distance de cinquante ans, le voilà chamboulé de nouveau par une tempête, survenue dans les mêmes circonstances que la première. Sauvé, il se voit soudain renvoyé à son passé. C'est ainsi que Weitling accompagne, en tant qu'esprit?, Willy, son alter ego adolescent, et passe en revue sa vie de jeune homme, égaré entre deux mondes et espérant retourner à sa vie d'avant. Mais cette balade dans le temps risque de changer irrémédiablement l'avenir du retraité.


- Le bruit de la gifle
de Emmanuelle Urien
Éditions Quadrature / Janvier 2014


Ils ont des marottes, des routines, des habitudes. Derrière ces gestes quotidiens se cachent des secrets, une révolte étouffée, ou simplement l'amour. Parfois, les habitudes se brisent et l'ordinaire vole en éclats. Manipulés sans ménagement, souvent avec humour, mais toujours avec tendresse, les personnages de ces nouvelles surprennent et dérangent par leur sincérité brutale, qui n'est souvent que le reflet de la difficulté à vivre que nous éprouvons tous.


- Le carrefour des angoisses
de Pierre Bellemare
Éditions Albin Michel / Janvier 2014


Chacun de nous peut un jour ou l'autre devenir le héros d'une aventure exceptionnelle. Partout, aux quatre coins de France, vivent des héros que rien ne distingue des gens ordinaires. Peut-être vos voisins, vos amis, vos parents... Loin des feux de l'actualité, ils ont pourtant vécu des aventures hors du commun, connu des tragédies invraisemblables, fait preuve du courage ou bénéficié de la chance généralement réservés aux héros de films et de romans. Ce sont ces destins extraordinaires, mais bien réels, que Pierre Bellemare a aujourd'hui choisi de nous faire partager avec l'inimitable talent de conteur qu'on lui connaît. Que ce soit Irina, l'hôtesse de l'air ayant miraculeusement survécu à une chute de 7000 mètres dans le vide; Gustave, l'agent de change qui échappa par miracle à l'explosion d'une bombe à retardement fixée à son poignet par des voyous; Maria, la jeune parachutiste qui gagna l'amour de son futur époux en obligeant celui-ci à risquer sa vie pour la sauver d'une mort certaine: tous se sont confiés à Bellemare et à ses fidèles complices. Fruits d'un minutieux travail d'écoute et d'écriture, voici les histoires de ces héros anonymes, révélatrices des surprises de l'aventure humaine, de ses drames insolites et de ses passions extrêmes.


- Le chapeau de M. Briggs
de Kate Colquhoun
Éditions 10-18 / Janvier 2014


Londres, 9 juillet 1864, on retrouve le corps d'un banquier sur le ballast, et un chapeau. Chargé d'élucider le premier meurtre commis à bord d'un train anglais, Scotland Yard file un jeune Allemand, vite suspecté. Face au débat sur la peine capitale, bijoutiers, cheminots, prostituées témoignent dans ce procès extraordinaire ou les juges n'ont à craindre que le pouvoir de la presse. Reconstitution palpitante d'un fait-divers qui défraya l'Angleterre victorienne, cette enquête historique minutieuse se lit comme un véritable roman policier au suspense captivant.


- Le chardonneret
de Donna Tartt
Éditions Plon / Janvier 2014


Qui est Theo? Que lui est-il arrivé à New York pour qu'il soit aujourd'hui, quatorze ans plus tard, cloîtré dans une chambre d'hôtel à Amsterdam comme une bête traquée? Qu'est devenu le jeune garçon de treize ans qui visitait des musées avec sa mère et menait une vie de collégien ordinaire? D'où vient cette toile de maître, Le Chardonneret, qu'il transporte partout avec lui?


- Le cœur à bout de souffle
de Saul Bellow
Éditions Robert Laffont / Janvier 2014


Kenneth Trachtenberg, excentrique professeur de russe, quitte la France et son Paris natal pour rejoindre l'université du Midwest aux États-Unis ou son oncle Ben Crader, botaniste de génie, lui a obtenu un poste. Très liés, les deux hommes se confient leurs histoires de femmes aussi complexes qu'incroyables. Trachtenberg a eu une fille avec une femme qui refuse de l'épouser, Crader quant à lui, veuf d'une première femme, a été laissé à la merci d'une seconde avide de sexe avant de tomber entre les griffes d'une troisième, aussi riche que désaxée. Malgré son passé amoureux plus que chaotique, Crader se marie avec une quatrième femme, Mathilde, fille d'un chirurgien de renom. Le père et la fille voient en Crader un homme malléable et décident de le façonner à leur image: ils lui offrent un appartement immense, des tenues hors de prix. Trachtenberg et Crader, tous deux pris dans un flot de tourments, tentent alors de comprendre pourquoi les gens doués et intelligents comme eux se retrouvent toujours victimes de leur vie personnelle.


- Le colonel et l'appât 455
de Fariba Hachtroudi
Éditions Albin Michel / Janvier 2014


Elle était "l'appât 455", la plus célèbre prisonnière d'une impitoyable République théologique. Lui, un des colonels les plus proches du Commandeur suprême. Lorsqu'ils se retrouvent, des années plus tard, loin de leur pays, une relation étrange et ambiguë se noue entre eux. Leur passé resurgit, mais aussi la violence perverse du système dictatorial dans lequel ils ont vécu et la passion amoureuse qui les a conduits à l'exil.


- Le dernier désir
de Olivier Bordaçarre
Éditions Fayard / Janvier 2014


"Bonjour. Excusez-moi de vous déranger, je viens juste me présenter. Je suis votre nouveau voisin. J'ai emménagé dans la maison, là-bas, au bout du chemin. Je m'appelle Martin.
- Ah? Martin, vous dites? C'est drôle…
- Oui, Vladimir Martin. Pourquoi?
- Eh bien… moi aussi, je m'appelle Martin".
Alors qu'ils ont fui la ville, Mina et Jonathan Martin voient se rompre leur isolement. Élégant, riche, spirituel, Vladimir Martin est le voisin idéal. Un peu trop généreux peut-être… Jonathan se méfie mais Mina n'y voit que du feu. Le nouveau venu ne leur veut-il que du bien? Avec un art maîtrisé du suspens, Dernier désir interroge nos aspirations secrètes dans une société de bonheurs factices.


- Le dernier voyage
de Carsten Jensen
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2014


Carsten Jensen situe son roman à Marstal et Ærøskøbing, deux villes sur une île de la Baltique, qui abrite une génération d'hommes déterminés à quitter le Danemark. Il s'attache ainsi à retracer la vie du peintre Jens Erik Carl Rasmussen, né en 1841 à Ærøskøbing, mort en 1893 sur l'Atlantique et rendu célèbre par ses marines. C'est à bord d'un brick que Rasmussen effectue son dernier voyage, au Groenland, sur les traces d'un premier parcours initiatique particulièrement déterminant pour son inspiration. Persuadé qu'il ne reviendra pas, il fait le bilan de sa vie. Fils d'un tailleur modeste, il obtient une bourse de l'Académie des Beaux-Arts de Copenhague, mais se persuade très jeune que sa vocation est de ne pas peindre ce qui est laid. Seule Henrietta, son premier amour, comprend la force de cet engagement, mais elle meurt et c'est sa sœur, Anna Egidia l'éternelle remplaçante, qui lui restera dévouée. L'auteur dresse ainsi avec un style incisif le portrait d'un homme en quête de beauté et de pureté, qui se confronte à l'aspect éphémère de la vie.


- Le festin de John Saturnal
de Lawrence Norfolk
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


Angleterre, XVIIe siècle: Susan, guérisseuse et sage-femme lègue à son fils, John, un savoir contenu dans "le Livre du festin des Saturnal". L'orphelin est envoyé au Manoir de Buckland. Affecté aux cuisines, il pénètre dans un univers de faste et d'abondance, peuplé d'une armée de domestiques sur lequel règne Maître Scowell. Peu à peu, John s'initie au secret des fourneaux et parvient à une maîtrise parfaite de son art. À peine embauché, John s'éprend de Lucretia, la fille de Lord William. Mais leur union est impossible: la jeune fille doit épouser son cousin, Piers Callock, qu'elle déteste, pour que le manoir reste dans la famille. Alors que John prépare le repas de noces de Lucretia et Piers, la nuit précédant le banquet, on apprend que le roi vient d'être destitué. C'est la guerre civile. Les soldats fanatiques qui défendent les idéaux puritains de Cromwell saccagent le pays, instaurent une longue dictature qui plonge la société anglaise de la seconde moitié du XVII° siècle dans la misère. Serait-ce aussi la fin de la malédiction qui pesait sur les destinées de John et de Lucrétia? Entre mythe et réalité, ce roman fascinant plonge le lecteur dans l'Histoire tourmentée de l'Angleterre du XVIIe siècle et nous invite à une odyssée culinaire riche en mets ancestraux dans les cuisines du manoir de Buckland. Une atmosphère singulière, à la fois sombre, onirique et envoûtante.


- Le feu aux Tuileries
de Francine de Martinoir
Éditions Jacqueline Chambon / Janvier 2014


Issu d'une longue lignée de jardiniers, Thibault Flasselière a toute sa vie été hanté par les Tuileries, le Jardin et surtout le Château, disparu dans l'incendie de mai 1871 où a péri son arrière-grand-père. Liées depuis l'enfance, pour lui, à la beauté et à la mort, ces images l'ont enfermé dans un érotisme sombre. Esther, comédienne du Français, et Delphine, psychanalyste, toutes deux amoureuses de lui, vont tenter, chacune à sa manière, de l'arracher à cette crypte où il est reclus. Ce roman à plusieurs voix explore la filiation et la mélancolie, le vide du monde contemporain où cette mélancolie n'a plus sa place, le poids des rêves, les ancêtres féroces et les morts attentifs, la solitude des amours absolues ou impossibles, la difficulté à aimer.


- Le fidèle Rouslan
de Gueorgui Vladimov
Éditions Belfond / Janvier 2014


En Sibérie, au début des années 1960. Chien de garde d'une redoutable efficacité, Rouslan voit son monde s'écrouler un matin: le camp de prisonniers vient de fermer, son maître lui donne congé. Que faire quand on n'a connu que le travail? Quand toute sa vie, on a répondu aux ordres? Quand on ne sait rien faire d'autre que garder des prisonniers? Si les autres chiens vont quémander de la nourriture et un abri chez les villageois, Rouslan, lui, ne se compromet pas. Hier encore, il sautait à la gorge du prisonnier fuyard, son flair lui faisait retrouver celui qui avait volé un quignon de pain, son endurance le faisait courir des heures derrière les colonnes de détenus. Certes, Rouslan a parfois été choqué, comme ce jour où un des chiens, le plus sauvage, le meilleur, capable de tuer un prisonnier d'un seul coup, a été emmené par les maîtres dans la forêt et n'en est jamais revenu; ou cette autre journée où les détenus ont refusé de sortir par -40° et où les gardiens les ont arrosés d'eau. Mais Rouslan le sait, c'est dans la force et dans l'ordre qu'on trouve la liberté.


- Le goût des souvenirs
de Erica Bauermeister
Éditions Charleston / Janvier 2014


Lillian et son restaurant ont une manière tout à fait singulière de rassembler les gens. Il y a tout d'abord Al, le comptable, qui voit une signification dans les chiffres et les rituels; Chloé, un futur chef prometteur qui a perdu toute confiance en l'autre après un chagrin d'amour; Finnegan, aussi discret et solide qu'un arbre; Louise, l'épouse d'Al, emplie d'une colère prête à exploser; et Isabelle, dont les souvenirs s'estompent petit à petit. Enfin, il y a Lillian bien sûr, dont la vie prend un tournant inattendu. Toutes ces personnes se croisent, se rencontrent, se mélangent, se séparent; des souvenirs ressurgissent et d'autres se créent. Et de là, naîtra une famille que tous auront choisie. Un beau roman sur les liens qui se font et se défont. Des personnages touchants. Une histoire pleine d'espoir et de gourmandise.


- Le jeu des circonstances
de Nir Baram
Éditions Robert Laffont / Janvier 2014


Entre 1938 et 1941, à Berlin et à Leningrad, deux jeunes gens bien sous tous rapports, ni héros ni monstres, collaborent aux politiques de destruction d'Hitler et de Staline. À Berlin, Thomas, hanté par le spectre de la crise qui a réduit son père à faire l'"homme sandwich", veut devenir un homme important. Il se fait embaucher dans une entreprise publicitaire américaine qui s'implante en Allemagne. Pour aider cette société à mieux vendre ses produits, il élabore le "modèle de l'homme allemand". Ce modèle rencontre un grand succès auprès des nazis, qui réclament un "modèle de l'homme polonais" afin d'élaborer leur stratégie de domination et d'extermination. Et si les travaux de Thomas affectent l'existence de millions de personnes, si à cause d'eux les nazis installent un système de mort ultraperformant partout où ils passent, est-il pour autant responsable? À Leningrad, Alexandra vit dans un milieu d'intellectuels et de poètes. Mais elle méprise l'univers bourgeois des amis de ses parents, leurs lâchetés face à la terreur stalinienne; elle est pleine de colère devant la trahison de son père, amoureux d'une autre. Elle n'a qu'une véritable passion, son jeune frère, Kolia. Quand la police politique arrête la maîtresse de son père, elle réagit: elle se fait embaucher par le NKVD et dénonce ses parents et toutes leurs relations, avec l'espoir que Kolia lui sera confié. Et si ses parents et leurs amis sont déportés au Goulag, peut-on l'en tenir pour responsable? Ne sont-ils pas, eux, coupables en premier lieu d'hypocrisie et de renoncement? En jouant le jeu du régime stalinien, Alexandra se persuade qu'elle va garder son frère pour elle et ramener la vie dans son foyer détruit. Pourtant c'est vers une mort intime qu'elle dérive: elle découvre qu'elle n'est qu'une machine à survivre, construite autour d'un désespérant vide intérieur. Thomas n'adhère pas à l'idéologie nazie, non; simplement il ne la voit pas, ne l'entend pas. Il est tendu vers un seul but: réussir. Parce que réussir, c'est exister. Mais tout au fond de lui il se laisse lentement effacer du monde des vivants, de leurs espoirs et leurs attentes. Peur, ambition, jalousie et solitude forment un cocktail ravageur qui pousse Thomas et Alexandra vers la vilenie puis la chute. Ils se rencontrent en 1941, à Brest-Litovsk, pour une ultime bataille qui les révélera à eux-mêmes et les confrontera à leurs choix.


- Le maître des illusions
de Donna Tartt
Éditions Plon / Janvier 2014


Introduit dans le cercle privilégié d'une université du Vermont, un jeune boursier californien intègre peu à peu un petit groupe d'étudiants de la grande bourgeoisie. Il découvre un monde insoupçonné de luxe, d'arrogance intellectuelle et de sophistication, en même temps que l'alcool, la drogue et d'étranges pratiques dionysiaques. Très vite, il pressent qu'on lui cache quelque chose de terrible et d'inavouable, un meurtre sauvage et gratuit qui l'entraîne, lui et ses camarades, dans un abîme de chantage, de trahison et de cruauté. D'une lecture irrésistiblement prenante, cette chronique de l'illusion et de la complicité, de l'abandon aux rites antiques, de l'innocence corrompue par l'égoïsme et l'orgueil moral est aussi une histoire de culpabilité et de responsabilité.


- Le miel
de Slobodan Despot
Éditions Gallimard / Janvier 2014


En sauvant un apiculteur déraciné, le Vieux, au bord d'une route délabrée par la guerre, Vera l'herboriste ignore qu'elle se sauve elle-même. Pour le comprendre, il lui faudra recueillir l'histoire du fils, Vesko le Teigneux, encore prisonnier de ses peurs. Le voyage épique de Vesko en voiture avec son père, à travers un pays devenu étranger, n'a été possible que par la grâce d'une substance bénéfique, un véritable viatique: le miel. "Chacun de nos gestes compte", assène Vera au narrateur, venu chez elle pour soigner un mal profond. Dans le cabinet enfumé par les cigarettes et la tisane, pendant plusieurs jours et plusieurs nuits, Vera lui conte cette aventure placée sous le signe du miel. L'herboriste a peut-être trouvé là le meilleur remède à ses maux, et le secret d'une sagesse.


- Le papillon rouge
de Sam Eastland
Éditions Anne Carrière / Janvier 2014


À l'heure où les forces hitlériennes s'engouffrent sur le territoire soviétique, annihilant sur leur passage les bataillons de l'Armée rouge, un avion de reconnaissance allemand, égaré et pris pour cible par l'ennemi, est contraint de se poser derrière les lignes russes. Dans la mallette de son passager, les soldats russes découvrent une peinture représentant un hyalophora cecropia, papillon de nuit aux teintes rouges, plus connu sous le nom de "saturnie". Les agents du renseignement militaire jugent l'objet anodin mais, dans la situation critique où se trouve le pays, Staline soupçonne un complot allemand. Il convoque alors son ancien adversaire, l'inspecteur Pekkala, insaisissable Finlandais qui fut jadis l'enquêteur personnel du tsar, et le charge de découvrir la véritable signification de cet étrange objet convoyé en temps de guerre. Tandis que l'orage gronde tout autour d'eux, Pekkala et son assistant Kirov, du mystérieux et redouté Bureau des opérations spéciales, se retrouvent bientôt lancés aux trousses des plus incroyables voleurs d'art de l'histoire. La véritable proie de ces derniers est un bien secret et précieux ayant appartenu aux Romanov, un temps considéré comme la huitième merveille du monde.


- Le passeur de Dieu
de Michel-Marie Zanotti-Sorkine
Éditions Robert Laffont / Janvier 2014


Xavier, trente-deux ans, journaliste à Paris, ne supporte plus la vie qu'il mène. Usé par son rythme trépidant, lassé des amours éphémères, déçu par la médiocrité des liens, vidé de tout élan et ne sachant plus ou trouver de la force pour éclairer sa vie, il décide de passer quelques jours dans un ermitage auprès d'un vieux moine, haut en couleur, à la stature spirituelle et humaine hors du commun. Au creux d'un monastère perdu dans la montagne il partage la vie de prières et les travaux des frères, dort dans une cellule et prend un repas par jour. Sa cure de silence est entrecoupée de conversations chaleureuses et exigeantes menées par le père supérieur et parfois avec les autres moines dont les différentes personnalités le surprennent, mais moins que le bonheur qu'ils respirent. À la fin de sa retraite, il retourne à Paris, renouvelé jusqu'au tréfonds de son être et l'inattendu arrive. Un voyage initiatique aussi dense qu'imprévisible, ponctué de dialogues revigorants, riche de sagesse et de bon sens, plein d'émotion et parfois d'humour ou la source du christianisme jaillit comme une leçon de vie.


- Le pays du lieutenant Schreiber
de Andreï Makine
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


"Je n'aurais jamais imaginé un destin aussi ouvert sur le sens de la vie. Une existence où se sont incarnés le courage et l'instinct de la mort, l'intense volupté d'être et la douleur, la révolte et le détachement. J'ai découvert un homme qui avait vécu à l'encontre de la haine, aimé au milieu de la pire sauvagerie des guerres, un soldat qui avait su pardonner mais n'avais rien oublié. Son combat rendait leur vraie densité aux mots qu'on n'osait plus prononcer: héroïsme, sacrifice, honneur, patrie… J'ai appris aussi à quel point, dans le monde d'aujourd'hui, cette voix française pouvait être censurée, étouffée. Ce livre n'a d'autre but que d'aider la parole du lieutenant Schreiber à vaincre l'oubli".


- Le petit copain
de Donna Tartt
Éditions Plon / Janvier 2014


Tableau de la nostalgie familiale et du chagrin, Le Petit Copain explore l'univers du crime et du châtiment. D'une puissance narrative exceptionnelle, ce deuxième roman confirme le talent étincelant de l'auteur du Maître des illusions. Dans une petite ville du Mississippi, Harriet Cleve Dufresnes grandit dans l'ombre de son frère. Quand elle était encore bébé, celui-ci a été retrouvé mort, pendu à un arbre du jardin. Son meurtrier n'a jamais été identifié. Harriet, farouchement déterminée, d'une précocité remarquable pour ses douze ans et imprégnée de la littérature d'aventures de Stevenson, Kipling et Conan Doyle, décide un été de trouver l'assassin et d'exercer sa vengeance. Son unique allié dans cette quête, son copain Hely, lui est totalement dévoué. Mais ce qu'ils découvrent est bien éloigné de leurs jeux d'enfants: c'est un monde obscur d'adultes, chargé de menaces, ou rôdent, hors de l'intimité familiale, des prédicateurs illuminés, des criminels, des trafiquants de drogue.


- Le petit mensonge de Dieu
de Cyril Massarotto
Éditions XO / Janvier 2014


"Dieu est un pote à moi. Ou plutôt il l'était, jusqu'à ce que je découvre son mensonge. C'était il y aune seconde à peine, juste à l'instant de ma mort. Je pensais disparaître dans le néant, comme il me l'avait toujours dit. Mais il m'a menti. Il y a quelque chose, après… Pas vraiment le paradis, pas l'enfer non plus. J'attends quelques explications". Après Dieu est un pote à moi, Cyril Massarotto fait revivre (enfin, presque) son héros en le confrontant au plus grand mystère de tous les temps. Humour, tendresse, émotion, tel est le cocktail de ce nouveau roman où l'on retrouve toute la verve et l'imagination poétique de Cyril Massarotto.


- Dieu est un pote à moi
de Cyril Massarotto
Éditions XO / Septembre 2008


Il a trente ans, il est plutôt sympa et son meilleur ami, c'est Dieu. Très utile, surtout quand on rencontre la femme de sa vie, qu'elle est étudiante à la Sorbonne alors qu'on est vendeur dans un sex-shop. "En l'an zéro de cette histoire, je rencontre les deux personnes qui vont bouleverser ma vie: Dieu et Alice. Dieu, c'est… Dieu: fascinant, omniscient, préoccupé par les hommes, attentif mais doté d'un sens du comique parfois surprenant. Alice, c'est une étudiante en psycho, qui me fait chavirer dès qu'elle lève les yeux sur moi. L'amour avec Alice, c'est tellement rare, tellement fort qu'on l'apprécie à chaque instant et qu'on ne s'en remet jamais. Et Dieu dans tout ça? On parle, on rigole, on raisonne, on se dispute, mais il est là, toujours, même dans les moments les plus noirs. Dieu est un ami tellement formidable que j'en oublierais presque qui Il est. Et pourtant, il faudra bien qu'Il réponde à cette question: pourquoi moi? Pourquoi m'avoir choisi entre tous les hommes comme meilleur ami?"


- Le retour
de Dulce Maria Cardoso
Éditions Stock / Janvier 2014


Adolescent, Rui vit en Angola avec ses parents et sa sœur. En 1975, la guerre civile fait rage et, comme tous les Blancs, ils doivent partir pour la métropole. Mais c'est à trois qu'ils feront le voyage de retour: soupçonné par l'armée de libération d'être le "boucher de Grafanil", le père de Rui est arrêté devant ses yeux et emprisonné. À Lisbonne, la famille incomplète est accueillie dans un hôtel 5 étoiles, rempli de rapatriés comme eux. Rui va y découvrir l'automne, les filles, la honte et la peur de devenir le seul homme de la famille. Son père reviendra-t-il un jour?


- Le réveil du cœurs
de François d'Épenoux
Éditions Anne Carrière / Janvier 2014


Quand le Vieux accepte d'assurer la garde de son petit-fils Malo durant tout le mois d'août, ce n'est pas de gaieté de cœur. Il faut dire qu'entre le misanthrope solitaire et l'enfant de six ans, il n'y a pas seulement un fossé de sept décennies, il y a un gouffre, des siècles, un univers entier. Et pourtant… magie d'un lieu hors du temps, atavisme croisé, miroir des cœurs? Ces deux-là vont s'apprivoiser, mais aussi se reconnaître l'un dans l'autre, dans une tendresse réciproque et un caractère affirmé qui fait fi des années. Rencontre insolite, d'ailleurs. D'un côté, un vieil homme se prenant au jeu, ouvrant les yeux de son petit-fils sur ce que les enfants, tout à leurs écrans, ne voient plus, la nature, les animaux, les saisons. De l'autre, un gamin ouvrant l'esprit et l'âme du grand-père aux évolutions du monde. Grinçant, voire drôlement caustique quand il se place du point de vue du Vieux, personnage haut en couleur, émouvant et touchant quand il est vécu à hauteur d'enfant, ce roman aborde moins le conflit des générations que celui des époques: à quelle aune juger le monde où nous vivons? Celle de l'histoire ou celle de notre histoire? L'époque présente n'est-elle pas la plus enviable, puisque c'est celle que nous vivons?


- Le royaume de leurs rêves
de Neal Gabler
Éditions Fayard / Janvier 2014


Hollywood, qui a incarné les États-Unis au point d'être considéré aujourd'hui par certains comme le vecteur principal de l'impérialisme culturel américain, a été fondé dans les années 1920 par des immigrants de fraîche date qui, pour certains, parlaient un anglais approximatif. Les frères Warner, Carl Laemmle, William Fox, Harry Cohn, Samuel Goldwyn, Louis B. Mayer, Irving Thalberg, Adolph Zukor et d'autres, étaient nés dans des communautés juives d'Europe centrale marquées par la misère et les pogroms, mais habitées par une culture vivace et pleine d'humour. Sentant avant tout le monde que la société de consommation naissante devait se nourrir aussi de rêves, ils bâtirent des empires dont les noms sont devenus mythiques: Twentieth-Century Fox, Columbia, MGM, Universal Ils eurent ainsi l'audace de forger leur propre conception du rêve américain: celui d'un pays plus accueillant, plus tolérant, plus juste et plus optimiste qu'il ne l'était vraiment. Cette vision, véhiculée par leurs films, se diffusa dans la culture américaine, contribua à la définir et finit même par l'incarner aux yeux du monde. C'est l'histoire de ces aventuriers improbables devenus des géants et parfois des monstres qui nous est contée ici.


- Le russe aime les bouleaux
de Olga Grjasnowa
Éditions Les Escales / Janvier 2014


"Immigré", "identité", "patrie"... Des mots qui ont le don d'énerver Mascha. D'origine azerbaïdjanaise et juive, Mascha est arrivée avec sa famille à onze ans en Allemagne pour fuir la guerre et les massacres. Elle qui devient une "sans voix" prend aussitôt conscience du pouvoir que procure la maîtrise de la langue. Aujourd'hui, elle en parle cinq couramment et fait des études d'interprétariat. Son objectif: travailler au sein des Nations unies. À Francfort, en couple avec Elias, Mascha essaie d'oublier les horreurs vécues à Bakou, enfant... quand son petit ami meurt brutalement. De désespoir, et sur un coup de tête, Mascha part pour Israël. Là-bas, les fantômes du passé la rattrapent, se mêlant à celui d'Elias et aux images terribles du présent. Plus que jamais, Mascha va avoir besoin d'un endroit où se sentir chez elle, pour surmonter les drames et faire la paix avec le passé. Mais ou le trouver?


- Le testament de Jessie Lamb
de Jane Rogers
Éditions Presses De La Cité / Janvier 2014


Jessie Lamb a seize ans, des parents qui passent leur temps à se disputer, une tante célibataire déjantée, des amis, des flirts, des rêves. Une adolescente normale, en somme. Sauf qu'elle n'évolue pas dans un monde "normal". Depuis que des bio-terroristes ont propagé le virus du SMM, les femmes enceintes meurent toutes en couche. Par conséquent, l'humanité est menacée d'extinction. Alors que tout son univers familier et rassurant s'effrite, Jessie, qui jusque-là ne se sentait que très peu concernée par les problèmes du monde, prend conscience de son pouvoir de changer le cours de l'histoire. Allant à l'encontre de l'avis de ses parents, elle se porte volontaire pour devenir une "Sleeping Beauty", comme on surnomme celles qui acceptent de se sacrifier pour donner la vie en participant à un programme scientifique.


- Le village flottant
de Gilles Laurendon
Éditions Stock / Janvier 2014


"De cet autre pays, la Russie, où il a passé les trois premières années de sa vie, l'enfant ne sait rien. Un souvenir sans visage, sans parfums. Parfois une impression furtive qu'il capte, essaie de suivre, qui ne conduit à rien. C'est un village flottant au fond de sa mémoire". Sibérie 1890 - New York 2010. Épopée d'une famille mi-cosaque, mi-juive; roman d'aventure et d'amour, Le Village flottant est une ode à la vie d'hommes et de femmes foudroyés dès l'enfance par la beauté du monde et la violence des humains. D'une époque à l'autre, par-delà les mers et les continents, Gilles Laurendon poursuit sa quête littéraire avec des personnages épris d'idéal et de liberté.


- Les adieux pour débutants
de Anne Tyler
Éditions Stock / Janvier 2014


Homme d'habitude, Aaron a passé son enfance sous la domination d'une sœur aînée trop attentionnée et quelque peu tyrannique. Lorsqu'il rencontre Dorothy, une jeune femme indépendante, au physique quelconque et au franc-parler, c'est une bouffée d'air pur. Il l'épouse sans éprouver l'ombre d'un doute et s'installe dans une vie conjugale harmonieuse et paisible. La mort de Dorothy, tuée par l'effondrement d'un arbre sur leur maison, brise cet équilibre. Il est anéanti. Seul le retour épisodique de sa femme d'entre les morts l'aide à vivre le moment présent et à trouver un peu de paix. Il se rend néanmoins chaque matin au bureau, une maison d'édition familiale à compte d'auteur qui publie aussi des guides destinés aux nuls et novices pour affronter les vicissitudes de l'existence. Il découvre ainsi peu à peu qu'il est possible d'apprendre à faire ses adieux quand on est un débutant dans ce domaine.


- Les amants
de Joël Schmidt
Éditions Albin Michel / Janvier 2014


Johann, médiéviste passionné, multiplie les rencontres amoureuses sans grande satisfaction. Jusqu'à ce jour où il fait la connaissance d'une de ses étudiantes, Aurore, en qui il reconnaît aussitôt la "Dame" de ses rêves, celle que chantait Wolfram Von Eschenbach, chevalier et poète du Moyen Age. Comme dans un songe, Johann et Aurore vont s'aimer et décliner les trente et un codes du fin'amore, l'amour courtois. À travers la douleur et l'extase, ils vont chanter les délices du plaisir de la chair, découvrir le cérémonial d'une Cour d'amour, explorer de nouvelles sensations, traverser les épreuves de la passion. Au risque d'en perdre la raison.


- Les années insulaires
de Philippe le Guillou
Éditions Gallimard / Janvier 2014


Paris, au début des années 1970: les pavillons de Baltard sont détruits, l'ancien ventre de Paris devient un immense chantier, le visage de la capitale change. Des hommes résolument hostiles à cette défiguration urbaine s'insurgent et fondent une association, "Les Insulaires". Parmi eux, un peintre, Kerros, lui aussi attaché à la forme immémoriale de Paris. Mais, à la différence des autres membres des Insulaires, il connaît bien celui que les protestataires appellent le "prince des modernes", Georges Pompidou, décidé à faire entrer le pays et sa capitale dans la civilisation future, celle de la voiture et de la vitesse. Kerros voit le président à l'Élysée et en Bretagne, dans son atelier parisien également, il lui demande de poser, l'écoute évoquer ses projets et son dessein moderniste, observe l'usure du pouvoir et bientôt les effets de la maladie. Il brosse le portrait d'un homme et d'un régime, d'une ville en pleine métamorphose, d'un palais, l'Élysée rénové par Agam et Paulin, et d'un quartier, celui des Halles et de Beaubourg, d'une utopie sur le point de se briser. Les années insulaires déroule, entre 1969 et 1974, le roman des années Pompidou, leurs contradictions et leurs mirages, leurs audaces architecturales et esthétiques, c'est aussi, à travers la confrontation de deux univers, le dialogue imaginaire de deux hommes épris d'art et de beauté.


- Les autres c'est rien que des sales type
de Jacques A. Bertrand
Éditions 10-18 / Janvier 2014


C'est bien connu: les sales types, ça court les rues. Les cons, les imbéciles heureux, les touristes, les voisins, les malades. Autant de gens non fréquentables, venus sur terre pour nous pourrir l'existence. Avec une verve jubilatoire, Jacques A. Bertrand croque une série de portraits corrosifs et subtils qui nous ferait (presque) aimer les autres.


- Les cèdres de Beau-Jardin
de Belva Plain
Éditions Belfond / Janvier 2014


Fille d'un marchand bavarois venu faire fortune en Amérique, Miriam a été élevée dans les fastes de la meilleure société créole; une éducation choyée qui l'a naturellement conduite à épouser, à seize ans à peine, le richissime planteur Eugene Mendes. Mais tous les ors de leur sublime propriété de Beau-Jardin ne sauraient cacher une réalité beaucoup plus sombre: Eugene est un homme distant et irascible; Miriam s'enfonce chaque jour un peu plus dans le désespoir, allant chercher réconfort et tendresse dans les bras d'un autre. Et quand éclate la guerre de Sécession, la belle se retrouve face à un terrible dilemme: son frère adoré rejoint le camp nordiste, tandis que l'homme qu'elle aime combat aux côtés des confédérés.


- Les collines d'eucalyptus
de Duong Thu Huong
Éditions Sabine Wespieser / Janvier 2014


Derrière les barreaux de sa prison, Thanh contemple les derniers lambeaux de brume sur la paroi rocheuse qui lui tient désormais lieu d'horizon. Il a été condamné aux travaux forcés. Parce que ce jeune homme sans histoire, excellent élève et fils modèle, a découvert très tôt son homosexualité et qu'il lui a paru insurmontable de l'avouer à ses parents, son destin a basculé. Comment il est tombé sous la coupe d'un mauvais garçon avec qui il a fui sa ville natale et comment il s'est retrouvé piégé, c'est le fatal et poignant engrenage que Duong Thu Huong met en scène. Thanh est désespérément seul pour cette descente dans les cercles de son enfer intime. Il ne peut confier à personne les affres de sa relation avec son compagnon qui, en parfait manipulateur, joue de l'attirance physique qu'il exerce pour vivre à ses crochets. Honteux de sa faiblesse et de sa lâcheté, Thanh se garde bien de demander conseil à Tiên Lai, l'homme mûr en qui il a pourtant le sentiment d'avoir rencontré un alter ego. À Dalat où ils végètent comme ramasseurs de balles sur des cours de tennis, Thanh n'a pas la force d'éconduire son mauvais génie. Il s'enfuit en vain à Saigon, croyant trouver refuge dans l'anonymat de la métropole. Si l'issue de cette sombre liaison est bien fatale, Duong Thu Huong écrit pourtant un roman de la rédemption. Son jeune héros, dont les tribulations lui donnent la matière d'une vertigineuse plongée dans le Vietnam de la fin des années 80, ne finira pas au bagne.Les Collines d'eucalyptus est une somptueuse variation sur le thème du retour de l'enfant prodigue, un roman éclairé par la compassion et l'intelligence humaine qu'un écrivain au sommet de son talent témoigne à ses personnages.


- Les conversations
de Anna Lisbeth Marek
Éditions Phébus / Janvier 2014


"Je suis une vieille qui vacille, titubante et méchante, tordue par la douleur, sans doute. Je ne sourcille pas, je bouge à peine. Hébétée, j'ai comme un premier pied dans la tombe. Je distribue çà et là des sourires perdus et las, parfois mes traits tendus deviennent cruels, il faut dire que je suis invivable depuis la maladie d'Henri et l'on peut bien me comprendre. La souffrance et la mort qui rôdent dans la maison depuis un an m'ont rendue toujours plus morne et grinçante. Toujours plus vivante en somme, voici une année que cela dure, Prune, et tout s'est achevé cet après-midi". Au retour de l'enterrement de son mari, Magda, submergée par une rage sourde plus que par la peine, regarde avec dureté la petite troupe rassemblée chez elle après la cérémonie. Comme une obsession, le récit intérieur émerge, les souvenirs se bousculent. Ceux de l'enfance et de la jeunesse aux côtés de Prune, l'amie de toujours, dans le Paris des années trente. Leurs deux familles réunies, l'insouciance et la joie de vivre, les incompréhensions et les déconvenues, aussi. Puis c'est la guerre, l'Occupation. Et la vie d'après. Au fil du récit, l'image du père de Magda se fait omniprésente; un père qui choisit, après la guerre, de se murer dans le silence. Que s'est-il passé que Magda n'ait jamais su? Sur quels non-dits et quels décombres a-t-elle dû construire sa vie?


- Les endormeurs
de Anna Enquist
Éditions Actes Sud / Janvier 2014


Drik est psychothérapeute, Suzanne anesthésiste; frère et sœur, ils sont extrêmement liés depuis que tout enfants ils ont perdu leur mère. Quand son épouse vient à mourir à la suite d'une longue maladie, Drik ne peut se soumettre au retrait. À priori assez fort pour tenir son rôle auprès de ses patients, il commet néanmoins quelques erreurs lorsque le jeune Allard Schuurman, un étudiant en médecine désireux de se former à la psychothérapie, entreprend avec lui une analyse didactique. Les deux hommes étant trop proches, peut-être, dans leur relation à la figure du père, les séances ne se déroulent pas normalement et l'étudiant décide d'abandonner cette formation. Il s'oriente alors vers l'anesthésiologie tout en demeurant en analyse avec Drik, cette fois sans autre nécessité que personnelle. À l'hôpital, Suzanne devient par hasard le référent d'Allard. Et très vite se noue entre eux une relation amoureuse dévorante qui place ce triangle affectif, à leurs yeux invisible, dans une configuration complexe et dangereuse. Car Drik, seul acteur conscient de cette situation infernale, n'en dit mot à personne, pas plus qu'il n'interrompt l'analyse d'Allard, bien qu'il devine que ce garçon fragile ne pourra surmonter l'inévitable rupture.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://le-titre-du-roman.forumactif.org
Elisabeth
Admin
avatar


MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 15:51

- Les lois de la frontière
de Javier Cercas
Éditions Actes Sud / Janvier 2014


À l'été 1978, un adolescent de la classe moyenne en délicatesse avec son milieu croise la route du charismatique Zarco et de son amie Tere et devient un habitué de leur QG, un bar interlope dans un quartier malfamé de Gérone. Bientôt ils l'entraînent de l'autre côté de la "frontière", au pays de ceux qui ne sont pas bien nés, l'initiant au frisson des braquages et au plaisir des tripots. Le garçon navigue entre les deux rives pendant tout l'été, irrésistiblement attiré par les lois de cette jungle dont il préfère continuer d'ignorer les codes, jusqu'au coup qui tourne mal. Vingt ans plus tard, avocat établi, il assure la défense de son ancien camarade multirécidiviste et doit plaider. Pour le symbole vivant d'une rébellion salutaire, la victime expiatoire d'un système frelaté, ou les zones d'ombre de sa propre jeunesse? Un écrivain, chargé de raconter l'histoire, recueille au cours d'entretiens divers les souvenirs et impressions des protagonistes. Lui-même cherche la vérité inattendue et universelle du romancier: l'ambiguïté. C'est dans cette ambiguïté qu'excelle Javier Cercas, qui démystifie ici le romantisme de la délinquance comme celui de la rédemption, la démocratie espagnole et son miroir aux alouettes, les tourments qui toujours gouvernent l'exercice de la liberté.


- Les poussières perdues
de Alexandre Tuzi
Éditions Michalon / Janvier 2014


"Les jours se ressemblent à nouveau, et plus encore qu'autrefois. Je me lève aujourd'hui en me croyant hier. Je me rappelle hier en me voyant demain. Du matin au soir, des journées ennuyeuses sans pouvoir en mourir". Evan et Violet sont enfermés dans un manoir depuis toujours. Prisonniers d'un univers dont ils ne connaissent pas les règles, tous deux attendent que les saisons s'écoulent entre les murs d'une demeure qui les prive des vérités du monde. Comment échapper à l'ennui qui les ronge, au désespoir qui les guette? Mais lorsque le hasard placera sur leur chemin la clef de l'énigme, faudra-t-il fuir, ou rester? Un premier roman qui questionne le hasard comme champ de bataille du destin et du libre-arbitre, et laisse des espaces d'incertitude qui permettent à chacun d'y poser ses réponses. Une composition onirique et poétique, portée par une écriture exigeante.


- Les sept vies du marquis
de Jacques Ravenne
Éditions Fleuve Noir / Janvier 2014


Le 2 juin 1740, Monsieur Sade, père, quitte le lit de sa maîtresse pour aller faire la connaissance de son fils. Quatre ans plus tard, Donatien grandit au milieu des dettes, des calomnies, des adultères, seuls cadeaux que son père ait laissés à sa mère. Que deviendra Sade, adulte, marié contre son gré à une femme qu'il n'aime pas afin d'éponger les dettes de sa famille? Qui connaît vraiment la véritable histoire de cet écrivain à la réputation sulfureuse? Un seul homme: Joseph Fouché. Fasciné par l'auteur des 120 journées de Sodome, le ministre de la Police ne cesse de traquer ses moindres faits et gestes. Après la mort de Donatien, Fouché va révéler toute la vérité sur les sept vies du marquis: libertin à scandale sous Louis XV, prisonnier rebelle sous Louis XVI, politique redouté sous la Révolution, écrivain à succès sous le Directoire, réputé fou sous l'Empire, Sade a été aussi et surtout un grand amoureux, follement aimé en retour. Quant à sa septième vie, vous la découvrirez dans ce roman.


- Les vies parallèles de Greta Wells
de Andrew Sean Greer
Éditions de l'Olivier / Janvier 2014


New York, Greenwich Village, 1985. Greta Wells, une photographe, est atteinte de dépression: son frère jumeau Felix est mort du sida, et son petit ami Nathan vient de la quitter. Elle entreprend un traitement par électrochocs. Le lendemain matin Greta découvre qu'elle a changé d'époque, nous sommes maintenant en 1918. Felix est bien vivant, il est fiancé à la fille d'un sénateur et a une liaison secrète avec son avocat, Alan. Mais la voilà à nouveau projetée dans le temps, en 1941, cette fois. Greta a épousé Nathan, avec qui elle a fondé une famille. Elle fréquente aussi Léo, un homme plus jeune qu'elle. Ces vertigineux allers-retours sont bien plus que des changements d'époque: ce sont des mondes différents que doit affronter Greta, des vies alternatives parmi lesquelles il lui faudra, si elle en est capable, choisir celle qui lui convient. Dans le dédale du temps, une femme cherche son chemin.


- Last exit to Brooklyn
de Hubert Jr Selby
Éditions Albin Michel / Janvier 2014


Peu de livres ont suscité autant de haine, d'admiration  et de polémiques que Last Exit to Brooklyn. À sa sortie en 1964, Allen Ginsberg prédisait que le roman allait "exploser sur l'Amérique comme une bombe infernale qu'on lirait encore cent ans après". Cette prédiction est en train de s'accomplir: Last Exit est considéré aujourd'hui comme la première manifestation et le testament d'une esthétique totalement inédite à laquelle cette nouvelle traduction rend enfin et brillamment justice. Un classique de la littérature contemporaine et de la littérature tout court.


- Lucky girls
de Nell Freudenberger
Éditions 10-18 / Janvier 2014


Loin de chez elles, conquérantes, vulnérables et passionnées, cinq jeunes Américaines affrontent en Asie cette nouvelle vie qui est la leur. De Delhi à Bangkok, chacune s'efforce de trouver sa voie dans un environnement étranger qu'elle est venue chercher par choix, par quête ou par amour, offrant des récits justes et délicats au seuil de l'exil.


- Mauvaise vie
de Helen Walsh
Éditions Flammarion / Janvier 2014


À 19 ans, Millie O'Reilssy subjugue les hommes qui croisent sa route par sa beauté et son intelligence. Étudiante à la dérive, fragilisée par l'abandon de sa mère et l'éloignement de son meilleur ami, elle se lance à corps perdu dans la nuit hédoniste de Liverpool, à coups de drogue bon marché et de sexe à la va-vite. Dans un livre candide et brutalement poétique, Helen Walsh dresse le portrait d'une ville et d'une génération. Mauvaise vie raconte la difficulté pour une jeune femme sur la corde raide de s'accepter telle qu'elle est, avec ses fragilités et ses blessures, et son combat pour ne pas sombrer.


- Mon amie américaine
de Michèle Halberstadt
Éditions Albin Michel / Janvier 2014


Ce matin, Clara m'a demandé pourquoi nous étions amies. Je lui ai répondu que c'était inexplicable. Mais j'ai passé la journée à me poser la question. Pourquoi toi, l'Américaine, la pragmatique, la businesswoman, la midinette, pourquoi occupes-tu une telle place dans ma vie?" Michèle Halberstadt explore avec lucidité et sensibilité le lien si fort de l'amitié face à l'épreuve. Que cherche-t-on à travers l'autre? À quoi rester fidèle, lorsque plus rien n'est comme avant? Que deviennent les sentiments que l'on croyait inaltérables?


- Mon nom est Dieu
de Pia Petersen
Éditions Plon / Janvier 2014


Dieu décide de dicter sa biograghie. Surprises à la clef. Jeune journaliste à Los Angeles, Morgane devrait a priori se méfier de ce SDF dépressif et bougon, peut-être dangereux, qui se place obstinément sur son chemin. Surtout quand il lui annonce qu'il est Dieu et qu'il l'a choisie pour écrire sa biographie. Contre toute raison, Morgane, résolument incroyante, va se laisser captiver par ce personnage improbable. Un Dieu amer, découragé, qui ne comprend pas pourquoi les hommes se détournent de lui, à l'exception de Jansen, fondateur d'une Église aux allures de secte, qui a décidé d'en faire son icône. À cette fable, Pia Petersen parvient à donner une étonnante réalité. Comme Morgane, le lecteur finit par se demander s'il n'a pas réellement affaire à Dieu. Et se laisse prendre au miroir d'une fiction qui en dit assez long sur notre modernité si incertaine d'elle-même.


