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 Les dernières parutions

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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 13:23

- Un chien dans le ventre
de Hilde Hagerup
Éditions Les Grandes Personnes / Avril 2011


Jonas Nilsen compte les jours. Bientôt, sa mère sortira de prison, où elle purge sa peine depuis presque six ans. À son retour, Jonas devra cesser d'enjoliver. À son retour, il dira les choses telles qu'elles sont: qu'il n'a pas de véritable ami ni de petite copine nommée Bobby, qu'il n'a jamais été délégué de classe, que sa vie est en fait bien plus moche qu'il n'a jamais osé l'avouer. Pendant toutes ces années, il n'a pourtant pas été question pour lui de mentir. Juste de faire en sorte que tout soit plus beau aux yeux de l'absente. Un roman attachant et affranchi des conventions littéraires, qui dit avec pudeur la difficulté d'être différent à l'âge où on se construit, qui dit la détresse et la violence des espoirs déçus, la complexité du passage à l'âge adulte.


- Un délicieux naufrage
de Frank de Bondt
Éditions Buchet Chastel / Avril 2011


Philippe Langon est un homme respectable, prof à l'université, intellectuel reconnu, auteur d'un essai politique qui a eu un certain succès. À 55 ans, marié à Babette, père de 4 enfants, il s'ennuie pourtant. Jusqu'à ce qu'il croise Lena, 28 ans, qu'il va séduire (pour se sentir redevenir jeune?), et qui lui apporte la bouffée d'oxygène dont il a besoin à ce moment précis de sa vie. Cette parenthèse ludique, légère, devient une véritable passion qu'il finit par ne plus maîtriser du tout. Jusqu'où cette aventure sans lendemain l'emportera? Ce texte drôle et léger est plus sérieux qu'il ne paraît au premier abord. Le cadre universitaire, les contraintes familiales, le contraste 28-55 ans, ménagent des scènes cocasses. Mais ce qui intéresse surtout l'auteur, c'est de développer, avec une certaine finesse, une réflexion sur l'amour à travers des personnages très différents. On retrouve Frank de Bondt dans ce roman doux-amer. Lucidité et ironie sont au rendez-vous. Une vie, finalement, ce n'est ni si bon ni si mauvais qu'on croit.


- Un lac immense et blanc
de Michèle Lesbre
Éditions Sabine Wespieser / Avril 2011


"Je réinvente ma vie dans le désordre en mélangeant les temps, les lieux, les êtres chers, mais c'est tout de même ma vraie vie. Peut-être que cette journée est un cadeau plutôt qu'un empêchement et un rendez-vous manqué. J'attendais l'Italien, c'est Antoine qui est venu, dans le silence de la ville qui est une autre ville, lointaine et familière à la fois". M. L.
Par un matin de neige, la narratrice attend dans une gare un homme qu'elle ne connaît pas: elle a envie de parler de Ferrare avec cet étranger qui, tous les mercredis matin, dans ce Café lunaire où ils ont leurs habitudes, évoque inlassablement sa ville d'origine. Elle a pris sa journée, mais l'homme n'arrive pas par le train habituel. Dès lors le temps s'étire, en autant de fondus enchaînés que favorise la blancheur environnante: les grilles du Jardin des Plantes s'estompent, laissant place au "lac immense et blanc", noyé sous la neige de l'Aubrac, où Édith Arnaud vécut ses premières amours et ses premiers combats politiques. Elle n'a jamais revu Antoine, le jeune homme en colère qui, à l'aube des années soixante, voulait changer le monde. Sa silhouette traverse le récit et bientôt se superpose à celle de l'Italien du delta du Pô, dont les brumes hantent le paysage mental de cette femme rompue à l'usage du monde. Le temps qui passe, la perte des illusions et les rendez-vous manqués ont pourtant éveillé en elle une joyeuse mélancolie. Témoin ses dialogues loufoques avec le corbeau freux du Jardin des Plantes. Dans le silence et la blancheur de cette journée particulière, la solitude a moins que jamais le goût des renoncements. Entrelaçant fiction et expérience intime, Michèle Lesbre est, dans ce récit lumineux, au plus près d'elle-même.


- Un papillon sous la neige
de Daphne-Eva Kalotay
Éditions Presses De La Cité / Avril 2011


Lorsqu'elle décide de mettre en vente son incroyable collection de bijoux, Nina Revskaïa, ancienne étoile du Bolchoï surnommée "Papillon", est persuadée qu'elle a tiré un trait sur son passé. Et pourtant, la danseuse se retrouve assaillie par des souvenirs de sa terre natale et des événements qui ont changé le cours de sa vie, un demi-siècle auparavant. La magie du ballet, sa rencontre avec le poète Viktor Elsin, qui deviendra son mari, mais aussi la dureté du régime stalinien dont elle fut une des victimes, avant de fuir et de venir finir sa vie à Boston. Nina n'a jamais partagé les terribles secrets de cette époque, mais deux personnes vont tout faire pour les découvrir: Drew Brooks, la jeune femme qui s'occupe de la vente des bijoux, et Grigori Solodin, un professeur de russe persuadé que Nina détient la clé de son propre passé. Ensemble, ils vont lever le voile sur ce mystère et trouver des réponses qui bouleverseront leur vie à tous les trois.


- Une vie pleine
de Kristin Kimball
Éditions Fleuve Noir / Avril 2011


Mon histoire d'amour avec un homme et une ferme. Deux rencontres ont changé le cours de l'existence de Kristin Kimball, journaliste new-yorkaise trentenaire: l'une avec Mark, jeune fermier bio compliqué, exaspérant mais ô combien séduisant; l'autre avec le travail de la terre dont elle a fait, contre toute attente, son métier. Ce livre est le récit de ces deux histoires d'amour. La terre prend racine en vous; à côté, tout le reste paraît dérisoire. Vos champs deviennent un univers à part entière. Et vous vous rendez compte que c'est au royaume des magnétoscopes numériques, des tours de bureaux, des fast-foods, du chauffage central et de l'air conditionné, dans ce pays ou presque tout le monde vit aujourd'hui dans le confort, que vous étiez privé de quelque chose: du plaisir du désir, de l'effort et de la difficulté, du sens de l'accomplissement.


- Vladivostok
de Cédric Gras
Éditions Phébus / Avril 2011


Lorsque Cédric Gras, irrésistiblement attiré par les confins, descend du Transsibérien tant fantasmé et découvre Vladivostok, il est déçu de ne pas trouver le bout du monde auquel il s'attendait. "Vladivostok, c'est un marais à l'eau salée et à l'air vicié. On a beau être dans le plus grand pays du monde, on n'en reste pas moins prisonnier de cette péninsule à la pointe difforme". De la désillusion initiale va naître une exploration patiente de cette cité portuaire si proche de la Chine. Ni les déboires liés à son installation ni la laideur première des rues n'empêcheront le jeune homme d'être, saison après saison, envoûté par cette ville cachée et porteuse de rêve. Hymne à l'Extrême-Orient russe, à sa rudesse, à sa fougue et à ses habitants, Vladivostok est le récit de cette fascination grandissante pour une terre méconnue.


- Voyage en Pologne
de Alfred Döblin
Éditions Flammarion / Avril 2011


"Des champs plats passent furtivement, de petites forêts. Au bord d'un cours d'eau, sous un pont de bois, une paysanne va pieds nus, foulard blanc sur la tête. Qu'est-ce que cela? Troupeaux de bœufs. De nouveau des terres cultivées. Beaucoup d'oies blanches. C'est la Pologne". Un matin de septembre 1924, par la fenêtre du train qui l'emmène de Berlin à Varsovie, Alfred Döblin pose pour la première fois le regard sur la campagne polonaise. Il parcourra le pays pendant deux mois, mû par le désir de comprendre cet État voisin, tout juste sorti des cendres de la Première Guerre mondiale et qu'il connaît mal. Posant sur toutes choses un regard curieux, notant au fil de ses promenades les impressions qui feront la matière de ce livre, il interroge sans relâche ses interlocuteurs: "Quelles forces, quelles puissances organisent l'État? Qui gouverne, officiellement ou non? Qui a faim, et qui est rassasié?". Alerté par la montée de l'antisémitisme à Berlin depuis le début des années 1920, Alfred Döblin accorde une attention toute particulière à la population juive. Le mode de vie de ce peuple ayant sa propre langue, sa propre religion et sa propre culture bouleverse le voyageur, lui-même d'origine juive. Ce monde décrit par Alfred Döblin a cessé d'exister: la guerre et la barbarie nazie ont anéanti la culture juive polonaise et bouleversé à jamais la physionomie du pays. Le témoignage de l'écrivain, façonné par le style puissant qui fait de lui l'un des plus grands auteurs allemands du XX(e siècle, retrace les contours d'un monde disparu.


- À la recherche du paon perdu
de Angélique Villeneuve
Éditions Les Grandes Personnes / Mars 2011


Mollux est un garçon passionné de mousses au chocolat et collectionneur de dictionnaires, où il dégote à tout-va des surnoms pour tout ce qui bouge. Ainsi, la plupart de ses profs sont affublés de noms d'animaux étranges, tandis que son père, qui ne lui a parlé qu'à deux reprises, répond au sobriquet de Sauf2fois. Mais voici qu'un jour, l'adolescent surprend ce dernier dans son salon en compagnie d'un invité pour le moins inattendu: un paon. Et quand l'incroyable volatile, puis Sauf2fois, finissent par mystérieusement disparaître, Mollux se lance dans une enquête plus que loufoque, aidé, mais pas toujours, de l'inénarrable Procopé, son seul ami ici-bas.


- Avril enchanté
de Elizabeth Von Arnim
Éditions 10-18 / Mars 2011


Comment résister à une telle offre: "Particulier loue petit château médiéval meublé bord de la Méditerranée". Un jour de pluie et d'autobus bondés, il n'en faut pas plus aux jeunes Londoniennes, Mrs Wilkins et Mrs. Arbuthnot, pour se lancer seules dans l'aventure et partir, sans presque prévenir leurs époux, un mois en Italie. Au menu: soleil, repos et réflexions.


- Cent portes battant aux quatre vents
de Steinunn Sigurdardóttir
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mars 2011


Je déjeunais dans un restaurant de la place Toudouze lorsque je découvris ce qui manquait. Un amant. Un amant pour de vrai, avec mots doux, imposition des mains et tout le saint-frusquin. Comment n'y avoir pas pensé plus tôt? Pourquoi avoir ressassé pendant vingt-cinq ans un amour impossible? Et pourquoi, tout ce temps durant, s'être imposé une désespérante vie sans chair, désolée et blanche? De retour à Paris, Brynhildur se remémore ses années de jeunesse, les eaux froides où l'irrésistible Islandaise a perdu son professeur de grec, et son érotisme avec. Sur le ton d'une confession indécente, un esprit libre et narquois fait le bilan d'une vie dont l'amour est la clé. L'amour et son manque. Rieuse, insolente, Steinunn Sigurdardóttir explore en magicienne les troubles de la passion et les outrages du temps.


- C'est ici que l'on se quitte
de Jonathan Tropper
Éditions 10-18 / Mars 2011


Qu'est-ce qui est pire que d'aller enterrer son père? Réponse, passer les sept jours de deuil qui suivent enfermé avec sa propre famille de dingues. Pour Judd, qui nage en pleine déprime, cette semaine de Shiva'h pourrait être la pire de sa vie. Famille, je vous hais. Heureusement, il y en a au moins un qui n'est plus là pour voir ça.


- Comptine pour l'enfant-soldat
de Chris Abani
Éditions Albin Michel / Mars 2011


My Luck a quinze ans. Enrôlé à la tête d'une unité d'enfants-soldats, il tue pour survivre et parfois pour le plaisir, comme le lui ont appris les adultes. Il ne crie plus, car on lui a coupé les cordes vocales, mais il entend toujours les hurlements de sa mère assassinée devant lui, les légendes que lui racontait son grand-père, et la voix d'Ijeoma, une gamine de son unité qui a sauté sur une mine. Dans cet enfer où les fleuves ne charrient que des cadavres, où le mal et le bien n'ont plus de sens, et où victimes et bourreaux mènent un même combat, la déroute infernale de My Luck sonne comme une terrible prophétie.


- Dead boys
de Richard Lange
Éditions 10-18 / Mars 2011


Dans la touffeur de Los Angeles, immense fourmilière sans âme, des hommes en sursis sont perdus, "K.O. Debout". Si loin, si proches du paradis hollywoodien, les losers magnifiques de Richard Lange aiment, rêvent, picolent, braquent des banques et se brûlent les ailes et le cœur dans une cité des anges qui n'a jamais si mal porté son nom.


- Intuitions
de Dominique Dyens
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mars 2011


Un pavillon cossu dans une banlieue résidentielle, de belles situations, des enfants superbes: les Royer semblent comblés. Mais lorsque leur fils annonce par SMS son prochain mariage, l'image de la famille idéale se fissure. Guidée par une intuition paranoïaque, Nathalie, mère protectrice, décide de mener une enquête sur sa future belle-fille et d'infiltrer son intimité, au risque de faire voler en éclats une vie bien rangée. Car, chez ces gens-là, renoncer à sauver les apparences, c'est se mettre en péril. Avec un sens aigu du suspense et une délicieuse ironie, Dominique Dyens craquelle le vernis lisse du microcosme bourgeois et épingle ses valeurs et ses bonnes manières.


- Je ne suis pas d'ici
de Hugo Hamilton
Éditions Phébus / Mars 2011


Pour Vid Cosic, jeune Serbe de Belgrade et charpentier de métier, Dublin est la ville du nouveau départ, du rêve irlandais. Immigré doué pour l'espoir, un peu naïf sans doute, Vid Cosic ne songe qu'à faire le bien autour de lui. Dès son arrivée, il se lie d'amitié avec un avocat, Kevin Concannon, auquel tout semble réussir, mais qui est résolu à faire taire le chaos familial dans lequel s'est déroulée son enfance. Une rencontre qui représente pour Vid la chance d'appartenir à un nouveau peuple, mais qui sera la source de mille catastrophes. Hugo Hamilton dresse dans Je ne suis pas d'ici le portrait incisif et cocasse d'un émigré sur le sol irlandais, d'un déraciné pour qui éloignement géographique rime avec errance psychologique.


- J'étais numéro un
de Claude Durand
Éditions Albin Michel / Mars 2011


Jusqu'à sa mort on lui donnera du "Monsieur le Président": il a été Chef de l'État, numéro un de son pays. Plus très vert, il n'est pas assuré de rester dans l'Histoire. Pour conjurer l'oubli, il livre ses souvenirs parfois lacunaires, souvent enjolivés, toujours cruels. On découvre la face cachée du pouvoir tel qu'il s'exerce en France, celle d'une Cour agitée par les complots les plus insignifiants interrompus, rarement, par le vertige d'une décision importante à prendre. Parallèlement à ce passé qui défile à un rythme endiablé sous les yeux du lecteur, maintes pages inavouables de sa vie affluent irrésistiblement à l'esprit de l'aventurier politique.


- L'amour du lion berbère et autres récits
de Daniel Katz
Éditions Gaïa / Mars 2011


Dans une ville frontière de Finlande, l'écrivain Attila Kouf vient de mourir, laissant des nouvelles inachevées. Sa veuve, "madame U", croit à un suicide et cherche à comprendre. Persuadée que la clef de l'énigme se cache quelque part dans l'ordinateur du défunt, elle charge un ami, écrivain lui aussi, de prendre connaissance des textes. Devenu narrateur, celui-ci se prend au jeu et devient le double d'Attila Kouf y compris dans sa maison et auprès de sa compagne. Les récits qui s'imbriquent alors font écho aux fabulistes classiques comme aux contes et légendes populaires, et alternent avec des souvenirs ou pensées d'Attila. L'auteur, ou ses doubles?, nous régale de situations délicieusement abracadabrantes, pimentées de subtils jeux de langage.


- La floraison des baobabs
de Hilaire Dovonon
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Mars 2011


Là-bas, le soir, lorsque les voiles du soir s'élèvent en brumes et écumes sur les vagues chevelures des collines, l'on voit le long des coteaux lisses et nus, des filles nubiles descendre lentement vers les sources, les bras portant en équilibre au sommet de la tête, des calebasses au cou d'amphore. Elles descendaient, souples colonnes aux hanches félines, jusques aux sources qui coulent des mamelles des collines, les sources de vie qui font vivre tout le village, pour y puiser l'eau d'un soir, l'eau d'une journée, l'eau d'une vie. Ce recueil nous invite à un voyage africain, un voyage loin des clichés et des images convenues. L'Afrique que nous découvrons dans ces pages est celle du village où se croisent les vivants et les morts, les légendes et la poussière, la vie et la nuit. C'est cette Afrique où l'auteur vit, respire et travaille. Il ne l'explique pas au lecteur, mais la lui fait parcourir avec des yeux africains.


- La limite c'est le ciel
de Elisabeth Godfrid
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Mars 2011


Il suffit parfois d'un répondeur, d'une danse, d'une erreur et tout change. Mystère des tournants de vie. Mouvement souterrain non spectaculaire que le corps sent bien avant les "Je ne veux plus" ou "J'ai envie de ça". Ça ou un autre possible, ailleurs. Dans ces nouvelles, il y a des peurs, des faux bonds, déceptions et des rêves aussi, blessés, lovés mais toujours vivants. Une rencontre, un événement infime et les imaginaires fugueurs retraversent les murs. Le désir encore, la force de vie malgré tout.


- La lune s'enfuit
de Rax Rinnekangas
Éditions Phébus / Mars 2011


C'est l'été en Finlande. Comme tous les ans, Lassi passe ses vacances à Latvala, dans la ferme de son oncle et de sa tante. Comme tous les ans aussi, il y retrouve ses cousins, Sonja et Léo. Mais cet été-là, le treizième de sa vie, rien n'est plus pareil. Sonja, belle et fascinante, entraîne les deux garçons dans un monde de mystérieuses ténèbres. Par la magie d'un érotisme lumineux, les trois jeunes adolescents accèdent à une incandescente intimité. Mais la mort rôde sous le ciel de juillet. Ce qui était ne sera jamais plus. Et la joie va laisser place à un immense chagrin. La littérature finlandaise offre, avec La lune s'enfuit, l'un de ses plus beaux joyaux, tant l'écriture cristalline de Rax Rinnekangas parvient à saisir avec une rare précision les émois et les méandres de l'adolescence.


- La merditude des choses
de Dimitri Verhulst
Éditions Denöel / Mars 2011


Bienvenue dans la Belgique profonde, chez la plus grande famille de soiffards que la terre ait jamais portée. Dimitri vit avec son père et ses trois oncles chez sa grand-mère, une sainte femme qui fait leur lessive, les laisse boire sa maigre pension et nettoie le mobilier avant le passage de l'huissier. Les Verhulst ne travaillent pas, ou seulement en cas d'extrême nécessité. Le reste du temps, ils éclusent les bars de Reetveerdegem lors de beuveries épiques, défendent à coups de poing l'honneur familial, organisent des Tours de France éthyliques ou des courses de vélo nudistes. Leur dieu: Roy Orbison; leur déesse: la Dive Bouteille. De cuites phénoménales en tendres démonstrations de solidarité familiale, La Merditude des choses dresse le portrait d'un clan de marginaux déjantés, qui sont à la société ce que la famille Addams est aux Lequenois. Un roman hilarant et mélancolique, mais qui porte sur ses personnages le regard tendrement nostalgique de celui qui en a réchappé et, par là même, a trahi.


- La terre des mensonges
de Anne B. Ragde
Éditions 10-18 / Mars 2011


Quelques jours avant Noël, en Norvège, dans une ferme délabrée de Trondheim, la tyrannique Anna Neshov se meurt. Ses trois fils, leur père, ombre fantomatique et Torunn, l'unique petite-fille, se retrouvent alors pour la première fois pour une confrontation explosive ou éclateront les drames secrets dont sont tissées leurs vies.


- Le caveau de famille
de Katarina Mazetti
Éditions Gaïa / Mars 2011


Elle c'est Désirée, la bibliothécaire, et lui c'est Benny, le paysan. Elle dévore les livres comme les produits bio, lui élève des vaches et n'imagine pas qu'on puisse lire "de son plein gré". Pourtant, ils s'accordent trois essais pour avoir un enfant ensemble. Si cela ne donne rien, c'est terminé pour toujours. Et si ça marche. Comme le disait un critique littéraire suédois: "Le quotidien tue l'amour, la vie de famille l'enterre." C'est gai. Bienvenue dans le caveau de famille. Pétillant et jubilatoire.


- Le cheval soleil
de Steinunn Sigurdardottir
Éditions 10-18 / Mars 2011


Elle porte le nom d'une fleur, mais Lilla n'a jamais vraiment éclos. Elle a grandi dans l'indifférence de ses parents, trop occupés à soigner les enfants des autres. Lorsque son grand amour réapparaît des années plus tard à Reykjavik, Li décide de commencer à vivre. De remuer la terre souillée de ses souvenirs, depuis les nuits passées avec son frère dans le grenier, ses conversations avec une amie imaginaire, à son mariage raté, pour faire enfin pousser le bonheur. Mais les fjords glacés ne murmurent-ils pas que les chagrins d'amour se transmettent de génération en génération?


- Le livre de Joe
de Jonathan Tropper
Éditions 10-18 / Mars 2011


Après dix-sept ans d'absence, Joe revient à Bush Falls, le patelin de son enfance. Couronné par le succès d'un livre qui ridiculisait ses voisins, il se heurte à l'hostilité d'une ville entière, bien décidée à lui faire payer ses écarts autobiographiques. Entre souvenirs et fantômes du passé, Joe va devoir affronter ses propres contradictions et peut-être enfin trouver sa place.


- Le polygame solitaire
de Brady Udall
Éditions Albin Michel / Mars 2011


Brady Udall raconte l'histoire exceptionnelle d'une famille non moins exceptionnelle. À quarante ans, le très mormon Golden Richards, quatre fois marié et père de vingt-huit enfants, est en pleine crise existentielle. Son entreprise de bâtiment bat de l'aile, son foyer est une poudrière minée par les rivalités et les menaces d'insurrection. Rongé par le chagrin depuis la mort de deux de ses enfants, il commence sérieusement à douter de ses qualités de père et de sa capacité à aimer. Golden Richards, tragiquement fidèle à ses idéaux, se sent seul. Mais dans le désert du Nevada, il va découvrir que l'amour est une mine inépuisable. Porté par une verve aussi féroce qu'originale, Le Polygame solitaire nous parle avec humour du désir et de la perte, de la famille et de l'amour.


- Mal tiempo
de David Fauquemberg
Éditions 10-18 / Mars 2011


Cuba. Une poignée de boxeurs prometteurs réunis pour un stage intensif. Parmi eux, le jeune prodige Yoangel Corto, un poids lourd au style unique, frontal. Lui, le paysan d'un pueblo perdu, traversé par l'antique magie de ses ancêtres yorubas, réussira -t-il l'impossible: vaincre, vraiment?


- Mathilda Savitch
de Victor Lodato
Éditions 10-18 / Mars 2011


Minutes de silence, peurs irraisonnées, enfants qui se déguisent en terroristes. Voici l'Amérique de Mathilda Savitch, adolescente en colère. Tout a changé lorsque sa sœur aînée a disparu. Face à des parents écrasés de chagrin, Mathilda, cruellement inventive, observe son petit monde et cherche sa place. Pourtant, sa voix unique crie haut et fort.


- No impact man
de Colin Beavan
Éditions 10-18 / Mars 2011


Réduire au maximum son empreinte environnementale. C'est le défi de Colin Beavan. Pas facile quand on vit en plein cœur de Manhattan avec femme et enfant, au 9e étage d'un building. Pourtant, pendant un an, ce sera sans ascenseur, sans réfrigérateur, sans climatiseur ni voiture. À l'heure de la surconsommation, le défi relève presque de l'impossible. Le compte à rebours est enclenché.


- Perte et fracas
de Jonathan Tropper
Éditions 10-18 / Mars 2011


Doug a vingt-neuf ans et il est veuf. Plus qu'un constat, c'est un art de vivre, qui s'incarne dans une léthargie autodestructrice au Jack Daniel's et une chronique hebdomadaire, Comment parler à un veuf. Tout ça lui conviendrait parfaitement si sa famille, mobilisée au grand complet, ne s'était pas mis en tête de le sortir de sa torpeur.


- Portrait de femme
de Henry James
Éditions 10-18 / Mars 2011


Belle, libre, intelligente, Isabel n'en reste pas moins orgueilleuse et naïve. Cette Américaine en mal d'aventure va découvrir la vie en accéléré sur les bords de la Tamise. Entre passion et confusion des sentiments, elle entame un voyage initiatique dans la haute société de la fin du XIXe siècle.


- Regarder au-delà
de Hugues de Montalembert
Éditions Anne Carrière / Mars 2011


En 1978, Hugues de Montalembert a été agressé à New York par deux hommes venus le voler. Lors d'un affrontement violent, l'un d'eux lui a jeté du décapant au visage. En quelques heures, il s'est retrouvé aveugle. Cet ouvrage est le fruit de trente ans de réflexion sur les conséquences de cette nuit-là. Avec une concision et une force remarquables, mêlant la pensée actuelle aux extraits de son journal intime d'alors, l'auteur retrace, sans jamais s'apitoyer sur son sort, ce par quoi il a dû passer: accepter que la vie bascule brutalement, se rééduquer pour retrouver, autant que possible, une existence libre et indépendante, savoir se faire aider mais aussi savoir établir avec les autres une relation dans laquelle sa condition se ferait oublier. De façon étonnante, il a continué à voyager seul à l'autre bout du monde, et même à voir, bien qu'il ait perdu l'usage de ses yeux.


- Roman de l'au-delà
de Matthias Politycki
Éditions Jacqueline Chambon / Mars 2011


Il est parfois des matins où l'air déjà tiédi, la lumière dorée augurent bien de la journée. C'est ainsi que le Pr Schepp, entrant dans son bureau d'humeur joyeuse, reste figé d'effroi en découvrant, assise à sa table de travail, sa femme immobile, inanimée, morte. Une mort qui le ramène quarante ans en arrière, à l'époque de leurs fiançailles. Influencés sans doute par le tableau d'Arnold Böcklin, ils avaient fait un serment: le premier qui mourrait attendrait l'autre sur le rivage, afin de rejoindre ensemble l'Île des morts. Mais à mesure que les heures passent, alors que déjà les ombres s'allongent et qu'une odeur douceâtre envahit sournoisement la pièce, le professeur, toujours plongé dans le manuscrit que corrigeait son épouse, découvre, atterré, une femme tout autre qu'aimante, une étrangère. Qui ne l'attendra plus dans l'au-delà.


- Rose
de Tatiana de Rosnay
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mars 2011


Paris, sous le Second Empire. Les ambitieux travaux d'Haussmann réduisent des quartiers entiers en poussière et génèrent des milliers d'expropriations douloureuses. Loin du tumulte, Rose Bazelet mène une vie paisible, au rythme de sa lecture du Petit Journal et de ses promenades au Luxembourg. Jusqu'au jour où elle reçoit la fatidique lettre du préfet: sa maison, située sur le tracé du boulevard Saint-Germain, doit être démolie. Liée par une promesse faite à son mari, elle ne peut se résoudre à partir. Contre le baron, contre l'empereur, Rose va se battre pour sauver la demeure familiale qui renferme un secret jalousement gardé.


- San Francisco
de Catherine O'Flynn
Éditions Jacqueline Chambon / Mars 2011


Frank présente les infos régionales sur une chaîne de télévision locale à Birmingham. Quand il ne prépare pas un reportage sur le concours de la meilleure tourte des Midlands ou qu'il ne rend pas visite à sa mère dans sa maison de retraite, il est hanté par les disparitions: celle de son prédécesseur et ami, Phil Smethway, étrangement renversé sur une petite route de campagne par un mystérieux chauffard; celle des bâtiments imaginés par son père architecte dans le plus pur style brutaliste et que l'éternelle soif de renouvellement de Birmingham détruit les uns après les autres; celle d'inconnus, enfin, à qui une mort solitaire vaut un passage aux informations mais dont l'existence semble n'avoir laissé aucune empreinte. Entre les drames et les ridicules du milieu médiatique et une mère qui se complaît dans un cynisme ravageur, Frank va tenter de donner un sens à toutes ces absences. Avec des personnages à la fois drôles et touchants, dans ces ambiances douces-amères qu'elle excelle à créer, Catherine O'Flynn compose un roman très anglais sur la famille, l'amitié et la mauvaise télévision. Livre après livre, elle raconte la tristesse du monde moderne sans jamais perdre son sens de l'humour.


- Sincères condoléances
de Erling Jepsen
Éditions Sabine Wespieser / Mars 2011


Alors qu'il regarde un reportage sur la guerre en Irak, Allan apprend la mort de son père, qu'il n'a pas revu depuis des années. Et pour cause. Dans ses romans et ses pièces à succès, l'écrivain qu'il est devenu n'a cessé d'instruire contre ce père honni un procès à charge. Feignant d'abord l'indifférence, il se décide à envoyer une couronne pour l'enterrement: touchée par son sommaire Sincères condoléances, sa mère l'appelle et obtient de lui qu'il revienne enfin la voir. Il convainc sa sœur Sanne, restée traumatisée par le cauchemar familial, de l'accompagner. Les voici en route vers le village du Sud Jütland, théâtre des secrets et des turpitudes de leur enfance. Il n'est pas certain, avec ce retour au pays natal, qu'Allan parvienne à tirer un trait sur son passé: rien de ce qu'il découvre n'est conforme à ses attentes. Sa mère, si douce et résignée, affiche un soulagement frisant l'indécence: elle n'a qu'une hâte, déménager dans une maison moderne et confortable, et brûler les affaires de son mari. Dans les papiers du vieux laitier, Allan retrouve toutes les coupures de presse le concernant. Son père l'aurait-il aimé? Cet homme abominable, qui aurait perversement manipulé sa famille, aurait-il été lui-même une victime? Et, au fond, de quoi est-il réellement mort? Au fil d'une enquête où l'incrédulité rivalise avec la consternation, le burlesque des situations avec le désespoir, se dessine le portrait d'une femme qui figurerait en bonne place au panthéon des mères manipulatrices et dénaturées. Le ton est grinçant, l'intrigue palpitante, et le constat sur la perversité des familles sans appel.


- Sous silence
de Catherine Enjolet
Éditions Phébus / Mars 2011


Nabisouberne, un drôle de nom pour une drôle de vie. Celle qui se surnomme "Bisou" mène le lecteur sur la piste d'une enfance sous silence. Depuis la disparition de son père, Nabisouberne s'est enferrée dans un silence de mort. La peur de la séparation et de la Ddass mine sa famille. Pourtant autour d'elle, ça chahute, ça crie, ça hurle à la cour des Miracles, au cœur du Paris populaire, où elle vit avec ses frères entre la mélancolie d'une grand-mère ruinée et l'insouciance d'une mère fantasque. Pour ceux qui portent l'invisible étoile de l'exclusion, le quotidien, entre rire et larmes, réserve ses menaces et ses espoirs. Nabisouberne rejette cet isolement et sème des mots sur sa route; elle s'ancre au fil des lignes pour se relier aux autres. Un jour, pour tous ceux et celles que l'on n'entend pas, elle écrira. Avec cette chronique douce-amère d'une enfance sous silence, récit lucide et tout en finesse, Catherine Enjolet plaide par la plume la cause des enfants sans voix.


- Tout peut arriver
de Jonathan Tropper
Éditions 10-18 / Mars 2011


Zach mène la belle vie. Trentenaire fiancé à une femme superbe, il habite un immense appart dans l'Upper West Side. Jusqu'à "ce jour où rien ne va plus". Manathan est réveillé par une secousse et Zach par un inquiétant problème de santé. Et puis il y a son père, de retour après sept ans d'absence. Pourtant il devrait savoir d'expérience que tout peut arriver.


- Adam et Èvelyne
de Ingo Schulze
Éditions Fayard / Février 2011


Une localité d'Allemagne de l'Est, vers la fin de l'été 1989. Adam, tailleur pour dames, vit avec Èvelyne, serveuse de restaurant. Lui travaille à la maison et succombe parfois aux charmes de ses clientes. L'ayant surpris un jour en rentrant de son travail, elle décide de partir en vacances sur-le-champ, en voiture, avec un couple d'amis. Adam décide de les suivre. La course poursuite, assez lente, qui s'engage alors les conduit après un passage en Tchécoslovaquie, sur les rives ensoleillées du Balaton. Lorsque la Hongrie ouvre soudain sa frontière occidentale, le fruit interdit est à portée de main. Où est le paradis? Dans le contexte historique des bouleversements intervenus en Europe au cours de l'automne 1989, Ingo Schulze nous offre, sous la forme d'une comédie dialoguée, un attachant récit, subtile relecture du mythe d'Adam et Ève.


- American lady
de Caroline de Margerie
Éditions Robert Laffont / Février 2011


Elle était belle, subtile et nostalgique. De 1945 à 2004, cette héroïne qui aurait pu sortir d'un roman d'Henry James ou d'Edith Wharton entrelace sa vie à l'Histoire avec un grand ou un petit H. Née dans une vieille famille américaine, elle épouse un diplomate et, après la guerre, quand son mari et elle s'installent à Paris, elle ne tarde pas à régner sur le milieu politique et mondain qui compose l'avant-poste américain en Europe. Son amour de la France se double d'un plus grand amour encore, celui qu'elle éprouve pour le célèbre Duff Cooper, à l'époque ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris. Les grands sentiments se mêlant à la grande politique, sa culture, son intelligence et son jugement s'en trouvent renforcés. Deuxième acte, son époux et son amant meurent tous les deux. Désespérée, Susan Mary rentre à Washington avec ses deux enfants. La campagne présidentielle bat son plein. Joe Alsop, un vieil ami, un proche de J. F. Kennedy et l'un des plus fameux éditorialistes américains la demande en mariage. Elle accepte. Les Alsop deviennent des intimes du couple présidentiel et des familiers de la Maison Blanche. Susan Mary se transforme en grand témoin de l'ère kennedienne, elle devient l'hôtesse n°1 de la capitale. Après son divorce d'avec Joe, elle entame une carrière littéraire et publie quatre livres qui sont autant de grands succès. Sa vie romanesque est l'incarnation de la féminité et de la subtilité, sa perspicacité et sa souplesse font merveille dans les allées du grand monde. Description de Paris après-guerre, portraits d'hommes politiques, plongées dans les milieux du pouvoir américain, c'est un fil qui court le long des relations internationales de la seconde moitié du XXe siècle.


- Autobiographie
de Julien Green
Éditions Plon / Février 2011


"À la distance qui me sépare aujourd'hui du jeune homme que je fus, j'essaie non de le juger, mais bien de le comprendre. Il m'apparaît avec l'éternel visage de la jeunesse qui ne sait ce qu'elle veut, ni où elle va, qui ne se connaît pas elle-même et s'engoue tout à coup de ce qu'elle abominera demain, passant de l'enthousiasme au désespoir avec tous les élans que les années se chargeront de briser, crédule, généreuse, injuste? Irremplaçable. Ses colères, ses rêves, je les portais en moi. Je ne me sens pas meilleur de ne les avoir plus". Cette autobiographie de Julien Green revient sur l'enfance de l'écrivain et son passage, tout en douleur, vers l'âge adulte. Il y évoque le paradis de ses premières années qui brusquement s'achève, à la mort de sa mère, alors qu'il n'a que quatorze ans. Le récit témoigne de son entrée brutale dans la vie, de ses difficultés, de ses études et livre un portrait de la jeunesse d'une étonnante modernité.


- Cent ans
de Herbjørg Wassmo
Éditions Gaïa / Février 2011


Sara Susanne, Elida et Hjørdis, sont respectivement l'arrière-grand-mère, la grand-mère et la mère de la narratrice. Cent ans est le roman de leurs vies, des hommes qu'elles voulaient et des hommes qu'elles ont eus, des enfants auxquels elles ont donné naissance. C'est aussi l'histoire d'une petite fille qui se cache au grenier pour l'éviter, lui. Elle a un crayon jaune qu'elle taille avec son couteau de poche et qui lui sert à écrire. À survivre.


- Ce regard en arrière (et autres écrits journalistiques)
de Nuala O'Faolain
Éditions Sabine Wespieser / Février 2011


Alors que le public irlandais garde vive la mémoire des chroniques, des articles et des émissions de la grande journaliste que fut aussi Nuala O'Faolain, les lecteurs français ne connaissent "que" ses romans et ses mémoires. Dans la sélection des soixante-dix textes publiée aujourd'hui, englobant plus de vingt années de carrière, de 1986 à 2008, se retrouvent tout entiers l'intelligence pointue, la sensibilité, la faculté d'empathie et le talent d'observation de la grande dame irlandaise disparue. Traitant des sujets les plus divers, le statut des femmes dans la société, le processus de paix en Irlande, le boom économique, l'omniprésence de l'Église catholique, les effets du 11 Septembre à New York et dans le monde, les concerts de U2, l'importance de Sinatra ou la mort de sa chienne Molly, Nuala O'Faolain ne baisse jamais la garde: elle ne cesse de dénoncer, avec la précision teintée d'ironie qui lui était propre, les mécanismes intimes du pouvoir et de l'impuissance. Ceux qui ont lu ses romans auront l'émouvant sentiment de la retrouver telle qu'en elle-même dans sa lucidité et sa tendresse pour le monde. Ils découvriront l'étendue des centres d'intérêt et la richesse de la palette narrative de celle qui contribua grandement au combat féministe en Irlande et fut une grande conscience de son époque.


- Ces choses que nous n'avons pas vues venir
de Steven Amsterdam
Éditions Albin Michel / Février 2011


Et si le monde tel que nous le connaissons s'arrêtait demain? Détérioration du climat, épidémies, chaos politique, restriction des libertés. "Ces choses que nous n'avons pas vues venir", Steven Amsterdam en a fait la matière de son premier livre. Dans un no man's land qui ressemble à s'y méprendre aux Etats-Unis, l'écrivain invente un roman d'anticipation qui colle étrangement au présent, sur les traces d'un personnage qui, de l'enfance à l'âge adulte, survit à la désintégration de son univers. Tout, de la puissance et la justesse des images et des émotions à l'humour noir de l'auteur, interroge notre humanité et notre tragique capacité à nous adapter. Au cœur de ce tableau apocalyptique où la terre est traversée par des torrents de pluie et où des employés d'une agence pour l'emploi lisent dans vos pensées, le style limpide et sans fioritures de Steven Amsterdam annonce un incontestable talent.


- Charles Jessold, meurtrier présumé
de Wesley Stace
Éditions Flammarion / Février 2011


Compositeur, véritable prodige de la musique, Charles Jessold n'a pas le profil d'un tueur. La bonne société londonienne est loin de s'imaginer ce dont il est capable. Et pourtant, la femme de Jessold et son professeur de chant sont retrouvés empoisonnés dans le lit conjugal. La veille du crime devait avoir lieu la première d'un opéra composé par Jessold, l'histoire d'un mari trahi qui assassine sa femme et son amant avant de se suicider. Dans son nouveau roman, Wesley Stace explore l'amour sous toutes ses formes. Que ce soit entre chef d'orchestre et musicien, mari et femme, ou encore entre critique et artiste, il dirige cette symphonie avec une vivacité d'esprit rappelant P. G. Wodehouse. Le résultat est un roman passionnant qui combine personnages complexes et dialogues d'une légèreté enlevée.


- Et embrasser la liberté sur la bouche
de Philippe Seguy
Éditions Flammarion / Février 2011


Au XVIIIe siècle, Anne Théroigne dite Théroigne de Méricourt, fuit la Belgique et fait l'apprentissage de l'amour et de la liberté. En 1789, elle part pour la France pour participer à la Révolution et rejoint le camp des républicains. Victime de la Révolution comme ses amis Girondins, elle sombre dans la folie.


- Femmes tortues, hommes crocodiles
de Sophie Stern
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Février 2011


Dix nouvelles actuelles avec en filigrane le monde de l'entreprise, dix histoires nous montrant les dilemmes et les choix, les doutes et les espoirs. Aujourd'hui, dans la multinationale ou la PME, il convient de cacher ses failles, pour se protéger des autres, de soi. Alors les femmes se métamorphosent en tortues aux carapaces épaisses et les hommes en crocodiles au cuir inattaquable. Pourtant au gré du temps ou des hasards, des fissures se révèlent. Après un long parcours professionnel, Sophie Stern s'intéresse dans ce recueil à ce qui se cache derrière les apparences. Ses fictions, courageuses et sensibles, nous questionnent sur les rapports hommes femmes, le lien au travail, les nouvelles solitudes. Et finalement, ce que l'auteure nous rappelle, c'est tout simplement que si les femmes ont une âme, les hommes ont un cœur.


- Fontenoy ne reviendra plus
de Gérard Guégan
Éditions Stock / Février 2011


"Comme je viens d'une époque, voire d'un monde, où chacun jurait de rester éternellement fidèle à ses convictions, je me suis souvent demandé pourquoi tant de figures énergiques avaient ensuite, et sans trop tarder, tourné la page de leur jeunesse. Cette question: qu'est-ce qui pousse un homme à changer de camp, à passer, par exemple, de la gauche la plus enragée à la droite la moins clémente? a fini par m'obséder. J'aurais pu en tirer la matière d'un pamphlet si ce n'est que je voulais toucher au-delà du cercle des convaincus. Aussi ai-je ressuscité un écrivain du siècle dernier, Jean Fontenoy, qui, pour reprendre le mot de Malraux, fut partout où cela comptait, tout du moins dans ses 20 ans: la Grande Guerre, Dada, Octobre, Maïakovski, Lénine et Trotski, Moscou et Shangai... Or, lui qui était né pauvre, que l'école de la République avait su distinguer et dont les livres avaient séduit aussi bien Kessel que Colette, Blanchot que Céline, voilà que, contre toute attente (il avait dénoncé le nazisme dès 1933), il se fit soudain fasciste. Quelques années plus tard, non sans logique (et aussi par haine de la lâcheté), il ne lui resterait plus qu'à partir se suicider dans Berlin assiégée par l'Armée rouge. Reste que je n'ai écrit Fontenoy ne reviendra plus que pour comprendre de quoi nous sommes faits et à quoi tiennent nos destinées. Et nos refus". G. G.


- Homeboy
de Florent le Reste
Éditions Michalon / Février 2011


Du quartier au hip-hop. Florent le Reste témoigne du quotidien de son enfance et de son adolescence en Seine-Saint-Denis au début des années 80, époque où son père voyait dans les HLM de banlieue un nouveau confort de vie. Cet espace limité par une autoroute, un cimetière et un stade devient alors son terrain de jeu, celui d'une jeunesse laissée à l'abandon. Les faits sont bruts, violents, choquants, mais l'auteur confesse avec lucidité la situation des cités: le désœuvrement, l'absence d'encadrement, l'ignorance de valeurs fondamentales. Pour palier ces manques, Florent Le Reste adopte une culture devenue aujourd'hui identitaire: le hip-hop. Il a grandi avec les valeurs positives défendues par ce mouvement, lui permettant de traverser ces années pour finalement s'accomplir. C'est l'histoire de cette culture qu'il nous propose en filigrane de son parcours édifiant de "jeune quartier".


- Impardonnable
de Lucy Dawson
Éditions Fleuve Noir / Février 2011


Dans le silence d'une chambre d'hôpital, la jeune animatrice de télévision Gretchen Bartholomew est plongée dans le coma. Sa meilleure amie Alice est à son chevet et n'espère qu'une chose: qu'elle ne se réveille jamais. Un an plus tôt, Alice mène une vie londonienne paisible avec son petit ami Tom jusqu'au jour où son agence l'envoie photographier Gretchen aux États-Unis. Les deux jeunes femmes se lient d'amitié instantanément, la fantaisie de Gretchen réveillant le morne quotidien d'Alice. Au fil des jours, Gretchen la complice, la confidente se mue pourtant en une redoutable manipulatrice.


- Infinis
de John Banville
Éditions Robert Laffont / Février 2011


Adam Godley, un brillant mathématicien, spécialiste de l'infinité des infinis, et de la possibilité d'univers parallèles, repose dans sa chambre, au seuil de la mort. Autour de lui, dans une maison à l'atmosphère oppressante, le veillent sa deuxième épouse, sa fille, une adolescente fragile, son fils, accompagné de sa femme, Helen, une comédienne à la beauté troublante. En un jour, en un lieu, ce monde mortel et imparfait va recevoir la visite invisible des dieux de l'Olympe, des dieux à l'esprit facétieux, qui vont se plaire à prendre la place des humains pour satisfaire leurs désirs illicites. Zeus, follement épris d'Helen, se fera passer le temps d'une nuit pour son mari afin de jouir de ses charmes. Puis en prenant l'apparence de Rody, le fiancé de la fille d'Adam, il poursuivra son œuvre de séduction. Hermès, le fils de Zeus, est le narrateur espiègle de cette tragi-comédie ensorcelante, qui évoque le Songe d'une nuit d'été, en illustrant la folie de l'amour et des actes qu'il peut nous pousser à commettre. Hermès se déguisera lui-même en fermier pour conquérir l'une des servantes, sans se soucier des conséquences. Ainsi la présence des dieux va bientôt faire exploser les tensions jusque-là silencieuses, exaspérer les drames, tandis qu'Adam, toujours mourant, revit dans son esprit le souvenir de ses années passées. En s'inspirant de l'Amphitryon de Kleist, Banville mêle les genres avec virtuosité, dans une langue iridescente et poétique. Le texte oscille constamment entre gravité et ironie. Le réel et le merveilleux se répondent, donnent une profondeur envoûtante au récit. En mêlant des questions métaphysiques et humaines, Banville ne cesse d'interroger le sens de notre existence, son mystère et sa beauté.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 13:19

- J'attends
de Capucine Ruat
Éditions Stock / Février 2011


"Il y a beaucoup d'enfants qui ne naissent jamais, et des adultes qu'on n'a pas mis au monde. La mort a fermé les yeux des disparus et ouvert ceux des survivants, tous deux sont à présent parfaitement lucides. J'aimerais l'être moins". Celle qui dit "je", c'est Angèle Videau, sœur d'Arielle, fille d'Armelle et du "père", une apparition dans ce roman de femmes. Des femmes sur trois générations, de Mané à Armelle, d'Armelle à Angèle. Trois générations, pas une de plus. On rencontre Angèle dans la salle d'attente d'un cabinet médical, les mains posées sur un ventre qu'elle a gonflé d'espérance. Alors que se déploie sous ses yeux le ballet des futures mères, des jeunes enfants et de celles qui les ont enfantés, Angèle s'adresse à Éric. Ce prince Éric qu'elle désire de toutes ses forces et porte en elle, elle tente de l'apprivoiser. L'occasion de convoquer les rêves, les souvenirs et de combler les places laissées vides. Pourquoi les désamours et à quel point le manque? A-t-on "raté" sa vie quand on ne la donne pas? Il y a les questions, toutes les questions d'Angèle et qui demeurent sans réponse. Car J'attends, c'est la sensation d'une carence; le cœur bat en sourdine, la laideur, celle qui ne s'altère pas finit par saisir d'effroi, le corps est sec et, si l'on n'y prend garde, bientôt, dans cette famille qui s'amenuise comme une peau de chagrin, les morts auront supplanté les vivants. Angèle aimerait être moins lucide mais pour Éric, elle a tout déballé. Un regard sans filtre, quasi clinique, qu'elle offre sur les siens et sur elle-même et qui révèle, dans une violence contenue et dans le sang, parfois, les secrets, les envies, les pensées honteuses, tout ce qu'on n'a pas su et pas pu dire.


- Jeunes femmes en uniforme
de Tereska Torrès
Éditions Phébus / Février 2011


Caron, Nellie, Muriel et les autres font partie de ces femmes qui ont tout quitté pour rejoindre le général de Gaulle à Londres. Elles ont vingt ans, parfois moins, sont bretonnes, parisiennes, paysannes, journalistes et sont les premières engagées des Forces françaises libres. Conscientes que la mort peut les faucher à chaque instant, fières de contribuer à l'effort commun, la guerre, l'urgence et les rencontres nées de l'exil vont leur faire découvrir une nouvelle vie. Ce roman, publié aux États-Unis en 1951, provoqua un scandale lors de sa publication parce qu'il décrit la vie de plusieurs jeunes femmes soldats et ne les représente pas en images d'Épinal. L'auteur, à l'époque, par crainte de choquer également ses compatriotes, s'était opposée à une parution en France. Elle le fait aujourd'hui dans une version française originale et inédite. Elle y dresse le portrait romancé de quelques jeunes filles qui firent preuve d'un courage quotidien remarquable pendant le Blitz en 1940 et 1941.


- Journal secret (1836-1837)
de Alexandre S. Pouchkine
Éditions Belfond / Février 2011


La redécouverte d'un manuscrit mythique et contesté, recherché durant plus d'un siècle et sorti clandestinement d'URSS: le fameux journal secret de Pouchkine. Une confession érotique et tragique, où le grand écrivain russe nous dévoile les secrets de son âme obsédée par la chair et la mort. Une réflexion brillante sur la passion, la création et le destin. À la veille d'un duel qu'il pressent fatal, Pouchkine se met à nu et livre la face cachée de l'homme que toute la Russie encense: sa soif d'écrire et de jouir, les difficultés de sa vie maritale, ses relations complexes avec le tsar Nicolas 1er. Et, surtout, son besoin de collectionner les femmes avec le stakhanovisme du laid savourant sa revanche, lui, le nain au visage de singe marié à une déesse. Séducteur insatiable, amant de ses belles-sœurs aussi bien que de catins racolées dans les rues de Saint-Pétersbourg, organisateur de cérémonies orgiaques, sa vénération pour le sexe féminin lui fait multiplier les aventures comme un saint homme qui visiterait toutes les églises pour mieux prier Dieu. Mais quand son épouse se prête aux jeux érotiques du tsar ou sourit aux œillades du jeune et beau baron français d'Anthès, Pouchkine se laisse dévorer par la jalousie jusqu'à causer peu à peu sa propre perte.


- Jours d'Alexandrie
de Dimitris Stefanakis
Éditions Viviane Hamy / Février 2011


Jours d'Alexandrie se déploie sur les soixantes premières années du XXe siècle, du début de la Première Guerre mondiale à la nationalisation du Canal de Suez. Saga urbaine et familiale, épopée des diasporas, les personnages gardent, où qu'ils soient, un lien viscéral avec leur ville, Alexandrie, Babel des temps modernes. On ne peut s'empêcher de songer au Quatuor d'Alexandrie de Lawrence Durell. Trois figures emblématiques se détachent: Antonis Hàramis, le Grec chef de famille, issu des milieux les plus pauvres d'Athènes, devenu l'industriel du tabac le plus important d'Égypte, Élias Khoùri, "le Libanais" distant, manipulateur, polyglotte, incarnation de l'internationalisme alexandrin, point de jonction de tous les personnages. Et Yvette Santon, Française au caractère bien trempé, agent secret des Anglais. Autour d'eux gravite une pléiade d'acteurs d'origines et de conditions très diverses. Mais au-dessus de tout et de tous, Alexandrie, impériale, observe les fortunes qui se nouent et se dénouent, et la marche du temps.


- Justice dans un paysage de rêve
de Malla Nunn
Éditions Les Deux Terres / Février 2011


Un capitaine de police blanc ayant été abattu dans une ville de la province sud-africaine au cours des années cinquante, l'inspecteur Cooper arrive de Johannesburg pour mener l'enquête. Il doit se frayer un chemin dans le labyrinthe des clivages raciaux et sociaux qui divisent la communauté. L'éminente et très respectable famille de la victime l'observe d'un œil soupçonneux, et l'enquête est rapidement récupérée par la Security Branch. Cooper poursuit néanmoins ses recherches et, en découvrant la double vie du capitaine défunt, est entraîné dans une affaire qui révèlera que la couleur de peau compte bien plus que la justice.


- Killing Kate Knight
de K Arkady
Éditions Calmann Lévy / Février 2011


Alors qu'elle était en plein tournage, une jeune et célèbre actrice se réveille menottée à un lit, détenue par un étrange maniaque qui lui déclare qu'elle doit mourir, pour son propre bien et celui du cinéma. Lara Sarah Delilah K, une tueuse professionnelle œuvrant en secret pour le gouvernement, est sur la piste d'une mystérieuse narco-organisation. Ses convictions déraillent quand une mission anodine vire au jeu de massacre. L'actrice finit par entrer dans le jeu de son ravisseur, Lara par se rendre compte que ses actes font partie d'un schéma d'ensemble aux conséquences dramatiques. Avec, au final, cette même question, qui est Kate Knight?


- La compagnie des femmes
de Yves Simon
Éditions Stock / Février 2011


Certains écrivains, au gré de leurs publications, nous donnent volontiers de leurs nouvelles à travers chacun de leur livre; ils n'hésitent pas à raconter, à montrer le monde, l'époque, pour tenter de mieux les comprendre, mais avant tout de se comprendre eux-mêmes. Depuis son premier livre, Les Jours en couleurs, paru voilà quarante ans, Yves Simon n'aura cessé de poursuivre sa propre trace, il nous a dit sa jeunesse, ses illusions perdues, ses chagrins, ses amours, mais jamais n'avait-il consacré jusqu'à ce jour un roman tout entier empreint, comme son titre l'indique, de la compagnie des femmes. S'il se présente autant comme une autobiographie déguisée qu'un carnet de route, le nouveau roman d'Yves Simon vaut surtout pour l'histoire d'amour très singulière qui l'anime, le porte et le transcende. "Léonie était jeune et moi qui vieillissais", écrit le narrateur avant de reprendre le chemin de quelques-unes des femmes qui le hantent, aussi bien sa mère que les rencontres les plus éphémères. Mais la beauté de cet amour décisif éprouvé pour Léonie emporte dans le même élan lecteur et narrateur. On se prend alors à rêver d'être le passager clandestin de ce voyage, un road novel, dont seul l'écrivain connaît la destination finale.


- La fille porte-bonheur
de Christophe Lambert
Éditions Plon / Février 2011


Lumière blafarde, décor fatigué. Un pianiste joue, avec un talent teinté de désespoir dans l'indifférence générale. Et pourtant… Mike Wilson fut à 18 ans un virtuose. Que lui est-il arrivé? Pourquoi s'est-il enfoncé dans cette déchéance? Vingt ans plus tard, une deuxième chance lui est donnée en la personne de Lucy, "la fille porte-bonheur", et d'un producteur qui croit en son génie. La vie va à nouveau le confronter à un choix douloureux. Malgré les mauvais coups du sort, les détours qu'il nous fait prendre, n'est-on pas toujours rattrapé par son destin?


- La forêt des 29
de Irène Frain
Éditions Michel Lafon / Février 2011


Dans ce pays aimé des poètes, les puissants ont tout saccagé. Pour leurs constructions mirifiques, ils ont déboisé les forêts, méprisé les forces de la terre et du ciel. Le vent s'engouffre dans les villages, la sécheresse s'installe, le fossé entre les riches et les pauvres devient intolérable, la misère rôde, la vie est en danger. Pourtant chacun courbe l'échine. Cela se passait en Inde, il y a plus de cinq siècles. Un miroir tendu aux angoisses de notre temps. Un jeune paysan va refuser la fatalité. Rejeté par les siens, Djambo a rejoint le peuple des Errants, connu la faim, la soif, la passion et l'inanité des rêves d'abondance. Avec quelques vagabonds, il fonde une communauté dont la survie tient à 29 principes simples. Leur ligne directrice: le respect de la Nature et de tous les êtres humains. Ces principes vont permettre au Pays de la Mort de ressusciter.


- La guerre de Louise
de Elsa Chabrol
Éditions Belfond / Février 2011


À La Pièva, près de Bonifacio, Louise, une adolescente au caractère ardent et déterminé, vit en milieu protégé auprès de son vieux père, un ingénieur érudit aux idées humanistes, et de son cousin Julien dont elle est secrètement éprise. Mais lorsque éclate la Première Guerre mondiale, Julien est envoyé au front et son père décède peu après, la laissant seule et sans ressources. Commence alors pour Louise un périple qui la mène de la Corse au Continent, de famille d'accueil en tuteur de guerre, de rencontres en tragédies. Confrontée à une situation désespérée, la jeune fille doit absolument retrouver Julien avant qu'il ne soit trop tard. Sa quête éperdue va l'entraîner jusque dans les tranchées de la Somme, où le destin lui réservera bien des surprises.


- La lettre de Buenos Aires
de Hubert Mingarelli
Éditions Buchet Chastel / Février 2011


"La nuit, à Buenos Aires, ils font comme en plein jour. C'est pareil pour eux. Il fait seulement un peu moins chaud. Les bars sont ouverts. Ils sortent les tables sur les trottoirs. C'est là que je t'ai écrit. On m'avait donné du papier. Je faisais attention, je ne t'écrivais pas n'importe quoi. Ça m'a pris presque toute la nuit à choisir ce qui était bon ou pas à te dire. J'en ai bu des cafés. Je me creusais la tête. Mais à quoi ça m'a servi?" Comme souvent dans ses livres, l'auteur raconte des errances. Le monde, autour, est menaçant, même si la nature contient encore la beauté des choses. Sur la route, des personnages vivent leur voyage. Les vies les plus humbles possèdent leur mystère et leur tragédie. Hubert Mingarelli sait les dévoiler au lecteur avec pudeur et poésie.


- La malédiction de Jacinta
de Lucia Puenzo
Éditions Stock / Février 2011


Pepino, littéralement, concombre, est un jeune homme petit et désorienté. Il vit dans la Plata, à Buenos Aires, un quartier en marge. Tenant son surnom de la série Señora Maestra, qui mettait en scène une classe d'enfants dans laquelle il jouait un bègue, il est obsédé par son auteur: Santa Cruz. Un soir, alors qu'il a décidé de tuer Bochatón, un chanteur rock sur le retour, pour le faire accéder à la gloire, il rencontre une jeune femme grande et perdue: Twiggy. Schizophrène, droguée et loufoque, elle reconnaît sa solitude dans les yeux de ce garçon aux airs d'orphelin. Ils tombent amoureux. Devenus inséparables, après avoir cru croiser Santa Cruz dans la rue, ils apprennent la mort mystérieuse de Jacinta Pichimahuida, l'institutrice de la série. S'ensuivent des disparitions tragiques d'anciens acteurs, enfants stars, tombés depuis dans l'anonymat. Mais Santa Cruz est-il toujours vivant? Qui se cache derrière Pepino, celui que personne ne reconnaît jamais?


- La splendeur des Charteris
de Stéphanie des Horts
Éditions Albin Michel / Février 2011


Noblesse oblige, chez les Charteris, lords de père en fils, les "honorable young ladies" font peu de cas de leur vertu, les ministres ont les idées larges et les amours ancillaires, les homosexuels embrassent les filles sur la bouche et un inspecteur chinois joue les Hercule Poirot. En 1936, dans leur résidence d'été de l'île de Wight, on se noie dans le champagne avec l'ambassadeur d'Allemagne Ribbentrop pour se consoler de l'absence de ce cher Monsieur Hitler, qui manque décidément à tout le monde. Entre P. G. Wodehouse et les sœurs Mitford, Stéphanie des Horts ressuscite, avec un humour noir très british, une aristocratie aussi arrogante et snob que délicieusement décadente, aux mœurs bien peu conservatrices.


- La ville d'ambre
de José Carlos Llop
Éditions Jacqueline Chambon / Février 2011


Comme l'ambre est capable de conserver intactes une fourmi ou une araignée mortes depuis des siècles, le souvenir sait garder intacts des instants du passé, pris dans la même lumière orangée. C'est ce que constate le héros de La Ville d'ambre, retrouvant tant d'années après la ville insulaire où il a grandi et le salon désormais déserté de l'oncle qui l'a élevé. Un bien curieux personnage, ce dandy sur le retour, collectionneur peu regardant sur la provenance des œuvres, photographe mondain, autrefois célèbre, réduit à la compagnie de faux aristocrates mais vrais aventuriers et de comtesses un peu trop voyantes pour le titre qu'elles portent. Avec la grâce nostalgique qu'on lui connaît, José Carlos Llop nous raconte en demi-teinte l'enfance peu commune du héros, entre un oncle aussi flamboyant qu'énigmatique et une servante au grand cœur qui lui apprend la vie.


- Le fantôme du capitaine
de Gilles Jacob
Éditions Robert Laffont / Février 2011


Où s'arrête la vie, ou commence le romanesque? Cette correspondance imaginaire avec une soixantaine d'artistes, célèbres ou chimériques, mêle gaieté et sentiments, vérité et mensonge. L'auteur y expose sa vie et ses rêves au jour le jour, en facettes teintées d'humour ou d'émotion. Ces contes des 1001 nuits appellent des destinataires privilégiés: Juliette Binoche, dans le rôle de la muse, Michel Piccoli, celui du confident, le loup de Tex Avery en disciple. Il sera question de femmes, de stars, d'admiration, de création littéraire, du temps qui passe, de chaussures, de Truffaut, de Nabokov, de Fellini, de séduction, de fantômes, de direction d'orchestre, de Lady Chatterley, de Sherlock Holmes, de tracas de parking, de pêche à la truite avec Jane Fonda. Plaisir de basculer soudain dans une fantaisie débridée, un décalage comique ou surnaturel quand le héros se transforme en courant d'air ou s'englue littéralement dans la peinture d'un tableau célèbre. Adoration pour la beauté féminine, jeu de l'amour et du hasard avec les grandes actrices du monde entier. Sous l'ironie des états d'âme, un parfum d'air du temps. Inutile de rêver la nuit: le fantôme s'en charge.


- Le fracas des hommes
de Bernard Marc et Maryse Rivière
Éditions Calmann Lévy / Février 2011


1909, Louis Tréhen, nommé externe des hôpitaux à Paris, découvre avec enthousiasme les éclats de la Ville lumière et l'ombre de Belleville. Au fil des rencontres de personnages hauts en couleur, Louis va nouer amitiés et liaisons et être conforté dans sa vocation de médecin.
1919, Louis est immobilisé dans une gangue à l'hôpital Maritime de Berck. Médecin au front, il a connu la souffrance des hommes. Blessé à son tour, il attend, résigné, que son état s'améliore. Pour oublier sa douleur, il entreprend d'écrire pour ses compagnons d'infortune le récit de ses belles années. Dans ce roman initiatique, Maryse Rivière et Bernard Marc entremêlent l'histoire de ces deux Louis, le premier, jeune et heureux, le second, broyé par la guerre. Ils nous entraînent d'un Paris pittoresque aux combats de la Grande Guerre jusqu'à une salle d'hôpital, nous faisant partager le destin de ces sacrifiés de l'aube du XXe siècle.


- Le gang des mégères inapprivoisées
de Tom Sharpe
Éditions 10-18 / Février 2011


Dans le Northumberland, depuis des générations, les dames Grope font régner la terreur. Signes distinctifs: un physique ingrat, une nature antipathique et des pulsions castratrices inversement proportionnelles à leur volonté de se reproduire. Qu'à cela ne tienne. Chez les Grope, on kidnappe les hommes de mère en fille. Une coutume familiale dont le jeune Esmond Burnes va faire les frais.


- Le rossignol de Val Jabert
de Marie-Bernadette Dupuy
Éditions Calmann Lévy / Février 2011


En ce Noël 1932, Hermine coule des jours heureux auprès de Toshan, son époux métis, avec l'enfant né de leur union dans le village de Val-Jabert sur les bords du lac Saint-Jean, au cœur de la forêt québécoise. Élevée comme une orpheline par des religieuses, celle que les villageois surnomment le "rossignol des neiges", à cause de sa voix exceptionnelle, a renoncé à sa passion pour le chant et s'est résolue à devenir une épouse et une mère de famille fidèle aux traditions québécoises. Mais peut-on empêcher un rossignol de chanter? En cédant à l'appel de sa vocation, Hermine va réveiller les fantômes du passé.


- Le voyage de cent pas
de Richard C. Morais
Éditions Calmann Lévy / Février 2011


"Cet adolescent maigrichon possède ce petit quelque chose qu'on ne rencontre qu'une fois par génération. C'est un chef né. Un artiste". Ainsi débute l'ascension d'Hassan Haji, gourmet improbable du roman picaresque. Né au-dessus du petit restaurant de son grand-père à Bombay, Hassan grandit dans les senteurs de curry, entre les promenades dans les marchés aux épices et l'initiation à la bonne chère en compagnie de sa mère. Mais une tragédie pousse les siens vers l'exil. Direction l'Angleterre, d'abord, et, par la force des choses, la France et Lumière, un petit village du Jura dans lequel la famille Haji ouvre une gargote en face d'un respectable restaurant, celui de Mme Mallory, chef émérite. Une guerre culturelle et culinaire s'ensuit, jusqu'à ce que Mme Mallory accepte de prendre sous son aile le jeune Hassan, lequel finira par emprunter un chemin qui le mènera à Paris, vers de nouvelles aventures. Cent pas, c'est la courte distance qui sépare le boui-boui familial de l'établissement deux étoiles. Une vie sera nécessaire à Hassan Haji pour les parcourir.


- Les chemins d'Alep
de Mark T. Mustian
Éditions Presses De La Cité / Février 2011


Jeune gendarme turc pendant la Première Guerre mondiale, Emmet est chargé de conduire des centaines d'Arméniens hors de son pays, jusqu'en Syrie. Lors de cette marche forcée, longue de plusieurs centaines de kilomètres, il se livre, comme tous ceux chargés d'encadrer cette opération, à des exactions sur les populations déportées. Pour Emmet, qui rêve d'entrer dans l'armée, il ne s'agit que d'une mission, d'un devoir qu'il accomplit au nom de la patrie. Mais sa rencontre avec Araxie, une adolescente arménienne aux yeux vairons, bouleverse toutes ses certitudes.


- Les eaux amères
de Armel Job
Éditions Robert Laffont / Février 2011


"On a beau vivre ensemble, on ne sait jamais vraiment ce qui se passe derrière le front de l'autre". Le 4 août est une parenthèse douloureuse dans la vie d'Abraham Steinberg, un triste jour anniversaire dont il appréhende chaque année le retour avec un sentiment mêlé de souffrance et de culpabilité. Et le dimanche 4 août 1968 ne saurait faire exception à la règle. Plus la date fatidique approche, plus une image vieille d'un quart de siècle revient le hanter, celle de son père, sa mère, sa petite sœur et lui-même, réunis dans la cour de la caserne Dossin, à Malines pour la dernière fois. Sauvé in extremis de la déportation par une "envie pressante" aussi dérisoire que tyrannique, le petit garçon d'alors a depuis, à son tour, fondé une famille et fait fortune; il n'est en revanche jamais parvenu à vivre en paix avec ses fantômes. Or cette année, les angoisses existentielles du très estimé Bram, comme tout le monde le nomme en ville, sont encore avivées par une mystérieuse lettre anonyme ainsi libellé: "Abraham, Ta femme te file entre les doigts. Tu as des yeux et tu ne vois pas". Se pourrait-il que la belle Esther, la mère de ses deux grandes filles, son épouse adorée, le trompe? Bien que viscéralement athée, Bram se décide à rendre visite au rabbin, ainsi que l'aurait fait son père en pareilles circonstances pour "boucher le trou", comme il disait. D'après le religieux, seule la cérémonie des eaux amères décrite dans la Bible pourra apporter une réponse irréfutable à cette question: après les avoir bues, en cas d'adultère, la femme verra son ventre enfler et ses flancs se dessécher. Au lendemain de Mai 68 et de l'apparition de la pilule, Les Eaux amères nous offrent la chronique d'une semaine mémorable dans la vie d'un couple et de toute une commune, suspendue au sort de Bram et Esther. Le ventre d'Esther enflera-t-il? Qui est l'auteur des étranges missives signées "L'unique qui ait pitié de toi"? Bram parviendra-t-il à se réconcilier avec ce Dieu méchant qui, un soir de l'été 1942, lui a ravi d'un coup toute sa famille? Tour à tour désopilant et grave, servi par une langue superbe et un art consommé du récit, ce thriller métaphysique inclassable au dénouement aussi imparable qu'inattendu est une incontestable réussite.


- Les saisons de Giacomo
de Mario Rigoni Stern
Éditions Robert Laffont / Février 2011


Après la Seconde Guerre Mondiale, un homme retourne au hameau de la montagne vénitienne ou il a passé son enfance. Si les pierres et les rues en ont été remodelées pour le transformer en un village de villégiature, les stigmates de l'horreur et le souvenir de ceux qui y vécurent sont demeurés bien vivaces. Lorsqu'il passe devant l'ancienne maison de Giacomo, son ami d'école, il décide de raconter son histoire et celle des siens. Giacomo est un petit gamin d'une famille pauvre qui, de l'entre-deux-guerres à la campagne de Russie, traversa toutes les vicissitudes réservées aux montagnards italiens. Ce sont les violences infligées à la terre, ou se dissimule encore le cuivre des obus et des bombes de 14-18, que Giacomo exhume pour le revendre et apporter quelques sous à sa mère. C'est encore l'exil des pères, dans les mines de Lorraine ou en Afrique, afin de sauver les familles de l'absolue misère. Puis c'est la marche du fascisme qui s'empare du pays et envoie ses fils à la mort.


- Les trois roses jaunes
de Raymond Carver
Éditions de l'Olivier / Février 2011


"La rue est jonchée de feuilles mortes. Même les caniveaux en sont pleins. Partout où se posent mes yeux, il y a des tas de feuilles mortes. Et il en tombe d'autres sur mon passage. À chaque pas, j'en écrase sous mes semelles. Il faudrait que quelqu'un fasse un effort. Il faudrait que quelqu'un prenne un râteau et mette un peu d'ordre là-dedans".


- Lâcher sa main
de Séverine Vidal
Éditions Grasset & Fasquelle / Février 2011


"Maman est folle, mais c'est pas ça qui la définit. Pas plus que le reste. Elle est aussi rigolote, belle, bonne cuisinière, de mauvaise foi, coquine, tendre, ridée, grosse, tatouée, un peu mécano sur les bords, ruinée, bavarde, cochonne, vivante. C'est tout ça, et pas seulement sa folie douce, qui dessine les contours de ma mère. Les pieds sur Terre et la tête (un peu) ailleurs. Depuis des mois, j'écris à ma mère toutes les semaines. Je lui raconte le voyage que je fais. Les endroits qu'on traverse, les gens qu'on rencontre. Quatre mois que je suis partie, obéissant à une vieille promesse". Fleur a quinze ans. Et une mère "folle". Alors, quand celle-ci lui demande de prendre le large, elle embarque sur le Tony Truand avec sa bande de joyeux amis, Tristan, Vampire, Alfredo et les parents de la petite Lou. Ensemble, ils vont réaliser leur rêve, la vie de voyage. Tandis qu'ils apprennent à mieux se connaître, les souvenirs de Fleur se mêlent à l'écume pour revenir sur son enfance avec la folie douce de sa mère, ses accalmies, et ses rechutes. Et tandis que Fleur apprend à fuir les frelons, quels qu'ils soient, elle va aussi découvrir sur qui elle peut compter et s'épanouir.


- Moi et Miss M.
de Jemma Forte
Éditions Presses De La Cité / Février 2011


Profession: esclave de star. Francesca rêve depuis sa plus tendre enfance de devenir actrice. Mais, à bientôt trente ans, elle n'a qu'une publicité ridicule à son actif et un travail de secrétaire qui l'ennuie. Grâce à une amie, Francesca décroche le job de ses rêves, elle devient l'assistante de Caroline Mason, une actrice américaine venue à Londres jouer dans une pièce de théâtre. Elle va peut-être enfin pouvoir mettre un pied dans l'univers doré du cinéma. Hélas, la jeune femme ne tarde pas à déchanter. Capricieuse, snob et autoritaire, l'actrice fait de sa vie un enfer. Devenue l'esclave de "Miss M", comme elle la surnomme, Francesca est-elle prête à tout sacrifier pour son travail? Dans cette comédie légère, pétillante et rythmée, Jemma Forte croque les célébrités et leurs courtisans avec beaucoup de justesse et d'humour, et livre une satire décapante du milieu du show-business.


- Mon amoureux et moi
de Isabelle Minière
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Février 2011


De la jeune fille à la vieille dame, chaque femme de ce recueil nous donne des nouvelles de l'amour. Leur amoureux, comment elles l'ont connu, comment elles l'ont aimé, chacune à sa façon, avec passion, avec tendresse, ou avec gourmandise, c'est selon; comment l'amour fait souffrir et comme il fait plaisir, les deux à la fois le plus souvent. De la légèreté, de la gravité, de la fantaisie, de l'humour et un zeste de citron. De la sensualité, des sentiments, de la douceur, de l'ironie et une pincée de piment. Un cocktail surprenant, et pourtant si familier, qu'on soit un homme ou une femme. Mon amoureux et moi, c'est un peu vous, c'est un peu moi, c'est un peu nous tous, ou bien ça pourrait l'être. On a tous en nous un amoureux ou une amoureuse qui espère, qui s'inquiète ou qui jubile. Jubilons.


- Philippe
de Camille Laurens
Éditions Stock / Février 2011


"On peut bien dire qu'on est malheureux, mais on ne peut pas dire le malheur. Il n'y a pas de malheur dans le mot malheureux. Tous les mots sont secs. Ils restent au bord des larmes. Le malheur est toujours un secret". Le 7 février 1994, Camille Laurens met au monde un fils nommé Philippe. Le lendemain, elle assiste à son enterrement. Philippe est mort deux heures après sa naissance par la négligence du médecin qui l'a accouché. Par son arrogance, surtout. C'est ce malheur et cette inhumanité, mais aussi l'indélicatesse de certains proches, que l'auteur raconte dans ce magnifique récit. Au cours de quatre chapitres, "Souffrir", "Comprendre", "Vivre" et "Écrire", elle décrit le temps écoulé de la douleur à l'écriture, avec une ironie grave, une intense clairvoyance. Au fil des pages se compose un livre pour voir, pour comprendre, pour rendre justice, pour s'armer de mots, pour dire son amour, pour crier, pour pleurer, pour ne pas oublier Philippe.


- Polynie
de Mélanie Vincelette
Éditions Robert Laffont / Février 2011


Rosaire Nicolet est retrouvé mort dans sa chambre d'hôtel. C'est Lumi, une strip-teaseuse, qui, un beau matin, l'a découvert inanimé. La petite ville d'Iqaluit dans le cercle arctique est d'autant plus bouleversée par cette nouvelle que tout le monde appréciait Rosaire. Ce jeune avocat était beau et intelligent, infiniment séducteur. En tant que spécialiste des questions autochtones et des tracés frontaliers, il s'était attaché les faveurs des puissants tout en poursuivant son combat pour la défense des Inuits. Oui, tout le monde aimait Rosaire. Trop peut-être. Lorsqu'il apprend cette nouvelle et qu'il est invité à venir reconnaître le corps, son jeune frère, Léandre Nicolet, est bouleversé. Il récuse l'idée d'un meurtre passionnel au profit d'une autre thèse. Chez les Nicolet, depuis que leur aïeul Jean Nicolet, un explorateur du XVIIe siècle, a fait une découverte extraordinaire, on se transmet un secret de père en fils: ce n'est pas Christophe Colomb qui a découvert l'Amérique mais un Chinois, l'amiral Zheng He, en 1418. Voilà, Léandre en est convaincu, Rosaire aura divulgué ce secret et c'est pourquoi il a été tué. Mais une fois sur place, bien vite, les certitudes de Léandre fondent comme neige au soleil. Sous couvert d'une enquête policière, Mélanie Vincelette nous plonge au cœur d'une réflexion sur les mystères des individus. Pourquoi idéalise-t-on les êtres? Sait-on jamais qui on aime? Léandre s'est construit une image idéale de son frère, séducteur et serviteur des justes causes, mais la réalité est beaucoup moins chatoyante. Sans être un parfait salaud, Rosaire n'était pas un ange non plus.


- Polyte
de Savinien Mérédac
Éditions JC Lattès / Février 2011


"Étant enfant, Polyte une fois s'était cassé un piquant d'oursin dans le doigt; ni les cataplasmes de gingembre, ni les emplâtres de vers de terre pilés, rien n'avait pu faire sortir la fine pointe barbelée. Et pendant bien des mois, il avait connu cette sensation cuisante d'un élancement subit qui vous larde la chair, sans avertissement, sans raison. Il semble à Polyte qu'il a maintenant un piquant d'oursin dans le cœur". Hippolyte Lavictoire dit Polyte a navigué sur toutes les mers du monde: il a connu les péniches, les chasse-marées, les goélettes, les longs courriers. Mais après trente-six ans d'aventures et de tempêtes, il ne peut résister à l'appel de la terre, sa terre: deux arpents de glèbe pierreuse, un chétif domaine, que son père et ses pères avant lui, lui ont transmis et qu'il ne peut se résoudre à abandonner. Alors ce cœur farouche, asséché par la dureté d'une vie en mer, s'ancre pour la première fois: il trouve une jeune épouse, Rebecca Sansdésir, des occupations quotidiennes, et surtout il guette l'arrivée de l'enfant, l'héritier qui sauvera son maigre bien et transmettra sa mémoire. Mais l'enfant ne vient pas et l'attente de Polyte devient tourment, doute, colère. Et quand six ans plus tard survient enfin l'heureux événement, il est trop tard. La suspicion, la jalousie et le désir de vengeance se sont emparés du cœur farouche de Polyte. Il est devenu ce monstre implacable, qui broie lentement les siens et s'enferme dans le cachot de la haine qu'il crée lui-même de toutes pièces. Polyte est bien le héros de cette tragédie superbe, un héros terrible mais qui nous fascine aussi par ses chimères vaines et fragiles comme l'écume, par sa verve fine jusqu'à la rouerie, qui touche à la poésie, à la magie.


- Sans amour
de Pierre Pachet
Éditions Denöel / Février 2011


Les dames âgées ne sont pas nées telles. Elles furent des jeunes filles, qui attiraient le regard des hommes et le regard en général. Pour les regarder comme elles le méritent, je dois opérer une conversion de mon regard: le forcer à cesser de se tourner vers ces jeunesses attirantes, pleines de vie et de charme, dont le sourire heureux, conquérant, ravageur, s'atténuera puis s'effacera avec l'âge, sans qu'elles perdent pour autant leur beauté ou leur attrait. À travers des personnages de femmes qu'il a connues, Pierre Pachet s'interroge sur le renoncement à l'amour, sur le choix de la solitude, quand viennent l'âge, la mort ou l'abandon d'un compagnon. Sur le mystérieux, pour lui, désir de paix des femmes. Irène, Léa, Mme Salzberg, Mania, Mizou… Leurs destins ont été liés. En essayant de les reconstituer, l'auteur fait aussi renaître des époques: les années 30, l'Occupation, le frémissement de la fin des années 50, et un milieu, constitué d'émigrés russes, de Juifs hésitant entre diverses appartenances.


- Spooner
de Pete Dexter
Éditions de l'Olivier / Février 2011


"Pour la mère de Spooner, cet accouchement marquait la fin d'un mois épuisant: d'abord le crève-cœur de voir (pour la deuxième fois) Eisenhower l'emporter sur le démocrate Adlai Stevenson, puis la mort de son père, puis la soudaine et mystérieuse maladie de Ward, son mari, et à présent ce funeste accouchement dont le travail interminable avait entraîné la mort du plus beau de ses jumeaux, Clifford, son premier fils. Et ensuite? Qu'avait-elle à montrer en récompense de ses souffrances? Spooner. Warren Whitlowe Spooner, 2,270 kg, cinquante-trois heures rien que pour franchir le portillon". Né dans les années 50 à Milledgeville (Géorgie), Spooner est intenable. Enfant agité, adolescent rebelle, il est élevé par son beau-père, Calmer Ottosson. Cet ancien officier de marine, expulsé de l'armée, consacrera sa vie à tenter, en vain, d'empêcher Spooner de semer autour de lui le chaos et la désolation.


- Tereza Batista
de Jorge Amado
Éditions Stock / Février 2011


Bienvenue dans l'univers coloré, exotique, érotique et cruel de Tereza Batista. Dans un Brésil déchiré par des inégalités sociales grandissantes, la petite Tereza est vendue par sa tante au Capitão, un monstre de cruauté et de dépravation qui abuse des fillettes qu'il achète comme une vulgaire marchandise. Adolescente, elle trouve naïvement refuge dans les bras d'un don Juan manipulateur. Femme, elle croit rencontrer l'amour avec un médecin bien sous tous rapports qui fait d'elle une infirmière respectable et finit par mourir. Désabusée, elle se tourne alors vers le Bordel, où sa sensualité de mulâtresse devient son arme pour survivre. C'est alors que la Peste Noire s'abat sur le pays. Avec les autres filles des rues, Tereza résiste, lutte et repousse le mal.


- Un grand oiseau blanc avec une chemise
de Régis Franc
Éditions Fayard / Février 2011


Éternelle jeune fille de quarante-cinq ans, Joséphine vit en sandales et en robe légère dans l'île d'Ibiza. Les touristes sont partis, elle a gagné de quoi attendre rêveusement l'été prochain. Mais un anglais arrive, qui a loué la luxueuse villa située en-dessous de chez elle. Les voisins trouvent à cet homme un air d'oiseau décharné. La rumeur prétend qu'il a acquis gloire et fortune en peignant des horreurs. La première fois qu'il lui adresse la parole, Joséphine, pour sa part, a l'impression de reconnaître la voix de son père tant aimé. Bientôt, elle le trouve attachant jusque dans son égoïsme, désarmant jusque dans ses caprices. Mais lui? Artiste adulé, cruel dans sa peinture et ironique dans l'existence, que peut-il trouver à une fille simple, solitaire, qui n'a pas voulu comprendre que la saison des colliers de fleurs était passée? Son art lui fait-il voir cette femme autrement? Entre eux s'installe un jeu ambigu. Amoureux? Sans doute, mais à la manière du soleil d'automne qui illumine la Méditerranée sans brûler.


- Un jour
de David Nicholls
Éditions Belfond / Février 2011


Comédie de mœurs, tableau social de l'Angleterre des vingt dernières années, mais surtout sublime histoire d'amour, Un jour est le livre qui a fait chavirer l'Europe tout entière. Superbement construit, un roman drôle et lucide sur l'amitié, le passage à l'âge adulte, les occasions manquées, les illusions perdues. Lui, Dexter, issu d'un milieu aisé, séduisant, sûr de lui, insouciant. Elle, Emma, d'origine modeste, charmante qui s'ignore, bourrée de complexes, de principes et de convictions. Nous sommes le 15 juillet 1988. Margaret Thatcher est au pouvoir, la new wave bat son plein, Dexter et Emma viennent de passer une nuit ensemble. Ces deux-là ne le savent pas encore mais ils ont vécu un coup de foudre. D'année en année, Dexter et Emma vont se chercher, se perdre, s'aimer, se détester, se séparer, et finir par comprendre qu'ils ne sont jamais aussi heureux que lorsqu'ils sont ensemble. Nous sommes le 15 juillet 2004. Tony Blair est Premier ministre, Robbie Williams cartonne et la vie, la vie qui va, réserve encore bien des surprises.


- Une famille anglaise
de Helen Walsh
Éditions Flammarion / Février 2011


Par la nuit la plus froide de 1975, un jeune homme à la flamboyante tignasse rousse parcourt à toute allure les rues enneigées d'un quartier résidentiel de Warrington. Son nom est Robbie Fitzgerald, et il court pour sauver sa vie et celle de sa famille. Dans cette ville rigide du nord de l'Angleterre, il a épousé Susheela, la belle infirmière qui a recousu ses blessures. Pour Robbie, sa femme est une princesse tamoule, mais dans la vie de tous les jours, les Fitzgerald doivent aussi faire face à l'intolérance, à la pauvreté, et à la haine de leurs voisins. Helen Walsh retrace deux décennies de lutte, d'espoirs et de triomphes avec un talent éblouissant pour chroniquer nos semblables. Avec les Fitzgerald, elle donne vie à une famille qui restera dans le cœur du lecteur bien après avoir refermé le livre.


- Une poignée de cendres
de Evelyn Waugh
Éditions Robert Laffont / Février 2011


Tony Last est le propriétaire heureux et fier de Hetton, un domaine campagnard néogothique, et le mari moins heureux, quoique toujours épris, de Lady Brenda. La vie de Tony, avec sa femme et leur fils John Andrew, semble parfaite, jusqu'au jour ou Brenda rencontre John Beaver, un jeune mondain ambitieux et avide d'argent, et le prend comme amant. Après la mort accidentelle de John Andrew, propice à un quiproquo des plus tragiques, Brenda et Tony s'accordent sur un divorce qui ressemble fort à un jeu de dupe. Mais quand il comprend que le divorce lui coûterait la perte de Hetton, Tony fait volte-face et décide de s'embarquer aux côtés d'un explorateur douteux pour l'Amérique latine. Fatalement, l'expédition tourne à la catastrophe, et, alors qu'à Londres Brenda est abandonnée par son jeune amant, le pauvre Tony tombe malade, manque de mourir, puis est capturé dans la jungle par un ermite fou, qui l'oblige à lui lire à haute voix les œuvres complètes de Charles Dickens jusqu'à la fin de ses jours. Sous la plume acérée de Waugh, toujours juste et pleine d'humour, la bonne société anglaise des clubs, des châteaux et des soirées mondaines en prend pour son grade et se révèle dans toute son inauthenticité: alors que tous les personnages sont caractérisés par une évidente inadéquation de leur vie à leur être, Waugh désigne le seul et unique moteur qui fait se mouvoir toutes choses: l'argent.Une poignée de cendres est aussi une parodie des romans de son époque, de leur psychologie et de leurs thématiques: Evelyn Waugh plonge dans des profondeurs existentielles de l'homme dont l'humour est la seule transposition possible. Le tout est d'une cruauté indicible, en même temps que d'une folle drôlerie, et propose un voyage sans complaisance dans l'âme humaine.


