Le Titre du Roman

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Elisabeth
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MessageSujet: Nouveautés   Lun 16 Jan - 16:49

- Madame avant-garde, Helena Rubinstein
Écrit en collectif
Éditions Cherche Midi / 01 décembre 2016


Le Titre du Roman

Femme visionnaire au destin exceptionnel, Helena Rubinstein a fait de la beauté un outil de pouvoir et d'émancipation des femmes. Elle a parcouru la planète, rencontré les plus grands artistes de son temps, mis la science au cœur de ses inventions et défini les règles qui gouvernent l'industrie cosmétique telle que nous la connaissons aujourd'hui. Helena Rubinstein s'inscrit dans la tradition des Rockefeller, Ford, Edison ou Disney, qui ont construit le rêve américain en bâtissant eux-mêmes leur fortune. À une différence près: c'était une femme.


- Churchill
de François Kersaudy
Éditions Perrin / 24 novembre 2016


Le Titre du Roman

Il voulait être député parce que son père l'avait été, Premier Ministre parce que son père n'avait pu l'être, militaire parce qu'il croyait en son génie stratégique, et journaliste parce que dans l'Angleterre victorienne, un officier était mal rémunéré et un député ne l'était pas du tout. Incapable de choisir entre ces quatre carrières, il les exercera toutes, consécutivement ou simultanément, durant soixante longues années: seul guerrier parmi les politiciens, seul politicien parmi les guerriers, seul politicien-guerrier qui soit en même temps journaliste, il va devenir célèbre grâce à la campagne du Soudan, député grâce à la guerre des Boers, figure nationale grâce à la Première Guerre Mondiale et héros universel grâce à la Seconde. Mais cet organisateur, inventeur, propagandiste et tacticien sans égal se double d'un stratège inquiétant: confondant le souhaitable et le possible, négligeant la logistique, s'immergeant dans le détail au détriment de l'ensemble, ce chef d'orchestre génial est perpétuellement tenté de quitter son pupitre pour jouer la partition du violoniste ou celle du trompettiste. Si la plupart des fausses notes vont être évitées, c'est que ce maestro effervescent est encadré par des professionnels bien moins inspirés mais beaucoup plus pondérés. En définitive, c'est cette association fructueuse mais mouvementée qui assurera le salut du monde libre et la gloire éternelle de Winston Churchill.


- Balthazar Grimod de La Reynière
Un gastronome à la table des Lumières
de Jean Haechler
Éditions Séguier / 18 novembre 2016


Le Titre du Roman

Homme de lettres, philosophe, avocat, épicier, duelliste, et surtout passionné de bonne chère, Balthazar Grimod de La Reynière (1758-1837) incarne l'esprit des Lumières et la flamboyance à la française. Fondateur de la littérature gastronomique, il est l'auteur de L'Almanach des gourmands (1803), premier ouvrage à rassembler des critiques culinaires rédigées par un "jury dégustateur". Resté célèbre pour l'extravagance de ses festins, sa table était également un haut lieu de vie intellectuelle fréquenté par Rétif de La Bretonne et Beaumarchais. Au fil d'une biographie enlevée et richement illustrée, Jean Haechler nous fait découvrir un "honnête homme" à qui l'épicurisme tenait lieu de devise.


- François Mansart
Un architecte artiste au siècle de Louis XIII et de Louis XIV
de Claude Mignot
Éditions Le Passage / 17 novembre 2016


Le Titre du Roman

Le nom de François Mansart (1598-1666) est connu de tous parce qu'on lui attribue, indûment, l'invention des mansardes, mais son œuvre est méconnue, et souvent confondue avec celle de son petit-neveu, Jules Hardouin-Mansart, l'architecte de Louis XIV, qu'on appelle aussi "Monsieur Mansart". Aujourd'hui on commence à replacer François au premier plan, pour son invention graphique et sa recherche passionnée de la forme parfaite. Ses dessins, dont l'étourdissant dossier constitué à la demande de Colbert pour achever le Louvre, permettent d'entrer, en quelque sorte, dans son atelier, et de voir naître ses projets sophistiqués qui plaisent aux précieuses de son temps. À l'occasion de la commémoration du 350e anniversaire de sa mort, François Mansart, un architecte artiste au siècle de Louis XIII et de Louis XIV entend offrir au grand public la synthèse des connaissances renouvelées par les recherches récentes. Dans une enquête passionnée, Claude Mignot, l'un des meilleurs spécialistes de l'histoire de l'architecture, suit les thèmes dominants de sa poétique spatiale et propose une lecture des édifices les plus célèbres de l'artiste: la ravissante chapelle "en rotonde" de la Visitation rue Saint-Antoine, le château neuf de Blois, le château de Maisons, son chef-d'œuvre, l'hôtel de Guénégaud des Brosses avec son spectaculaire escalier à volées suspendues, ou encore le Val-de-Grâce, dont l'achèvement lui échappe. Un catalogue des œuvres de François Mansart, établi par Joëlle Barreau et Étienne Faisant, docteurs en histoire de l'art, complète cette relecture de l'œuvre de celui que ses contemporains considèrent comme le "plus galant et un des meilleurs de nos architectes".


- La saga des Saxe-Cobourg
de Jean des Cars et Patrick Weber
Éditions Perrin / 17 novembre 2016


Le Titre du Roman

Qu'il s'agisse du roi Léopold Ier des Belges, de la reine Victoria d'Angleterre ou du tsar Boris II de Bulgarie, tous descendent de la même lignée: les Saxe-Cobourg. Au fil du temps, ils ont essaimé d'innombrables unions dynastiques, du duché de Cobourg au Portugal, et sont aujourd'hui encore installés sur le trône au Royaume-Uni et en Belgique. Ils sont, après les Habsbourg, les Romanov et les Bourbon, la dernière famille royale à avoir façonné le visage de l'Europe monarchique. Depuis la fin du XIXe siècle, les Saxe-Cobourg ont incarné le renouveau de la monarchie dans un temps de révolutions. Mariages, trahisons, héritages et coups de génie, Patrick Weber raconte l'histoire de ces hommes et femmes contrastés et brillants, offrant un nouveau regard sur l'Europe dynastique.


- Jean-Jacques Goldman confidentiel
de Fred Hidalgo
Éditions L'Archipel / 16 novembre 2016


Le Titre du Roman

C'est à Fred Hidalgo que Jean-Jacques Goldman, en pleine gloire, avait annoncé qu'il arrêtait les disques et la scène. Aujourd'hui, après trente ans au service des Restos du Cœur, il a décidé aussi de tourner cette page. Cette biographie, nourrie d'entretiens recueillis au fil de trois décennies, est le fruit des relations privilégiées entre un chanteur à succès mais secret et un journaliste amoureux de la chanson. C'est l'histoire d'un fils d'immigrés juifs, demi-frère d'un révolutionnaire abattu à 35 ans, devenu l'auteur-compositeur-interprète français le plus populaire de sa génération; le plus courtisé aussi par ses pairs, après avoir été vilipendé par la presse qui, à ses débuts, ne voyait en lui qu'un "chanteur à minettes" éphémère. Riche de moments émouvants et forts, ce livre retrace le parcours d'un artiste hors normes (commenté par lui-même), le destin singulier d'un homme resté modeste, solidaire et discret. Et c'est "la personnalité préférée des Français" qui se révèle comme jamais, en nous faisant entrer dans la confidence.


- Une époque formidable
de Gérard Jugnot
Éditions Grasset & Fasquelle / 16 novembre 2016


Le Titre du Roman

Des Bronzés à Papy fait de la résistance, leurs films, leurs personnages et leurs répliques sont devenus cultes. Qui ne connait Jean-Claude Dusse, le kloug ou Le père Noël est une ordure? Michel Blanc, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, sont aujourd'hui des stars du grand écran, mais c'est une bande de zozos anonymes qui créent pour commencer le Splendid' et son café-théâtre, avec un seul but: faire rire. Leurs premiers pas furent loin d'être faciles, et leur histoire est à l'image de leur amitié: hilarante et improbable. Gérard Jugnot raconte ici de son point de vue la formidable aventure de la troupe avec laquelle il a grandi, ri, appris et connu le succès. De son enfance dans une famille sans fantaisie aux bancs du lycée Pasteur où il a rencontré Clavier, Lhermitte et Blanc, de leur premier film amateur au Splendid' originel qu'ils ont construit de leurs mains, du Club Med aux Bronzés, il retrace la manière dont une bande de turbulents farceurs, à force de travail, de persévérance et de fou-rires, a réussi. Et il dit tout: la découverte précoce de sa vocation, les premiers spectacles joués dans des salles improvisées, leur apprentissage aux côtés de l'immense Tsilla Chelton,  leur rencontre avec Coluche et la famille du café-théâtre, en plein essor en ces années post-68… mais aussi les échecs, les galères des petits rôles, les frictions et les doutes de chacun, à commencer par ceux de son propre père. Merveilleuse histoire d'amitié, traversée d'une époque oubliée et récit intime, ce livre révèle mille anecdotes inédites et savoureuses (les scénarios de films jamais tournés, les amours et les emmerdes…). En revenant avec tant de franchise mélancolique et de simplicité rieuse sur son enfance et sa carrière, Gérard Jugnot fait mouche: à l'écrit comme à l'écran, il nous fait passer du rire aux larmes.


- Il nous faut de l'amour
de Olivier Bellamy et Felicity Lott
Éditions Buchet Chastel / 14 novembre 2016


Le Titre du Roman

Au soir d'une carrière internationale exemplaire, la plus passionnante des sopranos anglaises a choisi de se raconter à Olivier Bellamy. Maréchale chérie par Carlos Kleiber dans un Chevalier à la rose de légende, Comtesse de rêve chez Mozart et Strauss, époustouflante Belle Hélène au théâtre du Châtelet, Felicity Lott retrace ainsi le chemin de sa vie professionnelle et intime avec une liberté de ton, une sensibilité à vif et un humour irrésistible. Rarement personnalité du monde de l'opéra se sera exprimée sur son métier avec autant d'intelligence et d'humilité.


- Katia et Marielle Labèque. Une vie à quatre mains
de Renaud Machart et Brigitte Lacombe
Éditions Buchet Chastel / 14 novembre 2016


Le Titre du Roman

Célèbres et mal connues, Katia et Marielle Labèque constituent, depuis plus de quarante-cinq ans, le duo de pianos le plus éminent de la vie musicale internationale. D'abord interprètes fétiches d'Olivier Messiaen, Luciano Berio et György Ligeti notamment, elles sont devenues familières du grand public depuis leur Disque d'or George Gershwin (Philips), en 1981. En 1997, elles se sont mises aux claviers d'instruments historiques. Dix ans plus tard, elles fondent leur propre label, KML, enregistrent des répertoires divers, "à la croisée des chemins", et continuent de créer de nombreuses nouvelles compositions pour deux pianos. Katia, depuis ses débuts, joue aussi du jazz et du rock; Marielle l'accompagne sur les terres de la musique néo-minimaliste. Les deux sœurs, invitées aux quatre coins du monde par les plus grandes orchestres et institutions, jouent toujours les concertos de Mozart et Poulenc, mais aussi ceux Philip Glass et Bryce Dessner, écrits à leur intention. Ce livre, constitué pour l'essentiel d'entretiens avec le journaliste Renaud Machart, qui les suit et les connaît depuis de nombreuses années, est la première publication à retracer la vie et la carrière de ces deux artistes exceptionnelles, autant rock que baroques.


- Gainsbourg
de Valéria Attinelli et Odile Montserrat
Éditions Michalon / 10 novembre 2016


Le Titre du Roman

Dans les années 60, les femmes photographes de presse sont rares. Odile Montserrat fut l'une d'entre elles. Elle rencontre Serge Gainsbourg en 1967. À cette époque, le photographe n'est pas un ennemi mais un ami, celui à qui l'on se livre, celui qu'on laisse entrer dans son intimité, celui devant qui on lève le masque. C'est ce qu'Odile Montserrat a vécu auprès de Serge, Jane Birkin et leurs enfants. Elle a conservé ces photos sans jamais les exposer au grand public. Sa fille, Valeria Attinelli, était présente lors des séances photos. En racontant la petite histoire de chaque cliché, elle nous livre son regard d'enfant sur "l'homme à la tête de chou", mais aussi sur une époque où les artistes étaient aussi de grands enfants. Entre la mère et la fille, les souvenirs se mélangent et se répondent pour nous offrir un portrait tendre, fidèle et inédit de Serge Gainsbourg, l'homme qui, derrière l'artiste, fut avant tout un ami.


- Joséphine Baker
Des trottoirs de Saint Louis aux marches du Panthéon
de Marie-Florence Ehret
Éditions De La Différence / 10 novembre 2016


Le Titre du Roman

Noire ou blanche, Américaine ou Française, danseuse nue ou dame de charité? Qui est Joséphine Baker? Aussi connue comme artiste de music-hall que comme résistante ou comme mère adoptive, douze enfants. Et de toutes les couleurs, une vraie tribu, la "tribu arc-en-ciel" comme elle aimait à le dire, qui joue ces divers rôles? On se souvient de ces images qui ont fait le tour du monde: la panthère noire croquée par Paul Colin, la diva moulée dans des robes de strass, coiffée de diadèmes et de plumes qu'elle fut jusqu'aux derniers jours, la résistante en uniforme de sous-officier de l'armée française, et la mama un peu épaisse qu'on a vue pleurer misère à la télévision pour ces petits orphelins que des créanciers impitoyables s'apprêtaient à expulser du Château des Milandes. Quelle femme se cache derrière ces trois masques? À quel prix cette petite négresse du Missouri, petite fille d'esclave comme il y en avait tant au début du XXe siècle aux États-Unis, est-elle devenue la vedette internationale, amie des rois, des princes et des présidents du monde entier? Marie-Florence Ehret tente de décrypter les images publicitaires qui ont fait d'elle la star connue de tous et de mettre en évidence la force de caractère peu commune qui a permis sa vie extraordinaire.


- Léo Ferre sur le boulevard du crime
de Daniel Pantchenko
Éditions Cherche Midi / 10 novembre 2016


Le Titre du Roman

Le 1er février 1986, Léo Ferré inaugure à Paris, à deux pas de la place de la République, le TLP-Déjazet, baptisé "Théâtre Libertaire de Paris" par ses amis anars: ils l'ont remis en état et en assurent désormais la programmation. Cette arène rouge et noir à l'italienne, et à l'acoustique exceptionnelle, est un théâtre à part: elle constitue le dernier vestige du célèbre Boulevard du Crime que Jacques Prévert, Marcel Carné et le décorateur Alexandre Trauner ont immortalisé dans Les Enfants du Paradis. Daniel Pantchenko raconte la suite avec passion: une aventure qui a duré sept ans et qu'il a suivie de près, concert après concert. Un moment rare dans l'histoire du spectacle. Une séquence sans équivalent dans la trajectoire de Léo Ferré. Si Bernard Lavilliers a, le premier, repéré cette salle, c'est Léo Ferré qui, entre 1986 et 1992, en a été l'âme et la tête d'affiche. Grâce à lui, grâce à ses longs passages et à sa présence amicale, le TLP-Déjazet est alors devenu un "music-hall" incontournable, au même titre que l'Olympia. Là, dans la foulée de Ferré, nombre d'artistes ont trouvé la scène dont ils rêvaient: Georges Moustaki, Cora Vaucaire, Leny Escudero, Gilles Vigneault... Léo Ferré sur le Boulevard du Crime est le récit d'une triple histoire d'amour: amour d'un artiste pour un lieu scénique, amour d'une "belle équipe" théâtrale pour un poète-musicien hors-normes, amour du public pour une étoile nommée Ferré.


- Mocky soit qui mal y pense
de Jean-Pierre Mocky
Éditions Cherche Midi / 10 novembre 2016


Le Titre du Roman

Pour la première fois en soixante-dix ans d'une carrière hors normes et jalonnée de rencontres exceptionnelles, le trublion du cinéma français déverrouille les portes de son jardin secret. L'homme ne faisant jamais dans la demi-mesure, c'est peu de dire qu'elles nous sont grandes ouvertes. Car au fond, qui est Jean-Pierre Mocky? Sous des dehors éruptifs de provocateur que rien ne semble pouvoir atteindre se cache un homme sensible, étonnamment altruiste. Un écorché vif en proie à une mélancolie "typiquement slave", contrebalancée par un humour implacable. Drames et désillusions sont peu à peu venus nourrir une œuvre dont seule la mort décidera du clap de fin, mort à laquelle il vient d'ailleurs d'échapper de justesse. Il en est désolé pour elle, mais elle attendra: "Mourir? Plutôt crever".


- Une minute pour conclure
de Ivan Levaï
Éditions Cherche Midi / 10 novembre 2016


Le Titre du Roman

Orphelin d'une femme libre et d'un père inconnu, Ivan Levaï commence sa vie en France, sous Pétain. Il a 7 ans quand le général de Gaulle s'écrie, du balcon de l'Hôtel de Ville: "Nous sommes ici chez nous dans Paris levé, debout pour se libérer, et qui a su le faire de ses mains". C'est là, près de la Seine, que l'enfant caché venu du Danube décidera d'être français et plus tard journaliste, afin de raconter ce qu'il entend et voit. Pendant plus d'un demi-siècle, le chroniqueur, plus européen qu'austro-hongrois, interrogera tous les acteurs de la vie publique, politiques, artistes, créateurs, grands patrons, magistrats et personnalités étrangères… Mais c'est aujourd'hui qu'il dit tout des bons et des méchants qu'il a pris le temps d'observer durant sa carrière. En effet, pour Ivan Levaï, c'est à l'heure de conclure une longue et belle vie qu'il convient d'être gai et de chanter. Même si la musique diffusée garde son parfum de nostalgie, prix à payer d'une authentique sincérité.


- La Duchesse de Berry
de Laure Hillerin
Éditions Flammarion / 09 novembre 2016


Le Titre du Roman

Tempêtes, révolutions, assassinat, enfant posthume, exil, conspirations, chevauchées nocturnes, trahison, geôle, amours interdites, mariage secret, fêtes vénitiennes... L'existence de Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, duchesse de Berry (1798-1870) réunit tous les ingrédients d'un drame romantique digne d'Alexandre Dumas, dont elle fut à deux reprises l'inspiratrice. Cette Bourbon pas comme les autres fut l'une des figures les plus célèbres du siècle, par son audace et l'espoir dynastique qu'elle incarnait: son fils, le comte de Chambord, aurait régné sous le nom de Henri V, si Louis-Philippe n'avait pris le pouvoir en 1830 et contraint les Bourbons à l'exil. En s'appuyant sur un rigoureux travail de recherche et sur des sources jamais explorées à ce jour, Laure Hillerin (dont la trisaïeule fut l'amie d'enfance de la duchesse de Berry) brosse un portrait grandeur nature de cette femme qui fit rêver Balzac et Chateaubriand. Du château de Rosny au palais Vendramin à Venise, en passant par le Bocage vendéen; de la sauvageonne élevée sans contraintes dans le cadre pittoresque de la cour des Deux-Siciles jusqu'à l'aïeule qui s'éteint en Autriche au milieu de sa nombreuse progéniture; de la rebelle traquée par la police de Louis-Philippe jusqu'à la mère de Henri V, éloignée de son fils par sa propre famille, l'auteur nous fait pénétrer dans l'intimité d'une femme hors du commun, en avance sur son époque à bien des égards. Une femme généreuse, mécène, bâtisseuse et amie des arts. Une femme libre, naturelle et sans préjugés dans une époque corsetée. Un tempérament passionné et subversif qui, toute sa vie, n'a cessé de provoquer le destin, braver les interdits et bousculer les convenances.


- Le pouvoir au féminin
de Elisabeth Badinter
Éditions Flammarion / 09 novembre 2016


Le Titre du Roman

"Les Français connaissent mal celle qui fut la mère de Marie-Antoinette. Pourtant, Marie-Thérèse d Autriche (1717-1780) est l'une des grandes figures tutélaires de son pays. Je l'ai découverte par sa correspondance privée, dans laquelle elle se révèle guerrière, politique avisée, mère tendre et sévère. Mais cette mère-là n est pas n importe laquelle, c est une femme au pouvoir absolu, hérité des Habsbourg, qui régna pendant quarante ans sur le plus grand empire d'Europe. Et, ce faisant, elle eut à gérer trois vies, parfois en opposition les unes avec les autres: épouse d'un mari adoré et volage, mère de seize enfants, souveraine d un immense territoire. Cette gageure qu aucun souverain masculin n'eut à connaître, j ai voulu tenter de la comprendre: qui fut cette femme et comment elle put ou non concilier ses différents statuts. Prendre la mesure, en somme, de ses forces et faiblesses, de ses priorités et inévitables contradictions. Ce portrait, qui puise à des sources abondantes et souvent inédites, ne saurait être exhaustif: Marie-Thérèse garde bien des mystères. Cette femme incomparable en son temps, qui inaugure une nouvelle image de la souveraineté et de la maternité, ressemble, sous certains aspects, aux femmes du XXIe siècle".
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Elisabeth
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MessageSujet: Nouveautés   Lun 16 Jan - 16:46

- Marie Curie
de Susan Quinn
Éditions Odile Jacob / 09 novembre 2016


Le Titre du Roman

Une scientifique qui connaît le bonheur immense de la découverte, les plus grands honneurs, mais aussi les échecs. Une femme qui travaille avec l'homme qu'elle aime, Pierre Curie, avec qui elle partage le prix Nobel, et qui nous fait le récit bouleversant de son désespoir après sa mort accidentelle. Une mère attentive aux progrès de ses deux filles et fière de la carrière d'Irène, elle aussi prix Nobel, avec Frédéric Joliot. Au-delà de la légende, cette biographie, entièrement fondée sur des documents d'archives, nous restitue le visage d'une femme encore plus attachante, dont la vie se lit comme un roman.


- Ma vie au fil des jours
de Pierre Bellemare
Éditions Flammarion / 09 novembre 2016


Le Titre du Roman

La vie privée et publique de l'homme de radio et de télévision: l'histoire de sa famille, sa jeunesse dans les années 1940, ses débuts dans une société de production radiophonique, des premiers succès dans les années 1950, les émissions célèbres qu'il a animées et produites... ©Electre 2016


- Brigitte Bardot, l'art de déplaire
de Marie Céhère
Éditions Pierre Guillaume De Roux / 04 novembre 2016


Le Titre du Roman

"Brigitte Bardot appartient à cette aristocratie de stars qui pouvait s'adonner impunément au plaisir de déplaire. Elle en fit même un art malgré elle". Pourquoi Brigitte Bardot dérange-t-elle autant? Peut-être parce qu'elle refuse de se prêter aux clichés et aux raccourcis bien commodes que la presse et les fans véhiculent sur son compte. Ni icône de la libération sexuelle, ni actrice accro aux écrans et aux paillettes, celle qui fit sensation, en 1956, à demi nue, dans Et Dieu créa la femme, le film de Roger Vadim, ignora superbement les propositions mirobolantes venues de Hollywood et mit fin à sa carrière, en 1973, sans le moindre état d'âme. Car la jeunesse et la beauté ne suffisaient pas à tout expliquer de l'énigme BB. Son corps de rêve et sa fraîcheur de femme-enfant résistèrent à toute tentative d'inventaire érotique et de récupération idéologique soufflée par Mai 68. Ses histoires d'amour, si mouvementées fussent-elles, ne tinrent jamais le langage du féminisme revanchard. Comble du comble, celle que toutes les autres femmes s'efforçaient d'imiter en tous points, vêtements, coiffure, démarche, entama résolument sa seconde vie, les pieds dans la boue: devenue désormais porte-parole de la cause animale, Brigitte Bardot n'a jamais mâché ses mots pour dénoncer haut et fort, scandale sur scandale, quitte à casser définitivement son image. Sans doute le prince de Ligne se fût-il écrié, émerveillé, à sa vue: "Du naturel, rien que du naturel". La star si "médiatiquement incorrecte" est ici réhabilitée dans sa vérité par Marie Céhère au fil de subtils décryptages et de précieuses leçons de désir.


- William Ewart Gladstone
de James Mccearney
Éditions Pierre Guillaume De Roux / 04 novembre 2016


Le Titre du Roman

"Il s'agit d'unir les cœurs des différentes classes de cette grande nation encore plus étroitement au Trône et à ces institutions sous lesquelles elles ont le bonheur de vivre". William E. Gladston
William Ewart Gladstone (1809-1898), quatre fois chancelier de l'Échiquier, quatre fois Premier ministre, grand tribun populaire, champion des masses opprimées, fut-il réellement le chantre du progressisme comme les historiens se plaisent à le décréter? Certes, c'est à la force visionnaire et à la poigne exceptionnelle de cet austère mais opiniâtre bourreau de travail que le Royaume-Uni doit d'être entré dans l'ère du libéralisme économique qui sonne tour à tour l'assainissement drastique des finances publiques, l'élargissement de l'électorat au plus grand nombre et la modernisation de l'administration, où triomphera désormais le principe de méritocratie dans le processus de recrutement des fonctionnaires. Certes, rien ne semble arrêter la soif de réformes du têtu mais ardent Gladstone. Sa volonté d'accorder un pouvoir et une Église autonomes à l'Irlande lui attirera l'opprobre général et lui vaudra même la réputation de "dangereux incendiaire" auprès de la reine Victoria. Et, de fait, le brillant fleuron d'Eton, pétri de culture classique, espoir des plus conservateurs en 1830, n'est-il pas devenu, soixante ans plus tard, un radical pur et dur: celui que tous surnomment "the People's William", acclamé à travers tout le pays, ô combien redouté à Westminster? Mais sous ces apparences se dissimule une tout autre vérité. Car seule la foi chrétienne a porté Gladstone dans ses convictions et ses combats. S'il prête une attention continuelle aux revendications populaires, c'est uniquement au nom de la "Providence", principe divin, qui seule permet de maintenir l'équilibre des institutions en anticipant les crises majeures. Un devoir que William Gladstone a rempli au-delà de toutes espérances. Quitte à briser sa propre majorité parlementaire et à défier toute logique de parti, risque que n'eût jamais pris Benjamin Disraeli, son grand rival. Quitte à terroriser la chambre des Communes, des heures durant, par sa stature d'orateur immense, perpétuellement survolté, virtuose des dossiers les plus retors, défenseur des causes les plus exigeantes... Cette première biographie française rend à Gladstone une envergure chrétienne souvent passée sous silence et témoigne de la complexité du colosse victorien au gré d'un passionnant récit tout en suspense et en coups d'éclat.


- Dalida
de Catherine Rihoit
Éditions Plon / 03 novembre 2016


Le Titre du Roman

La réédition de la seule biographie officielle de Dalida à l'occasion du premier biopic qui lui est consacré et qui sortira au cinéma début 2017, année des 30 ans de la disparition de la star. Orlando, le frère de Dalida, a confié à Catherine Rihoit les papiers de la chanteuse, ses notes, son journal. Catherine Rihoit a ainsi pu reconstituer les vrais mémoires de Dalida.


- Gabin et Dietrich. Un couple dans la guerre
de Patrick Glâtre
Éditions Robert Laffont / 03 novembre 2016


Le Titre du Roman

Certaines histoires dépassent de loin la fiction et semblent plus grandes que la vie même. Il en va ainsi de celle que vécurent Jean Gabin et Marlene Dietrich, ce couple mythique du septième art: elle, l'Ange bleu, avait quitté l'Allemagne aux premières heures du Reich; lui, Gueule d'amour, s'est exilé pour échapper à la France de la collaboration. À leur rencontre en 1941, ils connaissent tour à tour les fastes et les rivalités d'Hollywood, la grande mobilisation américaine puis l'ère du soupçon, instruite méthodiquement par le FBI. Mais c'est en dehors des plateaux de cinéma qu'ils joueront le rôle de leur vie. Quand Moncorgé rejoint les Forces françaises libres, Lily Marlene part sur le front encourager les GI: tous deux livreront ainsi le combat contre l'ennemi nazi, pour défendre la liberté. Une enquête passionnante, avec des documents rares sinon inédits, qui nous entraîne sur leurs pas, au cœur d'un périple à la fois glamour et épique, cinématographique.


- Le cœur sur la main, le doigt sur la gâchette
de Valérie Damidot
Éditions Michel Lafon / 03 novembre 2016


Le Titre du Roman

Connue pour son franc-parler et un sens de l'humour redoutable, Valérie Damidot lève le voile pour la première fois sur sa vie privée, revenant sur ses quatre cents coups avec ses copains en banlieue, mais aussi sur les blessures qu'elle a longtemps tenu cachées. Résolument positive, elle se livre sur ce qui l'a aidée à se construire, à devenir cette femme épanouie et populaire: les rencontres amicales ou professionnelles qui lui ont permis de changer la donne alors qu'elle n'avait pas les meilleures cartes en main, son bonheur d'être mère, sans oublier ses coups de gueule, ce qui la révolte ou les dessous de la télé. Un livre à son image, sans langue de bois, entier, aussi émouvant que drôle.


- Mes regrets sont des remords
de Frédéric Mitterrand
Éditions Robert Laffont / 03 novembre 2016


Le Titre du Roman

"Il ne se passe pas de jours sans que je repense à ce que j'ai pu faire de mal dans ma vie. Il suffit d'une rencontre, d'un petit incident de ma vie quotidienne, d'une chanson, d'un paysage, d'une lettre ou d'une lecture, de tout ce qui sollicite en permanence la mémoire pour que m'assaillent des regrets qui sont autant de remords. Certains peuvent paraître dérisoires pour ceux qui les ont oubliés, d'autres sont passés totalement inaperçus, d'autres encore ont entraîné des conséquences désagréables pour tel ou telle qui en furent blessés, tous continuent à vivre, à réclamer, à m'obliger à les décrire pour essayer d'apaiser un peu mon inquiétude". Fidèle à lui-même, Frédéric Mitterrand revient sur les grands événements qui ont jalonné sa vie. Un examen de conscience à la lumière d'un demi-siècle de passions amoureuses, artistiques et politiques.


- Raspoutine
de Alexandre Sumpf
Éditions Perrin / 03 novembre 2016


Le Titre du Roman

Raspoutine est une fable partagée par des millions de Russes et d'Occidentaux, un mythe fondé sur l'existence avérée d'un homme du même nom, Grigori Efimovitch Raspoutine. Mais qui est réellement cet homme qui a si bien accompagné le tsarisme en déliquescence qu'il a fini par le symboliser plus fortement que le dernier des Romanov? Grigori Efimovitch naît selon toute probabilité en janvier 1869 dans une région de Sibérie occidentale qui confine aux monts Oural. Certaines sources le décrivent à l'envi comme un voleur, un bagarreur, un alcoolique et un menteur, quand d'autres attestent de sa fréquentation acharnée des lieux de pèlerinage, des monastères et des écoles de théologie. Toujours est-il qu'à l'automne 1903, il débarque pour la première fois dans la capitale, Saint-Pétersbourg, et qu'un an et demi plus tard, il fait son entrée au palais impérial. Grigori a trente-six ans, il lui reste onze années à vivre dans l'adoration et la rumeur, la crainte et la détestation. Grâce à une multitude d'archives neuves et une vaste bibliographie, notamment en langue russe, Alexandre Sumpf fait le récit de ce parcours singulier, avant de décrypter les différents visages d'une diabolisation qui en dit long sur les métamorphoses successives de la Russie au XXe siècle.


- Belmondo par Belmondo
de Jean-Paul Belmondo
Éditions Fayard / 02 novembre 2016


Le Titre du Roman

Pour la première fois, Jean-Paul Belmondo se raconte en photographie. Cet album est celui de sa vie, et pas seulement de sa carrière: l'enfance, la famille, les femmes, les amis, les enfants, les films et le théâtre… En texte et en images, il parcourt son histoire. Ce petit Parisien élevé dans une famille aimante et cultivée (son père est le sculpteur Paul Belmondo) est un cancre et passe d'école en école. Il se voit plutôt boxeur; il est doué pour tous les sports. Avec l'assentiment et l'aide de son père, il prend des cours de théâtre. Il rêve du Conservatoire et de répertoire classique: il lui faudra mériter l'accès au temple du théâtre français, et c'est la comédie qui va le révéler sur les planches. C'est là, d'ailleurs, qu'il va faire la connaissance de sa "bande": de jeunes comédiens, qui deviendront, les uns après les autres, les grandes figures du cinéma français. Puis vient le temps des premiers tournages. Mais c'est Godard et la Nouvelle Vague qui vont faire de Belmondo une star et l'icône d'une génération. C'est le début d'une carrière extraordinaire et internationale, imbriquée dans une vie impétueuse. Jean-Paul Belmondo est né le 9 avril 1933. D'abord acteur de théâtre, il est l'incarnation masculine de la Nouvelle Vague avant d'alterner, durant toute sa carrière, films populaires, d'art et d'essai, ou policiers. Il est champion du box-office avec près de 150 millions de spectateurs en cinquante ans de carrière, ayant tourné avec les plus grands réalisateurs.


- Comédies. Mon histoire française
de Marin Karmitz et Caroline Broue
Éditions Fayard / 02 novembre 2016


Le Titre du Roman

Enfant du XXe siècle, homme du XXIe, Marin Karmitz incarne tout un pan de l'histoire européenne et française, dans le domaine culturel bien sûr, mais aussi politique. Né en Roumanie en 1938, il a connu le fascisme et le nazisme, et a dû fuir le communisme avec ses parents. Débarqué à Marseille en 1948, il n'a jamais quitté la France qui l'a adopté, et porte une dette à l'égard de cette terre d'accueil. Réalisateur, puis fondateur de la société de production et de distribution MK2, Marin Karmitz a mené une vie de combats et de projets qui l'ont mené des maoïstes dans la foulée de Mai 68 au Conseil de la création artistique mis en place par Nicolas Sarkozy, une expérience riche d'enseignements mais qui lui a valu des critiques acerbes d'une bonne partie du monde de la culture. C'est ce parcours unique qu'il retrace dans ce livre, témoignage à la fois personnel et historique d'un acteur majeur de la vie culturelle française à laquelle il a consacré toute son énergie.


- Mille vies valent mieux qu'une
de Jean-Paul Belmondo
Éditions Fayard / 02 novembre 2016


Le Titre du Roman

Sur un fil, entre deux immeubles, de l'aile d'un avion au toit d'une voiture ou d'un métro, Jean-Paul Belmondo a pris tous les risques. Des années plus tard, il en rit encore, l'œil brillant. Ces éclats de rire tonitruants, il s'en est toujours servi pour garder ses secrets: sa vie, ses rencontres, sa famille, ses amours, ses joies immenses et ses peines les plus grandes. Jean-Paul Belmondo a aujourd'hui décidé de tout raconter. Son enfance marquée par la guerre, sa mère courage, l'atelier de son père, et ses premières amours. Il nous entraîne dans les pas dilettantes de son service militaire en Algérie. Il nous invite aux comptoirs de la rue Saint-Benoît, pour y faire les quatre cents coups avec ses copains de toujours, Jean-Pierre Marielle, Jean Rochefort, Michel Beaune, Pierre Vernier, Charles Gérard. Jean-Paul Belmondo se raconte ici pour la première fois, nous livrant la certitude que, oui, mille vies valent mieux qu'une.


- Un homme de paroles
de Serge Lama
Éditions Flammarion / 02 novembre 2016


Le Titre du Roman

Je ne considère pas ce livre comme une œuvre, mais comme une somme de paroles, des paroles d'homme. En relisant mes textes de chansons, j'ai pris conscience de la part autobiographique de cet ensemble hétéroclite qui, au fond, est un reflet de ce que je suis, de ce que j'ai vécu, le miroir d'un certain moi-même, idéalisé, exacerbé parfois. J'ai souvent été le prophète de ma destinée, comme si je connaissais le chemin à l'avance. Une chanson c'est, à égalité, mots et mélodie. Aujourd'hui, hélas, on parle plus de musique, de groove, de couleur. Les paroles ne deviennent-elles pas alors une simple composante du son? Le vocabulaire s'appauvrit, et je suis devenu, malgré moi, de chanteur populaire que j'étais, un chanteur élitiste. Cela m'attriste plutôt, même si on commence à s'apercevoir que mes chansons joyeuses sont écrites, au même titre que celles plus graves ou plus ambitieuses. Voilà déjà soixante ans que je m'exprime au clair de ma plume, que je refuse de me "bunkeriser", de me "flaubertiser". C'est pourquoi j'ai classé mes textes par thèmes. Je suis la route d'écriture que m'indique la chanson, ou réaliste, ou impressionniste, mystique, poétique, journalistique mais surtout libre, ce que la quête d'un style ne permet pas. Le style n'est pas l'homme, il est une fabrication artificielle, une élaboration intellectuelle souvent ennuyeuse. Je suis profondément mélancolique et ce depuis mes premiers pas de mots, d'une lucidité précoce qui était peu propice au bonheur. Lisez mes textes à nu en essayant d'oublier les musiques, écoutez-moi avec les yeux.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mer 21 Déc - 9:57

- Apologie du mensonge gratuit
de Vladislav Otrochenko
Éditions Verdier / 27 octobre 2016


Loin des steppes cosaques, Vladislav Otrochenko galope ici dans des terres de haute fantaisie. En homme libre, se défiant du temps et de la géographie, il explore sa propre conception de l'espace et visite les grandes œuvres universelles, Catulle, Ovide, Pouchkine, Platonov, Nietzsche, Schopenhauer. Il s'arrête sur certaines bizarreries ou mystifications, s'amuse des incohérences. Dans un cycle de petits textes sur Gogol, il dérape joyeusement vers le fantastique avec la minutie d'un enquêteur policier. Au-delà de l'ivresse du mensonge, se dégage peu à peu une interrogation puissante sur la réalité et l'histoire. À l'heure où les conflits ébranlent l'Europe, où les peuples se replient et la pensée s'englue dans le présent immédiat en quête de certitudes, la mise à distance est plus que jamais nécessaire. C'est sans doute la seule leçon de la littérature. Par-dessus toutes les frontières, cette défense de la gratuité, des mystères et des opacités a force de manifeste.


- De bruit et de fureur
de Virginie de Clausade
Éditions Plon / 27 octobre 2016


À l'occasion des 30 ans de la mort de Thierry Le Luron, Virginie de Clausade nous livre un récit inédit sur les cent dix dernières semaines de la vie du célèbre imitateur, de la découverte de sa séropositivité à son décès. "Hervé, mon oncle, fut le manager de Thierry Le Luron du début des années 80 à son décès. Pourtant, de Thierry, de leur histoire, je ne savais rien si ce n'est que j'avais grandi en compagnie de son chien, Teddy. Il y a trois ans, en déjeunant avec Hervé, je lui évoquais mon envie d'écrire sur le sida et les premières années de l'épidémie. Je voulais traiter ce sujet, sans savoir encore comment. Pourquoi n'écrirais-tu pas sur Thierry? J'hésitai mais je l'écoutai et Thierry eut alors sur moi le même effet qu'il eut sur tous: à titre posthume, il me conquit. Il me fallut ensuite des mois pour trouver comment relier mes sujets, pour conserver la distance qui préserve de l'obscène et métamorphose le réel en matière littéraire. Je me suis appuyée sur les souvenirs d'Hervé, ce dont il avait été témoin, ce que Thierry et lui avaient partagé; sur ses agendas; sur les archives inédites de la production familiale, le Gala des étoiles. Je voulais narrer les débuts d'une pandémie, le destin de Thierry Le Luron s'est présenté pour l'incarner. Voici son histoire pour raconter l'Histoire". Virginie de Clausade


- Journaux de voyage
de Bashô
Éditions Verdier / 27 octobre 2016


À la huitième lune d'automne, lorsque je quittai mon logis délabré près de la rivière, il soufflait un vent frisquet. Ainsi commencent les notes de voyage de Bashô, composées en prose rythmée, parsemée de-ci de-là de haiku dans lesquels se cristallise une impression fugitive, longuement préparée par la description d'un paysage, par une méditation devant un vestige du passé, devant un site illustre. Ces haiku perdraient une grande partie de leur résonance s'ils étaient détachés du texte dans lequel ils sont normalement sertis et qui les éclaire. C'est pourquoi l'éminent connaisseur de la littérature japonaise que fut René Sieffert a construit ce recueil, qui comprend l'intégralité des sept journaux de voyages de Bashô, en respectant leur forme initiale.


- Lucrèce Borgia
de Raphaël Delpard
Éditions De Borée / 27 octobre 2016


Le projet proposé consiste à mettre en lumière la relation amoureuse vécue par des personnages que l'histoire a qualifi és de célèbres. Ces personnages, présentés comme hors du commun, aiment-ils de la même manière que l'homme de la rue, ou est-ce que leur célébrité les pousse à un comportement différent? Il s'agit donc d'ausculter la relation sentimentale et de la raconter dans le style historique romanesque S'il est un personnage célèbre qui illustre à la perfection le principe de la collection Le roman d'amour c'est bien Lucrèce Borgia. En effet cette jeune femme, née à Subiaco en 1480 en Italie et morte à Ferrare en 1519, mêlée très jeune à la cour du cardinal valencien Roderic Borgia (future pape Alexandre VI) dont elle est la fille naturelle, doit sa célébrité autant pour sa beauté que pour ses mœurs prétendument dissolues. Mais elle marqua aussi son époque en qualité de protectrice des arts et des lettres. La vie et l'histoire de Lucrèce sont intimement liées à ce quatorzième siècle italien fastueux et décadent. Douée d'une surprenante beauté, dès son plus jeune âge Lucrèce attire naturellement les hommes. On raconte qu'elle aurait eu son premier amant à 12 ans. Ils sont nombreux à profiter de ses faveurs jusqu'au jour où son frère César et son père la forcent à épouser Giovanni Sforza. Le drame de Lucrèce commence alors.


- Les bonheurs de la vie
de Sheila
Éditions L'Archipel / 19 octobre 2016


Sheila a décidé de nous faire partager son incroyable bonheur de vivre. Ce nouveau livre, fruit de son expérience de chanteuse et de danseuse, rassemble ses secrets pour rester, à 70 ans, en forme, mince et pleine de tonus. Elle nous dit sa passion pour le sport, ses rencontres avec des maîtres yogis qui lui ont permis de conserver une énergie hors du commun. Sheila nous livre ses recettes de bien-être, de diététique, ses techniques de respiration et décrit l'importance de la relaxation. Un livre émaillé de souvenirs où Sheila se raconte en toute sincérité, la femme comme l'artiste.
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MessageSujet: Les dernières parutions   Ven 21 Oct - 9:17

- David Foster Wallace
de D. T. Max
Éditions De L'Olivier / 20 octobre 2016


Cet ouvrage est la première biographie d'un des plus grands auteurs de sa génération. Car David Foster Wallace, au-delà de ses écrits brillant d'intelligence et d'humour, est une personnalité fascinante, que nous présente D. T. Max: enfant précoce, il excelle au tennis, qu'il abandonne pour se tourner vers des études universitaires en littérature, mathématiques et philosophie. Mais alors qu'il se lance dans l'écriture, la maladie le rattrape, de sévères épisodes maniaco-dépressifs qui le hanteront jusqu'à son suicide en 2008. D.T. Max, au moyen d'entretiens et de documents inédits, brosse le portrait intime et littéraire de cet homme, prodige des lettres et homme aux multiples facettes. Liens familiaux intenses, relations amoureuses chaotiques, genèse du roman culte L'Infinie Comédie: la vie de David Foster Wallace se lit comme un roman. Sans pathos, D.T. Max nous dévoile la vie de cet auteur culte.


- Dessins
de Sylvia Plath
Éditions La Table Ronde / 20 octobre 2016


En 1956, Sylvia Plath écrivait à sa mère Aurelia: "J'ai le sentiment d'être en train de développer une sorte de style primitif bien à moi, et que j'aime beaucoup. Attends de voir". Tout au long de sa vie, Sylvia Plath a parlé de l'art comme de sa source d'inspiration la plus profonde; et pourtant, tandis que ses écrits connaissent un succès mondial, ses dessins restent méconnus. Cette édition rassemble des dessins datés de 1955 à 1957, période durant laquelle elle étudiait à l'Université de Newnham, à Cambridge, boursière du prestigieux programme Fulbright. C'est à cette époque qu'elle rencontre, et épouse en secret, le poète Ted Hughes; ils partiront en lune de miel à Paris et en Espagne avant de retourner aux États-Unis en juin 1957. Les dessins à l'encre de Sylvia Plath témoignent de délicieux moments d'observation à cette période de sa vie, et comptent parmi leurs sujets des toits parisiens, des arbres, des églises, et un portrait de Ted Hughes. Avec une introduction éclairante de sa fille Frieda Hughes, le livre met en lumière ces années clés de l'existence de Sylvia Plath, et inclut des lettres ainsi qu'un passage de son journal où il est question de son art.


- Intime. Anti-biographie musicale
de Alain Chamfort
Éditions Cherche Midi / 20 octobre 2016


Je suis pudique, c'est mon éducation, je ne me déboutonne pas à l'envi, disons que ma nature est réservée. On m'a souvent reproché de cacher ou de voiler mes sentiments. Peut-être que, pour part, ils s'expriment dans ma musique. Si je me décide aujourd'hui à me livrer par l'écriture, alors que je cultive la discrétion depuis tant d'années, c'est qu'il me faut risquer les profondeurs avec ravissement, à croire que mes blessures aiment à sourire devant la gravité.


- Mingus Erectus
de Noël Balen
Éditions Le Castor Astral / 20 octobre 2016


Mingus Erectus est une ode à la gloire du contrebassiste le plus emblématique de l'histoire du jazz. Porté par le souffle de cette longue mélopée à la fois tendre et fiévreuse, Charles Mingus, colossal artificier du son, continue de clamer son insoumission généreuse, droit dans ses notes. Le livre se veut un hommage à ce jazzman mythique qui a collaboré avec des personnalités telles que Duke Ellington ou Louis Armstrong. Noël Balen a sélectionné quelques textes pour les mettre en musique dans la tradition de la Jazz Poetry. Ainsi est né le disque qui accompagne le recueil.


- Not Dead Yet
de Phil Collins
Éditions Michel Lafon / 20 octobre 2016


"Dans mon autobiographie, certaines choses vont amuser les gens, d'autres, les surprendre. Voire les horrifier. Et si, à la fin, les lecteurs sont choqués ou déçus que leur “héros”, ou le type qui n'arrêtait pas d'apparaître dans les charts, ne soit qu'un homme? Eh bien ce livre aura atteint son but". Phil Collins
1969, Abbey Road. George Harrison fait une session d'enregistrement pour son premier album solo. Dans le studio, Phil Collins, 19 ans, est aux percussions. Ce sont ses débuts chez les grands. Il rejoindra ensuite Genesis et remplacera Peter Gabriel en tant que chanteur principal. Avec le groupe il vend plus de 100 millions d'albums. Un exploit qu'il réédite en solo, égalant ainsi Michael Jackson et Paul McCartney. Dans son livre il revient sur les réussites, échecs et coulisses de ses collaborations avec Eric Clapton, Sting, Led Zeppelin et bien d'autres. Mais côtoyer les sommets a un prix, et Phil l'a payé. Cher. Sa vie familiale est un naufrage, trois mariages, trois divorces et son alcoolisme qui l'entraîne aux portes de la mort. Il n'a survécu que grâce à son amour pour ses cinq enfants. Son autobiographie rend sa taille humaine à cette légende du rock en mettant dans la lumière les défauts et les faiblesses de celui qui aura toujours su préserver les apparences pour son public.


- Les bonheurs de la vie
de Sheila
Éditions L'Archipel / 19 octobre 2016


Sheila a décidé de nous faire partager son incroyable bonheur de vivre. Ce nouveau livre, fruit de son expérience de chanteuse et de danseuse, rassemble ses secrets pour rester, à 70 ans, en forme, mince et pleine de tonus. Elle nous dit sa passion pour le sport, ses rencontres avec des maîtres yogis qui lui ont permis de conserver une énergie hors du commun. Sheila nous livre ses recettes de bien-être, de diététique, ses techniques de respiration et décrit l'importance de la relaxation. Un livre émaillé de souvenirs où Sheila se raconte en toute sincérité, la femme comme l'artiste.
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 17 Oct - 15:31

- La nuit ne dure pas
de Dani
Éditions Flammarion / 12 octobre 2016


L'icône de la chanson française raconte sa vie intime: ses succès, ses descentes aux enfers, ses amours... ©Electre 2016


- Thierry Le Luron, une histoire vraie
de Edwige Saint-Eloi
Éditions City / 12 octobre 2016


Drôle, Drôle, insolent, incroyablement talentueux... On se souvient de Thierry Le Luron imitant Mitterrand, Dalida, Chirac, Giscard d'Estaing ou Johnny Hallyday. Et comment oublier le mariage avec Coluche qui a tant fait rire et évoluer les consciences? Indissociable de la France des années 70 et 80, Thierry Le Luron fut un poil à gratter, un "empêcheur de penser en rond". Un jeune homme bien sous tous rapports, sans complaisance pour quelque pouvoir que ce soit. Mais au-delà de cette image publique, qui était-il vraiment? De sa vie privée, on ne connaît presque rien. Cette biographie révèle l'homme dissimulé derrière le personnage de l'amuseur public. Le destin romantique, passionné et fulgurant d'un garçon à qui tout souriait quand il a été fauché par le mal du siècle. Il avait seulement 34 ans.


- Chamfort
de Claude Arnaud
Éditions Perrin / 06 octobre 2016


Comment restituer le "condensé d'existence" d'une personnalité aussi complexe et contradictoire? Comment expliquer l'impossible coexistence, au sein d'un même être, entre un sauvage "écorché vif", qui fit de son indépendance une valeur cardinale, et un mondain ne cherchant qu'à être loué? Telle est l'ambition de cette superbe biographie qui redonne vie à l'illustre inconnu qu'était Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort (1740-1794), l'un des meilleurs écrivains de la dernière génération des Lumières. Le livre illumine en même temps l'écrivain et l'homme tiraillé entre deux mondes, ami des "grands" et révolutionnaire, misanthrope et idéaliste, côtoyant Voltaire aussi bien que Rousseau, Talleyrand que Mirabeau, Rivarol que Chateaubriand... En annexe, soixante-dix des anecdotes, mots et maximes qui firent sa renommée.


- François-Joseph
de Jean-Paul Bled
Éditions Perrin / 06 octobre 2016


Né en 1830, mort en 1916, François-Joseph, qui se définissait comme le "dernier monarque de la vieille école", incarne, avec majesté, une certaine idée de la monarchie et du pouvoir. Il aura su maintenir envers et contre tout l'unité d'un empire de onze peuples, travaillés par de violentes forces centrifuges. Racontant soixante-huit années d'un règne d'abord autoritaire puis plus libéral, l'auteur révèle avec talent pourquoi le destin de l'Europe est lié à celui de l'Autriche-Hongrie.


- Germanicus
de Yann Rivière
Éditions Perrin / 06 octobre 2016


Sur le Grand Camée de France, on le voit chevauchant Pégase, superbe et triomphant. Il est le prince de la jeunesse, le César que Rome et le monde espèrent lorsque reviendra le temps de la liberté. Mais Germanicus, lorsqu'il meurt à Antioche en 19, à 34 ans, emporte avec lui une gloire inaccomplie. Auréolé de vertus républicaines, de courage militaire et de maîtrise intellectuelle, le petit-fils de Marc Antoine, l'époux d'Agrippine, le père de Caligula paraît avoir brûlé les étapes. Après avoir brillé en Illyrie, c'est en Germanie qu'il se distingue, infligeant une sévère défaite au légendaire Arminius. C'est en Orient qu'il s'épanouit ensuite, faiseur de roi et de paix, populaire au point de susciter la jalousie de l'empereur Tibère, son oncle et père adoptif. La mort le frappa en plein vol, le soustrayant peut-être au destin sanglant qui caractérise sa famille. La perte fut ressentie à la hauteur des espérances qu'il avait entretenues. Statues, bas-reliefs, médailles, inscriptions lui furent consacrés, magnifiant sa mémoire presque à l'égal d'un dieu. Et lorsque l'Antiquité se réinstalla dans la culture occidentale au XVIe siècle, le nom et la personne de Germanicus investirent la musique, la littérature et l'art bien plus que son destin l'aurait laissé supposer. En reconstituant le parcours de Germanicus, Yann Rivière nous entraîne sur les lieux que, en ces débuts de l'Empire, Rome s'attacha à conquérir, chez les peuples divers qu'elle soumit de gré ou de force, dans les subtilités de la politique et de la religion mêlées, et au cœur de cette dynastie julio-claudienne, où le génie, la folie et le meurtre se côtoyèrent.
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 4 Oct - 15:19

- Flâner entre les intervalles
de Jacques Higelin
Éditions Fayard / 05 octobre 2016


Bien sûr, on le sait poète. Grand maître de l'improvisation, capable d'enchanter le monde dans ses refrains. On l'imagine moins absorbé dans le silence, penché des heures durant sur ses cahiers. Inspiré, concentré, traquant sans se lasser le mot le plus juste, le plus pertinent, le plus étonnant. Tel est pourtant Jacques Higelin. Auteur acharné qui, depuis près de quarante ans, noircit des pages où se côtoient l'humour, le désir, les tourments, le plaisir, la sagesse, la folie.  Ce trésor d'écriture, il l'avait jusqu'ici gardé secret. Aujourd'hui, Jacques Higelin a choisi de publier une centaine de ces textes inédits, longs ou brefs, épiques ou incisifs, écrits entre 1982 et 2015. Par petites touches, le livre nous dévoile aussi quelques uns de ses secrets d'écriture. Un recueil tour à tour drôle, surprenant, bouleversant. Ode à la créativité et à la liberté.


- Herbert Von Karajan. Une autobiographie imaginaire
de Sylvain Fort
Éditions Actes Sud / 05 octobre 2016


À travers cette autobiographie imaginaire du chef d'orchestre, l'auteur tente, par la conjecture, le jeu des résonances psychobiographiques, le recoupement des citations et des témoignages, de mieux comprendre de l‘intérieur l'esprit si complexe et si particulier de ce musicien.


- Le génie de Beethoven
de Bernard Fournier
Éditions Fayard / 05 octobre 2016


Personnalité hors du commun  et puissant génie créateur, Beethoven est une de nos plus grandes figures artistiques. C'est à lui qu'on fait appel dans les grandes circonstances, face aux événements tragiques pour ramener l'espoir mais aussi pour célébrer fastueusement les grandes causes. Depuis deux cents ans, son humanisme fraternel et son sens de la grandeur nous poussent à avancer et à regarder vers le haut. En même temps peu d'artistes ont aussi profondément scruté leur monde intérieur en y cherchant l'universel. Populaire dans certaines pages symphoniques, il est par excellence un musicien visionnaire dans ses quatuors à cordes et ses sonates. Témoin de son temps, il a su recueillir l'héritage du passé tout en anticipant l'avenir. Il n'a cessé jusqu'à nos jours d'être le contemporain de toutes les générations qui l'ont suivi et il n'a cessé de parler à chacun. Après bien des études biographiques, Bernard Fournier s'attache à nous faire comprendre son œuvre. En scrutant les partitions comme avec un microscope et en s'appuyant sur des notions telles que l'énergie, l'espace et le temps, il éclaire l'importance du geste compositionnel et  dégage ainsi ce en quoi la musique représente selon son auteur "une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie". Beethoven Tondichter (poète en sons) est aussi un Tondenker (penseur en sons); la pensée qu'il exprime fait preuve d'une originalité qui, toujours remise en question, explore sans cesse de nouveaux domaines et met en jeu des énergies nouvelles.


- Conversations avec Nathalie Sarraute
de Rolande Causse
Éditions Du Seuil / 03 octobre 2016


De 1985 à 1999, Rolande Causse a rendu régulièrement visite à Nathalie Sarraute. À travers ces rencontres, elle fait revivre la femme de lettres, l'amoureuse de la littérature, de la peinture et du théâtre, l'écrivain, la mère, l'amie… Toujours curieuse et généreuse, souvent drôle et parfois critique, Nathalie Sarraute parle de la naissance des Tropismes, de l'écriture au quotidien, de ses voyages, de ses conférences… Au cours des conversations, le lecteur partagera de longs moments avec cet écrivain solitaire qui, avec acharnement, a créé une œuvre unique. Comme une rhapsodie, textes, photos, extraits des livres de Nathalie Sarraute ou fragments d'essais sur son œuvre, illustrent cet ouvrage.


- Dante. L'esprit pèlerin
de Didier Ottaviani
Éditions Le Cercle Points / 03 octobre 2016


La postérité de Dante s'explique par la dimension universelle que revêtent son expérience personnelle, ses espoirs ou ses doutes, livrant une interrogation intemporelle sur le statut même du sujet humain. Dans ce voyage métaphysique qu'est la Divine Comédie, le poète décrit la métamorphose de l'individu du sensible au spirituel, la naissance d'un sujet authentique, capable à la fois d'accepter sa condition mortelle et d'accéder à ce que Dante nomme, au Paradis, le trasumanar. Ce néologisme par lequel il traduit une expérience de dépassement du soi et de l'humain est sans doute la clef de lecture à partir de laquelle son œuvre prend sens: déceptions amoureuses, condamnations ou exil, elle manifeste le long chemin parcouru par cet "esprit pèlerin", de l'humain vers le surhumain. Une métamorphose de soi qui est aussi une métamorphose de l'amour sous toutes ses formes.


- Born to Run
de Bruce Springsteen
Éditions Albin Michel / 28 septembre 2016


"Se raconter est une drôle d'affaire. Dans un projet comme celui-ci, l'auteur fait une promesse: laisser le lecteur entrer dans sa tête. C'est ce que j'ai essayé de faire au fil de ces pages". Bruce Springsteen dans les pages de Born to Run.
En 2009, Bruce Springsteen et le E Street Band jouent à la mi-temps du Super Bowl. L'expérience est tellement grisante que Bruce décide d'écrire à ce sujet. C'est ainsi qu'a commencé cette extraordinaire autobiographie. Au cours des sept années écoulées, Bruce Springsteen s'est, en secret, consacré à l'écriture de l'histoire de sa vie, apportant à ces pages l'honnêteté, l'humour et l'originalité qu'on retrouve dans ses chansons. Il décrit son enfance, dans l'atmosphère catholique de Freehold, New Jersey, la poésie, le danger et les forces sombres qui alimentaient son imagination, jusqu'au moment qu'il appelle Le Big Bang: la première fois qu'Elvis Presley passe à la télévision, au Ed Sullivan Show. Il raconte d'une manière saisissante l'énergie implacable qu'il a déployée pour devenir musicien, ses débuts dans des groupes de bar à Asbury Park et la naissance du E Street Band. Avec une sincérité désarmante, il raconte aussi pour la première fois les luttes personnelles qui ont inspiré le meilleur de son œuvre et nous montre que la chanson Born to Run révèle bien plus que ce qu'on croyait. Born to Run sera une révélation pour quiconque apprécie Bruce Springsteen, mais c'est bien plus que le témoignage d'une rock star légendaire. C'est un livre pour les travailleurs et les rêveurs, les parents et les enfants, les amoureux et les solitaires, les artistes, les dingues et quiconque ayant un jour voulu être baptisé dans les eaux bénies du rock'n'roll. Rarement un artiste avait raconté son histoire avec une telle force et un tel souffle. Comme nombre de ses chansons (Thunder Road, Badlands, Darkness on the Edge of Town, The River, Born in the USA, The Rising, The Ghost of Tom Joad, pour n'en citer que quelques-unes), l'autobiographie de Bruce Springsteen est écrite avec le lyrisme d'un auteur/compositeur singulier et la sagesse d'un homme qui a profondément réfléchi à ses expériences.
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MessageSujet: Les dernières parutions   Ven 23 Sep - 15:08

- Fantin-Latour
de Leila Jarbouai
Éditions Gallimard / 22 septembre 2016


Peintre ayant toute sa vie cherché à concilier réalisme et idéal, Henri Fantin-Latour (1836-1904) s'essaie à l'autoportrait dès l'âge de 17 ans – une cinquantaine suivront. Il renouvelle le portrait de groupe avec ses grands tableaux-manifestes Hommage à Delacroix, L'Atelier des Batignolles ou Un coin de table. Véritable portraitiste de fleurs, genre dans lequel il est très prolifique, Fantin excelle dans l'art de traduire la subtilité des couleurs et des matières. Ce grand mélomane puise également dans les opéras de Wagner et dans la musique de Schumann, Brahms et Berlioz une partie de son inspiration. À partir de 1890, il n'expose plus au Salon que des œuvres d'imagination, proches du symbolisme. Artiste à fleur de peau, Fantin-Latour s'impose, malgré sa discrétion, comme une figure marquante de son siècle.


- L'homme qui aurait du être roi
de Jean Siccardi
Éditions Cherche Midi / 22 septembre 2016


On lui a dit qu'il ressemblait au duc de Windsor, le fugace Édouard VIII. Il décide alors d'enquêter. À mesure de ses découvertes, il apprend qu'il n'est autre que le petit-fils du roi d'Angleterre. En 1912, sa grand-mère, Marie-Léonie Graftieaux, fut la maîtresse du prince de Galles, dont elle eut un enfant en 1916. Pour prix de son silence, la monarchie britannique lui offre de l'argent. La petite couturière parisienne devient ainsi une styliste célèbre dans l'entre-deux-guerres sous le pseudonyme de Marcelle Dormoy. François Graftieaux, qui vit aujourd'hui en France et en Suisse, demande à la cour d'Angleterre que l'on procède à un test ADN pour faire reconnaître sa légitimité. Une réalité à faire pâlir toutes les fictions historiques dignes de ce nom? Bon sang ne saurait mentir.


- Berthe Morisot
de Jean-Dominique Rey
Éditions Flammarion / 21 septembre 2016


Belle-soeur de Manet, amie de Degas, de Monet, de Renoir, Berthe Morisot (1841-1895) adopte à leur contact la palette claire et la peinture de plein air, mais avec une intuition et une subtilité toute personnelle. L'analyse artistique est complétée par l'étude des relations entretenues par Berthe Morisot avec les écrivains (Huysmans, Fénéon, Zola, etc.) illustrée de lettres manuscrites en fac-similé.©Electre 2016


- Hergé, fils de Tintin
de Benoît Peeters
Éditions Flammarion / 21 septembre 2016


Le biographe exploite des éléments nouveaux comme la correspondance de Georges Rémi alias Hergé avec sa première femme, Germaine Kieckens, et son premier secrétaire, Marcel Dehaye pour montrer que les aventures de Tintin sont en quelque sorte le journal des événements qui ponctuent la réalité de son créateur.©Electre 2016


- Le mystère Pontecorvo
de Frank Close
Éditions Flammarion / 21 septembre 2016


Cet ouvrage retrace la vie du physicien atomique Bruno Pontecorvo, communiste, et ses découvertes sur le neutrino, ainsi que les soupçons sur sa trahison présumée des secrets nucléaires de l'Ouest en pleine guerre froide.©Electre 2016


- Le président T.W. Wilson. Portrait psychologique
de Sigmund Freud
Éditions Payot & Rivages / 21 septembre 2016


"Il m'a été, dès le début, antipathique et cette aversion a augmenté avec les années". Freud ne mâche pas ses mots: il déteste le 28e président des États-Unis, Thomas Woodrow Wilson (1856-1924), père de la Société des Nations, prix Nobel de la paix, l'homme des "14 points" à la base du traité de Versailles, ce Wilson qui, pendant ses deux mandats, de 1913 à 1921, apparut aussi aux limites de la folie, idéaliste pitoyable, menteur instable, dévot aliéné se sentant en communication directe avec Dieu. Rédigé à quatre mains entre 1930 et 1932 avec le diplomate et ami William C. Bullitt (1891-1967), représentant personnel de Wilson et conseiller de Roosevelt, ce livre étonnant, qui ne sera publié qu'en 1966, près de trente ans après la mort de Freud, relie la psychanalyse, l'histoire et la politique. Il pose aussi une question que n'eût pas reniée La Boétie: en se choisissant de tels chefs, que veut un peuple?


- Le serment de Bastia
de Charles Pasqua et Jean-François Achilli
Éditions Fayard / 21 septembre 2016


Charles Pasqua a brutalement disparu le 29 juin 2015. Les mois précédents, avec Jean-François Achilli, il s'était lancé dans le récit de sa vie, en remontant aux origines d'une famille pauvre et unie, de la Corse à Grasse, en passant par les maquis pendant la guerre et par quinze années chez Ricard. C'est la première fois qu'il acceptait de parler de ces chapitres intimes dans un livre. Mais ce récit explore aussi sa longue carrière politique, entre ombre et lumière, de l'engagement gaulliste à la litanie des affaires qui aura occupé la fin de sa vie publique. Les racines corses, Chirac, le SAC, Malik Oussekine… Autant de sujets sur lesquels on aimait le chatouiller, et à propos desquels il avait souvent botté en touche. L'homme d'État, enfin, se livre sur lui-même, sa vie au côté de son épouse, la disparition de son fils, ses regrets. Du Pasqua parlé dans le texte, parfois abrupt, souvent tendre. Charles Pasqua restera un monument de la vie politique française, qui a traversé un demi-siècle d'histoire, ne laissant jamais personne indifférent.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Sam 17 Sep - 16:20

- Baudrillard, cet attracteur intellectuel étrange
de Nicolas Poirier
Éditions Le Bord de l'Eau / 15 septembre 2016


Assimilé à la French Theory, Jean Baudrillard (1929-2007) a été aussi célèbre, ou presque, sur les campus américains que Foucault, Derrida, Deleuze, Guattari ou Lacan. Mais s'il est toujours très lu à l'étranger, il a largement disparu des écrans radars en France. Officiellement sociologue, aucun sociologue ne le cite, aucun étudiant en sociologie ne le lit. C'est dans d'autres disciplines, plus marginales, qu'il fait encore référence. Il faut dire qu'il a tout fait pour brouiller les pistes, en se refusant à tout réalisme pour mieux tenter de prendre la réalité de vitesse, jusqu'à annoncer son évanescence dans l'hyper-réalité du virtuel. Sa pensée, fulgurante et aphoristique, attirait étrangement, mais on pouvait croire que cette séduction fatale tenait à un goût tout pataphysicien des paradoxes. Or, force est de se demander s'il n'avait pas, au bout du compte, vu plus juste et mieux anticipé que tous ses contemporains ce qu'est désormais devenu notre monde. Ce volume, qui réunit sociologues, philosophes, économistes, théoriciens de l'esthétique et des médias, permet de prendre la mesure de son œuvre inclassable.


- Chanel, l'énigme
de Isabelle Fiemeyer
Éditions Flammarion / 14 septembre 2016


Portrait de Coco Chanel à travers l'histoire de sa vie et de son parcours, illustré de témoignages, de photos et de documents inédits, dont certains sur la période de la guerre. ©Electre 2016


- François Couperin
de Christophe Rousset
Éditions Actes Sud / 14 septembre 2016


Christophe Rousset l'avoue: le compositeur François Couperin (1668-1733) est resté l'ami qu'il promettait d'être, celui qui parle au cœur, celui qui sait, avec son cortège de pièces mutines, pathétiques, sensuelles, dans les pires moments de solitude, comme par miracle, exprimer notre propre pensée. Tel un bon génie sorti d'une improbable lampe à huile, l'auteur des Barricades mystérieuses répand une subtilité et une sincérité qui viennent faire vibrer en sympathie les cordes les plus profondément enfouies. En analysant l'œuvre du compositeur à la lumière de son expérience d'interprète, Christophe Rousset nous invite à la découverte de François Couperin, cet ensorcelant révélateur.


- Mister Everywhere
de Pierre Rissient
Éditions Actes Sud / 14 septembre 2016


Cinéphile éclairant et éclaireur, Pierre Rissient fut, tour à tour, programmateur de cinéma, attaché de presse, distributeur, producteur, réalisateur… Dénicheur de talents également puisqu'il a œuvré à la reconnaissance européenne d'Eastwood, Schatzberg, Coppola, Tarantino, l'Australienne Jane Campion, le Chinois de Hong Kong King Hu, ou encore le Philippin Lino Brocka. Dans cet ouvrage, il se livre à cet exercice délicat de la mémoire. Il revient sur ces auteurs qui l'ont construit, ces monstres qu'il a croisés (Walsh, Lang, Huston), ses envies de cinéma et ses petites histoires, ses réflexions sur le cinéma, il évoque également ces cinéastes de la liste noire ou ces talents tombés dans l'oubli.


- Oum Kalsoum
de Ysabel Saïah-Baudis
Éditions Du Rocher / 14 septembre 2016


Disparue il y a quarante ans, Oum Kalsoum, née avec le siècle dernier, reste aujourd'hui la seule star mythique orientale, la voix que l'on entend et que l'on reprend partout dans le monde arabe, l'exemple du féminisme, l'héroïne du patriotisme, l'initiatrice de l'extase artistique. Sa vie est digne des plus beaux contes orientaux. Née pauvre, paysanne, fille d'un religieux, elle possède un don qu'elle cultivera grâce à sa farouche volonté de s'instruire. La chance aidant, elle rencontrera les plus grands poètes et musiciens arabes qui lui voueront leur vie. Elle traverse le XXe siècle, s'imprègne et milite pour les innombrables changements que traverse l'Égypte en intégrant toutes les nouvelles techniques, du cinéma à la radio pour devenir "la voix des Arabes". Adulée de son vivant par le président Nasser comme par l'homme de la rue, elle reste aujourd'hui une référence pour tous les musiciens et les artistes de tous les arts. Femme mythique en terre d'Orient, elle est devenue une icône.


- Rilke. Une existence vagabonde
de Catherine Sauvat
Éditions Fayard / 14 septembre 2016


Icône absolue de la poésie de langue allemande aux traces pourtant si parisiennes, Rilke est cet homme toujours en partance. De Prague à Paris, en passant par Munich, Capri ou Venise, il parcourt l'Europe en quête d'un havre d'inspiration. Catherine Sauvat suit le poète dans ces éternelles errances à travers des lieux tantôt aimés tantôt haïs. Mais elle brosse aussi le portrait d'un personnage distant et dépressif dont les départs soudains ont déjoué toutes les relations. Car ce mondain et grand amoureux n'a rien autant chéri que sa solitude, moteur indispensable à sa création. Nombreuses sont celles qui souffrirent de ce séducteur impénitent, de Clara Westhoff, Paula Modersohn-Becker à Baladine Klossowska, quand la liaison ne pouvait se vivre qu'à distance et dans des lettres exaltées. Catherine Sauvat nous plonge dans l'intimité de l'homme qui, par ces constantes lignes de fuite, cet acharnement à la distance, se révèle tel qu'en lui-même.


- Si fragile
de Fiona Gélin
Éditions L'Archipel / 14 septembre 2016


"Le désespoir, l'alcool, la traversée du désert, j'ai tout connu" confie Fiona Gélin, qui revient dans ce récit sur son parcours et sa résurrection. Elle y évoque ses chers disparus, restés si présents en elle. D'abord son père, Daniel, le grand acteur, qui n'a cessé de l'encourager; sa demi-sœur, Maria Schneider, l'héroïne du Dernier Tango à Paris, film à succès qui a détruit sa vie; Xavier Gélin, producteur et acteur mort d'un cancer en 1999; sa mère aussi. Fiona Gélin fait sa première apparition aux côtés de Catherine Deneuve et Omar Sharif, dans Mayerling en 1968. Elle a 5 ans. Elle se remémore ses rôles à la télévision et au théâtre; les grands du cinéma avec qui elle a tourné, les hommes de sa vie, dont Daniel Hechter; et les fantasmes qu'elle a suscité (elle a fait rêver bien des hommes en apparaissant court vêtue au cinéma et dans les magazines de charme).
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 13 Sep - 11:11

- Chiang Kaï-Shek
de Alain Roux
Éditions Payot & Rivages / Septembre 2016


"Brutal et tyrannique. Irritable. Vaniteux, têtu, méchant, extravagant, jaloux, avare, luxurieux, arrogant. Aime à se donner en spectacle et fanfaronne sur sa richesse". Tel est l'autoportrait sans concession tracé à l'âge de 31 ans par Chiang Kaï-shek (1887-1975) dans son Journal de 16 000 pages conservé à l'université de Stanford. Brutal, le jeune Chiang l'est assurément: à Shanghai, il n'hésite pas à assassiner pour le compte du gang de la Bande Verte, à battre sa première femme ou à malmener les soldats placés sous ses ordres. Après la mort de son mentor, Sun Yat-sen, en 1925, le "général rouge" saisit sa chance en s'emparant du Guomindang, le Parti nationaliste. Désormais marié à la belle et brillante Meiling, qui lui sert de conseillère occulte et d'interprète auprès des États-Unis, il s'attache à réunifier la Chine, massacrant ses alliés communistes de jadis et soumettant les seigneurs de la guerre. Pendant douze ans, il mène un double combat: à l'extérieur contre les Japonais, à l'intérieur contre les communistes. Si, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, cet habile stratège est considéré, avec Churchill, Franklin Roosevelt et Staline comme un des "Quatre Grands", il ne se montre pas à la hauteur de son destin et doit capituler en 1949 devant Mao, son rival de toujours. Exilé à Taïwan, il impose sur l'île sa dictature et tente en vain de reconquérir une Chine continentale perdue. Une biographie monumentale, fruit de cinq années de recherches, qui redonne à cette figure majeure du XXe siècle la place qu'elle mérite dans l'Histoire.


- Jean-Louis Aubert
de Christian Eudeline
Éditions Prisma / Septembre 2016


Une biographie intime qui dévoile le parcours étonnant d'un musicien devenu star deux fois en une vie. L'histoire de Jean-Louis Aubert commence avec Téléphone, l'un des plus grands groupes de rock français, le seul à avoir connu un si grand succès. Le groupe se lance au milieu des années 1970, lorsque le rock n'est pas encore pris au sérieux. Et dès le début des années 1980, les quatre enfants terribles remplissent les stades et vendent des centaines de milliers de disques. Mais le phénomène devient trop difficile à gérer. Le groupe se sépare, et Jean-Louis Aubert repart quasiment à zéro pour une carrière solo. Une deuxième fois, il deviendra une icône. Dans son sillage on croise le rêve hippie, la révolution punk de 1977, la concurrence acharnée, les concerts balbutiants et le début d'une industrie, la compétition, l'amour, la haine, le succès, l'incompréhension et la rédemption. L'histoire de Jean-Louis Aubert illustre parfaitement l'histoire de la musique rock de ces quarante dernières années. En s'appuyant sur une enquête complète et de nombreux témoignages, dont celui de Jean-Louis Aubert, cette biographie retrace l'itinéraire de l'enfant béni du rock. Elle est la plus complète à ce jour.


- L'impossible exil
de George Prochnik
Éditions Grasset & Fasquelle / Septembre 2016


Né en 1881 dans une famille aisée, Stefan Zweig publia son premier recueil de poèmes à l'âge de 19 ans. Quoi qu'il écrivît, essais, articles, nouvelles, romans, biographies, il ne connut que le succès. À partir des années 1930, il devint l'auteur vivant le plus traduit à travers le monde. Il était, aimait-il à plaisanter, l'un des dix auteurs de langue allemande à pouvoir se permettre de fuir. Après l'arrivée au pouvoir d'Hitler, cet auteur célébré par tous, chantre de l'humanisme international, amoureux des arts et des lettres, se retrouva, en l'espace de quelques années, contraint à un exil solitaire qui l'éloigna peu à peu de tout ce qui avait guidé et fait sa vie. Il quitta l'Autriche pour s'installer à Londres, puis à Bath, avant de partir pour l'Amérique, New York, Ossining, Rio et enfin Petrópolis où, en 1942, il mit fin à ses jours. Dans cet essai brillant et très documenté, George Prochnik retrace le destin tragique de Stefan Zweig, et à travers lui, c'est tout un pan de l'histoire culturelle européenne et américaine que l'on découvre, mais aussi la lutte de ceux qui durent abandonner l'une pour embrasser l'autre. Zweig devient ainsi, par ses textes et sa pensée, le symbole de la fin d'une époque et de l'implosion de l'Europe en tant qu'idéal d'une civilisation occidentale éclairée.


- Le vieux saltimbanque
de Jim Harrison
Éditions Flammarion / Septembre 2016


Dans ce dernier livre publié moins d'un mois avant sa mort, Jim Harrison a choisi de poursuivre ses mémoires sous la forme d'un texte à la troisième personne pour échapper à l'illusion de réalité propre à l'autobiographie. Souvenirs d'enfance, découverte de la poésie, mariage, amour de la nature, célébration des plaisirs de la chair et de la table, alcools et paradis artificiels, Jim Harrison tisse le roman d'une vie. Véritable testament littéraire, Le Vieux Saltimbanque est à l'image de Big Jim: plus libre et provocateur que jamais, plus touchant aussi, en marge de toutes les conventions.


- Sir Ernest Shackleton
de Brigitte Lozerec'H
Éditions Du Rocher / Septembre 2016


Cancre à 16 ans, Ernest Shackleton, fils de médecin, préfère l'apprentissage du métier de marin à la scolarité. Il a 28 ans lorsqu'il est engagé, en 1902, sous le commandement de Robert Falcon Scott. La mission de l'expédition est de ficher l'Union Jack au pôle sud, cœur hostile et glacé du continent jamais encore pénétré par l'Homme. Bien que l'expédition soit un échec, Shackleton a pris goût au grand défi. Assoiffé de gloire, il organisera désormais ses propres expéditions pour être celui qui gagnera le pôle. Malgré les épreuves qu'il surmontera, il manquera toujours son but. Doué d'une volonté hors du commun, cet Irlandais au tempérament bouillonnant donnera à ses entreprises une dimension onirique qui a contribué à faire de lui un héros de légende parmi les explorateurs polaires, les marins et les montagnards. "La gloire, oui, mais jamais au prix de la vie d'un homme", avait-il écrit à son épouse. Ses trois expéditions tourneront à l'échec qu'il transformera en glorieuses aventures. Il ne perdra jamais un seul homme, contrairement à Scott. Dans les pires conditions, il fera toujours passer le salut de son équipage avant ses intérêts: devant leur trois-mâts, l'Endurance, prisonnier de la banquise de la mer de Weddell (plus grande que la France), puis broyé sous leurs yeux après des mois de dérive sur l'infini radeau de glace incontrôlable, il promettra à ses vingt-sept compagnons naufragés de les ramener tous à la maison. Grâce à son optimisme et son abnégation qui leur inspirent une foi absolue, ils dériveront encore presque un an avant de retourner à la civilisation au prix d'épreuves inimaginables. Ainsi transformera-t-il chacune de ses trois expéditions en exploits surhumains, exemplaires, fraternels. Quel homme se cachait donc derrière ce perdant magnifique, héros jalousé et vénéré? Quelles forces intérieures, quelles secrètes inquiétudes le poussaient à ne se sentir libre et en accord avec lui-même qu'en affrontant les espaces hostiles, gelés et inconnus du Grand Sud? En l'accompagnant dans cette biographie, nous tenterons de comprendre les ressorts intimes de cet ambitieux consumé par une soif d'absolu qui aura désiré ardemment contribuer à la conquête du dernier continent vierge et que les honneurs n'intéresseront plus. Il aura accédé aux impossibles sommets de ses rêves de cancre.


- Frank Zappa et l'Amérique parfaite
de Christophe Delbrouck
Éditions Le Castor Astral / Août 2016


La monumentale biographie de Frank Zappa se referme sur la grande résurrection des années 1980. Avant l'inévitable déclin face aux pièges tendus par les forces conservatrices et une industrie musicale réfractaire aux incartades atypiques du célèbre moustachu. Lassé de cette lutte incessante, Frank Zappa entame une action politique sans précédent aux États-Unis, celle d'un citoyen en colère. Cette bataille démesurée le mène devant le Sénat, puis au bord de l'élection présidentielle. Zappa soulève alors minutieusement les aberrations des politiciens, des censeurs et des fous de Dieu. Au-delà de cet ultime baroud d'honneur, Frank Zappa atteint son rêve transculturel le plus fameux: permettre à tous d'accéder à la connaissance par le divertissement. La vision d'une culture musicale débridée, sauvage et belle.


- Joseph Bonaparte
de Thierry Lentz
Éditions Perrin / Août 2016


Joseph Bonaparte (1768-1844) a joué un rôle considérable pendant la Révolution puis sous le gouvernement de son frère cadet, Napoléon. Un simple survol des fonctions qu'il occupa durant ce quart de siècle suffi t à en prendre la mesure: président du district d'Ajaccio, commissaire des guerres, ambassadeur, député, conseiller d'État, sénateur, grand électeur de l'Empire, roi de Naples, roi d'Espagne, lieutenant général de l'empereur en 1814, président du Conseil des ministres durant les Cent-jours. Son rôle politique actif fut donc de premier plan, marqué par une relation très particulière avec Napoléon dont il fut peut-être le seul ami. Après 1815, sa position ne fut pas non plus secondaire, malgré son départ d'Europe pour un long exil de près de 25 ans aux États-Unis où il devint un personnage très en vue, jusque dans les milieux officiels. Il demeura de plus une sorte de régent moral pour le compte du roi de Rome puis, après la mort de celui-ci (1832), devint prétendant au trône impérial. L'âge venant, il se raidit dans cette position et se heurta à son neveu Louis-Napoléon, le futur Napoléon III. Inhumé à Florence après sa mort dans cette ville, en 1844, il rejoignit son frère sous le dôme des Invalides en 1862.


- L'intrépide chevauchée de Benjamin Disraeli
de Charles Zorgbibe
Éditions Bernard de Fallois / Août 2016


"Quand je veux lire un roman, j'en écris un", aimait dire Benjamin Disraeli. Sa vie aura été le plus extraordinaire de ses romans. Intrépide chevauchée du petit-fils d'un immigré italien qui rêvait d'accéder aux plus hautes fonctions du Royaume-Uni, alors qu'il n'avait ni titres nobiliaires, ni propriétés terriennes, ni diplôme d'Oxford ou de Cambridge, les conditions indispensables au XIXe siècle pour entrer dans le cercle enchanté du pouvoir britannique. À trente ans, il confie au puissant lord Melbourne, pilier du gouvernement, qu'il veut devenir "premier ministre", provoquant la colère de son interlocuteur: "Jeune homme, chassez ces idées folles de votre tête". Aux contraintes du destin, Benjamin Disraeli ne cessera d'opposer la force de la volonté et l'énergie créatrice de l'imagination. Il prendra la tête du parti tory, le parti des aristocrates anglais et, par deux fois, il sera premier ministre, accédant ainsi au "sommet du mât glissant". Il élaborera les grandes lois sociales du XIXe siècle et il élargira le suffrage à de nouvelles couches d'électeurs dans une "course à la démocratie" face à son grand rival Gladstone. Devenu l'un des premiers hommes d'État européens, Disraeli imposera la paix à la Russie et à l'Empire ottoman lors d'une nouvelle éruption de la "question d'Orient". Il restera, dans l'histoire de l'Angleterre, le père fondateur de l'impérialisme, après avoir multiplié les coups de "diplomatie-spectacle, l'achat des actions du canal de Suez, la prise de possession de Chypre et le couronnement de la reine Victoria comme impératrice des Indes.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mer 17 Aoû - 13:10

- Lénine
de Robert Service
Éditions Perrin / Août 2016


Un siècle après la révolution de 1917, Lénine reste une figure d'une exceptionnelle envergure. Premier historien à avoir eu accès au "dossier Lénine" conservé aux archives soviétiques, Robert Service renouvelle ce que nous pensions savoir de la personnalité complexe de ce révolutionnaire autant glorifié que dénigré. Quelles furent les influences des premières années de sa vie politique? Comment, devenu le maître de la Révolution russe, créa-t-il le premier État socialiste du monde, d'où devait naître l'URSS? En s'interrogeant sur l'État et la société construite sous son égide, cette biographie exemplaire fait le bilan d'un héritage dont la mémoire est toujours vive, malgré l'effondrement du régime soviétique.


- Comme un enfant perdu
de Renaud Sechan
Éditions XO / Juin 2016


Après le grand retour de Renaud et le succès triomphal de son nouvel album Toujours debout, le chanteur publie son autobiographie. Dans son livre, Renaud raconte ses amours, ses tourments, sa révolte face aux injustices du monde. Un livre, dit-il, qui permet de comprendre. Sa vie. La vie. Et qui nous bouleverse à chaque page.


- Maman...
de Sylvie Vartan
Éditions XO / Juin 2016


Elle est la seule personne qui ne l'a jamais quittée, de Sofia à Paris, de Paris à Los Angeles. Tout tenait par elle. Grâce à elle. Parce qu'elle était là. Toujours. Sylvie Vartan a retrouvé le journal intime de sa mère, Ilona. Elle a rassemblé toutes les notes qu'elle avait prises après chacune de leurs conversations. Puis elle a composé cet hommage bouleversant à cette femme qui aura été tout pour elle: le pilier, l'alliée, le secours. Lorsqu'en 1952 ils ont décidé de fuir l'enfer du communisme et de vivre à Paris, les Vartan ont logé dans une petite chambre d'hôtel du quartier des Halles. Pendant trois ans, le père a dormi avec son fils, et Sylvie a partagé le lit de sa mère. C'est là, sans doute, dans ces années où Sylvie Vartan a vu sa mère tomber de fatigue sans jamais se plaindre, que ce lien unique s'est formé. Aujourd'hui, dans son livre, tout lui revient. Et on se laisse submerger par la puissance de cet amour maternel.


- Renoir-Simenon en miroir
de Claude Gauteur
Éditions Pierre Guillaume De Roux / Juin 2016


Renoir-Simenon, ce n’est pas seulement l’histoire d’une amitié qui durera cinquante ans mais aussi celle d’une œuvre en perpétuel miroir. Une histoire dont porte trace une abondante correspondance riche d’idées et de découvertes, où se lit une même soif de justesse dans l’art. En 1932 déjà, Jean Renoir (1894-1979) porte à l’écran La Nuit du carrefour, septième roman de Georges Simenon (1903-1989) et fixe pour la première fois sur nos rétines la célèbre atmosphère faite de pluie, de nuit, de froid et de brouillard. Coïncidence hautement symbolique: c’est Pierre Renoir, le propre frère du réalisateur, qui incarne alors Maigret, le policier voué à la postérité, personnage complexe dont Simenon écrira justement qu’il est son double. Il faut dire que les affinités ne manquent pas entre les deux artistes. Simenon, né en plein impressionnisme, observe un rapport à la lumière très proche de celui dont témoigne le fils d’Auguste Renoir dans ses films, et qui est un rapport critique, résolument tourné vers la "vérité intérieure" de l’être, qui montre l’envers du décor et, souvent, le glissement irrésistible vers la marginalité, la clochardise, comme le laissent transparaître des œuvres telles que La Chienne (1931) et Boudu sauvé des eaux (1932). Une intransigeance qui n’a pas empêché les deux hommes de partager le rêve hollywoodien au gré de projets d’adaptation qui révèlent de manière frappante l’acuité de regard d’un Renoir en parfaite complicité avec un Simenon toujours plus secret et douloureux. Il y a, enfin, le talent littéraire qu’affirme Renoir à travers de brillantes chroniques, sa biographie Renoir, mon père et son roman Les Cahiers du capitaine Georges.
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 4 Juil - 8:08

- Blondin
de Jean Cormier et Symbad de Lassus
Éditions Du Rocher / Juin 2016


"L'homme descend du songe" a assuré Antoine Blondin, hussard à la plume acérée. Personnage étonnant, déroutant et fantasque, il est l'auteur de 5 romans dont le plus célèbre, Un singe en hiver, lui aura permis de passer à la postérité via l'adaptation cinématographique d'Henri Verneuil, avec un Gabin plus touchant que jamais et un Belmondo à l'aube de sa carrière. Antoine Blondin s'est également taillé sa réputation d'écrivain génial sur les routes du Tour de France, qu'il a couvert 27 fois pour L'Équipe de 1954 à 1982, ouvrant la voie à la littérature sportive du XXe siècle. Prince du calembour, il reste pour beaucoup de "maîtres et maîtresses d'école" un exemple à montrer aux élèves. Le style Blondin est unique. 25 ans après sa mort, ses proches, famille, amis et admirateurs se sont réunis pour lui rendre un puissant et émouvant hommage. Parmi eux: Michel Déon, Bernard Pivot, Pierre Albaladéjo, André Boniface, Jean Gachassin, Jean-Pierre Rives, Raymond Poulidor, Jean Hatzfeld, Juliette Gréco et Jean-Paul Belmondo.


- Hortense de Beauharnais
de Marie-Hélène Baylac
Éditions Perrin / Juin 2016


Hortense de Beauharnais a souvent été réduite au simple rôle de belle-fille de Napoléon. Mariée à un homme qu'elle n'aime pas, assujettie aux obligations de la vie officielle, soumise aux rigueurs de l'exil, frappée par la mort de deux de ses fils et l'éloignement de son amant, la vie de la jeune femme aux yeux bleus semble marquée du sceau du malheur. Elle est pourtant loin de s'en tenir à un second rôle. Tour à tour princesse, reine puis duchesse, endurcie par les épreuves, Hortense exercera son influence jusque dans l'exil où, retirée à Arenenberg, au bord du lac de Constance, elle reçoit les visiteurs qui affluent de toute l'Europe. Intensément mère, elle se bat en 1831, puis en 1836 pour sauver son fils, Louis-Napoléon, auquel elle inculque des valeurs qui contribueront à faire de lui l'empereur Napoléon III. Puisant aux sources les plus larges, y compris les fonds d'archives d'Arenenberg et de Ravenne jusqu'alors inexploités, Marie-Hélène Baylac retrace avec brio la vie à la jonction de deux siècles de cette femme d'esprit au destin d'exception.


- Bob Dylan, poète de sa vie
de Jean-Dominique Brierre
Éditions L'Archipel / Mai 2016


Avec plus d'un demi-siècle de carrière, cinq cents chansons à son actif, cet artiste, pressenti pour le prix Nobel de littérature, est l'un des figures majeures de la musique populaire. Né Robert Allen Zimmerman le 24 mai 1941 à Duluth (Minnesota), cet auteur-compositeur-interprète, musicien, peintre, poète fut le chroniqueur des luttes sociales des années 60, avec  Like a Rolling Stone, Ballad of a Thin Man ou encore Gates of Eden. Certaines de ses chansons comme Blowin' in the Wind sont devenues des hymnes anti-guerre du Vietnam. Depuis 25 ans, il donne chaque année une centaine de concerts à travers le monde, réunissant un public de tous âges. À partir de son œuvre et de ses nombreuses interviews, remises en perspective et montées à la manière d'un film, Jean-Dominique Brierre, qui le suit depuis ses débuts, retrace son parcours hors normes.


- Carrier et la terreur nantaise
de Jean-Joël Bregeon
Éditions Perrin / Mai 2016


Jean-Baptiste Carrier, envoyé en mission par la Convention, a, en l'espace de cent jours, organisé les noyades de Nantes où périrent entre 2 000 et 5 000 personnes. Venu à Nantes pour réprimer les révoltes vendéennes, persuadé d'agir pour le triomphe de la Révolution, il est un "technicien" parmi d'autres, même s'il fut l'un des plus efficaces. Tout en expliquant les mécanismes de la Terreur, l'auteur montre que de tels agissements s'inscrivent dans un contexte plus large. Par ailleurs, Carrier n'a pas agi seul: il a notamment bénéficié de l'appui d'un comité révolutionnaire d'une dizaine de personnes ayant mis la ville en coupe réglée. L'auteur dépeint leur origine sociale, leur idéologie, leurs revendications et leur comportement. Carrier meurt sur la guillotine le 16 décembre 1794.


- François-Denis Tronchet
de Philippe Tessier
Éditions Fayard / Mai 2016


Une existence discrète, ponctuée de moments décisifs: avocat au parlement de Paris pendant plus de quarante ans sous l'Ancien Régime, député aux États généraux de 1789, défenseur de Louis XVI lors de son procès en 1792, président de la commission de rédaction du Code civil en 1804, François-Denis Tronchet joua un rôle déterminant, à plusieurs reprises, lors de la Révolution française. Le Code civil, dont il fut l'un des principaux rédacteurs, est encore en vigueur aujourd'hui. Comment expliquer sa longévité et son rôle à ces tournants cruciaux de l'histoire de France? Hostile aux fictions juridiques et aux régimes d'exception, Tronchet crut au pouvoir révolutionnaire du droit plutôt qu'à celui de la violence. Solitaire parfois, mais dévoué au bien public, il tenta de réconcilier l'art de gouverner avec le sens du droit, à une période où l'agressivité politique était omniprésente. Homme de réflexion et d'action, homme d'expression plutôt que de communication, il fut soucieux d'humanité et d'équilibre: érudit sans être passéiste, il fut partisan d'un droit "absolument nouveau" en 1804, sans perdre son pragmatisme. Philippe Tessier retrace le récit d'une existence dense et singulière, mais restée dans l'ombre, au fil d'une biographie basée sur des sources d'archives inédites.


- L'homme qui marche
de Bernard de la Villardière
Éditions Calmann Lévy / Mai 2016


Bernard de La Villardière parcourt le monde depuis 2005 pour être au plus près de l'événement et décrypter l'actualité sur M6. Il a choisi de prendre le contre-pied de bon nombre de ses confrères en retournant sur le terrain pour "aller voir et raconter". Plus de cent jours de reportage par an pour celui dont les lancements d'émissions aux quatre coins de la planète sont devenus cultes au point de faire le buzz sur Internet. Du Darfour à la Syrie, de l'Amazonie au Nord-Kivu mais également de Guantanamo à Notre-Dame de la Trappe, Bernard de La Villardière se livre ici pour la première fois. La curiosité et l'esprit critique toujours en éveil, il restitue dans ce texte la face cachée des images et l'authenticité de son univers. Il n'élude rien des questions de conscience et de déontologie, des dilemmes qui confrontent en lui la part de l'homme, de l'enfant qu'il a été et celle du journaliste de télévision.


- Le saut de l'ange. Une autobiographie
de Michaël Wishart
Éditions Payot & Rivages / Mai 2016


Livre culte que cette autobiographie du peintre anglais Michaël Wishart, proche de Bacon et de Lucian Freud, qui ressuscite toute une vie bohème entre Londres et Paris à partir de l'après-guerre: amours scandaleuses, drogues, fulgurances artistiques, dans un style incisif et insolent.


- Madame Adelaide
de Dominique Paoli
Éditions Perrin / Mai 2016


L'histoire de la soeur de Louis-Philippe, dont elle fut toute sa vie la conseillère privilégiée sur de nombreux plans. Fille de Philippe Egalité et de Louise-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, la princesse Adélaïde d'Orléans apparaît aujourd'hui comme l'un des grands esprits politiques de son temps. Née en 1777 dans les ors du Palais-Royal, élevée dans les idées nouvelles par Mme de Genlis, elle voit à douze ans sa destinée bouleversée par la Révolution. Jetée sur les routes de l'exil pendant un quart de siècle, elle doit affronter l'opprobre des émigrés, qui ne lui pardonnent pas d'être la fille du régicide, et fuir constamment, de couvent en couvent, devant l'avancée des armées françaises. Confrontée à une mère "éternelle pleureuse", qui voulait régenter sa vie, elle sut s'en dégager et trouver l'âme sœur en son frère Louis-Philippe. Réunis en 1808, le duc d'Orléans et sa sœur ne se quitteront plus et formeront avec Marie-Amélie de Bourbon-Siciles, duchesse d'Orléans, un trio inséparable. Le rôle de la princesse dans l'acceptation du trône en 1830 par Louis-Philippe sera primordial. Son journal intime et son étroite correspondance avec son frère révèlent une tête politique et une conseillère privilégiée, mais aussi une femme que sa piété et sa force de caractère ont aidée à dominer sa grande sensibilité. Fondé sur des archives inédites, ce livre met en scène l'existence à certains égards tragique de celle que Talleyrand qualifiait d'être supérieur.


- Marilyn 1962
de Sébastien Cauchon
Éditions Stock / Mai 2016


Eunice, Whitey, Agnes, Ralph, Ralph encore, mais aussi Paula, Inez, Larry, Evelyn, Cherie, May et Pat. C'est à leurs côtés que Marilyn Monroe vécut ses derniers mois à Los Angeles en 1962. Des amis, des collaborateurs, des proches, en réalité quasiment tous ses employés. Une armée des ombres à la hiérarchie mouvante, composée d'alliés des débuts et de nouvelles recrues. Un entourage à défaut d'une famille. Que signifiait pour eux côtoyer la plus grande star d'Hollywood, jamais à court de paradoxes? Qui étaient-ils et quels liens avaient-il tissés avec celle qui mourut à trente-six ans, adulée de tous, mais seule dans sa maison de Brentwood à peine meublée? Une plongée au cœur des coulisses d'un monde disparu à travers douze personnages, héros du roman vrai des derniers jours de Marilyn Monroe.


- Mussolini
de Max Schiavon
Éditions Perrin / Mai 2016


Depuis son accession au pouvoir en 1922, Mussolini n'a eu de cesse de réclamer la révision des traités de paix consécutifs au premier conflit mondial. Lorsqu'en juin 1940 il déclare la guerre à la France, il est convaincu que l'Italie peut, en menant une guerre parallèle à celle de l'Allemagne, devenir à moindres frais la principale puissance du bassin méditerranéen. Le conflit se propageant, le Duce engage son armée sur plusieurs théâtres d'opération, alors qu'elle souffre pourtant de graves carences dont il est informé, mais qu'il minimise. Après quelques mois, les Italiens sont partout en difficulté. La guerre parallèle souhaitée se transforme en guerre subalterne subie, le sort de l'Italie et de son chef dépendant désormais entièrement des résultats allemands. L'erreur majeure du dirigeant fasciste fut sans aucun doute d'avoir cru que la participation à la guerre d'Hitler aurait permis de placer l'Italie dans une position internationale en réalité bien trop élevée au regard des moyens dont disposait le pays. Le comportement de Mussolini comme chef de guerre, les choix qu'il a opérés, les directives stratégiques qu'il a données, ou non, son amateurisme, aussi, ne peuvent être compris qu'en étudiant son caractère, la nature exacte de son pouvoir, ses rapports avec l'armée et, surtout, l'idéologie qui l'anime. C'est ce à quoi s'emploie Max Schiavon dans ce livre novateur et original, nourri aux meilleures sources internationales.


- Pensées, répliques et anecdotes
de Michel Galabru
Éditions Cherche Midi / Mai 2016


Michel Galabru fut pendant plus d'un demi-siècle une figure incontournable du théâtre et du cinéma. Dans la lignée de Raimu et de Michel Simon, sa truculence faisait merveille dans le monde du spectacle. Il notait régulièrement dans des carnets des pensées et répliques, dont on retrouve ici le plus drôle et le plus percutant. Ses saillies sont en effet à l'image du personnage: à la fois tendres et rabelaisiennes, irrésistibles et lunaires. On retrouve également dans cet ouvrage les anecdotes les plus amusantes et les plus extravagantes de sa carrière. On y croise les grandes figures qui, de Louis de Funès à Michel Serrault, en passant par Fernandel, continuent de nous faire rire ou rêver.


- Petit éloge de David Bowie, le dandy absolu
de Daniel Salvatore Schiffer
Éditions François Bourin / Mai 2016

David Bowie, artiste aux nombreuses facettes et aux talents multiples, était déjà un mythe de son vivant. Véritable icône de la pop music, il est connu pour ses albums devenus légendaires, depuis son célèbre Ziggy Stardust jusqu'à son ultime Blackstar, en passant par le tube planétaire "Let's dance", mais fut également un brillant acteur de cinéma (Furyo, Les Prédateurs, Basquiat). Sa récente mort, advenue à New-York le 10 janvier 2016, n'a fait qu'accroître son aura à travers le monde. Artiste culte, musicien incontournable, dandy inspiré, il continue d'exercer une énorme influence sur des générations entières. Il était donc temps de rendre à cet inventif génie, précurseur de bien des modes, l'éloge qui lui est dû.


- Quinze rounds
de Richard Bohringer
Éditions Flammarion / Mai 2016


"J'ai passé ma vie sur la route. Tout seul. Avec la blonde. Avec mes fils, avec la musique, avec mes filles. Des milliers et des milliers de kilomètres. Coureur de savanes, enjambeur d'océans. T'as trop couru, t'as le souffle court. Les hanches, ça va toujours. Même si elles servent plus à grand-chose, elles ont le tempo pour écrire. Voilà ce que je ramène. Quinze rounds. Celui qui clôt. Qui ferme le rideau". De l'enfance aux frasques de la jeunesse, des premiers rôles aux succès qui ont jalonné sa carrière, de la découverte de l'Afrique à la passion de l'écriture, Richard Bohringer se raconte dans ce récit au style enfiévré, au rythme syncopé. Tour à tour fulgurant et émouvant, entre coups de blues et coups de cœur, Quinze rounds est un combat qui se livre sous nos yeux en même temps qu'une déclaration d'amour à la vie.


- Shakespeare, oeuvre au rouge (1595-1616)
de Henriette Chardak
Éditions L'Archipel / Mai 2016


1595. William Shakespeare vient de composer  Roméo et Juliette, et s'apprête à écrire une nouvelle pièce: Hamlet. Ayant rejoint la troupe du Lord Chamberlain, il prend ses quartiers au Théâtre du Globe. Hamlet, inspiré du destin de l'astronome danois Tycho Brahe, lui permet d'évoquer ses propres troubles psychologiques. Sous la mise en scène codée, le crâne devient la Terre en mouvement: cosmogonie de l'œuvre d'un homme qui cherche à fuir le monde. Mais ce génie a un talon d'Achille: l'amour, et sa peur panique de mourir de la syphilis. Quand le théâtre prend feu, Shakespeare se retire loin des intrigues, dans le village de son enfance. Père d'enfants légitimes et illégitimes, il entre dans l'intimité du nouveau roi d'Angleterre, James Ier. Mais certains affirment que William lui-même serait né des amours de la reine Elizabeth et du Robert Dudley? Être ou ne pas être soi-même, telle était la question qu'il se pose et impose aux autres.


- Suivez mon regard
de Anjelica Huston
Éditions Le Cercle Points / Mai 2016


Après une enfance magique en Irlande, Anjelica est mannequin pour Vogue. Elle fréquente les hauts lieux de la mode, de Milan à Paris. Hollywood, elle connaît déjà: petite fille, elle accompagnait son père, le légendaire John Huston, sur les plateaux. Un soir à Beverly Hills, elle rencontre Jack Nicholson. Ils deviennent amants. Le cinéma n'attendait qu'elle.


- Thierry le Luron, le rire pour oublier
de Patrice Guérin
Éditions Du Moment / Mai 2016


Le 4 janvier 1970, un gamin de dix-sept ans crève l'écran de la télévision. Parisien au sang breton, Thierry Le Luron éblouit la France qui regarde le "Jeu de la Chance" de "Télé-Dimanche". Avec sa gueule d'ange et son sourire enfantin, ce prodige de l'humour connaîtra un destin romantique et fulgurant. De Jacques Chaban-Delmas à Louis de Funès, de François Mitterrand à Dalida, de Jacques Chirac à Johnny Hallyday, il imitera à la perfection les voix, les gestes et les tics des plus grandes célébrités. Avec lui, l'imitation devient un art qui déplace les foules et remplit les plus grandes salles de spectacle. Pourfendeur de la classe politique, qu'il passe au vitriol, il reste avec Coluche et Pierre Desproges l'un des inspirateurs des humoristes contemporains. Mais derrière le joyeux Luron, quels secrets cachait Thierry? À l'aise dans la peau des autres, le poids de sa vie lui semblait trop lourd à porter. Trente ans après sa disparition, Thierry Le Luron revit grâce à cette biographie complète, richement documentée, qui révèle les secrets d'un artiste de génie. Foudroyé par la maladie à trente-quatre ans, il faisait rire les autres pour oublier sa solitude et son chagrin.


- Vadim, un play-boy français
de Arnaud le Guern
Éditions Séguier / Mai 2016


Faire revivre Roger Vadim ne saurait s'envisager qu'en ressuscitant une époque, un style, des personnages oubliés: tout un monde que l'on disait "vadimien". C'est le pari de cette biographie joueuse, buissonnière, pleine de partis pris et digressions. Quant à la quatrième de couverture "idéale", elle fut écrite par Pascal Thomas, au lendemain de la disparition de Roger: "Vadim avait toutes les qualités qui font défaut aux cinéastes d'aujourd'hui. Il était beau, léger, désinvolte, paresseux, joueur, dilettante. Il n'avait rien de ces petits profs buveurs d'eau, avares d'eux-mêmes et de leur temps. Vadim [...] savait donner, savait flamber, savait boire sans retenue, à la russe. [...] Croyant filmer les beautés de sa femme dansant à Saint-Tropez, il inventait un style, une autre façon de faire du cinéma, et précédait ainsi cette chétive Nouvelle Vague qui allait lui emprunter beaucoup, lui emprunter surtout sa liberté inimitable, sans parvenir jamais à saisir le secret de son charme. Ce charme qui nous donnait des films tels des écrins faits souvent avec nonchalance et toujours avec beaucoup d'élégance, films dans lesquels ont surgi des femmes qui, à chaque fois, allaient faire rêver des générations entières".


- Celui que je rêvais d'être
La star de Camping Paradis se raconte
de Laurent Ournac
Éditions Flammarion / Avril 2016


Quel a été le chemin parcouru par Laurent Ournac avant de devenir l'une des personnalités préférées des français? Dès son plus jeune âge, il se découvre une passion: la comédie. Son but? Faire rire les gens. C'est donc avec humour et sincérité que la star de Camping Paradis nous dévoile les joies, les déboires et les rencontres qui ont ponctué sa vie professionnelle et personnelle. Sans complexe, il partage avec nous ses difficultés pour perdre du poids jusqu'à cette prise de conscience où maigrir était devenu une question de survie. La sleeve gastrectomie, opération chirurgicale encore peu connue en France, lui permettra d'atteindre cet objectif. Un témoignage qui nous entraîne dans l'intimité de l'acteur, depuis son enfance à aujourd'hui.


- Classé confidentiel
de Jean-Luc Lahaye
Éditions Carnets Nord / Avril 2016


"J'ai connu l'abandon et la misère. La prison et la galère. La gloire soudaine, la célébrité, l'argent, les filles faciles. Puis j'ai connu la descente de l'autre côté de ce versant, tout en bas, l'enfer, dont je suis remonté plusieurs fois. C'est mon histoire. [...] On m'a accusé de viol, de pédophilie, de corruption sur mineure, et bien que j'aie été jugé deux fois, ces mots me collent désormais à la peau. J'ai été la cible de certains médias, d'humoristes de tous bords, d'un lynchage en règle complètement hystérique, déplorable, injustifié. J'étais à terre et on m'a piétiné sans m'accorder le droit de me défendre". Trente ans après Cent familles (1,3 million d'exemplaires vendus), Jean-Luc Lahaye a décidé d'écrire, pour donner sa vérité. Après avoir raconté l'enfant abandonné, le chanteur aux millions de disques vendus revient sur sa vie d'homme, ses succès et ses zones d'ombre et, surtout, les femmes, qui constituent selon ses propres mots "le fil rouge de sa vie".


- Descartes
de Paul Valéry
Éditions Brumerge / Avril 2016


Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part, lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient. La collection "Les auteurs de ma vie" invite de grands écrivains d'aujourd'hui à partager leur admiration pour un classique. Elle reprend le principe des "Pages immortelles", publiées dans les années trente et quarante chez Corrêa/Buchet Chastel: chaque volume se compose ainsi d'une présentation de l'auteur choisi, suivie d'une anthologie personnelle. Ces rencontres extraordinaires sont pour le lecteur de belles occasions de relectures ou de découvertes. Ce texte, réédité aujourd'hui, avait été publié en 1941 dans la collection "Les Pages immortelles". Le grand lecteur de Descartes qu'était Valéry n'offre pas à lire un portrait traditionnel de Descartes. S'il évoque naturellement le philosophe, il insiste davantage dans sa présentation "sur la personnalité forte et téméraire du grand Descartes, dont la philosophie, peut-être, a moins de prix pour nous que l'idée qu'il nous présente d'un magnifique et mémorable Moi". Il peint Descartes comme le héros d'une odyssée intellectuelle extraordinaire, le cas le plus étrange qui se puisse imaginer, et livre ainsi un éclairant hommage au grand homme.


- Glenn Gould ou le piano de l'esprit
de Jean-Yves Clément
Éditions Actes Sud / Avril 2016


Au-delà de la reconnaissance planétaire de son interprétation des Variations Goldberg, tout le monde ou presque aujourd'hui connaît Glenn Gould. Plus de cinquante ans après avoir quitté le champ du concert et plus de trente ans après sa mort, lui qui ne goûtait guère l'hystérie médiatique est plus célèbre que tous les champions du genre, excepté Karajan ou Callas peut-être. On lui voue un véritable culte, sous des formes innombrables, articles, films, émissions, livres, colloques; on publie sa correspondance, on visite ses lieux de vie, une Association des amis de Glenn Gould est présente dans une quarantaine de pays, il existe un musée Gould, une fondation Gould, un prix Gould... "Je crois que la compétition, plus que l'argent, est la source de tous les maux", affirmait-il. Il reste que Gould fut le premier musicien à donner à l'enregistrement une véritable dimension philosophique, très loin des mirages éphémères de la carrière. Finalement son message est passé: sans rien concéder à son idéal de communication, il est parvenu à faire communier des auditeurs lointains autour d'un même idéal de transmission et de pureté.


- Henri VIII
de Philippe Erlanger
Éditions Perrin / Avril 2016


Cultivé, raffiné, passionné, despotique et fastueux, Henri VIII, roi aux six épouses qui, après avoir été un zélateur fougueux de l'Église catholique, se sépara de Rome pour pouvoir divorcer à son aise et se proclama chef suprême de l'Église d'Angleterre, est un monstre de l'histoire. Contemporain de François Ier et de Charles Quint, monté sur le trône à dix-huit ans, il régna de 1509 à 1547. Il ne fit pas de conquêtes, il n'agrandit pas son royaume qu'il laissa ruiné malgré de formidables spoliations. Et pourtant, en raison de l'image de sa puissante personnalité, de son subtil jeu diplomatique, de la création d'une flotte moderne et, naturellement, de la fondation d'une Église nationale, il est l'incarnation d'un grand règne.


- In my fashion
de Bettina Ballard
Éditions Séguier / Avril 2016


Bettina Ballard? Une figure, une intelligence, une plume de la mode. Correspondante de Vogue à Paris avant-guerre puis à la Libération, rédactrice "mode" à New York dans les années 50, sa carrière et plus largement sa vie sont un long défilé d'artistes, de femmes du monde, de couturiers, de photographes et de mannequins. Vous lirez ici l'arrière-décor des défilés, les portraits ô combien personnels de Schiaparelli, Chanel, Balenciaga, Dior; vous découvrirez la frivolité et le luxe d'un monde que seule l'Histoire mit entre parenthèses. Ces mémoires n'avaient jamais été traduits en français tandis qu'ils sont depuis longtemps introuvables aux États-Unis. Ils confirment la prédiction qu'une amie perfide fit un jour à Bettina Ballard: "Si vous aviez fait de bonnes études, ce qui n'est évidemment pas le cas, vous auriez été un véritable écrivain". In My Fashion est un bijou, une photographie sensible, un grand parfum d'époque.


- Joseph II
de François Fejtö
Éditions Perrin / Avril 2016


Joseph II (1741-1790), roi de Hongrie, d'Autriche et des Romains à vingt-trois ans en 1764, élu empereur d'Allemagne l'année suivante, visite ses Etats, puis l'Italie, la Prusse, la Russie et surtout Paris en 1777. En compagnie de sa soeur Marie-Antoinette, il découvre la cour la plus brillante de l'époque. C'est là qu'il définit les principes de son action politique: le despotisme éclairé. Durant son règne, il abolit le servage et met en chantier une réforme fiscale. Il promulgue un édit de tolérance, instaure le mariage civil, cantonne l'autorité du pape au dogme, sécularise la moitié des couvents et assure aux juifs une paix religieuse et sociale. Menacé par la Prusse et l'Empire ottoman, il tient son empire par la force de sa poigne et le conduit, jusqu'à sa mort en 1790, à être le seul concurrent, pacifique, de la France, laissant un héritage riche et contrasté. Une biographie magistrale.    


- La Fontaine
de Jacques Réda
Éditions Brumerge / Avril 2016


Jacques Réda livre ici "son" La Fontaine, celui des Fables bien sûr, mais aussi celui qu'on a un peu trop souvent laissé dans l'ombre: l'auteur des Amours de Psyché et de Cupidon, des Contes, du Poème du Quinquina. Au fil d'une promenade avec La Fontaine, apparaît la profonde unité de son œuvre, qui est peut-être celle aussi d'un caractère. "Jamais la barque du vers et son rameur n'ont mieux fait corps avec son courant majestueux, doucement rieur le long des berges avec le campagnol et la poule d'eau, sous la terrasse bordant les bois encore un peu sauvages de Saint-Germain et de Vaux en France".


- La passion dans les yeux
de Andréa Ferréol
Éditions L'Archipel / Avril 2016


Andréa Ferréol est une femme qui a du caractère. Pourtant, elle a accepté d'un homme ce qu'elle a refusé à tous les autres: subir ses caprices et désirs, mettre de côté ses projets pour se rendre à tout moment disponible, devenir son esclave par amour. Cet homme, la passion de sa vie, c'est Omar Sharif, qu'elle rencontre en 1984. Une liaison secrète, qui se transformera en amitié amoureuse, et durera jusqu'à la disparition de l'acteur, en juillet 2015. Andréa avait connu le succès dès 1973 en incarnant la plantureuse héroïne de La Grande Bouffe, de Marco Ferreri, dont elle dévoile les coulisses de tournage. Elle raconte les metteurs en scène célèbres pour qui elle tourna: Fassbinder, Comencini, Mocky, Schlöndorff, Scola, Greenaway… Ses rôles au théâtre, à la télévision. Et ses partenaires: Burt Lancaster, Mastroianni, Delon, Noiret, Belmondo, Gassman, Bud Spencer, Marielle, Depardieu… C'est aussi la femme, sa vie, ses parents et amis qui sont tour à tour évoqués dans cette autobiographie.


- Le petit monde d'Antoine Blondin
de Alain Cresciucci
Éditions Pierre Guillaume De Roux / Avril 2016


Antoine Blondin est plus connu comme personnage que comme écrivain: la légende, qu'il s'est attaché à construire lui survit depuis un quart de siècle. Survie précaire car les témoins se font rares et les lieux disparaissent, Le Bar-Bac et le Courrier de Lyon, deux hauts-lieux de la rue du Bac ont disparu, le Rubens de la rue Mazarine a été remplacé par une galerie de peinture. Chaque année, le Tour de France ramène ses bons mots, aussi longtemps qu'il restera des journalistes sportifs non formatés par les écoles de journalisme. Même son livre le plus connu ne lui appartient pas tout à fait: Un singe en hiver est d'abord un film, d'Audiard plus que de Verneuil.


- La vie en liberté
de Michel Mourlet
Éditions Séguier / Avril 2016


Michel Mourlet incarne une certaine tradition française et ces "mémoires" en témoignent. Exigeant quoique sentimental, il est un honnête homme pour qui la littérature, le théâtre et le cinéma forment un monde plus accompli que le monde, où les premiers éblouissements ne meurent jamais. Une vie débutée avant-guerre et marquée, dès l'adolescence, par l'indépendance et le dégoût d'une voie trop tracée. Une vie où les préférences et les amitiés seront choisies avec le coeur plutôt qu'en suivant un plan de carrière gardé plié dans la veste. Les personnes rencontrées sur sa route, admirables ou décevantes, sont d'ailleurs d'une diversité étourdissante: Silvia Monfort, Sagan, Morand, Montherlant, Jean Marais, les cinéastes Fritz Lang, Losey, Gance, Tavernier et bien d'autres, amis de Michel Mourlet (ou relations moins amicales), tous ont apporté leur eau au moulin de son existence.


- Le roi René
de Agnès Desarthe et René Urtreger
Éditions Odile Jacob / Avril 2016


Dix fois René Urtreger faillit mourir et dix fois il se releva, toujours guidé par la quête acharnée de la "note juste". Il est à lui seul toute la musique d'une génération et toute l'histoire du jazz. C'est le mystère palpitant de sa vie qu'Agnès Desarthe tente ici d'approcher. Pianiste génial, formé à Chopin et inspiré par Charlie Parker, il a joué avec les plus grands, de Lionel Hampton à Stan Getz, en passant par Dizzy Gillespie, Lester Young et Chet Baker. Il enregistre avec Miles Davis la bande originale du film Ascenseur pour l'échafaud et l'accompagne en tournée dans les plus prestigieuses salles d'Europe. Il apporte aussi son talent incomparable à l'aventure yéyé, aux côtés de Sacha Distel et de Claude François. Ce livre est le roman vrai d'une vie flamboyante. Parti de rien, René Urtreger atteint les sommets. Il connaît tous les excès et toutes les audaces, côtoie la gloire comme les enfers. Et ce qui nous bouleverse dans cette vie, c'est justement cette même exubérance et cette même mélancolie qui font la force sauvage du jazz, cette musique de fils perdus. Agnès Desarthe raconte cette aventure comme un roman. Son talent unique en fait un livre inoubliable. René Urtreger est l'un des plus grands noms du jazz. C'est à la fois un maître et une figure incontournable de la scène musicale.


- Lady Scarface
de Diane Ducret
Éditions Perrin / Avril 2016


Chicago. Début des années folles. Le Syndicat du crime n'est pas qu'une affaire d'hommes, il se conjugue aussi au féminin. Elles sont fugueuses, frondeuses, parfois meurtrières, mais toujours rebelles. Elles s'appellent Mary Josephine Capone alias Mae, Ada et Minna Everleigh, les Impératrices du vice, Margaret Collins, la Fille au baiser mortel, Louise Rolfe, l'Alibi blond, Bonnie Parker, la Juliette au revolver, ou encore Virginia Hill, le Flamant rose: elles sont les compagnes d'infortune comme de gloire d'Al Capone, Clyde Barrow ou Bugsy Siegel, barons noirs des années de plomb qui ont fait trembler l'Amérique. Traquées par le légendaire patron du FBI John Edgar Hoover, muses de la prohibition et de ses fêtes décadentes, elles n'ont rien à envier aux gangsters, l'intelligence et les talons hauts en prime. Le crime ne paie peut-être pas, mais il séduit toujours. À partir d'archives déclassifiées du FBI et d'Alcatraz, de journaux de l'époque, d'entretiens avec des descendants et de documents inédits, Diane Ducret dévoile avec le talent qu'on lui connaît l'intimité de celles qui ont choisi d'être des Lady Scarface, à la vie à la mort.  


- Marie-Antoinette et le comte Fersen. La correspondance secrète
de Evelyn Farr
Éditions L'Archipel / Avril 2016


Le comte suédois Axel de Fersen (1755-1810) fut bien plus, à la cour de Versailles, que le stratège qui donnait des conseils politiques à Louis XVI, et l'ami dévoué qui organisa l'évasion de la famille royale en 1791. Cet homme d'une parfaite éducation fut, surtout, l'amant de la reine de France, Marie-Antoinette (1755-1793). Et l'amour de sa vie. Les carnets de Fersen, publiés au début du XXe siècle, avaient été censurés; quant à la correspondance des deux amants, il n'en a jamais existé que des éditions incomplètes. Pour la première fois, voici rassemblée l'intégrale des lettres qu'ils échangèrent, dont six missives inédites. Enfin décryptés, certains passages raturés révèlent l'intensité de leurs sentiments. Chiffres, encres invisibles, intermédiaires, sceaux secrets, doubles enveloppes, noms de codes: autant de témoignages d'une passion inavouable. Ils donnent à voir une reine frondeuse et indépendante, qui osa braver les dangers et  aimer sans retenue l'homme qui avait gagné son cœur.


- Martin Luther King. Une biographie intellectuelle et politique
de Sylvie Laurent
Éditions Le Cercle Points / Avril 2016


Martin Luther King: un homme élevé au rang d'icône, qui évoque à lui seul la lutte pour les droits civiques et l'égalité des Noirs dans l'Amérique ségrégationniste des années 1960. Mais la légende a édulcoré les autres facettes de l'homme. Cette biographie hors du commun rend hommage au pasteur militant, dont le profond engagement pour la justice sociale dépasse les questions de race et de classe.


- Mon frère, le Che
de Juan Martin Guevara et Armelle Vincent
Éditions Calmann Lévy / Avril 2016


"Être le frère du Che ne peut pas être anodin. Mais il fallait bien qu'il soit le frère de quelqu'un. Il se trouve que c'est tombé sur moi. Pendant longtemps, je n'ai été que Juan Martin Guevara, puis je suis devenu le frère d'Ernesto Guevara. Et ensuite, celui d'une légende, le Che". Quand les Guevara apprirent la mort du Che, à la une des journaux, ils décidèrent de garder le silence. Cinquante ans plus tard, il est  temps pour son frère cadet, Juan Martin, de partager ses souvenirs, de dévoiler qui était le Che dans l'intimité. Juan Martin fait revivre ainsi ce frère aîné attentif et protecteur, complice des canulars et des escapades. Il raconte les deux mois extraordinaires qu'il a passés à La Havane aux côtés du Comandante, en 1959, au cœur de la révolution cubaine. Il se souvient de l'aventurier idéaliste qu'il a adulé, de l'intellectuel engagé dont les parents, excentriques, cultivés et bohèmes, mais aussi les frères et sœurs, ont participé à l'éveil politique. Dans ce récit autobiographique, Juan Martin Guevara œuvre enfin pour que les valeurs du Che deviennent une source d'inspiration pour les plus jeunes.


- Quinze années de ma vie
de Loïe Fuller
Éditions Mercure de France / Avril 2016


Actrice et décoratrice de théâtre, costumière, danseuse, chorégraphe, inventeur de dispositifs techniques et créatrice d'effets scéniques, éclairagiste, impresario et cinéaste, l'Américaine Loïe Fuller (1862-1928) a révolutionné le spectacle vivant et ouvert la voie à la danse moderne. Jouant avec des projections lumineuses polychromes sur un costume en voile dont elle maniait les pans au moyen de longues tiges portées à bout de bras, Loïe Fuller réalisa des scénographies virtuoses dont la radicalité fit l'effet d'un coup de tonnerre, influençant pêle-mêle peintres, sculpteurs, illustrateurs, écrivains, stylistes et publicitaires. Tout autant que le tracé d'un itinéraire hors du commun qui la hissa au rang de mythe, ses Mémoires dressent un tableau vivant et coloré de la vie artistique parisienne à l'aube du XXe siècle.


- Roman par Polanski
de Roman Polanski
Éditions Fayard / Avril 2016

"J'ai passé une grande partie de ma vie sur des montagnes russes, à négocier d'impossibles virages, à escalader les hauteurs, triomphes immenses, joies et plaisirs, avant de plonger, éperdument, vers des abîmes de tragédie et de douleur. Mais c'est bien ce périple insensé qui m'a conduit vers cet endroit inattendu: un présent de bien-être, et, oserais-je le dire, de bonheur. Voilà pourquoi je ne regrette rien du chemin que j'ai parcouru".


- Trop vite
de Nabilla Benattia
Éditions Robert Laffont / Avril 2016


Je ne me plains pas, j'explique. Je réfléchis, un petit peu. J'ai vingt-quatre ans, quand je me regarde dans une glace, je vois une fille jeune, mais derrière mon image j'ai l'impression d'être beaucoup plus vieille. Ce que j'ai vécu, je veux le raconter. Dire enfin ma pensée, mon ressenti. Reprendre le contrôle de ma vie. Ces trois dernières années ressemblent à un petit roman d'aventures ou on rit, ou on pleure, ou on aime et n'aime pas. J'ai fait tout ça à fond. Je n'ai plus voulu rencontrer aucun journaliste depuis plus d'un an. Je ne crache pas dans la soupe, j'explique. Pour remercier ceux qui m'ont soutenue en espérant les divertir. Et être moins méprisée par les autres, si possible. Je suis une show girl, une fille marrante, et je vous embrasse fort.


- Aimer sans attendre en retour
de Maddly Bamy
Éditions Michel Lafon / Mars 2016


Dès son plus jeune âge, Maddly n'a cessé de développer sa sensibilité, de nourrir sa curiosité et de chercher le but de l'existence. Elle a accompagné Jacques Brel pendant sept ans, jusqu'à sa mort. Or, de façon étrange, cet événement a éclairé sa vie, car dès l'instant où Jacques a quitté ce monde, elle s'est sentie enveloppée d'une douceur infinie qui lui révélait que lui et elle ne faisaient plus qu'un. Depuis, Maddly Bamy a écouté la parole de l'Amour-Même-Dieu, et reçoit l'enseignement d'aimer l'humanité tout entière. Ce qui lui ouvre aussi la connexion avec les personnes décédées, connues ou anonymes, qui sont dans la même dimension. Maddly Bamy nous livre les témoignages de ces êtres qui reviennent sur les erreurs de leur vie ici-bas, et dévoilent les faux semblants sociaux ou religieux, les a priori ou jugements qui les ont éloignées du but de toute existence: aimer sans attendre en retour.


- Andy Warhol va à Hollywood.
de Davis Deborah
Éditions Payot & Rivages / Mars 2016


New York, septembre 1963: Andy Warhol, une caméra Bolex en bandoulière, s'embarque dans un break Falcon à travers l'Amérique avec l'acteur Taylor Mead, le poète Gerard Malanga, et l'artiste Wynn Chamberlain. Direction Los Angeles, où l'attendent une exposition de ses sérigraphies à la Ferus Gallery et, surtout, une "soirée de star de cinéma" organisée en son honneur par Dennis Hopper et sa femme Brooke Hayward. Sur la mythique Route 66, tout en écoutant "Be My Baby" des Ronettes ou "Sally Go 'Round the Roses" des Jaynetts, le peintre découvre alors un diaporama pop de panneaux publicitaires, d'enseignes de néon, de motels et de diners à l'architecture Streamline Moderne, avant de débarquer Hollywood, d'y croiser son idole Marcel Duchamp, et d'y tourner un délirant film underground Tarzan and Jane Regained... Sort Of, qui l'imposera quelques temps après comme un maître du genre. Une cinquantaine d'années plus tard, la romancière et biographe Deborah Davis a refait, pour les besoins de ce document exceptionnel, la  route exacte qu'Andy Warhol a arpenté lors de ce road trip haut en couleurs et évoque, à travers cet épisode méconnu (et pourtant fondateur) de la vie de l'artiste, cette Amérique pop des Campbell's Soup et du Coca Cola qui irrigue l'ensemble de son œuvre. Get your kicks on Route 66.


- Aristide Briand
de Bernard Oudin
Éditions Perrin / Mars 2016


Né en 1862, Aristide Briand incarne à lui seul les grandes mutations de la IIIe République. Pendant trente ans, onze fois président du Conseil, vingt-six fois ministre, il joue les premiers rôles, en France d'abord, puis sur la scène internationale. En 1905, il est l'artisan de la loi de séparation des Églises et de l'État. Pendant la Première Guerre Mondiale, il tient la barre du pays durant un an et demi, notamment au moment décisif de Verdun. Mais, hanté par le carnage, il s'efforce dans les années vingt d'en prévenir le retour. Sa carrière prend une autre dimension. L'habile politicien devient le "pèlerin de la paix"; il est l'homme de la réconciliation franco-allemande, du projet initial d'intégration européenne. Son action lui vaut le Prix Nobel de la paix en 1926. Il meurt, en pleine gloire, en 1932, à la veille d'assister à l'effondrement de son œuvre.    


- Barras
de Christine le Bozec
Éditions Perrin / Mars 2016


Carrière météorique que celle de Barras, né en 1755 dans une famille provençale modeste. En 1782, lorsqu'il quitte l'armée après des missions aux Indes et au Cap, il n'est qu'un obscur lieutenant aux moyens de subsistance inconnus, qui végète jusqu'à la Révolution, dans laquelle il s'engage résolument. À partir de 1792, il connaît une ascension fulgurante qui le propulse, de novembre 1795 à novembre 1799, à la tête de la France aux côtés de quatre autres Directeurs, après que la chute de Robespierre l'a porté sur le devant de la scène. Brusquement, le coup d'État de Brumaire met fin à sa trajectoire, et Bonaparte, qu'il avait beaucoup aidé, le chasse avant de l'exiler. Dès la chute de l'Empire, Barras regagne Paris et y meurt en 1829 sans plus avoir l'occasion de jouer un rôle politique. Aujourd'hui encore, sa mémoire souffre d'une réputation exécrable: il aurait été flambeur, vénal, libertin, débauché. Au terme d'une analyse serrée des sources, l'auteur démontre que la plupart de ces imputations proviennent d'une légende noire forgée par les brumairiens, qui cherchaient ainsi à légitimer leur coup d'État de novembre 1799. Cette biographie ne vise pas à rendre le personnage plus vertueux qu'il ne l'était, mais à montrer l'homme politique atypique qu'il fut quatre ans durant à la tête d'un pays en recherche de stabilité.


- Boni de Castellane
de Éric Mension-Rigau
Éditions Perrin / Mars 2016


Portrait du dandy légendaire, figure mondaine de la Belle Epoque. La vie et le portrait du dandy légendaire qui, jusqu'à sa mort, fascina ses contemporains et fut un phénomène médiatique exceptionnel: "prince de la mode" qui multiplia les conquêtes féminines, ami de Marcel Proust et de D'Annunzio, esthète qui mit son goût raffiné au service des collectionneurs américains, patriote partisan de l'Entente cordiale et de l'alliance franco-russe, acteur de l'ombre aux Conférences de la paix en 1919, père de famille attentif et chrétien exemplaire face à la maladie. Un tableau de la France de la Belle Époque à travers le destin d'un homme hors du commun, le dernier des grands seigneurs d'Ancien Régime, qui contribua à son éclat et à son rayonnement.    


- Comédie française. Ça a débuté comme ça...
de Fabrice Luchini
Éditions Flammarion / Mars 2016


Il nous a fait redécouvrir La Fontaine, Rimbaud et Céline. Il incarne l'esprit et le panache de la langue française. En prose, en vers et même en verlan, il a donné sa voix à d'immenses auteurs, auxquels il sait faire respirer l'air de notre temps, en racontant la fureur du Misanthrope à l'ère du téléphone portable, ou la sensualité de "La Laitière et le pot au lait" sur l'air d'une publicité pour Dim. Il a quitté l'école à quatorze ans pour devenir apprenti coiffeur. Il est aujourd'hui l'un de nos plus grands comédiens, célébré pour ses lectures-spectacles, couronné par la Mostra de Venise pour son rôle dans son dernier film, L'Hermine. Dans son autobiographie, Fabrice Luchini livre le récit d'une vie placée sous le signe de la littérature, à la recherche de la note parfaite.


- Erik Satie
de Romaric Gergorin
Éditions Actes Sud / Mars 2016


Erik Satie (1866-1925) demeure à jamais l'auteur d'une poignée d'œuvres phares, les Gnossiennes, les Gymnopédies, ou Parade. Après avoir trouvé dans de courtes pièces pour piano une simplicité radicale qui annonce l'épure d'un certain XXe siècle, Satie s'enfonce dans les mystères de l'ésotérisme, vu comme un terrain d'expérimentation, puis s'éclipse à Arcueil. Relancé par Ravel, cherchant une esthétique hors de l'influence de son ami Debussy, il devient progressivement, à partir des années 1910 et jusqu'à sa mort, un chef de file de la modernité, inventeur de la musique d'ameublement, compagnon de route de Picasso, Picabia, Cocteau, Tzara ou Duchamp. Créateur d'une musique transparente derrière laquelle il s'efface, Satie est le premier compositeur qui sort de l'histoire de la musique pour devenir un mythe errant sans identité propre, évoqué ici au miroir du monde contemporain qu'il reflète déjà. Comme tous les volumes de la collection "Clacsica", ce Satie est enrichi d'une chronologie, d'une bibliographie, d'une discographie et d'un index.


- Hugo
de Michel Butor
Éditions Brumerge / Mars 2016


Michel Butor a fouillé, remué les vieux cartons du grenier hugolien qui regorge de surprises, livrant au lecteur de longs extraits, souvent inattendus, et même quelques dessins. "Il en fait trop: non seulement le théâtre, mais le roman, non seulement les invectives, mais les chansons, les petites épopées, mais le promontoire du songe; non seulement la littérature mais le dessin. Il finira par nous prendre toute la place". Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part: lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient. La collection "Les auteurs de ma vie" invite de grands écrivains contemporains à partager leur admiration pour un classique, dont la lecture a particulièrement compté pour eux.


- Je n'écrirai jamais mes mémoires
de Grace Jones et Paul Morley
Éditions Séguier / Mars 2016


Voici les mémoires tant attendus de la légendaire Grace Jones. Reine incontestée du spectacle, mannequin, muse, chanteuse, actrice, créature à la plastique si singulière, elle a incarné comme personne les années 1975-1985. Aussi l'exubérance et les dangers de cette décennie traversent-ils cette autobiographie, au casting idéal bien qu'hétéroclite: Andy Warhol, Jean-Paul Goude, Issey Miyake, Dolph Lungren, les vacataires du Studio 54 et ceux du Palace, Luciano Pavarotti, Jessica Lange... Mais ce qui fait de Grace Jones une artiste à part, c'est son goût pour l'avant-garde. Sa musique est un savant mélange de house, de reggae et d'électro, avec des tubes comme Pull up to the Bumper, Slave to the Rhythm, ou encore sa reprise mythique de La Vie en rose. Je n'écrirai jamais mes mémoires retrace le parcours de cette pionnière, de sa Jamaïque natale à sa conquête de New York puis de Paris. Une vie de combattante qui se poursuit encore et toujours, sans aucune concession aux facilités.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 4 Juil - 8:04

- Jean-Jacques Pauvert. L'éditeur en liberté
de Emmanuel Pierrat
Éditions Calmann Lévy / Mars 2016


Ainsi, monsieur, vous voulez travailler dans le livre? (Gaston Gallimard à Jean-Jacques Pauvert en 1941.) Contre la censure, il fut le premier à publier l'œuvre complète du marquis de Sade, au grand jour et sous son nom. Il fut aussi l'éditeur d'Histoire d'O, d'André Breton, de Georges Bataille, de Boris Vian et d'autres auteurs majeurs du XXe siècle. Jean-Jacques Pauvert est mort le samedi 27 septembre 2014. Il était l'un des derniers éditeurs "à l'ancienne" et incarnait le combat pour la liberté. Sa carrière fut tumultueuse. Sa vie, aussi mouvementée que romanesque. Compagnon de Régine Deforges, ami des surréalistes, l'homme séduisait autant par son érudition que par son irrévérence. L'auteur de cette biographie, Emmanuel Pierrat, a été son avocat et ami pendant les vingt dernières années de sa vie. Il a rencontré plus de soixante témoins, d'Antoine Gallimard à Annie Le Brun, et a notamment consulté les archives personnelles de Jean-Jacques Pauvert. Il fait revivre Pauvert jeune éditeur, coursier pour la Résistance; l'"affaire Sade"; les surréalistes; l'aventure d'Histoire d'O; la rencontre avec Régine Deforges; la concurrence de Tchou, Losfeld, Balland ou Bourgois; les multiples faillites et les rebondissements d'une vie tout entière vouée au livre et à la liberté.


- L'énigme Fersen
de Françoise Wagener
Éditions Albin Michel / Mars 2016


"Marie-Antoinette n'a eu qu'un grand sentiment et peut-être une faiblesse" note la comtesse de Boigne, élevée quasiment sur les genoux de la Reine. L'objet de ce sentiment était l'énigmatique et très séduisant comte suédois Axel de Fersen. Alors que Versailles et Stockholm confortaient leur alliance séculaire, cet héritier de la première famille de son pays choisit très tôt, avec l'aval du brillant Gustave III, de servir la France. Cette allégeance ne se démentit jamais. Il épousa dès les premières heures de la Révolution la cause des souverains français, ses bienfaiteurs, mais échoua à les sauver, ce qui le brisa. Mais qui fut véritablement Fersen, dont le nom suscite encore tant de fantasmes et une éternelle question restée à ce jour sans réponse? Françoise Wagener, à qui l'on doit quelques biographies très remarquées sur cette époque, a choisi de redonner à Fersen sa voix: grâce aux nombreux écrits intimes de son personnage, elle trace de l'intérieur un portrait en pied de celui qu'on disait froid et d'une réserve irritante, mais dont la nature profonde se révèle, au contraire, complexe autant que chaleureuse. Démarche inédite et originale qui permet de mieux évaluer la qualité de la relation, énigmatique elle aussi, de Fersen à la reine de France.


- Les quatre frères d'Orléans
Violence et passions au temps de la guerre de Cent Ans
de Gérard de Senneville
Éditions Bernard de Fallois / Mars 2016


Paris, 1407, rue Vieille-du-Temple. Les tueurs du duc de Bourgogne assassinent à coups de hache Louis d'Orléans, frère du roi Charles VI. Sa veuve meurt de chagrin, laissant quatre jeunes orphelins. L'aîné, Charles, devient duc d'Orléans; à quinze ans, pour venger son père, il déclenche une guerre civile entre ses partisans, les Armagnacs, et ceux de l'assassin, les Bourguignons. Cette guerre déchire le pays pendant que les Anglais envahissent à nouveau la France: capturé à Azincourt, Charles d'Orléans reste vingt-cinq ans prisonnier en Angleterre, où il compose des poèmes qui le rendront célèbre. Le second frère, Philippe, se bat lui aussi, mais meurt à vingt-quatre ans d'une épidémie, tandis que le troisième, Jean, livré en otage aux Anglais à l'âge de douze ans, subit trente-deux années de captivité. C'est donc le dernier des quatre frères, un enfant naturel, qui porte seul les espoirs de la famille: le "bâtard d'Orléans" (devenu plus tard comte de Dunois) se met au service de Charles VII ("le roi de Bourges"), combat aux côtés de Jeanne d'Arc, devient l'un des meilleurs capitaines de la guerre de Cent Ans et achève de libérer la France des Anglais. Quant à Charles d'Orléans, enfin de retour dans son château de Blois, il y forme une cour de poètes dont le rayonnement s'étend à tout le royaume. Dans ses dernières années, il a un fils qui deviendra le roi Louis XII, et celui-ci aura lui-même pour successeur François Ier, petit-fils de Jean d'Orléans, "l'enfant prisonnier des Anglais". Six rois issus de la famille d'Orléans régneront ainsi sur la France. À travers un récit très vivant, Gérard de Senneville, auteur de biographies remarquées, nous fait découvrir ici quatre destins shakespeariens dans une époque violente, mais contrastée, où de grands guerriers étaient aussi des poètes.


- Missy
de François-Olivier Rousseau
Éditions Pierre Guillaume De Roux / Mars 2016


Une biographie de la Marquise de Morny, dite "Missy", figure de la Belle Epoque qui eut une longue liaison avec Colette, monta sur les planches le temps d'un scandale au Moulin rouge, fut l'une des premières femmes à porter le pantalon et à fumer le cigare.
- Un tableau magistral des métamorphoses individuelles et collectives sur fond de trois guerres successives.
- Le Paris de la Belle Époque, décadent, caricatural et tapageur, saisi dans ses milieux interlopes.
- Le récit rocambolesque des déboires de Colette avec Willy.
- La réhabilitation d'une Missy déformée et avilie par ses détracteurs.
- Une enquête magistrale.


- Né au bon moment
de David Lodge
Éditions Payot & Rivages / Mars 2016


Comment devient-on David Lodge? Pourquoi choisit-on le rire comme langage absolu, la comédie comme ligne de vie (et de fuite)? Dans ce livre événement, notre Anglais préféré se dévoile comme jamais, avec une pudeur et une simplicité bouleversantes. Loin des mémoires tournant à l'autocélébration, David Lodge rend hommage aux autres, à ceux qui ont traversé sa vie (parents, enfants, amis écrivains) et ce morceau de siècle avec lui, gamin anglais né en 1935, à quelques encablures de la guerre. Au-delà du roman d'une vie, ce livre raconte le parcours d'un catholique profondément irrévérencieux, mais aussi habité par le doute et le paradoxe.


- Punk rock blitzkrieg. Ma vie chez les Ramones
de Marky Ramone
Éditions Payot & Rivages / Mars 2016


En 1978, Marc Bell devient Marky Ramone et tient les baguettes d'un des gangs parmi les plus célèbres de toute l'histoire du rock américain, les Ramones. Ce jeune batteur, né à Brooklyn, n'est alors pas un débutant et a participé aux riches heures du punk new-yorkais, aux côtés de Richard Hell. Durant des années, et jusqu'aux derniers feux du groupe, Marky portera désormais fièrement l'étendard du "blitzkrieg rock" des Ramones aux quatre coins de la planète avant de devenir, à la disparition des trois autres membres du groupe, le dernier survivant d'une bruyante légende. Cette autobiographie brut de décoffrage, qui évoque dans un premier temps le New York punk des années 70  (des New York Dolls aux Heartbreakers de Johnny Thunders) raconte la folle cavalcade du plus grand group punk américain, ouvre la porte des backstages et des studios (y compris celui de Phil Spector), et offre une plongée sans langue de bois, parfois terrifiante, dans l'intimité d'un groupe rongé par les rivalités et des addictions.


- Shakespeare. L'espion des âmes
de Henriette Chardak
Éditions L'Archipel / Mars 2016


Nombre d'auteurs se sont interrogés sur son identité. Était-il un aristocrate jaloux de son anonymat? Un Italien? Le "nègre" d'un auteur célèbre? Un collectif d'auteurs? Peut-être même une femme? Les spéculations, depuis quatre siècles, n'ont guère cessé d'entourer l'auteur du non moins étrange Hamlet. Henriette Chardak a réexaminé une par une les pièces du "dossier Shakespeare", afin de lever le voile sur les aspects les plus énigmatiques du grand dramaturgique. Aussi célèbre que discret, Shakespeare, nous dit-elle, fut avant tout un homme de l'ombre, caché sous des masques de théâtre, préférant se cacher à la vue de ses contemporains pour les scruter jusqu'à l'âme, tel le plus fin des journalistes de son époque. Il était un humaniste libre-penseur, ce qu'il voulait à tout prix dissimuler à ses "clients" royaux. Au-delà de sa vie de comédien, de ses fulgurances géniales, de ses amitiés et surtout de ses intrigantes disparitions, cette biographie romanesque s'attelle à l'énigme Shakespeare.


- The Velvet Underground
de Philippe Azoury et Joseph Ghosn
Éditions Actes Sud / Mars 2016


L'histoire du Velvet se mélange à celle d'un New York des années 1960 où tout était possible. Lou Reed, John Cale, Nico, mais aussi Bowie, Morissey, Warhol, appartements insalubres squattés en bande, drogues, guitares, effervescence permanente, de ce bouillon de culture fertile émergent des albums qui ont changé l'idée du rock.


- Truffaut et les femmes
de Elizabeth Gouslan
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2016


Le réalisateur  de "Baisers volés" et du "Dernier métro" ne cachait pas son jeu: "Le cinéma, disait-il, c'est l'art de faire faire de jolies choses à de jolies femmes". Il ne se priva jamais de mêler la vie, l'image, la fiction, le scénario, la réalité. Il y avait ainsi, d'un côté, le Truffaut rive droite, cravaté et sanglé; et, de l'autre, l'individu pétri d'émotions et soumis à son tumultueux désordre intérieur. La femme idéale n'existant pas, il la modela à l'image de ses fantasmes:  fatale, magnétique, audacieuse, tendre, intouchable. Du cinéma à ses propres battements de cœur, ce fut donc, pour ce merveilleux artiste,  un tourbillon dans lequel les actrices seront, chacune, un vertige spécifique: amoureux de son épouse, Madeleine, fou de Jeanne Moreau, de "Framboise" Dorléac, amusé par Claude Jade, aimanté par Catherine Deneuve,  envoûté par Fanny Ardant. Son existence et ses films finirent par se confondre afin de ne faire plus qu'un. Truffaut ou l'homme qui aimait les femmes? Toutes les femmes? Évidemment. Ce livre-enquête prouvera qu'elles le lui rendaient bien.


- Zita impératrice courage. 1892-1989
de Jean Sévillia
Éditions Perrin / Mars 2016


Le destin poignant d'une femme dont la vie force l'admiration et le respect. Zita de Bourbon-Parme (1892-1989) a tout connu du XXe siècle: les fastes de l'Empire austro-hongrois, l'accession au trône en pleine guerre de 1914, la fin de l'empire, l'exil, la ruine de l'Europe, avant le retour triomphal dans une Autriche enfin apaisée. La biographie magistrale d'une femme d'exception.    


- Bienvenue chez moi
de Jean-Luc Petitrenaud
Éditions Flammarion / Février 2016


"Vissés dans la cuisine, nous regardions avec complicité la ronde des casseroles qui dessinait les contours du souper. Le dimanche soir, on finissait le riz gras qui avait habillé le rôti de bœuf à l'heure du déjeuner. Ah ce riz croustillant, ébloui de beurre, qui chante en bouche. Ah ces petits pains au chocolat issus du surplus de la pâte à tarte. Ah cette salade de fruits confite dans son jus naturel. Ah ce clafoutis aux cerises explosant de jutosité. Repas de rien, repas économiques. On ne saluera jamais assez l'imagination des ménagères de cette époque. Trois fois rien et le paradis ouvre ses portes". Pour mieux se raconter, Jean-Luc Petitrenaud nous invite chez lui, dans les maisons qui ont le plus compté dans sa vie. De l'Auvergne-à la Normandie, des souvenirs tendres et gourmands qui font la part belle à l'enfance, à l'amitié et à la douceur de vivre.


- Brève vie de Katherine Mansfield
de Pietro Citati
Éditions La Table Ronde / Février 2016


Katherine Mansfield née en 1888 en Nouvelle-Zélande, morte en France en 1923, a écrit quelques-uns des plus beaux et des plus célèbres récits de ce siècle. Plus qu'un simple écrivain, elle est vite devenue comme Virginia Woolf ou Franz Kafka, un personnage fabuleux, une sorte de mythe moderne représentant exemplairement un destin de l'époque. Changeante, adorable, inquiète, fragile, têtue: voici une jeune fille soucieuse d'être belle, à la mode, amoureuse, qui s'enfuit, revient, tombe malade, meurt jeune; mais aussi un écrivain de premier ordre, jamais dupe d'elle-même, toujours en quête, dans la vie comme dans l'écriture, de quelque chose qui fuit éternellement regards et désirs humains.


- Charlie Chaplin
de Peter Ackroyd
Éditions Philippe Rey / Février 2016


Il fut la première icône du grand écran et demeure, cent ans après son premier film, le visage le plus instantanément reconnaissable du cinéma. Mais qui était vraiment l'homme à la moustache? Petit garçon blessé par la déchéance de sa mère adorée, scandaleux séducteur multipliant les jeunes conquêtes, égocentrique pathologique, réalisateur omniprésent derrière et devant la caméra, agitateur politique. Avec la précision d'un biographe et la distance d'un romancier, Peter Ackroyd rend justice à Chaplin sous tous ses aspects, les lumières comme les ombres. Il braque ses projecteurs sur une vie et une œuvre, depuis les humiliants débuts dans les music-halls londoniens jusqu'à la célébrité planétaire acquise alors qu'il n'a que vingt-cinq ans. Et, sur fond d'une centaine de films qui n'ont cessé depuis de drainer des hordes de spectateurs à travers le monde, nous entraîne, par les sombres scandales des années 1940 et la chasse aux sorcières du maccarthysme, au final et pathétique exil suisse. La biographie passionnante d'un personnage de génie, énigmatique entre tous.


- Gainsbourg confidentiel
de Pierre Mikaïloff
Éditions Prisma / Février 2016


Qui est le vrai Serge Gainsbourg? À l'occasion des 25 ans de sa mort, cette biographie inédite lève le voile sur les mystères de cette star pudique malgré ses provocations et nous révèle des facettes méconnues de sa personnalité. Qui est donc Serge Gainsbourg que chacun pense connaître? Un musicien de génie, assurément. Un compositeur et parolier hors pair qui a traversé tous les courants musicaux, et un pygmalion qui a multiplié les collaborations avec de grands artistes comme France Gall, Françoise Hardy, Bashung et Vanessa Paradis. Un grand amoureux qui a magnifié les femmes de sa vie dans ses duos sensuels. On connaît bien Gainsbarre le provocateur qui a choqué la France par ses déclarations fracassantes et sa liberté affichée à la télé. Mais qui est le Gainsbourg intime? Celui des doutes et des blessures, le jeune homme qui avait une vocation contrariée pour la peinture, le musicien incompris qui est éclipsé dans les années 1970 par le succès de Jane Birkin? L'homme qui réalise des longs-métrages, des pubs et des clips aujourd'hui oubliés par la légende?


- Jane Birkin. Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
de Frédéric Quinonero
Éditions L'Archipel / Février 2016


Les années passent, Jane Birkin reste une icône. Tour à tour scandaleuse à ses débuts sur grand écran dans Blow Up d'Antonioni, puis murmurante en muse de Gainsbourg dont elle demeurera l'héritière et la meilleure interprète, cette "ex-fan des sixties" a su se faire une place dans le cœur des Français. C'est à partir de 1968, et sa rencontre avec Serge Gainsbourg (qui se remet difficilement de sa rupture avec BB) qu'elle connaît la consécration en France. Tous deux forment alors le couple bohème post-soixante-huitard du Paris germanopratin. Elle joue dans La Piscine de Jacques Deray, aux côtés d'Alain Delon et Romy Schneider, chante avec Serge ("Je t'aime, moi non plus"), puis en solo. Elle trace ainsi son chemin, avec sa légèreté et sa fantaisie so british, enchaînant dans les années 1980 des collaborations au cinéma, avec des réalisateurs tels Jacques Doillon ou Jacques Rivette, ou au théâtre avec Patrice Chéreau. Après la disparition de Serge en 1991, à qui elle ne cessera de rendre hommage,  "Jane B." reste sur le devant de la scène, pour la musique comme pour les combats qu'elle mène à travers le monde. Avec cette flamme qui, malgré les épreuves, ne s'est jamais éteinte.


- Jean de Tinan
de Jean-Paul Goujon
Éditions Bartillat / Février 2016


Admiré par un cercle d'inconditionnels, Jean de Tinan (1874-1898) occupe une place à part dans l'histoire de la littérature française. Dans cette riche biographie agrémentée de nombreux documents inédits, Jean-Paul Goujon retrace le parcours de ce délicat écrivain au destin brisé. Tout en incarnant un représentant de la Belle Époque, l'auteur est avant tout une personnalité aussi complexe que séduisante: à la fois sentimental et raisonneur, libertin et romantique, partagé entre "sexe et tendresse", recherchant toujours le bonheur et perpétuellement insatisfait. Cette biographie, qui accompagne la sortie du Journal intime inédit de Jean de Tinan, offre le portrait le plus complet possible de ce jeune homme 1900, à travers ses amours et ses amitiés, ses "noctambulismes" et ses "sentimentalismes". On y croise entre autres, parmi les écrivains et artistes célèbres: Gide, Louÿs, Valéry, Barrès, Régnier, Debussy, Toulouse-Lautrec, Jarry, Léautaud qui disait: "Jean de Tinan, ce nom, pour moi, c'est de la sensibilité, du scepticisme et de la grâce". Et Mallarmé, après avoir lu Penses-tu réussir, écrivait à l'auteur en le félicitant d'y avoir fait "éclater, toujours dans un beau milieu, votre amusante et poignante désinvolture de sentiment si sincère".


- Joffre
de Rémy Porte
Éditions Perrin / Février 2016


La biographie de référence du maréchal Joffre, sans concession pour les idées reçues et les discours convenus. Ni hagiographie ni critique systématique, Rémy Porte livre la biographie de référence du maréchal Joffre, sans doute le chef militaire le plus contesté de la Première Guerre Mondiale. Porté au pinacle après la victoire de la Marne, à la tête des armées françaises jusqu'en 1916, Joffre est remplacé par Nivelle après les terribles batailles de Verdun et de la Somme. Mais plus que tous ses pairs, il a su incarner le commandement, en exigeant que chacun tienne sa place, à son niveau, et en assumant seul les prises de décision. Voici le portrait nuancé du généralissime, construit sans œillères à partir des sources les plus diverses.    


- Léon Blum. Un portrait
de Pierre Birnbaum
Éditions Du Seuil / Février 2016


Dans ce portrait passionné et souvent inattendu, Pierre Birnbaum redonne pleinement vie à Léon Blum: le dreyfusard, l'homme de Juin 36 et de ses immenses conquêtes sociales, mais aussi le jeune dandy aux goûts littéraires d'avant-garde, l'homme d'action doté d'un réel courage physique, l'avocat de l'émancipation sexuelle des femmes, l'amoureux aux multiples vies. Il relit aussi ses engagements à la lumière de l'histoire de ces Juifs d'État, "fous de la République", auxquels il a consacré un livre qui a fait date. Figure accomplie de la citoyenneté républicaine, Blum ne renia jamais sa judéité. Une vision singulièrement renouvelée.


- Les Hugo
de Henri Gourdin
Éditions Grasset & Fasquelle / Février 2016


Encore un livre sur Victor Hugo? Non, sur tous les Hugo. Ceux qui le précèdent, à partir de ses ancêtres lorrains, et ceux qui le suivent, jusqu'à la génération de Jean, le peintre, ami de Cocteau. Cinq générations en dix-huit portraits de personnalités fortes, pittoresques, émouvantes: le général Léopold-Sigisbert Hugo, héros des guerres napoléoniennes, père officiel de Victor; Sophie Trébuchet, mère du poète et figure dominante de la saga; le général Lahorie, amant de Sophie et père naturel présumé de Victor; Adèle Foucher, épouse de Victor et mère de ses cinq enfants; Léopold Hugo, le fils premier né, mort de maltraitance à moins d'un an; Léopoldine, morte noyée à 19 ans dans des circonstances troublantes; Charles Hugo, le fils prodigue, continuateur de la lignée; François-Victor Hugo, l'héritier tendre et discret, éminent traducteur de Shakespeare; Adèle Hugo "la misérable", "l'engloutie", "la mal-aimée", internée par son père à 42 ans; Paul et Aline Ménard-Dorian, hautes figures de l'art, de l'industrie et de l'extrême-gauche républicaine; Jean le peintre, époux de la fameuse Valentine Gross et père de huit Hugo; Marguerite, manadière en Petite Camargue et bien sûr, celui sans qui cette histoire ne serait pas racontée, le grand Victor Hugo. Dans cette approche inédite d'une immense figure littéraire, Henri Gourdin détecte et analyse d'étranges continuités dans les comportements sur ces cinq générations. Il relève les falsifications accumulées par deux siècles d'hagiographie et ouvre un débat sur la question de la célébrité. L'histoire d'une famille, l'histoire de la littérature, de la politique et des arts, une histoire de la France.


- Ma chienne de vie
de Dave et Patrick Loiseau
Éditions Robert Laffont / Février 2016


Il ne fait pas bon être un chien errant sur l'île ou Chance est née. À certains endroits de la côte, les pêcheurs capturent chats et chiens et les transforment en appâts vivants pour la pêche au requin. Comme des centaines de ses congénères, Chance en a été la victime. Miraculeusement, elle parvient à se sauver. Puis rencontre, grâce à de "bonnes fées", ceux qui vont devenir les humains de sa vie, le chanteur Dave et son compagnon, le parolier et auteur Patrick Loiseau. Depuis dix ans, leur trio est inséparable. Après toutes les épreuves traversées, Chance aurait-elle, finalement, de la chance?


- Maurice et Jeannette. Biographie du couple Thorez
de Annette Wieviorka
Éditions Perrin / Février 2016


Le couple mythique du communisme français. En 1934, Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, dit à Jeannette Vermeersch, jeune militante: "Je vais chez toi. Pour toujours". Leur intense vie commune ne prendra fin qu'avec la mort de Maurice, en 1964. Annette Wieviorka, grâce à des archives souvent inédites, retrace le destin exceptionnel de deux enfants du Nord, aux prises avec les grands drames du XXe siècle. Elle raconte leurs parcours immergés dans l'idéologie où s'entremêle vie familiale et militante dans un enfermement partisan, que ce soit en France ou au pays des Soviets. Elle éclaire des épisodes controversés, comme la désertion de 1939. Elle montre aussi leur ouverture à l'art, ainsi que leurs positions réactionnaires en matière de mœurs. Un livre puissamment original sur un couple en politique comme l'histoire en compte peu.    


- Passionnément Gainsbourg
de Karin Hann
Éditions Du Rocher / Février 2016


Figure médiatique emblématique de la fin du XXe siècle, Serge Gainsbourg disparaît le 2 mars 1991, laissant l'image d'un compositeur à succès talentueux, certes sulfureux et provocateur, mais aussi blessé et à fleur de peau. Or, si nombreux sont ceux qui affirment s'inspirer de lui, personne ne parvient à lui emboîter le pas: Gainsbourg est plus qu'un compositeur à textes, c'est un poète véritable, qui s'inscrit dans la lignée de ses aînés du XIXe siècle, dont il s'est si souvent inspiré. À la suite de Rimbaud et surtout de Verlaine, il s'empare des grands thèmes romantiques, torturant son âme pour exorciser son mal de vivre dans des textes poignants et incisifs, sur des mélodies empruntées à de grands musiciens classiques ou nées de son imaginaire de pianiste de bar. Maniant la langue française en virtuose, jouant de la sonorité des mots comme de leur sens, il s'adresse à un public sans cesse renouvelé avec une sincérité bouleversante. Karin Hann restitue ici la richesse des œuvres de Gainsbourg, en révélant parfois la face cachée de ses écrits. Fruit d'une longue recherche, ce livre met en lumière le caractère exceptionnel de cet artiste complexe, ainsi que son immense culture. Un hommage qui l'inscrit définitivement dans la tradition des grands poètes maudits et qui est, à n'en pas douter, passionnément Gainsbourg.    


- Un voyage inattendu
de Lucien Douroux
Éditions Cherche Midi / Février 2016


Lucien Douroux est né en 1933 dans un petit village d'Auvergne au sein d'une famille d'agriculteurs. Alors qu'il cumule les travaux à l'exploitation familiale avec un emploi d'ouvrier dans une coutellerie voisine, il rejoint le mouvement de la Jeunesse agricole catholique (JAC). Cette rencontre va changer le cours de son existence. Il découvre Paris, d'autres milieux, des idéologies nouvelles, milite pour plus de fraternité sans jamais rompre avec ses racines auvergnates. Son caractère visionnaire, sa détermination, sa résistance montagnarde et la force de ses valeurs catholiques en font un être singulier, armé pour les plus grandes conquêtes. En 1970, le Crédit Agricole s'impose à lui. Il y entre comme on entre en politique ou en religion, avec la passion et l'âme d'un missionnaire. Il n'aura de cesse alors de défendre ses idées et de façonner le Crédit Agricole d'aujourd'hui, transformant avec conviction la banque des agriculteurs en une banque globale et internationale, tout en conservant l'esprit de ses origines. Cet ouvrage est le récit du voyage inattendu d'un fils de paysan auvergnat qui s'est hissé à la tête du Crédit Agricole et porte un regard aiguisé sur un monde en pleine mutation.


- Eve Curie
de Claudine Monteil
Éditions Odile Jacob / Janvier 2016


Fille de Pierre et Marie Curie, Ève Curie fut une femme d'action et de conviction. Tour à tour, et avec le même sens de l'engagement et de l'audace, elle est présente aux côtés de De Gaulle dès juin 1940, correspondante de guerre couvrant tous les fronts, de l'Europe, de l'Afrique et de l'Extrême-Orient, simple soldat volontaire des Forces françaises libres, conseillère spéciale du secrétaire général de l'OTAN, seule femme à occuper, en pleine guerre froide, un poste d'une telle envergure stratégique. D'une détermination farouche, exerçant une véritable fascination sur les médias, elle sillonne le monde avec son mari, l'Américain Henry Labouisse, directeur exécutif de l'Unicef, et s'engage au service des enfants et dans la lutte contre la faim durant la crise du Biafra. C'est ce parcours d'exception d'une femme de tous les défis, éprise d'action et de liberté, que relate ici Claudine Monteil, en s'appuyant sur de nombreuses archives inédites du fonds Curie. Ève Curie ne fut pas scientifique, mais elle eut l'étoffe d'une héroïne pour la défense des libertés.


- Henri Dutilleux
de Pierre Gervasoni
Éditions Actes Sud / Janvier 2016


Cette ambitieuse biographie du compositeur Henri Dutilleux (1916-2013) n'est pas un livre comme les autres, mais un véritable projet littéraire, de nature proustienne. En effet, comment rendre compte de quatre-vingts ans d'activité sans se limiter à la restitution de souvenirs, à la publication de documents? Pierre Gervasoni a mené un long travail d'enquête, recherchant les témoignages d'époque, fouillant les archives publiques et les fonds privés. Au fil du temps, le butin est devenu considérable et s'est encore enrichi avec l'accès aux archives personnelles du compositeur. Il a fallu sélectionner les faits rapportés, mais aussi les détails permettant de les animer. Et surtout relever le défi de l'écriture, afin de garantir au lecteur un plaisir constant, de la première à la dernière page, en l'invitant à se mettre dans la peau des personnages de ce récit. L'histoire d'Henri Dutilleux a alors pris la forme naturelle d'un roman. Un roman où tout est vrai.


- Joséphine: le paradoxe du cygne
de Pierre Branda
Éditions Perrin / Janvier 2016


Elle ne s'appelait pas Joséphine de Beauharnais, mais Marie-Joseph-Rose de Tascher de La Pagerie. C'est par la grâce de Napoléon qu'elle prit le nom de Joséphine, puis le titre d'impératrice. Ce premier mystère en cache beaucoup d'autres, dont Pierre Branda lève successivement les voiles. Certes, la Créole avait la grâce du cygne, dont elle se fit un instrument efficace, au point d'être désignée comme "l'incomparable", de sa naissance à la Martinique en 1763 jusqu'à sa mort à Malmaison en 1814. Mais, bien plus que ses prouesses et ses trahisons amoureuses réelles ou supposées, l'auteur fait valoir la femme de réseaux, d'influence et d'argent, l'hostilité jamais démentie du clan Bonaparte à son égard et envers ses deux enfants, son goût pour la nature et les arts, et surtout ce lien complexe et indéfectible avec Napoléon dont elle accompagna la vertigineuse ascension sans connaître la chute ultime. Loin de la légende noire comme des potins anecdotiques, Pierre Branda redonne vie à une femme de tête autant que de corps aux prises avec la grande histoire, dont elle sut tirer parti tout en subissant ses coups.    


- Les derniers jours de Drieu la Rochelle
de Aude Terray
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2016


Entre ses deux tentatives de suicide et son suicide le 15 mars 1945, Pierre Drieu la Rochelle, l'écrivain fasciste, directeur de la NRF sous l'Occupation, ami d'Aragon et de Malraux, est en convalescence, protégé et caché par quelques proches, des résistants, sa première épouse juive, près de Paris et à Paris, afin de s'épargner  arrestation et jugement. Commence pour lui une étrange parenthèse de huit mois pendant lesquels cet homme complexe ne sait plus qui il est, ni où il en est. De cette période, Aude Terray a reconstitué le récit minutieux et fascinant, la vie quotidienne d'un écrivain sensible et monstrueux qui se trompa de combat. Historienne, elle recompose subtilement  son cheminement intellectuel, sa solitude, son désarroi. On suivra, ici, l'auteur de Gilles et de Rêveuse bourgeoisie tandis que, réfugié dans une forêt, il cueille des pommes, coupe du bois, pense à ses maîtresses enfuies ou mortes Que reste-t-il des engagements des années 1930? Est-il pressé de rencontrer enfin le néant? Que cherche-t-il à dire de lui-même à travers les figures de Judas et de Van Gogh auxquels il consacre ses pages ultimes? Doit-il fuir à Sigmaringen avec Céline et Pétain? S'exiler en Suisse ou en Espagne? Ou en finir dignement? Personne, à ce jour, n'avait aussi bien éclairé la psychologie du dernier Drieu.


- Madame Royale
de Anne Muratori-Philip
Éditions Fayard / Janvier 2016


Marie-Thérèse Charlotte, "Madame Royale", voit le jour le 19 décembre 1778. Hélas, pour la fille aînée de Louis XVI et Marie-Antoinette, les bonheurs d'enfance s'effondrent avec la Révolution. Le 13 août 1792, la famille royale est emprisonnée dans l'horrible forteresse du Temple. Le 21 janvier 1793, on guillotine le roi; sa soeur et la reine le suivent quelques mois plus tard. Madame Royale est épargnée mais séparée de son petit frère, l'éphémère Louis XVII, qui mourra de mauvais traitements sans jamais la revoir. Isolée, privée de tout, terrorisée, la jeune princesse s'enfonce dans un long enfer. Fin 1794, les fureurs révolutionnaires s'apaisent et le peuple de Paris s'attendrit sur cette adolescente qui devient l'héroïne des gazettes. Dans le même temps, les cours d'Europe se la disputent. Au terme de longues négociations, faussement secrètes et parfois scabreuses, "Madame Royale" est libérée le 18 décembre 1795. Elle a tout juste dix-sept ans. Accueillie à Vienne par sa famille maternelle, la fille de Louis XVI pourrait se libérer de son terrible passé. Mais elle ne veut pas renoncer à la France. Encore moins à sa filiation. Ne serait-ce que pour contrôler les ambitions royales de son oncle, le futur Louis XVIII, dont elle a découvert les manigances. À partir de mémoires et de souvenirs d'époque, Anne Muratori-Philip retrace avec brio et minutie les épisodes tragiques, mais aussi romanesques et politiques de la prisonnière du Temple, avant qu'elle ne devienne duchesse d'Angoulême.


- Martin Heidegger. Catholicisme, révolution, nazisme
de Guillaume Payen
Éditions Perrin / Janvier 2016


"Le national-socialisme est un principe barbare", écrit Martin Heidegger dans ses Cahiers noirs, ajoutant: "C'est ce qui lui est essentiel et sa possible grandeur". Révolutionnaire radical, ayant vu et approuvé le caractère destructeur du nazisme, le recteur de Fribourg a réservé d'autres surprises dans ses journaux philosophiques, dans lesquels il évoque par exemple l'auto-anéantissement du juifXLIOX750. Alors que le philosophe est devenu un objet d'incompréhension et d'horreur, nombre de spécialistes en appellent désormais à l'histoire. C'est cette réhistoricisation que l'auteur a entreprise dans ce livre. Refusant la polémique, l'adoration et la détestation, il s'emploie à comprendre l'homme et le penseur, de l'intérieur et en son temps, par le biais de toutes les sources disponibles: cours, lettres, textes de circonstance, de même que les Cahiers noirs qui suscitent tant d'émoi. Excédant largement le IIIe Reich, le cheminement de Heidegger fut heurté: il commença par un catholicisme intransigeant, qui laissa la place, après la Première Guerre Mondiale, à une volonté farouche de révolution philosophique, terreau dans lequel son nazisme vint jeter de profondes racines qui survécurent à l'effondrement du régime d'Adolf Hitler. De cette biographie se dégage un portrait fait d'ombres et de lumières: grand philosophe, maître, ami ou amant de juifs ou d'étrangers, Heidegger fut aussi un nationaliste antisémite, inquiet de l'"enjuivement" de son peuple et soucieux de son rôle historique prééminent.


- Notre dernier monarque
de Philippe Alexandre
Éditions Robert Laffont / Janvier 2016


Alexandre n'a jamais caché la fascination qu'exerçait sur lui François Mitterrand, souverain à la fois donjuanesque et romanesque, qui s'imposait avant tout par l'éclat et l'habileté de son verbe. Pendant quatorze ans, il n'a cessé de l'observer et de commenter son action, sans complaisance mais avec le sentiment constant de vivre un grand moment de la dramaturgie nationale. Il a porté le même regard lucide et souvent ironique sur les différents épisodes, les espoirs déçus, les jeux subtils, les retournements de situation, les drames et les "affaires" qui ont jalonné ses deux septennats. Au fil d'un journal ponctué de réactions épidermiques, de coups de sang, d'éclats de rire et parfois de moments de tendresse, Philippe Alexandre fait revivre toute une époque, à travers la personnalité du chef de l'État, comme de celle des grands leaders du moment, de Jacques Chirac et Édouard Balladur à Michel Rocard, Laurent Fabius ou encore Martine Aubry. Brossées à chaud et sur le vif avec un talent inimitable, ce sont autant de scènes d'une vie politique qui tient tour à tour du drame cornélien, du vaudeville ou de la fable et dont chaque péripétie doit beaucoup à l'art de gouverner d'un manipulateur hors pair.


- Robespierre. La fabrication d'un monstre
de Jean-Clément Martin
Éditions Perrin / Janvier 2016


Comment fabrique-t-on un monstre, un nouveau portrait de "l'Incorruptible". Le parti pris de cette nouvelle biographie de Robespierre, qui fait sa valeur et son originalité, est le refus revendiqué de toute approche psychologisante, de tout affect et de tout sensationnalisme. Nous voyons ainsi évoluer l'homme parmi ses pairs et ses rivaux, dont beaucoup ont partagé avec lui les mêmes expériences: une enfance difficile, une adolescence studieuse et une réussite sociale, mondaine et littéraire précoce. À travers ses multiples et successives prises de position politiques, y compris celles qui paraissent mineures, on comprend qu'il s'exprime en réponse aux Danton, Marat, Pétion, Saint-Just, Fabre d'Eglantine, Camille Desmoulins, Hébert, Collot d'Herbois, dans un jeu de bascule permanent, sans pouvoir exercer une quelconque magistrature suprême. Lorsqu'il paraît enfin pouvoir y accéder, il est condamné hors la loi par ses collègues, le 9 thermidor 1794. Chacun le sait, aucune artère parisienne ne porte le nom de Robespierre, passé à la postérité comme l'archétype du monstre. Sans l'absoudre de rien, sans l'accabler non plus, Jean-Clément Martin explique que cette réputation a été fabriquée par les thermidoriens qui, après l'avoir abattu, voulurent se dédouaner de leur recours à la violence d'État: les 10 et 11 thermidor, qui voient l'exécution de Robespierre, de Couthon, de Saint-Just et de près de cent autres, servent en réalité à dénoncer "l'Incorruptible" comme le seul responsable de la "Terreur". Cette accusation a réécrit l'histoire de la Révolution et s'impose encore à nous. En historien, l'auteur démonte les mythes et la légende noire pour retrouver l'homme. Une démonstration sans faille et un livre à l'image de Robespierre: éminemment politique.


- Adolf Busch
Le premier des Justes
de André Tubeuf
Éditions Actes Sud / Novembre 2015


André Tubeuf rend ici hommage a une grande figure, trop peu connue du XXe siècle. Adolf Busch (1891-1952) était le violoniste numéro 1 d'Allemagne. Pour l'histoire, il restera ce pur aryen qui le premier a rompu avec une Allemagne où il avait tout, son public, son avenir, jurant qu'il n'y remettrait les pieds qu'une fois Hitler pendu entre Goebbels et Georing. Pour ce pacifique proscrit par choix puis exilé par la guerre, un seul combat: que la musique de Bach puisse plaire à tous. Et une vraie victoire: Marlboro (Vermont),où lui et les meilleurs de la vielle Europe ont replanté dans la jeune Amérique, leurs racines, leur style, leur foi. Un récit passionnant et exemplaire.


- Carnet d'un chanteur de casino hors saison
de Guy Marchand
Éditions Cherche Midi / Novembre 2015


Je suis un jouisseur universel. J'aime les voitures américaines, les pâtes italiennes, les boudins de printemps orientaux, le couscous marocain avec des raisins, le lin irlandais, le cachemire écossais, les chaussures anglaises, les fromages français, les chevaux argentins et, pour les femmes, mes goûts vont bien au-delà des frontières, jusqu'en Mongolie. G. M.


- Édith Piaf
Dix minutes de bonheur par jour, c'est déjà pas mal
de Claude Fléouter
Éditions Cherche Midi / Novembre 2015


Elle prodiguait du rêve, du bonheur et du malheur. Elle n'appartenait à aucun temps. L'éternité était son unique richesse. Rien avec elle n'était ordinaire. Ni sa voix ni sa volonté de vaincre. Elle lançait son âme sur des tapis de complaintes. Elle avait une faculté pour accrocher le public, le toucher, l'émouvoir. Quand elle était sur scène, il y avait beaucoup d'amour dans la salle, le cœur était au rendez-vous et cela se savait. Édith Piaf ne vivait vraiment, ne respirait que dans l'atmosphère d'un théâtre, le mouvement d'une tournée. Elle avait l'intuition infaillible de ce qu'il convenait de faire sur une scène, là où il y avait la concordance des sons avec la minute de ses états. Elle était née le 19 décembre 1915. Elle a assumé totalement la composition la plus vraie, la plus brûlante, et qui l'a fait tenir debout avec un extraordinaire appétit de vivre, jusqu'aux débordements, jusqu'à l'excès dans le travail et dans sa vie privée, avec une énergie sans faille qui fascinait et exténuait ses proches. Elle a joué avec la vie. Une vie qu'elle a dévorée avidement.


- Innocent
de Gérard Depardieu
Éditions Cherche Midi / Novembre 2015


Je revendique complètement ma connerie et mes dérapages. Parce qu'il y a là quelque chose de vrai. Et si on ne dérape jamais, c'est souvent qu'on est un peu con. Je ne maîtrise rien, je ne fais que suivre, et parfois supporter mon amour de la vie et des autres. Un amour qui, comme disait François Truffaut, est à la fois une joie et une souffrance. Je ne cherche pas à être un saint. Je ne suis pas contre, mais être un saint, c'est dur. La vie d'un saint est chiante. Je préfère être ce que je suis. Continuer à être ce que je suis. Un innocent.


- Le dernier des tontons flingueurs
de Venantino Venantini
Éditions Michel Lafon / Novembre 2015

 
Venantino Venantini. Cela ressemble à un pseudo, mais c'est bien le nom de cette gueule du cinéma des années 1960, du plus français des acteurs italiens, qui fut, entre beaucoup d'autres, Mickey le Bègue dans Le Corniaud et Pascal, le "porte-flingue" de Lino Ventura, dans Les Tontons flingueurs. Ami intime de Georges Lautner, il a donné la réplique à de Funès, Mireille Darc, Belmondo, tourné avec Dino Risi, Roger Vadim, Édouard Molinaro et Ettore Scola. À cette carrière d'acteur dont les mille souvenirs tendres ou drolatiques font revivre les plus grands noms du cinéma, de Marlon Brando à George Raft, de Fellini à Gloria Swanson, s'ajoute une existence aventureuse, depuis son enfance dans l'Italie de Mussolini jusqu'à sa carrière de peintre à Paris, Rome et New York, encouragée par son mentor, Georges Braque. À quatre-vingt-cinq ans, Venantino Venantini nous livre le récit d'une vie à son image, débridée et passionnée.


- Lettres à un ami de l'ombre
Édith Piaf
de Présentation et annotation de Jean-Dominique Brierre
Éditions L'Archipel / Novembre 2015


En mai 1936, après l'assassinat de son mentor, Louis Leplée, le patron du Gerny's, Edith Gassion, dite la môme Piaf, n'a plus guère d'amis. Entre alors en scène un personnage inconnu du public qui jouera un rôle capital dans sa vie. Jacques Bourgeat lui écrit sa première chanson, " Chand d'habits", lui fait faire le tour des éditeurs de musique. Il jouera auprès d'Edith le rôle d'un père de substitution, d'un Pygmalion qui lui parle de poésie, de théâtre et des philosophes grecs. Il sera à la fois son guide, son professeur de français, son confident voire son confesseur. "Dans ses lettres, elle me parlait très peu de sa profession, plutôt de ses états d'âme". Jusqu'en 1959, ils échangeront plusieurs centaines de lettres où Piaf raconte tout: ses hommes, ses angoisses, ses joies, ses désespoirs.


- Martin Buber
Sentinelle de l'humanité
de Dominique Bourel
Éditions Albin Michel / Novembre 2015


Martin Buber (1878-1965) est, avec Freud, Einstein ou Kafka, l'un des penseurs juifs les plus connus du XXe siècle dont il a vécu les tragiques bouleversements. Né à Vienne, ayant passé son enfance en Galicie et parcouru l'Europe dans sa jeunesse, il est vite devenu une figure majeure du judaïsme allemand et du premier sionisme. Installé à Jérusalem à partir de 1938, il s'imposera comme un penseur incontournable et sera invité dans le monde entier. Son destin exceptionnel croise ceux de Herzl, Freud, Einstein, Rosenzweig, Kafka, Zweig, Scholem, Gandhi, Bachelard, Jung, Heidegger, Levinas, Ben Gourion et de tant d'autres, comme en témoigne sa correspondance foisonnante. Buber est non seulement un grand philosophe de l'altérité (Je et Tu), de la piété mystique (Les Récits hassidiques) et du dialogue judéo-chrétien (Deux types de foi), mais il est aussi le héraut infatigable d'un sionisme humaniste cherchant sans cesse la paix avec les Arabes, et un dénonciateur des totalitarismes hitlérien et stalinien.


- Mémoire d'un arythmique
de Guillaume Durand
Éditions Grasset & Fasquelle / Novembre 2015


Bien sûr, Guillaume Durand a rencontré "tout le monde", les plus grands fauves de la politique et du monde des affaires, de la musique et du sport, comme en témoignent mille scènes émouvantes, tragiques ou drolatiques de ce livre mais les amateurs de mémoires classiques de journaliste peuvent passer leur chemin. Enfant d'un pays à la périphérie de la gloire, appartenant à cette génération approximative dont les drames n'ont été que des meurtres de couloirs,  biberonnée au rock et à la peinture puis droguée à l'opium de la politique et du divertissement avant d'être speedée au sacre de l'argent fou, il raconte à sa manière déjantée, littéraire et mélancolique,  les rêves perdus d'une jeunesse, la grandeur perdue d'une culture et son  apocalypse intime où se reflète celle d'une époque. De Sierra Leone à Beyrouth, de Shangaï au Congo, quel est ce fantôme qui harcèle l'auteur de messages anonymes, ravivant les blessures intimes de l'enfance? "Mon cœur s'est un jour brutalement emballé. Je suis devenu comme presque un million de Français: un arythmique, c'est-à-dire un type qu'on prend pour un hypocondriaque ou un condamné": bienvenue dans ces Mémoires arythmiques où les fils d'une histoire personnelle tissent peu à peu la tapisserie de notre aventure collective.


- Mohicans
de Denis Robert
Éditions Julliard / Novembre 2015


Je voudrais avoir la froideur de l'entomologiste en entamant ce récit. Prendre les pièces une par une, remonter le temps. Éclater le temps. Disséquer. Poser. Observer. Dater. Comprendre. C'est l'histoire de deux êtres rares: Cavanna et Choron. C'est l'histoire d'un premier journal, puis d'un deuxième, d'un troisième: tous créés par une bande de kamikazes, ivres de liberté et bourrés de talent. Ces journaux ont amusé, éclairé, ouvert les yeux et les esprits de deux ou trois générations de lecteurs, de citoyens, d'électeurs, de journalistes. Hara-Kiri mensuel, Hara-Kiri hebdo, La Gueule ouverte, Charlie Mensuel et le dernier: Charlie Hebdo... 1960-1985: vingt-cinq années d'insolence, d'humour, de spontanéité et de subversion. L'époque étant ce qu'elle est, ces journaux fougueux qui sentaient le foutre, la sueur, l'alcool, la liberté sont devenus des marques. C'est l'histoire de la dilapidation d'un héritage. Une histoire tumultueuse, magnifique, triste et honteuse. À mes yeux, elle est exemplaire.


- Paul-Émile Victor
de DaphnéVictor et Stephane Dugast
Éditions Robert Laffont / Novembre 2015


Paul-Émile Victor fait partie de ces rares hommes qui, au XXe siècle, ont contribué à changer notre vision de la planète. Le 10 juillet 1934, ce jeune Jurassien que tout prédestinait à reprendre l'entreprise paternelle de pipes et de stylos embarque sur le trois-mâts du commandant Charcot, en partance pour le Groenland. En quelques années, il va devenir l'incarnation de l'exploration polaire française, vivant avec les Eskimos, cartographiant des zones encore inexplorées, organisant des missions scientifiques extrêmes. Toujours en avance sur son temps, il va aussi s'engager très tôt en faveur de l'écologie. Vingt ans après sa disparition, cette première grande biographie, écrite par sa fille Daphné et par le journaliste Stéphane Dugast, retrace le destin exceptionnel de ce voyageur dans son siècle, de cet aventurier hors normes.


- Piaf, mon amie
de Ginou Richer
Éditions Denöel / Novembre 2015


Paris, au sortir de la guerre: une jeune fille de seize ans se balade sur les Champs-Élysées. L'un des Compagnons de la Chanson, qui à l'époque accompagnent Piaf, l'aperçoit et tombe sous le charme de ses yeux verts. Bientôt l'adolescente rencontre la grande chanteuse, et une belle amitié voit le jour: Édith et Ginou, deux âmes sœurs. Ginou ne sera jamais l'employée, la secrétaire ou la dame de compagnie de Piaf, elle sera tout simplement sa "meilleure amie", comme Édith le lui a écrit au dos d'une photo. Pendant quinze ans, elle vivra son quotidien, ses amis et ses amours, ses douleurs et ses drames. Personne n'a vécu aussi longtemps sous le même toit que Piaf. Personne ne peut mieux la connaître, mieux la comprendre, mieux l'expliquer, sans jamais la juger. Tel est le portrait que Ginou brosse pour nous: celui de l'être pur, profond, pudique, qui se cachait derrière la chanteuse mythique. Elle nous raconte son Édith, entre ombre et lumière, celle que personne ne pouvait connaître de façon aussi intime, aussi secrète. Elle nous dévoile la force de vie qui portait Piaf, dans une existence semée de tragédies. Elle nous restitue la beauté de son visage et de son âme, mais aussi son humour. On a beaucoup écrit sur "la môme". Ce récit inédit n'est sûrement pas le dernier. Mais c'est le plus vrai, et sans doute le plus beau.


- Pour l'instant tout va bien
de Benjamin Castaldi
Éditions L'Archipel / Novembre 2015


La première émission de télé-réalité de France, Loft Story, en 2001, a fait de lui l'une des figures les plus populaires du PAF. Animateur phare de ces vingt dernières années, il a connu la gloire et la reconnaissance, les défis permanents, la pression de l'audimat, mais aussi bien des revers. "Fils de", "Petit-fils de"? Pas seulement. Benjamin Castaldi s'est fait un nom mais il l'a payé au prix fort. Dans cette autobiographie, pour la première fois, il se livre sans fard. Il se penche sur son enfance, dit ce qu'il doit à ses parents et grands-parents (Montand et Signoret), raconte ses premiers pas à la télé, sous l'aile de Michel Drucker, dans Studio Gabriel. Puis vient la consécration sur M6, avec Loft Story puis La Nouvelle Star, sur TF1 avec La Ferme Célébrités. Mais il y a également les doutes, les mauvaises passes, comme cet accident de moto en 2012, et cette arnaque qui l'a ruiné en 2014. Au gré de confessions inédites, le vrai "Benji" se révèle, tel que la presse people ne l'a jamais montré.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 4 Juil - 7:48

- Sinatra confidential: showbiz, casinos & mafia
de Shawn Levy
Éditions Payot & Rivages / Novembre 2015


Bien sûr en ce temps-là, il y a John Wayne, Ray Charles, Marlon Brando et, évidemment, Elvis Presley. Mais entre 1957, date de la mort de son mentor Humphrey Bogart, et 1963, date de l'assassinat de son ami J. F. Kennedy, Frank Sinatra est la plus grande star de la scène américaine. Mieux, entouré d'un redoutable gang de vieux amis, le fameux Rat Pack (Dean Martin, Sammy Davis Jr., Peter Lawford, Joey Bishop), "The Voice" incarne l'Amérique de cette époque. Une Amérique complexe, hédoniste et lumineuse, à l'image des néons des casinos et du soleil de Palm Springs. Une Amérique crépusculaire aussi, où entertainment tente de faire bon ménage avec politique et mafia, sur fond de racisme et de corruption. Entre New York et Miami, Los Angeles et Las Vegas, entre chefs-d'œuvre pop et jazzy et films à succès, entre conquêtes féminines, whiskies on the rocks, fêtes avec les Kennedy ou les mafieux de Chicago, ce livre aux allures de roman noir, digne d'American Tabloïd de James Ellroy, retrace le bouillonnant âge d'or d'un immense parrain du showbiz et de ses complices, véritables aristocrates du cool.


- Woody Allen
de Ava Cahen
Éditions L'Archipel / Novembre 2015


Adoré, méprisé, jugé, Woody Allen continue de marquer son temps, et l'histoire du cinéma, offrant à la comédie américaine un ton, un nom, un fond. Ce petit Juif new-yorkais rêvait d'être joueur de baseball. Pourtant, il a finalement choisi de faire rire, au grand dam de ses parents qui le voyaient médecin ou avocat. C'est rire pour ne pas pleurer, pour oublier, un temps, la mort. Ces peurs qui sont mises en scène dans chaque film de Woody Allen, avaient bien besoin d'un antidote. De Play it Again Sam à Magic in The Moonlight, Woody Allen regarde le monde comme il nous regarde: sans pitié. En revenant sur sa vie, sur sa filmographie, sur ses chevaux de bataille (Dieu, Marx, Freud), ses sources d'inspirations (Bergman, Fellini, Resnais, mais aussi Sophocle), mais également sur les femmes de sa vie (Louise Lasser, Mia Farrow, Diane Keaton), voici le portrait d'un réalisateur pour qui le cynisme est devenu une arme comme un remède.


- Au fil de l'autre
de Véronique Jannot
Éditions Michel Lafon / Octobre 2015


"Toujours pressés par ce temps que l'on ne sait plus prendre ni parfois donner, nous subissons également des pollutions multiples, environnementales et psychologiques, qui fragilisent notre santé autant que notre moral. Il est urgent de réagir, et c'est possible. Tout au long de ces pages, je vais vous emmener Au Fil de l'autre, des rencontres et des découvertes qui m'ont prouvé qu'il y a des moyens de vivre mieux, ensemble et en bonne santé. J'ai vu des forêts resurgir dans des pays désertifiés, des êtres sauver des animaux en voie de disparition, des cultivateurs reprendre avec succès des méthodes ancestrales non polluantes, et des médecins qui s'attachent à éviter les maladies avant d'avoir à les soigner. Car “bien se porter”, cela passe par la connexion avec soi-même, une certaine discipline de vie, et aussi des médecines ou pratiques alternatives, dont certaines sont encore peu connues et qui peuvent aider un grand nombre d'entre nous".


- Champion
de Raymond Poulidor
Éditions Cherche Midi / Octobre 2015


Il a croisé le fer avec les plus grands champions, a vaincu Eddy Merckx et fut l'adversaire privilégié de Jacques Anquetil, d'abord ennemi farouche, ensuite ami, enfin frère de légende. Leur ascension du puy de Dôme, notamment, est encore dans toutes les mémoires. À presque 80 ans, "cet éternel jeune homme", comme l'écrivait son ami Antoine Blondin, témoigne avec émotion, nous raconte ses coups d'éclat, ses victoires, sa malchance, les entourloupes dont il fut parfois victime, ses deuxièmes places, ses invraisemblables cabrioles, la quête du maillot jaune de ses rêves d'enfant. Jamais il n'avait parlé ainsi de sa trajectoire. Lui qui semblait condamné, par ses origines modestes dans une ferme creusoise, à une vie laborieuse, anonyme et ingrate, voici qu'à force de bravoure il a foncé vers la lumière jusqu'à devenir l'une des personnalités préférées des Français. "Je réponds, confie-t-il, à presque toutes les sollicitations, conscient d'apporter du bonheur, même si c'est avec le récit de mes malheurs". Non, sa "Poupoularité", comme il l'appelle, ne l'a pas gêné, bien au contraire: " Le jour où plus personne ne me reconnaîtra sera le pire de ma longue vie". Qu'il se rassure, ce n'est pas encore demain la veille.


- Debord, le naufrageur
de Jean-Marie Apostolidès
Éditions Flammarion / Octobre 2015


Il y a plus de vingt ans disparaissait Guy Debord, l'un des derniers grands intellectuels français, figure mythique des mouvements d'avant-garde de la seconde moitié du XXe siècle. Écrivain, cinéaste, penseur révolutionnaire, auto-désigné "ennemi de son siècle", il a été le chef de file de l'Internationale lettriste (1953-1957) puis de l'Internationale situationniste (1957-1972), et, à partir de son œuvre majeure, La Société du spectacle (1967), l'infatigable pourfendeur de la société de consommation. Mais Guy Debord était également, selon ses mots et comme le révèlent ses archives, "un déclassé conspirateur, un aventurier ne respectant rien parce que n'ayant rien à perdre", un "enfant gâté, qui a toujours cru que le monde était fait pour lui faire plaisir et n'a jamais été capable de ressentir les choses au-delà de cet infantilisme affectif", un "Capricorne patient comme le grisou qui s'accumule dans les galeries de mines de la société". C'est qu'il était bien placé pour connaître l'homme qui se cachait derrière le mythe qu'il s'était forgé, et cette part d'ombre que l'impressionnant travail d'investigation de Jean-Marie Apostolidès met enfin au jour. Une biographie intime et sans concession où l'on découvre un homme qui construisit sa vie comme une œuvre d'art, en se rêvant tour à tour bandit, chef de bande, agitateur, général d'armée, empereur et philosophe.


- Douce France
de Alain Wodrascka
Éditions Du Moment / Octobre 2015


Le 22 mars 1997, à l'âge de 49 ans, elle donnait son dernier concert. Pourtant, sa voix continue d'inonder les ondes. France Gall reste une référence de la pop française, elle qui a révélé les deux auteurs-compositeurs les plus imaginatifs de notre temps. En 1964, alors que Serge Gainsbourg s'apprête à quitter le métier par manque de succès, elle entame avec lui une fructueuse collaboration dont les morceaux Poupée de cire, poupée de son, Baby Pop et Les Sucettes forment l'incontournable triptyque. Dix ans plus tard, elle repère le talent novateur de Michel Berger qu'elle propulse dans la lumière, en interprétant ses tubes de sa voix unique, rythmique et cristalline: Il jouait du piano debout, Résiste, Ella, elle l'a... Bien avant Michel Berger, la vie privée de la chanteuse a enlacé sa vie professionnelle. En témoignent ses amours passionnelles avec Claude François et Julien Clerc à qui elle inspira respectivement Comme d'habitude et Souffrir par toi n'est pas souffrir. De Sacré Charlemagne au Concours de l'Eurovision 1965, de Starmania, qui fit connaître Daniel Balavoine, à ses démêlés avec Véronique Sanson, cette biographie de l'artiste, riche en révélations et témoignages inédits, dessine le visage d'une muse qui sublima le talent des autres. Une femme-enfant qui usa de son charme irrésistible pour arriver à ses fins et dirigea sa carrière sans jamais faiblir, malgré les cruelles épreuves de son existence.


- Frankenstein, une biographie
de Michel Faucheux
Éditions L'Archipel / Octobre 2015


À la fin du roman de Mary Shelley, le monstre disparaît, emporté par un radeau de glace. Il avait promis, ayant causé la mort de son créateur et de ses proches, de s'immoler sur un bûcher funéraire. Mais la fin ouverte du roman lui permet de s'émanciper de son créateur Frankenstein tout comme de la romancière Mary Shelley. Depuis, libéré de toute emprise, le monstre n'a cessé d'errer de roman en pièce de théâtre, de pièce de théâtre en adaptation cinématographique, d'adaptation cinématographique en bande dessinée ou en jeu vidéo. La créature de Frankenstein existe. Née des pouvoirs de la science, elle hante notre culture et pulvérise la séparation entre le réel et l'imaginaire. Jusque dans les avancées scientifiques les plus récentes, nous ne cessons de la rencontrer. Elle résume la tentation des temps actuels: dépasser les limites que nous assigne notre condition d'êtres humains. Une biographie qui raconte la prodigieuse métamorphose du monstre en son créateur, son évasion du domaine de  la fiction et son errance dévastatrice dans notre quotidien.


- Higelin Higelin Higelin
de Jacques Andre Bertrand et Jacques Higelin
Éditions Julliard / Octobre 2015


Récit d'une rencontre inattendue entre deux poètes aussi drôles, lunaires et généreux l'un que l'autre: l'écrivain Jacques A. Bertrand et le chanteur Jacques Higelin. Jacques Higelin a marqué durablement son époque. Il le doit à ses multiples talents: musicien, comédien, poète, interprète. Il le doit surtout à sa personnalité étonnante qui a séduit et subjugué les centaines de milliers d'admirateurs ayant assisté à ses concerts. Higelin en scène, c'est une présence miraculeuse. Débordant d'énergie, lumineux, drôle, imprévisible, il irradie véritablement. Tel il se montre sur scène, tel il est dans la vie. Jacques A. Bertrand le connaît depuis les années quatre-vingt, lorsqu'il chroniquait la chanson française pour Télérama. Dans cet album illustré de photos inédites, il trace un portrait délicieux de leurs longues errances à travers la France. Jacques Higelin n'a le sens ni du temps, ni de l'espace, ni de la bienséance. À chaque heure du jour et de la nuit, il improvise. Partager son existence n'est pas de tout repos, mais ça ne s'oublie pas.


- Invitée surprise
de Christine Kelly
Éditions Du Moment / Octobre 2015


De la vie de Christine Kelly, beaucoup connaissent le versant public. Celui de la brillante journaliste, première femme noire à présenter le journal télévisé sur une chaîne nationale, devenue la première personnalité issue de l'Outremer et la plus jeune à être nommée, en 2009, au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Ascension fulgurante et naturelle d'une surdouée? Pas vraiment. Il n'est qu'à voir le courage et l'énergie qu'elle a débauchés pour tracer cette trajectoire hors du commun, les obstacles qu'elle a dû surmonter. Seule, sans réseaux parisiens, refusant obstinément de se soumettre au joug du qu'en dira-t-on, se remettant en question à chaque instant pour mieux avancer, Christine Kelly s'est construite dans l'art du contre-pied, multipliant les expériences étonnantes, parfois déroutantes au premier regard. Se placer dans ses pas, c'est voyager de son petit village de Guadeloupe jusqu'aux sunlights des chaînes de télévision parisiennes, oser pousser des portes et en claquer quelques autres, assumer ses propres rêves sans occulter la souffrance des plus fragiles, travailler encore et toujours, croire avec force en son destin. C'est aussi et surtout entendre le témoignage d'une femme qui a réussi à s'imposer dans les médias quand tant d'autres sont empêchées d'exprimer leurs talents dans bien des milieux professionnels. Dans une société où tous, hommes ou femmes, jeunes ou moins jeunes, doivent effectuer des choix sous influence, hésitent, songent à courber l'échine sous le regard des autres, le parcours de Christine Kelly surprendra sûrement et inspirera peut-être. Il démontre en tout cas que si rien n'est facile, tout est possible.


- J'ai écrit le rôle de ta vie
Correspondances avec Raimu, Fernandel, Cocteau, et les autres
de Nicolas Pagnol
Éditions Robert Laffont / Octobre 2015


En 1927, alors qu'il est professeur adjoint au lycée Condorcet à Paris, Marcel Pagnol prend un congé de l'Éducation nationale "pour cause de littérature". Deux ans plus tard, il triomphe au Théâtre de Paris avec Marius, premier volet de la trilogie marseillaise, ou explose le génial Raimu. Pendant près de cinquante ans et jusqu'à aujourd'hui, Marcel Pagnol va être pour les Français l'auteur populaire par excellence, que ce soit au théâtre, en littérature ou au cinéma. À travers les lettres inédites rassemblées ici, on comprend justement l'influence décisive qu'a eue Pagnol dans les débuts du cinéma parlant, d'une rive à l'autre de l'Atlantique: il est alors un auteur à succès et comprend, avant tous les autres, la nécessité d'être à la fois scénariste, réalisateur et producteur. En quelques années seulement, il va incarner la modernité auprès de ses pairs. Lire la correspondance de Pagnol, c'est traverser plusieurs époques, avec la douceur de l'avant-guerre, la douleur de l'Occupation puis le rapprochement avec l'allié américain; c'est découvrir le vrai sens de l'amitié avec les copains de la première heure comme Henri Jeanson, mais aussi avec les camarades qu'on retrouve autour d'une bouillabaisse dans le petit port de Saint-Tropez (avec René Clair), à Bandol (avec Raimu), ou à Carry-le-Rouet (avec Fernandel). Ce sont parfois des coups de gueule homériques auxquels succèdent des réconciliations quasi amoureuses, des témoignages de soutien quand la critique se fait cruelle, ou simplement des échanges de points de vue sur tel projet, tel dialogue ou tel matériel cinématographique. On y parle beaucoup de retrouvailles aussi, quand l'éloignement, la politique, le travail ou bien les femmes le permettront. Et puis, il y a le Nouveau Monde, pas si lointain: Charles Boyer et Maurice Chevalier rêvent de faire venir à Hollywood le plus américain des réalisateurs marseillais, pour qu'il y rencontre tous ceux qui l'admirent, de John Huston à Preston Sturges et William Wyler. De 1928 à 1974, c'est ainsi toute une vie de cinéma qui défile devant nous, avec une verdeur et une authenticité que le temps n'a pas altérées. L'homme derrière la caméra apparaît plus que jamais dans toutes ses lettres de noblesse.


- J'ai vécu dans mes rêves
de Michel Piccoli et Gilles Jacob
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2015
 

Michel Piccoli, acteur mythique du cinéma français, figure charismatique et mystérieuse, est au cœur de films inoubliables comme Le Mépris de Jean-Luc Godard, La Grande Bouffe de Marco Ferreri, ou encore Max et les ferrailleurs de Claude Sautet, pour n'en citer que trois parmi plus de 200. Véritable lieu de mémoire du cinéma, il se retourne aujourd'hui sur ses propres souvenirs et considère avec une profonde lucidité ce qui l'a construit, le temps qui passe et ce qui reste d'un parcours exceptionnel. Habité, personnel, intense, ce récit évoque l'enfance, l'apprentissage du théâtre, des souvenirs de cinéastes et de ses plus grands films, ses réflexions sur le métier de l'acteur, la mélancolie... S'adressant à son grand ami et complice Gilles Jacob, Michel Piccoli se livre pour la première fois en toute liberté, sans complaisance et avec franchise. "Parvenir à étonner les gens par mon travail sans prétention, avec simplicité, aura été mon idéal. Je suis un éternel enfant, heureux de raconter une histoire. Donner à vivre un texte provoque en moi un plaisir inouï, et j'ai toujours été émerveillé de vivre ce métier extravagant. Faire l'acteur est  tellement étrange. D'abord il faut beaucoup travailler, ensuite il faut se mettre à jouer et que cela ne soit plus vécu comme un travail".


- James Bond est éternel
de Guillaume Evin
Éditions Du Moment / Octobre 2015


James Bond a 50 ans et se porte comme un charme. Si l'acteur principal a rajeuni à intervalles réguliers, le héros de Ian Fleming a pris de l'âge sans vieillir dans ses adaptations cinématographiques. C'est là tout le mystère du célèbre 007: souvent imité, jamais égalé. Vingt-trois films, de Sean Connery à Daniel Craig, et un succès qui a dépassé les espérances les plus folles de ses deux créateurs, Albert Broccoli et Harry Saltzman. La série la plus longue et la plus lucrative du cinéma regorge de péripéties et d'anecdotes. Pourquoi l'agent secret est-il identifié par le matricule 7 précédé d'un double zéro? Comment fut recrutée Ursula Andress pour jouer dans Dr. No et pourquoi personne ne voulait de Sean Connery? De quelle manière le président John Kennedy a-t-il joué les VRP de luxe des romans de Fleming? "Q", l'inventeur des gadgets du MI-6, a-t-il existé? Pourquoi Miss Money penny a-t-elle refusé d'être une Bond Girl? Quel est, au fond, le secret de la formule Bond? L'auteur, spécialiste français du phénomène 007, révèle les coulisses d'une saga unique en son genre.


- Jean Moulin, l'ultime mystère
de Pierre Péan
Éditions Albin Michel / Octobre 2015


On croyait tout savoir sur Jean Moulin, personnage complexe et énigmatique de la Résistance, le martyr de Caluire, l'homme de De Gaulle. Pierre Péan est revenu sur les lieux du crime, et ce qu'il a trouvé est fascinant. Derrière la figure immortelle du héros, se trouvait une femme, une femme d'influence, une femme bien cachée, fidèle parmi les fidèles: Antoinette Sachs. C'est à travers ses yeux que Pierre Péan et Laurent Ducastel revisitent cette époque terrible qu'a été l'Occupation. Construit comme un roman, le livre nous plonge au cœur même d'une Résistance déchirée par des rivalités qui vont parfois jusqu'à la haine. Nul autre qu'Antoinette Sachs n'aura connu d'aussi près la réalité et les tourments de Jean Moulin. Tandis que sa propre famille est traquée par les nazis, et son influence jalousée par ses compagnons d'armes, cette femme flamboyante gardera jusqu'à la fin la confiance sans faille de Jean Moulin. Antoinette le lui rendra bien, elle qui consacrera ensuite son existence tout entière à rétablir la vérité sur l'homme trahi, manipulé, et enfin livré comme un chien à la Gestapo. Un extraordinaire document historique.


- Je vis pas ma vie, je la rêve
de Jacques Higelin et Valérie Lehoux
Éditions Fayard / Octobre 2015


J'entendais ma grand-mère chanter dans le jardin. Elle avait une voix délicieuse. Après le boulot, mon père se mettait au piano et nous accompagnait. Plus tard dans la soirée, avant d'éteindre la lumière, il nous racontait des histoires, à Paulo et à moi. Je m'endormais au son de l'harmonica de mon papa. C'est drôle... Pendant des années, j'ai joué un air de guitare à Izïa et chanté au pied de son lit pour l'aider à s'endormir. Cinquante ans après son premier enregistrement; quarante ans après la déflagration rock de BBH; trente ans après son gigantesque spectacle de Bercy, Jacques Higelin se raconte. Et raconte ceux qui comptent pour lui. La naissance dans la guerre, la découverte du jazz puis du théâtre, le service militaire en Algérie, les spectacles expérimentaux avec Brigitte Fontaine, la vie en communauté, la drogue, la tornade du rock, les années dans la dèche, les grandes mises en scène, les peurs et les bonheurs, les voyages, les enfants... Un chemin de liberté folle et de découvertes permanentes, sur lequel on croise, entre autres, des cascadeurs, le guitariste Henri Crolla, Moustaki, Peter Brook, Jacques Canetti, un conteur de Marrakech, Trenet, Jacno ou Barbara. Ce voyage, Jacques Higelin le fait aux côtés de la journaliste Valérie Lehoux, critique à Télérama et auteur d'une biographie de Barbara (Fayard). Leur récit musarde sans cesse entre passé et présent, reflet de la personnalité d'un homme qui se promène dans la vie sans se soucier du temps.


- L'envers du ciel bleu
de Enrico Macias
Éditions Cherche Midi / Octobre 2015


L'on perçoit d'abord, en Enrico Macias, le pied-noir chantant à perpétuité la beauté du ciel bleu et du soleil de la Méditerranée. C'est ignorer qu'il n'a pas seulement dû quitter la terre de ses ancêtres, mais que cette terre, son pays natal, a été ensevelie par l'histoire. Malgré sa grande popularité chez "les gens du Nord", il reste pourtant, bel et bien, l'enfant d'une Algérie où les juifs vivaient depuis deux mille ans et qui a découvert la France comme un pays d'exil. Dans L'Envers du ciel bleu, le chanteur raconte ses combats insoupçonnés. Le deuil du pays perdu, la France à apprivoiser, l'histoire parfois sombre d'un homme qui affronte les tourments du monde et cherche à y survivre. L'histoire, en somme, d'un perpétuel sourire derrière lequel se cache une inguérissable douleur. À travers son témoignage sans concession, vous allez rencontrer Enrico Macias qui se livre entièrement, pour la première fois. Émouvant et poignant.


- Le Roum: le spahi du général de Gaulle
de Nicolas Roumiantzoff
Éditions Cherche Midi / Octobre 2015


"Je conviens avec Leclerc qu'un groupement tactique, commandé par Roumiantzoff, sera porté, dès le matin, en couverture vers le Bourget". Dans ses Mémoires de guerre, le général De Gaulle, rend hommage à l'action du comte Nicolas Roumiantzoff (1906-1988), lors de la Libération de Paris le 25 août 1944. Ce guerrier dans l'âme que l'on surnommait "Le Roum" fut un militaire exemplaire au parcours romanesque. Il avait fui la Russie communiste et s'était mis au service de la France. Après une formation à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr et Saumur, ce fils d'un général de cavalerie du tsar est affecté à l'une des plus prestigieuses unités de l'armée: la Légion étrangère. Après la campagne de France, fait prisonnier au Maroc, il s'évade. Il rejoint les "Français libres" à Londres, dans l'état-major du général de Gaulle. Il combat Rommel en Afrique du Nord au sein du 1er Régiment de marche de Spahis marocains, et bloque son offensive en Tunisie en mars 1943. Après la Libération de la France, tacticien de la reconnaissance militaire au sein de la 2ème DB, il s'illustre en Indochine et en Afrique du Nord. Auréolé d'une gloire légendaire, décoré en France et dans de nombreux pays étrangers, le soldat au vingt-deux citations finit général de brigade. Sa fameuse table au Fouquet's devint son bureau où il recevait ses amis et délivrait quelques conseils sur la marche du monde. Avec une rigueur historique qui n'exclue pas la passion filiale, Nicolas Roumiantzoff raconte le parcours atypique et édifiant de cet aristocrate russe qui devint le spahi du Général De Gaulle.


- My Way
de Alan Friedman et Silvio Berlusconi
Éditions Michel Lafon / Octobre 2015


Véritable événement mondial: Silvio Berlusconi a accepté de livrer ses mémoires à travers cet ouvrage. De son enfance dans les faubourgs de Milan pendant la Seconde Guerre Mondiale à son premier contrat immobilier, en passant par ses jeunes années comme crooner et guide touristique, l'ancien Premier ministre italien, magnat du sport et des médias, revient sur son parcours avec un franc-parler stupéfiant. Il évoque sans fard ses réussites fulgurantes et ses échecs, mais aussi ses plus grands amis et ennemis politiques, de Vladimir Poutine à Nicolas Sarkozy.


- Nicolas II et Alexandra de Russie
de Jean des Cars
Éditions Perrin / Octobre 2015


Coupable ou martyr? Coupable et martyr? Longtemps, l'histoire officielle, d'inspiration marxiste, a accablé Nicolas II, chargé de tous les crimes, accusé de toutes les erreurs. Depuis la chute de l'URSS, la spectaculaire révision de son rôle, de son attitude, de son influence, les drames personnels qu'il a subis et l'engrenage de la Première Guerre Mondiale nous montrent un autre souverain, un homme différent de celui qu'on présentait, dépassé par les événements, miné par la fatalité et finalement broyé par une histoire éminemment tragique. La destinée du dernier tsar, patriote jusqu'au bout, est plus fascinante et bouleversante que celle de ses illustres prédécesseurs parce que, précisément, le pouvoir des Romanov s'achève en tragédie. Cent ans plus tard, dans cette biographie inédite et richement illustrée, Jean des Cars dresse le portrait intime du couple formé par Nicolas II et Alexandra Fedorovna, et de leurs enfants: les grandes-duchesses Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et le tsarévitch Alexis qui naîtra hémophile, un calvaire pour son entourage, une menace sur la dynastie. Du couronnement à l'assassinat de toute la famille, l'auteur nous conte avec son talent coutumier la vie du dernier couple impérial russe, des années de bonheur à l'épreuve de la guerre et des révolutions, des réformes intérieures au pouvoir de Raspoutine, de l'abdication au massacre.


- Nos dimanches soirs
de Jérôme Garcin
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2015
 

Doyenne de toutes les émissions de radio en Europe, Le Masque et la plume, diffusée le dimanche soir sur France Inter, fête, en novembre 2015, ses 60 ans. Avec le temps, ce programme culturel, où des critiques débattent de littérature, de cinéma et de théâtre, est devenu une mythologie française. Pour célébrer cet anniversaire, Jérôme Garcin, qui anime Le Masque depuis vingt-six ans, en raconte l'étonnante destinée sous la forme d'un abécédaire: Artisanat, Bastide, Charensol, Cinéma, Générique, Méchanceté, Polac, Tournées, Vaches, Verbatim, Xanax ou Zeugma sont autant de manières de découvrir les secrets de l'émission, de sa fabrication et de son exceptionnelle longévité. Nos dimanches soir est surtout un récit littéraire où l'écrivain raconte sa propre histoire dans le miroir de ce Masque qui lui ressemble et de cette plume qui le définit.


- Parkeromane
de Éric Naulleau
Éditions Belfond / Octobre 2015


Qui est Graham Parker? On dit de lui qu'il est le Bruce Springsteen anglais et surtout, l'un des plus grands compositeurs de l'histoire du rock. C'est en 1977 qu'Eric Naulleau découvre sur la scène du Sporting le chanteur anglais, celui qui allait être pour le restant de ses jours son idole, son auteur et plus encore. Car si Naulleau, comme frappé par un syndrome de Stendhal musical, a instantanément développé une forme sévère de "parkeromanie", il est aussi devenu l'éditeur de ses textes littéraires, le producteur d'un documentaire à sa gloire (Don't ask me questions) et son ami. "Comment évoquer un artiste dont les chansons servent de bande originale à votre existence depuis bientôt quarante ans? Comment parler d'un homme dont le refus de tout compromis vous sert d'exemple discret mais têtu?" se demande Eric Naulleau dans Parkeromane. Réponse: en lui donnant la parole. Car Parkeromane est un livre à deux voix. Biographie et autobiographie, roman et essai, road trip entre Paris, New York et Minneapolis, voyage dans le temps et l'espace, au gré des souvenirs, des échanges épistolaires et des textes de chansons. Un livre sur l'admiration, l'émotion artistique et l'amitié unique qui en a découlé, érudit, humble et sensible à l'image de l'homme derrière Éric Naulleau, où ce dernier se livre comme rarement – loin de la polémique et des médias.


- Simone de Beauvoir et les femmes
de Marie-Jo Bonnet
Éditions Albin Michel / Octobre 2015


"Quand j'ai rencontré Simone de Beauvoir en 1971 au MLF, elle faisait rêver notre génération. Elle était l'exemple même de la femme libre qui refusait de se marier et d'avoir des enfants tout en vivant un couple égalitaire avec Sartre. Avec la publication de sa correspondance, nous avons été obligées de revoir le mythe: une autre Beauvoir, la vraie Beauvoir, apparaissait publiquement, dévoilant une femme qui n'assumait pas son amour charnel pour ses petites amies, comme les appelait Sartre, et dont la vie cachée contrastait cruellement avec le message émancipateur du Deuxième Sexe. Beauvoir a-t-elle floué son public en n'assumant pas sa véritable personnalité? Et pourquoi, continuons-nous de la voir comme une référence du féminisme contemporain alors qu'elle est si divisée dans son rapport avec les femmes?" Marie-Jo Bonnet


- Simone, éternelle rebelle
de Sarah Briand
Éditions Fayard / Octobre 2015


Matricule 78651. Simone Veil a seize ans et elle est condamnée à mourir à Auschwitz. Elle est devenue immortelle. Son destin fascine et intrigue. Il était temps de percer le mystère qui entoure le parcours exemplaire de celle qui est devenue une icône pour des générations de femmes. Se nourrissant de témoignages inédits, Sarah Briand retrace l'itinéraire de la petite fille au caractère rebelle qui s'appelait encore Simone Jacob lorsqu'elle revint des camps de la mort, sa rencontre avec son futur mari, le doux cocon familial, les coulisses de ses combats politiques, les rendez-vous secrets, les blessures et les drames qui ont émaillé sa vie. Une plongée dans l'intimité d'une combattante.


- Springsteen par Springsteen
de Bruce Springsteen
Éditions Bartillat / Octobre 2015


Bruce Springsteen a toujours répondu avec le plus grand soin aux interviews, considérant qu'il s'agissait là d'un moyen de prolonger le propos contenu dans ses chansons. Le livre commence en 1973 à ses débuts lorsqu'il gagnait 75 dollars par semaine et tentait de faire son trou dans les bars du New Jersey dont il est originaire. Il s'achève en 2012 au moment où celui qu'on surnomme le "Boss" a acquis une réputation internationale et s'affiche aux côtés de Barack Obama et de John Kerry. Les entretiens sont issus de la presse rock spécialisée (New Musical Express, Creem, Q), mais aussi de grands journaux (Sunday Times) et de rencontres radiophoniques et télévisées. De grands discours ont été intégrés dans le volume: celui de l'intronisation de Bob Dylan au Rock and Roll Hall of Fame, le soutien à Barack Obama en 2008 ou l'éloge funèbre de Clarence Clemons, le célèbre saxophoniste de son groupe le E Street Band. Ce livre permet de saisir Bruce Springsteen dans sa complexité, au-delà de l'image déformée qui fut la sienne au moment du succès planétaire de Born in the USA. Dans sa préface, Elliott Murphy rappelle notamment l'extraordinaire connaissance musicale qui anime ce barde d'Amérique. Toujours à la pointe des combats sociaux, Bruce Springsteen développe ici sa conception d'un homme engagé dans le monde d'aujourd'hui.


- Chez Zola
Si Médan m'était conté...
de Valentine Del Moral
Éditions Bernard de Fallois / Septembre 2015


Un portrait d'Emile Zola à travers son domaine de Médan. Il construit et meuble cette maison acquise grâce au succès de L'assommoir en 1877. Il écrit chaque jour, mais s'intéresse aussi à la botanique, au cyclisme ou à la photographie. Il y reçoit ses amis, Cézanne et Maupassant entre autres. À la publication de J'accuse !, la maison devient sa forteresse. Il l'habitera jusqu'à sa mort.


- Fier: mon autobiographie
de Thomas Gareth
Éditions Michel Lafon / Septembre 2015


Voici l'histoire d'un homme qui portait un secret si lourd qu'il le tuait à petit feu. Un secret qui aurait pu dévaster non seulement sa vie, mais aussi sa famille, ses amis, ses coéquipiers. Son seul refuge contre la souffrance et la culpabilité du mensonge était le terrain de rugby, où il excellait. Mais le succès ne le soulageait pas de son fardeau: cacher aux yeux du monde qui il était vraiment. Dans cette autobiographie à cœur ouvert, Thomas Gareth raconte son incroyable parcours et lecombat intérieur qu'il a dû livrer dans ce milieu où la virilité est de mise. Un calvaire qui a pris fin le jour où il révéla publiquement son homosexualité et devint ainsi l'athlète le plus célèbre au monde à faire son coming-out. Un message bouleversant, porteur d'espoir et de tolérance.


- Jean-Louis Trintignant / l'inconformisme
de Vincent Quivy
Éditions Du Seuil / Septembre 2015


Et dieu créa la femme, Un homme et une femme, Z, La Controverse de Valladolid, Ceux qui m'aiment prendront le train, Amour. la liste est longue des chefs d'œuvres et des succès de l'acteur. Mais elle ne dit rien de sa vocation première de réalisateur, rien de sa passion pour le théâtre ou la poésie contemporaine, et si peu de choses de l'homme Trintignant: déterminé, solitaire et silencieux il a suivi son chemin, à l'écart du star system. Du "joli garçon" des débuts, partenaire et amant de Brigitte Bardot, aux rôles du méchant, froid, impénétrable dans lesquels il excelle, de l'amoureux transi au cow-boy muet, l'interprète s'est forgé, dit-il, un métier. La fierté des timides, les cicatrices d'une enfance en clair-obscur, les liens noués et brisés, ont fait émerger un personnage tout en retenue et en tension, d'une sensibilité encore aiguisée par les drames familiaux. On connaît moins l'enfant du midi, fils de résistant, le soldat appelé en pleine guerre d'Algérie ou le camarade de combat des artistes engagés autour de Montand et Signoret ou Semprun. Comédien exigeant d'un cinéma français en plein renouveau, figure de la grande période du cinéma italien, et réalisateur original, il a croisé les grands noms de la vie artistique du moment. Du festival d'Avignon à celui de Cannes, des succès populaires aux projets portés à bout de bras, de Sans mobile apparent au Désert des Tartares, nombre d'ouvres auxquelles il a participé ont une histoire qui vaut d'être contée. Vincent Quivy fait un récit passionnant, vivant et très précis, appuyé sur des archives multiples. Il a aussi, avec l'assentiment de l'acteur, interrogé les producteurs, réalisateurs et acteurs qui ont travaillé avec lui, ainsi que ses proches dont Nadine Trintignant.


- Je me souviendrai de tout
de Guy Bedos
Éditions Fayard / Septembre 2015


Artiste engagé à la plume bien pendue, Guy Bedos évoque son passé, les hommes et femmes qu'il a eu la chance de croiser, de Jacques Prévert à Pierre Desproges en passant par Simone Signoret ou Coluche. Entre la vie qui le rassure et la mort qui le séduit, ce "suicidaire qui s'attarde" promène sa mélancolie et nous invite dans ses souvenirs. Il parle de l'amour, des femmes, de sa famille, de ses enfants avec qui il partage le goût de la scène et de l'écriture. Comme il l'a fait pendant un demi-siècle, il ne peut s'empêcher de passer au crible l'actualité avec un esprit décapant. Il s'en prend à tous, de la gauche de François Hollande à la droite de Nicolas Sarkozy, sans oublier la tribu Le Pen. Dans ce livre fait d'émotion et d'humour, Guy Bedos évoque ses passions et nous communique son irrépressible envie de rire et de se moquer, y compris de lui-même.


- L'impératrice Cixi
de Jung Chang
Éditions JC Lattès / Septembre 2015


À l'âge de seize ans, Cixi fut retenue parmi les nombreuses compagnes de l'empereur comme concubine royale. À la mort de celui-ci en 1861, leur fils de cinq ans lui succéda sur le trône. Cixi organisa aussitôt avec la complicité de l'impératrice officielle qui elle n'avait pas d'héritier mâle, un coup d'état qui fit d'elle la véritable souveraine de la Chine. Sous sa férule, cet antique pays se dota d'à peu près tout ce qui caractérise un état moderne: des industries, des chemins de fer, l'électricité, le télégraphe, sans oublier une armée et une marine équipées à la pointe du progrès. Et ce fut elle qui abolit d'atroces châtiments tels que "la mort des mille coupures" et mit un terme au bandage des pieds. Elle dut faire face à des crises nationales décisives: la rébellion des Boxers, les guerres contre la France et le Japon, l'invasion de huit puissances alliées, dont la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Russie et les États-Unis. Jung Chang  propulse le  lecteur au cœur du splendide Palais d'Été et du harem de la cité interdite où Cixi vivait entourée d'eunuques. Elle évoque avec un art consommé du récit, qui a contribué au succès planétaire des Cygnes sauvages, un monde révolu avec un luxe de détails fascinants, dignes d'une superproduction cinématographique.


- Qui je suis
de Charlotte Rampling
Éditions Grasset & Fasquelle / Septembre 2015


"Je m'appelle Tessa Rampling. Charlotte est mon deuxième prénom mais il m'a saisie. Tessa est devenue Charlotte. Dès ma naissance, j'ai connu ce mélange un peu trouble de ce qui vient, passe, de ce qui blesse, de ce qu'on ne peut saisir. Les larmes et les rires se mêlent, nous les enfermons. Chez les Rampling, le cœur est un coffre. Porté par les générations, le secret de famille devient une légende. Nous ne savons que nous taire". Charlotte Rampling se raconte pourtant avec simplicité, justesse, en un dénuement poétique. Sa jeunesse, passée entre les garnisons britanniques et la France. Son père, vainqueur des jeux Olympiques de Berlin, puis brisé dans son élan. Sa mère, "héroïne d'un roman de Fitzgerald". Sa sœur, Sarah, disparue trop tôt. Avec la complicité de Christophe Bataille, Charlotte Rampling se livre, se cache, mêle les impressions, les souvenirs, les lieux, composant les multiples facettes d'un visage légendaire, inaccessible, familier.  


- Rocks off
de Bill Janovitz
Éditions Payot & Rivages / Septembre 2015


"Keith et Mick sont debout devant un unique micro à Muscle Shoals, lumières tamisées, partageant une bouteille de bourbon et chantant simultanément les mélodies et les harmonies des trois chansons qu'ils ont enregistrées en trois jours: Brown Sugar, You Got to Move et Wild Horses. Le fantasme rock'n'roll ultime, là, devant nous. Un groupe de six musiciens, dans une minuscule usine de cercueils convertie en studio, en face d'un cimetière de l'Alabama, enregistrant sur un magnéto huit pistes, sans montage par ordinateur ni Autotune, trois chansons qui constituent trente pour cent de l'un des plus grands disques de rock de tous les temps". On se croirait à leurs côtés, en studio. Et c'est toute la magie de ce livre. Journaliste et écrivain, chanteur, guitariste et compositeur du groupe de rock alternatif bostonien Buffalo Tom durant des années, Bill Janovitz, fan des Rolling Stones depuis son plus jeune âge, nous entraîne dans un sidérant voyage au cœur de l'œuvre du plus grand groupe du monde et retrace leur monumentale saga à travers l'histoire de 50 titres, pour la plupart connus de tous (de Satisfaction à Miss You, de Ruby Tuesday à Brown Sugar). Une approche totalement inédite, pleine de découvertes et de surprises, dans l'univers des Rolling Stones et de leur musique.


- Spectacles
de Valérie Lemercier
Éditions Grasset & Fasquelle / Septembre 2015


Valérie Lemercier a enfin accepté de rassembler en un volume les textes de ses spectacles, qui furent tous de grands succès: au Splendid (septembre 1989 - juin 1990); au Théâtre de Paris (septembre 1995 - mai 1996); aux Folies Bergères (septembre 2000) au Palace (octobre 2008). Une suite de saynètes, sketches, échanges silencieux ou comiques, exercices de styles, portraits, monologues, situations où Valérie Lemercier révèle son incroyable talent d'auteur dans la continuité. Elle regarde le monde comme personne, saisissant les corps, les vêtements, les attitudes. Elle écoute et restitue les voix (depuis "36.15 j'existe", dans les années 1990 au célèbre "cours de danse", repris à chaque spectacle), les intonations, les tics. Elle se moque, imite, dialogue, et il nous semble la voir ou l'entendre à chaque page: c'est elle et ce sont ses personnages, certains inconnus, d'autres reconnaissables. Il y en a même de légendaires. Et ces personnages, c'est nous, c'est notre histoire. À chaque page les sentiments se mêlent, les âges de la vie, la douceur et la dureté, la tristesse, la joie, les secrets, les chansons, la danse, les excès ou l'audace: le lecteur oublie la scène mais s'y retrouve avec "Valérie", une traversée que vous n'oublierez pas.  


- Chez Brassens
de Jean-Claude Lamy et Philippe Lorin
Éditions Du Rocher / Août 2015


"Georges Brassens, avec son regard malicieux, sa musique livrée aux initiés solaires comme un poème organique, ses arrangements minimalistes, sa voix chaude sortie de nulle part et qui, sitôt émise, devient un cadeau de la vie, nous habite bien après son grand départ. Avec une tendresse bourrue de gavroche qui n'a jamais vieilli, avec une bohème d'homme sage qui ne s'est point consolé du temps qui passe, avec son amour pour les gens qu'il donne sans compter, Brassens repose pour l'éternité à Sète, et n'écoute plus que le bruit du vent complice, lui qui voulait mourir à l'instant, mais qui a accepté que sa musique lui survive mille ans". Malek Chebel Les copains d'abord, La mauvaise réputation, Le Gorille, L'Auvergnat, Les bancs publics, J'me suis fait tout p'tit,Trompettes de la renommée, Le pornographe, Une jolie fleur, Mysogynie à part, Le fossoyeur. Célèbres ou moins connus, la liste est longue des titres inoubliables qui en disent beaucoup sur "Jo", son amour des mots, des autres et de la liberté. Mais connaît-on les lieux et les personnes qui se cachent derrière ses rimes? Sète et sa Supplique, l'impasse Florimont des débuts parisiens, chez Jeanne; Püppchen, la femme de sa vie, à qui il offrit sa non-demande en mariage; les amitiés indéfectibles nichées au bois d'son cœur, à Crespières ou en Bretagne. Au fil de ses vers et des moments marquants de sa vie, redécouvrons la légende d'un poète éternel.


- Éric et Antoine sont dans un bateau...
de Éric Morena
Éditions Du Moment / Août 2015


Le récit d'une star des années 80 dans lequel s'entrechoquent les paillettes du Show-biz et l'âpreté des années SIDA. "C'est comme témoin d'une époque aujourd'hui révolue que je désire rendre hommage à mon ami Antoine, mais aussi à toute une génération fauchée par cette funeste maladie et son cortège de souffrances, de regrets, de doutes et de pleurs". Dans ce récit où s'entrechoquent les paillettes du showbiz et l'âpreté des années sida, Éric Morena, natif de Saint-Omer, retrace son enfance et son adolescence tourmentées avant son entrée dans une congrégation catholique. Après une dizaine d'années de réflexion, notamment marquée par un séjour en Afrique, Éric quitte cette honorable institution. Il tombe alors amoureux d'Antoine, de cinq ans son cadet, qui l'encourage à poursuivre son rêve: devenir chanteur et conquérir le grand public. En 1987, avec le lancement de l'incontournable titre Oh, Mon bateau !, la vie d'Éric Morena bascule dans le tourbillon de la célébrité: argent facile, rencontres sans lendemain, coming-out retentissant et scandales médiatisés. Pendant ce temps, l'ombre du sida, avec sa terrible promesse de déchéance irréversible et fatale, s'étend sur la vie d'Antoine. Sa mort écrase Éric du poids de la solitude et de la culpabilité. Un témoignage émouvant et inédit qui se veut aussi une célébration de toute une génération sacrifiée.


- Je suis restée debout
de Lucie Décosse
Éditions Du Moment / Août 2015


En remportant la médaille d'or olympique à Londres le 1er août 2012, Lucie Décosse décroche enfin son Graal. L'apogée d'une carrière qui a conduit la Française à se doter du plus beau palmarès du judo féminin, elle qui détenait déjà trois titres de championne du monde. Son histoire est d'abord celle d'un garçon manqué qui ne vivait que pour le sport. Une métisse qui va révéler son potentiel exceptionnel en Guyane, la terre de ses racines maternelles où elle passe son adolescence. Elle s'impose ensuite très vite comme une surdouée du judo à qui tout le monde promet les sommets de cette discipline. Mais il lui faudra combattre plus de dix ans pour atteindre son objectif olympique. La surdouée devient une travailleuse infatigable, l'incarnation d'une volonté exemplaire. Avec le récit de sa vie, celle que l'on surnomme la secrète lève le voile de l'intimité d'une athlète hors du commun. Une combattante qui se révèle avant tout une femme. Longtemps dans l'ombre d'un Teddy Riner focalisant l'attention médiatique, la Guyanaise rappelle que le judo français se conjugue aussi au féminin. Et qu'une fois ôté son kimono, Lucie peut chausser des talons hauts.


- L'autre Simenon
de Patrick Roegiers
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2015
 

Frère cadet de Georges Simenon, Christian fut élevé à ses côtés par une mère bigote qui le chérissait et traitait son aîné d'incapable. Proie idéale pour le rexisme, parti d'extrême-droite fondé en Belgique par Léon Degrelle, braillard intarissable, Christian s'égara dans la collaboration et participa activement à une effroyable tuerie. De son côté, Georges menait la vie de château en Vendée. Livres à succès, femmes et films. Comment se défaire de ce frère encombrant qui allait salir sa réputation? Christian, se sachant condamné à mort, s'engagea dans la Légion et disparut sans laisser de traces. Portrait croisé de deux êtres au destin opposé, L'autre Simenon est un roman à double face, où la mise en lumière de l'un révèle la part d'ombre de l'autre. C'est aussi le portrait d'une époque. Un tableau de faits troublant, porté par une langue implacable, qui parle du passé pour mieux dire le présent.


- La Fayette
de Jean-Pierre Bois
Éditions Perrin / Août 2015


"J'aurais aimé être gaulois", dit un jour le jeune La Fayette, de bonne noblesse d'Auvergne, héritier de Vercingétorix et défenseur avec lui de libertés arvernes bien imaginaires. C'est pour la liberté américaine, bien réelle, que, jeune homme un peu gauche, inexpérimenté, fort riche et très amoureux de sa femme, il quitte tout, s'embarque sur l'Hermione et combat jusqu'à la victoire de Yorktown en 1781. À trente-quatre ans, idole de toute une jeunesse, c'est toujours la liberté, maintenant française, qu'il tente de servir, de juillet 1789 à juillet 1791, et à laquelle il dévoue le reste de sa vie, sans s'être rallié ni à l'Empire ni à la Restauration comme tant de survivants de la grande période. Septuagénaire et à nouveau immensément populaire, c'est encore la liberté qu'il sert en 1830, devenu républicain, lorsqu'il aide à l'avènement d'une monarchie citoyenne dont il s'éloigne peu avant sa mort, en 1834. Ainsi le héros des Deux Mondes a-t-il épousé son temps, avec ses grandeurs et ses faiblesses, à la recherche d'une voie moyenne entre révolution et dictature.


- Voltaire
de Pierre Milza
Éditions Perrin / Août 2015


Aujourd'hui plus que jamais, Voltaire est invoqué contre le fanatisme religieux et en faveur des libertés. L'auteur du Traité sur la tolérance (1763) s'est en effet engagé dans tous les combats de son siècle contre l'obscurantisme. Cet écrivain surdoué a pratiqué tous les genres, cet ambitieux s'est introduit dans tous les milieux où régnaient le pouvoir et l'argent. Mais jamais il n'a abdiqué son indépendance d'esprit. Ce petit homme maladif, au cours d'une vie mouvementée, a porté très haut et très loin les droits de la conscience et l'esprit français. Voltaire, flambeau des Lumières, est universel.


- Natalie Paley
de Jean-Noël Liaut
Éditions Bartillat / Juillet 2015


La princesse Natalie Paley est la petite-fille du tsar Alexandre II. Hantée par le souvenir de la mort qui la poursuivra toute sa vie, Natalie s'est réfugiée dans un monde où seul l'imaginaire importait. Elle réunissait toutes les qualités: beauté, esprit, singularité, indépendance, cosmopolitisme. Elle devint naturellement l'une des figures de proue de la vie culturelle et mondaine de l'entre-deux-guerres, où de Saint-Pétersbourg à New York, en passant par Paris, Venise, Salzbourg et Hollywood, elle croise Marie-Laure de Noailles, Luchino Visconti, Coco Chanel, George Cukor, Colette ou Marlène Dietrich... Cette biographie retrace un destin émouvant et hors du commun: une enfance saccagée, deux mariages (avec le couturier Lucien Lelong puis avec le producteur de Broadway John Chapman Wilson), une étonnante carrière de mannequin et d'actrice et des passions orageuses avec le danseur Serge Lifar et des écrivains comme Paul Morand, Antoine de Saint-Exupéry, Erich Maria Remarque ou Jean Cocteau, avec qui elle s'adonne aux plaisirs de l'opium. Une existence tourmentée où fastes et cauchemars, défaillances et élans se côtoyèrent avec une intensité peu commune.


- Drugs, sex & rock n'roll
de Billy Idol
Éditions L'Archipel / Juin 2015


Avec sa chevelure peroxydée et sa fougue rebelle, Billy Idol est resté une icône du rock'n'roll. De son enfance en Angleterre à sa gloire au moment de la révolution punk-pop, cette autobiographie révèle les détails intimes de son parcours. Il se souvient des moments clés qui ont marqué son parcours, sa musique et sa carrière, dans le sillage des Sex Pistols ou ses années passées avec les groupes punks Chelsea et Generation X. Mais aussi, sa carrière solo, inattendue et pourtant couronnée de succès, avec des titres tels "Eyes Without a Face", "White Wedding" ou "Rebel Yell". Billy Idol se confie avec le panache, l'envie furieuse avec laquelle il a chanté pendant des décennies. Et tout en se faisant le chroniqueur insolent, impertinent et lucide de sa propre carrière, c'est toute l'histoire du rock qu'il embrasse, dans un hommage vibrant et électrique.


- Edwina Mountbatten
de Bertrand Meyer-Stabley
Éditions Bartillat / Juin 2015


C'est au fond de la Mer du Nord, enveloppée de brouillard et de mélancolie, lorsque son mari, lord Louis Mountbatten, dernier vice-roi des Indes, jeta son cercueil à la mer, que lady Edwina Mountbatten, trouva enfin la paix et le silence qu'elle n'avait jamais cessé de chercher pendant cinquante-neuf années d'une vie tumultueuse. Edwina Ashley Mountbatten aura été un personnage hors du commun, de par sa personnalité, ses origines, son milieu, son mariage et par cette manière extraordinaire de s'être façonné une vie à sa mesure. Filleule du roi d'Angleterre, petite-fille d'Ernest Cassel, l'homme le plus riche du monde, tour à tour jeune femme belle et égoïste, indépendante et généreuse, futile et dévouée, intelligente et courageuse, non conventionnelle et fière de son rang, elle entra dans l'Histoire en devenant vice-reine des Indes, incarnant un véritable personnage de roman, un modèle unique et presque idéal.


- La légende de Pierrot le fou
de Rodolphe
Éditions Michalon / Juin 2015


Dans le Paris à peine libéré des années 40, Pierre Loutrel, alias Pierrot le Fou, et ses comparses du fameux "gang des Tractions avant" mitraillent à cœur joie. Consacré ennemi public n°1, Loutrel réalise des hold-up d'une audace inouïe, séduit les plus célèbres stars de l'époque et fait continuellement la nique à la police. Des exploits hors-normes et pourtant authentiques, relatés par un jeune journaliste, Paulo le Belge, admis durant un temps parmi l'équipe de ces sinistres "héros".
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 4 Juil - 7:42

- Le sang du Prince
Vie et mort du Duc d'Enghien
de Florence de Baudus
Éditions Du Rocher / Juin 2015


Le 20 mars 1804, à quatre heures du matin, dans les fossés du château de Vincennes, sur ordre du général Bonaparte, seize balles tirées par seize gendarmes d'élite foudroient un jeune homme de trente et un ans, le duc d'Enghien, dernier des Condé. Sa faute? Être prince du sang royal de France. C'est au prix de ce sang-là que le consul Bonaparte va devenir l'empereur Napoléon. Pour retrouver les traces de ce personnage, Florence de Baudus a visité les lieux où le prince est mort et ceux où il a vécu. À Chantilly, dans le château des Condé, elle a marché sur ses pas, dépouillé une correspondance abondante et des journaux manuscrits, pour la plupart jamais encore publiés. Dans le somptueux château de Sychrov, en Bohême, comme dans la modeste maison d'Ettenheim sur les bords du Rhin, dernière demeure du prince, elle a cherché le souvenir de ses amours avec la princesse Charlotte de Rohan-Rochefort. S'interdisant tout jugement politique, elle s'est attachée à rendre vivante la personnalité de ce duc Va-de-bon-cœur, séduisant, courageux, intelligent, et donc trop dangereux pour qu'un Bonaparte ambitieux le laissât en vie. Auteur de plusieurs ouvrages, Florence de Baudus se passionne pour les nœuds familiaux de la petite et de la grande Histoire, en particulier dans les périodes confuses où les fidélités sont mises à mal, comme ici la Révolution française et ses conséquences.


- Marie-Thérèse d'Autriche, épouse de Louis XIV
de Joëlle Chevé
Éditions Pygmalion / Juin 2015


Dans l'histoire de la France, les femmes, et avant tout les reines, ont souvent régné sur le cœur et l'esprit de leur peuple, bien qu'elles n'aient pas toujours exercé le pouvoir, fondant quinze siècles, certaines ont joué un rôle prépondérant en se montrant plus lucides, plus préoccupées du bonheur de leurs sujets, sinon plus attentives au rayonnement de la monarchie. Si les rois ont fait la France, on peut dire que les reines l'ont sans doute aimée davantage. Marie-Thérèse d'Autriche En juin 1660, Louis XIV épouse l'infante d'Espagne. Marie-Thérèse d'Autriche. Choyée, fière de ses origines et admirée dans son pays pour sa beauté, sa vivacité et sa ferveur, elle fut adorée de ses sujets français mais dénigrée par une partie de la cour. Laide, naine, sotte et bigote, rien n'a été épargné à la "pauvre reine", sacrifiée par la postérité sur l'autel de son solaire époux et de ses radieuses maîtresses. Une relecture précise des sources, remises dans leur contexte, la révèle moins pauvre qu'il n'y paraît, conduisant en professionnelle la parade monarchique et incarnant sur le trône l'idéal de la Réforme catholique. Les "années Marie-Thérèse", de 1660 à 1683, furent les plus somptueuses et les plus joyeuses d'un règne dont elle fut la figure la plus authentique et la plus attachante


- Orson Welles
de Anca Visdei
Éditions Bernard de Fallois / Juin 2015


Le parcours et l'œuvre d'Orson Welles, réalisateur, scénariste, acteur, producteur, écrivain, dessinateur et prestidigitateur américain du XXe siècle.


- Tête haute
de Mathieu Bastareaud et Arnaud Ramsay
Éditions Robert Laffont / Juin 2015


Mathieu Bastareaud, l'emblématique joueur de Toulon et de l'équipe de France, se livre avec une franchise peu commune et nous fait pénétrer dans les coulisses du rugby. Doté d'un physique hors norme pour un trois-quarts, 125 kilos pour 1,85 mètre, ce champion atypique possède une sensibilité à fleur de peau. Il revient ici sur son parcours, de son éclosion au Stade Français à ses titres avec le RC Toulon, au côté de Jonny Wilkinson. Joueur prodige, il est convoqué dès l'âge de 18 ans en équipe nationale, et devient rapidement l'une des attractions des Bleus. Mais, lors d'une tournée en Nouvelle-Zélande, il se retrouve au cœur d'une affaire d'État sur laquelle ce récit fait enfin toute la lumière. Aujourd'hui, il est l'une des vedettes attendues de la Coupe du monde en Angleterre.


- Alice Guy: la première femme cinéaste de l'histoire
de Emmanuelle Gaume
Éditions Plon / Mai 2015


Comment Alice Guy, enfant illégitime et métisse, rejetée par son père, élevée entre le Chili, la Suisse et la France, est-elle devenue, à l'aube du XXe siècle, dans l'effervescence du cinéma naissant et dans un monde d'hommes, la première cinéaste au monde? Comment la petite française a-t-elle conquis les États-Unis qui, fascinés par cette self made woman, réalisatrice de génie, productrice puissante, belle comme une actrice de Broadway, femme de tête et amoureuse exaltée, ont fait d'elle une star? Pourquoi son nom est-il tombé dans l'oubli? Des failles de son enfance à sa passion unique et dévastatrice, de la création des studios Gaumont à la conquête d'Hollywood, de l'ambition à l'isolement, le destin d'Alice Guy ressemble à un roman. C'est ce roman qu'Emmanuelle Gaume nous livre, peignant le portrait tendre et fascinant d'une femme ardente et visionnaire.


- Charles Bell: chirurgien à Waterloo
de Martine Devillers-Argouarc'h
Éditions Michalon / Mai 2015


Dans ce récit entièrement inspiré de faits et personnages réels, Martine Devillers-Argouarc'h, tout en offrant une magnifique reconstitution de Bruxelles au lendemain de Waterloo, fait revivre un homme de science peu banal qui, d'abord mû par son ambition, a fini par n'écouter que son humanisme.


- Django Reinhardt
de Noël Balen
Éditions Du Rocher / Mai 2015


Le 16 mai 1953 disparaissait l'un des musiciens les plus fulgurants du XXe siècle. Django Reinhardt est aujourd'hui encore considéré comme un modèle pour les nouvelles générations de musiciens, mais il est surtout devenu un mythe pour la plupart des auditeurs. Ce Manouche secret, dont il n'est pas exagéré d'affirmer qu'il est le plus grand guitariste de l'histoire du jazz, a mené une existence hors du commun où la réalité semble parfois se confondre avec la légende. De sa naissance à Liberchies (Belgique) en 1910 jusqu'à sa mort dans la paisible retraite de Sarrois, cette biographie retrace les étapes d'une carrière exceptionnelle et d'une existence riche de contrastes: les premiers bals musettes, l'incendie de sa roulotte et sa main gauche mutilée, la révélation du jazz et la rencontre avec Stéphane Grappelli, la création du Quintette du Hot Club de France, les années de gloire et les dépenses fastueuses, les déceptions américaines auprès de Duke Ellington et les difficiles retrouvailles de l'après-guerre. Autant de moments forts qui jalonnent la pérégrination d'un homme volontiers nonchalant, parfois fantasque, farouchement libre traversant les événements au-delà des contingences, tout simplement ailleurs. Ce livre est complété d'une discographie chronologique exhaustive.


- #enjoy Marie
de Marie Lopez
Éditions Anne Carrière / Mai 2015


"J'ai eu une envie, l'envie de raconter une histoire, de partager quelque chose de différent avec vous. Moins de vidéos, plus de mots, moins d'EnjoyPhoenix@, plus de Marie. Kaléidoscope d'instants, polaroids de ma vie au collège, puis au lycée. Rassurez-vous, ce n'est pas une autobiographie à dix-neuf ans, vous rigolez. Simplement un regard, des remarques spontanées sur des sujets parfois mis à l'écart par les médias, ce genre de sujets pas vraiment accrocheurs: être bien dans sa peau avec un appareil dentaire, des cheveux gras, de l'acné sévère, le harcèlement scolaire, la famille décomposée, et le reste, le Net, les réseaux sociaux, tout y est, le meilleur comme le pire. Au travers des anecdotes, des confidences, mon vécu de youtubeuse, j'ai voulu écrire un recueil sans prétention, petit GPS décalé pour les jeunes connectés, afin de vous éviter les mêmes erreurs, les miennes bien sûr. Et peut-être afin de vous faire gagner du temps sur celui que l'on n'a pas. Avec un peu recul, et j'espère un peu d'humour, je témoigne ici de la réalité, quelquefois complexe, du jeune âge, car, comme chacun sait, les ados sont une énigme pour les adultes".


- Hervé Guibert ou les morsures du destin
de Frédéric Andrau
Éditions Séguier / Mai 2015


Hervé Guibert (1955-1991) fut, en France, l'un des premières personnalités à vivre son sida au grand jour, mais aussi à mettre en scène la maladie, à en faire un objet littéraire comme jamais aucun écrivain ne l'avait fait auparavant. Avec une précision déroutante, Guibert s'est filmé, photographié et a décrit ses métamorphoses sans relâche jusqu'à son dernier souffle. Mais sa courte vie ne se résuma pas à la maladie. Loin s'en faut. Intime de Foucault, Chéreau, Adjani et de tant d'autres, il fut l'un des acteurs importants de la vie intellectuelle des années quatre-vingts, laissant en héritage une trentaine d'ouvrages, un film et des centaines de photos qui sont régulièrement exposées. Si les thèmes choisis dans ses livres furent parfois controversés, l'unanimité s'est faite au fil du temps pour saluer un talent littéraire d'exception. Une importante rétrospective photographique vient d'avoir lieu à New York et son journal, Le Mausolée des amants vient d'y être traduit. En France, son souvenir plane au-dessus de la littérature comme un fantôme rassurant et familier auquel on ne peut s'empêcher de faire référence. Ce texte relate le parcours d'une vie hors du commun.


- Il s'appelait Pierre Brossolette
de Gilberte Brossolette
Éditions L'Archipel / Mai 2015


Son nom, inscrit au fronton de nos rues, est un symbole. Pour toute une génération, il personnifie la lutte pour la liberté, jusqu'à l'ultime sacrifice: son suicide par défenestration à 40 ans, le 22 mars 1944, pour échapper à ses bourreaux de la Gestapo. Avant d'être nommé par de Gaulle numéro 2 du BCRA (service de renseignement de la France libre), ce militant socialiste, agrégé d'histoire, avait été enseignant (révoqué par Vichy), journaliste (à Marianne et au Populaire, organe de la SFIO). Entré en résistance au sein du réseau du Musée de l'homme (dont il rédigeait le bulletin) et de Libération-Nord, c'est lui, à Londres, qui obtient du général de Gaulle que ses messages se réfèrent à la devise de la République. Il est partisan d'une vaste union patriotique jusqu'au PSF de Charles Vallin, mais son arrestation ne lui permettra pas de concrétiser cette utopie. Gilberte Brossolette (1905-2004), son épouse rencontrée à la Sorbonne en 1923, retrace sa vie. Elle dépeint aussi le mari et le père, homme joyeux et attentionné, modèle d'engagement humain.


- Jacques Soustelle: l'ami qui a défié De Gaulle
de Marc Francioli
Éditions Du Rocher / Mai 2015


La vie de Jacques Soustelle est un roman, un roman d'aventure. Elle se confond avec l'histoire de la France du xxe siècle qu'il a contribué à écrire. Un étudiant bardé de diplômes. Un ethnologue philosophe à la découverte des Aztèques et de la mixité des cultures, qui deviendra académicien. Un résistant de la première heure au service d'un général qu'il ne connaissait pas et de la France libre. Un influent patron des services secrets. Un ministre, à plusieurs reprises. Un des tombeurs de la IVe République et l'un des acteurs majeurs du retour au pouvoir de De Gaulle en 1958. Mais l'ami, le fidèle de près de vingt ans, a défié le Général sur l'avenir de l'Algérie. Malheur au vaincu, exilé, paria d'une république naissante, chevalier errant pendant sept longues années. Considéré fasciste par les uns, resté fidèle à ses idées et aux engagements de la France pour les autres, il sera oublié, y compris des livres d'histoire. L'ouvrage retrace, à partir de témoignages recoupés et consignés, le chemin que Soustelle a emprunté. Il raconte aussi comment, en 1965, l'exilé a sauvé la vie de Charles de Gaulle et nous révèle que, contrairement aux affirmations gaullistes et médiatiques de l'époque, Jacques Soustelle n'a jamais été jugé, donc jamais condamné et n'a pas eu à être amnistié.


- Joséphine: désir et ambition
de Kate Williams
Éditions Robert Laffont / Mai 2015


"Dans Notre-Dame, Napoléon reçoit sa couronne des mains du pape. Il la pose sur sa tête puis attend que Joséphine avance dans sa direction. Elle s'agenouille devant lui et joint les mains, comme si elle le priait. Napoléon s'approche d'elle et pose doucement l'onéreux diadème sur sa tête. Joséphine, Créole pauvre, veuve, demi-mondaine et concubine, est maintenant l'impératrice de France. Elle a gagné. En tout cas, c'est ce qu'elle pense". La passion qui unit Joséphine de Beauharnais et Napoléon Bonaparte traversera les conquêtes amoureuses de l'une puis de l'autre, les batailles dans toute l'Europe, le coup d'État et l'Empire. Pour préserver son couple, Joséphine est prête à tout. Une biographie au souffle romanesque puissant, qui dévoile une Joséphine envoûtante et ambitieuse, mais aussi attachante et follement amoureuse.


- Les Médicis
de Henri Pigaillem
Éditions Pygmalion / Mai 2015


L'ascension politique et sociale des Médicis est l'une des plus formidables de l'Histoire. Après avoir pratiqué le simple métier d'usurier sur les marchés de Florence, ils formèrent la famille la plus puissante d'Italie et s'illustrèrent notamment à travers sept grands-ducs, trois papes, deux reines de France et de nombreux cardinaux. Impliqués dans tous les grands événements de leur temps, en outre artistes, poètes, inventeurs, bâtisseurs, ils furent aussi des mécènes autour desquels gravitèrent Politien, Pic de la Mirandole, Michel-Ange, Raphaël, Botticelli, Léonard de Vinci, Galilée, ou encore Haendel et Scarlatti. Enfin, collectionneurs éclairés, ils rassemblèrent pendant trois siècles les plus belles œuvres d'art venues du monde entier et exposées aujourd'hui dans les musées de Florence. Henri Pigaillem brosse un panorama complet de cette glorieuse dynastie, de la révolte des Ciompi en 1378 à la conspiration des Pazzi, du sac de Rome au schisme anglican, du concordat de Bologne à la chute de Florence, du premier grand-duc Cosme Ier à la dernière représentante de la famille, Anne-Marie-Louise, disparue en 1743.


- Leclerc
de Jean-Christophe Notin
Éditions Perrin / Mai 2015


"Les jeunes gens intelligents, il y en a trop. Ils courent les rues. Parlez-moi d'un caractère. Parlez-moi de Hauteclocque". Voilà en quels termes un père jésuite évoquait le futur général Leclerc durant sa scolarité. Toute sa vie, l'officier a fait des choix singuliers qui l'ont conduit à devenir l'icône de la libération de la France. De ce destin unique, Jean-Christophe Notin décrit les inspirations géniales, lorsqu'il prend Koufra, Paris ou Strasbourg, mais aussi les moments de doute et de colère. Car Leclerc, c'est aussi un combat permanent contre ses propres faiblesses. Sa relation très particulière avec le général de Gaulle en témoigne, pleine de foucades, mais jusqu'au bout d'une inébranlable fidélité. Leclerc n'oubliera jamais qu'en choisissant de rallier Londres en juillet 1940 il a pris le risque de ne pas retrouver ce qui lui était le plus cher, ses six enfants, sa terre de Picardie et la très belle carrière militaire qui lui était promise. Sur la foi d'archives françaises, britanniques et américaines, Jean-Christophe Notin en relate la cause, son amour éperdu pour la France, qui le porta après-guerre jusqu'en Indochine. Sa fin tragique, le 28 novembre 1947, fit pleurer de Gaulle et toute la France. C'est dire combien tous les deux réalisaient qu'ils venaient de perdre un grand homme.


- Moi, Conchita
de Conchita Wurst
Éditions L'Archipel / Mai 2015


En l'emportant en mai 2014 à l'Eurovision, Conchita Wurst a conquis des millions de fans, faisant taire les nombreuses voix qui s'étaient élevées contre sa sélection pour représenter l'Autriche, y voyant une promotion indue des droits des gays. En passe de devenir une icône planétaire, Conchita Wurst a reçu le soutien d'Elton John, Cher, Karl Lagerfeld, Boy George et bien d'autres stars. Après sa victoire, tout s'est enchaîné: elle a été faite citoyenne d'honneur de la ville de Vienne, elle a effectué une tournée mondiale, elle a posé pour Pierre & Gilles, défilé pour Gaultier, s'est produite sur la scène du Crazy Horse. Et elle prépare à présent la sortie prochaine de son premier album. Pour la première fois, Conchita parle de son enfance, de l'amour de ses parents, du soutien de sa grand-mère, mais aussi de la discrimination qu'elle a subie. L'histoire d'un garçon qui n'a cessé de croire en son étoile. Et qui livre un message de tolérance et d'amour: "Ils ne nous arrêteront pas".


- Suivez mon regard
de Anjelica Huston
Éditions De L'Olivier / Mai 2015


Nous sommes à St Clerans, dans le comté de Galway, en Irlande. Une petite fille attend son père pour fêter Noël. Lui, c'est John Huston: un aventurier, un grand cinéaste, un géant. Elle, c'est Anjelica. Elle n'a que six ans mais elle sait déjà que cet homme la marquera à jamais. Cinquante ans plus tard, Anjelica Huston est devenue une star. Elle nous livre le récit de sa vie dans ces Mémoires à la fraîcheur romanesque. Après une enfance magique dans le manoir de ses parents et une adolescence en plein cœur du "swinging London", Anjelica part pour New York. À 18 ans, elle est mannequin pour Vogue. Mais le cinéma la rattrape, et Stephen Frears, Francis Ford Coppola, Woody Allen, Wes Anderson vont lui offrir des rôles qui la conduiront au sommet d'Hollywood. C'est là qu'elle rencontre Jack Nicholson, avec qui elle va former un couple de légende. Dans Suivez mon regard, Anjelica Huston revient sans détour sur ses amours et sa carrière. Derrière la star, on découvre une femme émouvante, non conformiste, douée d'un vrai sens de l'observation. Illustré de nombreuses photos personnelles, cet autoportrait sensible est une peinture passionnante du nouvel Hollywood et de ses coulisses


- Wellington
de Antoine d'Arjuzon
Éditions Perrin / Mai 2015


Arthur Wellesley, premier duc de Wellington, né en Irlande la même année que Napoléon, s'illustre dès 1799 en Inde où il se montre aussi habile dans la négociation que dans le combat. À la tête de l'armée britannique au Portugal en 1808, il triomphe successivement, au long d'une guerre de six ans dans la péninsule Ibérique, de tous les maréchaux de Napoléon qui lui sont opposés, contraignant les armées françaises à quitter l'Espagne. Ambassadeur à Paris auprès de Louis XVIII, commandant en chef des armées alliées pendant les Cent-Jours, il écrase définitivement Napoléon à Waterloo. Lequel confiera à un tiers que Wellington l'égale en tout et le surpasse en une chose: la prudence. Ce dernier joue ensuite un rôle majeur dans la seconde restauration des Bourbons et empêche le démembrement de la France. Premier Ministre du roi George IV, puis ministre des Affaires étrangères, il perd un peu de sa popularité dans l'engagement politique, avant de la recouvrer et de devenir le héros de l'Angleterre victorienne. L'auteur retrace avec justesse la carrière d'un grand seigneur de la guerre qui ne connut jamais la défaite et qui, tout en vainquant Napoléon et en contribuant à faire de l'Angleterre la première puissance du XIXe siècle, ménagea la France qu'il combattit sans haine ni mépris.


- Ainsi nous parle Abraham Lincoln
de Bernard Vincent
Éditions Fayard / Avril 2015


Abraham Lincoln (1809-1865) occupe une place à part dans l'histoire des États-Unis. De la cabane en rondins de son enfance à son assassinat, son ascension est l'exemple même du rêve américain. Tenu à l'écart des études, promis à une existence sans relief, cet autodidacte devenu avocat par son seul mérite se lance en politique à vingt-trois ans et sera élu à la Maison-Blanche en 1860, à cinquante et un ans. Il y remporte la victoire militaire contre les États du Sud, sauve l'Union fédérale du naufrage et proclame l'abolition de l'esclavage, pratique indigne d'une nation formée pour "éclairer le monde". Lincoln est assassiné le 14 avril 1865, quelques jours après la fin des hostilités. Cent cinquante ans après sa mort, il demeure dans la mémoire une figure de père de la nation américaine. Ce volume rassemble 105 discours et lettres d'Abraham Lincoln, de la jeunesse (1832) à son dernier discours public à la Maison-Blanche, le 11 avril 1865, présentés et traduits par l'un des meilleurs spécialistes français, Bernard Vincent, professeur émérite d'histoire des États-Unis à l'université d'Orléans.


- Anne de Kiev
Une reine de France venue d'Ukraine
de Philippe Delorme
Éditions Pygmalion / Avril 2015


Dans l'histoire de la France, les femmes, et avant tout les reines, ont souvent régné sur le cœur et l'esprit de leur peuple, bien qu'elles n'aient pas toujours exercé le pouvoir. Pendant quinze siècles, certaines ont joué un rôle prépondérant en se montrant plus lucides, plus préoccupées du bonheur de leurs sujets, sinon plus attentives au rayonnement de la monarchie. Si les rois ont fait la France, on peut dire que les reines l'ont sans doute aimée davantage. Anne de Kiev La reine de France Anne de Kiev est une ombre de l'Histoire sur laquelle il est bien difficile de jeter quelque lumière. Mariée en 1051 à Henri Ier, petit-fils de Hugues Capet, elle n'a laissé aucune trace dans les chroniques slaves et n'apparaît qu'en filigrane dans les archives françaises. Elle est pourtant l'ancêtre de presque tous les princes d'Europe et de nombre de célébrités, de Bernadette Chirac à Céline Dion. C'est grâce à elle que Philippe est devenu un prénom royal, porté aujourd'hui par les souverains belge et espagnol comme par le mari d'Élisabeth II d'Angleterre. À une époque où l'Ukraine, confrontée au grand voisin russe, s'interroge sur son identité, la personnalité de la reine Anne acquiert un relief nouveau. Philippe Delorme s'emploie à le révéler, dans un récit qui, pour être rigoureusement historique, n'en prend pas moins les allures d'une épopée.


- Anne Sinclair, une femme libre
de Jocelyne Sauvard
Éditions L'Archipel / Avril 2015


"Ni sainte ni victime, je suis une femme libre". Ainsi parle Anne Sinclair. Mais qui est-elle vraiment? Héritière du collectionneur Paul Rosenberg, icône du journalisme politique avec "7 sur 7", ex-épouse admirable de DSK, directrice éditoriale du Huffington Post français, elle multiplie les rôles. De son enfance, partagée entre New York et Paris, à son parcours en montagnes russes dans l'audiovisuel, Jocelyne Sauvard retrace l'itinéraire d'une femme hors normes. Entre la France et l'Amérique, la famille et les plateaux de télévision, mais aussi dans la solitude après l'affront, Anne Sinclair se donne à voir tout entière: une femme qui ne cesse de récrire sa vie. Avec une passion intacte.


- Des petits coins de Paradis
de Jacques Weber
Éditions Cherche Midi / Avril 2015


C'est au cimetière du Père-Lachaise, un jour qu'il s'y trouvait pour accompagner son ami Serge dans son dernier voyage, que Jacques Weber a vécu ces heures lentes, lourdes. Elles auraient dû l'accabler, l'anéantir. Elles ont renforcé son goût de vivre, son insatiable appétit des autres. Au fond de lui-même, il a réagi à la manière tonique d'un Léo Ferré: "Tu meurs, moi pas". Un autre jour, deux années plus tard, Jacques Weber a éprouvé l'envie irrésistible de donner une deuxième vie à Serge, en jetant tout sur le papier: leur rencontre imprévisible et extravagante, leurs amis, leurs amours, leurs chagrins, leurs joies. En racontant Serge, Jacques se raconte aussi, un peu, pas trop, juste pour qu'on comprenne bien de quoi s'est nourrie leur vie d'artistes, leur existence d'humains: d'émotions et de découvertes, de coups de cœur et de partages, de coups de gueule sans retenue et de silences pudiques. En faisant revivre Serge, Jacques met aussi en lumière, pour "quelques secondes d'éternité", Marie, Nathalie, John, Luc, Sandrine et d'autres, tous siens, tous leurs. Si des noms connus surgissent (Pierre Brasseur, Michel Simon, Simone Signoret...), c'est qu'ils ont leur place affectueuse et irremplaçable dans la vie de Serge et de Jacques, simplement, sans plus.


- De scènes de vie à scènes de ménages
de Gérard Hernandez
Éditions Cherche Midi / Avril 2015


Même après soixante ans de carrière, de rencontres et d'amitiés avec les plus grands, de Jean Poiret à Bernard Giraudeau en passant par Jean Becker, Gérard Hernandez n'est pas homme à raconter ses mémoires. Son caractère espiègle et son esprit iconoclaste l'ont poussé à aller au-delà, nous faisant découvrir un peu plus qu'un acteur et un tout autre être que Raymond, son personnage dans Scènes de ménages depuis 2009: un philosophe du quotidien qui se cache derrière sa moustache et une grande discrétion médiatique. Il nous parle de la vie, qui ne fait que passer, de l'amour, qui le lie à son épouse depuis plus de cinquante ans, et, avant tout, de ses valeurs, ancrées dans ses racines espagnoles. Il pointe les grandes folies ou les petits travers de la société et scrute la marche du monde de son œil tendre et ironique. Fin connaisseur des êtres et de l'existence, il nous ouvre les yeux sur ce qui importe vraiment sans pour autant se poser en donneur de leçons, en nous apprenant juste à rire de tout ou presque. Mot après mot, il distille une vision de la vie légère et souriante, très communicative.


- En tête à tête avec Orson
de Conversations entre Henry Jaglom et Orson Welles
Éditions Robert Laffont / Avril 2015


Pendant deux ans, de 1983 à 1985, Orson Welles et Henry Jaglom ont déjeuné ensemble chaque semaine au restaurant Ma Maison, à Hollywood. Welles avait l'intention d'écrire son autobiographie à partir de ces entretiens mais il est mort avant d'avoir achevé ce travail, et les enregistrements de ces déjeuners sont restés au fond d'une boîte à chaussures pendant plus de vingt-cinq ans. Devant l'opiniâtreté de Peter Biskind, l'auteur du Nouvel Hollywood, Henry Jaglom a fini par accepter de lui confier ces cassettes, et de publier leur contenu. Ces conversations à bâtons rompus, fréquemment perturbées par des personnalités venant saluer les deux hommes ou par des considérations sur le menu, brossent une peinture très réaliste de l'homme excessif qu'était Orson Welles: un provocateur pouvant tenir les pires propos sur les femmes, sur les Irlandais et les Hongrois, sur la politique et la France, sur les acteurs, mais également un homme d'esprit, séducteur, lucide sur son génie et son sale caractère, désabusé par l'industrie du cinéma.


- Geneviève de Gaulle Anthonioz
de Caroline Glorion
Éditions Plon / Avril 2015


Pour son entrée au Panthéon en mai 2015, une nouvelle édition de cette très belle biographie de Geneviève de Gaulle Anthonioz (1920-2002), résistante, déportée, présidente d'ATD Quart Monde, qui toute sa vie mena le même combat: lutter pour la dignité de l'homme, refuser la misère qu'elle considérait comme une insulte à la démocratie. "L'héroïsme, je n'aime pas ce mot. Les peuples ont besoin d'avoir des modèles, alors on leur invente des héros. Mais la vie, ce n'est pas cela. Je ne crois pas qu'il faille chercher à avoir une grande vie ou un grand destin il faut essayer d'être juste". Geneviève de Gaulle élevait rarement la voix, mais elle n'hésitait pas, avec une ferme détermination, à se faire entendre dans le débat politique. Dans ce livre, elle accepta de lever le voile sur ce qu'étaient ses convictions, ses engagements. Toute sa vie, elle mena le même combat: lutter pour la dignité de l'homme, refuser la misère qu'elle considérait comme une insulte à la démocratie. Nièce du général de Gaulle, elle entra dans la résistance à dix-huit ans. Déportée au camp de Ravensbrück, elle lutta sans relâche contre l'anéantissement. C'est ce même "refus de l'inacceptable" qui la conduisit au sein d'ATD Quart Monde, dès 1958, à lutter contre la grande pauvreté. "Résistante" est le seul adjectif que Geneviève de Gaulle Anthonioz accepta que l'on accole à son nom.


- Golda Meir
de Dominique Frischer
Éditions L'Archipel / Avril 2015


Sait-on que Golda Mabovitch (Kiev, 1898 – Tel-Aviv, 1978) a fui à 8 ans la faim et les pogroms de sa Russie natale pour rejoindre le Wisconsin, aux Etats-Unis? Que ses parents s'opposèrent à ce qu’elle fasse des études et voulurent la marier à 15 ans? Qu'à 20 ans elle participa activement au Congrès juif américain? Qu'à 23 ans elle entraîna son mari Morris Myerson contre son gré vers un exil en Palestine? Qu'elle se sépara bientôt de celui-ci? Celle qui fonda avec David Ben Gourion l'État juif en 1948 n'a pas toujours été la vieille dame inflexible dont le visage est dans les mémoires. En revenant sur son parcours politique, mais également en levant le voile sur sa vie privée, Dominique Frischer dresse le portrait d'une révoltée, de la Russie des tsars au Jérusalem de la Guerre du Kippour. Racontée sous un jour nouveau, une personnalité hors du commun, avec ses failles.


- Je vais encore me faire des amis !
Amateurs de révélations, réjouissez-vous ! Adeptes du politiquement correct, abstenez-vous.
de Jean-Pierre Mocky
Éditions Cherche Midi / Avril 2015


Jean-Pierre Mocky n'est pas seulement une légende du cinéma français. Inclassable et rebelle, il ressemble aux personnages de ses films. "Langue de bois, connais pas", telle est la devise de Mocky l'indomptable, dont la filmographie illustre ses révoltes et indignations. Scandales politiques et religieux, crimes sexuels, abus de faiblesse: tirant à vue sur la bien-pensance, il a souvent payé cher son indépendance et son franc-parler. Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, il troque sa caméra contre une plume bien affûtée et tout le monde y passe. Famille, amours, réalisateurs, acteurs: la mémoire vive et le verbe haut, voici une savoureuse galerie de portraits, riche en coups de cœur, coups de gueule et coups de sang. Car, s'il a su nouer des amitiés durables dans le métier, sa route est semée de fâcheries d'un soir et de brouilles définitives. Bourvil, de Funès, Delon, Deneuve, Visconti, Chaplin, Serrault, Godard, Eastwood et bien d'autres jalonnent son parcours atypique, pour le meilleur et pour le pire. Qu'importe. Son amour du cinéma prévaut sur le reste. Après quelque soixante ans de carrière, il tourne plus que jamais et c'est loin d'être terminé. Mais au fond, qu'est-ce qui fait courir Mocky? On le découvre au fil de ce récit truculent, sulfureux, drôle et nostalgique où, évoquant sans fard ses blessures de jeunesse, il nous dévoile une autre sensibilité, inattendue.


- Kissinger
de Charles Zorgbibe
Éditions Bernard de Fallois / Avril 2015


La vie du diplomate Henry Kissinger et particulièrement son travail pour l'administration Nixon de 1969 à 1977. Durant cette période, il déploie de nombreuses stratégies diplomatiques, construisant une politique étrangère novatrice influencée par ses rêves d'ordre mondial, en collaboration ambiguë avec Richard Nixon à qui tout l'oppose.


- L'affaire Jivago
de Peter Finn et Petra Couvée
Éditions Michel Lafon / Avril 2015


En confiant en 1956 à un éditeur italien son premier roman qu'il savait ne jamais pouvoir publier enRussie, le grand poète Boris Pasternak déclara: "Voici Le Docteur Jivago. Puisse-t-il faire son chemin dans le monde". Publié d'abord en Italie, puis en France et dans toute l'Europe, le roman attire très vite l'attention de la CIA qui y voit une arme de propagande culturelle susceptible de peser dans la guerre froide et décide de réaliser dans le plus grand secret la première édition en russe. Au terme d'une haletante course de vitesse, un millier d'exemplaires sont distribués aux touristes russes venus visiter l'Exposition universelle de Bruxelles. Le roman connaît un succès fulgurant en URSS, s'arrachant au marché noir. Épuisé, malade du cœur, Pasternak mourra dans la solitude en 1960. Mais des milliers de Russes assisteront à ses funérailles, défiant le KGB pour lui rendre hommage, et inaugurant ainsi la grande tradition russe de l'auteur


- La vie secrète de Sir Dansey, maître-espion
de Bob Maloubier
Éditions Albin Michel / Avril 2015


Officier du service secret "privé" de Churchill, Bob Maloubier a participé à la Résistance, vécu dix ans de guerre tiède et froide au sein des services secrets français avant de passer par trente années de fortunes diverses en Afrique et au Moyen-Orient. L'existence de Claude Edward Marjoribanks Dansey ne pouvait que lui inspirer une vive curiosité. Surnommé "Oncle Claude", "Mister Z" ou "Dansey la chaussette", ce personnage impénétrable et controversé mena en bateau des années durant les services secrets alliés et adverses. La guerre gagnée, certains des ténors du Secret Intelligence Service ont confié leurs souvenirs à des  chroniqueurs. Pas Dansey. Il est mort bouche close. S'appuyant sur les récits de témoins directs et de nombreuses anecdotes, Bob Maloubier retrace ici le parcours ignoré et fascinant de celui qui fut le plus grand espion du XXe siècle. Et qui a tout fait pour laisser un minimum de traces derrière lui, secret oblige.


- Les Nehru-Gandhi
de Renée-Paule Guillot
Éditions Pygmalion / Avril 2015


"Un étrange destin m'a plongé dans un genre de vie pour lequel je n'étais pas fait", disait Nehru. Qui, en effet, aurait pu croire que ce jeune avocat sans grand talent, élevé par un père ami des Anglais, deviendrait le leader de l'indépendance de l'Inde? Sa fille Indira, qui lui succéda, puis son petit-fils Rajiv, enfin Sonia l'épouse de ce dernier, n'avaient pas plus que lui le goût de la politique dont ils redoutaient les méandres. Ils durent néanmoins prendre en main les rênes de leur pays. Quelle force irrésistible les a propulsés, de génération en génération, dans l'arène politicienne? Quel formidable destin les a métamorphosés, de Motilal, le fondateur de la dynastie, à Rahul, son ultime héritier, en incarnation du rêve indien et en précurseurs d'une future grande puissance? Leur saga, à travers les heurs et malheurs d'innombrables luttes intestines et de deux guerres mondiales, les situe à la frontière de l'Histoire et de la légende.


- Mon frère
de Alain Depardieu
Éditions L'Archipel / Avril 2015


Qui se cache derrière l'un des plus grands acteurs français, à la riche filmographie et à la réputation sulfureuse? Derrière l'acteur mythique, c'est l'homme Depardieu qui fait surface sous la plume de son frère Alain. Celui-ci évoque leur enfance à Châteauroux, ses délits de petit voyou, puis son arrivée tumultueuse à Paris. C'est aussi, avec la notoriété, les frasques, le goût du bon vin, les rapports familiaux mouvementés, les intrusions en politique, mais aussi, chose moins connue, son approche de la spiritualité… Alain dresse le portrait tout en rugosités de Gérard, où les éclats voisinent avec les confessions intimes. Plus encore, il souligne leurs différences: tandis que Gérard boude l'école, n'est pas aimé de sa mère et échoue à fonder une famille, Alain, ado demi-voyou comme son frère, bénéficie de l'amour de ses parents, fait de bonnes études et fonde un foyer.


- Sexe, drogue et natation
de Amaury Leveaux
Éditions Fayard / Avril 2015


Il a gagné les plus belles médailles, battu de magnifiques records du monde. L'enfant au physique hors norme, issu des cités défavorisées de Belfort, a connu un destin extraordinaire. Si les titres d'Amaury Leveaux sont "propres", le monde de la natation l'est moins. En 2008, lors de la finale du cinquante mètres nage libre des JO de Pékin, le champion se laisse rafler l'or et n'obtient que l'argent: trois ans plus tard, le vainqueur de recevra un avertissement pour avoir nagé sous-produits interdits, suite à des tests antidopage. De quoi alimenter des doutes. Car, hors du bassin, les rivalités font rage et tous les coups sont permis. Derrière des entraînements exigeants se cachent de folles soirées. Au programme: sexe, drogue et natation. Pour la première fois, un champion olympique témoigne de la réalité du monde de la natation, que l'on croyait épargné: une plongée en eaux troubles. Né en 1985 dans un quartier populaire de Belfort, élevé par sa mère, Amaury Leveaux s'est révélé un nageur exceptionnel qui s'est hissé sur les plus hautes marches des podiums mondiaux. En 2013, il quitte la compétition avec un très beau palmarès (4 médailles olympiques, 4 médailles au championnat du monde et plus de 40 médailles européennes).


- Sigmund Freud
de Roger Dadoun
Éditions L'Archipel / Avril 2015


Après un quart de siècle consacré à des recherches en neurophysiologie qui lui valent une renommée internationale, Sigmund Freud, en un geste audacieux de rupture, s'engage dans cette étrange auto-analyse qui lui fait inventer la psychanalyse,  sur la base d'un examen de ses propres rêves et d'une perception singulière des hystéries et des névroses. À vocation clinique, la pensée freudienne se fixe pour tâche d'explorer tous les domaines de la condition humaine : érotique, onirique, esthétique, mais aussi anthropologique, esquissant au passage la possibilité d'une psychanalyse politique. Roger Dadoun présente le "roman intellectuel" de ce savant qui, longtemps seul, regroupa autour de lui une "horde sauvage" et étendit son emprise bien au-delà de son cabinet. Ainsi se donne à voir le médecin, penseur, humaniste, libérateur, théoricien de la sexualité et de la pulsion de mort, chasseur d'illusions, confronté à l'inquiétante étrangeté du monde contemporain.


- Tiens-toi droite et chante
de Jessye Norman
Éditions Fayard / Avril 2015


Jessye Norman, chanteuse lyrique de réputation internationale, est bien connue en France par ses concerts  et surtout par sa participation au bicentenaire de la Révolution. On se rappelle son interprétation de La Marseillaise, et sa robe-drapeau qui flottait dans le vent. Elle raconte cet épisode avec émotion, au cœur d'un récit où elle évoque l'ensemble de sa vie et de sa carrière: son enfance en Géorgie, son attachement à sa famille (et aux "femmes puissantes" qui lui ont insufflé son idée de la dignité). Si elle a interprété à l'opéra les grands rôles du répertoire (Wagner, Strauss, Mozart, Verdi…) elle s'est toujours montrée avide d'élargir son répertoire, l'ampleur de sa voix et l'intensité de son interprétation la faisant exceller dans Brahms, Mahler et Schoenberg. Sa relation avec la France et avec sa musique s'incarne dans ses interprétations de Berlioz (Les Troyens, Les Nuits d'été), de Rameau et dans son goût pour la mélodie française. Femme de son temps, Jessye Norman a été engagée dans les combats pour les droits civiques aux États-Unis; elle met en relation cette exigence de dignité avec la lutte des femmes pour l'égalité. Bien au-delà des amateurs de musique, son témoignage s'adresse à tous.


- Ce que j'ai appris de moi
de Sophie Davant
Éditions Albin Michel / Mars 2015


"50 ans. Le milieu de ma vie. Aurais-je jamais imaginé être la personne que je suis devenue aujourd'hui? Il y avait mille et un chemins qui s'ouvraient à moi quand j'étais enfant. […] Certes, la vie de chacun est unique et singulière. Pourtant il y a autre chose derrière la transition de la cinquantaine, quelque chose d'universel qui demande à être observé et compris par chacun d'entre nous". Et si, finalement, 50 ans était le plus bel âge de la vie? Une sorte de renaissance où l'on peut repartir de zéro, effacer tous les compteurs? Tout recommencer? En revenant avec sensibilité sur sa vie, jalonnée de rencontres uniques et d'engagements forts, Sophie Davant a choisi d'envisager ce bouleversement avec bienveillance, comme un passage nécessaire et bénéfique, vers l'âge de tous les possibles. Comment gérer l'angoisse du futur lorsque nous sommes à mi-parcours? Les craintes naturelles liées à l'image lorsque l'on est une femme publique? La rivalité dans un milieu professionnel exigeant? Le regard des hommes? Le départ des enfants? En confiant ses ressentis et réflexions, mais aussi ses joies et ses doutes, ses écueils et passions, Sophie Davant livre avec une sincérité touchante les clés d'une étape cruciale dans la vie des femmes: la cinquantaine. Pour ne plus rien regretter désormais.


- Édith et ses hommes
de Bernard Lonjon
Éditions Du Moment / Mars 2015


Il était une fois une unique voix. Porte drapeau de la chanson réaliste, Édith Piaf, personnalité déjantée, addicte à l'amour et à l'alcool, a porté au pinacle la chanson française de la première moitié du vingtième siècle. Elle a beaucoup aimé les hommes dont elle fut tour à tour pygmalion, amoureuse, maîtresse, amante d'un soir. Elle a aimé l'amour avant tout. Ce parcours d'une vie hors normes retracées au rythme de ses hommes, ses amis, ses amants, ses managers, ses musiciens, ses paroliers, permet de mieux cerner la personnalité de Piaf, la môme au cœur d'artichaut. Au détour de ce récit mêlé de chansons autobiographiques, on croise Yves Montand, Georges Moustaki, Charles Aznavour, Jean Cocteau, Sacha Guitry, Eddie Constantine, Bruno Coquatrix, Charles Dumont, Michel Simon, Jacques Canetti, Gilbert Bécaud, Georges Brassens, Paul Meurisse. mais aussi son père, son frère, son confident Jacques Bourgeat avec qui elle échangea plus de mille lettres. Les hommes ont aidé Édith Piaf à traverser ses nuits peuplées de morts vivants et de cauchemars insondables. Ils l'aident à combler ses vides et taire ses angoisses. Comme elle le chantait: "J'ai le cœur trop grand pour un seul gars, c'est pour ça que j'écris l'amour sur toute la terre". La vie de cette chanteuse à la voix exceptionnelle devenue irremplaçable, entrée au Panthéon des artistes, fut une belle aventure humaine, parsemée d'amours infinies, de chagrins inconsolables et de sentiments irrésolus.


- Elsa Triolet et Lili Brik
Les soeurs insoumises
de Jean-Noël Liaut
Éditions Robert Laffont / Mars 2015


Lili Brik et Elsa Triolet sont nées à Moscou à la fin du XIXe siècle. Fameuses pour leur beauté comme pour leur intelligence, elles formèrent un quatuor célèbre avec deux des plus grands poètes du XXe siècle, Vladimir Maïakovski et Louis Aragon. Lili collectionna les génies avec un œil infaillible: l'écrivain Pasternak, les peintres Rodtchenko et Malevitch, le compositeur Chostakovitch, le cinéaste Eisenstein ou la danseuse Maïa Plissetskaïa. Elsa, la cadette, fascinée par son aînée, dut livrer bataille pour exister et quitter son ombre. Mais Maxime Gorki l'encouragea à écrire et lorsqu'elle devint la première femme à recevoir le prix Goncourt, après s'être illustrée dans la Résistance, elle comprit qu'elle avait supplanté sa sœur, confinée au rôle d'inspiratrice et d'égérie. Cette rivalité n'altéra cependant jamais l'amour qui les unissait. Ces figures légendaires de la mythologie communiste surmontèrent tous les soubresauts de l'histoire, en Union soviétique ou en France. Confrontées aux réalités les plus cruelles, Elsa et Lili étaient prêtes à tout sacrifier pour protéger leur idéal artistique. Lili fut toute sa vie la figure centrale de l'avant-garde russe avec une originalité et des exigences très hautes. Elsa défendit sans relâche sa position d'écrivain. Elles ne furent jamais des femmes du juste milieu. Ces deux forces de la nature, que Pablo Neruda appelait l'une, Lili, "l'indomptable Lili" et l'autre, Elsa, "une épée aux yeux bleus", traversèrent le XXe siècle comme deux véritables icônes.


- Et le souvenir que je garde au cœur
de Jean-Pierre Darroussin
Éditions Fayard / Mars 2015


Il vient de loin, Jean-Pierre Darroussin. D'une vieille espèce de travailleurs qui engendraient des travailleurs, d'un monde de bras fort et fier, d'une terre lointaine où l'on se rappelle hier pour espérer demain, de familles qui, lorsqu'elles n'étaient pas occupées aux champs de patates ou à l'usine, l'étaient aux champs de bataille. L'acteur retourne à l'aube de ce temps révolu. Dans la lanterne magique de sa plume apparaît son enfance libre dans le quartier prolétaire de Courbevoie, où l'on découvre son père, Paul, ouvrier lumineux élevé par des paysans, intellectuel autodidacte, lecteur de Marx, qui lui transmet la devise de la classe laborieuse: travail, fraternité, bonté. Puis, dans les années post-68, son adolescence agitée par les filles, la musique, la comédie. Les expériences avec les potes-frères, riches d'anecdotes truculentes, le souvenir d'une époque rouge, militante et libertaire, la célébration de l'amour et de l'amitié. Autant de séquences à travers lesquelles il ressuscite un monde ancien, abandonné par le progrès et la globalisation. Mais un monde dont les valeurs humanistes et sociales, celles du Front populaire, d'une gauche militante et obstinée, continuent de l'habiter et de l'animer. Un monde dans lequel son père chante: le temps des cerises.


- Frangin
de Agnès Soral
Éditions Michel Lafon / Mars 2015


Tiens, tu fais la couverture d'un magazine avec Dieudonné et Zemmour. En dessous du trio, les mots: “antisémitisme, racisme” et en rouge sang: “voyage dans une France xénophobe”. Tu n'en es pas arrivé là? J'ai envie de m'allonger par terre, de pleurer, vomir, ou hurler; je ne sais plus. Déjà je cours me réfugier à la maison où, sur ma porte à peine refermée, j'alterne les pleurs de rage, de colère, et surtout de chagrin… Ça va trop loin. Ça va s'arrêter où?" Révélée à dix-sept ans dans Tchao Pantin, Agnès Soral n'a jamais quitté les écrans de cinéma et les scènes de théâtre. À travers son parcours, ses souvenirs, ses blessures, l'actrice engagée dresse en filigrane le portrait d'un frère dont elle ne comprend pas comment il en est arrivé là, le polémiste Alain Soral. Tour à tour drôle, révoltée ou tendre, elle livre un récit fort et rappelle que si l'on ne choisit pas sa famille, on ne doit pas en devenir la victime.


- Helmut Berger
de Helmut Berger et Holde Heuer
Éditions Séguier / Mars 2015


Helmut Berger fut considéré comme "le plus bel homme du monde". Luchino Visconti lui fit interpréter des rôles inoubliables aux côtés de Romy Schneider, Elizabeth Taylor, Charlotte Rampling ou Burt Lancaster, des prestations inscrites dans la légende du cinéma. Entre l'acteur et le cinéaste, se noua une relation ô combien passionnelle. À la mort du metteur en scène italien en 1976, la carrière d'Helmut Berger décéléra brutalement; personnalité cinématographique incontournable des années fastes, interprète de personnages sulfureux, fêtard invétéré, Helmut Berger finit par être victime de son image et de ses excès. Revenu de ses tourments, l'acteur autrichien se regarde dans un miroir autant que dans les souvenirs. Le résultat en est cette autobiographie épicée, sauvage, où Helmut Berger transgresse tous les tabous.


- John Ford et les indiens
de Arnaud Balvay et Nicolas Cabos
Éditions Séguier / Mars 2015


John Ford et les Indiens, c'est l'histoire d'une rencontre. En 1938, alors qu'il est à la recherche d'un lieu pour tourner La Chevauchée fantastique, qui va relancer le western, John Ford découvre Monument Valley et ses habitants: les Indiens Navajos. Après ce premier contact, Ford et les Navajos s'illustrent chacun de leur côté pendant la Seconde Guerre Mondiale avant de se retrouver en 1946 pour La Poursuite infernale. Jusqu'à la fin de sa vie, en 1973, John Ford tournera sept autres films avec les Navajos. Au cours de ces trois décennies, le réalisateur et les Amérindiens ne cesseront de se découvrir mutuellement et noueront des liens forts et durables. Ces relations feront évoluer les conceptions de Ford au sujet des "Native Americans", modifieront sa façon de les filmer et amélioreront pour un temps la vie matérielle des Navajos. En s'appuyant sur les archives du réalisateur et des témoignages inédits, le livre raconte cet âge d'or vu des "deux côtés de l'épopée" comme disait Ford.


- La passion de Thérèse d'Avila
de Christiane Rancé
Éditions Albin Michel / Mars 2015


Thérèse d'Avila n'est pas une sainte comme les autres: première femme proclamée docteur de l'Église, elle est aussi paradoxalement une référence pour Verlaine, Marguerite Yourcenar, Cioran ou Simone de Beauvoir, parmi tant d'autres. Quel est donc le secret de cette figure qui a autant fasciné que dérangé ses contemporains, et qui aujourd'hui encore attire et interroge croyants et incroyants? Christiane Rancé, romancière, essayiste et biographe, est partie à la rencontre de la plus énigmatique aventurière de Dieu. Cette évocation flamboyante et passionnée mobilise toute l'érudition de l'auteur sur l'Espagne éternelle, ce pays "où les mystiques tiennent lieu de philosophes et où la poésie nourrit la théologie". Outre l'incroyable parcours d'une femme d'exception partie à la conquête d'elle-même et du Ciel, Christiane Rancé nous introduit à l'histoire du Siècle d'or, celui de l'Inquisition, des immenses richesses venues d'Amérique, et d'une exaltation religieuse mêlée d'obscurantisme. Elle nous donne à voir les paysages de Castille et d'Andalousie, nous fait toucher la poussière des chemins empruntés par la sainte itinérante, et sentir l'énergie volcanique déployée par Thérèse. Ce livre brûlant est à l'image de son sujet: à la fois incarné et céleste.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 4 Juil - 7:34

- Le cerisier du pirate
de Jean-Claude Drouot
Éditions L'Archipel / Mars 2015


Dans les années 1960, petits et grands s'enthousiasment pour Thierry la Fronde, le Robin des Bois français. Un jeune comédien belge encore inconnu interprète le rôle-titre de ce feuilleton tourné avec peu de moyens en forêt de Rambouillet. Très vite, Jean-Claude Drouot est tiraillé entre sa gloire soudaine et sa passion, le théâtre. D'un côté, la tentation de céder à la renommée; de l'autre, l'envie de suivre un parcours plus libre. On le verra donc tourner avec Liz Taylor, puis pour Agnès Varda; créer des spectacles exigeants dans son théâtre de Reims (Arrabal, Joseph Delteil, Claudel), tout en gardant un pied à Hollywood; obtenir enfin la consécration en entrant à la Comédie-Française, pour finalement revenir à sa propre compagnie. Jean-Claude Drouot aura donc toujours été un "frondeur", luttant pour rester un homme de théâtre en dépit de son statut de vedette du petit écran, et construisant son parcours de rôle en rôle, d'Alceste en Fracasse, en passant par Richard III et Jean Jaurès.


- Le théâtre du corps
de Marie-Claude Pietragalla et Soisic Belin
Éditions Plon / Mars 2015


Figure emblématique de la danse française, Marie-Claude Pietragalla est une artiste rare, engagée, visionnaire. Danseuse étoile de l'Opéra de Paris et chorégraphe, elle fonde le Théâtre du Corps, compagnie indépendante, avec le chorégraphe Julien Derouault. Cette collaboration entre ces deux artistes atypiques s'appuie sur une synergie permanente, une complicité qui leur permet de poser un double regard sur le monde et leur travail de création: masculin féminin, réel fantasmé, abrupte et poétique, drôle et dramatique. Pour elle et lui, le corps est ce lieu où s'inscrivent les manifestations de l'expérience humaine. Le spectacle vivant, moments de partage et de transcendance, dialogue inédit entre la scène et le public ne doit pas être élitiste, mais créateur de rêve pour tous. "Nous croyons aujourd'hui à la nécessité de transfigurer le monde à travers le corps et de créer de nouvelles formes d'expressions, le langage du corps étant le plus ancien et le plus universel des arts vivants". Avec toute la passion qui la caractérise, "Pietra" revient ici sur son parcours, ses rêves et son désir inaltérable d'être une artiste libre.


- Les Romanov
de Bertrand Deckers
Éditions Pygmalion / Mars 2015


De la Neva à la Sibérie, dans les neiges et le froid, sur des milliers de verstes, la Russie se déroule à l'infini. À cette immensité, il fallut un maître: l'une des plus fabuleuses dynasties de tous les temps, les Romanov. Si leur nom remonte à une famille de boyards établie en Russie au XIVe siècle, c'est au mois de juillet 1613 que le premier des leurs, un jeune garçon de seize ans, ceint la couronne. Mikhaïl Féodorovitch Romanov prend la tête d'un État embryonnaire. Durant un peu plus de trois siècles, ses successeurs vont s'imposer comme l'incarnation de la Russie éternelle. Au cours d'une épopée tissée d'amour et de haine, de trahisons, de crimes, teintée de splendeurs et de solennité, les Romanov vont connaître vingt tsars. Des géants comme Pierre le Grand, l'autoritaire, le bâtisseur de Saint-Petersbourg; Catherine II, l'ambitieuse, la stratège, l'indomptable, l'amie de Diderot et de Voltaire, l'amante insatiable. Au fil des pages, on y découvre aussi le génial Alexandre Ier, ardent défenseur de son peuple; Alexandre II, le visionnaire; des femmes cruelles comme Élisabeth et Anne; et même un fou, Paul Ier. Sans compter le dernier souverain, Nicolas II, le tsar martyr, que la révolution d'octobre 1917 conduit à la mort. À travers ces destins souvent inouïs, Bertrand Deckers s'immerge dans les splendeurs d'une Russie oubliée et, d'une plume nerveuse, vibrante de passions, redonne vie aux grands noms d'une dynastie complexe et ô combien fascinante.


- Lady in satin  
Billie holiday, portrait d'une diva par ses intimes
de Julia Blackburn
Éditions Payot & Rivages / Mars 2015


Ce livre unique en son genre a toute une histoire. À l'aube des années 70, une jeune femme du nom de Linda Kuehl entreprit d'écrire une vaste biographie de Billie Holiday. Pendant des lustres, la journaliste réalisa les interviews de plus de 150 personnes ayant approché, de près ou de loin, la chanteuse de jazz, et accumula des tas d'histoires, d'anecdotes, de lettres et de documents variés. Malheureusement, Linda Kuehl disparut tragiquement en 1978, et le projet resta dans les cartons, jusqu'à ce que la romancière et biographe anglaise Julia Blackburn, des années plus tard, ne tombe par hasard sur ses précieuses archives, et achève cet extraordinaire travail. À partir des témoignages exceptionnels (et souvent bruts de décoffrage) de ses intimes, amis, amants, musiciens, managers, rivales, mais aussi de fêtards des nuits d'Harlem, de souteneurs, d'avocats, de dealers ou d'indics des stups, Lady In Satin dresse un portrait totalement inédit et absolument bouleversant de cette immense et tragique diva, offrant au passage une chronique à la fois flamboyante et crue sur une période entière de l'histoire du jazz.


- Oberkampf, un grand patron au siècle des Lumières
de Serge Chassagne
Éditions Flammarion / Mars 2015


Une biographie en apprend souvent plus sur une époque qu`un long traité d'histoire. Il en est ainsi de la vie de Christophe-Philippe Oberkampf (1738-1815), qui parvint en moins de vingt ans à imposer sur le marché français les toiles de Jouy et ses camaïeux monochromes, dont le succès fut immédiat. À travers le récit de cette réussite exemplaire, Serge Chassage raconte l'évolution d'une entreprise textile ouverte à l'international, attentive aux progrès techniques mais aussi réactive à l'actualité qui lui inspire ses plus beaux motifs: l'Indépendance américaine, le ballon des frères Montgolfier ou le Mariage de Figaro. Ce protestant n'en est pas moins un homme pragmatique, qui gère d'une main de maître ses hommes, près d'un millier à l'apogée de la manufacture, et innove en rationnalisant la division du travail. Anobli par la monarchie, Oberkampf incarne la figure du grand patron à la française, célébré et honoré par les princes de son temps.


- Oriana
de Cristina de Stefano  
Éditions Albin Michel / Mars 2015


Figure du journalisme italien au XXe siècle, Oriana Fallaci (1929-2006) dépasse largement les frontières du pays qui l'a vue naître, les frontières géographiques autant que les frontières morales. Elle se définissait avant tout comme une femme libre. Née dans une famille antifasciste, engagée dans la Résistance aux côtés de son père, elle intègre à dix-sept ans la rédaction d'un journal de Florence. Dans ce monde essentiellement masculin, elle se distingue par son talent, sa détermination, et une originalité qui défie les codes du journalisme de l'époque. Des États-Unis au Vietnam, de l'Iran au Mexique, elle va sillonner la planète, couvrir les grands événements, et rencontrer tous ceux qui font l'Histoire: Kissinger, Khomeini, Willy Brandt, Golda Meïr, Yasser Arafat, Kadhafi… autant d'interlocuteurs avec lesquels elle crée un lien franc et parfois brutal, au plus près de l'émotion et de la contradiction. Au risque de déplaire et de s'attirer de nombreux ennemis. Le "style" Oriana Fallaci est né. Cristina de Stefano, journaliste et écrivain, retrace admirablement le parcours d'une aventurière du siècle et d'une pionnière. Elle nous dévoile aussi une Oriana intime, tourmentée et même romantique, qui a revendiqué jusqu'à la fin de vivre sans tabou.


- Pourquoi on ne vous voit plus ?
de Rachid Arhab
Éditions Michel Lafon / Mars 2015


Rachid Arhab, né en Algérie en 1955, tour à tour chef du service politique d'Antenne 2, grand reporter, premier présentateur du JT d'origine "arabe" (alors qu'il est de souche berbère), et animateur de "J'ai rendez-vous avec vous" de 2000 à 2007 sur France 2, a été membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel de 2007 à 2013. Pour ce gamin des montagnes kabyles arrivé en Lorraine à l'âge de trois ans, né français, devenu algérien après l'Indépendance, puis revenu à sa nationalité première à sa demande mais en 1990 seulement (vous verrez ici pourquoi), c'est ce qu'on appelle une "intégration" réussie. Sauf que ce fut aussi un parcours d'obstacles inimaginable que ce fils de deux pays en guerre raconte ici avec autant d'humour que de pudeur. Six ans au CSA l'ont fait disparaître des écrans télé, où il ne peut légalement revenir que trois ans après son départ du Conseil. Une épreuve, certes, mais qui lui a permis de nous éclairer de façon pertinente sur l'audiovisuel, les rapports entre le pouvoir et les médias, la dérive de l'information et les dangers d'Internet, dont le public est la première victime.


- Shakespeare: la biographie
de Peter Ackroyd
Éditions Philippe Rey / Mars 2015


Biographe des plus grands auteurs britanniques, Peter Ackroyd rêvait depuis toujours de se pencher sur Shakespeare, quintessence du génie d'outre-Manche, l'écrivain qui dut conquérir son droit à la gloire littéraire par le biais du théâtre, l'auteur dramatique qui exhaussa, s'il ne les a pas carrément créés, le statut et la réputation de l'auteur commercial. Plusieurs lignes de force dessinent le personnage et sa vie. L'attachement à la terre natale, Stratford. L'amour du théâtre, qui donne lieu ici à des analyses fascinantes des divertissements londoniens de l'époque, et des pièces elles-mêmes, évoquées avec verve. Le rapport, simultanément, à une troupe d'amis comédiens, dont Peter Ackroyd montre bien qu'elle fut une condition sine qua non de l'émergence du théâtre shakespearien. Le rapport aussi à la ville, Londres, cadre d'incessantes épidémies de peste, lieu de violences dont la scène se fait le reflet. L'ambiguïté face à la hiérarchie sociale, la volonté que montre Shakespeare d'être considéré comme un gentilhomme en même temps qu'il fraie avec les milieux interlopes ou populaires. L'ambiguïté, enfin, face à la religion: l'auteur dramatique le plus célèbre de ce pays protestant depuis peu fut peut-être un catholique caché. À chaque page de ce livre, désormais de référence, émerge ainsi le portrait d'un pays et d'une époque tout autant que d'un homme, fabuleux témoin de son temps.


- Vivre !
de Michel Delpech
Éditions Plon / Mars 2015


"Il y a trois mois, j'ai guéri. J'avais très envie de retrouver la scène. Il y a deux mois, la douleur s'est réveillée. Je me suis tiré par l'oreille pour aller consulter. Je n'avais pas envie. Il y a un mois, je suis retourné à l'hôpital. En fait, je n'avais pas guéri. Ce n'est pas très original quand on a un cancer, mais bon, ce n'est pas une raison pour se flinguer; il vaut même mieux éviter de le faire si on a envie de guérir". Michel Delpech En février 2013, alors qu'il achevait la rédaction de son coming out religieux, où il se dévoilait chrétien passionné de théologie, Michel Delpech apprenait l'impensable: lui, le chanteur à la voix d'or, était atteint d'un cancer de la langue. Du jour au lendemain, sa vie en a été bouleversée. Il reprend aujourd'hui la plume pour raconter son chemin face à la maladie. Il lève le voile sur l'après. Car ce cancer l'a transformé. Lui qui, admet-il, n'avait jamais été "un joyeux drille" redécouvre la beauté de la vie. L'amour, les petits plaisirs, l'écoute de soi sont ses nouvelles armes. Un témoignage éblouissant de force et de franchise.


- André Fraigneau ou l'élégance du phénix
de André Fraigneau
Éditions Séguier / Février 2015


Bien que méconnu du grand public, André Fraigneau demeure l'un des écrivains français les plus marquants du milieu du siècle. Marquant par son œuvre (Val de grâce, Les Voyageurs transfigurés, l'amour vagabond), mais également par son existence festive et solitaire, son amour des deux sexes, son irrévérence et son culot. Latiniste distingué et helléniste érudit, il est tout à la fois romancier, portraitiste d'exception, chroniqueur, essayiste et éditeur. Après-guerre, il devient l'un des auteurs de prédilection des Hussards, mouvement littéraire opposé aux existentialistes menés par Jean Paul Sartre. Michel Déon et Antoine Blondin le considèrent comme un maître en littérature. Chardonne dira de lui "Fraigneau a la meilleure plume aujourd'hui dans le style sec et brillant, le style qui a de l'esprit et qui fait sourire de bonheur". Ce livre se compose d'entretiens recueillis par Bertrand Galimard Flavigny, de textes et chroniques d'André Fraigneau, et de divers témoignages laissés par ses pairs auteurs.


- Cartouche: roi du pavé de Paris
de Gilles Henry
Éditions Du Rocher / Février 2015


Cartouche. Le nom claque dans l'air et envahit le Paris de la Régence. Après le long règne de Louis XIV, le siècle prend une tournure nouvelle: chacun aspire à vivre intensément et les comportements changent, avec l'expérience du papier-monnaie de John Law. C'est aussi le début des Lumières, où le meilleur comme le pire s'expriment et la délinquance fleurit. Né vers 1695, Louis Dominique Cartouche est devenu voleur pour plaire à une belle. "Il détrousse les nantis pour redistribuer aux pauvres", dit-on, accentuant son renom. Mais est-ce si sûr? Avec ses nombreux complices, il défie les quarante-huit commissaires au Châtelet, les vingt inspecteurs, les cent vingt cavaliers du guet à cheval et les trois cents archers de guet à pied qui assurent la sécurité de la capitale. Agissant où bon lui semble, sa petite taille et son agilité lui permettent de se glisser partout, il brave le lieutenant général de police et devient "l'ennemi public n°1". Avec François Gruthus auquel il s'associe, il crée deux troupes de plusieurs centaines d'individus qui mettent Paris en coupe réglée. Arrêté puis relâché faute de preuve, Cartouche multiplie les coups audacieux, nargue la police, vole rue Quincampoix et assassine. "Joueur de cocanche sur les remparts et voleur d'épée la nuit", il est le roi du pavé de Paris. Le substitut Gueullette, homme de théâtre et de justice, représentant le pouvoir, écrit sur l'arrêt du Parlement: "C'était le plus habile, le plus adroit, le plus intrépide et le plus déterminé scélérat dont jusqu'alors on eut entendu parler". Trahi par son complice, il est de nouveau emprisonné; cette fois, il sera exécuté le 28 novembre 1721 en place de Grève, devant une foule immense. Cartouche a vécu, mais sa renommée ne fait que commencer.


- Charles le Téméraire
de Georges Minois
Éditions Perrin / Février 2015


Charles le Téméraire est une des figures les plus fascinantes du Moyen Age, mais son image brille d'un éclat crépusculaire. Cet homme intelligent, cultivé, organisateur hors pair, débordant d'énergie et d'une grande capacité de travail, un chroniqueur le surnomme "Charles le Travaillant", est en même temps un personnage inquiétant. Duc de Bourgogne, il règne sur une étonnante collection de territoires allant de la Hollande au sud du Jura, dont il rêve de faire un royaume indépendant entre la France et le Saint Empire. Redouté par tous les souverains, il est l'homme qui a fait trembler Louis XI à Péronne, qui a défié l'empereur et placé Edouard IV sur le trône d'Angleterre. Mais son ambition démesurée lui fait perdre le sens des réalités. De son propre aveu, il préfère être craint que mépris. Il règne par la peur et est capable des pires atrocités, comme la destruction de Liège. Obstiné, trop sûr de lui, le Téméraire méprise ses adversaires et subit deux terribles défaites contre les Suisses avant de périr misérablement dans la neige, à moitié dévoré par les loups, devant Nancy, en 1477. Destin tragique et fin sinistre d'un prince austère, mélancolique et impitoyable, son épitaphe aurait pu être: "Charles le Téméraire, celui qui, à force de tout vouloir, a tout perdu".


- Fouquet
de Daniel Dessert
Éditions Fayard / Février 2015


Vaincu politique, Fouquet est surtout un vaincu de l'Histoire. L'image du ministre léger et prodigue s'est imposée comme une évidence. Pourtant, au terme de cette enquête, la personnalité du surintendant apparaît bien différente de ce poncif. Par son attitude et son caractère, il a certes renforcé l'équivoque. Mais il a perdu son bien, celui de sa famille, joué le destin de son clan, hypothéqué l'avenir de ses enfants avant de perdre sa liberté et son honneur. Vingt ans de prison pour huit années de vertige, mais aussi de bons et loyaux services: un homme capable de tout sacrifier à ses chimères et à son devoir mérite qu'on lui rende justice avant de le condamner si cela est nécessaire. Ni séducteur ni concussionnaire ni factieux, Fouquet représente en réalité l'archétype du financier virtuose, du politique efficace, de l'ami fidèle et du chrétien militant. À la croisée de tous les grands courants de l'Ancien Régime, il en assume les contradictions et les grandeurs.


- Kate Middleton
de Élodie Petit
Éditions Fayard / Février 2015


Chic comme une princesse, simple comme une Anglaise, mère dévouée, épouse aimante, Kate Middleton est la nouvelle icône du XXIe siècle. 29 avril 2011. Catherine épouse le prince William devant deux milliards de téléspectateurs et lie son destin à toute une nation. Une fille du peuple va devenir reine. Au-delà du formidable conte de fée, voici l'histoire intime d'une rencontre débutée sur les bancs de l'université en 2000 et scellée par un pacte secret. Après dix ans d'amour mouvementé, comment cette jeune roturière a-t-elle réussi à se faire accepter par la famille royale? Devenue duchesse de Cambridge, Kate Middleton impose un style moderne qui fascine les sujets du monde entier, mais à quel prix? Fruit d'une enquête inédite, ce livre explore les facettes les moins connues de la petite fiancée de l'Angleterre, qui s'affirme dans l'ombre de la princesse Diana.


- L'ovni Bowie
de Dylan Jones
Éditions Payot & Rivages / Février 2015


Ce livre parle de quatre petites minutes. Quatre petites minutes qui ont secoué le monde. 6 juillet 1972: David Bowie débarque sur le plateau télé de The Top Of The Pops pour présenter le premier single de son nouvel album, The Rise And Fall of Ziggy Stardust and the Spiders From Mars. Un choc. Moulé dans une combinaison multicolore aux reflets fluo, chaussé de bottines rouge cerise, David Bowie, cheveux orange de feu, une guitare acoustique d'un bleu éclatant en bandoulière, bouscule tous les codes de l'époque pour apparaître en flamboyant alien, glamour et décadent, sur les notes d'un hymne venu d'ailleurs, Starman. Le mythe Ziggy est né. En quatre minutes historiques, David Bowie donne subitement de nouvelles couleurs à la pop, à la mode, à l'Angleterre et très bientôt au monde, dont il devient une des plus immense star. Loin d'être une biographie complète et exhaustive de la star, ce livre inédit, truffé d'anecdotes parfois inédites, se focalise sur ce moment crucial de la carrière de David Bowie, et replace cette véritable "révolution musicale" dans le contexte culturel, politique et social de l'époque.


- Machiavel
de Jean-Yves Boriaud
Éditions Perrin / Février 2015


Synonyme de cynisme compliqué de rouerie, le "machiavélisme" a éclipsé Niccolò Machiavelli, Italien de la classe moyenne devenu diplomate, qui courut les routes d'Europe pour le compte de Florence: il connut la cour française de Louis XII, l'Allemagne de Maximilien Ier et la Rome des Borgia, qui lui apprit tant de choses sur les ressorts les plus sombres de l'âme humaine. Cela pour la défense de sa patrie, qu'il aimait, dit-il, "plus que tout", cité opulente, mais si petite qu'il lui fallut toute sa dialectique afin d'assurer sa survie au milieu des guerres d'Italie. Ce républicain, que les Médicis emprisonnèrent, torturèrent et exilèrent, écrivit en 1513, une fois chassé du pouvoir, le bref traité du Prince où, pour la première fois dans l'histoire de la pensée politique occidentale, l'efficacité prenait le pas sur la morale. Sans oublier un Art de la guerre qui renouvelait la doctrine militaire du temps et le commentaire de Tite-Live où les jeunes États-Unis vinrent chercher les fondements de leur Constitution. Pour ses contemporains, il fut aussi un auteur de théâtre à succès, un bon vivant grand ami des actrices, avant qu'une légende noire, forgée à la toute fin de sa vie, n'assombrît définitivement l'image de ce penseur libre venu apprendre au monde, qui ne le lui pardonna pas, que l'homme, foncièrement, est mauvais.


- Madame de Maintenon
de Jean-Paul Desprat
Éditions Perrin / Février 2015


Mme de Maintenon, c'est aussi un caractère complexe et contradictoire où se mêlent l'ambition, l'autorité, la dévotion, le goût du pouvoir et de l'éducation, la "tendresse et la sécheresse" qu'analyse en elle Fénelon. Mme de Maintenon, c'est encore une femme engagée dans le mouvement des Précieuses. Le combat qu'elle mène notamment dans l'œuvre de Saint-Cyr offre aux jeunes filles de cette institution un accès à l'empire de la raison si longtemps refusé par les hommes. Femme sans appui, elle sait que le prix à payer est celui d'une réputation intacte et pratiquement d'un renoncement à l'amour. Or, Mme de Maintenon "ne met point de bornes à ses désirs". Elle veut tout à la fois: la gloire, le salut chrétien et l'amour. D'où des échecs cinglants qu'elle masque en reconstruisant son personnage pour les générations futures. "Je suis née franche, il m'a fallu dissimuler..." Pour la postérité, "elle s'est peinte de dos". Ce livre est écrit "en face d'elle".


- Murat
de Vincent Haegele
Éditions Perrin / Février 2015


Joachim Murat est bien connu des amoureux de l'Empire ou de l'idéal romantique: cavalier extraordinaire, épicurien affirmé, collectionneurs d'uniformes baroques, le maréchal aura pu se flatter d'apparaître comme la face flamboyante d'un Napoléon plus terne. Dès le moment où sa route croise celle de Bonaparte, tout semble le porter vers une irrésistible ascension: la campagne d'Italie puis celle d'Egypte, son mariage avec Caroline Bonaparte, le proconsulat italien, les brillantes campagnes qui portent la guerre à son apothéose et, enfin, la couronne royale de Naples. Pourtant, derrière la grandeur des tableaux d'Ingres, Murat n'est pas sans afficher quelques contradictions: si l'instinct de la gloire le pousse à réaliser des prouesses sur les champs de bataille, il épouse ensuite les querelles d'hommes politiques qui ne le manipulent que trop bien. L'esprit d'analyse a souvent manqué à cet homme jeune, droit et rigoureux, formé à la discipline d'abord au séminaire, puis à l'armée. Tout entier voué à la guerre, mais à une guerre d'essence noble, privilégiant la surprise et le mouvement à la destruction et aux horreurs, Murat apparaît parfois comme égaré dans les méandres de son temps, chevalier porté à la tête d'immenses armées, lorsque tout son être tend vers l'exploit individuel. La grandeur, la gloire et l'ambition ont eu raison d'une conscience fragile, tout entière placée dans la dépendance du grand homme de son époque, dont il tentera en vain de s'émanciper. L'on voit alors combien le fils de laboureurs du Quercy s'est élevé pour gagner une dimension historique. La légende lui ayant conféré une stature de héros, Vincent Haegele propose ici de retrouver la mesure de cet homme contrasté mais fascinant.


- Sissi et ses enfants; drames et conflits
de Hanne Egghardt
Éditions Pygmalion / Février 2015


Se souvient-on que la célèbre impératrice d'Autriche mit au monde quatre enfants? Et que le destin semble s'être acharné à la meurtrir à travers eux? Parce qu'on la jugea inapte à pouvoir s'en occuper, on lui retira sa première petite fille, qui fut confiée aux soins de sa terrible belle-mère, l'archiduchesse Sophie. La malheureuse enfant mourut à deux ans. Aucune intimité ne lia l'impératrice à sa seconde fille, l'archiduchesse Gisèle, qui lui fut également arrachée pour être élevée par sa grand-mère: elle fut mariée dès l'âge de seize ans à un prince de Bavière. Plus tard, son fils unique, le prince héritier Rodolphe, doté d'un caractère fragile et exalté, se suicida à Mayerling dans les bras de sa maîtresse après qu'on l'eut marié à une princesse de Belgique qu'il n'aimait pas. Ce fut seulement avec sa dernière fille Marie-Valérie, née dix ans après ses autres enfants, que Sissi put enfin nouer une relation maternelle: elle imposa son désir de l'éduquer elle-même et la poussa à faire un mariage d'amour en résistant à toutes les pressions d'État. Mais, pour cette dernière, la tutelle d'une mère aussi excentrique ne fut pas de tout repos. Hanne Egghardt nous plonge dans l'intimité de la famille impériale et nous révèle un visage méconnu d'Elisabeth, impératrice d'Autriche.


- Trop forte
de Maurane
Éditions Michel Lafon / Février 2015


"Trop forte" s'exclame-t-elle chaque fois qu'elle commence un régime, inconsciente du charme des silhouettes pulpeuses. Et puis zut. Elle aime trop la vie, les amis, le bon vin, la fête. "Too much", quoi! Quand elle s'engage dans une cause humanitaire, c'est à plein cœur; si le commerce prend le pas sur l'entraide, elle claque la porte. Elle peut se montrer violente, Maurane, mais c'est un bonbon  fondant de générosité. Et d'amour, dont elle dit n'avoir pas encore bien compris "comment ça marche": si elle en donne trop, on la quitte, si on l'étouffe de sentiments, elle se sauve. Trop libre. Trop contente de retrouver son public, son havre de bien-être, et tous ceux avec qui elle a roucoulé en duo ou en chœur: Fugain, Cabrel, Nougaro, Daran, Lara Fabian… Elle déborde d'amitié et les portraits de ceux à qui elle a offert la sienne nous dévoilent le monde des variétés, ou du cinéma, comme nous ne le soupçonnons pas. Trop forte? Ah oui. Au sens que donnent à l'expression les ados. Costaude, la belle Belge, pour réussir malgré tant de ferveur. Pour résister aux pics d'euphorie et aux abîmes de désillusions qui l'assaillent parfois dans sa course au bonheur, qu'elle sait si bien prodiguer alentour.


- Artaud et l'asile
de Laurent Danchin et Andre Roumieux
Éditions Séguier / Janvier 2015


Fruit de la collaboration étroite entre André Roumieux et Laurent Danchin, Artaud et l'asile présente en deux temps: la biographie médicale d'Antonin Artaud, reconstituée pour la première fois dans son intégralité, à partir des pièces manquantes de son dossier psychiatrique, jusque-là inaccessible aux spécialistes; et l'édition critique des archives de Gaston Ferdière, le psychiatre qui tenta de soigner Artaud en lui administrant des électrochocs à Rodez. S'y ajoutent la transcription d'un ciné-portrait et d'un portrait radiophonique du Docteur Ferdière, ainsi qu'une série d'entretiens sur l'"Affaire Artaud", la psychiatrie et l'électrochoc, avec l'assistance du vidéaste Jean-Claude Fosse.


- Blanche de Castille
de Philippe Delorme
Éditions Pygmalion / Janvier 2015


Dans l'histoire de la France, les femmes, et avant tout les reines, ont souvent régné sur le cœur et l'esprit de leur peuple, bien qu'elles n'aient pas toujours exercé le pouvoir. Pendant quinze siècles, certaines ont joué un rôle prépondérant en se montrant plus lucides, plus préoccupées du bonheur de leurs sujets, sinon plus attentives au rayonnement de la monarchie. Si les rois ont fait la France, on peut dire que les reines l'ont sans doute aimée davantage. La mère de Saint Louis, qui fut aussi la petite-fille d'Aliénor d'Aquitaine, demeure un personnage saisissant de l'Histoire de France. Catholiques et laïques n'ont cessé de saluer en elle l'éducatrice de Saint Louis et celle qui, veuve très jeune du roi Louis VIII, fit grandir son pays sous une poigne de fer en matant les féodaux. Puisant dans les meilleures sources médiévales pour corriger l'image déformée qu'en a tracée le XIXe siècle, Philippe Delorme révise de fond en comble le portrait convenu d'une femme idéalisée. Il replace cette magnifique reine et régente, intelligente et cultivée, dans le cadre rayonnant du XIIIe siècle, celui des cathédrales, des premières universités et de la croisade contre les cathares.


- Choron et moi
de Sylvia Lebègue
Éditions L'Archipel / Janvier 2015


Voici mon parcours: vingt ans passés avec cet homme hors du commun. Je raconte tout: ma rencontre, la vie à Hara-Kiri, les coups, les huissiers, l'isolement de Choron face à ses créanciers, la faillite du journal, mes premiers pas dans la prostitution, les déménagements à la cloche de bois. Je raconte, tels que je les ai vécus, la création du mensuel Grodada et son échec, la vente des locaux aux enchères publiques, notre installation à la campagne, la dégradation de la santé du professeur Choron et sa mort. Ma vie de déglingue auprès de celui qui fut l'homme que j'ai le plus aimé, cette vie de débauche, d'alcool, de pleurs, de désarroi, de folie pure.


- Et Dior créa Victoire
de Victoire Doutreleau
Éditions Cherche Midi / Janvier 2015


Elle est inconnue, elle a la grâce insolente des jeunes femmes de Saint-Germain-des-Prés. Il est le maître de la mode. Christian Dior l'observe longuement: "Vous serez mannequin, lui dit-il, et je vous nomme Victoire". Ainsi commence la carrière de celle qui va devenir le mannequin vedette des années 1950. À travers la plus célèbre maison de couture de Paris, donc du monde, puisque la Ville lumière est la capitale de la mode, elle accompagne la valse des célébrités, de la princesse Margaret à l'impératrice du Japon. Elle découvre la frénésie des nuits parisiennes avec ses complices, des inconnus de 20 ans qui s'appellent Yves Saint Laurent et Karl Lagerfeld. Elle apprend à affronter la jalousie des femmes, la convoitise des hommes et les pièges de la gloire. Au fil de ses souvenirs, Victoire Doutreleau nous emmène dans les coulisses de la haute couture à sa plus grande époque. Un univers où se conjuguent la démesure, la folie, la gaieté, le talent, les exaltations et les blessures. Et, dans un entretien au titre révélateur, "Dialogue avec une muse contemporaine", Victoire se dévoile encore.


- Frison-Roche, une vie
de Antoine Chandellier
Éditions Flammarion / Janvier 2015


À travers une enquête journalistique, l'auteur retrace la vie de Frison-Roche en s'appuyant sur l'œuvre de cet auteur prolifique, mais également sur les archives de sa famille et sur les témoignages de ceux qui l'ont aimé et côtoyé.


- Je krach !
de Eva Darlan
Éditions Du Moment / Janvier 2015


À la lumière de son histoire qui l'amène au surendettement et à la faillite personnelle, Eva Darlan porte un regard citoyen sur la toute puissance des banques et le gouvernement pour qui elle a fait campagne. Comment arrive-t-on à l'exclusion? Très vite et très facilement. Pour elle, il a seulement fallu quatre mois. Un revers professionnel doublé d'une mauvaise rencontre, voilà le fragile édifice de sa vie qui s'effondre et l'engloutit. Elle est devenue la proie des banques qui n'ont jamais relâché leur étau. Je krach ! raconte cette histoire qui a failli l'emporter, une histoire, des stupéfactions, des réflexions sur notre système et les conséquences désastreuses qu'il peut engendrer. Personne n'est à l'abri de les vivre un jour.


- Le Régent
de Philippe Erlanger
Éditions Perrin / Janvier 2015


Parvenu au pouvoir en brisant le testament de Louis XIV, le Régent (1715-1723) inaugure une politique réformatrice et souvent audacieuse: il se rapproche de l'Angleterre, favorise la révolution bancaire, restaure les remontrances parlementaires et encourage les ambitions politiques de la haute noblesse. Le fiasco de la polysynodie et la banqueroute de Law amoindrissent son bilan tandis que le dirigeant éclairé disparaît derrière le libertin. Cette biographie enlevée souligne l'importance du politique et révèle une personnalité complexe et fascinante.


- Sur la vie de mon père
de Gérard Darmon
Éditions Michel Lafon / Janvier 2015


"Quand mon père est mort, je n'étais pas là. Cette vie-là s'est arrêtée loin de moi, et ma mémoire a été engloutie. Le temps m'a manqué, le temps me manque toujours, je n'ai pas pu poser toutes les questions. Qui était-il, cet homme qui fut si absent, si présent dans ma vie? Qui est-il, cet étranger si proche qui m'accompagne, nuit après nuit, jour après jour, dans mon voyage intime?" Dans ce texte éblouissant, bouleversant d'émotions contenues, Gérard Darmon recrée, à partir de souvenirs épars, des confidences parcimonieuses de ce père mutique et des archives qu'il a retrouvées, le destin incroyable de celui qu'on appelait "Trompe-la-mort", et auquel il a voué un amour infini.


- Véronique Sanson, les années américaines
de Yann Morvan et Laurent Calut
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2015


1973 - 1978: avec trois albums écrits et enregistrés aux États-Unis auprès des plus grands musiciens de la pop américaine (Le Maudit, Vancouver, Hollywood) la jeune Véronique Sanson s'impose enfin dans le paysage musical français. En seulement six ans, ce virage américain initié par amour l'aura propulsée des pages de Mlle Age Tendre à celles de Rock & Folk et aura introduit en France une musique résolument neuve. Mais qui sait comment ses albums furent écrits, réalisés, reçus? Laurent Calut et Yann Morvan, deux proches de la chanteuse, ont retrouvé dans ses affaires personnelles des photos de l'époque et les précieux carnets qui virent naître les chansons de cette série américaine. À l'occasion des concerts prévus à l'Olympia en février 2015, ils sont allés interroger Véronique Sanson et ses proches pour nous offrir le récit de ce tournant made in USA. Composé de photos, des fac-similés de ses carnets et du récit de ses années rock'n'roll, cet album inédit nous ouvre les coulisses de ces chansons. Entre un mariage célébré aux côtés de Ringo Starr, des membres des Stones, des Doors ou des Who, une vie sentimentale houleuse, des séances de studio à Los Angeles, dans le Colorado ou à Londres, de Hawaï à New York et du Québec en France, on plonge dans la fabrique d'une œuvre, d'une renommée et d'une époque où la musique s'inventait en vivant intensément.


- Vie de Beethoven
de Romain Rolland
Éditions Bartillat / Janvier 2015


L'intention de Romain Rolland dans cette biographie de Ludwig van Beethoven, parue pour la première en 1903 aux Cahiers de la Quinzaine de Charles Péguy, est de faire respirer aux hommes "le souffle des héros". Du compositeur il dresse un portrait élevé: "J'appelle héros seuls ceux qui furent grands par le cœur". C'est grâce à l'héroïsme que Beethoven fut plus fort que son propre destin. Ce sujet ne quittera d'ailleurs jamais l'esprit de Rolland. Voici, racontée depuis son enfance triste et misérable jusqu'à la maladie qui le conduisit à la mort, la vie d'un homme qui a beaucoup souffert et qui pourtant a fait de la Joie un thème central de son œuvre. Comme le souligne Jean Lacoste dans sa longue présentation, il ne s'agit pas ici d'une œuvre de musicologie: "La vie de Beethoven ne relève pas seulement de l'histoire de la musique; elle doit apporter par son exemple un soutien et un réconfort, la présence d'un ami, d'un confident. C'est probablement cette dimension humaine, cette leçon de résilience, pour employer un terme récent, que Rolland retrouve dans la figure fraternelle de Beethoven". Au moment où l'œuvre de Romain Rolland connaît un second souffle, cette Vie de Beethoven apporte un éclairage décisif à la connaissance de cette pensée inspirée et généreuse.


- Caroline Bonaparte
de Florence de Baudus
Éditions Perrin / Novembre 2014


En épousant Murat en 1800, Caroline Bonaparte, la plus jeune sœur de Napoléon, embrasse son destin. Grande-duchesse de Berg en 1806, puis reine de Naples deux ans plus tard, elle joue un rôle actif aux côtés de son mari. Lorsque celui-ci part se battre en Russie, elle occupe la régence. Quand Murat décide de rejoindre l'Empereur au moment des Cent-Jours, elle fait tout pour se maintenir au pouvoir avant d'être contrainte à l'exil. Elle meurt à Florence en 1839. La postérité a été cruelle avec elle, et la plupart des historiens l'ont dépeinte comme ambitieuse et égoïste. Se gardant de tout jugement, comme de toute réponse romanesque aux obscurités de l'histoire, l'auteur nous guide dans l'ascension vertigineuse de Caroline et de sa famille, puis de leur chute, tout aussi fulgurante. Douée d'une réelle intelligence politique, c'est elle qui ressemble le plus à Napoléon, raison pour laquelle elle finit par s'opposer à lui. Elle a voulu être reine et le reste, et pourquoi dans ce contexte incomparable ne l'aurait-elle pas voulu?, et elle l'a pleinement été. Douée d'un goût inné pour les arts, elle a su embellir les palais qu'elle habitait et s'est très activement occupée des fouilles de Pompéi.


- Chopin ou la fureur de soi
de Dominique Jameux
Éditions Buchet Chastel / Novembre 2014


À la fois étude musicologique et biographie de Chopin, cet ouvrage se veut tout ensemble une "vie et œuvre". C'est la musique qui commande ici le récit des événements, cette musique intime, qui parle à l'oreille, où tout est beau et tout est court. De chef-d'œuvre en chef-d'œuvre, on suit le musicien sous la monarchie de Juillet, depuis la violence de ses vingt ans jusqu'à une forme d'apaisement intérieur et de stabilisation amoureuse, avant la ruine finale. Un ouvrage en ombres et en lumières, entièrement nourri par l'amour de la musique de Chopin.


- Christine de Suède et la musique
de Philippe Beaussant
Éditions Fayard / Novembre 2014


Christine de Suède est l'un des personnages les plus surprenants de tout le XVIIe siècle, qui n'en manque pas. Reine à six ans, elle abdique à vingt-quatre, se convertit au catholicisme, se fixe à Rome. Elle n'a cessé, en toutes circonstances, dans sa vie trépidante de jeune reine puis de reine sans royaume, puis dans son rôle de padrona di Roma vieillissante, de déconcerter ses contemporains, puis les historiens, les romanciers et les gens de théâtre. Elle parlait dix langues, s'habillait en homme et disait ce qui lui passait par la tête. Elle a aimé tous les arts, mais la musique plus que tout. Ouvrir la première salle d'opéra public à Rome, demander à Corelli, à soixante ans, de lui donner des leçons de violon, à Stradella de composer la musique d'un mini-opéra sur un livret de sa main, faire venir Descartes à Stockholm et lui faire écrire le scénario d'un ballet, qui a fait cela? Il a semblé à Philippe Beaussant que la musique était le plus juste témoin de ce que fut cette femme étonnante: la succession même des œuvres qu'elle a aimées, qu'elle a voulues, constitue un portrait en musique, plus vrai que tout ce qu'on a pu dire d'elle.


- Deux heures à tuer au bord de la piscine
de Victor Lanoux
Éditions Cherche Midi / Novembre 2014


Quand Victor Lanoux trimballe sa carcasse au bord d'une piscine, d'un plan d'eau, avec même deux heures à tuer, il est permis de se poser des questions. Surtout que l'on sait que nulle caméra ne s'agite dans les parages campagnards. Et vous avez raison de trouver étrange le tête-à-tête de cet homme avec lui-même. De l'insolite, du baroque, du singulier, du jamais vu. Victor Lanoux n'avait pas voulu, jusqu'ici, évoquer ses presque quatre fois vingt ans d'existence. Se confiait-il seulement à son oreiller? Pas sûr. Devant cette piscine, il se raconte enfant, il quitte son amnésie, afin de se mettre à table et de faire une sorte de point. On croyait, certains privilégiés du moins, connaître le comédien, deviner l'homme au caractère peu malléable, voire fougueux. Il n'en était rien. Quand là, triturant ses bâtons qui l'aident à tenir debout, il nous distille les joies, les brûlures de son existence, il n'essaie pas d'enjoliver, d'apitoyer. Il est vrai, authentique, touche juste. Et, dans ces remous de la piscine, remous causés par sa canne d'homme blessé, d'homme à vif, on l'entend évoquer toutes les étapes de sa vie et se rappeler ce que lui avait dit le poète René Char: "Victor, la vie, c'est l'éclair". Homme des silences, de cœur et d'esprit, plus que jamais le promeneur immobile de la piscine n'a pas fini de nous troubler.


- Gabin, Ventura, Delon: Les légendes du polar
de Philippe Durand
Éditions Sonatine / Novembre 2014


Le polar français a souvent eu des complexes par rapport au polar américain. Écoutons Lino Ventura: "Les Américains disposent d'atouts que nous n'avons pas. En France, si on fait un film on ne peut pas échapper au "pin-pon, pin-pon" de la petite 4L qui arrive ventre à terre. Les agents qui vont se tenir le képi de la main gauche et le bâton de la main droite pour courir. Je veux dire que cela a souvent un côté opérette à Mogador. Les bagnoles américaines, leurs avertisseurs, les flics en manteau de cuir, les lunettes cerclées d'or, les cartouchières; ça a quand même une autre gueule". Complexe d'infériorité qui, à la lecture de cet ouvrage, va faire long feu. Philippe Durant nous retrace en effet ici la passionnante histoire du polar français des années soixante-dix. Flics aux méthodes peu orthodoxes, voyous d'un nouveau genre, notables pompidoliens, partis politiques corrompus. Du Clan des Siciliens à Série Noire, en passant par Adieu Poulet, Dupont Lajoie, ou Police Python, c'est en effet une époque d'une richesse incroyable que l'auteur retrace ici.


- George Sand
Les carnets secrets d'une insoumise
de Catherine Hermary-Vieille
Éditions XO / Novembre 2014


De George Sand s'impose l'image de la "bonne dame de Nohant". Celle qui, ayant derrière elle une riche carrière littéraire, s'occupait de son jardin et de ses œuvres. Pourtant, la romancière fut tout autre que cette image surannée: une amoureuse ardente, une républicaine, une combattante de la cause des femmes. Pourquoi un tel fossé entre ce qu'elle fut et l'image qu'elle a laissée? En grande partie parce que, dans ses mémoires, George Sand a occulté tout un pan de sa vie. C'est cette histoire cachée que font revivre ces Carnets secrets, histoire romancée qui repose entièrement sur des faits avérés. Alors que sa fille Solange lit les confidences, fictives, de George Sand, les points de vue de la mère et de la fille se répondent. Ils dressent le portrait d'une femme libre, passionnément amoureuse, notamment de Musset et de Chopin, qui mène sa vie personnelle et sa carrière d'une même main de fer. George Sand est une fantaisiste organisée, une passionnée à la tête froide qui place sa liberté au-dessus de tout le reste. Une femme à la modernité éclatante. Dans la veine de ses grands romans historiques, Catherine Hermary-Vieille dresse le portrait d'une George Sand inconnue, une femme fascinante et libre.


- Les baisers du soleil
de Marlène Jobert
Éditions Plon / Novembre 2014


Pour la première fois, Marlène Jobert remonte le fil de ses souvenirs et nous fait partager les moments forts de sa vie et de sa carrière. "On trouvera ici des lumières d'hier qu'il ne m'a pas toujours été agréable de rallumer, mais aussi tous ces moments uniques, ces anecdotes souvent amusantes et ces rencontres exceptionnelles qui ont éclairé ma route. Parfois, c'est étrange, j'ai l'impression de les avoir rêvées, ces rencontres. Et pourtant, non. Dans cette autobiographie, je n'ai rien oublié d'essentiel. Ni les dessous cachés de mon métier de comédienne, tels que je les ai vécus, ni les blessures secrètes, ni les battements de cœur". Marlène Jobert Marlène Jobert a marqué d'une aura singulière le cinéma français des années 1970. Son écriture spontanée, et grave parfois, nous entraîne avec émotion à la suivre tout au long du destin exceptionnel qui fut le sien, comme actrice d'abord, puis comme auteur à succès de contes pour enfants.
 

- Louis XIV
de Jean-Christian Petitfils
Éditions Perrin / Novembre 2014


Ce livre est autre chose qu'une biographie classique. C'est tout le règne qu'il embrasse dans une vision générale de la société du Grand Siècle, renouvelant le sujet, mettant à mal bien des clichés et des vieilles lunes grâce à une documentation considérable, dont de nombreuses études étrangères peu accessibles, grâce tout autant à une analyse remarquable, originale, juste, du pouvoir, de ses serviteurs, de ses moyens d'action et de propagande, de sa grandeur, mais aussi de ses limites et de ses contradictions.


- Marie-Antoinette
de André Castelot
Éditions Perrin / Novembre 2014


Avec la précision, la clarté, l'érudition et le style très vivant qui ont fait sa renommée, André Castelot nous entraîne à la découverte de l'une des souveraines les plus fascinantes et controversées de l'histoire de France, une reine au destin tragique que seuls la verve et l'art du grand historien pouvaient à ce point magnifier. Puisant dans une immense masse d'archives, de mémoires et de correspondance souvent oubliés, il nous offre un chef-d'œuvre coloré et passionnant, le best-seller des biographies, toutes époques et tous personnages confondus, qui a déjà conquis plus d'un million de lecteurs.


- Marie Curie
Portrait d'une femme engagée 1914-1918
de Marie-Noëlle Himbert
Éditions Actes Sud / Novembre 2014


Marie Curie était une femme insaisissable, cadenassée. Le récit de ses activités, parfois clandestines, durant la Première Guerre Mondiale, éclaire d'un jour nouveau la face méconnue de ce personnage célèbre: son engagement et son humanité. En août 1914, Marie Curie est une femme seule. Ses découvertes, ses deux prix Nobel sont derrière elle, et son époux Pierre est mort depuis huit ans. Ce qu'elle va entreprendre durant ces quatre années de guerre, sur les lignes de front, au plus près des blessés, la rappelle à la vie. Elle fait acheminer vers l'avant, malgré le risque et contre les autorités, le matériel et les techniques des rayons X qui vont permettre la localisation, et donc l'extraction, des éclats d'obus. Mais pour y parvenir, il lui faut tricher, défier les règles, se battre, et oser emmener sa fille Irène, dix-sept ans, sur les routes en guerre, puis la lâcher, seule, dans des hôpitaux de l'avant. Bilan de cette guerre de Marie Curie: vingt voitures radiologiques sur le front, plus de deux cents postes fixes dans les hôpitaux, cent quatre-vingts manipulatrices radio formées dans son école. Plus d'un million de soldats furent secourus par ses installations, mille d'entre eux de ses propres mains. Elle révèle dans un texte inédit ce que ces faits de guerre lui ont apportés: "une grande douceur". Bien des archives consultées par Marie-Noëlle Himbert n'avaient jamais été exploitées : certaines, issues des documents personnels de la famille du Pr Claudius Regaud, étant même jusqu'ici inconnues. Cent ans après, Marie Curie, sa fougue, son insolence, son génie viennent encore nous toucher.


- Muddy Waters
Mister Rollin' Stone
de Robert Gordon
Éditions Payot & Rivages / Novembre 2014


La vie de Muddy Waters se confond avec la grande histoire du blues. Avec la vie âpre dans les plantations de coton, au cœur de ce Delta du Mississippi où il naît en 1915. Avec les fêtes dans les juke joints enfumés où courent d'étranges légendes de guitaristes ensorcelés. Avec le célèbre musicologue Alan Lomax, qui croise son chemin et l'enregistre presque malgré lui. Avec l'exode vers Chicago, ses usines, ses abattoirs et ses clubs. Avec les stars du blues (de Howlin' Wolf, son ennemi juré, à Otis Spann, James Cotton, Willie Dixon, ses complices). Avec, enfin, les jeunes blanc becs d'un rock en pleine explosion, impressionnés par son jeu saturé d'électricité (sa chanson Rollin' Stone donnera accessoirement son nom à un petit groupe anglais). À partir d'une multitude de témoignages, le journaliste et écrivain Robert Gordon dresse un sidérant portait, grouillant d'anecdotes, de ce géant du blues. De ses musiciens hauts en couleurs (et souvent armés jusqu'aux dents). De ses nombreuses femmes (jalouses). Et surtout de cette musique du diable, dont il fut un grand seigneur.


- 60 ans… et alors ?
de Patrick Sabatier
Éditions Michel Lafon / Octobre 2014


Mon soixantième anniversaire ne m'a pas fait très plaisir, avoue Patrick Sabatier, le célèbre animateur d'"Avis de recherche" et du "Jeu de la vérité", aujourd'hui sur France 2 avec "Mot de passe". Alors, pour me rassurer sans doute, j'ai voulu savoir comment des célébrités que vous connaissez toutes ont vécu l'arrivée de cette décennie. Comme Patrick aujourd'hui, et comme bien des sexagénaires, tous ceux qui interviennent dans ce livre paraissent en pleine forme. Mais le cap n'a pas toujours été facile à franchir. C'est l'heure des bilans, du rapport au passé, à l'enfance, aux parents, aux épouses de longue date ou aux fraîches épousées, aux enfants, à la réussite, aux épreuves subies, à la mort et surtout à la vie qui continue. Comédiens, humoristes, chanteurs, homme d'affaires, femme ministre, journalistes, chefs étoilés, tous ont répondu sans détours aux questions les plus délicates, nous livrant au passage des aspects surprenants de leur personnalité. Autant d'expériences "vécues", qui peuvent nous aider à dédramatiser le chiffre 60 et à comprendre ceux de nos proches auxquels il fait encore peur.
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