- Nevermind
13 histoires grunge et noires
Écrit en collectif
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2014


1991. Le monde entier découvre un bébé plongeant dans une piscine pour attraper un billet d'un dollar, accroché au bout d'un hameçon. Dans son sillage, il entraîne toute une génération, conquise par la force incontestable du grunge de Nirvana, dont cet enfant illustre la pochette du deuxième album. Vingt-deux ans après, Nevermind demeure un album culte du XXe siècle et Kurt Cobain une icône éternelle. En hommage à ce monument du rock alternatif, treize écrivains français signent autant de nouvelles inédites, grunge et noires. Odeur de Teen Spirit garantie.


- Nos désirs et nos peurs
de Wulf Dorn
Éditions Cherche Midi / Janvier 2014


"Il y a dans l'esprit humain des lieux auxquels nul ne devrait avoir accès. C'est vers ce côté obscur que Wulf Dorn nous ramène sans cesse". D. C.
1985. Fahlenberg. Jan Forstner, 12 ans, est témoin de la noyade d'une jeune fille qui s'est échappée de la clinique psychiatrique voisine. Le lendemain de la tragédie, le père de Jan meurt brutalemen tet son frère Sven disparaît sans laisser de traces. Traumatisé, le jeune garçon est envoyé dans un pensionnat.
2010. Devenu psychiatre comme l'était son père, Jan accepte un poste à la clinique de Fahlenberg. Là, d'étranges événements le contraignent à revenir sur les drames de son passé. Alors qu'une main mystérieuse semble brouiller toutes les pistes, Forstner entre bientôt dans un terrible labyrinthe psychologique et meurtrier, au sein duquel se terre un effroyable secret. Dans ce roman à la tension infernale, Wulf Dorn dépeint avec une maîtrise rare l'obsession d'un psychiatre face à un passé lourd de séquelles. À ses côtés, le lecteur est invité à reconstituer les pièces éparses du puzzle pour approcher une vérité toujours fuyante. Complexe et riche en rebondissements, l'intrigue, captivante jusqu'à la dernière page, réserve un dénouement totalement inattendu.


- N'oublie pas les oiseaux
de Murielle Magellan
Éditions Julliard / Janvier 2014


Fascinée par les métiers de la scène, une jeune provinciale, discrète et timide, débarque à Paris avec des rêves plein la tête, sa détermination pour seul bagage. À l'École de chansons ou elle prend ses premiers cours, elle est subjuguée par l'un de ses professeurs, charmeur et charismatique, un homme attentif, à la voix pénétrante, de plus de vingt ans son aîné. Si pour elle le coup de foudre est immédiat, le maître, lui, semble de prime abord plus attendri que séduit. Autour de lui, les femmes défilent, attirées comme des papillons de nuit par la lumière. Mais l'histoire ne fait que commencer. Avec cette élève qui n'est ni la plus éclatante, ni la plus extravertie de ses étudiantes, l'insatiable Dom Juan va pourtant vivre une passion au long cours qui ne s'éteindra vraiment qu'avec sa mort. Entre-temps, ils se seront aimés et déchirés, séparés et retrouvés, auront fait un enfant, puis se seront quittés de nouveau, tandis que s'épanouissait le talent de la jeune femme, et que le succès de l'homme, une sommité dans sa profession, connaissait peu à peu le déclin. Pleine de bruit et de fureur, cette histoire s'étend sur presque vingt ans et retrace toutes les étapes d'une relation amoureuse fiévreuse et chaotique. Une histoire qui renaît plusieurs fois de ses cendres, dans laquelle chacun se reconnaîtra à un moment ou à un autre, car elle évoque tous les moments de la vie de couple, de la première rencontre à la séparation, de la passion aux premiers signes d'ennui, de la fusion à la trahison, et jusqu'au deuil douloureux de celui dont la narratrice pensait, bon gré mal gré, qu'il ferait toujours partie de sa vie. Car elle dresse avant tout le portrait d'un homme complexe et attachant, aux multiples facettes, à la fois mentor, pygmalion, ami, amant, amoureux, compagnon, père, qui se révèle être aussi un séducteur impénitent, un mâle égoïste cherchant sans cesse à se rassurer, voire, dans certaines circonstances, le pire des salauds. Symétriquement surgit l'image d'une femme à la force insoupçonnée dont on assiste à l'éclosion en tant qu'artiste, en tant que mère, qui se construit et se découvre au fur et à mesure qu'elle tente d'échapper au piège de cet amour absolu et dévorant, inapte, par essence, à la rendre heureuse.


- Nous sommes jeunes et fiers
de Solange Bied-Charreton
Éditions Stock / Janvier 2014


"Ensemble ils avaient eu des désirs d'ailleurs, mais ce n'était jamais un ailleurs misérable. Le dénuement pour vivre mieux, pas pour mourir. La vie dans des huttes, si l'on voulait, mais dans une ambiance détente, où ne se trouverait aucun clochard. Ils auraient eu peur de rencontrer de vrais pauvres. Enseignante en banlieue nord, Noémie en fréquentait pourtant tous les jours, mais c'étaient des pauvres accessibles, qu'on aimait instruire, issus de la diversité, et qui l'enrichissaient de leurs différences. Avec les autres, on ne savait pas, c'était trop loin, ils avaient sans doute des maladies, des bras en moins. Ce loin pourtant qu'ils chérissaient se devait de comporter des dangers, des surprises. Ils s'y préparaient pour quand ils se décideraient à franchir le pas, aller là-bas, à l'autre bout de la Terre, sans savoir où". Nous sommes jeunes et fiers est le récit d'un retour aux sources. Mais quelles sources convoque-t-on lorsque celles-ci renvoient au désir d'un monde débarrassé de civilisation? Produits des discours publicitaire, écologique et culturel, Ivan et Noémie, nouveaux Adam et Ève à l'insatisfaction permanente, bercés par le vœu chimérique d'une vie plus vraie, sont les figures tragiques d'une époque où la quête de sens prend parfois la forme inattendue d'un voyage sans retour.


- Nous sommes tous à égale distance de l'amour
de Adania Shibli
Éditions Actes Sud / Janvier 2014


Une jeune femme solitaire entretient une correspondance avec un homme qu'elle n'a jamais rencontré. Cela a commencé par une lettre à caractère professionnel qu'elle lui avait adressée, et sa réponse délicate l'avait conduite à lui en écrire d'autres, lui exprimant peu à peu ses sentiments les plus secrets. Et puis, soudain, son correspondant met fin à leur relation épistolaire. Entre alors en scène une autre jeune femme aussi paumée, qui travaille dans un bureau de poste, et qui, à la demande de son père, collaborateur de l'occupant, ouvre les lettres pour vérifier leur contenu politique. Mais ce qui l'intéresse, elle, en particulier, ce sont les lettres d'amour. Aussi bien par sa structure, une suite de "nouvelles" qui s'intègrent dans un récit-cadre, que par une écriture alternant narration objective et confidences intimes, ce roman sur la solitude humaine confirme le talent de l'auteur, l'une des voix les plus significatives de la littérature palestinienne d'aujourd'hui.


- On a sauvé le monde
de Dominique Fernandez
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


Un jeune étranger séjourne à l'Istituto d'Arte de Rome dans les années 1930 pour y poursuivre ses recherches en histoire de l'art sur le peintre Poussin. Il fait sa cour à Giulia Falconieri, jeune aristocrate à la pureté sculpturale, tandis que la sensuelle Wanda, d'origine polonaise, le drague. Mais chacun triche déjà dans ce triangle amoureux, comme si le travestissement des sentiments n'était que la répétition générale du camouflage des identités. Lorsqu'il fait la connaissance d'Igor, fils d'une famille de Russes blancs ayant fui la Révolution d'octobre pour se réfugier dans l'Italie mussolinienne, le narrateur rencontre son destin. Par amour pour ce garçon, il va devenir un espion au service du régime communiste. À Moscou, où nos deux apprentis-agents apportent les documents qu'ils sont parvenus à subtiliser à Rome, les mâchoires du piège se referment sur ces idéalistes dont le régime a su faire ses "idiots utiles".


- Open City
de Teju Cole
Éditions 10-18 / Janvier 2014


Jeune Nigérian interne en psychiatrie, hanté par une rupture, Julius trompe sa solitude en arpentant New York. De rencontres fortuites, professeur de lettres déclinant, cireur haïtien, patients, en rêveries où résonnent l'œuvre de Mahler et l'architecture de la ville, ses déambulations dessinent un paysage humain cosmopolite, à la fois déchiré et uni par la question de l'autre.


- Paris est un rêve érotique
de Thibault Malfoy
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


Tout commence par un carton d'invitation: "Bienvenue au Paris est un rêve érotique". La compagne du narrateur l'invite pour son anniversaire dans ce cabaret parisien. Subjugué par une des danseuses, il se met à confondre fantasmes et réalité. Et voici les insomnies, une soirée littéraire, une nuit blanche "Spécial Zombies" au Max Linder Panorama, du champagne, un concert de Connan Mockasin à La Cigale, un voyage autour du monde dans une baignoire, une exposition sur la pluie au Centre Pompidou, un bar clandestin, une inondation. Y aura-t-il l'amour au réveil?


- Passage de l'amour
de Pascale Roze
Éditions Stock / Janvier 2014


"J'ai voulu que les éléments de ma vie trouvent place dans ce recueil sous forme d'histoires: l'enfance marine, le théâtre, l'Indochine, le couple, la maladie et la mort, mais aussi ma joie et ma confiance. Que les mélodies se répondent en mode majeur ou mineur, comme dans un album de chansons". Pascale Roze
Pascale Roze propose de subtiles variations sur l'amour à travers dix-huit nouvelles rythmées par la lutte d'un couple contre la maladie. Le corps y danse autant qu'il s'épuise, s'éprend, vibre, se désespère, se souvient. On y découvre un homme en attente d'une greffe du cœur; une femme nageant en plein océan pour gagner sa liberté; un poète et un séducteur délicat; un sphinx des peupliers; le petit-fils d'un empereur d'Annam. Nouvelle après nouvelle, se déploie un monde chatoyant dont l'écriture s'attache à trouver l'harmonie.


- Paye ta shnek
de Anaïs Bourdet
Éditions Fayard / Janvier 2014


Mesdames, mesdemoiselles, voilà ce à quoi vous n'avez pas toujours échappé. Messieurs, voici la liste de ce qu'il faut absolument éviter. Véritable défouloir pour les filles, Paye ta shnek recense les témoignages de milliers de femmes, des tentatives de séduction en milieu urbain au harcèlement de rue. Un manifeste féministe anti-blagues lourdes reprenant le meilleur des pires phrases de drague.


- Petits fantômes
de Rodolphe
Éditions Michalon / Janvier 2014


Dickie Force, star du rock'n'roll des années 50, meurt dans un accident, et le journaliste Charlie Waughn, un ancien fan, couvre sa disparition. Mais celle-ci semble bien étrange. Et si le chanteur avait simulé sa mort? Voilà qui expliquerait pourquoi Charlie le rencontre, quelques semaines plus tard, dans une rue paisible de Londres. Il faut dire que Charlie Waughn a autrefois déjà croisé son grand-père et sa première femme, tous les deux décédés. À la frontière du polar et du fantastique, ce roman au ton singulier non dénué d'humour propose également un voyage dans le temps, au cœur des glorieuses fifties et sixties, à la recherche des étoiles d'antan et de nos rêves perdus. Un récit au charme étrange mettant en scène un héros tendre et attachant, grand amateur de rock'n'roll, de fantômes et de whisky single malt.


- Philomena
de Martin Sixsmith
Éditions Presses De La Cité / Janvier 2014


Inspiré d'une histoire vraie, ce livre retrace le destin bouleversant d'un homme et de sa mère qui, séparés leur vie entière, ont tout fait pour se retrouver. Lorsqu'elle tombe enceinte en 1952, Philomena Lee n'est qu'une adolescente. Dans l'Irlande de l'époque, avoir un enfant hors mariage est considéré comme un péché. C'est pourquoi sa famille l'envoie au couvent de Roscrea, tenu par des sœurs de Madeleine, comme d'autres "femmes déchues". Quand son fils Anthony a trois ans, il lui est enlevé afin d'être adopté par de riches Américains. On oblige la jeune femme à signer un document dans lequel elle s'engage à ne jamais chercher à savoir ce que l'église a fait de son enfant. Philomena a malgré tout dédié les cinquante années suivantes de son existence à chercher son fils, se heurtant sans cesse au silence de l'église. Elle ignore que, de son côté, celui-ci a entrepris la même quête. Rebaptisé Michael Hess, le garçon a fait bien du chemin depuis son adoption: avocat réputé, il a rejoint l'administration Bush. Tout en cachant à son entourage familial et professionnel son homosexualité, puis sa séropositivité. C'est justement parce qu'il se sait condamné qu'il décide de partir en Irlande, sur les traces de sa mère. Pour se heurter lui aussi au mutisme des nonnes.


- Plein hiver
de Hélène Gaudy
Éditions Actes Sud / Janvier 2014


Par une aube tranquille et glaciale, un jeune homme apparaît, seul, sur la route de Lisbon, dans le Nord des États-Unis. Aussitôt naît la rumeur qui bientôt envahit les rues de la ville: David Horn est revenu. Quatre ans plus tôt, le garçon de quatorze ans n'est pas rentré d'une soirée comme les autres au cours de laquelle, en compagnie de sa petite bande, il avait refait, rageur, le tour d'un univers étriqué circonscrit par la montagne, le ciel pâle, une rivière minuscule. Son retour perturbe l'équilibre de la communauté, qui s'était resserrée sur son absence, et suscite plus de méfiance que d'enthousiasme. Celui qui revient peut-il être le même que celui qui est parti? Plein hiver explore cet espace blanc de l'identité à petites touches précises qui pénètrent peu à peu le mystère des personnages. Sur le temps qui passe et les rêves plus grands que l'Amérique, sur les éloignements nécessaires et la méconnaissance de ceux qu'on aime, Hélène Gaudy compose un roman fiévreux, trouble comme les blessures d'enfance, qui dessine la cartographie d'adolescences en suspens.


- Pleurs au fusil
de Philippe Tabary
Éditions Cherche Midi / Janvier 2014


Juillet 1914. Aiguillés par les "vétérans" de 1870, jeunes et réservistes se précipitent, la fleur au fusil, pour donner une leçon aux "Prussiens". Un équipement inférieur, un état-major peu inspiré: le sort, en quelques jours, va en décider autrement. La Belgique envahie, Charleroi qui tombe, puis Maubeuge. Cinquante-deux mois d'occupation commencent, à 60 kilomètres des tranchées. Entre exode et réfugiés, pressions et vexations, les épreuves s'accumulent. Partant des 41 noms figurant sur le monument aux morts de sa commune, pour 1 300 habitants, l'auteur nous fait revivre l'ordinaire d'un village de France occupé à la frontière belge. Une trentaine de prisonniers, des mutilés, des blessés, les hommes du rang: au total, près de 200 incorporés, sans oublier les privations, les amours impossibles ou impensables, les naissances illégitimes, la multiplication des décès, la disparition des mariages et des baptêmes... Amendes, corvées, interdictions et système D, on avait faim, froid, peur, on manquait de tout, et d'abord d'informations, même sur les victimes. Le temps n'était plus au diapason des êtres. Le village de l'auteur, situé dans le Nord, là même où retentit le cessez-le-feu en 1918, fut occupé dès septembre 1914. Consultant les archives, recueillant des témoignages, Philippe Tabary retrace ici ces cinquante-deux mois d'une guerre qui fut de loin la plus terrible dans le passé tourmenté du Hainaut de son enfance.


- Plus noire avant l'aube
de Béatrice Fontanel
Éditions Stock / Janvier 2014


"Olga leva la tête pour goûter un instant la fantaisie de ces lignes à l'ironie volubile. L'auteur semblait vouloir taquiner la littérature elle-même, comme un pêcheur le goujon. Elle regarda par la fenêtre pour rêver de Paris. Le paysage continuait de lui plaire. Tout lui semblait plus charmant: l'herbe, les maisons des gardes-barrières et leurs potagers, les rivières plus lascives, leurs rives plus moussues, les villages pittoresques… La dernière nuit lui parut durer une éternité. Alors que l'aube se préparait, Olga souleva doucement le store. La nuit se retirait en se faisant prier". Les guerres, les exodes ont été leurs terrains d'aventure. La littérature, leur viatique. Les Hartmann n'ont eu de cesse de lui rendre hommage. Ce qu'ils ignoraient, c'est qu'à leur tour ils deviendraient des personnages de roman. Partant de la correspondance réelle d'une famille de médecins parisiens d'origine russe, l'auteur a bâti une fiction. D'Odessa à Bobigny, Victor, Olga, André, Gabrielle et les autres vont traverser le XXe siècle avec une gracieuse désinvolture. Comme l'entomologiste, on les observe avancer dans la pénombre des tragédies de l'Histoire et des secrets de famille. Et, toujours, recouvrer la lumière.


- Poisson
de Anton Valens
Éditions Actes Sud / Janvier 2014


En manque d'argent, un artiste peintre s'est vu proposer par un ami d'embarquer quelques jours sur le chalutier de son père. Le temps d'une campagne de pêche il s'agira de renforcer l'équipe, d'apprendre à se montrer efficace, de travailler sans relâche. Bien loin de toute dérive existentielle, voici notre homme confronté à l'âpreté d'un milieu singulier, un monde où ses ravissements se heurtent aux impératifs de rendement. Entre un capitaine bougon, un mécanicien taciturne et un matelot accro à l'étripage des poissons vivants, l'aventure promet des surprises. Bouc émissaire ou témoin silencieux d'un drame sous-jacent, c'est avec un stoïcisme mêlé d'humour et de distanciation que cet étranger en haute mer traverse le pire. Mais les ciels de traîne à ses yeux sont si beaux.


- Porter leur voix
de Laure Heinich
Éditions Fayard / Janvier 2014


Il y a ce prévenu qui se demande s'il doit mettre une cravate tandis que la procureure propose d'ôter ses talons. Il y a cet homme transformé en Cendrillon par la mégère dont il est éperdument amoureux, et qui finit par la poignarder. Il y a cette femme qui ne sait pas si elle est encore la mère d'un mort. Qu'ils soient victimes, coupables ou innocents, l'avocat doit les faire entendre et convaincre des juges. Mais pas seulement. Les défendre, c'est aussi lutter contre l'appareil judiciaire, ses incohérences et ses jugements expéditifs. C'est porter leur voix qui n'est plus écoutée. Et pour cela, sans doute faut-il commence par raconter leur histoire. Avocat pénaliste, Laure Heinich tient également sur Rur89 une chronique intitulée "Derrière le barreau". Document, récit et profession de foi, son livre rappelle qu'entre effarement et compassion, douleur et révolte, un avocat doit avant tout conserver sa faculté de résistance et, finalement, sa liberté de déplaire.


- Poutine et le Caucase
de Régis Genté
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2014


Le 21 mai 1864, dans la vallée de Krasnaïa Poliana, le Grand-duc Michel Nikolaïevitch offrait un banquet pour célébrer la fin de la conquête du Caucase par la Russie tsariste, là même où les tribus circassiennes venaient d'être massacrées. Cent cinquante ans après exactement, en février 2014, s'ouvrent les XXIIe Jeux olympiques d'hiver à Sotchi, dont une partie des compétitions se déroulent précisément à Krasnaïa Poliana. C'est là que Vladimir Poutine, en héritier de la Russie impériale, invite le monde entier à un nouveau banquet. Quel symbole! Car le Caucase est bien le lieu, pour Poutine, de l'affirmation de la force et de la grandeur de la Russie. La guerre en Tchétchénie, le soutien aux indépendantismes d'Ossétie du Sud ou d'Abkhazie, allant jusqu'à la guerre contre la Géorgie, et aujourd'hui les JO à Sotchi, ne visent qu'à replacer la Russie sur le devant de la scène internationale. Et, finalement, la trêve olympique de Sotchi pourrait rester dans l'histoire comme un nouvel épisode des interminables conflits du Caucase, comme une façon de poursuivre la guerre par d'autres moyens en tâchant de sceller symboliquement les victoires du passé. Spécialiste de l'ancien espace soviétique, c'est à un véritable voyage au Caucase que nous convie Régis Genté, dans les pas des grands dirigeants russes, des derniers Tsars à Vladimir Poutine.


- Prendre fin
de Jean-Pierre Enjalbert
Éditions Belfond / Janvier 2014


Plus que quelques instants avant la fin? Et s'il était temps de commencer à vivre? Un splendide après-midi de printemps à Paris. Le soleil illumine les rues et les visages, les jambes des filles sont de sortie et notre héros ne s'est jamais senti aussi vivant. Jusqu'ici tout va bien. Sauf qu'il s'écroule sur l'esplanade du Centre Pompidou. Mourir. Il ne manquait plus que ça: c'est la première fois qu'il meurt et il ne sait pas comment on fait. La farce métaphysique bat son plein dans sa tête. C'est qu'il s'incruste, le moribond, refuse de marcher dans le racket de la mort. Amours, révolte, insolence, ironie, colère, il lance ses dernières forces dans la bataille. Mais peut-on vaincre la fin quand on n'en est pas maître? Le questionnement tout à tour grave, hilarant et foutraque d'un homme définitivement amoureux de la vie.


- Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?
de Georges Perec
Éditions Denöel / Janvier 2014


En France pendant la guerre d'Algérie, Henri Pollak, maréchal des logis le jour et artiste bohème le soir, et sa bande de Montparnasse se mettent en quatre pour faire réformer un camarade de caserne. Les idées fusent et on s'assied avec délectation à la table de ces joyeux compères. Ce court roman savoureux est truffé de figures de style. Un tour subtil de Perec, génial explorateur de la langue, pour parler du conflit qui occupe alors la scène politique. C'était un mec, il s'appelait Karamanlis, ou quelque chose comme ça: Karawo? Karawasch? Karacouvé? Enfin bref, Karatruc. En tout cas, un nom peu banal, un nom qui vous disait quelque chose, qu'on n'oubliait pas facilement.


- Récif
de Juan Villoro
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2014


La côte mexicaine des Caraïbes, autrefois paradisiaque, a désormais tout d'un enfer sur terre. Les aléas climatiques, la crise économique et le délitement général du pays ont tué le business mais attiré un nouveau type de touristes, adeptes de sensations fortes. Un seul complexe hôtelier, situé à l'orée d'une immense barrière de corail et géré par Mario Müller, ex-leader du groupe de rock mexicain les Extraditables, semble survivre: la Pyramide. L'établissement propose une plongée dans la terreur mexicaine: faux kidnapping par de pseudo-guérilleros, rencontre avec des mygales, pratique de sports extrêmes sans filet. Un an après l'arrivée de Tony Góngora, l'âme damnée de Müller, son ancien compagnon de bohème rock, ex-junkie, la folie gagne peu à peu les lieux. Un membre de l'équipe est assassiné. Sous ces tristes tropiques ravagés par la cupidité des uns et la veulerie des autres, Tony, avec l'indolence des désespérés, part à la recherche de la vérité. Roman postmoderne, Récif est une balade mélancolique et réflexive dans les tréfonds de l'âme contemporaine, en même temps qu'un saisissant aperçu des maux qui ravagent le Mexique.


- Ressacs
de David-James Kennedy
Éditions Fleuve Noir / Janvier 2014


Par une nuit d'orage, dans l'un des derniers hôpitaux militaires de la Côte atlantique, un interne disparaît après qu'un de ses patients a été sauvagement assassiné. Bouleversé par la disparition de son confrère, Tom Castille se lance sur ses traces en même temps que les gendarmes. Bientôt il découvre une chose troublante. Dans cet hôpital, un ancien monastère construit par les Augustins mille ans plus tôt, d'autres disparitions ont eu lieu, dans des circonstances semblables. La route du Dr Castille croise celle de Sophie, une femme au comportement étrange, et celle d'un flic au physique de rugbyman. Ensemble, ils repoussent les limites du possible et remontent dix ans, trente ans, deux cents ans en arrière pour découvrir le secret des mystérieux ressacs du passé. Parce que c'est là que se trouve la clé, préservée par la roche et l'océan. Parce qu’ici plus que nulle part ailleurs, personne n'échappe à son destin. Il vous attend, vous guette et finit toujours par vous rattraper.


- Rien de personnel
de Agathe Colombier-Hochberg
Éditions Fleuve Noir / Janvier 2014


À 40 ans, Elsa est une historienne et biographe réputée. Quand elle propose à son éditeur d'écrire la vie de Véra Miller, une comédienne qui a marqué plusieurs générations et continue à enchaîner les rôles, celui-ci trouve l'idée excellente bien qu'étonnante venant d'une universitaire dont tous les écrits portent sur le XVIe siècle. Ce qu'il ne sait pas, ce que personne ne sait, c'est que Vera Miller n'est pas n'importe qui pour Elsa. C'est sa mère. Une mère qui ne l'a pas élevée, qu'elle n'a vue qu'une fois par an jusqu'à sa dixième année, et dont elle n'a eu des nouvelles qu'à travers la presse.


- Seul dans Berlin
de Hans Fallada
Éditions Denöel / Janvier 2014


Mai 1940, Berlin fête la campagne de France. La ferveur nazie est au plus haut. Derrière la façade triomphale du Reich se cache un monde de misère et de terreur. Seul dans Berlin raconte le quotidien d'un immeuble modeste de la rue Jablonski. Persécuteurs et persécutés y cohabitent. C'est Frau Rosenthal, Juive, dénoncée et pillée par ses voisins. C'est Baldur Persicke, jeune recrue des SS qui terrorise sa famille. Ce sont les Quangel, désespérés d'avoir perdu leur fils au front, qui inondent la ville de tracts contre Hitler et déjouent la Gestapo avant de connaître une terrifiante descente aux enfers. Aucun roman n'a jamais décrit d'aussi près les conditions réelles de survie des citoyens allemands, juifs ou non, sous le IIIe Reich, avec un tel réalisme et une telle sincérité.


- Sigmaringen
de Pierre Assouline
Éditions Gallimard / Janvier 2014


En septembre 1944, un petit coin d'Allemagne nommé Sigmaringen, épargné jusque-là par les horreurs de la guerre, voit débarquer, du jour au lendemain, la part la plus sombre de la France: le gouvernement de Vichy, avec en tête le maréchal Pétain et le président Laval, leurs ministres, une troupe de miliciens et deux mille civils français qui ont suivi le mouvement, parmi lesquels un certain Céline. Pour les accueillir Hitler a mis à leur disposition le château des princes de Hohenzollern, maîtres des lieux depuis des siècles. Tout repose désormais sur Julius Stein, le majordome général de l'illustre lignée. Depuis les coulisses où il œuvre sans un bruit, sans un geste déplacé, il écoute, voit, sait tout. Tandis que les Alliés se rapprochent inexorablement du Danube et que l'étau se resserre, Sigmaringen s'organise en petite France. Coups d'éclat, trahisons, rumeurs d'espionnage, jalousies, l'exil n'a pas éteint les passions. Certains rêvent de légitimité, d'autres d'effacer un passé trouble, ou d'assouvir encore leurs ambitions. Mais Sigmaringen n'est qu'une illusion. La chute du IIIe Reich est imminente et huit mois après leur arrivée tous ces Français vont devoir fuir pour sauver leur peau. De ce théâtre d'ombres rien n'échappe à Julius Stein. Sa discrète liaison amoureuse avec Jeanne Wolfermann, l'intendante du maréchal, le conduira à sortir de sa réserve et à prendre parti.


- Sphinx
de Christine Falkenland
Éditions Actes Sud / Janvier 2014


Apprenant que son ex-mari a retrouvé un bonheur familial parfait avec la belle Claire dans la banlieue chic de Göteborg, une quadragénaire est suffoquée par l'insoutenable injustice de ses propres échecs. Dès lors, elle se met à roder autour du couple bienheureux, hantée par le besoin d'épier leur intimité. Écrivant à Claire, elle prétend la mettre en garde contre la véritable nature de son bien-aimé. C'est le début d'une correspondance à sens unique, dont l'issue s'annonce fatale. Dans un langage suggestif et insidieux, Christine Falkenland fait preuve d'une subtilité troublante en pénétrant la vie intérieure de ses personnages, ne se contentant jamais d'observer le mal de loin, habile à le partager et à le faire vivre.


- Standard
de Nina Bouraoui
Éditions Flammarion / Janvier 2014


Bruno Kerjen avait la certitude que "le monde réel était fait d'hommes et de femmes à son image, qui pouvaient être remplacés sans que personne remarque la différence de l'un, l'absence de l'autre". Employé d'une entreprise de composants électroniques, cet homme de 35 ans n'attendait rien de la vie. À l'occasion d'un week-end passé chez sa mère près de Saint-Malo, il recroise Marlène. La toxique Marlène de ses années de lycée. Bruno Kerjen, qui s'était comme protégé jusque-là d'éprouver tout sentiment, a désormais un rêve: Marlène. Portrait d'un antihéros de notre temps, d'un homme sans qualités replié sur lui-même, mû uniquement par la peur, Standard est aussi un roman tragique: un homme va chuter, inéluctablement et sous nos yeux, parce qu'il s'est décidé à aimer.


- Tant que je serai en vie
de Olivier Charneux
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


Quand, au début des années 1980, un mal étrange et encore innommé décima nombre d'homosexuels, Olivier Charneux vit mourir beaucoup de ses proches. Bien qu'épargné par ce fléau, il chercha dans ce face-à-face avec la mort précoce des raisons de comprendre et d'espérer. Jeune écrivain, il se tourna vers des "Phares" qui balisèrent alors son chemin de survie. Ces "Phares", pour lui, se nommèrent Racine, Pina Bausch, Marguerite Duras, Barbara, Violette Leduc, Jim Jarmusch, Christian Boltanski, Gus Van Sant, Nan Goldin, Coppola, Bram Van Velde, Hervé Guibert et quelques autres. Avec eux, grâce à eux, il a surmonté le chaos. Ces artistes lui ont surtout appris à aimer par temps de détresse. Voici le livre qui détaille avec minutie cette aventure aussi douloureuse que lumineuse.


- Témoin des morts
de Elisabeth Herrmann
Éditions Fleuve Noir / Janvier 2014


À Berlin, Judith Kepler nettoie les maisons dans lesquelles des personnes sont décédées. Scènes de crime, scènes de morts ordinaires, elle a tout vu. Quand son patron l'appelle et lui demande de mettre en ordre le domicile d'une femme assassinée, la mission semble tout à fait habituelle. Enfin, presque. Car il y a bien une chose qu'elle ne s'attendait pas à trouver dans ce décor: son propre dossier d'admission à l'orphelinat de Sassnitz. Judith a passé son enfance dans cette institution austère, qui se trouvait à l'époque en Allemagne de l'Est. Mais pourquoi Christina Borg détient-elle ces papiers? Troublée par cette découverte trop étrange pour n'être qu'une coïncidence, Judith décide d'enquêter sur le meurtre, qui s'avère intimement lié à son histoire familiale. Elle ignore qu'elle s'apprête à réveiller les démons de la guerre froide, dont les blessures sont loin d'être refermées.


- Tes mots sur mes lèvres
de Katja Millay
Éditions Fleuve Noir / Janvier 2014


Je m'appelle Nastya. Voilà 452 jours que je ne parle plus. À personne. Depuis que quelqu'un m'a volé ma vie et ma seule passion. Dans mon nouveau lycée, personne ne sait qui je suis et tout le monde me fuit. Sauf Josh Bennett. Il est toujours seul, comme moi. Un jour, il me parle. Et ma vie change. Encore une fois.


- Toutes les choses de la vie
de Kevin Canty
Éditions Albin Michel / Janvier 2014


Habité par la présence entêtante des paysages du Montana dont Kevin Canty a fait son territoire littéraire, Toutes les choses de la vie s'inscrit dans une grande tradition américaine. Une prose âpre et minimaliste, qui va à l'essentiel et exprime sentiments et émotions avec une vérité saisissante, fait de lui un formidable observateur des êtres, des couples, et des lignes de faille qui les traversent. Comme chaque année, June et RL se retrouvent le long de la Blackfoot River, une bouteille de Johnnie Walker à la main, pour célébrer l'anniversaire et la mémoire de Taylor, mort onze ans plus tôt. June a été son unique amour, RL son ami d'enfance. Mais ce jour-là, décidée à prendre un nouveau départ, June déclare qu'elle ne sera plus jamais "la veuve de personne". Divorcé, père d'une fille de vingt ans, et un peu paumé, RL sait secrètement qu'il est, lui aussi, à un carrefour de son existence. Et qu'il ne tient qu'à lui de lui donner un sens. Surtout lorsqu'il voit resurgir son amour de jeunesse, Betsy, une femme aux abois qu'il se met en tête de sauver.


- Toutes les familles ont un secret
de Tania de Montaigne
Éditions Flammarion / Janvier 2014


"Ceci est une histoire vraie et, comme dans toutes les histoires vraies, il y a des secrets. Toutes les familles ont un secret. Le monde se divise simplement entre ceux qui savent tout ou partie du secret et ceux qui croient qu'ils n'en ont pas. Il y a ceux qui savent et ceux qui croient".


- Toutes les guerres
de Evgueni Tkatchenko
Éditions Actes Sud / Janvier 2014


Parce qu'il a choisi le métier des armes à l'époque soviétique, que l'URSS s'écroule et qu'il a lu un jour dans une revue professionnelle un reportage sur la Légion étrangère, Sergueï, un jeune militaire de carrière, décide de venir jusqu'à Marseille s'engager dans ce corps mythique. Mais même rompu à la discipline et à l'entraînement des troupes d'élite de son pays, l'impétrant devra en passer par une formation, une initiation, qui va lui inculquer de nouveau "l'art de bien souffrir et de bien mourir". Comme un second apprentissage de la servitude et de la grandeur militaires. Quand bien même la Légion serait un microcosme hermétiquement clos, ceux qui la composent vivent dans notre monde, ici et maintenant. Et quoi de plus normal qu'un jeune homme tombe amoureux d'une jeune fille, et réciproquement? Sauf que l'élue est d'origine algérienne, et qu'on a tort d'oublier que "les histoires d'amour finissent mal en général…" On l'aura compris, ce grand roman en partie autobiographique apporte une nouvelle fois la preuve, comme souvent dans la littérature russe, que la plume et l'épée ne sont pas inconciliables.


- Trois jours à Oran
de Anne Plantagenet
Éditions Stock / Janvier 2014


J'ai toujours su qu'un jour il faudrait que j'aille en Algérie. Je suis fille, petite-fille, arrière-petite-fille de pieds-noirs. Enfant, j'en étais fière, ensuite j'en ai eu honte. Longtemps je me suis trouvée là, entre ces deux rives. Et la relation complexe, douloureuse, que j'entretenais avec mes racines a dirigé ma vie malgré moi, dicté mes choix. Quand ma grand-mère est morte, j'ai pensé que ce jour était arrivé. Le 15 septembre 2005, j'ai embarqué avec mon père sur un vol à destination d'Oran. J'ignorais ce que nous allions trouver là-bas, si la maison où il était né existait encore, comment nous serions accueillis. J'ignorais surtout si ce voyage, dont j'attendais beaucoup et que j'ai forcé mon père à accomplir avec moi, serait une victoire, ou une erreur. Il y avait un risque. Je l'ai pris.


- Trois vies de saints
de Eduardo Mendoza
Éditions Du Seuil / Janvier 2014


À l'occasion du Congrès eucharistique de 1952, un évêque latino-américain au passé trouble est hébergé dans une famille catalane; un coup d’État dans son pays l'entraîne dans de rocambolesques péripéties à travers les rues de Barcelone. Le fils d'une célèbre ophtalmologue soudain décédée rentre précipitamment d'Afrique pour recevoir à Bruxelles un prix prestigieux au nom de sa mère, et prononce une diatribe contre le milieu scientifique. Un criminel incarcéré s'initie à la littérature grâce à une professeur qui enseigne dans les prisons et devient un auteur de best-sellers. Dans ces trois récits, les saints, comme on peut s'y attendre, ne sont ni des martyrs ni des anachorètes, mais des fous ou des génies prêts à renoncer à tout pour une idée. Le lecteur retrouvera dans ces histoires l'humour inimitable d'Eduardo Mendoza, ainsi que sa tendresse et sa réflexion profonde sur notre société.


- Tu n'as pas tellement changé
de Marc Lambron
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


"Mon frère Philippe est mort le 17 juillet 1995, un peu avant midi, dans une chambre de l'hôpital de Villejuif. Il aurait eu trente-quatre ans une semaine plus tard. C'est le seul frère que j'ai connu, le seul que j'aurai jamais. L'image de Philippe allant vers sa fin n'existe en moi que par la brûlure qu'il a entretenue pendant des années, et qui dure encore. Pour parler de lui, pour aller vers lui, je suis contraint de revenir aux zones qu'il a éclairées et calcinées. Si grand soit l'amour, si fort le passé partagé, mon frère, à partir d'un certain moment, ne m'a plus été sensible que par la blessure. C'est à cette aune que je mesure combien je l'ai connu, combien je l'ai méconnu. On peut retracer de l'extérieur la vie d'un autre; mais le deuil ne renvoie qu'à soi, oblige à retrouver en soi le souvenir de ce qui fut".


- Un garçon flou
de Henri Raczymow
"Éditions Gallimard / Janvier 2014


Elle s'appelle Léna, elle me tend une main franche, spontanée, déterminée. Et en même temps délicate.
– Moi, c'est Richard. Dick en anglais, j'ai cru bon d'ajouter. Richard Federman.
– Ah oui? Pourtant, on ne dit pas Dick Cœur de Lion.
La remarque est pertinente, sans conteste. Richard Federman, étudiant, traverse Mai 68 à Paris, un peu ahuri, vaguement amoureux, mais de qui? Léna Chevalier? Solange Sarfati? Esther Litvak, sa directrice de thèse? Rosine Dufreynois, à qui il donne des cours de français? À moins que, tel le Frédéric Moreau de Flaubert, Richard ne traverse la Seine, la cour de la Sorbonne, la Révolution, les amours, la vie, sans adhérer, lointain, détaché. Et d'abord de lui-même. Et si résidait là, dans ce trait, son désir d'être un jour écrivain? H. R.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://le-titre-du-roman.forumactif.org
Elisabeth
Admin
avatar


MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 15:44

- Un homme, ça ne pleure pas
de Faïza Guène
Éditions Fayard / Janvier 2014


Né à Nice de parents algériens, Mourad voudrait se forger un destin. Son pire cauchemar: devenir un vieux garçon obèse aux cheveux poivre et sel, nourri par sa mère à base d'huile de friture. Pour éviter d'en arriver là, il lui faudra se défaire d'un héritage familial pesant. Mais est-ce vraiment dans la rupture qu'on devient pleinement soi-même?


- Un matin nous partons
de Florence Chapiro
Éditions Fayard / Janvier 2014


Qu'est-ce que Paris vu de l'autre côté de la Méditerranée quand on a à peine dix-huit ans? Une fratrie part à la conquête de la capitale, ivre de secrètes ambitions et de fantasmes appris dans les livres. L'un après l'autre, les trois sœurs et le frère font le voyage, se cognant aux désillusions inévitables, tout en se croyant libres et vierges. Mais leur mère acceptera-t-elle de voir pousser ses enfants sur une autre terre? Et l'oubli des racines est-il vraiment à la portée de tous les cœurs?


- Un truc sauvage
de Julien Decoin
Éditions Du Seuil / Janvier 2014


Six adolescents trompent l'ennui de leur petite ville de province avec ce qu'ils peuvent: bières, filles et, depuis peu, groupe de rock. Ils font les quatre cents coups, bien décidés à aller au bout, le grand final, avec impatience. Tout s'accélère lorsque l'un d'eux assure son bonheur auprès de Lapar, agence de réussite. Le contrat est efficace: les concerts, les groupies et les diplômes sont garantis. Quel prix? Peu importe, ils verront plus tard. Mais la vie n'attend pas et se paie sur la bête: elle ampute la belle main à six doigts qu'ils formaient. Lapar n'y peut rien. Les cinq restants non plus. Le bonheur est-il encore possible?


- Un peu la guerre
de Jean Rouaud
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


"Nous étions deux ou trois ans après mai 68. On m'annonçait que le roman était mort, ce qui n'était pas la meilleure nouvelle quand on se promettait de devenir écrivain. Le siècle n'avait pas été avare en exterminations massives, alors face à ces montagnes de cadavres on n'allait pas se lamenter pour la mort d'un genre, le roman, parfaitement bourgeois et réactionnaire. La solution de remplacement? Le texte, rien que le texte. Mais à la réflexion, il y avait une autre mort qui était passée inaperçue; celle, brutale, de mon père. Est-ce que de cette mort du roman, on ne pourrait pas faire le roman de la mort? Le roman du mort? Vingt ans plus tard, j'apportai à l'éditeur le manuscrit qui glissait cette disparition d'un homme de quarante-et-un au milieu des massacres de la première guerre. L'éditeur s'alarma d'une autre disparition, celle du narrateur. Au bilan du siècle, il convenait de rajouter deux victimes collatérales: le roman et moi".


- Un week-end entre amis
de Madeleine Wickham / Sophie Kinsella
Éditions Belfond / Janvier 2014


La redécouverte du premier roman d'une jeune romancière plus connue aujourd'hui sous le nom de Sophie Kinsella. Un régal de comédie à l'anglaise, caustique et hilarante, pour une vision décapante des relations au sein de la jeune bourgeoisie britannique. Quoi de plus agréable qu'un week-end à la campagne, avec des amis perdus de vue depuis dix ans, pour évoquer le bon vieux temps? C'est ainsi que les anciens de Seymour Road se retrouvent dans la superbe maison de Patrick et Caroline. Au menu: détente, tennis, cocktails et règlements de comptes. Car les choses vont rapidement tourner au vinaigre. Malgré la joie affichée, le temps a écorché la belle complicité d'autrefois. Pire, cette plongée dans le passé va obliger chacun à comparer sa situation à celle des autres et à ses rêves de jeunesse. Pour certains, le constat est amer.


- Une histoire partielle des causes perdues
de Jennifer Dubois
Éditions Robert Laffont / Janvier 2014


Enfant prodige des échecs, Alexandre Bezetov arrive à Leningrad en 1979, le jour de la célébration du centenaire de Staline. Quelques années plus tard, il est champion du monde, titre qu'il conserve pendant vingt ans, avant de se faire ridiculiser par un ordinateur. En 2006, Irina Ellison, 31 ans, professeur à Cambridge, Massachussetts, apprend qu'elle est atteinte de la maladie dégénérative qui a tué son père. Il lui reste à peine deux ans avant que commencent à se manifester les symptômes de sa prochaine déchéance, comme la perte progressive de la mémoire et du contrôle corporel. En rangeant des affaires, elle découvre la copie d'une lettre que son père, grand amateur d'échecs, avait envoyée à Bezetov. Dans cette lettre il demande: "Quelle histoire se raconte-t-on quand on a la certitude écrasante d'être vaincu?" Cette question trouve chez elle un écho tragique, et elle décide de se rendre en Russie, chez Bezetov, pour obtenir la réponse. Là, elle découvre qu'Alexandre Bezetov s'est lancé dans une cause perdue d'avance: l'opposition politique à Vladimir Poutine. Il est en train de réunir les derniers témoins pour un documentaire dénonçant la responsabilité du chef de l'État dans les sanglantes prises d'otages imputées aux Tchétchènes. Cloîtré dans un immense appartement, protégé nuit et jour par des gardes du corps, il est l'objet de la surveillance du pouvoir et menacé de mort. Son meilleur ami, Ivan, dissident, a depuis longtemps été assassiné et la seule femme qu'il ait jamais aimée, Elisabeth, l'a quitté après quelques semaines d'une immense passion. Ombre disloquée et désespérée, Irina, avec son étrange question, apporte un réconfort inattendu à Alexandre. Elle réveille l'innocence et la foi de l'époque où il aimait Elisabeth et fréquentait Ivan. Irina, de son côté, trouve dans la cause perdue d'Alexandre un moyen de terminer son existence avec panache. Bravant l'interdiction du pouvoir, elle part enquêter dans un dépôt de l'armée russe d'où proviendraient les armes ayant servi aux attentats attribués aux Tchétchènes.


- Une jeunesse européenne
de Guillaume Klossa
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


"Notre jeunesse": c'est bien le titre que Guillaume Klossa pourrait donner à cet essai fougueux et libre qui est aussi l'histoire d'une génération. Nés au début des années 1970, ils devraient être les enfants de la liberté: ils auront connu la pilule, le féminisme, la fin du communisme; mais aussi la crise économique, dévastatrice, le terrorisme, le Sida, tout au long de leur enfance. Leurs parents auront traversé les Trente Glorieuses, inoubliables et presque irréelles, faites de machines à laver, de voitures performantes, de voies sur berge et bientôt de télématique. Une génération qui a dans son ADN la mémoire de la guerre de 14 et de celle de 39-45 transmise par leurs grands-parents. De cet héritage, il leur reste un confort, une paix, mais aussi une absence d'idées, ou d'idéologie, qui s'appelle: le désenchantement. Pourtant, nous dit Klossa, "notre génération" a un destin, et un destin universel: elle a vingt ans quand le Mur de Berlin s'effondre, trente et des poussières le 11 septembre, et approche la quarantaine quand Internet transforme la société et le monde. Et maintenant qu'elle arrive aux responsabilités familiales et sociales, c'est désormais à elle d'écrire la suite de notre histoire. Au cœur de ces révolutions positives, il y a une générosité, des rencontres, un espoir, mais cette génération, bizarrement, semble hésiter à saisir son destin, son histoire. Avec ses amis, Enrico Letta, Sofi Oksanen, Cynthia Fleury, dirigeants, écrivains, penseurs engagés, scientifiques de haut vol comme Cédric Villani, mais aussi hommes d'affaires ou syndicalistes, Guillaume Klossa croit au rêve européen, à l'accomplissement de l'histoire. Ils ont fondé un think tank, EuropaNova, et ce livre est une sorte de feuille de route, d'engagement moral, de contrat avec soi-même.


