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 Les dernières parutions

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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mar 13 Sep - 11:11

- Chiang Kaï-Shek
de Alain Roux
Éditions Payot & Rivages / Septembre 2016


"Brutal et tyrannique. Irritable. Vaniteux, têtu, méchant, extravagant, jaloux, avare, luxurieux, arrogant. Aime à se donner en spectacle et fanfaronne sur sa richesse". Tel est l'autoportrait sans concession tracé à l'âge de 31 ans par Chiang Kaï-shek (1887-1975) dans son Journal de 16 000 pages conservé à l'université de Stanford. Brutal, le jeune Chiang l'est assurément: à Shanghai, il n'hésite pas à assassiner pour le compte du gang de la Bande Verte, à battre sa première femme ou à malmener les soldats placés sous ses ordres. Après la mort de son mentor, Sun Yat-sen, en 1925, le "général rouge" saisit sa chance en s'emparant du Guomindang, le Parti nationaliste. Désormais marié à la belle et brillante Meiling, qui lui sert de conseillère occulte et d'interprète auprès des États-Unis, il s'attache à réunifier la Chine, massacrant ses alliés communistes de jadis et soumettant les seigneurs de la guerre. Pendant douze ans, il mène un double combat: à l'extérieur contre les Japonais, à l'intérieur contre les communistes. Si, à la fin de la Seconde Guerre Mondiale, cet habile stratège est considéré, avec Churchill, Franklin Roosevelt et Staline comme un des "Quatre Grands", il ne se montre pas à la hauteur de son destin et doit capituler en 1949 devant Mao, son rival de toujours. Exilé à Taïwan, il impose sur l'île sa dictature et tente en vain de reconquérir une Chine continentale perdue. Une biographie monumentale, fruit de cinq années de recherches, qui redonne à cette figure majeure du XXe siècle la place qu'elle mérite dans l'Histoire.


- Jean-Louis Aubert
de Christian Eudeline
Éditions Prisma / Septembre 2016


Une biographie intime qui dévoile le parcours étonnant d'un musicien devenu star deux fois en une vie. L'histoire de Jean-Louis Aubert commence avec Téléphone, l'un des plus grands groupes de rock français, le seul à avoir connu un si grand succès. Le groupe se lance au milieu des années 1970, lorsque le rock n'est pas encore pris au sérieux. Et dès le début des années 1980, les quatre enfants terribles remplissent les stades et vendent des centaines de milliers de disques. Mais le phénomène devient trop difficile à gérer. Le groupe se sépare, et Jean-Louis Aubert repart quasiment à zéro pour une carrière solo. Une deuxième fois, il deviendra une icône. Dans son sillage on croise le rêve hippie, la révolution punk de 1977, la concurrence acharnée, les concerts balbutiants et le début d'une industrie, la compétition, l'amour, la haine, le succès, l'incompréhension et la rédemption. L'histoire de Jean-Louis Aubert illustre parfaitement l'histoire de la musique rock de ces quarante dernières années. En s'appuyant sur une enquête complète et de nombreux témoignages, dont celui de Jean-Louis Aubert, cette biographie retrace l'itinéraire de l'enfant béni du rock. Elle est la plus complète à ce jour.


- L'impossible exil
de George Prochnik
Éditions Grasset & Fasquelle / Septembre 2016


Né en 1881 dans une famille aisée, Stefan Zweig publia son premier recueil de poèmes à l'âge de 19 ans. Quoi qu'il écrivît, essais, articles, nouvelles, romans, biographies, il ne connut que le succès. À partir des années 1930, il devint l'auteur vivant le plus traduit à travers le monde. Il était, aimait-il à plaisanter, l'un des dix auteurs de langue allemande à pouvoir se permettre de fuir. Après l'arrivée au pouvoir d'Hitler, cet auteur célébré par tous, chantre de l'humanisme international, amoureux des arts et des lettres, se retrouva, en l'espace de quelques années, contraint à un exil solitaire qui l'éloigna peu à peu de tout ce qui avait guidé et fait sa vie. Il quitta l'Autriche pour s'installer à Londres, puis à Bath, avant de partir pour l'Amérique, New York, Ossining, Rio et enfin Petrópolis où, en 1942, il mit fin à ses jours. Dans cet essai brillant et très documenté, George Prochnik retrace le destin tragique de Stefan Zweig, et à travers lui, c'est tout un pan de l'histoire culturelle européenne et américaine que l'on découvre, mais aussi la lutte de ceux qui durent abandonner l'une pour embrasser l'autre. Zweig devient ainsi, par ses textes et sa pensée, le symbole de la fin d'une époque et de l'implosion de l'Europe en tant qu'idéal d'une civilisation occidentale éclairée.


- Le vieux saltimbanque
de Jim Harrison
Éditions Flammarion / Septembre 2016


Dans ce dernier livre publié moins d'un mois avant sa mort, Jim Harrison a choisi de poursuivre ses mémoires sous la forme d'un texte à la troisième personne pour échapper à l'illusion de réalité propre à l'autobiographie. Souvenirs d'enfance, découverte de la poésie, mariage, amour de la nature, célébration des plaisirs de la chair et de la table, alcools et paradis artificiels, Jim Harrison tisse le roman d'une vie. Véritable testament littéraire, Le Vieux Saltimbanque est à l'image de Big Jim: plus libre et provocateur que jamais, plus touchant aussi, en marge de toutes les conventions.


- Sir Ernest Shackleton
de Brigitte Lozerec'H
Éditions Du Rocher / Septembre 2016


Cancre à 16 ans, Ernest Shackleton, fils de médecin, préfère l'apprentissage du métier de marin à la scolarité. Il a 28 ans lorsqu'il est engagé, en 1902, sous le commandement de Robert Falcon Scott. La mission de l'expédition est de ficher l'Union Jack au pôle sud, cœur hostile et glacé du continent jamais encore pénétré par l'Homme. Bien que l'expédition soit un échec, Shackleton a pris goût au grand défi. Assoiffé de gloire, il organisera désormais ses propres expéditions pour être celui qui gagnera le pôle. Malgré les épreuves qu'il surmontera, il manquera toujours son but. Doué d'une volonté hors du commun, cet Irlandais au tempérament bouillonnant donnera à ses entreprises une dimension onirique qui a contribué à faire de lui un héros de légende parmi les explorateurs polaires, les marins et les montagnards. "La gloire, oui, mais jamais au prix de la vie d'un homme", avait-il écrit à son épouse. Ses trois expéditions tourneront à l'échec qu'il transformera en glorieuses aventures. Il ne perdra jamais un seul homme, contrairement à Scott. Dans les pires conditions, il fera toujours passer le salut de son équipage avant ses intérêts: devant leur trois-mâts, l'Endurance, prisonnier de la banquise de la mer de Weddell (plus grande que la France), puis broyé sous leurs yeux après des mois de dérive sur l'infini radeau de glace incontrôlable, il promettra à ses vingt-sept compagnons naufragés de les ramener tous à la maison. Grâce à son optimisme et son abnégation qui leur inspirent une foi absolue, ils dériveront encore presque un an avant de retourner à la civilisation au prix d'épreuves inimaginables. Ainsi transformera-t-il chacune de ses trois expéditions en exploits surhumains, exemplaires, fraternels. Quel homme se cachait donc derrière ce perdant magnifique, héros jalousé et vénéré? Quelles forces intérieures, quelles secrètes inquiétudes le poussaient à ne se sentir libre et en accord avec lui-même qu'en affrontant les espaces hostiles, gelés et inconnus du Grand Sud? En l'accompagnant dans cette biographie, nous tenterons de comprendre les ressorts intimes de cet ambitieux consumé par une soif d'absolu qui aura désiré ardemment contribuer à la conquête du dernier continent vierge et que les honneurs n'intéresseront plus. Il aura accédé aux impossibles sommets de ses rêves de cancre.


- Frank Zappa et l'Amérique parfaite
de Christophe Delbrouck
Éditions Le Castor Astral / Août 2016


La monumentale biographie de Frank Zappa se referme sur la grande résurrection des années 1980. Avant l'inévitable déclin face aux pièges tendus par les forces conservatrices et une industrie musicale réfractaire aux incartades atypiques du célèbre moustachu. Lassé de cette lutte incessante, Frank Zappa entame une action politique sans précédent aux États-Unis, celle d'un citoyen en colère. Cette bataille démesurée le mène devant le Sénat, puis au bord de l'élection présidentielle. Zappa soulève alors minutieusement les aberrations des politiciens, des censeurs et des fous de Dieu. Au-delà de cet ultime baroud d'honneur, Frank Zappa atteint son rêve transculturel le plus fameux: permettre à tous d'accéder à la connaissance par le divertissement. La vision d'une culture musicale débridée, sauvage et belle.


- Joseph Bonaparte
de Thierry Lentz
Éditions Perrin / Août 2016


Joseph Bonaparte (1768-1844) a joué un rôle considérable pendant la Révolution puis sous le gouvernement de son frère cadet, Napoléon. Un simple survol des fonctions qu'il occupa durant ce quart de siècle suffi t à en prendre la mesure: président du district d'Ajaccio, commissaire des guerres, ambassadeur, député, conseiller d'État, sénateur, grand électeur de l'Empire, roi de Naples, roi d'Espagne, lieutenant général de l'empereur en 1814, président du Conseil des ministres durant les Cent-jours. Son rôle politique actif fut donc de premier plan, marqué par une relation très particulière avec Napoléon dont il fut peut-être le seul ami. Après 1815, sa position ne fut pas non plus secondaire, malgré son départ d'Europe pour un long exil de près de 25 ans aux États-Unis où il devint un personnage très en vue, jusque dans les milieux officiels. Il demeura de plus une sorte de régent moral pour le compte du roi de Rome puis, après la mort de celui-ci (1832), devint prétendant au trône impérial. L'âge venant, il se raidit dans cette position et se heurta à son neveu Louis-Napoléon, le futur Napoléon III. Inhumé à Florence après sa mort dans cette ville, en 1844, il rejoignit son frère sous le dôme des Invalides en 1862.


- L'intrépide chevauchée de Benjamin Disraeli
de Charles Zorgbibe
Éditions Bernard de Fallois / Août 2016


"Quand je veux lire un roman, j'en écris un", aimait dire Benjamin Disraeli. Sa vie aura été le plus extraordinaire de ses romans. Intrépide chevauchée du petit-fils d'un immigré italien qui rêvait d'accéder aux plus hautes fonctions du Royaume-Uni, alors qu'il n'avait ni titres nobiliaires, ni propriétés terriennes, ni diplôme d'Oxford ou de Cambridge, les conditions indispensables au XIXe siècle pour entrer dans le cercle enchanté du pouvoir britannique. À trente ans, il confie au puissant lord Melbourne, pilier du gouvernement, qu'il veut devenir "premier ministre", provoquant la colère de son interlocuteur: "Jeune homme, chassez ces idées folles de votre tête". Aux contraintes du destin, Benjamin Disraeli ne cessera d'opposer la force de la volonté et l'énergie créatrice de l'imagination. Il prendra la tête du parti tory, le parti des aristocrates anglais et, par deux fois, il sera premier ministre, accédant ainsi au "sommet du mât glissant". Il élaborera les grandes lois sociales du XIXe siècle et il élargira le suffrage à de nouvelles couches d'électeurs dans une "course à la démocratie" face à son grand rival Gladstone. Devenu l'un des premiers hommes d'État européens, Disraeli imposera la paix à la Russie et à l'Empire ottoman lors d'une nouvelle éruption de la "question d'Orient". Il restera, dans l'histoire de l'Angleterre, le père fondateur de l'impérialisme, après avoir multiplié les coups de "diplomatie-spectacle, l'achat des actions du canal de Suez, la prise de possession de Chypre et le couronnement de la reine Victoria comme impératrice des Indes.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mer 17 Aoû - 13:10

- Lénine
de Robert Service
Éditions Perrin / Août 2016


Un siècle après la révolution de 1917, Lénine reste une figure d'une exceptionnelle envergure. Premier historien à avoir eu accès au "dossier Lénine" conservé aux archives soviétiques, Robert Service renouvelle ce que nous pensions savoir de la personnalité complexe de ce révolutionnaire autant glorifié que dénigré. Quelles furent les influences des premières années de sa vie politique? Comment, devenu le maître de la Révolution russe, créa-t-il le premier État socialiste du monde, d'où devait naître l'URSS? En s'interrogeant sur l'État et la société construite sous son égide, cette biographie exemplaire fait le bilan d'un héritage dont la mémoire est toujours vive, malgré l'effondrement du régime soviétique.


- Comme un enfant perdu
de Renaud Sechan
Éditions XO / Juin 2016


Après le grand retour de Renaud et le succès triomphal de son nouvel album Toujours debout, le chanteur publie son autobiographie. Dans son livre, Renaud raconte ses amours, ses tourments, sa révolte face aux injustices du monde. Un livre, dit-il, qui permet de comprendre. Sa vie. La vie. Et qui nous bouleverse à chaque page.


- Maman...
de Sylvie Vartan
Éditions XO / Juin 2016


Elle est la seule personne qui ne l'a jamais quittée, de Sofia à Paris, de Paris à Los Angeles. Tout tenait par elle. Grâce à elle. Parce qu'elle était là. Toujours. Sylvie Vartan a retrouvé le journal intime de sa mère, Ilona. Elle a rassemblé toutes les notes qu'elle avait prises après chacune de leurs conversations. Puis elle a composé cet hommage bouleversant à cette femme qui aura été tout pour elle: le pilier, l'alliée, le secours. Lorsqu'en 1952 ils ont décidé de fuir l'enfer du communisme et de vivre à Paris, les Vartan ont logé dans une petite chambre d'hôtel du quartier des Halles. Pendant trois ans, le père a dormi avec son fils, et Sylvie a partagé le lit de sa mère. C'est là, sans doute, dans ces années où Sylvie Vartan a vu sa mère tomber de fatigue sans jamais se plaindre, que ce lien unique s'est formé. Aujourd'hui, dans son livre, tout lui revient. Et on se laisse submerger par la puissance de cet amour maternel.


- Renoir-Simenon en miroir
de Claude Gauteur
Éditions Pierre Guillaume De Roux / Juin 2016


Renoir-Simenon, ce n’est pas seulement l’histoire d’une amitié qui durera cinquante ans mais aussi celle d’une œuvre en perpétuel miroir. Une histoire dont porte trace une abondante correspondance riche d’idées et de découvertes, où se lit une même soif de justesse dans l’art. En 1932 déjà, Jean Renoir (1894-1979) porte à l’écran La Nuit du carrefour, septième roman de Georges Simenon (1903-1989) et fixe pour la première fois sur nos rétines la célèbre atmosphère faite de pluie, de nuit, de froid et de brouillard. Coïncidence hautement symbolique: c’est Pierre Renoir, le propre frère du réalisateur, qui incarne alors Maigret, le policier voué à la postérité, personnage complexe dont Simenon écrira justement qu’il est son double. Il faut dire que les affinités ne manquent pas entre les deux artistes. Simenon, né en plein impressionnisme, observe un rapport à la lumière très proche de celui dont témoigne le fils d’Auguste Renoir dans ses films, et qui est un rapport critique, résolument tourné vers la "vérité intérieure" de l’être, qui montre l’envers du décor et, souvent, le glissement irrésistible vers la marginalité, la clochardise, comme le laissent transparaître des œuvres telles que La Chienne (1931) et Boudu sauvé des eaux (1932). Une intransigeance qui n’a pas empêché les deux hommes de partager le rêve hollywoodien au gré de projets d’adaptation qui révèlent de manière frappante l’acuité de regard d’un Renoir en parfaite complicité avec un Simenon toujours plus secret et douloureux. Il y a, enfin, le talent littéraire qu’affirme Renoir à travers de brillantes chroniques, sa biographie Renoir, mon père et son roman Les Cahiers du capitaine Georges.
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 4 Juil - 8:08

- Blondin
de Jean Cormier et Symbad de Lassus
Éditions Du Rocher / Juin 2016


"L'homme descend du songe" a assuré Antoine Blondin, hussard à la plume acérée. Personnage étonnant, déroutant et fantasque, il est l'auteur de 5 romans dont le plus célèbre, Un singe en hiver, lui aura permis de passer à la postérité via l'adaptation cinématographique d'Henri Verneuil, avec un Gabin plus touchant que jamais et un Belmondo à l'aube de sa carrière. Antoine Blondin s'est également taillé sa réputation d'écrivain génial sur les routes du Tour de France, qu'il a couvert 27 fois pour L'Équipe de 1954 à 1982, ouvrant la voie à la littérature sportive du XXe siècle. Prince du calembour, il reste pour beaucoup de "maîtres et maîtresses d'école" un exemple à montrer aux élèves. Le style Blondin est unique. 25 ans après sa mort, ses proches, famille, amis et admirateurs se sont réunis pour lui rendre un puissant et émouvant hommage. Parmi eux: Michel Déon, Bernard Pivot, Pierre Albaladéjo, André Boniface, Jean Gachassin, Jean-Pierre Rives, Raymond Poulidor, Jean Hatzfeld, Juliette Gréco et Jean-Paul Belmondo.


- Hortense de Beauharnais
de Marie-Hélène Baylac
Éditions Perrin / Juin 2016


Hortense de Beauharnais a souvent été réduite au simple rôle de belle-fille de Napoléon. Mariée à un homme qu'elle n'aime pas, assujettie aux obligations de la vie officielle, soumise aux rigueurs de l'exil, frappée par la mort de deux de ses fils et l'éloignement de son amant, la vie de la jeune femme aux yeux bleus semble marquée du sceau du malheur. Elle est pourtant loin de s'en tenir à un second rôle. Tour à tour princesse, reine puis duchesse, endurcie par les épreuves, Hortense exercera son influence jusque dans l'exil où, retirée à Arenenberg, au bord du lac de Constance, elle reçoit les visiteurs qui affluent de toute l'Europe. Intensément mère, elle se bat en 1831, puis en 1836 pour sauver son fils, Louis-Napoléon, auquel elle inculque des valeurs qui contribueront à faire de lui l'empereur Napoléon III. Puisant aux sources les plus larges, y compris les fonds d'archives d'Arenenberg et de Ravenne jusqu'alors inexploités, Marie-Hélène Baylac retrace avec brio la vie à la jonction de deux siècles de cette femme d'esprit au destin d'exception.


- Bob Dylan, poète de sa vie
de Jean-Dominique Brierre
Éditions L'Archipel / Mai 2016


Avec plus d'un demi-siècle de carrière, cinq cents chansons à son actif, cet artiste, pressenti pour le prix Nobel de littérature, est l'un des figures majeures de la musique populaire. Né Robert Allen Zimmerman le 24 mai 1941 à Duluth (Minnesota), cet auteur-compositeur-interprète, musicien, peintre, poète fut le chroniqueur des luttes sociales des années 60, avec  Like a Rolling Stone, Ballad of a Thin Man ou encore Gates of Eden. Certaines de ses chansons comme Blowin' in the Wind sont devenues des hymnes anti-guerre du Vietnam. Depuis 25 ans, il donne chaque année une centaine de concerts à travers le monde, réunissant un public de tous âges. À partir de son œuvre et de ses nombreuses interviews, remises en perspective et montées à la manière d'un film, Jean-Dominique Brierre, qui le suit depuis ses débuts, retrace son parcours hors normes.


- Carrier et la terreur nantaise
de Jean-Joël Bregeon
Éditions Perrin / Mai 2016


Jean-Baptiste Carrier, envoyé en mission par la Convention, a, en l'espace de cent jours, organisé les noyades de Nantes où périrent entre 2 000 et 5 000 personnes. Venu à Nantes pour réprimer les révoltes vendéennes, persuadé d'agir pour le triomphe de la Révolution, il est un "technicien" parmi d'autres, même s'il fut l'un des plus efficaces. Tout en expliquant les mécanismes de la Terreur, l'auteur montre que de tels agissements s'inscrivent dans un contexte plus large. Par ailleurs, Carrier n'a pas agi seul: il a notamment bénéficié de l'appui d'un comité révolutionnaire d'une dizaine de personnes ayant mis la ville en coupe réglée. L'auteur dépeint leur origine sociale, leur idéologie, leurs revendications et leur comportement. Carrier meurt sur la guillotine le 16 décembre 1794.


- François-Denis Tronchet
de Philippe Tessier
Éditions Fayard / Mai 2016


Une existence discrète, ponctuée de moments décisifs: avocat au parlement de Paris pendant plus de quarante ans sous l'Ancien Régime, député aux États généraux de 1789, défenseur de Louis XVI lors de son procès en 1792, président de la commission de rédaction du Code civil en 1804, François-Denis Tronchet joua un rôle déterminant, à plusieurs reprises, lors de la Révolution française. Le Code civil, dont il fut l'un des principaux rédacteurs, est encore en vigueur aujourd'hui. Comment expliquer sa longévité et son rôle à ces tournants cruciaux de l'histoire de France? Hostile aux fictions juridiques et aux régimes d'exception, Tronchet crut au pouvoir révolutionnaire du droit plutôt qu'à celui de la violence. Solitaire parfois, mais dévoué au bien public, il tenta de réconcilier l'art de gouverner avec le sens du droit, à une période où l'agressivité politique était omniprésente. Homme de réflexion et d'action, homme d'expression plutôt que de communication, il fut soucieux d'humanité et d'équilibre: érudit sans être passéiste, il fut partisan d'un droit "absolument nouveau" en 1804, sans perdre son pragmatisme. Philippe Tessier retrace le récit d'une existence dense et singulière, mais restée dans l'ombre, au fil d'une biographie basée sur des sources d'archives inédites.


- L'homme qui marche
de Bernard de la Villardière
Éditions Calmann Lévy / Mai 2016


Bernard de La Villardière parcourt le monde depuis 2005 pour être au plus près de l'événement et décrypter l'actualité sur M6. Il a choisi de prendre le contre-pied de bon nombre de ses confrères en retournant sur le terrain pour "aller voir et raconter". Plus de cent jours de reportage par an pour celui dont les lancements d'émissions aux quatre coins de la planète sont devenus cultes au point de faire le buzz sur Internet. Du Darfour à la Syrie, de l'Amazonie au Nord-Kivu mais également de Guantanamo à Notre-Dame de la Trappe, Bernard de La Villardière se livre ici pour la première fois. La curiosité et l'esprit critique toujours en éveil, il restitue dans ce texte la face cachée des images et l'authenticité de son univers. Il n'élude rien des questions de conscience et de déontologie, des dilemmes qui confrontent en lui la part de l'homme, de l'enfant qu'il a été et celle du journaliste de télévision.


- Le saut de l'ange. Une autobiographie
de Michaël Wishart
Éditions Payot & Rivages / Mai 2016


Livre culte que cette autobiographie du peintre anglais Michaël Wishart, proche de Bacon et de Lucian Freud, qui ressuscite toute une vie bohème entre Londres et Paris à partir de l'après-guerre: amours scandaleuses, drogues, fulgurances artistiques, dans un style incisif et insolent.


- Madame Adelaide
de Dominique Paoli
Éditions Perrin / Mai 2016


L'histoire de la soeur de Louis-Philippe, dont elle fut toute sa vie la conseillère privilégiée sur de nombreux plans. Fille de Philippe Egalité et de Louise-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, la princesse Adélaïde d'Orléans apparaît aujourd'hui comme l'un des grands esprits politiques de son temps. Née en 1777 dans les ors du Palais-Royal, élevée dans les idées nouvelles par Mme de Genlis, elle voit à douze ans sa destinée bouleversée par la Révolution. Jetée sur les routes de l'exil pendant un quart de siècle, elle doit affronter l'opprobre des émigrés, qui ne lui pardonnent pas d'être la fille du régicide, et fuir constamment, de couvent en couvent, devant l'avancée des armées françaises. Confrontée à une mère "éternelle pleureuse", qui voulait régenter sa vie, elle sut s'en dégager et trouver l'âme sœur en son frère Louis-Philippe. Réunis en 1808, le duc d'Orléans et sa sœur ne se quitteront plus et formeront avec Marie-Amélie de Bourbon-Siciles, duchesse d'Orléans, un trio inséparable. Le rôle de la princesse dans l'acceptation du trône en 1830 par Louis-Philippe sera primordial. Son journal intime et son étroite correspondance avec son frère révèlent une tête politique et une conseillère privilégiée, mais aussi une femme que sa piété et sa force de caractère ont aidée à dominer sa grande sensibilité. Fondé sur des archives inédites, ce livre met en scène l'existence à certains égards tragique de celle que Talleyrand qualifiait d'être supérieur.


- Marilyn 1962
de Sébastien Cauchon
Éditions Stock / Mai 2016


Eunice, Whitey, Agnes, Ralph, Ralph encore, mais aussi Paula, Inez, Larry, Evelyn, Cherie, May et Pat. C'est à leurs côtés que Marilyn Monroe vécut ses derniers mois à Los Angeles en 1962. Des amis, des collaborateurs, des proches, en réalité quasiment tous ses employés. Une armée des ombres à la hiérarchie mouvante, composée d'alliés des débuts et de nouvelles recrues. Un entourage à défaut d'une famille. Que signifiait pour eux côtoyer la plus grande star d'Hollywood, jamais à court de paradoxes? Qui étaient-ils et quels liens avaient-il tissés avec celle qui mourut à trente-six ans, adulée de tous, mais seule dans sa maison de Brentwood à peine meublée? Une plongée au cœur des coulisses d'un monde disparu à travers douze personnages, héros du roman vrai des derniers jours de Marilyn Monroe.


- Mussolini
de Max Schiavon
Éditions Perrin / Mai 2016


Depuis son accession au pouvoir en 1922, Mussolini n'a eu de cesse de réclamer la révision des traités de paix consécutifs au premier conflit mondial. Lorsqu'en juin 1940 il déclare la guerre à la France, il est convaincu que l'Italie peut, en menant une guerre parallèle à celle de l'Allemagne, devenir à moindres frais la principale puissance du bassin méditerranéen. Le conflit se propageant, le Duce engage son armée sur plusieurs théâtres d'opération, alors qu'elle souffre pourtant de graves carences dont il est informé, mais qu'il minimise. Après quelques mois, les Italiens sont partout en difficulté. La guerre parallèle souhaitée se transforme en guerre subalterne subie, le sort de l'Italie et de son chef dépendant désormais entièrement des résultats allemands. L'erreur majeure du dirigeant fasciste fut sans aucun doute d'avoir cru que la participation à la guerre d'Hitler aurait permis de placer l'Italie dans une position internationale en réalité bien trop élevée au regard des moyens dont disposait le pays. Le comportement de Mussolini comme chef de guerre, les choix qu'il a opérés, les directives stratégiques qu'il a données, ou non, son amateurisme, aussi, ne peuvent être compris qu'en étudiant son caractère, la nature exacte de son pouvoir, ses rapports avec l'armée et, surtout, l'idéologie qui l'anime. C'est ce à quoi s'emploie Max Schiavon dans ce livre novateur et original, nourri aux meilleures sources internationales.


- Pensées, répliques et anecdotes
de Michel Galabru
Éditions Cherche Midi / Mai 2016


Michel Galabru fut pendant plus d'un demi-siècle une figure incontournable du théâtre et du cinéma. Dans la lignée de Raimu et de Michel Simon, sa truculence faisait merveille dans le monde du spectacle. Il notait régulièrement dans des carnets des pensées et répliques, dont on retrouve ici le plus drôle et le plus percutant. Ses saillies sont en effet à l'image du personnage: à la fois tendres et rabelaisiennes, irrésistibles et lunaires. On retrouve également dans cet ouvrage les anecdotes les plus amusantes et les plus extravagantes de sa carrière. On y croise les grandes figures qui, de Louis de Funès à Michel Serrault, en passant par Fernandel, continuent de nous faire rire ou rêver.


- Petit éloge de David Bowie, le dandy absolu
de Daniel Salvatore Schiffer
Éditions François Bourin / Mai 2016

David Bowie, artiste aux nombreuses facettes et aux talents multiples, était déjà un mythe de son vivant. Véritable icône de la pop music, il est connu pour ses albums devenus légendaires, depuis son célèbre Ziggy Stardust jusqu'à son ultime Blackstar, en passant par le tube planétaire "Let's dance", mais fut également un brillant acteur de cinéma (Furyo, Les Prédateurs, Basquiat). Sa récente mort, advenue à New-York le 10 janvier 2016, n'a fait qu'accroître son aura à travers le monde. Artiste culte, musicien incontournable, dandy inspiré, il continue d'exercer une énorme influence sur des générations entières. Il était donc temps de rendre à cet inventif génie, précurseur de bien des modes, l'éloge qui lui est dû.


- Quinze rounds
de Richard Bohringer
Éditions Flammarion / Mai 2016


"J'ai passé ma vie sur la route. Tout seul. Avec la blonde. Avec mes fils, avec la musique, avec mes filles. Des milliers et des milliers de kilomètres. Coureur de savanes, enjambeur d'océans. T'as trop couru, t'as le souffle court. Les hanches, ça va toujours. Même si elles servent plus à grand-chose, elles ont le tempo pour écrire. Voilà ce que je ramène. Quinze rounds. Celui qui clôt. Qui ferme le rideau". De l'enfance aux frasques de la jeunesse, des premiers rôles aux succès qui ont jalonné sa carrière, de la découverte de l'Afrique à la passion de l'écriture, Richard Bohringer se raconte dans ce récit au style enfiévré, au rythme syncopé. Tour à tour fulgurant et émouvant, entre coups de blues et coups de cœur, Quinze rounds est un combat qui se livre sous nos yeux en même temps qu'une déclaration d'amour à la vie.


- Shakespeare, oeuvre au rouge (1595-1616)
de Henriette Chardak
Éditions L'Archipel / Mai 2016


1595. William Shakespeare vient de composer  Roméo et Juliette, et s'apprête à écrire une nouvelle pièce: Hamlet. Ayant rejoint la troupe du Lord Chamberlain, il prend ses quartiers au Théâtre du Globe. Hamlet, inspiré du destin de l'astronome danois Tycho Brahe, lui permet d'évoquer ses propres troubles psychologiques. Sous la mise en scène codée, le crâne devient la Terre en mouvement: cosmogonie de l'œuvre d'un homme qui cherche à fuir le monde. Mais ce génie a un talon d'Achille: l'amour, et sa peur panique de mourir de la syphilis. Quand le théâtre prend feu, Shakespeare se retire loin des intrigues, dans le village de son enfance. Père d'enfants légitimes et illégitimes, il entre dans l'intimité du nouveau roi d'Angleterre, James Ier. Mais certains affirment que William lui-même serait né des amours de la reine Elizabeth et du Robert Dudley? Être ou ne pas être soi-même, telle était la question qu'il se pose et impose aux autres.


- Suivez mon regard
de Anjelica Huston
Éditions Le Cercle Points / Mai 2016


Après une enfance magique en Irlande, Anjelica est mannequin pour Vogue. Elle fréquente les hauts lieux de la mode, de Milan à Paris. Hollywood, elle connaît déjà: petite fille, elle accompagnait son père, le légendaire John Huston, sur les plateaux. Un soir à Beverly Hills, elle rencontre Jack Nicholson. Ils deviennent amants. Le cinéma n'attendait qu'elle.


- Thierry le Luron, le rire pour oublier
de Patrice Guérin
Éditions Du Moment / Mai 2016


Le 4 janvier 1970, un gamin de dix-sept ans crève l'écran de la télévision. Parisien au sang breton, Thierry Le Luron éblouit la France qui regarde le "Jeu de la Chance" de "Télé-Dimanche". Avec sa gueule d'ange et son sourire enfantin, ce prodige de l'humour connaîtra un destin romantique et fulgurant. De Jacques Chaban-Delmas à Louis de Funès, de François Mitterrand à Dalida, de Jacques Chirac à Johnny Hallyday, il imitera à la perfection les voix, les gestes et les tics des plus grandes célébrités. Avec lui, l'imitation devient un art qui déplace les foules et remplit les plus grandes salles de spectacle. Pourfendeur de la classe politique, qu'il passe au vitriol, il reste avec Coluche et Pierre Desproges l'un des inspirateurs des humoristes contemporains. Mais derrière le joyeux Luron, quels secrets cachait Thierry? À l'aise dans la peau des autres, le poids de sa vie lui semblait trop lourd à porter. Trente ans après sa disparition, Thierry Le Luron revit grâce à cette biographie complète, richement documentée, qui révèle les secrets d'un artiste de génie. Foudroyé par la maladie à trente-quatre ans, il faisait rire les autres pour oublier sa solitude et son chagrin.


- Vadim, un play-boy français
de Arnaud le Guern
Éditions Séguier / Mai 2016


Faire revivre Roger Vadim ne saurait s'envisager qu'en ressuscitant une époque, un style, des personnages oubliés: tout un monde que l'on disait "vadimien". C'est le pari de cette biographie joueuse, buissonnière, pleine de partis pris et digressions. Quant à la quatrième de couverture "idéale", elle fut écrite par Pascal Thomas, au lendemain de la disparition de Roger: "Vadim avait toutes les qualités qui font défaut aux cinéastes d'aujourd'hui. Il était beau, léger, désinvolte, paresseux, joueur, dilettante. Il n'avait rien de ces petits profs buveurs d'eau, avares d'eux-mêmes et de leur temps. Vadim [...] savait donner, savait flamber, savait boire sans retenue, à la russe. [...] Croyant filmer les beautés de sa femme dansant à Saint-Tropez, il inventait un style, une autre façon de faire du cinéma, et précédait ainsi cette chétive Nouvelle Vague qui allait lui emprunter beaucoup, lui emprunter surtout sa liberté inimitable, sans parvenir jamais à saisir le secret de son charme. Ce charme qui nous donnait des films tels des écrins faits souvent avec nonchalance et toujours avec beaucoup d'élégance, films dans lesquels ont surgi des femmes qui, à chaque fois, allaient faire rêver des générations entières".


- Celui que je rêvais d'être
La star de Camping Paradis se raconte
de Laurent Ournac
Éditions Flammarion / Avril 2016


Quel a été le chemin parcouru par Laurent Ournac avant de devenir l'une des personnalités préférées des français? Dès son plus jeune âge, il se découvre une passion: la comédie. Son but? Faire rire les gens. C'est donc avec humour et sincérité que la star de Camping Paradis nous dévoile les joies, les déboires et les rencontres qui ont ponctué sa vie professionnelle et personnelle. Sans complexe, il partage avec nous ses difficultés pour perdre du poids jusqu'à cette prise de conscience où maigrir était devenu une question de survie. La sleeve gastrectomie, opération chirurgicale encore peu connue en France, lui permettra d'atteindre cet objectif. Un témoignage qui nous entraîne dans l'intimité de l'acteur, depuis son enfance à aujourd'hui.


- Classé confidentiel
de Jean-Luc Lahaye
Éditions Carnets Nord / Avril 2016


"J'ai connu l'abandon et la misère. La prison et la galère. La gloire soudaine, la célébrité, l'argent, les filles faciles. Puis j'ai connu la descente de l'autre côté de ce versant, tout en bas, l'enfer, dont je suis remonté plusieurs fois. C'est mon histoire. [...] On m'a accusé de viol, de pédophilie, de corruption sur mineure, et bien que j'aie été jugé deux fois, ces mots me collent désormais à la peau. J'ai été la cible de certains médias, d'humoristes de tous bords, d'un lynchage en règle complètement hystérique, déplorable, injustifié. J'étais à terre et on m'a piétiné sans m'accorder le droit de me défendre". Trente ans après Cent familles (1,3 million d'exemplaires vendus), Jean-Luc Lahaye a décidé d'écrire, pour donner sa vérité. Après avoir raconté l'enfant abandonné, le chanteur aux millions de disques vendus revient sur sa vie d'homme, ses succès et ses zones d'ombre et, surtout, les femmes, qui constituent selon ses propres mots "le fil rouge de sa vie".


- Descartes
de Paul Valéry
Éditions Brumerge / Avril 2016


Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part, lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient. La collection "Les auteurs de ma vie" invite de grands écrivains d'aujourd'hui à partager leur admiration pour un classique. Elle reprend le principe des "Pages immortelles", publiées dans les années trente et quarante chez Corrêa/Buchet Chastel: chaque volume se compose ainsi d'une présentation de l'auteur choisi, suivie d'une anthologie personnelle. Ces rencontres extraordinaires sont pour le lecteur de belles occasions de relectures ou de découvertes. Ce texte, réédité aujourd'hui, avait été publié en 1941 dans la collection "Les Pages immortelles". Le grand lecteur de Descartes qu'était Valéry n'offre pas à lire un portrait traditionnel de Descartes. S'il évoque naturellement le philosophe, il insiste davantage dans sa présentation "sur la personnalité forte et téméraire du grand Descartes, dont la philosophie, peut-être, a moins de prix pour nous que l'idée qu'il nous présente d'un magnifique et mémorable Moi". Il peint Descartes comme le héros d'une odyssée intellectuelle extraordinaire, le cas le plus étrange qui se puisse imaginer, et livre ainsi un éclairant hommage au grand homme.


- Glenn Gould ou le piano de l'esprit
de Jean-Yves Clément
Éditions Actes Sud / Avril 2016


Au-delà de la reconnaissance planétaire de son interprétation des Variations Goldberg, tout le monde ou presque aujourd'hui connaît Glenn Gould. Plus de cinquante ans après avoir quitté le champ du concert et plus de trente ans après sa mort, lui qui ne goûtait guère l'hystérie médiatique est plus célèbre que tous les champions du genre, excepté Karajan ou Callas peut-être. On lui voue un véritable culte, sous des formes innombrables, articles, films, émissions, livres, colloques; on publie sa correspondance, on visite ses lieux de vie, une Association des amis de Glenn Gould est présente dans une quarantaine de pays, il existe un musée Gould, une fondation Gould, un prix Gould... "Je crois que la compétition, plus que l'argent, est la source de tous les maux", affirmait-il. Il reste que Gould fut le premier musicien à donner à l'enregistrement une véritable dimension philosophique, très loin des mirages éphémères de la carrière. Finalement son message est passé: sans rien concéder à son idéal de communication, il est parvenu à faire communier des auditeurs lointains autour d'un même idéal de transmission et de pureté.


- Henri VIII
de Philippe Erlanger
Éditions Perrin / Avril 2016


Cultivé, raffiné, passionné, despotique et fastueux, Henri VIII, roi aux six épouses qui, après avoir été un zélateur fougueux de l'Église catholique, se sépara de Rome pour pouvoir divorcer à son aise et se proclama chef suprême de l'Église d'Angleterre, est un monstre de l'histoire. Contemporain de François Ier et de Charles Quint, monté sur le trône à dix-huit ans, il régna de 1509 à 1547. Il ne fit pas de conquêtes, il n'agrandit pas son royaume qu'il laissa ruiné malgré de formidables spoliations. Et pourtant, en raison de l'image de sa puissante personnalité, de son subtil jeu diplomatique, de la création d'une flotte moderne et, naturellement, de la fondation d'une Église nationale, il est l'incarnation d'un grand règne.


- In my fashion
de Bettina Ballard
Éditions Séguier / Avril 2016


Bettina Ballard? Une figure, une intelligence, une plume de la mode. Correspondante de Vogue à Paris avant-guerre puis à la Libération, rédactrice "mode" à New York dans les années 50, sa carrière et plus largement sa vie sont un long défilé d'artistes, de femmes du monde, de couturiers, de photographes et de mannequins. Vous lirez ici l'arrière-décor des défilés, les portraits ô combien personnels de Schiaparelli, Chanel, Balenciaga, Dior; vous découvrirez la frivolité et le luxe d'un monde que seule l'Histoire mit entre parenthèses. Ces mémoires n'avaient jamais été traduits en français tandis qu'ils sont depuis longtemps introuvables aux États-Unis. Ils confirment la prédiction qu'une amie perfide fit un jour à Bettina Ballard: "Si vous aviez fait de bonnes études, ce qui n'est évidemment pas le cas, vous auriez été un véritable écrivain". In My Fashion est un bijou, une photographie sensible, un grand parfum d'époque.


