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 Les dernières parutions

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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 11:54

- D'où je suis je vois la lune
de Maud Lethielleux
Éditions Stock / Mars 2010


Moon a choisi la rue parce qu'elle a décidé d'être "elle-même dans ce monde où les gens sont devenus des autres". Elle ne fait pas la manche, elle vend des sourires, et observe avec malice le manège des gens pressés. "Je dis: Avec cinquante centimes d'euros, qu'est-ce qu'on achète à notre époque? J'insiste, il accélère, petite pirouette: Non sans déc', à ce prix, franchement, tu trouves des trucs intéressants à acheter? Le type finit par s'arrêter, il se demande où je veux en venir, et c'est là que je sors le grand jeu, tutti et compagnie, je dis: Un sourire à ce prix-là, c'est pas cher payé. Et j'attends pas qu'il accepte, je lui refourgue un petit sourire façon majorette à dentelles, épaules en arrière et tête haute. Le type soupire, il pense qu'il se fait avoir. Il n'a que dix centimes mais je lui fais quand même le sourire en entier. Je suis pas une radine". Autour d'elle, il y a Michou et Suzie avec leur Caddie, Boule, son crâne rasé et sa boule de billard à dégainer en cas de baston, les kepons migrateurs avec leurs crêtes de toutes les couleurs, et surtout, il y a Fidji et ses projets sur Paname. Pour lui, elle a décidé d'écrire un roman, un vrai. Et il y a Slam qui sort de prison, Slam qui aime les mots de Moon et a une certitude: un jour, elle décrochera la lune.


- Exils
de Ron Hansen
Éditions Buchet Chastel / Mars 2010


Exils raconte l'histoire du terrible naufrage qui décida le poète Gerard Manley Hopkins (1844-1889) à renouer avec la littérature qu'il avait abandonnée pour devenir séminariste jésuite au pays de Galles. Aux premières heures d'un matin glacé de décembre 1875, un paquebot qui faisait route de Brême à New York fut soudain déporté par une mer déchaînée et des vents hurlants vers les dangereux bancs de sable à l'embouchure de la Tamise. Parmi la soixantaine de malheureux qui y laissèrent leur vie, se trouvaient, fuyant les sinistres lois anti-catholiques de Bismarck, Barbara, Norberta, Henrica, Brigitta et Aurea, cinq sœurs allemandes franciscaines, éclatantes de jeunesse et portées par une foi indestructible. La nouvelle de la tragédie du Deutschland dans le London Times du 8 décembre 1875, bouleversa Hopkins. Il en tira "Le naufrage du Deutschland", son célèbre poème élégiaque. Lui aussi mourra exilé des siens et ignoré des cercles intellectuels de l'époque.


- Faux-semblants
de Barry Wood et Jack Geasland
Éditions Calmann Lévy / Mars 2010


David et Michael Ross sont des jumeaux parfaits. Élevés ensemble, ils vivent les mêmes expériences, suivent les mêmes études et se destinent tous deux à la carrière de gynécologue. Inséparables, une étrange communion les attache l'un à l'autre, qui les pousse à partager jusqu'à leurs conquêtes féminines. Pourtant, Michael cherche à s'émanciper de cet autre lui-même qui l'étouffe. C'est en rencontrant Kathy Field qu'il tentera de briser l'emprise imposée par son frère. Mais en a-t-il vraiment envie? Est-il assez fort pour défaire ce que la nature a créé? Et David le permettra-t-il? Inspiré d'une histoire authentique, qui a défrayé la chronique dans les années 70, ce livre au suspens soigneusement dosé glissant peu à peu vers l'horreur a été adapté au cinéma par David Cronenberg en 1988, avec Jeremy Irons dans le (les?) rôle principal.


- Hors d'atteinte
de Karin Slaughter
ÉditionsGrasset / Mars 2010


La détective Lena Adams croupit dans une cellule étouffante du comté d'Elawah, en Georgie. Blessée, furieuse, et murée dans le silence, elle est l'unique témoin d'un crime abominable, une femme brûlée vive dans une voiture. Appelé à la rescousse par les autorités locales, le chef de la police de Grant County, Jeffrey Tolliver, vient chercher sa collègue traumatisée, mais Lena, à la première occasion, lui glisse entre les mains et disparaît dans la nature. Jeffrey et sa femme, le médecin légiste Sara Linton, partent à ses trousses, sans savoir à quoi s'attendre. L'enquête les mène dans la petite ville où a grandi Lena, un bled rongé par la pauvreté, le racisme, la violence et l'alcoolisme. Bientôt, ils se retrouvent aux prises avec l'homme qui a élevé Lena, héroïnomane au bord de la tombe, l'homme qu'elle a aimé et qui la battait, aujourd'hui incarcéré mais toujours aussi dangereux, le shérif du coin, aussi débonnaire que mystérieux, et enfin, une effrayante confrérie de suprématistes arborant des tatouages nazis. Qui est la femme brûlée dans la voiture? Que cherche à fuir Lena? Qui cherche-t-elle à sauver? Et quels innommables secrets, enfouis depuis des générations, Jeffrey et Sara s'apprêtent-ils à découvrir, à leurs risques et périls?


- Johnny Be Good
de Paige Toon
Éditions Calmann Lévy / Mars 2010


"Je m'appelle Meg Stiles. Demain, j'emménage chez le plus grand rockeur de tous les temps. Pour l'instant, il ne me connaît pas… Rassurez-vous, je ne suis pas une groupie psychopathe. Je suis sa nouvelle assistante et, non, je ne craquerai pas pour lui". Assistante personnelle de Johnny Jefferson, l'enfant terrible des charts, Meg va vite s'étourdir entre le soleil de Californie, les soirées show-biz pailletées et l'ambiance électrique des concerts. Fascinée par l'aura magnétique du chanteur, elle apprend aussi à mieux le connaître en le soutenant durant sa descente aux enfers en pleine tournée européenne. Si bien qu'elle se retrouve à deux doigts de succomber à ses beaux yeux verts. Mais un autre homme, plus calme, plus sensé, moins toxique, pourrait bien l'aider à respecter ses bonnes résolutions.


- L'ardoise magique
de Valérie Tong Cuong
Éditions Stock / Mars 2010


Deux jeunes filles sont assises sur la rambarde d'un pont. Un train surgit. L'une saute, l'autre pas. C'est Alice qui a sauté. Elle est riche, jolie, et habite un quartier résidentiel. L'autre s'appelle Mina. Depuis la mort de sa mère, elle vit chez son oncle et sa tante dans le quartier des HLM. Les deux amies s'étaient jurées de se suicider ensemble. En rompant le pacte, Mina perd toute raison d'exister. Pourquoi n'a-t-elle pas sauté? Qu'est-ce qui l'a retenue à la vie? Pourquoi Alice voulait-elle en finir? Quelle spirale les conduisait ainsi au suicide? Devenue fugitive, Mina cherche à comprendre ce qui s'est passé depuis qu'Alice est entrée dans sa vie. Pourquoi ont-elles noué une amitié si forte? Qui était vraiment Alice? Cette enquête va pousser Mina à regarder la vérité en face, une terrible vérité, dont il lui faudra s'affranchir pour gagner sa liberté.


- L'aviateur et sa femme
de Andreï Dmitriev
Éditions Fayard / Mars 2010


Quelque part en Russie soviétique dans les années 1970, une base de chasseurs supersoniques. Les aviateurs s'ennuient, leurs virées supersoniques les distraient à peine. Voskoboïev et sa femme Élizavéta s'installent dans la bourgade cernée par une forêt sauvage. Les appartements se touchent, répercutent les disputes des voisins. Voskoboïev, interdit de vol, sombre dans le marasme. Son voisin, qui est son supérieur, quitte sa femme et se plonge dans des rêveries littéraires: pourquoi Dante veut-il nous conduire en enfer plutôt qu'au paradis? Il correspond avec un critique de Moscou, et cette fenêtre littéraire lui sauve momentanément la vie. Pas pour longtemps. Sa mort, nous l'apprendrons quand son correspondant mythique débarquera dans ce trou perdu pour surmonter sa propre mélancolie.


- L'emprise
de Sarah Chiche
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2010


Une jeune femme, à la suite d'un divorce, est en grand désarroi. Ses parents la confient à un thérapeute qui lui promet guérison et bonheur rapides. Il pratique "la thérapie de l'esprit" et semble au-dessus de tout soupçon. Hésitante, elle se rend au premier entretien. En quelques semaines, ce thérapeute lui devient indispensable. Un piège infernal se referme sur elle. Au fil de séances facturées à un tarif scandaleux, soumise à un régime de "séduction-épuisement-isolement-obnubilation", elle est peu à peu réduite à un assujettissement total. On la persuade même qu'elle est possédée par le démon. Elle est soudain prise de douleurs effrayantes, elle sombre dans une folie semblable à celle des possédées de Loudun. Recluse dans la prison mentale imposée par ce thérapeute pervers, il lui faudra des années pour échapper à son emprise.


- L'héritage du sang
de Kitty Sewell
Éditions Belfond / Mars 2010


Psychothérapeute d'origine anglo-cubaine, Madeleine Frank ne sait que trop à quel point il est difficile de guérir de certaines blessures. Pour surmonter les siennes et survivre à la perte de son mari, elle a quitté le décor idyllique de la Floride et s'est réfugiée dans le Somerset. Mais ni son travail, ni ses consultations en prison, ni ses études sur les fourmis n'ont pu faire taire les démons qui la hantent. Et l'arrivée d'une nouvelle patiente ne va pas tarder à les réveiller. Rachel Locklear vient chercher son aide pour se soustraire à l'emprise d'un amant ukrainien violent, qui menace de kidnapper son fils. Mais, quand les souvenirs d'enfance de Rachel se mettent à faire écho à sa propre histoire, Madeleine commence à perdre pied. Et si les visions de sa mère, une ancienne prêtresse cubaine, n'étaient pas que chimères? Et si le passé venait réclamer son dû? Pour sauver Rachel et son petit garçon, Madeleine doit bientôt plonger dans une spirale de violence incontrôlable. Au nom des liens du sang.


- L'odeur des pommes
de Mark Behr
Éditions JC Lattès / Mars 2010


Décembre 1973. Marnus Erasmus a 10 ans. Il vit au Cap, dans une belle demeure qui domine False Bay et, de la fenêtre de sa chambre, il peut observer le manège des baleines. Il étudie dans une école qui forme l'élite afrikaner. Il croit en Dieu et plus encore en son père, le plus jeune général de l'armée sud-africaine. Son père reçoit souvent la visite secrète de militaires étrangers, venus soutenir le gouvernement de l'Apartheid. Cette fois, c'est un général chilien que la famille Erasmus accueille, l'énigmatique M. Smith.Mais l'arrivée de cet étranger bouleverse l'équilibre de sa famille. Elle met à nu les failles et les vices, le vrai visage des siens. L'injustice et le mensonge sont partout, même s'ils se parent des habits du bien et de la morale. Marnus est le témoin muet de ces bouleversements dont il ne peut prendre conscience. Ce n'est que bien plus tard, engagé volontaire dans la guerre contre l'Angola, qu'il comprendra la portée cruelle de ce qu'il a vu, de ce qu'on lui a appris et de ce qu'il a tu, complice malgré lui.


- La belle mauve
de Teodoro Gilabert
Éditions Buchet Chastel / Mars 2010


Un homme, professeur de lettres classiques, tombe follement amoureux d'une femme juste entrevue derrière la photocopieuse d'un lycée nantais. Une femme superbe, avec des jambes magnifiquement mises en valeur dans un fuseau noir Adidas. Le problème est qu'elle a disparu du lycée aussi vite qu'elle est apparue et que les indices sont minces pour la retrouver. L'histoire serait simple si ce professeur, pourtant épris de celle qu'il a nommée la Femme aux trois bandes, qui s'appelle en fait Carole, ne menait en parallèle d'autres expériences amoureuses, avec une Japonaise, fausse femme de diplomate, et surtout avec un vrai chef-d'œuvre du musée des beaux-arts de Nantes, La Belle Mauve de Martial Raysse, un des artistes du Nouveau Réalisme. Tomber amoureux de trois femmes en même temps, c'est forcément perturbant, surtout si l'une d'elle est une œuvre d'art. Le narrateur finira pourtant par se consacrer à sa priorité, Carole. Parvenant à ses fins grâce à son ingéniosité et sa persévérance, il découvrira que l'on ne se défait pas aussi facilement du souvenir d'une œuvre d'art accrochée aux cimaises d'un musée.


- La châtelaine anglaise déménage
de Deborah Devonshire
Éditions Payot & Rivages / Mars 2010


Des six légendaires sœurs Mitford qui défrayèrent la chronique en Grande-Bretagne, les Français connaissent surtout Nancy la romancière: la publication en 2006 des Humeurs d'une châtelaine anglaise leur a révélé avec bonheur la petite dernière, Deborah. Née en 1920 et surnommée "Neuf" par Nancy qui ne lui concédait que neuf ans d'âge mental, elle n'en est pas moins devenue duchesse de Devonshire et s'est rendue célèbre outre-Manche en restaurant Chatsworth, le Versailles anglais. Aujourd'hui veuve, elle a déménagé dans un délicieux presbytère sans rien perdre de cet humour qui chez les Mitford est génétique. Son nouveau recueil aborde, comme au fil d'une conversation amicale, des sujets aussi divers que sa petite-fille mannequin Stella Tennant, la singulière espèce des intendants de domaines, l'hypocondrie des vieilles dames, la fermeture d'une petite poste champêtre, les messes commémoratives ou encore les séances de dédicace. S'y ajoute le passionnant journal qu'elle a tenu lors de l'investiture puis des funérailles de son beau-frère, un certain John Kennedy.


- Les humeurs d'une châtelaine anglaise
de Deborah Devonshire
Éditions Payot & Rivages / Mars 2006


Par la dernière des sœurs Mitford
Née en 1920, Deborah Devonshire est la cadette et la dernière représentante des six légendaires sœurs Mitford qui défrayèrent la chronique en Grande-Bretagne. Ayant épousé en 1941 Andrew Cavendish, membre d'une illustre famille, elle devint quelques années plus tard duchesse de Devonshire et châtelaine de Chatsworth, le Versailles anglais, dont elle se chargea de la restauration tout en faisant du domaine une exploitation prospère. Ses chroniques distillent le must de l'humour Mitford. L'une des hôtesses les plus recherchées de la planète vous parle avec la même verve de son enfance excentrique, de ses poules bien vivantes ou en porcelaine, de son Dieu Elvis Presley, des vêtements inusables qu'elle achète dans les foires agricoles, de son sac à main bourré de rations de survie en cas d'embouteillage ou encore des touristes qui croient qu'elle porte un diadème du matin au soir, même si parfois un visiteur confie aux gardiens: "J'ai aperçu la duchesse dans le jardin. Elle a vraiment l'air tout à fait normale".


- La fourmi et la cigale
de Françoise Sagan
Éditions Stock / Mars 2010


Voici une facétie inédite et ludique de Françoise Sagan qui revisite la célèbre fable de La Fontaine.
Elle est illustrée par des dessins de Jean-Baptiste Drouot.


- La mécanique du monde
de Bernard Foglino
Éditions 10-18 / Mars 2010


Il s'appelle Nicolas Angstrom. Il est spécialiste des photocopieurs. Servir ses machines lui procure le bonheur de l'honnête homme. La mécanique est certaine, tempérée, sans surprise. Elle remplit sa vie. Ça tombe bien, parce que le passé de Nicolas est des plus lourds et frappe souvent à sa porte. Après son licenciement, le présent se peuple de rencontres singulières et saugrenues. Les personnages les plus étranges vont soudain trouver de l'intérêt à cet être insignifiant. Avec eux, Nicolas va découvrir une autre réalité, celle de la mécanique du monde, ses faux-semblants et ses engrenages souterrains. Il va vite regretter sa petite vie bien huilée et sans histoire car il est des trappes qu'on se garderait bien d'ouvrir.