- Une maison de rêve
de Madeleine Wickham / Sophie Kinsella
Éditions Belfond / Janvier 2014


Au départ, racheter cette très chic école privée semblait être une bonne idée. Mais, aujourd'hui, Liz et Jonathan se demandent dans quelle galère ils se sont fourrés. Lourdement endettés, ils ne parviennent pas à vendre leur ancienne maison et subissent les foudres de leur banquier, ainsi que celles d'Alice, leur fille ado, déprimée par la perspective du déménagement. C'est alors que Liz fait la connaissance de Marcus, directeur de l'agence immobilière locale. En quelques coups de fil, il rassure la banque et trouve les locataires idéaux: Ginny, jeune attachée de presse, et Piers, acteur sur lequel Alice craque instantanément. Tandis que Liz croit filer le parfait amour, le pauvre Jonathan se débat pour faire tourner l'école; Alice trouve un peu trop souvent refuge chez les nouveaux locataires; Marcus, quant à lui, marié et père, cède bientôt à la culpabilité. Une situation potentiellement explosive.


- Une peine capitale
de Christian Astolfi
Éditions Flammarion / Janvier 2014


Le narrateur refuse de choisir le chemin professionnel de son père, le dernier bourreau de la République. Il essaie d'assumer ce douloureux héritage, mais continue de ressentir les marques de cette filiation.


- Une terre d'ombre
de Ron Rash
Éditions Du Seuil / Janvier 2014


Laurel Shelton est vouée à une vie isolée avec son frère, revenu de la Première Guerre mondiale amputé d'une main, dans la ferme héritée de leurs parents, au fond d'un vallon encaissé que les habitants de la ville considèrent comme maudit: rien n'y pousse et les malheurs s'y accumulent. Marquée par ce lieu, et par une tache de naissance qui oblitère sa beauté, la jeune femme est considérée par tous comme rien moins qu'une sorcière. Sa vie bascule lorsqu'elle rencontre au bord de la rivière un mystérieux inconnu, muet, qui joue divinement d'une flûte en argent. L'action va inexorablement glisser de l'émerveillement de la rencontre au drame, imputable exclusivement à l'ignorance et à la peur d'une population nourrie de préjugés et ébranlée par les échos de la guerre. La splendeur de la nature, le silence et la musique apportent un contrepoint sensible à l'intolérance, à la xénophobie et à un patriotisme buté qui tourne à la violence aveugle.


- Vingt ans et plus
de Daniel Rondeau
Éditions Flammarion / Janvier 2014


"Mon grand-père, modeste vigneron de Champagne, tenait le journal des vents et des températures, de la fleur de la vigne, des maladies et des vendanges. Je décidai de faire comme lui et comme ma mère (qui notait aussi chaque centime dépensé sur son agenda). Je n'avais jamais ouvert mes cahiers. Je les ai lus comme s'ils étaient d'un autre. Il m'a semblé y retrouver un peu de l'eau de la vie, quelques gouttes, recueillies dans la paume de la main, au jour le jour, avant le filtrage. Eau vive: amitiés, désamitiés, engagements, voyages, hauts, bas, solitudes, indignations, rencontres, nouveaux départs, lectures, regrets, libertés et bonheurs". Dans ces cahiers, on croise des responsables politiques (Chirac, Mitterrand, Balladur, Védrine, Kouchner, Villepin, Sarkozy), des écrivains, des marins et des boat people, beaucoup d'amis français et étrangers, des archéologues et des boxeurs. Mais ce qui frappe à la lecture, ce qui restera longtemps, c'est le regard d'un homme passionné par la littérature et la France, qui arrive à nous faire entrevoir l'histoire en marche.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://le-titre-du-roman.forumactif.org
Elisabeth
Admin
avatar


MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 10:22

- Agapè
de Marcelo Rossi
Éditions Robert Laffont / Novembre 2013


Agapè est le mot grec pour l'amour divin, inconditionnel et spirituel, s'ajoutant à Éros, l'amour physique, Storgê, l'amour familial, et Philia, l'amitié. C'est le terme utilisé par les chrétiens pour décrire l'amour de Dieu envers les hommes. Dans cet ouvrage vendu à des millions d'exemplaires au Brésil, le père Marcelo Rossi parle de l'amour Agapè en s'inspirant d'extraits de l'Évangile de saint Jean. Son propos n'est pas d'expliquer l'Évangile, mais de nous inviter à la réflexion et à la prière, de nous faire comprendre ce qu'est l'Agapè, l'amour de Dieu qui donne son sens à la vie. À travers ses commentaires, Marcelo Rossi aborde les questions de l'amour, de la tolérance, de l'humilité et du pardon. Avec l'épisode des Noces de Cana, il pointe le rôle essentiel de Marie, femme attentive aux inquiétudes et aux besoins de ses enfants qui porte en elle l'Agapè, l'amour sans limites, l'amour qui ne demande rien; avec le miracle de la multiplication des pains, c'est l'amour en action: donner l'hospitalité à ses frères est une part essentielle du christianisme; avec l'histoire de la femme adultère, Marcelo Rossi montre qu'une société sans miséricorde est une société de condamnations, sans émoi: jeter des pierres c'est ne pas comprendre le concept chrétien de l'amour. Amour, tolérance, humilité, pardon... Cet ouvrage n'est pas destiné qu'à un public catholique et croyant. Les valeurs prônées par Marcelo Rossi sont universelles, elles nous aident à vivre mieux, à aimer mieux et à être heureux. À contre-courant de la violence et de l'individualisme de la société actuelle, elles donnent un sens à notre vie.


- Ainsi résonne l'écho infini des montagnes
de Khaled Hosseini
Éditions Belfond / Novembre 2013


Dans le village de Shadbagh, Abdullah, dix ans, veille sur sa petite sœur Pari, trois ans. Entre les deux enfants, le lien est indéfectible, un amour si fort qu'il leur permet de supporter la disparition de leur mère, les absences de leur père en quête désespérée d'un travail et ces jours où la faim les tenaille. Mais un événement va venir distendre ce lien, un choix terrible qui modifiera à jamais le destin des deux jeunes vies, et de bien d'autres encore. Des années cinquante à nos jours, d'une petite cahute dans la campagne afghane aux demeures cossues de Kaboul, en passant par le Paris bohème des seventies et le San Francisco clinquant des années quatre-vingt, Khaled Hosseini le conteur nous emmène dans un voyage bouleversant, une flamboyante épopée à travers les grands drames de l'Histoire.


- Ainsi soit Benoîte Groult
de Catel
Éditions Grasset & Fasquelle / Novembre 2013


Ce livre est à l'origine l'histoire d'une amitié entre deux femmes de deux générations différentes, l'une romancière et pionnière du féminisme, l'autre dessinatrice et pionnière de la bio-graphique, telle qu'elle la nomme. "J'avais ressenti le coup de foudre de l'amitié dès ma première rencontre avec Catel. J'ai vraiment eu l'impression, en la voyant s'emparer de ma vie, d'entrer dans un univers de liberté, de vérité et d'humour. J'ai pu dire "Bravo, Catel, tu as du génie", raconte malicieusement l'aînée". Rencontres dans tous les lieux chers à Benoîte, à Hyères, en Bretagne; à Paris, et retours sur les épisodes les plus marquants de l'histoire personnelle d'une femme engagée durant presque un siècle (Benoîte est née en 1920): de la famille grande bourgeoise mais libre aux combats les plus légendaires du féminisme, de l'avortement au divorce, de la féminisation des noms de métiers à l'amour qui s'invente au quotidien, de Georges de Caunes à Paul Guimard et son ami François Mitterrand, de la presse au roman. Ainsi soit Benoîte Groult est bien plus qu'une biographie en dessins: c'est une odyssée de la femme moderne, une visitation intime et drôle, tendre et douce, d'un destin qui se confond avec l'histoire de la Femme et de l'écrivaine.


- Annawadi
Vie, mort et espoir dans un bidonville de Mumbai
de Katherine Boo
Éditions Buchet Chastel / Novembre 2013


À Annawadi, bidonville qui jouxte l'aéroport international de Mumbai, 3 000 personnes s'entassent dans quelque 300 masures étayées de ruban adhésif et de cordes. Avec Abdul, jeune trieur de déchets épris de justice et de pureté, avec Asha, la reine des magouilleuses, et sa fille Manju, qui fonde son avenir sur la lecture de Mrs Dalloway, ou encore avec Fatima l'unijambiste, indicible figure de l'horreur, Katherine Boo rappelle ce qu'être misérable veut dire. Pendant quatre ans, elle a suivi les habitants de ce bidonville ordinaire pour comprendre pourquoi, dans une Inde en pleine expansion économique, certains s'en sortent et d'autres non. Si l'histoire personnelle des individus ne suffit pas à tout expliquer, on pénètre pourtant d'autant mieux ce pays que l'auteure nous en apprend davantage sur la vie de chacun. Sans jamais tomber dans la caricature ni dans la leçon de morale, elle restitue de manière inoubliable ce lieu grouillant de vie en tentant de répondre à cette question: pourquoi nos sociétés inégales n'implosent-elles pas?


- Après la fin
de Barbara Abel
Éditions Fleuve Noir / Novembre 2013


Tiphaine et Sylvain vivent ensemble depuis presque 20 ans. Ils ont connu des moments merveilleux et ont surmonté main dans la main des épreuves difficiles. Comme tant d'autres époux... Aujourd'hui leur couple bat de l'aile et élever Milo, leur fils de 15 ans, n'est pas une partie de plaisir. Une situation qui pourrait être très classique. Si Milo n'était pas leur fils adoptif. Si Milo n'était pas le fils de leur ancien voisin David qui s'est suicidé dans sa propre maison. Si Milo n'était pas le meilleur ami de Maxime, leur fils, décédé brutalement à l'âge de 7 ans. Si Milo n'avait pas hérité de la maison de son père dans laquelle vit désormais la nouvelle famille recomposée. Et si une nouvelle voisine n'était pas venue s'installer précisément dans leur ancienne maison, de l'autre côté de la haie, avec un petit garçon de 7 ans.


- Au ressac au ressaut
de Roger Lesgards
Éditions Cherche Midi / Novembre 2013


Les robots n'ont jamais été enfants. Ils naissent adultes, définitivement conformés, conformistes, fonctionnels, efficaces. Dans nos sociétés "technicistes", beaucoup d'hommes se sont robotisés. Ce qui, dans la perte volontaire d'un temps d'innocence et de questionnement où les mots trébuchent sur les choses, leur confère un air conquérant, les rend sûrs d'eux-mêmes, "incontournables". Imagination formatée, conscience atrophiée, ils traitent la planète et les sociétés comme simples ressources. À exploiter. Car c'est bien dans l'enfance que sourd l'imaginaire, qu'apparaît la première conscience, que prend corps le langage. Là se tient la fabrique de l'âme. Pour moi, ne peut prétendre aborder aux rives limoneuses de la poésie que celui qui n'offusque pas cette partie constitutive de lui-même, qui, plutôt que de la renier, la maintient vive pour abreuver sa vision du monde. Il s'agit de ménager en soi des clairières de naïveté où sens et sons rabibochés viendront à la lune danser la gigue nouvelle aux rythmes des flûtes nasales, des mirlitons et des tambourins. Le reste, à la condition d'accorder aux mots le bénéfice du doute et de les forcer à dire le "vrai du vrai" tout en mentant avec effronterie, suivra.


- Belle époque
de Élizabeth Ross
Éditions Robert Laffont / Novembre 2013


Lorsque Maude Pichon s'enfuit de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage dont elle ne veut pas, elle monte à Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l'exposition universelle de 1889. Hélas, ses illusions romantiques s'y évanouissent aussi rapidement que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d'un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle: "On demande de jeunes filles laides pour faire un ouvrage facile". L'Agence Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre: le repoussoir. Son slogan? "Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d'emblée plus attirante" . Étranglée par la misère, Maude postule. Monsieur Durandeau a déjà amassé une petite fortune grâce à sa riche clientèle, et quand la Comtesse Dubern vient chercher une compagne pour Isabelle, sa fille aux idées bien arrêtées, Maude est immédiatement choisie comme faire-valoir idéal. Mais Isabelle ne sait pas que sa nouvelle "amie" n'est en fait que de location, et l'existence de Maude au sein de l'aristocratie repose entièrement sur sa capacité à garder ce lourd secret. Pourtant, plus elle en apprend sur Isabelle, et plus sa loyauté envers la Comtesse est mise à l'épreuve. Et plus la tromperie dure dans le temps, plus Maude aura à perdre.


- Calico Joe
de John Grisham
Éditions Robert Laffont / Novembre 2013


Paul Tracey vit paisiblement à Santa Fé avec sa femme et leurs trois filles. Jusqu'au jour où il apprend que son père, Warren, avec lequel il a rompu tout lien, est atteint d'un cancer incurable. À la fin des années 60, Warren Tracey, joueur de base-ball professionnel, a connu sa brève heure de gloire dans la célèbre équipe des Mets de New-York. Arrogant et sournois, il a tristement marqué les annales du base-ball en visant à la tête un fabuleux joueur en pleine ascension, "Calico" Joe, lors d'un match crucial de 1973. Après des mois d'hospitalisation consécutifs à une attaque cérébrale, Joe s'est retrouvé handicapé et aveugle d'un œil. Sa carrière s'est brisée net, alors qu'il était sur le point de devenir le Di Maggio de sa génération. Âgé de onze ans, Paul, dont Joe était l'idole, a été témoin du lancer déloyal de son père. Depuis ce jour, il ne lui a plus inspiré que du dégoût. Père absent et époux infidèle, Warren a divorcé de sa femme puis s'est remarié plusieurs fois et a médiocrement fini sa carrière. Paul s'est éloigné de lui, au point de ne plus le voir que tous les dix ans. La mort annoncée de ce père détestable le pousse soudain à assouvir un besoin de réparation qui l'habite depuis plus de trois décennies. Joe vit désormais à Calico, sa ville natale, en Arkansas. Sans savoir ce qu'est devenu ce malheureux, Paul rêve que Warren lui rend visite pour lui demander pardon. Mais comment s'y prendre pour qu'une fois, au moins, avant de disparaître, son père reconnaisse un de ses torts et tente de se racheter? Paul projette alors de lui soumettre un marché en forme de chantage.


- Cœurs retrouvés
de Pierrette Champon
Éditions Brumerge / Novembre 2013


Jean et Jocelyne coopérants en Tunisie dans les années 70 connaissent une existence heureuse la première année jusqu'à un certain moment où tout va basculer. Une histoire où les sentiments l'emportent sur la violence


- Des clairons dans l'après-midi
de Ernest Haycox
Éditions Actes Sud / Novembre 2013


Dans un coin perdu du Dakota, la jeune Josephine Russell fait la connaissance de l'énigmatique Kern Shafter, aux allures de gentleman, que rongent un lourd secret et un désir de vengeance. Shafter, officier déchu, part rejoindre comme simple soldat la 7e cavalerie commandée par le général Custer. Il y retrouvera son ancien rival. Une histoire d'amour et de vengeance sur fond de la plus célèbre bataille des guerres indiennes, Little Big Horn, que Haycox retrace avec une extraordinaire acuité, une lucidité étonnamment moderne, dans ce magnifique roman épique et intime, lyrique et précis, ponctué de descriptions inoubliables. Le personnage de Josephine, une jeune femme complexe, libre, vive, montre à quel point ce roman, comme tant d'autres, était en avance sur la vision que Hollywood donnait de la femme.


- Élisabeth ou l'équité
de Éric Reinhardt
Éditions Stock / Novembre 2013


"Tu es complice de cet enlaidissement de notre monde: tu y participes activement. Il est possible qu'un jour ce système se retourne contre toi. J'aimerais bien être dans les parages quand les mâchoires de tes méthodes s'en prendront à ta charmante personne: juste pour voir ta surprise. Je te consolerai. Tu basculeras peut-être dans l'autre camp".


- En chemin vers Rome
de Édouard Cortès
Éditions XO / Novembre 2013


Après Compostelle, Édouard et Mathilde Cortès avaient décidé, pour leur voyage de noces, de marcher jusqu'à Jérusalem sur les pas des premiers pèlerins. Aujourd'hui jeunes parents, ils sont partis sur les voies de Rome en famille. Trois enfants, une carriole et un âne, voilà le joyeux équipage parti à l'assaut de 1 300 kilomètres de chemins. Bivouac sous la tente, traversée des cols enneigés, émerveillement devant la nature, complicité et parfois rébellion de l'âne Octave, rencontres attachantes et souvent surprenantes, tout est là pour faire de ce pèlerinage une aventure inoubliable. Depuis des siècles, Rome pousse les pèlerins sur les chemins, chacun inscrivant son histoire dans la tradition. Et la découverte sans doute la plus importante d'Édouard, Mathilde et leurs enfants est celle qu'ils vont faire d'eux-mêmes, pas après pas.


- Harold
de Einzlkind
Éditions Actes Sud / Novembre 2013


Casanier, oui! Harold l'est. Très timide aussi. En fait, il a peur de tout. Son plus grand plaisir est de mettre en scène son suicide dans l'entrée de l'immeuble londonien où il habite seul. Ses voisines s'y sont faites. Après avoir été licencié du supermarché où il vendait de la charcuterie, Harold se fait piéger: une voisine récemment arrivée veut lui confier Melvin, son fils surdoué de 11 ans, pendant toute une semaine. Harold n'a ni le temps ni le courage de refuser. Melvin et son regard impitoyable sur le monde bousculeront la vie et les émotions d'Harold. Surtout lorsque le garçon, à la recherche de son père qu'on lui cache, emprunte la voiture de sa mère et invite Harold au volant. Un roman road movie délicieusement décalé, au ton impertinent, lucide, et, finalement, irrésistiblement drôle.


- L'ami de passage
de Christopher Isherwood
Éditions Fayard / Novembre 2013


Les quatre épisodes qui composent l'Ami de passage jalonnent le cours d'une vie, depuis la jeunesse jusqu'à la maturité. Ils sont liés par un narrateur, Christopher, qui n'est jamais le même, selon le contexte dans lequel s'inscrit chaque partie: le Berlin de 1928, où le narrateur rencontre l'antipathique et solitaire M. Lancaster; les îles grecques de 1933, où il côtoie une bande d'homosexuels qui gravitent autour d'Ambrose, un Anglais riche et dépravé; le Londres de 1938, où il retrouve un ami, Waldemar, devenu l'amant d'une jeune Anglaise; la Californie de 1940, où il travaille pour le cinéma, à Hollywood, et partage la vie d'un voyou, Paul. Avec l'humour et la sensibilité qui lui sont propres, Christopher Isherwood dresse le portrait déroutant et parfois acide de personnages pris dans l'enfer sexuel qu'ils ont eux-mêmes créé. On retrouve dans ces récits nostalgiques le charme qui avait fait le succès d'Adieu à Berlin. Grande figure littéraire du vingtième siècle, Christopher Isherwood  (1904 - 1986) quitta l'Angleterre en 1929 pour séjourner à Berlin et dans plusieurs pays d'Europe, avant de parcourir la Chine en compagnie de W.H. Auden. Tous deux s'installèrent ensuite aux États-Unis où Christopher Isherwood devint, en 1946, citoyen américain. Son œuvre abondante est nourrie des voyages et des rencontres qui ont jalonné sa vie.


- L'armée des pauvres
de B. Traven
Éditions Cherche Midi / Novembre 2013


Mexique, début du XXe siècle. Juan Mendez, un jeune chef indien, révolté par les conditions de vie inhumaines des péons qui travaillent dans les plantations d'acajou pour de riches propriétaires terriens, décide de lever une armée. Une armée de pauvres, de paysans illettrés, en haillons, affamés, qui, en dépit de leur faiblesse, vont aller de petites victoires en petites victoires, prenant d'abord quelques fermes avant de marcher, toujours plus nombreux, sur des villes de plus en plus importantes. Cette révolte inquiète bientôt le pouvoir central du dictateur Porfirio Díaz, qui va envoyer les troupes gouvernementales à l'assaut du "général de la jungle" et de son armée de péons. On retrouve dans ce roman inédit de Traven, écrit en 1937, tout l'humanisme et le talent de l'auteur. Jamais manichéen, il restitue avec une grâce inouïe toute la complexité de son sujet, n'ignorant aucun aspect de cette révolte, profondément inspirée de l'aventure d'Emiliano Zapata: sens de l'histoire, mouvements sociaux, culture indienne, dictature, racisme, esclavage par dettes, corruption du pouvoir... Surtout, B.Traven montre la même compassion pour les opprimés et pour les oppresseurs, tous victimes finalement des mêmes mécanismes de domination, au-delà desquels l'auteur excelle à mettre en relief l'humanité meurtrie.


- La défense Fischer
de Pierre-Emmanuel Scherrer
Éditions Denöel / Novembre 2013


Il se lève tous les jours en début d'après-midi et descend à pied déjeuner au centre-ville de Reykjavik. Il déteste qu'on le dérange pendant ses repas. Il déteste qu'on le dérange tout court. Depuis quelque temps, il a remarqué une présence derrière lui, une silhouette rouge qui le suit et ne semble pas vouloir le lâcher. Il n'en finira donc jamais d'être épié. On l'a pourchassé toute sa vie, on a constamment cherché à lui voler son intimité. Il n'a donc aucune raison d'être agréable. D'ailleurs, ses imprécations redoublent: les Juifs, les Américains, les Japonais, les Russes en prennent pour leur grade. Ses amis se font de plus en plus rares. Il sait qu'il n'en a plus pour longtemps, quelques semaines, quelques mois peut-être. Il joue là sa dernière partie et son sort, réglé d'avance, est désespéré. Pourtant il ne baisse pas les bras. Parce qu'il est Robert James Fischer. Bobby Fischer. Le plus grand joueur d'échecs de tous les temps. En retraçant les derniers jours du champion Bobby Fischer à Reykjavik, dévoilant un destin hors du commun, Pierre-Emmanuel Scherrer signe un roman où nous entrons de plain-pied dans l'intimité de ce personnage complexe et paranoïaque, à la fois citoyen américain et américanophobe, juif et antisémite, génial et puéril.


- Le bal des secrets
de Annabelle Desrosiers
Éditions Michel Lafon / Novembre 2013


Balzance. La Touraine de Balzac, ses champs aux couleurs généreuses, la douceur de vivre… C'est pourtant là, dans la forêt, qu'il y a plus de trente ans deux agriculteurs ont traqué comme du gibier un homme sans défense, et l'ont abattu. L'homme n'était pas du coin, le corps a disparu, personne, au village, n'a eu vent du moindre crime. Dans l'entourage de Rose, la matriarche veuve si éprise de sa terre, règne l'étouffante pesanteur des non-dits. Sa fille Alice a passé des années en mer sans qu'on ait jamais su pourquoi elle est partie, son fils Christian est assailli de cauchemars dont il ne parle pas, et Jean-Marie, l'ex-fiancé d'Alice, paraît habité d'un désespoir qui l'empêche de croire à l'avenir. L'arrivée d'une ravissante Ukrainienne et d'un jeune sociologue venu étudier les mœurs locales va bousculer cette atmosphère lourde de suspicions, provoquer des découvertes terrifiantes et peut-être de nouveaux drames, mais aussi permettre à ceux qui s'aiment de le faire au grand jour.


- Le bois du rossignol
de Stella Gibbons
Éditions Héloïse d'Ormesson / Novembre 2013


Jeune veuve, Viola Wither est contrainte de quitter Londres pour emménager chez son austère belle-mère dans sa demeure de l'Essex. À vingt et un ans, elle y voit ses rêves romantiques s'évanouir et son caractère enjoué bridé par l'ennui et les conventions. Pourtant, au mépris des convenances, l'intrépide transgresse les codes: elle flirte avec Victor Spring, son amour de jeunesse, quand celui-ci est sur le point de se marier. La bucolique campagne anglaise, les bals grandioses, les passions déraisonnables, la cruauté des rapports sociaux, Le Bois du rossignol est une savoureuse et féroce étude de mœurs, une comédie pétillante et poivrée, dans la lignée d'une Jane Austen qui aurait revisité Cendrillon.


- Le chemin du serpent
de Torgny Lindgren
Éditions Actes Sud / Novembre 2013


Inspiré par le parler vernaculaire et le rythme biblique, ce récit évoque par une parabole saisissante l'incorruptible silence de Dieu. Un authentique chef-d'œuvre.


- Le dernier acte
de William Gaddis
Éditions Plon / Novembre 2013


"La justice? - Tu auras la justice dans l'autre monde, dans ce monde tu as la loi".
Oscar Crease, dramaturge érudit, poursuit un producteur d'Hollywood pour plagiat. Ce procès, et une multitude d'autres péripéties, l'Église épiscopale contre Pepsi-Cola pour utilisation frauduleuse de son nom à des fins commerciales, Oscar lui-même, renversé par sa propre voiture, nous emportent dans un tourbillon judiciaire. Les idées les plus élevées de notre culture - la valeur de l'art, de la littérature, seront passées au crible de la langue du droit dont la méticulosité atteint les plus hauts sommets du surréel. Le roman de William Gaddis est une satire ou avocats, juges, gredins et bonimenteurs s'interpellent dans une immense cacophonie, dominée par le cri indigné d'Oscar, le "dernier homme civilisé" si fragile devant le plus grand concurrent de l'âme: l'argent.


- Le diable, certainement
33 histoires délicieusement amorales
de Andréa Camilleri
Éditions Fleuve Noir / Novembre 2013


Seule l'intervention de l'ennemi du genre humain peut expliquer la manière dont nos vies basculent parfois. De l'éminent homme d'Église victime d'un terrible lapsus au magistrat induit en erreur par un roman policier, du philosophe qui se fait tuer pour prouver la vérité de ses positions au partisan trahi par une souris, tout au long de ce recueil de 33 nouvelles, Camilleri ne cesse d'ouvrir des gouffres sous les pieds de ses personnages comme sous les nôtres. Avec un plaisir visible et contagieux, en grand conteur madré, le maestro sicilien raconte comment les passions et les entreprises humaines prennent parfois une tournure telle qu'une seule conclusion s'impose: c'est le diable qui a écrit le scénario.


- Le monde au crépuscule
de Christopher Isherwood
Éditions Fayard / Novembre 2013


Stephen Monk, un riche Anglo-Américain, découvre l'infidélité de sa femme Jane lors d'une surprise-party à Hollywood et part se réfugier chez sa mère adoptive. Là, cloué au lit à la suite d'un accident, il se plonge dans une méditation sur sa relation avec sa première femme, Élizabeth Rydal, une romancière anglaise de dix ans son aînée, auteure du Monde au crépuscule et désormais disparue. Il prend ainsi conscience de sa propre immaturité et de son égocentrisme. Christopher Isherwood nous fait entendre ici la voix nuancée et complexe d'un jeune homme à la recherche de lui-même dans le monde finissant de l'entre-deux-guerres.


- Le parfum de ces livres que nous avons aimés
de Will Schwalbe
Éditions Belfond / Novembre 2013


Le témoignage profondément touchant d'un homme confronté au cancer de sa mère, doublé d'un essai passionnant sur les livres, leur capacité à guider des choix de vie, à créer une réelle intimité entre les gens et à insuffler poésie et beauté dans le quotidien le plus dur. Déclaration d'amour à la littérature et aux écrivains, hommage passionné à une mère, une œuvre d'une grande délicatesse sur l'extraordinaire capacité des livres à nous ouvrir à l'autre, à guider nos choix de vie, et à insuffler beauté et poésie dans le quotidien le plus difficile. Qu'est-ce que tu lis en ce moment? C'est avec cette question que Will Schwalbe brise la glace chaque fois qu'il accompagne sa mère, Mary Anne, à ses séances de chimiothérapie. Car pour lui, éditeur new-yorkais, comme pour elle, fondatrice de la bibliothèque universitaire de Kaboul, lire, c'est le contraire de mourir; lire, c'est vivre. John Irving, J. R. R. Tolkien, Khaled Hosseini, Irène Némirovsky, Thomas Mann, Colm Tóibín, Harold Pinter, Maurice Sendak... À travers leurs lectures communes, mère et fils dépassent pudeur et chagrin et échangent sur la famille, l'amour, la mort, la vie, et la magie de ces livres qui nourrissent notre regard sur le monde et nous font goûter, le temps de quelques pages, à une forme d'immortalité.


- Les Anges s'en mêlent
de Debbie Macomber
Éditions Charleston / Novembre 2013


Lucie Ferrara et Aren Fairchild se rencontrent après s'être rentrés dedans, apparemment par accident (du moins, c'est ce qu'ils croient), à Times Square le soir du réveillon du Nouvel An. Le coup de foudre est immédiat. Mais, aussi vite qu'ils ont été réunis, un autre coup du sort les sépare, laissant Lucie et Aren sans moyen de reprendre contact. Un an plus tard, Lucie est le chef d'un nouveau restaurant au succès retentissant et Aren travaille pour un grand quotidien de la ville. Malgré tous les mois qui ont passé, ils n'ont jamais oublié cette belle soirée, et Shirley, Goodness, Mercy et Will, leurs anges gardiens, non plus. Pour aider le jeune couple à se retrouver, ils vont cuisiner un projet fou: mélanger un grand amour, une seconde chance et une bonne pincée d'espièglerie afin de créer un miracle de Noël que vous n'oublierez pas de sitôt.


- Ma voisine a disparu
de Danièle Saint-Bois
Éditions Julliard / Novembre 2013


Danièle Saint-Bois, plus remontée que jamais, peste, vitupère, s'indigne et nous invective avec sa verve habituelle, tout en s'inquiétant de la disparition brutale de sa voisine anglaise, une femme très distinguée qui la fascine par sa beauté et son élégance. Rongée par la curiosité, elle décide de mener l'enquête en secret, non sans un léger sentiment de honte, pour découvrir enfin ce qu'il est advenu de Mme Edmonson: un scénario insensé auquel, malgré son imagination foisonnante et son métier de romancière, elle n'aurait jamais pu songer. Entretemps, la narratrice, qui voit d'un mauvais œil l'évolution d'une société en lente ébullition et en décomposition rapide, s'adresse directement au lecteur, dans un cocktail de colère, d'humour et d'émotion. Au fil des jours et des saisons, elle partage avec lui ses doutes, ses impressions, son amour des chats, des oiseaux et de toutes les bêtes, ses manies, ses inventions, ses découvertes, ses emportements, son découragement, ses haines même, au risque de pouvoir heurter, mais aussi les grands et petits riens de son quotidien que l'absence inexpliquée de la mystérieuse Mme Edmonson est venue chambouler. Entre indifférence et ingérence, y a-t-il une voie possible? Il y a la voie de l'imaginaire, et c'est ainsi que le roman de la disparition de sa voisine anglaise va pouvoir se tisser, s'imbriquer étroitement dans la chronique nostalgique, tumultueuse et satirique d'une époque en pleine révolution, roman dans lequel la narratrice occupera un rôle de premier plan qui la conduira à mener des actions rocambolesques jusqu'au retour du printemps, symbole de renouveau et d'espoir.


- Medusa
de Ricardo Menéndez-Salmón
Éditions Jacqueline Chambon / Novembre 2013


Prohaska, peintre, photographe et cinéaste allemand, a une telle présence que l'on est souvent tenté de chercher sa trace sur Internet. Mais outre qu'il s'agit d'un être de fiction, cette quête serait vaine car Prohaska a pris soin de supprimer tous les témoignages concernant son aspect physique, allant jusqu'à interdire à ses proches d'évoquer son apparence. C'est donc l'œil d'un homme invisible collé à l'objectif neutre de son appareil photo ou de sa caméra qui filmera les images les plus insoutenables des horreurs du Troisième Reich, exécutions, charniers, expériences sur l'homme, et plus tard les massacres et les désastres dont le monde n'est pas avare: enfants morts de faim en Estrémadure dans les premières années du franquisme, carnages sous les dictatures d'Amérique du Sud. Mais l'art peut-il aller si loin sans se faire le complice du mal dont il témoigne et, dans l'effroi que suscite la vision de l'atrocité, n'y a-t-il pas une part de voyeurisme voire d'obscures jouissances? Toutes ces questions, l'auteur les pose à travers le destin d'un artiste qui n'est pas un monstre d'insensibilité et qui, pourtant, telle la Méduse antique, craint de rencontrer son image comme s'il ne pouvait se regarder en face sans périr.


- Profondes racines
de Pierrette Champon
Éditions Brumerge / Novembre 2013


J'ai passé 20 ans en Afrique, le continent de la démesure, fascinée par le climat équatorial humide et chaud où la végétation souveraine ne connaît pas de frein à sa croissance. En quelques jours j'ai vu pousser des papayers dans mon jardin, et sur le toit de tôle, des calebasses qui retombaient en longues guirlandes sur la terrasse. Au bout de deux mois, ces cucurbitacées donnent des fruits multiformes, comparables à des courgettes à la chair non comestible. Séchés, coupés en deux, évidés, les fruits deviendront ustensiles de cuisine, récipients, instruments de musique tels que kora et balafon. Une calebasse faisant caisse de résonance, couverte de peau de vache bien tendue et munie d'un long manche qui porte une vingtaine de cordes en boyau et voilà la kora, l'instrument favori du griot, qui, tel notre troubadour du Moyen Âge, détient l'histoire d'une famille, d'un clan. Il a le pouvoir de louer, d'embellir ou de critiquer les faits sans être poursuivi pour diffamation, raison pour laquelle on le respecte et on le craint. Alors, imaginez les villageois assis en cercle autour de Mamadou pour entendre le récit de la vie des ancêtres de Gautier. Chut! Silence! Il va commencer.


- Sound
de Tom M. Wolf
Éditions Buchet Chastel / Novembre 2013


Empruntant aux techniques du sample, gorgé de références à l'univers du hip-pop, Sound retrace l'été de Cincy, jeune étudiant venu travailler le temps des vacances universitaires sur le chantier naval de la ville du New Jersey où il a grandi. Loin de la fac et de son confort, Cincy se frotte à d'autres univers sociaux, à d'autres réalités, et tombe amoureux de l'insaisissable Vera. Roman d'apprentissage s'il en est, belle histoire d'amour, Sound livre, sur fond de musique urbaine, un portrait de la jeunesse américaine d'aujourd'hui.


- Souvenirs
de Torgny Lindgren
Éditions Actes Sud / Novembre 2013


C'est presque à contrecœurs, mais avec une profonde honnêteté, que Torgny Lindgren nous livre ici ses Mémoires. Estimant absurde l'idée qu'un souvenir pourrait résister au temps et refléter une quelconque vérité, il n'hésite pas à s'armer de tous les outils qui lui paraissent nécessaires pour accomplir ce projet tant réclamé par son éditeur, le mensonge, les semi-vérités, les suppositions. Il s'approprie aussi bien les épisodes qui relèvent des aspects de son propre vécu que des histoires ou des mythes transmis par les membres de sa famille, ses amis et ses collègues. Alors le "je" s'estompe dans un nuage de poussière et la vie de l'auteur défile comme une suite de nouvelles mêlant son existence à celle des autres, les faits aux inventions, les réponses aux rébus, les réminiscences vagues à un imaginaire foisonnant. Et, comme toujours, c'est avec une nostalgie espiègle que Lindgren conduit sa plume. Saisissant coup de maître pour un romancier qui se prétend dépourvu de souvenirs.


- Stone Arabia
de Dana Spiotta
Éditions Actes Sud / Novembre 2013


Inséparables depuis l'enfance, Denise et son frère aîné, Nik, ont partagé, à Los Angeles, les rêves de rébellion de toute une génération entre la fin des années 1970 et le début des années 1980. Depuis sa première guitare, Nik a voué son existence à la musique mais n'a plus d'autre projet, à l'orée de la cinquantaine, que de réécrire sa carrière de loser en fabriquant de toutes pièces des archives à sa propre gloire dans son studio d'enregistrement délabré. Confrontée à la folie qui est en train de gagner ce frère adoré, Denise doit également faire face à la maladie d'Alzheimer où sombre leur mère, enregistrer les premiers symptômes de l'âge chez les amis de jeunesse et s'efforcer de tenir à distance l'obsession de la catastrophe planétaire qui ne cesse de la hanter. Persuadée, cependant, qu'il lui incombe d'assurer la pérennité de son microcosme affectif et social, Denise s'acharne à dissimuler les angoisses qui font de sa vie un enfer secret jusqu'au jour où le film que sa fille, Ada, entreprend de consacrer à son oncle Nik vient dynamiter les digues patiemment érigées et lever tous les tabous. Dans un univers qui ne cesse de célébrer la réussite, que deviennent ceux qui n'accèdent jamais à la reconnaissance? C'est à tous les êtres qui se sont égarés sur le chemin de leurs rêves et de leurs ambitions que s'adresse ce roman d'une magnifique justesse, où se dévoile la puissance dévastatrice que peut revêtir le désir de créer au sein d'une société condamnant ceux qu'elle n'a pas élus à hanter les sombres délires d'une fiction de soi.


- Terreur apache
de W. R. Burnett
Éditions Actes Sud / Novembre 2013


1886. Arizona. Un chef apache, Toriano, s'enfuit de la Réserve et sème la terreur chez les colons. Les tactiques des Apaches rendent impossible de les combattre sans l'aide d'éclaireurs. Walter Grein, dont la ténacité est légendaire, est le meilleur d'entre eux. Accompagné de sa troupe d'anciens soldats et d'Indiens, il devra capturer Toriano avant qu'il ne mette le pays à feu et à sang. Mais les Apaches sont des guerriers hors pair aux ressources insoupçonnées. Commence alors une poursuite haletante, traitée au scalpel, truffée de détails fascinants, historiquement justes, jamais politiquement corrects. Et Burnett n'a pas son pareil pour saisir la beauté des canyons, l'angoisse qui sourd de ces paysages rocailleux, la mélancolie des villages en pisé. Transposé à l'écran (Le Sorcier du Rio Grande) et source d'inspiration du chef-d’œuvre de Robert Aldrich (Fureur apache), ce dernier combat contre les Apaches s'appuie sur des faits historiques. Mais surtout, ici tout est vrai, tout est humain, chaque personnage bouleversant dans son courage, ses faiblesses et ses contradictions. Un "western" qui honore le genre, au style impeccable.


- Un dimanche au bord de la piscine
de Madeleine Wickham / Sophie Kinsella
Éditions Belfond / Novembre 2013


Amelia et Katy, neuf et sept ans, ne se tiennent plus d'excitation: dimanche, c'est la fête chez les Delaney, ils ouvrent la piscine à tout le village! Et on annonce du beau temps, que demander de plus? Sauf que la fête va tourner à la catastrophe: Katy fait une mauvaise chute. Alors que la fillette est évacuée à l'hôpital, la consternation laisse place à la colère. Qui surveillait les filles? Pour sûr, les parents étaient encore en pleine dispute! Le père a dû flirter avec la jolie pianiste qui vient de s'installer au village. Et les Delaney, ne sont-ils pas aussi responsables? Depuis le temps qu'on leur dit que leur piscine n'est plus aux normes. D'ailleurs, la mère ferait bien de suivre les conseils de son jeune et bel avocat et leur faire un procès. Bientôt, c'est tout le village qui va se déchirer, réveillant au passage les vieilles rancœurs et les ragots les plus croustillants.


- Une saison pleine de promesses
de Cathy Kelly
Éditions Presses De La Cité / Novembre 2013


Dix-neuf histoires à savourer au coin du feu. Une vieille fille décide de prendre sa vie en main; une adolescente n'accepte plus de servir de faire-valoir à sa soi-disant meilleure amie; une mère de famille délaissée décide de s'accorder du temps à elle; une autre, que son mari a quittée, de voyager autour du monde. Au fil de ces dix-neuf histoires mettant en scène des personnages féminins de tous âges, Cathy Kelly nous invite à une parenthèse enchantée, tantôt émouvante, tantôt drôle, toujours pleine de douceur.


- Vingt-sept fois de mes nouvelles
de Béatrice Shalit
Éditions Julliard / Novembre 2013


Avec beaucoup de cocasserie et d'auto-dérision, Béatrice Shalit nous livre vingt-sept nouvelles racontant les mésaventures d'une femme qui ne cesse malgré elle de se mettre dans l'embarras: fous rires garantis. Certaines personnes ont le chic pour se mettre dans les situations les plus invraisemblables. C'est le cas de la narratrice de ces nouvelles hilarantes dans lesquelles on pourrait voir, à rebours, un recueil de préceptes décrivant tous les pièges à éviter pour mener une vie paisible. Se méfier du coup de foudre pour un Don Juan qui vous a invitée à le rejoindre à Florence après une simple conversation: vous pourriez découvrir qu'il aime se travestir en femme et ne voit en vous qu'une consœur avec qui échanger ses robes; ne jamais accepter une invitation à la campagne chez sa psychanalyste, même si celle-ci vous a assuré que votre traitement était terminé: déconvenues, transfert et contre-transferts inévitables; s'interdire de tomber amoureuse d'un bel inconnu à la dernière minute, surtout pendant le voyage qui vous mène vers une nouvelle vie aux côtés de votre fiancé: remords assurés.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://le-titre-du-roman.forumactif.org
Elisabeth
Admin
avatar


MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 10:19

- Alphabet City
de Panorpe Henderson
Éditions Sonatine / Octobre 2013


Vermont, années 1980. Jude Keffy-Horn, fils adoptif d'un couple de hippies, est élevé par sa mère qui, pour subsister, vend des bangs artisanaux. Livré à lui-même, l'adolescent passe ses journées à tromper l'ennui en fumant de l'herbe avec son meilleur ami Teddy en rêvant à une vie plus palpitante. Après un terrible drame, Jude va rejoindre son père, dealer de marijuana à New York. Là, il découvre une ville violente et dépressive, loin du Flower Power, celle de l'ère Reagan, des junkies de Tompkins Square Park, des débuts du sida, mais aussi une ville plus vivante et excessive que jamais, qui voit naître l'explosion du punk hardcore au CBGB. Traînant dans le Lower East Side en compagnie d'Eliza, sa demi-sœur, Jude retrouve Johnny, le frère de Teddy, qui les initie à un courant punk radical, le Straight Edge. Loin des idéaux de leurs parents, Eliza, Jude et Johnny vont tenter de vivre au sein de cette nouvelle famille, avec sa musique, ses idéaux, ses excès aussi, aux conséquences souvent dramatiques. Eleanor Henderson retrace ici cette lente apocalypse blafarde qu'a été la fin des idéaux hippies et l'agonie brutale du mouvement punk qui lui a succédé. Elle brosse surtout un portrait magnifique et universel de trois jeunes à la dérive, qui trouvent dans la musique de leur temps à la fois une culture et une identité provisoires, avec lesquelles il leur faudra forcément composer pour entrer dans l'âge adulte.


- Amant sans adresse
de Elias Canetti et Marie-Louise Von Motesiczky
Éditions Albin Michel / Octobre 2013


"Sans Canetti, monde dépourvu de sens, avec Canetti, interminable supplice": ces mots de Marie-Louise Von Motesiczky dans une lettre à une amie résument à eux seuls la relation amoureuse qu'elle entretint avec le Prix Nobel de littérature. Une relation clandestine d'un demi-siècle, vécue dans l'ombre de son célèbre "amant sans adresse". Marie-Louise Von Motesiczky et Elias Canetti se rencontrent à Londres en 1941. Issue de l'aristocratie intellectuelle juive, peintre de premier plan, elle a dû fuir Vienne. Contraint au même sort, Elias Canetti, qui vient de publier Auto-da-fé, a quitté l'Autriche nazie aux côtés de sa femme Veza. Cette correspondance inédite témoigne d'une relation cruelle et poignante, où les espoirs déçus de Marie-Louise rivalisent avec la soif de reconnaissance de Canetti. S'il ne cessera d'encourager son talent de peintre, l'écrivain ne mentionnera jamais l'existence de sa maîtresse, ni dans ses récits, ni dans ses mémoires. Marie-Louise Von Motesiczky ne doutera quant à elle jamais du génie de celui qu'elle désigne avec une terrible lucidité dans son journal intime comme sa "catastrophe personnelle".


- Amour sur le rivage
de Michal Govrin
Éditions Sabine Wespieser / Octobre 2013


Sous l'apparente légèreté d'un trio amoureux, Michal Govrin conduit avec maestria un roman choral dont les protagonistes, animés en ce début des années soixante par un éclatant désir de vivre, partagent un été lumineux dans la petite ville côtière du sud d'Israël où se noue l'intrigue. Esther Weiss vient de terminer sa scolarité dans une école religieuse. Elle s'apprête à rentrer à l'armée. Mue par un élan qui lui échappe, elle s'offre en secret une robe à bretelles et descend au dancing de la plage. Au bar, Moïse Derand, arrivé droit de Paris pour l'enterrement de sa mère, boit un Campari. Son regard est aimanté par une silhouette à la robe légère qui se tient, solitaire, à l'autre bout de la piste. Derrière le comptoir, Alex Morgenstern suit le regard de cet homme mûr et bien mis, dont l'élégance lui rappelle Buenos Aires, sa ville natale; lui non plus n'aura de cesse de conquérir la jeune fille, inconsciente de sa beauté. En parfaite dramaturge, Michal Govrin rend inéluctable la tempête amoureuse. Ces trois-là vont vivre leur rencontre comme une révolte et une libération. Esther étouffe chez ses parents, propriétaires d'une poissonnerie en ville et tous deux rescapés de la Shoah. Moïse qui, adolescent, a quitté seul son Maroc natal pour partir en France alors que sa famille émigrait dans le tout jeune État d'Israël, se sait dans une impasse: son beau mariage et sa situation parisienne florissante ont un goût amer. Quant à Alex, le jeune Argentin taciturne, il veut laisser loin derrière lui le cabinet de son père psychanalyste et ses sombres secrets. Explorant leur triangle amoureux, la romancière plonge dans le passé de chacun de ses personnages, et laisse entendre à son lecteur, bien avant un éblouissant final, que l'histoire du siècle les lie bien plus intimement que leur romance d'été.