- Joseph II
de François Fejtö
Éditions Perrin / Avril 2016


Joseph II (1741-1790), roi de Hongrie, d'Autriche et des Romains à vingt-trois ans en 1764, élu empereur d'Allemagne l'année suivante, visite ses Etats, puis l'Italie, la Prusse, la Russie et surtout Paris en 1777. En compagnie de sa soeur Marie-Antoinette, il découvre la cour la plus brillante de l'époque. C'est là qu'il définit les principes de son action politique: le despotisme éclairé. Durant son règne, il abolit le servage et met en chantier une réforme fiscale. Il promulgue un édit de tolérance, instaure le mariage civil, cantonne l'autorité du pape au dogme, sécularise la moitié des couvents et assure aux juifs une paix religieuse et sociale. Menacé par la Prusse et l'Empire ottoman, il tient son empire par la force de sa poigne et le conduit, jusqu'à sa mort en 1790, à être le seul concurrent, pacifique, de la France, laissant un héritage riche et contrasté. Une biographie magistrale.    


- La Fontaine
de Jacques Réda
Éditions Brumerge / Avril 2016


Jacques Réda livre ici "son" La Fontaine, celui des Fables bien sûr, mais aussi celui qu'on a un peu trop souvent laissé dans l'ombre: l'auteur des Amours de Psyché et de Cupidon, des Contes, du Poème du Quinquina. Au fil d'une promenade avec La Fontaine, apparaît la profonde unité de son œuvre, qui est peut-être celle aussi d'un caractère. "Jamais la barque du vers et son rameur n'ont mieux fait corps avec son courant majestueux, doucement rieur le long des berges avec le campagnol et la poule d'eau, sous la terrasse bordant les bois encore un peu sauvages de Saint-Germain et de Vaux en France".


- La passion dans les yeux
de Andréa Ferréol
Éditions L'Archipel / Avril 2016


Andréa Ferréol est une femme qui a du caractère. Pourtant, elle a accepté d'un homme ce qu'elle a refusé à tous les autres: subir ses caprices et désirs, mettre de côté ses projets pour se rendre à tout moment disponible, devenir son esclave par amour. Cet homme, la passion de sa vie, c'est Omar Sharif, qu'elle rencontre en 1984. Une liaison secrète, qui se transformera en amitié amoureuse, et durera jusqu'à la disparition de l'acteur, en juillet 2015. Andréa avait connu le succès dès 1973 en incarnant la plantureuse héroïne de La Grande Bouffe, de Marco Ferreri, dont elle dévoile les coulisses de tournage. Elle raconte les metteurs en scène célèbres pour qui elle tourna: Fassbinder, Comencini, Mocky, Schlöndorff, Scola, Greenaway… Ses rôles au théâtre, à la télévision. Et ses partenaires: Burt Lancaster, Mastroianni, Delon, Noiret, Belmondo, Gassman, Bud Spencer, Marielle, Depardieu… C'est aussi la femme, sa vie, ses parents et amis qui sont tour à tour évoqués dans cette autobiographie.


- Le petit monde d'Antoine Blondin
de Alain Cresciucci
Éditions Pierre Guillaume De Roux / Avril 2016


Antoine Blondin est plus connu comme personnage que comme écrivain: la légende, qu'il s'est attaché à construire lui survit depuis un quart de siècle. Survie précaire car les témoins se font rares et les lieux disparaissent, Le Bar-Bac et le Courrier de Lyon, deux hauts-lieux de la rue du Bac ont disparu, le Rubens de la rue Mazarine a été remplacé par une galerie de peinture. Chaque année, le Tour de France ramène ses bons mots, aussi longtemps qu'il restera des journalistes sportifs non formatés par les écoles de journalisme. Même son livre le plus connu ne lui appartient pas tout à fait: Un singe en hiver est d'abord un film, d'Audiard plus que de Verneuil.


- La vie en liberté
de Michel Mourlet
Éditions Séguier / Avril 2016


Michel Mourlet incarne une certaine tradition française et ces "mémoires" en témoignent. Exigeant quoique sentimental, il est un honnête homme pour qui la littérature, le théâtre et le cinéma forment un monde plus accompli que le monde, où les premiers éblouissements ne meurent jamais. Une vie débutée avant-guerre et marquée, dès l'adolescence, par l'indépendance et le dégoût d'une voie trop tracée. Une vie où les préférences et les amitiés seront choisies avec le coeur plutôt qu'en suivant un plan de carrière gardé plié dans la veste. Les personnes rencontrées sur sa route, admirables ou décevantes, sont d'ailleurs d'une diversité étourdissante: Silvia Monfort, Sagan, Morand, Montherlant, Jean Marais, les cinéastes Fritz Lang, Losey, Gance, Tavernier et bien d'autres, amis de Michel Mourlet (ou relations moins amicales), tous ont apporté leur eau au moulin de son existence.


- Le roi René
de Agnès Desarthe et René Urtreger
Éditions Odile Jacob / Avril 2016


Dix fois René Urtreger faillit mourir et dix fois il se releva, toujours guidé par la quête acharnée de la "note juste". Il est à lui seul toute la musique d'une génération et toute l'histoire du jazz. C'est le mystère palpitant de sa vie qu'Agnès Desarthe tente ici d'approcher. Pianiste génial, formé à Chopin et inspiré par Charlie Parker, il a joué avec les plus grands, de Lionel Hampton à Stan Getz, en passant par Dizzy Gillespie, Lester Young et Chet Baker. Il enregistre avec Miles Davis la bande originale du film Ascenseur pour l'échafaud et l'accompagne en tournée dans les plus prestigieuses salles d'Europe. Il apporte aussi son talent incomparable à l'aventure yéyé, aux côtés de Sacha Distel et de Claude François. Ce livre est le roman vrai d'une vie flamboyante. Parti de rien, René Urtreger atteint les sommets. Il connaît tous les excès et toutes les audaces, côtoie la gloire comme les enfers. Et ce qui nous bouleverse dans cette vie, c'est justement cette même exubérance et cette même mélancolie qui font la force sauvage du jazz, cette musique de fils perdus. Agnès Desarthe raconte cette aventure comme un roman. Son talent unique en fait un livre inoubliable. René Urtreger est l'un des plus grands noms du jazz. C'est à la fois un maître et une figure incontournable de la scène musicale.


- Lady Scarface
de Diane Ducret
Éditions Perrin / Avril 2016


Chicago. Début des années folles. Le Syndicat du crime n'est pas qu'une affaire d'hommes, il se conjugue aussi au féminin. Elles sont fugueuses, frondeuses, parfois meurtrières, mais toujours rebelles. Elles s'appellent Mary Josephine Capone alias Mae, Ada et Minna Everleigh, les Impératrices du vice, Margaret Collins, la Fille au baiser mortel, Louise Rolfe, l'Alibi blond, Bonnie Parker, la Juliette au revolver, ou encore Virginia Hill, le Flamant rose: elles sont les compagnes d'infortune comme de gloire d'Al Capone, Clyde Barrow ou Bugsy Siegel, barons noirs des années de plomb qui ont fait trembler l'Amérique. Traquées par le légendaire patron du FBI John Edgar Hoover, muses de la prohibition et de ses fêtes décadentes, elles n'ont rien à envier aux gangsters, l'intelligence et les talons hauts en prime. Le crime ne paie peut-être pas, mais il séduit toujours. À partir d'archives déclassifiées du FBI et d'Alcatraz, de journaux de l'époque, d'entretiens avec des descendants et de documents inédits, Diane Ducret dévoile avec le talent qu'on lui connaît l'intimité de celles qui ont choisi d'être des Lady Scarface, à la vie à la mort.  


- Marie-Antoinette et le comte Fersen. La correspondance secrète
de Evelyn Farr
Éditions L'Archipel / Avril 2016


Le comte suédois Axel de Fersen (1755-1810) fut bien plus, à la cour de Versailles, que le stratège qui donnait des conseils politiques à Louis XVI, et l'ami dévoué qui organisa l'évasion de la famille royale en 1791. Cet homme d'une parfaite éducation fut, surtout, l'amant de la reine de France, Marie-Antoinette (1755-1793). Et l'amour de sa vie. Les carnets de Fersen, publiés au début du XXe siècle, avaient été censurés; quant à la correspondance des deux amants, il n'en a jamais existé que des éditions incomplètes. Pour la première fois, voici rassemblée l'intégrale des lettres qu'ils échangèrent, dont six missives inédites. Enfin décryptés, certains passages raturés révèlent l'intensité de leurs sentiments. Chiffres, encres invisibles, intermédiaires, sceaux secrets, doubles enveloppes, noms de codes: autant de témoignages d'une passion inavouable. Ils donnent à voir une reine frondeuse et indépendante, qui osa braver les dangers et  aimer sans retenue l'homme qui avait gagné son cœur.


- Martin Luther King. Une biographie intellectuelle et politique
de Sylvie Laurent
Éditions Le Cercle Points / Avril 2016


Martin Luther King: un homme élevé au rang d'icône, qui évoque à lui seul la lutte pour les droits civiques et l'égalité des Noirs dans l'Amérique ségrégationniste des années 1960. Mais la légende a édulcoré les autres facettes de l'homme. Cette biographie hors du commun rend hommage au pasteur militant, dont le profond engagement pour la justice sociale dépasse les questions de race et de classe.


- Mon frère, le Che
de Juan Martin Guevara et Armelle Vincent
Éditions Calmann Lévy / Avril 2016


"Être le frère du Che ne peut pas être anodin. Mais il fallait bien qu'il soit le frère de quelqu'un. Il se trouve que c'est tombé sur moi. Pendant longtemps, je n'ai été que Juan Martin Guevara, puis je suis devenu le frère d'Ernesto Guevara. Et ensuite, celui d'une légende, le Che". Quand les Guevara apprirent la mort du Che, à la une des journaux, ils décidèrent de garder le silence. Cinquante ans plus tard, il est  temps pour son frère cadet, Juan Martin, de partager ses souvenirs, de dévoiler qui était le Che dans l'intimité. Juan Martin fait revivre ainsi ce frère aîné attentif et protecteur, complice des canulars et des escapades. Il raconte les deux mois extraordinaires qu'il a passés à La Havane aux côtés du Comandante, en 1959, au cœur de la révolution cubaine. Il se souvient de l'aventurier idéaliste qu'il a adulé, de l'intellectuel engagé dont les parents, excentriques, cultivés et bohèmes, mais aussi les frères et sœurs, ont participé à l'éveil politique. Dans ce récit autobiographique, Juan Martin Guevara œuvre enfin pour que les valeurs du Che deviennent une source d'inspiration pour les plus jeunes.


- Quinze années de ma vie
de Loïe Fuller
Éditions Mercure de France / Avril 2016


Actrice et décoratrice de théâtre, costumière, danseuse, chorégraphe, inventeur de dispositifs techniques et créatrice d'effets scéniques, éclairagiste, impresario et cinéaste, l'Américaine Loïe Fuller (1862-1928) a révolutionné le spectacle vivant et ouvert la voie à la danse moderne. Jouant avec des projections lumineuses polychromes sur un costume en voile dont elle maniait les pans au moyen de longues tiges portées à bout de bras, Loïe Fuller réalisa des scénographies virtuoses dont la radicalité fit l'effet d'un coup de tonnerre, influençant pêle-mêle peintres, sculpteurs, illustrateurs, écrivains, stylistes et publicitaires. Tout autant que le tracé d'un itinéraire hors du commun qui la hissa au rang de mythe, ses Mémoires dressent un tableau vivant et coloré de la vie artistique parisienne à l'aube du XXe siècle.


- Roman par Polanski
de Roman Polanski
Éditions Fayard / Avril 2016

"J'ai passé une grande partie de ma vie sur des montagnes russes, à négocier d'impossibles virages, à escalader les hauteurs, triomphes immenses, joies et plaisirs, avant de plonger, éperdument, vers des abîmes de tragédie et de douleur. Mais c'est bien ce périple insensé qui m'a conduit vers cet endroit inattendu: un présent de bien-être, et, oserais-je le dire, de bonheur. Voilà pourquoi je ne regrette rien du chemin que j'ai parcouru".


- Trop vite
de Nabilla Benattia
Éditions Robert Laffont / Avril 2016


Je ne me plains pas, j'explique. Je réfléchis, un petit peu. J'ai vingt-quatre ans, quand je me regarde dans une glace, je vois une fille jeune, mais derrière mon image j'ai l'impression d'être beaucoup plus vieille. Ce que j'ai vécu, je veux le raconter. Dire enfin ma pensée, mon ressenti. Reprendre le contrôle de ma vie. Ces trois dernières années ressemblent à un petit roman d'aventures ou on rit, ou on pleure, ou on aime et n'aime pas. J'ai fait tout ça à fond. Je n'ai plus voulu rencontrer aucun journaliste depuis plus d'un an. Je ne crache pas dans la soupe, j'explique. Pour remercier ceux qui m'ont soutenue en espérant les divertir. Et être moins méprisée par les autres, si possible. Je suis une show girl, une fille marrante, et je vous embrasse fort.


- Aimer sans attendre en retour
de Maddly Bamy
Éditions Michel Lafon / Mars 2016


Dès son plus jeune âge, Maddly n'a cessé de développer sa sensibilité, de nourrir sa curiosité et de chercher le but de l'existence. Elle a accompagné Jacques Brel pendant sept ans, jusqu'à sa mort. Or, de façon étrange, cet événement a éclairé sa vie, car dès l'instant où Jacques a quitté ce monde, elle s'est sentie enveloppée d'une douceur infinie qui lui révélait que lui et elle ne faisaient plus qu'un. Depuis, Maddly Bamy a écouté la parole de l'Amour-Même-Dieu, et reçoit l'enseignement d'aimer l'humanité tout entière. Ce qui lui ouvre aussi la connexion avec les personnes décédées, connues ou anonymes, qui sont dans la même dimension. Maddly Bamy nous livre les témoignages de ces êtres qui reviennent sur les erreurs de leur vie ici-bas, et dévoilent les faux semblants sociaux ou religieux, les a priori ou jugements qui les ont éloignées du but de toute existence: aimer sans attendre en retour.


- Andy Warhol va à Hollywood.
de Davis Deborah
Éditions Payot & Rivages / Mars 2016


New York, septembre 1963: Andy Warhol, une caméra Bolex en bandoulière, s'embarque dans un break Falcon à travers l'Amérique avec l'acteur Taylor Mead, le poète Gerard Malanga, et l'artiste Wynn Chamberlain. Direction Los Angeles, où l'attendent une exposition de ses sérigraphies à la Ferus Gallery et, surtout, une "soirée de star de cinéma" organisée en son honneur par Dennis Hopper et sa femme Brooke Hayward. Sur la mythique Route 66, tout en écoutant "Be My Baby" des Ronettes ou "Sally Go 'Round the Roses" des Jaynetts, le peintre découvre alors un diaporama pop de panneaux publicitaires, d'enseignes de néon, de motels et de diners à l'architecture Streamline Moderne, avant de débarquer Hollywood, d'y croiser son idole Marcel Duchamp, et d'y tourner un délirant film underground Tarzan and Jane Regained... Sort Of, qui l'imposera quelques temps après comme un maître du genre. Une cinquantaine d'années plus tard, la romancière et biographe Deborah Davis a refait, pour les besoins de ce document exceptionnel, la  route exacte qu'Andy Warhol a arpenté lors de ce road trip haut en couleurs et évoque, à travers cet épisode méconnu (et pourtant fondateur) de la vie de l'artiste, cette Amérique pop des Campbell's Soup et du Coca Cola qui irrigue l'ensemble de son œuvre. Get your kicks on Route 66.


- Aristide Briand
de Bernard Oudin
Éditions Perrin / Mars 2016


Né en 1862, Aristide Briand incarne à lui seul les grandes mutations de la IIIe République. Pendant trente ans, onze fois président du Conseil, vingt-six fois ministre, il joue les premiers rôles, en France d'abord, puis sur la scène internationale. En 1905, il est l'artisan de la loi de séparation des Églises et de l'État. Pendant la Première Guerre Mondiale, il tient la barre du pays durant un an et demi, notamment au moment décisif de Verdun. Mais, hanté par le carnage, il s'efforce dans les années vingt d'en prévenir le retour. Sa carrière prend une autre dimension. L'habile politicien devient le "pèlerin de la paix"; il est l'homme de la réconciliation franco-allemande, du projet initial d'intégration européenne. Son action lui vaut le Prix Nobel de la paix en 1926. Il meurt, en pleine gloire, en 1932, à la veille d'assister à l'effondrement de son œuvre.    


- Barras
de Christine le Bozec
Éditions Perrin / Mars 2016


Carrière météorique que celle de Barras, né en 1755 dans une famille provençale modeste. En 1782, lorsqu'il quitte l'armée après des missions aux Indes et au Cap, il n'est qu'un obscur lieutenant aux moyens de subsistance inconnus, qui végète jusqu'à la Révolution, dans laquelle il s'engage résolument. À partir de 1792, il connaît une ascension fulgurante qui le propulse, de novembre 1795 à novembre 1799, à la tête de la France aux côtés de quatre autres Directeurs, après que la chute de Robespierre l'a porté sur le devant de la scène. Brusquement, le coup d'État de Brumaire met fin à sa trajectoire, et Bonaparte, qu'il avait beaucoup aidé, le chasse avant de l'exiler. Dès la chute de l'Empire, Barras regagne Paris et y meurt en 1829 sans plus avoir l'occasion de jouer un rôle politique. Aujourd'hui encore, sa mémoire souffre d'une réputation exécrable: il aurait été flambeur, vénal, libertin, débauché. Au terme d'une analyse serrée des sources, l'auteur démontre que la plupart de ces imputations proviennent d'une légende noire forgée par les brumairiens, qui cherchaient ainsi à légitimer leur coup d'État de novembre 1799. Cette biographie ne vise pas à rendre le personnage plus vertueux qu'il ne l'était, mais à montrer l'homme politique atypique qu'il fut quatre ans durant à la tête d'un pays en recherche de stabilité.


- Boni de Castellane
de Éric Mension-Rigau
Éditions Perrin / Mars 2016


Portrait du dandy légendaire, figure mondaine de la Belle Epoque. La vie et le portrait du dandy légendaire qui, jusqu'à sa mort, fascina ses contemporains et fut un phénomène médiatique exceptionnel: "prince de la mode" qui multiplia les conquêtes féminines, ami de Marcel Proust et de D'Annunzio, esthète qui mit son goût raffiné au service des collectionneurs américains, patriote partisan de l'Entente cordiale et de l'alliance franco-russe, acteur de l'ombre aux Conférences de la paix en 1919, père de famille attentif et chrétien exemplaire face à la maladie. Un tableau de la France de la Belle Époque à travers le destin d'un homme hors du commun, le dernier des grands seigneurs d'Ancien Régime, qui contribua à son éclat et à son rayonnement.    


- Comédie française. Ça a débuté comme ça...
de Fabrice Luchini
Éditions Flammarion / Mars 2016


Il nous a fait redécouvrir La Fontaine, Rimbaud et Céline. Il incarne l'esprit et le panache de la langue française. En prose, en vers et même en verlan, il a donné sa voix à d'immenses auteurs, auxquels il sait faire respirer l'air de notre temps, en racontant la fureur du Misanthrope à l'ère du téléphone portable, ou la sensualité de "La Laitière et le pot au lait" sur l'air d'une publicité pour Dim. Il a quitté l'école à quatorze ans pour devenir apprenti coiffeur. Il est aujourd'hui l'un de nos plus grands comédiens, célébré pour ses lectures-spectacles, couronné par la Mostra de Venise pour son rôle dans son dernier film, L'Hermine. Dans son autobiographie, Fabrice Luchini livre le récit d'une vie placée sous le signe de la littérature, à la recherche de la note parfaite.


- Erik Satie
de Romaric Gergorin
Éditions Actes Sud / Mars 2016


Erik Satie (1866-1925) demeure à jamais l'auteur d'une poignée d'œuvres phares, les Gnossiennes, les Gymnopédies, ou Parade. Après avoir trouvé dans de courtes pièces pour piano une simplicité radicale qui annonce l'épure d'un certain XXe siècle, Satie s'enfonce dans les mystères de l'ésotérisme, vu comme un terrain d'expérimentation, puis s'éclipse à Arcueil. Relancé par Ravel, cherchant une esthétique hors de l'influence de son ami Debussy, il devient progressivement, à partir des années 1910 et jusqu'à sa mort, un chef de file de la modernité, inventeur de la musique d'ameublement, compagnon de route de Picasso, Picabia, Cocteau, Tzara ou Duchamp. Créateur d'une musique transparente derrière laquelle il s'efface, Satie est le premier compositeur qui sort de l'histoire de la musique pour devenir un mythe errant sans identité propre, évoqué ici au miroir du monde contemporain qu'il reflète déjà. Comme tous les volumes de la collection "Clacsica", ce Satie est enrichi d'une chronologie, d'une bibliographie, d'une discographie et d'un index.


- Hugo
de Michel Butor
Éditions Brumerge / Mars 2016


Michel Butor a fouillé, remué les vieux cartons du grenier hugolien qui regorge de surprises, livrant au lecteur de longs extraits, souvent inattendus, et même quelques dessins. "Il en fait trop: non seulement le théâtre, mais le roman, non seulement les invectives, mais les chansons, les petites épopées, mais le promontoire du songe; non seulement la littérature mais le dessin. Il finira par nous prendre toute la place". Dans la vie d'un lecteur, certains auteurs occupent une place à part: lectures inaugurales, compagnons de tous les jours, sources auxquelles on revient. La collection "Les auteurs de ma vie" invite de grands écrivains contemporains à partager leur admiration pour un classique, dont la lecture a particulièrement compté pour eux.


- Je n'écrirai jamais mes mémoires
de Grace Jones et Paul Morley
Éditions Séguier / Mars 2016


Voici les mémoires tant attendus de la légendaire Grace Jones. Reine incontestée du spectacle, mannequin, muse, chanteuse, actrice, créature à la plastique si singulière, elle a incarné comme personne les années 1975-1985. Aussi l'exubérance et les dangers de cette décennie traversent-ils cette autobiographie, au casting idéal bien qu'hétéroclite: Andy Warhol, Jean-Paul Goude, Issey Miyake, Dolph Lungren, les vacataires du Studio 54 et ceux du Palace, Luciano Pavarotti, Jessica Lange... Mais ce qui fait de Grace Jones une artiste à part, c'est son goût pour l'avant-garde. Sa musique est un savant mélange de house, de reggae et d'électro, avec des tubes comme Pull up to the Bumper, Slave to the Rhythm, ou encore sa reprise mythique de La Vie en rose. Je n'écrirai jamais mes mémoires retrace le parcours de cette pionnière, de sa Jamaïque natale à sa conquête de New York puis de Paris. Une vie de combattante qui se poursuit encore et toujours, sans aucune concession aux facilités.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 4 Juil - 8:04

- Jean-Jacques Pauvert. L'éditeur en liberté
de Emmanuel Pierrat
Éditions Calmann Lévy / Mars 2016


Ainsi, monsieur, vous voulez travailler dans le livre? (Gaston Gallimard à Jean-Jacques Pauvert en 1941.) Contre la censure, il fut le premier à publier l'œuvre complète du marquis de Sade, au grand jour et sous son nom. Il fut aussi l'éditeur d'Histoire d'O, d'André Breton, de Georges Bataille, de Boris Vian et d'autres auteurs majeurs du XXe siècle. Jean-Jacques Pauvert est mort le samedi 27 septembre 2014. Il était l'un des derniers éditeurs "à l'ancienne" et incarnait le combat pour la liberté. Sa carrière fut tumultueuse. Sa vie, aussi mouvementée que romanesque. Compagnon de Régine Deforges, ami des surréalistes, l'homme séduisait autant par son érudition que par son irrévérence. L'auteur de cette biographie, Emmanuel Pierrat, a été son avocat et ami pendant les vingt dernières années de sa vie. Il a rencontré plus de soixante témoins, d'Antoine Gallimard à Annie Le Brun, et a notamment consulté les archives personnelles de Jean-Jacques Pauvert. Il fait revivre Pauvert jeune éditeur, coursier pour la Résistance; l'"affaire Sade"; les surréalistes; l'aventure d'Histoire d'O; la rencontre avec Régine Deforges; la concurrence de Tchou, Losfeld, Balland ou Bourgois; les multiples faillites et les rebondissements d'une vie tout entière vouée au livre et à la liberté.


- L'énigme Fersen
de Françoise Wagener
Éditions Albin Michel / Mars 2016


"Marie-Antoinette n'a eu qu'un grand sentiment et peut-être une faiblesse" note la comtesse de Boigne, élevée quasiment sur les genoux de la Reine. L'objet de ce sentiment était l'énigmatique et très séduisant comte suédois Axel de Fersen. Alors que Versailles et Stockholm confortaient leur alliance séculaire, cet héritier de la première famille de son pays choisit très tôt, avec l'aval du brillant Gustave III, de servir la France. Cette allégeance ne se démentit jamais. Il épousa dès les premières heures de la Révolution la cause des souverains français, ses bienfaiteurs, mais échoua à les sauver, ce qui le brisa. Mais qui fut véritablement Fersen, dont le nom suscite encore tant de fantasmes et une éternelle question restée à ce jour sans réponse? Françoise Wagener, à qui l'on doit quelques biographies très remarquées sur cette époque, a choisi de redonner à Fersen sa voix: grâce aux nombreux écrits intimes de son personnage, elle trace de l'intérieur un portrait en pied de celui qu'on disait froid et d'une réserve irritante, mais dont la nature profonde se révèle, au contraire, complexe autant que chaleureuse. Démarche inédite et originale qui permet de mieux évaluer la qualité de la relation, énigmatique elle aussi, de Fersen à la reine de France.


- Les quatre frères d'Orléans
Violence et passions au temps de la guerre de Cent Ans
de Gérard de Senneville
Éditions Bernard de Fallois / Mars 2016


Paris, 1407, rue Vieille-du-Temple. Les tueurs du duc de Bourgogne assassinent à coups de hache Louis d'Orléans, frère du roi Charles VI. Sa veuve meurt de chagrin, laissant quatre jeunes orphelins. L'aîné, Charles, devient duc d'Orléans; à quinze ans, pour venger son père, il déclenche une guerre civile entre ses partisans, les Armagnacs, et ceux de l'assassin, les Bourguignons. Cette guerre déchire le pays pendant que les Anglais envahissent à nouveau la France: capturé à Azincourt, Charles d'Orléans reste vingt-cinq ans prisonnier en Angleterre, où il compose des poèmes qui le rendront célèbre. Le second frère, Philippe, se bat lui aussi, mais meurt à vingt-quatre ans d'une épidémie, tandis que le troisième, Jean, livré en otage aux Anglais à l'âge de douze ans, subit trente-deux années de captivité. C'est donc le dernier des quatre frères, un enfant naturel, qui porte seul les espoirs de la famille: le "bâtard d'Orléans" (devenu plus tard comte de Dunois) se met au service de Charles VII ("le roi de Bourges"), combat aux côtés de Jeanne d'Arc, devient l'un des meilleurs capitaines de la guerre de Cent Ans et achève de libérer la France des Anglais. Quant à Charles d'Orléans, enfin de retour dans son château de Blois, il y forme une cour de poètes dont le rayonnement s'étend à tout le royaume. Dans ses dernières années, il a un fils qui deviendra le roi Louis XII, et celui-ci aura lui-même pour successeur François Ier, petit-fils de Jean d'Orléans, "l'enfant prisonnier des Anglais". Six rois issus de la famille d'Orléans régneront ainsi sur la France. À travers un récit très vivant, Gérard de Senneville, auteur de biographies remarquées, nous fait découvrir ici quatre destins shakespeariens dans une époque violente, mais contrastée, où de grands guerriers étaient aussi des poètes.


- Missy
de François-Olivier Rousseau
Éditions Pierre Guillaume De Roux / Mars 2016


Une biographie de la Marquise de Morny, dite "Missy", figure de la Belle Epoque qui eut une longue liaison avec Colette, monta sur les planches le temps d'un scandale au Moulin rouge, fut l'une des premières femmes à porter le pantalon et à fumer le cigare.
- Un tableau magistral des métamorphoses individuelles et collectives sur fond de trois guerres successives.
- Le Paris de la Belle Époque, décadent, caricatural et tapageur, saisi dans ses milieux interlopes.
- Le récit rocambolesque des déboires de Colette avec Willy.
- La réhabilitation d'une Missy déformée et avilie par ses détracteurs.
- Une enquête magistrale.


- Né au bon moment
de David Lodge
Éditions Payot & Rivages / Mars 2016


Comment devient-on David Lodge? Pourquoi choisit-on le rire comme langage absolu, la comédie comme ligne de vie (et de fuite)? Dans ce livre événement, notre Anglais préféré se dévoile comme jamais, avec une pudeur et une simplicité bouleversantes. Loin des mémoires tournant à l'autocélébration, David Lodge rend hommage aux autres, à ceux qui ont traversé sa vie (parents, enfants, amis écrivains) et ce morceau de siècle avec lui, gamin anglais né en 1935, à quelques encablures de la guerre. Au-delà du roman d'une vie, ce livre raconte le parcours d'un catholique profondément irrévérencieux, mais aussi habité par le doute et le paradoxe.


- Punk rock blitzkrieg. Ma vie chez les Ramones
de Marky Ramone
Éditions Payot & Rivages / Mars 2016


En 1978, Marc Bell devient Marky Ramone et tient les baguettes d'un des gangs parmi les plus célèbres de toute l'histoire du rock américain, les Ramones. Ce jeune batteur, né à Brooklyn, n'est alors pas un débutant et a participé aux riches heures du punk new-yorkais, aux côtés de Richard Hell. Durant des années, et jusqu'aux derniers feux du groupe, Marky portera désormais fièrement l'étendard du "blitzkrieg rock" des Ramones aux quatre coins de la planète avant de devenir, à la disparition des trois autres membres du groupe, le dernier survivant d'une bruyante légende. Cette autobiographie brut de décoffrage, qui évoque dans un premier temps le New York punk des années 70  (des New York Dolls aux Heartbreakers de Johnny Thunders) raconte la folle cavalcade du plus grand group punk américain, ouvre la porte des backstages et des studios (y compris celui de Phil Spector), et offre une plongée sans langue de bois, parfois terrifiante, dans l'intimité d'un groupe rongé par les rivalités et des addictions.


- Shakespeare. L'espion des âmes
de Henriette Chardak
Éditions L'Archipel / Mars 2016


Nombre d'auteurs se sont interrogés sur son identité. Était-il un aristocrate jaloux de son anonymat? Un Italien? Le "nègre" d'un auteur célèbre? Un collectif d'auteurs? Peut-être même une femme? Les spéculations, depuis quatre siècles, n'ont guère cessé d'entourer l'auteur du non moins étrange Hamlet. Henriette Chardak a réexaminé une par une les pièces du "dossier Shakespeare", afin de lever le voile sur les aspects les plus énigmatiques du grand dramaturgique. Aussi célèbre que discret, Shakespeare, nous dit-elle, fut avant tout un homme de l'ombre, caché sous des masques de théâtre, préférant se cacher à la vue de ses contemporains pour les scruter jusqu'à l'âme, tel le plus fin des journalistes de son époque. Il était un humaniste libre-penseur, ce qu'il voulait à tout prix dissimuler à ses "clients" royaux. Au-delà de sa vie de comédien, de ses fulgurances géniales, de ses amitiés et surtout de ses intrigantes disparitions, cette biographie romanesque s'attelle à l'énigme Shakespeare.


- The Velvet Underground
de Philippe Azoury et Joseph Ghosn
Éditions Actes Sud / Mars 2016


L'histoire du Velvet se mélange à celle d'un New York des années 1960 où tout était possible. Lou Reed, John Cale, Nico, mais aussi Bowie, Morissey, Warhol, appartements insalubres squattés en bande, drogues, guitares, effervescence permanente, de ce bouillon de culture fertile émergent des albums qui ont changé l'idée du rock.


- Truffaut et les femmes
de Elizabeth Gouslan
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2016


Le réalisateur  de "Baisers volés" et du "Dernier métro" ne cachait pas son jeu: "Le cinéma, disait-il, c'est l'art de faire faire de jolies choses à de jolies femmes". Il ne se priva jamais de mêler la vie, l'image, la fiction, le scénario, la réalité. Il y avait ainsi, d'un côté, le Truffaut rive droite, cravaté et sanglé; et, de l'autre, l'individu pétri d'émotions et soumis à son tumultueux désordre intérieur. La femme idéale n'existant pas, il la modela à l'image de ses fantasmes:  fatale, magnétique, audacieuse, tendre, intouchable. Du cinéma à ses propres battements de cœur, ce fut donc, pour ce merveilleux artiste,  un tourbillon dans lequel les actrices seront, chacune, un vertige spécifique: amoureux de son épouse, Madeleine, fou de Jeanne Moreau, de "Framboise" Dorléac, amusé par Claude Jade, aimanté par Catherine Deneuve,  envoûté par Fanny Ardant. Son existence et ses films finirent par se confondre afin de ne faire plus qu'un. Truffaut ou l'homme qui aimait les femmes? Toutes les femmes? Évidemment. Ce livre-enquête prouvera qu'elles le lui rendaient bien.


- Zita impératrice courage. 1892-1989
de Jean Sévillia
Éditions Perrin / Mars 2016


Le destin poignant d'une femme dont la vie force l'admiration et le respect. Zita de Bourbon-Parme (1892-1989) a tout connu du XXe siècle: les fastes de l'Empire austro-hongrois, l'accession au trône en pleine guerre de 1914, la fin de l'empire, l'exil, la ruine de l'Europe, avant le retour triomphal dans une Autriche enfin apaisée. La biographie magistrale d'une femme d'exception.    


- Bienvenue chez moi
de Jean-Luc Petitrenaud
Éditions Flammarion / Février 2016


"Vissés dans la cuisine, nous regardions avec complicité la ronde des casseroles qui dessinait les contours du souper. Le dimanche soir, on finissait le riz gras qui avait habillé le rôti de bœuf à l'heure du déjeuner. Ah ce riz croustillant, ébloui de beurre, qui chante en bouche. Ah ces petits pains au chocolat issus du surplus de la pâte à tarte. Ah cette salade de fruits confite dans son jus naturel. Ah ce clafoutis aux cerises explosant de jutosité. Repas de rien, repas économiques. On ne saluera jamais assez l'imagination des ménagères de cette époque. Trois fois rien et le paradis ouvre ses portes". Pour mieux se raconter, Jean-Luc Petitrenaud nous invite chez lui, dans les maisons qui ont le plus compté dans sa vie. De l'Auvergne-à la Normandie, des souvenirs tendres et gourmands qui font la part belle à l'enfance, à l'amitié et à la douceur de vivre.


- Brève vie de Katherine Mansfield
de Pietro Citati
Éditions La Table Ronde / Février 2016


Katherine Mansfield née en 1888 en Nouvelle-Zélande, morte en France en 1923, a écrit quelques-uns des plus beaux et des plus célèbres récits de ce siècle. Plus qu'un simple écrivain, elle est vite devenue comme Virginia Woolf ou Franz Kafka, un personnage fabuleux, une sorte de mythe moderne représentant exemplairement un destin de l'époque. Changeante, adorable, inquiète, fragile, têtue: voici une jeune fille soucieuse d'être belle, à la mode, amoureuse, qui s'enfuit, revient, tombe malade, meurt jeune; mais aussi un écrivain de premier ordre, jamais dupe d'elle-même, toujours en quête, dans la vie comme dans l'écriture, de quelque chose qui fuit éternellement regards et désirs humains.


- Charlie Chaplin
de Peter Ackroyd
Éditions Philippe Rey / Février 2016


Il fut la première icône du grand écran et demeure, cent ans après son premier film, le visage le plus instantanément reconnaissable du cinéma. Mais qui était vraiment l'homme à la moustache? Petit garçon blessé par la déchéance de sa mère adorée, scandaleux séducteur multipliant les jeunes conquêtes, égocentrique pathologique, réalisateur omniprésent derrière et devant la caméra, agitateur politique. Avec la précision d'un biographe et la distance d'un romancier, Peter Ackroyd rend justice à Chaplin sous tous ses aspects, les lumières comme les ombres. Il braque ses projecteurs sur une vie et une œuvre, depuis les humiliants débuts dans les music-halls londoniens jusqu'à la célébrité planétaire acquise alors qu'il n'a que vingt-cinq ans. Et, sur fond d'une centaine de films qui n'ont cessé depuis de drainer des hordes de spectateurs à travers le monde, nous entraîne, par les sombres scandales des années 1940 et la chasse aux sorcières du maccarthysme, au final et pathétique exil suisse. La biographie passionnante d'un personnage de génie, énigmatique entre tous.


- Gainsbourg confidentiel
de Pierre Mikaïloff
Éditions Prisma / Février 2016


Qui est le vrai Serge Gainsbourg? À l'occasion des 25 ans de sa mort, cette biographie inédite lève le voile sur les mystères de cette star pudique malgré ses provocations et nous révèle des facettes méconnues de sa personnalité. Qui est donc Serge Gainsbourg que chacun pense connaître? Un musicien de génie, assurément. Un compositeur et parolier hors pair qui a traversé tous les courants musicaux, et un pygmalion qui a multiplié les collaborations avec de grands artistes comme France Gall, Françoise Hardy, Bashung et Vanessa Paradis. Un grand amoureux qui a magnifié les femmes de sa vie dans ses duos sensuels. On connaît bien Gainsbarre le provocateur qui a choqué la France par ses déclarations fracassantes et sa liberté affichée à la télé. Mais qui est le Gainsbourg intime? Celui des doutes et des blessures, le jeune homme qui avait une vocation contrariée pour la peinture, le musicien incompris qui est éclipsé dans les années 1970 par le succès de Jane Birkin? L'homme qui réalise des longs-métrages, des pubs et des clips aujourd'hui oubliés par la légende?


- Jane Birkin. Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve
de Frédéric Quinonero
Éditions L'Archipel / Février 2016


Les années passent, Jane Birkin reste une icône. Tour à tour scandaleuse à ses débuts sur grand écran dans Blow Up d'Antonioni, puis murmurante en muse de Gainsbourg dont elle demeurera l'héritière et la meilleure interprète, cette "ex-fan des sixties" a su se faire une place dans le cœur des Français. C'est à partir de 1968, et sa rencontre avec Serge Gainsbourg (qui se remet difficilement de sa rupture avec BB) qu'elle connaît la consécration en France. Tous deux forment alors le couple bohème post-soixante-huitard du Paris germanopratin. Elle joue dans La Piscine de Jacques Deray, aux côtés d'Alain Delon et Romy Schneider, chante avec Serge ("Je t'aime, moi non plus"), puis en solo. Elle trace ainsi son chemin, avec sa légèreté et sa fantaisie so british, enchaînant dans les années 1980 des collaborations au cinéma, avec des réalisateurs tels Jacques Doillon ou Jacques Rivette, ou au théâtre avec Patrice Chéreau. Après la disparition de Serge en 1991, à qui elle ne cessera de rendre hommage,  "Jane B." reste sur le devant de la scène, pour la musique comme pour les combats qu'elle mène à travers le monde. Avec cette flamme qui, malgré les épreuves, ne s'est jamais éteinte.


- Jean de Tinan
de Jean-Paul Goujon
Éditions Bartillat / Février 2016


Admiré par un cercle d'inconditionnels, Jean de Tinan (1874-1898) occupe une place à part dans l'histoire de la littérature française. Dans cette riche biographie agrémentée de nombreux documents inédits, Jean-Paul Goujon retrace le parcours de ce délicat écrivain au destin brisé. Tout en incarnant un représentant de la Belle Époque, l'auteur est avant tout une personnalité aussi complexe que séduisante: à la fois sentimental et raisonneur, libertin et romantique, partagé entre "sexe et tendresse", recherchant toujours le bonheur et perpétuellement insatisfait. Cette biographie, qui accompagne la sortie du Journal intime inédit de Jean de Tinan, offre le portrait le plus complet possible de ce jeune homme 1900, à travers ses amours et ses amitiés, ses "noctambulismes" et ses "sentimentalismes". On y croise entre autres, parmi les écrivains et artistes célèbres: Gide, Louÿs, Valéry, Barrès, Régnier, Debussy, Toulouse-Lautrec, Jarry, Léautaud qui disait: "Jean de Tinan, ce nom, pour moi, c'est de la sensibilité, du scepticisme et de la grâce". Et Mallarmé, après avoir lu Penses-tu réussir, écrivait à l'auteur en le félicitant d'y avoir fait "éclater, toujours dans un beau milieu, votre amusante et poignante désinvolture de sentiment si sincère".