- La révolte des Anges
de Anatole France
Éditions Payot & Rivages / Mars 2010


Anatole France a volé les couleurs de la révolte, le visage de Lucifer, à la fresque peinte par Delacroix à Paris, dans l'Église Saint-Sulpice. Il y consacre du reste de nombreuses pages. Delacroix fit une scandaleuse représentation d'anges dont les visages, loin de rayonner de béatitude, se figent plutôt en d'horribles rictus méditant leur révolte. C'est précisément ce scandale, s'immisçant dans la sérénité paradisiaque, qui a donné l'idée de ce roman à Anatole France. La Révolte des Anges est un texte qui rassemble à la fois la tradition de l'angélologie scolastique, des épisodes de la Bible, des influences gnostiques, des dérivations manichéennes, des opinions classiques, des préjugés courants sur les anges et les démons. Roberto Saviano


- La vie d'une manière ou d'une autre
de Christine Arnothy
Éditions Flammarion / Mars 2010


Parce que la vie dépend des chemins que l'on prend ou des portes que l'on ouvre, comment Alice, jeune femme pas du tout à la mode, va-t-elle survivre à un bizutage sexuel, piège tendu par son amie Hilda dans un somptueux appartement parisien? Son désir de vengeance pourra-t-il être assouvi? Et pourquoi Elly Schlossberg, tante d'Alice et milliardaire grâce à ses produits de beauté, est-elle si tourmentée par cette affaire? Parce qu'elle veut défendre sa nièce ou protéger du scandale son ami, propriétaire de l'appartement où l'agression a eu lieu et ambassadeur qui veut s'engager dans la course à l'élection présidentielle de? Quel rôle trouble joue encore l'Hôpital Central, établissement où nombre de médecins et d'étudiants étrangers apprennent leur métier en s'exerçant sur des patients vulnérables et fragiles? Jérémy, génie de l'informatique cloué à son fauteuil roulant, et son amant Jonathan parviendront-ils à découvrir les origines de l'argent qui nourrit cette institution internationale et à faire que, un jour, enfin, les bourreaux devront se taire parce que les victimes parleront? Dans ce grand roman sans seconde de répit et à la tension croissante, Christine Arnothy décrit avec force une époque et une humanité folles, car à la dérive.


- Le blues des grands lacs
de Joseph Coulson
Éditions Sabine Wespieser / Mars 2010


Coleman Moore passe le plus clair de son temps dans le cockpit de son bateau, en cale sèche dans une marina du Michigan. À cause de ses mains brisées, il a abandonné son métier de guitariste de jazz. Cet homme, dont la seule attache au mitan de sa vie est sa fille Heather, convoque au fil de ses méditations nocturnes et alcoolisées les fantômes du passé, comme pour conjurer son désarroi. Son père, marin expérimenté, est mort noyé dans le lac Huron après avoir laissé péricliter son commerce de matériel de navigation. C'est aussi dans la cabine de son ketch, qui lui servait à passer de l'alcool en contrebande pendant la Prohibition, que son grand-père Havelock se tira une balle dans la tête plutôt que de rendre les armes devant la maladie. Jeune homme, celui qui devait s'inscrire dans cette lignée de navigateurs, son père l'avait prénommé Jason, avait pourtant tourné le dos aux bateaux. Tout sourit au brillant musicien qu'il était devenu: Coleman, le nom de scène qu'il adopte dès son premier concert, va de succès en succès, et vit avec la femme qu'il aime. Comment il n'a eu de cesse de se saborder lui-même, c'est bien ce qu'évoque cette somptueuse dérive glissant des grands lacs aux boîtes enfumées. Tout au long de ce roman construit comme un morceau de jazz, les thèmes s'amplifient, les couleurs s'affermissent. Du noir et blanc des caves de Chicago et de l'éclat métallique de l'eau des lacs, on passe à la couleur d'un avenir que Coleman va finir par reconstruire. Joseph Coulson, dans une langue fluide et inspirée, dit avec ampleur les espoirs et les rêves brisés d'une Amérique ordinaire.


- Le cafard
de Rawi Hage
Éditions Denöel / Mars 2010


Oui, je suis pauvre, une vermine, un insecte, complètement en bas de l'échelle. Mais ça ne m'empêche pas d'exister. Je regarde la société en face et je lui dis: Je suis là. J'existe. Réchappé d'une tentative de suicide, le narrateur, immigré originaire d'un pays oriental, est contraint de suivre une psychothérapie. Entre le récit des séances et de ses errances dans un Montréal spectral, dévoré par la neige et le froid, on découvre peu à peu une âme perdue, déracinée, incapable de survivre à un passé dévastateur ni de reprendre pied dans ce pays qui ne semble pas, lui non plus, trop pressé de l'accueillir. Fou amoureux de Shoreh, une Iranienne torturée par les mollahs, notre homme vit à la petite semaine entre aide sociale et boulots d'appoint. L'étau de la misère, du racisme, des frustrations en tout genre se resserre. Pour y échapper, il s'imagine cafard, s'immisçant chez les riches pour y dérober sa pitance, rampant au pied des femmes, se cachant dans les profondeurs de la ville pour mieux survivre. Jusqu'au jour où l'heure de la vengeance, enfin, va sonner.


- Le chagrin
de Lionel Duroy
Éditions Julliard / Mars 2010


De l'Occupation jusqu'à nos jours en passant par la guerre d'Algérie et Mai 68, des avenues chics de Neuilly aux cités dortoirs de Rueil, Lionel Duroy retrace l'itinéraire chaotique d'un garçon pris au piège d'une odyssée familiale désastreuse. Un roman poignant qui fouille les mentalités françaises depuis la seconde moitié du XXe siècle. Au départ, c'est un couple amoureux qui convole durant l'Occupation. Le mari est issu de la noblesse désargentée, d'une grande beauté, l'épouse aspire à une vie mondaine digne de sa récente particule. En catholiques zélés, ils donnent naissance à onze enfants, tandis que toute la maisonnée mène aveuglément un train de vie de grands bourgeois. Prêt à se lancer dans les entreprises les plus hasardeuses pour satisfaire les exigences de sa bien-aimée, le père accumule en secret des dettes exorbitantes. La chute n'en est que plus rude. Expulsion des beaux quartiers, humiliation sociale. Toute la tribu est relogée dans une cité lugubre où ne tiennent aucun des meubles fabriqués sur mesure pour le bel appartement de Neuilly. La paix du ménage se fissure, tout comme l'équilibre psychologique de la mère. Commence une longue série de galères, de magouilles paternelles en crises de nerfs maternelles. Le narrateur, l'un des enfants, est le témoin épouvanté des calamités qui s'amoncellent au-dessus du foyer familial. Un chagrin qui pèsera sur ses épaules durant toute son existence. De 1940 à nos jours, la société française connaîtra elle aussi de grands bouleversements. Mais jamais cette famille ne sera du bon côté des événements politiques. Défenseur de Pétain sous l'Occupation, opposé de nouveau à de Gaulle lorsqu'il abandonne les Français d'Algérie, et pestant contre ces gauchistes qui, en 68, incendient Paris du haut de leurs barricades, le père est toujours à contre-courant des grands mouvements libérateurs. Il faudra plusieurs décennies au narrateur pour se défaire de l'héritage culturel familial, et parvenir enfin à se forger ses propres convictions. Comprendre d'où l'on vient pour parvenir à s'émanciper de son passé, telle est l'entreprise du Chagrin. Lionel Duroy s'est inspiré de son propre parcours pour écrire ce magistral roman d'initiation. Loin de montrer la face glorieuse de son existence, c'est au contraire avec un courage et une sincérité déchirants qu'il décrit ce que tant d'autres familles taisent sur leurs origines honteuses ou inavouables. Selon une conception cyclique du temps chère à Marcel Proust, Lionel Duroy démontre que les mêmes épisodes traumatiques ne cessent de se rejouer dans notre vie présente, sous d'autres déguisements. Et souligne, avec mélancolie, la manière dont l'enfance continue à nous hanter des décennies plus tard.


- Le dernier rendez-vous
de Catherine Briat
Éditions Plon / Mars 2010


Le dernier rendez-vous, celui qui change tout quand c'est déjà trop tard. Pierre a atteint cet âge où l'on sait que l'on aborde le dernier tronçon de la route. Il est seul, en sursis, mais a encore des ressources et une volonté d'accomplissement. Sa rencontre avec Marie va le décider à vivre jusqu'au bout comme il ne l'avait jamais fait. Tous deux iront alors à la rencontre de leurs désirs les plus profonds et chercheront l'essentiel qu'ils n'avaient pas encore trouvé. L'histoire d'un homme et d'une femme qui va bouleverser le cours de leur vie qu'ils pensaient à jamais figée. Un dernier rendez-vous avec l'amour, avec le temps qui reste, quand on se met à rêver d'éternité.


- Le lit défait
de Françoise Sagan
Éditions Stock / Mars 2010


Lorsque Béatrice a négligemment quitté Édouard cinq ans plus tôt, il a été vite remplacé. Il faut dire que ce garçon, bien que séduisant, était très jeune et manquait d'avenir. Mais le voilà désormais auteur à succès, coqueluche du Tout-Paris et toujours aussi amoureux d'elle, Béatrice, la magnifique, la féroce actrice de boulevard. Elle retombe dans ses bras, étonnée de se souvenir encore de lui. Ce beau couple ne manque pas d'exciter les curiosités, chacun se demandant combien de temps il va durer. Et Édouard le premier, qui sent bien que Béatrice lui résiste et lui échappe, qu'elle n'est pas vraiment amoureuse, mais il ne peut rien faire d'autre que l'aimer passionnément. Il est même prêt à supporter les infidélités de son adorée. Jusqu'au jour où Béatrice comprend qu'elle aime, pour la première fois. Elle l'aime vraiment. Dans ce livre, les sentiments amoureux sont dépeints avec une telle acuité, une telle vérité qu'on a l'impression que Françoise Sagan vit les mêmes événements au même moment. Elle écrit comme si elle détaillait ses propres mouvements du cœur et nous donne ici une des clés qui font qu'une histoire d'amour peut ou non exister.


- Le retour du Général
de Benoît Duteurtre
Éditions Fayard / Mars 2010


Le général de Gaulle est de retour. Après un appel à la résistance, prononcé lors d'un piratage télévisuel, il se lance dans une ultime bataille pour la "grandeur de la France". Toujours vaillant sous son képi à deux étoiles, ce revenant passionne l'opinion publique. A-t-il vécu jusqu'à cent vingt ans? S'est-il fait hiberner comme le héros de Louis de Funès? S'agit-il d'un imposteur? Dans cette fantaisie romanesque, Benoît Duteurtre revisite la mythologie française et sa dernière figure légendaire, confrontés aux urgences de la mondialisation. Réflexions et observations sur l'époque alternent avec le portrait de ce Général un peu foutraque qui reprend le pouvoir, parle comme un révolutionnaire et ranime jusqu'à l'absurde les idéaux de la vieille Europe.


- Le sourire de l'iguane
de Chloé Dubreuil
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Mars 2010


"La vie fait sa difficile? Et alors! Les rêves exploitent mes envies de démesure. Lorsque je les tiens serrés contre mon cœur, ils forment des au-delà mort-nés. Mais avant de les autoriser à s'évanouir, il me suffit de vouloir pour qu'ils aient une certaine substance…" Vouloir, imaginer, se construire et se reconstruire. Les cinq histoires de ce recueil nous dévoilent l'intimité d'une souffrance qui ne s'en laisse pas conter. D'un récit à l'autre, les personnages se retrouvent, faisant de ces nouvelles un roman déguisé. Danya, l'adolescente beur prisonnière des traditions familiales et qui espère en un avenir théâtral. Agatha, déchirée entre sa maladie et ses fantaisies océanes. Lucille qui aspire à s'envoler par-dessus les murs pour voir en la rue un horizon lointain. L'homme sans nom et sans toit qui veut croire, vestige d'espérance, en un univers moins hostile. Et le jeune sieur M…, bien décidé à s'identifier au mythe d'Icare, à toucher du bout du cœur un peu des astres et du ciel pour évider sa mémoire, ne plus appartenir au camp des enfants pas sages. Tous nous rappellent avec pudeur et tendresse que notre humanité est dans la quête incessante du bonheur.


- Les derniers jours d'un homme
de Pascal Dessaint
Éditions Payot & Rivages / Mars 2010


Une cité industrielle du Nord-Pas-de-Calais où la pollution a tout gangrené, une cité séparée du monde "sain et normal" par une autoroute, une cité qu'on ne quitte pas, sinon pour aller au cimetière. À quinze ans d'intervalle, deux voix se répondent. Celle d'un père, Clément, et celle de sa fille Judith. Ce sont des voix endeuillées. Clément raconte la mort de sa jeune épouse et l'horreur de l'usine qu'il finit par quitter, pour arriver au drame qui va tout faire basculer. Judith, elle, est âgée de dix-huit ans et orpheline. Elle parle de sa vie avec son oncle Étienne, qui l'a élevée, et cherche à éclaircir le mystère de la mort brutale de son père. L'usine n'est plus là; il n'en reste que des traces indélébiles: crassiers, pollution des sols et des cours d'eau, maladies et chômage. Cette usine était la vie des gens, leur gagne-pain, elle a aussi été leur mort. L'histoire de cette famille décimée, c'est celle de toute une communauté victime de pratiques industrielles dévastatrices et de cynisme d'affairistes voyous. Romancier de l'intime et du réel, Pascal Dessaint évoque le scandale de l'usine Metaleurop à Noyelles Godault, qui fut liquidée sans préavis pour les salariés et rasée. Avec ce roman choc sur un drame écologique et humain d'une rare ampleur, Pascal Dessaint élargit encore sa palette de romancier noir. Il quitte cette fois le pays toulousain pour renouer avec ses origines d'homme du Nord. Entre révolte et compassion, ni le ton ni le fond de ce livre ne peuvent laisser indifférent.


- Les figuiers de barbarie
de Rachid Boudjedra
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2010


Deux hommes se retrouvent côte à côte dans le vol Alger-Constantine. À dix mille mètres d'altitude, en un peu moins de d'une heure, c'est leur destin, et celui de tout un pays à travers le leur, qui va se jouer au fil de la conversation et des réminiscences. Ils sont unis par les liens du sang, par l'expérience traumatisante de la guerre d'Algérie, mais aussi par le souvenir d'un été torride de leur adolescence, épisode dont jamais ils n'ont reparlé mais qui symbolise la jeunesse perdue de leur patrie. Rachid, le narrateur, a toujours voué une admiration mêlée d'envie et de ressentiment pour son cousin Omar, celui-ci, devenu un célèbre architecte, parcourt le monde pour mieux fuir ses démons. Ce sont ces fantômes que Rachid va le forcer à exorciser, son grand-père Si Mostafa, propriétaire terrien, l'homme aux "figuiers de Barbarie", symbole d'une Algérie prospère et paisible, son père Kamel, commissaire soupçonné d'avoir collaboré avec les autorités françaises pendant la guerre, son frère Salim enfin, engagé dans "l'Organisation", mort dans des circonstances mystérieuses. C'est toute l'histoire de l'Algérie déchirée, depuis la conquête française jusqu'à l'indépendance, de l'enfance dorée et sensuelle aux horreurs de la torture et du terrorisme, qui défile dans les souvenirs du narrateur.


- Les teignes
de Éric Fouassier
Éditions D'Un Noir Si Bleu / Mars 2010


Les "méchants" n'ont jamais eu bonne presse. Ils ne sont en général que des faire-valoir, au mieux ils apportent du piment aux situations qu'ils traversent. Dans les dix nouvelles de ce recueil, les personnages principaux sont de cette espèce. Qu'ils obéissent à une logique enfantine ou bien que l'âge ou les rêves leur ait fait perdre, peut-être, le sens des réalités, ils agissent selon leur seule volonté pour le plus grand dam de ceux qu'ils côtoient et le plus grand plaisir des lecteurs.


- Les vrais durs ne dansent pas
de Norman Mailer
Éditions Robert Laffont / Mars 2010


À Provincetown, dans la trompeuse quiétude de la morte-saison, Tim Madden, écrivain raté et amateur de femmes, noie son ennui dans le bourbon. Un matin de plus, il se réveille avec une formidable gueule de bois. À son grand étonnement, il découvre un curieux tatouage sur son bras, du sang dans sa voiture et, dans sa réserve de cannabis, la tête proprement coupée d'une belle blonde platinée. Tim est-il pour autant un assassin? Impatient de connaître la réponse, il se lance dans une enquête personnelle qui lui donnera l'occasion de rencontrer des personnages hauts en couleur: des ex-boxeurs, des repris de justice, une ancienne maîtresse et, surtout, son père, Big Mac, qui reste l'une des créations les plus mémorables de Norman Mailer. Le crime, pour odieux qu'il soit, n'est que prétexte à l'étude de ces pauvres âmes perdues qui errent dans un monde absurde. On est loin de l'Amérique puritaine, mais bien proche de l'Amérique malade de l'ère post-Vietnam, malade de sa liberté sexuelle et de la quasi libre consommation du haschisch. Dans ce monde ou les frontières entre la police et la pègre sont ténues, aucune rédemption possible pour ces individus totalement pris au piège des jeux et enjeux de la chair. Le nom de Reagan, qui apparaît subtilement à la fin, permet de dater le livre, enraciné dans son époque, mais qui s'inscrit plus largement dans une grande tradition littéraire américaine d'étude de mœurs tragi-comique. Un tableau terrible et drôle à la fois.