- Argentique
de Salomé Berlemont-Gilles
Éditions JC Lattès / Octobre 2013


"On doit oublier qu'ils sont là et continuer à vivre normalement, oublier qu'ils nous prennent en photo, oublier la honte, le désarroi, oublier que pour eux, nous sommes des chiens, pire que des chiens crevés, pire que tout, oublier que pour eux, nous sommes des vacances, une attraction, une escale". Juan habite un village de boue et d'ordures dans les montagnes mexicaines. Il a quinze, peut-être seize ans, et six frères qui s'appellent Juan eux aussi. Sept jours par an, lors de la Semaine sainte, les touristes débarquent dans de grands bus climatisés, bouleversant la vie du village. Les appareils photo crépitent. Forcent le silence des indigents. Juan refuse d'être un chien. Il a quinze, peut-être seize ans, et va partir. Là-bas, à Mexico, la ville où, croit-il, on peut tenter sa chance loin des flashs et de la misère. Portrait d'une errance, Argentique nous plonge sans fards dans l'effroi du tourisme moderne.


- Avant le passage
de François Emmanuel
Éditions Actes Sud / Octobre 2013


Au seuil du dernier souffle, la lente immersion dans une rêverie inquiète, mais d'une lucidité poignante, d'un homme qui attend, auprès des siens, la fin qu'il sait proche.


- Barby Blue
de Olivia Koudrine
Éditions Cherche Midi / Octobre 2013


Un homme est découvert émasculé dans un restaurant où l'on est servi par des aveugles dans une obscurité totale. Crime sadique? Vengeance? Barby, une jeune mère de famille, se retrouve subitement face aux démons de son enfance et aux actes terrifiants qu'ils ont engendrés. Aujourd'hui, il faut qu'elle sache. Désormais, c'est elle, l'ancienne danseuse du Crazy Horse Saloon, qui mènera ce bal funèbre. Dans ce fameux cabaret parisien, on l'avait surnommée Barby Blue. Un roman peuplé de créatures aussi émouvantes que cruelles dans une atmosphère inquiétante et glamour à souhait.


- Borgen
de Jesper Malmose
Éditions Gaïa / Octobre 2013


Birgitte Nyborg défend avec ardeur ses convictions politiques en tant que chef du parti centriste danois. Le jour où elle accède au pouvoir, sa vie bascule. Devenue Premier ministre elle fait son entrée à Borgen, "le château", où siège le Parlement danois. Soutenue par mari et enfants, elle est une femme épanouie et dont le caractère bien trempé a fait sa réputation tant auprès de ses adversaires que de son audacieux spin doctor. Saura-t-elle tout mener de front? Contracter les bonnes alliances? De compromis en compromissions, jusqu'où exercer le pouvoir? Avec une tension permanente, Jesper Malmose dresse le tableau d'un Danemark en proie aux questions contemporaines, et approfondit sans complaisance la question des relations entre politique et médias.


- Ça finit comme ça
de Kathleen MacMahon
Éditions JC Lattès / Octobre 2013


Le début de l'histoire: à l'automne 2008, sur une côte près de Dublin battue par les vents. Bruno a quitté son Amérique natale pour rechercher les racines de sa famille en Irlande. Addie, architecte sans emploi, tente de reprendre pied après une terrible perte, tout en s'efforçant de prendre soin d'un père acariâtre, qui lui a transmis le goût du secret. Lorsque ces deux mondes si divergents se rencontrent, Bruno et Addie vivent une expérience unique, magique, que ni l'un ni l'autre n'aurait pu imaginer. Mais bientôt leur amour naissant et fragile est mis à l'épreuve, de manière totalement inattendue. La fin de l'histoire: vous n'êtes pas près de l'oublier.


- Chers voisins
de John Lanchester
Éditions Plon / Octobre 2013


Chaque maison a son lot de premiers pas et de derniers souffles. Des destins qui ne font que se croiser, mais partagent pourtant une chose: leur rue. Et Pepys Road est en train de changer de visage. Petunia a un cancer: pour se soigner, il faut qu'elle vende sa maison. Roger Yount travaille à la City, pendant que sa femme re-décore la maison pour la énième fois, et guette son bonus de fin d'année avec des sueurs froides. Quentina fait partie de l'équipe de surveillance privée du quartier, sans papiers, derrière son uniforme, elle vit dans la terreur de se faire arrêter. Freddy, jeune recrue d'un club de foot, débarque tout juste du fin fond du Sénégal. Chacun d'entre eux a trouvé dans sa boîte aux lettres un message énigmatique: "Nous voulons ce que vous avez". Qu'ont-ils tous qui suscite l'envie? Construction chorale, tirant ses influences réalistes du roman russe à Balzac, et jusqu'à Franzen, Chers voisins met en scène une comédie humaine avec une maîtrise parfaite du rythme, de l'intrigue et du style.


- Cinq jours
de Douglas Kennedy
Éditions Belfond / Octobre 2013


Peut-on jamais réinventer sa vie?
Laura et Richard.
Deux inconnus à un tournant de leur existence.
Deux êtres, l'un et l'autre enfermé dans son couple.
Un homme, une femme.
Une rencontre, l'espoir qui renaît.
Mais sommes-nous libres de choisir le bonheur?
Cinq jours, l'histoire d'une passion.
Le roman le plus bouleversant de Douglas Kennedy.


- Contre l'art
de Tomas Espedal
Éditions Actes Sud / Octobre 2013


À la mort de son ex-femme, Tomas Espedal revient sur l'île d'Askøy pour s'occuper de sa fille. Il prend racine dans la vieille maison et hiberne pour écrire et veiller sur l'adolescente avec la ténacité d'un amour devenu presque maternel. Laissant libre cours à l'écriture, il entreprend une plongée dans l'histoire familiale, en quête de repères. Son esprit vagabonde, du passé au présent, et il s'immerge dans des souvenirs qui, souvent, ne sont pas directement les siens mais se nourrissent de ce que sa grand-mère lui racontait autrefois, encore et encore, ajoutant chaque fois un nouveau détail, voire une autre histoire qui venait se nouer à la première comme dans la trame d'une immense tapisserie. Les frontières entre les souvenirs, l'imaginaire, le quotidien et le travail d'écriture s'effacent progressivement au service d'une seule voix: celle du roman.


- Des illusions
de Magnus Montelius
Éditions JC Lattès / Octobre 2013


Stockholm, 1990. Un homme fait une chute mortelle du haut d'une falaise. Il porte sur lui un passeport albanais, mais pour les autorités de ce pays, il n'existe pas. Lorsque, malgré certaines contradictions, la police se contente de la thèse du suicide, le journaliste Tobias Meijtens commence à mener sa propre enquête. Aidé par sa collègue Natalie Petrini, il va s'apercevoir que la vérité est plus compliquée qu'il n'y paraît: le mystérieux Albanais est en réalité Erik Lindman, un Suédois disparu depuis vingt-cinq ans et accusé d'être le plus grand traître du pays, un espion de l'Union soviétique. Après tant d'années, pourquoi était-il de retour? Petit à petit, Tobias et Natalie découvrent que derrière lui se cache l'histoire d'un ancien groupe de personne, marqué par leurs profondes convictions et leur rêve d'un nouvel ordre mondial. Mais les engagements idéologiques peuvent-ils l'emporter sur l'amitié et l'amour?


- Dictionnaire amoureux du Diable
de Alain Rey
Éditions Plon / Octobre 2013


Ce dictionnaire est le répertoire des ancêtres du diable: dieux mauvais, démons, esprits des morts, et de ses émanations, vampires, loups-garous. Il présente les penseurs, les écrivains, les peintres, les musiciens qui l'évoquent, les théologiens, les philosophes qui l'ont étudié. Après plusieurs millénaires d'esprits malfaisants, de démons tourmenteurs, le christianisme a inventé le Diable, héritier du Serpent et des Satans de la Bible. Le diable a droit à notre reconnaissance, car il prend à sa charge le Mal dans la vie et dans l'Histoire, qui est l'œuvre de la diabolique espèce humaine. Entre superstition, religion et réalité, il joue tous les rôles: bourreau, victime, fantasme, tentation, péché, plaisir, malheur. On le décrit, on l'évoque, on le représente, on le fait parler et chanter. Écrivains, poètes, peintres, musiciens, si l'on doute de lui, le font exister. Avec Dieu pour complice, l'Enfer pour royaume, il se manifeste dans la vie, dans l'Histoire, dans la culture. Aujourd'hui, on le combat, on l'exorcise ou on le célèbre.


- Dora la Dingue
de Lidia Yuknavitch
Éditions Denöel / Octobre 2013


Seattle. Dora, dix-huit ans, souffre de toux persistante, d'évanouissements intempestifs et d'aphonie spontanée au moindre geste d'affection. Gênant, surtout lorsqu'on est secrètement amoureuse de sa meilleure amie et que c'est réciproque. Pour ses parents, qu'elle surnomme M. et Mme Pharmazombie, il n'y a aucun doute, Dora doit aller consulter un psychiatre. On assiste hilare, médusé et fasciné, aux séances rocambolesques entre Dora et Sigmund, le psy, ainsi qu'aux aventures tout aussi insolites de Dora et ses amies, qui tentent de résister à la morosité et au puritanisme ambiant, tout en affirmant leur différence, malgré le qu'en-dira-t-on. Dora la Dingue, c'est l'adolescence comme vous ne l'avez jamais lue. Un concentré de folie, un hymne aux décalés et aux névrosés du monde entier dont Dora, en digne petite sœur spirituelle du Tyler Durden de Fight Club, est l'électrique et inoubliable porte-parole.


- Éclats d'insomnie
de Diane de Margerie
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


"Nous n'avons pas qu'une seule vie, c'est pourquoi je raconte cette année difficile qui m'a pourtant fait connaître une lumière nouvelle. Plusieurs vies font donc ici leur apparition: celle de l'insomnie et de ses réflexions; celle des lectures qui remplissent de curiosité; celle du combat du corps contre les griffes du temps; celles de la contemplation de la beauté, du comique de la vie quotidienne, du souvenir souvent lié à l'Italie; celle, nocturne, de la cathédrale éclairée et celle du jardin. Toutes participent à une même trame où le tragique fait parfois irruption (dangers de la dépression chez l'un; chez l'autre: le cancer d'une amie chère). L'essentiel reste toujours présent. Même à travers les faits divers. Trois mois vécus à l'hôpital inspirent un amour accru de la vie et de ceux qui souffrent. Bref, il s'agit ici des turbulences de la vie intérieure, un vrai voyage au temps suspendu".


- Éducation d'un enfant protégé par la couronne
de Chinua Achebe
Éditions Actes Sud / Octobre 2013


Chinua Achebe, dont Nelson Mandela disait que "la fréquentation de ses écrits fait tomber les murs des prisons", est l'un des plus grands écrivains du XXe siècle. Son premier roman, Tout s'effondre, publié en 1958, a été traduit en une cinquantaine de langues et le cinquantenaire de sa parution a donné lieu à d'importantes commémorations dans le monde entier. Ce recueil réunissant articles et discours des années 1980 à 2000 est l'occasion d'évoquer à la fois son expérience, sa pensée et son œuvre. Mêlant réflexions intimes et questionnements sociopolitiques ou économiques, Chinua Achebe met en perspective son histoire personnelle, celle du Nigeria, celle de l'Afrique tout entière et celle des relations qu'entretient ce continent avec les autres. Anecdotes, souvenirs et citations nourrissent des textes percutants, généreux, pétris d'humour, d'érudition, d'une révolte toujours grondante et juste. Porté par une écriture limpide, cet ouvrage constitue le testament d'un homme dont la pensée brille par son indépendance, sa pertinence et son profond humanisme.


- Et soudain tout change
de Gilles Legardinier
Éditions Fleuve Noir / Octobre 2013


Pour sa dernière année de lycée, Camille a enfin la chance d'avoir ses meilleurs amis dans sa classe. Avec sa complice de toujours, Léa, avec Axel, Léo, Marie et leur joyeuse bande, la jeune fille découvre ce qui fait la vie. À quelques mois du bac, tous se demandent encore quel chemin ils vont prendre. Ils ignorent qu'avant l'été, le destin va leur en faire vivre plus que dans toute une vie. Du meilleur au pire, avec l'énergie délirante et l'intensité de leur âge, entre espoirs démesurés, convictions et doutes, ils vont expérimenter, partager et se battre. Il faut souvent traverser le pire pour vivre le meilleur.


- Et tu danses, Lou
de Philippe Lefait et Pom Bessot
Éditions Stock / Octobre 2013


"Et toi, Lou, mon amour, avec quelle violence ressens-tu ces morceaux de vie?"
Une famille. Il y a dix-sept ans, tout était là, le désir, la chambre, les biberons et les couches. Un hasard génétique a mis au premier jour sur le chemin de leur vie commune un invité-surprise. Une singularité qui fait que l'enfant Lou présente "des troubles sévères du langage et quelques difficultés associées". La vie est facétieuse: maman fait des livres et papa travaille à la télé. L'histoire peut commencer. On y trouvera ce qu'il faut d'efficacité et d'errances hospitalières, d'usines à gaz et de belles solidarités, d'anges gardiens et de crétins patentés, une sœur aux petits soins et beaucoup d'amitiés, quelques mots venus de loin, la langue des signes et le sens du geste, la question de la transmission et celle d'une place à trouver pour chacun. Le chaos et l'amour. Et il y a Lou et ses yeux bleus, une héroïne rayonnante qui a révolutionné leur quotidien. C'est à elle qu'une mère et un père adressent ce dialogue.


- Grand homme
de Chloé Hooper
Éditions 10-18 / Octobre 2013


19 novembre 2004 à Palm Island, une île édénique au nord du Queensland: l'Aborigène Cameron Doomadgee décède dans sa cellule. Il a été roué de coups. Journaliste, Chloe Hooper suit l'instruction du procès qui acquittera le brigadier-chef  Chris Hurley. Restitués dans un roman-reportage minutieux et fascinant, ces deux ans d'enquête racontent, à l'aune d'un seul homme, le crime colonial de l'Australie. Paul Barrière, hédoniste conquérant qui avait érigé la joie de vivre en principe moral, a mis fin à ses jours. Pour François, celui de ses fils qui lui ressemblait le plus, un mythe qui s'écroule. Sa vie doit être radicalement remise en question s'il ne veut pas suivre le même chemin. Dans cette confrontation avec lui-même, François fait la connaissance de Louise.


- Home
de Toni Morrison
Éditions 10-18 / Octobre 2013


Frank Money est Noir, brisé par la guerre de Corée, en proie à une rage folle. À Atlanta, il doit retrouver sa jeune sœur  Cee, cobaye d'un médecin blanc, pour regagner Lotus en Géorgie, la ville de son enfance, "le pire endroit du monde". S'engage pour lui un périple dans l'Amérique ségrégationniste des années 1950 où dansent toutes sortes de démons. Avant de trouver, peut-être, l'apaisement. Parabole épurée, violemment poétique, Home conte avec une grâce authentique la mémoire marquée au fer d'un peuple et l'épiphanie d'un homme.


- Il n'y a pas d'Indochine
de Charles Dantzig
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


Il n'y a pas d'Indochine, ce sont vingt-cinq histoires qui se passent à New York, Le Caire, Athènes, Lisbonne, Lille ou Strasbourg. Sous la conduite d'un narrateur, nous faisons ce que l'on pourrait appeler des visites d'idées. La postérité, le génie, les prétendus grands hommes, l'apparition du marbre blanc dans la sculpture, les chansons de variété, les aquariums? Nous aurons pour compagnons de voyage des écrivains (Proust, Kafka, Pasolini, Wilde…), des cinéastes et des peintres (Coppola, Klimt, Van Gogh…), et bien sûr le style alerte, les aphorismes et  la désormais célèbre irrévérence de Charles Dantzig. Il n'y a pas d'Indochine, cela veut dire: il n'y a pas d'exotisme. "Arrivé en Chine, on cherche encore l'Asie. On a trouvé des hommes".


- Instinct primaire
de Pia Petersen
Éditions Nil / Octobre 2013


Un ciel bleu, une église, un mariage, une foule rassemblée pour célébrer l'amour, la montée vers l'autel, une mariée souriante. Une mariée aux yeux brouillés de larmes qui s'enfuit, laissant derrière elle l'homme de sa vie. C'était un an plus tôt, et la narratrice n'a plus jamais revu celui qu'elle a choisi de ne pas épouser. Elle souffre: il lui manque, elle lui écrit. Malgré son apparence criminelle, cette fuite devait sauver un homme et une femme de ce qu'ils repoussaient tous deux au début de leur passion: les conventions, les automatismes, la résignation. Elle se croyait aimée et donc comprise; mais en cours de route, rattrapé par les réflexes du conformisme, il a oublié qu'elle ne lui avait jamais demandé de quitter sa femme, qu'elle aimait être sa maîtresse, qu'elle ne voulait pas d'enfant, et que l'amour qu'elle lui portait était absolu, puisqu'il était aussi amour de sa liberté. Or, la liberté semble demeurer le plus encombrant des cadeaux. À force d'entendre les héritières du féminisme décréter qu'une femme n'est jamais "complète" si elle ne devient pas épouse et mère, un homme peut-il admettre un discours différent de la part de celle avec qui il souhaite partager sa vie? N'a-t-il pas, d'ailleurs, été forgé, éduqué, dressé par sa propre mère à ne jamais concevoir aucune autre représentation de la femme?


- Itinéraire d'un poète apache
de Guillaume Staelens
Éditions Viviane Hamy / Octobre 2013


Élevé par une mère indienne, marqué par la désertion de son père, lui-même fils d'un richissime avionneur WASP, Nicolas Stanley ne se sent nulle part à sa place. Élève brillant, il rejette violemment son milieu et l'école où il se sent à l'étroit. Il dévore Poe, Melville, Thoreau, Stephen King, s'abreuve aux comics, au rock, au cinéma, dessine sans trêve. Avide des autres et de l'inconnu, il multiplie les fugues. Dans un café du quartier branché de Seattle, il croise une artiste d'origine vietnamienne, homosexuelle et de dix ans son aînée, à qui il ose montrer son travail. Elle lui ouvre les portes de l'art alternatif, du grunge, de la révolte. L'amour fou, qu'ils découvrent ensemble, sera le territoire de leur liberté. Mais l'innocence de l'un et les déchirements de l'autre les font dériver vers les limbes des drogues et de l'alcool. Nick, pourtant, récuse cette autodestruction. Il quitte Pearl-Janis. Revenu dans le giron maternel, il rejoint la fac, s'immerge dans ses études d'anthropologie, comme un hommage à ses ancêtres Nez-Percés. Mais sa soif des confins lui fait suivre l'appel d'une sirène québécoise, aussi rousse que Tori Amos. Il part vers le Nord et ses Inuits. Vancouver, Montréal, le Yukon, les aurores boréales, la dèche, les désillusions, la déception. Dessins plus noir que blanc, musique des abysses. Sa première proposition de travail lui offre l'apprentissage des terres du Sud. En quête perpétuelle de ses origines, le poète métis dessine toujours, inscrit ses marques dans la Latina, traverse l'Argentine, en rêvant de La Patagonie, le Mexique, l'Uruguay, le Brésil, où il rencontre Mariam, avec qui il fera un enfant. Serait-ce la sérénité tant recherchée? Mais la fureur du monde et ses démons le rattrapent. Jusqu'où devra-t-il aller pour assouvir son désir de vivre, enfin, ses désirs de connaissance et de renaissance? Quels murs doit-il abattre pour être en accord avec ses convictions?


- Jack Holmes et son ami
de Edmund White
Éditions Plon / Octobre 2013


Jack Holmes et Will Wright débarquent à New York dans les années 1960. Collègues dans un journal culturel, ils deviennent bons amis. C'est même Jack qui présente Will à sa future femme. Mais c'est une amitié compliquée: Jack est amoureux de Will. Perturbé par ses désirs subversifs, Jack consulte un psychiatre et sort avec des femmes, tout en continuant à avoir des liaisons furtives avec des hommes. Et pourtant, au fil des trente années que durera leur amitié, de la libération homosexuelle jusqu'à la catastrophe du sida, Jack demeurera toujours dévoué à Will. Et les deux hommes, à défaut d'en jouir ensemble, partageront un même goût pour le libertinage dans une ville en pleine libération elle aussi. Edmund White dessine avec délicatesse les contours de ses personnages. Effleurant les peaux, il déchiffre les cœurs et saisit les drames qui submergent les êtres en proie au désir. L'amitié, la sexualité, la sensibilité de ses personnages forgent un roman prenant, émouvant et plein d'esprit.


- Jardinière du Seigneur
de Yves Lériadec
Éditions Anne Carrière / Octobre 2013


Dans une église du Quartier latin, un étudiant tombe follement amoureux d'une jeune femme chargée de la décoration florale. Son nom? Jardinière du Seigneur. Ils se rapprochent, passent des heures intenses et joyeuses à déambuler dans Paris. Leurs cœurs commencent à se livrer, une vie de bonheur se dessine. Mais un rival vient troubler leur idylle, et quel rival! Répondant à l'appel de Dieu, Jardinière du Seigneur décide de lui consacrer sa vie. Dès lors, notre étudiant va fuir aux quatre coins du monde pour tenter d'oublier sa bien-aimée ou essayer de la retrouver. Jusqu'au jour où il comprendra que l'amour conjugal n'est pas la seule issue. Une autre vie s'ouvre alors à lui. Depuis le cœur de Paris jusqu'en Inde, au Pérou et en Afrique du Sud, Yves Lériadec nous emmène dans une histoire d'amour poétique où s'invite François d'Assise. Une écriture tout en sensibilité, et de multiples rebondissements, dont le dernier n'est pas le moindre.


- Je m'appelle Lotte et j'ai huit ans
de Anne B. Ragde
Éditions 10-18 / Octobre 2013


La vie de Lotte, huit ans, s'écroule: ses parents divorcent, une honte dans la Norvège des années 1960. Divisée entre une mère inapte au bonheur et un père adoré qui lui échappe, rejetée par ses amies, étrangère à elle-même, elle retrouve un peu de sa joie l'été, dans la ferme de ses grands-parents, ou dans l'ombre des non-dits et des secrets, elle tentera de se réinventer.


- L'âge des cénacles
de Anthony Glinoer et Vincent Laisney
Éditions Fayard / Octobre 2013


Le mot "cénacle" n'évoque plus aujourd'hui qu'un groupuscule d'initiés ourdissant quelque complot. Il n'en allait pas de même au XIXe siècle où ce terme désignait un petit cercle d'écrivains et d'artistes rassemblés autour d'une figure charismatique, occupés à poser, à huis clos, les jalons de l'Art de demain. Encensé par les uns et raillé par les autres, le cénacle offrait une alternative aux tentations de la mondanité, de l'académisme, du journalisme et du mercantilisme. Des soirées de Hugo aux Mardis de Mallarmé en passant par les Samedis de Leconte de Lisle et le cercle des Nabis, il devient la sociabilité de référence des écrivains et des artistes qui désirent fonder un mouvement. Après l'époque des salons littéraires et avant l'ère des groupes d'avant-garde, le XIXe siècle s'impose donc comme l'âge des cénacles. Élaboré à partir d'un vaste corpus de journaux intimes, de lettres, d'articles, de satires, de souvenirs, de romans et de poèmes, ce livre cerne les contours du cénacle à la fois comme phénomène historique, objet sociologique et figure de l'imaginaire. Au fil des pages, le lecteur croisera les grandes figures littéraires et artistiques du XIXe siècle (Hugo, Stendhal, Balzac, Courbet, Flaubert, Baudelaire, Manet, Zola, Verlaine, Mallarmé) et s'immergera dans les mouvements qui l'ont marqué (romantisme, réalisme, Parnasse, naturalisme, impressionnisme, symbolisme). En somme, à travers le prisme du cénacle, c'est tout le XIXe siècle que les auteurs éclairent d'un jour nouveau en montrant qu'il fut moins le siècle des génies solitaires que celui des aventures collectives.


- L'analphabète qui savait compter
de Jonas Jonasson
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2013


"Statistiquement, la probabilité qu'une analphabète née dans les années 1960 à Soweto grandisse et se retrouve un jour enfermée dans un camion de pommes de terre en compagnie du roi de Suède et de son Premier Ministre est d'une sur quarante-cinq milliards six cent soixante-six millions deux cent douze mille huit cent dix. Selon les calculs de ladite analphabète". Tout semblait vouer Nombeko Mayeki, petite fille noire née dans le plus grand ghetto d'Afrique du Sud, à mener une existence de dur labeur et à mourir jeune dans l'indifférence générale. Tout sauf le destin. Et sa prodigieuse faculté à manier les nombres. Ainsi, Nombeko, l'analphabète qui sait compter, se retrouve propulsée loin de son pays et de la misère, dans les hautes sphères de la politique internationale. Lors de son incroyable périple à travers le monde, notre héroïne rencontre des personnages hauts en couleur, parmi lesquels deux frères physiquement identiques et pourtant très différents, une jeune fille en colère et un potier paranoïaque. Elle se met à dos les services secrets les plus redoutés au monde et se retrouve enfermée dans un camion de pommes de terre. À ce moment-là, l'humanité entière est menacée de destruction.


- L'éveil de mademoiselle Prim
de Natalia Sanmartin-Fenollera
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


Attirée par une petite annonce, Prudence Prim arrive à Saint-Irénée d'Armois, un petit village charmant dont les habitants ont déclaré la guerre aux influences pernicieuses du monde moderne pour revenir à l'essentiel. Mademoiselle Prim est engagée pour ranger et organiser la bibliothèque de l'Homme du Fauteuil, un homme intelligent, cultivé, qui réfléchit mais qui n'a pas le moindre sens de la délicatesse. Malgré quelques heurts avec son employeur, la bibliothécaire découvrira peu à peu le style de vie et les secrets des habitants de Saint-Irénée. Un roman ingénieux et brillant qui nous entraîne dans un merveilleux voyage à la recherche d'un paradis perdu, de la simplicité, de la beauté et de la richesse qui se cache dans les petits détails.


- L'heure du thé
de Chantal Forêt
Éditions L'Archipel / Octobre 2013


Après avoir été séparée de sa sœur  cadette depuis l'enfance, Nelly s'apprête à retrouver Anne dans un restaurant. Mais Anne n'est pas au rendez-vous. Inquiète de son silence, Nelly se rend au domaine de la Boissière, en Auvergne, pour y rencontrer la belle-famille d'Anne. Dans la pénombre d'une maison de maître, au fond d'un parc à l'abandon, Paul Maréchal, le mari d'Anne, et Alice, sa mère, accueillent en parente celle dont ils ignoraient l'existence. La vieille dame en noir apprend alors à Nelly que sa sœur  s'est tuée trois jours plus tôt dans un accident de voiture. Malgré sa réticence à partager l'intimité de ces inconnus, les soupçons qu'elle nourrit déjà incitent Nelly à rester pour en savoir plus: comment Anne, jeune artiste bohème, a-t-elle pu épouser cet homme soumis et échouer dans ce domaine isolé? Alice Maréchal, possessive et hautaine, la considérait-elle vraiment comme sa propre fille? Pourquoi Mado, la gouvernante, paraît-elle gênée par les questions de Nelly? Dans le silence ouaté de la demeure bourgeoise, entre l'heure du thé et celle de la promenade, Nelly, en quête de vérité, marche dans les pas de sa sœur  et prend d'instinct la place qui était la sienne au sein de cette famille. Un mimétisme qui pourrait lui coûter cher.


- L'homme dans la guerre
de Bernard Maris
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


Ils se battirent l'un contre l'autre, à la tranchée de Calonne, et furent blessés le même jour. Ces deux hommes, si jeunes, vécurent le même conflit, l'un germanophile, l'autre francophile, l'un et l'autre amoureux des lettres et du pays ennemi. Ils devinrent deux immenses écrivains sous les ombres et dans l'horreur, par l'horreur. Maurice Genevoix parle de chaque homme qui tombe; Ernst Jünger évoque les soldats, l'armée, la nation. Leur lecture croisée, cent ans après, donne un éclairage extraordinaire sur le premier conflit mondial. Bernard Maris s'approche d'un double mystère: celui de l'acharnement et de la singularité de nos deux nations. Il nous porte, avec Genevoix et Jünger, à la hauteur de cette Guerre dite "Grande".


- L'idée d'une tombe sans nom
de Sandrine Treiner
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


"Ne venez pas. Nous nous sommes trompés". Manya Schwartzman, jeune révolutionnaire, quitte sa terre natale, la Bessarabie, pour construire le socialisme en Union soviétique et disparaît en 1937 dans les grandes purges staliniennes après ce dernier message aux siens. Pour traverser le fleuve, elle s'est émancipée des archaïsmes du monde juif, de son pays, de sa condition sociale. La Révolution n'était pas une pensée pour elle, mais une nécessité vitale. Parce que l'idée d'une tombe sans nom lui déplaît, Sandrine Treiner mène l'enquête pour arracher son héroïne à l'anonymat des fosses communes. Voyage dans des territoires et des idées perdues, au cœur des steppes ensoleillées baignées par la mer Noire, ce récit est d'abord une réparation. Et une rencontre avec Manya S., héroïne déterminée et trahie, rendue à la vie et, par ces lignes, à son engagement et à sa lucidité.


- L'Italie, Rome et moi
de Philippe Ridet
Éditions Flammarion / Octobre 2013


Les mésaventures conjugales d'un auteur correspondant à Rome, la vie de cette capitale et la politique d'un pays européen se mélangent dans un texte très personnel.


- L'organisation criminelle de la faim
de Olivier Assouly
Éditions Actes Sud / Octobre 2013


Si la faim est une arme qui n'a cessé d'être utilisée en temps de guerre pour faire plier l'ennemi, les nazis portèrent à un niveau inédit de criminalité l'organisation de la faim au sein de leurs camps de concentration. Dès lors que, le 15 décembre 1942, Himmler eut, pour optimiser les performances des déportés, préconisé de gratifier ceux-ci d'une nourriture plus "saine", les nazis s'employèrent à une évaluation scientifique de la résistance physique des détenus, au calcul vétilleux des calories et des rations alimentaires au nom d'un ordre biologique supérieur impliquant la transformation des victimes en "sous-hommes" exploitables à merci puis "retraités" au titre écologique de déchets organiques. Aussi terrifiante et scandaleuse qu'en aient été les manifestations sous le joug nazi, pareille économie exterminatrice n'était cependant pas totalement inédite au regard de l'instrumentalisation de la faim orchestrée, à la fin du XVIIe siècle, par l'avènement d'une ère industrielle contraignant des populations entières à travailler en usine pour échapper à l'inanition. Bien que les temps aient changé, d'autres pratiques continuent d'assujettir les populations en prenant en otage le fait alimentaire. Comment, en effet, ne pas s'interroger sur l'industrie agroalimentaire qui favorise une libéralisation croissante aux fins d'une criminelle mise sous tutelle économique du vivant et des denrées planétaires, érigeant ainsi l'appétit en un redoutable instrument politique de domination?


- La constellation du Lion
de Pascal Convert
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


De quelle histoire est-on le dépositaire? Une mère, écrasée par l'ombre de son propre père, le Lion des Landes. Une fleur qui, suivant les jours, se prenait pour une rose ou ne se prenait pour rien. Une femme qui flottait, fille d'un père qui résistait. Comme une équation mathématique étrange: faiblesse, abandon et peur en abscisse, force, refus et courage en ordonnée.


- La Madeleine Proust, une vie
de Laurence Sémonin
Éditions Flammarion / Octobre 2013


En guise d'hommage à la pièce "La Madeleine Proust", parue en 1991, l'auteur raconte l'enfance de cette femme du peuple, imagine son parcours, ses amours et son existence quotidienne.


- La mécanique du bonheur
de David Bergen
Éditions Albin Michel / Octobre 2013


Quand Morris Schutt, éminent chroniqueur, passe en revue l'année qui vient de s'écouler, il ne voit que des catastrophes. Son fils a été tué en Afghanistan, sa femme, psychiatre de renom, s'éloigne de plus en plus de lui, une de ses filles semble avoir une liaison avec son professeur, et son journal l'a mis en congé pour une durée indéterminée. Que doit faire un homme qui pense, si ce n'est se tourner vers les grands philosophes, en quête des moyens d'être heureux? À moins de prendre contact avec une de ces discrètes "agences de rencontre"? Ou d'entreprendre une liaison épistolaire avec une femme qui a, elle aussi, perdu son fils à la guerre? Mais trouver la vérité et le bonheur, comme va le constater Morris, n'est pas chose simple. Dans ce roman à la fois mélancolique et mordant, le canadien David Bergen, dissèque la vie d'un homme à un moment critique de sa vie, et s'impose comme un formidable interprète des complexités de l'âme humaine.


- La passion
de Jeanette Winterson
Éditions de l'Olivier / Octobre 2013


Henri est l'aide-cuisinier de Napoléon Bonaparte, chargé de préparer son met préféré: les volailles, que l'empereur dévore. Il devient ensuite soldat, et vit la guerre de l'intérieur. Mais lorsque les troupes françaises s'acheminent péniblement vers la Russie, son adoration pour Napoléon s'effrite. Pendant ce temps, à Venise, Villanelle, fille d'un batelier, mène une vie bien mystérieuse. Elle se travestit en homme, travaille au Casino et connaît une histoire d'amour secrète qui tourne au drame quand elle perd littéralement son cœur, son amante le lui a volé. Les chemins de Villanelle et Henri se croisent à Moscou: c'est là-bas qu'elle a fui l'Italie, et qu'il a déserté son régiment. Entre eux se nouent les fils de la passion, et les deux jeunes gens n'ont désormais qu'un seul but: retrouver le cœur de la jeune femme, pour enfin devenir amants.


- La pomme d'Alan Turing
de Philippe Langenieux-Villard
Éditions Héloïse d'Ormesson / Octobre 2013


Alan Turing est un mathématicien de génie. En 1936, à l'université de Cambridge, il invente une machine, sans conteste l'ancêtre de l'ordinateur. Pacifiste convaincu, c'est pourtant lui qui contribue durant la Seconde Guerre Mondiale à décrypter le code Enigma utilisé par les Allemands et réputé inviolable. Cette découverte marque un tournant décisif dans le conflit à l'avantage des Alliés et le transforme en héros. De la vie tourmentée et follement romanesque de ce scientifique visionnaire, athlète à ses heures et espion de fortune, Philippe Langenieux-Villard s'empare à bras-le-corps. Avec virtuosité, il mêle éléments biographiques et imaginaires, à travers le regard ému d'une mère après la disparition tragique de son fils. Des honneurs militaires au procès honteux, La Pomme d'Alan Turing dessine le parcours extraordinaire et la psychologie complexe de cet homme fragile, en quête d'une reconnaissance qui s'est injustement fait attendre.


- La robe des léopards
de Kristopher Jansma
Éditions Jacqueline Chambon / Octobre 2013


Le narrateur de ce premier roman n'est décidément pas fiable. Il s'appelle tour à tour Walter, Timothy, Outis, mais personne ne connaît son vrai nom. Il se dit écrivain, mais a perdu tous les textes qu'il a écrits. Il enseigne le journalisme, mais n'a jamais mis le pied dans une salle de rédaction. Et pourtant c'est à lui qu'un éditeur commande la biographie d'un grand écrivain qu'il a bien connu quelques années plus tôt. Lui, qui repeint sans cesse la réalité aux couleurs trompeuses de l'imaginaire, lui, le menteur maladif, l'imposteur magnifique, le voilà, pour la première fois, sommé d'écrire la vérité. Pour retrouver celui qui fut son meilleur ami, en même temps que son plus grand rival en littérature, il se lance dans un surprenant tour du monde. Des clubs de jazz de Manhattan aux villages du Sri Lanka, de Dubaï au Luxembourg et du Ghana à l'Islande, il part à la recherche de l'homme qui, depuis plusieurs années, se cache derrière l'auteur culte. Il se met aussi, sans le savoir, en quête de lui-même. Loin du roman initiatique traditionnel, quelque part entre les univers de Francis Scott Fitzgerald et de Wes Anderson, Kristopher Jansma livre dans La Robe des léopards une variation pleine d'invention et d'esprit sur l'art du roman. Au fil des pages, les histoires s'imbriquent, réalité et fiction s'échangent leurs détails, tandis que le narrateur prend un malin plaisir à brouiller sans cesse les règles du jeu. Où est la vérité? Peu importe. "Toutes les histoires sont vraies, mais ne le sont qu'ailleurs".


- La table d'émeraude
de Carla Montero
Éditions Prisma / Octobre 2013


À la demande de son fiancé, Konrad, riche et puissant homme d'affaires allemand, Ana se lance sur la piste de L'Astrologue, un tableau disparu de Giorgione du XVe siècle. Au cours de ses recherches, elle découvre le Paris sous l'Occupation et la saga des Bauer, famille juive chargée de veiller sur le secret que renferme cette œuvre qui a traversé les siècles. Madrid, de nos jours. Avant de trouver L'Astrologue sur son chemin, Ana, jeune historienne d'art du Musée du Prado, menait une vie tranquille auprès de Konrad, riche homme d'affaires allemand et collectionneur d'art. Mais une lettre écrite pendant la Seconde Guerre Mondiale les met sur la piste du mystérieux tableau attribué à Giorgione, l'énigmatique peintre de la Renaissance. Alléché par l'immense valeur de L'Astrologue, Konrad convainc Ana de partir à sa recherche. La jeune femme, consciente de toutes les difficultés qui se présentent à elle, demande l'aide d'Alain Arnoux, professeur de la Sorbonne spécialisé dans la recherche d'œuvres d'art confisquées par les Nazis. Mais cette décision semble compliquer l'affaire. Paris, sous l'Occupation allemande. Le commandant SS Georg Von Bergheim, militaire d'élite et héros de guerre, vient de recevoir un ordre d'Himmler: il doit retrouver un tableau de Giorgione, connu sous le nom de L'Astrologue, qui fascine le führer. Hitler, en effet, est convaincu que l'œuvre dissimule une grande énigme, une révélation qui est passée de main en main pendant des siècles. La recherche conduit Bergheim à une certaine Sarah Bauer, et une poursuite trépidante s'engage, qui aura des conséquences inattendues pour tous les deux. Alternant habilement les chapitres à l'époque contemporaine et ceux durant l'Occupation, ce roman entraîne le lecteur dans une histoire haletante autour d'un mystérieux tableau sur fond de guerre mondiale, et au cœurs de deux grandes histoires d'amour.


- La traîtresse
de Dominique Zachary
Éditions Michalon / Octobre 2013


10 septembre 1944. Morelange, petite ville frontalière belge à deux pas de la France et du Luxembourg. Tout le monde célèbre la Libération tant espérée. Suzanne Gasper, une jeune enseignante, danse aussi la troïka. Soudain, quelqu'un dans la foule la pointe du doigt. La musique s'arrête. La fête tourne au cauchemar. Suzanne doit comparaître devant un jury populaire improvisé sur la place du village. En quelques minutes, le destin de la jeune femme bascule: le professeur plein d'idéal, qui luttait pour l'intégration des filles dans son école, devient la bannie, la pestiférée, la "traîtresse". Un très beau roman inspiré de faits réels, dans lequel Dominique Zachary décortique avec pertinence cette justice où les accusés sont condamnés d'avance par la raison d'État (Me Éric Dupond-Moretti).


- La vie est une fumée
de Félix Vallotton
Éditions Fayard / Octobre 2013


"La vie est une fumée, on se débat, on s'illusionne, on s'accroche à des fantômes qui cèdent sous la main, et la mort est là. [...] Il reste la peinture, heureusement", écrit, dans les dernières lignes de son Journal, Félix Vallotton (1865-1925). Tour à tour portraitiste, graveur, dessinateur de presse, paysagiste et peintre de nus (à scandale), Suisse et Français, sympathisant anarchiste marié à une bourgeoise, l'artiste se révèle l'inclassable. Mais, par ses lettres et écrits, l'itinéraire singulier de l'homme et de son œuvre transparaît avec humour et dérision.


- La vie secrète d'Emily Dickinson
de Jérôme Charyn
Éditions Payot & Rivages / Octobre 2013


"Fermer les yeux c'est voyager", écrit Emily Dickinson en 1870. C'est par ces mots que s'ouvre La Vie secrète de la grande poétesse américaine, réinventée par Jérôme Charyn. Du séminaire de Mount Holyoke à la solitude des dernières années, il retrace le destin d'une femme exceptionnelle. Pourtant ce livre n'est pas une biographie: comme Norman Mailer dans les Mémoires imaginaires de Marylin, Charyn dépasse la légende en lui donnant une voix. Car c'est bien Emily Dickinson que l'on entend, vivante, sensuelle, loin des clichés la réduisant à une recluse excentrique toujours vêtue de blanc. Mais l'héroïne si moderne cache un paradoxe: éprise d'indépendance, elle s'évadera grâce à la force de son imagination, simplement assise à sa table. En célébrant ainsi ce personnage hors du commun, Charyn rend hommage à la fiction, à l'infini pouvoir de la littérature.


- Le choix des filles
de Leah Magnin
Éditions Denöel / Octobre 2013


Après avoir embrassé bien des crapauds dans l'espoir de les voir se transformer en princes charmants, Lisa, Apolline, Élodie et Hannah, quatre copines à la vie sentimentale calamiteuse, sont inévitablement rattrapées par leur horloge biologique. Deux d'entre elles enchaînent les rendez-vous arrangés par des amis ou des sites de rencontres, débouchant sur des histoires aussi cocasses que stériles. Une autre a un amant qui, malgré ses promesses d'enfant, de vie commune et de vacances, n'a pas vraiment l'intention de quitter sa femme, et la dernière est mariée mais au bord de la rupture. Leah Magnin croque avec malice, humour et réalisme, les aventures et mésaventures de ces quatre amies inséparables. Et si elles ne trouvent pas le bonheur qu'elles avaient imaginé, ça y ressemble quand même beaucoup.


- Le colosse de Maroussi
de Henry Miller
Éditions Buchet Chastel / Octobre 2013


"J'allais, les yeux bandés, chancelant, hésitant; j'étais orgueilleux, arrogant, content de mener la vie fausse et restreinte du citadin. La lumière de la Grèce m'a ouvert les yeux; elle a pénétré mes pores et dilaté tout mon être". En 1939, alors que l'Europe bascule dans la guerre, Henry Miller rejoint la Grèce à l'invitation de son ami Lawrence Durrell. Il n'a pas un sou, ses livres sont frappés par la censure aux États-Unis, et c'est sans doute ce dépouillement qui lui permet de partir corps et âme à la rencontre de la Grèce et de celui qui en incarne à ses yeux l'ethos: le conteur, poète et jouisseur Katsimbalis.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://le-titre-du-roman.forumactif.org
Elisabeth
Admin
avatar


MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 10:15

- Le fruit sanglant du hasard
de Daniel Biasini
Éditions Flammarion / Octobre 2013


Victor Anatoly, banquier et bijoutier de son état, décide de se venger de Charles, Roberto et Max, d'anciens compères ingrats qui lui doivent leur fortune. Sa méthode consistera à semer le chaos au cœur même de leur confortable quotidien, avec la complicité de son fils.


- Le garçon qui voulait devenir un être humain
de Jorn Riel
Éditions 10-18 / Octobre 2013


Islande, vers l'an mil. Leiv, un jeune Viking dont le père a été assassiné, est farouchement déterminé à laver ce meurtre dans le sang. Il embarque clandestinement à bord d'un drakkar en partance pour le Groenland. Mais un tel voyage est périlleux, et semé d'imprévus. C'est dès lors un destin inattendu qui attend Leiv, avec la découverte d'un autre peuple, les Inuit, et l'apprentissage de la tolérance et de l'amitié.


- Le loup est revenu
de Anne Vallaeys
Éditions Fayard / Octobre 2013


La bergère humecte la cigarette qu'elle vient de rouler. "C'est harassant, dit-elle, d'avoir le loup comme adversaire". Canis lupus est revenu. Sur l'ensemble des massifs alpins, des Pyrénées au Cantal, jusqu'en Vosges, dix-neuf meutes sauvages peuplent vingt-neuf "territoires à loups". Mais l'expansion géographique du loup se mesure surtout en milliers d'ovins tombés sous ses crocs. Symbole d'une nature reconquise pour ses partisans, cauchemar pour les gardiens de troupeaux, la réapparition du prédateur divise dans les alpages. La montagne serait-elle redevenue le lieu d'un combat? Troupeaux et bergers devront-ils déserter, abandonner les estives au profit du sauvage, dévorateur de brebis? Anne Vallaeys a parcouru les confins du Mercantour, en Ubaye, où depuis toujours vivent des générations de bergers et d'éleveurs. Sur la trace des loups, jour après jour, la voyageuse a gravi les vallons, contourné les falaises et les précipices. Pour comprendre. Son récit ébranle les représentations convenues du prédateur séduisant, le loup, et de ses proies, les brebis. Il démonte les stéréotypes et les faux-semblants d'une nature "vraie" qui aurait tous les droits.