- Joffre
de Rémy Porte
Éditions Perrin / Février 2016


La biographie de référence du maréchal Joffre, sans concession pour les idées reçues et les discours convenus. Ni hagiographie ni critique systématique, Rémy Porte livre la biographie de référence du maréchal Joffre, sans doute le chef militaire le plus contesté de la Première Guerre Mondiale. Porté au pinacle après la victoire de la Marne, à la tête des armées françaises jusqu'en 1916, Joffre est remplacé par Nivelle après les terribles batailles de Verdun et de la Somme. Mais plus que tous ses pairs, il a su incarner le commandement, en exigeant que chacun tienne sa place, à son niveau, et en assumant seul les prises de décision. Voici le portrait nuancé du généralissime, construit sans œillères à partir des sources les plus diverses.    


- Léon Blum. Un portrait
de Pierre Birnbaum
Éditions Du Seuil / Février 2016


Dans ce portrait passionné et souvent inattendu, Pierre Birnbaum redonne pleinement vie à Léon Blum: le dreyfusard, l'homme de Juin 36 et de ses immenses conquêtes sociales, mais aussi le jeune dandy aux goûts littéraires d'avant-garde, l'homme d'action doté d'un réel courage physique, l'avocat de l'émancipation sexuelle des femmes, l'amoureux aux multiples vies. Il relit aussi ses engagements à la lumière de l'histoire de ces Juifs d'État, "fous de la République", auxquels il a consacré un livre qui a fait date. Figure accomplie de la citoyenneté républicaine, Blum ne renia jamais sa judéité. Une vision singulièrement renouvelée.


- Les Hugo
de Henri Gourdin
Éditions Grasset & Fasquelle / Février 2016


Encore un livre sur Victor Hugo? Non, sur tous les Hugo. Ceux qui le précèdent, à partir de ses ancêtres lorrains, et ceux qui le suivent, jusqu'à la génération de Jean, le peintre, ami de Cocteau. Cinq générations en dix-huit portraits de personnalités fortes, pittoresques, émouvantes: le général Léopold-Sigisbert Hugo, héros des guerres napoléoniennes, père officiel de Victor; Sophie Trébuchet, mère du poète et figure dominante de la saga; le général Lahorie, amant de Sophie et père naturel présumé de Victor; Adèle Foucher, épouse de Victor et mère de ses cinq enfants; Léopold Hugo, le fils premier né, mort de maltraitance à moins d'un an; Léopoldine, morte noyée à 19 ans dans des circonstances troublantes; Charles Hugo, le fils prodigue, continuateur de la lignée; François-Victor Hugo, l'héritier tendre et discret, éminent traducteur de Shakespeare; Adèle Hugo "la misérable", "l'engloutie", "la mal-aimée", internée par son père à 42 ans; Paul et Aline Ménard-Dorian, hautes figures de l'art, de l'industrie et de l'extrême-gauche républicaine; Jean le peintre, époux de la fameuse Valentine Gross et père de huit Hugo; Marguerite, manadière en Petite Camargue et bien sûr, celui sans qui cette histoire ne serait pas racontée, le grand Victor Hugo. Dans cette approche inédite d'une immense figure littéraire, Henri Gourdin détecte et analyse d'étranges continuités dans les comportements sur ces cinq générations. Il relève les falsifications accumulées par deux siècles d'hagiographie et ouvre un débat sur la question de la célébrité. L'histoire d'une famille, l'histoire de la littérature, de la politique et des arts, une histoire de la France.


- Ma chienne de vie
de Dave et Patrick Loiseau
Éditions Robert Laffont / Février 2016


Il ne fait pas bon être un chien errant sur l'île ou Chance est née. À certains endroits de la côte, les pêcheurs capturent chats et chiens et les transforment en appâts vivants pour la pêche au requin. Comme des centaines de ses congénères, Chance en a été la victime. Miraculeusement, elle parvient à se sauver. Puis rencontre, grâce à de "bonnes fées", ceux qui vont devenir les humains de sa vie, le chanteur Dave et son compagnon, le parolier et auteur Patrick Loiseau. Depuis dix ans, leur trio est inséparable. Après toutes les épreuves traversées, Chance aurait-elle, finalement, de la chance?


- Maurice et Jeannette. Biographie du couple Thorez
de Annette Wieviorka
Éditions Perrin / Février 2016


Le couple mythique du communisme français. En 1934, Maurice Thorez, secrétaire général du PCF, dit à Jeannette Vermeersch, jeune militante: "Je vais chez toi. Pour toujours". Leur intense vie commune ne prendra fin qu'avec la mort de Maurice, en 1964. Annette Wieviorka, grâce à des archives souvent inédites, retrace le destin exceptionnel de deux enfants du Nord, aux prises avec les grands drames du XXe siècle. Elle raconte leurs parcours immergés dans l'idéologie où s'entremêle vie familiale et militante dans un enfermement partisan, que ce soit en France ou au pays des Soviets. Elle éclaire des épisodes controversés, comme la désertion de 1939. Elle montre aussi leur ouverture à l'art, ainsi que leurs positions réactionnaires en matière de mœurs. Un livre puissamment original sur un couple en politique comme l'histoire en compte peu.    


- Passionnément Gainsbourg
de Karin Hann
Éditions Du Rocher / Février 2016


Figure médiatique emblématique de la fin du XXe siècle, Serge Gainsbourg disparaît le 2 mars 1991, laissant l'image d'un compositeur à succès talentueux, certes sulfureux et provocateur, mais aussi blessé et à fleur de peau. Or, si nombreux sont ceux qui affirment s'inspirer de lui, personne ne parvient à lui emboîter le pas: Gainsbourg est plus qu'un compositeur à textes, c'est un poète véritable, qui s'inscrit dans la lignée de ses aînés du XIXe siècle, dont il s'est si souvent inspiré. À la suite de Rimbaud et surtout de Verlaine, il s'empare des grands thèmes romantiques, torturant son âme pour exorciser son mal de vivre dans des textes poignants et incisifs, sur des mélodies empruntées à de grands musiciens classiques ou nées de son imaginaire de pianiste de bar. Maniant la langue française en virtuose, jouant de la sonorité des mots comme de leur sens, il s'adresse à un public sans cesse renouvelé avec une sincérité bouleversante. Karin Hann restitue ici la richesse des œuvres de Gainsbourg, en révélant parfois la face cachée de ses écrits. Fruit d'une longue recherche, ce livre met en lumière le caractère exceptionnel de cet artiste complexe, ainsi que son immense culture. Un hommage qui l'inscrit définitivement dans la tradition des grands poètes maudits et qui est, à n'en pas douter, passionnément Gainsbourg.    


- Un voyage inattendu
de Lucien Douroux
Éditions Cherche Midi / Février 2016


Lucien Douroux est né en 1933 dans un petit village d'Auvergne au sein d'une famille d'agriculteurs. Alors qu'il cumule les travaux à l'exploitation familiale avec un emploi d'ouvrier dans une coutellerie voisine, il rejoint le mouvement de la Jeunesse agricole catholique (JAC). Cette rencontre va changer le cours de son existence. Il découvre Paris, d'autres milieux, des idéologies nouvelles, milite pour plus de fraternité sans jamais rompre avec ses racines auvergnates. Son caractère visionnaire, sa détermination, sa résistance montagnarde et la force de ses valeurs catholiques en font un être singulier, armé pour les plus grandes conquêtes. En 1970, le Crédit Agricole s'impose à lui. Il y entre comme on entre en politique ou en religion, avec la passion et l'âme d'un missionnaire. Il n'aura de cesse alors de défendre ses idées et de façonner le Crédit Agricole d'aujourd'hui, transformant avec conviction la banque des agriculteurs en une banque globale et internationale, tout en conservant l'esprit de ses origines. Cet ouvrage est le récit du voyage inattendu d'un fils de paysan auvergnat qui s'est hissé à la tête du Crédit Agricole et porte un regard aiguisé sur un monde en pleine mutation.


- Eve Curie
de Claudine Monteil
Éditions Odile Jacob / Janvier 2016


Fille de Pierre et Marie Curie, Ève Curie fut une femme d'action et de conviction. Tour à tour, et avec le même sens de l'engagement et de l'audace, elle est présente aux côtés de De Gaulle dès juin 1940, correspondante de guerre couvrant tous les fronts, de l'Europe, de l'Afrique et de l'Extrême-Orient, simple soldat volontaire des Forces françaises libres, conseillère spéciale du secrétaire général de l'OTAN, seule femme à occuper, en pleine guerre froide, un poste d'une telle envergure stratégique. D'une détermination farouche, exerçant une véritable fascination sur les médias, elle sillonne le monde avec son mari, l'Américain Henry Labouisse, directeur exécutif de l'Unicef, et s'engage au service des enfants et dans la lutte contre la faim durant la crise du Biafra. C'est ce parcours d'exception d'une femme de tous les défis, éprise d'action et de liberté, que relate ici Claudine Monteil, en s'appuyant sur de nombreuses archives inédites du fonds Curie. Ève Curie ne fut pas scientifique, mais elle eut l'étoffe d'une héroïne pour la défense des libertés.


- Henri Dutilleux
de Pierre Gervasoni
Éditions Actes Sud / Janvier 2016


Cette ambitieuse biographie du compositeur Henri Dutilleux (1916-2013) n'est pas un livre comme les autres, mais un véritable projet littéraire, de nature proustienne. En effet, comment rendre compte de quatre-vingts ans d'activité sans se limiter à la restitution de souvenirs, à la publication de documents? Pierre Gervasoni a mené un long travail d'enquête, recherchant les témoignages d'époque, fouillant les archives publiques et les fonds privés. Au fil du temps, le butin est devenu considérable et s'est encore enrichi avec l'accès aux archives personnelles du compositeur. Il a fallu sélectionner les faits rapportés, mais aussi les détails permettant de les animer. Et surtout relever le défi de l'écriture, afin de garantir au lecteur un plaisir constant, de la première à la dernière page, en l'invitant à se mettre dans la peau des personnages de ce récit. L'histoire d'Henri Dutilleux a alors pris la forme naturelle d'un roman. Un roman où tout est vrai.


- Joséphine: le paradoxe du cygne
de Pierre Branda
Éditions Perrin / Janvier 2016


Elle ne s'appelait pas Joséphine de Beauharnais, mais Marie-Joseph-Rose de Tascher de La Pagerie. C'est par la grâce de Napoléon qu'elle prit le nom de Joséphine, puis le titre d'impératrice. Ce premier mystère en cache beaucoup d'autres, dont Pierre Branda lève successivement les voiles. Certes, la Créole avait la grâce du cygne, dont elle se fit un instrument efficace, au point d'être désignée comme "l'incomparable", de sa naissance à la Martinique en 1763 jusqu'à sa mort à Malmaison en 1814. Mais, bien plus que ses prouesses et ses trahisons amoureuses réelles ou supposées, l'auteur fait valoir la femme de réseaux, d'influence et d'argent, l'hostilité jamais démentie du clan Bonaparte à son égard et envers ses deux enfants, son goût pour la nature et les arts, et surtout ce lien complexe et indéfectible avec Napoléon dont elle accompagna la vertigineuse ascension sans connaître la chute ultime. Loin de la légende noire comme des potins anecdotiques, Pierre Branda redonne vie à une femme de tête autant que de corps aux prises avec la grande histoire, dont elle sut tirer parti tout en subissant ses coups.    


- Les derniers jours de Drieu la Rochelle
de Aude Terray
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2016


Entre ses deux tentatives de suicide et son suicide le 15 mars 1945, Pierre Drieu la Rochelle, l'écrivain fasciste, directeur de la NRF sous l'Occupation, ami d'Aragon et de Malraux, est en convalescence, protégé et caché par quelques proches, des résistants, sa première épouse juive, près de Paris et à Paris, afin de s'épargner  arrestation et jugement. Commence pour lui une étrange parenthèse de huit mois pendant lesquels cet homme complexe ne sait plus qui il est, ni où il en est. De cette période, Aude Terray a reconstitué le récit minutieux et fascinant, la vie quotidienne d'un écrivain sensible et monstrueux qui se trompa de combat. Historienne, elle recompose subtilement  son cheminement intellectuel, sa solitude, son désarroi. On suivra, ici, l'auteur de Gilles et de Rêveuse bourgeoisie tandis que, réfugié dans une forêt, il cueille des pommes, coupe du bois, pense à ses maîtresses enfuies ou mortes Que reste-t-il des engagements des années 1930? Est-il pressé de rencontrer enfin le néant? Que cherche-t-il à dire de lui-même à travers les figures de Judas et de Van Gogh auxquels il consacre ses pages ultimes? Doit-il fuir à Sigmaringen avec Céline et Pétain? S'exiler en Suisse ou en Espagne? Ou en finir dignement? Personne, à ce jour, n'avait aussi bien éclairé la psychologie du dernier Drieu.


- Madame Royale
de Anne Muratori-Philip
Éditions Fayard / Janvier 2016


Marie-Thérèse Charlotte, "Madame Royale", voit le jour le 19 décembre 1778. Hélas, pour la fille aînée de Louis XVI et Marie-Antoinette, les bonheurs d'enfance s'effondrent avec la Révolution. Le 13 août 1792, la famille royale est emprisonnée dans l'horrible forteresse du Temple. Le 21 janvier 1793, on guillotine le roi; sa soeur et la reine le suivent quelques mois plus tard. Madame Royale est épargnée mais séparée de son petit frère, l'éphémère Louis XVII, qui mourra de mauvais traitements sans jamais la revoir. Isolée, privée de tout, terrorisée, la jeune princesse s'enfonce dans un long enfer. Fin 1794, les fureurs révolutionnaires s'apaisent et le peuple de Paris s'attendrit sur cette adolescente qui devient l'héroïne des gazettes. Dans le même temps, les cours d'Europe se la disputent. Au terme de longues négociations, faussement secrètes et parfois scabreuses, "Madame Royale" est libérée le 18 décembre 1795. Elle a tout juste dix-sept ans. Accueillie à Vienne par sa famille maternelle, la fille de Louis XVI pourrait se libérer de son terrible passé. Mais elle ne veut pas renoncer à la France. Encore moins à sa filiation. Ne serait-ce que pour contrôler les ambitions royales de son oncle, le futur Louis XVIII, dont elle a découvert les manigances. À partir de mémoires et de souvenirs d'époque, Anne Muratori-Philip retrace avec brio et minutie les épisodes tragiques, mais aussi romanesques et politiques de la prisonnière du Temple, avant qu'elle ne devienne duchesse d'Angoulême.


- Martin Heidegger. Catholicisme, révolution, nazisme
de Guillaume Payen
Éditions Perrin / Janvier 2016


"Le national-socialisme est un principe barbare", écrit Martin Heidegger dans ses Cahiers noirs, ajoutant: "C'est ce qui lui est essentiel et sa possible grandeur". Révolutionnaire radical, ayant vu et approuvé le caractère destructeur du nazisme, le recteur de Fribourg a réservé d'autres surprises dans ses journaux philosophiques, dans lesquels il évoque par exemple l'auto-anéantissement du juifXLIOX750. Alors que le philosophe est devenu un objet d'incompréhension et d'horreur, nombre de spécialistes en appellent désormais à l'histoire. C'est cette réhistoricisation que l'auteur a entreprise dans ce livre. Refusant la polémique, l'adoration et la détestation, il s'emploie à comprendre l'homme et le penseur, de l'intérieur et en son temps, par le biais de toutes les sources disponibles: cours, lettres, textes de circonstance, de même que les Cahiers noirs qui suscitent tant d'émoi. Excédant largement le IIIe Reich, le cheminement de Heidegger fut heurté: il commença par un catholicisme intransigeant, qui laissa la place, après la Première Guerre Mondiale, à une volonté farouche de révolution philosophique, terreau dans lequel son nazisme vint jeter de profondes racines qui survécurent à l'effondrement du régime d'Adolf Hitler. De cette biographie se dégage un portrait fait d'ombres et de lumières: grand philosophe, maître, ami ou amant de juifs ou d'étrangers, Heidegger fut aussi un nationaliste antisémite, inquiet de l'"enjuivement" de son peuple et soucieux de son rôle historique prééminent.


- Notre dernier monarque
de Philippe Alexandre
Éditions Robert Laffont / Janvier 2016


Alexandre n'a jamais caché la fascination qu'exerçait sur lui François Mitterrand, souverain à la fois donjuanesque et romanesque, qui s'imposait avant tout par l'éclat et l'habileté de son verbe. Pendant quatorze ans, il n'a cessé de l'observer et de commenter son action, sans complaisance mais avec le sentiment constant de vivre un grand moment de la dramaturgie nationale. Il a porté le même regard lucide et souvent ironique sur les différents épisodes, les espoirs déçus, les jeux subtils, les retournements de situation, les drames et les "affaires" qui ont jalonné ses deux septennats. Au fil d'un journal ponctué de réactions épidermiques, de coups de sang, d'éclats de rire et parfois de moments de tendresse, Philippe Alexandre fait revivre toute une époque, à travers la personnalité du chef de l'État, comme de celle des grands leaders du moment, de Jacques Chirac et Édouard Balladur à Michel Rocard, Laurent Fabius ou encore Martine Aubry. Brossées à chaud et sur le vif avec un talent inimitable, ce sont autant de scènes d'une vie politique qui tient tour à tour du drame cornélien, du vaudeville ou de la fable et dont chaque péripétie doit beaucoup à l'art de gouverner d'un manipulateur hors pair.


- Robespierre. La fabrication d'un monstre
de Jean-Clément Martin
Éditions Perrin / Janvier 2016


Comment fabrique-t-on un monstre, un nouveau portrait de "l'Incorruptible". Le parti pris de cette nouvelle biographie de Robespierre, qui fait sa valeur et son originalité, est le refus revendiqué de toute approche psychologisante, de tout affect et de tout sensationnalisme. Nous voyons ainsi évoluer l'homme parmi ses pairs et ses rivaux, dont beaucoup ont partagé avec lui les mêmes expériences: une enfance difficile, une adolescence studieuse et une réussite sociale, mondaine et littéraire précoce. À travers ses multiples et successives prises de position politiques, y compris celles qui paraissent mineures, on comprend qu'il s'exprime en réponse aux Danton, Marat, Pétion, Saint-Just, Fabre d'Eglantine, Camille Desmoulins, Hébert, Collot d'Herbois, dans un jeu de bascule permanent, sans pouvoir exercer une quelconque magistrature suprême. Lorsqu'il paraît enfin pouvoir y accéder, il est condamné hors la loi par ses collègues, le 9 thermidor 1794. Chacun le sait, aucune artère parisienne ne porte le nom de Robespierre, passé à la postérité comme l'archétype du monstre. Sans l'absoudre de rien, sans l'accabler non plus, Jean-Clément Martin explique que cette réputation a été fabriquée par les thermidoriens qui, après l'avoir abattu, voulurent se dédouaner de leur recours à la violence d'État: les 10 et 11 thermidor, qui voient l'exécution de Robespierre, de Couthon, de Saint-Just et de près de cent autres, servent en réalité à dénoncer "l'Incorruptible" comme le seul responsable de la "Terreur". Cette accusation a réécrit l'histoire de la Révolution et s'impose encore à nous. En historien, l'auteur démonte les mythes et la légende noire pour retrouver l'homme. Une démonstration sans faille et un livre à l'image de Robespierre: éminemment politique.


- Adolf Busch
Le premier des Justes
de André Tubeuf
Éditions Actes Sud / Novembre 2015


André Tubeuf rend ici hommage a une grande figure, trop peu connue du XXe siècle. Adolf Busch (1891-1952) était le violoniste numéro 1 d'Allemagne. Pour l'histoire, il restera ce pur aryen qui le premier a rompu avec une Allemagne où il avait tout, son public, son avenir, jurant qu'il n'y remettrait les pieds qu'une fois Hitler pendu entre Goebbels et Georing. Pour ce pacifique proscrit par choix puis exilé par la guerre, un seul combat: que la musique de Bach puisse plaire à tous. Et une vraie victoire: Marlboro (Vermont),où lui et les meilleurs de la vielle Europe ont replanté dans la jeune Amérique, leurs racines, leur style, leur foi. Un récit passionnant et exemplaire.


- Carnet d'un chanteur de casino hors saison
de Guy Marchand
Éditions Cherche Midi / Novembre 2015


Je suis un jouisseur universel. J'aime les voitures américaines, les pâtes italiennes, les boudins de printemps orientaux, le couscous marocain avec des raisins, le lin irlandais, le cachemire écossais, les chaussures anglaises, les fromages français, les chevaux argentins et, pour les femmes, mes goûts vont bien au-delà des frontières, jusqu'en Mongolie. G. M.


- Édith Piaf
Dix minutes de bonheur par jour, c'est déjà pas mal
de Claude Fléouter
Éditions Cherche Midi / Novembre 2015


Elle prodiguait du rêve, du bonheur et du malheur. Elle n'appartenait à aucun temps. L'éternité était son unique richesse. Rien avec elle n'était ordinaire. Ni sa voix ni sa volonté de vaincre. Elle lançait son âme sur des tapis de complaintes. Elle avait une faculté pour accrocher le public, le toucher, l'émouvoir. Quand elle était sur scène, il y avait beaucoup d'amour dans la salle, le cœur était au rendez-vous et cela se savait. Édith Piaf ne vivait vraiment, ne respirait que dans l'atmosphère d'un théâtre, le mouvement d'une tournée. Elle avait l'intuition infaillible de ce qu'il convenait de faire sur une scène, là où il y avait la concordance des sons avec la minute de ses états. Elle était née le 19 décembre 1915. Elle a assumé totalement la composition la plus vraie, la plus brûlante, et qui l'a fait tenir debout avec un extraordinaire appétit de vivre, jusqu'aux débordements, jusqu'à l'excès dans le travail et dans sa vie privée, avec une énergie sans faille qui fascinait et exténuait ses proches. Elle a joué avec la vie. Une vie qu'elle a dévorée avidement.


- Innocent
de Gérard Depardieu
Éditions Cherche Midi / Novembre 2015


Je revendique complètement ma connerie et mes dérapages. Parce qu'il y a là quelque chose de vrai. Et si on ne dérape jamais, c'est souvent qu'on est un peu con. Je ne maîtrise rien, je ne fais que suivre, et parfois supporter mon amour de la vie et des autres. Un amour qui, comme disait François Truffaut, est à la fois une joie et une souffrance. Je ne cherche pas à être un saint. Je ne suis pas contre, mais être un saint, c'est dur. La vie d'un saint est chiante. Je préfère être ce que je suis. Continuer à être ce que je suis. Un innocent.


- Le dernier des tontons flingueurs
de Venantino Venantini
Éditions Michel Lafon / Novembre 2015

 
Venantino Venantini. Cela ressemble à un pseudo, mais c'est bien le nom de cette gueule du cinéma des années 1960, du plus français des acteurs italiens, qui fut, entre beaucoup d'autres, Mickey le Bègue dans Le Corniaud et Pascal, le "porte-flingue" de Lino Ventura, dans Les Tontons flingueurs. Ami intime de Georges Lautner, il a donné la réplique à de Funès, Mireille Darc, Belmondo, tourné avec Dino Risi, Roger Vadim, Édouard Molinaro et Ettore Scola. À cette carrière d'acteur dont les mille souvenirs tendres ou drolatiques font revivre les plus grands noms du cinéma, de Marlon Brando à George Raft, de Fellini à Gloria Swanson, s'ajoute une existence aventureuse, depuis son enfance dans l'Italie de Mussolini jusqu'à sa carrière de peintre à Paris, Rome et New York, encouragée par son mentor, Georges Braque. À quatre-vingt-cinq ans, Venantino Venantini nous livre le récit d'une vie à son image, débridée et passionnée.


- Lettres à un ami de l'ombre
Édith Piaf
de Présentation et annotation de Jean-Dominique Brierre
Éditions L'Archipel / Novembre 2015


En mai 1936, après l'assassinat de son mentor, Louis Leplée, le patron du Gerny's, Edith Gassion, dite la môme Piaf, n'a plus guère d'amis. Entre alors en scène un personnage inconnu du public qui jouera un rôle capital dans sa vie. Jacques Bourgeat lui écrit sa première chanson, " Chand d'habits", lui fait faire le tour des éditeurs de musique. Il jouera auprès d'Edith le rôle d'un père de substitution, d'un Pygmalion qui lui parle de poésie, de théâtre et des philosophes grecs. Il sera à la fois son guide, son professeur de français, son confident voire son confesseur. "Dans ses lettres, elle me parlait très peu de sa profession, plutôt de ses états d'âme". Jusqu'en 1959, ils échangeront plusieurs centaines de lettres où Piaf raconte tout: ses hommes, ses angoisses, ses joies, ses désespoirs.


- Martin Buber
Sentinelle de l'humanité
de Dominique Bourel
Éditions Albin Michel / Novembre 2015


Martin Buber (1878-1965) est, avec Freud, Einstein ou Kafka, l'un des penseurs juifs les plus connus du XXe siècle dont il a vécu les tragiques bouleversements. Né à Vienne, ayant passé son enfance en Galicie et parcouru l'Europe dans sa jeunesse, il est vite devenu une figure majeure du judaïsme allemand et du premier sionisme. Installé à Jérusalem à partir de 1938, il s'imposera comme un penseur incontournable et sera invité dans le monde entier. Son destin exceptionnel croise ceux de Herzl, Freud, Einstein, Rosenzweig, Kafka, Zweig, Scholem, Gandhi, Bachelard, Jung, Heidegger, Levinas, Ben Gourion et de tant d'autres, comme en témoigne sa correspondance foisonnante. Buber est non seulement un grand philosophe de l'altérité (Je et Tu), de la piété mystique (Les Récits hassidiques) et du dialogue judéo-chrétien (Deux types de foi), mais il est aussi le héraut infatigable d'un sionisme humaniste cherchant sans cesse la paix avec les Arabes, et un dénonciateur des totalitarismes hitlérien et stalinien.


- Mémoire d'un arythmique
de Guillaume Durand
Éditions Grasset & Fasquelle / Novembre 2015


Bien sûr, Guillaume Durand a rencontré "tout le monde", les plus grands fauves de la politique et du monde des affaires, de la musique et du sport, comme en témoignent mille scènes émouvantes, tragiques ou drolatiques de ce livre mais les amateurs de mémoires classiques de journaliste peuvent passer leur chemin. Enfant d'un pays à la périphérie de la gloire, appartenant à cette génération approximative dont les drames n'ont été que des meurtres de couloirs,  biberonnée au rock et à la peinture puis droguée à l'opium de la politique et du divertissement avant d'être speedée au sacre de l'argent fou, il raconte à sa manière déjantée, littéraire et mélancolique,  les rêves perdus d'une jeunesse, la grandeur perdue d'une culture et son  apocalypse intime où se reflète celle d'une époque. De Sierra Leone à Beyrouth, de Shangaï au Congo, quel est ce fantôme qui harcèle l'auteur de messages anonymes, ravivant les blessures intimes de l'enfance? "Mon cœur s'est un jour brutalement emballé. Je suis devenu comme presque un million de Français: un arythmique, c'est-à-dire un type qu'on prend pour un hypocondriaque ou un condamné": bienvenue dans ces Mémoires arythmiques où les fils d'une histoire personnelle tissent peu à peu la tapisserie de notre aventure collective.


- Mohicans
de Denis Robert
Éditions Julliard / Novembre 2015


Je voudrais avoir la froideur de l'entomologiste en entamant ce récit. Prendre les pièces une par une, remonter le temps. Éclater le temps. Disséquer. Poser. Observer. Dater. Comprendre. C'est l'histoire de deux êtres rares: Cavanna et Choron. C'est l'histoire d'un premier journal, puis d'un deuxième, d'un troisième: tous créés par une bande de kamikazes, ivres de liberté et bourrés de talent. Ces journaux ont amusé, éclairé, ouvert les yeux et les esprits de deux ou trois générations de lecteurs, de citoyens, d'électeurs, de journalistes. Hara-Kiri mensuel, Hara-Kiri hebdo, La Gueule ouverte, Charlie Mensuel et le dernier: Charlie Hebdo... 1960-1985: vingt-cinq années d'insolence, d'humour, de spontanéité et de subversion. L'époque étant ce qu'elle est, ces journaux fougueux qui sentaient le foutre, la sueur, l'alcool, la liberté sont devenus des marques. C'est l'histoire de la dilapidation d'un héritage. Une histoire tumultueuse, magnifique, triste et honteuse. À mes yeux, elle est exemplaire.


- Paul-Émile Victor
de DaphnéVictor et Stephane Dugast
Éditions Robert Laffont / Novembre 2015


Paul-Émile Victor fait partie de ces rares hommes qui, au XXe siècle, ont contribué à changer notre vision de la planète. Le 10 juillet 1934, ce jeune Jurassien que tout prédestinait à reprendre l'entreprise paternelle de pipes et de stylos embarque sur le trois-mâts du commandant Charcot, en partance pour le Groenland. En quelques années, il va devenir l'incarnation de l'exploration polaire française, vivant avec les Eskimos, cartographiant des zones encore inexplorées, organisant des missions scientifiques extrêmes. Toujours en avance sur son temps, il va aussi s'engager très tôt en faveur de l'écologie. Vingt ans après sa disparition, cette première grande biographie, écrite par sa fille Daphné et par le journaliste Stéphane Dugast, retrace le destin exceptionnel de ce voyageur dans son siècle, de cet aventurier hors normes.


- Piaf, mon amie
de Ginou Richer
Éditions Denöel / Novembre 2015


Paris, au sortir de la guerre: une jeune fille de seize ans se balade sur les Champs-Élysées. L'un des Compagnons de la Chanson, qui à l'époque accompagnent Piaf, l'aperçoit et tombe sous le charme de ses yeux verts. Bientôt l'adolescente rencontre la grande chanteuse, et une belle amitié voit le jour: Édith et Ginou, deux âmes sœurs. Ginou ne sera jamais l'employée, la secrétaire ou la dame de compagnie de Piaf, elle sera tout simplement sa "meilleure amie", comme Édith le lui a écrit au dos d'une photo. Pendant quinze ans, elle vivra son quotidien, ses amis et ses amours, ses douleurs et ses drames. Personne n'a vécu aussi longtemps sous le même toit que Piaf. Personne ne peut mieux la connaître, mieux la comprendre, mieux l'expliquer, sans jamais la juger. Tel est le portrait que Ginou brosse pour nous: celui de l'être pur, profond, pudique, qui se cachait derrière la chanteuse mythique. Elle nous raconte son Édith, entre ombre et lumière, celle que personne ne pouvait connaître de façon aussi intime, aussi secrète. Elle nous dévoile la force de vie qui portait Piaf, dans une existence semée de tragédies. Elle nous restitue la beauté de son visage et de son âme, mais aussi son humour. On a beaucoup écrit sur "la môme". Ce récit inédit n'est sûrement pas le dernier. Mais c'est le plus vrai, et sans doute le plus beau.


- Pour l'instant tout va bien
de Benjamin Castaldi
Éditions L'Archipel / Novembre 2015


La première émission de télé-réalité de France, Loft Story, en 2001, a fait de lui l'une des figures les plus populaires du PAF. Animateur phare de ces vingt dernières années, il a connu la gloire et la reconnaissance, les défis permanents, la pression de l'audimat, mais aussi bien des revers. "Fils de", "Petit-fils de"? Pas seulement. Benjamin Castaldi s'est fait un nom mais il l'a payé au prix fort. Dans cette autobiographie, pour la première fois, il se livre sans fard. Il se penche sur son enfance, dit ce qu'il doit à ses parents et grands-parents (Montand et Signoret), raconte ses premiers pas à la télé, sous l'aile de Michel Drucker, dans Studio Gabriel. Puis vient la consécration sur M6, avec Loft Story puis La Nouvelle Star, sur TF1 avec La Ferme Célébrités. Mais il y a également les doutes, les mauvaises passes, comme cet accident de moto en 2012, et cette arnaque qui l'a ruiné en 2014. Au gré de confessions inédites, le vrai "Benji" se révèle, tel que la presse people ne l'a jamais montré.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 4 Juil - 7:48

- Sinatra confidential: showbiz, casinos & mafia
de Shawn Levy
Éditions Payot & Rivages / Novembre 2015


Bien sûr en ce temps-là, il y a John Wayne, Ray Charles, Marlon Brando et, évidemment, Elvis Presley. Mais entre 1957, date de la mort de son mentor Humphrey Bogart, et 1963, date de l'assassinat de son ami J. F. Kennedy, Frank Sinatra est la plus grande star de la scène américaine. Mieux, entouré d'un redoutable gang de vieux amis, le fameux Rat Pack (Dean Martin, Sammy Davis Jr., Peter Lawford, Joey Bishop), "The Voice" incarne l'Amérique de cette époque. Une Amérique complexe, hédoniste et lumineuse, à l'image des néons des casinos et du soleil de Palm Springs. Une Amérique crépusculaire aussi, où entertainment tente de faire bon ménage avec politique et mafia, sur fond de racisme et de corruption. Entre New York et Miami, Los Angeles et Las Vegas, entre chefs-d'œuvre pop et jazzy et films à succès, entre conquêtes féminines, whiskies on the rocks, fêtes avec les Kennedy ou les mafieux de Chicago, ce livre aux allures de roman noir, digne d'American Tabloïd de James Ellroy, retrace le bouillonnant âge d'or d'un immense parrain du showbiz et de ses complices, véritables aristocrates du cool.


- Woody Allen
de Ava Cahen
Éditions L'Archipel / Novembre 2015


Adoré, méprisé, jugé, Woody Allen continue de marquer son temps, et l'histoire du cinéma, offrant à la comédie américaine un ton, un nom, un fond. Ce petit Juif new-yorkais rêvait d'être joueur de baseball. Pourtant, il a finalement choisi de faire rire, au grand dam de ses parents qui le voyaient médecin ou avocat. C'est rire pour ne pas pleurer, pour oublier, un temps, la mort. Ces peurs qui sont mises en scène dans chaque film de Woody Allen, avaient bien besoin d'un antidote. De Play it Again Sam à Magic in The Moonlight, Woody Allen regarde le monde comme il nous regarde: sans pitié. En revenant sur sa vie, sur sa filmographie, sur ses chevaux de bataille (Dieu, Marx, Freud), ses sources d'inspirations (Bergman, Fellini, Resnais, mais aussi Sophocle), mais également sur les femmes de sa vie (Louise Lasser, Mia Farrow, Diane Keaton), voici le portrait d'un réalisateur pour qui le cynisme est devenu une arme comme un remède.


- Au fil de l'autre
de Véronique Jannot
Éditions Michel Lafon / Octobre 2015


"Toujours pressés par ce temps que l'on ne sait plus prendre ni parfois donner, nous subissons également des pollutions multiples, environnementales et psychologiques, qui fragilisent notre santé autant que notre moral. Il est urgent de réagir, et c'est possible. Tout au long de ces pages, je vais vous emmener Au Fil de l'autre, des rencontres et des découvertes qui m'ont prouvé qu'il y a des moyens de vivre mieux, ensemble et en bonne santé. J'ai vu des forêts resurgir dans des pays désertifiés, des êtres sauver des animaux en voie de disparition, des cultivateurs reprendre avec succès des méthodes ancestrales non polluantes, et des médecins qui s'attachent à éviter les maladies avant d'avoir à les soigner. Car “bien se porter”, cela passe par la connexion avec soi-même, une certaine discipline de vie, et aussi des médecines ou pratiques alternatives, dont certaines sont encore peu connues et qui peuvent aider un grand nombre d'entre nous".


- Champion
de Raymond Poulidor
Éditions Cherche Midi / Octobre 2015


Il a croisé le fer avec les plus grands champions, a vaincu Eddy Merckx et fut l'adversaire privilégié de Jacques Anquetil, d'abord ennemi farouche, ensuite ami, enfin frère de légende. Leur ascension du puy de Dôme, notamment, est encore dans toutes les mémoires. À presque 80 ans, "cet éternel jeune homme", comme l'écrivait son ami Antoine Blondin, témoigne avec émotion, nous raconte ses coups d'éclat, ses victoires, sa malchance, les entourloupes dont il fut parfois victime, ses deuxièmes places, ses invraisemblables cabrioles, la quête du maillot jaune de ses rêves d'enfant. Jamais il n'avait parlé ainsi de sa trajectoire. Lui qui semblait condamné, par ses origines modestes dans une ferme creusoise, à une vie laborieuse, anonyme et ingrate, voici qu'à force de bravoure il a foncé vers la lumière jusqu'à devenir l'une des personnalités préférées des Français. "Je réponds, confie-t-il, à presque toutes les sollicitations, conscient d'apporter du bonheur, même si c'est avec le récit de mes malheurs". Non, sa "Poupoularité", comme il l'appelle, ne l'a pas gêné, bien au contraire: " Le jour où plus personne ne me reconnaîtra sera le pire de ma longue vie". Qu'il se rassure, ce n'est pas encore demain la veille.


- Debord, le naufrageur
de Jean-Marie Apostolidès
Éditions Flammarion / Octobre 2015


Il y a plus de vingt ans disparaissait Guy Debord, l'un des derniers grands intellectuels français, figure mythique des mouvements d'avant-garde de la seconde moitié du XXe siècle. Écrivain, cinéaste, penseur révolutionnaire, auto-désigné "ennemi de son siècle", il a été le chef de file de l'Internationale lettriste (1953-1957) puis de l'Internationale situationniste (1957-1972), et, à partir de son œuvre majeure, La Société du spectacle (1967), l'infatigable pourfendeur de la société de consommation. Mais Guy Debord était également, selon ses mots et comme le révèlent ses archives, "un déclassé conspirateur, un aventurier ne respectant rien parce que n'ayant rien à perdre", un "enfant gâté, qui a toujours cru que le monde était fait pour lui faire plaisir et n'a jamais été capable de ressentir les choses au-delà de cet infantilisme affectif", un "Capricorne patient comme le grisou qui s'accumule dans les galeries de mines de la société". C'est qu'il était bien placé pour connaître l'homme qui se cachait derrière le mythe qu'il s'était forgé, et cette part d'ombre que l'impressionnant travail d'investigation de Jean-Marie Apostolidès met enfin au jour. Une biographie intime et sans concession où l'on découvre un homme qui construisit sa vie comme une œuvre d'art, en se rêvant tour à tour bandit, chef de bande, agitateur, général d'armée, empereur et philosophe.


- Douce France
de Alain Wodrascka
Éditions Du Moment / Octobre 2015


Le 22 mars 1997, à l'âge de 49 ans, elle donnait son dernier concert. Pourtant, sa voix continue d'inonder les ondes. France Gall reste une référence de la pop française, elle qui a révélé les deux auteurs-compositeurs les plus imaginatifs de notre temps. En 1964, alors que Serge Gainsbourg s'apprête à quitter le métier par manque de succès, elle entame avec lui une fructueuse collaboration dont les morceaux Poupée de cire, poupée de son, Baby Pop et Les Sucettes forment l'incontournable triptyque. Dix ans plus tard, elle repère le talent novateur de Michel Berger qu'elle propulse dans la lumière, en interprétant ses tubes de sa voix unique, rythmique et cristalline: Il jouait du piano debout, Résiste, Ella, elle l'a... Bien avant Michel Berger, la vie privée de la chanteuse a enlacé sa vie professionnelle. En témoignent ses amours passionnelles avec Claude François et Julien Clerc à qui elle inspira respectivement Comme d'habitude et Souffrir par toi n'est pas souffrir. De Sacré Charlemagne au Concours de l'Eurovision 1965, de Starmania, qui fit connaître Daniel Balavoine, à ses démêlés avec Véronique Sanson, cette biographie de l'artiste, riche en révélations et témoignages inédits, dessine le visage d'une muse qui sublima le talent des autres. Une femme-enfant qui usa de son charme irrésistible pour arriver à ses fins et dirigea sa carrière sans jamais faiblir, malgré les cruelles épreuves de son existence.


- Frankenstein, une biographie
de Michel Faucheux
Éditions L'Archipel / Octobre 2015


À la fin du roman de Mary Shelley, le monstre disparaît, emporté par un radeau de glace. Il avait promis, ayant causé la mort de son créateur et de ses proches, de s'immoler sur un bûcher funéraire. Mais la fin ouverte du roman lui permet de s'émanciper de son créateur Frankenstein tout comme de la romancière Mary Shelley. Depuis, libéré de toute emprise, le monstre n'a cessé d'errer de roman en pièce de théâtre, de pièce de théâtre en adaptation cinématographique, d'adaptation cinématographique en bande dessinée ou en jeu vidéo. La créature de Frankenstein existe. Née des pouvoirs de la science, elle hante notre culture et pulvérise la séparation entre le réel et l'imaginaire. Jusque dans les avancées scientifiques les plus récentes, nous ne cessons de la rencontrer. Elle résume la tentation des temps actuels: dépasser les limites que nous assigne notre condition d'êtres humains. Une biographie qui raconte la prodigieuse métamorphose du monstre en son créateur, son évasion du domaine de  la fiction et son errance dévastatrice dans notre quotidien.


- Higelin Higelin Higelin
de Jacques Andre Bertrand et Jacques Higelin
Éditions Julliard / Octobre 2015


Récit d'une rencontre inattendue entre deux poètes aussi drôles, lunaires et généreux l'un que l'autre: l'écrivain Jacques A. Bertrand et le chanteur Jacques Higelin. Jacques Higelin a marqué durablement son époque. Il le doit à ses multiples talents: musicien, comédien, poète, interprète. Il le doit surtout à sa personnalité étonnante qui a séduit et subjugué les centaines de milliers d'admirateurs ayant assisté à ses concerts. Higelin en scène, c'est une présence miraculeuse. Débordant d'énergie, lumineux, drôle, imprévisible, il irradie véritablement. Tel il se montre sur scène, tel il est dans la vie. Jacques A. Bertrand le connaît depuis les années quatre-vingt, lorsqu'il chroniquait la chanson française pour Télérama. Dans cet album illustré de photos inédites, il trace un portrait délicieux de leurs longues errances à travers la France. Jacques Higelin n'a le sens ni du temps, ni de l'espace, ni de la bienséance. À chaque heure du jour et de la nuit, il improvise. Partager son existence n'est pas de tout repos, mais ça ne s'oublie pas.


- Invitée surprise
de Christine Kelly
Éditions Du Moment / Octobre 2015


De la vie de Christine Kelly, beaucoup connaissent le versant public. Celui de la brillante journaliste, première femme noire à présenter le journal télévisé sur une chaîne nationale, devenue la première personnalité issue de l'Outremer et la plus jeune à être nommée, en 2009, au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Ascension fulgurante et naturelle d'une surdouée? Pas vraiment. Il n'est qu'à voir le courage et l'énergie qu'elle a débauchés pour tracer cette trajectoire hors du commun, les obstacles qu'elle a dû surmonter. Seule, sans réseaux parisiens, refusant obstinément de se soumettre au joug du qu'en dira-t-on, se remettant en question à chaque instant pour mieux avancer, Christine Kelly s'est construite dans l'art du contre-pied, multipliant les expériences étonnantes, parfois déroutantes au premier regard. Se placer dans ses pas, c'est voyager de son petit village de Guadeloupe jusqu'aux sunlights des chaînes de télévision parisiennes, oser pousser des portes et en claquer quelques autres, assumer ses propres rêves sans occulter la souffrance des plus fragiles, travailler encore et toujours, croire avec force en son destin. C'est aussi et surtout entendre le témoignage d'une femme qui a réussi à s'imposer dans les médias quand tant d'autres sont empêchées d'exprimer leurs talents dans bien des milieux professionnels. Dans une société où tous, hommes ou femmes, jeunes ou moins jeunes, doivent effectuer des choix sous influence, hésitent, songent à courber l'échine sous le regard des autres, le parcours de Christine Kelly surprendra sûrement et inspirera peut-être. Il démontre en tout cas que si rien n'est facile, tout est possible.


- J'ai écrit le rôle de ta vie
Correspondances avec Raimu, Fernandel, Cocteau, et les autres
de Nicolas Pagnol
Éditions Robert Laffont / Octobre 2015


En 1927, alors qu'il est professeur adjoint au lycée Condorcet à Paris, Marcel Pagnol prend un congé de l'Éducation nationale "pour cause de littérature". Deux ans plus tard, il triomphe au Théâtre de Paris avec Marius, premier volet de la trilogie marseillaise, ou explose le génial Raimu. Pendant près de cinquante ans et jusqu'à aujourd'hui, Marcel Pagnol va être pour les Français l'auteur populaire par excellence, que ce soit au théâtre, en littérature ou au cinéma. À travers les lettres inédites rassemblées ici, on comprend justement l'influence décisive qu'a eue Pagnol dans les débuts du cinéma parlant, d'une rive à l'autre de l'Atlantique: il est alors un auteur à succès et comprend, avant tous les autres, la nécessité d'être à la fois scénariste, réalisateur et producteur. En quelques années seulement, il va incarner la modernité auprès de ses pairs. Lire la correspondance de Pagnol, c'est traverser plusieurs époques, avec la douceur de l'avant-guerre, la douleur de l'Occupation puis le rapprochement avec l'allié américain; c'est découvrir le vrai sens de l'amitié avec les copains de la première heure comme Henri Jeanson, mais aussi avec les camarades qu'on retrouve autour d'une bouillabaisse dans le petit port de Saint-Tropez (avec René Clair), à Bandol (avec Raimu), ou à Carry-le-Rouet (avec Fernandel). Ce sont parfois des coups de gueule homériques auxquels succèdent des réconciliations quasi amoureuses, des témoignages de soutien quand la critique se fait cruelle, ou simplement des échanges de points de vue sur tel projet, tel dialogue ou tel matériel cinématographique. On y parle beaucoup de retrouvailles aussi, quand l'éloignement, la politique, le travail ou bien les femmes le permettront. Et puis, il y a le Nouveau Monde, pas si lointain: Charles Boyer et Maurice Chevalier rêvent de faire venir à Hollywood le plus américain des réalisateurs marseillais, pour qu'il y rencontre tous ceux qui l'admirent, de John Huston à Preston Sturges et William Wyler. De 1928 à 1974, c'est ainsi toute une vie de cinéma qui défile devant nous, avec une verdeur et une authenticité que le temps n'a pas altérées. L'homme derrière la caméra apparaît plus que jamais dans toutes ses lettres de noblesse.


- J'ai vécu dans mes rêves
de Michel Piccoli et Gilles Jacob
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2015
 

Michel Piccoli, acteur mythique du cinéma français, figure charismatique et mystérieuse, est au cœur de films inoubliables comme Le Mépris de Jean-Luc Godard, La Grande Bouffe de Marco Ferreri, ou encore Max et les ferrailleurs de Claude Sautet, pour n'en citer que trois parmi plus de 200. Véritable lieu de mémoire du cinéma, il se retourne aujourd'hui sur ses propres souvenirs et considère avec une profonde lucidité ce qui l'a construit, le temps qui passe et ce qui reste d'un parcours exceptionnel. Habité, personnel, intense, ce récit évoque l'enfance, l'apprentissage du théâtre, des souvenirs de cinéastes et de ses plus grands films, ses réflexions sur le métier de l'acteur, la mélancolie... S'adressant à son grand ami et complice Gilles Jacob, Michel Piccoli se livre pour la première fois en toute liberté, sans complaisance et avec franchise. "Parvenir à étonner les gens par mon travail sans prétention, avec simplicité, aura été mon idéal. Je suis un éternel enfant, heureux de raconter une histoire. Donner à vivre un texte provoque en moi un plaisir inouï, et j'ai toujours été émerveillé de vivre ce métier extravagant. Faire l'acteur est  tellement étrange. D'abord il faut beaucoup travailler, ensuite il faut se mettre à jouer et que cela ne soit plus vécu comme un travail".


- James Bond est éternel
de Guillaume Evin
Éditions Du Moment / Octobre 2015


James Bond a 50 ans et se porte comme un charme. Si l'acteur principal a rajeuni à intervalles réguliers, le héros de Ian Fleming a pris de l'âge sans vieillir dans ses adaptations cinématographiques. C'est là tout le mystère du célèbre 007: souvent imité, jamais égalé. Vingt-trois films, de Sean Connery à Daniel Craig, et un succès qui a dépassé les espérances les plus folles de ses deux créateurs, Albert Broccoli et Harry Saltzman. La série la plus longue et la plus lucrative du cinéma regorge de péripéties et d'anecdotes. Pourquoi l'agent secret est-il identifié par le matricule 7 précédé d'un double zéro? Comment fut recrutée Ursula Andress pour jouer dans Dr. No et pourquoi personne ne voulait de Sean Connery? De quelle manière le président John Kennedy a-t-il joué les VRP de luxe des romans de Fleming? "Q", l'inventeur des gadgets du MI-6, a-t-il existé? Pourquoi Miss Money penny a-t-elle refusé d'être une Bond Girl? Quel est, au fond, le secret de la formule Bond? L'auteur, spécialiste français du phénomène 007, révèle les coulisses d'une saga unique en son genre.


- Jean Moulin, l'ultime mystère
de Pierre Péan
Éditions Albin Michel / Octobre 2015


On croyait tout savoir sur Jean Moulin, personnage complexe et énigmatique de la Résistance, le martyr de Caluire, l'homme de De Gaulle. Pierre Péan est revenu sur les lieux du crime, et ce qu'il a trouvé est fascinant. Derrière la figure immortelle du héros, se trouvait une femme, une femme d'influence, une femme bien cachée, fidèle parmi les fidèles: Antoinette Sachs. C'est à travers ses yeux que Pierre Péan et Laurent Ducastel revisitent cette époque terrible qu'a été l'Occupation. Construit comme un roman, le livre nous plonge au cœur même d'une Résistance déchirée par des rivalités qui vont parfois jusqu'à la haine. Nul autre qu'Antoinette Sachs n'aura connu d'aussi près la réalité et les tourments de Jean Moulin. Tandis que sa propre famille est traquée par les nazis, et son influence jalousée par ses compagnons d'armes, cette femme flamboyante gardera jusqu'à la fin la confiance sans faille de Jean Moulin. Antoinette le lui rendra bien, elle qui consacrera ensuite son existence tout entière à rétablir la vérité sur l'homme trahi, manipulé, et enfin livré comme un chien à la Gestapo. Un extraordinaire document historique.


- Je vis pas ma vie, je la rêve
de Jacques Higelin et Valérie Lehoux
Éditions Fayard / Octobre 2015


J'entendais ma grand-mère chanter dans le jardin. Elle avait une voix délicieuse. Après le boulot, mon père se mettait au piano et nous accompagnait. Plus tard dans la soirée, avant d'éteindre la lumière, il nous racontait des histoires, à Paulo et à moi. Je m'endormais au son de l'harmonica de mon papa. C'est drôle... Pendant des années, j'ai joué un air de guitare à Izïa et chanté au pied de son lit pour l'aider à s'endormir. Cinquante ans après son premier enregistrement; quarante ans après la déflagration rock de BBH; trente ans après son gigantesque spectacle de Bercy, Jacques Higelin se raconte. Et raconte ceux qui comptent pour lui. La naissance dans la guerre, la découverte du jazz puis du théâtre, le service militaire en Algérie, les spectacles expérimentaux avec Brigitte Fontaine, la vie en communauté, la drogue, la tornade du rock, les années dans la dèche, les grandes mises en scène, les peurs et les bonheurs, les voyages, les enfants... Un chemin de liberté folle et de découvertes permanentes, sur lequel on croise, entre autres, des cascadeurs, le guitariste Henri Crolla, Moustaki, Peter Brook, Jacques Canetti, un conteur de Marrakech, Trenet, Jacno ou Barbara. Ce voyage, Jacques Higelin le fait aux côtés de la journaliste Valérie Lehoux, critique à Télérama et auteur d'une biographie de Barbara (Fayard). Leur récit musarde sans cesse entre passé et présent, reflet de la personnalité d'un homme qui se promène dans la vie sans se soucier du temps.


- L'envers du ciel bleu
de Enrico Macias
Éditions Cherche Midi / Octobre 2015


L'on perçoit d'abord, en Enrico Macias, le pied-noir chantant à perpétuité la beauté du ciel bleu et du soleil de la Méditerranée. C'est ignorer qu'il n'a pas seulement dû quitter la terre de ses ancêtres, mais que cette terre, son pays natal, a été ensevelie par l'histoire. Malgré sa grande popularité chez "les gens du Nord", il reste pourtant, bel et bien, l'enfant d'une Algérie où les juifs vivaient depuis deux mille ans et qui a découvert la France comme un pays d'exil. Dans L'Envers du ciel bleu, le chanteur raconte ses combats insoupçonnés. Le deuil du pays perdu, la France à apprivoiser, l'histoire parfois sombre d'un homme qui affronte les tourments du monde et cherche à y survivre. L'histoire, en somme, d'un perpétuel sourire derrière lequel se cache une inguérissable douleur. À travers son témoignage sans concession, vous allez rencontrer Enrico Macias qui se livre entièrement, pour la première fois. Émouvant et poignant.


- Le Roum: le spahi du général de Gaulle
de Nicolas Roumiantzoff
Éditions Cherche Midi / Octobre 2015


"Je conviens avec Leclerc qu'un groupement tactique, commandé par Roumiantzoff, sera porté, dès le matin, en couverture vers le Bourget". Dans ses Mémoires de guerre, le général De Gaulle, rend hommage à l'action du comte Nicolas Roumiantzoff (1906-1988), lors de la Libération de Paris le 25 août 1944. Ce guerrier dans l'âme que l'on surnommait "Le Roum" fut un militaire exemplaire au parcours romanesque. Il avait fui la Russie communiste et s'était mis au service de la France. Après une formation à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr et Saumur, ce fils d'un général de cavalerie du tsar est affecté à l'une des plus prestigieuses unités de l'armée: la Légion étrangère. Après la campagne de France, fait prisonnier au Maroc, il s'évade. Il rejoint les "Français libres" à Londres, dans l'état-major du général de Gaulle. Il combat Rommel en Afrique du Nord au sein du 1er Régiment de marche de Spahis marocains, et bloque son offensive en Tunisie en mars 1943. Après la Libération de la France, tacticien de la reconnaissance militaire au sein de la 2ème DB, il s'illustre en Indochine et en Afrique du Nord. Auréolé d'une gloire légendaire, décoré en France et dans de nombreux pays étrangers, le soldat au vingt-deux citations finit général de brigade. Sa fameuse table au Fouquet's devint son bureau où il recevait ses amis et délivrait quelques conseils sur la marche du monde. Avec une rigueur historique qui n'exclue pas la passion filiale, Nicolas Roumiantzoff raconte le parcours atypique et édifiant de cet aristocrate russe qui devint le spahi du Général De Gaulle.


- My Way
de Alan Friedman et Silvio Berlusconi
Éditions Michel Lafon / Octobre 2015


Véritable événement mondial: Silvio Berlusconi a accepté de livrer ses mémoires à travers cet ouvrage. De son enfance dans les faubourgs de Milan pendant la Seconde Guerre Mondiale à son premier contrat immobilier, en passant par ses jeunes années comme crooner et guide touristique, l'ancien Premier ministre italien, magnat du sport et des médias, revient sur son parcours avec un franc-parler stupéfiant. Il évoque sans fard ses réussites fulgurantes et ses échecs, mais aussi ses plus grands amis et ennemis politiques, de Vladimir Poutine à Nicolas Sarkozy.


- Nicolas II et Alexandra de Russie
de Jean des Cars
Éditions Perrin / Octobre 2015


Coupable ou martyr? Coupable et martyr? Longtemps, l'histoire officielle, d'inspiration marxiste, a accablé Nicolas II, chargé de tous les crimes, accusé de toutes les erreurs. Depuis la chute de l'URSS, la spectaculaire révision de son rôle, de son attitude, de son influence, les drames personnels qu'il a subis et l'engrenage de la Première Guerre Mondiale nous montrent un autre souverain, un homme différent de celui qu'on présentait, dépassé par les événements, miné par la fatalité et finalement broyé par une histoire éminemment tragique. La destinée du dernier tsar, patriote jusqu'au bout, est plus fascinante et bouleversante que celle de ses illustres prédécesseurs parce que, précisément, le pouvoir des Romanov s'achève en tragédie. Cent ans plus tard, dans cette biographie inédite et richement illustrée, Jean des Cars dresse le portrait intime du couple formé par Nicolas II et Alexandra Fedorovna, et de leurs enfants: les grandes-duchesses Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et le tsarévitch Alexis qui naîtra hémophile, un calvaire pour son entourage, une menace sur la dynastie. Du couronnement à l'assassinat de toute la famille, l'auteur nous conte avec son talent coutumier la vie du dernier couple impérial russe, des années de bonheur à l'épreuve de la guerre et des révolutions, des réformes intérieures au pouvoir de Raspoutine, de l'abdication au massacre.


- Nos dimanches soirs
de Jérôme Garcin
Éditions Grasset & Fasquelle / Octobre 2015
 

Doyenne de toutes les émissions de radio en Europe, Le Masque et la plume, diffusée le dimanche soir sur France Inter, fête, en novembre 2015, ses 60 ans. Avec le temps, ce programme culturel, où des critiques débattent de littérature, de cinéma et de théâtre, est devenu une mythologie française. Pour célébrer cet anniversaire, Jérôme Garcin, qui anime Le Masque depuis vingt-six ans, en raconte l'étonnante destinée sous la forme d'un abécédaire: Artisanat, Bastide, Charensol, Cinéma, Générique, Méchanceté, Polac, Tournées, Vaches, Verbatim, Xanax ou Zeugma sont autant de manières de découvrir les secrets de l'émission, de sa fabrication et de son exceptionnelle longévité. Nos dimanches soir est surtout un récit littéraire où l'écrivain raconte sa propre histoire dans le miroir de ce Masque qui lui ressemble et de cette plume qui le définit.


- Parkeromane
de Éric Naulleau
Éditions Belfond / Octobre 2015


Qui est Graham Parker? On dit de lui qu'il est le Bruce Springsteen anglais et surtout, l'un des plus grands compositeurs de l'histoire du rock. C'est en 1977 qu'Eric Naulleau découvre sur la scène du Sporting le chanteur anglais, celui qui allait être pour le restant de ses jours son idole, son auteur et plus encore. Car si Naulleau, comme frappé par un syndrome de Stendhal musical, a instantanément développé une forme sévère de "parkeromanie", il est aussi devenu l'éditeur de ses textes littéraires, le producteur d'un documentaire à sa gloire (Don't ask me questions) et son ami. "Comment évoquer un artiste dont les chansons servent de bande originale à votre existence depuis bientôt quarante ans? Comment parler d'un homme dont le refus de tout compromis vous sert d'exemple discret mais têtu?" se demande Eric Naulleau dans Parkeromane. Réponse: en lui donnant la parole. Car Parkeromane est un livre à deux voix. Biographie et autobiographie, roman et essai, road trip entre Paris, New York et Minneapolis, voyage dans le temps et l'espace, au gré des souvenirs, des échanges épistolaires et des textes de chansons. Un livre sur l'admiration, l'émotion artistique et l'amitié unique qui en a découlé, érudit, humble et sensible à l'image de l'homme derrière Éric Naulleau, où ce dernier se livre comme rarement – loin de la polémique et des médias.


- Simone de Beauvoir et les femmes
de Marie-Jo Bonnet
Éditions Albin Michel / Octobre 2015


"Quand j'ai rencontré Simone de Beauvoir en 1971 au MLF, elle faisait rêver notre génération. Elle était l'exemple même de la femme libre qui refusait de se marier et d'avoir des enfants tout en vivant un couple égalitaire avec Sartre. Avec la publication de sa correspondance, nous avons été obligées de revoir le mythe: une autre Beauvoir, la vraie Beauvoir, apparaissait publiquement, dévoilant une femme qui n'assumait pas son amour charnel pour ses petites amies, comme les appelait Sartre, et dont la vie cachée contrastait cruellement avec le message émancipateur du Deuxième Sexe. Beauvoir a-t-elle floué son public en n'assumant pas sa véritable personnalité? Et pourquoi, continuons-nous de la voir comme une référence du féminisme contemporain alors qu'elle est si divisée dans son rapport avec les femmes?" Marie-Jo Bonnet


- Simone, éternelle rebelle
de Sarah Briand
Éditions Fayard / Octobre 2015


Matricule 78651. Simone Veil a seize ans et elle est condamnée à mourir à Auschwitz. Elle est devenue immortelle. Son destin fascine et intrigue. Il était temps de percer le mystère qui entoure le parcours exemplaire de celle qui est devenue une icône pour des générations de femmes. Se nourrissant de témoignages inédits, Sarah Briand retrace l'itinéraire de la petite fille au caractère rebelle qui s'appelait encore Simone Jacob lorsqu'elle revint des camps de la mort, sa rencontre avec son futur mari, le doux cocon familial, les coulisses de ses combats politiques, les rendez-vous secrets, les blessures et les drames qui ont émaillé sa vie. Une plongée dans l'intimité d'une combattante.


- Springsteen par Springsteen
de Bruce Springsteen
Éditions Bartillat / Octobre 2015


Bruce Springsteen a toujours répondu avec le plus grand soin aux interviews, considérant qu'il s'agissait là d'un moyen de prolonger le propos contenu dans ses chansons. Le livre commence en 1973 à ses débuts lorsqu'il gagnait 75 dollars par semaine et tentait de faire son trou dans les bars du New Jersey dont il est originaire. Il s'achève en 2012 au moment où celui qu'on surnomme le "Boss" a acquis une réputation internationale et s'affiche aux côtés de Barack Obama et de John Kerry. Les entretiens sont issus de la presse rock spécialisée (New Musical Express, Creem, Q), mais aussi de grands journaux (Sunday Times) et de rencontres radiophoniques et télévisées. De grands discours ont été intégrés dans le volume: celui de l'intronisation de Bob Dylan au Rock and Roll Hall of Fame, le soutien à Barack Obama en 2008 ou l'éloge funèbre de Clarence Clemons, le célèbre saxophoniste de son groupe le E Street Band. Ce livre permet de saisir Bruce Springsteen dans sa complexité, au-delà de l'image déformée qui fut la sienne au moment du succès planétaire de Born in the USA. Dans sa préface, Elliott Murphy rappelle notamment l'extraordinaire connaissance musicale qui anime ce barde d'Amérique. Toujours à la pointe des combats sociaux, Bruce Springsteen développe ici sa conception d'un homme engagé dans le monde d'aujourd'hui.


- Chez Zola
Si Médan m'était conté...
de Valentine Del Moral
Éditions Bernard de Fallois / Septembre 2015


Un portrait d'Emile Zola à travers son domaine de Médan. Il construit et meuble cette maison acquise grâce au succès de L'assommoir en 1877. Il écrit chaque jour, mais s'intéresse aussi à la botanique, au cyclisme ou à la photographie. Il y reçoit ses amis, Cézanne et Maupassant entre autres. À la publication de J'accuse !, la maison devient sa forteresse. Il l'habitera jusqu'à sa mort.


- Fier: mon autobiographie
de Thomas Gareth
Éditions Michel Lafon / Septembre 2015


Voici l'histoire d'un homme qui portait un secret si lourd qu'il le tuait à petit feu. Un secret qui aurait pu dévaster non seulement sa vie, mais aussi sa famille, ses amis, ses coéquipiers. Son seul refuge contre la souffrance et la culpabilité du mensonge était le terrain de rugby, où il excellait. Mais le succès ne le soulageait pas de son fardeau: cacher aux yeux du monde qui il était vraiment. Dans cette autobiographie à cœur ouvert, Thomas Gareth raconte son incroyable parcours et lecombat intérieur qu'il a dû livrer dans ce milieu où la virilité est de mise. Un calvaire qui a pris fin le jour où il révéla publiquement son homosexualité et devint ainsi l'athlète le plus célèbre au monde à faire son coming-out. Un message bouleversant, porteur d'espoir et de tolérance.


- Jean-Louis Trintignant / l'inconformisme
de Vincent Quivy
Éditions Du Seuil / Septembre 2015


Et dieu créa la femme, Un homme et une femme, Z, La Controverse de Valladolid, Ceux qui m'aiment prendront le train, Amour. la liste est longue des chefs d'œuvres et des succès de l'acteur. Mais elle ne dit rien de sa vocation première de réalisateur, rien de sa passion pour le théâtre ou la poésie contemporaine, et si peu de choses de l'homme Trintignant: déterminé, solitaire et silencieux il a suivi son chemin, à l'écart du star system. Du "joli garçon" des débuts, partenaire et amant de Brigitte Bardot, aux rôles du méchant, froid, impénétrable dans lesquels il excelle, de l'amoureux transi au cow-boy muet, l'interprète s'est forgé, dit-il, un métier. La fierté des timides, les cicatrices d'une enfance en clair-obscur, les liens noués et brisés, ont fait émerger un personnage tout en retenue et en tension, d'une sensibilité encore aiguisée par les drames familiaux. On connaît moins l'enfant du midi, fils de résistant, le soldat appelé en pleine guerre d'Algérie ou le camarade de combat des artistes engagés autour de Montand et Signoret ou Semprun. Comédien exigeant d'un cinéma français en plein renouveau, figure de la grande période du cinéma italien, et réalisateur original, il a croisé les grands noms de la vie artistique du moment. Du festival d'Avignon à celui de Cannes, des succès populaires aux projets portés à bout de bras, de Sans mobile apparent au Désert des Tartares, nombre d'ouvres auxquelles il a participé ont une histoire qui vaut d'être contée. Vincent Quivy fait un récit passionnant, vivant et très précis, appuyé sur des archives multiples. Il a aussi, avec l'assentiment de l'acteur, interrogé les producteurs, réalisateurs et acteurs qui ont travaillé avec lui, ainsi que ses proches dont Nadine Trintignant.


- Je me souviendrai de tout
de Guy Bedos
Éditions Fayard / Septembre 2015


Artiste engagé à la plume bien pendue, Guy Bedos évoque son passé, les hommes et femmes qu'il a eu la chance de croiser, de Jacques Prévert à Pierre Desproges en passant par Simone Signoret ou Coluche. Entre la vie qui le rassure et la mort qui le séduit, ce "suicidaire qui s'attarde" promène sa mélancolie et nous invite dans ses souvenirs. Il parle de l'amour, des femmes, de sa famille, de ses enfants avec qui il partage le goût de la scène et de l'écriture. Comme il l'a fait pendant un demi-siècle, il ne peut s'empêcher de passer au crible l'actualité avec un esprit décapant. Il s'en prend à tous, de la gauche de François Hollande à la droite de Nicolas Sarkozy, sans oublier la tribu Le Pen. Dans ce livre fait d'émotion et d'humour, Guy Bedos évoque ses passions et nous communique son irrépressible envie de rire et de se moquer, y compris de lui-même.


- L'impératrice Cixi
de Jung Chang
Éditions JC Lattès / Septembre 2015


À l'âge de seize ans, Cixi fut retenue parmi les nombreuses compagnes de l'empereur comme concubine royale. À la mort de celui-ci en 1861, leur fils de cinq ans lui succéda sur le trône. Cixi organisa aussitôt avec la complicité de l'impératrice officielle qui elle n'avait pas d'héritier mâle, un coup d'état qui fit d'elle la véritable souveraine de la Chine. Sous sa férule, cet antique pays se dota d'à peu près tout ce qui caractérise un état moderne: des industries, des chemins de fer, l'électricité, le télégraphe, sans oublier une armée et une marine équipées à la pointe du progrès. Et ce fut elle qui abolit d'atroces châtiments tels que "la mort des mille coupures" et mit un terme au bandage des pieds. Elle dut faire face à des crises nationales décisives: la rébellion des Boxers, les guerres contre la France et le Japon, l'invasion de huit puissances alliées, dont la Grande-Bretagne, l'Allemagne, la Russie et les États-Unis. Jung Chang  propulse le  lecteur au cœur du splendide Palais d'Été et du harem de la cité interdite où Cixi vivait entourée d'eunuques. Elle évoque avec un art consommé du récit, qui a contribué au succès planétaire des Cygnes sauvages, un monde révolu avec un luxe de détails fascinants, dignes d'une superproduction cinématographique.


- Qui je suis
de Charlotte Rampling
Éditions Grasset & Fasquelle / Septembre 2015


"Je m'appelle Tessa Rampling. Charlotte est mon deuxième prénom mais il m'a saisie. Tessa est devenue Charlotte. Dès ma naissance, j'ai connu ce mélange un peu trouble de ce qui vient, passe, de ce qui blesse, de ce qu'on ne peut saisir. Les larmes et les rires se mêlent, nous les enfermons. Chez les Rampling, le cœur est un coffre. Porté par les générations, le secret de famille devient une légende. Nous ne savons que nous taire". Charlotte Rampling se raconte pourtant avec simplicité, justesse, en un dénuement poétique. Sa jeunesse, passée entre les garnisons britanniques et la France. Son père, vainqueur des jeux Olympiques de Berlin, puis brisé dans son élan. Sa mère, "héroïne d'un roman de Fitzgerald". Sa sœur, Sarah, disparue trop tôt. Avec la complicité de Christophe Bataille, Charlotte Rampling se livre, se cache, mêle les impressions, les souvenirs, les lieux, composant les multiples facettes d'un visage légendaire, inaccessible, familier.  


- Rocks off
de Bill Janovitz
Éditions Payot & Rivages / Septembre 2015


"Keith et Mick sont debout devant un unique micro à Muscle Shoals, lumières tamisées, partageant une bouteille de bourbon et chantant simultanément les mélodies et les harmonies des trois chansons qu'ils ont enregistrées en trois jours: Brown Sugar, You Got to Move et Wild Horses. Le fantasme rock'n'roll ultime, là, devant nous. Un groupe de six musiciens, dans une minuscule usine de cercueils convertie en studio, en face d'un cimetière de l'Alabama, enregistrant sur un magnéto huit pistes, sans montage par ordinateur ni Autotune, trois chansons qui constituent trente pour cent de l'un des plus grands disques de rock de tous les temps". On se croirait à leurs côtés, en studio. Et c'est toute la magie de ce livre. Journaliste et écrivain, chanteur, guitariste et compositeur du groupe de rock alternatif bostonien Buffalo Tom durant des années, Bill Janovitz, fan des Rolling Stones depuis son plus jeune âge, nous entraîne dans un sidérant voyage au cœur de l'œuvre du plus grand groupe du monde et retrace leur monumentale saga à travers l'histoire de 50 titres, pour la plupart connus de tous (de Satisfaction à Miss You, de Ruby Tuesday à Brown Sugar). Une approche totalement inédite, pleine de découvertes et de surprises, dans l'univers des Rolling Stones et de leur musique.


- Spectacles
de Valérie Lemercier
Éditions Grasset & Fasquelle / Septembre 2015


Valérie Lemercier a enfin accepté de rassembler en un volume les textes de ses spectacles, qui furent tous de grands succès: au Splendid (septembre 1989 - juin 1990); au Théâtre de Paris (septembre 1995 - mai 1996); aux Folies Bergères (septembre 2000) au Palace (octobre 2008). Une suite de saynètes, sketches, échanges silencieux ou comiques, exercices de styles, portraits, monologues, situations où Valérie Lemercier révèle son incroyable talent d'auteur dans la continuité. Elle regarde le monde comme personne, saisissant les corps, les vêtements, les attitudes. Elle écoute et restitue les voix (depuis "36.15 j'existe", dans les années 1990 au célèbre "cours de danse", repris à chaque spectacle), les intonations, les tics. Elle se moque, imite, dialogue, et il nous semble la voir ou l'entendre à chaque page: c'est elle et ce sont ses personnages, certains inconnus, d'autres reconnaissables. Il y en a même de légendaires. Et ces personnages, c'est nous, c'est notre histoire. À chaque page les sentiments se mêlent, les âges de la vie, la douceur et la dureté, la tristesse, la joie, les secrets, les chansons, la danse, les excès ou l'audace: le lecteur oublie la scène mais s'y retrouve avec "Valérie", une traversée que vous n'oublierez pas.  


- Chez Brassens
de Jean-Claude Lamy et Philippe Lorin
Éditions Du Rocher / Août 2015


"Georges Brassens, avec son regard malicieux, sa musique livrée aux initiés solaires comme un poème organique, ses arrangements minimalistes, sa voix chaude sortie de nulle part et qui, sitôt émise, devient un cadeau de la vie, nous habite bien après son grand départ. Avec une tendresse bourrue de gavroche qui n'a jamais vieilli, avec une bohème d'homme sage qui ne s'est point consolé du temps qui passe, avec son amour pour les gens qu'il donne sans compter, Brassens repose pour l'éternité à Sète, et n'écoute plus que le bruit du vent complice, lui qui voulait mourir à l'instant, mais qui a accepté que sa musique lui survive mille ans". Malek Chebel Les copains d'abord, La mauvaise réputation, Le Gorille, L'Auvergnat, Les bancs publics, J'me suis fait tout p'tit,Trompettes de la renommée, Le pornographe, Une jolie fleur, Mysogynie à part, Le fossoyeur. Célèbres ou moins connus, la liste est longue des titres inoubliables qui en disent beaucoup sur "Jo", son amour des mots, des autres et de la liberté. Mais connaît-on les lieux et les personnes qui se cachent derrière ses rimes? Sète et sa Supplique, l'impasse Florimont des débuts parisiens, chez Jeanne; Püppchen, la femme de sa vie, à qui il offrit sa non-demande en mariage; les amitiés indéfectibles nichées au bois d'son cœur, à Crespières ou en Bretagne. Au fil de ses vers et des moments marquants de sa vie, redécouvrons la légende d'un poète éternel.


- Éric et Antoine sont dans un bateau...
de Éric Morena
Éditions Du Moment / Août 2015


Le récit d'une star des années 80 dans lequel s'entrechoquent les paillettes du Show-biz et l'âpreté des années SIDA. "C'est comme témoin d'une époque aujourd'hui révolue que je désire rendre hommage à mon ami Antoine, mais aussi à toute une génération fauchée par cette funeste maladie et son cortège de souffrances, de regrets, de doutes et de pleurs". Dans ce récit où s'entrechoquent les paillettes du showbiz et l'âpreté des années sida, Éric Morena, natif de Saint-Omer, retrace son enfance et son adolescence tourmentées avant son entrée dans une congrégation catholique. Après une dizaine d'années de réflexion, notamment marquée par un séjour en Afrique, Éric quitte cette honorable institution. Il tombe alors amoureux d'Antoine, de cinq ans son cadet, qui l'encourage à poursuivre son rêve: devenir chanteur et conquérir le grand public. En 1987, avec le lancement de l'incontournable titre Oh, Mon bateau !, la vie d'Éric Morena bascule dans le tourbillon de la célébrité: argent facile, rencontres sans lendemain, coming-out retentissant et scandales médiatisés. Pendant ce temps, l'ombre du sida, avec sa terrible promesse de déchéance irréversible et fatale, s'étend sur la vie d'Antoine. Sa mort écrase Éric du poids de la solitude et de la culpabilité. Un témoignage émouvant et inédit qui se veut aussi une célébration de toute une génération sacrifiée.


- Je suis restée debout
de Lucie Décosse
Éditions Du Moment / Août 2015


En remportant la médaille d'or olympique à Londres le 1er août 2012, Lucie Décosse décroche enfin son Graal. L'apogée d'une carrière qui a conduit la Française à se doter du plus beau palmarès du judo féminin, elle qui détenait déjà trois titres de championne du monde. Son histoire est d'abord celle d'un garçon manqué qui ne vivait que pour le sport. Une métisse qui va révéler son potentiel exceptionnel en Guyane, la terre de ses racines maternelles où elle passe son adolescence. Elle s'impose ensuite très vite comme une surdouée du judo à qui tout le monde promet les sommets de cette discipline. Mais il lui faudra combattre plus de dix ans pour atteindre son objectif olympique. La surdouée devient une travailleuse infatigable, l'incarnation d'une volonté exemplaire. Avec le récit de sa vie, celle que l'on surnomme la secrète lève le voile de l'intimité d'une athlète hors du commun. Une combattante qui se révèle avant tout une femme. Longtemps dans l'ombre d'un Teddy Riner focalisant l'attention médiatique, la Guyanaise rappelle que le judo français se conjugue aussi au féminin. Et qu'une fois ôté son kimono, Lucie peut chausser des talons hauts.


- L'autre Simenon
de Patrick Roegiers
Éditions Grasset & Fasquelle / Août 2015
 

Frère cadet de Georges Simenon, Christian fut élevé à ses côtés par une mère bigote qui le chérissait et traitait son aîné d'incapable. Proie idéale pour le rexisme, parti d'extrême-droite fondé en Belgique par Léon Degrelle, braillard intarissable, Christian s'égara dans la collaboration et participa activement à une effroyable tuerie. De son côté, Georges menait la vie de château en Vendée. Livres à succès, femmes et films. Comment se défaire de ce frère encombrant qui allait salir sa réputation? Christian, se sachant condamné à mort, s'engagea dans la Légion et disparut sans laisser de traces. Portrait croisé de deux êtres au destin opposé, L'autre Simenon est un roman à double face, où la mise en lumière de l'un révèle la part d'ombre de l'autre. C'est aussi le portrait d'une époque. Un tableau de faits troublant, porté par une langue implacable, qui parle du passé pour mieux dire le présent.


- La Fayette
de Jean-Pierre Bois
Éditions Perrin / Août 2015


"J'aurais aimé être gaulois", dit un jour le jeune La Fayette, de bonne noblesse d'Auvergne, héritier de Vercingétorix et défenseur avec lui de libertés arvernes bien imaginaires. C'est pour la liberté américaine, bien réelle, que, jeune homme un peu gauche, inexpérimenté, fort riche et très amoureux de sa femme, il quitte tout, s'embarque sur l'Hermione et combat jusqu'à la victoire de Yorktown en 1781. À trente-quatre ans, idole de toute une jeunesse, c'est toujours la liberté, maintenant française, qu'il tente de servir, de juillet 1789 à juillet 1791, et à laquelle il dévoue le reste de sa vie, sans s'être rallié ni à l'Empire ni à la Restauration comme tant de survivants de la grande période. Septuagénaire et à nouveau immensément populaire, c'est encore la liberté qu'il sert en 1830, devenu républicain, lorsqu'il aide à l'avènement d'une monarchie citoyenne dont il s'éloigne peu avant sa mort, en 1834. Ainsi le héros des Deux Mondes a-t-il épousé son temps, avec ses grandeurs et ses faiblesses, à la recherche d'une voie moyenne entre révolution et dictature.


- Voltaire
de Pierre Milza
Éditions Perrin / Août 2015


Aujourd'hui plus que jamais, Voltaire est invoqué contre le fanatisme religieux et en faveur des libertés. L'auteur du Traité sur la tolérance (1763) s'est en effet engagé dans tous les combats de son siècle contre l'obscurantisme. Cet écrivain surdoué a pratiqué tous les genres, cet ambitieux s'est introduit dans tous les milieux où régnaient le pouvoir et l'argent. Mais jamais il n'a abdiqué son indépendance d'esprit. Ce petit homme maladif, au cours d'une vie mouvementée, a porté très haut et très loin les droits de la conscience et l'esprit français. Voltaire, flambeau des Lumières, est universel.


- Natalie Paley
de Jean-Noël Liaut
Éditions Bartillat / Juillet 2015


La princesse Natalie Paley est la petite-fille du tsar Alexandre II. Hantée par le souvenir de la mort qui la poursuivra toute sa vie, Natalie s'est réfugiée dans un monde où seul l'imaginaire importait. Elle réunissait toutes les qualités: beauté, esprit, singularité, indépendance, cosmopolitisme. Elle devint naturellement l'une des figures de proue de la vie culturelle et mondaine de l'entre-deux-guerres, où de Saint-Pétersbourg à New York, en passant par Paris, Venise, Salzbourg et Hollywood, elle croise Marie-Laure de Noailles, Luchino Visconti, Coco Chanel, George Cukor, Colette ou Marlène Dietrich... Cette biographie retrace un destin émouvant et hors du commun: une enfance saccagée, deux mariages (avec le couturier Lucien Lelong puis avec le producteur de Broadway John Chapman Wilson), une étonnante carrière de mannequin et d'actrice et des passions orageuses avec le danseur Serge Lifar et des écrivains comme Paul Morand, Antoine de Saint-Exupéry, Erich Maria Remarque ou Jean Cocteau, avec qui elle s'adonne aux plaisirs de l'opium. Une existence tourmentée où fastes et cauchemars, défaillances et élans se côtoyèrent avec une intensité peu commune.


- Drugs, sex & rock n'roll
de Billy Idol
Éditions L'Archipel / Juin 2015


Avec sa chevelure peroxydée et sa fougue rebelle, Billy Idol est resté une icône du rock'n'roll. De son enfance en Angleterre à sa gloire au moment de la révolution punk-pop, cette autobiographie révèle les détails intimes de son parcours. Il se souvient des moments clés qui ont marqué son parcours, sa musique et sa carrière, dans le sillage des Sex Pistols ou ses années passées avec les groupes punks Chelsea et Generation X. Mais aussi, sa carrière solo, inattendue et pourtant couronnée de succès, avec des titres tels "Eyes Without a Face", "White Wedding" ou "Rebel Yell". Billy Idol se confie avec le panache, l'envie furieuse avec laquelle il a chanté pendant des décennies. Et tout en se faisant le chroniqueur insolent, impertinent et lucide de sa propre carrière, c'est toute l'histoire du rock qu'il embrasse, dans un hommage vibrant et électrique.


- Edwina Mountbatten
de Bertrand Meyer-Stabley
Éditions Bartillat / Juin 2015


C'est au fond de la Mer du Nord, enveloppée de brouillard et de mélancolie, lorsque son mari, lord Louis Mountbatten, dernier vice-roi des Indes, jeta son cercueil à la mer, que lady Edwina Mountbatten, trouva enfin la paix et le silence qu'elle n'avait jamais cessé de chercher pendant cinquante-neuf années d'une vie tumultueuse. Edwina Ashley Mountbatten aura été un personnage hors du commun, de par sa personnalité, ses origines, son milieu, son mariage et par cette manière extraordinaire de s'être façonné une vie à sa mesure. Filleule du roi d'Angleterre, petite-fille d'Ernest Cassel, l'homme le plus riche du monde, tour à tour jeune femme belle et égoïste, indépendante et généreuse, futile et dévouée, intelligente et courageuse, non conventionnelle et fière de son rang, elle entra dans l'Histoire en devenant vice-reine des Indes, incarnant un véritable personnage de roman, un modèle unique et presque idéal.


- La légende de Pierrot le fou
de Rodolphe
Éditions Michalon / Juin 2015


Dans le Paris à peine libéré des années 40, Pierre Loutrel, alias Pierrot le Fou, et ses comparses du fameux "gang des Tractions avant" mitraillent à cœur joie. Consacré ennemi public n°1, Loutrel réalise des hold-up d'une audace inouïe, séduit les plus célèbres stars de l'époque et fait continuellement la nique à la police. Des exploits hors-normes et pourtant authentiques, relatés par un jeune journaliste, Paulo le Belge, admis durant un temps parmi l'équipe de ces sinistres "héros".
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 4 Juil - 7:42

- Le sang du Prince
Vie et mort du Duc d'Enghien
de Florence de Baudus
Éditions Du Rocher / Juin 2015


Le 20 mars 1804, à quatre heures du matin, dans les fossés du château de Vincennes, sur ordre du général Bonaparte, seize balles tirées par seize gendarmes d'élite foudroient un jeune homme de trente et un ans, le duc d'Enghien, dernier des Condé. Sa faute? Être prince du sang royal de France. C'est au prix de ce sang-là que le consul Bonaparte va devenir l'empereur Napoléon. Pour retrouver les traces de ce personnage, Florence de Baudus a visité les lieux où le prince est mort et ceux où il a vécu. À Chantilly, dans le château des Condé, elle a marché sur ses pas, dépouillé une correspondance abondante et des journaux manuscrits, pour la plupart jamais encore publiés. Dans le somptueux château de Sychrov, en Bohême, comme dans la modeste maison d'Ettenheim sur les bords du Rhin, dernière demeure du prince, elle a cherché le souvenir de ses amours avec la princesse Charlotte de Rohan-Rochefort. S'interdisant tout jugement politique, elle s'est attachée à rendre vivante la personnalité de ce duc Va-de-bon-cœur, séduisant, courageux, intelligent, et donc trop dangereux pour qu'un Bonaparte ambitieux le laissât en vie. Auteur de plusieurs ouvrages, Florence de Baudus se passionne pour les nœuds familiaux de la petite et de la grande Histoire, en particulier dans les périodes confuses où les fidélités sont mises à mal, comme ici la Révolution française et ses conséquences.


- Marie-Thérèse d'Autriche, épouse de Louis XIV
de Joëlle Chevé
Éditions Pygmalion / Juin 2015


Dans l'histoire de la France, les femmes, et avant tout les reines, ont souvent régné sur le cœur et l'esprit de leur peuple, bien qu'elles n'aient pas toujours exercé le pouvoir, fondant quinze siècles, certaines ont joué un rôle prépondérant en se montrant plus lucides, plus préoccupées du bonheur de leurs sujets, sinon plus attentives au rayonnement de la monarchie. Si les rois ont fait la France, on peut dire que les reines l'ont sans doute aimée davantage. Marie-Thérèse d'Autriche En juin 1660, Louis XIV épouse l'infante d'Espagne. Marie-Thérèse d'Autriche. Choyée, fière de ses origines et admirée dans son pays pour sa beauté, sa vivacité et sa ferveur, elle fut adorée de ses sujets français mais dénigrée par une partie de la cour. Laide, naine, sotte et bigote, rien n'a été épargné à la "pauvre reine", sacrifiée par la postérité sur l'autel de son solaire époux et de ses radieuses maîtresses. Une relecture précise des sources, remises dans leur contexte, la révèle moins pauvre qu'il n'y paraît, conduisant en professionnelle la parade monarchique et incarnant sur le trône l'idéal de la Réforme catholique. Les "années Marie-Thérèse", de 1660 à 1683, furent les plus somptueuses et les plus joyeuses d'un règne dont elle fut la figure la plus authentique et la plus attachante


- Orson Welles
de Anca Visdei
Éditions Bernard de Fallois / Juin 2015


Le parcours et l'œuvre d'Orson Welles, réalisateur, scénariste, acteur, producteur, écrivain, dessinateur et prestidigitateur américain du XXe siècle.


- Tête haute
de Mathieu Bastareaud et Arnaud Ramsay
Éditions Robert Laffont / Juin 2015


Mathieu Bastareaud, l'emblématique joueur de Toulon et de l'équipe de France, se livre avec une franchise peu commune et nous fait pénétrer dans les coulisses du rugby. Doté d'un physique hors norme pour un trois-quarts, 125 kilos pour 1,85 mètre, ce champion atypique possède une sensibilité à fleur de peau. Il revient ici sur son parcours, de son éclosion au Stade Français à ses titres avec le RC Toulon, au côté de Jonny Wilkinson. Joueur prodige, il est convoqué dès l'âge de 18 ans en équipe nationale, et devient rapidement l'une des attractions des Bleus. Mais, lors d'une tournée en Nouvelle-Zélande, il se retrouve au cœur d'une affaire d'État sur laquelle ce récit fait enfin toute la lumière. Aujourd'hui, il est l'une des vedettes attendues de la Coupe du monde en Angleterre.


- Alice Guy: la première femme cinéaste de l'histoire
de Emmanuelle Gaume
Éditions Plon / Mai 2015


Comment Alice Guy, enfant illégitime et métisse, rejetée par son père, élevée entre le Chili, la Suisse et la France, est-elle devenue, à l'aube du XXe siècle, dans l'effervescence du cinéma naissant et dans un monde d'hommes, la première cinéaste au monde? Comment la petite française a-t-elle conquis les États-Unis qui, fascinés par cette self made woman, réalisatrice de génie, productrice puissante, belle comme une actrice de Broadway, femme de tête et amoureuse exaltée, ont fait d'elle une star? Pourquoi son nom est-il tombé dans l'oubli? Des failles de son enfance à sa passion unique et dévastatrice, de la création des studios Gaumont à la conquête d'Hollywood, de l'ambition à l'isolement, le destin d'Alice Guy ressemble à un roman. C'est ce roman qu'Emmanuelle Gaume nous livre, peignant le portrait tendre et fascinant d'une femme ardente et visionnaire.


- Charles Bell: chirurgien à Waterloo
de Martine Devillers-Argouarc'h
Éditions Michalon / Mai 2015


Dans ce récit entièrement inspiré de faits et personnages réels, Martine Devillers-Argouarc'h, tout en offrant une magnifique reconstitution de Bruxelles au lendemain de Waterloo, fait revivre un homme de science peu banal qui, d'abord mû par son ambition, a fini par n'écouter que son humanisme.


- Django Reinhardt
de Noël Balen
Éditions Du Rocher / Mai 2015


Le 16 mai 1953 disparaissait l'un des musiciens les plus fulgurants du XXe siècle. Django Reinhardt est aujourd'hui encore considéré comme un modèle pour les nouvelles générations de musiciens, mais il est surtout devenu un mythe pour la plupart des auditeurs. Ce Manouche secret, dont il n'est pas exagéré d'affirmer qu'il est le plus grand guitariste de l'histoire du jazz, a mené une existence hors du commun où la réalité semble parfois se confondre avec la légende. De sa naissance à Liberchies (Belgique) en 1910 jusqu'à sa mort dans la paisible retraite de Sarrois, cette biographie retrace les étapes d'une carrière exceptionnelle et d'une existence riche de contrastes: les premiers bals musettes, l'incendie de sa roulotte et sa main gauche mutilée, la révélation du jazz et la rencontre avec Stéphane Grappelli, la création du Quintette du Hot Club de France, les années de gloire et les dépenses fastueuses, les déceptions américaines auprès de Duke Ellington et les difficiles retrouvailles de l'après-guerre. Autant de moments forts qui jalonnent la pérégrination d'un homme volontiers nonchalant, parfois fantasque, farouchement libre traversant les événements au-delà des contingences, tout simplement ailleurs. Ce livre est complété d'une discographie chronologique exhaustive.


- #enjoy Marie
de Marie Lopez
Éditions Anne Carrière / Mai 2015


"J'ai eu une envie, l'envie de raconter une histoire, de partager quelque chose de différent avec vous. Moins de vidéos, plus de mots, moins d'EnjoyPhoenix@, plus de Marie. Kaléidoscope d'instants, polaroids de ma vie au collège, puis au lycée. Rassurez-vous, ce n'est pas une autobiographie à dix-neuf ans, vous rigolez. Simplement un regard, des remarques spontanées sur des sujets parfois mis à l'écart par les médias, ce genre de sujets pas vraiment accrocheurs: être bien dans sa peau avec un appareil dentaire, des cheveux gras, de l'acné sévère, le harcèlement scolaire, la famille décomposée, et le reste, le Net, les réseaux sociaux, tout y est, le meilleur comme le pire. Au travers des anecdotes, des confidences, mon vécu de youtubeuse, j'ai voulu écrire un recueil sans prétention, petit GPS décalé pour les jeunes connectés, afin de vous éviter les mêmes erreurs, les miennes bien sûr. Et peut-être afin de vous faire gagner du temps sur celui que l'on n'a pas. Avec un peu recul, et j'espère un peu d'humour, je témoigne ici de la réalité, quelquefois complexe, du jeune âge, car, comme chacun sait, les ados sont une énigme pour les adultes".


- Hervé Guibert ou les morsures du destin
de Frédéric Andrau
Éditions Séguier / Mai 2015


Hervé Guibert (1955-1991) fut, en France, l'un des premières personnalités à vivre son sida au grand jour, mais aussi à mettre en scène la maladie, à en faire un objet littéraire comme jamais aucun écrivain ne l'avait fait auparavant. Avec une précision déroutante, Guibert s'est filmé, photographié et a décrit ses métamorphoses sans relâche jusqu'à son dernier souffle. Mais sa courte vie ne se résuma pas à la maladie. Loin s'en faut. Intime de Foucault, Chéreau, Adjani et de tant d'autres, il fut l'un des acteurs importants de la vie intellectuelle des années quatre-vingts, laissant en héritage une trentaine d'ouvrages, un film et des centaines de photos qui sont régulièrement exposées. Si les thèmes choisis dans ses livres furent parfois controversés, l'unanimité s'est faite au fil du temps pour saluer un talent littéraire d'exception. Une importante rétrospective photographique vient d'avoir lieu à New York et son journal, Le Mausolée des amants vient d'y être traduit. En France, son souvenir plane au-dessus de la littérature comme un fantôme rassurant et familier auquel on ne peut s'empêcher de faire référence. Ce texte relate le parcours d'une vie hors du commun.


- Il s'appelait Pierre Brossolette
de Gilberte Brossolette
Éditions L'Archipel / Mai 2015


Son nom, inscrit au fronton de nos rues, est un symbole. Pour toute une génération, il personnifie la lutte pour la liberté, jusqu'à l'ultime sacrifice: son suicide par défenestration à 40 ans, le 22 mars 1944, pour échapper à ses bourreaux de la Gestapo. Avant d'être nommé par de Gaulle numéro 2 du BCRA (service de renseignement de la France libre), ce militant socialiste, agrégé d'histoire, avait été enseignant (révoqué par Vichy), journaliste (à Marianne et au Populaire, organe de la SFIO). Entré en résistance au sein du réseau du Musée de l'homme (dont il rédigeait le bulletin) et de Libération-Nord, c'est lui, à Londres, qui obtient du général de Gaulle que ses messages se réfèrent à la devise de la République. Il est partisan d'une vaste union patriotique jusqu'au PSF de Charles Vallin, mais son arrestation ne lui permettra pas de concrétiser cette utopie. Gilberte Brossolette (1905-2004), son épouse rencontrée à la Sorbonne en 1923, retrace sa vie. Elle dépeint aussi le mari et le père, homme joyeux et attentionné, modèle d'engagement humain.


- Jacques Soustelle: l'ami qui a défié De Gaulle
de Marc Francioli
Éditions Du Rocher / Mai 2015


La vie de Jacques Soustelle est un roman, un roman d'aventure. Elle se confond avec l'histoire de la France du xxe siècle qu'il a contribué à écrire. Un étudiant bardé de diplômes. Un ethnologue philosophe à la découverte des Aztèques et de la mixité des cultures, qui deviendra académicien. Un résistant de la première heure au service d'un général qu'il ne connaissait pas et de la France libre. Un influent patron des services secrets. Un ministre, à plusieurs reprises. Un des tombeurs de la IVe République et l'un des acteurs majeurs du retour au pouvoir de De Gaulle en 1958. Mais l'ami, le fidèle de près de vingt ans, a défié le Général sur l'avenir de l'Algérie. Malheur au vaincu, exilé, paria d'une république naissante, chevalier errant pendant sept longues années. Considéré fasciste par les uns, resté fidèle à ses idées et aux engagements de la France pour les autres, il sera oublié, y compris des livres d'histoire. L'ouvrage retrace, à partir de témoignages recoupés et consignés, le chemin que Soustelle a emprunté. Il raconte aussi comment, en 1965, l'exilé a sauvé la vie de Charles de Gaulle et nous révèle que, contrairement aux affirmations gaullistes et médiatiques de l'époque, Jacques Soustelle n'a jamais été jugé, donc jamais condamné et n'a pas eu à être amnistié.


- Joséphine: désir et ambition
de Kate Williams
Éditions Robert Laffont / Mai 2015


"Dans Notre-Dame, Napoléon reçoit sa couronne des mains du pape. Il la pose sur sa tête puis attend que Joséphine avance dans sa direction. Elle s'agenouille devant lui et joint les mains, comme si elle le priait. Napoléon s'approche d'elle et pose doucement l'onéreux diadème sur sa tête. Joséphine, Créole pauvre, veuve, demi-mondaine et concubine, est maintenant l'impératrice de France. Elle a gagné. En tout cas, c'est ce qu'elle pense". La passion qui unit Joséphine de Beauharnais et Napoléon Bonaparte traversera les conquêtes amoureuses de l'une puis de l'autre, les batailles dans toute l'Europe, le coup d'État et l'Empire. Pour préserver son couple, Joséphine est prête à tout. Une biographie au souffle romanesque puissant, qui dévoile une Joséphine envoûtante et ambitieuse, mais aussi attachante et follement amoureuse.


- Les Médicis
de Henri Pigaillem
Éditions Pygmalion / Mai 2015


L'ascension politique et sociale des Médicis est l'une des plus formidables de l'Histoire. Après avoir pratiqué le simple métier d'usurier sur les marchés de Florence, ils formèrent la famille la plus puissante d'Italie et s'illustrèrent notamment à travers sept grands-ducs, trois papes, deux reines de France et de nombreux cardinaux. Impliqués dans tous les grands événements de leur temps, en outre artistes, poètes, inventeurs, bâtisseurs, ils furent aussi des mécènes autour desquels gravitèrent Politien, Pic de la Mirandole, Michel-Ange, Raphaël, Botticelli, Léonard de Vinci, Galilée, ou encore Haendel et Scarlatti. Enfin, collectionneurs éclairés, ils rassemblèrent pendant trois siècles les plus belles œuvres d'art venues du monde entier et exposées aujourd'hui dans les musées de Florence. Henri Pigaillem brosse un panorama complet de cette glorieuse dynastie, de la révolte des Ciompi en 1378 à la conspiration des Pazzi, du sac de Rome au schisme anglican, du concordat de Bologne à la chute de Florence, du premier grand-duc Cosme Ier à la dernière représentante de la famille, Anne-Marie-Louise, disparue en 1743.


- Leclerc
de Jean-Christophe Notin
Éditions Perrin / Mai 2015


"Les jeunes gens intelligents, il y en a trop. Ils courent les rues. Parlez-moi d'un caractère. Parlez-moi de Hauteclocque". Voilà en quels termes un père jésuite évoquait le futur général Leclerc durant sa scolarité. Toute sa vie, l'officier a fait des choix singuliers qui l'ont conduit à devenir l'icône de la libération de la France. De ce destin unique, Jean-Christophe Notin décrit les inspirations géniales, lorsqu'il prend Koufra, Paris ou Strasbourg, mais aussi les moments de doute et de colère. Car Leclerc, c'est aussi un combat permanent contre ses propres faiblesses. Sa relation très particulière avec le général de Gaulle en témoigne, pleine de foucades, mais jusqu'au bout d'une inébranlable fidélité. Leclerc n'oubliera jamais qu'en choisissant de rallier Londres en juillet 1940 il a pris le risque de ne pas retrouver ce qui lui était le plus cher, ses six enfants, sa terre de Picardie et la très belle carrière militaire qui lui était promise. Sur la foi d'archives françaises, britanniques et américaines, Jean-Christophe Notin en relate la cause, son amour éperdu pour la France, qui le porta après-guerre jusqu'en Indochine. Sa fin tragique, le 28 novembre 1947, fit pleurer de Gaulle et toute la France. C'est dire combien tous les deux réalisaient qu'ils venaient de perdre un grand homme.


- Moi, Conchita
de Conchita Wurst
Éditions L'Archipel / Mai 2015


En l'emportant en mai 2014 à l'Eurovision, Conchita Wurst a conquis des millions de fans, faisant taire les nombreuses voix qui s'étaient élevées contre sa sélection pour représenter l'Autriche, y voyant une promotion indue des droits des gays. En passe de devenir une icône planétaire, Conchita Wurst a reçu le soutien d'Elton John, Cher, Karl Lagerfeld, Boy George et bien d'autres stars. Après sa victoire, tout s'est enchaîné: elle a été faite citoyenne d'honneur de la ville de Vienne, elle a effectué une tournée mondiale, elle a posé pour Pierre & Gilles, défilé pour Gaultier, s'est produite sur la scène du Crazy Horse. Et elle prépare à présent la sortie prochaine de son premier album. Pour la première fois, Conchita parle de son enfance, de l'amour de ses parents, du soutien de sa grand-mère, mais aussi de la discrimination qu'elle a subie. L'histoire d'un garçon qui n'a cessé de croire en son étoile. Et qui livre un message de tolérance et d'amour: "Ils ne nous arrêteront pas".


- Suivez mon regard
de Anjelica Huston
Éditions De L'Olivier / Mai 2015


Nous sommes à St Clerans, dans le comté de Galway, en Irlande. Une petite fille attend son père pour fêter Noël. Lui, c'est John Huston: un aventurier, un grand cinéaste, un géant. Elle, c'est Anjelica. Elle n'a que six ans mais elle sait déjà que cet homme la marquera à jamais. Cinquante ans plus tard, Anjelica Huston est devenue une star. Elle nous livre le récit de sa vie dans ces Mémoires à la fraîcheur romanesque. Après une enfance magique dans le manoir de ses parents et une adolescence en plein cœur du "swinging London", Anjelica part pour New York. À 18 ans, elle est mannequin pour Vogue. Mais le cinéma la rattrape, et Stephen Frears, Francis Ford Coppola, Woody Allen, Wes Anderson vont lui offrir des rôles qui la conduiront au sommet d'Hollywood. C'est là qu'elle rencontre Jack Nicholson, avec qui elle va former un couple de légende. Dans Suivez mon regard, Anjelica Huston revient sans détour sur ses amours et sa carrière. Derrière la star, on découvre une femme émouvante, non conformiste, douée d'un vrai sens de l'observation. Illustré de nombreuses photos personnelles, cet autoportrait sensible est une peinture passionnante du nouvel Hollywood et de ses coulisses


- Wellington
de Antoine d'Arjuzon
Éditions Perrin / Mai 2015


Arthur Wellesley, premier duc de Wellington, né en Irlande la même année que Napoléon, s'illustre dès 1799 en Inde où il se montre aussi habile dans la négociation que dans le combat. À la tête de l'armée britannique au Portugal en 1808, il triomphe successivement, au long d'une guerre de six ans dans la péninsule Ibérique, de tous les maréchaux de Napoléon qui lui sont opposés, contraignant les armées françaises à quitter l'Espagne. Ambassadeur à Paris auprès de Louis XVIII, commandant en chef des armées alliées pendant les Cent-Jours, il écrase définitivement Napoléon à Waterloo. Lequel confiera à un tiers que Wellington l'égale en tout et le surpasse en une chose: la prudence. Ce dernier joue ensuite un rôle majeur dans la seconde restauration des Bourbons et empêche le démembrement de la France. Premier Ministre du roi George IV, puis ministre des Affaires étrangères, il perd un peu de sa popularité dans l'engagement politique, avant de la recouvrer et de devenir le héros de l'Angleterre victorienne. L'auteur retrace avec justesse la carrière d'un grand seigneur de la guerre qui ne connut jamais la défaite et qui, tout en vainquant Napoléon et en contribuant à faire de l'Angleterre la première puissance du XIXe siècle, ménagea la France qu'il combattit sans haine ni mépris.


- Ainsi nous parle Abraham Lincoln
de Bernard Vincent
Éditions Fayard / Avril 2015


Abraham Lincoln (1809-1865) occupe une place à part dans l'histoire des États-Unis. De la cabane en rondins de son enfance à son assassinat, son ascension est l'exemple même du rêve américain. Tenu à l'écart des études, promis à une existence sans relief, cet autodidacte devenu avocat par son seul mérite se lance en politique à vingt-trois ans et sera élu à la Maison-Blanche en 1860, à cinquante et un ans. Il y remporte la victoire militaire contre les États du Sud, sauve l'Union fédérale du naufrage et proclame l'abolition de l'esclavage, pratique indigne d'une nation formée pour "éclairer le monde". Lincoln est assassiné le 14 avril 1865, quelques jours après la fin des hostilités. Cent cinquante ans après sa mort, il demeure dans la mémoire une figure de père de la nation américaine. Ce volume rassemble 105 discours et lettres d'Abraham Lincoln, de la jeunesse (1832) à son dernier discours public à la Maison-Blanche, le 11 avril 1865, présentés et traduits par l'un des meilleurs spécialistes français, Bernard Vincent, professeur émérite d'histoire des États-Unis à l'université d'Orléans.


- Anne de Kiev
Une reine de France venue d'Ukraine
de Philippe Delorme
Éditions Pygmalion / Avril 2015


Dans l'histoire de la France, les femmes, et avant tout les reines, ont souvent régné sur le cœur et l'esprit de leur peuple, bien qu'elles n'aient pas toujours exercé le pouvoir. Pendant quinze siècles, certaines ont joué un rôle prépondérant en se montrant plus lucides, plus préoccupées du bonheur de leurs sujets, sinon plus attentives au rayonnement de la monarchie. Si les rois ont fait la France, on peut dire que les reines l'ont sans doute aimée davantage. Anne de Kiev La reine de France Anne de Kiev est une ombre de l'Histoire sur laquelle il est bien difficile de jeter quelque lumière. Mariée en 1051 à Henri Ier, petit-fils de Hugues Capet, elle n'a laissé aucune trace dans les chroniques slaves et n'apparaît qu'en filigrane dans les archives françaises. Elle est pourtant l'ancêtre de presque tous les princes d'Europe et de nombre de célébrités, de Bernadette Chirac à Céline Dion. C'est grâce à elle que Philippe est devenu un prénom royal, porté aujourd'hui par les souverains belge et espagnol comme par le mari d'Élisabeth II d'Angleterre. À une époque où l'Ukraine, confrontée au grand voisin russe, s'interroge sur son identité, la personnalité de la reine Anne acquiert un relief nouveau. Philippe Delorme s'emploie à le révéler, dans un récit qui, pour être rigoureusement historique, n'en prend pas moins les allures d'une épopée.


- Anne Sinclair, une femme libre
de Jocelyne Sauvard
Éditions L'Archipel / Avril 2015


"Ni sainte ni victime, je suis une femme libre". Ainsi parle Anne Sinclair. Mais qui est-elle vraiment? Héritière du collectionneur Paul Rosenberg, icône du journalisme politique avec "7 sur 7", ex-épouse admirable de DSK, directrice éditoriale du Huffington Post français, elle multiplie les rôles. De son enfance, partagée entre New York et Paris, à son parcours en montagnes russes dans l'audiovisuel, Jocelyne Sauvard retrace l'itinéraire d'une femme hors normes. Entre la France et l'Amérique, la famille et les plateaux de télévision, mais aussi dans la solitude après l'affront, Anne Sinclair se donne à voir tout entière: une femme qui ne cesse de récrire sa vie. Avec une passion intacte.


- Des petits coins de Paradis
de Jacques Weber
Éditions Cherche Midi / Avril 2015


C'est au cimetière du Père-Lachaise, un jour qu'il s'y trouvait pour accompagner son ami Serge dans son dernier voyage, que Jacques Weber a vécu ces heures lentes, lourdes. Elles auraient dû l'accabler, l'anéantir. Elles ont renforcé son goût de vivre, son insatiable appétit des autres. Au fond de lui-même, il a réagi à la manière tonique d'un Léo Ferré: "Tu meurs, moi pas". Un autre jour, deux années plus tard, Jacques Weber a éprouvé l'envie irrésistible de donner une deuxième vie à Serge, en jetant tout sur le papier: leur rencontre imprévisible et extravagante, leurs amis, leurs amours, leurs chagrins, leurs joies. En racontant Serge, Jacques se raconte aussi, un peu, pas trop, juste pour qu'on comprenne bien de quoi s'est nourrie leur vie d'artistes, leur existence d'humains: d'émotions et de découvertes, de coups de cœur et de partages, de coups de gueule sans retenue et de silences pudiques. En faisant revivre Serge, Jacques met aussi en lumière, pour "quelques secondes d'éternité", Marie, Nathalie, John, Luc, Sandrine et d'autres, tous siens, tous leurs. Si des noms connus surgissent (Pierre Brasseur, Michel Simon, Simone Signoret...), c'est qu'ils ont leur place affectueuse et irremplaçable dans la vie de Serge et de Jacques, simplement, sans plus.


- De scènes de vie à scènes de ménages
de Gérard Hernandez
Éditions Cherche Midi / Avril 2015


Même après soixante ans de carrière, de rencontres et d'amitiés avec les plus grands, de Jean Poiret à Bernard Giraudeau en passant par Jean Becker, Gérard Hernandez n'est pas homme à raconter ses mémoires. Son caractère espiègle et son esprit iconoclaste l'ont poussé à aller au-delà, nous faisant découvrir un peu plus qu'un acteur et un tout autre être que Raymond, son personnage dans Scènes de ménages depuis 2009: un philosophe du quotidien qui se cache derrière sa moustache et une grande discrétion médiatique. Il nous parle de la vie, qui ne fait que passer, de l'amour, qui le lie à son épouse depuis plus de cinquante ans, et, avant tout, de ses valeurs, ancrées dans ses racines espagnoles. Il pointe les grandes folies ou les petits travers de la société et scrute la marche du monde de son œil tendre et ironique. Fin connaisseur des êtres et de l'existence, il nous ouvre les yeux sur ce qui importe vraiment sans pour autant se poser en donneur de leçons, en nous apprenant juste à rire de tout ou presque. Mot après mot, il distille une vision de la vie légère et souriante, très communicative.


- En tête à tête avec Orson
de Conversations entre Henry Jaglom et Orson Welles
Éditions Robert Laffont / Avril 2015


Pendant deux ans, de 1983 à 1985, Orson Welles et Henry Jaglom ont déjeuné ensemble chaque semaine au restaurant Ma Maison, à Hollywood. Welles avait l'intention d'écrire son autobiographie à partir de ces entretiens mais il est mort avant d'avoir achevé ce travail, et les enregistrements de ces déjeuners sont restés au fond d'une boîte à chaussures pendant plus de vingt-cinq ans. Devant l'opiniâtreté de Peter Biskind, l'auteur du Nouvel Hollywood, Henry Jaglom a fini par accepter de lui confier ces cassettes, et de publier leur contenu. Ces conversations à bâtons rompus, fréquemment perturbées par des personnalités venant saluer les deux hommes ou par des considérations sur le menu, brossent une peinture très réaliste de l'homme excessif qu'était Orson Welles: un provocateur pouvant tenir les pires propos sur les femmes, sur les Irlandais et les Hongrois, sur la politique et la France, sur les acteurs, mais également un homme d'esprit, séducteur, lucide sur son génie et son sale caractère, désabusé par l'industrie du cinéma.


- Geneviève de Gaulle Anthonioz
de Caroline Glorion
Éditions Plon / Avril 2015


Pour son entrée au Panthéon en mai 2015, une nouvelle édition de cette très belle biographie de Geneviève de Gaulle Anthonioz (1920-2002), résistante, déportée, présidente d'ATD Quart Monde, qui toute sa vie mena le même combat: lutter pour la dignité de l'homme, refuser la misère qu'elle considérait comme une insulte à la démocratie. "L'héroïsme, je n'aime pas ce mot. Les peuples ont besoin d'avoir des modèles, alors on leur invente des héros. Mais la vie, ce n'est pas cela. Je ne crois pas qu'il faille chercher à avoir une grande vie ou un grand destin il faut essayer d'être juste". Geneviève de Gaulle élevait rarement la voix, mais elle n'hésitait pas, avec une ferme détermination, à se faire entendre dans le débat politique. Dans ce livre, elle accepta de lever le voile sur ce qu'étaient ses convictions, ses engagements. Toute sa vie, elle mena le même combat: lutter pour la dignité de l'homme, refuser la misère qu'elle considérait comme une insulte à la démocratie. Nièce du général de Gaulle, elle entra dans la résistance à dix-huit ans. Déportée au camp de Ravensbrück, elle lutta sans relâche contre l'anéantissement. C'est ce même "refus de l'inacceptable" qui la conduisit au sein d'ATD Quart Monde, dès 1958, à lutter contre la grande pauvreté. "Résistante" est le seul adjectif que Geneviève de Gaulle Anthonioz accepta que l'on accole à son nom.


- Golda Meir
de Dominique Frischer
Éditions L'Archipel / Avril 2015


Sait-on que Golda Mabovitch (Kiev, 1898 – Tel-Aviv, 1978) a fui à 8 ans la faim et les pogroms de sa Russie natale pour rejoindre le Wisconsin, aux Etats-Unis? Que ses parents s'opposèrent à ce qu’elle fasse des études et voulurent la marier à 15 ans? Qu'à 20 ans elle participa activement au Congrès juif américain? Qu'à 23 ans elle entraîna son mari Morris Myerson contre son gré vers un exil en Palestine? Qu'elle se sépara bientôt de celui-ci? Celle qui fonda avec David Ben Gourion l'État juif en 1948 n'a pas toujours été la vieille dame inflexible dont le visage est dans les mémoires. En revenant sur son parcours politique, mais également en levant le voile sur sa vie privée, Dominique Frischer dresse le portrait d'une révoltée, de la Russie des tsars au Jérusalem de la Guerre du Kippour. Racontée sous un jour nouveau, une personnalité hors du commun, avec ses failles.


- Je vais encore me faire des amis !
Amateurs de révélations, réjouissez-vous ! Adeptes du politiquement correct, abstenez-vous.
de Jean-Pierre Mocky
Éditions Cherche Midi / Avril 2015


Jean-Pierre Mocky n'est pas seulement une légende du cinéma français. Inclassable et rebelle, il ressemble aux personnages de ses films. "Langue de bois, connais pas", telle est la devise de Mocky l'indomptable, dont la filmographie illustre ses révoltes et indignations. Scandales politiques et religieux, crimes sexuels, abus de faiblesse: tirant à vue sur la bien-pensance, il a souvent payé cher son indépendance et son franc-parler. Aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, il troque sa caméra contre une plume bien affûtée et tout le monde y passe. Famille, amours, réalisateurs, acteurs: la mémoire vive et le verbe haut, voici une savoureuse galerie de portraits, riche en coups de cœur, coups de gueule et coups de sang. Car, s'il a su nouer des amitiés durables dans le métier, sa route est semée de fâcheries d'un soir et de brouilles définitives. Bourvil, de Funès, Delon, Deneuve, Visconti, Chaplin, Serrault, Godard, Eastwood et bien d'autres jalonnent son parcours atypique, pour le meilleur et pour le pire. Qu'importe. Son amour du cinéma prévaut sur le reste. Après quelque soixante ans de carrière, il tourne plus que jamais et c'est loin d'être terminé. Mais au fond, qu'est-ce qui fait courir Mocky? On le découvre au fil de ce récit truculent, sulfureux, drôle et nostalgique où, évoquant sans fard ses blessures de jeunesse, il nous dévoile une autre sensibilité, inattendue.


- Kissinger
de Charles Zorgbibe
Éditions Bernard de Fallois / Avril 2015


La vie du diplomate Henry Kissinger et particulièrement son travail pour l'administration Nixon de 1969 à 1977. Durant cette période, il déploie de nombreuses stratégies diplomatiques, construisant une politique étrangère novatrice influencée par ses rêves d'ordre mondial, en collaboration ambiguë avec Richard Nixon à qui tout l'oppose.


- L'affaire Jivago
de Peter Finn et Petra Couvée
Éditions Michel Lafon / Avril 2015


En confiant en 1956 à un éditeur italien son premier roman qu'il savait ne jamais pouvoir publier enRussie, le grand poète Boris Pasternak déclara: "Voici Le Docteur Jivago. Puisse-t-il faire son chemin dans le monde". Publié d'abord en Italie, puis en France et dans toute l'Europe, le roman attire très vite l'attention de la CIA qui y voit une arme de propagande culturelle susceptible de peser dans la guerre froide et décide de réaliser dans le plus grand secret la première édition en russe. Au terme d'une haletante course de vitesse, un millier d'exemplaires sont distribués aux touristes russes venus visiter l'Exposition universelle de Bruxelles. Le roman connaît un succès fulgurant en URSS, s'arrachant au marché noir. Épuisé, malade du cœur, Pasternak mourra dans la solitude en 1960. Mais des milliers de Russes assisteront à ses funérailles, défiant le KGB pour lui rendre hommage, et inaugurant ainsi la grande tradition russe de l'auteur


- La vie secrète de Sir Dansey, maître-espion
de Bob Maloubier
Éditions Albin Michel / Avril 2015


Officier du service secret "privé" de Churchill, Bob Maloubier a participé à la Résistance, vécu dix ans de guerre tiède et froide au sein des services secrets français avant de passer par trente années de fortunes diverses en Afrique et au Moyen-Orient. L'existence de Claude Edward Marjoribanks Dansey ne pouvait que lui inspirer une vive curiosité. Surnommé "Oncle Claude", "Mister Z" ou "Dansey la chaussette", ce personnage impénétrable et controversé mena en bateau des années durant les services secrets alliés et adverses. La guerre gagnée, certains des ténors du Secret Intelligence Service ont confié leurs souvenirs à des  chroniqueurs. Pas Dansey. Il est mort bouche close. S'appuyant sur les récits de témoins directs et de nombreuses anecdotes, Bob Maloubier retrace ici le parcours ignoré et fascinant de celui qui fut le plus grand espion du XXe siècle. Et qui a tout fait pour laisser un minimum de traces derrière lui, secret oblige.


- Les Nehru-Gandhi
de Renée-Paule Guillot
Éditions Pygmalion / Avril 2015


"Un étrange destin m'a plongé dans un genre de vie pour lequel je n'étais pas fait", disait Nehru. Qui, en effet, aurait pu croire que ce jeune avocat sans grand talent, élevé par un père ami des Anglais, deviendrait le leader de l'indépendance de l'Inde? Sa fille Indira, qui lui succéda, puis son petit-fils Rajiv, enfin Sonia l'épouse de ce dernier, n'avaient pas plus que lui le goût de la politique dont ils redoutaient les méandres. Ils durent néanmoins prendre en main les rênes de leur pays. Quelle force irrésistible les a propulsés, de génération en génération, dans l'arène politicienne? Quel formidable destin les a métamorphosés, de Motilal, le fondateur de la dynastie, à Rahul, son ultime héritier, en incarnation du rêve indien et en précurseurs d'une future grande puissance? Leur saga, à travers les heurs et malheurs d'innombrables luttes intestines et de deux guerres mondiales, les situe à la frontière de l'Histoire et de la légende.


- Mon frère
de Alain Depardieu
Éditions L'Archipel / Avril 2015


Qui se cache derrière l'un des plus grands acteurs français, à la riche filmographie et à la réputation sulfureuse? Derrière l'acteur mythique, c'est l'homme Depardieu qui fait surface sous la plume de son frère Alain. Celui-ci évoque leur enfance à Châteauroux, ses délits de petit voyou, puis son arrivée tumultueuse à Paris. C'est aussi, avec la notoriété, les frasques, le goût du bon vin, les rapports familiaux mouvementés, les intrusions en politique, mais aussi, chose moins connue, son approche de la spiritualité… Alain dresse le portrait tout en rugosités de Gérard, où les éclats voisinent avec les confessions intimes. Plus encore, il souligne leurs différences: tandis que Gérard boude l'école, n'est pas aimé de sa mère et échoue à fonder une famille, Alain, ado demi-voyou comme son frère, bénéficie de l'amour de ses parents, fait de bonnes études et fonde un foyer.


- Sexe, drogue et natation
de Amaury Leveaux
Éditions Fayard / Avril 2015


Il a gagné les plus belles médailles, battu de magnifiques records du monde. L'enfant au physique hors norme, issu des cités défavorisées de Belfort, a connu un destin extraordinaire. Si les titres d'Amaury Leveaux sont "propres", le monde de la natation l'est moins. En 2008, lors de la finale du cinquante mètres nage libre des JO de Pékin, le champion se laisse rafler l'or et n'obtient que l'argent: trois ans plus tard, le vainqueur de recevra un avertissement pour avoir nagé sous-produits interdits, suite à des tests antidopage. De quoi alimenter des doutes. Car, hors du bassin, les rivalités font rage et tous les coups sont permis. Derrière des entraînements exigeants se cachent de folles soirées. Au programme: sexe, drogue et natation. Pour la première fois, un champion olympique témoigne de la réalité du monde de la natation, que l'on croyait épargné: une plongée en eaux troubles. Né en 1985 dans un quartier populaire de Belfort, élevé par sa mère, Amaury Leveaux s'est révélé un nageur exceptionnel qui s'est hissé sur les plus hautes marches des podiums mondiaux. En 2013, il quitte la compétition avec un très beau palmarès (4 médailles olympiques, 4 médailles au championnat du monde et plus de 40 médailles européennes).


- Sigmund Freud
de Roger Dadoun
Éditions L'Archipel / Avril 2015


Après un quart de siècle consacré à des recherches en neurophysiologie qui lui valent une renommée internationale, Sigmund Freud, en un geste audacieux de rupture, s'engage dans cette étrange auto-analyse qui lui fait inventer la psychanalyse,  sur la base d'un examen de ses propres rêves et d'une perception singulière des hystéries et des névroses. À vocation clinique, la pensée freudienne se fixe pour tâche d'explorer tous les domaines de la condition humaine : érotique, onirique, esthétique, mais aussi anthropologique, esquissant au passage la possibilité d'une psychanalyse politique. Roger Dadoun présente le "roman intellectuel" de ce savant qui, longtemps seul, regroupa autour de lui une "horde sauvage" et étendit son emprise bien au-delà de son cabinet. Ainsi se donne à voir le médecin, penseur, humaniste, libérateur, théoricien de la sexualité et de la pulsion de mort, chasseur d'illusions, confronté à l'inquiétante étrangeté du monde contemporain.


- Tiens-toi droite et chante
de Jessye Norman
Éditions Fayard / Avril 2015


Jessye Norman, chanteuse lyrique de réputation internationale, est bien connue en France par ses concerts  et surtout par sa participation au bicentenaire de la Révolution. On se rappelle son interprétation de La Marseillaise, et sa robe-drapeau qui flottait dans le vent. Elle raconte cet épisode avec émotion, au cœur d'un récit où elle évoque l'ensemble de sa vie et de sa carrière: son enfance en Géorgie, son attachement à sa famille (et aux "femmes puissantes" qui lui ont insufflé son idée de la dignité). Si elle a interprété à l'opéra les grands rôles du répertoire (Wagner, Strauss, Mozart, Verdi…) elle s'est toujours montrée avide d'élargir son répertoire, l'ampleur de sa voix et l'intensité de son interprétation la faisant exceller dans Brahms, Mahler et Schoenberg. Sa relation avec la France et avec sa musique s'incarne dans ses interprétations de Berlioz (Les Troyens, Les Nuits d'été), de Rameau et dans son goût pour la mélodie française. Femme de son temps, Jessye Norman a été engagée dans les combats pour les droits civiques aux États-Unis; elle met en relation cette exigence de dignité avec la lutte des femmes pour l'égalité. Bien au-delà des amateurs de musique, son témoignage s'adresse à tous.


- Ce que j'ai appris de moi
de Sophie Davant
Éditions Albin Michel / Mars 2015


"50 ans. Le milieu de ma vie. Aurais-je jamais imaginé être la personne que je suis devenue aujourd'hui? Il y avait mille et un chemins qui s'ouvraient à moi quand j'étais enfant. […] Certes, la vie de chacun est unique et singulière. Pourtant il y a autre chose derrière la transition de la cinquantaine, quelque chose d'universel qui demande à être observé et compris par chacun d'entre nous". Et si, finalement, 50 ans était le plus bel âge de la vie? Une sorte de renaissance où l'on peut repartir de zéro, effacer tous les compteurs? Tout recommencer? En revenant avec sensibilité sur sa vie, jalonnée de rencontres uniques et d'engagements forts, Sophie Davant a choisi d'envisager ce bouleversement avec bienveillance, comme un passage nécessaire et bénéfique, vers l'âge de tous les possibles. Comment gérer l'angoisse du futur lorsque nous sommes à mi-parcours? Les craintes naturelles liées à l'image lorsque l'on est une femme publique? La rivalité dans un milieu professionnel exigeant? Le regard des hommes? Le départ des enfants? En confiant ses ressentis et réflexions, mais aussi ses joies et ses doutes, ses écueils et passions, Sophie Davant livre avec une sincérité touchante les clés d'une étape cruciale dans la vie des femmes: la cinquantaine. Pour ne plus rien regretter désormais.


- Édith et ses hommes
de Bernard Lonjon
Éditions Du Moment / Mars 2015


Il était une fois une unique voix. Porte drapeau de la chanson réaliste, Édith Piaf, personnalité déjantée, addicte à l'amour et à l'alcool, a porté au pinacle la chanson française de la première moitié du vingtième siècle. Elle a beaucoup aimé les hommes dont elle fut tour à tour pygmalion, amoureuse, maîtresse, amante d'un soir. Elle a aimé l'amour avant tout. Ce parcours d'une vie hors normes retracées au rythme de ses hommes, ses amis, ses amants, ses managers, ses musiciens, ses paroliers, permet de mieux cerner la personnalité de Piaf, la môme au cœur d'artichaut. Au détour de ce récit mêlé de chansons autobiographiques, on croise Yves Montand, Georges Moustaki, Charles Aznavour, Jean Cocteau, Sacha Guitry, Eddie Constantine, Bruno Coquatrix, Charles Dumont, Michel Simon, Jacques Canetti, Gilbert Bécaud, Georges Brassens, Paul Meurisse. mais aussi son père, son frère, son confident Jacques Bourgeat avec qui elle échangea plus de mille lettres. Les hommes ont aidé Édith Piaf à traverser ses nuits peuplées de morts vivants et de cauchemars insondables. Ils l'aident à combler ses vides et taire ses angoisses. Comme elle le chantait: "J'ai le cœur trop grand pour un seul gars, c'est pour ça que j'écris l'amour sur toute la terre". La vie de cette chanteuse à la voix exceptionnelle devenue irremplaçable, entrée au Panthéon des artistes, fut une belle aventure humaine, parsemée d'amours infinies, de chagrins inconsolables et de sentiments irrésolus.


- Elsa Triolet et Lili Brik
Les soeurs insoumises
de Jean-Noël Liaut
Éditions Robert Laffont / Mars 2015


Lili Brik et Elsa Triolet sont nées à Moscou à la fin du XIXe siècle. Fameuses pour leur beauté comme pour leur intelligence, elles formèrent un quatuor célèbre avec deux des plus grands poètes du XXe siècle, Vladimir Maïakovski et Louis Aragon. Lili collectionna les génies avec un œil infaillible: l'écrivain Pasternak, les peintres Rodtchenko et Malevitch, le compositeur Chostakovitch, le cinéaste Eisenstein ou la danseuse Maïa Plissetskaïa. Elsa, la cadette, fascinée par son aînée, dut livrer bataille pour exister et quitter son ombre. Mais Maxime Gorki l'encouragea à écrire et lorsqu'elle devint la première femme à recevoir le prix Goncourt, après s'être illustrée dans la Résistance, elle comprit qu'elle avait supplanté sa sœur, confinée au rôle d'inspiratrice et d'égérie. Cette rivalité n'altéra cependant jamais l'amour qui les unissait. Ces figures légendaires de la mythologie communiste surmontèrent tous les soubresauts de l'histoire, en Union soviétique ou en France. Confrontées aux réalités les plus cruelles, Elsa et Lili étaient prêtes à tout sacrifier pour protéger leur idéal artistique. Lili fut toute sa vie la figure centrale de l'avant-garde russe avec une originalité et des exigences très hautes. Elsa défendit sans relâche sa position d'écrivain. Elles ne furent jamais des femmes du juste milieu. Ces deux forces de la nature, que Pablo Neruda appelait l'une, Lili, "l'indomptable Lili" et l'autre, Elsa, "une épée aux yeux bleus", traversèrent le XXe siècle comme deux véritables icônes.


- Et le souvenir que je garde au cœur
de Jean-Pierre Darroussin
Éditions Fayard / Mars 2015


Il vient de loin, Jean-Pierre Darroussin. D'une vieille espèce de travailleurs qui engendraient des travailleurs, d'un monde de bras fort et fier, d'une terre lointaine où l'on se rappelle hier pour espérer demain, de familles qui, lorsqu'elles n'étaient pas occupées aux champs de patates ou à l'usine, l'étaient aux champs de bataille. L'acteur retourne à l'aube de ce temps révolu. Dans la lanterne magique de sa plume apparaît son enfance libre dans le quartier prolétaire de Courbevoie, où l'on découvre son père, Paul, ouvrier lumineux élevé par des paysans, intellectuel autodidacte, lecteur de Marx, qui lui transmet la devise de la classe laborieuse: travail, fraternité, bonté. Puis, dans les années post-68, son adolescence agitée par les filles, la musique, la comédie. Les expériences avec les potes-frères, riches d'anecdotes truculentes, le souvenir d'une époque rouge, militante et libertaire, la célébration de l'amour et de l'amitié. Autant de séquences à travers lesquelles il ressuscite un monde ancien, abandonné par le progrès et la globalisation. Mais un monde dont les valeurs humanistes et sociales, celles du Front populaire, d'une gauche militante et obstinée, continuent de l'habiter et de l'animer. Un monde dans lequel son père chante: le temps des cerises.


- Frangin
de Agnès Soral
Éditions Michel Lafon / Mars 2015


Tiens, tu fais la couverture d'un magazine avec Dieudonné et Zemmour. En dessous du trio, les mots: “antisémitisme, racisme” et en rouge sang: “voyage dans une France xénophobe”. Tu n'en es pas arrivé là? J'ai envie de m'allonger par terre, de pleurer, vomir, ou hurler; je ne sais plus. Déjà je cours me réfugier à la maison où, sur ma porte à peine refermée, j'alterne les pleurs de rage, de colère, et surtout de chagrin… Ça va trop loin. Ça va s'arrêter où?" Révélée à dix-sept ans dans Tchao Pantin, Agnès Soral n'a jamais quitté les écrans de cinéma et les scènes de théâtre. À travers son parcours, ses souvenirs, ses blessures, l'actrice engagée dresse en filigrane le portrait d'un frère dont elle ne comprend pas comment il en est arrivé là, le polémiste Alain Soral. Tour à tour drôle, révoltée ou tendre, elle livre un récit fort et rappelle que si l'on ne choisit pas sa famille, on ne doit pas en devenir la victime.


- Helmut Berger
de Helmut Berger et Holde Heuer
Éditions Séguier / Mars 2015


Helmut Berger fut considéré comme "le plus bel homme du monde". Luchino Visconti lui fit interpréter des rôles inoubliables aux côtés de Romy Schneider, Elizabeth Taylor, Charlotte Rampling ou Burt Lancaster, des prestations inscrites dans la légende du cinéma. Entre l'acteur et le cinéaste, se noua une relation ô combien passionnelle. À la mort du metteur en scène italien en 1976, la carrière d'Helmut Berger décéléra brutalement; personnalité cinématographique incontournable des années fastes, interprète de personnages sulfureux, fêtard invétéré, Helmut Berger finit par être victime de son image et de ses excès. Revenu de ses tourments, l'acteur autrichien se regarde dans un miroir autant que dans les souvenirs. Le résultat en est cette autobiographie épicée, sauvage, où Helmut Berger transgresse tous les tabous.


- John Ford et les indiens
de Arnaud Balvay et Nicolas Cabos
Éditions Séguier / Mars 2015


John Ford et les Indiens, c'est l'histoire d'une rencontre. En 1938, alors qu'il est à la recherche d'un lieu pour tourner La Chevauchée fantastique, qui va relancer le western, John Ford découvre Monument Valley et ses habitants: les Indiens Navajos. Après ce premier contact, Ford et les Navajos s'illustrent chacun de leur côté pendant la Seconde Guerre Mondiale avant de se retrouver en 1946 pour La Poursuite infernale. Jusqu'à la fin de sa vie, en 1973, John Ford tournera sept autres films avec les Navajos. Au cours de ces trois décennies, le réalisateur et les Amérindiens ne cesseront de se découvrir mutuellement et noueront des liens forts et durables. Ces relations feront évoluer les conceptions de Ford au sujet des "Native Americans", modifieront sa façon de les filmer et amélioreront pour un temps la vie matérielle des Navajos. En s'appuyant sur les archives du réalisateur et des témoignages inédits, le livre raconte cet âge d'or vu des "deux côtés de l'épopée" comme disait Ford.


- La passion de Thérèse d'Avila
de Christiane Rancé
Éditions Albin Michel / Mars 2015


Thérèse d'Avila n'est pas une sainte comme les autres: première femme proclamée docteur de l'Église, elle est aussi paradoxalement une référence pour Verlaine, Marguerite Yourcenar, Cioran ou Simone de Beauvoir, parmi tant d'autres. Quel est donc le secret de cette figure qui a autant fasciné que dérangé ses contemporains, et qui aujourd'hui encore attire et interroge croyants et incroyants? Christiane Rancé, romancière, essayiste et biographe, est partie à la rencontre de la plus énigmatique aventurière de Dieu. Cette évocation flamboyante et passionnée mobilise toute l'érudition de l'auteur sur l'Espagne éternelle, ce pays "où les mystiques tiennent lieu de philosophes et où la poésie nourrit la théologie". Outre l'incroyable parcours d'une femme d'exception partie à la conquête d'elle-même et du Ciel, Christiane Rancé nous introduit à l'histoire du Siècle d'or, celui de l'Inquisition, des immenses richesses venues d'Amérique, et d'une exaltation religieuse mêlée d'obscurantisme. Elle nous donne à voir les paysages de Castille et d'Andalousie, nous fait toucher la poussière des chemins empruntés par la sainte itinérante, et sentir l'énergie volcanique déployée par Thérèse. Ce livre brûlant est à l'image de son sujet: à la fois incarné et céleste.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 4 Juil - 7:34

- Le cerisier du pirate
de Jean-Claude Drouot
Éditions L'Archipel / Mars 2015


Dans les années 1960, petits et grands s'enthousiasment pour Thierry la Fronde, le Robin des Bois français. Un jeune comédien belge encore inconnu interprète le rôle-titre de ce feuilleton tourné avec peu de moyens en forêt de Rambouillet. Très vite, Jean-Claude Drouot est tiraillé entre sa gloire soudaine et sa passion, le théâtre. D'un côté, la tentation de céder à la renommée; de l'autre, l'envie de suivre un parcours plus libre. On le verra donc tourner avec Liz Taylor, puis pour Agnès Varda; créer des spectacles exigeants dans son théâtre de Reims (Arrabal, Joseph Delteil, Claudel), tout en gardant un pied à Hollywood; obtenir enfin la consécration en entrant à la Comédie-Française, pour finalement revenir à sa propre compagnie. Jean-Claude Drouot aura donc toujours été un "frondeur", luttant pour rester un homme de théâtre en dépit de son statut de vedette du petit écran, et construisant son parcours de rôle en rôle, d'Alceste en Fracasse, en passant par Richard III et Jean Jaurès.


- Le théâtre du corps
de Marie-Claude Pietragalla et Soisic Belin
Éditions Plon / Mars 2015


Figure emblématique de la danse française, Marie-Claude Pietragalla est une artiste rare, engagée, visionnaire. Danseuse étoile de l'Opéra de Paris et chorégraphe, elle fonde le Théâtre du Corps, compagnie indépendante, avec le chorégraphe Julien Derouault. Cette collaboration entre ces deux artistes atypiques s'appuie sur une synergie permanente, une complicité qui leur permet de poser un double regard sur le monde et leur travail de création: masculin féminin, réel fantasmé, abrupte et poétique, drôle et dramatique. Pour elle et lui, le corps est ce lieu où s'inscrivent les manifestations de l'expérience humaine. Le spectacle vivant, moments de partage et de transcendance, dialogue inédit entre la scène et le public ne doit pas être élitiste, mais créateur de rêve pour tous. "Nous croyons aujourd'hui à la nécessité de transfigurer le monde à travers le corps et de créer de nouvelles formes d'expressions, le langage du corps étant le plus ancien et le plus universel des arts vivants". Avec toute la passion qui la caractérise, "Pietra" revient ici sur son parcours, ses rêves et son désir inaltérable d'être une artiste libre.


- Les Romanov
de Bertrand Deckers
Éditions Pygmalion / Mars 2015


De la Neva à la Sibérie, dans les neiges et le froid, sur des milliers de verstes, la Russie se déroule à l'infini. À cette immensité, il fallut un maître: l'une des plus fabuleuses dynasties de tous les temps, les Romanov. Si leur nom remonte à une famille de boyards établie en Russie au XIVe siècle, c'est au mois de juillet 1613 que le premier des leurs, un jeune garçon de seize ans, ceint la couronne. Mikhaïl Féodorovitch Romanov prend la tête d'un État embryonnaire. Durant un peu plus de trois siècles, ses successeurs vont s'imposer comme l'incarnation de la Russie éternelle. Au cours d'une épopée tissée d'amour et de haine, de trahisons, de crimes, teintée de splendeurs et de solennité, les Romanov vont connaître vingt tsars. Des géants comme Pierre le Grand, l'autoritaire, le bâtisseur de Saint-Petersbourg; Catherine II, l'ambitieuse, la stratège, l'indomptable, l'amie de Diderot et de Voltaire, l'amante insatiable. Au fil des pages, on y découvre aussi le génial Alexandre Ier, ardent défenseur de son peuple; Alexandre II, le visionnaire; des femmes cruelles comme Élisabeth et Anne; et même un fou, Paul Ier. Sans compter le dernier souverain, Nicolas II, le tsar martyr, que la révolution d'octobre 1917 conduit à la mort. À travers ces destins souvent inouïs, Bertrand Deckers s'immerge dans les splendeurs d'une Russie oubliée et, d'une plume nerveuse, vibrante de passions, redonne vie aux grands noms d'une dynastie complexe et ô combien fascinante.


- Lady in satin  
Billie holiday, portrait d'une diva par ses intimes
de Julia Blackburn
Éditions Payot & Rivages / Mars 2015


Ce livre unique en son genre a toute une histoire. À l'aube des années 70, une jeune femme du nom de Linda Kuehl entreprit d'écrire une vaste biographie de Billie Holiday. Pendant des lustres, la journaliste réalisa les interviews de plus de 150 personnes ayant approché, de près ou de loin, la chanteuse de jazz, et accumula des tas d'histoires, d'anecdotes, de lettres et de documents variés. Malheureusement, Linda Kuehl disparut tragiquement en 1978, et le projet resta dans les cartons, jusqu'à ce que la romancière et biographe anglaise Julia Blackburn, des années plus tard, ne tombe par hasard sur ses précieuses archives, et achève cet extraordinaire travail. À partir des témoignages exceptionnels (et souvent bruts de décoffrage) de ses intimes, amis, amants, musiciens, managers, rivales, mais aussi de fêtards des nuits d'Harlem, de souteneurs, d'avocats, de dealers ou d'indics des stups, Lady In Satin dresse un portrait totalement inédit et absolument bouleversant de cette immense et tragique diva, offrant au passage une chronique à la fois flamboyante et crue sur une période entière de l'histoire du jazz.


- Oberkampf, un grand patron au siècle des Lumières
de Serge Chassagne
Éditions Flammarion / Mars 2015


Une biographie en apprend souvent plus sur une époque qu`un long traité d'histoire. Il en est ainsi de la vie de Christophe-Philippe Oberkampf (1738-1815), qui parvint en moins de vingt ans à imposer sur le marché français les toiles de Jouy et ses camaïeux monochromes, dont le succès fut immédiat. À travers le récit de cette réussite exemplaire, Serge Chassage raconte l'évolution d'une entreprise textile ouverte à l'international, attentive aux progrès techniques mais aussi réactive à l'actualité qui lui inspire ses plus beaux motifs: l'Indépendance américaine, le ballon des frères Montgolfier ou le Mariage de Figaro. Ce protestant n'en est pas moins un homme pragmatique, qui gère d'une main de maître ses hommes, près d'un millier à l'apogée de la manufacture, et innove en rationnalisant la division du travail. Anobli par la monarchie, Oberkampf incarne la figure du grand patron à la française, célébré et honoré par les princes de son temps.


- Oriana
de Cristina de Stefano  
Éditions Albin Michel / Mars 2015


Figure du journalisme italien au XXe siècle, Oriana Fallaci (1929-2006) dépasse largement les frontières du pays qui l'a vue naître, les frontières géographiques autant que les frontières morales. Elle se définissait avant tout comme une femme libre. Née dans une famille antifasciste, engagée dans la Résistance aux côtés de son père, elle intègre à dix-sept ans la rédaction d'un journal de Florence. Dans ce monde essentiellement masculin, elle se distingue par son talent, sa détermination, et une originalité qui défie les codes du journalisme de l'époque. Des États-Unis au Vietnam, de l'Iran au Mexique, elle va sillonner la planète, couvrir les grands événements, et rencontrer tous ceux qui font l'Histoire: Kissinger, Khomeini, Willy Brandt, Golda Meïr, Yasser Arafat, Kadhafi… autant d'interlocuteurs avec lesquels elle crée un lien franc et parfois brutal, au plus près de l'émotion et de la contradiction. Au risque de déplaire et de s'attirer de nombreux ennemis. Le "style" Oriana Fallaci est né. Cristina de Stefano, journaliste et écrivain, retrace admirablement le parcours d'une aventurière du siècle et d'une pionnière. Elle nous dévoile aussi une Oriana intime, tourmentée et même romantique, qui a revendiqué jusqu'à la fin de vivre sans tabou.


- Pourquoi on ne vous voit plus ?
de Rachid Arhab
Éditions Michel Lafon / Mars 2015


Rachid Arhab, né en Algérie en 1955, tour à tour chef du service politique d'Antenne 2, grand reporter, premier présentateur du JT d'origine "arabe" (alors qu'il est de souche berbère), et animateur de "J'ai rendez-vous avec vous" de 2000 à 2007 sur France 2, a été membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel de 2007 à 2013. Pour ce gamin des montagnes kabyles arrivé en Lorraine à l'âge de trois ans, né français, devenu algérien après l'Indépendance, puis revenu à sa nationalité première à sa demande mais en 1990 seulement (vous verrez ici pourquoi), c'est ce qu'on appelle une "intégration" réussie. Sauf que ce fut aussi un parcours d'obstacles inimaginable que ce fils de deux pays en guerre raconte ici avec autant d'humour que de pudeur. Six ans au CSA l'ont fait disparaître des écrans télé, où il ne peut légalement revenir que trois ans après son départ du Conseil. Une épreuve, certes, mais qui lui a permis de nous éclairer de façon pertinente sur l'audiovisuel, les rapports entre le pouvoir et les médias, la dérive de l'information et les dangers d'Internet, dont le public est la première victime.


- Shakespeare: la biographie
de Peter Ackroyd
Éditions Philippe Rey / Mars 2015


Biographe des plus grands auteurs britanniques, Peter Ackroyd rêvait depuis toujours de se pencher sur Shakespeare, quintessence du génie d'outre-Manche, l'écrivain qui dut conquérir son droit à la gloire littéraire par le biais du théâtre, l'auteur dramatique qui exhaussa, s'il ne les a pas carrément créés, le statut et la réputation de l'auteur commercial. Plusieurs lignes de force dessinent le personnage et sa vie. L'attachement à la terre natale, Stratford. L'amour du théâtre, qui donne lieu ici à des analyses fascinantes des divertissements londoniens de l'époque, et des pièces elles-mêmes, évoquées avec verve. Le rapport, simultanément, à une troupe d'amis comédiens, dont Peter Ackroyd montre bien qu'elle fut une condition sine qua non de l'émergence du théâtre shakespearien. Le rapport aussi à la ville, Londres, cadre d'incessantes épidémies de peste, lieu de violences dont la scène se fait le reflet. L'ambiguïté face à la hiérarchie sociale, la volonté que montre Shakespeare d'être considéré comme un gentilhomme en même temps qu'il fraie avec les milieux interlopes ou populaires. L'ambiguïté, enfin, face à la religion: l'auteur dramatique le plus célèbre de ce pays protestant depuis peu fut peut-être un catholique caché. À chaque page de ce livre, désormais de référence, émerge ainsi le portrait d'un pays et d'une époque tout autant que d'un homme, fabuleux témoin de son temps.


- Vivre !
de Michel Delpech
Éditions Plon / Mars 2015


"Il y a trois mois, j'ai guéri. J'avais très envie de retrouver la scène. Il y a deux mois, la douleur s'est réveillée. Je me suis tiré par l'oreille pour aller consulter. Je n'avais pas envie. Il y a un mois, je suis retourné à l'hôpital. En fait, je n'avais pas guéri. Ce n'est pas très original quand on a un cancer, mais bon, ce n'est pas une raison pour se flinguer; il vaut même mieux éviter de le faire si on a envie de guérir". Michel Delpech En février 2013, alors qu'il achevait la rédaction de son coming out religieux, où il se dévoilait chrétien passionné de théologie, Michel Delpech apprenait l'impensable: lui, le chanteur à la voix d'or, était atteint d'un cancer de la langue. Du jour au lendemain, sa vie en a été bouleversée. Il reprend aujourd'hui la plume pour raconter son chemin face à la maladie. Il lève le voile sur l'après. Car ce cancer l'a transformé. Lui qui, admet-il, n'avait jamais été "un joyeux drille" redécouvre la beauté de la vie. L'amour, les petits plaisirs, l'écoute de soi sont ses nouvelles armes. Un témoignage éblouissant de force et de franchise.


- André Fraigneau ou l'élégance du phénix
de André Fraigneau
Éditions Séguier / Février 2015


Bien que méconnu du grand public, André Fraigneau demeure l'un des écrivains français les plus marquants du milieu du siècle. Marquant par son œuvre (Val de grâce, Les Voyageurs transfigurés, l'amour vagabond), mais également par son existence festive et solitaire, son amour des deux sexes, son irrévérence et son culot. Latiniste distingué et helléniste érudit, il est tout à la fois romancier, portraitiste d'exception, chroniqueur, essayiste et éditeur. Après-guerre, il devient l'un des auteurs de prédilection des Hussards, mouvement littéraire opposé aux existentialistes menés par Jean Paul Sartre. Michel Déon et Antoine Blondin le considèrent comme un maître en littérature. Chardonne dira de lui "Fraigneau a la meilleure plume aujourd'hui dans le style sec et brillant, le style qui a de l'esprit et qui fait sourire de bonheur". Ce livre se compose d'entretiens recueillis par Bertrand Galimard Flavigny, de textes et chroniques d'André Fraigneau, et de divers témoignages laissés par ses pairs auteurs.


- Cartouche: roi du pavé de Paris
de Gilles Henry
Éditions Du Rocher / Février 2015


Cartouche. Le nom claque dans l'air et envahit le Paris de la Régence. Après le long règne de Louis XIV, le siècle prend une tournure nouvelle: chacun aspire à vivre intensément et les comportements changent, avec l'expérience du papier-monnaie de John Law. C'est aussi le début des Lumières, où le meilleur comme le pire s'expriment et la délinquance fleurit. Né vers 1695, Louis Dominique Cartouche est devenu voleur pour plaire à une belle. "Il détrousse les nantis pour redistribuer aux pauvres", dit-on, accentuant son renom. Mais est-ce si sûr? Avec ses nombreux complices, il défie les quarante-huit commissaires au Châtelet, les vingt inspecteurs, les cent vingt cavaliers du guet à cheval et les trois cents archers de guet à pied qui assurent la sécurité de la capitale. Agissant où bon lui semble, sa petite taille et son agilité lui permettent de se glisser partout, il brave le lieutenant général de police et devient "l'ennemi public n°1". Avec François Gruthus auquel il s'associe, il crée deux troupes de plusieurs centaines d'individus qui mettent Paris en coupe réglée. Arrêté puis relâché faute de preuve, Cartouche multiplie les coups audacieux, nargue la police, vole rue Quincampoix et assassine. "Joueur de cocanche sur les remparts et voleur d'épée la nuit", il est le roi du pavé de Paris. Le substitut Gueullette, homme de théâtre et de justice, représentant le pouvoir, écrit sur l'arrêt du Parlement: "C'était le plus habile, le plus adroit, le plus intrépide et le plus déterminé scélérat dont jusqu'alors on eut entendu parler". Trahi par son complice, il est de nouveau emprisonné; cette fois, il sera exécuté le 28 novembre 1721 en place de Grève, devant une foule immense. Cartouche a vécu, mais sa renommée ne fait que commencer.


- Charles le Téméraire
de Georges Minois
Éditions Perrin / Février 2015


Charles le Téméraire est une des figures les plus fascinantes du Moyen Age, mais son image brille d'un éclat crépusculaire. Cet homme intelligent, cultivé, organisateur hors pair, débordant d'énergie et d'une grande capacité de travail, un chroniqueur le surnomme "Charles le Travaillant", est en même temps un personnage inquiétant. Duc de Bourgogne, il règne sur une étonnante collection de territoires allant de la Hollande au sud du Jura, dont il rêve de faire un royaume indépendant entre la France et le Saint Empire. Redouté par tous les souverains, il est l'homme qui a fait trembler Louis XI à Péronne, qui a défié l'empereur et placé Edouard IV sur le trône d'Angleterre. Mais son ambition démesurée lui fait perdre le sens des réalités. De son propre aveu, il préfère être craint que mépris. Il règne par la peur et est capable des pires atrocités, comme la destruction de Liège. Obstiné, trop sûr de lui, le Téméraire méprise ses adversaires et subit deux terribles défaites contre les Suisses avant de périr misérablement dans la neige, à moitié dévoré par les loups, devant Nancy, en 1477. Destin tragique et fin sinistre d'un prince austère, mélancolique et impitoyable, son épitaphe aurait pu être: "Charles le Téméraire, celui qui, à force de tout vouloir, a tout perdu".


- Fouquet
de Daniel Dessert
Éditions Fayard / Février 2015


Vaincu politique, Fouquet est surtout un vaincu de l'Histoire. L'image du ministre léger et prodigue s'est imposée comme une évidence. Pourtant, au terme de cette enquête, la personnalité du surintendant apparaît bien différente de ce poncif. Par son attitude et son caractère, il a certes renforcé l'équivoque. Mais il a perdu son bien, celui de sa famille, joué le destin de son clan, hypothéqué l'avenir de ses enfants avant de perdre sa liberté et son honneur. Vingt ans de prison pour huit années de vertige, mais aussi de bons et loyaux services: un homme capable de tout sacrifier à ses chimères et à son devoir mérite qu'on lui rende justice avant de le condamner si cela est nécessaire. Ni séducteur ni concussionnaire ni factieux, Fouquet représente en réalité l'archétype du financier virtuose, du politique efficace, de l'ami fidèle et du chrétien militant. À la croisée de tous les grands courants de l'Ancien Régime, il en assume les contradictions et les grandeurs.


- Kate Middleton
de Élodie Petit
Éditions Fayard / Février 2015


Chic comme une princesse, simple comme une Anglaise, mère dévouée, épouse aimante, Kate Middleton est la nouvelle icône du XXIe siècle. 29 avril 2011. Catherine épouse le prince William devant deux milliards de téléspectateurs et lie son destin à toute une nation. Une fille du peuple va devenir reine. Au-delà du formidable conte de fée, voici l'histoire intime d'une rencontre débutée sur les bancs de l'université en 2000 et scellée par un pacte secret. Après dix ans d'amour mouvementé, comment cette jeune roturière a-t-elle réussi à se faire accepter par la famille royale? Devenue duchesse de Cambridge, Kate Middleton impose un style moderne qui fascine les sujets du monde entier, mais à quel prix? Fruit d'une enquête inédite, ce livre explore les facettes les moins connues de la petite fiancée de l'Angleterre, qui s'affirme dans l'ombre de la princesse Diana.


- L'ovni Bowie
de Dylan Jones
Éditions Payot & Rivages / Février 2015


Ce livre parle de quatre petites minutes. Quatre petites minutes qui ont secoué le monde. 6 juillet 1972: David Bowie débarque sur le plateau télé de The Top Of The Pops pour présenter le premier single de son nouvel album, The Rise And Fall of Ziggy Stardust and the Spiders From Mars. Un choc. Moulé dans une combinaison multicolore aux reflets fluo, chaussé de bottines rouge cerise, David Bowie, cheveux orange de feu, une guitare acoustique d'un bleu éclatant en bandoulière, bouscule tous les codes de l'époque pour apparaître en flamboyant alien, glamour et décadent, sur les notes d'un hymne venu d'ailleurs, Starman. Le mythe Ziggy est né. En quatre minutes historiques, David Bowie donne subitement de nouvelles couleurs à la pop, à la mode, à l'Angleterre et très bientôt au monde, dont il devient une des plus immense star. Loin d'être une biographie complète et exhaustive de la star, ce livre inédit, truffé d'anecdotes parfois inédites, se focalise sur ce moment crucial de la carrière de David Bowie, et replace cette véritable "révolution musicale" dans le contexte culturel, politique et social de l'époque.


- Machiavel
de Jean-Yves Boriaud
Éditions Perrin / Février 2015


Synonyme de cynisme compliqué de rouerie, le "machiavélisme" a éclipsé Niccolò Machiavelli, Italien de la classe moyenne devenu diplomate, qui courut les routes d'Europe pour le compte de Florence: il connut la cour française de Louis XII, l'Allemagne de Maximilien Ier et la Rome des Borgia, qui lui apprit tant de choses sur les ressorts les plus sombres de l'âme humaine. Cela pour la défense de sa patrie, qu'il aimait, dit-il, "plus que tout", cité opulente, mais si petite qu'il lui fallut toute sa dialectique afin d'assurer sa survie au milieu des guerres d'Italie. Ce républicain, que les Médicis emprisonnèrent, torturèrent et exilèrent, écrivit en 1513, une fois chassé du pouvoir, le bref traité du Prince où, pour la première fois dans l'histoire de la pensée politique occidentale, l'efficacité prenait le pas sur la morale. Sans oublier un Art de la guerre qui renouvelait la doctrine militaire du temps et le commentaire de Tite-Live où les jeunes États-Unis vinrent chercher les fondements de leur Constitution. Pour ses contemporains, il fut aussi un auteur de théâtre à succès, un bon vivant grand ami des actrices, avant qu'une légende noire, forgée à la toute fin de sa vie, n'assombrît définitivement l'image de ce penseur libre venu apprendre au monde, qui ne le lui pardonna pas, que l'homme, foncièrement, est mauvais.


- Madame de Maintenon
de Jean-Paul Desprat
Éditions Perrin / Février 2015


Mme de Maintenon, c'est aussi un caractère complexe et contradictoire où se mêlent l'ambition, l'autorité, la dévotion, le goût du pouvoir et de l'éducation, la "tendresse et la sécheresse" qu'analyse en elle Fénelon. Mme de Maintenon, c'est encore une femme engagée dans le mouvement des Précieuses. Le combat qu'elle mène notamment dans l'œuvre de Saint-Cyr offre aux jeunes filles de cette institution un accès à l'empire de la raison si longtemps refusé par les hommes. Femme sans appui, elle sait que le prix à payer est celui d'une réputation intacte et pratiquement d'un renoncement à l'amour. Or, Mme de Maintenon "ne met point de bornes à ses désirs". Elle veut tout à la fois: la gloire, le salut chrétien et l'amour. D'où des échecs cinglants qu'elle masque en reconstruisant son personnage pour les générations futures. "Je suis née franche, il m'a fallu dissimuler..." Pour la postérité, "elle s'est peinte de dos". Ce livre est écrit "en face d'elle".


- Murat
de Vincent Haegele
Éditions Perrin / Février 2015


Joachim Murat est bien connu des amoureux de l'Empire ou de l'idéal romantique: cavalier extraordinaire, épicurien affirmé, collectionneurs d'uniformes baroques, le maréchal aura pu se flatter d'apparaître comme la face flamboyante d'un Napoléon plus terne. Dès le moment où sa route croise celle de Bonaparte, tout semble le porter vers une irrésistible ascension: la campagne d'Italie puis celle d'Egypte, son mariage avec Caroline Bonaparte, le proconsulat italien, les brillantes campagnes qui portent la guerre à son apothéose et, enfin, la couronne royale de Naples. Pourtant, derrière la grandeur des tableaux d'Ingres, Murat n'est pas sans afficher quelques contradictions: si l'instinct de la gloire le pousse à réaliser des prouesses sur les champs de bataille, il épouse ensuite les querelles d'hommes politiques qui ne le manipulent que trop bien. L'esprit d'analyse a souvent manqué à cet homme jeune, droit et rigoureux, formé à la discipline d'abord au séminaire, puis à l'armée. Tout entier voué à la guerre, mais à une guerre d'essence noble, privilégiant la surprise et le mouvement à la destruction et aux horreurs, Murat apparaît parfois comme égaré dans les méandres de son temps, chevalier porté à la tête d'immenses armées, lorsque tout son être tend vers l'exploit individuel. La grandeur, la gloire et l'ambition ont eu raison d'une conscience fragile, tout entière placée dans la dépendance du grand homme de son époque, dont il tentera en vain de s'émanciper. L'on voit alors combien le fils de laboureurs du Quercy s'est élevé pour gagner une dimension historique. La légende lui ayant conféré une stature de héros, Vincent Haegele propose ici de retrouver la mesure de cet homme contrasté mais fascinant.


- Sissi et ses enfants; drames et conflits
de Hanne Egghardt
Éditions Pygmalion / Février 2015


Se souvient-on que la célèbre impératrice d'Autriche mit au monde quatre enfants? Et que le destin semble s'être acharné à la meurtrir à travers eux? Parce qu'on la jugea inapte à pouvoir s'en occuper, on lui retira sa première petite fille, qui fut confiée aux soins de sa terrible belle-mère, l'archiduchesse Sophie. La malheureuse enfant mourut à deux ans. Aucune intimité ne lia l'impératrice à sa seconde fille, l'archiduchesse Gisèle, qui lui fut également arrachée pour être élevée par sa grand-mère: elle fut mariée dès l'âge de seize ans à un prince de Bavière. Plus tard, son fils unique, le prince héritier Rodolphe, doté d'un caractère fragile et exalté, se suicida à Mayerling dans les bras de sa maîtresse après qu'on l'eut marié à une princesse de Belgique qu'il n'aimait pas. Ce fut seulement avec sa dernière fille Marie-Valérie, née dix ans après ses autres enfants, que Sissi put enfin nouer une relation maternelle: elle imposa son désir de l'éduquer elle-même et la poussa à faire un mariage d'amour en résistant à toutes les pressions d'État. Mais, pour cette dernière, la tutelle d'une mère aussi excentrique ne fut pas de tout repos. Hanne Egghardt nous plonge dans l'intimité de la famille impériale et nous révèle un visage méconnu d'Elisabeth, impératrice d'Autriche.


- Trop forte
de Maurane
Éditions Michel Lafon / Février 2015


"Trop forte" s'exclame-t-elle chaque fois qu'elle commence un régime, inconsciente du charme des silhouettes pulpeuses. Et puis zut. Elle aime trop la vie, les amis, le bon vin, la fête. "Too much", quoi! Quand elle s'engage dans une cause humanitaire, c'est à plein cœur; si le commerce prend le pas sur l'entraide, elle claque la porte. Elle peut se montrer violente, Maurane, mais c'est un bonbon  fondant de générosité. Et d'amour, dont elle dit n'avoir pas encore bien compris "comment ça marche": si elle en donne trop, on la quitte, si on l'étouffe de sentiments, elle se sauve. Trop libre. Trop contente de retrouver son public, son havre de bien-être, et tous ceux avec qui elle a roucoulé en duo ou en chœur: Fugain, Cabrel, Nougaro, Daran, Lara Fabian… Elle déborde d'amitié et les portraits de ceux à qui elle a offert la sienne nous dévoilent le monde des variétés, ou du cinéma, comme nous ne le soupçonnons pas. Trop forte? Ah oui. Au sens que donnent à l'expression les ados. Costaude, la belle Belge, pour réussir malgré tant de ferveur. Pour résister aux pics d'euphorie et aux abîmes de désillusions qui l'assaillent parfois dans sa course au bonheur, qu'elle sait si bien prodiguer alentour.


- Artaud et l'asile
de Laurent Danchin et Andre Roumieux
Éditions Séguier / Janvier 2015


Fruit de la collaboration étroite entre André Roumieux et Laurent Danchin, Artaud et l'asile présente en deux temps: la biographie médicale d'Antonin Artaud, reconstituée pour la première fois dans son intégralité, à partir des pièces manquantes de son dossier psychiatrique, jusque-là inaccessible aux spécialistes; et l'édition critique des archives de Gaston Ferdière, le psychiatre qui tenta de soigner Artaud en lui administrant des électrochocs à Rodez. S'y ajoutent la transcription d'un ciné-portrait et d'un portrait radiophonique du Docteur Ferdière, ainsi qu'une série d'entretiens sur l'"Affaire Artaud", la psychiatrie et l'électrochoc, avec l'assistance du vidéaste Jean-Claude Fosse.


