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 Les dernières parutions

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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 17:07

- Le journal de Philol
de Yael Hassan
Éditions Plon / Avril 2012


Pour son quinzième anniversaire, Philomène, dite Philol, reçoit en cadeau de sa mère un journal intime. Trop ringard? Pas tant que ça, finalement. Raconter sa vie et celle des autres, c'est un régal, surtout quand les événements se bousculent au lycée et à la maison. Et puis Philol tombe folle amoureuse de Nathan, le roots de la classe, le beau gosse que convoite cette punaise d'Aurélie, une fille capable des pires horreurs. Comme si ça ne suffisait pas, voilà que Morgane, vilain petit canard du lycée, fait une TS (tentative de suicide), suite au message baveux d'un mystérieux corbeau, qui distille sa haine sur Internet.


- Le livre de la mort
Auteur Anonyme
Éditions Sonatine / Avril 2012


Il est sans doute préférable pour votre bien-être que personne n'inscrive jamais votre nom dans Le Livre de la mort, sans quoi il vous resterait très peu de temps pour formuler vos dernières volontés. Aussi on peut aisément comprendre que celui-ci fasse l'objet de multiples convoitises, en général assez mal intentionnées. Et que quelques contrariétés guettent son actuel détenteur, l'infortuné Sanchez. Officiellement mort, le Bourbon Kid, le tueur le plus impitoyable que la terre ait jamais portée, devrait, pour sa part, pouvoir aspirer à des jours heureux en compagnie de Beth, son amour de jeunesse enfin retrouvé. Encore faudrait-il que sa nouvelle identité reste secrète, sans quoi ses nombreuses victimes et ses ennemis, plus nombreux encore, pourraient bien s'unir pour élaborer une terrible vengeance. Mais quand Beth est kidnappée et qu'il s'avère être le seul à pouvoir sauver la petite ville de Santa Mondega d'un terrible bain de sang, le Bourbon Kid n'a plus qu'une solution: revenir d'entre les morts. Plus sauvage et impitoyable que jamais.


- Le quadrille des maudits
de Guillaume Prévost
Éditions Nil / Avril 2012


Novembre 1919. Les Parisiens veulent oublier la guerre, revivre, aller au cinéma, ce jeune art de plus en plus populaire. Jusqu'à ce qu'une série de meurtres, reproduisant au détail près le scénario du film-événement de l'année, sème un vent de panique parmi les spectateurs. Les Maudits, le thriller à la mode, enflamme les cinémas parisiens: chaque nouvel épisode de ce feuilleton cinématographique (l'ancêtre de nos séries télévisées modernes, en somme), produit quasiment en temps réel, attire des foules de plus en plus nombreuses. Mais voilà qu'un assassin se met à confondre fiction et réalité: il poignarde des jeunes femmes en pleine séance, imitant point par point les acteurs à l'écran, leur mode opératoire et les péripéties du scénario. Très vite, les soupçons des policiers se tournent vers le monde animé des studios de Vincennes, ou l'usine à rêves ressemble de plus en plus à une fabrique de crimes en série. À la tête de l'enquête, le jeune inspecteur François-Claudius Simon comprend que s'il veut débusquer le tueur des salles obscures, il va devoir faire lui aussi un peu de cinéma. En plein désarroi personnel, il n'a pourtant ni le cœur ni la tête à ça. Son amante, la sublime Elsa, a disparu du jour au lendemain, son passé d'orphelin, qu'il a toujours soigneusement évité d'affronter, le rattrape brutalement, et son ex-fiancée, avec qui il n'est pas tout à fait certain d'avoir réussi à tourner la page, réapparaît dans sa vie de manière bien troublante: au cœur de son enquête.


- Le ravissement de l'été
de Luisa Etxenike
Éditions Robert Laffont / Avril 2012


Un fils mal aimé prêt à tout pour obtenir l'argent et l'attention que sa mère lui refuse. Une femme fortunée et inaccessible à la recherche d'une profondeur et d'une sincérité qu'elle a perdues. Un jeune homme qui vit seul au milieu de ses vignes en chérissant un amour splendide pour celle qu'il n'a jamais revue. Au fil de ce récit polyphonique, qui joue habilement avec les points de vue, ces trois personnages se croisent et se dévoilent, et restent seuls face à leur vérité intime. Le Ravissement de l'été évoque l'initiation sentimentale et sexuelle d'un adolescent, avec une belle sensualité. Ce roman psychologique nous parle aussi de la mémoire et du passage du temps, dont le vin est ici une métaphore. Et révèle la manière dont le souvenir s'épanouit en nous, nous poursuit, nous anime, nous détruit ou nous éclaire.


- Le sanglot de l'homme noir
de Alain Mabanckou
Éditions Fayard / Avril 2012


Je suis noir, et forcément ça se voit. Du coup les Noirs que je croise à Paris m'appellent "mon frère". Le sommes-nous vraiment? Qu'ont en commun un Antillais, un Sénégalais, et un Noir né dans le Xème arrondissement, sinon la couleur à laquelle ils se plaignent d'être constamment réduits? J'oublie évidemment la généalogie qu'ils se sont forgée, celle du malheur et de l'humiliation, traite négrière, colonisation, conditions de vie des immigrés. Car par-delà la peau, ce qui les réunit, ce sont leurs sanglots. Je ne conteste pas les souffrances qu'ont subies et que subissent encore les Noirs. Je conteste la tendance à ériger ces souffrances en signe d'identité. Je suis né au Congo Brazzaville, j'ai étudié en France, j'enseigne désormais en Californie. Je suis noir, muni d'un passeport français et d'une carte verte. Qui suis-je? J'aurais bien du mal à le dire. Mais je refuse de me définir par les larmes et le ressentiment.


- Le secret d'Alice
de Deborah Smith
Éditions L'Archipel / Avril 2012


Parce qu'elle a sauvé de la noyade la fille du gouverneur de Géorgie, Alice Riley, 34 ans, se trouve projetée sous les feux de l'actualité et fait connaissance avec ses tantes paternelles: Lilith, Mara et Pearl Bonavendier, descendantes d'un flibustier et de Mélusine... une sirène. Orpheline, Alice est partagée entre le désir de rompre sa solitude en se liant avec ses tantes et le refus d'origines aussi fantastiques, même si elles expliquent ses particularités: des pieds palmés, d'extraordinaires dons de nageuse et de télépathe. Ce conflit intérieur est avivé par l'attitude qu'elle éprouve pour Griffin Randolph, chercheur d'épaves et héritier d'une famille ennemie des Bonavendier.


- Le studio de l'inutilité
de Simon Leys
Éditions Flammarion / Avril 2012


Dans sa jeunesse, Simon Leys passa deux ans dans une cahute de Hong Kong en compagnie de trois amis, une période bénie où "l'étude et la vie ne formaient plus qu'une seule et même entreprise". C'est en souvenir de ce gîte régi par l'échange et l'émulation, surnommé "Le Studio de l'inutilité", qu'il a baptisé ce recueil consacré à ses domaines de prédilection: la littérature, la Chine et la mer. Il y éclaire la "belgitude" d'Henri Michaux, dépeint la personnalité de George Orwell, analyse les rouages du génocide cambodgien, épingle les notes de Barthes visitant la Chine maoïste, débrouille les énigmes du "miracle chinois" à la lumière tragique des analyses de Liu Xiaobo, Prix Nobel de la Paix toujours emprisonné. Infligeant de salutaires accrocs à la pensée unique, Simon Leys fait partager ses curiosités et ses admirations, ses enthousiasmes et ses indignations. Ce Studio est une ode au savoir "inutile" et à la quête désintéressée de la vérité.


- Le violoncelliste de Sarajevo
de Steven Galloway
Éditions 10-18 / Avril 2012


Dans une Sarajevo assiégée, un obus fauche vingt-deux civils devant une boulangerie. En hommage à ses voisins disparus, un violoncelliste virtuose va pendant vingt-deux jours, à seize heures précises, jouer l'Adagio d'Albinoni, sur les lieux du drame. À partir de cette histoire authentique, Steven Galloway élabore un roman sur le courage et la peur, sur la mort tombée du ciel.


- Les amoureux de Sylvia
de Elizabeth Gaskell
Éditions Fayard / Avril 2012


1796. La guerre contre la France révolutionnaire fait rage et ses répercussions ébranlent les provinces anglaises les plus lointaines. Le petit port baleinier de Monkshaven (Yorkshire) paie un lourd tribut en hommes valides, que les sergents recruteurs, haïs par la population, kidnappent de force pour servir le Roi. L'héroïne, Sylvia Robson, seize ans, fille unique de fermiers locaux, est une jolie sauvageonne, follement aimée par son terne cousin, Philip Hepburn. Arrive un harponneur audacieux et généreux, qui tombe amoureux d'elle et chavire son cœur. Hélas, les recruteurs vont bouleverser ces vies. Le caractère de Sylvia, fait pour l'insouciance et la légèreté, se trempe et prend une envergure dont personne ne l'aurait crue capable. Dans ce grand roman victorien, Elizabeth Gaskell montre les passions à l'œuvre chez des gens ordinaires, et décline sur plusieurs tons le thème de l'amour frustré. Plongés dans une tourmente qui les dépasse, les personnages sont livrés à la violence de leurs sentiments, qui fait écho à celle de l'Histoire.


- Les dix enfants que Madame Ming n'a jamais eus
de Éric-Emmanuel Schmitt
Éditions Albin Michel / Avril 2012


Madame Ming aime parler de ses dix enfants vivant dans divers lieux de l'immense Chine. Fabule-t-elle, au pays de l'enfant unique? A-t-elle contourné la loi? Aurait-elle sombré dans une folie douce? Et si cette progéniture n'était pas imaginaire? L'incroyable secret de Madame Ming rejoint celui de la Chine d'hier et d'aujourd'hui, éclairé par la sagesse immémoriale de Confucius.


- Les eaux noires
de Martine Delomme
Éditions Belfond / Avril 2012


Jeune diplômée de l'École de police de Paris, Clémence est mutée à Saint-Jean-de-Luz. Sa nomination au poste d'adjointe du commissaire suscite les sarcasmes, son intégration dans la petite cité basque est difficile. Chargée d'enquêter sur l'assassinat d'un notable local, elle va devoir pénétrer le milieu fermé des pêcheurs et des mareyeurs. Amours contrariés, destins brisés, une saga romanesque aux multiples rebondissements, dans le cadre enchanteur du pays basque. Après cinq années passées à Paris, Clémence, jeune lieutenant de police, est nommée adjointe du commissaire principal de Saint-Jean-de-Luz. Cette mutation est pour elle l'occasion de se rapprocher de son père, sa mère est morte alors qu'elle n'était qu'une enfant. Mais son intégration dans la cité est difficile et ses collègues, essentiellement des hommes, ne lui épargnent pas leurs sarcasmes. Très vite, elle est chargée d'enquêter sur l'assassinat d'un mareyeur dont le corps a été retrouvé sur le port. Dans le cadre de ses investigations, elle doit interroger Pierre, un armateur important de la région, et surtout un défenseur engagé des artisans pêcheurs. Des liens amicaux se tissent immédiatement entre eux malgré leur différence d'âge, tous deux partageant le chagrin d'avoir perdu très jeune un parent. Mais les événements se précipitent, un deuxième meurtre est commis. Clémence, pressée par sa hiérarchie, poursuit son enquête avec détermination. Elle découvre le milieu fermé de la pêche et celui des notables, dont Mathilde, la mère de Pierre, est une femme forte et autoritaire, et Sandrine, propriétaire d'un hôtel de luxe, prisonnière des frasques d'un mari volage et joueur. Tous semblent être liés par un terrible secret, et ces meurtres pourraient bien être les signes précurseurs d'une vengeance élaborée depuis de longues années. Chacun en ressortira-t-il indemne?


- Les enfants de la paranoïa
de Trevor Shane
Éditions Michel Lafon / Avril 2012


Règle un: on ne tue pas les innocents. Règle deux: on ne tue pas les ennemis de moins de 18 ans. Depuis des siècles une guerre clandestine, ignorée du commun des mortels, oppose deux clans qui se déchirent au nom du Bien et du Mal. Des deux côtés, des assassins endoctrinés et entraînés dès leur enfance à haïr et détruire le camp adverse. Artistes de la dissimulation, ils maquillent leurs meurtres en actes de violences aléatoires: des affaires qui curieusement ne sont jamais résolues. Joseph, vingt-trois ans, est l'un de ces tueurs d'élite. Il ne connaît qu'une réalité: tuer ou être tué. Mais alors qu'il retrouve ses deux plus proches amis pour quelques jours de vacances dans le New Jersey, il tombe dans une embuscade. Échappant de peu à ce piège mortel, il est envoyé en mission à Montréal où il rencontre Maria, une jeune innocente de dix-sept ans. Pour la première fois, Joseph découvre l'amour… et le doute. S'il veut protéger la femme qu'il aime et l'enfant qu'elle porte, il doit abandonner la vie qu'il a toujours connue et trahir ses frères d'armes. Osera-t-il transgresser les règles?


- Les foudroyés
de Paul Harding
Éditions 10-18 / Avril 2012


Oscillant entre ombre et lumière, étendu dans son salon, George se meurt parmi les siens. Tandis que s'égrènent les dernières heures et que le monde lui échappe, autour de lui se pressent des images, visions hallucinées et souvenirs. Au fil de ce roman familial ou trône la fascinante silhouette d'un père colporteur, la vie se cristallise peu à peu, victorieuse et guérie du temps.


- Les guichets du Louvre
de Roger Boussinot
Éditions Gaïa / Avril 2012


Paris, juillet 1942. Un étudiant bordelais voit s'achever l'année universitaire à Paris. Il fait beau et chaud. Ça sent les vacances, la province, la maison familiale. Alors qu'il prépare ses valises et range sa chambre d'étudiant, un de ses camarades de cours, distant et d'ordinaire peu disert, vient à lui. Un peu mystérieux, angoissé et intrigant, voilà qu'il propose à notre narrateur une mission des plus inattendues, à la fois excitante et apparemment peu difficile à mettre en œuvre. Car bien sûr le jeune homme veut agir. Sitôt informé du projet de rafle organisée sur la rive droite par les forces de police françaises à l'encontre des Juifs de la capitale, il est pour lui hors de question de rester inactif, indifférent. Et pourtant? La mission est simple: mettre à l'abri au cours de la journée le maximum de femmes et d'enfants juifs en cachant leur étoile jaune et en les faisant passer sur la rive gauche. Il ne s'agit que de retarder son départ, prendre le train du soir ou du lendemain matin et sauver quelques vies de ce qu'on appellera plus tard la "Rafle du Vel d'Hiv". Seulement voilà, comment agir, lorsqu'on est timide et peu débrouillard, qu'on cherche ses mots avant d'oser aborder quelqu'un dans la rue, qu'on rougit sous le regard des femmes inconnues?


- Les neiges de Toula
de Jean-Baptiste Bester
Éditions Calmann Lévy / Avril 2012


En Russie, dans les années 1860, sous le règne du tsar Alexandre II. Sergueï Borodine, héritier d'une dynastie d'armuriers, laisse les rênes du domaine familial à son frère cadet pour s'enfuir de Toula avec une serve dont il s'est épris. À Saint-Pétersbourg, il s'engage dans l'armée et intègre la prestigieuse école des Pages où il s'oppose au prince Mirnov, un cadet arrogant, qu'il provoque en duel. Le prince est blessé et Sergueï, chassé. Le colonel Kéransky, son supérieur, lui propose alors de se racheter. En liaison avec les services secrets, il devra infiltrer un dangereux groupe terroriste qui projette d'assassiner le tsar. Sergueï accepte et parvient à s'introduire au cœurs de cette organisation clandestine dont l'âme s'appelle Olga Dementieva, une révolutionnaire fanatique dont la beauté n'a d'égale que la cruauté. Oubliant sa mission, Borodine succombe à son charme. Porté par un souffle romantique et passionné, ce roman plein de péripéties nous entraîne jusqu'au bord de l'abîme aux côtés de ces nihilistes russes qui ne connaissaient qu'une seule science: celle de la destruction.


- Les sacrifiés
de Juliette Morillot
Éditions Belfond / Avril 2012


États-Unis, août 1954. Un vieil homme se fait renverser par une voiture, mortellement blessé. Refusant la thèse de l'accident, ses deux filles se penchent sur le passé trouble de leur mère, Ethel Proudlock, une Anglaise de Malaisie britannique accusée autrefois du meurtre de son amant et condamnée à mort, avant d'être graciée par le sultan de Selangor. Cette quête vertigineuse de la vérité nous emmène des coulisses de la bonne société coloniale de l'empire des Indes à la côte Est des États-Unis dans les années cinquante. S'inspirant de l'"affaire Proudlock", un fait divers qui a défrayé la chronique en 1911 et inspiré Somerset Maugham, qui écrivit alors sa célèbre nouvelle La Lettre, l'auteur met à nu avec une modernité implacable les rouages de la manipulation féminine. De non-dits en révélations effroyables, les personnages vont sombrer dans la folie et le lecteur, tour à tour séduit et trompé, comprendra dans un ultime rebondissement qu'il a été lui aussi pris dans les rets vénéneux d'Ethel, une femme amoureuse sublime dans toute sa splendeur.


- Larmes de pierre
de Alexandra Fuller
Éditions Les Deux Terres / Avril 2012


Petite fille, Bobo a appris à manier le fusil, à cuisiner un impala, à conduire un tracteur et à se garder des morsures de serpents. En 1972, elle s'installe avec sa famille en Rhodésie, l'actuel Zimbabwe, pays ravagé par la guerre civile, mais aussi terre de saveurs, de parfums et de sons qu'elle reconnaît intuitivement comme la sienne. Son enfance, ponctuée de déménagements successifs en Afrique australe, oscille au gré de tragédies historiques et intimes. Ce récit est un chant d'amour à une famille adorée, chaotique, souvent drôle, et à l'Afrique, terre des premiers émois, de l'initiation et de la découverte naturelle de l'autre. Alexandra Fuller ouvre ainsi une page d'histoire et sa malle aux souvenirs, souvent tendres, parfois durs, et toujours poignants.


- Leçons singulières
de David Abbott
Éditions Payot & Rivages / Avril 2012


Henry Cage, puissant homme d'affaires londonien, voit sa vie basculer le jour où ses associés le démettent de ses fonctions. Lorsque son ex-femme, malade, lui demande de la rejoindre en Floride, il réalise qu'il ne lui reste que peu de temps pour réparer les erreurs du passé.


- Maurice Garrel, le veilleur
de Jacques Morice
Éditions Stock / Avril 2012


"Un jour, cher Maurice, vous avez pensé à moi pour un livre. Un livre particulier. Un livre sur vous mais écrit par moi, où je pourrais tout dire, votre part d'ombre comme de lumière. Vous ne vouliez pas d'une biographie écrite par un nègre. Ni d'un livre d'entretiens ou de mémoires, rien de plus ennuyeux et pontifiant que ces mémoires d'acteur sur leur carrière. La carrière, disiez-vous, ce n'est pas intéressant, c'est la vie qui l'est. Non, ce que vous souhaitiez, c'était un livre avec mon regard, dans lequel je pourrais évoquer tout ce qui m'intéresse, y compris les aspects dérangeants de votre personnalité. Le cadeau était de taille. Était-il empoisonné? Nous nous connaissions à peine et vous m'aviez choisi pour mettre à exécution une commande qui n'en était pas une. Une commande spéciale qui réclamait d'être détournée. À quelles fins? Sans doute, je m'en rendis compte par la suite, afin de créer un lien inédit. Un étrange passage de relais entre vous, comédien rare, à la silhouette et à la voix qui me fascinait depuis tant d'années et qui décidait au soir de sa vie de se livrer, pour se délivrer peut-être. Et moi, inconnu ou presque, qui acceptait d'être ainsi votre confident et votre juge, votre marionnette et votre compagnon de voyage. Le temps d'une traversée. Désert, mer et glacier nous attendaient. Le détachement et la haine de soi en bandoulière". J. M.


- Ma vie précaire
de Élise Fontenaille
Éditions Calmann Lévy / Avril 2012


"J'avais enfin quitté la marchande de sommeil, et trouvé pour quelques jours refuge à Vincennes, non loin de la tour où le marquis de Sade passa quelques années chez un ami d'ami parti en voyage, mais décidément Paris m'était impossible, jamais je ne trouverais un bail, personne ne voudrait louer ne serait-ce qu'un studio à un écrivain sans le sou, et surtout sans fiche de paye, le sésame des temps modernes, il me fallait repartir, au hasard Balthazar, encore une fois". Forcée de quitter son domicile parisien, Élise, double littéraire de l'auteur, se débarrasse de tous ses biens, y compris de ses livres. Affranchie du matériel, elle vit au jour le jour, s'en remettant à ses désirs, à sa curiosité d'esprit, et à la bonté d'étrangers. Chaque décision devient une épreuve, où l'heureux dénouement le dispute au tragique. D'une bicoque à Saint-Nazaire à une plage guyanaise, d'une marchande de sommeil à un flic-écrivain, d'amitiés solides en relations virtuelles, d'étreintes tarifées aux blessures amoureuses, de nuits à la belle étoile à l'enfermement dans un cloître, Élise va et vient, bousculée par le hasard, débordée par ses choix, chahutée par ses rencontres. Ce livre, écrit sur le fil, comme un numéro d'équilibriste, un fil tendu par l'urgence, la nécessité, et un goût certain du risque, rend compte magnifiquement de la fragilité de l'existence.


- N'en faites pas une histoire
de Raymond Carver
Éditions de l'Olivier / Avril 2012


"Il y a d'abord cette vision fugace. Ensuite, la vision fugace s'anime, se mue en quelque chose qui va illuminer l'instant et va peut-être laisser une empreinte indélébile dans l'esprit du lecteur, qui l'intégrera à son expérience personnelle de la vie, pour reprendre la belle formule de Hemingway. Pour de bon. Et à jamais. C'est là tout l'espoir de l'écrivain".


- Petits arrangements avec le mariage
de Moni Mohsin
Éditions Fleuve Noir / Avril 2012


Elle ne jure que par les grands couturiers, stylistes et joailliers, c'est une accro du shopping... pakistanaise. Loin de la 5e Avenue, son terrain de chasse favori se trouve dans les quartiers chics de Lahore. Mais être à la pointe de la mode n'est pas de tout repos, surtout lorsqu'il faut enchaîner avec les réunions entre copines et les cocktails mondains. Des festivités malheureusement de plus en plus rares depuis que les "barbus-fondus" font régner leur loi. Ce quotidien bien réglé est bouleversé le jour ou tante Pussy vient faire appel à ses talents de marieuse. Elle l'implore de trouver à son cousin une bonne épouse, issue d'une famille honorable comme la leur, pas une de ces femmes aux mœurs douteuses dont il s'entiche en permanence. Notre héroïne se met alors en quête de l'épouse parfaite: une jeune fille au teint clair, gentille, obéissante et riche bien sûr. Car si elle a une certitude, c'est bien que l'argent fait le bonheur. Mais pas sûr que l'intéressé partage son point de vue sur la question.


- Quand reviennent les âmes errantes
de François Cheng
Éditions Albin Michel / Avril 2012


Dans une forme éminemment originale, François Cheng signe là un drame épique où le destin humain, avec toute la complexité des désirs qui l'habitent, se dévoile comme dans les tragédies antiques. Quand reviennent les âmes errantes, un singulier échange se noue, et toute la vie vécue, extrêmes douleurs et extrêmes joies mêlées, se trouve éclairée d'une lumière autre, revécue dans une résonnance infinie.


- Reste avec moi
de Jessica Warman
Éditions Fleuve Noir / Avril 2012


Quand la perfection et la beauté cachent une terrible vérité. Elizabeth menait une vie de rêve. Presque parfaite. Le jour de ses 18 ans, elle meurt brutalement. Meurtre ou accident, qui pourra le découvrir? Une seule personne, Elizabeth elle-même.


- Retour à Dublin
de Cathy Kelly
Éditions Presses De La Cité / Avril 2012


Eleanor Levine, veuve depuis peu, retourne s'installer à Dublin, sa ville natale, laissant à New York sa famille pour laquelle elle a peur de devenir une charge. Depuis sa fenêtre, elle s'amuse à imaginer la vie des habitantes de Golden Square. Eleanor fait bientôt la rencontre de trois d'entre elles et devient leur confidente. Il y a Megan, l'actrice à la réputation sulfureuse fuyant les paparazzis, Rae, propriétaire du salon de thé local, qui cache un lourd secret, et Connie, célibataire endurcie que la crise de la quarantaine menace. Ensemble, elles vont découvrir combien la solidarité, l'entraide et l'attention portée aux autres peuvent être des cadeaux de la vie.


- Roman à l'eau de bleu
de Isabelle Alonso
Éditions Héloïse d'Ormesson / Avril 2012


Imaginez un monde où les femmes ont toujours eu le pouvoir. Deux représentants du sexe faible, les hommes, se heurtent à la domination féminine. Enfermés dans leur position d'objet de désir, ils enchaînent déboires et désillusions. Cette planète où les rapports sont inversés révèle avec plus d'éclat encore l'absurdité de nos conventions. Comédie désopilante, Roman à l'eau de bleu épingle les travers d'une société où les hommes d'extérieur veulent rentrer à la maison, où la maternité est le rouage central du système. À contre-courant du politiquement correct, cette percutante fiction sociale donne à rire et à réfléchir. Elle fallait le faire.


- Salam Ouessant
de Azouz Begag
Éditions Albin Michel / Avril 2012


"Mes filles, vous verrez comme c'est beau la Bretagne". Mais qu'est-ce qui a bien pu passer par la tête de ce père divorcé pour traîner à Ouessant contre leur gré deux gamines qui fantasment sur le soleil algérien? Dans sa vie, il est passé à côté de pas mal de choses: le Lyon de son enfance, son pays "d'avant", un amour de jeunesse, son ex-femme, et maintenant peut-être même ses adorables pestes de filles. Leur arrivée à Ouessant sous une pluie battante n'augure rien de bon. Mais il faut toujours compter sur la magie des îles.


- Seuls les innocents n'ont pas d'alibi
de Georgio Faletti
Éditions Robert Laffont / Avril 2012


Francesco Marcona, alias Bravo, n'est pas à proprement parler un enfant de chœur. Au volant de sa vieille Austin Mini, ce voyou ambitieux au physique de jeune premier écume chaque nuit en loup solitaire tout ce que le Milan de la fin des années 1970 compte de lieux interlopes, autant pour y prendre du bon temps que pour y faire prospérer ses affaires. Son créneau? Le commerce des femmes. "Proxénète haut de gamme" à l'impressionnant carnet d'adresses, Bravo se propose de gérer au mieux les intérêts de ses protégées, de jeunes beautés avides d'argent, en les mettant en relation avec des hommes riches en quête d'aventures sexuelles. D'aventures sexuelles, Bravo, lui, n'a guère le loisir d'en avoir. Et quand bien même il le souhaiterait, il ne le pourrait pas. Car Bravo a un signe très particulier, il n'a pas de sexe. Ou, plus précisément, il n'a plus de sexe depuis que, quelques années plus tôt, il a été châtié au couteau, ses attributs virils sacrifiés sur l'autel de mystérieuses représailles. Mais l'abstinence sexuelle, qu'elle soit volontaire ou contrainte, n'empêche pas les sentiments. Aussi, lorsque le hasard place sur sa route Carla, prête à vendre ses charmes pour s'offrir une vie meilleure, Bravo tombe-t-il aussitôt éperdument amoureux. Un coup de foudre, bientôt suivi de coups de feu, qui pourraient bien lui faire perdre ce qui lui reste de peau. Auteur de romans noirs à succès, Giorgio Faletti n'a pas son pareil pour façonner des labyrinthes dont lui seul connaît la sortie. Seuls les innocents n'ont pas d'alibi, dont l'action se déroule en 1978, au moment de l'enlèvement du dirigeant démocrate-chrétien Aldo Moro, en apporte la plus brillante des illustrations. Dans le sillage de Bravo, à travers ce Milan des années 1970 qu'il a bien connu et au terme d'un suspense haletant, Giorgio Faletti, nous conduit à vive allure jusqu'au cœurs des ténèbres des années de plomb italiennes marquées au fer rouge par l'ultra-violence terroriste.


- Sniper
Vie d'un soldat en Tchétchénie
de Nicolaï Lilin
Éditions Denöel / Avril 2012


Jeune Sibérien un peu paumé, Kolyma voudrait bien échapper au service militaire. Dans un élan de bravoure, il tente de s'enfuir de la base où il a été convoqué. Les représailles seront à la mesure de l'intraitable armée russe: il est envoyé en Tchétchénie et enrôlé dans un des régiments les plus durs, celui des "saboteurs". La plongée dans l'horreur peut commencer. Kolyma, qui sait manier les armes depuis l'enfance, connaîtra une ascension fulgurante dans cet univers d'une violence inouïe, où l'indéfectible camaraderie des soldats semble constituer le seul rempart à la folie. Ce dérangeant récit de guerre se lit comme un journal des combats, loin des simagrées idéologiques ou politiquement correctes. Lilin nous fait toucher du doigt ce que nous ne voulons pas voir, cette part d'inhumanité qui règne sur le monde et nous définit malgré tout. Un texte fort, haletant, viril, qui reconstitue avec brio le huis clos émotionnel qu'est la guerre et toute l'angoisse qu'elle charrie. Lilin, dont on avait découvert le talent de conteur avec Urkas, parvient une fois de plus à brouiller les pistes et à faire réagir, avec ce roman aux forts accents autobiographiques et aux prises de position pour le moins musclées.


- Transes
de Christopher Sorrentino
Éditions Sonatine / Avril 2012


1974. En plein scandale du Watergate, Alice Galton, riche héritière d'un magnat de la presse, est enlevée en Californie par un groupuscule gauchiste. Cette jeune fille de bonne famille, élevée au sein de l'élite américaine épouse contre toute attente la cause des révolutionnaires et participe à un braquage à San Francisco. Les médias s'emparent de l'affaire, l'Amérique entière est sous le choc, toutes les polices du pays se lancent aux trousses des terroristes. Dans la lignée de Pastorale américaine, de Philip Roth, et du Temps où nous chantions, de Richard Powers, Christopher Sorrentino s'empare, avec ce roman exceptionnel, de l'histoire contemporaine des États-Unis. S'inspirant d'un fait-divers réel, l'enlèvement par le Weather Underground de la riche héritière Patty Hearst et la conversion de celle-ci à la cause de la gauche radicale, il dresse un fabuleux tableau de cette période, les Seventies, marquée à la fois par le discrédit du pouvoir politique, l'errance délétère des idéaux révolutionnaires et la montée en puissance de la société du spectacle. Mêlant l'intime et l'histoire, Christopher Sorrentino, servi par un style virtuose et un formidable sens de la construction, nous offre un roman qui transcende tous les genres: à la fois thriller, chronique familiale, histoire d'amour, comédie postmoderne et exploration géniale du côté obscur de notre société.


- Tu seras notre enfant
de Charity Norman
Éditions Belfond / Avril 2012


Des secrets d'un vieux manoir anglais aux vastes étendues de la savane kenyane, un roman chaleureux, bouleversant et optimiste qui aborde avec délicatesse le sujet de l'adoption. Cette bonne nouvelle, Leïla et David l'attendaient depuis trois ans. Très bientôt, un bébé leur sera confié; une petite fille, Grace, qui va combler leur désir le plus cher: fonder un foyer. Mais c'est compter sans la famille biologique de Grace, les Harrison. Bien décidés à faire valoir leurs droits, ils sollicitent l'aide de leur ami Jake. Fasciné par ce clan aussi intrigant que charismatique, Jake va se lancer dans une quête éperdue. Avec, à la clé, une décision, forcément déchirante.


- Un cadeau
de Éliane Girard
Éditions Buchet Chastel / Avril 2012


À la dernière minute, Félicien se rue dans les magasins pour trouver le cadeau d'anniversaire de son amie Laure. Acculé, pressé, il craque pour une paire de bottes sublimes. Oui, mais à 869,95 euros. Le prix de son loyer. Il regrette aussitôt. Toute la journée, Félicien n'aura qu'une obsession: comment assumer cet achat. Culpabilisé par son acte, il devient paranoïaque; son cadeau, avec son emballage siglé, le désigne aux autres, les usagers du métro, les SDF, ses collègues de travail, comme un riche. Un malentendu qui va l'entraîner dans une course folle, de catastrophe en catastrophe. Un cadeau parle de la valeur des choses et de leur relativité. Une réflexion drôle et légère sur notre monde, où l'argent est notre meilleur ennemi.


- Un jour après l'autre
de Anita Shreve
Éditions Belfond / Avril 2012


Porté par l'écriture vibrante d'Anita Shreve, le portrait saisissant d'une famille portée à bout de bras par l'amour fou d'un père. Une variation tout en subtilité sur le poids des erreurs passées et la difficulté de pardonner. Webster, jeune ambulancier secouriste, sauve chaque nuit des vies. C'est sa raison d'être. Un soir comme beaucoup d'autres, il est appelé sur les lieux d'un accident de voiture. La victime se prénomme Sheila: c'est le coup de foudre. Webster en est convaincu, cette beauté farouche de vingt-quatre ans, hantée par un passé difficile, a besoin de lui. Mais peut-on protéger quelqu'un de lui-même? Après la lune de miel des premiers mois et la naissance de la petite Rowan, Sheila se renferme et se met à boire. Malgré tout l'amour dont l'entoure Webster, la situation dégénère, jusqu'au drame. Quinze ans plus tard, Webster élève seul Rowan. Depuis quelque temps, il ne reconnaît plus sa fille dans cette adolescente irritable, qui joue avec le feu et se met délibérément en danger. Mort d'inquiétude, prêt à tout pour empêcher que l'histoire se répète, Webster va être forcé de réveiller le passé pour venir en aide à sa fille.


- Une année à Venise
de Lauren Elkin
Éditions Héloïse d'Ormesson / Avril 2012


Laissant derrière elle son fiancé new-yorkais, Catherine Parrish s'installe à Venise pour se consacrer à sa thèse en histoire de l'art. Au gré des venelles et des vaporetti, de flâneries sur les Zattere en prosecco aux abords du Rialto, la brillante étudiante cède au charme ensorcelant de la cité des Doges. Marco, jeune gondolier, et Neva, mystérieuse Croate à la recherche d'une synagogue cachée, l'initient aux arcanes de la ville jaillie de la mer, hors des sentiers touristiques. Ces rencontres inattendues vont dévier le cours de l'existence rangée de Catherine. Amours clandestines et énigmes cabalistiques, Une année à Venise est une magnifique déclaration d'amour à la Sérénissime et la preuve que les relations humaines sont, comme cette cité flottante, sinueuses et imprévisibles.


- Une vie de cow-boy: la légende de Colton H. Bryan
de Alexandra Fuller
Éditions Les Deux Terres / Avril 2012


En 2007, Alexandra Fuller entreprend des recherches documentaires sur l'exploitation du gaz de schiste des hauts plateaux du Wyoming pour le New Yorker. Elle observe des plateformes de forage à perte de vue, "éclairées comme autant de tours Eiffel": assez de démesure pour que l'article prévu se transforme en un grand récit documentaire, dressant le portrait fascinant et bouleversant d'une Amérique rurale au seuil d'une catastrophe écologique et humaine. À travers la vie du jeune cow-boy Colton Bryant, qui incarne l'Ouest rêvé des grands espaces sauvages (l'Ouest de la chasse, des rodéos, des pick-up et du camping) l'auteur donne à voir un territoire livré à une nouvelle ruée vers l'or, où les hommes ont, depuis des générations, "le cheval et le pétrole dans le sang".


- 21 rue La Boétie
de Anne Sinclair
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


Il y a deux ans, Anne Sinclair a vu sa carte d'identité lui être refusée. Ce qui l'a conduite à écrire sur sa famille, creuser une ascendance mal connue et partir à la recherche d'un monde englouti. Son grand-père, Paul Rosenberg, fut un grand marchand de tableaux à Paris entre 1910 et 1940, puis à New York où la guerre l'avait obligé à se réfugier. L'auteur, qui se voulait avant tout journaliste, avait toujours refusé de cultiver ces souvenirs du côté maternel de sa famille. Sa mère disparue, et sa "francité" contestée, elle a voulu se plonger dans les cartons, les photos, les livres et les lettres familiales pour faire revivre une relation passionnante entre le galeriste Paul Rosenberg et la plupart des grands peintres de l'époque moderne, Braque, Matisse, Léger et surtout Picasso dont son grand-père fut le marchand attitré à partir de 1918, qu'il installa à côté de chez lui, et avec lequel il entretint une correspondance dont Anne Sinclair dévoile ici tout un pan. Ce livre est donc le récit de cette quête sur un amateur d'art disparu, une réflexion sur le métier de marchand de tableaux, et la découverte, chemin faisant, de troublantes coïncidences. C'est ainsi que le siège de la galerie familiale, au 21 rue La Boétie devint, une fois pillé par l'Occupant, celui de l'Institut des Questions Juives entre 1940 et 1944. C'est ainsi que l'oncle d'Anne, lieutenant dans la Deuxième Division Blindée qui libéra Paris, arrêta lui-même un train emportant en Allemagne beaucoup de tableaux appartenant à Paul Rosenberg, son propre père. C'est ainsi qu'une famille française juive a pu se retrouver déchue de sa nationalité par le gouvernement de Vichy, et que 70 ans plus tard, on demande à Anne Sinclair, qui fut, il y a quelques années, consacrée comme Marianne, de prouver, une fois de plus, ses ascendances françaises.


- Andy Andy
de Michel Nuridsany
Éditions Flammarion / Mars 2012


"Warhol, je suis son amant. Évidemment, tout le monde me prend pour un gigolo. Ça m'amuse. Si l'on savait… Oui: j'avais une vie avant de connaître ce cher Andy. Étudiant à l'école du Louvre et voleur amateur, formé ensuite, plus sérieusement, par un collectionneur du quai Voltaire, marchand de faux qu'il savait admirablement rendre vrais, trafiquant d'armes proche des renseignements généraux que j'appelais Monsieur X, je suis devenu un excellent faussaire et un riche marchand. Au Japon, qui était un Eldorado pour des gens comme moi dans les années 60, j'ai fait fortune et rencontré Warhol. On l'appelait, alors, le survivant. C'est un peu après, alors que nous revenions de Giverny, qu'il m'a fait la proposition qui allait changer ma vie et la sienne: prendre sa place, continuer son œuvre, entrer en possession de la marque, comme il m'a dit. Et lui? Incroyable. Vous n'imaginez pas ce qu'il m'a demandé".


- À pas aveugles de par le monde
de Leïb Rochman
Éditions Denöel / Mars 2012


Ce chef-d'œuvre de la littérature yiddish, inédit en France, s'ouvre au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, parmi les cendres, les corps disloqués, dans la froideur d'une terre sans Dieu où les réchappés de la barbarie des hommes tentent de retrouver un semblant d'humanité. Le héros, un être triple, car la focalisation oscille entre Leibl, S. ou "Je", vogue de lieu en lieu; partout, pour mille raisons, il est retenu et comme happé par l'endroit qui l'accueille. Chaque ville fait naître des romans dans le roman, où se croisent des dizaines de personnages, ceux qui ont connu "les Plaines", comme l'auteur nomme les lieux d'extermination, et les autres, les épargnés. Les premiers tentent de vivre, mais demeurent à tout jamais des êtres de souvenir, portant leurs tragédies personnelles et la tragédie de l'Histoire; les seconds souhaitent juste oublier. Puis les bourreaux, à leur tour, resurgissent. Entre ces hommes, entre les morts et les vivants, se tissent des liens: des drames anciens ou nouveaux éclatent, les sentences tombent. Les fantasmes comme le réel vacillent et se mêlent, alimentant à l'infini le chaos d'un univers à jamais halluciné. Le cortège de morts et les héros de Rochman, tel Ulysse en route pour Ithaque, partent en quête d'un lieu où le dénombrement pourra enfin advenir: sous leurs pas, sous le poids du nombre et des souffrances, c'est le monde tout entier qui menace de céder. À pas aveugles de par le monde est un texte unique, mêlant avec une finesse et une puissance inégalées les registres de langue et de genre pour tenter de transmettre l'indicible, malgré tout.


- Axelle
de Pierre Benoit
Éditions Albin Michel / Mars 2012


Axelle est avant tout une apparition. Elle circule dans les corridors glacés du château de Reichendorf, elle se détache au loin sur la lande que survolent les canards sauvages. Elle est une illusion de beauté, de réconfort, de sensualité. Pour elle, on aurait voulu, comme Dumaine, le sous-officier français, rester prisonnier pour l'éternité.


- Cahier de l'été indien
de Marc Siguier
Éditions JC Lattès / Mars 2012


"Il y a deux jours, j'avais annoncé à une mère que la gangrène de son enfant nécessiterait une amputation. J'avais articulé cette sentence tragique la gorge serrée. […] N'ayant pas prétexte à consoler, j'étais moi-même inconsolable. La cour ensoleillée me permettait de reprendre souffle, avant de replonger dans d'autres souffrances muettes. Entre chaque lit, il fallait se déchausser pour fouler, pieds nus, les nattes en paille tressée disposées çà et là, et qui marquaient le territoire des familles accompagnatrices. Ce minuscule cadastre des malheurs devait être respecté". Au rythme fuyant de L'Été indien, son voilier, Jacques remonte l'Atlantique, il vient d'apprendre la mort de son ami de toujours, Samuel, et rentre à Belle-Ile. Seul en mer, il se souvient. Comme Sam, Jacques est chirurgien pour Médecins du monde. En Érythrée autrefois, au Tchad maintenant, la guerre. Lorsqu'une anesthésiste française, Clara, les rejoint dans ce morceau délabré d'Afrique, un trio se forme sur les rives du Chari. Peu à peu, dans l'intimité de la souffrance et des longues heures d'opération, les fêlures des uns et des autres se font jour. Ils croyaient partir à la rencontre de l'autre et découvrent qu'on ne part jamais que pour se fuir. Sur le principe de la fugue musicale, Cahier de l'été indien explore avec pudeur l'effroi, la lâcheté, mais aussi l'engagement et l'amour.


- Ce que porte la nuit
de Scott O'Connor
Éditions Belfond / Mars 2012


Lucy Darby a disparu il y a un an, laissant derrière elle Le Kid, son petit garçon de onze ans, et son mari, David. Depuis, chacun essaie de combler ce vide insupportable comme il peut. Le Kid a fait vœu de silence et se réfugie dans un univers d'invincibles super-héros; quant à son père, nettoyeur de scènes de crime, il aide chaque nuit des inconnus à faire un deuil dont il est lui-même incapable. Mais Le Kid dort de moins en moins et David est tourmenté par des flashs troublants dans lesquels Lucy lui apparaît. Que s'est-il vraiment passé un an plus tôt? Alors que Le Kid commence à faire le mur la nuit avec sa petite bande de loosers et que David s'enfonce dans une introspection douloureuse, père et fils vont devoir se heurter au monde et à eux-mêmes pour lever le voile sur leur passé.


- Cher Gabriel
de Halfdan W. Freihow
Éditions Gaïa / Mars 2012


"Est-ce que tu apprendras un jour à jouer avec les mots, Gabriel? Le paysage plaisante sans cesse avec nous. Les nuages sont des visages ou des animaux effrayants, mais ils n'arrêtent pas pour autant d'être des nuages? Ça ne fait rien si de temps en temps tu as envie de boire un cheval ou un pantalon d'eau, le verre ne reste pas moins un verre". Cher Gabriel est une lettre intime et émouvante d'un père à son fils. Gabriel est autiste. Il vit avec sa famille dans une maison située sur la côte norvégienne, en pleine nature sauvage et balayée par les vents. H. W. Freihow met en lumière une relation complexe, un amour inconditionnel. Tel un château de sable qui tantôt prend des allures de palais étincelant, tantôt se laisse engloutir à la première houle, et qui sans cesse demande à être reconstruit.


- Chroniques de l'oiseau à ressort
de Haruki Murakami
Éditions Belfond / Mars 2012


Somnambule et halluciné, un roman sur l'amour et la solitude, plein d'une lumineuse mélancolie et d'un humour délirant. Dans la plus pure tradition murakamienne, une plongée dans le quotidien tourmenté d'une petite banlieue de Tokyo aux allures de voyage au cœur du rêve. Le jour où son chat disparaît, suivi de près par sa femme, la vie de Toru Okada bascule soudain dans un tourbillon d'aventures saugrenues. Deux sœurs un peu sorcières, une mère maquerelle et son fils muet, un ancien militaire fasciné par les puits et un homme politique aux pouvoirs occultes se présentent à sa porte, chacun porteur d'une nouvelle énigme. Et pendant ce temps, l'oiseau à ressort remonte patiemment la pendule du monde.


- Clandestin
de Philip Caputo
Éditions Cherche Midi / Mars 2012


Gil Castle, homme d'affaires new-yorkais, ne se remet pas de la disparition brutale de sa femme. Après une longue dépression, il décide de tout abandonner pour s'installer seul avec son chien en Arizona, dans une petite bicoque perdue au milieu des terres familiales, près du ranch de son cousin. Là, à quelques encablures de la frontière mexicaine, il commence peu à peu une nouvelle vie, s'enivrant le jour de la beauté des paysages, lisant Sénèque la nuit. Mais en recueillant un immigré clandestin, rescapé d'un deal de drogue ayant mal tourné, il va faire connaissance avec la face obscure de la frontière. Celle qui, depuis des générations, pèse sur sa famille. Et avec l'apparition d'Yvonne Menendez, figure haute en couleur d'un cartel mexicain, le passé et le présent ne vont pas tarder à converger vers un final étourdissant.


- Corps étrangers
de Cynthia Ozick
Éditions de l'Olivier / Mars 2012


1952. Doris "Do" Nightingale est chargée par son frère Marvin de retrouver son neveu. Do découvre que le jeune Julian mène la vie de bohème à Paris. Il essaie d'être artiste et vit avec une Roumaine en exil dans un appartement luxueux qu'ils ne paient pas. La sœur de Julian, Iris, les rejoint: elle aussi cherche à fuir le destin trop étriqué qui l'attend en Amérique. Mais le Paris idyllique n'est qu'une légende et les trois idéalistes doivent affronter la réalité. Personnages sans ancrage, corps étrangers à tout ce qui les entoure, ils finiront par retourner aux États-Unis.


- Deux sœurs
Yvonne et Christine Rouart, les muses de l'Impressionnisme
de Dominique Bona
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


"Berthe Morisot est le point de départ de ce livre, c'est par elle que j'ai découvert l'histoire des sœurs Rouart-Lerolle, enfants chéries de l'Impressionnisme, dont la vie a été mêlée à celle des plus grands artistes de leur époque, peintres, musiciens et écrivains. Illustres, Yvonne et Christine Rouart-Lerolle le sont notamment grâce à leur fameux portrait au piano par Renoir. Leur destin hors normes restait cependant méconnu. Si l'Impressionnisme les a puissamment éclairées, leurs vies de femmes n'en furent pas moins douloureuses et, parfois, tragiques. Elles ont grandi dans une atmosphère que l'on peine à imaginer, tant les génies s'y bousculent. Leur père, Henry Lerolle, est le meilleur ami de Debussy. Il est aussi le beau-frère d'Ernest Chausson. Camille et Paul Claudel, Mallarmé, Paul Valéry sont des familiers de la maison. Tout comme Renoir et Degas. C'est Degas qui va organiser leur mariage. Leur double union avec Eugène et Louis Rouart, les fils du peintre et collectionneur Henri Rouart, accroît encore le cercle de leurs amitiés avec des artistes d'exception. Apparaissent alors Gide, le meilleur ami d'Eugène, Mauriac, Bernanos. Mais très vite, leur vie conjugale se fait orageuse, incertaine et tourmentée. Elles avaient tout pour être heureuses. Elles font l'expérience du désenchantement et, pour l'une d'entre elles, de la ruine et du malheur. Ces désenchantées, j'ai pu suivre leur itinéraire grâce à des photographies, des lettres, des documents inédits. Mais ce sont les nombreux tableaux qui les représentent, aujourd'hui dans de prestigieux musées, qui m'ont raconté leur histoire et transmis leur parfum. Parfum de campagne ensoleillée, de salon de musique envahi par la fumée des cigares, de chambre aux rideaux tirés où s'échangent des confidences".
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 16:39

- Dieu surfe au Pays Basque
de Harold Cobert
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mars 2012


Ils se sont rencontrés à Biarritz. De cette romance estivale sur fond de plages sauvages et de balades en scooter naît une histoire d'amour, et un désir d'enfant. Le jeune couple parviendra-t-il à conjurer les coups du destin, à préserver l'ivresse des débuts? Des souvenirs heureux aux épreuves du présent, Harold Cobert explore la vie conjugale du point de vue masculin. Mêlant dérision et tendresse, son échographie d'un père n'esquive rien, ni l'appréhension de la paternité ni la tragédie de la perte de l'enfant à naître. Avec pudeur, comme en équilibre sur la crête des séismes intimes, un roman paradoxalement drôle et bouleversant.


- En attendant Ludmilla
de D. B. C. Pierre
Éditions Payot & Rivages / Mars 2012


À l'Ouest, deux frères siamois, Bunny et Blair Heath. À l'Est, Ludmilla, une paysanne au langage merveilleusement fleuri. Les jumeaux, séparés chirurgicalement à l'âge de trente-trois ans, sont lâchés dans Londres après avoir passé leur vie dans un établissement spécialisé. Blair, excité par cette liberté nouvelle, s'escrime à perdre sa virginité. Bunny regrette son cocon médicalisé. Par le biais d'un site internet qui vend aux Occidentaux en mal d'amour slave de jolies jeunes femmes prêtes à tout pour échapper à la misère, ils rencontrent Ludmilla, originaire d'une république fictive du Caucase. Les deux mondes se rejoignent dans une apothéose qui n'est pas celle attendue par les âmes sensibles.


- En attendant Robert Capa
de Susana Fortes
Éditions 10-18 / Mars 2012


Dans les années 30, Gerta Pohorylle, juive allemande, fuit son pays pour Paris. Elle y rencontre le tout jeune André Friedmann, hongrois antifasciste et photographe passionné, qui l'initie à son art. Après s'être inventé de nouvelles identités, Robert Capa et Gerda Taro, tous deux se rendent sur le front espagnol, gravant sur pellicule les atrocités du franquisme et leur légende en noir et blanc.


- Entretien avec Karl Marx
de Henri Pena-Ruiz
Éditions Plon / Mars 2012


Bonjour, monsieur Marx. Je ne peux vous cacher mon émotion. Vous représentez beaucoup pour ceux qui se révoltent contre le monde comme il va. Aujourd'hui le capitalisme fait rage, l'argent roi règne. Comment caractériser le genre de relations qu'il instaure entre les hommes? Premiers jours de janvier 1882. Maitland Park Road, quartier de Londres, j'arrive enfin chez lui. Désormais, Karl Marx est seul. Il n'a que 63 ans, mais tous ceux qui l'ont rencontré dernièrement le décrivent comme à bout de forces. Il continue cependant à travailler, à revoir ses manuscrits pour son grand œuvre: Le Capital, le chef d'œuvre inachevé. Je m'assieds en face de lui. Notre premier entretien commence. Il sourit parfois, s'indigne souvent des injustices qu'il évoque et de l'hypocrisie qui les recouvre. Une photo de son ami de toujours, Friedrich Engels, est là, sur la cheminée, derrière lui. Pour de nombreuses questions, je vais avoir le sentiment de m'adresser à eux deux. D'ailleurs, Karl Marx se tourne régulièrement vers l'image de son ami, comme pour mieux solliciter son acquiescement. Les deux penseurs ont voulu dire tout haut la vérité d'un monde à dépasser et celle d'un monde à inventer.


- Est-ce ainsi que les femmes meurent ?
de Didier Decoin
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


"D'après le rapport des flics, ils étaient trente-huit. Trente-huit témoins, hommes et femmes, à assister pendant plus d'une demi-heure au martyre de Kitty Genovese. Bien au chaud derrière leurs fenêtres. Certains entortillés dans une couverture, d'autres qui avaient pris le temps d'enfiler une robe de chambre. Aucun n'a tenté quoi que ce soit pour porter secours à la pauvre petite". Didier Decoin s'est inspiré de ce fait divers, qui fit d'abord l'objet d'un entrefilet, "une habitante du quartier meurt poignardée devant chez elle", avant de passer à la Une de tous les journaux, une fois que la lâcheté des témoins devint le vrai sujet d'enquête pour la presse. En Mars 2012 sort le film "38 témoins" de Lucas Belvaux adapté du livre de Didier Decoin. Avec Yvan Attal, Sophie Quinton et Nicole Garcia. Un film puissant qui se passe dans les décors naturels du Havre.


- Euphorie
de Frank Deroche
Éditions Gallimard / Mars 2012


En retrouvant Nelly Andrieu, dernière infirmière de Jeanne Calment, le narrateur décide d'écrire L'Arlésienne, biographie romancée de la célèbre centenaire et chronique hilarante d'une maison de retraite, la résidence du Lac. Au fil des rencontres et des confidences, une complicité s'installe entre le jeune écrivain et son inspiratrice. Malgré le déclin physique et mental de celle-ci, le livre verra le jour et, avec lui, une réflexion étonnante, mi-tendre, mi-cynique, sur le corps, l'avancée en âge et la féminité.


- Face au mur
de Cesare Battisti
Éditions Flammarion / Mars 2012


Cesare Battisti n'est pas un homme sans passé, contrairement au narrateur de son dernier livre dont on ne connaîtra jamais les raisons de la fuite. Mais c'est un grand écrivain. Ici, deux récits s'entremêlent: celui d'un homme en fuite qui raconte quelques mois passés à Riodans l'ombre d'une femme; et celui que ce même homme nous livre depuis la prison où il est incarcéré, un récit nourri des confessions de ses codétenus. Ce livre se lit comme un grand roman d'amour à suspense. Depuis son arrivée au Brésil, le narrateur se sait espionné. Il devine même que c'est la police qui a mis sur sa route la jeune et belle Janaïna, avec laquelle il noue une relation tout d'abord érotique. Puis l'amour s'invite entre eux comme un corps étranger. Et délibérément, le narrateur décide de continuer, de vivre cette histoire jusqu'au bout, quitte à y laisser sa peau. Cet amour, d'une beauté noire et mélancolique, résonne en nous: n'y-a-t-il pas des moments, dans une existence, où choisir de s'illusionner est une question de vie et de mort, en ce sens que seul l'aveuglement permet de se sentir enfin "vivant"?


- Ferme les yeux
de Amanda Eyre Ward
Éditions Buchet Chastel / Mars 2012


Lauren Mahdian a l'impression angoissante que sa vie part en vrille. Surtout après le départ pour l'Irak de son frère aîné, Alex, qu'elle adore. Devenue agent immobilier à Austin, au Texas, où elle a été élevée par sa grand-mère, Lauren se débat contre ses crises de panique et est perturbée par les demandes en mariage réitérées de son fiancé. En réalité, elle a trente et un ans mais ne parvient à oublier ni le meurtre sauvage de sa mère alors qu'elle n'était qu'une petite fille de six ans ni l'inculpation et l'emprisonnement de son père pour cet assassinat. Quand Alex lui annonce non seulement sa décision de rejoindre Médecins sans Frontières mais aussi qu'il a gardé le contact avec leur père pendant toutes ces années, elle sent son existence lui échapper. Au même moment, Sylvia Hall, de dix ans son aînée, traverse les États-Unis en bus, elle préfère la fuite à un troisième avortement. Elle roule vers New York dans l'espoir d'être hébergée par son amie d'enfance fortunée, Victoria. Sans savoir qu'au cœur de son passé dissolu il y a un secret. Un secret terrible qui réunira ces trois femmes, Lauren, Sylvia et Victoria.


- Florence d'arabie
de Christopher Buckley
Éditions Baker Street / Mars 2012


Horrifiée par les mauvais traitements infligés aux femmes dans le Royaume de Wasabie, la jeune Américaine Florence Farfaletti décide de taper du poing dans le sable. Démise de ses fonctions d'adjointe du sous-secrétaire d'État adjoint aux Affaires du Proche-Orient, elle s'engage dans une mission secrète visant à promouvoir l'égalité des droits entre les sexes dans le petit émirat du Matar, "la Suisse du Golfe". Son équipe d'élite se compose d'un tueur de la CIA, d'un conseiller en communication et d'un bureaucrate brillant mais frustré. Son arme: une chaîne de télévision féministe diffusant un talk-show où l'on incite, entre autres, les femmes à prendre le volant, et une sitcom tournant en ridicule une escouade d'officiers de la police religieuse, qu'un critique télé surnomme le "Friends de l'Enfer". Résultats: une fatwa contre le personnel de la chaîne et une lutte acharnée pour garder le contrôle du Royaume alors que la rumeur d'un coup d'État gronde. Démantelant sans concession autant l'ineptie américaine, l'interventionnisme intéressé de la France, que l'archaïsme de quelques pays arabes, Florence d'Arabie est une satire mordante sur la façon dont les bonnes intentions des pouvoirs occidentaux peuvent parfois dégénérer en farce.


- Guerres intimes
de Sara Daniel
Éditions Flammarion / Mars 2012


"Comme les marins d'Ulysse, j'ai oublié qu'un jour j'ai fait autre chose que d'être en voyage en Afghanistan. Je suis hypnotisée, prisonnière de cette aventure, du premier de mes reportages de guerres, le plus douloureux et le plus beau". De l'Afghanistan à la Libye en passant par l'Irak, le Liban ou le Pakistan, Sara Daniel nous éclaire sur les enjeux géopolitiques complexes de cette partie du monde à travers une succession de portraits, de morceaux de vie. Sara Daniel nous raconte aussi les moments d'excitation et d'abattement de son métier de correspondante de guerre, les dangers, les rencontres extraordinaires et les déchirements face aux populations civiles aux prises avec une réalité quotidienne toujours plus cruelle.


- Histoires sans issue
de T. C. Boyle
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


Sur la côte californienne, un chauffeur routier, chargé de transporter un organe pour une transplantation, se trouve bloqué dans un gigantesque glissement de terrain. Une jeune femme s'éprend du chirurgien esthétique qu'elle a timidement consulté pour une cure de Botox. Un couple de vieux millionnaires fait cloner son lévrier afghan chéri pour la modique somme de 250000, et engage une jeune femme pour "l'éduquer" à l'identique de l'original. Ces histoires sans issue mettent en scène des personnages excentriques ou pris dans des situations exceptionnelles, évoluant dans des mondes tout à tour absurdes, dangereux, effrayants, ridicules mais par-dessus tout, des mondes drôles.


- Idiane
de Jean-Bernard Veron
Éditions Buchet Chastel / Mars 2012


"Voyez-vous, monsieur, m'a répondu une vieille dame, navrée que ma recherche fût vaine, nous ne marquons pas suffisamment la différence entre la réalité et des histoires inventées de toutes pièces. Elle avait ajouté que c'était là leur maladie, la maladie de leur âme d'immigrés. Il leur fallait du rêve". Égaré à la frontière austro-hongroise, il échoue un soir dans une auberge de village. Au mur, le portrait d'une toute jeune femme: Idiane. Regard aimanté, curiosité piquée au vif jusqu'à la fascination. Qui est-elle? Il s'empare des souvenirs des proches d'Idiane, qui sont autant de fragments de son existence en pointillé. Il remonte à la veille de la chute du rideau de fer. Et reconstitue peu à peu l'errance de cette orpheline, réfugiée auprès d'un marchand de fourrures avant d'être livrée en pâture à des mafieux hongrois. Avec Ivan, l'un de ses clients, elle a voulu fuir. Qu'ont-ils fait de ce rêve de liberté?


- Immortel, enfin
de Pauline Dreyfus
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


1968-1969. Cinquième candidature de Paul Morand à l'Académie française. L'écrivain n'est plus l'auteur glorieux du Grasset d'avant-guerre (Lewis et Irène, 1924, Champions du Monde, 1930). Il a "perdu sa guerre". Il a 80 ans. Dix ans plus tôt, le général de Gaulle, lui reprochant sa collaboration avec le régime de Vichy, a refusé qu'il entre sous la Coupole. Pour qui sent la mort approcher, n'est-elle pas la promesse de devenir immortel? C'est l'heure délicieuse de la revanche que nous montre ce roman vif et piquant, morandien, somme toute. Et voici le récit de sa campagne, sa dernière campagne, qui ne sera pas Waterloo. Elle est mêlée de flashbacks ressuscitant les grands moments de sa vie, de sa rencontre avec sa femme, la princesse Hélène Soutzo, à son amitié avec Marcel Proust. Dans le temps présent, apparaît une facette moins connue de Morand. Celle de la bienveillance et de la générosité. Il transmet son expérience à de jeunes disciples, on croisera, dans son fameux salon du Champ-de-Mars, à Paris, Jean d'Ormesson, Patrick Modiano, Alexandre Vialatte, mais aussi une jeune étudiante au Conservatoire qui s'est présentée pour faire la lecture à Hélène que ses yeux commencent à trahir, Nathalie Baye. Le portrait original d'un homme réconcilié avec lui-même et siégeant, à jamais, au rang des plus grands.


- Intrigue à Venise
de Adrien Goetz
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


Invitée à un colloque, Pénélope, la désormais célèbre enquêtrice de la série des "Intrigues", se trouve à Venise pour la première fois de sa vie. Tout est calme jusqu'à ce que l'on apprenne l'assassinat d'Achille Novéant, un vieil écrivain français dont le sujet de prédilection est Venise. Le meurtre a été commis à la villa Médicis de Florence que dirige son vieil ami, le diplomate Lambel. Dès cet instant, tous les écrivains français ayant écrit sur la Sérénissime reçoivent des menaces de mort. À force d'enquêter, Pénélope, accompagnée de son fiancé Wandrille, découvre l'existence d'une société secrète qui réunit, depuis l'époque de Paul Morand, les écrivains français de Venise. Cette compagnie est propriétaire d'un Rembrandt inédit (il serait passé entre les mains de Napoléon, d'André Malraux et d'Adolf Hitler) qui lui aurait été offert après la guerre par un richissime aristocrate. L'œuvre est l'objet d'une convoitise malveillante et Pénélope doit trouver celui, ou celle, qui commandite les assassinats pour arriver, par Dieu sait quel moyen, à ce tableau. Ce nouveau récit des aventures de Pénélope emmène le lecteur dans les palazzi, les fêtes et les îlots oubliés de Venise. S'accompagnant d'une foule d'anecdotes authentiques, sur un rythme alerte, Adrien Goetz mobilise son érudition et un sens de l'intrigue incomparable pour livrer un polar mené à sauts et à gambades. Mais que vient faire un château de Louis II de Bavière dans cette histoire?


- Jesus Man
de Christos Tsiolkas
Éditions Belfond / Mars 2012


Tommy Stefano n'a jamais trouvé sa place. Ni dans sa famille où il ne parvient pas à sortir de l'ombre de ses frères, ni dans son boulot d'employé de bureau dépassé par la révolution informatique. Le jour où son chef lui signifie son licenciement, Tommy bascule. Désormais reclus, il sombre dans la pornographie, la violence et bientôt la folie. Un chemin de croix qui le mènera au sacrifice ultime. Comment en est-il arrivé là? À qui la faute? À la famille? À cette malédiction qui semble frapper les fils Stefano de génération en génération? À la télévision qui déverse ses torrents d'images? À Dieu lui-même? Quelques années plus tard, en quête de réponses, le plus jeune frère, Lou, va entamer un voyage initiatique, sur les traces de la terrible histoire des Stefano.


- L'affinité des traces
de Gérald Tenenbaum
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mars 2012


"Les traces, comme les hommes, ont leurs dispositions secrètes, sur le sable une trace peut en rejoindre une autre. C'est l'impérissable, l'inaltérable magie propre aux traces, leur mystérieuse alchimie". Le début des années soixante, en France. Pour échapper au mari et à l'avenir qu'on a choisis pour elle, Édith Behr, une jeune fille juive, s'engage comme secrétaire dans l'armée. Affectée sur une base au Sahara, en pleine guerre d'Algérie, elle découvre l'altérité auprès des Touaregs, le peuple du désert à la parole voilée. Les étoiles jalonneront alors pour elle la route à suivre. Roman aux résonances séculaires en prise sur notre temps, L'Affinité des traces nous entraîne dans une aventure aux confins de deux mondes, sur les pas d'une femme maîtresse de son destin.


- L'écho du doute
de Rebecca Frayn
Éditions Belfond / Mars 2012


Inspiré d'une histoire vraie, un suspense psychologique bouleversant sur le pire cauchemar de tout parent. Lorsqu'elle rencontre Julian, Annie, jeune veuve et mère de deux enfants, pense en avoir fini avec le malheur. C'est alors qu'un nouveau drame surgit: Dan, son fils de douze ans, disparaît un soir après l'école. Amis, professeurs, voisins, personne n'a rien vu, rien entendu. Comme si Dan s'était évanoui dans la nature. Malgré une enquête minutieuse, les jours se changent en semaines, puis en mois: Dan reste introuvable. S'opposant farouchement à Julian qui la pousse à reprendre le cours de sa vie, Annie s'accroche à l'espoir que, quelque part, son fils est vivant. Trois ans plus tard, le téléphone sonne, porteur d'incroyables révélations. Et loin de se résoudre, le mystère s'épaissit encore.


- L'empreinte à Crusoé
de Patrick Chamoiseau
Éditions Gallimard / Mars 2012


Robinson Crusoé vient de passer vingt ans de solitude dans son île déserte. Il a dû reconstruire son équilibre. C'est avec fierté, celle d'avoir soumis l'île à sa domination, qu'il entame ce matin-là une promenade rituelle sur la plage où il avait mystérieusement échoué il y a tant d'années. C'est alors qu'il découvre l'inconcevable: dans le sable, une empreinte. Celle d'un homme. Passé l'affolement, puis la posture agressive et guerrière, le solitaire s'élance à la recherche de cet Autre qui lui apporte ce dont il avait oublié l'existence: l'idée même de l'humain. Commence alors une étrange aventure qui le précipite en présence de lui-même et d'une île inconnue jusqu'alors. Celui qui avait réussi à survivre sans civilisation, sans culture, sans autrui, doit maintenant affronter ce qu'il n'aurait pu imaginer ailleurs qu'ici: la relation à l'impensable.


- L'espoir en contrebande
de Didier Daeninckx
Éditions Cherche Midi / Mars 2012


L'Espoir en contrebande ou comment faire le tour du monde en vingt-six nouvelles, du canal de l'Ourcq à Ostende, d'Aubervilliers à Nouméa, de La Rochelle au Québec, de Bordeaux aux Antilles, de Granville au Mexique, de Nantes au Gabon, du Périgord au Danemark, de Saint-Benoît-du-Sault à Stettin. Histoires vraies ou histoires inventées? En fait, Didier Daeninckx se plaît à jeter  "des passerelles de fiction entre deux blocs de réalité". Pour lui, vie et littérature ne font qu'un. Dans ses "nouvelles noires", comme dans la vie, chacun est confronté à toutes sortes de situations: des moments d'émotion, des scènes violentes, des instants désopilants, des événements historiques. Et tout le monde croise ou rencontre des individus de tous genres: des flics, des voyous, des salauds, des paumés, des chômeurs, des couples d'amoureux, des rebelles. Mais que viennent faire là-dedans Mussolini et Richard Durn, Thierry la Fronde et saint Denis, Paco Ibáñez et Charles de Gaulle, Paul Bocuse et Silvio Berlusconi, John Lennon et Éloi Machoro, Louise Michel et Rino Della Negra, Gandhi et Arlette Laguiller, Marat Safin et Coluche, Steve McQueen et Mehdi Ben Barka, Ousmane Sow et Michel Simon, Missak Manouchian et Jean Moulin? Ils ne sont peut-être pas là par hasard.


- L'homme des haies
de Jean-Loup Trassard
Éditions Gallimard / Mars 2012


"Ayant depuis plusieurs années cédé la ferme à son fils, Vincent Loiseau est vieux, soixante-quinze ans ou plus. Il demeure quand même à La Hourdais, dans sa famille en somme, où il se contente des tâches dont il est encore capable et, surtout, que son fils lui laisse faire. Selon le désordre de la mémoire, mais avec minutie et un humour discret, il raconte sa vie de retiré sur place, les petits travaux qui l'occupent et ceux qu'il a rudement accomplis autrefois. C'est l'entretien des haies, son ouvrage préféré. Il en détaille les charmes, exprimant du même coup sa profonde solitude. Une solitude dans les choses, qui se console par leur contact, et celui des animaux. Voilà l'homme habillé d'écorces. Si son monologue permet d'entrer dans une ferme, d'écouter les voix paysannes tout au fond du bocage mayennais il y a quelques décennies, autant dire hier, c'est surtout l'occasion d'un jeu avec la langue pour restituer la façon singulière dont l'homme de la terre ressent ce qu'il fait, ce qu'il touche, et comment il le dit". Jean-Loup Trassard


- L'ombre d'un homme
de Bénédicte des Mazery
Éditions Anne Carrière / Mars 2012


Alfred Vigneux n'a jamais oublié Charlotte, son amour de jeunesse. Des décennies plus tard, sortant d'une existence recluse et solitaire, le vieillard décide d'héberger gratuitement dans un appartement dont il est le propriétaire une famille, Adèle, son mari et leur jeune fils, Léo. En échange, il viendra dîner avec eux chaque soir. Cette famille, il ne l'a pas choisie au hasard. Alfred a des comptes à régler avec son passé, qui remonte au temps de l'occupation allemande, à Paris, lorsque Charlotte, demi-juive, a été arrêtée et internée à Lévitan. Ce camp parisien, une annexe du camp de Drancy, tenu par les Allemands dans le 10e arrondissement, regroupait les prisonniers qui n'étaient pas déportés sur-le-champ en raison de leurs origines. Ils étaient chargés de trier les meubles et les objets saisis dans les appartements juifs et destinés à être expédiés à la population allemande, contribuant malgré eux à l'entreprise de destruction des nazis. Au fil des dîners, l'histoire familiale se révèle peu à peu, sous la pression du jeune Léo, bien décidé à en découvrir le secret. Mais le passé peut-il être réparé? Et quelles traces les fautes commises ou subies laissent-elles sur les descendants? Un roman qui mêle la petite histoire à la grande, celle de ces hommes et ces femmes pas tout à fait juifs, pas toujours déportés, mais victimes du régime nazi, et dont le sort reste souvent méconnu.


- La belle Hélène
de Charlotte Link
Éditions L'Archipel / Mars 2012


Helena Calvy, belle orpheline, a été élevée par son oncle et sa tante Lord et Lady Ryan. À 17 ans, elle épouse l'homme que lui a choisi son oncle, Jimmy Golbrooke. Ensemble, ils partent s'installer dans son domaine des Cornouailles, Charity Hill. Ils y coulent des jours paisibles et Helena met au monde deux enfants, un garçon et une fille. Mais des troubles éclatent bientôt en Angleterre. Royalistes et défenseurs des Droits du Parlement s'opposent. Après la mise à mort de Charles Ier, Cromwell prend le pouvoir. Jimmy est tué lors de ces affrontements. Charity Hill tombe aux mains des rebelles. Helena fuit à Londres avec Alexander, un ami de Jimmy dont elle était secrètement amoureuse. Mais ce dernier appartient à un mouvement secret de résistance. Des heures difficiles s'annoncent pour Helena, qui connaîtra la prison puis l'exil avant de pouvoir enfin revenir en Angleterre après l'avènement de Charles II et prendre un nouveau départ.


- La châtelaine du Liban
de Pierre Benoit
Éditions Albin Michel / Mars 2012


Aventurière, espionne, Athelstane Orlof est l'archétype de la femme fatale, tout à la fois madone et ange de perdition, une de ces dévoreuses d'hommes qui enchantent les romans de Pierre Benoit. Egérie des cercles mondains du Beyrouth cosmopolite des années 20, l'énigmatique Anglaise, veuve d'un diplomate russe, collectionne les amants et multiplie les complots politiques, comme, un siècle plus tôt, la célèbre Lady Stanhope. Pris aux sortilèges de cette nouvelle "châtelaine du Liban", le capitaine Domèvre sacrifiera sa fiancée, sa fortune et surtout son honneur à celle qui est tout "ce par quoi la vie d'un homme vaut la peine d'être vécue, tout simplement".


- La demoiselle des Tic-Tac
de Nathalie Hug
Éditions Calmann Lévy / Mars 2012


Ses doigts crispés sur mon bras, Mutti halète en scrutant les rues désertes, les papiers qui virevoltent dans la fumée noire, les silhouettes fugitives, les volets claqués à la hâte. Je sens le cœur de Mutti cogner contre ma joue, ses doigts refermés sur mon bras meurtrissent ma chair, mais ce n'est rien en comparaison des mots que ces hommes nous ont crachés à la figure, nous sommes deux sales boches, tout juste bonnes à crever. Rosy et sa mère ont quitté Ludwigshafen en 1937 pour une vie meilleure en France, dans un petit village de Moselle. Or, personne n'a oublié l'annexion de 1871 et rares sont ceux qui leur tendent la main. Il est vrai que Mutti admire Hitler, méprise les curés, les Juifs et les fonctionnaires, et que Mein Kampf est son livre de chevet. Pour Rosy, dix ans, la vie n'est pas drôle tous les jours. Quand en 1940, Hitler s'empare de la Moselle, leurs conditions de vie s'améliorent. Pas pour longtemps. Entre novembre 1944 et mars 1945, alors que les Alliés pilonnent la région, Rosy et sa mère se terrent à la cave. Pour tenir, Rosy se raccroche à ses souvenirs, avec de maigres provisions et pour toute compagnie une petite poule et de drôles d'araignées aux pattes fines, que son oncle Edy, qu'elle aimait comme un père, surnommait les tic-tac.


- La gifle
de Christos Tsiolkas
Éditions 10-18 / Mars 2012


Lors d'un barbecue entre amis, un adulte gifle un enfant qui n'est pas le sien. Cet incident déclenche une réaction en chaîne, explosive, qui fait voler en éclats les faux-semblants et révèle avec la violence d'un boomerang le tableau implacable d'une société en pleine confusion. Provocant, urgent, impitoyable, un roman coup de poing, une révélation.


- La nuit de la 25e heure
de Edward Hogan
Éditions Les Grandes Personnes / Mars 2012


Dan, adolescent mal dans sa peau, passe ses vacances d'automne avec son père dans un complexe de loisirs, bungalows en forêt, vélos et piscine sous dôme. La mère est partie avec un autre, le père boit trop: ça ne va pas fort. Le garçon remarque alors Lexi, étrange jeune fille qui nage jour après jour dans l'étang glacial. Lexi est drôle, lui donne confiance en lui, mais est aussi terriblement mystérieuse. Qu'en est-il de ces bleus sur son visage, plus marqués à chaque rencontre? De ces blessures qui apparaissent à leur tour sur le corps de Dan? Et pourquoi la montre de la jeune fille égrène-t-elle les secondes à rebours? Pourquoi semble-t-il être le seul à la voir? Une seule chose est sûre: avant le passage à l'heure d'hiver, Dan risquera tout pour mettre au jour la menace qui pèse sur Lexi et briser le cycle de la terreur.


- La pluie et le beau temps
de Lily King
Éditions Presses De La Cité / Mars 2012


Nouvelle-Angleterre, dans les années 1970. À onze ans, Daley n'a qu'un héros, son père. Il est toujours prêt à faire les quatre cent coups avec elle, chante à tue-tête, court nu dans le jardin, tout ça pour la faire rire. Ce que Daley ne comprend pas encore, c'est que ce père qu'elle adore est alcoolique. Bientôt, sa mère demande le divorce, et chacun part vivre de son côté. Des années plus tard, Daley quitte l'université diplôme en poche et tout juste fiancée. Son frère l'appelle, affolé: leur père est au plus mal, elle doit revenir de toute urgence pour s'occuper de lui. Que choisira-t-elle: partir et fonder sa propre famille ou rester et soutenir celui qui fut son idole?


- La somme des jours
de Isabel Allende
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


Dans La somme des jours, Isabel Allende rassemble ses souvenirs et nous livre une partie de ses mémoires. Isabel Allende revient sur les années qui ont succédé la mort de sa fille, Paula, décédée d'une maladie incurable en 1991, s'arrête sur les moments clés de sa vie, exprime sa douleur de mère, sa fierté de grand-mère. C'est surtout le moyen pour elle de retrouver dans ces pages sa "tribu", cette famille qui l'a toujours entourée. Mari, parents, enfants, petits-enfants et amis avancent, fléchissent et se relèvent avec elle, au rythme des peines et des joies.


- La vie contrariée de Louise
de Corinne Royer
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mars 2012


Lorsque James Nicholson apprend l'existence d'une grand-mère qui vit en France, au Chambon-sur-Lignon, il est trop tard. Comme seul testament, Louise laisse à son petit-fils venu des États-Unis un cahier rouge, journal intime de sa jeunesse. Au fil des pages lues par Nina, serveuse dans le petit hôtel où il séjourne, l'Américain découvre que le village protégea des milliers de réfugiés sous l'Occupation. Pourtant, même les plus belles histoires recèlent leur part d'ombre et de mystère. De la liaison de Louise avec Franz jusqu'au terrible secret des enfants cachés, James plonge dans un passé familial où la barbarie bouscule l'innocence et l'amour. Nul ne peut tout à fait se soustraire à son destin, mais il appartiendra à Nina, la lectrice, de décider si toute vérité est, ou non, bonne à dire. Réminiscences du Liseur, désirs clandestins, sensualité de la lecture, La Vie contrariée de Louise est un suspense bouleversant.


- Le cerveau de Voltaire
de Franck Nouchi
Éditions Flammarion / Mars 2012


"Le cerveau de Voltaire l'attendait. Elle n'avait plus qu'à chercher. Un brin d'ADN suffirait. Après, il lui faudrait comparer avec un autre fragment prélevé sur le cœur. En cas de similitude, il n'y aurait aucun doute sur l'identité du cerveau entreposé à la Comédie-Française". Lorsque Voltaire meurt le 30 mai 1778, son corps est autopsié. Son cœur finit par échoir à la Bibliothèque nationale, son cerveau à la Comédie-Française. En 2011, la jeune Clélia, brillante généticienne, réussit pour la première fois à décrypter l'ADN du philosophe. Le soir même de l'annonce de ces résultats, le cerveau de Voltaire est dérobé par un mystérieux scientifique. Alors que l'équipe d'enquêteurs du commissaire Attias met tout en œuvre pour le retrouver, le voleur dévoile son projet insensé: cloner Voltaire de manière à ressusciter l'esprit des Lumières et lutter ainsi contre la médiocrité ambiante.


- Le cœur électrique
de Peter Stephan Jungk
Éditions Jacqueline Chambon / Mars 2012


Comment vivre avec un cœur qui sans arrêt s'emballe, cogne, se détraque, ne se laisse jamais oublier? Max David Villanders, dramaturge à succès, est né avec une malformation cardiaque: un trou entre les oreillettes. Il a été opéré à dix-neuf ans mais, trois décennies plus tard, il doit repasser sur la table d'opération et le danger est alors encore plus grand. Omniprésent dans la vie du héros, son cœurs ne se contente plus du rôle de serviteur muet. Cette revendication va si loin que tous deux décident d'écrire l'histoire de leur vie en commun. Il apparaît bien vite que c'est "le cœurs électrique" qui encourage Max à oublier sa femme et à tomber amoureux d'une jeune postière kabyle. Celle-ci est prête à répondre à l'amour de Max (et de son cœurs) s'il lui raconte et lui avoue toutes ses aventures amoureuses, sans exception.


- Le fiasco du labrador
de Margaret Atwood
Éditions 10-18 / Mars 2012


De Toronto à la campagne de l'Ontario, Nell a traversé le siècle la tête haute. Aujourd'hui, elle ouvre l'album photo de sa vie et se souvient: tour à tour sœur, fille, amante et mère. D'une nouvelle à l'autre se répondent anecdotes et moments cruciaux, tissant au final le patchwork inoubliable d'instantanés poignants et universels.


- Le glaive sans la balance
de Xavier Lameyre
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


Xavier Lameyre est juge, et il condamne. Seulement, il le fait avec mesure et en demandant des lois humaines. Que ce soit dans la peau de l'enseignant ou dans celle du magistrat, il a vu l'évolution d'une législation toujours plus sévère et toujours plus inefficace. Avec ce livre, il revient sur la politique punitive que mène l'Etat français depuis plus de vingt ans. Selon lui, on assiste, quelle que soit la couleur politique des gouvernements, à une inflation des peines. Elle s'accompagne de dérives à toutes les étapes de la procédure. La France se dote d'un arsenal juridique toujours plus fort, mais combien de lois votées sont réellement appliquées?  Combien de celles qui sont appliquées se révèlent utiles? Est-il vraiment utile d'aggraver les peines des délits les plus mineurs, au point de devoir inquiéter le citoyen ordinaire? Cette frénésie sécuritaire semble plus motivée par le désir de flatter l'opinion publique et la soif de médiatisation de certains politiciens. Dès qu'un crime fait trembler la télévision, un député se lève pour proposer une loi sévère, alors que, la plupart du temps, cette loi existe. Résultat paradoxal, la répression automatique engendre de nouvelles formes de délinquance, comme on le constate en matière de sécurité routière et de trafic de stupéfiants. Les peines planchers et l'emprisonnement systématique semblent n'avoir aucun effet positif sur les chiffres de la récidive. De sa réflexion, nourrie par l'expérience et des chiffres éloquents, Xavier Lameyre tire une conclusion alarmante, de ces lois bâclées, souvent inutiles, ne vient aucun résultat efficace et, c'est l'État lui-même qui sort pratiquement et moralement affaibli de cette politique indigne d'une République humaniste. Les indignations d'un modéré.


- Le grand cœur
de Jean-Christophe Rufin
Éditions Gallimard / Mars 2012


Dans la chaleur d'une île grecque, un homme se cache pour échapper à ses poursuivants. Il évoque sa vie hors du commun et tente de démêler l'écheveau de son destin. Fils d'un modeste pelletier, il est devenu l'homme le plus riche de France. Il a permis à Charles VII de terminer la guerre de Cent Ans. Il a changé le regard sur l'Orient. Avec lui, l'Europe est passée du temps des croisades à celui de l'échange. Comme son palais à Bourges, château médiéval d'un côté et palais Renaissance de l'autre, c'est un être à deux faces. Aussi familier des rois et du pape que des plus humbles maisons, il a voyagé à travers tout le monde connu. Au faîte de sa gloire, il a vécu la chute, le dénuement, la torture avant de retrouver la liberté et la fortune. Parmi tous les attachements de sa vie, le plus bouleversant fut celui qui le lia à Agnès Sorel, la Dame de Beauté, première favorite royale de l'Histoire de France, disparue à vingt-huit ans. Son nom est Jacques Cœur. Il faut tout oublier de ce que l'on sait sur le Moyen Âge et plonger dans la fraîcheur de ce livre. Il a la puissance d'un roman picaresque, la précision d'une biographie et le charme mélancolique des confessions.