- Ultimes rituels
de Yrsa Sigurdardottir
Éditions Anne Carrière / Février 2011


Novembre 2005, Reykjavik. Un étudiant allemand est retrouvé mort, atrocement mutilé. Le jeune homme étudiait l'histoire islandaise et portait un intérêt tout particulier à ses heures les plus sombres. Sa famille ne se satisfait pas des conclusions de la police et décide de louer les services de l'avocate islandaise Thora Gudmundsdottir et de l'ancien inspecteur Matthew Reich, un Allemand, afin qu'ils poussent l'enquête plus avant. Elle est sociable et insouciante; lui est rigide et sévère. Leur enquête parallèle révèle que l'étudiant assassiné avait recueilli des informations conséquentes au sujet de documents très anciens, et qu'il était membre d'un mystérieux groupuscule, composé d'Islandais fascinés par les événements historiques liés aux méthodes de torture et d'exécution. En outre, le jeune homme avait retiré une importante somme d'argent sur un compte à son nom et était sur le point d'acheter un équipement de sorcellerie. Qui a pu vouloir sa mort? Quel lien existe-t-il entre cette tragédie et les événements atroces qui se sont déroulés par le passé?


- Aerkaos
de Jean-Michel Payet
Éditions Les Grandes Personnes / Janvier 2011


Les livres ont une puissance insoupçonnable. C'est ce que n'aurait jamais dû découvrir Oonaa, jeune vestale recluse dans la Citadelle de Maahsandor. Rien n'était en effet censé venir bouleverser l'existence de la jeune fille, soumise aux règles de l'Ordre vunique. Pourtant, dès lors qu'elle entre en contact avec un groupe de dissidents, Oonaa n'hésite pas à se mettre en péril. Elle remet en cause les vérités qu'on lui a enseignées, expérimente le doute, la trahison. Elle comprend aussi que les livres sont des passerelles entre les hommes et, plus étonnant encore, entre les mondes. Telle est l'histoire dont Ferdinand lit le récit dans un intrigant manuscrit trouvé chez son oncle. À sa grande stupéfaction, la fiction rattrape bientôt la réalité: son chemin et celui de Oonaa, son héroïne de papier, vont inexorablement se croiser.


- À l'attention de la femme de ménage
de Émilie Desvaux
Éditions Stock / Janvier 2011


C'est une belle demeure de campagne, au milieu d'un parc arboré, pleine d'escaliers, d'enfilades de pièces et de mobilier élégant. C'est une maison peuplée de souvenirs, de fantômes et de rêveries où vivent deux femmes. L'une est veuve depuis quelques mois. Elle s'installe souvent dans le salon d'hiver, pour lire, silencieuse et pensive. L'autre, c'est Marie-Jeanne, une jeune fille vive et désordonnée, infiniment sensuelle. Sans attaches, elle a surgi un jour pour qu'on s'occupe d'elle et n'est jamais repartie. Les deux femmes se sont éprises, mais, au fil de quelques saisons, la veuve supporte de moins en moins la présence de Marie-Jeanne, ses longs bains mystérieux, son amour inconditionnel, et se fait plus cruelle. Se glissent dans ses songes l'ombre de sa mère, dure et sèche, et celle de son père, qui lui racontait le mythe ensorcelant des sirènes. S'immisce en elle le désir de détruire cet amour finissant ou de le transformer en autre chose. En arrière de l'histoire de ces femmes, et comme confondue avec la maison, la femme de ménage passe telle une ombre. Elle est la dépositaire de leurs secrets. Le témoin de leur amour trouble et de leur étrange métamorphose. Semblable à un conte ou une légende, à une rêverie baroque, À l'attention de la femme de ménage est un premier roman singulier dont les images et la langue enchantent.


- Après
de Anne Terral
Éditions Stock / Janvier 2011


La petite fille qui est l'héroïne de ce récit décrit ses sensations et ses émotions. Juste après la mort du père, une vache est apparue dans le pré voisin. Ses meuglements la nuit perturbent la vie du village. La bête empêche de dormir, elle fait peur. L'enfant, au contraire, est fascinée par l'animal car son cri vient éclairer l'obscurité et apaiser l'angoisse. La bête est pourtant pareille à la mort qui a coupé l'enfance en deux: énorme et terrifiante.


- Aujourd'hui les cœurs se desserrent
de Pascale Roze
Éditions Stock / Janvier 2011


Les Deslorgeux, industriels rouennais qui tirent leur gloire de la fabrication de la popeline, perdent sur trois générations argent, certitude, pouvoir. Ne reste d'eux qu'une petite Lorette, vivant quelque part dans le monde. La Seconde Guerre Mondiale, la montée en puissance du tiers-monde peuvent expliquer le déclin de cette famille, mais aussi le besoin d'échapper à son destin, de rester fidèle à ses principes envers et contre tout, de desserrer un cœur que la morale bourgeoise, catholique et provinciale contraint si durement. Le récit se noue autour de la rivalité de deux frères. L'un s'évade d'un camp disciplinaire pendant la guerre, et refuse d'en parler, tandis que l'autre échappe à la dureté des combats et se réfugie dans la peinture. L'un se marie, a des enfants, mais s'enferme sa vie durant dans le silence. C'est lui qui dirigera l'entreprise familiale. L'autre, qui a vu celle qu'il aimait épouser son frère, n'a pas de descendance. C'est donc le dernier des fils de cette famille qui prend la parole. Au fil de son récit où se reconstituent les événements passés surgissent des questions essentielles et douloureuses: qu'est-ce qu'une vie réussie? Comment vivre "sa" vie? Que reçoit-on en héritage?


- Brooklyn
de Colm Toibin
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


Enniscorthy, sud-est de l'Irlande, années 1950. Comme de nombreux jeunes de sa génération, Eilis Lacey, diplôme de comptabilité en poche, ne parvient pas à trouver du travail. Par l'entremise d'un prêtre, sa sœur Rose obtient pour elle un emploi aux États-Unis. En poussant sa jeune sœur à partir, Rose se sacrifie, elle sera seule désormais pour s'occuper de leur mère veuve et aura peu de chance de se marier. Terrorisée à l'idée de quitter le cocon familial, mais contrainte de se plier à la décision de Rose, Eilis quitte l'Irlande. À Brooklyn, elle loue une chambre dans une pension de famille irlandaise et commence son existence américaine sous la surveillance insistante de la logeuse et des autres locataires. Au début, le mal du pays la submerge, la laissant triste et solitaire. Puis, peu à peu, elle s'attache à la nouveauté de son existence. À son travail de vendeuse dans un grand magasin ou les premières clientes noires font une apparition timide qui scandalise les âmes bien-pensantes, sauf Eilis, qui, dans sa petite ville d'origine, n'a jamais connu le racisme. Au bal du vendredi à la paroisse du quartier. Aux cours du soir grâce auxquels elle se perfectionne en comptabilité. Dans ce rythme entre monotonie rassurante et nouveautés excitantes, Eilis trouve une sorte de liberté assez proche du bonheur. Et quand Tony, un Italien tendre, sérieux et très amoureux, entre dans sa vie, elle est convaincue que son avenir est tout tracé, elle deviendra américaine. Mais un drame familial l'oblige à retraverser l'Atlantique pour un séjour de quelques semaines en Irlande. Au pays, Eilis est devenue une femme à la mode, désirable, parée du charme des exilées. Brooklyn, Tony, la vie américaine se voilent de l'irréalité des rêves. Un nouvel avenir l'attend dans la bourgade de son enfance, un homme prêt à l'épouser, un travail. Deux pays, deux emplois, deux amours. Les possibilités inconciliables déferlent sur Eilis, lui infligeant cette petite mort que suppose l'impératif des choix.


- Cet été-là
de Veronique Olmi
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


Depuis 16 ans, trois couples d'amis passent le 14 juillet ensemble, au bord de la mer, en Normandie. Ils ont décidé de vivre ces trois jours dans l'insouciance comme un rite amical et joyeux. Mais un adolescent inconnu et insaisissable va s'immiscer dans leur petit groupe. Tous sont réunis chez Denis et Delphine, qui les reçoivent chaque été, Nicolas et Marie, Lola et son amant Samuel. Mis à part ce dernier, 26 ans à peine, tous ont entre 40 et 55 ans. Ils ont de l'argent ou n'en n'ont pas, sont amoureux ou en désamour, ont des enfants présents ou absents, mais ce qui les unit c'est le désir de partager la joie des repas dans le jardin, les parties de tennis, les bains de mer. Mais sur la plage, Jeanne, 16 ans, la fille de Denis et Delphine, rencontre Dimitri. Il n'est pas d'ici, il a 20 ans et semble d'un autre temps, indéfinissable, timide peut-être, attirant ou repoussant, lumineux ou sombre, comment savoir? Tout cela serait sans importance si Dimitri, un jour, ne pénétrait dans le jardin, et n'annonçait que le grand pin qui y règne en seigneur allait mourir. Le grand pin, cet arbre qui domine le jardin, les protège de la pluie, du soleil, sous lequel ils dressent les longues tables des repas heureux, cet arbre est-il réellement menacé? C'est à partir de cette trame que Véronique Olmi bâtit ce roman qui parlera au cœur de tous ceux qui traversent "le milieu du chemin de la vie". On pense aux meilleurs films de Claude Sautet. Avec, le bruit du temps qui passe et des amours qui se défont.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 13:10

- Cette vie ou une autre
de Dan Chaon
Éditions Albin Michel / Janvier 2011


Lucy a quitté le lycée et sa famille pour suivre un professeur charismatique qui n'est peut-être pas celui qu'elle croyait, Mike recherche son frère jumeau disparu depuis dix ans et qui a sans doute causé la mort de leurs parents, le jeune Ryan est bouleversé d'apprendre la véritable identité de son père: trois personnages totalement étrangers les uns aux autres, et dont les destins viennent s'entremêler de manière vertigineuse.


- Dans la peau de Patrick Modiano
de Denis Cosnard
Éditions Fayard / Janvier 2011


Tout commence en 1968, lorsque Patrick Modiano, à la parution de son premier roman La Place de l'étoile, s'invente une date de naissance: 1947 au lieu de 1945. Il mettra près de dix ans pour rétablir son état civil, et plus de quarante pour s'en expliquer. Étonnant Modiano, toujours entre fiction et réalité. Lors de son entrée sur la scène littéraire, il entremêle sa date de naissance et celle de son frère disparu, une façon de rendre à celui-ci un hommage discret. Dans ses livres, surtout, il ne cesse de "vaporiser" des éléments réels, liés pour beaucoup à la période de l'Occupation qui l'obsède. Les gestapistes de la rue Lauriston, le duo Bonny-Lafont et surtout le mystérieux Eddy Pagnon, hantent ainsi ses textes, du premier au dernier roman. Au fil des ans, cependant, Modiano avance. On le décrit prisonnier des brumes des années 1940, le voici qui rédige un scénario sur Mesrine avec Michel Audiard. Lui qui se présente comme le fils "d'un juif et d'une Flamande" porte sur ses parents un regard nouveau: le père équivoque et déchu des premiers textes est lentement réhabilité, pendant que la mère actrice se retrouve la cible tardive d'attaques frontales. En parallèle, il se construit une famille de papier où se croisent Maurice Sachs, Emmanuel Berl, Raymond Queneau, Georges Perec, Dora Bruder, Serge Klarsfeld, mais aussi Françoise Hardy et Catherine Deneuve. En se glissant dans la peau de l'écrivain, Denis Cosnard mène à travers les textes une enquête passionnante pour aller au-delà du mythe Modiano.


- Dans la tête de ma rivale
de Sarah Miller
Éditions Fleuve Noir / Janvier 2011


Molly a un super pouvoir: elle peut lire dans les pensées de son amoureux. Le rêve de toute fille et un précieux atout. Pourtant, un jour, elle "découvre" que celui-ci a en tête Sara, la beauté du lycée. Son sang ne fait qu'un tour. Molly n'est pas partageuse pour un sou, alors elle quitte Jonathan, et son esprit par la même occasion. Mais voilà que son don lui joue des tours: à présent, elle se retrouve plongée dans les pensées de sa rivale. Et ce qu'elle apprend la bouleverse et la confronte à un nouveau problème: comment préserver son secret tout en protégeant Jonathan des plans de Sara?


- Dans ses yeux
de Eduardo Sacheri
Éditions Denöel / Janvier 2011


Buenos Aires, 1968. Liliana Emma Colotto, enceinte de quelques semaines, est sauvagement violée et étranglée. Benjamín Chaparro, jeune secrétaire au palais de justice, se voit confier l'affaire. Pour tenter d'oublier ses amours contrariées avec Irène, une collègue au charme magnétique, les divagations de son voisin de bureau alcoolique et l'étroitesse d'esprit de sa hiérarchie, Chaparro se lance à corps perdu dans ce sulfureux dossier. Peu à peu, cet homicide devient son obsession: bouleversé par la souffrance du jeune époux de Liliana, il jure de faire condamner le meurtrier. Mais nous sommes dans les années 70, et l'Argentine, en proie à toutes les iniquités, s'enfonce dans la "guerre sale" et les années de plomb. Pour venir à bout de ce qui devient l'affaire de sa vie, Benjamin devra affronter inimitiés politiques, trahisons et exil. Trente ans plus tard, il décide de coucher le terrible récit de ce crime sur le papier. Campé dans l'Argentine de la dictature, Dans ses yeux est une magnifique histoire d'amour doublée d'une brûlante réflexion sur la légitimité de la vengeance.


- Dead Kennedy
de Sean Stewart
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2011


William "Dead" Kennedy, trente-deux ans bien tassés, est un homme hanté. Par sa famille, par son ex-femme qu'il ne parvient pas à oublier, par toutes ces chansons de rock qu'on n'arrive pas à se sortir de la tête. Mais surtout par des morts. Littéralement. Des morts qu'il est le seul à voir, depuis son enfance, qui tous lui demandent des réponses, jusqu'à son oncle Billy, depuis longtemps décédé, qui l'exhorte à régler ses comptes avec son passé. Pour ne rien arranger, il vient de perdre son boulot dans une boutique animalière de Houston, son air conditionné a rendu l'âme, sa fille de douze ans a décidé de s'occuper de son cas et il rêve de routes fantômes en noir et blanc. Alors, quand un cousin éloigné, toujours se méfier de la famille, l'appelle au milieu de la nuit pour lui demander de le débarrasser d'une jeune morte qui hante son garage, Will y voit un moyen de se faire facilement quelques centaines de dollars. Sans se douter que ses problèmes ne font que commencer.


- Des chevaux sauvages, ou presque
de Jeannette Walls
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


Lily Casey, l'aînée d'une fratrie de trois enfants, vient au monde en 1901. Dans sa famille d'immigrés irlandais, elle apprend dès son plus jeune âge à ne jamais capituler: elle résiste aux catastrophes naturelles, gagne sa place dans la société parmi les hommes et préserve son indépendance, même aux temps de la crise économique qui vient ruiner ses espoirs de confort. Pour Lily Casey, le remède aux drames de la vie, c'est l'action. Sa devise: ne jamais regarder en arrière. Quand son père achète des chiens avec l'argent de ses études, elle s'obstine et réussit à devenir institutrice, malgré tout. Lorsque sa seule amie meurt dans un accident de travail, ou lorsqu'elle découvre les mensonges de son premier mari déjà pourvu d'une famille, elle ne se déclare pas vaincue. Malgré la ruine, les diffamations, les expulsions, Lily Casey se bat. Mère aimante mais exigeante, élevant ses enfants avec pragmatisme, Lily Casey refuse de s'apitoyer sur leur sort à tous. Mais, de tous les aléas de l'existence, la seule chose qu'elle n'avait pas prévu, c'est que sa fille, Rosemary, serait une rebelle indomptable.


- Des gens très bien
de Alexandre Jardin
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


"Tandis que mon père s'endort peu à peu contre moi, je lui parle une dernière fois:
Plus tard, tu ne pourras pas vivre avec le secret des Jardin. Il te tuera...
Tu feras un livre, Le nain jaune, pour le camoufler.
Au même âge que toi, j'en ferai un, Des gens très bien, pour l'exposer.
Et je vivrai la dernière partie de ta vie... La mienne.
Dors mon petit papa, dors...


- Des nouvelles d'hier
de Robin Black
Éditions Flammarion / Janvier 2011


Des nouvelles d'hier fait vivre au lecteur les transitions déstabilisantes que la vie réserve à tous. Un père s'efforce de se construire une identité alors que sa fille aveugle prépare son départ pour l'université. Une artiste pleure la fin de son amour tandis qu'elle peint le portrait d'un homme au seuil de la mort. D'une lucidité magnifique, Des nouvelles d'hier met en lumière les vérités des relations humaines avec maturité et clairvoyance tout en sondant les profondeurs de l'amour, de la perte et de l'espoir.


- Donne-moi le monde
de Lloyd Jones
Éditions Michel Lafon / Janvier 2011


C'est l'histoire d'une femme. Noire, seule, sur une plage de Sicile. Elle a traversé la Méditerranée pour retrouver son fils. Avec rien de plus que son uniforme de femme de chambre et un couteau dans un sac en plastique, elle marche vers Berlin. Elle marche vers son fils, qu'elle a vu seulement quelques jours, avant qu'on le lui enlève. En chemin, elle attire l'attention d'inconnus. Un chauffeur routier, qui la prend pour une prostituée. Une femme, à qui elle emprunte son identité. Un chasseur, qui lui offre de partager son repas. C'est l'histoire d'une mère prête à tout pour revoir son enfant.


- Dos à dos
de Sophie Bassignac
Éditions JC Lattès / Janvier 2011


Fin août, une nuit du côté de Saint-Tropez. Dans la Villa des Roses, tout le monde dort lorsqu'Arnaud, visage d'ange mais cœur sombre, débarque sans prévenir chez ses parents qu'il n'a pas vus depuis longtemps. Ses bonnes résolutions, il les a déjà oubliées. Le lendemain, Gabriel, romancier quinquagénaire qui n'écrit plus, lit un message destiné à son fils. Un message qui lui fait l'effet d'un coup de couteau. Arnaud est recherché par la police. Aussitôt, dans un tourbillon de rage, d'accablement et d'angoisse, l'homme de lettres se lance à sa poursuite. Tourmenté par ses états d'âme d'écrivain mais aussi et surtout par sa femme italienne, Ester, toujours en guerre dès qu'il s'agit de sauver son fils, Gabriel devra redécouvrir cet enfant qu'il pensait connaître. Comment les êtres qui nous sont le plus proches deviennent parfois des étrangers? Autour de cette famille décomposée où les tensions s'amoncèlent, gravitent des personnages qui participent, impuissants, à la catastrophe annoncée. Pamela, l'amie de toujours de la famille, veuve, alcoolique et infatigable poseuse de questions, Fumiko la Japonaise, poétique amie d'Arnaud qui dessine les gens dans le métro, Jean-Mi Causse, le détective-écrivain de science-fiction, ou encore la troublante et fragile Guinevere, photographe débutante perchée sur ses talons échasses. Tragi-comédie du désir et des liens filiaux, voici un roman au style réjouissant et effréné, qui sonde les thèmes de la création artistique, de la culpabilité et de la part d'ombre qui nous habite tous.


- Du pur amour et du saut à l'élastique
de Frédéric Pages
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2011


Max de Kool, célibataire trentenaire, passionné de philosophie, mène une existence nomade consacrée à Descartes et Nietzsche, ses deux auteurs de prédilection, et à l'écriture d'un essai en préparation depuis des années sur le sublime chez Kant. Le hasard de ses pérégrinations le conduit à Genève où il fait la rencontre de Blandina Blandinova, top-modèle russe de renommée internationale. Sans l'avoir voulu, il se retrouve dans son lit. L'idylle dure peu car Max, quoique rationaliste, ne peut maîtriser une dangereuse pulsion: quand il entend une chanson de Julio Iglesias, il devient violent. Et la pauvre Blandina se retrouve au tapis pour avoir écouté "Vous, les femmes". Piteux, il part à la montagne faire le point sur sa vie, ses amours et ses colères. À 2 000 mètres d'altitude, unique client d'un hôtel abandonné, il voit sa retraite perturbée par l'arrivée d'étudiants en marketing, venus avec leurs professeurs fêter la fin de l'année. Gala chic ou teuf techno? Faut-il autoriser les drogues et le strip-tease? Une gendarmette mystique, adepte de Madame Guyon et du quiétisme, tente de prêcher la paix, l'oraison du cœur et la dissolution de l'ego. Rien de plus opposé à la philosophie de Max. Pour lui, le salut est en haut, dans le ciel des idées. L'harmonie des styles, des musiques et des générations est pourtant en passe de se réaliser quand retentit la voix de Julio Iglesias. Victime de ses démons, Max gâche la fête par un acte inqualifiable. Et si le salut était dans la chute? Au petit matin, Max plonge tête la première dans le vide. La résurrection est en vue.


- Du train où vont les choses à la fin d'un long hiver
de Francis Dannemark
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


"Je croyais avoir besoin de voyager seul et de rester silencieux vingt-quatre heures pour regarder en face le temps qui passe. En réalité, j'avais besoin d'autre chose. J'avais besoin, je crois, de partager un peu de temps volé avec une aimable inconnue". En pleine crise de lassitude au cœur de la crise économique, Christopher, opérateur culturel belge de cinquante ans au bord de la faillite, souhaite ralentir et se recentrer sur des valeurs plus justes. Parce que "la vie rappelle de temps en temps que le monde est tout petit", il décide de s'arrêter et de partir. Ce sera pour le Portugal, en train. Alors que le ciel additionne les nuages, Christopher croise sur le quai de la gare une inconnue, Emma, qu'il va découvrir le temps d'un voyage entre Bruxelles et Lisbonne, au cours d'une longue et belle conversation, à la fois tendre, émouvante, et toujours sincère.


- En attendant Robert Capa
de Susana Fortes
Éditions Héloïse d'Ormesson / Janvier 2011


En 1935, gravitant dans les cercles intellectuels de la rive gauche à Paris, la jeune émigrée Gerta Pohorylle rencontre un autre réfugié juif, venu de Budapest, André Friedmann. Photographe passionné, il l'initie à son art. Bientôt les deux amants obtiennent leurs lettres de noblesse sur les sentiers du front espagnol, en gravant les atrocités du franquisme sur la pellicule. Habités par le goût du risque, investis par le devoir d'informer, ils deviennent deux des plus grands photographes de guerre de tous les temps. Sous le nom de Robert Capa et Gerda Taro, ils bâtissent leur propre légende, jusqu'à sacrifier leur vie pour défendre leurs idéaux.


- Françoise
de Laure Adler
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


Françoise Giroud, c'est une légende. Engagée en 1945 par Hélène Lazareff comme journaliste à la création de Elle, puis fondatrice de L'Express, elle avait des phrases assassines, comme le fameux "On ne tire pas sur une ambulance" qui visait Chaban-Delmas. On la craignait, on la respectait. Le sens de la formule, le sourire enjôleur, la rapidité, le feu sous la glace de l'émotion toujours contenue. Compagne et complice de Jean-Jacques Servan-Schreiber, amie fidèle de Mendès France et Mitterrand, celle qui "inventa" la Nouvelle Vague et roulait en décapotable, fut une grande amoureuse, carnassière, aimant le plaisir autant que le devoir, on apprendra ici tout de son tempérament passionné, jusqu'aux malheurs, aux larmes, à la tentative de suicide, à la trahison. Femme politique, cette fille d'immigrés turcs ne passa jamais son bac, mais devint secrétaire d'État à la condition féminine sous Giscard d'Estaing. Travailleuse frénétique, élégante en diable et follement charismatique, femme d'action, éprise de liberté, c'était une visionnaire. De son engagement dans la Résistance à son union avec un homme proche de la Gestapo, de son opposition farouche à la guerre d'Algérie aux secrets et mensonges dont elle a enveloppé son histoire, ce sont les zones d'ombre d'une femme publique que Laure Adler explore dans cette biographie nourrie aux meilleures sources, fondée sur l'accès à des archives inédites de l'IMEC.


- G229
de Jean-Philippe Blondel
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2011


"C'est bizarre, des fois, comme c'est. On croirait pas quand on arrive qu'on va rester si longtemps. Et puis le temps passe et voilà", c'est le constat que dresse la concierge du lycée où "monsieur Blondel" œuvre depuis tant de temps. Non seulement il est resté vingt ans dans le même lycée, mais dans la même salle aussi, la "G229", qui lui a été attribuée de manière permanente, tandis que les autres profs changent de salle à chaque cours. Alors on s'attache à cette salle de classe où les tables sont disposées en U, comme dans un banquet, pour faciliter la communication, établir une certaine convivialité. Loin des discours catastrophiques sur l'école et l'enseignement, Jean-Philippe Blondel brosse un très joli portrait de son métier. Le lecteur retrouvera les thèmes chers à l'auteur: les rapports entre générations, le fait que nous partageons tous un domaine commun, que nous tissons des liens, que nous le voulions ou pas. Éducation, enseignement, temps qui passe, relations entre profs, élèves, parents d'élèves, Jean-Philippe Blondel parle de son métier avec passion et sensibilité. L'enseignement nourrit la littérature, et la littérature nourrit l'enseignement. Dans les deux cas, on est dans la vie. C'est le message quasi militant et optimiste que l'auteur du Baby-sitter transmet à ceux qui doutent de l'école d'aujourd'hui.


- Glory boom
de Killian Arthur
Éditions Fayard / Janvier 2011


"Au cours des trois derniers mois, j'ai fait deux fois la couverture de People. En tapant mon nom sur Google, on obtient six millions de résultats. Je suis français, américain, japonais, brésilien, mondial. Je suis un it boy. Je suis une putain de star. Et qu'ai-je fait pour en arriver là? Rien. Je suis quelqu'un qui ne fait rien. Ma contribution au monde est nulle. Alors j'imagine que j'ai eu de la chance, mais un détail me tracasse quand même: il paraît que l'homme est la somme de ses actes. Or cela ne peut signifier qu'une chose: je n'existe pas". À 27 ans Avril Alken est ce que notre époque a produit de plus fascinant, c'est-à-dire le pire: une célébrité sans talent, un artiste sans art, un monstre sacré par Youtube. De Londres à Hollywood en passant par Las Vegas, sa confession nous invite à le suivre au pays des merveilles, où fiction et réalité se confondent sous l'effet des flashs, des pilules et des étranges menaces de mort qu'il reçoit. Une fresque pop, trash et palpitante. Le portrait d'une génération qui rêve d'entrer dans l'histoire sans en écrire une ligne: celle du Glory Boom.


- Good bye Fassbinder!
de Pierre Gras
Éditions Jacqueline Chambon / Janvier 2011


Trente ans après la mort de R. W. Fassbinder, immense cinéaste à l'énergie créatrice démesurée, et vingt ans après la réunification, le moment est venu de mettre en lumière le cinéma allemand actuel dans toute sa diversité. Good Bye Lenin et La Vie des autres, Marseille et Septième Ciel, Au loin les lumières et Sous toi la ville, Le Projet Himmler et Yella, Désirs et Soul Kitchen sont des œuvres qu’il faut replacer dans un tissu très riche où la critique française a distingué l'apparition d'une génération de cinéastes, parfois présentée comme une "nouvelle vague allemande". Le bilan proposé ici, qui étudie fiction et documentaire, cinéastes expérimentés et débutants, films à sujets historiques et à sujets contemporains, a pour but de faire mieux connaître les films et les cinéastes essentiels, de dégager leur importance esthétique et de proposer une nouvelle vision de l'histoire récente du cinéma allemand. Un index des films et un index des personnalités complètent cet ouvrage, le premier en français à être consacré à ce sujet.


- Hors-Service
de Solja Krapu
Éditions Gaïa / Janvier 2011


Eva-Lena a une petite vie bien rodée, avec maison, enfants, mari et collège. Elle est parfaite, quoique un brin hystérique dès qu'on vient changer son planning. Un vendredi soir, elle enfourche son vélo pour aller faire des photocopies au collège. Ça l'avancera pour lundi. Sauf qu'elle se retrouve enfermée dans le local de la photocopieuse. Pour tout le week-end? Par l'ingéniosité de son sujet, le ton tragi-comique, la richesse des personnages et leur psychologie décortiquée sans chichis, Hors-Service cible juste. Car enfin, qui oserait prétendre qu'il ne se sent, au grand jamais, ne serait-ce qu'un tout petit peu prisonnier de son quotidien?


- Hôtel Saint-Georges
de Rachid Boudjedra
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


Jean est ébéniste, et c'est en cette qualité qu'on l'envoie en Algérie au moment des "événements". Non pas pour faire la guerre que tout le monde refuse d'appeler par ce nom, mais pour fabriquer les nombreux cercueils qui serviront bientôt d'ultime demeure aux soldats tombés pour la France. Jean s'acquittera de sa tâche avec une conscience professionnelle acharnée, se réfugiant aveuglément dans les beautés subtiles de son artisanat pour échapper à l'horreur quotidienne. Après sa mort, quelques années plus tard, sa fille, Jeanne, curieuse d'en savoir plus sur ce père secret et blessé, part sur ses traces, à Alger et Constantine. Cette enquête intime va faire resurgir les fantômes douloureux du passé, ceux de Jeanne, mais aussi ceux de Rac, le jeune Algérien qui lui servira de guide. Leur voyage va les entraîner tous deux à la rencontre des époques, des paysages et des visages divers de l'Algérie magnifique, tourmentée. Récit polyphonique et fragmenté, ou plutôt à fragmentation, comme on le dit de certaines bombes, Hôtel Saint-Georges est un texte de bruit et de fureur, placé sous la noire étoile de Faulkner. Armé d'une prose plus viscérale et électrique que jamais, Rachid Boudjedra continue ainsi d'explorer les mystères, les souffrances, parfois aussi les éclats de splendeur, d'un passé qui ne passe pas.


- Istanbul était un conte
de Mario Levi
Éditions Sabine Wespieser / Janvier 2011


Saga familiale, livre-fleuve, déambulation intime et roman-monde, Istanbul était un conte est tout cela à la fois. Issu d'une famille juive séfarade arrivée à Istanbul au moment de la Reconquista, l'écrivain plonge dans la mémoire de sa ville natale comme s'il ouvrait une malle aux trésors. Les objets, les tableaux et les photographies sépia s'animent, et c'est la vie quotidienne de trois générations de Juifs stambouliotes au cours du XXe siècle qui prend forme. Il faut accepter de se perdre dans les ruelles étroites de la ville, sur les rives du Bosphore et dans les méandres des histoires familiales: au gré des errances du narrateur, dévoilant à travers mille récits et anecdotes les secrets de chacun de ses quarante-sept personnages (qu'il inventorie dans un lexique en début d'ouvrage), le charme agit. Istanbul est un conte, comme le sont les aventures, réelles ou rêvées, de ses habitants. D'une histoire à une autre, se dessine le portrait d'une ville-monde, mais aussi son évolution vers la modernité. La ville cosmopolite et accueillante pour les communautés étrangères change au fil des ans, tandis que retentissent jusqu'au cœur des foyers les tragédies du siècle. Puissamment nostalgique, le livre de Mario Levi tente, et ce n'est pas son moindre attrait, de sauver un monde englouti, un monde de commerçants parlant encore le yiddish et le ladino, un monde où cohabitaient toutes les traditions et toutes les religions. Istanbul était un conte est le chant d'amour de l'écrivain à sa ville, en même temps qu'une formidable invitation au voyage.


- Jack Rosenblum rêve en anglais
de Natasha Solomons
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2011


Depuis qu'il a débarqué au port d'Harwich en 1937, Jack Rosenblum, un mètre cinquante-cinq de ténacité pure, entend devenir un véritable gentleman britannique. Durant quinze ans, ne ménageant ni sa peine ni son temps, il a rédigé un guide exhaustif des us et coutumes de son pays d'adoption. Il sait que la marmelade s'achète chez Fortnum & Mason, il connaît par cœur les noms de tous les rois d'Angleterre, considère le bulletin météo de la BBC comme le moment phare de sa journée et ne parle plus allemand, sauf pour proférer des jurons. Malgré toute sa bonne volonté, son désir de se fondre parmi les sujets de Sa Royale Majesté se heurte à des obstacles. Notamment à la force d'inertie de son épouse Sadie, qui refuse obstinément de renier leurs origines, de tirer un trait sur leurs traditions, la recette de la Baumtorte, leurs amis d'autrefois, et ce monde juif allemand, anéanti, qui était le leur. Jack reste pourtant persuadé d'avoir trouvé sa patrie. Pour que se réalise son rêve d'assimilation, il lui reste une seule épreuve à surmonter, devenir membre d'un club de golf à Londres. On ne veut pas de lui? Qu'à cela ne tienne, il quittera la capitale pour s'installer à la campagne, entre les cochons et les jacinthes, et entreprendra de construire son propre green sur la colline de Bulbarrow.


- Je voudrais que tu…
de Franck Andriat
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


Salomé, treize ans, aime chatter avec ses copains et ses copines. Avec Florine, sa meilleure amie, avec Saïd et Philippe, elle peut passer des heures à discuter de tout et de rien. Pour Salomé, Internet, c'est la vie réelle, la porte ouverte sur le monde et sur les autres qu'elle ne pourrait pas rencontrer autrement. Elle fait ainsi la connaissance de Michaël, seize ans, beau et bronzé, vivant à Tours, à quelques heures de chez elle en Bretagne. Ils apprennent à se connaître sans se rencontrer, à se dévoiler. Elle aime aussi chatter avec Coralie, fragile, solitaire. Coralie qui lui avoue qu'elle ne pourrait pas vivre sans ces échanges, Coralie qui lui demande de la rencontrer. Mais elle ira de surprise en surprise et découvrira que ceux avec qui elle chatte ne sont pas toujours ceux qu'elle croit.


- L'argent des autres
de Justin Cartwright
Éditions Jacqueline Chambon / Janvier 2011


À son décès, Sir Harry Trevelyan-Tubal laissera derrière lui la banque privée Tubal & Co., fondée par son ancêtre en 1671, de somptueuses demeures à Chelsea, à Antibes et en Toscane, un yacht de luxe et une précieuse collection de Matisse et de Cézanne. Victime de plusieurs AVC, il ne sait pas que le yacht est déjà vendu à un oligarque russe. Ni que son épouse Fleur entretient une relation avec son professeur de gym. Ni que son fils Julian s'apprête à vendre la banque, plombée par les créances douteuses, et se livre à des tours de passe-passe comptables afin d'embellir la mariée. Victime collatérale de ces manipulations, le folklorique Artair MacCleod, un auteur dramatique aux ambitions déçues qui vivote en montant des pièces pour enfants dans un coin des Cornouailles, ne reçoit plus la rente que Sir Harry lui avait accordée à vie en échange de la promesse de ne plus jamais entrer en contact avec Fleur. Lorsqu'il s'en ouvre à une jeune blogueuse venue faire un reportage sur l'activité culturelle locale, il ignore qu'il va précipiter la fin de toute une époque. Avec drôlerie et intelligence, Justin Cartwright livre dans ce roman le subtil portrait d'un monde, d'une classe, et use de toute la palette de la satire sociale pour dépeindre les travers d'un siècle où certains tiennent le haut du pavé grâce à l'argent des autres. Tragi-comédie éclairée par un humour féroce, L'Argent des autres est, au plus haut point, un roman de son temps.


- L'écrivain de la famille
de Grégoire Delacourt
Éditions JC Lattès / Janvier 2011


À sept ans, Edouard écrit son premier poème. Trois rimes pauvres qui vont le porter aux nues et faire de lui l'écrivain de la famille. Mais à neuf, il découvre le sens de "déchéance". Les mots ne lui viennent plus. Les années passent. Il assiste à la lente décomposition de sa famille et court toujours derrière l'amour que son poème, autrefois, suscita. Il écrit, écrit mais le destin que les autres vous choisissent n'est jamais tout à fait le bon. Edouard n'a pas de talent. Sauf dans la publicité où les mots futiles valent de l'or. Pas pour ce grand roman qu'il s'est juré d'écrire. N'ayant pas su trouver les mots qu'on attendait de lui, Edouard, l'écrivain de la famille, vit dans l'échec et le dégoût de soi. Alors quand la beauté de sa mère se fane, quand son frère-oiseau meurt tragiquement, quand le cœur de sa sœur devient pierre et que son père disparaît dans ses silences, il prend la plume pour écrire l'histoire de ceux qu'il aime. Mais surtout pour en changer la fin.


- L'enfant-rien
de Nathalie Hug
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2011


"Aussi loin que je me souvienne, je l'attendais assis, le menton sur les genoux, les bras autour des jambes et le dos appuyé contre la porte du placard". Petit garçon étrange, Adrien guette chaque semaine l'arrivée du père de sa demi-sœur, dans l'espoir de recueillir un regard, une parole ou un geste tendre. S'il rêve d'un papa, Adrien veut surtout percer le secret de sa naissance, secret qu'il croit enfermé dans une boîte rouge, cachée hors de sa portée. Le jour où sa mère se fait renverser par une voiture et se transforme en "tas-de-fraises-à-la-crème", la possibilité d'une vie différente s'ouvre à lui. Mais Adrien, l'enfant-rien, peut-il vraiment trouver sa place dans une famille qui n'est pas la sienne?


- L'heure du roi
de Boris Khazanov
Éditions Viviane Hamy / Janvier 2011


Chaque livre possède son histoire. Celle de L'Heure du roi, bijou de finesse littéraire et politique, est à l'aune de son contenu: extraordinaire. Publié dans une revue israélienne avant d'être reproduit dans les samizdat russes, il finit en Allemagne. Atypique dans la production russe contemporaine (par sa brieveté, son style, son propos, son intemporalité), le roman de Boris Khazanov est à ranger dans la catégorie culte.


- L'homme de Lyon
de François-Guillaume Lorrain
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


"La photo est très banale, mais au verso il a rédigé très lisiblement ces quelques mots, qui laissent penser le contraire, "C'est là que tout a commencé et que tout a fini". Mon père me laisse sur cette photo, vide et dépeuplée. Qu'est-ce qui avait commencé et qu'est-ce qui avait fini? Cette fois-ci, il n'y a pas de lettre. À moi de me débrouiller". Huit ans après la disparition de son père Guy, le narrateur reçoit un paquet qu'avant de mourir celui-ci avait préparé à son intention. Dans ce paquet, il y a six photos, et des lettres.À partir de ces indices, il va tenter de reconstituer l'histoire de ce père si secret. Se pliant aux règles du jeu fixées par son père, le narrateur ira à Lyon, à Berlin, voir des inconnus et des anciens voisins, sur les traces d'un passé trouble. Qui est cet Allemand sur la troisième photo? Que vient faire Jean Moulin dans ce jeu de pistes? Qu'est devenue la petite sœur de Guy? Que s'est-il passé dans cette cour d'école de la rue Jarente? Et ce vieil homme de quatre-vingts ans, monsieur Maillard, que sait-il exactement? De la quête personnelle à l'enquête policière, de la mémoire stricte aux fantasmes de l'imagination, le narrateur est entraîné sur la pente d'un roman familial qui lui fera enfin connaître son père, l'homme de Lyon, et, peut-être, le rapprochera de sa sœur dont il n'a pas de nouvelles depuis si longtemps.


- L'homme du livre
de Driss Chraïbi
Éditions Denöel / Janvier 2011


An 610, non loin de La Mecque. Sortant d'une caverne où il a passé quelques heures à méditer, un homme sent profondément que plus rien, ni en lui-même ni dans le cours du monde, ne sera plus comme avant. En arrière-plan se déploie une Arabie d'une somptueuse beauté, avec ses déserts, ses montagnes, ses tribus guerrières. Dans un récit de fiction à la poésie intense, Driss Chraïbi évoque la vie de Mohammed dans son aventure terrestre, avant qu'il ne devienne prophète de l'islam.


- L'immeuble
de Patrick Cauvin
Éditions Cherche Midi / Janvier 2011


"Lorsque je me suis trouvé devant une centaine de portraits, certains en pied, d'autres en buste, quelques-uns en couple, j'ai eu le sentiment que, s'ils étaient tous différents, ils avaient quelque chose de commun et que je devais savoir ce qui les reliait d'une assez inexplicable façon. Après examen, je pense avoir résolu le mystère: tous ces gens habitaient dans le même immeuble. Rien de bien rationnel dans tout cela, mais il m'a vraiment semblé que ces personnages devaient se croiser à un moment ou à un autre, dans l'ascenseur, chez les commerçants du quartier, dans le hall. Et à partir de leurs visages, de leurs silhouettes, il me fallait reconstituer la vie qui avait été la leur, leur histoire, raconter une existence, un parcours. Cela fut facile pour certains, l'image me renseignait sur l'âge, un trait de caractère, un milieu social, d'autres étaient plus hermétiques et il me fallait avoir recours à d'avantage d'invention. Percer en même temps un secret et imaginer une vie à partir de ces étranges locataires dont les uns devaient certainement occuper les quelques mètres carrés d'une chambre de bonne sous les toits avec WC sur le palier et d'autres 200 mètres carrés sur la rue. Certains heureux, amoureux, furieusement vivants, d'autres traînant leur destin comme un sac trop lourd, rigolos, pitoyables, attendrissants, cinglés, bref, ce condensé urbain d'une société d'aujourd'hui que l'on appelle un immeuble". Patrick Cauvin


- L'œil de la lune
Auteur Anonyme
Éditions Sonatine / Janvier 2011


Personne n'a oublié le Bourbon Kid, mystérieux tueur en série aux innombrables victimes. Ni les lecteurs du Livre sans nom, ni les habitants de Santa Mondega, l'étrange cité d'Amérique du Sud, où sommeillent toujours de terribles secrets. Alors que la ville s'apprête à fêter Halloween, le Bourbon Kid célèbre, lui, le dix-huitième anniversaire de son premier homicide. Il est alors loin de se douter qu'il est devenu la proie d'une agence très spéciale. Une proie particulièrement coriace, de celles qu'il ne faut pas rater, sous peine d'une impitoyable vengeance. Mais cela n'est rien à côté de ce qui attend Santa Mondega lorsqu'une mystérieuse momie disparaît du musée local. Avec "le livre sans nom", diffusé sur Internet avant de devenir l'un des premiers ouvrages cultes du siècle nouveau, un auteur anonyme nous donnait pour la première fois l'équivalent littéraire des films jubilatoires et explosifs de Quentin Tarantino ou de Robert Rodriguez.


- L'œuvre des mers
de Eugène Nicole
Éditions de l'Olivier / Janvier 2011


En 1956, un jeune garçon de quatorze ans quitte son archipel natal, Saint-Pierre et Miquelon, territoire d'outre-mer de 242 km2, au large du Canada. Des années plus tard, ce grand départ, transformé en exil, le pousse à entreprendre un projet ambitieux: traverser mentalement l'Atlantique, suivre les méandres de sa mémoire pour raconter ce pays de naufrages, de neige et de brouillard, et trouver dans l'écriture les reliefs oubliés de son univers. Foisonnant de personnages aux curieux destins, drôles ou pathétiques, son récit est la perpétuelle représentation de ce microcosme sur la scène des îles et de son emblématique théâtre paroissial, L'Œuvre des Mers.


- La belle étoile
de Jean Védrines
Éditions Fayard / Janvier 2011


Un jour, les révolutionnaires sont fatigués. Gioachino, ouvrier métallurgiste, s'est battu dans la Résistance en Italie. En 1946-1947, il voulait continuer la guerre civile contre la bourgeoisie. Mais brusquement, il renonce et conduit femme et enfants en France, au bocage. Giovan avait sept ans quand son père l'a arraché aux Pouilles, à la langue italienne. Cinq ans plus tard, il ne comprend toujours pas ce départ précipité. Inlassablement, il questionne, il interroge autour de lui: les ouvriers de l'usine où travaille son père, les cheminots rouges. Mais personne ne répond, il ne récolte que des fragments de l'histoire paternelle et de nouveaux mystères. Son frère aîné, Pietro, lui, cherche ailleurs, dans la littérature révolutionnaire et l'Histoire, ce que ce père refuse de leur transmettre. Pourtant, un matin de 1968, quand les ouvriers occupent l'usine, Gioachino doit bien redescendre dans l'arène. Giovan et Pietro vont-ils enfin voir la légende des révolutions reprendre son cours? Parce que la langue des révolutions est celle de l'adolescence de l'âme, c'était à un enfant qu'il revenait de chanter le long poème des insurrections manquées de France et d'Italie, et d'évoquer la mystérieuse transmission de la violence révolutionnaire.


- La circassienne
de Guillemette de Sairigné
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


Exilée du Caucase, mannequin chez Chanel, cette célèbre beauté fut une héroïne de la Seconde Guerre Mondiale et une icône de la Légion étrangère. Leïla Hagondokoff est une enfant qui vit entre le Caucase et Saint-Pétersbourg dans une famille de militaires. En 1917, elle a dix-neuf ans, elle est très belle, et tombe amoureuse d'un officier atteint d'une grave blessure à la tête qu'elle épouse contre l'avis de ses parents. La Révolution les pousse à fuir vers l'est et ils atteignent Shanghai au terme d'un terrible voyage. En Chine son existence est aventureuse, elle divorce et parvient à gagner la France. Chanel l'engage comme mannequin et sa vie sentimentale bien remplie se termine par un élégant mariage français. Mais cette séductrice devient une combattante pendant la guerre d'Espagne et la Seconde Guerre Mondiale. Elle invente, fait financer et dirige des ambulances qui, pour la première fois, sont conçues afin d'opérer les blessés intransportables. Elle fait la campagne d'Italie, la campagne de France, repartira en Algérie pendant la guerre afin d'établir un centre de repos pour les soldats désargentés. La fin de sa vie et le reste de sa fortune sont consacrés à la Légion étrangère, pour qui elle est une bienfaitrice et une légende vivante. Personnalité complexe, libre et transgressive, sa volonté de fer et son courage physique et moral n'eurent d'égal que sa célèbre beauté.


- La coupe d'or
de Belva Plain
Éditions Belfond / Janvier 2011


À dix-huit ans, l'impulsive et romantique Henrietta De Riviera s'éprend de Dan Roth, un brillant professeur désargenté. Mais les parents de la jeune fille, soucieux de la réputation de leur famille, voient d'un mauvais œil l'arrivée de ce jeune idéaliste, qui se bat contre la misère des Juifs dans leur ghetto de New York. Aveuglée par la passion, Henrietta est prête à tout pour suivre son mari. Jusqu'à ce que le voile de l'amour se déchire, révélant la nature sombre de Dan. Sous son apparence chevaleresque, cet homme cache un lourd secret. Quête de liberté et de justice, lutte sociale et secrets enfouis, la destinée irrésistible d'une femme plongée dans un monde de passions exacerbées, ou les sentiments les plus nobles se heurtent aux drames cruels de l'Histoire.


- La cruche cassée
de Hayat El Yamani
Éditions Anne Carrière / Janvier 2011


Dounia revient dans son village natal, au Maroc, pour assister aux funérailles de Yemma, l'aïeule de la famille. Elle renoue avec un univers radicalement autre, dont le deuil accentue la singularité. D'abord spectatrice, Dounia, qu'on surnomme "l'Européenne", prend conscience, à la vue du corps de la vieille dame, de l'impact que cette mort a sur elle. La distance s'amenuise. Au fil des jours et des rituels, hommes et femmes se confient à elle, comme Yemma aimait à le faire. Son sentiment de différence s'efface, facilité en cela par la promiscuité féminine permanente, de la maison au hammam.


- La dernière femme de sa vie
de Christine Fizscher
Éditions Stock / Janvier 2011


Leur rencontre n'a l'air de rien. Printemps 2000. Place Saint-Germain-des-Prés, on célèbre par une plaque les amours contingentes de Sartre et Beauvoir. Sont présents quelques philosophes, des écrivains, une poignée de féministes et l'immense André Markhem. Entre lui et Alma, le premier échange est bref. Il lui laisse un numéro. Elle oublie ou croit oublier, peu importe. Il suffira de quelques semaines et d'un message sur un répondeur pour que l'histoire prenne tout son sens. Neuf ans, ce n'est pas rien. Alma aurait pu être la dernière femme de la vie d'André, lui qui a traversé un presque siècle, l'a animé, serré au plus près, lui qui a aimé et séduit, beaucoup, et aborde de toute sa puissance la fin de son existence. Il aurait pu mourir et ne penser qu'à elle, car ils se sont aimés, avec passion, avec violence, en se vénérant l'un l'autre au point d'espérer échanger les corps. Alma aurait pu posséder André à tous les âges, remonter le temps et lui appartenir aux commencements. "Je ne vous retrouverai jamais. Pas facilement. Jamais. Pourquoi ai-je envie de me tirer une balle dans la tête? Parce que nous avons tous les deux le goût de l'absolu". Chaque fragment de leur histoire est contaminé par une quête partagée de l'absolu. Les repas sont des festins, le banal échange une joute verbale et le sexe se joue sans interruption. Est-ce la mort qu'ils tentent en vain de tromper? Neuf ans ont passé. André a publié ses mémoires et Alma partage son temps entre écriture et réalisation. Elle a divorcé, fait l'amour avec d'autres hommes, des femmes aussi. Elle cohabite depuis peu avec ce qu'elle nomme "un crabe", et qui lui pince la poitrine. Elle a reçu une lettre d'André, le 24 octobre 2009. Une lettre définitive.


- La fête de l'ours
de Jordi Soler
Éditions Belfond / Janvier 2011


Par l'un des plus grands auteurs espagnols actuels, un jeu de piste virtuose entre réalité et fiction pour une enquête familiale échevelée. Peuplé de personnages extraordinaires, tour à tour héroïques ou effrayants de sauvagerie, un conte magnifique de noirceur autour des thèmes récurrents de Soler: l'exil, la mémoire, la culpabilité, le poids de l'histoire familiale. Lors d'une conférence, Jordi Soler rencontre une femme étrange qui lui remet une photo et une lettre. Sur la photo, trois soldats républicains parmi lesquels Arcadi, le grand-père du narrateur, et Oriol, son frère. Dans la lettre, une incroyable révélation. Oriol, qu'Arcadi avait dû abandonner blessé en 1939, et que tout le monde croyait mort ou reconverti en pianiste quelque part en Amérique latine, Oriol aurait vécu le reste de sa vie, là, près d'Argelès-sur Mer. Bouleversé, Jordi Soler va découvrir la face cachée de celui que la légende familiale avait érigé en héros.


- La gifle
de Christos Tsiolkas
Éditions Belfond / Janvier 2011


Provocant, urgent, impitoyable, un roman coup de poing, une révélation dans la lignée d'un Don DeLillo ou d'un Jonathan Franzen. Lors d'un barbecue entre amis, un adulte gifle un enfant qui n'est pas le sien. Un incident qui va créer une onde de choc parmi les invités et provoquer une série d'événements explosifs. Mais aussi révéler, derrière les belles apparences, le racisme ordinaire, la drogue, l'alcool, la honte et une extrême solitude. Tour à tour violent et bouleversant de tendresse, un très grand roman qui dresse, avec une formidable lucidité, le tableau d'un Occident en pleine confusion.


- La légende de Bloodsmoor
de Joyce Carol Oates
Éditions Stock / Janvier 2011


Pensylvannie. 1789. Cinq sœurs entre seize et vingt-deux ans. La narratrice: une vierge amère. Tout commence quand Miss Deirdre Zin, fille adoptive de l'inventeur John Quincy Zin, est enlevée par un homme mystérieux en pleine journée. Avant cet épisode, la famille Zin était une famille comme les autres: cinq filles en âge de se marier, vivant tranquillement dans la vallée de Bloodsmoor. Mais après cet événement tragique, tout va basculer. Constance Philippa, qui se comporte de manière scandaleuse la nuit de son mariage. Malvinia, séduite par les feux de la rampe, va attirer l'attention d'un dandy peu scrupuleux, Mark Twain. Octavia, la moins rebelle des sœurs, trouvera sa "récompense" non loin de chez elle. Samantha, la plus douée des cinq, se dévouera entièrement à l'œuvre de son père et en subira les conséquences. Quel sera leur sort à la veille du siècle nouveau?


- La mémoire égarée
de Samantha Harvey
Éditions Stock / Janvier 2011


Jake approche la soixantaine quand il apprend qu'il est atteint d'Alzheimer. Quelque temps après l'annonce de cette terrible nouvelle, il survole une prison dont il a bâti les plans, et on comprend que son fils y est incarcéré. Très vite, l'existence de cet homme apparaît dans toutes ses zones d'ombre: son amour pour Helen, qu'il épousa, peut-être un peu rapidement, sa relation avec le personnage imposant de sa mère, Sara, qui a survécu à l'Holocauste. Les autres femmes de sa vie, son désir de paternité. Son rapport à la religion. Très vite, le lecteur s'interroge sur la confiance qu'il peut accorder au récit de Jake, remarquant certaines incohérences, certains mensonges. Mais aussi l'influence sur sa mémoire de tous les récits qui lui ont été livrés. L'ambition même de ce premier roman impressionne: explorer les méandres d'une mémoire qui se défait, des prémisses de la maladie au grand final. Tout en accomplissant cette prouesse, Samantha Harvey plonge le lecteur au cœur de la vie même, de ses intrigues et explore la manière dont la nature fragmentaire du souvenir affecte nos existences.


- La mort lente de Luciana B.
de Guillermo Martinez
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


Dix ans ont passé depuis que le narrateur a vu Luciana B. pour la dernière fois. À l'époque, il était tombé amoureux d'elle. Bien qu'elle fût la secrétaire personnelle du célèbre auteur de romans policiers Kloster, il l'avait engagée en cachette pour taper les pages de son roman. Aujourd'hui, il ne reste plus rien de la jeune fille gaie et séduisante qu'il a connue. Que s'est-il passé ces dernières années? Luciana se raconte: elle a vu, tour à tour, mourir la plupart de ses proches, son fiancé, ses parents, son frère dans des circonstances qui semblent forcer le hasard. Et elle, ou sa sœur, pourraient être les prochaines sur la liste. Luciana vit à présent dans la terreur, dans l'observation de chaque ombre, de chaque personne qui frôle son passage. Selon elle, ces décès survenus avec une régularité méthodique n'ont rien d'accidentel; ils sont l'œuvre de Kloster qui a lancé une vendetta contre elle parce qu'il y a dix ans, en portant plainte contre lui pour harcèlement sexuel, elle a provoqué un enchaînement de désastres qu'il a décidé de lui faire payer au septuple. À moins que ce ne soit Luciana elle-même qui, rongée par la culpabilité, provoque sa propre perte. Au bord du désespoir, elle s'adresse à celui qui l'a autrefois aimée, et qui est le seul susceptible de la croire. Qui sait, en tant qu'écrivain, peut-être le narrateur sera-t-il à même de percer à jour les ténèbres de Kloster et de faire le tri entre la réalité et la fiction? Les Carnets d'Henry James et un volume de la Bible seront ses clés pour un voyage sans retour dans les plus obscures régions du mal.


- La mort rôde
de Madeleine Chapsal
Éditions Fayard / Janvier 2011


"Un jour que ma mère m'avait emmenée dans le petit cimetière richement entretenu de notre bourg d'Eymoutiers, elle me déclara: "Ici, nous aimons beaucoup les morts". Sur l'instant, j'en fus presque choquée: ne s'agit-il pas d'abord d'aimer les vivants? Depuis j'ai renversé la proposition et je pense que c'est ce qu'entendait par là ma mère: ce sont les morts qui nous aiment". M. C.


- La vérité sur Gustavo Roderer
de Guillermo Martinez
Éditions Nil / Janvier 2011


Qu'est-ce qui différencie une intelligence supérieure d'une intelligence extraordinaire? Dans un café de Puente Viejo, gros bourg endormi d'Argentine, deux adolescents disputent une partie d'échecs. L'un d'eux est Gustavo Roderer, nouveau venu dans la ville; l'autre est le narrateur, champion d'échecs de la région. Contre toute attente, Roderer gagne. Sans plaisir apparent, avec ce commentaire: "Les échecs, c'était juste une expérience; un modèle. À un petit niveau, bien sûr". Ce mélange de mépris et d'indifférence restera fiché comme une flèche empoisonnée dans l'orgueil de son adversaire. S'établit pourtant entre les deux adolescents une relation singulière, dépourvue d'affection, ou s'affrontent leurs intelligences. Le narrateur, brillant élève bien inséré dans la société, rencontre partout le succès. Enfermé chez lui, incapable d'aimer, Roderer est dévoré par sa quête obsessionnelle d'une philosophie radicalement nouvelle. L'un est contraint de partir pour la guerre des Malouines, l'autre tâte des drogues pour développer ses capacités. Quand l'un mène une vie amoureuse épanouie, l'autre est en butte à l'incompréhension de tous et réduit au chagrin la jeune fille qui l'aime. Mais lorsque le narrateur croit triompher intellectuellement de Roderer et tenir sa vengeance, il ne fait que précipiter vers la mort son ennemi le plus accompli. S'interrogeant sur une préoccupation vieille comme l'humanité, l'intelligence, Guillermo Martínez élabore un récit d'inspiration borgésienne, mélange subtil et dérangeant de romanesque et de métaphysique.


- Le banc des soupirs
de Anne Goscinny
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


Une femme a été tuée. La police enquête et interroge tour à tour les personnages qui ont croisé le principal suspect, mari de la victime et psychanalyste. Parmi les témoignages, celui de Jeanne, sa dernière patiente, qui avait décidé de suivre jusque dans son intimité la plus secrète celui à qui, trois fois par semaine, elle se livrait. Chaque déposition, à sa façon, accuse le mari, la femme de ménage, son meilleur ami, sa mère, tous ont des raisons légitimes de lui en vouloir. Est-ce suffisant pour en faire un coupable? Un kaléidoscope de points de vue, une ronde de style, de tons et de voix, une tension romanesque jusqu'au coup de théâtre final?
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 13:00

- Le bordel de Soroca
de Benoît Rayski
Éditions Denöel / Janvier 2011


À Soroca, il y eut aussi la mort après la vie. La mort qui s'avance comme un char muni d'un hautparleur d'où l'on entendrait: "Sortez de vos maisons, vous allez mourir!" Puis l'engin écraserait tous les êtres humains sur son passage. La mort prévient et tue. La mort s'annonce par des messages sans appel qu'elle envoie pour paralyser les corps et les âmes. À Soroca, le messager l'annonciateur de la mort se nommait Curzio Malaparte. Un écrivain et journaliste italien de renom et de grand talent. "Pendant la Seconde Guerre Mondiale, Malaparte, correspondant de guerre, visita le bordel de Soroca. Des jeunes Juives y étaient enfermées pour les besoins de l'armée allemande. Au bout de quinze jours, elles étaient assassinées au bord du Dniestr et remplacées par d'autres filles juives. Malaparte en fit une nouvelle dans son recueil Kaputt. Je n'ai pas voulu qu'elles meurent ni qu'elles soient esclaves au bordel. Je suis parti à leur recherche. Je les ai sauvées. Et pour cela il m'a fallu d'abord tuer Malaparte". B. R.


- Le cerf-volant d'or
de Kosztolányi Deszö
Éditions Viviane Hamy / Janvier 2011


Veille du bac, début du XXe siècle. Vili Liszner excelle dans la course à pied mais guère en géométrie. Antal Novak enseigne les mathématiques avec foi et enthousiasme, et ne peut, en dépit de sa bonté et de sa compréhension, accorder l'examen à l'adolescent. Les cancres recalés sont dangereux la nuit, et complotent contre le professeur, déjà abattu par la fuite de sa fille avec son amant.


- Le ciel du faubourg
de André Dhotel
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


C'est dans une banlieue populaire de l'après-guerre que survient la mort accidentelle d'un industriel, Dassigne. Autour de cet événement se mettent à graviter d'anciennes querelles de famille, un domaine inconnu, des contentieux financiers, qui lient plusieurs proches du défunt. Très vite tout le voisinage réclame sa part de vérité. L'enquête mènera les protagonistes jusque dans le Morvan, où ils retrouvent la trace du domaine inconnu et d'un homme mystérieux qui exerce sur le faubourg une influence menaçante. Dans cet ouvrage, c'est tout l'univers fantastique de André Dhôtel que l'on retrouve, ses personnages à l'air insignifiant au-dessus desquels plane un mystère. L'auteur parvient à édifier une fabuleuse intrigue qui ne se déploie qu'en franchissant la frontière des apparences.


- Le cocher du Pont Neuf
de Jean-Baptiste Bester
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2011


Paris, 1720. Alors que le Régent Philippe d'Orléans donne l'exemple de la débauche la plus débridée au sommet de l'État, le jeune et misérable Félicien Bouvier lutte pour survivre en faisant tous les petits métiers. La chance lui sourit lorsqu'il entre au service de Maître Benoît Farel, notaire de son état, en qualité de cocher. Grisé par ce nouvel emploi, Félicien se montre excessivement hardi, non content d'avoir précipité dans la Seine le cocher arrogant d'un haut personnage, il se fait surprendre en fâcheuse posture, d'abord avec la servante, puis sur dénonciation de celle-ci, avec Pauline, la nourrice de Mme Farel. Congédié pour son inconduite, il tue accidentellement un perruquier qui lui cherchait querelle. Pris en chasse par le sinistre inspecteur Isabeau, il erre dans la capitale où chaque ruelle peut dissimuler un traquenard. Dans le tourbillon du Paris de la Régence, Jean-Baptiste Bester nous offre un roman d'apprentissage incroyablement enlevé dans lequel souffle l'esprit de Marivaux et de l'abbé Prévost. On y croise un poète débutant nommé Voltaire, Cartouche, le Cardinal Dubois et Louis XV qui n'est alors qu'un enfant. On découvre le Pont-Neuf où se presse le petit peuple, frondeur, tapageur, dont l'exaspération face aux abus de la haute noblesse annonce déjà la Révolution.


- Le cœur est un noyau candide
de Lydia Millet
Éditions 10-18 / Janvier 2011


Trois semaines avant Hiroshima. Les États-Unis testent à Los Alamos, Nouveau Mexique, la tristement célèbre bombe atomique. Lors de la déflagration, Oppenheimer, Szilard et Fermi, trois des pères fondateurs du projet, sont mystérieusement "télé-transportés" en 2006, à Santa Fe. Recueillis par Ann, une bibliothécaire, ils y découvrent l'horreur de leur création et, pris d'un éclair de conscience, entament une croisade pacifiste, entre l'Amérique et le Japon. Le but final: désarmer l'ensemble du globe.


- Le jour où Gary Cooper est mort
de Michel Boujut
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2011


Michel Boujut a grandi entre deux drames familiaux, insérés dans la tragédie collective des deux guerres mondiales. Celui de son grand-père Maurice, fauché à 26 ans en septembre 1914, et celui de son père Pierre, prisonnier dans un stalag pendant quatre ans et demi. À la troisième génération, Michel, jeune appelé qui doit partir pour l'Algérie, décide de rompre le cycle infernal du casse-pipe: il désertera. La raison de son adieu aux armes, c'est "le refus, radical, d'une guerre sale faite salement".
Alors, au lieu de rejoindre son unité, le soldat Boujut Michel arrive à Paris, le 13 mai 1961, le jour où le monde apprend la mort de Gary Cooper. C'est un signe du destin: en attendant de quitter la France, il se cachera pendant quinze jours dans les salles obscures du Quartier latin. Ainsi naîtra une vocation dont il fera son métier. Critique de cinéma, essayiste et romancier, Michel Boujut revient sur le moment clé qui a fait basculer son existence, son refus d'aller combattre en Algérie. Loin d'être une évocation nostalgique, ce livre plein d'élan nous fait partager des coups de cœur de cinéphile, des passions littéraires, et ouvre les portes d'une réflexion profonde sur la nécessité de l'insoumission face à l'indignité.


- Le mariage de Kipling
de François Rivière
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


Automne 1889. À 24 ans, Rudyard Kipling quitte ses Indes natales pour conquérir, à Londres, la planète des Lettres. Adoubés par Henry James, ses Simples contes de la colline font déjà grand bruit, suscitant autant de curiosité que de jalousie. Car dans le petit monde des lettres londoniennes, le jeune Anglo-Indien détonne: sauvage, excentrique, lunatique, il a la brusquerie des grands timides et bien peu de goût pour les mondanités dont semblent se délecter ses pairs. De plus, il déteste cette ville, sa grisaille, sa froidure, qui lui rappellent de sombres souvenirs d'enfance, la chaleur, les couleurs de l'Inde, son ayah lui manquent terriblement. C'est dans cette période de fragilité et de désarroi que Kipling va, par l'entremise de James, rencontrer Wolcott Balestier. Wolcott a l'assurance, l'énergie, l'optimisme, aussi, du Nouveau Monde dont il vient: jeune agent littéraire ambitieux, il est bien décidé à importer sur le Vieux Continent les méthodes américaines modernes en matière d'édition. Kipling est d'abord pour lui le client idéal. Mais, très vite, les deux jeunes gens vont écrire ensemble une histoire beaucoup plus intime, formant avec la sœur de Wolcott, Carrie, un trio aussi ambigu qu'attirant.


- Le pays de l'absence
de Christine Orban
Éditions Albin Michel / Janvier 2011


Et si un jour nous devenions les parents de nos parents? Si irrémédiablement, les rôles s'inversaient avec le temps? Avec justesse et sensibilité, tendresse et humour, Christine Orban nous raconte une histoire qui forcément nous rappelle quelque chose de nos vies.


- Le petit oiseau va sortir
de Kurt Vonnegut
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


Le petit oiseau va sortir, série de vignettes ciselées à la perfection, nous plonge dans l'univers de Vonnegut. Dans un style inventif et loufoque, il brosse un portrait de l'Amérique d'après-guerre et de son peuple de laissés-pour-compte, de dépressifs, d'introvertis, d'opportunistes. Un employé sans grand avenir invente un objet révolutionnaire, qui va bouleverser la vie de l'humanité. Un marchand de "fenêtres à double-vitrage" se présente au domicile d'un couple en pleine crise de ménage, madame ayant écrit un best-seller trop autobiographique. Un couple sans histoires va se retrouver mêlé bien malgré lui à une affaire de meurtre. Deux policiers se présentent chez un hypnotiseur soupçonné d'homicide, mais il devient bientôt difficile de différencier l'hypnotisé de l'hypnotiseur. En pleine ère stalinienne, deux frères russes, éminents spécialistes des fourmis, sont envoyés sur un site de forage d'uranium, où ils font une découverte stupéfiante, la plus ancienne civilisation de fourmis jamais trouvée, fossilisée depuis des millions d'années, des fourmis à la civilisation tout aussi évoluée que la nôtre.


- Le rêve d'Amanda Ruth
de Michelle Richmond
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2011


Amanda Ruth n'a qu'un rêve: partir en Chine sur les traces de ses ancêtres pour se rendre le long des rives du Yangzi Jiang, dans l'un de ces vieux villages condamnés à être engloutis à la suite de la construction du titanesque barrage des Trois-Gorges. Mais ce voyage, Amanda Ruth ne le fera jamais car elle a été mystérieusement et sauvagement assassinée à dix-huit ans, dans sa petite ville de l'Alabama. Quatorze années ont passé. Jenny, sa tendre amie d'enfance, remonte le long fleuve chinois avec, sur ses genoux, une boîte rouge contenant les cendres d'Amanda qu'elle s'est donné pour mission de disperser sur le site grandiose des Trois-Gorges. Lors d'une chaude nuit d'été, tandis que Dave, son époux qui la néglige, dort dans leur cabine, Jenny se laisse aborder par un séduisant et insaisissable voyageur qui bouleversera son avenir. Et alors que le bateau de croisière remonte le Yangzi Jiang en crue, avec dans son sillage des panoramas chargés d'histoire, des villes défigurées et des villages fantômes, Jenny se plonge dans un passé qui la hante. Elle se souvient d'Amanda, de sa sensualité à vif, comme des questions et des secrets qui entourent toujours sa mort. Mais, au-delà de l'émotion et de la nostalgie, elle va réorienter sa vie.


- Le silence de ma mère
de Antoine Silber
Éditions Denöel / Janvier 2011


On croit que la mort éloigne, mais c'est le contraire: la mort rapproche. C'est un peu comme si en parlant de ma mère avec Anne, en repensant à elle sans cesse, je l'aimais plus et, en l'aimant plus, je la faisais revivre. Une enfance dans les années cinquante au sein d'une famille placée sous l'ombre tutélaire d'un père passionné de littérature et d'une mère à la fois crainte et admirée, peintre prometteuse tour à tour fantasque et ombrageuse. Les instants du passé remontent à la surface, entre la maison familiale au charme baroque de Neauphle-le-Château et les incursions dans le Saint-Germain-des-Prés de l'époque. Un récit intimiste et cathartique sur les non-dits et les zones d'ombre d'une figure maternelle énigmatique. Une élégie à la mère disparue qui dessine le puzzle d'une enfance de l'après-guerre.


- Les aventures fantastiques d'Hercule Barfuss
de Carl-Johan Vallgren
Éditions JC Lattès / Janvier 2011


Dès sa naissance, une nuit de 1813 dans une maison close de Königsberg, le corps difforme d'Hercule Barfuss suscite l'horreur chez tous ceux qui le voient. Nain monstrueux, sourd de surcroît, Hercule a toutefois un talent singulier, celui de lire dans les pensées. Ce don de télépathie lui vaudra un destin marqué par le drame, peuplé d'ennemis, alors que le héros court le monde à la recherche de sa bien-aimée, la douce Henriette Vogel, née la même nuit dans le même bordel. Les aventures fantastiques de Hercule Barfuss transporte le lecteur dans une bouleversante histoire d'amour à travers l'Europe du XIXe siècle, théâtre d'injustices sociales, de corruption et de persécutions religieuses.


- Les Champs de Paris
de Yann Suty
Éditions Stock / Janvier 2011


Les Champs de Paris, c'est un bar où se retrouvent régulièrement Freddy et Cortès, amis de longue date que tout oppose. Freddy gagne bien sa vie, il est beau et il a une petite amie magnifique, Anna. Cortès, lui, n'a rien d'un don Juan et, malgré des études de biologie, il enchaîne les boulots alimentaires. En plus, il est fou amoureux d'Anna. Alors qu'il avait l'habitude d'évoluer dans l'ombre de Freddy, Cortès décide de prendre enfin les choses en mains. Les Champs de Paris, c'est un bar que Vanessa a découvert. Depuis un grave accident de voiture dont elle est la seule rescapée, elle s'est prise de passion pour le bodybuilding. Cortès, son frère, et Freddy la taquinent souvent à ce sujet. Désormais, sa musculature a de quoi effrayer les hommes. Sauf l'écrivain Yann Suty, qui s'intéresse à la discipline qu'elle pratique. Les Champs de Paris, c'est un bar où, tous les premiers mercredis du mois, des hommes en costume-cravate patientent dans un coin avant de franchir une porte occultée par un rideau. Impossible de savoir ce qui se trame derrière le molosse qui la garde ni de se faire inviter. C'est sans compter sur l'opiniâtreté de Freddy. Les Champs de Paris, c'est un bar qui n'a rien d'extraordinaire pour Anna. Elle ne comprend pas pourquoi Freddy y passe son temps. De toute façon, il irait n'importe où pour ne pas être avec elle. La journée, il est au travail, le soir avec ses copains. Elle a beau passer ses après-midi à faire du shopping aux Galeries Lafayette, elle s'ennuie. Jusqu'à ce qu'une balade lui ouvre de nouveaux horizons. Quatre protagonistes, quatre points de vue. Yann Suty, en mêlant avec brio les pensées de chacun sur les mêmes faits, tisse subtilement les événements qui font basculer ses personnages.


- Les derniers jours de François Mitterrand
de Barbier Christophe
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


Que s'est-il vraiment passé pendant les derniers jours de François Mitterrand? Comment le monarque à l'agonie a-t-il, ces jours-là, bâti sa propre légende et sculpté sa statue pour l'Histoire? Pourquoi a-t-il voulu, du 17 mai 1995 au 8 janvier 1996, revisiter Venise, Belle-Ile et Assouan, relire saint Paul et honorer sainte Thérèse de Lisieux, méditer dans l'église troglodyte d'Aubeterre (Charente) et colloquer sur la Guerre froide à Colorado Springs (États-Unis)? Quels témoins s'est-il alors choisis pour porter son image, méticuleusement tracée, et défendre son bilan, soigneusement épuré? C'est ce que ce livre raconte, en traversant 237 jours énigmatiques et en interrogeant la centaine de confidents qui ont défilé, alors, au chevet du Président. Mais ce livre, c'est surtout le roman d'une course contre la mort, où l'on voit un François Mitterrand qui veut solder ses comptes. Avec son passé (Bousquet, de Gaulle…), avec ses familles (Mazarine, Danielle…), avec sa postérité (ses derniers écrits, le choix "scandaleux" de ses doubles funérailles…).Cette agonie possède sa propre liturgie, en une minutieuse mise en scène qui doit autant à Mitterrand-le-Grand, un homme opiniâtre et libre qui veut mourir sans se rendre, qu'à Mitterrand-le-Petit, un vieillard obsédé par d'ultimes règlements de comptes. Christophe Barbier revisite en expert cette "cérémonie des adieux" qui n'a rien perdu de son mystère.


- Les feux sauvages de la mémoire
de Kitty Sewell
Éditions Belfond / Janvier 2011


Réputée pour ses miracles, la petite cité espagnole de Torre de Burros cache bien des blessures derrière ses respectables façades. Chez les Martinez, Hector vit depuis toujours avec sa mère, sous le joug de sa grand-mère Pilar, une vieille femme tyrannique, hantée par les drames du passé. Mais l'arrivée d'une jeune et belle Galloise va tout faire basculer. Mair Watkins est sur la trace de son grand-père, un volontaire républicain disparu à Torre de Burros. Prêt à tout pour se rapprocher de Mair, Hector l'aide à fouiller dans la mémoire vivante du village. Loin d'imaginer les révélations qui l'attendent sur ses propres aïeux. Crimes de guerre, trahisons familiales, passions contrariées et mensonges funestes. Hector et Mair vont lever le voile sur des vérités brûlantes enfouies depuis trop longtemps, pour enfin libérer leurs familles de décennies de culpabilité et de silence.


- Les jours fragiles
de Philippe Besson
Éditions 10-18 / Janvier 2011


Elle a grandi dans l'ombre de son frère aîné, surdoué scandaleux. Lorsqu'il a choisi de s'enfuir, elle a appris l'absence et le manque. Aujourd'hui, l'exilé volontaire est de retour de ses lointains voyages et il la réclame. Il ne lui propose que des jours fragiles, fébriles. Elle accepte sans réfléchir. Empêtrée dans ses frayeurs, guidée par un infatigable espoir, Isabelle Rimbaud est enfin prête, à trente ans, à cheminer aux côtés d'Arthur vers l'irréparable.


- Les pensées sauvages
de Marc Durin-Valois
Éditions Plon / Janvier 2011


Quand Antonin débarque à V. au volant de sa décapotable défraîchie, personne ne sait ce que ce jeune Parisien de 19 ans est venu chercher dans ce village ariégeois où vécut autrefois sa grand-mère. Pas même lui. Gorgé de drogues et de rêves, harcelé par une gamine d'une rare laideur qui s'est entichée de lui, le garçon engage un jeu provocateur et sexuel de plus en plus dangereux avec les habitants du lieu. Nouant avec la mère, la fille et la cousine d'une même famille des passions destructrices, il tisse avec Hugo, le patriarche, une relation étrange faite de leçons énigmatiques. Ce qui ne devait être qu'un passage rituel au monde adulte se transforme en une épreuve poétique et féroce dans laquelle, sans qu'il s'en doute, se glisse peu à peu un enjeu majeur: celui de sa propre survie.


- Les petits
de Christine Angot
Éditions Flammarion / Janvier 2011


Hélène, mère célibataire, rencontre Billy, musicien venant de Martinique. Après s'être installé et avoir fait quatre enfants, le couple va connaître l'hostilité croissante, la violence entre père et mère, les manipulations et les déchirements qu'éveillent les enfants. L'auteure dévoile le côté sombre de la puissance féminine et l'utilisation par certaines femmes d'un pouvoir maternel tentaculaire.


- Les petits
de Frédérique Clémençon
Éditions de l'Olivier / Janvier 2011


À la veille d'en perdre définitivement la garde, un père emmène ses deux fillettes pique-niquer au bord de l'eau. Son entourage s'est acharné à tranquillement l'évincer, lui assurant que ses filles lui en seraient plus tard reconnaissantes. Il n'a qu'une journée, la première d'une vie promise au chagrin, pour tisser, ou rompre, le lien paternel. Dans cette nouvelle comme dans les suivantes, les enfants et les adultes sont des territoires que l'on conquiert ou que l'on perd. Chacun bataille pour préserver son intégrité ou, au contraire, étendre son pouvoir sur les autres. Et gare à ceux qui, trop "petits" ou trop fragiles, ne savent pas résister.


- Lettres à Alice
de Lewis Carroll
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2011


"Après tant d'années de silence, ceci vous parviendra, je l'imagine, presque comme une voix d'entre les morts, et pourtant, ces années n'ont fait aucune différence perceptible dans la clarté des souvenirs que j'ai de l'époque où nous avons bel et bien entretenu une correspondance. Je commence à sentir ce qu'est la mémoire défaillante d'un vieil homme touchant les événements récents et les nouveaux amis, [...] mais il y a en moi une image mentale aussi vive que jamais de quelqu'un qui fut, pendant de longues années, mon amie-enfant idéale".


- Long week-end
de Joyce Maynard
Éditions 10-18 / Janvier 2011


Une chaleur caniculaire règne sur la côte est. Henry, treize ans, et sa mère Adèle doivent faire les dernières courses pour la rentrée des classes. Une rencontre fortuite au supermarché va venir tout bouleverser, Franck, un taulard en cavale, leur demande de l'héberger. Le temps d'un long week-end, le trio va vivre en huis clos une expérience qui bouleversera leur vie à jamais.


- Madame Tabard n'est pas une femme
de Elsa Flageul
Éditions Julliard / Janvier 2011


Tandis que résonnent dans la salle du Royal Palace les premières répliques du film Baisers volés, Hannah, la jeune projectionniste, se souvient. Enfant, lorsqu'elle vivait seule avec sa mère, un homme s'était présenté chez elles, un soir, sous le nom farfelu de "Fabienne Tabard", un des personnages féminins du film de Truffaut. En vérité, ce n'était autre qu'Antoine, l'homme dont sa mère venait de tomber amoureuse et qu'Hannah rencontrait pour la première fois. Drôle, léger, séduisant, mais papillonnant d'un cœur à l'autre, Antoine se révéla hélas incapable d'aimer, et finit par disparaître de leurs existences. Certaines rencontres ont pourtant un effet à retardement, et certaines coïncidences nous inciteraient presque à croire au destin. À moins que ce ne soit la "magie du cinéma"? Dans la pénombre du Royal Palace, un dénouement inattendu se prépare peut-être un happy end?


- Maria
de Pierre Pelot
Éditions Héloïse d'Ormesson / Janvier 2011


Les Vosges, sous l'Occupation. Maria est institutrice. Un matin, les maquisards viennent la chercher devant sa classe. Jean, son mari, est collabo. Elle n'en savait rien. Pour avoir été la femme d'un traître, pour l'avoir aimé, Maria paiera. Marquée à vie par la cruauté de ceux que la France élève bientôt au rang de héros, elle ne révélera jamais le châtiment qui lui a été injustement infligé. Soixante ans plus tard, un jeune homme arrive dans cette contrée, à la recherche d'une pensionnaire de la maison de retraite. Dans son périple l'accompagne la voix envoûtante d'une conteuse qui, sur les ondes de la radio locale, évoque l'histoire de ces terres où gèlent les eaux de la Moselle. Avec Maria, Pierre Pelot revient à sa géographie intime, honorant, dans une langue percutante et sensible, une région rude et secrète.


- Marina
de Carlos Ruiz Zafón
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


Oscar Drai, quinze ans, a disparu pendant une semaine du pensionnat ou il est interne. Ou est-il allé et que lui est-il arrivé? Quand l'histoire commence, Oscar vagabonde à travers Barcelone. Attiré par une mystérieuse maison apparemment abandonnée, il pénètre à l'intérieur. Se croyant seul, il commence ses investigations. Alors qu'il est en train d'examiner une curieuse montre à gousset laissée sur une table, il se rend compte que quelqu'un l'observe. Terrorisé, il s'enfuit. En rentrant au pensionnat, il s'aperçoit qu'il a gardé la montre. Tenaillé par les remords, il retourne quelques jours plus tard dans la grande maison. Il y fait alors la connaissance de Marina, fille du propriétaire. Elle a son âge, de l'audace et une intelligence très vive. Elle entraîne son nouveau compagnon dans l'élucidation d'un mystère qui la tourmente, au cœur du plus vieux cimetière de Barcelone, une vieille femme voilée visite une tombe anonyme sur laquelle figure le dessin d'un papillon noir. Qui est-elle, et qui dort sous la pierre tombale? En menant leur enquête, les deux adolescents franchissent les limites d'une propriété privée délaissée. Dans la serre qui la jouxte, des pantins en partie amputés de leurs membres pendent dans les airs. Soudain, ils descendent lentement et semblent s'animer. Une odeur pestilentielle envahit la serre. Sur le fronton, un papillon noir identique à celui de la tombe paraît contempler l'épouvantable scène. Parcourant les plus effrayants endroits de Barcelone, s'égarant dans les entrailles de souterrains où vivent des créatures de cauchemar, s'enfonçant dans les coulisses d'un inquiétant théâtre désaffecté, Oscar et Marina réveillent les protagonistes d'une tragédie vieille de plusieurs décennies. La vengeance est en route, mue par une armée de fantômes, guidée par un savant de génie et une amoureuse désespérée. Entraînés dans la folie homicide de ces ombres tout droit sorties du passé, Oscar et Marina frôlent la mort. Pourtant, celle-ci les attaquera là où ils ne l'attendaient pas.


- Match retour
de Julien Capron
Éditions Flammarion / Janvier 2011


À Volmeneur, l'enquêteur Fénimore Garamande se retrouve face à des cadavres, semés au fur et à mesure des matchs par des assassins qui manipulent l'opinion, les médias et les joueurs. Le club de rugby est touché par la crise, une grève liant les joueurs autant qu'elle ravage leur réputation.


- Mes inconnues
Solange, Denise, Mado
de Alain Defossé
Éditions Phébus / Janvier 2011


"De mes inconnues, je ne connais que les prénoms tombés sur moi, très tôt dans ma vie, comme trois gouttes de pluie d'un ciel vide. De leur simple prénom, elles m'ont investi, m'ont donné une très grande connaissance de ce que je n'ai pas pu connaître. Ce sont les vieilles fées penchées sur ma jeune vie. Qui a choisi qui? La rencontre entre un enfant et une parole prononcée devant lui est imprévisible et irréversible, comme le hasard qui n'en est pas un. Solange, Denise, Mado, sont trois prénoms du hasard, auxquels je rends leur visage de femme". A. D.
Il est des absents dont la trace est plus tenace que celle des vivants. Alain Defossé s'intéresse à trois figures jadis liées à sa famille, qui lui sont apparues par le truchement de récits ou de photographies. Découvrir qui elles sont, c'est s'approcher de la source de son imaginaire et du fragile secret de son origine.


- Miss Sweety
de Valérie Saubade
Éditions Anne Carrière / Janvier 2011


Septembre 2001. La discrète Samantha Fallow mène une vie paisible à Hampstead, un quartier huppé de Londres. Elle travaille à domicile pour le magazine féminin You and I. Couples en vrille, amours adolescentes, démon de midi? Samantha, qui se cache derrière le pseudonyme de "Miss Sweety", répond à tous les cœurs brisés. Pour y parvenir, elle compte davantage sur son doctorat en psychologie que sur sa propre expérience; à 36 ans, elle est toujours célibataire, et habite chez sa grand-mère et sa grand-tante, toutes deux octogénaires. Cette vie sans histoires est bouleversée le jour où Samantha reçoit, dans le courrier des lecteurs, une lettre la menaçant de mort. Ce n'est que la première d'une longue série. La police, mobilisée par les risques d'attentat terroriste, ne prend pas ces menaces au sérieux. Bien que n'ayant pas l'étoffe d'un détective, la jeune femme décide alors de découvrir qui est l'auteur de ces missives, avec l'aide de sa grand-mère et sa grand-tante. Le jour où elle retrouve ses propres cheveux, récemment coupés, dans sa boîte aux lettres, Samantha n'a plus que deux solutions: découvrir qui la tourmente ainsi ou s'enfuir.


- Mr.
de Emma Becker
Éditions Denöel / Janvier 2011


Parfois on extrait une écharde. Parfois on s'extrait d'une écharde. Le reste importe peu. Le reste n'est que ce long processus de désamour qui ramène toutes les petites filles à des rivages où elles désapprennent la douleur, la compromission, l'abnégation, le tourment, où les chagrins sont moins poignants et le plaisir moins dense. Ellie, vingt ans, mène une existence légère et insouciante jusqu'au jour où elle rencontre Monsieur, un chirurgien marié approchant la cinquantaine. D'abord épistolaire, leur liaison prend son envol dans une chambre d'hôtel du quinzième arrondissement. Au gré des rencontres clandestines et d'appels téléphoniques fugaces, Ellie traversera plusieurs mois d'attente fiévreuse. Un engrenage passionnel dont elle tentera sans succès de se déprendre. Un roman-confession. Une description cruelle de la traversé du fantasme. Le désenchantement d'une Lolita contemporaine.


- Œil-de-chat
de Margaret Atwood
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


À l'occasion d'une rétrospective de son travail dans une galerie, Elaine Risley, une artiste-peintre controversée, retourne à Toronto sur les lieux de son enfance. Hier puritaine et grise, aujourd'hui éclatante de la lumière des néons, la ville provoque chez Elaine un choc qui fait rejaillir les souvenirs de son enfance. Pendant la semaine qu'elle y passe, l'attention d'Elaine, et celle du roman, se concentrent sur le passé et sur l'introspection. Et au milieu des images diverses qui remontent à la surface de sa mémoire, revient celle qui a peut-être le plus pesé sur son destin: l'image de Cordelia, son amie d'enfance, sa tourmenteuse, son double. Entre passé et présent, la vie de la narratrice se dévoile et l'on suit les premières années de son arrivée à Toronto. Là, Elaine rencontre Carole, Grace et Cordelia. Ensemble, les petites filles mettent en place un monde à elles, loin des préoccupations des adultes et ou se jouent des tragédies silencieuses, des drames étouffés. Puis les années passent et Elaine continue son chemin, mais garde en elle le souvenir de cette période étrange, ou s'enracine sa mémoire et ses oublis, et qui est le terreau dans lequel s'inscrit son art. Avec ce magnifique roman de formation, Margaret Atwood fait tourner devant nous son œil-de-chat, cette bille fétiche, ou se trouve reflétée la vie de toutes les femmes, de toutes les petites filles qu'elles ont été.