- Blanche de Castille
de Philippe Delorme
Éditions Pygmalion / Janvier 2015


Dans l'histoire de la France, les femmes, et avant tout les reines, ont souvent régné sur le cœur et l'esprit de leur peuple, bien qu'elles n'aient pas toujours exercé le pouvoir. Pendant quinze siècles, certaines ont joué un rôle prépondérant en se montrant plus lucides, plus préoccupées du bonheur de leurs sujets, sinon plus attentives au rayonnement de la monarchie. Si les rois ont fait la France, on peut dire que les reines l'ont sans doute aimée davantage. La mère de Saint Louis, qui fut aussi la petite-fille d'Aliénor d'Aquitaine, demeure un personnage saisissant de l'Histoire de France. Catholiques et laïques n'ont cessé de saluer en elle l'éducatrice de Saint Louis et celle qui, veuve très jeune du roi Louis VIII, fit grandir son pays sous une poigne de fer en matant les féodaux. Puisant dans les meilleures sources médiévales pour corriger l'image déformée qu'en a tracée le XIXe siècle, Philippe Delorme révise de fond en comble le portrait convenu d'une femme idéalisée. Il replace cette magnifique reine et régente, intelligente et cultivée, dans le cadre rayonnant du XIIIe siècle, celui des cathédrales, des premières universités et de la croisade contre les cathares.


- Choron et moi
de Sylvia Lebègue
Éditions L'Archipel / Janvier 2015


Voici mon parcours: vingt ans passés avec cet homme hors du commun. Je raconte tout: ma rencontre, la vie à Hara-Kiri, les coups, les huissiers, l'isolement de Choron face à ses créanciers, la faillite du journal, mes premiers pas dans la prostitution, les déménagements à la cloche de bois. Je raconte, tels que je les ai vécus, la création du mensuel Grodada et son échec, la vente des locaux aux enchères publiques, notre installation à la campagne, la dégradation de la santé du professeur Choron et sa mort. Ma vie de déglingue auprès de celui qui fut l'homme que j'ai le plus aimé, cette vie de débauche, d'alcool, de pleurs, de désarroi, de folie pure.


- Et Dior créa Victoire
de Victoire Doutreleau
Éditions Cherche Midi / Janvier 2015


Elle est inconnue, elle a la grâce insolente des jeunes femmes de Saint-Germain-des-Prés. Il est le maître de la mode. Christian Dior l'observe longuement: "Vous serez mannequin, lui dit-il, et je vous nomme Victoire". Ainsi commence la carrière de celle qui va devenir le mannequin vedette des années 1950. À travers la plus célèbre maison de couture de Paris, donc du monde, puisque la Ville lumière est la capitale de la mode, elle accompagne la valse des célébrités, de la princesse Margaret à l'impératrice du Japon. Elle découvre la frénésie des nuits parisiennes avec ses complices, des inconnus de 20 ans qui s'appellent Yves Saint Laurent et Karl Lagerfeld. Elle apprend à affronter la jalousie des femmes, la convoitise des hommes et les pièges de la gloire. Au fil de ses souvenirs, Victoire Doutreleau nous emmène dans les coulisses de la haute couture à sa plus grande époque. Un univers où se conjuguent la démesure, la folie, la gaieté, le talent, les exaltations et les blessures. Et, dans un entretien au titre révélateur, "Dialogue avec une muse contemporaine", Victoire se dévoile encore.


- Frison-Roche, une vie
de Antoine Chandellier
Éditions Flammarion / Janvier 2015


À travers une enquête journalistique, l'auteur retrace la vie de Frison-Roche en s'appuyant sur l'œuvre de cet auteur prolifique, mais également sur les archives de sa famille et sur les témoignages de ceux qui l'ont aimé et côtoyé.


- Je krach !
de Eva Darlan
Éditions Du Moment / Janvier 2015


À la lumière de son histoire qui l'amène au surendettement et à la faillite personnelle, Eva Darlan porte un regard citoyen sur la toute puissance des banques et le gouvernement pour qui elle a fait campagne. Comment arrive-t-on à l'exclusion? Très vite et très facilement. Pour elle, il a seulement fallu quatre mois. Un revers professionnel doublé d'une mauvaise rencontre, voilà le fragile édifice de sa vie qui s'effondre et l'engloutit. Elle est devenue la proie des banques qui n'ont jamais relâché leur étau. Je krach ! raconte cette histoire qui a failli l'emporter, une histoire, des stupéfactions, des réflexions sur notre système et les conséquences désastreuses qu'il peut engendrer. Personne n'est à l'abri de les vivre un jour.


- Le Régent
de Philippe Erlanger
Éditions Perrin / Janvier 2015


Parvenu au pouvoir en brisant le testament de Louis XIV, le Régent (1715-1723) inaugure une politique réformatrice et souvent audacieuse: il se rapproche de l'Angleterre, favorise la révolution bancaire, restaure les remontrances parlementaires et encourage les ambitions politiques de la haute noblesse. Le fiasco de la polysynodie et la banqueroute de Law amoindrissent son bilan tandis que le dirigeant éclairé disparaît derrière le libertin. Cette biographie enlevée souligne l'importance du politique et révèle une personnalité complexe et fascinante.


- Sur la vie de mon père
de Gérard Darmon
Éditions Michel Lafon / Janvier 2015


"Quand mon père est mort, je n'étais pas là. Cette vie-là s'est arrêtée loin de moi, et ma mémoire a été engloutie. Le temps m'a manqué, le temps me manque toujours, je n'ai pas pu poser toutes les questions. Qui était-il, cet homme qui fut si absent, si présent dans ma vie? Qui est-il, cet étranger si proche qui m'accompagne, nuit après nuit, jour après jour, dans mon voyage intime?" Dans ce texte éblouissant, bouleversant d'émotions contenues, Gérard Darmon recrée, à partir de souvenirs épars, des confidences parcimonieuses de ce père mutique et des archives qu'il a retrouvées, le destin incroyable de celui qu'on appelait "Trompe-la-mort", et auquel il a voué un amour infini.


- Véronique Sanson, les années américaines
de Yann Morvan et Laurent Calut
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2015


1973 - 1978: avec trois albums écrits et enregistrés aux États-Unis auprès des plus grands musiciens de la pop américaine (Le Maudit, Vancouver, Hollywood) la jeune Véronique Sanson s'impose enfin dans le paysage musical français. En seulement six ans, ce virage américain initié par amour l'aura propulsée des pages de Mlle Age Tendre à celles de Rock & Folk et aura introduit en France une musique résolument neuve. Mais qui sait comment ses albums furent écrits, réalisés, reçus? Laurent Calut et Yann Morvan, deux proches de la chanteuse, ont retrouvé dans ses affaires personnelles des photos de l'époque et les précieux carnets qui virent naître les chansons de cette série américaine. À l'occasion des concerts prévus à l'Olympia en février 2015, ils sont allés interroger Véronique Sanson et ses proches pour nous offrir le récit de ce tournant made in USA. Composé de photos, des fac-similés de ses carnets et du récit de ses années rock'n'roll, cet album inédit nous ouvre les coulisses de ces chansons. Entre un mariage célébré aux côtés de Ringo Starr, des membres des Stones, des Doors ou des Who, une vie sentimentale houleuse, des séances de studio à Los Angeles, dans le Colorado ou à Londres, de Hawaï à New York et du Québec en France, on plonge dans la fabrique d'une œuvre, d'une renommée et d'une époque où la musique s'inventait en vivant intensément.


- Vie de Beethoven
de Romain Rolland
Éditions Bartillat / Janvier 2015


L'intention de Romain Rolland dans cette biographie de Ludwig van Beethoven, parue pour la première en 1903 aux Cahiers de la Quinzaine de Charles Péguy, est de faire respirer aux hommes "le souffle des héros". Du compositeur il dresse un portrait élevé: "J'appelle héros seuls ceux qui furent grands par le cœur". C'est grâce à l'héroïsme que Beethoven fut plus fort que son propre destin. Ce sujet ne quittera d'ailleurs jamais l'esprit de Rolland. Voici, racontée depuis son enfance triste et misérable jusqu'à la maladie qui le conduisit à la mort, la vie d'un homme qui a beaucoup souffert et qui pourtant a fait de la Joie un thème central de son œuvre. Comme le souligne Jean Lacoste dans sa longue présentation, il ne s'agit pas ici d'une œuvre de musicologie: "La vie de Beethoven ne relève pas seulement de l'histoire de la musique; elle doit apporter par son exemple un soutien et un réconfort, la présence d'un ami, d'un confident. C'est probablement cette dimension humaine, cette leçon de résilience, pour employer un terme récent, que Rolland retrouve dans la figure fraternelle de Beethoven". Au moment où l'œuvre de Romain Rolland connaît un second souffle, cette Vie de Beethoven apporte un éclairage décisif à la connaissance de cette pensée inspirée et généreuse.


- Caroline Bonaparte
de Florence de Baudus
Éditions Perrin / Novembre 2014


En épousant Murat en 1800, Caroline Bonaparte, la plus jeune sœur de Napoléon, embrasse son destin. Grande-duchesse de Berg en 1806, puis reine de Naples deux ans plus tard, elle joue un rôle actif aux côtés de son mari. Lorsque celui-ci part se battre en Russie, elle occupe la régence. Quand Murat décide de rejoindre l'Empereur au moment des Cent-Jours, elle fait tout pour se maintenir au pouvoir avant d'être contrainte à l'exil. Elle meurt à Florence en 1839. La postérité a été cruelle avec elle, et la plupart des historiens l'ont dépeinte comme ambitieuse et égoïste. Se gardant de tout jugement, comme de toute réponse romanesque aux obscurités de l'histoire, l'auteur nous guide dans l'ascension vertigineuse de Caroline et de sa famille, puis de leur chute, tout aussi fulgurante. Douée d'une réelle intelligence politique, c'est elle qui ressemble le plus à Napoléon, raison pour laquelle elle finit par s'opposer à lui. Elle a voulu être reine et le reste, et pourquoi dans ce contexte incomparable ne l'aurait-elle pas voulu?, et elle l'a pleinement été. Douée d'un goût inné pour les arts, elle a su embellir les palais qu'elle habitait et s'est très activement occupée des fouilles de Pompéi.


- Chopin ou la fureur de soi
de Dominique Jameux
Éditions Buchet Chastel / Novembre 2014


À la fois étude musicologique et biographie de Chopin, cet ouvrage se veut tout ensemble une "vie et œuvre". C'est la musique qui commande ici le récit des événements, cette musique intime, qui parle à l'oreille, où tout est beau et tout est court. De chef-d'œuvre en chef-d'œuvre, on suit le musicien sous la monarchie de Juillet, depuis la violence de ses vingt ans jusqu'à une forme d'apaisement intérieur et de stabilisation amoureuse, avant la ruine finale. Un ouvrage en ombres et en lumières, entièrement nourri par l'amour de la musique de Chopin.


- Christine de Suède et la musique
de Philippe Beaussant
Éditions Fayard / Novembre 2014


Christine de Suède est l'un des personnages les plus surprenants de tout le XVIIe siècle, qui n'en manque pas. Reine à six ans, elle abdique à vingt-quatre, se convertit au catholicisme, se fixe à Rome. Elle n'a cessé, en toutes circonstances, dans sa vie trépidante de jeune reine puis de reine sans royaume, puis dans son rôle de padrona di Roma vieillissante, de déconcerter ses contemporains, puis les historiens, les romanciers et les gens de théâtre. Elle parlait dix langues, s'habillait en homme et disait ce qui lui passait par la tête. Elle a aimé tous les arts, mais la musique plus que tout. Ouvrir la première salle d'opéra public à Rome, demander à Corelli, à soixante ans, de lui donner des leçons de violon, à Stradella de composer la musique d'un mini-opéra sur un livret de sa main, faire venir Descartes à Stockholm et lui faire écrire le scénario d'un ballet, qui a fait cela? Il a semblé à Philippe Beaussant que la musique était le plus juste témoin de ce que fut cette femme étonnante: la succession même des œuvres qu'elle a aimées, qu'elle a voulues, constitue un portrait en musique, plus vrai que tout ce qu'on a pu dire d'elle.


- Deux heures à tuer au bord de la piscine
de Victor Lanoux
Éditions Cherche Midi / Novembre 2014


Quand Victor Lanoux trimballe sa carcasse au bord d'une piscine, d'un plan d'eau, avec même deux heures à tuer, il est permis de se poser des questions. Surtout que l'on sait que nulle caméra ne s'agite dans les parages campagnards. Et vous avez raison de trouver étrange le tête-à-tête de cet homme avec lui-même. De l'insolite, du baroque, du singulier, du jamais vu. Victor Lanoux n'avait pas voulu, jusqu'ici, évoquer ses presque quatre fois vingt ans d'existence. Se confiait-il seulement à son oreiller? Pas sûr. Devant cette piscine, il se raconte enfant, il quitte son amnésie, afin de se mettre à table et de faire une sorte de point. On croyait, certains privilégiés du moins, connaître le comédien, deviner l'homme au caractère peu malléable, voire fougueux. Il n'en était rien. Quand là, triturant ses bâtons qui l'aident à tenir debout, il nous distille les joies, les brûlures de son existence, il n'essaie pas d'enjoliver, d'apitoyer. Il est vrai, authentique, touche juste. Et, dans ces remous de la piscine, remous causés par sa canne d'homme blessé, d'homme à vif, on l'entend évoquer toutes les étapes de sa vie et se rappeler ce que lui avait dit le poète René Char: "Victor, la vie, c'est l'éclair". Homme des silences, de cœur et d'esprit, plus que jamais le promeneur immobile de la piscine n'a pas fini de nous troubler.


- Gabin, Ventura, Delon: Les légendes du polar
de Philippe Durand
Éditions Sonatine / Novembre 2014


Le polar français a souvent eu des complexes par rapport au polar américain. Écoutons Lino Ventura: "Les Américains disposent d'atouts que nous n'avons pas. En France, si on fait un film on ne peut pas échapper au "pin-pon, pin-pon" de la petite 4L qui arrive ventre à terre. Les agents qui vont se tenir le képi de la main gauche et le bâton de la main droite pour courir. Je veux dire que cela a souvent un côté opérette à Mogador. Les bagnoles américaines, leurs avertisseurs, les flics en manteau de cuir, les lunettes cerclées d'or, les cartouchières; ça a quand même une autre gueule". Complexe d'infériorité qui, à la lecture de cet ouvrage, va faire long feu. Philippe Durant nous retrace en effet ici la passionnante histoire du polar français des années soixante-dix. Flics aux méthodes peu orthodoxes, voyous d'un nouveau genre, notables pompidoliens, partis politiques corrompus. Du Clan des Siciliens à Série Noire, en passant par Adieu Poulet, Dupont Lajoie, ou Police Python, c'est en effet une époque d'une richesse incroyable que l'auteur retrace ici.


- George Sand
Les carnets secrets d'une insoumise
de Catherine Hermary-Vieille
Éditions XO / Novembre 2014


De George Sand s'impose l'image de la "bonne dame de Nohant". Celle qui, ayant derrière elle une riche carrière littéraire, s'occupait de son jardin et de ses œuvres. Pourtant, la romancière fut tout autre que cette image surannée: une amoureuse ardente, une républicaine, une combattante de la cause des femmes. Pourquoi un tel fossé entre ce qu'elle fut et l'image qu'elle a laissée? En grande partie parce que, dans ses mémoires, George Sand a occulté tout un pan de sa vie. C'est cette histoire cachée que font revivre ces Carnets secrets, histoire romancée qui repose entièrement sur des faits avérés. Alors que sa fille Solange lit les confidences, fictives, de George Sand, les points de vue de la mère et de la fille se répondent. Ils dressent le portrait d'une femme libre, passionnément amoureuse, notamment de Musset et de Chopin, qui mène sa vie personnelle et sa carrière d'une même main de fer. George Sand est une fantaisiste organisée, une passionnée à la tête froide qui place sa liberté au-dessus de tout le reste. Une femme à la modernité éclatante. Dans la veine de ses grands romans historiques, Catherine Hermary-Vieille dresse le portrait d'une George Sand inconnue, une femme fascinante et libre.


- Les baisers du soleil
de Marlène Jobert
Éditions Plon / Novembre 2014


Pour la première fois, Marlène Jobert remonte le fil de ses souvenirs et nous fait partager les moments forts de sa vie et de sa carrière. "On trouvera ici des lumières d'hier qu'il ne m'a pas toujours été agréable de rallumer, mais aussi tous ces moments uniques, ces anecdotes souvent amusantes et ces rencontres exceptionnelles qui ont éclairé ma route. Parfois, c'est étrange, j'ai l'impression de les avoir rêvées, ces rencontres. Et pourtant, non. Dans cette autobiographie, je n'ai rien oublié d'essentiel. Ni les dessous cachés de mon métier de comédienne, tels que je les ai vécus, ni les blessures secrètes, ni les battements de cœur". Marlène Jobert Marlène Jobert a marqué d'une aura singulière le cinéma français des années 1970. Son écriture spontanée, et grave parfois, nous entraîne avec émotion à la suivre tout au long du destin exceptionnel qui fut le sien, comme actrice d'abord, puis comme auteur à succès de contes pour enfants.
 

- Louis XIV
de Jean-Christian Petitfils
Éditions Perrin / Novembre 2014


Ce livre est autre chose qu'une biographie classique. C'est tout le règne qu'il embrasse dans une vision générale de la société du Grand Siècle, renouvelant le sujet, mettant à mal bien des clichés et des vieilles lunes grâce à une documentation considérable, dont de nombreuses études étrangères peu accessibles, grâce tout autant à une analyse remarquable, originale, juste, du pouvoir, de ses serviteurs, de ses moyens d'action et de propagande, de sa grandeur, mais aussi de ses limites et de ses contradictions.


- Marie-Antoinette
de André Castelot
Éditions Perrin / Novembre 2014


Avec la précision, la clarté, l'érudition et le style très vivant qui ont fait sa renommée, André Castelot nous entraîne à la découverte de l'une des souveraines les plus fascinantes et controversées de l'histoire de France, une reine au destin tragique que seuls la verve et l'art du grand historien pouvaient à ce point magnifier. Puisant dans une immense masse d'archives, de mémoires et de correspondance souvent oubliés, il nous offre un chef-d'œuvre coloré et passionnant, le best-seller des biographies, toutes époques et tous personnages confondus, qui a déjà conquis plus d'un million de lecteurs.


- Marie Curie
Portrait d'une femme engagée 1914-1918
de Marie-Noëlle Himbert
Éditions Actes Sud / Novembre 2014


Marie Curie était une femme insaisissable, cadenassée. Le récit de ses activités, parfois clandestines, durant la Première Guerre Mondiale, éclaire d'un jour nouveau la face méconnue de ce personnage célèbre: son engagement et son humanité. En août 1914, Marie Curie est une femme seule. Ses découvertes, ses deux prix Nobel sont derrière elle, et son époux Pierre est mort depuis huit ans. Ce qu'elle va entreprendre durant ces quatre années de guerre, sur les lignes de front, au plus près des blessés, la rappelle à la vie. Elle fait acheminer vers l'avant, malgré le risque et contre les autorités, le matériel et les techniques des rayons X qui vont permettre la localisation, et donc l'extraction, des éclats d'obus. Mais pour y parvenir, il lui faut tricher, défier les règles, se battre, et oser emmener sa fille Irène, dix-sept ans, sur les routes en guerre, puis la lâcher, seule, dans des hôpitaux de l'avant. Bilan de cette guerre de Marie Curie: vingt voitures radiologiques sur le front, plus de deux cents postes fixes dans les hôpitaux, cent quatre-vingts manipulatrices radio formées dans son école. Plus d'un million de soldats furent secourus par ses installations, mille d'entre eux de ses propres mains. Elle révèle dans un texte inédit ce que ces faits de guerre lui ont apportés: "une grande douceur". Bien des archives consultées par Marie-Noëlle Himbert n'avaient jamais été exploitées : certaines, issues des documents personnels de la famille du Pr Claudius Regaud, étant même jusqu'ici inconnues. Cent ans après, Marie Curie, sa fougue, son insolence, son génie viennent encore nous toucher.


- Muddy Waters
Mister Rollin' Stone
de Robert Gordon
Éditions Payot & Rivages / Novembre 2014


La vie de Muddy Waters se confond avec la grande histoire du blues. Avec la vie âpre dans les plantations de coton, au cœur de ce Delta du Mississippi où il naît en 1915. Avec les fêtes dans les juke joints enfumés où courent d'étranges légendes de guitaristes ensorcelés. Avec le célèbre musicologue Alan Lomax, qui croise son chemin et l'enregistre presque malgré lui. Avec l'exode vers Chicago, ses usines, ses abattoirs et ses clubs. Avec les stars du blues (de Howlin' Wolf, son ennemi juré, à Otis Spann, James Cotton, Willie Dixon, ses complices). Avec, enfin, les jeunes blanc becs d'un rock en pleine explosion, impressionnés par son jeu saturé d'électricité (sa chanson Rollin' Stone donnera accessoirement son nom à un petit groupe anglais). À partir d'une multitude de témoignages, le journaliste et écrivain Robert Gordon dresse un sidérant portait, grouillant d'anecdotes, de ce géant du blues. De ses musiciens hauts en couleurs (et souvent armés jusqu'aux dents). De ses nombreuses femmes (jalouses). Et surtout de cette musique du diable, dont il fut un grand seigneur.


- 60 ans… et alors ?
de Patrick Sabatier
Éditions Michel Lafon / Octobre 2014


Mon soixantième anniversaire ne m'a pas fait très plaisir, avoue Patrick Sabatier, le célèbre animateur d'"Avis de recherche" et du "Jeu de la vérité", aujourd'hui sur France 2 avec "Mot de passe". Alors, pour me rassurer sans doute, j'ai voulu savoir comment des célébrités que vous connaissez toutes ont vécu l'arrivée de cette décennie. Comme Patrick aujourd'hui, et comme bien des sexagénaires, tous ceux qui interviennent dans ce livre paraissent en pleine forme. Mais le cap n'a pas toujours été facile à franchir. C'est l'heure des bilans, du rapport au passé, à l'enfance, aux parents, aux épouses de longue date ou aux fraîches épousées, aux enfants, à la réussite, aux épreuves subies, à la mort et surtout à la vie qui continue. Comédiens, humoristes, chanteurs, homme d'affaires, femme ministre, journalistes, chefs étoilés, tous ont répondu sans détours aux questions les plus délicates, nous livrant au passage des aspects surprenants de leur personnalité. Autant d'expériences "vécues", qui peuvent nous aider à dédramatiser le chiffre 60 et à comprendre ceux de nos proches auxquels il fait encore peur.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 4 Juil - 7:30

- Allain Leprest
de Marc Legras
Éditions L'Archipel / Octobre 2014


"Je considère Allain Leprest comme l'un des plus foudroyants auteurs de chansons que j'ai entendu au ciel de la chanson française" disait Claude Nougaro. À Paris, où il vient tenter sa chance, ce jeune parolier rouennais se lie avec Henri Tachan et Jean Ferrat. Admiré et reconnu par les gens du métier, pour qui il est l'égal des grands (Brassens, Ferré, Brel ou Caussimon), il reçoit nombre de récompenses (Prix Sacem, Charles Cros…). De ses débuts dans les clubs de la rive gauche, à sa mémorable prestation au Printemps de Bourges en 1985 (le Monde titre "La révélation"), de son passage à l'Olympia en 1995 jusqu'à ses ultimes concerts, cette biographie retrace le parcours chaotique d'un homme à la voix rocailleuse, auteur de chansons qui oscillent entre gravité et humour. Allain Leprest mit fin à ses jours à 57 ans à Antraigues, la ville de Jean Ferrat, à l'été 2011.


- Brèves de vies
de Michel Denisot
Éditions Fayard / Octobre 2014


Depuis son enfance à Châteauroux jusqu'aux marches de Cannes, Michel Denisot a traversé les décennies à un rythme effréné, mêlant son destin à celui des médias. De la Tchétchénie aux tribunes du PSG en passant par Dharamsala et les États-Unis, de la boxe au cinéma en passant par la politique et le foot, la vie de Michel Denisot donne le tournis. À ses côtés, on pénètre dans les arcanes d'univers totalement différents, on rencontre en toute intimité les plus grandes stars, Mike Tyson, le Dalaï-Lama, Serge Gainsbourg, Marlon Brando ou Jacques Chrirac. On croise des personnages excentriques, charismatiques, surprenants, on assiste aux conversations des chefs d'État, on profite d'histoires croustillantes qui nous rendent familières les célébrités approchées par l'auteur. Michel Denisot nous livre, en passeur d'époques, des bribes de vies qui sont autant de séquences aussi improbables que jouissives. Journaliste et producteur de télévision, Michel Denisot est aujourd'hui directeur de la rédaction de l'édition française de Vanity Fair.


- Christophe
de Christian Eudeline
Éditions Fayard / Octobre 2014


D'Aline aux Paradis retrouvés, Christophe n'a jamais renoncé à sa quête artistique de ce que pourrait désigner le titre d'un autre de ses albums: Le beau bizarre. En lui le chanteur à succès et l'expérimentateur, capable de passer plusieurs semaines à chercher le son dont il rêve, ne s'opposent pas mais semblent au contraire s'épauler l'un l'autre. Enfant du baby boom, comme Johnny ou Adamo, rejeton de ce formidable tourbillon social et culturel dont nous ressentons encore aujourd'hui les soubresauts, Christophe en a gardé le meilleur, la liberté et l'inspiration bouillonnante, ravissant ses fans en leur donnant l'impression d'avoir toujours à le redécouvrir. L'auteur a eu l'occasion d'interviewer Christophe à plusieurs reprises, mais aussi plus d'une trentaine de proches, collaborateurs, confrères, journalistes, dont, mis bout à bout, les témoignages de première main, souvent alertes et tendres, finissent par dessiner sous forme de puzzle le portrait de ce chanteur difficilement classable, sous les traits d'un dandy esthète, un amateur de bolides et de vitesse qui vit pourtant a son rythme, et sait prendre son temps.


- Isabelle la catholique
de Marie-France Schmidt
Éditions Perrin / Octobre 2014


Née en 1451, Isabelle la Catholique accède au trône de Castille après une longue guerre civile avec son demi-frère Henri IV. Alors qu'elle ne connaît rien du pouvoir, elle va l'exercer avec une autorité et une compétence reconnues par tous. Aidée par son mari, Ferdinand d'Aragon, l'histoire les appellera les Rois Catholiques, elle bataillera pour que l'Espagne ne fasse plus qu'une seule nation, sous l'égide de la Castille et de l'Aragon, tout en respectant de nombreux particularismes locaux. Dans le domaine religieux, elle unifie sans états d'âme la Castille en expulsant les juifs et en exigeant la conversion des Maures de Grenade au christianisme après la conquête de cet ultime bastion de l'islam en 1492. Elle mène à bien la réforme administrative du pays grâce à une refonte des institutions dans un sens plus centralisateur, crée l'Inquisition, qui échappera au contrôle du pape et fera de l'Espagne le chef de la catholicité. La reine apporte enfin un soutien sans failles à Christophe Colomb et contribue à l'ouverture économique du pays. À sa mort en 1504, une nouvelle Espagne est née, moins repliée sur elle-même, plus moderne et dominatrice. Charles Quint, son successeur, s'emparera de ce legs pour en faire une des premières puissances européennes des XVIe et XVIIe siècles, à laquelle la France se heurtera si souvent.


- J'aurais aimé être un rebelle
de Jacques Weber et Caroline Glorion
Éditions Plon / Octobre 2014


Toute sa vie, Jacques Weber, monument du théâtre français, s'est rêvé en rebelle ! Ses grands coups de gueule à la télévision ou sur les scènes de théâtre en témoignent. Tout comme son refus de rentrer à la Comédie-Française en sortant du Conservatoire, ou lorsqu'il enfonce les portes pour monter des pièces du répertoire et en faire des films pour la télévision. Mais Jacques Weber est aussi et surtout un poète qui a "horreur du réel", qui n'aime rien tant que flâner dans la nature et s'interroger sur ses convictions. Avec la sincérité et la générosité qui le caractérisent, il revient ici sur ses choix de comédien, mais aussi de directeur de théâtre. Il plonge avec simplicité dans l'enfance, se remémore Gérard Philipe, l'homme du théâtre populaire, et le général de Gaulle, l'homme qui a dit NON, des figures qui ont marqué ses premiers pas dans la vie. Il commente enfin les grands textes qui bousculent et tissent son existence, et raconte avec humilité ses engagements et ce rêve, toujours, d'être un rebelle.


- Je ne cherche pas, je trouve
de Pablo Picasso
Éditions Cherche Midi / Octobre 2014


Si Picasso n'aimait ni parler ni écrire sur son art de façon théorique, considérant que cette activité revenait aux critiques, il a laissé des phrases manuscrites et un nombre assez important de propos, sous forme d'entretiens ou de retranscriptions de ses conversations à bâtons rompus avec des amis artistes, journalistes, galeristes. Spirituel, drôle, percutant, Picasso changeait de registre en fonction de son interlocuteur et des circonstances. Je ne cherche pas, je trouve est un condensé de ses paroles devenues légendaires. Pratiquant volontiers le jeu des contradictions, il passait souvent du coq à l'âne et témoignait d'un esprit ouvert, décloisonné. De façon très incisive, il lançait des boutades qui, dans leur apparente simplicité, exprimaient le fond d'une pensée complexe toujours en mouvement. N'ayant rien du ton docte du théoricien, les citations et répliques de Picasso, limpides et étonnantes, s'adressent, ici, à tous.


- Journal et autres carnets inédits
de Georges Brassens
Éditions Cherche Midi / Octobre 2014


Georges Brassens a parfois fait allusion à un carnet dans lequel il notait tout ce qui lui passait par la tête. Ce carnet, en fait, un cahier d'écolier, le voici. Ce Journal inédit, que Brassens a tenu de 1963 à 1981, est atypique et hétéroclite: les événements intimes y voisinent avec des aphorismes ou des ébauches de chansons. Et pas n'importe quelles ébauches. C'est dans ces pages à petits carreaux que l'on voit surgir Mourir pour des idées, Cupidon s'en fout, Les quat'z'arts, Le pluriel, La ballade des gens qui sont nés quelque part, Les deux oncles, Don Juan, Mélanie, Tempête dans un bénitier, etc. Au total, 41 chansons. Dans ce Journal, Georges Brassens est égal à lui-même, constant dans ses convictions et sa manière d'être: libertaire et tolérant, truculent et discret, lucide et courageux. Inédits aussi, et ajoutés au Journal, Le vent des marécages (un premier journal datant de la période 1946-1953) et trois agendas (des années 1953 et 1955) viennent préciser l'autoportrait d'un homme qui ne s'est jamais caché derrière son petit doigt. Faut-il encore mettre les points sur les i? Georges Brassens n'hésite pas à le faire dans son Journal: "Quand on écoute mes chansons avec une oreille un peu fine, on entend que je ne suis pas du côté de la guillotine, de la loi, du côté de l'armée, du côté de l'exploitation de l'homme et de la femme qu'on force à se prostituer, du côté de la religion, du côté du profit, du côté du béton et des grands ensembles. Tout cela, je l'ai quand même écrit noir sur blanc".


- La rage est mon énergie
de Johnny Rotten
Éditions Du Seuil / Octobre 2014


John Lyndon, alias Johnny Rotten, chanteur des Sex Pistols, créateur du groupe PiL, est une icône de la contre-culture, une icône de la musique, de la mode et de la politique. Ses chansons incendiaires "God save the Queen" et "Anarchy in the UK" ont fait de lui la cible des tabloïds et de mouvements anti-punks qui lui ont valu d'être molesté, jusqu'à recevoir des coups de couteau et manquer de justesse perdre un œil. L'année 1977, il l'a passée quasi reclus, alors que son impact sur toute une jeunesse révoltée prenait une place énorme. "Le Parlement a voulu me condamner pour trahison, aucune rock star n'a connu ce traitement à ma connaissance. Moi, je riais. J'étais le seul à avoir le courage de me lever et de dire ce que j'ai dit, et beaucoup de gens n'attendaient que ça". Puis John, l'instigateur du mouvement punk rock (un terme qu'il n'a jamais approuvé), s'est libéré de tous les costumes qu'on lui a collés et s'est réinventé en créant PiL, mélange de reggae, disco, de musique africaine et de rock. Il n'est jamais là où on l'attend. Il raconte les débuts de sa vie dans un quartier mal famé de Londres, où, tout petit, il a contracté la méningite en jouant dans des flaques d'eau contaminées par la pisse de rat. On assiste avec lui à la création des Pistols avec son ami Sid Vicious, nommé ainsi en hommage à son hamster. Il croque à sa manière très personnelle son entourage: Malcolm McLaren, Vivienne Westwood, Richard Branson, Souxsie Sioux ou Paul Weller, Nora Foster, sa femme depuis 30 ans. Il se souvient des descentes de police, de la drogue, de sa carrière d'acteur à NY avec Harvey Keitel, de ses sessions avec David Bowie et Roger Waters. Malgré tous les livres qui sont sortis sur le punk et les années 80, John Lyndon est resté un mystère. Voici ses mots, puissants comme des balles.


- Les Romanov
de Hélène Carrère d'Encausse
Éditions Fayard / Octobre 2014


En 1613, les Romanov ont été portés sur le trône de Russie à l'issue de siècles tragiques où le pouvoir a été transmis ou conquis par le meurtre. De 1613 à 1917, quinze souverains dont trois femmes ont incarné cette dynastie exceptionnellement brillante qui a permis à la Russie de devenir une très grande puissance européenne puis mondiale. Pourtant, le sang n'a cessé de couler au pied du trône. De là, trois questions: l'histoire russe a-t-elle créé les conditions de cette violence ininterrompue? Le destin tragique de cette dynastie était-il écrit dans son passé? Ce rapport inédit du pouvoir légitime et de la violence conduisait-il inéluctablement à la tragédie finale et au système totalitaire dont la capacité de durer et la violence furent non moins exceptionnelles?


- Lou Reed, une vie
de Mick Wall
Éditions Robert Laffont / Octobre 2014


Un an après sa disparition, une biographie à l'image de Lou Reed: fascinante et sans concession.
"Si quelqu'un est plus intelligent que moi, je la ferme et j'écoute. C'est rare". Volontiers cinglant envers ses fans, féroce avec les journalistes, odieux à l'égard de ses proches, Lou Reed se souciait comme d'une guigne du qu'en-dira-t-on. Nul doute que cette biographie sans concession, à mille lieues des hommages convenus, lui aurait plu. Du jeune homme en colère, marqué à vie par les électrochocs qu'on lui fit subir, adolescent, pour le "guérir" de ses "tendances homosexuelles", au vieux sage affrontant le dernier combat de sa vie avec sérénité, du Velvet Underground à "Walk on the Wild Side" et d'Andy Warhol à David Bowie, Mick Wall retrace la trajectoire extraordinaire d'un outsider devenu icône. Une rock'n'roll star dont les frasques et la noirceur masquaient une sensibilité exacerbée et un sens aigu de l'auto-dérision. Lou Reed est mort le 27 octobre 2013, le foie rongé par une hépatite contractée dès son premier shoot d'héroïne, à dix-sept ans. Mick Wall, auteur reconnu pour ses écrits sur le rock, mettait alors la dernière main à son travail. Il eut juste le temps d'ajouter une épitaphe avant que le livre soit mis sous presse.


- Madame de Pompadour
de Robert Muchembled
Éditions Fayard / Octobre 2014


Jeanne-Antoinette Poisson, marquise, puis duchesse de Pompadour, est une incomparable icône féminine. Son nom évoque sa beauté, ainsi que la sensualité raffinée et libérée du temps de Louis XV, dont elle fut la favorite officielle durant près de deux décennies, de 1745 à sa mort en 1764. La légende s'est emparée de sa personne dès qu'elle est devenue le point de mire scandaleux de ses contemporains, en commettant un double adultère, au préjudice de son mari et de la reine. Sa vie a été contée de son vivant sur un mode très insultant. Il est vrai que l'intéressée avait du répondant, ses détracteurs étant impitoyablement pourchassés et embastillés. Comment cette femme, fruit de l'union d'un aventurier bâtard, issu d'un petit village des environs de Langres, et d'une très belle Parisienne réputée légère, put-elle obtenir aussi longtemps les bonnes grâces des grands de la Cour? À la faveur d'une documentation de première main, Robert Muchembled révèle pour la première fois les mystères de la Pompadour, qui n'était pas forcément celle que l'on croyait.


- Un parfum d'orange amère
de Jean Benguigui
Éditions Fayard / Octobre 2014


C'est au balcon d'un appartement d'Oran que tout a commencé. Encore enfant, Jean Benguigui regarde passer les voitures des vedettes venues de Paris et, entre deux pitreries, rêve du monde des artistes. À l'âge de dix-sept ans, il est envoyé en France pour échapper à la guerre et à la pression montante de l'OAS. Jean rejoint la famille des acteurs qui, au premier ou au second plan, font les grandes heures de la scène et du cinéma français. Il fréquente Chéreau, de Broca, Deneuve, Noiret, Chabrol, Depardieu. Avec la "bande à Ruquier", il révèle une personnalité chaleureuse donnant la réplique aux hommes politiques et aux humoristes. Dans ce livre, tout en tendresse, il revient sur les riches heures de sa vie, celles où son destin a basculé. Plus qu'une histoire, c'est une ode à l'amitié, à l'amour et à l'humour. Jean Benguigui a mené sa carrière d'acteur en jouant au théâtre (Brecht, Feydeau ou plus récemment Labiche), tout en multipliant les rôles à la télévision et au cinéma: de Buffet froid de Blier au Grand Pardon d'Arcady.


- Bardot, deux vies
de Jeffrey Robinson
Éditions L'Archipel / Septembre 2014


La première, légende vivante du grand écran, est connue de chacun sous le nom de B.B. Sa vie tumultueuse en fit le symbole de la libération des mœurs. En 1974, à 40 ans, Bardot abandonne le cinéma et bientôt, à la tête de la Fondation qui porte son nom, consacre toute son énergie à la sauvegarde des animaux. Mais quel est donc le vrai visage de Bardot, tour à tour adolescente émancipée, jeune mariée, hippie de luxe, héroïne de Vadim et de Clouzot et avocate de la cause animale? C'est ce mystère que ce livre s'applique à percer. Au fil de son enquête, Jeffrey Robinson a recueilli, outre le témoignage de Brigitte Bardot elle-même, ceux de ses maris (Roger Vadim, Jacques Charrier et Bernard d'Ormale), de son fils Nicolas, de sa sœur Mijanou, et de la plupart de ceux qui ont compté dans sa vie. De Dieu créa la femme à l'Ours et la poupée, et de la bombe sexuelle des années 60 à la militante des années 90, voici une biographie complète et révélatrice de celle dont Fellini disait: "Si elle n'existait pas, il faudrait l'inventer".


- Entre les lignes
de Laure Manaudou
Éditions Michel Lafon / Septembre 2014


"Je n'ai jamais aimé nager. Ce que j'aimais, c'était gagner. Arriver la première, toucher le mur et lever les bras au ciel, encore et encore. Je voulais être la meilleure. J'y ai consacré toutes mes forces. J'ai quitté la maison familiale, pleuré seule dans mon lit, crié contre mon entraîneur, enragé contre la défaite au bord des bassins. J'ai gravi l'Olympe et dévalé les marches des podiums avant de les conquérir à nouveau, mais j'ai vécu mon rêve". De construction en reconstruction, Laure Manaudou se livre pour la première fois dans une autobiographie aussi touchante que surprenante. Elle revient sur sa jeunesse carbonisée dans le chlore, ses amours diluviennes, le duo atypique qu'elle a formé avec Philippe Lucas, le choc de la diffusion de ses photos intimes, sans oublier les liens indéfectibles qui l'unissent à sa famille.