- Le miroir de l'impératrice
de Michaëla Link
Éditions L'Archipel / Octobre 2013


Pékin, 1908. À la cour de l'impératrice Guniang, véritable femme de fer vivant les dernières heures de l'empire chinois, manigances et complots se succèdent pour s'attirer les faveurs de la régente. À 18 ans, la jeune princesse Anli ne connaît pas les véritables raisons qui lui ont valu sa place de dame de cour, mais elle s'attire les bonnes grâces de sa maîtresse par sa bonté et son audace. La prenant sous son aile, la régente lui attribue l'eunuque qu'elle a sauvé d'une injuste sentence fatale. Un cadeau qui lui vaudra l'inimité des autres membres de la cour. Eunuques et dames de compagnie rivaliseront pour nuire à la princesse et prendre sa place auprès de l'impératrice. Quand Anli apprend que son père entend la marier à un vieux général, elle s'en ouvre à l'impératrice qui organise sa fuite à l'étranger.


- Le monde de Downton Abbey
de Jessica Fellowes
Éditions Charleston / Octobre 2013


Série télévisée britannique créée par Julian Fellowes, Downton Abbey met en scène la vie de la famille Crawley et de leurs domestiques à Downton, une demeure anglaise dans les années 1910. Depuis sa création en 2010, et sa première diffusion en France en décembre 2011, cette série connaît un succès d'audience et critique sans précédent. Dans ce livre compagnon officiel des saisons 1 et 2, les fans sont conviés derrière les portes du manoir pour une visite exceptionnelle. Construit autour de grands thèmes (la famille, la vie quotidienne, les relations maîtres/domestiques, le style…), ce livre fait la part belle aux personnages de la série. On y découvre des révélations inédites sur le tournage, la vie des acteurs. Superbement illustré, Le Monde de Downton Abbey analyse le contexte politique et social de cette époque et présente, grâce à des documents d'époque, les hommes et les femmes qui ont inspiré la série.


- Le monde futur
de Wang Xiaobo
Éditions Actes Sud / Octobre 2013


Roman en deux parties, Le Monde futur commence par l'histoire de "Mon oncle", un écrivain qui n'a jamais pu se faire publier de son vivant, et dont le narrateur, historien de formation, entreprend de restituer le passé à sa manière, en déjouant la méfiance des autorités toujours promptes à traquer les sous-entendus. S'ensuit un récit où la vérité demeure constamment insaisissable, et dans lequel les jeux amoureux deviennent une figure ambiguë des rapports de domination. Contre toute attente, cette biographie peu conventionnelle est largement plébiscitée. Mais on ne peut, dans la Chine totalitaire, s'octroyer de telles libertés narratives et la sanction ne tarde pas à tomber. Ainsi s'ouvre la seconde partie de ce livre: privé de son ancienne identité et soumis à une procédure de réinsertion, le narrateur devient "écrivant" aux ordres de la Société générale d'administration de l'ordre public. Il voit alors sa vie sombrer dans un cauchemar que seuls ses traits d'humour noir viennent éclairer. Métaphore de la condition imposée aux intellectuels sous le régime communiste, ce roman à l'humour caustique aborde cette période sur le mode de l'absurde et de l'onirisme, en y mêlant une touche d'érotisme à la frontière du sadomasochisme.


- Le pays sous le ciel
de Matilde Asensi
Éditions Charleston / Octobre 2013


Nous sommes en 1923. Elvira De Poulain est une peintre espagnole qui vit en France. Elle apprend la mort de son mari, un homme d'affaires établi à Shangaï, dans des circonstances étranges. Accompagnée de sa nièce, elle entreprend un long voyage en paquebot pour rejoindre la Chine post-impériale, et régler la succession de son époux. Dès son arrivée, elle se trouve embarquée malgré elle sur la piste du mausolée du premier empereur, immergée dans le milieu interlope des gangsters, de l'opium et des intrigues politiques.


- Le peigne de Cléopâtre
de Maria Ernestam
Éditions Gaïa / Octobre 2013


Mari, Anna et Fredrik, trois amis de longue date, ont monté une société au doux nom du Peigne de Cléopâtre. Leur créneau: résoudre les problèmes des gens. Chacun apporte ses compétences, qui en jardinage, qui en déco d'intérieur ou en comptabilité, et la PME se développe avec succès. Chacun patauge quelque peu dans sa propre existence, en quête d'identité ou d'âme sœur , et trouve un réconfort non négligeable dans l'idée de venir en aide à autrui. Jusqu'au jour où une vieille dame se présente avec une étrange requête: elle souhaite que Le peigne de Cléopâtre élimine son mari. Difficile de résister à un filon qui promet d'être lucratif, et les candidats se bousculent bientôt au portillon.


- Le prix à payer
de Vincent Faucheux
Éditions Alice / Octobre 2013


Et si vous pouviez refaire tous les choix que vous avez faits jusqu'ici? Une vie rêvée, en quelque sorte. Mais qui peut tourner au cauchemar. Ce 22 mars 2010, Paul Tournier, la quarantaine, célibataire, est assis à son poste de comptable dans une entreprise internationale comme il y en a tant dans le quartier des affaires, au cœur de Paris. Une ombre parmi les ombres, Paul ne se démarque en rien du commun des mortels. Il a une existence réglée comme du papier à musique: boulot, métro, dodo, avec, comme loisirs, quelques films, quelques aventures amoureuses sur le net et des week-ends avec ses parents. Il ne se plaint pas, mais se demande parfois quels autres choix il aurait pu faire pour vivre l'existence de ses rêves. C'est d'ailleurs la question qu'il se pose, lorsque, ce soir-là, en rentrant du bureau, il traverse la rue distraitement et qu'une voiture ne peut l'éviter. Quand il se réveille, il est dans une salle toute blanche et un homme, également tout de blanc vêtu, se tient devant lui. Fortunae est son nom. Il prétend offrir à Paul l'opportunité de revivre les événements majeurs de sa vie afin de changer le cours de sa destinée. Chaque soir, quand Paul s'endormira, il revivra un épisode du passé. Une chance? Peut-être, si on se fie au nom de l'individu qui a accueilli Paul à son réveil. Mais Fortunae lui rappelle que chacun de ses actes aura des conséquences. L'aventure peut commencer. Un magnifique appartement, un job passionnant, une vie de famille épanouie auprès de son amour d'adolescent, des enfants, et, en bonus, la découverte d'un traitement universel contre le cancer. Chaque voyage apporte son lot de bonnes surprises. Mais, le retour de bâton n'est pas loin. Ses recherches semblent faire l'objet d'un espionnage appuyé. Il est bientôt menacé, et sa femme enlevée. Le traître est peut-être plus proche qu'il ne le croit. Et ses retours dans le passé connaissent très vite leur premier dérapage: ses parents et son frère en font les frais. Mais le dernier voyage approche, celui de la grande décision. Quel choix devra faire Paul pour sauvegarder sa famille, son couple, ses découvertes? Aura-t-il l'opportunité de tout sauver, ou même seulement de sauver quoi que ce soit? Qui n'a jamais rêvé de revivre son existence passée avec ce qu'il sait aujourd'hui? Avec des connaissances qui lui permettraient de faire, à coup sûr, les bons choix? C'est cette expérience que l'auteur nous permet de toucher du doigt, à travers l'itinéraire d'un anti-héros, Paul Tournier. Expérience pas forcément idyllique, d'ailleurs: Vincent faucheux pénètre chaque méandre de la vie de son personnage, en inspecte tous les détails et ne laisse rien passer. La moindre hésitation, le moindre écart, peut coûter cher au personnage principal que jamais l'auteur ne ménage et qu'il met face à ses dilemmes, à ses peurs, à ses mauvais penchants, à ses contradictions. Un roman haletant au suspense enlevé qui aborde le voyage dans le temps et revisite l'effet papillon avec réalisme et pertinence. Rien n'y est vraiment blanc, rien n'y est vraiment noir. Pas même Fortunae. L'auteur nous livre ici un roman fantastique extraordinairement efficace.


- Le retour des États
de Michel Guénaire
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


Ce livre part d'un paradoxe: la mondialisation "dissout" les États. Or, la crise de cette même mondialisation rappelle leur nécessité. Les peuples réclament plus d'État contre les dérégulations venues d'ailleurs. Ce que l'on prenait pour l'agonie du vieil État-Nation dissimulerait-elle, en vérité, sa renaissance? "Les États reviennent au cœur du projet politique des peuples", écrit Michel Guénaire, parce que ceux-ci "aspirent à une défense de leurs intérêts et veulent retrouver leur identité dans la marche du monde". Dans ce livre qui est une fresque historique et politique, l'auteur analyse les types culturels des grands ensembles étatiques qui renaissent. Avec ses vertus. Avec ses risques (retour du souverainisme, litanies anti-européennes...) Ce livre se propose surtout de "remettre à l'heure" les horloges de nos débats intellectuels, lesquels en sont encore à faire l'éloge de la mondialisation alors que cette question est d'ores et déjà dépassée.


- Le vieil orphelin
de Serge Moati
Éditions Flammarion / Octobre 2013


Le journaliste et réalisateur se demande si c'est vraiment une chance d'avoir perdu son père et sa mère lorsqu'il avait onze ans. Il se souvient de son enfance et raconte sa vie mouvementée et hasardeuse où les absents sont toujours présents.


- Les érections américaines
de Amanda Sthers
Éditions Flammarion / Octobre 2013


À partir de la tuerie qui a eu lieu à Newton dans le Connecticut en décembre 2012 et du pistolet comme symbole phallique, ce récit, fait dans la peau du tueur juste avant le drame, tente de comprendre comment un être humain a pu en arriver là et est devenu le symptôme d'un pays fantasmé mais souffrant.


- Les gestes impossibles
de Pierre Vinclair
Éditions Flammarion / Octobre 2013


Une épopée poétique alternant différents registres d'écriture et invoquant plusieurs périodes de l'histoire du monde, dont la Commune de Paris serait le point focal.


- Les inédits
de René Crevel
Éditions Du Seuil / Octobre 2013


Lorsque l'écrivain surréaliste René Crevel se suicide le 18 juin 1935, il laisse à la postérité onze livres publiés et plus d'une centaine d'articles. Ami d'Eluard, de Breton, de Tzara, de Giacometti mais proche également de Jouhandeau, de Klaus Mann, ou de Jacques-Émile Blanche, Crevel aime tout autant fréquenter les hôtels particuliers de ses riches amis que les bals populaires de la rue de Lappe à Paris. Ce roman inédit s'accompagne ici d'une centaine de lettres destinées à ses amis les plus proches, notamment Étienne de Beaumont, ou Tota Cuevas, sa dernière maîtresse qui éclairent d'un point nouveau les dernières années de l'écrivain jusqu'à son suicide. C'est à Tota Cuevas qu'il laissa les derniers mots écrits de sa main. "Prière de m'incinérer. Dégoût".


- Les lointains tourments de la jeunesse
de Alexander McCall Smith
Éditions 10-18 / Octobre 2013


Isabel Dalhousie connaît l'histoire de sa famille, de même que son fiancé Jamie. Mais tout le monde n'a pas cette chance, Jane, par exemple, une philosophe venue d'Australie pour retrouver la trace de ses parents biologiques. Bien entendu, Isabel ne peut pas refuser de tendre la main à une amie dans le besoin. Elle fait jouer son réseau de relations dans le Tout-Édimbourg, mettant bientôt au jour d'inconfortables vérités. Elle doit également consacrer un minimum de temps aux petits soucis d'une actualité quotidienne: son mariage, en l'occurrence. Les lointains tourments de la jeunesse ne sont décidément pas les seuls dont elle aura à se soucier.


- Les mouettes
de Sándor Márai
Éditions Albin Michel / Octobre 2013


"Pendant des dizaines d'années, j'ai traversé ce pont deux fois par jour et c'est la première fois que je prête attention aux mouettes, songe-t-il. Je les regarde avec les yeux de cette femme. Elle a les mêmes yeux gris vert que l'autre, des yeux d'oiseau ou d'animal". Lorsqu'il accueille dans son bureau du ministère la réfugiée finlandaise venue demander un permis de séjour et de travail, le haut fonctionnaire est saisi: il croit reconnaître une jeune fille jadis aimée et qui s'est donné la mort cinq ans plus tôt par amour pour un autre. Simple hasard ou signe du destin? Qui est cette "mouette" venue de si loin et qui prétend se nommer Aino Laine, "vague unique" en finnois? Cette rencontre énigmatique, dont la tension est accrue par l'imminence de la guerre et l'attente d'un coup de téléphone, crucial pour l'homme comme pour le sort du pays, pourrait déboucher sur une révélation, à moins qu'elle ne fasse qu'épaissir le mystère des êtres.


- Les petits contretemps
de Gaëlle Héaulme
Éditions Buchet Chastel / Octobre 2013


Et si un jour nos pulsions, nos pensées les plus noires, celles qu'on réfrène d'habitude, se transformaient en actes? On n'hésiterait plus à se débarrasser de nos bébés pleureurs, ni à faire taire définitivement celui qui depuis vingt ans nous empêche de boire tranquillement notre café le matin. Les Petits Contretemps, ce sont ces moments de basculement, où tout change soudain de couleur, de rythme. Ces récits sont des instantanés, des "vignettes", plutôt que des nouvelles. Ils nous plongent en quelques phrases, avec un style presque cinématographique, dans un univers noir; là où devraient se jouer des situations ordinaires. Le couple, l'enfance, la maladie, la perte…  Autant d'occasions de fixer avec une cruauté jubilatoire ces instants où tout peut déraper: un homme quitte sa femme, mais celle-ci lui présente sobrement la liste des choses à finir avant d'aller refaire sa vie (réparer le lave-linge, changer les pneus du scooter, régler le problème des fuites...); un père divorcé essaye en vain de passer une journée normale avec sa fille; le soir de Noël, une femme reconnaît en un clochard assis sur un banc celui qui l'a tant fait souffrir. De même qu'un ciel radieux peut augurer la tempête à venir, une journée en apparence comme les autres peut révéler d'étranges surprises.


- Les règles du jeu
de Amor Towles
Éditions 10-18 / Octobre 2013


New York, 1938. Fille d'immigrés, dactylo dans un cabinet juridique, Katey s'est juré de rejoindre le gotha de Manhattan. Quand Eve et elle rencontrent Tinker, un banquier séduisant, la vie flambe. Mais l'amour, toujours à contretemps, s'en mêle. D'ambitions faussaires en vertige mélancolique, devenue patronne de presse, celle qui a compris "les règles du jeu" se souvient. Vibrant écho à Fitzgerald, ce premier roman époustouflant où l'on rêve de hauteur comme de se jeter dans le vide rejoue avec élégance la partition cruelle des illusions perdues.


- Londres par hasard
de Eva Rice
Éditions Baker Street / Octobre 2013


Tara, adolescente un peu fantasque dont l'enfance a été assombrie par la mort tragique de sa mère, vit avec son père vicaire et ses sept frères et sœurs dans un presbytère de Cornouailles. Quand, lors d'un mariage, elle est remarquée par un producteur de disques pour sa belle voix, sa vie tranquille de jeune provinciale va basculer. Bientôt, accompagnée de sa sœur Lucy, ravissante jeune femme qui brise tous les cœurs mais qui ne rêve que de vieilles pierres, elle partira pour Londres où elle enregistrera un disque, connaîtra le succès artistique en même temps que ses premiers amours avec un photographe de mode. Les deux filles seront plongées dans le bouillonnement culturel du Londres des "Swinging sixties". Lucy va même se rapprocher d'un certain chanteur et joueur d'harmonica qui deviendra par la suite l'une des plus grandes icônes de l'histoire du Rock. Dans ce roman "vintage", où les éléments de fiction et de la réalité se croisent et s'entremêlent, l'auteur dresse un tableau saisissant et nostalgique de cette époque, nous immergeant dans l'ambiance survoltée qui accompagnait les débuts des Beatles et des Stones, quand Londres était la capitale de la musique et de la mode. Une foule de personnages singuliers se dresse autour de Tara et de sa sœur, et les intrigues et imbroglios amoureux et familiaux se multiplient. Tara va triompher de bien de mésaventures dans ce roman initiatique plein d'espièglerie et d'humour, teintée de cette petite musique très personnelle qui donne tout son charme aux romans, so British, d'Eva Rice.


- Lumières Fantômes
de Lydia Millet
Éditions Cherche Midi / Octobre 2013


1994, Californie du Sud. Hal Lindley, modeste fonctionnaire, sent sa vie lui échapper. Sa vie conjugale, en particulier. Sa femme, Susan, pourra-t-elle se contenter longtemps d'un homme comme lui, sans horizon, ni matériel ni spirituel? Ne va-t-elle pas bientôt lui préférer son collègue de bureau, Robert, jeune loup aux dents longues? Dans une tentative éperdue de changer la donne, Hal prend le pari fou de quitter son existence désespérément normale pour partir à la recherche de T., le patron de Susan, mystérieusement disparu dans la jungle du Belize. Mais à vouloir ainsi dépasser ses propres limites pour regagner son respect et celui des autres, Hal ne réalise pas encore à quel point, en quittant la civilisation, il se met en danger.


- Marseille amor
de Emmanuel Loi
Éditions Du Seuil / Octobre 2013


Il est né dans les Vosges, mais c'est sans doute à Marseille qu'il trouve ses plus sûres racines ou amarres. Pour le meilleur et pour le pire. Cette ville chaotique, mystérieuse, vénéneuse peut-être, agitée, il y débarque dans les années soixante-dix, sur fond d'agitation politique, avec toute sa soif de liberté. Et c'est dans cette ville que revient de nos jours Emmanuel Loi, toujours aussi indocile, pour arpenter le terrain de sa mémoire en une errance urbaine qui réveille les fantômes et constate les réalités d'un aujourd'hui, où ne se retrouvent plus tout à fait les saveurs d'antan. Dans un mélange de haine et d'amour, l'auteur empoigne Marseille à bras le corps, il se perd, sort des sentiers battus, cherche à comprendre le mystère de ce port des grands brassages. Il est supposé livrer un texte de commande, une étude urbaine. Mais il est trop rétif à la contrainte pour jouer tout à fait le jeu. Et régulièrement, il s'échappe de la ville pour aller vider, en Seine-et-Marne, la maison de sa mère, dans le deuil encore béant de celle-ci.


- Mauvaise étoile
de R. J. Ellory
Éditions Sonatine / Octobre 2013


Texas, 1960. Elliott et Clarence sont deux demi-frères nés sous une mauvaise étoile. Après l'assassinat de leur mère, ils ont passé le plus clair de leur adolescence dans des maisons de correction et autres établissements pénitentiaires pour mineurs. Le jour où Earl Sheridan, un psychopathe de la pire espèce, les prend en otages pour échapper à la prison et à la condamnation à mort, ils se retrouvent embarqués dans un périple douloureux et meurtrier. Alors que Sheridan, accompagné des deux adolescents, sème la terreur dans les petites villes américaines bien tranquilles qui jalonnent leur route, une sanglante et terrible partie se met en place entre les trois protagonistes. Loin de se douter de la complexité de celle-ci, la police, lancée à leurs trousses, et en particulier l'inspecteur Cassidy ne sont pas au bout de leurs surprises. Avec ce récit au suspense implacable et à la noirceur absolue, R. J. Ellory se consacre de la façon la plus flamboyante qui soit à son sujet de prédilection: le mal. Tout comme Shane Stevens dans Au-delà du mal, il aborde les thèmes de l'innocence corrompue et de l'origine des déviances. On y retrouve ici intact tout l'art d'Ellory, qui a fait la force de Seul le silence: une écriture à la fois poétique et très réaliste, des personnages d'une humanité complexe et déchirante aux prises avec leur face sombre, une intrigue qui tient le lecteur captif jusqu'à la dernière page. Un thriller intense, poignant et inoubliable.


- Mes trois zèbres
de Alexandre Jardin
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


"Trois hommes ont enchanté l'idée que je me fais de la France. Trois rebelles-nés qui m'ont façonné. Trois créateurs d'eux-mêmes qui, en s'emparant de la vie, l'ont magnifiée. Trois idées de soi qui, chaque jour, chamboulent la mienne et pourraient bien féconder la vôtre. Sacha Guitry joue avec le réel; Charles de Gaulle le défie; Casanova en jouit. Ces zèbres incarnent trois attitudes hautement françaises: prendre les choses graves à la légère, résister avec superbe, empocher son plaisir insouciamment. J'ai longtemps hésité à leur ressembler. C'est fini. Tout commence. Ce livre d'amour fou n'est pas la somme de trois biographies, au sens habituel et distancié du terme, mais l'histoire de mes interrogations face à leur façon d'être. Voici comment leurs vies ont affecté la mienne. Leur œuvre majeure, c'est eux. Et leur legs essentiel: c'est leur anticonformisme. Marchons sur les traces ensoleillées de ces affranchis. Embellissons notre sort de leurs libertés dissonantes. L'ampleur de l'existence ne doit plus nous échapper".


- Métal
de Chochana Boukhobza
Éditions Denöel / Octobre 2013


C'est l'hiver. Sous la neige et la pluie, dès le point du jour, Tania roule vers Montreuil. Contre l'avis de tous, elle se mesure au plus hostile des matériaux: le métal. Elle tord, soude, sculpte. Un art appris grâce aux Gitans kalderash, lors de l'exode familial vers la France pour fuir la Roumanie de Ceausescu. Mais le temps est compté. Son atelier, une ancienne imprimerie emplie d'immenses blocs de ferraille, va lui être arraché. Autour de cette battante, des êtres se rassemblent: un vieil imprimeur, M. Freddy, Thomas le brocanteur, François, un sculpteur raté. Les complicités improbables, les amitiés tenaces, permettent parfois aux artistes qui s'accrochent à leurs rêves d'affronter les menaces des huissiers, les pièges des magouilleurs et les amours perdues.


- Notre secret
de Jessica Warman
Éditions Fleuve Noir / Octobre 2013


Alice et Rachel sont jumelles. Identiques. Elles ont pourtant chacune un caractère bien différent et partagent un lien mystérieux qu'elles seules comprennent. Parfois, Alice et Rachel échangent leurs identités sans que personne ne s'en rende compte. Comme un jeu qui les amuse, sans conséquences. Mais un jour, lors d'une fête foraine avec leurs amis, Rachel disparaît. Alice est morte d'inquiétude, puis terrifiée lorsqu'elle commence à voir apparaître sur son corps des blessures étranges. Et tout leur entourage pense que la disparue est Alice.


- Nouvelle Galerie
de Patrick Besson
Éditions Fayard / Octobre 2013


"L'époque: fin du XXe siècle, début du XXIe. Le lieu: presque toujours Paris. Les rencontres: une photographe (Bettina Rheims), une actrice (Vanessa Paradis), un académicien (Jean d'Ormesson), un acteur (Jean Yanne), une princesse (Charlotte Casiraghi), une Russe (Elena Lenina), une romancière (Françoise Sagan), un mensuel (Playboy), deux académiciennes (Élodie Frégé et Sofia Essaïdi), une fille (Mazarine Pingeot), une star (Sophie Marceau), un photographe (Helmut Newton), un juré Renaudot (Frédéric Beigbeder), un festival (Cannes), une comédienne (Emmanuelle Seigner), un mort (Jacques Martin), une ex-première dame (Carla Bruni), un biographe (Patrick Poivre d'Arvor), une pop star (Michael Jackson) et une cinéaste (Maïwenn), le tout écrit dans ce style endiablé que mes lecteurs connaissent bien et que j'invite mes non-lecteurs à découvrir". Patrick Besson


- Oscar a toujours raison
de Xavier Darcos
Éditions Plon / Octobre 2013


La redécouverte d'Oscar Wilde, un écrivain lucide, séducteur et insoumis, qui voit la société comme une farce ou chacun joue la comédie, et qui s'en amuse. Un esprit inventif et très actuel. Oscar Wilde aimait les artistes, le monde du théâtre et des salons, les quartiers interlopes, les gentlemen qui mènent une double vie, les miroirs, les poètes, le non-sens et les objets baroques. Cet esprit si libre est une cure de jouvence en ces temps de morosité mondialisée et moralisatrice. Oscar Wilde se méfiait des doctrinaires et des théoriciens. Il voyait la société comme une farce, ou chacun joue la comédie. Il en révèle les déguisements et les feintes, s'en amuse au lieu de s'en offusquer. C'est de cette lucidité stimulante que je veux ici témoigner. Je prends Wilde comme il est, touche-à-tout, dispersé, indiscret. Je le laisse gloser sur tout, comme s'il était là, parmi nous, toujours titillé et, plus encore, consterné par le spectacle du monde.


- Partir à la guerre
de Karl Marlantes
Éditions Calmann Lévy / Octobre 2013


"Une nation qui fait une grande distinction entre ses érudits et ses guerriers verra ses réflexions faites par des lâches et ses combats menés par des imbéciles". Roi de Sparte, cité par Thucydide
Ainsi commence cet essai remarquable sur la guerre, les pays qu'elle frappe et les jeunes hommes qui la font. En onze chapitres, dont "Tuer", "Le sentiment de culpabilité", "L'insensibilisation et la violence", "L'héroïsme", "Le retour au pays" ou encore "Le lien avec Mars", l'ouvrage aborde en termes simples, vécus et érudits, les questions que devraient se poser le soldat qui part au feu, l'instructeur qui l'entraîne à tuer et l'autorité politique qui l'envoie à la guerre. Écrit en partie pour aider l'auteur à réintégrer la civilisation du "Tu ne tueras point" après avoir tué, ce livre aborde aussi les changements dus aux évolutions techniques d'un armement qui éloigne les combattants, désacralise les rites qui valorisaient le soldat et lui permettaient de retrouver des femmes au rôle contraire au sien: celui de donner la vie au lieu de la prendre.


- Penser la Terre
Plaidoyer optimiste pour notre futur
de Tim Flannery
Éditions Buchet Chastel / Octobre 2013


Penser la Terre aujourd'hui, c'est embrasser son histoire depuis des millénaires et choisir entre deux figures tutélaires: devons-nous, avec Médée, continuer à maltraiter notre planète et l'ensemble des organismes qui la peuplent, au risque de nous condamner à l'extinction? Ou bien, comme Gaïa, préférons-nous considérer que l'avenir de l'homme et celui de la Terre sont étroitement liés et que préserver la vie dépend d'abord de nous? Dans cet essai résolument optimiste, Tim Flannery fait le choix de suivre Gaïa et défend une vision holistique du vivant: notre planète, tel un véritable organisme, est constituée d'éléments intimement dépendants les uns des autres. Le salut ne peut passer que par la collaboration, dont le premier défi est crucial: gérer intelligemment notre environnement, non par la création d'un gouvernement mondial mais par le respect de règles communes.


- Pour le meilleur et pour le pire
de Belva Plain
Éditions Belfond / Octobre 2013


Peut-on jamais échapper à son passé? La redécouverte d'un des romans les plus originaux de la reine de la saga familiale. À trente-cinq ans, Jenny Rakowsky a enfin trouvé l'homme de ses rêves: Jay Wolfe, tendre, séduisant et fortuné. Mais comment être à la hauteur de ce prince charmant? Comment assumer ses origines modestes et son passé houleux face à la très conservatrice famille Wolfe? Et voici qu'un soir, l'enfant qu'elle avait abandonné vingt ans plus tôt surgit sur son palier, bouleversant toute sa vie. Déchirée entre le désir de réparer le passé et la peur de briser son avenir, mise sur la sellette par des adversaires sans scrupules, Jenny trouvera-t-elle le courage de tout risquer et d'avouer son secret?


- Que viva la musica
de Andrés Caicedo
Éditions 10-18 / Octobre 2013


Le jour ou María, petite-bourgeoise de dix-sept ans, sèche son énième rendez-vous avec de jeunes marxistes, elle bouscule la vie tracée pour elle et se jette à la nuit: fêtes, drogues, amours multiples, rock et salsa. Dans la ville de Cali et l'effervescence des 70's, elle choisit l'errance, à la poursuite d'elle-même et d'un rêve insaisissable: celui d'une jeunesse absolue.


- Reflex
de Maud Mayeras
Éditions Anne Carrière / Octobre 2013


Chaque fois, le même phrasé trivial au bout du fil, les mêmes gorges calcinées, gavées de fumée jusqu'aux lèvres. Et, chaque fois, cette même question: Tu es disponible, Iris? Je suis toujours disponible". Iris, photographe de l'Identité judiciaire, shoote comme d'autres boivent, pour adoucir la douleur. Pour oublier la mort de son fils, Swan, sauvagement assassiné onze ans auparavant. Henry Witkin, fruit d'une lignée chaotique de filles mères, tue pour le besoin de se vautrer dans la chaleur des chairs. Il écorche ses victimes avec soin et collectionne leurs odeurs comme des trophées. Lorsque la canicule assèche la ville, lorsqu'elle détrempe les corps et échauffe les esprits, alors les monstres se révèlent. Ce n'est que lorsqu'il est pris au piège que le Mal dévoile ses canines. Une histoire de cœurs étranglés, de mères aux crocs luisants, de prédateurs affamés.


- Retour à Salem
de Hélène Grimaud
Éditions Albin Michel / Octobre 2013


Un soir à Hambourg, Hélène Grimaud pousse la porte d'un antiquaire. Elle ne sait pas qu'à cet instant précis sa vie bascule dans l'Ailleurs, et dans une succession d'évènements qui la ramèneront de l'Europe aux États-Unis, à Salem, le refuge de ses loups, pour reprendre, à leurs côtés, sa lutte contre la destruction de la nature. Récit autobiographique? Roman fantastique? Tel est l'enjeu de ce livre qui alterne conte initiatique et journal personnel, et qui croise, jusqu'au vertige, fiction et réalité. À la suite des grands romantiques dont elle est l'interprète mondialement célébrée, Hélène Grimaud nous invite à ouvrir les yeux, les oreilles et le cœur.


- Revanche
de Cat Clarke
Éditions Robert Laffont / Octobre 2013


Kai et Jem sont inséparables. Jem aime secrètement son meilleur ami, qui serait l'homme idéal s'il ne préférait les garçons. À la fin d'une soirée d'ivresse chez des amis communs, Jem rentre seule chez elle, Kai demeurant étonnamment introuvable. C'est le lendemain que tout bascule: la jeune fille reçoit un email de la part de ce dernier, avec en pièce jointe une vidéo de lui en compagnie d'un garçon qu'il a trouvé postée sur Internet. Cette vidéo plus que compromettante est très vite partagée par tout le lycée et Kai reçoit une salve d'e-mails agressifs qu'il ne peut bientôt plus supporter. Lui qui n'avait pas encore fait son coming out finit par craquer et se suicide. À la suite de ce drame, Jem prend trois résolutions: découvrir la vérité, venger son ami et se suicider elle aussi. Alors qu'elle mène sa petite enquête, elle reçoit un jour une lettre anonyme contenant trois noms: ceux des responsables. Sans hésitation, Jem abandonne son look gothique et décide d'approcher ces garçons. Mais sont-ils réellement les coupables?


- Sans garde-fou
de Françoise Henry
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


Sonia est une grande blonde séduisante d'une quarantaine d'années qui vit seule, presque sans nouvelles de son fils. Sa profession d'assistante sociale l'amène à venir voir régulièrement André dans son immeuble géré par l'Organisme Social de la Ville. André est plongeur dans un "atelier protégé", célibataire un peu farfelu, souvent aidé par ses voisins à qui il raconte tout ce qui lui passe par la tête. Il se réjouit des visites de Sonia, elle se prend d'affection pour lui. Mais peu à peu, une succession de malheurs s'abattent sur lui: la mort de son père, l'éloignement de sa mère prise en charge par sa sœur qui le méprise et, le coup de grâce, son licenciement. En quelques mois, cet homme sombre dans la misère et la folie. Le livre s'ouvre sur un appel téléphonique resté en suspens. Dès la sonnerie, Sonia a l'intuition que c'est lui, bien qu'aucune voix ne lui parvienne. Mais pourquoi a-t-il raccroché? Est-il arrivé quelque chose? Sonia part à la recherche de cet homme. Jaillissent alors des images, des souvenirs de ces quelques mois où ils se sont côtoyés, connus, aimés peut-être.


- Schproum
de Jean-Yves Cendrey
Éditions Actes Sud / Octobre 2013


En janvier 2012, alors qu'il travaille à un nouveau roman, Jean-Yves Cendrey se voit soudain affecté de troubles physiques aussi intenses que persistants qui l'obligent à abandonner l'ouvrage en cours. Tandis que les médecins demeurent impuissants à délivrer un diagnostic, l'écrivain, incarcéré dans un corps souffrant inédit, affronte l'angoisse de se voir irrémédiablement glisser vers le néant. Mais, au terme de maintes épreuves, il débusque son invisible agresseur, lequel n'est autre que notre univers saturé d'ondes électromagnétiques. Contraint d'assumer son nouveau statut de "sujet électrosensible", il rejoint ainsi la cohorte de ces sacrifiés dont la pathologie fait l'objet, de la part de nos sociétés, d'un persévérant déni. Récit tétanisant d'une année de confiscation d'existence dans la vie d'un individu, ce témoignage d'intervention et de combat où Jean-Yves Cendrey convoque avec éclat la littérature enfin reconquise donne à comprendre, de l'intérieur, la nature profonde de la potentielle catastrophe sanitaire que favorise la complaisance des pouvoirs publics envers le lobby des ondes. Et révèle l'exorbitant tribut payé à la modernité et à la loi du profit par d'embarrassants patients chez qui s'incarne la nouvelle forme de maltraitance qui menace le corps collectif de la communauté humaine.


- Si vaste d'être seul
de Tristan Cabral
Éditions Cherche Midi / Octobre 2013


Tristan Cabral a toujours mis son cœurs en concordance avec celui des "suicidés de la société", des réfractaires, des élus qui érigent leur solitude en "barricade mystérieuse". Il se veut, une fois de plus, le témoin vigilant de la déshumanité ambiante. Face aux modernes barbares, il oppose ses mots mis à nu. Ces nouveaux poèmes, au lyrisme toujours aussi flamboyant, à la lisibilité immédiate, frappent par leur présence douloureuse au monde.


- Somnambule dans Istanbul
de Éric Faye
Éditions Stock / Octobre 2013


"Enfant, j'étais parfois somnambule et me levais en pleine nuit pour faire quelques pas, dans un état second. Le somnambule a peur de lui-même, voilà ce dont je me souviens. Il est seul, parmi les hommes, à vivre par moments à son insu. Peut-être est-ce cela, l'enfer, ou l'une de ses filiales: s'éveiller avec le souvenir trouble d'actes qu'on n'avait pas l'intention de commettre. Reprendre contact avec soi-même dans un taxi, avec, au compteur, des kilomètres dont on ne peut répondre. Peut-être est-ce tout simplement la définition de la vie: un long parcours dans Istanbul dont, le lendemain, on ne garde aucune trace". Qu'est-ce qui définit une identité? Des lieux? Une langue? Ou plutôt une époque, avec ses ciels de traîne et ses tonalités bien à elle? Partant d'une tentative d'explication, Éric Faye nous emmène sous des latitudes boréales, du Groenland à la Sibérie, en Europe centrale et sur les lieux d'Hitchcock en Californie, quand ce n'est pas dans les rues d'Istanbul, à la poursuite somnambulique d'un "sultan rouge" déchu, celui-là même qui avait permis l'ouverture du mur de Berlin, dont il est aussi question ici. De l'Allemagne à Nagasaki, de Hiroshima à Okinawa, le passé hypnotise celui qui passe, comme si l'identité, au fond, n'était rien d'autre qu'un peu de temps porté sur les épaules.


- Son âme de papier
de Yasmine Ghata
Éditions Fayard / Octobre 2013


"Mon corps est épuisé, écris pour moi, raconte cette mère oxydée par les mots, érodée par les lettres. Tu as le droit de tout dire". Comment obéir à une telle injonction? Suzanne est romancière et fille de romancière. Dès l'enfance, les mots ont irrigué ses organes en croissance. Mais au chevet de sa mère mourante, Suzanne ne sait plus si elle écrira encore. Les mots ne lui appartiennent pas, elle les a reçus en héritage, et même les souvenirs d'enfance de sa mère, dans un village des montagnes libanaises, semblent supplanter les siens. Alors monte en Suzanne une inquiétude: et si cet héritage était une dette? Et si, de livre en livre, sa mère n'avait jamais cherché qu'à se débarrasser d'un fardeau qu'elle aurait fi ni par lui transmettre? Or Suzanne a déjà trop écrit pour ignorer qu'une dette contractée en littérature ne peut se solder qu'en littérature.


- Sorti de rien
de Irène Frain
Éditions Du Seuil / Octobre 2013


Un jour, un journaliste m'interpelle: "Vous qui êtes sortie de rien…" Quel rien? La misère qui fut celle de mon père? Je retourne en Bretagne. Le fil du passé n'est pas encore rompu, les gens se souviennent, un monde stupéfiant ressuscite, un lignage archaïque dont j'ignorais l'existence, rudesse et merveilles, austérité et truculence, cocasserie, poésie. L'esprit même de mon père, l'humilié qui ne plia jamais devant l'adversité. Une colère ancestrale prend alors la parole et me dicte, sans me laisser d'issue: "Cherche donc ce qu'il fut, ce Rien dont tu es la fille. Et dis-le". Je m'incline, je croise ce passé avec ce qu'il me reste de mon père: la légende familiale, ses récits, ses carnets, toutes ces lettres qu'il écrivit lorsqu'il était prisonnier des nazis. Des énigmes s'expliquent, des secrets se dévoilent. Oui, mon histoire, jusqu'à mon prénom, est bien fille de la sienne: le combat d'un Breton "sorti de rien". Combien sont-ils encore, sur la planète, à vouloir sauver comme lui le seul trésor qui vaille: la dignité?


- Sous le toit du monde
de Bernadette Pécassou-Camebrac
Éditions Flammarion / Octobre 2013


Au soir du 1er juin 2001, le roi du Népal est sauvagement assassiné avec les siens dans son palais royal à Katmandou. La princesse de vingt ans est décapitée au moment où elle s'enfuyait. Personne ne sait qui est à l'origine de ce massacre. Inspiré de faits réels, ce roman révèle les drames méconnus de la ville de Katmandou ainsi que la magie du Népal et de ses hautes neiges sacrées.


- The Guitrys
de Éric-Emmanuel Schmitt
Éditions Albin Michel / Octobre 2013


Durant les années folles, pendant quatorze ans, Yvonne Printemps et Sacha Guitry règnent sans partage sur la scène artistique et mondaine internationale. Amants magnifiques et impossibles, ils vont vivre une vraie passion, traversée de querelles, de tromperies, et de jalousie. Et si l'histoire de ce couple légendaire nous était contée par Sacha lui-même? Si l'auteur de Chagrin d'amour et de La jalousie en avait confié la dramaturgie et les dialogues à Éric-Emmanuel Schmitt, complice de cette comédie étincelante de verve et d'esprit?


- Tout s'effondre
de Chinua Achebe
Éditions Actes Sud / Octobre 2013


Dans le village ibo d'Umuofia, Okonkwo est un homme dont la puissance et le courage sont vantés par tous, dont la voix est écoutée. Rejeton d'un père lâche et paresseux, il doit à lui seul ce qu'il est aujourd'hui: un fermier prospère qui veille sur ses trois épouses et sur ses huit enfants, un sage guerrier jouissant de la confiance des anciens. Son monde repose sur un équilibre cohérent de règles et de peurs, de rituels et de traditions. Okonkwo habite ce monde, l'accepte et le maîtrise, il en est même l'un des garants. Ce qu'il ignore, c'est que l'extérieur s'apprête à violer une réalité qu'il croyait immuable: les missionnaires d'abord, les colons britanniques ensuite vont bientôt bouleverser irrémédiablement l'existence de tout son peuple. Tragique roman à la langue limpide, fable cruelle retraçant la destinée d'un homme fier qui ne plie pas, Tout s'effondre rend hommage à l'Afrique précoloniale à l'aube de sa décomposition. "Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, l'histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur", dit un proverbe africain que Chinua Achebe aimait à citer. Avec ce roman magistral, il devenait l'un des premiers lions du continent à prendre la plume.


- Traversé par la rage
de Andrés Caicedo
Éditions Belfond / Octobre 2013


Dans la Colombie des années 70, l'épopée urbaine d'un adolescent qui avance dans la vie à coups de poing, animé d'un idéal emprunté à La Fureur de vivre et aux Sept Samouraïs. Roman d'apprentissage virtuose, portrait survolté d'une société sur le point d'exploser sous la pression des inégalités et de la violence étatique, l'odyssée urbaine d'un jeune rebelle dans la Colombie du début des années 1970. Révolté contre les riches membres de sa famille qui ont exclu sa mère et l'ont réduite au dénuement le plus total, un très jeune garçon décide de prendre sa revanche sur la vie. Animé d'un insatiable appétit de rébellion, il s'instruit devant La Fureur de vivre et West Side Story, côtoie la Tropa Brava, un gang de voyous intrépides, se grise de liberté, caillasse les fenêtres des riches, et se forge une réputation de vrai dur dans toute la ville de Cali. Tout à sa quête farouche d'indépendance et d'affirmation de soi, il se lance à corps perdu dans la révolte sociale qui secoue son pays, ignorant tout de la féroce répression qui, déjà, se prépare à mater dans le sang les espoirs de toute une génération.


- Tyrannicide
de Giulio Minghini
Éditions Nil / Octobre 2013


"Pas mal, n'est-ce pas? Cela vaut largement certaines niaiseries qu'on lit dans la NRF en tout cas". Il y a quinze ans que Gérard J. attendait ce courrier. Quinze ans, et enfin la sixième version du manuscrit auquel il aura consacré tous ses efforts lui vaut un billet manuscrit de Philippe Sollers. Après les lettres types d'une politesse glacée, après les rapports de lecture aussi malhonnêtes qu'impitoyables, le plus illustre éditeur de Paris a donc consenti à répondre lui-même à cet éternel candidat à la "Blanche". Il était temps: la négligence d'un seul homme ne privait-elle pas des millions de lecteurs du plus grand roman écrit depuis un demi-siècle? Hélas, l'injustice et la mauvaise foi sont encore au rendez-vous. La maison Gallimard ne semble toujours pas prête à faire rayonner l'astre littéraire Tyrannicide! Consterné par l'arrogance désinvolte de son interlocuteur, Gérard J. ne se résoudra pas à ce sixième refus sans exprimer une fureur et une frustration trop longtemps contenues. L'éditeur comprend-il bien qu'il lui a volé rien moins que sa vie? Qu'il a condamné un immense écrivain, promis à une palpitante existence parisienne, à moisir dans un lycée technique de Pau? À rester un vieux garçon offrant le plus clair de son temps à sa mère handicapée?... Non, bien sûr. C'est pourquoi Gérard J. se voit contraint, dans une lettre à la férocité légitime, de lui exposer ses propres idées sur la notion de crime littéraire.


- Un américain, un vrai
de Henry Roth
Éditions de l'Olivier / Octobre 2013


1938. Ira Stigman, le double fictionnel d'Henry Roth, est en plein tourment: il peine à écrire son second roman et vient de rencontrer la nouvelle femme de sa vie, Muriel Parker, une américaine "typique", à l'opposé de ses modestes origines d'immigré juif. Fuyant la colère de son ex-compagne Édith, qui l'entretient depuis des années, Ira part avec un ami communiste à Los Angeles. Puis, fou amoureux, il décide de rejoindre Muriel à New York. Il se lance alors dans une traversée épique des États-Unis, en stop et en train, croisant sur son chemin hobos violents et paysans antisémites. Arrivé à Manhattan, Ira affrontera-t-il enfin sa vie et ses choix, pour devenir un américain, un vrai? Magnifique roman d'amour autobiographique, il nous offre aussi deux fascinants portraits: celui d'Ira qui voit l'immigré qu'il était, le "yidele élevé au milieu des taudis de Harlem", se transformer en bourgeois, et celui d'un peuple entier subissant une crise sans précédent. Henry Roth recrée brillamment la vie intellectuelle du New York des années 1930, et dépeint également une autre Amérique, qu'il affectionne tout autant, sombrant dans la Grande Dépression et la désillusion politique.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://le-titre-du-roman.forumactif.org
Elisabeth
Admin
avatar


MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 10:11

- Une étoile mystérieuse
de Frank Eskenazi
Éditions Du Seuil / Octobre 2013


Chez moi, on était juifs de père en fils. Enfant, je le fus donc à mon tour. Mais pour quoi faire? À douze ans, je croisais le chemin d'un vieil homme au regard profond: "Sauras-tu en faire autre chose qu'un mot?" C'est ainsi que tout a commencé. Depuis la guerre, ma famille entière demeurait tapie dans le silence. Je devrais tout apprendre par moi-même. Entre les bus de Vichy remplis d'israélites et ceux de Maurice Papon chargés de bougnoules, le monde m'apparut comme gelé de l'intérieur. À l'école, les gamins antisémites me faisaient honte, sans que je sache dire vraiment de quoi. Tous avaient décidé pour moi ce qu'était être juif: Auschwitz et Israël, en boucle jusqu'à l'épuisement. Était-ce seulement cela? F.E.


- Une question de discipline
de Antoine Compagnon et Jean-Baptiste Amadieu
Éditions Flammarion / Octobre 2013


Ces entretiens introduisent à l'œuvre d'A. Compagnon, professeur de littérature française au Collège de France, qui aborde des sujets aussi divers que l'esthétique de Proust ou la littérature "antimoderne". Revenant sur son itinéraire le menant de Polytechnique à la littérature française, ce dialogue met en lumière son approche inventive de l'histoire littéraire.