- Pain amer
de Marie-Odile Ascher
Éditions Anne Carrière / Janvier 2011


En 1946, Staline offre l'amnistie aux Russes blancs résidant sur le territoire français et les invite à rentrer au pays. Quelque quatre à six mille personnes, celles-là mêmes qui avaient fui les bolcheviks en 1920 pour trouver refuge en France, vont répondre à cet appel. Parmi elles, la famille de Marina, une jeune fille de dix-huit ans: elle se sent française avant tout, mais accepte d'accompagner les siens tout en formant le projet de revenir rapidement, afin d'épouser Marc, qu'elle aime passionnément. Le long voyage en train commence. Au fil des kilomètres, le désir et la détermination de la jeune fille grandissent, nourris par le manque. Malgré le temps qui passe, elle ne perd pas espoir.


- Papa was not a Rolling Stone
de Sylvie Ohayon
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


Lili n'est pas d'une nature à baisser les bras. Elle a cette certitude chevillée au corps "qu'il faut dépasser ses malheurs en klaxonnant bien fort, garder ses cheveux au vent et continuer à offrir son beau visage au soleil". Et pourtant les malheurs, Lili, elle les accumule. Issue d'une famille de juifs d'Afrique du Nord débarqués à la cité des 4000 à la Courneuve, elle est mise au monde sous X, car elle est le fruit de la honte et du déshonneur: un soir de Noël, après un flirt poussé dans une voiture, sa mère tombe enceinte d'un Kabyle qu'elle vient de rencontrer. Le grand-père Moïse, au cœur chaud, pris par le remords de l'abandon, reviendra chercher Lili à l'orphelinat. Mais en arrangeant un mariage avec Daniel, un catholique autoritaire qui voudra bien de sa fille déshonorée il livrera malgré lui sa petite-fille à la violence d'un beau-père destructeur et au déséquilibre psychique d'une mère fragile. Heureusement Lili aura toujours comme refuge le foyer aimant de Margaux et Moïse, ses grands-parents protecteurs. Et puis il y a Lahlou, Magid, Farid, Sosso, Mounhir, Karima et les autres copains de la banlieue, avec qui Lili trouvera les élans d'amitié et de solidarité qui donnent la force de s'en sortir, même quand on est né du mauvais côté du périphérique.


- Paradis inhabité
de Ana-Maria Matute
Éditions Phébus / Janvier 2011


Adriana a six ans et vit dans une famille de la bourgeoisie madrilène. En secret, elle observe le monde des adultes, ces Géants aux personnalités bien souvent sibyllines, ces ombres indifférentes. Sensible et rêveuse, elle préfère bien volontiers se réfugier dans les lumières de la nuit, écouter les bruits des feuilles mortes sous les sabots de la Licorne, celle qui s'est échappée du cadre dans le salon. Un paradis inhabité, celui de l'enfance, celui des chimères incandescentes. De la solitude assumée. Loin des tumultes de la vie adulte, de ses parents qui se déchirent, des injustices et de la guerre civile qui gronde. Curieuse de tout, elle ne tardera pas à découvrir les vertus de l'amitié et les premiers émois. Son voisin Gavrila lui ressemble et ils parlent la même langue. Ils ne savent pas encore que l'enfance, comme les licornes, ça ne revient jamais.


- Perce-neige
de A. D. Miller
Éditions Flammarion / Janvier 2011


Moscou, début des années 2000. Nick Platt, jeune ressortissant anglais, travaille dans un grand cabinet comme avocat d'affaires. Peu regardant sur la moralité de ses clients, il aime à se perdre dans le monde fascinant de la nuit où se mêlent entrepreneurs louches, oligarques richissimes et jeunes filles en quête d'ascension sociale. Un jour dans le métro il porte secours à deux ravissantes sœurs, Masha et Katya, victimes d'un pickpocket. Peu à peu, Nick commence à ressentir pour Masha un sentiment qu'il se plaît à voir comme de l'amour. Les jeunes filles lui demandent alors d'aider leur vieille tante à trouver un nouvel appartement. Perce-neige examine l'attrait irrésistible du péché et met en scène des personnages au cœur aussi froid que l'hiver russe, un pays où les secrets, et les cadavres, ne remontent à la surface que lorsque l'épaisse couche de neige entame son dégel.


- Plein soleil
de Valérie Clo
Éditions Buchet Chastel / Janvier 2011


"7 heures du matin. Le compte à rebours a commencé. Dans quatre heures mon père sera mort. J'ai treize mois". Il aura fallu de nombreuses années et de multiples détours pour que l'auteur aborde enfin cette histoire qu'elle n'a jamais voulu regarder en face: la mort brutale de son père. Plein soleil, livre intime, marque la fin d'une longue amnésie. Avec sensibilité, Valérie Clo met en scène tous les personnages du drame: son père, sa mère, elle-même, la famille. Elle se souvient de ses grands-parents dont la langue maternelle était l'arabe, évoque la Tunisie, renoue le fil fragile de ses origines, égrène des souvenirs qui ne lui appartiennent pas. Pour elle, si vite, rien n'a plus été comme avant. Si vite, un voile sombre, opaque, épais a tout recouvert. Heureusement le goût des mots peut sauver. Arrachées à la nuit de la toute petite enfance, ces pages émouvantes sont le récit d'une libération. Un retour apaisé à la pleine lumière.


- Portrait d'un fumeur de crack en jeune homme
de Bill Clegg
Éditions Jacqueline Chambon / Janvier 2011


Dans Portrait d'un fumeur de crack en jeune homme, Bill Clegg fait le récit de sa descente aux enfers. Au début des années 2000, alors qu'il fumait du crack et consommait toutes sortes de drogues de façon occasionnelle depuis plusieurs années déjà, il devient soudain complètement dépendant. Il abandonne peu à peu son petit ami, l'agence littéraire qu'il avait fondée et tout ce qui faisait sa vie. L'honnêteté du récit est d'une radicalité rare. La mise à nu est totale. Le récit autobiographique, lui, est proprement fulgurant. Alternant avec les chapitres à la première personne qui relatent les affres de ces quelques mois, Clegg revient, avec une concision qui est, autant que le résultat d'une écriture d'un jet (le texte a été écrit en quelques jours), le refus de toute concession à la mise en scène, aux joliesses ou au pathos, sur différents épisodes de sa vie, du malaise de l'enfance à la figure complexe du père, de la découverte de l'homosexualité à l'entrée dans le milieu de l'édition, à la troisième personne cette fois. Jusqu'à ce que cette troisième personne rejoigne la première personne du récit contemporain, s'échange avec elle, rejouant la confusion de l'auteur quant à l'identité commune de tous ces moments. Pratiquant le refus assumé de toute fiction du je, Bill Clegg se livre en quelque sorte "dans toute la vérité de la nature". Un nouveau lyrisme est à l'œuvre.


- Pour lui
de Annick Geille
Éditions Fayard / Janvier 2011


À force de succès, Daniel Filipacchi acquiert aux Champs-Elysées les pouvoirs d'un dieu. Mais le succès, sur terre, c'est quoi? Par exemple de créer un empire de presse et de le faire prospérer. Personnalité énigmatique, Daniel aime l'art, les femmes, le jazz: il collectionne. Sa religion? Le beau et la liberté qui l'accompagne. Une débutante qui rêve de devenir journaliste survient, venue de nulle part. Aux Champs-Elysées, Anne gravit une à une les marches et devient rédactrice en chef de trois magazines. Daniel est profondément ému car Anne l'intrigue. Il lui donnera tout, sauf l'essentiel, qu'elle cherchera pendant vingt ans à ses côtés, sans jamais oser le lui dire: son amour.


- Prête-moi ta vie pour t'écrire là-haut
de Françoise Dorin
Éditions Flammarion / Janvier 2011


"Si je n'avais pas été la fille de mon père, j'aurais sûrement écrit un roman sur sa vie. Sur son enfance plus que modeste de petit villageois charentais, se voyant déjà en haut de l'affiche comme violoniste virtuose. Sur son obligation de concilier musique et notariat. Sur son engagement dans l'armée pour pouvoir monter à Paris avec vue sur le Conservatoire. Sur son rêve brisé par la guerre de 1914 et son violon remplacé par un brancard. Sur ses années de galère, après l'armistice et avant, pour lui, une réussite inattendue à la fois comme chansonnier-revuiste et comme mari d'une ravissante normande. Oui, vraiment, la vie de mon père avait tout pour devenir un roman. Alors, finalement, je l'ai racontée sous son regard, dans une tendre et joyeuse complicité".


- Quand tu n'étais pas là
de Laura Bloom
Éditions Presses De La Cité / Janvier 2011


Summer Hill, une banlieue de Sydney, dans les années 1940. Pour les femmes restées au pays, la guerre est aussi une épreuve. Sans nouvelles de son mari, mobilisé dans le Pacifique, Catherine est persuadée qu'il est mort. Ne supportant plus la solitude, elle finit par trouver du réconfort auprès d'un soldat américain. Mais, en février 1946, son époux revient. Hanté par le souvenir des combats, il n'est plus le même homme. Catherine est quant à elle rongée par la culpabilité. Car l'adultère n'est pas le seul de ses secrets. Avec ce roman remarquable de justesse psychologique, Laura Bloom évoque de façon subtile les drames intimes engendrés par la guerre et offre le magnifique portrait d'une femme qui assume ses choix envers et contre tous.


- Qui écrira notre histoire ?
de Samuel D.. Kassow
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


Les archives secrètes du ghetto de Varsovie. En octobre 1939, Emanuel Ringelblum, historien de formation, entreprit de rassembler systématiquement les documents touchant le sort des Juifs de Pologne et constitua autour de lui un groupe de bénévoles qui se donna pour nom de code "Oneg Shabbath", en hébreu, "Joie du sabbat". Si Ringelblum et sa famille périrent en Mars 1944, comme la majorité des quelque soixante membres de ce réseau (historiens, sociologues, économistes, éducateurs, etc., en sorte qu'aucun domaine de la vie ne soit ignoré), le groupe réussit à travailler d'arrache-pied jusqu'au printemps 1943, pour écrire, d'abord inconsciemment, et de plus en plus en ayant conscience de la "catastrophe", la chronique de la disparition de la communauté yiddish, un des pans les plus riches du livre est celui consacré à l'exposé des témoignages suscités par le groupe pour dire et écrire la catastrophe au moment où elle se déroule. Avant la disparition des principaux membres, les archivistes réussirent à cacher des milliers de documents dans des bidons de lait ou des boîtes en fer blanc, avant de les enterrer.


- Retour parmi les hommes
de Philippe Besson
Éditions Julliard / Janvier 2011


En 1916, à la mort d'Arthur, son jeune amant tué au combat, Vincent de l'Étoile, héros d'En l'absence des hommes, s'est enfui. En Italie d'abord, puis en Égypte, au Soudan, en Abyssinie sur les traces de Rimbaud, en Syrie, au Liban; errance de vagabond inconsolable, miséreux et rêveur; puis c'est la traversée de l'Atlantique dans un bateau d'émigrants, l'Amérique, le New York des années vingt. Après quelques années de dérive à traîner son deuil, Vincent retourne en France en 1923; c'est un peu comme s'il acceptait enfin la mort d'Arthur. Quand il retrouve sa ville natale, il ne reconnaît rien et peine à trouver sa place dans ce Paris des années folles. Son mentor, l'écrivain Marcel Proust, est mort lui aussi. Mais le hasard va le mettre en présence de Raymond Radiguet, qui vient de publier Le Diable au corps. C'est un très jeune homme, talentueux, brillant, charismatique qui séduit profondément Vincent. L'attrait est réciproque bien que Radiguet soit hétérosexuel. Avec cette énergie et cette joie de vivre qui est la sienne, l'écrivain en vogue, protégé de Cocteau, entraîne son nouvel ami dans les milieux intellectuels parisiens et les folles nuits de Montparnasse. Mais il existe une face sombre de Radiguet, une fêlure chez ce garçon de vingt ans qui, malgré sa gloire éclatante et brutale, semble pressentir le sort tragique qui le guette et cette fièvre typhoïde qui va le tuer en décembre 1923.


- Rouge dans la brume
de Gérard Mordillat
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2011


Carvin, la trentaine, est ouvrier mécanicien dans une usine du Nord. Sa femme Chantal rêve de confort et de soleil. Ne supportant plus la dureté de leur vie ni les luttes quotidiennes, elle le quitte et emmène avec elle Océane, leur fille de quatre ans. Anath, la trentaine elle aussi, est DRH dans l'usine où travaille Carvin. Elle est mariée à un professeur d'université qui lentement s'éloigne d'elle, perdu dans les livres, l'alcool et d'inavouables secrets. Rien ne semblait devoir rapprocher Carvin et Anath. Un monde les séparait. Mais quand l'usine est brutalement fermée par ses actionnaires américains, qui rayent de la carte presque 400 emplois, la tempête qui se lève unit leurs destins. Les ouvriers s'insurgent, occupent le site, incendient le stock, les ateliers, les camions de ceux qui voulaient déménager les machines. La révolte se propage à une deuxième usine, puis à une troisième, portée par l'espoir que le pays tout entier s'embrase. C'est au cœur du brasier qu'Anath et Carvin se découvrent. Contre toute attente, contre toute raison, c'est dans la lutte que naît leur amour. L'un et l'autre n'ont plus rien à perdre, mais une vie à gagner. Sont-ils fous, criminels, insensés? Ont-ils une chance de triompher? Qu'importe. Dans la folie du temps présent, ils auront su dire non. Ils auront fait entendre leur voix.


- Soul Patch
de Reed Farrel Coleman
Éditions Phébus / Janvier 2011


Fin des années 80 dans un quartier imaginaire de New York nommé "Soul Patch". Moe Prager, ancien flic reconverti dans le commerce de spiritueux, s'apprête à ouvrir, avec son frère Aaron, sa troisième cave à vin. Le soir de l'inauguration, Larry McDonald, un ancien collègue devenu chef des détectives à la police de New York, lui remet un mystérieux enregistrement. Celui-ci renferme la déposition d'une petite frappe qui balance le nom d'un ancien caïd de la drogue assassiné trente ans plus tôt. Débute alors pour Moe Prager, en proie à l'ennui et à un mariage qui se délite, une sombre affaire qui va réveiller le passé.


- Submarino
de Jonas T. Bengtsson
Éditions Denöel / Janvier 2011


Enfants des services sociaux, Nick et son frère se rencontrent à la sortie d'un foyer, le jour où leur mère décide de leur offrir un semblant de vie de famille. Très vite pourtant, elle tombe enceinte et reprend son errance de bar en bar, de passe en passe. Livrés à eux-mêmes, les deux frères s'occupent du bébé avec les moyens du bord. Quand le petit crie trop fort, ils mettent la télé à fond et sniffent de la peinture. mais un jour le bébé ne crie plus: il est mort. Des années plus tard, Nick traîne son corps bodybuildé et rongé par l'alcool dans les bas-fonds de Copenhague. Son frère, héroïnomane, élève seul son fils et prend la tête d'une petite armée de dealers. Tous deux se débattent pour survivre à ce terrible passé et tenter d'échapper, en vain, à la marginalité. Chronique violente et sans concession, Submarino dissèque les vies de ces êtres mal nés, héritiers malgré eux d'une misère sociale dont ils ne parviennent pas à s'extraire. Un livre coup de poing auquel le cliché d'un Danemark pays-le-plus-heureux-du-monde ne résiste pas et dont on peine à sortir indemne.


- Trois vies chinoises
de Sijie Dai
Éditions Flammarion / Janvier 2011


Un gamin de treize ans, atteint d'une maladie rare qui lui donne l'aspect d'un petit vieux, est acheté par le directeur de la cantine d'une prison. Une jeune fille, encore lycéenne, est convaincue de la culpabilité de son père, gardien d'un réservoir d'eau, dans la disparition de sa mère. Une ancienne forgeronne ranime son fourneau pour fabriquer une chaîne de fer qui attachera son fils à un arbre.Ces trois vies parallèles se déroulent simultanément, dans un même lieu: l'étrangement nommée île de la Noblesse. Un décor gigantesque, digne d'un film de science-fiction, où affluent les déchets et matériels électriques de tout un pays, la Chine moderne, l'atelier du monde. Ces trois histoires, aux images brutales et fulgurantes, s'imposent par leur force poétique et leur paradoxale liberté.


- Un café sur la lune
de Jean-Marie Gourio
Éditions Julliard / Janvier 2011


Dans un siècle, la Lune sera pleine. Venus de tous les coins de la planète, des centaines de milliers d'êtres humains s'y seront installés. Des gens raisonnables cédant aux charmes d'une vie nouvelle et aux promesses d'avantages sociaux non négligeables, des miséreux, des indésirables chassés sans ménagement d'une Terre devenue trop petite. Sans compter les aventuriers et les fous furieux prêts à fouiller à mains nues le sol de ce nouveau territoire pour en extraire des minerais rares, des pierres précieuses et autres trésors inattendus. Et le jour ou tous ces gens se seront acclimatés aux conditions de la vie sur la Lune et que les centres commerciaux se seront multipliés, quelqu'un aura, c'était inévitable, l'idée d'ouvrir un bistrot. Époustouflant, ce roman raconte l'ouverture du premier café sur la Lune. Pour l'inauguration, les patrons, Bob l'Irlandais et sa compagne TinTao, ont vu grand. Un décor somptueux, des lumières, des musiques, un comptoir grandiose, des flots d'alcools et de bière. Ils veulent que cette soirée soit inoubliable. Elle le sera bien au-delà de tout ce qu'ils avaient imaginé. Car ils sont venus, les assoiffés, les piliers de comptoir, tous ceux qui savent l'importance que peut avoir dans une vie l'existence d'un vrai bistrot. Ils ont investi les lieux, lourds de leurs biographies improbables, de leurs souvenirs, leurs désirs, leur peurs, leurs rêves, leurs folies. Attirant vers ce nouveau lieu de vie des visiteurs extravagants, des Touaregs, des enfants sauvages, des Gitans, Bob et TinTao ont inventé dans ce coin perdu de l'espace un jardin extraordinaire ou tout devient possible. Étrangement réunis, ces hommes, ces femmes, ces enfants, premiers habitants sur la Lune, vont être traversés par tous les sentiments et toutes les sensations que peut ressentir un être humain, de la douceur la plus lumineuse à la violence la plus cruelle. La nuit sera longue, la nuit sera folle, la nuit sera merveilleuse et terrible. En ouvrant ce premier café sur la Lune, Bob et sa femme vont déclencher un ouragan.


- Un fauteuil pneumatique rose au milieu d'une forêt de conifères
de Thibault Lang-Willar
Éditions Héloïse d'Ormesson / Janvier 2011


Inspirez, retenez votre souffle et suivez ces tueurs en série dans un voyage au bout de la violence, où le rire donne la réplique à l'horreur. Un violeur multirécidiviste à qui l'on donnerait le bon Dieu sans confession, un cannibale fin gourmet, un pédophile au cœur d'or: autant d'individus dégénérés et tragiquement drôles qui hantent nos sociétés. Dans un style tranchant, ces fables acides à l'imagination débridée décortiquent avec un humour sauvage les travers sordides de la vie moderne. De ce grand jeu de massacre, vous ne ressortirez pas indemne.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 12:56

- Un homme sans ambition
de Maurice Denuzière
Éditions Fayard / Janvier 2011


Benoît Escalet, trentenaire à l'aise, célibataire de vocation et juriste dans une compagnie d'assurances, a pour passion dominante la protection de son indépendance et de sa tranquillité. Il refuse tout avancement et fuit les relations, de voisinage ou mondaines. C'est l'asocial type. Il pratique l'athéisme politique. Pour lui, tout objet qui n'est pas nécessaire est inutile; et le superflu, produit à l'extrême par la société de consommation, le hérisse. Julien Merlot, son seul ami et confident, comme lui enfant du divorce, ambitionne, au contraire, réussite matérielle et politique. Considérant qu'il est dangereux d'être aimé et qu'aimer est une servitude, Benoît, qui a longtemps limité ses relations avec les femmes à l'hygiène sexuelle, vivra des expériences agitées avec une domoticienne délurée et une intellectuelle écologiste. Jusqu'au jour où Cupidon finira par le blesser d'une flèche convaincante, sans entamer son art d'esquiver les contraintes. À mille lieues du cynisme lapidaire ambiant et de l'agressivité contemporaine, Maurice Denuzière pose ici, avec humour, son regard caustique, mais toujours empreint d'une grande tendresse, sur les travers de la nature humaine.


- Un jour
de Morris Gleitzman
Éditions Les Grandes Personnes / Janvier 2011


Un jour, je me suis évadé d'un orphelinat pour retrouver papa et maman. Un jour, j'ai sauvé une petite fille qui s'appelait Zelda d'une maison en feu. Un jour, je vivais dans une cave avec sept autres enfants, alors que je n'aurais pas dû. Un jour, j'ai fait rire un nazi avec une rage de dents. Un jour, j'ai fait mon premier voyage en train, mais je ne dirais pas que c'était formidable. Mon nom est Félix. Ceci est mon histoire. Un roman historique poignant et drôle à la fois, où il est question de l'holocauste et de la fin de l'innocence, mais aussi d'amour et de solidarité. Ou comment, dans la Pologne occupée de 1942, un garçon de dix ans tâche de saisir l'inimaginable.


- Un samedi entre amis
de Andrea Camilleri
Éditions Fayard / Janvier 2011


Une grande ville italienne, de nos jours. La routine festive qui, le week-end, réunit trois couples bon chic bon genre est perturbée par la réapparition d'un ancien camarade de jeunesse, Gianni, désormais lancé en politique. Coïncidence ou manipulation, ce retour ranime chez tous les invités des épisodes d'adolescence, quand Matteo l'industriel, Fabio le magistrat, Andrea le médecin, Giulia l'avocate, Anna la riche épouse et Rena la femme fatale découvraient ensemble les méandres de la vie amoureuse. Ce samedi-là, l'un d'eux est en danger. L'âge n'a rien assagi ni pacifié. Car les émois des sens et leur violence sont profondément enracinés.


- Une autre époque
de Alain-Claude Sulzer
Éditions Jacqueline Chambon / Janvier 2011


Alors qu'il n'y a jamais vraiment prêté attention, le héros se met à s'intéresser à la photo de son père posée sur une étagère de sa chambre, et à la montre portée par celui-ci. Il a seize ans, sa mère lui a très peu parlé de ce père mort à sa naissance, et voilà qu'à présent il ressent un besoin impérieux de retrouver cette montre et de savoir qui était l'homme qui la portait. Découvrant derrière la photographie le nom et l'adresse parisienne du photographe, qu'il sait être son parrain mais qu'il n'a jamais vu, il décide sur un coup de tête de partir à Paris sans prévenir sa mère ni son beau-père. Ce qu'il va découvrir, une capitale, un milieu artistique, la liberté des mœurs, l'homosexualité dont il ignorait tout, va prendre pour lui la forme d'un voyage initiatique qui le libérera d'une enfance trop protégée. En parallèle, Alain Claude Sulzer décrit le chemin de croix du père, la clinique psychiatrique pour redevenir normal aux yeux de ses parents, le mariage pour asseoir cette normalité, enfin la passion interdite, le chantage et le suicide. Alain Claude Sulzer retrouve ici la sensualité et la tension dramatique d'Un garçon parfait. Comment, en deux décennies, l'homosexualité est passée d'un secret honteux à un choix de vie. Comment un jeune homme plein d'avenir pouvait préférer la mort à la honte. C'est sans véhémence militante, mais plutôt avec une sorte de douceur implacable, que Alain Claude Sulzer dénonce la cruauté de cette "autre époque".


- Vivre encore un peu
de Christophe Donner
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2011


" - Mais votre âme, Elias, comment va votre âme? Quel est votre état d'esprit en ce moment?
J'attends longtemps la réponse, je pense qu'elle ne viendra pas, et puis il se tourne vers moi, pas complètement, de manière à garder les yeux dans le vague, il sourit.
- Je vous aime beaucoup, Monsieur Christophe.
- Elias. Monsieur Elias. Vous êtes un sacré coquin.
Moi aussi, je l'aimais beaucoup, mais je me rends compte que ça n'est plus ça. Il aurait plutôt tendance à m'exaspérer, à présent. Bien sûr, c'est son âge que je déteste, ce record absurde qui fait l'admiration de tous et qui le conduit peu à peu à cette ruine désolante que la mort ne veut pas soulager. Je voudrais à ce moment-là l'accompagner gentiment vers la mort, il me tiendrait le bras comme quand on sortait de l'église, il mourrait en s'enfonçant dans la question de Dieu. Mais il ne veut pas".
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 12:39

- Cœurs blessés
de Victoria Lancelotta
Éditions 10-18 / Décembre 2010


Il aura suffi à Regina d'une infidélité de plus pour entrevoir sa dévotion. Rongée par les démons de son enfance, cette femme à l'air sensible et chaleureux ne parvient plus à jouer le rôle de la parfaite épouse auprès de cet homme qui l'aime et lui donne tout. Mais pour Daniel, las de ce qu'il ressent comme de l'indifférence, il est déjà trop tard. Abandonnée en terrain trop connu, à cette solitude qui fut naguère la sienne, Regina va plonger aux racines de son mal et apprendre à se dépouiller de ses illusions et de ses mensonges. Avant de découvrir qu'elle aime son mari. Portée par la grâce de l'écriture, Victoria Lancelotta brosse dans un souffle le portrait sans fard d'une femme blessée et les infinies contradictions du cœurs.


- L'épaisseur des âmes
de Colm Tóibín
Éditions 10-18 / Décembre 2010


Promesse trahie, aveux refoulés, abandon ou possession. D'une écriture envoûtante, Colm Tóibín signe avec L'épaisseur des âmes neuf histoires d'une subtilité rare, autour de la relation si singulière unissant les mères et leurs fils. Alcoolisme, remords, homosexualité les ont enfermés dans des silences qu'ils ne savent plus rompre. À travers ces face-à-face, ces dialogues muets d'une force dévastatrice et salvatrice, Colm Tóibín pose l'universelle question des dévoilements et des secrets dont sont constitués ces liens mystérieux du sang.


- Le monde de Barney
de Mordecai Richler
Éditions Albin Michel / Décembre 2010


Confession impudique d'un vieil iconoclaste, juif jusqu'au bout des ongles, Le Monde de Barney raconte les amitiés, les saouleries et les obsessions sexuelles d'un certain Barney Panofsky. Déconcertante "autobiographie" d'un homme qui eut trois épouses, trois enfants, connut la bohème des Canadiens expatriés à Paris durant les années cinquante et finit solitaire, vieux et poivrot, se débattant entre son amour du hockey, des femmes et du Montréal d'avant la décadence démocratique. Une plume acerbe, un humour ravageur, une insolence salutaire font de ce roman d'une virtuosité sidérante le chef-d'œuvre d'un des plus grands auteurs canadiens contemporains. Avec exubérance et générosité, Mordecai Richler compose un véritable hymne à la vie chanté à la face d'une civilisation qui finalement n'a qu'une peur: celle de la mort.


- Un Noël en famille
de Jennifer Johnston
Éditions 10-18 / Décembre 2010


Suite à un accident de voiture, Henry, la cinquantaine, se réveille à l'hôpital, amnésique. Vont peu à peu se succéder à son chevet celles et ceux qui ont traversé sa vie, est-il encore marié à Stéphanie, cette femme énergique, à l'allure autoritaire? Quelles étaient vraiment ses relations avec Ciara, sa fille de seize ans? Son fils Donough lui cacherait-il quelque chose? Et qui est Sébastien, ce bel homme qui le veille jour et nuit? Au fur et à mesure que son corps se répare, ses souvenirs reviennent et, avec eux, des sentiments d'urgence et de culpabilité. Il faudra un peu de temps, un drame et la magie d'un soir de Noël pour que les liens se renouent.


- Attention Dieu méchant
de Shalom Auslander
Éditions 10-18 / Novembre 2010


Rabbins violents, épouses perverses, chiens culpabilisateurs ou encore chimpanzés suicidaires: autant de personnages loufoques peuplent les histoires de ce recueil délicieusement blasphématoire. Avec un humour dévastateur, Shalom Auslander soulève des questions fondamentales sur la condition humaine et son besoin d'interdits.


- Carnets de la passagère
de Alain Louyot
Éditions Grasset / Novembre 2010


Incroyable destinée que celle de Sylviane, née à Paris en 1907. Petite fille d'émigrés chercheurs d'or ayant fait fortune aux États-Unis, elle est enlevée à son père en plein Paris par Alexandrine, sa mère américaine, richissime et égocentrique, pressée de se débarrasser de son mari pour mener, sans entrave, sa vie mondaine de grande séductrice. À Chicago, l'enfant est confiée à une nurse, puis enfermée, à sept ans à peine, sous un faux nom, dans d'austères pensionnats en Europe. Lorsque Sylviane a dix-huit ans, sa mère réapparaît soudain pour l'exhiber dans le "happy few" de la côte californienne afin de la marier. Sylviane fait la Une des journaux, rencontre les gloires de l'époque, Lindbergh, Chrysler, Nungesser, Maeterlinck. Mais la jeune fille, élevée dans des couvents, rejette vite ce monde de paillettes et choisit de se marier avec un modeste étudiant lorrain, fils d'épicier. Ivre de rage, sa mère la déshérite. Hier, reine de San Francisco, Sylviane atterrit ainsi à Briey, au cœur du bassin houiller. Le maréchal Lyautey accepte d'être témoin de ce mariage. Sylviane aura sept enfants mais cette vie provinciale et monotone finit par lui peser. La Seconde Guerre Mondiale l'arrache à son ennui. Elle s'engage dans la résistance sous le nom de code de "la Belette", accepte les missions les plus périlleuses et se retrouve aux mains de la Gestapo. À la Libération, elle devient l'interprète du général Patton. Mais l'aventure de Sylviane ne s'arrête pas là.


- Des filles de la Côte Est
de Courtney Elridge
Éditions 10-18 / Novembre 2010


Elles ont toutes un petit grain, ces filles de la côte Est. À commencer par Courtney Eldridge elle-même, qui nous conte par le menu, dans la première nouvelle, tous les projets de récits déjantés qui ont fini au panier, étouffés dans l’œuf par ses angoisses d'écrivain. On la devine ailleurs: dans cette vendeuse en papeterie prise en otage par une cliente névrosée. Et les proches, réels ou imaginaires, de l'auteur ne sont pas en reste: il y a sa meilleure amie et sa phobie des requins de piscine, il y a cette mère alcoolique qui peine à communiquer avec sa fille lesbienne. Courtney Eldridge est une sacrée conteuse, de celles qui savent, définitivement, capter l'air du temps.


- Doggy bag (L'intégrale)
de Philippe Djian
Éditions Julliard / Novembre 2010


Tout commence lorsqu'une belle inconnue entre, sans se faire annoncer, dans le bureau des frères Sollens. À peine ont-ils le temps de la reconnaître, stupéfiés, qu'une onde de choc traverse la ville et fait trembler ses fondations. Quarante-cinq secondes plus tard, le tremblement de terre cesse, mais l'existence de David et Marc Sollens vient de basculer pour toujours. Après vingt ans d'absence, Édith, leur amour de jeunesse, a fait sa réapparition, bien décidée à trouver lequel des deux frères est le père de sa fille.


- En toute discrétion
de Jessica Brody
Éditions Fleuve Noir / Novembre 2010


Depuis qu'elle a monté sa propre agence de "testeurs de fidélité" à Los Angeles, Jennifer Hunter a un planning très chargé. Autrefois simple enquêtrice, nom de code: Ashlyn, c'est elle qui dirige les opérations à présent. Épaulée par une équipe de créatures de rêve, elle traque le mensonge conjugal. Jen reçoit la clientèle, dresse le profil des "cibles" et désigne celui ou celle qui jouera les détectives pour confondre le suspect. Chaque mission fait l'objet d'un rapport détaillé et se conclut, soit par un soulagement: "Vous pouvez dormir tranquille", soit par une déception: "Il n'est pas digne de confiance, désolée". Heureuse en affaires, Jennifer l'est aussi en amour. Jamie et elle envisagent même l'engagement suprême. Jamie connaît tout des activités particulières de sa fiancée, mais il ne s'inquiète pas puisqu'elle a renoncé au terrain. Seulement, le jour où l'une de ses enquêtrices l'appelle à l'aide, Jennifer comprend vite qu'elle va devoir choisir entre la parole donnée à Jamie et sa conscience professionnelle.


- Et que le vaste monde poursuive sa course folle
de Colum McCann
Éditions 10-18 / Novembre 2010


7 août 1974, un funambule s'élance entre les Twin Towers, se jouant du vide. De cette apparition fugace, Colum McCann déroule le panorama d'un New York en pleine ébullition: grandes dames de Park Avenue, prostituées épuisées, curés égarés, junkies en cavale, mères pleurant la "sale guerre". Une ronde de personnages dont les voix s'entremêlent comme autant de fils tendus sur la course du monde.


- Jeunes, riches et fabuleuses
de Kate Kingsley
Éditions Calmann Lévy / Novembre 2010


À tout juste seize ans, Alice Rochester et Natalya Abbot sont branchées, sexy et archi-gâtées. Quand elles ne sont pas en cours, dans un lycée huppé où elles côtoient les héritiers de la bonne société européenne, elles s'éclatent dans les soirées privées de Londres ou s'envolent pour les fiestas de Paris ou Ibiza. Depuis leur arrivée à Sainte-Cécilia, Alice et Natalya sont les reines du bahut. Mais leur règne touche peut-être à leur fin: les amitiés avec certains garçons se compliquent, créent des tensions entre les filles. Et pour ne rien arranger, une nouvelle élève, venue d'Amérique, vient semer la zizanie.


- Journal intime
de Sophie Tolstoï
Éditions Albin Michel / Novembre 2010


Source inestimable de renseignements pour le spécialiste, cri bouleversant pour le simple lecteur, le Journal intime de Sophie Tolstoï, qui a consacré sa vie à Léon Tolstoï et lui a donné treize enfants, nous force à constater que le génial créateur d'Anna Karénine n'a jamais rien compris à la femme qui a vécu dans son ombre quarante-huit années durant. Sophie Tolstoï entame la rédaction de son journal dès son mariage et la poursuivra jusqu'à la mort de Tolstoï. Elle y tient la chronique d'une vie conjugale éprouvante où les maternités à répétition, l'éducation des enfants et la gestion du domaine d'Iasnaïa Poliana et de la maison de Moscou viennent s'ajouter à son activité de secrétaire, dactylographe, copiste et correctrice de Léon. Jusqu'à cette nuit de l'automne 1910 où Tolstoï s'enfuit pour mourir, quelques jours plus tard, dans une gare de campagne. Sophie ne pourra même pas lui dire adieu: leurs enfants lui interdisent l'entrée de la pièce où il agonise. Elle s'éteindra en 1919, en pleine guerre civile, dans son domaine nationalisé.


- L'affabuleuse histoire vraie de Jules Cardot
de Samir Bouadi et Agathe Colombier-Hochberg
Éditions Fleuve Noir / Novembre 2010


Qui est vraiment Jules Cardot? Un illuminé? Un génie? Un mythomane? Si la croyance populaire en fait un homme exceptionnel qui, dès son plus jeune âge, sait parler aux animaux, l'histoire officielle le décrit comme un héros de guerre, un résistant convaincu, un scientifique visionnaire, un écologiste avant l'heure, un Don Juan sans scrupules, un espion intrépide. En un mot, une énigme. De son petit village de Lorraine jusqu'aux limites du cercle polaire, en passant par l'Espagne franquiste ou l'Amérique de la guerre froide, l'extraordinaire Jules Cardot est surtout l'être follement attachant dont vous allez découvrir l'histoire à travers le regard de ceux qui ont croisé sa route et en seront à jamais bouleversés.


- L'arbre des pleurs
de Naseem Rakha
Éditions L'Archipel / Novembre 2010


Irène et Nate Stanley vivent paisiblement dans leur ferme de l'Illinois avec leurs deux enfants, Bliss et Shep, jusqu'au jour où Nate se voit offrir un poste de shérif adjoint à l'autre bout du pays. Malgré les réticences d'Irène, qui ne veut pas s'éloigner de sa famille, le couple part s'installer dans l'Oregon. Peu de temps après, Shep, leur fils de quinze ans, est assassiné chez eux au cours d'une apparente tentative de cambriolage. Le jeune meurtrier, Daniel Robbins, qui possède déjà un lourd passé de délinquant, est condamné à mort. L'équilibre de la famille se rompt suite à cette tragédie, que chacun essaie de surmonter à sa manière. Nate se terre dans le silence; Irène, rongée par la haine, sombre dans l'alcool et la dépression; Bliss, leur fille, se retrouve livrée à elle-même. Irène se raccroche d'abord à l'idée que l'exécution du meurtrier de son fils la délivrera de sa douleur. Mais, plus le temps passe, plus Irène prend conscience que la mort de Robbins ne pourra diminuer sa peine. Elle décide alors, à l'insu de son mari, d'écrire à celui qui a tué son fils pour lui offrir son pardon. C'est le début d'une correspondance qui durera huit ans. Des années plus tard, l'annonce de l'exécution de Daniel Robbins consterne Irène. Nate, révulsé par la réaction de sa femme, décide alors de lui livrer le secret de la mort de Shep.


- L'énigme du paravent des enfers
de I. J. Parker
Éditions Belfond / Novembre 2010


Après un exil tumultueux comme gouverneur de la lointaine province d'Echigo, Sugawara Akitada est autorisé à rentrer à la capitale, au chevet de sa mère. En chemin, un orage le force à se réfugier dans un temple bouddhique, ou s'est abritée une troupe de théâtre. Cette nuit-là, la vision d'un paravent dépeignant les horreurs de l'enfer et un cri déchirant viennent troubler son sommeil. De retour chez lui, alors qu'il doit affronter le mépris de sa mère et innocenter son beau-frère accusé de vol, Akitada apprend avec stupeur que la jeune et belle épouse d'un marchand d'art a été assassinée au temple, cette fameuse nuit. Antiquaires vieillissants, prostituées défigurées, peintres macabres, Akitada se retrouve bientôt pris au piège d'un nœud de trahisons et de crimes qui pourraient impliquer sa propre famille.


- L'étrangère
de Sándor Márai
Éditions Albin Michel / Novembre 2010


Par un jour d'été torride, un homme arrive dans un hôtel d'une petite station balnéaire de la côte dalmate. Il cherche à guérir d'une dépression, et fuit à la fois sa maîtresse qu'il vient de quitter, sa femme, sa fille, ses amis, son travail. Il fuit le questionnement qui le hante: que cherche-t-on, qui se dérobe constamment, derrière le désir, la passion, quel manque insondable aspire-t-on à combler à travers chaque acte de sa vie?Au terme de quatre jours fiévreux durant lesquels il revit les étapes de son adultère, occasion pour Sándor Márai de stigmatiser avec une ironie mordante les conventions sociales et d'analyser crûment les balancements d'un cœur masculin, il prend une décision soudaine et folle qui va faire basculer sa vie.


- L'étreinte du scorpion
de Merete Pryds Helle
Éditions Gaïa / Novembre 2010


Édith participe à des fouilles archéologiques en Jordanie, sur un site vieux de dix mille ans. Sous le soleil du désert, l'équipe exhume pierres et silex. Au moment où apparaît sous le sable un cercueil rempli d'os et de crânes, Édith est piquée par un scorpion. La fièvre la retient dans une chambre d'hôtel. Pour repousser l'angoisse, Édith travaille sur sa thèse dans un état second. Une thèse sur le village de Shkârat Msaied, et le clan qui y habitait. Pour la première fois, l'homme, au lieu de s'adapter à la nature, entreprit de la dompter. Pour incarner cette révolution, Édith s'imagine une homonyme de l'âge de pierre. Et nourrit ses rêves de son amour ardent pour Taïko, qui tarde à la rejoindre.


- L'homme que vous aimerez haïr
de Joséphine Dedet
Éditions Belfond /Novembre 2010


Hollywood, 1928. Le tournage du Bourbier réunit Von, Gloria et Jo. Alors que Von, le réalisateur, s'englue dans son scénario et prend un plaisir pervers à épier Gloria, un étrange corbeau amène le cinéaste à dévoiler les mensonges que depuis vingt ans il a tissés sur ses origines modestes et sa judéité. Le beau portrait de Von en aristocrate du défunt empire austro-hongrois pourrait bien se fissurer. Mais l'homme maîtrise son verbe avec autant de virtuosité que son image, et il n'est pas certain qu'en fin de compte se dévoile qui l'on croyait. Librement inspiré de la rencontre entre Erich Von Stroheim, Gloria Swanson et Joseph Kennedy, L'homme que vous aimerez haïr est une fantaisie cinglante portée par une écriture tirée au cordeau. Entre fiction et réalité, mystification et voyeurisme, l'invention d'un cinéaste de génie.


- L'imprévue
de Alain Elkann
Éditions Flammarion / Novembre 2010


Loin de l'agitation du monde, un vieil homme, Mario, vit retiré dans la villa que sa femme Ada a laissée en héritage à sa famille. Sa maîtresse et le fidèle majordome égyptien Kemal sont la seule compagnie de sa vie solitaire et routinière, peuplée par les fantômes du passé, comme Elena, la sœur d'Ada, disparue pendant la Seconde Guerre Mondiale. Arrive Vanni, ancien compagnon d'armes, qui vient chercher auprès de Mario un dernier refuge, une complicité dans l'attente de sa fin proche. Mais peut-être cette apparition n'est-elle pas le fruit du hasard? Dans un enchaînement de malentendus, d'accusations et de questions sans réponse, Alain Elkann développe une trame romanesque faite de personnages aux passions extrêmes, éternellement confrontés à leur destin.


- L'orpheline des neiges
de Marie-Bernadette Dupuy
Éditions Calmann Lévy / Novembre 2010


Janvier 1916. Dans le village de Val-Jalbert sur les bords du lac Saint-Jean au cœur de la forêt québécoise, la stupéfaction est à son comble, Une religieuse a découvert un bébé abandonné dans un ballot de fourrures sur le perron enneigé du couvent-école. D'où vient ce poupon aux yeux si bleus, qui porte le nom de Marie-Hermine, comme en témoigne une courte lettre cachée dans ses vêtements? L'enfant sera élevée et instruite par les sœurs du Bon-Conseil et souvent confiée à une jeune mère des environs, Elisabeth Marois, désespérée de ne pas avoir de fille. Dotée d'une voix exceptionnelle, au fil des années, l'orpheline gagnera le surnom de "rossignol des neiges".


- La calèche
de Jean Diwo
Éditions Flammarion / Novembre 2010


"Figure-toi que j'ai lu dans un journal français que le nombre croissant des voitures cause des encombrements permanents à Paris, que les cabriolets, les calèches, les cavaliers et les chevaux de volée se bousculent sur les Champs-Élysées comme au Bois de Boulogne, et qu'il n'y a pas assez de selliers pour satisfaire les besoins de tant d'équipages. Eh bien, moi, je leur en ferai, des selles. Magnifiques, en cuir fauve, lissées comme un miroir, cousues à la façon du maître Hermès, foi de Thierry". Le nouveau roman de Jean Diwo, qui raconte avec souffle et passion la saga de la famille Hermès, est bien plus que l'histoire du jeune Thierry, talentueux sellier monté à Paris au début du XIXe siècle pour fonder la célèbre marque, symbole du luxe à la française. C'est le grand roman d'une dynastie du savoir-faire qui traverse les tourments et les progrès d'une époque où tout s'accélère, tout en gardant à l'esprit son rêve d'excellence. Des campagnes de Napoléon jusqu'à l'aube du XXe siècle, en passant par les Trois Glorieuses et la Commune, c'est le cœurs d'une famille de chair et de cuir qui bat dans cette grande fresque romanesque.


- La confrérie des mutilés
de Brian Evenson
Éditions 10-18 / Novembre 2010


Après avoir perdu une main lors d'un règlement de comptes, Kline, un détective privé, se voit confier une enquête au sein d'une société secrète composée de mutilés volontaires, ou un meurtre a été commis. Mais pour cela, Kline doit gagner la confiance des membres de cette étrange secte. Or, cette confiance se paie cher: pour accéder à certains niveaux de la hiérarchie, il convient d'être à chaque fois davantage amputé. Jusqu'où Kline sera-t-il prêt à aller pour découvrir l'insoutenable vérité? Les voies de la confrérie sont-elles impénétrables?


- La Fée Morgane
de Jean Markale
Éditions Flammarion / Novembre 2010


Cette reconstitution chronologique du mythe du Graal, dans le langage d'aujourd'hui, est une nouvelle version complète et lumineuse de l'ensemble des romans de la Table Ronde. Jean Markale, grand spécialiste des légendes médiévales, propose ainsi l'essence des textes originaux, souvent perçus de façon fragmentaire et confuse. Il révèle aussi avec éclat la dimension originelle et immuable d'un mythe qui demeure, pour les hommes en quête de sagesse et d'un monde meilleur, un message d'espérance et de sérénité. La Naissance du Roi Arthur. Les origines de la légende: la mystérieuse figure de Merlin, tour à tour inspiré par Dieu et par le diable, "deus ex machina" de tous les événements qui vont se dérouler sur les terres anciennes d'Angleterre et de Bretagne, mais aussi sur l'énigmatique et brumeuse île d'Avalon. Les Chevaliers de la Table Ronde. L'ascension et la prise du pouvoir du roi Arthur, protégé par Merlin l'enchanteur: seul, le roi réussit à soulever l'épée Excalibur, gage et symbole de la souveraineté. Il rassemble autour de lui les "chevaliers-servants" pour assurer l'équilibre d'un monde nouveau. Ainsi naît la Table Ronde. Lancelot du Lac. Fils de roi, Lancelot du Lac est soustrait à sa mère dans son enfance et élevé par la Dame du Lac dans un palais de cristal, au fond des eaux. Une fois adulte, il devient le héros d'une série d'épreuves héroïques, déjouant les pièges et les embûches de monstres et de démons. Il apparaît bientôt comme le champion des forces bienfaisantes, triomphant du Mal, et parvient à la cour du roi Arthur où il surpasse tous les chevaliers. La reine Guenièvre lui révèle l'Amour. La Fée Morgane. Lancelot du Lac a gagné l'amour de la reine Guenièvre. Mais cet adultère l'empêche de devenir le roi du Graal. C'est à son fils Galaad qu'il reviendra d'accomplir son destin. Pendant ce temps, tapie dans la forêt de Brocéliande, la fée Morgane, sensuelle et ambiguë, énigmatique et provocatrice, trouble les cœurs, pervertit les âmes ou les sauve. Elle est la déesse, l'ordonnatrice suprême, la femme éternelle: amante, mère et fille. C'est l'une des images mythologiques féminines les plus rayonnantes que l'imaginaire a créées.


- La maison de mes pères
de Jørn Riel
Éditions Gaïa / Novembre 2010


L'enfance, l'adolescence et les premiers émois d'Agojaraq, entouré de sa nourrice et de ses cinq pères possibles, dans le Grand Nord Canadien. Il y a Louis, le cuisinier français; le père Brian, escroc devant l'éternel; Ivitaq le vieux chaman un peu dépassé par l'évolution des mentalités. Toute la tendresse du monde, tout l'humour de Jørn Riel.


- La marque de Windfield
de Ken Follett
Éditions Robert Laffont / Novembre 2010


1866. Un jeune élève du collège de Windfield, non loin de Londres, se noie lors d'une escapade qui tourne au drame. Plusieurs garçons sont témoins. Parmi eux, Micky Miranda, fils d'un grand propriétaire terrien d'Amérique du Sud, Edward Pilaster, l’héritier de la fortune des Pilaster, une richissime dynastie de banquiers, et Hugh Pilaster, un cousin pauvre d'Edward, rejeté par la famille depuis que son père, victime d'un krach bancaire, s'est pendu. Ce tragique accident, mais s'agit-il d'un accident? Et les secrets qui l'entourent vont marquer à jamais ces trois garçons. Leurs destins ne cesseront dès lors de s'entrecroiser au fil des rivalités amoureuses et des luttes impitoyables pour s'assurer le contrôle de la banque. Des bureaux lambrissés d'acajou des grands temples de la finance aux bas-fonds londoniens ou les gentlemen s'encanaillent dans le jeu et la débauche, tous seront tour à tour les instigateurs et les victimes d'un drame dont les péripéties se dérouleront inexorablement au long des années.


- La mauvaise habitude d'être soi
de Martin Page et Quentin Faucompré
Éditions de l'Olivier / Novembre 2010


Un homme, fatigué d'être lui-même, décide de disparaître un temps pour expérimenter le plaisir de n'être plus personne; un autre, au hasard d'une analyse de sang, voit sa vie basculer car on a découvert qu'il n'était pas un véritable homo sapiens mais un spécimen en voie de disparition; un dernier déménage pour s'installer à l'intérieur de lui-même, en toute intimité.


- La route du sel
de Jane Johnson
Éditions Presses De La Cité / Novembre 2010


Depuis l'enfance, Isabelle ne s'est jamais vraiment sentie à sa place. Peut-être est-ce pour cela qu'elle a choisi de mener une vie bien réglée, sans danger ni surprise. Mais la mort de son père bouleverse ce fragile équilibre. Archéologue dont elle était sans nouvelles depuis trente ans, l'homme lui laisse un curieux héritage: une lettre l'invitant à reconstituer son passé, accompagnée d'une boîte dans laquelle se trouvent, dit-il, les "jalons de sa vie". Ces jalons sont en fait des objets qui ont tous un lien avec le Maroc. Isabelle décide de se rendre dans ce pays, afin d'en apprendre davantage sur elle-même. Là-bas, au cœurs du désert, la jeune femme démêlera les fils de son histoire, profondément liée à celle de Mariata, une Touareg au destin tragique.


- La servante de Monsieur VIncent
de Martine Marie Muller
Éditions Robert Laffont / Novembre 2010


Hiver terrible et cruel que celui de 1684 pour Mlle Aude de Granville. À Dieppe, sa ville natale, le port est pris dans un étau de glace, réduisant les pêcheurs à l'inactivité et leur famille à la misère. Hommes, femmes, enfants, le froid et la faim font chaque jour de nouvelles victimes. Et puis à la fin de l'hiver, alors que la neige consent enfin à rendre à sa Normandie une vie normale, l'impensable se produit: Noël de Miromesnil, le jeune homme auquel Aude était promise, se pend "comme un manant". "Cette mort est un signe. Le mariage n'est pas fait pour moi. Dieu a prévu autre chose. Mais c'est à moi de le découvrir". La congrégation des Sœurs de la Charité, fondée par saint Vincent de Paul et qui vient en aide aux plus pauvres, montre à la jeune femme le chemin à suivre. À Dieppe d'abord, puis au milieu du tumulte de la capitale, celle-ci fait le choix de se consacrer entièrement aux plus déshérités, dont le malheur la bouleverse. "Ma vie, personne ne me l'enlève, je m'en dessaisis de moi-même".


- Le bureau des objets trouvés
de Siegfried Lenz
Éditions Robert Laffont / Novembre 2010


Un jour, Henry rapporte sa sacoche à Fédor Lagutin. Mathématicien de haut niveau originaire de l'Oural, Fédor est invité à un colloque par l'université. Henry est charmé par l'allemand désuet de Fédor qui, de son côté, se laisse volontiers entraîner par l'affection débonnaire d'Henry. Cette amitié est la première intrusion de la réalité dans l'univers d'Henry. Fédor est issu d'une population de paisibles nomades, respectueux des autres et d'une scrupuleuse politesse. Quant aux mathématiques, elles ont érigé entre le quotidien et lui une barrière d'aimables relations intellectuelles. Comment pourrait-il comprendre ces motards qui le battent et l'insultent parce qu'il est russe? Comment serait-il armé face aux propos racistes de ses voisins? Fédor fuit l'Allemagne, laissant Henry en colère. Au travail, des fissures se forment dans la bulle imaginaire d'Henry: Paula, sa collègue, souffre d'aimer un mari qui la délaisse; Albert, vieux garçon dévoué à son père, est menacé de chômage. Et Barbara, cette sœur qu'il a toujours considérée comme un pilier, est déchirée par la fuite de Fédor. Peu à peu Henry pressent que chaque être abrite une oasis. À l'image de ces propriétaires chérissant des objets anodins pour eux irremplaçables, Paula, Barbara, Fédor, Albert s'acharnent à maintenir l'espérance, la fidélité et l'amitié. Gardien des objets, Henry acceptera-t-il de comprendre qu'il peut, qu'il doit-être l'un de ces gardiens anonymes de la meilleure part de l'homme?


- Le dernier bateau
de Siegfried Lenz
Éditions Robert Laffont / Novembre 2010


Arne, douze ans, a perdu ses parents et ses sœurs. Il est recueilli par un ami de son père, responsable d'un chantier de démolition navale dans le port de Hambourg ou l'on découpe les bateaux mis au rebut, et ou le moindre élément encore utilisable semble avoir sa propre histoire, qui parle d'océan et de pays étrangers. Il devient rapidement l'ami de Hans, le fils aîné de la famille. À l'école, ses dons exceptionnels lui permettent d'éclipser largement ses camarades, mais il reste un être en marge. Son plus cher désir est de se faire accepter par une bande d'adolescents du port. Plus il essaie de gagner leurs bonnes grâces cependant, plus ils l'excluent. Désespéré, Arne s'éloigne sur l'Elbe dans une barque. Hans retrouvera l'embarcation vide, accrochée à une bouée au milieu du fleuve. C'est une triste mission qui l'attend alors. Fragment par fragment, il met en caisse les affaires d'Arne: sa grammaire finnoise, la planche aux nœuds marins, tout ce que le jeune garçon a récupéré sur des bateaux démolis. Et à chaque objet, ce sont d'autres souvenirs de son ami disparu qui remontent à sa mémoire et qu'il raconte.


- Le pays de la liberté
de Ken Follett
Éditions Robert Laffont / Novembre 2010


Depuis sa plus tendre enfance, Mack McAsh passe ses heures de veille au fond du puits de la mine de charbon des Jamisson, en Écosse. Alors que le jeune homme brûle du désir de s'évader de cet enfer sur terre, il trouve un appui inespéré en la personne de Lizzie Hallim, une jeune aristocrate aussi belle qu'impulsive, qui ne sait comment échapper au poids des traditions et du mariage de convention auquel elle a dû consentir. Dans la société anglaise étriquée du XVIIe siècle, l'un et l'autre n'ont de choix qu'entre la soumission ou la révolte. Animé par une soif de justice inaltérable, Mack entre en conflit avec son propriétaire, puis avec le gouvernement britannique et se voit condamner à la déportation en Amérique. Le destin remet alors Mack et Lizzie l'un en face de l'autre, sur une terre de liberté à la mesure de leur passion.


- Le voyage
de Ida Fink
Éditions Héloïse d'Ormesson / Novembre 2010


Automne 1942, la Pologne est sous le joug nazi. Katarzyna et Elzbieta, jeunes Juives polonaises, réussissent à fuir le ghetto pour échapper à la déportation. Un long périple les mène chez l'ennemi même, en Allemagne, où elles s'inscrivent pour le travail volontaire. Comme le dit leur père, "plus les projets sont fous, plus ils réussissent". Mais le subterfuge, utilisé par de nombreux Juifs, est déjà connu de la Gestapo. Contraintes d'errer d'usines en fermes, de changer de noms et de rôles, les deux sœurs vivent dans la peur d'être démasquées et l'espoir de retrouver leur père et leur pays.


- Les larmes de diamant
de Deborah Crombie
Éditions Albin Michel / Novembre 2010


En 1939, les Rosenthal ont quitté l'Allemagne nazie pour se réfugier en Angleterre. C'est tout ce que sait l'inspectrice Gemma James du passé de son amie Erika. Mais aujourd'hui, la vieille dame a besoin de son aide. Une broche en diamants réalisée par son père, célèbre joaillier art déco, volée durant leur fuite, figure au catalogue d'une prestigieuse vente aux enchères londonienne. Qui la détenait durant toutes ces années? David, le mari d'Erika, a-t-il été assassiné? Autant de questions auxquelles les milieux feutrés de la haute société londonienne aimeraient ne pas avoir à répondre. Le secret de la broche semble mettre en danger tous ceux qui l'approchent: premier d'une série, le meurtre de l'adjointe du commissaire-priseur vient semer le trouble. Chargé de l'affaire, le commissaire à Scotland Yard Duncan Kincaid, compagnon de Gemma, se lance dans une enquête dont les répercussions pourraient bien s'avérer redoutables.


- Maman.
de Isabelle Alonso
Éditions Héloïse d'Ormesson / Novembre 2010


"Maman n'est jamais morte jusqu'à présent, ce n'est pas aujourd'hui qu'elle va commencer".
"Ce matin, j'ai tapé "maman est morte" sur Google. En un dixième de seconde, le moteur de recherche affiche un million trois cent mille réponses". La mort, on se l'imagine comme dans les films: tirs de mitraillettes, cow-boy fauché par une flèche, et un mot d'esprit qui s'échappe au moment du dernier soupir. Mais en fait la mort d'une mère, c'est insidieux et ça vous prend par surprise. Malgré les signes avant-coureurs, en dépit des diagnostics médicaux, on refuse l'inéluctable. Entre fêtes et larmes, malheur et douceur, Isabelle Alonso ose parler de la perte la plus Intime qui soit: celle de sa mère. Elle ne s'épargne rien et, par le rire, tord le cou au larmoyant, pour en être que plus poignante.


- Merci pour les souvenirs
de Cecelia Ahern
Éditions Flammarion / Novembre 2010


Après un accident qui a bouleversé sa vie et détruit son mariage, Joyce Conway ne doit la vie qu'à une transfusion sanguine. Mais des phénomènes étranges commencent à se produire. Elle se souvient de choses qu'elle n'a pas vécues. Elle peut parler des heures durant des rues pavées et sinueuses de Paris, ville qu'elle n'a jamais visitée, ou disserter sur l'architecture baroque. Et, toutes les nuits, elle rêve d'une petite fille aux cheveux blonds. Dès lors, Joyce n'aura plus qu'un but: découvrir à tout prix qui lui a donné son sang, dans l'espoir de comprendre ce qui lui arrive. Et retrouver le charmant Américain dont elle a fait la connaissance le jour de sa sortie de l'hôpital. Un roman plein d'esprit, profondément humain, qui vous fera rire, pleurer et réfléchir sur ce qui fait la beauté de la vie.


- No et moi
de Delphine de Vigan
Éditions JC Lattès / Novembre 2010


Lou Bertignac a 13 ans, un QI de 160 et des questions plein la tête. Les yeux grand ouverts, elle observe les gens, collectionne les mots, se livre à des expériences domestiques et dévore les encyclopédies. Enfant unique d'une famille en déséquilibre, entre une mère brisée et un père champion de la bonne humeur feinte, dans l'obscurité d'un appartement dont les rideaux restent tirés, Lou invente des théories pour apprivoiser le monde. À la gare d'Austerlitz, elle rencontre No, une jeune fille SDF à peine plus âgée qu'elle. No, son visage fatigué, ses vêtements sales, son silence. No, privée d'amour, rebelle, sauvage. No dont l'errance et la solitude questionnent le monde. Des hommes et des femmes dorment dans la rue, font la queue pour un repas chaud, marchent pour ne pas mourir de froid. "Les choses sont ce qu'elles sont". Voilà ce dont il faudrait se contenter pour expliquer la violence qui nous entoure. Ce qu'il faudrait admettre. Mais Lou voudrait que les choses soient autrement. Que la terre change de sens, que la réalité ressemble aux affiches du métro, que chacun trouve sa place. Alors elle décide de sauver No, de lui donner un toit, une famille, se lance dans une expérience de grande envergure menée contre le destin. Envers et contre tous. Roman d'apprentissage, No et moi est un rêve d'adolescence soumis à l'épreuve du réel. Un regard d'enfant précoce, naïf et lucide, posé sur la misère du monde. Un regard de petite fille grandie trop vite, sombre et fantaisiste. Un regard sur ce qui nous porte et ce qui nous manque, à jamais.


- Parce qu'on est d'ici
de Vicenç Villatoro
Éditions Robert Laffont / Novembre 2010


"Pourquoi t'es revenu?" demande Albert, quinze ans, à Jaume, son père parti quatre ans auparavant comme correspondant à Buenos Aires, quittant sa femme Rosa et ses deux enfants, Glòria et Albert. De retour chez lui pour revoir son propre père, qui est en train de mourir, Jaume cherche à renouer le fil d'une relation totalement distendue avec son fils et l'invite à assister à la finale de la Ligue des champions entre le Barça et Arsenal, qui se joue à Paris [en mai 2006]. Le livre est le roman de ce voyage du père et du fils à Paris, le roman d'une histoire familiale brusquement interrompue quatre ans plus tôt, la somme d'histoires individuelles qui se révèlent à l'occasion de cet événement considérable pour tout Catalan qui se respecte: la victoire du Barça en Ligue des champions. Pendant deux jours et trois nuits, un homme dont le père est en train de mourir va tenter de devenir véritablement le père de son fils.


- Portraits de femmes
de Jean Dutourd
Éditions Flammarion / Novembre 2010


Fervent admirateur de Zola, Remi Chapotot est un romancier médiocre qui jouit malgré tout d'une notoriété certaine. Jacky Lataste, provinciale rêvant de gloire et de lauriers, le repère comme un parti très prometteur; elle décide de prendre en main sa carrière et obtient finalement son élection à l'Académie française. Fort de sa réussite sociale, Chapotot se révèle bien malgré lui l'objet de toutes les convoitises féminines: de Mme Petitdider, sa secrétaire qui lui voue une adoration sans bornes, à Jacky, la provinciale qui rêve de devenir sa maîtresse, en passant par Mme de la Bigne, vieille aristocrate tenant salon comme au XIXe siècle, il déchaîne les passions. Dressant avec humour et subtilité un portrait de l'écrivain dans son milieu, Jean Dutourd brosse un tableau réjouissant du petit monde des lettres et de la critique qui sévit dans la deuxième moitié du XXe siècle. Jouant sur les codes du roman proustien ou flaubertien, il égratigne l'arrivisme de la bonne société parisienne, et nous donne à lire l'un de ses plus délicieux romans.


- Pour l'amour du chocolat
de José Carlos Carmona
Éditions Grasset / Novembre 2010


Lausanne, 1922, Adrian Troadec, jeune homme grand et gauche, sillonne la ville pour vendre du lait. C'est ainsi qu'il assiste un jour à un concert d'étudiants et tombe fou amoureux d'Alma, une violoncelliste. Il ne lui parle pas, ne connaît pas son prénom mais elle bouleverse sa vie. Il décide de la suivre, de concerts en concerts, et cherche à s'élever pour elle. Rien n'arrête Adrian, il tente le violoncelle, échoue, se met aux échecs, devient champion national suisse mais rien n'y fait, Alma l'ignore. Au cours d'une partie mal engagée, il se voit offrir un carré de chocolat et sa vie bascule pour la deuxième fois, voilà la solution pour conquérir Alma. La douceur du chocolat, Adrian a trouvé sa voie. 1927, il ouvre un magasin de chocolat, et c'est le début d'un empire. Le lait, le violoncelle et les échecs ont laissé Alma indifférente jusqu'à présent, mais le chocolat semble une réussite, elle se rapproche d'Adrian qu'elle voit comme un ami. Car elle est tombée amoureuse d'un soldat américain et décide de le suivre aux États-Unis. Ce roman traverse le XX° siècle et ses événements les plus marquants. Il suit ainsi plusieurs générations, d'Adrien Troadec, le fondateur, à son petit-neveu, Guiliano, abattu par les carabinieri lors d'une manifestation altermondialiste en Italie.


- Roman sans titre
de Duong Thu Huong
Éditions Sabine Wespieser / Novembre 2010


Premier des romans de Duong Thu Huong à avoir été interdit de publication au Viêtnam, il met en scène la dérive hallucinée d'un combattant au cœur de la guerre contre les Américains. Quân, capitaine d'une unité de combat, est envoyé dans la lointaine zone K par Luong, son supérieur, pour retrouver Biên, en passe de sombrer dans la folie. Les trois hommes sont amis depuis l'enfance; originaires du même village, ils se sont enrôlés le même jour, transportés par leur exaltation patriotique et guerrière. En traversant la jungle et les vallées sinistrées par les bombardements, Quân prend la mesure du fossé qui s'est creusé entre eux. Au fil de son angoissant périple, alors qu'affluent les images de sa vie heureuse et à jamais disparue de jeune homme pressé de défendre son idéal, Quân découvre également l'ampleur des destructions subies par son pays. Le rêve d'un nouveau Viêtnam s'est perdu dans des slogans qui résonnent de manière de plus en plus absurde à ses oreilles. Plongeant au cœur des ténèbres avec une force lumineuse, Duong Thu Huong dénonce, dans ce roman qui tient une place centrale dans son œuvre, la vanité de la guerre et le cynisme de ses instigateurs.


- Scoop
de Evelyn Waugh
Éditions Robert Laffont / Novembre 2010


William Boot, chroniqueur pour la rubrique "Faune et flore" d'un journal britannique, est un jeune homme avide de culture, menant une vie modeste, loin du tumulte londonien. Mais le jour ou le rédacteur en chef du Daily Beast le confond avec un romancier de renom et l'envoie de force à l'étranger en tant qu'envoyé spécial, tout bascule. William est dépêché en Ismaël, un État fictif d'Afrique orientale, ou une guerre civile serait sur le point d'éclater. Mais à Jacksonburg, la capitale, nulle trace de révolte, ni même d'opposition: seulement une nuée de journalistes étrangers venus guetter les soubresauts inexistants de l'actualité ismaëlienne. Chacun s'acquitte pourtant de sa tâche: couvrir à tout prix l'événement, généraliser, extrapoler, copier les autres, inventer pour tenir tête à la concurrence tout en télégraphiant les nouvelles que tous les magnats de la presse ont déjà prévues. Et malgré sa totale incompétence, c'est William Boot qui, accidentellement, décrochera le scoop tant attendu.


- Secrètes et menteuses
de Kate Kingsley
Éditions Calmann Lévy / Novembre 2010


Il y a de l'amour dans l'air au lycée Sainte-Cécilia. Alice Rochester a un nouveau copain, ce qui fait enrager son ex, Tristan. Les cours particuliers du craquant M. Logan enchantent Tally Abbott tandis que Jasper drague Dylan Taylor, la nouvelle. Mais mettre le grappin sur l'objet convoité n'est pas toujours facile, même lorsque l'on a tout ce qu'il faut pour. Les tensions montent au sein de la bande. Le prétendant d'Alice n'est peut-être pas aussi parfait qu'il en a l'air. Peut-être n'a-t-elle tout simplement pas encore tourné la page. Quant à Tally, le flirt avec son prof pourrait bien avoir des conséquences qu'elle n'avait pas imaginées.


- Sommeil
de Kat Menschik et Haruki Murakami
Éditions Belfond / Novembre 2010


Une femme, la trentaine. Elle est mariée, a un enfant. Le matin, elle fait les courses et prépare les repas. L'après-midi, elle va nager à la piscine. Elle vit sa vie comme un robot. Mais la nuit, quand tout le monde dort, la femme se verse un verre de cognac, mange un peu de chocolat, lit et relit Anna Karénine. La nuit, cette femme redécouvre le plaisir. Dix-sept nuits sans sommeil.


- Stiletto blues à Hollywood
de Lauren Weisberger
Éditions Fleuve Noir / Novembre 2010


La musique adoucit-elle les mœurs? À Hollywood, rien n'est moins sûr. Brooke et Julian filent le parfait amour depuis neuf ans. Il est auteur-compositeur-interprète et a une voix en or. Seulement, de la scène underground aux sommets des hit-parades la route est longue. Un jour pourtant, c'est la consécration. Sony accepte de financer son album. Le premier showcase est un succès, et les propositions de concerts affluent de toutes parts. Les dates s'enchaînent et les médias, eux, se déchaînent. La vie privée de leur couple se retrouve étalée dans les tabloïds, les rumeurs les plus folles courent à leur sujet, et face aux créatures de rêve qui peuplent les palaces ou évolue désormais sa rock star de mari, la jolie rouquine commence à perdre confiance. Entre l'éloignement, les horaires de dingues, les paparazzis et les groupies, la mélodie du bonheur vire à la cacophonie. Et puis arrivent les photos de trop. Qui dit conte de fées, ne dit pas forcément happy end, Brooke.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 12:35

- Traité culinaire à l'usage des femmes tristes
de Hector Abad Faciolince
Éditions JC Lattès / Novembre 2010


"Saine coutume est de jeûner aux jours du malheur. Pourtant, ma longue pratique des fruits et légumes, herbes et racines, muscles et viscères d'animaux sauvages ou domestiques, m'a parfois montré la voie du réconfort. Il s'agit de préparations simples, qui présentent un moindre risque. Certes, accueille-les avec prudence, les meilleurs remèdes peuvent être des poisons pour certaines d'entre vous. Toutefois, n'hésite pas à les goûter, à en tâter. Je te déconseille de caresser, en toute passivité, ton malheur. La tristesse constipe. Recherche la purgation des larmes, ne dédaigne pas la transpiration. Après le jeûne, tourne-toi vers mes recettes. Ma façon est équivoque. Il m'a semblé que mon art n'était pas très respectueux des préceptes. Défie-toi de moi, ne cuisine pas mes potions, si tantôt t'effleure un soupçon. Mais lis cette illusoire ébauche de sorcellerie. Le sortilège, s'il opère, ne le doit qu'au bruit qu'il aura fait, ce qui soigne, c'est le souffle exhalé par les mots". De la mélisse pour faire revenir un être aimé, ou l'oublier tout à fait , un chou-fleur en brumes pour déguster la tristesse, de l'urine et du basilic pour retrouver sa jeunesse , une longe de veau au poivre pour délier la langue d'un taiseux, des spaghettis al dente, ail, huile, piment, un verre de vin rouge et deux livres de poésie pour guérir l'indigestion de mots, telles sont les recettes livrées par Héctor Abad, recettes de vie, d'amour, de passion, de jalousie et surtout une grande leçon de littérature.


- Tueurs
de Stéphane Bourgoin
Éditions Grasset / Novembre 2010


Le portrait de quinze meurtrières et tueurs en série méconnus et oubliés de l'histoire criminelle, depuis la Belle Époque jusqu'à nos jours. Quatre affaires sont américaines, cinq sont françaises et les six dernières portent sur des femmes multirécidivistes. Les cas, "Torso", un tueur dépeceur de SDF à Cleveland, traqué en vain par Eliot Ness des "Incorruptibles". Cette affaire est le nouveau projet du cinéaste David Fincher, l'auteur de "Seven" et de "Zodiac", "Belle le Boucher", une veuve noire aux cinquante victimes qui fabrique des saucisses de chair humaine, "La Tigresse de velours" et sa malle sanglante, un couple de "routards du crime" qui écument les autoroutes pour torturer de jeunes auto-stoppeuses, l'ogre du Montana qui rêve de "Tourte au petit garçon" et de "Barbecue de gamin", Priscilla Ford qui entend la voix de Dieu lui commandant d'écraser un maximum de passants dans les rues de Las Vegas, ou encore les confessions hallucinantes d'Antoine Léger, un pédophile français, à la fois vampire et cannibale.


- Un cœur insoumis
de Sarah Dunant
Éditions Belfond / Novembre 2010


À Ferrare, au couvent de Santa Catarina, nombreuses sont les jeunes filles nobles mariées au Christ à défaut de dot. Tel est le sort de Serafina, seize ans à peine, enfermée de force par sa famille suite à sa liaison avec un simple chanteur. Insoumise, Serafina se heurte bientôt à l'ordre établi par l'abbesse Chiara et à la piété exacerbée de sœur Umiliana, prête à affamer le corps des novices pour libérer leur esprit. Isolée parmi les nonnes cloîtrées en proie à d'étranges extases mystiques, la jeune rebelle peut compter sur la bienveillance de Zuana, une nonne érudite, qui soigne tous les maux du couvent, y compris les blessures que les sœurs s'infligent à elles-mêmes. Mais jusqu'où est-elle prête à l'aider? Tandis que les forces de la Contre-Réforme grondent au-dehors pour durcir les règles en vigueur dans les couvents, Serafina va tout tenter pour s'enfuir. Le début de guerres intestines qui vont bouleverser la vie des sœurs à jamais.


- Une partie du tout
de Steve Toltz
Éditions 10-18 / Novembre 2010


Toute sa vie, Jasper Dean a hésité entre détester, plaindre, adorer et tuer Martin, son père. Maintenant que Martin est mort, Jasper peut revenir sur le cas de ce philosophe autodidacte, génie méconnu et féroce misanthrope, qui l'a élevé en reclus, sous haute surveillance intellectuelle. De dépressions passagères en illuminations foudroyantes, de clubs de strip-tease en paquebots clandestins, père et fils vont se retrouver embarqués dans une aventure qui les dépasse. Mais face aux coups du sort, c'est en Jasper que Martin trouvera le meilleur compagnon d'infortune de ses vains efforts pour laisser son sillon dans ce monde qu'il méprise.


- Alfred de Musset
de Gonzague Saint Bris
Éditions Grasset / Octobre 2010


"Deux cents ans après sa naissance et un siècle et demi après sa disparition, Alfred de Musset demeure une énigme. Car si son œuvre poétique est célèbre, sa vie reste reste une inconnue. Enfant terrible et précoce, prince du paradoxe perpétuellement déchiré entre angélisme et débauche, entre fêtes et larmes, il est l'incarnation par sa jeunesse, sa beauté et son immense talent, du romantisme le plus absolu. Pourtant, cet écrivain génial demeure, malgré le succès, un incompris magnifique et fragile. "Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse": Musset boira jusqu'à la lie les poisons de la vie. Victime d'hallucinations névrotiques, il est ce dépravé qui s'abîme dans l'alcool et la drogue. Ses amours toujours recommencées le renvoient à son inguérissable solitude et au lent dégoût de lui-même. Préfigurant l'image du poète maudit, âme insaisissable, il refusa de faire carrière et de fonder une famille, ne vécut au fond que pour son œuvre. Il y trouva non seulement une manière d'exister, mais encore d'exprimer son intimité douloureuse. C'est ce qui lui donne sans doute, à l'heure de son bicentenaire, cet aspect inimitable et sa saisissante modernité".


- Amusez-vous
de Annie Lemoine
Éditions Flammarion / Octobre 2010


"Il écoutait, ponctuant mon récit de "Non", "Non", tous plus stupéfaits les uns que les autres. Puis, sans analyse préalable de ma situation, il me dit ces deux mots qui allaient changer la face de mon week-end: "Amusez-vous". Nous n'étions pas suffisamment intimes pour que je lui demande de me dévoiler ce que cachait ce conseil déconcertant mais, contre toute attente, la phrase sonnait juste à mes oreilles". Claire, presque quarante ans. Un divorce. Deux enfants. Une escapade au bord de la mer en solitaire qui prend une couleur imprévisible et bouleverse sa vie.


- Blues pour Elise
de Léonora Miano
Éditions Plon / Octobre 2010


Qu'est-ce qui fait courir les personnages de Blues pour Élise? C'est l'amour. Celui qu'on désespère de trouver, comme Akasha qui ne se remet pas d'une peine de cœur. Celui qu'on croit avoir perdu, comme Amahoro, dont le compagnon a pris ses distances. Celui qu'on n'attendait pas, comme Shale, follement éprise d'un homme peu avenant. Celui dont on doute soudain, comme Malaïka, paniquée à la veille de son mariage. À travers le parcours de ces quatre femmes et de leurs proches, Blues pour Élise dresse le portrait coloré, urbain et charnel de la France noire. Celle qui, loin des clichés misérabilistes, adopte le mode de vie bobo, se nourrit de graines germées, se déplace en Vélib', recourt au speed dating pour rompre la solitude. Roman de société, Blues pour Élise parle avant tout d'amour. Celui de soi, celui de l'autre.


- Brida
de Paulo Coelho
Éditions Flammarion / Octobre 2010


Brida, une jeune Irlandaise à la recherche de la Connaissance, s'intéresse depuis toujours aux différents aspects de la magie, mais elle aspire à quelque chose de plus. Sa quête l'amène à rencontrer des personnes d'une grande sagesse, qui lui font découvrir le monde spirituel: un mage habitant la forêt lui apprend à vaincre ses peurs et à croire en la bonté de l'univers; une magicienne lui explique comment danser au rythme du monde et invoquer la lune. Brida part alors à la rencontre de son destin. Parviendra-t-elle à réconcilier sa vie amoureuse et son désir de tout quitter pour devenir sorcière?


- Cette vie
de Karel Schoeman
Éditions 10-18 / Octobre 2010


Seule dans l'obscurité de sa chambre, une vieille femme se meurt et resonge à sa vie discrète, passée à écouter et observer les autres. Au crépuscule de son existence, elle lève enfin le voile sur les secrets inavoués de son clan et recompose un puzzle intime, pétri de rancœurs et de douleurs. Sur fond de paysage tissé par le vent, la poussière et le silence, c'est un monde fantôme qui se déploie sous ses yeux, celui des Afrikaners, austères et secrètement ardents, débarqués au début du XIXème siècle, sur les terres arides d'Afrique du Sud. Là "ou le pardon n'existe pas".


- Comment oublier une femme
de Dan Lungu
Éditions Jacqueline Chambon / Octobre 2010


"Je suis partie, un jour tu comprendras". Andi doit bientôt se rendre à l'évidence, Marga ne reviendra plus. En bon journaliste qu'il est, il se lance alors dans une investigation minutieuse de leur passé commun, traquant les indices cachés capables d'expliquer cette incompréhensible rupture. En quoi a-t-il failli? Qui d'elle ou de lui est coupable? Faut-il incriminer la nouvelle permissivité ou les effets délétères du passé? Avec l'humour qu'on lui connaît, Dan Lungu en profite pour faire le portrait au vitriol de cette frange de la société roumaine qui a si facilement succombé aux charmes du capitalisme. D'autant que, parallèlement à ses recherches privées, Andi continue son métier de journaliste, qui le conduit à enquêter sur les juteuses affaires des potentats locaux comme sur les pratiques intégristes d'une église néo-protestante. D'abord amusé par ces idéalistes qui, eux, n'ont pas changé, rebuté par des pratiques frôlant le ridicule, il finit par trouver un certain réconfort auprès de ces dévots d'un autre âge qui, contre vents et marées, croient en la fraternité. Il reste sceptique mais tout est bon à prendre quand il s'agit d'oublier une femme.


- Dans l'ombre de la ville
de James Conan
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2010


Chicago, octobre 1893. Alors que l'exposition universelle bat son plein, le cadavre d'une jeune femme est repêché dans le fleuve. Il s'agirait d'Anna Zemeckis, une New-Yorkaise de vingt et un ans installée depuis peu dans la région. Jeune journaliste pleine d'ambition, Emily Strauss convainc le magnat de la presse Joseph Pulitzer de l'envoyer enquêter sur l'affaire. Son but: montrer le vrai visage de Chicago, celui que le maire s'efforce de cacher afin de ne pas ternir l'image de la ville qui est au centre de toutes les attentions. Emily ne tarde pas à découvrir qu'Anna Zemeckis n'est pas morte, mais que, comme d'autres jeunes femmes, elle a été victime d'un réseau florissant de pornographie implanté dans la cité la plus moderne d'Amérique.


- Dolce Vita
de Simonetta Greggio
Éditions Stock / Octobre 2010


1959. Le film de Federico Fellini, la Dolce vita, fait scandale en Italie, dans un pays pudibond tenu par l'Église; il remporte la Palme d'or à Cannes en 1960. Son succès signe le début d'une ère pleine de promesses et de libertés qui rompt avec les années de pauvreté de l'après-guerre.
1969. Une bombe explose à Milan et fait seize morts. C'est un massacre, le premier d'une longue série, qui voit le pays durablement endeuillé par les actes de terrorisme.
2010. Le prince Malo se confie au prêtre Saverio. À quatre-vingts ans passés, il sait qu'il ne lui reste que peu de temps à vivre. Sa confession porte sur son existence dissolue, celle d'une aristocratie décadente, et les secrets hautement politiques qu'il a tus jusque-là. Il est l'un des derniers témoins des années les plus glamour et les plus sombres de l'Italie. Pourquoi et comment ce pays que nous avons tant aimé a-t-il basculé dans le rouge et le noir? Livre d'investigation construit comme un scénario de film avec flash-back et plans séquences, Dolce vita est le roman de l'Italie entre 1959 et 1979. Affaires de mœurs, scandales financiers, Brigades rouges, enlèvement et meurtre de Moro, mort du réalisateur et poète Pasolini, Cosa Nostra, Vatican. Toutes les grandes affaires qui ont traversé ce pays durant vingt ans sont évoquées ici. Les événements éclairés, les liens occultes mis au jour. Dans la trame du récit se détache peu à peu un fil de sang tissé entre Vatican, Loge maçonnique déviée P2 et Mafia, tandis que se dessine l'ombre d'une autre puissance, l'Amérique, à laquelle l'Italie doit sa libération et un nouveau, plus discret, asservissement. Dessinant le portrait fascinant d'un pays voisin infiniment romanesque, Dolce vita donne les clés de l'Italie d'aujourd'hui, celle d'un Berlusconi tragi-comique. Racontée par le dernier Guépard, son histoire a la saveur douce amère et le charme vénéneux d'une fin de règne qui n'en finit plus, car un pays qui ne fait pas les comptes avec son passé est un pays qui ne cesse de le payer.


- Do you love me ?
de Florence Giorgetti
Éditions Sabine Wespieser / Octobre 2010


"Do you love me?" Jane Bowles ne manquait jamais de poser cette question à ceux qu'elle rencontrait pour la première fois. Quand Florence Giorgetti veut convaincre Paul Bowles de la laisser interpréter "Sa maison d'été", l'unique pièce écrite par sa femme Jane, elle lui demande tout naturellement: "Do you love me?" Et bien sûr la question court au fil de ce récit personnel et vagabond évoquant la pratique du métier d'acteur. Où l'on suit les tribulations de la comédienne engagée dans un double projet: jouer le rôle principal de la pièce de Jane Bowles, qui la conduit à Tanger et à une rencontre fantasque et lumineuse avec Paul, et répéter dans une ville de province une pièce de Strindberg, Créanciers. Florence Giorgetti multiplie les anecdotes, épingle les détails du quotidien, livre des fragments de son journal, envoie des lettres: à un acteur, à son metteur en scène, à la costumière. Pour conjurer l'angoisse, elle dresse des listes: celle de ses phobies, celle des commissions avant la répétition, celle des recommandations utiles. Mais la comédienne sait trop bien que l'enjeu essentiel est de jouer à être ce qu'elle est. Écrit par une femme passionnée et amoureuse des textes, voici un livre qui puise dans leur fréquentation la plus belle énergie qui soit, celle de la création.


- Dracula en Dior
de Scarlett, Comtesse de Saint-Germain
Éditions Fleuve Noir / Octobre 2010


Vous… oui vous… qui êtes affublés d'une paire d'ailes et de crocs acérés, je ne vous apprends rien, les vampires sont ultra tendance en ce moment. C'est simple, nous sommes partout et les humains nous i-do-lâ-trent. Seulement, si je puis me permettre, il y a vraiment des progrès à faire niveau look. Croyez-moi, il ne faut pas plaisanter avec ça, c'est la clé du succès. Un vampire bien habillé est un vampire qui inspire confiance aux humains et donc un vampire bien nourri. Alors fini les tenues has been, exit les capes et robes en velours, dites non à la ringardise et oui à l'élégance. Dans ce petit livre, vous découvrirez tous les écueils à éviter en matière de mode et, à l'inverse, les must have qui doivent impérativement intégrer vos garde-robes. Les noms Jimmy Choo, Alberta Ferretti, Balmain, Fendi ne vous disent rien? C'est grave mais pas irrémédiable. Je vais vous aider, moi, à devenir une vraie fashionista. Après tout, si le Diable s'habille en Prada, Dracula peut bien s'habiller en Dior.


- Faire le bien
de Trude Marstein
Éditions Stock / Octobre 2010


"Une légère secousse, et voilà le train qui se met en marche et Karoline qui s'en va. Karoline s'en va. On se détache l'un de l'autre, on se quitte de plus en plus vite". Une ville de Norvège de taille moyenne, un week-end d'été. Deux trains se croisent. Dans l'un d'eux, Karoline, une femme de caractère, belle et ambitieuse. Un homme qui l'a connue autrefois la regarde avec nostalgie et laisse ses pensées vagabonder. Il descend du train, dirige son regard sur un hôtel et alors qu'il repense aux nuits d'amour qu'ils ont vécues par le passé, il aperçoit un homme et une femme sur le balcon. Changement de point de vue. Un homme et une femme. Un couple gay et la future mère de leur enfant. Tandis que son compagnon passe à l'acte, Glen sort dans la rue et aperçoit devant l'hôtel une tête connue, un ami de son cousin Kjetil. Nouveau personnage, nouveau narrateur, nouvelle histoire. Dans Faire le bien, cent dix-huit voix défilent ainsi et s'entremêlent, offrant au lecteur autant de morceaux de vie variés et complexes. Véritable livre-puzzle, il multiplie les points de vue sur des situations précises en donnant la parole à une galerie de personnages profondément humains. Le personnage de Karoline est le motif central, cette femme à qui tout semble avoir réussi mais qui ne cesse pourtant de reporter le moment de se rendre à sa fête d'anniversaire.


- Helena Rubinstein
La femme qui inventa la beauté
de Michèle Fitoussi
Éditions Grasset / Octobre 2010


"Pour la plupart, Helena Rubinstein, c'est une marque de cosmétiques. Pour ceux qui en connaissent un peu plus, c'est une vieille femme richissime et autoritaire, qui a bâti un empire avec ses crèmes de beauté. Un jour, par hasard, j'ai découvert son existence d'une étonnante modernité. Elle a vécu mille vies, connu deux guerres, traversé deux siècles. Je l'imagine embarquant toute seule, à 24 ans, sur un bateau reliant Gênes à Melbourne. Il en fallait du culot. Et elle en avait, mon Helena. Née en 1872 en Pologne, dans une famille pauvre de juifs orthodoxes, elle grandit à Kazimierz, le quartier juif de Cracovie, et exerce son autorité en élevant ses sept sœurs cadettes. Un jour, elle claque la porte de chez elle parce qu'elle refuse le prétendant que son père veut lui faire épouser. Elle se réfugie d'abord chez une tante, à Vienne. Puis elle quitte tout pour s'installer en Australie chez ses oncles maternels. C'est là-bas que, s'improvisant chimiste, elle commence à soigner la peau burinée de la bourgeoisie locale à l'aide de la crème familiale. Commence alors le roman vrai d'une femme devenue l'une des plus célèbres de son temps, une pionnière. Une avant-gardiste qui inventa la beauté. En deux décennies à peine, Helena fabrique en quantités la crème donnée par sa mère, en invente des dizaines d'autres, ouvre des salons de beauté en Australie, à Londres, à Paris, à New York… Elle pousse les femmes du monde entier à prendre soin de leur peau, de leur corps, de leur maquillage, en mettant la science au service des cosmétiques. Mariée à un juif américain d'origine polonaise, journaliste, éditeur, brillant publicitaire qui l'aide à établir son empire, elle rencontre tout ce qui compte dans le milieu de la culture et des arts, leurs amis s'appellent Poiret, Misia Sert, Cocteau, Colette, D.H. Lawrence, Man Ray, Louise de Vilmorin. Collectionneuse acharnée, elle est toujours précurseur. Elle est peinte par Dali, Dufy, Marie Laurencin, Helleu, dessinée par Picasso. Elle achète six ou sept maisons en Europe et aux États-Unis, qu'elle fait décorer par les plus grands designers de l'époque. En 1928, elle vend son affaire à Lehman Brothers et la rachète un an plus tard, en pleine crise de 1929, empochant 6 millions de dollars de bénéfice. Partie de rien, elle devient la femme la plus riche d'Amérique. Tout ça du haut de son mètre quarante-sept et de ses talons de douze centimètres, elle qui répétait sans cesse pour justifier son parcours, Si je ne l'avais pas fait, d'autres que moi l'auraient fait".


- Histoire de la beauté
de Umberto Eco
Éditions Flammarion / Octobre 2010


Qu'est-ce que la Beauté? Qu'est-ce que l'art, le goût, la mode? Le Beau est-il quelque chose que l'on peut définir rationnellement, ou s'agit-il d'une appréciation purement subjective? Ainsi commence l'exploration d'Umberto Eco au cœurs de l'esthétique. À travers une étude détaillée des plus grandes œuvres de la culture occidentale (de la Vénus de Milo jusqu'à la Marilyn d'Andy Warhol en passant par les monstres de Jérôme Bosch, les madones de Botticelli ou les odalisques de Manet), l'auteur dresse un état des lieux complet des multiples facettes de la Beauté, véritable voyage dans le temps de la Grèce antique jusqu'à nos jours. Pour étayer son propos il convoque tous les artistes et penseurs qui ont, chacun à leur façon, tenté de répondre à cette interrogation éternelle. Indispensable, ce livre tord le cou à bien des idées reçues et dessine, chapitre après chapitre, une véritable carte du tendre, du beau.


- Je ne vous oublie pas
de Emmanuel Sabatie
Éditions Cherche Midi / Octobre 2010


Vite! Courir... Ne pas se retourner... Ne penser à rien non plus... Avancer encore et courir toujours plus vite. Échapper aux diables et aux enfers. Tenir encore, pour eux: Zohra, Brahim et Abdel. Car l'ennemi est partout. Vite. Ne pas s'arrêter... Trouver un souffle, respirer et reprendre sa course contre la montre. Fuir vers l'avant... Toujours vers l'avant... Échapper à l'ennemi qui guette, là, au prochain coin de rue, sous le masque de n'importe quel visage: ce chibani assis sur un banc ou cette Mauresque avec un cabas trop lourd pour elle. L'ennemi est un chacal qui vous renifle à distance et vous suit à la trace et n'attendant qu'une seule chose: en finir avec votre petite vie de bâtard et de traître. Il fait chaud, cet été. Très chaud en Algérie. Été 1962... Quand les démons et les enfers sont partout. Quand l'Algérie devient un purgatoire pour les harkis et que la nuit fait peur. Alors vous auriez fait comme Abdelkader, Benyoucef, Hamed et tous les autres. Vous auriez fui jusqu'à votre fin.


- Just Kids
de Patti Smith
Éditions Denöel / Octobre 2010


C'était l'été où Coltrane est mort, l'été de l'amour et des émeutes, l'été où une rencontre fortuite à Brooklyn a guidé deux jeunes gens sur la voie de l'art, de la ténacité et de l'apprentissage. Patti Smith deviendrait poète et performeuse, et Robert Mapplethorpe, au style très provocateur, se dirigerait vers la photographie. Liés par une même innocence et un même enthousiasme, ils traversent la ville de Brooklyn à Coney Island, de la 42e Rue à la célèbre table ronde du Max's Kansas City, où siège la cour d'Andy Warhol. En 1969, le couple élit domicile au Chelsea Hotel et intègre bientôt une communauté de vedettes et d'inconnues, artistes influents de l'époque et marginaux hauts en couleur. C'est une époque d'intense lucidité, les univers de la poésie, du rock and roll, de l'art et du sexe explosent et s'entrechoquent. Immergés dans ce milieu, deux gamins font le pacte de toujours prendre soin l'un de l'autre. Romantiques, engagés dans leur pratique artistique, nourris de rêves et d'ambitions, ils se soutiennent et se donnent confiance pendant les années de vache maigre. Just Kids commence comme une histoire d'amour et finit comme une élégie, brossant un inoubliable instantané du New York des années 60-70, de ses riches et de ses pauvres, de ses paumés et de ses provocateurs. Véritable conte, il retrace l'ascension de deux jeunes artistes, tel un prélude à leur réussite.


- L'alchimiste
de Paulo Coelho
Éditions Flammarion / Octobre 2010


"Mon cœurs craint de souffrir, dit le jeune homme à l'alchimiste, une nuit qu'ils regardaient le ciel sans lune. Dis-lui que la crainte de la souffrance est pire que la souffrance elle-même. Et qu'aucun cœurs n'a jamais souffert alors qu'il était à la poursuite de ses rêves". Santiago, un jeune berger andalou, part à la recherche d'un trésor enfoui au pied des Pyramides. Lorsqu'il rencontre l'Alchimiste dans le désert, celui-ci lui apprend à écouter son cœurs, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve. Merveilleux conte philosophique destiné à l'enfant qui sommeille en chaque être, ce livre a marqué une génération de lecteurs.


- L'âme des soleils noirs
de Danièle Saint-Bois
Éditions Julliard / Octobre 2010


Une fillette portée disparue, un drame enfoui depuis plus de vingt ans dans la mémoire d'une petite ville de province, une enquête rondement menée par un quatuor de femmes au caractère bien trempé, tels sont les ingrédients de ce thriller énergique qui, pour une fois, fait la part belle aux personnages féminins. Fuyant le marasme de sa vie parisienne, Asia s'est réfugiée dans la petite ville de son enfance. Entre une histoire bancale avec un homme marié, la garde de Marcelle, une vieille dame indigne qu'elle adore, et une improbable collaboration au journal local, elle attend de trouver la force de s'arracher à cette existence médiocre ou elle s'enlise. Sa vie bascule le jour ou une enfant du coin disparaît. Seule journaliste sur place, elle passe au journal télévisé et son image furtive surgit dans l'appartement parisien d'Iris, une jeune romancière à succès qui coule des jours heureux avec Clara, sa compagne. Quand elles avaient dix ans, Iris et Asia étaient inséparables. Jusqu'au jour ou la famille d'Iris a précipitamment quitté la ville. Les deux petites filles ne se sont plus jamais revues. Les fantômes du passé refont alors surface poussant Iris à retourner en secret sur les lieux de son enfance. Suivie par Clara, intriguée et jalouse. Et c'est ainsi que les trois femmes se retrouvent dans cette ville étouffante ou tout le monde s'épie et garde pour soi ses pires secrets, chacune en quête d'une vérité cachée. Quant à Marcelle, il s'avérera, malgré ses pertes de mémoire, qu'elle en savait plus qu'on ne le présumait.


- L'apocalypse différée
de Dario Fo
Éditions Fayard / Octobre 2010


Dans cette grande fresque orale, Dario Fo imagine Milan se réveillant un beau matin privé de toute énergie fossile: plus de pétrole, plus d'essence, place (enfin.) aux énergies renouvelables. Fo décrit avec entrain et jubilation l'effet choc de cette pénurie, la secousse salutaire qu'elle représente, les réactions somme toute astucieuses et soulagées des gens qui, libérés du carcan de la consommation forcenée, redeviennent des personnes en charge de leurs choix de (sur)vie. Entre essai de sociopolitique et répertoire de fables joyeuses à réciter, mimer ou jouer, Dario Fo aborde ici une des questions qui lui tiennent le plus à cœur: la pollution de la planète Terre et l'urgence de changer les comportements des sociétés humaines. Saynètes aux dialogues vifs, aux personnages croqués avec indulgence, au ton souvent moqueur: on retrouve ici la sympathie inaltérable de Dario Fo pour les humbles et les déshérités, sa complicité avec leur vitalité subversive, sa verve endiablée contre la puissance mortifère de l'argent et ses serviteurs intéressés que sont la censure religieuse et la complaisance intellectuelle.


- L'(autre) homme de ma vie
de Stephen Mccauley
Éditions Baker Street / Octobre 2010


Richard Rossi se flatte de connaître tous les subterfuges nécessaires pour dissimuler les passions parallèles qui font le piquant de certaines existences. Bien qu'il partage déjà sa vie avec quelqu'un, ce cadre bostonien entretient en effet une relation adultère qui, pour être épisodique, n'en est pas moins mouvementée. Entre péripéties professionnelles, séances à la salle de sport et rendez-vous secrets, Richard navigue à vue jusqu'au jour où il se rend compte que "l'objet de son affection" conjugale n'est pas non plus à l'abri des tentations, et passe de plus en plus de temps dans l'Ohio. Avec sa savoureuse sarabande d'amis, de collègues et de coachs personnels, cette comédie de mœurs s'inscrit dans la veine ironique des précédents romans de Stephen McCauley. Si l'on y retrouve avec plaisir la fine psychologie et les subtiles reparties de ce maître du comique, L'(autre) homme de ma vie témoigne également d'une inflexion nouvelle dans l’œuvre de McCauley, plus grinçante, teintée de mélancolie.


- L'enfant venu d'ailleurs
de A. B. Daniel
Éditions XO / Octobre 2010


Qui est Alex? Le fils que Lucie n'espérait plus et qui lui est tombé du ciel à Roissy, il y a huit ans, petit garçon au visage grave, comme le plus grand des bonheurs. Le seul homme de sa vie. C'est l'anniversaire de cette rencontre qu'ils vont fêter, puisqu'on ignore sa vraie date de naissance et même d'où il vient. Quelle importance? Lucie est la plus heureuse des mères. Alex s'est révélé intelligent, plus que doué à l'école, complice, voire fusionnel, avec sa mère. Bien sûr, il y a ces cauchemars violents qui le hantent, mais quel enfant n'en a pas? Aujourd'hui, c'est l'anniversaire d'Alex et toute la vie de Lucie bascule: Alex disparaît. Commence alors pour Lucie une quête obstinée, dans l'urgence et dans la révolte. Elle sent bien que le mystère de cette disparition vient du passé. Mais jamais, jamais, Lucie ne renoncera à son fils. Pourtant, comment, seule, luttera-t-elle contre une folie venue de si loin?


- L'excellence de nos aînés
de Ivy Compton-Burnett
Éditions Phébus / Octobre 2010


Dans la campagne anglaise, à l'époque edwardienne, les Calderon et les Donne sont à la fois voisins et parents par alliance. Les membres de cette tribu, pour la plupart cyniques, avares, envieux et bavards, ont retenu la leçon de leurs aînés: vertu et excellence sont une arme pour qui aspire à la respectabilité. Mais derrière le masque des convenances et des bonnes intentions, les vérités assénées avec une tranquille méchanceté feront s'enchaîner machinations aussi infernales que sordides. Les romans d'Ivy Compton-Burnett, et celui-ci en particulier, véritable fleuron de cruauté, sont peuplés de monstres, créatures congénitalement amorales qui n'oublient pas d'être fascinantes et drôles. Depuis Jane Austen, on avait rarement été aussi loin dans l'auscultation sans pitié de l'âme humaine. Une des œuvres majeures d'une "grande" des lettres anglaises, dans une nouvelle traduction.


- L'homme qui voulait vivre sa vie
de Douglas Kennedy
Éditions Belfond / Octobre 2010


Qui n'a jamais rêvé de changer de vie? De New York aux splendides paysages du Montana, une histoire d'amour et d'émotion, et un héros extraordinairement attachant, prêt à payer le prix pour vivre sa vie. Ben Bradford a réussi. La trentaine, avocat compétent, un beau poste dans l'un des plus grands cabinets de Wall Street, un salaire à l'avenant, une femme et deux fils tout droit sortis d'un catalogue Gap. Sauf que cette vie, Ben la déteste. Il a toujours rêvé d'être photographe. Quand il soupçonne que la froideur de son épouse est moins liée à la dépression postnatale qu'à une aventure extraconjugale, ses doutes reviennent en force, et avec eux la douloureuse impression de s'être fourvoyé. Ses soupçons confirmés, un coup de folie meurtrier fait basculer son existence, l'amenant à endosser une nouvelle identité.


- L'homme sacrifié
de Allan Massie
Éditions Payot & Rivages / Octobre 2010


Rome, à la fin des années soixante-dix. Le chef du gouvernement démocrate-chrétien, Corrado Dusa, est enlevé par un groupe terroriste d'extrême-gauche, alors qu'il s'apprêtait à réaliser un "compromis historique" visant à faire entrer le parti communiste dans le jeu politique classique. Avec le souffle et l'art de l'évocation qui le caractérisent, Allan Massie a réussi l'exploit de combiner, bien au-delà de ce qui aurait pu n'être qu'un simple thriller politique, un grand roman de moeurs, une cruelle satire contemporaine et une attachante chronique romaine.


- L'importance d'être reconnaissant
de Alexander McCall Smith
Éditions Les Deux Terres / Octobre 2010


Dans la sixième enquête philosophique d'Isabel Dalhousie, elle rencontre sa vieille ennemie Minty Auchterlonie lors d'un goûter pour leurs jeunes enfants. Isabel s'en méfie toujours, mais quand l'ambitieuse Minty, dirigeante d'une banque d'investissements, se trouve confrontée à l'hostilité de ses actionnaires, Isabel décide de s'en mêler. En affrontant le problème du plagiat, elle croise de nouveau le fer avec son adversaire, le professeur Dove. Quant aux fiançailles récentes de sa nièce Cat à un funambule, Isabel redoute qu'elles ne tournent à la tragédie. Pendant ce temps, Jamie, le père de son enfant, comprend lui aussi l'importance d'être reconnaissant.


- L'impossible pardon
de Randy Susan Meyers
Éditions Calmann Lévy / Octobre 2010


"Quand maman m'a demandé de lui sauver la vie, je n'ai pas du tout été surprise. Dès ma première semaine à la maternelle, j'avais compris qu'elle n'était pas le genre de mère à porter des colliers de nouilles. Passe-moi un Pepsi, Lulu. Sors le lait pour les céréales de ta sœur. Va m'acheter un paquet de Winston. Et puis un jour, elle est montée d'un cran. Ne laisse pas entrer papa dans l'appartement". Mais Lulu, dix ans, finit par ouvrir la porte, et le cauchemar commence. Son père poignarde sa mère et blesse grièvement sa petite sœur, Merry, six ans. Recueillies par leur grand-mère, puis envoyées dans un orphelinat, les fillettes grandissent avec le poids de cette journée terrible. Tandis que l'aînée raye son père de son existence, la cadette lui rend visite en prison. Confrontées à une même douleur, Lulu et Merry réagissent différemment, la première veut bâtir sa vie vaille que vaille, l'autre se débat dans ses traumatismes. Alternant les récits des deux sœurs sur une trentaine d'années, ce roman bouleversant aborde avec force, nuance et complexité les questions de la survie et de la culpabilité et de la lente reconstruction de ces petites filles meurtries.


- La brûlure du chocolat
de Barbara Abel
Éditions Fleuve Noir / Octobre 2010


Zoé Letellier est une jeune écrivaine dont le succès dépasse les frontières. Tout le monde se retourne sur elle dans la rue, lit sa vie dans les magazines, bref tout le monde la connaît sauf elle. Car depuis qu'elle a perdu la mémoire après un mystérieux choc émotionnel, elle est non seulement incapable de savoir qui elle est, comment elle s'appelle, ou elle habite, mais aussi d'envoyer son très attendu nouveau manuscrit à son éditrice ou, accessoirement, d'éprouver le moindre sentiment pour le garçon qu'elle doit épouser à la fin de la semaine. Aidée de ses proches, notre héroïne s'attelle à la quête de toute une vie: apprendre en quelques jours qui elle est, ce qu'elle veut vraiment, et ce qu'elle aimerait changer de l'ancienne Zoé. Seulement voilà, entre ce que lui disent les uns et ce que lui taisent les autres, pas facile de s'y retrouver. D'ailleurs, ont-ils réellement tous intérêt à ce qu'elle recouvre la mémoire? Une jolie leçon de vie à suivre à une époque ou tellement de gens cherchent à faire le point. Et si la meilleure solution était de devenir amnésique?


- La course au Paradis
de J. G. Ballard
Éditions Denöel / Octobre 2010


Barbara Rafferty, radiée de l'ordre britannique des médecins pour avoir pratiqué l'euthanasie, s'est reconvertie dans le militantisme écologique, précisément dans la sauvegarde des albatros de Saint-Esprit, une île de Polynésie où doivent reprendre les essais nucléaires français. Épaulée dans sa tâche par le jeune Neil Dempsey, orphelin de père et quelque peu désœuvré, Barbara gagne son combat, a priori perdu d'avance, grâce à une bavure: les patrouilleurs français ont blessé Neil par balles et l'opinion internationale s'est aussitôt enflammée. Forte de sa victoire sur les autorités françaises, Barbara commence à transformer Saint-Esprit en sanctuaire pour espèces animales et végétales menacées. Les albatros reviennent, les dons affluent, les visiteurs se succèdent. Les meurtres peuvent maintenant commencer.


- La disparue du désert
de Zoë Ferraris
Éditions 10-18 / Octobre 2010


Un fiancé, un train de vie luxueux, une famille aimante: Nouf a tout abandonné pour s'enfuir dans les dunes du désert d'Arabie Saoudite deux jours avant ses noces. Lorsque les équipes lancées à sa recherche retrouve la jeune fille, il est déjà trop tard. On conclue à un accident, mais le frère de Nouf demande à un ami, Nayir, d'enquêter sur la mort de sa sœur. Déterminé à lever le voile sur cette affaire, cet homme d'action, plus à l'aise dans le silence des dunes qu'en présence des femmes, va trouver en Katya, médecin légiste à la beauté troublante, une alliée inattendue. Une quête de vérité qui va les mener du désert et de ses mirages au dédale de la cité de Djeddah et ébranler leurs certitudes à jamais.


- Le cherche-bonheur
de Michael Zadoorian
Éditions Fleuve Noir / Octobre 2010


Avis de recherche: Ella et John Robina, couple de citoyens américains à la retraite, vus pour la dernière fois au volant de leur camping-car le Cherche-bonheur, aux abords de Detroit. Si vous avez des informations, merci de contacter au plus vite leurs enfants au numéro qui suit. Après une longue vie et soixante ans de mariage, la santé chancelante et la mémoire qui flanche, Ella et John savent que leurs jours d'autonomie sont comptés. Si John ne se souvient plus nécessairement si on est mardi ou jeudi, il peut encore conduire. Ella le "kidnappe" donc, avec une seule idée en tête: partir une dernière fois à l'aventure. C'est le début d'un périple extraordinaire.


- Le ciel volé
de Andrea Camilleri
Éditions Fayard / Octobre 2010


Pierre-Auguste Renoir a-t-il bien séjourné en 1882 dans la ville sicilienne de Girgenti (aujourd'hui Agrigente), comme l'affirme son fils Jean dans la biographie qu'il lui a consacrée? Si oui, pourquoi n'existe-t-il aucune trace de ce voyage dans les toiles du maître de l'impressionisme? À travers l'échange épistolaire qu'entretient le vieux notaire Michele Riotta avec la belle et mystérieuse Alma Corradi, Andrea Camilleri propose un scénario adroit et mordant, où la passion brouille les cartes jusqu'à l'ultime rebondissement.


- Le dernier secret
de Mary Mc Garry Morris
Éditions Belfond / Octobre 2010


À dix-sept ans, Nora fugue avec son petit ami Eddie. Mais, sur le parking d'une aire d'autoroute, en direction de L.A., Eddie commet l'irréparable. Vingt ans plus tard, Nora s'est reconstruit une vie en apparence parfaite au sein de la bonne société de Nouvelle-Angleterre. Jusqu'au jour ou son mari lui révèle sa liaison avec leur meilleure amie. Et tandis que son monde s'effondre, Nora voit resurgir Eddie, tout juste sorti de prison, bien décidé à lui faire payer toutes ces années perdues. Chantages, menaces, mensonges, trahisons. Prise au piège d'une spirale infernale, Nora va devoir affronter ses propres pulsions de vengeance et ses secrets les plus enfouis pour renaître.


- Le ministère des affaires spéciales
de Nathan Englander
Éditions 10-18 / Octobre 2010


Derrière le mur du vieux cimetière juif de Buenos Aires se dressent les pierres tombales des prostituées, maquereaux et autres brigands. Dans l'obscurité, Kaddish Poznan, payé par les honorables Juifs bourgeois, efface les noms de ces aïeux gênants. Chaque nuit, il entraîne avec lui son fils, Pato, un étudiant sanguin et révolté, qu'il tente de protéger. Mais dans l'Argentine de 1976, l'espoir n'est plus permis et le pire se produit: Pato est arrêté par la junte militaire fraîchement installée. Débute alors pour Kaddish et son épouse une quête kafkaïenne du "fils disparu", qui les conduira aux portes du tentaculaire et tout aussi effroyable ministère des affaires spéciales.


- Le temps qui manque
de Héléna Kadaré
Éditions Fayard / Octobre 2010


Écrivain elle-même, épouse d'Ismail Kadaré, Helena dévoile ici le destin d'un couple exceptionnel. Dans ce récit truffé d'événements qui sortent de l'ordinaire d'une vie à deux, surgit l'actualité du demi-siècle qui a vu l'apogée, puis l'agonie et la fin des régimes communistes à l'est de l'Europe. Dans la ronde des amitiés, des rencontres, des confidences partagées, ce couple trouve l'énergie et le courage de surmonter l'angoisse que fait peser la dictature sur les habitants du pays le plus verrouillé et le plus mystérieux d'Europe. Au-delà des très riches anecdotes, et d'un humour que seul confère l'expérience de la tragédie, ces mémoires témoignent de première main sur le complexe "travail de laboratoire" qui voit s'élaborer l'œuvre d'Ismail Kadaré, comme sur les stratégies employées pour déjouer la censure ou mettre à l'abri, en France, les textes les plus dangereux. Tout cet aspect se trouve enrichi par de très nombreux inédits. Cette "spéléologie" dans les sous-sols de la création littéraire explique à merveille ce qui s'est épanoui en surface: les quelque vingt mille pages de l'œuvre publiée. Tour à tour insolite, audacieuse, d'une rare franchise, pleine de légèreté et d'émotion, cette ample chronique se lit comme un roman d'aventures et de passions, celles que suscite et inspire l'amour de l'art et de la liberté.


- Les Frères Rattaire
de Philippe Langenieux-Villard
Éditions Héloïse d'Ormesson / Octobre 2010


Pourquoi les trois fils d'Adolphe Rattaire, héroïquement tombés au champ d'honneur en 1914-1918, ne sont-ils pas inscrits sur le monument aux morts de leur commune? S'agit-il d'une erreur, d'une vengeance? Cet oubli troublant méritait enquête. Avec justesse et empathie, Philippe Langénieux-Villard dévoile un scandale qui dépasse les frontières de ce village du Dauphiné. Il décrypte les dessous d'une guerre mondiale qui fut aussi franco-française, d'une guerre de tranchées qui fut aussi celle de l'arrière. Et réhabilite l'honneur bafoué de ces vaillants soldats. Un document salutaire, qui nous plonge dans la France des années 1920.


- Les vitamines du bonheur
de Raymond Carver
Éditions de l'Olivier / Octobre 2010


"Tout le monde rêve. Si tu ne rêvais pas, tu deviendrais fou. J'ai lu des trucs là-dessus. C'est une soupape. Les gens rêvent quand ils dorment. Où alors, ils deviennent dingues. Mais moi, quand je rêve, je rêve de vitamines. Tu comprends ce que je te dis?"


- Liberace
de Amanda Sthers
Éditions Plon / Octobre 2010


Liberace, pianiste de génie, star américaine des années 1960, était-il fou? À travers une confession fictive, Amanda Sthers lui donne la parole. Celui qui a bouleversé les États-Unis puritains, l'un des premiers morts du sida médiatisés, évoque son parcours, son amitié avec Elvis et Streisand, son enfance, sa mère étouffante, son jumeau mort-né, ce double qu'il a cherché toute sa vie, cet amant à qui il a fait remodeler le visage pour qu'il lui ressemble trait pour trait avec quarante années de moins et qu'il a fini par jeter à la rue avec un simple sac-poubelle. Le roman d'une vie qui ressemble à une superproduction hollywoodienne.


- Luka et le feu de la vie
de Salman Rushdie
Éditions Plon / Octobre 2010


Dans la ville de Kahani, au pays d'Alifbay, Luka, 12 ans, mène une vie heureuse et paisible avec sa mère Soraya, son père Rachid Khalifa, conteur, et son frère Haroun, de vingt ans son aîné. Tout bascule le jour où son père sombre dans un sommeil sans fin. Pour le sauver, le jeune Luka doit alors partir à la recherche du Feu de la Vie. Reprenant la mer des histoires où son frère avait tant navigué, Luka, merveilleux petit seigneur des anneaux, devra traverser les obstacles magiques, voyager en tapis volant, éviter les ennemis, le Papapersonne, double fantomatique et malfaisant de son père, trouver son chemin dans les "brumes du temps" et surtout rapporter le Feu de la Vie. Dans sa course, Luka peut compter sur un chien et un ours magiques; mais surtout la plume de l'auteur, fantaisiste et amusée, souffle à son héros l'énergie du conte, le pouvoir de l'imagination.


- Mauve
de Fatou Diome
Éditions Flammarion / Octobre 2010


Un récit empreint de la couleur mauve, fruit de l'alliance entre le rouge et le bleu, dans un voyage sensoriel et littéraire. Ces deux couleurs évoquent différents aspects de la vie: une saison mauve, une heure mauve, une humeur mauve. Cette couleur est aussi une métaphore des relations entre l'Europe, bleue, et l'Afrique, rouge, comme un horizon entre le Nord et le Sud.


- Même pas mort
de François d'Epenoux
Éditions Anne Carrière / Octobre 2010


Paradoxe? La mort donne naissance à d'extraordinaires moments de vie: recueillis, tendres, bouleversants, mais aussi inattendus, surréalistes, cocasses et parfois même franchement drôles. Pompes funèbres, préparation de la cérémonie, condoléances. Très vite, la réalité reprend le dessus, matérielle, prosaïque. Combien de personnes autour du buffet? En d'autres termes, le corps est encore chaud qu'il faut penser viande froide. C'est comme ça, et c'est peut-être bien ainsi. À travers les neuf jours qui entourent la mort d'un père, de son opération fatale au lendemain de son inhumation, ce journal raconte l'incroyable marathon d'une famille soudée autour du disparu. L'émotion est constante et l'humour souvent présent. Jamais sacrilège, mais vital et sans doute salutaire. En forme d'hommage à un père qui "aurait été le premier à mourir de rire" devant l'incongruité de certaines situations. Parce qu'il tente, selon le mot d'Oscar Wilde, de "parler des choses graves avec légèreté" et raconte comment rester debout quand la douleur frappe fort, ce témoignage entièrement vécu se veut universel. Chacun pourra s'y reconnaître et, qui sait, y puiser un peu de force et de consolation.


- Mr Engleby
de Sebastian Faulks
Éditions Flammarion / Octobre 2010


"Je m'appelle Mike Engleby et je suis inscrit en deuxième année dans une vénérable université". C'est par cette brève présentation que l'on découvre la voix la plus fascinante et la plus singulière d'une longue lignée de narrateurs inquiétants. Malgré son intelligence, quelque chose dérange chez l'étrange et solitaire Engleby. Dès le moment où Jennifer Arkland, l'étudiante pour laquelle il nourrissait une véritable obsession, disparaît, une question ne cesse de se poser: est-il responsable? Le nouveau roman de Sebastian Faulks est une plongée envoûtante dans l'univers feutré de l'éducation anglaise, des publics schools aux universités d'élite, dont Engleby semble la troublante incarnation.


- Pute
de Maria Luna Vera
Éditions Buchet Chastel / Octobre 2010


"Louise va s'appeler David Russo, comme un con qui était à l'école avec nous et qui faisait du karaté. Je m'appellerai Rolando Vera, j'en ai déjà rêvé. On s'est fait faire des cartes de visite. On va travailler. Quand on travaille, on a des cartes de visite, c'est comme ça. C'est amusant. Je les ai fait imprimer, à Washington et 11th, près de chez moi. 100 business cards, 48 dollars, South Beach est cher. Mais c'était un investissement nécessaire, on va vite le récupérer. Plus on investit, plus on a en retour, c'est comme ça. Première difficulté, j'ai payé avec ma Visa, il y avait mon nom dessus, je leur avais dit que je m'appelais Rolando, je m'étais déguisée, la colombienne qui m'a encaissé m'a regardée étonnée, j'ai fait comme si de rien n'était, elle avait intérêt à ne pas me faire chier, elle n'a qu'à pas s'en mêler, chacun gagne ses sous comme il peut. La prochaine fois, je payerai cash. J'espère ne pas trop payer, c'est à moi d'encaisser".


- Satan à Goray
de Isaac Bashevis Singer
Éditions Stock / Octobre 2010


Goray, vers 1665, petite ville perdue dans la province de Lublin en Pologne. La communauté juive se remet tout juste des massacres perpétrés par les cosaques de Chmielnichi seize ans plus tôt, quand le bruit de l'arrivée du Messie, incarné par un certain Zabattaï Zevi, se propage comme une traînée de poudre. Un rabbin peu scrupuleux oriente alors les fidèles dans la lecture des textes sacrés, les incitant à abandonner leurs biens et à vivre dans le péché pour mieux se préparer à la rédemption. Plongeant ainsi la ville dans un chaos sans nom. Qui de Zabattaï Zevi, Rechele la prophétesse ou Reb Gedaliya imposera sa Loi à Goray? Dans Satan à Goray, Isaac Bashevis Singer nous immerge au cœurs d'une communauté déchirée par l'interprétation des textes qui la régissent, dévoilant ainsi les contradictions tragiques qui l'habitent. Vive, ardente, sa plume dépeint pour nous un monde magique et fascinant, que son talent de conteur fait revivre avec tendresse.


- Souvenir parfait de la mort
de Radoslav Petković
Éditions Gaïa / Octobre 2010


XVe siècle. À la croisée de l'Orient et de l'Occident, Constantinople, est l'objet de toutes les convoitises. Un jeune homme qui aspire à devenir soldat échappe à des accusations de sorcellerie et est contraint à devenir moine. Dès lors, Philarion, au lieu de devenir un archer exceptionnel, va suivre l'enseignement du philosophe Gemistos. En cette époque où religieux et philosophes sont influents, véritables conseillers du Pouvoir, les Romains ne jurent plus que par Aristote. Gemistos, en bon Hellène, remet Platon au goût du jour. De monastère en monastère, Philarion sillonne le Péloponnèse, dialogue avec son Maître non sans une ironie digne de Socrate, part à la recherche de manuscrits dans les bibliothèques nichées au creux des rochers du sud de la Grèce.Alors que les religions catholique et orthodoxe envisagent une union pour lutter contre l'empire ottoman envahisseur, Gemistos prône une autre vision, païenne, ô combien, de l'âme, car Platon intégrait la métempsychose à sa vision du monde. Et "l'âme qui chemine ne change que de nom et ce faisant conserve un souvenir parfait de la mort".Un roman qui amalgame subtilement religion, philosophie, théologie et ésotérisme autour de personnages historiques. Le seul personnage fictif est Philarion, fil conducteur de ce roman déconstruit.


- Storr
de Françoise Cloarec
ÉditionsPhébus / Octobre 2010


Qui est Storr? Le jour où Françoise Cloarec est contactée par un mystérieux couple de collectionneurs, elle ne se doute pas qu'elle va découvrir une œuvre époustouflante, jamais sortie de l'ombre. Sous ses yeux ébahis se déploient soixante-douze dessins au crayon et à l'encre de couleur, représentant cathédrales lumineuses, bâtiments exotiques et cités utopiques tout droit sortis de l'imaginaire de Marcel Storr, cantonnier de la ville de Paris décédé en 1976 dont on ne sait presque rien. Qu'importe. Écrire, n'est-ce pas se confronter à l'inconnu? Pas à pas, l'auteur reconstitue le parcours d'un enfant de l'Assistance publique élevé à la dure par des paysans sans scrupules, puis d'un homme blessé, illettré et solitaire, dont le talent fou s'est épanoui malgré tout. Le soir, le balayeur fasciné par Paris et les États-Unis se transforme en architecte: il dessine ses propres villes et sa propre vie. Françoise Cloarec signe là une évocation biographique bouleversante, véritable porte ouverte sur l'univers d'un créateur visionnaire, qui n'eut pourtant "pas de mode d'emploi, ni de l'art, ni du monde, ni du cœur".
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 12:32

- Tais-toi, je t'en prie
de Raymond Carver
Éditions de l'Olivier / Octobre 2010


"Il s'apprêtait à allumer une cigarette avec sa dernière allumette, mais ses mains se mirent à trembler. L'allumette s'éteignit et il resta là, tenant sa cigarette d'une main et sa pochette d'allumettes vide de l'autre, fixant d'un œil vide la forêt qui s'étalait à l'infini à l'extrémité de la prairie d'un vert cru, Harry, il faut qu'on s'aime, dit Emily. Il ne nous reste plus qu'à nous aimer, dit-elle". Nous sommes en 1976. Carver va très mal. Son mariage avec Maryann bat de l'aile, les problèmes d'argent s'accumulent, et, en dépit de ses efforts répétés pour vaincre son addiction (cures de désintoxication, adhésion aux Alcooliques Anonymes), l'écrivain semble s'enfoncer irrémédiablement dans l'alcoolisme. Gordon Lish, qui a déjà édité plusieurs de ses nouvelles dans Esquire et vient d'être nommé directeur de collection chez McGraw-Hill, lui propose un contrat.


- Théâtre
de Françoise Sagan
Éditions Stock / Octobre 2010


Dans la continuité des rééditions de l’œuvre de Françoise Sagan, les éditions Stock publient en un seul volume trois pièces de théâtre très différentes, dont une est inédite. L'excès contraire ou le chevalier de lait, l'inédite, est une pièce de boulevard. Drôle, rapide, enlevée, elle se situe en Allemagne, en 1914. Et, comme il se doit, les quiproquos et les allusions sexuelles se font la part belle. Frédéric, jeune lieutenant du troisième régiment de Uhlans de Saxe, est l'amant d'une nuit d'Adèle lorsque le mari de celle-ci rentre à l'improviste de la chasse. Le cocu demande réparation au jeune Frédéric qui se révèle capon et fuit dès le lendemain. Il trouve refuge chez la sœur du mari trompé pensant pouvoir l'épouser pour éviter le duel. Un piano dans l'herbe est peut-être plus proche de ce à quoi nous sommes habitués dans l'univers de Sagan. Les personnages ont une quarantaine d'années, ils sont réunis pour des vacances à la campagne et cherchent à retrouver leur jeunesse. Mais comme dit l'un des protagonistes: "La jeunesse, ma chérie, c'est aussi dangereux à réveiller qu'un tigre". Il fait beau jour et nuit est certainement la pièce la plus grave de cette sélection. Une jeune femme vient de sortir de l'asile où elle a passé trois ans à se demander si elle était vraiment folle, à s'inspecter, à avoir peur d'elle-même. Elle retrouve son mari et sa cousine qui n'ont pas toujours les meilleures intentions. On ne peut s'empêcher de penser au séjour que Françoise Sagan a effectué en cure de désintoxication et qu'elle raconte dans Toxique. Ces trois pièces se complètent et confirment si besoin était l'immense talent de conteuse de Françoise Sagan. Sa "petite musique" prend toute son ampleur dans des dialogues acerbes, drôles, froids ou tendres.


- Un loup à ma table
de Augusten Burroughs
Éditions 10-18 / Octobre 2010


Pour le petit Augusten, son père est une présence fantomatique, à peine signalée par une toux ou des volutes de tabac dans l'obscurité d'une pièce. Ce géniteur dévoré de psoriasis, Augusten l'aime plus que tout et ne souhaite qu'une chose, le lui prouver. Mais ce dernier en a décidé autrement et peu à peu, l'amour se mue en une haine tenace et acerbe. Jusqu'à ce qu'entre eux deux, commencent de drôles de jeux. Une autofiction introspective, angoissante et hors des sentiers battus, auscultant les traumatismes de l'enfance et le dysfonctionnement familial avec singularité et impétuosité.


- Un orage immobile
de Françoise Sagan
Éditions Stock / Octobre 2010


Au printemps de 1832, Flora, fille d'émigrés, née, élevée, mariée et devenue brutalement orpheline et veuve en Angleterre, arrive un beau jour à Jarnac pour y rouvrir Margelasse, le château de sa famille. Personne ne l'a aperçue encore dans la région quand Me Nicolas Lomont, trente ans, notaire, met son cheval en route vers Margelasse. L'histoire commence. Au début, c'est une tranquille histoire d'amour, puis vient le drame plein de bruit, de fureur, de passion. Le récit est tout entier rapporté par Nicolas, trente ans plus tard. Vieux, solitaire, peu porté à la littérature, il ne sait pas trop ce qui le pousse à saisir un cahier et tracer ces mots: "Si un lecteur découvre un jour ces pages", mais il continue. Me Lomont, bien qu'il décide plusieurs fois d'arrêter, de jeter son manuscrit au feu, se prend au jeu. Il dira tout. Il se surprend même à se griser de mots, à ressusciter d'une phrase ses amis morts, son ennemie disparue. Autant que pour l'histoire elle-même, violente, insolite, éperdue, on se passionne pour ce miracle qui transforme peu à peu chaque soir, quelques années avant 1870, un vieux notaire de province en un écrivain d'abord sage et classique, puis de plus en plus fougueux, débridé, lyrique. En un mot romantique. Un livre à part dans l'univers de Françoise Sagan, proche de Stendhal ou Maupassant.


- Une femme drôle
de Maryline Desbiolles
Éditions de l'Olivier / Octobre 2010


Cette "femme massive tout en noir, sans maquillage, sans mèche affriolante, les cheveux tirés et la robe noire comme une paysanne", c'est Zouc. Maryline Desbiolles l'a découverte un jour à la télévision, dans les années 70. Depuis, elle ne l'a jamais quittée. Zouc, cette comédienne étrange, pourvue d'un accent suisse et d'une voix capable de monter très haut dans les aigus lorsqu'elle se livre à l'une de ses incarnations: en scène, elle est à la fois la petite fille capricieuse, la mère exaspérée, la maîtresse d'école, la paysanne du Jura. Zouc, drôle à faire peur. En suivant le fil de son obsession, Maryline Desbiolles explore son propre passé. Souvenirs d'une enfance niçoise, la place Masséna, les camarades de classe, mais aussi savoyarde, avec la campagne où l'on passe les vacances, les odeurs fortes, le lapin qu'on saigne. Et le portrait de sa mère, cette "femme drôle", si différente de Zouc, et pourtant si proche, comme une image inversée.


- Une scandaleuse affaire
de Anita Shreve
Éditions Belfond / Octobre 2010


Le lycée Avery, prestigieuse pension de Nouvelle-Angleterre, est sous le choc depuis la découverte d'un film. Sur cette vidéo, les ébats sexuels de quatre élèves: trois garçons, ivres, et une fille de quatorze ans. Telle la boîte de Pandore, la cassette, dont le contenu circule bientôt sur internet, va libérer les secrets d'une petite communauté apparemment sans histoire, entre mensonges, adultères, hypocrisies, jalousies, culpabilité. La machine à broyer médiatique est en marche, n'épargnant personne, ni les adultes, ni les élèves, jusqu'au drame.


- Villa mimosa
de Belinda Alexandra
Éditions Belfond / Octobre 2010


Après la mort de leur père, Adéla et Klára voient entrer dans leur vie Milo?, un homme arrogant et volage, surtout intéressé par la fortune de leur mère. Et quand celle-ci meurt dans d'étranges circonstances, les deux orphelines doivent fuir Prague pour se protéger de ce beau-père résolu à récupérer leur héritage. Leur refuge: la maison de leur oncle en Australie. Tandis qu'Adéla s'épanouit dans le cinéma, Klára, pianiste virtuose, sombre peu à peu. Jusqu'à cette rencontre avec le doux et séduisant Dr Philip Page, qui va marquer la vie des deux jeunes filles à jamais. Amours impossibles, drames familiaux, vocations contrariées, c'est quand elles semblent enfin pouvoir vivre libres qu'Adéla et Klára vont devoir affronter les fantômes du passé, revenus mettre en péril leurs existences et celles de leurs proches.


- Ze Star
de Ben Elton
Éditions Belfond / Octobre 2010


99 000 candidats. 12 finalistes face à un jury impitoyable. À la fin, il n'en restera qu'un. Ça vous rappelle quelque chose? Ze Star ou l'émission qui passionne toute l'Angleterre. Chaque semaine, devant un public chauffé à blanc, le jury humilie à qui mieux mieux les apprentis chanteurs qui en redemandent. Un vrai carton d'audience qui fait le bonheur du richissime producteur, Calvin Simms. À voir... Car sa toute nouvelle épouse, par le jackpot alléchée, menace de divorcer. Calvin lui lance alors un défi: elle choisit le candidat, même le plus improbable; si Calvin parvient à le faire gagner, elle ne touchera rien; sinon, à elle la totalité de sa fortune. Prise au jeu, la future ex-Mme Simms se décide pour le prince de Galles en personne. Mission impossible? Pas pour le plus pourri des producteurs télé.


- À l'assaut du Khili-Khili
de W. E. Bowman
Éditions Payot & Rivages / Septembre 2010


"Quand vous vous balancez désespérément au bout d'une corde de trente mètres, il est important de savoir que l'homme qui se trouve à l'autre bout est un ami". On connaît l'Everest et l'Annapurna, mais qui sait que le plus haut sommet du monde est en fait le Khili-Khili? Découvert pendant la Seconde Guerre mondiale par des aviateurs alliés qui estimèrent son altitude à plus de 13 000 mètres, il fut l'objet d'une première mission de reconnaissance britannique en 1947 emmenée par le valeureux Trotter. Son rapport d'expédition décrivait le Khili-Khili comme un sommet extrêmement difficile, voire périlleux, mais dont l'ascension n'était pas totalement impossible. C'est une équipe de sept hommes, sept montagnards aguerris, qui se lance alors dans l'aventure: outre le chef de l'expédition, qui nous narrera cette épopée, on y trouve un guide (perpétuellement perdu), un médecin (perpétuellement malade), un interprète (perpétuellement incompris des autochtones), tous grands amateurs de spiritueux, ainsi que trois mille porteurs yogistanais fortement portés sur la renégociation de leurs prestations.À l'assaut du Khili-Khili, on l'aura compris, passe à la moulinette de l'absurde tous les poncifs héroïques du récit d'expédition en montagne, avec une efficacité rarement égalée dans l'art de la parodie. Un chef-d’œuvre méconnu de l'humour anglais.


- Antoine et Isabelle
de Vincent Borel
Éditions Sabine Wespieser / Septembre 2010


Quand ils se rencontrent à Barcelone en 1925, Antonio et Isabel rêvent d'une vie libre et neuve, à l'image des utopies du temps. Isabel a fui avec sa famille la misère de l'Andalousie, Antonio a gravi les échelons au grand hôtel Oriente. Avec ses camarades de rang, il s'enthousiasme pour la jeune République espagnole. Son engagement a tôt fait de l'entraîner dans le tourbillon de l'histoire: en 1936, il prend les armes, quittant à jamais Barcelone. La bataille de l'Èbre, la fuite précipitée avec la troupe en déroute, le camp de réfugiés dans les Alpes, où il retrouve sa jeune famille, puis le maquis, l'arrestation par les Allemands en 1943 et l'envoi au camp de Mauthausen, voilà où ses choix conduisirent l'homme vaillant et opiniâtre que fut le grand-père du romancier. Vincent Borel en effet ne cache pas ses intentions: rendre justice à ceux qui, installés en France, devinrent Antoine et Isabelle. En s'appropriant la mémoire des siens, l'écrivain prend la pleine mesure de la nécessité qu'a la littérature de témoigner. Se démarquant de la saga familiale, il inscrit le destin de ses proches dans l'épopée du vingtième siècle. L'histoire exemplaire de ses grands-parents est conduite en parallèle avec celle, non moins exemplaire, d'industriels lyonnais. De cette famille Gillet, aperçue par Antonio quand il était dans la claque de l'opéra de Barcelone, le romancier retrace les tribulations: s'immisçant dans les mariages arrangés et les alliances stratégiques, il donne chair et corps à ces capitaines d'industrie que les soucis d'équilibre boursier et d'acquisition de brevets menèrent, à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, à préserver coûte que coûte leurs intérêts. Le textile et la chimie étaient bien loin des idéaux de la Résistance. Alternant, dans une narration éblouissante, l'évocation des républicains espagnols et celle des nantis lyonnais, Vincent Borel convainc par l'intelligence de ses personnages: chacun a fait des choix, que le romancier ne s'arroge pas le droit de juger. D'éclairer plutôt, disant avec force et talent le pouvoir des mots.


- Au service du mal
de Jean-Marc Deville
Éditions Les Grandes Personnes / Septembre 2010


Défendre la veuve et l'orphelin? Plutôt mourir! Sauver l'humanité? Et puis quoi encore! Privé dès son plus jeune âge de sa sorcière de mère, Wilmuth entre au séminaire Inferno pour y suivre l'enseignement de l'infâme Triple-Mort, et vouer ainsi sa vie au service du mal. Pour son bonheur, notre héros a vu le jour au Moyen Âge, une époque sanglante à souhait. Et quoi de mieux quand on veut en découdre que d'affronter Charlemagne en personne? Mauviettes et rabat-joie, s'abstenir: tourner les pages de ce livre pourrait vous être fatal.


- Berceuse pour un pendu
de Hubert Klimko
Éditions Belfond / Septembre 2010


Quand il débarque à Reykjavík, le narrateur, un jeune immigré polonais, n'a d'autre choix que de s'inventer les métiers les plus improbables pour gagner sa vie. Il s'improvise artiste peintre amateur, mime de rue, poète sous le nom de plume de Hugo de Hugo; traîne avec Boro, excentrique peintre croate atteint d'une étrange phobie du vert et qui, à ses heures perdues, joue de l'harmonica à une orque apprivoisée. Et puis, il fait la connaissance de Szymon, Polonais lui aussi, compositeur, violoniste, jazzman un peu fou. Très vite, les trois hommes deviennent inséparables. Entre débrouille, aventures loufoques et petits tracas naît une amitié qui va transformer la vie du narrateur.


- Bibi
de Victor-Lévy Beaulieu
Éditions Grasset / Septembre 2010


Qui est cet homme déjà âgé, poliomyélitique et buvant trop dans un hôtel de Libreville? Il cherche au Gabon les indices que lui a laissés Judith, son premier amour, afin qu'il la retrouve dans un jeu de piste mondial qui l'a mené de l'Amérique à l'Afrique centrale, en passant par l'île de Pâques. Pourquoi elle ne vient jamais aux rendez-vous qu'elle lui fixe de pays en pays, il n'en sait rien. Il persiste, pourtant, chaque fois, à s'y rendre. Un ultime voyage le mènera jusqu'à la vallée de l'Omo, berceau de l'Histoire qui sera peut-être la conclusion de son histoire.


- Cléo
de Fred Bernard
Éditions Nil / Septembre 2010


Cléo est une jeune femme presque comme les autres. Elle n'est pas mince, mais elle n'est pas grosse non plus. Elle n'est pas moche, mais elle n'est pas top model non plus. Elle n'est pas idiote mais elle dit des bêtises. Elle n'est pas folle mais elle fait des bêtises. Bref, c'est une fille comme les autres et qui, comme les autres, se demande si elle n'est pas différente. Une jeune femme prétendument ordinaire. Un matin, elle part de chez elle rejoindre l'homme qu'elle vient de rencontrer. Il pleut, elle va s'abriter dans un café et toute sa vie défile dans ses rêveries. Sa vie, autant dire sa vie amoureuse car ce sont surtout les mecs qui préoccupent Cléo d. Et un mec, elle n'en a pas. Ou plutôt elle en a trop. Pourquoi ça ne marche jamais? Parce que Cléo est comme ça: amoureuse d'un homme, puis d'un autre, toujours à l'écoute de ses désirs et à la recherche du prince charmant. Et si, ce matin, elle partait rejoindre le bon? Grâce à ses inventions visuelles, Fred Bernard transforme la vie intime de Cléo en tourbillon graphique. Une vie intime qui en dit beaucoup sur notre époque puisque rien n'est inventé dans cette histoire: les propos ont été entendus, les situations ont été vues ou vécues. Bref, Cléo n'existe pas mais tout est vrai.


- Crépuscule irlandais
de Edna O'Brien
Éditions Sabine Wespieser / Septembre 2010


Edna O'Brien écrit ici le roman tumultueux et enfiévré de l'amour maternel. Il faudra un long chemin à Eleanora pour comprendre la vraie nature de sa mère, Dilly, qui pour elle avait toujours représenté le poids de la morale et de la tradition. Dilly avait eu beau vouloir dans sa jeunesse échapper à son destin de fille d'Irlande, elle était revenue au pays, résignée, et s'était mariée, après sa tentative avortée de fuite aux États-Unis. Sa fascination pour New York, son premier travail comme bonne à tout faire, et puis le rêve qui tourne court et, dès son retour, l'installation à Rusheen, cette campagne perdue où elle a vécu la majeure partie de sa vie: elle a tout le temps de se les remémorer dans l'hôpital de Dublin où elle attend un diagnostic. Âgée et malade, elle ne désire plus qu'une visite de sa fille, à qui elle n'a jamais cessé d'envoyer des lettres aimantes et fascinées. Eleanora, elle, a fui très jeune pour Londres l'étouffante campagne irlandaise. Elle y est désormais célèbre et détestée pour ses romans sulfureux. Quand enfin elle se rend au chevet de sa mère, c'est en coup de vent: elle prétexte un rendez-vous, et part retrouver un amant. Dans sa précipitation, elle oublie son journal intime. Quand elle s'en aperçoit, sa panique est vaine: la vie affranchie et passionnée qu'elle y consigne a sans doute tendu à sa mère un troublant miroir où celle-ci a pu reconnaître l'ombre de ses désirs passés. Eleanora découvrira, trop tard, la dimension de l'amour que lui vouait Dilly.


- Délivre-moi
de Yves Viollier
Éditions Robert Laffont / Septembre 2010


Quand les bulldozers du Mans mettent au jour un charnier datant des guerres de Vendée, la vie de Clotilde s'en trouve bouleversée. Depuis sa naissance, elle est assaillie par des images de guerre, de meurtres, de violences, associées à un visage de femme dont elle ne connaît que le nom: Setima. Longtemps suivie par des psychiatres, Clotilde a réussi à surmonter ce cauchemar. Les médicaments l'ont aidée. Son père aussi, qui l'adorait et, malgré l'opposition haineuse de sa mère, qui a réussi à prouver que cette femme était une des ancêtres de la famille ayant vécu pendant la Révolution. En grandissant, Clotilde s'est reconstruite. Devenue photographe, elle est partie travailler en Afrique dans l'humanitaire, a rencontré Marc qu'elle aime et avec qui elle a adopté un enfant centrafricain. Ils se sont installés dans la Vendée de son enfance et, si tout semble aller au mieux, Clotilde n'ignore pas que les fantômes qui la tourmentent sont toujours aux aguets. Quand les ossements des Vendéens massacrés dans la ville en 1793 s'étalent à la une des journaux, elle sait que le temps est venu de régler définitivement ses comptes avec le passé. Car ce sont bien des images de cette nuit atroce du 13 au 14 décembre 1793 qui la hantent depuis sa naissance. L'enquête de Clotilde va la conduire à découvrir le destin extraordinaire de son ancêtre.


- Désirer
de Richard Flanagan
Éditions Belfond / Septembre 2010


Dans une colonie anglaise de Tasmanie, un peintre fait le portrait d'une petite aborigène. Elle se prénomme Mathinna, elle est la fille adoptive de Sir John Franklin et de Lady Jane. Pour le gouverneur et son épouse, l'éducation de la fillette doit illustrer le triomphe de la civilisation sur l'état sauvage. En quelques mois, Mathinna devient la coqueluche de la colonie, avant de connaître un destin tragique. Des années plus tard, Londres bruit du scandale entourant la disparition de Sir Franklin, accusé de cannibalisme lors de sa dernière expédition. Désireuse de laver la mémoire de son mari, Lady Jane se tourne vers Charles Dickens, alors au sommet de sa gloire. De cette rencontre naît une pièce de théâtre qui va prendre une singulière résonance sur l'existence du grand écrivain, en proie à une grave crise conjugale.


- Divines amours
de Michaël Bracewell
Éditions Phébus / Septembre 2010


Londres, fin des années 1970: Ancien du prestigieux collège d'Eton, Miles Harrier est aussi beau que snob, et plus bourreau des cœurs que foudre de guerre. Après avoir fait perdre la tête à la fragile et artiste Kelly O' Kelly, il hésite entre les deux amies d'enfance qu'il vient juste de retrouver. D'un côté il y a Lucinda, charmante publicitaire; de l'autre Stella, mannequin inaccessible. Elles sont colocataires, ce qui n'arrange en rien les affaires de Mr Harrier. Mais il est loin de se douter que le destin va s'en mêler et que ce marivaudage s'avérera funeste, à la fois pour Kelly et pour Lucinda. Resté seul avec Stella, Miles espère entamer une passion à sa mesure. Mais l'idole se révèle aussi fascinante que frigide. Cet authentique premier amour saura-t-il s'épanouir malgré tout? Entre tendresse et ironie dévastatrice, Michaël Bracewell livre le portrait d'une génération et éclaire le chemin qui mène des enthousiasmes de la jeunesse au conformisme de l'âge adulte. Il signe une brillante comédie de mœurs où sont disséqués les jeux de l'amour et du hasard, le pouvoir de la beauté et le piège du désir.


- Fleur de sable
de Nathalie de Broc
Éditions Presses De La Cité / Septembre 2010


Ils étaient trois. Trois amis d'enfance, dans les années cinquante à Douarnenez, partageant la même passion pour la mer et une même volonté de faire fortune. Ils étaient trois garçons mais il fallait aussi compter avec Élisa, sœur de l'un, amoureuse de l'autre et secrètement adulée par le troisième. À bord de leur Fleur de Sable, fier langoustier construit de leurs mains, les trois inséparables se lancèrent vers la Mauritanie et, les saisons de pêche succédant aux saisons de pêche toujours plus fructueuses, la fortune vint. Jusqu'à ce que l'un des trois amis si pleins de certitudes commence à douter: avoir les poches pleines apporte-t-il vraiment le bonheur? Sa rencontre avec une femme, belle et mystérieuse fleur du désert, y était sans doute pour quelque chose. La donne, alors, changea du tout au tout. Et l'amitié avec. Paolig, Germain et Christian n'avaient plus les mêmes rêves et allaient le payer cher. Très cher.


- Fugue
de Anne Delaflotte-Mehdevi
Éditions Gaïa / Septembre 2010


Madeleine s'enfuit de l'école le jour de la rentrée. Sa mère, folle d'angoisse, crie son nom le long de la rivière. L'enfant est saine et sauve, mais Clothilde y perd la voix. Sa voix du quotidien, sa voix de mère, de fille, d'amie et d'amante lui fait désormais défaut. Clothilde consulte, se refuse aux traitements, se heurte à l'incompréhension de tous. Et, contre toute attente, prend des cours de chant. La voix chantée de Clothilde est belle, sublime même. Passionnée de musique depuis l'enfance, comment pourrait-elle se détourner de ce talent qui affleure? Un portrait de femme d'une tonalité bouleversante.


- Isabelle ou le crépuscule des Guanches
de Yves Jacob
Éditions Presses De La Cité / Septembre 2010


Près d'un siècle avant l'épopée de Christophe Colomb, le Normand Jean de Béthencourt part à la conquête des îles Fortunées (Canaries). Isabelle, superbe esclave guanche affranchie, sert d'interprète. Elle est tiraillée entre son amour pour Hannibal, fils d'un chef de l'expédition, et son attachement aux siens qu'elle souffre de voir asservis par ces conquérants vêtus de fer et brandissant la croix. Accusée de trahison, Isabelle est violée puis mutilée par des soudards français. Enceinte, se sentant indigne de l'homme qu'elle aime, elle décide de revenir auprès de son peuple, qui, elle le sait pourtant, condamnera son enfant à être un paria du fait de son sang étranger. La lente tragédie d'Isabelle devient alors intimement liée à celle des Guanches, gardiens de traditions séculaires, prisonniers des Européens sur leur propre terre.


- Journaux de jeunesse
de Anaïs Nin
Éditions Stock /Septembre 2010


Après la réédition des journaux intimes de Virginia Woolf, La Cosmopolite poursuit son entreprise et réunit ici l'ensemble des journaux de jeunesse d'Anaïs Nin, qui furent historiquement publiés en trois volumes séparés. Cette édition comprendra la partie inédite qui va de 1927 à 1931, pour marquer enfin la continuité de l'enfance à la rencontre avec Henry Miller. On y découvre une enfant naïve, avide de compliments et d'amour, qui cherche l'attention et la reconnaissance. Puis une jeune fille ravissante et intelligente qui fait la douloureuse expérience de la perte des illusions et de l'amour. Une jeune fille tiraillée entre son individualité et ce que sa famille et la société attendent d'elle. Sa mère, Joaquinito et Thorvald, ses frères, son père, éternelle figure de l'absent, côtoient ainsi dans ses journaux des personnages puissants et évocateurs, peintres et écrivains: D. H. Lawrence, Sinclair Lewis, Botticelli. Réalité et fantasme, quotidien et exceptionnel se croisent et se mélangent, dépeignant pour nous une époque passionnante que constituent les années 1917 à 1931. Les anecdotes croustillantes, témoignages d'un autre temps, se mêlent aux questions existentielles d'une jeune fille éprise de liberté dans un siècle qui étouffe la femme. Poèmes, chansons et petites pièces de théâtre viennent parfois se glisser entre ses confessions qui forment un récit foisonnant et éclectique. Lire ou relire les journaux de jeunesse d'Anaïs Nin, c'est comprendre l'écrivain qu'elle est devenue et découvrir avec elle la liberté d'être ce que l'on désire, sans fard et sans regrets.


- Jours toxiques
de Roxana Robinson
Éditions Buchet Chastel / Septembre 2010


Cet été-là, Julia Lambert, professeur d'art à New York et artiste peintre, accueille ses parents dans sa petite maison vétuste du Maine, au bord de l'Atlantique. Elle tient à s'occuper de son père, un ancien neurochirurgien autoritaire, et de sa mère, d'un naturel heureux et stoïque, qui perd inexorablement la mémoire. Quand Julia apprend de Steven, son fils aîné, que Jack, son cadet, se shoote régulièrement à l'héroïne, elle s'effondre. Héroïne. Le mot résonne avec incrédulité et angoisse dans cette famille cultivée, tolérante et sans histoires de la bourgeoisie américaine, et transforme ces jours de vacances en un piège tragique. Julia met tout en œuvre pour arracher son fils, esclave du velours noir que l'enfer de ses veines réclame goulûment, au danger et à une mort certaine. Elle rassemble autour de lui, pour une improbable médiation, outre ses parents et Steven, Wendell, son ex-mari, Hariett, sa sœur complexée et Ralph, un ancien héroïnomane devenu spécialiste de la désintoxication. Mais en s'invitant avec fracas au cœur d'une famille confrontée pour la première fois à l'addiction, l'héroïne convie aussi le blâme, la rage, la honte, les regrets et ravive d'intimes blessures. La tragédie de Jack fera voler en éclats les non-dits du cercle familial et révélera les failles de chacun sous les apparences du bonheur. Et s'il est vrai que le bonheur a un prix, pourquoi Jack serait-il le seul à en payer le lourd tribut?


- Juliette
de Anne Fortier
Éditions Michel Lafon / Septembre 2010


À la mort de sa tante préférée, Julie ne reçoit pour héritage qu'une mystérieuse clef, accompagnée de l'adresse d'une banque à Sienne. Elle s'envole aussitôt pour l'Italie et y trouve une liasse de papiers jaunis relatant les amours d'un jeune homme prénommé Roméo avec celle qui est sans doute son ancêtre, la belle Juliette Tolomei. La Juliette de Shakespeare. Alors que Julie déchiffre les parchemins, elle comprend que la sinistre malédiction prononcée six siècles plus tôt plane encore sur sa famille. Pourra-t-elle échapper au danger qui la guette à vouloir ainsi découvrir son destin?


- L'enquête
de Philippe Claudel
Éditions Stock / Septembre 2010


"C'est en ne cherchant pas que tu trouveras". Comment l'Enquêteur du nouveau roman de Philippe Claudel aurait-il pu s'en douter? Comment aurait-il imaginé que cette enquête de routine serait la dernière de sa vie? Chargé d'élucider les causes d'une vague de suicides dans l'entreprise d'une ville qui ressemble hélas à toutes les nôtres, l'Enquêteur est investi d'une mission qu'il doit mener à terme comme il l'a toujours fait. Des signes d'inquiétude s'emparent de lui peu à peu: l'hôtel où il s'installe accueille tantôt des touristes bruyants et joyeux, tantôt des personnes déplacées en détresse. Dans l'entreprise où il devrait être attendu afin de résoudre son enquête, personne ne l'attend et tous lui sont hostiles. Est-il tombé dans un piège, serait-il la proie d'un véritable cauchemar? On l'empêche de boire, de dormir, de se nourrir, on ne répond jamais à ses questions que par d'autres questions. Le personnel même est changeant, soit affable soit menaçant. À mesure qu'il avance dans ses découvertes, l'Enquêteur se demande s'il n'est pas lui-même la prochaine victime d'une machine infernale prête à le broyer comme les autres. On devine ainsi que l'impuissance de l'Enquêteur à clore son enquête reflète notre propre impuissance face au monde que nous avons construit pour mieux nous détruire


- L'entravée
de Ismail Kadaré
Éditions Fayard /Septembre 2010


Linda B. est une jeune fille aux rêves à première vue des plus simples: entre autres visiter la capitale de son pays. Mais c'est précisément ce qui lui est impossible. Dans la plupart des pays communistes existait une loi interdisant cet accès à une catégorie de gens dont Linda fait partie. Sa condition de reléguée évoque celle d'Eurydice, "entravée" elle aussi, et retenue aux enfers. Linda B. est vivante, elle, mais les lois de l'État albanais sont encore plus inflexibles que celles de la mort. Pourtant, une amie lycéenne, dans le rôle de la "passeuse", essaie de l'arracher à son assignation à résidence, du moins son enveloppe corporelle. Un dramaturge, de son côté, tente d'en extraire sa composante spirituelle. Réunie corps et âme, va-t-elle pouvoir accéder un jour à la réalisation de ses rêves? Dans cette œuvre majeure mariant, comme souvent chez lui, les mythes immémoriaux et une actualité historique à peine refroidie, Ismail Kadaré revient ici sur l'antique pacte d'Orphée, mais par une approche singulière, en essayant d'en décoder un aspect resté jusqu'ici inexpliqué.


- L'ombre en fuite
de Richard Powers
Éditions 10-18 / Septembre 2010


Adie Klarpol, jeune artiste désillusionnée, est engagée par une société d'informatique pour œuvrer sur un mystérieux système expérimental, baptisé "la Caverne". Ce fabuleux simulateur d'univers virtuels en 3D permet, comme par magie, de revisiter les chefs-d'œuvre de l'art. Au même moment à Beyrouth, Taimur Martin, professeur d'anglais, est pris en otage par des fondamentalistes islamistes. Isolé dans son cachot, seules sa mémoire et son imagination lui autorisent un peu d'évasion. Les deux histoires, l'une virtuelle, l'autre purement cérébrale, apparemment inconciliables, vont alors se nouer et entrer en connexion, pour le meilleur ou le pire.


- La ballade de Lila K
de Blandine le Callet
Éditions Stock / Septembre 2010


La ballade de Lila K, c'est d'abord une voix: celle d'une jeune femme sensible et caustique, fragile et volontaire, qui raconte son histoire depuis le jour où des hommes en noir l'ont brutalement arrachée à sa mère, et conduite dans un Centre, mi-pensionnat mi-prison, où on l'a prise en charge. Surdouée, asociale, polytraumatisée, Lila a tout oublié de sa vie antérieure. Elle n'a qu'une obsession: retrouver sa mère, et sa mémoire perdue. Commence alors pour elle un chaotique apprentissage, au sein d'un univers étrangement décalé, où la sécurité semble désormais totalement assurée, mais où les livres n'ont plus droit de cité. Au cours d'une enquête qui la mènera en marge de la légalité, Lila découvrira peu à peu son passé, et apprendra enfin ce qu'est devenue sa mère. Sa trajectoire croisera celle de nombreux personnages, parmi lesquels un maître érudit et provocateur, un éducateur aussi conventionnel que dévoué, une violoncelliste neurasthénique en mal d'enfant, une concierge vipérine, un jeune homme défiguré, un mystérieux bibliophile, un chat multicolore. Roman d'initiation où le suspense se mêle à une troublante histoire d'amour, La ballade de Lila K est aussi un livre qui s'interroge sur les évolutions et possibles dérives de notre société.


- La confidence de l'ange
de J. L. Calyel
Éditions Cherche Midi / Septembre 2010


William, Jessy. Deux jumeaux que tout oppose. Depuis leur plus tendre enfance, leur parcours est jalonné de défis relevés parfois au péril de leur vie. La fraternité a fait place à une haine féroce sous l'œil absent d'un unique parent. Un père absorbé par une vie très active et une mère disparue trop tôt dans le cœurs d'un enfant: celui de Jessy. Mamie Jo, la gouvernante, tente depuis toujours de combler les carences affectives et maintenir un équilibre familial fragile. Malgré ses efforts et son amour, la situation se dégrade un peu plus chaque jour. Les altercations se succèdent entre les garçons devenus adolescents. Seul refuge pour Jessy, l'écriture et l'intime conviction d'être accompagné de maman. Les confidences chuchotées en prière et les faits inexpliqués, dont il est le seul témoin, soulignent le lien indestructible qui l'unit à elle pour l'éternité. À l'âge adulte, chacun des jumeaux embrasse une carrière opposée. Les années passent. Le lien fraternel est définitivement rompu. Jusqu'au jour où un événement bouleverse l'ordre des choses jusqu'à ébranler les fondements de la vie.


- La couleur des sentiments
de Kathryn Stockett
Éditions Jacqueline Chambon / Septembre 2010


Chez les Blancs de Jackson, Mississipi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine et s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre État, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée. Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, a pu partir sans même lui laisser un mot. Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante. Passionnant, drôle, émouvant, La Couleur des sentiments a conquis l'Amérique avec ses personnages inoubliables. Vendu à plus de deux millions d'exemplaires, ce premier roman, véritable phénomène culturel outre-Atlantique, est un pur bonheur de lecture.


- La petite Malika
de Habiba Mahany et Mabrouck Rachedi
Éditions JC Lattès / Septembre 2010


Dès 5 ans, Malika est repérée pour ses dons exceptionnels. Pour elle qui tient les comptes de la famille, les jeux de maternelle sont enfantins. Comment s'épanouir dans un milieu sourd et aveugle à ses talents? Avec une mère persuadée que"précoce" est synonyme de" grossesse précoce" et qui refuse que sa fille saute une classe. Trop mature pour ses copines, trop singulière pour les adultes, Malika cultive sa différence. À 13 ans, son destin bascule, lorsqu'elle se retrouve isolée dans une chambre d'hôpital. Entre la vie et la mort, elle découvre Nietzsche et la philosophie qu'elle expérimente avec un enthousiasme qui déborde parfois. Écrit à deux voix par des enfants de la banlieue, La Petite Malika est un roman plein de fraîcheur et de drôlerie qui évoque avec délicatesse la difficulté de grandir.


- La solitude du Docteur March
de Geraldine Brooks
Éditions Belfond / Septembre 2010


Dans le Massachusetts, à Concord, un homme quitte femme et enfants pour s'engager auprès des nordistes. Un père aimant, mari fidèle et abolitionniste convaincu: le docteur March. Enrôlé comme aumônier, March va bientôt voir ses certitudes ébranler par les atrocités commises sur le champ de bataille. Mais rien n'aurait pu le préparer à retrouver celle qu'il n'a jamais pu oublier: la belle et douce Grace, une esclave rencontrée vingt ans plus tôt. Entre attirance tragique et culpabilité dévorante, engagements humanistes et devoirs familiaux, lynchages publics et mise à sac de plantations, March va devoir affronter des épreuves qui le changeront à jamais. Seul face à lui-même, sur une terre où s'effacent les frontières entre le bien et le mal.


- Le buveur
de Hans Fallada
Éditions Denöel / Septembre 2010


Erwin Sommer, citoyen estimé de sa ville, mène une vie paisible, heureux propriétaire d'un florissant magasin de produits agricoles, marié depuis quinze ans à Magda. Une série d'échecs professionnels et de tensions grandissantes dans son couple l'entraîne à boire: il découvre la plénitude de l'ivresse, les joies de la débauche et de l'oubli. Lucide sur sa dépendance et sa lâcheté, Sommer continue malgré tout, toujours plus bas, toujours plus vite, à faire le choix de l'alcool, des compagnons de misère et du suicide social. D'humiliations sordides en cuisantes défaites, de formidables beuveries en terribles disputes avec sa femme, il finit derrière les barreaux où il entame une monumentale gueule de bois. Peinture réaliste des bas-fonds de la société allemande et des recoins les plus sombres de l'âme humaine, ce récit écrit en 1944 est à la fois un brûlant témoignage d'une atroce dépendance dont Fallada lui-même ne réussit jamais à se débarrasser, et une extraordinaire peinture des mœurs sociales, judiciaires et pénitentiaires d'une époque. Du grand Hans Fallada, noir et grinçant.


- Le jour où le ciel s'en va
de Jean-Philippe Domecq
Éditions Fayard / Septembre 2010


Ça commence sur une plage d'été, bondée, du temps on y allait en foule, avec ses criailleries, sa torpeur d'ennui trompé en masse. Tout va bien, comme toujours. Vers six heures, deux coups de vent, les ballons qui s'envolent, les piquets et fanions qui sifflent, les nappes des paillotes qui se soulèvent. Et puis, rien. Deux heures plus tard, c'est la Rafale. Tout le sable soulevé. Jusqu'au dessus de la falaise d'immeubles d'été, jusqu'aux parkings et routes où fuiront, après le souffle qui a tout aspiré, les marées de voitures en panique. Dans les bars, les rues, les halls d'hôtels, les gens se sont engouffrés, n'entendant même pas que leurs cris ne résonnaient plus qu'en eux. C'était comme un écho qui aurait siphonné le son, se dira-t-on plus tard. Et certains, les uns partis vers les dunes et d'autres réfugiés dans une villa abandonnée, sont assez loin de tout ça pour remarquer que le ciel paraît se tendre inexorablement, lisse, en rideau peu à peu tiré vers un fond qui là-haut s'éclaire jusqu'à l'aube, comme si apparaissait l'espace derrière… derrière le ciel, pour le dire à l'humaine. Pendant ce temps, bien sûr, les êtres continuent leurs petites intrigues; mais, dépassés, ne comprenant rien à "ce qui arrive", ils communiquent et perçoivent comme jamais.


- Le pas de l'adieu
de Giovanni Arpino
Éditions Belfond / Septembre 2010


Comme tous les dimanches, le Pr Giovanni Bertola reçoit la visite de son ancien élève, Carlo Meroni. Comme tous les dimanches, les deux amis se lancent dans une âpre partie d'échecs. Comme tous les dimanches, ils discutent à bâtons rompus de sciences, de mathématiques, de philosophie, des femmes, de la vie. Un jour, l'irruption d'une inconnue, Ginetta, stupéfiante d'aisance et de désinvolture, va bousculer leur routine. Si elle s'offre sans états d'âme à Carlo, c'est le vieux professeur, cet homme fier et profondément irrévérencieux, qui fascine Ginetta. Jusqu'à cette nuit ou Carlo confie à la jeune femme l'étrange promesse qu'il a faite à Bertola. La découverte du pacte secret qui unit les deux hommes va précipiter l'issue de cette ultime partie d'échecs.


- Le plus bel endroit du monde est ici
de Miralles et Santos
Éditions Fleuve Noir / Septembre 2010


Iris a trente-six ans et des idées noires plein la tête. Ses deux parents viennent de mourir dans un tragique accident et, en une seconde, toute sa vie a basculé. Par un après-midi froid et gris, elle songe même à en finir. Son regard se pose alors sur la devanture d'un café auquel elle n'avait jamais prêté attention auparavant. Son nom étrange, Le plus bel endroit du monde est ici, éveille sa curiosité. À l'intérieur, il ne reste qu'une table libre, l'homme derrière le comptoir l'invite à s'y asseoir. Sans trop savoir pourquoi, Iris se laisse guider et fait bientôt une rencontre touchante, inoubliable, magique. Il s'appelle Luca, il est italien et, pendant six jours d'affilée, ils vont se retrouver dans cet endroit hors du temps, loin des soucis du quotidien. Petit à petit, Iris retrouve le sourire. Mais l'après-midi du septième jour, Luca ne réapparaît pas. Iris comprend qu'il ne reviendra plus mais, surtout, qu'il lui a ouvert une porte dont elle ne soupçonnait pas l'existence: celle du bonheur. Le plus bel endroit du monde est ici, huit petits mots qui vont tout changer, sa vision du monde, sa vie et peut-être la vôtre.


- Les jeux de la nuit
de Jim Harrison
Éditions Flammarion / Septembre 2010


Dans la veine de ses plus grandes nouvelles, tisse trois destins solitaires, trois personnages tragiques en quête de rédemption qui évoluent dans l'Amérique idéale de l'écrivain, aux habitants aussi rudes que les saisons du Montana. On découvre Sarah, une adolescente qui cherche à assouvir un désir de vengeance irrépressible après l'agression dont elle a été victime à l'âge de quinze ans. On retrouve avec délectation Chien Brun, à la recherche de l'âme sœur. Et enfin un loup-garou en proie à de terribles accès de violence les soirs de pleine lune. Avec humour, émotion et une profonde humanité, Jim Harrison justifie une fois de plus son statut de maître de la littérature américaine.


- Les ombres du souvenir
de Roger Martin
Éditions Cherche Midi / Septembre 2010


Héléna Rénal est encore une jeune fille lorsqu'elle est condamnée pour parricide. Vingt ans plus tard, innocentée, c'est une femme meurtrie mais combative qui sort de la prison de Rennes, bien décidée à utiliser l'argent de son indemnisation pour venir en aide à d'autres victimes d'erreurs judiciaires. À la tête de L'Agence du dernier recours, basée à Avignon, elle mène depuis trois ans des contre-enquêtes difficiles sur la seule foi de son intime conviction. Un jour, elle reçoit la visite de Jennifer, une ancienne codétenue qui l'a beaucoup épaulée. Celle-ci la supplie d'enquêter sur la mort d'une amie en prison, décès d'autant plus suspect que deux de ses frères ont, eux aussi, connu une fin mystérieuse dans d'autres établissements pénitentiaires. Entre Avignon, Paris et Le Gévaudan, Héléna Rénal ira de surprise en surprise au cours d'une recherche mouvementée durant laquelle elle recevra le soutien inattendu d'un lieutenant de gendarmerie, David El Khaïdi, en quête d'une personne disparue. Ensemble, ils devront surmonter des épreuves périlleuses et déjouer les pièges d'adversaires sans scrupule avant de mettre en lumière des faits incroyables et de dénouer les derniers fils d'une histoire tragique et violente.


- Les quatre morts de Jean de Dieu
de Andrée Chedid
Éditions Flammarion / Septembre 2010


"Elle aurait aimé crier, se battre, soustraire Jean à cette fin. Elle aurait tant voulu prolonger leurs âges, vivre jusqu'au bout. Qu'ils s'accompagnent mutuellement, longuement, le plus longuement possible et entrer dans la nuit ensemble en se tenant la main. Maintenant il fallait peu à peu envisager, admettre, accepter le poids de cette main froide, qui n'avait plus de vie, qui n'avait plus de sens. Admettre, accepter, se résigner. Non. Jamais. Ce serait comme trahir". De la guerre d'Espagne à la chute du mur de Berlin, Andrée Chedid fait le portrait d'un enfant du siècle dans ce roman profond et émouvant qui est comme la quintessence de toute son œuvre.


- Lait noir
de Elif Shafak
Éditions 10-18 / Septembre 2010


Comment concilier l'écriture et la maternité? Dans ce roman polyphonique, Elif Shafak fait parler les voix intérieures qui depuis toujours l'ont questionnée et raconte sa propre expérience. Miss Cynique Intello, miss Ego Ambition, miss Intelligence pratique, Dame Derviche, Maman Gâteau et Miss Satin Volupté sont autant de petites créatures mentales et capricieuses, qui tentent de s'imposer à l'esprit d'une trentenaire en mal de repères. Convoquant de grandes figures littéraires telles que Simone de Beauvoir ou Virginia Wolf, Elif Shafak conte avec humour et érudition, la bataille rangée de la femme d'hier, d'aujourd'hui et de demain, pour nous dire que tout lui est possible.


- Lunar park
de Bret Easton Ellis
Éditions 10-18 / Septembre 2010


Où s'arrête le réel? Où commence la fiction? Dans cette œuvre introspective, Bret Easton Ellis nous dévoile les coulisses de sa vie d'écrivain. Usé par ses excès, l'auteur sulfureux décide de se ranger. Mais un nouvel assaut de dérapages contrarie le tableau idyllique et, très vite, l'autobiographie vire au cauchemar.


- Lycée out
de Claire Loup
Éditions Plon / Septembre 2010


Que faire quand on a un petit ami qui a le mauvais goût de vous quitter en expédiant une carte postale sans même la glisser dans une enveloppe? Pleurer? Ce n'est pas le genre d'Emma. Se venger, sûrement, d'autant qu'il est davantage question d'amour-propre que de grands sentiments. Et la vengeance d'Emma est somptueuse, imaginative, inattendue. L'amoureuse délaissée devient une redoutable combattante, une "Napoléonienne de l'amour", comme elle se surnomme elle-même. Le seul détail que la brillante stratège a négligé, c'est qu'elle attirerait l'attention d'un garçon inconnu qui lui donnerait la réplique en se dissimulant sous le pseudo de Don Juan.


- May le monde
de Michel Jeury
Éditions Robert Laffont / Septembre 2010


May a dix ans. Peut-être est-elle en train de mourir. Le Dr Goldberg l'a envoyée en vacances dans la maison ronde, au milieu de la forêt, rejoindre quatre locataires, Thomas et Lola, Nora et la docteure Anne. Ils sont chargés en fait de distraire les enfants malades. Et de leur apprendre le monde. Un monde qui ressemble au nôtre. Mais qui n'est pas le nôtre, qui en est prodigieusement distinct et distant, sur une autre "brane". Ou tout, en réalité, est différent, subtilement ou violemment. Le Dr Goldberg vous expliquera ça. Encore heureux qu'il y ait le changement, sans lequel la vie ne vaudrait pas d'être vécue. La langue de ce roman est étrange. Ce n'est pas tout à fait la nôtre. C'est celle d'un autre univers, parallèle si l'on veut, autorisé par la théorie des cordes, et ou les personnages ont la faculté de passer d'un monde à l'autre, voire peut-être de créer des mondes, la faculté de changer. May le monde est peut-être le monde que la petite May mourante est en train de se créer pour y vivre (qui sait?) à jamais. Peu de romans de science-fiction sont aussi bouleversants. Aucun n'a jamais été aussi loin dans l'originalité en s'attaquant aux règles même du langage sans jamais sombrer dans l'inintelligibilité ou l'obscurité.


- Mémoire vive
de Vanessa Caffin
Éditions Belfond / Septembre 2010


Du haut de ses trente ans, Sara n'a jamais su pleurer. Elle ne peut pas; son corps est sec. Elle vit seule, sans amis, et se tient à l'écart des hommes. Journaliste dans un grand quotidien, elle fait illusion auprès de ses collègues et de sa famille, qui la voient comme une personne curieuse et engagée, quoique indéchiffrable. Alors qu'elle peine déjà à faire le deuil de son grand-père, sa grand-mère Minouche lui confie un secret. Elle a aimé pendant la guerre un autre homme, un peintre, qui serait son véritable grand-père. Bien décidée à retisser le fil de l'histoire, Sara part dans le Sud-Ouest à la rencontre de cet hypothétique parent. Mais comment enquêter sur ses aïeux quand on a soi-même tant de mal à construire sa vie? Confrontée à la mort, à la jalousie, à la maladie et à sa propre fragilité, Sara s'enlise dans sa quête et déterre peu à peu les secrets. Mais la vérité est peut-être plus insidieuse qu'on ne le croit. Et personne n'en ressortira indemne.


- Mes alliances
de Elizabeth Gilbert
Éditions Calmann Lévy / Septembre 2010


À la fin de son périple autour du monde qu'elle relata dans Mange, Prie, Aime, Elizabeth Gilbert s'éprenait de Felipe, citoyen australien natif du Brésil. Ils se jurèrent fidélité, mais, échaudés par des séparations douloureuses, se promirent de ne jamais convoler en justes noces. Le Ciel, ou plutôt l'immigration américaine, en décida autrement: le couple serait obligé d'envisager une union officielle afin que Felipe puisse remettre les pieds aux États-Unis. "Condamnée" à se marier, Elizabeth Gilbert résolut de juguler sa peur de l'institution en s'y intéressant de plus près. Pendant près d'un an, et tout en parcourant l'Asie du Sud-Est avec son compagnon dans l'attente d'un visa en règle, elle se consacra à l'étude de ce sujet. Mes alliances est le fruit des réflexions d'une femme qui a cherché à se réconcilier avec l'idée du mariage.


- Moins que zéro
de Bret Easton ellis
Éditions Robert Laffont / Septembre 2010


Clay, jeune étudiant sur la côte Est, revient à Los Angeles pour les vacances de Noël. Il erre de fête en fête, avec les filles et fils de riches producteurs, essaye diverses drogues, se demande ce qu'il éprouve pour sa petite amie, couche avec celles et ceux qu'il croise, au hasard des rencontres. Il observe avec un froid détachement le mal-être, le désœuvrement désabusé et halluciné de ceux qui l'entourent, l'angoisse, le vertige tapis dans l'apparente indifférence, la recherche incessantes de plaisirs, l'accoutumance l'apathie, et le vide qui les consument. Clay remarque sur les panneaux publicitaires de L.A. cette étrange injonction "Disparaître ici". Dans ce monde miroitant, factice, qui ne parvient plus à masquer le désespoir et la violence qu'il engendre, il est difficile de rester en vie. Le sexe, l'ivresse, l'argent n'apportent ni le bonheur ni la puissance escomptés. Mais ils demeurent peut-être les derniers objets du désir, pour se sentir encore vivant.


- Onze rêves de suie
de Manuela Draeger
Éditions de l'Olivier / Septembre 2010


À l'occasion d'une manifestation interdite, la bolcho pride, un groupe de jeunes gens se lance dans une opération gauchiste qui échoue. Ils se retrouvent piégés dans un bâtiment en flammes. Ils invoquent alors la figure de la Mémé Holgolde, une grand-mère immortelle qui a dominé leurs années d'orphelinat, de ghetto et de violence, et qui a formé leur sensibilité à la révolution mondiale et au merveilleux. Tandis que l'incendie fait rage, ils se remémorent le monde qu'ils ont connu, peuplé de soldats, d'invalides, de pogromistes, d'enfants inquiets et d'adultes qui n'ont plus d'espoir. À leurs souvenirs se mêlent les contes de leur enfance, en particulier les aventures de l'éléphante Marta Ashkarot, qui marche sans fin d'existence en existence. Et bientôt eux-mêmes deviennent des créatures féeriques: des cormorans étranges qui maîtrisent l'écoulement du temps et vivent dans le feu. Immobiles dans le brasier, ils échangent fraternellement leurs identités. Ils rêvent. Ils écoutent une célèbre chanteuse soviétique. Leurs mémoires se rejoignent. Ils sont ensemble. Pour toujours.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 12:28

- Pied-de-mouche
de Adam Mars-Jones
Éditions JC Lattès / Septembre 2010


Je ne suis pas certain de pouvoir prétendre avoir pris place dans l'alphabet humain, même en tant que vingt-septième lettre honoraire. Je suis plutôt comme un signe de ponctuation particulier, une cédille, un umlaut ou un pied-de-mouche, difficile à dénicher sur le clavier d'un ordinateur ou d'une machine à écrire. Voici un pied-de-mouche: C'est le nom de plume de John Cromer. Il est excentrique, marginal, à peine présent dans les interstices de la vie des autres. Atteint depuis sa petite enfance de la rare maladie des os de verre qui le cloue au lit, John Cromer développe une intense réflexion et sonde intérieurement les possibilités du langage et de l'imagination. D'une façon ou d'une autre, il doit sortir de son carcan de reclus pour se faire une place dans le monde. Pied-de-mouche est l'exploration d'une vie solitaire mais riche, une histoire passionnante avec ses seconds rôles de goules, de surveillantes et d'aventuriers sexuels.


- Sommeil des Dieux
de Erwin Mortier
Éditions Fayard / Septembre 2010


Une très vieille femme, Helena, se remémore sa très longue vie, qu'elle consigne dans des cahiers que personne ne lira jamais. Les dialogues avec Rachida, l'infirmière marocaine qui s'occupe d'elle, constituent son seul contact avec le monde actuel, après le décès de sa fille, de son époux et de son frère. Le monde d'Helena, petite-fille d'un grand propriétaire terrien de Flandre française et fille d'un négociant flamand de Gand, est celui de la Belle Époque, à la lisière de deux pays et de deux langues. À la veille de la Première Guerre mondiale, elle part avec sa mère et son frère passer les vacances d'été dans la famille de sa mère, ce séjour en France durera toute la guerre. Le théâtre de la destruction devient, pour Helena, le théâtre d'une initiation sexuelle et d'une libération personnelle. Écrit dans la langue sensuelle, lyrique, et poétique qui constitue la petite musique d'Erwin Mortier, Sommeil des Dieux est la description de l'étrange contradiction, presque surréaliste, qu'offre la guerre: orgie de violence gratuite, absurde, mais aussi, de manière perfide, spectacle sublime d'un gigantesque feu d'artifice. Il émane de ce récit empli de non-dits un charme et une fascination jamais morbides.


- Sors de ce corps, William !
de David Safier
Éditions Presses De La Cité / Septembre 2010


Deux dans un corps, c'est un de trop. Afin de réparer ses erreurs et reconquérir l'homme de sa vie, Rosa décide d'avoir recours aux services de Prospero, un magicien soi-disant capable de faire voyager les gens dans le passé. Et voilà comment la jeune femme se réveille dans la peau du génial William Shakespeare. Lequel, oh dear, n'apprécie pas vraiment cette cohabitation forcée. Loufoque, rythmée et profondément humaine, la nouvelle comédie de David Safier offre un grand moment de divertissement


- Suite(s) impériale(s)
de Bret Easton Ellis
Éditions Robert Laffont / Septembre 2010


Clay, l'anti-héros du premier best-seller de Ellis, Moins que zéro, revient à Los Angeles. Il a vingt ans de plus, il est un peu plus vieux, un peu plus seul et désœuvré. Il retrouve ceux qu'il a connus dans sa jeunesse, Blair, Trent, Julian, Rip... les représentants d'une génération dorée et perdue, abandonnés à la vacuité, la solitude et la vanité qui les détruisent. Producteur associé à l'adaptation cinématographique de son dernier scénario, Clay participe au casting du film, joue de son pouvoir, séduit Rain, une jeune actrice sublime et sans talent, lui fait de fausses promesses. Il est prêt à tout pour la posséder. Mais qui manipule qui? Clay découvre vite qu'il est constamment observé et suivi.


- Surtout ne pas déranger !
de Tilly Bagshawe
Éditions Belfond / Septembre 2010


Honor Palmer a un rêve: rendre à l'hôtel familial, jadis le joyau des Hamptons, sa splendeur d'antan. Et elle a fort à faire entre les dettes contractées par son père, les exigences financières démentielles de sa sœur et les travaux de remise aux normes. Mais le pire est à venir: juste au moment ou Honor pense avoir la tête hors de l'eau, voici qu'AntonTisch, un riche homme d'affaires au passé sulfureux, entreprend d'ouvrir un hôtel non loin de là. Surtout, il en a confié la gérance à Lucas Ruiz. Entre l'héritière déchue et le self-made-man majorquin, la guerre est déclarée. Des Hamptons à Manhattan, en passant par Boston, Paris et Monte-Carlo, Honor et Lucas vont se livrer une bataille sans merci pour régner sur le monde des palaces. À moins qu'ils aient plus à gagner en cédant à l'attirance qui les pousse irrésistiblement l'un vers l'autre.


- The anomalies
de Joey Goebel
Éditions 10-18 / Septembre 2010


Dans une petite ville du fin fond du Kentucky, ils sont une brochette de cinq déjantés, réunis pour former le plus hallucinant des groupes de rock. À la guitare, Opal, octogénaire rebelle en t-shirt punk et bottes à franges. À la basse, Ember, 8 ans seulement, mais déjà aussi caractérielle que la pire des ados. Une bombe sexuelle frigide à la batterie, un Irakien gay aux claviers, et derrière le micro, Luster, le black intello-bizarre. Entre trajectoires improbables et délire collectif permanent, ils répètent pendant des semaines, bien décidés à mettre le feu, et voilà qu'une scène s'offre soudain à leur groove ravageur. En ville comme pour chacun d'entre eux, rien ne sera plus jamais comme avant. Vous avez dit rock'n'roll?


- Traîne pas trop sous la pluie
de Richard Bohringer
Éditions Flammarion / Septembre 2010


"Je suis arrivé devant l'hôpital posé à quai comme un cargo la nuit. Ses lumières immobiles sous la pluie. Planté là sous le néon, dégoulinant de l'averse. Le vent frissonne sur les flaques. Quelqu'un marche vite. Un taxi ferme sa lumière. J'y suis. J'ai demandé au toubib, perdu au milieu des perfus, des chariots, des solitaires sans un son, et puis d'autres qui en ont marre. On sait plus si c'est de la vie. J'ai demandé au toubib s'il me gardait cette nuit. Il a dit oui". Richard Bohringer


- Un livre de raison
de Joan Didion
Éditions Robert Laffont / Septembre 2010


Un Livre de raison est un chef-d’œuvre sur l'innocence et le mal. Dans son style habituel, sensible et tranchant, Joan Didion continue d'explorer l'atomisation de la société contemporaine en faisant le portrait de deux femmes aux prises avec l'implacable réalité d'une vie à la marge, dans un pays au futur incertain. La narratrice du roman, Grace Strasser-Mendana, est d'origine américaine, mais elle est devenue par son mariage, puis par son veuvage, une propriétaire riche et influente de Boca Grande, petite "république" fictionnelle et délabrée d'Amérique Centrale. De sa formation d'ethnologue elle a conservé une passion pour l'observation des êtres humains, et si elle possède une grande partie des richesses du pays, elle en connaît aussi tous les secrets. Alors qu'elle se meurt lentement d'un cancer, Grace mène une dernière enquête autour de Charlotte Douglas, une belle Américaine de quarante ans échouée à Boca Grande dans l'espoir de retrouver sa fille rebelle en fuite, et qui a été abattue d'une balle dans le dos au cours d'une des nombreuses révolutions qui secouent le pays.


- Frères de sang
de Richard Price
Éditions Presses De La Cité / Août 2010


Le Bronx, dans les années 1970. À bientôt dix-huit ans, il est temps pour Stony de choisir son chemin. Tout le pousse à suivre les pas de son père, et à devenir électricien? Une perspective qui ne l'enchante guère. Mais entre une petite amie volage, un jeune frère anorexique qu'il essaie de protéger de leur mère et une famille envahissante, Stony n'a pas le temps de penser à son avenir. Pourtant, lorsqu'il trouve un emploi dans un hôpital, il se prend à rêver d'une autre vie que celle à laquelle la tradition familiale le destine. Mais pourra-t-il échapper à ses origines? Véritable tragédie de l'ordinaire, cette chronique d'une famille unie mais dysfonctionnelle, écrite alors que Richard Price n'avait même pas trente ans, était inédite en France jusqu'à ce jour.


- À la folle jeunesse
de Ann Scott
Éditions Stock / Août 2010


"C'est le dernier jour, mais je ne le sais pas encore. Exactement comme au moment où a été pris ce Polaroïd. Je dois avoir dix ans, mes yeux sont plissés de fureur parce qu'on me force à me tenir face au soleil ou parce que je n'existe qu'en photo; le tee-shirt bleu ciel des Dents de la mer ne me rappelle rien, le banc de sable qu'on devine flou derrière non plus, et du jour où cette photo a été prise, je ne sais que ce qu'on m'en a dit: qu'après l'avoir éventée pour la faire sécher, au lieu de l'empocher comme n'importe quel parent, ma mère me l'a tendue comme si elle ne voyait vraiment pas quoi en faire. Maintenant je la regarde sans me reconnaître tant je n'ai aucun souvenir d'avoir été aussi déterminée, aussi certaine, à cet âge, de ce que j'étais et de ce que je refuserais de devenir, et je finis par penser que si je dois quelque chose à quelqu'un, c'est à cette gamine énervée qui ne fixait pas sa mère mais un point déjà bien au-delà". Au fil d'une journée où se croisent ceux qu'on a trop aimés ou pas assez, un passé resurgit et se déconstruit peu à peu. À la folle jeunesse exprime, avec le plus de sincérité possible, les plus gros mensonges. Et inversement.


- Ardoise
de Philippe Djian
Éditions 10-18 / Août 2010


"Il y a cette idée de devoir quelque chose. D'être redevable. D'avoir une ardoise quelque part. Et un jour, il faut régler ses comptes. Ma dette, envers certains écrivains, ne sera jamais réglée. Je ne m'en acquitte que d'une faible part.D'un cœurs joyeux". Philippe Djian


- Bamako climax
de Elizabeth Tchoungui
Éditions Plon / Août 2010


Elliott Marie-Rose est Antillais, Elio Della Valle, juif italien. Tous deux sont amoureux de Céleste, la reporter afropéenne mondaine, aventureuse et fantasque. Mais paralysés par leur problème d'identité, ils échouent à l'aimer vraiment: Elio, son mari, ne peut s'empêcher de la tromper; Eliott, son amant, n'arrive pas à dépasser le cap du marivaudage. Un jour, alors que de violents attentats terroristes frappent les intérêts occidentaux des franges du Sahara au golfe de Guinée, Céleste disparaît en Afrique. Aurait-elle fui ses désillusions amoureuses pour se lancer dans une dangereuse aventure au cœurs du continent originel?


- Béatrice et Virgile
de Yann Martel
Éditions Flammarion / Août 2010


Henry, romancier à succès, a décidé qu'il n'écrirait plus. Jusqu'au jour où il reçoit un extrait d'une pièce de théâtre accompagné d'un mot lui demandant son aide. L'auteur, un taxidermiste étrange et manipulateur, lui présente ses curieux personnages: Béatrice et Virgile, une ânesse et un singe empaillés. À mesure qu'il découvre la pièce, Henry est hanté par les expériences traumatisantes qu'endurent les deux animaux. Au point d'en voir sa vie bouleversée. Véritable réflexion sur le mal, Béatrice et Virgile est un roman dérangeant.


- Bifteck
de Martin Provost
Éditions Phébus / Août 2010


Chez Plomeur, à Quimper, on est boucher de père en fils. En pleine Première Guerre mondiale, le tout jeune André se découvre un don pour faire "chanter la chair", et pas n'importe laquelle: celle des femmes, dont la file s'allonge devant la boucherie. Leurs hommes partis au front, celles-ci comptent sur André pour goûter au plaisir suprême. Hélas, le conflit touche à sa fin et les maris reviennent. Un matin, le boucher trouve sur le pas de sa porte un bébé gazouillant dans un panier en osier, puis un deuxième, un troisième. Du jour au lendemain, le voilà père de sept enfants, et poursuivi par un époux jaloux décidé à lui faire la peau. Avec la chair de sa chair, André s'enfuit à Concarneau et affrète un bateau. Direction l'Amérique. Martin Provost sort des sentiers battus pour nous proposer une fable savoureuse, où il est question de sensualité, de paternité et du rapport à notre terre nourricière. Il y a du Gargantua et du Robinson Crusoë dans ce Bifteck exquis et étonnant, à consommer sans modération.


- Black Rock
de Amanda Smyth
Éditions Phébus / Août 2010


"Une âme s'en vient, une autre s'en va", disait souvent Tante Tassi, quand elle expliquait à la belle Celia que sa mère était morte en lui donnant le jour. Elle l'avait recueillie, et élevée auprès de ses deux filles, Vera et Violet, et de son second mari, Roman. Roman était pour Celia le diable en personne. Un être pernicieux, misérable et détestable; une brute alcoolique, doublé d'un coureur de jupons. Elle aurait aimé se tromper, mais, le jour où elle devint femme, il commit l'irréparable et lui fit découvrir l'enfer. Le soir même, ne pouvant s'imaginer dormir une nuit de plus sous le toit de cet infâme personnage, elle s'enfuit du village de Black Rock à Tobago et entama, sans le savoir, un bouleversant voyage intérieur, celui vers l'âge adulte. D'une plume intense et subtile, Amanda Smyth signe avec Black Rock un premier roman aussi luxuriant que les paysages caribéens traversés par son héroïne.


- Bons baisers de la montagne
de Noémie de Lapparent
Éditions Julliard / Août 2010


Ne jamais faire confiance à quiconque souhaiterait faire votre bonheur malgré vous, sous peine d'être expédié en enfer. Démonstration dans ce premier roman drôle, grinçant, loufoque, décalé, et totalement ébouriffant. Rien de plus ennuyeux qu'une station de sports d'hiver quand on n'a pas les moyens de se payer ni les remontées mécaniques ni la location de skis. Pourtant, "Péril rouge", ainsi que la surnomme ses amis, a fini, faute de mieux, par accepter l'invitation de ses cousins. Un soir, elle apprend l'existence d'un garçon étrange, vivant dans un chalet non loin de là, que ses parents ont tenu enfermé dans un placard depuis sa naissance. Le jour de sa délivrance, à la mort de ses tortionnaires, Paul K., devenu adulte, a choisi de continuer à vivre seul dans sa ferme alpine, sans jamais mettre le pied dehors.Auprès des habitants de la région, il jouit désormais d'une réputation de sage et malgré son isolement, on lui prête une connaissance profonde des sentiments humains, on vient le consulter dans la détresse et chacun en ressort réconcilié avec lui-même. La jeune femme, elle, a toujours été attirée par les mystiques. C'est décidé, Paul K sera son guide. Au terme d'une expédition calamiteuse, bien qu'exaltante, Péril rouge parvient enfin à rencontrer l'énigmatique ermite de la montagne. Mais rien ne se passe comme prévu. Si dans un premier temps on est séduit par la cruauté, l'auto-dérision et l'humour (noir) qui conduisent ce récit, on s'aperçoit très vite qu'une réflexion profonde se cache derrière le comique de situation. Bons baisers de la montagne évoque le rôle du fantasme dans la rencontre amoureuse, interroge les limites de la prise de pouvoir sur la vie d'autrui. Des thèmes d'une grande originalité qui font de ce roman une comédie à la fois haletante et subtile dont le dénouement inattendu n'a pas fini de nous faire réfléchir.


- Borinka
de Pierre Drachline
Éditions Cherche Midi / Août 2010


La bouquinerie Aux invendables est à l'image de Paul, le libraire, qui a voulu faire de son antre "un refuge pour auteurs oubliés avant qu'ils ne meurent". Ce misanthrope en mal de fraternité verra bientôt sa vie enchantée après sa rencontre avec Borinka, un vieil homme au comportement d'enfant immortel qui a fait de la provocation un art de vivre. Cette amitié faite d'orages, de rires et d'outrances a pour terrain de jeux Paris. Une ville qu'ils voudraient réveiller afin qu'elle redevienne une cité turbulente où le mystère se réinvente à chaque coin de rue.


- Celles qui attendent
de Fatou Diome
Éditions Flammarion / Août 2010


Celles qui attendent Arame et Bougna, mères de Lamine et Issa, clandestins partis pour l'Europe, ne comptaient plus leurs printemps; chacune était la sentinelle vouée et dévouée à la sauvegarde des siens, le pilier qui tenait la demeure sur les galeries creusées par l'absence. Coumba et Daba, jeunes épouses des deux émigrés, humaient leurs premières roses: assoiffées d'amour, d'avenir et de modernité, elles s'étaient lancées, sans réserve, sur une piste du bonheur devenue peu à peu leur chemin de croix. La vie n'attend pas les absents: les amours varient, les secrets de famille affleurent, les petites et grandes trahisons alimentent la chronique sociale et déterminent la nature des retrouvailles. Le visage qu'on retrouve n'est pas forcément celui qu'on attendait.


- Clockers
de Richard Price
Éditions Presses De La Cité / Août 2010


Une grande fresque urbaine et sociale, adaptée au cinéma par Spike Lee. L'inspecteur Rocco Klein travaille depuis bien trop longtemps à Dempsy, une banlieue déshéritée de New York, pour ne pas être blasé par la violence qu'il côtoie au quotidien. Face à lui, un groupe d'adolescents qui vendent de la drogue en espérant un jour atteindre l'âge adulte. Car à Dempsy, quand on est noir, la seule façon de s'en sortir, c'est de dealer. Parmi ces jeunes, Strike Dunham est prêt à tout pour réussir. Chef d'une équipe de "clockers", gagne-petit de la dope, il organise le trafic dans la cité. Après le meurtre de l'un des caïds du quartier, les chemins du délinquant et du flic désabusé vont se croiser.


- Corps
de Fabienne Jacob
Éditions Buchet Chastel / Août 2010


Chaque jour, Monika arrive la première à l'institut de beauté. Elle observe, écoute, juge parfois les clientes qu'elle voit défiler dans sa cabine. Toutes lui racontent des histoires, des plus anodines aux plus intimes. Loin des chairs lisses et insipides jetées en pâture à notre imaginaire, Fabienne Jacob fouille l'opacité du corps féminin, brossant un portrait sensible de la femme contemporaine, entre enfance ,âge de tous les possibles, et maturité, âge de quelques lucidités.


- Dans la nuit brune
de Agnès Desarthe
Éditions de l'Olivier / Août 2010


Jérôme est un homme calme. C'est du moins ce qu'il croit. Lorsque l'amoureux de sa fille Marina meurt dans un accident, il tombe dans une profonde agitation. Que faire du chagrin de Marina? D'autres secousses, de plus en plus fortes, viennent ébranler la vie de Jérôme. Il doit alors se rendre à l'évidence: de lui-même et de ses origines, il ne sait rien, sinon qu'il fut recueilli jadis, errant dans les bois, par un couple qui l'adopta. D'où vient Jérôme, l'enfant sauvage? Pour le savoir, il lui faudra plonger à nouveau dans la nuit brune, guidé par un étrange mentor. Dans ce livre, un homme doit se confronter à des forces qui le dépassent, et qui portent des noms si anciens qu'ils ont presque perdu leur sens, comme Éros ou Thanatos. Pour lui, l'Histoire est vraiment un cauchemar dont il essaie de s'éveiller. Usant de toutes les ressources du romanesque, sans se priver de celles du conte, Agnès Desarthe ne cesse de nous surprendre et de nous enchanter.


- Dans la tête des autres
de Mano Gentil
Éditions Calmann Lévy / Août 2010


Il éteint son téléviseur, tenant fébrilement dans sa main droite un petit bout de papier. Quelques chiffres qui viennent de changer le cours de sa vie. Serge, gros gagnant du Loto, partageait jusque là un quotidien très ordinaire entre sa mère, Geneviève, vieille dame aveugle inquiète et maniaque, et ses collègues de l'usine. Le fort en gueule Gérald, ouvrier dont la vie privée se situe à mille lieues de celle de ses camarades, la belle Laëtitia, fausse ingénue au passé mouvementé, Eugénie, aide à domicile zélée obsédée par sa fille, Séverine, petite bourgeoise ayant renoncé à son grand amour. Ceux que Serge croit connaître se montrent sous un nouveau jour lorsqu'il vient à frapper à leurs portes, une grille de Loto de six millions glissée dans sa poche. Un cortège de personnages, ressemblant à vos voisins, à vos amis, à vous, à tout un chacun, révèle sous des dehors banals des caractères infiniment complexes, des vies et des rêves brisés, des secrets lourds à porter. Qui n'a pas rêvé de savoir ce qu'il se passe réellement dans la tête des autres?


- De lait et de miel
de Jean Mattern
Éditions Sabine Wespieser / Août 2010


Au premier regard, quand il la rencontre en 1957 à la sortie d'un concert au bénéfice des réfugiés hongrois, le narrateur sait qu'il peut offrir à Zsuzsanna une vie de lait et de miel. Avec cette jeune femme volontaire et lumineuse, qui a fui Budapest et sa révolution manquée, il a en commun l'expérience de l'exil et, chevillé au corps, le désir de construire un avenir possible. Arrivé en France quelques années plus tôt, il a lui aussi échappé à l'étau de l'histoire. Parvenu au soir de sa vie, il se remémore son long combat contre le typhus, dans un hôpital de fortune, après qu'à l'automne 1944 il a quitté précipitamment avec son ami Stefan la ville de Temesvar que se disputaient les puissances ennemies. Roumain du Banat, d'origine française pourtant, il ne s'est jamais senti tout à fait chez lui dans cette Champagne où avec Zsuzsanna devenue Suzanne il a fondé une famille. D'autant que la malédiction d'un drame intime n'a pas tardé à rattraper ces deux-là, qui avaient tant voulu oublier les traumatismes collectifs. Le vieil homme, qui se confie par bribes à son fils Gabriel, aimerait trouver l'apaisement. L'on comprend à quel point Stefan lui a manqué pendant tout ce temps. Leur séparation sur un quai de gare à Budapest soixante ans auparavant le hante toujours. Dans ce roman, Jean Mattern construit avec justesse et maîtrise l'histoire intime d'un double exil. Tissant avec une grande subtilité sentiments et sensations diffuses, il donne corps à des personnages d'une émouvante vérité.


- Des feux fragiles dans la nuit qui vient
de Xavier Hanotte
Éditions Belfond / Août 2010


Il y a une Île et le Continent. L'une en état de siège, l'autre en plein boom économique. Une guerre qui s'éternise au large dans l'indifférence générale. Les troupiers abandonnés d'une démocratie en partance, laissés seuls face aux partisans convaincus du Rien. Dans les Hautes-Terres évacuées, des villes entières disparaissent sans que l'État central fasse mine de réagir. Mais pourquoi donc personne n'ose-t-il s'aventurer au-delà des forêts du nord? Comment combattre un ennemi qui demeure insaisissable? Sur l'avenir de l'Île plane une menace aux accents étrangement prophétiques, et un sentiment de déjà-vu pousse alors l'adjudant Berthier à relire une très ancienne légende nordique, La Relève de saint Olaf. Et si tout, déjà, était écrit? Dans les méandres d'une écriture envoûtante apparaissent peu à peu les reflets ténus d'un grand jeu de miroirs. En les suivant, Berthier et quelques autres ne s'acheminent-ils pas vers leur propre vérité?


- Du plomb dans le cassetin
de Jean Bernard-Maugiron
Éditions Buchet Chastel / Août 2010


"Je travaille de nuit comme correcteur de presse dans un grand journal régional", écrit Victor. Timide, passionné par son métier, à moins de cinq ans de la retraite, il vit encore avec sa vieille mère. "En fait, quand j'étais petit, je voulais faire conducteur de locomotive quand je serai grand" avoue-t-il. "Après réflexion, j'avais décidé de faire chef de gare". Il se retrouve finalement "typo", un métier moins dangereux. C'est ce qu'il croit. Mais, à force de positionner des petites lettres, Victor ne finira-t-il pas par péter les plombs? Du plomb dans le cassetin témoigne de la vie dans un journal parmi les ouvriers du Livre. L'auteur parvient à exprimer et communiquer l'amour de ce métier, qui est au fond un véritable sacerdoce. C'est aussi l'histoire de la mort annoncée de l'imprimerie. "Les ouvriers du Livre disparaissent un à un, c'est comme le dernier poilu bientôt il y en aura plus". Du plomb dans le cassetin est un premier roman singulier et émouvant. Jean Bernard-Maugiron se glisse avec talent dans la peau de Victor, correcteur consciencieux, homme un peu simplet, solitaire et décalé, dont la vie va basculer à quelque mois de la retraite. L'écriture ménage de grands éclats de rire, croise tragique et comique, tout en faisant monter dans le récit une sourde inquiétude.


- Elles vivaient d'espoir
de Claudie Hunzinger
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2010


C'est l'histoire d'amour entre Emma et Thérèse qui se sont rencontrées à Nancy, dans une classe préparatoire au concours d'entrée à Fontenay, dans les années 20. Cette histoire, Emma l'a relatée dans la correspondance et les cahiers qu'elle a tenus tout au long de sa vie, et dont s'est inspirée Claudie Hunzinger, sa fille, pour écrire le roman de ces deux femmes. Cet amour est un modèle d'audace et de liberté. Éloignées l'une de l'autre par les postes où elles sont nommées, elles s'écrivent et essaient de s'accommoder de ces solitudes imposées. Si Emma, modèle de vitalité, y parvient sans peine (et non sans infidélités), Thérèse souffre et n'aspire qu'à retrouver Emma. Celle-ci finit par se marier peu de temps avant que la guerre n'éclate. Thérèse a été nommée en Bretagne, tandis qu'Emma, désormais en charge d'une famille, enseigne en Alsace. Les circonstances tragiques imposées par l'Histoire vont alors les empêcher de jamais se revoir. Thérèse, la délicate, la fragile, est devenue responsable d'un réseau armé en Bretagne puis capturée par la Gestapo et torturée quatre jours consécutifs, elle mourra sans avoir parlé , une héroïne magnifique, restée une héroïne invisible. Personne ne sait aujourd'hui qui elle fut. L'engagement des femmes dans le chapitre de la guerre est très peu connu. Emma, de son côté, meurtrie par un mariage qui ne lui convient guère, continue à écrire. On lit dans un cahier la dernière partie de sa vie, "C'est par la dévastation de moi-même que je me suis finalement construite". Romancées par Claudie Hunzinger, se déploient ainsi deux trajectoires dont on n'a jamais tout à fait la clef. L'énigme et les fragments des destinées de ces deux femmes fondent l'essentiel poétique de ce roman.


- En attendant Babylone
de Amanda Boyden
Éditions Albin Michel / Août 2010


"Nous aimons un lieu qui ne peut être sauvé par des digues. Nous sommes des losers de génie. Mais, bien sûr, ceux d'entre nous qui vivent à Uptown, sur Orchid Street, ne le savent pas encore. Nous n'avons rendez-vous avec Katrina que dans un an". Placé sous le signe du chaos, le roman d'Amanda Boyden, traduite pour la première fois en français, restitue l'âme et l'atmosphère de la Nouvelle Orléans. À la manière d'un photographe, la romancière fixe son regard sur la rue d'un quartier populaire de la ville, Orchid Street, dont elle observe la vie pendant une année. À travers les voix de plusieurs habitants, c'est un paysage social et intime, mais aussi une Amérique fissurée par les différences de race et de classe qu'elle saisit. Cette étonnante capacité à s'emparer du réel tout en tissant une trame romanesque complexe est l'une des forces de ce magnifique roman dont la véritable héroïne demeure La Nouvelle-Orléans, à la fois superbe et décadente, débordante d'énergie et de sensualité.


- En attendant la montée des eaux
de Maryse Condé
Éditions JC Lattès / Août 2010


Babakar est médecin. Il vit seul avec ses souvenirs d'une enfance africaine, d'une mère aux yeux bleus qui vient le visiter en songe, d'un ancien amour, Azelia, disparue elle aussi, et autres rêves de jeunesse d'avant son exil en Guadeloupe, berceau de sa famille. Mais le hasard ou la providence place une enfant sur sa route et l'oblige à renoncer à sa solitude, à ses fantômes. La petite Anaïs n'a que lui. Sa mère, une réfugiée haïtienne, est morte en la mettant au monde, lui léguant sa fuite et sa misère. Babakar veut lui offrir un autre avenir. Ils s'envolent pour Haïti, cette île martyrisée par la violence, les gouvernements corrompus, les bandes rebelles, mais si belle, si envoûtante. Babakar recherche la famille d'Anaïs, une tante, un oncle, des grands-parents peut-être, qui pourraient lui raconter son histoire. Mais Babakar ne rencontre personne et ne peut compter que sur lui et sur ses deux amis Movar et Fouad. Des hommes qui lui ressemblent, exilés, solitaires, à la recherche d'eux-mêmes et qui trouvent à Haïti des réponses à leur quête, un lieu de paix au milieu des décombres.


- En cuisine
de Monica Ali
Éditions Belfond / Août 2010


Chef des cuisines de l'hôtel Impérial, un palace plus vraiment à la hauteur de sa splendeur d'antan, Gabriel Lightfoot doit composer chaque jour avec une équipe cosmopolite et chahuteuse, une petite amie chanteuse qui se pose des questions sur leur relation et un père malade qui lui laisse des messages aussi laconiques que culpabilisants sur son répondeur. Une mort va faire voler en éclats son fragile équilibre: le corps d'un des employés est retrouvé dans les sous-sols du restaurant. Une mort solitaire, anonyme, parmi ces travailleurs immigrés interchangeables. Soudain, Gabriel prend conscience que ses cuisines cachent bien des secrets: trafics en tous genres, prostitution, chantages, violence quotidienne. Surgit Lena, une fille de l'Est, mystérieusement liée à cette mort. Irrésistiblement attiré par cette femme en perdition, Gabriel va prendre une décision qui remettra en question tout ce en quoi il avait cru jusqu'ici.


- En règle avec la nuit
de Justine Augier
Éditions Stock / Août 2010


La narratrice a soixante-dix ans. Elle est mariée avec un personnage important du gouvernement, et habite dans la zone la plus paisible de la "région". La nuit elle souffre de terribles insomnies. Depuis des années, une guerre larvée épuise et divise la population. Chacun vit avec la peur. Les ennemis sont les religieux qui posent des bombes. Il y a quelques mois, une jeune femme, qui travaillait dans une organisation pour la paix, a été tuée dans l'explosion de sa voiture. La narratrice la connaissait bien: sa colère, son engagement, son empathie pour les autres la troublaient beaucoup. Ne parvenant à l'oublier, elle décide de visiter son assassin en prison. Elle réussit à gagner sa confiance et à le faire parler. Ce qui a tout déclenché, lui avoue-t-il, c'est la mort de son petit frère dans un soulèvement. La pauvreté aussi, l'absence de réparation, surtout. Et la main tendue par les religieux. La femme rencontre ensuite un écrivain, qui la fascine, et d'autres personnages qui ont marqué la vie de la disparue. Durant son errance la guerre se fait de plus en plus présente. Elle la conduit jusqu'à la ligne de front. Là où elle n'a plus peur


- Étrangers
de Anita Brookner
Éditions Fayard / Août 2010


Á soixante-douze ans, Paul Sturgis voit la vieillesse le rattraper inexorablement. Une grisaille générale, plus métaphysique que physiologique, s'est imprimée sur sa vie depuis que la banque où il a fait carrière l'a mis à une retraite anticipée. Son appartement, jadis symbole de sa réussite et de son émancipation, est devenu le reflet de ses échecs personnels. Pour y échapper, Sturgis remplit ses journées de déambulations dans Londres. Á Venise, où il a fui la solitude des fêtes de Noël, il rencontre Vicky, récemment divorcée. Plus tard, il retrouve par hasard une femme aimée jadis, Sarah. Leur présence à toutes deux sert de catalyseur à la question qui, désormais, obsède Paul: décider comment, et avec qui, passer le reste de ses jours. Un texte subtil et finement soigné, une écriture juste, pour évoquer un sujet rarement abordé dans la littérature: que faire lorsque, l'âge venant, le sens des mots "amour", "travail", "maison" change à ce point que l'on se sent véritablement en terre étrangère?


- Féroces
de Robert Goolrick
Éditions Anne Carrière / Août 2010


Les Goolrick étaient des princes. Et tout le monde voulait leur ressembler. C'étaient les années 50, les femmes se faisaient des coiffures sophistiquées, elles portaient des robes de taffetas ou de soie, des gants et des chapeaux, et elles avaient de l'esprit. Les hommes préparaient des cocktails, des Gimlet, des Manhattan, des Gibson, des Singapore Sling, c'était la seule chose qu'ils prenaient au sérieux. Dans cette petite ville de Virginie, on avait vraiment de la classe, d'ailleurs on trouvait son style en lisant le New Yorker. Chez les Goolrick, il y avait trois enfants, tous brillants. Et une seule loi: on ne parle jamais à l'extérieur de ce qui se passe à la maison. À la maison, il y avait des secrets. Les Goolrick étaient féroces.


- Gorges chaudes
de Daniel Hébrard
Éditions Julliard / Août 2010


Une "fureur de vivre" en pays cévenol au temps des trente Glorieuses. Pour un garçon doté d'une vitalité exceptionnelle et d'une irrépressible joie de vivre, la campagne cévenole est l'endroit idéal pour jouir d'une enfance libre et heureuse. Le jeune Daniel en profite sans vergogne. Il est beau, fort, agile, gourmand, rieur. Il n'a peur de rien. Mais dans les Cévennes des années 50, et particulièrement dans le bassin minier, le monde est en train de changer. La France de l'après-guerre a d'énormes besoins énergétiques. Il faut extraire de plus en plus de charbon. Il faut produire à moindre coût. Le monde paysan doit s'effacer devant les modes de vie que génère l'industrialisation. Il convient d'apprendre dès le plus jeune âge à se plier aux dures lois de la productivité. Pour Daniel, cette soumission à laquelle veut le contraindre l'école et sa famille est inacceptable. L'enfant heureux devient vite un adolescent rebelle dont la sensualité débordante va troubler profondément l'ordre moral qu'impose la dureté des temps. Sa beauté, sa capacité de séduction le conduisent rapidement à devenir un objet de scandale qui fait le malheur de sa mère et le désigne à l'opprobre des bien-pensants. Une véritable chape de plomb tombe sur les épaules de l'adolescent qui jamais ne cédera. Poussé par son irrésistible appétit des femmes, il va semer autour de lui le désordre et le malheur, jusqu'au jour de ses dix sept ans ou il pourra enfin s'enfuir et s'engager dans la marine.


- Grand Paradis
de Angélique Villeneuve
Éditions Phébus / Août 2010


"Je monte. Il est l'heure. La bibliothécaire, assise derrière son bureau, règne sur la pièce déserte. Le moment est venu de lui expliquer la raison de ma présence ici, car la bibliothèque de neurosciences Jean Martin Charcot n'est pas une salle de lecture comme les autres. Ouverte aux étudiants de troisième cycle, aux médecins, aux chercheurs, aux praticiens hospitaliers et paramédicaux. À moi aussi, paraît-il, mais sur demande motivée. La veille au téléphone, j'ai menti à cette femme, ne pouvant me résoudre à avouer quelle sorte de quête était la mienne, sur quelles traces je me penchais. Sur quelles traces n'est pas vraiment l'expression appropriée, elle évoque un enquêteur, et un enquêteur n'a pas peur. Un enquêteur cherche la vérité, quand je ne suis pas certaine de désirer autre chose que l'apaisement de celle qui attend dans ma poche, dans le papier kraft". Fleuriste dans une station balnéaire, Dominique a l'impression de passer à côté de son existence. À l'aube de la cinquantaine, elle hérite de souvenirs de famille, dont le troublant portrait d'une aïeule inconnue d'elle: Léontine. Le cliché, signé Albert Londe, photographe jadis associé au professeur Charcot à la Salpêtrière, la représente en pleine phase hystérique. Se plongeant dans les archives du célèbre hôpital, Dominique va en découvrir davantage sur cette lointaine parente, sur les siens et enfin sur elle-même.


- Grandir
de Sophie Fontanel
Éditions Robert Laffont / Août 2010


Quand l'auteur parle de grandir, elle parle d'elle-même. Sa mère est dépendante d'elle. Il arrive que cette mère soit absente et parfois, au contraire, ses paroles et sa présence sont justes, drôles et imprévisibles. Et durant toute cette période, l'amour qu'elle a donné à sa fille lui est rendu comme on voudrait qu'il le soit toujours. Chaque morceau de la vie d'une vieille dame vulnérable est raconté: un jeune médecin, l'appétit, les vacances, un aide-soignant, les petits-enfants, des mains très douces, des souvenirs, l'Arménie, une amie d'enfance. À la page qui suit, on voit sa fille: une cavale, une vie à gagner, un défilé de mode, des articles à écrire, des dîners décommandés, la ville à traverser quand sa mère est tombée, les infirmières de jour et celles de nuit, les douceurs. Avec des phrases très simples: "Elle a fait de mon enfance une vraie enfance, je peux bien lui rendre à présent", et qui vous serrent le cœur. Ou bien des dialogues: "Ouh là, ne prie pas pour moi, hein?" J'ai demandé pourquoi. Elle a dit: "Ne va pas me faire repérer". Le miracle du livre: parce que sa mère est devenue son enfant, l'auteur grandit. Elle a eu cette grâce et elle pense: "D'où me vient tout cet amour?"


- Hôtel de Lausanne
de Thierry Dancourt
Éditions 10-18 / Août 2010


Au cimetière du Trocadéro, un homme et une femme s'assoient sur un banc. Le vent souffle, elle n'arrive pas à allumer sa cigarette, ils entament la conversation. Elle s'appelle Christine, vit un peu hors du temps, entre un père obsédé par les mappemondes et un fiancé qui semble ne pas beaucoup compter. Lui, Daniel, parcourt le monde à la recherche d'objets anciens. Entre eux se noue une relation à part, clandestine, dans un Paris enneigé et brumeux. Du XVIe arrondissement à Casablanca, une galerie de portraits se dessine, mais une figure domine, entre ombre et lumière, celle, singulière et attachante, de Christine Stretter.


- Il vous faudra nous tuer
de Natacha Boussaa
Éditions Denöel / Août 2010


C'est le chaos, un tableau de Bosch, sans les monstres. Ou bien serait-ce nous, les monstres? Et c'est peut-être ce qui nous enivre. Nous, des monstres bien vivants, grouillant dans ces rouges orangés, dans cette cacophonie splendide de sirènes et de cris, dans ces bouquets odoriférants de gaz, de poudre et de brûlé. La comparaison avec Mai 68 est sur toutes les lèvres mais, hasard du calendrier, on célèbre un autre anniversaire. À vingt-sept ans, Lena sait que le travail est la pire excuse que se soit inventée l'homme pour s'empêcher de vivre. Hôtesse d'accueil dans une entreprise, elle se cache pour lire Antonin Artaud. En mars 2006, les manifestations contre le CPE enflamment la France entière. En quelques jours, une jeunesse aux origines diverses s'y trouve aspirée. Lena entre au cœur de l'action. Entre charges de CRS et rencontres amoureuses, d'une ligne de front à l'autre, elle retrouve la mémoire d'un Paris de la révolte. Instantané des événements de 2006 et condamnation d'une société bloquée, Il vous faudra nous tuer trouve l'écriture vive, traversée de fulgurances, d'une rébellion en marche.


- Interdit
de Karine Tuil
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2010


"Je m'appelle Saül Weissmann, mais ne vous fiez pas à mon nom qui n'est pas juif en dépit des apparences. J'ai été, pendant soixante-dix ans, un imposteur pour les autres et pour moi-même". Ainsi commence la confession du narrateur, un vieux survivant d'Auschwitz qui apprend de la bouche d'un rabbin qu'il n'est pas juif selon la Loi de Moïse. Traqué en tant que juif pendant la guerre, le voilà rejeté par les siens et ignoré par la femme qu'il devait épouser. Saül Weissmann se trouve en proie à une véritable crise identitaire, un autre Weissmann, son double issu de la négation de sa judéité, surgit en lui-même. S'engage alors un dialogue difficile entre ce juif et ce non-juif qui cohabitent en lui. Pour Weissmann, c'est le début d'un long questionnement, quelle identité doit-il revendiquer?


- Jenna Fox, pour toujours
de Mary E. Pearson
Éditions Les Grandes Personnes / Août 2010


Jenna, 17 ans, est amnésique après un an passé dans le coma. Tant bien que mal, sous la houlette de ses parents, la jeune fille réapprend à être celle qu'elle a toujours été. Pourtant, très vite, Jenna comprend qu'elle est bien plus que les vidéos qu'on lui fait regarder, les statistiques qu'on lui fait avaler. Et avec les souvenirs apparaissent des questions auxquelles personne ne répond. Identité et éthique scientifique sont au cœur de ce roman d'anticipation aux allures de thriller.


- Je suis l'homme le plus beau du monde
de Cyril Massarotto
Éditions XO / Août 2010


Cet homme est une légende. Pourtant, il rêve de disparaître. Et quand il rencontre enfin sa raison de vivre, il est peut-être déjà trop tard. "Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été beau. Je dis beau, mais dans la bouche des gens j'entends plutôt canon, magnifique, sublime, incroyable. Plus généralement, en me voyant, les gens disent: "Waouh". Ces mots, je les ai entendus dans toutes les langues, sur tous les tons. On me les a dits en pleurant, en hurlant, ou juste avant de s¹évanouir. On me les a dits à voix basse, sans oser me regarder, ou en écarquillant grand les sourcils. Je suis l'Homme le plus beau du monde. Bien sûr, je suis malheureux".


- L'arbre du père
de Judy Pascoe
Éditions 10-18 / Août 2010


Simone n'a que neuf ans à la mort de son père, alors que la souffrance imprègne chaque mur de la maison. Un soir, la fillette se sent attirée par le majestueux Flamboyant qui trône au fond du jardin et découvre que l'esprit de son père y a trouvé refuge. Nichée dans les branches, elle communique avec le défunt et obtient les réponses à ses questions. Sensible au chagrin de sa mère qui ne parvient pas à surmonter son deuil, elle décide de partager son secret avec elle. La famille commence dès lors à panser ses blessures. Mais les racines de l'arbre menacent bientôt la maison et la nécessité de le couper devient de plus en plus pressante.


- L'Atlas des inconnus
de Tania James
Éditions Stock / Août 2010


Linno et Anju sont deux adolescentes qui grandissent au Kerala, en compagnie de leur père et de leur grand-mère. Leur mère est morte alors qu'elles n'étaient encore que des enfants. Anju, la plus jeune, possède un fort caractère. Elle souhaite plus que tout quitter l'Inde pour aller étudier à New York. L'aînée, Linno, est très introvertie, peut-être en raison de son handicap: enfant, elle a perdu une main en jouant avec des pétards. Ainsi, quand une Américaine vient leur proposer une bourse pour passer une année dans une école d'art à New York, Anju, prête à tout pour obtenir ce passeport vers l'Amérique, s'approprie les superbes dessins de Linno. Elle partira à New York, laissant sa sœur meurtrie par cette trahison. De nombreux aléas vont ponctuer l'odyssée new-yorkaise d'Anju et la rencontre avec Bird, jeune femme qui a bien connu leur mère dans sa jeunesse, va bouleverser l'histoire de cette famille.


- L'effet Larsen
de Delphine Bertholon
Éditions JC Lattès / Août 2010


Depuis plus d'une décennie, Nola vit avec une zone d'ombre au sein de son histoire. Mais voilà, on ne peut pas fuir éternellement. Elle décide alors, l'année de ses trente ans, d'enfin trucider son fantôme. Elle rembobine, jusqu'à cet été-là, l'été le plus marquant de son existence. Août 1998. Il fait 37 degrés, Paris est vide, les Bleus sont champions du monde. Nola a dix-huit ans et vient de perdre son père, Jacques. Sauvée de la solitude par un job d'été dans un bistrot où les hurluberlus imbibés se succèdent plus vite que les petits ballons de rouge, la jeune fille gère avec les moyens du bord le chagrin de Mira, sa mère, et sa propre colère. Contraintes d'emménager dans l'"immeuble-mutant", reflet architectural de leurs vies décrochées, les deux femmes espèrent se reconstruire. Mais, à peine un pied posé dans le nouvel appartement, Mira présente d'étranges symptômes. Le bruit du monde lui devient intolérable, un papier froissé sonne comme une explosion, un robinet qui goutte suffit à la faire disjoncter. Nola assiste, impuissante, à la lente descente aux enfers de sa mère, et s'interroge sur ce que tout cela signifie. L'hyperacousie est-elle le simple contrecoup de la mort de Jacques, ou la matérialisation de quelque chose d'autre? Cet abominable immeuble serait-il une sorte de catalyseur? Peut-être, mais de quoi? Et surtout, comment soulager Mira de ce poids infini, qui semble se situer bien au-delà du deuil? Commence alors pour la jeune Nola une (en)quête insolite au cœur de la mémoire familiale.


- L'enfant du fantôme
de Sonya Hartnett
Éditions Les Grandes Personnes / Août 2010


Née en Australie au début du XXe siècle, Maddy est une enfant solitaire, qui rêve d'une vie pleine de mystère. Alors le jour où, sur une plage, elle croise Plume, qui n'a aucune attache et ne possède rien, elle s'éprend aussitôt de sa liberté et de son parfum d'impossible. Une fable lumineuse servie par une langue singulière, qui dit si bien le transport amoureux, mais aussi la nature australienne, empreinte d'ancestrales légendes.


- L'ennemi du bien
de Stéphane Denis
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2010


Considéré comme un parfait salaud pour avoir organisé un meurtre qu'il n'a pas commis, et condamné à mort, le célèbre scénariste Paul Jarvis a réussi à s'échapper de sa prison de Palma de Majorque. Direction, L'Amérique du Sud où le docteur Arturo Puig est supposé lui refaire un visage et une identité. En réalité, Puig fait de lui le cobbaye d'une expérience, il modifie son identité profonde en altérant son ARN (le siège de la mémoire). "Le jour vint où l'on me jugea suffisamment moi-même pour devenir un autre", mais qui est-il vraiment devenu? Pourquoi son sommeil est-il agité de cris, de souvenirs d'incendies et d'émeutes? À qui appartient l'argent déposé à son nom dans le coffre d'une banque bâloise? Pourquoi parle-t-il allemand et se souvient-il si bien des ruelles de Riga? Quel destin pour un homme de bien devenu un salaud malgré lui? Et quelle rédemption? D'Amérique du Sud à Riga en passant par la Suisse endormie, des forêts lettones où l'on massacre aux montagnes helvétiques, Stéphane Denis déploie son imagination et sa fantaisie, empruntant à la science contemporaine et à une documentation très précise sur un épisode méconnu de l'histoire de la Deuxième Guerre Mondiale le prétexte à un roman vif qu'on lit d'un souffle.


- L'entrevue de Saint-Cloud
de Harold Cobert
Éditions Héloïse d'Ormesson / Août 2010


Le 3 juillet 1790, alors que la monarchie est en péril et l'avenir de la France incertain, Marie-Antoinette accorde à Mirabeau une audience secrète à Saint-Cloud. Ces quelques heures à la dérobée suffiront-elles au comte libertin pour renverser l'inexorable cours de l'Histoire? Car, paradoxalement, une seule volonté anime l'orateur du peuple, élu du tiers état, celle de sauver le trône. Déployant toute son éloquence, le redoutable tribun saura-t-il rallier la reine à ses convictions? Duel de deux mondes, roman en costumes, L'Entrevue de Saint-Cloud illustre d'une manière saisissante la fragilité des destinées collectives.


- L'éternité n'est pas si longue
de Fanny Chiarello
Éditions de l'Olivier / Août 2010


"Si l'on m'avait dit un jour que la variole viendrait décimer notre espèce, j'aurais certes frémi, mais j'aurais aussi imaginé tout ce qu'un tel événement pouvait apporter à nos sociétés malades, et je me serais trompée: la variole ne nous a pas changés. Il ne se passe rien, des gens meurent par centaines de milliers, mais mourir ce n'est pas quelque chose, au contraire: c'est encore plus de rien. Aucune fraternité, aucun miracle n'est à observer nulle part. Aucune révélation ne soulève jamais aucun de mes semblables et nous sombrons tous dans la médiocrité, dans l'indignité, sans avoir rien abdiqué de nos considérations ineptes, de nos susceptibilités ridicules ni de nos habitudes sans relief. Si je veux dormir dans un monde si décevant, je n'ai d'autre choix que de me raconter des histoires comme si j'étais mon propre enfant". L'éternité n'est pas si longue ne raconte pas la fin de l'espèce humaine mais celle d'un de ses plus originaux spécimens, Nora, une jeune femme à l'humour fulgurant et au fort penchant mélancolique. Elle qui, après avoir miraculeusement échappé à la mort, reprochait à ses proches amis de ne pas vivre comme s'ils allaient mourir un jour doit soudain réinventer son existence.


- L'homme aux lacets défaits
de Patrice Delbourg
Éditions Cherche Midi / Août 2010


Automne 1888. Le scandale de Panamá débute, l'emprunt russe se lance, Jack l'éventreur trucide pour de bon dans le quartier londonien de Whitechapel. Le cœurs de Paris bruisse de cent petits métiers divers, le général Boulanger s'en va, la tour Eiffel s'érige. Enfant du Marais, ingénieur électricien de génie, inventeur de l'alternateur, Lucien Gaulard traîne sa perte d'espérance dans le dédale des ruelles de la capitale au lourd passé historique. Son importante découverte est boudée, méprisée, occultée par ses compatriotes. Les Européens lui tournent le dos. Les Américains lui font les poches. Sa propre famille lui dénie toute paternité scientifique. "L'homme aux lacets défaits" se retrouve du mauvais côté du balcon. De jardins publics en estaminets enfumés, du Crédit municipal aux officines d'apothicaire, nous partageons les derniers jours du passage terrestre de cet étrange apôtre du progrès.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 12:24

- L'homme qui m'a donné la vie
de Virginia Bart
Éditions Buchet Chastel / Août 2010


"En le regardant de nouveau s'élancer dans les vagues, je comprends que je n'ai plus peur. Ma conception ne vaut ni plus ni moins que celle des autres enfants. Surtout, je n'ai plus besoin que n'importe qui m'aime ou m'admire. Je n'aurai plus besoin non plus de jouer à l'homme que mon père n'a pas été. Je sais aussi que, plus jamais, je ne ressentirai cette émotion qui me foudroyait la poitrine quand je côtoyais des pères de famille ordinaires. Car j'ai un père. Et peu importe qu'il soit cabossé, fracassé, frénétique ou sauvage. J'ai un père". La France des années soixante-dix et du mouvement hippie. Un père absent et marginal. Sa fille, abandonnée. Entre le sud de la France et l'Espagne, l'histoire chaotique et forte de leur réconciliation.


- L'indésirable
de Sarah Waters
Éditions Denöel / Août 2010


Au hasard d'une urgence, Faraday, médecin de campagne, pénètre dans la propriété délabrée qui a jadis hanté ses rêves d'enfant: il y découvre une famille aux abois, loin des fastes de l'avant-guerre. Mrs Ayres, la mère, s'efforce de maintenir les apparences malgré la débâcle pour mieux cacher le chagrin qui la ronge depuis la mort de sa fille aînée. Roderick, le fils, a été grièvement blessé pendant la guerre et tente au prix de sa santé de sauver ce qui peut encore l'être. Caroline, enfin, est une jeune femme étonnante d'indépendance et de force intérieure. Touché par l'isolement qui frappe la famille et le domaine, Faraday passe de plus en plus de temps à Hundreds. Au fil de ses visites, des événements étranges se succèdent: le chien des Ayres, un animal d'ordinaire docile, provoque un grave accident, la chambre de Roderick prend feu en pleine nuit, et bientôt d'étranges graffitis parsèment les murs de la vieille demeure. Se pourrait-il qu'Hundreds Hall abrite quelque autre occupant?


- La brève et merveilleuse vie d'Oscar Wao
de Junot Diaz
Éditions 10-18 / Août 2010


Le fukú, malédiction ancestrale, n'épargne personne. Pas même Oscar, jeune dominicain américain, obèse et solitaire, qui préfère la science-fiction à l'âpreté du véritable monde. Entre l'île de Saint-Domingue et le New Jersey, dans l'ombre brisée de ses aïeux, la vie d'Oscar s'écrit, fulgurante et désastreuse.


- La distribution des lumières
de Stéphanie Hochet
Éditions Flammarion / Août 2010


À première vue, Aurèle est simplement une adolescente dévergondée. Elle ne se sépare jamais de son frère Jérôme, qui incarne la figure de l'idiot. Au collège de Mortissieux, elle suit les cours de musique d'Anna Lussing. Anna devient pour Aurèle une obsession, un manque, une cible. Pasquale Villano, un traducteur italien exilé en France, rencontre Anna, s'éprend d'elle. Et le paiera cher. Roman sur les tentations dangereuses de l'adolescence, la cruauté et la candeur, La distribution des lumières met en mouvement des personnages qui s'opposent, se reflètent, s'éblouissent, chacun en proie à une vérité intérieure.


- La grande fête
de Karin Albou
Éditions Jacqueline Chambon / Août 2010


Dans un village de l'Est algérien, des femmes découvrent sur la plage le cadavre d'un nouveau-né. Les soupçons se portent sur une famille. Afin de couper court aux rumeurs, le père mourant souhaite que sa plus jeune fille Hanifa se marie. Il doit aussi la protéger de la loi des hommes. Car en Algérie les femmes, considérées comme des mineures à vie, ne peuvent vivre sans la protection d'un tuteur légal, qu'il soit père, frère ou époux. C'est la décennie noire, la guerre civile entre l'armée et les groupes islamistes qui terrorisent la population isolée des villages. C'est aussi l'Aïd el-Kébir, la fête du Mouton, célébrant cet épisode à la fois coranique et biblique: un père doit amener son enfant au sacrifice sur ordre de Dieu. Hanifa doit se marier au plus vite car son père ne sait s'il pourra passer son dernier Aïd, sa dernière "grande fête" en famille. Mais voilà, Hanifa est amoureuse.


- La messagère de l'au-delà
de Mary Hooper
Éditions Les Grandes Personnes / Août 2010


Anne Green, une jeune servante accusée d'infanticide, vient d'être pendue haut et court. Son cadavre est livré à l'université afin d'y être disséqué. Robert, étudiant en médecine introverti, assiste à cette leçon d'anatomie. Mais, à sa grande surprise, il décèle bientôt chez la jeune fille des signes de vie. Inspirée d'une histoire vraie, le destin terrible et singulier, aux frontières du surnaturel, d'une adolescente dans l'Angleterre puritaine du XVIIe siècle.


- La mort naturelle
de Agnès Olive
Éditions Stock / Août 2010


"Elle a trouvé l'amour parfait, c'est l'amour interdit. Il y a longtemps qu'elle le savait, mais elle ne l'avait jamais si bien senti. Cette histoire d'amour impossible, c'est parfait, c'est exactement ce qu'il lui fallait. Une histoire qui ne peut pas durer, une histoire qui doit forcément s'arrêter, qui va se finir bientôt, qui devrait logiquement se terminer, alors chaque fois qu'elle le voit, elle se dit que c'est peut-être la dernière fois, que c'est certainement la dernière fois, ou que si c'est pas la dernière, c'est l'avant-dernière, et la dernière ce sera la prochaine fois, car il faudra bien arrêter tout ça, de toute façon il faudra arrêter, ou cette fois ou la prochaine, ou la fois d'après mais il faudra arrêter. Parce que ça peut pas continuer, c'est pas possible". On l'entend, La mort naturelle est portée par une écriture physique, sensuelle et violente, crue et obsessionnelle. Ce premier roman s'imprime dans la tête, la peau du lecteur, par sa voix qui vous happe et dit au plus près, au plus juste, la passion, le désir de l'autre, la pulsion de vie.


- La seule
de Maud Basan
Éditions Denöel / Août 2010


Pourriez-vous arrêter svp, ce n'est pas la peine de l'appeler, fini c'est fini, bien vouloir noter, du large, de l'air, les sommations ont été données, pas reçues? au loin s'en vont les nuages, la voie est libre la porte ouverte le monde est vaste, allez-y voir, on vous l'a déjà dit c'est fini c'est décidé. Perluète a tout perdu. Il est parti, l'a quittée. Elle est désormais seule. Elle marche, dans un paysage inconnu, totalement nouveau. Seule, ou unique? Une écriture originale, sensible, pudique et drôle, pour évoquer la séparation, l'amour perdu.


- La symphonie du temps qui passe
de Mattia Signorini
Éditions Presses De La Cité / Août 2010


Pour le commun des mortels, la curiosité est un vilain défaut. Pas pour Green Talbot, qui décide de quitter son village endormi pour parcourir le vaste monde afin d'assouvir sa soif de connaissances et d'émotions. Doué d'une empathie hors du commun, il révèle au fil de ses rencontres la diversité de la nature humaine. Un voyage initiatique qui le conduira à traverser deux continents et les grands bouleversements du XXe siècle avec poésie et humanité.


- Le baume du dragon
de Silvana Gandolfi
Éditions Les Grandes Personnes / Août 2010


Lors d'un voyage au Népal, Andrew, cinquantenaire déprimé, rentre en possession d'un baume aux effets prodigieux: ses rides s'effacent, son énergie décuple et, en trois semaines, il rajeunit de vingt ans. Mais le miracle tourne au cauchemar! Pour sauver sa vie, Andrew s'engage dans une périlleuse course contre la montre. Un long et périlleux périple, sur les traces de l'abominable homme des neiges.


- Le bibliothécaire
de Mikhail Elizarov
Éditions Calmann Lévy / Août 2010


Quand Alexeï Viazintsev, dit Aliochka, part régler la succession de son oncle dans une petite ville des confins de la Russie, il ignore qu'il va se retrouver en plein milieu d'un sanglant conflit souterrain autour de l'écrivain Gromov, un plumitif oublié de l'Union soviétique. À son arrivée en ces lieux étrangers, en effet, on lui apprend que les textes de Gromov ont certaines propriétés mystiques dès lors qu'on les lit et relit régulièrement, et que ses lecteurs sont prêts à se battre jusqu'à la mort pour les posséder. C'est un récit où se heurtent la caricature d'une société défunte et l'attachement à des racines culturelles souvent inventées ou arrangées. Un récit qui sonne tout autant le glas de l'homo sovieticus qu'elle le condamne à renaître en se réinventant, en se réécrivant. Une fable sur le temps perdu, la nostalgie trompeuse et la barbarie du présent.


- Le cœur régulier
de Ier Adam
Éditions de l'Olivier / Août 2010


"Vu de loin on ne voit rien", disait souvent Nathan. Depuis la mort de ce frère tant aimé, Sarah se sent de plus en plus étrangère à sa vie, jusque-là "si parfaite". Le cœur en cavale, elle s'enfuit au Japon et se réfugie dans un petit village au pied des falaises. Nathan prétendait avoir trouvé la paix là-bas, auprès d'un certain Natsume. En revisitant les lieux d'élection de ce frère disparu, Sarah a l'espoir de se rapprocher, une dernière fois, de lui. Mais c'est sa propre histoire qu'elle va redécouvrir, à ses risques et périls.


- Le confident
de Hélène Gremillon
Éditions Plon / Août 2010


Au milieu des mots de condoléances qu'elle reçoit à la mort de sa mère, Camille découvre une étrange lettre envoyée par un expéditeur inconnu. Elle croit à une erreur mais, les semaines suivantes, une nouvelle lettre arrive, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend que cette correspondance recèle un terrible secret qui la concerne. Machination diabolique sur fond de Seconde Guerre Mondiale, ce roman mêle récit historique et suspens psychologique dans un scénario implacable.


- Le délégué
de Didier Desbrugères
Éditions Gaïa / Août 2010


Dans une vaste République jamais nommée, un homme s'apprête à prendre ses fonctions de Délégué. Un voyage en train de dix jours, en troisième classe, doit l'emmener jusqu'au bout de la steppe, au bourg de Lurna. Alors le Délégué Josef Strauber pourra servir dignement l'Administration, remplir la mission qu'on lui a confiée et jouir des avantages de son rang. Mais le cours des choses ne s'accordera pas à ses aspirations profondes. Lurna, village autrefois brûlé, lui réserve un non-accueil. Josef Strauber est un homme seul. Porté à la réflexion, la lecture et la contemplation, il n'est pas effrayé par la rudesse de la vie qui l'attend ou la compagnie fruste d'une gouvernante flanquée de son petit garçon. Lorsque surgit le doute, ou que pointe la résignation, quelle flamme vacillera la première? Celle de sa droiture ou celle de sa raison?


- Le dernier amour de George Sand
de Evelyne Bloch-Dano
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2010


Décembre 1849. George Sand, auteur prolifique de romans à succès, admirée par Balzac et Dostoïevski, scandaleuse menant une vie de bohème sous un pseudonyme masculin, femme engagée, muse du romantisme, maîtresse d'hommes illustres, est en France une célébrité au faîte de sa gloire. Pour Noël, cette année-là, son fils Maurice invite à Nohant un jeune homme de ses amis, un graveur inconnu, Alexandre Manceau. George Sand a quarante-cinq ans, Alexandre trente-deux. Ils ne se quitteront plus, jusqu'à la mort prématurée du graveur en 1865. On connaît la liaison tumultueuse de Sand avec Musset, son amour de neuf ans avec Chopin. Mais qui se souvient des années qu'elle a passées aux côtés de Manceau, son dernier compagnon? Leur amour n'est pas, bien sûr, l'unique sujet de cette biographie foisonnante. Evelyne Bloch-Dano nous fait revivre quinze ans de la vie intense de George Sand. De la maison de Nohant au pied-à-terre parisien, de la brouille avec sa fille Solange au mariage tardif de son fils Maurice, de l'amitié avec les artistes de son temps (Pauline Viardot, Gustave Flaubert ou Dumas fils) à la mort de sa petite-fille chérie Nini, du coup d'État de Napoléon III aux combats de George pour l'amnistie des prisonniers politiques, des spectacles joués à Nohant aux pièces créées à l'Odéon, du voyage en Italie à la rédaction d'Histoire de ma vie, des jours et des nuits de travail acharné à la mélancolie du vieillissement. Quand George et Alexandre quitteront définitivement Nohant pour s'installer dans une maison à Palaiseau, Manceau écrira "Pendant les quatorze ans que j'ai passés ici, j'ai plus ri, plus pleuré, plus vécu que pendant les trente-trois qui les ont précédés". Le 21 août 1865, George Sand perdra celui dont elle disait, "Il est ma force et ma vie".


- Le froid modifie la trajectoire des poissons
de Pierre Szalowski
Éditions Héloïse d'Ormesson / Août 2010


4 janvier 1998, Montréal. Un garçon de dix ans apprend que ses parents vont se séparer. Désespéré, il demande au ciel de l'aider. Le lendemain débute la plus grande tempête de verglas que le pays ait jamais connue. Ce déluge de glace n'empêche pas son père de quitter la maison. Mais des événements incroyables ou anodins vont faire peu à peu basculer la vie du voisinage. Julie, danseuse en mal d'amour, accueille chez elle Boris, scientifique égocentrique, qui ne vit que pour ses expériences sur les poissons; Michel et Simon, les deux "frères" si discrets, qu'on ne voit jamais ensemble, ouvrent leur porte à Alexis, leur voisin homophobe. Le grand gel va progressivement changer la vie de tous les habitants de cette rue pour le meilleur.


- Le jeu des sept cailloux
de Dominique Sampiero
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2010


Dans la rue, Larissa parle toute seule. Toute seule? Non. Elle parle à son ventre à peine plus gros qu'un melon. Avec tendresse, elle raconte son pays, la Tchétchénie, à la petite étoile qui naîtra bientôt. "Là-bas, on lavait le linge à la rivière en éclaboussant les grenouilles. Le dimanche, on mangeait du tchépalgash, une grosse boule de farine qu'on aplatit dans une tourtière avec du fromage de vache dedans". Mais là-bas aussi, on brûle les maisons, il y a des tireurs dans les arbres. Alors, "Ici", Larissa cherche un toit où dormir, de quoi manger, des papiers qui diront "oui, tu peux rester en attendant". C'est comme au jeu des sept cailloux, il faut préserver sa pile, parce que si elle est détruite et qu'elle n'est pas reconstruite avant que l'ennemi arrive, "tu es pris". Pour ses sept cailloux, ses trois enfants, sa mère restée au pays, son mari, Cédra la petite étoile, et elle-même, Larissa chuchote des histoires à son ventre et espère un nouveau ciel, car "penser à Là-bas, c'est tenir Là-bas dans son cœur pour qu'il ne tombe jamais". Si ce livre est le prolongement d'un reportage réalisé autour de Larissa, mère de famille tchétchène en attente de papiers dans la région de Rouen, cette histoire est avant tout adaptable à toutes les guerres et à tous les réfugiés que celles-ci provoquent , ce conte moderne où se répondent le texte de Dominique Sampiero et les illustrations de Zaü, entre témoignage, récit et carnet de voyage, forme, avec poésie et sensibilité, un hymne aux exilés qui, partagés entre deux cultures, doivent (ré) concilier passé, présent et futur.


- Le joli mois de mai
de Émilie de Turckheim
Éditions Héloïse d'Ormesson / Août 2010


En ce joli mois de mai, Monsieur Louis repose sous un arbre, une balle de fusil dans la gorge. Par testament, il lègue à cinq clients chasseurs sa maison, sa forêt peuplée de sangliers, son élevage de porcs et même Aimé, l'homme à tout faire de la propriété. Les héritiers débarquent: un inspecteur à la retraite, un couple rapace, un militaire et un tenancier de bordel. Sans l'ombre d'une pensée pour le défunt, avidement, ils attendent le notaire. Qui ne viendra jamais. Parmi eux, il manque une femme. Émilie de Turckheim, dans une langue brute, ironique et cruelle, sème doute et indices avec la virtuosité d'un maître du suspense.


- Le livre de Dave
de Will Self
Éditions de l'Olivier / Août 2010


Et si le pire des hommes devenait le Messie? Dave Rudman, chauffeur de taxi londonien, passe son temps à fulminer contre les Noirs, les Juifs, les Arabes, les bourgeois ou les touristes. Il déverse son fiel dans des écrits qu'il enterre dans le jardin de son ex-femme, Michelle. Cinq siècles plus tard, après un terrible déluge, ses élucubrations sont retrouvées. Le "Livre de Dave" devient la référence spirituelle du Nouveau Monde. Dans l'archipel d'Ingleterre, en l'an 500 après Dave, la vie s'organise selon les paroles du prophète. Les hommes et les femmes vivent séparément, et parlent le mokni, argot modelé sur le jargon du chauffeur de taxi.


- Le mariage de Dominique Hardenne
de Vincent Engel
Éditions JC Lattès / Août 2010


Maillard, Bizot, Hardenne: trois soldats chargés de nourrir les troupes. Malheureux rescapés d'une armée en déroute, sur une terre dévastée qui a perdu le goût de vivre, ce trio improbable va éclater en morceaux lorsque Maillard et Bizot seront tués à leur tour. Dominique Hardenne est peut-être le seul survivant du désastre, alors en bon fermier, il veut rentrer chez lui. Mais la guerre est passée ici aussi, et au village il ne trouve que des corps, parfaitement conservés dans leur dernière posture et qui lui en disent beaucoup sur la vie qui s'est écoulée en son absence. Ses parents sont à la messe, comme toujours; Madame Amédée, l'ancienne bigote, est devenue tenancière d'un bordel; Nathalie, la belle Nathalie, est là aussi. Dominique Hardenne veut comprendre mais doit lutter contre la folie qui le guette à force de solitude et de doutes. Au milieu des corps figés des habitants du village et des fantômes de Maillard et Bizot, les deux frères d'armes dont il porte les reliques, Dominique Hardenne entre dans une course contre la montre: contre la pourriture des corps, contre la prolifération des insectes, contre la folie distillée par la solitude. Dans son refus de céder la terre aux cloportes, Hardenne ramène l'humanité à ses peurs et ses rêves fondamentaux.


- Le pays de la cannelle
de William Ospina
Éditions JC Lattès / Août 2010


Dans une île sèche des Caraïbes, un jeune Espagnol vit avec celle qu'il a toujours connue comme sa nourrice, Amaney, à la peau brune comme la cannelle. Il vit dans l'attente des lettres de son père, parti sitôt après sa naissance courir fortune avec les conquistadors de Pizarro. À douze ans, il reçoit une dernière lettre, récit envoûtant et terrible de la chute de Quzco et de la mort de l'empereur. Alors que la lettre suivante lui apprend la mort de son père, le jeune garçon découvre que sa prétendue nourrice n'est autre que sa mère. Déchiré, honteux, il part sur les traces paternelles pour réclamer sa fortune. Sur les routes escarpées des Andes, devant les ruines de la cité des Rois de Lima, il est en proie à des émotions contradictoires. Le peuple de sa mère a été décimé, mais devant les vestiges des cités d'or, il se surprend à envier les sanglants conquistadors qui ont pu découvrir ce spectacle intact. D'une oreille, il entend le récit violent des envahisseurs, de l'autre, les légendes millénaires des Indiens qui ont bâti une civilisation bientôt écroulée. William Ospina signe un roman de voyage qui appelle aussi bien au grand dehors qu'à la quête la plus intime, celle de ses propres origines.


- Le plus bel âge
de Joanna Smith Rakoff
Éditions Presses De La Cité / Août 2010


Ils sont six amis d'université, quatre filles et deux garçons, et ont choisi New York, la ville de tous les possibles, pour mener leur vie d'adulte. Mais au rythme des mariages, naissances, échecs professionnels et personnels, leurs rêves et ambitions ne tardent pas à se heurter à l'épreuve de la réalité. En mettant en scène leurs vies entremêlées, les amitiés et les amours qui se nouent et se dénouent, Joanna Smith Rakoff fait la chronique d'une génération perdue, qui, entre espoirs et désillusions, essaie de trouver sa place dans le monde. Avec en toile de fond les bouleversements économiques et politiques de notre époque, du boom Internet au réveil brutal au lendemain du 11 septembre, ce roman d'apprentissage victorien dans l'âme, généreux et parfaitement maîtrisé, révèle une nouvelle voix de la littérature américaine contemporaine.


- Le poids du paradis
de Thrity Umrigar
Éditions L'Archipel / Août 2010


Depuis la mort soudaine de leur fils unique de 7 ans, Ellie et Franck Benton, enfermés dans leur chagrin, sont devenus l'un pour l'autre des étrangers, Lorsque Franck se voit proposer de diriger une usine en Inde, Ellie le pousse à accepter, considérant ce départ du Michigan comme un moyen de faire son deuil et de renouer avec son mari. À Girbaug, un village près de Bombay, Ellie tombe sous le charme des paysages colorés et s'imprègne de la culture locale. Franck de son côté rencontre des problèmes avec les autochtones dans la scierie qu'il dirige. Surtout, ils rencontrent Ramesh, le jeune fils de leurs domestiques, qui va leur redonner goût à la vie. Franck se console de la perte de son enfant avec Ramesh, qu'il emmène en voyage et à qui il offre de somptueux cadeaux. De plus en plus, il le considère comme un fils de substitution et souhaite qu'il ait une vie meilleure au point de vouloir l'emmener en Amérique. Mais le père de Ramesh n'accepte pas la mainmise du couple sur son fils et le leur fait savoir. Peu à peu l'affection de Franck se mue en obsession.


- Le proscrit
de Sadie Jones
Éditions 10-18 / Août 2010


Depuis le drame qui rompt son enfance en 1953, Lewis grandit en exil. Brimé par le poids du silence et la froideur d'un père autoritaire, il se rétracte dans sa peine, tandis que les habitants conformistes de Waterford chuchotent. Personne ne souhaite faire de place au proscrit. Jusqu'à ce que la violence éclate, foudroyante, irrépressible et douloureusement libératrice.


- Le secret de Jasper Jones
de Craig Silvey
Éditions Calmann Lévy / Août 2010


"Si j'avais affaire à quelqu'un d'autre, je tournerais les talons. Je ne me faufilerais pas sous le rideau de branches de l'acacia en baissant la tête. Je ne me raccrocherais pas à son tronc rugueux de crainte de trébucher. Je n'écarterais pas le feuillage. Je n'apercevrais pas une clairière. Et je ne découvrirais pas le secret de Jasper Jones". Une nuit de 1965, Jasper Jones, le paria de la petite ville minière de Corrigan, le gamin à moitié aborigène, frappe à la fenêtre de Charlie Bucktin, treize ans. Il n'a confiance en personne, il a besoin d'aide, aussi Charlie accepte-t-il de le suivre jusqu'à cette jolie clairière enfouie dans le bush où l'attend une terrible découverte. Cette nuit-là, Jasper Jones lui fait jurer de garder le silence. Mais ce secret bien trop lourd à porter pour des enfants n'est pas le seul qui lézarde la ville de Corrigan.


- Le soleil m'a oublié
de Christian Laborde
Éditions Robert Laffont / Août 2010


Ce que préfère Marcus, c'est la boxe; parce qu'il est parfois violent, il a arrêté le lycée et il pense que dans le monde ou il vit, il n'a que son poing levé pour s'exprimer et ses poings serrés pour se défendre. Il court chaque jour en survêtement noir ou il est devant son ordi ou bien il roule à moto. Pour l'argent, il est veilleur de nuit dans un hôtel de passe: le Khamsin. L'hôtel appartient à Vico, comme le club de boxe ou Marcus tape sur des sacs de frappe pour s'entraîner. Souvent il va au Zingobar pour retrouver ses potes. Après les bières, ils partent cambrioler des maisons vides dans le quartier bourgeois. Tout roule pour Marcus. Un soir, à la boxe, pendant une pause, il aperçoit la femme de Vico. Roxane est belle, elle a l'air douce, son regard a croisé le sien pendant quelques secondes et il ne l'oubliera plus. Jusqu'au jour ou Vico lui demande de passer chez lui pour réparer l'ordinateur de Roxane, jusqu'au jour ou elle lui donne rendez-vous et ou il connaît le ciel, jusqu'au jour ou Vico apprend leur aventure et cherche à l'assommer avec un nerf de bœuf et que Marcus, pour se défendre, le frappe et le tue. Un peu plus tard, Marcus, écrit à son avocat. Il refuse que Roxane témoigne à son procès, il refuse aussi de s'y rendre. Les conséquences de ses refus lui sont indifférentes.


- Le troisième jour
de Chochana Boukhobza
Éditions Denöel / Août 2010


Elisheva, musicienne connue dans le monde entier, et Rachel, son élève violoncelliste, arrivent de New York pour un concert à Jérusalem, en 1990, un matin de khamsin. Tandis que Rachel retrouve sa famille, ses amis et un amour perdu, Elisheva prépare une très secrète entreprise. À l'hôtel, elle rencontre Daniel, un chasseur de nazis, et sur l'esplanade du Temple, Carlos, qui travaille pour le Vatican. Survivante des camps, puisant sa force dans la musique et la colère, Elisheva a embarqué les deux hommes dans son aventure. Sur l'échiquier de Jérusalem, deux histoires se superposent, l'une errante, qui ressuscite les blessures de l'enfance et l'intrigue amoureuse, l'autre pleine de la promesse faite aux morts. Dans un roman où chaque personnage livre sa vérité, Chochana Boukhobza tisse sur trois jours une aventure haletante dont Jérusalem, avec ses parfums et sa lumière intense, est le centre.


- Les chagrins
de Judith Perrignon
Éditions Stock / Août 2010


Il n'y a plus trace de rien, là-bas. On a déversé des tonnes de sable, vissé des balançoires, planté des arbres et décrété l'insouciance. Mais la mémoire complote. Les chemins serpentent. Le terrain fait des vagues. Le toboggan est habillé d'une tour qui ne guette plus rien. Sous le sable de ce square parisien, il y a la poussière et les secrets d'une prison de femmes. La Petite Roquette, détruite en 1973. Tout le monde a préféré l'oublier. Sauf Angèle. Nul ne lui avait jamais dit qu'elle était née ici,quelque part sous les balançoires, le 16 novembre 1967, un quart d'heure avant l'extinction des feux. Mais sa mère vient de mourir. Helena Danec 1945-2007. Femme sèche et silencieuse. Elle laisse des lettres reçues en prison, un vieil article de presse racontant son procès, et le nom de l'homme qu'elle aimait. Alors le passé ne demande qu'à surgir, qu'à faire entendre les vertiges de l'amour, la beauté d'une époque révoltée et la puissance de la musique. Il réclame des explications, il cherche et emprunte toutes les voix; celle d'Angèle, celle de Mila sa grand-mère, celle d'un vieux journaliste qui en sait beaucoup plus long que ce qu'il avait écrit, et même celle de l'homme qui s'est enfui. Tous racontent l'histoire d'Helena. Son chagrin. Leurs chagrins


- Les derniers flamants de Bombay
de Siddharth Dhanvant Shanghvi
Éditions Les Deux Terres / Août 2010


Dans les marais, les flamants roses sont les symboles tenaces d'un Bombay qui est devenu Mumbai. C'est dans les quartiers huppés que Karan Seth, venu saisir avec son appareil l'esprit de la mégapole, va croiser ses modèles: Samar, pianiste, excentrique, homosexuel; la star de Bollywood, Zaira, et Rhea, dont les frustrations d'épouse l'entraînent dans une relation avec le jeune photographe. L'assassinat de Zaira va bouleverser ce microcosme mondain et faire remonter à la surface tous les non-dits de la haute société indienne: le sexe, l'argent, l'obsession de la célébrité, battent en brèche les valeurs fondamentales, alors que les préjugés gardent leur emprise sur tous.


- Les ensorcelés
de Fadela Hebbadj
Éditions Buchet Chastel / Août 2010


"Au commencement fut l'assassinat de ma mère et de ma sœur. J'ai crié d'effacer le sang sur la porte mais ils n'ont entendu qu'un cri. Je l'entends dans la nuit, sous un ciel détruit. Je l'entends restituer sa déchirure sous un soleil en ruine. Je l'entends entrer en moi, ce cri inaudible, niellé au fond des os. Ce cri qui m'a servi à injurier, à maudire et à diffamer, ce cri de mort me revenant par je ne sais quel miracle intact. Un cri puis un mot puis un chant, ma bouches'est mise à articuler les mots du cri de mon histoire".


- Les sept fous
de Roberto Arlt
Éditions Belfond / Août 2010


La redécouverte d'une figure hautement polémique des Lettres argentines. Dans le Buenos Aires des années 1930, le destin d'un homme qui, confronté à l'humiliation, la violence et la misère, cherche une échappatoire dans le rêve et la folie. Portée par une écriture en uppercut, une œuvre-culte, saluée par Cortázar et Onetti. Employé à la Compagnie sucrière, Erdosain a pris l'habitude de puiser dans la caisse. Dénoncé, il est sommé de rembourser six cent pesos et sept centimes, et découvre le même jour que sa femme le quitte. Aux abois, il part trouver l'Astrologue, un être aussi mégalo que délirant, qui a pour projet de fonder une société secrète financée par les revenus d'une chaîne de maisons closes. Avec lui, un maquereau mélancolique, un rentier pervers, un pharmacien mystique, un aventurier chercheur d'or, un officier corrompu, un tueur illuminé: sept fous lancés dans une entreprise abracadabrante, sept fous lâchés au cœurs des bas-fonds de la ville. Et Erdosain, en quête d'une raison d'exister, d'un Dieu qui toujours se dérobe.


- Les sœurs Brelan
de François Vallejo
Éditions Viviane Hamy / Août 2010


"Les trois filles s'étaient regardées en entrant, les mêmes yeux gris, et tues une demi-heure. Des têtes butées: on voulait bien comprendre, quelques mois après le décès accidentel de leur dernier parent. Après tout, qu'elles se butent, si elles se soumettent à la décision du juge et du conseil de famille".


- Les vies extraordinaires d'Eugène
de Isabelle Monnin
Éditions JC Lattès / Août 2010


On sait peu de choses d'elle. Pas son prénom. Juste qu'elle a décidé de ne plus parler,"puisqu'il n'y a plus rien à dire", qu'elle coud le même modèle de pantalon en velours rouge dans toutes les tailles, de 6 mois à 102 ans, qu'elle surnomme ses parents Lucha mama et Dalaï papa et qu'autrefois elle imitait Bourvil pour le faire rire. De lui, on sait qu'il prépare le marathon de New York, qu'il est historien et qu'il s'est donné une mission, pour que sa compagne retrouve la parole, il doit faire le récit de l'histoire d'Eugène. Eugène est leur fils. Il est mort à l'âge de six jours. Mais comment raconter une si courte vie? A-t-il existé, lui qui n'a pas vécu? Le père d'Eugène n'a pas d'imagination mais de la méthode. Il se lance dans une enquête. La traque pragmatique de ce qu'aurait dû être la vie d'Eugène. Il cherche ses"aurait dû" partout. Jusqu'à la crèche qu'il aurait dû fréquenter où il dérobe la liste des enfants qui auraient dû devenir les copains de son fils. Le voilà qui espionne, sur Internet ou dans les rues d'un quartier populaire de Paris, les familles de ces petits. Pendant une année, il tient le journal de cette enquête. Et il s'entraîne pour le marathon sur un tapis de course installé dans leur appartement. Pendant qu'il court, la mère d'Eugène glisse des morceaux de velours rouge dans sa machine à coudre et se raconte en silence les vies héroïques de son glorieux fils. Livre de deuil, Les Vies extraordinaires d'Eugène est le récit de l'absurdité et de la puissance de la vie.


- Les vies sauvées d'Alexander Vielski
de François Langlade
Éditions Robert Laffont / Août 2010


Moscou, 1946. Dans un pays saigné par les purges et l'inefficacité du système, Alexander Vielski est engagé pour travailler au sein d'un laboratoire caché dans les sous-sols de la Loubianka, l'immeuble tristement célèbre qui abritait les services secrets. Dans ce lieu sombre, Alex découvre l'horreur: au nom de la science ou plus clairement du pouvoir politique, le professeur Maïranovski, le personnage a vraiment existé, y teste de nouveaux poisons sur des prisonniers vivants, de véritables cobayes humains. De la capitale russe aux confins des Carpates, de Batoumi, jolie station balnéaire de Géorgie sur la mer Noire, jusqu'à Leningrad, dans l'enceinte même du prestigieux ballet Kirov, Alex, communiste convaincu d'oeuvrer contre les ennemis de l'Union soviétique, devient un agent secret de l'intérieur. Mais deux rencontres au cabinet des Poisons vont faire basculer sa conscience: une des victimes de Maïranovski, Raoul Wallenberg, le diplomate suédois qui a sauvé des dizaines de milliers de juifs pendant la guerre, et Anna, une jeune femme, employée au laboratoire, lumineuse et intense, dont il va tomber amoureux. Alors que la terreur stalinienne se déchaîne et que la violence se focalise sur les juifs (cadres, médecins, intellectuels) pour finir avec l'affreuse parodie du "procès des Blouses blanches", Alex se trouve confronté aux questions essentielles. Une visite à son père à Batoumi lui rappelle le sens des valeurs morales, son enfance, sa culture juive. Plutôt que de poursuivre sa tâche criminelle, il tentera alors de sauver des vies avec Anna et se sauvera lui-même en se réappropriant un destin qu'on lui avait volé au nom de l'idéologie ou, peut-être, de la simple obéissance aux ordres. Et c'est cela, sans doute, la trame essentielle et la grande force de ce livre.


- Léa
de Pascal Mercier
Éditions Buchet Chastel / Août 2010


Une journée hivernale en Provence. Adrian Herzog et Martijn van Vliet font connaissance dans un café. Ils constatent qu'ils sont tous deux originaire de Bern. Au cours du trajet de retour en Suisse, une intime complicité se crée entre les deux hommes. Van Vliet raconte à Herzog l'histoire tragique de sa fille qui l'a amené dans le Sud de la France. Tout a commencé avec la mort de sa femme. Tétanisée par le deuil, l'enfant s'est coupée du monde, jusqu'au moment où, à l'âge de huit ans, elle entend sur un trottoir une violoniste jouer une partita de Bach. La révélation est immédiate: elle doit apprendre à jouer du violon. Van Vliet est enchanté que sa fille sorte enfin de sa torpeur. Très vite, son exceptionnel talent éclate au grand jour. Léa enchaîne les succès, enfonçant son père dans une solitude de plus en plus profonde. Sa dernière tentative désespérée de regagner l'amour de sa fille signera la fin de son existence sociale. Mais Léa, elle non plus, n'a pas le loisir de profiter de ses triomphes musicaux. Son esprit se trouble et la pousse à un acte qui démolit tout.


- Mademoiselle Scaramouche
de Jean-Michel Payet
Éditions Les Grandes Personnes / Août 2010


Lorsqu'elle assiste à la mort de son père tué en duel, Zinia est loin d'imaginer qu'elle est à l'aube d'un singulier tour du destin. Dans le caveau familial repose en effet déjà un cercueil, le sien, ou plutôt celui de celle qu'elle croyait être. En un instant, le monde de la jeune fille vole en éclats et, des bas-fonds de la capitale au faste de Versailles, de la cour des Miracles au Trianon de porcelaine, elle n'aura alors plus de cesse de découvrir sa véritable identité, devant porter pour cela un temps le masque de Mademoiselle Scaramouche.


- Méfiez-vous des enfants sages
de Cécile Coulon
Éditions Viviane Hamy / Août 2010


"Je n'ai pas rêvé cette nuit-là. Mon chagrin grandissait dans mon sommeil. Je me souviens du réveil, avec l'impression de manque, et mes parents dans l'encadrement de la porte. J'ai pris mon pantalon qui traînait par terre. Dehors, il faisait déjà chaud, mais je ne suis pas allée à l'école. La maison d'Eddy était fermée. Je me suis assise sur les marches en me disant que Kristina ne serait jamais au courant, que Freak ne pourrait pas me dire ce qu'il en pense. J'ai arrêté de croire en Dieu, j'ai arrêté de croire qu'il y avait d'honnêtes gens sur Terre, j'ai arrêté de sourire pour rien, et je me suis dit que je devais faire comme lui, au moment où j'en aurais envie, et dire aux gens d'aller se faire mettre, une bonne fois pour toutes".


- Mon âme au diable
de Jean-Pierre Gattégno
Éditions Calmann Lévy / Août 2010


Six mois ont passé depuis la rentrée et Théodore Simonsky, obscur professeur vacataire, n'a encore effectué aucun remplacement ni perçu le moindre salaire. Sa situation est devenue si critique qu'il est prêt à accepter n'importe quelle mission. Or, voilà que Thomas Guérini, un haut fonctionnaire du ministère de l'Éducation nationale, lui propose un poste au collège Verdi dans le XIXe arrondissement. Le climat délétère de ce collège, les exactions des élèves, leurs turpitudes et leur agressivité ont transformé cet endroit en véritable cauchemar. Les malheureux professeurs.Thomas Guérini n'y envoie pourtant pas Théodore Simonsky pour enseigner quoi que ce soit, il lui demande d'assassiner la principale. Conduit à la manière d'un thriller, ce roman dresse avec humour le portrait du premier professeur tueur à gages rémunéré par le Trésor public et, à travers lui, celui d'une société toujours plus corrompue.


- Nevrospiral
de Patrick-Olivier Meyer
Éditions Calmann Lévy / Août 2010


"Vous voyez cette pomme? Elle est belle, hein? Bien ronde. Bien verte?
- Une Granny Smith, il a dit.
- C'est ce que j'appelle un cerveau normal".
J'ai mordu dedans à trois reprises, toujours du même côté, et la pomme s'est retrouvée endommagée. Une partie nickel et une autre bouffée, ravagée, plus très loin du trognon. "Ça, j'ai dit, c'est mon cerveau". Ian, Samuel, Anita, Richard. Comme les quatre couleurs d'une palette pop, entre blondeur et désespoir, rose fluo et noir total. Obsessionnels et délirants, euphoriques et tourmentés, ils tentent de trouver leur équilibre, un pied dans la vie, l'autre au-dessus du gouffre.


- Nos cœurs vaillants
de Jean-Baptiste Harang
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2010


On ne répond pas à une lettre anonyme, quand bien même on en démasquerait l'auteur. Faut-il seulement la lire? À l'origine de ce roman, une lettre mêle amitié et amertume, complicité et reproche, dépit amoureux, nostalgie aiguë, doléances et confidences. Soupçons. Révélations. Ce courrier, reçu par Jean-Baptiste Harang d'un camarade de jeunesse qui se plaint de ne pas apparaître dans ses livres, n'est donc pas signé. Dès lors ressurgissent le temps perdu, les fantômes qui s'y meuvent, du premier mort aux premières amours, au fil des souvenirs de patronage et de colonie de vacances, dans le Paris oublié des années cinquante, son XVIIe arrondissement, ou bien au fond d'une vallée du Jura qui semble plus ancienne encore. Un vert paradis, où brille Agathe, par son absence. Un vert paradis où règne en maître l'abbé T., et son encombrante affection.Les mots et l'émotion affrontent des silences trop longtemps tenus, Nos cœurs vaillants poursuit le cours d'une mémoire empêchée et cependant en quête d'elle-même, les tours et détours de l'esprit cherchent à comprendre ce qui, dans ses jeunes années, et toute sa vie depuis, lui a incroyablement échappé. Mais qui vous impose de vous rappeler ce qui vous encombre, et d'oublier ce qui vous manque?


- Pastel fauve
de Carmen Bramly
Éditions JC Lattès / Août 2010


"Je regarde ma montre, essayant de me perdre dans le mouvement des secondes. Je ne serai pas en avance. Cinq ou dix minutes de retard. Pierre commencera à s'impatienter et n'en sera que plus heureux de me revoir. Je marche de long en large, m'affale sur mon lit, me relève et continue de faire les cent pas. Puis je retourne dans la salle de bain me mettre une goutte de parfum et du rouge à lèvres, que j'enlève aussitôt. Ça fait trop femme, je le remplace par du gloss. Dans la salle de bain, mes parents se préparent à leur tour. J'aime entendre le bruit du rasoir de mon père et le pschitt de l'eau de Cologne que maman vaporise dans son soutien-gorge, puis le son émis par ses lèvres lorsqu'elle répartit le rouge dont elle les a enduites. L'extrême attention que je prête depuis toujours à ces sons à peine perceptibles a fini par me doter d'une ouïe presque animale. Nouveau coup d'œil à ma montre. C'est le moment. J'embrasse mes parents, leur souhaite par avance une bonne année, une bonne santé, toutes ces conneries qu'on se dit le 1er janvier. Ils me recommandent de bien me couvrir. Je fais oui de la tête, tout en enfilant une petite veste en coton léger. Dehors, une bourrasque de froid piquant vient me fouetter le visage, propageant à tout mon corps, en onde de choc, une nuée de frissons. J'enfourche mon vélo et pédale le plus vite possible". C'est la dernière nuit de l'année. Sur l'île de Bréhat, Paloma, quatorze ans, rejoint Pierre, son ami d'enfance, pour fêter le nouvel an. Ils ne se sont pas vus depuis un an, l'adolescente s'est transformée et les rapports sont à réinventer.


- Prière de laisser ses armes à la réception
de Daniel Fohr
Éditions Robert Laffont / Août 2010


Lorsque le narrateur, gérant hypocondriaque et paranoïaque d'un hôtel médiocre, découvre un registre de comptabilité plus que douteux ayant appartenu aux anciens propriétaires, deux corses rentrés au pays, tout est en place pour un enchaînement d'événements qui vont rivaliser d'extravagance, entre loufoqueries diverses et cadavres en série. Mais l'intrigue menée tambour battant ne sera qu'un prétexte pour camper la vie quotidienne et décalée d'un hôtel à travers ses résidents souvent bizarres, et son personnel plus bizarre encore. Apprenant qu'une partie du Dernier tango à Paris aurait été tournée dans l'établissement, Joseph le gardien de l'hôtel voit une formidable opportunité pour aider son patron à dynamiser l'hôtel et satisfaire sa clientèle. Son imagination débordante va l'amener très loin dans ce qu'il croit être bon pour leur business, jusqu'à se prendre lui-même pour Marlon Brando et appeler sa chienne Cheyenne, comme la fille de l'acteur. Il va aussi se lancer dans l'organisation d'animations créatives ayant pour thème les pays d'origine de ses clients. Mais la vie peu paisible de l'hôtel sera chamboulée lorsque le narrateur tombe amoureux d'Estelle, une serveuse topless d'un bar voisin, le Saloon, avec laquelle il n'arrive jamais à conclure: un feu se déclare, il se fait agresser et casser le nez, deux cadavres sont découverts dans la benne à ordures, le speculum d'un client disparaît. Déjà sujet aux questionnement existentiels qu'il calme à coups de tisanes de millepertuis, valériane et passiflore, le gérant décide d'employer les grands moyens et se met à investir dans tout ce qui peut exister comme instrument de dissuasion et de protection: caméra, gilet pare-balles, portique de sécurité. Tel le shérif qui attend l'arrivée dans sa ville des desesperados, notre gérant parviendra-t-il à se protéger et protéger ses résidents du pire? Le pire, on le sait, n'est jamais certain, mais dans cet hôtel très singulier, même l'impensable peut arriver.


- Quand j'étais normal
de Marc Weitzmann
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2010


C'est le printemps 2003, le monde bascule. Un an plus tôt, Jean-Marie Le Pen a pulvérisé ses records aux présidentielles. La guerre explose en Irak, dans les rues de la capitale, dans les cercles médiatiques, manifestants pacifistes et soutiens à Bush s'affrontent brutalement. Comédiens à la retraite, mais leurs idéaux gauchistes intacts, les parents du narrateur Gilbert Bratsky ont repris le chemin du militantisme. À plus de soixante-dix ans, convaincus de l'urgence de leur mission, ils sillonnent les banlieues déshéritées de la Seine Saint-Denis, à la grande inquiétude du narrateur, pour y monter une troupe de théâtre militant contre la guerre. Gilbert, quant à lui, mène une existence solitaire, en retrait de l'agitation générale, jusqu'au jour où ses parents retrouvent par hasard l'un de ses proches amis d'adolescence, Didier Leroux. Ancien enfant martyr, ancien délinquant, Didier, à quarante ans, sort de prison pour meurtre. Qui est vraiment Didi, "aux yeux d'adulte mal grandi", que veut-il, lui qui s'installe en fils prodigue chez les parents de Gilbert? Tout d'abord agacé, puis inquiet, Gilbert commence à recevoir d'étranges e-mails anonymes, antisémites, menaçants, délirants. Sous l'influence de son oncle, Julius, qui tient des discours alarmistes et voit partout des complots anti-juifs, Gilbert se persuade que son ancien camarade en est l'auteur. La canicule échauffe les esprits, la tension monte. Tandis que la fille de Julius, Carine, est victime d'une agression dans l'hôpital psychiatrique où elle travaille, Gilbert part en banlieue, à la recherche de son ancien camarade et de l'idéal perdu de ses parents.


- Qu'as-tu fait de tes frères ?
de Claude Arnaud
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2010


Au milieu des années soixante, à la frontière entre Boulogne et Paris, le jeune Claude s'ennuie. Pour échapper au vide ambiant, il passe ses journées à lire entouré de ses frères Pierre et Philippe, deux aînés si beaux et doués qu'il peine à se faire une place. Il a douze ans quand le quartier s'éveille - c'est le début d'une nouvelle vie. Mai 68, Paris se soulève, le jeune garçon court les manifestations, découvre le plaisir avec les deux sexes et les paradis artificiels. Il quitte le domicile parental et s'installe chez les uns et les autres, abandonne son prénom pour devenir Arnulf l'insaisissable, se change en agent révolutionnaire puis en oiseau de nuit, fréquente une psychanalyste en rupture et des travestis en tournée, approche certains des penseurs qui vont marquer l'époque. Pendant que la société française entre en révolution, la famille se désagrège, la mère meurt d'une leucémie, l'aîné sombre dans la démence, Philippe fait le tour du monde en stop, on propose à Claude d'apprendre à manier les armes, la décennie de poudre tourne aux années de plomb, Pierre se suicide. Mais la tragédie n'est pas le ressort de ce livre, qui fait revivre la vitalité de la génération du pop-rock et des drogues, de l'amour libre et de la folie revendiquée, sous la houlette de Benny Lévy, le mentor de la Gauche Prolétarienne, et de Félix Guattari, le co-auteur de l'Anti-Œdipe.Qu'as-tu fait de tes frères?, c'est l'histoire d'une famille marquée par le destin, c'est la chronique d'une époque qui fascine rétrospectivement par sa démesure.


- Qu'avez-vous fait de moi ?
de Erwan Larher
Éditions Michalon / Août 2010


Je suis une bombe... Fragmenté de frustrations. Vous m'avez gavé de savoirs, vous m'avez infiltré de connaissances, puis vous m'avez jeté sur votre marché du travail, lesté de bagages mais sans rien ni personne pour me guider, avec en guise de boussole un impératif sans cesse instillé par vos médiatiques nervis: réussir. Je me suis perdu, il va de soi. Je ne me suis peut-être même jamais trouvé. Maintenu en dehors de votre monde, à la lisière tout d'abord, puis imperceptiblement de plus en plus loin à la périphérie, je me suis mis à le haïr. Vous avez fait de moi un rebelle au lieu d'un petit soldat. Je voulais bien jouer le jeu mais les rôles étaient déjà distribués. Alors je m'en suis écrit un. S'il n'y a plus de révolutions, j'en inventerai. Je suis une bombe... Fragmenté de frustrations. Et j'ai rencontré des artificiers. Entre fantasme et réalité, Léopold Fleury découvre un abîme où il va basculer. Pris dans un engrenage infernal, il décide de livrer un combat héroïque. Puis comment démêler le vrai du faux sans laisser de corps au bord du chemin ni plaider coupable?


- Savoir perdre
de David Trueba
Éditions Flammarion / Août 2010


À Madrid aujourd'hui, une adolescente, un cadre au chômage, un vieux professeur de piano et un footballeur argentin vont tour à tour éprouver le désir de gagner et la douleur de perdre. Criminels,prostituées, petites gens et sans-papiers côtoient hommes d'affaires et célébrités dans ce grand roman choral sublimé par la prose charnelle et incisive de David Trueba. Nourri d'une foule de personnages, toutes générations et classes sociales confondues, Savoir perdre brosse un portrait décapant, lucide et désenchanté de notre époque, de ses rêves de victoire et de ses innombrables défaites.


- Six mois, six jours
de Karine Tuil
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2010


En Allemagne de nos jours. Juliana Kant, première fortune allemande, femme froide, retenue, secrète, mariée, a une aventure amoureuse avec un homme qui a tout du prédateur sexuel, Herb Braun. Au bout de quelques mois, d'un hôtel l'autre, d'un rendez-vous clandestin l'autre, l'homme menace de révéler à la presse leur liaison, tous leurs ébats ont été filmés. La milliardaire dénonce le gigolo. On l'emprisonne, la morale est presque sauve, l'argent bien gardé. Une affaire de mœurs? Une coucherie prosaïque qui tourne au chantage sordide? Karine Tuil, dans son roman le plus puissant, le mieux construit, dévoile l'arrière-monde de cette liaison à risques, qui est à l'origine d'une telle fortune allemande? Pourquoi le grand-père de Juliana, premier mari de Magda Goebbels et nazi notoire, n'a t-il pas été arrêté à la Libération? Sait-on que le père d'adoption de Magda était un juif qu'elle a renié puis effacé de sa mémoire? Pourquoi les Kant n'ont-ils jamais autorisé une enquête sur leurs activités industrielles sous le Reich? Le père de Braun est-il vraiment un ancien déporté du camp de Stöcken, ou est-ce un leurre? Son fils l'a-t-il vengé en humiliant sexuellement la jolie bête blonde? Qui est vraiment Herb Braun? Que veut-il? Les fils sont-ils responsables des fautes des pères?


- Tous ces jours sans toi
de William Rejault
Éditions Plon / Août 2010


Je suis Marion. J'avais vingt ans en 1992 et j'écoutais sur mon vieux lecteur CD du Jeff Buckley, du Nirvana. Je traînais à la fac en Bensimon et jeans Cimarron. J'ai joué aux cartes jusqu'au petit matin, fait des photocopies à la BU et rêvé de grands voyages en attendant les partiels. J'avais un ami un peu boulet qui n'a cessé d'attirer les ennuis, qui a accumulé les rencontres catastrophiques et les amours malheureuses. Une bande de potes un peu atypiques dont j'ai perdu de vue la plupart des membres. Je voulais partir à New York mais ce ne fut pas pour moi. Je voulais réussir mes exams mais, ça non plus, ce ne fut pas pour moi. Je voulais trouver le grand amour, ce fut dur. Et puis un jour...
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 12:19

- Tout pour le mieux
de Catherine Siguret
Éditions Robert Laffont / Août 2010


Marilyn et Albert ne se sont jamais cherchés, jamais même rêvés. Leurs vies ont cheminé aux antipodes, leurs caractères, leurs façons d'être au monde sont opposés: claquemurée depuis l'enfance dans une névrose bien cognée (malgré un don inouï pour le piano), Marilyn a peur de tout, aimer pour commencer. Albert, lui, a parcouru le monde sourire aux lèvres, sans jamais véritablement s'attacher à rien ni à personne, son étourderie légendaire le protégeant de tout, l'amour pour commencer. Outre cela, vingt-huit ans les séparent. Mais seulement deux étages: ils vivent dans le même immeuble, elle au second, lui au quatrième, ou habite aussi sa vieille mère. Car Irène, la mère d'Albert, est à peu près ce qu'on peut trouver de plus raffiné et de plus pervers en matière de mère abusive: non contente d'avoir réussi à amarrer son fils dans l'appartement en face du sien, elle se met en tête d'ourdir son amour avec Marilyn (vieille fille inoffensive à ses yeux) comme on ourdit un complot. Tout se passe selon ses plans jusqu'au jour où ses "créatures", éperdument tombées amoureuses (ce qui n'était, on l'a compris, ni prévisible ni prévu), lui échappent.


- Un bûcher sous la neige
de Susan Fletcher
Éditions Plon / Août 2010


Au cœur de l'Ecosse du XVIIe siècle, Corrag, jeune fille accusée de sorcellerie, attend le bûcher. Dans le clair-obscur d'une prison putride, le Révérend Charles Leslie, venu d'Irlande espionner l'ennemi, l'interroge sur les massacres dont elle a été témoin. Mais, depuis sa geôle, la voix de Corrag s'élève au-dessus des légendes de sorcières, par-delà ses haillons et sa tignasse sauvage. Peu à peu, la créature maudite s'efface; du coin de sa cellule émane une lumière, une sorte de grâce pure. Et lorsque le révérend retourne à sa table de travail, les lettres qu'il brûle d'écrire sont pour sa femme Jane, non pour son roi. Chaque soir, ce récit continue, Charles suit Corrag à travers les Highlands enneigés, sous les cascades où elle lave sa peau poussiéreuse des heures de chevauchée solitaire. Chaque soir à travers ses lettres, il se rapproche de Corrag, la comprend, la regarde enfin et voit que son péché est son innocence et le bûcher qui l'attend le supplice d'un agneau.


- Un lézard au Congo
de Gil Courtemanche
Éditions Denöel / Août 2010


L'Afrique est entrée dans la vie de Claude alors qu'il menait au Québec une vie ordinaire. Depuis elle ne l'a plus lâché. Juriste à la Cour pénale internationale de La Haye, il instruit le procès de Thomas Kabanga, un criminel de guerre congolais. Un vice de procédure suffit à ruiner ses espoirs: Kabanga est relâché et rentre dans son pays. À Bunia, petite ville minière du sud du Congo, en pleine zone de rébellion, Claude continue de recueillir des preuves contre Kabanga et finit par s'ériger en protecteur des enfants-soldats qui furent ses victimes. Mais une fois qu'il aura rencontré ces êtres de chair et de sang, bourreaux ou enfants-soldats, que restera-t-il de ses idéaux?


- Une année chez les français
de Fouad Laroui
Éditions Julliard / Août 2010


C'est en 1970 que le ciel tombe sur la tête de Medhi Khatib. Ébloui par l'intelligence et la boulimie de lecture de son jeune élève, son instituteur s'est battu comme un lion pour lui obtenir une bourse d'interne dans le prestigieux lycée Lyautey de Casablanca, réservé aux enfants des hauts fonctionnaires français et des familles les plus influentes du régime marocain. Medhi a passé ses dix premières années au pied de l'Atlas. Pauvre, libre, heureux, choyé par une mère imprégnée de culture ancestrale et par un père qui rêve pour son pays d'un avenir démocratique et moderne, il n'envisageait rien d'autre que de continuer à jouir de l'existence et de se repaître de ces livres merveilleux dont l'abreuvait son instituteur. Du jour ou l'un de ses oncles l'abandonne à l'entrée du lycée Lyautey, en lui fourrant dans les bras une paire de dindons qu'il est censé offrir au responsable de l'établissement, la vie de Medhi change de dimension. Les jours passent, des individus mystérieux bouleversent son existence, des situations étonnantes se succèdent et Medhi doit se rendre à l'évidence: il ne comprend rien. Ni la vie qu'il a menée dans sa famille, ni les mots qu'il a appris dans tous ces livres qu'il adore ne sont en mesure de l'aider. Pourtant, il s'accroche. Et, au bout de quelques semaines, au moment ou il commence à s'habituer à cet univers, une nouvelle épreuve lui est infligée. Il est l'unique interne du lycée qui ne rentre pas chez lui le week-end et le directeur, refusant de mobiliser trois personnes pour un seul élève pendant les vacances de la Toussaint, lui demande tout à trac quel est son meilleur ami. Medhi, au hasard, donne le nom d'un camarade qu'il connaît à peine. Le père de ce garçon, touché par la situation de Medhi, accepte de le prendre chez lui pendant les week-ends. Peut-être espère-t-il changer les idées de sa femme qui ne se remet pas de la perte d'un de leurs deux fils.


- Une belle histoire d'amour qui finit bien
de Xavier Deutsch
Éditions Robert Laffont / Août 2010


Paul, le narrateur, est architecte, Achille un jeune rentier et Zoé une étudiante en lettres qui aime poser nue pour des artistes. Ils se sont connus tous les trois au lycée. Ils se sont parfois perdus mais toujours retrouvés, surtout autour d'une folle passion pour le XVIIIe siècle, ses jeux libertins auxquels ils vont jouer eux-mêmes, souvent de façon dangereuse. Alors que Zoé tombe entre les griffes d'un séduisant et cultivé magistrat érotomane, manipulateur et pervers, Paul succombe, lors d'un inoubliable bal masqué, aux charmes de la perfide Sigrid de Brune-Lanach. Mais heureusement, Achille veille. Grâce à l'amitié indéfectible qui soude le trio, l'imbroglio trouvera une issue tout à fait inattendue.


- Urkas !
Itinéraire d'un parfait bandit sibérien
de Nicolaï Lilin
Éditions Denöel / Août 2010


Le jeune Nicolaï naît dans une petite ville de Transnistrie où ont été déportés les derniers représentants des communautés sibériennes, opposants farouches au régime stalinien. Les Urkas, micro-société extrêmement violente et hiérarchisée, fonctionnent selon un code d'honneur très scrupuleux, auquel les enfants sont initiés dès leur plus jeune âge. Nicolaï se voit offrir son premier couteau à six ans, comme un rite de passage. À treize ans, il est déjà condamné pour meurtre. Entre-temps, comme tous les membres, il devra apprendre à mépriser la police, l'État et tout représentant de l'autorité extérieure, mais aussi prouver son allégeance à son groupe et aux valeurs de solidarité qu'il incarne. Haletant, sombre, violent, ce récit de vie en forme de puzzle nous plonge dans un monde peuplé de personnages paumés et attachants, où seul le crime semble pouvoir maintenir en vie.


- Damna
de Carine Geerts
Éditions Brumerge / Juillet 2010


Alaïz de Foix est une jeune femme d'une irrésistible beauté, aux lèvres pleines de promesses, mais le sexe comme l'amour reste pour elle une énigme. Pour découvrir le sens sacré de sa sexualité, elle devra trouver le chemin de la réconciliation avec elle-même. Elle devra apprendre à se connaître et pour y arriver, aller au bout de ses limites, s'annihiler totalement, perdre la conscience de son égo, de ses désirs, de sa volonté propre. Elle devra rencontrer ses démons et ses ténèbres, aller au bout des choses. Tout expérimenter dans le domaine de l'Amour pour accéder au sacré.


- Dernier été à Paris
de Abha Dawesar
Éditions 10-18 / Juillet 2010


Le prix Nobel de littérature, Prem Rustum, a la vie derrière lui. Que reste-t-il à découvrir au vieil écrivain new-yorkais, sinon les nouveautés futiles de ce début de millénaire? C'est pourtant sur un site de rencontres en ligne qu'il fait la connaissance de Maya. Elle est de cinquante ans sa benjamine et voue une admiration sans bornes à son œuvre. Vibrante romancière en herbe, elle projette un voyage en France. Il la suit. Commence alors un pas de deux sur les rives de la Seine, entre créativité et désirs inavoués. La sensualité croisée des esprits et des corps est pourtant là, qui les ronge d'un même feu. Et s'il restait encore cette chance à l'écrivain? Un dernier amour à vivre, une dernière explosion de désir. Un dernier été à Paris...


- Kiffe Kiffe demain
de Faïza Guène
Éditions Fayard / Juillet 2010


Doria a 15 ans, un sens aigu de la vanne, une connaissance encyclopédique de la télé, et des rêves qui la réveillent. Elle vit seule avec sa mère dans une cité de Livry-Gargan depuis que son père est parti un matin dans un taxi gris trouver au Maroc une femme plus jeune et plus féconde. Ca, chez Doria, ça s'appelle le mektoub, le destin: "Ça veut dire que quoi que tu fasses, tu te feras toujours couiller". Alors autant ne pas trop penser à l'avenir et profiter du présent avec ceux qui l'aiment ou font semblant. Sa mère d'abord, femme de ménage dans un Formule 1 de Bagnolet et soleil de sa vie. Son pote Hamoudi, un grand de la cité qui l'a connue alors qu'elle était "haute comme une barrette de shit". Mme Burlaud, sa psychologue, qui met des porte-jarretelles et sent le Parapoux. Les assistantes sociales de la mairie qui défilent chez elle parfaitement manucurées. Nabil le nul qui lui donne des cours particuliers et en profite pour lui voler son premier baiser. Ou encore Aziz, l'épicier du Sidi Mohamed Market avec qui Doria essaie en vain de caser sa mère. Il se mariera sans les inviter? Peu importe, "Maman et moi on s'en fout de pas faire partie de la jet-set". Kiffe kiffe demain est d'abord une voix, celle d'une enfant des quartiers. Un roman plein de sève et d'humour.


- L'affaire Seymour
de Tim Lott
Éditions 10-18 / Juillet 2010


Tim Lott ne s'attendait pas à une requête aussi étrange: Samantha Seymour, trente-neuf ans, lui demande d'enquêter sur les circonstances de la mort de son mari, le Dr Alex Seymour. Intrigué, le romancier plonge dans le passé d'une famille londonienne sans histoires. Ou presque. Au fur et à mesure de ses recherches, il va découvrir qu'Alex Seymour était en proie à une sérieuse crise de la quarantaine doublée d'une tendance inquiétante à la paranoïa, allant jusqu'à placer des caméras de surveillance au domicile conjugal pour espionner les faits et gestes de sa femme et de ses enfants. Mais, à ce jeu glaçant de miroirs et de dupes, tel sera pris qui croyait prendre.


- La maison des orphelins
de Helen Dunmore
Éditions 10-18 / Juillet 2010


Orpheline, la jeune Eeva est placée comme domestique chez Thomas Eklund, un médecin de campagne veuf. D'abord apaisée par la présence rassurante de cet homme réservé et bon, Eeva se sent bientôt étouffée par le jugement et les commérages des habitants du village. Désireuse de s'affranchir de son humiliante condition et de commencer enfin sa vie, elle part rejoindre Lauri, son ami d'enfance, à Helsinki. Dans une Finlande sous influence russe ou bouillonnent les désirs d'indépendance, pouvoir et révolutionnaires se livrent une lutte intestine capable de briser les destins, les familles et les rêves. Eeva en a déjà fait les frais. Auprès de Lauri et de l'énigmatique Sasha, le conspirateur exalté, l'histoire pourrait bien se répéter pour le trio amoureux.


- Le voleur d'ombres
de Marc Levy
Éditions Robert Laffont / Juillet 2010


Et si l'enfant que vous étiez rencontrait l'adulte que vous êtes devenu.
"Maintenant, assieds-toi, il faut que l'on parle, a dit l'ombre.
Je me suis assis en tailleur sur le sol.
- Tu as un pouvoir très rare, il faut que tu acceptes de t'en servir, même s'il te fait peur.
- Pour quoi faire?
- Trouve pour ceux dont tu dérobes l'ombre cette petite lumière qui éclairera leur vie, un morceau de leur mémoire cachée, c'est tout ce que nous te demandons.
- Nous?
- Nous, les ombres, souffla celle à qui je m'adressais. J'ai souri, je comprenais très bien de quoi elle parlait".


- Prochain arrêt Hollywood
de Zoey Dean
Éditions Fleuve Noir / Juillet 2010


Je m'appelle Taylor Henning et, à 24 ans, je viens de décrocher un poste d'assistante dans un studio de cinéma à Hollywood. Le rêve. Il me suffira de bosser dur, de plaire à Iris, ma responsable, et de m'intégrer dans l'équipe. Oui, mais l'équipe, c'est surtout Kylie, l'autre assistante. Et j'ai l'impression qu'elle voit mon arrivée d'un très mauvais œil. J'avais raison: le rêve est en train de virer au cauchemar. La guerre des assistantes est déclarée et je ne suis pas armée. Heureusement, il y a Quinn, la fille d'Iris. À 16 ans, elle excelle déjà dans l'art de la manipulation et avec un coach pareil, je progresse vite, si vite que le pouvoir semble changer demain. À moins qu'un grain de sable ne vienne bouleverser mon scénario.


- Quatre saisons parmi les fleurs
de Janine Montupet
Éditions Robert Laffont / Juillet 2010


Anicia a vingt-deux ans quand un accident de voiture brise sa vie: elle se retrouve aveugle et défigurée. Elle est alors recueillie par son oncle horticulteur, Martial Desroches, qui l'accueille dans sa propriété, le domaine des Demoiselles, où il vit avec ses deux grands enfants: Aurèle et Auréline. La vie dans le domaine est heureuse et laborieuse, mais un secret pèse sur cette famille apparemment si unie. Anicia apprendra que Marie-Estelle, la mère d'Aurèle et Auréline, aimée de tout le monde, a décidé quelques années plus tôt de s'enfuir en abandonnant son mari et ses enfants. Elle apprendra aussi que cette femme étrange est revenue dans la région et qu'elle voit souvent ses enfants. Anicia fera tout pour permettre à Martial et Marie-Estelle de se retrouver et lever la curieuse malédiction qui pèse sur le domaine, empêchant tous ceux qui l'habitent de trouver l'amour.


- Tous nos jours sont des adieux
de Nancy Cato
Éditions Belfond / Juillet 2010


Issue d'une famille aisée d'Adélaïde, Alix n'est pas une jeune fille comme les autres, en ces années1900. Elle n'a qu'une idée en tête: devenir infirmière. Mais, dans une Australie encore en pleine construction, ou l'aventure et le drame sont le lot quotidien, la jeune femme va devoir affronter les pires épreuves au nom de sa passion, allant jusqu'à partager les missions les plus périlleuses des pionniers. C'est alors qu'un homme bouleverse sa vie et lui donne une fille: Caro. Vingt ans plus tard, Caro a repris le flambeau de sa mère. Elle est infirmière mais aussi férue d'aviation. Au cœurs des années 30, elle va parcourir le continent aux commandes de son appareil pour tenter, elle aussi, de vivre libre. Deux femmes, deux destins, à l'image de l'épopée d'une nation tout entière.


- À qui tu penses quand tu me fais l'amour ?
de Madeleine Chapsal
Éditions Fayard / Juin 2010


Georges et Fanny, la quarantaine, divorcés, sont remariés depuis trois ans. Ils s'aiment et leur vie de couple semble parfaitement maîtrisée: ils ne parlent guère du passé, n'ont que de rares querelles, pensent la même chose sur la plupart des sujets, y compris la politique. C'est du moins ce qu'on voit et ce qui s'entend, car ils sont loin de tout se dire. Dans leur for intérieur, un autre discours se poursuit en permanence, souvent contraire à celui qu'ils tiennent tout haut. Fanny se révèle soupçonneuse, d'une jalousie persistante, et Georges se laisse facilement émouvoir par une présence féminine. Comme rien n'en est dit, seulement "pensé", leur vie amoureuse peut continuer. Jusqu'au jour où ce qui était tu, la vérité intime de chacun, est prononcé malgré eux. Que va-t-il en résulter? Une meilleure entente ou la fin du couple? Le problème de Fanny et Georges est aussi celui du lecteur et de notre société entière: faut-il tout exprimer? La transparence absolue est-elle souhaitable? Peut-on vivre ensemble sans se mentir? Faut-il toujours dire la vérité, ne serait-ce qu'à soi-même?


- Avant de se dire adieu
de Louise Candlish
Éditions Presses De La Cité / Juin 2010


Avant de mourir, la mère d'Olivia a fait promettre à sa fille de reprendre contact avec Richie Briscoe, l'homme qui lui a brisé le cœurs alors qu'elle n'était qu'une adolescente. Intriguée, Olivia décide de se rendre chez Richie, qui vit avec sa fille Wren dans un joli village de la côte anglaise. Bien qu'une vingtaine d'années se soient écoulées, tout se passe comme si leur amour n'était jamais mort. Olivia se sent comme chez elle à Millington, et Wren est un peu la fille qu'elle n'a jamais eue. Tout irait pour le mieux si Olivia n'avait pas déjà un mari qu'elle aime et deux fils.


- Blonde
de Joyce Carol Oates
Éditions Stock / Juin 2010


Blonde ne ressemble à aucun livre de Joyce Carol Oates. Avec cette œuvre monumentale et baroque, qu'elle compose à partir des fantasmes que lui inspire Marylin Monroe, l'écrivain a ainsi marqué de son empreinte un genre inédit: la "bio-fiction". Construite en cinq actes, cette tragédie est écrite sur deux modes: l'un narratif et réaliste, l'autre surréaliste, fait de visions et d'hallucinations. Un peu comme si la folie d'une Marylin starifiée venait interrompre les voix de différents personnages tentant de raconter son histoire. Au sein de ce chœur, on entend le souffle gracile et timide de Norma Jean, l'enfant blessée et perdue que Marylin a dû être, obsédée par le pouvoir de destruction et la fragilité de sa mère. C'est donc la part d'ombre de ce personnage devenu mythique qui a inspiré Joyce Carol Oates: "Je n'ai pas décidé de faire un livre sur Marilyn Monroe. C'est en découvrant une photo de Norma Jean prise en 1944 quand elle avait dix-sept ans que j'ai eu envie d'écrire sur cette jeune fille ordinaire, quelconque, une Américaine typique avec ses cheveux foncés et son visage rond, qui ne ressemblait en rien à Marilyn Monroe. […] C'est grâce et à cause d'Hollywood qu'elle s'est métamorphosée, qu'elle est devenue un miracle. Ce qui compte pour moi, c'est la vie privée de Norma Jean, comment cette vie privée s'est transformée en produit". Quand on sait que c'est à sa mère que Joyce Carol Oates a pensé en découvrant cette photo des jeunes années de Marilyn, on a très envie d'entendre l'auteur nous raconter en quoi la lecture de Blonde a été pour elle d'une telle importance.


- Cocktail à Montréal
de Rafaële Germain
Éditions Presses De La Cité / Juin 2010


En attendant le prince charmant, Marine Vandale, jeune dessinatrice habitant Montréal, passe le plus clair de son temps à refaire le monde dans les bars de la ville avec les trois hommes de sa vie: son ex-petit ami Laurent, son colocataire Jeff et son meilleur ami Julien. En compagnie de cette joyeuse bande, Marine essaie tant bien que mal de naviguer dans les eaux troubles de la trentaine, l'âge des responsabilités.


- Des vies sans couleur
de Zoë Wicomb
Éditions 10-18 / Juin 2010


Marion Campbell dirige une agence de voyages prospère au Cap et mène une vie solitaire et sans histoire. Mais tout n'est qu'apparence. La nuit, son sommeil est agité, et le jour, elle est hantée par les souvenirs confus qu'à fait resurgir en elle la photographie d'une femme en première page du journal. Une chose est sûre: Marion est liée à elle d'une manière ou d'une autre. Or son vieux père refuse catégoriquement de s'associer à sa nouvelle quête. Seule la tenace et vive Brenda l'aidera à replonger, non sans douleur, au cœurs des sentiers sinueux de son passé. Un drame subtil et déchirant sur le destin méconnu des métis, ces "ni noirs, ni blancs" durant l'apartheid.


- Dr Fischer de Genève
de Graham Greene
Éditions Robert Laffont / Juin 2010


À Genève, où il a fait fortune dans la pharmacie, le docteur Fischer vit entouré d'une cour de parasites qu'il traite avec mépris, mais retient par ses largesses et des soirées fastueuses. Jones, le narrateur, après avoir épousé la fille du docteur, entre dans cet univers vénéneux, malgré les réticences de sa jeune femme. Fasciné et horrifié tout à la fois, il en découvre les détours comme ces dîners ou les invités sont prêts à toutes les humiliations et à tous les risques en échange d'argent. De cette plongée dans le monde et l'âme du Dr Fischer, le lecteur remonte chancelant, comme au terme d'un voyage au bout de la nuit et de l'absurde.


- J'ai failli te dire Oui
de Federico Moccia
Éditions Calmann Lévy / Juin 2010


Plus épris que jamais, Alex et Niki, les héros de J'ai failli te dire je t'aime, sont de retour du phare de l'île Bleue. Tandis qu'elle renoue avec ses copines, plus mûres et riches de nouveaux projets, lui réintègre la routine de Rome: travail, sport et sorties avec ses amis. Or voilà que ces derniers, jusqu'à présent si heureux en ménage, voient leurs couples voler en éclats. Alors que tous s'interrogent sur la pérennité de l'amour, Alex décide d'y croire et demande Niki en mariage. Mais le chemin vers l'autel se transforme vite en chemin de croix. Invités, cérémonie, préparatifs en tous genres et familles ne leur facilitent pas la tâche. Enfin surtout: Niki est-elle prête pour un tel engagement? Les amoureux ne sont pas au bout de leurs peines, d'autant que débarquent au bureau d'Alex une splendide créature qui s'entichera de lui, et dans la vie de Niki un garçon troublant qui ne reste pas insensible à ses charmes.


- L'amour en kilt
de Alexander McCall Smith
Éditions 10-18 / Juin 2010


Le 44 Scotland Street semble désormais bien vide après les départs de Bruce pour Londres et de Domenica pour le détroit de Malacca et ses pirates. Heureusement, les solos de saxophone continuent de résonner à travers les étages de l'immeuble, d'autant plus régulièrement qu’Irène a réussi à faire entrer Bertie (au grand dam de celui-ci) dans l'Orchestre d'Adolescents d'Édimbourg. Pendant qu'il s'offre une échappée bien méritée à Paris, Matthew tente en vain de lutter contre les sentiments que lui inspirent Pat, qui se serait bien passée quant à elle de tomber amoureuse du copain de sa nouvelle colocataire.


- L'amour est à la lettre A
de Paola Calvetti
Éditions 10-18 / Juin 2010


Tout quitter pour ouvrir la librairie de ses rêves spécialisée dans les romans d'amour. Voilà le pari fou que fait Emma, à l'aube de ses cinquante ans. Et c'est justement là, dans ce lieu voué aux sentiments, qu'elle va retrouver Federico, son flirt de jeunesse. Une correspondance secrète s'établit entre les anciens amants qui, au fil des jours, vont réapprendre à se connaître et à s'aimer.


- L'amour secret
de Paola Calvetti
Éditions Presses De La Cité / Juin 2010


À la mort de son père, célèbre violoncelliste, Lucrezia met au jour dans les affaires du défunt une boîte remplie de lettres, toutes écrites par la même personne: une certaine Costanza qui, des années durant et dans le plus grand secret, fut la maîtresse du musicien. Surprise de découvrir cette relation dont elle ne soupçonnait pas l'existence, Lucrezia décide de se rendre en Provence, chez Costanza, afin d'en apprendre d'avantage sur son père. Le temps d'un week-end, celle-ci va lui parler de l'homme qu'elle a aimé clandestinement.


- L'enfant d'Emma
de Abbie Taylor
Éditions Belfond / Juin 2010


Jeune mère célibataire, Emma voit sa vie basculer le jour où les portes du métro se referment sur Ritchie, son petit garçon de deux ans. Heureusement, une femme lui fait signe, et Emma retrouve son fils à la station suivante. Mais le soulagement est de courte durée: l'inconnue disparaît, emmenant Ritchie avec elle. Emma a beau appeler à l'aide, personne ne la croit: qui songerait à enlever un enfant devant tant de témoins? Emma n'est-elle pas une de ces déséquilibrées affabulatrices? A-t-elle vraiment un enfant? Dès lors, Emma va se lancer dans une course-poursuite désespérée pour prouver qu'on lui a pris son enfant et pour le retrouver, coûte que coûte.


- L'espace d'une vie
de Barbara Taylor Bradford
Éditions Presses De La Cité / Juin 2010


À l'automne de sa vie, Emma Harte se souvient. À l'orée du XXe siècle, dans un village perdu de la campagne anglaise, la jeune Emma, quatorze ans, exerce le dur métier de fille de cuisine dans le manoir de Fairley Hall. C'est là que, au milieu d'un indécent étalage de richesses, l'adolescente, dont la mère, épuisée et gravement malade vient de mourir à trente-trois ans dans le dénuement le plus total, se fait un serment: un jour, elle sera riche. Commence alors pour elle une lente ascension sociale qui, en l'espace d'un demi-siècle, fera d'elle l'une des premières fortunes d'Angleterre. Publié en 1979, L'Espace d'une vie devint aussitôt un best-seller international, et Emma Harte, un nom familier à des millions de lectrices à travers le monde. Trente ans plus tard, les Presses de la Cité rééditent ce fascinant chef-d’œuvre de la littérature féminine avec une préface de l'auteur. L'occasion de découvrir ou redécouvrir, une héroïne exemplaire qui, toute sa vie, voudra faire taire la petite fille pauvre qu'elle a été. Mais peut-on oublier d'où l'on vient et qui l'on est vraiment?


- L'or du bout du monde
de Merice Briffa
Éditions Presses De La Cité / Juin 2010


Lorsque Selena arrive en Australie avec son père en 1853, la ruée vers l'or bat son plein sur ce vaste continent aux mille promesses. Habillée en garçon, l'adolescente manie la poêle d'orpailleur aussi bien que les vieux chercheurs d'or, ce qui ne l'empêche pas, le soir, dans sa tente rudimentaire, de rêver à Will, le jeune immigré venu comme elle de Cornouailles tenter sa chance dans le Nouveau Monde. Mais le cœurs du jeune homme bat pour Jenny, une fille de bonne famille qu'il veut épouser. Avec courage, Selena surmonte sa déception et se lie d'amitié avec sa rivale. Mais elle est dotée d'un don de prémonition, et sait que Will lui est promis.


- La confession impériale
de Michel Peyramaure
Éditions Robert Laffont / Juin 2010


Au faîte de sa puissance et au crépuscule de sa longue existence, Charlemagne livre à son secrétaire et ami fidèle, Eginhard, le récit des riches heures de sa vie. Au long d'une confession impériale en forme d'examen de conscience, les deux hommes revisitent ensemble le destin extraordinaire et fascinant du premier roi des Francs sacré Empereur d'Occident. Sans détour, le souverain y évoque à la fois les moments glorieux et les périodes plus sombres qui ont marqué son règne, et dévoile des aspects méconnus de sa personnalité. Parcourir la vie de Charlemagne, c'est avant tout suivre le tracé des premiers contours de l'Europe sur des territoires en butte à la barbarie et au paganisme. Et s'imaginer voir converger, chaque été ou presque, vers des fleuves mythiques, l'Elbe et le Danube, des armées levées en masse pour unifier le territoire et soumettre les peuplades rebelles. À leur tête, un chef de guerre adulé, redoutable et redouté, conduisant inlassablement l'arme à la main ses troupes à la bataille. Derrière cette représentation en partie légendaire apparaît cependant, en filigrane, un tout autre visage. Bien loin de l'image d'Épinal de l'Empereur à la barbe fleurie, Charlemagne nous montre, à travers son quotidien, un vieil homme attendant la mort, un être blessé par les coups du destin qui atteignent, tour à tour, la plupart de ses proches. La plume inspirée de Michel Peyramaure ne manque pas de rendre grâce également au défenseur de la foi, des pauvres et de la culture qu'était ce personnage complexe, profondément attaché à son peuple et soucieux de son sort.


- La lauréate
de Alain le Blanc
Éditions Fayard / Juin 2010


Audrey et Xavier vivent d'amour et des confortables revenus de leur agence immobilière. Ils forment une équipe gagnante et font l'envie de leurs amis qui les suspectent d'avoir trouvé la formule du bonheur. S'ils n'ont pas d'enfants, c'est pour mieux profiter de leur éclatante jeunesse. La crise économique les frappe par surprise, balaie leur entreprise. Elle met Xavier k.o. et laisse à Audrey tout juste assez de souffle pour se demander s'il lui faut accuser le ciel, les banques ou ses propres mauvais choix. Mais Audrey a du cran, du cœur, elle n'est pas du genre à se rendre sans combattre. Quand une dernière chance se présente sous la forme d'un jeu télévisé doté d'un prix faramineux, elle se jure que si l'infortune l'a jetée démunie dans cette aventure, sa force et son courage lui permettront d'en sortir lauréate.


- La mise à nu des époux Ransome
de Alan Bennett
Éditions Denöel / Juin 2010


Un soir, en rentrant de l'opéra, M. et Mme Ransome, incarnation de la bourgeoisie britannique contemporaine pétrie de convenances et de snobisme, retrouvent leur appartement cambriolé, ou plutôt absolument vidé. Tout a disparu, jusqu'aux plinthes et au papier toilette. Monsieur cherche les coupables, Madame, d'abord effondrée, se rêve finalement une nouvelle vie et, pendant que le couple tente de faire face avec flegme aux événements, le fragile voile des conventions se déchire et les masques tombent. Il va falloir manger, se laver, trouver du linge et affronter le monde extérieur, ce grand inconnu peuplé d'individus aux manières extravagantes, épicier pakistanais, grossier inspecteur de police, ménagère abrutie de télévision. À la clef, une révélation: le mode de vie des Ransome et ses fondements sont bien partis avec les meubles. Un pastiche social très réussi qui au passage égratigne sans vergogne le couple et ses petits compromis.


- La tendresse des loups
de Stef Penney
Éditions 10-18 / Juin 2010


Alors qu'un terrible hiver a pris en tenailles le petit village de Dove River, un trappeur est retrouvé égorgé et scalpé. Dans cette communauté pieuse, la nouvelle provoque une onde de choc. Surtout pour Mme Ross qui a découvert le corps et constaté dans la foulée la disparition de son fils. Convaincue de son innocence, elle se lance à sa poursuite, au nord du nord, dans l'immensité impénétrable des plaines hostiles.


- La tour des temps
de Thierry Grillet
Éditions Anne Carrière / Juin 2010


Paris, les années 2000. Quai François-Mauriac, à quelques encablures de la gare d'Austerlitz. Les quatre tours de la Bibliothèque nationale de France dominent l'Est parisien. Derrière ces hauts murs de verre et d'acier, au plus profond des six cents kilomètres de rayonnages, au cœur des treize millions d'ouvrages, le mystère s'épaissit. Un livre de divination qui a disparu. Une faille qui s'ouvre dans un mur. Un "passé" parisien qui resurgit. Un marabout africain qui exorcise l'espace. Un jeune vigile de nuit qui se révèle être un prodigieux "monsieur mémoire". Une jeune conservatrice qui se trouve aux prises avec un tueur. Des lecteurs qui se mettent à agir d'étrange façon. Qu'est-ce qui s'est passé? Comme un gigantesque miroir, la Bibliothèque, conservatoire de l'ordre des livres, se met à refléter le désordre du monde. Le temps s'est déréglé. Et c'est dans la Bibliothèque, conservatoire des temps, qu'il devra être pacifié. Sous peine d'assister à l'effondrement de la Bibliothèque.


- Les amants de la terre sauvage
de Katherine Scholes
Éditions Belfond / Juin 2010


Un mari follement séduisant, un lodge niché au cœurs de la brousse, une vie au plus près de la nature: Mara pensait avoir trouvé le bonheur éternel. Trois ans plus tard, la réalité est tout autre: John multiplie les absences et Mara se retrouve seule à la tête d'un domaine au bord de la faillite. C'est alors que débarque une équipe de cinéma. Décidée à profiter de l'aubaine pour sauver le lodge, Mara ne ménage pas ses efforts. Elle d'habitude si timide et discrète s'affirme jour après jour, gagnant le respect de ses employés et l'admiration de l'équipe du film qui n'hésite pas à l'utiliser comme doublure de l'actrice principale. Où s'arrête la vie et où commence le cinéma? Mara ne peut résister au charme de Peter Heath, le héros du film. Déchirée entre son attirance pour un homme inaccessible et son sens du devoir, saura-t-elle faire le bon choix?


- Les caprices de Miss Mary
de Colleen McCullough
Éditions L'Archipel / Juin 2010


Au décès de sa mère, Mary, la troisième des cinq sœurs Bennet, découvre la liberté. À trente-sept ans, elle qui n'a vécu que pour les autres est bien décidée à ne plus accepter d'entrave à la réalisation de ses rêves. Et surtout pas le triste chaperon que ses beaux-frères souhaitent lui imposer. Sa décision est prise: comme le journaliste dont elle dévore les articles incendiaires, elle enquêtera sur les conditions de vie misérables des ouvriers du Nord. Alors que sa famille craint qu'elle y perde sa réputation, Mary se lance avec fougue dans l'aventure. Mais son enthousiasme se heurte à la réalité de l'Angleterre en ce début de XIXe siècle.


- Les misfits
de Arthur Miller
Éditions Robert Laffont / Juin 2010


Les Misfits est né du désir d'Arthur Miller d'offrir à sa femme, Marilyn Monroe, un grand rôle dramatique. Ainsi naquit un film mytique (en français Les Désaxés), réalisé par John Huston. Années 50, Reno, Nevada, capitale de l'industrie matrimoniale et des machines à sous. Divorcée et désenchantée, Roslyn Tabor se lie d'amitié avec un groupe de "désaxés" composé d'un cow-boy vieillissant, d'un mécanicien au cœurs brisé et d'un cavalier de rodéo usé par le temps. À travers leur mode de vie, Roslyn éprouve ses premières sensations de liberté, d'euphorie et de passion. Mais lorsque son idéalisme innocent se heurte à une réalité plus brutale, Roslyn doit prendre le risque de perdre leur amitié et le seul véritable amour qu'elle ait connu.


- Les nuits de Malibu
de Elizabeth Adler
Éditions Belfond / Juin 2010


À Malibu, Mac Reilly est un expert en faits divers. Pourtant, ce ténébreux détective ne s'attendait certainement pas à tomber nez à nez avec une femme en nuisette noire, qui pointe sur lui un pistolet. À peine a-t-il esquivé la balle que l'inconnue s'enfuit. Qui peut bien être cette mystérieuse beauté? Au même moment, on signale la disparition d'Allie Ray, star du grand écran, enfant chérie de l'Amérique. Mac en est persuadé, les deux affaires sont liées. Mais comment le prouver? Pour l'aider, il peut compter sur son éternelle fiancée, la sublime Sunny Alvarez. Tous deux vont se lancer dans une enquête qui les mènera de la Californie aux plages du Mexique, des rues de Rome à la campagne française, à la poursuite d'une meurtrière insaisissable et d'une actrice qui veut coûte que coûte retrouver l'anonymat.


- Les raisons du cœur
de Mary Wesley
Éditions Héloïse d'Ormesson / Juin 2010


Dinard. Printemps 1926. L'hôtel Marjolaine est envahi par une joyeuse colonie anglaise: jeunes gens insouciants, aisés, qui jouent au tennis, dansent, organisent des pique-niques. Lors de ces vacances, Flora, dix ans, rencontrera le grand amour: il a pour noms Félix, Hubert et Cosmo. Des années plus tard, bafouant tous les principes, en femme libre, elle préférera les trois compères à l'officier de l'armée des Indes que lui destine son père. Choix insensé? Bien au contraire, follement sensé. Délicieusement immorale, Mary Wesley fait, dans ce Jules et Jim très british, triompher le plaisir sur la vertu.


- Les romans vont où ils veulent
de François Taillandier
Éditions Stock / Juin 2010


On entre dans La Grande Intrigue, suite romanesque en cinq tomes, par une porte ou une autre et cet avant-dernier volume, comme le dernier (qui paraîtra en août 2010), peuvent donc être abordés par des lecteurs qui ne connaissent pas les précédents. On apprend peu à peu sur les personnages et leurs faits et gestes. Comme dans la vie. Dans ce tome comme dans les précédents, la chronologie est brisée, et l'auteur constate qu'il est obligé d'aller au-delà du cadre temporel qu'il s'était fixé (environ la seconde moitié du XXe siècle). Il joue ainsi sur les télescopages temporels, évoquant aussi bien la guerre 1914-1918 et les traces laissées dans les familles Maudon, Herdoin et Rubien, qu'une partouze parisienne à laquelle participent Nicolas Rubien et sa compagne et cousine Louise Herdoin et qui le fait remonter à la Genèse et au mythe judéo-chrétien de la Chute. Et sur les décalages générationnels comme lorsque le jeune Gregory Rubien initie son grand-père, François, le vétérinaire retraité de Villefleurs, aux secrets d'une émission de télévision, Cool Quartier, formule mixte entre Loft Story et Plus belle la vie (l'auteur s'est amusé à forger un nouveau concept de la télé-poubelle). On pourra aussi bien croiser un homme d'affaires chinois, numéro un mondial des sites de rencontres sur Internet, qui invente une nouvelle langue universelle, l'Unilog, que les méditations inquiètes du curé de Vernery-sur-Arre qui voit s'effondrer le catholicisme. Mais les échos d'un chapitre à l'autre montrent bien que l'on parle du même monde, d'un monde où les héritages du passé continuent subrepticement de peser sur les vivants, et dont l'avancée et les évolutions flirtant parfois avec l'absurde suscitent autant d'interrogations.


- Les silences
de Rose Tremain
Éditions JC Lattès / Juin 2010


Le mas Lunel, une vieille ferme de pierre isolée dans une vallée silencieuse. Aramon Lunel, son propriétaire, est un alcoolique invétéré hanté par un passé de violence qui l'a réduit à un état d'hébétude, dans lequel il laisse ses chiens de chasse mourir de faim et ses terres à l'abandon. Non loin de là, sa sœur Audrun, qui vit seule dans un pavillon modeste, rêve d'une redistribution équitable de leurs biens après les trahisons inavouées qui ont empoisonné sa vie. Dans ce monde cévenol fermé débarque un jour Anthony Verey, un riche antiquaire londonien revenu de tout. Espérant trouver une nouvelle vie en France, Anthony commence à visiter des propriétés dans la région. Sa première visite au mas Lunel met en mouvement un engrenage d'événements aussi effrayants qu'inexorables. Deux mondes et deux cultures s'affrontent alors. D'anciennes limites sont franchies, des tabous violés, un crime est commis. Et tout au long figurent en toile de fond les Cévennes, dans leur rudesse et leur séduction, un univers rendu de façon inoubliable dans ce roman puissant et dérangeant qui révèle une nouvelle dimension de l'imagination extraordinaire de Rose Tremain.


- Les symphonies de la bourgade
de Jean-François Dunand
Éditions Anne Carrière / Juin 2010


Ces "symphonies" du Haut-de-Cagnes, le Montmartre méridional, évoquent à la manière de Marcel Pagnol la vie d'une bande de jeunes garnements dans les années 1950. L'optimisme provençal y est omniprésent, l'humour et la tendresse aussi. Le petit peuple de la bourgade côtoie une faune de spécimens hors norme, de célébrités, de clochards, de nobles authentiques, de faux artistes, de millionnaires, de poètes drogués. Dans ce melting-pot naissent des situations et des aventures rocambolesques. Des évènements dignes d'une tragi-comédie se succèdent, comme une métaphore rappelant la fugacité de l'enfance et du bonheur, car ces "symphonies" sont avant tout un hymne à l'enfance. Elles chantent des joies à jamais disparues, mais dont l'évocation, au-delà de la nostalgie, demeure intensément jubilatoire.


- Les voleurs de cygnes
de Elizabeth Kostova
Éditions Michel Lafon / Juin 2010


Andrew Marlowe, psychiatre, mène une vie parfaitement organisée: il est solitaire, certes, mais ses patients et la peinture lui tiennent lieu de compagnie. Jusqu'au jour où un peintre renommé lacère une toile à la National Gallery. Marlowe tente de comprendre cet acte sacrilège, tâche d'autant plus ardue que cet artiste, devenu son patient, refuse de prononcer un seul mot. Le psychiatre n'aura pas d'autre choix que d'enquêter sur son entourage, les femmes de sa vie et, surtout, cette mystérieuse inconnue que le peintre dessine sans relâche.


- Mystères
de Knut Hamsun
Éditions Gaïa / Juin 2010


"Au milieu de l'été dernier, une petite ville de la côte norvégienne fut le théâtre d'événements tout à fait insolites. Un étranger arriva, un certain Nagel, charlatan étrange et singulier, qui fit nombre d'extravagances, avant de repartir aussi subitement qu'il était venu". Ainsi s'ouvre cet étonnant roman de Knut Hamsun. Un simple rai de lumière, un parfum nouveau, une soudaine impulsion ou un seul mot suffisent pour que tourne le kaléidoscope des multiples personnalités de Nagel. Endossant l'une puis l'autre avec l'habileté d'un gymnaste et une candeur tout enfantine, sa conduite et ses propos fascinent, mais suscitent aussi le trouble et les regards obliques que l'on réserve aux plus fous d'entre nous. Comme le soulignait Henry Miller au sujet du personnage, au-delà des apparences "c'est là un homme qui aime, un homme qui aime l'amour, et qui est condamné à ne jamais rencontrer une âme accordée à la sienne".


- Poète et paysan
de Jean-Louis Fournier
Éditions Stock / Juin 2010


"Qu'est-ce que je fais là? J'ai dans les mains un fourchet, le manche est poisseux, je charrie du fumier. Les vaches me regardent avec dédain, seul le regard très doux d'une génisse m'apaise. Mes mains sont barbouillées de purin, elles puent. Je cours toutes les cinq minutes à l'évier de la cuisine pour les laver. Hier je voulais devenir Fellini, aujourd'hui, je suis dame pipi de vaches". Jean-Louis Fournier est capable de tout. Étudiant en cinéma à Paris, il est capable de vouloir reprendre une ferme pour les beaux yeux de la fille du fermier. Le père aurait été poissonnier, il reprenait la poissonnerie. Il est un peu fou, Fournier, et quand il est amoureux, apparemment ça lui arrive souvent, il devient encore plus fou. Peut-être que c'est ça qui lui permet de nous écrire des livres? Alors souhaitons-lui d'être encore longtemps amoureux.


- Un profil perdu
de Françoise Sagan
Éditions Stock / Juin 2010


Ils sont à la fin de leurs années de mariage. Ils se rendent pour la dernière fois à un dîner ensemble. Pour la dernière fois, ils vont offrir cette image du couple parfait. Alan, le bel Américain, se révèle d'une jalousie mortelle et Josée, sa femme, sait qu'elle ne peut plus le supporter. À ce dîner, Josée rencontre Julius A. Cram. Petit, un peu chauve, il porte des lunettes. Respecté, craint par tous et surtout par ses amis, il a la réputation d'être un requin de la finance, ce qui lui vaut d'être milliardaire. Julius se prend d'affection pour Josée et décide de l'aider à s'échapper de ce mariage raté. Josée se laisse faire et trouve, en l'espace de quelques jours, un studio pour un prix dérisoire, un travail dans une revue passionnante et entre dans le cercle très fermé et très snob de Julius. Elle s'ennuie un peu dans ce milieu, mais accepte l'amitié de Julius, sa compagnie et en oublie rapidement son passé avec Alan. De son côté, Julius semble n'être intéressé que par la vie de Josée et n'attend rien en échange. Une amitié gratuite. Mais la gratuité existe-t-elle réellement? Les amis de Josée ne semblent pas y croire et elle-même en doute. Mais quel confort de se sentir à nouveau quelqu'un, respectée, admirée presque, avec une situation. La vérité finit par éclater lorsque Josée trouve enfin le grand amour. Comment Julius supportera de ne pas être l'être aimé? Josée osera-t-elle quitter cette nouvelle prison dorée? Un magnifique roman d'amour et une description parfaite du confort de la mauvaise foi.


- 31 Songs
de Nick Hornby
Éditions 10-18 / Mai 2010


Comment expliquer les résonances que trouvent certains morceaux dans nos vies? On savait depuis Haute Fidélité que Nick Hornby était un fan de musique pop. 31 songs nous le confirme sous forme d'un témoignage unique autour de ses trente et une chansons "favorites parmi les favorites". Une véritable profession de foi où la musique pop s'élève au rang de religion.


- Aimer De Gaulle
de Claude Mauriac
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2010


À la fin du mois d'août 1944, Claude Mauriac travaille auprès du général de Gaulle. Il est son secrétaire particulier et le reste jusqu'en septembre 1948. Il demeure encore, les cinq années suivantes, proche de lui. C'est le journal de ces rencontres que voici. On découvre un de Gaulle peu connu dont, avec le recul, bien des déclarations et des réactions apparaissent prophétiques. Le de Gaulle des premières années à Paris, alors que la guerre n'est pas achevée, celui de la Libération, puis de la victoire. Mais aussi l'affrontement presque aussitôt commencé avec les partis politiques, l'abandon du pouvoir et la longue traversée du désert qui suit, à Marly, à Colombey, puis à Paris, avec la tentative avortée du R.P.F. Peu nombreux sont, dans son entourage, les témoins de cette époque. Aucun, sans doute, n'a su si bien regarder et écouter de Gaulle que Claude Mauriac.


- À la recherche de Caleb
de Anne Tyler
Éditions Stock / Mai 2010


Daniel Peck est un vieux monsieur. Il vit avec sa nièce, Justine, cartomancienne exaltée, le mari de celle-ci, Duncan, éternel insatisfait, et leur fille, Meg, une adolescente douce et résignée de dix-sept ans. Mais Grand-père Peck n'a qu'une idée en tête: retrouver son frère Caleb, un musicien talentueux, parti sans rien dire un matin de la maison familiale il y a de cela des années. Au gré des différents déménagements de la tribu, les recherches se poursuivent, sans résultat. Jusqu'au jour où l'inspecteur d'une petite ville sans histoires retrouve sa trace dans un hospice et que Justine l'incite à s'enfuir pour réintégrer le clan des Pecks, qu'il finira par déserter une fois encore.


- Animaux fragiles
de Tawni O'dell
Éditions Belfond / Mai 2010


Vivre dans une cité minière n'est pas le rêve pour un adolescent. Surtout quand on est passionné de dessin comme Kyle et qu'on a pour grand frère la star locale du base-ball, Klint. Et pourtant, à la mort de leur père alcoolique, quand la mère qui les a abandonnés tente de les récupérer, tous deux refusent de quitter le seul foyer qu'ils aient jamais connu. Et c'est Klint qui sombre peu à peu, rongé par un terrible mal. Célèbre figure du comté, Candace Jack vit recluse depuis quarante ans dans son immense demeure, avec son majordome espagnol Luis. Personne n'aurait imaginé que cette vieille femme misanthrope allait recueillir les deux frères. Et Candace se surprend elle-même à accepter, elle qui vit dans le passé, hantée par le souvenir de son amour de jeunesse, un torero disparu tragiquement. Commence alors une cohabitation tumultueuse où chacun va voir ressurgir ses blessures cachées, avant de trouver la force et l'attention nécessaires pour se relever.


- À propos d'un gamin
de Nick Hornby
Éditions 10-18 / Mai 2010


Rentier oisif, célibataire fier de son immaturité et séducteur invétéré, Will a une nouvelle idée de génie pour draguer: assister à des réunions de parents célibataires. Mais la rencontre décisive à laquelle va le mener ce stratagème sera en fait celle d'un gamin de douze ans, Marcus, son opposé absolu sur l'échelle du cool. Quand Will se goinfre de modernité, Marcus écoute des disques de baba et porte des vestes en mouton. L'un et l'autre ont pourtant un point commun qui va les rapprocher: leur solitude.


- Blanquette
de Laure Buisson
Éditions JC Lattès / Mai 2010


Désir de divorcer? Non, jamais. Envie de l'assassiner? Oui, souvent. Tant de femmes ont un jour rêvé de supprimer leur époux. Par exaspération, jalousie, dégoût ou lassitude. L'héroïne de Laure Buisson, elle, tue son mari par amour fou. Épouse, maîtresse, mère, sœur, secrétaire, régente, elle a voulu tout être pour lui. Pour le gagner, elle a sacrifié sa carrière. Pour le garder, elle s'est transformée en experte des plaisirs de la chair, amante et cuisinière accomplie. Pour le vénérer, elle a écarté tous les autres, amis, parents, y compris leur propre fille. Des ennemis à détruire. Une passion exclusive. Ou presque. Car, ce soir, après avoir empoisonné son amour avec son plat préféré, elle raconte à celui-ci l'engrenage de leurs épousailles fatales.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 12:15

- Ça commence par la fin
de Michaël Cohen
Éditions Julliard / Mai 2010


Jean attend Gabrielle, son grand amour perdu. Les deux amants se sont séparés il y a un an et ne se sont pas revus. Jean espère que cette nuit qui s'ouvre devant eux sera celle de la reconquête et des retrouvailles amoureuses. Dès qu'elle arrive chez Jean, Gabrielle lui annonce qu'elle a un compagnon et qu'elle est désormais heureuse. Durant toute une nuit, Jean et Gabrielle vont tenter de s'expliquer l'échec de leur relation passée pour finalement retomber dans les bras l'un de l'autre. Au petit matin, leur quête éperdue d'amour a repris, aussi fragile soit-elle.


- Carton jaune
de Nick Hornby
Éditions 10-18 / Mai 2010


À onze ans, Nick Hornby pénètre pour la première fois dans Highbury, l'antre du club d'Arsenal, à Londres. Saisi par les clameurs du stade et l'émotion de partager une passion avec son père, divorcé et absent, le petit Nick devient pratiquant de ce culte étrange qu'on nomme football. En grandissant, il voit son obsession dévorer peu à peu le reste de sa vie.


- Comme à Hollywood
de Camille Pouzol
Éditions Robert Laffont / Mai 2010


Il est l'acteur le mieux payé d'Hollywood, la plus grande star du cinéma actuel. Elle vit à Paris ou elle donne des cours de danse classique. Au cours d'une tournée européenne, il l'a rencontrée dans une boite de nuit. Quelques années plus tard, il raconte. Les premières nuits. Le retour aux États-Unis. La vie qui continue. À l'époque il était un homme qui n'avait plus goût à rien, si on laissait de côté les femmes trop faciles, les alcools trop forts, les drogues trop souvent.Mais quelque chose de très doux qui ressemblait à un espoir amoureux avait pris pour lui les traits de Juliette. Après s'être croisés à Paris, ils s'étaient rejoints à Los Angeles. Ils s'aimaient. La guerre avait tout de suite été déclarée. D'un côté, les producteurs, les agents, les ex, les dollars, les studios, les foules derrière les barrières, les journalistes. De l'autre, une jeune femme isolée, un peu lointaine. De festivals en projections, des rues de Rome aux plages californiennes, Juliette avait dû tout apprendre: marcher avec les gardes du corps, se montrer aux Oscars, se cacher pour être deux, répondre aux interviews, se méfier, sourire, mentir. Cauchemar ou conte de fées? Les choses sont toujours un peu plus compliquées. Le grand acteur avait été un petit garçon mal aimé dans une drôle de famille. Après des succès planétaires et un premier mariage fabriqué de toutes pièces pour les magazines, sa fragilité n'avait pas diminué. Courageuse dans ce rude univers, Juliette s'était battue comme elle avait pu. Elle n'avait pas rejoué Pretty Woman mais elle n'avait pas imité la chèvre de M. Seguin qui se laisse dévorer par le loup quand le jour se lève. Hollywood avait jugé que la lutte était inégale et qu'elle avait perdu la partie. L'homme n'en était pas certain, l'amour, souvent, c'est à qui perd gagne, se disait-il.


- Cueillettes
de Alina Reyes
Éditions Nil / Mai 2010


Beaucoup d'émotion dans cet exquis d'écrivains très personnel et d'une frémissante sensualité. Rendant hommage aux miracles de la nature et aux bonheurs de la cueillette, Alina Reyes nous convie à une promenade savoureuse dans les forêts, les jardins et les prés pour y retrouver les plaisirs simples offerts par la contemplation, la dégustation et la récolte des fruits, des herbes, des fleurs. Bouleversante de sincérité, dans une langue d'une grande force poétique, elle exprime ici une vision du monde bien à elle et se livre démasquée. Des prunes aux roses, de la lavande aux cerises, du serpolet aux myrtilles, des cèpes à l'oseille sauvage, des coquillages aux poignées de neige, Alina Reyes nous fait retrouver les paradis intimes de l'enfance, des paysages éclatants de sèves et de bourgeonnements, un monde foisonnant de senteurs gourmandes. De l'enfance jusqu'à son refuge d'aujourd'hui dans les contreforts des Pyrénées, elle nous donne à partager son amour immodéré de la vie.


- De Gaulle
de François Mauriac
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2010


La publication, en 1964, du De Gaulle de François Mauriac, a été un événement dans l'édition française. Couronné par le prix Nobel de littérature en 1952, grand Croix de la Légion d'honneur en 1958, l'auteur de Thérèse Desqueyroux avait vu arriver la Cinquième République avec enthousiasme, elle qui succédait à un régime faible et impuissant. Il avait été un des premiers gaullistes pendant la guerre, se plaçant très vite dans le camp de la résistance intellectuelle. La raison politique se mêlant à la passion personnelle, Mauriac donne là un essai fervent, à son image. Ou, la mise en scène du "plus illustre des Français" par un des plus illustres écrivains du XXe siècle.


- Deux caravanes
de Marina Lewycka
Éditions Les Deux Terres / Mai 2010


Deux caravanes sont garées dans un champ plein de fraises, une pour les hommes et l'autre pour les femmes. Les cueilleurs viennent de partout: Irina, tout juste débarquée du car de Kiev, qui refuse de parler à Andriy, simple fils de mineur; Yola, la voluptueuse chef d'équipe et sa nièce Marta; et Tomasz, affublé de baskets nauséabondes. La vie des immigrants devient un vrai koshmar quand le gangster russe Vulk s'entiche d'Irina et l'enlève, obligeant Andriy, qui n'est absolument et certainement pas amoureux de cette belle fille hautaine, à voler à son secours. Le danger de l'incompréhension guette le groupe et c'est sous la menace des fermiers exploitants, des contremaîtres armés, et de la paperasserie interminable, qu'ils s'embarquent pour un long périple, jusqu'à ce que leurs chemins se séparent.


- Encyclopédie de mon père
de Bruno Léandri
Éditions Flammarion / Mai 2010


Dans les années cinquante et soixante, à Bécon-les-Bruyères, les gens normaux ne hurlaient pas en public, ne se fabriquaient pas de faux certificats de travail, se fichaient d'avoir le nez qui brille et ne martyrisaient pas les médecins juifs. Ils vivaient tranquillement, entre gens modestes, le miracle des trente glorieuses et du progrès ménager. Le père Léandri, lui, différait un peu des autres. À vrai dire, c'était même un sacré numéro, du genre qu'on ne croise pas tous les jours. Encyclopédie de mon père est une collection d'instantanés piquants et tendres sur un personnage colérique, obsessionnel, pathétique, attachant et drôle, dans une époque à la fois faste et vibrante de toutes les impatiences.


- Enfants de la balle
Écrit en collectif
Éditions JCLattès / Mai 2010


Les onze écrivains réunis dans ce recueil sont d'Afrique et du monde entier. Ils viennent d'Algérie, du Maroc, de Djibouti, du Congo, du Soudan, du Sénégal, du Togo, du Nigéria, de l'Île Maurice et d'Afrique du Sud. Qu'ils vivent à Lomé ou à Los Angeles, à Paris, à Barcelone ou à Lagos, tous nourrissent pour le football une passion sinon un intérêt évident. Ce sport roi est le fil d'Ariane qui relie tous ces récits et les univers étranges, hantés, innocents ou flamboyants que les auteurs déploient d'une plume sûre. Certains auteurs ont été de véritables joueurs, d'autres sont des amateurs, joueurs du dimanche, experts scripturaires en matière footballistique. Le plaisir de lire chemine avec celui de jouer ou d'apprécier un bon match. Réunis et présentés par l'écrivain Abdourahman A. Wabéri, ces nouvelles sont autant de portraits du continent africain: des enfants des rues qui jouent au foot dans la poussière aux joueurs professionnels qui rêvent des grands clubs européens, en passant par les supporters électriques. Il est recommandé d'user et d'abuser de ces petits délices littéraires avant, pendant et bien sûr longtemps après la coupe du monde 2010.


- Filles de Shanghai
de Lisa See
Éditions Flammarion / Mai 2010


En 1937 dans la cité cosmopolite de Shanghai, la vie insouciante de deux sœurs aux caractères opposées, Perle et May Chin, est bouleversée quand leur père, ruiné, décide de les vendre à des Chinois de Californie. Elles s'installent alors à Los Angeles et tentent de s'intégrer malgré le racisme et l'anticommunisme.


- Fin de série
de Christian Rauth
Éditions Michel Lafon / Mai 2010


Séquence 97, une scène ordinaire… enfin presque. Une fois que Lucas Kalou a tiré sur Eddy Ordo, l'interprète du célèbre commissaire Monti, puis retourné son arme contre lui, on s'apprête à faire une deuxième prise. Mais ni la vedette de la série, ni Lucas ne se relèvent. Deux morts sur un plateau, on a rarement vu ça. Enquête bouclée en trois jours par la DCPJ de Paris, qui conclut à la responsabilité de Lucas Kalou. Le comédien se serait suicidé après avoir éliminé la star qui l'avait publiquement humilié. Rob Marin, l'adjoint de Monti dans le rôle de l'inspecteur Garcia, est indigné: jamais son ami Lucas n'aurait commis un crime pareil. Il décide de reprendre l'enquête mais il a tôt fait de comprendre qu'entre un tournage et la réalité policière il y a un monde. Fort heureusement pour lui, le lieutenant Plume, de la SRPJ de Marseille, partage son opinion et lui offre son aide contre l'avis de sa hiérarchie. Ensemble, ils vont laver l'honneur de Lucas. Commence alors une virée déjantée dans le monde de la télévision et de la police. Les balles sifflent et les coups bas pleuvent. Pourtant il ne leur suffira pas de coincer le coupable, il leur faudra aussi découvrir le responsable. Et là, comme on dit dans les histoires: ça peut venir de haut, de très haut et même de très loin.


- Glam, jalousie et autres cachotteries
de Cecily Von Ziegesar
Éditions Michel Lafon / Mai 2010


Shipley Gilbert. Ce nom est sur toutes les lèvres des étudiants de l'université de Dexter. Et pour cause: de longs cheveux blonds, un visage angélique, des jambes bronzées et fuselées. Que ce soit Tom, le joueur de foot aux muscles d'acier, Nick, le musicien romantique, Adam, le hippie ou même Eliza, sa colocataire punk, tous semblent sous le charme de la petite nouvelle. Et comment ne pas l'aimer? Elle est parfaite sous tous rapports. Mais personne ne connaît son secret, la raison pour laquelle elle a quitté l'élite new-yorkaise pour ce coin perdu au beau milieu du Maine. Alors qu'une nouvelle vie commence pour Shipley dans cette ville aux apparences tranquilles, parviendra-t-elle à effacer les erreurs du passé?


- Haute fidélité
de Nick Hornby
Éditions 10-18 / Mai 2010


Disquaire à Londres, Rob vient de se faire plaquer. À trente ans passés, il doit se rendre à l'évidence, s'il maîtrise le répertoire de Dylan, il n'a jamais rien compris aux femmes. Serait-il passé à côté de l'essentiel? Depuis son premier flirt autour d'un bac à sable à cette nuit avec une chanteuse country, Rob dresse le top ten de ses ruptures les plus déprimantes et une compilation désopilante des états d'âme de l'homme moderne.


- Icare à Babel
de William Olivier Desmond
Éditions JC Lattès / Mai 2010


William Olivier Desmond aime"raconter des histoires". Dans ces 13 nouvelles, il plonge le lecteur dans des univers mystérieux, lointains, ou très proches de notre monde et de notre époque, au moment où ses personnages, tel Icare qui a voulu être plus grand que lui-même, sont sur le point de tenter la grande aventure, le grand saut. Ces nouvelles sont ainsi traversées par le thème de la chute: un avion piloté par des pygmées plonge dans un volcan, un aventurier saute dans le vide d'une cascade à l'aide d'ailes de fortune, un acrobate tente un pari imbécile et chute d'un mur. Le langage est aussi au centre de ces nouvelles. Des peuples et des personnes se rencontrent et tentent de se comprendre, de parler la même langue. Une femme désespérément seule écrit un dictionnaire des mots dont elle se souvient pour ne pas perdre la raison. Dans ces nouvelles, le langage unit ou divise; il permet surtout à l'auteur de dire le monde dans tout ce qu'il peut avoir de baroque, de dérisoire, de grotesque, de comique et de tragique dans ces nouvelles qui s'apparentent souvent à des contes, burlesques, merveilleux ou fantastiques.


- J'aime pas dire bonjour…
de Carole Zalberg
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2010


"Ah, les réunions de famille… La grand-mère énergique qui décoiffe brutalement, l'oncle énorme qui écrabouille la joue en la pinçant, la tante aux chats qui fait rougir avec ses allusions grivoises, le cousin de quarante ans qui taquine avec ses blagues pas drôles, la cousine aux gros seins qui barbouille de rouge à lèvres, le petit dernier dégoulinant de chocolat ou les cousins timides et gênés qu'on vienne pas me demander, après, pourquoi j'aime pas dire bonjour. Enfin, y'a quand même quelqu'un à qui j'aimerais bien faire des bisous, de temps en temps". Bientôt l'été et avec lui son cortège de baptêmes, mariages et autres réunions familiales où il faut faire la bise à la chaîne. Qui n'a jamais rêvé secrètement d'échapper à ce rituel barbant? Ce petit poche drôle et enlevé déculpabilisera, avec beaucoup d'humour et un festival de couleurs, tous ceux qui en ont assez, les caricatures irrésistibles de Carole Zalberg et Boll n'épargneront personne. Ou presque.


- Jésus et Tito
de Velibor Čolić
Éditions Gaïa / Mai 2010


En 1970, dans la Yougoslavie de Tito, Velibor a six ans et veut devenir footballeur. Noir et Brésilien, de préférence. "Relativement tôt, je me suis rendu compte que mes souvenirs, mon enfance, toute ma vie d'avant, appartenaient au Jurassic Park communiste, disparu et enterré avec l'idée de la Yougoslavie".Velibor feuillette ses souvenirs: une enfance sous le signe de la bonne étoile, rouge, et une adolescence sous influence rock'n'roll. On ne choisit pas toujours ses icônes: le petit Jésus contre le maréchal Tito est un match qui se joue tous les jours à la maison. Velibor navigue entre Jack London et Pelé, puis dans les années 80 entre les Clash et Bukowski. Son grand amour sera la littérature. Devenu grand, Velibor rêve d'être poète. Maudit, évidemment.


- L'Antarctique
de Claire Keegan
Éditions Sabine Wespieser / Mai 2010


"Chaque fois que la femme heureuse en ménage partait, elle se demandait comment ce serait de coucher avec un autre homme". Dès la première phrase de la nouvelle titre de son recueil, Claire Keegan ferre l'attention de son lecteur. La suite ne le décevra pas. Qu'elle évoque des amours malheureuses (dans L'Amour dans l'herbe haute, l'héroïne vient attendre, neuf ans après qu'ils se sont quittés, son amant sur la lande), les ravages sur ses enfants de la folie d'une mère (Brûlures dit le traumatisme de toute une famille), les rivalités familiales (Les Sœurs) ou la passion naissante entre un homme et une femme réunis par une petite annonce (Osez le grand frisson), l'auteur fait preuve d'une impressionnante maîtrise. Ses intrigues sont denses, ses personnages, souvent des femmes de la classe moyenne, criants de vérité, son style est net et tranchant, sa perception du monde et des rapports humains terriblement juste. Le tour de force de la nouvelliste tient certainement dans la paradoxale tranquillité avec laquelle elle laisse entrevoir les situations les plus extrêmes: ses créatures peuvent se débattre dans un monde indifférent et hostile, lutter contre l'absurdité de la vie, elles garderont toujours la maîtrise de leur destin.


- L'apocalypse selon Fred
de Philippe Setbon
Éditions Buchet Chastel / Mai 2010


À force d'écrire des choses horribles, les choses horribles finissent par arriver. Depuis des années, Fred croit à l'apocalypse, à la grande catastrophe qui mettra un point final à l'histoire de l'humanité. Il est même convaincu qu'elle aura lieu de son vivant. Il espère seulement qu'elle ne tardera pas trop, afin d'en jouir en pleine possession de ses moyens. Mais c'est une apocalypse plus sournoise qui advient. En douce. Sans faire de bruit. Fred a cinquante ans. Il a écrit de nombreux romans policiers, des scénarios. Il a même connu son heure de gloire et gagné beaucoup d'argent. Aujourd'hui, il traverse une véritable crise d'identité. Pour la première fois, il est en panne sèche. Il ne désire plus rien. Il est seul, abandonné de tous. Sans femme, sans ami, sans avenir. C'est dans le passé, un soir de beuverie, qu'il décide d'aller chercher le salut. Un simple coup de fil à son meilleur copain d'avant, qu'il n'a pas revu depuis trente ans. Et qui va faire de sa vie un enfer. Ou plutôt un autre genre d'enfer.


- L'appel de la rivière
de Ketil Björnstad
Éditions JC Lattès / Mai 2010


Le jeune Aksel Vinding peine à accepter la perte de son grand amour, Anja Skoog. Après la mort de celle-ci, il doute de sa carrière de pianiste, de la musique sur laquelle il a tout misé, et se demande s'il a fait le bon choix. Prix aux fers de cette situation, il initie parallèlement une relation avec Marianne Skoog, la mère d'Anja, sans savoir si c'est au fond de la fille décédée qu'il ne parvient pas à se détacher. C'est un roman d'amour dans lequel le lecteur suit l'attachement et les sentiments d'un jeune homme pour une femme plus âgée que lui, ainsi qu'un roman sur les choix existentiels et les dilemmes moraux. C'est également un récit sur la place de l'art dans nos vies, sur le combat mené par certains pour devenir visibles, tant dans la vie des autres que dans leur propre vie. C'est enfin un roman sur la passion, le deuil et le chagrin.


- L'imposteur
de Damon Galgut
Éditions de l'Olivier / Mai 2010


Quand Adam perd son emploi, il quitte Johannesburg et se retire dans une maison du bush sud-africain pour écrire. Mais un homme vient perturber sa solitude. Il s'appelle Canning et se présente comme un ancien camarade de classe. Adam n'a aucun souvenir de ce prétendu "ami", pourtant il le laisse entrer dans sa vie. Canning affiche tous les signes extérieurs de la réussite: une maison luxueuse, des projets ambitieux, une femme séduisante. Attiré par l'étrangeté du personnage, Adam décide d'aller au bout de l'imposture en acceptant de jouer le rôle qui lui est proposé.


- La Baronne Pointe-de-Gueules
de Pierre-Robert Leclercq
Éditions Cherche Midi / Mai 2010


"Quand je rencontrai Gabrielle Vanhoeck, écrit Thimothée, journaliste au Petit Journal, je ne savais pas comment elle était devenue baronne Pointe-de-Gueules et qu'elle m'autoriserait à écrire sa vie". Rien ne laissait prévoir qu'elle irait de la fabrique d'Armentières, où elle travaille dès l'âge de huit ans, à une maison close de Paris après avoir vécu, à Lyon, la révolte des canuts. Quand un baron l'achète à la maîtresse du bordel, elle a seize ans et est loin d'imaginer qu'elle participera, d'Angleterre en Australie, à un trafic dont "la marchandise" est un lot de bagnards anglais, et qu'elle suivra Lola Montes, chassée de Melbourne à Sydney à cause de la lascivité de ses danses. Elle n'était pas davantage destinée à parader aux fêtes de la cour de Napoléon III, à devenir infirmière pendant le siège de Paris, à prendre la parole dans un club révolutionnaire préparant la Commune. Elle sera enlevée et monnayée par des indépendantistes irlandais, se retrouvera à Berlin en espionne pour élucider le mystère des "larmes de Bismarck" et jouera un rôle dans "l'affaire des poteaux" organisée par le général Boulanger afin de reprendre l'Alsace et la Lorraine dès 1875. De son vieil ami Flaubert au jeune Barrès, de Khalil Bey l'ambassadeur turc à Home l'Américain qui fait parler les morts, du prince Napoléon à Déroulède et sa Ligue des patriotes, tout ce qui est des arts, de la littérature, de la presse et de la politique se retrouvait dans son salon. Les multiples facettes de Pointe-de-Gueules sont celles d'un XIXe siècle qui retient le passé et se voit déjà dans le XXe.


- La bonté mode d'emploi
de Nick Hornby
Éditions 10-18 / Mai 2010


La quarantaine passée, fatiguée par son métier harassant de médecin et un mariage qui a perdu toute saveur, Kate décide de demander le divorce. Dans l'espoir de la retenir, David, son mari, va alors changer radicalement: renouant avec ses idéaux de jeunesse, l'homme irascible devient un modèle de bonté, prêchant la redistribution des richesses et recueillant des SDF. Déstabilisée par ce changement soudain et ces initiatives aussi généreuses que maladroites, Kate se retrouve face à une situation inédite et explosive. À partir de quand est-on quelqu'un de bon et jusqu'où peut-on aller pour le rester?


- La dernière chanson
de Nicholas Sparks
Éditions Michel Lafon / Mai 2010


À l'âge de 17 ans, la vie de Veronica Miller alias "Ronnie" est bouleversée par le divorce de ses parents et le départ soudain de son père, qui abandonne New York pour la Caroline du Nord. Elle lui en veut vraiment et refuse de le voir depuis la rupture. Jusqu'au jour où, trois ans plus tard, sa mère décide de l'envoyer passer un été avec lui, espérant une réconciliation. Le père de Ronnie, ancien pianiste et professeur, mène une vie paisible en bord de mer où il se consacre à la confection d'une œuvre d'art. Dès son arrivée, Ronnie se rebelle et menace de partir. Mais bientôt, elle fait la connaissance de Will, un jeune homme du village, qui va faire chavirer son cœur. Baissant sa garde, va-t-elle enfin réussir à s'ouvrir au bonheur? Des retrouvailles inattendues. Si l'amour peut briser les cœurs, il peut aussi les cicatriser.


- La dernière trace
de Charlotte Link
Éditions Presses De La Cité / Mai 2010


10 janvier 2003. Pour la première fois, Elaine Dawson quitte son village du Somerset afin de répondre à l'invitation de Rosanna, une amie de la famille qui se marie à Gibraltar. Mais tous les vols au départ de Heathrow sont annulés à cause du brouillard. Alors que la jeune provinciale s'apprête à passer la nuit dans une salle d'embarquement, un aimable Londonien propose de l'héberger. Elaine accepte. On ne la reverra plus. Cinq ans plus tard, Rosanna doit écrire une série d'articles sur les disparitions inexpliquées pour un magazine. L'occasion pour elle de savoir enfin ce qui est arrivé à Elaine. La journaliste est loin de se douter qu'en s'engageant dans cette enquête elle va se mettre en danger de mort.


- La fabuleuse imposture du comte de Belfort
de Thierry Desjardins
Éditions Fayard / Mai 2010


La France est en pleine métamorphose. Sous les lambris surchargés d'or du palais des Tuileries, dans les fastes, "bling-bling" avant la lettre, de la cour de Napoléon III, évoluent Morny, Haussmann, Gambetta, les Pereire et les Rothschild, Offenbach ou Mérimée. Ainsi qu'un mystérieux et richissime comte au passé obscur, dont les actes de noblesse et les titres de propriété ont opportunément brûlé avec son château à la Révolution, mais qui prétend avoir reconstitué sa fortune au Nouveau-Monde. D'où vient-il en réalité? Comment s'est-il attiré les bonnes grâces du pouvoir? Et qu'espère-t-il en invitant chez lui tout ce qui compte dans Paris pour de somptueuses fêtes? Briller? Séduire? Mais qui? Le monde, ou une femme? À partir de documents authentiques, Thierry Desjardins raconte l'histoire vraie et incroyable d'une magnifique imposture. Une vie semée de gloire et d'embûches, dans laquelle l'amour tient une place de choix.


- La folle équipée de Sashenka Goldberg
de Anya Ulinich
Éditions 10-18 / Mai 2010


Sasha Goldberg ne s'est jamais sentie à sa place nulle part. Enfant déjà, à Asbestos 2, au fin fond d'une vallée minière sinistrée, ses cheveux crépus, son teint mat et ses kilos en trop en faisaient la risée de ses camarades post-soviétiques. Et nul réconfort à attendre de sa mère, sans cesse déçue par cette enfant indigne de l'intelligentsia. Alors, comme son père avant elle, Sasha va tenter le rêve américain. À Phoenix, au bras de Neil, ce cow-boy dégarni de vingt ans son aîné, avec lequel elle s'est fiancée par correspondance. À Chicago, auprès de ses compatriotes émigrés, entre corvées ménagères, galas de bienfaisance et cours accélérés de judaïsme. Et plus loin encore, à la recherche de son père, d'elle-même et d'un endroit ou se sentir enfin chez soi.


- La hache et la terre
de Olafur Gunnarsson
Éditions Gaïa / Mai 2010


Islande, 1550. La Réforme s'est implantée dans une grande partie de l'île. Dans cette Islande féodale, un homme inflexible se dresse pour maintenir l'ordre ancien: Jón Arason, le vieil évêque des territoires du Nord. Tout au long de cette épopée guerrière haute en couleurs, s'expriment rudesse et beauté, simplicité et grandeur de la terre d'Islande et de son peuple.


- La méditation du pamplemousse
de Stéphane Belaïsch
Éditions Denöel / Mai 2010


Max, la trentaine, décide de tenter sa chance à Tel-Aviv. Un peu naïf et lunaire, il vit comme un adolescent attardé, en quête d'une impossible stabilité affective et financière. La résiliation soudaine du bail de l'appartement qu'il occupait le précipite dans une succession de rebondissements rocambolesques à l'occasion desquels il devient l'otage d'une chienne suicidaire, est bloqué plusieurs heures dans un supermarché sous une pluie de missiles avec un couple de Français va-t-en-guerre et hystériques, se retrouve dans une ville déserte et luxueuse à rejouer la scène du Mépris avec une créature fellinienne accro au sexe et aux cookies, entraîne un groupe d'apprentis talmudistes dans un bordel, est poursuivi avec un Père Noël par une ribambelle d'enfants surexcités et finit par se doper au Viagra pour battre des records orgasmiques avec la jolie et capricieuse Charlotte qui, découvrant le pot-aux-roses, le fera vite redescendre du septième ciel. Un récit d'apprentissage tendre et ironique à l'écriture nerveuse et visuelle et à l'humour décapant, où défilent une série de personnages tous plus barrés les uns que les autres.


- La race des sorcières
de Anne Carmignac
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2010


Depuis son veuvage, Anne Hasquelle habite seule à Paris un appartement où vécut, au XVIIe siècle, la Marquise de Brinvilliers, célèbre empoisonneuse. Anne est psychanalyste. Au 12 de la rue Charles V, les ténèbres et la folie de la Marquise ont cédé à une volonté de clarté et de raison, à l'image d'Anne Hasquelle. Les ténèbres vont pourtant ressurgir du jour où, Gabriel, son très séduisant beau-fils, lui adresse une nouvelle patiente, Astrid Schlitz, chirurgien. Les lignes vont se brouiller dès le premier entretien avec celle-ci, qui se dit la maîtresse de Gabriel et déclare être venue pour éviter qu'une femme ne meure. Quelle femme? À cette question, Astrid, à qui la mort semble familière, ne répond pas. S'agit-il, en venant consulter, d'éviter sa propre mort, celle d'une nouvelle maîtresse de Gabriel, ou bien celle d'Anne Hasquelle, coupable d'une trop grande proximité avec Gabriel? La frontière qui sépare d'un commun accord l'analyste de sa patiente se fissure de séance en séance, Anne se trouble, prend peur, renonce à la neutralité que lui impose sa fonction, alors que le passé d'Astrid s'efface devant un présent de plus en plus menaçant. L'atmosphère dans l'hôtel de la Brinvilliers s'est de nouveau chargée d'un air irrespirable. Anne Hasquelle, depuis si longtemps isolée du monde réel dans son cabinet d'analyste, va devoir affronter la vraie vie.


- La spirale des abysses
de Olivier Descosse
Éditions Flammarion / Mai 2010


Jusqu'où peut-on aller pour retrouver son fils? Cette question, Serge Papadakis, ex-mercenaire et ancien policier d'élite du Service de protection des hautes personnalités, n'aurait jamais dû se la poser. Il ignorait l'existence de Thomas, conçu trente ans plus tôt et disparu depuis peu. Succombant à sa pulsion de paternité, il se lance sur ses traces. Une route inattendue, terrifiante, placée sous le signe de la violence et de la barbarie. Qui est vraiment Thomas? Que cherche-t-il? Quels sont ces spectres qui le hantent? Confronté à l'inimaginable, Papadakis verra ses certitudes vaciller, emportées dans le tourbillon de la Spirale des abysses.


- Le cher disparu
de Evelyn Waugh
Éditions Robert Laffont / Mai 2010


Hollywood, fin des années 1940. Lorsque Francis Hinsley, un employé modèle des studios Megalopolitain apprend son licenciement en découvrant un inconnu assis à son bureau, il ne voit qu'une seule issue possible: la pendaison. Son jeune ami et poète, Dennis Barlow, est chargé par la communauté anglaise d'organiser les obsèques, qui devront être assez grandioses pour pouvoir accueillir tout le gratin hollywoodien. Barlow abandonne donc un temps son poste aux Bienheureux Halliers, une entreprise de pompes funèbres animalières, pour Los Angeles. Il se rend aux Célestes Pourpris, les spécialistes du rite funéraire pour célébrités et découvre un monde ou la devise est "Entre étranger, et sois heureux", ou la mort est vendue comme des vacances de luxe, ou les clients sont appelés les "Chers disparus" et les proches les "Délaissés". Spectateur incrédule, il suivra également les pérégrinations de Mr. Joyboy, un embaumeur de génie et de Aimee Thanatogenos, une cosméticienne qui règle sa vie sur les conseils du journal local.


- Le club des policiers yiddish
de Michael Chabon
Éditions 10-18 / Mai 2010


Dans le district de Sitka en Alaska, patrie glaciale des Juifs, l'alcoolique et brillant inspecteur de la police yiddish, Landsman, enquête sur la mort d'un jeune héroïnomane. Mais pourquoi ces pressions pour abandonner l'affaire? Dans ce monde ou religieux et criminels ont échangé leurs compétences, jamais la Terre Promise ne lui aura paru plus lointaine.


- Le compas de Noé
de Anne Tyler
Éditions Stock / Mai 2010


Liam a presque l'âge de prendre sa retraite quand l'administration scolaire qui l'emploie lui demande de prendre congé. Il va donc devoir vivre de ses modestes économies. Mais il prend plutôt bien la chose. Décidé à se concentrer sur l'essentiel, il emménage dans un appartement plus petit. Dès le premier soir, on s'introduit chez lui, et on l'assomme. Quand il se réveille à l'hôpital, il n'a aucun souvenir des événements. Lui qui semble s'être toujours soumis aux aléas du destin va pourtant se battre, contre l'avis de ses enfants et de son ex-femme, pour comprendre ce qui s'est passé ce soir-là. Au point de fondre sur Eunice, la quarantaine, pas véritablement sexy, mais qui le fascine car elle semble capable de remédier aux troubles de mémoire d'un avocat renommé des environs, atteint d'Alzheimer, et qui ne veut rien laisser paraître. Une étrange relation va naître entre Eunice et Liam, et sur le chemin du souvenir, ce dernier va buter sur des épisodes douloureux de son histoire. Le suicide de sa première femme, le départ de son père "pour une autre". Avec une énergie qu'on ne lui connaissait pas, il va faire le point sur son existence et, face à des dilemmes inattendus, prendre des décisions singulières qui soulèvent de nombreuses questions. Longtemps après la lecture du roman, ces questions demeurent: qu'est-ce que le bonheur? Doit-on vraiment passer sa vie à le poursuivre ?


- Le dernier mort de Mitterrand
de Raphaëlle Bacqué
Éditions Grasset & Fasquelle / Mai 2010


Le 7 avril 1994, François de Grossouvre est retrouvé mort dans son bureau, au cœur du Palais de l'Élysée, à deux pas de François Mitterrand dont il a été l'un des plus fidèles compagnons de route. Les murs capitonnés ont étouffé le bruit du 357 Magnum Manurhin que cet amateur d'armes, chasseur et responsable des chasses présidentielles, a retourné contre lui-même. Le bruit mais pas l'onde de choc qui va secouer le premier cercle des mitterrandiens. Un suicide? Oui, mais on ne suicide pas au hasard quand on est conseiller et intime du Président. François de Grossouvre, aristocrate maurassien passé par la résistance, industriel tissant ses réseaux de Marrakech à l'Afrique noire, franc-maçon et membre des services spéciaux, n'était plus le séducteur élégant de tweed vêtu, le financier des campagnes électorales, mais un homme amer, un ami déçu, un Belphégor vieillissant errant dans les couloirs de l'Élysée, un confident du pouvoir qui allait trahir les siens. Pourquoi et comment ce ministre de la vie privée de François Mitterrand, parrain de Mazarine, alors le secret le plus défendu de la République, a-t-il décidé d'en finir? Pourquoi et comment va-t-il dénoncer aux journalistes et aux juges les malversations et les dérives d'une Mitterrandie crépusculaire? Voici le sujet de ce livre, le roman du pouvoir qui broie les hommes, le roman d'une amitié amoureuse, celle qui lia deux hommes au-dessus de la foule des courtisans.


- Le grelot
de Andrea Camilleri
Éditions Fayard / Mai 2010


Vigàta, petite ville de Sicile, à l'aube du vingtième siècle. Fils de pêcheurs, Giurlà est placé à quatorze ans dans une chèvrerie de montagne. Là, il découvre un nouvel univers, aussi bien naturel qu'humain, et devient en quelques années, malgré son jeune âge, chef des chevriers. Sa solitude est garante d'une liberté inespérée, clé d'une initiation amoureuse peu banale. Grâce à Beba, Giurlà découvre toutes les facettes de l'amour et la force de la nature. Hélas, tout se complique lorsque Anita, la fille du maître, arrive à l'alpage pour ses vacances et que Giurlà est chargé de veiller sur elle à distance. Andrea Camilleri nous convie ici à une promenade presque exotique dans une Sicile étonnante, en altitude, fraîche et bucolique, où il met en scène des situations déconnectées de notre vingt et unième siècle: l'existence solitaire de Giurlà, savoureuse, joyeuse, indépendante, est le chemin à rebours d'une aliénation.


- Le monde flottant
de Alan Spence
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mai 2010


1858. À vingt ans, l'audacieux Thomas Glover décide de quitter son Écosse natale pour un Japon encore médiéval et hostile à l'Occident. Le jeune courtier maritime se lance, au risque de sa vie, dans le commerce de la soie, du riz, des armes, de l'opium et des navires. Jusqu'à connaître une réussite industrielle et financière époustouflante, et contribuer grandement à la modernisation de l'Empire sous l'ère Meiji. Aventurier visionnaire, il épouse les mœurs japonaises en s'initiant à l'esthétique samouraï, au zen et à l'art du haïku. L'honorable gaijin vit, avec de belles geishas, des amours tumultueuses. Foisonnant, éblouissant d'érudition et d'invention, Le Monde flottant est un palpitant roman d'aventures qui conjugue tourmente de l'Histoire et intrigues personnelles.


- Le plateau télé
de Patrick Besson
Éditions Fayard / Mai 2010


"De février 1997 à mai 2009, j'ai regardé la télévision, au moins une fois par semaine, pour l'un des trois suppléments hebdomadaires d'un grand quotidien du matin, afin de rédiger une chronique qui s'appelait "Le Plateau télé". La télévision n'étant pas un art, elle ne mérite pas la critique, aussi ai-je régulièrement réfuté le terme de critique télé. Je me suis plutôt considéré comme un commentateur, ainsi qu'il y en a dans le sport ou en politique. Dans Le Plateau télé passent le temps et ses comédiens principaux: dirigeants politiques, intellectuels, artistes, avocats, scientifiques, top model, terroristes, footballeurs, présentateurs. On les voit s'agiter et rire, vieillir et pleurer, mentir et compatir. Les moments historiques oubliés succèdent aux événements médiatiques perdus, la grosse roue du temps écrasant les uns et les autres dans un petit bruit inexorable. Le meilleur de l'actualité, c'est le roman que nous vivons les uns et les autres à travers elle, et c'est ce roman, que, de la fin du XXe siècle au début du XXIe, j'ai tenté d'écrire à raison de deux feuillets par semaine. Je ne pouvais pas deviner qu'il y aurait autant de semaines. Ce livre était censé être posthume, mais je ne suis pas mort, aussi le fais-je paraître de mon vivant". P. B.


- Le sari rose
de Javier Moro
Éditions Robert Laffont / Mai 2010


Cambridge, 1965: rien ne prédisposait Sonia Maino, une étudiante italienne piémontaise d'origine modeste à rencontrer Rajiv Gandhi, petit-fils de Nehru et fils d'Indira. Au Varsity, le restaurant ou leur ami commun, Christian Von Stieglitz, les présente, Sonia tombe immédiatement sous le charme de cet étudiant discret, presque ordinaire, dont le seul rêve dans la vie est de devenir pilote. Trois ans plus tard, bravant les réticences de son père (qui n'assistera pas à la noce), Sonia épouse Rajiv à New Delhi. Elle revêt pour l'occasion le sari rose tissé par Nehru en prison, celui-là même qu'avait porté Indira pour son propre mariage. Le symbole est fort: en épousant Rajiv, Sonia Maino, l'Européenne catholique, choisit d'unir son destin à celui d'une nation, qui, pour l'heure, lui est étrangère. Plus de vingt ans plus tard, la mort tragique de Rajiv, en 1991, ne pourra défaire les liens qui se sont tissés entre Sonia et le peuple indien. Par-delà l'histoire de Rajiv et Sonia, ce couple improbable et passionné, Javier Moro nous livre le récit de la métamorphose d'une femme: étudiante timide à Cambridge, Sonia devient une épouse, une mère, pour se révéler dans l'épreuve une politique habile. Dans ce pays qu'avec le temps elle a fait sien, Sonia reprendra le flambeau des Gandhi. En racontant sa vie, Javier Moro écrit la saga tragique de la première famille de l'Inde.


- Le seigneur de la mort
de Eliot Pattison
Éditions Robert Laffont / Mai 2010


Au cours d'une précédente existence, Shan Tao Yun était inspecteur à Pékin. Pour avoir dénoncé un réseau de corruption au plus haut niveau de l'État, il a été envoyé en camp de travaux forcés au Tibet. Là, il est tombé sous le charme de vieux moines bouddhistes, dont il est devenu l'ami. Libéré sur parole, il vit désormais dans un coin perdu sur les pentes de l'Himalaya. Il est chargé de descendre les corps des sherpas et des alpinistes morts en montagne. Ce jour-là, il tire sa mule chargée de son macabre fardeau sur une piste du Chomolungma quand il est témoin d'un accident automobile. Un bus du gouvernement s'est retourné et des moines illégaux s'en échappent. Shan s'approche, prêt à les aider à fuir, quand deux coups de feu résonnent. Au virage précédent, il découvre une voiture officielle et deux cadavres de femmes. L'une est la ministre du Tourisme, l'autre est une Occidentale, alpiniste renommée organisatrice d'escalades de haut niveau. Mais son corps disparaît et chacun s'acharne à la déclarer vivante. Quant au meurtre de la ministre, il déclenche, selon l'habitude de l'occupant chinois, une vaste répression dans les villages tibétains. Qui a intérêt à faire croire que l'Occidentale est vivante? Qu'a-t-elle découvert qui justifie sa mort? Pourquoi un inconnu vole-t-il les statuettes des dieux cachés dans des grottes? Et quelle affaire juteuse la ministre du Tourisme, corrompue, venait-elle conclure ici? Shan doit remonter jusqu'aux années noires de la Révolution culturelle pour découvrir l'origine de ces mystères. Sur les pentes de l'Everest, la haute technologie des alpinistes occidentaux cohabite avec les anciennes croyances tibétaines. Dans ce monde en pleine mutation, Shan, le Chinois renégat amoureux du Tibet, l'héritier de la Chine communiste en quête de spiritualité, doit faire la preuve de sa légendaire acuité: s'il exhume la vérité, il aura une monnaie d'échange pour tirer son fils du sinistre hôpital psychiatrique dans lequel il croupit.


- Le téléviathan
de Alexandre Lacroix
Éditions Flammarion / Mai 2010


Le présentateur est le nouvel homme de pouvoir, l'alligator en chef, le terrible et redouté Téléviathan, roi incontesté du marécage. Il n'y a qu'une seule bonne résolution à prendre: jeter sa télé.


- Les filles ont grandi
de Nathalie Azoulai
Éditions Flammarion / Mai 2010


En 2002, Nathalie Azoulai publie Mère agitée, succès de librairie qui raconte la vie des jeunes femmes confrontées aux joies et aux angoisses de la maternité. Elle reprend aujourd'hui le fil et explore une nouvelle tranche de vie: l'adolescence. Bien des scènes accrochent son œil, chez le gynécologue, au téléphone, un soir de Noël, au retour d'Angleterre, ou au café. À la table du petit déjeuner, dans la salle de bain, devant les grilles du lycée. Il est question de féminité, de langage, d'amour, d'ambition ou encore de goûts que l'on partage. Mais qui dit partage dit transmission, le nerf de la guerre au temps de l'adolescence. 102 récits courts et incisifs, drôles et graves. Des instantanés qui racontent la vie des mères et des filles "agitées".


- Les jarres chinoises
de William C. Gordon
Éditions Buchet Chastel / Mai 2010


"Reginald Rockwood III est décédé ce jour à l'âge de trente-cinq ans. Il était l'héritier d'une des plus grandes fortunes de Californie." Samuel Hamilton, fidèle compagnon de libations du disparu, découvre ces quelques lignes dans la rubrique nécrologique du journal local de San Francisco. Pourquoi et comment le sémillant Rockwood est-il mort? En reporter néo-phyte, Hamilton se lance dans l'enquête, avec l'aide de son ami Charles, assistant du procureur général de Californie, lui-même absorbé par un trafic d'œuvres d'art en provenance de la Chine communiste. Ils écument ensemble les ruelles de Chinatown. Leurs investigations progressent au rythme des cadavres, et des ramifications de plus en plus nombreuses brouillent les pistes. Une question lancinante les obsède: qui tire donc les ficelles? Des policiers corrompus, des hommes d'affaires véreux ou des malfrats de seconde zone?


- Les princes vagabonds
de Michaël Chabon
Éditions Robert Laffont / Mai 2010


Ils font la paire: Zelikman, médecin mélancolique originaire des brumes de Ratisbonne à l'esprit dangereusement acéré; Amram, ex-mercenaire, Noir géant à la langue aussi affûtée que la hache qui ne le quitte jamais. Frères de cœur, compagnons d'armes, ils tracent leur route de déracinés à travers les monts du Caucase, vers 950 après J.-C. Bretteurs, voleurs à gages et mystificateurs, ils soulagent les crédules de leur argent. Familiers des mauvais pas et des coups fourrés, ils ont laissé maints ennemis dans leur sillage, goûté leur part de blessures et réussi d'innombrables sorties précipitées en des circonstances hostiles. Rien qui les ait préparés cependant à se transformer en escortes et défenseurs d'un prince de l'empire Khazar: Filaq. Son pouvoir ayant été usurpé par un oncle cruel, ce jeune héritier inexpérimenté brûle de reconquérir le trône qui lui revient. Un tel projet nécessite une ruse sans fond, une audace sanglante et une folle témérité. Sans parler d'une armée. Zelikman et Amram peuvent au moins apporter les premières. Mais ces bandits de grands chemins sont-ils prêts à devenir les généraux d'une révolution de grande envergure menée par un damoiseau mal embouché? Une chose est sûre, le chemin de la réussite est pavé de guerriers et de catins, de vils empereurs et d'éléphants extraordinaires, de mascarades, de jeux d'épées, et des péripéties dont sont faites les plus grandes aventures.


- Les Terres Saintes
de Amanda Sthers
Éditions Stock / Mai 2010


"Saviez-vous qu'en Israël on se servait des porcs pour pourchasser les terroristes? D'abord parce qu'ils ont un flair hors du commun, ensuite parce que si un musulman touche un cochon, il se voit refuser les sept vierges au paradis. On y élève donc des cochons sur pilotis comme l'exige la loi afin qu'ils ne frôlent pas la terre sainte. Que rêver de mieux comme personnage qu'Harry Rosenmerck, juif ashkénaze, cardiologue parisien qui a tout quitté pour devenir éleveur de cochons en Israël? Et puis un rabbin est né pour le contredire: Moshe, qui ne supporte pas cette dérive et encore moins qu'Harry arrondisse ses fins de mois en vendant de la viande impure aux restaus branchés de Tel Aviv, ça les mène forcément vers des discussions politiques. Et qu'y a-t-il de plus critique qu'un juif pour parler de la politique intérieure d'Israël? Vous connaissez ce dicton sans doute: quand il y a deux juifs dans une pièce, il y a trois avis. David, le fils d'Harry, auteur de théâtre à succès, homosexuel, lui écrit aussi mais son père ne lui répond jamais, incapable d'imaginer son fils dans les bras d'un homme. La fille d'Harry, Annabelle, quitte New York pour fuir un chagrin d'amour et va le retrouver ailleurs en chemin. Et enfin son ex-femme, mère de ses deux enfants, qui se découvre un cancer et revisite leur histoire d'amour et ses zones d'ombre comme si cela pouvait l'aider à affronter la vie et son issue. C'est un roman sur les limites de chacun, sur ce qu'on ne se dit pas, ou trop tard. Sur les élans du cœur qui restent coincés dans la gorge. Sur les instants qui passent et qu'on n'a pas su saisir. Sur la petite histoire dans la grande. C'est un roman d'amour".


- Madame de Marçay
de Anatole Prévost-Paradol
Éditions Payot & Rivages / Mai 2010


Madame de Marçay fut publié de façon anonyme par La Revue des Deux Mondes en février 1860. Tout le monde savait néanmoins que l'auteur en était l'un des plus brillants journalistes et penseurs politiques de son temps: Anatole Prévost-Paradol (1829-1870). Et tout le monde reconnut en Mme de Marçay Hortense Howland (1835-1920) dont le salon comptait parmi les plus recherchés de Paris, fréquenté par les écrivains, les artistes et les principales figures de l'industrie ou de la politique. Le protagoniste entretient avec Mme de Marçay une relation intense et platonique à laquelle celle-ci répond avec une tendresse et une délicatesse qui peuvent faire croire à de l'amour. Il n'y aura entre eux qu'un seul baiser, dont les conséquences seront dramatiques.


- Meurtre dans un jardin indien
de Vikas Swarup
Éditions Belfond / Mai 2010


Playboy millionnaire, l'ignoble Vivek "Vicky" Rai est tué lors de sa propre garden-party. Six convives sont suspectés: un bureaucrate possédé par l'esprit de Gandhi; l'actrice la plus glamour de Bollywood, fan de Nietzsche; un tout petit aborigène très doué pour l'effraction; un gamin des rues voleur de portables au physique de jeune premier; un Monsieur catastrophe texan sous protection judiciaire; et le must du politicien corrompu, le propre père de la victime. Des palaces de Delhi aux bidonvilles de Mehrauli, des repaires terroristes du Cachemire aux cabanes des îles Andaman, des berges du Gange aux tapis rouges des premières de Bombay, entre soif de justice, vengeances, manigances politiques, quête d'un totem perdu ou d'une fiancée par correspondance, tous les chemins semblent mener au jardin du crime. Mais qui a tué Vicky?


- Papier machine
de Corinne Roche
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mai 2010


Fin août. La rentrée a un goût amer pour celle qui vient de perdre le père de sa fille. Pour surmonter la douleur de ce deuil et d'une dispute avec sa plus vieille amie, elle va écrire. Son nouveau roman, elle le consacrera à cette amitié, et à son ancien amour. Au fil des pages, l'écrivain ressuscite la naissance de sa vocation, des tâtonnements en atelier d'écriture jusqu'à la publication de son premier roman remarqué. De souvenirs en rencontres, elle raconte l'histoire d'une femme, mère et amante, qui doit composer avec son art et sa vie.


- Projet solitude
de Mark Kharitonov
Éditions Fayard / Mai 2010


Zimine, un écrivain confidentiel d'une cinquantaine d'années, héros de plusieurs romans de Kharitonov, a été abandonné par sa femme et son fils qui sont partis s'installer en Amérique. Entouré de livres qu'il n'a pas lus, encombré par un manuscrit qu'il n'arrive pas à achever, Zimine va contre son gré à des réceptions littéraires futiles. Une visiteuse inattendue, Sabine, vient d'Allemagne lui exposer son projet de lutte contre la solitude: organiser des rencontres télévisées pour solitaires afin de les guérir des maux de la communication d'aujourd'hui, intrusive, virtuelle, impersonnelle. Zimine, lui, cherche dans les penseurs de l'absurde, Chestov, Beckett, Kafka, le remède à l'entassement appelé "communication", lequel, à chaque échange, ronge un peu plus le moi solitaire. Pour lui, la Solitude est un projet raté, un bel échec, une inatteignable béatitude.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 12:12

- Requiem pour une étoile
de Jennifer D. Richard
Éditions Robert Laffont / Mai 2010


Contraint à un exil d'une année pour offrir à sa famille un avenir meilleur, Illidan Lauda se réjouit d'être enfin de retour auprès des siens. Or à sa descente du train, il ne reconnaît ni la femme, ni les deux enfants venus à sa rencontre. Devenu amnésique, Illidan tente, avec le soutien indéfectible et ingénu de ses deux fils, de reconstituer le puzzle d'une vie enfuie, d'arracher à l'oubli les lambeaux d'un passé empli de zones d'ombre. Qui est-il vraiment? Pourquoi a-t-il perdu la mémoire? Cette femme, Sigrid, à la beauté du diable et à la présence fantomatique, qui partage son existence est-elle réellement son épouse? Stella Bethesda fait le plus vieux métier du monde, ou prévaut une règle d'or: ne jamais tomber amoureux d'un client. L'homme dont elle s'éprend n'est pas de ceux-là; il exerce une profession soumise, quant à elle, à un impératif absolu: ne jamais s'attacher à la personne que l'on protège. Il est, en effet, le garde du corps de cette créature splendide, objet de bien des fantasmes et de bien des convoitises. Irrésistiblement attirés l'un par l'autre, les deux amants éperdus, bravant les interdits, décident de vivre coûte que coûte leur folle passion. Jusqu'au jour où ils découvrent qu'un mystérieux contrat pèse sur Stella.


- Sang chaud, nerfs d'acier
de Arto Paasilinna
Éditions Denöel / Mai 2010


Linnea Lindeman, une forte femme, poissonnière, chasseuse de phoques et accoucheuse un peu chamane, a une vision: Antti Kokkoluoto, héros aux nerfs d'acier mais au sang chaud, naîtra en 1918, au moment même où la Finlande tout juste indépendante plongera dans la guerre civile, et s'éteindra un beau jour de 1990. Entre-temps, Antti mènera une vie épique, comme seul Paasilinna sait les concocter: plongé tout jeune dans les secrets du métier de commerçant et de maquignon, mais aussi de la contrebande d'alcool, on le verra tour à tour endosser l'habit d'entrepreneur, de père de famille, d'homme politique, et même de champion olympique de tir au pistolet. La crise de 1929, les affrontements récurrents entre fascistes et communistes, la Seconde Guerre Mondiale viendront ponctuer cette truculente saga portée par l'imagination de Paasilinna, qui réussit le pari d'initier le lecteur à l'histoire de la Finlande sans jamais rien perdre de son humour et de sa fantaisie.


- Slam
de Nick Hornby
Éditions 10-18 / Mai 2010


Sam a quinze ans et une passion: le skate. Si ce n'était les angoisses de sa mère, son petit monde serait parfait. Mais quand sa copine lui annonce qu'elle est enceinte, pour Sam, c'est la gamelle du siècle, le fameux "slam" que redoutent tant les skateboarders. Entre fous rires et émotions, récit de la traversée forcée d'un adolescent dans l'âge adulte.


- Soudaine mélancolie
de Dominique Noguez
Éditions Payot & Rivages / Mai 2010


"Un jour de septembre 2009, je marchais rue de Rennes avec un léger vague à l'âme, un titre m'est venu et m'a trotté dans la tête: Soudaine Mélancolie. Tout à fait celui qu'il me faudrait, me suis-je dit, pour les aphorismes modérément exaltés que j'écris de temps à autre. Cela ferait un beau livre d'automne. Même en mai". Dominique Noguez


- Stone junction
de Jim Dodge
Éditions 10-18 / Mai 2010


Après la mort de sa mère, Daniel Pearse est recueilli par l'AMO, une société secrète de hors-la-loi. Initié aux savoirs d'un monde underground, allant de la méditation au casse de coffres-forts, l'apprenti sorcier entame son aventure. Revisitant le roman d'apprentissage à la lumière de la contre-culture américaine, Jim Dodge nous livre un récit ou fabuleux rime avec séditieux.


- Tante Mame
de Patrick Dennis
Éditions Flammarion / Mai 2010


Patrick, orphelin à 10 ans, est recueilli par sa tante, Mame, une femme aux fiers principes moraux et religieux, qui est en fait une célibataire tout à fait émancipée, sensible au souffle de liberté qui anime l'Amérique des années 1920. Mame associe peu à peu son neveu à sa vie agitée, lui donnant ainsi une leçon de liberté d'esprit.


- Toutes des pénélopes !
de Lisa Klimt
Éditions Fleuve Noir / Mai 2010


À qui ressemblerait la Pénélope d'Ulysse si elle vivait à notre époque? À nous toutes bien sûr. Certaines histoires se répètent à travers les siècles et, Stéphanie en est convaincue, elle est elle-même victime de "la malédiction de Pénélope". Elle a beau être une jeune femme bien de son temps avec un job dans une grande maison d'édition, une thèse à terminer et des amies adorables, un fil mystérieux la relie à une ère plus lointaine ou une épouse modèle attendit patiemment le retour de son héros. Car oui, comme bien d'autres amoureuses, Stéphanie passe son temps à attendre son cher et tendre. Et depuis la reine mythique, seuls les accessoires ont changé. Scotchée à son téléphone jour et nuit, passant et repassant les épisodes de séries TV cultes comme Pénélope aurait fait et défait sa tapisserie, Stéphanie revit la tragédie de la femme soumise avec pour seule compagnie son insupportable petit chien baptisé Télémaque. Mais qui sait, peut-être que les dernières incartades de Mr Big et de Bobby Ewing, ou les sages conseils de Laura Ingalls, sauront aider notre Pénélope moderne à briser cette terrible malédiction?


- Traces de santal
de Anna Soler-Pont et Asha Miro
Éditions Buchet Chastel / Mai 2010


Addis-Abeba, 1974. Un petit garçon court dans le chaos des rues pleines de manifestants et de soldats. Il s'appelle Solomon, il est orphelin, il a huit ans à peine, et pressent que l'Éthiopie vit les derniers soubresauts du pouvoir de l'empereur Hailé Sélassié sur le point d'être renversé par un coup d'État militaire. C'est in extremis que Solomon embarquera pour Cuba grâce à un programme de La Havane réservé aux enfants de la guerre civile éthiopienne. Au même moment, à des milliers de kilomètres de là, deux fillettes indiennes du Maharashtra, plongées dans la misère à la mort de leur mère, sont séparées. Mouna, déjà en âge de travailler àonze ans, est vendue à une fabrique de tapis de Bombay, tandis que sa petite sœur est recueillie par un orphelinat. À six ans, Sita n'a qu'un seul rêve, celui de trouver enfin une vraie famille. Entre le parfum du santal, les déchirements de l'abandon et la quête incessante d'amour et de fraternité, les rêves et les espoirs de ces trois enfants se réaliseront-ils un jour? Trente ans plus tard, par-delà les continents, c'est à Barcelone que les destins de Solomon, Mouna et Sita fusionneront.


- Un footballeur
de Bruno Heckmann
Éditions Belfond / Mai 2010


Tremblez, manants, le CGAS est de retour. Oui, le Conseil général association sportive, l'équipe de foot dans laquelle joue Antoine Courant, fonctionnaire territorial de catégorie A et milieu axial. Vous savez, le foot corpo, Pompes funèbres/Casto, Picard surgelés/Mondial Moquette, CRS/Maître Kanter? C'est ça, le foot corpo, tous ceux qui aiment le ballon rond au point d'aller se geler en plein hiver sur d'improbables stades. Ceux qui, comme Antoine, ont grandi avec "Téléfoot" et Séville 82, lisent L'Équipe, rêvent de gloire pour leur fils et affrontent l'indifférence de leur femme pour se livrer à leur passion parce que la victoire, ils y croient. Sauf que les matchs du CGAS est une équipe de buses et enchaîne les défaites. Malgré les conseils technico-tactiques de Kaiser, le coach, qui passe des nuits blanches à forger une théorie révolutionnaire, des heures fiévreuses à bâtir son discours de la méthode. Résultat: toujours une bonne branlée, un moral est en berne et une équipe en a ras le short de se faire humilier tous les lundis. Un jour, pourtant, un rai de lumière déchire les ténèbres et, stupeur, LA solution apparaît peut-être pour que le slogan de l'équipe devienne "Hasta la victoria siempre".


- Un peu plus loin vers les ténèbres
de Adrian Lesniak
Éditions Denöel / Mai 2010


Franck Nathanson a disparu sur l'autoroute A10. Au point d'émission de son dernier appel, la police découvre, revêtu de son costume anthracite, un autre cadavre que le sien. Stella, sa femme, n'y comprend rien et encore moins pourquoi elle se retrouve quelques jours plus tard ligotée dans sa cave, sa maison dévastée. Quelque part en Asie centrale, Nazira, quinze ans, est embarquée dans un camion avec d'autres adolescentes. À Bruxelles, après quelques semaines d'un voyage de cauchemar, Nazira et ses comparses comprennent peu à peu quelle nouvelle vie les attend. Entre la mafia russe et le milieu du proxénétisme belge, un réseau d'alliances s'est tissé. Dès lors, pour Frank Nathanson et sa famille, le temps est compté. Cet ingénieur à la vie paisible mesure-t-il la valeur de ce qu'il détient? Sait-il le danger qu'il court? Est-il un agent double, un innocent manipulé ou un véritable schizophrène? Avec autant de virtuosité que de machiavélique sensibilité, Adrian Lesniak tisse sa toile aux deux bouts du monde. À travers la double vie d'un cadre tranquille, il raconte l'irruption progressive d'une nouvelle barbarie au sein d'une Europe occidentale encore un peu naïve.


- Voleur de cartes
de Eduardo Lago
Éditions Stock / Mai 2010


Comment naît une histoire? Dans un monde sans dieux, la réponse demeure dans l'incertitude la plus totale. Sophie, Brooklyn de son vrai nom, la trentaine, revient vivre à Paris après des années d'absence. Un peu perdue, elle furète sur Internet, quand elle tombe sur le mystérieux e-mail d'un écrivain qui propose à qui le veut bien de lire ses contes et nouvelles. Intriguée, elle demande à les recevoir, sans imaginer qu'ils vont la conduire à Trieste où elle fera la connaissance d'Ali Farkem, le séduisant voleur de cartes. Mais qui est au juste cet auteur anonyme? Pourquoi se sent-elle irrémédiablement attirée vers lui? Que signifient ces nouvelles éclatées et pourtant si liées à sa propre vie? Avec Voleur de cartes, Eduardo Lago nous conduit sur les routes d'un captivant voyage initiatique, existentiel et littéraire. Au travers des nouvelles éparses dans le roman, il survole les cinq continents et nous offre des aventures qui sont autant de morceaux de bravoure éclectiques. Un homme qui tente de se suicider et tue finalement son sauveur. Un auteur qui a perdu son ombre. Un manuscrit de Kipling retrouvé en Inde. Une tuerie au Darfour. Un croque-mort qui prend sa retraite. À la manière de JosteinGaarder dans Le Monde de Sophie, il nous invite à un apprentissage du monde fantasmé de la fiction, un monde hanté par les histoires et les personnages, laissant le lecteur mener l'enquête et plonger avec lui dans le réseau qu'est la littérature.


- Vous descendez ?
de Nick Hornby
Éditions 10-18 / Mai 2010


À Londres, le soir du Nouvel An, Martin, Maureen, Jess et J.J. décident d'en finir avec la vie. Comble de malchance, ils se retrouvent sur le toit du même immeuble. D'abord surpris, ils sentent leur détermination laisser la place au doute. Les langues se délient, chacun raconte sa vie, ses déceptions. Et tandis que file la nuit, l'aube apporte au quatuor une planche de salut inespérée.


- À mon cœur défendant
de Thibaut de Saint Pol
Éditions Plon / Avril 2010


Juin 1940: la Wehrmacht est aux portes de Paris. La victoire allemande est imminente, mais elle ne sera totale, aux yeux du Führer, qu'après la destruction du document original du traité de Versailles, souvenir cuisant de la défaite de 1918. Au péril de sa vie, une jeune employée du Quai d'Orsay reçoit la mission de tout faire pour sauver le précieux parchemin, relique inestimable de l'honneur de la France. Traquée par un officier allemand, Madeleine fuit à travers le pays dévasté. De la capitale aux rivages de la Méditerranée, la jeune femme s'engage alors, avec son poursuivant, dans un troublant jeu de piste. Peu à peu, elle verra grandir en elle la confusion du devoir et des sentiments.


- Beautés volées
de Mara Lee
Éditions Albin Michel / Avril 2010


Léa la directrice d'une galerie d'art contemporain, Laura l'écrivain et Mia la danseuse, ont toutes été, à un moment donné, fascinées par Siri, une photographe prête à tout pour aller au bout de son art. Aucune d'elles n'arrive à oublier cette artiste dangereuse qui a changé le cours de leur vie. Via les cercles branchés et le monde cruel des top-models, les chemins de ces quatre femmes se croisent entre Stockholm et Paris, de leur adolescence à aujourd'hui. Concurrentes, amantes, leurs rencontres conduisent à une confrontation inévitable et fatidique.


- Chanson pour l'absente
de Stewart O'Nan
Éditions de l'Olivier / Avril 2010


"Elle se planta au pied du lit de Kim, regarda les photos et les rubans sur le mur, le masque africain sculpté à la main et la croix en palmes tressées, le fanion du camp de vacances où elles étaient allées toutes les deux. Elle connaissait la chambre par cœur; elle s'y faufilait en douce depuis qu'elle avait l'âge de marcher. Elle sentait la présence de Kim, son odeur. Chaque meuble, chaque objet, la peinture, la moquette, même les grains de poussière vibrionnant dans le soleil les reliaient l'une à l'autre". L'été de ses dix-huit ans, Kim disparaît mystérieusement. Sa voiture est retrouvée quelques jours plus tard, mais il n'y a aucune trace de la jeune fille. L'enquête s'enlise. L'affaire quitte la une des journaux. Les proches de Kim tentent de se reconstruire, d'affronter l'absence.


- Confession d'un timide
de Philippe Vilain
Éditions Grasset & Fasquelle / Avril 2010


Dans ce livre tout à la fois essai et analyse psychologique intime, Philippe Vilain tente de cerner la timidité dans les rapports complexes qu'elle entretient avec la pudeur, la crainte et la honte. À travers un large éventail d'exemples, personnels et littéraires, il développe l'idée que la timidité est bien plus qu'un trait de caractère subi, une prison que le timide a acceptée, une fatalité qu'il s'est créée. De la banale timidité sentimentale à celle, maladive, des grands pudiques, il fait ressortir toutes les nuances et les manifestations les plus variées et inattendues de ce phénomène désigné, mot à la signification trop vague. En interrogeant la psychologie, la philosophie et la littérature, et en ne s'épargnant pas lui-même dans une analyse parfois douloureuse, Philippe Vilain interroge ce qui est pour lui le "nouveau Mal du Siècle".


- Dans la course
de Ann Patchett
Éditions Jacqueline Chambon / Avril 2010


Depuis la mort de son épouse, quinze ans plus tôt, l'ancien maire de Boston Bernard Doyle élève seul ses trois enfants, Sullivan, 33 ans, et Tip et Teddy, 21 et 20 ans, deux frères Afro-américains adoptés lorsqu'ils n'avaient que quelques mois. Un soir de neige de 2006, tandis qu'ils sortent d'une conférence de Jesse Jackson où leur père, qui rêve de les voir s'engager en politique, les a traînés, Tip est violemment poussé à terre au moment où une voiture est sur le point de le renverser. Il ne le sait pas encore, mais Tennessee, la femme qui vient de le sauver et qui gît devant lui, gravement blessée, est sa mère, qui n'a jamais cessé de veiller sur eux. Tandis qu'on l'emmène à l'hôpital, Bernard recueille sa fille de douze ans, Kenya. Le temps d'une nuit, alors que la neige recouvre tout, plongeant la ville dans une blancheur irréelle, qui suspend le temps, Tennessee navigue entre la vie et la mort. Le temps d'une nuit, Tip, Teddy, Kenya, Sullivan et Bernard, vont quant à eux découvrir qui ils sont vraiment. Avec ce roman bouleversant, Ann Patchett a sans doute écrit l'une des plus belles odes à la famille en même temps qu'une réflexion sur ce que signifie être noir aux États-Unis aujourd'hui. Elle fait partie de ces écrivains rares qui parviennent à faire jaillir l'émotion à chaque page.


- Doux remèdes pour cœurs brisés
de Cathy Kelly
Éditions Presses De La Cité / Avril 2010


Izzie Silver a quitté sa ville natale de Tamarin, en Irlande, pour monter une agence de mannequins à New York. Elle adore sa nouvelle vie, à un détail près: elle a eu la mauvaise idée de tomber amoureuse d'un homme marié peu disposé à quitter sa femme. Pendant ce temps-là, à Tamarin, sa tante Anneliese subit elle aussi les affres de l'infidélité. En effet, après plus de trente ans de mariage, elle découvre que son mari la trompe avec sa meilleure amie. Lorsque Lily, la grand-mère d'Izzie, tombe gravement malade, la jeune femme et Anneliese décident de mettre leurs problèmes de côté pour courir à son chevet. La douce et sage Lily s'apprête à leur révéler tout un pan de son histoire qu'elles ignoraient, et dont elles tireront bien des enseignements.


- Dribbling
de Philippe Huet
Éditions Payot & Rivages / Avril 2010


"Pouillès n'a qu'un souci. Se tenir à l'écart de toutes les empoignades sauvages dont les autres semblent se délecter. Comme maintenant. C'est une vraie mêlée, une bataille de chiffonniers, et Washington a beau s'égosiller "no hands no hands", le ballon tressaute dans une forêt de bras, comme s'il se débattait". Au Havre en 1872, des badauds observent avec stupéfaction une vingtaine d'énergumènes en blouse blanche qui s'écharpent fougueusement sur un terrain vague à deux pas de la mer. Objet de cette bagarre générale: une vessie de porc remplie de sciure que les hurluberlus convoitent comme s'il s'agissait d'un nouveau Graal et qu'ils appellent le "ballon". Qui sont les allumés du terrain vague? Des Anglais, cela va de soi. Exilés de l'autre côté du Channel, ils ont la nostalgie du jeu qu'ils pratiquaient à Oxford, Cambridge ou Rugby et décident de l'implanter au Havre. Cornaqué par le flamboyant pasteur Washington, le "team" ne tarde pas à recruter un "Frenchy": Godefroy Pouillès, natif d'un petit village près d'Agen. À partir de faits authentiques, Philippe Huet raconte les débuts d'un sport devenu "national" et la création du Havre Athletic Club, doyen des clubs de foot français. Il retrace cette épopée à travers des personnages inoubliables, avec une verve et un sens du rythme dignes d'un film de Ford. Même les phobiques du ballon rond seront conquis.


- Enterrez-moi sous le carrelage
de Pavel Sanaiev
Éditions 10-18 / Avril 2010


Interdiction de suer, de quitter son collant, d'avaler tout rond. Bienvenue dans le monde de Sacha, neuf ans, élevé par sa grand-mère moscovite. Mélange explosif de folie douce et d'amour écrasant, cette redoutable gorgone veille sur son petit fils tout en le couvrant d'injures et en le gavant de médicaments. Au tableau familial, un grand-père prié de ne pas contredire et une mère déclarée persona non grata. Sacha n'a guère d'autre choix que d'attendre et obéir. Imaginant d'improbables vengeances, il guette l'instant ou le rêve basculera dans la réalité. Un grand roman de l'absurde aux accents gogoliens.


- Fever
de Sean Rowe
Éditions Buchet Chastel / Avril 2010


Deux demi-frères en délicatesse avec la vie se retrouvent un jour dans un bar du port de Miami. Matt Shannon, veuf depuis peu, ex-agent du FBI reconverti en chef de la sécurité, un brin fumeux, d'une compagnie de transatlantiques, n'a plus ni téléphone ni permis de conduire, seulement un monceau de dettes et un net penchant pour le bourbon. Jack Fontana, un ancien de la brigade des stups, sort de prison avec un plan qu'il voit comme la solution aux problèmes de Matt. Il s'agirait de détourner un bateau de croisière plein de vacanciers à bord duquel trente millions de dollars d'argent sale, cachés dans des cartons de lait en poudre, sont destinés à être blanchis à Cuba. À la tête d'une brigade incertaine de pirates à moitié drogués, Matt et Jack s'emparent du butin. Ce qui n'est ni du goût de Miriam Benages, la baronne de la cocaïne par qui tout est arrivé, ni de celui d'une police très suspicieuse. Quant à la mystérieuse Julia, elle se révélera être bien plus qu'une call-girl.


- Idylles, mensonges et compagnie
de Agnès Niedercorn
Éditions Calmann Lévy / Avril 2010


Rentrée des classes au lycée Alexandre-Dumas à Paris. Le nouveau proviseur est anxieux, et il n'est pas le seul. Bohémond, fraîchement débarqué de sa province, s'apprête à faire la connaissance de ceux qui vont partager son année. Heureusement, Joséphine, la pétillante petite rousse, lui présente sa bande d'amis: Chloé, Mehdi, Agathe, Noam et Silia. Entre eux se tissent des relations fortes et spontanées, mais, très vite, maladresses et dissimulations font naître les tensions. Les adolescents s'interrogent, les parents également. Chacun a sa part de secret, il faudra pourtant que certaines confidences se fassent. Agnès Niedercorn dépeint avec humour et tendresse cette année des grandes premières, celle des premiers émois, des premières ruptures avec la famille, celle où l'on découvre que tomber le masque permet de grandir, enfin.


- Il était une fois
de Lisa Tucker
Éditions Flammarion / Avril 2010


Dorothea et Jimmy ont grandi dans un ranch du Nouveau Mexique, élevés par un père qui les isole complètement du monde moderne. Quand Jimmy part à la recherche de leur mère, Dorothea se lance sur ses traces et s'aventure pour la première fois dans le vaste monde. Au cours de l'odyssée qui l'amènera à découvrir le secret de ses origines et l'histoire de la terrible journée qui a métamorphosé son père, elle rencontre des personnages inattendus aux destins singuliers. Parmi eux, Stephen, médecin devenu chauffeur de taxi. Brisé par la mort de ses proches, cet homme qui ne croit plus en rien verra sa vie prendre un nouveau tour avec l'apparition de la naïve et singulière Dorothea. Servi par un style lumineux et une intrigue serrée, Il était une fois est un hymne à l'espoir et aux surprises infinies que la vie réserve. Ou comment en une journée tout peut changer.


- Je me bats dans la vie comme sur le ring
de Anne-Sophie Mathis
Éditions Anne Carrière / Avril 2010


Le 2 décembre 2006, moi, Anne-Sophie Mathis, je deviens championne du monde de boxe anglaise. Le même soir, j'apprends que mon père a lui aussi été boxeur. À sa mort, j'avais treize ans et j'ignorais qu'un jour je mettrais les gants à mon tour. Je suis devenue "AS". 1,78 mètre, 63,5 kilos en poids de combat, quadruple championne du monde, en catégorie super-légers. Mon palmarès: 20 combats dont 18 victoires par K-O. Sur le ring, je suis une machine de guerre programmée pour gagner. Dans la vie, je suis Anne-So, maman célibataire, habitant dans la région de Nancy. Je boxe, c'est un sport d'hommes assorti d'une sale réputation. Très récente, la boxe féminine n'en finit pas d'intriguer. À ceux qui me demandent si je n'en ai pas assez de prendre des coups, je réponds: "Boxer n'est pas cogner". À ma fille, qui considère ce métier comme un voleur de maman, vu mon emploi du temps chargé, je dis: "C'est mon travail, je l'aime et il a le mérite de nous faire vivre toutes les deux". Même si la boxeuse est assez mal payée. La boxe est riche d'une histoire forte, ce sport m'a permis de soigner une solitude et une douleur sans nom. J'ai voyagé, j'ai rencontré d'autres athlètes, mais aussi des capitaines d'industrie, et puis, surprise de taille, j'ai découvert la gastronomie et le bon vin. Malgré les difficultés matérielles, malgré la question de l'avenir, la boxe est ma plus belle rencontre.


- Kennedy Junior
de Pierre Mérot
Éditions Robert Laffont / Avril 2010


Kennedy Junior a treize ans et vit avec ses parents Ruth et Bob, sa sœur Maria et un boxer ronfleur nommé Carpette. Telle est la vision de sa famille que le petit Ulysse, de son vrai nom, retranscrit sur son blog: ses parents s'appellent en réalité Anne & Loïc, tous deux enseignants, et sa sœur de quinze ans se prénomme en fait Antigone. Ah, il ne faudrait pas oublier la petite dernière de sept ans, Pénélope, baptisée "In-Vitro", sujet de toutes les expériences idéologiques du petit Ulysse. Cette sainte famille habitant le sympathique IXe arrondissement ("boboland"). Le petit Kennedy ne supporte pas ses parents et leur mollesse face à la vie. Lui, la sienne, il la passe sur Internet, à y trafiquer des devoirs ou à explorer les délices interdits que les webcams peuvent libérer, et propager. Son étendard, celui qu'il s'est choisi, est étoilé et à bandes rouges, ça sera les USA. Kennedy Jr. se définit tel un "homme de droite" de treize ans, jusqu'à cette soirée d'anniversaire chez un ami, Alexis, et la rencontre d'une petite Rosa, qui vit en face dans le XVIIIe populo.


- L'âge des promesses
de Virginie de Clausade
Éditions Flammarion / Avril 2010


"Ça a été galère de planter mes copines, j'ai feint une migraine fulgurante. Pas sûr qu'elles m'aient crue, mais elles m'ont laissée filer sans trop de questions. Blottie contre lui sur sa Triumph, je suis contente de moi. J'aime bien être capable de suivre quelqu'un comme ça, sur un coup de tête. À ce moment précis, sur cette vieille moto, j'adore ma vie. Je n'ai aucune idée d'où il m'emmène". Manon a 17 ans. Manon s'en fout du bac. Manon est amoureuse. Elle a l'âge des promesses.


- L'amour sur un petit nuage
de Kim Wright
Éditions Calmann Lévy / Avril 2010


Un roman à la Bridget Jones sur les quadragénaires. Un simple voyage en avion suffit à déclencher une tempête dans la vie d'Elyse Bearden, une jeune femme qui, à bientôt quarante ans, est plutôt satisfaite de son sort. Elle a un gentil mari, un enfant en bonne santé, une jolie maison, bref aucune raison de se plaindre. Mais soudain, la voilà prête à tout envoyer paître pour les beaux yeux de Gerry, un homme marié rencontré à la faveur d'un déplacement professionnel. Le coup de foudre est inattendu, violent, tout le contraire de la petite existence paisible qu'elle menait jusqu'alors. Son instinct lui souffle "non", et pourtant, elle dit "oui". Cette décision affectera non seulement sa famille mais aussi ses plus proches amies, membres comme elle d'un petit cercle littéraire. L'Amour sur un petit nuage est un roman doux-amer et pétillant, qui invite à s'interroger sur ses choix de vie, sur ses désirs affectifs et sexuels, et sur l'usage que l'on fait de sa liberté.


- L'année en pente douce
de Melanie Gideon
Éditions Fleuve Noir / Avril 2010


C'est toujours séduisant de s'imaginer, dans les moments de découragement, en train de tout envoyer en l'air et de recommencer une nouvelle vie ailleurs. Melanie Gideon, elle, choisit une autre alternative: accepter la vie qui est la sienne. C'est une question d'ajustements, d'arrangements, de compromis à propos de ces petits riens qui changent tout.Durant une année, elle confronte ses rêves de jeunesse à la réalité de son existence parfois prosaïque. Elle, cette femme de quarante ans, mariée, mère d'un jeune garçon de neuf ans et propriétaire d'un chien. Car il faut bien l'avouer: la folie, la démesure, les risques et les défis ne font plus vraiment partie de son quotidien. Seulement, la vie foisonne aussi de plaisirs simples. Il suffit d'y prêter attention. Dans ce livre à la fois poignant, drôle et exubérant, Melanie Gideon nous offre une réflexion personnelle et universelle sur toutes ces petites choses qui comptent. Et lance une invitation à vivre plus pleinement, rire plus fort, aimer plus intensément et à redécouvrir le sens des mots passion, bonheur, légèreté. L'année en pente douce, c'est son histoire, mais ça pourrait être la nôtre. C'est une histoire qui fait du bien.


- L'art de pleurer en chœur
de Erling Jepsen
Éditions Sabine Wespieser / Avril 2010


Du haut de ses onze ans, le narrateur ne saisit pas très bien les enjeux du monde des adultes dans la petite bourgade du sud du Jütland où il grandit. Il a bien remarqué que le chiffre d'affaires de l'épicerie de son père augmentait après chacune des prestations de ce dernier lors des enterrements: cet homme dépressif et taciturne a en effet un talent, celui de faire pleurer les plus endurcis grâce à ses oraisons funèbres déchirantes. Le gamin, qui accompagne les envolées lyriques paternelles de ses mimiques affligées, se prend au jeu: la famille est enfin considérée, et l'atmosphère à la maison est plus légère après chaque cérémonie. De là à susciter l'augmentation du nombre des décès, il n'y a qu'un pas, vite franchi par l'imagination débridée de l'enfant. Et il trouve en sa sœur aînée, Sanne, une complice de choix. Que l'adolescente ne puisse plus supporter de devoir dormir sur le canapé avec son père, qu'elle veuille se venger de lui, il ne le voit pas. Il veut continuer son train paisible, élever ses lapins, et préserver à tout prix l'équilibre du foyer. Jouant du contraste entre l'innocence de l'enfant et la saisissante réalité sociale qu'il dépeint, Erling Jepsen met à jour dans ce roman grinçant et parfaitement maîtrisé les sombres mécanismes d'une société rurale encore repliée sur elle-même dans la fin des années soixante.


- L'exilé d'ici et d'ailleurs
de Juan Goytisolo
Éditions Fayard / Avril 2010


Expédié dans l'au-delà lors d'un mystérieux attentat suicide, le protagoniste se retrouve dans l'univers virtuel d'un gigantesque cybercafé, où il explore la galaxie électronique et échange des messages avec des internautes de la planète qu'il vient de quitter. Poussé par le désir de connaître les raisons de sa mort, il traverse la fine membrane qui sépare les deux mondes pour revenir dans les quartiers parisiens où il a vécu et devenir à son tour un terroriste. Peu à peu, ce "Candide à l'ère de Ben Laden" découvre que terrorisme et anti-terrorisme sont les deux faces de la même pièce de monnaie. En une soixantaine de brefs chapitres, Juan Goytisolo dresse avec humour et dérision, mais non sans virulence, le tableau des excès du monde aussi réel que virtuel dans lequel nous vivons.


- L'extravagant voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet
de Reif Larsen
Éditions Nil / Avril 2010


T. S. Spivet est un enfant prodige de douze ans, passionné par la cartographie et les illustrations scientifiques. Il dessine tout ce qu'il observe: la carte de ses rêves, les expressions de sa famille, le volume des voix, les distances qui séparent l'Ici de l'Ailleurs, les sauterelles mormones, et même les variations rageuses des ellipses de petits pois lors des repas. Mais T. S. se sent très seul. Il vit dans un ranch du Montana, entouré d'un père mutique, un cow-boy qui déteste les sciences, une mère entomologiste qui cherche depuis vingt ans une espèce fantôme de coléoptère, une sœur qui pense être (à juste titre) le seul individu normal de la famille, et leur chien, Merveilleux, dépressif depuis la mort accidentelle du fils aîné. Un jour, T. S. reçoit un appel inattendu du musée Smithsonian lui annonçant qu'il a reçu le très prestigieux prix Baird (un proche de la famille a envoyé ses dessins), et qu'il est invité à venir faire un discours. Il décide alors de traverser les États-Unis, à l'insu de tous, pour rejoindre Washington D.C., et tant pis si là-bas personne ne se doute qu'il n'est qu'un enfant. Au cours de ce périple, caché dans un train, T. S. continue de dessiner tout ce qu'il voit: à ses croquis et cartes, il ajoute des notes lumineuses sur la résilience de la mémoire, la relativité du temps, la manière de tenir un mug, les trous de vers du Middle West, le son du silence, la définition de la médiocrité, les signes distinctifs de l'âge adulte. Si certaines énigmes demeurent insolubles (par exemple suis-je diabolique ou seulement en pleine puberté?), bien des questions trouvent enfin des réponses. Tout au long de son odyssée, T. S. fait la lecture d'un carnet qu'il a dérobé à sa mère. Roman dans le roman, ce carnet dévoile l'incroyable histoire de son arrière-arrière-grand-mère, la première femme géologue du pays, qui, comme sa mère, renonça à une brillante carrière scientifique pour épouser un homme des bois. Au terme de ce voyage, T. S. aura quitté le monde de l'enfance et se sera révélé à lui-même. Il aura compris que l'observation seule ne suffit pas à cerner le mystère de nos émotions. Et que la frontière entre la réalité et la fiction est parfois bien difficile à saisir, même pour le plus éminent des cartographes.


- L'histoire très ordinaire de Rachel Duprée
de Ann Weisgarber
Éditions Belfond / Avril 2010


Isaac et Rachel Dupree avaient de quoi être fiers. Premiers fermiers noirs des Badlands, à la tête d'un domaine de 160 acres et d'un petit cheptel, l'ancien soldat Buffalo et la petite cuisinière de Chicago se voyaient déjà faire jeu égal avec les pionniers blancs. Quatorze ans plus tard, le constat est désespéré: il n'a pas plu depuis des mois, le bétail se meurt et les réserves de vivres sont épuisées. Isaac s'obstine à racheter des terres dont même les Indiens ne veulent pas et Rachel, enceinte pour la cinquième fois, ne supporte plus l'isolement dans lequel l'orgueil et l'obstination de son mari les ont plongés, elle et ses petits. Pour sauver ses enfants et retrouver sa dignité perdue, Rachel Dupree va devoir puiser dans ses dernières forces et prendre la décision la plus difficile de sa vie.


- L'odyssée du Winnipeg
de Ramon Chao
Éditions Buchet Chastel / Avril 2010


C'est à la fin de l'été 1939 que deux mille cinq cents hommes, femmes, enfants et vieillards, pour la plupart communistes, tristes vaincus de la nouvelle Espagne franquiste et proscrits de l'histoire, embarquent à Bordeaux sur un improbable bateau. Il a pour nom Winnipeg. Pour armateur, Pablo Neruda. Pour destination, Valparaíso. À bord, Luis Gontán, alias Kilowatt, électricien, comme son père avant lui, dans un petit village de Galice, a vu sa vie bouleversée par la guerre d'Espagne en 1937. De témoin, il en est devenu acteur. Bien malgré lui d'ailleurs, quand, par erreur, au cours d'une existence débridée, faite de tromperies et d'enchevêtrements amoureux, il est pris pour Foucellas, le redoutable guérillero galicien, anarchiste et anti-franquiste. Une méprise qui l'a conduit à endosser bien d'autres vies. Mais c'est en dérobant son portefeuille à un brigadiste mort qu'il trouve la clef de son destin: une carte d'adhérent au PC, le sésame grâce auquel il gravira la passerelle du Winnipeg en quête d'une raison d'espérer et d'une vie nouvelle au Chili.


- La deuxième vie de Fatima
de Joanne et Gerry Dryansky
Éditions Héloïse d'Ormesson / Avril 2010


De la casbah à la vie de château, Fatima prend le bonheur comme il vient. Djerba est déjà loin pour celle qui a refait sa vie à Paris avec le délicieux Hippolyte, quand resurgit le mari qui l'avait répudiée. Cette incurable optimiste saura-t-elle se libérer du joug de ce tyran qui conteste désormais leur divorce? Un arc-en-ciel après la grisaille? D'imprévus en surprises, avec son grand cœur pour seule arme, Fatima embellit le monde et égaye la vie, pour que tous la voient en rose. Une irrésistible fable sociale qui nous entraîne dans un tourbillon de joie et d'amour.


- La fureur et l'ennui
de Richard Flanagan
Éditions 10-18 / Avril 2010


Gina, alias "la Poupée", est strip-teaseuse au Chairman's Lounge, un club de Sydney. Fille simple et un peu paumée, elle rêve de quitter ce job dégradant et de se ranger. De modestes mirages qui la font tenir, jusqu'à sa rencontre d'une nuit avec Tariq, un bel étranger. Au petit matin, l'homme a disparu et cinq bombes sont découvertes dans la ville. À grand renfort de flashs infos, les télés diffusent toutes la même image: Tariq et Gina. La chute de la Poupée est proche. Au cœur d'une "chasse au terroriste", elle sombre, impuissante, dans une spirale infernale. Sur fond de paranoïa collective et de peur, Richard Flanagan brosse le portrait saisissant d'une Australie au bord de la crise de nerf.


- La montagne invisible
de Carolina DE Robertis
Éditions Belfond / Avril 2010


Petite paysanne illettrée tout juste débarquée dans la capitale, abandonnée par un mari volage, Pajarita va mettre à profit sa connaissance des plantes médicinales et un savoir hérité de ses ancêtres indiens pour devenir une guérisseuse très appréciée. Le début d'un destin hors du commun. Eva, sa fille, rêve de poésie pour mieux oublier un quotidien sordide. Violée par son patron, rejetée par Andres, son ami d'enfance dont elle est éperdument amoureuse, elle décide de tenter l'aventure en Argentine. Une aventure qui la mènera dans les plus hautes sphères du pouvoir avant de précipiter sa chute. Salomé est la fille d'Eva. Le jeune interne qui assiste à sa naissance s'appelle Ernesto Guevara. Signe du destin? À l'âge des premiers émois, la jeune lycéenne rejoint le groupe clandestin des Tupamaros. Du Montevideo du début de siècle au Buenos Aires d'Evita Perón, des rives scintillantes du Río de la Plata aux camps secrets des guerilleros, de la naissance d'une civilisation à la plus terrible des dictatures, en passant par l'effervescence artistico-bohème d'après-guerre, le fascinant parcours de trois générations de femmes déterminées à préserver leur indépendance.


- La passerelle
de Lorrie Moore
Éditions de l'Olivier / Avril 2010


Tassie Keltjin est une vraie "country girl". Élevée dans une ferme du Midwest, elle sait à peine ce qu'est un taxi et n'a jamais franchi les portes d'un restaurant chinois. Lorsqu'elle s'installe en ville pour ses études, elle plonge avec euphorie dans ce tourbillon de nouveautés: le campus, les cinémas, les longues discussions entre amis. Elle a vingt ans et tout à découvrir. Pour arrondir ses fins de mois, elle trouve un emploi de baby-sitter dans une famille atypique. Sarah dirige un restaurant à la mode; Ed a les cheveux longs, bien qu'il frôle la cinquantaine. Ils ont adopté une petite fille métisse, Mary-Emma. Rapidement, le tableau idyllique se décompose. Le couple est de plus en plus étrange et la couleur de peau de l'enfant confronte chaque jour Tassie au racisme ordinaire.


- La porte des larmes
de Abraham Verghese
Éditions Flammarion / Avril 2010


Les jumeaux Marion et Shiva sont nés de l'union secrète d'une infirmière indienne et d'un chirurgien britannique en poste à Addis Abeba. Leur mère meurt en couches et leur père disparaît. Devenus adultes, les deux frères tombent amoureux de la même femme alors que la révolution éclate en Éthiopie. Marion fuit aux États-Unis, mais il est rapidement rattrapé par son passé.


- La refugiée de Saint-Martin
de Jacqueline Dana
Éditions JC Lattès / Avril 2010


En 1943, en pleine tourmente, un village des Alpes du sud, Saint Martin Vésubie, occupé par la IVe armée italienne vit le rêve utopique d'un monde meilleur et fraternel. L'itinéraire d'une jeune juive parisienne, Sonia Dreyfus, fait découvrir au lecteur cette étrange période durant laquelle l'armée d'occupation prend les juifs sous sa protection. Mille deux cents d'entre eux vivent à Saint Martin, assignés en résidence obligatoire, fugitifs venant des quatre coins de l'Europe, ils se mêlent aux villageois sous l'œil débonnaire de l'occupant. Le temps d'un été, une jeunesse en exil est emportée par le désir frénétique de profiter de la vie, par une exubérance pleine d'espoir qui soudent cette communauté insolite et gomment toute différence de langues, de nationalités, de religion. Sonia n'échappera pas à ce tourbillon et vit une passion fiévreuse avec le beau lieutenant italien Dao Ormena jusqu'à ce 8 Septembre 1943, lorsque les Italiens signent l'armistice avec les Alliés. Nice et la Haute-Savoie sont envahies par les nazis. Les soldats italiens de Saint Martin prennent la route de la montagne pour rentrer dans leur pays, huit cents juifs s'accrochent à eux et les suivent. De l'autre côté, ils espèrent le salut grâce aux Américains qui viennent de débarquer sur la péninsule. Ils trouveront les Allemands. Le piège se referme. Les plus vaillants vont se réfugier sur les cimes enneigées des Alpes où ils se terrent, protégés par le clergé, les paysans et les partisans. Les autres finiront à Auschwitz. Sonia, enceinte, va à dos de mule se cacher à Elva, un village isolé sur les hauteurs du Piémont, où l'accueille la famille de son lieutenant parti rejoindre les partisans. Elle adopte ce pays pauvre et rude où l'on parle encore l'occitan. Cachés dans la montagne, les résistants français et italiens signent une alliance latine: les accords de Saretto, aujourd'hui oubliés, qui jettent les bases d'une Europe sans frontières et démocratique. Une lutte sans merci s'engage entre les nazis, les fascistes et les partisans.


- La vie en sourdine
de David Lodge
Éditions Payot & Rivages / Avril 2010


Desmond a des problèmes d'ouïe. Et d'ennui. Professeur de linguistique fraîchement retraité, il consacre son ordinaire à la lecture du Guardian, aux activités culturo-mondaines de son épouse, dont la boutique de décoration est devenue la coqueluche de la ville, et à son père de plus en plus isolé, là-bas dans son petit pavillon londonien. Lors d'un vernissage, alors que Desmond ne comprend pas un traître mot de ce qu'on lui dit et répond au petit bonheur la chance, une étudiante venue d'outre-Atlantique lance sur lui ce qui ressemble très vite à une OPA. Pourquoi Desmond ne l'aiderait-il pas à rédiger sa thèse? Le professeur hésite. Pendant ce temps, son père, martial, continue à vouloir vivre à sa guise, et son épouse à programmer d'étonnants loisirs.


- Le cahier d'Aram
de Maria Angels Anglada
Éditions Stock / Avril 2010


Aram a quinze ans lorsqu'il doit fuir son Arménie chérie avec sa mère, Maryk, pour échapper à la mort. Nous sommes en 1915, année où le gouvernement turc a décrété l'extermination du peuple arménien. Ils marchent des jours et des jours dans un pays dévasté par la guerre, pour échouer en Arménie russe où ils seront finalement à l'abri. Puis c'est l'exil: d'abord la Grèce, sur la petite île de Symi où Aram devient pêcheur de corail, puis Marseille, lieu de refuge pour la communauté; il faut fuir les fantômes. Là-bas, la vie continue: Maryk finira par refaire sa vie et Aram par rencontrer l'amour. Il va alors tout consigner dans un carnet que lui avait offert son père, Vahé, un grand poète connu et respecté de tous, mort aux mains des Turcs. Pour perpétuer sa mémoire. La mémoire d'un peuple marqué à jamais. La mémoire d'une tuerie sans précédent.


- Le fils du fou
de Gilles Haumont
Éditions Anne Carrière / Avril 2010


Jean, un jeune adolescent schizophrène, s'enfuit de la clinique où il recevait un traitement expérimental et se perd sur la route. Son père devrait être rassuré que le FBI prenne l'affaire très au sérieux, mais bientôt les moyens et les méthodes employés lui laissent penser que cette enquête ressemble de plus en plus à une traque. Alors qu'il décide de mener parallèlement sa propre enquête et de retrouver son fils, il découvre que celui-ci semble suivre une trajectoire très précise et qu'il n'est pas seul. Qui sont ces gens qui prennent la route en masse? Quelle est leur destination? Et surtout,Jean suit-il cette foule étrange ou cette foule le suit-elle?


- Le kabbaliste de Prague
de Marek Halter
Éditions Robert Laffont / Avril 2010


À l'entrée du ghetto de Prague se dresse une statue que ni les Nazis ni les Soviétiques n'ont osé détruire: celle de Rabbi Loew, le "Maharal" (acrostiche de Notre Maître Rabbi Loew) de la ville juive en 1600, celui qui, par la seule puissance de son verbe, créa le Golem, un être de boue à l'image de l'homme. C'est à ce personnage, le plus prestigieux représentant de la kabbale, que s'est attaché Marek Halter pour revisiter la légende du Golem. Quand à la fin du XVIe siècle le ghetto de Prague est réduit une fois de plus à feu et à sang, la petite-fille du Maharal perd son mari, dépecé lors d'un massacre. Elle supplie alors son grand-père de créer une force capable de sauver les juifs de l'anéantissement. La kabbale, chemin de la secrète sagesse, affirme qu'un homme pur peut, ainsi que Dieu, engendrer la vie par la puissance de son verbe. Le Maharal accepte. Ainsi naît le Golem, être de boue à la force illimitée qui va, pour la première fois, apporter la paix au peuple. Mais ce monstre, une fois vivant, s'avère pétri de sentiments et d'émotions. Et quand cette "arme atomique" prend conscience de sa condition, elle se retourne contre ceux qui l'ont sortie du néant. Une fois encore, la preuve est imposée aux hommes que la paix ne saurait être le fruit de la force mais de la seule sagesse.


- Le malentendu
de Irène Némirovsky
Éditions Denöel / Avril 2010


Yves Harteloup est un rejeton déclassé de la grande bourgeoisie, meurtri par la guerre. En vacances sur la côte basque, il retrouve les matins radieux de son enfance et s'éprend de Denise, une femme mariée qui appartient à son milieu d'autrefois. Très vite, Denise l'aime et ne vit que pour lui. Mais à mesure que son amant se révèle mélancolique et fuyant, elle accepte, comme un passe-temps, la compagnie d'un autre homme et perd définitivement celui qu'elle aime. La perte de l'innocence et le goût amer du bonheur dans le Paris des années folles. Le premier roman, jamais réédité, d'Irène Némirovsky, qui n'avait que vingt-trois ans à sa publication, en 1926.


- Le projet Lazarus
de Aleksandar Hemon
Éditions Robert Laffont / Avril 2010


En 1908, Lazarus Averbuch, un juif ukrainien de 17 ans, échappé des pogroms, immigre à Chicago. Peu de temps après son arrivée, dans des circonstances étranges, il est tué par le chef de la police. Un siècle plus tard, hanté par la mort de ce garçon, Vladimir Brik? écrivain bosniaque d'origine ukrainienne, venu vivre aux États-Unis? décide de se rendre en Europe pour écrire et élucider son histoire. Accompagné d'un vieil ami photographe, il part en Ukraine, traverse différents pays de l'Est, puis rejoint la Bosnie. Tout au long de ce voyage, Brick ne cesse de poser des questions sur la guerre qui a déchiré son pays. Des histoires loufoques, invraisemblables et ténébreuses se superposent au roman rêvé de Lazarus. Brick comprend peu à peu que seule la fiction permet de voir ce qu'on ne peut imaginer, et de survivre à la constante disparition du monde.


- Le tigre blanc
de Aravind Adiga
Éditions 10-18 / Avril 2010


Dans les "Ténèbres", vaste région au cœur d'une Inde miséreuse et violente, chacun sait que la Shining India ne brille pas pour tous. Balram Halwai, surnommé le tigre blanc pour son intelligence hors norme, est pourtant décidé à conquérir sa place au soleil. Immoral et cynique, il ne reculera devant aucun moyen, quitte à y perdre son âme.


- Le voisin
de Tatiana de Rosnay
Éditions Héloïse d'Ormesson / Avril 2010


Lorsqu'on entre quelque part, on peut s'y sentir merveilleusement bien ou, au contraire, horriblement mal. Comme si les lieux dégageaient une sensation puissante, comme si les pierres s'imprégnaient de joie ou de chagrin pour plus tard s'en décharger et les restituer. Fraîchement divorcée, Pascaline, informaticienne de quarante ans, vient de trouver l'appartement de ses rêves. À peine installée, elle apprend que ces murs ont été témoins d'un crime. Lentement, par touches infimes, ce drame fait surgir en elle une ancienne douleur, une fragilité restée longtemps enfouie. Pour en finir avec son passé, elle se lance alors sur les traces d'un tueur en série. Une quête obsessionnelle qui ravive ses blessures et l'amène à la lisière de la folie.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 12:08


- Les collines de la chance
de Nora Roberts
Éditions Michel Lafon / Avril 2010


Lilly Chance a réalisé son rêve de petite fille: fonder un refuge pour animaux sauvages, au sud du Dakota, un territoire sacré pour les Amérindiens. Son ami d'enfance, Cooper, ébranlé par le meurtre d'un collègue policier, décide alors de retourner dans la petite ville où ils ont grandi. Il espère conquérir enfin le cœur de Lilly, et laisser derrière lui la violence de New York. Mais un assassin rôde dans la région, et chacun de ses crimes le rapproche dangereusement de Lilly. Au cœur des collines, les ombres cachent parfois de terribles menaces.


- Les mots des familles
de Cookie Allez
Éditions Buchet Chastel / Avril 2010


Nombre de mots et d'expressions naissent et prospèrent dans l'espace clos des familles. Ils ne sont compréhensibles que par les membres de ces communautés réduites et en franchissent rarement les limites. Ils peuvent se transmettre de génération en génération. Après avoir mené une véritable prospection, Cookie Allez a rassemblé des centaines d'expressions en un savoureux florilège. Pour chaque occurrence, elle donne le sens exact et, si possible, raconte les circonstances de sa création. Cette petite anthologie recèle des perles surprenantes, parfois cocasses, qui mettent en valeur la poésie et la richesse d'une langue française parallèle, clandestine et intime.


- Les nuits blondes
de Eve Scavo
Éditions Stock / Avril 2010


Le 5 août 1962, à Cotillac, ce n'est pas Marilyn que pleure Nana dans la nuit. Seule face à la psyché brisée, grimée et peroxydée, sanglée dans sa robe des grands soirs, Nana dit adieu à Norma et, dans un rire de démence, trace au tesson dans ses chairs une croix de sang. Qui est Annabelle Berger, Annabella, Nana, et qui saura dire d'où lui viennent ses démons? Devra-t-on pour comprendre exhumer les absents? Les cueillera-t-on dans la cave où elle tient prisonnier Antoine? "Fais-moi une promesse, ma petite fille, ne tombe jamais amoureuse. Aimer, c'est donner à quelqu'un le pouvoir de te tuer. Regarde ce que je suis devenue: une perdrix dans un tableau de chasse". Fuir les hommes. À Cotillac, ils ne font de toute façon que passer; Milou n'est jamais rentré, Arthur ne viendra plus. En 1962, dans un village de bord de mer, alors que la guerre d'Algérie touche à sa fin, ce sont les femmes qui mènent la danse. Chez Gina Coiffure, tenu par les sœurs Berger, on se presse pour une mise en pli, une couleur, une choucroute triomphante, et parce qu'on sait aussi qu'on n'y perdra pas une miette de salace, de scabreux, de très noir. Puis on ne manquerait pour rien au monde le spectacle navrant de la petite Nana, cette jolie dingue qu'on envie et qu'on craint, cette petite sœur qui ne tient qu'à un fil. Alors quand Claire, le garde-fou, l'assurance du quotidien quitte Cotillac et rejoint la capitale pour y dénicher un casque chauffant flambant neuf, l'équilibre explose. Sur sept jours, du 4 au 11 août 1962, Les nuits blondes jouent du secret de famille pour faire revivre non pas Marilyn Monroe, mais Norma Jeane Baker. On dissimule ce qu'on est dans les caves, les placards, les lettres, les journaux intimes et les rêves. Tout, mais pas la vérité. Sauf celle de la célèbre blonde. Et puis celle des femmes qui vont aux noces comme on va à l'abattoir et tuent par amour. Marilyn n'est pas le propos, on veut l'envers du décor, on veut Norma.


- Les pieds dans l'eau
de René Fallet
Éditions Cherche Midi / Avril 2010


Vous n'avez jamais vu l'aube. La vraie. Pas celle du premier train de banlieue. Seul le pêcheur sait le goût exact du matin, le goût du pain et celui du café de l'aurore. Il a, seul, ces privilèges exorbitants. Né subtil, il n'en parle pas. Il garde tout cela pour lui. C'est un secret entre le poisson et lui, l'herbe et lui, l'eau et lui.
- Poisson, roseau pensant dans les roseaux, je te salue! Tu mérites, plus que la guêpe, un coup de chapeau.
- Un soleil d'Austerlitz monte sur Jaligny ébloui par tant de gloire et de lumière. Je pêche dans une toile de Monet. Me voilà au Salon de l'Été, accroché à un mur de verdure.
- J'habite tous les châteaux d'eau. J'aime toutes les pêches. Toutes les rivières. Tous les canaux. Tous les étangs. Je peux même pêcher le poisson-chat, ce Frankenstein des eaux, dans une mare de ferme, lancer ma ligne entre deux canards. Je pourrais vous raconter mes très modestes histoires de pêche jusqu'à la nuit, mais c'est déjà la nuit.
- L'oiseau bleu file au ras de l'eau, sur coussin d'air. Ça, c'est une loutre et ça, c'est une bécassine. Il pleut à peine sur la rivière, si peu que l'on pourrait croire qu'il s'agit des ablettes qui moucheronnent. C'est le soir. Déjà le soir. Des gouttes d'angélus tombent d'un peuplier. René Fallet


- Les racines déchirées
de Petina Gappah
Éditions Plon / Avril 2010


Dans ce premier recueil éblouissant, Petina Gappah plonge au cœur d'un pays, le Zimbabwe, et d'un peuple aux prises avec une situation dont le contrôle lui échappe. Tandis qu'ils luttent contre l'inflation galopante, les coupures d'électricité incessantes et les difficultés financières qui sont le lot quotidien des sujets de Mugabe, les personnages de Petina Gappah continuent d'endurer les douleurs et les chagrins de tout homme: promesses trahies, espoirs déçus et rêves déchus. Défilent alors les destins d'une femme qui ne supporte plus de vivre entourée des hordes d'enfants du voisinage tandis qu'elle n'arrive pas à en avoir un à elle; d'un jeune garçon parti en Angleterre avec les espoirs et l'héritage de toute sa famille et qui ne reviendra qu'enfermé dans une urne; de la femme d'un politicien qui assiste à l'enterrement du cercueil vide de son mari. La plume suit ainsi le rythme des désillusions, parodies de justice et complots politiques qui font le quotidien d'un peuple, sa lutte et son identité.


- Les sorcières de Salem
de Arthur Miller
Éditions Robert Laffont / Avril 2010


En 1692, Abigaïl Williams, une jeune femme habitant Salem dans le Massachusetts, est servante chez d'honnêtes fermiers, les Proctor. Très vite, Abigaïl tombe amoureuse de John Proctor qui en fait sa maîtresse. Élisabeth, sa femme, découvre leur relation et la chasse de la maison. Pour se venger, la jeune fille, âgée de 17 ans, se livre avec Tituba, la servante noire du révérend Parris, et Betty, la fille de ce dernier, à un rituel de sorcellerie. Elles sont découvertes dansant nues dans la forêt et la rumeur de sorcellerie se répand très vite dans le village. Abigaïl, profitant de la situation pour se venger d'Élisabeth Proctor et récupérer son amant, met en branle une impitoyable machine judiciaire. Deux clans vont alors s'affronter: celui du révérend Parris et de son confrère le révérend John Hale, appelé à l'aide pour démystifier le mal qui s'acharne sur certaines adolescentes du village, et le clan de John Proctor et ses alliés, qui tentent de prouver qu'il n'existe aucun cas de sorcellerie. Tandis que les accusations se multiplient, une cour de justice est formée. Au terme d'un insoutenable procès plongeant Salem dans la colère et la confusion, plus de trente femmes, dénoncées comme sorcières par les instigatrices de l'affaire, seront envoyées en prison puis à la potence.


- Lettres à Fanny
de John Keats
Éditions Payot & Rivages / Avril 2010


Longtemps hésitant entre la médecine et la poésie, John Keats n'avait guère eu qu'ironie et méfiance pour les choses du sentiment lorsqu'il s'éprit de Fanny Brawne, la fille de ses nouveaux voisins de Hampstead. De cette liaison difficile, ils seront fiancés mais jamais époux, il nous reste trente-sept lettres rédigées au cours des deux dernières années de la vie de l'écrivain, juste avant et pendant la maladie qui devait l'emporter en 1821 à l'âge de vingt-cinq ans. Dans ce qui fut pour Keats un temps d'assombrissement et d'amertume, l'amour devient à la fois révélation et désastre, nectar et poison; le poète trouve dans sa passion la réalisation possible d'un idéal de beauté qui le hantait, mais aussi la source d'une vulnérabilité qui l'éloigne encore davantage d'un monde dont il ne se satisfait plus. C'est-à-dire que l'amour, chez Keats, est autant le double que la limite de la poésie, et c'est pourquoi l'on retrouve dans la trajectoire brisée de cette correspondance, l'une des plus célèbres de la langue anglaise, le goût et l'exigence de l'impossible qui habitèrent toute son œuvre.


- Mariages
de Jacques A. Bertrand
Éditions Julliard / Avril 2010


Pour les esprits curieux et méditatifs, le mariage est un sujet de réflexion inépuisable. Si beaucoup, et de plus en plus nombreux, évitent la forte réalité de la chose, nul n'échappe à la fascination du mot. Fin chroniqueur des mœurs de son temps, Jacques A. Bertrand ne pouvait manquer de s'emparer de ce thème et de l'explorer avec la sagacité, le talent et la fantaisie qui font sa notoriété. Rêve, fête, bonheur durable ou erreur de jeunesse, le mariage est un sujet de préoccupation aux quatre coins de la planète. À travers les dix-sept récits qui composent ce recueil, Jacques A. Bertrand nous entraîne de sa plume légère de New Dheli à Munich, de Rotterdam au mont Himalaya. De mariages d'appoint en mariages mixtes ou blancs, il nous plonge dans la forêt des sentiments et des émotions qui poussent les êtres humains à se rassembler (en général un samedi) autour de deux individus de sexe opposé qui ont pris la décision de vivre l'un contre l'autre jusqu'à ce que mort s'ensuive. Au cœur des histoires drôles, émouvantes ou tragiques qu'il nous conte à sa manière grave et légère se tient, comme dans l’œil du cyclone, l'éternel besoin d'aimer et d'être aimé.


- Mélancolie du rocker
de Toby Litt
Éditions Phébus / Avril 2010


Pour les quatre membres du groupe canadien okay, la vie a longtemps rimé avec sexe, drogue et rock'n roll. Ils sont jeunes, talentueux et fous de musique. Une musique qui les comble, comme elle peut les détruire. Sur scène, le succès est au rendez-vous. Mais côté coulisses, la réalité est tout autre, partagée entre solitude, jalousie et désenchantement. Vingt ans et quelques échecs discographiques plus tard, le temps d'un ultime bilan est venu. À 42 ans, Clap, le batteur du groupe, vient d'apprendre qu'il est atteint d'un cancer. Il revient sur l'histoire de ses amis musiciens, Mono, le bassiste, Syph, le chanteur, et Crab, le percussionniste, sur ces nuits et ces jours qui les ont vus briller et sombrer. Et sur l'existence de ces éternels grands enfants, incapables de devenir de vrais adultes.


- Mistik Lake
de Martha Brooks
Éditions Alice / Avril 2010


Par une nuit glacée de l'hiver 1981, dans le Grand Nord canadien, une voiture fit une embardée sur les rives de Mistik Lake puis dérapa sur la surface gelée du lac avant de couler à pic. Des quatre jeunes occupants, il y eut une seule survivante: Sally. Ce tragique accident est le point de départ d'une histoire de famille, avec ses non-dits, ses rumeurs, ses révélations… Aux côtés de ses deux sœurs, Janelle et Sarah, la jeune Odella, la principale narratrice, devra bientôt affronter le passé de leur mère, Sally, et d\'autres secrets de famille. Jusqu'au jour où elle découvrira qu'elle était la seule, parmi la communauté du petit bourg provincial, à ne pas savoir. Qui était vraiment sa mère? Pourquoi, lorsqu'Odella souhaite se rendre à Mistik Lake, son père est-il contrarié? Que s'est-il vraiment passé à l'origine de cette nuit fatale où Sally a survécu à ce terrible accident de voiture sur le lac? L'adolescente est bien décidée à connaître la vérité. Efficace et bouleversant, ce roman canadien nous fait découvrir les secrets les plus profonds des personnages de ce livre. Odella, bien sûr: son rôle de grande sœur l'empêche parfois de se consacrer à elle-même. La mort prématurée de sa mère l'oblige à grandir avant l'âge. Jusqu'à ce qu'elle tombe amoureuse. Nous découvrons aussi, à travers l'enquête d'Odella, d'autres personnages tout aussi attachants: Sally sa mère, dont le comportement égoïste cache en réalité une grande souffrance et un secret bien lourd à porter; le père d'Odella qui essaie d'épargner la vérité à ses filles; la tante Gloria, également dans le secret, et qui devrait pourtant savoir que le mensonge finit toujours par être découvert. Il est impossible de lâcher ce livre avant la dernière page: émotion, suspense, humour, tendresse…


- Parole perdue
de Oya Baydar
Éditions Phébus / Avril 2010


"- Tu sais ce que ça veut dire, perdre un fils?
- Je sais, laisse échapper Ömer (…). J'avais un fils. Il n'est pas mort, mais je l'ai perdu. Ce n'est pas seulement dans les montagnes et dans les guerres que disparaissent les enfants. Le mien a capitulé, laminé par l'état du monde, par lui-même. J'aurais voulu qu'il se batte, qu'il conquière ses propres montagnes, qu'il me dépasse. J'aurais voulu en faire le soldat de mes propres combats et le voir reprendre le flambeau des valeurs qui étaient les miennes. J'aurais voulu qu'il s'engage au lieu de végéter, qu'il lutte pour ses convictions, qu'il ait même le courage de mourir s'il le fallait.
- Nos enfants ne sont pas nos miroirs pour qu'ils reflètent nos valeurs, Ömer Beg. Il n'y a ni valeur ni victoire qui vaille qu'on lui sacrifie la vie d'un enfant".
Ömer, célèbre romancier en panne d'écriture, se lance sur les routes anatoliennes à la recherche de sa vérité et de celle du peuple kurde. Il s'éloigne ainsi de son épouse Elif, scientifique de renom, elle aussi en plein questionnement: pourquoi leur fils a-t-il décidé de fuir ses parents et un monde à feu et à sang pour la tranquillité d'une île norvégienne? En quoi leur génération militante a-t-elle failli?


- Période bleue
de Valérie Martin
Éditions Albin Michel / Avril 2010


Un peintre doit sa petite notoriété à un rival à succès qu'il méprise. Il prend conscience que sa passivité lui a coûté l'amour qui aurait pu le libérer. Un écrivain au talent modeste retrouve une femme jadis aimée, pour qui il n'a plus que dégoût. Mais elle laisse entre ses mains un roman inachevé et qui, découvre-t-il, surpasse tout ce qu'il pourra jamais écrire. Valérie Martin dissèque dans ces nouvelles le psychisme de l'artiste aux prises avec ses démons familiers, doute, narcissisme, paranoïa, écartelé entre l'exigence de son art et la loi du marché, à l'ombre d'amours trahis ou éphémères.


- Pygmy
de Chuck Palahniuk
Éditions Denöel / Avril 2010


Une bande d'ados sectaires, venus d'un mystérieux pays totalitaire, débarquent aux États-Unis pour un séjour linguistique. Sur fond d'échanges culturels, ils décryptent l'american way of life pour mieux infiltrer le pays et mettre en œuvre une action terroriste sans précédent, opération Dévastation. Comme toujours, Palahniuk souffle le chaud et le froid, titillant les nerfs du lecteur jusqu'à la limite du supportable: de l'angoisse au burlesque, il n'y a qu'un pas qu'il franchit à grand renfort d'humour déjanté. Servis par un langage aussi malmené pour l'occasion que nos idées reçues, les rapports d'opérateur numéro 67, alias Pygmy, sont un délice du genre: s'y dessine une Amérique inculte, fermée sur elle-même, indolente et goinfre jusqu'à l'épuisement. Par contraste, la conviction de ces jeunes fanatiques, le caractère implacable de la haine qui les anime saisit le lecteur d'effroi. Dans ce petit bijou d'indécence, Chuck Palahniuk poursuit le travail de dépeçage des fondements de la culture de masse américaine en mettant en scène ce grand cauchemar qui la tenaille, celui du terrorisme.


- Rien ne m'arrête !
de Ally O'brien
Éditions Presses De La Cité / Avril 2010


Trentenaire intelligente et sexy, Tess Drake travaille depuis dix ans dans une grande agence artistique londonienne. De cocktails mondains en dîners intimistes dans les meilleurs restaurants de la ville, elle ménage brillamment les ego sur-dimensionnés des écrivains talentueux, starlettes en quête de reconnaissance et autres acteurs illustres qui composent sa clientèle. Lorsque son patron meurt dans des circonstances plus qu'embarrassantes, Tess décide de réaliser son rêve et de monter sa propre agence. Mais, pour parvenir à ses fins, il lui faudra déjouer bien des intrigues. Et se méfier de sa petite faiblesse, les hommes, qui lui font facilement perdre la tête.


- Série Z
de J. M. Erre
Éditions Buchet Chastel / Avril 2010


Félix Zac vit aux crochets de Sophie. Sophie a de nombreuses qualités. La plus remarquable, c'est qu'elle arrive à supporter Félix. Bien sûr, il lui arrive d'émettre des doutes sur la santé mentale de son ami parce que le cinéphile qu'est Félix a tendance à mélanger fiction et vie réelle. Félix écrit des scénarios. Qu'il n'achève jamais. Jusqu'au jour où, mystérieusement inspiré, il met le point final à "L'Hospice de l'Angoisse". L'intrigue se passe à la Niche Saint-Luc, où de vieux acteurs de "séries Z" terminent leur existence. Dans cet établissement au-dessus de tout soupçon, un cadavre va semer le trouble. D'autant plus qu'il est le premier d'une longue série. Félix est sûr de son succès, un certain Isidore Boudini, producteur à Rungis, s'intéresse à son chef d'œuvre. Mais les ennuis vont commencer pour notre scénariste lorsqu'on découvre que la Niche Saint-Luc n'est pas le seul produit de l'imagination débordante de Félix. C'est une vraie maison de retraite où vivent les mêmes personnes que dans le scénario de Félix. Et les mêmes cadavres se ramassent à la pelle.


- Sois un homme, Papa
de Janine Boissard
Éditions Fayard / Avril 2010


"Dans la vie, mon grand, il faut parfois savoir choisir". Comment Jean-Rémi se relèvera-t-il de cette phrase meurtrière que son fils aîné lui jette à la figure? À force de concessions, a-t-il perdu l'estime des siens? Comment la reconquérir? Choisir, pour lui, ce sera dire "non". Non aux diktats de sa femme, ambitieuse avocate internationale. Non à un travail qu'il déteste. Non au mépris de Cédric et de Tom, ses garçons pour lesquels il ne fut jamais un modèle. Cessant enfin de courir après une vie qui lui échappe, Jean-Rémi va renouer avec la passion de sa jeunesse pour l'horticulture et prendre le temps d'être lui-même. Ainsi regagnera-t-il le respect et l'amour des autres. Et, pour l'amour de ses enfants, Jean-Rémi est prêt à tout. Même à devenir un héros.


- Tarmac
de Nicolas Dickner
Éditions Denöel / Avril 2010


Les Randall sont une dynastie d'illuminés où chacun croit connaître la date précise de la fin du monde. Héritière de cette lubie familiale et convaincue de l'imminence de l'apocalypse, Ann Randall se réfugie avec sa fille Hope à Rivière-du-Loup, au fin fond des forêts canadiennes. Nous sommes en 1989, l'année où le monde bascule. Hope Randall, dix-huit ans, veut échapper à la folie douce de sa mère. Elle rencontre Mickey, un adolescent qui cherche à fuir, lui aussi, sa propre lignée. Les deux adolescents s'unissent dans le refus de toute prédestination. Dans une odyssée qui les mène à travers le Canada, à New York et au Japon, Hope et Mickey vont apprendre à déchiffrer le sens du nouveau monde qui s'offre à eux, inattendu, loufoque et surprenant. Audacieux et drôle, Tarmac est un roman d'amour, de grandes espaces et de liberté, où Nicolas Dickner s'affirme comme le plus singulier talent de la littérature québécoise.


- Toujours avec toi
de Maria Ernestam
Éditions Gaïa / Avril 2010


"J'ai froid. Je me retourne pour calmer la douleur. Je resserre la couverture autour de moi. Alors, j'entends un rire. Mes yeux s'embuent. J'ai aimé. Personne ne m'enlèvera ça. Pas même la mer capable tantôt d'engloutir les traces des ravages provoqués par l'homme, tantôt de les recracher, elle a emporté ce que j'avais de plus cher. (...) Je résiste et je me laisse aller, je tergiverse, mais au fond, je sais que tout sera bientôt fini. Les méfaits des aïeux reviennent nous hanter, dit-on, mais je n'y crois pas. Si des méfaits nous hantent, ce sont les nôtres". Un roman à deux voix sur un secret de famille bien gardé, sur l'amour et le deuil, le pouvoir de la mémoire, et la réconciliation avec le passé.


- Un beau jour de printemps
de Yiyun Li
Éditions Belfond / Avril 2010


À l'aube du 19 mars 1979, la petite ville de Rivière-Fangeuse est en ébullition: après dix ans de prison, Gu Shan, une ancienne garde rouge, va être exécutée. Son crime? Avoir douté du parti. Et la mort n'est pas le pire de ce qu'elle va devoir subir. Cet événement va avoir des répercussions sur ses concitoyens: le professeur Gu, son père, un intellectuel qui se réfugie dans le passé pour échapper à un monde qu'il ne comprend plus, et son épouse, jusque-là humble et soumise, qui va relever la tête pour défendre sa fille; Bashi, un adolescent tourmenté qui noue une relation improbable avec Nini, une petite infirme affamée; Kai, voix officielle du parti, qui va sacrifier famille et carrière pour l'amour d'un dissident; et bien d'autres. Cruauté d'une société déboussolée, où l'idéologie marxiste n'a pas effacé les vieilles superstitions, où les liens familiaux sont rongés par la misère et l'endoctrinement, où l'implacable machine à décerveler n'en finit plus de broyer les individus qui tentent de résister.


- Un bel avenir
de Marco Videtta
Éditions Robert Laffont / Avril 2010


Mars 1948. L'Italie d'après guerre est en pleine effervescence électorale. La Démocratie chrétienne a le vent en poupe, les communistes aussi, et l'ère fasciste semble morte et enterrée pour tous. Pour presque tous. Car pour Fulvio, le monde s'est arrêté aux derniers jours de la chute du fascisme. Sa seule raison de vivre est de découvrir comment Lucio, son frère bien-aimé, est mort. Or Lucio était un fanatique de la république de Salò, cet État fantoche créé par les nazis dans le nord de l'Italie pour remettre en selle Mussolini après sa chute. Quand Fulvio apprend que son aîné aurait été abattu au coin d'une rue par des partisans, il n'y croit pas. Son intuition lui souffle que cette version officielle, si banale, cache une autre réalité, plus tragique. Assez vite, il découvre que Lucio a subi les sévices des membres d'une tristement célèbre section de SS italiens (la bande de Koch). Ainsi commence une quête dont le but est de dévoiler le mystère qui entoure Lucio, une quête au cours de laquelle son cadet va se retrouver confronté à des assassins impunis, à des traîtres rescapés, à des prêtres tortionnaires, à des personnages féminins ambigus et à des transfuges du fascisme déjà prêts à se recycler dans la nouvelle république.


- Un camp retranché en France
de Jean-Pierre Otte
Éditions Julliard / Avril 2010


Sous forme de chroniques regorgeant d'anecdotes drôles et savantes, Jean-Pierre Otte se penche sur la région ou il a élu domicile depuis plus de vingt ans. Louant non seulement la beauté du paysage et la majesté du Causse, l'auteur dévoile aussi la dignité austère, la magie, les zones d'ombre, l'isolement, le côté sauvage et surréel de ce lieu protégé de l'invasion touristique, comme de la spéculation immobilière. Sous la plume de l'auteur, le Lot devient alors une contrée exotique et fascinante, dont le canton méconnu de l'Arnal semble représentatif à maints égards, avec ses "autochtones", ses "parachutés" et ses "nomades" dont il nous raconte les passions très particulières et les amours. Des exilés volontaires, hommes et femmes en quête d'une manière plus exaltante d'être au monde, il décrit le sentiment d'avoir enfin trouvé là leurs vraies racines. Et lorsque Jean-Pierre Otte et ses voisins ont la bonne idée d'organiser chez eux des cycles de conférences ouverts à chacun, la vie dans l'Arnal devient pour cette drôle de communauté une véritable université de tous les savoirs. C'est enfin dans cette belle commune que l'auteur fait la connaissance de celle qui deviendra sa femme, Minna, écrivain comme lui, et pour ajouter à l'originalité du tout, spécialisée dans le roman préhistorique. Pour vivre heureux, vivons caché, professe le dicton. C'est en lisant ce livre que l'on comprend en quoi la notion de marge peut coïncider, parfois, avec celle de bonheur. Mais, surtout, ne le dites à personne. Seuls les initiés sont admis.


- Un don
de Toni Morrison
Éditions 10-18 / Avril 2010


Au XVIIe siècle, l'oppression et la fièvre s'abattent sur les terres vierges d'Amérique. Florens, enfant noire, est prise comme esclave chez un négociant ou elle formera, avec Lina l'indienne et Sorrow l'adolescente blanche, un surprenant trio de domestiques. À l'aube du Nouveau Monde, les voix du passé et de l'enfance nouent le récit magistral des origines.


- Un écart de conduite
de Michèle Halberstadt
Éditions Albin Michel / Avril 2010


1974. Laure quitte sa famille. Elle a 19 ans et devient serveuse dans un bar des Landes dont le propriétaire est aussi dealer. Elle se fait piéger par la police un jour d'automne. Condamnée à six ans de prison, elle s'évade.
1977. Laure s'appelle Louise, vit à Nice, avoue son passé à l'homme qu'elle aime.
1995. Louise habite les beaux quartiers de Paris, elle a deux enfants, un mari parfait, mais toujours peur. Lorsqu'un matin l'ancien directeur de la prison de Pau débarque chez elle, elle sait qu'elle en a terminé avec l'imposture et que l'heure de la délivrance est enfin venue. Se remet-on jamais d'une erreur de jeunesse? À travers le destin d'une femme traquée, Michèle Halberstadt raconte le cruel apprentissage à la vie d'adulte et le vertige d'une vie plurielle. Un récit sobre et maîtrisé, tendu sur cette ligne de crête, fragile et fatale, entre la normalité et l'illégalité.


- Une dernière nuit avec Jimmy
de Jean-Pierre Alaux
Éditions Calmann Lévy / Avril 2010


Été 1955. Les plaines brûlantes du Texas servent de décors naturels à une superproduction cinématographique où Elizabeth Taylor, Rock Hudson et James Dean se disputent âprement la vedette. Le film doit impérativement surpasser le succès d'Autant en emporte le vent. La Metro Goldwyn Meyer vient en effet de miser 22 millions de dollars sur le tournage de Géant. Un pari aussi insensé qu'audacieux. Jack Glausse, jeune reporter à Paris Match, couvre l'événement qui met en effervescence le tout Hollywood. Entre le journaliste français et l'indomptable James Dean se noue alors une histoire singulière qui n'ose dire son nom. Au cœur des nuits texanes, en marge des projecteurs et du champ des caméras, Jack et Jimmy croisent secrètement leur destinée. Dans ce roman passionné et lumineux, Jean-Pierre Alaux revisite avec force et sans complaisance l'un des plus grands mythes du cinéma d'Hollywood. Une dernière nuit avec Jimmy révèle une des facettes inédites du ténébreux et mystérieux James Dean.


- Une fois ne compte pas
de Marie Charrel
Éditions Plon / Avril 2010


D'abord, il y a Charlotte, la misanthrope, elle désire ardemment "être seule au monde". Puis Lorine, la stagiaire timide et maladroite, elle rêve de prendre la place de la Grande Catherine, la rédactrice en chef du journal où elle travaille. Éric a vu sa femme le quitter, depuis qu'ils se sont mariés, il n'a pas réussi à l'aimer, trop occupé à travailler pour oublier qu'il vient d'une famille modeste. Quant à Michèle, soixante ans, après une vie bien rangée, elle donnerait n'importe quoi pour en avoir quarante de moins et faire les quatre cents coups. Un jour, le destin va leur offrir la possibilité de vivre leur rêve. Lorine prend la place et la vie de la Grande Catherine, Éric redevient un adolescent qui va pouvoir faire la paix avec sa famille. Michèle rajeunit à vue d'œil. Et Charlotte se réveille dans un Paris désert. Entraînés dans une histoire surnaturelle, les quatre personnages vont avoir de l'occasion d'expérimenter réellement le proverbe allemand que cite Kundera dans L'insoutenable légèreté de l'être, "une fois ne compte pas, une fois c'est jamais. Ne pouvoir vivre qu'une vie, c'est comme ne pas vivre du tout".


- Une journée de plus
de Fabio Volo
Éditions Fleuve Noir / Avril 2010


Giacomo rencontre la fille du tramway un matin d'hiver, alors qu'il se rend dans sa petite imprimerie. Pendant deux mois, il la croise tous les jours sur cette même ligne. Il ne lui parle pas, non, il n'ose pas. Il se contente de l'observer discrètement. Un matin, elle prend les devants et lui propose d'aller boire un café. Giacomo exulte, mais cette euphorie est de courte durée car la jeune femme lui annonce qu'elle part s'installer à New York. Ils viennent d'effectuer leur dernier voyage ensemble. Et son départ ne tarde pas à laisser un grand vide dans l'existence de Giacomo. N'y tenant plus, il décide de la rejoindre. Michela est sous le charme et pour que la magie continue d'opérer, elle lui propose un petit jeu, des fiançailles "à durée déterminée". Neuf jours, le temps du séjour de Giacomo, pendant lesquels ils seront libres de s'aimer et de donner cours à toutes leurs envies sans peur de l'engagement. Le soir du neuvième jour, ils se sépareront. Une fabuleuse histoire d'amour à l'italienne, un vrai conte de fées des temps modernes.


- Amours & autres enchantements
de Sarah Allen
Éditions Belfond / Mars 2010


Dans une petite ville de Caroline du Nord, de nos jours. À Bascom, Claire Waverley est une célébrité. Dans sa grande maison, à l'ombre d'un vieux pommier capricieux, elle concocte des plats aux pouvoirs étonnants: vin de géranium pour retrouver un amour passé, cake aux pétales de rose pour aviver la flamme du désir, tarte à la fleur de ciboulette pour vous assurer le dernier mot en cas de dispute. Mais depuis la mort de sa mère, celle de sa grand-mère et le départ précipité de sa sœur Sydney, Claire a décidé de ne plus s'attacher aux autres et de mener une vie la plus solitaire possible. Aussi n'est-elle pas enchantée à l'idée de voir revenir Sydney, accompagnée de Bay, sa fille de cinq ans. Mais face à la détresse de la jeune femme, poursuivie par un mari violent, et à l'innocence meurtrie de la fillette, Claire va devoir accepter d'ouvrir son cœur. Et c'est ensemble que les deux sœurs vont affronter les jalousies des anciennes amies, les menaces d'un ex-compagnon et surtout les secrets de leur enfance pour trouver enfin la paix et, qui sait? l'homme de leur vie.


- Apocalipstick
de Charlotte Marin
Éditions XO / Mars 2010


Qui est cette blonde entortillée dans un drap qui s'apprête à s'enfuir par la fenêtre?
Nom: Charlotte Malère. Âge: Trente ans, tendance trentenaire à vif.
Profession: Critique de cinéma.
Signe particulier: Lui arrive toujours l'impensable.
Charlotte se réveille seule et menottée au lit de son amant, le célèbre réalisateur Richard Bouvier. Pour éviter de prendre le petit déjeuner avec l'épouse en titre, elle se détache, saute dans la rue et s'engouffre nue dans la voiture d'un inconnu. Elle lui pique sa veste et détale sans se douter que, cinq heures plus tard, ils se retrouveront face à face, à chanter en chœur dans une kermesse d'école. Les premières notes d'une nouvelle histoire d'amour? Éternelle optimiste, excessive et passionnée, Charlotte, c'est un grain de folie qui débarque dans votre vie pour vous surprendre, vous émouvoir et qui, forcément, vous ressemble.


- Arbre de fumée
de Denis Johnson
Éditions 10-18 / Mars 2010


JFK vient d'être abattu. La guerre du Vietnam bat son plein. Jeune agent de la CIA engagé dans des opérations contre le Viêt-cong, Skip Sands ne tarde pas à perdre foi en son métier. Croisant les parcours d'une demi-douzaine de personnages pris dans la guerre, Denis Johnson décrit de manière bouleversante leur chute inévitable. Roman polyphonique sur fond d'histoire et d'espionnage, aussi luxuriant que la jungle asiatique, cette œuvre folle, d'une puissance rare et déployée sur près de deux décennies, n'est pas sans évoquer le cinéma de Michaël Cimino ou de Francis Ford Coppola. Une déflagration au napalm, dramatique et hallucinatoire.


- Aspen terminus
de Fabrice Gaignault
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2010


C'est l'histoire d'une petite danseuse française devenue une chanteuse américaine à la fin des sixties. Belle, et intrigante, elle inspire les Rolling Stones et fait tourner toutes les têtes. Elle connaît le succès, la fortune, et l'existence fastueuse des stars de Hollywood. Puis elle rencontre Spider une légende du sport américain avec qui elle a une liaison explosive. Leur love-story à Aspen, la station de ski huppé du Colorado défie la chronique. Le 21 mars 1976, Claudine tue son amant. Accident ou meurtre prémédité? L'Amérique se passionne pour cette affaire de mœurs qui possède tous les ingrédients du plus sulfureux des polars chez les riches et célèbres et qui connaîtra un dénouement inattendu.


- Attendre
de Sandrine Roudeix
Éditions Flammarion / Mars 2010


"Il est dix-huit heures. Je suis joueuse. J'ai le cœur qui cogne. Un bruit sec, rapide et répété comme un marteau sur une planche de bois. Les yeux humides, le chouchou de ma queue de cheval qui se défait, le dos droit. Je suis joueuse, curieuse mais anxieuse. Il est dix-huit heures et neuf minutes. Je t'attends. On est le lundi 1er mai. Hier, c'était mon anniversaire. J'ai fêté mes seize ans. Sans toi. Hier, j'ai décidé de te retrouver". Sandrine Roudeix a choisi d'écrire un roman à trois voix pour dire trois attentes à trois époques différentes autour d'un même événement: la naissance de Lola. Elle met en scène ces instants particuliers, solitaires et silencieux, ces cheminements fragiles, à la croisée les uns des autres, ce temps suspendu avant l'épreuve de vérité.


- Best love Rosie
de Nuala O'Faolain
Éditions 10-18 / Mars 2010


Après avoir vécu et travaillé loin de chez elle, Rosie décide qu'il est temps de rentrer à Dublin, pour s'occuper de Min, la vieille tante qui l'a élevée. Mais, "il faut du temps pour revenir quelque part" et les retrouvailles tournent vite au vinaigre. Bientôt, Rosie voit se creuser le fossé qui la sépare de l'infatigable Min, galvanisée par sa découverte de l'Amérique. Et tandis que l'une se réveille de sa torpeur, l'autre se voit rattrapée par la mélancolie.


- Ça commence à faire mal
de James Lasdun
Éditions Jacqueline Chambon / Mars 2010


Les personnages des nouvelles de James Lasdun sont comme nous: plein d'illusions sur eux-mêmes; inquiets et avides de l'image que les autres leur renvoient; tout à la fois enferrés et confortablement installés dans leurs habitudes, leurs idées, leurs routines; sincèrement épris d'une vie bonne qu'obère sans cesse la suite de leurs infinies mais douloureuses compromissions. Avec un instinct psychologique infaillible et le sens de ces situations faussement banales mais en vérité décisives où se laisse saisir l'essence d'une vie, James Lasdun raconte ces moments où "ça commence à faire mal". Écrivain précieux et discret, il nous montre avec ce nouveau recueil qu'il est bien, comme le dit justement le critique américain James Wood, "un des jardins secrets de la littérature anglaise. Lorsqu'on le lit, on se souvient de ce pour quoi notre langue est faite".


- City boy
de Edmund White
Éditions Plon / Mars 2010


Dans le New York des années 70, en plein marasme économique, Jasper Johns et William Burroughs fréquentaient les mêmes cocktails, et l'on surprenait aussi bien un débat sur Marx au New York City Ballet que des ébats dans les entrepôts ou derrière les camions le long de l'Hudson. C'est dans ce décor que le jeune écrivain Edmund White fait ses débuts: des années de bohème, sans argent, sans contrat pour un nouveau livre, une parenthèse à Venise, chez Peggy Guggenheim, et le retour, toujours, dans une ville en déliquescence, où il trouve refuge dans le milieu homosexuel encore discret. Photo en noir et blanc d'un New York transgressif et chaotique, ce livre raconte le parcours tumultueux d'Edmund White, de rencontres culturelles en errances érotiques. Ici ni fard, ni fausse pudeur, mais l'érudition d'un homme de son temps, son talent et son cran. Plus qu'une ville, New York y est un personnage, le lieu de toutes les intrigues intellectuelles et de tous les délires artistiques. On y croise Susan Sontag et Harold Brodkey, on y assiste à l'éclosion d'une génération d'artistes et d'écrivains gays.


- Clair obscur
de Nella Larsen
Éditions Flammarion / Mars 2010


Chicago, 1927. Deux amies d'enfance, longtemps éloignées, se retrouvent un jour de canicule. Tout les oppose, hormis le fait d'être Noires et suffisamment claires de peau pour pouvoir "passer" pour Blanches. Entre Claire, la femme fatale, et Irène, la respectable mère de famille, une relation passionnée se noue, déployant tout le spectre de l'amitié, de l'amour et de la haine. Claire, mariée à un Blanc raciste qui ignore qu'elle est Noire, souhaite renouer avec les siens. Irène, qui revendique au contraire son appartenance à la "race", l'aide à se rapprocher d'une communauté dont elle s'est tenue à l'écart des années durant. Claire s'immisce ainsi jusqu'au cœur de la vie réglée d'Irène, auprès de son mari Brian. C'est vers la mort que mène ce superbe drame de l'identité et du désir.


- Comme un clou planté dans la page
de Bertrand Runtz
ÉditionsD'Un Noir Si Bleu / Mars 2010


Quelle histoire que la vie! Quand on est un homme, dans la force de l'âge, né en Afrique noire d'une famille blanche, que l'on découvre en même temps l'adolescence, un autre pays (dit d'origine), le rapport à la famille, aux pères. Quand on est une vieille femme revivant son premier amour pour le laisser en héritage à sa petite-fille toujours espiègle à l'âge adulte. Quand on est un jeune père inquiet par les surprises que l'avenir réserve à son bout d'homme. Ces huit nouvelles parcourent ces chemins de vie, difficiles, violents et magnifiques. La recherche de l'identité en est le thème central. Identité culturelle bien sûr que certains des personnages de ces textes doivent se construire en dehors de toute idée commune. Identité familiale aussi, délicate à appréhender dans le contexte du déracinement, questionnant le rapport existant entre les générations et à l'intérieur même des fratries. Dans tous les cas cette recherche se fait dans un respect profond de l'autre et de soi-même; c'est par l'humanité de chacun que ce livre nous propose de cheminer.


- Coups de folie en mer
de Hugo Verlomme
Éditions Flammarion / Mars 2010


Histoires extraordinaires, Vaisseaux fantômes et naufrages incroyables, ivresse des profondeurs, hallucinations maritimes, vagues géantes ou calmes maudits, plongées initiatiques, rêves amphibiens. Au fil d'une trentaine d'histoires extraordinaires et inédites, navigateurs, passagers, naufragés, plongeurs ou surfers racontent, chacun à leur façon, ce moment où, face à la mer, leur raison a vacillé. Certains ont connu la peur, un instant de déraison, d'autres des extases ineffables. Au-delà des témoignages, Coups de folie en mer est une réflexion sur les nouvelles mythologies marines.


- Crème du soir, espoir
de Beth Harbison
Éditions Fleuve Noir / Mars 2010


Adolescentes, Allie et Olivia étaient inséparables. Allie, c'était la jolie fille extravertie, Olivia, la petite rousse futée et réservée. Un jour, une terrible rumeur est venue tout gâcher. C'était il y a vingt ans. Depuis, silence radio. De quoi appréhender la réunion d'anciens élèves à laquelle toutes deux ont accepté de se rendre de mauvaise grâce. Allie gamberge. Son boulot l'ennuie, elle a pris du poids et se sent vieillir. Il faut dire que sa rupture avec son petit ami n'incite pas vraiment à l'optimisme. Olivia, elle, est devenue rédactrice en chef des pages beauté d'un célèbre magazine new-yorkais, mais côté vie privée, elle n'a rien à envier à son ex-meilleure amie. Et ces retrouvailles réveillent des souvenirs. Quand elles se remémorent le passé, il est forcément question de leurs séances maquillage où elles se prenaient à rêver. Et si la vertu des cosmétiques était d'illuminer l'existence? Si maquillage rimait avec virage, voyage ou mariage? Après tout, pourquoi le génie ne sortirait-il pas d'un poudrier ou d'un pot de crème? C'est décidé, il faut que ça change.


- Dans l'angle mort
de Chris Bohjalian
Éditions Fleuve Noir / Mars 2010


Laurel se promène à vélo sur un sentier du Vermont quand elle est agressée par deux individus. Depuis cet épisode tragique, plusieurs années ont passé et Laurel fait de son mieux pour oublier. Sa bicyclette, elle, est définitivement remisée au garage. Aujourd'hui, l'ambiance est maussade. Bobbie, l'un des pensionnaires du foyer pour sans-abri dans lequel elle travaille, est mort. Le vieux Bobbie avec ses histoires rocambolesques. À l'écouter, il aurait été photographe et aurait frayé avec le beau monde. Et contre toute attente, Laurel découvre des clichés de célébrités des années 1960 dans ses affaires. Force est de constater qu'il disait vrai. Avant l'exclusion, Bobbie a connu la grande vie. Alors comment a-t-il atterri dans ce refuge? Intriguée, la jeune femme se passionne pour l'existence de cet ex-dandy. En scrutant ses photos, elle remarque une série représentant un sentier du Vermont et une jeune fille à vélo, qui lui ressemble étrangement. À fouiller la vie de Bobbie, Laurel semble sur le point de découvrir une tout autre vérité.


- D'Artagnan à New York
de Ariane Daguin
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2010


Quand Ariane Daguin arrive à New York en 1977, elle n'a que 18 ans et ne sait pas encore qu'elle révolutionnera la gastronomie américaine. Elle trouve une place de fille au pair chez une famille aisée, puis travaille à temps partiel chez un producteur de pâtés new-yorkais pour financer ses études à la Columbia University de New York. Ariane Daguin était partie pour devenir journaliste, mais son destin a été tout autre. Elle fonde D'Artagnan avec un ami, et fait découvrir aux Américains le foie gras et la viande de gibier. Mais on ne devient pas une des têtes de file de la gastronomie en Amérique sans devoir affronter des obstacles. "Qu'est-ce que c'est que cette chose?" demande l'administration de la santé quand elle veut importer du foie gras. Et les drôles de messieurs du New Jersey. Et la mafia qui rôde dans le port de New York. Ariane Daguin surmonte bien d'autres épreuves, crise de la légionellose, mésentente avec son associé qui essaye de l'évincer (elle rachète finalement ses parts et devient ainsi l'unique propriétaire de D'Artagnan), lobby végétalien anti-gavage d'oies. Ariane Daguin est de tous les combats pour défendre la gastronomie. Et ce n'est pas facile, quand on est une femme dans un milieu de machos.


- Déboutonnage
de Claire Renaud
Éditions Stock / Mars 2010


Isabelle sort d'une histoire où l'amour était programmé et inéluctable, mais à laquelle, contre toute attente, elle a mis un terme. Elle a quitté le garçon qui était son âme-sœur, mais pour lequel elle n'éprouvait aucun désir physique. Elle se sent coupable de l'avoir blessé en échouant à l'aimer. C'est alors qu'elle rencontre le repoussant, l'abject Martin Zuller. Martin est couvert de boutons depuis toujours. C'est son identité et sa souffrance. Il s'est construit un système de défense contre la compassion forcée et le dégoût irrépressible des autres. Isabelle et Martin ont dix-huit ans et entrent en classe préparatoire, au sein d'une élite arrogante, avec des professeurs méprisants. Immédiatement, Isabelle voit en Martin sa rédemption, le moyen de construire, de forcer ce sentiment amoureux que l'évidence lui a refusé. Elle tente de vaincre sa répulsion. Lui se dérobe à elle. Comment une fille si belle pourrait-elle le regarder sans trembler? L'un et l'autre vont s'aimanter et se repousser. Isabelle sort d'une histoire où l'amour était programmé et inéluctable, mais à laquelle, contre toute attente, elle a mis un terme. Elle a quitté le garçon qui était son âme-sœur, mais pour lequel elle n'éprouvait aucun désir physique. Elle se sent coupable de l'avoir blessé en échouant à l'aimer. C'est alors qu'elle rencontre le repoussant, l'abject Martin Zuller. Martin est couvert de boutons depuis toujours. C'est son identité et sa souffrance. Il s'est construit un système de défense contre la compassion forcée et le dégoût irrépressible des autres. Isabelle et Martin ont dix-huit ans et entrent en classe préparatoire, au sein d'une élite arrogante, avec des professeurs méprisants. Immédiatement, Isabelle voit en Martin sa rédemption, le moyen de construire, de forcer ce sentiment amoureux que l'évidence lui a refusé. Elle tente de vaincre sa répulsion. Lui se dérobe à elle. Comment une fille si belle pourrait-elle le regarder sans trembler? L'un et l'autre vont s'aimanter et se repousser. Déboutonnage est l'histoire d'un amour qui se cherche et s'apprivoise. C'est un texte sur la laideur, celle qui est indépassable, qui paralyse et fait écran à toute tentative d'apaisement, de réparation. C'est un texte sur la pureté, celle que Martin appelle de ses vœux en se purgeant chaque jour devant sa glace à la recherche d'un visage vierge et immaculé, celle qu'Isabelle tente de retrouver, après l'échec de son premier amour.


- Des mains si douces
de Igal Sarna
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2010


Des mains si douces est la biographie de la mère de l'auteur, Yula, vieille dame de 91 ans clouée dans son fauteuil roulant, seule survivante d'une nombreuse fratrie. Née en Pologne en 1917, Yula a dix-sept ans lorsqu'elle immigre, seule, en Palestine. Elle débarque d'abord à Hadera, chez son frère aîné, avant de se fixer à Haïfa, où elle fait des ménages dans un hôtel tenu par un Anglais. Le père d'Igal est originaire de la même région, mais Sarna ne s'appesantit guère sur sa vie. Sa mère, en revanche, était enveloppée d'une aura de tristesse, comme si elle taisait un lourd secret, dont il n'aura la clef que beaucoup plus tard, quand, à l'âge de 60 ans, elle subira une mammectomie et confiera à son médecin avoir eu un fils mort-né, issu d'un premier mariage. Igal Sarna va dès lors consacrer son énergie à recoller les pièces du puzzle, en bon journaliste d'investigation qu'il est devenu. Cette quête le mènera à sillonner tout le pays et jusqu'en Angleterre, à la recherche d'informations distillées par la mémoire défaillante de sa mère, avec, en filigrane, l'ombre noire de la Shoah.


- Dix
de Andrej Longo
Éditions Flammarion / Mars 2010


Bienvenue dans l'univers de la Camorra, où un million de personnes sont contraintes de vivre sans souvenir du passé, sans futur viable, forcées d'endurer un présent interminable et épuisant. On y rencontre Vaness, qui, "quand elle met ses bas noirs et une jupe courte en cuir, fait déjà femme"; un gamin de treize ans qui, confronté à la souffrance de sa mère, se montre capable d'un geste terrible; une jeune fille ayant pour seul confident Poubelle, son chat en peluche, à qui elle raconte ce que signifie subir dans sa chair la violence d'un adulte; et Ray-Ban, qui au cours d'une nuit imbibée vole la mauvaise voiture et le paie cher. Impossible d'oublier ces dix récits, comme autant de commandements, tous donnent de cet univers métropolitain que l'on appelle Naples une image radicalement neuve, poignante et fulgurante.


- Divine justice
de Christopher Buckley
Éditions Baker Street / Mars 2010


Souffrant d'une impopularité record et haï par l'ensemble du Congrès en raison de son refus de signer les onéreux projets de loi qui lui sont soumis, le président Donald Vanderdamp, surnommé "Don Veto", persiste néanmoins dans sa politique de restriction budgétaire. Car, chose extraordinaire à Washington, il se moque des sondages, n'entendant pas briguer de deuxième mandat. Cela n'empêche pas le très télégénique sénateur Dexter Mitchell de mener la fronde contre la présidence, à l'occasion de la prochaine nomination d'un nouveau juge à la Cour suprême. Dépité par le refus du président Vanderdamp de prendre au sérieux sa propre candidature au cours d'un discret entretien qu'il avait lui-même sollicité, Dexter Mitchell prend en effet un malin plaisir à torpiller les candidatures des deux juges proposés par la Maison-Blanche. Irrité par ces deux échecs consécutifs, le président des États-Unis décide alors de faire appel à la juge la plus populaire qui soit, à savoir Pepper Cartwright, l'héroïne de la grande émission de télé-réalité du moment, qui caracole en tête des audiences. Dans Divine justice, Christopher Buckley bouscule une nouvelle fois avec verve l'establishment et le politically correct dans cette satire du système judiciaire américain et des mœurs si particulières de Washington. Cette farce des plus extravagantes croque avec une énergie rare les coulisses du pouvoir et pointe les travers d'une société où le délire médiatique, l'exubérance de l'industrie de l'entertainment et le cynisme de la vie politique se mélangent pour créer un cocktail aussi détonnant qu'hilarant.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 11:54

- D'où je suis je vois la lune
de Maud Lethielleux
Éditions Stock / Mars 2010


Moon a choisi la rue parce qu'elle a décidé d'être "elle-même dans ce monde où les gens sont devenus des autres". Elle ne fait pas la manche, elle vend des sourires, et observe avec malice le manège des gens pressés. "Je dis: Avec cinquante centimes d'euros, qu'est-ce qu'on achète à notre époque? J'insiste, il accélère, petite pirouette: Non sans déc', à ce prix, franchement, tu trouves des trucs intéressants à acheter? Le type finit par s'arrêter, il se demande où je veux en venir, et c'est là que je sors le grand jeu, tutti et compagnie, je dis: Un sourire à ce prix-là, c'est pas cher payé. Et j'attends pas qu'il accepte, je lui refourgue un petit sourire façon majorette à dentelles, épaules en arrière et tête haute. Le type soupire, il pense qu'il se fait avoir. Il n'a que dix centimes mais je lui fais quand même le sourire en entier. Je suis pas une radine". Autour d'elle, il y a Michou et Suzie avec leur Caddie, Boule, son crâne rasé et sa boule de billard à dégainer en cas de baston, les kepons migrateurs avec leurs crêtes de toutes les couleurs, et surtout, il y a Fidji et ses projets sur Paname. Pour lui, elle a décidé d'écrire un roman, un vrai. Et il y a Slam qui sort de prison, Slam qui aime les mots de Moon et a une certitude: un jour, elle décrochera la lune.


- Exils
de Ron Hansen
Éditions Buchet Chastel / Mars 2010


Exils raconte l'histoire du terrible naufrage qui décida le poète Gerard Manley Hopkins (1844-1889) à renouer avec la littérature qu'il avait abandonnée pour devenir séminariste jésuite au pays de Galles. Aux premières heures d'un matin glacé de décembre 1875, un paquebot qui faisait route de Brême à New York fut soudain déporté par une mer déchaînée et des vents hurlants vers les dangereux bancs de sable à l'embouchure de la Tamise. Parmi la soixantaine de malheureux qui y laissèrent leur vie, se trouvaient, fuyant les sinistres lois anti-catholiques de Bismarck, Barbara, Norberta, Henrica, Brigitta et Aurea, cinq sœurs allemandes franciscaines, éclatantes de jeunesse et portées par une foi indestructible. La nouvelle de la tragédie du Deutschland dans le London Times du 8 décembre 1875, bouleversa Hopkins. Il en tira "Le naufrage du Deutschland", son célèbre poème élégiaque. Lui aussi mourra exilé des siens et ignoré des cercles intellectuels de l'époque.


- Faux-semblants
de Barry Wood et Jack Geasland
Éditions Calmann Lévy / Mars 2010


David et Michael Ross sont des jumeaux parfaits. Élevés ensemble, ils vivent les mêmes expériences, suivent les mêmes études et se destinent tous deux à la carrière de gynécologue. Inséparables, une étrange communion les attache l'un à l'autre, qui les pousse à partager jusqu'à leurs conquêtes féminines. Pourtant, Michael cherche à s'émanciper de cet autre lui-même qui l'étouffe. C'est en rencontrant Kathy Field qu'il tentera de briser l'emprise imposée par son frère. Mais en a-t-il vraiment envie? Est-il assez fort pour défaire ce que la nature a créé? Et David le permettra-t-il? Inspiré d'une histoire authentique, qui a défrayé la chronique dans les années 70, ce livre au suspens soigneusement dosé glissant peu à peu vers l'horreur a été adapté au cinéma par David Cronenberg en 1988, avec Jeremy Irons dans le (les?) rôle principal.


- Hors d'atteinte
de Karin Slaughter
ÉditionsGrasset / Mars 2010


La détective Lena Adams croupit dans une cellule étouffante du comté d'Elawah, en Georgie. Blessée, furieuse, et murée dans le silence, elle est l'unique témoin d'un crime abominable, une femme brûlée vive dans une voiture. Appelé à la rescousse par les autorités locales, le chef de la police de Grant County, Jeffrey Tolliver, vient chercher sa collègue traumatisée, mais Lena, à la première occasion, lui glisse entre les mains et disparaît dans la nature. Jeffrey et sa femme, le médecin légiste Sara Linton, partent à ses trousses, sans savoir à quoi s'attendre. L'enquête les mène dans la petite ville où a grandi Lena, un bled rongé par la pauvreté, le racisme, la violence et l'alcoolisme. Bientôt, ils se retrouvent aux prises avec l'homme qui a élevé Lena, héroïnomane au bord de la tombe, l'homme qu'elle a aimé et qui la battait, aujourd'hui incarcéré mais toujours aussi dangereux, le shérif du coin, aussi débonnaire que mystérieux, et enfin, une effrayante confrérie de suprématistes arborant des tatouages nazis. Qui est la femme brûlée dans la voiture? Que cherche à fuir Lena? Qui cherche-t-elle à sauver? Et quels innommables secrets, enfouis depuis des générations, Jeffrey et Sara s'apprêtent-ils à découvrir, à leurs risques et périls?


- Johnny Be Good
de Paige Toon
Éditions Calmann Lévy / Mars 2010


"Je m'appelle Meg Stiles. Demain, j'emménage chez le plus grand rockeur de tous les temps. Pour l'instant, il ne me connaît pas… Rassurez-vous, je ne suis pas une groupie psychopathe. Je suis sa nouvelle assistante et, non, je ne craquerai pas pour lui". Assistante personnelle de Johnny Jefferson, l'enfant terrible des charts, Meg va vite s'étourdir entre le soleil de Californie, les soirées show-biz pailletées et l'ambiance électrique des concerts. Fascinée par l'aura magnétique du chanteur, elle apprend aussi à mieux le connaître en le soutenant durant sa descente aux enfers en pleine tournée européenne. Si bien qu'elle se retrouve à deux doigts de succomber à ses beaux yeux verts. Mais un autre homme, plus calme, plus sensé, moins toxique, pourrait bien l'aider à respecter ses bonnes résolutions.


- L'ardoise magique
de Valérie Tong Cuong
Éditions Stock / Mars 2010


Deux jeunes filles sont assises sur la rambarde d'un pont. Un train surgit. L'une saute, l'autre pas. C'est Alice qui a sauté. Elle est riche, jolie, et habite un quartier résidentiel. L'autre s'appelle Mina. Depuis la mort de sa mère, elle vit chez son oncle et sa tante dans le quartier des HLM. Les deux amies s'étaient jurées de se suicider ensemble. En rompant le pacte, Mina perd toute raison d'exister. Pourquoi n'a-t-elle pas sauté? Qu'est-ce qui l'a retenue à la vie? Pourquoi Alice voulait-elle en finir? Quelle spirale les conduisait ainsi au suicide? Devenue fugitive, Mina cherche à comprendre ce qui s'est passé depuis qu'Alice est entrée dans sa vie. Pourquoi ont-elles noué une amitié si forte? Qui était vraiment Alice? Cette enquête va pousser Mina à regarder la vérité en face, une terrible vérité, dont il lui faudra s'affranchir pour gagner sa liberté.


- L'aviateur et sa femme
de Andreï Dmitriev
Éditions Fayard / Mars 2010


Quelque part en Russie soviétique dans les années 1970, une base de chasseurs supersoniques. Les aviateurs s'ennuient, leurs virées supersoniques les distraient à peine. Voskoboïev et sa femme Élizavéta s'installent dans la bourgade cernée par une forêt sauvage. Les appartements se touchent, répercutent les disputes des voisins. Voskoboïev, interdit de vol, sombre dans le marasme. Son voisin, qui est son supérieur, quitte sa femme et se plonge dans des rêveries littéraires: pourquoi Dante veut-il nous conduire en enfer plutôt qu'au paradis? Il correspond avec un critique de Moscou, et cette fenêtre littéraire lui sauve momentanément la vie. Pas pour longtemps. Sa mort, nous l'apprendrons quand son correspondant mythique débarquera dans ce trou perdu pour surmonter sa propre mélancolie.


- L'emprise
de Sarah Chiche
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2010


Une jeune femme, à la suite d'un divorce, est en grand désarroi. Ses parents la confient à un thérapeute qui lui promet guérison et bonheur rapides. Il pratique "la thérapie de l'esprit" et semble au-dessus de tout soupçon. Hésitante, elle se rend au premier entretien. En quelques semaines, ce thérapeute lui devient indispensable. Un piège infernal se referme sur elle. Au fil de séances facturées à un tarif scandaleux, soumise à un régime de "séduction-épuisement-isolement-obnubilation", elle est peu à peu réduite à un assujettissement total. On la persuade même qu'elle est possédée par le démon. Elle est soudain prise de douleurs effrayantes, elle sombre dans une folie semblable à celle des possédées de Loudun. Recluse dans la prison mentale imposée par ce thérapeute pervers, il lui faudra des années pour échapper à son emprise.


- L'héritage du sang
de Kitty Sewell
Éditions Belfond / Mars 2010


Psychothérapeute d'origine anglo-cubaine, Madeleine Frank ne sait que trop à quel point il est difficile de guérir de certaines blessures. Pour surmonter les siennes et survivre à la perte de son mari, elle a quitté le décor idyllique de la Floride et s'est réfugiée dans le Somerset. Mais ni son travail, ni ses consultations en prison, ni ses études sur les fourmis n'ont pu faire taire les démons qui la hantent. Et l'arrivée d'une nouvelle patiente ne va pas tarder à les réveiller. Rachel Locklear vient chercher son aide pour se soustraire à l'emprise d'un amant ukrainien violent, qui menace de kidnapper son fils. Mais, quand les souvenirs d'enfance de Rachel se mettent à faire écho à sa propre histoire, Madeleine commence à perdre pied. Et si les visions de sa mère, une ancienne prêtresse cubaine, n'étaient pas que chimères? Et si le passé venait réclamer son dû? Pour sauver Rachel et son petit garçon, Madeleine doit bientôt plonger dans une spirale de violence incontrôlable. Au nom des liens du sang.


- L'odeur des pommes
de Mark Behr
Éditions JC Lattès / Mars 2010


Décembre 1973. Marnus Erasmus a 10 ans. Il vit au Cap, dans une belle demeure qui domine False Bay et, de la fenêtre de sa chambre, il peut observer le manège des baleines. Il étudie dans une école qui forme l'élite afrikaner. Il croit en Dieu et plus encore en son père, le plus jeune général de l'armée sud-africaine. Son père reçoit souvent la visite secrète de militaires étrangers, venus soutenir le gouvernement de l'Apartheid. Cette fois, c'est un général chilien que la famille Erasmus accueille, l'énigmatique M. Smith.Mais l'arrivée de cet étranger bouleverse l'équilibre de sa famille. Elle met à nu les failles et les vices, le vrai visage des siens. L'injustice et le mensonge sont partout, même s'ils se parent des habits du bien et de la morale. Marnus est le témoin muet de ces bouleversements dont il ne peut prendre conscience. Ce n'est que bien plus tard, engagé volontaire dans la guerre contre l'Angola, qu'il comprendra la portée cruelle de ce qu'il a vu, de ce qu'on lui a appris et de ce qu'il a tu, complice malgré lui.


- La belle mauve
de Teodoro Gilabert
Éditions Buchet Chastel / Mars 2010


Un homme, professeur de lettres classiques, tombe follement amoureux d'une femme juste entrevue derrière la photocopieuse d'un lycée nantais. Une femme superbe, avec des jambes magnifiquement mises en valeur dans un fuseau noir Adidas. Le problème est qu'elle a disparu du lycée aussi vite qu'elle est apparue et que les indices sont minces pour la retrouver. L'histoire serait simple si ce professeur, pourtant épris de celle qu'il a nommée la Femme aux trois bandes, qui s'appelle en fait Carole, ne menait en parallèle d'autres expériences amoureuses, avec une Japonaise, fausse femme de diplomate, et surtout avec un vrai chef-d'œuvre du musée des beaux-arts de Nantes, La Belle Mauve de Martial Raysse, un des artistes du Nouveau Réalisme. Tomber amoureux de trois femmes en même temps, c'est forcément perturbant, surtout si l'une d'elle est une œuvre d'art. Le narrateur finira pourtant par se consacrer à sa priorité, Carole. Parvenant à ses fins grâce à son ingéniosité et sa persévérance, il découvrira que l'on ne se défait pas aussi facilement du souvenir d'une œuvre d'art accrochée aux cimaises d'un musée.


- La châtelaine anglaise déménage
de Deborah Devonshire
Éditions Payot & Rivages / Mars 2010


Des six légendaires sœurs Mitford qui défrayèrent la chronique en Grande-Bretagne, les Français connaissent surtout Nancy la romancière: la publication en 2006 des Humeurs d'une châtelaine anglaise leur a révélé avec bonheur la petite dernière, Deborah. Née en 1920 et surnommée "Neuf" par Nancy qui ne lui concédait que neuf ans d'âge mental, elle n'en est pas moins devenue duchesse de Devonshire et s'est rendue célèbre outre-Manche en restaurant Chatsworth, le Versailles anglais. Aujourd'hui veuve, elle a déménagé dans un délicieux presbytère sans rien perdre de cet humour qui chez les Mitford est génétique. Son nouveau recueil aborde, comme au fil d'une conversation amicale, des sujets aussi divers que sa petite-fille mannequin Stella Tennant, la singulière espèce des intendants de domaines, l'hypocondrie des vieilles dames, la fermeture d'une petite poste champêtre, les messes commémoratives ou encore les séances de dédicace. S'y ajoute le passionnant journal qu'elle a tenu lors de l'investiture puis des funérailles de son beau-frère, un certain John Kennedy.


- Les humeurs d'une châtelaine anglaise
de Deborah Devonshire
Éditions Payot & Rivages / Mars 2006


Par la dernière des sœurs Mitford
Née en 1920, Deborah Devonshire est la cadette et la dernière représentante des six légendaires sœurs Mitford qui défrayèrent la chronique en Grande-Bretagne. Ayant épousé en 1941 Andrew Cavendish, membre d'une illustre famille, elle devint quelques années plus tard duchesse de Devonshire et châtelaine de Chatsworth, le Versailles anglais, dont elle se chargea de la restauration tout en faisant du domaine une exploitation prospère. Ses chroniques distillent le must de l'humour Mitford. L'une des hôtesses les plus recherchées de la planète vous parle avec la même verve de son enfance excentrique, de ses poules bien vivantes ou en porcelaine, de son Dieu Elvis Presley, des vêtements inusables qu'elle achète dans les foires agricoles, de son sac à main bourré de rations de survie en cas d'embouteillage ou encore des touristes qui croient qu'elle porte un diadème du matin au soir, même si parfois un visiteur confie aux gardiens: "J'ai aperçu la duchesse dans le jardin. Elle a vraiment l'air tout à fait normale".


- La fourmi et la cigale
de Françoise Sagan
Éditions Stock / Mars 2010


Voici une facétie inédite et ludique de Françoise Sagan qui revisite la célèbre fable de La Fontaine.
Elle est illustrée par des dessins de Jean-Baptiste Drouot.


- La mécanique du monde
de Bernard Foglino
Éditions 10-18 / Mars 2010


Il s'appelle Nicolas Angstrom. Il est spécialiste des photocopieurs. Servir ses machines lui procure le bonheur de l'honnête homme. La mécanique est certaine, tempérée, sans surprise. Elle remplit sa vie. Ça tombe bien, parce que le passé de Nicolas est des plus lourds et frappe souvent à sa porte. Après son licenciement, le présent se peuple de rencontres singulières et saugrenues. Les personnages les plus étranges vont soudain trouver de l'intérêt à cet être insignifiant. Avec eux, Nicolas va découvrir une autre réalité, celle de la mécanique du monde, ses faux-semblants et ses engrenages souterrains. Il va vite regretter sa petite vie bien huilée et sans histoire car il est des trappes qu'on se garderait bien d'ouvrir.


- La révolte des Anges
de Anatole France
Éditions Payot & Rivages / Mars 2010


Anatole France a volé les couleurs de la révolte, le visage de Lucifer, à la fresque peinte par Delacroix à Paris, dans l'Église Saint-Sulpice. Il y consacre du reste de nombreuses pages. Delacroix fit une scandaleuse représentation d'anges dont les visages, loin de rayonner de béatitude, se figent plutôt en d'horribles rictus méditant leur révolte. C'est précisément ce scandale, s'immisçant dans la sérénité paradisiaque, qui a donné l'idée de ce roman à Anatole France. La Révolte des Anges est un texte qui rassemble à la fois la tradition de l'angélologie scolastique, des épisodes de la Bible, des influences gnostiques, des dérivations manichéennes, des opinions classiques, des préjugés courants sur les anges et les démons. Roberto Saviano


- La vie d'une manière ou d'une autre
de Christine Arnothy
Éditions Flammarion / Mars 2010


Parce que la vie dépend des chemins que l'on prend ou des portes que l'on ouvre, comment Alice, jeune femme pas du tout à la mode, va-t-elle survivre à un bizutage sexuel, piège tendu par son amie Hilda dans un somptueux appartement parisien? Son désir de vengeance pourra-t-il être assouvi? Et pourquoi Elly Schlossberg, tante d'Alice et milliardaire grâce à ses produits de beauté, est-elle si tourmentée par cette affaire? Parce qu'elle veut défendre sa nièce ou protéger du scandale son ami, propriétaire de l'appartement où l'agression a eu lieu et ambassadeur qui veut s'engager dans la course à l'élection présidentielle de? Quel rôle trouble joue encore l'Hôpital Central, établissement où nombre de médecins et d'étudiants étrangers apprennent leur métier en s'exerçant sur des patients vulnérables et fragiles? Jérémy, génie de l'informatique cloué à son fauteuil roulant, et son amant Jonathan parviendront-ils à découvrir les origines de l'argent qui nourrit cette institution internationale et à faire que, un jour, enfin, les bourreaux devront se taire parce que les victimes parleront? Dans ce grand roman sans seconde de répit et à la tension croissante, Christine Arnothy décrit avec force une époque et une humanité folles, car à la dérive.


- Le blues des grands lacs
de Joseph Coulson
Éditions Sabine Wespieser / Mars 2010


Coleman Moore passe le plus clair de son temps dans le cockpit de son bateau, en cale sèche dans une marina du Michigan. À cause de ses mains brisées, il a abandonné son métier de guitariste de jazz. Cet homme, dont la seule attache au mitan de sa vie est sa fille Heather, convoque au fil de ses méditations nocturnes et alcoolisées les fantômes du passé, comme pour conjurer son désarroi. Son père, marin expérimenté, est mort noyé dans le lac Huron après avoir laissé péricliter son commerce de matériel de navigation. C'est aussi dans la cabine de son ketch, qui lui servait à passer de l'alcool en contrebande pendant la Prohibition, que son grand-père Havelock se tira une balle dans la tête plutôt que de rendre les armes devant la maladie. Jeune homme, celui qui devait s'inscrire dans cette lignée de navigateurs, son père l'avait prénommé Jason, avait pourtant tourné le dos aux bateaux. Tout sourit au brillant musicien qu'il était devenu: Coleman, le nom de scène qu'il adopte dès son premier concert, va de succès en succès, et vit avec la femme qu'il aime. Comment il n'a eu de cesse de se saborder lui-même, c'est bien ce qu'évoque cette somptueuse dérive glissant des grands lacs aux boîtes enfumées. Tout au long de ce roman construit comme un morceau de jazz, les thèmes s'amplifient, les couleurs s'affermissent. Du noir et blanc des caves de Chicago et de l'éclat métallique de l'eau des lacs, on passe à la couleur d'un avenir que Coleman va finir par reconstruire. Joseph Coulson, dans une langue fluide et inspirée, dit avec ampleur les espoirs et les rêves brisés d'une Amérique ordinaire.


- Le cafard
de Rawi Hage
Éditions Denöel / Mars 2010


Oui, je suis pauvre, une vermine, un insecte, complètement en bas de l'échelle. Mais ça ne m'empêche pas d'exister. Je regarde la société en face et je lui dis: Je suis là. J'existe. Réchappé d'une tentative de suicide, le narrateur, immigré originaire d'un pays oriental, est contraint de suivre une psychothérapie. Entre le récit des séances et de ses errances dans un Montréal spectral, dévoré par la neige et le froid, on découvre peu à peu une âme perdue, déracinée, incapable de survivre à un passé dévastateur ni de reprendre pied dans ce pays qui ne semble pas, lui non plus, trop pressé de l'accueillir. Fou amoureux de Shoreh, une Iranienne torturée par les mollahs, notre homme vit à la petite semaine entre aide sociale et boulots d'appoint. L'étau de la misère, du racisme, des frustrations en tout genre se resserre. Pour y échapper, il s'imagine cafard, s'immisçant chez les riches pour y dérober sa pitance, rampant au pied des femmes, se cachant dans les profondeurs de la ville pour mieux survivre. Jusqu'au jour où l'heure de la vengeance, enfin, va sonner.


- Le chagrin
de Lionel Duroy
Éditions Julliard / Mars 2010


De l'Occupation jusqu'à nos jours en passant par la guerre d'Algérie et Mai 68, des avenues chics de Neuilly aux cités dortoirs de Rueil, Lionel Duroy retrace l'itinéraire chaotique d'un garçon pris au piège d'une odyssée familiale désastreuse. Un roman poignant qui fouille les mentalités françaises depuis la seconde moitié du XXe siècle. Au départ, c'est un couple amoureux qui convole durant l'Occupation. Le mari est issu de la noblesse désargentée, d'une grande beauté, l'épouse aspire à une vie mondaine digne de sa récente particule. En catholiques zélés, ils donnent naissance à onze enfants, tandis que toute la maisonnée mène aveuglément un train de vie de grands bourgeois. Prêt à se lancer dans les entreprises les plus hasardeuses pour satisfaire les exigences de sa bien-aimée, le père accumule en secret des dettes exorbitantes. La chute n'en est que plus rude. Expulsion des beaux quartiers, humiliation sociale. Toute la tribu est relogée dans une cité lugubre où ne tiennent aucun des meubles fabriqués sur mesure pour le bel appartement de Neuilly. La paix du ménage se fissure, tout comme l'équilibre psychologique de la mère. Commence une longue série de galères, de magouilles paternelles en crises de nerfs maternelles. Le narrateur, l'un des enfants, est le témoin épouvanté des calamités qui s'amoncellent au-dessus du foyer familial. Un chagrin qui pèsera sur ses épaules durant toute son existence. De 1940 à nos jours, la société française connaîtra elle aussi de grands bouleversements. Mais jamais cette famille ne sera du bon côté des événements politiques. Défenseur de Pétain sous l'Occupation, opposé de nouveau à de Gaulle lorsqu'il abandonne les Français d'Algérie, et pestant contre ces gauchistes qui, en 68, incendient Paris du haut de leurs barricades, le père est toujours à contre-courant des grands mouvements libérateurs. Il faudra plusieurs décennies au narrateur pour se défaire de l'héritage culturel familial, et parvenir enfin à se forger ses propres convictions. Comprendre d'où l'on vient pour parvenir à s'émanciper de son passé, telle est l'entreprise du Chagrin. Lionel Duroy s'est inspiré de son propre parcours pour écrire ce magistral roman d'initiation. Loin de montrer la face glorieuse de son existence, c'est au contraire avec un courage et une sincérité déchirants qu'il décrit ce que tant d'autres familles taisent sur leurs origines honteuses ou inavouables. Selon une conception cyclique du temps chère à Marcel Proust, Lionel Duroy démontre que les mêmes épisodes traumatiques ne cessent de se rejouer dans notre vie présente, sous d'autres déguisements. Et souligne, avec mélancolie, la manière dont l'enfance continue à nous hanter des décennies plus tard.


- Le dernier rendez-vous
de Catherine Briat
Éditions Plon / Mars 2010


Le dernier rendez-vous, celui qui change tout quand c'est déjà trop tard. Pierre a atteint cet âge où l'on sait que l'on aborde le dernier tronçon de la route. Il est seul, en sursis, mais a encore des ressources et une volonté d'accomplissement. Sa rencontre avec Marie va le décider à vivre jusqu'au bout comme il ne l'avait jamais fait. Tous deux iront alors à la rencontre de leurs désirs les plus profonds et chercheront l'essentiel qu'ils n'avaient pas encore trouvé. L'histoire d'un homme et d'une femme qui va bouleverser le cours de leur vie qu'ils pensaient à jamais figée. Un dernier rendez-vous avec l'amour, avec le temps qui reste, quand on se met à rêver d'éternité.


- Le lit défait
de Françoise Sagan
Éditions Stock / Mars 2010


Lorsque Béatrice a négligemment quitté Édouard cinq ans plus tôt, il a été vite remplacé. Il faut dire que ce garçon, bien que séduisant, était très jeune et manquait d'avenir. Mais le voilà désormais auteur à succès, coqueluche du Tout-Paris et toujours aussi amoureux d'elle, Béatrice, la magnifique, la féroce actrice de boulevard. Elle retombe dans ses bras, étonnée de se souvenir encore de lui. Ce beau couple ne manque pas d'exciter les curiosités, chacun se demandant combien de temps il va durer. Et Édouard le premier, qui sent bien que Béatrice lui résiste et lui échappe, qu'elle n'est pas vraiment amoureuse, mais il ne peut rien faire d'autre que l'aimer passionnément. Il est même prêt à supporter les infidélités de son adorée. Jusqu'au jour où Béatrice comprend qu'elle aime, pour la première fois. Elle l'aime vraiment. Dans ce livre, les sentiments amoureux sont dépeints avec une telle acuité, une telle vérité qu'on a l'impression que Françoise Sagan vit les mêmes événements au même moment. Elle écrit comme si elle détaillait ses propres mouvements du cœur et nous donne ici une des clés qui font qu'une histoire d'amour peut ou non exister.


- Le retour du Général
de Benoît Duteurtre
Éditions Fayard / Mars 2010


Le général de Gaulle est de retour. Après un appel à la résistance, prononcé lors d'un piratage télévisuel, il se lance dans une ultime bataille pour la "grandeur de la France". Toujours vaillant sous son képi à deux étoiles, ce revenant passionne l'opinion publique. A-t-il vécu jusqu'à cent vingt ans? S'est-il fait hiberner comme le héros de Louis de Funès? S'agit-il d'un imposteur? Dans cette fantaisie romanesque, Benoît Duteurtre revisite la mythologie française et sa dernière figure légendaire, confrontés aux urgences de la mondialisation. Réflexions et observations sur l'époque alternent avec le portrait de ce Général un peu foutraque qui reprend le pouvoir, parle comme un révolutionnaire et ranime jusqu'à l'absurde les idéaux de la vieille Europe.


- Le sourire de l'iguane
de Chloé Dubreuil
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Mars 2010


"La vie fait sa difficile? Et alors! Les rêves exploitent mes envies de démesure. Lorsque je les tiens serrés contre mon cœur, ils forment des au-delà mort-nés. Mais avant de les autoriser à s'évanouir, il me suffit de vouloir pour qu'ils aient une certaine substance…" Vouloir, imaginer, se construire et se reconstruire. Les cinq histoires de ce recueil nous dévoilent l'intimité d'une souffrance qui ne s'en laisse pas conter. D'un récit à l'autre, les personnages se retrouvent, faisant de ces nouvelles un roman déguisé. Danya, l'adolescente beur prisonnière des traditions familiales et qui espère en un avenir théâtral. Agatha, déchirée entre sa maladie et ses fantaisies océanes. Lucille qui aspire à s'envoler par-dessus les murs pour voir en la rue un horizon lointain. L'homme sans nom et sans toit qui veut croire, vestige d'espérance, en un univers moins hostile. Et le jeune sieur M…, bien décidé à s'identifier au mythe d'Icare, à toucher du bout du cœur un peu des astres et du ciel pour évider sa mémoire, ne plus appartenir au camp des enfants pas sages. Tous nous rappellent avec pudeur et tendresse que notre humanité est dans la quête incessante du bonheur.


- Les derniers jours d'un homme
de Pascal Dessaint
Éditions Payot & Rivages / Mars 2010


Une cité industrielle du Nord-Pas-de-Calais où la pollution a tout gangrené, une cité séparée du monde "sain et normal" par une autoroute, une cité qu'on ne quitte pas, sinon pour aller au cimetière. À quinze ans d'intervalle, deux voix se répondent. Celle d'un père, Clément, et celle de sa fille Judith. Ce sont des voix endeuillées. Clément raconte la mort de sa jeune épouse et l'horreur de l'usine qu'il finit par quitter, pour arriver au drame qui va tout faire basculer. Judith, elle, est âgée de dix-huit ans et orpheline. Elle parle de sa vie avec son oncle Étienne, qui l'a élevée, et cherche à éclaircir le mystère de la mort brutale de son père. L'usine n'est plus là; il n'en reste que des traces indélébiles: crassiers, pollution des sols et des cours d'eau, maladies et chômage. Cette usine était la vie des gens, leur gagne-pain, elle a aussi été leur mort. L'histoire de cette famille décimée, c'est celle de toute une communauté victime de pratiques industrielles dévastatrices et de cynisme d'affairistes voyous. Romancier de l'intime et du réel, Pascal Dessaint évoque le scandale de l'usine Metaleurop à Noyelles Godault, qui fut liquidée sans préavis pour les salariés et rasée. Avec ce roman choc sur un drame écologique et humain d'une rare ampleur, Pascal Dessaint élargit encore sa palette de romancier noir. Il quitte cette fois le pays toulousain pour renouer avec ses origines d'homme du Nord. Entre révolte et compassion, ni le ton ni le fond de ce livre ne peuvent laisser indifférent.


- Les figuiers de barbarie
de Rachid Boudjedra
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2010


Deux hommes se retrouvent côte à côte dans le vol Alger-Constantine. À dix mille mètres d'altitude, en un peu moins de d'une heure, c'est leur destin, et celui de tout un pays à travers le leur, qui va se jouer au fil de la conversation et des réminiscences. Ils sont unis par les liens du sang, par l'expérience traumatisante de la guerre d'Algérie, mais aussi par le souvenir d'un été torride de leur adolescence, épisode dont jamais ils n'ont reparlé mais qui symbolise la jeunesse perdue de leur patrie. Rachid, le narrateur, a toujours voué une admiration mêlée d'envie et de ressentiment pour son cousin Omar, celui-ci, devenu un célèbre architecte, parcourt le monde pour mieux fuir ses démons. Ce sont ces fantômes que Rachid va le forcer à exorciser, son grand-père Si Mostafa, propriétaire terrien, l'homme aux "figuiers de Barbarie", symbole d'une Algérie prospère et paisible, son père Kamel, commissaire soupçonné d'avoir collaboré avec les autorités françaises pendant la guerre, son frère Salim enfin, engagé dans "l'Organisation", mort dans des circonstances mystérieuses. C'est toute l'histoire de l'Algérie déchirée, depuis la conquête française jusqu'à l'indépendance, de l'enfance dorée et sensuelle aux horreurs de la torture et du terrorisme, qui défile dans les souvenirs du narrateur.


- Les teignes
de Éric Fouassier
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Mars 2010


Les "méchants" n'ont jamais eu bonne presse. Ils ne sont en général que des faire-valoir, au mieux ils apportent du piment aux situations qu'ils traversent. Dans les dix nouvelles de ce recueil, les personnages principaux sont de cette espèce. Qu'ils obéissent à une logique enfantine ou bien que l'âge ou les rêves leur ait fait perdre, peut-être, le sens des réalités, ils agissent selon leur seule volonté pour le plus grand dam de ceux qu'ils côtoient et le plus grand plaisir des lecteurs.


- Les vrais durs ne dansent pas
de Norman Mailer
Éditions Robert Laffont / Mars 2010


À Provincetown, dans la trompeuse quiétude de la morte-saison, Tim Madden, écrivain raté et amateur de femmes, noie son ennui dans le bourbon. Un matin de plus, il se réveille avec une formidable gueule de bois. À son grand étonnement, il découvre un curieux tatouage sur son bras, du sang dans sa voiture et, dans sa réserve de cannabis, la tête proprement coupée d'une belle blonde platinée. Tim est-il pour autant un assassin? Impatient de connaître la réponse, il se lance dans une enquête personnelle qui lui donnera l'occasion de rencontrer des personnages hauts en couleur: des ex-boxeurs, des repris de justice, une ancienne maîtresse et, surtout, son père, Big Mac, qui reste l'une des créations les plus mémorables de Norman Mailer. Le crime, pour odieux qu'il soit, n'est que prétexte à l'étude de ces pauvres âmes perdues qui errent dans un monde absurde. On est loin de l'Amérique puritaine, mais bien proche de l'Amérique malade de l'ère post-Vietnam, malade de sa liberté sexuelle et de la quasi libre consommation du haschisch. Dans ce monde ou les frontières entre la police et la pègre sont ténues, aucune rédemption possible pour ces individus totalement pris au piège des jeux et enjeux de la chair. Le nom de Reagan, qui apparaît subtilement à la fin, permet de dater le livre, enraciné dans son époque, mais qui s'inscrit plus largement dans une grande tradition littéraire américaine d'étude de mœurs tragi-comique. Un tableau terrible et drôle à la fois.


- Lettres à un jeune prêtre
de Pietro de Paoli
Éditions Plon / Mars 2010


Il s'appelle Louis-Marie, il n'a guère plus de trente ans, est prêtre catholique depuis une année. Il est représentatif d'une nouvelle génération de prêtres. Grand amateur d'un retour à une liturgie très formelle, il se laisserait volontiers aller au latin et trouve que la messe "d'autrefois", qu'il n'a pas connue, répondait mieux au "besoin de sacré". Il n'est pas opposé au concile, mais pense "qu'on a été trop loin" et est partisan d'une "reprise en main". Il a une haute idée de sa fonction, répète que sa mission est de "sauver les âmes". Il se sent un peu isolé dans son diocèse, et quand son meilleur ami de séminaire renonce à être prêtre, il chancelle. Il décide d'écrire à Monseigneur Marc Belhomme qu'il a connu quinze ans plus tôt quand il était curé de Villeneuve. Entre les deux hommes, une conversation s'amorce, une sorte de querelle des anciens et des modernes à front renversé. Parce que Marc n'est pas l'évêque de Louis-Marie, les deux hommes peuvent échanger dans une certaine liberté.


- Lost city radio
de Daniel Alarcon
Éditions 10-18 / Mars 2010


Après dix ans de guerre civile, un pays anonyme d'Amérique latine est plongé dans un état d'extrême désolation. Les villes et les villages n'ont plus de nom. La junte militaire a rebaptisé les lieux en leur affectant un simple numéro. Dans ce monde ou règne la dictature de l'oubli, Norma incarne la dernière lueur d'espoir pour tous les survivants dépossédés de leur famille et de leur mémoire. Elle anime Lost City Radio, l'émission qui lance des appels aux disparus. Mais Lorsque Victor, un jeune orphelin, lui demande de diffuser sur les ondes la liste des siens, Norma renoue avec ses propres démons. Sur le papier figure le nom de son mari. À la poursuite d'un passé qui leur a échappé, Norma et Victor entament un voyage qui va bouleverser leur vie.


- Mara
de Mazarine Pingeot
Éditions Julliard / Mars 2010


Tanger la Blanche. Un mausolée sur un toit. Deux corps nus, enlacés, entre la vie et la mort. Mara et Manuel, le mannequin vedette et l'homme d'affaires brillant, sont étendus sur le lit, gisants tragiques d'une mise en scène suicidaire. Eux, qu'une beauté et une fortune trop arrogantes rendaient intouchables, ont choisi de se laisser mourir. Hicham, l'associé et l'ami de Manuel, qui les découvre et les sauve, veut comprendre comment ces deux êtres qu'il admire tant ont pu en arriver là. Ainsi s'ouvre l'histoire de Mara, cette jeune femme étrange, inaccessible à elle-même autant qu'aux autres, qui va se révéler au cours d'une longue et éprouvante quête des origines. Sortis de leur coma, Mara et Manuel sont séparés dans deux hôpitaux différents. Mara reste seule, incapable de surmonter la douleur qui la broie. Quand et où le désespoir a-t-il commencé? À seize ans, le jour ou elle a retrouvé Manuel, le frère dont elle avait été séparée après sa naissance? Ce même jour ou les deux jeunes gens sont tombés immédiatement amoureux l'un de l'autre, enfreignant un des tabous les plus terribles? Ou bien son mal de vivre vient-il de plus loin: du jour ou leur père les a abandonnés, à peine âgés de dix-huit mois? Subjugué par la jeune femme, Hicham veut l'arracher à sa mélancolie et à Manuel. Avec lui, elle échafaude le rêve d'accomplir son désir d'enfant. Mais d'abord, elle doit partir à la recherche de ses origines dont elle ignore tout. Il lui promet de la soutenir durant cette quête. Pour elle, il abandonne sa famille et l'entraîne dans ce voyage halluciné qui les conduira jusqu'en Algérie d'où la mère de Mara était originaire. Dans cette Alger déchirée par les affres de la guerre civile, ou plane l'ombre menaçante et désirée de l'amant, de l'ami, du frère.


- Mat à l'étouffé
de Roberto Alajmo
Éditions Payot & Rivages / Mars 2010


"Mieux vaut avoir des remords que des regrets". Grand roublard devant l'Eternel, Giovanni Alagnan'a vécu que d'après ce seul principe. Directeur de théâtre sans talent mais opportuniste à souhait, il a longtemps avancé sur l'échiquier de sa vie avec une aisance insolente. Mais à force de tricher, mentir et tromper, son univers s'est effondré. Sa femme l'a quitté, ses amis l'ont abandonné, ses filles l'ignorent, ses créanciers le pressent. La chance a tourné. Le roi agonise. Arrivé en fin de course, acculé par ses propres pions, il revient sans complaisance sur une existence toute d'esbroufe et sur la succession de coups qui lui ont fait perdre la partie. De son écriture sèche et cinglante, Roberto Alajmo dresse le portrait au vitriol d'un homme sans scrupules dont la vie, calquée sur une partie d'échecs, se dirige, inéluctablement, vers le "mat à l'étouffé".


- Mes chères voisines
de Marisa de Los Santos
Éditions Presses De La Cité / Mars 2010


La banlieue américaine ne se résume pas à ses pelouses manucurées, ses parterres de fleurs bien ordonnés et ses barbecues entre voisins. À travers des portraits de femmes tout en nuances, Marisa de los Santos révèle les fêlures d'une société obsédée par la perfection. Cornelia Brown en surprend plus d'un lorsqu'elle décide de quitter l'agitation de Manhattan pour s'installer dans une banlieue chic et tranquille avec son mari, Teo. Mais son nouveau lieu de résidence lui réserve bien de surprises. Parmi les "desperate housewives" qui l'entourent, certaines, comme l'impeccable Piper, sont loin des stéréotypes qu'elles semblent incarner. Car derrière ces vies en apparence si rangées se dissimule plus d'un secret.


- Mississippi
de Hillary Jordan
Éditions Belfond / Mars 2010


Lorsqu'elle découvre la ferme que son mari Henry vient d'acquérir, Laura McAllan comprend qu'elle n'y sera jamais heureuse. Pourtant, en épouse et mère dévouée, elle s'efforce d'élever leurs deux fillettes, sous l’œil haineux de son beau-père, membre du Ku Klux Klan. Alors que les McAllan luttent pour tirer profit d'une terre peu fertile, deux soldats rentrent du front: Jamie, le jeune frère d'Henry, aussi séduisant et sensible que son aîné est taciturne et renfermé. Et soudain, Laura se sent renaître. Ronsel Jackson, le fils des métayers, un descendant d'esclaves qui, pendant quatre ans, s'est permis de croire qu'il était un homme. Mais le Sud va se charger de lui rappeler qu'il n'est qu'un nègre.


- Monstre
de Frédéric Jaccaud
Éditions Calmann Lévy / Mars 2010


"Avant les mots, le monde était plus simple. Je regrette d'avoir appris à parler". Été 1986. Un soleil de plomb s'abat sur la petite ville de Traumstaat. Comme beaucoup d'enfants de leur âge, les frères B., Thomas et Raymond, trompent leur ennui et leur quotidien en s'inventant des mondes imaginaires. Soixante-deux ans plus tard. Un vieillard est contraint de mettre par écrit ses souvenirs. De se rappeler pourquoi il a commencé à séquestrer, violer, torturer et tuer des femmes. De se rappeler comment il est devenu un monstre.


- Nina par hasard
de Michèle Lesbre
Éditions Sabine Wespieser / Mars 2010


Nina est apprentie coiffeuse à Roubaix. Sa mère, Susy, travaille dans une des dernières petites usines textiles du nord de la France. Dans l'univers clos de ces deux femmes, les hommes ne sont que des passions ravageuses pour la mère, des pères impossibles pour la fille qui, au sortir de l'adolescence, a sur le monde un regard d'une singulière lucidité. Avec son premier salaire, Nina a décidé de souhaiter son anniversaire à Susy en l'emmenant au bord de la mer. C'était sans compter avec Delplat, le patron cynique qui tous les vendredis vient "se faire rafraîchir" au salon de coiffure, sans compter avec Legendre, le contremaître aux comportements sadiques à l'origine de la grève, sans compter avec l'accident du travail de Louise, la meilleure amie de Susy, ni avec le naufrage des idéaux et des illusions dans le rude monde des adultes. Pourtant les bonheurs fugaces, les bals du dimanche, la belle solidarité des femmes, et aussi Arnold, l'ami de Nina (qui lui montre les oiseaux et l'emmène au théâtre où elle rêve à une autre Nina, celle de La Mouette), laissent ouvertes les portes d'un ailleurs possible.


- Nocturnes
de Kazuo Ishiguro
Éditions Les Deux Terres / Mars 2010


Des piazzas italiennes aux collines de Malvern, d'un appartement londonien à l'étage feutré d'un hôtel sélect de Hollywood, ce cycle sublime de nouvelles explore l'amour, la musique et le temps qui passe. Les personnages décrits sont des musiciens de rue, des stars déchues et des rêveurs, chacun en quête intime, chacun dans un moment de vérité. Comme le rythme de la musique qu'il évoque, imprégné de thèmes obsédants, le quintette résonne de questions spirituelles et éternelles: le combat humain pour s'éloigner du désenchantement, et pour préserver intact le charme de la vie, même quand les relations s'embourbent et que les espoirs de jeunesse s'émoussent.


- Nos baisers sont des adieux
de Nina Bouraoui
Éditions Stock / Mars 2010


"Parce que je sais que l'on désire comme l'on a été désiré, j'ai dressé la liste des hommes, des femmes, des images, des sensations, des oeuvres d'art qui ont construit la personne que je suis. C'est un livre de portraits, traversant les années (de 1972 à 2009). Traversant les villes (Alger, Paris, Berlin, Zurich, Abu Dhabi...). Portraits reliés les uns aux autres par la recherche sans fin de l'amour. C'est un livre sur la vie, un livre en vie, un livre qui bat, un livre dont on pourrait aussi entendre le son et percevoir les reliefs d'une géographie intime, la géographie des sentiments. J'ai voulu restituer ce que la mémoire garde. Ce qui fait ce que nous sommes ou ce que nous ne sommes pas. Éclairer une vie d'adulte par les débuts de l'enfance, les démons de la jeunesse. Chaque temps répondant à l'autre. Chaque temps expliquant l'autre. Comme si le désir était une identité. Comme s'il était notre seul pays. Territoire sauvage et illimité. C'est aussi un livre sur la liberté. La liberté d'aimer ou de ne plus aimer". N. B.


- Police, mon amour
Chroniques d'un flic ordinaire
de Bénédicte Desforges
Éditions Anne Carrière / Mars 2010


Police mon amour est un nouveau recueil de chroniques dévoilant le quotidien des "flics de base", c'est-à-dire de la police en uniforme. L'auteur y puise la matière de ces courtes histoires qui sont autant de nouvelles émouvantes, tantôt cocasses, tantôt tragiques. Avec un véritable talent littéraire et une empathie élevée, elle brosse le tableau sans complaisance de l'univers de la rue, celui de la trop réelle fracture sociale, et un portrait de ces hommes et de ces femmes que l'on n'aime que dans les séries américaines. Bénédicte Desforges est une conteuse qui a fait un très long voyage dans nos villes, nos arrière-cours, partout où nous-mêmes, trop souvent, n'avons pas voulu ou pas osé nous aventurer.


- Pour Dalida
de Colette Fellous
Éditions Flammarion / Mars 2010


"La voix de Dalida est dans ma chambre, elle se pose maintenant sur mes cahiers, sur mon lit, sur l'ordinateur. L'odeur de ses robes, la main qu'elle passe devant ses yeux, ses hanches, ses jeux de cheveux, son rire. Mais n'oublie pas que ce sera toi qui conduiras ce soir chez moi, garde bien-en la dernière danse pour moi. On ne peut pas prétendre raconter sa vie, ni chercher à l'expliquer, tout est tellement plus vaste et plus secret qu'un simple récit, on avance presque toujours en somnambule, les yeux grand ouverts, on croit à chaque fois résoudre des rébus, éclaircir des zones d'ombre ou retrouver de vrais élans de bonheur et voilà que tout est déjà fini. On a tourné la tête un peu trop vite, on ne s'est aperçu de rien: en une brassée de secondes le monde s'est éloigné. Vie chansonnette".


- Pour qu'il ne meure jamais
de Jean Bertolino
Éditions Calmann Lévy / Mars 2010


Après la mort par overdose de son fils unique, Julian, au Cambodge, Judith n'a qu'une obsession: faire payer le prix du sang à ses assassins. Et pour elle, les assassins, ce sont les mafias du Triangle d'or qui inondent de stupéfiants tout le Sud-Est asiatique. Mais comment cette femme seule pourra-t-elle relever pareil défi? Comment cette biologiste de profession pourra-t-elle se muer en une guerrière impitoyable? Sans l'appui providentiel d'un ami de longue date travaillant pour les services secrets, sa mission eût été impensable. Il lui donnera les moyens de recruter quatre mercenaires, aussi inattendus que pittoresques. Avec eux, et le concours d'ethnies opprimées de la région, elle va se lancer dans une traque qui l'amènera des bas-fonds de Phnom-Penh, aux casinos véreux de la frontière birmane, et dans tous les lieux interlopes qui bordent le Mékong. Grâce à ses compagnons, elle parviendra à s'infiltrer au cœur du dispositif ennemi, chez les mafieux les plus cruels du monde, là où aucune police n'a encore osé se risquer. Et pour cause...


- Reconstruction
de Jeanne Cordelier
Éditions Phébus / Mars 2010


Personne n'a oublié la jeune femme de La Dérobade, l'enfer de son expérience, la violence de ses souvenirs. Un témoignage exceptionnel de sincérité sur la prostitution, salué unanimement par la critique: "Le livre de Jeanne Cordelier, c'est de l'or pur; c'est un grand écrivain" écrira Yvan Audouard dans Le Canard enchaîné. En voici, des années après, le "versant lumineux", nous dit Benoîte Groult qui préface ce texte bouleversant et allègre à la fois: le récit d'une femme qui reconquiert sa dignité et retrouve "l'ivresse d'exister, l'ivresse d'aimer". Jeanne Cordelier nous livre l'histoire de sa Reconstruction, qui est aussi celle d'une passion absolue et réciproque pour un homme. Une passion que, ni les obstacles, et ils ne manqueront pas, ni le temps ne parviendront à banaliser. un hymne à la vie, à l'amour, mais aussi à la littérature, sans lesquels, sans doute, nulle reconstruction, n'eut été possible.


- Requiem pour Yves Saint Laurent
de Laurence Benaim
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2010


Yves Saint Laurent est mort le 1er juin 2008. Celui que Mishima appelait "l'enfant aux nerfs d'acier" était la somme de tous les couturiers et celui qui les avait tous démodés, au nom d'une allure, d'un style irréductible à des lignes et à des saisons. En 2009, la crise a fait voler en éclats une époque. Ce livre est le récit d'une rupture annoncée, qui commence avec la fermeture de la maison de couture en janvier 2002 et s'achève avec l'annonce de la rétrospective YSL prévue au Petit Palais en Mars 2010. "J'ai cherché à raconter comment Yves Saint Laurent est devenu l'étranger, le spectateur d'un monde dont il avait été pourtant l'apprenti sorcier. Au-delà des lots, des records, de la dispersion des tableaux et des œuvres d'art, que restera-t-il de l'homme comme du créateur? Nourrie par ce que j'ai vu, senti, j'ai écrit ce livre dans l'urgence, rassemblant les souvenirs, les témoins, attentive à célébrer au-delà de toute nostalgie, la modernité d'un regard que ne combleront jamais les honneurs", écrit Laurence Benaïm.
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