- Lettres à un jeune prêtre
de Pietro de Paoli
Éditions Plon / Mars 2010


Il s'appelle Louis-Marie, il n'a guère plus de trente ans, est prêtre catholique depuis une année. Il est représentatif d'une nouvelle génération de prêtres. Grand amateur d'un retour à une liturgie très formelle, il se laisserait volontiers aller au latin et trouve que la messe "d'autrefois", qu'il n'a pas connue, répondait mieux au "besoin de sacré". Il n'est pas opposé au concile, mais pense "qu'on a été trop loin" et est partisan d'une "reprise en main". Il a une haute idée de sa fonction, répète que sa mission est de "sauver les âmes". Il se sent un peu isolé dans son diocèse, et quand son meilleur ami de séminaire renonce à être prêtre, il chancelle. Il décide d'écrire à Monseigneur Marc Belhomme qu'il a connu quinze ans plus tôt quand il était curé de Villeneuve. Entre les deux hommes, une conversation s'amorce, une sorte de querelle des anciens et des modernes à front renversé. Parce que Marc n'est pas l'évêque de Louis-Marie, les deux hommes peuvent échanger dans une certaine liberté.


- Lost city radio
de Daniel Alarcon
Éditions 10-18 / Mars 2010


Après dix ans de guerre civile, un pays anonyme d'Amérique latine est plongé dans un état d'extrême désolation. Les villes et les villages n'ont plus de nom. La junte militaire a rebaptisé les lieux en leur affectant un simple numéro. Dans ce monde ou règne la dictature de l'oubli, Norma incarne la dernière lueur d'espoir pour tous les survivants dépossédés de leur famille et de leur mémoire. Elle anime Lost City Radio, l'émission qui lance des appels aux disparus. Mais Lorsque Victor, un jeune orphelin, lui demande de diffuser sur les ondes la liste des siens, Norma renoue avec ses propres démons. Sur le papier figure le nom de son mari. À la poursuite d'un passé qui leur a échappé, Norma et Victor entament un voyage qui va bouleverser leur vie.


- Mara
de Mazarine Pingeot
Éditions Julliard / Mars 2010


Tanger la Blanche. Un mausolée sur un toit. Deux corps nus, enlacés, entre la vie et la mort. Mara et Manuel, le mannequin vedette et l'homme d'affaires brillant, sont étendus sur le lit, gisants tragiques d'une mise en scène suicidaire. Eux, qu'une beauté et une fortune trop arrogantes rendaient intouchables, ont choisi de se laisser mourir. Hicham, l'associé et l'ami de Manuel, qui les découvre et les sauve, veut comprendre comment ces deux êtres qu'il admire tant ont pu en arriver là. Ainsi s'ouvre l'histoire de Mara, cette jeune femme étrange, inaccessible à elle-même autant qu'aux autres, qui va se révéler au cours d'une longue et éprouvante quête des origines. Sortis de leur coma, Mara et Manuel sont séparés dans deux hôpitaux différents. Mara reste seule, incapable de surmonter la douleur qui la broie. Quand et où le désespoir a-t-il commencé? À seize ans, le jour ou elle a retrouvé Manuel, le frère dont elle avait été séparée après sa naissance? Ce même jour ou les deux jeunes gens sont tombés immédiatement amoureux l'un de l'autre, enfreignant un des tabous les plus terribles? Ou bien son mal de vivre vient-il de plus loin: du jour ou leur père les a abandonnés, à peine âgés de dix-huit mois? Subjugué par la jeune femme, Hicham veut l'arracher à sa mélancolie et à Manuel. Avec lui, elle échafaude le rêve d'accomplir son désir d'enfant. Mais d'abord, elle doit partir à la recherche de ses origines dont elle ignore tout. Il lui promet de la soutenir durant cette quête. Pour elle, il abandonne sa famille et l'entraîne dans ce voyage halluciné qui les conduira jusqu'en Algérie d'où la mère de Mara était originaire. Dans cette Alger déchirée par les affres de la guerre civile, ou plane l'ombre menaçante et désirée de l'amant, de l'ami, du frère.


- Mat à l'étouffé
de Roberto Alajmo
Éditions Payot & Rivages / Mars 2010


"Mieux vaut avoir des remords que des regrets". Grand roublard devant l'Eternel, Giovanni Alagnan'a vécu que d'après ce seul principe. Directeur de théâtre sans talent mais opportuniste à souhait, il a longtemps avancé sur l'échiquier de sa vie avec une aisance insolente. Mais à force de tricher, mentir et tromper, son univers s'est effondré. Sa femme l'a quitté, ses amis l'ont abandonné, ses filles l'ignorent, ses créanciers le pressent. La chance a tourné. Le roi agonise. Arrivé en fin de course, acculé par ses propres pions, il revient sans complaisance sur une existence toute d'esbroufe et sur la succession de coups qui lui ont fait perdre la partie. De son écriture sèche et cinglante, Roberto Alajmo dresse le portrait au vitriol d'un homme sans scrupules dont la vie, calquée sur une partie d'échecs, se dirige, inéluctablement, vers le "mat à l'étouffé".


- Mes chères voisines
de Marisa de Los Santos
Éditions Presses De La Cité / Mars 2010


La banlieue américaine ne se résume pas à ses pelouses manucurées, ses parterres de fleurs bien ordonnés et ses barbecues entre voisins. À travers des portraits de femmes tout en nuances, Marisa de los Santos révèle les fêlures d'une société obsédée par la perfection. Cornelia Brown en surprend plus d'un lorsqu'elle décide de quitter l'agitation de Manhattan pour s'installer dans une banlieue chic et tranquille avec son mari, Teo. Mais son nouveau lieu de résidence lui réserve bien de surprises. Parmi les "desperate housewives" qui l'entourent, certaines, comme l'impeccable Piper, sont loin des stéréotypes qu'elles semblent incarner. Car derrière ces vies en apparence si rangées se dissimule plus d'un secret.


- Mississippi
de Hillary Jordan
Éditions Belfond / Mars 2010


Lorsqu'elle découvre la ferme que son mari Henry vient d'acquérir, Laura McAllan comprend qu'elle n'y sera jamais heureuse. Pourtant, en épouse et mère dévouée, elle s'efforce d'élever leurs deux fillettes, sous l’œil haineux de son beau-père, membre du Ku Klux Klan. Alors que les McAllan luttent pour tirer profit d'une terre peu fertile, deux soldats rentrent du front: Jamie, le jeune frère d'Henry, aussi séduisant et sensible que son aîné est taciturne et renfermé. Et soudain, Laura se sent renaître. Ronsel Jackson, le fils des métayers, un descendant d'esclaves qui, pendant quatre ans, s'est permis de croire qu'il était un homme. Mais le Sud va se charger de lui rappeler qu'il n'est qu'un nègre.


- Monstre
de Frédéric Jaccaud
Éditions Calmann Lévy / Mars 2010


"Avant les mots, le monde était plus simple. Je regrette d'avoir appris à parler". Été 1986. Un soleil de plomb s'abat sur la petite ville de Traumstaat. Comme beaucoup d'enfants de leur âge, les frères B., Thomas et Raymond, trompent leur ennui et leur quotidien en s'inventant des mondes imaginaires. Soixante-deux ans plus tard. Un vieillard est contraint de mettre par écrit ses souvenirs. De se rappeler pourquoi il a commencé à séquestrer, violer, torturer et tuer des femmes. De se rappeler comment il est devenu un monstre.


- Nina par hasard
de Michèle Lesbre
Éditions Sabine Wespieser / Mars 2010


Nina est apprentie coiffeuse à Roubaix. Sa mère, Susy, travaille dans une des dernières petites usines textiles du nord de la France. Dans l'univers clos de ces deux femmes, les hommes ne sont que des passions ravageuses pour la mère, des pères impossibles pour la fille qui, au sortir de l'adolescence, a sur le monde un regard d'une singulière lucidité. Avec son premier salaire, Nina a décidé de souhaiter son anniversaire à Susy en l'emmenant au bord de la mer. C'était sans compter avec Delplat, le patron cynique qui tous les vendredis vient "se faire rafraîchir" au salon de coiffure, sans compter avec Legendre, le contremaître aux comportements sadiques à l'origine de la grève, sans compter avec l'accident du travail de Louise, la meilleure amie de Susy, ni avec le naufrage des idéaux et des illusions dans le rude monde des adultes. Pourtant les bonheurs fugaces, les bals du dimanche, la belle solidarité des femmes, et aussi Arnold, l'ami de Nina (qui lui montre les oiseaux et l'emmène au théâtre où elle rêve à une autre Nina, celle de La Mouette), laissent ouvertes les portes d'un ailleurs possible.


- Nocturnes
de Kazuo Ishiguro
Éditions Les Deux Terres / Mars 2010


Des piazzas italiennes aux collines de Malvern, d'un appartement londonien à l'étage feutré d'un hôtel sélect de Hollywood, ce cycle sublime de nouvelles explore l'amour, la musique et le temps qui passe. Les personnages décrits sont des musiciens de rue, des stars déchues et des rêveurs, chacun en quête intime, chacun dans un moment de vérité. Comme le rythme de la musique qu'il évoque, imprégné de thèmes obsédants, le quintette résonne de questions spirituelles et éternelles: le combat humain pour s'éloigner du désenchantement, et pour préserver intact le charme de la vie, même quand les relations s'embourbent et que les espoirs de jeunesse s'émoussent.


- Nos baisers sont des adieux
de Nina Bouraoui
Éditions Stock / Mars 2010


"Parce que je sais que l'on désire comme l'on a été désiré, j'ai dressé la liste des hommes, des femmes, des images, des sensations, des oeuvres d'art qui ont construit la personne que je suis. C'est un livre de portraits, traversant les années (de 1972 à 2009). Traversant les villes (Alger, Paris, Berlin, Zurich, Abu Dhabi...). Portraits reliés les uns aux autres par la recherche sans fin de l'amour. C'est un livre sur la vie, un livre en vie, un livre qui bat, un livre dont on pourrait aussi entendre le son et percevoir les reliefs d'une géographie intime, la géographie des sentiments. J'ai voulu restituer ce que la mémoire garde. Ce qui fait ce que nous sommes ou ce que nous ne sommes pas. Éclairer une vie d'adulte par les débuts de l'enfance, les démons de la jeunesse. Chaque temps répondant à l'autre. Chaque temps expliquant l'autre. Comme si le désir était une identité. Comme s'il était notre seul pays. Territoire sauvage et illimité. C'est aussi un livre sur la liberté. La liberté d'aimer ou de ne plus aimer". N. B.


- Police, mon amour
Chroniques d'un flic ordinaire
de Bénédicte Desforges
Éditions Anne Carrière / Mars 2010


Police mon amour est un nouveau recueil de chroniques dévoilant le quotidien des "flics de base", c'est-à-dire de la police en uniforme. L'auteur y puise la matière de ces courtes histoires qui sont autant de nouvelles émouvantes, tantôt cocasses, tantôt tragiques. Avec un véritable talent littéraire et une empathie élevée, elle brosse le tableau sans complaisance de l'univers de la rue, celui de la trop réelle fracture sociale, et un portrait de ces hommes et de ces femmes que l'on n'aime que dans les séries américaines. Bénédicte Desforges est une conteuse qui a fait un très long voyage dans nos villes, nos arrière-cours, partout où nous-mêmes, trop souvent, n'avons pas voulu ou pas osé nous aventurer.


- Pour Dalida
de Colette Fellous
Éditions Flammarion / Mars 2010


"La voix de Dalida est dans ma chambre, elle se pose maintenant sur mes cahiers, sur mon lit, sur l'ordinateur. L'odeur de ses robes, la main qu'elle passe devant ses yeux, ses hanches, ses jeux de cheveux, son rire. Mais n'oublie pas que ce sera toi qui conduiras ce soir chez moi, garde bien-en la dernière danse pour moi. On ne peut pas prétendre raconter sa vie, ni chercher à l'expliquer, tout est tellement plus vaste et plus secret qu'un simple récit, on avance presque toujours en somnambule, les yeux grand ouverts, on croit à chaque fois résoudre des rébus, éclaircir des zones d'ombre ou retrouver de vrais élans de bonheur et voilà que tout est déjà fini. On a tourné la tête un peu trop vite, on ne s'est aperçu de rien: en une brassée de secondes le monde s'est éloigné. Vie chansonnette".


- Pour qu'il ne meure jamais
de Jean Bertolino
Éditions Calmann Lévy / Mars 2010


Après la mort par overdose de son fils unique, Julian, au Cambodge, Judith n'a qu'une obsession: faire payer le prix du sang à ses assassins. Et pour elle, les assassins, ce sont les mafias du Triangle d'or qui inondent de stupéfiants tout le Sud-Est asiatique. Mais comment cette femme seule pourra-t-elle relever pareil défi? Comment cette biologiste de profession pourra-t-elle se muer en une guerrière impitoyable? Sans l'appui providentiel d'un ami de longue date travaillant pour les services secrets, sa mission eût été impensable. Il lui donnera les moyens de recruter quatre mercenaires, aussi inattendus que pittoresques. Avec eux, et le concours d'ethnies opprimées de la région, elle va se lancer dans une traque qui l'amènera des bas-fonds de Phnom-Penh, aux casinos véreux de la frontière birmane, et dans tous les lieux interlopes qui bordent le Mékong. Grâce à ses compagnons, elle parviendra à s'infiltrer au cœur du dispositif ennemi, chez les mafieux les plus cruels du monde, là où aucune police n'a encore osé se risquer. Et pour cause...


- Reconstruction
de Jeanne Cordelier
Éditions Phébus / Mars 2010


Personne n'a oublié la jeune femme de La Dérobade, l'enfer de son expérience, la violence de ses souvenirs. Un témoignage exceptionnel de sincérité sur la prostitution, salué unanimement par la critique: "Le livre de Jeanne Cordelier, c'est de l'or pur; c'est un grand écrivain" écrira Yvan Audouard dans Le Canard enchaîné. En voici, des années après, le "versant lumineux", nous dit Benoîte Groult qui préface ce texte bouleversant et allègre à la fois: le récit d'une femme qui reconquiert sa dignité et retrouve "l'ivresse d'exister, l'ivresse d'aimer". Jeanne Cordelier nous livre l'histoire de sa Reconstruction, qui est aussi celle d'une passion absolue et réciproque pour un homme. Une passion que, ni les obstacles, et ils ne manqueront pas, ni le temps ne parviendront à banaliser. un hymne à la vie, à l'amour, mais aussi à la littérature, sans lesquels, sans doute, nulle reconstruction, n'eut été possible.


- Requiem pour Yves Saint Laurent
de Laurence Benaim
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2010


Yves Saint Laurent est mort le 1er juin 2008. Celui que Mishima appelait "l'enfant aux nerfs d'acier" était la somme de tous les couturiers et celui qui les avait tous démodés, au nom d'une allure, d'un style irréductible à des lignes et à des saisons. En 2009, la crise a fait voler en éclats une époque. Ce livre est le récit d'une rupture annoncée, qui commence avec la fermeture de la maison de couture en janvier 2002 et s'achève avec l'annonce de la rétrospective YSL prévue au Petit Palais en Mars 2010. "J'ai cherché à raconter comment Yves Saint Laurent est devenu l'étranger, le spectateur d'un monde dont il avait été pourtant l'apprenti sorcier. Au-delà des lots, des records, de la dispersion des tableaux et des œuvres d'art, que restera-t-il de l'homme comme du créateur? Nourrie par ce que j'ai vu, senti, j'ai écrit ce livre dans l'urgence, rassemblant les souvenirs, les témoins, attentive à célébrer au-delà de toute nostalgie, la modernité d'un regard que ne combleront jamais les honneurs", écrit Laurence Benaïm.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 11:52

- Rivers of Babylon
de Peter Pist'anek
Éditions Fayard / Mars 2010


Bratislava, hiver 1989-1990. Rácz, jeune paysan simple et costaud, débarque de sa province natale en vue d'amasser le petit pécule qui lui permettra d'épouser la grosse fille chaste du boucher de son village. Il se retrouve employé comme unique chauffeur d'un vieil hôtel de luxe, l'Ambassador, dont le système de chauffage repose sur d'antiques chaudières nécessitant un entretien particulier. Très vite, le jeune homme se rend compte de l'immense pouvoir que lui vaut désormais le rôle de "maître du feu". Allumant et éteignant le chauffage au gré de ses humeurs, il soumet rapidement la masse grouillante des habitants de cette nouvelle Babylone, constituée d'une faune cosmopolite et bigarrée: service administratif corrompu, personnel servile, escrocs à la petite semaine, prostituées aux dents longues, touristes libidineux, ex-membres de la Sécurité d'État reconvertis en policiers corruptibles. Commence alors l'inexorable ascension du fringant anti-héros Rácz qui, de despote violent, se mue bientôt en démiurge omnipotent. Mélange de roman de mœurs satirique, fiction politique au vitriol, conte philosophique, cette œuvre crue et burlesque, au comique dévastateur, met le doigt sur le système perverti et corrompu qui a régné dans les pays satellites de l'URSS au lendemain de la chute du mur.