- Une séparation
de Véronique Olmi
Éditions Albin Michel / Octobre 2013


"Cela va vite, une séparation. Il suffit d'un mot pour défaire des mois, des années d'amour, c'est comme dynamiter sa maison, on craque une allumette et tout s'effondre". Une séparation est la dernière pièce de Véronique Olmi dont le théâtre, de Chaos debout à Mathilde, est monté en France et à l'étranger par les plus grands metteurs en scène, et couronné par de nombreux prix.


- Une vie de petits fours
de Sébastien Marnier
Éditions JC Lattès / Octobre 2013


"J'ai toujours aimé la politique mais je ne connaissais rien à la politique. Je n'en maîtrisais pas les rouages, pas les filouteries, pas les flagorneries. Je n'avais personne à faire chanter ni à qui faire des promesses. Avant de me lancer dans la bataille, j'avais une vision trop simpliste de ce que pouvait être une campagne, je pensais que ce serait une course équitable entre plusieurs adversaires et Que le meilleur gagne! Non je ne connaissais rien à la politique. Qu'elle soit nationale ou locale, la victoire se joue toujours au centre mais elle se gagne en coulisse, dans les caves et les souterrains, au plus profond des nappes phréatiques. Le programme n'y change rien. C'est ce qui relie le candidat aux puissants qui compte". À Paris Théophane Tolbiac était un réalisateur prometteur, à Gueux où il s'est installé il y a deux ans, il n'est que le petit-fils d'une grand-mère fantasque. Lorsqu'il décide de se présenter aux élections municipales, il semble cumuler tous les handicaps. Il est le parachuté de la campagne, l'homme sans parti puissant, sans étiquette, le candidat le plus jeune dans une ville vieillissante. Mais Théophane Tolbiac aime les défis et se nourrit de ses contradictions: il est idéaliste et cynique, dévoré par l'ambition et le doute, certain de ne pouvoir l'emporter et espérant tout changer.


- Une vie entre deux océans
de M. L. Stedman
Éditions Stock / Octobre 2013


Libéré de l'horreur des tranchées où il a combattu, Tom Sherbourne, de retour en Australie, devient gardien de phare sur l'île de Janus, une île sur les Lights, sauvage et reculée. À l'abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel; un bonheur peu à peu contrarié par l'impossibilité d'avoir un enfant. Jusqu'à ce jour d'avril où un dinghy vient s'abîmer sur le rivage, abritant à son bord le cadavre d'un homme et un bébé sain et sauf. Isabel demande à Tom d'ignorer le règlement, de ne pas signaler "l'incident" et de garder avec eux l'enfant. Une décision aux conséquences dévastatrices. Un premier roman plébiscité dans le monde entier qui interroge les liens du cœur et du sang.


- Vilaines filles
de Megan Abbott
Éditions JC Lattès / Octobre 2013


Addy et Beth sont fortes, dures à cuire, inséparables et invincibles. Membres de l'équipe de pom-pom girls du lycée, "parce qu'il faut bien quelque chose pour occuper le vide de l'adolescence". Elles sont parfaites: leurs jambes galbées, leur ventre plat, leurs queues-de-cheval de la même longueur, leur maquillage irréprochable. Une nouvelle coach arrive au lycée et les choses commencent à changer. Grande, belle, intimidante, elle est parfaite elle aussi et place beaucoup d'espoir dans l'équipe. Toujours élégante, autoritaire, la coach mène la danse et les filles tombent vite sous sa coupe. Elles sont prêtes à tout pour obtenir ses faveurs: devenir sans cesse plus rapides, plus fortes, plus résistantes et plus minces, quitte à se faire vomir. Leur monde insipide et sans profondeur se resserre. Mais un jour, la coach franchit la ligne de trop. Un roman ravageur sur l'adolescence, la fatuité des jeunes filles, la séduction, la jalousie et l'obsession, les rivalités amères et la manipulation. Ce n'est plus "regarde comme je suis parfaite" mais "regarde ce dont je suis capable".


- Violette Leduc
de Carlo Jansiti
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


Maurice Sachs lui "ordonna" d'écrire, Simone de Beauvoir la découvrit en 1945, Albert Camus la publia l'année suivante. Admirée par Cocteau, Genet, Jouhandeau et Sartre, Violette Leduc (1907-1972) est une figure des plus singulières de la littérature française du XXe siècle. Si ses premiers livres conquirent un cercle d'admirateurs fervents, ils ne touchèrent pas le grand public. Pendant vingt ans, Violette Leduc fut "un désert qui monologue". Ce n'est qu'en 1964, à la parution de La Bâtarde, récit autobiographique lancé par une élogieuse préface de Simone de Beauvoir, qu'elle sortit brutalement de l'ombre. Violette Leduc racontait sa vie sans fausse pudeur: bâtarde, laide, pauvre, amoureuse de femmes, d'homosexuels, voleuse à l'étalage et trafiquante au marché noir. Le succès de scandale de La Bâtarde, la personnalité pittoresque et attachante de l'auteur finirent pas masquer l'immense écrivain. Son esprit était trop libre pour ne pas choquer. Violette Leduc a traversé le siècle en défiant conventions et tabous avec une originalité, une hardiesse de ton encore aujourd'hui surprenantes. Grâce à de nombreux témoignages, et à une documentation inédite exceptionnelle, cette biographie retrace la vie parallèle de l'auteur de La Bâtarde, révèle les omissions et le travestissement, éclaire d'une lumière nouvelle et inattendue cette "sincérité intrépide" saluée par Simone de Beauvoir. Elle rend justice à un écrivain à redécouvrir.


- VS
de Zsuzsa Rakovszky
Éditions Actes Sud / Octobre 2013


Phénomène littéraire de l'année 2011 en Hongrie, ce grand roman raconte une histoire vraie. Celle de la comtesse hongroise Sarolta Vay (1859-1918) qui vécut, écrivit et aima sous l'identité d'un homme, en se faisant appeler Sándor Vay. Au tournant des XIXe et XXe siècles, dans le cadre haut en couleur de la monarchie austro-hongroise en déclin, voici le destin étonnant et romanesque d'un personnage d'une grande modernité.


- Yo-yo
de Steinunn Sigurdardóttir
Éditions Héloïse d'Ormesson / Octobre 2013


Martin Montag, trente-quatre ans, est radiothérapeute à Berlin. Lorsqu'il détecte une tumeur arrondie chez un patient, l'image d'un yo-yo rouge vif l'assaille, ce yo-yo qui l'a détourné de son chemin alors que, petit garçon, il rentrait de l'école. Submergé par son passé, le brillant cancérologue tente néanmoins de se concentrer sur le traitement. Son rôle n'est-il pas de tuer l'ennemi qui veut s'emparer d'une vie? Il décide de confier son trouble à son meilleur ami, Martin Martinetti, un ancien vagabond. À la croisée du drame psychologique et de l'humour noir, Yo-yo est le récit sensible et cocasse de la quête éperdue d'un remède, autant que celui de la traque du mal.


- 180 jours
de Isabelle Sorente
Éditions JC Lattès / Septembre 2013


180 jours, c'est le temps qui sépare la naissance d'un porc de sa mort à l'abattoir. Ce sont aussi les six mois qui font basculer la vie d'un homme. Quand Martin Enders accepte de se rendre dans un élevage industriel pour les besoins de son travail universitaire, il n'imagine pas que le cours de sa vie va s'en trouver bouleversé. Par les secrets que lui révèle Camélia, le porcher. Et par les quinze mille bêtes enfermées dans les différents bâtiments. Fondé sur la propre enquête de l'auteur, dévoilant le quotidien surnaturel des animaux dans les systèmes de production industriels, 180 jours est l'histoire d'une amitié entre deux hommes que tout semblait séparer, mais aussi celle de leur rapport aux bêtes. Avec ce roman, Isabelle Sorente nous entraîne au bout des départementales, dans les couloirs inavouables de notre modernité, où montent les voix de ceux qui sont privés de parole.


- A comme aujourd'hui
de David Levithan
Éditions Les Grandes Personnes / Septembre 2013


Chaque matin, A se réveille dans un corps différent, dans une nouvelle vie, et ne dispose d'aucun moyen de savoir où et "qui" sera son hôte. Une seule chose est sûre: il n'empruntera cette identité que le temps d'une journée. Aussi incroyable que cela paraisse, A a accepté cet état de fait, et a même établi plusieurs règles qui régissent son existence singulière: ne pas s'attacher; ne pas se faire remarquer; ne jamais s'immiscer dans la vie de l'autre. Des préceptes qui resteront les siens jusqu'à ce qu'il se réveille dans le corps de Justin, 16 ans, et qu'il fasse la connaissance de Rhiannon, sa petite amie. Dès lors, plus question de subir sans intervenir. Car A vient de croiser quelqu'un qu'il ne peut laisser derrière lui, ce jour-là, le suivant, jour après jour. Une romance captivante, qui tente de décrypter ce sentiment complexe qu'est l'amour, à travers le destin de ces deux héros que tout semble vouloir séparer. Ou comment parvenir à aimer lorsque l'on est condamné à ne vivre qu'au présent.


- Albert Camus, un portrait
de Baptiste Marrey
Éditions Fayard / Septembre 2013


"J'ai eu l'incroyable chance de travailler avec plusieurs hommes admirables. Parmi eux, le plus connu, le plus exemplaire, et sans doute celui que j'ai le plus aimé fut Albert Camus. La première rencontre, le premier choc, fut celui du style et de la voix inimitable de l'écrivain, qui disait ce que mes vingt ans souhaitaient entendre, avec impatience: il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux: juger si la vie vaut ou ne vaut pas d'être vécue. Au sortir de la guerre, la rigueur de Sisyphe allait droit au cœur autant qu'à la raison. La seconde rencontre fut ce jour miraculeux, autour de Pâques 1953, où nous nous retrouvâmes par hasard en tête à tête dans une auberge de Cabris, dans l'arrière-pays niçois. Nous ne nous perdrions plus de vue.La personne de Camus, son sourire, son accent, son élégance et sa simplicité, sa disponibilité, puis nos échanges épistolaires, nos entrevues, l'aventure de la création théâtrale, sa pièce Les Justes, l'amitié grandissante et le coup terrible de sa mort… je vais essayer, après tant d'années, avant que tout ne s'efface et que ma mémoire ne se brouille, d'effectuer cette descente dans ce que je n'ai pas oublié, que j'avais enfoui au plus profond puisque c'est ce que j'avais de plus précieux". B.M.


- Au bord de la mer violette
de Alain Jaubert
Éditions Gallimard / Septembre 2013


Le Vieux-Port de Marseille au temps de sa splendeur. Un soir de l'été 1875, deux très jeunes gens, un Français et un Polonais, se rencontrent au bord des quais pittoresques de la ville la plus remuante d'Europe. Ils sont tous les deux profondément marqués par l'Odyssée, par Victor Hugo, par Jules Verne et surtout par Baudelaire. Ils rêvent d'aventures exotiques, de mers lointaines, de déserts ou de tempêtes, de rencontres surprenantes, de terres inconnues, de peuples sauvages. L'un deviendra le plus célèbre des poètes français, connaîtra une étrange carrière, exil, errances, disparaîtra au loin avant de revenir mourir dans la cité phocéenne. L'autre, d'abord marin pendant vingt ans, changera de langue et se métamorphosera en l'un des plus grands romanciers britanniques du XXe siècle. Ils ne se reverront jamais et pourtant leurs vies offrent de troublants parallèles, au cœur d'une Histoire mouvementée, de la Commune à la Grande Guerre. Le lecteur devinera aisément les noms de ces deux personnages devenus légendaires et dont les destins croisés composent un vrai roman d'aventures et d'inquiétude.


- Bois sauvage
de Jesmyn Ward
Éditions 10-18 / Septembre 2013


Bois Sauvage, Mississippi, 2005. Esch a quatorze ans, un père désabusé et une fratrie bancale: Randall qui rêve d'échappée, Skeet et son pitbull, Junior, en mal de tendresse. Grandie trop vite sur une terre oubliée, enceinte, elle l'ignore mais dans dix jours, une tornade va frapper la Louisiane. C'est Katrina, la mère de tous les ouragans, qui telle Médée est venue semer la désolation. Ode sublime à l'amour, à la nature et à la rédemption, Bois sauvage est un roman envoûtant, aux accents faulknériens, porté par un lyrisme sensuel et une grâce insensée.


- Brouillard
de Jean-Claude Pirotte
Éditions Cherche Midi / Septembre 2013


Le narrateur, double de Pirotte, en proie aux métastases et à la chimiothérapie, se penche sur son passé. Celui-ci le rejoint dans un présent où sa mort approche, où d'anciens sentiments de culpabilité le rattrapent. Le jeune homme qu'il fut, entouré de poésie alors qu'il fréquente des voyous et semble leur prêter la main, ne cesse de se reprocher chacune de ses aventures, qui l'ont mené à un mariage obscur, une naissance, et la perte de ce qu'il se croyait en mesure de sauver d'une existence erratique. L'enchevêtrement des événements, dont ses carnets retrouvés font foi, conduit le lecteur à se poser, comme souvent, la question du rachat par la littérature, telle que se la posent l'auteur et le narrateur. La vie est un brouillard.


- Certaines n'avaient jamais vu la mer
de Julie Otsuka
Éditions 10-18 / Septembre 2013


Ces japonaises ont tout abandonné au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis, sur la foi d'un portrait, un inconnu. Celui dont elles ont tant rêvé, qui va tant les décevoir. Chœur vibrant, leurs voix s'élèvent pour raconter l'exil: la nuit de noces, les journées aux champs, la langue revêche, l'humiliation, les joies aussi. Puis le silence de la guerre. Et l'oubli.


- Ceux de l'autre rive
de Christopher Buehlman
Éditions Fleuve Noir / Septembre 2013


1935. Suite à un héritage, Frank et Eudora s'installent à Whitbrow, en Géorgie, ou le grand-père de Frank possédait une plantation. Le village, entouré d'une forêt obscure, se révèle accueillant, et le couple s'intègre vite à la communauté. Pourtant, en cherchant à retracer l'histoire de son aïeul, un général de l'armée confédérée esclavagiste, Frank va réveiller des forces qui le dépassent. D'où vient l'étrange coutume des habitants d'envoyer des animaux de ferme vivants dans la forêt? Qui vit de l'autre côté de la rivière?


- Concerto à la mémoire d'un Ange, Alban Berg 1935
de Alain Galliari
Éditions Fayard / Septembre 2013


Par sa beauté formelle et son lyrisme, le Concerto à la mémoire d'un Ange d'Alban Berg a séduit un large public, dès sa création. À sa charge émotionnelle, l'œuvre est dédiée à Manon Gropius, fille d'Alma Mahler, dont la mort à l'âge de dix-huit ans, en 1935, frappa le Tout-Vienne, s'est très vite superposée une légende: parce qu'il composa son concerto sous le choc de cette mort prématurée, et qu'il mourut soudain lui-même en décembre de la même année, Berg aurait eu en écrivant cette œuvre funèbre la prémonition de sa propre fin, composant par anticipation son requiem. Alain Galliari démêle ici la légende et la réalité, en ouvrant sur les derniers mois de la vie de Bergdes perspectives inédites: des informations biographiques et une observation fine de certains détails de la partition lui permettent de battre en brèche cette interprétation trop séduisante. Sa réflexion, associée à une empathie profonde avec l'œuvre et avec ce que Berg vécut intérieurement au long de sa dernière année de vie, révèle des prolongements bien plus riches, qui nous font mieux comprendre le bouleversement que le Concerto à la mémoire d'un Ange ne cesse d'engendrer chez ses auditeurs.


- Confiteor
de Jaume Cabré
Éditions Actes Sud / Septembre 2013


Barcelone années cinquante, le jeune Adrià grandit dans un vaste appartement ombreux, entre un père qui veut faire de lui un humaniste polyglotte et une mère qui le destine à une carrière de violoniste virtuose. Brillant, solitaire et docile, le garçon essaie de satisfaire au mieux les ambitions démesurées dont il est dépositaire, jusqu'au jour où il entrevoit la provenance douteuse de la fortune familiale, issue d'un magasin d'antiquités extorquées sans vergogne. Un demi-siècle plus tard, juste avant que sa mémoire ne l'abandonne, Adrià tente de mettre en forme l'histoire familiale dont un violon d'exception, une médaille et un linge de table souillé constituent les tragiques emblèmes. De fait, la révélation progressive ressaisit la funeste histoire européenne et plonge ses racines aux sources du mal. De l'Inquisition à la dictature espagnole et à l'Allemagne nazie, d'Anvers à la Cité du Vatican, vies et destins se répondent pour converger vers Auschwitz-Birkenau, épicentre de l'abjection totale. Confiteor défie les lois de la narration pour ordonner un chaos magistral et emplir de musique une cathédrale profane. Sara, la femme tant aimée, est la destinataire de cet immense récit relayé par Bernat, l'ami envié et envieux dont la présence éclaire jusqu'à l'instant où s'anéantit toute conscience. Alors le lecteur peut embrasser l'itinéraire d'un enfant sans amour, puis l'affliction d'un adulte sans dieu, aux prises avec le Mal souverain qui, à travers les siècles, dépose en chacun la possibilité de l'inhumain, à quoi répond ici la soif de beauté, de connaissance et de pardon, seuls viatiques, peut-être, pour récuser si peu que ce soit l'enfer sur la terre.


- Danse noire
de Nancy Huston
Éditions Actes Sud / Septembre 2013


Sur un lit d'hôpital, Milo s'éteint lentement. À son chevet, le réalisateur new-yorkais Paul Schwarz rêve d'un ultime projet commun: un film qu'ils écriraient ensemble à partir de l'incroyable parcours de Milo. Dans un grand mouvement musical pour chanter ses origines d'abord effacées puis peu à peu recomposées, ce film suivrait trois lignes de vie qui, traversant guerres et exils, invasions et résistances, nous plongeraient dans la tension insoluble entre le Vieux et le Nouveau Monde, le besoin de transmission et le rêve de recommencement. Du début du XXe siècle à nos jours, de l'Irlande au Canada, de la chambre sordide d'une prostituée indienne aux rythmes lancinants de la capoeira brésilienne, d'un hôpital catholique québecois aux soirées prestigieuses de New York, cette histoire d'amour et de renoncement est habitée d'un bout à l'autre par le bruissement des langues et l'engagement des cœurs. Film ou roman, roman d'un film, Danse noire est l'œuvre totale, libre et accomplie d'une romancière au sommet de son art.


- Décompression
de Juli Zeh
Éditions Actes Sud / Septembre 2013


Au mois de novembre sur l'île de Lanzarote: paysages minéraux, climat doux mais changeant. La faune et la flore sous-marines des environs en font un lieu de plongée recherché. Sven, le nonchalant instructeur, y organise des cours de plongée mais cette semaine-là, ce sont ses deux singuliers stagiaires qui semblent mener le jeu. Jola et Theo, couple berlinois très glamour, attirent Sven dans un piège. À moins que ce ne soit le contraire. Les sorties en mer se transforment en mises en scènes, provocation, désir et haine s'y invitent. Chacun risque de perdre la maîtrise de la situation et de sa vie. Et peut-être davantage encore. L'indifférence que Sven cultive se fissure. Et l'angoisse s'infiltre. Qui manipule qui? Décompression est un thriller intelligent et jubilatoire qui jongle avec nos idées préconçues: un Juli Zeh grand cru et un pur plaisir de lecture.


- Des voix dans le vent
de Grozdana Olujić
Éditions Gaïa / Septembre 2013


Au dix-septième étage d'un hôtel new-yorkais, Danilo Aracki ne dort pas vraiment. Des ombres jouent avec les néons, des voix chuchotent, grondent, murmurent leur histoire. Pour qu'elle ne tombe pas dans l'oubli. Danilo se souvient et assemble le puzzle des destinées de ses ancêtres à travers les tourments du XXe siècle. La tragédie est juste là, derrière la porte, mais l'histoire est aussi faite de légendes. Comme si pour lutter contre l'exil, pour renouer avec ses racines, le mythe et la magie des contes populaires étaient aussi nécessaires. Entre rêve et réalité, la saga des Aracki se dessine, et avec elle, celle des Balkans. Le temps d'une nuit, d'un souffle, les voix racontent.


- Deux sur la balance
de Agnès Laroche
Éditions Alice / Septembre 2013


Lisa ne se sent pas bien ce matin. Ce n'est pas le cours consacré à Moby Dick et les blagues vaseuses que ce roman inspire aux plus poètes de classe. Elle est grosse et on l'appelle Cachalot: c'est comme ça; elle en a l'habitude. Ce n'est pas non plus les trois croissants et les deux canettes de coca du petit-déjeuner. Ça aussi, elle en a l'habitude. Alors que se passe-t-il? Lisa est nauséeuse et fiévreuse. Sa concentration l'abandonne et son esprit divague. Elle se souvient de l'époque où elle était mince, au côté de sa sœur jumelle. C'était avant d'être une baleine, avant de s'inscrire dans ce bahut, avant que sa sœur ne meure. C'est ce jour-là que tout a basculé. D'abord, cesser de manger, pour disparaître, comme sa sœur. Ensuite, manger jusqu'à plus faim, pour combler un vide. Voir son père déserter parce que Lisa, la vivante, lui rappelle trop Nelly, la morte. Et cette balance qui ne cesse de grimper, comme s'il fallait exister pour deux. Chaque régime est un échec. Alors, quand on lui propose de participer à un camp de vacances pour ados obèses, Lisa accepte. Ne serait-ce que pour ne plus passer ses vacances chez ses grands-parents, où faire comme s'il ne s'était rien passé est devenu un art de vivre. Un camp salutaire où elle va faire une jolie rencontre. Quand elle rentre chez elle, elle a perdu du poids et compte bien continuer sur sa lancée. Pourtant, c'est le contraire qui se produit. Malgré tous ses efforts, son poids repart à la hausse. Pour quelles raisons? Et pourquoi se sent-elle si mal, ce matin? Agnès Laroche nous livre ici un magnifique un roman qui traite de la perte d'un être cher à l'adolescence, mais pas seulement. Car ce récit ne se contente pas de relater les difficultés d'une jeune fille qui a perdu une sœur jumelle et qui doit, à présent, affronter la vie sans sa moitié, mais pointe aussi un doigt accusateur vers des parents coupables de s'être préoccupés de leur souffrance au détriment de celle de leur enfant, vers des professionnels de la santé aux paroles parfois légères dont on ne soupçonne pas les conséquences, vers des ados que le jeune âge et la recherche identitaire poussent à être méchants, et vers des professeurs qui préfèrent détourner le regard et ignorer le harcèlement. Bref, un tableau réaliste de notre société où les jeunes sont trop tôt livrés à eux-mêmes et à leur souffrance. Ça égratigne, mais ça sonne juste.


- Écarlate
de Hillary Jordan
Éditions 10-18 / Septembre 2013


Coupable d'avortement afin de garder secrète une liaison interdite. À 26 ans, Hannah Payne est condamnée à être teinte en rouge, la couleur de son crime. Stigmatisée, mise au rebut d'une société américaine intolérante, victime d'un système judiciaire radical et de la haine des hommes, elle n'a plus qu'une seule issue: fuir à tout prix.


- Gains
de Richard Powers
Éditions 10-18 / Septembre 2013


1830. La famille Clare crée à Boston une fabrique de savon. Un siècle et demi plus tard, trustant l'industrie des détergents et l'ère du marketing, la voilà multinationale. 1998. Quarante ans, mère divorcée, Laura Bodey est courtier immobilier à Lacewood, siège des usines Clare Inc. Dans l'ombre de l'empire Clare, sa vie va soudain basculer, piégée par le cancer capitaliste. Revisitant l'histoire folle du libéralisme, Richard Powers interroge l'état du monde, se glisse dans le secret des êtres et signe un roman visionnaire, provocateur et bouleversant.


- J'ai perdu tout ce que j'aimais
de Sacha Sperling
Éditions Fayard / Septembre 2013


Sacha Sperling se donne la mort. Fictive, bien sûr. Comme ça c'est réglé. Mais fallait-il en arriver là? Il y a quelques mois que Sacha est de retour à Paris, après un long séjour à Los Angeles pour tâcher de se remettre du succès de son premier roman et de l'insuccès du deuxième. Il a retrouvé ses amis, ceux dont il s'est inspiré pour façonner les personnages de Mes illusions donnent sur la cour. Hier adolescents trop mûrs, aujourd'hui adultes immatures, hantant toujours les grands appartements de leurs parents, une coupe de champagne à la main et une plaquette de Xanax au fond d'une poche. L'accueil est froid. Comme si on lui en voulait d'avoir raconté les frasques d'autrefois. Seul Quentin semble content de revoir Sacha. Mais Quentin a changé. Ses chemises voyantes, ses montres chères ainsi que son attitude étrange créent un malaise à chacune de ses apparitions. Dans un château des environs de Paris, au cours d'une fête dont nul ne sait qui l'organise et qui ressemble à une version cocaïnée et cynique des noces de Frantz de Galais dans Le Grand Meaulnes, Sacha rencontre Mona. Belle, inconnue, étrangère à son petit monde, et qui n'aura, du coup, rien à lui reprocher. L'occasion de fuir. Quand ses amis le mettent en garde contre elle, il est sûr que c'est leur rancœur qui s'exprime. Pourtant, leurs allusions se font de plus en plus insidieuses. Qui est cette mystérieuse Mona? Et comment est elle tombée si facilement dans les bras de Sacha? Il semblerait que les choses aient bien changé dans la petite bande d'amis et que les fantômes du passé se confondent avec les démons du présent.


- Je crois entendre encore...
de André Tubeuf
Éditions Plon / Septembre 2013


C'est le début d'un des plus beaux airs d'opéra français, dans les Pêcheurs de perles. Mais cela dit aussi exactement l'acte de la mémoire, la remémoration. Là le souvenir des choses belles qu'on a vues et entendues, des gens étonnants qu'on a rencontrés, remonte en bouffées vivantes: embellies peut être, car c'est le passé; mais fidèles, personnelles, vécues; et faisant de toute façon revivre de l'inoubliable. Ce que je crois entendre encore, ce sont des voix. Les timbres, qui sont le visage vrai des individus. Et les heures à parler, avec chanteurs, pianistes, acteurs: les uns simplement croisés (mais d'une façon qui pour moi a marqué), les autres suivis un bon bout de chemin. Jeune étudiant, c'étaient Jouvet dans son bureau de l'Athénée, Gérard Philipe dans Les Epiphanies, Chauviré dansant Mirages. Suivront Rubinstein, Silvia Monfort, Schwarzkopf, Carlos Kleiber. Tous vivent en moi avec le détail de la rencontre, l'émotion intacte, il me semble qu'il n'y a qu'à les rapporter pour ceux qui ne les ont pas connus. Dirais-je que je le leur dois? Même la rencontre la plus brève (avec Callas, Karajan) montre d'eux quelque chose de proche et de rare, qu'on ne sait pas assez. Instantanés d'une mémoire reconnaissante, comme un disque qui ne cessera plus de tourner.


- Je suis interdite
de Anouk Markovits
Éditions JC Lattès / Septembre 2013


Depuis la Transylvanie juste avant la Deuxième Guerre Mondiale, en passant par Paris après la guerre, jusqu'à Williamsburg aux USA, le roman fait revivre 4 générations d'une famille Satmar. En 1939, le petit Josef, 5 ans, est sauvé par une jeune fermière non juive qui le fait passer pour son fils. Cinq ans plus tard, Josef sauve la jeune Mila, une fois que les parents de celle-ci ont été tués et lui fait rejoindre Zalman Stern, un chef religieux de la communauté Satmar, où Mila va être élevée comme la sœur d'Atara, la fille de Zalman. Au fur et à mesure que les adolescentes grandissent, la foi de Mila s'intensifie, alors que sa sœur adorée découvre le monde des livres et du savoir. Mila se marie dans le respect de sa religion, alors qu'Atara continue à remettre en question la doctrine fondamentaliste. Le choix des deux sœurs les sépare jusqu'à ce qu'un dangereux secret menace de les bannir de la seule communauté qu'elles n'ont jamais connue.


- L'épée des cinquante ans
de Mark Z. Danielewski
Éditions Denöel / Septembre 2013


L'épée des Cinquante Ans est une histoire de fantômes pour adultes. Le soir d'Halloween, une couturière thaïlandaise, Chintana, se rend à une soirée où elle se retrouve nez à nez avec la femme pour laquelle son mari l'a quittée six mois plus tôt. Assistent à cette soirée cinq orphelins devant lesquels va se produire un mystérieux conteur aux allures maléfiques qui leur raconte une terrible aventure: celle de sa quête, à travers d'étranges contrées, de l'épée des Cinquante Ans. Les blessures causées par cette dernière ne prennent effet que le jour fatidique où la victime atteint ses cinquante ans. Le sortilège va soudainement prendre sens et forme lors de cette inquiétante soirée, et Chintana sera à nouveau submergée par un désir de vengeance qu'elle croyait enfoui. Mark Z. Danielewski poursuit son œuvre, soucieux à chaque nouveau livre de réunir esthétique, prosodie, musicalité et scénographie. L'épée des Cinquante Ans tisse, coud et découd les multiples points de vue dans le cadre d'une narration qui semble pourtant unique et linéaire. Le jeu sur la couleur des guillemets révèle une polyphonie de voix et creuse la question de la responsabilité du récit, pour celui qui parle comme pour celui qui écoute.


- La chimie des larmes
de Peter Carey
Éditions Actes Sud / Septembre 2013


Le nouveau roman de Peter Carey fait dialoguer magistralement deux voix et deux destins. Séparés par plus d'un siècle, deux êtres fous d'amour et de chagrin poursuivent le même but: alors qu'en 1854, Henry Brandling, un aristocrate anglais, cherche en Forêt-Noire un horloger capable de construire un jouet mécanique qui guérira son fils, Catherine Gehrig affronte en 2010 la mort de son amant secret en restaurant le même automate au sein du musée londonien où elle officie comme conservatrice. Reliés par des carnets (que l'un écrit et que l'autre lit) et par leurs interrogations sur la mort, l'amour et la technique, ces deux personnages émouvants découvrent progressivement que ce jouet mécanique recèle des mystères bien plus grands. La Chimie des larmes est un grand roman sur la force créatrice et sa participation à notre capacité de résilience.


- La confession de Massoud
de Olivier Weber
Éditions Flammarion / Septembre 2013


Le chef afghan Massoud a été tué dans un attentat suicide. O. Weber était proche de cet homme engagé qui croyait en un Islam plus tolérant. Cette confession fictive retrace l'histoire de son combat.


- La fabrique des illusions
de Jonathan Dee
Éditions 10-18 / Septembre 2013


Dans les années 1980, à New York, la jeune Molly brise le cœur de son amant en disparaissant brutalement. Dans un monde ou les rêves ne sont plus qu'illusions, elle traverse la vie en silence, sans laisser d'empreinte. Quand dix ans plus tard, alors que John entame une carrière de publiciste prometteuse, Molly ressurgit du passé.


- La fin de l'homme rouge
Où le temps du désenchantement
de Svetlana Alexievitch
Éditions Actes Sud / Septembre 2013


Armée d'un magnétophone et d'un stylo, Svetlana Alexievitch, avec une acuité, une attention et une fidélité uniques, s'acharne à garder vivante la mémoire de cette tragédie qu'a été l’URSS, à raconter la petite histoire d'une grande utopie. "Le communisme avait un projet insensé: transformer l'homme "ancien", le vieil Adam. Et cela a marché. En soixante-dix ans et quelques, on a créé dans le laboratoire du marxisme-léninisme un type d'homme particulier, l'Homo sovieticus". C'est lui qu'elle a étudié depuis son premier livre, publié en 1985, cet homme rouge condamné à disparaître avec l'implosion de l'Union soviétique qui ne fut suivie d'aucun procès de Nuremberg malgré les millions de morts du régime. Dans ce magnifique requiem, l'auteur réinvente une forme littéraire polyphonique singulière, qui fait résonner les voix de centaines de témoins brisés. Des humiliés et des offensés, des gens bien, d'autres moins bien, des mères déportées avec leurs enfants, des staliniens impénitents malgré le Goulag, des enthousiastes de la perestroïka ahuris devant le capitalisme triomphant et, aujourd'hui, des citoyens résistant à l'instauration de nouvelles dictatures. Sa méthode: "Je pose des questions non sur le socialisme, mais sur l'amour, la jalousie, l'enfance, la vieillesse. Sur la musique, les danses, les coupes de cheveux. Sur les milliers de détails d'une vie qui a disparu. C'est la seule façon d'insérer la catastrophe dans un cadre familier et d'essayer de raconter quelque chose. De deviner quelque chose. L'histoire ne s'intéresse qu'aux faits, les émotions, elles, restent toujours en marge. Ce n'est pas l'usage de les laisser entrer dans l'histoire. Moi, je regarde le monde avec les yeux d'une littéraire et non d'une historienne". À la fin subsiste cette interrogation lancinante: pourquoi un tel malheur? Le malheur russe? Impossible de se départir de cette impression que ce pays a été "l'enfer d'une autre planète".


- La garçonnière
de Hélène Grémillon
Éditions Flammarion / Septembre 2013


Ce roman est inspiré d'une histoire vraie. Les événements se déroulent en Argentine, à Buenos Aires. Nous sommes en août 1987, c'est l'hiver. Les saisons ne sont pas les mêmes partout, les êtres humains, si.


- La liste de Freud
de Goce Smilevski
Éditions Belfond / Septembre 2013


Récompensé par le prix européen pour la Littérature, un roman fascinant qui donne à voir un épisode peu évoqué de la vie de Freud: en 1938, alors que des visas sont attribués pour l'Angleterre, le père de la psychanalyse dresse une liste de ceux qu'il souhaite emmener avec lui, liste excluant ses quatre sœur s qui finiront déportées au camp de Terezin. Dans une Vienne en pleine effervescence, une œuvre vibrante en forme d'hommage à Adolfina Freud, enfant mal aimée condamnée à la solitude. 1938. L'Allemagne nazie s'apprête à envahir l'Autriche, les Juifs cherchent à fuir. Alors qu'on lui délivre des visas pour l'Angleterre, Freud est autorisé à soumettre une liste de vingt personnes qu'il souhaite emmener avec lui. Y figurent, entre autres, son médecin et ses infirmières, ses femmes de ménage, son chien et sa belle-sœur ; mais pas ses propres sœurs, qui mourront toutes les quatre dans les camps nazis, tandis que le père de la psychanalyse terminera ses jours à Londres. Et Adolfina de raconter: l'enfance, les souvenirs, les regrets aussi, et l'incompréhension devant la décision de celui dont elle était pourtant la plus proche. Mais également ses rencontres de hasard avec Otla Kafka, Klara Klimt, sacrifiées comme elle sur l'autel de la célébrité de leur frère.


- La lune avec les dents
de Benoît Fourchard
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Septembre 2013


"Le bonheur ne tient qu'à un fil", dit-on parfois. Celui d'Éliane, l'héroïne et narratrice de La Lune avec les dents pourrait bien ne tenir qu'à une dent. Une belle et saine dent de devant, une incisive, que Terjou, Busson et Pron, ces enfants de notables du petit village où elle vit un peu en paria avec sa famille, lui font perdre en la poussant violemment dans le caniveau. Cette dent perdue, qui l'empêche de sourire, d'oser, de se trouver belle, fait d'elle plus tard une jeune mère courage combattive, mais taiseuse, qui continue à subir les insultes et la vindicte villageoise dont on la chargeait petite: "fille des bois", "sorcière rousse", "salope" même quand elle se refuse à ses anciens "tortionnaires" de l'école, devenus les nouveaux notables du village. Mais voilà qu'un beau jour, la femme du maire lui offre une dent toute neuve et avec cette dent, c'est une vie nouvelle qui s'offre à Éliane. Elle abandonne "la fonction huître" comme elle dit, et se sent l'audace de se rebiffer enfin, de cesser de subir les petites et grandes humiliations qui ont jalonné toute sa vie. De prendre son existence en mains, pour un avenir meilleur. Et lorsque le vieux Fernand, son voisin, lui raconte un soir un certain secret qui implique la puissante famille Pron, chez qui on est "maire de père en fils" et dont l'entreprise fait vivre plus de la moitié du village, la rébellion pourrait bien tourner en une éclatante vengeance. Mais c'est sans compter sur le destin, incarné par Thibaut Cassard, enfant du pays et comédien à bout de souffle, qui décide de revenir sur les lieux de son enfance.


- La main de Joseph Castorp
de João-Ricardo Pedro
Éditions Viviane Hamy / Septembre 2013


25 avril 1974. Au Portugal, c'est la Révolution des Œillets. Tombe la dictature de Salazar, surgit la démocratie. Ce même jour, dans un petit village isolé au centre du pays, Celestino, armé de son fusil, disparaît. Quand on le retrouve, il est mort. Débarqué il y a plus de quarante ans dans cette zone rurale, comme sorti de nulle part, il s'était bien intégré mais demeurait auréolé de mystère. Le lecteur fasciné décrypte au fil des pages l'histoire de l'étrange bonhomme en même temps que celle de la famille de son ami, le docteur Auguto Mendes, et cela sur trois générations profondément marquées par le salazarisme et les guerres coloniales. Chacune des figures qui hantent ce roman étourdi de musique et de violence apprend irrésistiblement que les secrets et les mystères du passé traversent le temps. Qu'est-il arrivé à Celestino? Pourquoi et comment la rencontre de la petite et de la grande histoire fait-elle émerger un passé enfoui dont les répercussions résonnent comme le destin?


- La Mélody du bonheur
de Anne Loyer et Sylvie Albou-Tabart
Éditions Alice / Septembre 2013


Mélody ne s'aime pas. Elle se trouve grise, terne, moche, comme son appartement, comme son quartier, comme sa famille, comme son existence tout entière. À l'école, elle est transparente. Elle se fond dans la masse. Elle aimerait tant être comme Clara: une belle blonde au sourire éclatant et au physique parfait qui attire tous les regards. Alors, elle s'invente un double, Mélodie: une jolie fille pleine de peps qui a une famille super, un magnifique terre-neuve, plein d'amis, qui traîne toujours avec Clara et qui permet à Mélody d'échapper à la réalité. Un jour, le prof de gym propose à Mélody de faire partie du club d'athlétisme. C'est vrai qu'elle est plutôt douée. Elle accepte, mais sans grand enthousiasme. Au club, il y a Ahmed, ce garçon qu'elle trouve très beau. Mais, en classe, il fait les yeux doux à Clara, qui semble apprécier. Cependant, quelque chose va changer. L'assurance que va prendre Mélody sur le terrain va se ressentir en dehors. Quand Clara va s'inscrire, elle aussi, en athlétisme pour se rapprocher d'Ahmed, Mélody la verra différemment. Clara est nulle sur le terrain, pas Mélody. D'ailleurs Ahmed ne semble finalement pas faire grand cas des tentatives d'approche de Clara, alors qu'il embrasse Mélody le jour de son anniversaire. Le vent tourne. Et, au fur et à mesure que les choses changent, Mélodie s'efface pour laisser enfin place à Mélody. Le fantasme cède face à la vie réelle qui n'est finalement pas si terne que ça. Les deux auteurs cernent avec sensibilité et justesse le problème identitaire que rencontrent bon nombre d'adolescents. Combien, parmi eux, s'inventent une autre vie pour échapper à la tristesse de leur existence? Tristesse toute relative, comme le démontre ce récit. C'est souvent une mauvaise perception des choses et un manque de confiance en soi qui nous empêchent de vivre pleinement notre existence, la vraie. Une petite tranche de vie habilement racontée pour nous aider à vivre la nôtre du bon côté.


- La peur de l'insignifiance nous rend fous
de Carlo Strenger
Éditions Belfond / Septembre 2013


Jamais le champ de nos possibles n'a été si vaste, jamais nous n'avons eu accès à autant d'informations, jamais nous n'avons été aussi connectés. Et pourtant, jamais Carlo Strenger, psychanalyste réputé, n'a reçu de patients aussi déprimés, comme écrasés par leur propre insignifiance. Dans une société qui exhorte à toujours se dépasser à coups de Just do it ou de Yes you can, où chacun cherche frénétiquement à vivre son quart d'heure de célébrité, où la valeur personnelle se juge à l'aune de la richesse matérielle et du nombre de followers sur les réseaux sociaux, quelle place pour l'individu? Entre philosophie, psychologie et sociologie, Carlo Strenger livre ici un essai passionnant, un brûlot incisif sur la nécessité d'un retour à l'exigence intellectuelle et à la pensée libre, et sur l'urgence de devenir un véritable citoyen du monde, responsable, engagé, conscient de ses limites mais bien décidé à ne pas se résigner.


- La ruche
de Arthur Loustalot
Éditions JC Lattès / Septembre 2013


"Dans la cuisine, assises à la table, les sœurs boivent des bières et du whisky. Un nuage de fumée les entoure, cigarette sur cigarette. Le rideau est tiré et dehors, la rue est silencieuse. Vous vous souvenez de leurs disputes? demande Claire.
Oui, on se souvient. Louise jette son mégot dans un cadavre de bière. Mais vous vous souvenez de ce que ça nous faisait? Claire insiste.
Cette violence? dit Marion.
Et ce que ça a laissé en nous, chuchote Claire.
Vous vous souvenez de la première fois où papa est parti? répète Marion. Vous étiez toutes petites, peut-être quatre et cinq ans.
Je me souviens, dit Louise.
Je me souviens, dit Claire. Ce que je n'arrive pas à voir, c'est l'écart entre ce qu'on a vécu et nos blessures. Bien avant leur rupture, tout était là, d'une manière ou d'une autre, et pourtant…
On ne sait rien de ce qu'on a vécu".
De l'appartement, le ciel n'est pas visible. Les portes sont ouvertes ou closes selon des règles tacites. Les mots circulent, vibrent et s'épuisent. Les murs de carton filtrent à peine les secrets. Depuis le départ de son mari, Alice a sombré dans l'enfer le plus noir. Marion, Claire et Louise, ses trois filles adorées, n'ont plus que leur amour à opposer à cette spirale destructrice. Un amour infini, aussi violent qu'indicible.


- Le chemin des morts
de François Sureau
Éditions Gallimard / Septembre 2013


Paris, début des années 1980. Un ancien militant basque refuse de rentrer en Espagne après vingt ans d'exil. Il réclame la protection de la France, car il se dit menacé de mort dans son pays. Pour la justice française, l'affaire est délicate. Accéder à cette demande, c'est nier le retour de l'Espagne à la démocratie et à l'État de droit. Refuser serait faire preuve d'aveuglement sur la réalité de ces assassinats visant régulièrement les ex-opposants du franquisme. C'est au narrateur de ce livre, un jeune juriste encore inexpérimenté, qu'il va revenir de trancher. De la décision de justice qui sera prise et du drame qui en découlera François Sureau a tiré le plus bref et le plus saisissant de ses textes.


- Le dernier été d'un jeune homme
de Salim Bachi
Éditions Flammarion / Septembre 2013


Un portrait d'Albert Camus pendant ses années de formation intellectuelle et politique.


- Le désamour
de Antonia Kerr
Éditions Gallimard / Septembre 2013


"Je la regardais en pensant au moment où elle ne serait plus là, et lorsqu'elle était tout près de moi, j'étais incapable de me réjouir, anticipant déjà son prochain départ. Elle me brisait le cœur quand elle marchait, quand elle riait, elle me brisait le cœur au moindre mouvement, à la moindre expression, et il me semblait sentir la terre trembler chaque fois qu'elle passait la porte d'entrée. Lorsqu'une femme pèse plus lourd dans votre cœur que tous les éléphants d'Afrique, la peur devient une affaire de chaque instant et même une seconde nature. Dès qu'elle sortait, je pensais aux chiffres: trois milliards et demi d'hommes sur terre. Trois milliards et demi, ce n'était pas raisonnable". Glenn, écrivain new-yorkais vieillissant, vit une relation amoureuse intense avec Laura, qui a une vingtaine d'années. Glenn croit lire dans les attitudes mystérieuses de la jeune fille et dans ses disparitions fréquentes des signes de son désamour. Une période tourmentée commence. Trouvailles drolatiques, comparaisons inattendues, finesse des notations psychologiques: la description des efforts des deux amants pour vivre pleinement un amour que l'écart d'âge rend si fragile forme une chronique pétillante et grave.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://le-titre-du-roman.forumactif.org
Elisabeth
Admin
avatar


MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 10:06

- Le fémur de Rimbaud
de Franz Bartelt
Éditions Gallimard / Septembre 2013


Majésu Monroe est brocanteur. Il propose à sa clientèle des objets ayant appartenu à des célébrités: un portrait du Christ à la mine de plomb dessiné par un officier romain, une chaussette, trouée, de Rimbaud, et mille autres raretés qui sentent à la fois l'escroquerie et la poésie. Très sûr de sa haute valeur, Majésu rencontre un jour Noème, fille d'un couple richissime, bien décidée à faire payer à ses parents les crimes de la bourgeoisie (Noème est devenue communiste, et sa mère a bien souffert de voir Staline la supplanter dans le cœur de sa fille). L'amour naît instantanément, basé sur une même haine des riches, un même penchant pour l'alcool et une même absence de scrupules: le mariage est inévitable. Mais, à la mort accidentelle des parents de Noème, les projets du couple tournent court: un énorme héritage est en jeu, et soudain le principe de la communauté des biens paraît moins attrayant. Pire qu'une guerre civile, la guerre conjugale commence. On retrouve ici l'imagination retorse de Franz Bartelt, sa verve anarchisante et son style impeccable, pour la plus grande hilarité du lecteur.