- Le labyrinthe des désirs retrouvés
de Jean-Pierre Otte
Éditions Julliard / Mars 2012


Amours, fêtes et rencontres extravagantes dans les très secrètes catacombes de Paris. Sans cesse à la recherche d'aventures hors norme, Jean-Pierre Otte relate cette fois sa rencontre avec un groupe de jeunes "cataphiles", amateurs de visites clandestines des anciennes carrières souterraines de Paris plus connues sous le nom de Catacombes. Introduit dans ce petit monde de noctambules, il s'initie avec eux à un univers d'une richesse insoupçonnée. Peu de piétons de Paris soupçonnent ce qui se déroule en réalité la nuit sous leurs pieds. Bien sûr, il y a la partie ouverte au public, les visites en famille ou l'on s'extasie sur des tas d'ossements et des noms de rues gravés sur les murs, seuls repères dans cette géographie parallèle de la ville. Mais la majeure partie des Catacombes est fermée au public. Pourtant, depuis qu'elles existent, elles sont le lieu de réunions clandestines dont Jean-Pierre Otte retrace ici un pan de l'histoire. Utilisé sous l'Occupation par l'armée des ombres pour circuler discrètement d'un quartier à l'autre, voire s'y échanger des informations confidentielles, ce réseau souterrain a plus tard servi aux zazous pour y improviser de frénétiques soirées jazzy. En 68, situationnistes et anarchistes s'y croisent pour réinvestir la ville par l'art et/ou la politique, et dans les années 80, la scène punk-rock underground prend la relève en y donnant des concerts plus ou moins mémorables. De nos jours, de la performance artistique à la messe noire, en passant par la méditation solitaire, les pique-niques improvisés à la bougie, la réalisation de copies de fresques célèbres (par des étudiants des Beaux-Arts) ou les bains de minuit, les spectacles les plus étonnants y sont possibles. Plus inattendue encore, la littérature "cataphile", textes ou tracts produits par des initiés et semés au hasard, comme autant de rébus, au gré des différentes salles. Jean-Pierre Otte y découvre d'étranges fragments d'une fable érotique écrite sous un pseudonyme et dont il commence à chercher les parties manquantes. Cette histoire dans l'histoire sera le fil conducteur de son récit qui le conduira même à découvrir l'identité de son mystérieux auteur. Dans cet outre-monde qu'il explore, en dehors et à l'insu du monde, Jean-Pierre Otte continue de creuser la thématique de la marge qui lui tient tant à cœurs. Explorer de nouvelles contrées, interdites, secrètes, retranchées, lui permet aussi de se recréer une famille d'élection, composée d'individus tout aussi passionnés qu'insolites, dont il sait rendre le caractère par son sens de l'événement et de l'anecdote. Il porte sur ces baladeurs de l'obscur, à la fois confrérie et tribu, un regard semi-intrigué, semi-amusé d'anthropologue. Mais ce monde souterrain qu'il découvre n'est pas que le trivial envers du dehors. S'y aventurer signifie se révéler à soi-même, ou se régénérer, comme lors d'un rite initiatique, ou d'une expérience primitive de retour aux sources.


- Le livre des visages
de Sylvie Gracia
Éditions Jacqueline Chambon / Mars 2012


Durant une année, Sylvie Gracia s'astreint à publier régulièrement sur facebook une photo prise avec son téléphone portable, puis écrit la réaction spontanée que cette image fait naître en elle. S'invente alors au jour le jour une nouvelle forme du Journal littéraire où le plus intime surgit d'un étonnement, d'un éclat de colère, d'une peur d'être dévoilée, d'un désir soudain avoué. Ici, c'est le fragment, si consubstantiel à notre modernité, qui dévoile le réel, et la poésie la plus délicate comme la critique la plus féroce peuvent en naître. Ici l'instant est roi. Qu'il s'agisse du regard d'une femme de cinquante ans sur son propre corps, de la tendresse d'une mère pour ses filles, de l'appartement familier, d'un paysage urbain mais aussi d'idéologie ou de politique, l'œil est comme neuf, lavé, et même l'épreuve de la maladie, grâce à ce processus de distanciation, pourra peut-être se vivre autrement.


- Le manoir de Tyneford
de Natasha Solomons
Éditions Calmann Lévy / Mars 2012


Au printemps 1938, l'Autriche n'est plus un havre de paix pour les juifs. Élise Landau, jeune fille de la bourgeoisie viennoise, est contrainte à l'exil. Elle ne sait rien de l'Angleterre, si ce n'est qu'elle ne s'y plaira pas. Tandis que sa famille attend un improbable visa pour l'Amérique, elle devient domestique dans une grande propriété du Dorset, c'est elle désormais qui polit l'argenterie et sert à table. Au début, tout lui paraît étranger. Elle se fait discrète, dissimule les perles de sa mère sous son uniforme, tait l'humiliation du racisme, du déclassement, l'inquiétude pour les siens et ne parle pas du manuscrit que son père, écrivain de renom, a caché dans son alto. Mais la guerre gronde, le monde change et Élise l'insouciante est forcée de changer à son tour. Elle s'attache aux lieux, s'ouvre aux autres, se fait aimer et provoque même un scandale en dansant avec le fils du maître des lieux lors d'une soirée inoubliable au manoir. Il y a quelque chose d'enchanteur à Tyneford. Élise y apprendra qu'on peut vivre plus d'une vie et que l'on peut aimer plus d'une fois.


- Le passé continu
de Neel Mukherjee
Éditions JC Lattès / Mars 2012


Ritwik Gosh, 22 ans, ayant quitté sa ville natale de Calcutta après la mort de sa mère, décide de s'établir en Angleterre dans les années 1990 avec l'espoir de repartir à zéro. Mais pour cela, Ritwik doit commencer par donner un sens à son passé, et surtout exorciser les relations dévorantes qu'il a entretenues avec sa mère, et qui lui ont laissé tant de cicatrices. Ritwik va tenter sa chance à Oxford, puis à Londres, mais peu à peu son existence se délite dans les bas-fonds incertains de la ville, là où survivent les immigrants illégaux. Pour conjurer sa solitude, il s'évade dans l'écriture, et imagine la vie d'une Anglaise établie au Bengale, Miss Gilby, qui enseigne l'anglais, la musique et les bonnes manières occidentales à l'épouse d'un notable bengali, juste avant la partition de l'Inde. Ritwik est logé chez une vieille dame de 86 ans, Anne Cameron, fragile et blessée, qui lui offre l'hospitalité en échange de soins dont elle a besoin. Une nuit, dans les environs peu sûrs de King's Cross, Ritwik fait la rencontre du mystérieux Zafar bin Hashm, incroyablement riche, possible marchand d'armes. Ritwik pourra-t-il enfin trouver la rédemption à laquelle il aspire tant? Ce roman puissant, plein de compassion, écrit avec une implacable honnêteté, explore avec talent les liens qu'entretient le héros avec le réel et l'imaginaire.


- Le regard de crocodile
de Caroline Sers
Éditions Buchet Chastel / Mars 2012


"Le 31 juillet 2008, notre fils Thomas est mort. Il avait presque huit mois. En huit mois, il a passé deux jours à la maison. Le reste, à l'hôpital. Je n'ai pas envie de vous parler de la mort de Thomas, mais de sa vie. Les médecins nous avaient assuré qu'ils savaient traiter la malformation dont il souffrait. Nous désirions cette naissance et nous voulions les croire. C'est ainsi que Thomas est arrivé dans notre vie. Nous avons alors découvert le quotidien à l'hôpital. Et, dans cet univers étranger, nous sommes devenus les parents de Thomas. Le regard de crocodile, c'est ainsi que nous décrivions la façon qu'avait Thomas, dès son premier mois, de jeter des coups d'œil autour de lui, les paupières mi-closes, afin de déterminer qui était dans sa chambre: une blouse blanche, il refermait les yeux, notre blouse bleue, il les ouvrait". Le regard de crocodile est un livre de vie et d'amour. Avec pudeur, tendresse, Caroline Sers raconte les quelques mois qui ont bouleversé son existence.


- Le testament américain
de Franz Bartelt
Éditions Gallimard / Mars 2012


Le village de Neuville s'enorgueillit d'avoir vu naître, à la faveur d'un accident d'avion, l'illustre Clébac Darouin, milliardaire américain. Celui-ci est resté reconnaissant à ce coin de campagne de lui avoir permis de voir le jour, et il inonde le bourg de ses bienfaits. Son dernier cadeau est le plus somptueux: il offre par testament aux Neuvillois un cimetière hors normes. Chaque habitant y aura sa tombe, vaste comme une maison. La cité funéraire se bâtit à l'abri de murs, et chacun y a son petit palais de marbre. Le nouveau cimetière va bientôt attirer les journalistes (dont la jeune et trop excitante Anne-Marie), mais aussi quelques complications inattendues. On retrouve ici l'univers inimitable de Franz Bartelt, et son style formidable de précision, d'ironie et de roublardise.


- Les champs de bataille
de Dan Franck
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2012


Jean Moulin a-t-il été dénoncé parce qu'on craignait ses idées? Certains l'ont-ils livré aux nazis pour reconstruire, à la Libération, une France autre que celle qu'il espérait? Après la guerre, la justice a choisi de répondre "non" à ces questions. Par deux fois, le principal suspect, René Hardy, a été acquitté. Malgré les témoignages troublants, malgré les documents embarrassants. Décidé à comprendre ce qui se noua à Caluire, le 21 juin 1943, un juge à la retraite rouvre le dossier. René Hardy est donc convoqué par cet homme, pour un nouvel interrogatoire. Un face-à-face impressionnant, où l'on croise des grands résistants, des petites frappes, une femme sublime. Mais un face-à-face imaginaire. Ce magistrat cherche-t-il la vérité ou un sens à sa propre histoire? De la gare de Perrache aux geôles de la Gestapo, des couloirs du Palais de Justice aux rendez-vous secrets de la Résistance, les versions de chacun se confondent et se contredisent. Les héros et les traîtres sont attachants, secrets, romanesques. La vérité de Caluire, cette matière fissile, sortira-t-elle de ces confrontations? Le juge lui-même comprendra-t-il enfin son époque, et ses obsessions?


- Les démons de Berlin
de Ignacio Del Valle
Éditions Phébus / Mars 2012


Berlin, 1945. Les chars russes sont sur le point d'entrer dans la capitale bombardée. La défaite de l'Allemagne est imminente. La División Azul, corps de volontaires composé pour moitié de militaires franquistes et de phalangistes, a été rapatriée: seule une poignée de soldats espagnols continue de se battre aux côtés de l'armée allemande. Parmi eux, Arturo Andrade, jeune homme ambigu et fascinant, décide de rester à Berlin "pour voir". Pour scruter l'horreur et guetter les monstres qui l'entretiennent. Sa mission: identifier l'assassin d'Ewald Von Kleist, un scientifique chargé du programme atomique dont le corps a été retrouvé dans la chancellerie du Reich, avec dans une poche un faire-part de mariage pour le moins intrigant. Dans une Allemagne à l'agonie, Arturo Andrade, entouré des fidèles et drolatiques Manolete, Saladino, Ninfo, Ramiro, observe la dislocation du régime nazi, côtoie des savants dévoués à la fabrication de l'arme totale, rencontre l'amour et hante les ténèbres du cœur humain et celles de son temps. Un thriller historique et psychologique haletant.


- Les dents de ma mère
de Amandine Cornette de Saint Cyr
Éditions Plon / Mars 2012


Vingt-sept ans que ma Mère me phagocyte avec ses "je t'aime".
Vingt-sept ans qu'Elle me rabâche que la seule personne capable de m'aimer, c'est Elle.
Vingt-sept ans qu'Elle m'étrangle avec son cordon sur lequel je tire vainement. Mais là, c'est fini, j'ai trouvé le courage de le trancher.
Je vais faire ma vie loin d'Elle.
Avec un autre qu'Elle. Enfin…


- Les lumières de septembre
de Carlos Ruiz Zafón
Éditions Robert Laffont / Mars 2012


1937. La mort de son mari l'ayant laissée sans revenus, Simone Sauvelle accepte de quitter Paris pour occuper un emploi de secrétaire particulière en Normandie. Lazare Jann, son employeur, est un génial inventeur de jouets. Il vit dans une immense propriété en compagnie de sa femme, très malade, qui n'a pas quitté son lit depuis vingt ans. Passionnément amoureux d'elle, il la soigne personnellement. Simone Sauvelle, sa fille Irène, quinze ans, et Dorian, son jeune fils, sont immédiatement séduits par la grande gentillesse de Lazarus. Ils tombent aussi sous le charme de Cravenmoore, son extraordinaire demeure. Composée d'innombrables pièces et corridors qui se perdent dans l'obscurité, elle est peuplée de marionnettes qui semblent mener une existence indépendante. Hannah, la jeune domestique de Lazarus, devient vite l'amie d'Irène, à laquelle elle présente Ismaël, son beau cousin. Et très naturellement les deux adolescents tombent amoureux l'un de l'autre, tandis qu'une douce amitié rapproche Lazarus et Simone. C'est alors qu'une force criminelle prend possession de Cravenmoore, comme si l'amour et l'affection lui étaient insupportables. Ombre plus noire que les recoins les plus obscurs, elle tue Hannah, cherche à assassiner Irène et Ismaël, attaque Simone, Dorian et Lazarus. Pourquoi manifeste-t-elle tant de jalousie et de haine? Et quelles sont ses motivations? En trouvant dans un phare abandonné le journal intime d'une jeune femme disparue des années auparavant, Irène et Ismaël percent peu à peu le mystère de cette force désespérée. Et c'est dans une chambre isolée, au bout d'un long couloir gardé par des marionnettes possédées par une folie homicide, près d'une femme oubliée du monde depuis vingt ans, que les deux adolescents doivent aller traquer la vérité.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 16:26

- Gabriela, Girofle et Cannelle
de Jorge Amado
Éditions Stock / Février 2012


L'histoire commence en 1925 à Ilhéus, au Brésil. Nacib, Syrien et patron du bar Le Vesuvio, se voit abandonné par sa cuisinière, partie vivre avec son fils, alors qu'il doit s'occuper d'un important repas d'inauguration pour trente personnes. Dans l'urgence, il se voit obligé d'employer deux jumelles d'un certain âge, mais ne cesse de chercher la perle rare. C'est là qu'il rencontre la belle Gabriela, qui l'envoûte avec sa peau à l'odeur de girofle et de cannelle et qu'il embauche. Celle-ci ne tardera pas à devenir son amante et sa femme. Mais Nacib est un homme extrêmement jaloux et Gabriela une jeune femme libre et indépendante. Leur mariage résistera-t-il à l'inconstance? Pendant ce temps-là, Mundinho Falcao, un jeune Carioca qui s'est enrichi grâce à l'exportation, veut faire tomber Batos, un gouverneur peu recommandable. Au cours du repas, l'affrontement sera tacite mais ne tardera pas à se muer en véritable guerre de pouvoir.


- Héloïse est chauve
de Émilie de Turckheim
Éditions Héloïse d'Ormesson / Février 2012


"Tout le monde la voit. Elle hameçonne les hommes des trottoirs, des voitures, de tous les âges, des terrasses de café, guêpes posées sur sa beauté". Héloïse a cinq mois et une tétine dans la bouche quand elle tombe amoureuse du Dr Lawrence Calvagh. À treize ans, grâce intacte, corps incandescent, boucles blond vénitien, rouge à lèvres cerise, Héloïse a un appétit d'ogresse et l'avenir lui sourit. Pourquoi ne pas tout sacrifier pour une passion de contrebande, qui avant même d'être goûtée porte en elle cruauté et mélancolie? D'une liberté irrésistible, Héloïse croit au miracle amoureux et tord le cou des lois, une échappatoire à l'ennui et à la brutalité de la vie.


- Ils étaient tous mes fils
de Arthur Miller
Éditions Robert Laffont / Février 2012


Une banlieue américaine, un mois d'août de l'après-guerre. Joe Keller, grâce à son usine d'armement, affiche une réussite sociale emblématique du "rêve américain". Mais son fils Tom, pilote, est toujours porté disparu. Et Kate, sa mère, attend son retour. Quand leur second fils, Chris, décide d'épouser Anne, la fiancée de Tom, tout bascule, et la triste vérité éclate enfin: la réussite de Joe Keller est fondée sur un crime. En effet, vingt-deux pilotes, dont son propre fils, sont morts à cause de culasses défectueuses sorties de son usine. Et Joe, par lâcheté, a accusé le père d'Anne, son ancien associé, qui a été injustement jeté en prison. Reflet du climat social et économique de l'après-guerre, cette pièce témoigne des difficultés que rencontrent alors les Américains. Elle possède déjà tous les ingrédients qui feront la réussite des pièces ultérieures de l'auteur. Derrière les apparences de la banalité quotidienne d'une typique famille américaine, Arthur Miller nous fait voir une véritable tragédie.


- Introspections
de Rachel Seiffert
Éditions Robert Laffont / Février 2012


Dans ces onze nouvelles, majoritairement situées en ex-Allemagne de l'Est et en Pologne, des individus cherchent à se reconstruire. Alors que la chute du communisme a modifié radicalement l'équilibre auquel ils étaient habitués, les frontières ont bougé au sein même de leur personnalité. Les changements politiques et historiques ont déplacé les structures de l'intime. Des sentiments et des émotions meurent, d'autres naissent, dans un brouillage impalpable des identités. Au seuil de quelque chose qu'ils ne savent définir, les personnages tremblent, tel ce très vieil apiculteur, isolé des autres depuis des années, qui recueille un enfant malade surgi de nulle part. Cet enfant est-il une promesse de renaissance, comme le printemps qui fait une délicate apparition, comme la toute jeune démocratie? Ou, au contraire, comme la neige qui endort encore les abeilles, annonce-t-il la fin d'un monde et la mort?


- Je n'ai pas fini de regarder le monde
de David Thomas
Éditions Albin Michel / Février 2012


"Je ne sais pas pourquoi je raconte tout ça, sans doute parce que j'aimerais moi aussi savoir qui je suis". Un homme qui ne peut se passer des hurlements de sa femme, un autre qui se fait arrêter par la police juste pour fumer une cigarette au chaud, un petit monsieur sous une maîtresse de 192 kilos, une femme qui rêve de mettre KO son conjoint sur un ring. Avec ces 75 nouvelles, David Thomas s'invite une nouvelle fois dans les interstices de nos vies. Rien n'est épargné, notre ridicule, nos cruautés, nos faiblesses ou nos inavouables arrangements avec nous-mêmes. Mais qu'ils nous fassent rire ou nous serrent le ventre, tous ces personnages portent aussi en eux ce qui peut faire de l'humain un être attachant à côté de qui on a envie de s'asseoir.


- Je reviendrai avec la pluie
de Takeji Ichikawa
Éditions Flammarion / Février 2012


Depuis la mort de sa femme Mio, Takumi vit seul avec son fils Yûji, âgé de six ans. Il gère le quotidien et l'éducation de son fils du mieux qu'il peut. Une seule chose le fait tenir, la promesse faite par Mio qu'elle reviendrait avec la pluie. Le premier jour de la saison humide, cette promesse se réalise. Durant six semaines, le temps se suspend pour Mio et Takumi. En 2003, plus de trois millions de lecteurs japonais tombent amoureux de Je reviendrai avec la pluie. Suite à son immense succès, le livre a inspiré un film et une série télé encensés par la critique, ainsi qu'un manga sacré best-seller. Takuji Ichikawa défend une vision idéalisée de l'amour et met au service de cette histoire bouleversante une écriture d'une sensibilité rare, poétique et pleine de fantaisie.


- Je suis un phénomène
de Elisabeth Atkinson
Éditions Alice / Février 2012


Il y a cinq choses dont Faye Noman est certaine:
1) Sa mère n'a pas pris la peine de prononcer son nom à voix haute avant de l'inscrire au registre des naissances.
2) Ce problème serait moins important si elle ne mesurait pas déjà presque 1,80 m à seulement 12 ans.
3) Moins important, aussi, si sa mère ne s'obstinait pas à s'habiller comme une hippie et pouvait lui donner une réponse claire sur l'identité de son père.
4) Moins important, encore, si parler à quelqu'un de son âge ne lui semblait pas une tâche insurmontable.
5) Il existe certainement un endroit sur terre, quelque part, où elle se sent chez elle... non?
Cet endroit, Faye espère l'avoir trouvé le jour où une lettre arrive pour l'inviter à passer une semaine dans un camping, pour une grande réunion organisée par la famille de son père. Elle y découvrira que les principes d'éducation rien moins qu'originaux qu'a appliqués son excentrique de mère ont certains avantages, entre autres de lui avoir donné un esprit d'indépendance et la faculté de prendre des décisions. "Je suis un phénomène!" est un roman très nuancé qui invite à aller au-delà des apparences, pour se rendre compte qu'il n'y a en général pas qu'une seule interprétation des faits et qu'il est important de réserver son jugement. Beaucoup de situations ou d'anecdotes qui pouvaient sembler dans un premier temps très positives ou très négatives sont envisagées plus tard sous un tout autre regard. L'auteur nous dresse le portrait détaillé d'une adolescente très contrastée, à la fois maladivement timide et incroyablement mature. Sa seule amie a plusieurs années en moins qu'elle mais Faye gère sans problème le magasin de sa mère durant ses très fréquentes absences. Les listes pleines d'humour (et d'auto-dérision) qu'elle dresse pour ne pas trop angoisser devant une situation à laquelle elle n'est pas assez préparée à son goût contribuent à ce que le roman conserve un petit côté "léger" malgré la profondeur des personnages.


- Je trouverai ce que tu aimes
de Louise Doughty
Éditions Belfond / Février 2012


La vie de Laura Needham vient de basculer: Betty, sa fille de neuf ans, a été renversée par une voiture. Une mort rapide, violente, injuste. Peu à peu, Laura perd pied. Comment accepter la pitié de ceux qui ne pourront jamais comprendre sa douleur? Comment respirer lorsque tout son être étouffe? Et comment s'appuyer sur David, son ex-mari, lui-même en pleine tourmente? Laura est seule face à sa souffrance, à sa colère. Et elle ne veut pas d'aide. Aucune cellule psychologique ne pourra la détourner de cette pensée obsédante: faire justice. Car elle a fini par apprendre l'identité du conducteur. Emportée dans un engrenage de vengeance, de violence et de passion, Laura n'a plus qu'une idée en tête: trouver ce à quoi cet homme tient le plus. Et le lui arracher.


- L'avenir n'est pas écrit
de Ron Currie Jr.
Éditions Robert Laffont / Février 2012


Imaginez-vous, encore foetus, baignant dans le liquide amniotique. Imaginez à présent que, tandis que vous vous prélassez ainsi en toute insouciance, un oiseau de mauvais augure à la voix douce vienne vous souffler à l'oreille que trente-six ans et demi après votre venue au monde, une comète entrera en collision avec la Terre. Imaginez que l'annonce de cette tragédie vous échoie à vous, et à personne d'autre. De la révélation de ce malheur programmé, de ce cauchemar aussi inconcevable qu'inadmissible, Junior Thibodeau, cadet d'une famille modeste du Maine, est le dépositaire unique: bientôt toutes les choses prendront fin. Junior appartient-il à cette catégorie de fous atteint de paranoïa aiguë qui prophétisent pour demain la fin du monde? Et s'il n'est pas fou, à quoi bon grandir, aimer, à quoi bon tout simplement vivre? Comment supporter seul le poids d'un tel fardeau? Et en quel sens agir pour empêcher, si c'est encore possible, l'inexorable d'advenir? Si L'avenir n'est pas écrit s'ouvre par le chapitre 97, au lieu du chapitre 1 attendu, c'est bien entendu que le compte à rebours a déjà commencé. Sur la base de ce postulat glaçant et vertigineux, Ron Currie, Jr. Dévide le fil d'une intrigue diaboliquement construite autour d'un surdoué solitaire et incompris, en butte à l'incrédulité d'une humanité qui, confrontée à l'imminence du cataclysme, se refuse malgré tout à regarder la réalité en face. Sans jamais se départir d'une ironie souvent mordante mais toujours marquée par une profonde empathie, Ron Currie, Jr. nous invite in fine, à travers ce roman iconoclaste, à considérer la vie pour ce qu'elle est: le plus inestimable des trésors.


- L'eau noire
de Fabrice Gaignault
Éditions Stock / Février 2012


Un yacht luxueux appartenant à un financier sur lequel embarquent neuf invités pour une croisière qui doit les mener de Saint-Tropez aux îles italiennes. Parmi les convives, un journaliste-écrivain embarqué pour achever les mémoires du maître à bord, et son amie, dévastée par un drame qui les unit et les sépare dans un même mouvement de passion et de destruction. Il y a aussi cette actrice américaine trop parfaite et son amant insipide, ce célèbre chirurgien plastique affirmant avoir rajeuni la moitié de la planète "people", cet ex-manager de rock toxicomane et sa femme, adeptes enthousiastes de l'urinothérapie, sans oublier ce couple de vieilles vipères crachant leur venin sur tout ce qui bouge. Les jours et les nuits s'enchaînent, entre huis-clos tendus, séances de ragots amusants, fêtes somptueuses, dîners animés, virées à terre, pics de folie et abysses d'ennui. La mer joue aussi sa partition, tendre et violente, bleue et si noire. Des corps de clandestins naufragés viennent bientôt enrayer la mécanique parfaite de cette petite société coupée du monde. Les tensions et les exaspérations, les antipathies grandissantes entre certains, font peu à peu sombrer la belle croisière dans un cauchemar où les affrontements verbaux le disputent aux menaces diffuses plus radicales au fur et à mesure que les côtes africaines se rapprochent.


- L'herbe du diable et la petite fumée
de Carlos Castaneda
Éditions 10-18 / Février 2012


Arizona, 1961. Alors qu'il est étudiant en anthropologie de l'université de Los Angeles, Carlos Castaneda rencontre don Juan Matus, un indien Yaqui de la province de Sonora. L'homme de savoir, étrange sorcier, l'initie au chamanisme en lui dévoilant l'envers du monde et la manière d'apprivoiser la racine Datura Inoxia: l'herbe du diable.


- L'insolent
de Maxence Caron
Éditions Nil / Février 2012


Molière vient de monter Le Misanthrope. Alceste est furieux, humilié, déshonoré. Lui, l'être au goût exquis, le véritable aristocrate du savoir, le défenseur des vertus foulées au pied par flatteurs et courtisans, le gentilhomme infiniment supérieur aux petits marquis que cette diablesse de Célimène a le culot de lui préférer. Voilà qu'on ose le railler sur scène? Hésitant toujours à partir au désert, Alceste se tourne, en désespoir de cause, vers son maître en misanthropie, un maître éternel, qui a tout vu, tout entendu, tout senti, et de tout temps, sans deviner que ses jérémiades vont provoquer un torrent de fureur. Outré par les simagrées de son ancien élève, Maxence Caron s'énerve et songe d'abord à les ignorer: après tout, pourquoi un misanthrope émérite viendrait-il au secours de qui que ce soit? Difficile, cependant, de ne pas saisir cette trop belle occasion de dire à un disciple en herbe ce qu'est la misanthropie, loin de toute caricature. Il est temps de montrer à ce pauvre Alceste que le monde est encore plus ridicule, corrompu, encore plus nigaud que la cour de paons désignée par Molière, et que le désert ne peut servir de refuge à celui qui ne renonce pas à croire en l'humanité. Car tout est là: un misanthrope, un vrai, ne déteste les siens que parce qu'il conserve préalablement en lui la plus haute idée de l'esprit humain, une foi en la beauté, la douceur, l'harmonie et la sagesse. Pour parvenir à retrouver cette image de la perfection humaine, à comprendre d'où elle provient, le misanthrope devra regarder droit dans les yeux les horreurs de la société ou il est né. En somme, pour accéder au Paradis, encore faut-il avoir désigné ou se situe l'Enfer et s'être patiemment imbibé de l'enseignement d'un purgatoire. Prenant Alceste par la main, Maxence Caron le mène dans une nuit de Walpurgis ou défilent les figures grimaçantes d'artistes, d'écrivains ou d'hommes politiques infiniment plus nocifs que ceux qu'Alceste a condamnés sur la scène du Misanthrope. Une fois décillé, Alceste sera prêt à comprendre le rôle élévateur de la musique et à s'approprier ses symboles, pour savoir entendre et écouter d'invisibles beautés, grâce à Liszt, Schubert, Beethoven et Bach, qui réconcilient l'entendement et la sensibilité dans l'âme du misanthrope le plus aguerri. Alors seulement, la misanthropie devient un art, un exercice humaniste hors des circonstances, parfaitement ontologique, et même un droit divin. Car en profondeur, la joie et la misanthropie ne sont pas opposées.


- La belle année
de Cypora Petitjean-Cerf
Éditions Stock / Février 2012


À onze ans, Tracey vit à Saint-Denis, entre la cité des Quatre Mille et la cité des Cosmonautes. Elle déteste son beau-père, Takashi, un Japonais qui essaie d'apprendre à parler le français, et entretient des relations compliquées avec sa mère Elizabeth. "Me gâcher la vie, c'est tout ce que tu sais faire!" hurle-t-elle deux à trois fois par jour, avant de gifler sa fille. Tout semble pouvoir durer ainsi invariablement. Pourtant, en septembre, Tracey entre au collège et les choses changent. Pour commencer, elle crée sa propre religion, le Culte du Chiffre Huit. Ensuite, elle a une petite sœur, Saïa, dont elle s'occupe beaucoup. Et surtout ses rapports avec les autres, son père, sa mère, Takashi, sa grand-mère, son meilleur ami Cosimo, se transforment. Elle se lie même avec un garçon nommé Rabah qu'elle détestait jusque-là. Ensemble, ils arpentent pendant de longs mois Saint-Denis, leur ville pleine de tours, de barres et d'espaces verts. Le temps de quatre saisons, d'une belle année, la vie de Tracey se métamorphose.


- La biche ne se montre pas au chasseur
de Éloïse Lièvre
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Février 2012


Une jeune femme veut un enfant. L'enfant ne vient pas. Le désir la déchiquette à belles dents. Elle veut comprendre, il doit bien y avoir une explication, une bouée rationnelle, physique, à laquelle se raccrocher. Dans sa quête, elle rencontre successivement une ogresse lilliputienne, une gentille patricienne paresseuse, un ours plaisantin, un fana des jeux vidéo in utero, des cyber-sirènes, et les affres de la normalité. Tout va malheureusement bien. Alors elle décide de prendre sa tête au sérieux et de chercher dedans. Dedans, il y a un souvenir de grand-mère, des chiens, des chats, des chevaux, et un événement, quand elle avait quinze ans. C'est une épopée gynécologique miniature, une exploration de l'intimité féminine du désir d'enfantement, suivie d'un bestiaire introspectif où l'on voit que la sexualité des jeunes filles s'apprend chez les animaux.


- La confession d'un bâtard du siècle
de Ludovic Janvier
Éditions Fayard / Février 2012


Il a hérité de son père inconnu un teint pâle et des cheveux clairs et sa mère est antillaise. "Vous êtes sûrs qu'il est de moi?". Ce n'était pas un bon début. Dans la France en guerre, tantôt à Paris, tantôt en Gironde, bègue, il tâche de grandir, seul, ou même pas, car sa mulâtre absente quand ça lui chante essaie de temps en temps de lui faire croire qu'elle est sa mère. Mais s'il fait une bourde elle lui jure bien qu'elle lui pardonne, et lui promet un baiser pour qu'il s'approche à portée de gifle. Mulâtre et traîtresse. Jeune homme il rêve d'être boxeur. Pourtant ce n'est pas la violence qui domine en lui. Un jour, à l'étude, ses devoirs achevés, le voilà qui prend sa plume. Et il écrit. Jubilation de "se voir d'en haut". Dès lors il sait qu'il ne sera plus jamais seul de la même façon. À côté de lui se tient sa propre voix qui le fait sourire.


- La deuxième personne
de Sayed Kashua
Éditions de l'Olivier / Février 2012


L'Avocat, un homme de loi arabe, installé dans la partie juive de Jérusalem, découvre dans un livre d'occasion un billet d'amour écrit de la main de sa femme. Son destinataire? Sans doute ce "Yonatan" dont le nom figure sur la page de garde. Cette découverte fait naître en lui une jalousie impossible à maîtriser et le pousse à négliger son cabinet prospère pour retrouver celui qu'il soupçonne être l'amant de sa femme. Parallèlement à son enquête, on suit le parcours d'un jeune Arabe, Amir Lahav, assistant social, engagé pour s'occuper d'un jeune homme, paralysé, réduit à l'état végétatif à son domicile, qui s'appelle Yonatan. Un glissement d'identité s'opère peu à peu: Amir Lahav, l'Arabe, devient Yonatan Forschmidt, Juif ashkénaze, "bien sous tous rapports" et photographe de talent.


- La favorite du sultan
de Jane Johnson
Éditions Presses De La Cité / Février 2012


Royaume du Maroc, XVIIe siècle. Accusé à tort d'un meurtre, l'eunuque Nouss-Nouss, doit, pour avoir la vie sauve, s'acquitter d'une mission: convaincre Alys, une jeune Anglaise que le sultan destine à son harem, de se convertir à l'islam. Farouchement attachée à sa religion, la captive risque la mort si elle ne se plie pas aux désirs du sultan. En lui racontant sa propre histoire, Nouss-Nouss parvient à émouvoir la jeune femme, qui accepte de se convertir. Entre ces deux êtres naît une profonde amitié, qui se transforme rapidement en amour. Mais, devenue la favorite du sultan, Alys appartient dorénavant à un homme et un seul, le plus puissant du royaume.


- La fille de braises et de ronces
de Rae Carson
Éditions Robert Laffont / Février 2012


À 16 ans, Élisa est devenue malgré elle l'Élue et l'unique porteuse de la Pierre Sacrée. Bien qu'elle porte le joyau à son nombril, signe qu'elle a été choisie pour une destinée hors normes, la princesse Élisa a déçu les attentes de son peuple: la population de son royaume ne voit en elle qu'une jeune fille paresseuse, inutile et enveloppée. Le jour de ses 16 ans, son père l'envoie dans un lointain royaume afin de retrouver son futur mari, un bel homme de vingt ans son aîné. Mais ce dernier refuse finalement de la reconnaître comme sa femme. Dévastée par la tristesse, Élisa décide alors de prendre son destin en main et de découvrir quelle est sa mission. Alors qu'une armée menée par des êtres aux pouvoirs effrayants s'apprête à envahir et détruire son nouveau royaume, et que chacun à la cour tente de la manipuler, Élisa prend conscience que, non seulement sa vie, mais aussi le monde entier sont en danger. Comment une jeune fille qui ne connaît rien aux arcanes politiques, et tout aussi ignorante des choses de l'amour, pourrait être l'Élue qui sauvera l'humanité? Élisa doit découvrir au plus vite l'histoire mystérieuse et les pouvoirs de la Pierre Sacrée, avant que l'ennemi ne vienne lui dérober le joyau qui orne son ventre et la prive de son héroïque et tragique destinée.


- La liste de mes envies
de Grégoire Delacourt
Éditions JC Lattès / Février 2012


Jocelyne, dite Jo, rêvait d'être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n'a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c'est Jocelyn, dit Jo, qui s'est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l'épouse) a courbé l'échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu'au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff'Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être.


- La symétrie ou les maths au clair de lune
de Marcus du Sautoy
Éditions Héloïse d'Ormesson / Février 2012


Qu'y a-t-il de commun entre un flocon de neige, une mosaïque et un rayon de miel? Leur symétrie, source constante de fascination pour les mathématiciens depuis des millénaires. Car au-delà de ce que l'œil perçoit, au-delà des illusions d'optique et des mirages, des nombres invisibles unissent tous ces curieux objets symétriques. Avec l'humour pour sésame, Marcus du Sautoy nous entraîne dans la prodigieuse histoire de ce pan des mathématiques. Il nous raconte les impasses et découvertes fulgurantes de ces chercheurs, les Escher, Gauss, Cauchy, acariâtres parfois, excentriques souvent, autistes même, qui se sont battus pour trouver les clés de ces équations. Voyage insolite au cœur du langage intrigant de la symétrie, cet essai déchiffre une science qui tente de percer les secrets de la nature, la beauté et la complexité du monde.


- La terre du bout du monde
de Tamara McKinley
Éditions L'Archipel / Février 2012


Cornouailles, XVIIIe siècle. Susan Penhalligan accepte d'épouser le révérend Ezra Collinson pour sauver sa mère et son frère Billy de la misère. Mais son cœurs est tout à Jonathan Caldwaller, parti courir les mers à bord de l'Endeavour. Quinze ans plus tard, Billy est déporté en Australie pour vol. De leur côté, Susan et son mari partent s'installer à Botany Bay, à quelques kilomètres du futur centre de Sydney. Ils y découvrent le nouveau monde ainsi que ses habitants, les aborigènes. La vie suit son cours, malgré les difficultés économiques. Ernest et George, les enfants de Susan, deviennent fermiers, Billy, enfin libéré, se marie. Susan, dynamique et généreuse, se démène pour le bonheur des siens, dont celui d'Ezra, qu'elle a appris à aimer. C'est alors que Jonathan, l'ancien amant de Susan, fait sa réapparition.


- Le canyon
de Benjamin Percy
Éditions Albin Michel / Février 2012


Echo Canyon, un lieu encore sauvage de l'Oregon, menacé par les activités humaines. Mais aussi un lieu de souvenirs conflictuels entre Justin Caves et son père Paul, qui n'ont jamais entretenu une relation facile. Quand Paul propose à Justin d'y faire un dernier week-end de chasse, celui-ci accepte, espérant remettre les choses à niveau entre eux deux. Il décide même d'emmener Graham, son fils, afin que les trois générations soient réunies. Au fur et à mesure que le week-end avance, Justin subit la pression et les moqueries de son père, le poids de l'effort physique et ressent la présence évidente d'une menace. Une seule chose l'obsède: respecter la promesse qu'il a faite à sa femme. Ramener son fils sain et sauf.


- Le chef est une femme
de Valérie Gans
Éditions Flammarion / Février 2012


Graciane a des recettes pour tout sauf pour l'amour. Son métier: chef étoilé. Divorcée, deux ados, un garçon et une fille, qu'elle élève seule à Paris. Elle vient de Sarre, petit village des Pyrénées au-dessus de Saint-Jean-de-Luz. La petite quarantaine, elle est jolie, rousse, un peu ronde, son corps respire la gourmandise…Elle aime la vie, la bouffe, les fleurs, le vin, elle a un sourire éblouissant. Parfaitement bien dans son 40 et son 95 C, elle n'attache aucune importance à ses premières rides. Elle assume l'âge qu'elle a, pas de quête de jeunisme, au contraire: le corps, c'est comme le vin, il se bonifie avec le temps. C'est une sensuelle, une généreuse de corps et d'esprit. Elle a un humour décapant qui peut parfois déstabiliser. Elle ne résiste pas à un bon mot ou à une répartie un peu cinglante, elle n'a pas la langue dans sa poche et dit ce qu'elle pense.


- Le défaut du ciel
de Philippe Renoncay
Éditions Phébus / Février 2012


"- Je suis content que tu sois là, même si tu m'as trahi". Peut-on transformer le passé? Effacer les blessures et les hontes intimes ou collectives en réécrivant l'Histoire? Être un Dieu finalement au milieu des mortels. Deux amis longtemps liés par une relation fusionnelle s'étaient perdus de vue à la suite d'un accident bizarre. Si le temps a coulé, la blessure demeure. Des années plus tard, sollicité par la famille pour retrouver le premier mystérieusement disparu, le second entre de nouveau dans la vie de l'absent. Le Bien et le Mal. L'amour et la haine. Ce qui est réel et ce qui ne l'est pas. Le Défaut du ciel déroule la quête d'un homme qui, en cherchant la vérité d'un autre, rencontrera celle de la guerre d'Indochine et de ce qu'il advint d'un village, une nuit, perdu au beau milieu de la jungle.


- Le diable de Radcliffe Hall
de Stéphanie des Horts
Éditions Albin Michel / Février 2012


Elle est américaine. Elle a vingt ans tout juste, une peau laiteuse et des rondeurs conséquentes. Maisie Kane est aussi et surtout fabuleusement riche et bien décidée à trouver un époux sur le vieux continent. En 1953, au Savoy à Londres, elle croise le chemin des Radcliffe, aristocrates aussi lancés que dépravés, aussi cruels que parfaitement amoraux, dont elle devient très vite, du moins, le croient-ils- le jouet. Car Miss Kane n'a pas fini de faire parler d'elle chez les heureux du monde. Un roman délicieusement pervers et loufoque qui ménage jusqu'à la fin un savant suspense.


- Le Docteur Thorne
de Anthony Trollope
Éditions Fayard / Février 2012


Le Docteur Thorne, qui a valu à Anthony Trollope son plus grand succès, constitue (en 1858) l'une des premières apparitions dans le roman anglais du personnage du médecin, appelé à un bel avenir littéraire. Les rapports entre le mariage et l'argent, dans une société inégalitaire mais mobile, sont au cœur d'une intrigue attachante. Le docteur Thorne, célibataire endurci, a recueilli chez lui sa nièce Mary, orpheline, qui est devenue une belle jeune fille. Il souffre de la voir mise à l'écart par la bonne société du village, du fait qu'elle est de naissance obscure et sans fortune. Elle ne saurait épouser celui qu'elle aime, Frank Gresham, un jeune héritier désargenté qui l'aime également, mais dont le devoir est d'épouser "une fortune" pour sauver le domaine familial hypothéqué. Trollope nous offre ici un magnifique roman d'amour, qui se distingue, comme toujours, par la richesse psychologique de ses personnages, l'intérêt de son étude de mœurs et son inspiration aimablement satirique.


- Le garçon d'à côté
de Katrina Kittle
Éditions Phébus / Février 2012


Dans une banlieue tranquille du Middle West, une fracassante nouvelle vient mettre à mal le fragile équilibre que Sarah Laden essayait de maintenir avec ses enfants, Nate et Danny, depuis la mort de son mari. Les Kendrick, ses voisins, sont accusés de pédophilie. Elle pensait les connaître, elle les appréciait. Courtney Kendrick était même une amie, une vraie. Mais que savait-elle réellement de ce couple? L'horreur était sous ses yeux, pourtant Sarah n'a rien vu, rien senti. En décidant d'accueillir chez elle leur fils Jordan, victime d'abus, c'est toute la famille de Sarah qui doit changer de regard pour comprendre l'inconcevable. Les voix puissantes de Sarah, Nate et Danny alternent avec fluidité, et tour à tour, l'adulte, l'adolescent et l'enfant tentent de réinventer leurs rôles respectifs et leurs certitudes pour redonner à Jordan goût à la vie et l'aider à grandir.


- Le mal d'Algérie
de Jacques Duquesne
Éditions Plon / Février 2012


C'est l'histoire d'un jeune professeur qui veut savoir comment son père, cultivateur, a combattu en Algérie. Et qui va de découverte en découverte. C'est aussi l'histoire d'un poste de soldats français presque isolé dans une zone montagneuse. Et c'est encore l'occasion d'une réflexion sur la violence et le mal. Mais c'est d'abord un roman.


- Le Miracle
de Ariel Kenig
Éditions de l'Olivier / Février 2012


Une ancienne camarade de classe contacte le narrateur, devenu écrivain, via Facebook et lui propose de lui transmettre des photos confidentielles du fils du président en vacances au Brésil. Alors que celui-ci était censé avoir "miraculeusement" échappé à une coulée de boue, les clichés révèlent qu'il se la coulait luxueusement et doucement sous les palmiers. Dès lors: que faire de ces clichés? Comment en profiter? Les vendre à la presse people? Mais quelle histoire leur faire raconter? Et s'il n'y avait finalement rien à en dire? S'ils ne signifiaient que l'insignifiant?


- Le porte-monnaie
de Ali Mansour
Éditions Fayard / Février 2012


Un adolescent endosse le rôle de chef de famille laissé vacant par son père; une mère accablée par le poids de la tradition veut se venger de tous les hommes, même de son fils; une grand-mère ne se raccroche à l'existence que par tendresse pour les siens; un commissaire de police cruel réinvente la vie de ceux qu'il interroge comme sur la scène d'un macabre théâtre; une bande d'écoliers s'enivre du vin interdit de la liberté. À Tunis, autour d'un porte-monnaie volé, une poignée d'hommes et de femmes confrontent leurs désirs brimés, leurs aspirations bafouées, leurs rêves inaccomplis. Que faudra-t-il pour faire renaître l'espoir dans un pays où la dictature et la misère se conjuguent pour faire régner l'arbitraire? Ali Mansour est tunisien. Il est le fils d'un docker, décédé aujourd'hui.


- Le voyage de Kokochkin
de Hans Joachim Schädlich
Éditions Jacqueline Chambon / Février 2012


On est en 2005. Fiodor Kokochkin, un alerte nonagénaire, professeur émérite de biologie, retourne à New York sur le luxueux Queen Mary après un dernier voyage en Europe où il est allé revoir encore une fois les lieux de son enfance et de sa jeunesse. Des lieux chaque fois moins reconnaissables, comme si le temps, en détruisant les traces de son passé, effaçait peu à peu l'histoire de sa vie. Une vie d'errance, de Saint-Pétersbourg, où son père est assassiné par les bolcheviks, jusqu'à Prague, dernier refuge avant les États-Unis, que l'arrivée au pouvoir des nazis a rendu bien précaire. Auparavant, il a croisé Bounine à Odessa, Berberova à Berlin, et tous ces anonymes qui les ont aidés, sa mère et lui, à survivre. Cette double fuite devant les deux régimes totalitaires les plus sanglants du XXe siècle, évoquée dans l'atmosphère faussement rassurante du grand paquebot, donne à ce roman une profondeur légère qui est la marque du grand écrivain qu'est H. J. Schädlich.


- Les blessures invisibles
de Nicholas Evans
Éditions Albin Michel / Février 2012


Rejeté par des parents trop âgés, enfermé dans un horrible pensionnat, Tom Bedford pourrait être un personnage de Dickens. Son seul échappatoire: rêver de cowboys et d'Indiens. Le jour où Diane, sa sœur aînée et star montante du cinéma, épouse Ray Montane, acteur vedette d'une série western, tout semble alors s'éclairer pour le petit garçon qui part rejoindre le couple en Amérique. Mais à Hollywood, le bonheur est souvent de courte durée. Il faudra bien des années et un nouveau drame pour que Tom se résolve enfin à affronter ses démons, ses blessures invisibles.


- Les dames de Grâce Adieu
de Susanna Clarke
Éditions Robert Laffont / Février 2012


Ne vous laissez pas prendre au charme paisible de la campagne anglaise. Un pont ancien ou une trouée dans un bosquet peuvent être autant de passages pour l'Autre Pays, ou vivent les fées. De nombreux mortels s'y sont égarés, parfois sans espoir de retour. À cheval entre notre monde et l'Autre Pays vivent les magiciens. Et les magiciennes. Malicieuses, cachottières et impertinentes sous leur apparente modestie, elles s'opposent à la magie masculine qui, comme celle de Jonathan Strange & Mr Norrell, combine l'arrogance à la violence. Elles créent sous la surface du réel des ondes d'émotions, troublent délicatement l'ordre des choses, modifient imperceptiblement le sens commun. Les dames de Grâce Adieu sont trois. Pour protéger leur relative liberté, elles explorent avec délices les maléfices interdits. Leur consœur, dans un autre lieu et un autre temps, use de toute sa ruse pour se débarrasser des soupçons d'un mari malcommode. Et quand le duc de Wellington entre dans l'Autre Pays pour récupérer son cheval, est-ce à une fée ou à une magicienne qu'il doit se confronter? Les ruses de la gardienne de Marie Stuart, prisonnière sur ordre d'Élisabeth Ière, sont-elles réellement celles d'une humaine? Quant à Mrs Mabb, qui aime trop les beaux militaires, surtout s'ils sont fiancés à une autre, elle se heurtera à la joyeuse, et très efficace, cruauté de sa rivale.


- Les petites mères
de Sandrine Roudeix
Éditions Flammarion / Février 2012


Concepción, Fernande et Babeth. Trois femmes d'une même famille, trois femmes abandonnées par l'homme qu'elles aimaient, trois femmes qui ont élevé seules leur fille. Ce sont elles, les petites mères, comme les surnomme Rose. Rose qui, justement, vient dîner ce soir pour leur présenter son fiancé. Rose, la fille de Babeth, qui est partie vivre si loin, depuis si longtemps. Son retour réveille le passé, et avec lui la peur, les malentendus. Le repas approche et chacune des petites mères revisite son histoire en espérant que Rose se marie et échappe à la fatalité familiale. Mais Rose, elle, qu'espère-t-elle? Comment se construire en tant que femme quand on a grandi dans un univers matriarcal où la dureté et l'incompréhension remplaçaient trop souvent la tendresse et la solidarité? Dans ce portrait de famille, Sandrine Roudeix raconte les vies de ces femmes sans hommes et explore avec beaucoup de subtilité la complexité du lien maternel, et la nécessité de s'en défaire pour être libre, enfin.


- Les souvenirs sont au comptoir
de Angelo Rinaldi
Éditions Fayard / Février 2012


Les souvenirs sont au comptoir continuent l'autopsie d'une société qui n'a plus de hauteur que celle de ses étages, de ses liasses, de ses talons ou de ses prétentions, se repaissant de son propre spectacle quand, en contrechamp de ce théâtre, de ses poncifs et de ses trompe-l'œil, la remémoration d'une enfance humble autour d'un bistrot-lupanar de province jette les éclats d'une nostalgie relevée d'humour et de tendresse. Conti, qui fut cet enfant, est le célibataire vieillissant qui, entre les jardins du Palais Royal, l'entrée du théâtre, la terrasse d'un café, embrasse d'un ample maelström mémoriel un tourbillon de scènes trouvant son axe autour d'une cérémonie d'anniversaire donnée naguère dans un restaurant chic du quartier pour les quarante ans de son ami anglomane et homosexuel. Le fameux dîner est comme ces scènes d'opéra où, en prévision du baisser de rideau et du salut qui l'accompagne, l'auteur a fait se rassembler acteurs principaux, seconds rôles et figurants. La férocité rinaldienne s'en donne à cœur joie pour camper des types imaginaires aux traits, pour certains, assez reconnaissables, mais avec, en contrepoint, cousins parigots des figurants de province, le petit peuple des grooms, larbins, gigolos et filles du trottoir, pigistes à la manque et poètes sans œuvre. Rinaldi reste un des rares à entretenir la flamme d'une littérature digne de ce nom, celle qui ne paraphrase pas le monde, mais le pare, avec des mots frottés comme des silex, d'un éclat qu'il n'avait pas ou que notre œil casanier ne voyait plus. Angelo Rinaldi, romancier et critique littéraire, est membre de l'Académie française. Il a reçu pour l'ensemble de son œuvre le prix Prince-Pierrede-Monaco.


- Latham
de Christine Lapostolle
Éditions Flammarion / Février 2012


Dans une exposition à Paris, une femme tombe sous le charme d'une photographie: un jeune homme fume une cigarette au loin sur les flots, sur un étrange radeau. C'est Hubert Latham, un des pionniers de l'aviation, dandy et aventurier du siècle dernier, perdant superbe qui échoua, sourire aux lèvres, dans la traversée de la Manche. Le "livre autour du rêve de voler" peut s'écrire. Les recherches de la narratrice autour de Latham, qui l'accompagne comme un ami intime, vont la conduire à Sangatte. Sangatte d'où Latham avait choisi de s'envoler, devenu aujourd'hui le symbole du destin contrarié, de l'impossibilité de traverser, du sort cruel des migrants condamnés à l'immobilité. À travers la figure romanesque de Latham, Christine Lapostolle nous livre une méditation empreinte de poésie et de nostalgie sur les rêves de liberté brisés et les destins humains.


- Lettre à Zohra D.
de Danielle Michel-Chich
Éditions Flammarion / Février 2012


Le 30 septembre 1956, Danielle Michel-Chich a cinq ans et déguste une glace en compagnie de sa grand-mère lorsqu'une bombe explose au Milk-Bar de la rue d'Isly à Alger. L'attentat fait un carnage dans ce café bondé à l'heure du retour de la plage, une veille de rentrée des classes. Danielle perd sa grand-mère, ainsi que sa jambe gauche dont elle apprend rapidement à se passer. Et sa tranquillité d'enfant, à jamais. Cinquante-cinq ans plus tard, le souvenir de ce moment violent semble intact. Danielle Michel-Chich écrit à Zohra Drif qui avait vingt ans lorsqu'elle déposa la bombe meurtrière, habillée en élégante jeune femme européenne et qui est aujourd'hui avocate à la retraite, toujours sénatrice, vice-présidente du Conseil de la nation et figure historique du FLN. "Je n'ai toujours pas de colère ni de rancœur. Ce que je veux en écrivant cette lettre, c'est me réconcilier avec l'émotion que je n'ai jamais eue. Pour qu'hier ne m'empêche pas de vivre aujourd'hui j'ai construit toute ma vie sur une version mezzo voce de l'histoire. Sans doute en ai-je suffisamment accompli aujourd'hui pour accepter le son de ma voix. À la veille du cinquantenaire de la fin de la guerre et de l'indépendance de l'Algérie, j'ai envie de faire entendre une voix discordante et autonome, sans pour autant alimenter le fond de commerce de l'aigreur ou d'un groupe partisan. Je n'ai pas pleuré hier; je ne vocifère pas aujourd'hui".


- Madame B., ma seconde mère
de Daniel Prévost
Éditions Cherche Midi / Février 2012


Daniel Prévost se retourne vers son passé, sa petite enfance et son adolescence, et nous dresse avec tendresse le portrait d'une femme qui, par sa présence bienveillante, lui fit don des rares moments de lumière de ses jeunes années. Cette femme, c'est madame B., comme il l'écrit pudiquement. Elle était la directrice de son école primaire. Pleine de bonté et de générosité, elle le sortit avec douceur d'un contexte familial délétère. Elle fut pour lui un refuge permanent. Et Daniel Prévost n'hésite pas à écrire d'elle qu'elle était une "sainte laïque".


- Madame Hemingway
de Paula McLain
Éditions Buchet Chastel / Février 2012


Chicago, octobre 1920. Dans la ville qui vibre sur les derniers airs de jazz de la Nouvelle Orléans, la douce Hadley Richardson rencontre un garçon de vingt ans, grand et svelte, cheveux noirs et yeux noisette, avec, sur la joue droite, une fossette irrésistible. Il s'appelle Ernest Hemingway et méduse l'assistance avec ses récits sur la Grande guerre dont il est rentré blessé à la jambe pour avoir tenté de sauver des vies en Italie. Hadley qui ignore tout du jazz mais joue Rachmaninov avec passion succombe à l'air bravache et aux regards de braise du jeune homme. Elle a vingt-huit ans. Mariés en un éclair, follement amoureux, les Hemingway embarquent le 8 décembre 1921 à bord du Leopoldina pour Paris la trépidante où ils se retrouvent vite au cœur d'une "génération perdue" d'écrivains expatriés qui compte déjà Gertrude Stein, Ezra Pound, James Joyce, F. Scott et Zelda Fitzgerald. Entre l'alcool qui coule à flots, la guerre des ego et la beauté des femmes qui l'entourent, Ernest travaille péniblement à ce qui sera bientôt Le soleil se lève aussi. Son premier roman lui apportera fortune et consécration. Mais à quel prix? Hadley, qui s'acharne à rester fidèle à ses valeurs, saura-t-elle répondre à ses exigences et rester sa muse, sa complice, son épouse, face à la belle et perfide Pauline Pfeiffer?


- Mauvais signe
de Bernard du Boucheron
Éditions Gallimard / Février 2012


"J'ai été projetée hors de la banquette par une embardée accompagnée d'un bruit terrifiant. Des objets-projectiles sortaient de partout. J'avais oublié je ne sais où un gros pot de miel qui est allé s'écraser contre le plafond. Le radio-compas, arraché de son support, a été lancé sur la banquette que je venais de quitter, à côté de l'endroit où se trouvait ma tête un instant auparavant. J'ai eu en un éclair la conscience de l'enjeu". Une femme, deux hommes. Elle aime son mari, qui la trompe et s'amuse d'elle. Elle méprise son amant, dont le désir est exaspéré par les humiliations subies. Une croisière à trois et la rencontre d'une tempête vont les révéler à eux-mêmes. On retrouve ici le style tranchant et glacial de Bernard du Boucheron, sa précision dans la description des passions extrêmes.


- Mon ami Jésus
de Lars Husum
Éditions JC Lattès / Février 2012


Je catapulte le cendrier contre sa tête et, bong, vise à la perfection, l'arme improvisée lui percute le crâne de plein fouet. Il reste d'aplomb mais, de douleur, se touche l'arrière de la tête. Que fait-on quand Jésus fait irruption chez soi, en pleine nuit, sans crier gare? Nikolaj n'y réfléchit pas à deux fois, il l'assomme. Après la mort de sa mère, célèbre chanteuse adulée dans le pays tout entier, Nikolaj entre dans une spirale de violence et d'autodestruction. Pendant dix ans, sa sœur aînée tente désespérément de le protéger de lui-même et du monde extérieur. Mais Nikolaj se bagarre avec tout ce qui se trouve en travers de son chemin. Jusqu'à ce qu'il rencontre un grand barbu en sandales. Cet homme-là le pousse à devenir meilleur.


- Montagnes d'une vie
de Walter Bonatti
Éditions Flammarion / Février 2012


Walter Bonatti, le célèbre alpiniste et explorateur italien, a marqué les esprits par ses ascensions incroyables et ses écrits. En 1996, il publie pour la première fois ses mémoires, dont chaque chapitre est consacré à l'une des montagnes qui a forgé son caractère et jalonné sa carrière: le Grand Capucin, le K2, les Grandes Jorasses, le Cervin, les sommets de Patagonie et le massif du Mont-Blanc, où Bonatti frôla la mort et sauva des vies. Il y explique également pourquoi il a mis fin à sa carrière en 1965 et s'interroge sur l'évolution de l'alpinisme. Walter Bonatti est décédé en septembre 2011. "L'aventure est un engagement de l'être tout entier et sait aller chercher dans les profondeurs ce qui est resté de meilleur et d'humain en nous. Quand le paquet de cartes n'a pas été truqué pour gagner à tous les coups existent encore le jeu, la surprise, l'imagination, l'enthousiasme de la réussite et le doute de l'échec. L'aventure".


- No man Iceland
de Damien Artero
Éditions Flammarion / Février 2012


Tombé sous le charme de l'Islande lors d'un premier périple, Damien Artero décide d'y retourner avec sa compagne et leur petite fille de neuf mois. Devenir parent n'a pas fait renoncer le jeune homme à ses voyages, et les voilà tous trois sillonnant le pays pendant plusieurs mois, une petite carriole accrochée au tandem. Un voyage à la rencontre des Islandais, si chaleureux derrière leur réserve apparente? Pas seulement. Damien Artero veut aussi découvrir les croyances de cette contrée mystérieuse et donner la part belle à l'imaginaire en partant à la découverte du "peuple invisible" (elfes et trolls). Émaillé d'anecdotes, de témoignages hauts en couleur, de paysages somptueux, No Man Iceland est un récit vivant et profond, qui invite à découvrir un pays méconnu, tout en s'interrogeant sur le sens et les difficultés du voyage en famille.


- Onze ans avec Lou
de Bernard Chapuis
Éditions Stock / Février 2012


Jean Dulac a huit ans quand il débarque avec sa famille dans un immeuble des boulevards circulaires à Paris. C'est l'année de la mort de Staline et du couronnement de la reine d'Angleterre. Les Dulac viennent de passer trois ans à Singapour où Lou, le père de Dulac, était l'attaché naval français auprès du gouverneur britannique. Une maison blanche au milieu des fleurs, avec cuisinier, chauffeur, femme de chambre, amah chinoise. Les enfants jouent au docteur et les adultes au tennis. À Paris, Dulac est dépaysé. Persuadé qu'il y avait un roi de France, il baragouine le français avec l'accent anglais. On l'inscrit dans un cours privé où les pères de ses copains sont comte, marquis, duc, prince et même maharadjah. Dulac est particulièrement indiscret. Il vit à l'affût des mystères de la planète Dulac. Il se poste à la porte derrière laquelle sa mère et quelques habitués fument l'opium. Peu à peu, Dulac découvre la face cachée des Dulac. Au fil du temps, des nuages apparaissent. La famille a du mal à joindre les deux bouts et à préserver un bonheur qui s'effrite. Jean persiste à lorgner la coulisse des adultes à ses risques et périls, au fil des parties de chasse ou des soirées d'opium. Refusé en sixième, envoyé chez une psychologue, il passe ses vacances chez des aristocrates, dans un château à la campagne. À l'automne, Lou se montre de plus en plus silencieux. Un deux janvier au matin, il se tue dans la cave de l'immeuble. Jean Dulac a passé onze ans avec Lou.


- Paroles de résistances
de Michel Piquemal
Éditions Albin Michel / Février 2012


Chaque époque suscite ses "indignez-vous", ses révoltes, ses batailles contre les injustices, l'arbitraire ou la volonté de soumission des pouvoirs. Une trentaine de textes parcourent ici le chemin des résistances contemporaines: contre le nazisme, l'apartheid, l'écrasement de la république espagnole, le coup d'état militaire chilien, l'arrogance des nantis. Pacifistes, peuples opprimés, ouvriers spoliés, opposants politiques réprimés, sans logis, d'innombrables résistants puisent une indomptable énergie pour ne pas laisser faire, ne pas courber l'échine, secouer les chaînes, désobéir aux injonctions de passivité, de silence ou de douillet endormissement. Ces textes engagés d'écrivains d'aujourd'hui ou d'hier (Martin Luther King, Rosa Luxemburg, Giono, Mahmud Darwich, Stéphane Hessel …) clament l'impérieuse nécessité de toujours se lever et faire face.


- Petit frère l'orage
de Marieke Aucante
Éditions Albin Michel / Février 2012


Mis au monde par un chirurgien incompétent, Denis est né "tout noir". Il est atteint d'une encéphalopathie gravissime, qui va se doubler au fil des ans d'une hémiplégie, puis d'une épilepsie chronique. La narratrice est sa sœur aînée. Elle a grandi avec le poids de ce handicap qui terrasse tous les membres de cette famille d'agriculteurs solognots. Pourtant, l'histoire de la cohabitation avec ce frère-boulet, avec tous les drames et les tracas quotidiens qui s'ensuivent, est une histoire pleine de tendresse pour cet être difforme et bouleversant "qui s'accroche à la vie comme l'écureuil à son arbre". L'auteur réussit le tour de force de nous faire parfois sourire et même rire malgré tout ce malheur: ce boulet de Denis devient presque léger, il devient notre petit frère. Et quand, il finit par disparaître à 51 ans, on comprend avec la narratrice que ce n'est pas là "un soulagement, la fin d'un cauchemar", comme le lui suggèrent des amis, mais la fin d'un bonheur. Comme elle, nous en étions arrivés à croire Denis éternel, il nous avait transmis son humanité salvatrice.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 16:18

- Saints et Pécheurs
de Edna O'Brien
Éditions Sabine Wespieser / Février 2012


Qu'elle évoque, dans Rois de la pelle, ces Irlandais venus à Londres creuser les canalisations, qu'elle explore le trouble de la sexualité chez une vieille logeuse dans Pécheurs, qu'elle suive la trace d'un activiste politique juste sorti de prison dans Fleur noire, qu'elle nous fasse partager, dans Georgette verte, les rêves déçus d'une petite fille invitée avec sa mère dans la plus jolie maison du bourg, ou qu'elle nous entraîne, avec Vieilles blessures, la dernière et la plus poignante des nouvelles de ce recueil, sur une île du Shannon dont le cimetière est l'enjeu d'une querelle familiale, Edna O'Brien, hormis avec Manhattan pot-pourri, haletante autopsie d'un coup de foudre, enracine son livre dans la terre d'Irlande. Tous de passion, de beauté et de chagrin contenus, ces onze textes courts sont autant de joyaux où le lyrisme de l'écrivain distille une sourde émotion. Son attention aux moindres détails, sa sensibilité exacerbée aux hommes et à la nature illuminent d'une grâce singulière les fortes histoires qui font le destin souvent tragique de ses personnages.


- Second tour ou les bons sentiments
de Isabelle Monnin
Éditions JC Lattès / Février 2012


"Vous étiez là pour mes vingt ans, accompagnez-moi pour mon passage à la cinquantaine. Nous ferons la fête le 5 mai 2012 à partir de 20 heures, et le lendemain, mes amis, nous gagnerons la présidentielle. Jipé". 5 mai 2012. Demain aura lieu le second tour de l'élection présidentielle mais ce soir, dans la fébrilité de cette attente, Jipé fête ses cinquante ans. Pour l'occasion, il a invité les amis de ses vingt ans, ceux avec qui il fêta aussi la victoire de François Mitterrand le 10 mai 1981. Parmi les hôtes excités par l'enjeu électoral, Pierre et Jeanne. Ils ne se sont pas vus depuis trente ans mais n'ont rien oublié de l'amour qui les avait fait trembler alors. Pierre a été photographe de guerre, il a arpenté la planète comme on erre, pour fuir une famille en morceaux et le souvenir entêtant de Jeanne. Jeanne, la voilà, prisonnière de ses choix de jeunesse et d'un mariage à qui elle a abandonné ses rêves de jeune fille engagée. Tous deux à vingt ans pensaient enchanter le monde. Ils ont cinquante ans déjà et les désillusions parsèment leurs chemins. Lorsque l'aube se lèvera sur une journée où le cours de l'histoire peut changer, auront-ils réussi à renouer avec l'espoir et le romantisme de leur jeunesse? Ou sont-ils condamnés, à l'image de leur génération, à n'être que les orphelins honteux de ce que les cyniques appellent leurs "bons sentiments"? Second tour est un roman politique et un roman d'amour, à moins que ce ne soit l'inverse.


- Siam
de Lily Tuck
Éditions Jacqueline Chambon / Février 2012


Claire, une jeune Bostonienne qui vient de se marier avec un militaire un peu plus âgé qu'elle, débarque avec lui à Bangkok le 9 mars 1967, le jour même où l'aviation américaine commence à bombarder le Nord-Viêtnam à partir de ses bases thaïlandaises. Coupée de son ancienne vie dans ce pays dont elle ne sait rien, elle rencontre bientôt Jim Thompson, un célèbre entrepreneur américain, fondateur de la Thai Silk Company. La disparition de Thompson, quelques semaines plus tard, donne lieu à de nombreuses spéculations, aussi contradictoires que perturbantes pour elle. Car Claire est tombée sous le charme de cet homme, dont la distinction, l'élégance, la culture tranchent avec son quotidien. Déstabilisée tout à la fois par les silences pesants de son mari, sur son activité, la situation géopolitique et la disparition de Thompson, par un environnement violemment inhabituel et par une solitude plus subie que choisie, Claire devient la proie d'obsessions et d'inquiétudes qui, toutes, la ramènent vers Jim Thompson. À sa manière maladroite, inquiète, Claire, une héroïne de Joan Didion dans l'Orient de Graham Greene, se lance alors dans une sorte de quête naïve, éperdue, d'une vérité inaccessible. Basé sur un fait divers réel (Lily Tuck a connu Jim Thompson), moralement imprégné du désastre que représenta pour les États-Unis leur implication militaire en Asie du Sud-Est, Siam est le roman tranchant, tragique, élégant, d'une innocence perdue.


- Solitudes
de Anne Bragance
Éditions Presses De La Cité / Février 2012


Une femme regarde un homme qui regarde la télévision. Il s'appelle Grégoire et passe ses journées, de l'autre côté de la rue, à s'empiffrer, assis dans un fauteuil face à ses écrans. Elle s'appelle Pénèle et, parce qu'elle est seule, parce qu'elle s'ennuie, elle observe son étrange voisin avec une curiosité qui bientôt devient intérêt obsédant. Dès lors qu'elle fait de Grégoire le centre de sa vie, Pénèle l'espionne du matin au soir et se donne pour mission d'assurer le salut de cet homme prisonnier de sa geôle d'images et enkysté dans ses rituels solitaires. Emportée par sa passion naïve, elle va concevoir un projet merveilleux afin d'atteindre son objectif. Mais chacun sait que le Mal s'amuse parfois à travailler dans le camp du Bien.


- So shocking !
de Alan Bennett
Éditions Denöel / Février 2012


Mrs Donaldson et Mrs Forbes ont la cinquantaine. Mariées et mères de famille, elles sont ce que l'on pourrait appeler des "femmes respectables" de la middle-class anglaise. La première, vieille dame effacée que le veuvage vient de libérer d'un mariage trop ordinaire, s'apprête à goûter à la solitude altière et digne à laquelle son nouveau statut la prédispose. La seconde, matrone surprotectrice, a des idées bien arrêtées sur tout, et voit d'un œil critique les noces de son fils Graham, conseiller bancaire séduisant et passablement narcissique, avec la disgracieuse Betty. Mais voilà qu'un souffle libertin vient bousculer ce havre de respectabilité petit-bourgeois. Mrs Donaldson devient la logeuse de deux étudiants en médecine qui, en fait de loyer, offrent leurs ébats sexuels à ses regards voyeuristes. Quant à Mrs Forbes, il faut toute la ruse de son entourage pour lui camoufler les frasques de son fils, homosexuel non avoué, qui assouvit ses pulsions en louant les services d'un prostitué. Fantaisie impertinente sur une libération sexuelle tardive et farce familiale qui vire au macabre se mêlent ici pour un régal de lecture impudique et subversive.


- Sous le vent
de Joe G. Pinelli et Jean-Bernard Pouy
Éditions JC Lattès / Février 2012


Dans la petite école de Bothoa, au cœur de la Bretagne, un jeune élève, Pol, s'ennuie. Il observe les cartes accrochées aux murs et rêve d'un ailleurs, un monde où le vert ne dominerait pas, où les fruits seraient gros et juteux, où le vent serait chaud. Il se persuade que le jour où il faudrait partir, car un jour ou l'autre un Breton doit s'en aller, il choisirait la main du hasard. Il accrocherait lui aussi une carte au mur, il prendrait une fléchette, la lancerait et se jurerait d'aller là où la pointe d'acier se ficherait. Des années plus tard, le moment est venu pour Pol de partir. La pointe de la fléchette se plante en plein Pacifique. Alors, sans réfléchir, Pol fait vite son baluchon et s'en va, un petit matin aussi flamboyant que ses souvenirs. Là-bas, il rencontre Maeva. "Il ne savait pas s'il aimait Maeva. L'amour, ici, ne supportait pas une nouvelle saison. Le printemps n'existait pas dans les îles, la montée de la sève ne régulait pas les sentiments. Il n'y avait que la saison des pluies où l'on pleurait beaucoup et la saison sèche qui tarissait les larmes".


- Traité de la vie élégante
de Honoré de Balzac
Éditions Payot & Rivages / Février 2012


L'idée même a quelque chose de chic: Balzac, rédacteur à La Mode, accepte d'écrire une sorte d'étude sur les manières et les vêtements. Il est déjà le grand génie que son destin l'appelle à être, mais il a encore les manières, le piquant, l'ironie du journaliste parisien, capable d'asséner de fausses vérités et de se moquer de lui-même. Son texte d'observation s'adresse aussi bien à la jeune recrue qui fait ses premiers pas dans la promenade sociale, qu'aux tenants confirmés du bon goût qui y reconnaîtront leur expérience. Avec la Théorie de la démarche, l'analyse gagne les terrains du geste et du mouvement, car l'élégance ne connaît pas les étroites limites de la matière. Passant du dandysme le plus maîtrisé aux considérations de toilette les plus quotidiennes, le romancier scanne avec humour les manières de faire briller de tous ses feux la noble apparence humaine, jusqu'à ce qu'elle flambe, délicieusement consumée par sa propre image.


- Un autre monde
de Barbara Kingsolver
Éditions Payot & Rivages / Février 2012


Né aux Etats-Unis, élevé au Mexique, Harrison William Shepherd n'a jamais trouvé de foyer. Les petits carnets qu'il tient chaque jour sont sa seule raison d'être. Au hasard de ses déambulations sur un marché de Mexico, dans les années 30, il croise une femme couverte de bijoux et de tissus bariolés qui l'ensorcelle. Il ne sait pas qu'elle est peintre, qu'il va devenir son cuisinier et son confident. Et qu'elle va instiller en lui un incroyable souffle de vie. C'est ainsi qu'il pénètre dans la maison de Frieda Kahlo et de Diego Rivera et rencontre Trotsky en exil. Shepherd lie, malgré lui, son sort à l'art et la révolution.


- Un enfant ou une voiture
de Julie Resa
Éditions Buchet Chastel / Février 2012


Ils en avaient rêvé. Quitter Paris. Quitter le bruit, la pollution et la fatigue. Trouver une maison en province. Près d'une ville où ils auraient leur boulot. Retrouver les plaisirs simples de la convivialité, de la nature... Avoir enfin cet enfant. Il était temps. Babette approchait des quarante ans. Oui, mais la réalité ne ressemble pas vraiment à leur rêve. Paul n'a pas trouvé un travail à moins d'une heure et demie de train, quand tout va bien. Épuisé, Paul décide, un soir de grand retard ferroviaire, d'acheter une voiture. Babette pensait tomber enceinte très vite. Elle, que le sujet avait longtemps laissée indifférente, est devenue d'une obsession maladive. Cela fait presque deux ans maintenant qu'ils sont à Chambéry. Chacun, de son côté, bâtit son château en Espagne. Un enfant ou une voiture. Les deux n'étaient pourtant pas incompatibles. En théorie du moins. Le rêve de la province: une vie sans stress, une maison et un joli jardin. Avec finesse et humour, Julie Resa évoque les illusions d'une génération.


- Un jour
de David Nicholls
Éditions 10-18 / Février 2012


15 juillet 1988. Emma et Dexter se rencontrent pour la première fois. Tout les oppose, pourtant ce jour marque le début d'une relation hors du commun. Pendant vingt ans, chaque année, ils vont se croiser, se séparer et s'attendre, dans les remous étourdissants de leur existence. Un conte des temps modernes ou la splendeur d'aimer a fait chavirer le monde entier.


- Une dangereuse emprise
de Araminta Hall
Éditions Belfond / Février 2012


Jeune maman débordée en pleine crise conjugale, Ruth Donaldson reprend espoir le jour où elle embauche Agatha. En un rien de temps, Agatha réorganise la maison, plante un petit potager, persuade Betty, cinq ans, de faire ses nuits dans son lit et parvient même à apprivoiser le petit Hal qui, à trois ans, n'a toujours pas prononcé un mot. Bref, la baby-sitter parfaite. Un peu trop parfaite. Car tout à son soulagement de pouvoir souffler et se consacrer de nouveau à son job et à son mari, Ruth ne réalise pas qu'Agatha a autre chose en tête que le bien-être des petits. Et que derrière ce masque de perfection se cache une personnalité troublée prête à tout pour exercer sa dangereuse emprise.


- Une simple mélodie
de Arthur Phillips
Éditions Cherche Midi / Février 2012


Julian Donahue a toujours aimé la musique. Il est pourtant aujourd'hui à cet âge où l'on commence à ne plus connaître le nom des nouveaux groupes, où l'on se sent vieux, très vieux même, dans une boîte de nuit, où l'on réalise que la jeune fille que l'on dévisage n'était pas encore née lorsque nos albums préférés sont sortis. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir un véritable coup de cœurs pour une jeune chanteuse irlandaise, Cait O'Dwyer, entendue par hasard un soir dans un petit club de Brooklyn. Une relation virtuelle étrange se noue alors, nourrie d'e-mails et de SMS. Cait, dont la carrière est en train de décoller, est vite séduite par cet étrange inconnu qui semble la comprendre mieux que personne mais qui refuse obstinément de la rencontrer. Après des débuts enthousiastes, cette liaison pas comme les autres ne va cependant pas tarder à se transformer en jeu dangereux.


- U. S.!
de Chris Bachelder
Éditions Sonatine / Février 2012


Upton Sinclair est l'archétype de l'écrivain de gauche engagé. Activiste, fondateur du mouvement EPIC (End Poverty In California), l'auteur de La Jungle et de Pétrole., dont a été tiré le film There Will Be Blood de Paul Thomas Anderson, a souvent été qualifié de Zola américain. S'il est décédé en 1968, à l'âge de 90 ans, il partage néanmoins avec les idéaux socialistes le mérite de ne jamais être complètement mort. De fait des nostalgiques de la grande époque de la gauche américaine ont le pouvoir de faire renaître Upton de nos jours, dans un pays, les États-Unis, où plus que jamais le besoin d'une conscience sociale se fait sentir. Mais les suppôts du capital veillent et la droite musclée, consciente du risque que représenterait un nouvel évangile de gauche, n'a de cesse de traquer l'écrivain pour le supprimer. Upton Sinclair et le socialisme américain ont-ils vraiment un avenir? Aussi paradoxal que cela puisse paraître, U. S.. est un roman politique désopilant. Servi par une écriture inventive, baroque et déjantée, une imagination stupéfiante et un humour noir corrosif, ce livre dresse un constat sans appel de l'état de la société libérale et de son rapport aux utopies.


- Villa Diamante
de Boris Izaguirre
Éditions Presses De La Cité / Février 2012


Beaux quartiers de Caracas, 1935. Alors qu'Irène et sa sœur Ana Élisa préparent Noël en famille, leur maison est investie et saccagée par la foule qui célèbre la mort du dictateur dont leur père, Alfredo, est partisan. Incapable de surmonter cette humiliation, Alfredo meurt, tandis que sa femme sombre dans une profonde dépression. Les fillettes sont recueillies par leurs voisins, qui rapidement font main basse sur leurs biens. Irène est promise au fils aîné, alors qu'Ana Élisa est cantonnée aux tâches domestiques. C'est tragiquement que celle-ci échappe à sa condition et s'enfuit pour Trinidad.


- À cause d'un baiser
de Brigitte Kernel
Éditions Flammarion / Janvier 2012


"Elle était si parfaite, comment avais-je pu soudain aimer une autre personne? Que deux coups de téléphone, un déjeuner, un baiser, un seul baiser et quelques caresses remettent à ce point ma vie, notre vie, en question? Qu'est-ce qui m'avait pris de dire aussi vite à Léa: J'ai embrassé une autre femme? La greffe avait pris, en un baiser. Un baiser qui avait duré plus de deux heures et les mains, les doigts de Marie, sous mon pull, sur ma poitrine. Il m'avait semblé que ma vie basculait. Et maintenant comment faire? Léa, Marie; Marie, Léa. Peut-on donc l'espace d'un court moment, ou même d'un temps plus long, aimer deux personnes à la fois".


- Alice
de Judith Hermann
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


Quand un proche disparaît, on oublie son apparence, sa manière de parler, de sourire, de déambuler dans la vie. Même si l'on croit parfois l'apercevoir dans la dernière voiture d'un tramway, sur un escalier roulant, au feu rouge sur le trottoir d'en face.


- American music
de Jane Mendelsohn
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2012


Honor soigne Milo, un soldat blessé, hanté par la guerre d'Irak. Quand la jeune femme pose les mains sur son dos brisé, des images puissantes, étranges, les envahissent tous les deux, réminiscences d'un passé qui n'est pas le leur. "Puis sa main était remontée jusqu'au cou et elle avait vu d'autres apparitions. Des personnes qui se mouvaient en musique, couples scintillants sur une piste de danse". Un mariage menacé dans les années 30, une photographe des années 60, une adolescente décidée à garder l'enfant qu'elle porte, et un amour interdit dans la Turquie du XVIIe siècle, à l'origine d'une musique emblématique de l'Amérique, le swing. Explorant la mémoire des corps et les blessures enfouies, Jane Mendelsohn livre un roman délicat, onirique et bouleversant.


- Arcadia
de Lauren Groff
Éditions Plon / Janvier 2012


Ridley est l'enfant d'un rêve, premier né d'une communauté hippie des années 1960. Il grandit comme il respire, le monde est son terrain de jeux. Car le monde se finit aux portes d'Arcadia. Respect de la nature, autosuffisance, amour libre: Arcadia se veut une grande famille, chaleureuse et libertaire. Mais la réalité est plus compliquée. Et plus la communauté grandit, plus l'utopie s'éloigne: les parents négligent leurs enfants, la drogue embrume les esprits, les tensions minent l'équilibre des origines. Jusqu'à l'implosion. Hors d'Arcadia, il faudra vivre dans les forêts d'immeubles new-yorkaises, ouvrir les yeux sur les dérives du rêve déchu, gagner sa vie, être père et accepter le réel. Mais l'idéal des commencements, l'amour et la paix, Ridley ne les perdra jamais vraiment, les portera jusque dans le monde, les concrétisera à sa manière, douce et honnête, profondément humaine.


- Astrid et Veronika
de Linda Olsson
Éditions L'Archipel / Janvier 2012


Veronika, écrivain, la trentaine, quitte la Nouvelle-Zélande pour revenir en Suède, son pays natal, afin de se reconstruire et d'y achever son roman. Elle loue une maison isolée en pleine campagne, avec pour seule voisine une vieille dame, Astrid, une octogénaire qui vit en quasi-ermite et l'observe s'installer avec retenue. Au fil des saisons, les deux femmes nouent pourtant une amitié improbable qui va bouleverser leur vie. Par petites touches, elles se racontent les drames de leurs vies et leurs inavouables secrets. Ce faisant, elles se libèrent du poids du passé et, surtout, réussissent à se souvenir des belles choses qu'elles croyaient oubliées à jamais: un sourire, une musique de Brahms, la beauté de l'amour.


- Autogenèse
de Erwan Larher
Éditions Michalon / Janvier 2012


Il se réveille, nu, dans une maison isolée. Il ne se souvient plus de rien. Il se lance dans le monde, à la recherche de son passé et de son identité. C'est un destin qu'il trouvera, agrémenté d'une mystérieuse Ange-Gardien à la gâchette facile, d'un journaliste schizophrène, d'un bienfaiteur sans scrupules. Dans son turbulent sillage, les trajectoires se déjettent, pas toujours en douceur. D'exclu amnésique, jouet du hasard, nom de code Icare, il devient maître du jeu. Mais certains n'ont pas l'intention de le laisser faire. Roman picaresque et politique, Autogenèse interroge sur la folie et la grandeur des hommes, entrelaçant parcours singuliers et Histoire en marche. Peut-on (se) construire en misant sur le bon sens contre les passions, les émotions? Peut-on (se) bâtir sans mémoire?... et qui est ce diable d'Icare?


- Avant
de J. B. Pontalis
Éditions Gallimard / Janvier 2012


"Quand il nous arrive de dire "C'était mieux avant", sommes-nous des passéistes en proie à la nostalgie d'une enfance lointaine, d'une jeunesse révolue, d'une époque antérieure à la nôtre où nous avons l'illusion qu'il faisait bon vivre? À moins que cet avant ne soit un hors-temps échappant au temps des horloges et des calendriers. Je me refuse à découper le temps. Nous avons, j'ai tous les âges". J. B. Pontalis


- Brian Evenson
de Baby Leg
Éditions Cherche Midi / Janvier 2012


Kraus, un homme mystérieux amputé d'une main, se réveille, un matin, amnésique, dans une cabane au milieu de la forêt. Il est hanté par la vision d'une femme avec une hache, dotée d'une jambe normale et d'une jambe de bébé. Il découvre alors, dans un village voisin, le portrait d'un individu recherché qui lui ressemble étrangement. Les hommes qui le poursuivent sont à la solde d'un certain docteur Varner.