- Ruines de Vienne
de Judith C. Brouste
Éditions Flammarion / Mars 2010


"J'ai huit ans, l'été 1956, lorsqu'elle a voulu revenir au Sacher. Vienne n'est plus occupée par les Allemands ni par les armées victorieuses. Plus de chars au pied de la Grande Roue ni de marché noir. Plus de soldats russes ni de police internationale. Les décombres ont été déblayés depuis longtemps devant le café Mozart. Maria cherche les lieux dont elle a conservé les noms, le Dianabad, Marienbrücke, le quartier de Josefstadt derrière l'université, où elle donnait ses rendez-vous. Elle m'entraîne par la main à Margaretenstrasse, comme par inadvertance, lunettes noires, chevelure platine, gourmette en or à breloques, jupe droite sur ses fines jambes. Sa jeunesse".


- Sashenka
de Simon Montefiore
Éditions Belfond / Mars 2010


Saint-Petersbourg, hiver 1916. Devant l'institut Smolny pour jeunes filles, Sashenka Zeitlin, jeune bourgeoise de dix-sept ans, est arrêtée. Dans une Russie tsariste au bord du gouffre, alors que sa mère continue de s'enivrer de fêtes avec Raspoutine et sa clique, Sashenka, elle, a choisi son camp. Celui de la révolution. Quelque vingt ans plus tard, Sashenka incarne la femme soviétique modèle. Épouse d'un haut cadre du parti, mère comblée de deux enfants, elle va pourtant s'abandonner à une passion torride pour un séduisant écrivain dont les idées vont se révéler dangereusement compromettantes. Jusqu'à mettre en péril la vie de ceux qu'elle aime et la sienne. Pendant plus de cinquante ans, son histoire demeurera cachée. Jusqu'à ce qu'une jeune historienne plonge dans les archives du KGB et dévoile le destin d'une femme face à un choix impossible.


- Sex & Love Addicts
de Lucía Etxebarria
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mars 2010


"Le vrai est un moment du faux". Guy Debord
Madrid. Pumuky, le charismatique leader des Sex & Love Addicts, est découvert, une balle en pleine tête. S'agit-il d'un suicide? D'un meurtre? Qui l'aurait assassiné? Une maîtresse jalouse, son meilleur ami, le dealer à qui il devait de l'argent? Chaque proche de Pumuky, des musiciens glamour aux serveuses anonymes, des ex éplorées aux quadras torrides, donne sa version des faits. Sentimentales, tendancieuses ou elliptiques, neuf visions d'une même histoire. Au fil de ces témoignages, seul le lecteur sera en mesure de déterminer ce qui s'est passé. Ou non. Parce que le vrai est un moment du faux.


- Soirée sushi
de Agnès Abécassis
Éditions Calmann Lévy / Mars 2010


L'une s'est fait larguer, l'autre s'est séparée, la troisième vient de divorcer ... quand le cœur est à nu, rien ne vaut le poisson cru. Sushi (n. m.): spécialité japonaise à base de poisson presque vivant roulé dans du riz froid, peu calorique (en tout cas moins qu'une pizza), apprécié des femmes souhaitant se donner bonne conscience. Dédaigné des adolescents qui lui préfèrent le hamburger (plus facile à mâcher), et des hommes qui lui préfèrent n'importe quoi recouvert de fromage (comme la pizza), le sushi est un plat raffiné qui prend toute sa saveur avec le la sauce solo... heu... soja. Consommé en groupe, il n'empêche pas de crier, de rire, de s'énerver ou de pleurer la bouche pleine, ce qui en fait un met prisé pour sa convivialité. Traditionnellement, on définit par "soirée sushi" la réunion de trois copines fraîchement célibataires, qui ont autant d'angoisses à propos de leurs ados et de potins sur leur ex à partager qu'il y a de graines de sésame sur un california maki. Et en plus, tout cela ne fait pas grossir. (on l'a dit, ou pas?)


- Souffles couplés
de Gérald Tenenbaum
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mars 2010


Après le drame, l'été de ses onze ans, les gendarmes ont emmené Alex dans la vallée. Il n'est plus jamais remonté au hameau, entre le Val d'Aoste et la Savoie. Vingt-sept années plus tard, Alex est barman à Grenoble. Il ne sait plus lire, mais possède une mémoire prodigieuse. Maggy, capitaine de police, exploite parfois ce don pour résoudre des affaires délicates, comme celle de l'inconnu du parc Mistral. De son côté, Sandra, psycholinguiste, tente de l'aider à s'affranchir de ce monde de souvenirs indélébiles. Hasard ou destin, l'enquête criminelle fait affleurer le passé.


- Suicide et inversement
de Jeanne Rivoire
Éditions Jacqueline Chambon / Mars 2010


Agathe a été élevée dans le culte de l'excellence, une excellence de classe, elle est poussée à intégrer une école prestigieuse pour faire partie des élites, et une excellence éthique: dans sa famille on vote pour plus de justice sociale, on "pense bien". Mais cette quête n'est pas seulement dure à vivre, elle est aussi truquée. Minée par un humour dévastateur, Agathe, pour échapper aux contradictions de son milieu, se réfugie dans la maladie, jusqu'à la tentative de suicide. Mais à travers cette épreuve, elle prend conscience de sa singularité et surtout de son humanité, qui n'est d'aucun milieu. Ce brillant roman se situe entre l'intime et le politique. Nos maladies parlent du monde dans lequel elles surgissent. Et elles sont parfois un chemin, sinon vers la sagesse, du moins vers une réconciliation avec la vie.


- Tu pourrais rater intégralement ta vie
de Toni Jordan
Éditions Héloïse d'Ormesson / Mars 2010


Grace Lisa Vanderburg a 35 ans. Elle compte. Tout. Tout le temps. Les lettres de son nom (19). Les pas qui la mènent au café (920). Les poils de sa brosse à dents (1 768). Les graines de pavot sur sa tranche de gâteau. Autant de chiffres qui ordonnent son existence réglée comme du papier à musique. Quand entre en scène Seamus Joseph O'Reilly (un autre 19), un bel étranger qui n'a pas peur de ses manies, un dilemme ne tarde pas à s'imposer à elle: les chiffres ou la vie? Pour préserver leur fragile idylle, l'excentrique Grace est-elle prête à perdre le fil de ses additions? Comédie romantique, réflexion sur la normalité, ce premier roman pétillant offre l'irrésistible portrait d'une héroïne vulnérable et vraie.


- Un homme au singulier
de Christopher Isherwood
Éditions Fayard / Mars 2010


Dans ce roman brillant, pénétrant, à la fois drôle et douloureux, Christopher Isherwood explore le sujet qui lui tient le plus à cœur. Son personnage principal est un Anglais vieillissant qui vit en Californie, un professeur que séparent de ses élèves l'âge et la nationalité, et du reste de la société son homosexualité assumée, lucide. Cet autoportrait légèrement transposé, sarcastique et amer, peinture sans fard de la condition d'un homosexuel individualiste dans un monde conformiste et grégaire, est aussi une âpre méditation sur la solitude humaine. On retrouve dans ce livre la vivacité, l'humour, mais aussi le goût des ambiguïtés sexuelles et des personnages marginaux propres à l'œuvre d'Isherwood.


- Un joueur de poker
de Jean-Sébastien Hongre
Éditions Anne Carrière / Mars 2010


Informaticien, marié et bientôt père, Antoine aurait tout pour être heureux s'il ne se sentait pas enfermé dans la routine et asservi par le destin. Jusqu'au jour où il se découvre un don inné pour le poker. Il voit alors s'ouvrir devant lui un autre chemin: la promesse d'un dépassement de soi, la possibilité d'un parcours héroïque. Pour se sentir enfin unique, il va devoir s'émanciper de tout ce qui le constituait et refondre jusqu'à sa propre identité. Son parcours initiatique l'entraînera des tables de jeu parisiennes aux plus grands tournois de Las Vegas.


- Un jour je t'aimerai
de Roland Bijaoui
Éditions Belfond / Mars 2010


7 juillet 1943. Daisy Ravel, mère célibataire d'un garçon d'un an, assiste à l'arrestation de son père, un membre des FFI, devant l'entrée de l'immeuble où ils vivent, à Versailles. Elle court mettre en sécurité son petit chez la nourrice, puis se rend chez un ami de la famille, Théodore Rheims, avec qui son père gagnait autrefois des courses automobiles. Ils faisaient équipe avec François Letellier, dont la mort dans un accident avait mis fin à leur aventure. Rheims, le plus fortuné des trois co-équipiers, avait recueilli Jean, le fils de François. Alors que Daisy vient d'arriver chez Théodore Rheims pour le prévenir de l'arrestation de son père, Jean tente de la séduire, mais, devant les résistances de la jeune fille, il perd son sang-froid et la tue accidentellement. Pour se disculper, il dénonce lâchement Théodore Rheims, un membre de la Résistance lui aussi, qui héberge clandestinement des juifs sous son toit. Théodore est arrêté puis fusillé par la Gestapo. Jean récupère frauduleusement l'héritage. Vingt ans plus tard, Loïc Jouvet, un jeune homme plein de fougue et pilote prometteur, est engagé par Jean Letellier, devenu patron d'un important garage Porsche à Versailles, qui souhaite redorer l'image de marque de l'entreprise mais ne peut compter sur son fils Julien, éternel perdant sur les circuits automobiles. Au fil des courses remportées avec brio par Loïc Jouvet, des rivalités naissent entre les deux jeunes hommes, d'autant que Loïc vit une passion fusionnelle avec Pauline, la fiancée de Julien. Jaloux, les Letellier père et fils l'accusent de malversations financières et le font inculper. Lorsqu'il sort de prison, un an et demi plus tard, il est brisé, mais bien décidé à se venger. Une quête douloureuse qui fera éclater une incroyable vérité, mais aidera Loïc à pardonner et à s'ouvrir à la vie.


- Un village sans histoires
de Charles Lewinsky
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2010


Courtillon est un hameau au centre de la France. Un étranger, un allemand, s'y installe pour y retrouver la paix après un chagrin d'amour. La population du village est présentée dès le premier chapitre, le juge retraité, Brossard, et sa femme, le gendarme Deschamp et sa femme, Jojo, l'innocent du village qui a une passion pour le feu, le maire, Ravallet, personnage ambitieux et crapuleux qui veut faire draguer la rivière pour installer une gravière et un camping sur ses terres, sa mère, la femme aux poules, à moitié folle, Mademoiselle Millotte, une vieille femme en fauteuil roulant qui sait tout et devine le reste, le ménage Charbonier, elle, qui aime les plaisirs de la chair et lui, la pêche, Valentine, leur fille étrange, le ménage Perrin, lui dit Saint-Jean, adroit et bricoleur, le général Belpoix, qui se dit ancien résistant et possède encore un fusil.L'étranger observe, pourquoi madame Perrin porte-t-elle des lunettes noires? Mademoiselle Millotte dit que c'est parce que son mari couche avec madame Charbonnier. Pourquoi la fille des Charbonier s'est-elle jetée par la fenêtre? Pourquoi Jean Perrin s'est-il fait rosser dans les bois? Pourquoi le général dit-il "mein Herr"? Pourquoi Madamoiselle Millotte est-elle tuée? Peu à peu le narrateur est mis au fait des drames du passé (on accuse le père du maire d'avoir tué un jeune maquisard anglais et volé les billets qu'il transportait), du présent (les affaires immobilières). Tout va se nouer et se dénouer, et l'on saura pourquoi "l'étranger" est venu chercher refuge dans un village sans histoires, en apparence.


- Un peu de soleil dans l'eau froide
de Françoise Sagan
Éditions Stock / Mars 2010


Gilles est un brillant journaliste parisien lorsqu'une dépression le surprend. Il décide de quitter le Paris cynique et rieur pour se reposer auprès de sa sœur dans le Limousin. C'est là-bas qu'il rencontre Nathalie Sylvener, une femme magnifique, entière, sincère qui tombe instantanément amoureuse de lui. Elle quitte tout, emménage à Paris dans son petit appartement, se livre à lui sans retenue, sans cynisme et ne lui demande que d'en faire autant. Mais Gilles, qui croit lui aussi être amoureux, se rend compte que cette existence trop exclusive, trop passionnelle, l'ennuie. Nathalie l'avait pourtant prévenu, elle resterait avec lui jusqu'à ce qu'il lui demande de s'en aller. Pour une fois dans un livre de Sagan, le personnage féminin est sans détours, sans mensonges, la femme d'une seule passion. Les dialogues sont purs, émouvants. Dans ce roman simple et complexe à la fois, on retrouve cette musique, ce phrasé, cette élégance des gens tristes, ce style enlevé, léger, joyeux et mélancolique si propres à Françoise Sagan.


- Une anglaise à Paris
de Nancy Mitford
Éditions Payot & Rivages / Mars 2010


"Je sais désormais que je ne pourrais plus supporter de vivre ailleurs qu'à Paris", écrivait peu après la guerre à son ami Evelyn Waugh l'aînée des excentriques sœurs Mitford (1904-1973). Si ses romans sont mondialement célèbres, beaucoup de ses lecteurs ignorent que Nancy habita la capitale française de 1948 à 1966, puis Versailles jusqu'à sa mort. Elle publia régulièrement dans divers journaux anglais des chroniques sur la vie parisienne et les Français en général, distillant au fil de la plume autant de causticité que de tendresse, et le présent recueil s'achève sur un journal de mai 1968 qu'on dirait tenu par une ethnologue britannique en pleine jungle.


- Une année avec mon père
de Geneviève Brisac
Éditions de l'Olivier / Mars 2010


Après un terrible accident de voiture, un homme rentre chez lui. Ayant échappé de peu à la mort (sa femme, elle, a disparu dans l'accident), il lui faut maintenant tout réapprendre. Sa fille, jour après jour, l'accompagne, et tente de tenir la main de cet homme intraitable. Inquiète ou joueuse, sa voix décrit les quatre saisons de ce retour à la vie. Elle raconte son histoire, celle d'un Français, juif laïque et républicain, né à la fin des années 20, amoureux des paysages de son enfance qu'il ne concevait pas de défendre autrement que les armes à la main. La guerre, la politique, le travail, les femmes, il a tout vécu sans jamais s'expliquer. Et il n'a pas l'intention de commencer.


- Une journée d'Ivan Denissovitch
de Alexandre Soljenitsyne
Éditions Robert Laffont / Mars 2010


Tous les matins, à cinq heures, un surveillant réveille les vingt-trois détenus de la 104e brigade de travailleurs d?un camp de travail russe. Ivan Denissovitch, surnommé Choukhov, y a été déporté pour cause de "trahison de la patrie". Condamné à dix ans, il ne lui reste qu'un an à passer au camp. Un matin, le robuste Choukhov, affaibli, s'est levé en retard. Puni, il est contraint de nettoyer le plancher. Puis il se rend au dispensaire pour y chercher des soins, mais le médecin ne peut l'exempter car son quota quotidien d'arrêts de travail est déjà dépassé. Il retourne donc aux travaux forcés dans le froid glacial de la steppe, s'employant à mettre en place des méthodes de survie: il capitalise la seule richesse qu'il possède, celle des pourtant misérables rations de nourriture. Tous les jours, il s'évertue à accomplir d?harassantes et inhumaines tâches: il creuse des trous, martèle, déplace des kilos de terre, coupe et transporte du bois, construit des charpentes, aligne des briques ou bien dispose du mortier... À la nuit tombée, Choukhov est satisfait de sa journée. Elle ne lui a pas été fatale. Il n'a pas été mis au cachot, il n'est pas tombé malade et a même réussi à "s'acheter" du bon tabac grâce à un privilégié du camp.


- Venir au monde
de Margaret Mazzantini
Éditions Robert Laffont / Mars 2010


2008. À l'occasion d'une exposition de photos, Gemma emmène à Sarajevo son fils de seize ans,Pietro, à la découverte de la ville ou il est né et sur les lieux ou est mort son père, photographe, qu'il n'a jamais connu. Ce voyage à la recherche des origines est aussi l'occasion, pour elle, de régler ses comptes avec le passé. Voici plantés les éléments avec lesquels Margaret Mazzantini construit son roman comme un thriller, avec ses indices, ses rebondissements et un coup de théâtre final, une vérité insoupçonnée que le lecteur découvrira au terme de son périple. Ce livre est d'abord l'histoire d'amour entre Diego et Gemma, un homme et une femme que tout semble séparer, qui se sont rencontrés à Sarajevo au cours des Jeux olympiques d'hiver de 1984. Venir au monde est aussi un livre sur la maternité, sur le désir d'enfant d'une femme qui décide, face à l'impuissance de la science, de poursuivre son combat sans se soucier de la morale ou des règles de la société. Après avoir vécu un véritable calvaire dans les cabinets médicaux ou les centres d'adoption, elle opte pour la seule solution qui s'offre à elle: avoir un fils de son mari et d'une autre femme. Mais les événements lui échappent, et elle se trouvera confrontée à un dilemme troublant: choisir entre son mari et son enfant. Au-delà de la seule maternité, Margaret Mazzantini nous offre ainsi une réflexion sur la filiation, les liens de sang et les liens spirituels qui unissent les êtres. Dans cette grande fresque de ténèbres et de lumière, le destin de chaque personnage se mêle à celui de Sarajevo assiégée, ou le flot de l'Histoire les emporte. La guerre projette d'un coup les personnages dans une tragédie qui les guette, tel un tireur d'élite. Le cheminement intime d'un homme et d'une femme vers un enfant, leur voyage d'initiation vers la paternité et la mater


- Victoria et les Staveney
de Doris Lessing
Éditions Flammarion / Mars 2010


Victoria n'a jamais oublié sa rencontre, à l'âge de neuf ans, avec une riche famille blanche, les Staveney. Ce souvenir entêtant la poussera, des années plus tard, à entamer une liaison avec leur fils, Thomas. De cette histoire naîtra Mary, petite fille à la peau claire et au sourire radieux. En adoration devant l'enfant, les Staveney proposent de l'accueillir chez eux de plus en plus souvent. Victoria, toute à la réalisation de la chance que représenterait une telle éducation pour sa fille, n'imagine pas quelles conséquences aura sa décision. La grande dame des lettres anglaises revient sur ses thèmes de prédilection: le racisme, l'hypocrisie, l'ambition. Un regard sans concession et d'une incroyable modernité sur notre époque.


- Vole avec moi
de Richard Bach
Éditions Flammarion / Mars 2010


Jamie Forbes est pilote et instructeur de vol spécialisé dans les manœuvres d'urgence délicates. Le sauvetage d'un avion en détresse, durant lequel il guide l'épouse du pilote inconscient afin de la faire atterrir en toute sécurité, lui rappelle un épisode enfoui de son passé. Perturbé par ces réminiscences, mais aussi par la rencontre de Dee, une hypnotiseuse pour qui les coïncidences n'existent pas, Forbes remet en question sa vision du monde: si la vie tout entière repose sur une série d'hypothèses acceptées comme réalités, alors peut-être suffit-il simplement de faire de meilleurs choix pour améliorer son existence? Ou comment les choix que l'on fait au quotidien peuvent bouleverser le cours d'une vie.


- À nulle autre pareille
de Kristin Hannah
Éditions Presses De La Cité / Février 2010


Un roman bouleversant qui explore toutes les facettes du mot "famille". Dans le parcours sans faute qu'elle avait imaginé, lycée, université, mariage, maternité, Angela DeSaria Malone n'avait pas prévu le mauvais tour que lui jouerait le sort à la dernière étape: l'impossibilité d'avoir un enfant. Son couple n'y résiste pas. Le divorce prononcé, Angie retourne dans sa ville natale, sur la côte Ouest, où vit son exubérante et chaleureuse famille italienne. Pour tenter de surmonter son chagrin, elle s'emploie corps et âme à redresser le restaurant de sa mère, au bord de la faillite. C'est à cette occasion qu'elle fait la connaissance de Lauren Ribido, une adolescente de dix-sept ans qui va changer sa vie à jamais.


- Auteur academy
de Pierre Chavagné
Éditions Grasset & Fasquelle / Février 2010


"Dans ce siècle, la télévision était plus puissante que le plus puissant des ministères". Sélectionné pour participer à une émission de télé-réalité qui doit permettre aux spectateurs de suivre étape par étape la fabrication d'une carrière d'écrivain, le narrateur, Pierre, s'installe pour un an sur une île grecque, ou plutôt, il est enfermé dans un monastère vieux de deux mille ans, en compagnie de douze autres candidats à la gloire, et concurrents ipso facto. Dans cette Villa Médicis version "Loft Story", les apprentis écrivains sont filmés 24h sur 24. Le soir, sur les plateaux de "praïme", ils s'entretiennent avec l'auteur controversé Michel Hache, écoutent sa narcissique consœur Christine Hang faire la lecture de son dernier livre, et prennent, la journée, des cours de "marquetine littéraire" auprès de l'Académicien au teint halé Jeandeau, ou des leçons d'interviou avec le célèbre animateur à la retraite, Bernard Paix. Amitiés de circonstance, amour et jalousies, ambition et mesquineries, cette "île de la création" est un "Koh Lanta" pour aspirants au Goncourt. Avec une ironie lucide et un cynisme plein d'humour, l'auteur ridiculise les travers d'une société du divertissement, où l'on croit qu'il est possible de fabriquer des écrivains. Il croque avec justesse une galerie de fantoches, et fait rire le lecteur aux dépens de ses personnages, le producteur et son assistante, les candidats médiocres et les auteurs médiatiques, dont la seule compétence est de dispenser à leurs cadets des cours de parisianisme.


- Babbitt
de Sinclair Lewis
Éditions Stock / Février 2010


Zenith, une petite ville du Midwest dans laquelle vit George F. Babbitt, agent immobilier de renom.Riche, bavard, il a un avis sur tous les sujets, le base-ball, la politique et la prohibition en particulier, et se targue d'être un citoyen modèle. Installé dans son petit train-train quotidien, il aime son confort; moins sa femme. Mais voilà qu'un jour une terrible angoisse le prend à la gorge: toute cette vie passée à arnaquer la veuve et l'orphelin et à dîner avec des petits bourgeois bien-pensants ne serait-elle pas vaine?


- Candy
de Luke Davies
Éditions Héloïse d'Ormesson / Février 2010


L'héroïne de ce roman est l'héro elle-même. Récit d'une descente dans l'enfer de la drogue de deux amants incapables d'infléchir le cours de leur destin, Candy nous plonge dans les limbes de l'esprit humain, dans les paradis artificiels. Cette autopsie implacable des mécanismes de la dépendance reste imprévisible, drôle et tendre lorsqu'on s'y attendrait le moins, d'autant plus réaliste, et terrifiante, qu'elle nous enferme dans le monde gai et léger de l'illusion.


- Ce rendez-vous avec la gloire
de Jean-Denis Bredin
Éditions Fayard / Février 2010


"Hector Boulon était triste. Triste de se voir condamné à un destin médiocre, avec pour seul espoir quelques mentions "assez bien", tout au long d'une vie qui menaçait de durer car il se portait à merveille et la vie humaine ne cessait de se prolonger. Hector Boulon? Ce nom vous dit-il quelque chose? Rien. C'est un petit bonhomme dans l'immense foule des tout petits bonshommes que salueront un jour, au bord d'une tombe, quelques regrets, quelques larmes, et pourquoi pas quelques fleurs. Ce destin ordinaire qui le menaçait, il ne le supportait pas. Il se savait en outre trop lâche pour refuser de vivre, pour sauter par la fenêtre ou se noyer très loin dans la mer, au plein soleil des vacances, incapable de tout, même de mourir. La vérité est que seule la gloire eût changé son destin".


- C'est encore moi qui vous écris
de Marie Billetdoux
Éditions Stock / Février 2010


Il faudrait ne rien savoir de ce livre avant de l'ouvrir, de s'y plonger, de s'immerger dans son millier de pages. Tout argument, tout résumé, tout jugement porté sur cette œuvre serait réducteur et terriblement vain. Marie Billetdoux a réussi en effet à élever un monument considérable: par sa taille et son ampleur bien sûr, par son impudeur et son lot presque extravagant de secrets, petits ou grands, qui nous sont ici dévoilés. C'est encore moi qui vous écris n'est pas un roman, ni un essai, ni un recueil de textes, et encore moins un livre de correspondance. C'est encore moi qui vous écris est tout simplement la preuve qu'il est encore possible au début du XXIe siècle d'inventer un nouveau genre littéraire. Voici quarante ans de la vie d'une femme (1968-2008) que l'on découvre lycéenne dans les premières lignes de l'ouvrage et que l'on quittera, mère d'un fils unique de vingt-trois ans et veuve d'un homme tant aimé, à la dernière page. Entre ces deux états on suivra Marie-Raphaële, écrivain dans le succès puis plus tard dans l'échec, cinéaste, journaliste, amoureuse et amoureusement harcelée, amante, maîtresse mais toujours libre. Libre, sauf en un point: la prison familiale. Tant son père dramaturge si enclin au silence que sa mère si bavarde, tant sa sœur qui s'éloigne inexorablement que ses grands-parents aux nombreux mystères. Ainsi, si tout écrivain a pu rêver de réunir un tel matériau, chaque lecteur, chaque individu, finit par en rêver aussi. Le voilà, le tour de force de Marie Billetdoux, d'avoir d'une part conservé tous ses écrits de l'âge de dix-sept à cinquante-sept ans, d'avoir dans le même temps gardé précieusement chaque réponse à chacune de ses lettres, d'y avoir mêlé courrier de lecteurs, bulletins scolaires, actes de naissance, de mariage et de décès, critiques de ses livres parues dans la presse, lettres d'avocat, d'admirateurs ou de détracteurs, courrier amoureux, missives attentives et rageuses de la mère et, bien sûr, lettres d'amour fou de Paul (le père de son fils), aujourd'hui disparu. Cette abondance méritait cependant un classement, un montage, un travail d'écrivain soucieux de sa dramaturgie, du rythme et de sa musique, désireux aussi de rendre chaque expéditeur et chaque destinataire incarné, vivant, de montrer l'évolution de tous ces personnages.


- De fils à fils
de Bernardo Toro
Éditions Stock / Février 2010


"Que deviennent les personnages une fois que le livre est refermé? Resteront-ils au pays? Seront-ils vraiment heureux? Et surtout: qui veillera sur leurs enfants? Je répondais à tes questions, mais, au fond, elles me semblaient dérisoires. Il y a un point final dans la vie comme dans les livres. Un point, c'est tout". C'est un homme qui parle à son fils. On pourrait penser que cet homme-là voudrait laisser à l'enfant qu'il aime, malgré tout, la griffe du passé que lui-même n'a pas reçue. Car son père à lui n'a pas expliqué. Il reste et restera une figure fantôme, toujours en fuite. Expliquer quoi? Qu'il a vieilli trop vite à un âge où les autres s'amusent? Qu'il s'est échappé, a mis un point final au village, sa langueur, pour être plus heureux, sans jamais y parvenir? Manuel tente de vaines explications. Il raconte une existence somme toute banale, sans gaieté, peut-être trop sage. La maladie, les incompréhensions, les ratages; tracas ordinaires qu'on préférerait voir empilés dans un carton pour courir vers un avenir plus doux. Ne pas refaire l'histoire. Ne pas finir par imiter ce qui nous a fait horreur. Mais une fois l'histoire achevée, que deviennent les personnages? Et saura-t-on répondre à cette question? Bernardo Toro raconte la répétition d'une vie d'homme, ses tentatives avortées pour ne pas réécrire le passé, pour prouver que lui sait être heureux. C'est le roman d'un homme ordinaire écrit de manière extraordinaire: les mots tremblent, la ponctuation se défile et la phrase est sur le point d'éclater, alors que se déroule le fil ininterrompu de la narration. Le quotidien implose et cette vie de fils à fils prend alors toute sa tournure dramatique


- Démunis
de Katharina Hacker
Éditions 10-18 / Février 2010


Le 11 septembre 2001, à Berlin, Isabelle et Jakob se retrouvent lors dune soirée chez une amie commune. Très vite, ils se marient et s'installent à Londres ou Jakob rejoint un cabinet d'avocats. L'avenir leur sou-rit, mais comment trouver le bonheur, quand on est trop préoccupé à tenir à distance le monde, les autres? Une faille apparaît dans leur relation, faite de nostalgie et de non-dits. Peut-être ont-ils négligé de chercher à se connaître.


- Dieu voyage toujours incognito
de Laurent Gounelle
Éditions Anne Carrière / Février 2010


Imaginez: un homme vous sauve la vie, en échange de votre engagement de faire tout ce qu'il vous demandera. Cela, pour votre bien. Le dos au mur, vous acceptez et vous vous retrouvez embarqué dans une incroyable situation où tout semble vous échapper. Vous n'êtes plus le maître de votre existence, et pourtant, à bien des égards, elle est plus excitante qu'auparavant! Toutefois, peu à peu, le doute s'installe en vous:quelles sont les intentions réelles de cet homme? Qui est-il vraiment? Et qui sont les personnages énigmatiques de son entourage? Les découvertes que vous faites n'ont rien pour vous rassurer. Cette histoire, qui évolue dans l'atmosphère envoûtante d'un été parisien, ouvre la voie à la plus belle des réflexions sur nous-mêmes: qu'est-ce qui peut nous permettre de dépasser nos inhibitions, nos peurs et nos conditionnements, pour sortir du chemin tout tracé d'une destinée qui ne nous apporte pas pleinement satisfaction?


- Encerclement
de Carl Frode Tiller
Éditions Stock / Février 2010


Nous sommes à Namsos, en Norvège. David, un ancien étudiant en lettres brillant, a perdu la mémoire. Lorsque ses proches apprennent la nouvelle dans la presse, ils vont tenter de réveiller ses souvenirs en lui racontant sa vie dans des lettres qui décrivent aussi leurs propres existences. Jon d'abord, jeune homme paumé, en rupture avec son entourage, et qui a un temps vécu une histoire charnelle avec David, une histoire adolescente pleine de fantasmes inspirés de la Beat generation. Puis Arvid, le beau-père pasteur avec qui il a entretenu des relations tendues, et que la mort de sa mère, décédée soudainement, a soudainement interrompues. Silje enfin, jeune femme envoûtante et manipulatrice, méprisante à certains égards pour le milieu populaire dont il est issu, vient lui rappeler leurs jeux artistiques et morbides. À travers ces trois personnages perdus dans leurs propres vies, va se révéler un portrait incertain, flou et complexe.


- Esprit chien
de Luc Lang
Éditions Stock / Février 2010


Rien. Pas une thalasso ou encore moins un casino ne poussera sur les terres des Buzzati. Dante Buzzati ne se laissera pas flouer. Cette propriété familiale de Neuilly-sur-Seine, c'est à la sueur de son front et à son génie canin que son père Ettore l'a conquise. Hélas, dans les redoutables plans de Dante, il y a une faille: les femmes. Alors quand apparaît Anne-Laure Chinon, beauté froide et enjôleuse, souvenir troublé de l'enfance, dans la maison d'à côté, son ardeur à défendre l'héritage familial s'en trouve quelque peu ébranlée. Entre le fils de l'ouvrier monobras et sa "mitoyenne" smart vont se nouer des relations ambiguës, à la fois cordiales, intimes et professionnelles. Alors que Dante, graphiste de son état, avait abandonné l'idée même de poursuivre la quête paternelle de la psychologie canine, il va, sous le regard excédé de sa fille adorée, se lancer dans une aventure orchestrée par la flamboyante voisine. Un atelier prisé par le tout-Neuilly et exclusivement dédié au meilleur ami de l'homme, un centre délirant d'expérimentations holistico-mystiques où maîtres et chiens ne font qu'un. Une "assoce" à but non-lucratif. Jusqu'au scandale financier. Roman drôle, noir et grinçant, miroir canin d'un monde contemporain cruel, intriguant, cynique et impitoyable, où l'on s'enthousiasme de sa propre vacuité, conjuguant sur tous les registres, langagiers et symboliques, nos liens aux animaux et nos représentations de l'animalité. Une langue fracturée, crue, épique et surtout tragiquement drôle qui satisfera les fervents lecteurs de Luc Lang. Le chien, prétexte à cette épopée burlesque, rassemblera le plus grand nombre: ceux qui l'exècrent trouveront de quoi alimenter de manière sadique ce dégoût, les aficionados y liront une fable canine extravagante et parfois touchante.


- Et les hommes sont venus
de Chris Cleave
Éditions Nil / Février 2010


Pour sauver leur mariage, Sarah et Andrew partent en voyage au Nigéria. Mais sur une plage, un événement va faire basculer leur vie: la rencontre d'une Nigérienne de seize ans, Petite Abeille, qui tente de fuir avec sa sœur les hommes qui ont décimé leur village. Deux années plus tard, Petite Abeille, réfugiée clandestinement à Londres, vient habiter chez Sarah. L'une tente d'échapper aux terreurs du passé, l'autre essaye de reconstruire une vie qui a volé en éclats depuis le suicide de son mari. Mêlant humour et désespoir, Chris Cleave nous parle ici du dilemme de la compassion, pris entre la tentation de l'égoïsme et celle du sacrifice au nom de la liberté.


- Fais de beaux rêves
de Pierre Lagier
Éditions Buchet Chastel / Février 2010


Au réveil, la première pensée de Pierre est pour son grand-père. Pensée insistante qui ne va pas le quitter de la matinée. À midi, relevant son courrier, il découvre une lettre de son grand-père. Étrange. D'autant que le vieil homme est décédé depuis déjà longtemps. Cette lettre, première d'une série, met en garde son petit-fils sur le sens qu'il est en train de donner à sa vie et l'exhorte à profiter du présent. À ce mystère va bientôt s'en ajouter un autre quand Pierre réalise qu'une jeune femme, rencontrée par hasard dans la file d'attente d'un grand magasin, le suit. Ménageant ses effets et distillant progressivement indices et explications, Fais de beaux rêves tient le lecteur en haleine. Habilement construit, agréable à lire, ce court roman fait penser, par bien des aspects, aux nouvelles d'Anna Gavalda.


- Faubourgs d'Armentières
de Alain Demouzon
Éditions Fayard / Février 2010


Dans les faubourgs d'Armentières, le 28 mai 1940, commença la captivité de mon père, mais, surtout, l'histoire de sa captivité, l'histoire de ses histoires, racontées à table, et que ses enfants n'écoutaient plus, croyant trop bien les connaître. Il évoquait ses racines paysannes, la Grande guerre, l'occupation, les amis d'outre-Rhin redevenus ennemis, la destinée de familles sans éclat ni destin spectaculaire. La vie de ceux qui ne cherchent pas la gloire et ne laisseront aucun nom dans l'histoire ne mérite-t-elle pas d'être connue? Ces récits auxquels je ne prêtais guère attention, il me faut maintenant tenter de les rebâtir; tenter de ne rien oublier de ce que je n'ai pas vécu.


- Flight
de Sherman Alexie
Éditions 10-18 / Février 2010


Seattle, 2007. Spots, le narrateur, est un jeune délinquant, orphelin depuis l'âge de six ans. Mi-Indien, mi-Irlandais, il se revendique comme un ciel vide, une éclipse solaire. De sa mère, il a hérité ses yeux verts, de son père, une acné sévère. À quinze ans, il a déjà vécu dans vingt familles d'accueil, fréquenté vingt-deux écoles, et tout ce qu'il possède tient dans un sac plastique. Un jour de haine intense, il braque une banque et récolte une balle dans la tête qui le propulse au cœur d'un étrange voyage dans le temps, à travers les périodes les plus troubles de l'histoire américaine, vers une possible rédemption.


- Intrusion
de Elena Sender
Éditions XO / Février 2010


Beaucoup rêvent d'oublier le passé. Cyrille, elle, voudrait bien se souvenir. Que lui est-il arrivé durant ces dix années qui sont comme un trou noir dans sa vie? Brillante neuropsychiatre, spécialiste des troubles de l'âme, Cyrille Blake reçoit un nouveau patient: Julien Daumas. Très séduisant, mais obsessionnel, impulsif, le regard inquiétant. D'emblée, il la tutoie, lui dit qu'il la préférait avec ses cheveux blonds. Cyrille est pourtant sûre de n'avoir jamais vu cet homme. En vérifiant dans ses dossiers, elle doit se rendre à l'évidence: elle l'a soigné lorsqu'elle terminait son internat de médecine. Comment peut-elle ne plus s'en souvenir? Déstabilisée, Cyrille fouille son passé et découvre l'impensable: elle a oublié des pans entiers de son existence. C'est incompréhensible. D'autant qu'au même moment, des événements inhabituels surviennent autour d'elle. Épiée en permanence, traquée jusque dans son appartement, Cyrille croit devenir folle. Il faut qu'elle retrouve la mémoire. Coûte que coûte. Sauf que dans certains cas, il vaut mieux ne jamais se souvenir car, parfois, l'oubli est la seule solution pour continuer à vivre.


- Knut Hamsun, rêveur et conquérant
de Ingar Sletten Kolloen
Éditions Gaïa / Février 2010


Knud Pedersen était fils de paysans pauvres. Il allait devenir sous le nom de Knut Hamsun un écrivain de renommée mondiale. Prix Nobel de littérature en 1920, l'auteur de Faim fut une gloire pour son pays, la Norvège. L'homme au caractère entier et fougueux fut intransigeant dans sa vie familiale comme dans celle d'homme de lettres. Knut Hamsun fait figure de génie littéraire et de symbole d'ascension sociale. Jusqu'à ce que sa passion pour l'Allemagne lui fasse prendre position en faveur de Hitler. Sa collaboration pendant la guerre lui vaudra un procès retentissant. Nourri d'archives et de documents inédits, cette biographie retrace l'existence foisonnante de l'écrivain et de l'homme, et apporte un nouvel éclairage sur son parcours, jusque dans ses pires errances.


- L'accordeur de pianos
de Pascal Mercier
Éditions 10-18 / Février 2010


Le célèbre ténor Antonio di Malfitano est abattu en pleine représentation de Tosca à l'Opéra de Berlin. Qu'est-ce qui a donc poussé au crime Frédéric Delacroix, accordeur de piano réputé mais piètre compositeur? Ses enfants, des jumeaux, regagnent la maison familiale pour affronter enfin leur histoire, huis clos dont la musique pourrait bien être le remède autant que le poison.


- L'ordre
de Bruno Lafourcade
Éditions Brumerge / Février 2010


À cinquante-quatre ans, le journaliste Daniel Peyrehorade traverse une crise morale qui prend le visage banal d'une rivalité professionnelle. C'est qu'il ne reconnaît plus "L'Aube", où il est entré après mai 68, et qui ne serait plus, sous le règne d'anciens gauchistes, qu'un robinet de propagande conformiste et vertueux; mais c'est le monde, plus largement, qu'il ne reconnaît plus. Aussi, au moyen d'un collage de monologues, d'articles, de conversations, de slogans, il dresse la liste des opinions les plus déplaisantes qui l'habitent; qui l'opposent à la direction de son journal autant qu'à la société, puisque l'une et l'autre lui sont devenues étrangères.


- La panthère
de Stéphanie des Horts
Éditions JC Lattès / Février 2010


Voici, pour la première fois exhumé, le fabuleux destin de Jeanne Toussaint. Au point de départ dece roman vrai, une fillette Flamande, née avec le vingtième siècle et qui grandit à Bruxelles au milieu des dentelles. Sa mère confectionne les plus beaux motifs que son père va vendre sur les marchés. Et puis un jour le drame: le père tombe malade, la famille vole en éclats. Jeanne Toussaint n'a qu'une idée, fuir. À seize ans, aussi jolie que déterminée, elle rencontre un déserteur français qui l'emmène à Paris, lui promet le mariage, la grande vie et se fiance à une autre. Jeanne se console auprès de sa grande sœur, exilée elle aussi, qui lui enseigne les us et coutume du demi-monde. Mais la guerre sonne le glas de tous les plaisirs. Dans un Paris meurtri, la jeune femme rencontre celui qui sera son grand amour, Louis Cartier, le"joaillier des Rois". Amant, démiurge, complice, Louis enseigne à Jeanne les pierres précieuses et les alliages mystérieux. Ensemble, ils seront à l'origine de bijoux fabuleux. Oiseaux de paradis, parures indiennes, bracelets à géométrie variable et surtout la fabuleuse panthère. Mais le sort s'acharne: Louis quitte Jeanne. Il lui offrira néanmoins la direction de la Haute Joaillerie. Peu à peu, il lui abandonne les rênes de la maison qu'elle anime corps et âme, insufflant à la création son génie, sa modernité, un esprit de résistance qui pendant les années sombres auraient pu lui être fatals si une certaine Coco Chanel ne l'avait pas sauvée des griffes des nazis. Une restitution fascinante du Paris mythique où l'on croise Proust, Cocteau, Hemingway, les Fitzgerald, Dior, la duchesse de Windsor. Un magnifique portrait de femme qui traversa le siècle, la tête haute, abandonnant dans son sillage un parfum de diamants et d'élégance.


- La vie sexuelle d'un américain sans reproche
de Jed Mercurio
Éditions Belfond / Février 2010


Rongé par la maladie, gavé de somnifères, d'amphétamines, d'antidouleurs, serial-séducteur que seule la satisfaction de ses irrépressibles pulsions sexuelles pouvait apaiser, voici John Fitzgerald Kennedy, 35e Président des États-Unis. Tout au long d'un hallucinant voyage au cœur du pouvoir, Jed Mercurio révèle les ambiguïtés de la First Lady, l'entourage complaisant, la cohorte des Drs Feelgood, les fausses amitiés, le linge sale du Gotha hollywoodien, les enquêtes de la CIA les dessous de la crise de Cuba. Déconstruction d'un mythe et naissance d'un homme au courage parfois surhumain, La Vie sexuelle d'un Américain sans reproche ou quand la fiction dépasse de loin une réalité trop parfaite.


- Le bureau vide
de Frank de Bondt
Éditions Buchet Chastel / Février 2010


Marc Deleuze, DRH de la Maison, découvre un beau matin son bureau vidé. La porte a été déposée. Il ne reste plus que la moquette. Décidé à ne pas céder, il va vivre des mois de jouissive résistance face à l'hostilité, l'indifférence et l'embarras de ceux et celles qui furent ses collègues au sein de la direction du groupe. On veut l'ignorer mais lui observe tout, d'un oeil lucide et féroce. Chaque jour il s'installe entre ses quatre murs, seul avec la chaise en PVC qu'il a dégotée non sans mal au sous-sol. Dans son bureau vide, sans téléphone, il lit le journal ou fait balcon, à califourchon sur sa chaise, devant le couloir qui traverse la direction générale où Numéro Un a remplacé, à la faveur d'une OPA, son ami Bertrand. Narguer est un exercice captivant mais accaparant. Le désœuvrement ne s'improvise pas non plus, il exige une véritable organisation. Mais une fusion peut en cacher une autre.


- Le gang des mégères inapprivoisées
Ou comment kidnapper un mari quand on n'a rien pour plaire
de Tom Sharpe
Éditions Belfond / Février 2010


Dans le Northumberland, depuis des générations, les dames Grope font régner la terreur autour d'elles. Signes distinctifs: un physique ingrat, une nature antipathique et des pulsions castratrices inversement proportionnelles à leur volonté de se reproduire. Qu'à cela ne tienne. Chez les Grope, on kidnappe les hommes de mère en fille. Une coutume familiale dont le jeune Esmond Burnes va faire les frais. Fils unique d'une toquée de romans à l'eau de rose et d'un petit banquier terne et disgracieux, Esmond est forcé de se réfugier chez son oncle suite à une agression alcoolisée de son père. C'est là que l'innocent garçon va tomber entre les griffes de sa tante Belinda, née Grope, épouse frustrée et ménagère forcenée. Disparitions suspectes, soûleries aggravées, accès de folie, torrides parties de jambes en l'air. Même la police va perdre le fil. Mais y aura-t-il quelqu'un pour sauver Esmond Burnes?


- Le mec de la tombe d'à côté
de Katarina Mazetti
Éditions Gaïa / Février 2010


Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire de métier, et citadine pragmatique, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance. Au cimetière, elle rencontre le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que la tombe avec sa stèle tape-à-l'oeil. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, de façon assez rustique, et grâce à une bonne dose d'humour et d'auto-dérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il s'énerve contre la "Crevette" qui occupe le banc au cimetière avec lui, avec son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Rien, a priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d'un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres,pour qu'ils soient tous deux éblouis. C'est le début d'une histoire d'amour assez cocasse. Ils sont tout le contraire l'un de l'autre. Elle ne sait pas cuisiner, il lit tout au plus un livre par an. Elle veut aller à l'opéra, lui doit traire les vaches. Il traîne avec lui une odeur d'étable, elle vit dans un appartement aseptisé. Mais leur passion amoureuse est sans bornes. Roman d'amour drôle, tendre, à l'humour décapant, Le mec de la tombe d'à côté touche pourtant là où ça fait mal: ce fossé qui sépare les catégories sociales. On ne peut plus contemporain.


- Mademoiselle des palissages
de Martine Marie Muller
Éditions Robert Laffont / Février 2010


Patriarche hautain et cassant, craint et révéré de tous au château, le marquis de Miromesnil est un aristocrate normand à l'esprit volontiers conservateur, qui se montre moins intéressé par la conduite des destinées humaines que par sa vigne, la Viévigne, à laquelle il consacre le plus clair de son temps. Étrange et funeste lien que celui qui unit si inextricablement le vieil homme à sa terre plutôt qu'aux siens. Ne prétend-on pas, d'ailleurs, que: "Le vin, c'est le désordre"? Noël est le petit dernier des Miromesnil, le ravisé, comme on a coutume d'appeler l'enfant non désiré, advenu sur le tard. Solitaire et mélancolique, le jeune homme éprouve une aversion profonde pour la passion exclusive et dévorante de son marquis de père. Au point qu'un jour, il en vient à souhaiter publiquement que quelque cataclysme les délivre de la tyrannie de la vigne. Peu de temps plus tard, l'hiver 1684, la malédiction prédite par le fils maudit se produit: un froid polaire s'abat durant plusieurs mois sur la Normandie; la Viévigne ne s'en relèvera jamais. Si le père et son fils ne sont plus là pour conter la tragédie qui s'ensuivit, la servante des Miromesnil, témoin privilégié et héroïne à part entière du drame, se souvient. "Mademoiselle des palissages", comme l'avait surnommée le marquis pour son habileté à soigner la vigne, rend le plus vibrant des hommages à l'enfant réprouvé du château, dont elle était secrètement éprise. Avec Mademoiselle des palissages, roman historique au récit haletant, Martine Marie Muller inaugure de brillante manière sa Trilogie des servantes.