- Le jour où les skateboards seront gratuits
de Saïd Sayrafiezadeh
Éditions Calmann Lévy / Septembre 2013


Dans l'Amérique des années 70, l'histoire touchante et cocasse d'une enfance en marge. Alors que Saïd n'a que neuf mois, son père estime qu'il a mieux à faire que de s'occuper de sa famille: œuvrer pour que la révolution triomphe aux États-Unis. Mahmoud est né en Iran, il a fui le régime du Shah et s'est installé à New York où il devient un membre éminent du parti socialiste des travailleurs. Personnage haut en couleur sachant jouer de son charme, il épouse Martha Harris, juive américaine, elle aussi une fervente militante trotskiste, dépressive et à côté de la plaque. Pour être fidèle à ses idéaux, elle choisit l'expérience du déclassement. Saïd sera ainsi brinquebalé d'appartements miteux en deux-pièces sordides, de Brooklyn à Pittsburgh, élevé au gré d'interdits absurdes qui l'excluent subtilement de la communauté des enfants: interdiction de manger du raisin à cause du boycott du syndicat des ouvriers agricoles, interdiction de posséder un skateboard tant qu'ils ne seront pas gratuits pour tous... Mère et fils passent vacances et week-ends à militer, distribuer des tracts, manifester ou à rendre visite à des prisonniers noirs évidemment victimes de ces salauds de capitalistes.


- Le silence de Perlmann
de Pascal Mercier
Éditions Buchet Chastel / Septembre 2013


Philipp Perlmann, éminent linguiste allemand, réunit, à l'invitation d'un sponsor, quelques spécialistes internationaux des sciences du langage pour réfléchir aux articulations du récit et de la mémoire: La mémoire existe-t-elle indépendamment du récit que nous nous en faisons? Cette réunion est, pour Perlmann, un calvaire. En pleine crise psychologique et existentielle après la mort accidentelle de sa femme, il doute de ses capacités intellectuelles, de ses compétences, de son aptitude à vivre. En un mot, il n'a rien à dire à ses collègues dont la seule présence l'angoisse. Son unique refuge est le silence. Pour faire face à la situation, il ne reculera ni devant le plagiat ni devant le mensonge, envisagera même le meurtre ou,  pourquoi pas,  le suicide.


- Le style comme expérience
de Pierre Bergounioux
Éditions de l'Olivier / Septembre 2013


"Comme les manières de penser, de sentir et d'agir, les façons de parler et, plus encore, d'écrire sont nettement différenciées dans les sociétés développées. Le style comme écart, variation expressive, surcroît de sens, est un fait. Il a été perçu, formalisé dès les débuts de la culture lettrée, en Grèce. On l'assimile, depuis lors, à l'exploitation des ressources immanentes au langage, constitué en entité autonome de dépendances internes. Mais, ce faisant, on perd sa dimension vécue, la satisfaction ambiguë qui colore pareille expérience. Celle-ci, comme l'ensemble de l'activité sociale, accuse la distribution inégale des ressources économiques et sémantiques. L'explication appelle une approche historique". P. B.


- Le tennis est un sport romantique
de Arnaud Friedmann
Éditions JC Lattès / Septembre 2013


Juin 1984, finale de Roland-Garros. Quand le petit Julien, devant le poste de télévision, affiche sa préférence pour Lendl, sa mère lui révèle qu'il est le fils de son adversaire, John McEnroe. Il a cinq ans et grandit dans l'ombre de cette paternité mythique, au rythme des victoires des héros du tennis qu'il rêve de supplanter un jour. Mais à l'évidence, il n'a pas hérité des gènes du champion, et s'enlise aux barbecues-parties du club de tennis de Besançon. Réélection de Mitterrand, chute des Ceausescu, premiers émois amoureux, les années 1980-1990 passent sur fond de Boys Boys Boys de Sabrina, et avec elles passent les rêves de l'enfance. Sommes-nous toujours les fils de nos pères? Un roman d'initiation très contemporain, tendre et doucement cynique, servi par des personnages écrits à la volée.


- Les derniers jours
de Jean Clair
Éditions Gallimard / Septembre 2013


"J'appartiens à un peuple disparu. À ma naissance, il constituait près de 60 % de la population française. Aujourd'hui, il n'en fait pas même 2 %. Il faudra bien un jour reconnaître que l'événement majeur du XXe siècle n'aura pas été l'arrivée du prolétariat, mais la disparition de la paysannerie. Ce sont eux, les paysans, qui mériteraient le beau nom de "peuple originaire" que la sociologie applique à d'improbables tribus. En même temps que les premiers moines, ce sont eux qui ont défriché, essarté, créé un paysage, et qu'ils lui ont donné le nom de "couture", c'est-à-dire de "culture", ce mot que les Grecs n'avaient pas même inventé: une façon d'habiter le monde autrement qu'en sauvage. Cette classe, dont j'avais tant envié la fortune et l'aisance, et dans laquelle je serai, fût-ce à reculons, entré, cette intelligentsia tant admirée mais surtout dont j'avais redouté l'arrogance, face à ces enfants de bourgeois qui me faisaient une peur de chien quand je les rencontrais, il m'apparaît aujourd'hui qu'elle aura trahi, installée qu'elle est, de par sa propre volonté et par sa propre paresse, dans un exil culturel permanent et profond".


- Lamb
de Bonnie Nadzam
Éditions Fayard / Septembre 2013


Dans la banlieue de Chicago, là où les impasses résidentielles s'achèvent sur le mur qui protège l'autoroute, Tommie, onze ans, des dizaines de taches de rousseur et une mère qui ne la surveille pas, rencontre Lamb, la cinquantaine et qui traverse une mauvaise passe. On ne saurait parler d'amitié entre deux êtres séparés par une telle différence d'âge. D'emblée Lamb endosse le rôle d'une sorte de jeune grand-père, ou de vieil oncle, un peu pontifiant, un peu donneur de leçons. Mais, des leçons, la fillette n'en a sans doute pas reçu assez, et elle écoute Lamb avec plaisir lorsqu'ils se donnent rendez-vous après l'école pour manger un hot-dog. C'est lui qui suggère qu'ils quittent la ville tous les deux. Il a un chalet dans la montagne, loin, au-delà des grandes plaines du Midwest, où ils pourront vivre au grand air. Elle le soupçonne parfois d'affabuler, pourtant un beau jour ils partent bel et bien. Elle n'a rien dit à ses parents mais ce n'est pas grave. Ce sera leur secret à tous les deux. Ils ne devaient passer que quelques jours ensemble, ils resteront au chalet plusieurs semaines. Parfois Tommie doit se cacher dans l'atelier, afin que les rares visiteurs qui troublent leur retraite n'aillent surtout pas se faire des idées. Et, seule, dans le froid, elle tente de se persuader que Lamb, en toutes circonstances, n'agit que pour son bien.


- Love Song
de Philippe Djian
Éditions Gallimard / Septembre 2013


Daniel est un musicien accompli. À cinquante ans et quelques, sa carrière est faite, il est l'auteur de plusieurs gros succès, de plus d'une dizaine d'albums, et tourne dans le monde entier. Le public et la critique l'adorent, on le reconnaît dans la rue et le désordre de sa vie conjugale avec Rachel fait parfois la une de la presse people. Mais ces derniers temps, l'industrie du disque a changé sans qu'il s'en aperçoive. Et, quand il remet à sa maison de disques ses nouveaux morceaux, le verdict tombe: pas assez commercial. Renvoyé en studio, il doit d'urgence trouver l'inspiration, quand sa femme, qui l'avait quitté depuis huit mois, choisit justement ce moment pour revenir.


- Miroirs des princes
de Michel Schneider
Éditions Flammarion / Septembre 2013


À l'aide de scènes de la vie politique française récente et sous des formes allant du normal au pathologique, cet essai montre comment le narcissisme a pris le pouvoir et relégué la notion de bien public. La confusion entre vie publique et vie privée, intérêt propre et intérêt général menace la République en consumant peu à peu tout vivre en société.


- Mon île au trésor
de Alain Blottière
Éditions Flammarion / Septembre 2013


"Nous étions comme tous nos semblables, toujours nourris par le rêve, à la recherche d'un trésor inaccessible ou d'une île inabordable. Les contours flous et vibrants de l'île et de l'oasis se confondaient dans les brumes de nos désirs". Au XVIIIe et XIXe siècles, une mystérieuse île au trésor située en plein désert libyque a été vainement recherchée par de nombreux voyageurs, scientifiques et aventuriers qui marchaient sur les pas d'Alexandre le Grand. Certains l'ont vue de loin, mais aucun n'a pu l'aborder. Alain Blottière, séduit par leur quête insensée, va tenter à son tour, d'atteindre les rivages de l'île. Odyssée merveilleuse et cocasse à la fois, Mon île au trésor est le récit des expéditions organisées vers cet improbable lieu rêvé, entre l'oasis de Jaghbub et celle de Siwa.


- Où le sang nous appelle
de Chloé Delaume et Daniel Schneidermann
Éditions Du Seuil / Septembre 2013


Il est journaliste, elle est écrivain. Elle ne veut pas d'enfant, lui en a déjà trois: ils feront un roman. Deux cœurs de pierre partagent leurs éboulements, et suivent les appels du sang. Leur été 2012 se passera au Liban, à Kobayat, tout près de la frontière syrienne. Il l'accompagnera dans ce village maronite, au creux des montagnes, où elle a vécu ses cinq premières années, où est né et enterré son père, où survivent ses oncles, ses tantes, le clan Abdallah. Ils seront tous là sauf l'oncle Georges. Georges Ibrahim Abdallah, chef présumé des Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises, condamné à perpétuité pour actes terroristes, incarcéré en France depuis vingt-huit ans. Toutes les familles ont leurs secrets et leurs drames. Celle-ci plus que d'autres. Daniel Schneidermann était tout jeune père et grand reporter au Monde quand la France fut ensanglantée par une série d'attentats, dans les années 1985-1987. Chloé Delaume vivait au cœur d'une tragédie qui est au fondement de son œuvre. Leur rencontre et leur relation les fait plonger dans ces années sombres, dans une interrogation de soi-même mais aussi les enjeux pour le moins obscurs de l'époque. En amoureux d'écriture, ils se posent toutes les questions possibles, sans toujours trouver des réponses. Ils se confrontent à leur passé, sans concession, avec poésie et humour.


- Quand nous étions révolutionnaires
de Roberto Ampuero
Éditions JC Lattès / Septembre 2013


Le récit s'ouvre sur le coup d'État d'Augusto Pinochet au Chili. Opposant à la dictature, le narrateur assiste à l'arrestation, la torture, et la mort de ses compagnons de lutte. En 1974, il s'exile en Allemagne de l'Est et rejoint rapidement un réseau de jeunes communistes. C'est là qu'il rencontre la fille du fameux révolutionnaire cubain Ulysse Cienfuegos (directement inspiré de Fernando Flores Ibarra, cacique de la révolution castriste, responsable de la mort de centaines de Cubains "contre-révolutionnaires"). Éperdument amoureux d'elle, il accepte de la suivre à Cuba pour y fonder une famille et enfin vivre l'idéal communiste. Exalté par l'idée de la révolution, dirigé d'une main de maître par son terrible beau-père, le jeune homme embrasse immédiatement la devise de Castro: la patrie ou la mort. Alors que son mariage bat de l'aile, il découvre petit à petit la face cachée du régime. Les membres de la famille Cienfuegos vivent dans l'opulence, le reste de la population est soumise au rationnement. Chaque frein administratif ou bureaucratique est réglé en un clin d'œil à la seule mention du nom de son beau-père. Son amitié pour Herberto Padilla l'éclaire sur les persécutions dont les intellectuels font l'objet. Mis au ban de la société castriste par son divorce, il découvre le quotidien des habitants de La Havane, les privations, le secret, le néant des jours. Se méfier de tous, lutter pour trouver un toit, un morceau de pain, surveiller ses actes, ses paroles, jusqu'à ses pensées, à chaque instant. Une seule obsession le guide, comme Reinaldo Arenas ou Zoé Valdès avant lui, quitter l'île, chercher la liberté, encore.


- Quelque chose d'écrit
de Emanuele Trevi
Éditions Actes Sud / Septembre 2013


L'histoire presque vraie d'une rencontre impossible avec Pier Paolo Pasolini à travers sa comédienne fétiche et "gardienne du temple", Laura Betti. Un livre qui brouille magistralement les genres littéraires et propose une interprétation, aussi radicale qu'inattendue, de Pétrole.


- Rome en un jour
de Maria Pourchet
Éditions Gallimard / Septembre 2013


"Paul était devant le poste, à mille lieues d'envisager qu'on pût lui réserver un anniversaire surprise fin juin, à lui, natif de février". Sur le toit-terrasse d'un hôtel parisien, en attendant qu'on leur serve quelque chose à boire et que Paul apparaisse au bras de Marguerite, les invités prennent possession des lieux. Peu à peu, la soirée dérive loin du projet initial. À l'autre bout de la ville, Marguerite tente en vain de convaincre Paul de sortir sans dévoiler la surprise. C'est le début d'une guerre dont les proportions vont bientôt leur échapper à tous deux. Maria Pourchet explore le fonctionnement d'un couple contemporain, les origines de son désastre mais aussi l'étendue des solitudes, chacun tentant d'échapper à l'autre, à la vérité, à lui-même. On rit à chaque page non sans un certain effroi.


- Saint-John Perse
de Henriette Levillain
Éditions Fayard / Septembre 2013


À quel moment Alexis Leger a-t-il découvert Saint-John Perse? Á quel moment l'un s'est-il placé derrière ou devant l'autre? Pourquoi Alexis Leger a-t-il voulu que Saint-John Perse reste endormi pendant plus de quinze ans dans le trésor de son imaginaire? Comment Saint-John Perse a-t-il ressuscité quand il est parti pour New York en juin 1940, humilié par Hitler, calomnié par une femme qui détestait celle qu'il aimait? Depuis l'enfance aux Îles, dans le désert de Gobi ou sur les mers, au gouvernail du Quai d'Orsay ou en exil, dans la solitude ou l'amour, Saint-John Perse rêvait sa vie et tentait d'ajuster les faits à son idéal. Quand il n'y parvenait pas, il écrivait pour "mieux vivre". Orphelin de père à vingt ans, il rechercha avidement l'amitié de pères adoptifs. En littérature: Francis Jammes, Gabriel Frizeau, André Gide et Paul Claudel. En politique: Philippe Berthelot et Aristide Briand. Lors de son exil américain, il fut adopté par des admiratrices talentueuses et fortunées, Mina Curtiss, Katherine Biddle et Beatrice Chanler. Dans cette biographie littéraire richement documentée, Henriette Levillain veut comprendre l'énigme d'une personnalité puissante, secrète et controversée à laquelle on reprocha sa mythomanie ou de s'être enlisé dans un anti-gaullisme de mauvais aloi.


- Smoky
de Will James
Éditions Actes Sud / Septembre 2013


Smoky évoque la vie d'un cheval dans les grands espaces du Nord-Ouest américain, au début du XXe siècle. Particulièrement sauvage, il craint les hommes plus que tout. Mais sa route croisera celle de Clint, un cow-boy qui saura gagner sa confiance et fera de lui l'un des meilleurs chevaux de ranch de l'époque. Jusqu'au jour où Smoky est volé. Merveilleuse histoire d'amour entre un homme et un cheval, Smoky est aussi un incomparable témoignage des traditions de l'Ouest américain. Longtemps avant que la parole des nouveaux maîtres se soit fait entendre, Will James démontrait déjà à quel point la patience, le respect et l'amour permettent d'obtenir le meilleur d'un cheval. Ce livre est un "classique" pour les amoureux des chevaux aux États-Unis. Publié pour la première fois en 1926, il a connu un succès immédiat et a toujours été édité depuis. Il n'a jamais été traduit en français jusqu'à ce jour. L'une des plus belles histoires jamais racontées sur les chevaux.


- Soré
de Jørn Riel
Éditions Gaïa / Septembre 2013


Soré est une petite fille groenlandaise des années 1970. L'épopée de son peuple, les Inuit, la fascine. C'est aussi pour surmonter l'histoire tragique de sa propre famille que Soré tente de transcrire la saga de ses ancêtres sur le papier, mais la tâche n'est pas toujours aisée. Son grand-oncle Lûtivik lui rappelle alors qu'aucun d'eux ne savait écrire, pourtant ils possédaient l'art de raconter. "Que l'on écrive ou que l'on raconte, c'est toujours la parole. Avec la parole, on peut donner davantage de joie qu'avec quoi que ce soit d'autre, avec elle on peut blesser plus profondément qu'avec aucune arme. Cela, nos ancêtres le savaient, et c'est pourquoi ils avaient du respect et de la compréhension pour la parole". Avec une profonde humanité, Jørn Riel nous conte l'histoire de Soré et du peuple inuit. Un roman empreint d'espoir et de courage.


- Temps de chien pour les requins
de Morris Gleitzman
Éditions Les Grandes Personnes / Septembre 2013


L'histoire semble-t-il banale d'Oliver, 10 ans, dont le rêve est d'avoir un chien. Mais voilà, la vie d'Oliver est loin d'être banale: ses parents, propriétaires d'une grande banque, sont immensément riches, et ne veulent pas d'un cabot sur leurs tapis d'Orient. Alors lorsque son ancienne gouvernante, Nancy, kidnappe et menace d'exécuter le chien de ses rêves s'il ne récupère pas 11000 dollars dans la semaine, la somme qu'elle aurait perdue sur les mauvais conseils de ses parents, Oliver décide de relever le défi et de mettre en pratique ses modestes connaissances financières pour réparer cette injustice. Malheureusement, les choses deviennent bientôt incontrôlables. S'ensuit une aventure loufoque où se croiseront seize dromadaires, un trader de cour de récréation nul en maths, et des requins de la finance.


- Tout cela n'a rien à voir avec moi
de Monica Sabolo
Éditions JC Lattès / Septembre 2013


Je crains que tout cela n'ait rien à voir avec moi décortique un chagrin d'amour, selon une méthode relevant de la fantaisie, de la poésie et de la science. Il se présente comme un traité académique, dont l'auteur serait à la fois le sujet et l'objet (dispositif qui révèle ses limites, ne nous le cachons pas). Alternant observations cliniques et textes lyriques, photos et correspondance, ce roman-collage est à la fois une enquête de police (les objets du quotidien sont présentés comme de pièces à conviction) et une fiction, drôle, folle, déchirante. C'est aussi le témoignage d'une obsession, le récit d'un gouffre qui se dévoile. Doucement une réalité archaïque affleure, et l'auteur glisse, comme malgré elle, vers une autre blessure pour remonter doucement vers les racines du mal. Que nous transmettent nos parents? Leurs chagrins s'impriment-ils dans nos cellules comme une mémoire fatale? Sommes-nous voués à revivre, encore et encore, des émotions encodées dans une région fossile de notre cerveau?


- Toute la noirceur du monde
de Pierre Mérot
Éditions Flammarion / Septembre 2013


Jean Valmore, enseignant désabusé et écrivain non publié, bascule: il prend sa carte au Front National et côtoie un groupuscule d'extrême-droite. Il raconte ses dernières semaines, une plongée effrayante, cynique et comique dans la folie meurtrière. Une mise en scène de la noirceur qui habite les sociétés tentées par l'extrémisme et gagnées par la haine et le mépris de l'autre.


- Une année qui commence bien
de Dominique Noguez
Éditions Flammarion / Septembre 2013


Le récit autobiographique de D. Noguez, qui rencontre, à l'occasion d'un colloque de la Société des gens de lettres, un séduisant jeune homme, Cyril Durieux, avec qui il commence une relation amoureuse. Racontant 6 années d'un amour qui a influencé sa vie privée comme sa vie intellectuelle, il interroge plus généralement l'amour, la sexualité, la sensualité et le bonheur.


- Une mesure de trop
de Alain-Claude Sulzer
Éditions Jacqueline Chambon / Septembre 2013


Au milieu d'une brillante interprétation, le pianiste de renommée internationale Marek Olsberg interrompt brutalement son jeu avec un simple: "C'est tout" et abandonne la salle. Ce micro-événement sera le grain de sable qui va bouleverser plusieurs vies. Un grandiose roman polyphonique sur les tours que nous joue le destin.


- Va où la peur te mène
de Andrée Ammirati
Éditions Cherche Midi / Septembre 2013


Italie, début du XXe siècle. La misère et la montée du fascisme bousculent la vie d'un paisible village. Michèle, chemise noire, fait régner la terreur. À ceux qui veulent échapper aux tortures, aux viols, aux meurtres et à la faim, il ne reste que l'exil. Gabriele et Adriano s'enfuient à Plascassier, dans le sud de la France. Mais des ombres du passé ne vont pas tarder à resurgir, et la révélation d'un secret, ouvrir la boîte de Pandore.


- Vivre en mourant
de Christopher Hitchens
Éditions Flammarion / Septembre 2013


En tournée aux États-Unis, C. Hitchens découvre qu'il a un cancer de l'oesophage. Il témoigne de la manière dont il a vécu sa maladie au quotidien.


- Vol au-dessus d'un nid de coucou
de Ken Kesey
Éditions Stock / Septembre 2013


Devenu un classique contemporain, le roman de Ken Kesey, paru en 1962, n'a rien perdu de sa puissance. Il plonge dans le chaos d'un hôpital psychiatrique "un monde de carton-pâte peuplé de personnages en trompe-l'œil, surgis de quelque histoire de fou qui serait vraiment drôle si ces héros n'étaient pas des types en chair et en os". L'infirmière en chef Ratched règne en maître sur son service. Jusqu'au jour où débarque McMurphy, un sacré énergumène bien décidé à redistribuer les cartes et à redonner un peu de dignité et d'espoir aux malades. Rebelle et gouailleur, il engage alors à ses risques et périls une résistance acharnée contre l'institution. Criant de vérité, Vol au-dessus d'un nid de coucou est une dénonciation en règle de l'enfermement psychiatrique, un hymne à la vie envers et contre tous.


- Absolution
de Patrick Flanery
Éditions Robert Laffont / Août 2013


Clare Wald, icône du microcosme littéraire blanc et de gauche de Cape Town, est contactée par Sam Leroux, un jeune universitaire qui souhaite retracer sa carrière dans une biographie. Parallèlement aux entretiens qu'elle donne à Sam, Clare enquête sur la disparition de sa fille, Laura, qui a rejoint la lutte armée anti-apartheid en 1989, en pleine guérilla. Au fil de ses recherches, Clare s'interroge sur les motivations de sa fille, auteure probable d'attentats à la bombe ayant fait de nombreuses victimes, tandis que le travail de Sam dévoile des liens inavouables entre Clare et l'ancien régime d'apartheid. Mais Sam lui-même est loin d'avoir tout dit à Clare sur les événements qui le relient à Laura. Entre ambivalence et faux-semblants, chacun va devoir faire tomber les masques pour entrevoir enfin la part de vérité cachée qui lui manquait. Si tous les personnages d'Absolution ont en commun des secrets lancinants, tous ont aussi une soif inextinguible de vérité. Fascinante prouesse littéraire, ce roman est construit comme une boule à facettes, ou différentes versions des mêmes événements révèlent tour à tour un aspect d'une vérité toujours changeante. Qu'il s'agisse de Clare, de Sam, ou de Laura (dont sa mère a conservé le journal intime), chacun n'a accès qu'à un seul versant de l'histoire qui les relie et que l'auteur nous laisse le soin de recomposer. Multipliant le nombre de sources, Patrick Flanery construit un récit d'une complexité diabolique dont le sens général s'éclaire au fur et à mesure, pour exploser dans un feu d'artifice de révélations finales. Interrogeant à la fois les notions de culpabilité, de bien et de mal, mais aussi les limites de la démocratie et de la liberté pour laquelle certains payent de leur vie, ce premier roman dévoile toute la complexité de la société sud-africaine contemporaine. Mais au bout du compte, Absolution est un hommage à la littérature, seule capable de relier l'histoire individuelle à l'histoire collective.


- Aime la guerre !
de Paulina Dalmayer
Éditions Fayard / Août 2013


En 2010, guidée par Kessel et Bouvier, Hanna s'envole vers L'Afghanistan. Kaboul offre mille sujets: corruption et désert institutionnel, trafic, bavures des armées régulières et coups tordus confiés à des sociétés privées. Mais enquêter implique de côtoyer aussi les aventuriers qu'un autre genre d'ambition attire vers les régions du monde sous tension. Or Hanna aime les hommes aux manches retroussées. Qu'ils aient un revolver dans la poche et dorment sur un matelas rempli de billets ne la dérange pas. À compter de sa rencontre avec Robert, ancien mercenaire, et Bastien, ancien agent de renseignement, le séjour d'Hanna prend une autre tournure. Les deux hommes n'entravent en rien son goût extrême pour la vérité, son plaisir diabolique à relever les contradictions. Au contraire, il suffit d'entrer dans leur sillage pour tout voir, tout comprendre, même à leur insu. Mais près d'eux Hanna découvre que son penchant pour les hommes odieux et formidables cache une fascination pour le mode de vie qu'impose un pays en guerre. Quand les pires moments sont aussi les meilleurs. Quand on a l'impression de danser sur un volcan. Alors ne faudra-t-il pas qu'elle s'en détache? Que l'intelligence l'emporte sur l'instinct? Ce qu'ils vivent est homérique. Mais elle est la seule à en avoir pleinement conscience et à pouvoir le raconter. Si la passion pour la guerre ne cesse jamais de troubler la narratrice, au moins lui permet-elle d'en révéler toutes les facettes. La guerre et ceux qui la font, l'orchestrent ou en meurent, la guerre dont Paulina Dalmayer décrit l'énergie archaïque avec le raffinement intellectuel de la Mitteleuropa.


- Arden
de Frédéric Verger
Éditions Gallimard / Août 2013


L'histoire se déroule pendant la Seconde Guerre Mondiale en Marsovie, riche principauté d'Europe centrale. Alexandre de Rocoule, gérant du luxueux hôtel d'Arden, homme à femmes dont la gaieté a quelque chose de féroce, et Salomon Lengyel, veuf sérieux et solitaire, sont liés par une passion commune: l'opérette. Depuis 1917, ils ont écrit ensemble une quantité impressionnante de pièces en trois actes, inachevées car ils ne sont jamais d'accord sur la scène finale. Pendant qu'ils travaillent sans relâche, la bête nazie rôde autour de la Marsovie sur laquelle elle ne va pas tarder à poser la patte. Les persécutions de Juifs commencent. Le danger devient pressant pour Salomon et pour sa fille Esther, revenue auprès de son père et dont Alex tombe amoureux. Et si la composition d'une dernière opérette était le seul moyen de leur sauver la vie? Il est rare de voir aussi harmonieusement mêlés dans un premier roman l'intelligence, l'humour et la sensualité. Les scènes se déploient dans une profusion d'images éblouissantes, de détails comiques ou touchants, tandis que les rebondissements ne manquent pas dans le livret sanglant qui se joue en 1944 en Europe centrale.


- Arizona Tom
de Norman Ginzberg
Éditions Héloïse d'Ormesson / Août 2013


L'affaire la plus marquante de la carrière d'Ocean Miller, shérif d'une bourgade paumée d'Arizona, fut celle de Tom, douze ans, traînant en plein désert un cadavre démembré. Persuadé de l'innocence du gamin, alors que les notables l'avaient déjà condamné, Ocean mettra tout en œuvre pour retrouver la piste des coupables. Mais parviendra-t-il à sauver le petit bonhomme de la potence et à redorer son étoile ternie par son amour du bourbon? Embuscades, coyotes, saloons où se côtoient culs-terreux, affairistes et putains au grand cœur, Arizona Tom nous plonge, non sans un brin d'ironie, dans le Grand Ouest en pleine conquête. Un roman qui revisite le genre en se jouant des codes du Far West avec malice.


- Arrête, arrête
de Serge Bramly
Éditions Nil / Août 2013


Un homme en cavale se réfugie dans une boîte échangiste et tombe amoureux d'une participante. Un roman court, tout en tension et en émotion. À quelques mois de la fin de sa peine, un condamné coupe son bracelet électronique et se retrouve en cavale. Il rend une visite furtive à sa fille, lui dit au revoir, lui emprunte sa voiture et roule vers Paris. Est-il devenu fou? Veut-il se suicider? Prépare-t-il un coup? Il remonte à pied les Champs-Élysées, se met à l'abri sous un porche pendant une averse, croise le regard d'une femme troublante. Puis il se réfugie dans une boîte échangiste ou, jadis, il avait des intérêts. Dans la pénombre rassurante, il va se mettre en quête d'une arme et croiser le regard d'une femme. Celle des Champs-Élysées? Il en est certain, mais elle lui jure qu'il y a méprise. Cela ne va pas les empêcher de s'aimer.


- Art nègre
de Bruno Tessarech
Éditions Buchet Chastel / Août 2013


Hésitant, velléitaire, perdu, Louis ne parvient plus à écrire. Même sa compagne aimante, Olivia, a déserté le champ de ruines qu'est devenue son existence. Un beau jour, un vieux copain éditeur lui propose de rédiger les mémoires d'une célébrité. Il faut bien gagner sa vie, Louis accepte donc.


- Arvida
de Samuel Archibald
Éditions Phébus / Août 2013


À l'autre bout du monde il y a Arvida, ville modèle érigée au début du vingtième siècle par l'industriel américain Arthur Vining Davis. Le narrateur de ce livre est né là, dans la capitale de l'aluminium, construite en cent trente-cinq jours. Petite utopie nordique peuplée de braves gens, de menteurs compulsifs et de pures crapules. Dans les quatre paroisses d'Arvida, le long du Saguenay et par-delà l'horizon bleuté des monts Valin, on se raconte des histoires de nuits en forêt et de matins difficiles. Des histoires de jeunes filles innocentes et de bêtes sauvages, de meurtre raté et de mutilation rituelle, de roadtrip vers nulle part et de maison hantée. Des histoires tantôt tristes, tantôt drôles, tantôt horribles, et souvent un peu tout ça à la fois, mémorables pour leur profonde authenticité, même si, il faut bien le dire, elles sont toutes à moitié fausses et à moitié inventées.


- As-tu jamais rêvé que tu volais ?
de Austin Ratner
Éditions Calmann Lévy / Août 2013


Autriche, 1928. Un jeune homme de vingt-deux ans est injustement accusé du meurtre de son père. Il est la proie d'un système judiciaire gangrené par la corruption et la montée inexorable du nazisme. Albert Einstein et Thomas Mann se portent garants de sa personne. Sigmund Freud est appelé à la barre. La parodie de procès qui s'ensuit va ébranler l'Europe. As-tu jamais rêvé que tu volais ? Bouffée d'espoir et d'onirisme dans un monde hostile et destructeur, ces mots sont ceux qu'adresse depuis sa geôle le jeune Philippe à sa fiancée alors que l'envie de mettre fin à ses jours le taraude. Plongé dans les ténèbres de l'iniquité, de la culpabilité et de la haine de soi, il échappe à la mort grâce à une mobilisation internationale. La vie rejaillit alors plus puissante que jamais, et Philippe s'y accroche, déterminé à s'élancer vers la lumière, cette lumière qu'il emploiera comme d'autres utilisent un pinceau. Il trouvera asile en France, croisera la route de Gide, des surréalistes, avant de s'enfuir pour les États-Unis où l'attend un destin fabuleux, ses collaborations avec Marilyn Monroe, Alfred Hitchcock ou Salvador Dalí sont entrées dans la mémoire collective. De cette force de rebond naîtra l'artiste: Philippe Halsman, photographe de génie, qui mettra son expérience personnelle au service de son art, en faisant sauter les plus grands de son temps.


- Au revoir là-haut
de Pierre Lemaitre
Éditions Albin Michel / Août 2013


Sur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu'amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts. Fresque d'une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d'évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l'après-guerre de 14, de l'illusion de l'armistice, de l'État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l'abomination érigée en vertu. Dans l'atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.


- Autumn Laing
de Alex Miller
Éditions Phébus / Août 2013


"C'est ici que tout a commencé il y a cinquante-trois ans". C'est ici, dans la moiteur des environs de Melbourne, qu'Autumn Laing, née Gabrielle Louise Ballard, connut l'unique passion de son existence. Au crépuscule de sa vie, Autumn, solitaire et revêche, raconte comment la tendresse qui la liait à son mari, Arthur, homme de loi intègre fréquentant la bohème des années trente, fut balayée par sa relation avec Pat Donlon. Peintre génial, fascinant d'égoïsme, il révolutionna autant son quotidien que l'art de son pays. Entre eux, la passion est physique, l'amour incandescent, le désir dévastateur. Car face à la folie créatrice de l'artiste, la muse n'est rien qu'un souffle vite emporté, une image vite oubliée. Alex Miller prouve qu'il est sans conteste l'un des plus grands prospecteurs des sentiments amoureux, en offrant une vision de l'amour avec ses zéniths et ses gouffres, son tumulte et ses silences.


- Avoir un corps
de Brigitte Giraud
Éditions Stock / Août 2013


"Des vêtements à peine écartés, des ventres et des reins maladroitement caressés. Des intentions plus que des actes. On donne, on offre, on laisse à l'autre le soin de prendre, de saisir, de posséder. Mais l'autre est dans le trouble de la conquête, avec le trop-plein de lumière qui éclaire la chambre. Il est difficile d'accéder au secret en plein jour. Alors les yeux se ferment, les doigts s'agrippent et les cuisses s'extraient des pantalons. Il cherche, soulève, accélère. Je veux bien, veux tout, ne résiste pas". Avoir un corps est la trajectoire d'une enfant qui devient fille, puis femme, racontée du point de vue du corps, une traversée de l'existence, véritable aventure au quotidien où il est question d'éducation, de pudeur, de séduction, d'équilibre, d'amour, de sensualité, de travail, de maternité, d'ivresse, de deuil et de métamorphoses. L'écriture au réalisme vibrant, sensible et souvent drôle, interroge ce corps qui échappe parfois, qui ravit ou qui trahit. Un roman qui rappelle que la tête et le corps entretiennent un dialogue des plus serrés, des plus énigmatiques


- Camus au Panthéon
Discours imaginaire
de Henri Guaino
Éditions Plon / Août 2013


Un discours imaginaire rêvé par Henri Guaino qui rend hommage avec brio à Albert Camus et à son sens de l'engagement. "Lecteur qui ouvrez ce livre, sachez que vous n'y rencontrerez pas le Camus le plus vrai, le plus authentique mais seulement celui que j'aime. Car je l'aime comme chacun de nous aime, c'est-à-dire à ma façon qui est une façon forcément particulière. Acteur d'une histoire que les générations d'aujourd'hui ont déjà du mal à fixer dans leur mémoire, comment se fait-il que les questions que Camus pose paraissent nous concerner autant, sinon parce qu'il a su tirer de ce qu'il a vécu, de ce qu'il a ressenti au milieu des épreuves les plus dures de la vie une leçon de vérité plus forte que les mensonges de l'idéologie? Peut-être est-il aussi celui qui a le mieux traduit en mots et en actes ce que la France a en elle de plus beau et de plus noble, et qui la fait aimer". Henri Guaino


- Canada
de Richard Ford
Éditions de l'Olivier / Août 2013


"D'abord, je vais vous raconter le hold-up que nos parents ont commis. Ensuite les meurtres, qui se sont produits plus tard". Great Falls, Montana, 1960. Dell Parsons a 15 ans lorsque ses parents braquent une banque, avec le fol espoir de rembourser un créancier menaçant. Le hold-up échoue, les parents sont arrêtés, et Dell a désormais le choix entre la fuite et l'orphelinat. Il traverse la frontière et trouve refuge dans un village du Saskatchewan, au Canada. Il est alors recueilli par le propriétaire d'un hôtel, Arthur Remlinger, qui le prend à son service. Charismatique, mystérieux, Remlinger est aussi recherché aux États-Unis. C'est la fin de l'innocence pour Dell qui, dans l'ombre de Remlinger, au sein d'une nature sauvage et d'une communauté pour qui seule compte la force brutale, cherche son propre chemin. Canada est le récit de ces années qui l'ont marqué à jamais.


- Carol
de Patricia Highsmith
Éditions Calmann Lévy / Août 2013


Elles se regardèrent au même instant. Thérèse avait levé les yeux de la boîte qu'elle était en train d'ouvrir et la femme venait de tourner la tête vers elle. Elle était grande et blonde, longue silhouette gracieuse dans un ample manteau de fourrure, qu'elle tenait entrouvert, la main posée sur la hanche. Ses yeux étaient gris, décolorés et pourtant lumineux comme le feu, et ceux de Thérèse, captifs, ne purent s'en détacher. Elle entendit la cliente qui lui faisait face répéter une question et elle resta muette. La femme la regardait, elle aussi, l'air préoccupé comme si une partie de son attention était fixée sur l'achat qu'elle s'apprêtait à faire et, bien qu'il y eût plusieurs vendeuses entre elles deux, Thérèse fut certaine qu'elle allait venir vers elle.


- Chambre 2
de Julie Bonnie
Éditions Belfond / Août 2013


La naissance: le plus beau moment de la vie et pourtant... Lorsqu'elle ouvre les chambres de la maternité où elle travaille comme puéricultrice, Béatrice doute de l'existence qu'elle a choisie. Une maternité. Chaque porte ouvre sur l'expérience singulière d'une femme tout juste accouchée. Sensible, vulnérable, Béatrice, qui travaille là, reçoit de plein fouet ces moments extrêmes. Les chambres 2 et 4 ou encore 7 et 12 ravivent son passé de danseuse nue sillonnant les routes à la lumière des projecteurs et au son des violons. Ainsi réapparaissent Gabor, Paolo et d'autres encore, compagnons d'une vie à laquelle Béatrice a renoncé pour devenir normale. Jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus supporter la violence du quotidien de l'hôpital. Un hommage poignant au corps des femmes, et un regard impitoyable sur ce qu'on lui impose.


- Chasseurs de nuages
de Alex Shearer
Éditions Les Grandes Personnes / Août 2013


Imaginez un monde où la ressource la plus précieuse et la plus rare serait devenue l'eau. Un monde où la terre ferme aurait fait place à des millions d'îles flottant dans un ciel infini. Un monde où l'aventure et le voyage seraient réservés aux braves, les chasseurs de nuages. Christien, jeune garçon à la vie confortable et protégée, rêve d'action et de frisson. Lorsque débarque en ville l'exotique Jenine, à la peau brune et au visage marqué de cicatrices, il n'a plus qu'une idée en tête: les accompagner, elle et sa famille, dans une chasse aux nuages à bord de leur bateau des airs. Une expédition inoubliable au cours de laquelle il croisera méduses, requins et baleines volantes; créatures aveugles tout droit sorties d'un cauchemar et impitoyables pirates, voguant au large des Îles de la Nuit.


- Chocolat
de Joanne Harris
Éditions Charleston / Août 2013


À Lansquenet, petit village perdu quelque part en France, mis à part les sempiternels sermons du sombre Reynaud, le curé intégriste de la paroisse, il ne se passe jamais rien. Alors, quand Vianne Rocher et sa fille Anouk décident de s'y installer pour ouvrir une chocolaterie, c'est tout le village qui se met à jaser. Ce qui est assez facile: Vianne n'est pas mariée, elle ne va pas à l'église, et même, elle ose ouvrir sa boutique de délices en plein carême! Cela fait d'elle la cible idéale pour ce pauvre Reynaud et sa troupe de grenouilles de bénitier. Mais, contre toute attente, Vianne semble très bien s'intégrer dans le village ensorcelé par ses douceurs: c'en est trop pour ses adversaires, qui vont tout faire pour lui barrer la route, allant jusqu'à la traiter publiquement de sorcière. Mais sur ce point, peut-être n'ont-ils pas tout à fait tort.


- Comme Baptiste
de Patrick Laurent
Éditions Gallimard / Août 2013


Baptiste, jeune informaticien passionné d'intelligence artificielle, vient d'apprendre que son père, un linguiste renommé, veuf et dépressif, n'est pas son père. En effet sa mère, morte deux ans plus tôt, a eu recours à une insémination avec donneur. Dès lors, le jeune homme est pris d'un désir frénétique de connaître ce géniteur anonyme, qu'il appelle le Bio. Il se lance dans une quête parsemée d'embûches et de rencontres inattendues. Dans son esprit déferlent la Conscience, le Réel, l'Identité, la Mort, tels les quatre cavaliers de l'Apocalypse. Sur des thèmes très actuels, la perte des repères identitaires liés aux progrès des sciences biologiques, les limites de la paternité et de la filiation, Patrick Laurent offre un récit fiévreux, enchaînant les péripéties avec virtuosité sur un arrière-plan métaphysique qui interroge profondément l'imaginaire contemporain.


- Concerto pour la main morte
de Olivier Bleys
Éditions Albin Michel / Août 2013


À Mourava, hameau perdu de Sibérie centrale, Vladimir Golovkine n'a qu'un rêve: prendre le bateau pour Krasnoïarsk, la grande ville en amont du fleuve. Mais faute de pouvoir s'offrir un billet, c'est un étranger qu'il voit débarquer dans sa vie: Colin, un pianiste raté dont la main droite refuse d'obéir dès qu'il se met à jouer le concerto nº2 en do mineur de Rachmaninov. À la frontière du récit et de la fable, Olivier Bleys, l'auteur de Pastel, créé ici un univers poétique où le tragique côtoie l'absurde. Histoire de vodka et de mystère, de musique, d'amitié entre les hommes, ce livre jubilatoire nous invite à cultiver la joie plutôt que la tristesse.


- Courir sur la faille
de Naomi Benaron
Éditions 10-18 / Août 2013


Depuis le jour où il comprend que la course à pieds est sa passion, le jeune Tutsi Jean Patrick Nkuba n'a qu'un rêve: devenir le premier champion olympique du Rwanda. Mais les gens comme lui ne sont pas censés gagner. Avril 1994: le pays s'embrase et Jean Patrick se trouve sans protection. Si ce n'est celle de son énigmatique coach, qui plus que quiconque croit en la réussite de ce jeune athlète. La seule solution: lui procurer une fausse carte d'identité ethnique pour échapper aux génocidaires et tenter d'accomplir sa destinée. Mais peut-on renier ses origines? Et que sont devenus les siens? Le temps passe. Les retrouver sera la course de sa vie.


- Daffodil Silver
de Isabelle Monnin
Éditions JC Lattès / Août 2013


C'est une semaine spéciale dans la vie de Daffodil Silver. Elle doit solder la succession de ses parents récemment disparus. Avant d'accepter ou de refuser l'héritage colossal qu'ils lui laissent, elle veut raconter au notaire leur singulière histoire. Le récit commence bien avant sa naissance, quarante ans auparavant. La mère de Daffodil s'appelle Lilas. Elle est la première des deux filles de Marguerite et Marcel, le propriétaire de l'usine des Souvenirs Faure. Trois ans après elle, est née sa moitié miraculeuse, l'autre face de sa médaille, un soleil: Rosa. Les sœurs sont inséparables. Elles rêvent d'ailleurs et de création, sont le noyau d'un joyeux groupe d'amis. Ensemble, ils jouent aux cartes et s'inventent des avenirs glorieux. Beau temps ne dure jamais. Alors que Lilas vient de donner naissance à sa fille, Rosa meurt brutalement. Passé le choc, vient le sursaut: Lilas décide, pour prolonger d'autant la vie de sa sœur et donner un sens à la sienne, d'écrire un livre qu'on mettrait autant de temps à lire que Rosa a vécu. Vingt-six ans, trois mois et six jours. Une cathédrale peut être magnifique et monstrueuse. La quête est vaine. Elle se heurte à l'indéfinissable de chacun, à ses mystères.


- Dans la gueule du loup
de Olivier Bellamy
Éditions Buchet Chastel / Août 2013


En 1936, commence l'une des purges staliniennes les plus sanglantes de l'histoire bolchévique. C'est le moment que choisit Serge Prokofiev pour revenir en URSS et s'y installer avec sa famille. C'est le moment aussi où il écrit et compose Pierre et le loup, son célèbre conte musical pour enfants. Le Mozart russe s'est jeté dans la gueule du loup. Il n'en sortira plus jamais jusqu'à sa mort. Dans ce roman drôle et cruel, l'auteur imagine les circonstances et les conséquences dramatiques de cette décision. À travers le destin d'un homme, c'est l'histoire de la première moitié du XXe siècle que nous revivons. Le Paris brillant et cosmopolite, la guerre, l'implacable machine soviétique. C'est aussi le portrait saisissant d'un compositeur de génie qui traverse les flammes de l'enfer pour tutoyer le divin. Et celui d'une femme libre qui paiera cher le prix de son amour absolu. C'est enfin le chemin de croix que parcourt tout artiste entre le Bien et le Mal.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://le-titre-du-roman.forumactif.org
Elisabeth
Admin
avatar


MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 10:01

- Dans la lumière
de Barbara Kingsolver
Éditions Payot & Rivages / Août 2013


Dans les Appalaches, au cœur de la forêt, Dellarobia Turnbow aperçoit une lumière aveuglante. La vallée semble en feu. Mais ces reflets rougeoyants n'ont rien à voir avec des flammes. Ce sont les ailes de centaines de papillons qui recouvrent le feuillage des arbres. Cette étrange apparition devient un enjeu collectif: la communauté religieuse de la ville croit reconnaître un signe de Dieu et certains scientifiques invoquent une anomalie climatique. Toute l'Amérique se met à observer ce coin isolé, ancré dans les traditions rurales: Dellarobia comprend que de simples papillons vont bouleverser sa vie, et peut-être l'ordre du monde.


- Dans la maison de l'autre
de Rhidian Brook
Éditions Fleuve Noir / Août 2013


Hambourg, 1946.La ville est en ruines et la nation brisée. Si la guerre est terminée, la vie, elle peine à reprendre ses droits. Des ombres fantomatiques errent parmi les décombres à la recherche de nourriture, d'un proche, d'un espoir. Lewis Morgan, colonel de l'armée britannique, est chargé de superviser les opérations de reconstruction du territoire et de dénazification de la population. Il s'installe dans une somptueuse villa réquisitionnée à son intention avec son épouse et leur dernier fils encore en vie. Touché par leur situation, le colonel propose aux propriétaires des lieux, un architecte allemand éploré par la mort de sa femme et sa fille adolescente, de rester. Les deux familles partagent alors le même toit, se croisent, se frôlent, mais comment supporter pareille situation quand une haine viscérale continue d'opposer les deux peuples? Dans cette ambiance oppressante, inimitiés et hostilités vont laisser place à des sentiments plus dangereux encore.