- Brune. Moi, Flora Tristan
de Nicole Avril
Éditions Plon / Janvier 2012


Je l'imagine. Brune comme une héroïne romantique. Ardente et intense. Flora Tristan. Sa rencontre a marqué ma vie. Son histoire dans l'Histoire est un roman. Née à Paris en 1803, de mère française et de père péruvien, elle s'embarque, seule femme à bord, quatre mois en mer et le cap Horn en prime, pour faire valoir ses droits auprès de sa riche famille paternelle qui l'a abandonnée. Au Pérou, elle découvre la passion, la violence et l'esclavage. Autodidacte, elle écrit à son retour Pérégrinations d'une paria. Jaloux de son succès, son mari lui tire une balle dans le dos, qui restera fichée à deux doigts de son cœur. Prophète et amoureuse, cette aventurière de l'absolu a inventé son destin. Flora Tristan est la première femme à lire dans la révolution industrielle anglaise l'avenir de la France. La première à établir un lien entre socialisme et féminisme. La première à entreprendre un épuisant tour de France pour unir la classe ouvrière et libérer les femmes. Elle n'est pas notre contemporaine. Flora Tristan nous devance.


- Ce qu'il advint du sauvage blanc
de François Garde
Éditions Gallimard / Janvier 2012


Au milieu du XIXe siècle, Narcisse Pelletier, un jeune matelot français, est abandonné sur une plage d'Australie. Dix-sept ans plus tard, un navire anglais le retrouve par hasard: il vit nu, tatoué, sait chasser et pêcher à la manière de la tribu qui l'a recueilli. Il a perdu l'usage de la langue française et oublié son nom. Que s'est-il passé pendant ces dix-sept années? C'est l'énigme à laquelle se heurte Octave de Vallombrun, l'homme providentiel qui recueille à Sydney celui qu'on surnomme désormais le "sauvage blanc".


- Cœur de Napalm
de Clara Usón
Éditions JC Lattès / Janvier 2012


À 14 ans, Fede n'est ni tout à fait un enfant ni tout à fait un homme, il est gros, grossier, mal dans sa peau, sauf quand il écoute les Sex Pistols, son groupe préféré, et surtout son bassiste Sid Vicious. Ilvit à Santander entre son père et sa belle-mère mais il n'a qu'un rêve, retrouver sa mère qui vit à Barcelone. À Barcelone vit aussi Marta, une jeune peintre qui s'épuise à vouloir se faire un nom dans le milieu très fermé de l'art contemporain. Elle qui n'aime ni boire ni se coucher tard court les soirées mondaines pour nouer des contacts nécessaires mais toujours décevants. Faute d'argent ou d'idées, elle accepte de réaliser des toiles pour un des grands noms de la peinture que la vieillesse empêche de continuer. Lors d'une exposition, elle rencontre Juan, il est juge pour enfants, sérieux, rangé et amoureux. Fede retrouve sa mère, Marta l'amour et la sécurité. Mais rien ne se passe comme ils l'espéraient.


- Commandeur des incroyables et autres honorables correspondants
de Jacques A. Bertrand
Éditions Julliard / Janvier 2012


Jacques A. Bertrand adresse ce récit à quelques autorités supérieures dont il voudrait attirer l'attention, non sans ironie, sur certaines pratiques déplorables. Savent-ils bien, ces êtres d'exception, que les humains, non contents de s'entretuer (ce qui pourrait paraître suffisant) ont une fâcheuse tendance à s'infliger par-dessus le marché d'abominables souffrances? Il a des preuves, le narrateur, il connaît des histoires... Qu'il nous raconte au cours d'une balade dans différentes époques, mélancolique et ponctuée d'humour (sans lequel le tragique humain ne serait pas supportable). Trois récits emblématiques ponctuent une série de lettres ou l'auteur prend à partie, toujours respectueusement et en toute amitié, ses interlocuteurs imaginaires, esprits et somme de toute vie, symboles de sagesse millénaire. Comment expliquer tant d'horreur? Au début du siècle dernier, un jeune ouvrier italien est torturé dans un refuge de montagne après le meurtre d'un marchand de bois querelleur. Plus tard, on suit le parcours sanglant d'un exécuteur de basses œuvres à la fin de la Seconde Guerre Mondiale dans une campagne française. Dans le Nouveau Monde, sous prétexte de commerce et de propriété terrienne, colons français, britanniques, puis américains, autochtones hurons et algonquins se massacrent autour des Grands Lacs. Et l'ancien monde n'est pas en reste...


- Comme un frère
de Stéphanie Polack
Éditions Stock / Janvier 2012


Partie sur les traces de son histoire familiale, une jeune femme poursuit le souvenir d'un condamné à mort: un garçon de 24 ans embarqué dans un braquage suicidaire en 1954. La postérité a retenu qu'il avait retrouvé la foi en prison. La justice en a fait un monstre, l'église a voulu en faire un saint. Qui était-il? Que cherchait-il? Ce garçon s'appelait Jacques Fesch, c'est l'oncle de la narratrice. Un oncle fantasmé qu'elle n'a jamais connu et dont la légende la hante. Alors qu'elle plonge dans les années 1950, tentant de comprendre le parcours de cet homme insaisissable, ses questions virent à l'obsession et font resurgir des chagrins enfouis. Comme un frère est l'histoire d'un fantasme et d'une quête. Un road movie intime. C'est l'histoire d'un frère inventé, maudit, l'histoire d'une rencontre impossible. Stéphanie Polack a publié en 2007 un premier roman remarqué, Route royale, où elle faisait entendre sa voix singulière. C'est cette même voix, cette même énergie, cette même âpreté que l'on retrouve dans Comme un frère, qui confirme son talent.


- Dans le square
de Martin Belskis
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2012


"Le monde-tel-qu'il-est, la vie-comme-elle-vient, la réalité banale et sordide sont toujours là, qui nous bouchent la vue de l'esprit, cadenassent nos pensées, alors qu'il nous faudrait des livres qui nous donnent les clefs de la cellule. Les vôtres, j'en suis sûre, recèlent ces clefs". Sarah a une soif de liberté, le dégoût du banal et la radicalité pleine de fougue de ses vingt ans. Captivée par le dernier livre de Maurice R., romancier tombé dans l'oubli, elle entame avec lui une correspondance. D'épanchement en coup de griffe, les lettres du vieil écrivain et de la jeune fille deviennent le territoire où chacun met sa conscience à l'épreuve, du contemporain aux traces des années 1940, de l'exigence farouche de pureté à l'humilité devant la sensation, de la littérature à la vie et de la confidence à la trahison. Mais où finit la fidélité, où commence le reniement? Et quel est le prix à payer pour une existence lucide?


- Des hommes ordinaires
de Kjartan Flogstad
Éditions Stock / Janvier 2012


Nous sommes en 2008 en Allemagne: alors qu'Otto Nebelung enterre son ami et compagnon d'armes Paul Damaskus, fidèle défenseur du IIIe Reich, il se souvient de leur amitié. Un lycée bourgeois dans les années 1930 à Munich. Heidegger officie en tant que professeur, Geghard Himmler est proviseur et l'élite toute entière regarde Adolf Hitler, le nouveau leader de l'Allemagne, comme un prophète. Puis la guerre éclate, une guerre au nom de l'Ordre nouveau qui érige l'homme aryen en être supérieur et condamne les êtres inférieurs à l'exil ou à la mort. 1950: les nazis sont jugés, mais Otto et Paul, comme tant d'autres, parviennent à réintégrer de hautes fonctions au sein de l'administration allemande. 1960, en Norvège: le jeune Alf Magnus Mayen, fils adoptif d'un ancien collaborateur, décide de rentrer dans la police pour faire régner l'ordre et réparer l'irréparable. En pleine Guerre froide, l'ennemi communiste est partout et son élimination se pose comme le seul moyen de faire prospérer la démocratie et la paix. Grense Jakobselv, frontière entre la Norvège et l'Union soviétique, devient un lieu stratégique qu'il faut protéger à tout prix.


- Dieu, ma mère et moi
de Franz-Olivier Giesbert
Éditions Gallimard / Janvier 2012


"Je n'ai jamais eu à chercher Dieu: je vis avec lui. Avant même que je sois extrait par des spatules du ventre de ma mère où je serais bien resté, si on m'avait demandé mon avis, il était en moi comme je suis en lui. Il m'accompagne tout le temps. Même quand je dors. C'est ma mère qui m'a inoculé Dieu. Une caricature de sainte mystique qu'un rien exaltait, des pivoines en fleur aussi bien qu'une crotte de son dernier-né, au fond du pot. Je suis sûr qu'elle avait de l'eau bénite en guise de liquide amniotique. Elle exsudait la foi".


- Duchesse à l'anglaise
de Deborah Devonshire
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2012


Pas facile de se tailler une place quand on est en Angleterre la plus jeune des excentriques sœurs Mitford. L'aînée, Nancy, la romancière, fut amoureuse d'un gaulliste, la deuxième des animaux et la quatrième d'Hitler; la troisième se convertit au fascisme et la cinquième au communisme. La petite dernière épousa un cadet de famille qui devint contre toute attente onzième duc de Devonshire. Le couple s'établit à Chatsworth, ce "Versailles anglais" auquel Deborah redonna vie et qui fut sans doute son plus grand amour. Devenue veuve, elle a attendu pour publier ses mémoires de déménager dans un presbytère et de fêter ses quatre-vingt-dix ans. Parente de Churchill et du président Kennedy, la "duchesse douairière" distille l'humour Mitford dans une galerie de portraits qui, sur près d'un siècle, nous promène de son poulailler jusqu'au champ de courses d'Ascot. Avec la perspicacité d'une Jane Austen déguisée en Miss Marple, Deborah Devonshire fait plus que nous raconter sa vie: elle nous explique les bonnes mœurs de l'aristocratie britattnique et comment les transgresser.


- Du trapèze au-dessus des piranhas
de Yves Bourdillon
Éditions Anne Carrière / Janvier 2012


Fred Beaumont, 38 ans, journaliste dans un quotidien régional, décide sur un coup de tête de réaliser tous ses rêves d'adolescence en même temps: se mettre à son compte (fantasme d'un Français sur trois), retrouver un amour de jeunesse et gravir un sommet de l'Himalaya. L'affaire se complique quand, débarqué à Paris sans sa femme qui poursuit sa carrière en province, il se trouve obligé de gérer en outre la scolarité de sa cancre de fille, Chloé. Dans un registre oscillant entre l'humour et le burlesque, Fred est confronté au scepticisme de ses proches, à la férocité de ses concurrents, aux caprices de ses clients et à une bureaucratie particulièrement raffinée. Il essaye tant bien que mal de s'armer de flegme face aux imprévus et aux situations les plus loufoques. Mais il découvre qu'il est capable de relever des défis et de trouver en sa fille une complice. Sous cette comédie aux dialogues percutants perce une radiographie ironique des contradictions de la société française contemporaine, qui appelle chacun, dans les discours, à se réaliser et à prendre des risques, tout en le poussant, en réalité, à n'en rien faire. Ce roman, ancré dans le vécu, s'adresse à tous ceux qui ambitionnent de monter leur boîte, regrettent de l'avoir fait, envisagent de devenir parents, sont décontenancés de l'être, ou ont plus généralement encore un rêve de gosse tapi quelque part.


- Embrasement
de Anne Swärd
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2012


Lou grandit dans les années soixante-dix, à la périphérie d'un village suédois. Elle est la cadette d'une famille aussi nombreuse que peu ordinaire. Venus du grand Nord, ses oncles, tantes, parents et grands-parents l'entourent d'une affection protectrice, chargée des blessures du passé. Lou trouve à s'en échapper auprès du voisin, Lukas, qui vit seul avec son père. Les deux enfants se rencontrent dans l'agitation d'un incendie d'été. Lou n'a pas sept ans, Lukas est presque deux fois plus âgé. Leur amitié se tisse et aucune interdiction n'aura raison de leur attraction. Mais comme l'héroïne de leur film préféré, À bout de souffle, Lou va se révéler insaisissable. Le jour de ses dix-sept ans, elle part pour Stockholm avec le premier venu, "pour rester elle-même". Elle sait qu'en partant, elle trahit Lukas, mais elle sait aussi que parfois, il n'y pas d'autre choix pour vivre. Cracovie, Budapest, New York, Lou découvre le monde au gré des hommes rencontrés au hasard. "Méfie-toi de l'amour", lui avait toujours dit sa mère sans jamais lui expliquer pourquoi. Lou ne cessera de chercher la réponse, sans parvenir à oublier Lukas.


- Émilie, une aventure épistolaire
de Gérard Oberle
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


"Si ma rencontre avec Émilie fut fortuite, le commerce qui s'en suivit le fut beaucoup moins. La classe de quatrième devant laquelle j'étais invité à parler de mes activités d'écrivain comptait une vingtaine de collégiens. À la fin de la séance, une fillette que je n'avais pas remarquée s'est levée tout au fond de la salle où elle était assise seule. "Excusez-moi, Monsieur, j'ai lu vos trois romans. Dans les deux premiers vous parlez de votre personnage à la troisième personne. Dans le dernier, c'est lui qui raconte l'histoire, à la première personne. Pourquoi ce changement d'écriture?" La jolie brunette s'appelait Émilie et personne avant elle, aucun lecteur, ni critique, ni même l'éditeur qui avait publié mes trois romans, ne m'avait posé cette question. Quelques jours plus tard je recevais une lettre d'Émilie, me disant qu'elle aurait aimé me poser bien d'autres questions, mais qu'elle n'avait pas osé, par timidité, pour ne pas "faire sa maligne" devant les autres. Nous avons correspondu pendant plus d'un an et nous nous sommes retrouvés à plusieurs reprises, pour une ballade en forêt, une visite de musée, une flânerie dans des librairies. Lorsque je lui ai parlé de mon projet de rédiger tous les mois une "lettre à Émilie" pour une revue littéraire, elle s'est mise à rire.
- Votre combine est vraiment farfelue. De quoi parlerez-vous dans ces lettres?
- On m'a suggéré de vous enseigner les plaisirs de l'existence, car j'ai la réputation d'un jouisseur. Rassurez-vous, je ne suis pas assez charlatan pour me lancer dans une mission pédagogique aussi louche. Mes lettres parleront de tout et de n'importe quoi. Cette étrange aventure a duré plus de sept années".


- Enjoy
de Solange Bied-Charreton
Éditions Stock / Janvier 2012


Charles Valérien est un jeune homme d'aujourd'hui. Il a hérité à vingt-quatre ans l'appartement de sa marraine à Passy. À décroché son premier emploi. S'est acheté des meubles sur Internet. S'est filmé en train de poser son parquet. Un beau début dans la vie, une vie qui n'a cependant de valeur que dans le virtuel. Pour lui comme pour ceux qu'il fréquente, c'est sur ShowYou, le réseau social le plus fréquenté au monde, qu'on s'exprime, qu'on existe et qu'on se montre sous son meilleur jour. Mieux, qu'on gagne le respect de ses supérieurs hiérarchiques. Il rencontre au même moment Anne-Laure, dite "Al", étudiante à la Sorbonne, et les membres farfelus de son groupe de rock. Aucun d'entre eux ne possède de compte utilisateur sur ShowYou. Un monde existerait donc, en dehors d'Internet. C'est de ce monde, en plus d'Anne-Laure, dont le narrateur tombe amoureux. Un danseur androgyne, une blogueuse en colère, une vieille dame asociale et un écrivain obèse, miroir déformé du jeune homme dans sa solitude, animent également cette fable contemporaine où le divertissement à tout prix n'a pas raison de l'ennui, où celui qui assiste à la vie des autres ne domine pas forcément la sienne, où l'ennemi n'est pas celui qu'on croit. Enjoy est une peinture de la "Génération Y", la net generation, jamais loin de ses écrans de contrôle, mais qui le perd, sincère à défaut d'être cynique, en proie au désœuvrement dans l'enfer du voyeurisme.


- En l'absence des hommes
de Philippe Besson
Éditions 10-18 / Janvier 2012


Été 1916. Vincent découvre la passion dans les bras d'Arthur, jeune soldat qui tente d'échapper pour quelques jours à l'horreur des tranchées. Dans le même temps, il ébauche une affection amoureuse avec l'écrivain mondain et renommé Marcel Proust. Le temps de ce bel été, l'un va devenir l'amant, l'autre l'ami. Comme deux fragiles éclats de bonheur au milieu de la tragédie.


- En vieillissant les hommes pleurent
de Jean-Luc Seigle
Éditions Flammarion / Janvier 2012


9 juillet 1961. Dès le lever du jour, il fait déjà une chaleur à crever. Albert est ouvrier chez Michelin. Suzanne coud ses robes elle-même. Gilles, leur cadet, se passionne pour un roman de Balzac. Ce jour-là, la télévision fait son entrée dans la famille Chassaing. Tous attendent de voir Henri, le fils aîné, dans le reportage sur la guerre d'Algérie diffusé le soir même. Pour Albert, c'est le monde qui bascule. Saura-t-il y trouver sa place? Réflexion sur la modernité et le passage à la société de consommation, En vieillissant les hommes pleurent jette un regard saisissant sur les années 1960, théâtre intime et silencieux d'un des plus grands bouleversements du siècle dernier.


- Et puis, Paulette...
de Barbara Constantine
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2012


Ferdinand vit seul dans sa grande ferme vide. Et ça ne le rend pas franchement joyeux. Un jour, après un violent orage, il passe chez sa voisine avec ses petits-fils et découvre que son toit est sur le point de s'effondrer. À l'évidence, elle n'a nulle part où aller. Très naturellement, les Lulus (6 et 8 ans) lui suggèrent de l'inviter à la ferme. L'idée le fait sourire. Mais ce n'est pas si simple, certaines choses se font, d'autres pas. Après une longue nuit de réflexion, il finit tout de même par aller la chercher. De fil en aiguille, la ferme va se remplir, s'agiter, recommencer à fonctionner. Un ami d'enfance devenu veuf, deux très vieilles dames affolées, des étudiants un peu paumés, un amour naissant, des animaux. Et puis, Paulette…


- Et devant moi, le monde
de Joyce Maynard
Éditions 10-18 / Janvier 2012


En 1972, le New York Times Magazine publie l'article d'une étudiante, Joyce Maynard, sur sa génération. Succès. La jeune femme est repérée par J.D. Salinger, de trente-cinq ans son aîné. Séduite par l'auteur énigmatique de L'Attrape-cœurs, elle s'enferme avec lui dans une relation aussi brève que destructrice. Vingt-cinq ans après, celle qui est devenue écrivain tente d'exorciser son histoire.


- Fugues
de Lauren Groff
Éditions 10-18 / Janvier 2012


Dans l'ombre de ses héroïnes, la conteuse veille à nous prendre au piège, au hasard des époques et des lieux. Accident, perte de l'être aimé, rencontres fortuites: du New York des années 20 à la France de l'Occupation, ce sont des vies entières qui traversent ces neuf portraits de femmes fortes ou vulnérables, mais toujours envoûtantes.


- Fusions
de Daniel Roulet
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2012


"La fusion du cœur de Tchernobyl a été la véritable raison de l'effondrement de l'Union soviétique". Gorbatchev
Le 2 juin 1988, le président Reagan, qui rentre de Moscou, annonce à la reine d'Angleterre et au monde la fin de la guerre froide, la fusion des empires. Gorbatchev a cédé. Que vive le marché mondial. Ce même jour, les deux plus grandes entreprises mondiales spécialisées dans le traitement des déchets nucléaires fusionnent. Des deux côtés, des têtes vont tomber, des licenciements sont programmés. La bataille a lieu dans une tour, à Londres, au milieu des jeux de pouvoir et d'argent. Elle met face à face deux femmes d'exception: Marthe, née à Téhéran à la fin des années 30, et Shizuko, née à Nagasaki le jour où la bombe atomique a détruit la ville. Mais leurs destins, comme leurs amours, sont scellés depuis longtemps.


- Genesis
de Karin Slaughter
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


Quelqu'un l'a torturée…torturée longuement. L'ancien médecin légiste de Gran County, Sara Linton, s'est installée depuis trois ans à Atlanta pour essayer d'oublier les moments atroces qu'elle vient de vivre. Médecin dans un grand hôpital de la ville, elle reconstruit peu à peu sa vie. Quand arrive aux urgences une femme très grièvement blessée, elle se retrouve plongée dans le monde de la violence et de la terreur. La femme a été renversée par une voiture mais elle était nue et couvertes de marques de coups et de blessures. Elle avait visiblement été la victime d'un esprit dérangé. L'inspecteur Will Trent du Georgia Bureau of Investigation est dépêché sur les lieux et ne va pas tarder à découvrir sous terre une chambre de torture et s'apercevoir que la patiente de Sara est la première victime d'un tueur sadique. Retirant l'affaire à la police locale, Will Trent et sa co-équipière Faith Mitchell vont traquer le tueur. Sara, Will et Faith, avec leurs propres blessures et leurs secrets, sont les seuls à pouvoir décortiquer le cerveau d'un tel détraqué et l'empêcher de perpétrer ses abominables meurtres.


- Glamorama
de Bret Easton Ellis
Éditions 10-18 / Janvier 2012


Bienvenue dans le monde des images de Victor Ward, mannequin, entraîné malgré lui sur la trace d'une actrice disparue. Mais pour la jet-set, la vérité n'existe plus que dans le miroir de sa conscience, perdue dans le gouffre de la consommation. Hilarante et cruelle, la peinture désabusée de la société branchée new-yorkaise, par l'enfant terrible des lettres américaines.


- Il faudrait s'arracher le cœur
de Dominique Fabre
Éditions de l'Olivier / Janvier 2012


"Il portait une chemise blanche, un jean bleu nuit, il était très élégant. Quand je suis arrivé, son père lisait le journal dans la grande pièce, le double living. Je pense à ma mère en disant cela: un double living, ça lui plaisait. Au bout d'un certain nombre d'années, tous les mots vous font penser à des gens, et les gens disparaîtront, mais pas les mots. Les mots ne disparaîtront jamais tout à fait". Ces disparus, ces paroles enfouies persistent à éclairer notre route, à nous montrer le chemin: il faut continuer d'aimer, malgré les abandons et les chagrins. Que lisiez-vous en 1983, Duras ou Albertine Sarrazin? Étiez-vous fan des Pink Floyd ou de Keith Jarrett? Fréquentiez-vous le pub Renault? Et ces autres miracles de nos vies ordinaires.


- Je vais beaucoup mieux que mes copains morts
de Viviane Chocas
Éditions Héloïse d'Ormesson / Janvier 2012


On ne disparaît pas impunément d'une maison de retraite avec des pensionnaires qui ont pris la poudre d'escampette. La jeune Blanche, animatrice de l'atelier d'écriture, complice malgré elle, le sait bien. L'improbable gang en cavale est mené par un petit bout de femme en fauteuil roulant, une septuagénaire qui perd gentiment la boule, et deux papis flingueurs armés d'un pétard et d'une canne de mousquetaire. Ces vieux-là gardent le poing levé et sont décidés à faire danser encore un peu le monde sous leurs pieds. Une utopie du troisième âge, dont les héros ne sont ni sages ni assoupis. Subtil, drôle et désinhibé, Je vais beaucoup mieux que mes copains morts insuffle un ébouriffant vent de liberté, à rebours des préjugés.


- Jours inquiets dans l'Île Saint-Louis
de Frédéric Vitoux
Éditions Fayard / Janvier 2012


Un paisible avocat, veuf depuis longtemps, retiré dans l'Île Saint-Louis, enclave villageoise au cœur de Paris, chargée d'histoire mais sans histoires, est témoin d'une agression perpétrée en pleine rue par un inconnu. Ce fait divers fait irruption dans sa vie et le bouleverse. Le suspect ne serait-il pas cet individu qui ne cesse de le poursuivre jusqu'à son domicile, de le harceler pour lui extorquer de l'argent? Au même moment, la présence d'une jeune femme vient comme un antidote adoucir son cauchemar, égayer sa vie de célibataire d'un dernier flirt sans illusions. La paix reviendra-t-elle dans l'île que la colère des manifestants et des défilés populaires, en cet automne 2010, ne semble pas inquiéter?


- Kamal Jann
de Dominique Eddé
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


Été 2010. C'est la guerre au sein de la famille Jann. Avocat d'affaires à Manhattan, Kamal a une revanche à prendre sur son oncle, le chef des services de renseignements syriens qui fit tuer ses parents, trente ans plus tôt, lors des massacres de Hama. Il est condamné, en même temps, à pactiser avec la CIA pour sauver son jeune frère islamiste sur le point de commettre un attentat. Manipulés, de bout en bout, par les services secrets arabes et occidentaux, tous les membres du clan sont piégés, dont les femmes qui dans l'ombre jouent un rôle décisif et sans pitié.


- L'amour dure trois ans
de Frédéric Beigbeder
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


"Au début, tout est beau, même vous. Vous n'en revenez pas d'être aussi amoureux. Pendant un an, la vie n'est qu'une succession de matins ensoleillés, même l'après-midi quand il neige. Vous écrivez des livres là-dessus. Vous vous mariez, le plus vite possible, pourquoi réfléchir quand on est heureux?" C'est une histoire d'amour très moderne et radicalement autobiographique. Le héros, un jeune homme "branché" et noceur, se souvient de ses débuts dans la vie lorsque, plein d'illusions, il épousa Anne, la plus jolie fille de sa génération. Il se souvient qu'au début de leur amour, tout était bleu, que la tendresse succéda à l'amour dès la deuxième année de leur mariage, que l'infidélité fut la loi de leur couple dès la troisième année. Alors, il sait que la loi du monde pourrait ainsi se formuler, "l'amour dure trois ans". Tout le roman, dont le symbole est l'horloge de Beaubourg, qui marche à reculons en décomptant les secondes qui nous séparent de l'an 2000, est une variation drôle et émouvante sur ce thème. Il faut savoir que, pendant qu'il raconte l'échec programmé de son premier mariage, le héros vit avec Alice. Et, là encore, l'heure tourne.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 16:13

- L'argent des autres
de Lucien de Pena
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2012


Dans le secret des circuits occultes de l'argent public. Lorsqu'on lui propose de se présenter aux élections municipales, Charles, médecin respecté, hésite. La politique et ses compromissions ne l'ont jamais attiré. Il est pourtant élu triomphalement. Très vite, il découvre d'étranges irrégularités dans les comptes de sa commune. Il est révolté. Mais la soif de pouvoir prend le dessus. Sous l'égide d'un mentor aguerri et d'une troublante directrice de cabinet, le jeune loup perd peu à peu tout scrupule. Conseiller régional puis député, il devient le spécialiste pour son parti des financements parallèles. À travers la dérive d'un homme de la société civile qui perd son âme dans les méandres de la politique, Lucien de Pena nous initie de l'intérieur à tous les mécanismes du détournement de l'argent public. L'auteur ayant exercé la plupart des fonctions liées aux finances publiques, sans le moindre esprit partisan, ce roman glaçant et tragique jette un éclairage inédit et indispensable sur les multiples "affaires" dont notre actualité est malheureusement tissée.


- L'armoire des robes oubliées
de Riikka Pulkkinen
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


Alors que sa grand-mère Elsa se meurt d'un cancer foudroyant et que tous ses proches se rassemblent pour adoucir ses derniers jours, Anna découvre que, derrière le mariage apparemment heureux de ses grands-parents, se cache un drame qui a marqué à jamais tous les membres de sa famille. Une vieille robe trouvée par hasard, et dont elle apprend qu'elle aurait appartenu à une certaine Eeva, va réveiller le passé. Cette Eeva, dont on ne lui a jamais parlé, aurait été, dans les années 60, la nourrice de sa mère. Mais Anna ne tarde pas à comprendre qu'elle a été beaucoup plus qu'une employée et que son grand-père, peintre célèbre, l'a profondément aimée.


- L'arpenteur
de Marie Rouanet
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


Emile, revenu habiter le moulin familial à Bourg-en-Rouergue, voit apparaître un soir d'hiver celui qu'il nommera l'Arpenteur et qui va changer sa vie. C'est le nouveau notaire, un homme laid, orgueilleux, infatigable fouilleur de ruines, de mémoires et d'Histoire sur qui courent les rumeurs les plus folles. Qui mieux qu'un notaire pour connaître les secrets de famille, par le cadastre les terres inexploitées, les successions et les testaments?


- L'été de l'ours
de Bella Pollen
Éditions Belfond / Janvier 2012


Poignant, bourré d'émotion et de poésie, un roman au charme particulier, qui oscille entre rire et larmes. Une œuvre lumineuse, dont la lecture captive autant qu'elle réconforte. Après le décès aussi soudain qu'inexpliqué de son époux, haut diplomate anglais, Letty Fleming prend une décision: fuir l'ambassade de Bonn en pleine guerre froide et s'installer avec ses trois enfants sur une île d'Écosse. Mais la distance n'y fait rien, Letty ne peut se détacher de ces questions: son mari était-il vraiment le traître qu'on lui a dépeint? Et quelles menaces rôdent autour des siens? Comblant les silences de leur mère et l'absence de leur père, les enfants, eux, tentent de reconstruire leur vie. Tandis que la douce Georgie découvre les joies de l'amour, la terrible Alba passe son chagrin et ses nerfs sur son jeune frère. Hypersensible, doté d'une imagination sans bornes, Jamie envoie des bouteilles à la mer en songeant à celui qui ramènera leur père. Arpentant les plages et la lande désolées, un ours solitaire rêve de liberté et d'une âme à sauver.


- L'héritage impossible
de Anne B. Ragde
Éditions 10-18 / Janvier 2012


Suite au terrible secret révélé au clan des Neshov, la fratrie se disloque dans de pesants non-dits. Jusqu'au jour, funeste, où ils doivent faire face, ensemble. Dans une chaleur suffocante, Torunn, héritière malgré elle de la ferme familiale et des guerres silencieuses du passé, dénouera leurs destins, traçant une vie nouvelle.


- L'homme à la carrure d'ours
de Franck Pavloff
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


Dans une zone du Grand Nord ignorée des cartes, d'anciens ouvriers oubliés de tous se sont regroupés en communautés hostiles. Seuls Kolya, un sculpteur d'ivoire descendant des Lapons, et Lyouba, la seule jeune femme à y être née, savent écouter les saisons, les hivers terribles et les printemps flamboyants, passer les frontières, déjouer la vigilance de gardiens invisibles pour s'aventurer à leurs risques et périls hors de ce lieu interdit.


- L'hypothèse des sentiments
de Jean-Paul Enthoven
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


Ce roman s'ouvre, un 23 juin, à Rome, sur un épisode "hitchcokien" et a priori sans conséquence, un bagagiste d'hôtel range, dans le coffre du taxi (dans lequel se trouve un certain Max, scénariste, en route vers l'aéroport de Fiumicino…) la valise rouge que celui-ci lui a confié, le matin-même en quittant sa chambre. Il se trouve que le bagagiste s'est trompé, et a confondu ladite valise avec celle, rigoureusement identique, d'un autre client également sur le départ. Max ne s'avisera de cette méprise qu'en arrivant chez lui, à Paris. Or, dans cette valise qui n'est pas la sienne, Max découvre des objets qui vont, chacun, jouer un rôle décisif au fil des 300 pages qui suivent. Ce qu'il trouve? Des soieries, deux paires d'escarpins, un portrait de l'actrice Audrey Hepburn, un exemplaire d'"Anna Karénine" et le journal intime d'une femme prénommée Marion, manifestement belle, mélancolique et sexuellement désœuvrée. À partir de là, se tisse une longue et tumultueuse histoire d'amour, de désamour, de plaisir, de mysticisme, de fantaisie. On y rencontrera un ex-banquier protestant et fou, un psychanalyste pervers, un proxénète spécialisé dans le beau monde, une voyante, un "privé", deux fantômes, la Vierge Marie, un Arménien aux mœurs douteuses, quelques Italiennes sensuelles. Dans ce roman, il est également question des grandes heures de Cinecittà, du hasard, de Stendhal, de la Russie, des palaces de Monte-Carlo, du bonheur. Mais aussi d'érotisme, d'astrologie, d'"athéisme amoureux" et de "Sentiments" si fluctuants qu'on ne sait, au final, s'ils sont sincères ou "hypothétiques".


- L'inconnue de Birobidjan
de Marek Halter
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


Des coulisses du Kremlin au Birobidjan, l'État juif créé par Staline en Sibérie; du Goulag aux prisons du FBI; du théâtre yiddish à Broadway... l'épopée extraordinaire d'une jeune actrice russe. Juin 1950. Washington. McCarthy et son équipe interrogent une certaine Maria Apron. Elle est accusée d'être entrée aux États-Unis avec un faux passeport et d'avoir assassiné un agent secret américain en Union soviétique. Avant elle, Orson Welles, Lauren Bacall, Arthur Miller et des centaines d'autres artistes soupçonnés de sympathies communistes ont été interrogés par McCarthy. Leur carrière a été détruite, leurs familles ont été brisées. Pour se défendre, Maria Apron n'a que ses souvenirs. En actrice consommée, elle va, telle Shéhérazade, les distiller à ses accusateurs pour sauver sa tête. Maria Apron, de son vrai nom Marina Andreïva, commence par une révélation scandaleuse: oui, elle a connu Staline; elle a même été sa maîtresse. En octobre 1932, elle a dix-neuf ans et est l'étoile montante du théâtre moscovite. Invitée au dîner fêtant l'anniversaire de la Révolution, Marina découvre la réalité du Kremlin. Devant elle, Staline déclare à ses convives, dont beaucoup sont juifs, que le Birobidjan, un petit pays de Sibérie, sera désormais une région autonome juive: les Juifs du monde entier pourront y émigrer et la langue officielle sera le yiddish. Ce soir-là, Marina, partagée entre la répulsion et la fascination, se laisse séduire par Staline. Mais Nadejda Allilouïeva, l'épouse de Staline, se suicide pendant que son mari est avec Marina. Marina doit se faire oublier. Sa carrière est interrompue, puis elle doit fuir Moscou. Ou aller? Vers qui se tourner? Ironie de l'histoire, elle, la jeune actrice antisémite, se retrouve au Birobidjan. Dans ce petit pays, elle découvre la vitalité du théâtre yiddish, renommé dans le monde entier. Et c'est là, auprès de vieux comédiens, que Marina renoue avec le travail d'actrice, le grand, le vrai, exigeant et généreux. Elle oublie les années de terreur, croit au bonheur, tombe amoureuse. Il s'appelle Michaël Apron, il est médecin et américain. Mais la fin de la Seconde Guerre Mondiale modifie les équilibres politiques: les Américains, alliés d'hier, deviennent les nouveaux ennemis. Accusé d'espionnage, Michaël est envoyé au Goulag. Pour le tirer du camp sibérien où il doit mourir, Marina brave l'enfer.


- La carte du monde invisible
de Tash AW
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


Indonésie, 1964: "l'année de tous les dangers". La vie d'Adam, un jeune Indonésien de 16 ans, bascule le jour ou son père adoptif, Karl, peintre d'origine hollandaise, est enlevé par les hommes du président Sukarno. Adam, déjà hanté par le souvenir de son frère Johan, dont il a été séparé à l'orphelinat, quitte alors son île idyllique et se rend à Jakarta pour retrouver celui qu'il considère comme son vrai père. Il est aidé dans sa quête par une universitaire américaine, Margaret, le grand amour de jeunesse de Karl, qui, à l'instar de ce dernier, se sent aussi chez elle dans ce pays, que Sukarno veut pourtant purger par le feu et le sang de toutes traces du passé colonial. L'auteur nous emmène dans les rues de Jakarta de plus en plus gagné par le chaos, en compagnie de personnages hantés par cette question lancinante, "Ou est ma maison?". Passé et présent s'entremêlent dans ce roman, épique lorsqu'il retrace l'histoire de l'Indonésie, et intime lorsqu'il révèle avec sensibilité le passé des protagonistes. Si La Carte du monde invisible est un grand roman de la littérature post-coloniale, les thèmes qu'il aborde, l'identité, la mémoire, sont universels.


- La couleur de l'âme des anges
de Sophie Audouin-Mamikonian
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


Jeremy, jeune homme de 23 ans, est sauvagement assassiné. En devenant un Ange, il réalise que la lutte pour survivre n'est pas terminée et qu'il peut aussi mourir dans ce nouvel univers. En effet, pour ne pas disparaître, tout Ange doit se nourrir de sentiments humains. Et Jeremy va bientôt découvrir avec effroi qu'il doit même les provoquer. Provoquer la haine, l'amour, la joie, la tristesse, la peur, la compassion. Seules les émotions fortes peuvent rassasier les Anges, colorant leur peau en bleu pour les émotions positives, en rouge pour les négatives. Recherchant la raison pour laquelle il a été tué, Jeremy piste alors Allison, une vivante de 20 ans, témoin involontaire de son exécution. À force de côtoyer, jour et nuit, la ravissante et naïve jeune fille, il finit par en tomber follement amoureux. Mais l'assassin de Jeremy cherche à supprimer à tout prix ce témoin indésirable. Alors que des Anges se liguent aussi contre lui, Jeremy parviendra-t-il à sauver Allison? Sera-t-il capable de sacrifier ses sentiments et de vivre à jamais séparé d'elle?


- La fille de l'hiver
de Eowyn Ivey
Éditions Fleuve Noir / Janvier 2012


L'Alaska, ses forêts impénétrables, ses étendues enneigées. Son silence. Sa solitude. Depuis la mort de leur bébé, le mariage de Mabel et Jack n'a plus jamais été le même. Partir vivre sur ces terres inhospitalières paraissait alors une bonne idée. Seulement, le chagrin et le désir d'enfant les ont suivis là-bas et la rudesse du climat, le travail éreintant aux champs les enferment chacun dans leur douleur. Jusqu'à ce soir de début d'hiver ou, dans un moment d'insouciance, le couple sculpte un bonhomme de neige à qui ils donnent les traits d'une petite fille. Le lendemain matin, celui-ci a fondu et de minuscules empreintes de pas partent en direction de la forêt. Peu de temps après, une petite fille apparaît près de leur cabane, parfois suivie d'un renard roux tout aussi farouche qu'elle. Qui est-elle? D'où vient-elle? Est-elle une hallucination ou un miracle? Et si cette petite fille était la clé de ce bonheur qu'ils n'attendaient plus? Inspiré d'un conte traditionnel russe, La Fille de l'hiver est un roman à la fois moderne et intemporel ou le réalisme des descriptions n'enlève rien à la poésie d'une histoire merveilleuse, dans tous les sens du terme.


- La meilleure façon de s'aimer
de Akli Tadjer
Éditions JC Lattès / Janvier 2012


J'ai eu le tournis et des palpitations de cœur parce que La petite fille en robe jaune m'est apparue. Elle jouait à la marelle sur le parvis de la Grande Poste d'Alger. J'ai crié son nom, elle s'est retournée, m'a fait coucou de la main, puis elle a sauté à cloche-pied une, deux, trois cases avant de disparaître dans celle du paradis. Murée dans son silence, Fatima revisite son passé, ses secrets, ses histoires d'amour bâclées, faites de violence et de trahisons. Et, tout au bout de sa mémoire, tel un soleil ressuscité, surgit un petit enfant. Auprès d'elle, à Paris, son fils Saïd n'a toujours pas compris pourquoi sa mère n'a jamais su lui dire qu'elle l'aime.


- La nuit de San Remo
de Philippe Brunel
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


Janvier 1967, Festival de San Remo. Ce pourrait être une simple idylle entre Dalida, déjà une star, et ce ténébreux à la voix troublante quand il chante "Ciao, amore, ciao". Sauf qu'on trouve Luigi Tenco mort d'une balle dans la tête, dans sa chambre de l'Hôtel Savoy. Un suicide d'après les enquêteurs. Mais on n'a jamais retrouvé trace du projectile. Pourquoi avoir ramené la dépouille de Tenco de la morgue au Savoy où les policiers l'avaient redéposé dans sa chambre et dans son propre sang "comme ils l'avaient trouvé", sur le dos, au pied de son lit? Dalida a-t-elle assisté à la scène macabre? Étaient-ils vraiment amants? Ou les acteurs consentants d'une "picture story" orchestrée par la presse? Pourquoi Dalida quitte-t-elle San Remo dans la nuit, au terme d'un interrogatoire sommaire? Que craignait-elle? Comment expliquer son absence aux obsèques de Tenco dont elle avait porté le deuil en France? Et que faisait sur les lieux son ancien mari et impresario, Lucien Morisse qui se suicidera trois ans plus tard, à Paris, avec un Walther PPK, une arme identique à celle de Tenco? Fallait-il y voir un signe? Des années plus tard, le narrateur interroge les lieux et les rares témoins de cette tragédie qui le renvoie à l'Italie puritaine des années soixante. Mais surtout à ses propres fantômes? "Qu'est-ce que la gloire? Sinon l'autre face de la persécution?"


- Là où commence le secret
de Arthur Loustalot
Éditions JC Lattès / Janvier 2012


La route est longue de Land's End à John O' Grots pour les voyageurs qui traversent l'Ecosse. Suspendu sur une falaise, Fergus, enserré dans un costume d'ange, attend les touristes qui viennent d'achever leur périple. Moïra, l'amour qu'il n'a pas su retenir, est partie. Fergus est seul et ses ailes d'ange lui pèsent; mais l'attente a des vertus. Nino est seul, lui aussi. Sous l'argile troglodyte de son village andalou, l'ancienne étoile du flamenco n'a plus que des souvenirs, un âne pour compagnon, et une canne râpant le sol. L'accident a brisé rêves et carrière. Pour son anniversaire, il invite Abigail, celle avec qui autrefois il dansait à en mourir. Dans sa robe de scène rouge, la jeune femme offre un dernier cadeau à Nino. Plus loin, on découvre Wu, un vieux Chinois qui, un petit caillou en poche, rendra le plus bouleversant des hommages à son fils disparu; ou Georges, soixante-seize ans, qui dévale Paris à vélo; ou encore Javier qui, du haut de sa cabane, garde les ampoules électriques d'un gigantesque panneau publicitaire de La Paz. Dans ce recueil cosmopolite où les rudesses de la vie côtoient des tragédies intimes, Arthur Loustalot déploie des portraits aussi violents que sensibles d'hommes plus grands que le malheur. Leur solitude résonne dans des paysages tantôt âpres, tantôt tourbillonnants; elle nous parle d'amour, de sacrifices, de deuils, mais également du miracle de l'imagination pour retrouver l'espoir, là où commence le secret.


- Le bar des menteurs
de Ingrid Naour
Éditions Cherche Midi / Janvier 2012


Dans le petit monde du Bar des menteurs sur l'île de Noirmoutier, chacun s'applique à ne pas être surpris en flagrant délit d'inconduite, car, selon Baudelaire, "un homme qui ne boit que de l'eau a un secret à cacher à ses semblables". Qu'ils soient marins du zinc, rêveurs définitifs, inactifs surmenés, ces grandes gueules au verbe haut et au cœur tendre souffrent du mal de terre. Alors ils boivent pour oublier qu'ils ont déjà trop bu. Mais qu'y peuvent-ils si leur soif s'accorde aux étoiles qui dansent derrière l'horizon et s'ils ont en permanence "le toboggan à sec"?


- Le chapeau de Mitterrand
de Antoine Laurain
Éditions Flammarion / Janvier 2012


Un soir à Paris, Daniel Mercier, comptable, dîne en solitaire dans une brasserie, quand un illustre convive s'installe à la table voisine: François Mitterrand. Son repas achevé, le Président oublie son chapeau, que notre Français moyen décide de s'approprier en souvenir. Il ignore que son existence va en être bouleversée. Tel un talisman, ce célèbre feutre noir ne tarde pas à transformer le destin du petit employé au sein de son entreprise. Daniel aurait-il percé le mystère du pouvoir suprême? Hélas, il perd à son tour le précieux objet qui poursuit sur d'autres têtes son voyage atypique au sein de la société française des années 1980. Cette fable pleine d'esprit et de malice possède comme le fameux chapeau un charme mystérieux, celui de ressusciter une époque et, surtout, de mettre au jour à travers une galerie de personnages notre rêve commun: voir s'accomplir par magie nos désirs les plus secrets.


- Le crime de la renarde
de Michèle Lajoux
Éditions Cherche Midi / Janvier 2012


"À certains moments, je redeviens comme quand j'étais enfant, je ne sais plus que je suis là, c'est ensuite comme un trou dans ma vie. À l'école, je le faisais exprès. On me disait que j'étais toujours dans la lune. En fait, je n'allais jamais dans la lune, je n'ai jamais été tentée. Je rentrais en moi, je trouvais que c'était beaucoup plus intéressant. Je m'imaginais que je circulais dans mon cerveau pour y découvrir de quoi j'étais faite. Certains endroits étaient fermés à clé, jamais je n'ai pu y entrer, j'étais vraiment agacée. Au moment où je sentais que la serrure allait céder, le prof me criait dessus et tout était à recommencer". Cendrine, 23 ans, condamnée à vingt-cinq ans de prison pour le meurtre de son fils. La jeune femme, qui n'aime pas s'exprimer sort progressivement de sa chrysalide. Du cahier bleu au cahier rouge, elle se cherche sans vraiment savoir où elle va. C'est le cahier noir qui lui apportera la révélation.


- Le garde-barrière
de Andrea Camilleri
Éditions Fayard / Janvier 2012


La petite ville de Vigàta, en 1942-43. Nino, garde-barrière de son état et Minica, son épouse, filent des jours heureux dans leur maisonnette au bord de la voie ferrée. La guerre qui gronde autour d'eux et le fascisme aux abois, mais toujours virulent, ne les empêchent pas de rêver d'un enfant et, pourquoi pas, de gagner à la loterie. Cependant tout bascule lorsque Nino et son copain Totò, qui arrondissent leurs fins de mois grâce à de petits concerts dans le salon du barbier, décident de contourner la censure en interprétant des versions remaniées d'hymnes militaires et patriotiques. À sa manière tendre et truculente, Camilleri brosse le tableau des lâchetés ordinaires et des héroïsmes modestes d'une période troublée de l'histoire sicilienne. Soif du pouvoir et cruauté s'entrecroisent, auxquelles répond le tenace espoir des gens simples.


- Le livre des enfants
de Antonia Susan Byatt
Éditions Flammarion / Janvier 2012


Londres, 1895. Olive Wellwood, célèbre écrivain, décide de créer un livre unique, relié d'une couleur différente, tout spécialement pour chacun de ses enfants. Dans leur vaste demeure près du marais de Romney, ils évoluent dans un monde de contes de fées. Pourtant chaque famille porte le poids de ses secrets. Tous grandissent dans les étés enchantés de l'époque post-victorienne, mais tandis que les garçons se rebellent contre leurs parents et que les filles rêvent d'indépendance, ils ignorent qu'un avenir sombre les attend. Et que les adultes qui les aiment les trahiront malgré eux. Le Livre des enfants est une œuvre époustouflante, véritable reconstitution historique qui ressuscite l'époque de la création de Peter Pan. C'est aussi un roman intime et poignant sur les rapports entre parents et enfants, les luttes les plus âpres de cette époque charnière mais aussi les plaisirs les plus intenses que nous offre la vie.


- Le maître et Marguerite
de Mikhail Boulgakov
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


Dans le Moscou des années trente, deux écrivains discutent sur un banc, dans un jardin public. Jésus a-t-il réellement existé? Tel est le thème de la discussion. Tout à coup, se produit un mouvement de l'air, et un personnage est là, assis sur le banc voisin, qui se mêle bientôt à leur conversation. Étranger? Espion? Ou intrus simplement? L'inconnu montre ses papiers: il est en règle. Il est, dit-il, un professeur venu en consultation. Mais, curieusement, il a un don de vision et lit dans l'avenir. Peu après, l'un des écrivains meurt comme il l'avait prédit; le second devient fou, c'était aussi prédit. L'inconnu, c'est le Diable, en visite dans le monde socialiste. Tel est le début de cet extraordinaire roman. Mais le début seulement. Car autour de Woland (c'est le nom qu'a pris le Diable), trois récits vont s'organiser et s'entre-tisser: la fantastique sarabande dans laquelle va être entraînée Moscou, et qui déchaînera presque une catastrophe nationale; la rencontre, par l'écrivain devenu fou, à l'hôpital psychiatrique, du "Maître", fou aussi, qui lui racontera son amour pour Marguerite; l'histoire de Ponce-Pilate, écrite par le "Maître" (à la suite de quoi il est devenu fou). De l'un à l'autre de ces trois romans en un seul, l'intérêt, la surprise rebondissent sans arrêt. Mais une œuvre aussi riche ne se raconte pas.


- Le monde est dans la tête
de Christophe Poschenrieder
Éditions Flammarion / Janvier 2012


Leipzig, automne 1818. Le jeune Arthur Schopenhauer ne parvient pas à faire publier son premier traité de philosophie. Après s'être disputé avec son éditeur, il se met en route pour Venise, muni d'une recommandation de Goethe, dans l'espoir de rencontrer le sulfureux Lord Byron, poète adulé par la jeunesse. En franchissant les Alpes, il se lie d'amitié avec un étudiant amateur d'opium et, comme lui, d'hindouisme. Mais leurs excentricités ont tôt fait d'attirer l'attention des polices de Metternich. Le séjour de Schopenhauer à Venise s'agrémente dès lors de complications cocasses en tous genres; d'autant que le philosophe en vacances, délaissant notables et touristes, préfère explorer l'envers du décor et s'éprendre de Teresa, souffleuse de verre à Murano, aussi libre d'idées et de mœurs qu'elle est belle. Dans la Sérénissime qu'il connaît comme sa poche, Christoph Poschenrieder situe une histoire, presque véridique, d'un charme prenant et d'une rare drôlerie.


- Le palais de minuit
de Carlos Ruiz Zafón
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


"Très bientôt, toi et moi, nous serons un seul être. Je ne suis pas ton ennemi. Je suis ton avenir". Calcutta, 1916. Un soldat anglais fuit dans les ombres nocturnes de la Cité des palais. Au creux de ses bras, il abrite des jumeaux de quelques jours qu'il vient d'arracher à un mystérieux criminel. Confiés à leur grand-mère, les jumeaux, un garçon et une fille, sont séparés. Sheere reste avec sa grand-mère, Ben est confié à un orphelinat. Le jour de leur seize ans, Sheere retrouve Ben à l'orphelinat. Il s'y est fait six fidèles amis avec lesquels il a formé la Chowdar Society. La nuit, les sept enfants se réunissent dans une grande bâtisse désolée qu'ils ont baptisée le "Palais de Minuit". À son tour, Sheere est admise à la Chowdar Society. Mais dès que les jumeaux sont réunis, une force maléfique semble se réveiller. Un train de feu tout droit sorti de l'enfer les terrorise. Une ombre liquide s'acharne contre eux. Qui est l'être, ou le démon, à l'œuvre derrière les attaques répétées contre Sheere et Ben? Pourquoi leur manifeste-t-il une haine aussi implacable? Interrogeant la grand-mère des jumeaux, fouillant les archives de la ville, les membres de la Chowdar Society découvrent alors la véritable personnalité de Jawahal, le père disparu de Ben et de Sheere. Architecte de génie possédé par une folie homicide, il a bâti l'extraordinaire garde de Jheeter's Gate. Cathédrale élevée à la gloire de la technologie ferroviaire, ce bâtiment sans égal dans le monde a été la proie d'un terrible incendie le jour même de son inauguration. Depuis, sa carcasse noire, dressée au centre de Calcutta, est hantée par l'âme en colère de Jawahal. C'est au cœur de ce lieu maudit que Ben et Sheere doivent affronter les vérités douloureuses de leur passé. Ensemble, les huit membres de la Chowdar Society s'enfoncent dans les ténèbres de la gare maudite. Au bout des tunnels les attend le plus cruel et le plus attachant des criminels. Il veut l'âme de Sheere et la mort de Ben. Pour cela, il doit détruire l'amitié qui unit les adolescents. Mais l'amour est toujours plus fort que la mort, armés de leur courage, de leur attachement et de leur sincérité, Sheere, Ben et leurs six amis vont tout risquer pour apaiser l'esprit malade de Jawahal.


- Le ravissement des femmes
de Corinne Hoex
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


Elisabeth, la quarantaine, est célibataire, très aisée, oisive, curieuse. Elevée dans une famille athée, très sceptique devant toutes les formes de pensée religieuse, elle se rapproche par désœuvrement du père Constantin, un prêtre et conférencier mondain qui a un groupe de femmes à sa dévotion. La nouvelle venue comprend très vite que ces ouailles, rien que des femmes, sont subjuguées par le charme du père et se disputent âprement sa faveur, à défaut de ses faveurs. En réalité c'est un leurre. Constantin est un gourou extrêmement subtil, et un viveur raffiné, qui assoit sa domination sur ces femmes en se refusant à la plupart d'entre elles. Il les traite en "épouses inépousées", réservant ses ardeurs à telle ou telle, les plus riches et les plus généreuses, après une longue attente. Ce sera, pour Elisabeth, au terme d'un baptême longtemps repoussé, qu'il passera à l'acte.


- Le retour de Silas Jones
de Tom Franklin
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


Dans le Mississipi des années 70, tout aurait dû séparer Larry Ott et Silas Jones: la classe sociale et la couleur de peau. Les deux adolescents sont pourtant devenus amis, jusqu'à ce que la disparition d'une jeune fille vienne bouleverser leurs existences. Vingt ans plus tard, Silas Jones revient sur les lieux de son enfance. Alors qu'il n'a aucune raison de reprendre contact avec Larry, une nouvelle tragédie les oblige à se confronter, ensemble, à un passé douloureux. À travers le portrait croisé de ces deux hommes, Tom Franklin nous offre une fresque inoubliable du Sud, cette région mythique des Etats-Unis où la question de l'identité, le poids de la ségrégation et la violence sont encore présents aujourd'hui. Un roman magnifique, couronné par plusieurs prix littéraires dont le Los Angeles Times Fiction Prize.


- Le rêve de l'homme lucide
de Philippe Ségur
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2012


"Une panoplie de plus venait s'ajouter à ma collection. Un statut d'écrivain, des invitations chez les libraires, dans les salons, à la radio-télévision. Je leur servais des platitudes. C'était pour cela qu'on me conviait. Parce que j'étais rassurant, moi qui n'étais qu'instabilité et colère. Parce que j'étais amusant, moi qui n'étais pas drôle. Et je les leur servais, ces platitudes, parce que je les connaissais toutes, parce que j'étais l'anxiolytique social fabriqué par la société pour ne pas la décevoir. Ainsi allais-je partout, presque partout, pour ne pas décevoir. Mais ce n'était pas moi qui m'y rendais. C'était toujours l'autre, le bon garçon, le caméléon, celui de qui j'avais l'air. Alors, si pendant toutes ces années j'avais été un autre, qui étais-je vraiment? Le Dr Zennegger avait vu juste. Je n'étais personne. Un possédé ne peut être personne". Simon Perse est écrivain, insomniaque, révolté et lucide. Sa particularité? Il ne dort plus du tout. Mais, tandis que s'ouvre pour lui un jour sans fin, libéré de la contrainte du sommeil, des hallucinations commencent à s'emparer de lui qui vont le mener à la plus décisive des confrontations: la rencontre avec soi-même.


- Le roi n'a pas sommeil
de Cécile Coulon
Éditions Viviane Hamy / Janvier 2012


"Ce que personne n'a jamais su, ce mystère dont on ne parlait pas le dimanche après le match, autour d'une bière fraîche, cette sensation que les vieilles tentaient de décortiquer le soir, enfouies sous les draps, ce poids, cette horreur planquée derrière chaque phrase, chaque geste, couverte par les capsules de soda, tachée par la moutarde des hot-dogs vendus avant les concerts de blues; cette peur insupportable, étouffée par les familles, les écoliers, les chauffeurs de bus et les prostituées, ce que personne n'a pu savoir, c'est ce que Thomas avait ressenti quand le flic aux cheveux gras était venu lui passer les bracelets, en serrant si fort son poignet que le sang avait giclé sur la manche de sa chemise".


- Le scénariste
de Louis Gardel
Éditions Stock / Janvier 2012


François est romancier. Il deviendra scénariste à la suite de circonstances qui lui paraîtront relever du hasard. Il n'est pas quelqu'un qui dirige sa vie. Il s'arrange avec ce qui se présente. Ce sont les milieux littéraires et ceux du cinéma qui servent de cadre au roman. La jeune fille de province dont François tombe amoureux travaille aujourd'hui à Paris, dans l'édition. Pour vivre avec François, elle interrompt brutalement une liaison avec un vieil écrivain que cet abandon rend à peu près fou. Mais François ignorera toujours chantages et menaces. Une partie du roman se déroule aussi en Algérie, où François est né. Sa mère s'y était installée après l'indépendance, par conviction idéologique, pour se mettre au service de ce peuple neuf. Elle est revenue en France en 1974, quand son petit garçon avait cinq ans. François n'a jamais su qui était son père. Sa mère ne le lui a jamais révélé. C'était une femme qui ne parlait pas. De ce secret François a pris son parti. Il a un grand appétit de bonheur. Ses tourments, il les met dans les histoires qu'il écrit. Ce ne sont pas des transpositions de la vie réelle, plutôt une quête de ce qui est peut-être arrivé ou qui aurait pu arriver, une sorte de monde parallèle. Dans le quotidien des jours François ne calcule rien. Il se laisse porter par ses désirs et par la chance: la vie n'est pas sérieuse. Ce qui est sérieux, c'est ce qu'il invente.


- Le Seigneur de la route
de Jean-Pierre Gattégno
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2012


Que faire lorsque tout va mal? Lorsque l'on est chahuté par ses élèves, méprisé par ses collègues, piétiné par ses supérieurs, trompé par son épouse? Pierre Raustampon ne supporte plus cette vie et, un jour, s'enfuit dans la luxueuse Mercedes de l'amant de sa femme. Grisé par la puissance de cette voiture, il fonce pleins gaz, sillonnant au hasard l'Hexagone. Il espère ainsi couper les ponts avec une existence désespérante. À cette errance géographique se superpose un trajet plus intime, un voyage intérieur qui le conduit vers d'obscures régions de lui-même. De multiples péripéties, rencontres féminines plus que troublantes, maffieux et police lancés à ses trousses, échanges amoureux avec l'épouse de son rival, l'amènent à découvrir une vérité à laquelle il est loin de s'attendre. Une vérité brutale qui donnera un sens particulier à cette aventure.


- Le tapis du salon
de Annie Saumont
Éditions Julliard / Janvier 2012


Quoi de commun entre un kidnappeur apprivoisé par sa victime, un garçon ne lâchant jamais la main d'un frère imaginaire, une mère sans scrupules volant son fiancé à sa propre fille, un frère follement amoureux de sa sœur handicapée, un poète en herbe mort d'avoir plongé d'une falaise à marée basse? Tous ces personnages anonymes, paumés, décalés, silencieux, peuplant un univers en apparence banal à crever, ont une histoire extraordinaire à raconter. Mais seul un détail peut nous y faire accéder. Une promesse de jeunesse non tenue, un coucher de soleil, la mort d'un poisson rouge, l'envoi d'une lettre anonyme ou une simple tache sur un tapis, tout est prétexte à Annie Saumont pour creuser les failles d'une humanité à la dérive, qui pourtant s'acharne à résister. Véritable orfèvre de l'écriture, Annie Saumont scrute notre quotidien, s'attache aux situations qui dérapent, aux manifestations de trouble, jusque dans le langage, miroir de tous les dérèglements affectifs et sociaux. Partant d'un fait divers ou d'une anecdote, elle croque ses antihéros au moment où leur vie bascule. Chacune de ses nouvelles est comme un détail d'un même tableau, formant une peinture de société sombre, implacable et poignante. Du très grand art. Avec déjà plus de trois cents nouvelles et trente recueils couronnées par les prix les plus prestigieux, Annie Saumont est un cas unique dans les lettres françaises. Souvent comparée à Raymond Carver, elle a entièrement consacré son œuvre à la nouvelle. Et comme en témoigne la critique littéraire, qui ne cesse de l'encenser, année après année, et de voir en elle la plus talentueuse des nouvellistes de langue française, Annie Saumont est toujours aussi moderne.


- Le tristement célèbre Johnny Lim
de Tash Aw
Éditions 10-18 / Janvier 2012


Qui est Johnny Lim, ce monstre-héros de Malaisie qui divise tant les esprits? Un homme brutal et cruel? Ou un ange au cœur pur? La clé de l'énigme est à chercher du côté des îles mythiques Seven Maidens, en 1941, lors d'une expédition qui scellera à jamais le destin de Johnny. Un premier roman chatoyant ou brillent les derniers feux des colonies britanniques.


- Le vent pleure Marie
de Stéphane Koechlin
Éditions Fayard / Janvier 2012


En 1950, Rodolphe Koechlin rapporta de La Nouvelle-Orléans un disque de Louis Armstrong dans un Constellation à hélices. Ou était-ce en 1951? Qu'importe. La légende de la famille tient dans cette phrase. Car ce n'est évidemment pas un hasard si Philippe, le fils de Rodolphe, fonda par la suite la mythique revue Rock & Folk. L'attrait pour les musiques nouvelles, c'est ce disque qui l'avait suscité. Pourtant la légende serait incomplète si on oubliait d'évoquer Marie, la femme de Philippe, elle-même initiée au jazz par la bonne de ses parents, qui cirait les parquets en swinguant. Ni Charles, l'oncle compositeur et critique musical. La légende devient saga. Courant sur plus de cent ans, traversant deux guerres, elle raconte la transmission de ces deux passions que furent la musique et la presse, si puissantes qu'elles semblèrent atténuer les deuils et augmenter les joies, mais surtout souder ses protagonistes au-delà des liens du sang. De la construction de la tour Eiffel (dessinée par un Koechlin) aux années Mitterrand et en passant par Woodstock, elle embrasse le siècle que l'histoire retiendra peut-être, qui sait, comme celui du jazz et du rock. Son narrateur? Stéphane, le fils de Marie et Philippe. Profession? Écrivain, bien sûr, mais aussi critique musical.


- Les années faribole
de Jean Vautrin
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


Quatre soldats français happés dans le tourbillon de l'après-guerre, ils sont rattrapés par un crime qu'ils ont commis sur le front. C'est l'armistice. Ils sont quatre soldats français tout juste sortis du bourbier de la Grande Guerre, quatre amis soudés à la vie à la mort par l'expérience des tranchées. Et liés par un lourd secret: ensemble, aux derniers jours de la boucherie, ils ont assassiné un bourreau, un homme sadique et incompétent, un colonel de l'armée française. Dans une France qui verse peu à peu dans la fièvre des années folles, chacun retourne à sa vie d'antan. Guy Maupetit, dit Ramier, ajusteur de son état et grand amoureux de la pêche au brochet, a du mal à se remettre à l'ouvrage et préfère chercher le réconfort dans le sein des femmes. Le distingué Raoul Montech, éleveur de vins en pays sauternais, retrouve son domaine, ses ambitions politiques, son épouse adultère et sa charmante belle-sœur. Le géant russe Boris Malinowitch-Korodine glisse de la butte Montmartre à Montparnasse et se prépare à devenir un peintre à succès. Quant à Arnaud de Tincry, le séduisant aristocrate cambrioleur, il reprend ses activités illicites et, sous le masque de Spector, défraye bientôt la chronique policière. Les quatre amis ne sont pas seulement poursuivis par le remords, mais aussi par un ancien voisin de tranchée, devenu policier, l'ex-caporal Charpaillez. Témoin de leur crime, cet homme à la mentalité déplorable n'hésite pas à se livrer au chantage. D'autres fantômes sortis des tranchées viendront-ils obscurcir le destin des quatre soldats français?


- Les complaisances du cœur
de Belva Plain
Éditions Belfond / Janvier 2012


À trente ans, Laura McAllister ne sait plus où elle en est. Investie dans une carrière qui la comble, elle est mariée à un homme qui la préférerait femme au foyer, et doit subir les foudres de sa mère, qui a une vision de la femme pour le moins conventionnelle. Sa rencontre avec Nick va venir tout chambouler. Au contact de ce beau photographe, Laura se sent pousser des ailes. Enfin, elle s'avoue ce qu'elle se cache depuis si longtemps: non, son mariage ne la rend pas heureuse, c'est en femme libre qu'elle veut désormais s'épanouir. Mais ce que Laura ignore, c'est que pour s'affranchir du carcan McAllister, elle va devoir faire face aux zones d'ombre du passé maternel. Aura-t-elle le courage de briser les tabous familiaux et d'en assumer les douloureuses conséquences?


- Les descendants
de Kaui Hart Hemmings
Éditions Jacqueline Chambon / Janvier 2012


Descendant de l'un des plus grands propriétaires terriens de l'île d'Hawaii, Matthew King voit son destin basculer le jour où son épouse, la belle et frivole Joanie, sombre dans le coma après un grave accident de bateau. Bientôt, conformément au testament qu'elle avait rédigé, les appareils seront débranchés, et Matt devra s'occuper seul de ses deux filles, Alex, dix-sept ans, ancien mannequin et déjà quelques problèmes de drogue à son actif, et Scottie, une pétulante petite fille de dix ans. Tandis qu'il demande à la famille et aux amis de Joanie d'aller lui dire au revoir, Matt découvre que sa femme avait un amant. Décidé à le retrouver pour qu'il puisse, lui aussi, faire ses adieux, Matt prend la route avec ses filles et se lance dans une quête salvatrice. D'une plume tout à la fois incisive et mélancolique, acide et sincère, lucide et drôle, Kaui Hart Hemmings sonde les liens affectifs qui font d'un homme un amant, un mari et un père, et signe, avec Les Descendants, un authentique roman d'amour.


- Les Éphémérides
de Stéphanie Hochet
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2012


Le gouvernement anglais vient d'annoncer qu'un événement exceptionnel aura lieu le 21 mars. Chacun est sur le qui-vive. Tara et Patty dans leur ferme d'Ecosse, le peintre Simon Black à Londres, son amante Ecuador, Alice qui retourne à son premier amour et n'est pas au bout de ses surprises. Pendant trois mois, avant la date fatidique, un climat d'insurrection s'installe, c'est l'heure du dévoilement. Le passage de l'hiver au printemps n'a jamais été aussi prometteur.


- Les Érythréens
de Léonard Vincent
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2012


C'est une contrée qui borde la mer Rouge. Au nord le Soudan, au sud l'Ethiopie. À première vue, le bout du monde parfait. Mais Issaias Afeworki règne sur ce pays, l'Erythrée, depuis vingt ans. Après avoir conduit la guerre d'indépendance, l'homme s'est mué en dictateur alcoolique et paranoïaque. Il dirige son État comme une caserne. Chaque parcelle est verrouillée, la police est omniprésente, les prisons sont pleines. Tous cherchent à s'enfuir. Grâce aux trafiquants et quelques centaines de dollars économisés au fil du temps, certains y parviennent. Pour la première fois, dans ce récit d'une grande justesse, les Erythréens ont la parole. Ils lèvent le voile sur un peuple pris en otage. En attendant le jour de la délivrance.


- Les favorites
de Florence Chapiro
Éditions Fayard / Janvier 2012


Quatre femmes, un enterrement. Quatre rivales qui se sont partagé le même homme, peintre de renom auquel le monde de la culture vient rendre un dernier hommage. Comment vont-elles se tenir? Il y a tant à se disputer dans l'héritage intellectuel et affectif d'un artiste. De l'épouse inexpugnable, de la jeune maîtresse qui voulait un enfant, de la muse insaisissable, de l'élève trop douée, qui l'a le mieux inspiré? Le mieux compris? Le mieux accompagné dans le doute comme dans la gloire? Le vénérable cimetière du Père-Lachaise n'en serait pas à sa première scène d'affrontement, de cris et de larmes. À moins, bien sûr, qu'ensemble elles ne se montrent plus orgueilleuses encore que ne l'était cet homme volage, et ne découvrent dans le deuil une ironique façon de dépasser leurs jalousies.


- Les lapins ne meurent pas
de Savatie Bastovoi
Éditions Jacqueline Chambon / Janvier 2012


Nous sommes en 1980. Sasha, neuf ans, vit en République de Moldavie. Une vie sous le communisme, avec ses défilés, ses slogans, sa pruderie, ses kolkhozes, ses organisations de jeunesse quasi militaires. Pour Sasha, qui a un besoin éperdu de croire, la propagande devient à la lettre parole d'Évangile. Il vénère les martyrs de la cause communiste dont les visages sont peints sur les murs de l'école, et en premier lieu Lénine, gloire de l'Union soviétique qui a combattu les puissances du Mal capitaliste. À cette dévotion athée s'ajoute un amour sensuel pour la forêt, où il aime se réfugier quand ça va trop mal à l'école. L'institutrice lui reproche aigrement ses vêtements usés, l'odeur des cochons qu'il nourrit avant de venir en classe et ses poux. On peut aussi être un paria dans l'utopie communiste d'une société sans classes. Ici, le sentiment panthéiste de Savatie Bastovoi s'incarne avec une délicatesse fragile dans cet enfant qui s'accroche aux mythes d'un monde parfait pour oublier la dure réalité d'un système fait pour broyer les hommes. Savatie Bastovoi est né à Chisinau en 1976. Adolescent, il est interné en hôpital psychiatrique à Socola, où il écrit le cycle Un Valium pour Dieu qui le consacre comme poète. En 1998, il abandonne la faculté de Timisoara et, en 2002, il reçoit la tonsure. Il vit au monastère de la Nativité du Christ, en République de Moldavie. Il dirige la maison d'édition Cathisma, la revue de spiritualité orthodoxe Ekklesia et enseigne l'iconographie au Séminaire de théologie de Chisinau.


- Les merveilles
de Claire Castillon
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


"D'un coup, l'amour. L'homme, tout le trafic autour, ça me met de l'essence. Dès que je peux faire la fille, je suis complètement nénuphar, et j'ai le rose aux joues. Une vraie vacherie au début, la présentation de soi-même devant le mâle, à travailler comme un paon. J'ai pas l'habitude de sourire comme ça à n'importe qui et je rame. J'ai peur que mes dents tombent". Evelyne est cynique, moqueuse, et drôle. Elle a treize ans, des parents qu'elle méprise, un frère qu'elle sadise, et un chien, Lulu, qu'elle chérit. Un jour, son père mutile Lulu sous ses yeux, et sa vie bascule. C'est un Premier Mai, muguet, clochettes. Désormais, Evelyne héberge des carillons dans sa tête. Il leur arrivera de s'exprimer à sa place, en toute légitime violence. Ensuite, elle tape sur sa mère à coups de marteau, couche avec Joe Vandaire, un ami de ses parents, est exclue du lycée, devient strip-teaseuse, et puis Lulu meurt. Alors Evelyne s'en va. Elle s'installe avec Luiggi le pizzaïolo, qui lui fait un enfant. Une vie presque normale. Mais la semaine, au lieu d'aller à l'usine faire le ménage, Evelyne est escort-girl en secret. À force de rencontrer des "clients distingués", elle commence à sentir "la possibilité de l'épaisseur des gens". Et puis Daniel entre dans sa vie, "Il a plus d'idée qu'un génie à deux têtes. Il me les partage, ça me consolide". Côtoyer l'intelligence, ça la grise, mais Daniel parle trop, trop, trop, il est narcissique et égocentrique, Evelyne se lasse, elle le quitte, il s'accroche et pleurniche.
Elle le poignarde.


- Les mystères de Winterthurn
de Joyce Carol Oates
Éditions Stock / Janvier 2012


À la fin du XIXe siècle, au manoir de Glen Mawr situé dans la ville de Winterthurn à l'est des États-Unis, vit l'étrange famille Kilgarvan, composée de trois filles: Georgina, l'aînée, appelée la "nonne bleue", et ses deux demi-sœurs qu'elle élève seule, la sage et studieuse Thérèse et la jolie et fantasque Perdita. À l'aube d'une journée de mai, Georgina s'en va en ville acheter cinquante livres de chaux vive. Peu après, on retrouvera le bébé de sa cousine Abigaïl, venue quelques jours en visite, égorgé près du lit de la mère. Douze ans plus tard, cinq jeunes filles sont retrouvées mortes, atrocement mutilées, près de Winterthurn. Et, douze ans plus tard encore, c'est le pasteur, sa mère et une de ses paroissiennes qui sont sauvagement assassinés à coups de hache. Chaque fois, la clé de ces mystères épouvantables va être la même: jusqu'où ose aller une femme amoureuse? Xavier Kilgarvan mène les trois enquêtes avec verve et passion et met toute sa vie dans la résolution de ces crimes. Et l'on suit avec délice les façons de la société du tournant du siècle avec tout ce qu'elle a de suranné et d'hypocrite à force de bienséance.


- Les passagers de l'Anna C.
de Laura Alcoba
Éditions Gallimard / Janvier 2012


"Lors de notre traversée de l'Atlantique à bord de l'Anna C., je devais avoir un peu plus d'un mois. Je ne sais pas quel nom je portais à l'époque, mes parents ne s'accordent pas sur la question, comme sur tant d'autres choses". Au milieu des années 1960, une poignée de jeunes Argentins quittent clandestinement leur pays pour s'embarquer dans un périple qui doit leur permettre de rejoindre le Che Guevara. Ils sont prêts à donner leur vie pour qu'advienne la Révolution. Laura Alcoba a composé ce roman à partir des souvenirs des rares survivants de cet incroyable voyage, dont ses parents faisaient partie et au cours duquel elle est née.


- Les petits succès sont un désastre
de Sonia David
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


Avoir des amis mais renoncer à écrire, ou créer des personnages et perdre tous ses amis? Quand elle ne traduit pas (c'est son métier), le passe-temps favori de Rose est de "(se) faire des romans" sur tout ce qui l'entoure, de préférence avec la "Pap' Team", ses amis et voisins qu'elle retrouve régulièrement au Papillon, leur bistrot de Montmartre. Dans ses tiroirs traînent des dizaines de débuts d'histoires, toutes inachevées. Le jour où elle reçoit 60 000 euros en gagnant un jeu-concours sur Internet, Rose décide de se lancer (enfin.) et de prendre une année sabbatique pour consacrer à ses amis son premier vrai roman. Mais le livre, censé raconter la douceur de l'amitié et rendre hommage au plaisir de ce quotidien à la fois ordinaire et essentiel, aura au contraire pour conséquence de l'interrompre définitivement.


- Les raisons de mon crime
de Nathalie Kuperman
Éditions Gallimard / Janvier 2012


"Elle n'avait pas eu une vie facile. Elle passait les détails, mais ce qu'il fallait qu'il sache, et puisque ça lui viendrait aux oreilles un jour ou l'autre elle devait le lui dire, c'est que les quatre hommes qu'elle avait aimés depuis son divorce étaient morts. Maurice faillit s'étrangler.
Ils sont morts de quoi?
De mort naturelle, pardi!
Et ce fut elle qui s'étrangla de rire. Maurice la regardait, de plus en plus fasciné. Cette femme était exactement la femme dont il rêvait.
Bon, maintenant que tu sais, tu restes?
Tu veux bien de moi?
Et comment!
Ils se tapèrent dans la main comme pour conclure une bonne affaire (et Maurice n'osait croire qu'il venait de croiser l'amour une seconde fois, de façon si brutale, si forte, si rapide)". En retrouvant des années plus tard une cousine perdue de vue, la narratrice se trouve plongée dans un univers qui l'effraie et la fascine jusqu'au vertige. Les personnages de ce roman sont impressionnants de brutalité, presque de sauvagerie, et pourtant bouleversants de franchise, d'humanité blessée.


- Les séparées
de Kéthévane Davrichewy
Éditions Sabine Wespieser / Janvier 2012


Quand s'ouvre le roman, le 10 mai 1981, Alice et Cécile ont seize ans. Trente ans plus tard, celles qui depuis l'enfance ne se quittaient pas se sont perdues. Alice, installée dans un café, laisse vagabonder son esprit, tentant inlassablement, au fil des réflexions et des souvenirs, de comprendre la raison de cette rupture amicale, que réactivent d'autres chagrins. Plongée dans un semi-coma, Cécile, elle, écrit dans sa tête des lettres imaginaires à Alice. Tissant en une double trame les décennies écoulées, les voix des deux jeunes femmes déroulent le fil de leur histoire. Depuis leur rencontre, elles ont tout partagé: leurs premiers émois amoureux, leurs familles, leur passion pour la littérature, la bande-son et les grands moments des "années Mitterrand". Elles ont même rêvé à un avenir professionnel commun. Si, de cette amitié fusionnelle, Kéthévane Davrichewy excelle à évoquer les élans et la joie, si les portraits de ceux qu'Alice et Cécile ont aimés illuminent son livre, elle écrit aussi très subtilement sur la complexité des sentiments. Croisant les points de vue de ses deux narratrices, et comme à leur insu, elle laisse affleurer au fil des pages les failles, les malentendus et les secrets dont va se nourrir l'inévitable désamour. Car c'est tout simplement de la perte et de la fin de l'enfance qu'il s'agit dans ce roman à deux voix qui sonne si juste.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 16:07

- Luxomania
Confidences d'une vendeuse dans l'univers secret du luxe
de Edwige Martin
Éditions Plon / Janvier 2012


Charlotte n'est pas une vendeuse comme les autres. Elle travaille dans l'un des magasins les plus prestigieux au monde, rue du Faubourg-Saint-Honoré, le cœur du luxe parisien. Ses clientes sont des princesses arabes, des milliardaires russes, des stars, des personnalités politiques ou des héritières d'empires financiers. Elle vend des sacs à 22 000 euros, des chaussures à 11 000 euros et même des tee-shirts à 895 euros, toujours avec le sourire. Bienvenue chez Montezzo, dans l'univers de tous les excès, là où souffle l'esprit de la démesure, là où la frénésie du luxe ne connaît pas de limites. En caméra cachée, Charlotte nous entraîne dans un monde étincelant où règnent happy few et protocole impitoyable. Là où parfois, aussi, la couleur de l'argent masque l'extrême solitude de la jet-set qui comble son ennui à fortes doses de fourrure et de croco.


- Mémoires d'enracinés
de Assiya Hamza
Éditions Michalon / Janvier 2012


Mes rencontres avec ces pieds-noirs qui ont choisi de rester en Algérie. "Je suis française d'origine algérienne, et ma double identité, c'est ma richesse. Mais que ferais-je à l'heure du choix, si choix il devait y avoir? Émettre une préférence reviendrait à renier mon histoire. Et aussi celle de la France. Qu'on le veuille ou non, la France et l'Algérie ont une histoire commune. Une histoire tumultueuse qui a duré un peu plus d'un siècle. Cette introspection m'a menée sur les traces des pieds-noirs qui ont choisi de rester en Algérie au lendemain de l'Indépendance. Un million d'hommes et de femmes se sont arrachés à cette terre l'été 62, très peu ont refusé de partir. J'ai voulu savoir pourquoi ils avaient, eux, renoncé à l'exil et résisté à l'exode. Qu'aurais-je fait à leur place?" Cécile, Momo, Éliette, Marie-France, Paul, Céleste et les autres lui ont ouvert leur maison et leur mémoire. Dix personnes qui lui ont tendu un miroir, la renvoyant à sa propre histoire, à sa différence, à ses racines, à son intégration à la française.


- Mémoires d'une femme de ménage
de Isaure
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


Isaure a 30 ans. Elle est bac + 5 et femme de ménage professionnelle. "Ce livre raconte comment je suis devenue votre ombre. Celle qui effleure la surface des objets et rend présentable l'inavouable. Celle qui ouvre les tiroirs, connaît l'envers de vos vies mais file, discrète, à la fin de la journée. Celle qui ne parle pas, prend son chèque et vous remercie". Au service d'un couple hype, d'une grosse vache, de familles fashion clonées les unes sur les autres, d'handicapés insupportables et d'employeurs parfois rigolos, elle découvre, comme bonne, la bonne et la moins bonne société. Elle raconte, avec une lucidité amusée, des bouts de vie dans l'envers du décor, celui que nous essayons de dissimuler aux autres et que nous aimerions connaître d'eux. Loin de l'exotisme bobo ou de l'érotisme gogo, ce récit, cruel et drôle, est garanti 100% authentique. Sa justesse de ton en fait, en plus d'un témoignage sociologique exceptionnel, un texte étonnant.


- Mufle
de Éric Neuhoff
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


Lui: deux fois divorcé, de grands enfants. À cinquante ans, il croyait avoir enfin trouvé la femme de sa vie. Elle, c'est Charlotte. Elle se sera bien foutue de lui. Mufle se livre à l'autopsie d'un mensonge. L'amour est toujours une fiction.


- Nebraska song
de Tom Mc Neal
Éditions Presses De La Cité / Janvier 2012


Qu'arriverait-il si vous retrouviez votre premier amour? Judith Withman a toujours cru au grand amour. Un sentiment capable de vous transporter au bout du monde. Cette passion-là, elle l'a connue, à 17 ans, avec Willy. Mais leur histoire ne dure que le temps d'un été, Judith devant partir pour l'université. Aujourd'hui, à 44 ans, Judith vit à Los Angeles auprès d'un mari qu'elle soupçonne d'infidélité et de leur fille, avec qui elle n'arrive plus à communiquer. Les souvenirs de son premier amour la hantent. C'est alors qu'elle retrouve le numéro de téléphone de Willy. Quelle serait sa réaction si elle l'appelait, plus de vingt ans après? L'a-t-il oubliée? Peut-on rattraper le temps perdu, changer le cours des choses sans sacrifier ce que l'on a construit? Revoir Willy permettra-t-il à Judith de sauver son couple? Un portrait de femme émouvant et juste, doublé d'une interrogation sur l'essence même du bonheur, avec pour décor les paysages grandioses du Nebraska.


- Noces de verre
de Philippe Routier
Éditions Stock / Janvier 2012


Khadija a grandi dans la petite épicerie que tenaient ses parents à Puteaux. À la mort de sa mère, son père Tareq est reparti vivre au Maroc. À vingt ans, la jeune femme mène une vie simple et solitaire jusqu'au jour où elle rencontre Virgile, un garçon un peu frustre, mais sociable et au charme certain. Deux ans plus tard, parents d'un petit garçon, Virgile et Khadija s'installent dans un mas des environs de Cahors, où ils ne tardent pas à se marier. La jeune épouse aspire à un bonheur tranquille, mais très vite son existence bascule de façon terrifiante. Égoïste et tyrannique, Virgile la soumet à des humiliations puis à des brutalités régulières. Isolée et sans ressources, Khadija plonge dans l'enfer de la violence conjugale. Elle n'aura de cesse de protéger son fils, mais très vite un autre piège infernal se refermera sur elle.


- On ne tue pas les gens
de Alain Defossé
Éditions Flammarion / Janvier 2012


"Je n'ai pas vu une seule chemise bleue, pas une voiture bleue, pas un seul uniforme. Personne ne m'a interrogé, ni le lendemain, ni après, ni depuis. Pourtant j'étais au bar ce soir-là. J'ai passé la soirée au bar ce soir-là. Ce soir-là, j'ai été le dernier à quitter le bar et les protagonistes de l'affaire, vivants et morts. Je me suis tu. Cela fait dix ans que je me tais". Ce soir-là, Alain Defossé est le témoin d'une soirée qui se conclura par un meurtre. Tout à la fois récit intime, autoportrait impudique et enquête au suspense angoissant, On ne tue pas les gens est un livre puissant, habité par l'urgence à raconter enfin cette inquiétante nuit de juillet 1999.