- Maître de soi
de Emmanuel Pierrat
Éditions Fayard / Février 2010


Ils pleurnichent, s'indignent, se moquent, plaident leur cause d'une voix vibrante ou confessent les pires crimes d'un air détaché. Parfois ils embrassent leur avocat en l'appelant "mon sauveur" et le demandent en mariage. Ce sont les clients de maître Pierrat, belle brochette de gens potentiellement normaux mais qu'un différend passager avec un ou plusieurs de leurs semblables fait apparaître sous un jour surprenant. Mais il y a plus surprenant encore: Emmanuel Pierrat les aime, ces spécimens humains qui viennent quotidiennement poser sur son bureau leur lot de problèmes en tous genres. Est-ce parce qu'il écrit? Ne serait-il pas devenu avocat pour mieux nourrir son imagination d'écrivain? Ou alors écrivain pour mieux plaider la cause des hommes?
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 27 Juin - 9:56

- Paddy Clarke ha ha ha
de Roddy Doyle
Éditions Robert Laffont / Février 2010


Paddy Clarke, dix ans, raconte sa vie au jour le jour entre l'école, la maison et sa bande de copains. Il passe son temps à imaginer les coups les plus tordus possibles. La vie est une longue suite d'exploits, de défis et d'aventures vécus dans les chantiers des nouvelles maisons en construction, les boutiques de Barrytown ou les terrains vagues. À la maison, Paddy perçoit les tensions entre ses parents. Il surprend des échanges qui l'inquiètent, anticipe les humeurs changeantes de son père, les silences de sa mère. Mais il oublie tout dès qu'il file rejoindre ses complices. Dans la bande, il y a Kevin, le dur, les frères O'Connell, Liam et Aidan, dont la mère est morte et le père force sur la bouteille, et Ian McEvoy, le souffre-douleur. Paddy emmène son petit frère, qu'il appelle Sinbad, partout avec lui. Il le brutalise et l'adore tout à la fois. Les sensations, les pensées et le langage de l'époque sont saisis avec justesse, dans une économie de moyens qui fait la force de l'histoire. Dans ce roman attachant, Paddy est à cheval entre enfance et adolescence, tendresse et cruauté, intelligence et stupidité, pour le meilleur et son contraire.


- Que s'ouvre l'horizon
de Karl-Heinz Ott
Éditions Phébus / Février 2010


Le diagnostic des médecins est formel: la mère va mourir, dans quelques semaines tout au plus. Son fils unique se doit de revenir au pays natal afin de l'accompagner dans ses derniers instants.  L'homme n'y était pas retourné depuis plusieurs décennies. Il avait fui l'univers clos et asséché d'un village souabe dont le catholicisme à la poigne de fer et la morale étroite avaient depuis longtemps condamné sa mère célibataire, tout comme lui, l'enfant naturel. Au chevet de celle-ci, le voilà confronté à sa mémoire, de même qu'à une femme qui fut à la fois le pivot de sa vie et son ennemie dévorante. Se libère-t-on jamais de ses origines, de son ascendance? Est-il possible d'embrasser d'autres horizons? Dans un roman tendu et poétique, Karl-Heinz Ott aborde ces questions avec une sincérité et une finesse qui forcent l'admiration. On comprend que le livre ait été couronné en Allemagne par le prestigieux prix Hölderlin.


- Réparateur de destin
de Cyrille Fleischman
Éditions Fayard / Février 2010


Du côté de la Samaritaine et du boulevard Sébastopol, c'est tout un monde ashkénaze qui vivote et revit à son rythme, celui de l'après-guerre. Boutiquiers, secrétaires, petits commerçants, plumitifs ou sommités universitaires méconnues recherchent une certaine joie de vivre. Comment obtenir un peu de reconnaissance? Comment échapper à la solitude et aux enquiquineurs? Les petites gens mises en scène avec humour et tendresse par Cyrille Fleischman s'emploient à ravauder les liens familiaux et amicaux, et à réparer leur destin. Au prix d'efforts, d'astuces et de petits verres de Slivovitz, elles y réussissent.


- Sahara
de Luis Leante
Éditions Robert Laffont / Février 2010


Une femme d'une quarantaine d'années, Montse, s'éveille dans un hôpital perdu du Sahara-Occidental, entre le Maroc et l'Algérie. Jour et nuit, une infirmière veille à ses côtés, écoute ses paroles décousues. Qui est cette étrangère? Que faisait-elle au beau milieu du désert, piquée par un scorpion? Qui sont les ravisseurs qu'elle défie dans son délire? Quelques mois plus tôt, aux urgences d'un hôpital de Barcelone: parmi les affaires d'une patiente algérienne, Montserrat Cambra, médecin, découvre la photo de Santiago San Román, son premier amour. Elle le croyait exécuté en 1975 pour collaboration avec le Front Polisario. Pourtant, au dos de la photo figure cette date: 1976.  Bouleversée, Montse prend la décision de partir à la recherche de Santiago dans les camps de réfugiés sahraouis, ou il aurait refait sa vie sous une nouvelle identité. Deux époques et deux personnages se croisent dans ce roman: Montse, lors du passage à l'an 2000, et Santiago San Román, légionnaire en 1975, alors que s'amorce la chute du régime franquiste. Un dialogue qui n'a jamais eu lieu se noue au fil du roman entre les deux anciens amants.


- Saules aveugles, femme endormie
de Haruki Murakami
Éditions 10-18 / Février 2010


Une femme endormie sous l'emprise de saules aveugles. Un fantôme surpris par un gardien de nuit.  Un écrivain possédé par le personnage qu'il vient de créer. Sur le fil secret qui enlace le rêve à la réalité, les êtres de Murakami passent en funambules d'une nouvelle à l'autre, et nous emportent avec fièvre dans les abîmes hypnotiques de notre conscience.


- Toujours plus vite
de Luke Davies
Éditions Héloïse d'Ormesson / Février 2010


Génie de l'aéronautique et de l'aviation, réalisateur et producteur sulfureux, insatiable séducteur, l'excentrique milliardaire Howard Hugues est une légende américaine. Autobiographie romancée, Toujours plus vite adopte le regard de cette personnalité flamboyante à l'orée de son existence, quand, de la démesure d'une vie tumultueuse, il glisse dans la démence. Paranoïaque, rongé par ses phobies, Howard Hughes plonge au plus profond de ses névroses, dans l'envers de ce décor à paillettes. Un portrait trépidant d'une figure mythique, fatiguée et lucide. Un dernier souffle.


- Tout contre
de Marie-Florence Gros
Éditions Héloïse d'Ormesson / Février 2010


Nestor lutte contre un trafic de filles de l'Est. Andréa est écrivain. Ils pourraient former un couple ordinaire et vivre une histoire normale, mais le temps semble leur échapper. Un rien les sépare, à moins que ce ne soit un monde. Le roman qu'Andréa écrit se réfléchit peu à peu dans la réalité et interfère dangereusement avec le combat de Nestor. Les deux amants parviendront-ils à déjouer les mauvais tours du destin? D'une audacieuse architecture et d'une grâce inouïe, Tout contre est un hymne au présent, aux sentiments qui transcendent le temps.


- Un train pour Trieste
de Domnica Radulescu
Éditions Belfond / Février 2010


Roumanie, 1977. Mona, impulsive gamine de dix-sept ans, aime Mihai. Mais autour d'eux, le monde semble chaque jour un peu plus sombre et l'étau de la dictature chaque jour plus insupportable. La police secrète guette à chaque coin de rue et Mona vit dans l'angoisse que la machine à écrire de son père dissident ne soit découverte, cachée dans le four. Ou pire, comme le lui suggèrent ses amis, que Mihai lui-même fasse partie de la Securitate. Alors, pressée par ses parents, Mona va devoir fuir. Munie d'un passeport obtenu à la sauvette, elle réussit à prendre le fameux "train pour Trieste". Seule, terrifiée, sans avoir pu dire au revoir à Mihai. Des années plus tard, installée aux États-Unis, professeur d'université, mère de deux enfants, Mona comprend qu'elle doit retourner dans ce petit village des Carpates où elle avait rencontré Mihai, pour découvrir la vérité sur son premier amour.


- Une éducation
de Nick Hornby
Éditions 10-18 / Février 2010


Adapté des mémoires de la journaliste britannique Lynn Barber, Une éducation raconte l'entrée dans l'âge adulte d'une jeune fille brillante, qui se laisse séduire par un homme plus âgé pour échapper à l'ennui. Mais David est à la fois bien plus et bien moins que ce qu'il prétend.Nick Hornby signe un scénario drôle et provocant, qui capture à merveille l'atmosphère d'un pays sur le point de quitter la morosité d'après-guerre et d'entamer une brillante décennie.


- Une femme raisonnable
de Kate Jennings
Éditions Les Deux Terres / Février 2010


Kate Jennings, écrivain irascible et cynique avouée, déclare qu'elle ne succombe pas à la sensiblerie: elle refuse de lire Les Quatre Filles du docteur March, elle ne pleure pas au cinéma et elle ne supporte ni les Américains au cœur tendre qui résident à New York, sa ville d'adoption, ni leurs caniches choyés. Dans ce récit plein d'esprit, bouleversée par la mort de son époux et par les attentats du 11 septembre, elle affronte son chagrin et se pose des questions fondamentales. Une femme raisonnable est la chronique lucide et ironique d'un voyage personnel: un déménagement éprouvant, un séjour à Bali, et un mélange improbable d'amis, de border terriers fougueux et de macaques à queue de cochon qui entrent dans sa vie et l'aident à surmonter sa peine.


- Une prière pour Nacha
de Frédéric Brun
Éditions Stock / Février 2010


Dans ce nouveau récit, il fouille la mémoire dans ce qu'elle a de plus intime, de plus insaisissable, à travers le personnage de sa tante Nacha, atteinte d'Alzheimer. Alors que la maladie multiplie les absences, fragmente l'existence jusqu'à la vider, la déshumaniser, il s'interroge sur ce qu'est un être sans mémoire. Comment en retracer le parcours? Comment lui rendre sa dignité? Quelle prière lui adresser? Il s'aperçoit alors que la mémoire familiale ne lui a été transmise ni par sa mère, Perla, ni par sa tante, nées de parents juifs polonais. De nombreuses questions le traversent: en l'absence de gestes, de récits, de rites ou de liturgie, la "mémoire juive" peut-elle se transmettre par les gènes? À quelle croyance se rattacher lorsque l'on naît d'un père chrétien et d'une mère juive? Peut-on trouver une autre foi grâce à des philosophes comme Maimonide et Spinoza? À partir de photographies, de livrets, d'actes d'état-civil, de documents administratifs, il mène une enquête sur ses origines qui le conduit aux rues du Marais, au Mémorial Juif, à Ribérac, à Lyon, jusqu'au cimetière polonais d'Olkusz. Peu à peu, l'arbre généalogique se ramifie. Réapparaît une communauté perdue de vue.  Chemin faisant, il écrit un livre yizkor, un livre de prière en la mémoire de Nacha, mais aussi envers ceux de sa famille qu'il n'a pas connus. Il allume une lumière pour la vie.


- Une vie sur le Bosphore
de Irfan Orga
Éditions Les Deux Terres / Février 2010


Irfan Orga naît dans une famille prospère, au crépuscule de l'Empire ottoman. Sa mère, une jeune beauté mariée à treize ans, vit retirée du monde, comme il convient aux femmes turques de sa condition. Sa grand-mère paternelle règne sur la famille, en autocrate excentrique et capricieuse, déterminée à préserver coûte que coûte les traditions de son milieu. Lorsqu'éclate la Première Guerre Mondiale, la famille est forcée de s'adapter à une existence jusqu'alors inconnue. Le Sultan est renversé, la Turquie devient une république et leur univers feutré bascule. C'est dans ce contexte tourmenté, émaillé de violences, de ruptures et d'actes de courage, qu'Irfan Orga construit son existence, jusqu'à son arrivée à Londres, en 1942. Sept ans plus tard, il écrit le récit de sa vie sur le Bosphore.


- Victoria
de Knut Hamsun
Éditions Gaïa / Février 2010


"Avez-vous déjà, ne fût-ce qu'une seule fois, vu un homme épouser celle qu'il aurait dû?" Elle est la fille du châtelain; il est le fils du meunier. Ils s'aiment et tout les sépare, leur famille comme leur statut social. Dans une Norvège petite-bourgeoise et piétiste, deux êtres s'aiment et se déchirent sous le joug de leur indomptable orgueil. Traversé de rêveries exaltantes, ce roman d'un amour impossible fut écrit en 1898. Knut Hamsun y dresse un portrait splendide et cruel d'amants romantiques dévorés par le malheur d'aimer.


- Voyage en Avril
de Nicole Avril
Éditions Plon / Février 2010


J'avais besoin de parler de toi, mon père, et j'ai commencé à parler d'elle, de ta mort. En avais-je le droit? Je n'écris pas contre l'oubli, aussi longtemps que mon cerveau vivra dans un semblant d'ordre, je me souviendrai. Je n'écris pas pour transmettre une expérience originale, c'est au contraire sa banalité qui la rend à mes yeux extraordinaire. Je n'écris pas dans l'espoir de te retrouver. J'écris pour te trouver. Et peut-être pour me trouver. Je t'ai aimé, je t'ai aimé plus fort et même plus passionnément que je ne l'ai cru, cependant je ne t'ai jamais connu. Tu m'as toujours paru impénétrable. Sans doute chaque père donne-t-il à chaque enfant, à chaque fille, à chaque fille unique, le sentiment d'être une énigme?


- Ce soir, je vais tuer l'assassin de mon fils
de Jacques Expert
Éditions Anne Carrière / Janvier 2010


Quand son fils meurt, renversé par un chauffard qui a pris la fuite, Antonio Rodriguez jure à sa femme qu'il le vengera. Tandis que l'enquête piétine durant des mois, il en vient à soupçonner un cadre supérieur de sa propre entreprise, dont l'attitude à son égard lui paraît suspecte.Pourtant, un jour, les gendarmes l'informent qu'ils viennent d'arrêter le coupable. Les preuves sont formelles, l'homme est même passé aux aveux. Mais ce n'est pas le même individu. Dans ce roman à quatre voix (Antonio et sa femme, Sylvia, Jean-Pierre, le fuyard, et son épouse, Christine), se noue un ballet macabre sur le thème de la justice personnelle, au rythme crescendo d'une question qui fera basculer leur destin à tous: qui Antonio Rodriguez tuera-t-il ce soir?


- Comme personne
de Hugo Hamilton
Éditions Phébus / Janvier 2010


Au crépuscule de la Seconde Guerre Mondiale, Maria Liedmann fuit les ruines d'un Berlin dévasté. Elle vient de perdre son petit garçon lors d'un bombardement. Il s'appelait Gregor, il avait à peine trois ans. Dans son errance vers le sud du pays, Maria, esseulée, bouleversée, retrouve son père, Emil. Bien déterminé à redonner le sourire à sa fille, il saisit sa chance, lorsque, dans la marée humaine des fuyards, le destin lui fait croiser la route d'un orphelin du même âge que Gregor. Il met la main de l'enfant dans celle de Maria. Le petit s'appellera Gregor. Il sera son fils. Personne ne s'en rendra compte. Soixante ans plus tard, ce souvenir hante encore la mémoire de Gregor. Cette route, ce grand-père, cette femme qu'il pense être sa mère. Cette mère qui, il en est certain, lui a toujours caché quelque chose. Sa judéité. Il est aujourd'hui professeur de musique, divorcé, il est devenu père aussi. Mais jamais il n'a trouvé la paix, sans cesse anéanti par le tourment de ses origines.  Profitant d'une journée avec sa famille et ses amis dans la quiétude d'un verger, il se penche sur son existence. D'où vient-il? À quel peuple est lié son destin? Pourquoi a-t-il l'impression de n'être comme personne?



- Fantômes d'hiver
de Kate Mosse
Éditions JC Lattès / Janvier 2010


La Grande Guerre a fauché toute une génération, tué net tant de futurs. Dans le cas de Freddie Watson, jeune Anglais du Sussex, elle lui a pris son frère bien-aimé et ce faisant, lui a volé la paix de l'esprit. Hanté par cette disparition, craignant pour sa santé mentale, il erre sans savoir comment échapper à cette douleur qui le paralyse. Durant l'hiver 1928, Freddie voyage dans le Sud de la France, une autre région qui a vu couler trop de sang au cours des siècles, quand sa voiture quitte la route durant la tempête. Encore sous le choc, il s'enfonce en chancelant dans les bois et trouve refuge dans un village isolé. Là, lors d'une étrange soirée, il rencontre Fabrissa, une belle jeune femme qui pleure elle aussi toute sa génération perdue. Au cours d'une seule et même nuit, Fabrissa et Freddie se confient mutuellement leur histoire. Au point du jour, Freddie se retrouve devant un mystère déchirant dont lui seul détient la clef.


- Je n'ai pas dansé depuis longtemps
de Hugo Boris
Éditions Belfond / Janvier 2010


Ivan est désigné pour être le premier homme à rester plus de quatre cents jours en orbite autour de la Terre. Un homme ordinaire, marié, père de deux enfants, quitte la planète. Tandis que l'Empire soviétique plonge dans le chaos, il tourne sans fin. Pour lui, le Soleil se lève et se couche seize fois par jour. Au fil du temps, il perd le sommeil, l'odorat, le goût. Sa colonne ne le porte plus. Sa raison vacille. Il s'entraînait depuis des années, l'esprit entièrement tendu vers le cosmos. Maintenant, il n'a d'yeux que pour la Terre. Elle lui manque comme une femme.