- Dans le silence du vent
de Louise Erdrich
Éditions Albin Michel / Août 2013


Récompensé par la plus prestigieuse distinction littéraire américaine, le National Book Award, élu meilleur livre de l'année par les libraires américains, le nouveau roman de Louise Erdrich explore avec une remarquable intelligence la notion de justice à travers la voix d'un adolescent indien de treize ans. Après le viol brutal de sa mère, Joe va devoir admettre que leur vie ne sera plus jamais comme avant. Il n'aura d'autre choix que de mener sa propre enquête. Elle marquera pour lui la fin de l'innocence.


- Délivrez-nous du corps
de Dominique Simonnet
Éditions Plon / Août 2013


À l'occasion d'un salon du livre, Louis, anthropologue, aventurier, et auteur d'un livre ravageur sur la domination sexuelle, retrouve Miléna, son amour de lycée devenue libraire. Ils décident de se livrer l'un à l'autre et de tout se dire. Deux destins se dévoilent, ballottés entre plusieurs pays. Deux vies, hantées par le 11-Septembre, avec leurs tragédies intimes, leurs renoncements, la passion qui dévore et la jalousie qui tue. Jusqu'où ce jeu dangereux de la révélation va-t-il les mener? Peut-on retrouver l'innocence perdue? En explorant les confins du désir, Miléna et Louis expriment avec violence les désarrois d'une génération qui a hérité de ce cadeau sublime et vénéneux: la liberté d'aimer.


- Dictionnaire amoureux de Marcel Proust
de Jean-Paul Enthoven et Raphaël Enthoven
Éditions Plon / Août 2013


Depuis sa naissance, voici un siècle, l'œuvre de Marcel Proust n'en finit pas d'être assaillie par des hordes de puristes, de snobs ou de fétichistes, dont les exploits ont parfois gâché le pur bonheur de partir à la recherche du temps perdu. D'où ce Dictionnaire amoureux écrit à quatre mains et qui, n'en déplaise aux gardiens du temple, a pris le parti de traiter ce monument de la littérature avec la désinvolture (et l'érudition) qu'il mérite. De "Rhino-goménol" à "Procrastination", d'"Amour" à "Inversion", de "Morand", "Madeleine" et "Cocteau" à "Spinoza", "Ritz" et "Descartes", les auteurs gambadent à la fois dans la Recherche et dans la vie de son créateur. Ils auront atteint leur but si cette encyclopédie fragmentaire et dictée par le plaisir avive par intermittence, chez ses lecteurs, le désir de (re)lire le plus grand écrivain de tout le temps.


- Dieu regardait ailleurs
de Jean-Félix de la Ville-Bauge
Éditions Plon / Août 2013


De la Russie aux États-Unis, l'incroyable destin d'un aristocrate russe qui, dans la tourmente de 1917, aura été tsar quelques heures après l'abdication de Nicolas II. Saint-Pétersbourg, décembre 1916. Quatre hommes décident de tuer Raspoutine. Un député, un prince, un médecin, un grand-duc. Ce dernier nous raconte. Le meurtre du moine, la première révolution, le massacre des siens. Sa fuite dans les armées Blanches aux mains de chefs fous, les chasses à courre de Juifs. Puis l'exil à Paris en pleines années folles, les déjeuners avec Cocteau et Balthus, les nuits avec Chanel. Son mariage avec une actrice américaine, la fin du malheur peut-être mais la tuberculose le rattrape. L'Allemagne nazie lui fait les yeux doux pour lui rendre un hypothétique trône. D'un sanatorium suisse, il nous dicte les souvenirs d'un monde englouti. Cette fresque poétique ressuscite un temps où, oui, Dieu regardait ailleurs.


- Faillir être flingué
de Céline Minard
Éditions Payot & Rivages / Août 2013


Un souffle parcourt les prairies du Far-West, aux abords d'une ville naissante vers laquelle toutes les pistes convergent. C'est celui d'Eau-qui-court-sur-la-plaine, une Indienne dont le clan a été décimé, et qui, depuis, exerce ses talents de guérisseuse au gré de ses déplacements. Elle rencontrera les frères McPherson, Jeff et Brad, traversant les grands espaces avec leur vieille mère mourante dans un chariot tiré par deux bœufs opiniâtres; Xiao Niù, qui comprend le chant du coyote; Elie poursuivi par Bird Boisverd; Arcadia Craig, la contrebassiste. Et tant d'autres dont les destins singuliers se dévident en une fresque sauvage où le mythe de l'Ouest américain, revisité avec audace et brio, s'offre comme un espace de partage encore poreux, ouvert à tous les trafics, à tous les transits, à toutes les itinérances. Car ce western des origines, véritable épopée fondatrice, tantôt lyrique, dramatique ou burlesque, est d'abord une vibrante célébration des frontières mouvantes de l'imaginaire.


- Folles de Django
de Alexis Salatko
Éditions Robert Laffont / Août 2013


Si sa musique est dans toutes les têtes, la vie du plus grand guitariste de jazz, Jean Reinhardt dit Django, elle, est moins connue. Rien ne prédisposait ce gamin né en 1910 dans une roulotte au lieu-dit La Mare aux Corbeaux, près de Charleroi, à devenir le roi du swing. Rien si ce n'est ce caractère hors norme, instinctif, enfantin, capricieux, inspiré... En un mot génial. Parmi les rencontres qui lui ont permis de passer de l'ombre à la lumière, Alexis Salatko recrée trois anges gardiens aux noms de symphonies: Maggie l'Héroïque, Jenny la Pathétique et Dinah la Fantastique. Trois générations de femmes enragées de jazz, folles de Django, qui ont cru en lui et l'ont accompagné au long de sa flamboyante carrière. Dès l'âge de douze ans, la virtuosité de Django sidère le public des cafés parisiens. Il enregistre son premier disque à dix-huit ans. Il ne sait ni lire ni écrire. Encore moins déchiffrer une partition. Bientôt, il est invité à jouer à Londres, mais un drame survient qui va bouleverser sa vie: un incendie ravage sa roulotte, brûlant grièvement Django et sa femme. Le couperet tombe à l'hôpital: deux doigts de sa main gauche n'ont pu être sauvés. Il ne jouera plus. Django ne peut envisager sa vie autrement qu'en musique. "Bien sapé, oisif et admiré de tous": seule sa guitare peut lui faire toucher l'idéal manouche. Durant les dix-huit mois qu'il passe à l'hôpital, il développe une technique guitaristique unique et fait de son handicap un attribut exceptionnel. Avec le violoniste Stéphane Grappelli, ils créent une musique innovante qui remporte vite un grand succès. Pendant la guerre, Django est le roi des nuits parisiennes. Mais un Manouche doit se faire discret, et il vaut mieux pour lui filer en zone libre. Après la guerre, Django fait une tournée aux États-Unis, en compagnie de Duke Ellington. À son retour, son jeu est plus inspiré que jamais.


- Georgia
de Julien Delmaire
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2013


Georgia est une chanson. Georgia est une jeune femme perdue. Georgia est un roman d'amour: deux êtres à la dérive se rencontrent, se racontent, dans une parenthèse en clair-obscur, au cœur de la ville, ici et maintenant. Venance écoute, Georgia parle, et de sa voix jaillissent des paysages. L'enfance résonne avec les derniers accords de Joy Division. "La vie de Georgia commence à peine, que déjà les heures épuisent le sablier. Le bluesman reprend son souffle. La chanson passe de bouche en bouche. L'amour, l'amour nous déchirera à nouveau".


- Guide du loser amoureux
de Junot Diaz
Éditions Plon / Août 2013


Le centre de gravitation de ces histoires, c'est Yunior: jeune tête brûlée, aussi cœurs d'artichaut qu'incorrigible désinvolte. Dans chaque histoire, une femme, des femmes, mère, épouse, maîtresse, petite amie, extraordinaires et sans cesse perdues. Et en point de mire: l'amour, l'obsessionnel, l'illicite, le léger, le fou, le périssable, l'éternel amour. Et tandis que Yunior court après les filles, les fantasme, les largue, les adore ou les maudit, ces histoires dessinent peu à peu une radiographie du cœur humain, mettant à nu sa soif infinie et sa faiblesse inexorable. Toujours la passion semble l'emporter sur l'expérience, et l'amour, même échoué, même avorté, même Sali ou raillé, reste irréductible. Déferlante langagière, bourrée d'inventions, tendre et drôle à la fois, la prose de Díaz électrise tout sur son passage.


- Haute époque
de Jean-Yves Lacroix
Éditions Albin Michel / Août 2013


À la suite d'une arrestation pour conduite en état d'ébriété, un libraire se retrouve enfermé avec Guy Debord, le célèbre mais mystérieux philosophe, qui pourrait être son double. Obsédé par le personnage, il s'engage dans une curieuse enquête qui va changer sa vie. Et si c'était en fait le secret de sa propre existence qu'il révélait en traquant celui de son modèle? Drôle, alerte et brillant, ce premier roman de Jean-Yves Lacroix, traducteur de Melville, E.E. Cummings ou William Blake, se situe à cet instant même où le mythe du grand écrivain cède à la vérité de l'homme. Sexe, drogue et subversion mélancolique: mieux qu'un portrait imaginaire de Guy Debord, un autoportrait sans retouches.


- Il Babbo
de Ivan Macaux
Éditions Stock / Août 2013


"Le voilà qui arrive. "Il Babbo". Il n'a rien d'italien, c'est ma mère qui l'est à moitié. C'est elle qui l'a surnommé ainsi pour nous. Avec l'accent, en tirant sur le "a". J'aime le sobriquet. Aux heures claires, il sent le babillage et la bulle savonneuse. Aux heures sombres, il claque comme une sentence enfantine: "Pas beau!"" Une semaine sur les routes de France, entre le Var et Paris, dans le sillage d'une vieille bagnole en bout de course. Il Babbo conduit. Sur le siège passager, son fils scrute le rétroviseur où défilent les souvenirs d'enfance, caprices et coups de poker de ce père au destin sinueux et spectaculaire. Qui est-il ce Babbo, cet homme jovial et interlope: idéaliste patenté ou escroc aux heures de bureau? Et qui est vraiment ce narrateur? Plus un adolescent, pas tout à fait un homme. Ce voyage, seul à seul, est un moment rare. Père et fils s'observent, se toisent, se cherchent. Le long des départementales, c'est le poids des silences et des non-dits que l'auteur convoie, et l'histoire d'une famille française, en creux, qu'il explore. Au fil des kilomètres, se croiseront l'Afrique et Barbara, Musclor et Stefan Zweig, des généraux soviétiques chez Tati, Lee Harvey Oswald et le porno.


- Immortelles
de Laure Adler
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2013


"Florence, Suzanne, Judith. Elles forment une sarabande dans ma tête. Leur amitié m'a construite et m'a rendu indifférente. Avec elles, j'ai ressenti ce à quoi nous ne pensions jamais, ce que vivre signifiait". Une nuit d'été, la narratrice se réveille, submergée par une vague de souvenirs qu'elle croyait enfouis dans l'oubli. Sous ses yeux défilent les vies de trois amies avec qui elle a grandi, trois femmes aux destins poignants, trois parties d'elle qu'elle rassemble soudain. Roman sur la jeunesse, ses espérances, ses illusions, ses foucades et ses coups de foudre, Immortelles est surtout un hymne à l'amitié féminine.


- Il pleuvait des oiseaux
de Jocelyne Saucier
Éditions Denöel / Août 2013


Une photographe du Herald Tribune part réaliser un reportage sur la région québécoise du Témiscamingue, dont les forêts ont été ravagées par de gigantesques incendies au début du XXe siècle. Elle y trouve une communauté de marginaux fantasques et solitaires, dont Tom et Charlie, deux vieillards qui ont survécu à l'incendie et vivent en ermites au fond des bois. D'abord méfiants puis déterminés à aider la photographe dans son enquête, les deux hommes voient leur quotidien chamboulé. Et, soudain, lorsqu’arrive Marie-Desneige, octogénaire énigmatique tout juste échappée de sa maison de retraite, la vie, puis contre toute attente l'amour, reprend peu à peu ses droits. Superbe récit, lumineux et tendre, Il pleuvait des oiseaux nous entraîne au plus profond des forêts canadiennes, où le mot liberté prend tout son sens, et l'émotion, brute et vive, jaillit à chaque page.


- Je suis né huit fois
de Saber Mansouri
Éditions Du Seuil / Août 2013


Le souffle d'une vie naît d'une rencontre entre un enfant devenu jeune adulte, Massyre, et un lieu, la Montagne Blanche, particulièrement apprécié par tous les conquérants venus visiter la Tunisie, y compris les frères protecteurs armés français. Le lieu est unique. Massyre est multiple. Il y a d'abord ses sept sœurs et leur destin qui le regardent en silence, lui, le garçon, le huitième. Et puis, il y a ses huit métiers: suiveur de chèvres jusqu'à l'abattoir, chercheur d'Helix aperta, l'escargot souterrain, vendeur de fruits sauvages, d'eau à la criée, de boissons gazeuses, négociant en journaux au kilo et fripier. Tout en commerçant, Massyre va à l'école puis à l'université, fait une rencontre déterminante avec la problématique et l'Histoire, et devient professeur au lycée de sa région natale. Mais, sauf à partir ailleurs, au-delà de la Montagne Blanche, peut-on enseigner le passé sur le lieu de sa propre histoire?


- J'étais Quentin Erschen
de Isabelle Coudrier
Éditions Fayard / Août 2013


Quelle part y avait-il d'enfance dans ces amours bizarres et contrariées, quelle part de masochisme, de folie et d'addiction? Personne n'aurait su le dire. Le fait que Natacha était tombée amoureuse de Quentin alors qu'elle le connaissait depuis toujours pouvait passer aussi bien pour un accomplissement que pour une trahison de leur passé commun. À moins bien sûr de considérer que, Quentin étant de son côté incapable de tomber amoureux de qui que ce fût, Natacha tenait absolument à souffrir et qu'elle avait trouvé là un moyen imparable de se rendre malheureuse pour longtemps. Mais qui voudrait souffrir et chercherait sciemment à s'infliger les tourments de l'amour?


- Journal d'un écrivain en pyjama
de Dany Laferrière
Éditions Grasset & Fasquelle / Août2013


"Le pyjama est un étrange habit de travail", nous dit Dany Laferrière qui, après trente ans de publications, décide de parler à ses lecteurs. Suite de scènes où réflexions, récits, méditations s'entremêlent avec cette désinvolture qui caractérise son style. Voici les "conseils à jeune écrivain" d'un auteur pour qui la vie est une aventure exaltante qui se conjugue entre lire et écrire.


- Kinderzimmer
de Valentine Goby
Éditions Actes Sud / Août 2013


"Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c'est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D'accord?
- Je ne sais pas.
- Si tu dis oui c'est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.
Mila se retourne:
- Pourquoi tu fais ça? Qu'est-ce que tu veux?
- La même chose que toi. Une raison de vivre".
En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité: la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout. Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l'Histoire n'a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l'ignorance dans nos trajectoires individuelles.


- L'accomplissement de l'amour
de Éva Almassy
Éditions de l'Olivier / Août 2013


"Ils se donnaient le mot et depuis peu ce mot était amour, c'est l'homme qui avait jeté le premier ce mot provocant sur l'écran, qui disait l'aimer, tandis qu'elle ouvrait de grands yeux. Pour elle, le mot amour n'avait pas de sens en tant que nom commun, ça devait être un nom propre, le nom toujours de quelqu'un. Et plus encore amour était un verbe qui se conjuguait en actes. De nouveau, Béa était promise à la totalité du temps: le passé, le présent et l'espoir". Emportée par son désir, Béatrice va rejoindre un inconnu. Pour la première fois depuis longtemps, elle est vivante.


- L'échange des princesses
de Chantal Thomas
Éditions Du Seuil / Août 2013


En 1721, Philippe d'Orléans est Régent de France. L'exercice du pouvoir est agréable, il y prend goût. Surgit alors dans sa tête une idée de génie: proposer à Philippe V d'Espagne un mariage entre Louis XV, âgé de onze ans, et la très jeune infante, Anna Maria Victoria, âgée de quatre ans, qui ne pourra donc enfanter qu'une décennie plus tard. Et il ne s'arrête pas là: il propose aussi de donner sa fille, Mlle de Montpensier, comme épouse au jeune prince des Asturies, futur héritier du trône d'Espagne, pour renforcer ses positions et consolider la fin du conflit avec le grand voisin. La réaction à Madrid est enthousiaste, et les choses se mettent vite en place. L'échange des princesses a lieu début 1722, en grande pompe, sur une petite île au milieu de la Bidassoa, la rivière qui fait office de frontière entre les deux royaumes. Tout pourrait aller pour le mieux. Mais rien ne marchera comme prévu.


- L'enfant de l'étranger
de Alan Hollinghurst
Éditions Albin Michel / Août 2013


Tout commence en 1913, dans le jardin d'une maison de campagne anglaise, lorsque le timide George Sawle invite pour le week-end son camarade de Cambridge: l'aristocratique, énigmatique et capricieux Cecil Valance. Ces jours dans la maison familiale et le poème qu'ils inspirent à Cecil vont changer leur destin. Et plus encore celui de Daphné, la jeune sœur de George. En ce printemps où rien n'annonce encore les proches bouleversements de l'Histoire, un pacte se noue secrètement entre ces trois personnages, point de départ d'une fresque saisissante à travers le siècle et les vestiges du temps, par l'un des plus grands romanciers anglais contemporains, Alan Hollinghurst, lauréat du Booker Prize en 2005 pour La Ligne de beauté.


- L'entre-temps
de René Guitton
Éditions Calmann Lévy / Août 2013


Le petit Alex né dans un camp d'internement perdu au fond du Maroc est devenu un homme. Un homme plus vieux que ne l'a jamais été son père, marin, qui l'a façonné et fasciné. Il lui a appris les bateaux, les avions, la contemplation du rayon vert des couchers de soleil, l'ouverture aux autres, et la loyauté. C'est d'ailleurs par loyauté envers sa mère et son père qu'Alex revient en terre natale: depuis trop longtemps séparés, ses parents doivent être enfin réunis, en France. Et l'enfant devenu adulte se nourrit du souvenir de Rose, sa mère, jeune modiste italienne, sauvage et envoûtante, de ses grands-parents épris de liberté, de Yemna la juive, de Mina la musulmane, de sa tante d'Amérique, de ses cousins d'Afrique. Dans ce roman sensible et fort, écrit avec pudeur et élégance, s'enchevêtrent les alliances perverses de la Seconde Guerre Mondiale qui précipitent Rose en captivité. Malgré la tragédie du monde qui s'écroule, le bonheur d'être ensemble l'emporte sur la cruauté. Au fil d'un "tu" timide et délicat à la voix sobre et retenue, le fils s'adresse au père, dans une quête des origines visant à saisir enfin quelques parcelles du mystère de la filiation.


- L'envol du héron
de Katharina Hagena
Éditions Anne Carrière / Août 2013


L'Envol du héron met en scène une série de personnages liés sans le savoir par un douloureux secret. Marthe n'a jamais renoncé à retrouver son fils, disparu il y a dix-sept ans tandis qu'il passait l'été dans le bourg de Grund. Ellen ne s'est jamais vraiment remise du départ inopiné de son amant alors qu'elle était enceinte de lui. Andreas, ami d'enfance d'Ellen, est devenu une sorte d'original privé de la parole, qui arpente les rues de Grund à la recherche de papiers et de notes égarés. Autour de ces trois personnages hantés par la disparition gravitent amis, amants, proches qui, eux aussi, apportent leur lot de souffrances. Le personnage de Heidrun, la mère d'Ellen, plongée dans le sommeil trompeur du coma au terme d'une période de démence sénile, est comme l'image de cet impossible oubli qui sape les existences et interdit de faire son deuil. Sommeil, disparition, tels sont les fils directeurs de cette histoire qui révèle peu à peu ses dessous, au fil des récits d'Ellen et de Marthe, qui s'entrecroisent sans jamais se rejoindre. La disparition habite ce roman très atypique, qui s'attache à en explorer toutes les dimensions, toutes les résonances, jusqu'à lui donner une dimension mythique qui l'assimile non plus à la mort, mais à une ultime métamorphose.


- L'esprit de l'ivresse
de Loïc Merle
Éditions Actes Sud / Août 2013


Un homme rentre chez lui, fatigué, usé par l'âge et les regrets. La nuit va tomber, les Iris, sa banlieue parisienne, se dressent dans le crépuscule entre épreuve et destination. Ce trajet familier, Youssef Chalaoui pressent confusément qu'il lui sera fatal. Mais il en ignorera l'impact profond, irrévocable, sur le quartier, ses habitants, le pays. Cette nuit-là, au terme d'un long et hésitant et macabre ballet, la périphérie s'enflamme. Et bientôt, la France entière bascule. Dans L'Esprit de l'ivresse, la révolution est traitée hors champ; comme les bouleversements organiques du grand corps malade de la société contemporaine. Chorégraphique et musical, le roman procède par mouvements amples. À la course désordonnée et assoiffée de liberté de Clara S., l'égérie malgré elle, répond la fuite ouatée du Président Henri Dumont, bloc de souffrances et d'indécision. Chacun cherche en lui-même un élan radical, un feu qui brûle jusqu'aux lendemains, un ressort contre l'impuissance dérisoire et l'acharnement magnifique que recouvre l'idée de destin. C'est par les corps individuels que Loïc Merle pénètre et explore la chair collective d'une Grande Révolte imaginaire dont la proximité plausible (inévitable?) saisit le lecteur. Par les corps que s'exprime le besoin désespéré d'être ensemble et d'être plusieurs, face à l'engrenage du réel, et de la realpolitik, qui broie les êtres et les âmes, atrophie les esprits, avorte la notion même d'avenir. Cette nuit des hommes, l'auteur la dessine d'une phrase riche et lumineuse, légèrement étourdie, comme exactement ivre. Car, semble-t-il nous dire, de vital et de salvateur, ne nous restera-t-il bientôt plus que l'esprit de l'ivresse? C'est une des questions cruciales qui traversent ce premier roman d'une ampleur et d'une ambition rares.


- L'état du ciel
de Pierre Péju
Éditions Gallimard / Août 2013


"Au ciel tout va mal, Dieu se détourne de sa création. Les Anges sont livrés à eux-mêmes. Seul Raphaël, sans mission ni message, médite encore un modeste miracle. Depuis son balcon il se penche au-dessus du monde. Le ciel s'ouvre. Le hasard fait, mais est-ce le hasard?, que là-bas, tout en bas, dans une maison construite à flanc de montagne, surplombant un lac dont les reflets font paraître le ciel plus beau, il aperçoit une femme endormie. Nora est allongée en travers du lit défait, paupières closes, encore absente au monde, la chemise de nuit remontée au-dessus de la taille, les seins évadés du coton blanc. Un premier rayon de soleil vient glisser sur sa chair, gainer lentement ses jambes, caresser ses cuisses, chauffer son ventre. Le matin le plus ordinaire est aussi l'origine du monde. Quand la lumière atteint son visage, plaquant sur ses yeux une lame chauffée au rouge, Nora fait un bond hors du lit. Debout au milieu de la chambre, elle vacille. Ses pieds nus collent au carrelage tandis que la chemise retombe autour de son corps luisant de sueur. Son cœur cogne, comme d'habitude, à la seule idée de devoir affronter le jour".


- L'homme sans mots
de Georgina Harding
Éditions Denöel / Août 2013


Roumanie, début des années 1950. Un jeune homme est retrouvé sur les marches de l'hôpital, frêle comme un oiseau tombé du nid. Le garçon ne prononce pas un mot, impossible de savoir qui il est, d'où il vient. Il ne parvient à s'exprimer qu'en dessinant. Lentement, les souvenirs vont éclore sur le papier: d'abord une colline, puis une étable, des chiens, des samovars, le tableau troublant et mélancolique d'un monde perdu. Seule une jeune infirmière, Safta, connaît secrètement l'identité du jeune homme, qui se révèle être un merveilleux dessinateur au douloureux passé. Aussi intense dans la description de l'occupation communiste et de ses répercussions dramatiques pour les Roumains que dans la peinture des passions du cœur humain, L'Homme sans mots est un doux orage d'émotions et d'images, et un véritable tour de force dans lequel Georgina Harding réussit la prouesse de créer avec des mots le portrait d'un exilé du langage.


- L'invention de nos vies
de Karine Tuil
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2013


Sam Tahar semble tout avoir: la puissance et la gloire au barreau de New York, la fortune et la célébrité médiatique, un "beau mariage". Mais sa réussite repose sur une imposture. Pour se fabriquer une autre identité en Amérique, il a emprunté les origines juives de son meilleur ami Samuel, écrivain raté qui sombre lentement dans une banlieue française sous tension. Vingt ans plus tôt, la sublime Nina était restée par pitié aux côtés du plus faible. Mais si c'était à refaire? À mi-vie, ces trois comètes se rencontrent à nouveau, et c'est la déflagration. "Avec le mensonge on peut aller très loin, mais on ne peut jamais en revenir" dit un proverbe qu'illustre ce roman d'une puissance et d'une habileté hors du commun, où la petite histoire d'un triangle amoureux percute avec violence la grande Histoire de notre début de siècle.


- La confrérie des moines volants
de Metin Arditi
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2013


1937. Le régime soviétique pille, vend et détruit les trésors de l'Eglise russe. Il ferme plus de mille monastères. Des centaines de milliers de prêtres et de moines sont exécutés. Les plus chanceux s'échappent, vivant cachés dans les forêts. Voici l'histoire de Nikodime, qui, avec l'aide d'une poignée de moines-vagabonds, tente de sauver les plus beaux trésors de l'art sacré orthodoxe. Où l'on rencontrera un ancien trapéziste, un novice de vingt ans et quelques autres fous de Dieu. De l'avant-guerre à nos jours, de la Russie bolchévique à la Moscou des milliardaires et des galeries d'art, l'étourdissante histoire de quelques hommes de courage. Et puis, bien sûr, il y a Irina. Elle fuit l'Enfer, traverse l'Europe, arrive à Paris, change d'identité. Elle est au cœur de cette étonnante histoire.


- La conjuration
de Philippe Vasset
Éditions Fayard / Août 2013


J'ai créé une secte. C'était, au départ, une entreprise purement commerciale.
Jusqu'à ce que j'y prenne goût: fonder une religion est la dernière œuvre possible.


- La cravate
de Milena Michiko Flašar
Éditions de l'Olivier / Août 2013


"Un regard fugitif à sa montre, puis il a allumé une cigarette. La fumée s'est élevée dans une suite de ronds. Ce fut le début de notre relation. Une odeur âcre à mes narines. Le vent soufflait la fumée dans ma direction. Avant même que nous ayons échangé nos noms, c'est ce vent qui nous fit faire connaissance". Dans un parc, quelque part au Japon, Taguchi Hiro et Ohara tetsu se sont assis sur un banc. Le plus jeune vient de sortir de la chambre où il vit cloîtré depuis deux ans. L'homme à la cravate a été licencié, mais il est incapable de l'avouer à sa femme. L'ermite moderne et l'employé modèle se regardent en silence, s'apprivoisent, se racontent. La disparition d'un ami poète fauché par une voiture, le suicide d'une camarade de classe, la vie professionnelle brisée, l'amour d'une épouse, les rêves et les renoncements. Bribe par bribe, ils se livrent l'un à l'autre.


- La dernière danse de Charlot
de Fabio Stassi
Éditions Denöel / Août 2013


En cette veille de Noël, Charlie Chaplin, quatre-vingt-deux ans, ne voit pas la mort arriver d'un bon œil. Il vit désormais en Suisse et est le père d'un petit garçon de neuf ans, Christopher. Son heure semble venue, mais lorsque la Mort se présente un soir en personne, l'acteur lui propose un marché: s'il parvient à la faire rire, il gagnera une année de vie supplémentaire. Commence ainsi un jeu étrange, et c'est pendant cette attente fatale que Chaplin va rédiger une lettre à ce fils tant aimé afin de lui raconter sa véritable histoire: de son enfance humble en Angleterre, avec un père alcoolique et une mère instable, à ses débuts sur scène, puis l'ère américaine, durant laquelle le jeune Chaplin est, entre autres, imprimeur, boxeur, taxidermiste, jusqu'à connaître la gloire au cinéma et devenir le Charlot mythique que l'on connaît: moustache, démarche oblique et chapeau melon, grand prince et mendiant bouleversant. Faisant surgir les larmes comme l'hilarité, La Dernière Danse de Charlot est un conte tendre et cruel sur un monstre sacré.


- La dernière séance
de Chahdortt Djavann
Éditions Fayard / Août 2013


C'est un roman à deux temps où s'entrelacent des séances de psychanalyse que l'héroïne poursuit à Paris et le récit de son parcours d'émigrée. Suite à un viol collectif par les gardiens de l'ordre moral, Donya fuit Téhéran. Arrivée à Istanbul, elle décide d'avorter, apprend la mort de son père, et cherche désespérément un travail. Rien n'est jamais acquis pour une Iranienne désargentée qui doit partir tous les trois mois en Bulgarie pour renouveler son droit de séjour. Elle s'embarque dans un bus rempli de malfrats pour Sofia en 1991, et atterrit dans un hôtel de passe. Trois mois plus tard, elle manque mourir à la frontière de Bulgarie lors d'un deuxième voyage. Outre son boulot dans une clinique à Istanbul, elle devient danseuse orientale pour payer ses études. Les paysages somptueux du Bosphore contrastent avec les lugubres faubourgs de Sofia. Pourtant c'est à Paris, au cours de l'analyse, que surgissent les révélations les plus inattendues. Les souffrances d'une enfance terrible, une mère qui délaisse Donya dès la naissance car elle désirait ardemment un garçon. Une mère qui ne pardonne jamais à sa fille d'être une fille. Un père ruiné devenu opiomane et fou. Une fillette qui tente de se faire aimer par ses parents grâce à son intelligence. Une adolescence "coupable" et brisée. Et une jeune femme qui ne parvient à pardonner ni à ses parents ni à son pays. La maîtrise progressive du français constitue le seul bonheur de l'héroïne. Une jeune femme qui fuit la réalité insoutenable en inventant des mensonges sincères. Au fil des séances et de l'histoire, se profile, sous le regard myope de son psy, la fin tragique d'une jeune femme rattrapée par son destin.


- La fabrique du monde
de Sophie Van Der Linden
Éditions Buchet Chastel / Août 2013


Et je me vois là, dans tout ça. Une petite chinoise de dix-sept ans, une paysanne, partie à l'usine parce que son grand frère entrait à l'université. Quantité des plus négligeables, petite abeille laborieuse prise au piège de sa ruche. Enfermée là pour une éternité. Aujourd'hui en Chine. Mei, jeune ouvrière de dix-sept ans vit, dort et travaille dans son usine. Elle rêve aussi. Confrontant un souffle romantique à l'âpre réalité, La Fabrique du mondeest une plongée intime dans un esprit qui s'éveille à l'amour, à la vie et s'autorise, non sans dommage, une perception de son individualité.


- La femme à 1000°
de Hallgrimur Helgason
Éditions Presses De La Cité / Août 2013


Condamnée à vivre dans un garage avec pour seule compagnie son ordinateur portable, une provision de cigarettes et une grenade datant de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, une octogénaire islandaise atteinte d'un cancer en phase terminale revient sur sa vie en attendant la mort. Car Herra, comme on l'appelle, a beaucoup de choses à raconter. Petite-fille du premier président d'Islande, fille d'une paysanne et du seul nazi islandais avéré, elle a, au fil de son existence mouvementée, vécu la guerre et l'exil, connu beaucoup d'hommes, parfois célèbres, et vu la mort, de bien trop près. Avant de s'envoyer en l'air pour de bon, elle passe en revue son passé et celui de sonpays, l'occasion pour elle de régler au passage quelques comptes. Dans ce roman inclassable et truculent qui, à la manière d'un collage, alterne humour, cynisme, tendresse, absurde, poésie et noirceur, Hallgrímur Helgason fait preuve d'une inventivité linguistique époustouflante. La Femme à 1000° navigue entre légèreté et profondeur au gré du récité de l'irrévérencieuse Herra, dont l'histoire est à l'image de celle de l'Islande, sa patrie, et de celle de l'Europe: mouvementée, sanglante et tragique.


- La femme à la clé
de Vonne Van Der Meer
Éditions Héloïse d'Ormesson / Août 2013


"Femme, 59 ans, d'apparence maternelle, hanches larges, voix agréable, vient vous border et vous faire la lecture avant que vous vous endormiez. Discr. assurée. Intentions sexuelles totalement exclues". Voilà l'annonce un brin malicieuse que rédige Nettie, lorsque la recherche d'un travail devient inévitable, quelques mois après le décès de son mari. Sans expérience professionnelle à faire valoir, elle se tourne vers sa passion et propose aux âmes esseulées, chômeur célibataire, hôtesse de l'air divorcée, fillette qui boude l'école, ses services en tant que lectrice. Devenue, au fil des jours, confidente, amie, conseillère, Nettie reprend goût à la vie, et ses clients avec elle. Dans ces pages imprégnées de délicatesse, Vonne Van Der Meer capte les plaisirs minuscules et les joies simples de l'existence. La Femme à la clé est un voyage enchanteur à travers les livres, où s'abolissent angoisse et tristesse.


- La grâce des brigands
de Véronique Ovaldé
Éditions de l'Olivier / Août 2013


Maria Cristina Väätonen a seize ans lorsqu'elle quitte la ville de son enfance, une bourgade située dans le grand Nord, entourée de marais et plongée dans la brume la plupart de l'année. Elle laisse derrière elle un père taciturne, une mère bigote et une sœur  jalouse, pour s'installer à Santa Monica (Los Angeles). C'est le début des années 70 et des rêves libertaires. Elle n'a pas encore écrit le roman dans lequel elle réglera ses comptes avec sa famille, et qui la propulsera sur la scène littéraire. Et elle n'est pas encore l'amante de Rafael Claramunt. Séducteur invétéré, cet excentrique a connu son heure de gloire et se consacre désormais à entretenir sa légende d'écrivain nobélisable. Est-il un pygmalion ou un imposteur qui cherche à s'approprier le talent de Maria Cristina?


- La liste de Freud
de Goce Smilevski
Éditions Belfond / Septembre 2013


Récompensé par le prix européen pour la Littérature, un roman fascinant qui donne à voir un épisode peu évoqué de la vie de Freud: en 1938, alors que des visas sont attribués pour l'Angleterre, le père de la psychanalyse dresse une liste de ceux qu'il souhaite emmener avec lui, liste excluant ses quatre sœur s qui finiront déportées au camp de Terezin. Dans une Vienne en pleine effervescence, une œuvre vibrante en forme d'hommage à Adolfina Freud, enfant mal aimée condamnée à la solitude. 1938. L'Allemagne nazie s'apprête à envahir l'Autriche, les Juifs cherchent à fuir. Alors qu'on lui délivre des visas pour l'Angleterre, Freud est autorisé à soumettre une liste de vingt personnes qu'il souhaite emmener avec lui. Y figurent, entre autres, son médecin et ses infirmières, ses femmes de ménage, son chien et sa belle-sœur ; mais pas ses propres sœurs, qui mourront toutes les quatre dans les camps nazis, tandis que le père de la psychanalyse terminera ses jours à Londres. Et Adolfina de raconter: l'enfance, les souvenirs, les regrets aussi, et l'incompréhension devant la décision de celui dont elle était pourtant la plus proche. Mais également ses rencontres de hasard avec Otla Kafka, Klara Klimt, sacrifiées comme elle sur l'autel de la célébrité de leur frère.  


- La nuit en vérité
de Véronique Olmi
Éditions Albin Michel / Août 2013


"Et se regarder nu, face au miroir, jamais il ne le ferait, jamais il ne serait ce garçon qui en lui faisant face lui ferait honte. Enzo ne voulait pas être son ennemi. Il voulait aimer le jour, la nuit, la peur, Liouba, et lui-même si c'était possible". À travers la relation forte et fragile entre une mère trop jeune et un fils au seuil de l'adolescence qui vivent chacun à leur façon l'expérience de l'exclusion et de la détresse intérieure, Véronique Olmi renoue avec la tension narrative de Bord de mer, cette amplitude romanesque où la retenue, l'émotion et la brutalité forment une ronde parfaite.


- La route du salut
de Étienne de Montety
Éditions Gallimard / Août 2013


Bosnie, années 90. Deux jeunes hommes venus de France se battent contre les Serbes. Mosko est un fils d'immigrés polonais. À la faculté de Nanterre, il fait la connaissance d'un étudiant musulman qui oriente sa vie vers l'islam. Lors de l'éclatement de la Yougoslavie, il rejoint les moudjahidine, venus prêter main forte à leurs frères bosniaques... Fahrudin, lui, est un fils de Bosniaques arrivés en France après la mort de Tito. Il a grandi dans une cité de la banlieue rouennaise, avant de s'engager dans la Légion étrangère. Quand la guerre éclate, il déserte et regagne la Bosnie. Deux destinées singulières se rencontrent, alors que la guerre embrase de nouveau le cœur de l'Europe. En faisant revivre le conflit en ex-Yougoslavie, La route du salut offre un éclairage profond et sincère sur l'engagement, la foi, les vertus militaires et leurs limites, et sur la montée des identités dans l'histoire récente du vieux continent.
   

- La saison de l'ombre
de Leonora Miano
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2013


"Si leurs fils ne sont jamais retrouvés, si le Ngambi ne révèle pas ce qui leur est arrivé, on ne racontera pas le chagrin de ces mères. La communauté oubliera les dix jeunes initiés, les deux hommes d'âge mûr, évaporés dans l'air au cours du grand incendie. Du feu lui-même, on ne dira plus rien. Qui goûte le souvenir des défaites?" Nous sommes en Afrique sub-saharienne, quelque part à l'intérieur des terres, dans le clan Mulungo. Les fils aînés ont disparu, leurs mères sont regroupées à l'écart. Quel malheur vient de s'abattre sur le village? Où sont les garçons? Au cours d'une quête initiatique et périlleuse, les émissaires du clan, le chef Mukano, et trois mères courageuses, vont comprendre que leurs voisins, les BWele, les ont capturés et vendus aux étrangers venus du Nord par les eaux. Dans ce roman puissant, Léonora Miano revient sur la traite négrière pour faire entendre la voix de celles et ceux à qui elle a volé un être cher. L'histoire de l'Afrique sub-saharienne s'y drape dans une prose magnifique et mystérieuse, imprégnée du mysticisme, de croyances, et de "l'obligation d'inventer pour survivre".


- La servante du Seigneur
de Jean-Louis Fournier
Éditions Stock / Août 2013


Ma fille était belle, ma fille était intelligente, ma fille était drôle… Mais elle a rencontré Monseigneur. Il a des bottines qui brillent et des oreilles pointues comme Belzébuth. Il lui a fait rencontrer Jésus. Depuis, ma fille n'est plus la même. Elle veut être sainte. Rose comme un bonbon, bleue comme le ciel.


- La vie à côté
de Mariapia Veladiano
Éditions Stock / Août 2013


Rebecca est laide. Extrêmement laide. Elle vit, avec prudence et en silence, dans une magnifique maison au bord d'un fleuve, aux côtés d'un père, médecin trop absent, et d'une mère qui "a pris le deuil à sa naissance". Rebecca se tient elle aussi hors du monde, enfermée pour ne pas être blessée, élevée par la sainte et tragique servante Maddalena qui la protège. C'est sans compter sur l'impétueuse tante Erminia, qui décide de l'initier au piano, et qui cache pourtant des sentiments moins nobles. Mais Rebecca est douée et va concentrer sa vie entière dans ses mains, parfaites. La rencontre avec la Signora De Lellis, musicienne réputée et détentrice d'un secret de famille, le confirme: une autre vie est possible, un autre langage, une vie à côté. Avec la légèreté et la férocité d'une fable, La vie à côté brosse le portrait d'une famille corrompue par le mensonge et les tabous. Mariapia Veladiano comble le silence et les bruits étouffés en donnant voix à la différence.


- La vie critique
de Arnaud Viviant
Éditions Belfond / Août 2013


Il aurait voulu être rock star, il est devenu critique littéraire. Fidèle aux grands textes et aux rituels d'un  métier en voie de disparition, curieux, amoureux, inconvenant, il défend les fous, les inventeurs et les modernes. Voie facile? Non, vie critique, où l'on compose avec stocks et désirs, découverts et découvertes, obsessions sexuelles et professionnelles. Un texte intime et risqué, une mise à nu littéraire et politique, où tout conflue vers le désir d'être vivant. À l'ère de la littérature mondialisée et du journalisme prolétarisé, la situation est critique, mais pas désespérée.


- La vie de Morgan
de Laurent Ségalat
Éditions Michalon / Août 2013


Morgan, comme la plupart de ses semblables, cumule trois boulots pour subvenir à ses besoins. Inspecteur au ministère de la Vie citoyenne, employé de McDonald's et pigiste pour la télévision, il essaie tant bien que mal de survivre dans un univers où l'absurdité bureaucratique n'a d'égal que la marchandisation tous azimuts de la société. Il faut désormais raisonner en termes de chiffres, de points et de formulaires absurdes. Sous couvert d'une démocratie-spectacle, la France a basculé dans un totalitarisme bien-pensant et écologiste, qui emprisonne chaque citoyen. La vie de Morgan se résume à un quotidien monotone et harassant, rythmé par une infinité de règlements tentaculaires, jusqu'au jour où un malencontreux incident va lui faire prendre conscience de la terrible vacuité de son existence. Saura-t-il s'extraire de cette société oppressante où "ce qui n'est pas interdit est obligatoire, et ce qui n'est pas obligatoire est interdit"?


- Le bleu des abeilles
de Laura Alcoba
Éditions Gallimard / Août 2013


La narratrice a une dizaine d'années lorsqu'elle parvient à quitter l'Argentine pour rejoindre sa mère, opposante à la dictature réfugiée en France. Son père est en prison à La Plata. Elle s'attend à découvrir Paris, la tour Eiffel et les quais de Seine qui égayaient ses cours de français. Mais Le Blanc-Mesnil, où elle atterrit, ressemble assez peu à l'image qu'elle s'était faite de son pays d'accueil. Laura Alcoba décrit une réalité très dure avec le regard et la voix d'une enfant éblouie. La vie d'écolière, la découverte de la neige, la correspondance avec le père emprisonné, l'existence quotidienne dans la banlieue, l'apprentissage émerveillé de la langue française forment une chronique acidulée, joyeuse, profondément touchante.


- Le cas Eduard Einstein
de Laurent Seksik
Éditions Flammarion / Août 2013


"Mon fils est le seul problème qui demeure sans solution", écrit Albert Einstein en exil. Eduard a vingt ans au début des années 1930 quand sa mère, Mileva, le conduit à l'asile. Le fils d'Einstein finira ses jours parmi les fous, délaissé de tous, dans le plus total dénuement. Trois destins s'entrecroisent dans ce roman, sur fond de tragédie du siècle et d'épopée d'un géant. Laurent Seksik dévoile un drame de l'intime où résonnent la douleur d'une mère, les faiblesses des grands hommes et la voix du fils oublié.


- Le cimetière
de Emmanuel Bram
Éditions Brumerge / Août 2013


Lorsque je me suis éveillé, j'étais allongé dans le noir. Je ne me souvenais plus de rien, ni qui j'étais, ni d'où je venais, la mémoire m'échappait comme un mot qu'on a sur le bout de la langue et qui nous glisse entre les doigts à l'instant où l'on croit l'attraper. J'étais dans un cercueil en bois pourri. Combien de temps je suis resté là, sans bouger à attendre je ne sais quoi, personne ne pourra  jamais  le  dire.


- Le Dernier Seigneur de Marsad
de Charif Majdalani
Éditions Du Seuil / Août 2013


Beyrouth, quartier de Marsad, 1964. Simone, la fille cadette de Chakib Khattar, un notable chrétien issu d'une lignée d'industriels du marbre, est enlevée par Hamid Chahine, bras droit de son père à l'usine. Ce rapt amoureux tombe au plus mal pour Chakib, obsédé par la transmission de son patrimoine et qui, face à l'incapacité ou à l'indifférence de ses héritiers légitimes, a fait de Hamid plus que son homme de confiance: une sorte de fils spirituel. Mais l'enlèvement tourne court, après que les deux amants ont tenté de se marier clandestinement. Contraint de chasser Hamid, Khattar voit progressivement se transformer le monde autour de lui. Durant les années suivantes, le Liban s'enfonce dans la guerre, entre 1975 et la fin des années 1980. Isolé, abandonné par les siens, le dernier seigneur de Marsad est désormais au cœur des convulsions d'un pays livré aux milices et au chaos.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://le-titre-du-roman.forumactif.org
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Les dernières parutions   

Revenir en haut Aller en bas
 
Les dernières parutions
Revenir en haut 
Page 15 sur 19Aller à la page : Précédent  1 ... 9 ... 14, 15, 16, 17, 18, 19  Suivant
 Sujets similaires
-
» ICOM - CC : les dernières parutions.
» Parution du Petit Chaperon Rouge !
» Dernières parutions d'Archetype
» [McKinley, Tamara] La dernière valse de Mathilda
» 15 photos marquantes des dernières décénies

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Le Titre du Roman :: Les romans :: 1. Les romans-
Sauter vers: