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 Les dernières parutions

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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 15:51

- Les lois de la frontière
de Javier Cercas
Éditions Actes Sud / Janvier 2014


À l'été 1978, un adolescent de la classe moyenne en délicatesse avec son milieu croise la route du charismatique Zarco et de son amie Tere et devient un habitué de leur QG, un bar interlope dans un quartier malfamé de Gérone. Bientôt ils l'entraînent de l'autre côté de la "frontière", au pays de ceux qui ne sont pas bien nés, l'initiant au frisson des braquages et au plaisir des tripots. Le garçon navigue entre les deux rives pendant tout l'été, irrésistiblement attiré par les lois de cette jungle dont il préfère continuer d'ignorer les codes, jusqu'au coup qui tourne mal. Vingt ans plus tard, avocat établi, il assure la défense de son ancien camarade multirécidiviste et doit plaider. Pour le symbole vivant d'une rébellion salutaire, la victime expiatoire d'un système frelaté, ou les zones d'ombre de sa propre jeunesse? Un écrivain, chargé de raconter l'histoire, recueille au cours d'entretiens divers les souvenirs et impressions des protagonistes. Lui-même cherche la vérité inattendue et universelle du romancier: l'ambiguïté. C'est dans cette ambiguïté qu'excelle Javier Cercas, qui démystifie ici le romantisme de la délinquance comme celui de la rédemption, la démocratie espagnole et son miroir aux alouettes, les tourments qui toujours gouvernent l'exercice de la liberté.


- Les poussières perdues
de Alexandre Tuzi
Éditions Michalon / Janvier 2014


"Les jours se ressemblent à nouveau, et plus encore qu'autrefois. Je me lève aujourd'hui en me croyant hier. Je me rappelle hier en me voyant demain. Du matin au soir, des journées ennuyeuses sans pouvoir en mourir". Evan et Violet sont enfermés dans un manoir depuis toujours. Prisonniers d'un univers dont ils ne connaissent pas les règles, tous deux attendent que les saisons s'écoulent entre les murs d'une demeure qui les prive des vérités du monde. Comment échapper à l'ennui qui les ronge, au désespoir qui les guette? Mais lorsque le hasard placera sur leur chemin la clef de l'énigme, faudra-t-il fuir, ou rester? Un premier roman qui questionne le hasard comme champ de bataille du destin et du libre-arbitre, et laisse des espaces d'incertitude qui permettent à chacun d'y poser ses réponses. Une composition onirique et poétique, portée par une écriture exigeante.


- Les sept vies du marquis
de Jacques Ravenne
Éditions Fleuve Noir / Janvier 2014


Le 2 juin 1740, Monsieur Sade, père, quitte le lit de sa maîtresse pour aller faire la connaissance de son fils. Quatre ans plus tard, Donatien grandit au milieu des dettes, des calomnies, des adultères, seuls cadeaux que son père ait laissés à sa mère. Que deviendra Sade, adulte, marié contre son gré à une femme qu'il n'aime pas afin d'éponger les dettes de sa famille? Qui connaît vraiment la véritable histoire de cet écrivain à la réputation sulfureuse? Un seul homme: Joseph Fouché. Fasciné par l'auteur des 120 journées de Sodome, le ministre de la Police ne cesse de traquer ses moindres faits et gestes. Après la mort de Donatien, Fouché va révéler toute la vérité sur les sept vies du marquis: libertin à scandale sous Louis XV, prisonnier rebelle sous Louis XVI, politique redouté sous la Révolution, écrivain à succès sous le Directoire, réputé fou sous l'Empire, Sade a été aussi et surtout un grand amoureux, follement aimé en retour. Quant à sa septième vie, vous la découvrirez dans ce roman.


- Les vies parallèles de Greta Wells
de Andrew Sean Greer
Éditions de l'Olivier / Janvier 2014


New York, Greenwich Village, 1985. Greta Wells, une photographe, est atteinte de dépression: son frère jumeau Felix est mort du sida, et son petit ami Nathan vient de la quitter. Elle entreprend un traitement par électrochocs. Le lendemain matin Greta découvre qu'elle a changé d'époque, nous sommes maintenant en 1918. Felix est bien vivant, il est fiancé à la fille d'un sénateur et a une liaison secrète avec son avocat, Alan. Mais la voilà à nouveau projetée dans le temps, en 1941, cette fois. Greta a épousé Nathan, avec qui elle a fondé une famille. Elle fréquente aussi Léo, un homme plus jeune qu'elle. Ces vertigineux allers-retours sont bien plus que des changements d'époque: ce sont des mondes différents que doit affronter Greta, des vies alternatives parmi lesquelles il lui faudra, si elle en est capable, choisir celle qui lui convient. Dans le dédale du temps, une femme cherche son chemin.


- Last exit to Brooklyn
de Hubert Jr Selby
Éditions Albin Michel / Janvier 2014


Peu de livres ont suscité autant de haine, d'admiration  et de polémiques que Last Exit to Brooklyn. À sa sortie en 1964, Allen Ginsberg prédisait que le roman allait "exploser sur l'Amérique comme une bombe infernale qu'on lirait encore cent ans après". Cette prédiction est en train de s'accomplir: Last Exit est considéré aujourd'hui comme la première manifestation et le testament d'une esthétique totalement inédite à laquelle cette nouvelle traduction rend enfin et brillamment justice. Un classique de la littérature contemporaine et de la littérature tout court.


- Lucky girls
de Nell Freudenberger
Éditions 10-18 / Janvier 2014


Loin de chez elles, conquérantes, vulnérables et passionnées, cinq jeunes Américaines affrontent en Asie cette nouvelle vie qui est la leur. De Delhi à Bangkok, chacune s'efforce de trouver sa voie dans un environnement étranger qu'elle est venue chercher par choix, par quête ou par amour, offrant des récits justes et délicats au seuil de l'exil.


- Mauvaise vie
de Helen Walsh
Éditions Flammarion / Janvier 2014


À 19 ans, Millie O'Reilssy subjugue les hommes qui croisent sa route par sa beauté et son intelligence. Étudiante à la dérive, fragilisée par l'abandon de sa mère et l'éloignement de son meilleur ami, elle se lance à corps perdu dans la nuit hédoniste de Liverpool, à coups de drogue bon marché et de sexe à la va-vite. Dans un livre candide et brutalement poétique, Helen Walsh dresse le portrait d'une ville et d'une génération. Mauvaise vie raconte la difficulté pour une jeune femme sur la corde raide de s'accepter telle qu'elle est, avec ses fragilités et ses blessures, et son combat pour ne pas sombrer.


- Mon amie américaine
de Michèle Halberstadt
Éditions Albin Michel / Janvier 2014


Ce matin, Clara m'a demandé pourquoi nous étions amies. Je lui ai répondu que c'était inexplicable. Mais j'ai passé la journée à me poser la question. Pourquoi toi, l'Américaine, la pragmatique, la businesswoman, la midinette, pourquoi occupes-tu une telle place dans ma vie?" Michèle Halberstadt explore avec lucidité et sensibilité le lien si fort de l'amitié face à l'épreuve. Que cherche-t-on à travers l'autre? À quoi rester fidèle, lorsque plus rien n'est comme avant? Que deviennent les sentiments que l'on croyait inaltérables?


- Mon nom est Dieu
de Pia Petersen
Éditions Plon / Janvier 2014


Dieu décide de dicter sa biograghie. Surprises à la clef. Jeune journaliste à Los Angeles, Morgane devrait a priori se méfier de ce SDF dépressif et bougon, peut-être dangereux, qui se place obstinément sur son chemin. Surtout quand il lui annonce qu'il est Dieu et qu'il l'a choisie pour écrire sa biographie. Contre toute raison, Morgane, résolument incroyante, va se laisser captiver par ce personnage improbable. Un Dieu amer, découragé, qui ne comprend pas pourquoi les hommes se détournent de lui, à l'exception de Jansen, fondateur d'une Église aux allures de secte, qui a décidé d'en faire son icône. À cette fable, Pia Petersen parvient à donner une étonnante réalité. Comme Morgane, le lecteur finit par se demander s'il n'a pas réellement affaire à Dieu. Et se laisse prendre au miroir d'une fiction qui en dit assez long sur notre modernité si incertaine d'elle-même.


- Nevermind
13 histoires grunge et noires
Écrit en collectif
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2014


1991. Le monde entier découvre un bébé plongeant dans une piscine pour attraper un billet d'un dollar, accroché au bout d'un hameçon. Dans son sillage, il entraîne toute une génération, conquise par la force incontestable du grunge de Nirvana, dont cet enfant illustre la pochette du deuxième album. Vingt-deux ans après, Nevermind demeure un album culte du XXe siècle et Kurt Cobain une icône éternelle. En hommage à ce monument du rock alternatif, treize écrivains français signent autant de nouvelles inédites, grunge et noires. Odeur de Teen Spirit garantie.


- Nos désirs et nos peurs
de Wulf Dorn
Éditions Cherche Midi / Janvier 2014


"Il y a dans l'esprit humain des lieux auxquels nul ne devrait avoir accès. C'est vers ce côté obscur que Wulf Dorn nous ramène sans cesse". D. C.
1985. Fahlenberg. Jan Forstner, 12 ans, est témoin de la noyade d'une jeune fille qui s'est échappée de la clinique psychiatrique voisine. Le lendemain de la tragédie, le père de Jan meurt brutalemen tet son frère Sven disparaît sans laisser de traces. Traumatisé, le jeune garçon est envoyé dans un pensionnat.
2010. Devenu psychiatre comme l'était son père, Jan accepte un poste à la clinique de Fahlenberg. Là, d'étranges événements le contraignent à revenir sur les drames de son passé. Alors qu'une main mystérieuse semble brouiller toutes les pistes, Forstner entre bientôt dans un terrible labyrinthe psychologique et meurtrier, au sein duquel se terre un effroyable secret. Dans ce roman à la tension infernale, Wulf Dorn dépeint avec une maîtrise rare l'obsession d'un psychiatre face à un passé lourd de séquelles. À ses côtés, le lecteur est invité à reconstituer les pièces éparses du puzzle pour approcher une vérité toujours fuyante. Complexe et riche en rebondissements, l'intrigue, captivante jusqu'à la dernière page, réserve un dénouement totalement inattendu.


- N'oublie pas les oiseaux
de Murielle Magellan
Éditions Julliard / Janvier 2014


Fascinée par les métiers de la scène, une jeune provinciale, discrète et timide, débarque à Paris avec des rêves plein la tête, sa détermination pour seul bagage. À l'École de chansons ou elle prend ses premiers cours, elle est subjuguée par l'un de ses professeurs, charmeur et charismatique, un homme attentif, à la voix pénétrante, de plus de vingt ans son aîné. Si pour elle le coup de foudre est immédiat, le maître, lui, semble de prime abord plus attendri que séduit. Autour de lui, les femmes défilent, attirées comme des papillons de nuit par la lumière. Mais l'histoire ne fait que commencer. Avec cette élève qui n'est ni la plus éclatante, ni la plus extravertie de ses étudiantes, l'insatiable Dom Juan va pourtant vivre une passion au long cours qui ne s'éteindra vraiment qu'avec sa mort. Entre-temps, ils se seront aimés et déchirés, séparés et retrouvés, auront fait un enfant, puis se seront quittés de nouveau, tandis que s'épanouissait le talent de la jeune femme, et que le succès de l'homme, une sommité dans sa profession, connaissait peu à peu le déclin. Pleine de bruit et de fureur, cette histoire s'étend sur presque vingt ans et retrace toutes les étapes d'une relation amoureuse fiévreuse et chaotique. Une histoire qui renaît plusieurs fois de ses cendres, dans laquelle chacun se reconnaîtra à un moment ou à un autre, car elle évoque tous les moments de la vie de couple, de la première rencontre à la séparation, de la passion aux premiers signes d'ennui, de la fusion à la trahison, et jusqu'au deuil douloureux de celui dont la narratrice pensait, bon gré mal gré, qu'il ferait toujours partie de sa vie. Car elle dresse avant tout le portrait d'un homme complexe et attachant, aux multiples facettes, à la fois mentor, pygmalion, ami, amant, amoureux, compagnon, père, qui se révèle être aussi un séducteur impénitent, un mâle égoïste cherchant sans cesse à se rassurer, voire, dans certaines circonstances, le pire des salauds. Symétriquement surgit l'image d'une femme à la force insoupçonnée dont on assiste à l'éclosion en tant qu'artiste, en tant que mère, qui se construit et se découvre au fur et à mesure qu'elle tente d'échapper au piège de cet amour absolu et dévorant, inapte, par essence, à la rendre heureuse.


- Nous sommes jeunes et fiers
de Solange Bied-Charreton
Éditions Stock / Janvier 2014


"Ensemble ils avaient eu des désirs d'ailleurs, mais ce n'était jamais un ailleurs misérable. Le dénuement pour vivre mieux, pas pour mourir. La vie dans des huttes, si l'on voulait, mais dans une ambiance détente, où ne se trouverait aucun clochard. Ils auraient eu peur de rencontrer de vrais pauvres. Enseignante en banlieue nord, Noémie en fréquentait pourtant tous les jours, mais c'étaient des pauvres accessibles, qu'on aimait instruire, issus de la diversité, et qui l'enrichissaient de leurs différences. Avec les autres, on ne savait pas, c'était trop loin, ils avaient sans doute des maladies, des bras en moins. Ce loin pourtant qu'ils chérissaient se devait de comporter des dangers, des surprises. Ils s'y préparaient pour quand ils se décideraient à franchir le pas, aller là-bas, à l'autre bout de la Terre, sans savoir où". Nous sommes jeunes et fiers est le récit d'un retour aux sources. Mais quelles sources convoque-t-on lorsque celles-ci renvoient au désir d'un monde débarrassé de civilisation? Produits des discours publicitaire, écologique et culturel, Ivan et Noémie, nouveaux Adam et Ève à l'insatisfaction permanente, bercés par le vœu chimérique d'une vie plus vraie, sont les figures tragiques d'une époque où la quête de sens prend parfois la forme inattendue d'un voyage sans retour.


- Nous sommes tous à égale distance de l'amour
de Adania Shibli
Éditions Actes Sud / Janvier 2014


Une jeune femme solitaire entretient une correspondance avec un homme qu'elle n'a jamais rencontré. Cela a commencé par une lettre à caractère professionnel qu'elle lui avait adressée, et sa réponse délicate l'avait conduite à lui en écrire d'autres, lui exprimant peu à peu ses sentiments les plus secrets. Et puis, soudain, son correspondant met fin à leur relation épistolaire. Entre alors en scène une autre jeune femme aussi paumée, qui travaille dans un bureau de poste, et qui, à la demande de son père, collaborateur de l'occupant, ouvre les lettres pour vérifier leur contenu politique. Mais ce qui l'intéresse, elle, en particulier, ce sont les lettres d'amour. Aussi bien par sa structure, une suite de "nouvelles" qui s'intègrent dans un récit-cadre, que par une écriture alternant narration objective et confidences intimes, ce roman sur la solitude humaine confirme le talent de l'auteur, l'une des voix les plus significatives de la littérature palestinienne d'aujourd'hui.


- On a sauvé le monde
de Dominique Fernandez
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


Un jeune étranger séjourne à l'Istituto d'Arte de Rome dans les années 1930 pour y poursuivre ses recherches en histoire de l'art sur le peintre Poussin. Il fait sa cour à Giulia Falconieri, jeune aristocrate à la pureté sculpturale, tandis que la sensuelle Wanda, d'origine polonaise, le drague. Mais chacun triche déjà dans ce triangle amoureux, comme si le travestissement des sentiments n'était que la répétition générale du camouflage des identités. Lorsqu'il fait la connaissance d'Igor, fils d'une famille de Russes blancs ayant fui la Révolution d'octobre pour se réfugier dans l'Italie mussolinienne, le narrateur rencontre son destin. Par amour pour ce garçon, il va devenir un espion au service du régime communiste. À Moscou, où nos deux apprentis-agents apportent les documents qu'ils sont parvenus à subtiliser à Rome, les mâchoires du piège se referment sur ces idéalistes dont le régime a su faire ses "idiots utiles".


- Open City
de Teju Cole
Éditions 10-18 / Janvier 2014


Jeune Nigérian interne en psychiatrie, hanté par une rupture, Julius trompe sa solitude en arpentant New York. De rencontres fortuites, professeur de lettres déclinant, cireur haïtien, patients, en rêveries où résonnent l'œuvre de Mahler et l'architecture de la ville, ses déambulations dessinent un paysage humain cosmopolite, à la fois déchiré et uni par la question de l'autre.


- Paris est un rêve érotique
de Thibault Malfoy
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


Tout commence par un carton d'invitation: "Bienvenue au Paris est un rêve érotique". La compagne du narrateur l'invite pour son anniversaire dans ce cabaret parisien. Subjugué par une des danseuses, il se met à confondre fantasmes et réalité. Et voici les insomnies, une soirée littéraire, une nuit blanche "Spécial Zombies" au Max Linder Panorama, du champagne, un concert de Connan Mockasin à La Cigale, un voyage autour du monde dans une baignoire, une exposition sur la pluie au Centre Pompidou, un bar clandestin, une inondation. Y aura-t-il l'amour au réveil?


- Passage de l'amour
de Pascale Roze
Éditions Stock / Janvier 2014


"J'ai voulu que les éléments de ma vie trouvent place dans ce recueil sous forme d'histoires: l'enfance marine, le théâtre, l'Indochine, le couple, la maladie et la mort, mais aussi ma joie et ma confiance. Que les mélodies se répondent en mode majeur ou mineur, comme dans un album de chansons". Pascale Roze
Pascale Roze propose de subtiles variations sur l'amour à travers dix-huit nouvelles rythmées par la lutte d'un couple contre la maladie. Le corps y danse autant qu'il s'épuise, s'éprend, vibre, se désespère, se souvient. On y découvre un homme en attente d'une greffe du cœur; une femme nageant en plein océan pour gagner sa liberté; un poète et un séducteur délicat; un sphinx des peupliers; le petit-fils d'un empereur d'Annam. Nouvelle après nouvelle, se déploie un monde chatoyant dont l'écriture s'attache à trouver l'harmonie.


- Paye ta shnek
de Anaïs Bourdet
Éditions Fayard / Janvier 2014


Mesdames, mesdemoiselles, voilà ce à quoi vous n'avez pas toujours échappé. Messieurs, voici la liste de ce qu'il faut absolument éviter. Véritable défouloir pour les filles, Paye ta shnek recense les témoignages de milliers de femmes, des tentatives de séduction en milieu urbain au harcèlement de rue. Un manifeste féministe anti-blagues lourdes reprenant le meilleur des pires phrases de drague.


- Petits fantômes
de Rodolphe
Éditions Michalon / Janvier 2014


Dickie Force, star du rock'n'roll des années 50, meurt dans un accident, et le journaliste Charlie Waughn, un ancien fan, couvre sa disparition. Mais celle-ci semble bien étrange. Et si le chanteur avait simulé sa mort? Voilà qui expliquerait pourquoi Charlie le rencontre, quelques semaines plus tard, dans une rue paisible de Londres. Il faut dire que Charlie Waughn a autrefois déjà croisé son grand-père et sa première femme, tous les deux décédés. À la frontière du polar et du fantastique, ce roman au ton singulier non dénué d'humour propose également un voyage dans le temps, au cœur des glorieuses fifties et sixties, à la recherche des étoiles d'antan et de nos rêves perdus. Un récit au charme étrange mettant en scène un héros tendre et attachant, grand amateur de rock'n'roll, de fantômes et de whisky single malt.


- Philomena
de Martin Sixsmith
Éditions Presses De La Cité / Janvier 2014


Inspiré d'une histoire vraie, ce livre retrace le destin bouleversant d'un homme et de sa mère qui, séparés leur vie entière, ont tout fait pour se retrouver. Lorsqu'elle tombe enceinte en 1952, Philomena Lee n'est qu'une adolescente. Dans l'Irlande de l'époque, avoir un enfant hors mariage est considéré comme un péché. C'est pourquoi sa famille l'envoie au couvent de Roscrea, tenu par des sœurs de Madeleine, comme d'autres "femmes déchues". Quand son fils Anthony a trois ans, il lui est enlevé afin d'être adopté par de riches Américains. On oblige la jeune femme à signer un document dans lequel elle s'engage à ne jamais chercher à savoir ce que l'église a fait de son enfant. Philomena a malgré tout dédié les cinquante années suivantes de son existence à chercher son fils, se heurtant sans cesse au silence de l'église. Elle ignore que, de son côté, celui-ci a entrepris la même quête. Rebaptisé Michael Hess, le garçon a fait bien du chemin depuis son adoption: avocat réputé, il a rejoint l'administration Bush. Tout en cachant à son entourage familial et professionnel son homosexualité, puis sa séropositivité. C'est justement parce qu'il se sait condamné qu'il décide de partir en Irlande, sur les traces de sa mère. Pour se heurter lui aussi au mutisme des nonnes.


- Plein hiver
de Hélène Gaudy
Éditions Actes Sud / Janvier 2014


Par une aube tranquille et glaciale, un jeune homme apparaît, seul, sur la route de Lisbon, dans le Nord des États-Unis. Aussitôt naît la rumeur qui bientôt envahit les rues de la ville: David Horn est revenu. Quatre ans plus tôt, le garçon de quatorze ans n'est pas rentré d'une soirée comme les autres au cours de laquelle, en compagnie de sa petite bande, il avait refait, rageur, le tour d'un univers étriqué circonscrit par la montagne, le ciel pâle, une rivière minuscule. Son retour perturbe l'équilibre de la communauté, qui s'était resserrée sur son absence, et suscite plus de méfiance que d'enthousiasme. Celui qui revient peut-il être le même que celui qui est parti? Plein hiver explore cet espace blanc de l'identité à petites touches précises qui pénètrent peu à peu le mystère des personnages. Sur le temps qui passe et les rêves plus grands que l'Amérique, sur les éloignements nécessaires et la méconnaissance de ceux qu'on aime, Hélène Gaudy compose un roman fiévreux, trouble comme les blessures d'enfance, qui dessine la cartographie d'adolescences en suspens.


- Pleurs au fusil
de Philippe Tabary
Éditions Cherche Midi / Janvier 2014


Juillet 1914. Aiguillés par les "vétérans" de 1870, jeunes et réservistes se précipitent, la fleur au fusil, pour donner une leçon aux "Prussiens". Un équipement inférieur, un état-major peu inspiré: le sort, en quelques jours, va en décider autrement. La Belgique envahie, Charleroi qui tombe, puis Maubeuge. Cinquante-deux mois d'occupation commencent, à 60 kilomètres des tranchées. Entre exode et réfugiés, pressions et vexations, les épreuves s'accumulent. Partant des 41 noms figurant sur le monument aux morts de sa commune, pour 1 300 habitants, l'auteur nous fait revivre l'ordinaire d'un village de France occupé à la frontière belge. Une trentaine de prisonniers, des mutilés, des blessés, les hommes du rang: au total, près de 200 incorporés, sans oublier les privations, les amours impossibles ou impensables, les naissances illégitimes, la multiplication des décès, la disparition des mariages et des baptêmes... Amendes, corvées, interdictions et système D, on avait faim, froid, peur, on manquait de tout, et d'abord d'informations, même sur les victimes. Le temps n'était plus au diapason des êtres. Le village de l'auteur, situé dans le Nord, là même où retentit le cessez-le-feu en 1918, fut occupé dès septembre 1914. Consultant les archives, recueillant des témoignages, Philippe Tabary retrace ici ces cinquante-deux mois d'une guerre qui fut de loin la plus terrible dans le passé tourmenté du Hainaut de son enfance.


- Plus noire avant l'aube
de Béatrice Fontanel
Éditions Stock / Janvier 2014


"Olga leva la tête pour goûter un instant la fantaisie de ces lignes à l'ironie volubile. L'auteur semblait vouloir taquiner la littérature elle-même, comme un pêcheur le goujon. Elle regarda par la fenêtre pour rêver de Paris. Le paysage continuait de lui plaire. Tout lui semblait plus charmant: l'herbe, les maisons des gardes-barrières et leurs potagers, les rivières plus lascives, leurs rives plus moussues, les villages pittoresques… La dernière nuit lui parut durer une éternité. Alors que l'aube se préparait, Olga souleva doucement le store. La nuit se retirait en se faisant prier". Les guerres, les exodes ont été leurs terrains d'aventure. La littérature, leur viatique. Les Hartmann n'ont eu de cesse de lui rendre hommage. Ce qu'ils ignoraient, c'est qu'à leur tour ils deviendraient des personnages de roman. Partant de la correspondance réelle d'une famille de médecins parisiens d'origine russe, l'auteur a bâti une fiction. D'Odessa à Bobigny, Victor, Olga, André, Gabrielle et les autres vont traverser le XXe siècle avec une gracieuse désinvolture. Comme l'entomologiste, on les observe avancer dans la pénombre des tragédies de l'Histoire et des secrets de famille. Et, toujours, recouvrer la lumière.


- Poisson
de Anton Valens
Éditions Actes Sud / Janvier 2014


En manque d'argent, un artiste peintre s'est vu proposer par un ami d'embarquer quelques jours sur le chalutier de son père. Le temps d'une campagne de pêche il s'agira de renforcer l'équipe, d'apprendre à se montrer efficace, de travailler sans relâche. Bien loin de toute dérive existentielle, voici notre homme confronté à l'âpreté d'un milieu singulier, un monde où ses ravissements se heurtent aux impératifs de rendement. Entre un capitaine bougon, un mécanicien taciturne et un matelot accro à l'étripage des poissons vivants, l'aventure promet des surprises. Bouc émissaire ou témoin silencieux d'un drame sous-jacent, c'est avec un stoïcisme mêlé d'humour et de distanciation que cet étranger en haute mer traverse le pire. Mais les ciels de traîne à ses yeux sont si beaux.


- Porter leur voix
de Laure Heinich
Éditions Fayard / Janvier 2014


Il y a ce prévenu qui se demande s'il doit mettre une cravate tandis que la procureure propose d'ôter ses talons. Il y a cet homme transformé en Cendrillon par la mégère dont il est éperdument amoureux, et qui finit par la poignarder. Il y a cette femme qui ne sait pas si elle est encore la mère d'un mort. Qu'ils soient victimes, coupables ou innocents, l'avocat doit les faire entendre et convaincre des juges. Mais pas seulement. Les défendre, c'est aussi lutter contre l'appareil judiciaire, ses incohérences et ses jugements expéditifs. C'est porter leur voix qui n'est plus écoutée. Et pour cela, sans doute faut-il commence par raconter leur histoire. Avocat pénaliste, Laure Heinich tient également sur Rur89 une chronique intitulée "Derrière le barreau". Document, récit et profession de foi, son livre rappelle qu'entre effarement et compassion, douleur et révolte, un avocat doit avant tout conserver sa faculté de résistance et, finalement, sa liberté de déplaire.


- Poutine et le Caucase
de Régis Genté
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2014


Le 21 mai 1864, dans la vallée de Krasnaïa Poliana, le Grand-duc Michel Nikolaïevitch offrait un banquet pour célébrer la fin de la conquête du Caucase par la Russie tsariste, là même où les tribus circassiennes venaient d'être massacrées. Cent cinquante ans après exactement, en février 2014, s'ouvrent les XXIIe Jeux olympiques d'hiver à Sotchi, dont une partie des compétitions se déroulent précisément à Krasnaïa Poliana. C'est là que Vladimir Poutine, en héritier de la Russie impériale, invite le monde entier à un nouveau banquet. Quel symbole! Car le Caucase est bien le lieu, pour Poutine, de l'affirmation de la force et de la grandeur de la Russie. La guerre en Tchétchénie, le soutien aux indépendantismes d'Ossétie du Sud ou d'Abkhazie, allant jusqu'à la guerre contre la Géorgie, et aujourd'hui les JO à Sotchi, ne visent qu'à replacer la Russie sur le devant de la scène internationale. Et, finalement, la trêve olympique de Sotchi pourrait rester dans l'histoire comme un nouvel épisode des interminables conflits du Caucase, comme une façon de poursuivre la guerre par d'autres moyens en tâchant de sceller symboliquement les victoires du passé. Spécialiste de l'ancien espace soviétique, c'est à un véritable voyage au Caucase que nous convie Régis Genté, dans les pas des grands dirigeants russes, des derniers Tsars à Vladimir Poutine.


- Prendre fin
de Jean-Pierre Enjalbert
Éditions Belfond / Janvier 2014


Plus que quelques instants avant la fin? Et s'il était temps de commencer à vivre? Un splendide après-midi de printemps à Paris. Le soleil illumine les rues et les visages, les jambes des filles sont de sortie et notre héros ne s'est jamais senti aussi vivant. Jusqu'ici tout va bien. Sauf qu'il s'écroule sur l'esplanade du Centre Pompidou. Mourir. Il ne manquait plus que ça: c'est la première fois qu'il meurt et il ne sait pas comment on fait. La farce métaphysique bat son plein dans sa tête. C'est qu'il s'incruste, le moribond, refuse de marcher dans le racket de la mort. Amours, révolte, insolence, ironie, colère, il lance ses dernières forces dans la bataille. Mais peut-on vaincre la fin quand on n'en est pas maître? Le questionnement tout à tour grave, hilarant et foutraque d'un homme définitivement amoureux de la vie.


- Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?
de Georges Perec
Éditions Denöel / Janvier 2014


En France pendant la guerre d'Algérie, Henri Pollak, maréchal des logis le jour et artiste bohème le soir, et sa bande de Montparnasse se mettent en quatre pour faire réformer un camarade de caserne. Les idées fusent et on s'assied avec délectation à la table de ces joyeux compères. Ce court roman savoureux est truffé de figures de style. Un tour subtil de Perec, génial explorateur de la langue, pour parler du conflit qui occupe alors la scène politique. C'était un mec, il s'appelait Karamanlis, ou quelque chose comme ça: Karawo? Karawasch? Karacouvé? Enfin bref, Karatruc. En tout cas, un nom peu banal, un nom qui vous disait quelque chose, qu'on n'oubliait pas facilement.


- Récif
de Juan Villoro
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2014


La côte mexicaine des Caraïbes, autrefois paradisiaque, a désormais tout d'un enfer sur terre. Les aléas climatiques, la crise économique et le délitement général du pays ont tué le business mais attiré un nouveau type de touristes, adeptes de sensations fortes. Un seul complexe hôtelier, situé à l'orée d'une immense barrière de corail et géré par Mario Müller, ex-leader du groupe de rock mexicain les Extraditables, semble survivre: la Pyramide. L'établissement propose une plongée dans la terreur mexicaine: faux kidnapping par de pseudo-guérilleros, rencontre avec des mygales, pratique de sports extrêmes sans filet. Un an après l'arrivée de Tony Góngora, l'âme damnée de Müller, son ancien compagnon de bohème rock, ex-junkie, la folie gagne peu à peu les lieux. Un membre de l'équipe est assassiné. Sous ces tristes tropiques ravagés par la cupidité des uns et la veulerie des autres, Tony, avec l'indolence des désespérés, part à la recherche de la vérité. Roman postmoderne, Récif est une balade mélancolique et réflexive dans les tréfonds de l'âme contemporaine, en même temps qu'un saisissant aperçu des maux qui ravagent le Mexique.


- Ressacs
de David-James Kennedy
Éditions Fleuve Noir / Janvier 2014


Par une nuit d'orage, dans l'un des derniers hôpitaux militaires de la Côte atlantique, un interne disparaît après qu'un de ses patients a été sauvagement assassiné. Bouleversé par la disparition de son confrère, Tom Castille se lance sur ses traces en même temps que les gendarmes. Bientôt il découvre une chose troublante. Dans cet hôpital, un ancien monastère construit par les Augustins mille ans plus tôt, d'autres disparitions ont eu lieu, dans des circonstances semblables. La route du Dr Castille croise celle de Sophie, une femme au comportement étrange, et celle d'un flic au physique de rugbyman. Ensemble, ils repoussent les limites du possible et remontent dix ans, trente ans, deux cents ans en arrière pour découvrir le secret des mystérieux ressacs du passé. Parce que c'est là que se trouve la clé, préservée par la roche et l'océan. Parce qu’ici plus que nulle part ailleurs, personne n'échappe à son destin. Il vous attend, vous guette et finit toujours par vous rattraper.


- Rien de personnel
de Agathe Colombier-Hochberg
Éditions Fleuve Noir / Janvier 2014


À 40 ans, Elsa est une historienne et biographe réputée. Quand elle propose à son éditeur d'écrire la vie de Véra Miller, une comédienne qui a marqué plusieurs générations et continue à enchaîner les rôles, celui-ci trouve l'idée excellente bien qu'étonnante venant d'une universitaire dont tous les écrits portent sur le XVIe siècle. Ce qu'il ne sait pas, ce que personne ne sait, c'est que Vera Miller n'est pas n'importe qui pour Elsa. C'est sa mère. Une mère qui ne l'a pas élevée, qu'elle n'a vue qu'une fois par an jusqu'à sa dixième année, et dont elle n'a eu des nouvelles qu'à travers la presse.


- Seul dans Berlin
de Hans Fallada
Éditions Denöel / Janvier 2014


Mai 1940, Berlin fête la campagne de France. La ferveur nazie est au plus haut. Derrière la façade triomphale du Reich se cache un monde de misère et de terreur. Seul dans Berlin raconte le quotidien d'un immeuble modeste de la rue Jablonski. Persécuteurs et persécutés y cohabitent. C'est Frau Rosenthal, Juive, dénoncée et pillée par ses voisins. C'est Baldur Persicke, jeune recrue des SS qui terrorise sa famille. Ce sont les Quangel, désespérés d'avoir perdu leur fils au front, qui inondent la ville de tracts contre Hitler et déjouent la Gestapo avant de connaître une terrifiante descente aux enfers. Aucun roman n'a jamais décrit d'aussi près les conditions réelles de survie des citoyens allemands, juifs ou non, sous le IIIe Reich, avec un tel réalisme et une telle sincérité.


- Sigmaringen
de Pierre Assouline
Éditions Gallimard / Janvier 2014


En septembre 1944, un petit coin d'Allemagne nommé Sigmaringen, épargné jusque-là par les horreurs de la guerre, voit débarquer, du jour au lendemain, la part la plus sombre de la France: le gouvernement de Vichy, avec en tête le maréchal Pétain et le président Laval, leurs ministres, une troupe de miliciens et deux mille civils français qui ont suivi le mouvement, parmi lesquels un certain Céline. Pour les accueillir Hitler a mis à leur disposition le château des princes de Hohenzollern, maîtres des lieux depuis des siècles. Tout repose désormais sur Julius Stein, le majordome général de l'illustre lignée. Depuis les coulisses où il œuvre sans un bruit, sans un geste déplacé, il écoute, voit, sait tout. Tandis que les Alliés se rapprochent inexorablement du Danube et que l'étau se resserre, Sigmaringen s'organise en petite France. Coups d'éclat, trahisons, rumeurs d'espionnage, jalousies, l'exil n'a pas éteint les passions. Certains rêvent de légitimité, d'autres d'effacer un passé trouble, ou d'assouvir encore leurs ambitions. Mais Sigmaringen n'est qu'une illusion. La chute du IIIe Reich est imminente et huit mois après leur arrivée tous ces Français vont devoir fuir pour sauver leur peau. De ce théâtre d'ombres rien n'échappe à Julius Stein. Sa discrète liaison amoureuse avec Jeanne Wolfermann, l'intendante du maréchal, le conduira à sortir de sa réserve et à prendre parti.


- Sphinx
de Christine Falkenland
Éditions Actes Sud / Janvier 2014


Apprenant que son ex-mari a retrouvé un bonheur familial parfait avec la belle Claire dans la banlieue chic de Göteborg, une quadragénaire est suffoquée par l'insoutenable injustice de ses propres échecs. Dès lors, elle se met à roder autour du couple bienheureux, hantée par le besoin d'épier leur intimité. Écrivant à Claire, elle prétend la mettre en garde contre la véritable nature de son bien-aimé. C'est le début d'une correspondance à sens unique, dont l'issue s'annonce fatale. Dans un langage suggestif et insidieux, Christine Falkenland fait preuve d'une subtilité troublante en pénétrant la vie intérieure de ses personnages, ne se contentant jamais d'observer le mal de loin, habile à le partager et à le faire vivre.


- Standard
de Nina Bouraoui
Éditions Flammarion / Janvier 2014


Bruno Kerjen avait la certitude que "le monde réel était fait d'hommes et de femmes à son image, qui pouvaient être remplacés sans que personne remarque la différence de l'un, l'absence de l'autre". Employé d'une entreprise de composants électroniques, cet homme de 35 ans n'attendait rien de la vie. À l'occasion d'un week-end passé chez sa mère près de Saint-Malo, il recroise Marlène. La toxique Marlène de ses années de lycée. Bruno Kerjen, qui s'était comme protégé jusque-là d'éprouver tout sentiment, a désormais un rêve: Marlène. Portrait d'un antihéros de notre temps, d'un homme sans qualités replié sur lui-même, mû uniquement par la peur, Standard est aussi un roman tragique: un homme va chuter, inéluctablement et sous nos yeux, parce qu'il s'est décidé à aimer.


- Tant que je serai en vie
de Olivier Charneux
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


Quand, au début des années 1980, un mal étrange et encore innommé décima nombre d'homosexuels, Olivier Charneux vit mourir beaucoup de ses proches. Bien qu'épargné par ce fléau, il chercha dans ce face-à-face avec la mort précoce des raisons de comprendre et d'espérer. Jeune écrivain, il se tourna vers des "Phares" qui balisèrent alors son chemin de survie. Ces "Phares", pour lui, se nommèrent Racine, Pina Bausch, Marguerite Duras, Barbara, Violette Leduc, Jim Jarmusch, Christian Boltanski, Gus Van Sant, Nan Goldin, Coppola, Bram Van Velde, Hervé Guibert et quelques autres. Avec eux, grâce à eux, il a surmonté le chaos. Ces artistes lui ont surtout appris à aimer par temps de détresse. Voici le livre qui détaille avec minutie cette aventure aussi douloureuse que lumineuse.


- Témoin des morts
de Elisabeth Herrmann
Éditions Fleuve Noir / Janvier 2014


À Berlin, Judith Kepler nettoie les maisons dans lesquelles des personnes sont décédées. Scènes de crime, scènes de morts ordinaires, elle a tout vu. Quand son patron l'appelle et lui demande de mettre en ordre le domicile d'une femme assassinée, la mission semble tout à fait habituelle. Enfin, presque. Car il y a bien une chose qu'elle ne s'attendait pas à trouver dans ce décor: son propre dossier d'admission à l'orphelinat de Sassnitz. Judith a passé son enfance dans cette institution austère, qui se trouvait à l'époque en Allemagne de l'Est. Mais pourquoi Christina Borg détient-elle ces papiers? Troublée par cette découverte trop étrange pour n'être qu'une coïncidence, Judith décide d'enquêter sur le meurtre, qui s'avère intimement lié à son histoire familiale. Elle ignore qu'elle s'apprête à réveiller les démons de la guerre froide, dont les blessures sont loin d'être refermées.


- Tes mots sur mes lèvres
de Katja Millay
Éditions Fleuve Noir / Janvier 2014


Je m'appelle Nastya. Voilà 452 jours que je ne parle plus. À personne. Depuis que quelqu'un m'a volé ma vie et ma seule passion. Dans mon nouveau lycée, personne ne sait qui je suis et tout le monde me fuit. Sauf Josh Bennett. Il est toujours seul, comme moi. Un jour, il me parle. Et ma vie change. Encore une fois.


- Toutes les choses de la vie
de Kevin Canty
Éditions Albin Michel / Janvier 2014


Habité par la présence entêtante des paysages du Montana dont Kevin Canty a fait son territoire littéraire, Toutes les choses de la vie s'inscrit dans une grande tradition américaine. Une prose âpre et minimaliste, qui va à l'essentiel et exprime sentiments et émotions avec une vérité saisissante, fait de lui un formidable observateur des êtres, des couples, et des lignes de faille qui les traversent. Comme chaque année, June et RL se retrouvent le long de la Blackfoot River, une bouteille de Johnnie Walker à la main, pour célébrer l'anniversaire et la mémoire de Taylor, mort onze ans plus tôt. June a été son unique amour, RL son ami d'enfance. Mais ce jour-là, décidée à prendre un nouveau départ, June déclare qu'elle ne sera plus jamais "la veuve de personne". Divorcé, père d'une fille de vingt ans, et un peu paumé, RL sait secrètement qu'il est, lui aussi, à un carrefour de son existence. Et qu'il ne tient qu'à lui de lui donner un sens. Surtout lorsqu'il voit resurgir son amour de jeunesse, Betsy, une femme aux abois qu'il se met en tête de sauver.


- Toutes les familles ont un secret
de Tania de Montaigne
Éditions Flammarion / Janvier 2014


"Ceci est une histoire vraie et, comme dans toutes les histoires vraies, il y a des secrets. Toutes les familles ont un secret. Le monde se divise simplement entre ceux qui savent tout ou partie du secret et ceux qui croient qu'ils n'en ont pas. Il y a ceux qui savent et ceux qui croient".


- Toutes les guerres
de Evgueni Tkatchenko
Éditions Actes Sud / Janvier 2014


Parce qu'il a choisi le métier des armes à l'époque soviétique, que l'URSS s'écroule et qu'il a lu un jour dans une revue professionnelle un reportage sur la Légion étrangère, Sergueï, un jeune militaire de carrière, décide de venir jusqu'à Marseille s'engager dans ce corps mythique. Mais même rompu à la discipline et à l'entraînement des troupes d'élite de son pays, l'impétrant devra en passer par une formation, une initiation, qui va lui inculquer de nouveau "l'art de bien souffrir et de bien mourir". Comme un second apprentissage de la servitude et de la grandeur militaires. Quand bien même la Légion serait un microcosme hermétiquement clos, ceux qui la composent vivent dans notre monde, ici et maintenant. Et quoi de plus normal qu'un jeune homme tombe amoureux d'une jeune fille, et réciproquement? Sauf que l'élue est d'origine algérienne, et qu'on a tort d'oublier que "les histoires d'amour finissent mal en général…" On l'aura compris, ce grand roman en partie autobiographique apporte une nouvelle fois la preuve, comme souvent dans la littérature russe, que la plume et l'épée ne sont pas inconciliables.


- Trois jours à Oran
de Anne Plantagenet
Éditions Stock / Janvier 2014


J'ai toujours su qu'un jour il faudrait que j'aille en Algérie. Je suis fille, petite-fille, arrière-petite-fille de pieds-noirs. Enfant, j'en étais fière, ensuite j'en ai eu honte. Longtemps je me suis trouvée là, entre ces deux rives. Et la relation complexe, douloureuse, que j'entretenais avec mes racines a dirigé ma vie malgré moi, dicté mes choix. Quand ma grand-mère est morte, j'ai pensé que ce jour était arrivé. Le 15 septembre 2005, j'ai embarqué avec mon père sur un vol à destination d'Oran. J'ignorais ce que nous allions trouver là-bas, si la maison où il était né existait encore, comment nous serions accueillis. J'ignorais surtout si ce voyage, dont j'attendais beaucoup et que j'ai forcé mon père à accomplir avec moi, serait une victoire, ou une erreur. Il y avait un risque. Je l'ai pris.


- Trois vies de saints
de Eduardo Mendoza
Éditions Du Seuil / Janvier 2014


À l'occasion du Congrès eucharistique de 1952, un évêque latino-américain au passé trouble est hébergé dans une famille catalane; un coup d’État dans son pays l'entraîne dans de rocambolesques péripéties à travers les rues de Barcelone. Le fils d'une célèbre ophtalmologue soudain décédée rentre précipitamment d'Afrique pour recevoir à Bruxelles un prix prestigieux au nom de sa mère, et prononce une diatribe contre le milieu scientifique. Un criminel incarcéré s'initie à la littérature grâce à une professeur qui enseigne dans les prisons et devient un auteur de best-sellers. Dans ces trois récits, les saints, comme on peut s'y attendre, ne sont ni des martyrs ni des anachorètes, mais des fous ou des génies prêts à renoncer à tout pour une idée. Le lecteur retrouvera dans ces histoires l'humour inimitable d'Eduardo Mendoza, ainsi que sa tendresse et sa réflexion profonde sur notre société.


- Tu n'as pas tellement changé
de Marc Lambron
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


"Mon frère Philippe est mort le 17 juillet 1995, un peu avant midi, dans une chambre de l'hôpital de Villejuif. Il aurait eu trente-quatre ans une semaine plus tard. C'est le seul frère que j'ai connu, le seul que j'aurai jamais. L'image de Philippe allant vers sa fin n'existe en moi que par la brûlure qu'il a entretenue pendant des années, et qui dure encore. Pour parler de lui, pour aller vers lui, je suis contraint de revenir aux zones qu'il a éclairées et calcinées. Si grand soit l'amour, si fort le passé partagé, mon frère, à partir d'un certain moment, ne m'a plus été sensible que par la blessure. C'est à cette aune que je mesure combien je l'ai connu, combien je l'ai méconnu. On peut retracer de l'extérieur la vie d'un autre; mais le deuil ne renvoie qu'à soi, oblige à retrouver en soi le souvenir de ce qui fut".


- Un garçon flou
de Henri Raczymow
"Éditions Gallimard / Janvier 2014


Elle s'appelle Léna, elle me tend une main franche, spontanée, déterminée. Et en même temps délicate.
– Moi, c'est Richard. Dick en anglais, j'ai cru bon d'ajouter. Richard Federman.
– Ah oui? Pourtant, on ne dit pas Dick Cœur de Lion.
La remarque est pertinente, sans conteste. Richard Federman, étudiant, traverse Mai 68 à Paris, un peu ahuri, vaguement amoureux, mais de qui? Léna Chevalier? Solange Sarfati? Esther Litvak, sa directrice de thèse? Rosine Dufreynois, à qui il donne des cours de français? À moins que, tel le Frédéric Moreau de Flaubert, Richard ne traverse la Seine, la cour de la Sorbonne, la Révolution, les amours, la vie, sans adhérer, lointain, détaché. Et d'abord de lui-même. Et si résidait là, dans ce trait, son désir d'être un jour écrivain? H. R.
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 15:44

- Un homme, ça ne pleure pas
de Faïza Guène
Éditions Fayard / Janvier 2014


Né à Nice de parents algériens, Mourad voudrait se forger un destin. Son pire cauchemar: devenir un vieux garçon obèse aux cheveux poivre et sel, nourri par sa mère à base d'huile de friture. Pour éviter d'en arriver là, il lui faudra se défaire d'un héritage familial pesant. Mais est-ce vraiment dans la rupture qu'on devient pleinement soi-même?


- Un matin nous partons
de Florence Chapiro
Éditions Fayard / Janvier 2014


Qu'est-ce que Paris vu de l'autre côté de la Méditerranée quand on a à peine dix-huit ans? Une fratrie part à la conquête de la capitale, ivre de secrètes ambitions et de fantasmes appris dans les livres. L'un après l'autre, les trois sœurs et le frère font le voyage, se cognant aux désillusions inévitables, tout en se croyant libres et vierges. Mais leur mère acceptera-t-elle de voir pousser ses enfants sur une autre terre? Et l'oubli des racines est-il vraiment à la portée de tous les cœurs?


- Un truc sauvage
de Julien Decoin
Éditions Du Seuil / Janvier 2014


Six adolescents trompent l'ennui de leur petite ville de province avec ce qu'ils peuvent: bières, filles et, depuis peu, groupe de rock. Ils font les quatre cents coups, bien décidés à aller au bout, le grand final, avec impatience. Tout s'accélère lorsque l'un d'eux assure son bonheur auprès de Lapar, agence de réussite. Le contrat est efficace: les concerts, les groupies et les diplômes sont garantis. Quel prix? Peu importe, ils verront plus tard. Mais la vie n'attend pas et se paie sur la bête: elle ampute la belle main à six doigts qu'ils formaient. Lapar n'y peut rien. Les cinq restants non plus. Le bonheur est-il encore possible?


- Un peu la guerre
de Jean Rouaud
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


"Nous étions deux ou trois ans après mai 68. On m'annonçait que le roman était mort, ce qui n'était pas la meilleure nouvelle quand on se promettait de devenir écrivain. Le siècle n'avait pas été avare en exterminations massives, alors face à ces montagnes de cadavres on n'allait pas se lamenter pour la mort d'un genre, le roman, parfaitement bourgeois et réactionnaire. La solution de remplacement? Le texte, rien que le texte. Mais à la réflexion, il y avait une autre mort qui était passée inaperçue; celle, brutale, de mon père. Est-ce que de cette mort du roman, on ne pourrait pas faire le roman de la mort? Le roman du mort? Vingt ans plus tard, j'apportai à l'éditeur le manuscrit qui glissait cette disparition d'un homme de quarante-et-un au milieu des massacres de la première guerre. L'éditeur s'alarma d'une autre disparition, celle du narrateur. Au bilan du siècle, il convenait de rajouter deux victimes collatérales: le roman et moi".


- Un week-end entre amis
de Madeleine Wickham / Sophie Kinsella
Éditions Belfond / Janvier 2014


La redécouverte du premier roman d'une jeune romancière plus connue aujourd'hui sous le nom de Sophie Kinsella. Un régal de comédie à l'anglaise, caustique et hilarante, pour une vision décapante des relations au sein de la jeune bourgeoisie britannique. Quoi de plus agréable qu'un week-end à la campagne, avec des amis perdus de vue depuis dix ans, pour évoquer le bon vieux temps? C'est ainsi que les anciens de Seymour Road se retrouvent dans la superbe maison de Patrick et Caroline. Au menu: détente, tennis, cocktails et règlements de comptes. Car les choses vont rapidement tourner au vinaigre. Malgré la joie affichée, le temps a écorché la belle complicité d'autrefois. Pire, cette plongée dans le passé va obliger chacun à comparer sa situation à celle des autres et à ses rêves de jeunesse. Pour certains, le constat est amer.


- Une histoire partielle des causes perdues
de Jennifer Dubois
Éditions Robert Laffont / Janvier 2014


Enfant prodige des échecs, Alexandre Bezetov arrive à Leningrad en 1979, le jour de la célébration du centenaire de Staline. Quelques années plus tard, il est champion du monde, titre qu'il conserve pendant vingt ans, avant de se faire ridiculiser par un ordinateur. En 2006, Irina Ellison, 31 ans, professeur à Cambridge, Massachussetts, apprend qu'elle est atteinte de la maladie dégénérative qui a tué son père. Il lui reste à peine deux ans avant que commencent à se manifester les symptômes de sa prochaine déchéance, comme la perte progressive de la mémoire et du contrôle corporel. En rangeant des affaires, elle découvre la copie d'une lettre que son père, grand amateur d'échecs, avait envoyée à Bezetov. Dans cette lettre il demande: "Quelle histoire se raconte-t-on quand on a la certitude écrasante d'être vaincu?" Cette question trouve chez elle un écho tragique, et elle décide de se rendre en Russie, chez Bezetov, pour obtenir la réponse. Là, elle découvre qu'Alexandre Bezetov s'est lancé dans une cause perdue d'avance: l'opposition politique à Vladimir Poutine. Il est en train de réunir les derniers témoins pour un documentaire dénonçant la responsabilité du chef de l'État dans les sanglantes prises d'otages imputées aux Tchétchènes. Cloîtré dans un immense appartement, protégé nuit et jour par des gardes du corps, il est l'objet de la surveillance du pouvoir et menacé de mort. Son meilleur ami, Ivan, dissident, a depuis longtemps été assassiné et la seule femme qu'il ait jamais aimée, Elisabeth, l'a quitté après quelques semaines d'une immense passion. Ombre disloquée et désespérée, Irina, avec son étrange question, apporte un réconfort inattendu à Alexandre. Elle réveille l'innocence et la foi de l'époque où il aimait Elisabeth et fréquentait Ivan. Irina, de son côté, trouve dans la cause perdue d'Alexandre un moyen de terminer son existence avec panache. Bravant l'interdiction du pouvoir, elle part enquêter dans un dépôt de l'armée russe d'où proviendraient les armes ayant servi aux attentats attribués aux Tchétchènes.


- Une jeunesse européenne
de Guillaume Klossa
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


"Notre jeunesse": c'est bien le titre que Guillaume Klossa pourrait donner à cet essai fougueux et libre qui est aussi l'histoire d'une génération. Nés au début des années 1970, ils devraient être les enfants de la liberté: ils auront connu la pilule, le féminisme, la fin du communisme; mais aussi la crise économique, dévastatrice, le terrorisme, le Sida, tout au long de leur enfance. Leurs parents auront traversé les Trente Glorieuses, inoubliables et presque irréelles, faites de machines à laver, de voitures performantes, de voies sur berge et bientôt de télématique. Une génération qui a dans son ADN la mémoire de la guerre de 14 et de celle de 39-45 transmise par leurs grands-parents. De cet héritage, il leur reste un confort, une paix, mais aussi une absence d'idées, ou d'idéologie, qui s'appelle: le désenchantement. Pourtant, nous dit Klossa, "notre génération" a un destin, et un destin universel: elle a vingt ans quand le Mur de Berlin s'effondre, trente et des poussières le 11 septembre, et approche la quarantaine quand Internet transforme la société et le monde. Et maintenant qu'elle arrive aux responsabilités familiales et sociales, c'est désormais à elle d'écrire la suite de notre histoire. Au cœur de ces révolutions positives, il y a une générosité, des rencontres, un espoir, mais cette génération, bizarrement, semble hésiter à saisir son destin, son histoire. Avec ses amis, Enrico Letta, Sofi Oksanen, Cynthia Fleury, dirigeants, écrivains, penseurs engagés, scientifiques de haut vol comme Cédric Villani, mais aussi hommes d'affaires ou syndicalistes, Guillaume Klossa croit au rêve européen, à l'accomplissement de l'histoire. Ils ont fondé un think tank, EuropaNova, et ce livre est une sorte de feuille de route, d'engagement moral, de contrat avec soi-même.


- Une maison de rêve
de Madeleine Wickham / Sophie Kinsella
Éditions Belfond / Janvier 2014


Au départ, racheter cette très chic école privée semblait être une bonne idée. Mais, aujourd'hui, Liz et Jonathan se demandent dans quelle galère ils se sont fourrés. Lourdement endettés, ils ne parviennent pas à vendre leur ancienne maison et subissent les foudres de leur banquier, ainsi que celles d'Alice, leur fille ado, déprimée par la perspective du déménagement. C'est alors que Liz fait la connaissance de Marcus, directeur de l'agence immobilière locale. En quelques coups de fil, il rassure la banque et trouve les locataires idéaux: Ginny, jeune attachée de presse, et Piers, acteur sur lequel Alice craque instantanément. Tandis que Liz croit filer le parfait amour, le pauvre Jonathan se débat pour faire tourner l'école; Alice trouve un peu trop souvent refuge chez les nouveaux locataires; Marcus, quant à lui, marié et père, cède bientôt à la culpabilité. Une situation potentiellement explosive.


- Une peine capitale
de Christian Astolfi
Éditions Flammarion / Janvier 2014


Le narrateur refuse de choisir le chemin professionnel de son père, le dernier bourreau de la République. Il essaie d'assumer ce douloureux héritage, mais continue de ressentir les marques de cette filiation.


- Une terre d'ombre
de Ron Rash
Éditions Du Seuil / Janvier 2014


Laurel Shelton est vouée à une vie isolée avec son frère, revenu de la Première Guerre mondiale amputé d'une main, dans la ferme héritée de leurs parents, au fond d'un vallon encaissé que les habitants de la ville considèrent comme maudit: rien n'y pousse et les malheurs s'y accumulent. Marquée par ce lieu, et par une tache de naissance qui oblitère sa beauté, la jeune femme est considérée par tous comme rien moins qu'une sorcière. Sa vie bascule lorsqu'elle rencontre au bord de la rivière un mystérieux inconnu, muet, qui joue divinement d'une flûte en argent. L'action va inexorablement glisser de l'émerveillement de la rencontre au drame, imputable exclusivement à l'ignorance et à la peur d'une population nourrie de préjugés et ébranlée par les échos de la guerre. La splendeur de la nature, le silence et la musique apportent un contrepoint sensible à l'intolérance, à la xénophobie et à un patriotisme buté qui tourne à la violence aveugle.


- Vingt ans et plus
de Daniel Rondeau
Éditions Flammarion / Janvier 2014


"Mon grand-père, modeste vigneron de Champagne, tenait le journal des vents et des températures, de la fleur de la vigne, des maladies et des vendanges. Je décidai de faire comme lui et comme ma mère (qui notait aussi chaque centime dépensé sur son agenda). Je n'avais jamais ouvert mes cahiers. Je les ai lus comme s'ils étaient d'un autre. Il m'a semblé y retrouver un peu de l'eau de la vie, quelques gouttes, recueillies dans la paume de la main, au jour le jour, avant le filtrage. Eau vive: amitiés, désamitiés, engagements, voyages, hauts, bas, solitudes, indignations, rencontres, nouveaux départs, lectures, regrets, libertés et bonheurs". Dans ces cahiers, on croise des responsables politiques (Chirac, Mitterrand, Balladur, Védrine, Kouchner, Villepin, Sarkozy), des écrivains, des marins et des boat people, beaucoup d'amis français et étrangers, des archéologues et des boxeurs. Mais ce qui frappe à la lecture, ce qui restera longtemps, c'est le regard d'un homme passionné par la littérature et la France, qui arrive à nous faire entrevoir l'histoire en marche.
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 10:22

- Agapè
de Marcelo Rossi
Éditions Robert Laffont / Novembre 2013


Agapè est le mot grec pour l'amour divin, inconditionnel et spirituel, s'ajoutant à Éros, l'amour physique, Storgê, l'amour familial, et Philia, l'amitié. C'est le terme utilisé par les chrétiens pour décrire l'amour de Dieu envers les hommes. Dans cet ouvrage vendu à des millions d'exemplaires au Brésil, le père Marcelo Rossi parle de l'amour Agapè en s'inspirant d'extraits de l'Évangile de saint Jean. Son propos n'est pas d'expliquer l'Évangile, mais de nous inviter à la réflexion et à la prière, de nous faire comprendre ce qu'est l'Agapè, l'amour de Dieu qui donne son sens à la vie. À travers ses commentaires, Marcelo Rossi aborde les questions de l'amour, de la tolérance, de l'humilité et du pardon. Avec l'épisode des Noces de Cana, il pointe le rôle essentiel de Marie, femme attentive aux inquiétudes et aux besoins de ses enfants qui porte en elle l'Agapè, l'amour sans limites, l'amour qui ne demande rien; avec le miracle de la multiplication des pains, c'est l'amour en action: donner l'hospitalité à ses frères est une part essentielle du christianisme; avec l'histoire de la femme adultère, Marcelo Rossi montre qu'une société sans miséricorde est une société de condamnations, sans émoi: jeter des pierres c'est ne pas comprendre le concept chrétien de l'amour. Amour, tolérance, humilité, pardon... Cet ouvrage n'est pas destiné qu'à un public catholique et croyant. Les valeurs prônées par Marcelo Rossi sont universelles, elles nous aident à vivre mieux, à aimer mieux et à être heureux. À contre-courant de la violence et de l'individualisme de la société actuelle, elles donnent un sens à notre vie.


- Ainsi résonne l'écho infini des montagnes
de Khaled Hosseini
Éditions Belfond / Novembre 2013


Dans le village de Shadbagh, Abdullah, dix ans, veille sur sa petite sœur Pari, trois ans. Entre les deux enfants, le lien est indéfectible, un amour si fort qu'il leur permet de supporter la disparition de leur mère, les absences de leur père en quête désespérée d'un travail et ces jours où la faim les tenaille. Mais un événement va venir distendre ce lien, un choix terrible qui modifiera à jamais le destin des deux jeunes vies, et de bien d'autres encore. Des années cinquante à nos jours, d'une petite cahute dans la campagne afghane aux demeures cossues de Kaboul, en passant par le Paris bohème des seventies et le San Francisco clinquant des années quatre-vingt, Khaled Hosseini le conteur nous emmène dans un voyage bouleversant, une flamboyante épopée à travers les grands drames de l'Histoire.


- Ainsi soit Benoîte Groult
de Catel
Éditions Grasset & Fasquelle / Novembre 2013


Ce livre est à l'origine l'histoire d'une amitié entre deux femmes de deux générations différentes, l'une romancière et pionnière du féminisme, l'autre dessinatrice et pionnière de la bio-graphique, telle qu'elle la nomme. "J'avais ressenti le coup de foudre de l'amitié dès ma première rencontre avec Catel. J'ai vraiment eu l'impression, en la voyant s'emparer de ma vie, d'entrer dans un univers de liberté, de vérité et d'humour. J'ai pu dire "Bravo, Catel, tu as du génie", raconte malicieusement l'aînée". Rencontres dans tous les lieux chers à Benoîte, à Hyères, en Bretagne; à Paris, et retours sur les épisodes les plus marquants de l'histoire personnelle d'une femme engagée durant presque un siècle (Benoîte est née en 1920): de la famille grande bourgeoise mais libre aux combats les plus légendaires du féminisme, de l'avortement au divorce, de la féminisation des noms de métiers à l'amour qui s'invente au quotidien, de Georges de Caunes à Paul Guimard et son ami François Mitterrand, de la presse au roman. Ainsi soit Benoîte Groult est bien plus qu'une biographie en dessins: c'est une odyssée de la femme moderne, une visitation intime et drôle, tendre et douce, d'un destin qui se confond avec l'histoire de la Femme et de l'écrivaine.


- Annawadi
Vie, mort et espoir dans un bidonville de Mumbai
de Katherine Boo
Éditions Buchet Chastel / Novembre 2013


À Annawadi, bidonville qui jouxte l'aéroport international de Mumbai, 3 000 personnes s'entassent dans quelque 300 masures étayées de ruban adhésif et de cordes. Avec Abdul, jeune trieur de déchets épris de justice et de pureté, avec Asha, la reine des magouilleuses, et sa fille Manju, qui fonde son avenir sur la lecture de Mrs Dalloway, ou encore avec Fatima l'unijambiste, indicible figure de l'horreur, Katherine Boo rappelle ce qu'être misérable veut dire. Pendant quatre ans, elle a suivi les habitants de ce bidonville ordinaire pour comprendre pourquoi, dans une Inde en pleine expansion économique, certains s'en sortent et d'autres non. Si l'histoire personnelle des individus ne suffit pas à tout expliquer, on pénètre pourtant d'autant mieux ce pays que l'auteure nous en apprend davantage sur la vie de chacun. Sans jamais tomber dans la caricature ni dans la leçon de morale, elle restitue de manière inoubliable ce lieu grouillant de vie en tentant de répondre à cette question: pourquoi nos sociétés inégales n'implosent-elles pas?


- Après la fin
de Barbara Abel
Éditions Fleuve Noir / Novembre 2013


Tiphaine et Sylvain vivent ensemble depuis presque 20 ans. Ils ont connu des moments merveilleux et ont surmonté main dans la main des épreuves difficiles. Comme tant d'autres époux... Aujourd'hui leur couple bat de l'aile et élever Milo, leur fils de 15 ans, n'est pas une partie de plaisir. Une situation qui pourrait être très classique. Si Milo n'était pas leur fils adoptif. Si Milo n'était pas le fils de leur ancien voisin David qui s'est suicidé dans sa propre maison. Si Milo n'était pas le meilleur ami de Maxime, leur fils, décédé brutalement à l'âge de 7 ans. Si Milo n'avait pas hérité de la maison de son père dans laquelle vit désormais la nouvelle famille recomposée. Et si une nouvelle voisine n'était pas venue s'installer précisément dans leur ancienne maison, de l'autre côté de la haie, avec un petit garçon de 7 ans.


- Au ressac au ressaut
de Roger Lesgards
Éditions Cherche Midi / Novembre 2013


Les robots n'ont jamais été enfants. Ils naissent adultes, définitivement conformés, conformistes, fonctionnels, efficaces. Dans nos sociétés "technicistes", beaucoup d'hommes se sont robotisés. Ce qui, dans la perte volontaire d'un temps d'innocence et de questionnement où les mots trébuchent sur les choses, leur confère un air conquérant, les rend sûrs d'eux-mêmes, "incontournables". Imagination formatée, conscience atrophiée, ils traitent la planète et les sociétés comme simples ressources. À exploiter. Car c'est bien dans l'enfance que sourd l'imaginaire, qu'apparaît la première conscience, que prend corps le langage. Là se tient la fabrique de l'âme. Pour moi, ne peut prétendre aborder aux rives limoneuses de la poésie que celui qui n'offusque pas cette partie constitutive de lui-même, qui, plutôt que de la renier, la maintient vive pour abreuver sa vision du monde. Il s'agit de ménager en soi des clairières de naïveté où sens et sons rabibochés viendront à la lune danser la gigue nouvelle aux rythmes des flûtes nasales, des mirlitons et des tambourins. Le reste, à la condition d'accorder aux mots le bénéfice du doute et de les forcer à dire le "vrai du vrai" tout en mentant avec effronterie, suivra.


- Belle époque
de Élizabeth Ross
Éditions Robert Laffont / Novembre 2013


Lorsque Maude Pichon s'enfuit de sa Bretagne natale pour échapper à un mariage dont elle ne veut pas, elle monte à Paris, ville-lumière en ébullition à la veille de l'exposition universelle de 1889. Hélas, ses illusions romantiques s'y évanouissent aussi rapidement que ses maigres économies. Elle est désespérément à la recherche d'un emploi quand elle tombe sur une petite annonce inhabituelle: "On demande de jeunes filles laides pour faire un ouvrage facile". L'Agence Durandeau propose en effet à ses clients un service unique en son genre: le repoussoir. Son slogan? "Louez un faire-valoir, vous en deviendrez d'emblée plus attirante" . Étranglée par la misère, Maude postule. Monsieur Durandeau a déjà amassé une petite fortune grâce à sa riche clientèle, et quand la Comtesse Dubern vient chercher une compagne pour Isabelle, sa fille aux idées bien arrêtées, Maude est immédiatement choisie comme faire-valoir idéal. Mais Isabelle ne sait pas que sa nouvelle "amie" n'est en fait que de location, et l'existence de Maude au sein de l'aristocratie repose entièrement sur sa capacité à garder ce lourd secret. Pourtant, plus elle en apprend sur Isabelle, et plus sa loyauté envers la Comtesse est mise à l'épreuve. Et plus la tromperie dure dans le temps, plus Maude aura à perdre.


- Calico Joe
de John Grisham
Éditions Robert Laffont / Novembre 2013


Paul Tracey vit paisiblement à Santa Fé avec sa femme et leurs trois filles. Jusqu'au jour où il apprend que son père, Warren, avec lequel il a rompu tout lien, est atteint d'un cancer incurable. À la fin des années 60, Warren Tracey, joueur de base-ball professionnel, a connu sa brève heure de gloire dans la célèbre équipe des Mets de New-York. Arrogant et sournois, il a tristement marqué les annales du base-ball en visant à la tête un fabuleux joueur en pleine ascension, "Calico" Joe, lors d'un match crucial de 1973. Après des mois d'hospitalisation consécutifs à une attaque cérébrale, Joe s'est retrouvé handicapé et aveugle d'un œil. Sa carrière s'est brisée net, alors qu'il était sur le point de devenir le Di Maggio de sa génération. Âgé de onze ans, Paul, dont Joe était l'idole, a été témoin du lancer déloyal de son père. Depuis ce jour, il ne lui a plus inspiré que du dégoût. Père absent et époux infidèle, Warren a divorcé de sa femme puis s'est remarié plusieurs fois et a médiocrement fini sa carrière. Paul s'est éloigné de lui, au point de ne plus le voir que tous les dix ans. La mort annoncée de ce père détestable le pousse soudain à assouvir un besoin de réparation qui l'habite depuis plus de trois décennies. Joe vit désormais à Calico, sa ville natale, en Arkansas. Sans savoir ce qu'est devenu ce malheureux, Paul rêve que Warren lui rend visite pour lui demander pardon. Mais comment s'y prendre pour qu'une fois, au moins, avant de disparaître, son père reconnaisse un de ses torts et tente de se racheter? Paul projette alors de lui soumettre un marché en forme de chantage.


- Cœurs retrouvés
de Pierrette Champon
Éditions Brumerge / Novembre 2013


Jean et Jocelyne coopérants en Tunisie dans les années 70 connaissent une existence heureuse la première année jusqu'à un certain moment où tout va basculer. Une histoire où les sentiments l'emportent sur la violence


- Des clairons dans l'après-midi
de Ernest Haycox
Éditions Actes Sud / Novembre 2013


Dans un coin perdu du Dakota, la jeune Josephine Russell fait la connaissance de l'énigmatique Kern Shafter, aux allures de gentleman, que rongent un lourd secret et un désir de vengeance. Shafter, officier déchu, part rejoindre comme simple soldat la 7e cavalerie commandée par le général Custer. Il y retrouvera son ancien rival. Une histoire d'amour et de vengeance sur fond de la plus célèbre bataille des guerres indiennes, Little Big Horn, que Haycox retrace avec une extraordinaire acuité, une lucidité étonnamment moderne, dans ce magnifique roman épique et intime, lyrique et précis, ponctué de descriptions inoubliables. Le personnage de Josephine, une jeune femme complexe, libre, vive, montre à quel point ce roman, comme tant d'autres, était en avance sur la vision que Hollywood donnait de la femme.


- Élisabeth ou l'équité
de Éric Reinhardt
Éditions Stock / Novembre 2013


"Tu es complice de cet enlaidissement de notre monde: tu y participes activement. Il est possible qu'un jour ce système se retourne contre toi. J'aimerais bien être dans les parages quand les mâchoires de tes méthodes s'en prendront à ta charmante personne: juste pour voir ta surprise. Je te consolerai. Tu basculeras peut-être dans l'autre camp".


- En chemin vers Rome
de Édouard Cortès
Éditions XO / Novembre 2013


Après Compostelle, Édouard et Mathilde Cortès avaient décidé, pour leur voyage de noces, de marcher jusqu'à Jérusalem sur les pas des premiers pèlerins. Aujourd'hui jeunes parents, ils sont partis sur les voies de Rome en famille. Trois enfants, une carriole et un âne, voilà le joyeux équipage parti à l'assaut de 1 300 kilomètres de chemins. Bivouac sous la tente, traversée des cols enneigés, émerveillement devant la nature, complicité et parfois rébellion de l'âne Octave, rencontres attachantes et souvent surprenantes, tout est là pour faire de ce pèlerinage une aventure inoubliable. Depuis des siècles, Rome pousse les pèlerins sur les chemins, chacun inscrivant son histoire dans la tradition. Et la découverte sans doute la plus importante d'Édouard, Mathilde et leurs enfants est celle qu'ils vont faire d'eux-mêmes, pas après pas.


- Harold
de Einzlkind
Éditions Actes Sud / Novembre 2013


Casanier, oui! Harold l'est. Très timide aussi. En fait, il a peur de tout. Son plus grand plaisir est de mettre en scène son suicide dans l'entrée de l'immeuble londonien où il habite seul. Ses voisines s'y sont faites. Après avoir été licencié du supermarché où il vendait de la charcuterie, Harold se fait piéger: une voisine récemment arrivée veut lui confier Melvin, son fils surdoué de 11 ans, pendant toute une semaine. Harold n'a ni le temps ni le courage de refuser. Melvin et son regard impitoyable sur le monde bousculeront la vie et les émotions d'Harold. Surtout lorsque le garçon, à la recherche de son père qu'on lui cache, emprunte la voiture de sa mère et invite Harold au volant. Un roman road movie délicieusement décalé, au ton impertinent, lucide, et, finalement, irrésistiblement drôle.


- L'ami de passage
de Christopher Isherwood
Éditions Fayard / Novembre 2013


Les quatre épisodes qui composent l'Ami de passage jalonnent le cours d'une vie, depuis la jeunesse jusqu'à la maturité. Ils sont liés par un narrateur, Christopher, qui n'est jamais le même, selon le contexte dans lequel s'inscrit chaque partie: le Berlin de 1928, où le narrateur rencontre l'antipathique et solitaire M. Lancaster; les îles grecques de 1933, où il côtoie une bande d'homosexuels qui gravitent autour d'Ambrose, un Anglais riche et dépravé; le Londres de 1938, où il retrouve un ami, Waldemar, devenu l'amant d'une jeune Anglaise; la Californie de 1940, où il travaille pour le cinéma, à Hollywood, et partage la vie d'un voyou, Paul. Avec l'humour et la sensibilité qui lui sont propres, Christopher Isherwood dresse le portrait déroutant et parfois acide de personnages pris dans l'enfer sexuel qu'ils ont eux-mêmes créé. On retrouve dans ces récits nostalgiques le charme qui avait fait le succès d'Adieu à Berlin. Grande figure littéraire du vingtième siècle, Christopher Isherwood  (1904 - 1986) quitta l'Angleterre en 1929 pour séjourner à Berlin et dans plusieurs pays d'Europe, avant de parcourir la Chine en compagnie de W.H. Auden. Tous deux s'installèrent ensuite aux États-Unis où Christopher Isherwood devint, en 1946, citoyen américain. Son œuvre abondante est nourrie des voyages et des rencontres qui ont jalonné sa vie.


- L'armée des pauvres
de B. Traven
Éditions Cherche Midi / Novembre 2013


Mexique, début du XXe siècle. Juan Mendez, un jeune chef indien, révolté par les conditions de vie inhumaines des péons qui travaillent dans les plantations d'acajou pour de riches propriétaires terriens, décide de lever une armée. Une armée de pauvres, de paysans illettrés, en haillons, affamés, qui, en dépit de leur faiblesse, vont aller de petites victoires en petites victoires, prenant d'abord quelques fermes avant de marcher, toujours plus nombreux, sur des villes de plus en plus importantes. Cette révolte inquiète bientôt le pouvoir central du dictateur Porfirio Díaz, qui va envoyer les troupes gouvernementales à l'assaut du "général de la jungle" et de son armée de péons. On retrouve dans ce roman inédit de Traven, écrit en 1937, tout l'humanisme et le talent de l'auteur. Jamais manichéen, il restitue avec une grâce inouïe toute la complexité de son sujet, n'ignorant aucun aspect de cette révolte, profondément inspirée de l'aventure d'Emiliano Zapata: sens de l'histoire, mouvements sociaux, culture indienne, dictature, racisme, esclavage par dettes, corruption du pouvoir... Surtout, B.Traven montre la même compassion pour les opprimés et pour les oppresseurs, tous victimes finalement des mêmes mécanismes de domination, au-delà desquels l'auteur excelle à mettre en relief l'humanité meurtrie.


- La défense Fischer
de Pierre-Emmanuel Scherrer
Éditions Denöel / Novembre 2013


Il se lève tous les jours en début d'après-midi et descend à pied déjeuner au centre-ville de Reykjavik. Il déteste qu'on le dérange pendant ses repas. Il déteste qu'on le dérange tout court. Depuis quelque temps, il a remarqué une présence derrière lui, une silhouette rouge qui le suit et ne semble pas vouloir le lâcher. Il n'en finira donc jamais d'être épié. On l'a pourchassé toute sa vie, on a constamment cherché à lui voler son intimité. Il n'a donc aucune raison d'être agréable. D'ailleurs, ses imprécations redoublent: les Juifs, les Américains, les Japonais, les Russes en prennent pour leur grade. Ses amis se font de plus en plus rares. Il sait qu'il n'en a plus pour longtemps, quelques semaines, quelques mois peut-être. Il joue là sa dernière partie et son sort, réglé d'avance, est désespéré. Pourtant il ne baisse pas les bras. Parce qu'il est Robert James Fischer. Bobby Fischer. Le plus grand joueur d'échecs de tous les temps. En retraçant les derniers jours du champion Bobby Fischer à Reykjavik, dévoilant un destin hors du commun, Pierre-Emmanuel Scherrer signe un roman où nous entrons de plain-pied dans l'intimité de ce personnage complexe et paranoïaque, à la fois citoyen américain et américanophobe, juif et antisémite, génial et puéril.


- Le bal des secrets
de Annabelle Desrosiers
Éditions Michel Lafon / Novembre 2013


Balzance. La Touraine de Balzac, ses champs aux couleurs généreuses, la douceur de vivre… C'est pourtant là, dans la forêt, qu'il y a plus de trente ans deux agriculteurs ont traqué comme du gibier un homme sans défense, et l'ont abattu. L'homme n'était pas du coin, le corps a disparu, personne, au village, n'a eu vent du moindre crime. Dans l'entourage de Rose, la matriarche veuve si éprise de sa terre, règne l'étouffante pesanteur des non-dits. Sa fille Alice a passé des années en mer sans qu'on ait jamais su pourquoi elle est partie, son fils Christian est assailli de cauchemars dont il ne parle pas, et Jean-Marie, l'ex-fiancé d'Alice, paraît habité d'un désespoir qui l'empêche de croire à l'avenir. L'arrivée d'une ravissante Ukrainienne et d'un jeune sociologue venu étudier les mœurs locales va bousculer cette atmosphère lourde de suspicions, provoquer des découvertes terrifiantes et peut-être de nouveaux drames, mais aussi permettre à ceux qui s'aiment de le faire au grand jour.


- Le bois du rossignol
de Stella Gibbons
Éditions Héloïse d'Ormesson / Novembre 2013


Jeune veuve, Viola Wither est contrainte de quitter Londres pour emménager chez son austère belle-mère dans sa demeure de l'Essex. À vingt et un ans, elle y voit ses rêves romantiques s'évanouir et son caractère enjoué bridé par l'ennui et les conventions. Pourtant, au mépris des convenances, l'intrépide transgresse les codes: elle flirte avec Victor Spring, son amour de jeunesse, quand celui-ci est sur le point de se marier. La bucolique campagne anglaise, les bals grandioses, les passions déraisonnables, la cruauté des rapports sociaux, Le Bois du rossignol est une savoureuse et féroce étude de mœurs, une comédie pétillante et poivrée, dans la lignée d'une Jane Austen qui aurait revisité Cendrillon.


- Le chemin du serpent
de Torgny Lindgren
Éditions Actes Sud / Novembre 2013


Inspiré par le parler vernaculaire et le rythme biblique, ce récit évoque par une parabole saisissante l'incorruptible silence de Dieu. Un authentique chef-d'œuvre.


- Le dernier acte
de William Gaddis
Éditions Plon / Novembre 2013


"La justice? - Tu auras la justice dans l'autre monde, dans ce monde tu as la loi".
Oscar Crease, dramaturge érudit, poursuit un producteur d'Hollywood pour plagiat. Ce procès, et une multitude d'autres péripéties, l'Église épiscopale contre Pepsi-Cola pour utilisation frauduleuse de son nom à des fins commerciales, Oscar lui-même, renversé par sa propre voiture, nous emportent dans un tourbillon judiciaire. Les idées les plus élevées de notre culture - la valeur de l'art, de la littérature, seront passées au crible de la langue du droit dont la méticulosité atteint les plus hauts sommets du surréel. Le roman de William Gaddis est une satire ou avocats, juges, gredins et bonimenteurs s'interpellent dans une immense cacophonie, dominée par le cri indigné d'Oscar, le "dernier homme civilisé" si fragile devant le plus grand concurrent de l'âme: l'argent.


- Le diable, certainement
33 histoires délicieusement amorales
de Andréa Camilleri
Éditions Fleuve Noir / Novembre 2013


Seule l'intervention de l'ennemi du genre humain peut expliquer la manière dont nos vies basculent parfois. De l'éminent homme d'Église victime d'un terrible lapsus au magistrat induit en erreur par un roman policier, du philosophe qui se fait tuer pour prouver la vérité de ses positions au partisan trahi par une souris, tout au long de ce recueil de 33 nouvelles, Camilleri ne cesse d'ouvrir des gouffres sous les pieds de ses personnages comme sous les nôtres. Avec un plaisir visible et contagieux, en grand conteur madré, le maestro sicilien raconte comment les passions et les entreprises humaines prennent parfois une tournure telle qu'une seule conclusion s'impose: c'est le diable qui a écrit le scénario.


- Le monde au crépuscule
de Christopher Isherwood
Éditions Fayard / Novembre 2013


Stephen Monk, un riche Anglo-Américain, découvre l'infidélité de sa femme Jane lors d'une surprise-party à Hollywood et part se réfugier chez sa mère adoptive. Là, cloué au lit à la suite d'un accident, il se plonge dans une méditation sur sa relation avec sa première femme, Élizabeth Rydal, une romancière anglaise de dix ans son aînée, auteure du Monde au crépuscule et désormais disparue. Il prend ainsi conscience de sa propre immaturité et de son égocentrisme. Christopher Isherwood nous fait entendre ici la voix nuancée et complexe d'un jeune homme à la recherche de lui-même dans le monde finissant de l'entre-deux-guerres.


- Le parfum de ces livres que nous avons aimés
de Will Schwalbe
Éditions Belfond / Novembre 2013


Le témoignage profondément touchant d'un homme confronté au cancer de sa mère, doublé d'un essai passionnant sur les livres, leur capacité à guider des choix de vie, à créer une réelle intimité entre les gens et à insuffler poésie et beauté dans le quotidien le plus dur. Déclaration d'amour à la littérature et aux écrivains, hommage passionné à une mère, une œuvre d'une grande délicatesse sur l'extraordinaire capacité des livres à nous ouvrir à l'autre, à guider nos choix de vie, et à insuffler beauté et poésie dans le quotidien le plus difficile. Qu'est-ce que tu lis en ce moment? C'est avec cette question que Will Schwalbe brise la glace chaque fois qu'il accompagne sa mère, Mary Anne, à ses séances de chimiothérapie. Car pour lui, éditeur new-yorkais, comme pour elle, fondatrice de la bibliothèque universitaire de Kaboul, lire, c'est le contraire de mourir; lire, c'est vivre. John Irving, J. R. R. Tolkien, Khaled Hosseini, Irène Némirovsky, Thomas Mann, Colm Tóibín, Harold Pinter, Maurice Sendak... À travers leurs lectures communes, mère et fils dépassent pudeur et chagrin et échangent sur la famille, l'amour, la mort, la vie, et la magie de ces livres qui nourrissent notre regard sur le monde et nous font goûter, le temps de quelques pages, à une forme d'immortalité.


- Les Anges s'en mêlent
de Debbie Macomber
Éditions Charleston / Novembre 2013


Lucie Ferrara et Aren Fairchild se rencontrent après s'être rentrés dedans, apparemment par accident (du moins, c'est ce qu'ils croient), à Times Square le soir du réveillon du Nouvel An. Le coup de foudre est immédiat. Mais, aussi vite qu'ils ont été réunis, un autre coup du sort les sépare, laissant Lucie et Aren sans moyen de reprendre contact. Un an plus tard, Lucie est le chef d'un nouveau restaurant au succès retentissant et Aren travaille pour un grand quotidien de la ville. Malgré tous les mois qui ont passé, ils n'ont jamais oublié cette belle soirée, et Shirley, Goodness, Mercy et Will, leurs anges gardiens, non plus. Pour aider le jeune couple à se retrouver, ils vont cuisiner un projet fou: mélanger un grand amour, une seconde chance et une bonne pincée d'espièglerie afin de créer un miracle de Noël que vous n'oublierez pas de sitôt.