- Je reviens bientôt
de Hugues Royer
Éditions Michalon / Janvier 2010


Malgré le balancement de l'autocar, j'écris. Mon bloc-notes sur les genoux, j'écris. J'écris parce que mon père est encore en vie. Pour qu'il ne meure pas. Quand j'écris, je ne me disperse plus. J'exorcise ma peur de le voir disparaître. Je lui insuffle l'énergie des mots dans les veines. Si je le lâche d'une semelle, il pourrait s'endormir dans un irrévocable sommeil. Septembre 2008. L'auteur apprend que son père est atteint d'un cancer, selon le pronostic médical, son espérance de vie n'excédera pas six mois. Dévasté par cette nouvelle, il mobilise toutes ses forces pour déjouer la fatalité, espérant un miracle qui pourrait empêcher l'issue fatale. Entre les deux hommes, que tout a longtemps opposés, un dialogue se tisse, les liens se resserrent. Le fis découvre un père insoupçonné.


- La douleur de l'absence
de Lynne Griffin
Éditions Belfond / Janvier 2010


Quand Tessa entre dans le cabinet de Celia, thérapeute, elle espère trouver des réponses aux questions qui la hantent depuis l'accident ayant coûté la vie à sa petite fille de quatre ans: qui peut bien être ce chauffard qui roulait aussi vite devant l'école maternelle? Et comment a-t-il pu s'enfuir alors qu'Abby gisait sur la route? Pourquoi la police a-t-elle laissé tomber l'enquête? Et, surtout, comment continuer à vivre sans Abby? Au fur et à mesure des séances se crée entre les deux femmes un lien de confiance, et même d'affection. Car Celia est la mieux placée pour comprendre Tessa: elle-même a perdu une petite fille, emportée par la maladie. Mais, ce que toutes deux ignorent, c'est qu'elles ont plus en commun qu'un impossible deuil. Alors que Tessa poursuit sa quête désespérée d'apaisement, elle va mettre au jour une terrible vérité qui fera tomber toutes leurs certitudes.


- La Mer Noire
de Kéthévane Davrichewy
Éditions Sabine Wespieser / Janvier 2010


En ce jour d'anniversaire, la première pensée de Tamouna est pour Tamaz. Cet homme, qu'elle a rencontré l'été de ses quinze ans à Batoumi et qu'au fil des années elle n'a cessé d'attendre, s'est annoncé à la fête qui se prépare. Dans un demi-sommeil, la vieille dame se souvient de leurs amours timides et éblouies, très vite interrompues par le départ précipité de la famille, contrainte de fuir devant les bolcheviques. Tout aussi brutalement que de ses grands-parents et de son univers, la jeune fille a été coupée de son amour de jeunesse. Sa vie peu à peu s'est construite à Paris, parmi la communauté des exilés géorgiens. Quand Tamaz finit par reparaître, alors que les frontières du pays natal sont hermétiquement closes, leurs vies se sont dessinées autrement. La longue journée pendant laquelle se déroule le roman est comme une métaphore de la vie de Tamouna: entourée des siens, de cette famille géorgienne qui a su garder vivaces les traditions et perpétuer un bonheur de vivre qui aurait dû être immuable, elle laisse libre cours à ses souvenirs. Dans une narration habilement tissée, l'image de la doyenne qu'elle est devenue se superpose à celle de la jeune fille exilée. Et c'est toute la force de ce roman que de peindre avec une remarquable élégance et sans le moindre pathos le portrait d'une femme toujours habitée par la joie et le désir malgré les deuils et les déchirements de l'histoire.


- La trahison de Thomas Spencer
de Philippe Besson
Éditions 10-18 / Janvier 2010


Paul Bruder et Thomas Spencer sont nés le même jour. Ce hasard va les rendre inséparables. Sur les rives du Mississippi, les deux jeunes Américains liés par une amitié exceptionnelle vivent une jeunesse insouciante, à l'abri de l'agitation du monde. Jusqu'à ce que l'effervescence des années 1960 les rattrape. Mais surtout, Paul et Thomas vont croiser la route de Claire MacMullen, une jeune femme libre. Donc dangereuse. Dans une période troublée, la part obscure des individus se révèle. Et peut même les conduire à commettre l'irréparable.


- Le chagrin et la grâce
de Wally Lamb
Éditions Belfond / Janvier 2010


Quand, en avril 1999, son épouse Maureen échappe de justesse au massacre de Columbine, Caelum cherche refuge avec elle dans la ferme de son enfance à Three Rivers, Connecticut. C'est là qu'il découvre des archives familiales insoupçonnées: les lettres de son aïeule, militante abolitionniste, anéantie par la perte de ses fils au front; les journaux de son arrière-grand-mère, fondatrice de la prison pour femmes du comté, hantée par la descente aux enfers de sa sœur; des coupures de presse sur les tragédies locales de ces années 60 qui ont vu grandir Caelum aux côtés d'un père alcoolique revenu traumatisé de la guerre de Corée. Au fil de ses recherches, Caelum, stupéfait, voit se recomposer deux siècles d'une histoire familiale pleine de bruit et de fureur, et ressurgir le terrible secret de ses origines. Pour tenter de comprendre cette infinie colère qui l'habite depuis toujours, Caelum va devoir explorer les recoins les plus obscurs de sa mémoire.


- Le chambrioleur
de Damien Luce
Éditions Héloïse d'Ormesson / Janvier 2010


Élevée par des parents oublieux, moquée par ses camarades, Jeanne s'invente un quotidien à sa mesure, où les murs sont des écrans de cinéma, où la réalité et la fiction empiètent l'une sur l'autre.  Elle est une enfant ordinaire qui se fabrique un monde extraordinaire. Dans cet univers fantasque va surgir Paulin, cambrioleur néophyte, jeune clochard dynamique. Il entre chez elle comme dans un château de conte. Une amitié clandestine se tisse entre eux et, petit à petit, Paulin investit tous les jardins secrets de la fillette. Mais qui est ce visiteur nocturne? D'où vient-il? Est-il de chair ou de songe? Avec espièglerie, dans un style délicieusement original, Damien Luce joue à brouiller les repères.


- Le chant de Dolorès
de Wally Lamb
Éditions Belfond / Janvier 2010


Dolorès Prize a onze ans lorsque son père les quitte, sa mère et elle, et treize lorsqu'elle est violée par le locataire de sa grand-mère chez qui elle habite désormais. Blessée, humiliée, elle vit repliée sur elle-même, se gavant de nourriture et de feuilletons télévisés, et c'est une adolescente obèse et mal dans sa peau qui entrera à l'université. Maniant le sarcasme et l'humour noir comme des remèdes à sa souffrance, Dolorès raconte le calvaire de ses années d'études: l'abîme de solitude dans lequel elle s'enfonce, à l'âge ou ses camarades vont de fêtes en flirts, et son besoin désespéré d'amour et de tendresse qui finira par la conduire au bord du gouffre. Le combat qui l'attend sera le plus difficile: apprendre à s'accepter, seul moyen pour elle de survivre et, pourquoi pas, de renaître.


- Le faiseur d'anges
de Stefan Brijs
Éditions Héloïse d'Ormesson / Janvier 2010


Wolfheim, paisible bourgade aux confins de la Belgique, de l'Allemagne et des Pays-Bas, est agitée par le retour inattendu du docteur Hoppe, un enfant du pays parti depuis longtemps. La surprise est d'autant plus grande que le médecin emménage seul avec ses trois fils, des triplés qui partagent la même troublante difformité physique. Les rumeurs vont bon train, mais les compétences du docteur font taire les réticences des villageois. Pourtant, le mystère autour de sa descendance s'épaissit. Jusqu'où peut-on repousser les limites de la vie? Entre exploit scientifique et délire métaphysique, Stefan Brijs construit un suspense haletant et dérangeant, qui explore les dangers d'une science sans conscience.


- Le goût de pépins de pommes
de Katharina Hagena
Éditions Anne Carrière / Janvier 2010


À la mort de Bertha, ses trois filles, Inga, Harriet et Christa, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l'Allemagne, pour la lecture du testament. À sa grande surprise, Iris hérite de la maison et doit décider en quelques jours de ce qu'elle va en faire. Bibliothécaire à Fribourg, elle n'envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu'elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin qui l'entoure, ses souvenirs se réveillent, reconstituant l'histoire émouvante, parfois rocambolesque, mais essentiellement tragique, de trois générations de femmes.


- Le pont des soupirs
de Richard Russo
Éditions 10-18 / Janvier 2010


Louis C. Lynch, dit Lucy, n'a jamais quitté Thomaston, une petite bourgade proche de New York.  Très attaché à sa ville, il dirige en famille un "empire" de petits commerces. La soixantaine venue, tandis que son épouse Sarah organise leur voyage à Venise, Lucy met la dernière touche à l'histoire de sa vie. Une existence marquée par un drame d'enfance, et des démons qui le hantent encore.


- Les canards en plastique attaquent
de Christopher Brookmyre
Éditions Denöel / Janvier 2010


Rien ne va plus à Glasgow, depuis qu'un mystérieux américain, Gabriel Lafayette, a débarqué en ville. Dès qu'il se trouve quelque part, des événements étranges se produisent, les lumières s'éteignent, des bruits et des voix se font entendre, surgis de nulle part. Devant des auditoires médusés, Lafayette multiplie les prodiges, devine le passé des vivants et donne la parole aux morts.  Phénomènes inexplicables? La question divise jusque dans les amphis de la prestigieuse université Kelvin où les dons de Lafayette doivent être soumis à des expériences en laboratoire afin que soit balayé tout soupçon d'escroquerie. Jack Parlabane, journaliste célèbre mais surtout fouille-merde patenté, que des étudiants facétieux viennent d'élire au poste honorifique, mais fort réel, de doyen de l'Université, est pour sa part persuadé que Lafayette est un arnaqueur de génie, sinon un dangereux criminel. D'ailleurs dès qu'il se penche sur la question, les cadavres se mettent à pleuvoir, mais qui a dit que les morts ne pouvaient pas parler?


- Les liens du sang
de Ceridwen Dovey
Éditions 10-18 / Janvier 2010


Une capitale de bord de mer. Après un coup d'état militaire, le nouveau maître prend en otage le portraitiste, le coiffeur et le chef cuisinier du despote déchu dans la résidence présidentielle.   Pourtant, leurs rôles se limitaient à des tâches domestiques. Mais à mesure que le nouveau régime assène sa tyrannie, ils réintègrent leurs fonctions auprès du leader révolutionnaire. Quelle est donc leur influence réelle? La parabole gagne encore en densité lorsque interviennent les femmes (amante, fiancée ou fille). Leurs confessions révèlent comment le pouvoir exacerbe les instincts les plus vils et pervertit jusqu'au plus intime.


- Paraguay
de Lily Tuck
Éditions Jacqueline Chambon / Janvier 2010


Paris, 1854. Courtisane, familière du salon de la princesse Mathilde, la jeune et belle Ella Lynch fait la connaissance du fils d'un chef d’État sud-américain, le fougueux Francisco Solano Lopez. Il la séduit et l'emmène dans son Paraguay natal, où elle lui donne de nombreux enfants sans jamais devenir sa femme. En 1862, il hérite d'un pays prospère que sa mégalomanie et son immaturité vont précipiter dans la guerre de la Triple Alliance, un conflit suicidaire engagé contre le Brésil, l'Argentine et l'Uruguay. Roman historique, journal intime d'une aventure amoureuse, fresque épique: Paraguay est tout cela à la fois. S'inspirant d'un épisode méconnu de l'histoire et de personnages réels, Lily Tuck reconstruit un monde paradoxal, cruel et beau, où les cadavres pourrissent sous le vol indifférent des perroquets multicolores, où le raffinement le dispute à la sauvagerie, où l'hubris du pouvoir semble répondre à la démesure de la nature. D'une plume précise et acérée, elle compose un roman sidérant, légitimement couronné du prestigieux National Book Award.


- Paris: suite 1940
de José Carlos Llop
Éditions Jacqueline Chambon / Janvier 2010


César Gonzâles Ruano, correspondant de presse espagnol, quitte Berlin en 1940. Pourquoi décide-t-il de s'installer à Paris où, prétend-il, il se sent libre malgré l'Occupation? Où trouve-t-il l'argent pour vivre la luxueuse vie nocturne de Montparnasse et disposer de quatre appartements, sinon dans les biens achetés ou volés aux Juifs? Pourquoi, protégé par le très nazi ambassadeur d'Espagne à Berlin, est-il arrêté par la Gestapo? Et comment expliquer qu'on trouve alors sur lui non seulement un gros diamant et des dollars, mais aussi un passeport vierge signé par Porfirio Rubirosa, l'ambassadeur play-boy de la République dominicaine? Avec le talent qu'on lui connaît pour évoquer les époques troublées et les zones d'ombre propres aux hommes qui y ont trempé, José Carlos Llop reconstruit l'itinéraire d'un dandy qui se vit comme un personnage de roman et refuse de juger ses actes autrement qu'à l'aune d'une esthétique nihiliste.


- Quelque chose à te dire
de Hanif Kureishi
Éditions 10-18 / Janvier 2010


Dans la banlieue de Londres, Jamal Khan est un psychiatre réputé. Décryptant l'esprit de ses patients le jour, il explore le soir venu ses propres ténèbres, en refoulant les fantômes de sa mémoire. Pourtant, mieux que quiconque, il sait que personne n'échappe à son passé. Une brillante radiographie de la société anglaise des années 70 à nos jours.


- Son frère
de Philippe Besson
Éditions 10-18 / Janvier 2010


Ils sont deux frères, jeunes encore, réunis une dernière fois face à la mer, face à la mort. Thomas est malade. Lucas l'accompagne pour une ultime escapade dans l'île de Ré, sur les terres de leur enfance. Un banc au soleil. Entre retrouvailles et chant du départ, chaque minute, désormais, mérite d'être vécue jusqu'au bout.


- Un arrière-goût de rouille
de Philipp Meyer
Éditions Denöel / Janvier 2010


À Buell, Pennsylvanie, les hauts-fourneaux sont éteints depuis belle lurette. Ce qui reste des heures glorieuses de la sidérurgie n'est que misère, délabrement, rouille. La somptueuse et sombre nature alentour, les inquiétants paysages de gares de triage désaffectées et d'usines à l'abandon, les bars glauques où des hommes aux abois ruminent leur triste destin, tout suinte le désespoir. À vingt ans, unis par une improbable amitié, le chétif Isaac English et l'athlétique Billy Poe devraient être à l'université, mais aucun n'a quitté sa vallée natale. Tandis qu'Isaac le surdoué s'occupe de son père invalide, Billy l'athlète raté se défoule dans les bagarres. Quand le premier se décide enfin à tenter sa chance ailleurs, avec en poche quatre mille dollars volés à son père, Billy accepte de faire un bout de route avec lui. Mais un incident les oppose presque aussitôt à des vagabonds, et le drame se noue, mettant à mal toutes les loyautés, amicale, amoureuse, familiale, humaine. Prenant à bras-le-corps de grands mythes américains, Philipp Meyer signe un roman ambitieux et haletant qui saisit magistralement cette Amérique en sursis, celle qui, aujourd'hui plus que jamais, survit dans un renoncement perpétuel à ses propres fondements.


- Un garçon d'Italie
de Philippe Besson
Éditions 10-18 / Janvier 2010


"L'été finit à Florence, ville des princes et des énigmes. Mon histoire, elle, commence. Je m'appelle Luca et j'ai disparu. Deux êtres sont à ma recherche: Anna, ma compagne, tout en courage et en douleur, et Leo, jeune homme mystérieux qu'on voit souvent rôder aux abords de la gare. Que je vous dise: Je suis mort. Pourtant c'est bien moi qui parle".


- Volvo trucks
de Erlend Loe
Éditions 10-18 / Janvier 2010


La nonagénaire Maj Britt, condamnée pour avoir mutilé le bec de ses perruches, noie sa rage dans les vapeurs de haschich. Face à elle, Von Borring, vieux donneur de leçons fondu d'oiseaux. Le jour ou débarque Doppler, l'heure de la vengeance a sonné: cet homme providentiel pourrait bien liquider ses différents de voisinage avec Von Borring. Mais on ne piège pas aussi facilement un boy-scout sur le retour.
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