- Orgueil et préjugés
de Jane Austen
Éditions 10-18 / Janvier 2012


Pour les Anglaises du XIXe siècle, hors du mariage, point de salut. Romanesques en diable, les démêlés de la caustique Elizabeth Bennett et du vaniteux Mr Darcy n'ont pas pris une ride. Mais, il faut parfois savoir renoncer à son orgueil. Et accepter la tombée des masques pour voir clair dans la nuit. Un classique universel, drôle et émouvant.


- Passages à l'acte
de Jean-Charles Marchand
Éditions Anne Carrière / Janvier 2012


Une mère tue son enfant pour punir son compagnon, un jeune homme devient assassin "par amitié", une épouse empoisonne un mari grabataire, un jeune homme tue son père avec la bague qu'il lui a volée, une femme place son nourrisson étouffé au congélateur afin que le père le découvre, un marginal poignarde un prêtre pour "tuer le Père"… Voici, décrits dans ce livre, quelques-uns des portraits d'accusés dont les passages à l'acte interpellent non seulement la justice, mais aussi la psychiatrie et l'ensemble des sciences humaines. Au fil des audiences de cours d'assises, qui constituent un champ d'observation privilégié, Passages à l'acte restitue minutieusement les faits et les dires, et tente de comprendre le sens de tragédies humaines complexes dont la densité dépasse tout récit fictionnel. La conclusion majeure est que tout crime en cache un autre; chaque mobile allégué dissimule des mécanismes psychiques et socioculturels bien plus profonds et bien moins apparents; chaque acte criminel, enraciné dans le passé, révèle l'imaginaire de l'accusé et son rapport symbolique au monde.


- Place de la Trinité
de Alain Monnier
Éditions Flammarion / Janvier 2012


Adrien Delorme aime Louise qui se refuse à lui depuis trois ans. Ce 6 avril, elle ne vient pas à leur rendez-vous rituel. Adrien décide de l'attendre, le temps qu'il faudra. Il se promet de ne plus bouger et organise peu à peu sa vie autour de cette attente, mais le monde ne le laisse pas en paix. Le défilé permanent sur la place de la Trinité ne cesse de le perturber, il y croise ses amis, ses collègues, et se trouve malgré lui mêlé à l'effervescence de la vie publique. Louise se décidera-t-elle à lui faire un signe? Ou restera-t-elle désirée et inaccessible, à l'image de Laure que Pétrarque, l'idole d'Adrien, célébra tout sa vie? Avec la causticité dont il a le secret, Alain Monnier signe une comédie réjouissante: ici, l'attente se vit à toute allure. Mais cette histoire d'amour fantaisiste cache aussi une réflexion originale sur le temps et la nature du désir.


- Raison et sentiments
de Jane Austen
Éditions 10-18 / Janvier 2012


En amour, comme en tout, rien n'a changé depuis le 19eme siècle de Lady Jane. Si la fougueuse Marianne s'abandonne à une passion qui menace de lui brûler les ailes, la sage Elinor prend le risque de perdre l'amour à force de tempérance. Raison et sentiments: impossible équation? Les deux jeunes femmes devront apprendre de leurs vacillements. Pour le meilleur et pour le pire.


- Rêves oubliés
de Léonor de Récondo
Éditions Sabine Wespieser / Janvier 2012


Quand il arrive à Irún où il espère rejoindre sa famille, Aïta trouve la maison vide. Le gâteau de riz abandonné révèle un départ précipité. En ce mois d'août 1936, le Pays basque espagnol risque de tomber entre les mains des franquistes. Aïta sait que ses beaux-frères sont des activistes. Informé par une voisine, il parvient à retrouver les siens à Hendaye. Ama, leurs trois fils, les grands-parents et les oncles ont trouvé refuge dans une maison amie. Aucun d'eux ne sait encore qu'ils ne reviendront pas en Espagne. Être ensemble, c'est tout ce qui compte: au fil des années, cette simple phrase sera leur raison de vivre. Malgré le danger, la nostalgie et les conditions difficiles, pour nourrir sa famille, Aïta travaille comme ouvrier à l'usine d'armement, lui qui dirigeait une fabrique de céramique. En 1939, quand les oncles sont arrêtés et internés au camp de Gurs, il faut fuir plus loin encore. Tous se retrouvent alors au cœur de la nature, dans une ferme des Landes. La rumeur du monde plane sur leur vie frugale, rythmée par le labeur quotidien: les Allemands, non loin, surveillent la centrale électrique voisine, et les oncles, libérés, poursuivent leurs activités clandestines. Écrit comme pour lutter contre la fuite des jours, le carnet où Ama consigne souvenirs, émotions et secrets donne à ce très beau roman une intensité et une profondeur particulières. Léonor de Récondo, en peu de mots, fait surgir des images fortes pour rendre à cette famille d'exilés un hommage où une pudique retenue exclut le pathos.


- Rhapsodie pour une dent creuse
de Régis Delicata
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2012


Gavotti, le narrateur de ce livre, est "trouveur de pièces introuvables" pour des collectionneurs extravagants. Sa dernière mission? Aller chercher à Los Angeles le dentier de Robert Mitchum pour un certain John T. Garner. Avant de quitter Paris, il s'adjoint un valeureux acolyte, brute épaisse du nom de Gaston Bachelard. À partir de là, l'aventure (folle, lyrique, picaresque) commence, et les ennuis, et les scènes hilarantes, à Hollywood, dans un cimetière by night, dans une prison (où Gavotti est rejoint par sa femme Élisabeth et son ami avocat maître Blaze), dans de somptueuses propriétés américaines, jusqu'au retour à Paris, et à la stupéfiante révélation, le dentier rapporté par Gavotti au péril de sa vie est un faux, il lui manque une dent creuse censée contenir des microfilms qui auraient dû révéler au commanditaire de l'opération les circonstances de l'assassinat de Kennedy. Dans cette parodie de roman policier, très drôle, très intelligente, (qui rappelle parfois certains livres d'Echenoz), l'auteur tord le cou aux clichés tout en jonglant avec eux, et déjoue tous les stéréotypes. Il s'amuse avec les références mythiques de la littérature et du cinéma, compose des dialogues à la OSS 117, crée un personnage attachant de anti-héros décalé. Rhapsodie pour une dent creuse, c'est monsieur Tout-Le-Monde qui se trouve embarqué dans un film noir sans comprendre pourquoi. Le lecteur, lui, s'amuse beaucoup.


- Robinson Crusoé
de Daniel Defoe
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


Robinson Crusoé, sans doute le plus célèbre des romans de langue anglaise, fut un énorme succès en Angleterre dès sa parution en 1719, puis en France à la fin du siècle, grâce à J.-J. Rousseau qui y voyait "le plus heureux traité d'éducation naturelle". Probablement inspirée de la mésaventure réelle du marin Alexander Selkirk, abandonné par son capitaine sur une île déserte du Pacifique, l'histoire de Robinson est présentée par Defoe comme un récit véridique, dont le caractère réaliste et concret demeure toujours aussi convaincant trois siècles plus tard. Mais l'influence considérable de ce classique du livre d'aventures tient aussi à la dimension philosophique et morale de l'épreuve qu'affronte son héros solitaire et vaillant que Malraux compara à Don Quichotte et à l'Idiot.


- Shalom India Résidence
de Esther David
Éditions Héloïse d'Ormesson / Janvier 2012


En plein cœur de la ville d'Ahmedabad, dans le sillage des émeutes de 2002, une nouvelle résidence voit le jour. À l'entrée de chaque bâtiment,  une mezzouza, au mur de chaque foyer,  le portrait du prophète Élie. En Inde,  la chose est plutôt rare. Dans ces immeubles cohabitent  trois générations d'une minuscule  communauté juive, autant de destins  qui se croisent, s'ignorent, s'aiment  ou s'affrontent, tiraillés entre le poids  des traditions et la tentation  de nouveaux horizons. Merveilleuse conteuse, Esther David  dresse ici le portrait d'un microcosme  complexe et coloré, surprenant  et attachant, hors du temps,  mais résolument de son siècle.


- Solistes
de Caroline Gautier
Éditions Anne Carrière / Janvier 2012


Solistes met en lien cinq discours, cinq récits à la première personne: M. Bergerac, psychanalyste quinquagénaire et aigri; Anthony, jeune adulte déprimé en quête de lui-même; Elisabeth, abîmée par la prostitution et la drogue; M. Bernard, vieil homme coincé dans un corps infirme; et Dorothée, post-adolescente sauvage récemment apprivoisée. Leurs parcours croisés s'entrechoquent au travers des affres de la solitude, des démons qui les hantent, des désirs d'émancipation qu'ils osent à peine rêver. Chacun joue sa partition, se perd dans des pensées égocentriques, arpente un quotidien étriqué. Puis une rencontre singulière les engage vers un ailleurs, et leur horizon s'élargit. En choisissant le mouvement plutôt que l'inertie, ces cinq narrateurs ouvrent une porte et se risquent à espérer un autre dénouement que celui vers lequel ils s'acheminaient.


- Suite(s) impériale(s)
de Bret Easton Ellis
Éditions 10-18 / Janvier 2012


Vingt-cinq ans après la publication de Moins que zéro, l'histoire continue dans la Cité des Anges. Devenu scénariste, Clay participe au casting de son prochain film et séduit Rain, pute à ses heures et actrice ratée, à qui il promet un rôle. Mais dans un Hollywood déshumanisé ou les rêves sont des refuges dorés, la manipulation est un jeu de dupe mortel.


- Sur les nerfs
de Larry Fondation
Éditions Fayard / Janvier 2012


Flash, fragments, vignettes, rythmes accidentés: Los Angeles est une jungle de béton trépidante où vit une foule ensauvagée. Poz et Army imaginent un meurtre qui pourrait rapporter, mais Army en sait trop, Poz va devoir l'éliminer. Gina élève seule son gosse hyperactif dans une baraque squattée par un gang du quartier. Angela se ronge les ongles en attendant que son mec se fasse descendre. Johnny pratique le zen en tirant les rats d'une cave désaffectée. Quant aux jeunes filles, certaines devraient apprendre à se méfier. Loin des paillettes et des palmiers, Larry Fondation sculpte le noir à force d'éclats de lumière, quand un de ses personnages se relève et, par sa révolte, transcende sa misère. Larry Fondation est médiateur de quartier à Los Angeles depuis plus de vingt ans. Sur les nerfs est son premier roman.


- Tous les conspirateurs
de Christopher Isherwood
Éditions Fayard / Janvier 2012


Au début des années 1920, un jeune homme, Philipp Lindsay, qui travaille à la City de Londres, se bat pour se libérer de l'emprise de sa mère, qui entend décider de son destin et l'empêcher de se consacrer à la peinture et à l'écriture. Il se rapproche de deux de ses amis, Victor et Allen. L'un représente le monde étouffant du passé (il est manipulé par la mère de Philipp qui veut lui faire épouser sa fille, Joan), l'autre la perspective d'une nouvelle vie (il s'adonne à la boisson et remet tout en question).


- Tout ça pour quoi
de Lionel Shriver
Éditions Belfond / Janvier 2012


Parfois, le soir, dans les embouteillages, Shep Knacker laisse son esprit divaguer: fuir les humiliations au travail, échapper aux jérémiades de son artiste de sœur, aux caprices des enfants, aux discours stériles de son meilleur ami. Quitter tout ça, partir sur cette île au large de Zanzibar, dormir, pêcher son poisson, lire, réfléchir. Vivre, tout simplement. Un fantasme qu'il touche du doigt le jour où il vend sa société et touche un petit pactole. Sa décision est prise. C'est alors que Glynis, son épouse, va briser net ce doux rêve: elle est atteinte d'une maladie rare, à un stade déjà avancé, et doit commencer au plus vite un traitement expérimental coûteux. Comment faire face à ce qui nous fait peur? Comment affronter ce que l'on passe notre existence à fuir? Combien vaut une vie?


- Un éclat minuscule
de Jean-Baptiste Gendarme
Éditions Gallimard / Janvier 2012


Ils venaient d'avoir trente ans. Ça leur était tombé dessus sans crier gare. Ils s'aimaient, ils avaient un fils de vingt mois qui leur ferait bientôt sentir qu'ils étaient trop vieux pour le comprendre. Leur situation professionnelle était plus qu'incertaine, mais souvent enviée. Ils avaient des projets de voyages, un plan d'épargne logement comme les gens raisonnables, alimenté très irrégulièrement parce qu'ils n'étaient pas vraiment des gens raisonnables. Ils avaient, croyaient-ils, l'avenir devant eux.


- Un fabuleux menteur
de Susann Pasztor
Éditions Anne Carrière / Janvier 2012


Lily, la narratrice âgée de seize ans de ce roman aussi drôle qu'intelligent, nous relate une réunion de famille vouée à la mémoire de son grand-père Joschi, grand raconteur d'histoires devant l'Éternel, menteur impénitent, séducteur aux nombreuses épouses et aux nombreux enfants. À trop raconter d'histoires, c'est bien à sa mémoire que Joschi a jeté un sort. Plus exactement aux bribes de mémoire, si contradictoires, que ses descendants aimeraient bien trier pour leur trouver une cohérence et s'accorder enfin sur le récit de leurs origines. Comédie humaine à l'échelle d'une famille, farce fort peu innocente puisqu'elle s'organise autour du voyage à Buchenwald de quelques Allemands un peu perdus à la recherche d'une confirmation de leur judéité, Un fabuleux menteur est un roman d'une légèreté perspicace, et d'une gravité généreuse.


- Un garçon sans séduction
de Christophe Mouton
Éditions Julliard / Janvier 2012


Jeune trentenaire que sa petite amie vient de quitter pour un trader, Thomas Loiseau décide d'appliquer le modèle de calcul des cotations boursières à son propre pouvoir de séduction. Brillant, drôle et caustique, un récit atypique qui dénonce la marchandisation des corps et des esprits. Thomas Loiseau est ingénieur en automation, métier noble, mais peu "sexy". Sybille vient de le quitter pour un trader au train de vie nettement plus séduisant. Assailli de doutes quant aux raisons de cette rupture, Thomas échafaude un raisonnement économique susceptible d'évaluer son quotient de séduction. Pour commencer, il doit établir une liste de critères mettant en balance ses qualités et défauts sur la même échelle que celle utilisée par les agences de cotation. Une fois évaluées ses capacités de charme, et après avoir découvert que sa marge de manœuvre sur le marché de la séduction est assez faible, il lui faut définir, selon les mêmes calculs, les qualités et défauts de "la fille faite pour lui". Passé cette étape, ne lui reste plus, en guise de stratégie amoureuse, qu'à trouver le "stratagème d'acquisition" le plus efficace. Pour s'apercevoir au final qu'aucun mode de calcul n'est jamais fiable, et que ce à quoi il aspire est bien au-delà du marché. Tournant en dérision l'emprise nébuleuse de l'économie sur nos vies, ce texte inventorie les critères de séduction imposés par la société de consommation. Hormis le commentaire social sur l'influence de la publicité dans notre imaginaire, et la dénonciation du mensonge sur lequel elle repose, ce récit offre une réflexion à la fois érudite et humoristique sur les dérives sémantiques du mot "séduction", sur le donjuanisme moderne, mais aussi sur la nature parfois inavouable de nos désirs. Entre la démonstration philosophique, le précis d'économie et le traité de séduction, ce récit, truffé de références à Laclos, Casanova ou Kant, est un livre ovni, pétri d'humour, à lire, bien sûr, au second degré.


- Un homme de tempérament
de David Lodge
Éditions Payot &Rivages / Janvier 2012


"Le sexe pour [Wells] était idéalement une forme de récréation comme le tennis et le badminton, quelque chose que l'on faisait quand on était avec satisfaction venu à bout d'une tâche, pour se défouler et exercer un moment son corps plutôt que son esprit". Fervent défenseur de l'Amour libre, H.G. Wells a multiplié les aventures et mésaventures sexuelles qui lui ont compliqué sa vie privée et contrarié ses ambitions d'homme politique. Dans sa maison londonienne barricadée pendant le blitz de 1944, malade, il revient sur son existence peuplée d'incidents, de livres et de femmes.


- Un roman américain
de Stephen Carter
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


Été 1952, Martha's Vineyard. Vingt hommes se réunissent dans le plus grand secret. Politiciens, avocats, hommes d'affaires, universitaires, Blancs et Noirs, ils sont l'élite de l'Amérique. Ce soir-là, ils signent un pacte diabolique destiné à manipuler le président des États-Unis pour les décennies à venir. Deux ans plus tard, au cœur de Sugar Hill, par une nuit glaciale de février, à la sortie d'une réception huppée, le jeune écrivain noir Eddie Wesley tombe sur un cadavre. Lequel cadavre agrippe entre ses mains une étrange croix inversée. Qui a tué ce riche avocat blanc croisé quelques heures plus tôt à la fête? Que signifie cette croix? Alors que la curiosité d'Eddie commence à déranger, sa petite sœur, Junie, promise à un brillant avenir à la Cour suprême, s'évanouit brusquement dans la nature. Quel est le lien entre cette disparition, le meurtre de l'avocat et le complot visant à contrôler le président des États-Unis?


- Une année studieuse
de Anne Wiazemsky
Éditions Gallimard / Janvier 2012


"Un jour de juin 1966, j'écrivis une courte lettre à Jean-Luc Godard adressée aux Cahiers du Cinéma, 5 rue Clément-Marot, Paris 8e. Je lui disais avoir beaucoup aimé son dernier film, Masculin Féminin. Je lui disais encore que j'aimais l'homme qui était derrière, que je l'aimais, lui. J'avais agi sans réaliser la portée de certains mots".


- Une bonne raison de se tuer
de Philippe Besson
Éditions Julliard / Janvier 2012


À Los Angeles, tandis que l'Amérique s'apprête à élire un nouveau président, Laura, en proie à une résignation qui semble insurmontable, et Samuel, dévasté par la mort de son fils, vacillent au bord du précipice, insensibles à l'effervescence de leur pays. Ils ne se connaissent pas. Leurs destins vont se croiser. Pourront-ils se sauver l'un l'autre? L'action se déroule le 4 novembre 2008, date de l'élection de Barack Obama. À Los Angeles comme partout ailleurs, c'est une journée d'exaltation, d'espoir de renouveau et d'attente fiévreuse. Mais tandis que l'Amérique semble retenir son souffle, impatiente de connaître l'issue de ce jour historique, pour Laura et Samuel, cette journée sera la plus longue et la plus terrible de leur vie. Car aujourd'hui Samuel doit se rendre aux funérailles de Paul, son fils de dix-sept ans qui vient de se suicider. Laura, femme seule de quarante-cinq ans, serveuse dans une cafétéria, a décidé, quant à elle, de se donner la mort le soir venu. Pour chacun d'eux, l'enjeu sera le même, comment échapper au déroulement implacable de cette journée? Samuel pourra-t-il surmonter son chagrin, ne serait-ce que le temps de la cérémonie? A-t-il même le droit de survivre à l'absence de celui qui n'aurait jamais dû partir avant lui? Et quel sens donner au geste de son fils, un geste d'autant plus révoltant qu'il est inexpliqué? Laura, elle, a mûrement réfléchi son choix. Personne ne la regrettera, ni son fils indifférent ni son ex-mari qui, lui, a su refaire sa vie. Cette dernière journée aura-t-elle un goût moins fade que toutes celles qu'elle vient de laisser derrière elle? Un goût d'exceptionnel qui pourrait la faire changer d'avis? Samuel et Laura ne se connaissent pas encore. Pourtant ils ont déjà beaucoup en commun. Ils vont d'ailleurs se rencontrer au crépuscule. Roman de la mélancolie moderne, Une bonne raison de se tuer explore le sentiment de vide dans lequel nous plonge la société contemporaine. Pour décrire cette solitude, ces liens de plus en plus distendus entre les individus, Philippe Besson porte une attention soutenue à ces gestes machinaux qui forment un quotidien insipide, souvent inepte. En s'attardant sur une même et unique journée, il amplifie chaque détail, comme grossi à la loupe, et placé sous une lumière crue. Car, au fond, le lent écoulement du temps est tout ce qui reste aux personnages bouleversants de ce roman. Hommage au film d'Ettore Scola, Une journée particulière, auquel il fait écho, ce livre évoque en toile de fond une Amérique malade, mais son constat est bien plus vaste encore, le désespoir est, de toutes les menaces, la plus redoutable.


- Une irrésistible et coupable passion
de Ron Hansen
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2012


Une irrépressible et coupable passion: c'est ainsi que le New York Daily Mirror titre sa Une en 1927 au lendemain du crime sanglant qui scandalise l'Amérique et qui fait vendre des millions de journaux jusqu'au procès. Plus tard, il inspirera le roman de James M. Cain, Assurance sur la mort, le film éponyme de Billy Wilder, et les deux versions du film "Le facteur sonne toujours deux fois". Puisant parmi les minutes de l'audience, les récits écrits par les meurtriers en prison dans l'attente de leur exécution et les pages de la presse à scandale new-yorkaise de l'époque, Ron Hansen redonne vie aux trois protagonistes en retraçant leur destin tragique. Ruth Snyder, voluptueuse et capiteuse, téméraire mais imprudente, mère d'une fillette de neuf ans, est piégée par un mariage violent et dénué d'amour. Elle n'a qu'une idée en tête, se débarrasser d'Albert, son mari. Pour arriver à ses fins, elle tisse lentement sa toile autour de Judd Gray, marié lui aussi, petit représentant en lingerie féminine qu'elle a récemment rencontré dans un boui-boui de Manhattan et qu'elle sait subjuguer par sa sensualité animale. De lettres secrètes en rendez-vous clandestins et torrides dans les chambres du Waldorf Astoria, elle amène son amant, entre désir et caresses, là où elle a besoin de lui. Mais Judd saura-t-il tuer pour elle? Et le voudra-t-il?


- Une vie en plus
de Janine Boissard
Éditions Fayard / Janvier 2012


Qu'arrive-t-il à Adeline? À trente-neuf ans, voici qu'elle abandonne une brillante carrière pour "rentrer à la maison", devenir femme au foyer. C'est qu'elle n'a jamais pris le temps de profiter d'un mari tendre et aimant, de voir grandir Adèle, Eugène, Elsa, ses trois craquants ados, alors elle a décidé de s'offrir une pause pour mieux les suivre, les connaître, les aimer. Mais c'est l'aventure qui l'attend avec la rencontre de Mathis, talentueux musicien, avec lequel elle réalisera un rêve d'enfant qu'elle croyait perdu. Et si cette "vie en plus" recelait un piège pour les siens, de l'amour en moins? Attention, Adeline, danger.


- Vida
de Patricia Engel
Éditions Anne Carrière / Janvier 2012


Dans ce premier roman unanimement salué par la critique américaine, Patricia Engel nous emmène sur les (hauts) talons de sa narratrice, Sabina, une jeune femme appartenant à la diaspora colombienne aux États-Unis, qui lutte pour façonner son identité dans et au-delà de sa sphère familiale. Progressant par tableaux, dans le New Jersey, à New York, à Miami, à Bogota, l'auteur manie aussi bien le détail que l'ellipse pour nous faire ressentir les secousses de cette transformation à la si lente violence que l'on appelle "devenir une femme".


- Vie animale
de Justin Torres
Éditions de l'Olivier / Janvier 2012


"On en voulait encore. On frappait sur la table avec le manche de nos fourchettes, on cognait nos cuillères vides contre nos bols vides; on avait faim. On voulait plus de bruit, plus de révoltes. On montait le son de la télé jusqu'à avoir mal aux oreilles à cause du cri des hommes en colère. On voulait plus de musique à la radio; on voulait du rythme; on voulait du rock. On voulait des muscles sur nos bras maigres. On avait des os d'oiseau creux et légers, on voulait plus d'épaisseur, plus de poids. On était six mains qui happaient et six pieds qui trépignaient; on était des frères, des garçons, trois petits rois unis dans un complot pour en avoir encore". La famille, c'est la jungle. Les parents s'aiment, se battent. Au milieu du chaos, trois enfants tentent de grandir. La meute observe les fauves. Quand le père danse, les petits l'imitent. Quand la mère dort, ils apprennent à rester silencieux. La vie animale est âpre. Mais l'imaginaire est sans limite.


- Virginia et Vita
de Christine Orban
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


En 1927 Virginia Woolf qui vient de publier "La promenade au phare" vit une passion tourmentée avec Vita Sackville-West dont le célèbre château paternel de Knole se situe tout près de Monk's House, la modeste demeure de Virginia et de son époux l'éditeur Leonard Woolf. De sa fascination pour Vita, de l'abîme entre sa vie bohème et le faste de l'excentrique aristocrate va naître le personnage d'Orlando. La relation amoureuse s'est métamorphosée en création littéraire. Dans ce roman où tout est dit de la passion et de la jalousie, Christine Orban évoque en mélodie subtile, la complicité de deux femmes exceptionnelles, puissantes et fragiles qui marient à leur manière amour et création.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 15:24

- L'étrange voyage de Monsieur Daldry
de Marc Levy
Éditions Robert Laffont / Décembre 2011


"L'homme qui va le plus compter dans ta vie vient de passer dans ton dos. Pour le retrouver, tu devras entreprendre un long voyage et rencontrer six personnes qui te mèneront jusqu'à lui... Il y a deux vies en toi, Alice. Celle que tu connais et une autre, qui t'attend depuis toujours". Londres, 1950. Alice mène une existence tranquille entre son travail, qui la passionne, et sa bande d'amis, tous artistes à leurs heures. Pourtant, la veille de Noël, sa vie va être bouleversée. Au cours d'une virée à la fête foraine de Brighton, une voyante lui prédit un mystérieux avenir. Alice n'a jamais cru à la voyance, mais elle n'arrive pas à chasser ces paroles de son esprit, et ses nuits se peuplent de cauchemars qui semblent aussi réels qu'incompréhensibles. Son voisin de palier, Monsieur Daldry, célibataire endurci, gentleman excentrique et drôle, aux motivations ambiguës, la persuade de prendre au sérieux la prédiction de la voyante et de retrouver les six personnes qui la mèneront vers son destin. De Londres à Istanbul, il décide de l'accompagner dans un étrange voyage.


- Le temps des métamorphoses
de Poppy Adams
Éditions 10-18 / Décembre 2011


À Bulburrow Court, entre les murs épais tapissés de papillons, la vieille Virginia Stone vit recluse. Le jour où sa sœur paraît à la porte du manoir, cinquante ans de silence vacillent. Elles ont tout à réapprendre l'une de l'autre. Mais sous les vestiges d'une enfance complice et ténébreuse, les souvenirs se muent peu à peu en de terribles révélations.


- Rani
de Jean Van Hamme
Éditions Michel Lafon / Décembre 2011


1743. Amoureuse d'un bel officier anglais, une jeune noble française, Jolanne de Valcourt, abominablement trahie par son demi-frère Philippe, est accusée à tort de meurtre et de trahison. Après avoir été marquée au fer rouge de la fleur de lys, elle est condamnée à la déportation en Inde. Prostituée de force dans un bordel du comptoir de Mahé, Jolanne parvient néanmoins à s'évader. Elle manque de périr dans un naufrage mais est recueillie dans un village de pauvres pêcheurs indiens. Elle atteint finalement Pondichéry où elle se met sous la protection de la "princesse" Jeanne, la très charismatique épouse de Joseph-François Dupleix, gouverneur des cinq comptoirs français. Jusqu'au jour où Jolanne rencontre le séduisant Mishra Din Aktar, prince héritier et futur maharadjah de Chandrapur, qui fera d'elle sa troisième rani, sa troisième épouse. Au sein de ce palais doré, la jeune femme parviendra-t-elle à trouver sa place? À surmonter la jalousie des autres épouses et, surtout, à oublier Craig, son bel officier anglais?


- Sonate cartésienne
de William Gass
Éditions 10-18 / Décembre 2011


Dans un monde qui ne leur laisse aucune place, hommes et femmes se débattent avec leur haine, leur désespoir, et sculptent leurs fantasmes. Après Le Tunnel, unanimement reconnu comme un chef-d’œuvre de la littérature américaine, William H. Gass déploie sa sonate au fil de quatre nouvelles, projetant sur la réalité une lumière implacable.


- À l'enfant que je n'aurai pas
de Linda Lê
Éditions Nil / Novembre 2011


L'essai d'Élisabeth Badinter intitulé Le Conflit soulignait, l'an passé, la dureté de l'injonction faite aux femmes par l'obligation non seulement d'être mères, mais de l'être absolument, dans un fantasme de perfection typique d'une société ou la sphère privée est devenue un spectacle permanent. En écrivant à l'enfant qu'elle a choisi de ne jamais concevoir, Linda Lê s'affranchit du monde en général pour poser un regard strictement personnel sur sa volonté de ne pas devenir mère. Ce travail autobiographique lui permet d'éclairer les premiers jalons qui, dans l'enfance, préparent l'expression de sa liberté d'adulte. La figure étouffante de la mère et une adolescence passée dans un monde exclusivement féminin contribuent à forger un désir de soi, aussi évident que douloureux à porter dans le regard de l'autre, et plus particulièrement de cet homme, S. Car l'homme qu'elle aime veut avoir des enfants. Chaque jour il tente de lui montrer que son refus se fonde sur l'erreur: erreur d'analyse, trop intellectuelle; erreur ontologique d'un égocentrisme qui aurait mal tourné; erreur personnelle, d'une peur jamais confrontée, etc. La narratrice, elle, en lieu et place d'idées toutes faites, voit défiler de simples images, précises et palpables: celle d'un enfant qu'elle ne saurait pas aimer, quelle que soit son identité, et celle d'un écrivain qui perdrait forcément la sienne à l'éduquer. "On ne part pas à la conquête du Graal avec une poussette", écrivait Karen Blixen. Et là ou l'expression de la liberté devient intolérable aux yeux des notaires de ce monde exigeant une conversion systématique au modèle de la famille, la narratrice écarte toute forme de dureté, toute prétention à une règle édifiée à d'autres qu'elle-même. Bien au contraire, c'est toute la douceur de son amour qu'elle offre à cet enfant qui n'existera jamais, mais vit sans cesse, à chaque seconde, dans l'imaginaire lumineux de sa conceptrice.


- Alors,
de Florence Pazzottu
Éditions Flammarion / Novembre 2011


Alors, onzième livre de Florence Pazzottu, poursuit un dialogue têtu entre les deux versants, les deux versions du monde: l'intérieur et l'extérieur, le silence et la parole, l'impalpable et le tangible... Le réel le plus immédiat, le plus inacceptable aussi, s'y confronte à l'irréversible joie, aux épiphanies témoignant que les jeux graves du langage peuvent rendre une forme de lumière à la grisaille ordinaire. D'où la manière dont les vers viennent se poser, s'éparpiller parfois sur la plage, dans l'éclat d'un rire irréductible. Un livre médian: S'il tranche, se présente comme un traité de poétique ironique et cinglant. Dans la dernière partie la parole se trouble, les strophes se resserrent, mais c'est pour mieux dire un drame commun, malgré la solitude à laquelle il renvoie. Dans ces pages traversées, poignantes, Florence Pazzottu retrouve la tension majeure qui fonde son écriture poétique, la lumière qu'elle sait extraire de la nuit pour en montrer la blessure secrète.


- Au nord du monde
de Marcel Theroux
Éditions 10-18 / Novembre 2011


"Ici, dix mois par an, le climat mord la peau. Le silence règne, désormais. La ville est plus vide que le paradis". Au nord du monde, la terre s'étend à perte de vue, anéantie par un cataclysme. Parmi les décombres, le shérif Makepeace erre. La route porte ses pas, à la recherche d'un temps qui n'existe plus et d'une humanité à reconstruire. Ravivant à l'horizon la lueur d'une rédemption.


- Chiens perdus et cœurs solitaires
de Lucy Dillon
Éditions L'Archipel / Novembre 2011


Le sort semble s'acharner sur Rachel Fielding. En l'espace de quelques jours, cette jeune Londonienne de 39 ans découvre ses premiers cheveux blancs, perd son travail, son appartement et se fait plaquer par son petit ami. D'autres auraient sombré. Rachel n'en a pas le temps. Elle apprend dans la foulée qu'en mourant son excentrique tante Dot vient de lui léguer un refuge canin. Plutôt que de le vendre, elle décide de s'installer dans le Worcestershire et de s'occuper de tous les chiens perdus qu'avait recueillis sa tante. En trouvant des familles d'adoption pour Bertie, le basset, Lulu, le caniche, ou Toffee, le labrador, elle viendra, presque à son insu, en aide aux cœurs perdus du voisinage dont le sien.


- Chaos sur la toile
de Kristín Marja Baldursdóttir
Éditions Gaïa / Novembre 2011


Karitas vient de verser l'eau bouillante dans la bassine lorsque les belles-sœurs frappent à la porte de l'atelier glacial. Karitas  ne vit que pour l'art qui, lorsqu'il vient, crée le chaos sur ses toiles. Elle vit à Reykjavík, loin de son mari, l'armateur aux  yeux vert océan, loin de ses enfants. Le jour où elle prend la décision de partir pour Paris, surgit son fils avec une petite fille. Et Karitas se retrouve avec deux valises  au lieu d'une pour découvrir le monde. Elle sillonne les musées,  se nourrit des œuvres des plus grands peintres, rit dans les soirées  enfumées et enivrantes. De Paris à New York, de Rome jusqu'aux fjords islandais, Karitas peint. Ou s'inquiète de ne plus peindre. Itinéraire d'une femme libre, contemporaine de Simone de  Beauvoir, et pourtant enchaînée à son art, Chaos sur la toile est un magnifique roman sur la passion et ces choix, parfois fous, qui façonnent nos vies.


- D'autres prendront nos places
de Pierre Noirclerc
Éditions Flammarion / Novembre 2011


"J'étais un raté moderne. Un type qui a tout fait comme il faut. Pas d'ennuis avec les flics, à part quelques contraventions, un diplôme, pas de handicap, un physique ni gracieux ni disgracieux. Et pourtant j'y arrivais pas. On devrait filer une notice à la naissance: Comment se démerder dans un monde pourri et corrompu peuplé à 95 d'abrutis complets". Entretiens d'embauche absurdes, saouleries solitaires et étreintes minables, le quotidien risible d'un antihéros de la génération Y balloté entre l'échec et la résignation, qui finira par dégoter une carrière et un amour forcément imparfaits.


- Demain j'arrête !
de Gilles Legardinier
Éditions Fleuve Noir / Novembre 2011


Et vous, quel est le truc le plus idiot que vous ayez fait de votre vie? Comme tout le monde, Julie a fait beaucoup de trucs stupides. Elle pourrait raconter la fois ou elle a enfilé un pull en dévalant des escaliers, celle où elle a tenté de réparer une prise électrique en tenant les fils entre ses dents, ou encore son obsession pour le nouveau voisin qu'elle n'a pourtant jamais vu, obsession qui lui a valu de se coincer la main dans sa boîte aux lettres en espionnant un mystérieux courrier. Mais tout cela n'est rien, absolument rien, à côté des choses insensées qu'elle va tenter pour approcher cet homme dont elle veut désormais percer le secret. Poussée par une inventivité débridée, à la fois intriguée et attirée par cet inconnu à côté duquel elle vit mais dont elle ignore tout, Julie va prendre des risques toujours plus délirants, jusqu'à pouvoir enfin trouver la réponse à cette question qui révèle tellement: pour qui avons-nous fait le truc le plus idiot de notre vie?


- Descente aux grands crus
de Paul Torday
Éditions 10-18 / Novembre 2011


Jeune et brillant, Wilberforce est obsédé par son boulot et méconnaît les plaisirs. Jusqu'au jour ou un certain Francis Blake lui ouvre les portes de sa cave enchanteresse: là, le vin et l'hospitalité de l'aristocratie anglaise coulent à flot. Pour la première fois, Wilberforce découvre une vie exaltante qui a tôt fait de le griser. Mais à quel prix?


- Deux
de Irène Némirovsky
Éditions Albin Michel / Novembre 2011


Deux reflète parfaitement le talent de la romancière pour décrire le charme de la rencontre amoureuse, la dégénérescence dans le mariage, et la paix retrouvée à la fin entre les époux. Marianne, fille d'un peintre connu, n'a qu'un désir: s'amuser. Sa vie n'est qu'une succession de bals et de sorties mondaines. Charmeur et volage, Antoine séduit Marianne. Elle l'aime, il ne l'aime pas, qu'importe, il finira par l'épouser. Analyse aussi fine qu'implacable de la passion et de son désenchantement, Deux brosse un tableau sombre et cruel de ces années d'entre-deux-guerres, aussi folles que désespérées.


- Dors et fais pas chier
de Adam Mansbach
Éditions Grasset & Fasquelle / Novembre 2011


Attention: ceci n'est PAS un livre pour enfants.
Avis à tous les parents exténués par leurs adorables bambins refusant de s'endormir le soir: ce livre d'une "délicieuse obscénité" (Newsweek) est fait pour vous.
Dodo fait le tigre au cœur de la jungle immense.
Du haut de son arbre, même le moineau se tait.
Ton doudou, tu peux te le mettre où je pense.
Fais pas chier. Ferme les yeux. Fous-moi la paix.
Qui n'a jamais rêvé de troquer les mièvreries des comptines enfantines pour une berceuse un peu moins hypocrite et un peu plus proche de la réalité? Qui n'a jamais rêvé de laisser libre cours à son exaspération face à une progéniture rétive au sommeil? Vous n'avez jamais osé parler ainsi à votre enfant? Les auteurs de ce jouissif détournement de la littérature jeunesse l'ont fait pour vous. Ce qui n'était au départ qu'une pochade, imaginée par un jeune papa au bord de la crise de nerfs, s'est transformé en un véritable phénomène de société aux États-Unis: Dors et fais pas chier, non content de devenir le best-seller le plus inattendu de l'année (450 000 exemplaires vendus en 2 mois), a déclenché une déferlante de réactions et de débats dont toute la presse (New York Times, New Yorker, Washington Post, et en France, avant même sa parution, Courrier International, Rue89, Le Monde…) s'est fait l'écho.


- Jeu de pistes
de Marcel Theroux
Éditions Plon / Novembre 2011


Damien March a 35 ans. Il s'ennuie. Des nuits à écrire des voix off pour la BBC alors qu'il se rêvait grand reporter, du temps perdu, de vagues amis et quelques histoires oubliables. Jusqu'à ce télégramme: "Patrick mort. Papa". Son oncle est mort, il avait presque oublié qu'il était vivant. Pourtant il a fait de lui son unique héritier. Damien plaque tout et s'en va vivre dans la maison de Cape Cod de son oncle, ancien écrivain à succès dont l'originalité et la fantaisie peuplent ses souvenirs d'enfance. C'est un véritable cabinet de curiosités, où il déniche un manuscrit inachevé: Les Confessions de Mycroft Holmes, pastiche savoureux dont le héros est le frère méconnu de Sherlock Holmes. Et qui recèle des indices, menant eux-mêmes, de fausses pistes en détours, à un secret de famille insoupçonné.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 15:22

- Jude. R
de Shaké Mouradian
Éditions XO / Novembre 2011


1970. Jude R. traverse les États-Unis d'est en ouest. Poursuivi par la haine d'individus vengeurs, il rencontre Lipi, une gamine de quinze ans aussi perdue que lui, ombrageuse et torturée, surnommée "la main d'or" pour sa chance insolente au poker. Commence alors une violente course-poursuite. Partout où le couple improbable passe, il laisse des morts derrière lui. Lipi s'attache malgré tout à ce drôle de personnage qu'est Jude R. alors même que la violence qui sommeillait en lui ne cesse de grandir.


- L'enfant de la neige
de Henri Gougaud
Éditions Albin Michel / Novembre 2011


XIIIe siècle. Nous sommes en Languedoc dans la bonne ville de Pamiers. L'Inquisition rôde encore sur cette région cathare. Jaufré, un enfant abandonné devenu troubadour, revient au pays. Il y retrouve sa nourrice Thomette, son demi-frère Alexis, le père abbé Aymar qui l'a élevé, le luthier qui l'a initié à la musique, le bibliothécaire du monastère et tout un petit peuple haut en couleurs. Jaufré découvrira l'amour et un mystérieux manuscrit hérétique dans les combles de l'église. Se dévoileront alors peu à peu les énigmes douloureuses qui hantent les ruines récentes du château fort, les caves du monastère et l'esprit des gens.


- L'expression des sentiments
de Patrick Poivre d'Arvor
Éditions Stock / Novembre 2011


"Ma mère est morte cet été. Le sol s'est dérobé sous mes pieds. J'ai perdu mes repères, tout autant que ma mère. Après la disparition de mes deux filles, la mort rôde une nouvelle fois. J'ai du chagrin, mais je ne peux pas le dire, ma mère me l'a toujours interdit. Une femme secrète, retenue, emmurée, droite, digne, qui détestait la maladie et l'hôpital. Pour elle comme pour les autres. A-t-elle aimé ses enfants? Évidemment. Le leur a-t-elle dit? Non. Les a-t-elle jamais embrassés? Pas sûr. Combien de non-dits qui auront surgi entre pudeur et impudeur? Des souvenirs lumineux d'enfance qui éclatent comme des bulles". Plus qu'une introspection, qu'une thérapie, ce livre est l'hommage d'un homme redevenu petit garçon.


- L'insolente de Kaboul
de Chékéba Hachemi
Éditions Anne Carrière / Novembre 2011


Chekeba Hachemi est née en 1974 à Kaboul dans une famille bourgeoise et influente. Elle a onze frères et sœurs. Son père était gouverneur, un homme proche du peuple, qui est mort quand elle avait deux ans, mais qui a toujours incarné son modèle. À l'âge de onze ans, alors que sa mère décide que leur tour est venu de fuir l'occupation soviétique, Chekeba se trouve séparée d'elle et va traverser la passe de Khaibar avec un passeur menaçant. Onze jours de terreur, dans les montagnes, qui lui ouvriront les yeux sur la réalité de la violence de l'occupation russe.
En 1999, Chekeba décide qu'il est temps de rencontrer ce Massoud pour lequel l'association qu'elle a créée, trois ans plus tôt, récolte des fonds en vue d'ouvrir des écoles dans le Panshir. Elle redécouvre son pays plongé dans la guerre et devient proche du célèbre commandant, qui voit en elle une aide précieuse pour sensibiliser la communauté internationale à la lutte contre les talibans.
En septembre 2001, Massoud est assassiné, les tours tombent, les talibans sont défaits; Chekeba entre dans Kaboul libéré et devient la première femme diplomate afghane en poste à Bruxelles.
En 2005, elle est nommée conseillère auprès du vice-président à Kaboul. Puis, en 2007, ministre-conseiller à Paris.
En 2009, après avoir dénoncé la corruption, et lassée de constater qu'aucun changement ne répond à son appel, elle décide de donner sa démission.


- L'instinct du prédateur
de Joël Raguénès
Éditions Calmann Lévy / Novembre 2011


D'origine modeste, Jean-Noël Castellan est devenu en quelques années un grand patron redouté. À la tête d'un des plus grands groupes de distribution français, il soigne sa réputation d'homme d'affaires hors pair et une image médiatique brillante d'amateur d'art et de séducteur qui cache une ambition obsessionnelle. Pour réussir, Castellan ne recule devant rien, manipulations, intimidations, chantage, trahisons. Il ne compte plus ses victimes, jusque dans le cercle de ses proches les plus intimes, mais toutes se taisent car il les tient sous sa coupe ou les annihile. Au grand poker du succès Castellan pense avoir la meilleure main. Il ignore tout de l'ennemi implacable qui, dans l'ombre, lit dans son jeu et œuvre à le démasquer. Le moment approche où seront révélées au grand jour les origines africaines plus que douteuses de sa fortune, ses complicités dans le monde politique, ses méthodes criminelles. Tout est prêt pour le faire chuter. Une seule chose peut encore le sauver, son instinct de prédateur. Avec ce roman au suspense haletant, Joël Raguénès nous entraîne dans les coulisses du véritable pouvoir, le pouvoir économique, au cœur de ses mœurs impitoyables et de ses terrifiants secrets de famille.


- L'œuf
de Sylvie Beauget
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Novembre 2011


Dans ce troisième roman,  Sylvie Beauget continue son exploration des marges. Ici il s'agit de la condition de fille-mère dans la France du XXe siècle (des années 30 aux années 70). Elle a choisi de nous narrer l'histoire de cette famille, de cette lignée plutôt, constituée de Fanette, issue de l'Assistance Publique, Aline sa fille et de l'enfant à naître de celle-ci. C'est cet enfant qui raconte l'histoire de sa lignée, son envie de ne pas la poursuivre, puis celle plus forte de tenter l'aventure de la vie.


- La confession des anges
de Christel Noir
Éditions Prisma / Novembre 2011


Au lendemain d'une rupture amoureuse, Olivia, 35 ans, se réfugie chez sa grand-mère, dans une maison du Luberon. Dans cette ancienne demeure située en pleine campagne, quatre vieilles dames, drôles et mystérieuses se livrent à d'étranges activités. Aidée de son amie Laure, Olivia découvre le combat de ces anges contre les forces du mal. Roman trépidant, nous plonge dans un parcours initiatique où flirtent le spirituel et le fantastique.


- La nuit des temps
de René Barjavel
Éditions Presses De La Cité / Novembre 2011


Dans le grand silence blanc de l'Antarctique, les membres d'une mission des Expéditions polaires françaises s'activent à prélever des carottes de glace. L'épaisseur de la banquise atteint plus de 1 000 mètres, les couches les plus profondes remontant à 900 000 ans. C'est alors que l'incroyable intervient: les appareils sondeurs enregistrent un signal provenant du niveau du sol. Il y a un émetteur sous la glace. La nouvelle éclate comme une bombe et les journaux du monde entier rivalisent de gros titres: "Une ville sous la glace", "Un cœur sous la banquise", etc. Que vont découvrir les savants et les techniciens qui, venus du monde entier, forent la glace à la rencontre du mystère? Reportage, épopée et chant d'amour passionné, La Nuit des temps est tout cela à la fois.


- La part de l'homme
de Kari Hotakainen
Éditions JC Lattès / Novembre 2011


7000 euros, c'est le prix auquel Salme Malmikunnas a vendu sa vie à un écrivain pour son nouveau roman. Salme, une ancienne mercière de 80 ans, se confie, le mutisme de son mari, le malheur de l'une de ses filles, le mariage de sa cadette, les succès commerciaux de son fils. Mais Salme raconte-t-elle vraiment tout? Et l'écrivain se contente-t-il de relater simplement son histoire? Ce destin touchant nous permet de comprendre notre époque et la transformation de notre société. Il pose la question du destin de l'homme, qu'il explore au travers d'une abondante galerie de personnages. Kari Hotakainen nous livre un roman complexe, d'une émotion forte et d'un humour très original.


- La philosophie en hiver
de Ricardo Menéndez Salmón
Éditions Jacqueline Chambon / Novembre 2011


Une passion (la philosophie), une atmosphère (l'hiver), un génie (Spinoza). Avec ces trois brins, Ricardo Menéndez Salmón tresse deux histoires séparées par trois cents ans, mais unies par les deux grandes pulsions humaines, l'amour et la mort. Les deux héros ont en commun d'être espagnols à Amsterdam. Ils ont aussi la pauvreté en partage. L'inventaire des biens terrestres que laisse Spinoza à sa mort serre le cœur tant s'y révèle la précarité de son existence. La philosophie ne nourrit pas son homme, mais réchauffe-t-elle en hiver? Prenant pour prétexte l'existence grise d'un érudit espagnol qui enterre ses illusions à Amsterdam et celle de Spinoza, qui aima et mourut dans cette même ville, La Philosophie en hiver peut être lue à la fois comme la confession d'un malaise, une biographie atypique et une enquête policière où coexistent la digression philosophique, l'image expressionniste et la fresque historique. Un récit précieux, brillant et rare.


- La sœur
de Sándor Márai
Éditions Albin Michel / Novembre 2011


En 1939, un pianiste hongrois en pleine gloire est brusquement hospitalisé à l'issue d'un concert à Florence, victime d'un mal mystérieux. Il va passer trois mois en proie à de grandes souffrances, dans un état quasi-hallucinatoire parfois, tandis que quatre infirmières, des religieuses à la fois bienveillantes et un peu inquiétantes, lui dispensent l'oubli à coup de morphine. Ce sont ses "rendez-vous chimiques" qu'il attend avec l'impatience d'un amant. Tandis qu'au-dehors la guerre se déchaîne, Z. mène à huis clos un combat contre un mal intérieur dont il cherche les causes. C'est ainsi qu'il revisite la relation passionnelle qu'il entretient depuis plusieurs années avec une femme mariée, belle et frigide. Un bonheur qui se nourrissait du manque et du déni. Mais la dépossession de soi qu'engendre la maladie est peut-être le premier pas vers une renaissance.


- Le bal des vipères
de Horacio Castellanos Moya
Éditions 10-18 / Novembre 2011


Jeune désœuvré, Eduardo Sosa tue et usurpe l'identité d'un clochard à l'existence tapageuse. À bord de sa Chevrolet, le voilà lancé dans une virée hallucinée en compagnie de quatre vipères venimeuses, mettant la ville à feu et à sang. Satire sociale et délire surréaliste: embarquez pour une balade ophidienne inoubliable.


- Le caractère de la bruyère
de Philippe Delerm
Éditions Albin Michel / Novembre 2011


"Terre de bruyère. Elle a donné son nom au sol qui la conçoit. C'est dire de quel prestige est habité la fleur éponyme, pourtant si simple, couvre sol de lande et de forêt. On en cueille un brin frêle. Les clochettes lilliputiennes ont le rose-mauve d'une fraîcheur à l'avance passée mélancolique, un trait de rouille infime sur les bords. Un signe, une histoire d'amour, un souvenir d'automne". Bruyère, pensée, coquelicot, pivoine, rose trémière, hortensia, chrysanthème, jonquille, muguet, jacinthe, pissenlit, glaïeul, carotte sauvage. En 40 textes ciselés, Philippe Delerm décrit autant de fleurs et plantes de nos jardins, pousses des chemins ou herbes folles, joliment illustrées par des aquarelles de Martine Delerm.


- Le complexe du spaghetti
de Viviane Campomar
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Novembre 2011


Le Complexe du spaghetti est un roman sombre, étrange et tortueux, à l'image de Willy Peterson, son personnage principal. Cet étudiant américain, en France pour quelques années, est un adulte ordinaire. Il travaille, voit des amis, fréquente des femmes. Plusieurs événements cependant vont le conduire peu à peu à se poser des questions sur cette vie qui semble soudain sortir de ses rails droits et bien tracés. À moins que ce ne soit son propre esprit qui devienne peu à peu malade. Un autre Willy Peterson semble prendre sa place, insidieusement. Simple coïncidence? Quoi qu'il en soit, Willy se sent brisé, comme un spaghetti: jamais en deux, toujours en trois, quatre ou cinq morceaux inégaux. Mais lequel de ces morceaux est le véritable Willy?


- Le fils du yéti
de Didier Tronchet
Éditions Flammarion / Novembre 2011


Au cours d'une même semaine, un trentenaire, indécis et nostalgique, remet en cause ses relations à sa famille et ses proches. Roman d'inspiration autobiographique sur la figure du père disparu.


- Le Paris de mes amours
Abécédaire sentimental
de Régine Deforges
Éditions Plon / Novembre 2011


J'aime me balader dans Paris, vagabonder le nez en l'air en compagnie de mes chers fantômes: poètes, romanciers, peintres, photographes, piétons de Paris ou mauvais garçons. Les uns m'entraînent dans telle ou telle rue, tel bistrot, les autres dans l'ombre d'une église ou celle d'un pont. Flâner est une occupation qui m'est familière, et Paris est le lieu idéal où s'entremêlent l'histoire et les anecdotes populaires, les émotions de la vie du passé et de celle qui nous occupe. Musarder dans Paris, c'est savoir regarder en souriant un couple d'amoureux, un vol de canards au-dessus de la Seine, s'arrêter pour écouter le vieil accordéoniste qui joue en fredonnant: "Paris je t'aime, je t'aime, je t'aime avec ivresse, comme une maîtresse". R. D.


- Le petit salaud
de Edouard Limonov
Éditions Albin Michel / Novembre 2011


Ouvrier-fondeur modèle, Ed quitte l'usine à 21 ans afin de réaliser son rêve: devenir un "grand criminel". Mais la chance est contre lui, même s'il échappe à la prison. Un boulot de survie à la librairie "Poésie" lui permet de rencontrer Anna Moïsseevna Rubinstein, une juive de 27 ans, demi-folle, excentrique et volcanique. Si Ed est effrayé par le physique d'Anna, il est hypnotisé par toute la bohème de Kharkov qui gravite autour d'elle: Anna sera sa clé pour le monde des "décadents". Il décide alors de se l'approprier, la suit partout et s'installe dans l'appartement qu'elle partage avec sa mère. Ed fait désormais partie des lumpen-intellectuels.


- Le prince de la brume
de Carlos Ruiz Zafón
Éditions Robert Laffont / Novembre 2011


1943, Angleterre. Fuyant la guerre, la famille Carver, les parents et leurs trois enfants, Max, Alicia et Irène, se réfugie dans un village de bord de mer. Leur nouvelle maison appartenait précédemment à un riche couple qui a quitté le pays après la mort de leur petit garçon, Jacob. Peu après son emménagement, la famille Carver est confrontée à de troublants événements. La maison de la plage paraît hantée. Quelque chose ou quelqu'un rôde entre les murs. Max et Alicia commencent à enquêter sur les circonstances obscures de la mort de Jacob. Roland, un adolescent du village, les aide. Il les entraîne dans des plongées autour d'un cargo qui a coulé dans la baie après une tempête, des années auparavant. Autour de cette épave, tout respire la peur, les poissons ne s'y risquent jamais, des ombres paraissent à l'affût derrière les cloisons rouillées et dans les coursives délabrées. Et c'est Roland qu'elles épient, Roland dont elles veulent se saisir. Qui accumule les pièges mortels autour du jeune homme? Pourquoi Roland est-il l'objet d'une si terrible haine? En menant leur enquête, Max et Alicia exhument involontairement les secrets du passé. Un passé terrible dont émerge un être machiavélique, le Prince de la Brume. Doté de pouvoirs diaboliques, le Prince de la Brume peut emprunter toutes les formes et tous les visages. Il est le maître d'une troupe de grotesques statues à demi-vivantes qui ont élu domicile dans le jardin de la maison des Carver. Le Prince de la Brume réclame le paiement d'une dette contractée peu avant la naissance de Jacob. Une dette dont Roland est le prix. S'ils veulent sauver leur ami, Max et Alicia doivent affronter l'être maléfique sur son territoire, dans le jardin des statues vivantes mais aussi dans le terrifiant cargo enseveli sous les eaux.


- Le roman de Yocandra
de Zoé Valdés
Éditions JC Lattès / Novembre 2011


Publié en France en 1995, Le Néant quotidien est l'un des premiers textes à décrire la vie quotidienne à Cuba. Largement applaudi en Europe, il a fait de Zoé Valdés l'un des écrivains cubains les plus appréciés des lecteurs français et de Yocandra une figure de la résistance cubaine. "Elle vient d'une île qui avait voulu construire le paradis, et qui a créé l'enfer". Baptisée Patrie à sa naissance, une jeune Cubaine renaît sous le nom de Yocandra. Son récit décrit le quotidien lourd, oppressant, et vide de La Havane, cette ville qui rampe dans la ruine depuis si longtemps que la mémoire de l'opulence s'est perdue, ou n'était-ce qu'un songe? Au bord de la mer qui la sépare de la liberté, elle décrit la perte de l'innocence, des illusions, les ambitions dérisoires, les vocations gâchées car tout, y compris les carrières professionnelles, est assujetti au plan. Entre le blocus américain et le régime castriste, il semble qu'à Cuba, la politique n'existe que pour empêcher les gens de vivre. Écho à cette plongée dans le néant, Le Paradis du néant, rédigé quinze ans plus tard, est le récit de l'exil, de la nostalgie douce-amère d'un pays qu'on a rêvé de quitter, de la liberté impossible. Yocandra a quitté Cuba, par Miami, avant d'arriver à Paris. À La Havane, elle a laissé sa mère, l'homme qu'elle aime, ses livres et ses premiers poèmes. À Paris, où elle est venue chercher l'oubli, la liberté, elle est poursuivie par le son de la rumba, les prières de la santería, et même par un Cubain particulièrement opiniâtre appelé Fidel Raúl.


- Les bergers blancs
de Catherine École-Boivin
Éditions Albin Michel / Novembre 2011


Sur les landes battues par les vents et les vagues du Cap de La Hague, il se disait encore, à la fin du XIXe siècle, que les "bergers blancs", qui louaient leurs bras à la saison, venaient de la mer. Les paysans craignaient ces hommes libres, à la peau diaphane d'albinos, arborant à l'épaule un tatouage de bateau au mat brisé: des jeteurs de sort, qui pouvaient lire l'avenir dans les mains et les eaux dormantes. Puisant son inspiration dans les souvenirs des habitants de cette partie la plus secrète de la Normandie, la romancière Catherine École-Boivin nous entraîne sur les pas de Léo, le berger un peu sorcier, et de sa fille adoptive Katica, "La Dormante", dotée d'un étrange pouvoir de guérison. Traversant un demi-siècle d'Histoire, cette grande saga, où passions et émotions sont indissociablement mêlées aux forces mystérieuses de la nature, redonne vie à un monde rural oublié.


- Les centurions
de Jean Larteguy
Éditions Presses De La Cité / Novembre 2011


Un camp de prisonniers français dans la jungle asiatique après la défaite de Diên Biên Phu. Rééduqués à la doctrine communiste vietminh, les officiers Raspéguy, Boisfeuras, Merle, Esclavier ne seront plus jamais les mêmes. Ces hommes ont assisté à la mort cruelle et soudaine des copains, rencontré parfois l'amour et sont marqués par le charme de l'Asie. De retour au pays, comment reprendre le fil d'une vie de famille normale, entouré de femme et enfants? Arrivent les premiers événements en Algérie. On a besoin d'hommes aguerris et expérimentés. Ils rempilent donc pour le 10e régiment de parachutistes coloniaux. Le Maghreb va les happer, mais rien ici ne ressemble à l'Asie. Il n'y a qu'une chose semblable: la guerre. Les bombes, les terroristes, les colons, le Djebel et Alger la blanche. C'est une autre guerre ici, même si le motif rejoint celui des Indochinois... L'indépendance...


- Les cerfs-volants de Kaboul (illustré)
de Mirka Andolfo / Fabio Celoni / Khaled Hosseini
Éditions Belfond / Novembre 2011


Bien que frères de lait, Amir et Hassan ont grandi dans des mondes différents: le premier est le fils d'un riche commerçant, le second est le fils de leur serviteur. Inséparables, liés par une même passion, les deux garçons se vouent une amitié indéfectible. Mais ce lien va se briser à jamais. Alors que sous ses yeux Hassan subit une véritable ignominie, Amir reste pétrifié. Peur? Lâcheté? Honte? Pris dans une terrible confusion des sentiments, il n'esquissera pas un geste pour sauver son ami. Été 2001. Réfugié depuis plusieurs années aux États-Unis, Amir reçoit un appel du Pakistan. Il existe un moyen de te racheter, lui annonce la voix au téléphone. Mais ce moyen passe par une plongée au cœur de l'Afghanistan des talibans et de son propre passé.


- Les morts le diront
de Christophe Garda
Éditions Prisma / Novembre 2011


Andreï appelle Viktor au milieu de la nuit pour lui demander de l'aider. En 1968, alors qu'ils étaient étudiants aux Beaux-Arts, ils avaient fui ensemble à l'Ouest, en laissant tout derrière eux. Entre Prague, Paris, New York et Londres leurs histoires traversent la Grande Histoire, et leurs vies se rejoignent autour des femmes, de l'art, de l'amour et de l'amitié. Un roman sur l'amour et l'amitié tissé sur la trame euphorique du Printemps de Prague. Les rêves d'une bande de copains d'alors déterminent la quête insatiable qui va précipiter leur destin.


- Les œillets jaunes
de Véronique El Baze
Éditions Prisma / Novembre 2011


"Cassandra s'immobilise, se mord la lèvre au sang pour détourner l'objet de la douleur et prolonger cette exquise tension. Les freins du camion benne à ordures ont crissé dans la rue et Franck dort étalé au travers du lit. Il n'est pas matinal et cela tombe bien, il ne doit rien savoir de ce rituel morbide. Cette petite mort lui appartient. Le décès annoncé d'un bébé pas même conçu, juste fantasmé. Elle veut se réserver l'impact de la nouvelle". Un roman dérangeant où l'auteur lève un tabou qui bouscule nos consciences. Jusqu'où le monstrueux pourra-t-il s'imposer?


- Les tigres de Tasmanie
de Bernard Simonay
Éditions Presses De La Cité / Novembre 2011


Hobart, novembre 1919.Clémentine, jeune Française, arrive en Tasmanie à la recherche de la famille de son défunt mari, un officier qu'elle a épousé pendant la Grande Guerre. Étrangement, ses démarches auprès de l'administration n'aboutissent pas. Seule avec sa petite fille, Clémentine veut refaire sa vie dans cet endroit du bout du monde. Plusieurs hommes jalonnent son parcours: Peter le forestier, Brian l'Irlandais et Richard le jeune avocat cynique et désabusé, auquel la lie un amour dévastateur. Mais au-delà de ces rencontres se dessine une passion encore plus étrange, celle qui chaque jour attache Clémentine à la forêt profonde, où l'on rencontre les plus grands arbres du monde et où erre encore le fantôme d'un animal fabuleux, le loup marsupial, plus connu sous le nom de: "tigre de Tasmanie".


- Les tribus du roi
de Alain Dubos
Éditions Presses De La Cité / Novembre 2011


1689, au Canada. La destinée contrastée de deux frères, orphelins à la suite d'un massacre perpétré à Lachine près de Montréal. Daniel, sauvage et tourmenté, sera milicien vengeur, tueur d'Indiens, coureur des bois épris de liberté, assassin par amour et proscrit promis à la potence. François, le cadet, sage et ambitieux, gravira les échelons de la vie sociale et politique auprès des gouverneurs de la colonie au Québec. Tout sépare les frères Beauchêne, sauf leurs rencontres au fil de l'histoire authentique du Canada français dans le contexte passionnant de la Grande Paix de Montréal en 1701, leur recherche de l'amour et les dettes contractées l'un envers l'autre, dont ils s'acquitteront.


- Pensées d'un père pour la fille qu'il n'a pas eue
de Alain Teulié
Éditions Anne Carrière / Novembre 2011


À l'âge de cinquante ans, un homme réalise soudain qu'il n'a pas d'enfant. C'est comme s'il s'éveillait d'un long rêve. Il se met alors à penser à celui qu'il aurait pu avoir. Une fille, de préférence. Pourquoi une fille? Il nous dit pourquoi. Cette fille imaginaire a entre vingt et vingt-cinq ans. Il se voit avec elle, chez lui, chez elle, dans la rue, au restaurant. Mais ce n'est pas toujours la même. C'est une galerie de portraits. Différents par le physique, le caractère, la façon d'être, de s'exprimer. De la fille parfaite à la fille de cauchemar. Il s'efforce de comprendre. Il se demande pourquoi cette fille n'est pas là. Comment justifier cette absence? Il analyse les années passées, pense aux femmes qu'il a rencontrées, aux amours fugaces, à tous ces moments où l'enfant n'a pas été le fruit du plaisir éprouvé. Il aimerait que sa fille lui pardonne. Être un père n'est pas toujours facile. Surtout être un père qui n'a pas d'enfant. Un livre court et poétique, le premier bilan d'une vie d'homme dans un monde qui nous fait parfois oublier l'essentiel: ce que nous sommes, ce que nous voulons vraiment être.


- Perdu dans un supermarché
de Svetislav Basara
Éditions 10-18 / Novembre 2011


Attention: bizarre. Qui sait comment réussir un crime parfait? Que se passe- t-il dans la tête d'un homme enfermé la nuit dans un supermarché ou celle d'une personne chutant de la Tour Eiffel? Dans un foisonnement d'aventures loufoques et jubilatoires, Svetislav Basara explore l'absurdité de nos existences, jusqu'à cet ultime point, ou du néant surgit l'humanité.


- Questions de littérature légale
Du plagiat, de la supposition d'auteurs, des supercheries qui ont rapport au livre
de Charles Nodier
Éditions Payot & Rivages / Novembre 2011


Avec un sérieux qui l'honore, Charles Nodier (1780-1844), grand conteur du premier romantisme et bibliophile passionné, établit ici la toute première typologie des fraudes littéraires: du plagiat jusqu'au changement de date, en passant par l'interpolation de passages apocryphes ou l'invention de fausses références, il isole et définit une à une des pratiques qu'Internet rend aujourd'hui omniprésentes. Mais ces arrangements sont aussi des jeux, et le traité en donne lui-même l'exemple. Avec une drôlerie irrésistible, Charles Nodier (qui n'était pas en reste quant à ses propres fraudes) alimente sa réflexion à sa fantaisie, inventant d'une page à l'autre des fictions livresques dignes de Borgès.


- Sonny Liston était mon ami
de Thom Jones
Éditions AlbinMichel / Novembre 2011


Avec cet humour noir dopé aux amphétamines qui lui est propre, il brosse, dans ce troisième recueil de nouvelles, le portrait de personnages abîmés par la vie, habités par la maladie, la folie ou la souffrance, mais qui ne peuvent se résoudre à abandonner la partie. On y retrouve, entre autres incroyables personnages, des boxeurs, des anciens du Vietnam, mais aussi des adolescents tourmentés par le sexe.


- Un amour dérobé
de Mackenzie Ford
Éditions JC Lattès / Novembre 2011


Noël 1914: Quand le soldat britannique Hal lie connaissance avec le lieutenant allemand Wilhelm durant une trêve, en plein milieu du no man's land, il ne se doute pas des répercussions que cette rencontre de hasard aura sur sa vie. Wilhelm est amoureux d'une Anglaise, Sam, et il glisse dans la main de Hal une photographie. S'il survit à la guerre, Hal promet d'aller trouver Sam pour lui remettre de la part de Wilhelm ce gage d'affection. Rapatrié après avoir été blessé alors que les combats font toujours rage, Hal part à la recherche de Sam. Mais dès l'instant où il la voit, son émoi est tel qu'il cache la photo de Wilhelm dans sa poche. Alors commencent pour lui une vie, et une histoire d'amour, destinées à un autre.


- Un homme ordinaire
de Yves Simon
Éditions Nil / Novembre 2011


Il faut bien toute une vie d'écrivain pour regarder la statue du Commandeur, quand il s'agit du père parfait, celui qui a disparu en ne laissant rien d'autre derrière lui qu'un amour absolu. Fils unique choyé par des parents qui mènent une vie modeste, Yves Simon a passé son enfance à regarder ces deux êtres s'aimer d'un amour fou et s'épuiser chaque jour à affronter des fins de mois difficiles. Comme la rive dorée de Zurich, Contrexéville exhibe ses opulentes villas, et un petit garçon qui perçoit déjà la dure condition infligée au monde ouvrier est initié au courage et à la joie par un couple déjà légendaire pour lui. Mais un adolescent qui est soudain happé par la folie des années 60, qui assiste à la naissance du rock, à la révolution Dylan, et découvre les jupes des filles sur les scooters peut-il encore seulement voir tout l'amour que lui voue son père? Sans en avoir conscience, il embrasse l'avenir qu'il fera sien avec la bénédiction d'un cheminot ancré, lui, dans un univers d'humilité et de discrétion incompatible avec les ardeurs de la jeunesse. Et à l' instant où ce père disparaît, un autre fils naît: un orphelin de vingt ans découvrant avec stupeur que c'est précisément sa liberté d'artiste que lui a léguée l'affection inconditionnelle d'un "homme ordinaire".


- Un matin pour la vie
de Françoise Sagan
Éditions Stock / Novembre 2011


Un matin pour la vie, un dimanche matin comme les autres. Nicole est tirée de son sommeil par le téléphone, fait étrange, si tôt un dimanche, pour cette jeune femme à la vie exemplaire d'héroïne de Sagan. Son amie lui apprend la fin du monde: un missile est lancé vers Paris. San Francisco et Léningrad sont déjà effacés de la carte. Il ne lui reste plus qu'une heure à vivre. Que fait-on dans ces cas-là? À qui pense-t-on? Rémi Pelletier laisse sa femme et ses enfants en vacances, il va passer le mois d'août seul à Paris. Cette perspective l'enchante, il peut enfin regarder tranquillement les matchs de football à la télévision. Et pourtant qui va lui recoudre les trois boutons qu'il vient de perdre? Il ne voudrait pas avoir l'air débraillé lundi au bureau sous prétexte que sa femme n'est pas là. Il y a bien la voisine, Olga, une amie de son épouse, qui a une tête d'oiseau, une voix d'oiseau. Mais on ne peut quand même pas demander à une presque inconnue de recoudre ses boutons sans un minimum de civilité, n'est-ce pas?


- Vilaine
de Constance Briscoe
Éditions Presses De La Cité / Novembre 2011


Londres, milieu des années 1960. Depuis son plus jeune âge, Constance Briscoe est persécutée par sa mère, qui en a fait son souffre-douleur. Insultes, coups, humiliation, privation de nourriture. Les mauvais traitements ne connaissent aucune limite, sans pour autant attirer l'attention des services sociaux. Mais grâce à son incroyable résilience, et avec l'aide de quelques personnes bienveillantes, Constance parviendra à réaliser son rêve, devenir avocate, un idéal alors difficile à atteindre pour une jeune Noire issue d'un milieu défavorisé. Son témoignage, poignant, prouve que malgré un très mauvais départ dans la vie un individu peut accomplir de grandes choses. En 1996, l'avocate britannique Constance Briscoe devient l'une des premières femmes juges noires de son pays. Publié en 2006 en Grande-Bretagne, Vilaine connaît un succès immédiat. À la parution du livre, sa mère a porté plainte pour diffamation, mais a été déboutée.


- Adieu Alexandrie
de André Aciman
Éditions Flammarion / Octobre 2011


Ces mémoires hauts en couleur retracent les exploits d'une famille juive extravagante, de son arrivée triomphante dans Alexandrie la cosmopolite à son exode piteux trois générations plus tard. Dans une prose élégante et pleine d'esprit, André Aciman nous présente les formidables excentriques qui ont marqué sa vie: l'oncle Vili, fanfaron casse-cou, soldat, marchand, espion; les deux grands-mères, la Princesse et la Sainte, qui cancanent en six langues; la tante Flora, réfugiée allemande qui l'avertit que les Juifs perdent tout "au moins deux fois dans leur vie". À travers toutes ces histoires, nous faisons la connaissance d'un jeune garçon qui, bien qu'aspirant à un monde plus vaste, refuse de sortir d'Égypte à tout jamais.


- À la vie, à la mort !
de Yoram Kaniuk
Éditions Fayard / Octobre 2011


Après une opération chirurgicale réussie, Yoram Kaniuk est soudain tombé dans le coma, où il est resté pendant plusieurs semaines. De ce voyage inerte, l'écrivain rapporte un texte incisif, écrit d'un jet semble-t-il, où le lecteur retrouve les héros qui ont peuplé ses précédents livres (notamment le Dernier Juif) mais dans la version qu'en donne à présent l'homme âgé qu'est devenu leur auteur. Que reste-t-il lorsque l'on a perdu toute dignité physique mais qu'on est là et bien là, comment se supporter lorsque tout se déglingue? Kaniuk, dont les yeux ne cessent de briller de malice et d'intelligence, se peint sans concession, touche à l'intime en évitant tout voyeurisme malsain, et narre des situations tellement cocasses que, bien souvent, c'est le rire qui l'emporte. L'Israël d'aujourd'hui n'est pas le pays dont il avait rêvé et tout ce livre est aussi, en arrière-plan, un hymne aux déçus, sans amertume, avec seulement de la tristesse. Un livre où Kaniuk distille le meilleur de lui-même.


- Aleph
de Paulo Coelho
Éditions Flammarion / Octobre 2011


Paulo traverse une crise existentielle et spirituelle qui le pousse à tout abandonner et à quitter son village, dans les Pyrénées-Orientales, pour voyager à travers l'Asie à bord du Transsibérien. En Russie, il rencontre Hilal, une jeune Turque de 21 ans. S'ouvre alors une fenêtre sur leurs âmes et sur les portes de l'Aleph, là où convergent le temps et l'espace.


- Alibis
de André Aciman
Éditions Flammarion / Octobre 2011


Un alibi n'est pas seulement un ailleurs, mais aussi un autrefois. C'est une époque, un lieu ou un être, réels et imaginaires à la fois, modifiés par la puissance de la nostalgie et du souvenir: vies utopiques, paradis perdus, amours contrariées. L'alibi d'André Aciman est Alexandrie. Mais aussi Rome, Paris, et New York... Il nous fait voyager dans sa mémoire à travers une série de tableaux, passant du cimetière juif oublié d'Alexandrie à Harvard, d'un coin de la 72ème rue de New York à la maison de Proust à Illiers-Combray, du bleu de la mer en Italie à la côte égyptienne. André Aciman nous livre avec Alibis une réflexion profonde et passionnante sur la tragique condition d'exilé, décrivant le désir perpétuel et insatiable de vouloir rentrer chez soi tout en sachant que, même là-bas, le passé est bel et bien révolu.


- American stranger
de David Plante
Éditions Plon / Octobre 2011


Nancy Green est la fille unique de parents juifs ashkénazes, dont les origines allemandes et russes sont chargées d'un passé douloureux. Son rôle à elle est d'être heureuse, tolérante, affranchie de l'histoire familiale. Pourtant la religion, l'altérité et l'identité ne cessent de l'entraver, de la heurter et de l'attirer. D'un homme à l'autre, de désillusions en erreurs, Nancy s'éloigne de l'étudiante légère qu'elle était. À travers ses amants, elle interroge ses origines, ce besoin, même inconscient, de se déraciner, jusqu'à devenir l'étrangère: juive avec un catholique, Américaine à Londres, ashkénaze dans une communauté séfarade très fermée. Ainsi son destin, ses errements et ses passions posent avec une sensibilité et une finesse rares, la question inépuisable et universelle de l'identité.


- Cet instant-là
de Douglas Kennedy
Éditions Belfond / Octobre 2011


À la fois drame psychologique, roman d'idées, roman d'espionnage mais surtout histoire d'amour aussi tragique que passionnée, une œuvre ambitieuse portée par le talent exceptionnel de Douglas Kennedy. Écrivain new-yorkais, la cinquantaine, Thomas Nesbitt reçoit à quelques jours d'intervalle deux missives qui vont ébranler sa vie: les papiers de son divorce et un paquet posté d'Allemagne par un certain Johannes Dussmann. Les souvenirs remontent. Parti à Berlin en pleine guerre froide afin d'écrire un récit de voyage, Thomas arrondit ses fins de mois en travaillant pour une radio de propagande américaine. C'est là qu'il rencontre Petra. Entre l'Américain sans attaches et l'Allemande réfugiée à l'Ouest, c'est le coup de foudre. Et Petra raconte son histoire, une histoire douloureuse et ordinaire dans une ville soumise à l'horreur totalitaire. Thomas est bouleversé. Pour la première fois, il envisage la possibilité d'un amour vrai, absolu. Mais bientôt se produit l'impensable et Thomas va devoir choisir. Un choix impossible qui fera basculer à jamais le destin des amants. Aujourd'hui, vingt-cinq ans plus tard, Thomas est-il prêt à affronter toute la vérité?


- Ciels d'orage
de Enki Bilal
Éditions Flammarion / Octobre 2011


Né à Belgrade le 7 octobre 1951 d'une mère tchèque et catholique et d'un père bosniaque et musulman, Enki Bilal est l'un de nos artistes les plus fascinants. En trente-neuf ans de carrière, entouré d'un cortège de héros amnésiques et de belles filles égarées, il a dynamité en pionnier les frontières entre bande dessinée, cinéma et art contemporain dont il est aujourd'hui l'une des stars. À quoi ressemble l'enfance d'un homme qui a dessiné avant qu'elles n'arrivent les pires catastrophes du XXe siècle? Quel rôle attribuer à son père, tailleur du maréchal Tito, qui l'abandonne quand il a cinq ans? Tout s'est-il joué dans cet atroce voyage en train vers l'exil, à neuf ans, ou entre les murs de la forteresse dont l'enfant avait fait sa cour de récréation? Quel est-il, ce "casting inconscient" qui a fait éclore ces femmes aux seins bleus, et qu'est-ce que cette "planétologie" dont il a fait sa cause? De Goscinny "passe-ton-bac-d'abord" à Ridley Scott et ses blade runners, des cendres de l'ex-Yougoslavie au sable d'une plage de Thaïlande, ces quarante-deux heures d'entretiens livrent pour la première fois les clefs d'un univers à la beauté tourmentée mais réputé hermétique. Les clefs de la boîte noire d'Enki Bilal.


- Comment rêvent les morts
de Lydia Millet
Éditions Cherche Midi / Octobre 2011


Depuis son plus jeune âge, Thomas vénère le Dieu Dollar et la beauté glaciale de la société capitaliste. Agent immobilier sans scrupule, il n'a d'autre horizon que l'enrichissement et l'accumulation. Jusqu'au jour où des événements successifs, une histoire d'amour avortée, un bouleversement familial, la mort d'un coyote, vont provoquer chez lui une crise spirituelle sans précédent. Peu à peu, il se met à nourrir une étrange obsession pour les zoos, les espèces en captivité, celles en voie de disparition.


- Croc Attack
de Assaf Gavron
Éditions Payot & Rivages / Octobre 2011


Tel-Aviv, aujourd'hui. Eitan Enoch, Croc pour ses amis, prend le bus comme chaque matin. Une bombe explose et tous les passagers sont tués, sauf lui. Des attentats suicides auxquels il sera mêlé, il sortira chaque fois vivant. Il devient alors "symbole de la résistance" pour les uns et une cible à abattre pour les autres. Jérusalem, une chambre d'hôpital. Fahmi, jeune Palestinien devenu terroriste par la force des choses, lutte entre la vie et la mort et se demande comment il en est arrivé là. Une tragi-comédie qui peint à vif, à travers deux destins que tout oppose, l'absurdité de la vie quotidienne et la réalité bizarre et sanglante de la guerre. Transcendé par l'humour, le roman fait voler en éclats les clichés pour saisir l'ambiguïté du conflit israélo-palestinien.


- Des voyous magnifiques
de Bruno Gallet
Éditions Anne Carrière / Octobre 2011


Lors d'un braquage dans une petite ville du sud des Alpes, Tuscan tue le directeur d'une banque. Après avoir volé une voiture, il s'enfuit en compagnie d'Abel, son complice, pour trouver refuge chez sa sœur, au fin fond du Causse. Mais, à la suite d'un accident, tous deux sont contraints de fuir à pied à travers la campagne, en plein cœur de l'hiver. En chemin, par l'insolite magie d'un précieux fardeau qu'ils ont dû prendre en charge, leur cavale ordinaire se transforme peu à peu en quête rédemptrice, métamorphosant les malfrats qu'ils sont en voyous magnifiques. À l'instar des romans ruraux américains, l'histoire parle de manière simple de choses essentielles et souvent tragiques, au sein d'une nature omniprésente qui peut écraser, mais parfois aussi transcender l'homme. Ce qui s'annonce comme un "getaway" policier classique devient alors une aventure humaine et sensible, à laquelle la force des sentiments et la beauté sauvage des paysages confèrent une dimension épique et généreuse.


- Dimiter
de William Peter Blatty
Éditions Robert Laffont / Octobre 2011


Perdu au fin fond de l'État totalitaire le plus oppressif et le plus isolé de la planète, l'Albanie de 1973, un homme est détenu prisonnier. Arrêté par hasard, à la faveur d'une enquête de routine, il est soupçonné d'être un espion d'envergure: les autorités déploient toutes les formes de cruauté et de torture pour réussir à lui soutirer des informations. Mais le prisonnier résiste de manière très inhabituelle aux traitements barbares et aux manipulations psychiques: insensible à la douleur, mystérieux sur son identité, il parvient, jusqu'à son évasion finale, à confondre ses ravisseurs. Un an plus tard, à Jérusalem, des événements étranges attirent l'attention des autorités locales et des responsables du renseignement: un enfant de l'hôpital d'Hadassah a guéri comme par miracle, tandis qu'un corps était découvert dans le très sacré tombeau du Christ. Le Dr Moses Mayo, un neurologue plein d'humour, son ami, le sombre détective de police arabo-chrétien, Peter Meral, Samia, une jolie infirmière à la langue acerbe, et un assortiment de fonctionnaires américains et israéliens, vont se trouver pris dans une série de rebondissements et de décès inexplicables. S'agit-il là d'un complot? Tous les indices semblent converger vers une seule et même personne: Dimiter, surnommé "l'agent de l'enfer".


- Éclats de Cristal
de Caroline Riegel
Éditions Phébus / Octobre 2011


"À vingt-six ans, détachée en mission professionnelle, ingénieur en constructions hydrauliques, je suivis, un an durant, les travaux de surélévation d'un barrage situé en plein cœur de la forêt vierge et ondoyante des monts de Cristal. La communauté restreinte de Blancs, nous fûmes deux Français présents pendant toute la durée du chantier, d'âge, de situation et de services différents, influença la vie de la base. Il n'y avait pas de village et guère d'activité. Passé huit mois, j'avoue avoir éprouvé quelque faiblesse morale, une sorte d'anémie des tropiques, un ennui exacerbé par la routine du chantier et son isolement. Certes, j'habitais un lieu grandiose, au milieu d'une débauche de nature; mais sans le loisir de m'y enfouir pleinement. Chahutée par cette terre ivre d'extrêmes, j'ai éprouvé la nécessité de vider ma tête trop pleine. Il me fallait digérer le défilé d'histoires peu banales, dont, novice, je ne percevais pas toujours le sens. Les premiers mots de cette vie de broussarde jaillirent presque d'eux-mêmes". C. R.


- En descendant les fleuves
de Éric Faye et Christian Garcin
Éditions Stock / Octobre 2011


"Le voyage que nous avons effectué pendant l'été 2010 vers l'Extrême-Orient de la Russie répondait à un vieux désir que nous avions l'un et l'autre. Hormis l'attrait que nous éprouvions depuis longtemps pour cette région du monde, à chacun de nous avaient été vantées la sauvagerie et la beauté des paysages autour de l'immense fleuve Lena, qu'il était possible de descendre depuis la ville de Iakoutsk jusqu'à son embouchure dans l'océan Glacial Arctique, bien au nord du cercle polaire. Ce livre est la relation de ce périple. Il débute par l'arrivée à Iakoutsk, la plus grande ville au monde bâtie sur permafrost, et dont les immeubles reposent sur pilotis. Puis la descente du fleuve Lena, qu'aucun pont ne traverse, et dont le lit s'étend parfois sur des dizaines de kilomètres. Les haltes dans des villages abandonnés du monde. Les lectures sur le pont au soleil de minuit. Le débarquement dans l'incroyable ville de Tiksi, sépulcrale, sinistrée, post-soviétique, sur les bords de l'océan Glacial Arctique, Tiksi, interdite aux étrangers jusqu'à la fin de l'URSS. Nos premiers pas dans la toundra. Le retour sur Iakoutsk dans un coucou bringuebalant. Le départ vers Khabarovsk, bien plus au sud, sur le fleuve Amour, juste en face de la Chine. Une journée à Birobidjan, première république juive créée par Staline en 1929, où le yiddish est une des deux langues officielles. Et enfin Vladivostok, au bord du Pacifique, à deux pas de la Corée du Nord, de la Chine et du Japon, Vladivostok-la-grise, dont le nom fait rêver, mais dont l'urbanisme chaotique et l'omniprésence des véhicules à moteur masque parfois la beauté. Que ce soit par la rudesse de leur approche ou par la réalité brute dont ils témoignaient, ces lieux, tout sauf touristiques, ont été un moteur d'écriture puissant. Très vite il nous est apparu essentiel de ne pas composer un livre à deux voix, mais uniquement à deux mains: les textes ont été composés soit par l'un, soit par l'autre, soit par les deux, avec dans ce cas insertion de passages de l'un au milieu du texte de l'autre. Par ailleurs, la voix narrative est toujours la même: un "je" qui recoupe parfois la réalité d'un de nous, parfois celle des deux, un "je" muni de quatre jambes, quatre yeux et quatre oreilles, une chambre d'écho démultipliée".


- Entretien avec René Descartes
de Mazarine Pingeot
Éditions Plon / Octobre 2011


C'est à Amsterdam, puis à Stockholm, que Mazarine Pingeot a choisi de rencontrer René Descartes, peu de temps avant sa mort. Au cours de leur entretien, elle l'entraîne à expliciter son œuvre et montre comment il sort la philosophie de sa prison théorique pour en faire une manière de vivre. René Descartes nous invite à mettre en doute tous nos préjugés afin d'accéder à une pensée propre, à nous affranchir des passions qui nous entravent, à nous libérer du désir de gloire et de vanité, à rechercher la vérité qui ne peut être que notre vérité. Plus de trois siècles après sa disparition, Descartes n'a rien perdu de sa modernité. Converser avec lui, c'est regarder autrement notre société dans la perspective d'y vivre plus libre.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 15:17

- Fille de
de Carole Achache
Éditions Stock / Octobre 2011


"Ma mère m'a laissé une énigme, l'histoire de notre relation. Elle avait la particularité de n'aimer que des homosexuels. Elle travaillait chez Gallimard et était écrivain. Elle m'a permis d'être le témoin, avec mes yeux d'enfant, d'un moment exceptionnel de la vie intellectuelle et littéraire après la Libération. Littérature, politique, amitié et mauvaise foi, pieds et poings liés. Le Parti communiste, la smala d'Espagnols exilés pour la plupart, débarquant chez elle, rue Poissonnière, quand elle a commencé sa liaison avec Juan Goytisolo, dès mes trois ans. Bourrasque d'individus remarquables qui avaient envie d'être libres au sortir de la guerre. Violette Leduc, Duras, Florence Malraux, Jorge Semprun, Faulkner, Jean Genet, Queneau, Giacometti. Je les ai côtoyés sans être consciente de mon privilège. Elle, et ses emballements. Moi, et ma féminité. Je la regarde, je l'aime. Je ne comprends pas tout. Je ne vis qu'avec des adultes. J'observe, je grandis, je pose des questions. Ma mère se dérobe. Me dire la vérité, c'est déclarer ses failles. Elle bredouille des approximations. Mon univers a beau se distinguer par son intelligence, il ne m'éclaire pas. Je dérape. Je deviens une furie. Quelque chose ne tourne pas rond. Quand cela a-t-il commencé? Jusqu'où vais-je aller? Je ne la quitte pas. C'est elle qui s'en va. Elle rend son âme. Elle me lègue ses agendas. Je tombe sur une mine d'or. Je les lis, je les décrypte. Je vois mais c'est trop tard. Je suis enfermée dans le silence. Je ne raconte rien. J'ai honte de ce que j'ai vécu. Elle aussi s'est tue, je l'ai appris par hasard. Ce roman parle du silence. Je ne sais plus si je l'aime. Je l'ai trop protégée. Elle s'appelle Monique Lange, et elle a tout d'un ange. Elle se passerait de son sexe, de ses seins, du sang, et surtout du sperme. Et pourtant, je viens d'elle. Je rêve d'un monde où plus personne n'aura honte d'avouer ce qu'il est ou ce qu'il a été".


- Généalogie d'un fantôme
de Marc Archippe
Éditions Anne Carrière / Octobre 2011


Parfois, les rencontres de hasard ressemblent à des rendez-vous, à croire que le destin en est l'organisateur. Henry Foster, écrivain solitaire à la dérive, découvre dans un carton oublié un manuscrit qu'il n'a pas écrit. Convaincu que c'est l'œuvre d'un ami de son fils disparu, il décide d'en retrouver l'auteur et de le faire publier. Il prend la route de la Virginie dans un vieux break Ford et rencontre en chemin une très jeune fille, Sarah Beth, sorte de Lolita faussement délurée et attachante, en rupture de ban avec sa famille. Ce road trip d'un quinquagénaire et d'une adolescente retrace le retour à la lumière d'un homme écrasé par l'ombre de son propre père, un homme blessé qu'une femme-enfant va prendre par la main. "On conduit toujours en fonction du véhicule et du poids de ce que l'on transporte. Tous les vieux camionneurs vous le diront. Alors, c'est peut-être aussi la bâche de la remorque que Sarah Beth avait soulevée. Puis, d'un signe de tête mutin, comme elle sait si bien le faire, elle m'avait signifié de regarder par-dessus les ridelles…"


- Icare trahi
de Jean-Paul Auffray
Éditions Viviane Hamy / Octobre 2011


Icare trahi est un conte autour de la figure d'Évariste Galois (1811-1832), mathématicien au génie exceptionnel qui connut un destin tragique. Trop en avance pour être compris par ses contemporains les plus illustres, les portes se fermèrent toujours devant lui au moment où il était sur le point de rencontrer enfin celui qui aurait pu comprendre son travail, percevoir son intuition exceptionnelle relative à cette matière: l'Algèbre.


- Jamai Rajah
de Nathaniel Herzberg
Éditions Fayard / Octobre 2011


Le séjour s'annonçait paisible. Deux mois dans mon deuxième foyer, Ahmedabad, avec femme et enfants. Comme chaque fois, ma belle-mère veillerait sur son "Jamai Rajah", son gendre roi, lui assurant tout le confort possible dans la petite maison de Guptanagar. Mais l'Inde promet, même au visiteur aguerri, son lot de surprises. Le souvenir obsédant d'un tremblement de terre, le traumatisme de terribles émeutes interconfessionnelles, les visites répétées à l'hôpital de la ville ou la quête joyeuse, sous la chaleur écrasante de la côte du Konkan, des origines juives de ma famille indienne. Autant d'épreuves successives propres à transformer le coq-en-pâte en chien de chasse et cet énième voyage en Inde en périple initiatique.


- Jardins, les vrais et les autres
de Umberto Pasti
Éditions Flammarion / Octobre 2011


Voici un manifeste ironique de résistance botanique. Mais aussi une radiographie de notre société à travers une attaque en règle contre les jardins à la mode et une galerie de portraits sans pitié de leurs propriétaires. Aucun jardin n'y manque: le jardin du collectionneur fanatique obsédé par les espèces rares au point d'oublier le plaisir visuel ou le parfum des fleurs; le jardin bon chic bon genre, artificiel à force de trouvailles accumulées; le jardin milliardaire sans passion, symbole de réussite sociale, confié à un paysagiste, pardon, un garden-designer; les parterres kitch qui s'étalent sur les ronds-points et même le jardin pornographique où la nature débridée explose dans toute sa sensualité. Mais cette vallée des horreurs réserve aussi de bonnes surprises comme le jardin du pompiste, le potager clandestin et imprévisible prospérant en dépit de tous les taux de pollution, bizarrerie de la nature donnant naissance à des créations touchantes.


- Je ne viens pas à vous par hasard
de Adaobi Tricia Nwaubani
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2011


Mon ami(e), Dans ma quête d'une oreille attentive, on m'a recommandé de vous écrire. Comme vous le savez, les temps sont durs au Nigeria. Agé de vingt-cinq ans, je dois, depuis la mort de mon père, subvenir aux besoins de ma famille. Mais malgré mon diplôme, je ne trouve pas d'emploi. Pour couronner le tout, ma petite amie, fatiguée d'attendre le mariage de ses rêves, vient de me quitter. Alors j'ai décidé de me tourner vers mon oncle Boniface, alias Cash Daddy. Il n'est pas très cultivé, ni très raffiné, mais c'est un homme puissant et respecté dans la région. Il m'a proposé de me lancer dans le 419, vous savez, ces e-mails d'appel à l'aide dont le but est d'extorquer des fonds à des étrangers crédules. Sans doute en avez-vous déjà reçu vous-même? J'ai beau être un garçon honnête, je me suis aperçu que j'avais un vrai talent pour la cyberarnaque. Et que cela était très lucratif. Mon ami(e), je vous le demande, prenez le temps de me lire et de découvrir mon histoire. Je suis sûr qu'elle ne manquera pas de vous amuser, et peut-être même, parfois, de vous émouvoir. Votre très dévoué Kingsley.


- Jerzy Kosinski
de Jérôme Charyn
Éditions Denöel / Octobre 2011


Portrait romancé du plus romanesque des écrivains du siècle dernier, Jerzy Kosinski tente de rendre l'énigme d'une vie littéraire tout en démesure et livre une chronique douce-amère de l'intelligentsia new-yorkaise des années 60. Enfant survivant de la Shoah, Jerzy quitte la Pologne pour les États-Unis. Il y deviendra auteur à succès grâce à L'Oiseau bariolé: soupçonné d'être un affabulateur, Kosinski finira par se suicider en s'étouffant avec un sac plastique à l'instar de Bruno Bettelheim. Entre-temps, une vie. Quelques frasques. Des amis célèbres comme Peter Sellers, Andy Warhol, Gore Vidal et tant d'autres. Et une question qui sans cesse revient: Kosinski est-il réellement celui qu'il prétend être? Charyn, fidèle à l'esprit du roman, ne disserte guère sur la question: il effleure, il évoque à travers divers points de vue comme autant de pièces d'un puzzle la vie de cet écrivain controversé. En émerge un insaisissable portrait, à l'image de l'homme et de l'artiste. En contrepoint de cette existence mouvementée, les souvenirs d'une Pologne envahie par les nazis viendront clore le récit.


- L'an prochain à Tbilissi
de Sana Krasikov
Éditions Albin Michel / Octobre 2011


Certains des personnages de Sana Krasikov ont émigré aux Etats-Unis, d'autres sont restés dans l'ancien empire soviétique, créant ainsi un univers doux-amer entre deux rives. Tous sont à la recherche d'une vie meilleure; certains ont réussi, la plupart vivent dans un désespoir stoïque. Sana Krasikov se met au diapason des sentiments de ses personnages désorientés. Avec une ampleur romanesque, elle restitue le destin de personnages qui évoluent dans un monde dont les règles ont changé. Ces nouvelles, pleines de petites ou grandes tragédies, d'incidents risibles ou regrettables, sont aussi tranchantes que le scalpel d'un chirurgien. Pourtant, Sana Krasikov a de ses personnages, le plus souvent de leurs folies et de leurs imperfections, une compréhension plein de tendresse et de compassion.


- L'année du jardinier
de Karel Capek
Éditions 10-18 / Octobre 2011


Quel est ce curieux spécimen humain aux mains vertes? Sous forme d'almanach, Capek observe avec humour et tendresse les manies du jardinier, partageant son effort et ses émerveillements au gré des floraisons. Cette promenade poétique de janvier à décembre est devenue un classique.


- L'aube des cendres
de Jean-Louis Perrier
Éditions Albin Michel / Octobre 2011


Belle, intelligente et très éprise de Baptiste, Clairemonde a seize ans lorsque son existence bascule: Charles de Raynal, un aristocrate dont dépend le sort de sa famille, la viole avant de la séparer de celui qu'elle aime en le faisant passer pour un criminel. Un an plus tard, il lui vole sa fille. Fière et volontaire, Clairemonde va se battre pour voir grandir son enfant et retrouver Baptiste. Mais lors de la catastrophe minière de Courrière, près de Béthune, la jeune femme croise la route de Gert, un secouriste allemand. C'est le coup de foudre. Elle ira jusqu'au bout de cette histoire d'amour impossible dans une France bientôt bouleversée par la guerre 14-18. Une saga familiale aux multiples rebondissements, qui nous entraîne dans une France en plein bouleversement industriel et politique.


- L'aviateur anglais
de H. E. Bates
Éditions Phébus / Octobre 2011


Un avion anglais survole la zone occupée. Une panne l'oblige à atterrir dans la campagne française, au cœur de la Seconde Guerre Mondiale. L'engin est endommagé et John Franklin, le commandant, a deux choses en tête: la sécurité de son équipage et l'état de son bras, gravement blessé. Les cinq Anglais trouvent refuge dans une ferme tenue par des résistants. Ceux-ci acceptent de les cacher dans leur moulin et de leur obtenir des faux-papiers afin qu'ils puissent rejoindre la zone libre. John, très affaibli, sera le dernier à partir. Au fil des jours, il s'éprend de la jeune fermière, qui, plus que des soins, lui apporte force, courage et apaisement, alors que la terre gronde et les arrestations se multiplient. La fuite vers Marseille devient de plus en plus dangereuse. Écrit en 1944, à l'heure où la France peinait à retrouver sa fierté, L'Aviateur anglais étonne par sa modernité et sa justesse.


- L'exorciste
de William Peter Blatty
Éditions Robert Laffont / Octobre 2011


Des évènements insolites et angoissants se produisent dans la maison de la célèbre actrice Chris MacNeil. Des bruits qui viennent de nulle part, des meubles qui semblent se déplacer dans la nuit. Et la petite Regan, fillette de douze ans, qui change peu à peu mais radicalement de comportement. Sa mère s'inquiète et les médecins, perplexes, sont incapables de comprendre le phénomène. Dédoublement de personnalité? Hystérie? Si l'enfant en présente les symptômes comportementaux, aucune preuve clinique ne parvient à prouver ces éventualités. Scanners, radios, analyses multiples. Tout est mis en œuvre pour tenter de percer à jour ce mystère, mais l'énigme demeure insoluble. Les neuro psychiatres ne découvrent rien. Ni lésion cérébrale, ni épilepsie ou schizophrénie. La situation s'aggrave encore lorsque Burke, le meilleur ami de Chris, est retrouvé mort sous la fenêtre de Regan. Pendant ce temps, l'état de la fillette continue d'empirer: lévitation, hyperkinésie, glossolalie, force herculéenne. Jusqu'au moment ou un psychiatre suggère l'exorcisme. Un style glacial et angoissant, qui donne des sueurs froides. Des descriptions chocs et des scènes terrifiantes propulsent ce livre et son auteur au rang des maîtres du genre.


- L'héritage
de Katherine Webb
Éditions Belfond / Octobre 2011


Quand elles étaient enfants, Erica Calcott et sa sœur Beth passaient toutes leurs vacances à Storton, le manoir de leur grand-mère Meredith. Jusqu'au jour où leur cousin Henry disparaît, brisant d'un coup la famille et plongeant Beth dans une intense dépression. Vingt-cinq ans plus tard, Meredith vient de mourir et les sœurs Calcott reprennent le chemin de leur enfance. Tandis que Beth s'enfonce davantage dans la souffrance, Erica entreprend de trier les affaires de leur aïeule et tombe sur une photo de leur arrière-grand-mère Caroline avec un petit garçon dans les bras. Qui est-il? Et, surtout, qu'est-il devenu? Erica décide de fouiller l'histoire de ses ancêtres, et notamment celle de Caroline. Elle est loin d'imaginer qu'elle s'apprête à mettre au jour leur véritable héritage, un secret si douloureux que quatre générations plus tard, les sœurs Calcott en portent encore le fardeau.


- L'héritage de Karna
de Herbjørg Wassmo
Éditions Gaïa / Octobre 2011


L'extrême nord de la Norvège, à la fin du XIXème siècle. Benjamin Grønelv rentre au pays après ses études de médecine à Copenhague. Les retrouvailles sont tumultueuses avec ce pays froid et désertique, isolé entre la mer et les montagnes. Le comptoir de Reinsnes n'attire plus guère de monde, et les étagères de la boutique d'Anders restent vides depuis que le vapeur ne vient plus faire escale ici. C'est un Benjamin adulte qui vient exercer dans ce coin retiré ses fonctions de médecin. Et il ne rentre pas seul: il débarque sur le quai avec un paquet gigotant et hurlant sous le bras, Karna, sa fille, fruit d'amours illicites avec une infirmière danoise morte en couches. Alors que Benjamin tente de réapprivoiser le domaine et son enfance, à travers l'ombre de sa mère Dina absente depuis tant d'années, et sous le regard farouche de Hanna, l'amie de tous les jeux d'enfance et d'adolescence, Karna grandit et s'invente un univers. Elle s'ouvre au monde qui l'entoure, découvre l'affection féminine auprès des domestiques, se débat dans les amours emmêlées de son père lorsque vient en visite une autre Anna, celle de Copenhague, et passe des heures au grenier en compagnie d'une grand-mère fantasmée.


- L'indésirable
de Sarah Waters
Éditions 10-18 / Octobre 2011


Depuis la Seconde Guerre Mondiale, la demeure d'Hundreds Hall n'est plus que l'ombre d'elle-même: loin de sa splendeur passée, d'étranges événements se succèdent et distillent entre les murs un vent de terreur. Faraday, médecin de campagne, assiste la famille Ayres qui s'efforce de cacher la débâcle. À moins que le cœur du manoir ne soit rongé par un lugubre secret.


- La Bataille du Petit Trianon
de Jorge Amado
Éditions Stock / Octobre 2011


Nous sommes au Brésil à Rio de Janeiro, en pleine Seconde Guerre Mondiale, sous l'Estado Novo, dictature militaire proche de l'idéologie nazie qui n'a de cesse de chasser les communistes et de torturer les opposants politiques. Le grand poète académicien Antonio Bruno apprend la déroute des Français et l'entrée des Allemands dans Paris. Devant une telle défaite, voyant que la barbarie s'installe, il meurt de chagrin. Une place est désormais vacante à l'Académie des Lettres brésilienne; le colonel Agnaldo Sampaio Pereira, grand admirateur du IIIe Reich, va alors se présenter, persuadé d'être élu à l'unanimité. Mais les académiciens refusent de laisser ce "Goebbels" brésilien briguer le fauteuil des immortels et vont lui imposer un autre candidat, membre de l'armée lui aussi, mais défenseur de la démocratie: le général Waldomiro Moreira. Qui du fascisme ou du libéralisme finira par gagner? L'armée parviendra-t-elle à trouver sa place au sein du précieux monde des Lettres?


- La fille de nos rêves
de Buddhadeva Bose
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2011


Par une froide nuit de décembre, quatre voyageurs d'un certain âge, un entrepreneur, un fonctionnaire, un médecin et un écrivain, sont bloqués à la suite du déraillement d'un convoi de marchandises dans la gare d'une petite ville du cœur de l'Inde, à proximité d'Agra. Ils ont fait la première partie du voyage dans le même compartiment, aussi décident-ils de se tenir compagnie jusqu'au matin. Alors qu'ils boivent un café, un couple apparaît quelques instants à la porte de la salle d'attente. Émus par l'amour évident qui lie les jeunes mariés, ces hommes, qui ont du temps à tuer, en viennent aux confidences. Tour à tour, chacun va évoquer l'histoire d'amour qui l'a marqué à tout jamais. Figure éminente du mouvement moderniste du Bengale, Buddhadeva Bose (1908-1974) a écrit de nombreux romans, nouvelles, pièces de théâtre, essais, ainsi que des recueils de poèmes. Il a également traduit Baudelaire, Hölderlin et Rilke en bengali. La Fille de nos rêves a été publié en 1951.


- La maison
de Claire Germouty
Éditions Albin Michel / Octobre 2011


La vie d'une maison close, durant l'incroyable semaine où la France a frôlé la faillite. Grande courtisane et mondaine accomplie, Alix règne sur un des lieux les plus secrets de Paris, la "Maison", clin d'œil à la "Maison dorée" que fréquentait toute l'oligarchie et la galanterie du Directoire et du XIXe siècle. Dans ce lupanar fastueux et exclusif des Invalides, dont l'Élysée n'ignore pas l'existence, elle préside aux rendez-vous clandestins des squales de la finance et de Bercy, des agents du pouvoir, de la presse et de l'affairisme. Entre salons et boudoirs, son réseau de prostituées de haut vol leur dispense les plus onéreuses voluptés. Victime d'un chantage sexuel visant le tout récent ministre du Budget, Alix doit résoudre au plus vite cette dangereuse affaire alors qu'un psychodrame sordide, impliquant un prince saoudien dégénéré, menace de devenir une affaire d'État. Quand certains pays et certains clients de "la maison" détiennent les leviers financiers de notre économie, la France, traquée par les agences de notations, danse sur le volcan de ses dettes publiques, risquant de sombrer à chaque instant. Autour d'Alix, de ses pensionnaires et de ses commanditaires occultes, se joue une partie qui peut anéantir la nation. Cette "maison" de débauche et de complots existe-t-elle vraiment? Qui la finance et la protège, y est réellement admis? Relève-telle du fantasme ou du roman? Il serait risqué de le croire car tous les événements, chiffres ou personnages évoqués ici paraissent terriblement familiers.


- La passion de Claudel
La Vie de Rosalie Scibor-Rylska
de Thérèse Mourlevat
Éditions Phébus / Octobre 2011


Qui se cache derrière Ysé, la flamboyante héroïne de Partage de midi, et Prouhèze, celle du Soulier de satin? Paul Claudel confie: "Elle a été la seule femme que j'ai passionnément aimée, celle qui a joué dans ma vie tout le rôle qu'une femme pouvait y jouer". Elle s'appelait Rosalie Scibor-Rylska. Leur rencontre eut lieu en 1900, sur le paquebot qui les menait en Chine. Il rejoignait son poste de consul à Foutchéou, accablé de s'être vu refuser l'entrée dans les ordres. Elle suivait son aventurier de mari avec leurs quatre fils. La beauté et la personnalité solaire de Rosalie inspirèrent à Paul des sentiments aussi puissants qu'insoupçonnés. Cette passion coupable donna naissance à une fille, Louise, mais aussi à une relation profonde qui sut résister aux trahisons, aux incompréhensions et aux silences. À la lumière des confidences de Louise et de l'étude d'une correspondance de famille inédite, Thérèse Mourlevat reconstitue l'existence de l'énigmatique Rosalie. Se dessine le portrait d'une Autrichienne intrépide, hantée par la patrie mythique d'un père polonais, qui sera élevée en France puis entraînée au gré des vicissitudes de continent en continent, connaissant tour à tour l'opulence et la ruine. Le récit de son destin vibrant fait d'elle une héroïne à part entière et éclaire d'un jour nouveau l'œuvre de Paul Claudel.


- La passion Inès
de Marie-Claude Gay
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2011


En 1936, prise dans une cruelle guerre fratricide, l'Espagne agonise. Virgile, journaliste bordelais, est envoyé sur le front pour couvrir les événements. À Madrid, il rencontre Inès, issue de la haute société, pourtant partisane des républicains. Très attiré par elle, il fuit cet amour qui le culpabilise et se rend à Tolède où il est témoin de la barbarie des "Maures", ces troupes marocaines enrôlées par les franquistes. Enfermé dans l'Alcázar sans cesse pilonné, il vit l'enfer des prisonniers. La conscience en éveil, le cœur tiraillé entre sa passion grandissante pour Inès et son attachement pour son épouse Sarah, Virgile est à l'heure des choix. Ce roman dense et prenant dans une Espagne dévastée, tenaillée entre haine et espoir d'une vie nouvelle, nous tient en haleine jusqu'à la résolution finale.


- La petite fille qui aimait la lumière
de Cyril Massarotto
Éditions XO / Octobre 2011


Barricadé dans sa maison au cœur d'une ville déserte, un vieil homme prend des risques fous pour recueillir une petite fille blessée. L'enfant ne parle pas, elle ne prononce qu'un mot: Lumière, elle qui a si peur du noir. Alors le vieillard parle, il lui raconte la beauté de la vie d'avant, les petites joies du quotidien, son espoir qu'on vienne les délivrer. Il lui enseigne la possibilité d'un avenir, quand elle lui offre de savourer le présent.


- La saison des mangues introuvables
de Daniyal Mueenuddin
Éditions 10-18 / Octobre 2011


À la fin des années 1970, entre Lahore et Islamabad, tandis que décline l'ordre féodal du Pakistan, une galerie inoubliable de serviteurs, de chauffeurs, de contremaîtres et de comptables gravite autour de K. K. Harouni, un propriétaire terrien distant et négligent. Un magistral recueil de huit histoires entrelacées aux odeurs de poussière, de luxure et de mangues.


- Le cas Sneijder
de Jean-Paul Dubois
Éditions de l'Olivier / Octobre 2011


"Je devrais être mort depuis le mardi 4 janvier 2011. Et pourtant je suis là, chez moi, dans cette maison qui m'est de plus en plus étrangère, assis, seul devant la fenêtre, repensant à une infinité de détails, réfléchissant à toutes ces petites choses méticuleusement assemblées par le hasard et qui, ce jour-là, ont concouru à ma survie". Victime d'un terrible, et rarissime, accident d'ascenseur dans une tour de Montréal, Paul Sneijder découvre, en sortant du coma, qu'il en est aussi l'unique rescapé. C'est le début d'une étrange retraite spirituelle qui va le conduire à remettre toute son existence en question. Sa femme, ses fils jumeaux, son travail, tout lui devient peu à peu indifférent. Jusqu'au jour où, à la recherche d'un emploi, il tombe sur la petite annonce qui va peut-être lui sauver la vie.


- Le cherche-bonheur
de Michael Zadoorian
Éditions 10-18 / Octobre 2011


Pour John et Ella, soixante ans de mariage au compteur, c'est l'heure de la grande évasion. Bravant l'interdit familial et médical, ils quittent Detroit à bord de leur camping-car, direction la Californie, via la mythique route 66. L'un a la mémoire qui flanche, l'autre le corps en déroute, mais il n'est jamais trop tard pour partir à la conquête de son bonheur.


- Le ciel divisé
de Christa Wolf
Éditions Stock / Octobre 2011


Quand Rita rencontre Manfred, elle vit dans son village natal où elle exerce un travail alimentaire de peu d'envergure. Mais elle a d'autres rêves. S'éprenant de lui, elle va alors tout quitter pour le suivre en ville, où elle pourra à la fois intégrer une brigade de production d'une entreprise de wagons et devenir institutrice. Nous sommes en août 1961, en RDA, juste avant l'édification du mur de Berlin. Et quand Manfred décide de s'enfuir vers l'Ouest, Rita se trouve face à un dilemme: doit-elle le suivre et demeurer une étrangère dans cette ville inconnue ou rester chez elle, seule? Ce grand roman de Christa Wolf évoque avec brio la division présente dans chacun de nos êtres lors des choix cruciaux qui jalonnent notre existence. En évoquant la période charnière qui sépara l'Allemagne en deux, elle fait ressurgir la profonde injustice de l'Histoire qui sépare les êtres; même ceux qui s'aiment.


- Le journal intime d'un arbre
de Didier Van Cauwelaert
Éditions Michel Lafon / Octobre 2011


Il s'appelait Tristan, il avait trois cents ans, il avait connu toute la gamme des passions humaines. Une tempête vient de l'abattre, et c'est une nouvelle vie qui commence pour lui. Planté sous Louis XV, ce poirier nous entraîne à la poursuite du terrible secret de ses origines. Des guerres de religion à la Révolution française, de l'affaire Dreyfus à l'Occupation, il revit les drames et les bonheurs dont il a été le témoin, le symbole ou la cause. Mais, s'il est prisonnier de sa mémoire, il n'en reste pas moins lié au présent, à travers ce qui reste de lui: des racines, des bûches, une statue de femme sculptée dans son bois, et les deux êtres qui ont commencé à s'aimer grâce à lui. Comment "fonctionne" un arbre? De quoi se compose sa conscience, de quelle manière agit-il sur son environnement? Son récit posthume nous fait voir le monde, la nature et les hommes d'une manière nouvelle, par le biais d'une pensée végétale qui évolue au rythme d'un véritable suspense. Captivant, drôle et poignant, Le Journal intime d'un arbre apporte une réponse inédite à une question universelle: quelle est, pour un arbre comme pour un être humain, la meilleure façon de ne pas mourir?


- Le long du Gange
de Ilija Trojanow
Éditions Buchet Chastel / Octobre 2011


Le Gange. Les ermites et les prêtres de l'Inde lui attribuent mille noms différents. Ganga. Gangaji. Ganga Mataji. Ils considèrent cependant qu'en parler comme d'un fleuve est une insulte. Car pour eux, le Gange est une déesse. Certains disent même que c'est la source du monde. En 2001, Ilija Trojanow a voulu en avoir le cœur net. Il est monté sur le glacier de l'Himalaya qui surplombe Gangotri et d'où jaillit le Gange dans un vacarme hallucinant. Là, il a effectivement vu danser Shiva, mi-chaman, mi-sadhou, qui s'est laissé emporter par les tourbillons glacés comme dans une passion amoureuse. Ensuite, Trojanow s'est arrêté à Uttarkashi, à Rishikesh, à Haridwar oùil a croisé Ganesha et où il a fait une offrande de fleurs et d'encens aux eaux les plus sacrées du monde, dans un rituel du soir. Avant de continuer sur Kampur… Varanasi… Allahabad… Et Calcutta, pour finir, avec ses douze millions d'âmes, juste avant que le Gange fusionne avec le golfe du Bengale. À pied, en bateau, en bus, en train, il a longé ses courbes et épousé son débit. Il a découvert ses festivals mystiques. Il s'est assis sur ses ghats, a fréquenté ses rives, ses cultes et ses étranges habitués, il a même levé un coin du voile sur les désastres écologiques pressentis, dus à ses barrages. À la fois livre de voyage plein de rencontres étonnantes et chronique fidèle et chamarrée du grand fleuve sacré, Le long du Gange nous entraîne, entre traditions millénaires et une modernité toute récente, au cœur même de la complexité et de l'intimité de l'Inde.


- Le roman de Thomas Lilienstein
de Laurence Werner David
Éditions Buchet Chastel / Octobre 2011


"Je ne pense qu'à la présence de Thomas à Khila, au fait même de son retour qui, chaque jour, devient une puissance d'attraction et de vie que je crois immuable, solide, jamais déçue. La magie est dans ce sésame: Reviens, Thomas. Et il revient. Les déconvenues ne peuvent plus m'atteindre". Mikel aime Thomas Lilienstein, un paysagiste obstinément en voyage. Elle l'attend à Khila où elle entreprend d'écrire le roman de leur amour, tandis qu'il se perd dans la quête des plans du dernier jardin imaginé par sa mère. Mikel explore la vie des amis de Thomas, décrypte leur géographie intime et le mystère des liens qui les unissent, pour composer peu à peu le portrait de son insaisissable compagnon. Une œuvre en forme de labyrinthe, aussi savamment désordonnée qu'un jardin anglais.


- Le soleil peut attendre
de Monique Pelletier
Éditions Anne Carrière / Octobre 2011


"Par tempérament, par goût, je vais de l'avant. J'ai toujours aimé vivre au présent et préparer l'avenir. Ce livre, s'il raconte mon passé, formule des propositions pour notre avenir commun. Il y a plus de trente ans, mon mari a eu un AVC qui l'a lourdement handicapé. Il ne bouge plus, parle mal et rarement, il est aujourd'hui aveugle, mais j'ai écrit sous son regard infiniment tendre. Je raconte quelques étapes de mon existence, qui a été riche en événements, en expériences et en rencontres. Cela couvre une longue période de la vie française: la tourmente de la guerre, ma découverte de la liberté et de l'amour, ma maternité (ô combien heureuse, avec sept enfants!), mon engagement dans la vie professionnelle et politique. Les positions que j'ai occupées, avocate, chargée de mission sur la drogue, secrétaire d'État à la Justice, ministre de la Famille et de la Condition féminine, membre du Conseil constitutionnel, présidente du Conseil national handicap, me permettent d'esquisser aussi le portrait de personnalités que j'ai eu la chance de côtoyer. J'exprime mon avis concernant un certain nombre de sujets de société: les mères porteuses, l'homosexualité, l'euthanasie, entre autres, sur lesquels mon parcours m'autorise à prendre position. Je suis souvent indignée par les situations intolérables que je rencontre, et je formule des propositions pour y remédier, qu'il s'agisse de la drogue, de la justice, des femmes ou du handicap. Je m'exprime dans ce livre en toute franchise car, avec l'âge, je suis totalement libre de mes opinions et de mes paroles".


- Le temps mord
de Doris Lessing
Éditions Flammarion / Octobre 2011


Au terme de sa longue vie, Goethe affirmait qu'il venait tout juste d'apprendre à lire. Dans ce recueil des meilleurs essais de Doris Lessing, rassemblés pour la première fois, on retrouve la sagesse et la passion d'un auteur qui a elle-même appris, au cours de son intense et longue vie, à lire le monde autrement. Depuis les expériences sexuelles secrètes de Tolstoï jusqu'aux mystères du soufisme, en passant par la critique des grands classiques de la littérature, ces essais abordent un très grand nombre de sujets, de cultures, de périodes et de thèmes. Peinture de l'âme humaine, de nos espoirs, de nos peurs et de nos désirs, Le temps mord offre un portrait unique en son genre de l'un des auteurs les plus talentueux de notre époque.


- Les charmants travers de nos semblables
de Alexander McCall Smith
Éditions Les Deux Terres / Octobre 2011


À la demande d'une amie, Isabel Dalhousie, philosophe et directrice à Édimbourg de la Revue d'éthique appliquée, enquête sur un pensionnat où l'on doit nommer un nouveau directeur. Une lettre anonyme laisse entendre qu'un des candidats au poste a un passé compromettant, mais duquel s'agit-il? Isabel prépare son mariage avec Jamie, mais il se trouve que son fiancé a quelque chose à cacher, lui aussi. Entre-temps, un vieil ennemi d'Isabel, le professeur Lettuce, resurgit et entend s'imposer dans la Revue. Une fois de plus, Isabel s'interroge sur le comportement de ses semblables et sur les charmants travers qui les caractérisent.


- Les filles de Sweethaven
de Lakambini Sitoy
Éditions Albin Michel / Octobre 2011


L'ambitieuse Narita Pastor a abandonné sa fille illégitime pour faire carrière à Manille. Elevée par sa tante et ses grands-parents, de respectables enseignants, Naia est devenue une adolescente rebelle. Quand des images torrides de la jeune fille commencent à circuler sur le net, le scandale éclate au sein de la communauté fermée de l'Université presbytérienne de Sweethaven. Narita décide alors de voler au secours de son enfant perdue. À travers l'intellectuelle frondeuse de la capitale et sa sœur Antonia, ce sont deux mondes qui s'affrontent et se jaugent, tandis que remontent à la surface les blessures oubliées et les mensonges enfouis. Portrait magistral de trois générations de femmes tiraillées entre tradition et modernité, le premier roman de la journaliste philippine Lakambini Sitoy, finaliste du prestigieux Man Asian Literary Prize, est une véritable révélation.


- Les enfants de Hansen
de Ognjen Spahić
Éditions Gaïa / Octobre 2011


Avril 1989, Roumanie, dans la dernière léproserie d'Europe. Les pensionnaires sont coupés du monde des bien-portants. Le peu qu'ils aperçoivent du monde extérieur est une cimenterie, avec l'effigie de Ceaucescu sur le mur. Une évasion est prévue au sein de la léproserie, lorsqu'un matin, l'émeute de décembre 1989, qui fera tomber Ceaucescu, éclate.


- Les enfants du cinéma
de Francois-Guillaume Lorrain
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2011


Jean-Pierre Léaud dans "Les 400 coups", Brigitte Fossey dans "Jeux interdits", Sophie Marceau dans "La Boum", Charlotte Gainsbourg dans "L'Effrontée"… Il arrive que les enfants du cinéma tiennent leurs promesses à l'âge adulte, mais ce n'est pas toujours le cas. Beaucoup de ces petits prodiges, premiers rôles d'un jour, éphémères têtes d'affiches, manquent le virage de l'adolescence, et n'embrassent pas, finalement, la carrière de comédien. Après une ou deux expériences devant la caméra, le Monde du Cinéma leur ferme ses portes, et ils retrouvent la vie ordinaire qui était la leur avant qu'un jour un directeur de casting ou un réalisateur ne les repèrent, leur faisant croire, un moment, que tout est possible. Qui a retenu le nom du Petit Gibus de "La Guerre des boutons"? Qu'est devenu l'enfant sauvage de Truffaut? Pourquoi a-t-on perdu la trace de Catherine Demongeot, qui joua Zazie dans le film de Louis Malle? Et le jeune garçon de "Crin-Blanc", la Mouchette de Robert Bresson, l'héroïne de "Diabolo Menthe", ou encore celle du "Beau-Père" de Blier, ces visages que nous connaissons tous, ces voix que nous n'oublierons jamais, ces regards qui nous ont tant marqués. Ils font partie du patrimoine national et pourtant, ils ont disparu. Spécialiste du cinéma, curieux de ces destins hors du commun, François-Guillaume Lorrain a mené l'enquête, et a retrouvé la plupart de ces enfants retournés à l'anonymat, il raconte ici leurs parcours, le tournage qui les a révélés, la célébrité si fugace, le regard des autres parfois lourd à supporter, la nostalgie, le choix de la "normalité".


- Légendes d'une vie
de Stefan Zweig
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2011


Quatre personnages se croisent, Léonore Franck, veuve du célèbre écrivain Karl Amadeus Franck, leur fils Friedrich, Bürstein, le biographe du maître et une mystérieuse femme qui s'avère être l'amour d'enfance du grand écrivain, celle à qui il a écrit des dizaines de pièces enflammées et dédié une pièce de théâtre que tout le monde croyait perdue. Or cette femme détient les lettres et le manuscrit. Tout le génie de Zweig est de glisser du vaudeville classique à la pièce métaphysique sur la création. Depuis la mort de l'écrivain, sa veuve, ainsi que le biographe, ont maquillé la réalité. Or quand Bürstein se repent, la légende de l'écrivain s'effondre, mais pour donner naissance à la véritable histoire d'une vie et d'un amour passionné.


- Nos rêves sont plus grands que le ciel
de Jean Cavé
Éditions Plon / Octobre 2011


Il est né pour incarner l'idéal étriqué de la riche bourgeoisie bostonienne. Mais Percival Lowell a un autre avenir. Il se voit en héros de planètes inconnues et veut ouvrir aux hommes le chemin des étoiles. Lorsqu'il prend possession de l'observatoire qu'il a fait construire à Flagstaff en 1894, dans l'Ouest américain, l'astronome amateur braque sa lunette sur son destin: Mars et son peuple fantasmatique. Jamais plus il ne les quittera des yeux. Jean Cavé retrace ici l'aventure d'un authentique génie qui fascina les plus grands esprits de son temps, et les déboussola. Tout est vrai évidemment dans ce roman où s'incarne un homme grandi par son rêve et submergé au-delà de ses espérances par les êtres ahurissants que sa flamboyante vision a engendrés.


- Notre oncle
de Arnon Grunberg
Éditions Héloïse d'Ormesson / Octobre 2011


Un pays sous le joug d'une dictature militaire. Le major Anthony pense régler ses problèmes en adoptant une orpheline. N'a-t-il pas trouvé avec Lina le plus beau gage d'amour pour son épouse Paloma? Cette enfant de rebelles qu'il vient d'assassiner saura combler le désir de maternité de sa femme et sauver leur couple à la dérive. Une aubaine. Pourquoi ne voient-elles pas la situation du même œil? Saga absurde et grinçante, Notre oncle est un récit déroutant, où Arnon Grunberg n'épargne personne. En poussant à l'extrême la parodie, il porte un regard d'une effrayante lucidité sur la nature humaine.


- Oliver VII
de Antal Szerb
Éditions Viviane Hamy / Octobre 2011


Oliver VII est le tout jeune roi du royaume d'Alturie mais il ne veut plus régner sur un pays au bord de la faillite et dont les seules ressources demeurent le vin et la sardine. Il décide alors d'organiser un coup d'état contre lui-même. Ce faux complot aboutit et le roi abdique puis disparaît. C'est en Italie que le peintre Sandoval le retrouve, il est devenu Oscar, un petit escroc. Il va vite s'apercevoir, lors d'une de ces escroqueries loufoques, qu'il est bien difficile d'échapper à son destin. Mille personnages se mêlent, les quiproquos se multiplient, les situations sont cocasses et absurdes, voilà une histoire qui évoque irrésistiblement Shakespeare.


- Piégées
de Gordon Reece
Éditions Flammarion / Octobre 2011


Après des mois de souffrance silencieuse, c'est à Honeysuckle cottage, maison isolée en pleine campagne, que Shelley et sa mère, toutes deux malmenées par l'existence, trouvent enfin une solution à leurs problèmes. Bien à l'abri du monde extérieur, les deux femmes se reconstruisent peu à peu une vie calme et sûre. Mais lorsqu'un soir un cambrioleur pénètre dans la maison, cette fragile sécurité vole en éclats et elles réagissent d'une façon dont elles ne se seraient jamais crues capables. Avec Piégées, Gordon Reece nous livre une véritable réflexion sur la complexité de la nature humaine et sur les fragiles limites entre bien et mal. Un thriller psychologique angoissant qui fait s'envoler toutes nos certitudes et nous rappelle que personne n'est entièrement victime ni complètement bourreau.


- Sophie à Cannes
de Sylvie Bourgeois
Éditions Flammarion / Octobre 2011


À la suite d'une rupture amoureuse, Sophie, quarante ans, se retrouve "malgré elle" coincée à Cannes pendant le festival sans connaître les usages et coutumes du milieu du cinéma qui fascine tant son amie Géraldine. Son sens de la repartie et sa débrouillardise lui suffiront-ils à éviter les nombreux obstacles et déconvenues qu'une jolie femme livrée à elle-même et un peu perdue ne manque pas de rencontrer dans ce type de manifestations? Dans un style alerte et plein d'humour, Sylvie Bourgeois nous fait pénétrer avec fantaisie et justesse dans les coulisses du plus grand festival de cinéma du monde.


- Superfragilibus
de Carmen Bramly
Éditions JC Lattès / Octobre 2011


Livrée à elle-même dans un Paris caniculaire, Doodoowa fait la rencontre de Jules, post-ado déboussolé qui semble avoir déjà tout vu, tout vécu, et son existence soudain s'illumine. Fuyant le désœuvrement dans la capitale, les voici emportés dans un road trip grinçant, des bas-fonds de Londres à la Normandie profonde, où ils rencontreront tour à tour à un chanteur punk d'opéra, une jeune provinciale jouant les drag-queen, un universitaire égyptien adepte du bœuf bourguignon, un épicier rêvant de boîtes de nuit. Superfragilibus raconte l'histoire d'une quête du bonheur sur fond de Sex Pistols.


- Tous nos petits mensonges
de Diane Chamberlain
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2011


Maya et Rebecca sont toutes deux de brillants médecins, mais c'est leur seul point commun. Depuis l'adolescence, la fragile Maya vit dans l'ombre protectrice de sa sœur Rebecca, qui l'a sauvée des balles d'un tueur. Hantée par son passé, elle est devenue une femme secrète, même avec son mari, Adam, qu'elle aime pourtant beaucoup. Lorsqu'un cyclone frappe les côtes de la Caroline du Nord, Rebecca et Adam parviennent à convaincre Maya de participer avec eux aux opérations de sauvetage. Malheureusement, l'hélicoptère dans lequel elle se trouve tombe dans des eaux tumultueuses. Obligée de lutter pour sa survie, Maya n'a d'autre choix que de prendre elle-même son destin en main. Passée maître dans l'art d'étudier les liens familiaux, Diane Chamberlain explore ici avec subtilité la relation d'amour et de rivalité unissant deux sœurs frappées très jeunes par la tragédie.


- Un amour de geek
de Luc Blanvillain
Éditions Plon / Octobre 2011


Thomas est un geek. Un quoi? Un geek. C'est-à-dire un nolife qui fragge comme il respire, slappe les cheaters et bizute les noobs. Si vous n'y comprenez rien, c'est que vous êtes un pauvre parent, perdu dans la réalité. Mais si, comme Thomas, vous passez vos nuits devant l'écran à dégommer des crâs, à assiéger les donjons d'Azeroth, à diriger des guildes, vous savez ce que vivre veut dire. Dans son monde Haute Définition, Thomas échappe aux êtres désagréables qui grouillent "in real life": les nazes du lycée, l'odieux Latreille, Mme Friol, la prof de français fan de gros bouquins bourrés de descriptions. Il supporte même ses parents, leurs gratins bios et sa petite sœur Pauline. Alors? Où est le problème? Le problème, c'est Esther dont Thomas est bêtement tombé amoureux. Esther qui voltige sur le dos des chevaux, aime la lumière dans les arbres et rêve de vrais voyages. Esther qui déteste les ordinateurs et ne sortira avec lui que s'il cesse d'être un nolife et jure de ne plus s'approcher d'un écran. Thomas relèvera-t-il l'impossible défi?


- Un amour exclusif
de Johanna Adorjan
Éditions 10-18 / Octobre 2011


Vera et István s'aiment passionnément depuis un demi-siècle. Ils ont survécu à la Shoah, au régime communiste, à l'insurrection de Budapest et à l'exil au Danemark. Jusqu'à ce dimanche d'octobre 1991 ou ils décident de mourir, ensemble. Traquant les souvenirs, Johanna Adorján part sur les traces de leur destinée belle et douloureuse.


- Un été à Cold Spring
de Richard Yates
Éditions Robert Laffont / Octobre 2011


Long Island, fin des années 1930. Fils d'un officier en retraite et d'une mère neurasthénique, le très séduisant Evan Shepard n'a pas dix-huit ans quand il épouse Mary, une lycéenne "provocante", tombée enceinte peu après leur première sortie au cinéma. S'il se révèle un mécanicien prometteur, il est parfaitement dénué d'ambition tandis que Mary, elle, prépare son entrée à l'université dès la naissance de leur fille, elle veut devenir un "être à part entière". Rapidement, c'est l'échec du couple, puis le divorce. Quelques années plus tard, une deuxième chance s'offre à Evan en la personne de Rachel Drake. Étonnamment douce, vertueuse et effacée, parfaite antithèse de Mary, elle est la fille de Gloria, une hystérique en mal d'amour et la sœur de Phil, un adolescent brillant, chétif et complexé. Evan et Rachel se rapprochent, se fréquentent, s'émoustillent et se marient pour, enfin, assouvir leur désir réciproque. Désargentés mais heureux, ils louent un appartement confortable loin de leurs familles respectives. Evan envisage même de reprendre ses études pour devenir ingénieur. Mais leur insouciance n'a qu'un temps, l'écho de Pearl Harbor se propage bientôt jusqu'à eux, la guerre éclate, l'armée recrute et, comble de malchance, Rachel tombe enceinte. C'est l'heure des compromis. Sous prétexte de quelques économies, Gloria propose bientôt aux jeunes mariés de partager ensemble une maison à Cold Spring, petite bourgade cossue ou se côtoient paisibles parvenus et vieilles familles bourgeoises. C'est aussi là qu'habitent, fort opportunément, leur belle-famille, Grace et Charles Shepard, pour lequel Gloria ne peut cacher une violente inclination. Au cours d'un été, en 1942, toute cette assemblée de personnalités mal assorties et bien alcoolisées va cohabiter dans la grande demeure humide, amenée à devenir le théâtre des désillusions individuelles et collectives de ses hôtes.


- Un génie ordinaire
de Ann Jacoby
Éditions JC Lattès / Octobre 2011


Théodore Mead Fegley, petit génie de dix-huit ans, est à deux doigts de révolutionner le monde des mathématiques. Étudiant à l'université de Chicago, il est en passe de prouver la fameuse hypothèse de Riemann, celle-là même qui laisse les chercheurs et universitaires du monde entier incrédules depuis plus d'un siècle. Mais voici qu'à l'aube de sa consécration, le jeune Mead prend la fuite et se réfugie chez ses parents dans l'Illinois rural. Là, il est confronté aux remontrances de sa mère, à l'incompréhension de son père, à l'animosité de son oncle et aux comportements hébétés de sa tante. Il tente tant bien que mal de renouer avec les siens et d'apprendre de son père et de son oncle le commerce des meubles et des pompes funèbres qui fait vivre sa famille de génération en génération. Rattrapé par les fantômes de son passé et traqué par Herman Weinstein, un camarade de promotion obsédé par la réussite, Mead entre dans la vie adulte au gré d'un parcours initiatique façonné par l'amour, la mort, le courage et la marque du génie.


- Un si joli visage
de Lori Lansens
Éditions L'Archipel / Octobre 2011


5 kilos pris à la mort de son père, 10 à la suite de sa fausse-couche. En raison de son obésité, Marie se complaît jour après jour dans une solitude mortifère. Consumée par un quotidien qui se résume à des allers-retours entre son lit et le frigidaire, Marie, ne vit que pour et par Jimmy, son mari. Or, un soir, à la veille de ses noces d'argent, celui-ci ne regagne pas leur maison en Ontario. Résolue à retrouver Jimmy, Marie délaisse sa vie sans remous et s'envole pour Los Angeles. Au fil de rencontres insolites, avec un immigrant mexicain, puis des triplés dont elle prendra soin comme s'ils étaient ses propres enfants, Marie apprend à s'ouvrir aux autres et à se libérer de ses peurs. Son périple sous le soleil de Californie devient contre toute attente un voyage initiatique où la personne recherchée n'est peut-être qu'elle-même.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 15:12

- Une humeur de chien
de Rebecca Hunt
Éditions Denöel / Octobre 2011


Juillet 1964. Churchill s'apprête à prendre sa retraite, mortifié. La dépression, "ce chien noir sur mon épaule" comme il se plaisait à la nommer, est là qui rôde. La magie du roman lui donne même corps et vie sous les traits d'un molosse, un chien noir massif et puant. Hideux mais charismatique, dérangeant mais attachant, en un mot terriblement machiavélique, ce dénommé Mr Chartwell parle et se tient debout comme un homme. Son métier est de déprimer les gens: Churchill depuis des années, mais aussi la jeune Esther, bibliothécaire au palais de Westminster, chez qui il installe ses quartiers avec la ferme intention de rogner la moindre joie de son existence. Réunis le temps de mettre au point le discours d'adieu du grand homme au parlement, Esther et Churchill se découvrent liés par le même trouble-fête pour le moins encombrant. Sauront-ils s'en libérer? Un premier roman d'une grande fraîcheur, incisif et drôle, qui fait vivre sous nos yeux un Winston Churchill plus savoureux que nature tout en livrant une subtile réflexion sur la perte de soi. Une charmante parabole en somme.


- Une ombre japonaise
de Lee Langley
Éditions Fleuve Noir / Octobre 2011


Sur les pas de Madame Butterfly. Nagasaki, années 1920. Cho-Cho a 15 ans. Jolie et naïve, cette orpheline tombe amoureuse de Pinkerton, une jeune officier de marine américain. Lorsque l'amour de sa vie reprend le large, Cho-Cho se persuade qu'il reviendra la chercher. Mais les mois, les années passent, et rien. De cette union est né un petit garçon, blond, comme son père. Et alors qu'elle n'osait plus y croire, Pinkerton finit par reparaître... avec sa fiancée américaine Nancy qui ignorait l'existence de Cho-Cho. Humiliée, trahie, Nancy décide de ramener l'enfant avec eux aux États-Unis. Il est petit, il suffira de lui expliquer que sa maman est morte, il l'oubliera vite. Tandis que leur bateau s'éloigne, ces étrangers laissent dans leur sillage une Cho-Cho terrassée par le désespoir et le déshonneur.


- Veuf
de Jean-Louis Fournier
Éditions Stock / Octobre 2011


"Je suis veuf, Sylvie est morte le 12 novembre, c'est bien triste, cette année on n'ira pas faire les soldes ensemble. Elle est partie discrètement sur la pointe des pieds, en faisant un entrechat et le bruit que fait le bonheur en partant. Sylvie m'a quitté, mais pas pour un autre. Elle est tombée délicatement avec les feuilles. On discutait de la couleur du bec d'un oiseau qui traversait la rivière. On n'était pas d'accord, je lui ai dit tu ne peux pas le voir, tu n'as pas tes lunettes, elle ne voulait pas les mettre par coquetterie, elle m'a répondu je vois très bien de loin, et elle s'est tue, définitivement. J'ai eu beaucoup de chance de la rencontrer, elle m'a porté à bout de bras, toujours avec le sourire. C'était la rencontre entre une optimiste et un pessimiste, une altruiste et un égoïste. On était complémentaires, j'avais les défauts, elle avait les qualités. Elle m'a supporté quarante ans avec le sourire, moi que je ne souhaite à personne. Elle n'aimait pas parler d'elle, encore moins qu'on en dise du bien. Je vais en profiter, maintenant qu'elle est partie". Jean-Louis Fournier souhaitait mourir le premier, il a perdu. Sa femme partie, il n'a plus personne avec qui parler de lui. Alors pour se consoler, ou pour se venger, en nous parlant d'elle, il nous parle de lui.


- Vice et Versailles
de Alain Baraton
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2011


Au palais des monarques, le crime est roi, assassinats, règlements de compte, empoisonnements, attentats. Pas une pièce qui n'ait connu de drame, pas un paravent derrière lequel n'ait été ourdi quelque complot, pas un escalier où n'ait eu lieu un accident funeste. Versailles, c'est la grande boutique des horreurs. Lorsque les guides instruisent les visiteurs, ils omettent de préciser que ce rideau de brocard a servi de refuge à un espion, ce chandelier d'argent d'arme à un assassin et que l'eau de cette carafe était empoisonnée. La somptueuse Galerie des Glaces n'a pas brisé que des cœurs, elle a aussi reflété les mines émaciées des miroitiers vénitiens morts pour la construire et celles des soldats prussiens qui y succombèrent durant la Guerre de 1870. À l'intérieur de ce château de conte de fées, les souvenirs lugubres se bousculent, il n'y a pas assez de chambres pour tous les fantômes qui le hantent, comme celui de Mlle de Fontanges, maîtresse de Louis XIX morte empoisonnée. Quant aux bois alentours, ils sont ensorcelés depuis le XVIe siècle, des biches de tous ordres, celles qui sont tombées sous les balles des aristocrates jusqu'à celles des ballets roses de la IVe République.


- Zébulon
de Rudolph Wurlitzer
Éditions 10-18 / Octobre 2011


Victime d'un sortilège, Zebulon Shook est condamné à errer entre les mondes. Fantôme parmi les vivants, il traverse l'Ouest sauvage au temps de la Ruée vers l'or, dans un flot sanglant de rencontres, de fièvres et de passions. Du Colorado au Mexique, une aventure sauvage et subversive sur les limites de l'amour et les malaises de la vie.


- Alice au pays des embrouilles
de Lisa Klimt
Éditions Fleuve Noir / Septembre 2011


Alice est une jeune fille on ne peut plus discrète qui prépare Sciences Po. Une existence (presque) parfaite jusqu'au jour ou sa sœur, fraîchement larguée, commence à souffrir de sérieux troubles de la personnalité. Un coup elle se prend pour Blanche-Neige, un autre pour cette pauvre Cendrillon et le lendemain pour la merveilleuse Fée Clochette. Une seule constance: son prince charmant a été dévoré par un vilain dragon. Un tableau qui frôle l'apocalypse à quelques jours pour Alice du concours de sa vie. Pourtant, elle est loin de se douter que son immersion dans la douce folie de sa Mary Poppins de sœur risque de bouleverser son existence à plus d'un titre.


- Attention au scorpion
de André Boris
Éditions Flammarion / Septembre 2011


Vous ne croyez tout de même pas à ces bêtises? Attention au Scorpion Né(e) entre le 1er janvier et le 31 décembre, vous devriez prendre le temps de savourer une véritable comédie romantique avec des personnages à l'humour incisif, des rebondissements en cascade, un peu de sexe et beaucoup d'amour. Né (e) entre le 23 octobre et le 22 novembre, l'histoire de Julie Finkelstein, psychanalyste Scorpion, instinctive et sulfureuse, ressemble étrangement à la vôtre. Et si vous n'avez pas encore croisé de Guillaume Béranger, jeune homme Vierge, à l'esprit vif et indépendant, vous ferez bientôt une rencontre décisive.


- Black Mamba Boy
de Nadifa Mohamed
Éditions Phébus / Septembre 2011


"Je suis le griot de mon père, ceci est un hymne à sa gloire. Je vais vous conter sa vie, afin d'inscrire, avec toute la magie que sa mère lui a cousue sous la peau, sa chair et son sang dans l'histoire. Car je veux faire de lui un héros, non pas taillé dans l'étoffe des guerriers ni des romantiques, mais plutôt dans celle, bien réelle, du gamin affamé qui survit aux flèches et aux coups que la fortune hostile destine à ceux de son espèce". Dans ce remarquable premier roman, Nadifa Mohamed emboîte le pas de Jama, un enfant des rues d'Aden, dont la mère lui jure qu'il est né sous une bonne étoile. Lorsque cette ouvrière d'origine somalienne s'éteint en 1935, Jama se retrouve seul au monde. Il quitte alors le Yémen pour retrouver la trace de son père. Ce périple, rendu incandescent par la croyance en une Terre promise, le mène sur les routes d'Érythrée et du Soudan dévastés, et sur celles d'Égypte, de Palestine et même d'Angleterre. Jama vit d'expédients, se nourrit de rencontres, s'engage au service des puissances coloniales. Ce laissé-pour-compte a la bravoure du serpent tatoué sur son bras: un mamba noir. Évocation puissante de contrées en proie à la guerre, mais aussi roman de formation, Black Mamba Boy est une véritable épopée qui nous fait mieux comprendre le destin d'une partie du globe aujourd'hui en ébullition.


- Ces corps vils
de Evelyn Waugh
Éditions Robert Laffont / Septembre 2011


"Soirées masquées, soirées sauvages, soirées victoriennes, soirées grecques, soirées cow-boys, soirées russes, soirées ou il faut se déguiser en quelqu'un d'autre, réceptions nudistes, réceptions dans des appartements, dans des studios, dans des maisons, dans des hôtels, des bateaux et des boîtes de nuit"; À la fin des année 30, Adam et Nina forment un couple aussi frivole qu'hédoniste; ils s'abandonnent à une succession de mondanités, jusqu'à ne devenir que des corps, vils. Alors que la Seconde Guerre Mondiale est sur le point d'éclater, Adam va même finir par vendre Nina à un ami.


- Chacun peut dire Je
de Robert Menasse
Éditions Jacqueline Chambon / Septembre 2011


Dans ces nouvelles, toute une génération peut se reconnaître, celle qui est née après la Seconde Guerre Mondiale, a vibré en 68 pour les idéologies gauchistes qui foisonnaient dans les universités et, en 89, bouche bée devant son poste de télévision, a vu s'écrouler, avec la chute du Mur de Berlin, l'ordre de l'après-guerre. Entre deux voyages, une rupture sentimentale, un colloque d'écrivains et une ballade dans Vienne, Robert Menasse nous dresse le portrait d'un héros qui voit l'histoire s'inviter au plus intime de son existence et croit assister en direct à l'assassinat de Kennedy, à l'enlèvement de l'industriel Walter Palmers par la Fraction armée rouge, ou plus prosaïquement à la victoire de l'équipe de foot grecque à l'Euro 2004... Chacun était quelque part quand quelque chose se passait. Celui qui le raconte dit "je" parce que c'est comme s'il y était. Chacun peut dire "je". Alliant une liberté de ton très contemporaine à l'élégance et la légèreté de l'esprit viennois, ces nouvelles ne peuvent que ravir le lecteur français.


- Conrad
de Olivier Weber
Éditions Flammarion / Septembre 2011


Ce livre est une promenade littéraire pour rendre hommage à Conrad. De belles biographies existent, mais il manquait une lucarne, celle qui ouvre sur son inquiétude, ses affres puisées ou détruites dans le mouvement de ses escapades maritimes. Une somme de tourments qui ont mené Conrad des ports plus ou moins bien fréquentés, des rixes de ponts et des tempêtes jusqu'à l'écritoire, ce lieu où guettent à la fois la rédemption et le naufrage. Trois horizons hantent ses livres: le secret de l'écriture, la faute et la foi en l'homme. Davantage qu'un écrivain de l'exotisme, il fut d'abord peintre de la condition humaine et aventurier du dedans.


- Cyr@no
de Bessora
Éditions Belfond / Septembre 2011


Si à sa naissance l'officier de l'état civil ne s'y était pas opposé, Roxane se serait appelée Cyrano, et sans doute alors tout aurait-il été plus simple pour elle dans le milieu du théâtre. Mais Roxane s'appelle Roxane, et elle doit faire avec, comme elle doit faire avec ses jambes de Teutonne, sa poitrine de nymphette, son "cul à chier" et son nez trop long. C'est d'autant plus difficile que, dans la vraie vie, elle s'est amourachée de Christian, un bellâtre blond légèrement bedonnant qui l'a aimée un soir pour la congédier le lendemain par mail. Heureusement, pour remédier à ses ratages, Roxane peut compter sur son double: Cyrano, l'autre elle-même, aimante, pleine de ressources mais aussi pleine de fiel Ensemble, elles concoctent un implacable stratagème pour séduire Christian et le transir d'amour pour elle(s). Elles créent Cyr@no, avatar de Roxane et Cyrano mêlées, créature virtuelle qui va incarner l'idéal féminin de l'insaisissable Christian.


- En s'agenouillant
de Marie Billetdoux
Éditions Stock / Septembre 2011


C'est le retour au roman de Marie Billetdoux, un roman où courent la sève et la fièvre de la jeunesse, une jeunesse du début des années 50, assoiffée de poésie, de littérature, dans un Paris méconnaissable au cœur de ce Quartier latin dont on a presque oublié le nom, la magie, le parfum. Jean La Haut, 21 ans, Lim Houang-Ho, 20 ans, Sorbonne, rue d'Ulm, amitiés, chambres de bonne, fontaine au bout du couloir, mots sous la porte, l'amour, le catholicisme, Paul Valéry, Mallarmé, l'encens, la France, les vieilles dames, la campagne, l'attente de l'avenir et chez tous, sans cesse, la peur au ventre de manquer sa vie.


- Et rester vivant
de Jean-Philippe Blondel
Éditions Buchet Chastel / Septembre 2011


Le narrateur a vingt-deux ans. Il a perdu sa mère, son frère, dans un accident de voiture. L'histoire commence, il vient de perdre son père dans un accident de voiture. Seul désormais, il décide de vendre l'appartement familial et de partir avec ses deux plus proches amis, Laure et Samuel. Direction: Morro Bay, Californie. Morro Bay: une obsession nourrie depuis des années par la chanson de Lloyd Cole. La Californie, le pays mythique qui a marqué une génération. Et rester vivant raconte ce voyage initiatique. Entre fous rires et douleur. Découvertes, rencontres et retours sur le passé. Pour la première fois, Jean-Philippe Blondel se raconte. On retrouve sa douceur; on découvre son incroyable capacité de résistance. Et ce texte, qui fait définitivement le deuil, rend surtout un véritable hommage à la vie.


- Father
de Vito Bruschini
Éditions Buchet Chastel / Septembre 2011


Tissé d'amour et de mort, il s'enracine dans les domaines agricoles irrigués par la sueur et le sang des paysans et dirigés d'une main de fer par l'aristocratie. Sur ces terres, splendides mais rudes, seul le mystérieux prince Ferdinando Licata manifeste sa compassion envers les plus humbles. Tout ce peuple de déshérités l'appelle u patri, le père. Mais la montée du fascisme va changer la donne. Face à la barbarie et aux exactions des Chemises Noires, l'Amérique apparaît vite comme le refuge ultime; ce sera dans le Bronx que le prestige du prince s'élevera au firmament. Alors que la clarinette de Benny Goodman tente de faire oublier l'imminence de la Seconde Guerre Mondiale, Ferdinando Licata découvre la puissance occulte d'une organisation déterminée à s'enrichir de tous les trafics. U patri en devient le Father, le parrain des parrains. Débute alors le règne marqué par la violence de Cosa Nostra, état dans l'état, suffisamment influente pour dicter sa loi au pouvoir américain et pour jouer le premier rôle dans le débarquement des alliés en Sicile. Tandis qu'au village où tout a commencé, une belle sicilienne attend le retour de celui qu'elle aime. Car elle sait qu'une fois son secret révélé, elle sera de nouveau maîtresse de son destin.


- Feu de camp
de Julia Franck
Éditions Flammarion / Septembre 2011


Berlin-Est, fin des années soixante-dix: une jeune femme dont la beauté classique et la tranquille détermination suscitent partout la curiosité a obtenu de passer à l'Ouest avec ses deux enfants Aleksej et Katja. Après avoir affronté les mille et une menaces et humiliations qu'infligeait la RDA à ces candidats au départ, voici Nelly Senff au pays de l'abondance et de la liberté. Mais l'Ouest, c'est d'abord pour les réfugiés la promiscuité d'une chambre partagée avec des inconnus au camp de Berlin Marienfelde et un avenir incertain. Sans compter les interrogatoires soupçonneux et sans fin de la CIA. Feu de camp est un témoignage captivant de l'Allemagne contemporaine, un vrai bonheur d'écriture et un roman bouleversant du début à la fin.


- Galveston
de Nic Pizzolatto
Éditions Belfond /Septembre 2011


1987, La Nouvelle-Orléans. Le même jour, Roy Cady apprend qu'il a un cancer du poumon et que Stan, son boss proxénète et dealer, lui confie une mission qui ressemble fort à un piège. Sorti vivant de ce traquenard, Roy prend la fuite, emmenant avec lui Rocky, petite prostituée, et Tiffany, quatre ans. Le début d'une cavale sur les routes brûlantes du golfe du Mexique jusqu'à Galveston, Texas. Et la tentation d'un répit dans un motel paumé au milieu d'autres âmes perdues. Mais comment échapper à une bande de tueurs quand on a en sa possession des documents compromettants et beaucoup de sang sur les mains? Vingt ans plus tard, Roy est homme à tout faire. Son corps martyrisé porte les stigmates d'un terrible drame. Il n'a pour seuls compagnons que son chien et ses livres. Quelqu'un est à sa recherche.


- Journal d'un raté
de Edouard Limonov
Éditions Albin Michel / Septembre 2011


Le Journal d'un raté, c'est New York et le monde vu par un marginal, et ce marginal raconté par lui-même, l'auteur parlant sous son nom, à la première personne, avec ses cris et ses chuchotements, ses haines, ses rêves de vengeance insensés et un délire sexuel auquel il ne parvient pas à échapper. Russe piégé par la civilisation de l'Occident, le raté de Limonov choisit la révolte du désespoir plutôt que la résignation de l'esclave. Il nourrit ses fantasmes de puissance d'un amalgame confus où s'entremêlent séances de films, unes de journaux à sensation, spots publicitaires, fragments de livres et de magazines pour sex-shops. Les images se chevauchent, vrais clochards, souvenirs d'un passé héroïque et, sur fond de sexe, mirages d'un avenir vengeur, d'un avenir de guerres et de révolutions. Un texte d'une grande puissance poétique et provocatrice.


- Kadicha
de Alexandre Najjar
Éditions Plon / Septembre 2011


Banquier à Beyrouth, Sami Rahmé décide, sur un coup de tête, de tout quitter pour aller vivre à proximité de la Kadicha, la vallée sainte, l'un des hauts lieux spirituels de la chrétienté en Orient. Quand son ancienne amie française, Florence, reporter à Libération, quitte en catastrophe la Syrie en révolte pour échouer au Liban, il trouve l'occasion de renouer avec elle et de l'initier à la vie paisible qu'il a choisi de mener. Ensemble, guidés par Kennedy, un aventurier érudit, ils explorent cette vallée et découvrent les personnages pittoresques qui y ont vécu: Sarkis Rizzi, qui se ruina pour installer une imprimerie au monastère de Kozhaya; le patriarche Louqa qui, réfugié dans une grotte, résista longtemps aux mamelouks; Marina, qui se déguisa en homme pour entrer au couvent; François de Chasteuil, qui abandonna sa famille à Aix pour devenir ermite au Mont-Liban; le poète Gibran, qui puisa son inspiration dans cet univers merveilleux. Un beau roman où découverte, histoire, aventure, spiritualité et passion se mêlent dans un voyage initiatique, dans l'espace et le temps, sur les traces des chrétiens d'Orient.


- L'amour aujourd'hui
de Maxim Biller
Éditions de l'Olivier / Septembre 2011


"J'étais heureux de revoir Geli après tant d'années. Je n'avais plus de femme depuis longtemps et Geli me plaisait. Elle était petite, mince, elle ressemblait à Ellen Barkin, mais en moins triste, et je sus aussitôt qu'elle aimait le sexe. Elle me demanda si j'étais marié ou si j'avais une amie. Au lieu de répondre, je lui demandai ce qu'il en était pour elle.
- Je suis justement en train de me séparer de quelqu'un, dit-elle, mais lui, hélas, ne se sépare pas de moi.
Nous étions dehors, au coin de la Reichenbachstrasse et de la Gärtnerplatz, et Geli dit:
- Accompagne-moi chez moi. J'ai lu ton dernier livre. Je veux en parler avec toi.
- Non, dis-je, surtout pas. Mais emmène-moi tout de même.
Le livre était posé à côté du lit de Geli. C'était une histoire d'amour, celle d'une femme qui ne peut pas, bien qu'elle veuille, et d'un homme qui veut, bien que la femme ne puisse pas.
Après que nous nous fûmes rhabillés, Geli dit:
- Je veux juste savoir une chose: dans la vie, tout était-il exactement comme dans ton livre?".


- L'amour en minuscules
de Francesc Miralles
Éditions Fleuve Noir / Septembre 2011


Samuel de Juan est un professeur d'allemand solitaire qui aime se réfugier dans la lecture et la musique classique. De sa bulle, il ne s'échappe que pour donner ses cours à l'université. Mais au lendemain d'un réveillon du nouvel an, la visite inattendue d'un chat bouscule ses habitudes. En rapportant le félin à son voisin, Samuel fait la connaissance de Titus, un vieux rédacteur bourru. Le premier domino vient de basculer entraînant dans sa chute un second. Car cette première rencontre est annonciatrice de bien d'autres tout aussi surprenantes. Bientôt, Samuel croise le chemin d'un savant lunatique et celui d'une belle femme mystérieuse. Sa petite vie paisible se mue alors en une véritable aventure initiatique.


- L'antarctique
de Claire Keegan
Éditions 10-18 / Septembre 2011


Dans l'authenticité d'une Irlande rurale, chaque nouvelle déchire le voile d'une existence renversée, d'un destin brisé ou reconquis. Face aux drames dissimulés sous les gestes du quotidien, les êtres de Claire Keegan vacillent: une seconde les fera basculer vers l'ombre ou la lumière.


- L'écrivain et l'autre
de Carlos Liscano
Éditions 10-18 / Septembre 2011


Après avoir noirci des milliers de pages, Carlos Liscano a rencontré la panne. Celle dont on ne repart pas sans casse. Pour combler les nuits sans sommeil et les jours sans fin, l'auteur uruguayen démonte avec beaucoup de sincérité et d'autocritique le mécanisme de l'inspiration. Une quête dont il ne sortira pas indemne.


- L'enfant du jeudi
de Sonya Hartnett
Éditions Les Grandes Personnes / Septembre 2011


Quelque part en Australie, pendant la Grande Dépression, sur une terre où rien ne pousse, la jeune Harper Flute raconte l'étrange histoire de son petit frère Tin, qui ne pense qu'à creuser des galeries et devient peu à peu sauvage, sous l'œil curieusement compréhensif de ses parents. Pendant ce temps, en surface, la fillette grandit avec le reste de la fratrie. Son père fait tous les mauvais choix possibles et la famille peine à s'en sortir. Harper, cependant, qui n'a pas connu d'autre vie que la sienne, porte un regard encore enchanté sur ces années décisives, qui la conduiront au sortir de l'enfance. Un roman poignant qui évoque avec tendresse et justesse les liens familiaux, sans mièvrerie aucune. On sort de ce récit conquis par la voix de Harper et par la dignité et l'humanité des Flute tout au long de leur chute.


- L'héritage Jenna Fox
de Mary E. Pearson
Éditions Les Grandes Personnes / Septembre 2011


Il fut un temps où ils étaient trois… Jenna Fox croyait avoir mis fin au calvaire de ses meilleurs amis, physiquement détruits lors d'un même accident, en se débarrassant des sauvegardes de leurs esprits. Pourtant, après 260 ans passés dans le noir, Kara et Locke s'éveillent dans des corps tout neufs. Dans un monde qui n'est plus le leur, dont ils ne savent rien, et où tous ceux qu'ils ont un jour connus ou aimés ont disparu. Tous sauf Jenna Fox. Désireux d'échapper aux griffes de l'inquiétant Dr Gatsbro, leur sauveur et geôlier, les deux adolescents se lancent dans une course-poursuite effrénée à travers une Amérique futuriste, bien décidés à retrouver Jenna.


- L'innocent de Palerme
de Silvana Gandolfi
Éditions Les Grandes Personnes / Septembre 2011


Palerme, en Sicile. Santino se réveille dans un lit d'hôpital, après avoir miraculeusement survécu à un règlement de comptes orchestré par la mafia. Entre cauchemars et flash-back, le garçonnet reçoit bientôt la visite d'un juge, qui souhaite le convaincre de témoigner. Lucio, lui, vit à Livourne avec sa mère et sa petite sœur. À onze ans, il est l'homme de la famille, et confie ses interrogations et ses peines au mystérieux Chasseur, à qui il écrit inlassablement. L'un se pose des questions, l'autre en sait beaucoup trop pour son âge. Quel est le point commun de ces deux vies, si différentes de celles des autres gamins? Inspiré de faits réels, un roman qui évoque la terrible réalité de la mafia, qui donne une voix aux victimes innocentes.


- L'origine du silence
de Jed Rubenfeld
Éditions Fleuve Noir / Septembre 2011


Un soleil radieux baigne Wall Street, le douzième coup de midi résonne au clocher de Trinity Church quand une violente explosion retentit. Une vague de terreur sans précédent s'abat sur New York, des centaines de victimes sont à déplorer. Nous sommes au mois de septembre 1920.Trois amis assistent à la scène: le capitaine de police James Littlemore, le docteur Stratham Younger, et Colette Rousseau, une jeune scientifique française tout juste arrivée aux États-Unis avec son frère Luc, un enfant rendu muet par les horreurs de la guerre. Peu de temps après la déflagration, Colette est prise pour cible de mystérieuses attaques, mais par qui? Pourquoi? La piste à la fois policière et psychologique qui commence à se dessiner dépasse les frontières américaines. De Wall Street à Paris ou à Prague, et du cabinet viennois de Sigmund Freud à l'antichambre du pouvoir à Washington, les pièces du puzzle se mettent progressivement en place. Tandis que Freud tente de découvrir l'origine du silence de Luc, il élabore une théorie qui pourrait bien éclairer d'un jour nouveau les deux enquêtes.


- La Bible d'Amiens
de John Ruskin
Éditions Payot & Rivages / Septembre 2011


Préface de Marcel Proust
Je voudrais donner au lecteur le désir et le moyen d'aller passer une journée à Amiens en une sorte de pèlerinage ruskinien. Ce n'était pas la peine de commencer par lui demander d'aller à Florence ou à Venise, quand Ruskin a écrit sur Amiens tout un livre. Sans doute le snobisme qui fait paraître raisonnable tout ce que Ruskin touche n'a pas encore atteint (pour les Français du moins) et par là préservé du ridicule, ces promenades esthétiques. Dites que vous allez à Bayreuth entendre un opéra de Wagner, à Amsterdam visiter une exposition, on regrettera de ne pouvoir vous accompagner. Mais, si vous avouez que vous allez voir, à la Pointe du Raz, une tempête, en Normandie, les pommiers en fleurs, à Amiens, une statue aimée de Ruskin, on ne pourra s'empêcher de sourire. Je n'en espère pas moins que vous irez à Amiens après m'avoir lu. Marcel Proust


- La bicyclette statique
de Sergi Pàmies
Éditions Jacqueline Chambon / Septembre 2011


L'âge mûr et ses problèmes sont au centre de ces vingt nouvelles. Sergi Pàmies y retrace les difficultés existentielles d'hommes et de femmes qui, tiraillés entre des décisions absurdes ou héroïques, pédalent souvent dans la semoule, d'où le titre. Dans ces nouvelles toujours inattendues et surprenantes, l'auteur semble pour la première fois se livrer plus ouvertement. Comment ne pas voir dans "La Carte de la curiosité" l'évocation du jeune émigré espagnol qu'il fut, et dans "Les Chansons préférées de Lénine" le souvenir du père qu'il vient de perdre. La pudeur des sentiments est sans doute ce qui caractérise l'esprit de Sergi Pàmies, drôle sans méchanceté, lucide mais jamais amer. On imagine facilement la détestation du petit Sergi, dont "la curiosité est née dans un terrain vague de banlieue", pour le trop poétique et trop élégant Petit Prince.


- La conversation
de Jean d'Ormesson
Éditions Héloïse d'Ormesson / Septembre 2011


Un soir de l'hiver 1803-1804, aux Tuileries. Une conversation imaginaire entre Bonaparte et son deuxième consul, Jean-Jacques Régis de Cambacérès, celui à qui il ne cache rien et demande tout. Au comble de la tension entre l'esprit révolutionnaire et l'avidité de puissance, le vainqueur d'Arcole tente de rallier son complice à ses convictions. Une seule volonté anime le héros républicain: bâtir sa légende de son vivant. L'empire, va-t-il démontrer avec éloquence, c'est la république qui monte sur le trône. Jean d'Ormesson saisit l'ambition au moment où elle se change en histoire, le rêve sur le point de devenir réalité. "Il y a des moments où l'histoire semble hésiter avant de prendre son élan: Hannibal quand il décide de passer les Alpes avec ses éléphants pour frapper Rome au cœur; César sur les bords du Rubicon; le général de Gaulle à l'aube du 17 juin 1940, quand il monte dans l'avion qui va l'emmener vers Londres. C'est un éclair de cet ordre que j'ai tenté de saisir". Jean d'Ormesson


- La ferme des Neshov
de Anne B. Ragde
Éditions 10-18 / Septembre 2011


Après l'enterrement de leur mère, les frères Neshov pensaient reprendre le cours de leur vie. Mais tout a changé: Erlend est confronté au désir d'enfant de son compagnon, Margido à sa solitude et Tor, l'aîné, vit mal son quotidien à la ferme, auprès du "père". À leur insu, le drame couve et pour chacun d'eux, l'heure des choix a sonné.


- La fille du marais
de Franny Billingsley
Éditions Les Grandes Personnes / Septembre 2011


Briony Larkin a 17 ans et elle a un secret. Un secret qui est à l'origine de la déficience mentale de sa sœur jumelle, Rose; un secret qui est une menace pour tous les habitants du Swampsea. Briony a le don de seconde vue, qui la relie au monde des Esprits. Elle est ce qu'on appelle plus communément une sorcière, et pour cela, elle risque d'être pendue. Alors la jeune fille se tait et étouffe sa nature profonde. C'est sans compter sur la venue de l'ingénieur Clayborne et de son fils, Eldric, dans cette région sauvage d'Angleterre. Avec eux arrive la construction du chemin de fer et l'assèchement du marais, qui déchaînera la fureur du Seigneur du marécage. Si elle veut sauver sa sœur d'une mort certaine, Briony va devoir faire face à ses démons ainsi qu'à l'indéniable attirance qu'elle éprouve pour Eldric.


- La onzième heure
de Isabelle Pestre
Éditions Belfond / Septembre 2011


Comme chaque année, Lisbeth, onze ans, passe ses vacances au bord de l'Océan, en Charente-Maritime, dans la modeste villa aux volets verts de Tante Irène. Enfant lourde et passive, elle ennuie profondément Alice, sa mère, et ne suscite qu'indifférence chez son père. Pour ne pas importuner les adultes, Lisbeth traîne sa solitude et sa discrétion en rêvant devant la maison où elle aime écouter la musique douce et rassurante des marées, jusqu'à se faire oublier. Cet été-là, sa mère la confie à une jeune fille, désignée comme telle par la famille, à quoi servirait-il de retenir son prénom puisqu'elle ne sert qu'une fois? Mais la baby-sitter, elle aussi, abandonne l'enfant, préférant aller flirter sur la plage. Livrée à elle-même, Lisbeth vit en retrait du monde, là où son existence ne dérange personne. Mais un jour, elle rencontre Micha, un immigré albanais. Seul dans un pays dont il ignore la langue, le jeune homme puise du réconfort dans l'affection que lui porte Lisbeth. Et l'enfant, heureuse qu'on s'intéresse enfin à elle, lui livre son cœur tout entier. Jusqu'au drame.


- La petite fille aux nuages noirs
de Kitty Sewell
Éditions Belfond / Septembre 2011


Des paysages grandioses de l'Himalaya à la nouvelle Lhassa ressuscitée dans le Colorado, des monastères tibétains dévastés par l'invasion chinoise aux somptueux sommets du Ladakh indien, un roman palpitant qui allie aventure au bout du monde, trahison amoureuse et douloureuse quête d'identité. À Vancouver, Daniel, pilote d'hélicoptère, est inquiet pour sa fille Rosie. Tourmentée par le récent divorce de ses parents, celle-ci fait des cauchemars dans lesquels son père court un terrible danger. Alors qu'il essaie tant bien que mal de la rassurer et de lui redonner un équilibre, Daniel, qui se croyait orphelin, reçoit une incroyable nouvelle: son père est bien vivant et le réclame à son côté. Au chevet du vieil homme, Daniel se voit confier une mission qui le conduira aux portes du lointain Tibet, à la recherche d'un mystérieux bouddha d'or très convoité. Au cœur d'un voyage aussi fascinant que périlleux, Daniel va prendre tous les risques pour accomplir son destin et découvrir enfin le secret de ses origines.


- La somnambule de la villa aux loups
de Jean Contrucci
Éditions JC Lattès / Septembre 2011


Où l'on découvre, dans une villa, les corps sans vie de deux amants. Puis on assiste comme si on y était à l'exploit d'un cascadeur plongeant du Pont à Transbordeur, et ce qui s'ensuit. Où l'on apprend aussi que les articles publiés dans Le Petit Provençal par notre héros ne sont pas appréciés de tous ses lecteurs. Où l'on voit notre héros recevoir à ses entiers dépens sa première leçon sur l'hypnose et le sommeil somnambulique. On se demande d'ailleurs ce que l'hypnose vient faire dans l'histoire, sinon embrouiller un peu plus les choses. Et où finalement, dans le calme vespéral d'une calanque marseillaise, est imaginée l'opération "faire sortir le loup du bois". Un professeur de médecine réputé de Marseille se retrouve veuf après la mort suspecte de son épouse. Celle-ci, retrouvée dans une position plus suspecte encore, semble avoir été poussée au suicide par son jeune amant, un étudiant en littérature romantique et exalté, qui se serait lui-même "raté" auprès de sa belle. Dans un état critique à l'hôpital, il est accusé de meurtre, et le bon professeur de médecine entend bien qu'il paye. Cependant, pour Raoul Signoret, reporter au Petit Provençal, les indices ne sont pas si évidents qu'il y paraît. Mais qui aurait ainsi intérêt à faire porter le chapeau au jeune homme?


- La tentation du homard
de Elizabeth Gilbert
Éditions Calmann Lévy / Septembre 2011


Sur deux îles voisines le long des côtes du Maine, des pêcheurs de homards se livrent depuis des générations une lutte sans merci pour s'approprier les ressources de l'océan. Ruth Thomas, âgée de dix-huit ans, revient parmi les siens après des années passées en pension sur le continent, résolue à intégrer pleinement la communauté des durs à cuire qui peuplent son île. Plus la lutte qui oppose Fort Niles à Port Courne s'envenime, plus la détermination de Ruth s'affermit, sa place est parmi ces drôles d'insulaires, la truculente Mme Pommeroy et sa ribambelle de garçons, Simon le Sénateur et son rêve de musée, Angus le teigneux, Webster et sa chasse au trésor. Futée comme personne mais pas romantique pour deux sous, Ruth succombe pourtant au charme d'Owney Wishnell, un jeune pêcheur beau à se damner, issu de l'île rivale. La tentation du homard est le premier roman d'Elizabeth Gilbert. Il brosse le portrait d'une inoubliable héroïne promise à un destin hors du commun.


- La tour de Wardenclyffe
Ou la prodigieuse invention de Nikola Tesla
de Martine Le Coz
Éditions Michalon / Septembre 2011


"Notre voisin est un savant, avait déclaré Wild père. Si tu le croises, mon garçon, tiens-toi bien, et regarde ses yeux. Poule mouillée comme tu es, tu fileras en courant: ces yeux-là ne se fabriquent pas en Amérique, et je ne parle pas de la couleur. Des yeux qui cherchent. Même pas sûr que le bon Dieu ait répertorié leur propriétaire parmi ses créatures". Vingt ans plus tard, Thomas Théobald Wild retrouve une lettre qui porte la signature de son illustre voisin: Nikola Tesla. Surgit le croquis de la tour de Wardenclyffe, la plus formidable invention de Tesla. Entre le jeune homme et lui, dans l'outre monde, la communication va s'établir afin que Tesla délivre son ultime message à la génération à venir.


- Le cri du petit chaperon rouge
de Beate Teresa Hanika
Éditions Alice / Septembre 2011


Au centre de ce récit tendu à se rompre, Malvina, treize ans. Les vacances de Pâques commencent. La grand-mère de Malvina est morte, et quelqu'un doit s'occuper du grand-père qui vit désormais seul dans son appartement; sa mère souffre de migraines chroniques et s'est complètement retirée de la vie de famille; ses frères et sœurs ont déjà quitté la maison et se désintéressent du problème; quant à son père, il se contente de donner des ordres. Malvina sera donc le "petit chaperon rouge" qui, à vélo, chaque jour, apporte un repas chaud et une bouteille de vin rouge au grand-père. Lors de sa dernière visite, il a demandé à sa "petite-fille préférée" si elle avait déjà un petit ami, et l'a embrassée sur la bouche. Malvina est restée seule avec sa honte, incapable d'en parler. Seule? Pas tout à fait: il y a Lizzy, son amie de toujours, madame Bitschek, la voisine polonaise, et puis un gars du quartier, surnommé Traque. Jour après jour, nous plongeons dans l'intimité de cette attachante héroïne, qui nous fait tout partager: ses souvenirs d'enfance profondément enfouis, sa peur et son sentiment de culpabilité, la naissance de son premier amour, sa complicité avec sa meilleure amie, ses relations conflictuelles avec le reste de sa famille. Ce récit est bien plus qu'un livre sur le délicat problème de l'abus sexuel: nous sommes ici en présence d'un véritable événement littéraire dans le domaine du roman jeunesse. L'auteur fait preuve d'une étonnante faculté à pénétrer dans le monde émotionnel d'une jeune fille qui, en l'espace des deux semaines que durent les vacances de Pâques, va passer de l'enfance à la puberté. Le lecteur est invité à plonger dans la conscience de Malvina, laquelle, au fil des jours, trouve un chemin qui lui permet d'appréhender et de comprendre, pas à pas, la cruauté de ce que son grand-père lui fait subir, et lui a fait subir par le passé. Avec énormément de délicatesse et de justesse, évitant tout pathos et toute prévisibilité, l'auteur décrit ce lent processus, au terme duquel Malvina parvient à sortir du désespoir et à regarder l'avenir avec optimisme. Mais ce qui fascine le lecteur, c'est aussi la douceur et la luminosité d'un roman qui superpose subtilement différents degrés d'émotion. Le trouble de l'amour naissant côtoie l'horreur et la honte; l'angoisse quotidienne de voir le bourreau est apaisée par la force de l'amitié et la poésie d'un regard qui enveloppe les choses et la vie d'un voile de douceur.


- Le fils de la Providence
de Herbjørg Wassmo
Éditions Gaïa / Septembre 2011


Benjamin, le fils de Dina, est témoin à 11 ans d'un meurtre perpétré par sa mère. Témoin du drame et de la cruauté, il se rend coupable de silence. Petit garçon solitaire et tourmenté, Benjamin erre à Reinsnes, guette le retour des pêcheurs partis aux Lofoten, cherche à communiquer avec une Dina inaccessible, se choisit un père en la personne du mesuré Anders qui le reçoit comme un cadeau. Voici donc l'histoire du fils de Dina, de son adolescence et de son passage à l'âge adulte, de son rapport difficile avec les femmes et une sexualité qu'il découvre débordante, aussi cruel et orgueilleux que sa mère, et pourtant tellement maladroit. Le parcours romanesque d'un jeune homme héritier de passions exclusives dans l'Europe du début du siècle dernier.


- Le pavillon des cancéreux
de Alexandre Soljenitsyne
Éditions Robert Laffont / Septembre 2011


Le Pavillon des cancéreux, c'est le quotidien du bâtiment numéro treize de l'hôpital de Tachkent, celui ou quelques hommes alités souffrent d'un mal que l'on dit incurable. En s'y installant, Roussanov, haut fonctionnaire du Parti, ne voit pas d'un bon oeil d'être contraint de partager sa chambre avec des patients de moindre valeur comme Kostoglotov, un ancien prisonnier du Goulag. Mais, très vite, il va se rendre compte que tous les titres et passe-droit dont il usait dans la vie réelle ne lui serviront à rien. Il est mis dans la salle commune et doit se soumettre aux traitements. Comme les autres, il va vivre le combat de l'homme face à la vision de sa mort et son dénuement devant la vanité de sa vie passée. Dans cette salle d'hôpital, on vit de l'intérieur l'angoisse de chacun des sept personnages qui y sont enfermés, qu'on pourrait voir comme un échantillonnage de la société russe au moment dit du "dégel", juste après la mort de Staline. Le lieu vit presque en autarcie, pourtant il est plein des bruits du monde et hanté par la guerre et le communisme. Au-delà des malades, on découvre peu à peu le personnel médical: Zoé, une jeune infirmière, Véra, le médecin, Lioudmila, la chirurgienne et la difficulté de leurs décisions, leur impuissance et leurs interrogations face à des traitements encore incertains.


- Le temps d'apprendre à vivre
de Jacques Verdier
Éditions Flammarion / Septembre 2011


Quand Alexandre, jeune rugbyman brillant mais fragile et introverti, rencontre Gabriella, il est immédiatement séduit par sa beauté et sa détermination. Distante, elle est la maîtresse du président du club, mais aussi une artiste passionnée. Comment pourrait-elle jamais s'intéresser à lui alors que tout les sépare? C'est sur le terrain de l'enfance et de ses blessures qu'ils trouveront les mots. Alexandre parviendra-t-il à détourner Gabriella de ses démons? Chemin faisant, saura-t-il devenir l'homme qu'il n'envisageait plus d'être? Ce roman d'apprentissage, qui jette un regard original sur l'identité et la construction de soi, est aussi une formidable histoire d'amour.


- Les bois de Sawgamet
de Alexi Zentner
Éditions JC Lattès / Septembre 2011


Stephen, aujourd'hui pasteur, revient sur les lieux de son enfance, au chevet de sa mère mourante, mais aussi afin de reprendre place au sein d'une communauté qui a tant compté pour lui. À Sawgamet, ville champignon fondée dans les forêts du Nord par son grand-père un demi-siècle plus tôt, le froid est si intense pendant l'hiver qu'il brise le verre des thermomètres et la magie des bois est plus à craindre que les dangers du travail de bûcheron. Stephen retrace l'histoire de son grand-père Jeannot et de sa femme bien aimée Martine, la façon dont ils se rencontrèrent et s'aimèrent. Mais à Sawgamet, il y eut aussi la tragique disparition de son père et de sa jeune sœur, emportés sous la glace, lorsqu'il était enfant. Les bois de Sawgamet entraîne le lecteur dans un monde merveilleux et plein de tendresse, où les sorcières des bois et les caribous d'or côtoient des chiens qui chantent, où les vivants et les morts se séparent et se retrouvent dans la beauté stupéfiante de l'hiver.


- Les larmes et l'espoir
de Elise Fischer et Geneviève Senger
Éditions Presses De La Cité / Septembre 2011


Bouleversante épopée à deux voix qui retrace, à travers le moment le plus douloureux de l'histoire contemporaine, les itinéraires de deux sœurs de cœur, élevées comme des jumelles: Magda Von Ehrenberg, aristocrate allemande, et Esther Shprinzel, juive adoptée. De la Nuit de Cristal en 1938 à la bataille de Berlin en mai 1945, en passant par Paris et Londres, ce sont sept années de larmes et d'espoir durant lesquelles la guerre révèle la personnalité des deux jeunes femmes. Magda s'engage en toute sincérité pour la cause nazie; Esther, elle, prenant conscience de sa judéité, décide, révoltée, de combattre aux côtés des résistants. À l'heure des choix ne restera que l'amour sororal, véritable et malmené de Magda et Esther.


- Les oreilles de Buster
de Maria Ernestam
Éditions Gaïa / Septembre 2011


Eva cultive ses rosiers. À cinquante-six ans, elle a une vie bien réglée qu'elle partage avec Sven. Quelques amies, des enfants, et une vieille dame acariâtre dont elle s'occupe. Le soir, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. La nuit est propice aux souvenirs, aussi douloureux soient-ils. Peut-être aussi la cruauté est-elle plus douce lorsqu'on l'évoque dans l'atmosphère feutrée d'une maison endormie. Eva fut une petite fille traumatisée par sa mère, personnage fantasque et tyrannique, qui ne l'a jamais aimée. Très tôt, Eva s'était promis de se venger. Et elle l'a fait, avoue-t-elle d'emblée à son journal intime. Un délicieux mélange de candeur et de perversion.


- Les toutes premières choses
de Hubert Klimko
Éditions Belfond / Septembre 2011


Le cœur brisé par une beauté cruelle, le jeune Hubert quitte son pays natal. Prêt à dévorer le monde, il commence par faire du stop, plumer des volailles et cueillir des fraises tout en rêvant à la belle Ulla. Visitant l'Europe et son propre passé, le jeune vagabond croisera les destinées rocambolesques d'un Japonais fleur bleue diseur de bonne aventure, d'un oncle fanatique de la gelée de framboise, d'un pommier magique et d'un psychothérapeute qui joue à l'hirondelle. Des rencontres aussi belles qu'insolites qui le conduiront à entreprendre une tout autre odyssée, celle de l'écriture.


- Les rivages du souvenir
de Alison Booth
Éditions Presses De La Cité / Septembre 2011


Lorsque Ilona, pianiste lettonne rescapée des camps de la mort, s'installe avec sa fille dans le village côtier de Zingera, la jeune veuve souhaite plus que tout prendre un nouveau départ. Bien que restant "l'Étrangère", avec son fort accent et ses manières insolites, Ilona parvient à se faire accepter par les villageois, qu'elle apprend à connaître. Il y a George, le boucher qui regarde les étoiles pour échapper à une épouse tyrannique, son fils Jim, l'élève doué qu'on hésite à envoyer étudier en ville, ou Cherry, la serveuse du pub dont le mari cache un hideux secret. Mais la pianiste ne tarde pas à découvrir que même dans ce lieu aux allures d'éden, le Mal a su prendre racine. Et quand sa fille se retrouve menacée, ce sont tous les espoirs d'Ilona qui menacent de voler en éclats.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 15:08

- Les vaches de Staline
de Sofi Oksanen
Éditions Stock / Septembre 2011


Les "vaches de Staline", c'est ainsi que les Estoniens déportés désignèrent les maigres chèvres qu'ils trouvèrent sur les terres de Sibérie, dans une sorte de pied de nez adressé à la propagande soviétique qui affirmait que ce régime produisait des vaches exceptionnelles. C'est aussi le titre du premier roman de Sofi Oksanen, dont l'héroïne, Anna, est une jeune Finlandaise née dans les années 1970, qui souffre de troubles alimentaires profonds. La mère de celle-ci est estonienne, et afin d'être acceptée, cette femme a tenté d'effacer toute trace de ses origines, et de taire les peurs et les souffrances vécues sous l'ère soviétique. Ne serait-ce pas ce passé qui hante encore le corps de sa fille? Sofi Oksanen fait preuve d'une grande puissance d'évocation quand elle décrit les obsessions de ces deux femmes. Il y a la voix d'Anna qui tente de tout contrôler, son corps, les hommes, et le récit plus distant de la mère qui se souvient de la rencontre avec "le Finlandais", à Tallinn, dans les années 1970, sous un régime de terreur et de surveillance.


- Mon frère italien
de Giovanni Arpino
Éditions Belfond / Septembre 2011


La vie de Carlo Botero, instituteur à la retraite, s'égrène lentement: tous les matins, ce même réveil solitaire, ces discussions absconses avec Staline, son chat, et la lecture du journal, cette longue-vue braquée sur un monde qu'il ne comprend plus. Et puis, un jour, comme pour l'arracher à sa torpeur, sa fille Stella dépose un revolver sur sa table. Chargé de la débarrasser de Pepito, son misérable époux, Botero erre dans les rues sombres de Turin. Jusqu'à ce que son chemin croise celui de Raffaele Cardoso. L'homme vient de Calabre pour réaliser une promesse. Unis par l'infortune, l'intellectuel turinois et le rustre calabrais vont se confronter, se jauger, s'apprécier et entamer ensemble une danse macabre qui n'est autre qu'un formidable élan de survie.


- Palo Alto
de Franco James
Éditions Michel Lafon / Septembre 2011


Palo Alto, Californie. Cette petite ville huppée, berceau de l'informatique, a tout d'un paradis. Et pourtant… James Franco nous dépeint des adolescents désorientés, accablés d'ennui, qui se révoltent contre leur famille et leurs professeurs, s'entre-déchirent, flirtent avec la violence et l'autodestruction. Une jeune fille dont la vie entière se brise lors d'une soirée trop arrosée; un étudiant, afin d'impressionner une camarade de classe, fait l'apologie de l'esclavage au cours d'un exposé d'histoire; un adolescent solitaire accumule des armes, rêvant de se venger de ses persécuteurs.


- Petites misères de la vie conjugale
de Honoré de Balzac
Éditions Payot & Rivages / Septembre 2011


Balzac se promène en observateur amusé dans l'intimité des couples: dans cette suite de saynètes sur la vie conjugale, il porte à son apogée le genre des physiologies - petites études de mœurs traitées avec légèreté. L'essentiel est alors de saisir sur le vif les petites mesquineries et les grandes déceptions du mariage bourgeois, tout en gardant toujours un rire généreux. D'un côté, Adolphe, l'homme bourgeois, se signale par une aridité mentale désespérante; de l'autre, la femme, Caroline, est réduite à être l'un des "plus jolis joujoux que l'industrie sociale ait inventés". Ensemble, les jeunes époux vont suivre pas à pas le chemin qui mène de la promesse de bonheur aux "misères" du mariage. Le narrateur, lui, se permet de délicieusement compter les points dans la guerre des sexes.


- Rien n'est trop beau
de Rona Jaffe
Éditions Presses De La Cité / Septembre 2011


New York, début des années 1950. Elles sont jeunes et Manhattan leur tend les bras. Lorsqu'il fut publié, en 1958, le premier roman de Rona Jaffe provoqua l'engouement de millions de lectrices américaines. Elles s'identifièrent immédiatement à ses personnages, de jeunes secrétaires venues d'horizons différents employées dans une grande maison d'édition new-yorkaise. Leurs rêves et leurs doutes reflétaient ceux de toute une génération de femmes. Il y a la brillante Caroline, dont l'ambition est de quitter la salle des dactylos pour occuper un poste éditorial. Mary Agnès, une collègue obnubilée par les préparatifs de son mariage. La naïve April, jeune provinciale du Colorado venue à New York pour faire carrière dans la chanson. Si la ville semble leur offrir d'infinies possibilités professionnelles et amoureuses, chacune doit se battre avec ses armes pour se faire une place dans un monde d'hommes.


- Sanctuaire du cœur
de Duong Thu Huong
Éditions Sabine Wespieser / Septembre 2011


La fugue de Thanh plonge dans la stupeur ses parents, un couple de professeurs respectés, ainsi que toute la petite ville proche de Hanoi où vit cette famille modèle. À seize ans, le jeune homme était promis à un brillant avenir et n'avait jamais donné le moindre signe de trouble ni de rébellion. Quand on le retrouve quatorze ans plus tard, en 1999, le temps du récit, il est devenu gigolo, entretenu par une femme d'affaires rencontrée dans la maison close de Saigon où il exerçait ses talents de prostitué. Comment, et pourquoi, ce jeune homme sans histoires en est arrivé là, c'est ce que dévoile ce roman diaboliquement construit. Thanh a tout le temps, pendant ses longues journées dans la villa de la côte que seuls rythment des dîners dans des établissements de luxe, de se remémorer son passé. Ses jeunes années sont autant de souvenirs lumineux: elles ont été à jamais marquées par la présence radieuse de Tra My, son amie de toujours, la petite fille que ses parents avaient recueillie et dont il était tombé éperdument amoureux. Sa descente aux enfers après sa fugue vient en sombre contrepoint de cette enfance heureuse: les scènes époustouflantes de son arrestation par erreur dans un hôtel de passe, de son emprisonnement avec des droit commun ou de sa rencontre avec le proxénète qui l'a embauché donnent à Duong Thu Huong la matière d'un portrait sans appel d'une société vietnamienne déstabilisée et corrompue que dominent le sexe, le pouvoir et l'argent. Quand Thanh ne supporte plus sa vie oisive d'objet sexuel et qu'il décide de prendre un nouveau départ, il ne peut s'empêcher de buter sur le traumatisme subi lors de ses seize ans. La scène qui le hante, et dont son propre père est l'acteur principal, donne la clé de sa dérive et du roman tout entier. La question sous-jacente que pose en effet Duong Thu Huong tout au long de ce livre consacré aux enfants des hommes et des femmes de sa génération, celle qui s'est battue pour des idéaux et qui ne se reconnaît pas dans le Vietnam d'aujourd'hui, est déchirante: qu'avons-nous fait à nos enfants? Quel monde leur laissons-nous?


- Smog
de Jérôme Harlay
Éditions Belfond / Septembre 2011


Étrange demeure que Smog, un bateau planté dans la végétation sur les hauteurs de Marseille. De la poupe à la proue, l'illusion est parfaite: les chambres sont devenues cabines, la terrasse s'est transformée en pont avant, jusqu'au sol incliné comme celui d'un navire en mer. Le jardin lui-même semble animé par des flots invisibles. La mort tragique des propriétaires change soudain le destin de cette maison-bateau, qui revient par testament à Fergus, un garçon de dix ans. L'enfant est intelligent, sensible et craintif. Il vit seul avec son père, qui le confie le temps d'un été à Marc Labeyrie, l'homme à tout faire du Smog. Mélancolique et mystérieux, celui-ci instaure avec le petit une relation singulière, protecteur comme un père, mais étrangement possessif. Une complicité dont Joël, le demi-frère de Fergus, se sent exclu d'emblée. Son cadet concentre sur lui tout l'amour et toute l'attention de son entourage. Très vite, Joël va se rebeller contre l'autorité de Labeyrie, déclenchant malgré lui une véritable catastrophe.


- Sur l'autre rive du Jourdain
de Monte Schulz
Éditions Phébus / Septembre 2011


Été 1929, à la veille du krach boursier, Illinois. Alvin Pendergast, un jeune fermier rongé par la tuberculose, sort d'un long séjour au sanatorium. Bien décidé à fuir son quotidien, Alvin accepte l'offre d'emploi d'un inconnu: Chester Burke. Un travail qui le mènerait au-delà du Mississippi. Alvin sent déjà sur ses lèvres le souffle de la liberté, ignorant encore que l'homme qu'il s'apprête à suivre est en réalité un gangster, doublé d'un psychopathe… Montés à bord de sa Packard Six, Alvin et Rascal, un nain exubérant rencontré sur la route, deviennent malgré eux ses complices. Dans les paysages infinis du Middle West, rien n'arrêtera la folie de Chester Burke. Monte Schulz nous entraîne dans un road trip échevelé au cœur d'une Amérique au bord du gouffre, dans une ambiance noire et déjantée digne des frères Cohen.


- Tous nos petits morceaux
de Emmanuelle Urien
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Septembre 2011


"Miroir, mon beau miroir…", petite phrase qui a bercé nos enfances. Mais les miroirs sont-ils beaux? À force de réfléchir le monde et ses turpitudes, n'ont-ils pas développé des réflexions particulières? N'ont-ils pas, témoins muets de nos intimités, appris à voir ce que nous cherchons à cacher? Dans Tous nos petits morceaux, Emmanuelle Urien donne la parole à ces objets du quotidien. Miroirs de poche ou grande psyché, chacun a une histoire à nous raconter, un aspect de nous-même que ces témoins silencieux reflètent à l'envie.


- Une âme perdue
de Nathalie Bauer
Éditions 10-18 / Septembre 2011


Tino, adolescent frêle et gauche, se rend à Turin pour réviser son baccalauréat. Sitôt installé dans la maison familiale, Anetta, la servante, lui fait une étrange révélation, à l'étage, derrière une porte close, le frère jumeau de son oncle vit reclus. Forcé de partager son toit, Tino veille. Jusqu'à ce petit matin ou lui est révélé le terrible drame.


- Waterloo Necropolis
de Mary Hooper
Éditions Les Grandes Personnes / Septembre 2011


Londres, 1861. Grace Parkes, presque 16 ans, embarque à bord de l'express funéraire Necropolis, en direction du cimetière de Brockwood, pour y dire adieu à un être cher. Elle fera là-bas une rencontre décisive en la personne de Mr et Mrs Unwin, entrepreneurs de pompes funèbres, qui lui proposent de devenir pleureuse d'enterrement. D'abord réticente, la jeune fille finit par accepter leur offre, et doit faire face aux manigances de cette famille peu scrupuleuse, prête à tout pour s'emparer d'un mystérieux héritage. Mary Hooper, en s'inspirant de faits réels, à savoir l'épidémie de choléra de la fin des années 1840 et le réel culte du deuil qui s'est développé à cette époque, nous livre une fois de plus un roman passionnant.


- Amitié amoureuse
de Hermine Lecomte du Nouy
Éditions Calmann Lévy / Août 2011


Roman épistolaire, Amitié amoureuse repose sur la correspondance suivie de deux trentenaires: Denise, jeune veuve élevant seule sa fille, et Philippe qui ne semble pas avoir eu de femme dans sa vie. De leur rencontre lors d'une soirée très ennuyeuse naîtra une indéfectible amitié. Cinq ans durant, ils ne cesseront de s'écrire, parfois même deux fois par jour. Évidemment, quand l'un se déclare, l'autre le repousse au nom du sentiment qui les unit déjà. Ils cultivent ainsi une relation ambiguë, passant beaucoup de temps ensemble, y compris les vacances. Ils s'essayent à l'amitié, à l'amour, et finalement optent pour un compromis fait de douleur et de tendresse: "Cher, qu'importe de vieillir quand on est deux, si merveilleusement, si amoureusement amis".


- À vol d'oiseau
de Jim Lynch
Éditions Les Deux Terres / Août 2011


Brandon a toujours eu une vision un peu particulière de la vie. S'il sait reconnaître le chant des oiseaux, il a du mal à trouver sa place parmi les humains. Son père, éleveur de bovins, ne sait pas quoi faire de lui. Promu agent de la police des frontières, Brandon surveille des centaines de kilomètres entre les États-Unis et le Canada, là où se déroule la guerre contre le trafic de drogue, les clandestins et les terroristes. Le paysage se peuple de politiciens paranoïaques, de caméras de surveillance et d'immigrés qu'il arrête par hasard. Mais Brandon n'a aucune conscience de ces problèmes. Tel les hirondelles colonisant la région, il reste libre de franchir la frontière invisible, et d'observer les deux communautés si éloignées par la politique mais si proches à vol d'oiseau.


- Banquises
de Valentine Goby
Éditions Albin Michel / Août 2011


"Vingt-sept ans d'absence. Vingt-sept anniversaires qui ont pris le dessus, année après année, sur le jour de naissance: ils n'ont plus compté l'âge écoulé de Sarah mais mesuré l'attente". En 1982, Sarah a quitté la France pour Uummannaq au Groenland. Elle est montée dans un avion qui l'emportait vers la calotte glaciaire. Sa famille ne l'a jamais revue. Elle a disparu, corps et âme. Elle avait vingt-deux ans. Lisa, vingt-sept ans plus tard, part sur les traces de sa sœur. Elle découvre un territoire dévasté et une population qui voit se réduire comme peau de chagrin son domaine de glace.


- Bienvenue à Oakland
de Éric Miles Williamson
Éditions Fayard / Août 2011


États-Unis, de nos jours. T-Bird Murphy, la quarantaine, fils d'immigrés irlandais, se terre dans un box de parking. On le soupçonne d'un crime qu'il n'a peut-être pas commis. Incarnation du quart-monde occidental, T-Bird écrit sa rage. Un long monologue intérieur, animé par les figures de son passé, qui vient tromper sa solitude et mettre des mots sur la violence de l'exclusion. T-Bird a grandi dans le ghetto noir et mexicain d'Oakland, une ville industrielle qui rejette les Noirs, les Chicanos et les Blancs pauvres vers les décharges, sur les bords pollués de la baie de San Francisco. Pour faire mentir le destin, il a sacrifié à la sainte trinité: études, mariage et consommation. Il a fait tous les petits boulots, vécu dans les pires conditions. Mais on n'a jamais voulu voir en lui que l'enfant de ses origines, fauteur de troubles en puissance.


- Bienvenue dans la vraie vie !
de Bernard Foglino
Éditions Buchet Chastel / Août 2011


Frank Medrano, 40 ans, est une vedette de la salle des Marchés du Consortium, la plus grande banque du monde. Son job est de dénicher, pour ses clients, les actions qui crèvent le plafond. Son quotidien est réglé par le Marché et, dès qu'il sort de cet univers, Frank est perdu. D'ailleurs, sa vie privée est un désert. Sa fiancée vient de le quitter, il dérive dans un appartement quasiment vide. Mais les choses commencent, lentement, à se gripper. Frank a des migraines carabinées. Son ami le Marché ne lui souffle plus autant de bonnes idées. Son patron trouve que, dernièrement, il est moins performant. On a peu de pitié dans ce monde. Frank est donc prié de se remuer. Paniqué, il décide alors d'inventer de toutes pièces une petite société de recyclage de déchets, un thème à la mode. Dans un monde dominé par l'information, il est devenu très facile de mentir. Grâce à l'aide du mystérieux M. Smith et de la douce Marlène, Frank mène à bien son projet. "ForEverGreen" connaît un succès immédiat dont les cours atteignent des sommets. Jusqu'à quand?


- Ces âmes chagrines
de Léonora Miano
Éditions Plon / Août 2011


Né dans l'Hexagone, Antoine Kingué, dit Snow, n'arrive pas à surmonter la rancœur qu'il nourrit envers sa mère, coupable de ne l'avoir pas assez aimé. Elle l'a laissé en pension alors qu'il n'avait que sept ans et envoyé passer les grandes vacances seul au Mboasu, ce pays subsaharien où il ne s'est jamais senti à sa place. Par ailleurs, il est persuadé que son frère Maxime a reçu plus d'affection que lui. Pour se venger de cette enfance malheureuse, Snow fait payer ceux qui l'ont fait souffrir, rêve de devenir une vedette adulée, une star dont la vie serait enfin brillante et facile. Quand son frère lui annonce son retour au pays avec leur mère, Snow voit son univers s'effondrer. Sans plus personne sur qui passer sa rage, il se retrouve face à lui-même.


- Chiens féraux
de Felipe Becerra Calderon
Éditions Anne Carrière / Août 2011


1980, Nord du Chili, sous la dictature de Pinochet. Les terres arides du désert d'Atacama ne sont ensemencées que par les fosses communes du régime. Rocío, ancienne étudiante en médecine, a suivi son mari, Carlos, lieutenant de police, affecté à la réserve de Huara où il n'y a rien à faire et trop à méditer. Carlos consigne dans un cahier son ennui, ses doutes et ses inquiétudes concernant l'état psychologique de sa femme. Car Rocío, elle, n'est pas seule. À la différence des autres "Blancs", elle voit les villageois andins qui fuient leur présence comme une malédiction ; elle voit les chiens retournés à l'état sauvage rôder, craintifs et affamés, autour de la déliquescence morale des oppresseurs ; et surtout elle entend ces voix d'enfants qui l'habitent, comme le remords de son ventre infécond, comme le cri vengeur d'un peuple et d'un lieu martyrisés. Dans ce roman surréaliste et polyphonique, Felipe Becerra Calderon explore les effets de la folie et de la solitude sur deux êtres ordinaires qui ont la particularité d'appartenir au camp des bourreaux. Il nous offre un texte dense, où la langue se fait schizophrène pour chanter la contagion du mal.


- Dans un avion pour Caracas
de Charles Dantzig
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2011


C'est l'histoire d'un homme dans un avion. Il est parti à la recherche d'un ami disparu. Cet ami, un célèbre spécialiste des mots, un philologue, a été enlevé au Venezuela. Pendant les neuf heures du trajet entre Paris et Caracas, le narrateur va essayer de comprendre pourquoi il s'est mis en tête d'écrire un livre sur Hugo Chávez, "dictateur moderne, mélange de Mussolini et de Michel Drucker". Et il se pose des questions sur l'amitié. Son ami disparu lui en avait dit des choses violentes, choquantes, paradoxales peut-être. "Pour quelle raison l'amitié devrait-elle être un vieux chien qui sommeille à l'entrée de sa niche?" Il en a théorisé la rupture. Selon lui, en effet, il n'y a pas d'amitié, il n'y a que des formes d'amour. Pour l'amour, il y a eu Lucie, une artiste conceptuelle, gaie et narquoise, qui sait très bien ce qu'elle veut. Et d'abord, qu'elle veut Xabi. Le disparu s'appelle en effet Xabi, prénom basque qui se prononce "chabi". C'est un homme qui aime les mots, les femmes et les fleurs. Les fleurs et les mots ne le décevront pas, mais qu'en est-il de Lucie, la jeune rousse aux goûts ambigus? Ah, Xabi, qu'est-il donc allé faire au Venezuela?


- Des fourmis dans la bouche
de Khadi Hane
Éditions Denöel / Août 2011


Gratteurs d'écailles dans une poissonnerie, vendeurs ambulants de montres de pacotille ou de statuettes en bois, journaliers payés au noir pour décharger des sacs d'un camion, hommes à tout faire d'un commerçant pakistanais qui revendait des pots de crème à l'hydroquinone censés procurer aux nègres l'éclat d'une peau blanche, la leur ne faisant plus l'affaire. Sur le marché Dejean, on trouvait de tout. Née au Mali, Khadîja élève seule quatre enfants à Paris, dans le quartier de Château-Rouge. Pétrie de double culture, musulmane mais le doute chevillé au corps, elle se retrouve exclue de sa communauté du fait de sa liaison avec Jacques, le père de son fils métis. Cercle après cercle, depuis ses voisines maliennes jusqu'aux patriarches du foyer Sonacotra et à ses propres enfants, Khadîja passe en jugement. Mais cette absurde comparution, où Africains et Européens rivalisent dans la bêtise et l'injustice, réveille en elle une force et un humour inattendus. Tableau intense de Château-Rouge, Des fourmis dans la bouche est porté par une écriture inventive au ton très singulier, fondée sur la double appartenance. Un roman qui dit la difficile liberté d'une femme africaine en France.


- Des vies d'oiseaux
de Véronique Ovaldé
Éditions de l'Olivier / Août 2011


Quand sa fille Paloma déserte sans prévenir la somptueuse villa familiale, Vida Izzara croit en deviner la raison: elle serait partie avec son amant vivre une vie moins conventionnelle. Jusqu'au jour où Vida comprend que c'est elle aussi que Paloma fuit. Aidée par Taïbo, qui enquête sur un couple de jeunes gens habitant clandestinement les demeures inoccupées de la région, elle part à la recherche de sa fille. Ce périple la conduira de l'Irigoy de son enfance aux recoins secrets de son cœur. Les vies d'oiseaux, ce sont celles que mènent ces quatre personnages dont les trajets se croisent sans cesse. Chacun à sa manière, par la grâce d'un nouvel amour, est amené à se défaire de ses liens, conjugaux, familiaux, sociaux, pour éprouver sa liberté d'exister.


- Deux jeunes artistes au chômage
de Cyrille Martinez
Éditions Buchet Chastel / Août 2011


À New York New York, deux jeunes artistes au chômage se grisent de vernissages underground, de soirées drague et de poésie sonore. On reconnaîtra peut-être, derrière ces personnages, l'image réinventée d'Andy Warhol et de John Giorno, l'unique acteur du film Sleep. Mais ce n'est qu'un détail dans cette histoire de sommeil, d'art plastique et de poésie. Une épopée comique où s'entend, en sourdine, une inquiétude sur le devenir de l'art et de la littérature.


- Drood
de Dan Simmons
Éditions Robert Laffont / Août 2011


9 juin 1865. Charles Dickens, alors âgé de 53 ans et au faîte de son art et de sa gloire, regagne Londres en secret en compagnie de sa maîtresse à bord du train de marée. Soudain, à Staplehurst, l'Express déraille. Tous les wagons de première classe s'écrasent en contrebas du pont, à l'exception de celui de Dickens. Indemne, "l'écrivain le plus célèbre du monde", comme on le surnomme, tente de se porter au secours des survivants. Au fond du ravin, sa route croise celle d'un personnage à l'allure spectrale qui va désormais l'obséder: Drood. De retour à Londres, Dickens confie le secret de son étrange rencontre à son ami Wilkie Collins, écrivain lui aussi, à qui il reviendra de relater les dernières années de la vie de celui qu'il appelle, avec autant d'admiration que d'ironie, l'Inimitable. À la poursuite de Dickens, qui a cessé d'écrire pour hanter les bas-fonds, cryptes, cimetières et catacombes, de Londres, Collins cherche à comprendre quels rapports unissent désormais l'Inimitable et l'inquiétant Drood. Mais peut-on vraiment porter foi au récit halluciné de Collins, opiomane en proie à la paranoïa?


- D'un pays sans amour
de Gilles Rozier
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2011


"Je suis née dans un royaume juif, une ville où durant toute une vie vous pouviez ne parler que cette langue surgie un millénaire avant sur les rives du Rhin et qui était comme chez elle au bord de la Vistule. Un royaume avec ses seigneurs et ses serfs, ses frontières et son territoire, la langue". Ainsi parlait Sulamita, une vieille dame digne, une mémoire vivante, qui a vécu dans sa chair le monde englouti mittel-européen, qui de Moscou à Bucarest, de Varsovie à Lvov, chantait, vibrait, mentait, respirait le yiddish. Pierre, un jeune homme d'abord froid puis passionné, se prend d'amitié pour Sulamita, recluse en son palais romain. Il l'interroge sur le destin de trois poètes, étoiles filantes qui se croisent dans le ciel étoilé de Varsovie en 1922, Peretz Markish, Uri-Zvi Grinberg, Melek Ravitsch. Des noms qui ne vous disent rien? Quelle importance? L'un émigra en Palestine en 1923, l'autre rejoignit les communistes soviétiques en 1926, le troisième voyagea de Mandchourie à Mexico, avant de se fixer à Montréal. Ils eurent vingt ans, des maîtresses, une gloire de révoltés de la langue, une rage de vivre qui se brisa contre la catastrophe sans équivalent aucun où le Yiddishland disparut, terres et livres, corps et âmes. Pas vraiment, l'âme , elle est là, dans ces pages infusées d'histoires et de cris, d'anecdotes et de poèmes, dans ce roman d'amour fou qui caracole sur la ligne de crête des empires incendiés, l'Autriche-Hongrie, le IIIème Reich, la vieille Europe. "Mère, nous arrivons d'un pays sans amour, d'un pays où Dieu est absent, Déluge en tête et crépuscule dans le sang".


- Eléctrico W
de Hervé le Tellier
Éditions JC Lattès / Août 2011


Un photographe, Antonio, retourne à Lisbonne après dix ans d'absence. Il y retrouve le correspondant de son journal, Vincent, le narrateur de ce récit, afin de suivre le procès d'un tueur en série. Enfant, Antonio a rencontré en une fillette, Canard, l'amour mythique, éternel, celui qui promet de grandir sans jamais s'affadir, mais ce rêve de bonheur s'est déchiré. Vincent a ses raisons, peu avouables de vouloir guérir cette blessure, réparer ce qui s'est brisé, retrouver Canard. Lui qui est si peu doué pour la vie, lui qui n'achève jamais rien de ce qu'il entreprend, veut devenir l'artisan d'un destin inaccompli. Chaque rencontre rapproche du but comme la vague pousse un radeau vers le rivage. Mais il n'est d'horizon qui ne se déplace sans cesse. Electrico W raconte les neuf jours de cette quête en ce mois de septembre 1985 où la terre trembla à Mexico et où mourut l'écrivain Italo Calvino. Si les tramways, comme l'Electrico W qui donne son nom au livre, suivent des rails, la vie des hommes obéit à d'autres lois.


- Elvire & Jeremy
de Pierre de Vilno
Éditions Héloïse d'Ormesson / Août 2011


Elvire partage la vie d'une femme, et Jeremy préfère la compagnie des hommes, et pourtant ils sont aimantés l'un par l'autre. Mais la passion les consume et leur liaison est aussi douloureuse qu'une séparation. Écartelés, les deux amants préfèrent s'étourdir dans les bras de conquêtes furtives, privilégiant le plaisir des sens aux tourments de l'amour. Pierre de Vilno peint une jeunesse libérée, mais néanmoins égarée. Sismographe des émotions, il capte l'humeur du temps, cette impossibilité de l'amour dans une société où tout est possible. Son récit libertin se déguste comme une coupe de champagne. Les séquences érotiques ajoutent un charme trouble à ce premier roman.


- Entretien avec le Marquis de Sade
de Noëlle Chatelet
Éditions Plon / Août 2011


De Sade on connaît surtout le sadisme, et la démesure d'une œuvre considérée parmi les plus noires de la littérature. Cet entretien fictif entre Noëlle Châtelet et le marquis de Sade (questions inventées et réponses puisées dans les écrits du marquis) permet de dépasser les a priori, les procès hâtifs que Sade a lui-même entretenus par ses provocations et sa complaisance dans la cruauté, et de faire la part entre la complexité de sa personne et l'outrance de ses personnages. Grâce aux questions stimulantes de Noëlle Châtelet, on découvre comment Sade s'inscrit, à sa façon, dans l'aventure intellectuelle des Lumières, et le rôle théorique qu'il joue pendant la Révolution française et lors des premiers pas de la République. Avec le pessimisme d'un homme le plus souvent privé de liberté, il se plaît notamment à disserter sur les grands débats du siècle: le despotisme, la religion, la place de l'homme dans la nature, la toute-puissance de l'instinct sur la civilisation, la relativité des lois, la liberté sexuelle des femmes, la suppression de la peine de mort, le principe de laïcité, etc. Autant de sujets qui interrogent encore notre époque. Converser avec Sade aujourd'hui, deux siècles après sa mort: une manière nouvelle et originale d'approcher l'homme et sa pensée.


- Famille modèle
de Éric Puchner
Éditions Albin Michel / Août 2011


Éric Puchner réussit un premier roman saisissant de drôlerie et d'intelligence. Sur le ton de la tragicomédie, il raconte la chute de la famille Ziller, et plus particulièrement du père, Warren, qui a délaissé le bonheur paisible du Wisconsin pour la Californie du rêve américain. Mais rien ne se passe comme prévu et Warren ne peut avouer à sa femme et à ses trois enfants qu'il a investi toutes leurs économies dans un projet immobilier qui vient de tourner au désastre. Un mensonge qui ne sera pas sans conséquences.


- Franz Stangl et moi
de Dominique Sigaud
Éditions Stock / Août 2011


"Au début il y aurait eu cet homme, Franz Stangl, né en Autriche en mars 1908, bon professionnel de la police autrichienne, embauché par l'Histoire dans la Gestapo, rapidement monté en grade, d'abord surintendant à l'un des hôpitaux du programme d'extermination des handicapés, puis commandant du camp d'extermination de Treblinka en 1942. Sa dernière promotion. De là, l'Italie, la défaite, la fuite, le faux nom et l'installation au Brésil. De longues et belles années jusqu'à l'arrestation en 1967, l'extradition en Allemagne, le procès, la condamnation à perpétuité, puis l'appel. Au début du récit, il y aurait pourtant cette phrase prononcée la veille de sa mort, "Je n'ai plus d'espoir", presque une phrase finale, précédée d'un "À présent j'ai tout dit pour la première fois", le différenciant cette fois radicalement des autres responsables et qui entamerait la dernière période de son existence, environ vingt-quatre heures, l'engageant de façon inattendue dans une voie presque contraire à ce qu'il avait vécu jusque-là. D'où mon attrait peut-être, le désir d'en savoir plus. Une entrée en matière en tout cas, et ce Franz Stangl et moi venu d'emblée, en une fois".


- Freedom
de Jonathan Franzen
Éditions de l'Olivier / Août 2011


Patty Berglund est-elle la femme idéale? Pour Walter, son mari, la réponse ne fait aucun doute: c'est oui. Épouse aimante, mère parfaite, Patty a tout bon. Mais qu'en pense-t-elle? En renonçant à Walter, ce "bad boy" dont elle était amoureuse, et qui se trouve être le meilleur ami de Walter, Patty a peut-être commis l'erreur de sa vie. Freedom raconte l'histoire de ce trio et capture le climat émotionnel, moral et politique des États-Unis entre 1970 et 2010 avec une incroyable virtuosité.


- Héritage
de Nicholas Shakespeare
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2011


Que feriez-vous si vous deveniez soudain millionnaire? C'est ce qui arrive à Andy Larkham, employé sans avenir dans une maison d'édition de guides pratiques, que sa fiancée vient de quitter. Se rendant à l'enterrement d'un ancien professeur, il se trompe de chapelle et assiste, en compagnie d'une étrange vieille dame, aux funérailles d'un certain Christopher Madigan. Lequel avait stipulé, dans son testament, que seules hériteraient de sa colossale fortune les personnes présentes à la cérémonie. Du jour au lendemain, la vie d'Andy bascule. Qu'est-ce qui change, lorsqu'on se retrouve soudain à la tête de 17 millions de livres sterling? Pris de scrupules face à ce coup du hasard, Andy décide d'enquêter sur son mystérieux bienfaiteur. Qui était Madigan? Comment ce réfugié arménien est-il devenu nabab du minerai de fer en Australie, pour finir sa vie en reclus dans son manoir londonien? Pourquoi a-t-il déshérité sa fille? Et de quels autres secrets Andy est-il devenu le dépositaire malgré lui? Un roman à multiples facettes qui tend un miroir vertigineux à l'Histoire dont nous sommes, tous, les héritiers.


- Ils ont tous raison
de Paolo Sorrentino
Éditions Albin Michel / Août 2011


Tony Pagoda, chanteur de charme, a traversé la scène d'une Italie florissante. De Naples à Capri, il a connu la gloire, l'argent, les femmes. Aussi, lorsque la scène évolue, il comprend que le moment est venu de changer de cap. À l'occasion d'une brève tournée au Brésil, il décide d'y rester. Mais après dix-huit ans d'un exil moite au fin fond de l'Amazonie, un puissant chef d'entreprise reconverti dans la politique lui offre un pont d'or pour qu'il se produise à nouveau en Italie. Tony Pagoda découvre alors un pays natal qu'il ne reconnaît plus, une Italie vulgaire et stupide où l'argent est roi.


- Iphigénie Vanderbilt
de Éric Deschodt
Éditions Robert Laffont / Août 2011


Au départ, il y a un coup de foudre. Henri, alors élève à polytechnique, rencontre Iphigénie, une jeune beauté américaine. On prévient Henri de l'excentricité, voire de l'étrangeté des Américaines. Henri passe outre. Il épouse Iphigénie peu avant les événements de 68. Très rapidement trois enfants naissent: Victor, Ariane et Louis. En dépit de leurs fortes différences culturelles, le couple avance en confiance sur le chemin de l'existence. Il en sera de même pour leurs beaux-parents: Paul et Anne apprennent à apprécier toujours davantage Jack et Andromaque, au point d'avoir le sentiment, avec les années, de ne former plus qu'une seule et même grande famille. Mai 68, le retrait des troupes du Vietnam, l'arrivée de la gauche en France, le scandale du Rainbow Warrior, la guerre en Irak, les attentats du 11 Septembre, l'élection d'Obama, autant de péripéties de l'Histoire que les Lebleu et les Vanderbuilt vont traverser ensemble. Au bout du compte, même si les décennies s'égrènent et que la folie du monde empire, demeure la belle part d'humanité qu'ont su préserver ces deux familles. Voilà le plus important.


- J'ai déserté le pays de l'enfance
de Sigolène Vinson
Éditions Plon / Août 2011


Je rêve d'autre chose… La vie d'adulte, en nous mettant un métier et un salaire entre les mains, brade nos souvenirs, remise nos idéaux, raille nos folies de jeunesse. Un jour pourtant, l'enfance se rappelle à nous, cette époque où l'on était quelqu'un, où l'on était sûr de le devenir. Avocate à Paris, S. V. supporte de plus en plus mal les compromis, les trajets en métro, les ciels gris et sa robe noire. Loin, à la Corne de l'Afrique, il y a Djibouti, qu'elle a déserté à la fin de l'enfance. Le pays des braves, des pêcheurs, des bergers, de la mer et du vent. Une terre d'aventuriers où séjournèrent Arthur Rimbaud, Henry de Monfreid, où l'on raconte qu'accosta Corto Maltese. Un ailleurs où elle doit revenir pour ne pas mourir bête, pour ne pas mourir singe, le pays du premier homme, des origines et des possibles.


- Jayne Mansfield 1967
de Simon Liberati
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2011


"Aux basses heures de la nuit, le 29 juin 1967 sur un tronçon de la route US 90 qui relie la ville de Biloxi à la Nouvelle Orléans, une Buick Electra 225 bleu métallisé, modèle 66, se trouva engagée dans une collision mortelle". Au moment où le roman s'ouvre, cette voiture n'est plus que tôle froissée, métal écrasé, vitres explosées. Au sol, un chihuahua mort, une mèche blonde peroxydée, des flaques d'huile, de l'essence, du sang. Tout près, un gigantesque camion de dix-huit mètres, cause de l'accident. La scène se passe en Louisiane. Dans cette Buick broyée se trouvait une femme, une "Hollywood movie star" de trente-quatre ans, danseuse nue à Las Vegas, célébrissime sex-symbol des années 1950. À partir de ce spectaculaire événement, la mort de Jayne Mansfield dans un crash automobile, Simon Liberati dresse un portrait de l'actrice, fouille dans les recoins les plus mystérieux de sa vie, retrace ses dernières heures. Il raconte la prédilection pour le rose et la tentation du satanisme, l'amour des chiens et le whisky à haute dose, les enfants orphelins et les coups de ses amants. La vie désaxée et la mort par décapitation. Fascination pour la violence, érotisme de la mort, joie de contempler et de dire la destruction, c'est le roman du morbid chic, du baroque moderne.


- Jeanne et Marguerite
de Valérie Péronnet
Éditions Calmann Lévy / Août 2011


Depuis toujours Jeanne prête sa plume à d'autres. Mais cette fois, elle raconte sa propre histoire. Une histoire d'amour étrange et fantasque, drôle et forte, avec un certain "James", qu'elle rencontre dans la pénombre, parfois, et qu'elle attend en écrivant. Elle raconte aussi, en parallèle, l'histoire de Marguerite. Celle d'un amour innocent et éperdu avec le bel Eugène, croisé sur la plage de Nice en 1906, qu'elle retrouve en vacances et qu'elle attend en écrivant. La Première Guerre mondiale bouleversera l'amour de Marguerite, l'Afghanistan, Gaza ou la Tchétchénie, celui de Jeanne. Jeanne et Marguerite est un texte doux et intime, où la violence des sentiments se dit sans emphase, mais avec des mots nus, vifs, et facétieux parfois, dont on s'aperçoit qu'ils ont mis longtemps à remonter à la surface. Un siècle, peut-être.


- Je ne suis pas celle que je suis
de Chahdortt Djavann
Éditions Flammarion / Août 2011


Des vies différentes dans des villes différentes, et une même femme. Deux histoires entrelacées. L'une, picaresque, nous fait voyager en compagnie de l'héroïne, qui traverse mille et une épreuves, de Téhéran au golfe Persique, de Dubaï aux rives du Bosphore. Et l'autre, intime, à Paris, se construit dans le cabinet d'un psy. Pour la première fois une psychanalyse nous est dépeinte, séance par séance, comme un tableau impressionniste. Le rapport au père, à la mère, aux hommes, la prison, la torture, le viol, la prostitution, la solitude, l'exil et la langue française dont il faut s'emparer pour faire le récit d'une vie, pour se réconcilier avec la vie sont les thèmes de ce livre.


- JR
de William Gaddis
Éditions Plon / Août 2011


Au centre de ce conte d'un comique colossal sur la libre entreprise se tient JR, un gamin de onze ans aux baskets élimées devenu, incognito, un empereur du capitalisme. Obsédé par l'argent, monomane du dollar, acharné du billet vert, JR est la victime tragi-comique de son propre mythe, qui est aussi celui de l'Amérique.


- Juste avant
de Fanny Saintenoy
Éditions Flammarion / Août 2011


Le bouleversant portrait croisé de Juliette, une vieille dame sur son lit de mort, et de son arrère-petite-fille Fanny, bousculée par la vie moderne. Leurs deux récits s'alternent en courts chapitres, entre drôlerie et poésie douce.


- Kafka sur le rivage
de Haruki Murakami
Éditions 10-18 / Août 2011


Un adolescent, Kafka Tamura, quitte la maison familiale de Tokyo pour échapper à une malédiction œdipienne proférée par son père. De l'autre côté de l'archipel, Nakata, un vieil homme amnésique, décide lui aussi de prendre la route. Leurs deux destinées s'entremêlent pour devenir le miroir l'une de l'autre, tandis que, sur leur chemin, la réalité bruisse d'un murmure envoûtant.


- Karitas
de Kristín Marja Baldursdóttir
Éditions Gaïa / Août 2011


Karitas est née au tout début du XXe siècle en Islande. Elle grandit dans une famille modeste dont le père, comme beaucoup de courageux marins, est disparu en mer. Karitas, la plus jeune des filles, s'occupera longtemps du foyer avant d'aller comme les autres jeunes femmes saler le poisson. Mais au fond d'elle-même elle se sent une âme d'artiste et dessine comme son père lui avait appris. Karitas rêve d'une tout autre vie. Lorsqu'elle croise par hasard une femme extraordinaire avec son chevalet et sa palette de couleurs, son destin bascule. Contre vents et marées, elle s'acharnera à peindre un art abstrait alors que la nature sauvage et sublime l'entoure. Magistrale reconstitution historique, sociale et humaine située dans un décor époustouflant, Karitas est un roman-fleuve, où l'auteur, utilisant sa plume comme un pinceau, suscite une grande émotion et un attachement immédiat à l'héroïne.


- L'aimer ou le fuir
de Delphine de Malherbe
Éditions Plon / Août 2011


L'amour reste le plus sûr moyen de guérir quelqu'un de ses démons ou, inversement, de le détruire. Quand l'immense écrivain Colette, si moderne et si classique à la fois, s'éprend du fils de son second mari, tout s'écroule. Elle a 47 ans et lui 17. Vivre cet amour ou le fuir? Elle cherche la réponse dans son passé. À 20 ans, elle avait épousé Willy, un séducteur compulsif qui signait de son nom les livres qu'elle écrivait. Pour pouvoir le quitter, elle devra gagner sa vie en prenant des risques: danser nue, porter le costume et montrer un sein, se muer en chroniqueuse judiciaire ou en critique de théâtre. Delphine de Malherbe fait entrer comme personne le lecteur dans le cœur et la tête de cette femme fascinante, à l'instant où sa vie bascule.


- L'envie
de Sophie Fontanel
Éditions Robert Laffont / Août 2011


"Pendant une longue période, qu'au fond je n'ai à cœur ni de situer dans le temps, ni d'estimer ici en nombre d'années, j'ai vécu dans peut-être la pire insubordination de notre époque, qui est l'absence de vie sexuelle. Encore faudrait-il que ce terme soit le bon, si l'on considère qu'une part colossale de sensualité a accompagné ces années, ou seuls les rêves ont comblé mes attentes, mais quels rêves?, et où ce que j'ai approché, ce n'était qu'en pensée, mais quelles pensées. Sur ce rien qui me fut salutaire, et dans lequel j'ai appris à puiser des ressources insoupçonnées, sur ce qu'est la caresse pour quelqu'un qui n'est plus caressé et qui, probablement, ne caresse plus, sur l'obsession gonflant en vous et dont on dit si bien qu'elle vous monte à la tête, sur la foule résignée que je devine, ces gens que je reconnais en un instant et pour lesquels j'éprouve tant de tendresse, je voulais faire un livre".


- L'équation africaine
de Yasmina Khadra
Éditions Julliard / Août 2011


Médecin à Francfort, Kurt Krausmann mène une existence ordinaire, limitée à ses allers-retours entre son cabinet de consultation et son appartement bourgeois. Jusqu'au drame familial qui va le précipiter dans le désespoir. Afin de l'aider à surmonter son chagrin, son meilleur ami, Hans, un riche homme d'affaires versé dans l'humanitaire, lui propose de l'emmener sur son voilier jusque dans les Comores, pour les besoins d'une bonne cause. Au large des côtes somaliennes, leur bateau est assailli par des pirates. Kurt et Hans sont enlevés puis transférés dans un campement clandestin. Dans leur geôle improvisée, se trouve déjà Bruno, un otage français que tout le monde semble avoir oublié, et qui tente péniblement de concilier sa passion pour le continent africain avec l'angoisse de sa captivité. Une détention à l'issue incertaine, des conditions de vie innommables, une promiscuité dangereuse avec des mercenaires sans pitié, c'est le début d'une descente aux enfers dont personne ne sortira indemne. Mais parce que le drame est propice aux revirements de situation, c'est aussi pour Kurt le début d'une grande histoire d'amour.


- L'histoire de l'histoire
de Ida Hattemer-Higgins
Éditions Flammarion / Août 2011


Margaret, jeune femme torturée, se retrouve un jour déguenillée, tremblante et complètement perdue, en lisière de forêt .aux alentours de Berlin. Elle n'a plus aucun souvenir, ni de la veille, ni des mois précédents. Deux ans plus tard, la jeune femme commence à avoir d'inquiétantes hallucinations: elle voit Berlin déformée, personnifiée. Des fantômes d'anciens nazis apparaissent aux balcons, les immeubles deviennent des formes de chair, d'os et de sang, un faucon à tête de femme la guette d'un air menaçant. Ida Hattemer-Higgins nous parle de l'amnésie, du défaut de mémoire, qu'il soit individuel ou national. Elle nous parle d'oubli, de déni, de mythes et de rédemption.


- La comtesse et les ombres
de Carey Wallace
Éditions Presses De La Cité / Août 2011


Début du XIXe siècle, dans une vallée italienne. Alors que la comtesse Carolina Fantoni s'apprête à épouser Pietro, le célibataire le plus couru de la région, un terrible voile vient obscurcir son bonheur: elle est en train de perdre la vue. Inexorablement, son champ de vision se réduit, lui dissimulant la beauté des paysages qui lui sont si chers. Ses parents refusent de la croire, tout comme son fiancé. Seul Pellegrino Turri, inventeur excentrique et ami de longue date, la comprend. Epris de la comtesse depuis leur rencontre des années auparavant, le jeune homme met au point une invention révolutionnaire: la première machine à écrire, qui va permettre à Carolina de communiquer avec son entourage. Cette invention, qui suscite la convoitise dans la vallée, va sceller le destin de ces deux rêveurs, qui entament une correspondance secrète et dangereuse.


- La confusion des peines
de Laurence Tardieu
Éditions Stock / Août 2011


"J'ai toujours su qu'un jour, ce livre, je l'écrirais. Il m'a fallu du temps. Il m'a fallu écrire d'abord d'autres livres, plus doux, plus feutrés, inventer des histoires, sans doute tentatives d'approche de celui-ci. Un jour d'août 2009, parce qu'il ne pouvait plus en être autrement, j'ai su que j'allais enfin affronter ce autour de quoi j'avais toujours tourné. On écrit de très loin. De ce qui ne peut se dire. Vient un moment où écrire, c'est aller chercher tout ça, qui se tenait enfoui, secret, pour le libérer enfin, afin de pouvoir continuer à vivre. La confusion des peines, c'est le livre d'une fille pour son père. La fille, la narratrice, prend appui sur le silence qui depuis dix ans a entouré la condamnation de son père et, dans le même temps, la mort de sa mère, pour tenter de retracer un cheminement: qui est cet homme, qu'enfant elle a aimé d'un amour fou, qui lui apparaissait tellement au-dessus des autres, qui un jour s'est brutalement retrouvé condamné pour corruption, et qu'aujourd'hui elle ne sait plus rejoindre? Comment comprendre, accepter, qu'un homme n'est pas un mais multiple, secret, contradictoire, faillible, humain? Et, ce cheminement étant fait, comment sortir du silence qui la lie depuis toujours à ce père, si proche et si lointain, pour s'arracher à lui et exister enfin? N'être plus la fille, devenir une femme? La confusion des peines, c'est cette expérience: celle, miraculeuse, que permet l'écriture: passer d'une rive à une autre, naître, enfin". Laurence Tardieu


- La femme et l'ours
de Philippe Jaenada
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2011


Jadis, Serge Sabaniego, surnommé Bix, ne se couchait jamais avant l'aube. C'était du temps où il n'était pas marié, et surveillé, père de famille et unique salaire. Une vie rangée? C'est un révolté placide, un enragé doux, un pantouflard qui se rêve en tigre (ou en ours). Et puis, un jour, une dispute conjugale, et le voilà parti, sac écossais sur l'épaule, dans une errance fortement alcoolisée, un bad trip aux couleurs de tous les bars du canal Saint-Martin, puis par cercles concentriques, le Lutetia, et enfin un banc à Monaco. Splendeur, décadence et résurrection d'un Ulysse d'estaminet, d'un Don Quichotte dont les moulins à vent seraient autant de brunes à fortes poitrines et à cervelles réduites. Sur le chemin qui le mène en enfer, on croise toute une humanité fracassée, des compagnons de beuverie, gueules cassées et amnésiques, une fille-fantasme, un ours kidnappeur, un champion de poker qui perd sa vie par insouciance, et même un couple échangiste en bonne santé. La touche Philippe Jaenada, c'est la drôlerie et le désespoir, la déambulation et la lenteur, la chute sans fin et la lumière, là-bas, au bout du tunnel. C'est un romancier moderne et rock, donc un menteur qui dit la vérité.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 15:03

- La fille tombée du ciel
de Heidi W. Durrow
Éditions Anne Carrière / Août 2011


À onze ans, Rachel Morse, fille d'une mère danoise et d'un père G.I. noir américain, voit sa vie basculer: un drame dont elle est la seule survivante lui arrache sa famille. Recueillie par sa grand-mère paternelle, une femme aussi aimante qu'intransigeante, Rachel découvre bientôt la difficulté d'être métisse dans une société qui donne trop d'importance à la couleur de peau. Des voix se mêlent à son récit pour dévoiler la véritable nature de la tragédie qui s'est déroulée, un triste jour d'été, sur un toit de Chicago. La plus vibrante d'entre elles est celle de Brick, un jeune voisin qui a assisté à sa chute et qui se retrouve, bien malgré lui, dépositaire du seul fragment de vérité susceptible de libérer Rachel des ombres de son passé.


- La légende des fils
de Laurent Seksik
Éditions Flammarion / Août 2011


Phoenix, Arizona, automne 1962. Scott vit des instants de grâce auprès d'une mère aimante et tente d'échapper à l'ivresse sauvage d'un père revenu brisé de la guerre. Scott est un doux rêveur, en quête d'absolu et de grands espaces. Chaque jour s'ouvre sur les retrouvailles avec sa mère, infirmière de nuit au Mémorial Hospital, et s'achève sous la menace du tyran à la patte folle. Un matin d'octobre, mère et fils prennent la fuite en direction de Flagstaff. Le destin les attend sur la route 17. Avec Les derniers jours de Stefan Zweig, Laurent Seksik retraçait la tragédie d'un homme meurtri. La Légende des fils raconte l'odyssée d'un adolescent dans l'Ouest américain des années 1960. Le récit de l'innocence perdue.


- La loi du plus fort
de Frédéric Chouraki
Éditions Denöel / Août 2011


Écrivain confidentiel et dilettante endurci, Samuel jongle avec le fisc et les Assedic. Acculé, il se décide à prendre un emploi de commercial à la Défense chez Jonas Wolf, fils à papa raté et néolibéral mégalomane. Chargé de démarcher un hypothétique marché hindou, il devient rapidement son homme à tout faire. En huis clos avec ce patron tyrannique et névrosé qui masque sa nullité sous des airs de prédateur, Samuel doit réinventer l'art de la guerre. Dans son entourage, tout se délite: Arsène, son compagnon, victime d'une usurpation d'identité, est persécuté par le fisc et subit une impitoyable descente aux enfers. Freddy Costume, un cadre sup canadien en rupture de ban, s'enfonce dans la folie mystique. Quant à Ester, journaliste dans la presse féminine, elle se trouve harcelée par un mari qu'elle veut quitter. Servi par une écriture caustique et subtile, La Loi du plus fort est la comédie d'un monde d'après-crise. Le roman d'une génération fantôme qui n'a plus ni argent ni certitude d'être subversive. Le harcèlement y est la règle et chacun est contraint d'usurper son rôle, dans un constant abus de pouvoir, financier ou amoureux.


- La mer était si calme
de Yves Viollier
Éditions Robert Laffont / Août 2011


À travers la vie de quatre familles, Yves Viollier écrit le roman de la catastrophe qui a frappé la France en 2010: la tempête Xynthia. Au soir du 27 février 2010, les habitants de la Faute-sur-Mer se sont endormis paisiblement sans s'inquiéter de la tempête annoncée. C'est à 3 heures du matin que les digues ont lâché et que la mer est montée. Lentement, inexorablement, elle a noyé les plages, les routes, les jardins et, sans jamais modifier son allure, elle a enlacé les maisons, piégé les résidents et tenté de les engloutir. À travers l'histoire de quatre familles, Yves Viollier raconte ces heures atroces que ces hommes, ces femmes et ces enfants ont dû affronter en tentant de toutes leurs forces de survivre. Il y a les Clemenceau, Guillaume et Alexandra, et leur toute petite fille Amandine, les Murail, un vieux couple installés là depuis toujours, Julie, la jeune célibataire et son chat, et enfin les Montauran, grands-parents de Jérémie et de Claire que leurs parents leur ont confiés pour les vacances scolaires. Torturés par l'angoisse, la culpabilité, le désespoir, s'accrochant au moindre espoir, montant sur les chaises, les tables, les meubles, poussés inexorablement vers le plafond et le toit, tous tenteront d'échapper à cet élément si familier devenu en quelques heures un ennemi mortel. Tous ne seront pas sauvés.


- La question finkler
de Howard Jacobson
Éditions Calmann Lévy / Août 2011


Julian Treslove et Sam Finkler se connaissent depuis l'enfance, Libor Sevcik est leur ancien prof d'histoire. Au fil des ans, la vie les a séparés sans qu'ils se perdent tout à fait de vue. La mort des épouses de Finkler et de Libor va les réunir de nouveau, Treslove, veuf honoraire, passe quelques heures délicieusement pénibles avec ses deux amis, à se rappeler le passé. Or, ce soir-là, en rentrant chez lui le cœur lourd, il est victime d'une banale agression qu'il passera des jours à décortiquer. Peu à peu, une certitude s'impose à lui, on l'a pris pour un juif. Et s'il l'était vraiment?


- La répétition
de Eleanor Catton
Éditions Denöel / Août 2011


Un scandale éclate dans un lycée de jeunes filles: M. Saladin, le professeur de musique, est renvoyé pour avoir entretenu des relations coupables avec l'une de ses élèves, Victoria. Les camarades de classe de l'adolescente et sa jeune sœur se confient tour à tour à leur professeur de saxophone. Toutes sont en émoi, comme brusquement propulsées dans un monde de désir, de choix, de fantasmes dont elles pressentent obscurément qu'ils forgent la vie tout entière. Les adultes, englués dans leurs angoisses et leur lâcheté, essaient tant bien que mal d'endiguer l'onde de choc. L'affaire agite les conversations jusqu'à l'obsession et l'école de théâtre locale finit même par l'adapter en pièce de fin d'année, brouillant définitivement les frontières entre réalité et fiction. En cours de saxophone ou sur les planches, les jeunes personnages expérimentent leur propre désir et celui d'autrui. En sortiront-ils indemnes? De cette affaire tristement banale, Ellie Catton tire un formidable roman d'apprentissage, juste, bouleversant et, surtout, extrêmement original.


- La vieille dame du Riad
de Fouad Laroui
Éditions Julliard / Août 2011


Comment partager son espace avec quelqu'un qui vous est totalement étranger? Telle est la question. À travers cette fable tragi-comique, Fouad Laroui pose la question des rapports entre la France et le Maroc dans leurs dimensions historique, affective et culturelle. Sur un coup de tête, François et Cécile lâchent tout à Paris pour aller s'installer à Marrakech. Quel choc quand ils découvrent, dans une petite pièce au fond du riad qu'ils viennent d'acquérir, une vieille femme qui y semble installée de toute éternité. Ni l'agence immobilière ni les anciens propriétaires ne sont en mesure de leur expliquer ce qu'elle fait là. La femme est très vieille, paisible, parlant quelques mots d'un dialecte que personne ne comprend et ne paraît absolument pas disposée à quitter les lieux. Cette présence dérangeante plonge le jeune couple dans le plus profond des embarras. Pétris de valeurs humanistes, ils ne savent comment gérer cette situation. Pas question de jeter à la rue une personne aussi fragile. Aucune institution n'est prête à l'accueillir. Impossible de retrouver sa famille. Comment aménager cette cohabitation? La faire travailler contre le gîte et le couvert? Mais pour faire quoi? La considérer comme une amie de la famille? Mais ils n'ont absolument rien en commun. Lui trouver une chambre en ville? Impossible de la faire partir manu militari. Accomplir un acte charitable et l'accueillir comme une SDF? Se soumettre et accepter cette étrange situation? Mais cette présence, aussi discrète soit-elle, reste une intrusion insupportable et un viol de l'intimité de ce couple plein de bonnes intentions. Avec cette fable drôle et touchante, Fouad Laroui s'interroge de façon faussement naïve sur les différences culturelles et leur difficile cohabitation.


- Le ciel de Bay City
de Catherine Mavrikakis
Éditions 10-18 / Août 2011


À Bay City, Amy grandit sous un ciel lourd de fantômes, vestiges d'un passé que les siens tiennent enfoui. Rongée par cette mémoire collective, ses jours sont habités par de sourdes obsessions. Jusqu'à ce terrible soir de juillet 1979 ou sa famille entière part en fumée, la laissant seule capable d'exorciser la malédiction familiale et de construire un avenir.


- Le dernier testament de Ben Zion Avrohom
de James Frey
Éditions Flammarion / Août 2011


Ils disent que le Messie est toujours vivant. Qu'il vit à New York en plein XXIe siècle. Qu'il a des liaisons avec des hommes, engrosse les filles, soigne les malades et euthanasie les mourants. Ils disent qu'il défie le gouvernement et bafoue le sacré. Et vous, que feriez-vous si vous le rencontriez et qu'il changeait votre vie? Le prendriez-vous au sérieux? Une chose est sûre: que vous soyez bouleversés ou enragés, vous serez fascinés par ce chef-d’œuvre de James Frey, aussi révolutionnaire et irrévérent que profondément sensible.


- Le jardin
de Bertina Henrichs
Éditions Cherche Midi / Août 2011


Ultime bout de l'Europe. Au bord de l'Atlantique, durant un printemps maussade, Marthe prépare son jardin. Sa vie est devenue trop tranquille. Depuis la mort de son mari, Paul, les sollicitations se font rares, jusqu'à ce que s'introduise, dans sa boîte aux lettres, un prospectus qui chamboulera tout.


- Le kiosque
de Olga Grushin
Éditions Payot & Rivages / Août 2011


En Union soviétique, à une époque non déterminée, une rumeur circule selon laquelle un célèbre compositeur en exil revient à Moscou pour un dernier concert. Une file d'attente commence à se former devant un kiosque. Sergueï, musicien rêvant d'interpréter une symphonie, apprend qu'il n'y aura que 300 places disponibles avec un seul billet par personne. Il est alors persuadé que c'est lui, et personne d'autre de sa famille, qui a le droit d'aller écouter Selinsky. Peu à peu, des gens qui ne se connaissent pas se retrouvent, chaque jour, pendant un an. Et, au fil du temps et des saisons qui passent, alors que le kiosque reste fermé, ces "silhouettes" anonymes prennent corps. Des amitiés improbables se nouent, des souvenirs enfouis refont surface, des événements inattendus les aident à dépasser les frustrations quotidiennes. Comme le précise l'auteur, elle s'est inspirée d'une histoire vraie. En 1962, le célèbre compositeur Igor Fiodorovitch Stravinsky est invité par le régime soviétique à venir diriger un concert à Moscou; ce sera son premier voyage de retour dans son pays natal après presque 50 ans d'absence. La file d'attente pour les billets commença un an avant le spectacle et se transforma en un étrange et compliqué réseau social.


- Le nom de son père
de Stéphane Guibourgé
Éditions Stock / Août 2011


Vincent et Anna se rencontrent en 1986. Ils ont vingt ans, appartiennent à une génération, à une époque de bruit et de fureur, qui n'est pas faite pour eux. Ils s'aiment quelque temps et se séparent. Se retrouvent de loin en loin, d'années en années, ne cessent pas de s'aimer, à leur façon. Anna voyage, elle restaure des œuvres d'art, en différents endroits du monde, arrachant au silence la beauté de peintures effacées, tandis que Vincent s'adonne à sa passion, à sa raison de vivre, l'escalade; il s'échappe toujours d'un monde qui l'étouffe. Un jour, Vincent disparaît. Se fait passer pour mort en montagne. Anna guette longtemps son retour, puis, alors qu'elle ne l'espère plus, elle voit resurgir par hasard cet homme qu'elle aime encore. Pourtant, respectant sa liberté, elle l'incitera à partir vers une quête insatiable et brutale, qui conduira Vincent sur la trace de son père. Il est temps pour Vincent d'affronter ses origines. Quel est cet homme venu travailler en France, qui l'a abandonné pour retourner dans son pays? Quels mots berbères lui murmurait-il? L'histoire du Nom de son père est autant l'histoire de Vincent que celle de Mokhtar, ouvrier marocain exilé en France.


- Le pacte des vierges
de Vanessa Schneider
Éditions Stock / Août 2011


2008, Gloucester, États-Unis. Dix-sept jeunes filles d'un même lycée tombent enceintes en même temps. Stupeur dans la ville. La rumeur publique fait état d'un pacte. Les gamines se seraient concertées pour faire et élever leurs enfants ensemble. Qu'en est-il exactement? À une journaliste venue enquêter sur l'événement, quatre d'entre elles se racontent. Il y a Lana, la meneuse, dont le père a disparu un jour, la laissant seule avec une mère devenue mutique, abrutie de médicaments, d'alcool et de télévision. Placée un temps dans un foyer, elle y a rencontré Cindy dont la mère a quitté le domicile pour s'enfuir avec le plombier et que sa tante a ensuite recueillie. Il y a Sue, coincée entre ses parents puritains et bien-pensants, et Kylie, qui partage la passion de sa mère pour Kylie Minogue et enchaîne les concours de Mini-Miss depuis toute petite. Leurs voix se succèdent pour évoquer le "groupe", leurs relations, le mystère de leur grossesse multiple et ce pacte, qui leur permet d'échapper au quotidien d'une ville portuaire où le chômage et ses conséquences déciment les familles et laissent peu de place à un avenir meilleur. À travers la narration croisée de ces quatre vies d'adolescentes, à travers le récit de leur enfance et de leurs blessures, de leurs espoirs et de leurs bonheurs, Vanessa Schneider nous raconte avec tendresse et non sans humour une certaine société américaine entre désœuvrement, rêves et réalité.


- Le palais de mémoire
de Élise Fontenaille
Éditions Calmann Lévy / Août 2011


Depuis que je suis revenu dans la fumerie, j'ai cessé de souffrir, je vis reclus dans mon palais de mémoire. Les yeux clos, l'embout brûlant entre les lèvres, je vois Jade tel qu'il m'apparut en ce jour lointain, à la grande chasse d'automne, son faucon sur un bras. Dans les limbes d'une fumerie d'opium, le jésuite Artus de Leys, déserté par la foi, déchiré par l'amour, hésite entre le réconfort de l'oubli et la douleur du souvenir. L'homme qu'il aime n'existe plus que dans son esprit, et pour l'y faire revivre sans cesse, Artus bâtit un édifice imaginaire hérité d'un art antique: un palais de mémoire. Au fil des "pièces" qu'il y ajoute, il se revoit arrivant en Chine pour former les jeunes lettrés de la Cité interdite à l'invitation de l'empereur Kangxi. Il revisite sa vie parisienne, convoque ses amis d'antan. Il chevauche à travers la Mandchourie au côté de Jade, son élève bien-aimé, prince qu'il initie à l'ars memoriae et à la foi chrétienne. Mais Artus ne peut repousser le souvenir du tour funeste que prendra leur passion, sous peine de voir s'effondrer son palais de mémoire. À travers ce conte tourmenté, exquis, Élise Fontenaille entraîne le lecteur sur des chemins intellectuels, spirituels et sensuels, dans un voyage hypnotique.


- Le pied mécanique
de Joshua Ferris
Éditions JC Lattès / Août 2011


Tim Fanrsworth est un homme séduisant. Les années paraissent ne pas avoir prise sur lui, il ressemble toujours à ces stars de cinéma que les femmes admirent tant. Il aime sa femme, Jane, superbe elle aussi, et, en dépit des épreuves du quotidien et des petites tentations, nées de longues années de vie commune, leur mariage est heureux. Le travail de Tim est sa passion, associé d'un grand cabinet d'avocats de Manhattan, il gère les affaires les plus importantes. Même lorsque sa fille unique, Becka, se cache derrière sa guitare, ses dreadlocks et ses rondeurs, il n'a de cesse de lui répéter en père modèle et aimant qu'elle est, pour lui, la plus jolie fille du monde. Tim a tout pour être heureux, il aime sa femme, sa famille, son travail, sa maison. Mais un jour, il se lève de son siège et s'en va. Il se met à marcher et ne peut plus s'arrêter. Ces crises peuvent durer quelques jours ou quelques années. Alors, il perd tout ce qui lui semblait à jamais acquis, un présent heureux, un avenir serein, toutes ses certitudes. Pour combattre ce mal mystérieux qui grignote sa vie, ses passions, son âme, Tim doit renoncer à ce qu'il croyait être, porter un casque plein d'électrodes sur son crâne nu, quitter son travail, accepter l'inconnu. Le portrait bouleversant d'un homme dépouillé de tout et d'une famille bouleversée par la folie et l'absence mais qui résiste, se bat, s'aime. C'est un roman d'amour étonnant ainsi qu'une réflexion fabuleuse et émouvante sur le corps et l'esprit et sur ce qui fonde notre identité.


- Le Seigneur des Atolls
de Pascal Martin
Éditions Presses De La Cité / Août 2011


Été 1968: Upo ("fêlé" en tahitien) se refait une vie au cœur de l'atoll de Tureia dont il découvre la culture maorie. Mais ce paradis terrestre est en danger: il recèle des trésors qui attisent les appétits les plus voraces et des essais nucléaires sont pratiqués à proximité sans que la population en soit informée. Un an plus tard: Foch est le seigneur de l'atoll et y règne en maître absolu et respecté. Chrétien, Upo et Foch sont un seul et même homme, recherché par la DST et par les barbouzes. Lui veut simplement préserver son île de la contamination nucléaire et des dérives mercantiles. Son arme? Un secret qui, révélé au monde, remettrait bien des choses en question.


- Le silence ne sera qu'un souvenir
de Laurence Vilaine
Éditions Gaïa / Août 2011


Le vieux Mikluš se déciderait-il à parler? Rongé par le remords d'avoir gardé le silence, il s'en remet à un journaliste venu à l'occasion des vingt ans de la chute du Mur de Berlin, et raconte les siens, cette communauté rom installée sur une rive slovaque du Danube. Dilino est le souffre-douleur de la bande, parce qu'il est différent avec son air de gadjo. Il ignore qui est cette femme qui s'occupe parfois de lui. "La Vieille" s'appelait Chnepki et avait une voix d'ange. Elle fut brisée en plein vol un matin de 1942 et réduite au silence des années durant. Jusqu'au jour où apparut Lubko, le sculpteur de marionnettes qui jouait du violon comme un Tsigane. À l'heure où de plus en plus de crânes rasés tapissent la ville de croix gammées, Mikluš éclaire ces existences opprimées, révèle les non-dits. Et balaie les étiquettes pour laisser surgir les visages.


- Le soleil, l'herbe, et une vie à gagner
de Charles Consigny et Thierry Consigny
Éditions JC Lattès / Août 2011


"Mon père était venu un jeudi matin me cueillir à l'hôpital après un bad trip de cocaïne, après que je lui ai expliqué méthodiquement l'ampleur de mon désastre affectif, le manque, la souffrance d'être homo, le dégoût des hommes. L'humanité me dégoûte". L'Hôtel-Dieu, un matin d'hiver. Thierry va chercher Charles, son fils. À vingt ans, Charles vit une descente aux enfers, la drogue, les dettes et un chagrin d'amour. Il aura fallu cette nuit terrible pour que Thierry mesure toute la détresse de son fils. Pour ne pas s'effondrer, et pour aider Charles à goûter à nouveau à la vie, le père et le fils vont entreprendre ce récit à deux voix, sans en connaître la fin. Où l'on découvre que les failles, la peur de grandir, la peur de vivre aussi, se répondent. La coke, le sexe, la culpabilité, la mort de Lara, leur sœur et fille, l'argent se mélangent à la douceur, la tendresse, les rires. C'est l'hiver et leur vaste chantier est une magnifique ode à l'amour et à l'espoir. Une histoire qui se joue à Paris, à l'île d'Yeu et en Bourgogne, dans la maison de famille. On y retrouve le charme des souvenirs d'enfance, la cruauté des coups du sort et le désenchantement des enfants gâtés. Tant de vies sont ratées, mais pour ces deux-là, tout commence.


- Le souvenir du monde
de Michel Crépu
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2011


Chateaubriand est un mal-aimé. Boudé par sa famille, les anti-modernes, honni par les révolutionnaires, il demeure un romantique trop peu sulfureux. Et pourtant… Séducteur invétéré, frère amoureux de sa propre sœur, chantre ambigu de la liberté, royaliste scandaleux, Chateaubriand reste un des écrivains les plus complexes de la langue française. Admirée par de Gaulle et objet de fascination pour Gracq et Sainte-Beuve, son œuvre immense est le témoin privilégié de la période révolutionnaire, de l'Empire, et des débuts de la république. Il était donc temps que Michel Crépu ressuscite l'auteur des Mémoires d'outre-tombe et l'amant de Juliette Récamier. Peignant avec humour ce "jean-foutre qui avait raison sur les choses graves", il nous livre, outre le portrait d'un écrivain méconnu, la chronique d'une époque. De la pourpre consulaire aux champs de bataille, en passant par l'intimité des chambres de jeunes filles, Michel Crépu nous offre un essai brillant, et prodigieux de vérité.


- Le système Victoria
de Éric Reinhardt
Éditions Stock / Août 2011


Si David Kolski, architecte reconverti en directeur de travaux, avait renoncé à adresser la parole à cette inconnue croisée dans une galerie marchande, s'il lui avait dit: "Excusez-moi, je suis désolé, je vous ai pris pour quelqu'un d'autre", s'il avait su qu'en abordant une femme de cette stature il entraînerait son existence dans une direction impossible, Victoria de Winter n'aurait pas trouvé la mort onze mois jour pour jour après leur rencontre. Aujourd'hui, elle serait encore vivante, David ne vivrait pas retiré dans un hôtel de la Creuse, séparé de sa femme et de ses filles. Il n'aurait pas été détruit par le rôle qu'il a joué dans ce drame ni par les deux jours de garde à vue qui en ont découlé. Seulement, le visage de Victoria s'est tourné vers le sien et David a aussitôt basculé dans sa vie.


- Le Vazaha sans terre
de Michel Rio
Éditions Fayard / Août 2011


"La dérive du canot fut bientôt stoppée par un tapis de jacinthes d'eau. Je commençai à m'imprégner des lieux, sans réfléchir. Soudain ils m'envahirent, et pour la première fois depuis mon arrivée dans l'île je fis un véritable retour dans un monde disparu, un monde régi par l'espace seul, où le temps est aboli. Un monde où tout est à sa place, décors et acteurs, de toute éternité. Un monde où, depuis l'éveil de la perception et de la conscience des choses, les vieux ont toujours été vieux, les mères ont toujours été mères et les enfants, enfants, et le resteront toujours, vieux, mères et enfants. Un monde où les canaux ont l'éternité des fleuves, jamais creusés, où les grands arbres n'ont jamais été des pousses, où les crocodiles sont immuables. Un monde où les jours passent, mais sont les seuls à passer, parce que les jours ne sont pas le temps. Un monde où la mort est absente".


- Les amants de Francfort
de Michel Quint
Éditions Héloïse d'Ormesson / Août 2011


"La nuit où Lena et Florent devinrent amants, un double meurtre fut commis dans leur hôtel de Francfort?" De l'Allemagne qui lui a pris son père, Florent Vallin ne veut pas entendre parler. Mais après un passage obligé à Francfort où une brune incendiaire se trouve sur son chemin, le jeune éditeur à succès décide d'exhumer un passé familial douloureux. Sur les deux rives du Rhin, de Paris à Berlin, entre jeux de masque et secrets de cœur, il s'engouffre dans une époque sanglante où la bande à Baader et les anciens nazis avaient pignon sur rue. Quand l'Histoire rejoint l'histoire, Florent ne peut plus esquiver sa quête de la vérité, à la vie, à la mort.


- Les cœurs en skaï mauve
de Sacha Sperling
Éditions Fayard / Août 2011


"De l'âge de pierre au temps du plastique, on ne choisit pas ses idoles, mais d'artifices en artifices, ils trouveront bien un boulevard qui leur plaît. S'ils font semblant de croire aux mirages, ils ignorent tout de la poussière qui recouvre les routes. Jim et Lou fréquentent les mêmes chapelles, ils pensent que la vie serait plus simple au volant d'un Range Rover, au détour du soleil. Alors peut-être qu'un jour il l'emmènera pour de vrai".


- Les étincelles du bonheur
de Jérôme Arnaud Wagner
Éditions Michalon / Août 2011


"Certains soirs où la nuit était particulièrement belle, nous redescendions dans le jardin, afin de mieux voir la lune. Alors que le vent soufflait légèrement et faisait se balancer les ombres des immenses cèdres du Liban comme des sentinelles imposantes mais rassurantes, et que toutes les odeurs parfumées de cette terre du midi venaient chatouiller nos narines, ma grand-mère me prenait par la main, et nous nous enfoncions tous les deux dans l'obscurité de la nuit, seulement éclairés par la lune. Nous allions ramasser des feuilles de tilleul pour faire une tisane; ma grand-mère disait qu'elle aidait à bien digérer, et à dormir, ce qui était vrai. Et puis surtout, nous regardions notre amie la lune: - Tu vois, mon chéri, la lune est menteuse ! - Pourquoi, Manette? - Eh bien, lorsqu'elle est en forme de croissant, c'est qu'elle décroît, et lorsqu'elle dessine au contraire un D, c'est qu'elle croit. Depuis, je ne regarde plus tout à fait la lune de la même façon, et j'ai appris à me méfier de l'apparence des choses". Jérôme-Arnaud Wagner signe un deuxième livre sur son histoire d'amour avec sa grand-mère "Manette", et le lien qui les unissait par-delà les générations.


- Les îles
de Philippe Lançon
Éditions JC Lattès / Août 2011


C'est l'histoire d'une femme élégante et éduquée de Hong-Kong qui devient folle lors d'un voyage à Cuba. C'est l'histoire des raisons pour lesquelles elle y est allée. C'est l'histoire de l'effet de cette folie sur celui qui la raconte, l'imagine: ses souvenirs, ses amours, ses amis, ses rêveries. C'est l'histoire d'un homme dont le cœur est vissé à ces deux îles où rien n'aurait jamais dû le conduire, sinon l'obscur et capricieux désir de vivre l'instant, de n'en plus sortir, de l'écrire et d'aimer. C'est l'histoire de gens qui vivent à Hong-Kong, à Paris, à Cuba, en Inde. Ils sont seuls et voyagent parce qu'ils sont seuls. Ce sont des îles.


- Les villes de la plaine
de Diane Meur
Éditions Sabine Wespieser / Août 2011


Dans une civilisation antique imaginaire, mais qui éveille en nous un curieux sentiment de familiarité, le scribe Asral se voit chargé de produire une copie neuve des lois. Grâce aux questions naïves de son garde Ordjéneb, il s'avise bientôt que la langue sacrée qu'il transcrit est vieillie et que la vraie fidélité à l'esprit du texte consisterait à le reformuler, afin qu'il soit à nouveau compris tel qu'il avait été pensé quatre ou cinq siècles plus tôt. Peu à peu, cependant, le doute s'installe. Qui était Anouher, législateur mythique dont on a presque fait un dieu? Ces lois qui soumettent à un contrôle de chaque instant la vie publique, les relations privées et jusqu'au corps des femmes, sont-elles toutes de sa main? Et Asral a-t-il plus de chances de le savoir un jour que de se faire aimer de Djinnet, un jeune chanteur du faubourg des vanniers? C'est tout le talent de Diane Meur que de nous faire réfléchir aux grandes questions de la religion et de nos systèmes politiques par le biais de ce récit haletant, où souffle un vent de liberté jubilatoire et contagieux. Nous suivons Asral dans sa quête, et Ordjéneb dans sa progressive initiation, avec le même plaisir que nous voyons se déliter l'un après l'autre les traditions et les rituels de cet ordre social rigide. Les suivrons-nous jusqu'au bout? Ou préférerons-nous retomber en proie à la fascination du mythe, comme ces archéologues prussiens que nous découvrons, vers 1840, en train d'exhumer les premiers vestiges de la ville disparue? Entre drame et satire, roman d'amour et fable rationaliste un peu folle, se trouve ici campé un univers qu'on quitte à regret.


- Latex etc...
de Margaux Guyon
Éditions Plon / Août 2011


Que faire quand on habite la petite ville de C. et que l'on trouve le temps désespérément long? Margaux, dix-huit ans, est partagée entre les copains, les livres, l'art de la vanne sèche et les soucis vestimentaires. Et ce n'est pas dans sa famille, mère démissionnaire, père absent et sœur frappée de mysticisme et d'acné juvénile, qu'elle trouvera un divertissement à son ennui. Apparaît alors une solution, temporaire, à son désœuvrement. Histoire de s'oublier, elle se jette dans les bras de la bonne bourgeoisie d'Avignon, la grande ville toute proche qui, elle, ne l'oubliera pas. Et la payera cher. Call-girl de hasard, elle dépense ce qu'elle gagne en s'achetant fanfreluches et accessoires, notamment le Mac sur lequel elle raconte sa lamentable, joyeuse et trop véridique existence. Entre heurs et malheurs, une histoire faite d'amours vénales, et sans joie. Évidemment, cela ne peut que mal finir.


- Mimi
de Sébastien Marnier
Éditions Fayard / Août 2011


À l'école, JP ne pige rien; à la maison, il traîne son ennui en évitant les claques de son père ou les vannes de ses cinq frères; dans son lit, la nuit, il ressasse ses frustrations, ses peurs, son envie d'en découdre avec la terre entière. Chez lui, cité des 4000 à La Courneuve, il a parfois l'impression que seul le vacarme peut venir à bout de sa solitude. C'est avec ses potes que JP se sent enfin exister. Toujours ensemble, toujours dans la surenchère, toujours plus aveuglés par un sentiment d'impunité, ils aiment jouer les durs, et surtout martyriser le premier de la classe: Barthélémy, un blondinet avec une tête de vainqueur. La bande grandit, se disloque, les copains s'en sortent plus ou moins, trouvent du boulot, tombent amoureux. JP est à la traîne. Du boulot, il en a, mais minable. Quant à tomber amoureux, impossible: JP ne connaît des femmes que les mères exténuées ou les actrices des pornos. Alors rien ne l'apaise. Ses terreurs d'enfant dégénèrent en obsessions, la cruauté mentale et la tyrannie sexuelle occultent la misère affective. Il faut que JP se défoule. Ça tombe bien, Barthélémy repasse par là.


- Mingus Mood
de William Memlouk
Éditions Julliard / Août 2011


Sur fond de ségrégation raciale dans l'Amérique des années 50, Mingus Mood s'inspire de l'existence fougueuse et rebelle du célèbre jazzman Charlie Mingus. Un premier roman sensuel, lyrique et envoûtant, à l'image même de la musique de Mingus. En 1957, Charlie M., célèbre contrebassiste et compositeur de jazz, quitte New York sur un coup de tête pour rejoindre Tijuana, ville frontière mexicaine, à bord d'une voiture qu'il vient de gagner dans une joute musicale. Que fuit-il? L'humiliation des lois ségrégationnistes nord-américaines? Ou son amour impossible pour une femme blanche de Greenwich Village? Sait-il déjà que toute sa révolte et sa passion s'incarneront là-bas dans son plus bel album, Tijuana moods? En 1981, interviewé par une journaliste dans un bar de La Nouvelle-Orléans, un vieil ami se remémore les fragments de sa vie aux côtés de Mingus. Le narrateur évoque alors l'enfance du petit Charlie, confronté au racisme ordinaire, le traumatisme de la mort de sa mère, sa colère montante face aux injustices sociales. Puis vient son extraordinaire ascension musicale, sa passion pour la boxe, cette folie sourde qui le menace, son expérience de la psychanalyse, son besoin farouche de liberté, d'alcool et de drogue. Jusqu'à cette rencontre improbable avec une femme blanche qu'il séduit instantanément, et dont il tombe éperdument amoureux. Mais leurs univers se révéleront trop radicalement éloignés. Atteint d'une maladie dégénérative, Charlie terminera tragiquement son existence, paralysé sur un fauteuil roulant. S'il n'a pas eu de son vivant la reconnaissance qu'il méritait, tous ceux qui l'ont connu s'accordent à voir en lui, plus encore qu'un virtuose, un véritable génie. Ses légendaires accès de rage, sur la scène comme dans sa vie privée, traduisent le combat qui fut le sien contre une Amérique qui n'avait cessé de le rejeter. Construit comme une brillante improvisation musicale, mêlant éléments biographiques et imaginaires, ce récit retrace la trajectoire fulgurante d'un des musiciens les plus importants du XXe siècle. À travers la reconstitution des moments clefs de sa vie, se dessine le portrait captivant d'un homme possédé par le jazz, ayant voué sa vie entière à la musique.


- Mondial nomade
de Philippe Pollet-Villard
Éditions Flammarion / Août 2011


Jean-Charles Rem a fait fortune en créant la plus grande société mondiale de gardiennage mobilier. Lassé de sa vie d'entrepreneur à la retraite, il décide de rechercher un homme qui lui rappelle sa jeunesse perdue, lorsqu'il se voyait en aventurier plein d'avenir. Sa quête le conduira en Inde, devenue une gigantesque usine de l'industrie européenne délocalisée.


- Muse
de Joseph O'Connor
Éditions Phébus / Août 2011


Elle était pauvre, irrévérencieuse, sensuelle, très belle et rebelle à toute autorité, sauf à celle du génie et de l'amour. Elle s'appelait Molly Allgood, elle fut une comédienne aussi prometteuse que courtisée, et eut pour amant l'un des plus grands dramaturges irlandais, John Millington Synge. C'était en 1907, l'année de la création du Baladin du monde occidental au théâtre de l'Abbaye, dans un Dublin bruissant de rumeurs. Molly avait dix-neuf ans, John trente-sept. Il fut son Pygmalion, elle sa muse. Leur passion aurait-elle pu résister au poids des conventions et à l'hostilité de leurs proches? À Londres, près de cinquante ans plus tard, l'actrice déchue hante les rues noyées dans le brouillard. Peu à peu, les souvenirs resurgissent, comme le désir pour celui qu'elle n'a jamais réussi à oublier. Joseph O'Connor fait revivre deux êtres d'exception dans ce roman forgé de lumière et d'airain.


- Nestor rend les armes
de Clara Dupont-Monod
Éditions Sabine Wespieser / Août 2011


"Lui, c'était un homme d'excès. Un homme qui n'avait pas peur des outrances, prêt à vivre avec un corps et une mémoire démesurés. Il mangeait trop, dormait en criant, ne passait pas les portes et ne faisait aucun effort pour se lier". C. D.-M.
Clara Dupont-Monod, avec ce nouveau portrait d'un être des marges, poursuit une œuvre forte et singulière. Nestor est obèse. De cet homme désigné au regard des autres comme un monstre, elle tente, avec une paradoxale économie de mots, de saisir le mystère. Au fil des pages, et comme à l'insu du lecteur, le gros père prend la dimension d'un être humain riche de son histoire. Celui dont le seul horizon est la photo d'un phare du bout du monde devient sous nos yeux un personnage: argentin, arrivé en France pendant la dictature, il y a retrouvé une jeune femme qu'il a épousée et avec qui la vie était douce. Jusqu'au drame qui inexorablement les a éloignés l'un de l'autre, au point qu'il finisse enfermé dans la rassurante forteresse de sa propre chair. À force de patience et de tendresse, une jeune femme médecin parviendra peut-être à conjuguer sa propre solitude à celle de ce patient peu ordinaire. La langue riche et précise de Clara Dupont-Monod agit comme un charme puissant pour suggérer l'indéfinissable attachement qui naît entre ces deux-là. L'écrivain se garde bien de conclure: trois issues s'offrent au lecteur, comme s'il était impossible qu'une histoire aussi improbable et bouleversante finisse mal.


- Pas d'inquiétude
de Brigitte Giraud
Éditions Stock / Août 2011


Au lieu d'aménager la maison qu'il vient juste de faire construire, le narrateur de Pas d'inquiétude va être contraint de prendre un long congé pour rester près de son fils malade et s'installe avec lui dans un tête à tête fait de gestes et d'actes inédits chaque jour réinventés. Homme au foyer malgré lui, il s'éloigne de l'imprimerie où il travaille et de Manu, l'ami indispensable, et glisse dans une vie domestique et invisible, pendant que sa femme, récemment embauchée dans une PME, ne peut se permettre aucune absence et n'a d'autre alternative que se dévouer à son poste. Cette famille ordinaire perd petit à petit ses relations sociales et ses repères, happée par la logique de la maladie qui donne soudain un autre sens à son existence, fait voler en éclat la place de chacun, celle des parents autant que celle de Lisa, la grande sœur, et voit la vie des autres se dérouler à l'extérieur, soudain irréelle et inaccessible. Le jour où les collègues de l'imprimerie donnent chacun de leurs congés pour permettre au père de renouveler les journées qu'il consacre à Mehdi, cet élan de solidarité radical et inattendu bouleverse codes et habitudes, et se pose alors, de manière plus forte encore, la question de l'équilibre entre sphère sociale et sphère familiale. Tout finit par se nouer autour de ce nouveau temps imparti, inespéré mais qui agit comme un piège, tant il est compliqué de recevoir un tel cadeau. Dans un monde où la solidarité est loin d'être une norme, la générosité des collègues rassure autant qu'elle déstabilise, d'autant qu'ils offrent du temps et non de l'argent. Le récit tente de sonder ce que serait une vie dédiée à l'autre, aux autres, de même qu'il pose la question du don, de la dette, de la soumission et la domination, tout en interrogeant: qu'est-ce qu'être un père aujourd'hui, et qu'est-ce qu'être un couple de parents?


- Pour mémoire
de Mazarine Pingeot
Éditions Julliard / Août 2011


C'est l'histoire d'un garçon hanté par la Shoah. Pourtant, ni lui ni sa famille n'ont été touchés par le génocide. Mais enfant, il a vu à la télévision des images qu'il n'aurait pas dû voir- le cauchemar trop réel de Nuit et Brouillard. Cela a suffi à faire écrouler le début de sa vie. C'est l'histoire de cet adolescent qui n'a plus trouvé le sommeil, et décidé de ne plus manger. Qui a construit son existence sur une obsession, celle de ces scènes d'extermination massive, et qui s'y est perdu, à force de s'interroger. Comment cela a-t-il été possible? Comment vivre parmi les hommes après ça? Comment être un homme? Sous la forme d'un monologue introspectif, le garçon devenu adulte raconte le choc, la douleur, les délires, la descente aux enfers, depuis l'enfant brusquement orphelin de ses frères humains, à l'adolescent anorexique qui mène une lutte intransigeante contre le bonheur, confondant devoir de mémoire et devoir de souffrance. Et nous écoutons, dans un texte aussi court que percutant, le cheminement de cette conscience en butte avec LA page noire du XXe siècle.


- Room
de Emma Donoghue
Éditions Stock / Août 2011


Sur le point de fêter ses cinq ans, Jack a les préoccupations des petits garçons de son âge. Ou presque. Il ne pense qu'à jouer et à essayer de comprendre le monde qui l'entoure, comptant sur sa mère pour répondre à toutes ses questions. Cette mère occupe dans sa vie une place immense, d'autant plus qu'il habite seul avec elle dans une pièce unique, depuis sa naissance. Il y a bien les visites du Grand Méchant Nick, mais Ma fait tout pour éviter à Jack le moindre contact avec ce personnage. Jusqu'au jour où elle réalise que l'enfant grandit, et qu'elle ne va pouvoir continuer longtemps à entretenir l'illusion d'une vie ordinaire. Elle va alors tout risquer pour permettre à Jack de s'enfuir. Mais l'enfant va-t-il réussir à trouver des repères loin de leur univers? Quel accueil lui réservera le monde extérieur, lui l'enfant né de la captivité d'une femme?


- Rouler
de Christian Oster
Éditions de l'Olivier / Août 2011


"J'ai pris le volant un jour d'été, à treize heures trente". On ne sait pas grand-chose des raisons qui poussent le narrateur à quitter Paris et à rouler en direction de Marseille, ville qui s'est imposée à lui comme un mot plus que comme une destination. Le seul besoin de fuir? Ce serait trop simple. N'a-t-il pas plutôt l'intuition que c'est justement en s'en remettant au hasard que la vie peut enfin apporter du neuf? "La géographie n'a jamais été mon fort", apprendrons-nous plus loin. Avec ce road-novel d'un genre très particulier, Christian Oster signe l'un de ses romans les plus forts.


- Skoda
de Olivier Sillig
Éditions Buchet Chastel / Août 2011


Un jeune homme reprend conscience. Autour de lui gisent ses camarades d'infortune. L'histoire se passe de nos jours, dans un pays qui n'est pas nommé. À quelques mètres, une voiture, une Skoda, elle aussi victime du raid aérien. À l'intérieur, un bébé respire encore. Après quelques hésitations, l'homme prend l'enfant dans ses bras et part sur la route. Notre monde et sa violence. Mais aussi, le lien qui se crée entre un jeune homme et un enfant. La beauté de la vie contre l'absurdité de la mort.


- So long, Luise
de Céline Minard
Éditions Denöel / Août 2011


Au soir de sa vie, une femme écrivain mondialement connue reprend une dernière fois la rédaction d'un texte auquel elle travaille depuis plusieurs décennies: son testament. À l'occasion de cette "dernière copie" la narratrice revient sur son enfance, les raisons de sa conversion à l'anglais comme "contre-langue de création", son éblouissante rencontre avec Luise, sa compagne de cinquante années, leurs villégiatures en Angleterre, en Irlande, en Italie, leur installation en Suisse, leur vie commune, réelle et fictive. Autant de lieux et de temps réinventés où elles ont croisé toutes sortes de personnages truculents, fait les quatre cents coups et partagé leurs aventures dans les bois autour des étangs avec des nains, des carpes, des boucs et des fées. De ce vrai-faux testament métamorphosé en récit de souvenirs résulte un roman intensément poétique, érotique et ludique, où l'inventivité et la somptuosité de la langue sont portées à leur point d'incandescence. Car "nous ne possédons rien, si ce n'est la puissance et, peut-être, le talent de recréer, allongé sous un saule dans un fauteuil articulé, ce que nous avons soi-disant déjà vécu".


- Térézín Plage
de Morten Brask
Éditions Presses De La Cité / Août 2011


Dès son arrivée en 1943 à Terezín, Daniel Faigel, jeune médecin danois hanté par un lourd passé, se retrouve plongé en enfer. Présentée par les nazis comme une "colonie juive modèle", la ville sert en réalité de zone de transit vers des camps d'extermination. Affecté à l'hôpital du ghetto, Daniel passe ses journées à essayer d'arracher à la mort et aux déportations quelques-uns de ses patients. Parmi eux se trouve Ludmilla. L'amour qui naît entre eux leur donne la force de supporter un quotidien ponctué par la peur de faire partie du prochain convoi, dont on sait intuitivement qu'on ne reviendra pas. Comme tous les habitants du ghetto, les deux amants vont bientôt devoir prendre part à une gigantesque mascarade orchestrée par les nazis: l'embellissement du camp en vue d'une inspection de la Croix-Rouge.


- Tout, tout de suite
de Morgan Sportes
Éditions Fayard / Août 2011


Vous qui entrez ici, laissez toute espérance. Ce livre est une autopsie: celle de nos sociétés saisies par la barbarie. En 2006, après des mois de coups tordus et d'opérations avortées, une petite bande de banlieue enlève un jeune homme. La rançon exigée ne correspond en rien au milieu plutôt modeste dont ce dernier est issu. Mais le choix de ses agresseurs s'est porté sur lui parce que, en tant que Juif, il est supposé riche. Séquestré vingt-quatre jours, soumis à des brutalités, il est finalement assassiné. Les auteurs de ce forfait sont chômeurs, livreurs de pizzas, lycéens, délinquants. Certains ont des enfants, d'autres sont encore mineurs. Mais la bande est soudée par cette obsession morbide: "Tout, tout de suite". Morgan Sportès a reconstitué pièce par pièce leur acte de démence. Sans s'autoriser le moindre jugement, il s'attache à restituer leurs dialogues confondants d'inconscience, à retracer leur parcours de fast-foods en cybercafés, de la cave glaciale où ils retiennent leur otage aux cabines téléphoniques d'où ils vocifèrent leurs menaces, dans une guerre psychologique avec la famille de la victime au désespoir et des policiers que cette affaire, devenue hautement "politique", met sur les dents.


- Trois amis
de Mario Tobino
Éditions Plon / Août 2011


Turri, Campi et Ottaviani étaient amis. Ottaviani, resté seul, se souvient. Des premiers regards échangés à la faculté de médecine, de leurs idées communes contre le fascisme et de leurs rêves d'une Italie libre. Lorsque la guerre s'impose à eux, les trois amis se battent, chacun avec leurs armes. Campi, martyr, demeure jusqu'au bout leur héros, par-delà la mort, qu'il brave avec un courage sans faille face à la barbarie nazie. Sous les canons, Turri se découvre une âme de chef et devient une grande figure de la résistance organisée. Ottaviani, psychiatre, poète, épris de paix et de liberté, suit les trajectoires de ses deux amis, comme habité par eux. Ce sont les silences des hommes qui se disent ici, leur force et leur intégrité à l'épreuve des événements, leur engagement profond, leur pudeur, leurs exploits discrets et leurs coups d'éclat; ce que l'on partage sans même le vivre ensemble, et ce qui reste des êtres lorsque l'Histoire s'empare de leur destin: leurs liens, leurs amis.


- Tu
de Sandrine Soimaud
Éditions Buchet Chastel / Août 2011


Dans la blancheur ouatée d'une clinique, une femme est harcelée par sa mémoire. Entre des pilules censées offrir l'oubli, des infirmières faussement affectueuses, un médecin peut-être salvateur, Lisa lutte en vain contre le souvenir. Le je, le tu, le on se succèdent dans un vertige identitaire où se mêlent l'obsession du désir et les ombres du passé. Jusqu'à l'ultime révélation, c'est toute une existence qui se dévoile par pans, opaque et charnelle. Sandrine Soimaud prête vie à Lisa et à ses fantômes, dans un ballet hypnotique qui s'offre au lecteur comme une véritable expérience.


- Un garçon si tranquille
de François Chollet
Éditions Cherche Midi / Août 2011


"Elle allait mourir. L'issue ne faisait aucun doute. Alexis attendait cet instant depuis le début, sans pouvoir s'y préparer. Maintenant il ne demandait plus grand-chose: "Encore une minute, monsieur le bourreau". La minute de répit supplémentaire qui durerait plusieurs heures, tout ce temps en trop, inutile. Il avait appris à patienter et il n'avait plus rien à faire, qu'à laisser mijoter l'angoisse dans l'apnée de ses sentiments. Ces derniers temps, le médecin l'avait chargé de la délicate mission de doser la morphine. Tâche douloureuse de la toute-puissance: Si vous sentez qu'elle a mal, appuyez ici. Mais, bien évidemment, cela accélèrera la fin. Bien évidemment. Ce jean-foutre lui avait mis entre les mains un marché sans issue: la drogue la soulageait et la tuait en même temps. Pendant deux ans les médicastres les avaient traînés de bien évidemment en je vais vous donner un conseil, sans jamais admettre leur incapacité à sauver sa mère. Même pas en biaisant avec des mots décents ou courageux. Qu'on le prévienne une bonne fois pour toutes que c'était terminé! Personne n'a le courage de l'annoncer. Ils avaient fini par le laisser tomber, cette fiole de morphine à la main, et quelques nuits d'hiver glacées devant lui".


- Un soir d'aquarium
de Patrice Delbourg
Éditions Cherche Midi / Août 2011


Novembre 1963. Kennedy tombe à Dallas et la chanson à texte bat de l'aile devant la déferlante yé-yé. Quelques enseignes de cabarets clignotent encore au fronton des Grands Boulevards de la capitale. Dans les débuts d'une Ve République bien maussade, un certain Gabin Delahy, vieil enfant à la carcasse démesurée, s'essaye à un genre délicat et novateur: l'humour noir avec éclats à la sanguine. Il ne récolte que sifflets et éreintements. De scènes improbables en planches improvisées, on resquille au portillon de la célébrité. Quatre cachetons au galop par soirée. En ce temps-là, la vie d'artiste s'apparente à un long chemin de croix. Dans les coulisses de ces caveaux de l'irrévérence, on croise les silhouettes de Jacques Grello, Gérard Séty, Robert Rocca, Maurice Horgues, Jean Rigaux, René-Louis Lafforgue, Boby Lapointe et une dame-pipi hors d'âge sans cesse dans le besoin. Salut l'artiste!


- Va et dis-le aux chiens
de Isabelle Coudrier
Éditions Fayard / Août 2011


Agrégée de mathématiques, Sylvia aime la pureté algébrique et s'accommode mal des équations sans solution de l'existence. Lectrice de Thomas Mann, elle laisse fréquemment son esprit rejoindre Hans Castorp sur un balcon du sanatorium de Davos, pour contempler avec lui des neiges dont l'éternité évoque en elle celle des nombres premiers. Critique de cinéma, Louis traque les lieux communs, non seulement dans les films mais dans le monde qui l'entoure. Naturellement, Louis et Sylvia ne peuvent s'aimer. Pour l'un, l'amour est la plus téléphonée des intrigues. Pour l'autre, c'est comme la quadrature du cercle ou le séquençage de Pi. Pourtant, n'ont-ils pas en commun une intelligence désespérée et une ironie née de leur incapacité à vivre? Maladroitement, ils vont faire tous les gestes de l'amour sans jamais en prononcer le nom. Ni omettre, après chaque étape, de ne plus se voir pendant des semaines afin de se convaincre que rien entre eux n'a d'importance. Peut-être le destin, cet autre cliché, se chargera-t-il de leur faire admettre que l'amour est aussi éternel que les neiges de Davos, et qu'il constitue le seul scénario souhaitable pour la vie humaine. À moins qu'il ne soit déjà trop tard.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 14:58

- Vers la mer
de Anne-Sophie Stefanini
Éditions JC Lattès / Août 2011


Laure a dix-huit ans. Sa mère lui a légué son goût pour la solitude, le silence et les longs voyages. Enfant, elle a appris à lire dans les pages du Livre des voyageurs, une encyclopédie peuplée des récits héroïques d'explorateurs poètes et d'aventurières nées deux siècles avant elle. La jeune fille a grandi en attendant d'être en âge de partir elle aussi. Laure a dix-huit ans et elle part demain, un voyage avec sa mère, un dernier tête-à-tête. De Paris à Nice, un itinéraire facile mais long, s'étirant comme un serpent, au rythme capricieux d'une vieille voiture, d'étapes et de rencontres hasardeuses. La jeune fille guette les rives qui la font tant rêver. La mère s'approche, elle, de la ville où sa fille la quittera, une ville qu'elle a fuie vingt ans plus tôt lorsqu'elle cherchait, avant Laure, l'aventure et l'oubli. Sur la route, ces deux femmes se découvrent hantées par les mêmes peurs et les mêmes désirs, de faux souvenirs, des images fabriquées et des résolutions impossibles. Et pour elles, rien n'a plus d'importance que ce moment, juste avant la séparation.


- Vous êtes nés à la bonne époque
de Matthieu Jung
Éditions Stock / Août 2011


"Je ne prétends pas que celles qui n'ont pas d'enfants sont des fleurs fanées, autour de moi je peux citer vingt noms de femmes qui s'épanouissent en dehors de la maternité, simplement-moi si je n'ai pas mon deuxième, je peux examiner la question sous toutes les coutures, je dois admettre que ma vie perdrait son sens, c'est clair, ça, au moins?". Nathalie, médecin quadragénaire, rencontre Arno, un jeune peintre de vingt ans son cadet. Des deux côtés, coup de foudre. Entre petits boulots et crise du logement, il tente de vivre de son art. Dans un superbe appartement parisien que son insolente réussite professionnelle lui a permis de s'offrir, elle rêve d'un deuxième enfant. Ils ne vont plus se quitter, alors que tout les sépare. Presque tout.


- Wam
de Slimane Kader
Éditions Nil / Août 2011


Wam et ses copains de la "cité des artistes" ont un emploi du temps immuable: lever à 16 heures puis occupation du hall BC jusqu'à la tombée de la nuit. Un soir, accablés par l'ennui, ils décident d'une virée sur Paname. Le début d'une nuit de folie. Happé dans un tourbillon de vie et d'embrouilles, Wam se retrouve au milieu d'une crise de couple, se tape la cloche à l'œil dans une brasserie, festoie dans un Donald avec un caïd du 93, pousse la chansonnette dans un loft de bobos, devient mascotte d'une soirée mondaine, transforme un camion poubelle en taxi.


- Wolf
de Jim Harrison
Éditions 10-18 / Août 2011


Vifs, sensuels, lumineux, les souvenirs coulent entre les arbres et les pierres, enfiévrant le cœur des montagnes d'Huron. Swanson, vagabond littéraire perdu en pleine forêt, reconstitue par bribes celui qu'il fut, amateur de whisky, de jolies serveuses et d'Arthur Rimbaud. À l'orée des bois et de la vie, la poésie surgit, simple et profonde.


- Au pays du fou rire
de P. G. Wodehouse
Éditions 10-18 / Juillet 2011


Lady Clara se fait du mouron. Son fiston, alcoolique de renom, vient de lui annoncer ses fiançailles avec, horreur, une Américaine. La machine de guerre est lancée. Objectif, récupérer ce traître de rejeton à Hollywood, mythique territoire des stars et starlettes, toutes plus fatales les unes que les autres. Un choc des cultures drôle à se damner.


- Hôtel des adieux
de Brad Kessler
Éditions 10-18 / Juillet 2011


À la fin de l'été, alors que les touristes désertent Trachis Island, près des côtes canadiennes, un avion s'abîme en mer. Le vieil hôtel tenu par Kevin accueille les familles des victimes, venues des quatre coins du monde. Dans ce cocon douillet, havre de solidarité au cœur d'une nature exubérante, ils cherchent tous un peu de réconfort et y trouveront un nouveau départ.


- Le secret de Torrenova
de Simonetta Agnello Hornby
Éditions 10-18 / Juillet 2011


Dans le clan sicilien de Torrenova, Tito, l'inflexible patriarche, fête ses soixante ans. Sous le soleil écrasant, dans la magnifique propriété qui fait sa fierté, il dirige les siens d'une main de fer, comme la fabrique de pâtes qui a fait la fortune de sa famille. Mais au cœur du domaine de Torrenova et de la vie de Tito se niche un secret douloureux, terrible et très bien gardé.


- Vous avez un nouveau message
de Jean Roncenelle
Éditions Brumerge / Juillet 2011


Sous le contrôle des états dominants, soumise à la menace terroriste, l'humanité serait-elle sous l'emprise d'un danger imminent beaucoup plus grave? Internet, qui a enveloppé la planète de sa toile, est bien malade. D'innombrables virus y pullulent et les internautes doivent renforcer continuellement la protection de leurs ordinateurs pour éviter l'infection. Néanmoins, de curieux symptômes laissent penser qu'une espèce d'une nouvelle génération, encore invisible aux pare-feux existants, est en train de coloniser le réseau. Henri, informaticien à Gutenberg, célibataire, vivant encore chez sa mère, se demande s'il n'en serait pas contaminé. En effet, la récente intrusion d'une mystérieuse Évelyne dans sa messagerie électronique, lui paraît suspecte. À priori sans effet sur son ordinateur, l'influence qu'elle exerce sur sa vie est en revanche assez inquiétante.


- Blanche du lac
de Jean-Jacques Antier
Éditions Calmann Lévy / Juin 2011


Louis-Janvier fixa le berger. Il était sérieux, presque angoissé. Avait-il trouvé quelque chose de rare, là-haut dans sa montagne? Pourquoi la vérité ne viendrait-elle que des villes? Personnalité en vue du monde scientifique, Emmanuel Visage s'est retiré du monde dans la montagne des Graux, sur les pentes du lac d'Allos au cœur du Mercantour. Il y vit en ermite avec quatre chèvres, un bouc, quelques chevreaux et sa fille sourde-muette de dix-sept ans, Blanche, à laquelle les bergers prêtent des dons de guérisseuse et d'autres pouvoirs mystérieux. Déconcerté, Louis-Janvier s'interroge: comment un neurobiologiste de haut niveau peut-il tolérer dans son entourage des pratiques qui s'apparentent à la sorcellerie? Qui est Blanche du Lac? Une enfant psychotique ou un être véritablement charismatique?


- Ces messieurs de Saint-Malo
de Bernard Simiot
Éditions Albin Michel / Juin 2011


Seul de tous les petits commerçants de Saint-Malo, Mathieu Carbec, dont les grands-parents vendaient naguère de la chandelle, a eu l'audace d'acheter trois actions de la Compagnie des Indes Orientales que vient de fonder Colbert. Ce sera le point de départ d'une grande saga familiale au moment où la bourgeoisie maritime se rue à la conquête des piastres, des charges et des titres nobiliaires. Négociants, armateurs, corsaires ou négriers, les Carbec, parmi tant d'autres, se lanceront sur toutes les mers du globe, de Terre-Neuve à Pondichéry, de la Chine au Pérou, sans se soucier de savoir si leurs écus ou leurs fleurons sentent trop les épices ou la traite, la ruse ou la fraude. Petit port de pêche aux maisons de bois, Saint-Malo deviendra en quelques décennies une cité de pierre aux façades orgueilleuses. Lorsque la Compagnie des Indes connaîtra de graves difficultés financières, le Roi lui-même décidera que pour la renflouer il convient de faire appel à "Ces messieurs de Saint-Malo".


- Come back
de Christian et Éric Cazalot
Éditions XO / Juin 2011


Enfin. Pour la première fois, Hélène Lancel, la star du cinéma français, a accepté un rôle à la télévision. Producteurs, scénario, décors, casting: tout est bouclé en un temps record. Le jeune Jamal, un inconnu choisi pour le premier rôle masculin, fait chavirer les cœurs, de la chargée de casting à l'assistante de prod. Même Hélène. Et le tournage démarre dans l'effervescence. C'est alors que survient un premier incident. Puis un autre, plus grave, et encore un autre. Quelqu'un est prêt à tuer pour que ce film ne se fasse pas. Quelqu'un qui a préparé son coup de très très loin.


- Comme un frère
de Françoise Bourdin
Éditions Belfond / Juin 2011


Dans un village isolé du Jura, un nom fait peur: Nathan Desroches. Un colosse capable de soulever un tronc à mains nues, le seul à oser élever des chevaux dans cette région au climat hostile. Mais si la puissance de ce travailleur infatigable impressionne son entourage, sa maison effraie. Dans cette immense demeure où il élève seul ses deux frères depuis l'incendie qui a ravagé la ferme de leurs parents, Nathan a instauré un sinistre huis clos familial. À l'un, qu'il ne laisse jamais sortir, cet homme autoritaire réserve toute sa haine. C'est Justin, le cadet, simple d'esprit, à l'origine du sinistre qui les a rendus orphelins. À l'autre, Joachim, un enfant beau et fragile, Nathan donne tout son amour. Un amour aussi inhumain que lui, immense, exclusif et exigeant. Au point que les deux frères ne se quittent jamais. Aucune fille n'a pu les séparer, pas même l'épouse de Nathan, qui doit s'effacer. Jusqu'au jour où Joachim tombe amoureux. La tragédie, dès lors, est inévitable.


- En scène, les audacieuses
de Tonie Behar
Éditions Michel Lafon / Juin 2011


Déborah Shapiro, 42 ans, directrice de label dans une maison de disques, ne cherche pas l'égalité mais le pouvoir. Pour cette conquérante très attachante, qui dissimule ses doutes et ses failles sous des tenues fashion, le glamour est une arme, au même titre que le talent, l'intelligence ou le carnet d'adresses. Mais tout n'est pas simple dans un monde de la musique miné par la crise. Déborah doit tenir bon la barre, tout en résistant aux manipulations culpabilisatrices de sa fille de douze ans, aux excentricités de ses parents, artistes bohèmes, et au retour d'un dangereux homme du passé. Sans parler de Nelly Caldeira, une chanteuse de R'n'B, ronde et énervée, prête à toutes les métamorphoses pour devenir une star; Sandra, une avocate spécialisée dans le divorce, qui ne sait pas résister à un homme en détresse; Delphine, une assistante ambitieuse et moyennement loyale; Unna, la directrice redoutée d'une grande agence de mannequins, qui contrôle tout, sauf une libido rangée au frigo. Pour toutes, malgré leur ambition, être sexy n'est plus synonyme de soumission. Et l'amour reste la plus grande des aventures.


- Et surtout, ne cherchez pas à me joindre
de Heleen Van Royen
Éditions Presses De La Cité / Juin 2011


SOS. Femme au foyer cherche bonheur désespérément. Âgée de trente-six ans, Juliette a tout pour être comblée. Un mari, deux enfants, une belle maison. Mais Juliette est malheureuse. Elle s'ennuie. Elle veut fuir. Être, pour une fois dans sa vie, une mauvaise mère, une mauvaise épouse, une mauvaise fille. Étouffée par la routine, elle décide un beau matin de laisser sa famille derrière elle. De se la jouer Thelma et Louise, mais en solo. Direction, le soleil. Sur un coup de tête, elle choisit de s'envoler vers le Portugal. Là-bas, Juliette fera ce que beaucoup rêvent de faire sans jamais l'oser, donner libre cours à ses désirs, à ses fantasmes. Au risque parfois de se perdre. Mais n'est-ce pas le prix de sa liberté nouvellement acquise?


- Harry, revu et corrigé
de Bernard Cohen
Éditions 10-18 / Juin 2011


En route pour assister à la crémation de sa femme, Harry est saisi d'un béguin irrésistible pour Molly, la serveuse du café ou il s'est arrêté. Pour ce loser pétri de culpabilité, conquérir le cœur de sa belle va le mener très loin. Mais dans sa tentative échevelée pour reprendre les rênes de son existence, il ne parvient qu'à semer le doute et la confusion autour de lui. Attachant, paumé, rêveur et maladroit. Voici Harry, l'antihéros le plus terriblement humain qui soit.


- In Love
de Alfred Hayes
Éditions Stock / Juin 2011


New York. Les années 1950. Des amants s'enlacent, se tiennent par la main et déambulent parmi ses rues, ses restaurants, ses bars. Le couple: un homme et une femme désenchantés. Lui est écrivain, mais il n'écrit plus. À force d'introspection, il a perdu foi en sa création et s'enferme dans une forme de complaisance qui fait de lui un être égoïste, qui a besoin de souffrir pour se sentir exister. Elle est l'archétype de la jeune femme moderne; dépourvue de nom, elle est endettée, mère célibataire, elle a déjà aimé et a été déçue. Dans un grand restaurant, elle est courtisée par un riche homme d'affaires qui lui fait une proposition des plus indécentes. Elle refuse d'abord, puis finit par abandonner son jeune amant pauvre qui ne la retient pas. Elle, de choisir une vie facile, oisive, et lui, de souffrir en silence et de jouer la comédie d'un amour trahi.


- L'enfant de personne
de Charlotte Link
Éditions Presses De La Cité / Juin 2011


Un soir de juillet 2008, Amy Mills, étudiante dans une ville côtière du Yorkshire, est sauvagement assassinée, le crâne fracassé contre un mur. Quelques mois plus tard, non loin de là, on retrouve dans un ravin le corps d'une septuagénaire, Fiona Barnes, dont la tête a été écrasée à coups de pierre. Le mode opératoire similaire laisse penser que les deux affaires sont liées. Si l'enquête piétine, des zones d'ombre dans le passé de la vieille dame ne tardent pas à apparaître. Placée dans une ferme du Yorkshire pendant les bombardements de Londres en 1940, Fiona, alors âgée de onze ans, s'était liée d'amitié avec Chad, l'un des fils de sa famille d'accueil. Par jeu, tous deux avaient pris en grippe un orphelin handicapé mental lui aussi logé à la ferme, et à le maltraiter. "Nobody", comme l'avaient surnommé cruellement à l'époque les deux enfants tortionnaires, a-t-il, des années plus tard, cherché à se venger? Au fil d'une intrigue policière habilement conçue, Charlotte Link nous plonge au cœur des secrets et non-dits de la Seconde Guerre Mondiale, et livre l'un de ses meilleurs romans à ce jour.


- L'Inde en héritage
de Abha Dawesar
Éditions 10-18 / Juin 2011


De sa chambre, située entre les cabinets de ses parents médecins, avec les microbes et les bactéries pour compagnons de jeu, un petit garçon ausculte son entourage. Observateur discret, il capte l'imposture ambiante, perçoit la violence qui vérole le système. Un regard acide et sans concession sur la société indienne contemporaine. Décapant.


- L'orange mécanique
de Anthony Burgess
Éditions Robert Laffont / Juin 2011


Le décor inquiétant de cette fable anti-utopiste est bien connu: c'est celui de la banlieue concentrationnaire qui va recouvrir peu à peu la surface habitable de la planète. Une immense zone urbaine d'ennui, de désolation et de peur. Sur ce monde déshumanisé et ses habitants asservis, Alex, le voyou au charme pervers féru de musique classique et de langues anciennes, entend régner par la violence et la terreur. À la tête de sa horde adolescente, il matraque, viole, brûle, torture, et s'acharne à détruire une société programmée pour le bonheur et le progrès. Un jour, il est arrêté et envoyé en prison. Afin de faire écourter sa peine, il se porte volontaire pour une thérapie révolutionnaire financée par le gouvernement dans le cadre d'un programme expérimental d'éradication de la délinquance ou des psychanalystes l'emploient comme cobaye dans des expériences destinées à juguler la criminalité. Il s'agit d'amener Alex à associer certains stimuli (des scènes de violence ou de sexe projetées sur un écran qu'il est forcé de regarder) aux douleurs provoquées par les drogues qu'on lui administre au cours de ce traitement. Après sa remise en liberté, il apparaît totalement inadapté et sans défense face au reste de la société. Chassé et agressé par tous, il se réfugie chez un homme, qui se révèle une de ses anciennes victimes. Celui-ci, désireux d'affaiblir le gouvernement en place et de se venger d'Alex, décide de le pousser au suicide. La tentative échoue. Alex est finalement sauvé et pris en charge par le ministre de l'Intérieur.


- La femme fardée
de Françoise Sagan
Éditions Stock / Juin 2011


À bord du Narcissus, la croisière organisée en l'honneur de la diva Dorriaccie revêt des allures de drame amoureux. Des passions secrètes se tissent au sein de la cohorte de bourgeois réunis et rompent la tranquillité mondaine. Il y a Olga Lamouroux, starlette française, dernière protégée du cinéaste Simon Béjart; la riche Edma Bautet-Lebrêche et son ennuyeux mari Armand; Julien Peyrat, commissaire-priseur plein de charme; le jeune Andréas Fayard, gigolo professionnel et enfin, Éric Lethuillier, à la tête d'un journal "de gauche", accompagné par sa timide épouse Clarisse. Sous l'emprise de son mari, cette dernière tente vainement de dissimuler sa fragilité sous un maquillage outrancier. Elle est "la femme fardée" qui intrigue autant qu'elle émeut. Alors qu'Éric s'affiche publiquement en compagnie d'Olga, Clarisse succombe à la passion adultère dans les bras de Julien. La tension monte et les poses mondaines, insuffisantes à dissimuler les sentiments abjects, deviennent aussi tristes que burlesques. Scandés par des airs d'opéra, les masques tombent les uns après les autres, faisant retentir une seule question: l'orgueil bourgeois laisse-t-il une chance à l'amour? Dans La femme fardée, c'est le drame qui affleure à chacune des pages. Sans jamais éclater, la tension est palpable et ne connaît pour unique catharsis que la musique, parfois lascive, souvent violente. On y retrouve le ton enlevé et décapant de Françoise Sagan. Avec un regard amer sur les hautes sphères bourgeoises, elle offre une satire sociale au vitriol. C'est sous une lumière des plus incisives qu'on y lit les thématiques chères à l'auteur: celles de l'amour, du bonheur, et de la fragile désinvolture qui en ont fait sa gloire.


- La resquilleuse
de Mary Wesley
Éditions Héloïse d'Ormesson / Juin 2011


Elle a réglé ses factures (inhabituel), rangé son bureau (extravagant) et détruit toutes les toiles d'araignées (surprenant). Matilda s'apprête à filer à l'anglaise. Plus rien ne la retient à la vie: son mari est mort, leur chien et leur chatte aussi. Mais elle se heurte à un empêcheur de se suicider en rond. Grand-mère indigne, sa philosophie fera rougir. De plaisir ou de jalousie? La belle n'en a cure.


- La symphonie des nombres premiers
de Marcus du Sautoy
Éditions Héloïse d'Ormesson / Juin 2011


L'humanité côtoie depuis la nuit des temps les nombres premiers, briques énigmatiques sur lesquelles repose toute la pensée mathématique. La découverte de leur ordonnancement demeure le plus beau Graal scientifique. Des génies de Göttingen à ceux de Cambridge, des casseurs de codes de la Deuxième Guerre mondiale aux inventeurs de codes sur Internet, tous ont tenté de percer leur mystère. Sur les traces de ces chercheurs, Marcus du Sautoy traite la question en détective. Merveilleux pédagogue de l'abstrait, il nous entraîne dans d'autres dimensions, à la suite d'explorateurs de renom tels que Riemann, Hilbert et Gauss. Avec lui, même le profane succombera à la beauté de ces ailleurs insoupçonnés et se laissera porter par la musique de ces nombres premiers fascinants.


- La vie commence à 20h10
de Thomas Raphaël
Éditions Flammarion / Juin 2011


Sophie peine à terminer sa thèse à Bordeaux. Elle croise Joyce Verneuil, productrice de télévision, à qui elle fait lire son premier roman, refusé par plusieurs éditeurs. Joyce lui promet de recommander son manuscrit à un grand éditeur parisien, mais à la condition que Sophie la suive dans la capitale et travaille avec elle. Marc, son compagnon, et sa mère ne sont pas d'accord, mais sont-ils obligés de le savoir?


- Le chien couchant
de Françoise Sagan
Éditions Stock / Juin 2011


À Cardin, petite ville du Nord, Guéret emprunte chaque soir le même chemin pour rentrer de l'usine, et chaque soir, c'est le même chien qui l'accompagne jusqu'à sa pension. Ce chien serait son unique compagnon s'il n'y avait Nicole, jeune ouvrière qui rêve de mariage. Nicole est désirable et attentionnée, mais tellement frivole que Guéret lui préfère Maria, sa logeuse quinquagénaire. Hélas, celle-ci ne lui exprime qu'indifférence et mépris; jusqu'au jour où un meurtre sanglant est commis. Maria a tôt fait de prendre son piètre locataire pour l'auteur du crime. Elle le regarde enfin. Bien plus, elle le respecte et l'admire. Guéret, trop heureux d'avoir enfin ses faveurs, ne la détrompera pas. Un jeu de dupes s'instaure alors entre eux. Jusqu'où cette imposture mènera-t-elle Guéret? S'il se dévoile, ne risque-t-il pas de perdre l'amour de Maria, de tout perdre? Seul témoin de cette relation qui peut en pressentir la douloureuse fin: le fidèle chien couchant. Dans ce livre, Françoise Sagan tente une gageure. Le Chien couchant est un texte inattendu. Loin de Paris, de la frivolité mondaine et des drames amoureux bourgeois, l'auteur de Bonjour tristesse inscrit son roman dans le milieu prolétaire, s'approprie sa rudesse et sa morosité. Plus d'artifices, seulement d'honnêtes gens pris au piège d'amours farfelues et de rêves ambitieux. C'est alors avec un réel plaisir que l'on découvre de façon insolite ce qu'on aime tant chez Françoise Sagan: on trompe l'ennui comme on peut, on aime en trichant un peu. Un livre délicat sur la question de l'amour sincère et de sa mise à nu.


- Le cimetière du diable
Auteur Anonyme
Éditions Sonatine / Juin 2011


Vous n'avez pas lu "le livre sans nom"? Vous êtes donc encore de ce monde, et c'est tant mieux. Vous allez pouvoir assister à un spectacle sans précédent, mettant en scène Judy Garland, James Brown, Johnny Cash, les Blues Brothers, Kurt Cobain, Elvis Presley, Janis Joplin, Freddie Mercury, Michael Jackson et le Bourbon Kid. Les héros du Livre sans nom se retrouvent cette fois dans une délicieuse petite bourgade en plein milieu du désert pour assister à un festival de musique au nom prometteur: Back from the dead. Imaginez un Dix petits nègres rock revu et corrigé par Quentin Tarantino. Vous y êtes? C'est encore mieux.


- Le cri de Job
de Laurent Vignat
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Juin 2011


L'action de ce roman, aux allures et à la brièveté d'une fable, se passe, essentiellement, dans une déchetterie, au bord d'une nationale bourguignonne. Lieu quotidien, lieu a priori peu séduisant car exhibant les épaves de nos frénésies consuméristes,  l'envers du décor de nos vies riches et aseptisées, mais aussi lieu d'aventures c'est-à-dire de rencontres hasardeuses, de péripéties drôles ou pathétiques. Au cœur de ces aventures, il y a Antoine Verrier, le gérant de la dite déchetterie, un de ces blousons fluorescents qui assistent les usagers lorsque le coffre est trop rempli ou qu'ils hésitent sur la vocation des bennes (déchets verts? bois? ferrailles? rebuts? papiers? cartons?…). Gros colosse bienveillant, Antoine Verrier s'efforce de donner à cet espace incongru de la convivialité,  provoque des échanges, tisse des liens, des sourires, ébauche des projets, à l'image de l'exposition de son ami Jean-Claude, électricien à la retraite, qui sublime son veuvage par une pratique naïve de l'art. Gros colosse cabossé comme un réfrigérateur, Antoine Verrier traîne les restes d'une rencontre funeste, celle d'un 4X4 à gueule d'argent qui, sur une route du Bugey, a écrabouillé sa fille, son épouse, une moitié de sa vie. Gros colosse apprécié, figure tutélaire des bennes, il contemple ces immenses poubelles à ciel ouvert, ce cimetière au tri obligatoire, d'où il tire des leçons de sagesse. Seulement, les habitudes, dans le monde si palpitant de l'entreprise, ne sont pas bonnes. Et la société PLUX, qui monopolise dans cette France des années 2020 le secteur du déchet, décide de changer de stratégie. Le temps des bavardages, des rencontres autour des bennes, est révolu. Place à l'efficacité, à l'individualisation dans la gestion de ses poubelles. Ce changement prend le visage d'un inspecteur, Arnaud Clobart, diplômé en rudologie, sorte de Javert des détritus. Un conflit se prépare. Une lutte entre deux hommes, entre deux conceptions existentielles, voire métaphysiques. Et, aussi improbable que cela puisse paraître, cette déchetterie pourrait devenir le théâtre d'une nouvelle utopie, un phalanstère de résistants mené par un Job colosse qui, juché sur une colonne d'ordinateur, hurle des vérités aux muets que nous sommes.


- Le don d'Anna
de Cécilia Samartin
Éditions L'Archipel / Juin 2011


Adam va mourir. Avec lui Anna perd son grand amour. Eux qui avaient mis tant d'années à se l'avouer. Alors elle se souvient, elle repense à sa vie passée, et aux événements qui l'ont menée là: son enfance dans un Salvador en proie à la guerre civile, le massacre de sa mère et des habitants de son village par la junte, l'orphelinat, l'exil vers les États-Unis, le couvent. Puis cette décision de Sœur Josepha de la placer comme nourrice pour s'occuper des deux enfants d'Adam et Lillian Trevis, riche famille californienne. Comment imaginer qu'elle en deviendrait le véritable ange gardien? Lorsque Lilian quitte le domicile conjugal, Adam avoue à Anna les sentiments qu'il lui porte. Mais leur amour est mis à mal par les réactions de la famille. Anna se fixe un dernier but: réconcilier le père et le fils.


- Le livre coquin des filles
de Candice Hill
Éditions Fleuve Noir / Juin 2011


Marilyn Monroe, Cléopâtre, Brigitte Bardot, la marquise de Pompadour, Dita Von Teese. Des noms qui font rêver. Mais aviez-vous déjà songé que vous pourriez être la prochaine sur la liste? L'heure est venue de balancer vos dessous ringards, de vaincre vos inhibitions, de dire ce qui vous plaît et surtout de le faire. Réveillez la séductrice qui sommeille en vous, tapie sous vos airs sages, grâce à ce petit livre (rose) de chevet, indispensable à l'égérie glamour que vous êtes. Vous y découvrirez le parcours de celles qui ont franchi le pas avant vous, et redonné au verbe "vivre" toutes ses lettres de hardiesse. Vous y trouverez toutes les réponses aux questions que vous n'avez jamais osé poser, y apprendrez quelle vilaine fille vous êtes, et saurez dorénavant comment mettre du piment dans votre vie comme dans votre assiette (car il y a certains aliments à avoir toujours au frais pour passer des nuits chaudes). Une chose est sûre: vous allez adorer ça.


- Le retour aux alizés
de Martine Delomme
Éditions Belfond / Juin 2011


Juliette Leroux, expatriée au Canada depuis trois ans, revient aux Alizés, le domaine viticole familial, pour assister aux obsèques de son ex-mari. Isabelle, sa fille, gère de main de maître le vignoble qu'elle lui avait confié avant son départ. Mais celle-ci l'accueille avec des sentiments mitigés alors que Juliette trouve plus de réconfort chez son ami d'enfance, Nicolas Frémont, maire de la commune de Saint-Louis et entrepreneur associé de son ex-mari. Il lui confie que la société connaît une situation financière catastrophique, le défunt ayant engagé des fonds importants pour l'acquisition d'un terrain. Mais à quelles fins? C'est en triant ses papiers que Juliette fait alors une découverte extraordinaire qui la pousse à retarder son retour à Montréal, où l'attend l'homme qu'elle aime. Le terrain recèle en réalité un trésor: des sources thermales de l'époque romaine. Nicolas et Juliette décident de reprendre à leur compte le projet de création d'un centre de thermalisme, projet qui pourrait bien relancer l'économie d'une région frappée par la crise. Très rapidement, l'entreprise suscite l'opposition farouche de certains locaux qui défendent la promotion de leur vignoble. Dès lors, la vie de Juliette et de ses proches risque d'être bouleversée.


- Le testament de l'orange
de Anthony Burgess
Éditions Robert Laffont / Juin 2011


Professeur de littérature anglaise dans une université de New York, Enderby a écrit un scénario tiré du poème de Gérard Manley Hopkins, Le Naufrage du Deutschland. Le cinéaste engagé sur le film va complètement détourner le script pour en faire une histoire plus que scabreuse. La version hollywoodienne met en effet principalement en scène le viol de nonnes par de jeunes nazis. La sortie du film provoque un déchaînement de violence: de jeunes déséquilibrés vont eux aussi s'en prendre à des sœurs. Rendu responsable de ces actes terribles, Enderby est désormais l'ennemi public n° 1. Entre les coups de fil anonymes, les menaces incessantes, les voyous mais aussi les médias, c'est une société tout entière qui se retourne contre un seul homme et devient l'incarnation de la violence qu'elle dénonce. Le Testament de l'Orange n'est pas la suite de L'Orange mécanique, le précédent roman de Burgess. Mais il semble évident que l'auteur fait là un parallèle avec sa propre histoire. Après la sortie de l'adaptation cinématographique de L'Orange mécanique, plusieurs faits divers atroces furent attribués à l'influence néfaste du film. Antony Burgess, qui avait participé à sa campagne promotionnelle aux côtés de Stanley Kubrick, avait rapidement été mis en accusation.


- Le voyageur liquide
de Jean Cagnard
Éditions Gaïa / Juin 2011


Sur une aire d'autoroute, un serpent tombe du ciel. Puis un autre. Un homme est en route, il va rendre visite à ses six frères et sœurs qu'il n'a pas vus depuis des lustres. Après avoir embrassé la femme de sa troisième vie, il part. Huit cents kilomètres vers le sud-est, six cents vers le nord-est, cinq cents vers le sud-ouest. Son itinéraire est établi non pas en fonction de la proximité géographique mais par ordre chronologique de sa fratrie. Sur sa route, il croise parfois des lacs, des fleuves, des étendues d'eau. Alors son cellulaire sonne: c'est son fils. Il est sur un chantier de fouilles, et joue de la guitare électrique. Leurs dialogues sont elliptiques et tendres, le "jeune crétin" et le "vieil homme" savent aller à l'essentiel. Une mouche sur le pare-brise tient compagnie au voyageur. Qui rate ses frères et sœurs: l'une après l'autre, les maisons restent volets clos, pour vacances? Départ précipité? Le voyageur reprend sa route. Parfois, quand il klaxonne, il pleut des écureuils.


- Les colocs
de Vincent Pichon-Varin
Éditions Cherche Midi / Juin 2011


Près du Bon Marché, à Paris, six vieux amis âgés de 60 à 85 ans, aux personnalités originales et attachantes, partagent leur quotidien pour adoucir leurs vieux jours dans un grand appartement. Jean, le "précieux" patron du dernier cabaret transformiste de Montmartre; Kathy, une comédienne sur le retour; Monica, une ancienne vendeuse du Bon Marché devenue agent de renseignements du quartier; Paul, ancien détective de l'hôtel Lutetia et vieux séducteur accro au Viagra; Blanche, une romancière en herbe en quête d'un éditeur, et Honorine, une vieille bougonne neurasthénique. Leur vie s'écoule tranquillement jusqu'au jour où une société foncière vient mettre en péril l'avenir du cabaret en projetant de le remplacer par le premier hôtel de luxe de la Butte Montmartre. Notre petite bande va remuer ciel et terre pour tenter de le sauver.


- Les expéditions
de Karl Iagnemma
Éditions 10-18 / Juin 2011


1844. Elisha Stone, seize ans, a fui sa famille et le Massachusetts pour Detroit, alors aux avant-postes du monde civilisé. Rêvant de devenir naturaliste, il se joint à une expédition en partance pour le Michigan. Sur ces terres sauvages et inexplorées, Elisha découvre les réels enjeux de ce voyage. Ignorant alors que son père cherche à le retrouver, à n'importe quel prix.


- Les heures lointaines
de Kate Morton
Éditions Presses De La Cité / Juin 2011


Lorsqu'elle reçoit un courrier en provenance du Kent qui aurait dû lui arriver cinquante ans auparavant, Meredith Burchill révèle à sa fille Edie un épisode de sa vie qu'elle avait gardé secret jusqu'alors. En septembre 1939, comme beaucoup d'autres enfants, Meredith avait été évacuée de Londres et mise à l'abri à la campagne. Recueillie par des aristocrates du Kent dans le château de Milderhurst, elle était devenue l'amie de l'excentrique et talentueuse Juniper, la cadette de la famille. Pourquoi Meredith a-t-elle dissimulé son passé à sa propre fille? Et pourquoi n'est-elle pas restée en contact avec Juniper, devenue folle après avoir été abandonnée par son fiancé? Afin de reconstituer le puzzle de son histoire familiale, Edie se rend au château de Milderhurst dont les vieilles pierres cachent plus d'un secret.


- Leçons de conduite
de Anne Tyler
Éditions Stock / Juin 2011


Partis en voiture assister aux funérailles d'un vieil ami, Ira et Maggie n'éviteront pas les querelles triviales et les remises en cause douloureuses d'un couple que tout semble opposer: lui est d'un réalisme sans concession; elle, une grande rêveuse. L'émotion des retrouvailles entre copains transformera bientôt la cérémonie en remake des noces du défunt. La vie conjugale ne serait-elle qu'un long deuil? À l'image de leur vieille guimbarde, l'amour d'Ira et Maggie s'étiole au fil des kilomètres et des petites disputes. À chaque carrefour, Maggie hésite, remet en question ses choix, défait et refait sa vie, s'abandonne à la rêverie complaisante d'une existence réussie. Entre stations-services et fast-foods, mari et femme trouvent toujours un inconnu, confident de fortune, à qui livrer leurs petits tracas, leurs maux d'amour, leurs regrets ou leurs timides espoirs. Comédie de mœurs aux personnages irrésistiblement drôles et émouvants, Leçons de conduite, pour lequel Anne Tyler a obtenu le prix Pulitzer en 1989, est avant tout une leçon d'amour.


- Mississippi
de Hillary Jordan
Éditions 10-18 / Juin 2011


Dans le Vieux Sud sauvage des années 40, Laura et Henry luttent pour élever leurs enfants sur une terre ingrate. Laura sait qu'elle ne sera jamais heureuse dans cette ferme isolée et sans confort. Lorsque deux soldats rentrent du front, elle se sent renaître peu à peu. Empoisonné par le racisme, cet univers de boue, de désirs et de mort verra la sauvagerie tout emporter.


- Prête-moi ton homme
de Emily Giffin
Éditions Michel Lafon / Juin 2011


Trente ans. Voilà, il était arrivé, ce fameux anniversaire. Pas vraiment comme je l'avais rêvé gamine. Où étaient le mari séduisant et amoureux, les enfants adorables, la reconnaissance professionnelle? J'étais célibataire, j'avais un boulot assommant, et je ne voyais absolument rien de folichon se profiler à l'horizon. Ce soir-là, j'ai un peu forcé sur la tequila et j'ai couché avec le fiancé de ma meilleure amie qui se marie dans cinq mois. Crime odieux, monstrueux, impardonnable. Surtout pour moi, qui d'ordinaire ne dévie jamais du droit chemin. Ce souvenir honteux, il fallait à tout prix le refouler. Cela ne signifiait rien. Nous avions trop bu, nous ne savions pas ce que nous faisions. D'ailleurs, la page était déjà tournée. Alors, pourquoi avons-nous recommencé?


- Retour à Brixton Beach
de Roma Tearne
Éditions Albin Michel / Juin 2011


Alice n'a jamais oublié le sable blanc de Brixton Beach, à Ceylan, où elle a passé son enfance dans l'ombre de Bee, son grand-père adoré, peintre talentueux et taciturne. C'était avant que la guerre civile éclate et ravage le futur Sri Lanka. Depuis, Alice, de mère cingalaise et de père tamoul, a fui son "paradis marin" avec une partie de sa famille pour la Grande-Bretagne. Dans un paysage froid et hostile, la jeune fille sensible et rêveuse tente de se reconstruire et fait de l'art le support de ses passions et l'horizon de son bonheur. Un bonheur que la rencontre avec Simon comble de manière inespérée. Jusqu'à ce matin de juillet 2005, où la violence croise à nouveau son chemin.


- Toi contre moi
de Jenny Downham
Éditions Plon / Juin 2011


Roméo et Juliette des années 2000, Toi contre moi est tour à tour haletant, drôle, tendre et terrible. Ses deux héros, Ellie et Mikey, tiraillés entre leurs familles et leurs sentiments, se battront jusqu'au bout pour pouvoir vivre leur première grande histoire d'amour.


- Trouble
de Hélène Uri
Éditions JC Lattès / Juin 2011


À sa mort, Karsten Wiig ne compte presque plus de proches dans son entourage, six personnes seulement assistent à ses obsèques. Parmi elles, curieusement, se tient le célèbre magistrat Edvard Frisbakke, réputé pour son sens infaillible de la justice. Lui qui a toujours été si sûr de sa capacité à distinguer le mal du bien afin de rendre le monde meilleur a fait basculer la vie du défunt, vingt ans plus tôt. Bien des années auparavant, Karsten vit avec Marianne. Mariés, deux enfants, ils s'aiment malgré les difficultés du quotidien, jusqu'à ce que Marianne découvre que Karsten l'a trompée. Tout vole alors en éclats, la confiance est brisée, à tel point que Marianne ne sait plus vraiment qui est son mari. Peut-on être sûr de connaître celui qu'on aime? À quel moment la confiance dans un couple est-elle remise en question?


- Un enfant à soi
de Clare Brown
Éditions Belfond / Juin 2011


À trente-deux ans, Jennifer se sent prisonnière d'un quotidien qu'elle déteste. Ses journées s'égrènent, sans joie ni bonheur. Un soir, son chemin croise celui de Sam, un petit garçon de deux ans maltraité par sa mère. Emportée par un formidable élan d'affection, Jennifer va se convaincre qu'elle seule peut sauver l'enfant de la violence des adultes. Qu'elle doit enlever Sam. Une nouvelle vie commence pour Jennifer. Un nouveau départ avec son fils. L'occasion de tirer un trait sur le passé, de combler le silence et de retisser des liens avec sa mère, qu'elle n'a pas vue depuis tant d'années. Mais un jour, la réalité la rattrape, brutalement. Soudain, le voile du mensonge se déchire, libérant les terribles secrets d'une famille brisée.


- Un été à Saint-Tropez
de Elizabeth Adler
Éditions Belfond / Juin 2011


Mauvaise surprise pour Mac Reilly, le séduisant détective, et sa sublime fiancée Sunny. Eux qui pensaient passer des vacances de rêve à La Violette, une splendide villa sur les hauteurs de Saint-Tropez. En fait, ladite villa est une quasi-ruine et, cerise sur le gâteau, ils vont devoir la partager avec une flopée de locataires, dont un ex-trader dépressif, une femme au foyer en fuite, un tout juste veuf et sa petite fille. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, les uns parcourent l'arrière-pays à la recherche du mas de leurs rêves, les autres s'adonnent à la pétanque sur la place des Lices. Mais pour nos deux héros, pas de farniente! Alors que Sunny tente de percer le secret de La Violette, du nom d'une chanteuse de l'entre-deux-guerres au sombre destin, Mac, lui, va mettre au jour un ignoble trafic d'art. Heureusement, le soleil provençal n'a pas son pareil pour réchauffer les cœurs et adoucir les mœurs.


- Un mariage en héritage
de Ayelet Waldman
Éditions Robert Laffont / Juin 2011


Voilà dix ans que John et Rebecca s'aiment, dix ans que Rebecca vient en vacances à Red Hook, ville côtière du Maine ou John habite. C'est aujourd'hui le grand jour, le mariage a été méticuleusement préparé, le buffet est prêt. On attend les mariés qui n'arriveront pas, leur limousine a terminé sa course dans un fossé. Ils sont morts sur le coup. Tout oppose les familles des mariés. John et ses deux frères ont été élevés à la dure par une mère femme de ménage à Red Hook. Les parents de la mariée, universitaires new-yorkais, viennent depuis toujours dans la charmante station balnéaire pour les vacances. Le drame va unir les destins de ces deux familles. Parents, frères et sœurs vont tenter chacun à leur manière de surmonter le deuil, année après année. Jusqu'à doucement retrouver, ensemble ou séparément, une nouvelle forme d'harmonie.


- Une anglaise à bicyclette
de Didier Decoin
Éditions Stock / Juin 2011


Tout commence par un massacre d'Indiens en décembre 1890 dans le Dakota du Sud. Jayson Flannery, un photographe anglais veuf de son état, recueille une petite fille de trois ans dont la mère a été victime du massacre. Il songe bien sûr à confier Emily à un orphelinat, s'apprête à reprendre son paquebot pour l'Angleterre, mais il ne repartira pas seul et décide d'enlever la petite Emily aux sœurs qui l'ont prise en charge. On les retrouve tous les deux dans un manoir du Yorkshire où Jayson a toujours vécu. Emily grandit, va à l'école, apprend à lire. Tous dans le village se posent mille questions à son sujet. Jayson l'a-t-il adoptée, kidnappée? Viendra-t-on un jour la chercher? Un policier mène son enquête, s'obstine et s'entête à rechercher les véritables origines d'Emily. Jayson comprend bientôt que, s'il veut donner une véritable identité à son Indienne d'Emily et donc des papiers et donc une appartenance sociale, il n'a d'autre choix que celui de l'épouser. Le mariage sera grandiose et mettra fin à la suspicion de tous, y compris celle du policier. Emily rêvait d'un cheval, dans sa corbeille de noces elle trouve une bicyclette. Jayson ne pouvait imaginer que ce cadeau de mariage allait changer la destinée d'Emily. Elle commence par rouler pendant des heures, puis pendant des jours, puis pendant des nuits. Au terme de ses randonnées, elle fait une découverte spectaculaire: deux fillettes de quatorze et seize ans dans un village lointain prétendent fréquenter des fées au bord d'une rivière. Tout le monde a envie de les croire, Emily la première. Le père des jeunes filles, lui aussi photographe, demande à ses enfants de photographier la preuve de ce qu'elles avancent. Les fillettes s'exécutent et rapportent cinq clichés stupéfiants. Le village où a grandi Emily avait des doutes sur sa véritable identité, l'Angleterre toute entière va se diviser en croyants et non-croyants de l'existence des fées. Dans cette Angleterre qui entre dans les années folles de l'après-Première Guerre mondiale vieillit Sir Conan Doyle, qui se console et se passionne jusqu'à l'obsession pour le spiritisme. Cette fabuleuse histoire de fées tombe si bien dans sa vie. Il y croira dur comme fer, en fera son dernier combat et entraînera Emily dans la protection de la vérité et des mensonges des petites filles. Hélas, il y a toujours une vérité, aussi parfois vaut-il mieux la taire.


- Vacances avec papa
de Dora Heldt
Éditions L'Archipel / Juin 2011


"- C'est juste pour deux petites semaines.
Dès le début de la conversation téléphonique, une boule d'appréhension me nouait l'estomac.
Et puis c'est ton père, après tout, reprit ma mère. N'importe quelle fillette se réjouirait d'une telle nouvelle.
- Maman, qu'est-ce que tu entends par fillette? Dois-je te rappeler que j'ai 45 ans".
Christine s'apprête à partir en vacances sur l'île Norderney (en Frise orientale, au nord de l'Allemagne) pour aider son amie Marleen à rénover sa pension de famille. Mais sa mère, qui doit se faire opérer du genou, lui demande d'emmener avec elle son père. Problème: Christine a 45 ans, son père 73, et surtout il est du genre à se mêler de tout. Il donne son avis à tout moment, critique l'aménagement de la pension, apostrophe sans cesse les autres vacanciers. Et puis il s'est aussi mis en tête que le jeune homme qui plaît à sa fille n'est tout simplement qu'un "escroc au mariage". Bonnes vacances, Christine.


- Venir au monde
de Margaret Mazzantini
Éditions 10-18 / Juin 2011


À Rome, un matin de 2008, Gemma quitte sa vie ordinaire et s'envole avec son fils pour Sarajevo où il est né seize ans plus tôt. Ce voyage à la recherche des origines est aussi l'occasion pour elle d'affronter le passé: Sarajevo sous les bombes, une histoire d'amour impossible, et sa quête éperdue pour devenir mère dans une ville assiégée, ou la tragédie guette à tout instant.


- Alzheimer mon amour
de Cécile Huguenin
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mai 2011


Au cœur du naufrage, continuer d'aimer. Comment faire le deuil d'un couple alors que l'être aimé est encore en vie? Il y a d'abord eu les premiers signes, les mots qui s'emmêlent, les souvenirs qui s'étiolent. Puis le diagnostic. Mais pour Cécile et Daniel, unis par une vie de bonheur de plus de trente ans, l'amour est plus fort que la peur. Magnifique hommage qu'une épouse attentive et inquiète rend à son mari, ce récit donne la voix aux patients, mais également aux soignants et aux proches. Car cette maladie affecte l'entourage: face à la détresse, à la solitude, à la crainte de la perte, les accompagnants doivent aussi être soulagés. Alzheimer mon amour, étonnant travail de reconstruction, est un témoignage bouleversant, mais apaisé, qui chante extraordinairement la vie, et fait progresser le regard de chacun. Préface du professeur Jean-François Mattei, président de la Croix-Rouge française.


- Autour du monde avec tante Mame
de Patrick Dennis
Éditions Flammarion / Mai 2011


Femme émancipée, imprévisible, pleine de fantaisie, Tante Mame a enlevé son petit-neveu et entrepris de parcourir le monde en sa compagnie. Le vieux continent, dont elle n'ignore rien des usages, sera un théâtre à sa démesure. Ainsi sera-t-elle meneuse de revue aux Folies Bergères, châtelaine cernée par les nazis en Autriche, victime d'un gigolo sur la côte basque, menacée par les fascistes à Venise, prisonnière d'un kolkhoze en Russie. À ses côtés, on retrouve son neveu Patrick et sa meilleure amie, la légendaire et non moins riche actrice Vera Charles, ainsi qu'une loufoque bande d'originaux, d'expatriés et de play-boys. Nouveaux adeptes et fans de longue date se délecteront de ce second volet des frasques toujours plus extravagantes de la célèbre globe trotteuse. Subtil, insolent et furieusement drôle, Tante Mame n'a pas pris une ride et son tour du monde reste toujours aussi irrésistible.


- Betty et ses filles
de Cathleen Schine
Éditions Phébus / Mai 2011


Que faire quand vous avez soixante-quinze ans et que votre mari parle soudain de "différences incompatibles" puis demande le divorce après cinquante ans de mariage? Désespérée, Betty Weissmann se réfugie à Westport, dans le Connecticut, dans un cottage au bord de la mer. Bientôt ses deux filles l'y rejoignent. Agent littéraire à succès, Miranda est tombée en disgrâce après plusieurs scandales retentissants. Quant à Annie, divorcée et mère de deux grands enfants, elle peine à joindre les deux bouts. Mais bientôt l'amour ressurgit dans la vie des deux sœurs. Betty et ses filles est un texte tout en délicatesse et en drôlerie, qui brasse d'une manière percutante intrigues amoureuses et scènes crépusculaires.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 14:48

- Blue Gene
de Joey Goebel
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mai 2011


Quelque part au fin fond des États-Unis, Blue Gene, 27 ans, tatouages, coupe mulet, tongs noires et chaussettes blanches, gagne sa croûte en vendant ses jouets au marché aux puces. Un brin rebelle, joyeusement immature, cet excentrique n'est autre que le mouton noir de la dynastie Mapother. Lorsque ces magnats du tabac décident de réaliser un rêve et de briguer le Congrès, leur loser de fils est appelé à la rescousse: avec dans leur camp ce fervent patriote, fana de catch et de bière, ces conservateurs bon teint empocheront les voix du peuple, à coup sûr. Cruelle sans être violente, cette comédie politique est l'expression de la contre-culture enjouée.


- Demain est une autre vie
de Thierry Serfaty
Éditions Albin Michel / Mai 2011


Jamie Byrne, au volant de sa voiture sous une pluie battante, vient de griller un feu rouge, et freine trop tard. Le choc est mortel. En quelques secondes, il voit sa vie défiler devant lui: son seul regret, ne pas avoir su quitter à temps la femme qui ne l'aime plus et lui a toujours refusé les enfants dont il rêvait. Jamie s'éveille en sursaut et regarde autour de lui. Il est vivant, dans sa maison, et sa voiture est intacte. Une sublime jeune femme l'enlace et l'embrasse tendrement, deux jeunes garçons lui sautent au cou. Jamie est incapable de prononcer un mot et pour cause: cette femme merveilleuse et ces enfants, il ne les a jamais vus. Est-ce son rêve qui s'accomplit ou bien son cauchemar qui commence? Au bout d'un suspense mené à un rythme infernal, Jamie Byrne saura ce que sa quête lui réserve: la destruction finale, ou l'amour ultime.


- Deux sœurs
de Madeleine Chapsal
Éditions Fayard / Mai 2011


Sara voue à sa sœur aînée une jalousie terrifiante qui la pousse à la calomnie et à la violence. "Pourtant nous nous aimions tant quand nous étions enfant", s'afflige Emma qui ne comprend pas pourquoi sa petite sœur, devenue sa pire ennemie, s'acharne à la détruire. Longtemps elle va espérer la désarmer par un excès de patience et de générosité, mais rien n'y fait: plus elle lui cède plus sa sœur s'enflamme. C'est au décès de leur mère puis de leur père que Sara achève d'exploser: au mépris de la loi et même du bon sens, elle commet l'impensable pour arriver à dépouiller sa sœur, quitte à en pâtir elle-même. Bien des familles se déchirent ainsi au moment des héritages, par jalousie fraternelle plus encore que par appât du gain: elles ne peuvent que se reconnaître dans ce nouveau roman de Madeleine Chapsal, si juste qu'il en paraît vrai.


- Faute d'identité
de Michka Assayas
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2011


"En novembre 2009, j'ai vécu une expérience qu'ont déjà connue des centaines de milliers de nos concitoyens. Français depuis toujours, je me suis vu refuser le renouvellement de mon passeport. Incapable de fournir les documents prouvant la nationalité de mes parents, français de longue date mais nés à l'étranger, j'ai été expédié par l'administration dans un no man's land juridique. Je me suis retrouvé dans la peau d'un Français précaire, avec un droit de voyager restreint. Cette expérience m'a transformé. Comme tout le monde, j'ai une histoire familiale. Je n'avais pas imaginé qu'un jour elle me vaudrait des ennuis. On me demande comment je suis devenu français. Eh bien, je réponds à ma façon. Mon père, modeste figure de la France libre, cinéaste reconnu dans les années 1950, issu d'une famille juive laïque et francophone, était milanais. Ma mère, réfugiée hongroise, chassée de son pays par la guerre, dessinatrice de mode, venait d'un milieu calviniste de Budapest. Je me suis rendu compte que le lien qui m'a uni à mes parents, à leur histoire, à leur passé, à ce monde de la Seconde Guerre Mondiale dont ils sont issus, était bien plus fort que je ne pensais, et que mon rapport à leur passé m'a façonné. Je croyais échapper à mes origines, elles m'ont rattrapé. En me penchant sur mon enfance, je me suis aperçu que ces origines m'ont donné une identité à la fois forte et fragile, dont la survivance est aujourd'hui problématique. Ce livre est aussi pour moi l'occasion de célébrer un monde disparu, certes bâti sur les ruines et la destruction, mais libre, généreux, léger et confiant en l'avenir, bien plus que les temps obscurs que nous traversons".


- Femmes à rénover
de Mara Goyet et Sophie Giagnoni
Éditions Flammarion / Mai 2011


Bertrand, la soixantaine sonnée, rayonne à observer et aussi charmer ces jeunes mères de famille trop déprimées, trop désœuvrées, trop vieillissantes déjà, qui attendent sur le trottoir la sortie de l'école.


- Folie d'une femme séduite
de Susan Fromberg-Schaeffer
Éditions Belfond / Mai 2011


Ayant quitté sa ferme natale, Agnès Dempster découvre du haut de ses seize ans la vie citadine. Quand Frank Holt, tailleur de pierres de son état, fait irruption dans sa vie, elle s'en éprend sur le champ. Abandonnant travail, amis et même l'enfant qu'elle porte, elle se donne corps et âme à cet homme fruste qu'elle pare de toutes les couleurs du héros romantique et de l'artiste d'exception, jusqu'à perdre sa propre identité. Quand Frank, effrayé par cet amour suffocant, s'échappe dans les bras d'une autre, Agnès perd pied. Contrainte à un geste fatal, elle devra répondre de ses actes face à l'opinion publique et aux médecins de l'asile.


- Journal d'un parfumeur
de Jean-Claude Ellena
Éditions Sabine Wespieser / Mai 2011


"Pendant un an, j'ai tenu ce journal de façon assidue ou plus relâchée, décousue, sporadique, régulière, souhaitant partager quelque aperçu sur la vie d'un nez. J'imaginais que dans le désordre apparent de cette pensée ainsi exposée, au-delà des digressions ou des chemins de traverse, le lecteur entrant dans mes pas pouvait se construire une vision globale assez fidèle, significative, de ce qu'est la réalité d'un compositeur de parfums. Le fait est que beaucoup d'éléments de ma vie sont tendus vers cette forme d'expression particulière qu'est la composition d'un parfum. Mes pensées quotidiennes m'y ramènent souvent, en tout cas finissent toujours par y revenir, comme si j'étais tissé de cela. Les odeurs sont mes mots. Le maniement que j'en ai découle d'une logique, d'un instinct, d'un travail que je crois comparables à la démarche d'un écrivain lorsqu'il s'attelle à un livre. Je sais aussi que ce métier, parce qu'il est un art, est irréductible au langage et aux concepts. Avec ce journal, j'ai voulu simplement partager une expérience". J.-C. E.
Suivi d'un abrégé d'odeurs


- Juliet, Naked
de Nick Hornby
Éditions 10-18 / Mai 2011


À Gooleness, station balnéaire surannée, Annie se demande ce qu'elle a fait de sa vie... En couple avec Duncan, dont la passion pour Tucker Crowe, un ex-chanteur des eighties, commence sérieusement à l'agacer, elle s'apprête à faire sa révolution. La crise de la quarantaine perçue avec verve et punch, par un Nick Hornby au sommet de son art.


- L'ange aux ailes de cristal
de Dominique Rebourg
Éditions Flammarion / Mai 2011


À l'issue d'une éclatante tournée mondiale, Guillaume Bast, danseur étoile, quitte l'Opéra de Paris pour rejoindre la compagnie Pavel Niouchine. Sa beauté, son talent, sa personnalité envoûtante exercent sur son entourage une irrésistible attraction. Choyé par ses amis, aimé des femmes et des hommes, à la fois séducteur et solitaire, fort et fragile, il n'en est pas moins tout entier concentré sur son ego. Dans sa vie, il n'y a de place que pour la danse. Lorsqu'il apprend qu'il est atteint d'une tumeur cérébrale maligne, il décide de continuer à danser et de garder son secret pour lui seul. Tandis que la maladie altère son caractère et désarme ses intimes qui ne le reconnaissent plus, il s'enferre dans ce paradoxe: danser pour ne pas mourir, tout en sachant que danser le tuera. Jusqu'où va le conduire cette soif d'absolu qui ne le quitte pas depuis l'enfance? Saura-t-il enfin s'ouvrir au monde? En nous immergeant dans les secrets de la danse de haut niveau, Dominique Rebourg donne vie à un être d'un rayonnement inouï.


- L'étoile de Strindberg
de Jan Wallentin
Éditions Fleuve Noir / Mai 2011


Le corps d'un homme est retrouvé au fond d'une mine inondée de Suède, dans un état de conservation exceptionnel. Invité sur un plateau de télévision, Erik Hall, le plongeur à l'origine de cette découverte, rencontre Don Titelman, un historien taciturne, spécialisé dans les mythes et symboles occultes. À l'abri des oreilles indiscrètes, Hall lui confie que le cadavre de la mine tenait une croix qu'il a conservée en secret. Il n'a aucune idée de ce qu'il vient d'exhumer. Ni de la tempête que cela va déclencher. Associée à une étoile, cette croix constitue la clé d'un mystère extraordinaire. Et pour le percer à jour, nombreux sont prêts à risquer leur vie. Ou se cache cette étoile? De quel mystère est-il question? Et surtout, pourquoi Titelman, étranger à tout cela, se voit-il précipité malgré lui dans une traque frénétique et meurtrière? Tout en revisitant les événements les plus bouleversants de ces cent dernières années, Jan Wallentin nous plonge dans une aventure à couper le souffle. À bord d'un train de fret sillonnant l'Europe ou d'un brise-glace en partance de Mourmansk, lors de l'expédition au pôle Nord d'Andrée et Strindberg ou au cœur de la folie nazie à Wewelsburg, il nous embarque dans une quête effrénée et fascinante.


- L'homme qui haïssait les femmes
de Élise Fontenaille
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2011


"Le 6 décembre 1989, à Montréal, un jeune homme entre dans une salle de cours de l'école Polytechnique, célèbre école d'ingénieur québécoise, sort un fusil de son sac, force les garçons à se regrouper, et exige qu'ils sortent de la salle.
Resté seul avec les étudiantes, il leur dit:
- Vous faites des études scientifiques, vous allez être ingénieurs, vous êtes des féministes, je hais les féministes.
Une jeune femme tente de s'interposer, il l'abat, puis tire sur les huit autres, quitte la salle en les laissant pour mortes, et, dans les couloirs de l'école, il poursuit son carnage, ne visant que des femmes. Au total, il en tuera quatorze, avant de se faire sauter la cervelle. Il laisse une lettre où il revendique son geste par haine des féministes, qui, dit-il, lui ont gâché la vie. Cet homme a existé. J'ai choisi dans ce livre de l'appeler Gabriel Lacroix. C'est son parcours que je retrace, celui d'un enfant martyrisé par un père ultra-violent d'origine maghrébine, lui-même torturé pendant la guerre d'Algérie. Vingt ans après sa mort, Gabriel Lacroix est devenu une icône des masculinistes québécois. C'est donc l'histoire du meurtrier, de la tuerie, et son retentissement au Québec que je raconte dans L'Homme qui Haïssait les Femmes. Portrait d'un enfant brûlé, et d'une société qui, en moins d'une génération, est passée d'un catholicisme tout puissant à un féminisme triomphant, non sans heurts".


- La liseuse d'icônes
de Nicole Calfan
Éditions L'Archipel / Mai 2011


Paulette, grande gigue rousse de 13 ans, vit à La Rochelle où elle travaille, sur le port, en plein air, dans la crêperie de sa mère. Au même moment à Athènes, Théodora, petite fille gâtée par son père, vit une enfance dorée, mais troublée par la fragilité d'une mère ombrageuse et taciturne. Dix ans plus tard, Paulette est devenue nourrice. Théodora, elle, habite seule dans le grand appartement où son père l'a installée à Paris, après le mystérieux suicide de sa mère. Devenue artiste, Théodora "écrit" (peint), et "lit" des icônes. En proie à une grande solitude, elle décide de prendre une gouvernante. C'est ainsi que Paulette entre dans sa vie. Une rencontre qui va tout changer.


- La modiste
de Andréa Vitali
Éditions Buchet Chastel / Mai 2011


Ce soir-là, Firmato Bicicli, le gardien de nuit de la mairie de Bellano, parti fêter au bar son anniversaire de manière un peu trop arrosée, oublie de prendre son poste. Des voleurs en profitent pour s'introduire dans l'édifice. Même si rien n'a été volé, le mal est fait. Atteint dans son honneur, Firmato n'a dès lors qu'une obsession, la vengeance. Les curieux se pressent devant l'hôtel de ville. Carmine Accadi, le chef des carabiniers sicilien, un rien bellâtre, muté depuis peu sur les bords du lac de Côme est sur les dents. Mais quand la belle Anna Montani s'approche à son tour, il n'a d'yeux que pour la grâce de ses courbes pleines. C'est qu'elle l'obsède la magnifique modiste dont chaque pas exhale une sensualité digne d'une star de cinéma telle que Silvana Mangano. Il n'est d'ailleurs pas le seul à être tourmenté par le désir, tous les hommes lui tournent autour, à la Montani, depuis la disparition de son mari, Ezio, parti à la guerre. En réalité, Anna Montani n'attend qu'une chose, que son veuvage soit officialisé pour convoler avec Romeo Gargassa, un voleur ayant amassé une fortune douteuse pendant la guerre, et qui doit servir à lui offrir le bel atelier dont elle rêve. Est-elle à ce point fourbe, notre ambitieuse modiste ou simplement légèrement ingénue? Et Ezio, est-il bien mort ou a-t-il déserté?


- La parole perdue
de Violette Cabesos et Frédéric Lenoir
Éditions Albin Michel / Mai 2011


La basilique de Vézelay: une des plus anciennes églises dédiées à Marie-Madeleine, la pécheresse des Évangiles. Dans ce haut lieu de la chrétienté, Johanna, archéologue médiéviste, tente d'établir la vérité sur les origines controversées du culte de la sainte. Mais la sérénité de la jeune femme est rapidement troublée par une série de meurtres sur le chantier d'un de ses collègues à Pompéi et l'étrange maladie de sa petite fille, qui semble inexplicablement liée à ces crimes. Prête à tout pour la sauver, Johanna se lance alors dans une enquête périlleuse, dont la clé pourrait bien être l'un des plus grands secrets de l'humanité: la mystérieuse phrase tracée par Jésus sur le sable aux pieds de la femme adultère, la seule qu'il ait jamais écrite.


- La place aux autres
de Philippe Mouche
Éditions Gaïa / Mai 2011


Une ville, avec des caméras de surveillance à tous les coins de rue. Tristan, ancien élu fatigué de politique, décide de partir à la recherche du Présent. Le Présent se trouve peut-être dans les mots de ces réfugiés climatiques avec qui il partage sa maison, sous la protection du Sous-Commandant, un chat pas très domestique. Ou bien dans cet hypermarché où une Inconnue règle l'unique achat de Tristan: une boîte de petits pois. Comment retrouver l'Inconnue? Combien y a-t-il de petits pois dans la boîte? Qui est Argus, l'internaute qui voit tout et sait tout? Les questions se multiplient dans une ville en effervescence. D'étranges tribus urbaines s'agitent et la révolte gronde dans un univers où nos existences mêmes sont en garde à vue, où tout ce que nous vivrons pourra être retenu contre nous. Comme courir tout nu sur la place aux autres.


- La veuve
de Gil Adamson
Éditions 10-18 / Mai 2011


La Veuve, western au féminin dans les grands espaces. Épique, poétique, initiatique, un premier roman à couper le souffle. Canada, 1903. Mary Bolton, 19 ans et "veuve par sa faute", fuit à travers la forêt pour échapper à ses poursuivants.


- Le choix de Goldie
de Roopa Farooki
Éditions Gaïa / Mai 2011


À treize ans, Shona craque pour Parvez dès la première œillade. Follement amoureux et inconscients, les jeunes amants fuient le Pakistan pour voler de leurs propres ailes, à Londres. Passés l'exaltation d'un nouveau départ et les joies de la vie d'une famille qui s'agrandit, Shona se sent rattrapée par son passé. À l'image de sa mère, elle construit sa vie sur des mensonges, se risque à mener une double-vie, jusqu'au jour où les secrets deviennent trop lourds à porter. Même la vitalité de ses jumeaux adolescents, Omar qui brille dans les études, et Sharif qui tombe les filles, ne suffit plus à compenser les non-dits accumulés au fil des années, des générations. Mais peut-on revenir sur un tel héritage? L'amour sera-t-il assez fort pour vaincre les erreurs du passé?


- Le dernier lion de Castelnau
de Alain Casabona
Éditions Calmann Lévy / Mai 2011


Dans une vieille bastide du sud de la France, Sigi, compositeur célèbre et désabusé, cherche l'inspiration pour sa prochaine œuvre, Orphée. Mais cette nuit-là, une agitation inhabituelle règne, une rumeur, un trouble sans origine décelable, qui intriguent le musicien et le poussent à sortir. Dans la pénombre du jardin envahi par la végétation, il se retrouve face à un étrange visiteur surgi de son passé, qui l'entraîne vers une découverte magique.


- Le dîner
de Herman Koch
Éditions Belfond / Mai 2011


Deux frères se donnent rendez-vous avec leurs épouses dans un restaurant branché d'Amsterdam.
Hors-d'œuvre: le maître d'hôtel s'affaire.
Plat principal: on parle de tout, des films à l'affiche, des vacances en Dordogne.
Dessert: on évite soigneusement le véritable enjeu du dîner, les enfants.
Car leurs fils respectifs ont commis un acte d'une violence inouïe.
Un café, un digestif, l'addition.
Reste la question: jusqu'où irions-nous pour préserver nos enfants?


- Le mensonge de Dieu
de Mohamed Benchicou
Éditions Michalon / Mai 2011


Aurai-je la force de tout écrire? Je suis le mendiant du cimetière et j'avais cette histoire pour les hommes. Mais Double-Goulot est mort et il n'est plus personne à qui la raconter. Personne si ce n'est toi, mon vin. Oui, qui écouterait mon récit sans rougir de sa propre capitulation? Alger, décembre 2007. Poursuivis par les services secrets algériens, les petits-enfants du mendiant ont emporté son précieux journal avant de fuir la ville exsangue. À sa lecture ressurgissent leurs souvenirs, éclairés par la voix du miséreux venu leur conter l'odyssée extraordinaire de leurs ancêtres, épris, tout comme eux, de liberté et de justice. Dans cette grande fresque romanesque, Mohamed Benchicou retrace les destins croisés d'une famille de combattants indigènes, insoumis et séducteurs. D'une plume vibrante et sensuelle, il nous entraîne sur les traces du peuple algérien de 1870 à nos jours. Un livre-prière, poétique et musical, mêlant toutes les passions humaines. Un texte engagé contre l'obscurantisme, porté par un souffle épique et une puissante énergie lyrique.


- Le piano de ma mère
de Yann Queffélec
Éditions L'Archipel / Mai 2011


"Je m'appelle Yann Queffélec et je suis né le 4 septembre 1949, à Paris XVe. Sous X. Père et mère inconnus. Inexact? En effet. Toujours cette fichue tendance à broder, à romancer... Je m'appelle Yann Queffélec. J'ai appris à mentir très jeune, encouragé par mon père, homme droit qui plaçait le mensonge au rang de vice, le plus noir de tous. Il avait les yeux bleus, d'un bleu vertigineux, comme l'horizon marin. Il me regardait et je n'avais rien dit qu'il me murmurait: menteur! Étonnez-vous qu'après je sois devenu romancier. Ces mémoires vont donc retracer la relation houleuse, et souvent tourmentée, que j'ai toujours eue avec mon père, l'homme que j'ai le plus aimé, admiré, craint, et qui voulait me faire plier sous sa loi. Ils vont aussi raconter le déclin familial des Queffélec, des gens contradictoires, aussi modestes que prétentieux, aussi discrets qu'arrogants, timides, mais ne doutant pas d'appartenir à une catégorie supérieure". Le premier tome de ce récit autobiographique couvre les deux premières décennies de l'auteur, s'achevant sur la mort de sa mère, en 1969.


- Le plaisir ne saurait attendre
de Tishani Doshi
Éditions Buchet Chastel / Mai 2011


Madras. Août 1968. Avec ses dents éclatantes et ses cheveux bouclés, Babo est le fils aîné de la famille Patel, et le premier à prendre l'avion. Mais il décolle pour Londres, afin d'y compléter ses études, accablé d'interdits par ses parents jains: ni femme, ni alcool, ni viande. Trois mois après son arrivée, ses résolutions sont balayées, en un coup de foudre, par la minijupe blanche et le ruban rouge dans la chevelure auburn de Sian Jones, une libre et saisissante Galloise. Balayé aussi son mariage arrangé par ses parents en Inde avec Falguni. Des larmes, des plaisirs et des années plus tard, Bean et Mayuri, les filles de Sian et Babo, jouent en riant derrière le portail orange et noir de leur maison de Madras. Et tandis que les Beatles composent Hey Jude, que le prince Charles et Diana s'aiment puis se déchirent, qu'Indira Gandhi tombe sous les balles de la vengeance sikhe et que Madras devient Chennai, une famille indo-galloise joue la partition tour à tour tendre et tragique d'une vie métissée en Inde. Inspirée par l'histoire d'amour de ses parents, Tishani Doshi nous invite avec lyrisme et poésie à suivre le destin attachant d'un clan chamarré qui reste heureusement guidé par Ba, la sage et philosophe aïeule entourée de plumes de paon et de lézards rouges.


- Les corneilles blanches
de Robert Arnaut
Éditions Cherche Midi / Mai 2011


Au siècle dernier, Guilhem, l'aîné des Artigaux, renonçant à son droit d'aînesse, est parti pour les Amériques. Du même coup, il a trahi son clan qui le tient pour mort. Le chef de ce clan, le vieux Yusep, est le gardien de la tradition, rude dans ces hautes vallées pyrénéennes. Après le départ de Guilhem, c'est Pierre, le cadet, qui devient "majoral" et futur chef du clan. Il épousera Jeannette, qui était promise à son frère, l'automne venu. Tous ces beaux projets vont être bouleversés par le retour de Guilhem.


- Les nouveaux contes de la cité perdue
de Richard Bohringer
Éditions Flammarion / Mai 2011


Des personnages attachants et magnifiques se retrouvent au comptoir d'Au bout du monde, le bar de la 300e Rue où se croisent ceux qui voudraient que la vie les fasse encore rêver. Il y a là John, marié deux fois et deux fois abandonné. Ce n'est pas son vrai prénom mais certains soirs il préfère s'appeler John pour voir si ça fait revenir l'amour. Il y rencontre Solange qui vit sans sexe et sans petit ami. Sauf lorsqu'elle devient Betty, Betty qui aime l'amour et les hommes. Avec Paulo, ils ont en commun un immense savoir de l'ivresse, un dégoût du monde voué au culte de l'argent, bouffi d'orgueil et de préjugés. Ensemble, ils vont prendre la route pour conquérir de nouveaux territoires à l'abri des vanités et des malveillances de l'ancien monde. Richard Bohringer nous livre peut-être son texte le plus intime et le plus engagé. Il y parle des hommes tels qu'ils sont et tels qu'ils voudraient être, il n'a jamais autant décrit le monde d'aujourd'hui ni autant éclairé les pistes que nous donnent à voir les provocateurs et leurs lumières.


- Longtemps, j'ai rêvé d'elle
de Thierry Cohen
Éditions Flammarion / Mai 2011


Jonas, homme seul, réservé et intègre, auteur sous le pseudonyme de Raphaël Scali, libraire amoureux d'une cliente, et Lior, femme seule et romantique, lectrice amoureuse de Raphaël Scali, cliente d'un libraire: une histoire d'amour vue des deux côtés.


- Mary Ann en automne
de Armistead Maupin
Éditions de l'Olivier / Mai 2011


Après vingt ans d'exil à New York, Mary Ann Singleton revient sur les lieux de sa jeunesse à San Francisco. Trompée par son mari, atteinte d'un cancer, elle a décidé de se battre pour changer de vie. Elle est hébergée par son ami de toujours, Michael Tolliver, et retrouve Anna Madrigal, la légende du 28, Barbary Lane, qui n'a rien perdu de son humour ni de son énergie.


- Méfiez-vous de la vierge
de André Boris
Éditions Flammarion / Mai 2011


Né(e) entre le 1er janvier et le 31 décembre, vous devriez prendre le temps de savourer une véritable comédie romantique avec des personnages à l'humour incisif, des rebondissements en cascade, un peu de sexe et beaucoup d'amour. Né(e) entre le 23 août et le 22 septembre, l'histoire de Charlotte Ropraz, diététicienne Vierge et méthodique, ressemble étrangement à la vôtre. Et si vous n'avez pas encore croisé de Jérémie Destal, comédien Lion et charismatique, vous ferez bientôt une rencontre décisive.


- Nous dormirons ensemble
de Pierre Lagier
Éditions Buchet Chastel / Mai 2011


Au seuil de la mort, un vieil homme demande à voir son petit-fils. Depuis des années, une véritable relation de tendresse existe entre eux. Leur complicité, qui n'a jamais eu besoin de longs discours, va prendre fin. Ce jour-là, dans un dernier souffle, le grand-père confie à son petit-fils une lettre qu'il devra apporter à une mystérieuse destinatrice. À quoi sert une telle mise en scène, si ce n'est à susciter la curiosité du messager? Obligé soudain de remonter les années, le narrateur va mettre à jour de lourds secrets et découvrir, avec bonheur, que les sentiments, comme les pathologies, sont transmissibles d'une génération à une autre. Sur le lit défait des non-dits, l'amour autrefois caché des aïeux va-t-il refleurir?


- Onde générale
de Jean Daive
Éditions Flammarion / Mai 2011


Un rêve inaugure ce livre: les eaux recouvrent toute la terre, un enfant s'avance en serrant dans ses bras un radiateur. Il faut comprendre qu'un fils porte son père et que la terreur l'assaille devant l'homme, les mots, sa propre voix. Il crie, il ne parle pas. Il se dématérialise. En marchant, il découvre son corps étagé. Il compte une, deux naissances. Celle de son père avant la sienne. Il éprouve un ordre et les logiques de cet ordre et ce qui vient, le monde de la Loi.


- Quand je te reverrai
de André Dhôtel
Éditions Phébus / Mai 2011


Seize nouvelles jamais réunies en recueil à ce jour, dispersées dans diverses revues entre 1942 et 1973, qui ont l'air de raconter seize fois la même histoire, et qui se donnent seize façons de nous égarer, de nous désespérer, pour mieux nous émerveiller. La même histoire… Un garçon rencontre une fille et la perd. Pourquoi s'insurger?… puisque le monde en son entier semble conspirer à le persuader que cette fille-là n'est pas pour lui. Mais qui saura jamais dire ce qui est pour nous, parmi l'énigmatique banalité de ce qui advient sous le ciel? Reste presque toujours au héros de l'affaire, en général un anti-héros de la bonne espèce, la simple promesse d'un regard, d'une chanson envolée, d'un silence bizarrement partagé, qui témoigne en secret que la vraie vie est autre: à la fois absente de partout et violemment présente en sa feinte invisibilité (dans les Ardennes, la famille de Dhôtel cousinait vaguement avec celle de Rimbaud). Peu importe dès lors l'issue bonne ou mauvaise de l'aventure. Peu importe même si celui ou celle que l'on s'est promis de revoir un jour revient trop tard ou ne revient pas du tout. L'essentiel, sans doute, est d'avoir aperçu, même le temps d'une seconde, la fêlure ouverte dans le mur obtus de ce que les gens sérieux appellent le réel, par quoi se fait brusquement jour une lumière incompréhensible, plus vraie que toute réalité prétendue, et si merveilleusement inutile qu'on est tenté de lui donner le beau nom, si inutile lui aussi, de vérité. Seize histoires qui n'ont l'air de rien, mais où il n'est pas interdit de s'attendre à tout.


- Serial Killers
de Stephane Bourgoin
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2011


Traduit dans le monde entier, cet ouvrage de référence, revu et augmenté pour la troisième fois est le résultat d'une trentaine d'années de recherches sur ces criminels qui tuent en série sans mobile évident, mais sous l'emprise de pulsions sexuelles le plus souvent, et qui commettent leurs forfaits en toute impunité pendant des mois, voire des années. Stéphane Bourgoin a pu s'entretenir avec plus d'une quarantaine de ces serials killers dans les prisons de haute sécurité du monde entier. Cannibales, comme Ottis Toole ou le pédophile sud-africain Stewart Wilken, psychotiques, tel Gary Heidnik, dont le cas inspire le personnage de Buffalo Bill dans Le Silence des agneaux, ou Richard Chase et James Riva, authentiques vampires modernes, femmes criminelles, comme Martha Beck ou Christine Falling, tueurs d'enfants à l'exemple de John Joubert et Albert Fish, nécrophiles et chasseurs de têtes, à l'image de Gerard Schaefer et Ed Kemper qui sert de modèle au Hannibal Lecter de Thomas Harris, étrangleurs de prostituées à la façon d'Arthur Shawcross, tous expriment les mêmes fantasmes sanglants, et une absence totale de remords. Grâce à de nombreux séjours à l'étranger (États-Unis, Afrique du Sud, Europe de l'Est...), l'auteur a pu rencontrer les agents spéciaux du FBI chargés d'étudier ces assassins hors norme, ainsi que des profilers du monde entier qui utilisent une approche psychologique et des bases de données informatiques pour résoudre les enquêtes. Leurs conclusions sont confrontées à l'avis des plus grands psychiatres dans le domaine.


- Se souvenir des jours heureux
de Vendela Vida
Éditions Albin Michel / Mai 2011


Veuve depuis peu, Yvonne, la cinquantaine, accepte l'invitation de ses enfants à une croisière en Méditerranée. Avant de retrouver les siens, elle a décidé de séjourner une semaine seule à Datça, sur la côte turque, où elle avait passé sa lune de miel vingt-huit ans auparavant, pour se replonger dans le souvenir des jours heureux. Ces souvenirs la perturbent plus qu'ils ne lui apportent de réconfort, et le séjour, avec son cortège de rencontres insolites, ne se déroule pas comme prévu. Il n'y a guère qu'avec Ahmet, petit pêcheur de coquillages qui ne parle pas un mot d'anglais, qu'Yvonne parvient à oublier ses soucis. Jusqu'à ce qu'un tragique accident vienne semer le chaos dans sa vie. Dans ce livre troublant et sensible, Vendela Vidaréussit un très beau portrait de femme. Sa prose détachée et sobre, sa finesse d'observation, restituent la grâce et les zones d'ombre des sentiments, et la quête intérieure qu'évoque le voyage.


- Tarabisco
de Frédérick Tristan
Éditions Fayard / Mai 2011


Un jeune homme reclus dans une maison promise à la démolition survit dans ses rêves. Lui apparaissent l'illustre Tarabisco, sa grand-mère défunte, cantatrice monstrueuse qui le hante et qu'en secret il vénère, son père, vendeur de bretelles et gérant sournois d'une maison close, sa mère guettant à jamais le retour de son premier amour, mort en mer. Pour se libérer de ses peurs et décrire ses fantasmes, il écrit un journal onirique dans lequel les morts et les souvenirs du passé l'assaillent. Comment retrouver parmi eux Eulalie Belladonna, image de l'enfance et de la femme idéale? À l'hôpital, un patient du nom de Jean-Arthur Quinquet se réveille. Amnésique, il a été retrouvé inanimé dans une cabane au fond des bois, avec une musette pleine de curieux dessins, et de fragments d'une étrange pièce de théâtre. Peu à peu, l'homme sans passé se souvient. Des images surnagent sur son inconscient tourmenté: celle de son père, grand raconteur d'histoires extraordinaires comme celle de Manuela l'Indienne ou de son aïeule Tarabisco; celle de sa mère qui lui préférait sa sœur Eulalie, dont il était follement amoureux; celle de ce fameux jour de la Fête Neu-Neu où il se retrouva enfermé dans le Tunnel de la mort. Commence un bras de fer avec le psychiatre. Et s'il feignait de ne pas se rappeler? Dans ce roman construit en deux parties, illustration vivante du dédoublement des schizophrènes, Frédérick Tristan embarque le lecteur dans un surprenant voyage des profondeurs de la psyché, souvent drôle, parfois tragique.


- Tu pourrais rater intégralement ta vie
de Toni Jordan
Éditions 10-18 / Mai 2011


Grace compte tout. Les bananes du supermarché, ses pas, les poils de sa brosse à dents. Sa folie douce lui a valu d'être renvoyée, et côté cœur, c'est le néant. Quand Seamus, un garçon tout à fait normal frappe à sa porte, Grace doit résoudre la nouvelle équation à une inconnue: l'amour en cinq lettres.


- Un an autour de l'Océan Indien
de Antoine Calvino
Éditions Phébus / Mai 2011


Qui n'a jamais rêvé de larguer les amarres pour entamer un voyage au long cours? Antoine Calvino l'a fait. Il a suspendu ses activités le temps d'une année afin de découvrir, sac au dos et en solitaire, les pays du pourtour de l'océan Indien. Cap sur l'Inde, le Yémen, l'Éthiopie, le Somaliland, le Kenya, l'Ouganda, Dubaï, l'Iran, la Syrie, la Jordanie et Israël. Plus encore que les paysages, ce sont les rencontres qui l'intéressent. Logé dès que possible chez l'habitant, fraternisant avec les éternels ravers de Goa, les rastas d'Éthiopie, la jeunesse révoltée de Téhéran ou les pacifistes israéliens, ce trentenaire enthousiaste a réussi l'essentiel: voir ce que personne d'autre n'aurait vu, dire ce que lui seul pouvait raconter. La plume aussi vive que son pas, Antoine Calvino témoigne d'une réalité bien éloignée des idées reçues et transmet une irrépressible envie de bouger.


- Une histoire qui fait du bruit
de Françoise Laborde
Éditions Fayard / Mai 2011


Diane Allard a tout d'une femme comblée. Journaliste vedette à la télévision, elle présente les éditions du week-end et un magazine d'investigation. Mère d'une ado et d'un garçon autiste, elle a bataillé pour les élever seule, sans son premier amour, reporter de guerre, tué accidentellement en Irak. Mais Diane a trouvé avec Henri, son second mari, le réconfort chaleureux d'un haut fonctionnaire qui sait l'aimer et lui offrir la vie dont elle a toujours rêvé. À plus de 50 ans, à force de travail et d'obstination, elle a réussi sa carrière et sa vie de famille. Pourtant, elle va mettre en péril ce bel équilibre. L'émission qu'elle décide de consacrer aux trains de la déportation l'entraîne beaucoup plus loin qu'elle ne l'avait imaginé et elle se retrouve au centre d'une controverse politique et d'un séisme familial. Mise à pied, menacée de mort, la vie professionnelle, amoureuse et familiale de Diane va basculer. Elle doit affronter une nouvelle épreuve et non des moindres: rester fidèle à elle-même et garder le cap. Et si cette histoire qui fait du bruit allait lui permettre de trouver sa vérité? Entre comédie familiale et tragédie historique, Françoise Laborde dévoile aussi dans ce roman les ressorts de l'emballement médiatique et ses ravages.


- Une semaine avec ma mère
de William Sutcliffe
Éditions 10-18 / Mai 2011


Sans crier gare, Gilian, Carol et Helen débarquent chez leurs fils respectifs, trentenaires célibataires, bien trop distants à leur goût. Elles les ont supportés dix-huit ans, ils peuvent bien les héberger une semaine. Leur but, renouer les liens, à tout prix. Mais qui des mamans-poules ou des fils ingrats fera le plus de découvertes?


- American clichés
de Sophie Simon
Éditions JC Lattès / Avril 2011


Howard est un prodigieux chanteur d'opéra davantage reconnu par son chien que par sa femme. Debby est une midinette séduisante qui se cherche un mari parmi ses amis homosexuels. Ed et sa femme coulent des jours tranquilles jusqu'au soir où il renverse le fiancé de sa nièce. Mais on est en Amérique, et rien n'est jamais noir, rien n'est jamais perdu. Tout commence dans les années 1950, le mythe de l'American Dream est à son apogée. Les foyers sont coquets, les banlieues paisibles et familiales, les cow-boys ont les mains calleuses mais le cœur tendre, et les actrices, forcément blond platine, sont sexy et névrosées. D'autres nouvelles se situent de nos jours, les jeunes femmes prennent des amants tandis que leurs maris rêvent de beaux enfants blonds dans leur jolie banlieue. Les héros de ce recueil viennent des quatre coins des États-Unis. Ils ne vivent pas à la même époque, n'ont rien en commun, si ce n'est une réalité qui ne leur convient pas vraiment. On les rencontre à un moment crucial de leur vie. Là où quelque chose, normalement, devrait changer la donne.


- Attentat à la mangue
de Mohammed Hanif
Éditions 10-18 / Avril 2011


Au Pakistan, après onze ans de règne, le général Zia ul Haq craint pour sa vie. Lui qui chaque jour aime interroger le Coran comme on consulte un horoscope, pourra-t-il faire le lien avec le vol d'un avion militaire, un sous-officier en mal de vengeance, le secrétaire du syndicat des balayeurs, et un corbeau trop gourmand de mangues? Quand l'histoire est en marche, il faut la regarder parader.


- Ces messieurs-dames de la famille
de Jean-Pierre Coffe
Éditions Plon / Avril 2011


Comment présenter à des amis les membres de sa famille qui n'en sont pas toujours? Ces parents proches, lointains, imaginaires ont eu des vies souvent inattendues, inavouables pour certains, mais leurs attitudes, leurs angoisses peuvent nous amuser ou nous émouvoir. Il y a chez Jean-Pierre Coffe tout à la fois un désenchantement pour ce qui concerne l'homme dans son absolue médiocrité et un incommensurable amour de la vie. Il tente ainsi l'impossible qui est de vouloir greffer un peu de bonheur sur beaucoup de misère quotidienne.


- Comment je suis devenu Jacques Brel
de Jean-Hugues Lime
Éditions Cherche Midi / Avril 2011


Le mythe éternel de Don Quichotte et Sancho Pansa revisité, transposé au pays de la saucisse, c'est-à-dire à Morteau même, puis ailleurs, dans d'autres endroits encore plus improbables. Sous les auspices tutélaires du fantôme de Jacques Brel, gardien des belles et bonnes âmes qui jamais ne les abandonne, Jacky Stark, un artiste mythomane itinérant, et Marcel Penchat, un marchand de saucisses AOC, s'en vont par les routes, à la découverte de l'amitié, de l'amour, du monde, de leurs rêves et de leur destin. Ils se cognent au réel, à la bêtise, au froid, à la neige, au désert, au silence. Ils bravent les foudres. Vont, viennent, se cassent la gueule et triomphent. On retrouve, dans ce roman cocasse et émouvant à la fois, l'atmosphère des grandes chansons de Brel. Jacky et Marcel sont "beaux et cons", en quête de Mathilde et de Madeleine folles et accortes. Le temps d'oublier le dernier verre pour la route.


- Cuisine et correspondance
de Andréa Israel et Nancy Garfinkel
Éditions Fleuve Noir / Avril 2011


Une amitié en 82 recettes. Lilly et Val, c'est un peu le jour et la nuit, et pourtant les deux femmes sont amies depuis l'enfance. Leur point commun? Leur passion pour la cuisine. À l'âge de 7 ans, elles ont d'ailleurs fondé un petit club de recettes très fermé, qui n'a jamais compté qu'elles deux. Ensemble elles ont grandi, mûri, partageant tout, leurs craintes, leurs désirs, leurs secrets, leurs fous rires et leurs meilleures réalisations culinaires. Aujourd'hui, à 40 ans passés, alors qu'un stupide malentendu a mis fin à leur belle complicité, elles essaient timidement de renouer. Entre leurs premières lettres et leurs derniers e-mails, leurs plumes et leurs recettes se sont affinées. Au fil des pages, on se régale donc de leurs expériences de vie, et de leurs petits plats aux noms savoureux. Mais à mesure que les souvenirs refont surface, une découverte bouleversante manque de les séparer une nouvelle fois.


- Des adhésifs dans le monde moderne
de Marina Lewycka
Éditions Les Deux Terres / Avril 2011


Georgie a le moral en berne: son mari vient de la quitter et elle a pris du retard pour rendre ses articles à la revue Les Adhésifs dans le monde moderne. Mais quand elle rencontre Mrs Shapiro, une vieille émigrée juive excentrique qui fourrage dans sa benne à ordures, une solide amitié se noue. Peu après, Mrs Shapiro est admise à l'hôpital et Georgie, attachée à sa nouvelle amie, prend en charge sa grande bâtisse en ruine. Flanquée de sept chats malodorants, de trois artisans incompétents et de deux agents immobiliers véreux, elle découvre le passé de Mrs Shapiro et de sa maison. Elle se rend compte combien les êtres humains sont soumis aux lois chimiques de l'adhésion, et combien ils sont accrochés les uns aux autres par des liens qui se tissent tout au long de la vie.


- Doña Isabel
de Christel Mouchard
Éditions Robert Laffont / Avril 2011


En octobre 1769, Doña Isabel, une Créole du Pérou, a quitté son hacienda à la tête de trente et un porteurs pour ne plus jamais revenir. Elle s'est enfoncée dans la forêt d'Amazonie. Son but était de rejoindre son mari, qui se trouvait alors en Guyane, un mari français, Jean Godin des Odonais, qu'elle n'avait pas vu depuis vingt ans. Mais son expédition s'est perdue, et les voyageurs sont tous morts les uns après les autres dans des conditions atroces. Tous sauf Doña Isabel. Seule dans la forêt, elle a marché pendant près de deux semaines avant d'arriver à demi morte à la mission chrétienne d'Andoas. Comment a-t-elle pu survivre? Dans un salon parisien, M. de La Condamine, savant réputé et grand voyageur, contemporain de Voltaire et de Diderot, entend parler de cet incroyable et émouvant exploit. Mais lui, qui a bien connu Jean et Isabel Godin des Odonais, n'est pas dupe. Que se cache-t-il derrière cette histoire, si lisse, si romanesque en apparence? Pour tenter de le découvrir, le vieil homme entreprend un dernier voyage et une dernière enquête.


- Focus
de Arthur Miller
Éditions Robert Laffont / Avril 2011


Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, Laurent Newman est un New-Yorkais bon teint, descendant d'une famille anglaise dont les racines remontent au XIXe siècle. Il est cadre à la direction du personnel dans la même société depuis une quinzaine d'années. Un jour, il est réprimandé par son chef pour avoir engagé une secrétaire "à l'air juif", erreur qu'il impute à la mauvaise vue de Newman. Laurent achète donc sa première paire de lunettes. Celles-ci font ressortir son nez. Tout d'un coup sa vie bascule. On le prend pour un juif. Pressions, brimades, agressions, la spirale de la haine se met en place, Newman perd son travail et échappe de peu à un lynchage. D'autant qu'une sorte de "front" antisémite sévit dans son voisinage. Gertrude, sa femme, le pousse à adhérer au "front". Newman refuse. De fait, peu à peu, il s'identifie davantage aux victimes qu'aux agresseurs.


- Golgotha
de Carine Geerts
Éditions Brumerge / Avril 2011


Meryem Goldstein découvre à la mort de son père un précieux manuscrit. Celui-ci est écrit en araméen, et représenterait la véritable source écrite par l'évangéliste Marc sur la Passion du Christ, rédigé dans les jours qui suivirent la crucifixion. Gardienne des écritures, Meryem va devoir se méfier de tout le monde, et sans le savoir, elle partira à la rencontre des mystères de la vie et de la mort de Jésus. Si ce manuscrit se révèle véridique, c'est l'Église de Rome qui tremblera sur ses fondations.


- Grand amour
de Stéphane Carlier
Éditions Cherche Midi / Avril 2011


"Qu'est-ce qui vous empêche d'être dans ses bras?
- Les bras de qui?
- Ce garçon, ce sportif.
- Je ne le connais pas. Enfin, pas personnellement. Il a posé pour un calendrier, un de ces calendriers de rugbymen.
- Mais il vous touche, n'est-ce pas? Il vous plaît?
- Oui, il me... Oui.
- Il habite où?
- Il joue pour l'équipe d'Aurillac.
- Alors, qu'est-ce qui vous empêche d'aller le retrouver à Aurillac?"
À la suite d'une déception amoureuse, Agnès, traductrice de romans sentimentaux, quitte Paris sur un coup de tête. Direction l'Auvergne où se trouve l'homme de ses rêves, le demi de mêlée de l'équipe d'Aurillac qu'elle a vu nu dans un calendrier. Après le très remarqué Actrice en 2005, Stéphane Carlier signe une comédie remuante, élégante et sexy. Hommage décomplexé à la littérature sentimentale façon Barbara Cartland, Grand Amour est à la fois d'un romantisme éperdu et d'une irrésistible drôlerie.


- Heureux les fêlés...
Car ils laisseront passer la lumière
de Yvan Audouard
Éditions Nil / Avril 2011


Presque sept ans après la mort d'Yvan Audouard, ce petit livre nous fait réentendre sa voix. Les pensées qui constituent ce recueil représentent la quintessence de son talent et de son humour. Pour réunir les pensées, réflexions et aphorismes qui constituent Heureux les fêlés. Pendant deux ans, Françoise Audouard, la femme d'Yvan, a relu chacun des quelque quatre-vingts livres de la bibliographie de son mari: contes provençaux, essais polémiques, romans policiers, romans et autres livres de circonstance. De cette turbulente marmaille, elle a extrait les aphorismes, les phrases isolées, les lignes de dialogues qui étaient une de ses marques de fabrique et sa meilleure part. S'y sont ajoutés des "mots" recueillis de lui au cours des dernières semaines de sa vie. Yvan Audouard a toujours montré un goût pour la saillie, le mot d'esprit, le haïku à la Lutèce, l'à-peu-près, l'épigramme, tout ce qu'il y a de bref dans la littérature.


- Idylle avec chien qui se noie
de Michaël Köhlmeier
Éditions Jacqueline Chambon / Avril 2011


Deux hommes se promènent le long du Rhin, plongés dans une discussion sur la littérature. L'un est écrivain, l'autre son éditeur. On est au cœur de l'hiver, l'ancien bras du fleuve est gelé, pourtant le foehn souffle, annonciateur du printemps. De loin, les promeneurs aperçoivent soudain un grand chien noir qui court à leur rencontre sur la glace, mais elle cède sous son poids et il tombe à l'eau. Pendant que son ami part chercher du secours, l'écrivain rampe jusqu'au chien qui s'agrippe à sa manche. Très vite, il comprend qu'il risque de sombrer avec lui. Pourquoi ne renonce-t-il pas, pourquoi refuse-t-il, au mépris de sa vie, de laisser le dernier mot à la mort? Michaël Köhlmeier a perdu sa fille aînée après une chute mortelle en montagne. Comment la retrouver par l'écriture sans que sa mort devienne un objet littéraire, c'est tout l'enjeu de ce livre admirable.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 13:28

- Il ferait quoi Tarantino à ma place ?
de Géraldine Maillet
Éditions Flammarion / Avril 2011


Ce roman-réalité est une plongée dans l'univers cruel du septième art, avec ses codes, ses lâchetés, ses enthousiasmes, ses délires, ses impostures, ses sables mouvants. Entre les paillettes d'une avant-première et les résultats minables du box-office, après le parcours du combattant d'un montage financier, au milieu des mensonges et des chagrins, mon amour pour le cinéma survivra-t-il? Et le vôtre?


- L'enfant sauvage
de T. C. Boyle
Éditions Grasset & Fasquelle / Avril 2011


Un soir d'automne en 1797, dans le Languedoc, des chasseurs capturent un étrange garçon d'une dizaine d'années, errant nu dans la forêt, sale et hirsute. Toute la région est en émoi devant ce "prodige" sourd, muet et aussi dépourvu d'âme et de raison, semble-t-il, qu'un animal. Qui est cet "enfant sauvage", vivant défi au siècle des Lumières triomphant? Bientôt, les notables se l'arrachent, et il passe de main en main, objet de toutes les curiosités et de toutes les maltraitances. Promené d'auberges en orphelinats et d'estrades en salons mondains telle une bête de foire, il sera bientôt abandonné à son incurable sauvagerie, sauf par le jeune docteur Itard, de l'Institution des sourds-muets à Paris, persuadé que de cet "animal" il saura faire un homme. Des semaines, des mois, des années durant, l'enfant sauvage, rebaptisé Victor, va subir ainsi l'apprentissage de la civilisation. T. C. Boyle, fasciné depuis toujours par la frontière trouble entre l'animal et l'humain, semblait destiné à reprendre un jour à son compte la célèbre histoire vraie de Victor de l'Aveyron, magnifique et mythique sujet qui, entre autres, inspira l'un de ses plus beaux films à François Truffaut.


- L'île de tous les dangers
de Natasha Cooper
Éditions Belfond / Avril 2011


Karen Taylor, Londonienne spécialiste des troubles comportementaux, se penche sur le cas de Spike Falconer, un homme accusé d'avoir abattu toute une famille de sang-froid. Mais, alors qu'elle pense rencontrer un terrifiant psychopathe, Karen se retrouve face à un homme séduisant, calme et sûr de lui. Est-il réellement le monstre que chacun se plaît à lui dépeindre? Pour comprendre cet homme énigmatique, Karen va commencer à enquêter sur son passé et à sonder les habitants de l'île. Mais les mystères de Wight sont soigneusement gardés. Apparences trompeuses, traumatismes d'enfance, complots. Avec l'aide de l'inspecteur Trench et de Will, son fiancé, Karen se lance dans une dangereuse quête de vérité. Une quête qui l'obligera à affronter ses propres démons.


- L'inconnue
de Philippe Nonie
Éditions Calmann Lévy / Avril 2011


L'inconnue avait tout prévu, sauf une chose. Une nuit, une rencontre, une vie qui bascule. Celle d'Hubert, expatrié en Australie, trader accro au travail et quitté par sa femme huit mois plus tôt. Ce soir-là, une inconnue se présente à sa porte et lui annonce sa fin prochaine. Elle lui propose un étrange marché. Vingt ans plus tard, Céline part séjourner sur les plages landaises malgré les mauvais pressentiments de ses parents. Un voyage qui changera le cours de sa vie. Car bientôt, pour sauver l'homme qu'elle aime, la jeune fille devra percer un terrible secret familial, se confronter à l'impensable et partir dans une incroyable quête à la recherche de l'inconnue.


- L'odeur du figuier
de Simonetta Greggio
Éditions Flammarion / Avril 2011


Cinq histoires dont le point commun est une odeur de figuier sauvage, une senteur d'été, d'enfance, de nostalgie, un parfum de délicieuse mélancolie, comme une chanson qui ramènerait à une époque oubliée. Et cette odeur, suspendue sur la vie des personnages, est là pour leur rappeler que la joie est admissible et recevable, qu'elle est tout près, qu'il faut la respirer, y croire, la laisser planer et s'en envelopper.


- La ballade de l'impossible
de Haruki Murakami
Éditions Belfond / Avril 2011


Au cours d'un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles: "Norwegian Wood". Instantanément, il replonge dans le souvenir d'un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s'est suicidé. Kizuki avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux. Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il l'aime ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît.


- La Casati
de Camille de Peretti
Éditions Stock / Avril 2011


Née en 1881, la plus riche héritière d'Italie est morte en 1957, fouillant les poubelles de Londres. Luisa Amman, dite "La Casati", n'était pas belle, elle était spectaculaire. Brillante, exhibitionniste, fascinante, imprévisible et prenant l'extravagance très au sérieux, elle voulait "faire de sa vie une œuvre d'art". Muse de Gabriele d'Annunzio, Serge Diaghilev ou Léon Bakst, amie d'Isadora Duncan, d'Augustus John ou de Man Ray. Quelle curieuse injustice que l'une des femmes les plus portraiturées de l'Histoire, avec la Vierge Marie et Cléopâtre, soit si peu connue du grand public. Pour Camille de Peretti, écrire le roman de la marquise Casati, c'est aussi s'interroger sur la démarche du biographe (empathie ou duel?), tenter de se mettre à la place d'une autre, la faire parler d'entre les morts, recouper des suppositions. "Peu importe que la Casati ait ou non habité le Palazzo dei Leoni à Venise. Car c'est moi qui dormirai dans son lit". Au gré d'allers-retours audacieux entre sa propre histoire et celle de ce personnage hors du commun, l'auteur redonne vie et démesure à cette héroïne oubliée de la première moitié du XXe siècle qui a inspiré les plus grands artistes de son temps.


- La dame à la larme
de Claire Wolniewicz
Éditions Viviane Hamy / Avril 2011


Adam Volladier, le faussaire de génie que Claire Wolniewicz nous présentait dans Ubiquité est devenu un peintre reconnu. Il vit avec Rita et leur fils, Félix. Son œuvre picturale se déploie, grâce au soutien sans faille d'Émile Deltim, son fidèle galeriste. Cette harmonie se fracasse mystérieusement lorsque meurt sa grand-mère Joséphine: notre héros perd tout désir, nul sentiment ne l'anime, pas plus son amour pour Rita et Félix que son besoin vital de peindre. Son imaginaire s'est évanoui comme vapeur dans le ciel: ne subsiste que l'indifférence d'un être déserté par son âme.


- La dernière bagnarde
de Bernadette Pécassou-Camebrac
Éditions Flammarion / Avril 2011


En mai 1888, Marie Bartête, à l'âge de vingt ans, embarque sur le Ville de Saint-Nazaire. Elle ne le sait pas encore, mais elle ne reverra plus jamais sa terre de France. On l'envoie au bagne, en Guyane. Bien sûr, elle a été arrêtée plusieurs fois pour de petits délits, mais elle a connu la prison pour cela. Pourquoi maintenant l'expédie-t-on à l'autre bout du monde? Reléguée. La France ne veut plus d'elle. Sur le bateau, elle rencontre Louise, persuadée qu'on les emmène au paradis. Là-bas, on dit qu'il fait toujours beau et qu'elle se mariera. Mais l'illusion sera de courte durée. Le voyage de six semaines à fond de cale, les mauvais traitements et l'arrivée en terre inhospitalière achèvent de la convaincre que c'est bien l'enfer qui l'attend. Et que, malgré la bonne volonté de sœur Agnès et de Romain, jeune médecin de métropole, personne ne l'en sortira jamais. C'est le destin de cette prisonnière du bagne de Saint-Laurent-du-Maroni que fait revivre ici Bernadette Pécassou-Camebrac. Elle met en scène d'une écriture énergique et sensible le sort tragique de ces femmes abandonnées de tous, que l'histoire a tout simplement oubliées.


- La fête du siècle
de Niccolò Ammaniti
Éditions Robert Laffont / Avril 2011


À l'occasion de la plus décadente fête du siècle, organisée par un magnat de l'immobilier, un écrivain narcissique en mal d'inspiration, bloqué depuis trois ans au chapitre deux de son nouveau roman, va croiser le chemin d'une minable secte satanique, baptisée "Les Enragés d'Abaddon" et décidée à sacrifier une chanteuse pop pour s'ériger sur l'autel de la célébrité. Au programme de la fête: un triple safari avec chasse au lion, au renard et au tigre, ou est convié tout ce que Rome peut compter en VIP. Chirurgiens plastique, acteurs, mannequins, avant-centres, journalistes s'y rendent, leur ego en bandoulière. Mais très vite la fable prend des allures apocalyptiques, et plus aucun des personnages n'est à la place ou il devrait être.


- La grande maison
de Nicole Krauss
Éditions de l'Olivier / Avril 2011


Que reste-t-il quand on a tout perdu? Nadia vit à New York. Son mari l'a quittée, son appartement est presque vide, les livres qu'elle écrit se vendent peu. À Londres, Arthur affronte la maladie de sa femme, Lotte. Il découvre qu'elle lui a caché une partie de son passé. Isabel, une américaine venue étudier à Oxford, rencontre un antiquaire qui mène une traque incessante pour retrouver les biens juifs confisqués par les Nazis. Au même moment, à Jérusalem, Aaron tente de se rapprocher de son fils, Dov, et lui adresse une lettre bouleversante. Exilés de leur propre vie, tous sont liés sans le savoir par un objet mystérieux, un bureau comportant dix-neuf tiroirs qui aurait appartenu à Federico Garcia Lorca.


- La joie en herbe
de Claude Vincent
Éditions Anne Carrière / Avril 2011


Par le plus grand des hasards, Maya, jeune chienne folle, sans compter dépensière d'amour, atterrit dans la vie d'un homme qui n'était vraiment pas fait pour la recevoir. Écrivain reconnu, critique littéraire, l'homme est secret et rigide, économe de sentiments, bardé de certitudes, d'indifférence sèche. Lui et son épouse, vieux couple poursuivant sans trop d'illusions la route ensemble, viennent d'acquérir une maison dans le sud de la France. Repères chamboulés, cet homme va voir se modifier son regard, prendre goût au rire, découvrir une tendresse et un émoi jusque-là ignorés. Maya l'introduisant en quelque sorte dans la communauté villageoise, les verrous cèdent, porte ouverte à cette part d'humanité plus simple que, les yeux fixés trop haut, il ne savait pas porter en lui. Une rencontre où se conjuguent la folie joyeuse de la bête et l'acquiescement passionné du maître.


- La mer noire
de Kéthévane Davrichewy
Éditions 10-18 / Avril 2011


À Paris, le jour de son anniversaire, Tamouna repense à la Georgie, ce pays qu'elle a dû fuir à quinze ans. À l'âge ou les souvenirs s'effritent, les siens sont restés intacts: son exil, la déchirure de sa famille, et ses amours manquées. Et tandis que passé et présent se rejoignent doucement, se dessine le portrait d'une femme toujours habitée par la joie et le désir, malgré les caprices de l'Histoire.


- La petite fille qui venait d'Alger
de Hubert Huertas
Éditions Presses De La Cité / Avril 2011


1997. Les parents de Sohane, une petite Algérienne de sept ans, sont massacrés par des terroristes. Désespéré, son grand-oncle Omar appelle au secours son ami d'enfance, Albert, et lui demande d'accueillir l'orpheline en France. Omar et Albert ont combattu ensemble pour l'indépendance de l'Algérie. Omar, devenu pamphlétaire et auteur de théâtre, est sévère avec son pays mais refuse de le quitter. Albert, lui, a connu le succès grâce à des ouvrages sur l'attitude la France pendant la décolonisation. En 2010, après un voyage à Alger, Sohane disparaît. Une fugue au bout du monde, c'est-à-dire en banlieue, à deux pas du périphérique. Pour la retrouver, ses parents adoptifs, Albert et Charlotte, et son grand-oncle accouru d'Alger, devront bousculer leurs habitudes et leurs idées reçues.


- La séquence exacte des gestes
de Fabio Geda
Éditions Gaïa / Avril 2011


Marta a douze ans et une vie qui n'est pas celle d'une petite fille, entre une mère alcoolique et un père souvent absent. Marta s'occupe de ses frères et sœur. Jusqu'au drame. Sa petite sœur se noie accidentellement, et la mère perd la garde des enfants. Corrado a seize ans et une obsession: trouver de l'argent pour organiser une grande fête à la sortie de prison de sa mère. Jeune rebelle, il flirte avec la délinquance. Marta et Corrado se rencontrent dans un foyer de Turin. Pour les éducateurs comme Ascanio: c'est un vrai sacerdoce de s'occuper de ces jeunes. Même s'il doute parfois, s'épanche sur son blog, et ne sait comment déclarer sa flamme à la douce Elisa. Comme si les adultes eux-mêmes avaient "perdu le mode d'emploi, indécis sur la séquence exacte des gestes qui permet de réduire la distance entre les êtres".


- Le continent perdu
de Harrisson Percy Fawcett
Éditions Flammarion / Avril 2011


Les huit expéditions de Percy Harrison Fawcett au cœur de l'Amazonie constituent l'une des plus extraordinaires aventures du XXe siècle. Colonel de la British Army, prototype de l'explorateur anglais à la fois visionnaire et flegmatique, Facwett s'était juré, sur la foi d'anciennes chroniques portugaises et d'indications d'un voyant, de retrouver les ruines d'une ancienne cité de l'Atlantide enfouie dans les ténèbres de la jungle brésilienne. Il disparut au cours de sa huitième expédition, dans des circonstances qui demeurent à ce jour mystérieuses. Les hypothèses les plus folles furent émises. Finit-il par découvrir la fabuleuse cité mégalithique? Mourut-il, frappé d'amnésie, errant à travers la forêt vierge? De nombreux explorateurs se lancèrent à sa recherche et certains, à leur tour, ne revinrent jamais. Ouvrage posthume publié en 1953 par le fils de l'explorateur, Brian Fawcett, à partir de ses journaux et notes, Le Continent perdu contient par ailleurs une passionnante (et parfois cocasse) description de la vie dans les postes de récolte de caoutchouc de la forêt amazonienne au début du siècle.


- Le correcteur
de Ricardo Menéndez Salmón
Éditions Jacqueline Chambon / Avril 2011


Le 11 mars 2004, à Madrid, des bombes explosent dans quatre trains de banlieue. Il y aura cent quatre-vingt-onze morts et un grand nombre de blessés. Lorsque Vladimir, écrivain raté devenu correcteur, apprend la nouvelle, il est en train de travailler sur une traduction des Démons de Dostoïevski, et alors que toute l'Espagne, y compris le gouvernement, voit dans l'attentat la main de l'ETA, lui comprend immédiatement que ce n'est pas possible. Non qu'il en sache plus que les autres ou que cette organisation n'ait les moyens de perpétrer un tel massacre, mais parce que ce n'est pas son style. Et le style, en littérature comme dans la vie, c'est une signature. Plus tard on apprendra que le gouvernement a menti en désignant l'ETA, mais le narrateur peut-il condamner le mensonge, lui qui n'a jamais osé avouer à sa femme l'existence d'un fils né sur un autre continent?Avec humour et brio, Ricardo Menéndez Salmón montre comment un drame collectif s'invite dans notre intimité, nous apprend que notre mal-être s'inscrit dans l'histoire en train de se faire.


- Le destin miraculeux d'Edgar Mint
de Brady Udall
Éditions 10-18 / Avril 2011


On peut avoir été abandonné par une mère apache et un père blanc, être miraculé d'un terrible accident et partir à la rencontre de sa propre vie avec humour et espoir. Brady Udall nous le prouve. Avec Grandeur. Une épopée chaotique et déconcertante sur mille chemins de traverses dans l'ouest américain.


- Le garçon qui voulait dormir
de Aharon Appelfeld
Éditions de l'Olivier / Avril 2011


Erwin a 17 ans lorsque, au sortir au sortir de la guerre, il se retrouve après une longue errance en Europe sur la côte de Naples au cœur d'un groupe de réfugiés apatrides. Il a tout perdu: père, mère, langue, environnement familier et émerge peu à peu du sommeil auquel il a recours pour faire revivre tout un pan de sa vie anéanti. Enrôlé, avec d'autres jeunes gens de son âge, par un émissaire de l'Agence juive, il se prête à l'apprentissage intensif de l'hébreu et à l'entraînement physique, quasi-militaire, que celui-ci leur impose chaque jour pour les préparer à une nouvelle vie dans l'État d'Israël sur le point de naître. Vient le temps de la traversée en bateau sur une mer déchaînée, de l'immigration clandestine (la Palestine est encore sous mandat britannique) et de l'arrivée dans les montagnes de Judée où les jeunes pionniers sont affectés à la construction de terrasses agricoles. Erwin, comme tous ses camarades, accepte de changer de prénom et s'appelle désormais Aharon. Lorsque la guerre d'Indépendance éclate, les jeunes pionniers sont affectés à des missions militaires. Erwin-Aharon, blessé au cours de l'une d'elle, restera de longs mois paralysé dans une maison de repos, subissant opération sur opération. C'est là qu'il renoue avec le sommeil et le passé. Il craint de trahir les siens en adoptant une nouvelle langue et un nouveau pays et seuls ses échanges avec un médecin et ses discussions avec de vieux pionniers blessés l'aident à surmonter le sentiment de culpabilité qu'il le hante. Peu à peu, une décision s'impose à lui: celle de mettre ses pas dans ceux de son père disparu, et devenir l'écrivain que celui-ci rêvait d'être.


- Le jour où la vierge a marché sur la lune
de Rolf Bauerdick
Éditions Nil / Avril 2011


En plein cœur de la Roumanie, à Baia Luna, un petit village des Carpates isolé du monde, les Roumains, les Hongrois, les Saxons, et les Tziganes vivent ensemble, dans une joyeuse entente. Mais le 3 novembre 1957, le Spoutnik 2 est envoyé dans l'espace, et comme si l'ordre terrestre devait se trouver renversé par cette victoire cosmique du socialisme, une série d'événements funestes et étranges se succèdent au village: le prêtre est égorgé dans sa chapelle, puis son corps se volatilise; l'institutrice, Angela Barbulescu, se suicide de manière incompréhensible, et voilà que la Vierge du Perpétuel Secours disparaît à son tour. Les peurs et les rumeurs enflent, une puissance maléfique semble s'être abattue sur Baia Luna. Accompagné de Buba, une jeune Tzigane espiègle, et de Dimitru, chef des Tziganes et meilleur ami de son grand-père, Pavel Botev, quinze ans, s'engage dans une enquête qui va le conduire à fouiller le passé politique et personnel de certains des habitants. C'est la mission de sa vie, il en est persuadé: venger Angela, et tenir la promesse qu'il lui a faite un jour; envoyer en enfer Stephanescu, le secrétaire du Parti de la région. Mais plus de trente ans vont passer. Pavel devra attendre la chute du socialisme, en 1989, pour accomplir sa mission, retrouver la vérité, l'amour et la liberté, qu'il aura perdus en chemin. Loufoque et d'une intelligence acérée, ce roman s'apparente tantôt à un conte drolatique, tantôt à un aperçu dramatique d'un demi-siècle de socialisme: son réalisme cruel est à la hauteur de l'humour et de la fantaisie des personnages, et ce contraste donne au récit une profondeur et une vérité bouleversantes.


- Le pays d'où je viens
de Didier Cornaille
Éditions Albin Michel / Avril 2011


Lorsqu'il se réveille sur une aire d'autoroute, Luc se souvient vaguement d'une soirée arrosée et d'une mystérieuse passagère qui l'a détourné de sa destination, le Morvan, où il mène depuis quelques années une vie paisible. L'inconnue a disparu, abandonnant dans le coffre de la voiture un sac de voyage et des qui ramèneront Luc dans le Nord de la France où il est né et où il a grandi. Troublé par cette rencontre, il décide de s'arrêter quelques jours pour retrouver sa passagère et ce pays familier qui n'est plus tout à fait le sien.


- Le porte bonheur
de Nicholas Sparks
Éditions Michel Lafon / Avril 2011


Quand Logan, soldat en Irak, trouve par terre la photographie d'une femme, son premier réflexe est de la jeter. Il la garde pourtant, poussé par un curieux pressentiment. Dès lors, l'image de cette inconnue l'accompagne partout et étrangement Logan connaît une succession de chances incroyables. Des tables de poker aux champs de bataille, où il survit à un combat alors que ses meilleurs amis périssent, il semble protégé. La photo serait-elle son porte-bonheur? À son retour dans le Colorado, il ne pense plus qu'à cette femme et à son mystère. Persuadé que la retrouver fait partie de son destin, il entreprend un périple à travers le pays. Et si le secret qu'elle détenait pouvait changer sa vie?


- Le printemps des pères
de Henri Husetowski
Éditions Buchet Chastel / Avril 2011


Printemps 1942. C'est l'histoire de Ludovic. Non seulement il est bâtard, mais il est aussi détenteur d'un terrible secret, son meilleur ami, Gaétan, s'est jeté du haut de la falaise. Enfin, il le croit, même s'il ne l'a pas vraiment vu et s'il ne l'a pas entendu crier. Face à ce doute, il décide qu'il ne dira rien à personne, rien aux gens du village partis à la recherche de Gaétan, rien à la mère ni à la sœur de son ami. La mère de Ludovic, qui fait des ménages à la gendarmerie et ambitionne d'en faire aussi chez ces "messieurs les Allemands", reproche à son fils sa bâtardise et ses mauvaises manières. Celui-ci s'en fiche et rêve depuis toujours d'être adopté par la famille de Gaétan. Très vite, la vie de Ludovic bascule: la mort de Gaétan va radicalement le transformer, faire surgir des souvenirs et des cauchemards qui le plongeront dans un passé insoupçonné et l'installeront dans une douleur infinie. Ni Eugène, amateur d'alcool de poire et roi du volant à treize ans, ni le docteur Lavergne qui le prend comme apprenti, et surtout ni Marie, avec qui il a fait l'amour et qui a chaviré son âme, ne pourront l'apaiser.


- Les abeilles de McKay
de Thomas McMahon
Éditions Calmann Lévy / Avril 2011


Après la lecture d'un ouvrage sur l'apiculture écrit par un certain révérend Langstroth, Gordon McKay décide d'emmener vers le Kansas, où il compte établir un élevage d'abeilles, sa femme, son beau-frère et un groupe d'horlogers allemands, qui construiront les ruches. Ainsi commence un parcours plein de rebondissements dans l'Amérique du milieu du XIXe siècle: l'achat d'un bateau à vapeur et le recrutement d'un capitaine pour remonter le fleuve; l'acquisition de deux alligators (dans l'intention de monter un commerce de peaux); les rencontres de la troupe de pionniers avec les bandits du fleuve, les esclavagistes, les Indiens Crow, des scientifiques illuminés (dans tous les sens du terme); les succès et déboires de l'élevage apicole. Un parcours où, finalement, le voyage compte davantage que la destination.


- Les ailes de l'ange
de Jenny Wingfield
Éditions Belfond / Avril 2011


Bercé par la musique country et le gospel, un premier roman lumineux qui nous plonge dans l'atmosphère languide du Deep South des années 1950. Une œuvre aussi drôle que bouleversante sur la perte de l'innocence, la solidarité familiale et la force de l'amitié. Dans les plaines de l'Arkansas, dans une petite maison qui fait aussi épicerie et bar vivent les Moses, une famille joyeusement bruyante ou l'on surmonte grandes déceptions et petites tragédies par un cœur bon et une âme généreuse. C'est là que grandit Swan, garçon manqué de onze ans qui déteste les jupes et adore jouer à la guerre avec ses frères. Une rencontre va bouleverser la vie de Swan et celle des siens: Blade a dix ans. Il a peur. Son père est un homme sadique, un monstre de violence et de cruauté. Un jour, c'est le coup de trop, un geste atroce, d'une horreur indicible. Pour les Moses, il y a urgence, il faut protéger l'enfant. Mais, face à l'effroyable désir de vengeance d'un être animé par le mal, tout l'amour du monde pourrait bien ne pas suffire.


- Les enfants perdus de Casablanca
de Tito Topin
Éditions Denöel / Avril 2011


Louis, un Américain débarqué en 1942 à Casablanca avec les Alliés et qui va y ouvrir un bar, Lucas, un pied-noir attaché à son pays et désemparé par la mort brutale de sa mère, Jilali, un avocat marocain idéaliste qui va plonger dans la résistance à la colonisation, se retrouvent unis par l'amour qu'ils portent à la même jeune fille, la belle Gabrielle, en révolte permanente. Confrontés tous les quatre à des événements tragiques, ils deviennent adultes trop tôt, trop vite. Pourront-ils préserver l'insouciance propre à la jeunesse et vivre avec leurs blessures? Entourés de nombreux personnages hauts en couleur, que les circonstances rendent cyniques ou brisés, ils n'ont d'autre boussole que leurs sentiments exacerbés. Qui les amènent à côtoyer la mort. Une grande fresque historique très documentée, située au Maroc entre 1942 et 1955, qui se déroule sur fond de Seconde Guerre Mondiale, de conflit entre Vichy et les libérateurs de l'Afrique du Nord, de luttes d'indépendance. Mais aussi un roman d'amour à suspense, plein de bruit et de fureur, où l'on croise des personnages de fiction très attachants ainsi que des figures historiques peu banales, comme le général Patton, Winston Churchill ou un certain Charles de Gaulle.


- Les lunettes de Heidegger
de Thaisa Frank
Éditions Michel Lafon / Avril 2011


Allemagne, 1944. Dans un abri souterrain, une ville reconstituée. Sol pavé peint en rose, ciel artificiel au plafond. Là, pendant que le IIIe Reich est pris entre les feux des Alliés, des prisonniers de guerre polyglottes répondent aux lettres adressées aux détenus des camps de la mort. Dirigé par Elie et Gerhardt, des amants aux motivations ambiguës, ce Cantonnement de scribes a pour but ultime d'empêcher les vivants de découvrir la solution finale. Un jour, une lettre pas comme les autres arrive. Elle est signée de Martin Heidegger, à l'attention de son ami ophtalmologiste, un homme désormais perdu dans les entrailles d'Auschwitz. Ces quelques mots de l'éminent philosophe vont changer à jamais la vie de cette étrange société d'écrivains-fantômes.


- Les menottes et le radiateur
de Alexandra Lapierre
Éditions Plon / Avril 2011


Vous dînez chez des amis. La conversation roule sur la passion. On raconte une histoire: amour fou, menottes et radiateur. L'imagination de chacun s'enflamme. Le plus torride reste à venir. Choderlos de Laclos et Vivant Denon hantent ce jeu littéraire, aussi moderne que malicieux.


- Les trois lumières
de Claire Keegan
Éditions Sabine Wespieser / Avril 2011


Par une radieuse journée d'été, un père emmène sa fillette dans une ferme du Wexford, au fond de l'Irlande rurale. Le séjour chez les Kinsella semble devoir durer. La mère est à nouveau enceinte, et elle a fort à faire. Son mari semble plutôt désinvolte: il oublie le bagage de la gamine dans le coffre de la voiture en partant. Au fil des jours, la jeune narratrice apprivoise cet endroit singulier. Livrée à elle-même au milieu d'adultes qui ne la traitent pas comme une enfant, elle apprend à connaître, au gré des veillées, des parties de cartes et des travaux quotidiens, ce couple de fermiers taciturnes qui l'entourent de leur bienveillance. Pour elle qui était habituée à une nombreuse fratrie, la vie prend une autre dimension. Elle savoure la beauté de la nature environnante, et s'épanouit dans l'affection de cette nouvelle famille si paisible. En apparence du moins. Certains détails l'intriguent: la manière dont Mrs Kinsella lui propose d'aller puiser de l'eau, les habits de garçon dont elle se voit affublée, la réaction de Mr Kinsella quand il les découvre sur elle. Claire Keegan excelle à éveiller l'attention de son lecteur sur ces petites dissonances où transparaissent l'ambiguïté et le désarroi de ses personnages, si maîtres d'eux-mêmes. Et, dans cet envoûtant récit, le regard d'une enfant basculant à son insu dans le monde mystérieux des adultes donne toute sa force dramatique à la part cachée de leurs existences.


- Légume vert
de Philippe Vigand
Éditions Anne Carrière / Avril 2011


Atteint du locked-in syndrom (ou syndrome de l'enfermement) depuis vingt ans, Philippe Vigand est paralysé des pieds à la tête. Privé de l'usage de la parole, il ne peut s'exprimer que par battements de paupière. Le handicap est (très) lourd, mais le cerveau intact, l'esprit vif, le regard aigu, l'humour corrosif. Au fil des années, Philippe Vigand s'est habitué à son état et n'aspire plus qu'à être traité comme un homme normal. Alors il s'étonne, parfois s'amuse, souvent s'agace de ce que beaucoup le considèrent au mieux comme un spécimen, au pire comme un légume. C'est ce décalage quasi permanent entre ce qu'il est, au-delà des apparences, et la façon dont les autres le perçoivent qu'il raconte ici à travers des anecdotes vécues. Ses récits sont tout à la fois drôles, savoureux, grinçants et émouvants. Philippe Vigand n'est pas du genre à s'apitoyer sur son sort. Il préfère garder ses forces pour goûter les plaisirs de la vie et sa lucidité pour épingler ses travers et les nôtres.


- Mauvais genre
de Naomi Alderman
Éditions de l'Olivier / Avril 2011


"Au départ, je suis tombé. Pas en disgrâce. Ni vaincu par la fin foudroyante, inéluctable, de l'amour. Ça, c'est venu après. Au départ, j'ai simplement fait une chute sur un sentier verglacé. J'ai trébuché, j'ai oscillé, vacillé et je suis tombé. Il n'y a pas de honte à tomber. Tout le monde tombe. Mais j'ai découvert qu'il était plus difficile de se relever que je ne me l'étais imaginé, sur ce petit chemin gelé d'Oxford, voilà bien longtemps". James Stieff est admis dans la prestigieuse université d'Oxford. Il y rencontre Franny, Simon, Jessica, tout un groupe d'amis qui s'installe dans la maison du séduisant (et manipulateur) Mark Winters. Mauvais genre raconte les premières amours, les soirées inoubliables, mais aussi le désenchantement et les bouleversements intimes de cet âge de déraison qu'est la jeunesse.


- Mauvaise pente
de Keith Ridgway
Éditions Phébus / Avril 2011


Grace Quinn exploitait hier encore une ferme dans la campagne irlandaise aux côtés de son mari, homme mutique, violent et rongé par la culpabilité. Mais Grace a tué son mari. Avec préméditation ou non, personne ne le saura jamais. Elle part alors pour Dublin rejoindre son fils, Martin. Hantée par un passé qui refuse de se laisser oublier, Grace Quinn est une femme aux abois, poursuivie par l'irréparable et le supplice de l'aveu.


- Mémoires captives
de Azar Nafisi
Éditions 10-18 / Avril 2011


Briser le silence. De l'ascension politique de son père en Iran à la trahison, de l'idéal révolutionnaire à la désillusion totalitaire, Azar Nafisi raconte. Entre secrets de famille et secrets d’État, il n'y a qu'un pas, que l'auteur de Lire Lolita à Téhéran franchit pour réaffirmer sa foi en sa patrie de cœur, celle de l'imagination. Un témoignage à la beauté mélancolique.


- Mensonges
de Valérie Zenatti
Éditions de l'Olivier / Avril 2011


"Menteuse", Valérie Zenatti l'est dès la première ligne de ce livre puisqu'elle prétend être Aharon Appelfeld jusqu'à ce qu'elle dévoile sa propre identité. Cet aveu l'amène à parler de son enfance à Nice, de sa fascination pour les fêtes juives, de la révélation que fut pour elle, enfant, le film Holocauste, de son adolescence en Israël avec sa famille, de sa rencontre avec Aharon Appelfeld, l'écrivain dont elle devient la traductrice et l'amie.


- Mon petit bunker
de Marine Bramly
Éditions JC Lattès / Avril 2011


Il aura suffi de la visite de Fabien, son mari, dans son atelier, pour que Noah reconnaisse combien elle se sent à l'étroit, coincée dans son couple, bloquée dans son travail, prête à éclater, et qu'elle ait envie de faire voler en éclats la coquille paisible de sa vie, ce petit bunker où elle se croyait à l'abri. Enfermée dans ce même atelier, un soir de pluie, Noah se souvient. Qui a jamais eu une enfance aussi merveilleusement libre que la sienne? Elle, la petite Blanche, sillonnait Dakar à sa guise, avec sa bande de gosses des rues qui la croyaient des leurs. Elle était la mascotte des artisans de la ville, mécaniciens, ferblantiers, c'est dans leurs échoppes qu'elle a appris son métier d'artiste. Depuis l'âge adulte, pourtant, elle tient l'Afrique à distance, tel un tabou, un sortilège, quelque chose qu'il ne faut évoquer sous aucun prétexte. Quels souvenirs terribles enfouis au fond de sa mémoire l'empêchent d'avancer? Ce soir, Noah va affronter le passé. Elle s'autorise enfin à revisiter son enfance idéalisée, à remettre en cause son éducation, ses parents faisaient joujou avec sa vie, comme pour ajouter des chapitres à la leur. Voilà comment, avec les meilleures intentions du monde, vos géniteurs peuvent vous étouffer dans l'œuf. Voilà comment les souvenirs d'une enfance trop flamboyante peuvent empoisonner le présent et réduire les chances du bonheur.


- Petites histoires douces-amères
de Claudine Vincenot
Éditions Anne Carrière / Avril 2011


C'est avec une jubilation contagieuse et une lucidité enjouée qu'elle entraîne ses personnages dans de courtes aventures, à la fois douces et amères. Ainsi, l'attachement démesuré d'un vieux paysan bourguignon, âpre au gain, pour sa terre, qu'il préfère à sa famille et à lui-même jusqu'à la mort. Ou encore le joyeux drille d'un douar berbère qui tire gloire d'être doté de trois testicules. jusqu'à ce qu'un médecin le détrompe. Il y a encore ce souvenir d'enfance de l'auteur qui, à l'âge de quatre ans, fait connaissance avec la mort lors d'un combat anglo-allemand à la fin de la guerre 1939-1945, dans son village de Commarin, en Bourgogne. L'émerveillement, aussi, d'un jeune berger qui retrouve son étoile perdue dans le regard d'une fille et découvre ainsi l'amour dans un bal de campagne. Amours interdites, amours déçues, amours joyeuses. À travers ces "petites histoires", Claudine Vincenot nous fait partager son observation amusée des évènements du quotidien et son affection pour ses personnages, désemparés ou pleins d'astuce mais toujours attachants, pour peu qu'on les accepte avec leurs différences, leurs rêves parfois illusoires et leurs contradictions. Des humains qui nous ressemblent étrangement.


- Présence
de Arthur Miller
Éditions Robert Laffont / Avril 2011


Un garçon de treize ans voit une annonce pour acheter un chiot, s'aventure hors de Brooklyn, et fait sa première expérience sexuelle. Un danseur de claquettes juif raconte sa tournée en Europe et à Berlin, dans les années 30, ou sa troupe a été remarquée par Hitler. Un propriétaire veut éliminer les castors de son étang, mais se trouve confronté à l'étonnante résistance et vitalité des rongeurs. Un homme revient à Haïti, trente ans plus tard, se souvient de son épouse disparue, et découvre l'état politique du pays. Un écrivain en panne d'inspiration fait appel à une call-girl au corps incroyablement fuselé et magnifique. Un vieil homme surprend un couple en train de faire l'amour sur une plage; la femme sent son étrange présence. Ces six nouvelles, aux thèmes et aux décors très différents, dessinent un même univers, poétique, profond et parfois mélancolique. Toutes révèlent la même finesse psychologique, le même humanisme et cette profonde empathie qui caractérisent l'œuvre littéraire de Miller: un questionnement incessant sur l'essence du désir et de la nature humaine. Mais à travers ces nouvelles, écrites au soir de sa vie, nous découvrons aussi un homme au regard plus introspectif et rétrospectif, qui révèle une réconciliation tardive avec soi-même, un bonheur possible malgré la conscience aiguë de la finitude humaine.


- Résistance
de Owen Sheers
Éditions Payot & Rivages / Avril 2011


Résistance explore un chemin que l'Histoire n'a pas emprunté: l'Allemagne nazie, victorieuse sur le front de l'Est, a rapatrié un grand nombre de ses troupes à l'ouest, le débarquement de juin 1944 a été un fiasco et la Wehrmacht a envahi la Grande-Bretagne. Face à ce péril, un peu partout dans les campagnes, des hommes ont rejoint brusquement la résistance et la clandestinité. À Londres, le capitaine Albrecht Wolfram reçoit l'ordre de choisir cinq hommes et de mener une patrouille à la lisière du Pays de Galles. Ils s'installent dans une vallée où quelques femmes dont les maris ont disparu tentent de faire tourner leurs fermes. Tous les sentiments vont se succéder: la peur, l'indifférence, le rejet, l'entraide, le sens du devoir, qu'il soit issu du règlement militaire ou de la simple humanité, l'attirance, le respect mutuel. La guerre est laissée de côté. Mais elle va les rattraper.


- Rich boy
de Sharon Pomerantz
Éditions Flammarion / Avril 2011


Robert Vishniak est l'enfant chéri d'Oxford Circle, un quartier juif ouvrier de Philadelphie. Beau garçon et intelligent, il pénètre dans le monde fermé des universités de la Nouvelle-Angleterre, où les rejetons de familles riches et influentes côtoient des élèves d'origine plus modeste comme Robert qui doivent travailler pour acheter leurs livres. Cet univers lui ouvre les portes des plus hautes sphères de la société new-yorkaise des années soixante, où tout ce que Robert a appris sur les femmes, la séduction et les peines de cœur s'avère payant. Fresque magistrale sur la lutte des classes, des sexes et des sentiments, Rich boy regarde en face notre désir de réussite et de rédemption, et le prix que nous devons payer pour y arriver.


- Rossmore Avenue
de Vanessa Caffin
Éditions Belfond / Avril 2011


Lily Brochant s'est installée il y a dix ans à Los Angeles, où elle a suivi un amour de passage. Allergique à l'inculture américaine, elle se débat au milieu du vernis californien, décidée à imposer un ton résolument irrévérencieux et parisien, bien intriguant pour la communauté du 500, Rossmore Avenue, le petit immeuble chic et vieille Angleterre de Hancock Park où elle a posé ses valises. Reine du shiatsu auprès d'une clientèle fortunée, elle se jette sur le pouls de ses voisins pour mieux traquer leurs manques affectifs: Jane, malmenée par un fils hyperactif bien décidée à démasquer les infidélités de son mari; Georges, un Français sexagénaire inconsolable depuis le décès de sa femme, parti à L.A. dans l'espoir de rencontrer son idole, Sylvie Vartan; Luke, peintre dépressif en mal d'inspiration; et Cora, concierge latino mélancolique rêvant de fuir en Norvège. Mais quand le mari de Cora est retrouvé mort dans les poubelles et qu'un natif de L.A. se met à courtiser Lily à la française, la vie prend des tours inattendus au 500, Rossmore Avenue.


- Secrets d'alcôve
de Carmen Domingo
Éditions Stock / Avril 2011


Nous sommes en Espagne à la veille de la guerre civile. Les phalangistes luttent contre les "rouges" et essaient d'imposer leur vision d'une Espagne traditionnelle, catholique et hiérarchique, dans laquelle les femmes occupent un rang inférieur. C'est dans ce contexte que l'on retrouve Carmen Polo, Pilar Primo de Rivera et Mercedes Sanz Bachiller, épouses des trois plus influents hommes de l'époque et qui ont marqué l'Histoire: José Antonio Primo de Rivera, Onésimo Redondo et bien sûr, Francisco Franco. En alternant leurs pensées, Carmen Domingo nous offre un roman choral d'une grande véracité. D'une écriture précise et magistrale, elle nous replonge dans une époque capitale de l'Espagne. En évoquant le quotidien de femmes qui ont en réalité fait basculer l'Histoire, elle nous offre un point de vue d'une grande originalité en donnant une voix à celles que l'on a longtemps fait taire.


- Si on te demande, tu diras que tu ne sais pas
de Katia Denard
Éditions Anne Carrière / Avril 2011


"Ce livre n'avait qu'un lecteur, un destinataire et un seul. Avec ce livre, je n'avais qu'un seul but: que mon père le lise. Alors j'ai commencé à écrire, et il est tombé malade. Maladie de la mémoire. Je me suis dépêchée, écrire devenait urgent. Vite avant qu'il ne sombre, que les mots ne deviennent des hiéroglyphes illisibles. Il était déjà trop tard, sous mes airs de lièvre shooté je ne suis rien d'autre qu'une tortue. Et encore, pas une rapide. Alors, dans la lenteur de l'écriture, je l'ai fait vivre. Et plus je l'écrivais, plus il était vivant, plus jeune et en forme. J'ai continué d'écrire de plus en plus lentement pour le maintenir en vie. Ça n'a pas marché. J'en ai été la première étonnée". Ceci n'est pas une biographie de Bob Denard, juste le livre plein d'émotion, de douleur, de rage et de drôlerie d'une fille qui a mis des années avant d'en finir avec Œdipe. Un portrait étonnant de l'homme qui fit sauter les gouvernements, servi par une écriture incisive où certains mots tombent comme des couperets et d'autres glissent comme une caresse. La "vie de famille" de Bob Denard et un témoignage inédit des derniers mois de sa vie, de son dernier retour en France aux premières atteintes de la maladie d'Alzheimer, jusqu'à sa mort en 2007. Le regard bouleversant que pose sa fille sur la fin de celui qui était pour elle "Bob Denard, l'aventurier contre tout chacal", l'homme le plus puissant du monde.


- Si vous recevez cette lettre
de Sarah Blake
Éditions Calmann Lévy / Avril 2011


1940. La France capitule, les bombes pleuvent sur Londres, et le président Roosevelt promet d'épargner à ses boys une guerre qui ne les concerne pas. Pourtant, la journaliste Frankie Bard, qui couvre le Blitz pour la radio américaine, ne veut rien tant que sensibiliser ses compatriotes au conflit. Dans un petit village du cap Cod, deux femmes écoutent les récits poignants de la reporter, Iris James, la receveuse des postes dont l'amant guette une offensive sous-marine allemande, et Emma Fitch, jeune épouse d'un médecin idéaliste parti soigner les victimes des bombardements. Entre le continent épargné et celui déchiré par la guerre, les destins de ces trois femmes s'entremêlent. Ils se lient au sort des populations pilonnées par la Luftwaffe, à celui des Juifs qui sillonnent les routes en quête d'un improbable refuge, à celui des hommes qu'elles aiment.


- Sous une bonne étoile
de Cathy Kelly
Éditions Presses De La Cité / Avril 2011


Lorsque la vie vous malmène, vous pouvez toujours compter sur vos amies. Ingrid Fitzgerald est gâtée par la vie. Célèbre présentatrice de la télévision irlandaise, elle est mariée à un homme qu'elle adore, avec qui elle a deux merveilleux enfants. Mais lorsque ces derniers quittent le foyer pour voler de leurs propres ailes, Ingrid fait une découverte qui bouleverse tout son petit monde. Lorsque la vie vous malmène, vous pouvez toujours compter sur vos amies. Ingrid Fitzgerald est gâtée par la vie. Célèbre présentatrice de la télévision irlandaise, elle est mariée à un homme qu'elle adore, avec qui elle a deux merveilleux enfants. Mais lorsque ces derniers quittent le foyer pour voler de leurs propres ailes, Ingrid fait une découverte qui bouleverse tout son petit monde. Pour la première fois, Natalie Flynn est en train de tomber amoureuse. Mais les secrets entourant le passé de sa mère la tourmentent et l'empêchent d'être pleinement heureuse. Osera-t-elle lui poser les questions qui la taraudent? Charlie Fallon aime sa famille et son travail. Seule ombre au tableau, sa mère excentrique et envahissante, qui lui en demande toujours plus. Il est peut-être temps pour Charlie de lui fixer des limites. Une personne a le pouvoir d'aider ces trois femmes qui se trouvent à un tournant de leur existence, la flamboyante Star Bluestone, artisan, esprit libre et voyante à ses heures perdues.


- Syster
de Bengt Ohlsson
Éditions Phébus / Avril 2011


"La sœur de Marjorie disparut un vendredi, début mai". Ce jour-là, Miriam n'est pas rentrée de l'école, mais on l'a vue marcher, là-bas, du côté de la colline. Si ses parents sont angoissés, Marjorie, elle, semble hors d'atteinte, indifférente, insondable. Ou… peut-être se réjouit-elle un peu, un tout petit peu de cette disparition car, après tout, il y avait parfois des jours où elle ne l'aimait pas trop, sa grande sœur Miriam. Alors, pour l'éloigner d'une ambiance saturée de désespoir, sa tante Ilse l'héberge. Et, de jour en jour, tente de l'aider à voir un peu plus clair en elle, à distinguer l'amour de la haine, la jalousie de la générosité, l'aveuglement de la lucidité. En somme, elle apprend à Marjorie à grandir et à assumer ses contradictions. Véritable tour de force, Syster restitue à la perfection le regard multiple, voire parcellaire, que tout être pose sur ses proches, sur les paysages et sur le monde.


- Un beau jour de printemps
de Yiyun Li
Éditions 10-18 / Avril 2011


En ce jour de printemps 1979, la ville de Rivière-Fangeuse se prépare à l'exécution de Gu Shan, une ancienne garde rouge devenue dissidente. Pour ses parents et les quelques habitants écœurés par cette ultime injustice, plus rien ne sera comme avant. Sous l'œil omniprésent du Parti, contre la terreur ordinaire dans la Chine post-maoïste, ils tentent de modifier la trajectoire imposée.


- Un blog trop mortel
de Madeleine Roux
Éditions Fleuve Noir / Avril 2011


Je m'appelle Allison Hewitt. Ceci est mon blog et peut-être le tout dernier témoignage. Les Infectés nous ont encerclés, ils sont de plus en plus nombreux. Quelques survivants m'accompagnent. Nous voulons rejoindre Liberty Village, un havre de paix pour les derniers hommes. S'il existe vraiment. Si vous lisez ce blog, ou que vous soyez, répondez. Aidez-nous!
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