- Ma voisine a disparu
de Danièle Saint-Bois
Éditions Julliard / Novembre 2013


Danièle Saint-Bois, plus remontée que jamais, peste, vitupère, s'indigne et nous invective avec sa verve habituelle, tout en s'inquiétant de la disparition brutale de sa voisine anglaise, une femme très distinguée qui la fascine par sa beauté et son élégance. Rongée par la curiosité, elle décide de mener l'enquête en secret, non sans un léger sentiment de honte, pour découvrir enfin ce qu'il est advenu de Mme Edmonson: un scénario insensé auquel, malgré son imagination foisonnante et son métier de romancière, elle n'aurait jamais pu songer. Entretemps, la narratrice, qui voit d'un mauvais œil l'évolution d'une société en lente ébullition et en décomposition rapide, s'adresse directement au lecteur, dans un cocktail de colère, d'humour et d'émotion. Au fil des jours et des saisons, elle partage avec lui ses doutes, ses impressions, son amour des chats, des oiseaux et de toutes les bêtes, ses manies, ses inventions, ses découvertes, ses emportements, son découragement, ses haines même, au risque de pouvoir heurter, mais aussi les grands et petits riens de son quotidien que l'absence inexpliquée de la mystérieuse Mme Edmonson est venue chambouler. Entre indifférence et ingérence, y a-t-il une voie possible? Il y a la voie de l'imaginaire, et c'est ainsi que le roman de la disparition de sa voisine anglaise va pouvoir se tisser, s'imbriquer étroitement dans la chronique nostalgique, tumultueuse et satirique d'une époque en pleine révolution, roman dans lequel la narratrice occupera un rôle de premier plan qui la conduira à mener des actions rocambolesques jusqu'au retour du printemps, symbole de renouveau et d'espoir.


- Medusa
de Ricardo Menéndez-Salmón
Éditions Jacqueline Chambon / Novembre 2013


Prohaska, peintre, photographe et cinéaste allemand, a une telle présence que l'on est souvent tenté de chercher sa trace sur Internet. Mais outre qu'il s'agit d'un être de fiction, cette quête serait vaine car Prohaska a pris soin de supprimer tous les témoignages concernant son aspect physique, allant jusqu'à interdire à ses proches d'évoquer son apparence. C'est donc l'œil d'un homme invisible collé à l'objectif neutre de son appareil photo ou de sa caméra qui filmera les images les plus insoutenables des horreurs du Troisième Reich, exécutions, charniers, expériences sur l'homme, et plus tard les massacres et les désastres dont le monde n'est pas avare: enfants morts de faim en Estrémadure dans les premières années du franquisme, carnages sous les dictatures d'Amérique du Sud. Mais l'art peut-il aller si loin sans se faire le complice du mal dont il témoigne et, dans l'effroi que suscite la vision de l'atrocité, n'y a-t-il pas une part de voyeurisme voire d'obscures jouissances? Toutes ces questions, l'auteur les pose à travers le destin d'un artiste qui n'est pas un monstre d'insensibilité et qui, pourtant, telle la Méduse antique, craint de rencontrer son image comme s'il ne pouvait se regarder en face sans périr.


- Profondes racines
de Pierrette Champon
Éditions Brumerge / Novembre 2013


J'ai passé 20 ans en Afrique, le continent de la démesure, fascinée par le climat équatorial humide et chaud où la végétation souveraine ne connaît pas de frein à sa croissance. En quelques jours j'ai vu pousser des papayers dans mon jardin, et sur le toit de tôle, des calebasses qui retombaient en longues guirlandes sur la terrasse. Au bout de deux mois, ces cucurbitacées donnent des fruits multiformes, comparables à des courgettes à la chair non comestible. Séchés, coupés en deux, évidés, les fruits deviendront ustensiles de cuisine, récipients, instruments de musique tels que kora et balafon. Une calebasse faisant caisse de résonance, couverte de peau de vache bien tendue et munie d'un long manche qui porte une vingtaine de cordes en boyau et voilà la kora, l'instrument favori du griot, qui, tel notre troubadour du Moyen Âge, détient l'histoire d'une famille, d'un clan. Il a le pouvoir de louer, d'embellir ou de critiquer les faits sans être poursuivi pour diffamation, raison pour laquelle on le respecte et on le craint. Alors, imaginez les villageois assis en cercle autour de Mamadou pour entendre le récit de la vie des ancêtres de Gautier. Chut! Silence! Il va commencer.


- Sound
de Tom M. Wolf
Éditions Buchet Chastel / Novembre 2013


Empruntant aux techniques du sample, gorgé de références à l'univers du hip-pop, Sound retrace l'été de Cincy, jeune étudiant venu travailler le temps des vacances universitaires sur le chantier naval de la ville du New Jersey où il a grandi. Loin de la fac et de son confort, Cincy se frotte à d'autres univers sociaux, à d'autres réalités, et tombe amoureux de l'insaisissable Vera. Roman d'apprentissage s'il en est, belle histoire d'amour, Sound livre, sur fond de musique urbaine, un portrait de la jeunesse américaine d'aujourd'hui.


- Souvenirs
de Torgny Lindgren
Éditions Actes Sud / Novembre 2013


C'est presque à contrecœurs, mais avec une profonde honnêteté, que Torgny Lindgren nous livre ici ses Mémoires. Estimant absurde l'idée qu'un souvenir pourrait résister au temps et refléter une quelconque vérité, il n'hésite pas à s'armer de tous les outils qui lui paraissent nécessaires pour accomplir ce projet tant réclamé par son éditeur, le mensonge, les semi-vérités, les suppositions. Il s'approprie aussi bien les épisodes qui relèvent des aspects de son propre vécu que des histoires ou des mythes transmis par les membres de sa famille, ses amis et ses collègues. Alors le "je" s'estompe dans un nuage de poussière et la vie de l'auteur défile comme une suite de nouvelles mêlant son existence à celle des autres, les faits aux inventions, les réponses aux rébus, les réminiscences vagues à un imaginaire foisonnant. Et, comme toujours, c'est avec une nostalgie espiègle que Lindgren conduit sa plume. Saisissant coup de maître pour un romancier qui se prétend dépourvu de souvenirs.


- Stone Arabia
de Dana Spiotta
Éditions Actes Sud / Novembre 2013


Inséparables depuis l'enfance, Denise et son frère aîné, Nik, ont partagé, à Los Angeles, les rêves de rébellion de toute une génération entre la fin des années 1970 et le début des années 1980. Depuis sa première guitare, Nik a voué son existence à la musique mais n'a plus d'autre projet, à l'orée de la cinquantaine, que de réécrire sa carrière de loser en fabriquant de toutes pièces des archives à sa propre gloire dans son studio d'enregistrement délabré. Confrontée à la folie qui est en train de gagner ce frère adoré, Denise doit également faire face à la maladie d'Alzheimer où sombre leur mère, enregistrer les premiers symptômes de l'âge chez les amis de jeunesse et s'efforcer de tenir à distance l'obsession de la catastrophe planétaire qui ne cesse de la hanter. Persuadée, cependant, qu'il lui incombe d'assurer la pérennité de son microcosme affectif et social, Denise s'acharne à dissimuler les angoisses qui font de sa vie un enfer secret jusqu'au jour où le film que sa fille, Ada, entreprend de consacrer à son oncle Nik vient dynamiter les digues patiemment érigées et lever tous les tabous. Dans un univers qui ne cesse de célébrer la réussite, que deviennent ceux qui n'accèdent jamais à la reconnaissance? C'est à tous les êtres qui se sont égarés sur le chemin de leurs rêves et de leurs ambitions que s'adresse ce roman d'une magnifique justesse, où se dévoile la puissance dévastatrice que peut revêtir le désir de créer au sein d'une société condamnant ceux qu'elle n'a pas élus à hanter les sombres délires d'une fiction de soi.


- Terreur apache
de W. R. Burnett
Éditions Actes Sud / Novembre 2013


1886. Arizona. Un chef apache, Toriano, s'enfuit de la Réserve et sème la terreur chez les colons. Les tactiques des Apaches rendent impossible de les combattre sans l'aide d'éclaireurs. Walter Grein, dont la ténacité est légendaire, est le meilleur d'entre eux. Accompagné de sa troupe d'anciens soldats et d'Indiens, il devra capturer Toriano avant qu'il ne mette le pays à feu et à sang. Mais les Apaches sont des guerriers hors pair aux ressources insoupçonnées. Commence alors une poursuite haletante, traitée au scalpel, truffée de détails fascinants, historiquement justes, jamais politiquement corrects. Et Burnett n'a pas son pareil pour saisir la beauté des canyons, l'angoisse qui sourd de ces paysages rocailleux, la mélancolie des villages en pisé. Transposé à l'écran (Le Sorcier du Rio Grande) et source d'inspiration du chef-d’œuvre de Robert Aldrich (Fureur apache), ce dernier combat contre les Apaches s'appuie sur des faits historiques. Mais surtout, ici tout est vrai, tout est humain, chaque personnage bouleversant dans son courage, ses faiblesses et ses contradictions. Un "western" qui honore le genre, au style impeccable.


- Un dimanche au bord de la piscine
de Madeleine Wickham / Sophie Kinsella
Éditions Belfond / Novembre 2013


Amelia et Katy, neuf et sept ans, ne se tiennent plus d'excitation: dimanche, c'est la fête chez les Delaney, ils ouvrent la piscine à tout le village! Et on annonce du beau temps, que demander de plus? Sauf que la fête va tourner à la catastrophe: Katy fait une mauvaise chute. Alors que la fillette est évacuée à l'hôpital, la consternation laisse place à la colère. Qui surveillait les filles? Pour sûr, les parents étaient encore en pleine dispute! Le père a dû flirter avec la jolie pianiste qui vient de s'installer au village. Et les Delaney, ne sont-ils pas aussi responsables? Depuis le temps qu'on leur dit que leur piscine n'est plus aux normes. D'ailleurs, la mère ferait bien de suivre les conseils de son jeune et bel avocat et leur faire un procès. Bientôt, c'est tout le village qui va se déchirer, réveillant au passage les vieilles rancœurs et les ragots les plus croustillants.


- Une saison pleine de promesses
de Cathy Kelly
Éditions Presses De La Cité / Novembre 2013


Dix-neuf histoires à savourer au coin du feu. Une vieille fille décide de prendre sa vie en main; une adolescente n'accepte plus de servir de faire-valoir à sa soi-disant meilleure amie; une mère de famille délaissée décide de s'accorder du temps à elle; une autre, que son mari a quittée, de voyager autour du monde. Au fil de ces dix-neuf histoires mettant en scène des personnages féminins de tous âges, Cathy Kelly nous invite à une parenthèse enchantée, tantôt émouvante, tantôt drôle, toujours pleine de douceur.


- Vingt-sept fois de mes nouvelles
de Béatrice Shalit
Éditions Julliard / Novembre 2013


Avec beaucoup de cocasserie et d'auto-dérision, Béatrice Shalit nous livre vingt-sept nouvelles racontant les mésaventures d'une femme qui ne cesse malgré elle de se mettre dans l'embarras: fous rires garantis. Certaines personnes ont le chic pour se mettre dans les situations les plus invraisemblables. C'est le cas de la narratrice de ces nouvelles hilarantes dans lesquelles on pourrait voir, à rebours, un recueil de préceptes décrivant tous les pièges à éviter pour mener une vie paisible. Se méfier du coup de foudre pour un Don Juan qui vous a invitée à le rejoindre à Florence après une simple conversation: vous pourriez découvrir qu'il aime se travestir en femme et ne voit en vous qu'une consœur avec qui échanger ses robes; ne jamais accepter une invitation à la campagne chez sa psychanalyste, même si celle-ci vous a assuré que votre traitement était terminé: déconvenues, transfert et contre-transferts inévitables; s'interdire de tomber amoureuse d'un bel inconnu à la dernière minute, surtout pendant le voyage qui vous mène vers une nouvelle vie aux côtés de votre fiancé: remords assurés.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 10:19

- Alphabet City
de Panorpe Henderson
Éditions Sonatine / Octobre 2013


Vermont, années 1980. Jude Keffy-Horn, fils adoptif d'un couple de hippies, est élevé par sa mère qui, pour subsister, vend des bangs artisanaux. Livré à lui-même, l'adolescent passe ses journées à tromper l'ennui en fumant de l'herbe avec son meilleur ami Teddy en rêvant à une vie plus palpitante. Après un terrible drame, Jude va rejoindre son père, dealer de marijuana à New York. Là, il découvre une ville violente et dépressive, loin du Flower Power, celle de l'ère Reagan, des junkies de Tompkins Square Park, des débuts du sida, mais aussi une ville plus vivante et excessive que jamais, qui voit naître l'explosion du punk hardcore au CBGB. Traînant dans le Lower East Side en compagnie d'Eliza, sa demi-sœur, Jude retrouve Johnny, le frère de Teddy, qui les initie à un courant punk radical, le Straight Edge. Loin des idéaux de leurs parents, Eliza, Jude et Johnny vont tenter de vivre au sein de cette nouvelle famille, avec sa musique, ses idéaux, ses excès aussi, aux conséquences souvent dramatiques. Eleanor Henderson retrace ici cette lente apocalypse blafarde qu'a été la fin des idéaux hippies et l'agonie brutale du mouvement punk qui lui a succédé. Elle brosse surtout un portrait magnifique et universel de trois jeunes à la dérive, qui trouvent dans la musique de leur temps à la fois une culture et une identité provisoires, avec lesquelles il leur faudra forcément composer pour entrer dans l'âge adulte.


- Amant sans adresse
de Elias Canetti et Marie-Louise Von Motesiczky
Éditions Albin Michel / Octobre 2013


"Sans Canetti, monde dépourvu de sens, avec Canetti, interminable supplice": ces mots de Marie-Louise Von Motesiczky dans une lettre à une amie résument à eux seuls la relation amoureuse qu'elle entretint avec le Prix Nobel de littérature. Une relation clandestine d'un demi-siècle, vécue dans l'ombre de son célèbre "amant sans adresse". Marie-Louise Von Motesiczky et Elias Canetti se rencontrent à Londres en 1941. Issue de l'aristocratie intellectuelle juive, peintre de premier plan, elle a dû fuir Vienne. Contraint au même sort, Elias Canetti, qui vient de publier Auto-da-fé, a quitté l'Autriche nazie aux côtés de sa femme Veza. Cette correspondance inédite témoigne d'une relation cruelle et poignante, où les espoirs déçus de Marie-Louise rivalisent avec la soif de reconnaissance de Canetti. S'il ne cessera d'encourager son talent de peintre, l'écrivain ne mentionnera jamais l'existence de sa maîtresse, ni dans ses récits, ni dans ses mémoires. Marie-Louise Von Motesiczky ne doutera quant à elle jamais du génie de celui qu'elle désigne avec une terrible lucidité dans son journal intime comme sa "catastrophe personnelle".


- Amour sur le rivage
de Michal Govrin
Éditions Sabine Wespieser / Octobre 2013


Sous l'apparente légèreté d'un trio amoureux, Michal Govrin conduit avec maestria un roman choral dont les protagonistes, animés en ce début des années soixante par un éclatant désir de vivre, partagent un été lumineux dans la petite ville côtière du sud d'Israël où se noue l'intrigue. Esther Weiss vient de terminer sa scolarité dans une école religieuse. Elle s'apprête à rentrer à l'armée. Mue par un élan qui lui échappe, elle s'offre en secret une robe à bretelles et descend au dancing de la plage. Au bar, Moïse Derand, arrivé droit de Paris pour l'enterrement de sa mère, boit un Campari. Son regard est aimanté par une silhouette à la robe légère qui se tient, solitaire, à l'autre bout de la piste. Derrière le comptoir, Alex Morgenstern suit le regard de cet homme mûr et bien mis, dont l'élégance lui rappelle Buenos Aires, sa ville natale; lui non plus n'aura de cesse de conquérir la jeune fille, inconsciente de sa beauté. En parfaite dramaturge, Michal Govrin rend inéluctable la tempête amoureuse. Ces trois-là vont vivre leur rencontre comme une révolte et une libération. Esther étouffe chez ses parents, propriétaires d'une poissonnerie en ville et tous deux rescapés de la Shoah. Moïse qui, adolescent, a quitté seul son Maroc natal pour partir en France alors que sa famille émigrait dans le tout jeune État d'Israël, se sait dans une impasse: son beau mariage et sa situation parisienne florissante ont un goût amer. Quant à Alex, le jeune Argentin taciturne, il veut laisser loin derrière lui le cabinet de son père psychanalyste et ses sombres secrets. Explorant leur triangle amoureux, la romancière plonge dans le passé de chacun de ses personnages, et laisse entendre à son lecteur, bien avant un éblouissant final, que l'histoire du siècle les lie bien plus intimement que leur romance d'été.


- Argentique
de Salomé Berlemont-Gilles
Éditions JC Lattès / Octobre 2013


"On doit oublier qu'ils sont là et continuer à vivre normalement, oublier qu'ils nous prennent en photo, oublier la honte, le désarroi, oublier que pour eux, nous sommes des chiens, pire que des chiens crevés, pire que tout, oublier que pour eux, nous sommes des vacances, une attraction, une escale". Juan habite un village de boue et d'ordures dans les montagnes mexicaines. Il a quinze, peut-être seize ans, et six frères qui s'appellent Juan eux aussi. Sept jours par an, lors de la Semaine sainte, les touristes débarquent dans de grands bus climatisés, bouleversant la vie du village. Les appareils photo crépitent. Forcent le silence des indigents. Juan refuse d'être un chien. Il a quinze, peut-être seize ans, et va partir. Là-bas, à Mexico, la ville où, croit-il, on peut tenter sa chance loin des flashs et de la misère. Portrait d'une errance, Argentique nous plonge sans fards dans l'effroi du tourisme moderne.


- Avant le passage
de François Emmanuel
Éditions Actes Sud / Octobre 2013


Au seuil du dernier souffle, la lente immersion dans une rêverie inquiète, mais d'une lucidité poignante, d'un homme qui attend, auprès des siens, la fin qu'il sait proche.


- Barby Blue
de Olivia Koudrine
Éditions Cherche Midi / Octobre 2013


Un homme est découvert émasculé dans un restaurant où l'on est servi par des aveugles dans une obscurité totale. Crime sadique? Vengeance? Barby, une jeune mère de famille, se retrouve subitement face aux démons de son enfance et aux actes terrifiants qu'ils ont engendrés. Aujourd'hui, il faut qu'elle sache. Désormais, c'est elle, l'ancienne danseuse du Crazy Horse Saloon, qui mènera ce bal funèbre. Dans ce fameux cabaret parisien, on l'avait surnommée Barby Blue. Un roman peuplé de créatures aussi émouvantes que cruelles dans une atmosphère inquiétante et glamour à souhait.


- Borgen
de Jesper Malmose
Éditions Gaïa / Octobre 2013


Birgitte Nyborg défend avec ardeur ses convictions politiques en tant que chef du parti centriste danois. Le jour où elle accède au pouvoir, sa vie bascule. Devenue Premier ministre elle fait son entrée à Borgen, "le château", où siège le Parlement danois. Soutenue par mari et enfants, elle est une femme épanouie et dont le caractère bien trempé a fait sa réputation tant auprès de ses adversaires que de son audacieux spin doctor. Saura-t-elle tout mener de front? Contracter les bonnes alliances? De compromis en compromissions, jusqu'où exercer le pouvoir? Avec une tension permanente, Jesper Malmose dresse le tableau d'un Danemark en proie aux questions contemporaines, et approfondit sans complaisance la question des relations entre politique et médias.


- Ça finit comme ça
de Kathleen MacMahon
Éditions JC Lattès / Octobre 2013


Le début de l'histoire: à l'automne 2008, sur une côte près de Dublin battue par les vents. Bruno a quitté son Amérique natale pour rechercher les racines de sa famille en Irlande. Addie, architecte sans emploi, tente de reprendre pied après une terrible perte, tout en s'efforçant de prendre soin d'un père acariâtre, qui lui a transmis le goût du secret. Lorsque ces deux mondes si divergents se rencontrent, Bruno et Addie vivent une expérience unique, magique, que ni l'un ni l'autre n'aurait pu imaginer. Mais bientôt leur amour naissant et fragile est mis à l'épreuve, de manière totalement inattendue. La fin de l'histoire: vous n'êtes pas près de l'oublier.


- Chers voisins
de John Lanchester
Éditions Plon / Octobre 2013


Chaque maison a son lot de premiers pas et de derniers souffles. Des destins qui ne font que se croiser, mais partagent pourtant une chose: leur rue. Et Pepys Road est en train de changer de visage. Petunia a un cancer: pour se soigner, il faut qu'elle vende sa maison. Roger Yount travaille à la City, pendant que sa femme re-décore la maison pour la énième fois, et guette son bonus de fin d'année avec des sueurs froides. Quentina fait partie de l'équipe de surveillance privée du quartier, sans papiers, derrière son uniforme, elle vit dans la terreur de se faire arrêter. Freddy, jeune recrue d'un club de foot, débarque tout juste du fin fond du Sénégal. Chacun d'entre eux a trouvé dans sa boîte aux lettres un message énigmatique: "Nous voulons ce que vous avez". Qu'ont-ils tous qui suscite l'envie? Construction chorale, tirant ses influences réalistes du roman russe à Balzac, et jusqu'à Franzen, Chers voisins met en scène une comédie humaine avec une maîtrise parfaite du rythme, de l'intrigue et du style.


- Cinq jours
de Douglas Kennedy
Éditions Belfond / Octobre 2013


Peut-on jamais réinventer sa vie?
Laura et Richard.
Deux inconnus à un tournant de leur existence.
Deux êtres, l'un et l'autre enfermé dans son couple.
Un homme, une femme.
Une rencontre, l'espoir qui renaît.
Mais sommes-nous libres de choisir le bonheur?
Cinq jours, l'histoire d'une passion.
Le roman le plus bouleversant de Douglas Kennedy.


- Contre l'art
de Tomas Espedal
Éditions Actes Sud / Octobre 2013


À la mort de son ex-femme, Tomas Espedal revient sur l'île d'Askøy pour s'occuper de sa fille. Il prend racine dans la vieille maison et hiberne pour écrire et veiller sur l'adolescente avec la ténacité d'un amour devenu presque maternel. Laissant libre cours à l'écriture, il entreprend une plongée dans l'histoire familiale, en quête de repères. Son esprit vagabonde, du passé au présent, et il s'immerge dans des souvenirs qui, souvent, ne sont pas directement les siens mais se nourrissent de ce que sa grand-mère lui racontait autrefois, encore et encore, ajoutant chaque fois un nouveau détail, voire une autre histoire qui venait se nouer à la première comme dans la trame d'une immense tapisserie. Les frontières entre les souvenirs, l'imaginaire, le quotidien et le travail d'écriture s'effacent progressivement au service d'une seule voix: celle du roman.


- Des illusions
de Magnus Montelius
Éditions JC Lattès / Octobre 2013


Stockholm, 1990. Un homme fait une chute mortelle du haut d'une falaise. Il porte sur lui un passeport albanais, mais pour les autorités de ce pays, il n'existe pas. Lorsque, malgré certaines contradictions, la police se contente de la thèse du suicide, le journaliste Tobias Meijtens commence à mener sa propre enquête. Aidé par sa collègue Natalie Petrini, il va s'apercevoir que la vérité est plus compliquée qu'il n'y paraît: le mystérieux Albanais est en réalité Erik Lindman, un Suédois disparu depuis vingt-cinq ans et accusé d'être le plus grand traître du pays, un espion de l'Union soviétique. Après tant d'années, pourquoi était-il de retour? Petit à petit, Tobias et Natalie découvrent que derrière lui se cache l'histoire d'un ancien groupe de personne, marqué par leurs profondes convictions et leur rêve d'un nouvel ordre mondial. Mais les engagements idéologiques peuvent-ils l'emporter sur l'amitié et l'amour?


- Dictionnaire amoureux du Diable
de Alain Rey
Éditions Plon / Octobre 2013


Ce dictionnaire est le répertoire des ancêtres du diable: dieux mauvais, démons, esprits des morts, et de ses émanations, vampires, loups-garous. Il présente les penseurs, les écrivains, les peintres, les musiciens qui l'évoquent, les théologiens, les philosophes qui l'ont étudié. Après plusieurs millénaires d'esprits malfaisants, de démons tourmenteurs, le christianisme a inventé le Diable, héritier du Serpent et des Satans de la Bible. Le diable a droit à notre reconnaissance, car il prend à sa charge le Mal dans la vie et dans l'Histoire, qui est l'œuvre de la diabolique espèce humaine. Entre superstition, religion et réalité, il joue tous les rôles: bourreau, victime, fantasme, tentation, péché, plaisir, malheur. On le décrit, on l'évoque, on le représente, on le fait parler et chanter. Écrivains, poètes, peintres, musiciens, si l'on doute de lui, le font exister. Avec Dieu pour complice, l'Enfer pour royaume, il se manifeste dans la vie, dans l'Histoire, dans la culture. Aujourd'hui, on le combat, on l'exorcise ou on le célèbre.


- Dora la Dingue
de Lidia Yuknavitch
Éditions Denöel / Octobre 2013


Seattle. Dora, dix-huit ans, souffre de toux persistante, d'évanouissements intempestifs et d'aphonie spontanée au moindre geste d'affection. Gênant, surtout lorsqu'on est secrètement amoureuse de sa meilleure amie et que c'est réciproque. Pour ses parents, qu'elle surnomme M. et Mme Pharmazombie, il n'y a aucun doute, Dora doit aller consulter un psychiatre. On assiste hilare, médusé et fasciné, aux séances rocambolesques entre Dora et Sigmund, le psy, ainsi qu'aux aventures tout aussi insolites de Dora et ses amies, qui tentent de résister à la morosité et au puritanisme ambiant, tout en affirmant leur différence, malgré le qu'en-dira-t-on. Dora la Dingue, c'est l'adolescence comme vous ne l'avez jamais lue. Un concentré de folie, un hymne aux décalés et aux névrosés du monde entier dont Dora, en digne petite sœur spirituelle du Tyler Durden de Fight Club, est l'électrique et inoubliable porte-parole.


- Éclats d'insomnie
de Diane de Margerie
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


"Nous n'avons pas qu'une seule vie, c'est pourquoi je raconte cette année difficile qui m'a pourtant fait connaître une lumière nouvelle. Plusieurs vies font donc ici leur apparition: celle de l'insomnie et de ses réflexions; celle des lectures qui remplissent de curiosité; celle du combat du corps contre les griffes du temps; celles de la contemplation de la beauté, du comique de la vie quotidienne, du souvenir souvent lié à l'Italie; celle, nocturne, de la cathédrale éclairée et celle du jardin. Toutes participent à une même trame où le tragique fait parfois irruption (dangers de la dépression chez l'un; chez l'autre: le cancer d'une amie chère). L'essentiel reste toujours présent. Même à travers les faits divers. Trois mois vécus à l'hôpital inspirent un amour accru de la vie et de ceux qui souffrent. Bref, il s'agit ici des turbulences de la vie intérieure, un vrai voyage au temps suspendu".


- Éducation d'un enfant protégé par la couronne
de Chinua Achebe
Éditions Actes Sud / Octobre 2013


Chinua Achebe, dont Nelson Mandela disait que "la fréquentation de ses écrits fait tomber les murs des prisons", est l'un des plus grands écrivains du XXe siècle. Son premier roman, Tout s'effondre, publié en 1958, a été traduit en une cinquantaine de langues et le cinquantenaire de sa parution a donné lieu à d'importantes commémorations dans le monde entier. Ce recueil réunissant articles et discours des années 1980 à 2000 est l'occasion d'évoquer à la fois son expérience, sa pensée et son œuvre. Mêlant réflexions intimes et questionnements sociopolitiques ou économiques, Chinua Achebe met en perspective son histoire personnelle, celle du Nigeria, celle de l'Afrique tout entière et celle des relations qu'entretient ce continent avec les autres. Anecdotes, souvenirs et citations nourrissent des textes percutants, généreux, pétris d'humour, d'érudition, d'une révolte toujours grondante et juste. Porté par une écriture limpide, cet ouvrage constitue le testament d'un homme dont la pensée brille par son indépendance, sa pertinence et son profond humanisme.


- Et soudain tout change
de Gilles Legardinier
Éditions Fleuve Noir / Octobre 2013


Pour sa dernière année de lycée, Camille a enfin la chance d'avoir ses meilleurs amis dans sa classe. Avec sa complice de toujours, Léa, avec Axel, Léo, Marie et leur joyeuse bande, la jeune fille découvre ce qui fait la vie. À quelques mois du bac, tous se demandent encore quel chemin ils vont prendre. Ils ignorent qu'avant l'été, le destin va leur en faire vivre plus que dans toute une vie. Du meilleur au pire, avec l'énergie délirante et l'intensité de leur âge, entre espoirs démesurés, convictions et doutes, ils vont expérimenter, partager et se battre. Il faut souvent traverser le pire pour vivre le meilleur.


- Et tu danses, Lou
de Philippe Lefait et Pom Bessot
Éditions Stock / Octobre 2013


"Et toi, Lou, mon amour, avec quelle violence ressens-tu ces morceaux de vie?"
Une famille. Il y a dix-sept ans, tout était là, le désir, la chambre, les biberons et les couches. Un hasard génétique a mis au premier jour sur le chemin de leur vie commune un invité-surprise. Une singularité qui fait que l'enfant Lou présente "des troubles sévères du langage et quelques difficultés associées". La vie est facétieuse: maman fait des livres et papa travaille à la télé. L'histoire peut commencer. On y trouvera ce qu'il faut d'efficacité et d'errances hospitalières, d'usines à gaz et de belles solidarités, d'anges gardiens et de crétins patentés, une sœur aux petits soins et beaucoup d'amitiés, quelques mots venus de loin, la langue des signes et le sens du geste, la question de la transmission et celle d'une place à trouver pour chacun. Le chaos et l'amour. Et il y a Lou et ses yeux bleus, une héroïne rayonnante qui a révolutionné leur quotidien. C'est à elle qu'une mère et un père adressent ce dialogue.


- Grand homme
de Chloé Hooper
Éditions 10-18 / Octobre 2013


19 novembre 2004 à Palm Island, une île édénique au nord du Queensland: l'Aborigène Cameron Doomadgee décède dans sa cellule. Il a été roué de coups. Journaliste, Chloe Hooper suit l'instruction du procès qui acquittera le brigadier-chef  Chris Hurley. Restitués dans un roman-reportage minutieux et fascinant, ces deux ans d'enquête racontent, à l'aune d'un seul homme, le crime colonial de l'Australie. Paul Barrière, hédoniste conquérant qui avait érigé la joie de vivre en principe moral, a mis fin à ses jours. Pour François, celui de ses fils qui lui ressemblait le plus, un mythe qui s'écroule. Sa vie doit être radicalement remise en question s'il ne veut pas suivre le même chemin. Dans cette confrontation avec lui-même, François fait la connaissance de Louise.


- Home
de Toni Morrison
Éditions 10-18 / Octobre 2013


Frank Money est Noir, brisé par la guerre de Corée, en proie à une rage folle. À Atlanta, il doit retrouver sa jeune sœur  Cee, cobaye d'un médecin blanc, pour regagner Lotus en Géorgie, la ville de son enfance, "le pire endroit du monde". S'engage pour lui un périple dans l'Amérique ségrégationniste des années 1950 où dansent toutes sortes de démons. Avant de trouver, peut-être, l'apaisement. Parabole épurée, violemment poétique, Home conte avec une grâce authentique la mémoire marquée au fer d'un peuple et l'épiphanie d'un homme.


- Il n'y a pas d'Indochine
de Charles Dantzig
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


Il n'y a pas d'Indochine, ce sont vingt-cinq histoires qui se passent à New York, Le Caire, Athènes, Lisbonne, Lille ou Strasbourg. Sous la conduite d'un narrateur, nous faisons ce que l'on pourrait appeler des visites d'idées. La postérité, le génie, les prétendus grands hommes, l'apparition du marbre blanc dans la sculpture, les chansons de variété, les aquariums? Nous aurons pour compagnons de voyage des écrivains (Proust, Kafka, Pasolini, Wilde…), des cinéastes et des peintres (Coppola, Klimt, Van Gogh…), et bien sûr le style alerte, les aphorismes et  la désormais célèbre irrévérence de Charles Dantzig. Il n'y a pas d'Indochine, cela veut dire: il n'y a pas d'exotisme. "Arrivé en Chine, on cherche encore l'Asie. On a trouvé des hommes".


- Instinct primaire
de Pia Petersen
Éditions Nil / Octobre 2013


Un ciel bleu, une église, un mariage, une foule rassemblée pour célébrer l'amour, la montée vers l'autel, une mariée souriante. Une mariée aux yeux brouillés de larmes qui s'enfuit, laissant derrière elle l'homme de sa vie. C'était un an plus tôt, et la narratrice n'a plus jamais revu celui qu'elle a choisi de ne pas épouser. Elle souffre: il lui manque, elle lui écrit. Malgré son apparence criminelle, cette fuite devait sauver un homme et une femme de ce qu'ils repoussaient tous deux au début de leur passion: les conventions, les automatismes, la résignation. Elle se croyait aimée et donc comprise; mais en cours de route, rattrapé par les réflexes du conformisme, il a oublié qu'elle ne lui avait jamais demandé de quitter sa femme, qu'elle aimait être sa maîtresse, qu'elle ne voulait pas d'enfant, et que l'amour qu'elle lui portait était absolu, puisqu'il était aussi amour de sa liberté. Or, la liberté semble demeurer le plus encombrant des cadeaux. À force d'entendre les héritières du féminisme décréter qu'une femme n'est jamais "complète" si elle ne devient pas épouse et mère, un homme peut-il admettre un discours différent de la part de celle avec qui il souhaite partager sa vie? N'a-t-il pas, d'ailleurs, été forgé, éduqué, dressé par sa propre mère à ne jamais concevoir aucune autre représentation de la femme?


- Itinéraire d'un poète apache
de Guillaume Staelens
Éditions Viviane Hamy / Octobre 2013


Élevé par une mère indienne, marqué par la désertion de son père, lui-même fils d'un richissime avionneur WASP, Nicolas Stanley ne se sent nulle part à sa place. Élève brillant, il rejette violemment son milieu et l'école où il se sent à l'étroit. Il dévore Poe, Melville, Thoreau, Stephen King, s'abreuve aux comics, au rock, au cinéma, dessine sans trêve. Avide des autres et de l'inconnu, il multiplie les fugues. Dans un café du quartier branché de Seattle, il croise une artiste d'origine vietnamienne, homosexuelle et de dix ans son aînée, à qui il ose montrer son travail. Elle lui ouvre les portes de l'art alternatif, du grunge, de la révolte. L'amour fou, qu'ils découvrent ensemble, sera le territoire de leur liberté. Mais l'innocence de l'un et les déchirements de l'autre les font dériver vers les limbes des drogues et de l'alcool. Nick, pourtant, récuse cette autodestruction. Il quitte Pearl-Janis. Revenu dans le giron maternel, il rejoint la fac, s'immerge dans ses études d'anthropologie, comme un hommage à ses ancêtres Nez-Percés. Mais sa soif des confins lui fait suivre l'appel d'une sirène québécoise, aussi rousse que Tori Amos. Il part vers le Nord et ses Inuits. Vancouver, Montréal, le Yukon, les aurores boréales, la dèche, les désillusions, la déception. Dessins plus noir que blanc, musique des abysses. Sa première proposition de travail lui offre l'apprentissage des terres du Sud. En quête perpétuelle de ses origines, le poète métis dessine toujours, inscrit ses marques dans la Latina, traverse l'Argentine, en rêvant de La Patagonie, le Mexique, l'Uruguay, le Brésil, où il rencontre Mariam, avec qui il fera un enfant. Serait-ce la sérénité tant recherchée? Mais la fureur du monde et ses démons le rattrapent. Jusqu'où devra-t-il aller pour assouvir son désir de vivre, enfin, ses désirs de connaissance et de renaissance? Quels murs doit-il abattre pour être en accord avec ses convictions?


- Jack Holmes et son ami
de Edmund White
Éditions Plon / Octobre 2013


Jack Holmes et Will Wright débarquent à New York dans les années 1960. Collègues dans un journal culturel, ils deviennent bons amis. C'est même Jack qui présente Will à sa future femme. Mais c'est une amitié compliquée: Jack est amoureux de Will. Perturbé par ses désirs subversifs, Jack consulte un psychiatre et sort avec des femmes, tout en continuant à avoir des liaisons furtives avec des hommes. Et pourtant, au fil des trente années que durera leur amitié, de la libération homosexuelle jusqu'à la catastrophe du sida, Jack demeurera toujours dévoué à Will. Et les deux hommes, à défaut d'en jouir ensemble, partageront un même goût pour le libertinage dans une ville en pleine libération elle aussi. Edmund White dessine avec délicatesse les contours de ses personnages. Effleurant les peaux, il déchiffre les cœurs et saisit les drames qui submergent les êtres en proie au désir. L'amitié, la sexualité, la sensibilité de ses personnages forgent un roman prenant, émouvant et plein d'esprit.


- Jardinière du Seigneur
de Yves Lériadec
Éditions Anne Carrière / Octobre 2013


Dans une église du Quartier latin, un étudiant tombe follement amoureux d'une jeune femme chargée de la décoration florale. Son nom? Jardinière du Seigneur. Ils se rapprochent, passent des heures intenses et joyeuses à déambuler dans Paris. Leurs cœurs commencent à se livrer, une vie de bonheur se dessine. Mais un rival vient troubler leur idylle, et quel rival! Répondant à l'appel de Dieu, Jardinière du Seigneur décide de lui consacrer sa vie. Dès lors, notre étudiant va fuir aux quatre coins du monde pour tenter d'oublier sa bien-aimée ou essayer de la retrouver. Jusqu'au jour où il comprendra que l'amour conjugal n'est pas la seule issue. Une autre vie s'ouvre alors à lui. Depuis le cœur de Paris jusqu'en Inde, au Pérou et en Afrique du Sud, Yves Lériadec nous emmène dans une histoire d'amour poétique où s'invite François d'Assise. Une écriture tout en sensibilité, et de multiples rebondissements, dont le dernier n'est pas le moindre.


- Je m'appelle Lotte et j'ai huit ans
de Anne B. Ragde
Éditions 10-18 / Octobre 2013


La vie de Lotte, huit ans, s'écroule: ses parents divorcent, une honte dans la Norvège des années 1960. Divisée entre une mère inapte au bonheur et un père adoré qui lui échappe, rejetée par ses amies, étrangère à elle-même, elle retrouve un peu de sa joie l'été, dans la ferme de ses grands-parents, ou dans l'ombre des non-dits et des secrets, elle tentera de se réinventer.


- L'âge des cénacles
de Anthony Glinoer et Vincent Laisney
Éditions Fayard / Octobre 2013


Le mot "cénacle" n'évoque plus aujourd'hui qu'un groupuscule d'initiés ourdissant quelque complot. Il n'en allait pas de même au XIXe siècle où ce terme désignait un petit cercle d'écrivains et d'artistes rassemblés autour d'une figure charismatique, occupés à poser, à huis clos, les jalons de l'Art de demain. Encensé par les uns et raillé par les autres, le cénacle offrait une alternative aux tentations de la mondanité, de l'académisme, du journalisme et du mercantilisme. Des soirées de Hugo aux Mardis de Mallarmé en passant par les Samedis de Leconte de Lisle et le cercle des Nabis, il devient la sociabilité de référence des écrivains et des artistes qui désirent fonder un mouvement. Après l'époque des salons littéraires et avant l'ère des groupes d'avant-garde, le XIXe siècle s'impose donc comme l'âge des cénacles. Élaboré à partir d'un vaste corpus de journaux intimes, de lettres, d'articles, de satires, de souvenirs, de romans et de poèmes, ce livre cerne les contours du cénacle à la fois comme phénomène historique, objet sociologique et figure de l'imaginaire. Au fil des pages, le lecteur croisera les grandes figures littéraires et artistiques du XIXe siècle (Hugo, Stendhal, Balzac, Courbet, Flaubert, Baudelaire, Manet, Zola, Verlaine, Mallarmé) et s'immergera dans les mouvements qui l'ont marqué (romantisme, réalisme, Parnasse, naturalisme, impressionnisme, symbolisme). En somme, à travers le prisme du cénacle, c'est tout le XIXe siècle que les auteurs éclairent d'un jour nouveau en montrant qu'il fut moins le siècle des génies solitaires que celui des aventures collectives.


- L'analphabète qui savait compter
de Jonas Jonasson
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2013


"Statistiquement, la probabilité qu'une analphabète née dans les années 1960 à Soweto grandisse et se retrouve un jour enfermée dans un camion de pommes de terre en compagnie du roi de Suède et de son Premier Ministre est d'une sur quarante-cinq milliards six cent soixante-six millions deux cent douze mille huit cent dix. Selon les calculs de ladite analphabète". Tout semblait vouer Nombeko Mayeki, petite fille noire née dans le plus grand ghetto d'Afrique du Sud, à mener une existence de dur labeur et à mourir jeune dans l'indifférence générale. Tout sauf le destin. Et sa prodigieuse faculté à manier les nombres. Ainsi, Nombeko, l'analphabète qui sait compter, se retrouve propulsée loin de son pays et de la misère, dans les hautes sphères de la politique internationale. Lors de son incroyable périple à travers le monde, notre héroïne rencontre des personnages hauts en couleur, parmi lesquels deux frères physiquement identiques et pourtant très différents, une jeune fille en colère et un potier paranoïaque. Elle se met à dos les services secrets les plus redoutés au monde et se retrouve enfermée dans un camion de pommes de terre. À ce moment-là, l'humanité entière est menacée de destruction.


- L'éveil de mademoiselle Prim
de Natalia Sanmartin-Fenollera
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


Attirée par une petite annonce, Prudence Prim arrive à Saint-Irénée d'Armois, un petit village charmant dont les habitants ont déclaré la guerre aux influences pernicieuses du monde moderne pour revenir à l'essentiel. Mademoiselle Prim est engagée pour ranger et organiser la bibliothèque de l'Homme du Fauteuil, un homme intelligent, cultivé, qui réfléchit mais qui n'a pas le moindre sens de la délicatesse. Malgré quelques heurts avec son employeur, la bibliothécaire découvrira peu à peu le style de vie et les secrets des habitants de Saint-Irénée. Un roman ingénieux et brillant qui nous entraîne dans un merveilleux voyage à la recherche d'un paradis perdu, de la simplicité, de la beauté et de la richesse qui se cache dans les petits détails.


- L'heure du thé
de Chantal Forêt
Éditions L'Archipel / Octobre 2013


Après avoir été séparée de sa sœur  cadette depuis l'enfance, Nelly s'apprête à retrouver Anne dans un restaurant. Mais Anne n'est pas au rendez-vous. Inquiète de son silence, Nelly se rend au domaine de la Boissière, en Auvergne, pour y rencontrer la belle-famille d'Anne. Dans la pénombre d'une maison de maître, au fond d'un parc à l'abandon, Paul Maréchal, le mari d'Anne, et Alice, sa mère, accueillent en parente celle dont ils ignoraient l'existence. La vieille dame en noir apprend alors à Nelly que sa sœur  s'est tuée trois jours plus tôt dans un accident de voiture. Malgré sa réticence à partager l'intimité de ces inconnus, les soupçons qu'elle nourrit déjà incitent Nelly à rester pour en savoir plus: comment Anne, jeune artiste bohème, a-t-elle pu épouser cet homme soumis et échouer dans ce domaine isolé? Alice Maréchal, possessive et hautaine, la considérait-elle vraiment comme sa propre fille? Pourquoi Mado, la gouvernante, paraît-elle gênée par les questions de Nelly? Dans le silence ouaté de la demeure bourgeoise, entre l'heure du thé et celle de la promenade, Nelly, en quête de vérité, marche dans les pas de sa sœur  et prend d'instinct la place qui était la sienne au sein de cette famille. Un mimétisme qui pourrait lui coûter cher.


- L'homme dans la guerre
de Bernard Maris
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


Ils se battirent l'un contre l'autre, à la tranchée de Calonne, et furent blessés le même jour. Ces deux hommes, si jeunes, vécurent le même conflit, l'un germanophile, l'autre francophile, l'un et l'autre amoureux des lettres et du pays ennemi. Ils devinrent deux immenses écrivains sous les ombres et dans l'horreur, par l'horreur. Maurice Genevoix parle de chaque homme qui tombe; Ernst Jünger évoque les soldats, l'armée, la nation. Leur lecture croisée, cent ans après, donne un éclairage extraordinaire sur le premier conflit mondial. Bernard Maris s'approche d'un double mystère: celui de l'acharnement et de la singularité de nos deux nations. Il nous porte, avec Genevoix et Jünger, à la hauteur de cette Guerre dite "Grande".


- L'idée d'une tombe sans nom
de Sandrine Treiner
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


"Ne venez pas. Nous nous sommes trompés". Manya Schwartzman, jeune révolutionnaire, quitte sa terre natale, la Bessarabie, pour construire le socialisme en Union soviétique et disparaît en 1937 dans les grandes purges staliniennes après ce dernier message aux siens. Pour traverser le fleuve, elle s'est émancipée des archaïsmes du monde juif, de son pays, de sa condition sociale. La Révolution n'était pas une pensée pour elle, mais une nécessité vitale. Parce que l'idée d'une tombe sans nom lui déplaît, Sandrine Treiner mène l'enquête pour arracher son héroïne à l'anonymat des fosses communes. Voyage dans des territoires et des idées perdues, au cœur des steppes ensoleillées baignées par la mer Noire, ce récit est d'abord une réparation. Et une rencontre avec Manya S., héroïne déterminée et trahie, rendue à la vie et, par ces lignes, à son engagement et à sa lucidité.


- L'Italie, Rome et moi
de Philippe Ridet
Éditions Flammarion / Octobre 2013


Les mésaventures conjugales d'un auteur correspondant à Rome, la vie de cette capitale et la politique d'un pays européen se mélangent dans un texte très personnel.


- L'organisation criminelle de la faim
de Olivier Assouly
Éditions Actes Sud / Octobre 2013


Si la faim est une arme qui n'a cessé d'être utilisée en temps de guerre pour faire plier l'ennemi, les nazis portèrent à un niveau inédit de criminalité l'organisation de la faim au sein de leurs camps de concentration. Dès lors que, le 15 décembre 1942, Himmler eut, pour optimiser les performances des déportés, préconisé de gratifier ceux-ci d'une nourriture plus "saine", les nazis s'employèrent à une évaluation scientifique de la résistance physique des détenus, au calcul vétilleux des calories et des rations alimentaires au nom d'un ordre biologique supérieur impliquant la transformation des victimes en "sous-hommes" exploitables à merci puis "retraités" au titre écologique de déchets organiques. Aussi terrifiante et scandaleuse qu'en aient été les manifestations sous le joug nazi, pareille économie exterminatrice n'était cependant pas totalement inédite au regard de l'instrumentalisation de la faim orchestrée, à la fin du XVIIe siècle, par l'avènement d'une ère industrielle contraignant des populations entières à travailler en usine pour échapper à l'inanition. Bien que les temps aient changé, d'autres pratiques continuent d'assujettir les populations en prenant en otage le fait alimentaire. Comment, en effet, ne pas s'interroger sur l'industrie agroalimentaire qui favorise une libéralisation croissante aux fins d'une criminelle mise sous tutelle économique du vivant et des denrées planétaires, érigeant ainsi l'appétit en un redoutable instrument politique de domination?


- La constellation du Lion
de Pascal Convert
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


De quelle histoire est-on le dépositaire? Une mère, écrasée par l'ombre de son propre père, le Lion des Landes. Une fleur qui, suivant les jours, se prenait pour une rose ou ne se prenait pour rien. Une femme qui flottait, fille d'un père qui résistait. Comme une équation mathématique étrange: faiblesse, abandon et peur en abscisse, force, refus et courage en ordonnée.


- La Madeleine Proust, une vie
de Laurence Sémonin
Éditions Flammarion / Octobre 2013


En guise d'hommage à la pièce "La Madeleine Proust", parue en 1991, l'auteur raconte l'enfance de cette femme du peuple, imagine son parcours, ses amours et son existence quotidienne.


- La mécanique du bonheur
de David Bergen
Éditions Albin Michel / Octobre 2013


Quand Morris Schutt, éminent chroniqueur, passe en revue l'année qui vient de s'écouler, il ne voit que des catastrophes. Son fils a été tué en Afghanistan, sa femme, psychiatre de renom, s'éloigne de plus en plus de lui, une de ses filles semble avoir une liaison avec son professeur, et son journal l'a mis en congé pour une durée indéterminée. Que doit faire un homme qui pense, si ce n'est se tourner vers les grands philosophes, en quête des moyens d'être heureux? À moins de prendre contact avec une de ces discrètes "agences de rencontre"? Ou d'entreprendre une liaison épistolaire avec une femme qui a, elle aussi, perdu son fils à la guerre? Mais trouver la vérité et le bonheur, comme va le constater Morris, n'est pas chose simple. Dans ce roman à la fois mélancolique et mordant, le canadien David Bergen, dissèque la vie d'un homme à un moment critique de sa vie, et s'impose comme un formidable interprète des complexités de l'âme humaine.


- La passion
de Jeanette Winterson
Éditions de l'Olivier / Octobre 2013


Henri est l'aide-cuisinier de Napoléon Bonaparte, chargé de préparer son met préféré: les volailles, que l'empereur dévore. Il devient ensuite soldat, et vit la guerre de l'intérieur. Mais lorsque les troupes françaises s'acheminent péniblement vers la Russie, son adoration pour Napoléon s'effrite. Pendant ce temps, à Venise, Villanelle, fille d'un batelier, mène une vie bien mystérieuse. Elle se travestit en homme, travaille au Casino et connaît une histoire d'amour secrète qui tourne au drame quand elle perd littéralement son cœur, son amante le lui a volé. Les chemins de Villanelle et Henri se croisent à Moscou: c'est là-bas qu'elle a fui l'Italie, et qu'il a déserté son régiment. Entre eux se nouent les fils de la passion, et les deux jeunes gens n'ont désormais qu'un seul but: retrouver le cœur de la jeune femme, pour enfin devenir amants.


- La pomme d'Alan Turing
de Philippe Langenieux-Villard
Éditions Héloïse d'Ormesson / Octobre 2013


Alan Turing est un mathématicien de génie. En 1936, à l'université de Cambridge, il invente une machine, sans conteste l'ancêtre de l'ordinateur. Pacifiste convaincu, c'est pourtant lui qui contribue durant la Seconde Guerre Mondiale à décrypter le code Enigma utilisé par les Allemands et réputé inviolable. Cette découverte marque un tournant décisif dans le conflit à l'avantage des Alliés et le transforme en héros. De la vie tourmentée et follement romanesque de ce scientifique visionnaire, athlète à ses heures et espion de fortune, Philippe Langenieux-Villard s'empare à bras-le-corps. Avec virtuosité, il mêle éléments biographiques et imaginaires, à travers le regard ému d'une mère après la disparition tragique de son fils. Des honneurs militaires au procès honteux, La Pomme d'Alan Turing dessine le parcours extraordinaire et la psychologie complexe de cet homme fragile, en quête d'une reconnaissance qui s'est injustement fait attendre.


- La robe des léopards
de Kristopher Jansma
Éditions Jacqueline Chambon / Octobre 2013


Le narrateur de ce premier roman n'est décidément pas fiable. Il s'appelle tour à tour Walter, Timothy, Outis, mais personne ne connaît son vrai nom. Il se dit écrivain, mais a perdu tous les textes qu'il a écrits. Il enseigne le journalisme, mais n'a jamais mis le pied dans une salle de rédaction. Et pourtant c'est à lui qu'un éditeur commande la biographie d'un grand écrivain qu'il a bien connu quelques années plus tôt. Lui, qui repeint sans cesse la réalité aux couleurs trompeuses de l'imaginaire, lui, le menteur maladif, l'imposteur magnifique, le voilà, pour la première fois, sommé d'écrire la vérité. Pour retrouver celui qui fut son meilleur ami, en même temps que son plus grand rival en littérature, il se lance dans un surprenant tour du monde. Des clubs de jazz de Manhattan aux villages du Sri Lanka, de Dubaï au Luxembourg et du Ghana à l'Islande, il part à la recherche de l'homme qui, depuis plusieurs années, se cache derrière l'auteur culte. Il se met aussi, sans le savoir, en quête de lui-même. Loin du roman initiatique traditionnel, quelque part entre les univers de Francis Scott Fitzgerald et de Wes Anderson, Kristopher Jansma livre dans La Robe des léopards une variation pleine d'invention et d'esprit sur l'art du roman. Au fil des pages, les histoires s'imbriquent, réalité et fiction s'échangent leurs détails, tandis que le narrateur prend un malin plaisir à brouiller sans cesse les règles du jeu. Où est la vérité? Peu importe. "Toutes les histoires sont vraies, mais ne le sont qu'ailleurs".


- La table d'émeraude
de Carla Montero
Éditions Prisma / Octobre 2013


À la demande de son fiancé, Konrad, riche et puissant homme d'affaires allemand, Ana se lance sur la piste de L'Astrologue, un tableau disparu de Giorgione du XVe siècle. Au cours de ses recherches, elle découvre le Paris sous l'Occupation et la saga des Bauer, famille juive chargée de veiller sur le secret que renferme cette œuvre qui a traversé les siècles. Madrid, de nos jours. Avant de trouver L'Astrologue sur son chemin, Ana, jeune historienne d'art du Musée du Prado, menait une vie tranquille auprès de Konrad, riche homme d'affaires allemand et collectionneur d'art. Mais une lettre écrite pendant la Seconde Guerre Mondiale les met sur la piste du mystérieux tableau attribué à Giorgione, l'énigmatique peintre de la Renaissance. Alléché par l'immense valeur de L'Astrologue, Konrad convainc Ana de partir à sa recherche. La jeune femme, consciente de toutes les difficultés qui se présentent à elle, demande l'aide d'Alain Arnoux, professeur de la Sorbonne spécialisé dans la recherche d'œuvres d'art confisquées par les Nazis. Mais cette décision semble compliquer l'affaire. Paris, sous l'Occupation allemande. Le commandant SS Georg Von Bergheim, militaire d'élite et héros de guerre, vient de recevoir un ordre d'Himmler: il doit retrouver un tableau de Giorgione, connu sous le nom de L'Astrologue, qui fascine le führer. Hitler, en effet, est convaincu que l'œuvre dissimule une grande énigme, une révélation qui est passée de main en main pendant des siècles. La recherche conduit Bergheim à une certaine Sarah Bauer, et une poursuite trépidante s'engage, qui aura des conséquences inattendues pour tous les deux. Alternant habilement les chapitres à l'époque contemporaine et ceux durant l'Occupation, ce roman entraîne le lecteur dans une histoire haletante autour d'un mystérieux tableau sur fond de guerre mondiale, et au cœurs de deux grandes histoires d'amour.


- La traîtresse
de Dominique Zachary
Éditions Michalon / Octobre 2013


10 septembre 1944. Morelange, petite ville frontalière belge à deux pas de la France et du Luxembourg. Tout le monde célèbre la Libération tant espérée. Suzanne Gasper, une jeune enseignante, danse aussi la troïka. Soudain, quelqu'un dans la foule la pointe du doigt. La musique s'arrête. La fête tourne au cauchemar. Suzanne doit comparaître devant un jury populaire improvisé sur la place du village. En quelques minutes, le destin de la jeune femme bascule: le professeur plein d'idéal, qui luttait pour l'intégration des filles dans son école, devient la bannie, la pestiférée, la "traîtresse". Un très beau roman inspiré de faits réels, dans lequel Dominique Zachary décortique avec pertinence cette justice où les accusés sont condamnés d'avance par la raison d'État (Me Éric Dupond-Moretti).


- La vie est une fumée
de Félix Vallotton
Éditions Fayard / Octobre 2013


"La vie est une fumée, on se débat, on s'illusionne, on s'accroche à des fantômes qui cèdent sous la main, et la mort est là. [...] Il reste la peinture, heureusement", écrit, dans les dernières lignes de son Journal, Félix Vallotton (1865-1925). Tour à tour portraitiste, graveur, dessinateur de presse, paysagiste et peintre de nus (à scandale), Suisse et Français, sympathisant anarchiste marié à une bourgeoise, l'artiste se révèle l'inclassable. Mais, par ses lettres et écrits, l'itinéraire singulier de l'homme et de son œuvre transparaît avec humour et dérision.


- La vie secrète d'Emily Dickinson
de Jérôme Charyn
Éditions Payot & Rivages / Octobre 2013


"Fermer les yeux c'est voyager", écrit Emily Dickinson en 1870. C'est par ces mots que s'ouvre La Vie secrète de la grande poétesse américaine, réinventée par Jérôme Charyn. Du séminaire de Mount Holyoke à la solitude des dernières années, il retrace le destin d'une femme exceptionnelle. Pourtant ce livre n'est pas une biographie: comme Norman Mailer dans les Mémoires imaginaires de Marylin, Charyn dépasse la légende en lui donnant une voix. Car c'est bien Emily Dickinson que l'on entend, vivante, sensuelle, loin des clichés la réduisant à une recluse excentrique toujours vêtue de blanc. Mais l'héroïne si moderne cache un paradoxe: éprise d'indépendance, elle s'évadera grâce à la force de son imagination, simplement assise à sa table. En célébrant ainsi ce personnage hors du commun, Charyn rend hommage à la fiction, à l'infini pouvoir de la littérature.


- Le choix des filles
de Leah Magnin
Éditions Denöel / Octobre 2013


Après avoir embrassé bien des crapauds dans l'espoir de les voir se transformer en princes charmants, Lisa, Apolline, Élodie et Hannah, quatre copines à la vie sentimentale calamiteuse, sont inévitablement rattrapées par leur horloge biologique. Deux d'entre elles enchaînent les rendez-vous arrangés par des amis ou des sites de rencontres, débouchant sur des histoires aussi cocasses que stériles. Une autre a un amant qui, malgré ses promesses d'enfant, de vie commune et de vacances, n'a pas vraiment l'intention de quitter sa femme, et la dernière est mariée mais au bord de la rupture. Leah Magnin croque avec malice, humour et réalisme, les aventures et mésaventures de ces quatre amies inséparables. Et si elles ne trouvent pas le bonheur qu'elles avaient imaginé, ça y ressemble quand même beaucoup.


- Le colosse de Maroussi
de Henry Miller
Éditions Buchet Chastel / Octobre 2013


"J'allais, les yeux bandés, chancelant, hésitant; j'étais orgueilleux, arrogant, content de mener la vie fausse et restreinte du citadin. La lumière de la Grèce m'a ouvert les yeux; elle a pénétré mes pores et dilaté tout mon être". En 1939, alors que l'Europe bascule dans la guerre, Henry Miller rejoint la Grèce à l'invitation de son ami Lawrence Durrell. Il n'a pas un sou, ses livres sont frappés par la censure aux États-Unis, et c'est sans doute ce dépouillement qui lui permet de partir corps et âme à la rencontre de la Grèce et de celui qui en incarne à ses yeux l'ethos: le conteur, poète et jouisseur Katsimbalis.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 10:15

- Le fruit sanglant du hasard
de Daniel Biasini
Éditions Flammarion / Octobre 2013


Victor Anatoly, banquier et bijoutier de son état, décide de se venger de Charles, Roberto et Max, d'anciens compères ingrats qui lui doivent leur fortune. Sa méthode consistera à semer le chaos au cœur même de leur confortable quotidien, avec la complicité de son fils.


- Le garçon qui voulait devenir un être humain
de Jorn Riel
Éditions 10-18 / Octobre 2013


Islande, vers l'an mil. Leiv, un jeune Viking dont le père a été assassiné, est farouchement déterminé à laver ce meurtre dans le sang. Il embarque clandestinement à bord d'un drakkar en partance pour le Groenland. Mais un tel voyage est périlleux, et semé d'imprévus. C'est dès lors un destin inattendu qui attend Leiv, avec la découverte d'un autre peuple, les Inuit, et l'apprentissage de la tolérance et de l'amitié.


- Le loup est revenu
de Anne Vallaeys
Éditions Fayard / Octobre 2013


La bergère humecte la cigarette qu'elle vient de rouler. "C'est harassant, dit-elle, d'avoir le loup comme adversaire". Canis lupus est revenu. Sur l'ensemble des massifs alpins, des Pyrénées au Cantal, jusqu'en Vosges, dix-neuf meutes sauvages peuplent vingt-neuf "territoires à loups". Mais l'expansion géographique du loup se mesure surtout en milliers d'ovins tombés sous ses crocs. Symbole d'une nature reconquise pour ses partisans, cauchemar pour les gardiens de troupeaux, la réapparition du prédateur divise dans les alpages. La montagne serait-elle redevenue le lieu d'un combat? Troupeaux et bergers devront-ils déserter, abandonner les estives au profit du sauvage, dévorateur de brebis? Anne Vallaeys a parcouru les confins du Mercantour, en Ubaye, où depuis toujours vivent des générations de bergers et d'éleveurs. Sur la trace des loups, jour après jour, la voyageuse a gravi les vallons, contourné les falaises et les précipices. Pour comprendre. Son récit ébranle les représentations convenues du prédateur séduisant, le loup, et de ses proies, les brebis. Il démonte les stéréotypes et les faux-semblants d'une nature "vraie" qui aurait tous les droits.


- Le miroir de l'impératrice
de Michaëla Link
Éditions L'Archipel / Octobre 2013


Pékin, 1908. À la cour de l'impératrice Guniang, véritable femme de fer vivant les dernières heures de l'empire chinois, manigances et complots se succèdent pour s'attirer les faveurs de la régente. À 18 ans, la jeune princesse Anli ne connaît pas les véritables raisons qui lui ont valu sa place de dame de cour, mais elle s'attire les bonnes grâces de sa maîtresse par sa bonté et son audace. La prenant sous son aile, la régente lui attribue l'eunuque qu'elle a sauvé d'une injuste sentence fatale. Un cadeau qui lui vaudra l'inimité des autres membres de la cour. Eunuques et dames de compagnie rivaliseront pour nuire à la princesse et prendre sa place auprès de l'impératrice. Quand Anli apprend que son père entend la marier à un vieux général, elle s'en ouvre à l'impératrice qui organise sa fuite à l'étranger.


- Le monde de Downton Abbey
de Jessica Fellowes
Éditions Charleston / Octobre 2013


Série télévisée britannique créée par Julian Fellowes, Downton Abbey met en scène la vie de la famille Crawley et de leurs domestiques à Downton, une demeure anglaise dans les années 1910. Depuis sa création en 2010, et sa première diffusion en France en décembre 2011, cette série connaît un succès d'audience et critique sans précédent. Dans ce livre compagnon officiel des saisons 1 et 2, les fans sont conviés derrière les portes du manoir pour une visite exceptionnelle. Construit autour de grands thèmes (la famille, la vie quotidienne, les relations maîtres/domestiques, le style…), ce livre fait la part belle aux personnages de la série. On y découvre des révélations inédites sur le tournage, la vie des acteurs. Superbement illustré, Le Monde de Downton Abbey analyse le contexte politique et social de cette époque et présente, grâce à des documents d'époque, les hommes et les femmes qui ont inspiré la série.


- Le monde futur
de Wang Xiaobo
Éditions Actes Sud / Octobre 2013


Roman en deux parties, Le Monde futur commence par l'histoire de "Mon oncle", un écrivain qui n'a jamais pu se faire publier de son vivant, et dont le narrateur, historien de formation, entreprend de restituer le passé à sa manière, en déjouant la méfiance des autorités toujours promptes à traquer les sous-entendus. S'ensuit un récit où la vérité demeure constamment insaisissable, et dans lequel les jeux amoureux deviennent une figure ambiguë des rapports de domination. Contre toute attente, cette biographie peu conventionnelle est largement plébiscitée. Mais on ne peut, dans la Chine totalitaire, s'octroyer de telles libertés narratives et la sanction ne tarde pas à tomber. Ainsi s'ouvre la seconde partie de ce livre: privé de son ancienne identité et soumis à une procédure de réinsertion, le narrateur devient "écrivant" aux ordres de la Société générale d'administration de l'ordre public. Il voit alors sa vie sombrer dans un cauchemar que seuls ses traits d'humour noir viennent éclairer. Métaphore de la condition imposée aux intellectuels sous le régime communiste, ce roman à l'humour caustique aborde cette période sur le mode de l'absurde et de l'onirisme, en y mêlant une touche d'érotisme à la frontière du sadomasochisme.


- Le pays sous le ciel
de Matilde Asensi
Éditions Charleston / Octobre 2013


Nous sommes en 1923. Elvira De Poulain est une peintre espagnole qui vit en France. Elle apprend la mort de son mari, un homme d'affaires établi à Shangaï, dans des circonstances étranges. Accompagnée de sa nièce, elle entreprend un long voyage en paquebot pour rejoindre la Chine post-impériale, et régler la succession de son époux. Dès son arrivée, elle se trouve embarquée malgré elle sur la piste du mausolée du premier empereur, immergée dans le milieu interlope des gangsters, de l'opium et des intrigues politiques.


- Le peigne de Cléopâtre
de Maria Ernestam
Éditions Gaïa / Octobre 2013


Mari, Anna et Fredrik, trois amis de longue date, ont monté une société au doux nom du Peigne de Cléopâtre. Leur créneau: résoudre les problèmes des gens. Chacun apporte ses compétences, qui en jardinage, qui en déco d'intérieur ou en comptabilité, et la PME se développe avec succès. Chacun patauge quelque peu dans sa propre existence, en quête d'identité ou d'âme sœur , et trouve un réconfort non négligeable dans l'idée de venir en aide à autrui. Jusqu'au jour où une vieille dame se présente avec une étrange requête: elle souhaite que Le peigne de Cléopâtre élimine son mari. Difficile de résister à un filon qui promet d'être lucratif, et les candidats se bousculent bientôt au portillon.


- Le prix à payer
de Vincent Faucheux
Éditions Alice / Octobre 2013


Et si vous pouviez refaire tous les choix que vous avez faits jusqu'ici? Une vie rêvée, en quelque sorte. Mais qui peut tourner au cauchemar. Ce 22 mars 2010, Paul Tournier, la quarantaine, célibataire, est assis à son poste de comptable dans une entreprise internationale comme il y en a tant dans le quartier des affaires, au cœur de Paris. Une ombre parmi les ombres, Paul ne se démarque en rien du commun des mortels. Il a une existence réglée comme du papier à musique: boulot, métro, dodo, avec, comme loisirs, quelques films, quelques aventures amoureuses sur le net et des week-ends avec ses parents. Il ne se plaint pas, mais se demande parfois quels autres choix il aurait pu faire pour vivre l'existence de ses rêves. C'est d'ailleurs la question qu'il se pose, lorsque, ce soir-là, en rentrant du bureau, il traverse la rue distraitement et qu'une voiture ne peut l'éviter. Quand il se réveille, il est dans une salle toute blanche et un homme, également tout de blanc vêtu, se tient devant lui. Fortunae est son nom. Il prétend offrir à Paul l'opportunité de revivre les événements majeurs de sa vie afin de changer le cours de sa destinée. Chaque soir, quand Paul s'endormira, il revivra un épisode du passé. Une chance? Peut-être, si on se fie au nom de l'individu qui a accueilli Paul à son réveil. Mais Fortunae lui rappelle que chacun de ses actes aura des conséquences. L'aventure peut commencer. Un magnifique appartement, un job passionnant, une vie de famille épanouie auprès de son amour d'adolescent, des enfants, et, en bonus, la découverte d'un traitement universel contre le cancer. Chaque voyage apporte son lot de bonnes surprises. Mais, le retour de bâton n'est pas loin. Ses recherches semblent faire l'objet d'un espionnage appuyé. Il est bientôt menacé, et sa femme enlevée. Le traître est peut-être plus proche qu'il ne le croit. Et ses retours dans le passé connaissent très vite leur premier dérapage: ses parents et son frère en font les frais. Mais le dernier voyage approche, celui de la grande décision. Quel choix devra faire Paul pour sauvegarder sa famille, son couple, ses découvertes? Aura-t-il l'opportunité de tout sauver, ou même seulement de sauver quoi que ce soit? Qui n'a jamais rêvé de revivre son existence passée avec ce qu'il sait aujourd'hui? Avec des connaissances qui lui permettraient de faire, à coup sûr, les bons choix? C'est cette expérience que l'auteur nous permet de toucher du doigt, à travers l'itinéraire d'un anti-héros, Paul Tournier. Expérience pas forcément idyllique, d'ailleurs: Vincent faucheux pénètre chaque méandre de la vie de son personnage, en inspecte tous les détails et ne laisse rien passer. La moindre hésitation, le moindre écart, peut coûter cher au personnage principal que jamais l'auteur ne ménage et qu'il met face à ses dilemmes, à ses peurs, à ses mauvais penchants, à ses contradictions. Un roman haletant au suspense enlevé qui aborde le voyage dans le temps et revisite l'effet papillon avec réalisme et pertinence. Rien n'y est vraiment blanc, rien n'y est vraiment noir. Pas même Fortunae. L'auteur nous livre ici un roman fantastique extraordinairement efficace.


- Le retour des États
de Michel Guénaire
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


Ce livre part d'un paradoxe: la mondialisation "dissout" les États. Or, la crise de cette même mondialisation rappelle leur nécessité. Les peuples réclament plus d'État contre les dérégulations venues d'ailleurs. Ce que l'on prenait pour l'agonie du vieil État-Nation dissimulerait-elle, en vérité, sa renaissance? "Les États reviennent au cœur du projet politique des peuples", écrit Michel Guénaire, parce que ceux-ci "aspirent à une défense de leurs intérêts et veulent retrouver leur identité dans la marche du monde". Dans ce livre qui est une fresque historique et politique, l'auteur analyse les types culturels des grands ensembles étatiques qui renaissent. Avec ses vertus. Avec ses risques (retour du souverainisme, litanies anti-européennes...) Ce livre se propose surtout de "remettre à l'heure" les horloges de nos débats intellectuels, lesquels en sont encore à faire l'éloge de la mondialisation alors que cette question est d'ores et déjà dépassée.


- Le vieil orphelin
de Serge Moati
Éditions Flammarion / Octobre 2013


Le journaliste et réalisateur se demande si c'est vraiment une chance d'avoir perdu son père et sa mère lorsqu'il avait onze ans. Il se souvient de son enfance et raconte sa vie mouvementée et hasardeuse où les absents sont toujours présents.


- Les érections américaines
de Amanda Sthers
Éditions Flammarion / Octobre 2013


À partir de la tuerie qui a eu lieu à Newton dans le Connecticut en décembre 2012 et du pistolet comme symbole phallique, ce récit, fait dans la peau du tueur juste avant le drame, tente de comprendre comment un être humain a pu en arriver là et est devenu le symptôme d'un pays fantasmé mais souffrant.


- Les gestes impossibles
de Pierre Vinclair
Éditions Flammarion / Octobre 2013


Une épopée poétique alternant différents registres d'écriture et invoquant plusieurs périodes de l'histoire du monde, dont la Commune de Paris serait le point focal.


- Les inédits
de René Crevel
Éditions Du Seuil / Octobre 2013


Lorsque l'écrivain surréaliste René Crevel se suicide le 18 juin 1935, il laisse à la postérité onze livres publiés et plus d'une centaine d'articles. Ami d'Eluard, de Breton, de Tzara, de Giacometti mais proche également de Jouhandeau, de Klaus Mann, ou de Jacques-Émile Blanche, Crevel aime tout autant fréquenter les hôtels particuliers de ses riches amis que les bals populaires de la rue de Lappe à Paris. Ce roman inédit s'accompagne ici d'une centaine de lettres destinées à ses amis les plus proches, notamment Étienne de Beaumont, ou Tota Cuevas, sa dernière maîtresse qui éclairent d'un point nouveau les dernières années de l'écrivain jusqu'à son suicide. C'est à Tota Cuevas qu'il laissa les derniers mots écrits de sa main. "Prière de m'incinérer. Dégoût".


- Les lointains tourments de la jeunesse
de Alexander McCall Smith
Éditions 10-18 / Octobre 2013


Isabel Dalhousie connaît l'histoire de sa famille, de même que son fiancé Jamie. Mais tout le monde n'a pas cette chance, Jane, par exemple, une philosophe venue d'Australie pour retrouver la trace de ses parents biologiques. Bien entendu, Isabel ne peut pas refuser de tendre la main à une amie dans le besoin. Elle fait jouer son réseau de relations dans le Tout-Édimbourg, mettant bientôt au jour d'inconfortables vérités. Elle doit également consacrer un minimum de temps aux petits soucis d'une actualité quotidienne: son mariage, en l'occurrence. Les lointains tourments de la jeunesse ne sont décidément pas les seuls dont elle aura à se soucier.


- Les mouettes
de Sándor Márai
Éditions Albin Michel / Octobre 2013


"Pendant des dizaines d'années, j'ai traversé ce pont deux fois par jour et c'est la première fois que je prête attention aux mouettes, songe-t-il. Je les regarde avec les yeux de cette femme. Elle a les mêmes yeux gris vert que l'autre, des yeux d'oiseau ou d'animal". Lorsqu'il accueille dans son bureau du ministère la réfugiée finlandaise venue demander un permis de séjour et de travail, le haut fonctionnaire est saisi: il croit reconnaître une jeune fille jadis aimée et qui s'est donné la mort cinq ans plus tôt par amour pour un autre. Simple hasard ou signe du destin? Qui est cette "mouette" venue de si loin et qui prétend se nommer Aino Laine, "vague unique" en finnois? Cette rencontre énigmatique, dont la tension est accrue par l'imminence de la guerre et l'attente d'un coup de téléphone, crucial pour l'homme comme pour le sort du pays, pourrait déboucher sur une révélation, à moins qu'elle ne fasse qu'épaissir le mystère des êtres.


- Les petits contretemps
de Gaëlle Héaulme
Éditions Buchet Chastel / Octobre 2013


Et si un jour nos pulsions, nos pensées les plus noires, celles qu'on réfrène d'habitude, se transformaient en actes? On n'hésiterait plus à se débarrasser de nos bébés pleureurs, ni à faire taire définitivement celui qui depuis vingt ans nous empêche de boire tranquillement notre café le matin. Les Petits Contretemps, ce sont ces moments de basculement, où tout change soudain de couleur, de rythme. Ces récits sont des instantanés, des "vignettes", plutôt que des nouvelles. Ils nous plongent en quelques phrases, avec un style presque cinématographique, dans un univers noir; là où devraient se jouer des situations ordinaires. Le couple, l'enfance, la maladie, la perte…  Autant d'occasions de fixer avec une cruauté jubilatoire ces instants où tout peut déraper: un homme quitte sa femme, mais celle-ci lui présente sobrement la liste des choses à finir avant d'aller refaire sa vie (réparer le lave-linge, changer les pneus du scooter, régler le problème des fuites...); un père divorcé essaye en vain de passer une journée normale avec sa fille; le soir de Noël, une femme reconnaît en un clochard assis sur un banc celui qui l'a tant fait souffrir. De même qu'un ciel radieux peut augurer la tempête à venir, une journée en apparence comme les autres peut révéler d'étranges surprises.


- Les règles du jeu
de Amor Towles
Éditions 10-18 / Octobre 2013


New York, 1938. Fille d'immigrés, dactylo dans un cabinet juridique, Katey s'est juré de rejoindre le gotha de Manhattan. Quand Eve et elle rencontrent Tinker, un banquier séduisant, la vie flambe. Mais l'amour, toujours à contretemps, s'en mêle. D'ambitions faussaires en vertige mélancolique, devenue patronne de presse, celle qui a compris "les règles du jeu" se souvient. Vibrant écho à Fitzgerald, ce premier roman époustouflant où l'on rêve de hauteur comme de se jeter dans le vide rejoue avec élégance la partition cruelle des illusions perdues.


- Londres par hasard
de Eva Rice
Éditions Baker Street / Octobre 2013


Tara, adolescente un peu fantasque dont l'enfance a été assombrie par la mort tragique de sa mère, vit avec son père vicaire et ses sept frères et sœurs dans un presbytère de Cornouailles. Quand, lors d'un mariage, elle est remarquée par un producteur de disques pour sa belle voix, sa vie tranquille de jeune provinciale va basculer. Bientôt, accompagnée de sa sœur Lucy, ravissante jeune femme qui brise tous les cœurs mais qui ne rêve que de vieilles pierres, elle partira pour Londres où elle enregistrera un disque, connaîtra le succès artistique en même temps que ses premiers amours avec un photographe de mode. Les deux filles seront plongées dans le bouillonnement culturel du Londres des "Swinging sixties". Lucy va même se rapprocher d'un certain chanteur et joueur d'harmonica qui deviendra par la suite l'une des plus grandes icônes de l'histoire du Rock. Dans ce roman "vintage", où les éléments de fiction et de la réalité se croisent et s'entremêlent, l'auteur dresse un tableau saisissant et nostalgique de cette époque, nous immergeant dans l'ambiance survoltée qui accompagnait les débuts des Beatles et des Stones, quand Londres était la capitale de la musique et de la mode. Une foule de personnages singuliers se dresse autour de Tara et de sa sœur, et les intrigues et imbroglios amoureux et familiaux se multiplient. Tara va triompher de bien de mésaventures dans ce roman initiatique plein d'espièglerie et d'humour, teintée de cette petite musique très personnelle qui donne tout son charme aux romans, so British, d'Eva Rice.


- Lumières Fantômes
de Lydia Millet
Éditions Cherche Midi / Octobre 2013


1994, Californie du Sud. Hal Lindley, modeste fonctionnaire, sent sa vie lui échapper. Sa vie conjugale, en particulier. Sa femme, Susan, pourra-t-elle se contenter longtemps d'un homme comme lui, sans horizon, ni matériel ni spirituel? Ne va-t-elle pas bientôt lui préférer son collègue de bureau, Robert, jeune loup aux dents longues? Dans une tentative éperdue de changer la donne, Hal prend le pari fou de quitter son existence désespérément normale pour partir à la recherche de T., le patron de Susan, mystérieusement disparu dans la jungle du Belize. Mais à vouloir ainsi dépasser ses propres limites pour regagner son respect et celui des autres, Hal ne réalise pas encore à quel point, en quittant la civilisation, il se met en danger.


- Marseille amor
de Emmanuel Loi
Éditions Du Seuil / Octobre 2013


Il est né dans les Vosges, mais c'est sans doute à Marseille qu'il trouve ses plus sûres racines ou amarres. Pour le meilleur et pour le pire. Cette ville chaotique, mystérieuse, vénéneuse peut-être, agitée, il y débarque dans les années soixante-dix, sur fond d'agitation politique, avec toute sa soif de liberté. Et c'est dans cette ville que revient de nos jours Emmanuel Loi, toujours aussi indocile, pour arpenter le terrain de sa mémoire en une errance urbaine qui réveille les fantômes et constate les réalités d'un aujourd'hui, où ne se retrouvent plus tout à fait les saveurs d'antan. Dans un mélange de haine et d'amour, l'auteur empoigne Marseille à bras le corps, il se perd, sort des sentiers battus, cherche à comprendre le mystère de ce port des grands brassages. Il est supposé livrer un texte de commande, une étude urbaine. Mais il est trop rétif à la contrainte pour jouer tout à fait le jeu. Et régulièrement, il s'échappe de la ville pour aller vider, en Seine-et-Marne, la maison de sa mère, dans le deuil encore béant de celle-ci.


- Mauvaise étoile
de R. J. Ellory
Éditions Sonatine / Octobre 2013


Texas, 1960. Elliott et Clarence sont deux demi-frères nés sous une mauvaise étoile. Après l'assassinat de leur mère, ils ont passé le plus clair de leur adolescence dans des maisons de correction et autres établissements pénitentiaires pour mineurs. Le jour où Earl Sheridan, un psychopathe de la pire espèce, les prend en otages pour échapper à la prison et à la condamnation à mort, ils se retrouvent embarqués dans un périple douloureux et meurtrier. Alors que Sheridan, accompagné des deux adolescents, sème la terreur dans les petites villes américaines bien tranquilles qui jalonnent leur route, une sanglante et terrible partie se met en place entre les trois protagonistes. Loin de se douter de la complexité de celle-ci, la police, lancée à leurs trousses, et en particulier l'inspecteur Cassidy ne sont pas au bout de leurs surprises. Avec ce récit au suspense implacable et à la noirceur absolue, R. J. Ellory se consacre de la façon la plus flamboyante qui soit à son sujet de prédilection: le mal. Tout comme Shane Stevens dans Au-delà du mal, il aborde les thèmes de l'innocence corrompue et de l'origine des déviances. On y retrouve ici intact tout l'art d'Ellory, qui a fait la force de Seul le silence: une écriture à la fois poétique et très réaliste, des personnages d'une humanité complexe et déchirante aux prises avec leur face sombre, une intrigue qui tient le lecteur captif jusqu'à la dernière page. Un thriller intense, poignant et inoubliable.


- Mes trois zèbres
de Alexandre Jardin
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


"Trois hommes ont enchanté l'idée que je me fais de la France. Trois rebelles-nés qui m'ont façonné. Trois créateurs d'eux-mêmes qui, en s'emparant de la vie, l'ont magnifiée. Trois idées de soi qui, chaque jour, chamboulent la mienne et pourraient bien féconder la vôtre. Sacha Guitry joue avec le réel; Charles de Gaulle le défie; Casanova en jouit. Ces zèbres incarnent trois attitudes hautement françaises: prendre les choses graves à la légère, résister avec superbe, empocher son plaisir insouciamment. J'ai longtemps hésité à leur ressembler. C'est fini. Tout commence. Ce livre d'amour fou n'est pas la somme de trois biographies, au sens habituel et distancié du terme, mais l'histoire de mes interrogations face à leur façon d'être. Voici comment leurs vies ont affecté la mienne. Leur œuvre majeure, c'est eux. Et leur legs essentiel: c'est leur anticonformisme. Marchons sur les traces ensoleillées de ces affranchis. Embellissons notre sort de leurs libertés dissonantes. L'ampleur de l'existence ne doit plus nous échapper".


- Métal
de Chochana Boukhobza
Éditions Denöel / Octobre 2013


C'est l'hiver. Sous la neige et la pluie, dès le point du jour, Tania roule vers Montreuil. Contre l'avis de tous, elle se mesure au plus hostile des matériaux: le métal. Elle tord, soude, sculpte. Un art appris grâce aux Gitans kalderash, lors de l'exode familial vers la France pour fuir la Roumanie de Ceausescu. Mais le temps est compté. Son atelier, une ancienne imprimerie emplie d'immenses blocs de ferraille, va lui être arraché. Autour de cette battante, des êtres se rassemblent: un vieil imprimeur, M. Freddy, Thomas le brocanteur, François, un sculpteur raté. Les complicités improbables, les amitiés tenaces, permettent parfois aux artistes qui s'accrochent à leurs rêves d'affronter les menaces des huissiers, les pièges des magouilleurs et les amours perdues.


- Notre secret
de Jessica Warman
Éditions Fleuve Noir / Octobre 2013


Alice et Rachel sont jumelles. Identiques. Elles ont pourtant chacune un caractère bien différent et partagent un lien mystérieux qu'elles seules comprennent. Parfois, Alice et Rachel échangent leurs identités sans que personne ne s'en rende compte. Comme un jeu qui les amuse, sans conséquences. Mais un jour, lors d'une fête foraine avec leurs amis, Rachel disparaît. Alice est morte d'inquiétude, puis terrifiée lorsqu'elle commence à voir apparaître sur son corps des blessures étranges. Et tout leur entourage pense que la disparue est Alice.


- Nouvelle Galerie
de Patrick Besson
Éditions Fayard / Octobre 2013


"L'époque: fin du XXe siècle, début du XXIe. Le lieu: presque toujours Paris. Les rencontres: une photographe (Bettina Rheims), une actrice (Vanessa Paradis), un académicien (Jean d'Ormesson), un acteur (Jean Yanne), une princesse (Charlotte Casiraghi), une Russe (Elena Lenina), une romancière (Françoise Sagan), un mensuel (Playboy), deux académiciennes (Élodie Frégé et Sofia Essaïdi), une fille (Mazarine Pingeot), une star (Sophie Marceau), un photographe (Helmut Newton), un juré Renaudot (Frédéric Beigbeder), un festival (Cannes), une comédienne (Emmanuelle Seigner), un mort (Jacques Martin), une ex-première dame (Carla Bruni), un biographe (Patrick Poivre d'Arvor), une pop star (Michael Jackson) et une cinéaste (Maïwenn), le tout écrit dans ce style endiablé que mes lecteurs connaissent bien et que j'invite mes non-lecteurs à découvrir". Patrick Besson


- Oscar a toujours raison
de Xavier Darcos
Éditions Plon / Octobre 2013


La redécouverte d'Oscar Wilde, un écrivain lucide, séducteur et insoumis, qui voit la société comme une farce ou chacun joue la comédie, et qui s'en amuse. Un esprit inventif et très actuel. Oscar Wilde aimait les artistes, le monde du théâtre et des salons, les quartiers interlopes, les gentlemen qui mènent une double vie, les miroirs, les poètes, le non-sens et les objets baroques. Cet esprit si libre est une cure de jouvence en ces temps de morosité mondialisée et moralisatrice. Oscar Wilde se méfiait des doctrinaires et des théoriciens. Il voyait la société comme une farce, ou chacun joue la comédie. Il en révèle les déguisements et les feintes, s'en amuse au lieu de s'en offusquer. C'est de cette lucidité stimulante que je veux ici témoigner. Je prends Wilde comme il est, touche-à-tout, dispersé, indiscret. Je le laisse gloser sur tout, comme s'il était là, parmi nous, toujours titillé et, plus encore, consterné par le spectacle du monde.


- Partir à la guerre
de Karl Marlantes
Éditions Calmann Lévy / Octobre 2013


"Une nation qui fait une grande distinction entre ses érudits et ses guerriers verra ses réflexions faites par des lâches et ses combats menés par des imbéciles". Roi de Sparte, cité par Thucydide
Ainsi commence cet essai remarquable sur la guerre, les pays qu'elle frappe et les jeunes hommes qui la font. En onze chapitres, dont "Tuer", "Le sentiment de culpabilité", "L'insensibilisation et la violence", "L'héroïsme", "Le retour au pays" ou encore "Le lien avec Mars", l'ouvrage aborde en termes simples, vécus et érudits, les questions que devraient se poser le soldat qui part au feu, l'instructeur qui l'entraîne à tuer et l'autorité politique qui l'envoie à la guerre. Écrit en partie pour aider l'auteur à réintégrer la civilisation du "Tu ne tueras point" après avoir tué, ce livre aborde aussi les changements dus aux évolutions techniques d'un armement qui éloigne les combattants, désacralise les rites qui valorisaient le soldat et lui permettaient de retrouver des femmes au rôle contraire au sien: celui de donner la vie au lieu de la prendre.


- Penser la Terre
Plaidoyer optimiste pour notre futur
de Tim Flannery
Éditions Buchet Chastel / Octobre 2013


Penser la Terre aujourd'hui, c'est embrasser son histoire depuis des millénaires et choisir entre deux figures tutélaires: devons-nous, avec Médée, continuer à maltraiter notre planète et l'ensemble des organismes qui la peuplent, au risque de nous condamner à l'extinction? Ou bien, comme Gaïa, préférons-nous considérer que l'avenir de l'homme et celui de la Terre sont étroitement liés et que préserver la vie dépend d'abord de nous? Dans cet essai résolument optimiste, Tim Flannery fait le choix de suivre Gaïa et défend une vision holistique du vivant: notre planète, tel un véritable organisme, est constituée d'éléments intimement dépendants les uns des autres. Le salut ne peut passer que par la collaboration, dont le premier défi est crucial: gérer intelligemment notre environnement, non par la création d'un gouvernement mondial mais par le respect de règles communes.


- Pour le meilleur et pour le pire
de Belva Plain
Éditions Belfond / Octobre 2013


Peut-on jamais échapper à son passé? La redécouverte d'un des romans les plus originaux de la reine de la saga familiale. À trente-cinq ans, Jenny Rakowsky a enfin trouvé l'homme de ses rêves: Jay Wolfe, tendre, séduisant et fortuné. Mais comment être à la hauteur de ce prince charmant? Comment assumer ses origines modestes et son passé houleux face à la très conservatrice famille Wolfe? Et voici qu'un soir, l'enfant qu'elle avait abandonné vingt ans plus tôt surgit sur son palier, bouleversant toute sa vie. Déchirée entre le désir de réparer le passé et la peur de briser son avenir, mise sur la sellette par des adversaires sans scrupules, Jenny trouvera-t-elle le courage de tout risquer et d'avouer son secret?


- Que viva la musica
de Andrés Caicedo
Éditions 10-18 / Octobre 2013


Le jour ou María, petite-bourgeoise de dix-sept ans, sèche son énième rendez-vous avec de jeunes marxistes, elle bouscule la vie tracée pour elle et se jette à la nuit: fêtes, drogues, amours multiples, rock et salsa. Dans la ville de Cali et l'effervescence des 70's, elle choisit l'errance, à la poursuite d'elle-même et d'un rêve insaisissable: celui d'une jeunesse absolue.


- Reflex
de Maud Mayeras
Éditions Anne Carrière / Octobre 2013


Chaque fois, le même phrasé trivial au bout du fil, les mêmes gorges calcinées, gavées de fumée jusqu'aux lèvres. Et, chaque fois, cette même question: Tu es disponible, Iris? Je suis toujours disponible". Iris, photographe de l'Identité judiciaire, shoote comme d'autres boivent, pour adoucir la douleur. Pour oublier la mort de son fils, Swan, sauvagement assassiné onze ans auparavant. Henry Witkin, fruit d'une lignée chaotique de filles mères, tue pour le besoin de se vautrer dans la chaleur des chairs. Il écorche ses victimes avec soin et collectionne leurs odeurs comme des trophées. Lorsque la canicule assèche la ville, lorsqu'elle détrempe les corps et échauffe les esprits, alors les monstres se révèlent. Ce n'est que lorsqu'il est pris au piège que le Mal dévoile ses canines. Une histoire de cœurs étranglés, de mères aux crocs luisants, de prédateurs affamés.


- Retour à Salem
de Hélène Grimaud
Éditions Albin Michel / Octobre 2013


Un soir à Hambourg, Hélène Grimaud pousse la porte d'un antiquaire. Elle ne sait pas qu'à cet instant précis sa vie bascule dans l'Ailleurs, et dans une succession d'évènements qui la ramèneront de l'Europe aux États-Unis, à Salem, le refuge de ses loups, pour reprendre, à leurs côtés, sa lutte contre la destruction de la nature. Récit autobiographique? Roman fantastique? Tel est l'enjeu de ce livre qui alterne conte initiatique et journal personnel, et qui croise, jusqu'au vertige, fiction et réalité. À la suite des grands romantiques dont elle est l'interprète mondialement célébrée, Hélène Grimaud nous invite à ouvrir les yeux, les oreilles et le cœur.


- Revanche
de Cat Clarke
Éditions Robert Laffont / Octobre 2013


Kai et Jem sont inséparables. Jem aime secrètement son meilleur ami, qui serait l'homme idéal s'il ne préférait les garçons. À la fin d'une soirée d'ivresse chez des amis communs, Jem rentre seule chez elle, Kai demeurant étonnamment introuvable. C'est le lendemain que tout bascule: la jeune fille reçoit un email de la part de ce dernier, avec en pièce jointe une vidéo de lui en compagnie d'un garçon qu'il a trouvé postée sur Internet. Cette vidéo plus que compromettante est très vite partagée par tout le lycée et Kai reçoit une salve d'e-mails agressifs qu'il ne peut bientôt plus supporter. Lui qui n'avait pas encore fait son coming out finit par craquer et se suicide. À la suite de ce drame, Jem prend trois résolutions: découvrir la vérité, venger son ami et se suicider elle aussi. Alors qu'elle mène sa petite enquête, elle reçoit un jour une lettre anonyme contenant trois noms: ceux des responsables. Sans hésitation, Jem abandonne son look gothique et décide d'approcher ces garçons. Mais sont-ils réellement les coupables?


- Sans garde-fou
de Françoise Henry
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


Sonia est une grande blonde séduisante d'une quarantaine d'années qui vit seule, presque sans nouvelles de son fils. Sa profession d'assistante sociale l'amène à venir voir régulièrement André dans son immeuble géré par l'Organisme Social de la Ville. André est plongeur dans un "atelier protégé", célibataire un peu farfelu, souvent aidé par ses voisins à qui il raconte tout ce qui lui passe par la tête. Il se réjouit des visites de Sonia, elle se prend d'affection pour lui. Mais peu à peu, une succession de malheurs s'abattent sur lui: la mort de son père, l'éloignement de sa mère prise en charge par sa sœur qui le méprise et, le coup de grâce, son licenciement. En quelques mois, cet homme sombre dans la misère et la folie. Le livre s'ouvre sur un appel téléphonique resté en suspens. Dès la sonnerie, Sonia a l'intuition que c'est lui, bien qu'aucune voix ne lui parvienne. Mais pourquoi a-t-il raccroché? Est-il arrivé quelque chose? Sonia part à la recherche de cet homme. Jaillissent alors des images, des souvenirs de ces quelques mois où ils se sont côtoyés, connus, aimés peut-être.


- Schproum
de Jean-Yves Cendrey
Éditions Actes Sud / Octobre 2013


En janvier 2012, alors qu'il travaille à un nouveau roman, Jean-Yves Cendrey se voit soudain affecté de troubles physiques aussi intenses que persistants qui l'obligent à abandonner l'ouvrage en cours. Tandis que les médecins demeurent impuissants à délivrer un diagnostic, l'écrivain, incarcéré dans un corps souffrant inédit, affronte l'angoisse de se voir irrémédiablement glisser vers le néant. Mais, au terme de maintes épreuves, il débusque son invisible agresseur, lequel n'est autre que notre univers saturé d'ondes électromagnétiques. Contraint d'assumer son nouveau statut de "sujet électrosensible", il rejoint ainsi la cohorte de ces sacrifiés dont la pathologie fait l'objet, de la part de nos sociétés, d'un persévérant déni. Récit tétanisant d'une année de confiscation d'existence dans la vie d'un individu, ce témoignage d'intervention et de combat où Jean-Yves Cendrey convoque avec éclat la littérature enfin reconquise donne à comprendre, de l'intérieur, la nature profonde de la potentielle catastrophe sanitaire que favorise la complaisance des pouvoirs publics envers le lobby des ondes. Et révèle l'exorbitant tribut payé à la modernité et à la loi du profit par d'embarrassants patients chez qui s'incarne la nouvelle forme de maltraitance qui menace le corps collectif de la communauté humaine.


- Si vaste d'être seul
de Tristan Cabral
Éditions Cherche Midi / Octobre 2013


Tristan Cabral a toujours mis son cœurs en concordance avec celui des "suicidés de la société", des réfractaires, des élus qui érigent leur solitude en "barricade mystérieuse". Il se veut, une fois de plus, le témoin vigilant de la déshumanité ambiante. Face aux modernes barbares, il oppose ses mots mis à nu. Ces nouveaux poèmes, au lyrisme toujours aussi flamboyant, à la lisibilité immédiate, frappent par leur présence douloureuse au monde.


- Somnambule dans Istanbul
de Éric Faye
Éditions Stock / Octobre 2013


"Enfant, j'étais parfois somnambule et me levais en pleine nuit pour faire quelques pas, dans un état second. Le somnambule a peur de lui-même, voilà ce dont je me souviens. Il est seul, parmi les hommes, à vivre par moments à son insu. Peut-être est-ce cela, l'enfer, ou l'une de ses filiales: s'éveiller avec le souvenir trouble d'actes qu'on n'avait pas l'intention de commettre. Reprendre contact avec soi-même dans un taxi, avec, au compteur, des kilomètres dont on ne peut répondre. Peut-être est-ce tout simplement la définition de la vie: un long parcours dans Istanbul dont, le lendemain, on ne garde aucune trace". Qu'est-ce qui définit une identité? Des lieux? Une langue? Ou plutôt une époque, avec ses ciels de traîne et ses tonalités bien à elle? Partant d'une tentative d'explication, Éric Faye nous emmène sous des latitudes boréales, du Groenland à la Sibérie, en Europe centrale et sur les lieux d'Hitchcock en Californie, quand ce n'est pas dans les rues d'Istanbul, à la poursuite somnambulique d'un "sultan rouge" déchu, celui-là même qui avait permis l'ouverture du mur de Berlin, dont il est aussi question ici. De l'Allemagne à Nagasaki, de Hiroshima à Okinawa, le passé hypnotise celui qui passe, comme si l'identité, au fond, n'était rien d'autre qu'un peu de temps porté sur les épaules.


- Son âme de papier
de Yasmine Ghata
Éditions Fayard / Octobre 2013


"Mon corps est épuisé, écris pour moi, raconte cette mère oxydée par les mots, érodée par les lettres. Tu as le droit de tout dire". Comment obéir à une telle injonction? Suzanne est romancière et fille de romancière. Dès l'enfance, les mots ont irrigué ses organes en croissance. Mais au chevet de sa mère mourante, Suzanne ne sait plus si elle écrira encore. Les mots ne lui appartiennent pas, elle les a reçus en héritage, et même les souvenirs d'enfance de sa mère, dans un village des montagnes libanaises, semblent supplanter les siens. Alors monte en Suzanne une inquiétude: et si cet héritage était une dette? Et si, de livre en livre, sa mère n'avait jamais cherché qu'à se débarrasser d'un fardeau qu'elle aurait fi ni par lui transmettre? Or Suzanne a déjà trop écrit pour ignorer qu'une dette contractée en littérature ne peut se solder qu'en littérature.


- Sorti de rien
de Irène Frain
Éditions Du Seuil / Octobre 2013


Un jour, un journaliste m'interpelle: "Vous qui êtes sortie de rien…" Quel rien? La misère qui fut celle de mon père? Je retourne en Bretagne. Le fil du passé n'est pas encore rompu, les gens se souviennent, un monde stupéfiant ressuscite, un lignage archaïque dont j'ignorais l'existence, rudesse et merveilles, austérité et truculence, cocasserie, poésie. L'esprit même de mon père, l'humilié qui ne plia jamais devant l'adversité. Une colère ancestrale prend alors la parole et me dicte, sans me laisser d'issue: "Cherche donc ce qu'il fut, ce Rien dont tu es la fille. Et dis-le". Je m'incline, je croise ce passé avec ce qu'il me reste de mon père: la légende familiale, ses récits, ses carnets, toutes ces lettres qu'il écrivit lorsqu'il était prisonnier des nazis. Des énigmes s'expliquent, des secrets se dévoilent. Oui, mon histoire, jusqu'à mon prénom, est bien fille de la sienne: le combat d'un Breton "sorti de rien". Combien sont-ils encore, sur la planète, à vouloir sauver comme lui le seul trésor qui vaille: la dignité?


- Sous le toit du monde
de Bernadette Pécassou-Camebrac
Éditions Flammarion / Octobre 2013


Au soir du 1er juin 2001, le roi du Népal est sauvagement assassiné avec les siens dans son palais royal à Katmandou. La princesse de vingt ans est décapitée au moment où elle s'enfuyait. Personne ne sait qui est à l'origine de ce massacre. Inspiré de faits réels, ce roman révèle les drames méconnus de la ville de Katmandou ainsi que la magie du Népal et de ses hautes neiges sacrées.


- The Guitrys
de Éric-Emmanuel Schmitt
Éditions Albin Michel / Octobre 2013


Durant les années folles, pendant quatorze ans, Yvonne Printemps et Sacha Guitry règnent sans partage sur la scène artistique et mondaine internationale. Amants magnifiques et impossibles, ils vont vivre une vraie passion, traversée de querelles, de tromperies, et de jalousie. Et si l'histoire de ce couple légendaire nous était contée par Sacha lui-même? Si l'auteur de Chagrin d'amour et de La jalousie en avait confié la dramaturgie et les dialogues à Éric-Emmanuel Schmitt, complice de cette comédie étincelante de verve et d'esprit?


- Tout s'effondre
de Chinua Achebe
Éditions Actes Sud / Octobre 2013


Dans le village ibo d'Umuofia, Okonkwo est un homme dont la puissance et le courage sont vantés par tous, dont la voix est écoutée. Rejeton d'un père lâche et paresseux, il doit à lui seul ce qu'il est aujourd'hui: un fermier prospère qui veille sur ses trois épouses et sur ses huit enfants, un sage guerrier jouissant de la confiance des anciens. Son monde repose sur un équilibre cohérent de règles et de peurs, de rituels et de traditions. Okonkwo habite ce monde, l'accepte et le maîtrise, il en est même l'un des garants. Ce qu'il ignore, c'est que l'extérieur s'apprête à violer une réalité qu'il croyait immuable: les missionnaires d'abord, les colons britanniques ensuite vont bientôt bouleverser irrémédiablement l'existence de tout son peuple. Tragique roman à la langue limpide, fable cruelle retraçant la destinée d'un homme fier qui ne plie pas, Tout s'effondre rend hommage à l'Afrique précoloniale à l'aube de sa décomposition. "Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, l'histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur", dit un proverbe africain que Chinua Achebe aimait à citer. Avec ce roman magistral, il devenait l'un des premiers lions du continent à prendre la plume.


- Traversé par la rage
de Andrés Caicedo
Éditions Belfond / Octobre 2013


Dans la Colombie des années 70, l'épopée urbaine d'un adolescent qui avance dans la vie à coups de poing, animé d'un idéal emprunté à La Fureur de vivre et aux Sept Samouraïs. Roman d'apprentissage virtuose, portrait survolté d'une société sur le point d'exploser sous la pression des inégalités et de la violence étatique, l'odyssée urbaine d'un jeune rebelle dans la Colombie du début des années 1970. Révolté contre les riches membres de sa famille qui ont exclu sa mère et l'ont réduite au dénuement le plus total, un très jeune garçon décide de prendre sa revanche sur la vie. Animé d'un insatiable appétit de rébellion, il s'instruit devant La Fureur de vivre et West Side Story, côtoie la Tropa Brava, un gang de voyous intrépides, se grise de liberté, caillasse les fenêtres des riches, et se forge une réputation de vrai dur dans toute la ville de Cali. Tout à sa quête farouche d'indépendance et d'affirmation de soi, il se lance à corps perdu dans la révolte sociale qui secoue son pays, ignorant tout de la féroce répression qui, déjà, se prépare à mater dans le sang les espoirs de toute une génération.


- Tyrannicide
de Giulio Minghini
Éditions Nil / Octobre 2013


"Pas mal, n'est-ce pas? Cela vaut largement certaines niaiseries qu'on lit dans la NRF en tout cas". Il y a quinze ans que Gérard J. attendait ce courrier. Quinze ans, et enfin la sixième version du manuscrit auquel il aura consacré tous ses efforts lui vaut un billet manuscrit de Philippe Sollers. Après les lettres types d'une politesse glacée, après les rapports de lecture aussi malhonnêtes qu'impitoyables, le plus illustre éditeur de Paris a donc consenti à répondre lui-même à cet éternel candidat à la "Blanche". Il était temps: la négligence d'un seul homme ne privait-elle pas des millions de lecteurs du plus grand roman écrit depuis un demi-siècle? Hélas, l'injustice et la mauvaise foi sont encore au rendez-vous. La maison Gallimard ne semble toujours pas prête à faire rayonner l'astre littéraire Tyrannicide! Consterné par l'arrogance désinvolte de son interlocuteur, Gérard J. ne se résoudra pas à ce sixième refus sans exprimer une fureur et une frustration trop longtemps contenues. L'éditeur comprend-il bien qu'il lui a volé rien moins que sa vie? Qu'il a condamné un immense écrivain, promis à une palpitante existence parisienne, à moisir dans un lycée technique de Pau? À rester un vieux garçon offrant le plus clair de son temps à sa mère handicapée?... Non, bien sûr. C'est pourquoi Gérard J. se voit contraint, dans une lettre à la férocité légitime, de lui exposer ses propres idées sur la notion de crime littéraire.


- Un américain, un vrai
de Henry Roth
Éditions de l'Olivier / Octobre 2013


1938. Ira Stigman, le double fictionnel d'Henry Roth, est en plein tourment: il peine à écrire son second roman et vient de rencontrer la nouvelle femme de sa vie, Muriel Parker, une américaine "typique", à l'opposé de ses modestes origines d'immigré juif. Fuyant la colère de son ex-compagne Édith, qui l'entretient depuis des années, Ira part avec un ami communiste à Los Angeles. Puis, fou amoureux, il décide de rejoindre Muriel à New York. Il se lance alors dans une traversée épique des États-Unis, en stop et en train, croisant sur son chemin hobos violents et paysans antisémites. Arrivé à Manhattan, Ira affrontera-t-il enfin sa vie et ses choix, pour devenir un américain, un vrai? Magnifique roman d'amour autobiographique, il nous offre aussi deux fascinants portraits: celui d'Ira qui voit l'immigré qu'il était, le "yidele élevé au milieu des taudis de Harlem", se transformer en bourgeois, et celui d'un peuple entier subissant une crise sans précédent. Henry Roth recrée brillamment la vie intellectuelle du New York des années 1930, et dépeint également une autre Amérique, qu'il affectionne tout autant, sombrant dans la Grande Dépression et la désillusion politique.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 10:11

- Une étoile mystérieuse
de Frank Eskenazi
Éditions Du Seuil / Octobre 2013


Chez moi, on était juifs de père en fils. Enfant, je le fus donc à mon tour. Mais pour quoi faire? À douze ans, je croisais le chemin d'un vieil homme au regard profond: "Sauras-tu en faire autre chose qu'un mot?" C'est ainsi que tout a commencé. Depuis la guerre, ma famille entière demeurait tapie dans le silence. Je devrais tout apprendre par moi-même. Entre les bus de Vichy remplis d'israélites et ceux de Maurice Papon chargés de bougnoules, le monde m'apparut comme gelé de l'intérieur. À l'école, les gamins antisémites me faisaient honte, sans que je sache dire vraiment de quoi. Tous avaient décidé pour moi ce qu'était être juif: Auschwitz et Israël, en boucle jusqu'à l'épuisement. Était-ce seulement cela? F.E.


- Une question de discipline
de Antoine Compagnon et Jean-Baptiste Amadieu
Éditions Flammarion / Octobre 2013


Ces entretiens introduisent à l'œuvre d'A. Compagnon, professeur de littérature française au Collège de France, qui aborde des sujets aussi divers que l'esthétique de Proust ou la littérature "antimoderne". Revenant sur son itinéraire le menant de Polytechnique à la littérature française, ce dialogue met en lumière son approche inventive de l'histoire littéraire.


- Une séparation
de Véronique Olmi
Éditions Albin Michel / Octobre 2013


"Cela va vite, une séparation. Il suffit d'un mot pour défaire des mois, des années d'amour, c'est comme dynamiter sa maison, on craque une allumette et tout s'effondre". Une séparation est la dernière pièce de Véronique Olmi dont le théâtre, de Chaos debout à Mathilde, est monté en France et à l'étranger par les plus grands metteurs en scène, et couronné par de nombreux prix.


- Une vie de petits fours
de Sébastien Marnier
Éditions JC Lattès / Octobre 2013


"J'ai toujours aimé la politique mais je ne connaissais rien à la politique. Je n'en maîtrisais pas les rouages, pas les filouteries, pas les flagorneries. Je n'avais personne à faire chanter ni à qui faire des promesses. Avant de me lancer dans la bataille, j'avais une vision trop simpliste de ce que pouvait être une campagne, je pensais que ce serait une course équitable entre plusieurs adversaires et Que le meilleur gagne! Non je ne connaissais rien à la politique. Qu'elle soit nationale ou locale, la victoire se joue toujours au centre mais elle se gagne en coulisse, dans les caves et les souterrains, au plus profond des nappes phréatiques. Le programme n'y change rien. C'est ce qui relie le candidat aux puissants qui compte". À Paris Théophane Tolbiac était un réalisateur prometteur, à Gueux où il s'est installé il y a deux ans, il n'est que le petit-fils d'une grand-mère fantasque. Lorsqu'il décide de se présenter aux élections municipales, il semble cumuler tous les handicaps. Il est le parachuté de la campagne, l'homme sans parti puissant, sans étiquette, le candidat le plus jeune dans une ville vieillissante. Mais Théophane Tolbiac aime les défis et se nourrit de ses contradictions: il est idéaliste et cynique, dévoré par l'ambition et le doute, certain de ne pouvoir l'emporter et espérant tout changer.


- Une vie entre deux océans
de M. L. Stedman
Éditions Stock / Octobre 2013


Libéré de l'horreur des tranchées où il a combattu, Tom Sherbourne, de retour en Australie, devient gardien de phare sur l'île de Janus, une île sur les Lights, sauvage et reculée. À l'abri du tumulte du monde, il coule des jours heureux avec sa femme Isabel; un bonheur peu à peu contrarié par l'impossibilité d'avoir un enfant. Jusqu'à ce jour d'avril où un dinghy vient s'abîmer sur le rivage, abritant à son bord le cadavre d'un homme et un bébé sain et sauf. Isabel demande à Tom d'ignorer le règlement, de ne pas signaler "l'incident" et de garder avec eux l'enfant. Une décision aux conséquences dévastatrices. Un premier roman plébiscité dans le monde entier qui interroge les liens du cœur et du sang.


- Vilaines filles
de Megan Abbott
Éditions JC Lattès / Octobre 2013


Addy et Beth sont fortes, dures à cuire, inséparables et invincibles. Membres de l'équipe de pom-pom girls du lycée, "parce qu'il faut bien quelque chose pour occuper le vide de l'adolescence". Elles sont parfaites: leurs jambes galbées, leur ventre plat, leurs queues-de-cheval de la même longueur, leur maquillage irréprochable. Une nouvelle coach arrive au lycée et les choses commencent à changer. Grande, belle, intimidante, elle est parfaite elle aussi et place beaucoup d'espoir dans l'équipe. Toujours élégante, autoritaire, la coach mène la danse et les filles tombent vite sous sa coupe. Elles sont prêtes à tout pour obtenir ses faveurs: devenir sans cesse plus rapides, plus fortes, plus résistantes et plus minces, quitte à se faire vomir. Leur monde insipide et sans profondeur se resserre. Mais un jour, la coach franchit la ligne de trop. Un roman ravageur sur l'adolescence, la fatuité des jeunes filles, la séduction, la jalousie et l'obsession, les rivalités amères et la manipulation. Ce n'est plus "regarde comme je suis parfaite" mais "regarde ce dont je suis capable".


- Violette Leduc
de Carlo Jansiti
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2013


Maurice Sachs lui "ordonna" d'écrire, Simone de Beauvoir la découvrit en 1945, Albert Camus la publia l'année suivante. Admirée par Cocteau, Genet, Jouhandeau et Sartre, Violette Leduc (1907-1972) est une figure des plus singulières de la littérature française du XXe siècle. Si ses premiers livres conquirent un cercle d'admirateurs fervents, ils ne touchèrent pas le grand public. Pendant vingt ans, Violette Leduc fut "un désert qui monologue". Ce n'est qu'en 1964, à la parution de La Bâtarde, récit autobiographique lancé par une élogieuse préface de Simone de Beauvoir, qu'elle sortit brutalement de l'ombre. Violette Leduc racontait sa vie sans fausse pudeur: bâtarde, laide, pauvre, amoureuse de femmes, d'homosexuels, voleuse à l'étalage et trafiquante au marché noir. Le succès de scandale de La Bâtarde, la personnalité pittoresque et attachante de l'auteur finirent pas masquer l'immense écrivain. Son esprit était trop libre pour ne pas choquer. Violette Leduc a traversé le siècle en défiant conventions et tabous avec une originalité, une hardiesse de ton encore aujourd'hui surprenantes. Grâce à de nombreux témoignages, et à une documentation inédite exceptionnelle, cette biographie retrace la vie parallèle de l'auteur de La Bâtarde, révèle les omissions et le travestissement, éclaire d'une lumière nouvelle et inattendue cette "sincérité intrépide" saluée par Simone de Beauvoir. Elle rend justice à un écrivain à redécouvrir.


- VS
de Zsuzsa Rakovszky
Éditions Actes Sud / Octobre 2013


Phénomène littéraire de l'année 2011 en Hongrie, ce grand roman raconte une histoire vraie. Celle de la comtesse hongroise Sarolta Vay (1859-1918) qui vécut, écrivit et aima sous l'identité d'un homme, en se faisant appeler Sándor Vay. Au tournant des XIXe et XXe siècles, dans le cadre haut en couleur de la monarchie austro-hongroise en déclin, voici le destin étonnant et romanesque d'un personnage d'une grande modernité.


- Yo-yo
de Steinunn Sigurdardóttir
Éditions Héloïse d'Ormesson / Octobre 2013


Martin Montag, trente-quatre ans, est radiothérapeute à Berlin. Lorsqu'il détecte une tumeur arrondie chez un patient, l'image d'un yo-yo rouge vif l'assaille, ce yo-yo qui l'a détourné de son chemin alors que, petit garçon, il rentrait de l'école. Submergé par son passé, le brillant cancérologue tente néanmoins de se concentrer sur le traitement. Son rôle n'est-il pas de tuer l'ennemi qui veut s'emparer d'une vie? Il décide de confier son trouble à son meilleur ami, Martin Martinetti, un ancien vagabond. À la croisée du drame psychologique et de l'humour noir, Yo-yo est le récit sensible et cocasse de la quête éperdue d'un remède, autant que celui de la traque du mal.


- 180 jours
de Isabelle Sorente
Éditions JC Lattès / Septembre 2013


180 jours, c'est le temps qui sépare la naissance d'un porc de sa mort à l'abattoir. Ce sont aussi les six mois qui font basculer la vie d'un homme. Quand Martin Enders accepte de se rendre dans un élevage industriel pour les besoins de son travail universitaire, il n'imagine pas que le cours de sa vie va s'en trouver bouleversé. Par les secrets que lui révèle Camélia, le porcher. Et par les quinze mille bêtes enfermées dans les différents bâtiments. Fondé sur la propre enquête de l'auteur, dévoilant le quotidien surnaturel des animaux dans les systèmes de production industriels, 180 jours est l'histoire d'une amitié entre deux hommes que tout semblait séparer, mais aussi celle de leur rapport aux bêtes. Avec ce roman, Isabelle Sorente nous entraîne au bout des départementales, dans les couloirs inavouables de notre modernité, où montent les voix de ceux qui sont privés de parole.


- A comme aujourd'hui
de David Levithan
Éditions Les Grandes Personnes / Septembre 2013


Chaque matin, A se réveille dans un corps différent, dans une nouvelle vie, et ne dispose d'aucun moyen de savoir où et "qui" sera son hôte. Une seule chose est sûre: il n'empruntera cette identité que le temps d'une journée. Aussi incroyable que cela paraisse, A a accepté cet état de fait, et a même établi plusieurs règles qui régissent son existence singulière: ne pas s'attacher; ne pas se faire remarquer; ne jamais s'immiscer dans la vie de l'autre. Des préceptes qui resteront les siens jusqu'à ce qu'il se réveille dans le corps de Justin, 16 ans, et qu'il fasse la connaissance de Rhiannon, sa petite amie. Dès lors, plus question de subir sans intervenir. Car A vient de croiser quelqu'un qu'il ne peut laisser derrière lui, ce jour-là, le suivant, jour après jour. Une romance captivante, qui tente de décrypter ce sentiment complexe qu'est l'amour, à travers le destin de ces deux héros que tout semble vouloir séparer. Ou comment parvenir à aimer lorsque l'on est condamné à ne vivre qu'au présent.


- Albert Camus, un portrait
de Baptiste Marrey
Éditions Fayard / Septembre 2013


"J'ai eu l'incroyable chance de travailler avec plusieurs hommes admirables. Parmi eux, le plus connu, le plus exemplaire, et sans doute celui que j'ai le plus aimé fut Albert Camus. La première rencontre, le premier choc, fut celui du style et de la voix inimitable de l'écrivain, qui disait ce que mes vingt ans souhaitaient entendre, avec impatience: il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux: juger si la vie vaut ou ne vaut pas d'être vécue. Au sortir de la guerre, la rigueur de Sisyphe allait droit au cœur autant qu'à la raison. La seconde rencontre fut ce jour miraculeux, autour de Pâques 1953, où nous nous retrouvâmes par hasard en tête à tête dans une auberge de Cabris, dans l'arrière-pays niçois. Nous ne nous perdrions plus de vue.La personne de Camus, son sourire, son accent, son élégance et sa simplicité, sa disponibilité, puis nos échanges épistolaires, nos entrevues, l'aventure de la création théâtrale, sa pièce Les Justes, l'amitié grandissante et le coup terrible de sa mort… je vais essayer, après tant d'années, avant que tout ne s'efface et que ma mémoire ne se brouille, d'effectuer cette descente dans ce que je n'ai pas oublié, que j'avais enfoui au plus profond puisque c'est ce que j'avais de plus précieux". B.M.


- Au bord de la mer violette
de Alain Jaubert
Éditions Gallimard / Septembre 2013


Le Vieux-Port de Marseille au temps de sa splendeur. Un soir de l'été 1875, deux très jeunes gens, un Français et un Polonais, se rencontrent au bord des quais pittoresques de la ville la plus remuante d'Europe. Ils sont tous les deux profondément marqués par l'Odyssée, par Victor Hugo, par Jules Verne et surtout par Baudelaire. Ils rêvent d'aventures exotiques, de mers lointaines, de déserts ou de tempêtes, de rencontres surprenantes, de terres inconnues, de peuples sauvages. L'un deviendra le plus célèbre des poètes français, connaîtra une étrange carrière, exil, errances, disparaîtra au loin avant de revenir mourir dans la cité phocéenne. L'autre, d'abord marin pendant vingt ans, changera de langue et se métamorphosera en l'un des plus grands romanciers britanniques du XXe siècle. Ils ne se reverront jamais et pourtant leurs vies offrent de troublants parallèles, au cœur d'une Histoire mouvementée, de la Commune à la Grande Guerre. Le lecteur devinera aisément les noms de ces deux personnages devenus légendaires et dont les destins croisés composent un vrai roman d'aventures et d'inquiétude.


- Bois sauvage
de Jesmyn Ward
Éditions 10-18 / Septembre 2013


Bois Sauvage, Mississippi, 2005. Esch a quatorze ans, un père désabusé et une fratrie bancale: Randall qui rêve d'échappée, Skeet et son pitbull, Junior, en mal de tendresse. Grandie trop vite sur une terre oubliée, enceinte, elle l'ignore mais dans dix jours, une tornade va frapper la Louisiane. C'est Katrina, la mère de tous les ouragans, qui telle Médée est venue semer la désolation. Ode sublime à l'amour, à la nature et à la rédemption, Bois sauvage est un roman envoûtant, aux accents faulknériens, porté par un lyrisme sensuel et une grâce insensée.


- Brouillard
de Jean-Claude Pirotte
Éditions Cherche Midi / Septembre 2013


Le narrateur, double de Pirotte, en proie aux métastases et à la chimiothérapie, se penche sur son passé. Celui-ci le rejoint dans un présent où sa mort approche, où d'anciens sentiments de culpabilité le rattrapent. Le jeune homme qu'il fut, entouré de poésie alors qu'il fréquente des voyous et semble leur prêter la main, ne cesse de se reprocher chacune de ses aventures, qui l'ont mené à un mariage obscur, une naissance, et la perte de ce qu'il se croyait en mesure de sauver d'une existence erratique. L'enchevêtrement des événements, dont ses carnets retrouvés font foi, conduit le lecteur à se poser, comme souvent, la question du rachat par la littérature, telle que se la posent l'auteur et le narrateur. La vie est un brouillard.


- Certaines n'avaient jamais vu la mer
de Julie Otsuka
Éditions 10-18 / Septembre 2013


Ces japonaises ont tout abandonné au début du XXe siècle pour épouser aux États-Unis, sur la foi d'un portrait, un inconnu. Celui dont elles ont tant rêvé, qui va tant les décevoir. Chœur vibrant, leurs voix s'élèvent pour raconter l'exil: la nuit de noces, les journées aux champs, la langue revêche, l'humiliation, les joies aussi. Puis le silence de la guerre. Et l'oubli.


- Ceux de l'autre rive
de Christopher Buehlman
Éditions Fleuve Noir / Septembre 2013


1935. Suite à un héritage, Frank et Eudora s'installent à Whitbrow, en Géorgie, ou le grand-père de Frank possédait une plantation. Le village, entouré d'une forêt obscure, se révèle accueillant, et le couple s'intègre vite à la communauté. Pourtant, en cherchant à retracer l'histoire de son aïeul, un général de l'armée confédérée esclavagiste, Frank va réveiller des forces qui le dépassent. D'où vient l'étrange coutume des habitants d'envoyer des animaux de ferme vivants dans la forêt? Qui vit de l'autre côté de la rivière?


- Concerto à la mémoire d'un Ange, Alban Berg 1935
de Alain Galliari
Éditions Fayard / Septembre 2013


Par sa beauté formelle et son lyrisme, le Concerto à la mémoire d'un Ange d'Alban Berg a séduit un large public, dès sa création. À sa charge émotionnelle, l'œuvre est dédiée à Manon Gropius, fille d'Alma Mahler, dont la mort à l'âge de dix-huit ans, en 1935, frappa le Tout-Vienne, s'est très vite superposée une légende: parce qu'il composa son concerto sous le choc de cette mort prématurée, et qu'il mourut soudain lui-même en décembre de la même année, Berg aurait eu en écrivant cette œuvre funèbre la prémonition de sa propre fin, composant par anticipation son requiem. Alain Galliari démêle ici la légende et la réalité, en ouvrant sur les derniers mois de la vie de Bergdes perspectives inédites: des informations biographiques et une observation fine de certains détails de la partition lui permettent de battre en brèche cette interprétation trop séduisante. Sa réflexion, associée à une empathie profonde avec l'œuvre et avec ce que Berg vécut intérieurement au long de sa dernière année de vie, révèle des prolongements bien plus riches, qui nous font mieux comprendre le bouleversement que le Concerto à la mémoire d'un Ange ne cesse d'engendrer chez ses auditeurs.


- Confiteor
de Jaume Cabré
Éditions Actes Sud / Septembre 2013


Barcelone années cinquante, le jeune Adrià grandit dans un vaste appartement ombreux, entre un père qui veut faire de lui un humaniste polyglotte et une mère qui le destine à une carrière de violoniste virtuose. Brillant, solitaire et docile, le garçon essaie de satisfaire au mieux les ambitions démesurées dont il est dépositaire, jusqu'au jour où il entrevoit la provenance douteuse de la fortune familiale, issue d'un magasin d'antiquités extorquées sans vergogne. Un demi-siècle plus tard, juste avant que sa mémoire ne l'abandonne, Adrià tente de mettre en forme l'histoire familiale dont un violon d'exception, une médaille et un linge de table souillé constituent les tragiques emblèmes. De fait, la révélation progressive ressaisit la funeste histoire européenne et plonge ses racines aux sources du mal. De l'Inquisition à la dictature espagnole et à l'Allemagne nazie, d'Anvers à la Cité du Vatican, vies et destins se répondent pour converger vers Auschwitz-Birkenau, épicentre de l'abjection totale. Confiteor défie les lois de la narration pour ordonner un chaos magistral et emplir de musique une cathédrale profane. Sara, la femme tant aimée, est la destinataire de cet immense récit relayé par Bernat, l'ami envié et envieux dont la présence éclaire jusqu'à l'instant où s'anéantit toute conscience. Alors le lecteur peut embrasser l'itinéraire d'un enfant sans amour, puis l'affliction d'un adulte sans dieu, aux prises avec le Mal souverain qui, à travers les siècles, dépose en chacun la possibilité de l'inhumain, à quoi répond ici la soif de beauté, de connaissance et de pardon, seuls viatiques, peut-être, pour récuser si peu que ce soit l'enfer sur la terre.


- Danse noire
de Nancy Huston
Éditions Actes Sud / Septembre 2013


Sur un lit d'hôpital, Milo s'éteint lentement. À son chevet, le réalisateur new-yorkais Paul Schwarz rêve d'un ultime projet commun: un film qu'ils écriraient ensemble à partir de l'incroyable parcours de Milo. Dans un grand mouvement musical pour chanter ses origines d'abord effacées puis peu à peu recomposées, ce film suivrait trois lignes de vie qui, traversant guerres et exils, invasions et résistances, nous plongeraient dans la tension insoluble entre le Vieux et le Nouveau Monde, le besoin de transmission et le rêve de recommencement. Du début du XXe siècle à nos jours, de l'Irlande au Canada, de la chambre sordide d'une prostituée indienne aux rythmes lancinants de la capoeira brésilienne, d'un hôpital catholique québecois aux soirées prestigieuses de New York, cette histoire d'amour et de renoncement est habitée d'un bout à l'autre par le bruissement des langues et l'engagement des cœurs. Film ou roman, roman d'un film, Danse noire est l'œuvre totale, libre et accomplie d'une romancière au sommet de son art.


- Décompression
de Juli Zeh
Éditions Actes Sud / Septembre 2013


Au mois de novembre sur l'île de Lanzarote: paysages minéraux, climat doux mais changeant. La faune et la flore sous-marines des environs en font un lieu de plongée recherché. Sven, le nonchalant instructeur, y organise des cours de plongée mais cette semaine-là, ce sont ses deux singuliers stagiaires qui semblent mener le jeu. Jola et Theo, couple berlinois très glamour, attirent Sven dans un piège. À moins que ce ne soit le contraire. Les sorties en mer se transforment en mises en scènes, provocation, désir et haine s'y invitent. Chacun risque de perdre la maîtrise de la situation et de sa vie. Et peut-être davantage encore. L'indifférence que Sven cultive se fissure. Et l'angoisse s'infiltre. Qui manipule qui? Décompression est un thriller intelligent et jubilatoire qui jongle avec nos idées préconçues: un Juli Zeh grand cru et un pur plaisir de lecture.


- Des voix dans le vent
de Grozdana Olujić
Éditions Gaïa / Septembre 2013


Au dix-septième étage d'un hôtel new-yorkais, Danilo Aracki ne dort pas vraiment. Des ombres jouent avec les néons, des voix chuchotent, grondent, murmurent leur histoire. Pour qu'elle ne tombe pas dans l'oubli. Danilo se souvient et assemble le puzzle des destinées de ses ancêtres à travers les tourments du XXe siècle. La tragédie est juste là, derrière la porte, mais l'histoire est aussi faite de légendes. Comme si pour lutter contre l'exil, pour renouer avec ses racines, le mythe et la magie des contes populaires étaient aussi nécessaires. Entre rêve et réalité, la saga des Aracki se dessine, et avec elle, celle des Balkans. Le temps d'une nuit, d'un souffle, les voix racontent.


- Deux sur la balance
de Agnès Laroche
Éditions Alice / Septembre 2013


Lisa ne se sent pas bien ce matin. Ce n'est pas le cours consacré à Moby Dick et les blagues vaseuses que ce roman inspire aux plus poètes de classe. Elle est grosse et on l'appelle Cachalot: c'est comme ça; elle en a l'habitude. Ce n'est pas non plus les trois croissants et les deux canettes de coca du petit-déjeuner. Ça aussi, elle en a l'habitude. Alors que se passe-t-il? Lisa est nauséeuse et fiévreuse. Sa concentration l'abandonne et son esprit divague. Elle se souvient de l'époque où elle était mince, au côté de sa sœur jumelle. C'était avant d'être une baleine, avant de s'inscrire dans ce bahut, avant que sa sœur ne meure. C'est ce jour-là que tout a basculé. D'abord, cesser de manger, pour disparaître, comme sa sœur. Ensuite, manger jusqu'à plus faim, pour combler un vide. Voir son père déserter parce que Lisa, la vivante, lui rappelle trop Nelly, la morte. Et cette balance qui ne cesse de grimper, comme s'il fallait exister pour deux. Chaque régime est un échec. Alors, quand on lui propose de participer à un camp de vacances pour ados obèses, Lisa accepte. Ne serait-ce que pour ne plus passer ses vacances chez ses grands-parents, où faire comme s'il ne s'était rien passé est devenu un art de vivre. Un camp salutaire où elle va faire une jolie rencontre. Quand elle rentre chez elle, elle a perdu du poids et compte bien continuer sur sa lancée. Pourtant, c'est le contraire qui se produit. Malgré tous ses efforts, son poids repart à la hausse. Pour quelles raisons? Et pourquoi se sent-elle si mal, ce matin? Agnès Laroche nous livre ici un magnifique un roman qui traite de la perte d'un être cher à l'adolescence, mais pas seulement. Car ce récit ne se contente pas de relater les difficultés d'une jeune fille qui a perdu une sœur jumelle et qui doit, à présent, affronter la vie sans sa moitié, mais pointe aussi un doigt accusateur vers des parents coupables de s'être préoccupés de leur souffrance au détriment de celle de leur enfant, vers des professionnels de la santé aux paroles parfois légères dont on ne soupçonne pas les conséquences, vers des ados que le jeune âge et la recherche identitaire poussent à être méchants, et vers des professeurs qui préfèrent détourner le regard et ignorer le harcèlement. Bref, un tableau réaliste de notre société où les jeunes sont trop tôt livrés à eux-mêmes et à leur souffrance. Ça égratigne, mais ça sonne juste.


- Écarlate
de Hillary Jordan
Éditions 10-18 / Septembre 2013


Coupable d'avortement afin de garder secrète une liaison interdite. À 26 ans, Hannah Payne est condamnée à être teinte en rouge, la couleur de son crime. Stigmatisée, mise au rebut d'une société américaine intolérante, victime d'un système judiciaire radical et de la haine des hommes, elle n'a plus qu'une seule issue: fuir à tout prix.


- Gains
de Richard Powers
Éditions 10-18 / Septembre 2013


1830. La famille Clare crée à Boston une fabrique de savon. Un siècle et demi plus tard, trustant l'industrie des détergents et l'ère du marketing, la voilà multinationale. 1998. Quarante ans, mère divorcée, Laura Bodey est courtier immobilier à Lacewood, siège des usines Clare Inc. Dans l'ombre de l'empire Clare, sa vie va soudain basculer, piégée par le cancer capitaliste. Revisitant l'histoire folle du libéralisme, Richard Powers interroge l'état du monde, se glisse dans le secret des êtres et signe un roman visionnaire, provocateur et bouleversant.


- J'ai perdu tout ce que j'aimais
de Sacha Sperling
Éditions Fayard / Septembre 2013


Sacha Sperling se donne la mort. Fictive, bien sûr. Comme ça c'est réglé. Mais fallait-il en arriver là? Il y a quelques mois que Sacha est de retour à Paris, après un long séjour à Los Angeles pour tâcher de se remettre du succès de son premier roman et de l'insuccès du deuxième. Il a retrouvé ses amis, ceux dont il s'est inspiré pour façonner les personnages de Mes illusions donnent sur la cour. Hier adolescents trop mûrs, aujourd'hui adultes immatures, hantant toujours les grands appartements de leurs parents, une coupe de champagne à la main et une plaquette de Xanax au fond d'une poche. L'accueil est froid. Comme si on lui en voulait d'avoir raconté les frasques d'autrefois. Seul Quentin semble content de revoir Sacha. Mais Quentin a changé. Ses chemises voyantes, ses montres chères ainsi que son attitude étrange créent un malaise à chacune de ses apparitions. Dans un château des environs de Paris, au cours d'une fête dont nul ne sait qui l'organise et qui ressemble à une version cocaïnée et cynique des noces de Frantz de Galais dans Le Grand Meaulnes, Sacha rencontre Mona. Belle, inconnue, étrangère à son petit monde, et qui n'aura, du coup, rien à lui reprocher. L'occasion de fuir. Quand ses amis le mettent en garde contre elle, il est sûr que c'est leur rancœur qui s'exprime. Pourtant, leurs allusions se font de plus en plus insidieuses. Qui est cette mystérieuse Mona? Et comment est elle tombée si facilement dans les bras de Sacha? Il semblerait que les choses aient bien changé dans la petite bande d'amis et que les fantômes du passé se confondent avec les démons du présent.


- Je crois entendre encore...
de André Tubeuf
Éditions Plon / Septembre 2013


C'est le début d'un des plus beaux airs d'opéra français, dans les Pêcheurs de perles. Mais cela dit aussi exactement l'acte de la mémoire, la remémoration. Là le souvenir des choses belles qu'on a vues et entendues, des gens étonnants qu'on a rencontrés, remonte en bouffées vivantes: embellies peut être, car c'est le passé; mais fidèles, personnelles, vécues; et faisant de toute façon revivre de l'inoubliable. Ce que je crois entendre encore, ce sont des voix. Les timbres, qui sont le visage vrai des individus. Et les heures à parler, avec chanteurs, pianistes, acteurs: les uns simplement croisés (mais d'une façon qui pour moi a marqué), les autres suivis un bon bout de chemin. Jeune étudiant, c'étaient Jouvet dans son bureau de l'Athénée, Gérard Philipe dans Les Epiphanies, Chauviré dansant Mirages. Suivront Rubinstein, Silvia Monfort, Schwarzkopf, Carlos Kleiber. Tous vivent en moi avec le détail de la rencontre, l'émotion intacte, il me semble qu'il n'y a qu'à les rapporter pour ceux qui ne les ont pas connus. Dirais-je que je le leur dois? Même la rencontre la plus brève (avec Callas, Karajan) montre d'eux quelque chose de proche et de rare, qu'on ne sait pas assez. Instantanés d'une mémoire reconnaissante, comme un disque qui ne cessera plus de tourner.


- Je suis interdite
de Anouk Markovits
Éditions JC Lattès / Septembre 2013


Depuis la Transylvanie juste avant la Deuxième Guerre Mondiale, en passant par Paris après la guerre, jusqu'à Williamsburg aux USA, le roman fait revivre 4 générations d'une famille Satmar. En 1939, le petit Josef, 5 ans, est sauvé par une jeune fermière non juive qui le fait passer pour son fils. Cinq ans plus tard, Josef sauve la jeune Mila, une fois que les parents de celle-ci ont été tués et lui fait rejoindre Zalman Stern, un chef religieux de la communauté Satmar, où Mila va être élevée comme la sœur d'Atara, la fille de Zalman. Au fur et à mesure que les adolescentes grandissent, la foi de Mila s'intensifie, alors que sa sœur adorée découvre le monde des livres et du savoir. Mila se marie dans le respect de sa religion, alors qu'Atara continue à remettre en question la doctrine fondamentaliste. Le choix des deux sœurs les sépare jusqu'à ce qu'un dangereux secret menace de les bannir de la seule communauté qu'elles n'ont jamais connue.


- L'épée des cinquante ans
de Mark Z. Danielewski
Éditions Denöel / Septembre 2013


L'épée des Cinquante Ans est une histoire de fantômes pour adultes. Le soir d'Halloween, une couturière thaïlandaise, Chintana, se rend à une soirée où elle se retrouve nez à nez avec la femme pour laquelle son mari l'a quittée six mois plus tôt. Assistent à cette soirée cinq orphelins devant lesquels va se produire un mystérieux conteur aux allures maléfiques qui leur raconte une terrible aventure: celle de sa quête, à travers d'étranges contrées, de l'épée des Cinquante Ans. Les blessures causées par cette dernière ne prennent effet que le jour fatidique où la victime atteint ses cinquante ans. Le sortilège va soudainement prendre sens et forme lors de cette inquiétante soirée, et Chintana sera à nouveau submergée par un désir de vengeance qu'elle croyait enfoui. Mark Z. Danielewski poursuit son œuvre, soucieux à chaque nouveau livre de réunir esthétique, prosodie, musicalité et scénographie. L'épée des Cinquante Ans tisse, coud et découd les multiples points de vue dans le cadre d'une narration qui semble pourtant unique et linéaire. Le jeu sur la couleur des guillemets révèle une polyphonie de voix et creuse la question de la responsabilité du récit, pour celui qui parle comme pour celui qui écoute.


- La chimie des larmes
de Peter Carey
Éditions Actes Sud / Septembre 2013


Le nouveau roman de Peter Carey fait dialoguer magistralement deux voix et deux destins. Séparés par plus d'un siècle, deux êtres fous d'amour et de chagrin poursuivent le même but: alors qu'en 1854, Henry Brandling, un aristocrate anglais, cherche en Forêt-Noire un horloger capable de construire un jouet mécanique qui guérira son fils, Catherine Gehrig affronte en 2010 la mort de son amant secret en restaurant le même automate au sein du musée londonien où elle officie comme conservatrice. Reliés par des carnets (que l'un écrit et que l'autre lit) et par leurs interrogations sur la mort, l'amour et la technique, ces deux personnages émouvants découvrent progressivement que ce jouet mécanique recèle des mystères bien plus grands. La Chimie des larmes est un grand roman sur la force créatrice et sa participation à notre capacité de résilience.


- La confession de Massoud
de Olivier Weber
Éditions Flammarion / Septembre 2013


Le chef afghan Massoud a été tué dans un attentat suicide. O. Weber était proche de cet homme engagé qui croyait en un Islam plus tolérant. Cette confession fictive retrace l'histoire de son combat.


- La fabrique des illusions
de Jonathan Dee
Éditions 10-18 / Septembre 2013


Dans les années 1980, à New York, la jeune Molly brise le cœur de son amant en disparaissant brutalement. Dans un monde ou les rêves ne sont plus qu'illusions, elle traverse la vie en silence, sans laisser d'empreinte. Quand dix ans plus tard, alors que John entame une carrière de publiciste prometteuse, Molly ressurgit du passé.


- La fin de l'homme rouge
Où le temps du désenchantement
de Svetlana Alexievitch
Éditions Actes Sud / Septembre 2013


Armée d'un magnétophone et d'un stylo, Svetlana Alexievitch, avec une acuité, une attention et une fidélité uniques, s'acharne à garder vivante la mémoire de cette tragédie qu'a été l’URSS, à raconter la petite histoire d'une grande utopie. "Le communisme avait un projet insensé: transformer l'homme "ancien", le vieil Adam. Et cela a marché. En soixante-dix ans et quelques, on a créé dans le laboratoire du marxisme-léninisme un type d'homme particulier, l'Homo sovieticus". C'est lui qu'elle a étudié depuis son premier livre, publié en 1985, cet homme rouge condamné à disparaître avec l'implosion de l'Union soviétique qui ne fut suivie d'aucun procès de Nuremberg malgré les millions de morts du régime. Dans ce magnifique requiem, l'auteur réinvente une forme littéraire polyphonique singulière, qui fait résonner les voix de centaines de témoins brisés. Des humiliés et des offensés, des gens bien, d'autres moins bien, des mères déportées avec leurs enfants, des staliniens impénitents malgré le Goulag, des enthousiastes de la perestroïka ahuris devant le capitalisme triomphant et, aujourd'hui, des citoyens résistant à l'instauration de nouvelles dictatures. Sa méthode: "Je pose des questions non sur le socialisme, mais sur l'amour, la jalousie, l'enfance, la vieillesse. Sur la musique, les danses, les coupes de cheveux. Sur les milliers de détails d'une vie qui a disparu. C'est la seule façon d'insérer la catastrophe dans un cadre familier et d'essayer de raconter quelque chose. De deviner quelque chose. L'histoire ne s'intéresse qu'aux faits, les émotions, elles, restent toujours en marge. Ce n'est pas l'usage de les laisser entrer dans l'histoire. Moi, je regarde le monde avec les yeux d'une littéraire et non d'une historienne". À la fin subsiste cette interrogation lancinante: pourquoi un tel malheur? Le malheur russe? Impossible de se départir de cette impression que ce pays a été "l'enfer d'une autre planète".


- La garçonnière
de Hélène Grémillon
Éditions Flammarion / Septembre 2013


Ce roman est inspiré d'une histoire vraie. Les événements se déroulent en Argentine, à Buenos Aires. Nous sommes en août 1987, c'est l'hiver. Les saisons ne sont pas les mêmes partout, les êtres humains, si.


- La liste de Freud
de Goce Smilevski
Éditions Belfond / Septembre 2013


Récompensé par le prix européen pour la Littérature, un roman fascinant qui donne à voir un épisode peu évoqué de la vie de Freud: en 1938, alors que des visas sont attribués pour l'Angleterre, le père de la psychanalyse dresse une liste de ceux qu'il souhaite emmener avec lui, liste excluant ses quatre sœur s qui finiront déportées au camp de Terezin. Dans une Vienne en pleine effervescence, une œuvre vibrante en forme d'hommage à Adolfina Freud, enfant mal aimée condamnée à la solitude. 1938. L'Allemagne nazie s'apprête à envahir l'Autriche, les Juifs cherchent à fuir. Alors qu'on lui délivre des visas pour l'Angleterre, Freud est autorisé à soumettre une liste de vingt personnes qu'il souhaite emmener avec lui. Y figurent, entre autres, son médecin et ses infirmières, ses femmes de ménage, son chien et sa belle-sœur ; mais pas ses propres sœurs, qui mourront toutes les quatre dans les camps nazis, tandis que le père de la psychanalyse terminera ses jours à Londres. Et Adolfina de raconter: l'enfance, les souvenirs, les regrets aussi, et l'incompréhension devant la décision de celui dont elle était pourtant la plus proche. Mais également ses rencontres de hasard avec Otla Kafka, Klara Klimt, sacrifiées comme elle sur l'autel de la célébrité de leur frère.


- La lune avec les dents
de Benoît Fourchard
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Septembre 2013


"Le bonheur ne tient qu'à un fil", dit-on parfois. Celui d'Éliane, l'héroïne et narratrice de La Lune avec les dents pourrait bien ne tenir qu'à une dent. Une belle et saine dent de devant, une incisive, que Terjou, Busson et Pron, ces enfants de notables du petit village où elle vit un peu en paria avec sa famille, lui font perdre en la poussant violemment dans le caniveau. Cette dent perdue, qui l'empêche de sourire, d'oser, de se trouver belle, fait d'elle plus tard une jeune mère courage combattive, mais taiseuse, qui continue à subir les insultes et la vindicte villageoise dont on la chargeait petite: "fille des bois", "sorcière rousse", "salope" même quand elle se refuse à ses anciens "tortionnaires" de l'école, devenus les nouveaux notables du village. Mais voilà qu'un beau jour, la femme du maire lui offre une dent toute neuve et avec cette dent, c'est une vie nouvelle qui s'offre à Éliane. Elle abandonne "la fonction huître" comme elle dit, et se sent l'audace de se rebiffer enfin, de cesser de subir les petites et grandes humiliations qui ont jalonné toute sa vie. De prendre son existence en mains, pour un avenir meilleur. Et lorsque le vieux Fernand, son voisin, lui raconte un soir un certain secret qui implique la puissante famille Pron, chez qui on est "maire de père en fils" et dont l'entreprise fait vivre plus de la moitié du village, la rébellion pourrait bien tourner en une éclatante vengeance. Mais c'est sans compter sur le destin, incarné par Thibaut Cassard, enfant du pays et comédien à bout de souffle, qui décide de revenir sur les lieux de son enfance.


- La main de Joseph Castorp
de João-Ricardo Pedro
Éditions Viviane Hamy / Septembre 2013


25 avril 1974. Au Portugal, c'est la Révolution des Œillets. Tombe la dictature de Salazar, surgit la démocratie. Ce même jour, dans un petit village isolé au centre du pays, Celestino, armé de son fusil, disparaît. Quand on le retrouve, il est mort. Débarqué il y a plus de quarante ans dans cette zone rurale, comme sorti de nulle part, il s'était bien intégré mais demeurait auréolé de mystère. Le lecteur fasciné décrypte au fil des pages l'histoire de l'étrange bonhomme en même temps que celle de la famille de son ami, le docteur Auguto Mendes, et cela sur trois générations profondément marquées par le salazarisme et les guerres coloniales. Chacune des figures qui hantent ce roman étourdi de musique et de violence apprend irrésistiblement que les secrets et les mystères du passé traversent le temps. Qu'est-il arrivé à Celestino? Pourquoi et comment la rencontre de la petite et de la grande histoire fait-elle émerger un passé enfoui dont les répercussions résonnent comme le destin?


- La Mélody du bonheur
de Anne Loyer et Sylvie Albou-Tabart
Éditions Alice / Septembre 2013


Mélody ne s'aime pas. Elle se trouve grise, terne, moche, comme son appartement, comme son quartier, comme sa famille, comme son existence tout entière. À l'école, elle est transparente. Elle se fond dans la masse. Elle aimerait tant être comme Clara: une belle blonde au sourire éclatant et au physique parfait qui attire tous les regards. Alors, elle s'invente un double, Mélodie: une jolie fille pleine de peps qui a une famille super, un magnifique terre-neuve, plein d'amis, qui traîne toujours avec Clara et qui permet à Mélody d'échapper à la réalité. Un jour, le prof de gym propose à Mélody de faire partie du club d'athlétisme. C'est vrai qu'elle est plutôt douée. Elle accepte, mais sans grand enthousiasme. Au club, il y a Ahmed, ce garçon qu'elle trouve très beau. Mais, en classe, il fait les yeux doux à Clara, qui semble apprécier. Cependant, quelque chose va changer. L'assurance que va prendre Mélody sur le terrain va se ressentir en dehors. Quand Clara va s'inscrire, elle aussi, en athlétisme pour se rapprocher d'Ahmed, Mélody la verra différemment. Clara est nulle sur le terrain, pas Mélody. D'ailleurs Ahmed ne semble finalement pas faire grand cas des tentatives d'approche de Clara, alors qu'il embrasse Mélody le jour de son anniversaire. Le vent tourne. Et, au fur et à mesure que les choses changent, Mélodie s'efface pour laisser enfin place à Mélody. Le fantasme cède face à la vie réelle qui n'est finalement pas si terne que ça. Les deux auteurs cernent avec sensibilité et justesse le problème identitaire que rencontrent bon nombre d'adolescents. Combien, parmi eux, s'inventent une autre vie pour échapper à la tristesse de leur existence? Tristesse toute relative, comme le démontre ce récit. C'est souvent une mauvaise perception des choses et un manque de confiance en soi qui nous empêchent de vivre pleinement notre existence, la vraie. Une petite tranche de vie habilement racontée pour nous aider à vivre la nôtre du bon côté.


- La peur de l'insignifiance nous rend fous
de Carlo Strenger
Éditions Belfond / Septembre 2013


Jamais le champ de nos possibles n'a été si vaste, jamais nous n'avons eu accès à autant d'informations, jamais nous n'avons été aussi connectés. Et pourtant, jamais Carlo Strenger, psychanalyste réputé, n'a reçu de patients aussi déprimés, comme écrasés par leur propre insignifiance. Dans une société qui exhorte à toujours se dépasser à coups de Just do it ou de Yes you can, où chacun cherche frénétiquement à vivre son quart d'heure de célébrité, où la valeur personnelle se juge à l'aune de la richesse matérielle et du nombre de followers sur les réseaux sociaux, quelle place pour l'individu? Entre philosophie, psychologie et sociologie, Carlo Strenger livre ici un essai passionnant, un brûlot incisif sur la nécessité d'un retour à l'exigence intellectuelle et à la pensée libre, et sur l'urgence de devenir un véritable citoyen du monde, responsable, engagé, conscient de ses limites mais bien décidé à ne pas se résigner.


- La ruche
de Arthur Loustalot
Éditions JC Lattès / Septembre 2013


"Dans la cuisine, assises à la table, les sœurs boivent des bières et du whisky. Un nuage de fumée les entoure, cigarette sur cigarette. Le rideau est tiré et dehors, la rue est silencieuse. Vous vous souvenez de leurs disputes? demande Claire.
Oui, on se souvient. Louise jette son mégot dans un cadavre de bière. Mais vous vous souvenez de ce que ça nous faisait? Claire insiste.
Cette violence? dit Marion.
Et ce que ça a laissé en nous, chuchote Claire.
Vous vous souvenez de la première fois où papa est parti? répète Marion. Vous étiez toutes petites, peut-être quatre et cinq ans.
Je me souviens, dit Louise.
Je me souviens, dit Claire. Ce que je n'arrive pas à voir, c'est l'écart entre ce qu'on a vécu et nos blessures. Bien avant leur rupture, tout était là, d'une manière ou d'une autre, et pourtant…
On ne sait rien de ce qu'on a vécu".
De l'appartement, le ciel n'est pas visible. Les portes sont ouvertes ou closes selon des règles tacites. Les mots circulent, vibrent et s'épuisent. Les murs de carton filtrent à peine les secrets. Depuis le départ de son mari, Alice a sombré dans l'enfer le plus noir. Marion, Claire et Louise, ses trois filles adorées, n'ont plus que leur amour à opposer à cette spirale destructrice. Un amour infini, aussi violent qu'indicible.


- Le chemin des morts
de François Sureau
Éditions Gallimard / Septembre 2013


Paris, début des années 1980. Un ancien militant basque refuse de rentrer en Espagne après vingt ans d'exil. Il réclame la protection de la France, car il se dit menacé de mort dans son pays. Pour la justice française, l'affaire est délicate. Accéder à cette demande, c'est nier le retour de l'Espagne à la démocratie et à l'État de droit. Refuser serait faire preuve d'aveuglement sur la réalité de ces assassinats visant régulièrement les ex-opposants du franquisme. C'est au narrateur de ce livre, un jeune juriste encore inexpérimenté, qu'il va revenir de trancher. De la décision de justice qui sera prise et du drame qui en découlera François Sureau a tiré le plus bref et le plus saisissant de ses textes.


- Le dernier été d'un jeune homme
de Salim Bachi
Éditions Flammarion / Septembre 2013


Un portrait d'Albert Camus pendant ses années de formation intellectuelle et politique.


- Le désamour
de Antonia Kerr
Éditions Gallimard / Septembre 2013


"Je la regardais en pensant au moment où elle ne serait plus là, et lorsqu'elle était tout près de moi, j'étais incapable de me réjouir, anticipant déjà son prochain départ. Elle me brisait le cœur quand elle marchait, quand elle riait, elle me brisait le cœur au moindre mouvement, à la moindre expression, et il me semblait sentir la terre trembler chaque fois qu'elle passait la porte d'entrée. Lorsqu'une femme pèse plus lourd dans votre cœur que tous les éléphants d'Afrique, la peur devient une affaire de chaque instant et même une seconde nature. Dès qu'elle sortait, je pensais aux chiffres: trois milliards et demi d'hommes sur terre. Trois milliards et demi, ce n'était pas raisonnable". Glenn, écrivain new-yorkais vieillissant, vit une relation amoureuse intense avec Laura, qui a une vingtaine d'années. Glenn croit lire dans les attitudes mystérieuses de la jeune fille et dans ses disparitions fréquentes des signes de son désamour. Une période tourmentée commence. Trouvailles drolatiques, comparaisons inattendues, finesse des notations psychologiques: la description des efforts des deux amants pour vivre pleinement un amour que l'écart d'âge rend si fragile forme une chronique pétillante et grave.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 10:06

- Le fémur de Rimbaud
de Franz Bartelt
Éditions Gallimard / Septembre 2013


Majésu Monroe est brocanteur. Il propose à sa clientèle des objets ayant appartenu à des célébrités: un portrait du Christ à la mine de plomb dessiné par un officier romain, une chaussette, trouée, de Rimbaud, et mille autres raretés qui sentent à la fois l'escroquerie et la poésie. Très sûr de sa haute valeur, Majésu rencontre un jour Noème, fille d'un couple richissime, bien décidée à faire payer à ses parents les crimes de la bourgeoisie (Noème est devenue communiste, et sa mère a bien souffert de voir Staline la supplanter dans le cœur de sa fille). L'amour naît instantanément, basé sur une même haine des riches, un même penchant pour l'alcool et une même absence de scrupules: le mariage est inévitable. Mais, à la mort accidentelle des parents de Noème, les projets du couple tournent court: un énorme héritage est en jeu, et soudain le principe de la communauté des biens paraît moins attrayant. Pire qu'une guerre civile, la guerre conjugale commence. On retrouve ici l'imagination retorse de Franz Bartelt, sa verve anarchisante et son style impeccable, pour la plus grande hilarité du lecteur.


- Le jour où les skateboards seront gratuits
de Saïd Sayrafiezadeh
Éditions Calmann Lévy / Septembre 2013


Dans l'Amérique des années 70, l'histoire touchante et cocasse d'une enfance en marge. Alors que Saïd n'a que neuf mois, son père estime qu'il a mieux à faire que de s'occuper de sa famille: œuvrer pour que la révolution triomphe aux États-Unis. Mahmoud est né en Iran, il a fui le régime du Shah et s'est installé à New York où il devient un membre éminent du parti socialiste des travailleurs. Personnage haut en couleur sachant jouer de son charme, il épouse Martha Harris, juive américaine, elle aussi une fervente militante trotskiste, dépressive et à côté de la plaque. Pour être fidèle à ses idéaux, elle choisit l'expérience du déclassement. Saïd sera ainsi brinquebalé d'appartements miteux en deux-pièces sordides, de Brooklyn à Pittsburgh, élevé au gré d'interdits absurdes qui l'excluent subtilement de la communauté des enfants: interdiction de manger du raisin à cause du boycott du syndicat des ouvriers agricoles, interdiction de posséder un skateboard tant qu'ils ne seront pas gratuits pour tous... Mère et fils passent vacances et week-ends à militer, distribuer des tracts, manifester ou à rendre visite à des prisonniers noirs évidemment victimes de ces salauds de capitalistes.


- Le silence de Perlmann
de Pascal Mercier
Éditions Buchet Chastel / Septembre 2013


Philipp Perlmann, éminent linguiste allemand, réunit, à l'invitation d'un sponsor, quelques spécialistes internationaux des sciences du langage pour réfléchir aux articulations du récit et de la mémoire: La mémoire existe-t-elle indépendamment du récit que nous nous en faisons? Cette réunion est, pour Perlmann, un calvaire. En pleine crise psychologique et existentielle après la mort accidentelle de sa femme, il doute de ses capacités intellectuelles, de ses compétences, de son aptitude à vivre. En un mot, il n'a rien à dire à ses collègues dont la seule présence l'angoisse. Son unique refuge est le silence. Pour faire face à la situation, il ne reculera ni devant le plagiat ni devant le mensonge, envisagera même le meurtre ou,  pourquoi pas,  le suicide.


- Le style comme expérience
de Pierre Bergounioux
Éditions de l'Olivier / Septembre 2013


"Comme les manières de penser, de sentir et d'agir, les façons de parler et, plus encore, d'écrire sont nettement différenciées dans les sociétés développées. Le style comme écart, variation expressive, surcroît de sens, est un fait. Il a été perçu, formalisé dès les débuts de la culture lettrée, en Grèce. On l'assimile, depuis lors, à l'exploitation des ressources immanentes au langage, constitué en entité autonome de dépendances internes. Mais, ce faisant, on perd sa dimension vécue, la satisfaction ambiguë qui colore pareille expérience. Celle-ci, comme l'ensemble de l'activité sociale, accuse la distribution inégale des ressources économiques et sémantiques. L'explication appelle une approche historique". P. B.


- Le tennis est un sport romantique
de Arnaud Friedmann
Éditions JC Lattès / Septembre 2013


Juin 1984, finale de Roland-Garros. Quand le petit Julien, devant le poste de télévision, affiche sa préférence pour Lendl, sa mère lui révèle qu'il est le fils de son adversaire, John McEnroe. Il a cinq ans et grandit dans l'ombre de cette paternité mythique, au rythme des victoires des héros du tennis qu'il rêve de supplanter un jour. Mais à l'évidence, il n'a pas hérité des gènes du champion, et s'enlise aux barbecues-parties du club de tennis de Besançon. Réélection de Mitterrand, chute des Ceausescu, premiers émois amoureux, les années 1980-1990 passent sur fond de Boys Boys Boys de Sabrina, et avec elles passent les rêves de l'enfance. Sommes-nous toujours les fils de nos pères? Un roman d'initiation très contemporain, tendre et doucement cynique, servi par des personnages écrits à la volée.


- Les derniers jours
de Jean Clair
Éditions Gallimard / Septembre 2013


"J'appartiens à un peuple disparu. À ma naissance, il constituait près de 60 % de la population française. Aujourd'hui, il n'en fait pas même 2 %. Il faudra bien un jour reconnaître que l'événement majeur du XXe siècle n'aura pas été l'arrivée du prolétariat, mais la disparition de la paysannerie. Ce sont eux, les paysans, qui mériteraient le beau nom de "peuple originaire" que la sociologie applique à d'improbables tribus. En même temps que les premiers moines, ce sont eux qui ont défriché, essarté, créé un paysage, et qu'ils lui ont donné le nom de "couture", c'est-à-dire de "culture", ce mot que les Grecs n'avaient pas même inventé: une façon d'habiter le monde autrement qu'en sauvage. Cette classe, dont j'avais tant envié la fortune et l'aisance, et dans laquelle je serai, fût-ce à reculons, entré, cette intelligentsia tant admirée mais surtout dont j'avais redouté l'arrogance, face à ces enfants de bourgeois qui me faisaient une peur de chien quand je les rencontrais, il m'apparaît aujourd'hui qu'elle aura trahi, installée qu'elle est, de par sa propre volonté et par sa propre paresse, dans un exil culturel permanent et profond".


- Lamb
de Bonnie Nadzam
Éditions Fayard / Septembre 2013


Dans la banlieue de Chicago, là où les impasses résidentielles s'achèvent sur le mur qui protège l'autoroute, Tommie, onze ans, des dizaines de taches de rousseur et une mère qui ne la surveille pas, rencontre Lamb, la cinquantaine et qui traverse une mauvaise passe. On ne saurait parler d'amitié entre deux êtres séparés par une telle différence d'âge. D'emblée Lamb endosse le rôle d'une sorte de jeune grand-père, ou de vieil oncle, un peu pontifiant, un peu donneur de leçons. Mais, des leçons, la fillette n'en a sans doute pas reçu assez, et elle écoute Lamb avec plaisir lorsqu'ils se donnent rendez-vous après l'école pour manger un hot-dog. C'est lui qui suggère qu'ils quittent la ville tous les deux. Il a un chalet dans la montagne, loin, au-delà des grandes plaines du Midwest, où ils pourront vivre au grand air. Elle le soupçonne parfois d'affabuler, pourtant un beau jour ils partent bel et bien. Elle n'a rien dit à ses parents mais ce n'est pas grave. Ce sera leur secret à tous les deux. Ils ne devaient passer que quelques jours ensemble, ils resteront au chalet plusieurs semaines. Parfois Tommie doit se cacher dans l'atelier, afin que les rares visiteurs qui troublent leur retraite n'aillent surtout pas se faire des idées. Et, seule, dans le froid, elle tente de se persuader que Lamb, en toutes circonstances, n'agit que pour son bien.


- Love Song
de Philippe Djian
Éditions Gallimard / Septembre 2013


Daniel est un musicien accompli. À cinquante ans et quelques, sa carrière est faite, il est l'auteur de plusieurs gros succès, de plus d'une dizaine d'albums, et tourne dans le monde entier. Le public et la critique l'adorent, on le reconnaît dans la rue et le désordre de sa vie conjugale avec Rachel fait parfois la une de la presse people. Mais ces derniers temps, l'industrie du disque a changé sans qu'il s'en aperçoive. Et, quand il remet à sa maison de disques ses nouveaux morceaux, le verdict tombe: pas assez commercial. Renvoyé en studio, il doit d'urgence trouver l'inspiration, quand sa femme, qui l'avait quitté depuis huit mois, choisit justement ce moment pour revenir.


- Miroirs des princes
de Michel Schneider
Éditions Flammarion / Septembre 2013


À l'aide de scènes de la vie politique française récente et sous des formes allant du normal au pathologique, cet essai montre comment le narcissisme a pris le pouvoir et relégué la notion de bien public. La confusion entre vie publique et vie privée, intérêt propre et intérêt général menace la République en consumant peu à peu tout vivre en société.


- Mon île au trésor
de Alain Blottière
Éditions Flammarion / Septembre 2013


"Nous étions comme tous nos semblables, toujours nourris par le rêve, à la recherche d'un trésor inaccessible ou d'une île inabordable. Les contours flous et vibrants de l'île et de l'oasis se confondaient dans les brumes de nos désirs". Au XVIIIe et XIXe siècles, une mystérieuse île au trésor située en plein désert libyque a été vainement recherchée par de nombreux voyageurs, scientifiques et aventuriers qui marchaient sur les pas d'Alexandre le Grand. Certains l'ont vue de loin, mais aucun n'a pu l'aborder. Alain Blottière, séduit par leur quête insensée, va tenter à son tour, d'atteindre les rivages de l'île. Odyssée merveilleuse et cocasse à la fois, Mon île au trésor est le récit des expéditions organisées vers cet improbable lieu rêvé, entre l'oasis de Jaghbub et celle de Siwa.


- Où le sang nous appelle
de Chloé Delaume et Daniel Schneidermann
Éditions Du Seuil / Septembre 2013


Il est journaliste, elle est écrivain. Elle ne veut pas d'enfant, lui en a déjà trois: ils feront un roman. Deux cœurs de pierre partagent leurs éboulements, et suivent les appels du sang. Leur été 2012 se passera au Liban, à Kobayat, tout près de la frontière syrienne. Il l'accompagnera dans ce village maronite, au creux des montagnes, où elle a vécu ses cinq premières années, où est né et enterré son père, où survivent ses oncles, ses tantes, le clan Abdallah. Ils seront tous là sauf l'oncle Georges. Georges Ibrahim Abdallah, chef présumé des Fractions Armées Révolutionnaires Libanaises, condamné à perpétuité pour actes terroristes, incarcéré en France depuis vingt-huit ans. Toutes les familles ont leurs secrets et leurs drames. Celle-ci plus que d'autres. Daniel Schneidermann était tout jeune père et grand reporter au Monde quand la France fut ensanglantée par une série d'attentats, dans les années 1985-1987. Chloé Delaume vivait au cœur d'une tragédie qui est au fondement de son œuvre. Leur rencontre et leur relation les fait plonger dans ces années sombres, dans une interrogation de soi-même mais aussi les enjeux pour le moins obscurs de l'époque. En amoureux d'écriture, ils se posent toutes les questions possibles, sans toujours trouver des réponses. Ils se confrontent à leur passé, sans concession, avec poésie et humour.


- Quand nous étions révolutionnaires
de Roberto Ampuero
Éditions JC Lattès / Septembre 2013


Le récit s'ouvre sur le coup d'État d'Augusto Pinochet au Chili. Opposant à la dictature, le narrateur assiste à l'arrestation, la torture, et la mort de ses compagnons de lutte. En 1974, il s'exile en Allemagne de l'Est et rejoint rapidement un réseau de jeunes communistes. C'est là qu'il rencontre la fille du fameux révolutionnaire cubain Ulysse Cienfuegos (directement inspiré de Fernando Flores Ibarra, cacique de la révolution castriste, responsable de la mort de centaines de Cubains "contre-révolutionnaires"). Éperdument amoureux d'elle, il accepte de la suivre à Cuba pour y fonder une famille et enfin vivre l'idéal communiste. Exalté par l'idée de la révolution, dirigé d'une main de maître par son terrible beau-père, le jeune homme embrasse immédiatement la devise de Castro: la patrie ou la mort. Alors que son mariage bat de l'aile, il découvre petit à petit la face cachée du régime. Les membres de la famille Cienfuegos vivent dans l'opulence, le reste de la population est soumise au rationnement. Chaque frein administratif ou bureaucratique est réglé en un clin d'œil à la seule mention du nom de son beau-père. Son amitié pour Herberto Padilla l'éclaire sur les persécutions dont les intellectuels font l'objet. Mis au ban de la société castriste par son divorce, il découvre le quotidien des habitants de La Havane, les privations, le secret, le néant des jours. Se méfier de tous, lutter pour trouver un toit, un morceau de pain, surveiller ses actes, ses paroles, jusqu'à ses pensées, à chaque instant. Une seule obsession le guide, comme Reinaldo Arenas ou Zoé Valdès avant lui, quitter l'île, chercher la liberté, encore.


- Quelque chose d'écrit
de Emanuele Trevi
Éditions Actes Sud / Septembre 2013


L'histoire presque vraie d'une rencontre impossible avec Pier Paolo Pasolini à travers sa comédienne fétiche et "gardienne du temple", Laura Betti. Un livre qui brouille magistralement les genres littéraires et propose une interprétation, aussi radicale qu'inattendue, de Pétrole.


- Rome en un jour
de Maria Pourchet
Éditions Gallimard / Septembre 2013


"Paul était devant le poste, à mille lieues d'envisager qu'on pût lui réserver un anniversaire surprise fin juin, à lui, natif de février". Sur le toit-terrasse d'un hôtel parisien, en attendant qu'on leur serve quelque chose à boire et que Paul apparaisse au bras de Marguerite, les invités prennent possession des lieux. Peu à peu, la soirée dérive loin du projet initial. À l'autre bout de la ville, Marguerite tente en vain de convaincre Paul de sortir sans dévoiler la surprise. C'est le début d'une guerre dont les proportions vont bientôt leur échapper à tous deux. Maria Pourchet explore le fonctionnement d'un couple contemporain, les origines de son désastre mais aussi l'étendue des solitudes, chacun tentant d'échapper à l'autre, à la vérité, à lui-même. On rit à chaque page non sans un certain effroi.


- Saint-John Perse
de Henriette Levillain
Éditions Fayard / Septembre 2013


À quel moment Alexis Leger a-t-il découvert Saint-John Perse? Á quel moment l'un s'est-il placé derrière ou devant l'autre? Pourquoi Alexis Leger a-t-il voulu que Saint-John Perse reste endormi pendant plus de quinze ans dans le trésor de son imaginaire? Comment Saint-John Perse a-t-il ressuscité quand il est parti pour New York en juin 1940, humilié par Hitler, calomnié par une femme qui détestait celle qu'il aimait? Depuis l'enfance aux Îles, dans le désert de Gobi ou sur les mers, au gouvernail du Quai d'Orsay ou en exil, dans la solitude ou l'amour, Saint-John Perse rêvait sa vie et tentait d'ajuster les faits à son idéal. Quand il n'y parvenait pas, il écrivait pour "mieux vivre". Orphelin de père à vingt ans, il rechercha avidement l'amitié de pères adoptifs. En littérature: Francis Jammes, Gabriel Frizeau, André Gide et Paul Claudel. En politique: Philippe Berthelot et Aristide Briand. Lors de son exil américain, il fut adopté par des admiratrices talentueuses et fortunées, Mina Curtiss, Katherine Biddle et Beatrice Chanler. Dans cette biographie littéraire richement documentée, Henriette Levillain veut comprendre l'énigme d'une personnalité puissante, secrète et controversée à laquelle on reprocha sa mythomanie ou de s'être enlisé dans un anti-gaullisme de mauvais aloi.


- Smoky
de Will James
Éditions Actes Sud / Septembre 2013


Smoky évoque la vie d'un cheval dans les grands espaces du Nord-Ouest américain, au début du XXe siècle. Particulièrement sauvage, il craint les hommes plus que tout. Mais sa route croisera celle de Clint, un cow-boy qui saura gagner sa confiance et fera de lui l'un des meilleurs chevaux de ranch de l'époque. Jusqu'au jour où Smoky est volé. Merveilleuse histoire d'amour entre un homme et un cheval, Smoky est aussi un incomparable témoignage des traditions de l'Ouest américain. Longtemps avant que la parole des nouveaux maîtres se soit fait entendre, Will James démontrait déjà à quel point la patience, le respect et l'amour permettent d'obtenir le meilleur d'un cheval. Ce livre est un "classique" pour les amoureux des chevaux aux États-Unis. Publié pour la première fois en 1926, il a connu un succès immédiat et a toujours été édité depuis. Il n'a jamais été traduit en français jusqu'à ce jour. L'une des plus belles histoires jamais racontées sur les chevaux.


- Soré
de Jørn Riel
Éditions Gaïa / Septembre 2013


Soré est une petite fille groenlandaise des années 1970. L'épopée de son peuple, les Inuit, la fascine. C'est aussi pour surmonter l'histoire tragique de sa propre famille que Soré tente de transcrire la saga de ses ancêtres sur le papier, mais la tâche n'est pas toujours aisée. Son grand-oncle Lûtivik lui rappelle alors qu'aucun d'eux ne savait écrire, pourtant ils possédaient l'art de raconter. "Que l'on écrive ou que l'on raconte, c'est toujours la parole. Avec la parole, on peut donner davantage de joie qu'avec quoi que ce soit d'autre, avec elle on peut blesser plus profondément qu'avec aucune arme. Cela, nos ancêtres le savaient, et c'est pourquoi ils avaient du respect et de la compréhension pour la parole". Avec une profonde humanité, Jørn Riel nous conte l'histoire de Soré et du peuple inuit. Un roman empreint d'espoir et de courage.


- Temps de chien pour les requins
de Morris Gleitzman
Éditions Les Grandes Personnes / Septembre 2013


L'histoire semble-t-il banale d'Oliver, 10 ans, dont le rêve est d'avoir un chien. Mais voilà, la vie d'Oliver est loin d'être banale: ses parents, propriétaires d'une grande banque, sont immensément riches, et ne veulent pas d'un cabot sur leurs tapis d'Orient. Alors lorsque son ancienne gouvernante, Nancy, kidnappe et menace d'exécuter le chien de ses rêves s'il ne récupère pas 11000 dollars dans la semaine, la somme qu'elle aurait perdue sur les mauvais conseils de ses parents, Oliver décide de relever le défi et de mettre en pratique ses modestes connaissances financières pour réparer cette injustice. Malheureusement, les choses deviennent bientôt incontrôlables. S'ensuit une aventure loufoque où se croiseront seize dromadaires, un trader de cour de récréation nul en maths, et des requins de la finance.


- Tout cela n'a rien à voir avec moi
de Monica Sabolo
Éditions JC Lattès / Septembre 2013


Je crains que tout cela n'ait rien à voir avec moi décortique un chagrin d'amour, selon une méthode relevant de la fantaisie, de la poésie et de la science. Il se présente comme un traité académique, dont l'auteur serait à la fois le sujet et l'objet (dispositif qui révèle ses limites, ne nous le cachons pas). Alternant observations cliniques et textes lyriques, photos et correspondance, ce roman-collage est à la fois une enquête de police (les objets du quotidien sont présentés comme de pièces à conviction) et une fiction, drôle, folle, déchirante. C'est aussi le témoignage d'une obsession, le récit d'un gouffre qui se dévoile. Doucement une réalité archaïque affleure, et l'auteur glisse, comme malgré elle, vers une autre blessure pour remonter doucement vers les racines du mal. Que nous transmettent nos parents? Leurs chagrins s'impriment-ils dans nos cellules comme une mémoire fatale? Sommes-nous voués à revivre, encore et encore, des émotions encodées dans une région fossile de notre cerveau?


- Toute la noirceur du monde
de Pierre Mérot
Éditions Flammarion / Septembre 2013


Jean Valmore, enseignant désabusé et écrivain non publié, bascule: il prend sa carte au Front National et côtoie un groupuscule d'extrême-droite. Il raconte ses dernières semaines, une plongée effrayante, cynique et comique dans la folie meurtrière. Une mise en scène de la noirceur qui habite les sociétés tentées par l'extrémisme et gagnées par la haine et le mépris de l'autre.


- Une année qui commence bien
de Dominique Noguez
Éditions Flammarion / Septembre 2013


Le récit autobiographique de D. Noguez, qui rencontre, à l'occasion d'un colloque de la Société des gens de lettres, un séduisant jeune homme, Cyril Durieux, avec qui il commence une relation amoureuse. Racontant 6 années d'un amour qui a influencé sa vie privée comme sa vie intellectuelle, il interroge plus généralement l'amour, la sexualité, la sensualité et le bonheur.


- Une mesure de trop
de Alain-Claude Sulzer
Éditions Jacqueline Chambon / Septembre 2013


Au milieu d'une brillante interprétation, le pianiste de renommée internationale Marek Olsberg interrompt brutalement son jeu avec un simple: "C'est tout" et abandonne la salle. Ce micro-événement sera le grain de sable qui va bouleverser plusieurs vies. Un grandiose roman polyphonique sur les tours que nous joue le destin.


- Va où la peur te mène
de Andrée Ammirati
Éditions Cherche Midi / Septembre 2013


Italie, début du XXe siècle. La misère et la montée du fascisme bousculent la vie d'un paisible village. Michèle, chemise noire, fait régner la terreur. À ceux qui veulent échapper aux tortures, aux viols, aux meurtres et à la faim, il ne reste que l'exil. Gabriele et Adriano s'enfuient à Plascassier, dans le sud de la France. Mais des ombres du passé ne vont pas tarder à resurgir, et la révélation d'un secret, ouvrir la boîte de Pandore.


- Vivre en mourant
de Christopher Hitchens
Éditions Flammarion / Septembre 2013


En tournée aux États-Unis, C. Hitchens découvre qu'il a un cancer de l'oesophage. Il témoigne de la manière dont il a vécu sa maladie au quotidien.


- Vol au-dessus d'un nid de coucou
de Ken Kesey
Éditions Stock / Septembre 2013


Devenu un classique contemporain, le roman de Ken Kesey, paru en 1962, n'a rien perdu de sa puissance. Il plonge dans le chaos d'un hôpital psychiatrique "un monde de carton-pâte peuplé de personnages en trompe-l'œil, surgis de quelque histoire de fou qui serait vraiment drôle si ces héros n'étaient pas des types en chair et en os". L'infirmière en chef Ratched règne en maître sur son service. Jusqu'au jour où débarque McMurphy, un sacré énergumène bien décidé à redistribuer les cartes et à redonner un peu de dignité et d'espoir aux malades. Rebelle et gouailleur, il engage alors à ses risques et périls une résistance acharnée contre l'institution. Criant de vérité, Vol au-dessus d'un nid de coucou est une dénonciation en règle de l'enfermement psychiatrique, un hymne à la vie envers et contre tous.


- Absolution
de Patrick Flanery
Éditions Robert Laffont / Août 2013


Clare Wald, icône du microcosme littéraire blanc et de gauche de Cape Town, est contactée par Sam Leroux, un jeune universitaire qui souhaite retracer sa carrière dans une biographie. Parallèlement aux entretiens qu'elle donne à Sam, Clare enquête sur la disparition de sa fille, Laura, qui a rejoint la lutte armée anti-apartheid en 1989, en pleine guérilla. Au fil de ses recherches, Clare s'interroge sur les motivations de sa fille, auteure probable d'attentats à la bombe ayant fait de nombreuses victimes, tandis que le travail de Sam dévoile des liens inavouables entre Clare et l'ancien régime d'apartheid. Mais Sam lui-même est loin d'avoir tout dit à Clare sur les événements qui le relient à Laura. Entre ambivalence et faux-semblants, chacun va devoir faire tomber les masques pour entrevoir enfin la part de vérité cachée qui lui manquait. Si tous les personnages d'Absolution ont en commun des secrets lancinants, tous ont aussi une soif inextinguible de vérité. Fascinante prouesse littéraire, ce roman est construit comme une boule à facettes, ou différentes versions des mêmes événements révèlent tour à tour un aspect d'une vérité toujours changeante. Qu'il s'agisse de Clare, de Sam, ou de Laura (dont sa mère a conservé le journal intime), chacun n'a accès qu'à un seul versant de l'histoire qui les relie et que l'auteur nous laisse le soin de recomposer. Multipliant le nombre de sources, Patrick Flanery construit un récit d'une complexité diabolique dont le sens général s'éclaire au fur et à mesure, pour exploser dans un feu d'artifice de révélations finales. Interrogeant à la fois les notions de culpabilité, de bien et de mal, mais aussi les limites de la démocratie et de la liberté pour laquelle certains payent de leur vie, ce premier roman dévoile toute la complexité de la société sud-africaine contemporaine. Mais au bout du compte, Absolution est un hommage à la littérature, seule capable de relier l'histoire individuelle à l'histoire collective.


- Aime la guerre !
de Paulina Dalmayer
Éditions Fayard / Août 2013


En 2010, guidée par Kessel et Bouvier, Hanna s'envole vers L'Afghanistan. Kaboul offre mille sujets: corruption et désert institutionnel, trafic, bavures des armées régulières et coups tordus confiés à des sociétés privées. Mais enquêter implique de côtoyer aussi les aventuriers qu'un autre genre d'ambition attire vers les régions du monde sous tension. Or Hanna aime les hommes aux manches retroussées. Qu'ils aient un revolver dans la poche et dorment sur un matelas rempli de billets ne la dérange pas. À compter de sa rencontre avec Robert, ancien mercenaire, et Bastien, ancien agent de renseignement, le séjour d'Hanna prend une autre tournure. Les deux hommes n'entravent en rien son goût extrême pour la vérité, son plaisir diabolique à relever les contradictions. Au contraire, il suffit d'entrer dans leur sillage pour tout voir, tout comprendre, même à leur insu. Mais près d'eux Hanna découvre que son penchant pour les hommes odieux et formidables cache une fascination pour le mode de vie qu'impose un pays en guerre. Quand les pires moments sont aussi les meilleurs. Quand on a l'impression de danser sur un volcan. Alors ne faudra-t-il pas qu'elle s'en détache? Que l'intelligence l'emporte sur l'instinct? Ce qu'ils vivent est homérique. Mais elle est la seule à en avoir pleinement conscience et à pouvoir le raconter. Si la passion pour la guerre ne cesse jamais de troubler la narratrice, au moins lui permet-elle d'en révéler toutes les facettes. La guerre et ceux qui la font, l'orchestrent ou en meurent, la guerre dont Paulina Dalmayer décrit l'énergie archaïque avec le raffinement intellectuel de la Mitteleuropa.


- Arden
de Frédéric Verger
Éditions Gallimard / Août 2013


L'histoire se déroule pendant la Seconde Guerre Mondiale en Marsovie, riche principauté d'Europe centrale. Alexandre de Rocoule, gérant du luxueux hôtel d'Arden, homme à femmes dont la gaieté a quelque chose de féroce, et Salomon Lengyel, veuf sérieux et solitaire, sont liés par une passion commune: l'opérette. Depuis 1917, ils ont écrit ensemble une quantité impressionnante de pièces en trois actes, inachevées car ils ne sont jamais d'accord sur la scène finale. Pendant qu'ils travaillent sans relâche, la bête nazie rôde autour de la Marsovie sur laquelle elle ne va pas tarder à poser la patte. Les persécutions de Juifs commencent. Le danger devient pressant pour Salomon et pour sa fille Esther, revenue auprès de son père et dont Alex tombe amoureux. Et si la composition d'une dernière opérette était le seul moyen de leur sauver la vie? Il est rare de voir aussi harmonieusement mêlés dans un premier roman l'intelligence, l'humour et la sensualité. Les scènes se déploient dans une profusion d'images éblouissantes, de détails comiques ou touchants, tandis que les rebondissements ne manquent pas dans le livret sanglant qui se joue en 1944 en Europe centrale.


- Arizona Tom
de Norman Ginzberg
Éditions Héloïse d'Ormesson / Août 2013


L'affaire la plus marquante de la carrière d'Ocean Miller, shérif d'une bourgade paumée d'Arizona, fut celle de Tom, douze ans, traînant en plein désert un cadavre démembré. Persuadé de l'innocence du gamin, alors que les notables l'avaient déjà condamné, Ocean mettra tout en œuvre pour retrouver la piste des coupables. Mais parviendra-t-il à sauver le petit bonhomme de la potence et à redorer son étoile ternie par son amour du bourbon? Embuscades, coyotes, saloons où se côtoient culs-terreux, affairistes et putains au grand cœur, Arizona Tom nous plonge, non sans un brin d'ironie, dans le Grand Ouest en pleine conquête. Un roman qui revisite le genre en se jouant des codes du Far West avec malice.


- Arrête, arrête
de Serge Bramly
Éditions Nil / Août 2013


Un homme en cavale se réfugie dans une boîte échangiste et tombe amoureux d'une participante. Un roman court, tout en tension et en émotion. À quelques mois de la fin de sa peine, un condamné coupe son bracelet électronique et se retrouve en cavale. Il rend une visite furtive à sa fille, lui dit au revoir, lui emprunte sa voiture et roule vers Paris. Est-il devenu fou? Veut-il se suicider? Prépare-t-il un coup? Il remonte à pied les Champs-Élysées, se met à l'abri sous un porche pendant une averse, croise le regard d'une femme troublante. Puis il se réfugie dans une boîte échangiste ou, jadis, il avait des intérêts. Dans la pénombre rassurante, il va se mettre en quête d'une arme et croiser le regard d'une femme. Celle des Champs-Élysées? Il en est certain, mais elle lui jure qu'il y a méprise. Cela ne va pas les empêcher de s'aimer.


- Art nègre
de Bruno Tessarech
Éditions Buchet Chastel / Août 2013


Hésitant, velléitaire, perdu, Louis ne parvient plus à écrire. Même sa compagne aimante, Olivia, a déserté le champ de ruines qu'est devenue son existence. Un beau jour, un vieux copain éditeur lui propose de rédiger les mémoires d'une célébrité. Il faut bien gagner sa vie, Louis accepte donc.


- Arvida
de Samuel Archibald
Éditions Phébus / Août 2013


À l'autre bout du monde il y a Arvida, ville modèle érigée au début du vingtième siècle par l'industriel américain Arthur Vining Davis. Le narrateur de ce livre est né là, dans la capitale de l'aluminium, construite en cent trente-cinq jours. Petite utopie nordique peuplée de braves gens, de menteurs compulsifs et de pures crapules. Dans les quatre paroisses d'Arvida, le long du Saguenay et par-delà l'horizon bleuté des monts Valin, on se raconte des histoires de nuits en forêt et de matins difficiles. Des histoires de jeunes filles innocentes et de bêtes sauvages, de meurtre raté et de mutilation rituelle, de roadtrip vers nulle part et de maison hantée. Des histoires tantôt tristes, tantôt drôles, tantôt horribles, et souvent un peu tout ça à la fois, mémorables pour leur profonde authenticité, même si, il faut bien le dire, elles sont toutes à moitié fausses et à moitié inventées.


- As-tu jamais rêvé que tu volais ?
de Austin Ratner
Éditions Calmann Lévy / Août 2013


Autriche, 1928. Un jeune homme de vingt-deux ans est injustement accusé du meurtre de son père. Il est la proie d'un système judiciaire gangrené par la corruption et la montée inexorable du nazisme. Albert Einstein et Thomas Mann se portent garants de sa personne. Sigmund Freud est appelé à la barre. La parodie de procès qui s'ensuit va ébranler l'Europe. As-tu jamais rêvé que tu volais ? Bouffée d'espoir et d'onirisme dans un monde hostile et destructeur, ces mots sont ceux qu'adresse depuis sa geôle le jeune Philippe à sa fiancée alors que l'envie de mettre fin à ses jours le taraude. Plongé dans les ténèbres de l'iniquité, de la culpabilité et de la haine de soi, il échappe à la mort grâce à une mobilisation internationale. La vie rejaillit alors plus puissante que jamais, et Philippe s'y accroche, déterminé à s'élancer vers la lumière, cette lumière qu'il emploiera comme d'autres utilisent un pinceau. Il trouvera asile en France, croisera la route de Gide, des surréalistes, avant de s'enfuir pour les États-Unis où l'attend un destin fabuleux, ses collaborations avec Marilyn Monroe, Alfred Hitchcock ou Salvador Dalí sont entrées dans la mémoire collective. De cette force de rebond naîtra l'artiste: Philippe Halsman, photographe de génie, qui mettra son expérience personnelle au service de son art, en faisant sauter les plus grands de son temps.


- Au revoir là-haut
de Pierre Lemaitre
Éditions Albin Michel / Août 2013


Sur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu'amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts. Fresque d'une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d'évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l'après-guerre de 14, de l'illusion de l'armistice, de l'État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l'abomination érigée en vertu. Dans l'atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.


- Autumn Laing
de Alex Miller
Éditions Phébus / Août 2013


"C'est ici que tout a commencé il y a cinquante-trois ans". C'est ici, dans la moiteur des environs de Melbourne, qu'Autumn Laing, née Gabrielle Louise Ballard, connut l'unique passion de son existence. Au crépuscule de sa vie, Autumn, solitaire et revêche, raconte comment la tendresse qui la liait à son mari, Arthur, homme de loi intègre fréquentant la bohème des années trente, fut balayée par sa relation avec Pat Donlon. Peintre génial, fascinant d'égoïsme, il révolutionna autant son quotidien que l'art de son pays. Entre eux, la passion est physique, l'amour incandescent, le désir dévastateur. Car face à la folie créatrice de l'artiste, la muse n'est rien qu'un souffle vite emporté, une image vite oubliée. Alex Miller prouve qu'il est sans conteste l'un des plus grands prospecteurs des sentiments amoureux, en offrant une vision de l'amour avec ses zéniths et ses gouffres, son tumulte et ses silences.


- Avoir un corps
de Brigitte Giraud
Éditions Stock / Août 2013


"Des vêtements à peine écartés, des ventres et des reins maladroitement caressés. Des intentions plus que des actes. On donne, on offre, on laisse à l'autre le soin de prendre, de saisir, de posséder. Mais l'autre est dans le trouble de la conquête, avec le trop-plein de lumière qui éclaire la chambre. Il est difficile d'accéder au secret en plein jour. Alors les yeux se ferment, les doigts s'agrippent et les cuisses s'extraient des pantalons. Il cherche, soulève, accélère. Je veux bien, veux tout, ne résiste pas". Avoir un corps est la trajectoire d'une enfant qui devient fille, puis femme, racontée du point de vue du corps, une traversée de l'existence, véritable aventure au quotidien où il est question d'éducation, de pudeur, de séduction, d'équilibre, d'amour, de sensualité, de travail, de maternité, d'ivresse, de deuil et de métamorphoses. L'écriture au réalisme vibrant, sensible et souvent drôle, interroge ce corps qui échappe parfois, qui ravit ou qui trahit. Un roman qui rappelle que la tête et le corps entretiennent un dialogue des plus serrés, des plus énigmatiques


- Camus au Panthéon
Discours imaginaire
de Henri Guaino
Éditions Plon / Août 2013


Un discours imaginaire rêvé par Henri Guaino qui rend hommage avec brio à Albert Camus et à son sens de l'engagement. "Lecteur qui ouvrez ce livre, sachez que vous n'y rencontrerez pas le Camus le plus vrai, le plus authentique mais seulement celui que j'aime. Car je l'aime comme chacun de nous aime, c'est-à-dire à ma façon qui est une façon forcément particulière. Acteur d'une histoire que les générations d'aujourd'hui ont déjà du mal à fixer dans leur mémoire, comment se fait-il que les questions que Camus pose paraissent nous concerner autant, sinon parce qu'il a su tirer de ce qu'il a vécu, de ce qu'il a ressenti au milieu des épreuves les plus dures de la vie une leçon de vérité plus forte que les mensonges de l'idéologie? Peut-être est-il aussi celui qui a le mieux traduit en mots et en actes ce que la France a en elle de plus beau et de plus noble, et qui la fait aimer". Henri Guaino


- Canada
de Richard Ford
Éditions de l'Olivier / Août 2013


"D'abord, je vais vous raconter le hold-up que nos parents ont commis. Ensuite les meurtres, qui se sont produits plus tard". Great Falls, Montana, 1960. Dell Parsons a 15 ans lorsque ses parents braquent une banque, avec le fol espoir de rembourser un créancier menaçant. Le hold-up échoue, les parents sont arrêtés, et Dell a désormais le choix entre la fuite et l'orphelinat. Il traverse la frontière et trouve refuge dans un village du Saskatchewan, au Canada. Il est alors recueilli par le propriétaire d'un hôtel, Arthur Remlinger, qui le prend à son service. Charismatique, mystérieux, Remlinger est aussi recherché aux États-Unis. C'est la fin de l'innocence pour Dell qui, dans l'ombre de Remlinger, au sein d'une nature sauvage et d'une communauté pour qui seule compte la force brutale, cherche son propre chemin. Canada est le récit de ces années qui l'ont marqué à jamais.


- Carol
de Patricia Highsmith
Éditions Calmann Lévy / Août 2013


Elles se regardèrent au même instant. Thérèse avait levé les yeux de la boîte qu'elle était en train d'ouvrir et la femme venait de tourner la tête vers elle. Elle était grande et blonde, longue silhouette gracieuse dans un ample manteau de fourrure, qu'elle tenait entrouvert, la main posée sur la hanche. Ses yeux étaient gris, décolorés et pourtant lumineux comme le feu, et ceux de Thérèse, captifs, ne purent s'en détacher. Elle entendit la cliente qui lui faisait face répéter une question et elle resta muette. La femme la regardait, elle aussi, l'air préoccupé comme si une partie de son attention était fixée sur l'achat qu'elle s'apprêtait à faire et, bien qu'il y eût plusieurs vendeuses entre elles deux, Thérèse fut certaine qu'elle allait venir vers elle.


- Chambre 2
de Julie Bonnie
Éditions Belfond / Août 2013


La naissance: le plus beau moment de la vie et pourtant... Lorsqu'elle ouvre les chambres de la maternité où elle travaille comme puéricultrice, Béatrice doute de l'existence qu'elle a choisie. Une maternité. Chaque porte ouvre sur l'expérience singulière d'une femme tout juste accouchée. Sensible, vulnérable, Béatrice, qui travaille là, reçoit de plein fouet ces moments extrêmes. Les chambres 2 et 4 ou encore 7 et 12 ravivent son passé de danseuse nue sillonnant les routes à la lumière des projecteurs et au son des violons. Ainsi réapparaissent Gabor, Paolo et d'autres encore, compagnons d'une vie à laquelle Béatrice a renoncé pour devenir normale. Jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus supporter la violence du quotidien de l'hôpital. Un hommage poignant au corps des femmes, et un regard impitoyable sur ce qu'on lui impose.


- Chasseurs de nuages
de Alex Shearer
Éditions Les Grandes Personnes / Août 2013


Imaginez un monde où la ressource la plus précieuse et la plus rare serait devenue l'eau. Un monde où la terre ferme aurait fait place à des millions d'îles flottant dans un ciel infini. Un monde où l'aventure et le voyage seraient réservés aux braves, les chasseurs de nuages. Christien, jeune garçon à la vie confortable et protégée, rêve d'action et de frisson. Lorsque débarque en ville l'exotique Jenine, à la peau brune et au visage marqué de cicatrices, il n'a plus qu'une idée en tête: les accompagner, elle et sa famille, dans une chasse aux nuages à bord de leur bateau des airs. Une expédition inoubliable au cours de laquelle il croisera méduses, requins et baleines volantes; créatures aveugles tout droit sorties d'un cauchemar et impitoyables pirates, voguant au large des Îles de la Nuit.


- Chocolat
de Joanne Harris
Éditions Charleston / Août 2013


À Lansquenet, petit village perdu quelque part en France, mis à part les sempiternels sermons du sombre Reynaud, le curé intégriste de la paroisse, il ne se passe jamais rien. Alors, quand Vianne Rocher et sa fille Anouk décident de s'y installer pour ouvrir une chocolaterie, c'est tout le village qui se met à jaser. Ce qui est assez facile: Vianne n'est pas mariée, elle ne va pas à l'église, et même, elle ose ouvrir sa boutique de délices en plein carême! Cela fait d'elle la cible idéale pour ce pauvre Reynaud et sa troupe de grenouilles de bénitier. Mais, contre toute attente, Vianne semble très bien s'intégrer dans le village ensorcelé par ses douceurs: c'en est trop pour ses adversaires, qui vont tout faire pour lui barrer la route, allant jusqu'à la traiter publiquement de sorcière. Mais sur ce point, peut-être n'ont-ils pas tout à fait tort.


- Comme Baptiste
de Patrick Laurent
Éditions Gallimard / Août 2013


Baptiste, jeune informaticien passionné d'intelligence artificielle, vient d'apprendre que son père, un linguiste renommé, veuf et dépressif, n'est pas son père. En effet sa mère, morte deux ans plus tôt, a eu recours à une insémination avec donneur. Dès lors, le jeune homme est pris d'un désir frénétique de connaître ce géniteur anonyme, qu'il appelle le Bio. Il se lance dans une quête parsemée d'embûches et de rencontres inattendues. Dans son esprit déferlent la Conscience, le Réel, l'Identité, la Mort, tels les quatre cavaliers de l'Apocalypse. Sur des thèmes très actuels, la perte des repères identitaires liés aux progrès des sciences biologiques, les limites de la paternité et de la filiation, Patrick Laurent offre un récit fiévreux, enchaînant les péripéties avec virtuosité sur un arrière-plan métaphysique qui interroge profondément l'imaginaire contemporain.


- Concerto pour la main morte
de Olivier Bleys
Éditions Albin Michel / Août 2013


À Mourava, hameau perdu de Sibérie centrale, Vladimir Golovkine n'a qu'un rêve: prendre le bateau pour Krasnoïarsk, la grande ville en amont du fleuve. Mais faute de pouvoir s'offrir un billet, c'est un étranger qu'il voit débarquer dans sa vie: Colin, un pianiste raté dont la main droite refuse d'obéir dès qu'il se met à jouer le concerto nº2 en do mineur de Rachmaninov. À la frontière du récit et de la fable, Olivier Bleys, l'auteur de Pastel, créé ici un univers poétique où le tragique côtoie l'absurde. Histoire de vodka et de mystère, de musique, d'amitié entre les hommes, ce livre jubilatoire nous invite à cultiver la joie plutôt que la tristesse.


- Courir sur la faille
de Naomi Benaron
Éditions 10-18 / Août 2013


Depuis le jour où il comprend que la course à pieds est sa passion, le jeune Tutsi Jean Patrick Nkuba n'a qu'un rêve: devenir le premier champion olympique du Rwanda. Mais les gens comme lui ne sont pas censés gagner. Avril 1994: le pays s'embrase et Jean Patrick se trouve sans protection. Si ce n'est celle de son énigmatique coach, qui plus que quiconque croit en la réussite de ce jeune athlète. La seule solution: lui procurer une fausse carte d'identité ethnique pour échapper aux génocidaires et tenter d'accomplir sa destinée. Mais peut-on renier ses origines? Et que sont devenus les siens? Le temps passe. Les retrouver sera la course de sa vie.


- Daffodil Silver
de Isabelle Monnin
Éditions JC Lattès / Août 2013


C'est une semaine spéciale dans la vie de Daffodil Silver. Elle doit solder la succession de ses parents récemment disparus. Avant d'accepter ou de refuser l'héritage colossal qu'ils lui laissent, elle veut raconter au notaire leur singulière histoire. Le récit commence bien avant sa naissance, quarante ans auparavant. La mère de Daffodil s'appelle Lilas. Elle est la première des deux filles de Marguerite et Marcel, le propriétaire de l'usine des Souvenirs Faure. Trois ans après elle, est née sa moitié miraculeuse, l'autre face de sa médaille, un soleil: Rosa. Les sœurs sont inséparables. Elles rêvent d'ailleurs et de création, sont le noyau d'un joyeux groupe d'amis. Ensemble, ils jouent aux cartes et s'inventent des avenirs glorieux. Beau temps ne dure jamais. Alors que Lilas vient de donner naissance à sa fille, Rosa meurt brutalement. Passé le choc, vient le sursaut: Lilas décide, pour prolonger d'autant la vie de sa sœur et donner un sens à la sienne, d'écrire un livre qu'on mettrait autant de temps à lire que Rosa a vécu. Vingt-six ans, trois mois et six jours. Une cathédrale peut être magnifique et monstrueuse. La quête est vaine. Elle se heurte à l'indéfinissable de chacun, à ses mystères.


- Dans la gueule du loup
de Olivier Bellamy
Éditions Buchet Chastel / Août 2013


En 1936, commence l'une des purges staliniennes les plus sanglantes de l'histoire bolchévique. C'est le moment que choisit Serge Prokofiev pour revenir en URSS et s'y installer avec sa famille. C'est le moment aussi où il écrit et compose Pierre et le loup, son célèbre conte musical pour enfants. Le Mozart russe s'est jeté dans la gueule du loup. Il n'en sortira plus jamais jusqu'à sa mort. Dans ce roman drôle et cruel, l'auteur imagine les circonstances et les conséquences dramatiques de cette décision. À travers le destin d'un homme, c'est l'histoire de la première moitié du XXe siècle que nous revivons. Le Paris brillant et cosmopolite, la guerre, l'implacable machine soviétique. C'est aussi le portrait saisissant d'un compositeur de génie qui traverse les flammes de l'enfer pour tutoyer le divin. Et celui d'une femme libre qui paiera cher le prix de son amour absolu. C'est enfin le chemin de croix que parcourt tout artiste entre le Bien et le Mal.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 10:01

- Dans la lumière
de Barbara Kingsolver
Éditions Payot & Rivages / Août 2013


Dans les Appalaches, au cœur de la forêt, Dellarobia Turnbow aperçoit une lumière aveuglante. La vallée semble en feu. Mais ces reflets rougeoyants n'ont rien à voir avec des flammes. Ce sont les ailes de centaines de papillons qui recouvrent le feuillage des arbres. Cette étrange apparition devient un enjeu collectif: la communauté religieuse de la ville croit reconnaître un signe de Dieu et certains scientifiques invoquent une anomalie climatique. Toute l'Amérique se met à observer ce coin isolé, ancré dans les traditions rurales: Dellarobia comprend que de simples papillons vont bouleverser sa vie, et peut-être l'ordre du monde.


- Dans la maison de l'autre
de Rhidian Brook
Éditions Fleuve Noir / Août 2013


Hambourg, 1946.La ville est en ruines et la nation brisée. Si la guerre est terminée, la vie, elle peine à reprendre ses droits. Des ombres fantomatiques errent parmi les décombres à la recherche de nourriture, d'un proche, d'un espoir. Lewis Morgan, colonel de l'armée britannique, est chargé de superviser les opérations de reconstruction du territoire et de dénazification de la population. Il s'installe dans une somptueuse villa réquisitionnée à son intention avec son épouse et leur dernier fils encore en vie. Touché par leur situation, le colonel propose aux propriétaires des lieux, un architecte allemand éploré par la mort de sa femme et sa fille adolescente, de rester. Les deux familles partagent alors le même toit, se croisent, se frôlent, mais comment supporter pareille situation quand une haine viscérale continue d'opposer les deux peuples? Dans cette ambiance oppressante, inimitiés et hostilités vont laisser place à des sentiments plus dangereux encore.


- Dans le silence du vent
de Louise Erdrich
Éditions Albin Michel / Août 2013


Récompensé par la plus prestigieuse distinction littéraire américaine, le National Book Award, élu meilleur livre de l'année par les libraires américains, le nouveau roman de Louise Erdrich explore avec une remarquable intelligence la notion de justice à travers la voix d'un adolescent indien de treize ans. Après le viol brutal de sa mère, Joe va devoir admettre que leur vie ne sera plus jamais comme avant. Il n'aura d'autre choix que de mener sa propre enquête. Elle marquera pour lui la fin de l'innocence.


- Délivrez-nous du corps
de Dominique Simonnet
Éditions Plon / Août 2013


À l'occasion d'un salon du livre, Louis, anthropologue, aventurier, et auteur d'un livre ravageur sur la domination sexuelle, retrouve Miléna, son amour de lycée devenue libraire. Ils décident de se livrer l'un à l'autre et de tout se dire. Deux destins se dévoilent, ballottés entre plusieurs pays. Deux vies, hantées par le 11-Septembre, avec leurs tragédies intimes, leurs renoncements, la passion qui dévore et la jalousie qui tue. Jusqu'où ce jeu dangereux de la révélation va-t-il les mener? Peut-on retrouver l'innocence perdue? En explorant les confins du désir, Miléna et Louis expriment avec violence les désarrois d'une génération qui a hérité de ce cadeau sublime et vénéneux: la liberté d'aimer.


- Dictionnaire amoureux de Marcel Proust
de Jean-Paul Enthoven et Raphaël Enthoven
Éditions Plon / Août 2013


Depuis sa naissance, voici un siècle, l'œuvre de Marcel Proust n'en finit pas d'être assaillie par des hordes de puristes, de snobs ou de fétichistes, dont les exploits ont parfois gâché le pur bonheur de partir à la recherche du temps perdu. D'où ce Dictionnaire amoureux écrit à quatre mains et qui, n'en déplaise aux gardiens du temple, a pris le parti de traiter ce monument de la littérature avec la désinvolture (et l'érudition) qu'il mérite. De "Rhino-goménol" à "Procrastination", d'"Amour" à "Inversion", de "Morand", "Madeleine" et "Cocteau" à "Spinoza", "Ritz" et "Descartes", les auteurs gambadent à la fois dans la Recherche et dans la vie de son créateur. Ils auront atteint leur but si cette encyclopédie fragmentaire et dictée par le plaisir avive par intermittence, chez ses lecteurs, le désir de (re)lire le plus grand écrivain de tout le temps.


- Dieu regardait ailleurs
de Jean-Félix de la Ville-Bauge
Éditions Plon / Août 2013


De la Russie aux États-Unis, l'incroyable destin d'un aristocrate russe qui, dans la tourmente de 1917, aura été tsar quelques heures après l'abdication de Nicolas II. Saint-Pétersbourg, décembre 1916. Quatre hommes décident de tuer Raspoutine. Un député, un prince, un médecin, un grand-duc. Ce dernier nous raconte. Le meurtre du moine, la première révolution, le massacre des siens. Sa fuite dans les armées Blanches aux mains de chefs fous, les chasses à courre de Juifs. Puis l'exil à Paris en pleines années folles, les déjeuners avec Cocteau et Balthus, les nuits avec Chanel. Son mariage avec une actrice américaine, la fin du malheur peut-être mais la tuberculose le rattrape. L'Allemagne nazie lui fait les yeux doux pour lui rendre un hypothétique trône. D'un sanatorium suisse, il nous dicte les souvenirs d'un monde englouti. Cette fresque poétique ressuscite un temps où, oui, Dieu regardait ailleurs.


- Faillir être flingué
de Céline Minard
Éditions Payot & Rivages / Août 2013


Un souffle parcourt les prairies du Far-West, aux abords d'une ville naissante vers laquelle toutes les pistes convergent. C'est celui d'Eau-qui-court-sur-la-plaine, une Indienne dont le clan a été décimé, et qui, depuis, exerce ses talents de guérisseuse au gré de ses déplacements. Elle rencontrera les frères McPherson, Jeff et Brad, traversant les grands espaces avec leur vieille mère mourante dans un chariot tiré par deux bœufs opiniâtres; Xiao Niù, qui comprend le chant du coyote; Elie poursuivi par Bird Boisverd; Arcadia Craig, la contrebassiste. Et tant d'autres dont les destins singuliers se dévident en une fresque sauvage où le mythe de l'Ouest américain, revisité avec audace et brio, s'offre comme un espace de partage encore poreux, ouvert à tous les trafics, à tous les transits, à toutes les itinérances. Car ce western des origines, véritable épopée fondatrice, tantôt lyrique, dramatique ou burlesque, est d'abord une vibrante célébration des frontières mouvantes de l'imaginaire.


- Folles de Django
de Alexis Salatko
Éditions Robert Laffont / Août 2013


Si sa musique est dans toutes les têtes, la vie du plus grand guitariste de jazz, Jean Reinhardt dit Django, elle, est moins connue. Rien ne prédisposait ce gamin né en 1910 dans une roulotte au lieu-dit La Mare aux Corbeaux, près de Charleroi, à devenir le roi du swing. Rien si ce n'est ce caractère hors norme, instinctif, enfantin, capricieux, inspiré... En un mot génial. Parmi les rencontres qui lui ont permis de passer de l'ombre à la lumière, Alexis Salatko recrée trois anges gardiens aux noms de symphonies: Maggie l'Héroïque, Jenny la Pathétique et Dinah la Fantastique. Trois générations de femmes enragées de jazz, folles de Django, qui ont cru en lui et l'ont accompagné au long de sa flamboyante carrière. Dès l'âge de douze ans, la virtuosité de Django sidère le public des cafés parisiens. Il enregistre son premier disque à dix-huit ans. Il ne sait ni lire ni écrire. Encore moins déchiffrer une partition. Bientôt, il est invité à jouer à Londres, mais un drame survient qui va bouleverser sa vie: un incendie ravage sa roulotte, brûlant grièvement Django et sa femme. Le couperet tombe à l'hôpital: deux doigts de sa main gauche n'ont pu être sauvés. Il ne jouera plus. Django ne peut envisager sa vie autrement qu'en musique. "Bien sapé, oisif et admiré de tous": seule sa guitare peut lui faire toucher l'idéal manouche. Durant les dix-huit mois qu'il passe à l'hôpital, il développe une technique guitaristique unique et fait de son handicap un attribut exceptionnel. Avec le violoniste Stéphane Grappelli, ils créent une musique innovante qui remporte vite un grand succès. Pendant la guerre, Django est le roi des nuits parisiennes. Mais un Manouche doit se faire discret, et il vaut mieux pour lui filer en zone libre. Après la guerre, Django fait une tournée aux États-Unis, en compagnie de Duke Ellington. À son retour, son jeu est plus inspiré que jamais.


- Georgia
de Julien Delmaire
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2013


Georgia est une chanson. Georgia est une jeune femme perdue. Georgia est un roman d'amour: deux êtres à la dérive se rencontrent, se racontent, dans une parenthèse en clair-obscur, au cœur de la ville, ici et maintenant. Venance écoute, Georgia parle, et de sa voix jaillissent des paysages. L'enfance résonne avec les derniers accords de Joy Division. "La vie de Georgia commence à peine, que déjà les heures épuisent le sablier. Le bluesman reprend son souffle. La chanson passe de bouche en bouche. L'amour, l'amour nous déchirera à nouveau".


- Guide du loser amoureux
de Junot Diaz
Éditions Plon / Août 2013


Le centre de gravitation de ces histoires, c'est Yunior: jeune tête brûlée, aussi cœurs d'artichaut qu'incorrigible désinvolte. Dans chaque histoire, une femme, des femmes, mère, épouse, maîtresse, petite amie, extraordinaires et sans cesse perdues. Et en point de mire: l'amour, l'obsessionnel, l'illicite, le léger, le fou, le périssable, l'éternel amour. Et tandis que Yunior court après les filles, les fantasme, les largue, les adore ou les maudit, ces histoires dessinent peu à peu une radiographie du cœur humain, mettant à nu sa soif infinie et sa faiblesse inexorable. Toujours la passion semble l'emporter sur l'expérience, et l'amour, même échoué, même avorté, même Sali ou raillé, reste irréductible. Déferlante langagière, bourrée d'inventions, tendre et drôle à la fois, la prose de Díaz électrise tout sur son passage.


- Haute époque
de Jean-Yves Lacroix
Éditions Albin Michel / Août 2013


À la suite d'une arrestation pour conduite en état d'ébriété, un libraire se retrouve enfermé avec Guy Debord, le célèbre mais mystérieux philosophe, qui pourrait être son double. Obsédé par le personnage, il s'engage dans une curieuse enquête qui va changer sa vie. Et si c'était en fait le secret de sa propre existence qu'il révélait en traquant celui de son modèle? Drôle, alerte et brillant, ce premier roman de Jean-Yves Lacroix, traducteur de Melville, E.E. Cummings ou William Blake, se situe à cet instant même où le mythe du grand écrivain cède à la vérité de l'homme. Sexe, drogue et subversion mélancolique: mieux qu'un portrait imaginaire de Guy Debord, un autoportrait sans retouches.


- Il Babbo
de Ivan Macaux
Éditions Stock / Août 2013


"Le voilà qui arrive. "Il Babbo". Il n'a rien d'italien, c'est ma mère qui l'est à moitié. C'est elle qui l'a surnommé ainsi pour nous. Avec l'accent, en tirant sur le "a". J'aime le sobriquet. Aux heures claires, il sent le babillage et la bulle savonneuse. Aux heures sombres, il claque comme une sentence enfantine: "Pas beau!"" Une semaine sur les routes de France, entre le Var et Paris, dans le sillage d'une vieille bagnole en bout de course. Il Babbo conduit. Sur le siège passager, son fils scrute le rétroviseur où défilent les souvenirs d'enfance, caprices et coups de poker de ce père au destin sinueux et spectaculaire. Qui est-il ce Babbo, cet homme jovial et interlope: idéaliste patenté ou escroc aux heures de bureau? Et qui est vraiment ce narrateur? Plus un adolescent, pas tout à fait un homme. Ce voyage, seul à seul, est un moment rare. Père et fils s'observent, se toisent, se cherchent. Le long des départementales, c'est le poids des silences et des non-dits que l'auteur convoie, et l'histoire d'une famille française, en creux, qu'il explore. Au fil des kilomètres, se croiseront l'Afrique et Barbara, Musclor et Stefan Zweig, des généraux soviétiques chez Tati, Lee Harvey Oswald et le porno.


- Immortelles
de Laure Adler
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2013


"Florence, Suzanne, Judith. Elles forment une sarabande dans ma tête. Leur amitié m'a construite et m'a rendu indifférente. Avec elles, j'ai ressenti ce à quoi nous ne pensions jamais, ce que vivre signifiait". Une nuit d'été, la narratrice se réveille, submergée par une vague de souvenirs qu'elle croyait enfouis dans l'oubli. Sous ses yeux défilent les vies de trois amies avec qui elle a grandi, trois femmes aux destins poignants, trois parties d'elle qu'elle rassemble soudain. Roman sur la jeunesse, ses espérances, ses illusions, ses foucades et ses coups de foudre, Immortelles est surtout un hymne à l'amitié féminine.


- Il pleuvait des oiseaux
de Jocelyne Saucier
Éditions Denöel / Août 2013


Une photographe du Herald Tribune part réaliser un reportage sur la région québécoise du Témiscamingue, dont les forêts ont été ravagées par de gigantesques incendies au début du XXe siècle. Elle y trouve une communauté de marginaux fantasques et solitaires, dont Tom et Charlie, deux vieillards qui ont survécu à l'incendie et vivent en ermites au fond des bois. D'abord méfiants puis déterminés à aider la photographe dans son enquête, les deux hommes voient leur quotidien chamboulé. Et, soudain, lorsqu’arrive Marie-Desneige, octogénaire énigmatique tout juste échappée de sa maison de retraite, la vie, puis contre toute attente l'amour, reprend peu à peu ses droits. Superbe récit, lumineux et tendre, Il pleuvait des oiseaux nous entraîne au plus profond des forêts canadiennes, où le mot liberté prend tout son sens, et l'émotion, brute et vive, jaillit à chaque page.


- Je suis né huit fois
de Saber Mansouri
Éditions Du Seuil / Août 2013


Le souffle d'une vie naît d'une rencontre entre un enfant devenu jeune adulte, Massyre, et un lieu, la Montagne Blanche, particulièrement apprécié par tous les conquérants venus visiter la Tunisie, y compris les frères protecteurs armés français. Le lieu est unique. Massyre est multiple. Il y a d'abord ses sept sœurs et leur destin qui le regardent en silence, lui, le garçon, le huitième. Et puis, il y a ses huit métiers: suiveur de chèvres jusqu'à l'abattoir, chercheur d'Helix aperta, l'escargot souterrain, vendeur de fruits sauvages, d'eau à la criée, de boissons gazeuses, négociant en journaux au kilo et fripier. Tout en commerçant, Massyre va à l'école puis à l'université, fait une rencontre déterminante avec la problématique et l'Histoire, et devient professeur au lycée de sa région natale. Mais, sauf à partir ailleurs, au-delà de la Montagne Blanche, peut-on enseigner le passé sur le lieu de sa propre histoire?


- J'étais Quentin Erschen
de Isabelle Coudrier
Éditions Fayard / Août 2013


Quelle part y avait-il d'enfance dans ces amours bizarres et contrariées, quelle part de masochisme, de folie et d'addiction? Personne n'aurait su le dire. Le fait que Natacha était tombée amoureuse de Quentin alors qu'elle le connaissait depuis toujours pouvait passer aussi bien pour un accomplissement que pour une trahison de leur passé commun. À moins bien sûr de considérer que, Quentin étant de son côté incapable de tomber amoureux de qui que ce fût, Natacha tenait absolument à souffrir et qu'elle avait trouvé là un moyen imparable de se rendre malheureuse pour longtemps. Mais qui voudrait souffrir et chercherait sciemment à s'infliger les tourments de l'amour?


- Journal d'un écrivain en pyjama
de Dany Laferrière
Éditions Grasset & Fasquelle / Août2013


"Le pyjama est un étrange habit de travail", nous dit Dany Laferrière qui, après trente ans de publications, décide de parler à ses lecteurs. Suite de scènes où réflexions, récits, méditations s'entremêlent avec cette désinvolture qui caractérise son style. Voici les "conseils à jeune écrivain" d'un auteur pour qui la vie est une aventure exaltante qui se conjugue entre lire et écrire.


- Kinderzimmer
de Valentine Goby
Éditions Actes Sud / Août 2013


"Je vais te faire embaucher au Betrieb. La couture, c'est mieux pour toi. Le rythme est soutenu mais tu es assise. D'accord?
- Je ne sais pas.
- Si tu dis oui c'est notre enfant. Le tien et le mien. Et je te laisserai pas.
Mila se retourne:
- Pourquoi tu fais ça? Qu'est-ce que tu veux?
- La même chose que toi. Une raison de vivre".
En 1944, le camp de concentration de Ravensbrück compte plus de quarante mille femmes. Sur ce lieu de destruction se trouve comme une anomalie, une impossibilité: la Kinderzimmer, une pièce dévolue aux nourrissons, un point de lumière dans les ténèbres. Dans cet effroyable présent une jeune femme survit, elle donne la vie, la perpétue malgré tout. Un roman virtuose écrit dans un présent permanent, quand l'Histoire n'a pas encore eu lieu, et qui rend compte du poids de l'ignorance dans nos trajectoires individuelles.


- L'accomplissement de l'amour
de Éva Almassy
Éditions de l'Olivier / Août 2013


"Ils se donnaient le mot et depuis peu ce mot était amour, c'est l'homme qui avait jeté le premier ce mot provocant sur l'écran, qui disait l'aimer, tandis qu'elle ouvrait de grands yeux. Pour elle, le mot amour n'avait pas de sens en tant que nom commun, ça devait être un nom propre, le nom toujours de quelqu'un. Et plus encore amour était un verbe qui se conjuguait en actes. De nouveau, Béa était promise à la totalité du temps: le passé, le présent et l'espoir". Emportée par son désir, Béatrice va rejoindre un inconnu. Pour la première fois depuis longtemps, elle est vivante.


- L'échange des princesses
de Chantal Thomas
Éditions Du Seuil / Août 2013


En 1721, Philippe d'Orléans est Régent de France. L'exercice du pouvoir est agréable, il y prend goût. Surgit alors dans sa tête une idée de génie: proposer à Philippe V d'Espagne un mariage entre Louis XV, âgé de onze ans, et la très jeune infante, Anna Maria Victoria, âgée de quatre ans, qui ne pourra donc enfanter qu'une décennie plus tard. Et il ne s'arrête pas là: il propose aussi de donner sa fille, Mlle de Montpensier, comme épouse au jeune prince des Asturies, futur héritier du trône d'Espagne, pour renforcer ses positions et consolider la fin du conflit avec le grand voisin. La réaction à Madrid est enthousiaste, et les choses se mettent vite en place. L'échange des princesses a lieu début 1722, en grande pompe, sur une petite île au milieu de la Bidassoa, la rivière qui fait office de frontière entre les deux royaumes. Tout pourrait aller pour le mieux. Mais rien ne marchera comme prévu.


- L'enfant de l'étranger
de Alan Hollinghurst
Éditions Albin Michel / Août 2013


Tout commence en 1913, dans le jardin d'une maison de campagne anglaise, lorsque le timide George Sawle invite pour le week-end son camarade de Cambridge: l'aristocratique, énigmatique et capricieux Cecil Valance. Ces jours dans la maison familiale et le poème qu'ils inspirent à Cecil vont changer leur destin. Et plus encore celui de Daphné, la jeune sœur de George. En ce printemps où rien n'annonce encore les proches bouleversements de l'Histoire, un pacte se noue secrètement entre ces trois personnages, point de départ d'une fresque saisissante à travers le siècle et les vestiges du temps, par l'un des plus grands romanciers anglais contemporains, Alan Hollinghurst, lauréat du Booker Prize en 2005 pour La Ligne de beauté.


- L'entre-temps
de René Guitton
Éditions Calmann Lévy / Août 2013


Le petit Alex né dans un camp d'internement perdu au fond du Maroc est devenu un homme. Un homme plus vieux que ne l'a jamais été son père, marin, qui l'a façonné et fasciné. Il lui a appris les bateaux, les avions, la contemplation du rayon vert des couchers de soleil, l'ouverture aux autres, et la loyauté. C'est d'ailleurs par loyauté envers sa mère et son père qu'Alex revient en terre natale: depuis trop longtemps séparés, ses parents doivent être enfin réunis, en France. Et l'enfant devenu adulte se nourrit du souvenir de Rose, sa mère, jeune modiste italienne, sauvage et envoûtante, de ses grands-parents épris de liberté, de Yemna la juive, de Mina la musulmane, de sa tante d'Amérique, de ses cousins d'Afrique. Dans ce roman sensible et fort, écrit avec pudeur et élégance, s'enchevêtrent les alliances perverses de la Seconde Guerre Mondiale qui précipitent Rose en captivité. Malgré la tragédie du monde qui s'écroule, le bonheur d'être ensemble l'emporte sur la cruauté. Au fil d'un "tu" timide et délicat à la voix sobre et retenue, le fils s'adresse au père, dans une quête des origines visant à saisir enfin quelques parcelles du mystère de la filiation.


- L'envol du héron
de Katharina Hagena
Éditions Anne Carrière / Août 2013


L'Envol du héron met en scène une série de personnages liés sans le savoir par un douloureux secret. Marthe n'a jamais renoncé à retrouver son fils, disparu il y a dix-sept ans tandis qu'il passait l'été dans le bourg de Grund. Ellen ne s'est jamais vraiment remise du départ inopiné de son amant alors qu'elle était enceinte de lui. Andreas, ami d'enfance d'Ellen, est devenu une sorte d'original privé de la parole, qui arpente les rues de Grund à la recherche de papiers et de notes égarés. Autour de ces trois personnages hantés par la disparition gravitent amis, amants, proches qui, eux aussi, apportent leur lot de souffrances. Le personnage de Heidrun, la mère d'Ellen, plongée dans le sommeil trompeur du coma au terme d'une période de démence sénile, est comme l'image de cet impossible oubli qui sape les existences et interdit de faire son deuil. Sommeil, disparition, tels sont les fils directeurs de cette histoire qui révèle peu à peu ses dessous, au fil des récits d'Ellen et de Marthe, qui s'entrecroisent sans jamais se rejoindre. La disparition habite ce roman très atypique, qui s'attache à en explorer toutes les dimensions, toutes les résonances, jusqu'à lui donner une dimension mythique qui l'assimile non plus à la mort, mais à une ultime métamorphose.


- L'esprit de l'ivresse
de Loïc Merle
Éditions Actes Sud / Août 2013


Un homme rentre chez lui, fatigué, usé par l'âge et les regrets. La nuit va tomber, les Iris, sa banlieue parisienne, se dressent dans le crépuscule entre épreuve et destination. Ce trajet familier, Youssef Chalaoui pressent confusément qu'il lui sera fatal. Mais il en ignorera l'impact profond, irrévocable, sur le quartier, ses habitants, le pays. Cette nuit-là, au terme d'un long et hésitant et macabre ballet, la périphérie s'enflamme. Et bientôt, la France entière bascule. Dans L'Esprit de l'ivresse, la révolution est traitée hors champ; comme les bouleversements organiques du grand corps malade de la société contemporaine. Chorégraphique et musical, le roman procède par mouvements amples. À la course désordonnée et assoiffée de liberté de Clara S., l'égérie malgré elle, répond la fuite ouatée du Président Henri Dumont, bloc de souffrances et d'indécision. Chacun cherche en lui-même un élan radical, un feu qui brûle jusqu'aux lendemains, un ressort contre l'impuissance dérisoire et l'acharnement magnifique que recouvre l'idée de destin. C'est par les corps individuels que Loïc Merle pénètre et explore la chair collective d'une Grande Révolte imaginaire dont la proximité plausible (inévitable?) saisit le lecteur. Par les corps que s'exprime le besoin désespéré d'être ensemble et d'être plusieurs, face à l'engrenage du réel, et de la realpolitik, qui broie les êtres et les âmes, atrophie les esprits, avorte la notion même d'avenir. Cette nuit des hommes, l'auteur la dessine d'une phrase riche et lumineuse, légèrement étourdie, comme exactement ivre. Car, semble-t-il nous dire, de vital et de salvateur, ne nous restera-t-il bientôt plus que l'esprit de l'ivresse? C'est une des questions cruciales qui traversent ce premier roman d'une ampleur et d'une ambition rares.


- L'état du ciel
de Pierre Péju
Éditions Gallimard / Août 2013


"Au ciel tout va mal, Dieu se détourne de sa création. Les Anges sont livrés à eux-mêmes. Seul Raphaël, sans mission ni message, médite encore un modeste miracle. Depuis son balcon il se penche au-dessus du monde. Le ciel s'ouvre. Le hasard fait, mais est-ce le hasard?, que là-bas, tout en bas, dans une maison construite à flanc de montagne, surplombant un lac dont les reflets font paraître le ciel plus beau, il aperçoit une femme endormie. Nora est allongée en travers du lit défait, paupières closes, encore absente au monde, la chemise de nuit remontée au-dessus de la taille, les seins évadés du coton blanc. Un premier rayon de soleil vient glisser sur sa chair, gainer lentement ses jambes, caresser ses cuisses, chauffer son ventre. Le matin le plus ordinaire est aussi l'origine du monde. Quand la lumière atteint son visage, plaquant sur ses yeux une lame chauffée au rouge, Nora fait un bond hors du lit. Debout au milieu de la chambre, elle vacille. Ses pieds nus collent au carrelage tandis que la chemise retombe autour de son corps luisant de sueur. Son cœur cogne, comme d'habitude, à la seule idée de devoir affronter le jour".


- L'homme sans mots
de Georgina Harding
Éditions Denöel / Août 2013


Roumanie, début des années 1950. Un jeune homme est retrouvé sur les marches de l'hôpital, frêle comme un oiseau tombé du nid. Le garçon ne prononce pas un mot, impossible de savoir qui il est, d'où il vient. Il ne parvient à s'exprimer qu'en dessinant. Lentement, les souvenirs vont éclore sur le papier: d'abord une colline, puis une étable, des chiens, des samovars, le tableau troublant et mélancolique d'un monde perdu. Seule une jeune infirmière, Safta, connaît secrètement l'identité du jeune homme, qui se révèle être un merveilleux dessinateur au douloureux passé. Aussi intense dans la description de l'occupation communiste et de ses répercussions dramatiques pour les Roumains que dans la peinture des passions du cœur humain, L'Homme sans mots est un doux orage d'émotions et d'images, et un véritable tour de force dans lequel Georgina Harding réussit la prouesse de créer avec des mots le portrait d'un exilé du langage.


- L'invention de nos vies
de Karine Tuil
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2013


Sam Tahar semble tout avoir: la puissance et la gloire au barreau de New York, la fortune et la célébrité médiatique, un "beau mariage". Mais sa réussite repose sur une imposture. Pour se fabriquer une autre identité en Amérique, il a emprunté les origines juives de son meilleur ami Samuel, écrivain raté qui sombre lentement dans une banlieue française sous tension. Vingt ans plus tôt, la sublime Nina était restée par pitié aux côtés du plus faible. Mais si c'était à refaire? À mi-vie, ces trois comètes se rencontrent à nouveau, et c'est la déflagration. "Avec le mensonge on peut aller très loin, mais on ne peut jamais en revenir" dit un proverbe qu'illustre ce roman d'une puissance et d'une habileté hors du commun, où la petite histoire d'un triangle amoureux percute avec violence la grande Histoire de notre début de siècle.


- La confrérie des moines volants
de Metin Arditi
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2013


1937. Le régime soviétique pille, vend et détruit les trésors de l'Eglise russe. Il ferme plus de mille monastères. Des centaines de milliers de prêtres et de moines sont exécutés. Les plus chanceux s'échappent, vivant cachés dans les forêts. Voici l'histoire de Nikodime, qui, avec l'aide d'une poignée de moines-vagabonds, tente de sauver les plus beaux trésors de l'art sacré orthodoxe. Où l'on rencontrera un ancien trapéziste, un novice de vingt ans et quelques autres fous de Dieu. De l'avant-guerre à nos jours, de la Russie bolchévique à la Moscou des milliardaires et des galeries d'art, l'étourdissante histoire de quelques hommes de courage. Et puis, bien sûr, il y a Irina. Elle fuit l'Enfer, traverse l'Europe, arrive à Paris, change d'identité. Elle est au cœur de cette étonnante histoire.


- La conjuration
de Philippe Vasset
Éditions Fayard / Août 2013


J'ai créé une secte. C'était, au départ, une entreprise purement commerciale.
Jusqu'à ce que j'y prenne goût: fonder une religion est la dernière œuvre possible.


- La cravate
de Milena Michiko Flašar
Éditions de l'Olivier / Août 2013


"Un regard fugitif à sa montre, puis il a allumé une cigarette. La fumée s'est élevée dans une suite de ronds. Ce fut le début de notre relation. Une odeur âcre à mes narines. Le vent soufflait la fumée dans ma direction. Avant même que nous ayons échangé nos noms, c'est ce vent qui nous fit faire connaissance". Dans un parc, quelque part au Japon, Taguchi Hiro et Ohara tetsu se sont assis sur un banc. Le plus jeune vient de sortir de la chambre où il vit cloîtré depuis deux ans. L'homme à la cravate a été licencié, mais il est incapable de l'avouer à sa femme. L'ermite moderne et l'employé modèle se regardent en silence, s'apprivoisent, se racontent. La disparition d'un ami poète fauché par une voiture, le suicide d'une camarade de classe, la vie professionnelle brisée, l'amour d'une épouse, les rêves et les renoncements. Bribe par bribe, ils se livrent l'un à l'autre.


- La dernière danse de Charlot
de Fabio Stassi
Éditions Denöel / Août 2013


En cette veille de Noël, Charlie Chaplin, quatre-vingt-deux ans, ne voit pas la mort arriver d'un bon œil. Il vit désormais en Suisse et est le père d'un petit garçon de neuf ans, Christopher. Son heure semble venue, mais lorsque la Mort se présente un soir en personne, l'acteur lui propose un marché: s'il parvient à la faire rire, il gagnera une année de vie supplémentaire. Commence ainsi un jeu étrange, et c'est pendant cette attente fatale que Chaplin va rédiger une lettre à ce fils tant aimé afin de lui raconter sa véritable histoire: de son enfance humble en Angleterre, avec un père alcoolique et une mère instable, à ses débuts sur scène, puis l'ère américaine, durant laquelle le jeune Chaplin est, entre autres, imprimeur, boxeur, taxidermiste, jusqu'à connaître la gloire au cinéma et devenir le Charlot mythique que l'on connaît: moustache, démarche oblique et chapeau melon, grand prince et mendiant bouleversant. Faisant surgir les larmes comme l'hilarité, La Dernière Danse de Charlot est un conte tendre et cruel sur un monstre sacré.


- La dernière séance
de Chahdortt Djavann
Éditions Fayard / Août 2013


C'est un roman à deux temps où s'entrelacent des séances de psychanalyse que l'héroïne poursuit à Paris et le récit de son parcours d'émigrée. Suite à un viol collectif par les gardiens de l'ordre moral, Donya fuit Téhéran. Arrivée à Istanbul, elle décide d'avorter, apprend la mort de son père, et cherche désespérément un travail. Rien n'est jamais acquis pour une Iranienne désargentée qui doit partir tous les trois mois en Bulgarie pour renouveler son droit de séjour. Elle s'embarque dans un bus rempli de malfrats pour Sofia en 1991, et atterrit dans un hôtel de passe. Trois mois plus tard, elle manque mourir à la frontière de Bulgarie lors d'un deuxième voyage. Outre son boulot dans une clinique à Istanbul, elle devient danseuse orientale pour payer ses études. Les paysages somptueux du Bosphore contrastent avec les lugubres faubourgs de Sofia. Pourtant c'est à Paris, au cours de l'analyse, que surgissent les révélations les plus inattendues. Les souffrances d'une enfance terrible, une mère qui délaisse Donya dès la naissance car elle désirait ardemment un garçon. Une mère qui ne pardonne jamais à sa fille d'être une fille. Un père ruiné devenu opiomane et fou. Une fillette qui tente de se faire aimer par ses parents grâce à son intelligence. Une adolescence "coupable" et brisée. Et une jeune femme qui ne parvient à pardonner ni à ses parents ni à son pays. La maîtrise progressive du français constitue le seul bonheur de l'héroïne. Une jeune femme qui fuit la réalité insoutenable en inventant des mensonges sincères. Au fil des séances et de l'histoire, se profile, sous le regard myope de son psy, la fin tragique d'une jeune femme rattrapée par son destin.


- La fabrique du monde
de Sophie Van Der Linden
Éditions Buchet Chastel / Août 2013


Et je me vois là, dans tout ça. Une petite chinoise de dix-sept ans, une paysanne, partie à l'usine parce que son grand frère entrait à l'université. Quantité des plus négligeables, petite abeille laborieuse prise au piège de sa ruche. Enfermée là pour une éternité. Aujourd'hui en Chine. Mei, jeune ouvrière de dix-sept ans vit, dort et travaille dans son usine. Elle rêve aussi. Confrontant un souffle romantique à l'âpre réalité, La Fabrique du mondeest une plongée intime dans un esprit qui s'éveille à l'amour, à la vie et s'autorise, non sans dommage, une perception de son individualité.


- La femme à 1000°
de Hallgrimur Helgason
Éditions Presses De La Cité / Août 2013


Condamnée à vivre dans un garage avec pour seule compagnie son ordinateur portable, une provision de cigarettes et une grenade datant de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, une octogénaire islandaise atteinte d'un cancer en phase terminale revient sur sa vie en attendant la mort. Car Herra, comme on l'appelle, a beaucoup de choses à raconter. Petite-fille du premier président d'Islande, fille d'une paysanne et du seul nazi islandais avéré, elle a, au fil de son existence mouvementée, vécu la guerre et l'exil, connu beaucoup d'hommes, parfois célèbres, et vu la mort, de bien trop près. Avant de s'envoyer en l'air pour de bon, elle passe en revue son passé et celui de sonpays, l'occasion pour elle de régler au passage quelques comptes. Dans ce roman inclassable et truculent qui, à la manière d'un collage, alterne humour, cynisme, tendresse, absurde, poésie et noirceur, Hallgrímur Helgason fait preuve d'une inventivité linguistique époustouflante. La Femme à 1000° navigue entre légèreté et profondeur au gré du récité de l'irrévérencieuse Herra, dont l'histoire est à l'image de celle de l'Islande, sa patrie, et de celle de l'Europe: mouvementée, sanglante et tragique.


- La femme à la clé
de Vonne Van Der Meer
Éditions Héloïse d'Ormesson / Août 2013


"Femme, 59 ans, d'apparence maternelle, hanches larges, voix agréable, vient vous border et vous faire la lecture avant que vous vous endormiez. Discr. assurée. Intentions sexuelles totalement exclues". Voilà l'annonce un brin malicieuse que rédige Nettie, lorsque la recherche d'un travail devient inévitable, quelques mois après le décès de son mari. Sans expérience professionnelle à faire valoir, elle se tourne vers sa passion et propose aux âmes esseulées, chômeur célibataire, hôtesse de l'air divorcée, fillette qui boude l'école, ses services en tant que lectrice. Devenue, au fil des jours, confidente, amie, conseillère, Nettie reprend goût à la vie, et ses clients avec elle. Dans ces pages imprégnées de délicatesse, Vonne Van Der Meer capte les plaisirs minuscules et les joies simples de l'existence. La Femme à la clé est un voyage enchanteur à travers les livres, où s'abolissent angoisse et tristesse.


- La grâce des brigands
de Véronique Ovaldé
Éditions de l'Olivier / Août 2013


Maria Cristina Väätonen a seize ans lorsqu'elle quitte la ville de son enfance, une bourgade située dans le grand Nord, entourée de marais et plongée dans la brume la plupart de l'année. Elle laisse derrière elle un père taciturne, une mère bigote et une sœur  jalouse, pour s'installer à Santa Monica (Los Angeles). C'est le début des années 70 et des rêves libertaires. Elle n'a pas encore écrit le roman dans lequel elle réglera ses comptes avec sa famille, et qui la propulsera sur la scène littéraire. Et elle n'est pas encore l'amante de Rafael Claramunt. Séducteur invétéré, cet excentrique a connu son heure de gloire et se consacre désormais à entretenir sa légende d'écrivain nobélisable. Est-il un pygmalion ou un imposteur qui cherche à s'approprier le talent de Maria Cristina?


- La liste de Freud
de Goce Smilevski
Éditions Belfond / Septembre 2013


Récompensé par le prix européen pour la Littérature, un roman fascinant qui donne à voir un épisode peu évoqué de la vie de Freud: en 1938, alors que des visas sont attribués pour l'Angleterre, le père de la psychanalyse dresse une liste de ceux qu'il souhaite emmener avec lui, liste excluant ses quatre sœur s qui finiront déportées au camp de Terezin. Dans une Vienne en pleine effervescence, une œuvre vibrante en forme d'hommage à Adolfina Freud, enfant mal aimée condamnée à la solitude. 1938. L'Allemagne nazie s'apprête à envahir l'Autriche, les Juifs cherchent à fuir. Alors qu'on lui délivre des visas pour l'Angleterre, Freud est autorisé à soumettre une liste de vingt personnes qu'il souhaite emmener avec lui. Y figurent, entre autres, son médecin et ses infirmières, ses femmes de ménage, son chien et sa belle-sœur ; mais pas ses propres sœurs, qui mourront toutes les quatre dans les camps nazis, tandis que le père de la psychanalyse terminera ses jours à Londres. Et Adolfina de raconter: l'enfance, les souvenirs, les regrets aussi, et l'incompréhension devant la décision de celui dont elle était pourtant la plus proche. Mais également ses rencontres de hasard avec Otla Kafka, Klara Klimt, sacrifiées comme elle sur l'autel de la célébrité de leur frère.  


- La nuit en vérité
de Véronique Olmi
Éditions Albin Michel / Août 2013


"Et se regarder nu, face au miroir, jamais il ne le ferait, jamais il ne serait ce garçon qui en lui faisant face lui ferait honte. Enzo ne voulait pas être son ennemi. Il voulait aimer le jour, la nuit, la peur, Liouba, et lui-même si c'était possible". À travers la relation forte et fragile entre une mère trop jeune et un fils au seuil de l'adolescence qui vivent chacun à leur façon l'expérience de l'exclusion et de la détresse intérieure, Véronique Olmi renoue avec la tension narrative de Bord de mer, cette amplitude romanesque où la retenue, l'émotion et la brutalité forment une ronde parfaite.


- La route du salut
de Étienne de Montety
Éditions Gallimard / Août 2013


Bosnie, années 90. Deux jeunes hommes venus de France se battent contre les Serbes. Mosko est un fils d'immigrés polonais. À la faculté de Nanterre, il fait la connaissance d'un étudiant musulman qui oriente sa vie vers l'islam. Lors de l'éclatement de la Yougoslavie, il rejoint les moudjahidine, venus prêter main forte à leurs frères bosniaques... Fahrudin, lui, est un fils de Bosniaques arrivés en France après la mort de Tito. Il a grandi dans une cité de la banlieue rouennaise, avant de s'engager dans la Légion étrangère. Quand la guerre éclate, il déserte et regagne la Bosnie. Deux destinées singulières se rencontrent, alors que la guerre embrase de nouveau le cœur de l'Europe. En faisant revivre le conflit en ex-Yougoslavie, La route du salut offre un éclairage profond et sincère sur l'engagement, la foi, les vertus militaires et leurs limites, et sur la montée des identités dans l'histoire récente du vieux continent.
   

- La saison de l'ombre
de Leonora Miano
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2013


"Si leurs fils ne sont jamais retrouvés, si le Ngambi ne révèle pas ce qui leur est arrivé, on ne racontera pas le chagrin de ces mères. La communauté oubliera les dix jeunes initiés, les deux hommes d'âge mûr, évaporés dans l'air au cours du grand incendie. Du feu lui-même, on ne dira plus rien. Qui goûte le souvenir des défaites?" Nous sommes en Afrique sub-saharienne, quelque part à l'intérieur des terres, dans le clan Mulungo. Les fils aînés ont disparu, leurs mères sont regroupées à l'écart. Quel malheur vient de s'abattre sur le village? Où sont les garçons? Au cours d'une quête initiatique et périlleuse, les émissaires du clan, le chef Mukano, et trois mères courageuses, vont comprendre que leurs voisins, les BWele, les ont capturés et vendus aux étrangers venus du Nord par les eaux. Dans ce roman puissant, Léonora Miano revient sur la traite négrière pour faire entendre la voix de celles et ceux à qui elle a volé un être cher. L'histoire de l'Afrique sub-saharienne s'y drape dans une prose magnifique et mystérieuse, imprégnée du mysticisme, de croyances, et de "l'obligation d'inventer pour survivre".


- La servante du Seigneur
de Jean-Louis Fournier
Éditions Stock / Août 2013


Ma fille était belle, ma fille était intelligente, ma fille était drôle… Mais elle a rencontré Monseigneur. Il a des bottines qui brillent et des oreilles pointues comme Belzébuth. Il lui a fait rencontrer Jésus. Depuis, ma fille n'est plus la même. Elle veut être sainte. Rose comme un bonbon, bleue comme le ciel.


- La vie à côté
de Mariapia Veladiano
Éditions Stock / Août 2013


Rebecca est laide. Extrêmement laide. Elle vit, avec prudence et en silence, dans une magnifique maison au bord d'un fleuve, aux côtés d'un père, médecin trop absent, et d'une mère qui "a pris le deuil à sa naissance". Rebecca se tient elle aussi hors du monde, enfermée pour ne pas être blessée, élevée par la sainte et tragique servante Maddalena qui la protège. C'est sans compter sur l'impétueuse tante Erminia, qui décide de l'initier au piano, et qui cache pourtant des sentiments moins nobles. Mais Rebecca est douée et va concentrer sa vie entière dans ses mains, parfaites. La rencontre avec la Signora De Lellis, musicienne réputée et détentrice d'un secret de famille, le confirme: une autre vie est possible, un autre langage, une vie à côté. Avec la légèreté et la férocité d'une fable, La vie à côté brosse le portrait d'une famille corrompue par le mensonge et les tabous. Mariapia Veladiano comble le silence et les bruits étouffés en donnant voix à la différence.


- La vie critique
de Arnaud Viviant
Éditions Belfond / Août 2013


Il aurait voulu être rock star, il est devenu critique littéraire. Fidèle aux grands textes et aux rituels d'un  métier en voie de disparition, curieux, amoureux, inconvenant, il défend les fous, les inventeurs et les modernes. Voie facile? Non, vie critique, où l'on compose avec stocks et désirs, découverts et découvertes, obsessions sexuelles et professionnelles. Un texte intime et risqué, une mise à nu littéraire et politique, où tout conflue vers le désir d'être vivant. À l'ère de la littérature mondialisée et du journalisme prolétarisé, la situation est critique, mais pas désespérée.


- La vie de Morgan
de Laurent Ségalat
Éditions Michalon / Août 2013


Morgan, comme la plupart de ses semblables, cumule trois boulots pour subvenir à ses besoins. Inspecteur au ministère de la Vie citoyenne, employé de McDonald's et pigiste pour la télévision, il essaie tant bien que mal de survivre dans un univers où l'absurdité bureaucratique n'a d'égal que la marchandisation tous azimuts de la société. Il faut désormais raisonner en termes de chiffres, de points et de formulaires absurdes. Sous couvert d'une démocratie-spectacle, la France a basculé dans un totalitarisme bien-pensant et écologiste, qui emprisonne chaque citoyen. La vie de Morgan se résume à un quotidien monotone et harassant, rythmé par une infinité de règlements tentaculaires, jusqu'au jour où un malencontreux incident va lui faire prendre conscience de la terrible vacuité de son existence. Saura-t-il s'extraire de cette société oppressante où "ce qui n'est pas interdit est obligatoire, et ce qui n'est pas obligatoire est interdit"?


- Le bleu des abeilles
de Laura Alcoba
Éditions Gallimard / Août 2013


La narratrice a une dizaine d'années lorsqu'elle parvient à quitter l'Argentine pour rejoindre sa mère, opposante à la dictature réfugiée en France. Son père est en prison à La Plata. Elle s'attend à découvrir Paris, la tour Eiffel et les quais de Seine qui égayaient ses cours de français. Mais Le Blanc-Mesnil, où elle atterrit, ressemble assez peu à l'image qu'elle s'était faite de son pays d'accueil. Laura Alcoba décrit une réalité très dure avec le regard et la voix d'une enfant éblouie. La vie d'écolière, la découverte de la neige, la correspondance avec le père emprisonné, l'existence quotidienne dans la banlieue, l'apprentissage émerveillé de la langue française forment une chronique acidulée, joyeuse, profondément touchante.


- Le cas Eduard Einstein
de Laurent Seksik
Éditions Flammarion / Août 2013


"Mon fils est le seul problème qui demeure sans solution", écrit Albert Einstein en exil. Eduard a vingt ans au début des années 1930 quand sa mère, Mileva, le conduit à l'asile. Le fils d'Einstein finira ses jours parmi les fous, délaissé de tous, dans le plus total dénuement. Trois destins s'entrecroisent dans ce roman, sur fond de tragédie du siècle et d'épopée d'un géant. Laurent Seksik dévoile un drame de l'intime où résonnent la douleur d'une mère, les faiblesses des grands hommes et la voix du fils oublié.


- Le cimetière
de Emmanuel Bram
Éditions Brumerge / Août 2013


Lorsque je me suis éveillé, j'étais allongé dans le noir. Je ne me souvenais plus de rien, ni qui j'étais, ni d'où je venais, la mémoire m'échappait comme un mot qu'on a sur le bout de la langue et qui nous glisse entre les doigts à l'instant où l'on croit l'attraper. J'étais dans un cercueil en bois pourri. Combien de temps je suis resté là, sans bouger à attendre je ne sais quoi, personne ne pourra  jamais  le  dire.


- Le Dernier Seigneur de Marsad
de Charif Majdalani
Éditions Du Seuil / Août 2013


Beyrouth, quartier de Marsad, 1964. Simone, la fille cadette de Chakib Khattar, un notable chrétien issu d'une lignée d'industriels du marbre, est enlevée par Hamid Chahine, bras droit de son père à l'usine. Ce rapt amoureux tombe au plus mal pour Chakib, obsédé par la transmission de son patrimoine et qui, face à l'incapacité ou à l'indifférence de ses héritiers légitimes, a fait de Hamid plus que son homme de confiance: une sorte de fils spirituel. Mais l'enlèvement tourne court, après que les deux amants ont tenté de se marier clandestinement. Contraint de chasser Hamid, Khattar voit progressivement se transformer le monde autour de lui. Durant les années suivantes, le Liban s'enfonce dans la guerre, entre 1975 et la fin des années 1980. Isolé, abandonné par les siens, le dernier seigneur de Marsad est désormais au cœur des convulsions d'un pays livré aux milices et au chaos.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 9:57

- Le Divan de Staline
de Jean-Daniel Baltassat
Éditions Du Seuil / Août 2013


1950. Borjomi, Géorgie. Pour quelques jours, Staline se retire au pays natal dans le palais décadent de feu le grand duc Mikhailovich. À la demande de la Vodieva, qui prétend l'avoir toujours aimé et ne lui avoir jamais menti, il y reçoit le jeune peintre prodige du réalisme socialiste, Danilov, concepteur d'un monument d'éternité à la gloire du Petit Père des Peuples. Dans le bureau ducal, un divan identique à celui de Freud à Londres. Même kilims sur la couche et aux murs. "Que Staline dorme sur le divan du charlatan viennois, j'en connais à qui ça plairait de l'apprendre", dit Iossif Vissarionovitch. On a beau être dans l'âge de la grande usure des émotions, on a encore le goût du jeu. Voilà comment les choses vont se passer: pendant que Danilov subira les interrogatoires du redoutable général Vlassik, Staline s'installera sur le divan et la belle Vodieva prendra le fauteuil. Elle pratiquera la prétendue technique d'interprétation des rêves du charlatan tandis que lui se souviendra de ses histoires de nuit. L'enfance, sa mère, les femmes. Et surtout, le plus grand des pères menteurs: Lénine. Mais qui, mieux que Iossif Vissarionovitch Staline, saurait faire d'un mensonge une vérité et d'une vérité le mensonge? "Camarade Danilov, dit-il, la vie est devenue meilleure et plus gaie, voilà l'éternité de Staline". Danilov tremble devant celui qui sait tout et peut tout. Il tremblerait plus encore s'il savait ce qui l'attend.


- Le don du passeur
de Belinda Cannone
Éditions Stock / Août 2013


"En écrivant ce livre sur mon père, j'ai découvert que ce que nous recueillons de nos parents, et dont il est beaucoup plus difficile de se débarrasser que de leurs idées, ce sont leurs affects, vivante et palpitante matière transmise à leur insu et au nôtre, irrémédiablement. On connaît, sans mots, sans discours, intuitivement, les cordes et les accords blessés, les joies aussi, sur lesquels ils sont bâtis et qui fournissent, par legs inconscient, notre ossature. Puis on passe une vie à essayer de s'en accommoder. J'ai toujours été bouleversée, et cela est vrai pour mes deux parents, de si bien savoir, pour l'avoir constamment éprouvé, ce qu'ils sentaient. Et, tant pis pour l'air de sentimentalisme, il y a (avait) une telle beauté, alliée à la fragilité, dans ce monde affectif et moral, que je ne peux cesser d'en avoir le cœur étreint".


- Le fil des souvenirs
de Victoria Hislop
Éditions Les Escales / Août 2013


Évasion, émotion, suspense: découvrez le nouveau best-seller de Victoria Hislop, après l'immense succès de L'Île des oubliés. Deux enfants, deux familles. Une cité prise dans les tourments de l'histoire. Une saga grecque bouleversante. Thessalonique, 1917. Le jour de la naissance de Dimitri Komninos, un terrible incendie ravage la ville et tous les biens de la famille. Sans cette catastrophe qui les force à s'exiler, son chemin n'aurait pas croisé celui de la petite Katerina, débarquée rue Irini après avoir été arrachée à sa mère en fuyant Smyrne. Dès lors, les destins de la couturière prodige et de l'héritier d'un empire textile vont être liés à jamais, tandis que les guerres, les révolutions et la haine déchirent la cité, ou chrétiens, juifs et musulmans vivaient jusque-là en harmonie. Un siècle plus tard, de quels trésors Katerina et Dimitris sont-ils les gardiens? Comment transmettre leurs secrets avant qu'il ne soit trop tard? Après avoir traversé les pires tragédies, le temps est venu de dérouler le fil des souvenirs.


- Le fils de Sam Green
de Sibylle Grimbert
Éditions Anne Carrière / Août 2013


Dans Le Fils de Sam Green, Sibylle Grimbert nous invite dans l'intimité d'une famille. Un fils vient de perdre foi en son père. Et alors que sa croyance s'écroule, il doit affronter une question létale: a-t-il été une victime, parmi d'autres, d'un égoïste, ou a-t-il été, par égoïsme, le complice d'un bourreau? Voici un thème classique, puissant, où l'auteur déploie son talent pour la capture d'instants fugaces, l'entrelacement signifiant des non-dits, et la maîtrise du drame familial. Mais ce Sam Green n'est autre que Bernard Madoff, et Sibylle Grimbert, une puissante vigie. L'affaire Madoff est inexplicable dans une perspective rationnelle: elle reposait sur une arnaque si grossière qu'en toute logique ses victimes, dont le point commun était d'être bien informées des us et pratiques de ce milieu de la finance, ne pouvaient pas tomber dedans. Mais voilà, les pigeons avaient foi en leur bourreau et en un monde de privilèges et de toute-puissance dont ils n'auraient jamais osé formuler qu'ils le rêvaient magique, avant qu'il ne se transforme en malédiction planétaire. Le Fils de Sam Green est bâti sur un axiome shakespearien bien connu: "Le monde entier est un théâtre. Et tous, hommes et femmes, n'y sont que des acteurs". Il possède d'ailleurs des accents "leariens" indéniables. C'est un roman aussi tranchant que vital parce qu'en nous rendant familier un drame que l'on préfère imaginer opaque et étranger, l'auteur nous pousse la scène de la plus grande tragédie de notre temps. Par la force amère et la triste élégance de sa démonstration, la complainte du Fils de Sam Green nous interdit de nous prétendre pantins et nous laisse acteurs, c'est-à-dire libres de croire ou pas, d'agir ou pas, d'être ou de passer.


- Le jardin blanc
de Stéphanie Barron
Éditions Nil / Août 2013


Et si Virginia Woolf ne s'était pas suicidée le 28 mars 1941? En octobre 2008, Jo Bellamy, jeune paysagiste américaine, arrive à Sissinghurst, dans le Kent, pour étudier le célèbre jardin blanc créé par l'amie de Virginia Woolf, Vita Sackville-West. Un jour après l'annonce de son départ, son grand-père Jock, d'origine britannique, se suicide. Jo découvre qu'il avait lui-même travaillé dans ce jardin pendant la Seconde Guerre Mondiale et décide de profiter de son voyage pour comprendre son geste. À Sissinghurst, Jo découvre par hasard un journal intime parmi les archives des jardiniers. L'étiquette porte le nom de son grand-père, mais, en le déchiffrant, elle doit se rendre à l'évidence: ce journal n'est pas le sien. Soupçonnant son auteur d'être Virginia Woolf, elle file le faire expertiser chez Sotheby's. Là, on lui concède que le style et les thèmes rappellent en effet Woolf... à un détail près: les dates. Le 28 mars 1941, Virginia a rempli ses poches de pierres avant d'aller se noyer dans l'Ouse. Or le journal commence le 29. Des détails du journal amènent Jo à jouer avec cette idée: et si Virginia Woolf ne s'était pas suicidée? Si on l'avait tuée? D'Oxford à Cambridge, de demeures prestigieuses en bibliothèques légendaires, dans des jardins dont la splendeur dissimule d'obscurs secrets, Jo traque la vérité sur les derniers jours de la romancière. Mais elle n'est pas la seule, et bientôt le journal est volé. Un roman à la fois érudit, léger et riche en rebondissements qui ravira les amoureux d'une Angleterre traditionnelle ou le feu couve sous les bonnes manières.



- Le jour où j'ai rencontré ma fille
de Olivier Poivre d'Arvor
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2013


Tout commence par l'âge qui vient: alors qu'il atteint la cinquantaine, le narrateur apprend qu'il est stérile. Il s'aperçoit, en même temps, qu'il ne désire rien de plus qu'être père. Mais si le corps refuse? Tout recommence au Togo, quelques mois plus tard, lorsqu'il rencontre une petite fille de sept ans, Amaal, et qu'il décide de l'adopter. Mais là encore, comment fait-on quand on est un homme célibataire pour devenir père? Des laboratoires parisiens où il découvre son azoospermie aux terres de l'Afrique fertile où l'espoir renaît, des labyrinthes de l'administration au vol Lomé-Paris qui ramènera enfin sa fille chez eux, Olivier Poivre d'Arvor nous raconte le chemin initiatique de deux ans qui a changé sa vie. Pour la première fois, cet homme pudique lève le voile sur un sujet tabou.


- Le journal d'un critique d'art désabusé
de Michel Ragon
Éditions Albin Michel / Août 2013


Ami de Soulages, Atlan, Poliakoff, Zao Wou-Ki ou Dubuffet, Michel Ragon a découvert, soutenu, fréquenté les plus grands artistes. Aujourd'hui, le grand critique s'insurge contre un monde où l'art est devenu marché, les œuvres des placements, où l'imposture semble avoir remplacé l'audace et le vide l'effervescence. S'amusant du non-art, déplorant le "financial art", il évoque dans ce Journal tenu entre 2009 et 2011 une époque où les artistes créaient sans penser au cours de la Bourse, souvent encouragés par des galeristes qui croyaient en leur talent et des critiques pour qui l'admiration tenait lieu de pain quotidien. Amusées ou désenchantées, ces chroniques, qui confrontent Tinguely et Koons, Klein et Buren, Alechinsky et Murakami, nous font partager les rencontres, les amitiés, les admirations et les dégoûts d'un inlassable amoureux de l'art.


- Le langage des cactus
de O. Henry
Éditions Payot & Rivages / Août 2013
 

"Le temps qui passe a ceci de remarquable qu'il est purement relatif. On accorde communément à l'homme qui se noie la faculté de voir défiler toute son existence. Il n'est donc pas inconcevable que l'on puisse se remémorer, le temps d'ôter une paire de gants, la cour assidue que l'on a faite à une femme". Ainsi commence l'une des huit nouvelles de ce quatrième recueil de l'inimitable O. Henry, chantre de l'humour absurde, de la satire grinçante et des chutes inattendues.


- Le pays du nuage blanc
de Sarah Lark
Éditions L'Archipel / Août 2013


"La légende veut que les premiers Maoris arrivèrent en pirogue depuis la Polynésie. La première image qu'ils eurent de la Nouvelle-Zélande fut cette île enveloppée d'un long nuage blanc. D'où le nom qu'ils lui donnèrent". Londres, 1852. Helen, préceptrice de deux enfants dans une riche famille, répond à une annonce qui propose à des jeunes femmes de partir épouser des Britanniques installés en Nouvelle-Zélande. Sur le bateau qui la mène à Christchurch, elle se lie avec Gwyneira, une jeune noble galloise qui immigre à cause des difficultés financières de son père. L'amitié entre les deux femmes sera indéfectible malgré les épreuves, les désillusions et la haine, surtout, qui déchirera leurs deux familles. Mais elles auront la joie de voir leurs enfants s'unir et inventer une nouvelle vie, en osmose avec les autochtones et la nature.


- Le petit arbre de Birkenau
de Maurice Benroubi
Éditions Albin Michel / Août 2013


"Il est tout à fait exceptionnel de disposer de trois récits d'une même histoire. Le premier est celui de Maurice Benroubi, déporté à Auschwitz par le convoi 8 le 20 juillet 1942. (…) C'est un récit agité, un long cri d'une force inouïe et d'une sombre beauté, qui se déploie sans souci de la chronologie à travers tous les temps de sa vie. Maurice Benroubi le précise dès la première page: il fut affecté peu après son arrivée à Birkenau au Sonderkommando, celui des chambres à gaz. Ce fut ensuite la mine de Jawischowitz, Buchenwald, Ohrdruf, Bergen Belsen où il est libéré par les Britanniques le 15 avril 1945. Il est rapatrié par avion et arrive à l'hôtel Lutetia le 12 juin. (…) Le deuxième récit est celui de son épouse. Le Journal de Rose est une longue et émouvante conversation ou correspondance destinée à l'absent. Au-delà de ses aspects intimes, c'est un important témoignage de la vie quotidienne d'une femme juive dans la France occupée qui permet de nourrir notre réflexion sur la survie, la façon dont est perçue la guerre et imaginé le sort des déportés. (…) Le troisième récit enfin a pour source les documents, français ou allemands, qui reposent dans les archives départementales de la Sarthe, version administrative ignorée des protagonistes qui ont vécu dans leur chair les événements dont ils rendent compte. En quelque sorte, l'envers du décor. Trois récits, trois regards, trois fils qu'il convient de tisser pour restituer le destin d'une famille juive prise dans la guerre, destin tout à la fois singulier et emblématique du sort des Juifs en France".


- Le plus beau de tous les pays
de Grâce McCleen
Éditions Nil / Août 2013


"Mon nom est Judith McPherson. J'ai dix ans. Lundi, il s'est produit un miracle". Judith McPherson n'a pas grand-chose dans la vie. Elle vit avec son père John au pied des montagnes, dans une ville de "fenêtres cassées et d'hommes aux dents cassées", dans un pavillon silencieux, plein de reliques poussiéreuses, de souvenirs de sa mère qu'elle n'a jamais connue. Si la ville est entièrement gouvernée par l'économie des usines, les McPherson vivent sous l'autorité de la sainte Bible. Ils appartiennent à une secte, les Frères, qui étudient quotidiennement le texte et effectuent tous les dimanches du porte-à-porte dans les rues environnantes pour avertir de l'imminence de l'Apocalypse. Victime de brimades à l'école, Judith trouve du réconfort dans la création, loin des regards, d'un monde en miniature avec des montagnes de papier mâché et des rivières en film alimentaire, des champs de velours côtelé marron et un miroir pour la mer. Judith l'appelle "Le Plus beau de tous les pays", d'après une phrase tirée du livre d'Ézéchiel. Un soir, Judith a une idée. Peut-être que si elle fait tomber la neige dans le plus beau de tous les pays, il n'y aura pas d'école le lundi. Lorsqu'elle ouvre les rideaux de sa chambre le lendemain, le monde par-delà sa fenêtre est devenu blanc. Et désormais, Dieu se met à lui parler. C'est là que les ennuis commencent. Les miracles ultérieurs de Judith sont plus équivoques que la neige, et surtout moins contrôlés. Et bientôt, c'est la situation des McPherson, déjà en butte au mépris du reste de la ville, qui s'en trouve bouleversée. Mais, diable, pourquoi Judith a-t-elle précisément été choisie par l'Être suprême? Et que souhaite-t-Il réaliser grâce à elle?


- Le premier vrai mensonge
de Marina Mander
Éditions Presses De La Cité / Août 2013


Agé d'une dizaine d'années, Luca vit seul avec sa mère et son chat Blu. Lorsqu'un matin, sa mère ne se réveille pas, le petit garçon, affolé à l'idée qu'on puisse l'envoyer dans un orphelinat, décide de taire sa mort et de continuer à mener une existence en apparence normale. C'est son premier vrai mensonge. L'histoire qu'il livre au monde extérieur est si bien ficelée qu'il finit par se convaincre qu'il n'est pas orphelin. Entre cruauté, celle d'une situation tragique, et légèreté,  celle de l'enfance, ce roman poignant est porté par son narrateur, Luca, un personnage inoubliable. Empreint de fraîcheur et d'inventivité, regorgeant d'expressions et de jeux de mots, son parler, véritable rempart contre la réalité, laisse sans voix.


- Le quatrième mur
de Sorj Chalandon
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2013


Réfugié grec, metteur en scène, juif en secret, Sam rêvait de monter l'Antigone d'Anouilh sur un champ de bataille au Liban. 1976. Dans ce pays, des hommes en massacraient d'autres. Georges a décidé que le pays du cèdre serait son théâtre. Il a fait le voyage. Contacté les milices, les combattants, tous ceux qui s'affrontaient. Son idée? Jouer Anouilh sur la ligne de front. Créon serait chrétien. Antigone serait palestinienne. Hémon serait Druze. Les Chiites seraient là aussi, et les Chaldéens, et les Arméniens. Il ne demandait à tous qu'une heure de répit, une seule. Ce ne serait pas la paix, juste un instant de grâce. Un accroc dans la guerre. Un éclat de poésie et de fusils baissés. Tous ont accepté. C'était impensable. Et puis Sam est tombé malade. Sur son lit d'agonie, il a fait jurer à Georges de prendre sa suite, d'aller à Beyrouth, de rassembler les acteurs un à un, de les arracher au front et de jouer cette unique représentation. Georges a juré à Sam, son ami, son frère. Il avait fait du théâtre de rue, il allait faire du théâtre de ruines. C'était bouleversant, exaltant, immense, mortel, la guerre. La guerre lui a sauté à la gorge.


- Le rire du grand blessé
de Cécile Coulon
Éditions Viviane Hamy / Août 2013


Dans un pays sans nom dirigé par Le Grand, les "Manifestations À Haut Risque", lectures publiques hebdomadaires et payantes ayant lieu dans les stades, sont la garantie de l'ordre social. En retirant son caractère privé à la lecture, les élus ont transformé un certain type de livres en outil de parfaite manipulation. Dans l'arène, des Liseurs "surjouent" des histoires pré-écrites, et destinées à rester inédites, devant un public captif, haletant, qui absorbe ce qu'il croit ne jamais pouvoir posséder. Et le spectacle commence dans les rangées des consommateurs: dûment encadrées par les Gardes, les passions et les émotions, la rage et le désespoir, l'hystérie collective ont droit de cité pendant une heure, le temps, pour chaque citoyen, d'atteindre un semblant d'assouvissement. Jusqu'à la prochaine Manifestation. 1075, né dans les campagnes abandonnées en périphérie de la ville, est, lui, parfaitement analphabète. Pour exister, la Société ne lui propose qu'une issue: intégrer l'élite des Gardes au service du système. Formés dans des conditions extrêmes, ces jeunes gens ont pour unique et simple règle de ne jamais apprendre à lire. 1075 devient le meilleur des Agents. Sa vie bascule, pourtant, le jour où, mordu par un molosse, il découvre qu'un animal féroce est bien plus efficace et rentable qu'un Garde. À l'hôpital, où il s'ennuie, il s'en veut de ne pas avoir été à la hauteur de sa tâche, à la hauteur de ce que l'on attendait de lui. Jusqu'à ce qu'un hasard facétieux lui permette d'assister à la curieuse leçon d'alphabet qu'une jeune femme donne à l'étage où sont parqués les enfants. Le désir comme le besoin de comprendre sont des pièges délectables. On se repaît de cette fable grinçante, jubilatoire et déstabilisante, qui tape à bras raccourcis sur une société qui muselle la conscience par le divertissement et désigne l'imagination comme l'ennemi public n°1.


- Le soleil à mes pieds
de Delphine Bertholon
Éditions JC Lattès / Août 2013


Il y a la petite, 22 ans, un âge comme deux cygnes posés sur un lac. Fragile et ravissante, elle peine à se jeter dans le grand monde et se réfugie dans la solitude de son appartement. La grande, 24 ans, s'agite dans la ville: nymphomane, tyrannique et machiavélique, fascinée par la mort, elle se nourrit de la dépendance affective qu'elle impose à sa cadette. Deux sœurs qui ont grandi avec un terrible secret et qui, dix-huit ans plus tard, se démènent pour tenter d'exister. Le sort semblait avoir scellé leur destin, mais les rencontres quelquefois peuvent rebattre les cartes.


- Les anges meurent de nos blessures
de Yasmina Khadra
Éditions Julliard / Août 2013


Il avait pour lui une candeur déconcertante et un direct du gauche foudroyant. Il connut la misère et la gloire, mais seul l'amour des femmes parvint à combler sa soif d'absolu. De l'ascension à la chute, le destin hors du commun d'un jeune prodige adulé par les foules, poussé au crime par un malentendu. Il se faisait appeler Turambo, du nom de son village qu'un glissement de terrain avait rayé de la carte. Il était né dans l'Algérie coloniale des années 20, et son destin était écrit d'avance: il serait misérable. Mais il était beau, vigoureux, ardent et doté d'un trait de caractère assez rare: la candeur. Cette fraîcheur lui attirait des sympathies immédiates et, grâce à ce don, il put franchir les portes du monde des Français, interdit aux Arabes. Car il possédait de plus une force surprenante dans le poing gauche, capable d'allonger d'un coup ceux qui se trouvaient sur son passage. C'est ainsi qu'il attira l'attention des professionnels de la boxe. Ses succès sur le ring lui apportèrent gloire et argent. Mais comme tous les cœurs purs, il détestait la violence et rêvait d'amour. Dans sa culture, une femme heureuse était une épouse fidèle, féconde et dévouée. Il nourrit d'abord une passion secrète pour sa cousine Nora, la première femme de sa vie. La deuxième, Aïda, une prostituée, l'initia aux plaisirs de la chair. La troisième, Louise, était la fille de l'homme d'affaires qui comptait l'emmener jusqu'au titre de champion de France de sa catégorie. Puis surgit Irène. Femme libre, indépendante et fière. Elle lui apprit que la vraie passion ne pouvait s'épanouir que dans la confiance absolue et le respect mutuel. Mais comme toujours chez Yasmina Khadra, la vie ne rend pas toujours justice à ceux qui s'aiment.


- Les cent derniers jours
de Patrick McGuinness
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2013


Un jeune professeur est nommé en Roumanie en remplacement d'un confrère. Nous sommes trois mois avant la chute de Ceausecu, mais cela, il ne le sait pas. Guidé par Leo, un trafiquant au marché noir, il découvre un pays où tout est rare et rationné, de l'électricité à la liberté. Les seules choses qui prospèrent sont l'ennui et les petits arrangements. Tout le monde espionne tout le monde, on ne sait à qui l'on peut faire confiance. Ce roman que Graham Green n'aurait pas renié est celui de la déliquescence des vieilles dictatures qui tombent comme des fruits pourris. Et, au milieu de cette dangereuse morosité, survient l'amour pour une jeune femme qui va tout modifier.


- Les disparus de Mapleton
de Tom Perrotta
Éditions Fleuve Noir / Août 2013


Que feriez-vous si certains de vos proches, de vos amis, de vos voisins, disparaissaient soudain en même temps, en une fraction de seconde? Sans aucune explication? Pourriez-vous continuer à vivre comme si de rien n'était? C'est la question que se posent les habitants de Mapleton. Même s'ils n'ont pas été touchés directement, Kevin, le nouveau maire, sa femme Laurie et leurs deux enfants, Tom et Jill, se débattent pour retrouver un sens à leur vie. Laurie part rejoindre une secte de "pénitents", Tom un groupe d'illuminés hippies, et Jill, autrefois lycéenne modèle, se livre à tous les excès. Peut-on faire son deuil quand l'autre disparaît sans raison? Une chronique décapante et émouvante, un portrait sans concession mais humaniste de gens ordinaires dépassés par un extraordinaire bouleversement.


- Les évaporés
de Thomas B. Reverdy
Éditions Flammarion / Août 2013


Ici, lorsque quelqu'un disparaît, on dit simplement qu'il s'est évaporé, personne ne le recherche, ni la police parce qu'il n'y a pas de crime, ni la famille parce qu'elle est déshonorée. Partir sans donner d'explication, c'est précisément ce que Kaze a fait cette nuit-là. Comment peut-on s'évaporer si facilement? Et pour quelles raisons? C'est ce qu'aimerait comprendre Richard B. en accompagnant Yukiko au Japon pour retrouver son père, Kaze. Pour cette femme qu'il aime encore, il mènera l'enquête dans un Japon parallèle, celui du quartier des travailleurs pauvres de San'ya à Tokyo et des camps de réfugiés autour de Sendai. Mais, au fait: pourquoi rechercher celui qui a voulu disparaître? Les évaporés se lit à la fois comme un roman policier, une quête existentielle et un roman d'amour. D'une façon sensible et poétique, il nous parle du Japon contemporain, de Fukushima et des yakuzas, mais aussi du mystère que l'on est les uns pour les autres, du chagrin amoureux et de notre désir, parfois, de prendre la fuite.


- Les faibles et les forts
de Judith Perrignon
Éditions Stock / Août 2013


"Il a l'air d'un roi, le fleuve. Il est là depuis toujours, rouge à force de creuser l'argile, rivière Rouge, c'est son nom. La nuit, il brille. Le jour, il est plat comme le verre et ne reflète que le ciel, les nuages et les arbres. Il semble ne pas nous voir. Nous sommes une quinzaine, nous venons ici presque chaque jour depuis deux semaines tant la chaleur semble vouloir nous punir, mais il passe, indifférent à nos enfants qui s'élancent, à leurs mères qui disent, Attention au courant, et aux vieilles, comme moi, qui se retranchent à l'ombre sur leurs sièges pliants. Rien ne trouble le fleuve. Il connaît son sort, il descend l'Amérique et s'en va se noyer dans le Mississippi puis dans la mer. Ilest tout petit là-bas dans la mer, mais si grand devant nous. J'ai peur de lui. J'ai l'impression qu'il rit, qu'il rit du pont un peu plus loin qui rouille en ayant cru l'enjamber, qu'il rit de nous aussi, de nos mains et nos pieds incapables de nager, de nos sueurs froides quand passe la police, j'ai l'impression que nous sommes comme les feuilles mortes qui dans quelques mois se détacheront des arbres, poussières dans l'eau".


- Les perroquets de la place d'Arezzo
de Éric-Emmanuel Schmitt
Éditions Albin Michel / Août 2013


"Ce mot simplement pour te signaler que je t'aime. Signé: tu sais qui". Cette lettre anonyme trouble l'existence des riverains de la place d'Arezzo. Dans ce quartier élégant de Bruxelles, quel original, quel pervers, quel corbeau déguisé en colombe s'acharne à violer leur intimité? Le message entraîne autant de promesses et d'attentes que de déceptions et de catastrophes, chacun l'interprétant à sa façon. Menée par Éric-Emmanuel Schmitt, cette ronde effrénée devient l'encyclopédie des désirs, des sentiments et des plaisirs, le roman des comportements amoureux de notre temps.


- Les saisons de Louveplaine
de Cloé Korman
Éditions Du Seuil / Août 2013


La dernière fois que Nour a vu son mari, Hassan, c'était en août à l'aéroport d'Alger. Il retournait travailler en France. Puis il n'a plus donné de nouvelles et Nour a décidé à son tour de prendre l'avion pour venir voir ce qui se passait. Quand elle arrive à Louveplaine, la ville de Seine-Saint-Denis où Hassan lui a promis qu'ils vivraient un jour avec leur petite fille, au 15e étage de la tour Triolet, l'appartement est vide. Hassan a disparu. Désemparée mais déterminée à retrouver son mari, Nour fait connaissance avec les habitants de la cité, des parents qui triment aux adolescents qui font les quatre-cents coups. Sonny, bon élève au lycée mais mêlé à tous les trafics, s'impose à elle, tantôt amical, tantôt menaçant. Apparemment, il sait, pour Hassan. Mais veut-il aider Nour, la protéger, ou l'embrouiller? Nour avance à tâtons, alors que la sombre renommée de son mari se dessine sur fond d'économie parallèle et de démantèlements urbains qui mettent la cité sous tension.


- Les voyages de Daniel Ascher
de Déborah Lévy-Bertherat
Éditions Payot & Rivages / Août 2013


Une année particulière commence pour Hélène, quand elle s'installe à Paris pour étudier l'archéologie. Elle est logée par son grand-oncle Daniel, un vieux globe-trotter excentrique qu'elle n'apprécie guère. Il est l'auteur, sous le pseudonyme de H. R. Sanders, de La Marque noire, une série de romans d'aventures qu'elle n'a même pas lus. Son ami Guillaume, fanatique de cette série, l'initie à sa passion. Mais pour Hélène le jeu des lectures ouvre un gouffre vertigineux. Elle découvre en Daniel un homme blessé, écartelé entre deux identités et captif d'un amour impossible. Elle exhume de lourds secrets de famille remontant aux heures sombres de l'Occupation. Pendant ce temps, les lecteurs de H. R. Sanders attendent le vingt-quatrième volume de la série, dont les rumeurs prétendent qu'il sera le dernier. En explorant avec finesse les blessures d'une mémoire tentée par le vertige de l'imaginaire, Déborah Lévy-Bertherat rend ici hommage aux sortilèges ambigus de la fiction.


- Lady Hunt
de Hélène Frappat
Éditions Actes Sud / Août 2013


Laura Kern est hantée par un rêve, le rêve d'une maison qui l'obsède, l'attire autant qu'elle la terrifie. En plus d'envahir ses nuits, de flouter ses jours, le rêve porte une menace: se peut-il qu'il soit le premier symptôme du mal étrange et fatal qui frappa son père, l'héritage d'une malédiction familiale auquel elle n'échappera pas? D'autres mystères corrompent bientôt le quotidien de la jeune femme, qui travaille pour une agence immobilière à Paris, plus un effet secondaire qu'une carrière. Tandis qu'elle fait visiter un appartement de l'avenue des Ternes, Laura est témoin de l'inexplicable disparition d'un enfant. Dans le combat décisif qui l'oppose à l'irrationnel, Laura résiste vaillamment, avec pour armes un poème, une pierre noire, une chanson, des souvenirs. Trouvera- t-elle dans son rêve la clé de l'énigme du réel? Sur la hantise du passé qui contamine les possibles, sur le charme des amours maudites, la morsure des liens du sang et les embuscades de la folie, Hélène Frappat trace une cartographie intime et (hyper)sensible de l'effroi et des tourments extralucides de l'âme. Des ruines du parc Monceau à la lande galloise, avec liberté et ampleur elle réinvente dans Lady Hunt le grand roman gothique anglais, et toutes les nuances du sortilège.


- Living
de Martín Caparrós
Éditions Buchet Chastel / Août 2013


Juillet 1974: Juan Domingo Remondo dit Nito voit le jour alors même que Juan Perón rend son dernier souffle. C'est le début d'un destin aussi déraisonnable que celui de l'Argentine contemporaine. Nito est un enfant à part, doté d'une rare intelligence et d'une obsession pour la mort. Marqué par la disparition précoce de son père, il s'adonne très tôt à une véritable passion macabre. Devenu prédicateur pour un gourou évangéliste, Nito s'engage dans un projet délirant et visionnaire. Délicieusement obscène, admirablement écrit, Living débute comme un roman d'apprentissage et évolue vers une farce à la construction subtile. Ce récit foisonnant, critique drôle et acerbe de l'Argentine des trente dernières années, forme un grand roman politique porté par un souffle picaresque réjouissant.


- Manger
de Marie-Odile Beauvais
Éditions Fayard / Août 2013


Margot aime manger et boire. Surtout manger. Obsession du produit. Plaisir du marché, de se mettre en cuisine entre mandoline et chinois, de travailler la matière, de restituer dans les assiettes quelque chose d'elle-même. Et d'espérer que les autres y trouveront le meilleur. Pourtant, qu'on ait la dent dure ou l'ironie plus fine, est-ce un hasard si c'est toujours à table que s'expriment l'amour, l'amitié, la rancœur, que se règlent les comptes ou se scellent les réconciliations? Comment le doux, le piquant, l'acide, l'amer, le mou, le croquant, emplissent-ils les bouches et finissent-ils par ressortir dans la conversation? De déjeuners en dîners, changent les milieux sociaux, les rites, les usages, les opinions, le comique. Margot et les siens sont passés à la moulinette, que ce soit lors d'un réveillon de Noël en famille où circulent des phrases assassines ou lors d'un déjeuner de retrouvailles avec un vieil ami quand se mesure le temps perdu.


- Mobiles
de Sandra Lucbert
Éditions Flammarion / Août 2013


Dresse un tableau de la société actuelle et évoque des jeunes de trente ans tout au plus qui se demandent déjà si leur vie est réussie.


- Mohawk
de Richard Russo
Éditions 10-18 / Août 2013


Mohawk, son dîner, sa middle class résignée, ses vies contrariées, ses secrets: une bourgade ouvrière piégée par la crise, ordinaire. Pourtant, Anne avait des rêves, Wild Bill n'a pas toujours été fou et la famille Grouse tolérait les Gaffney. Mais dans l'ombre des 70's, entre la honte des uns et le sacrifice des autres, l'étrange fils Younger pourrait bien contrer le destin. Une fresque poignante et âpre, tracée à hauteur d'homme, magnifique. Dans ce premier roman de l'auteur du Déclin de l'empire Whiting, rhapsode virtuose, c'est la vie qui frémit.


- Moment d'un couple
de Nelly Alard
Éditions Gallimard / Août 2013


Juliette, ingénieur dans l'informatique, et Olivier, journaliste, ont deux enfants et une vie de couple moderne. Lorsque Olivier avoue à sa femme avoir une liaison, l'univers de Juliette vacille. Comment survivre à la trahison? C'est à cette question que ce roman, écrit au scalpel, sans concession mais non sans humour, entend répondre. Rien n'y échappe, ni les risques de la vie à deux et les glissements du désir ni les contradictions d'un certain féminisme et la difficulté d'être un homme aujourd'hui.


- Monde sans oiseaux
de Karin Serres
Éditions Stock / Août 2013


"Petite Boîte d'Os" est la fille du pasteur d'une communauté vivant sur les bords d'un lac nordique. Elle grandit dans les senteurs d'algues et d'herbe séchée, et devient une adolescente romantique aux côtés de son amie Blanche. Elle découvre l'amour avec le vieux Joseph, revenu au pays après le "Déluge", enveloppé d'une légende troublante qui le fait passer pour cannibale. Dans ce monde à la beauté trompeuse, se profile le spectre d'un passé enfui où vivaient des oiseaux, une espèce aujourd'hui disparue. Le lac, d'apparence si paisible, est le domaine où nagent les cochons fluorescents, et au fond duquel repose une forêt de cercueils, dernière demeure des habitants du village. Une histoire d'amour fou aussi poignante qu'envoûtante, un roman écrit comme un conte, terriblement actuel, qui voit la fin d'un monde, puisque l'eau monte inexorablement et que la mort rôde autour du lac.


- Mon été mortel
de Jack Gantos
Éditions Les Grandes Personnes / Août 2013


Été 1962. Jack a douze ans, les grandes vacances commencent et, suite à un malencontreux accident, le garçon est privé de sorties. Le voilà contraint de lire  des livres sur les civilisations disparues et de creuser pour son père un abri antiatomique dans le jardin. Il a cependant le droit d'aider une adorable vieille voisine à rédiger pour le journal local la rubrique nécrologique. Les huit dernières habitantes originelles de la ville tombent en effet comme des mouches, à tel point que ç'en devient louche. S'ensuivent pour Jack tout un tas de mésaventures hilarantes mettant en scène son père, chasseur et fan d'aviation, une dame d'un certain âge ayant à cœur de transmettre l'histoire méconnue des États-Unis, l'emmerdeur du village qui est son amoureux transi depuis 50 ans, un fossoyeur prêt à enterrer la ville avec ses habitants, et une bande de Hell Angels sanguinaires.


- Moscou Babylone
de Owen Matthews
Éditions Les Escales / Août 2013


"En Russie, j'ai aimé et j'ai tué. Et j'ai découvert que, des deux, c'est l'amour qui est le plus terrible". Avec ses bonnes manières oxfordiennes et son costume en tweed, Roman Lambert arrive à Moscou en 1995 tel un explorateur victorien en safari, déterminé à profiter de la jungle moscovite post-soviétique. D'origine anglaise, est-ce le sang russe de sa mère qui le rend aussitôt apte à toutes les démesures? Des soirées dans les derniers clubs à la mode aux manifestations proto-fascistes de Limonov, des scènes de résilience et de survie quotidiennes aux week-ends orgiaques dans sa datcha, le jeune étranger se fond dans ce monde impitoyable et violent, enviant la dépravation sans scrupules de ses nouveaux amis expatriés et autochtones. Commence alors une métamorphose que précipite sa rencontre avec Sonia, aussi belle et tragique qu'une peinture du Caravage, une descente aux enfers qui va l'emmener par-delà le bien et le mal, jusqu'à commettre l'irréparable. Mais, à Moscou Babylone, comment trouver les voies de la rédemption?


- Naissance
de Yann Moix
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2013


La naissance ne saurait être biologique: on choisit toujours ses parents. Naître, c'est semer ses géniteurs. Non pas tuer le père, mais tuer en nous le fils. Laisser son sang derrière, s'affranchir de ses gènes. Chercher, trouver d'autres parents: spirituels. Ce qui compte, ce n'est pas la mise au monde, mais la mise en monde. Naître biologiquement, c'est à la portée du premier chiot venu, des grenouilles, des mulots, des huîtres. Naître spirituellement, naître à soi-même, se déspermatozoïder, c'est à la portée de ceux-là seuls qui préfèrent les orphelins aux fils de famille, les adoptés aux programmés, les fugueurs aux successeurs, les déviances aux descendances. Toute naissance est devant soi. C'est la mort qui est derrière. Les parents nous ont donné la vie? À nous de la leur reprendre. Le plus tôt possible.


- On a eu du mal
de Jérémie Gindre
Éditions de l'Olivier / Août 2013


"Le premier soir au restaurant, alors que ça ne lui avait jamais traversé l'esprit, elle copie spontanément un couple d'Allemands qui grimacent en buvant du limoncello. Le copain rigole et commence à la trouver attirante, ce qui finit comme prévu. Il est gentil et musclé. Il lui parle du patrimoine de l'île, de petites plages quasi secrètes. Avec lui Mélanie Gillioz se sent prête à faire du topless. Un matin en faisant du jet-ski, elle se dit que finalement son truc, c'est plus les sensations fortes".


- Palladium
de Boris Razon
Éditions Stock / Août 2013


"Tu sais, je n'arrive pas à comprendre où et quand commençait la réalité, ce sarcophage où je suis enfermé, les résultats médicaux, le rien de ma vie. Et cet autre monde, ces autres mondes où je vivais. J'étais plongé dans des nuits multiples, comme des labyrinthes d'où je devais m'extraire. Je devais trouver la sortie. Je la savais en moi, quelque part".


- Parabole du failli
de Lyonel Trouillot
Éditions Actes Sud / Août 2013


Alors qu'il semble enfin devoir connaître le succès, Pedro, un jeune comédien haïtien en tournée à l'étranger, se jette du douzième étage d'un immeuble. Dans son pays natal, l'un des deux amis avec lesquels il partageait au hasard des nuits un modeste appartement aux allures de bateau-ivre tente alors, entre colère et amour, de comprendre les raisons de ce geste, au fil d'une virulente adresse au disparu, comme pour remplir de son propre cri le vide laissé par celui qui déclamait dans les rues de Port-au-Prince les vers de Baudelaire, Éluard ou Pessoa, faute de croire aux poèmes que lui-même écrivait en secret et qu'il avait rassemblés sous le titre: "Parabole du failli". Un homme est tombé, qui n'avait pas trouvé sa place dans le monde d'intense désamour qui peut être le nôtre: dans l'abîme que crée sa disparition s'inscrit l'échec du suicidé mais aussi de celui qui reste, avec sa douleur et ses discours impuissants. À travers ce portrait d'un homme que le terrifiant mélange du social et de l'intime a, de l'enfance au plongeon dans le vide, transformé en plaie ouverte au point de le contraindre, pour être lui-même, à devenir tous les autres sur la scène comme dans la vie, Lyonel Trouillot, dans cette nouvelle et bouleversante "chanson du mal-aimé", rend hommage à l'humanité du désespoir, à l'échec des mots qui voudraient le dire mais qui, même dans la langue du Poète, ne parviennent jamais à combler la faille qui sépare la lettre de la réalité de la vie.


- Parce que tu me plais
de Fabien Prade
Éditions Nil / Août 2013


Quand un vingtenaire  désœuvré, sans principes, sans attaches et sans scrupules tombe amoureux d'une grande et belle fille des beaux quartiers. Un premier roman aussi vif que drôle. Théo n'est pas du genre à se faire du souci dans la vie. Avoir de l'herbe de bonne qualité, des plans d'incruste réguliers et des copains disponibles pour regarder les filles depuis une terrasse ensoleillée suffisent à son bonheur. Il a une vingtaine d'années, sillonne Paris sur son scooter, ne fait presque rien, et ne souhaite qu'une chose: que cela dure. Et voilà qu'un jour, alors que Théo s'empoigne avec une clocharde qui lui demande de l'argent, une jeune fille élégante le reprend sur son comportement. Théo n'en revient pas: d'une part de sa beauté, d'autre part de son culot. La belle Diane, riche, bien élevée, pleine de principes, vient de débouler dans sa vie.


- Partition silencieuse
de Ea Sola
Éditions Buchet Chastel / Août 2013


"- J'ai pensé à vous. Dans la forêt, parmi l'odeur des terres. J'ai pensé aux montagnes, aux arbres, à l'herbe. J'ai pensé que votre fils nous avait donné à voir le paysage. Le paysage me manquait, la forêt aussi. Vous et votre fils, aussi. J'ai regardé la pluie tomber, et j'ai cherché le passé. Je vous parlais. Et je parlais à votre fils. Je parlais à la montagne, et aux arbres, et à l'herbe. Je dois demander à votre fils: "Pourquoi? [...] Nous laisser avec le paysage, pourquoi? Nous laisser dans la nature, sous la pluie et sous le soleil, pourquoi? Tout donner pour la libération du pays". Maintenant, que lui reste-t-il? Les boules de prières ne roulent plus sous ses doigts, la lumière passe à travers le tulle de fer, elle dit: - Oublie, c'était la guerre". Ea Sola
Une atmosphère mystérieuse imprègne ce récit qui retrace le destin d'une famille respectée de Saigon, déchirée par une guerre fratricide. Avec un fulgurant et tendre amour l'auteur fait vivre chaque personnage et les terres du Vietnam, meurtries par la guerre.


- Personne ne me verra pleurer
de Cristina Rivera-Garza
Éditions Phébus / Août 2013


Le cliché date du 26 juillet 1920. Ce jour-là, derrière les murs de l'asile La Castañeda de Mexico, le photographe Joaquín Buitrago, riche héritier morphinomane, est ému par son étrange modèle. Un nom: Matilda Burgos. Un visage, un regard, et ces mots: "Comment devient-on photographe de fous?" Il se souvient. C'est elle. Celle qu'il avait photographiée douze ans plus tôt, alors qu'il effectuait un travail sur les maisons closes de Mexico, capitale en pleine mutation. Comme hypnotisé, il se met en quête du passé de la fascinante aliénée, ce qui le renvoie à sa propre histoire. "Il doit y avoir autre chose dans le silence de sa vie. Il s'en approche de plus en plus. Il en est convaincu. Il peut le sentir dans l'air et dans les douces voix de la morphine. Cette fois il n'a pas peur de mourir. C'est sans importance. Cette fois il ne la laissera pas partir".


- Petites morts
de Charlotte Roche
Éditions Flammarion / Août 2013


Depuis que ses trois frères ont péri dans un accident de voiture la veille de son mariage, Elisabeth Kiehl reste en permanence sur ses gardes. Seul le sexe lui permet de libérer ses angoisses. Elle va de plus en plus loin dans les expériences sensuelles. Ceci pour satisfaire également son mari Georg qu'elle a tellement peur de perdre.


- Pietra viva
de Léonor de Récondo
Éditions Sabine Wespieser / Août 2013


Michelangelo, en ce printemps 1505, quitte Rome bouleversé. Il vient de découvrir sans vie le corps d'Andrea, le jeune moine dont la beauté lumineuse le fascinait. Il part choisir à Carrare les marbres du tombeau que le pape Jules II lui a commandé. Pendant six mois, cet artiste de trente ans déjà, à qui sa pietà a valu gloire et renommée, va vivre au rythme de la carrière, sélectionnant les meilleurs blocs, les négociant, organisant leur transport. Sa capacité à discerner la moindre veine dans la montagne a tôt fait de lui gagner la confiance des tailleurs de pierre. Lors de ses soirées solitaires à l'auberge, avec pour seule compagnie le petit livre de Pétrarque que lui a offert Lorenzo de Medici et la bible d'Andrea, il ne cesse d'interroger le mystère de la mort du moine, tout à son désir impétueux de capturer dans la pierre sa beauté terrestre. Au fil des jours, le sculpteur arrogant et tourmenté, que rien ne doit détourner de son œuvre, se laisse pourtant approcher: par ses compagnons les carriers, par la folie douce de Cavallino, mais aussi par Michele, un enfant de six ans dont la mère vient de mourir. La naïveté et l'affection du petit garçon feront  resurgir les souvenirs les plus enfouis de Michelangelo. Parce qu'enfin il s'abandonne à ses émotions, son séjour à Carrare, au cœur d'une nature exubérante, va marquer une transformation profonde dans son œuvre. Il retrouvera désormais ceux qu'il a aimés dans la matière vive du marbre.


- Plonger
de Christophe Ono-Dit-Biot
Éditions Gallimard / Août 2013


"Ils l'ont retrouvée comme ça. Nue et morte. Sur la plage d'un pays arabe. Avec le sel qui faisait des cristaux sur sa peau". Un homme enquête sur la femme qu'il a passionnément aimée. Elle est partie il y a plusieurs mois, pour une destination inconnue, le laissant seul avec leur petit garçon. Elle était artiste, elle s'appelait Paz. Elle était solaire, inquiète, incroyablement douée. Elle étouffait en Europe. Pour son fils, à qui il doit la vérité sur sa mère, il remonte le fil de leur amour, leur rencontre, les débuts puis l'ascension de Paz dans le monde de l'art, la naissance de l'enfant, et essaie d'élucider les raisons qui ont précipité sa fin. Des trésors de la vieille Europe aux mégapoles du Nouveau Monde, du marbre des musées au sable des rivages où l'on se lave de tout, Plonger est l'histoire d'un couple de notre temps. En proie à tous les vertiges d'une époque où il devient de plus en plus difficile d'aimer.


- Proust contre Cocteau
de Claude Arnaud
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2013


Peu d'écrivains se sont autant aimés, enviés et jalousés que Proust et Cocteau. Très peu établirent une relation affective et sensible aussi riche, on l'ignore parfois. Tel un frère élevé une génération plus tôt, Proust montrait une admiration sans borne pour ce cadet qui le faisait rire aux larmes et manifestait à 20 ans le brio et la faculté qui lui manquaient encore, à près de 40 ans. Il l'aima d'un amour impossible et frustrant, comme tant d'autres avant lui. Comment la situation s'est-elle retournée? Pourquoi Proust pèse-t-il tant sur un paysage littéraire que Cocteau semble toujours traverser en lièvre, un siècle plus tard? Aurait-il contribué à lui nuire? Le premier des auto-fictionneurs aurait-il eu besoin d'éliminer ses modèles? Vénérons le saint littéraire, apprenons à connaître l'assassin.


- Pulphead
de John Jeremiah-Sullivan
Éditions Calmann Lévy / Août 2013


Lire les chroniques de Pulphead, c'est grimper à bord d'un camping-car de neuf mètres de long pour rejoindre les ados d'un festival de rock chrétien. C'est dormir sous le même toit qu'un vieux fou, le dernier des Agrarians, chef de file des écrivains du sud des États-Unis. S'interroger sur l'art en sifflant des cocktails dans une boîte branchée aux côtés du Miz, star de la téléréalité. Croiser la solitude de Michael Jackson ou celle des sans-abris après Katrina. C'est se demander pourquoi Axl Rose, né au milieu de nulle part, est devenu Axl Rose, le chanteur des Guns N'Roses. Se frayer un chemin dans une manifestation pour protester contre la réforme du système de santé américain. C'est, dans la fumée jamaïquaine, à Kingston, distinguer les dreadlocks de Bunny Wailer, l'unique survivant du groupe de Bob Marley. S'enfoncer dans des grottes du Tennessee à la recherche des origines de l'homme. C'est aussi écouter en boucle un blues des années 30, pour essayer de retrouver, malgré le disque rayé, un mot inaudible perdu quelque part dans l'histoire. En quatorze chroniques détonantes, John Jeremiah-Sullivan décline sa quête de l'identité américaine, fouillant dans les entrailles de sa culture pop, scientifique, underground ou littéraire pour répondre à des questions universelles: Qui sommes-nous? De quoi sommes-nous faits?


- Quand j'étais Jane Eyre
de Sheila Kohler
Éditions 10-18 / Août 2013


1846, Manchester. Charlotte veille son père, le révérend Brontë, opéré des yeux. Elle n'a pas encore publié le chef-d'œuvre qui l'a sacrée romancière. Elle se raconte, un amour malheureux, le succès d'Anne et Emily, sa condition de gouvernante, le génie tourmenté de son frère, cette mère disparue trop tôt. Dans la ronde des souvenirs, elle cherche la lumière. Et écrira Jane Eyre. Portrait gracile d'une femme, d'une fratrie et d'une œuvre, ce roman-document original happé par une écriture cristalline interroge le mystère impérieux de la création littéraire.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 9:42

- Quand la lumière décline
de Eugen Ruge
Éditions 10-18 / Août 2013


Berlin, 2001. Incurable. Suite à ce diagnostic, Alexander part au Mexique, un rêve d'enfant nourri par les récits nostalgiques de sa grand-mère. Pourtant, en 1952, celle-ci a tout fait pour mettre fin à son exil et rentrer participer à la construction de l'État socialiste en Allemagne. Le père d'Alexander aussi est revenu plein d'espoir de Sibérie, avec son épouse russe qui ne maîtrisera jamais la langue de Goethe et sa belle-mère qui ne se défera pas de ses bocaux de cornichons. Alexander, lui, se sent vite à l'étroit en RDA. Jusqu'à la fête célébrant les 90 ans du patriarche communiste, alors que le Mur est sur le point de s'effondrer, ou tous ces destins vont se croiser, s'affronter, se rencontrer ou se séparer. De Mexico à Berlin en passant par Moscou, les voix de quatre générations s'entremêlent pour dire l'histoire d'un monde, d'une famille, d'une vie, quand la lumière des idéaux décline.


- Que de l'oubli
de Pauline Guéna
Éditions Robert Laffont / Août 2013


Gabriel s'est engagé à vingt ans dans l'armée, sur un coup de tête. Par une nuit sans sommeil, il essaie de tirer le fil de sa vie, de retracer les chemins qui l'ont mené là. Il ne parvient à fermer l'œil qu'au petit matin, quelques minutes avant que l'alarme sonne, qu'il prépare son barda et se précipite dans le camion pour une opération spéciale. Le véhicule démarre, emportant les soldats. Gabriel entend nettement un clic, celui de la bombe qu'on arme. Trop tard pour crier. Son camion explose. Avec la déflagration, la vie de Gabriel, celle de ses proches, éclatent en une constellation de personnages, de lieux, de moments. Sur le devant de la scène, les protagonistes s'avancent puis reculent au gré des chapitres, entrent et sortent selon les époques: Géraldine, la mère de Gabriel, qui a rêvé une vie trop parfaite, Alice, sa tante, qui lui a deux fois sauvé la vie, Harper, sa jeune belle-mère, qui a fait de sa personne une machine de guerre, Alex, qui n'écrira jamais le livre qu'il porte en lui. Avec une grande maîtrise formelle, Pauline Guéna dessine un réseau de destinées individuelles. À travers cette galerie d'individus reliés les uns aux autres, proches un jour, séparés le lendemain par la vie, les kilomètres ou l'oubli, elle nous dit comme le temps passe et comme il délite inéluctablement nos désirs et nos rêves.


- Rien que nous
de Kristin Halbrook
Éditions Albin Michel / Août 2013


Zoé, quinze ans, vit seule avec son père depuis la mort de sa mère. Alcoolique et violent, ce dernier est incapable de s'occuper de sa fille. Will, dix-huit ans, rêve d'arracher celle qu'il aime à ce quotidien triste et sans avenir. Une nuit, après s'être battu avec le père de Zoé, Will emmène la jeune fille, et ensemble, ils décident de tout laisser derrière eux. Ils prennent la route, direction Las Vegas, avec un rêve un peu fou: s'y marier et être heureux, simplement. Mais la police est à leurs trousses et Will ne tardera pas à avoir des ennuis. Entre les deux amoureux, la tension monte et ils vont réaliser que les rêves, même les plus doux, doivent avoir une fin.


- Riviera
de Mathilde Janin
Éditions Actes Sud / Août 2013


La musique les a réunis: Philippe, artiste majeur de la scène indépendante, et Nadia, vénéneuse émigrée à la tête d'un label. New York, fin des années 1980, ils écument les clubs, éclaboussant les noctambules de leur ostensible passion, et s'abandonnent à de violentes étreintes dont ils sortent victorieux ou humiliés. Ils sont jeunes et préfèrent la fièvre de l'instant à une vie sans ardeur. L'exil les a soudés: Nadia, Philippe et sa sœur  Frédérique s'envolent en 1990 pour Paris, fuyant le virus de souche Ebola qui ravage le continent américain. Le mur de Berlin est tombé et Nadia va pouvoir retourner sur l'île de son enfance, au milieu de la mer Noire, qui contient les souvenirs heureux et les scènes inavouables. La mort les rassemble: le corps de Philippe est retrouvé à Berlin un jour de l'été 1992. La sœur  et la veuve vont écrire ensemble la fin de l'histoire, ou en réinventer les prémices. Riviera est un fascinant puzzle, un assemblage de vérités relatives, d'époques qui n'existent pas, de faux-semblants et de lucides fulgurances qui confinent à la folie. Composé comme un album rock avec des thèmes, des changements de voix, des ruptures de rythme et des plages de silence, ce roman à l'écriture habitée érige le mystère érotique et l'énigme artistique comme remparts dérisoires contre la brutalité du réel.


- Robert Mitchum ne revient pas
de Jean Hatzfeld
Éditions Gallimard / Août 2013


Au printemps 1992, les Serbes encerclent Sarajevo. Vahidin et Marija, deux athlètes de l'équipe de tir yougoslave, s'entraînent en prévision des jeux Olympiques de Barcelone. Tous deux sont bosniaques, et amants, lui est musulman, elle est serbe. Ils vivent à Ilidža, une banlieue de Sarajevo, sans s'être jamais souciés de leurs origines. Pourtant, ils vont être brutalement séparés par le siège, puis au fil des mois enrôlés dans des camps opposés en raison de leurs exceptionnels dons pour le tir. Jean Hatzfeld reconstitue l'atmosphère de Sarajevo sous les bombardements, le basculement des mentalités, il pénètre dans l'univers des tireurs d'élite, il décrit leurs techniques, leur adaptation à la topographie urbaine. Mais c'est avec les armes du romancier qu'il nous permet de vivre une tragédie contemporaine, à travers la malédiction qui frappe deux amoureux pris malgré eux dans l'engrenage guerrier.


- Sanderling
de Anne Delaflotte Mehdevi
Éditions Gaïa / Août 2013


En voyage d'agrément dans les étendues du grand Nord, Landry s'attarde. Ses collègues paysans sont déjà rentrés et ont repris le rythme des cultures. À part la terre, rien n'attend Landry au pays. Et la terre, qu'attend-elle de lui? Lorsqu'il rentre au bercail, c'est avec des envies de changement. Mais un nuage de cendres s'épaissit dans le ciel, annonciateur de bouleversements bien plus grands, pour la terre comme pour le paysan. Et pour le sanderling aussi, un oiseau migrateur que Landry guette comme on espère le retour des saisons.


- Sauf les fleurs
de Nicolas Clément
Éditions Buchet Chastel / Août 2013


Marthe vit à la ferme avec ses parents et son frère Léonce. Le père est mutique et violent, mais l'amour de la mère, l'enfance de Léonce et la chaleur des bêtes font tout le bonheur de vivre. À seize ans, elle rencontre Florent et découvre que les corps peuvent aussi être doux. Deux ans plus tard, le drame survient. Les fleurs sont piétinées, mais la catastrophe laisse intacts l'amour du petit frère et celui des mots. Une histoire bouleversante et charnelle, une langue d'une puissance étincelante: la voix de Marthe, musicale et nue, accompagnera le lecteur pour longtemps. "Je voulais une mère avec des épaules pour poser mes joues brûlantes. Je voulais un père avec une voix pour m'interdire de faire des grimaces à table. Je voulais un chien avec un passé de chat pour ne pas oublier qui j'étais. [...] Je n'ai pas eu tout ce que je voulais mais je suis là, avec mes zéros, ma vie soldée du jour qui vaut bien ma vie absente d'avant. Je tombe rond; mon compte est bon".


- Sous la terre
de Courtney Collins
Éditions Buchet Chastel / Août 2013


Australie, 1921. La jeune Jessie vit au fin fond d'une province sans foi ni loi avec son tuteur et mari honni, le bilieux Fitzgerald Henry, dit Fitz. Depuis sa sortie de prison sous caution, elle travaille comme apprentie pour le compte de celui-ci. Vols de chevaux et de bétail, recel et autres misérables larcins: Jessie se retrouve complice malgré elle des trafics de ce mari, violent et alcoolique. Isolée dans une vallée hostile peuplée d'hommes et de femmes aussi sauvages que les paysages qui les entourent, Jessie s'étiole. Mais, une nuit, tout bascule. C'est le début d'une incroyable cavale, une fuite hallucinée à travers une nature impitoyable et grandiose. Traquée par Jack Brown et Andrew Barlow, un sergent héroïnomane, Jessie affronte son destin avec une rage extraordinaire. Inspiré par la vie de la première femme bushranger, Jessie Hickman, Sous la terre est une ode à la liberté aussi envoûtante que cruelle.


- Sulak
de Philippe Jaenada
Éditions Julliard / Août 2013


Il était jeune, il était beau, il s'appelait Bruno Sulak, et fut, au début des années 80, l'homme le plus recherché de France. Gentleman braqueur, il défraya la chronique judiciaire et séduisit tous ceux qui l'approchèrent, jusqu'au célèbre policier qui mit fin à cinq années de cavale effrénée. De sa vie tourmentée, Philippe Jaenada a fait un roman biographique captivant. Comme le dira plus tard le commissaire Georges Moréas, en d'autres circonstances, Bruno Sulak aurait pu devenir un des meilleurs flics de France. Mais le hasard a fait de lui un braqueur, sans doute le plus audacieux et le plus fascinant de son époque. Après avoir grandi à Marseille et brièvement fréquenté quelques voyous, Bruno intègre l'armée. Doté d'une mémoire prodigieuse, doué dans toutes les disciplines, il est rattrapé par un vol de motocyclette commis à l'adolescence. On le chasse sans le moindre égard. Il rejoint alors la Légion, comme son père. Sportif émérite, il s'entraîne au parachutisme, et bat le record de chute libre. Mais on lui refuse l'homologation de son exploit, à moins de s'engager pour 5 ans de plus. Une injustice qui le pousse à faire le mur pour aller passer le week-end en famille. Pendant son absence, l'ordre est donné à son régiment d'embarquer pour le Zaïre et ce qui n'était qu'une escapade devient une désertion. Il ne peut plus rentrer etbascule alors dans la délinquance. Avec son fidèle complice Drago, il se lance alors dans le braquage de supermarchés, rencontre la belle Thalie, une jeune fille de bonne famille qui va participer à certains vols à mains armée, au volant de la Simca que Bruno utilise comme une signature à chacun de ses hold-up. Incarcéré une première fois, il étudie l'anglais et le droit, puis s'évade au nez et à la barbe des gardiens. Il s'attaque à des bijouteries, se présente chez Cartier en tenue de tennisman, une raquette à la main, profite d'une visite officielle d'Helmut Khol pour aller cambrioler un joailler parisien dans un quartier truffé de policiers. Adepte de la non-violence, il n'a jamais blessé personne, avait toujours deux balles à blanc dans son revolver au cas où on le forcerait à tirer. Généreux, épris de liberté, révolté par l'injustice, il se tint jusqu'au bout à son code d'honneur et ne dénonça jamais ses complices. Mais sa dernière incarcération à Fleury-Mérogis lui fut fatale: son ultime tentative d'évasion tourna à la tragédie et suscite encore la polémique.


- Trois grands fauves
de Hugo Boris
Éditions Belfond / Août 2013


Le portrait de trois prédateurs: Danton, Hugo et Churchill. Trois héros qui ont en commun d'avoir été confrontés très tôt à la mort, d'avoir survécu et d'y avoir puisé une force dévorante. Trois survivants qui ont opposé leur monstruosité à la faucheuse. Trois grands fauves, ou comment défier la mort en trois leçons. Trois portraits fragmentés et subjectifs, raccourcis saisissants d'une vérité qui échappe aux historiens. Une filiation imaginaire se tisse entre les personnages, dessinant une figure nouvelle. Qu'est-ce qu'un grand homme? Où est son exception?


- Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit
de Jean d'Ormesson
Éditions Robert Laffont / Août 2013


Une randonnée dans la beauté du monde.Non pas suite mais peut-être complément du précédent roman, ce livre-ci se décline en trois parties et chacune correspond à une question ou à un constat que tout esprit un peu affuté pose. Un roman de société: "Tout passe". Nous vivons une époque de transition, les livres, la famille, les mœurs, les frontières, les monnaies jusqu'à la religion. Tout se sait puisque, par la Toile, chacun est immédiatement informé du sort de tous. Pour illustrer ce propos, se déroule une histoire sentimentale contemporaine ou un bouddhiste milliardaire et communiste fait irruption dans une famille traditionnelle. Un roman d'amour: "Rien ne change". Un écrivain cherche sa voie et il ne s'en sort que par l'amour d'une femme, Marie. Il se donne à elle qui le rend à lui-même. L'amour est plus important que la littérature et que tout le reste. Il ne consiste pas à se regarder dans les yeux mais à regarder le monde ensemble. Le spectacle du monde entraîne leur étonnement et leur admiration, qui sont à la racine de toute connaissance. Le roman de société s'est changé en roman d'amour, qui lui-même va se changer en roman de l'univers. Un roman de l'univers: "Il y a au-dessus de nous quelque chose de sacré". Au grand-père, désormais classique, de l'auteur, à Pama le bouddhiste, à Marie, s'ajoute Dieu comme un des principaux personnages du livre. Car comment peut-on parler d'autre chose que de Dieu? Suit une petite histoire de l'humanité par ceux qui l'ont pensée et faite: les philosophes et les scientifiques. Un combat s'est engagé entre Dieu et la science. La position de l'auteur, catholique et agnostique, est de laisser ses chances à Dieu. Ce livre est aisé et profond. On y retrouve ce qui a fait le succès des précédents ouvrages: la foi en la littérature, l'importance des sentiments, l'absence d'illusions, le goût du bonheur, la recherche de la vérité. Le tout comme soulevé par la grâce d'un style et d'une écriture ailée.


- Un monde beau fou et cruel
de Troy Blacklaws
Éditions Flammarion / Août 2013


En 2004 en Afrique du Sud, sur ordre de Zero, son père, le jeune Jero quitte sa vie de poète et d'étudiant au Cap pour aller vendre des souvenirs aux touristes dans la ville côtière d'Hermanus. Il y fait la rencontre de Buyu, un jeune Tanzanien, mais aussi celle de Jabulani, professeur qui après avoir fui le Zimbabwe a été réduit en esclavage quelques mois dans une plantation de marijuana.


- Un pays qui n'avait pas de port
de Isabelle Condou
Éditions Plon / Août 2013


Sur un cargo, un clandestin vient contrarier le voyage de trois européens. Qui l'emportera entre le désir de lui venir en aide et celui de poursuivre sa route coûte que coûte, au mépris de toute humanité? De ce voyage à bord d'un cargo dont il était le capitaine, Bohdan aurait pu ne garder que de lointains souvenirs. Le quotidien du navire et l'humeur de la houle se seraient perdus dans le flot des années de routine. Marek, l'officier arrogant, aurait continué de lui inspirer le mépris et Joséphine, la passagère, ne lui aurait évoqué que l'image d'un sourire. Mais l'apparition d'un passager clandestin vient jeter le trouble. Face à cet étranger qui n'a aucun droit, Bohdan, Marek et Joséphine se révèlent, ni tout à fait les mêmes ni tout à fait autres. Les points de vue s'opposent, les peurs et les désirs s'exacerbent, les masques tombent, et le chemin se dessine, sombre et impitoyable. Un voyage sur l'océan ou ceux qui le contemplent plongent dans leurs propres abysses. Et condamnent un homme qui, comme eux, avait rêvé d'une autre vie.


- Une matière inflammable
de Marc Weitzmann
Éditions Stock / Août 2013


Début des années quatre-vingt-dix. Au terme d'une jeunesse tumultueuse, Frank Schreiber cherche à rentrer dans le rang. Apprenti écrivain, il accepte un travail de "nègre" auprès d'un ami de sa famille, Patrick Zimmermann, ancien gauchiste devenu économiste à succès. Frank est bientôt attiré par son épouse Paula, une femme aux multiples facettes, dont il devient l'amant. S'ensuit alors une spirale de mensonges et d'ambiguïtés où nul n'est ce qu'il semble. Pas même Frank, tandis que, adopté par le couple, il pénètre dans un milieu intellectuel et politique proche du pouvoir qui le fascine et le révulse à la fois. Ce n'est que vingt ans plus tard, sur fond de déréliction sociale et de scandales publics, qu'il en découvrira certaines clés. Marc Weitzmann, fidèle à ses obsessions, offre ici une fiction explosive sur quelques aspects de la crise française. Corruption et intégrité, relations de couple et domination, imposture et quête de soi, sont quelques-uns des thèmes de ce roman audacieux et drôle dont l'action se déroule sur deux décennies.


- Une part de ciel
de Claudie Gallay
Éditions Actes Sud / Août 2013


Aux premiers jours de décembre, Carole regagne sa vallée natale, dans le massif de la Vanoise, où son père, Curtil, lui a donné rendez-vous. Elle retrouve son frère et sa sœur , restés depuis toujours dans le village de leur enfance. Garde forestier, Philippe rêve de baliser un sentier de randonnée suivant le chemin emprunté par Hannibal à travers les Alpes. Gaby, la plus jeune, vit dans un bungalow où elle attend son homme, en taule pour quelques mois, et élève une fille qui n'est pas la sienne. Dans le Val-des-Seuls, il y a aussi le vieux Sam, pourvoyeur de souvenirs, le beau Jean, la Baronne et ses chiens, le bar à Francky avec sa jolie serveuse. Dans le gîte qu'elle loue, à côté de la scierie, Carole se consacre à une traduction sur la vie de Christo, l'artiste qui voile les choses pour mieux les révéler. Les jours passent, qui pourraient lui permettre de renouer avec Philippe et Gaby un lien qui n'a rien d'évident: Gaby et Philippe se comprennent, se ressemblent; Carole est celle qui est partie, celle qui se pose trop de questions. Entre eux, comme une ombre, cet incendie qui a naguère détruit leur maison d'enfance et définitivement abîmé les poumons de Gaby. Décembre s'écoule, le froid s'installe, la neige arrive. Curtil sera-t-il là pour Noël? Avec une attention aussi intense que bienveillante, Claudie Gallay déchiffre les non-dits du lien familial et éclaire la part d'absolu que chacun porte en soi. Pénétrant comme une brume, doux comme un soleil d'hiver et imprévisible comme un lac gelé, Une part de ciel est un roman d'atmosphère à la tendresse fraternelle qui bâtit tranquillement, sur des mémoires apaisées, de possibles futurs.


- Une sainte
de Émilie de Turckheim
Éditions Héloïse d'Ormesson / Août 2013


"Comme il est difficile de sauver un homme, pense-t-elle au sortir de son rêve". L'homme à sauver, elle l'a trouvé. Ce sera Dimitri, le prisonnier, le criminel dévoré par les remords et la longue peine à purger. Chaque jour, l'héroïne lui rend visite dans un parloir étroit où, petit à petit, la vie retrouve son goût de sel et de joie. L'heure de la sortie sonne enfin. Bouffée d'espoir pour Dimitri. Coup de poignard pour l'héroïne. Plus d'amour à donner, plus de cœur à consoler. Le bonheur était dans le parloir. Dimitri doit coûte que coûte y retourner. Fable du don et de la grâce,  Une sainte nous entraîne sur les chemins de la liberté et de la transgression en une sarabande hallucinée et poétique, drôle et cruelle.


- Une vie de chat
de Yves Navarre
Éditions Albin Michel / Août 2013


Voici un roman de chat écrit par un chat. Oui, les chats savent écrire. Parce qu'ils savent se taire, observer, écouter et donner le meilleur d'eux-mêmes. Le chat Tiffauges écrit donc ici le roman de sa vie. Il dit "je", ce qui est en principe le privilège des humains, bipèdes, doués de Raison. Il dit aussi Tiffany, sa première épouse; Abel, son maître, écrivain de métier, un obstiné qui écrit toujours le même roman et qui, malgré tout, contre vents et marées, persiste et signe. Inattendu, vif, alerte, souvent drôle, parfois poignant, ce roman, écrit par le chat Tiffauges, est un chant d'amour, et d'humour, à ses épouses et à son maître. C'est aussi et surtout, un chant de tous les jours, une vie de chat, rien qu'une vie de chat, et ce n'est pas rien.


- Vertiges
de Lionel Duroy
Éditions Julliard / Août 2013


Au seuil d'une séparation qu'il sait de plus en plus inévitable, Augustin observe la femme qu'il aime et avec laquelle il pensait avoir définitivement reconstruit sa vie. Meurtri, déchiré, il est néanmoins tendu par ce désir plus fort que lui de comprendre, et ne peut détacher son esprit des images qu'il convoque pour tenter d'analyser les raisons d'une telle délitescence. Au visage d'Esther se substitue bientôt celui de Cécile, la première femme avec laquelle il a vécu, premier amour fracassé lui aussi, au terme de longues années de vie commune. Tandis qu'il s'interroge sur la répétition de ces échecs amoureux, les souvenirs d'enfance remontent à la surface, toujours obsédants. Rejeté par sa mère dès son plus jeune âge, il se demande de quelle façon répondre à l'attente et au désir des femmes qu'il rencontre; comment parvenir à fonder une famille quand la sienne, enfant, n'a cessé de se disloquer; comment surmonter le vertige que provoque chez lui l'évocation du sentiment amoureux. Car le sujet est vaste et chaque question en appelle une autre, en forme de méditation profonde et douloureuse. Comment un être croisé par hasard peut-il provoquer chez soi une telle sidération? Par quel miracle une attirance aussi violente s'avère-t-elle réciproque? Comment ne pas être ébloui par le plaisir que se donnent deux corps qui s'offrent et qui s'accordent? Comment réussir à maintenir pendant de longues années cette effervescence magnifique face aux contingences du quotidien? Que sait-on de cet être dont on croit partager le plus secret de son existence? Comment affronter ce gouffre qui s'ouvre sous vos pieds quand la confiance mutuelle paraît se fissurer? À toutes ces questions dévastatrices, Lionel Duroy oppose son implacable obsession de trouver les mots pour le dire. Écrire pour survivre. Écrire pour vivre. "Tout ce qui ne tue pas rend plus fort", disait Nietzsche, Lionel Duroy préfère penser que tout ce qui ne tue pas permet de vivre plus intensément.


- Voir du pays
de Delphine Coulin
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2013


Deux filles, Aurore et Marine, reviennent d'Afghanistan. Elles y ont vécu six mois de tension, d'horreur, de peur. Elles vont passer trois jours à Chypre, dans un hôtel cinq étoiles, pour ce que l'armée un "sas de décompression", où on va leur réapprendre à vivre normalement, à oublier la guerre, à coup de séances de débriefing collectif et cours d'aquagym, des soirées arrosées et de visites se sites archéologiques de la vieille Europe. Dans un décor de filles en maillots et de filles sur la plage, Aurore et Marine vont s'apercevoir qu'elles n'ont peut-être plus rien à perdre, et aller jusqu'au bout de la violence.


- Volt
de Alan Heathcock
Éditions Albin Michel / Août 2013


Krafton, petite ville imaginaire de l'Amérique profonde aux allures bibliques, où abondent secrets inavouables, crimes anciens et chagrins enfouis est le décor des nouvelles d'Alan Heathcock. L'écriture puissante et lyrique, le suspense sombre qui imprègne ce paysage, et la poésie avec laquelle l'auteur évoque la violence inhérente à l'Amérique marquent la naissance d'un écrivain au talent singulier, salué par le New York Times et Publishers Weekly comme l'auteur d'un des meilleurs livres de l'année.


- Wunderkind
de Nikolai Grozni
Éditions Plon / Août 2013


Sofia, Bulgarie. Dans deux ans, le mur de Berlin s'effondrera, et le rideau de fer avec lui. Mais pour l'instant, c'est sous l'oppression du régime communiste que Konstantin, quinze ans, prodige du piano, tente de respirer. Intelligent et orgueilleux, sensible et cruel, Konstantin ajoute à la somme des paradoxes de l'adolescence les déchirements de l'artiste surdoué, balançant entre le désir brûlant d'être le meilleur et l'irrésistible tentation de l'échec et du danger. Ce livre résonne, souffle, chante, fracasse, virevolte et court, ralentit, s'emporte, c'est un concert, une rhapsodie. Dont on guette les variations comme autant de rebondissements. À travers cette écriture survoltée et ardente, Nikolai Grozni porte un regard vibrant sur cette période sombre, ce laminage. Et donne la mesure d'un talent époustouflant, véritablement virtuose.


- La carte du monde invisible
de Tash Aw
Éditions 10-18 / Juillet 2013


Difficile de savoir qui l'on est lorsqu'on appartient à un passé sans trace, à une histoire sans racine. Orphelin, arraché à son frère, le jeune Adam n'hésite donc pas quand son père adoptif est enlevé par des soldats de Soekarno. Armé de ses seize ans et de vieilles photos, il se lance à sa recherche, prêt à se jeter dans le chaos des rues de Jakarta. Au cœur des violences qui ont marqué les premières années de l'indépendance indonésienne, Tash Aw signe un roman détonant sur la double quête identitaire d'un adolescent et de son pays.


- Petits arrangements avec le mariage
de Moni Moshin
Éditions 10-18 / Juillet 2013


Elle a juré, quoique du bout des lèvres, sur la tête de son fils. Voilà qu'elle n'a plus d'autre choix que de délaisser cocktails et shoppings pour dégoter à son empâté de cousin l'épouse parfaite, la Pakistanaise modèle, riche et dévouée. Une traque effrénée pour laquelle notre héroïne a Dieu merci plus d'un tour dans son sac dernier cri.


- Aime-moi demain
de Ingvar Ambjørnsen
Éditions Gaïa / Juin 2013


Elling voit sa situation partir à vau-l'eau. Les pensées sombres comme les sacs-poubelle s'accumulent dangereusement. La rechute guette. Lorsque soudain Elling tombe amoureux. L'élue de son cœur vend des saucisses dans une caravane. Lorsqu'il la voit dans son Puits de Lumière, elle est plongée dans un livre sur les OVNI. Bingo. Elling tient là un prétexte imparable pour l'aborder. Car les méthodes d'enlèvement par des extraterrestres, ça le connaît. Heureusement, Kjell Bjarne est là, son ancien coloc' toujours sous tutelle après leur passé psychiatrique. Il en sait peu sur les OVNI mais beaucoup sur les femmes. Ce n'est pas de tout repos de tomber amoureux, surtout quand on a, comme Elling, une santé mentale fragile.


- Aimé Césaire, frère volcan
de Daniel Maximin
Éditions Du Seuil / Juin 2013


Daniel Maximin, ami et complice discret et attentif d'Aimé Césaire, fait ici à voix libre et nue le récit de leurs échanges fervents durant plus de quarante ans entre Paris et leurs Antilles. Ni souvenirs pieux, ni confidences impudiques, ni biographie distanciée, cette évocation de l'homme et du poète par celui qu'Aimé Césaire appelait son frère volcan, est une vivante introduction à l'œuvre, à la pensée et à l'action de cette figure majeure du XXe siècle.


- Bons baisers de Barcelone
de Élizabeth Adler
Éditions Belfond / Juin 2013


Après les plages de Malibu, une virée estivale à Saint-Tropez et une dispute à Monte-Carlo, direction les Ramblas de Barcelone pour Mac Reilly et Sunny Alvarez, détectives de choc et de charme. Sunny ne décolère pas. Une fois de plus, Mac a repoussé la date de leur mariage pour les besoins d'une enquête. Sa cliente est Lorenza de Ravel, une richissime comtesse catalane qui souhaite revoir sa fille, l'actrice Bibi Fortunata. Mais surtout, la belle Lorenza n'est autre que le tout premier amour de Mac. Ni une ni deux, Sunny s'envole à son tour pour Barcelone, bien décidée à récupérer son homme. Tandis que Sunny et Lorenza se livrent à un combat sans merci, Mac, lui, tente de remonter la piste de Bibi, mystérieusement volatilisée après avoir été accusée du meurtre de son amant. Parviendra-t-il à retrouver Bibi? Retombera-t-il dans les bras de Lorenza? Sunny réussira-t-elle enfin à le mener à l'autel?


- Celui qui lisait dans les pensées
de Nitya Varnes
Éditions Plon / Juin 2013


Imaginez: pouvoir lire dans l'esprit des autres, tout savoir en un instant de leurs pensées les plus intimes, de leurs mensonges, de leurs désirs. De quoi se prendre presque pour Dieu sur Terre. En tout cas, c'est ce que Terence C. Redeley avait toujours cru. Il n'avait oublié qu'un détail: à trop se fondre dans l'esprit des autres, on risque d'y perdre sa boussole et de se retrouver dans de très gros ennuis. Quand on en arrive là, il n'y a plus qu'une chose à faire: trouver la bonne âme qui aura à cœur de vous chercher des solutions. Et des solutions, Samuel en a beaucoup. À peu près une par minute en fait, ce qui en un sens peut se révéler assez fatigant… du point de vue de Terence. Qui commence à se dire qu'avoir un don hors du commun et un ami fidèle, ça fait beaucoup de malchance pour une seule personne.


- Chroniques de New York
de Cécile David-Weill
Éditions Grasset & Fasquelle / Juin 2013


New York, première destination touristique des Français, mais aussi mirage américain: une ville plus "cool", plus facile, plus rapide? Il suffit de lire ces chroniques cocasses et surprenantes pour comprendre qu'il n'en est rien. Car l'auteur, qui y vit, nous livre une série de cas concrets et de problèmes, dont les réponses ne se trouvent dans aucun guide. Quels sont les obstacles à surmonter pour ouvrir un compte en banque dans la "Grosse Pomme"? Pourquoi est-ce un luxe d'y posséder un lave-linge? Comment inscrire les enfants à l'école? La copropriété est-elle une tyrannie? Que se passe-t-il dans le bus en direction des Hamptons? Dix illustrations éclairent d'un sourire à la New Yorker ces chroniques qui vous seront utiles, pour une semaine de vacances ou toute la vie.


- Comment enseigner l'histoire à un ado dégénéré
En repoussant les assauts d'une nymphomane alcoolique
de Tom Sharpe
Éditions 10-18 / Juin 2013


L'heure des vacances sonne enfin pour le professeur Wilt. Adieu étudiants idiots et collègues narquois, le moment est venu de profiter d'un repos bien mérité. Que nenni! En charge du budget familial, sa tyrannique moitié, Eva, a pris une décision radicale: pour renflouer les comptes, Wilt se voit contraint d'accepter d'enseigner l'histoire à un insupportable gosse de riche, fanatique d'armes à feu.


- Cruelles
de Cat Clarke
Éditions Robert Laffont / Juin 2013


Alice King ne s'attend certes pas aux vacances de sa vie lorsqu'elle part avec sa classe pour un séjour dans la nature écossaise, mais elle n'est pas non plus préparée à la tournure plus que cauchemardesque que vont prendre les événements. Alice et sa meilleure amie Cass sont coincées dans une cabane avec Polly, l'associale de service, Rae, la gothique aux terribles sautes d'humeur et Tara, la reine des pestes. Populaire, belle et cruelle, cette dernière prend un malin plaisir à humilier les autres. Cass décide qu'il est grand temps de donner à Tara une leçon qu'elle n'est pas prête à oublier. Se met alors en marche une succession d'événements qui vont changer la vie de ces filles à tout jamais. Une irrésistible histoire de secrets coupables et d'amitiés troubles.


- Des livres et une Rolls
de Francis Scott-Fitzgerald
Éditions Grasset & Fasquelle / Juin 2013


Amérique, années 1920. Un brillant jeune homme triomphe en littérature. Il est talentueux, il est beau, il est affable. Il s'appelle Francis Scott Fitzgerald. Les critiques sont charmés. Dans ce choix inédit de ses interviews, il se montre à la fois sérieux et moqueur, espiègle et brillant. C'est avec esprit qu'il répond aux questions littéraires, intimes et parfois politiques des journalistes qui se pressent à la porte de celui qui passe alors pour un jeune prodige. L'inventeur des flappers et le découvreur de l'âge du jazz brille ici de toute son intelligence et de toute sa gaieté. "Des livres et une Rolls"? C'est ce qu'il voudrait s'offrir avec l'argent qu'il va gagner. Écoutons la voix si séduisante de l'auteur de Gatsby le magnifique.


- Des vies derrière soi
de Maxine Alterio
Éditions Prisma / Juin 2013


Juillet 1915. Le navire-hôpital Maheno quitte Wellington pour emmener vers les champs de bataille 70 infirmières néo-zélandaises. Parmi elles, Adelina Harrigton et Meg Dutton se retrouvent dans la même cabine. Addie, issue d'une famille unie et aimante, est réservée, tout le contraire de Meg, jeune femme coquette qui ne résiste pas au plaisir de s'amuser et va l'entraîner dans son tourbillon. Alors qu'elles servent auprès des soldats blessés, en Égypte, puis en France, va se nouer entre les deux jeunes femmes une amitié qui résistera à toutes les épreuves. Quand Meg rencontre le chirurgien anglais Wallace Madison, elle tombe immédiatement amoureuse de lui et s'engage dans une relation passionnelle. Addie pressent pourtant que cet homme secret cache de nombreuses blessures. Leur amour survivra-t-il à la guerre, au milieu du chaos, des épidémies et des drames?


- Effets secondaires probables
de Augusten Burroughs
Éditions 10-18 / Juin 2013


Éternel indécis, angoissé, irritable, bordélique, raté? L'écrivain se raconte: souvenirs d'enfance, petites manies, homosexualité, anecdotes insolites, alcoolisme. Braquant les anomalies d'une certaine Amérique, ces vingt-six instantanés de vie absurdes et pathétiques dessinent une autobiographie en creux, acide. Pour conjurer le mal, Burroughs a choisi d'en rire, avec brio.


- En tenue d'Ève
de Delphine Horvilleur
Éditions Grasset & Fasquelle / Juin 2013


Les discours religieux fondamentalistes actuels expriment une obsession croissante de la pudeur des femmes. Réduite aux parties de son corps susceptibles d'éveiller le désir, la femme est "génitalisée" à outrance. Faut-il alors couvrir sa nudité? Faut-il la renvoyer à son destin: le voilement? Delphine Horvilleur analyse successivement les sens de la pudeur et de la nudité, l'obsession du corps de la femme et sa représentation comme "être orificiel" pour proposer une autre interprétation de la tradition religieuse. Elle met à mal les lectures qui font de la femme un être tentateur, et de la pudeur l'instrument de sa domination. Ainsi nous montre-t-elle comment la nudité recouverte d'Adam, d'Ève ou de Noé, renvoie à une culture du désir et non à une volonté de le tuer. Comment le voile est à l'origine destiné, non à rejeter, mais à approcher l'autre. Comment le féminin concerne aussi les hommes qui endossent, dans la prière et la pratique judaïques, les attributs des femmes et du maternel. On découvre alors, dans cette plongée au cœur des grands monothéismes, un autre visage de la femme, de la pudeur, et de la religion.


- L'école de la peur
L'examen final
de Gitty Daneshvari
Éditions Plon / Juin 2013


L'École de la Peur est en mauvaise posture. La journaliste fouineuse Sylvie Montgomery concocte un article scandaleux sur l'excentrique directrice, Mme Wellington, et ses méthodes de travail peu orthodoxes. Ce serait alors la fermeture de l'école! Madeleine, Théo, Lou, Garrison et la nouvelle élève (la cinquième roue du carrosse), Hyacinthe, doivent convaincre Sylvie que leur directrice est tout à fait normale. Mais comment l'en convaincre quand Mme Wellington est en réalité si bizarre? Sans compter tous les cadavres (et autres bestioles) cachés dans les placards. Avec le sort de l'école entre leurs mains, le valeureux quatuor (plus Hyacinthe) ne redoute plus qu'une chose: l'échec.


- L'école de la peur
Non, l'école n'est pas finie
de Gitty Daneshvari
Éditions Plon / Septembre 2011


Nous avons tous peur de quelque chose. Madeleine craint tellement les insectes qu'elle vit sous une moustiquaire et dégaine ses bombes répulsives sur tout ce qui bouge. Lou ne supporte pas les portes fermées, les petites pièces et autres espaces clos. Théodore redoute la mort au point qu'il passe ses journées à appeler ses parents pour vérifier qu'ils sont toujours en vie. Quant à Garrison, l'eau est son pire cauchemar, il ne s'est jamais baigné, même traverser un pont est une épreuve. Leurs parents croyaient avoir tout essayé. Jusqu'à ce qu'ils entendent parler de la mystérieuse École de la Peur. C'est leur dernière chance. Et ils ne sont pas au bout de leurs peines. La directrice de cette école secrète va leur faire vivre l'été le plus effrayant de leur vie.


- L'enfant du Titanic
de Leah Fleming
Éditions Belfond / Juin 2013


Tout au long du XXe siècle, entre l'Angleterre et les États-Unis, l'histoire d'une improbable amitié née à bord du Titanic entre deux femmes que tout oppose, une amitié si forte qu'elle défiera les conventions sociales, les épreuves et le temps. Dans le confort luxueux du pont supérieur du Titanic, Céleste rêve au moment où elle retrouvera son petit garçon, resté avec son père dans l'Ohio. Dans les coursives des troisièmes classes, May regarde son mari et son bébé, et rêve à la nouvelle vie qui les attend en Amérique. Quelques heures plus tard, le majestueux paquebot a sombré, les deux femmes ont tout perdu. Dans le canot de sauvetage qui les emporte, May serre dans ses bras un enfant. Unies à jamais par ce qu'elles viennent de vivre, profondément transformées, Céleste et May reprennent chacune le cours de leur vie avec une détermination nouvelle. Céleste parviendra-t-elle à échapper aux règles d'un milieu étouffant et misogyne pour s'émanciper et élever seule son fils? May, hantée par la décision qu'elle a prise cette nuit-là, pourra-t-elle un jour faire la paix avec sa conscience et révéler à son amie la terrible vérité? Qui est vraiment l'enfant du Titanic?


- L'envol du faucon
de Axel Aylwen
Éditions Anne Carrière / Juin 2013


Devenu Grand Barcalon, c'est-à-dire Premier ministre de Siam, une dignité qui fait de lui le second maître du pays après le tout-puissant roi Narai, Constantin Phaulkon est en butte aux subtilités, parfois périlleuses, de la politique siamoise. C'est à ses dons de diplomate, et surtout à l'alliance passée avec les Français dans le dessein de faire échec aux appétits anglais et hollandais, qu'il doit ses hautes fonctions auprès du souverain. Or voici que, quelques années après cette nomination, une délégation du Roi-Soleil débarque au Siam avec six cents hommes de troupe, dans l'intention de conquérir des comptoirs de commerce et de convertir, au besoin par la force, le monarque au catholicisme. Parallèlement, les actes de piraterie de plusieurs de ses anciens amis menacent d'empoisonner les relations du Barcalon non seulement avec la Compagnie des Indes orientales, mais aussi avec le roi Narai, et de saper sa position. Soutenu par quelques fidèles, notamment son épouse catholique Maria et sa seconde épouse siamoise Sunida, Phaulkon devra déployer ses talents de stratège et toute son ingéniosité.


- L'esprit qui veille
de Gilles Cosson
Éditions Michalon / Juin 2013


Confronté à la primauté des valeurs matérielles et à l'accélération vertigineuse du temps, l'homme d'aujourd'hui peut-il dépasser cette spirale du quotidien qui finit par nous cacher l'essentiel? Comment peut-il redonner un sens à sa vie? Les legs religieux venus du passé lui apportent-ils une réponse suffisante? Si non, quelles autres voies de recherche s'ouvrent à lui? À travers son parcours professionnel dans les hautes sphères de la finance et de l'industrie, ses expériences, ses rencontres, ses voyages de par le monde, depuis les terres arides du Hoggar jusqu'aux plateaux glacés des Andes et du Tibet, Gilles Cosson nous invite à suivre son cheminement personnel, à partager ses questionnements et sa quête d'une nouvelle spiritualité. Au-delà, l'auteur nous propose une philosophie de vie, une voie de dépassement destinée à l'homme pressé d'aujourd'hui mais aussi à celui de demain, bientôt lancé sur le chemin des étoiles. Surtout il nous donne une nouvelle raison de vivre et d'espérer, à l'ombre de cet "Esprit qui veille" sur l'univers. Un ouvrage qui répond au vide spirituel créé par la tension oppressante du monde actuel, et nous offre un champ de recherche et d'application à explorer.


- La ballade de Kassandre
de Véronique Alunni
Éditions Prisma / Juin 2013


Au sein de l'Archipel des Anges, Bluenn d'Aouergwenn, fille de prêtresse, se voit mariée contre son gré au repoussant Gaël de Gweltaz, chevalier dévoré par l'ambition et renié de tous. Alors même que son cœur ne bat que pour les beaux yeux de Riwall de Boscat, jeune et pur chevalier chrétien, Bluenn tombe peu à peu, contre toute attente, sous l'emprise de son époux. Condamnée à revivre, sans le savoir, l'histoire tragique d'Ethan et Kassandre, deux amants légendaires voués à la damnation, la jeune femme devra choisir entre son amour pour Riwall et sa volonté de sauver le peuple de l'Archipel d'une terrible tyrannie. Dût-elle y laisser la vie.


- La cucina seconda
de Lily Prior
Éditions Grasset & Fasquelle / Juin 2013


Les drames et les réjouissances alternent dans le petit village sicilien où la famille de Rosa Fiore a toujours vécu et quelquefois, ils coexistent. Car l'Inglese est de retour. Entre deux enterrements, un accouchement et les nombreuses célébrations de leurs retrouvailles, Rosa essaie en vain de faire participer son amant à la cueillette des cerises, des courges, du jasmin, des asperges sauvages. Mais les scorpions guettent, les abeilles s'en mêlent et les frères de Rosa ne doivent pas y être étrangers. D'autant que, lors de la fête du village, l'Inglese vient de plumer aux cartes le pire de ses bandits.
Sexe et gastronomie, passion et désillusion, un soupçon de mafia sicilienne: on retrouve tous les ingrédients de La Cucina, un chant d'amour sensuel et envoûtant pour la Sicile.


- La part de l'homme
de Kari Hotakainen
Éditions 10-18 / Juin 2013


Au XXIème siècle, on ne vend plus son âme au diable, mais sa vie à un écrivain en panne d'inspiration. Pour sept mille euros, Salme Malmikunnas est prête à briser les tabous et braver les mensonges, dévoilant tout de son existence: carrière de mercière, mari mutique, bonheurs, regrets, échecs et enfants... Mais est-ce tout, vraiment?


- La vie parfaite de William Sidis
de Morten Brask
Éditions Presses De La Cité / Juin 2013


Librement inspiré de la véritable histoire de William Sidis, ce roman retrace le destin passionnant et tragique d'un homme hors du commun, considéré comme l'un des plus grands surdoués de tous les temps. C'est en 1910, à Harvard, que William Sidis, alors âgé de seulement onze ans et déjà étudiant de cette prestigieuse université, donne sa première conférence devant un parterre composé de quelques-uns des plus éminents professeurs et chercheurs américains. Le lendemain, tous les journaux titrent sur le "phénomène" Sidis: lecture du New York Times à dix-huit mois, maîtrise du latin et du grec, qu'il a appris seul, à trois ans, rédaction d'ouvrages de grammaire, d'astronomie et d'anatomie à huit ans. D'aucuns prédisent à ce fils d'immigrés ukrainiens qu'il sera le prochain Euclide. Alors pourquoi l'histoire n'a-t-elle pas retenu le nom de Sidis? Qu'est-il arrivé à cet enfant prodige que ses parents n'ont cessé de pousser?


- Le bar du caïman noir
de Denis Humbert
Éditions Presses De La Cité / Juin 2013


La Guyane. Tout a peut-être commencé ici, des millions d'années plus tôt, dans les profondeurs fécondes de la forêt humide. Le docteur Charpentier s'interroge: dernier refuge ou point de départ d'une nouvelle vie? Un refuge pour Thomas l'affairiste véreux, Sofia la prostituée brésilienne ou Caporal Bob l'ancien légionnaire. Une renaissance pour Alia et Simon. Frantz l'Amérindien est né ici. Il sillonne le fleuve, attendant son heure pour redonner sa place à son peuple, "ou du moins ce qu'il en reste". Il ne laissera pas disparaître le monde de ses ancêtres rongé par les garimpeiros, orpailleurs clandestins et prédateurs voraces. Mais quel poison est le plus meurtrier, le mercure déversé dans les rivières ou la modernité qui s'avance? "Le jour où c'est arrivé", ces trajectoires finissent pourtant par se croiser, au bar du Caïman Noir.


- Le cahier de Maya
de Isabel Allende
Éditions Grasset & Fasquelle / Juin 2013


"Je m'appelle Mayal Vidal: de sexe féminin, célibataire, j'ai dix-neuf ans, pas d'amoureux faute d'occasions et non par excès d'exigence, un passeport américain; née à Berkeley, en Californie, je suis momentanément réfugiée dans une île au sud du monde. On m'a donné le prénom de Maya parce que ma Nini a une prédilection pour l'Inde et que mes parents n'ont pas trouvé autre chose, bien qu'ils aient eu neuf mois pour y réfléchir. En hindi, maya signifie "sortilège, illusion, rêve". Rien à voir avec mon caractère. Attila m'irait mieux, parce que là où je pose le pied, l'herbe ne pousse plus".


- Le pensionnat des jeunes filles sages
de Anton di Sclafani
Éditions Denöel / Juin 2013


Années trente, Caroline du Nord. À la suite d'une tragédie familiale dans laquelle elle a joué un rôle mystérieux, la jeune Thea est accompagnée par son père dans un internat pour jeunes filles de la haute société sudiste. Là, on inculque une éducation très stricte aux futures épouses, et on remet dans le droit chemin les âmes égarées. Le seul moment de plaisir, ce sont les leçons d'équitation. Thea va devoir se plier à ces nouvelles règles. L'internat est tenu par un couple sévère, qui connaît les véritables raisons de la présence de Thea. Si Mme Holmes juge et condamne, M. Holmes se montre bien plus compréhensif avec la ravissante Thea. Rebelle, brave jusqu'à l'inconscience, et surtout avide de croquer la vie à pleines dents, Thea prend tous les risques, balaie les conventions, bouscule les préjugés. Et depuis la nuit des temps, une telle arrogance se paie au prix fort.


- Le présage du corbeau
de Don Rearden
Éditions Fleuve Noir / Juin 2013


Jamais ils n'auraient cru que l'Alaska serait la terre de leur cauchemar. John et Anna ont tout quitté pour enseigner en Alaska, chez les Yupiks, une tribu inuit. Ils veulent changer de vie, découvrir les grands espaces et renouer avec les origines de John. L'intégration est difficile dans cette contrée pauvre coupée de toute civilisation. Lorsque l'hiver arrive, une grippe virulente décime le village. Les habitants meurent les uns après les autres. Personne ne viendra à leur secours. Livré à lui-même, John tente de trouver de l'aide. Sur son chemin, il rencontre une jeune aveugle et une vieille femme, deux Yupiks réfugiées dans une maison abandonnée. Une lutte pour leur survie s'engage alors. Dans une nature hostile, blanche et déserte. Seules des traces de ski dans leur sillage semblent prouver qu'ils ne sont pas seuls.


- Le plus bel âge
de Laurence Benaïm
Éditions Grasset & Fasquelle / Juin 2013


Pierre Cardin, Hubert de Givenchy, Ron Galella, Sonia Rykiel, Pierre Bergé, Juliette Gréco, Marceline Loridan-Ivens, Irris Barrel Apfel, Irina Ionesco, Michael Lonsdale, René de Obaldia, Claude Bessy, Jacques Sereys, Ginevra Pucci, Edmonde Charles-Roux, Bettina Graziani, Christian Millau, Henri Dutilleux: ces super-seniors défient leur époque. Éternels aventuriers, ils échappent à la course contre la montre et continuent de vivre au présent. Mais qui sont-ils et surtout quel est leur secret? Pour percer leur mystère, Laurence Benaïm a recueilli leurs souvenirs et leur fougue. Dans ce défilé surprenant, rapporté dans un récit intime et émouvant, ils font taire la mort en racontant la vie.


- Le silence de Grace
de Peter Robinson
Éditions Albin Michel / Juin 2013


Après des années de succès à Hollywood, le compositeur anglais Chris Lowndes rentre chez lui, dans le Yorkshire. Sa femme est morte, et Chris rejoint seul et mélancolique les landes belles et sauvages de Kilnsgate House. Il y retrouve cette atmosphère de troublant mystère où rôdent les ombres du passé. Grâce Élizabeth Fox, ancienne propriétaire de la maison qu'il habite, a été condamnée soixante ans plus tôt à la pendaison pour le meurtre de son mari. Et si elle était innocente? Cette question l'obsède. Au point de revisiter toute l'affaire.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 9:39

- Les ailes de l'ange
de Jenny Wingfield
Éditions 10-18 / Juin 2013


Dans l'Arkansas des années cinquante, Swan Moses, fillette espiègle et malicieuse, mène une vie insouciante. Mais quand le petit Blade Ballanger, fils du violent et sadique voisin, vient trouver refuge auprès d'elle, Swan fait le serment de le protéger de la cruauté de son père. Une promesse téméraire qui sonne le glas de son innocente jeunesse. Dans l'atmosphère languide du Sud profond américain, l'amour de deux enfants va s'élever contre la folie et l'indifférence du monde adulte.


- Les biscuits du bonheur
de Dorothea Razumovski
Éditions Buchet Chastel / Juin 2013


Les biscuits du bonheur est un texte plein d'humour, d'ironie et d'impertinence qui aborde des sujets aussi divers que les vicissitudes de l'âge, la drogue, Maria repartira en Allemagne avec un sac plein d'herbe, convaincue que ce sera bien plus profitable aux pensionnaires de sa maison de retraite que les médicaments qu'on leur donne, ou encore le sort de la communauté allemande de Russie.


- Les gens heureux lisent et boivent du café
de Agnès Martin-Lugand
Éditions Michel Lafon / Juin 2013


"Ils étaient partis en chahutant dans l'escalier. […] J'avais appris qu'ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m'étais dit qu'ils étaient morts en riant. Je m'étais dit que j'aurais voulu être avec eux". Diane a perdu brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l'exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l'existence. C'est peut-être en foulant la terre d'Irlande, où elle s'exile, qu'elle apercevra la lumière au bout du tunnel. L'histoire de Diane nous fait passer par toutes les émotions. Impossible de rester insensible au parcours tantôt dramatique, tantôt drôle de cette jeune femme à qui la vie a tout donné puis tout repris, et qui n'a d'autre choix que de faire avec.


- Les gens heureux lisent et boivent du café
de Agnès Martin-Lugand
Éditions Michel Lafon / Juin 2013


"Ils étaient partis en chahutant dans l'escalier. […] J'avais appris qu'ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m'étais dit qu'ils étaient morts en riant. Je m'étais dit que j'aurais voulu être avec eux". Diane a perdu brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l'exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l'existence. C'est peut-être en foulant la terre d'Irlande, où elle s'exile, qu'elle apercevra la lumière au bout du tunnel. L'histoire de Diane nous fait passer par toutes les émotions. Impossible de rester insensible au parcours tantôt dramatique, tantôt drôle de cette jeune femme à qui la vie a tout donné puis tout repris, et qui n'a d'autre choix que de faire avec.


- Les héritiers de Kervalon
de Inès de Kertanguy
Éditions Albin Michel / Juin 2013


Les Kervalon forment à l'aube du XXe siècle une grande famille, fière de ses valeurs et de ses traditions. Quels que soient les événements, ils puisent dans leur nom et leur inaltérable solidarité la force de les affronter. Apolline n'a que dix ans lorsque sa mère, la baronne de Saint-Eliph, née Kervalon, meurt en couches en mettant au monde son troisième enfant. La fillette grandit pourtant heureuse entre Paris et le manoir familial, avec son frère et sa sœur, entourée par ses nombreux cousins, avant que la première guerre mondiale ne fasse d'elle une très jeune veuve. Elle élève ses deux enfants dans un monde où les repères s'effondrent et où les femmes apprennent enfin à écouter leurs envies et à vivre pour elles-mêmes. D'une guerre à l'autre, les Kervalon poursuivent tous, à travers bien des péripéties, des destins très différents. Mais sans jamais oublier à quelle famille ils appartiennent. Jusqu'à la lecture du testament de l'oncle. Espérances déçues, batailles fratricides et secrets de famille: dans la tourmente d'un siècle en pleine mutation, la romancière Inès de Kertanguy brosse la passionnante saga de l'aristocratie française, fresque d'un univers perdu.


- Les images du passé
de Barbara Taylor-Bradford
Éditions Presses De La Cité / Juin 2013


À la mort de son père, célèbre photographe de guerre à qui elle doit sa vocation de grand reporter, Serena Stone décide de mettre sa carrière en veille afin de se consacrer à la biographie de cet homme qu'elle aimait tant. Assistée dans ce projet par Zac, un ancien petit ami et collègue traumatisé par sa dernière mission en Afghanistan, la jeune femme plonge avec émotion dans l'héritage photographique de son père. Mais une série de clichés pris à Venise fait voler en éclats toutes ses certitudes. Qui est donc la mystérieuse inconnue apparaissant sur de nombreuses photos, et qui semble exercer une véritable fascination sur son père? Pourquoi celui-ci avait-il choisi de garder cet album secret? En quête de vérité, Serena entreprend de fouiller dans l'histoire de sa famille. Le passé lui réserve bien des surprises.


- Les séparées
de Kéthévane Davrichewy
Éditions 10-18 / Juin 2013


Depuis l'enfance, elles ont tout partagé: rêves, amours, avenir. Et puis soudain... Assise à un café, Alice tente de déchiffrer cette amitié vénéneuse. Plongée dans le coma, Cécile lui envoie des lettres imaginaires. Au fil du souvenir affleurent la joie, et les failles, les secrets dont va se nourrir l'inévitable désamour. À qui la faute? Et la vie, après? Dans ce roman à deux voix, Kéthévane Davrichewy tisse délicatement la trame des émotions et de la mémoire.


- Les voluptés d'Emma
de Natasha Walker
Éditions Presses De La Cité / Juin 2013


Emma Benson s'ennuie ferme dans sa banlieue proprette de Sydney. Heureusement pour elle, le fils du voisin est là pour la distraire. Agée d'une trentaine d'années, Emma est un esprit libre. À ses yeux, la vie ne vaut d'être vécue sans sexe ni plaisir, et c'est pourquoi elle est toujours en quête de nouvelles rencontres et d'expériences inédites. Aussi ses amis sont-ils surpris lorsqu'elle décide d'épouser David et de s'installer avec lui dans la banlieue de Sydney. Les mois passent. Emma a beau faire de son mieux pour rester fidèle à son mari, ce dernier ne peut à lui seul combler tous ses besoins. Mais un jour, alors qu'elle prend un bain de soleil dans son jardin, le fils des voisins apparaît. À dix-huit ans, Jason a tout à apprendre en matière de sexe. Emma va se faire un devoir de l'initier.


- Messie malgré lui
de Agathe Colombier-Hochberg
Éditions Fleuve Noir / Juin 2013


Comme chaque été, Laurent, Géraldine et leur fille Clara vont partir en vacances avec leur ami Julien et un certain Yannis, citoyen grec de son état et roi de l'exubérance. Destination: Tel-Aviv, ou le neveu de Julien fête sa bar-mitsva. Pour les Français, c'est l'occasion de faire du tourisme, mais pour Yannis, le projet qui se dessine a une tout autre ampleur: faire la paix entre Israéliens et Palestiniens. Ainsi, farniente et excursion vont bientôt être remplacés par des rencontres au sommet, tout au moins des tentatives, et vu la tendance de la petite troupe à se retrouver dans des situations catastrophiques, leur périple ne sera pas de tout repos.


- Mes sœurs et moi
de Judith Lennox
Éditions L'Archipel / Juin 2013


Marianne, Iris, Éva et Clémency sont les filles du métallier Joshua Maclise et de sa femme Lilian qui est invalide. Durant les tumultueuses années précédant la Première Guerre mondiale, chaque sœur  se demande ce que sera son avenir. La passionnée et timide Marianne tombe amoureuse d'un homme d'affaires, Arthur Leighton. La belle et vaine Iris s'attend à faire un bon mariage, mais ses rêves n'aboutissent pas, elle suit alors une formation d'infirmière. La vive Éva se languit de quitter sa ville natale pour devenir artiste. Seule Clémence, la plus jeune des sœurs, se retrouve coincée à la maison, à s'occuper de leur mère. La guerre et ses tragédies séparent les quatre sœurs. Marianne quitte l'Angleterre pour une plantation de thé à Ceylan où, coupée de sa famille et à la merci du cruel Lucas Melrose, elle est obligée de se battre pour conserver sa santé mentale et sa vie. Infirmière aux services des soldats britanniques en France, Iris découvre l'amour et le chagrin. Après que son cœur eut été brisé par un artiste, Éva trouve une nouvelle voie là où elle s'y attendait le moins. La guerre libère Clémence de la tyrannie de sa mère et lui permet enfin de trouver l'amour. Seul le temps dira si les quatre sœurs seront à nouveau réunies un jour.


- Monsieur Vendredi en Cornouaille
de Gaston Kelman
Éditions Michel Lafon / Juin 2013


"Comment aurais-je su ce matin-là, en me levant de ma natte dans notre concession clanique, qu'une espèce de savant Cosinus blanc, vêtu d'une interminable robe de femme, allait m'empêcher de grandir paisiblement dans l'ère préhistorique où ronronnait mon village du golfe de Guinée?"  Ainsi bascula le destin de Kofi, petit Africain "prélevé" par un missionnaire français, débarqué en Bretagne avec "la marée noire", et que les habitants de Cornouaille allaient élire maire, avant qu'il ne devienne ministre. De cette histoire vraie librement romancée, Gaston Kelman a fait un texte jubilatoire. On y découvre que sur la Terre des hommes, toutes latitudes et couleurs confondues, règnent les mêmes sentiments, fleurissent les mêmes espoirs, et s'éteignent les conflits quand on cherche à se connaître.


- Murmures pour Jean Hugo
de Marie Rouanet
Éditions Albin Michel / Juin 2013


Jean Hugo (1894-1984), arrière-petit-fils de Victor Hugo, fut peintre, décorateur de théâtre et créateur de costumes dans l'entre-deux-guerres. Il travaille avec les plus grands artistes de l'époque tels Cocteau, Radiguet, Picasso, Satie, Poulenc. Quand il décide d'embrasser la foi catholique et de s'installer en Languedoc dans le domaine familial de Fourques, il renoue avec la nature provençale, la poésie de Frédéric Mistral, et le "monde de la bouvine". C'est, en éclats somptueux, la trajectoire qu'évoque Murmures pour Jean Hugo, celle du peintre aux amitiés scandaleuses ou mondaines puis du patriarche retiré dans un monde paysan qui n'a quasiment pas changé depuis des siècles. Marie Rouanet a ce talent bien à elle pour célébrer la liberté qui est au cœur de toute création et décliner les saisons et les jours dans leur mystère et leur beauté.


- Nager nues
de Carla Guelfenbein
Éditions Actes Sud / Juin 2013


Toute à sa joie de présenter son amie Morgana à un père qu'elle vénère, Sophie est loin d'imaginer la triangulation funeste qu'elle s'apprête à provoquer. Rapidement, ces deux-là partagent bien plus que leur affection pour elle, comme va en attester l'enfant à naître. Anéantie par la trahison, Sophie coupe les ponts et rejoint sa mère en France alors même qu'en cet été 1973, à Santiago du Chili, le monde s'écroule. Mort d'Allende, état de siège: Morgana et Diego entrent dans la clandestinité et connaissent des moments d'intimité furtifs sous le fracas des hélicoptères et des détonations. Mais dans un guet-apens, tous deux sont tués. Conduite en Espagne, leur enfant est sauvée in extremis de l'enfer. Le 11 septembre 2001, les images d'un avion qui perfore la surface verticale et sombre d'une tour à New York réactivent chez Sophie les souvenirs du palais du gouvernement en flammes vingt-huit ans plus tôt, à Santiago. Elle comprend alors qu'il n'est d'oubli sans pardon, ni pardon sans vérité. Et elle se lance à la recherche de cette enfant abhorrée, sa demi-sœur, qui, seule à présent, peut lui donner le goût de vivre. Dans une prose orageuse et sensuelle où les spasmes des corps répondent aux convulsions de l'Histoire, Carla Guelfenbein affronte le Chili de sa jeunesse et des grands rêves brisés.


- Nobody
de Dan Wells
ÉditionsSonatine / Juin 2013


Si l'envie vous prend de jouer au chat et à la souris avec un serial killer, dites-vous bien que vous serez toujours la souris. L'avertissement, qui vaut pour tout le monde, ne semble avoir aucune prise sur John Wayne Cleaver. Obsédé par les tueurs en série, celui-ci n'a en effet aucun scrupule à entrer dans le jeu. Il faut dire que John a un atout de taille dans sa manche: des pulsions homicides incontrôlables. Il lui arrive en effet à lui aussi, de temps à autre, de se transformer en monstre assoiffé de sang. Aussi a-t-il décidé de s'attaquer aux éléments les plus meurtriers de la société plutôt que de s'en prendre à d'innocentes victimes. Cette fois, le serial killer qu'il a choisi de défier en l'attirant dans sa petite ville tranquille de Clayton se nomme Nobody. Après quelques interminables semaines d'attente, des meurtres commencent enfin à ensanglanter Clayton. Nobody est bel et bien là. Et la partie peut commencer.


- Mister Monster
de Dan Wells
Éditions Sonatine / Juin 2012


Dans Je ne suis pas un serial killer, le jeune John Wayne Cleaver était la proie de pulsions effrayantes et redoutait de devenir un tueur en série. Aujourd'hui il n'a plus de doutes: un assassin, qu'il a surnommé Mr. Monster, sommeille en lui, susceptible de se réveiller à tout instant. Ce qui, étrangement, n'a pas que des mauvais côtés. Sans Mr. Monster John n'aurait jamais pu débarrasser sa petite ville du tueur qui y sévissait. Mais à présent il n'est plus du tout sûr de pouvoir maîtriser son côté obscur. D'autant qu'autour de lui nombreux sont les importuns qui mériteraient d'avoir affaire à Mr. Monster. Sans compter ces nouveaux cadavres qui apparaissent aux quatre coins de la ville et cet inspecteur du FBI qui commence à sérieusement le suspecter d'être impliqué dans les meurtres. Il va ainsi devenir de plus en plus difficile de ne pas laisser les rênes à ses démons. Plaisir coupable auquel il serait tragique de prendre goût.


- Je ne suis pas un serial killer
de Dan Wells
Éditions Sonatine / Avril 2011


John Wayne Cleaver est un jeune homme potentiellement dangereux. Très dangereux. Jugez-en plutôt: garçon renfermé, pour ne pas dire sociopathe, il vit au milieu des cadavres à la morgue locale, tenue par sa mère et sa tante, il a une certaine tendance à tuer les animaux et, depuis son plus jeune âge, il nourrit une véritable passion pour les tueurs en série. Ainsi, son destin semble tout tracé. Mais conscient de son cas, et pas spécialement excité à l'idée de devenir un serial killer, John a décidé d'en parler à un psy et de respecter quelques règles très précises. Ne nourrir que des pensées positives à l'égard de ses contemporains. Ne pas s'approcher des animaux. Éviter les scènes de crime. Ce dernier commandement va néanmoins devenir très difficile à suivre lorsqu'on retrouve autour de chez lui plusieurs corps atrocement mutilés. Y aurait-il plus dangereux encore que John dans cette petite ville tranquille? Aurait-il enfin trouvé un adversaire à sa taille?


- Quatre naissances et un enterrement
de Lisa Jewell
Éditions Presses De La Cité / Juin 2013


Conçus par insémination artificielle, trois personnages en quête de leurs origines embarquent pour une histoire extraordinaire. Lydia, Robyn et Dean ne se connaissent pas et mènent des vies diamétralement opposées. Chacun d'eux a toujours eu l'impression qu'il manquait quelque chose à son existence... et pour cause: ils sont en réalité frère et sœur s. C'est en s'inscrivant simultanément sur un site Internet permettant de retrouver les personnes nées d'un même don de sperme qu'ils le découvrent. Ensemble, ils vont comprendre ce que l'amour, la famille et l'amitié signifient vraiment. Parallèlement, leur père biologique, Daniel, qui est atteint d'un cancer incurable, a émis le souhait de rencontrer ses "enfants". C'est une course contre la montre qui s'engage alors pour les retrouver à temps.


- Rosa et son secret
de Cecilia Samartin
Éditions L'Archipel / Juin 2013


Depuis que le señor Peregrino a achevé le récit de son pèlerinage à Compostelle et lui a révélé le secret de Rosa, l'amour de sa vie, Jamilet, n'a plus qu'une idée en tête: découvrir la vérité sur cette femme qui portait, dans son dos, la même tache de naissance qu'elle. Afin de percer le mystère qui l'entoure, elle dérobe à Mme B. des documents qui la conduisent jusqu'en Espagne, sur les traces de Rosa la gitane et de ses propres racines. Malgré elle, Jamilet entraîne le señor Peregrino, sa tante Carmen et Eddie dans cette aventure qui la mènera à Compostelle, aux portes du couvent où Rosa s'est cloîtrée, croyant le señor Peregrino et l'enfant né de leurs amours décédés. Ils vont enfin pouvoir se retrouver.


- Secondes chances
de Charity Norman
Éditions Belfond / Juin 2013


Martha Norris ne supporte plus de voir Kit, son mari, déprimé par ses vaines recherches d'emploi. Aussi prend-elle une décision radicale: quitter l'Irlande en plein marasme économique et démarrer une nouvelle vie à l'autre bout du monde. Pour tous, cet exil est une seconde chance: Kit accomplit enfin son rêve de devenir artiste; les jumeaux de quatre ans explorent le plus beau des terrains de jeux; Martha, quant à elle, découvre, fascinée, cette nature luxuriante, bruissant des vieilles légendes maories. Mais il en est une qui vit très mal ce déracinement: Sacha, seize ans, la fille que Martha a eue avec un autre homme. Loin de ses repères, obsédée par l'identité d'un père qu'elle n'a pas connu, l'adolescente va s'engager dans une spirale dangereuse, pour elle, mais aussi pour sa famille. Peut-on protéger malgré eux ceux qui nous sont chers?


- Sherry Cracker et les sept voleurs
de D. J. Connell
Éditions 10-18 / Juin 2013


Fan de mode écossaise, armée d'un savoir encyclopédique et d'une naïveté folle, Sherry Cracker est un peu spéciale. Las de ses bizarreries, son irascible patron, Mr Chin, la somme de "devenir normale". La voici donc lancée à la conquête de la banalité dans une cavale ubuesque peuplée d'escrocs et d'attachants marginaux. L'occasion de se découvrir des qualités insoupçonnées.


- Un bonheur parfait
de James Salter
Éditions de l'Olivier / Juin 2013


"Toute vie est un processus de démolition", écrivait Scott Fitzgerald. James Salter semble lui donner raison avec ce roman cruel et subtil. Nedra est belle, assurée, et sait donner aux gestes quotidiens une sorte d'élégance. Viri est architecte. Il rêve d'accomplir une œuvre qui lui survivra, et dévore les biographies d'hommes illustres. Ils habitent une vieille demeure non loin de New York, ils s'aiment. Peut-être sont-ils moins heureux qu'ils ne le disent. Quand le temps aura fait son œuvre, il ne restera plus, des amours de Nedra et Viri, que des ruines et des regrets. Tendre est la nuit, mais la perfection du bonheur n'est pas de ce monde.


- Un été dans le pré
de Lucy Diamond
Éditions Presses De La Cité / Juin 2013


La sœur  des villes et la sœur  des champs. Il n'y a pas plus opposées qu'elles. Polly, citadine jusqu'au bout des ongles, femme d'affaire ambitieuse à qui tout réussit. Sa sœur  Clare, divorcée, deux enfants à charge, reine du système D qui n'a jamais quitté son village. Mais le destin a décidé de les rassembler. Quand elle perd son emploi, Polly se voit contrainte, à son grand désespoir, de s'installer à la campagne, chez Clare. Elles qui n'ont pas vécu ensemble depuis des lustres et qui se parlent à peine, les voilà obligées de cohabiter. Si les débuts sont bien difficiles, un projet va les fédérer: la fabrication de produits bio pour le bain, une idée de Clare qui amuse beaucoup Polly. Et si les sœurs avaient plus en commun qu'elles ne le pensaient?


- Un visage d'ange
de Lisa Ballantyne
Éditions Belfond / Juin 2013


Avocat en droit pénal, Daniel Hunter s'est fixé une ligne de conduite stricte: ne pas s'investir émotionnellement dans ses dossiers. Mais le cas qui s'annonce va définitivement ébranler ses convictions. À onze ans, Sebastian Croll est accusé d'avoir battu à mort son camarade de jeu. Comment ce garçon intelligent, choyé, parfaitement éduqué aurait-il pu commettre un acte aussi atroce? À mesure que Daniel découvre l'univers familial tourmenté de Sebastian, ses propres souvenirs émergent. Une enfance bafouée, chargée de violence et de colère; et puis Minnie, cette femme au courage extraordinaire qui a changé son destin avant de le trahir à jamais. Alors que "l'affaire Croll" déclenche un vaste ouragan médiatique, Daniel doit tenir bon, tout faire pour sauver Sebastian de la machine à broyer carcérale. Mais que dissimule vraiment ce visage d'ange? Et si enfance n'était pas toujours synonyme d'innocence?


- Une vie à brûler
de James Salter
Éditions de l'Olivier / Juin 2013


James Salter fait figure de légende. À cet ancien pilote de l'US Air Force, romancier et scénariste à Hollywood, on prête un amour excessif du danger, le goût des femmes et une passion pour la France. Et l'on n'a pas tort, à en juger par son autobiographie. Salter s'y montre moins soucieux d'entretenir la légende que de dire la vérité. C'est pourquoi ce livre, contrairement à tant de mémoires d'écrivains, sonne si juste. Salter raconte: son enfance à New York dans les années 30, l'influence de son père qui le conduit à West Point, la prestigieuse académie militaire où, fait rarissime pour un juif, il fait toutes ses études avant d'entrer dans l'armée de l'air, puis la Corée et ses missions de pilote de chasse sur les premiers jets supersoniques. Il démissionne de l'armée pour se consacrer à l'écriture, devient romancier (Un sport et un passe-temps, Un bonheur parfait, etc.) et scénariste. Dans le récit qu'il en fait, Salter trace d'admirables portraits, de Kerouac à Irvin Shaw, de Robert Redford à Joe Fox: c'est drôle, cruel, un brin nostalgique. Nécessairement inachevés, ces mémoires sont un tour de force narratif et stylistique. Dans une prose ciselée, un des derniers grands écrivains américains nés avant la guerre jette un regard ironique et grave sur notre époque.


- 17 Kingsley Gardens
de Richard Mason
Éditions Robert Laffont / Mai 2013


Joan, ancienne pianiste de quatre-vingts ans, glisse lentement vers la démence. Sa fille, Eloïse, décide de la placer en maison de retraite. Pour aider sa mère à accepter ce changement radical, elle l'emmène en voyage en Afrique du Sud, pays de naissance de Joan, afin de renouer avec leurs origines. Depuis quelque temps, Joan est victime d'hallucinations, qu'elle garde pour elle. Le retour sur les lieux de son enfance et la lecture du journal de sa grand-mère (internée en camp de concentration avec ses enfants par les Anglais aux pires moments de la guerre des Boers), font remonter en elle des émotions particulièrement fortes et sa maladie s'aggrave. De retour à Londres, Éloïse, businesswoman spéculant sur le marché des matières premières, doit faire face à une crise économique et à un mauvais placement boursier. Joan, quant à elle, a emménagé dans la maison de retraite mais commence à perdre le fil de la réalité. Le passé se mêle au présent, elle mélange époques et personnes (le sort de ces ancêtres, la mort de son frère, son mariage raté, la guerre des Boers...). Elle rencontre Paul, un adolescent, et lui confie son histoire, mais n'arrive pas à communiquer avec le personnel de la maison de retraite ni avec Eloïse, et s'éloigne peu à peu d'eux.


- Après le feu, un murmure doux et léger
de Evie Wyld
Éditions Actes Sud / Mai 2013


Après une séparation tumultueuse, Frank Collard quitte Canberra et rejoint les paysages sauvages de la côte nord-est australienne et la cabane rudimentaire où son grand-père et son père se sont jadis refugiés après avoir survécu à la guerre. Frank aimerait devenir un autre. Pourquoi cette violence, ce mutisme en lui? Pourquoi a-t-il coupé les ponts avec son père? Et ce silence obstiné sur tout ce qui touche au passé? Frank s'installe, découvre ses voisins et tente de se raccrocher aux plus élémentaires choses de la vie pour parvenir à la quiétude tant désirée. Mais des événements inattendus mettront sa nouvelle existence à l'épreuve. Dans ce roman sur trois générations d'hommes, Evie Wyld parvient à raconter avec la même intensité, la même passion, chaque morceau d'un puzzle polyphonique, complexe et bouleversant. Interrogeant les ressorts secrets de la violence, elle nous livre un roman d'une rare puissance et pose les jalons d'une œuvre des plus prometteuses.


- À toi pour l'éternité
de Daniel Glattauer
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2013


Par hasard, Judith rencontre Hànnes dans un supermarché. Quelques jours plus tard, il entre dans sa boutique de luminaires. Hànnes est architecte, il est craquant, le gendre dont rêve toute belle-mère. Les amies de Judith tombent sous le charme. Mais pourquoi Judith n'arrive pas à se laisser aller et à profiter de cette occasion?


- Au bonheur des voiles
de Stéphane Chaumet
Éditions Du Seuil / Mai 2013


Quelques années avant que la guerre n'éclate, Stéphane Chaumet s'installe en Syrie, dans la ville de Lattaquié. Ni touriste, ni journaliste, il ouvre les yeux, les oreilles, les narines, les mains, se fait éponge. Les rencontres commencent. Nisrine, pas voilée, se glace dans l'espoir toujours déçu d'un mariage. Bana, sa cousine de vingt ans, voilée, joue avec le feu plutôt que de se consumer à attendre un mari. Hiba, véritable descendante du Prophète s'est fait tatouer sur le sein le prénom de son amant. Kinda, la cendrillon de 22h30, lutte pour préserver sa liberté. Sarab, brillante étudiante en médecine dont le père, général de l'armée, est surveillé par les services secrets. On croise aussi Victor, peintre français, que son homosexualité précipite dans des aventures périlleuses. Une bibliothécaire chrétienne envoie des SMS à Dieu, un mystique musulman fume du hash roulé dans les pages du Coran. Autant de romans vrais où le désir, le sort des femmes, les liens de famille, la religion, la surveillance, l'hypocrisie sont vécus par des personnages saisis dans leur intimité. C'est un autre monde que le regard chaleureux de Stéphane Chaumet rend tout proche.


- Au bout du chemin
de Patricia Hespel
Éditions Prisma / Mai 2013


Début de l'été. Sur une aire d'autoroute, Émilie tire Angie d'un mauvais pas. En s'installant aux côtés de son sauveteur, Angie est loin de se douter que leur cohabitation ne se limitera pas à quelques centaines de kilomètres. Un peu plus au sud, Azraël ignore lui aussi que son périple solitaire est sur le point de prendre un virage inattendu. Angie, Émilie, Azraël: un trio insolite que tout sépare, mais qui se trouvera un chemin commun, tissé de rencontres et de surprises, de petits bonheurs ou d'épreuves, où se frottent, se piquent et se consolent leurs destins éclopés.


- Au hasard la chance
de Michel Tremblay
Éditions Actes Sud / Mai 2013


En 1925, la grande Ti-Lou, la célèbre Louve d'Ottawa, rentre à Montréal. Après une carrière fructueuse au Château Laurier, dans la suite royale où elle a reçu diplomates et hommes du monde, politiciens et ministres du culte, elle plie bagages et file en douce, ses valises rondes d'une épargne acquise au prix de son corps. Diabétique impénitente, toujours fantasque, damsel in distress, Louise Wilson-Desrosiers aura été une guidoune fière, libre, exemplaire. Lorsqu'elle débarque dans la salle des pas perdus de la gare Windsor, elle se demande quelles surprises la vie peut bien lui réserver. Se présentent alors cinq avenues, cinq destinées possibles qui comportent leur lot de risques et d'occasions, de bonne et de moins bonne fortune. Mais dans chacune de ces existences, Ti-Lou devra composer avec plus que le hasard et la chance, car au détour des avenues l'attendent le couteau de la solitude et, pire encore, la peur de se laisser aimer.


- Avec plaisir, François
de Ariane le Fort
Éditions Du Seuil / Mai 2013


Marie, professeur d'histoire de l'art à Bruxelles, est tombée amoureuse d'un mécanicien qui vit à l'autre bout du monde. Cette liaison insolite n'est pourtant pas la seule nouveauté de sa vie: son père, François, lui avoue qu'il a un amant et se mère, loin de vouloir divorcer, semble prête à accepter ce tardif coming out. Au carrefour de toutes les confidences, Marie va devoir mener de front la nouvelle donne familiale: la fragilité de son lien pourtant passionnel avec son nouvel amant, les préjugés de son frère embourgeoisé, la solitude de sa mère et le nouveau visage que lui offre son vieux père, soudain rajeuni par un amour inattendu et exposé en plein jour. Sur un ton léger, mais non dénué de profondeur psychologique, l'auteur nous fait partager, avec humour et émotion, les étrangetés d'une vie moderne, où tragédies et cocasseries se côtoient.


- Ce que tu dois savoir
de Suzanne Finnamore
Éditions Les Deux Terres / Mai 2013


La narratrice est proche de la quarantaine quand elle apprend qu'elle est enfin enceinte. Elle rédige alors ces toutes premières "notes" à l'intention de son enfant à naître. Avec un feu d'artifice de bons mots, elle relate les nombreux changements qui se produisent en elle. Sous forme d'un journal intime, elle nous entraîne de la conception à la salle d'accouchement, exposant des vérités hilarantes sur sa grossesse et la perspective de la maternité. Cet étrange purgatoire fait partie de la vie depuis qu'Ève a croqué la pomme, mais jamais on ne l'avait décrit avec autant de brio.


- Ce qui restera de nous
de Mark Gartside
Éditions Belfond / Mai 2013


Nous sommes en 1985, dans le nord de l'Angleterre. Graham Melton rencontre Charlotte Marshall. Lui est fils d'ouvrier, abhorre Thatcher et adore la bière. Elle est issue de la bourgeoisie, voterait plutôt conservateur et ne jure que par l'opéra. Contre toute attente, entre ces deux-là, c'est le coup de foudre, le début d'une grande histoire d'amour. Vingt-quatre ans plus tard, Tony Blair est au pouvoir, la crise a laissé une partie de la jeunesse sur le carreau et Graham élève seul Michael, leur fils de quinze ans. Papa poule un peu envahissant, Graham essaie coûte que coûte de tenir son fils éloigné des filles. Michael, adolescent moqueur, inscrit en secret son père sur des sites de rencontres. Avec autant d'amour que de maladresse, chacun veille sur l'autre comme il peut. Mais un drame va faire voler en éclats ce fragile équilibre et replonger Graham dans un passé douloureux.


- C'était Catherine B.
de Marina Vlady
Éditions Fayard / Mai 2013


"Catherine Binet est l'héroïne de ce portrait. Elle était la compagne de Georges Perec. Elle fut une de mes plus chères amies. Sa destinée chaotique, faite de créativités avortées, d'humiliations au quotidien, mais aussi de réussites artistiques majeures, est exemplaire. Aujourd'hui, je veux raconter nos combats, notre complicité, nos chagrins et nos joies". M. V.
Ce bouleversant récit évoque ces deux destins de femmes entrelacés dans les malheurs mais aussi dans les joies, jusqu'à la mort de l'une d'elles, Catherine, dont Marina Vlady compose ici le "tombeau", comme on disait à l'époque classique, stèle littéraire non seulement à une amie disparue, mais à une part de soi en allée avec elle.


- Chaque jour, chaque heure
de Natasa Dragnic
Éditions Flammarion / Mai 2013


À Makarska, en Croatie, dans les années 1960, Dora et Luka se rencontrent au jardin d'enfants et deviennent inséparables. Mais au mois de septembre, la petite fille part avec ses parents à Paris. En 1984, ils se retrouvent dans la capitale française. Elle a réalisé son rêve de devenir actrice, lui est artiste.


- Chrysis
de Jim Fergus
Éditions ChercheMidi / Mai 2013


Paris, 1925. Gabrielle "Chrysis" Jungbluth, âgée de 18 ans, entre à l'atelier de peinture des élèves femmes de l'École des beaux-arts pour travailler sous la direction de Jacques Ferdinand Humbert, qui fut le professeur de Georges Braque. Exigeant, colérique, cet octogénaire, qui règne depuis un quart de siècle sur la seule école de peinture ouverte aux femmes, va vite réaliser que Chrysis n'est pas une élève ordinaire. Précoce, ardente et véritablement talentueuse, cet esprit libre et rebelle bouscule son milieu social et un monde de l'art où les hommes ont tous les privilèges. Elle va bientôt se perdre dans des plaisirs désinvoltes et devenir l'une des figures de la vie nocturne et émancipée du Montparnasse des Années folles. C'est là qu'elle va rencontrer Bogey Lambert, cow-boy américain sorti de la Légion étrangère, et vivre un amour fou. Lié à l'œuvre de Chrysis Jungbluth par une histoire personnelle qu'il nous conte en préambule, Jim Fergus a romancé ici plusieurs années de la vie de cette héroïne passionnée et passionnante, à une époque unique de l'histoire du XXe siècle, où tout semblait permis.


- Clara
de Carine Geerts
Éditions Brumerge / Mai 2013


À quarante-huit ans, Clara est une femme libre. Elle est avocate et travaille beaucoup, au point d'en avoir sacrifié la sécurité d'une famille. Elle se rend compte que le vide se fait dans sa vie. Alors pointe un doute et surgit une inquiétude. A-t-elle eu raison de renoncer à tout pour sa carrière? Serait-elle passée à côté de l'essentiel?


- Combien veux-tu m'épouser ?
de Saphia Azzeddine
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2013


Une île privée des Seychelles. Tatiana, "bécasse sentimentale", rencontre Philip, un garçon bien de sa personne; ils sont beaux, elle est riche, ils s'aiment et décident de se marier. Leur histoire a tout du conte de fées, oui... mais celui-ci est écrit par Saphia Azzeddine, experte en démolitions. Des plages de sable fin aux coulisses du mariage, de Los Angeles à Paris, et de la meilleure copine à la femme de ménage, chaque personnage prend la parole, comme un chœur de pleureuses en Gucci, et décrit ce couple en chemin vers l'autel. Sur la scène mondaine, les acteurs de cet univers d'ultra-riches et d'égoïstes liftés s'affrontent et s'esquivent dans une satire sociale aussi drôle que cruelle.


- Couleur Ketchup
de Annabel Pitcher
Éditions Plon / Mai 2013


Vous avez déjà eu un terrible secret? Un secret qui vous isole à jamais de ceux que vous aimez? Un secret qui pourrait bouleverser votre monde, s'il éclatait? Zoé porte un secret trop lourd pour ses quinze ans. Comment pouvait-elle imaginer que ce garçon pour qui elle a eu un coup de foudre est le frère de son petit ami? Et pourra-t-elle jamais oublier l'avalanche de drames qui ont suivi cette révélation? À Stuart Harris, un criminel condamné à la peine de mort, elle va pouvoir livrer ses confidences lettre après lettre. Parce que seul un meurtrier peut comprendre ce qu'elle a vécu.


- Coup de foudre à Austenland
de Shannon Hale
Éditions Charleston / Mai 2013


Jane Hayes est une jeune New Yorkaise en apparence tout à fait normale, mais elle a un secret: son obsession secrète pour Mr Darcy, ou plus précisément pour Colin Firth jouant Mr Darcy dans l'adaptation de la BBC de Pride and Prejudice. Résultat, sa vie amoureuse est proche du néant: aucun homme n'est à la hauteur de la comparaison. Quand une riche parente lui laisse en héritage un séjour de 3 semaines dans un centre chic pour les Austen-addicts, les fantasmes de Jane impliquant une rencontre fortuite avec un héros tiré tout droit de l'époque de la Régence deviennent un peu trop réels. Cette immersion dans cet Austenland réussira-t-elle à débarrasser Jane de son obsession pour lui permettre de rencontrer un vrai Mr. Darcy?


- Dans la peau de Sheldon Horowitz
de Derek B. Miller
Éditions Les Escales / Mai 2013


Le livre de l'année selon The Times, traduit dans le monde entier, un premier roman bourré d'humour et d'esprit, d'émotion et de suspense, porté par un héros irrésistible: vieux juif new-yorkais exilé à Oslo, en fuite à travers la campagne norvégienne avec son petit voisin serbe. À 82 ans, Sheldon Horowitz, veuf, horloger à la retraite et ancien marine, accepte en ronchonnant d'aller vivre chez sa petite-fille dans une ville qui a tout pour lui déplaire: Oslo. Des contrées de neige et de glace peuplées de grands blonds et au maximum d'un millier de juifs, dont pas un seul ex-sniper, hanté par la mort de son fils, comme Sheldon. Jamais il n'aurait imaginé que la Norvège allait lui offrir son ultime mission. Pourtant, quand sa voisine serbe est assassinée par un gang de Kosovars, Sheldon se jure de protéger son garçon de 7 ans coûte que coûte. Le début d'une cavale infernale pour sauver l'enfant et tenter de racheter ses erreurs passées.


- Dans les secrets de Madame Clicquot
de Fabienne Moreau
Éditions Plon / Mai 2013


Dès les premiers instants passés à Bouzy, Barbe Clicquot avait été saisie d'émotion à la vue des vignes ondulant dans la lumière vespérale. Au fil des jours, elle avait découvert le vignoble de sa belle-famille, l'art de cultiver la vigne et de faire le vin de Champagne. Aussi à la mort prématurée de François, son époux, n'avait-elle pas hésité longtemps avant de prendre sa décision. La jeune femme avait du tempérament et un goût réel pour le commerce. Le monde s'ouvrait en cette aube du XIXe siècle avec de nouveaux marchés à conquérir: les pays de la mer Baltique, la Russie et ses tsars, et au-delà, Bientôt, plus personne n'allait ignorer le nom de Veuve Clicquot, symbole de l'excellence du champagne. Mais tout à la passion de son métier, Barbe avait surmonté bien des épreuves. C'est à la faveur d'une correspondance avec un inconnu qu'elle va se raconter, ouvrant son cœur et livrant peu à peu avec une pudeur contenue les secrets de sa vie.


- Dans une chambre inconnue
de Damon Galgut
Éditions de l'Olivier / Mai 2013


Damon aime marcher, partir sans but. Son projet? Être toujours ailleurs. Loin d'ici (TP) raconte trois instants de sa vie, trois voyages. À 20 ans, Damon est le "suiveur": lorsqu'il rencontre Reiner, un séduisant voyageur allemand, il se laisse entraîner en Grèce, dans une randonnée qui tournera mal. À 30 ans, il est "l'amant": au Zimbabwe, il s'éprend de Jérôme et tisse avec lui une relation étrange faite de non-dits. À 50 ans, il joue "le protecteur" en accompagnant son amie Anna en Inde. Elle souhaite faire de ce périple son dernier voyage avant de se donner la mort; il veut croire que sa présence peut éviter le pire.


- Dernier convoi pour Buchenwald
de Roger Martin
Éditions Cherche Midi / Mai 2013


Avril 1944. Un convoi de déportés quitte la gare de Compiègne. Excepté les Allemands et l'État français, personne à bord ne connaît sa destination. Personne... sauf Robert Danglars. Instituteur, pacifiste convaincu puis militant trotskiste, il a participé en Bretagne aux actions de propagande en direction des soldats allemands.
Octobre 1943. Brest. À la suite d'une trahison, son réseau est démantelé, son responsable abattu, Danglars et ses camarades sont jetés en prison.
Mars 1944, prison de Rennes. Le directeur et un inconnu lui proposent un marché: demain, les Alliés débarqueront et la France sera libérée. Pour tomber aux mains des communistes? Contre la liberté de sa mère et de sa sœur, arrêtées pour l'avoir hébergé, réclamées par les autorités allemandes, et sa propre vie, il devra liquider un dirigeant communiste déporté. Buchenwald, qui "accueillit" Marcel Paul, le colonel Manhès, Marcel Dassault, Jorge Semprun, David Rousset, Stéphane Hessel, tient une place singulière dans l'histoire des camps de concentration. Notre héros malgré lui devra naviguer au cœur d'une véritable ville où la vie n'a aucun prix. Combativité et trahison, lâcheté et courage, sur fond de tensions entre nationalités, triangles rouges et triangles verts, résistants de tous bords et gaullo-communistes, ce récit bat en brèche nombre d'images forgées à l'issue de la Seconde Guerre Mondiale. Un roman haletant au cœur de l'Histoire.


- Des jours parfaits
de Annie Lemoine
Éditions Flammarion / Mai 2013


À la mort de sa mère, une jeune femme découvre dans un carnet une histoire d'amour tenue secrète jusque-là, celle de Ninon et Niccholo sous le soleil de Sicile, celle d'un été sans fin avec le souffle du volcan au loin.


- Dis-moi d'où je viens
de Emily Giffin
Éditions Michel Lafon / Mai 2013


Cette adolescente qui vient de sonner à sa porte, Marian Caldwell la reconnaît d'emblée. Ces traits, ce visage fin, ces oreilles légèrement décollées. Ce sont les mêmes que les siens! Seul diffère le gris-bleu de ses yeux, gardiens d'un douloureux secret que la séduisante New-Yorkaise pensait enfoui à jamais. Celui d'un amour perdu dix-huit ans plus tôt. Comment se découvrir et s'apprivoiser quand les liens du sang vous rattrapent? Est-il possible de voir renaître la passion pour un homme qu'on a aimé trop jeune? À l'heure de vérité, chacun devra trouver sa place et le chemin qui est le sien.


- Embrouille en Provence
de Peter Mayle
Éditions Nil / Mai 2013


Quand le milliardaire français Francis Reboul vient chercher Sam Levitt jusqu'à Los Angeles pour lui demander de servir de prête-nom dans une société immobilière à Marseille, Sam est à la fois tenté et un peu réticent: pourquoi cet homme, à qui il a volé pour plusieurs millions de grands crus lors de son dernier séjour en France, veut-il lui confier cette délicate besogne? Mais Elena Morales, la petite amie de Sam, est extrêmement séduite par ces vacances tous frais payés dans le Midi de la France, et Sam accepte donc la mission. Il présente le projet architectural de Reboul à un concours dont le président du comité de sélection est un Corse, Patrimonio, l'ennemi juré du Français. Deux autres candidats sont en lice: une Parisienne, qui part avec un handicap du fait de la haine ancestrale des Marseillais pour Paris, et un lord anglais, Wapping, qui a son yacht dans le port et est déjà acoquiné avec le mafieux Patrimonio. Wapping est bien décidé à remporter l'affaire par tous les moyens, licites et illicites, en son pouvoir. C'est compter sans Sam Lewitt, qui va défendre le projet et déjouer les manœuvres et intrigues de ses concurrents. Il sera aidé par son ami Philippe, journaliste, qui combat, au péril de sa vie parfois, le bétonnage du littoral. Il plaide pour le programme de construction résidentiel de Reboul, qui respecte le merveilleux environnement en front de mer ou il doit s'implanter. Le personnage principal de cette histoire très enjouée de corruptions et de magouilles méditerranéennes est bien sûr la Provence, et particulièrement Marseille, avec sa gastronomie, sa bouillabaisse, son rosé, ses ruelles, son Vieux Port, ses petits bistrots et sa douceur de vivre. Tous les prétextes sont bons pour s'attabler ou faire de belles incursions dans l'arrière-pays que Peter Mayle connaît si bien.


- Enders
de Lissa Price
Éditions Robert Laffont / Mai 2013


Callie, âgée de seize ans, vit dans un monde ou une terrible catastrophe a tué tous ceux qui n'ont pu être vaccinés à temps. Seuls ont survécu les très jeunes, les Starters, ou les vieillards, les Enders. Tandis que ces derniers ne cessent d'accroître leur fortune, les plus jeunes sont la proie d'une pauvreté inextricable. La seule possibilité qu'ont les Starters pour gagner de l'argent est la Banque des Corps. Afin d'assurer leur survie, ils peuvent ainsi louer leur corps à des personnes âgées en quête d'une nouvelle jeunesse, grâce à un transfert d'esprit. Callie a réussi à stopper les agissements de cet institut sans scrupules. C'est alors qu'elle doit faire face à un plus grand danger: le Vieux, ce mystérieux PDG de la Banque des Corps, s'est enfui et en veut à sa vie. Au cours d'une traque sans pitié, elle réalise que le secret du Vieux est plus sombre encore que tout ce qu'elle imaginait. La clé de l'énigme est dissimulée dans son propre passé.


- Everest sans oxygène
de Jon Krakauer / Pierre Mazeaud / Reinhold Messner
Éditions Flammarion / Mai 2013


Trois titres relatant la conquête de l'Everest rassemblés à l'occasion de la commémoration des 60 ans de la première ascension de ce sommet par trois alpinistes majeurs.


- Fitzgerald
de Liliane Kerjan
Éditions Albin Michel / Mai 2013


D'un côté un jeune écrivain marié à une femme excentrique, beau, talentueux, icône de l'Ère du Jazz, et qui, dès son premier roman, L'Envers du paradis, connaît un succès foudroyant. De l'autre, la chute vertigineuse d'un couple qui sombre dans l'alcool, la pauvreté et la folie. Celui que Philippe Sollers appelle le "vaincu exemplaire" et Eric Neuhoff le "romantique absolu" est avant tout un écrivain qui, toute sa vie, tente de régler le conflit entre son besoin irrésistible d'écrire et "un concours de circonstances acharnées à l'en empêcher". Fitzgerald ne ment jamais ni quand il se saoule, ni quand il se bat, ni quand il fait face aux humiliations, ni quand il revendique son goût du travail bien fait, ni quand il erre de casinos en hôtels. On le découvre ici dans son intimité, en père attentif qui s'occupe de sa fille Scottie, ne délaisse jamais Zelda, et qui se ruine la santé pour gagner l'argent nécessaire à l'entretien de son petit monde. Quand il meurt en 1940, il n'a que 44 ans, plus un sou en poche, et ses livres ont déserté les rayons des librairies. Il venait de se remettre au travail et avait entrepris l'écriture du Dernier Nabab.


- Histoires d'escrocs
de Jean-Michel Rey
Éditions de l'Olivier / Mai 2013


Cet essai est le premier d'une trilogie qui paraîtra sous le titre général de Histoires d'escrocs. Chaque tome sera centré sur un roman: Le Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas, Les Buddenbrook de Thomas Mann, et enfin Le Grand Escroc de Herman Melville. Dans ce premier tome, Jean-Michel Rey s'appuie sur les rapports entre le banquier Danglars et le comte dans le roman le plus connu d'Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo. Il s'agit, pour l'essentiel, de la vengeance du comte contre le banquier, une entreprise très soigneusement menée qui aboutit à la ruine de Danglars. En le montrant brillant économiste et redoutable rhéteur, Dumas fait ainsi du comte le héraut du capitalisme ascendant, et nous dévoile les grands rouages de la finance moderne, particulièrement ceux du crédit. Par l'analyse de ce célèbre roman, Jean-Michel Rey donne au Comte de Monte-Cristo un éclairage nouveau et terriblement d'actualité.


- Hôtel Vendôme
de Danielle Steel
Éditions Presses De La Cité / Mai 2013


Hugues est un homme comblé: heureux en mariage, père d'une adorable petite Héloïse, il est aujourd'hui à la tête de son propre hôtel dans le centre-ville de New York. Mais tout s'effondre le jour où sa femme les quitte pour une rock star. Hugues doit désormais mener de front l'éducation de sa fille et la gestion d'un hôtel devenu le refuge de toute célébrité en quête de tranquillité. Héloïse grandit dans ce monde si particulier, au contact des femmes de chambre et des clients prestigieux. Chaque jour réserve sa part de surprise et de magie et, les années passant, la jeune fille n'a bientôt plus qu'une idée en tête: suivre les pas de son père. Mais l'histoire d'amour de celui-ci, qu'elle vit comme une trahison, les exigences de l'école hôtelière et les premières déceptions de la vie adulte transforment un chemin en apparence tout tracé en un parcours semé d'embûches. Son courage inébranlable lui permettra néanmoins de triompher de chaque épreuve, sans jamais perdre de vue ses propres rêves.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 9:33

- Jean-Bark
de Philippe Claudel
Éditions Stock / Mai 2013


"J'ai connu un Jean-Marc. Il y en avait au même moment des dizaines d'autres. J'en suis sûr. J'aimais ta géométrie variable, que je n'ai jamais constatée mais que je supposais. Tu avais l'art de l'adaptation. Ce qui t'importait, c'était moins toi-même que celui qui te faisait face. Tu ne te mettais jamais en avant. Tu faisais exister l'autre. Il devenait à ton contact l'être soudainement le plus important. Tu étais changeant, arc-en-ciel. Je te soupçonnais de pouvoir dire à l'un quelque chose et au suivant son contraire. Aucune hypocrisie dans cela. Tu n'étais pas là pour juger des opinions. Tu nous prenais comme nous étions. Tu nous donnais ce que nous espérions trouver. Tu savais, pour l'être toi-même, qu'un auteur est plus fragile qu'une libellule. Il te fallait tout simplement préserver les conditions dans lesquelles ses ailes pouvaient continuer à se déployer, fines et somptueuses".


- Je me souviens
de Georges Perec
Éditions Fayard / Mai 2013


"Ces "je me souviens" ne sont pas exactement des souvenirs, et surtout pas des souvenirs personnels, mais des petits morceaux de quotidien, des choses que, telle ou telle année, tous les gens d'un même âge ont vues, ont vécues, ont partagées, et qui ensuite ont disparu, ont été oubliées; elles ne valaient pas la peine d'être mémorisées, elle ne méritaient pas de faire partie de l'Histoire, ni de figurer dans les Mémoires des hommes d'État, des alpinistes et des monstres sacrés. Il arrive pourtant qu'elles reviennent, quelques années plus tard, intactes et minuscules, par hasard ou parce qu'on les a cherchées, un soir, entre amis; c'était une chose qu'on avait apprise à l'école, un champion, un chanteur ou une starlette qui perçait, un air qui était sur toutes les lèvres, un hold-up ou une catastrophe qui faisait la une des quotidiens, un best-seller, un scandale, un slogan, une habitude, une expression, un vêtement ou une manière de la porter, un geste, ou quelque chose d'encore plus mince, d'inessentiel, de tout à fait banal, miraculeusement arraché à son insignifiance, retrouvé pour un instant, suscitant pendant quelques secondes une impalpable petite nostalgie". G P.


- Jeu de pistes
de Marcel Theroux
Éditions 10-18 / Mai 2013


À la mort de son oncle, une succession inattendue tire Damien March de son ennui: la maison excentrique de Cap Code et pleine de trésors. Parmi eux, l'héritier déniche un manuscrit inachevé. Mais en tournant les premières pages, il est loin de se douter qu'il tient entre ses doigts la piste tortueuse et brûlante d'un insoupçonnable secret de famille.


- Jeunes mères désespérées en quête de sérénité
de Fiona Higgins
Éditions Presses De La Cité / Mai 2013


En devenant mères, elles ne savaient pas ce qui les attendait. Ginie, Made, Cara, Suzie, Miranda et Pippa n'ont rien en commun si ce n'est qu'elles viennent toutes d'avoir un enfant. Plus perturbées qu'elles ne le pensaient par cet heureux événement, elles se retrouvent régulièrement après leur accouchement pour discuter et échanger sur leurs expériences de la maternité et les difficultés qu'elles rencontrent au quotidien. Chacune d'elles s'efforce à sa façon de devenir mère et se surprend à dépendre de plus en plus de l'amitié et du soutien des membres du groupe. Jusqu'au jour où l'impensable se produit, mettant les liens qui les unissent à l'épreuve et révélant des secrets capables de détruire leur vie.


- Juste à côté
de Esther Gaubert
Éditions Fayard / Mai 2013


Vous auriez décidé de vous retirer du monde dans un hameau du Massif central, parmi les majestueux paysages de montagnes. Et puis, dans la maison juste à côté, arriverait une famille aussi démunie qu'envahissante. Pauvre, mais bruyante! Que faire? Installer une clôture entre les deux jardins? Vous ne pouvez-vous y résoudre. Puisque votre isolement est rompu, vous passez outre votre agacement et votre méfiance, et acceptez de faire connaissance avec vos nouveaux voisins. Vous découvrez alors leur soif de vie et leur espoir en un avenir meilleur. Leur lutte de chaque instant, harassante, pour améliorer le quotidien, rendre heureux leurs enfants. Leur fatigue qui ne vient pourtant jamais à bout de leurs projets et de leur sidérante énergie. Sans doute avez-vous peur qu'ils la déploient en vain. Qu'aucun de leurs rêves ne se réalise, que la misère les condamne à un éternel recommencement. Mais vous ne dites rien, vous admirez en silence leur volonté, leur courage, avec une humilité qui prend à rebours tous les jugements péremptoires sur la pauvreté.


- Juste avant le bonheur
de Agnès Ledig
Éditions Albin Michel / Mai 2013


Cela fait longtemps que Julie ne croit plus aux contes de fée. Caissière dans un supermarché, elle élève seule son petit Lulu, unique rayon de soleil d'une vie difficile. Pourtant, un jour particulièrement sombre, le destin va lui tendre la main. Emu par leur situation, un homme généreux les invite dans sa maison du bord de mer, en Bretagne. La chance serait-elle enfin en train de tourner pour Julie? Agnès Ledig, auteur de Marie d'en haut, Coup de cœur du grand prix des lectrices de Femme Actuelle, possède un talent singulier: celui de mêler aux épisodes les plus dramatiques de l'existence optimisme, humour et tendresse. Dans ce roman où l'émotion est présente à chaque page, elle nous fait passer avec une énergie communicative des larmes au rire, elle nous réconcilie avec la vie. Juste avant le bonheur fait partie de ces (trop) rares livres qu'on a envie de rouvrir à peine refermés, tout simplement parce qu'ils font du bien.


- L'agent Zigzag
La véritable histoire d'Eddie Chapman
de Ben McIntyre
Éditions Buchet Chastel / Mai 2013


Dans la nuit du 15 au 16 décembre 1942, un parachutiste atterrit dans un champ du Cambridgeshire. Sa mission: saboter l'effort de guerre britannique. Son nom de code: Fritz. La police anglaise le connaît sous le nom d'Eddie Chapman. Eddie Chapman, dynamiteur de coffres-forts, escroc, est emprisonné à Jersey au moment de l'invasion de l'île par les Allemands. Il propose alors ses services à l'Abwehr, les renseignements germaniques. Engagé, formé puis largué par eux en Angleterre, Chapman se rend au MI5, et entre, après moult interrogatoires, au service de Sa Majesté. Il devient, sous le pseudonyme d'agent Zigzag, un des plus brillants et des plus héroïques agents doubles des forces britanniques. À travers le parcours de cet espion hors du commun, séducteur et amoureux impénitent, c'est toute une page de l'histoire de la Seconde Guerre Mondiale qui nous est dévoilée.


- L'amour, roman
de Camille Laurens
Éditions Gallimard / Mai 2013


D'où vient l'amour en nous? Comment se construit cette forme particulière et unique, si différente chez chacun d'entre nous que souvent nous ne la comprenons pas chez l'autre: l'amour? Le passé la crée peu à peu, tissage de récits déformés, de fables inventées, de mythes personnels, histoires de famille: nous héritons l'amour comme on nous lègue un meuble. Et puis les livres, ce qu'ils nous ont appris de la passion, de la souffrance et du plaisir, pages bâtissant des sentiments, des sensations, un monde, éternel roman du cœur entre illusion et vérité, corps et âme. L'amour, c'est des mots.


- L'antidote
de Raffy Shart
Éditions Cherche Midi / Mai 2013


Trois couples sont en route pour une île anglo-normande où les attend Gloria Borand, actrice célèbre qui, après un long passage à vide, vient de renouer avec le succès. Un producteur hollywoodien et sa femme, un agent londonien et son épouse, un metteur en scène parisien et son assistant. Tous sont de vieilles connaissances réunies autour d'un nouveau projet de film et tous se réjouissent de retrouver Gloria, perdue de vue depuis des années. Tous, surtout, ont besoin d'elle pour relancer leurs carrières en perte de vitesse. Mais rien ne va se passer comme prévu. À peine sont-ils arrivés au manoir de l'actrice que l'un d'entre eux meurt. Et Gloria leur avoue l'horrible vérité: elle les a tous empoisonnés. S'ils veulent l'antidote, ils devront la convaincre qu'ils méritent de vivre, eux qui l'ont abandonnée lorsque la réussite l'a désertée.


- L'attentat
de Yasmina Khadra
Éditions Julliard / Mai 2013


Amine, chirurgien israélien d'origine palestinienne, a toujours refusé de prendre parti dans le conflit qui oppose son peuple d'origine et son peuple d'adoption, et s'est entièrement consacré à son métier et à sa femme, Sihem, qu'il adore. Jusqu'au jour où, au cœur de Tel Aviv, un kamikaze se fait sauter dans un restaurant, semant la mort et la désolation. Toute la journée, Amine opère les victimes de l'attentat, avec pour tout réconfort l'espoir de trouver le soir l'apaisement dans les bras de Sihem. Mais quand il rentre enfin chez lui, au milieu de la nuit, elle n'est pas là. C'est à l'hôpital, ou le rappelle son ami Naveed, un haut fonctionnaire de la police, qu'il apprend la nouvelle terrifiante: non seulement, il doit reconnaître le corps mutilé de sa femme mais on l'accuse elle, Sihem, d'être la kamikaze. Amine ne peut tout d'abord admettre que sa femme, qui n'a jamais manifesté un attachement particulier à la cause palestinienne, ait pu commettre un acte aussi barbare. Pourtant, il doit se résoudre à accepter l'impossible quand il reçoit le mot qu'elle lui a laissé. Alors, pour comprendre comment elle a pu en arriver à une telle extrémité, il s'efforce de rencontrer tous ceux qui l'ont poussée à ce geste fou. Et doit écouter sans répit une vérité qu'il ne peut entendre. En retraçant le cheminement cauchemardesque de cet homme confronté à l'intolérable qui le frappe au plus intime de son être, Yasmina Khadra aborde avec beaucoup de brio un des sujets le plus douloureux de notre époque et nous livre un roman d'une incroyable audace.


- L'autre femme
de Jane Green
Éditions Les Deux Terres / Mai 2013


Ellie et Dan sont l'illustration même de l'attraction des contraires. Dan suit toujours les instructions, Ellie jette les manuels à la poubelle. Dan adore le sport, Ellie est allergique à toute forme d'exercice. Ellie n'a pas de mère. Dan si, une mère qui aime régenter... absolument TOUT. Au début, Ellie s'est réjouie d'avoir Linda pour mère adoptive et de devenir membre à part entière de la famille Cooper, si chaleureuse, si unie. Mais alors que progressent les préparatifs du mariage, elle commence à s'interroger: est-il normal que Linda et Dan se téléphonent ainsi deux fois par jour? Ellie n'est pas au bout de ses surprises: quand elle se découvre enceinte, elle comprend que Linda ne faisait jusqu'ici que s'exercer à la véritable prise de pouvoir.


- L'étrangère
de Eun-Ja Kang
Éditions Du Seuil / Mai 2013


Eun-Ja, enfant, vit dans un petit village coréen. Sa famille est pauvre mais unie et aimante. Elle fait de son mieux pour être la meilleure élève de sa classe. Mais en Corée dans les années 70, l'école valorise d'abord les enfants de familles aisées. Lorsqu'un nouvel instituteur est nommé et la félicite pour ses notes excellentes, la vie d'Eun-Ja bascule. Elle est première de sa classe, et même, il lui offre un cahier d'exercices. Un cahier à elle. Un trésor. Eun-Ja grandit. Au lycée, elle découvre le français qu'elle choisit comme option. Elle voue une véritable passion à cette langue, à tel point qu'elle décide de devenir écrivain: plus tard, elle écrira des romans en français. Pour décrocher une bourse d'études à l'université de Séoul, il lui faut être reçue première au concours d'entrée. Elle travaille jour et nuit, assimile une année de grammaire française en trois mois. Elle vit et respire pour sa passion du français. Eun-Ja est une jeune femme à présent. À Séoul, elle rencontre un homme qui l'aime et pense à l'épouser. Mais son amour fou pour le français est plus fort.


- L'homme aux deux visages
de Alain Minc
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2013


"Les itinéraires croisés de Jean Moulin et de René Bousquet sont fascinants: même milieu petit-bourgeois, radical, franc-maçon, républicain. Même ambition de provinciaux qui rêvent de gloire. Même carrière préféctorale jusqu'en 1940, avec un Bousquet plus courageux et plus brillant. Or, l'un devient progressivement un "héros" et l'autre un "salaud"... Était-ce écrit? Non. La vie est pleine de carrefours et de chemins de traverse. Qui se souvient que Moulin a été durant six longs mois un préfet diligent du régime de Vichy avant d'être mis à la retraite d'office? Ne l'eut-il pas été, que serait-il devenu? Bousquet est pris dans l'engrenage de l'ambition bureaucratique, mais tout en planifiant la rafle du Vel d'Hiv, il aide des résistants. Quel aurait été son destin si, au moment où il est relevé de son poste de Secrétaire général à la police en 1943, il avait rejoint la Résistance, puisque la victoire alliée se dessinait? Et si l'on avait permuté les fonctions, l'un officiant auprès de Cot et l'autre de Laval, les influences respectives auraient-elles déterminé des comportements symétriques? Ce livre suit pas à pas les deux hommes et tente de comprendre les évolutions psychologiques, les concours de circonstance, les hasards, les moments de vérité. Une vie n'est jamais complètement écrite. Il n'y a pas un ADN du bien et du mal: c'est une lente évolution qui fait pencher d'un côté ou de l'autre..."


- La clôture des merveilles
de Lorette Nobecourt
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2013


Moniale du XIIe siècle, Hildegarde de Bingen a marqué son époque. Ce ne sont pas seulement ses écrits, sa légende, sa connaissance scientifique ou botanique, qui ont fait de l'abbesse un sujet pour Lorette Nobécourt, mais bien l'insoumission radicale où elle se tient. En s'emparant d'une telle figure, la romancière n'entend pas tant honorer la quatrième femme docteur de l'Église que "dire haut et clair que la vie vivante est la seule". Prêtant sa langue à celle de Hildegarde, elle se met au service du verbe et nous invite à oser entrer dans "la clôture des merveilles".


- La conjuration primitive
de Maxime Chattam
Éditions Albin Michel / Mai 2013


Et si seul le Mal pouvait combattre le Mal? Une véritable épidémie de meurtres ravage la France. D'un endroit à l'autre, les scènes de crime semblent se répondre. Comme un langage ou un jeu. Plusieurs tueurs sont-ils à l'œuvre? Se connaissent-ils? Très vite, l'hexagone ne leur suffit plus: l'Europe entière devient l'enjeu de leur monstrueuse compétition. Pour mettre fin à cette escalade de l'horreur, pour tenter de comprendre, une brigade pas tout à fait comme les autres, épaulée par un célèbre profiler. De Paris à Québec en passant par la Pologne et l'Écosse, Maxime Chattam nous plonge dans cette terrifiante conjuration primitive au cœur des pires déviances de la nature humaine.


- La dernière conquête du Major Pettigrew
de Helen Simonson
Éditions 10-18 / Mai 2013


À Edgecombe St. Mary, en plein cœurs de la campagne anglaise, amour courtois et tasse de thé sont de rigueur. Mais quand un flegmatique major s'amourache d'une modeste pakistanaise, les langues se délient et les collets montés frémissent. Confrontés aux préjugés des villageois, où le racisme ordinaire sévit tout autant dans les soirées privées que sur les bancs de messe, les obstacles pour leur amour seront nombreux.


- La dix-huitième étoile
de Maurice Denuzière
Éditions Fayard / Mai 2013


En mai 1803, Bonaparte vend la grande Louisiane aux États-Unis qui doublent ainsi la surface de leur territoire. D'abord français depuis 1682, puis espagnols depuis 1762, les Louisianais, qui se croyaient redevenus français depuis 1802, apprennent avec retard, étonnement et inquiétude qu'ils ont été achetés par les Américains. Dès lors, de force ou de gré, les habitants de cet immense territoire devront se résigner à une lente intégration par étapes, qui aboutira à l'entrée dans l'Union en 1812. Viendra ensuite l'américanisation, plus difficile à accepter dans le Vieux Sud, particulièrement en Louisiane, terre imbibée de culture européenne et latine. La guerre avec la Grande-Bretagne, l'équivoque prospérité du roi Coton grâce à l'esclavage, la Sécession, le règne des carpetbaggers venus du Nord, puis deux conflits mondiaux seront les paliers de cette assimilation par les Anglo-Saxons.


- La note verte
de Jean-Claude Ellena
Éditions Sabine Wespieser / Mai 2013


Claude Nael compose depuis vingt ans les parfums de la société Robert Gallot (toute ressemblance avec des personnages existant ou ayant existé serait bien entendu fortuite). Créateur exigeant et solitaire, il porte haut son art de l'éphémère. Alors même qu'il a déjà livré quelques litres du "féminin" dont la date de lancement est fixée, il se voit évincé par un jeune homme talentueux et pressé, tout disposé, lui, à se soumettre à des tests de marché et à suivre les tendances en innovant sans cesse. Commence alors une course contre la montre pour trouver la "note verte" qui donnera à cette création sa profondeur et son mystère. Jean-Claude Ellena, en professionnel rigoureux, livre un très intéressant portrait d'un monde en pleine évolution. Narrateur subtil, il se garde bien de tomber dans le panneau d'une querelle des anciens et des modernes, mais, s'il ne prend parti pour aucun de ses protagonistes, dont il saisit avec finesse les contradictions et les failles, il laisse planer sur certaines scènes le parfum d'une délicieuse ironie, qui n'est pas la moindre qualité de ce roman de terrain.


- La nuit à rebours
de Zoe Valdés
Éditions Flammarion / Mai 2013


Anisia a envoyé sa fille vivre à Paris pour éviter de la voir grandir à Cuba. Lorsqu'à son tour elle prend l'avion en direction de la France, elle s'endort et revoit en rêve son parcours de femme et de mère révoltée, humiliée et sacrifiée.


- La part d'enfance
de Mazarine Pingeot et Jean-Michel Djian
Éditions Julliard / Mai 2013


Boris Cyrulnik à Agnès b. en passant par Robert Badinter, Claude Chirac, Jean-Pierre Darroussin, Amin Maalouf, Franz Olivier Giesbert, Abd Al Malik, Sempé, Erik Orsenna, Sophie Calle ou encore Michel Édouard Leclerc, une vingtaine de personnalités ont confié leurs souvenirs d'enfance à Mazarine Pingeot et Jean-Michel Djian. Le temps d'un été, Mazarine Pingeot et Jean-Michel Djian ont mené une série d'entretiens avec des personnalités de tous horizons dans une émission intitulée "La part d'enfance", diffusée quotidiennement sur France Culture. Pour chaque invité, il n'était pas question de faire la promotion d'un livre, d'un film, d'un album ou d'une exposition, ni même de réagir à une actualité brûlante, mais tout simplement d'évoquer son enfance, sur le ton de la confidence. Des conversations intimes qui ont révélé la naissance d'un destin, la fabrique d'une ambition. "Nous avons, dans cet ouvrage, tenu à respecter au plus près la parole de nos invités, c'est-à-dire à conserver la teneur radiophonique de ces entretiens. Voilà pourquoi nous avons maintenu quelques onomatopées, exclamations et parfois signalé des rires et des silences. En retrouvant l'atmosphère du studio, on y retrouve aussi cette complicité qui, nous l'espérons, a permis de donner à ces émissions nocturnes la saveur d'un été". M. P. et J.-M. D.
En créant les conditions nécessaires pour recueillir ces souvenirs souvent drôles, saisissants, décalés, parfois même poignants, Mazarine Pingeot et Jean-Michel Djian ont réussi leur pari. Jamais ces personnages publics ne nous auront semblé si proches.


- La paupière du jour
de Myriam Chirousse
Éditions Buchet Chastel / Mai 2013


Cendrine Gerfaut arrive à Barjouls, village perdu dans les montagnes du sud de la France. Officiellement, elle est botaniste et vient recenser les espèces végétales des alentours. En réalité, elle est à la recherche de Benjamin Lucas, originaire de Barjouls, assassin de son fiancé. Après des années de prison, Benjamin a été relâché et Cendrine s'est promis de tuer celui qui a brisé sa vie. Barjouls est comme une ancienne famille. Sous une apparence bon enfant, tout le monde se surveille, s'aime ou se déteste. Cendrine Gerfaut va devoir rester sur ses gardes. Et sa quête va lui réserver bien des surprises. La Paupière du jour raconte le chemin d'une femme qui se débarrasse des liens qui l'attachent au passé. Ce roman de Myriam Chirousse met en scène une nature splendide, omniprésente, magnifiquement évoquée, des personnages que la vie n'a pas épargnés; des tragédies, des passions et des secrets.


- La pelouse de camomille
de Mary Wesley
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mai 2013


Derrière la maison de Richard et Helena, la pelouse de camomille s'étend jusqu'aux falaises de Cornouailles. Chaque été, leurs cinq neveux et nièces s'y retrouvent. Dans la chaleur étourdissante, c'est le temps béni des baignades, des après-midi nonchalants. La petite Sophy en pince pour Oliver, qui lui est fou de Calypso, qui elle attend son prince charmant. Mais nous sommes en août 1939 et, dans une Angleterre en guerre, l'amour est exacerbé. Qu'importent les liens du mariage et les bombardements, les conventions sont transgressées avec délice.


- La pendue de Londres
de Didier Decoin
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2013


Allemagne, 1945. L'exécuteur en chef du Royaume Britannique, envoyé en mission, pend la gardienne de camps nazis Irma Grese. Même s'il éprouve un réel dégoût à exécuter des femmes, surtout si elles sont jeunes et jolies, le bourreau fait son devoir: c'est un as dans l'art de la longueur des cordes, un expert dans le minutage de la mise à mort. Pourtant, le reste du temps, c'est un homme comme un autre, époux modèle, bon citoyen. Londres, immédiat après-guerre. Ruth Ellis ressemble à Betty Boop, enjouée et désirable, elle plaît aux hommes, et sans doute les choisit-elle fort mal. Mais derrière son sourire et sa bouche trop maquillée, que cache-t-elle? Dans le Londres charbonneux de l'après-Blitz, d'entraîneuse, Ruth devient prostituée. Un jour, malheureuse, jalousée, violentée, mais toujours belle, et mère de famille, elle tue son amant, à bout portant. La voici condamnée à la pendaison. Bourreau, fais ton œuvre! Et si le bourreau avait une âme? Et s'il répugnait soudain à supprimer une innocente aux boucles blondes? Dans ce roman envoûtant, reconstitution en cinémascope d'un Londres luisant de "fog" et de pluie, théâtre de vices cachés dans une société bien-pensante, Didier Decoin alterne le chant du bourreau et de la victime. Saisissant.


- La poupée
de Daphné du Maurier
Éditions Albin Michel / Mai 2013


"L'idée me plaît, bien qu'elle soit assez extravagante et folle". Dans ses carnets, Daphné du Maurier évoque ainsi l'une de ses premières nouvelles, La Poupée. Publié dans une revue mais refusé par les éditeurs, le texte avait disparu jusqu'à ce qu'une libraire de Cornouailles, passionnée par la romancière anglaise, ne le retrouve avec d'autres récits de jeunesse, dont cinq totalement inédits. Une extraordinaire découverte, car ces nouvelles, écrites alors que l'auteur avait à peine vingt ans, donnent les clefs de ses grands romans. Et quelles clefs! Qu'elle mette en scène la perversité d'une jeune femme aux mœurs mystérieuses, campe le portrait d'un pasteur corrompu et mondain, radiographie le délitement d'un couple, ou s'attache à suivre les déambulations d'une prostituée londonienne, l'auteur de Rebecca manifeste, à travers un imaginaire très singulier, une curieuse attirance pour les obscures manifestations de l'inconscient.


- La route du Cap
de Jennifer McVeigh
Éditions Les Deux Terres / Mai 2013


Frances, une jeune bourgeoise soudain privée de ses biens, abandonne Londres pour l'Afrique du Sud à la fin du XIXe siècle. Elle a accepté d'épouser Edwin Matthews, un médecin idéaliste qu'elle connaît à peine. Dans le paquebot qui la conduit au Cap, elle s'éprend de l'ambitieux William Westbrook et s'imagine qu'elle pourrait retrouver avec lui ses privilèges. D'une ferme perdue au cœur du veld à la capitale minière de Kimberley, où courent des rumeurs d'une épidémie de variole, elle découvre la rude existence des colons et comment, dans les mines de diamant, des fortunes se font au prix de la vie humaine. Au cœur de cette Afrique cruelle et fascinante, Frances devra faire un choix entre devoir et passion.


- La solitude des soirs d'été
de Anaïs Jeanneret
Éditions Albin Michel / Mai 2013


Alda a le charme insaisissable et irrésistible des gens que la vie a comblés. Une assurance qui fascine aussitôt Louis, jeune écrivain en herbe qui voit en elle toutes les héroïnes de roman dont il a rêvé pour échapper à sa propre vie. Celle d'un fils d'émigrés hispano-russes au parcours cabossé. Dans la luxueuse bastide provençale où elle l'a invité à passer quelques jours, Louis l'observe secrètement. Mère aimante, épouse parfaite, amie idéale, Alda rayonne d'une douceur et d'une beauté qui apparaissent comme un rempart contre la fureur du monde. Pourtant, Louis devine chez elle une fêlure profonde, une impatience qui ne demande qu'à s'exprimer et qui l'attire irrésistiblement. Et si tout l'oppose à cette femme qui ne lui appartiendra jamais, rien ne pourra empêcher la dangereuse évidence. Dans ce roman d'apprentissage, Anaïs Jeanneret évoque avec sensualité et élégance un univers fitzgéraldien à la fois enchanteur et mélancolique, dans une évocation subtile du passage à l'âge adulte, des rêves et des promesses sacrifiées.


- La trace de l'Ange
de Stefano Benni
Éditions Actes Sud / Mai 2013


Un vieux "Noël du paléozoïque des années 1950". Le petit Morphée, huit ans, rêve près d'une fenêtre, au pied du sapin, quand une persienne se décroche et lui tombe sur la tête, provoquant une commotion cérébrale. Le voilà donc, et pour des années, en plein cauchemar, car d'un diagnostic à l'autre son état ne cesse d'empirer. Jusqu'au jour où il décide de se battre contre l'enfer de l'insomnie, et entre volontairement dans une clinique où l'attend un long et douloureux parcours, dans le microcosme que constitue la chambre 412. Stefano Benni se livre ici à une critique sans concession des médecins arrogants et sans scrupules et de l'industrie pharmaceutique, la troisième par ordre d'importance, "après les armes et le pétrole". Il dénonce la grande escroquerie des médicaments aux effets secondaires dévastateurs. Mais au-delà du pamphlet, cette fable nous fait entrer dans un univers étrange et poétique, une fantaisie sur-réelle où le souvenir de Van Gogh et de Moby Dick côtoie des "anges" amis, qui ont la douceur de la belle Elpis, ou la fureur de Gadariel le rebelle.


- La vieille dame qui avait trop dansé
de Jean-Pierre Richard
Éditions Albin Michel / Mai 2013


Qu'ont-ils donc en commun tous ces personnages: piquante danseuse dans un bar à touristes, voisin de bar roublard, acteur sans emploi à cause de sa petite taille, copain de classe retrouvé par hasard, vieille dame suavement indigne au passé sulfureux? Une invisible étincelle qui court de l'un à l'autre et qui va réveiller un passé enfoui, déclencher un amour, faire basculer un destin.


- Le bonheur est simple
de Jane Green
Éditions Les Deux Terres / Mai 2013


Alice a tout pour être heureuse: une splendide maison dans un beau quartier de Londres, des vêtements de couturiers à ne plus savoir qu'en faire et des cartes de membre dans les clubs les plus huppés. Et puis elle a Joe, beau, tendre, drôle: toutes les qualités du "mari idéal". Mais Alice rêvait d'une petite chaumière, d'une vie paisible à la campagne, entourée d'enfants et d'animaux.


- Le contenu du silence
de Lucia Etxebarria
Éditions 10-18 / Mai 2013


Sa sœur, qu'il n'a pas vue depuis dix ans, est-elle l'une des victimes du suicide collectif de la secte Thule Solaris? Délaissant sa vie londonienne millimétrée, Daniel s'envole pour les Canaries dans l'espoir d'établir la vérité. Sur les traces des disparus, son enquête le conduit au cœur des tabous familiaux, là où la liberté de chacun reste à conquérir.


- Le garçon incassable
de Florence Seyvos
Éditions de l'Olivier / Mai 2013


Lorsque la narratrice arrive à Hollywood pour y effectuer une recherche biographique sur Buster Keaton, elle ne sait pas encore que son enquête va bifurquer dans une direction très personnelle, réveillant le souvenir d'Henri, ce frère "différent" qui l'a accompagnée pendant toute son enfance. Quel rapport entre ce garçon dont le développement mental s'est interrompu, et le génie comique qui deviendra l'un des inventeurs du cinéma? Henri semble perpétuellement ailleurs. Encombré d'un corps dont il ne sait que faire, il doit subir la rééducation musculaire quotidienne que lui impose son père, et qui ressemble à une suite ininterrompue de tortures. Joseph Frank Keaton Jr, dit "Buster", naît un siècle plus tôt dans une famille de saltimbanques dont il devient bientôt la vedette, lorsque son père découvre qu'il semble insensible à la douleur. En effet, Keaton père a inventé un numéro de music-hall dans lequel son fils est soumis à une série de chocs extrêmement violents tout en gardant un visage impassible. De cette enfance maltraitée naîtra, des années plus tard, une œuvre cinématographique où le burlesque se mêle à une poésie d'une infinie subtilité.


- Le grand écart
de Jean Cocteau
Éditions Stock / Mai 2013


"N'ayant pas l'apparence qu'il eût souhaitée, ne répondant pas au type idéal qu'il se formait d'un jeune homme, Jacques n'essayait plus de rejoindre ce type dont il se trouvait trop loin. Il enrichissait faiblesses, tics et ridicules jusqu'à les sortir de la gêne. Il les portait, volontiers, au premier plan. À cultiver une terre ingrate, à forcer, à embellir de mauvaises herbes, il avait pris quelque chose de dur qui ne s'accordait guère avec sa douceur. Ainsi, de mince qu'il était, s'était-il fait maigre; de nerveux, écorché vif. Coiffant difficilement une chevelure jaune plantée en tous sens, il la portait hirsute". Dans ce roman écrit en 1923, Jean Cocteau mêle tendresse, humour et légèreté, comme pour un pastiche. Mais derrière ces pirouettes et ces clins d'œil, se cache un sourire plus grave. Le texte est illustré d'une vingtaine de dessins de l'artiste, qui ponctuent avec poésie et drôlerie les scènes du livre.


- Le livre de Joe
de Jonathan Tropper
Éditions Fleuve Noir / Mai 2013


On peut naître dans un bled du Connecticut et, à trente-quatre ans, parader au volant d'un cabriolet dernier cri, vivre dans un luxueux appartement en plein cœur de Manhattan et enchaîner les conquêtes féminines. Joe Goffman en est le parfait exemple. Et pour parvenir à cet exploit, il lui a suffi d'un livre, Bush Falls, du nom de son patelin natal, un roman acerbe dans lequel il tournait en ridicule l'hypocrisie et le puritanisme de ses habitants. Un best-seller de librairie rapidement porté à l'écran, qui lui a valu un procès en diffamation de la population entière. Seulement voilà, après dix-sept ans d'absence, Joe est appelé au chevet de son père mourant. Ces retrouvailles avec Bush Falls réveillent aussitôt de vieux souvenirs enfouis: l'indifférence de son père, le suicide de sa mère, sa relation magique avec Carly, les petits et grands drames qui se sont joués pendant son adolescence. Mais dès son arrivée, il se frotte à l'accueil plus qu'hostile des habitants. Peut-être est-il temps pour lui de régler ses comptes avec son passé?


- Le livre de la vie
de Stuart Nadler
Éditions Albin Michel / Mai 2013


Dans la lignée de Bernard Malamud, Philip Roth ou Saul Bellow, Stuart Nadler s'impose avec ce premier recueil de nouvelles comme un écrivain à part entière. Entre New York et Boston, sept personnages aux prises avec la culpabilité et le désir, la famille et la liberté, le conflit entre tradition et modernité. D'une écriture élégante et non dénuée d'ironie,  Stuart Nadler nous parle de parents qui se séparent pour le plaisir de souffrir, de frères qui s'éloignent pour mieux se retrouver ou encore d'amants heureux qui courent à leur propre perte. Du conflit de l'existence, en somme, évoquée avec une finesse psychologique et une maîtrise narrative exceptionnelles.


- Le magicien de Brooklyn
de Haley Tanner
Éditions Nil / Mai 2013


Issus tous deux de familles russes immigrées à New York, Vaclav et Léna, neuf ans, sont loin d'avoir les mêmes chances pour débuter dans l'existence. Les parents de Vaclav ont soif d'intégration et poursuivent à la force du poignet le rêve américain, tandis que Léna loge chez une tante prostituée qui ne veut pas s'occuper d'elle. Léna ne maîtrise pas l'anglais comme Vaclav et peine à s'exprimer dans cette deuxième langue qui l'emprisonne. D'un naturel extraverti, elle passe pour timide et réservée. Rasia, la mère au grand cœur de Vaclav, recueille la fillette tous les soirs après l'école et Vaclav prend soin d'elle, lui fait ses devoirs et trace les grandes lignes de leur avenir qui ne peut être que commun. Être un jour un grand magicien et avoir comme charmante assistante Léna est le rêve de Vaclav: il répète tous les soirs ses tours avec elle pour pouvoir se produire sur scène à Coney Island. Mais un jour, cette relation fusionnelle vole en éclats car Léna disparaît brutalement de la vie de Vaclav, comme par un tour de passe-passe. Inconsolable, il ignore tout du tragique secret qu'a découvert sa mère et qui a amené les services de protection de l'enfance à retirer Léna à sa tante puis à la placer dans une famille d'accueil. Séparés pendant huit ans, ils se retrouvent à l'adolescence et leur amour d'enfance se mue bientôt en passion. Ils se mettent à nouveau à partager les mêmes rêves, notamment celui de partir en Russie ensemble. Léna veut aller à la recherche de ses parents et de son identité car la quête de ses origines est devenue une obsession, responsable de son mal-être. Mais la vérité, cruelle, c'est finalement à Brooklyn que Vaclav la découvrira. Il n'aura pas le cœur de révéler à Léna ce passé qu'il travestira pour permettre à celle qu'il aime de ne plus penser qu'à l'avenir.


- Le manuscrit retrouvé
de Paulo Coelho
Éditions Flammarion / Mai 2013


14 juillet 1099. Alors que les croisés sont aux portes de la ville, les habitants de Jérusalem se pressent autour d'un homme mystérieux connu sous le nom du Copte pour entendre ses derniers enseignements. La foule, composée de chrétiens, de juifs et de musulmans qui vivaient jusqu'alors en parfaite harmonie, s'apprête à livrer combat et la défaite semble imminente. Mais loin de toute stratégie guerrière, c'est une véritable leçon de vie qui leur est dispensée. Le Manuscrit retrouvé est une invitation à repenser notre humanité qui pose une question d'une brûlante actualité: quelles valeurs subsistent lorsque tout a été détruit?


- Le mausolée
de Édouard Moradpour
Éditions Michalon / Mai 2013


Moscou, 2014. Dans la Russie trouble et tourmentée de Poutine, Tatiana gagne sa vie en dansant tous les soirs au Club 121, haut lieu de rencontres entre hommes d'affaires. Sa beauté ne laisse personne indifférent, et surtout pas Oleg Bezroukov. La jeune femme succombe rapidement au charme magnétique de ce dernier. Mais très vite, le doute s'installe. Qui est cet homme qui paraît si amoureux mais ne cesse de disparaître sans la moindre explication et surtout, semble être doté d'un étrange et inquiétant pouvoir de prédiction? En tentant de percer le mystère Bezroukov, la jeune femme va se retrouver entraînée dans les coulisses d'un monument emblématique, objet de tous les fantasmes, symbole d'une Russie partagée entre tradition et modernité, superstition et rationalité: le mausolée de Lénine. Dans cette aventure, Tatiana devra accomplir une mission périlleuse: arracher le corps embaumé de Lénine des griffes d'une mystérieuse organisation secrète pour l'enterrer dans une forêt de l'Oural. Mêlant suspense, politique et mysticisme, Édouard Moradpour signe un thriller habilement construit autour d'un des monuments les plus énigmatiques et fascinants du XXe siècle.


- Le meilleur des mondes
de Aldous Huxley
Éditions Plon / Mai 2013


632 après Ford: désormais on compte les années à partir de l'invention de la voiture à moteur. La technologie et la science ont remplacé la liberté et Dieu. La vie humaine, anesthésiée, est une suite de satisfactions, les êtres naissent in vitro, les désirs s'assouvissent sans risque de reproduction, les émotions et les sentiments ont été remplacés par des sensations et des instincts programmés. La société de ce Meilleur des mondes est organisée, hiérarchisée et uniformisée, chaque être, rangé par catégorie, a sa vocation, ses capacités et ses envies, maîtrisées, disciplinées, accomplies. Chacun concourt à l'ordre général, c'est-à-dire travaille, consomme et meurt, sans jamais revendiquer, apprendre ou exulter. Mais un homme pourtant est né dans cette société, avec, chose affreuse, un père et une mère et, pire encore, des sentiments et des rêves. Ce "Sauvage", qui a lu tout Shakespeare et le cite comme une Bible, peut-il être un danger pour le "monde civilisé"?


- Le passage
de Justin Cronin
Éditions Robert Laffont / Mai 2013


À son père, écrivain, qui lui demandait quel livre elle aimerait lire, la jeune Iris Cronin répondit: "L'histoire d'une fille qui sauve le monde". Ainsi germa dans l'esprit de Justin Cronin l'intrigue du Passage, la fascinante épopée qui a créé l'événement l'été dernier dans les pays anglo-saxons. À mille lieues des histoires de vampires pour adolescents, Justin Cronin, sortant du cadre purement littéraire de ses romans précédents, nous présente des monstres à glacer les sangs, et la description saisissante d'une Amérique post-apocalyptique. Années 2010. Dans le Tennessee, Amy, une enfant abandonnée de six ans est recueillie dans un couvent. Dans la jungle bolivienne, l'armée américaine recherche les membres d'une expédition atteints d'un mystérieux virus. Au Texas, deux agents du FBI persuadent un condamné à mort de contribuer à une expérience scientifique gouvernementale. Lui et les autres condamnés à la peine capitale participant au projet mutent et développent une force physique extraordinaire. Les deux agents du FBI sont alors chargés d'enlever une enfant, Amy. Peu après que le virus a été inoculé à cette dernière, les mutants attaquent le centre de recherches. Près d'un siècle plus tard. Une communauté a survécu à l'apocalypse causée par l'attaque des viruls, ainsi qu'ont été baptisés les mutants. Une adolescente la rejoint bientôt. Une puce électronique implantée sous sa peau révèle qu'il s'agit d'Amy, âgée désormais de plus de cent ans mais qui en paraît à peine quatorze. L'aventure ne fait que commencer.


- Le pays imaginé
de Éduardo Berti
Éditions Actes Sud / Mai 2013


Dans les années 1930, au cœur d'une Chine pro fondé ment ancrée dans ses traditions mais qui commence peu à peu à les interroger, la jeune Ling, à la fois curieuse de la vie et résignée au monde, se sent irrésistiblement attirée par Xiaomei, la fille de l'oiseleur du marché. Un banc de pierre caché sous deux vénérables saules abrite les rendez-vous clandestins des adolescentes. L'idolâtrie pour sa camarade à la peau couleur de lune se nourrit d'infimes détails, du chatoiement des boutons mordorés de ses vêtements, à la coupe raffinée et rebelle de ses mèches couleur de jais. Quand ses parents cherchent une épouse pour son frère, Ling vante les charmes de sa douce amie dont la présence lui est devenue vitale. L'obstination des familles à vouloir nouer des alliances vient déjouer tous ses plans. Émergeant des eaux troubles de l'Empire céleste, Le Pays imaginé navigue entre acceptation sans amertume et quête d'émancipation et de bonheur. Deux mondes s'observent dans cette histoire d'amour intense où l'éblouissement vient tant de la douce sérénité des renoncements que du sortilège de l'écriture.


- Le pont invisible
de Julie Orringer
Éditions de l'Olivier / Mai 2013


András Lévi, juif d'origine hongroise, a quitté ses parents et ses frères afin de poursuivre ses études d'architecture à Paris. Il se prend rapidement au jeu de la vie parisienne: il se lie d'amitié avec Rosen, Polaner et Ben Yakov puis tombe amoureux de Klára, une femme de neuf ans son aînée. Mais l'euphorie ne dure qu'un temps, car nous sommes en 1937 et l'Europe s'apprête à basculer dans la terreur. Rosen projette d'émigrer en Palestine, Ben Yakov souhaite rejoindre ses parents à Rouen et Polaner intègre la légion étrangère. András doit retourner à Budapest, accompagné de Klára. Tous deux pensent avoir échappé à l'antisémitisme. Mais ce n'est que le début d'un périple marqué par la violence, la souffrance et la peur.


- Le Potomak
de Jean Cocteau
Éditions Stock / Mai 2013


"Les Eugènes, le Potomak, le papillon, je n'ai pas su pourquoi je les créais, ni quel rapport pouvait au juste s'établir entre eux. Architecture secrète. "Que préparez-vous?" me demanda Canche. Je rougis. Impossible de lui répondre". De ce livre singulier Jean Cocteau déclara: "Mon œuvre commence avec Le Potomak; c'est une sorte de préface." En effet, cette œuvre hybride, alternant dessins et textes, d'une liberté absolue de forme, fut composée à l'aube de la Première Guerre mondiale, et l'artiste la tiendra toujours pour son authentique premier livre. On y retrouve d'ailleurs le célèbre aphorisme dont il aurait pu faire sa devise: "Ce que le public te reproche, cultive-le, c'est toi". Fondé sur l'édition définitive établie par l'auteur en 1924, cet ouvrage surprenant et divertissant recueille de nombreuses illustrations tels les méconnus "Eugènes", et, bien sûr, le "Potomak", monstrueux pensionnaire d'un aquarium à Paris, porteur de poésie et de messages allégoriques.


- Le séducteur
de Richard Mason
Éditions Robert Laffont / Mai 2013


Piet Barol a 24 ans et toute l'ardeur de sa jeunesse. Né dans une famille désargentée, qui plus est d'un mariage malheureux, il aspire à échapper à ses origines provinciales et à s'élever dans la bonne société d'Amsterdam, toute infatuée d'elle-même aux premières heures du capitalisme. S'il a bénéficié d'une instruction tout à fait honorable, laquelle lui permet de postuler en qualité de précepteur chez les fortunés Vermeulen-Sickerts, son atout est tout autre. Piet en a pleinement conscience: il a toujours exercé sur ses semblables, homme ou femme, une puissante attraction sexuelle. Infaillible. Et il a toujours su l'utiliser pour parvenir à ses fins. La maison des Vermeulen-Sickerts, qu'il a tôt fait d'intégrer avec son aisance habituelle, figure un modèle de réussite protestante. Marteen, le père, est un autodidacte rigide qui voit dans chacun de ses succès le signe de sa prédestination. Pour témoigner sa reconnaissance envers le Très-Grand, il ne touche plus la belle Jacobina, sa femme, qui voit peu à peu ses charmes se flétrir. Ils ont trois enfants: deux filles qui mènent une existence de plaisirs de par leur grâce naturelle et leur richesse, et un garçon d'une dizaine d'années en proie à de profonds troubles intérieurs. Séduisant tour à tour chacun des habitants de la maison, Piet s'immiscera totalement dans leur vie, transgressant les usages, les limites, les tabous. Pour le plaisir de tous. Mais sa quête le poussera bientôt à embarquer sur L'Eugénie, paquebot de prestige à la française, vers de nouveaux horizons et les contrées encore sauvages de l'Afrique du Sud. Pour y faire encore de nouvelles rencontres.


- Les belles promesses
de Janice Steinberg
Éditions Belfond / Mai 2013


Des ghettos d'Europe de l'Est au Los Angeles des années vingt, de la grande dépression à la Seconde Guerre Mondiale, de l'âge d'or hollywoodien à l'essor du mouvement sioniste, l'histoire pleine de charme, d'humour et de nostalgie d'une famille juive aux prises avec les belles promesses du rêve américain. Cela fait plus de soixante ans que la sœur  jumelle d'Elaine Greenstein, brillante avocate, s'est enfuie, coupant les ponts avec sa famille pour toujours. Aussi, quand à la veille de prendre sa retraite, Elaine apprend que Barbara est encore en vie, le choc est terrible. Les souvenirs affleurent: l'épopée de leur mère et de leur grand-père, venus de Roumanie et d'Ukraine sans un sou en poche; le quartier de leur enfance, Boyle Heights, véritable shtetl reconstitué pour des milliers de réfugiés juifs; le syndicalisme militant de la cousine Mollie, de toutes les grèves ouvrières; et Danny, le premier amour. Pourquoi Barbara n'a-t-elle jamais donné signe de vie? Et quel est cet héritage familial dont elle a voulu à ce point se libérer? Après toutes ces années, Elaine est-elle vraiment prête à revoir celle qui fut sa plus grande complice mais aussi sa pire rivale?


- Les choses comme je les vois
de Roopa Farooki
Éditions Gaïa / Mai 2013


Asif, Lila et Yasmine sont frère et sœurs. Lila a fui la maison, contraignant Asif à s'occuper de Yasmine, qui n'a pas idée du ressentiment qu'elle cause. Qui voit la musique en couleurs et se rappelle si bien de tant de choses que parfois sa tête lui fait mal. Qui n'est pas heureuse, et sait qu'elle est spéciale. Un jour, une équipe de télévision vient réaliser un reportage sur le syndrome d'Asperger et la vie de Yasmine. Un roman à trois voix doux-amer et touchant.


- Les cœurs impuissants
de Valérie Hanotel
Éditions L'Archipel / Mai 2013


Gabrielle et François Saint-Jean se connaissent à peine lorsqu'ils se marient sur le bateau qui les ramène à Saigon. Le père de François vient d'avoir un infarctus et le jeune sous-officier de marine a dû abandonner sa carrière pour reprendre les rênes de la plantation familiale. Grisée par l'exotisme, Gabrielle l'a suivi. Mais en 1910, son rêve agonise. Désespérant d'être mère, elle décide de sortir son couple de l'asphyxie, rachète la concession d'un ami et, avec quelques coolies, défriche seule des arpents de terre rouge pour planter des hévéas. Lorsqu'elle tombe malade, François engage un cousin métis, Arnaud Manville, pour la seconder. Vient-il d'introduire le tigre dans le domaine? Il aurait le temps de s'en inquiéter si sa propre plantation ne menaçait de péricliter. Un jour de typhon, un incendie ravage Rougeterre: trois ans de labeur anéantis en deux heures. Arnaud, blessé d'avoir été repoussé par Gabrielle, est aussitôt soupçonné. Tout est à recommencer.


- Les enfants du duc
de Anthony Trollope
Éditions Fayard / Mai 2013


Plantagenet Palliser, duc d'Omnium et ancien Premier ministre d'Angleterre, perd brutalement sa femme aimée, Lady Glencora. Il se retrouve bien seul pour affronter plusieurs difficultés sérieuses avec ses trois enfants: ses deux fils se font renvoyer de leurs collèges respectifs, et sa fille se lie à un jeune homme dont la famille n'appartient qu'à la gentry, ce qui fait craindre une mésalliance. Les Enfants du duc sont bien dans la manière d'Anthony Trollope, grand romancier de la société victorienne. Politique et familiale à la fois, l'intrigue est menée avec vivacité et subtilité. On se laisse facilement prendre (même sans avoir lu les précédents épisodes du cycle "Palliser", que vient clore ce roman) à ce conflit de générations entre un père aux nobles sentiments et une fratrie qui, dans la transgression même, ne manque ni de style ni de cœur. Promené dans ce monde désormais très exotique pour lui, l'aristocratie anglaise du XIXe siècle, le lecteur s'attache aux nombreux personnages souvent hauts en couleur. Il s'amuse et s'émeut tour à tour.


- Les fautes de nos pères
de Jeffrey Archer
Éditions Les Escales / Mai 2013


Par l'un des plus grands conteurs de tous les temps, l'histoire de deux familles rattrapées par leur passé et par les fautes des pères. New York, 1939. Dès son arrivée sur le sol américain, l'homme repêché en mer sous le nom de Tom Bradshaw est arrêté pour homicide. S'il veut prouver son innocence, il n'a qu'une option: révéler sa véritable identité. Ce qu'il s'est juré de ne jamais faire, pour protéger celle qu'il aime. Mais la jeune femme arrive d'Angleterre, où elle a laissé leur fils, bien décidée à retrouver celui qu'elle devait épouser. Elle a toujours refusé de croire à sa mort. Et sa seule preuve est une lettre de lui, restée cachetée sur une cheminée pendant plus d'un an. Des prisons de la côte Est aux champs de bataille d'Afrique du Nord en passant par les docks de Bristol, une saga flamboyante portée par des personnages inoubliables.


- Les filles de l'ouragan
de Joyce Maynard
Éditions 10-18 / Mai 2013


New Hampshire, 1950. Nées le même jour, dans le même bourg, dans des familles que tout oppose, Ruth, beauté exaltée, a l'âme d'une artiste; l'androgyne Dana, l'esprit terrien. Si dissemblables, et pourtant. Chacune lutte pour exister dans un monde auquel elle ne se sent pas appartenir, et leurs destins sans cesse se frôlent. Jusqu'au jour où un secret inouï bouleverse leur vie.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 9:29

- Les fleurs de la guerre
de Geling Yan
Éditions Flammarion / Mai 2013


En décembre 1937, l'armée japonaise envahit Nankin, en Chine. Des écolières, puis des prostituées se réfugient dans une église théoriquement neutre puisqu'elle est américaine. Mais les soldats ne semblent pas se préoccuper du droit international.


- Les joueurs
de Stewart O'Nan
Éditions de l'Olivier / Mai 2013


Depuis que Marion a découvert qu'Art la trompait, leur mariage bat de l'aile. Sans compter le vide qu'ont laissé les enfants devenus grands, les dettes qui s'accumulent, la maison qu'il faudra bien se résoudre à vendre. Art décide de jouer son va-tout. Il réserve une suite à l'hôtel-casino où ils avaient passé leur lune de miel, près des chutes du Niagara. Dans ce lieu chargé de souvenirs, Marion et Art sont confrontés à une intimité devenue gênante, aux mauvaises habitudes qui subsistent, même s'ils ont changé de décor. Parfois, un instant fugace recrée la complicité perdue. La minute d'après, l'autre semble loin et tout est à recommencer. Mais la nuit, lorsque les lampes s'allument au-dessus du tapis vert, rien ne semble plus impossible. "Faites vos jeux. Rien ne va plus".


- Les nuits du Caire
de Gilbert Sinoué
Éditions Flammarion / Mai 2013


Karim débarque au Caire après plus d'un demi-siècle d'absence au moment du Printemps arabe. Les jours de cet homme semblent comptés. Son pèlerinage prend la forme d'un voyage initiatique au cours duquel il va revivre les événements qui marquèrent sa jeunesse dans un monde qu'il ne reconnaît plus.


- Les pionniers du bout du monde
de Tamara McKinley
Éditions L'Archipel / Mai 2013


Lorsque George Collinson rencontre Eloïse dans la demeure du gouverneur à Sydney, c'est le coup de foudre. Mais Eloïse est mariée à Edouard Cadwallader, l'ennemi de George, un homme capable d'une grande violence, qui ne laissera ni Eloïse ni leur fils le quitter vivant. Tandis que George et Eloïse luttent pour garder leur amour intact, d'autres batailles font rage. Les pionniers se battent contre les aborigènes pour sauvegarder leurs terres et assurer l'essor de leurs domaines. Débarque alors le rebelle irlandais Niall Logan, arrivé enchaîné dans la colonie, qui rêve du bateau qui le ramènera chez lui. Malgré le risque de pendaison pour insurrection, il saisit sa chance de se révolter. Bien que leurs maris respectifs soient amis, Nell Penhalligan et Alice Quince ressentent une violente inimitée l'une pour l'autre dès leur première rencontre. Mais, lorsque la tragédie menace, les deux femmes se serrent les coudes.


- Les plages du silence
de Serge Mestre
Éditions Sabine Wespieser / Mai 2013


"L'absence de Manu, c'est aussi l'histoire vide, la part absente. Que se passe-t-il en Espagne, pour son père, dans les années trente? Ses racines puisent leur nourriture dans le sable du silence. Il creuse, creuse, que peut-il aller chercher sous le sable? Les souvenirs ne s'enlisent pas comme les mollusques en grève profonde. On peut devenir orphelin d'histoire". S. M.
Depuis son arrivée en France en 1939 lors de la victoire de Franco, Manu a vécu dans le silence de l'exil. De ses espoirs, de sa fougue de jeune combattant, de ses souffrances, de la blessure qui lui a coûté une jambe, il n'a jamais parlé. Après sa mort, son fils tente de retrouver la trace du jeune homme qu'il fut. À Argelès où les Républicains espagnols se réfugièrent en masse, à Barcelone où Manu combattit Franco dans les rangs du Poum et à Porto Cristo, sur les îles Baléares, où il fut blessé, le "garçon", comme le désigne Serge Mestre, scrute le sable, la mer, les pavés des villes. Il se laisse alors envahir par des images et des sensations qui viennent se superposer aux silences de son père, pour dessiner un portrait infiniment tendre et ému du disparu. Pudique hommage à la souffrance des hommes, Les Plages du silence est un très beau roman d'amour filial.


- Liberté sans condition
de Seth Morgan
Éditions Sonatine / Mai 2013


Joe Barker est un junkie. Aboyeur dans une boîte de strip-tease de San Francisco, dealer à ses heures perdues, il vit avec une prostituée, Kitty. Entraîné dans une affaire de vol à main armée qui tourne mal, Joe se retrouve derrière les barreaux. Loin d'être en sécurité, il est en réalité plus en danger que jamais entre des codétenus cinglés, des gangs impitoyables et des gardiens imprévisibles. Surtout, Joe a bien malgré lui mis la main sur un objet que convoite Baby Jewels, un caïd de la pègre, roi du porno et amateur de snuff movies. Le mal incarné. Seth Morgan nous offre un tableau fascinant de l'underground américain. Aussi drôle que bouleversant, il illumine ses paumés magnifiques d'un style inoubliable.


- Lundi noir
de Dominique Dyens
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mai 2013


À cinquante-cinq ans, Paul Deshoulières affiche une réussite éclatante: financier redouté, c'est aussi un mari et un père comblé. Du moins en apparence. Car depuis qu'une opération l'a rendu impuissant, il est obsédé par l'idée de perdre sa femme. Pour la retenir, il tente un ultime coup de poker. Lorsque son plan frauduleux vire au fiasco, Paul reçoit un chèque providentiel. Qui peut bien chercher à l'aider? Qu'attend-on de lui en échange? Tension extrême dans un décor feutré, spirale du mensonge, vertige de l'adultère et ivresse du pouvoir. Dominique Dyens s'amuse à écailler le vernis des conventions et conjugue le drame bourgeois à l'ère de la délinquance en col blanc. Brûlant.


- Maurice Herzog, le survivant de l'Annapurna
de Catherine Moyon de Baecque
Éditions Flammarion / Mai 2013


3 juin 1950, Maurice Herzog et Louis Lachenal étaient les premiers Français à atteindre l'un des plus hauts sommets du monde, l'Annapurna. Maurice Herzog publia le récit de leur expédition l'année suivante, mena une carrière d'industriel, fut secrétaire d'État à la Jeunesse et aux Sports, maire de Chamonix et député. Il est toujours membre honoraire du conseil international olympique.


- Ma vie dans les Appalaches
de Thomas Rain-Crowe
Éditions Phébus / Mai 2013


Thomas Rain-Crowe est un poète américain, un de ces Baby Beats, ces jeunes écrivains ayant côtoyé à San Francisco les maîtres de la Beat Generation que sont Ginsberg et Burroughs. À la fin des années 70, il décide de rentrer "chez lui" et de vivre quatre ans, seul, dans une cabane, sans électricité ni eau courante, sans transport ni revenu, tout comme l'avait fait cent quarante ans avant lui, Henri David Thoreau, qui avait tiré de cette expérience un mythique récit: Walden, ou la vie dans les bois. Par son goût de la liberté, son engagement pour l'écologie, son don d'observer les choses, les êtres, les bêtes et les ciels, sa faculté à retranscrire sur le papier ses émotions et décrire un monde somptueux et rude, Thomas Rain-Crowe ne démérite pas aux yeux de son maître.


- Mille femmes blanches
Les carnets de May Dodd
de Jim Fergus
Éditions Cherche Midi / Mai 2013


1875. Little Wolf, un chef Cheyenne, est à Washington pour faire une incroyable proposition au président Grant. Il lui demande, en échange de chevaux, de lui faire présent de mille femmes blanches, afin de les marier à ses guerriers, dans le but de favoriser l'intégration. Grant accepte le marché et envoie les premières femmes dans les contrées reculées du Nebraska, la plupart "recrutées" sous la contrainte dans les pénitenciers et les asiles du pays. Prenant pour point de départ un fait historique réel, Jim Fergus nous relate l'aventure de ces femmes à travers les carnets intimes de l'une d'elles, May Dodd. Internée de force par sa famille qui lui reprochait sa liberté de pensée, May va devoir apprendre sa nouvelle vie de squaw, les rites et la culture indienne.


- N'aie pas peur, je reviendrai
de Patrick Hutin
Éditions Anne Carrière / Mai 2013


Louise, quarante-deux ans, entend un homme venu mourir dans son jardin lui murmurer que son enfant, mort-né six ans auparavant, serait vivant. C'est le début d'un véritable cauchemar. Est-elle victime d'une manipulation? Qui est le petit garçon dans la vidéo qu'elle a reçue par mail? Autour d'elle, les meurtres se succèdent. D'autres femmes ont vécu la même tragédie, la perte d'un enfant à la naissance, et toutes sont mortes. Louise est la dernière Française sur la liste. Elle décide alors de tout faire pour retrouver cet enfant et comprendre la raison du drame qui ravagé son existence. Sa seule aide viendra de Nadia Janet, une jeune comédienne algérienne, entraînée malgré elle dans cette histoire. Une femme comme les autres précipitée dans une aventure hors du commun


- Officiers et gentlemen
de Evelyn Waugh
Éditions Robert Laffont / Mai 2013


Entre arrivistes, cyniques et incapables, le régiment se révèle totalement inopérant, abandonné à une chaîne de commandement qui prouve chaque jour sa médiocrité notoire. Guy est atterré par l'aveuglement et les défaillances de l'armée britannique. Servir l'Empire avait pour lui une autre noblesse. Il reprend espoir lorsque son unité est envoyée en Crète, mais on y attend seulement qu'ils évacuent les troupes déjà vaincues. Avec quelques comparses, il s'enfuit à Alexandrie ou il apprend la désertion de son supérieur et l'alliance nouvelle du Royaume-Uni avec les Russes. Amèrement déçu et honteux, Guy doit faire le deuil de son idéalisme et accepter la réalité du monde nouveau, des allégeances incertaines et de l'honneur au rabais. Avec le ton satirique, la langue acerbe et le cynisme naturel qui en ont fait un des écrivains anglais les plus appréciés et reconnus du XXe siècle, Evelyn Waugh poursuit ainsi son récit des tribulations de l'officier Crouchback.


- Onze contre un
de Giorgio Faletti
Éditions Robert Laffont / Mai 2013


Un match truqué est-il forcément joué d'avance? Depuis la mort de son épouse, Silvano mène une existence apathique et solitaire. Il entretient des relations difficiles avec son fils unique, Roberto, qui lui reproche d'avoir été absent durant son enfance. Silvano alias Silver, ancien boxeur professionnel, se trouvait en effet alors en prison, condamné pour avoir pris part à un combat arrangé. Roberto est aujourd'hui devenu la star de l'équipe de football locale dont Silvano est le magasinier, une équipe en passe d'accéder à l'élite. Or, à la veille du match décisif pour la montée, Silvano apprend que son fils est corrompu par la Mafia, qui souhaite la défaite du club. Après avoir, en vain, cherché à le convaincre de rentrer dans le droit chemin et à découvrir si l'équipe abrite d'autres brebis galeuses, il se résout à dénoncer le scandale à l'entraîneur du club, lequel s'effondre sous ses yeux, victime d'une crise cardiaque. Unique témoin de ce coup du sort, Silvano décide aussitôt de passer le drame sous silence. À l'aide du téléphone portable du défunt, il va s'improviser entraîneur; le voilà prêt à diriger l'équipe le temps du match le plus important de son histoire. L'occasion pour le vieil homme de faire triompher l'équité sportive. Avec Onze contre un, Giorgio Faletti s'empare de manière magistrale de la question des matchs truqués. Il démontre comment, à l'échelle d'une petite ville de province, l'appât du gain et la collusion entre sport et Mafia conspirent à ruiner les valeurs de solidarité véhiculées traditionnellement par le sport. À travers l'affrontement entre un père, repenti en quête de rédemption, et son fils, tenté par le mirage de l'argent facile, Faletti jette un regard critique et désabusé sur une société gouvernée par la raison du plus fort et la cupidité.


- Papa a acheté un camping-car
1 famille, 3 continents, 7 m²
de François Althabégoïty
Éditions Robert Laffont / Mai 2013


Tout plaquer pour aller faire le tour du monde en camping-car? Ce rêve que l'on a tous eu, François Althabégoïty l'a réalisé. François Althabégoïty, sa femme Mylène et ses deux enfants sont partis huit mois autour du monde. Eux qui n'ont jamais mis le pied dans un camping-car et qui détestent camper ont tenté la grande aventure, de l'Alaska à la France en passant par le Mexique et l'Afrique. Cercle arctique, Vallée de la mort, Mexico, Dakar, Tanger... Le paysage défile, mais le vrai voyage se déroule à l'intérieur du camping-car. Partir seul à vingt ans faire le tour du monde à pied, à cheval ou en voiture passe encore. Mais emmener toute sa famille à l'aventure, vivre ensemble non plus deux mais vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et ce dans 7 m², c'est un autre Everest. Finis les "S'il te plaît, laisse papa tranquille, je suis très fatigué, j'ai beaucoup travaillé aujourd'hui", les "Pas devant les enfants!", on doit faire face, affronter les rapports familiaux dans leur vérité nue.


- Patagonie intérieure
de Lorette Nobecourt
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2013


Y a-t-il un monde au bout du monde? Un secret à découvrir aux confins de ces terres sauvages où ce n'est plus l'homme qui habite la nature mais la nature qui tolère l'homme? Un hiver, Lorette Nobécourt part seule au Chili pour réaliser ce "rêve très grand et très ancien d'aller un jour en Patagonie". De Valparaiso jusqu'en Terre de feu, en bateau, à pied, en bus, l'auteur nous emmène au bout du monde où se dévoile, à travers des paysages inouïs, les contours de cette Patagonie intérieure que nous portons tous, espace libre et sauvage dont nous est révélée ici la géographie intime.


- Polémiques
de Benoît Duteurtre
Éditions Fayard / Mai 2013


Pourquoi les militants gays préfèrent-ils le mariage à la modernité du Pacs... adopté par un nombre croissant d'hétérosexuels? Comment les cyclistes sont-ils devenus des goujats depuis qu'ils incarnent le "développement durable"? En quoi la légalisation des drogues douces présenterait maints avantages pour la santé et la sécurité? Pourquoi la France est-elle si déprimée et souvent si mal vue dans le monde? Pourquoi le roman contemporain est-il en pleine forme? Pourquoi le passé est-il aussi intéressant que l'avenir? Partant d'humeurs, d'expériences, d'observations personnelles, chacun de ces textes gomme les frontières trop simples entre le bien et le mal, le progrès et le conservatisme. On aura du mal à faire entrer dans une case Benoît Duteurtre, ce "nouveau réactionnaire" opposé à l'emprise des religions, cet anarchiste favorable au rôle de l'État et des services publics... en tout cas ce romancier passionné par son époque, au point de se transformer provisoirement en essayiste.


- Pour trois couronnes
de François Garde
Éditions Gallimard / Mai 2013


Dans le bureau de feu Thomas Colbert, un magnat du commerce maritime, Philippe Zafar, le jeune préposé au classement des archives, découvre un bref texte manuscrit, fort compromettant pour celui qui s'en avérerait l'auteur. Aveux déguisés du défunt? Exercice littéraire sans conséquence? Philippe Zafar se lance dans une enquête qui va vite prendre une dimension à laquelle rien ne l'avait préparé.


- Quand les colombes disparurent
de Sofi Oksanen
Éditions Stock / Mai 2013


Occupation, résistance et collaboration sont les ressorts de ce roman puissant, dans une Estonie prise tour à tour au piège des communistes et des Allemands. Pour répondre aux errances de l'Histoire, chacun devra choisir un camp, un chemin. Roland, le juste, combat sans relâche l'envahisseur; son cousin Edgar, véritable caméléon, épouse successivement l'idéologie du pouvoir; enfin Juudit, sa femme, est écartelée entre son amour sincère pour un officier allemand et l'hypocrisie suffocante d'un mariage raté. Mais qui sera le vainqueur de cette lutte acharnée?


- Qui a peur du noir ?
de Amanda Coe
Éditions Denöel / Mai 2013


Une petite ville du nord de l'Angleterre au milieu des années 1970. Gemma et Pauline ont dix ans. Elles ont beau être dans la même classe, elles ne sont certainement pas amies. Couettes impeccables, teint de pêche, excellents bulletins pour l'une; cheveux gras, maltraitance et punitions pour l'autre. Pourtant, à la suite d'un incident insignifiant, un lien fragile s'établit entre ces deux fillettes que tout oppose. Leur amitié improbable va être testée lors du tournage d'un film dans leur école. La vedette du film, c'est Lallie, une enfant star, l'idole de tous les élèves. On organise la sélection des jeunes figurants: Pauline est retenue, pas Gemma. Le tournage peut enfin commencer et la ville est en ébullition. Tout est fait pour préserver l'innocence affichée de ces enfants acteurs. Mais les prédateurs ne sont pas forcément ceux que l'on imagine.


- Qui chante pour Lu ?
de Alan Duff
Éditions Actes Sud / Mai 2013


Lu, jeune serveuse dans un fast-food des quartiers populaires de Sydney, rêve d'une vie meilleure. Élevée au sein d'une famille négligente et minée par l'alcool, elle est dès son plus jeune âge livrée à la perversion des hommes, victime d'abus sexuels répétés de la part de son oncle Rick. De son côté, Anna grandit dans le prestigieux haras familial de Hunter Valley, l'une des plus anciennes régions viticoles d'Australie. Désormais étudiante en musique au conservatoire de Sydney, elle semble avoir tout pour elle et être promise à un avenir doré. Elle ne sait pas encore qu'une rencontre avec Lu et ses amis va irrémédiablement bouleverser le cours de son existence. Animés par la fureur et l'envie, Lu et ses complices ont décidé de sonner la fin de la partie: la souffrance doit changer de camp. Âpre et dérangeant, ce roman parfaitement rythmé, d'un réalisme fulgurant, offre le portrait aigu de deux mondes que tout oppose. Décrivant admirablement la mécanique de la convoitise et son corollaire violent, Alan Duff met à nu les instincts les plus inavouables, en laissant toujours poindre la possibilité d'une rédemption.


- Qui rapportera ces paroles ?
de Charlotte Delbo
Éditions Fayard / Mai 2013


"Parce que je reviens d'où nul n'est revenu / Vous croyez que je sais des choses / Et vous vous pressez vers moi / Tout gonflés de vos questions / De vos questions informulables. Vous croyez que je sais les réponses. Je ne sais que les évidences / La vie / La mort / La vérité. Je reviens de la vérité." Prologue de Françoise. Qui rapportera ces paroles?


- Sara et Simón
de Erich Hackl
Éditions Viviane Hamy / Mai 2013


Au début des années 1970, en Amérique du Sud, les juntes militaires prennent le pouvoir, c'est le cas au Paraguay, au Chili, en Argentine, au Brésil, en Uruguay… Les nouveaux régimes dictatoriaux commencent une guerre de l'ombre impitoyable contre les opposants, des militants d'extrême gauche. Sous l'égide de la CIA, la police des différents pays les traque pour étouffer leur influence: c'est l'opération Condor, qui s'étend à tout le continent. Le phénomène, peu connu finalement de l'opinion internationale à l'époque, est pourtant d'une rare violence: emprisonnements, tortures, disparitions suspectes, enlèvements d'enfants.


- Sauf miracle, bien sûr
de Thierry Bizot
Éditions Du Seuil / Mai 2013


Longtemps je n'ai pas été particulièrement croyant, et tout allait bien. Il y a cinq ans, j'ai accepté une invitation à une catéchèse de quartier. J'y suis allé avec des pieds de plomb. L'endroit était sinistre et déprimant. C'est là que l'inimaginable s'est produit: je me suis mis à aimer Jésus. Cette rencontre, je l'ai racontée dans Catholique anonyme. Depuis, tout le monde me demande si cette drôle d'histoire d'amour perdure ou si je suis redevenu "normal". Et voilà l'incroyable: non seulement cette liaison se poursuit, mais il m'arrive des choses étonnantes. On m'a invité à témoigner, à travers la France, dans des réunions privées ou dans des salles de cinq cents personnes. J'y ai croisé des illuminés, des cathos rigides, des chrétiens enthousiastes, des gens sincères et émouvants. Ma femme, plutôt méfiante au sujet de la religion, a décidé de réaliser un film de cinéma inspiré de mon livre. Ma vie n'a pas changé, mais elle n'est plus tout à fait la même, car mon nouveau boss, c'est Jésus.


- Sept ans
de Peter Stamm
Éditions 10-18 / Mai 2013


Munich. Alexander et Sonia, tous deux architectes, forment un couple prometteur. Elle est séduisante, brillante, parfaite. Et pourtant. Lorsqu'il rencontre Iwona, immigrée polonaise, fille frustre un peu niaise et très laide, Alex est irrésistiblement attiré. Une fascination folle, inexplicable, soldée par un choix paradoxal qui bouleversera leur vie de manière inattendue.


- Seuls le ciel et la terre
de Brian Leung
Éditions Albin Michel / Mai 2013


1927. Après quarante années d'absence, Adèle Maine revient à Dire Draw, petite ville minière du Wyoming. Elle n'a jamais oublié les événements qui ont failli lui coûter la vie et l'ont obligée à quitter son mari sans un mot d'explication. Adèle était alors venue rejoindre son frère dans l'Ouest américain, véritable eldorado pour des milliers d'hommes en quête de travail sur les lignes de chemin de fer ou dans les mines de charbon. Au cœur de cet univers hostile, elle s'était liée d'amitié avec un jeune Chinois victime, comme les siens, du racisme et du mépris des ouvriers blancs. Et puis, est arrivé ce terrible jour de 1885 où les haines ont explosé et où il lui a fallu choisir. Dans la lignée de Willa Cather et Annie Proulx, Brian Leung réussit le superbe portrait d'une femme libre. Son roman embrasse un vaste paysage de sentiments et d'émotions qui répond, tel un écho, à l'immensité des grands espaces où seuls le ciel et la terre semblent régner.


- Shango
de Diana Evans
Éditions Robert Laffont / Mai 2013


Lucas, vingt-cinq ans, vit sur une péniche déglinguée à Londres. Mais la péniche, symbole d'aventure, n'a jamais largué les amarres et Lucas passe ses journées à fumer des joints et à écouter Scarface en boucle. Désœuvré, mal dans sa peau, il finit par comprendre que, pour faire quelque chose de sa vie, il doit chercher à connaître celle de ses parents. Sa mère, la magnifique Carla, est morte quand il était très jeune. D'Antoney, son père, il sait seulement que c'était un danseur merveilleux et que, dans les années 1960, il a connu une gloire éphémère avec le Midnight Ballet. Cette compagnie, composée exclusivement de danseurs noirs, mélangeait avec brio le ballet classique aux danses traditionnelles africaines, antillaises, jamaïcaines et cubaines. Traquant les témoins de cette époque, exhumant articles de presse et vieilles photos, Lucas plonge avec émotion dans l'histoire de son père, un danseur aussi brillant et aussi dévasté que Nijinski. Adolescent, Antoney quitte sa Jamaïque natale pour un quartier londonien qui connaîtra bientôt de violentes émeutes raciales. Perdu dans ses rêves, incapable de s'arrimer au monde, il survit grâce à la magie de la danse. Inlassablement il guette le pas de danse qui lui permettra d'échapper à la gravité, aux limites du réel. Il triomphe dans le rôle de Shango, qui bouleverse les règles de l'art et touche le cœur des spectateurs. Mais il est grignoté par une insécurité maladive qui le pousse à tout détruire autour de lui. Pendant un temps, la lumineuse Carla forme pour lui un rempart contre les peurs. Mais bientôt elle attend leur premier enfant, et l'idée de la paternité affole Antoney. Il se réfugie dans l'alcool, oublie de danser, meurt à petit feu, et un jour disparaît. La légende familiale veut qu'il soit mort noyé à la Jamaïque, ou il était retourné. La vérité que découvre Lucas est plus triste, mais elle le libérera de son immobilité et l'aidera à larguer les amarres.


- Si un jour la vie t'arrache à moi
de Thierry Cohen
Éditions Flammarion / Mai 2013


Il veut vivre pour elle. Elle veut mourir pour lui. Gabriel est issu d'un milieu aisé, Clara d'une famille modeste. C'est un homme d'affaires brillant, elle est danseuse. Ils n'étaient pas faits pour se rencontrer et pourtant ils tombent fous amoureux. Contre l'avis des parents de Gabriel et celui de certains amis, ils vivent leur histoire comme si le bonheur pouvait durer toujours. Jusqu'au jour où le destin s'en mêle. Jusqu'au jour où Gabriel doit affronter une épreuve terrible, par amour pour Clara. Il a huit jours pour sauver la vie de celle qu'il aime. Mais comment faire s'il est déjà mort?


- Souriez, vous êtes en Tunisie !
de Habib Selmi
Éditions Actes Sud / Mai 2013


Après cinq ans d'absence, Taoufik revient à Tunis pour y passer ses vacances chez son frère cadet. Il est d'emblée frappé par le comportement de sa belle-sœur, Yousra, qui à présent porte le voile et refuse de l'embrasser mais ne cache pas son engouement pour tous les produits venant d'Europe, y compris les sous vêtements les plus affriolants. Son frère lui-même se rend régulièrement à la mosquée et y entraîne son fils chaque vendredi, lui inculquant la haine des "infidèles". Ce qui ne l'empêche pas de fréquenter une prostituée ni de dénoncer à la police sa belle voisine, Naïma, qui a elle aussi pris le voile, après son divorce, pour mieux dissimuler une liaison amoureuse. Quant à Leïla, la sœur  de Yousra, pourtant bien intégrée avec son mari dans le secteur "moderne" de la société, elle n'hésite pas à coucher avec Taoufik dans l'espoir d'aller vivre avec lui en France, loin de la souriante Tunisie où, comme tant de jeunes gens, elle se sent étouffer. Dans ce roman prémonitoire publié avant la révolution de décembre 2010 et nominé pour l'International Prize for Arabic Fiction, Habib Selmi dénonce la duplicité et l'hypocrisie générées en Tunisie tant par le despotisme faussement moderniste de Ben Ali que par l'omniprésence de la religion dans la vie quotidienne.


- Sur le chemin des Ducs
La Normandie à pied de Rouen au Mont-Saint-Michel
de Bernard Ollivier
Éditions Phébus / Mai 2013


Retenu, depuis trop longtemps à son goût, loin des sentiers, Bernard Ollivier, en marcheur et en amoureux de la nature, est reparti sur une route de pèlerinage peu connue, le chemin des Ducs de Normandie, allant de Rouen au Mont-Saint-Michel. Sur les traces de l'histoire, dans des départements qu'il connaît bien pour y avoir vécu, l'auteur de Longue marche dit son goût pour l'aventure moderne et intime de la randonnée. Tout au long des kilomètres parcourus, en duo pour la première fois de sa longue carrière de marcheur solitaire, il constate les changements de sa Normandie natale. La fermeture des usines et l'exode rural n'altèrent pas l'éternelle beauté de ses bocages, de ses vallées, ni celle de la Suisse normande. Lieu de mémoire et de légendes, la Normandie demeure mystérieuse, gardienne de trésors qu'elle ne partagera, au creux d'un chemin, qu'avec ceux qui sauront lui donner du temps.


- Ta vie est belle
de Isabelle Alexis
Éditions Flammarion / Mai 2013


Aurélie a tout perdu: son poste de bibliothécaire et son fiancé. Elle rejoint son frère à Paris et s'inscrit sur Facebook où elle subtilise l'identité d'une journaliste. Une nouvelle vie s'offre à elle et même une autre histoire d'amour, mais la vraie journaliste rentre de vacances.


- Texas Forever
de James Lee Burke
Éditions Payot & Rivages / Mai 2013


Son Holland est bien décidé à s'évader du camp de prisonniers de Louisiane dans lequel il arrive. Il y parvient bientôt avec l'aide d'un comparse, Hugh Allison, mais doit abattre un gardien. Les deux hommes s'enfuient au Texas où, à la veille de la bataille de Fort Alamo, ils rejoignent les Texas Rangers.


- Tous les rêves de ma vie
de Philippe Amar
Éditions Flammarion / Mai 2013


Sandra ne supporte plus sa vie, son mari la trompe depuis plus d'un an, ses enfants sont pourris gâtés. Après un accident de voiture et plusieurs jours de coma, elle décide de se faire passer pour amnésique et de changer de vie.


- Un mari ordinaire
de Christine Cerrada
Éditions Michalon / Mai 2013


Après vingt-cinq ans de mariage, Claire Revel décide de prendre son destin en main et de se libérer de l'emprise tyrannique de son mari. Elle part se reconstruire en moyenne montagne près de Campan, dans une grange qu'elle a louée, emmenant avec elle l'animal domestique du couple, une chèvre nommée Pretty. Au contact de ses nouveaux voisins, les délicieux Martin et Martine, le beau berger sculpteur Fantin, de leur joie de vivre et de leur simplicité, Claire va renaître et réapprendre à vivre en compagnie de sa petite chèvre, qui se révélera une compagne fidèle et pleine d'à-propos.
Débarrassée du sentiment de culpabilité, Claire va mettre des mots sur le harcèlement moral dont elle était victime: "Velléitaire, immature, désorganisée, égoïste, inconsciente, irréaliste: elle ne voulait plus jamais, jamais, que qui que ce soit lui dise comment elle était ou n'était pas et la condamne à l'être. Elle voulait pouvoir faire quelque chose, même la chose la plus triviale qui soit, sans encourir une critique: c'était le cadeau inestimable qu'elle se promettait désormais". Mais la difficile épreuve qui l'attend dans son refuge va l'obliger à se confronter à son passé. Aura-t-elle la force de ne pas retomber sous la coupe de son mari? Mêlant humour et gravité, Christine Cerrada signe un roman sensible, aux personnages profondément attachants, sur la renaissance d'une femme libre.


- Une chanson pour Ada
de Barbara Mutch
Éditions Presses De La Cité / Mai 2013


Dans l'Afrique du Sud de l'apartheid, le destin remarquable de deux femmes unies par une amitié défiant toutes les barrières culturelles, générationnelles et raciales. Ada naît dans les années 1930 à Cradock House, demeure de la famille Harrison. Fille illégitime de la domestique noire, elle grandit aux côtés des deux enfants du couple. Elle ne va pas à l'école, mais Cathleen Harrington, la maîtresse de maison, lui apprend à lire. Remarquant son intérêt pour la musique, cette dernière entreprend de lui enseigner le piano, en dépit des réserves de son entourage. Ada a beau s'avérer une élève assidue et une pianiste très douée, ses perspectives d'avenir semblent cependant bien limitées dans un pays où la situation entre Blancs et Noirs se durcit de plus en plus. L'année de ses dix-huit ans, alors que la politique de l'apartheid est mise en place sur l'ensemble du territoire, Ada est violée par Mr. Harrington. Enceinte, elle se réfugie chez l'une de ses tantes, dans un township. Son talent pour la musique et l'amitié qu'elle partage avec Mrs Harrington vont se révéler ses meilleurs alliés dans un monde où, mère d'une enfant métisse, elle n'a nulle part sa place.


- Une comédie américaine
de Michel Rio
Éditions Fayard / Mai 2013


"Résumons-nous, dit au chef de poste le commissioner d'une calme voix d'outre-tombe associant fatalisme, acidité et humour. Cet incident local a été retransmis en direct sur l'ensemble du réseau radiotélévision coast to coast. Il va passer incessamment sur le réseau planétaire. Tous les journaux en font la une de leur prochaine édition. Il faut admettre que votre tableau de chasse est éloquent et porte à la réflexion. Une star de cinéma, deux top-models, deux écrivains, un photographe et un styliste, tous mondialement connus, six poids lourds de notre activité économique et juridique, dont deux sont les partenaires principaux des plus grands cabinets d'avocats du pays, capables de nous réduire en cendres, un artiste exposé dans un des musées les plus prestigieux de la planète et un lampiste japonais dont le seul tort était d'apprécier l'art moderne".


- Une dernière chose avant de partir
de Jonathan Tropper
Éditions Fleuve Noir / Mai 2013


Silver a une vie de rêve, une épouse et une fille qu'il adore, un foyer chaleureux et une carrière de rock star en plein essor. Ah non, ça c'était avant. Silver a 44 ans, il est divorcé et vit des royalties de son unique tube. Rock star déchue et père lamentable, il passe ses journées avec ses deux acolytes aussi paumés que lui au bord de la piscine du Versailles, la résidence pour hommes divorcés dans laquelle il a atterri. Son ex-femme est sur le point de se remarier quand sa fille Casey, 18 ans, lui confie qu'elle est enceinte. Pourquoi à lui plutôt qu'à sa mère? Parce que vu le soin qu'il met à gâcher son existence, il ne risque pas de lui faire la morale. Lorsque Silver s'effondre, terrassé par une attaque, le diagnostic est sans appel: s'il ne se fait pas opérer, c'est un aller simple pour la morgue. Mais sa vie mérite-t-elle vraiment d'être vécue? Au grand dam des siens, Silver refuse l'intervention. Le peu de temps qui lui reste à vivre, il veut le consacrer à renouer avec Casey et à devenir un homme meilleur. Alors évidemment, il faut s'attendre au pire.


- Une famille
de Cléo le Tan
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2013


"Les Du-Vrê vivaient dans une sorte de déséquilibre équilibré. Il était drôle et léger, pour eux comme pour les autres, et personne ne pensait que cela pourrait (ou devrait) changer. Ils avaient été heureux jusqu'à présent. Oui, au fond, on peut dire qu’ils s’aimaient bien. Jusqu'au jour où Michel se lassa de Beaule, où il vit qu'il n'était pas normal que sa femme et sa propre fille passent leur temps à essayer de s'entretuer, et où il comprit finalement que ce déséquilibre n'était plus équilibré. Au contraire".


- Une femme sous la menace
de Nora Roberts
Éditions Michel Lafon / Mai 2013


À 16 ans, Élizabeth Fitch est une jeune fille modèle à l'avenir tout tracé: élève surdouée, elle s'est toujours pliée aux ordres de sa mère, une femme froide et autoritaire. Jusqu'au jour où elle décide de se rebeller. Avec son amie Julie, elle s'offre une soirée dans la discothèque la plus branchée de la ville, propriété du puissant clan Volkov. La folle nuit finit tragiquement quand Liz assiste à un règlement de comptes entre membres de la mafia russe. Devenue un témoin gênant, elle est obligée de disparaître. Douze ans plus tard, Abigail Lowery s'est installée à la périphérie d'une petite ville au fin fond de l'Arkansas. Elle vit en recluse, travaillant en free-lance, et piratant régulièrement le réseau Volkov qui a échappé à la justice et continue de la traquer. Mais cet équilibre précaire se trouve menacé quand Brooks, un séduisant trentenaire, chef de la police locale, décide d'en savoir plus sur cette jolie femme si discrète.


- Une pincée de terre et de mer
de Dina Nayeri
Éditions Calmann Lévy / Mai 2013


"Une évocation lyrique d'un Iran qui se meurt. Ce roman ambitieux, se déroulant au nord de l'Iran dix ans après la révolution de 1979, contient non pas une pincée mais une bonne dose d'histoire, d'imagination et d'espérance". Les jumeaux ont le même sang dans les veines et la même destinée, disent les anciens. Saba a neuf ans quand éclate la révolution islamique. Chaque jour est fait de contes et de sucreries de ses tantes, de visites des imams à son père, notable chrétien et discret, et de cigarettes fumées en cachette avec ses amis. Elle en est persuadée, sa mère et sa sœur  Mahtab ne sont pas mortes ce jour de 1981 où elle les a perdues de vue à l'aéroport de Téhéran: elles sont aux États-Unis, à une pincée de terre et de mer. Saba grandit au rythme des aventures américaines de sa jumelle, leur donne corps et âme, reflets de ses propres aspirations. Aux tchadors noirs répondent les grandes études, au mariage forcé les histoires d'amour tumultueuses, à la soumission la question stimulante de l'intégration. Saba se vit ici, où elle s'est coulée sans heurts ni révolte dans le quotidien de son village, et là-bas, où Mahtab l'attend, de l'autre côté du miroir.


- Une seconde chance
de Jane Green
Éditions Les Deux Terres / Mai 2013


À la suite d'un événement grave, Holly retrouve quelques vieux amis: Paul et Anna, qui tentent désespérément d'avoir un enfant, Saffron, une actrice alcoolique en désintoxication, qui attend toujours le grand rôle de sa vie, et Olivia, de nouveau célibataire. Holly, mariée à un brillant homme d'affaires, a une splendide maison et deux superbes enfants. Malgré cette famille idéale, elle se sent seule et cherche une âme sœur avec qui tout partager. Alors qu'elle tente de remettre son mariage sur les rails, un homme ressurgit dans sa vie pour la transformer à jamais. Elle se trouve donc confrontée à un dilemme: saisira-t-elle cette seconde chance?


- Une visite surprise
de Claudie Pernusch
Éditions Belfond / Mai 2013


Quand il reçoit la lettre, Paulin ne veut pas le croire. Lui qui vit le plus sereinement du monde entre sa boutique de poteries et son amoureuse, la troublante Lena, dans une ville de bord de mer au charme désuet, voilà qu'on lui annonce qu'il est peut-être le père d'une petite Hermine? Aucun souvenir de cette amourette d'un soir, il y a neuf ans de cela, et pas question de se laisser prendre au piège de la vipère qui se réveille et voudrait lui imposer une paternité qu'il n'a pas choisie. Paulin fait le mort, puis est obligé d'accepter le test, d'admettre qu'il est bien le père, tout en campant sur ses positions: il ne verra pas cette enfant. Il ne mettra pas en péril la passion exclusive qu'il vit avec Lena pour une petite inconnue dont il est le malheureux géniteur. C'est compter sans la détermination de la fillette, qui veut absolument connaître son père et fera tout pour le rencontrer. Mère et fille déboulent donc dans la vie tranquille de Paulin, bien décidées à lui faire affronter la réalité qu'il finira par accepter, non sans y laisser des plumes.


- Villa avec piscine
de Herman Koch
Éditions Belfond / Mai 2013


Grosse tuile en vue pour le Dr Marc Schlosser. Après le décès d'un de ses patients, le Conseil de l'Ordre l'a convoqué pour discuter d'une possible erreur médicale. Ennuyeux, certes, mais pas dramatique: les membres du Conseil, il les croise tous les week-ends sur les terrains de golf. Que risque-t-il, une tape sur la main? Au pire, une petite suspension? Sauf que le patient en question n'est autre que Ralph Meier, célébrissime acteur, idole nationale et accessoirement ami de la famille; et que sa veuve a des doutes et compte bien le faire savoir... Pour elle, l'affaire est suspecte: Ralph est tombé malade juste après des vacances avec les Schlosser. Qui dit vrai? Marc a-t-il raté son diagnostic? Aurait-il "aidé" la maladie de Ralph? Que s'est-il passé cet été-là, dans la villa avec piscine?


- Week-end surprise
de Agnès Abécassis
Éditions Calmann Lévy / Mai 2013


Elle, c'est Brune. Lui, c'est Léonard.
Ils s'adorent, en toute amitié.
Enfin, Léonard l'adore, mais Brune n'y voit que de l'amitié.
Pour un animateur radio, il a du mal à se faire entendre.
Normal: niveau drague, c'est un prince charmant déguisé en Benny Hill.
Ses textos voilés lui feront-ils ouvrir les yeux?
Elle c'est Prunelle, l'amie de Brune. Elle vient de rencontrer Simon, carrément odieux.
Par mail, la rencontre.
Il la provoque, elle l'envoie bouler.
Ça aurait dû en rester là.
Mais le net permet parfois l'éclosion de bien étranges relations.
Eux, ce sont Nestor et Noé, les jumeaux de Brune.
Deux ados bourrés d'humour et de repartie.
Sauf lorsqu'il s'agit d'évoquer Lefebvre, le terrible prof qui leur gâche la vie!
Et puis il y a cette envie d'évasion, durant laquelle Brune voudrait bien décompresser.
Vous avez dit "décompresser"?
Une semaine dans la vie d'une femme, entre crises de nerfs, crises de rire, et crise tout court. Une comédie hilarante et tendre, à emmener avec soi en week-end.


- Z, le roman de Zelda
de Thérèse-Anne Fowler
Éditions Michel Lafon / Mai 2013


Elle a 17 ans, c'est une belle du Sud, petite dernière d'une famille bourgeoise de Montgomery, exubérante et fantasque. Quand elle le rencontre lors d'un bal, il a 21 ans, porte l'uniforme et veut vivre de sa plume. Bravant les conventions, elle part l'épouser à New York, quelques jours après la sortie de son premier roman, L'Envers du paradis. Le livre est un immense succès, et les deux amoureux deviennent instantanément célèbres, propulsés dans un tourbillon de fêtes effrénées entre Long Island, Paris et la Riviera française. Elle, c'est Zelda; lui, c'est Scott: ils viennent d'entrer dans la légende. Mais l'insouciance de la vie mondaine, les dépenses folles et les flots de champagne détruisent l'harmonie du couple. Tandis que Scott sombre dans l'alcoolisme, la délaisse et l'accuse de tous les maux, Zelda lutte corps et âme pour exister. Écriture, peinture, danse, elle cherchera éperdument son identité jusqu'à en perdre la raison, et disparaîtra de façon tragique dans l'incendie de son dernier asile. Toute sa vie, elle sera restée dans l'ombre de l'homme qu'elle a aimé à la folie. Ce roman lui rend enfin sa voix.


- Zelda, Reine de Paris
La véritable histoire du chien le plus heureux du monde
de Paul Chutkow
Éditions Nil / Mai 2013


Itinéraire d'un cabot gâté. En ces années 1970, tandis que l'état d'urgence sévit dans le sous-continent indien, l'existence de Paul Chutkow, correspondant américain pour Associated Press, est sur le point de basculer. Ce célibataire endurci et solitaire, qui ne croyait pas au destin, n'aurait jamais pu imaginer que ce serait ici, à New Delhi, qu'il rencontrerait les êtres les plus chers à son cœurs: ses amis, sa femme et future mère de ses enfants, et Zelda. Cette petite chienne paria rachitique qui, animée par un instinct de survie et une malice extraordinaires, usera de tous ses charmes pour se faire câliner, puis nourrir, enfin soigner et bientôt adopter par Paul et les siens. En dépit du bon sens le plus élémentaire. Une fois domestiquée et parfaitement adaptée à sa nouvelle vie, Zelda part avec la famille Chutkow à Paris, où elle va révéler un tempérament bien à elle, tout d'audace et de gentillesse. Il ne lui manque que la parole. Partout où elle passe, elle sème la zizanie et le fou-rire, et finit par s'attirer la sympathie de tous, dans les beaux quartiers parisiens, sur les plages de Sardaigne ou les plaines de Californie. Zelda, reine de Paris est un journal d'aventures et d'anecdotes qui raconte les tribulations de ce cabot gâté d'un continent à un autre, et son indéfectible présence aux côtés de son maître. Paul Chutkow, biographe de talent, signe ici une chronique très personnelle de ses années de reporter. En filigrane, il revient sur les nombreuses rencontres qui ont marqué sa carrière: Raymond Aron (en robe de chambre), Mariel et Jack Heminguay, le mélancolique fils d'Ernest, Bertrand Blier et son acteur fétiche, un Gérard Depardieu plus vrai que nature, puis, enfin, Catherine Deneuve, une apparition bien réelle pour celui qui fut un spectateur extatique de la première heure.


- 23 000
de Vladimir Sorokine
Éditions de l'Olivier / Avril 2013


"L'orange était toujours sous le buffet. Le garçon se coucha par terre, glissa la main sous le meuble et la tendit vers l'orange. Mais il ne parvint pas à l'attraper. Ses doigts palpèrent de la poussière et un noyau de cerise desséché". Deux hommes surgissent chez lui et le capturent. Ce garçon est supposé être l'un des derniers 23 000 élus appartenant au cercle d'où jaillira "la Lumière originelle", une secte qui a infiltré les plus hauts échelons du pouvoir, à l'Est comme à l'Ouest. De Moscou à New York, en passant par Israël ou Hongkong, ce roman raconte son irrésistible ascension.


- Adieu ! ou presque...
de Laurie Frankel
Éditions Fleuve Noir / Avril 2013


Sam est informaticien dans une agence de rencontres en ligne, ce qui ne l'empêche pas d'être toujours célibataire! Jusqu'au jour où il crée un algorithme capable de trouver l'âme sœur  en un clic et qu'il tombe fou amoureux de Meredith, une collègue de bureau. Le couple file le parfait amour mais Livvie, la grand-mère bien-aimée de Meredith, meurt brutalement. Pour consoler la femme de sa vie, Sam développe un programme informatique compilant tous les e-mails et chats vidéo de Livvie. Celui-ci écrit les messages comme si Livvie était encore là, derrière l'écran. Le résultat est si spectaculaire que les deux amoureux décident de partager cette expérience en la commercialisant. Leur société, RePose, est un succès, et entre les personnes endeuillées faisant appel à ses services se nouent des liens bien réels qui les aident à affronter l'épreuve. Mais le concept a ses failles, certaines hilarantes, et ses limites.


- Adresses fantômes
de Michel Longuet
Éditions Grasset & Fasquelle / Avril 2013


"Qui croit encore de nos jours aux fantômes? À ces draps blancs qui s'agitent dans les corridors des romans de Walter Scott? À ces tables tournantes dont se servait Victor Hugo pour parler à sa fille défunte? Pourtant, bien des fois au cours de mes promenades dans Paris, en m'arrêtant devant une plaque "Dans cette maison vécu", j'ai ressenti un frisson. En sonnant chez Méliès, Lautrec, Marquet, Gauguin, Atget, Calder, Beckett, Michaux et Follain, chez toutes ces personnes parties sans laisser d'adresse, je me suis retrouvé face à des fantômes. Il ne me restait plus qu'à les faire parler". M. L.


- À moi seul bien des personnages
de John Irving
Éditions Du Seuil / Avril 2013


Adolescent, Bill est troublé par ses béguins contre nature pour son beau-père, ses camarades de classe, et pour des femmes adultes aux petits seins juvéniles. Plus tard, il assumera son statut de suspect sexuel, et sa vie entière sera marquée par des amours inassouvies pour les hommes, les femmes et ceux ou celles qu'on appellera bientôt transgenres. Dans ce roman drôle et touchant, jubilatoire et tragique, John Irving nous parle du désir, de la dissimulation et des affres d'une identité sexuelle différente. Du théâtre amateur de son enfance jusqu'au bar hot où se joue la révélation finale, en passant par la bibliothèque où la sculpturale Miss Frost l'initie, tout d'abord, à la littérature, le narrateur s'efforce de trouver un sens à sa vie sans rien nous cacher de ses frasques, de ses doutes et de son engagement pour la tolérance, pour la liberté de toutes les altérités.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 9:26

- Après le carnage
de T. C. Boyle
Éditions Grasset & Fasquelle / Avril 2013


Rien n'aurait jamais dû troubler la sérénité des Channel Islands, petit chapelet d'îles au large de Santa Barbara, havre de paix pour une faune luxuriante que sont venus à peine déranger, au fil des siècles, quelques aventuriers solitaires, fermiers, hippies et autres naufragés. Mais c'était compter sans Dave LaJoy, défenseur acharné des droits des animaux, qui a déclaré une guerre sans merci à Alma Boyd Takesue, une biologiste qui s'est donné pour mission d'éradiquer les bestioles les plus nuisibles à l'écosystème de l'archipel. Entre ces deux écologistes aux méthodes radicalement opposées, une lutte fratricide s'engage, qui va bientôt prendre des proportions dantesques. Roman d'aventures trépidant et réflexion subtile sur l'écologisme et ses excès, Après le carnage est aussi l'occasion, pour T.C. Boyle, de rendre hommage aux terres sauvages dont il a fait son paysage d'élection.


- Au nom de la loi
de Samuel Blumenfeld
Éditions Grasset & Fasquelle / Avril 2013


Qui n'aurait voulu être Steve McQueen? Qui n'aurait voulu avoir l'allure de celui qu'on surnommait The King of Cool? Souvenez-vous du panoramique de L'Affaire Thomas Crown, où l'acteur embrasse longuement Faye Dunaway, et qui semble durer des heures. Souvenez-vous de la musique de Michel Legrand (The Windmills of your Mind), de la course sur la plage, mais aussi des yeux bleus de Josh Randall dans Au Nom de la Loi (1958-1961), le feuilleton qui rendit Steve McQueen célèbre, et auquel le roman de Samuel Blumenfeld emprunte son titre, en plusieurs sens. Fils unique et enragé, n'ayant jamais connu son père, champion automobile pilotant Jaguar ou Porsche, aimant la vitesse et le risque, les femmes et l'alcool, l'art martial et les drogues, The king of Cool s'affranchissait volontiers de la Loi, fût-elle celle d'Hollywood. Le voici réincarné. En novembre 1980, le fils d'Isaac et Hannah Bergelson, un jeune juif à lunettes vivant sans aventures dans un foyer de la banlieue parisienne, écoute Roger Gicquel annoncer la mort de l'acteur à Ciudad Juarez des suites d'un cancer. Le monde s'écroule. Commence dans ce roman d'une nostalgie acidulée et d'une drôlerie égale à celle des premiers Philip Roth, la reconstitution d'une famille recomposée: celle des Bergelson, entre ratages et destin rêvé, et celle de Steve McQueen. "Il était devenu des nôtres. Il nous avait rejoint dans notre étrange exercice de surplace, pour vivre, dans le respect de notre tradition, au nom de la Loi".


- Au nom du père, du fils et du rock'n'roll
de Harold Cobert
Éditions Héloïse d'Ormesson / Avril 2013


La révolte coule dans les veines de Victor. Surfeur fanfaron, bourreau des cœurs, il est un adolescent frondeur, en rébellion contre l'autorité paternelle. Ce qu'il ignore, c'est que son père a lui aussi été contestataire. Avec l'émergence du rock, Christian a délaissé un brillant avenir de mathématicien pour devenir une figure incontournable de la nuit. Connu sous le nom de M. Best, le roi des platines, il a élevé Victor au prix de sacrifices, sans reconnaissance aucune de la part de son rejeton. Quelques jours à deux au Québec sont la dernière occasion pour un père et son fils de renouer et de synchroniser leur tempo. Plongée dans la France des années 1960-1970, de Paris à Bordeaux, non sans un crochet par le Cap-Ferret, Au nom du père, du fils et du rock'n'roll compose une mélodie nostalgique et nerveuse sur les beats de Hendrix et des Stones. Un roman âpre, mordant et tendre tout à la fois, sur le lien de filiation.


- Avec vue sur l'Arno
de E. M. Forster
Éditions Robert Laffont / Avril 2013


Miss Bartlett ne s'en remet pas: pour son premier voyage à Florence, sa jeune cousine Lucy devait bénéficier d'une chambre avec vue. Comment la Signora Bertolini, tenancière de cette pension, a-t-elle pu si cruellement les décevoir? Tandis que la jeune fille et son chaperon accusent ce terrible coup, M. Emerson et son fils George, également pensionnaires, ont l'impertinence de proposer leurs chambres, qui, elles, ont vue sur l'Arno. Après maintes péripéties et grâce à l'entremise de M. Beebe, curé doté d'un fort sens de l'à-propos, on procède à l'échange. Son éducation prévient Lucy contre les Emerson, mais son instinct lui suggère que le mal n'est pas grand. Dieu sait quelles passions l'Italie peut éveiller chez la jeunesse. De retour en Angleterre, Lucy est assaillie de doutes et d'interrogations, qui l'embarrassent encore davantage lorsque le hasard place à nouveau George Emerson sur sa route. Avec finesse et humour, E.M. Forster livre ici une délicieuse satire des préjugés et convenances ridicules qui contraignent les affinités naturelles. Au monde terne et étriqué, côté cour, s'oppose l'évasion promise par cette fameuse vue. Le combat intérieur de Lucy pour dépasser ce confinement et affirmer ses désirs est une ode délicate et sensible à la liberté.


- Bombay Baby
Au cœurs de l'univers secret des dance-bars de Bombay
de Sonia Faleiro
Éditions Actes Sud / Avril 2013


Entre Sonia, journaliste issue de la classe urbaine aisée, et Leela, qui n'a échappé à la prostitution qu'en fuyant, à treize ans, sa bourgade natale, la rencontre était plus qu'improbable: c'est pourtant à la construction de leur relation au cœur des milieux interlopes de Bombay, où se sont croisés leurs destins, que nous convie ce témoignage. Alors que dans le cadre d'une campagne de moralisation les autorités du Maharashtra sont en train de statuer sur la fermeture des "dance bars" de Bombay, qui emploient soixante-quinze mille personnes, l'auteur pénètre un univers infiniment plus diversifié qu'on ne l'imagine, avec ses patrons de bar pères de famille, ses clients, souvent modestes, ensorcelés par les danseuses, ses caïds et leurs juvéniles hommes de main promis à une fin prématurée. Outre le portrait qu'elle brosse de Leela, Sonia Faleiro invite à découvrir l'entourage de la jeune femme: Apsara, son inénarrable mère, Masti, la transsexuelle, Barbie, amputée par amour, Ameena, victime du sida, et Priya, la complice, l'amie. Avec ce passionnant document davantage inspiré par l'affection que par les exigences de la froide enquête sociologique, Sonia Faleiro propose, loin de tout voyeurisme, une plongée en eaux troubles qui fait la part belle au courage et à l'humanité, et parfois même au rire.


- Cassandra au mariage
de Dorothy Baker
Éditions Robert Laffont / Avril 2013


Cassandra et Judith Edwards, deux sœurs jumelles identiques physiquement mais aux caractères très opposés, s'apprêtent à vivre une journée charnière dans leur relation fusionnelle: le jour du mariage de Judith. Après une année désespérante de solitude, Cassandra, étudiante de Berkeley brillante mais névrosée, revient auprès de sa famille pour cet événement qui la plonge dans une angoisse profonde. En voiture vers le ranch familial au pied des Sierras, elle pense à tous les subterfuges qu'elle pourrait mettre en œuvre pour saboter le mariage. Le roman de Dorothy Baker suit un cours d'événements inattendus dans lequel son héroïne principale apparaît intrigante, égoïste et désespérée mais aussi très attachante. Tout au long du récit, Cassandra explore sans faux-semblants les sentiments complexes qu'elle éprouve à l'égard de sa sœur, les relations qu'elle entretient avec son père, professeur de philosophie alcoolique à la retraite, et ses propres souvenirs, hantés par le fantôme de sa mère, disparue trop tôt. Publié pour la première fois en 1962, Cassandra au mariage est un roman universel et intemporel qui maîtrise parfaitement les errances du cœur et de l'esprit.


- Comme son ombre
de Val McDermid
Éditions Flammarion / Avril 2013


Le psychiatre Charlie Flint reçoit un mystérieux colis rempli de coupures de presse à propos d'un meurtre sauvage qui a eu lieu sur la propriété de son ancienne université à Oxford. Un jeune homme a été battu à mort quelques heures après son mariage. Charlie ne sait pas qui a envoyé ce paquet mais ne cesse de penser à ce meurtre.


- Comment vivre ?
de Sarah Bakewell
Éditions Albin Michel / Avril 2013


Comment affronter la peur de la mort? Accepter la fin de l'amour? Tirer parti de chaque instant? En deux mots: comment vivre? La perplexité devant l'existence nourrit toute l'œuvre de Montaigne. En écrivant sur lui-même, le grand penseur tend un miroir où chacun peut se reconnaître. D'où l'extrême modernité et l'intelligence des Essais. Véritable phénomène d'édition en Angleterre et aux États-Unis, le livre de Sarah Bakewell est un guide aussi érudit que savoureux de l'univers et de la pensée du philosophe. En vingt chapitres, qui sont autant de tentatives de réponse à la question existentielle Comment vivre?, il aborde de manière chronologique et thématique la vie personnelle de Montaigne et les événements qui ont marqué son temps. Connaisseur ou néophyte, chacun y trouvera des réponses à ses doutes les plus obscurs et les plus féconds. Une superbe incitation à découvrir ou relire un des chefs-d'œuvre de la pensée moderne.


- Contrecoup
de Rachel Cusk
Éditions de l'Olivier / Avril 2013


"Mon mari et moi nous sommes séparés il y a peu, et en quelques semaines, la vie que nous avions construite a été brisée, tel un puzzle réduit à un tas de pièces aux formes irrégulières". Ni confession impudique ni fiction pure, ce texte lucide et percutant est l'histoire d'une femme, écrivain, mère de deux filles, qui observe ses propres réactions au lendemain de son divorce. Recréant des instants quotidiens ou nourrissant sa réflexion de mythes littéraires, Rachel Cusk analyse le retentissement profond de la séparation. Elle vise juste lorsqu'elle décrit la famille moderne, soumise non plus à Dieu ou à l'économie mais à la sacro-sainte valeur de l'amour.


- Corbeaux
de Vidar Sundstol
Éditions Grasset & Fasquelle / Avril 2013


L'hiver, la neige, le froid. Lance Hansen est dans un motel non loin de la frontière canadienne. Sa famille et ses amis le croient en voyage en Norvège, le pays de ses ancêtres qui l'obsède tant, mais il se terre, cherche à se faire oublier, craint son frère depuis leur partie de chasse qui a mal tourné. Lorsqu'enfin il sort de sa torpeur et de sa tanière, le vieil Ojibwa Willy Dupree lui donne la clef du chemin des rêves. Swamper Caribou hante dès lors son sommeil troublé et le mène vers le véritable meurtrier. Mais encore faut-il savoir comprendre la voix des anciens et accepter de regarder vers l'avenir.


- Couleur de cendres
de William Brodrick
Éditions Les Deux Terres / Avril 2013


La vie est faite de choix et de décisions dont on ne connaît jamais les conséquences. Le père Anselme reçoit un jour la visite d'un ami qui lui demande d'aider Róza, une Polonaise octogénaire qui résistait au pouvoir soviétique en aidant un héros anonyme surnommé le "Cordonnier". Elle est arrêtée en 1951 par le colonel Brack, dévoué à l'idéal communiste, qui, pour anéantir le "Cordonnier" s'attaque à ses proches. Une trahison commise en prison va lier à vie Róza et son bourreau. De nouveau contacté par Róza en 1982, le "Cordonnier" rompt le silence dans lequel il s'était enfermé. Le colonel Brack utilise alors son joker, faisant chanter Róza pour faire taire à jamais ses opposants. Comme dans toutes les histoires de guerre clandestine, ce que découvre le père Anselme dans les ténèbres du passé a la couleur grise des cendres.


- Dans ces bras-là
de Camille Laurens
Éditions Gallimard / Avril 2013


"Je suis l'homme. N'est-ce pas merveilleux? Un homme qui s'avance et qui dit: je suis l'homme. Il faudrait pouvoir lui faire face, les yeux dans les yeux, et dire: je suis la femme. Rien d'autre, simplement ceci, tel que je vous le dis maintenant, tel que vous l'entendez: je suis la femme".


- Dans le livre des rêves
de Mikkel Birkegaard
Éditions Fleuve Noir / Avril 2013


Copenhague, 1846. Arthur avait 10 ans quand son père est mort dans des circonstances inexpliquées. Il en a 17 quand son chemin croise celui de Mortimer Welles, restaurateur de livres anciens et détective amateur à ses heures perdues. Ensemble, ils tentent d'élucider une série de disparitions étranges. Dans le pays, l'heure est à l'obscurantisme et à la censure. Le roi lutte contre la divulgation des idées. Mais Arthur entend parler d'une mystérieuse bibliothèque ou seraient conservés tous les ouvrages interdits par le ministère du Livre. Y aurait-il un lien entre cette bibliothèque et la mort de son père, fonctionnaire de ce ministère? Aurait-il découvert des informations compromettantes? Pour le savoir, Arthur et Mortimer plongent dans un univers aussi déroutant que menaçant. Décidément il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark.


- Demain est un autre jour
de Lori Nelson-Spielman
Éditions Cherche Midi / Avril 2013


À la mort de sa mère, Brett Bohlinger pense qu'elle va hériter de l'empire de cosmétique familial. Mais, à sa grande surprise, elle ne reçoit qu'un vieux papier jauni et chiffonné: la liste des choses qu'elle voulait vivre, rédigée lorsqu'elle avait 14 ans. Pour toucher sa part d'héritage, elle aura un an pour réaliser tous les objectifs de cette life list. Mais la Brett d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec la jeune fille de l'époque, et ses rêves d'adultes sont bien différents. Enseigner? Elle n'a aucune envie d'abandonner son salaire confortable pour batailler avec des enfants rebelles. Un bébé? Cela fait longtemps qu'elle y a renoncé, et de toute façon Andrew, son petit ami avocat, n'en veut pas. Entamer une vraie relation avec un père trop distant? Les circonstances ne s'y prêtent guère. Tomber amoureuse? C'est déjà fait, grâce à Andrew, à moins que...


- Démons de midi
de Arièle Butaux
Éditions L'Archipel / Avril 2013


Arièle Butaux ausculte les ravages de la cinquantaine chez ces messieurs. Le principe narratif: les trois amies mises en scène dans les deux premiers volets se retrouvent à Venise, et se confient les hauts et les bas de leur vie amoureuse au fil de nouvelles où l'ironie, le sourire se disputent à l'émotion. Au Garda Palace, Sergio rencontre un homme mystérieux venu lui emprunter son bateau pour rendre secrètement visite à la fille de la Signora Giardelli, Eleonora. Florence et Nicolas: un couple parfait, celui qui ne se séparera jamais. Avec leur deux fils, ils forment la famille idéale. C'est ce que tout le monde pense, surtout Florence qui reste aveugle lorsque son mari recommence à boire, lui ment et disparaît régulièrement, Jusqu'au jour où elle surprend un échange de regard entre son mari et une inconnue qui lui laisse entrevoir que Nicolas pourrait bien lui cacher quelque chose.


- Désaccords mineurs
de Joanna Trollope
Éditions Les Deux Terres / Avril 2013


Chrissie a toujours su que Richie les aimait, elle et leurs trois filles, ainsi que leur maison de Highgate, et leur joyeuse existence rythmée par la musique. Mais pourquoi ne lui en a-t-il jamais donné la preuve en l'épousant, ce qui aurait rendu son existence parfaite? Parce que c'est l'apanage de Margaret, avec qui il a eu un fils, Scott, quand il faisait ses débuts de musicien. Il ne les a jamais revus, et Chrissie aurait aimé continuer à ignorer leur existence. Mais à la mort de Richie, Scott et sa mère, qui figurent au testament, font leur réapparition. Pour Chrissie et ses filles, tout semble se fissurer irrémédiablement mais Amy, la cadette, est déterminée à surmonter ces désaccords mineurs.


- Des êtres sans gravité
de Valeria Luiselli
Éditions Actes Sud / Avril 2013


Une jeune femme occupe, à Mexico, une bâtisse délabrée et pleine de recoins avec son mari architecte et deux enfants en bas âge. Entre les blattes de Madagascar, les T-Rex en plastique démantibulés et les chaussettes dépareillées, elle écrit. Des textes courts car elle manque d'air. Et un roman silencieux pour ne pas réveiller les enfants. Elle écrit sur le fantôme de sa jeunesse, sur l'éditrice insouciante et libre qu'elle était quand elle vivait à New York, portait des minijupes et un manteau rouge, s'enivrait de poésie, fréquentait des hommes excentriques. Écumant les bibliothèques de la ville, elle y avait découvert l'œuvre d'un obscur poète mexicain habitant à Harlem à la fin des années 1920: Gilberto Owen. Sous la plume de la narratrice (celle d'aujourd'hui et celle d'alors) se dessinent le poète qu'il a été et la vie qu'elle lui façonne: un artiste fervent qui côtoyait García Lorca, applaudissait Duke Ellington dans les bars enfumés de Manhattan et traduisait Emily Dickinson, enveloppé dans un peignoir de soie, ou un homme radicalement seul, introverti et abandonné de tous. Ombres du passé, présences insaisissables qui se croisent et s'épient dans un monde en suspension, le métro de New York: ses accélérations vertigineuses, ses replis obscurs, un lieu hors du temps et de l'espace qui attire les êtres sans gravité. Une suave mélancolie, un humour exquis, une écriture agile et lumineuse pour une interrogation extravagante et grave: combien de vies et combien de morts dans une seule existence?


- Désillusion
de Joanna Cannan
Éditions Phébus / Avril 2013


"Quand Patricia repense à son enfance, elle visualise un paysage féerique, charmant mais irréel, un de ces paysages que vous contempleriez sans jamais dire: "Où est-ce? Allons-y!", car c'est l'Arcadie et, comme chacun sait, vous ne pouvez y aller". Hulver, le domaine de son grand-père, était le pays de l'insouciance, de la lumière et des songes. Qu'ils sont innocents les plaisirs de la jeunesse. Et qu'elle était fière sur son fidèle destrier, elle, la rousse, l'intrépide, l'indépendante, la frondeuse. Elle qui rêvait de l'amour, du vrai, loin des arrangements de la bourgeoisie edwardienne. Quand elle rencontre Hugh Lindsay, elle tombe instantanément sous le charme de ce professeur de littérature et cède au fol élan romantique. Très vite ils se marient, donnent naissance à trois enfants, sans jamais imaginer que l'amour et les êtres peuvent perdre de leur splendeur; que le temps écorne les rêves, empoussière le quotidien. Et que les enfants sont ingrats. Diable, oui, elle ne l'imaginait pas.


- Diagnostics incroyables
de Pierrick Hordé
Éditions Flammarion / Avril 2013


La science et la médecine nous réservent toujours de multiples surprises. Le docteur Pierrick Hordé réunit dans ce nouvel ouvrage 100 récits véridiques et hors du commun qui décrivent des diagnostics aussi étranges que mystérieux qui mettraient à l'épreuve les compétences du célèbre Dr House. Peut-on être allergique à son amant? Comment une femme est-elle tombée enceinte après avoir reçu une balle perdue? L'overdose de fer est-elle possible? Toutes ces histoires surprenantes et parfois insolites sont accompagnées d'une explication scientifique. Quand l'extraordinaire surgit dans le quotidien, le réel devient plus captivant que la fiction.


- En suivant les étoiles
de Anne Tyler
Éditions Stock / Avril 2013


Jeremy n'est pas comme tout le monde. Agoraphobe, velléitaire, il a énormément de mal à lier contact avec les autres. À la mort de sa mère, il est désemparé face aux difficultés pour faire tourner sa maison, devenue pension de famille. Et pourtant Mary, fraîchement débarquée dans cette banlieue de Baltimore, va malgré elle entraîner Jeremy à sortir de sa torpeur et à s'ouvrir au monde. Ces deux personnages réussiront-ils à se trouver? Anne Tyler confirme un talent unique pour évoquer les vacillements et "petits riens" de la vie.


- Fais de beaux rêves, mon enfant
de Massimo Gramellini
Éditions Robert Laffont / Avril 2013


À neuf ans, Massimo Gramellini se retrouve orphelin. Sa mère, atteinte d'un cancer, meurt d'une crise cardiaque, et son père, inconsolable, le confie rapidement à une gouvernante indifférente. Massimo grandit sans amour, convaincu que sa mère l'a abandonné, et devient un adolescent tourmenté en proie au doute et à la culpabilité. Privé d'affection dès l'enfance, il est incapable d'entretenir avec les femmes des relations durables. Alors, il raconte des histoires. D'abord à ses camarades de classe, auxquels il fait croire que sa mère travaille pour une entreprise de cosmétiques indienne, afin d'expliquer son absence. Il devient ensuite journaliste sportif, puis reporter de guerre, et acquiert une grande notoriété dans le milieu, jusqu'à devenir le vice-président du quotidien La Stampa. Tandis qu'il enchaîne les déceptions amoureuses, il commence à écrire de petits récits partiellement autobiographiques ou il réinvente la mort de sa mère. C'est à cette époque qu'une amie de cette dernière entreprend de lui révéler les véritables circonstances de cette disparition. Comment pardonner leurs faiblesses aux êtres que nous aimons, alors qu'elles entraînent des souffrances inguérissables? Dans ce roman autobiographique émouvant, sincère, et parfois drôle, Massimo Gramellini nous raconte son combat contre le mensonge, et trouve le courage de se confronter à un passé douloureux pour grandir enfin.


- Fugue polonaise
de Béata de Robien
Éditions Albin Michel / Avril 2013


Cracovie. Noël 1952. Staline n'a plus que quelques mois à vivre. Au 12 de la rue Florianska vit la famille Zborawski. Autour de la grand-mère, chef d'orchestre délicat et érudit, tourne un monde de personnages bigarrés: le grand-père qui a connu les camps de concentrations nazis et le Goulag; Karol, le médecin, aussi ivrogne que réputé; Roman, le frère fantasque et déraisonnable; Jadwiga qui prépare son mariage avec Czeslaw, le communiste convaincu; Elzbieta, la nounou au bon sens paysan affirmé; sans oublié Bashia, l'adolescente rebelle qui s'accroche à son rêve: quitter son pays et venir en France. Dans ce roman drôle et émouvant, Beata de Robien, auteur notamment du Nain du roi de Pologne et du Roman de la Pologne, tout en nous immergeant dans la réalité de la Pologne communiste de l'après-guerre, dresse le portrait inoubliable d'une adolescente qui cache son angoisse et ses questions sans réponse derrière une ironie mordante et un furieux appétit de vivre.


- Guillaume et Nathalie
de Yanick Lahens
Éditions Sabine Wespieser / Avril 2013


"Cela faisait longtemps que je voulais écrire cette histoire de rencontre d'un homme et d'une femme. L'une de celles qui ravivent le goût de l'impossible. L'une de celles qui traînent leur cortège de surprises, de paradoxes, d'érotisme et de déraison. Dans cette ville où, comme dans d'autres villes, une certaine idée de l'amour a été façonnée par les livres, les chansons et le cinéma. Mais où les données du malheur universel sont immédiates ou vous rattrapent juste un peu plus vite qu'ailleurs". Y. L.
Guillaume est sociologue, Nathalie architecte. Ils se rencontrent à la veille du séisme qui a ravagé Haïti en janvier 2010, autour du projet d'un centre polyvalent dans les environs de Port-au-Prince. Entre l'homme de cinquante ans revenu de ses utopies, dont toute la vie s'est jouée dans son île, et la jeune femme au sombre passé qui vient de vivre de longues années en France, l'attirance est immédiate. Si Yanick Lahens excelle dans l'écriture impatiente de leur désir et si l'on est vite happé par la sourde sensualité qui en émane, elle n'est dupe ni de ses personnages, ni de leur situation. Représentants tous deux de la classe moyenne noire, ils tentent d'endiguer la misère qui les encercle, subissant eux aussi les préjugés racistes de la bonne société haïtienne et la corruption des élites. Nul misérabilisme pourtant dans ce récit, nul catastrophisme non plus, sinon la conscience diffuse de la menace qui plane sur Haïti en ce mois de décembre 2009. Avec ce roman pétri de tendresse pour son pays, Yanick Lahens acte la victoire de la vie et de l'écriture sur le malheur.


- Hikikomori
de Jeff Backhaus
ÉditionsAnne Carrière / Avril 2013


Cela fait maintenant trois ans que Thomas Tessler vit cloîtré dans sa chambre. Un mur le sépare de son épouse, Silke, à qui il ne parle plus. Parce qu'il ne sait pas survivre à la perte de son enfant, Thomas s'est emmuré vivant dans son appartement de Manhattan. Il est un Hikikomori. Silke s'est renseignée sur ce syndrome typiquement japonais et, en dernier ressort, se résout à tenter l'étrange solution importée de ce pays: louer les services d'une "petite sœur", une jeune femme payée pour venir s'asseoir tous les jours devant la porte de son mari, renouer le contact et le faire sortir de son isolement. Par tous les moyens. Megumi, une jeune étudiante, accepte la mission. C'est une façon pour elle de faire face à son propre passé et de fuir un présent trop douloureux. L'entreprise de sauvetage se transforme rapidement en une aventure humaine complexe et ambiguë, tandis que ce trio inattendu doit revisiter toutes les notions qu'il avait de l'amour, de l'attirance et du sacrifice. Dans ce premier roman aussi romantique que provocateur, Jeff Backhaus explore la troublante métamorphose de la promiscuité en intimité, et raconte comment les membres d'un trio improbable vont voir bouleversées toutes leurs idées sur l'amour, le désir et le don de soi.


- Histoire d'Alice, qui ne pensait jamais à rien
(Et de tous ses maris, plus un)
de Francis Dannemark
Éditions Robert Laffont / Avril 2013


Paul a cinquante-six ans. Il vient de perdre sa mère. À son enterrement, il rencontre la sœur  de celle-ci pour la première fois. Il ne connaît d'elle que son prénom, Alice. À soixante-treize ans, sa tante ne lui apparaît pas comme une vieille dame. Elle est séduisante, un peu mystérieuse et, surtout, pleine de vie et de fraîcheur. Elle invite son neveu à venir la voir à son hôtel et là, en face à face, elle va lui raconter son incroyable existence. Alice fait partie de ces êtres rares qui ont vécu dix vies en une seule. Et s'il est vrai que tous les hommes sont mortels, les maris d'Alice le sont tout particulièrement: elle est veuve pas moins de huit fois. La vie d'Alice n'est pas un roman, c'est une série romanesque qui nous emporte, nous enchante et nous fait voyager durant cinquante ans autour du monde au rythme de ses joies mais aussi de ses peines, qui, de façon peu commune, la bouleversent mais sans la détruire ou la rendre amère. Car Alice s'adapte au cours des choses, elle réfléchit peu. Dit toujours oui aux chances qui s'offrent à elle. Légèreté ou sagesse? C'est ce que Paul va découvrir tandis qu'Alice ouvre pour lui la malle de ses secrets. Dans cette comédie dramatique au charme très british, on suit le parcours extraordinaire d'une femme attachante qui, au fil de ses mariages et de ses rencontres, va découvrir, et nous avec elle, les choses de la vie: l'amour, le sexe, les relations avec autrui, la perte et la faculté de reconstruire, et par-dessus tout l'émerveillement.


- Hosanna
de Jacques Chessex
Éditions Grasset & Fasquelle / Avril 2013


Ce livre posthume de notre ami Jacques Chessex aurait pu s'appeler: La mort du voisin. En effet, lorsqu'un voisin âgé meurt de sa mort naturelle, et qu'une cérémonie en français et en allemand a lieu dans la chapelle du village, le narrateur s'y rend. Tout le talent à la fois spirituel et prosaïque de l'écrivain va consister à rendre la palette d'émotions qui le traversent, le saisissent et nous saisissent. Bonheur et honte de survivre, et certitude, hélas, vraie, de ne pas survivre longtemps: "Vide et béance, la folie gagne, je tomberai sur le sol noir au sortir d'ici, à la lumière éblouissante du grand jour, tous ils verront ma chute et passeront sans m'appeler". Mais aussi, le retour du passé, en images fulgurantes et superbes, un fou qui hante les rues de Ropraz, un visage de jeune homme suicidé, une amante et consolation du narrateur, dénommée Blandine, au sexe de miel.


- Je te vengerai Maria Schneider
de Laurence Garcia
Éditions Michalon / Avril 2013


"Lui pourrait s'appeler Philippe, Paul, Arthur ou Pierre, "ça dépend des jours". Moi, je m'appelle Louise. Louise tout court. Tous les lundis, à treize heures, je le retrouve dans sa garçonnière du pont Bir-Hakeim, comme Maria et Marlon. On parle peu dans mon tango du lundi, on ne s'embrasse jamais avec la langue pour rester des étranges étrangers, pour s'inventer une liberté de l'autre. Mais pourquoi t'es-tu foutue en l'air, Maria? Pour une scène au beurre que tu ne voulais pas jouer, pour un tango sadomaso qui te colle à la peau? Ce Dernier Tango, c'est moi qui le mènerai. Mon Brando à moi ne me rendra pas cinglée comme toi. Je vais inverser les rôles pour mieux te venger, Maria". Quarante ans après la sortie du Dernier Tango à Paris, film à scandale de Bernardo Bertolucci avec Marlon Brando et Maria Schneider, Laurence Garcia invente la suite de cette histoire d'amour maudite à travers le film imaginaire de Louise. Un texte court, obsédant, entre fantômes et fantasmes, entre virtuel et réel, entre caresse et mitraille. Un puzzle fantasmagorique sur un air de tango et de Noir Désir.


- L'affaire Eszter Solymosi
de Gyula Krudy
Éditions Albin Michel / Avril 2013


Un matin d'avril 1882, à Tiszaeszlár, dans la campagne hongroise, Eszter, une petite bonne de quatorze ans, disparaît en revenant d'une course. Ce jour-là, une réunion se tient à la synagogue du village pour choisir un abatteur rituel parmi les candidats venus de toute la région. Très vite, la rumeur se répand: les juifs auraient enlevé et égorgé la jeune chrétienne pour ajouter son sang au pain azyme de la pâque. Ainsi commence le roman, inédit en France, d'un des plus grands auteurs de la littérature hongroise, Gyula Krúdy (1878-1933), inspiré de "l'affaire de Tiszaeszlár" qui déclenchera, comme l'affaire Dreyfus en France, une flambée d'antisémitisme dans le pays, et aboutira à un procès pour "crime rituel" qui verra comparaître treize accusés. Se fondant sur les comptes rendus des journalistes et du principal avocat de la défense, Krúdy reconstitue le drame dans toute sa complexité, redonnant vie aux protagonistes avec une puissance d'évocation stupéfiante, brossant le tableau magistral d'une société hantée par la haine de l'étranger. Chef-d'œuvre romanesque, réquisitoire contre l'intolérance et l'ignorance, L'affaire Eszter Solymosi, qui suscite encore aujourd'hui une vive polémique en Hongrie, témoigne du talent d'un immense écrivain.


- L'avenir
de Camille Laurens
Éditions Gallimard / Avril 2013


"Est-ce bien raisonnable, lorsqu'on a écrit un roman autobiographique, d'assister au tournage du film qui en est tiré, et, sur le plateau, de s'intéresser à un homme simplement parce qu'il porte le prénom d'un autre? Ne devrait-on pas plutôt oublier le passé, aller de l'avant? Personnellement, l'avenir ne m'a jamais tellement réussi, mais cette fois, j'ai un plan".


- L'étrange solitude de Manfred Richter
de Gisèle Bienne
Éditions Actes Sud / Avril 2013


Au long d'un été intense et brûlant, secoué par les ondes sismiques de la Seconde Guerre Mondiale et du rapport à l'Allemagne, les identités complexes de Manfred, ancien prisonnier allemand resté en France après la Libération, et Hélène, jeune bachelière, s'éclairent l'une l'autre, dévoilant les fractures du passé et la part de solitude irréductible de chacun.


- L'homme qui marche
de Jean Béliveau
Éditions Flammarion / Avril 2013


Récit d'une marche pour la paix effectuée par le Québécois à travers 70 pays, pendant 11 ans.
Il décrit les circonstances de son départ en 2000, les pays qu'il a traversés, ses rencontres…


- L'homme qui marche sur les fesses
de Abdelhak Serhane
Éditions Du Seuil / Avril 2013


Le narrateur, écrivain de son état, est accueilli dans une ville marocaine par de vieux amis, parmi lesquels se trouve le cul-de-jatte Rouida qui s'apprête à fêter son prochain mariage. Il accuse l'écrivain de faire de leurs vies misérables la matière de ses romans. Une longue soirée de beuveries et de palabres débute alors, où les récits scabreux et grivois se mêlent aux débats politiques et aux réminiscences violentes et dramatiques. Sous les habits colorés d'un "banquet" arabe d'une sensualité irrévérencieuse, Abdelhak Serhane sonne ici la charge contre la tyrannie du système monarchique, tout en dénonçant l'état d'une société marocaine gangrénée par la corruption, le terrorisme et l'hypocrisie religieuse. Et ce, sans jamais se défaire d'un art consommé de l'autodérision qui donne toute sa force à sa prose savoureuse et truculente.


- L'oiseau canadèche
de Jim Dodge
Éditions 10-18 / Avril 2013


Titou est recueilli par son grand-père, vieil excentrique asocial porté sur le jeu et la bouteille. Malgré des divergences de caractère, le garçon aime les clôtures, pépé Jake les hait, ils coulent une vie peinarde en compagnie de Canadèche, le canard boulimique et fort sympathique. Quand surgit un sanglier, réincarnation d'un ami indien qui aurait révélé à Jake le secret de l'immortalité.


- La brodeuse des ombres
de Sophie Endelys
Éditions Denöel / Avril 2013


Valentine Pilley a reçu plusieurs surnoms: Valentine la Mixture dans sa jeunesse, Valentine la Zombie après qu'elle a perdu sa fille de deux mois. D'une méningite apparemment. Les médecins ne sont pas sûrs. Son mari, lui, ne doute pas: il accuse tout simplement sa femme d'avoir empoisonné la petite Camille. Éperdue de douleur, Valentine cherche à comprendre. Et découvre dans les journaux qu'une curieuse épidémie a tué trente-six enfants en l'espace de quatre mois. Très vite, les scientifiques trouvent la raison de ces décès: les enfants ont tous été en contact avec du talc. "Une heure de justice vaut soixante-dix ans de prière", dit le proverbe turc: Valentine n'a pas l'intention de se contenter des prières, elle veut la justice. Grâce à une manipulation brillante, elle va faire de son voisin, un professeur de grammaire, le témoin involontaire du scandale de santé publique dont sa fille a été la victime.


- La corde sensible
de Aurore Guitry
Éditions Denöel / Avril 2013


Et si un chant sacré pouvait guérir? C'est le pari fou que fait un homme pour sauver l'amour de sa vie. Éléonore, l'épouse de Nicolas, est tombée dans un coma profond à la suite d'un accident de voiture. Fils d'un célèbre pianiste, Nicolas sait par son père l'existence d'une partition magique capable de guérir ceux qui l'entendent. La dernière cantatrice à l'avoir chantée vivrait à Rome. Prêt à tout, Nicolas s'envole pour l'Italie. Il y retrouve la soprano, mais celle-ci, devenue folle, vit recluse dans une chambre dont elle a barbouillé les murs de notes de musique. Avec la partition pour seul espoir, Nicolas devra faire face au pouvoir à la fois salvateur et destructeur de la musique pour redonner vie à celle qu'il aime. Rythmé par la mélodie entêtante du morceau et les souvenirs de la vie avant l'accident, La Corde sensible est le récit de cette quête, comme un chant d'amour désespéré que Nicolas adresserait à sa femme.


- La côte 400
de Sophie Divry
Éditions 10-18 / Avril 2013


Elle rêve d'être professeur, mais échoue au certificat et se fait bibliothécaire. Esseulée, soumise aux lois de la classification de Dewey et à l'ordre le plus strict, elle cache ses angoisses dans un métier discret. Les années passent, elle renonce aux hommes, mais un jour un beau chercheur apparaît et la voilà qui remet ses bijoux. Bienvenue dans les névroses d'une femme invisible. Bienvenue à la bibliothèque municipale, temple du savoir où se croisent étudiants, chômeurs, retraités, flâneurs, chacun dans son univers. Mais un jour ce bel ordre finit par se fissurer.


- La cuisinière d'Himmler
de Franz-Olivier Giesbert
Éditions Gallimard / Avril 2013


Ceci est l'épopée drolatique d'une cuisinière qui n'a jamais eu peur de rien. Personnage loufoque et truculent, Rose a survécu aux abjections de cet affreux XXe siècle qu'elle a traversé sans rien perdre de sa sensualité ni de sa joie de vivre. Entre deux amours, elle a tout subi: le génocide arménien, les horreurs du nazisme, les délires du maoïsme. Mais, chaque fois, elle a ressuscité pour repartir de l'avant. Grinçant et picaresque, ce livre raconte les aventures extraordinaires d'une centenaire scandaleuse qui a un credo: "Si l'Enfer, c'est l'Histoire, le Paradis, c'est la vie".


- La découverte du monde
de Luciana Castellina
Éditions Actes Sud / Avril 2013


Un soir d'été, alors que Luciana Castellina, âgée de quatorze ans, joue au tennis avec une amie, la partie est brusquement interrompue: sa partenaire, Anna Maria Mussolini, doit s'enfuir, car son père vient d'être arrêté. C'est le 25 juillet 1943, la chute du fascisme, et le début d'un journal intime que l'adolescente tiendra pendant quatre ans. À distance de tant d'années, Luciana Castellina, figure historique de la gauche italienne, dialogue avec ce journal qui raconte une double métamorphose: celle d'une adolescente issue de la bonne bourgeoisie, curieuse et rebelle, qui découvre peu à peu le monde, l'art, la culture et les voyages, mais surtout l'engagement politique et la solidarité; celle de l'Italie, un pays en pleine effervescence, à une époque où "tout était à construire". Une époque "de fer et de feu", mais aussi de ferveur, durant laquelle bonheur individuel et bonheur collectif étaient indissociables: une exigence qui pousse la jeune fille, en septembre 1947, à partir pour la Yougoslavie de Tito, où elle participe à la construction d'une voie ferrée, avec des brigades d'étudiants venus du monde entier. Ce sera ensuite, en 1947, l'adhésion au Parti communiste et un long parcours au sein de celui-ci, jalonné d'exclusions et de réintégrations. Avec lucidité, parfois avec humour, Luciana Castellina nous fait ainsi partager une expérience dont la portée, aujourd'hui, est plus actuelle que jamais, car elle invite le lecteur à s'engager et à partager "la plus belle des passions: essayer de changer le monde".


- Là est la danse
de Amy Sackville
Éditions 10-18 / Avril 2013


1959, on retrouve le corps de l'explorateur Edward Mackley, disparu lors d'une expédition au pôle Nord soixante ans plus tôt. Dans sa main: un journal de bord, et une photographie de son épouse Emily. Eté 1999, Julia Mackley met de l'ordre dans les reliques familiales. La vérité qu'elle y découvre fera voler en éclats ses certitudes, éclairant les fêlures de sa propre vie.


- La feuille qui ne tremblait pas
de Jean-Jacques Lefrère
Éditions Flammarion / Avril 2013


Zo d'Axa joua un rôle majeur dans le courant anarchiste qui se développa en France durant la Troisième République. Fondé sur ses archives familiales, le récit de sa vie témoigne de luttes et de partis pris paradoxaux ou en avance sur son temps. Il plaida pour l'abolition de la peine de mort, défendit l'innocence d'un forçat ou la bisexualité d'une princesse Bonaparte.


- La fin d'Alice
de A. M. Homes
Éditions Actes Sud / Avril 2013


Elle a vingt ans à peine, habite chez ses parents, dans une banlieue cossue, mais elle ne semble pas heureuse, plutôt mélancolique, isolée, et surtout dévorée par un feu intérieur qu'elle dissimule à tous sauf à cet homme à qui elle a décidé d'écrire. Lui a cinquante-quatre ans, il purge depuis plus de deux décennies une peine de prison pour le viol et le meurtre sauvage d'une adolescente de douze ans. La relation épistolaire qu'ils nouent poussera la jeune fille, irrésistiblement attirée par un petit voisin de huit ans son cadet, à passer à l'acte. Tandis que la prédatrice se rapproche de sa proie, le prisonnier, tout en livrant le froid compte-rendu de son quotidien carcéral, dessine les contours de son propre parcours, d'une enfance avilie par une mère déviante à la naissance en lui de ce goût périlleux pour les toutes jeunes filles qui le conduira à la transgression suprême. Superbement accompli, ce roman dérangeant, et dont certaines scènes pourront parfois heurter, invite à sceller un pacte de lecture inédit en acceptant de créditer de toute l'humanité qui est la sienne un personnage éminemment désigné à l'opprobre, et de se rendre ainsi capable d'en accompagner le cheminement, au sein de l'espace compassionnel créé par la fiction. Pour mieux comprendre, peut-être, un destin parmi d'autres, où, battant en brèche d'illusoires et vertueux désirs de "normalité" s'incarnent soudain, monstrueuses, les profondes ténèbres qui régissent les passions de nos âmes.


- La lionne
de Katherine Scholes
Éditions Belfond / Avril 2013


Brillante biologiste, Emma Lindberg quitte son laboratoire australien pour la brousse tanzanienne. Officiellement, il s'agit d'une mission de recherche; officieusement, Emma souhaite connaître la vérité sur la mort de sa mère, virologue disparue vingt ans plus tôt. À peine est-elle arrivée que la station est frappée par un drame: les chameaux de Laura, une infirmière itinérante, sont revenus seuls. Quelque part dans le désert se trouve Angel, sa petite fille de sept ans. Avec l'aide de Daniel, un docteur massaï, Emma part à la recherche de l'enfant. Mais où chercher? Pourquoi Angel est-elle introuvable? Et si George Lawrence, l'Homme aux lions, avait la réponse? D'un campement où animaux et hommes vivent en harmonie aux étendues sauvages et dangereuses de la savane, cette quête va emmener Emma bien plus loin qu'elle ne l'aurait cru. Et si l'adage était vrai? Et si l'Afrique transformait à jamais ceux qui s'y aventurent?


- La lumière difficile
de Tomás González
Éditions Du Seuil / Avril 2013


Retiré dans un petit village de Colombie, David, un peintre devenu presque aveugle, se remémore ses années passées à New York et à Miami, lorsqu'il s'efforçait de capter sur la toile l'infinie beauté de la lumière, son amour pour sa femme et le jour où son fils Jacob a décidé de renoncer à la vie pour mettre fin aux souffrances d'une paraplégie irréversible. Avec son frère Pablo, Jacob s'était rendu dans l'Oregon, seul état où l'euthanasie est légale, tandis que la famille, respectant sa décision, était restée à New York dans l'attente du coup de téléphone qui lui annoncerait que Jacob n'est plus. Ce livre bouleversant, magnifique, tout en délicatesse et en concision, d'une écriture claire et juste, est paradoxalement un hymne à la vie, à la solidarité et au respect de l'autre. Des valeurs qui permettent à la famille de Jacob de s'élever au-dessus de la toute-puissance de la mort.


- La meilleure des vies
de Adam Phillips
Éditions de l'Olivier / Avril 2013


"La Meilleure des vies, éloge de la vie non vécue est un livre sur les expériences que nous n'avons jamais eues et dont nous sommes en deuil. Chaque chapitre décrit une expérience de la vie ordinaire où nous ne sommes pas capables de vivre comme nous le désirons. Et, du fait que quelque chose ne se produit pas, se creuse l'espace de quelque chose d'autre: la frustration et l'imagination sont vues ici comme entretissées. Avec l'aide de la psychanalyse et du grand théâtre shakespearien, ce livre fait l'éloge de ce qui a manqué à notre désir". Adam Phillips


- La scène des souvenirs
de Kate Morton
Éditions Presses De La Cité / Avril 2013


La célèbre actrice Laurel Nicolson se rend dans le Suffolk, au chevet de sa mère mourante. En feuilletant un album de famille, la comédienne découvre une photographie qu'elle n'avait encore jamais vue. Datée de 1941, celle-ci montre sa mère aux côtés d'une inconnue, une certaine Vivien, comme Laurel ne tarde pas à l'apprendre. Ce prénom, étrangement familier à ses oreilles, la ramène brusquement cinquante ans en arrière, au cœur d'un après-midi d'été étouffant. L'adolescente rêveuse qu'elle était alors avait assisté à un événement tragique qu'elle avait ensuite tout fait pour oublier. Hantée par ce souvenir, Laurel décide de fouiller dans le passé de sa famille. L'histoire secrète qu'elle exhume la plonge dans Londres, en pleine Seconde Guerre Mondiale.


- La traversée
de Murray Bail
Éditions Actes Sud / Avril 2013


Accoudé au bastingage du porte-conteneurs qui le ramène à Sydney, un homme regarde s'éloigner l'Europe, laissant libre cours à ses pensées. Il y a quelques jours encore, Frank Delage se trouvait à Vienne où il était venu présenter sa dernière création: un piano révolutionnaire au son pur et inédit, conçu et fabriqué en  Australie. Sa mission commerciale sur le Vieux Continent n'est guère une réussite. La capitale autrichienne est saturée de musique. Chaque salon possède déjà son piano et son buste de Beethoven. Mais Delage a éveillé l'intérêt des très fortunés Von Schalla, une famille de l'élite viennoise: mère et fille ont mis un zèle particulier à lui faire découvrir tant les charmes de la ville que leurs propres attraits. Au gré d'allers-retours virtuoses entre le pont du navire et les salons lambrissés d'une Vienne plus fantasmée que réelle, nous sont alors restituées, dans une magnifique fluidité, la lente navigation vers l'autre côté de la terre, la naissance d'un possible amour et les coulisses d'un fiasco annoncé. Par ce portrait d'un homme écartelé entre deux femmes et tiraillé entre l'Ancien et le Nouveau Monde, Murray Bail poursuit, avec maestria et dérision, son exploration de l'identité australienne.


- La vérité sur William
de Samantha Harvey
Éditions Stock / Avril 2013


De retour à Londres, Leonard Deppling trouve refuge chez son frère, William, qui reste aux yeux de tous une véritable énigme. Pour William le bonheur et la liberté découlent de la connaissance de soi et cet ancien professeur activiste sonde l'étendue de son ignorance en donnant des conférences à de jeunes étudiants dans des jardins publics. Bientôt, l'un de ses disciples est arrêté pour avoir appliqué les préceptes de son mentor un peu trop à la lettre. William est-il aussi responsable que les médias le laissent entendre?


- La vie qu'on voulait
de Pierre Ducrozet
Éditions Grasset & Fasquelle / Avril 2013


Théo, Éva, Lou, Manel et Camille ont eu 20 ans dans les années 1990. Ils rêvaient d'enchanter le monde, ils rêvaient que le monde les enchanterait. Lautréamont et Rimbaud n'avaient pas de secrets pour eux, ni l'idée de changer la société. Les années ont passé. Disséminés entre Londres, Paris, Berlin et Barcelone, chacun tente à sa façon de passer le cap de la trentaine et de l'échec des rêves. Ils se sont rangés, à l'exception de Manel, l'ange noir de la bande, qui a dérivé dans la violence. Le roman commence par son corps que l'on retrouve ensanglanté sur les berges de la Seine. Que s'est-il passé? Les autres cherchent à comprendre. Les déceptions, les souvenirs, les angoisses refoulées pendant des années se réveillent. Et voici l'histoire d'une bande, ce qu'elle est devenue et ce qu'elle deviendra, gravitant autour d'un héros nihiliste qui donne à ses anciens compagnons l'occasion de passer une dernière saison en enfer. La drogue, la nuit, le voyage, l'art, la musique, le crime, toutes ces manières de flirter avec l'infini se rejoignent dans une course folle, transportant avec elle le goût amer des rêves défunts. Dans une prose rythmée, imagée et charmeuse, Pierre Ducrozet raconte un coup de sang à la mystérieuse harmonie, qui entraîne cinq jeunes européens dans le dernier rite de passage d'une génération qui ne veut pas que jeunesse se passe.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 28 Juin - 9:23

- La ville où les morts dansent toute leur vie
de Pierre Pelot
Éditions Fayard / Avril 2013


À l'Est règne la dévastation, la terre n'est plus que tumulte. Arrachée à ses racines par ce désastre, une jeune schizophrène est confiée à Grange, un dessinateur solitaire qui pourrait bien être son père. Mais l'homme refuse d'assumer cette enfant dont le corps de femme et l'originalité le troublent. Il décide alors de tout braver, quitte à tout perdre, pour la rendre à son pays imaginaire. La ville où les morts dansent toute leur vie est un road book onirique et obsédant. Pierre Pelot y entremêle ses passions pour le fantastique et le "western", le roman noir et d'amour. Il nous offre un personnage inoubliable, Léonore, résolue malgré tous les obstacles à retrouver une terre connue d'elle seule, où elle peut enfin se sentir vivre. La ville où les morts dansent toute leur vie est un roman illustré. Le dessin de couverture est signé Manu Larcenet.


- Le bonheur côté pile
de Seré Prince Halverson
Éditions Presses De La Cité / Avril 2013


Depuis trois ans, Ella mène une existence heureuse en Californie avec son mari, Joe, père de deux enfants d'une précédente union qu'elle élève comme s'il s'agissait des siens. Pour rien au monde, Ella ne changerait de vie. Mais ce bonheur parfait connaît une fin abrupte lorsque Joe meurt dans un accident. Un malheur n'arrivant jamais seul, la mère biologique des enfants, qui les a abandonnés pendant des années, réapparaît le jour des funérailles pour réclamer leur garde. Alors qu'elle essaie tant bien que mal de faire le deuil de l'homme qu'elle aimait, Ella va devoir se lancer dans une bataille juridique sans pitié pour ne pas les perdre. Et tenter de sauver l'épicerie italienne au bord de la faillite que Joe lui a léguée, fierté de la famille depuis des générations.


- Le châle de cachemire
de Rosie Thomas
Éditions Charleston / Avril 2013


Pays de Galles, 1940. Jeune mariée, Nerys Watkins quitte la campagne galloise pour accompagner son mari missionnaire affecté en Inde. Alors que la guerre du Cachemire éclate, elle découvre Srinagar, la ville au bord du lac, où les Britanniques habitent de luxueux bateaux et dansent, flirtent et cancanent comme s'il n'y avait pas de guerre. Nerys est entraînée dans une dangereuse amitié et, au moment où elle retrouve son mari, l'innocente épouse galloise n'est plus la même femme. Des années plus tard, alors que Mair Ellis débarrasse la maison de son père, elle découvre un éblouissant châle ancien et une boucle de cheveux d'enfant. Se rendant au Cachemire sur les traces de ses grands-parents, Mair se lance dans une quête qui changera à jamais sa vie. Ce récit épique mêle secrets de famille, amour sur fond de guerre et liaisons dangereuses. Avec comme toile de fond une évocation vivante et superbement documentée de l'Inde des années 1940, cette saga familiale bouleversante a connu un grand succès populaire et critique outre-Manche.


- Chronique des Pasquier / 1913-1925
de Georges Duhamel
Éditions Flammarion / Avril 2013


L'histoire de l'ascension sociale d'une famille entre 1870 et 1930 qui s'inspire de la vie de l'auteur. Avec labeur et obstination, Raymond Pasquier obtient son diplôme de docteur en médecine à l'âge de 51 ans. Ses enfants auront presque tous une carrière illustre, sauf le dernier qui connaîtra une vie médiocre. (Dernier volume de la saga).


- Chronique des Pasquier / Les maîtres
de Georges Duhamel
Éditions Flammarion / Février 2013


La suite de la saga des Pasquier.


- Chronique des Pasquier / L'heure où les loups vont boire
de Jérôme Duhamel
Éditions Flammarion / Octobre 2012


Jeune médecin, Laurent Pasquier remporte le prix Goncourt en 1918 pour le récit de son expérience de la Grande Guerre. Renonçant à la médecine pour se consacrer à la littérature, il deviendra en 1939 membre de l'Académie française, éditorialiste au Figaro et directeur d'une maison d'édition. Mais sa passion pour une jeune Allemande d'origine juive va l'obliger à se remettre en question.


- Chronique des Pasquier / Le Clan Pasquier
de Georges Duhamel
Éditions Flammarion / Novembre 2012


Voici comment Georges Duhamel lui-même résumait l'esprit de cette œuvre qui, pour n'être pas purement autobiographique, s'inspire en tous points de sa propre vie: "L'histoire des Pasquier a pour sujet principal l'ascension d'une famille du peuple à l'élite entre 1870 et 1930. Raymond Pasquier, fils d'un jardinier, homme aussi fantasque, qu'infidèle, touche-à-tout inspiré ou catastrophique, s'instruit laborieusement, jusqu'à obtenir (à 51 ans.) un diplôme de Docteur en médecine, avec l'aide obstinée de son épouse Lucie. Épouse dont il a eu 5 enfants qui ont survécu. L'un d'eux, Laurent, le narrateur, deviendra, non sans efforts et aventures, un des premiers biologistes de son temps, récompensé par l'Académie française. L'aînée des filles, Cécile, musicienne exceptionnellement douée, sera de bonne heure une grande artiste. La plus jeune des filles, Suzanne, remarquable par sa beauté, deviendra comédienne. Le fils aîné, Joseph, enfiévré par l'appétit des biens temporels, s'illustrera comme hommes d'argent, homme d'affaires et homme politique. Enfin, le dernier des enfants, Ferdinand, s'enfoncera tout doucement dans une médiocrité sans lueur".


- Le désespoir des Anges
de Henry Kénol
Éditions Actes Sud / Avril 2013


Peu après avoir réussi à s'arracher à la prostitution, une jeune Haïtienne découvre un jour que, sous ses apparences de bourgeoise protégée, la propriétaire de l'hôtel qui l'emploie désormais n'est, comme elle, qu'une femme en souffrance. Mais, durant l'inattendu dialogue qui s'engage alors, la "domestique" ne cesse de voir surgir les images du terrible passé qui a irrémédiablement fait naufrager son destin et brisé tous ses rêves. Comment ne serait-elle pas hantée par ce jour de triste mémoire où, poussée à bout par les abominables sévices sexuels qui lui étaient, comme à tant d'autres, impunément infligés par des nantis habitués à abuser sans vergogne de la misère de leurs inférieurs, elle a, entre provocation et désespoir, accepté de devenir la concubine du chef de gang qui faisait la loi dans le plus vaste bidonville du pays? Et comment oublier de quelle déchéance et de quelle dépravation elle a payé sa soumission à ce sanguinaire potentat avant que l'assassinat de ce dernier ne la contraigne à fuir pour échapper à la haine féroce du nouveau "patron" des cités dont elle avait naguère refusé les avances? Dans cet impressionnant roman dont tous les personnages sont embarqués sans retour dans la spirale de la violence, Henry Kénol, s'inspirant de la crapuleuse prise en otage des cités-bidonvilles d'Haïti par des gangs armés au début des années 2000, décrit sans tabou la scène ordinaire d'un enfer sur terre où l'impuissance des victimes rencontre le silence assourdissant du corps politique.


- Le divin enfer de Gabriel
de Sylvain Reynard
Éditions Michel Lafon / Avril 2013


Gabriel Emerson est un professeur au charme envoûtant qui, à la nuit tombée, s'adonne aux plaisirs d'une vie libertine. Spécialiste de Dante, il dissimule derrière son assurance et ses désirs dominateurs un passé sombre et torturé. Quand l'innocente Julia devient son étudiante, un mystérieux lien sensuel se noue entre eux, au risque de compromettre la carrière du professeur. Toutes les certitudes de Gabriel volent en éclats, mais une seule demeure: il veut à tout prix posséder Julia.


- Le festin du serpent
de Ghislain Gilberti
Éditions Anne Carrière / Avril 2013


Cécile Sanchez est l'étoile montante de la police judiciaire où elle dirige une section spéciale qui traque les criminels les plus dangereux de l'hexagone. Pour la première fois de sa carrière, elle a l'impression d'être dans une impasse et doit remettre en question ses méthodes. Sur la piste d'un éventreur de femmes, elle se heurte à un paradoxe: la brutalité et le caractère pervers des crimes pointent vers un tueur en série. Mais elle croit deviner dans le protocole macabre un caractère dépassionné et pragmatique qui ne cadre pas. Ange-Marie Barthélemy est un membre d'élite de l'antiterrorisme. Depuis 2004, il pourchasse sans relâche un commando islamiste qui imprime sa trace sanglante dans toute l'Europe. Ce groupe nomade qui signe ses méfaits du nom An-Naziate, les anges arracheurs d'âmes, échappe pour l'enquêteur à tout grille classique de lecture, rappelant davantage la bande à Bader que les cellules d'Al Qaida. Deux affaires délicates et apparemment sans rapport qui vont pourtant s'entrecroiser. Et si chacun des deux enquêteurs possédait sans le savoir un morceau de la clef de cette énigme sanglante?


- Le fils de Manhattan
de Bruno Garel
Éditions Belfond / Avril 2013


Imaginez. Vous vous appelez Cham, Cham Wickware. Vous êtes un jeune New Yorkais de vingt-sept ans. Le 21. 12. 2012, vous vous faites virer de votre agence de pub. En traversant Times Square, votre corps se dissout dans la vapeur d'eau qui surgit d'une bouche d'égout et vous vous retrouvez en 1612, dans la peau d'un jeune Indien qui pourrait être votre double. Vous vous réveillez en 2012, habité par son âme. Tout le monde vous croit fou. Mais Vol d'Aigle, l'esprit de l'Indien, vous donne d'incroyables pouvoirs chamaniques, à commencer par celui de voyager dans le temps pour accomplir votre mission: retrouver le calumet sacré sans lequel Manhattan va succomber aux forces du mal et du déluge. Le premier volume d'une série d'aventures fantastiques qui parcourent l'histoire de Manhattan et ses mystères depuis sa création... sous influence indienne et chamanique.


- Le garçon qui n'existait pas
de Patrice Leconte
Éditions Albin Michel / Avril 2013


"Un jour, je traverserai la Manche à la nage, et ça leur clouera le bec à tous. Voilà ce que je me suis dit un beau matin. Parce que, fatigué de n'être personne, j'ai envie de devenir quelqu'un, pour épater mes collègues de la banque où je travaille, mais surtout pour séduire Victoire, qui est la jeune femme la plus jolie que je connaisse". Le héros de Patrice Leconte possède le charme distrait et la poésie d'Antoine Doinel. Comme lui, il pense que les femmes sont magiques. Et comme lui, il va accomplir un exploit effarant pour gagner le cœur de l'une d'entre elles.


- Le lecteur de Jules Verne
de Almudena Grandes
Éditions JC Lattès / Avril 2013


Nino a neuf ans, fils d'un garde- civil, il habite la maison-caserne d'un petit village de la Sierra sud de Jaén et ne pourra jamais oublier le printemps 1947. Pepe le Portugais, un mystérieux et fascinant étranger qui vient juste de s'installer dans un moulin isolé, devient son ami et le modèle de l'homme qu'il aimerait être un jour. Tandis qu'ils passent les après-midi ensemble au bord de la rivière, Nino se fait la promesse de ne jamais être garde civil comme son père, et commence à prendre des cours de dactylographie à la métairie des Rubias, où une famille de femmes seules, veuves et orphelines, résiste à la frontière entre la Sierra et la plaine. Tandis qu'il découvre un monde nouveau grâce à des romans d'aventure, qui le transformeront radicalement, Nino comprend la vérité que personne n'a jamais voulu lui révéler. Une guerre est en train de se dérouler dans la Sierra sud, mais les ennemis de son père ne sont pas les siens. Après cet été 1947, il commencera à regarder avec d'autres yeux les guérilleros commandés par Cencerro, et à comprendre pourquoi son père voudrait qu'il apprenne la dactylographie.


- Le livre de la pitié et de la mort
de Pierre Loti
Éditions Payot & Rivages / Avril 2013


"Hier au soir, le pas douloureux a été franchi; la minute précise où l'on comprend tout à coup que la mort arrive, a été passée". Pudique, Le livre de la pitié et de la mort est l'ouvrage le plus émouvant de Pierre Loti (1850-1923), qui sut trouver les mots justes pour évoquer le deuil et le souvenir d'êtres chers, humains ou animaux, et marquants. Deux textes magnifiques, parmi les plus célèbres de l'auteur de Pêcheur d'Islande, "Tante Claire nous quitte" et "Vie de deux chattes", viennent éclairer notre rapport intime au "passé mort" et rappeler que Loti fut aussi un ardent défenseur de la condition animale.


- Le manipulateur
de John Grisham
Éditions Robert Laffont / Avril 2013


Raymond Fawcett, juge fédéral en Virginie, et sa secrétaire sont retrouvés assassinés dans la maison de campagne du juge. Il n'y a pas de trace de lutte, pas d'empreintes, pas un seul témoin. Rien, à l'exception d'un coffre-fort hautement performant, mais vide. Le juge n'était pas riche, alors que cachait-il dans un tel coffre? Au bout de quelques mois, l'enquête n'a pas progressé d'un pouce. Le FBI est sur les dents. Et c'est là qu'intervient Malcolm Bannister. Âgé de 42 ans, noir, avocat de profession, Malcolm a été pris dans une affaire bâclée par le FBI et la justice. Condamné à dix ans d'emprisonnement pour un crime qu'il n'a pas commis, il doit encore passer cinq années derrière les barreaux. Mais il lui reste une carte à jouer pour changer son destin. Une carte qui requiert de l'audace, du sang-froid et deux complices aux nerfs d'acier. En prison, Malcolm a plus d'une fois servi d'avocat pénaliste à ses codétenus. Il a ainsi appris toutes les ficelles de la justice fédérale, notamment l'existence de l'article 35. Selon cette disposition légale, un détenu qui apporte des éléments permettant l'arrestation d'un criminel peut être libéré sans condition. Or Malcolm sait qui a tué le juge Fawcett, et pourquoi. Ce que le FBI ignore, c'est que Malcolm est un justicier, et qu'il veut se venger des incompétents qui lui ont volé cinq années de sa vie. Jouant au chat et à la souris avec les agents fédéraux, il concocte une arnaque virtuose.


- Le monde-soleil
de Albert Espinosa
Éditions Grasset & Fasquelle / Avril 2013


Le Monde-soleil est un monde fantastique qu'Albert Espinosa a voulu partager. Il y relate toutes les "découvertes" qui, au jour le jour, pendant ces dix années (de 14 à 24 ans) où il a été atteint par des cancers, l'ont aidé à vivre et, plus curieux encore, à "survivre à la vie". C'est aussi et surtout l'occasion de parler des êtres-soleil. Pourquoi soleil? Parce que cette bande de gamins qui essayaient de vivre une vie normale, n'y avaient pas droit. Ils vont donc l'inventer, créer entre eux, les "chevelus", et les médecins, une solidarité plus qu'originale pour lutter, survivre, donner du sens à la vie. Ce qui les a fait tenir, ce sont ces amitiés spéciales avec ces personnes qui ne sont ni des amants, ni de simples amis, ces gens que l'on peut croiser dans notre vie de tous les jours et qui vont la changer: les êtres-soleil. D'après Albert Espinosa, nous avons tous nos êtres-soleil et peut-être que ce livre peut aider à les rencontrer. Le Monde-soleil parle d'une chose assez simple: l'espoir.


- Le pèlerinage
de Osamu Hashimoto
Éditions Actes Sud / Avril 2013


Dans un quartier résidentiel, un vieillard solitaire s'est attiré la haine du voisinage en entreposant autour de sa maison toutes sortes d'objets de récupération. Odeurs, nuisances, curiosité ou terreur, les dames alentour n'en peuvent plus et face à l'impuissance des autorités, elles alertent la presse. L'effet attendu est immédiat, les journalistes s'emparent du sujet et cherchent à découvrir l'origine d'une telle dérive dans un quartier huppé. D'un entretien à l'autre, le récit d'une voisine ayant connu cet homme et sa famille dès l'après-guerre éclaire soudain l'inacceptable attitude du vieux Chûichi. Histoire d'un être perdu dans un monde nouveau, ce singulier reportage va toucher les téléspectateurs et tout particulièrement le frère du vieillard. Ému par une telle déchéance, le cadet de Chûichi revient en effet sur les lieux encombrés de leur enfance, et cela après quarante ans de silence. Ainsi reprendront-ils le temps de se dire, celui d'écouter. Une sérénité retrouvée pour le vieux solitaire qui propose alors à son frère un voyage, un magnifique pèlerinage depuis toujours espéré tel un point d'orgue, une échappée. Ce livre met en scène un personnage poétique qui lentement révèle ses traumatismes, ses amours, ses utopies et son bel acharnement à protéger son héritage familial. Un roman qui retrace non sans mélancolie les grands changements du Japon d'après-guerre.


- Le retour du Bouddha
de Gaïto Gazdanov
Éditions Viviane Hamy / Avril 2013


Le narrateur se lie d'amitié avec un vieux clochard qui, grâce à un héritage inattendu, devient très riche. Les deux hommes demeurent amis. Ils prennent l'habitude de se retrouver chaque semaine dans le luxueux appartement du vieil homme, jusqu'au jour où celui-ci y est retrouvé assassiné. Le narrateur est arrêté. Tout semble l'accuser.


- Le secret de Rita H.
de Stéphanie des Horts
Éditions Albin Michel / Avril 2013


Elle incarne le glamour hollywoodien des années 40, donne son nom à l'une des premières bombes atomiques, est la star du box-office. Derrière le sourire enjôleur des photos sur papier glacé, Rita Hayworth cache une blessure que nul ne saurait guérir. Cette fille de modestes danseurs espagnols cherchera désespérément tout au long de sa vie la protection et l'amour des hommes. Elle épouse un prince et un génie. Mais ni Ali Khan ni Orson Welles ne lui apportent le réconfort tant attendu. À l'aube de la quarantaine, le spectre de la maladie d'Alzheimer s'approche, alors que Rita est au firmament de sa carrière. Stéphanie des Horts s'est nourrie de ce destin tragique pour raconter le roman d'une vie. Celui d'une femme désirée, adulée, mais jamais comblée.


- Le spectre d'Alexandre Wolf
de Gaïto Gazdanov
Éditions Viviane Hamy / Avril 2013


Années 30, un Russe, émigré à Paris, confie le secret qui le hante: à l'âge de 16 ans, alors qu'il servait l'armée des "blancs", il a tué un homme. Des années plus tard, le Russe découvre dans une nouvelle anglaise écrite par un certain Alexandre Wolf, cet épisode relaté au détail près. L'homme qu'il croyait avoir assassiné serait-il en vie? Il décide alors de le retrouver. Il se rend en Angleterre pour mener l'enquête. L'éditeur du recueil le reçoit et lui assure qu'il ne peut s'agir de ce Wolf. Déçu, le narrateur rentre à Paris. Un jour, un compagnon de beuverie lui raconte comment il a sauvé l'un de ses amis, Sacha Wolf, mortellement blessé lors de la guerre civile russe. Plus tard, une compatriote, dont il tombe éperdument amoureux, lui apprend qu'un ancien amant, connu à Londres, aurait frôlé la mort dans une situation et une période semblables à celles où il a lui-même tiré sur le cavalier. Le doute n'est plus permis, le "spectre" n'est pas mort, et il n'est plus si loin.


- Les enfants du roi
de Sonya Hartnett
Éditions Les Grandes Personnes / Avril 2013


Au début de la Deuxième Guerre Mondiale, Cecily et Jeremy Lockwood sont évacués à la campagne pour échapper aux bombardements qui menacent Londres et trouvent refuge à Heron Hall, le domaine de leur oncle Peregrine. L'arrivée inattendue de May Bright, jeune évacuée de dix ans que les Lockwood recueillent au domaine, va bouleverser le quotidien de la famille. La fillette, intrépide et indépendante, ne se montre en effet pas aussi docile que prévu et va mener Cecily, un matin, jusqu'aux ruines d'un château auquel est attachée une légende terrifiante. Un château où elles vont également faire une étrange rencontre qui marque leur entrée dans un monde chimérique où passé et présent ne font qu'un. Quête du pouvoir, brutalité de la guerre, perte de l'innocence sont autant de thèmes de ce texte, mi-roman d'apprentissage, mi-histoire de fantômes, dont les héros inoubliables sortent pourtant grandis, plus forts et plus sages.


- Les exigences
de Olivia Profizi
Éditions Actes Sud / Avril 2013


Rachel vient de porter atteinte à ses jours. Ainsi se retrouve-t-elle dans une clinique après avoir confié à sa mère les raisons de son geste. Une passion, un amour beaucoup trop grand pour un amant pervers, un homme à qui Rachel a tout offert jusqu'à sa capacité à supporter l'insupportable: le don d'elle-même à l'extrême. Brisée par la violence subie auprès de cet homme, Rachel se reconstruit dans un lieu protégé. Pendant quatre mois et au-delà de toutes attentes, elle prend des notes, décrit avec une implacable lucidité et un humour étonnant le cheminement de sa pensée, de sa volonté et de ses exigences. Car au fil des pages la jeune femme s'impose non pas en victime mais en individu responsable de ses actes et de sa chute, qui trouve en lui l'énergie de sa reconstruction. Au fil des jours l'écriture devient une raison d'être, la dépression s'éloigne, l'imaginaire peut reprendre sa place. Ce livre dit combien la violence peut être acceptée et non seulement subie. Il dit le mal fait aux femmes et le rôle du regard qui leur est porté dès l'enfance. Il dit la difficulté de lutter contre ces images d'elles-mêmes culpabilisantes et destructrices. Ce livre dit aussi et surtout la force de l'art face à la souffrance.


- Les femmes de ses fils
de Joanna Trollope
Éditions Les Deux Terres / Avril 2013


Rachel s'est toujours consacrée avec énergie et dévouement à ses trois fils, Edward, Ralph et Luke. Ils sont maintenant adultes et mariés, mais elle régente encore leur vie et essaie de les réunir à la moindre occasion. Unité qui se fissure lorsqu'une crise éclate dans le mariage de Ralph. Tous les membres de la famille sont amenés à s'interroger sur les liens qui les unissent. Les belles-filles veulent consolider leur propre couple et définir les relations familiales à leur manière. Rachel réagit vivement à ce transfert de pouvoir pourtant inévitable. Elle devra se résigner à de profonds changements pour se réconcilier avec les femmes de ses fils.


- Les gosses
de Valérie Clo
Éditions Buchet Chastel / Avril 2013


Une mère, la quarantaine, divorcée, légèrement dépassée. Et ses trois gosses: deux ados et une petite fille. Situations désopilantes, moments de crise et fous rires. Le portrait sans fard d'une famille du XXIe siècle.


- Les jours de l'arc-en-ciel
de Antonio Skarmeta
Éditions Grasset & Fasquelle / Avril 2013


"Mercredi, ils ont arrêté le professeur Santos. Rien d'exceptionnel par les temps qui courent. Sauf que le professeur Santos est mon père. Et, chose étrange, lorsque les deux hommes ont emmené papa, tous les garçons de la classe ont tourné les yeux vers moi. Je suis sûr qu'ils pensaient que j'avais peur. Ou que j'aurais dû bondir sur ces hommes pour les empêcher d'emmener mon père. Mais, avec le professeur Santos, nous avions prévu cette situation. Nous lui avions même donné le nom d'une figure de syllogisme. Nous l'appelions la situation "Baroco": s'ils venaient arrêter papa sous les yeux de témoins pour l'emprisonner, cela signifiait qu'ils ne pouvaient pas le faire disparaître comme les autres..." Les jours de l'arc-en-ciel n'est en rien le récit d'événements politiques: il retrace comment, grâce à l'imagination, à l'humour et à la musique, toutes les forces de gauche, unies sous une bannière arc-en-ciel, ont ouvert le chemin de la liberté dans un pays condamné au silence par la dictature. Un message d'espoir, nous dit l'auteur, qui se souvient des paroles de Violetta Parra: "Gracias a la vida".


- Les perles de la Moïka
de Annie Degroote
Éditions Presses De La Cité / Avril 2013


2003. Ana, comédienne, a coupé tout lien avec sa famille et particulièrement avec sa mère, russe, dont elle ne s'est jamais sentie aimée. Jusqu'au jour où on lui offre le plus beau rôle de sa vie dans une pièce de Tchekhov.
1903. Sur les bords de la Moïka à Saint-Pétersbourg, Tatiana Alexandrovna jouit des fastes d'une époque encore sereine. De son premier amour avec un officier de la Garde, elle a des jumelles, Olga et Natacha; toutes trois se trouveront liées au destin de la famille Youssoupov et de Raspoutine.
Mais déjà se profile la révolution. Tout bascule. Quel secret portent-elles qui bouleversera la vie d'Ana? Le destin tumultueux de trois générations de femmes et la quête d'un amour maternel.


- Les reflets d'argent
de Susan Fletcher
Éditions Plon / Avril 2013


Une légende raconte qu'il y a très longtemps un homme, pleurant son amour perdu, entendit sur une plage de l'île de Parla, une voix portée par le vent, ce mot soufflé par la mer: Espère. Il se tourna alors vers le large et vit une silhouette flotter dans la mer déchaînée. Puis disparaître sous l'eau. Le corps, celui d'un homme, se terminait par une queue de poisson. Ce jour-là, sur cette même rive, le jeune Sam Lovegrove découvre le corps d'un inconnu, il s'approche terrorisé, croyant faire face à un cadavre. Puis recule en criant, car l'homme n'est pas mort. Sur l'île, cette apparition bouleverse chacun, tout comme les cheveux noirs et la barbe de cet inconnu, qui réveillent les souvenirs d'un disparu. Tout à coup, les légendes semblent réelles, les hommes semblent réécrire l'histoire de l'île, ramasser ses mythes sur le rivage, leurs espoirs bouillonnant dans les flots comme autant de reflets d'argent sous le vent.


- Les temps ébréchés
de Thomas Sandoz
Éditions Grasset & Fasquelle / Avril 2013


Dans huit semaines, Blanche n'entendra plus rien. Victime d'une maladie dégénérative brutale, elle refuse toutefois de céder à la panique ou au ressentiment. Pour se jouer du sort qui l'isole chaque jour davantage, elle part en quête de sons qu'elle emmagasine au gré des lieux qu'elle explore, boîte de nuit, centres commerciaux, opéra, piscine couverte, thé dansant, carrefours, cathédrale, chantiers. Blanche demande aussi à un vieux maître de musique argentin de lui apprendre les rudiments du solfège, et se met à collectionner avec ferveur des partitions en tous genres. Au travers de la musique, lue puis rêvée, Blanche parvient à sublimer ses douleurs et à apprivoiser le silence pour réorchestrer le monde à sa façon, avec un surplus d'harmonie.


- Les tribulations d'une cuisinière anglaise
de Margaret Powell
Éditions Payot & Rivages / Avril 2013


Dans l'Angleterre du début des années 1920, la jeune Margaret rêve d'être institutrice, mais elle est issue d'un milieu modeste et doit "entrer en condition". De fille de cuisine, elle devient rapidement cuisinière, un titre envié parmi les gens de maison. Confinée au sous-sol de l'aube à la nuit, elle n'en est pas moins au service de ceux qu'on appelle "Eux", des patrons qui ne supporteraient pas de se voir remettre une lettre par un domestique autrement que sur un plateau d'argent. Elle saura leur tenir tête et rendra souvent son tablier pour améliorer ses conditions de travail, jusqu'à ce qu'elle trouve enfin, sinon le prince charmant, du moins le mari qui l'emmènera loin des cuisines des maîtres. Grâce à son franc-parler aux antipodes des récits de domestiques anglais trop parfaits, ce témoignage paru en 1968 a valu la célébrité à Margaret Powell (1907-1984). Quarante plus tard, il a inspiré le scénariste de Downton Abbey.


- Lady Yoga en posture critique
de Rain Mitchell
Éditions 10-18 / Avril 2013


Lee est une prof de yoga attentionnée qui change des vies et fait naître des amitiés. Mais une année après la fin de son mariage, elle se bat pour élever ses jumeaux et joindre les deux bouts dans son petit studio situé dans le quartier en vogue de Silver Lake. En Californie, les cours de yoga sont dominés par des profs célèbres pourvus d'agents, d'attachés de presse et d'autres parasites que Lee a refusé. Quand on lui offre un poste dans un festival de yoga prestigieux au lac Tahoe, elle doit choisir entre ses principes (et ceux de l'homme qu'elle commence à fréquenter) et l'envie de devenir une "star". Le choix serait plus simple si ses quatre meilleures amies pouvaient la suivre, mais chacune a des problèmes à régler. Katherine, une masseuse au passé troublé, se fait expulser du seul foyer qu'elle n'a jamais connu. Graciela, une danseuse, tente de cacher son aventure avec un célèbre joueur de baseball à son copain instable. Imani est une actrice télé qui jongle entre sa maternité et son retour à l'écran. Stéphanie enfin, scénariste, tente de composer avec une relation inattendue.


- Légèrement seul
de Daniel de Roulet
Éditions Phébus / Avril 2013


Par devoir de mémoire et goût de l'aventure, Daniel de Roulet et quelques amis ont imaginé refaire par tronçons un chemin emprunté quatorze siècles plus tôt par des moines partis d'Irlande pour traverser l'Europe et fonder des monastères. Journal de bord de ce périple, antithèse absolue du voyage pédestre nécessairement rentabilisé à moindre effort par des beautés naturelles, architecturales ou historiques dûment estampillées dans un guide, Légèrement seul va à l'encontre du tourisme pédestre garantissant l'émerveillement balisé. Si le marcheur solitaire note les signes laissés par le temps, évite les embûches, découvre une ancienne route romaine ou les traces de Madame Bovary, il accepte aussi l'ennui d'une départementale morne, la surprise d'un pont absent de toutes cartes et l'aventure vécue sur un asphalte où plus personne ne se risque. Friches urbaines, zones rurales désertes, no man's land. Daniel de Roulet sort une nouvelle fois des sentiers battus, au risque de se laisser étonner par la vie, d'être déçu et de rêver.


- Léman
de Mona Thomas
Éditions Stock / Avril 2013


"Quand on est en désespoir d'amour on touche à la vie. Tandis qu'être amoureux… On s'illusionne, c'est une ivresse. Quand on est en désespoir d'amour, on touche à… ce qui s'enfuit. Ce n'est pas l'euphorie de l'état amoureux. La vie est belle à ce moment-là. Elle est douloureuse mais elle est surtout belle. On touche à la vie dans son état premier comme si rien n'était encore arrivé".


- Madame George
de Noëlle Châtelet
Éditions Du Seuil / Avril 2013


Il y a ceux qui y croient et ceux qui n'y croient pas. La présence des morts en nous, communément appelée esprits, fantômes, apparitions, divise selon les sensibilités, les cultures, les religions. Ces corps immatériels, Jean-Marc, médecin, psychiatre et psychanalyste, par principe rétif aux phénomènes occultes, les croise à contrecœur. Prisonnier malgré lui des filets de sa "déraison", dans la maison de George Sand à Nohant, il bascule. Une expérience à la fois psychique et intellectuelle qui le rendra davantage à l'écoute de l'inconnu et de ses propres disparus.


- Maintenant le mal est fait
de Pascal Dessaint
Éditions Payot & Rivages / Avril 2013


"Être soi-même se révèle parfois une faute, ou une erreur. Il y a une grande différence. La faute est impardonnable, très souvent. L'erreur est rectifiable, si on a le temps pour soi. Ma mère ne paraissait pas La disparition troublante d'un homme va changer le regard que ses amis portent sur eux-mêmes, perturber l'équilibre déjà fragile d'une petite communauté qui voit son existence contrariée par un projet de route. Comment saisir les forces qui gouvernent la vie de chacun, et s'en accommoder? Au-delà d'un roman sur l'amitié et les risques qu'elle fait courir, Maintenant le mal est fait est une réflexion sur la frénésie de notre monde et sur le progrès, sur les rapports complexes que les hommes entretiennent avec la Nature et sur le mal qui en découle.


- Maurice et Mahmoud
de Flemming Jensen
Éditions Gaïa / Avril 2013


Maurice est un comptable doté d'un indécrottable humour danois et en pleine procédure de divorce. Mahmoud, son assistant, est un jeune musulman un peu geek sur les bords, qui n'a jamais vraiment eu de copine. Le premier est cynique et désabusé, le deuxième idéaliste et romantique. Le premier ne peut s'empêcher de persifler, le deuxième s'efforce de ne pas le prendre mal. Le premier habite chez le deuxième depuis que sa femme l'a mis dehors. Entre frictions culturelles et religieuses, préjugés et décalages générationnels, Flemming Jensen livre un pamphlet sur ce qui tant bien que mal nous rapproche les uns des autres.


- Misericordia
de Jack Wolf
Éditions Belfond / Avril 2013


Foisonnant, bourré d'aventures et de rebondissements, un roman hors normes qui mêle philosophie des Lumières, leçons d'anatomie à la bougie et amours maudites. Portée par une écriture flamboyante, une œuvre d'une richesse exceptionnelle. Tristan Hart a vingt ans quand il quitte sa campagne du Berkshire pour rejoindre Londres et les enseignements du légendaire Dr William Hunter .Étudiant surdoué, depuis toujours obsédé par la relation entre le corps et l'âme, son ambition de chirurgien est de soulager la souffrance. Mais dans le secret de son cabinet d'études, il est une chose que Tristan n'ose s'avouer: le plaisir extrême qu'il prend à infliger la douleur. C'est alors qu'apparaît dans sa vie la belle Katherine Montague.


- Monsieur Spleen
Notes sur Henri de Régnier
de Bernard Quiriny
Éditions Du Seuil / Avril 2013


Poète, romancier, critique, Henri de Régnier (1864-1936) fut une sommité dans la littérature de son époque. Successivement chef de file des jeunes symbolistes, romancier à succès, pilier du Mercure de France, conteur fantastique et Académicien français, il fut adoubé par Mallarmé, admiré par André Gide, haï par Montesquiou qu'il combattit en duel, et fréquenta tous les artistes de son temps. Il fut aussi l'époux cocu de Marie de Heredia, la fille du poète, qui lui donna un fils signé Pierre Louÿs. Spleenétique, aimable et tourmenté, ce personnage oublié témoigne d'un art de vivre et d'écrire qui nous change de l'hystérie contemporaine. Avec ce libre portrait aux allures de flânerie mélancolique, Bernard Quiriny ressuscite ce second couteau magnifique et remet toute une époque en scène.


- Mr Lever court sa chance
de Graham Greene
Éditions Robert Laffont / Avril 2013


Si Graham Greene a été acclamé pour ses romans, il fut un nouvelliste tout aussi virtuose. Ses nouvelles, écrites entre 1929 et 1990, ont été publiées dans divers recueils - "Un certain sens du réel", "Pouvez-vous nous prêter votre mari?", "Seize nouvelles" et à la suite de certains de ses romans, mais n'avaient jamais été réunies en une seule édition. La collection "Pavillons Poche" les rassemble donc pour la première fois en deux volumes, et les présente par ordre chronologique. Cette édition compte également les nouvelles inédites parues dans la collection "Bouquins" en 2011 dans La Chaise vide et autres récits inédits. Dans ces quelque cinquante-deux textes, pareils à des instantanés photographiques collectés dans un album, Greene offre un tableau cynique et réaliste de la société qui l'entoure. Les sentiments humains y sont disséqués et décrits avec un humour féroce et parfois nostalgique. Trahison, obsession, ardeur, fantastique, rêve, peur, pitié, violence, déchéance... tels sont les nombreux thèmes abordés. Dans la nouvelle qui donne son titre au premier volume, il est question de déchéance sociale. M. Lever, vendeur de machines à la retraite, très appauvri par la crise financière, accepte dans son désespoir une dernière commission qui l'amène en Afrique à la recherche d'un certain Davidson. Alors qu'il menait autrefois une vie confortable, le héros remet désormais entièrement son sort entre les mains de cet inconnu, à l'autre bout du monde.


- Ne vends jamais les os de ton père
de Brian Schofield
Éditions Albin Michel / Avril 2013


En 1877, les Nez-Percés ont effectué l'un des voyages les plus incroyables de l'histoire de l'Ouest américain. Alors que des vagues d'immigrants européens déferlaient sur le nord-ouest des Etats-Unis, sept cents Indiens, en majorité des vieillards, des femmes et des enfants, durent s'enfuir de leur territoire ancestral pour protéger leur liberté. Pendant des semaines, ils ont tenu en échec l'armée américaine et parcouru plus de deux mille kilomètres dans des conditions difficiles. Cet exode s'est terminé tragiquement alors qu'ils étaient sur le point de trouver refuge au Canada. Tandis qu'il refait à son tour le voyage des Nez-Percés, Brian Schofield dévoile au lecteur l'incroyable histoire de cette tribu qui a rencontré les Blancs très tardivement, au début du XIXe siècle. Dans l'Amérique d'aujourd'hui, il découvre également le coût humain et environnemental de la Conquête de l'Ouest et, à partir de l'histoire remarquable et poignante des Nez-Percés, il fait la synthèse de cette relation cruelle et particulière que les Etats-Unis ont entretenue avec les peuples indiens à travers l'histoire et jusqu'à présent.


- Nos gloires secrètes
de Tonino Benacquista
Éditions Gallimard / Avril 2013


Un meurtrier anonyme, un poète vengeur, un parfumeur amoureux, un antiquaire combattant, un enfant silencieux, un milliardaire misanthrope. Les personnages de ces six histoires ont un point commun: leur vie intérieure est bien plus exaltante que leur vie quotidienne. Et leur part d'ombre n'est rien en comparaison de leur part lumineuse. Une vérité que l'on tait, un exploit que l'on cache, un passé inavouable. Lequel d'entre nous ne garde pas, enfouie au plus profond, sa gloire secrète?


- Not fade away
de Jim Dodge
Éditions 10-18 / Avril 2013


Dans le San Francisco des late 50's, Georges Gastin trompe le spleen et vit d'arnaques à l'assurance. Quand il doit bazarder une Cadillac, cadeau d'une fan enamourée au Big Bopper, star du rock'n'roll disparue dans un crash, Georges jure de conduire l'offrande sur la tombe fantôme. Et se lance dans une quête romantico-absurde sous speed, peuplée d'inoubliables rencontres.


- Notre cher Marcel est mort ce soir
de Henri Raczymow
Éditions Denöel / Avril 2013


Proust meurt le 18 novembre 1922 à cinquante et un ans au 44, rue Hamelin à Paris. Si toute vie prend son sens en regard de sa fin, celle d'un écrivain se double d'une autre course de vitesse. Deux adversaires s'opposent: le souci d'achever son œuvre et la mort qui se rapproche. Aura-t-il le temps d'atteindre son dernier mot, de poser le mot "fin"? Pour Proust, les choses sont encore plus tragiques. Car la Recherche est une œuvre toujours à reprendre, à corriger, à nourrir. Par principe, elle est sans fin. Proust malade et se sachant condamné, son attentive et dévouée gouvernante Céleste à ses côtés, lutte non tant pour survivre quelques jours ou même quelques heures mais pour, une fois encore, ajouter, biffer, corriger son immense chef-d'œuvre, ce souci interminable.


- ON / OFF
de Ollivier Pourriol
Éditions Nil / Avril 2013


La comédie de la télé comme si vous y étiez. "Les rôles sont simples. Moi je passe les plats. La blonde, les questions de blonde. Le chauve, les questions de chauve, la politique, la dette, tout ça. Et toi, tu es encore jeune mais tu as des cheveux blancs, il faut que tu donnes de la hauteur. Un éclairage différent. Différent à quel point? Comme tu sais faire. Le philosophe! Une pensée en quelques mots, un truc qui ne soit ni de la politique, ni de la question primaire, un truc... intelligent, quoi. Intelligent combien? On n'est pas à Normale sup'. Intelligent, mais pas trop".


- Port Eden
de Jean-Michel Barrault
Éditions Flammarion / Avril 2013


En 1877, à Paris, durant la Révolution industrielle, une annonce passée dans la presse invite à partir et faire fortune à Port Eden en acquérant des terres vendues à cinq francs l'hectare. Fasciné par la personnalité du marquis de Ray qui est à l'origine de l'idée, un jeune journaliste s'embarque pour la Nouvelle-Guinée et découvre les réalités du lieu.


- Pourquoi je suis devenu écrivain
de Andrzej Stasiuk
Éditions Actes Sud / Avril 2013


Stasiuk, chef de file de la littérature polonaise, nous entraîne à l'époque de sa jeunesse révoltée: ambiance rock'n'roll garantie. Musique, littérature, alcool, la venue à l'écriture de l'auteur se fait en opposition à la déprime d'un quotidien socialiste. Il est entouré de personnages hauts en couleur, eux aussi sur le chemin de la rébellion. L'histoire est en marche, les événements se précipitent: service militaire, désertion, prison, état de siège, clandestinité. Écrite d'un seul souffle, cette confession iconoclaste se moque de tout, et d'abord de Stasiuk lui-même.


- Pourquoi pas ?
de David Nicholls
Éditions 10-18 / Avril 2013


Bristol, 1985. L'université, Brian Jackson s'y voyait déjà: une vie d'étudiant sans contrainte, une sexualité débridée, des amis par centaines, un diplôme en or, qui serait suivi d'une entrée fracassante dans la vie active. Oui, mais voilà, la réalité est loin d'être aussi idyllique. Une acné récalcitrante, des fringues informes chinées aux puces, une spécialisation dans la très moyenne et très populaire section de littérature anglaise, pas un sou en poche et une passion farouche pour Kate Bush. Un seul véritable talent: une culture générale qui ferait de lui le candidat idéal pour participer au "Questions pour un champion" local, le quiz télévisé "University Challenge". Recruté dans l'équipe in extremis, Brian est bien décidé à remporter le trophée et le cœur de la belle et riche Alice, aspirante actrice. Pour l'aider dans sa mission, Rebecca, punkette grande gueule, juive marxiste, improvisée conseillère en relations sociales et sentimentales. Enfin la chance semble lui sourire. Mais lorsque vous vous appelez Brian Jackson, la malchance finit toujours par se rappeler cruellement à vous.


- Pour une fois
de David Nicholls
Éditions Belfond / Avril 2013


La poisse, Stephen McQueen connaît bien. Un divorce mal cicatrisé, une enfant qui le prend de haut, un studio minable dans une banlieue perdue, un CV qui déborde de rôles de figuration muette et inanimée. Pour ce trentenaire londonien, la vie a un goût amer. Pourtant, il le sait, il le sent, il ne lui manque pas grand-chose pour enfin mettre son nom en haut de l'affiche. Et voici que le destin semble lui offrir une chance de révéler son talent. Promu doublure-remplaçant du célébrissime et so sexy Josh Harper, Stephen attend chaque soir l'occasion de jouer les premiers rôles. Mais l'arrogante star n'est pas prête à partager la vedette, et prend même un malin plaisir à tourmenter et humilier ce pauvre Stephen. Alors que ce dernier pensait avoir touché le fond, la fortune place sur son chemin la belle et sensible Nora, la femme de Josh. L'amour ou la gloire, telle est la question.


- Pressentiments
de Katherine Webb
Éditions Belfond / Avril 2013


En 2011, Ypres est le théâtre d'une surprenante découverte: le corps d'un soldat de la Grande Guerre est retrouvé, parfaitement conservé. Dans ses poches, deux lettres signées H. Canning. Qui était ce soldat inconnu? Leah, journaliste, est chargée de mener l'enquête. Un siècle plus tôt, dans une tranquille bourgade du Berkshire, le révérend Albert Canning et sa naïve épouse Hester vont voir leur vie bouleversée par l'arrivée de deux curieux personnages: Cat, la nouvelle bonne, jeune femme secrète et indépendante, envoyée à la campagne après une affaire qui l'a conduite en prison; et Robin Durrant, troublant jeune homme versé dans les sciences occultes. Tensions, désirs, frustrations... En cet été caniculaire, le drame couve dans la maison Canning. Un drame si terrible que des générations plus tard, ses conséquences se font encore ressentir.


- Psaumes balbutiés
Livre d'heures de ma mère
de Erwin Mortier
Éditions Fayard / Avril 2013


"Je m'imagine les entendre, les ravages silencieux qui se propagent dans ce corps: des cordes qui sautent, des fils qui cassent, des câbles qui craquent en chantant, le doux gémissement de poutres qui s'affaissent. Ma mère, une maison qui s'écroule lentement, un pont qui danse sous l'effet d'une secousse sismique". En une succession de fragments somptueux, Erwin Mortier décrit le processus de dégénérescence de sa mère. Pour celle qui était douée d'une grande sensibilité musicale, il compose des psaumes "balbutiés" qui disent la douleur de voir un être tant aimé perdre lentement son âme. Adieu vibrant à la mère, ce texte très poétique nous parle aussi de la langue, de l'écriture et du métier d'écrivain.


- Quand Dieu était un lapin
de Sarah Winman
Éditions Flammarion / Avril 2013


Dans l'Essex en 1968, l'année où Paris est descendue dans la rue, où Martin Luther King a perdu la vie à cause d'un rêve et où Eleanor Maud Portman, surnommée Elly, est née. Ce livre raconte la vie de la jeune Elly avec ses parents, ses amis et son lapin baptisé Dieu. Une histoire de l'enfance, de l'excentricité, du pouvoir des liens familiaux, de l'amour.


- Retour à Champfontaine
de Michel Dodane
Éditions Albin Michel / Avril 2013


Au matin du 9 novembre 1944, le 6e corps de l'U.S. Army, épaulé par des groupes de maquisards français, gagne la bataille de Franche-Comté. À Champfontaine, les cloches de l'église sonnent à toute volée, on s'embrasse, on saute au cou des héros qui font danser les filles… Comment Marthe Sorin aurait-elle pu oublier ce jour-là? Vingt-quatre ans plus tard, elle découvre, endormi dans sa grange, un jeune inconnu qui parle français avec un fort accent américain. Tom Powers est un G.I. Il profite d'une permission pour tenter de retrouver sa mère. Aussitôt, le visage de Marthe se ferme. À Champfontaine, on ne se livre pas facilement. Mais Tom a du charme, et certains secrets sont bien lourds à porter.


- Rouge de Paris (1789-1794)
de Jean-Paul Desprat
Éditions Du Seuil / Avril 2013


Octobre 1789. Durement éprouvée par la fuite de sa riche et princière clientèle, la manufacture de Sèvres est saisie par la fièvre patriotique qui s'est emparée de Paris et gagne la France entière. La jeune Adèle Masson, qui s'est fait une spécialité de la peinture d'oiseaux sur porcelaine, s'emploie à trouver les moyens de sauver la fabrique qui, de royale, va bien vite devenir nationale. Elle peut compter sur son père, Anselme Masson, paralysé mais dont l'intelligence est demeurée intacte. Mais sur qui d'autre s'appuyer pour parvenir à ce but? Sur Marie-Antoinette, encore influente, et que le parrain d'Adèle, Blanchot, ira visiter jusque dans sa prison du Temple? Sur Mirabeau, le trublion, que son accord secret avec le roi a rendu immensément riche? Sur Roland, ministre de Louis XVI, administrateur scrupuleux? Sur Danton, enfin, ce jouisseur effréné qui semble vouloir oublier la Terreur pour ne plus songer qu'à l'amour et à la beauté?


- S.E.C.R.E.T.
de L. Marie Adeline
Éditions Presses De La Cité / Avril 2013


Aucune honte. Aucune limite. Aucun tabou. Depuis la mort de son mari, Cassie, la trentaine, travaille comme serveuse dans un café de La Nouvelle-Orléans. Ses jours se suivent et se ressemblent, jusqu'à ce qu'une cliente laisse derrière elle un petit carnet de confessions très intimes. À travers ce journal érotique, Cassie découvre l'existence d'une agence de coaching d'un genre particulier, S.E.C.R.E.T., dont le but est d'aider les femmes à regagner confiance en elles par la reprise en main de leur sexualité. Malgré son appréhension, Cassie décide d'être initiée au programme en dix étapes, afin de renouer avec le plaisir et avec son corps. Mais est-elle prête à céder à tous ses fantasmes?


- Si je ferme les yeux
de Edney Silvestre
Éditions Belfond / Avril 2013


1961. Dans un Brésil qui goûte enfin à la démocratie, tous les espoirs sont permis, même les plus fous. Paulo et Eduardo ont douze ans, des rêves plein la tête et s'imaginent déjà quitter leur petite ville de l'État de Rio pour devenir astronaute, ou bien Président. Jusqu'à ce jour où, dans le bois de manguiers voisin, les deux garçons découvrent le cadavre atrocement mutilé d'Aparecida, une jolie métisse. Bouleversés par ce crime sauvage, choqués par l'indifférence raciste de la police locale, Paulo et Eduardo décident de faire justice avec l'aide d'Ubiratan, un vieux dissident toujours hanté par ce qu'il a subi pendant la dictature. Ensemble, ils vont lever le voile sur les terribles agissements d'une élite politique et religieuse prête à toutes les violences pour ne pas perdre le pouvoir.
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