- La légionnaire
Héroïque et libertine
de Gérard Bardy
Éditions Pygmalion / Septembre 2014


La légionnaire Susan Travers reste à ce jour la seule femme admise dans les rangs de la légendaire Légion étrangère, depuis sa création en 1831. C'est avec la Légion qu'elle s'est couverte de gloire sur les principaux champs de bataille de la Seconde Guerre Mondiale. Qui fut cette jeune femme au destin extraordinaire? À partir d'une reconstitution historique rigoureuse, Gérard Bardy nous raconte l'incroyable aventure de cette aristocrate anglaise, jetée dans les péripéties de la guerre après avoir fait le choix de rejoindre les volontaires de la France Libre. Devant Dakar avec de Gaulle, sous les tirs de mortiers en Érythrée, en Syrie, en Lybie, en Tunisie, en Italie puis en France jusqu'à la libération de Paris et de Strasbourg, elle s'est illustrée sur tous les grands théâtres d'opération. Souvent, au péril de sa vie. Mais quelle femme s'est cachée derrière cette héroïne à l'insolent courage, capable de traverser de nuit, au volant d'un véhicule militaire, les lignes ennemies sous les obus? Comment la jeune fille émancipée, très tôt affranchie des contraintes sociales de son milieu, est-elle devenue une femme amoureuse, parfois libertine, complice de plusieurs officiers de légende de la Légion? Sous le feu des armes, elle a ainsi conquis le cœur d'un bel officier, authentique prince géorgien, puis celui du général Pierre Koenig, le héros de Bir Hakeim, à qui elle a sauvé la vie.


- Le mystère Goldman
Portrait d'un homme très discret
de Éric le Bourhis
Éditions Prisma / Septembre 2014


Inclassable et fédérateur, adulé et méprisé, célèbre et discret… Tel est le paradoxe Jean-Jacques Goldman. La star de la chanson française a toujours préféré l'ombre rassurante de l'anonymat à la lumière artificielle et trompeuse des spotlights. Fruit de douze mois d'un véritable travail journalistique, Le mystère Goldman retrace son parcours intime avec quantité de témoignages et documents inédits (ses blessures secrètes, son histoire familiale tourmentée, le culte du secret, son rapport à l'argent…) et explore la carrière et la vie d'une personnalité moins lisse que certains veulent le croire. Dix ans après sa "retraite" loin des fastes du show-biz, si ce n'est son engagement sans faille aux côtés des Enfoirés, son public continue de le réclamer. Alors en attendant son retour, Le mystère Goldman lève enfin le voile sur l'énigmatique Jean-Jacques Goldman.


- Les derniers jours de Louis XIV
de Alexandre Maral
Éditions Perrin / Septembre 2014


1715-2015: depuis trois siècles, la mort de Louis XIV n'a cessé de fasciner et d'émouvoir. Avant de quitter ce monde, le Roi-Soleil a organisé lui-même la mise en scène de son dernier crépuscule: une mort chrétienne, parfaitement maîtrisée et conçue comme le spectacle par excellence de l'absolutisme, "Je m'en vais, mais l'État demeurera toujours". La mort du roi est venue interrompre le règlement d'importantes affaires, notamment en politique extérieure et dans le domaine de la religion. Pour mieux comprendre ces enjeux, le récit commence au 1er janvier 1715 et suit le roi dans ses dernières préoccupations. Rédigé sur les lieux mêmes qui ont été témoins de la mort de Louis XIV, le récit d'Alexandre Maral est fondé sur l'analyse des sources les plus fiables, notamment Dangeau et les frères Anthoine. Seul cet examen attentif permet de reconstituer au plus près le déroulement des événements: derniers divertissements du roi, progression de la maladie, impuissance des médecins, intrigues de cour, souverain abandon de Louis XIV à la Providence. Un récit original et puissant.


- Léonard Cohen par lui-même
de Jean-Dominique Brierre et Jacques Vassal
Éditions Cherche Midi / Septembre 2014


"Le monde entier célébrait la destruction du mur de Berlin, moi aussi; mais j'ai entraperçu aussi ce qui en résultait, un changement de pouvoir, une désintégration de l'ordre qui entraînerait des meurtres, et des meurtres à grande échelle". Léonard Cohen n'est pas seulement un immense artiste, il est aussi une conscience universelle. Lucide et désabusé, angoissé mais généreux, il prône en dépit de tout "la fraternité humaine" et appelle chacun à apprendre à "vivre avec le cœur brisé". Jean-Dominique Brierre et Jacques Vassal, qui ont souvent rencontré Léonard Cohen, y sont allés voir de plus près: explorant son œuvre entière, ses chansons, ses poèmes, ses romans, et relevant ses propos publics, ils mettent en lumière une personnalité complexe, faite de manques et de désirs, de pertes irrémédiables et d'élans lumineux, de replis sur soi et de déclarations d'amour. De l'enfant blessé par la mort de son père au "vieux sage" empathique, toutes les facettes de l'auteur de Suzanne et de The Future se succèdent: le poète, le chanteur, le musicien, le juif, le voyageur, l'amant, le père, le moine, le prophète. Et, à chaque étape, c'est Cohen lui-même qui précise son autoportrait. C'est sa voix qu'on entend tout au long de l'ouvrage. Une voix, comme il le chante dans First We Take Manhattan, "guidée par un signal dans les cieux".


- Loin de Paris
de Jean-Marie Périer
Éditions Kero / Septembre 2014


"Mais tu ne t'ennuies pas là-bas? Cette phrase-là, mes amis parisiens me l'ont tous sortie au moins une fois. D'abord, à part à l'école, je n'ai jamais connu l'ennui, ensuite malgré ma tronche de ludion métissé, il semblerait que j'aie contre toute attente une vie intérieure m'aidant à surmonter les longues soirées d'hiver. Et puis ici à Villeneuve, contrairement à la capitale, on ne gémit pas. On est gentil avec les chiens et même avec les étrangers. On ne se lève pas le matin pour être contre, pour dire NON, pressé de se plier ainsi à l'hégémonie du ricanement systématique de l'intelligentsia dominante, ou au cynisme des petits-bourgeois déguisés en prolos arborant Che Guevara sur des tee-shirts Prada. Ici, quand on est branché, c'est sur la tondeuse". De l'Aveyron à New-York, de Françoise Hardy à Jean Batut, boucher à Villefranche-de-Rouergue, Jean-Marie Périer nous entraîne à la rencontre de ses amis, célèbres ou anonymes, en 100 portraits dans un livre humain, riche en anecdotes et empreint d'humour.


- Richelieu
de Arnaud Teyssier
Éditions Perrin / Août 2014


De Richelieu demeure trop souvent l'image d'un politique froid et déterminé, animé depuis son plus jeune âge par une ambition sans limites et conduit par les seuls impératifs de la raison d'État. S'il est désormais admis qu'il fut à ses débuts un évêque appliqué, l'Homme rouge est décrit surtout comme un politicien sinueux et un maître de l'intrigue, perçu à l'aune de nos critères actuels. En réexaminant ses années de jeunesse, en relisant avec une attention nouvelle ses abondants écrits politiques et religieux, en réinterprétant l'imposante production de ses documents d'État, Arnaud Teyssier propose un Richelieu étonnant qui tranche sur la tradition: un grand politique certes, mais habité par une vision constamment religieuse du monde. Il redessine ainsi une aventure d'homme d'État qui reste sans équivalent dans l'histoire de la France et de l'Europe: celle d'un ministre qui, en des temps tragiques, raisonne constamment en prêtre et lutte pied à pied contre la faiblesse des hommes, celle du roi, celle des Grands, celle des corps constitués, la sienne propre.


- Good morning, Mr Mandela
de Zelda la Grange
Éditions Kero / Juin 2014


"Si je peux changer une vie en écrivant mon histoire, je considérerai que j'ai fait mon devoir".
Née en Afrique du Sud, Zelda la Grange a soutenu l'apartheid, en tant qu'afrikaner, blanche. Pourtant, quelques années après la fin de la ségrégation, elle devient l'assistante personnelle de Nelson Mandela. Alors qu'on lui a enseigné qu'ils sont ennemis, elle apprend à respecter et à admirer cet homme, qu'elle appelle bientôt "Khulu", ou "grand-père". Cette jeune dactylo d'une vingtaine d'années va finalement passer toute sa vie d'adulte à soutenir et à prendre soin de l'homme le plus respecté au monde. Dans les pas de Nelson Mandela, Zelda nous entraîne dans l'intimité des rencontres avec la Reine Elizabeth, Barack Obama, Bill Clinton, Bono, Nicolas Sarkozy, Jean-Paul II, Jacques Chirac, Morgan Freeman, Charlize Theron… Good morning, Mr Mandela est un livre bouleversant sur l'amour et la deuxième chance. Au fil de son récit, la jeune femme nous raconte la lente métamorphose qui l'a conduite vers ce qu'elle est aujourd'hui. Peu importe qui nous sommes ou ce en quoi nous avons cru, Zelda la Grange nous montre que nous avons tous le pouvoir de changer.


- Les dents du bonheur
de William Leymergie
Éditions Albin Michel / Juin 2014


"L'Afrique noire, je la porte au plus profond de moi, à fleur de peau comme un tatouage. À vingt ans, j'ai quitté le continent africain et depuis, il ne s'est pas passé une semaine sans qu'un parfum, un livre, une voix, un film et même une cérémonie me renvoient à elle. Le sexagénaire que je suis aujourd'hui ressent le besoin de retrouver l'enfant qu'il a été et tout ce qui a forgé son identité". Sa courtoisie, son humour, son prénom laisseraient facilement imaginer une ascendance ou une éducation anglaise. Pourtant, il n'a pas passé son enfance en uniforme de collégien, mais plutôt à courir après les phacochères ou à sa baigner parmi les crocodiles. Qui aurait pensé que William Leymergie avait des racines africaines? Au fil d'anecdotes peu banales, souvent drôles, et parfois graves, William Leymergie livre avec pudeur le parcours d'un rouquin aux dents du bonheur. Un voyage au cœur du lien familial dans ces années cinquante qui cristallisent une douceur de vivre aujourd'hui disparue.


- 22 v'là Julie
de Véronique Genest
Éditons Cherche Midi / Mai 2014


"Dis Véro, comment on fait pour devenir comédien? Et comment t'es passée de Nana à Julie?"
"Dis Julie, ça prend longtemps pour faire un film? Et ils étaient comment dans la vie, N'Guma, Kaplan, Motta, Roland, Gilles…?"
"Dites inspecteur, elles vont bien vos filles?"
D'abord c'est pas "inspecteur" mais commissaire, ensuite oui, elles vont bien mais ce ne sont pas mes vraies filles, ce sont…
OK, j'ai compris! Vous voulez que je vous présente la famille, les amis, mes tournages à six mois de grossesse, mon fils Sam et les autres enfants de la troupe? Que je vous raconte tous les secrets de fabrication, nos histoires, nos délires? Je sais que ça vous tente, vous n'avez cessé de me le demander depuis le début de la série. Alors venez! Je vous emmène avec moi sur cette folle journée de tournage qui a duré 22 ans. Attachez vos ceintures, ça risque de bouger.


- Colette
de Gérard Bonal
Éditions Perrin / Mai 2014


"Je veux faire ce que je veux". Tour à tour romancière, mime, auteur dramatique, journaliste, comédienne, critique de théâtre, marchande de produits de beauté, scénariste, Colette a mené sa vie tambour battant, comme elle l'entendait. Au point que cette existence singulière, hors des sentiers battus, a parfois fait de l'ombre au travail de l'écrivain, l'un des plus grands du XXe siècle, reconnu entre tous comme la pionnière de l'autofiction. Et pourtant l'une et l'autre, la vie et l'œuvre, la source et le levain, sont indissociables, se nourrissant sans cesse. C'est un fabuleux destin que celui de cette femme née dans une contrée perdue de la Bourgogne au XIXe siècle à qui la République, quatre-vingts ans plus tard, allait rendre les honneurs militaires sur son cercueil. Pour raconter cette vie, romanesque en diable, avec ses épisodes dramatiques, ses ruptures amoureuses, ses succès professionnels et tous ses scandales, Gérard Bonal a retrouvé des documents inédits, des correspondances encore inconnues. Il fait de cette vie un roman, mais sans rien inventer, fidèle à la vérité de l'immense Colette.


- Jackie, une femme d'influence
de Maud Guillaumin
Éditions Du Moment / Mai 2014


Disparue il y a vingt ans, Jackie Kennedy, icône de la mode construite à coups de photos volées et de couvertures de magazines, cache une autre réalité. La vraie Jacqueline est une femme d'influence, charismatique, intelligente et drôle. Cette personnalité hors du commun a marqué Khrouchtchev, de Gaulle, Malraux et bien d'autres. Malgré ce destin, elle a refusé d'écrire ses mémoires, ne révélant quasiment rien de son rôle à la White House. Si la First Lady avait l'oreille du Président sur certaines questions politiques, personne ne l'a su ou si peu. Dès l'élection de JFK, elle lance des travaux de restauration à la Maison Blanche pour en faire l'emblème de l'Amérique. Grâce à elle, Washington devient un haut lieu culturel, où cette antiségrégationniste convaincue valorise les artistes et les intellectuels noirs et blancs sans préjugés. Férue de littérature et d'histoire, elle défend le "patrimoine architectural américain", un non-sens pour ses contemporains, et sauve Grand Central, la célèbre gare de New York sur le point d'être rasée. Incarnant avant l'heure la Soft Diplomacy, elle part seule, avec l'aval du Président, faire la promotion des États-Unis en Inde et au Pakistan. Si d'aucuns la disaient "timide", elle a insufflé, aux heures les plus graves de la guerre froide, courage et fierté à ses concitoyens. Au fil des ans, Jackie est devenue un atout auprès de son mari, indispensable à sa réélection. C'est ce parcours exceptionnel que revisite l'auteure pour comprendre ce qui fait de Jacqueline Kennedy Onassis une femme qui tient une place à part dans l'histoire des États-Unis.


- Jacques Brel, une vie  
de Olivier Todd
Éditions Robert Laffont / Mai 2014


Trente-cinq ans après sa mort, la réédition de la seule biographie complète de l'artiste. Le portrait unique d'un homme libre, d'une vie ardente et démesurée. Pour raconter les vies de Jacques Brel, Olivier Todd a rassemblé les éléments de son enquête de Bruxelles aux Marquises en passant par la France. Il a recueilli les témoignages de la femme et des filles du chanteur, de ses compagnons de métier, de ses compagnes, il a écouté les souvenirs de ses amis. Il a découvert des textes inconnus, des poèmes, des notes, des embryons de romans et toute une correspondance étonnante, attendrissante, irritante, qui dévoile l'homme sous la célébrité. Olivier Todd redonne vie à un grand parolier, à un interprète et à un compositeur hors pair, mais aussi à une personnalité riche et complexe.


- L'effrayant Docteur Petiot
de Claude Quétel
Éditions Perrin / Mai 2014


Le 11 mars 1944, en pleine Occupation, un charnier est découvert dans un hôtel particulier de la rue Lesueur, à Paris. Le docteur Marcel Petiot, propriétaire de l'immeuble, est bientôt arrêté et accusé d'avoir assassiné puis incinéré vingt-sept personnes, notamment des juifs cherchant à fuir la Gestapo. Son procès, qui débute le 18 mars 1946, sera aussi médiatisé que celui de Landru au lendemain de la Grande Guerre. Pour la première fois, un historien se penche sur l'homme, son passé, ses secrets. Au fil d'une enquête passionnante, on découvre que la question de la folie ne cesse d'émailler sa vie, depuis son enfance, alors même qu'elle est écartée d'office lors de son procès. Sa culpabilité, à bien y regarder, n'est pas prouvée, mais établie. A-t-il agi seul? Comment s'y est-il pris? Il n'y a pas de preuves directes, ni de témoins, ni d'aveux ou de confession. Lorsque tombe le couperet de la guillotine, le 25 mai 1946, le mystère reste entier.


- Louis de Funès, petites et grandes vadrouilles
de Jean-Marc Loubier
Éditions Robert Laffont / Mai 2014


À l'occasion du centenaire de sa naissance, célébré en 2014, la première biographie complète de Louis de Funès, ou l'on découvre non seulement l'acteur, côté cour, mais aussi, côté jardin, l'homme secret méconnu. Tout, tout, tout sur Louis de Funès. La première biographie complète d'un des acteurs préférés des Français, toutes générations confondues. Né à Courbevoie quelques heures avant la déclaration de la Grande Guerre, Louis de Funès aurait eu cent ans en 2014. Le Corniaud, La Grande Vadrouille, Fantômas, La Folie des grandeurs, Les Aventures de Rabbi Jacob, L'Aile ou la cuisse, la saga du Gendarme de Saint-Tropez... chacun connaît ses films, synonymes de l'âge d'or de la comédie à la française. Mais que sait-on vraiment de cet homme au génie comique inimitable, que sait-on de son quotidien, de ses galères, lui qui fit mille petits boulots avant de brûler les planches et rencontra tardivement le succès? Extrêmement fouillé et documenté, le livre de Jean-Marc Loubier nous fait découvrir un comédien intransigeant, boulimique de travail et qui choisissait ses rôles avec une minutie maniaque afin qu'ils amusent parents et enfants, mais aussi l'homme secret qui protégeait farouchement sa vie privée. À l'appui des témoignages de ses partenaires, de ses réalisateurs, des membres de sa famille qui ont pour la première fois accepté de se confier, cette bio "à l'américaine" revisite un demi-siècle d'histoire du cinéma et du théâtre en compagnie de merveilleux monstres sacrés (Bourvil, Gabin, Montand, Carmet, Coluche...), et notamment les joyeuses décennies 1960-1970.


- Mata Hari
de Anne Bragance
Éditions Belfond / Mai 2014


Mata Hari, la fameuse danseuse-espionne, brisa bien des cœurs et fit couler beaucoup d'encre. Mais qui se cache vraiment derrière les voiles de cette Shéhérazade des nuits parisiennes que perdit sa passion pour les officiers en uniforme et à galons dorés? "Embrassez-moi vite et laissez-moi. Mettez-vous sur ma droite. Je regarderai de votre côté. Adieu". Tels sont les derniers mots que prononça Mata Hari avant d'être livrée au peloton d'exécution dans les fossés de Vincennes, à l'aube du 15 octobre 1917. La jeune femme fantasque née aux Pays-Bas sous le nom de Margaretha Zelle Mac Leod voyait ainsi le terme d'un parcours aventureux qui l'avait menée de pays en pays et d'homme en homme. D'esprit romanesque et sans peur, elle s'était choisi un nom d'emprunt et une carrière de "danseuse sacrée" absolument usurpés dont les résonnances exotiques séduisirent le tout-Paris mondain d'avant 1914. La grande guerre allait être l'apogée et la perte de cette créature romanesque, espionne maladroite et ingénue dont le mérite essentiel est d'avoir construit de son vivant sa propre légende. Anne Bragance déroule avec talent le roman mythique que fut sa vie, mais dont l'ultime chapitre, hélas, lui échappa. Mettant à jour les ressorts psychologiques susceptibles d'éclairer la trajectoire étonnante de la danseuse-espionne, l'auteur fait certes dans ce livre œuvre de biographe avec un respect absolu de la vérité, mais également de romancière avec tout le talent qu'on lui connaît.


- Mon bel âge
de Alexandra Stewart
Éditions L'Archipel / Mai 2014


Alexandra Stewart est un des mystères vivants du cinéma. Née à Montréal, d'ascendance irlandaise, elle s'installe en France en 1958. Cover girl pour les magazines, elle suit les cours du Conservatoire et décroche très vite un premier rôle. Bientôt, elle croise Jeanne Moreau et Gérard Philipe sur le plateau des Liaisons dangereuses de Vadim. Pierre Kast et Jacques Doniol-Valcroze en font une icône de la Nouvelle Vague. Son talent et sa beauté, qui préfigure les canons élancés de la décennie suivante, vont traverser les films de Godard, Truffaut, Chabrol, Rozier, Vadim, Lelouch, Mocky et Louis Malle, père de sa fille Justine, mais aussi ceux de Luigi Comencini (L'Imposteur), Roman Polanski (Frantic) ou François Ozon (Sous le sable). En 1972, elle connaît le succès populaire grâce au feuilleton L'homme qui revient de loin, de Michel Wyn, au côté de Louis Velle. On la réclame jusqu'à Hollywood, où elle tourne avec Warren Beatty dans les films d'Arthur Penn, John Huston (Phobia), Otto Preminger (Exodus)… Star internationale, folle de tauromachie et d'art, elle se lie d'amitié avec des figures de proue de son époque: Orson Welles, Boris Vian "l'extraterrestre", Chris Marker, Pierre Trudeau, Rudolf Noureev, Ernest Hemingway, Simone Signoret, Eddie Constantine, François Truffaut, dont elle livre ici d'émouvants portraits.


- Serge Reggiani
de Daniel Pantchenko
Éditions Fayard / Mai 2014


Disparu le 22 juillet 2004, Serge Reggiani a marqué différentes générations et le simple énoncé de son nom suscite une réaction quasi unanime: "J'adore". À la veille de Mai 1968, à 45 ans, le partenaire de Simone Signoret dans Casque d'or crée l'événement sur la scène de Bobino. À travers les titres phares de son deuxième album (Le Petit Garçon, Les Loups sont entrés dans Paris, Ma liberté, Sarah…) il se révèle un interprète exceptionnel de la chanson. Né en Italie, arrivé en France à l'âge de 8 ans, il a débuté au théâtre, avant d'aborder le cinéma et d'y tourner plus de 75 films. Devenu un comédien qui chante grâce à Barbara et à des amis auteurs et compositeurs nommés Georges Moustaki, Jean-Loup Dabadie ou Michel Legrand, il s'est constitué l'un des plus beaux répertoires du genre, conjuguant nostalgie, humour et engagement citoyen d'une voix identifiable entre mille. Forte de quelque trente-cinq témoignages inédits de personnalités et de proches, cette biographie très fouillée de Serge Reggiani (que l'auteur a interviewé à plusieurs reprises) est centrée sur sa carrière de chanteur, mais elle aborde évidemment l'ensemble de son parcours d'artiste et d'homme. En particulier, elle montre comment de festivals en Olympias et autres Palais des Congrès, Serge Reggiani aura bouleversé jusqu'au bout le public francophone.


- Vies et mort de Vince Taylor
de Fabrice Gaignault
Éditions Fayard / Mai 2014


Sa vraie carrière n'a duré que deux ans. Mais pour tous ceux qui l'ont connu alors, il demeure inoubliable. Né en Angleterre, ayant grandi en Amérique, Vince Taylor débarque en 1960 à Paris, préférant être "une épée chez les voisins qu'un second couteau chez lui". Mais quelle épée! Vince pourfend tout. Ses talents d'interprète et son jeu de scène déclenchent l'hystérie. Eddie Barclay veut en faire le rival de Johnny Hallyday, David Bowie s'en inspire. Pourtant, des années plus tard, pour survivre Vince fait la plonge dans un bistrot. Comment en est-il arrivé là? Et surtout, pourquoi tous ceux qui le reconnaissent, fans de la première heure, musiciens, manager, rêvent-ils de lui accorder une seconde chance? Vince lui-même a-t-il envie de remonter sur scène? Et quel magnétisme exerce-t-il encore pour que tant d'inconnus tentent de l'en convaincre? En fait de biographie, c'est plutôt un "roman vrai" que Fabrice Gaignault consacre à Vince Taylor, s'attachant, au-delà d'une reconstitution des faits documentée, à percer le mystère d'un homme sublime jusque dans son acharnement à se perdre, mélange ahurissant d'orgueil et de défaitisme, de vitalité et de pulsions autodestructrices.


- Francis Poulenc et ses mélodies
de Pierre Bernac
Éditions Buchet Chastel / Avril 2014


Un demi-siècle après la disparition de Francis Poulenc, sa musique n'a jamais été aussi présente, jouée, enregistrée et aimée du public. Dans son œuvre, la mélodie tient une part très importante et le chanteur Pierre Bernac en étudie ici interprétation. L'auteur et Francis Poulenc ont été longuement associés. Ils avaient formé un duo: chanteur et pianiste, qui a donné des centaines de récitals, en Europe et en Amérique, et pour laquelle plus du tiers des cent cinquante mélodies a été composé. Les conseils qu'il rassemble ici pour leur exécution et ce qu'il suggère pour leur interprétation est conforme aux désirs du compositeur. On trouvera également ici une biographie de Poulenc et l'esquisse d'un portrait, qui aidera le lecteur à découvrir, un peu, la personnalité d'un des plus grands musiciens du siècle.


- Françoise Sagan
de Bertrand Meyer-Stabley
Éditions Pygmalion / Avril 2014


En 1954, paraît un roman fulgurant, Bonjour Tristesse: au succès phénoménal se mêle un puissant parfum de scandale. Une nouvelle star est née: Françoise Sagan dont les journaux vont s'arracher l'image. Dès lors, son mode de vie où l'argent coule à flots, son goût effréné pour les bolides et le jeu, les plaisirs artificiels et les folles nuits alcoolisées, ses amours compliquées avec hommes et femmes et, pour finir, ses arriérés d'impôts, ne vont cesser de défrayer la chronique pendant cinq décennies. Mais, derrière cette façade trompeuse, s'est peu à peu construite une œuvre originale, jalonnée de nombreux succès et de quelques échecs, qui a fini par imposer un style inimitable. Qui était Sagan? Fut-elle une enfant gâtée de la littérature? Quelle fut sa part de responsabilité dans sa longue descente aux enfers? Accompagnant le tourbillon de sa vie, de Cajarc dans le Lot où elle est née à Honfleur en passant par Saint-Tropez et Paris, Bertrand Meyer-Stabley nous raconte un destin extrêmement romanesque, où rôdèrent la solitude, l'angoisse et la peur de la mort. Dix ans après sa disparition, il éclaire d'une lumière inédite l'une des figures les plus attachantes de la littérature française du XXe siècle et nous restitue un être paradoxal, débarrassé de sa légende clinquante.


- Il n'y a pas que le foot dans la vie
de Guy Roux
Éditions L'Archipel / Avril 2014


S'il est un sujet sur lequel on attend Guy Roux, c'est bien évidemment le football. Plongé, comme Obélix, dans la marmite alors qu'il n'était qu'enfant, il aura consacré sa vie entière à sa passion: le ballon rond. Tour à tour, joueur, entraîneur, président du syndicat des entraîneurs, il est aujourd'hui, à 75 ans, toujours présent dans ce milieu, où il officie comme consultant. Dans ses mémoires, Guy Roux revient sur sa longue carrière, émaillée de nombreuses rencontres et riche en anecdotes. Mais, comme il n'y a pas que le foot dans la vie, il évoque les personnalités qui l'ont marqué et aborde d'autres sujets, plus personnels, qui le passionnent ou l'interpellent, comme la politique, la religion, l'immigration, l'amitié, la mort. On découvre alors les autres facettes d'un homme profond, cultivé, passionné et passionnant. N'eût-il été entraîneur, il aurait pu devenir conteur.


- La véritable Marie-France Pisier
de Marie-Isabelle Rouchy
Éditions Pygmalion / Avril 2014


On la disait marginale, élitiste, décalée, appréciée des seuls intellectuels qui fréquentent les musées d'avant-garde et les cinémathèques. L'hommage unanime qui a salué sa disparition tragique, le 21 avril 2011, révèle que Marie-France Pisier appartenait à la catégorie des grandes artistes. Toute sa vie, l'actrice de François Truffaut exerça son pouvoir de séduction. Lui venait-il de son enfance dans les ambassades lointaines où son père fut envoyé (et qu'elle a racontée dans Le Bal du gouverneur)? Ou de sa simplicité tranquille, de son sourire de madone amusée? D'André Téchiné à Jacques Rivette, beaucoup de réalisateurs marquants en ont fait leur égérie. Imposant en douceur sa propre différence, elle a ouvert la voie aux acteurs d'aujourd'hui. Après une enquête fouillée où, pour la première fois, famille et proches ont accepté de témoigner, Sophie Grassin et Marie-Elisabeth Rouchy retracent la vie de cette actrice inclassable qui fut aussi une femme engagée.


- Mon dernier combat
de Fabrice Benichou
Éditions Cherche Midi / Avril 2014


Paris, le 11 juin 2012. Une voiture de police pénètre dans l'enceinte du centre hospitalier Sainte-Anne, direction les urgences psychiatriques. À son bord, menotté, le triple champion du monde et quintuple champion d'Europe de boxe, Fabrice Bénichou. Dans une chambre de bonne prêtée par un ami, sa tentative de suicide a entraîné une intervention musclée des forces de l'ordre. Ces pages sont celles d'une quête, d'une volonté farouche de retrouver l'envie de vivre. À travers son incroyable histoire, fils d'un fakir et d'une enfant de la balle, jeunesse passée aux quatre coins du monde, combats de rue, apprentissage de la boxe, renommée internationale, rencontres fascinantes, Frank Sinatra, Mickey Rourke, Jackie Kennedy…, Fabrice Bénichou raconte sa gloire, sa longue descente aux enfers puis sa renaissance.


- René Gonzalez
Le théâtre pour la vie
de Patrick Ferla
Éditions Buchet Chastel / Avril 2014


Pendant plus de vingt ans, de son arrivée à la tête du Théâtre Vidy-Lausanne jusqu'à sa disparition en avril 2012, René Gonzalez a ouvert les portes de sa maison, de son théâtre, à des artistes reconnus et donné leur chance aux voix nouvelles. Sous sa direction, le Théâtre au bord de l'eau est devenu le rendez-vous des plus grands créateurs du spectacle vivant. Dans ce livre, une soixantaine de personnalités, metteurs en scène, comédiens, écrivains…, lui rendent hommage. Parmi eux, Françoise Courvoisier, Jacques Lassalle, Jean Liermier, KrystianLupa, Roger Jendly, James Thierrée ou encore son successeur Vincent Baudriller. Tous témoignent de leur rencontre avec celui qui, du Théâtre Gérard Philipe de Saint-Denis à Lausanne, en passant par la Maison de la culture de Bobigny (MC93) et l'Opéra Bastille, fut un véritable inventeur d'avenirs. Des documents autographes inédits de Maurice Béjart, Jean-Pascal Delamuraz, Jean-Luc Godard et Michel Piccoli enrichissent ces pages.


- Bernard Blier, un homme façon puzzle
de Jean-Philippe Guerand
Éditions Robert Laffont / Mars 2014


Vingt-cinq ans après sa mort (le 29 mars 1989), Bernard Blier reste l'un des comédiens français les plus populaires. Voici LA biographie de ce "bon gros qui n'aimait pas les cons" et dont la carrière déroule l'un des plus beaux génériques du cinéma français, de Quai des Orfèvres à Buffet froid en passant par les cultissimes Tontons flingueurs. Bernard Blier fait partie de ces "gueules" du cinéma français qui appartiennent à notre mémoire collective. Et pourtant, de ce comédien extrêmement populaire (y compris dans les jeunes générations, fans comme leurs aînés des inoubliables Tontons flingueurs), à la carrière riche de plus de cent quatre-vingts films et trente pièces de théâtre, on ne sait presque rien. Au fil de cette biographie, la première complète et documentée qui lui soit consacrée, Bernard Blier se révèle un personnage aussi singulier que ceux qu'il a incarnés. Une naissance en Argentine en 1916, une vocation précoce, à l'âge de onze ans, à la sortie d'une représentation à la Comédie Française. Son père hausse les épaules: "Tu seras privé de dessert", mais prend conseil auprès d'un comédien en vogue à l'époque. "C'est dans l'œuf", juge l'homme de l'art après avoir écouté l'aspirant acteur réciter un poème. Et de fait, le jeune Blier (élève préféré de Louis Jouvet au Conservatoire) débutera dans Entrée des artistes, Hôtel du Nord et Le Jour se lève, rien de moins. Facétieux comme on n'oserait plus l'être aujourd'hui, soupe au lait, joueur (il s'adonne aux courses de chevaux de bois), bibliophile et alpiniste avertis, fin gastronome, homme et père intransigeant, fou de comédie, il plaçait l'amitié plus haut que tout avec ses complices François Périer, Gérard Philipe, Jean Gabin, Jean Carmet, Gérard Depardieu... Menée à l'anglo-saxonne, comme une enquête, fondée sur des témoignages inédits (notamment celui de son fils, le cinéaste Bertrand Blier, qui a accepté pour la première fois de se confier aussi longuement sur ce père aux multiples visages), cette biographie traverse cinquante ans d'histoire du septième art, et nous fait approcher la vérité d'un homme qui a vécu comme il jouait la comédie: sérieusement, sans jamais se prendre au sérieux, avec pour maxime cette devise de Michel Audiard, son meilleur dialoguiste: "J'parle pas aux cons, ça les instruit".


- Grace, la princesse déracinée
de Bertrand Tessier
Éditions L'Archipel / Mars 2014


1956. Grace Kelly, de passage au Festival de Cannes, rejoint la principauté de Monaco via la moyenne corniche, où des journalistes de Paris Match ont organisé une séance photo avec l'un des plus beaux partis du gotha européen, le prince Rainier. Un reportage qui mettra un terme à sa vie d'actrice hollywoodienne. 14 septembre 1982. Devenue la princesse Grace de Monaco, elle meurt dans un accident de voiture sur la même route. Sa vie de princesse s'achève là où elle avait commencé. "Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous", disait Paul Eluard. Trente ans après, sa mort demeure un mystère. Réputé pour le sérieux de ses enquêtes, Bertrand Tessier a minutieusement réexaminé les conditions de sa disparition. Son livre est une enquête intime sur une femme qui aura connu deux vies. Une existence glamour d'actrice reconnue, riche de plusieurs chefs d'œuvres et d'un oscar, mais aussi une destinée de princesse qui découvrira au-delà de son titre d'Altesse sérénissime les contraintes de sa fonction. Difficile quand on a été actrice de se contenter d'un seul rôle, fût-il le personnage central d'un conte de fées qui continue de faire rêver le monde entier.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 4 Juil - 7:15

- Haute Tension
L'Homme-Araignée se raconte
de Alain Robert
Éditions Cherche Midi / Mars 2014


1,65 m, 50 kg. Alain Robert n'était pas taillé pour réaliser des exploits surhumains. Et pourtant, il a toute sa vie relevé les défis les plus inouïs. Depuis les huit étages de l'immeuble familial qu'il grimpe à l'âge de 12 ans parce qu'il a perdu ses clés, jusqu'au 828 mètres de la Burj Khalifa qu'il escalade à Dubaï devant 100 000 spectateurs retenant leur souffle, en passant par les voies les plus extrêmes des falaises sur lesquelles il parfait sa technique, Alain Robert n'a jamais reculé devant la difficulté ni même l'impossible. Malgré son vertige chronique. Malgré ses crises d'épilepsie. Malgré ses nerfs sectionnés, ses os broyés et autres séquelles de chutes qui le rendent invalide à 66 %, selon le verdict des experts médicaux sidérés par son mépris de la douleur et des pronostics alarmistes. Malgré la prison, aussi, où il séjourne souvent: dans certains pays, on ne part pas à l'assaut des gratte-ciel sans se frotter avec la justice. Il faut lire cette histoire pour comprendre comment une volonté s'éveille, s'affirme, s'impose. Alain Robert fait partie de ces hommes qui, dans une quête effrénée et vitale de liberté, interrogent nos limites.


- Mélodies intérieures
de Louis Chedid et Benoît Merlin
Éditions Plon / Mars 2014


40 ans de carrière, 15 albums et un nouveau disque, Double infini, au compteur. Louis Chedid, "l'éternel débutant" comme il aime se qualifier, défie le temps, toujours actuel, définitivement intemporel. Si nous avons tous chanté l'une de ses chansons ou dansé sur ses mélodies entraînantes, nous connaissons encore mal l'homme pudique, fils de l'écrivain Andrée Chedid et père de la star M, l'artiste atypique qui a toujours refusé de se plier aux diktats de l'industrie du disque. Quarante ans de carrière, seize albums et des centaines de chansons au compteur. Louis Chedid, l'"éternel débutant" comme il se qualifie, défie le temps, toujours actuel, intemporel. Si nous avons tous chanté l'un de ses refrains ou dansé sur ses mélodies entraînantes, nous connaissons moins l'homme pudique, fils de l'écrivain Andrée Chedid et père de M, l'artiste atypique qui a toujours refusé de se plier aux diktats de l'industrie du disque. Depuis ses premiers Balbutiements (1973), cet alchimiste des notes et des mots a imposé au fil des succès sa fameuse "patte chedidienne", mélange de poésie hédoniste, d'humour et de satire. De sa naissance à Ismaïlia, en Égypte, aux pérégrinations indiennes; du carcan scolaire à la libération artistique; de la charge contre les extrêmes, "Anne, ma sœur Anne", à l'aventure du Soldat rose; du refuge du studio à l'exutoire de la scène, en passant par l'album de la famille Chedid qu'il feuillette en musique, Louis nous confie sa vision d'un monde à inventer au jour le jour, loin des rengaines sur la crise, plutôt cour de récré et carpe diem. Ses mélodies intérieures.


- Moustaki
de Louis-Jean Calvet
Éditions L'Archipel / Mars 2014


On le savait peu, mais Moustaki (1934-2013) était le chanteur français le plus demandé à l'étranger. On le croyait à la retraite ou au soleil, alors qu'il n'arrêtait pas de chanter, du Japon au Canada, mais aussi de composer, d'enregistrer, de peindre et d'écrire. Moustaki, c'est "Milord", dont Piaf fit un succès, "Sarah", que Reggiani détaillait comme une saynète et, bien sûr, "Le Métèque" qui le rendit célèbre. C'est aussi "Ma liberté", "Votre fille a vingt ans", "Ma solitude", "Il est trop tard"… des dizaines de chansons qui sont autant de standards. Louis-Jean Calvet est remonté aux origines, à cette ville d'Alexandrie où Moustaki est né, pour suivre les fils des influences, des amitiés, des rencontres: le cours d'une vie. Mais ce livre est plus qu'une biographie: il scrute l'œuvre, les musiques, il fait parler les témoins (dont l'auteur), il est à l'écoute des hésitations, des choix de vie, des engagements. Louis-Jean Calvet réserve ici la place qu'elle mérite à Yui Hamauzu, sa dernière compagne japonaise, qu'il a longuement interviewée, afin de raconter les "années de résilience" 2008-2013.


- Somerset Maugham
de Jean-Paul Chaillet
Éditions Séguier / Mars 2014


Surnommé le "Maupassant anglais", W. Somerset Maugham (1874-1965) a été un prodigieux raconteur. Nouvelliste, romancier, dramaturge, essayiste et infatigable observateur de la nature humaine, globe-trotter intrépide dont les nombreux voyages ont nourri l'œuvre et furent, comme pour son compatriote et admirateur Graham Greene, "tout autant que l'acte d'écrire, des chemins d'évasion". Derrière le masque du parfait gentleman, il a su épingler les travers de ses contemporains avec un détachement élégant, un cynisme indulgent et un soupçon de misogynie. Avouant au passage: "C'est lorsque je me suis mis à dire la vérité que l'on a cessé de me croire et que j'ai acquis une réputation d'humoriste". Cette biographie impressionniste explore la longue et prolifique carrière ainsi que la personnalité méconnue et la quête existentielle du plus cosmopolite des écrivains britanniques de son temps. Français d'adoption et de culture, agent secret épisodique, bridgeur acharné, collectionneur d'art et amateur de martinis bien frappés, Somerset Maugham appartient à la race des grands hommes de lettres "larger than life". Dans la lignée de Rudyard Kipling, Joseph Conrad et E. M. Forster, il a influencé des auteurs aussi divers qu'Evelyn Waugh, John Le Carré, Anthony Burgess, Bruce Chatwin et William Boyd.


- Casino d'hiver
de Dominique Besnehard et Jean-Pierre Lavoignat
Éditions Plon / Février 2014


Dominique Besnehard fêtera ses 60 ans début février 2014. A cette occasion, il nous livre l'histoire d'amour qu'il vit depuis toujours avec ces êtres étranges et fascinants du monde du spectacle. Entre confidences et anecdotes, ombres et lumières. C'est au casino d'Houlgate, en Normandie, dans les années 60, que tout a commencé. C'est là que Dominique Besnehard a découvert le cinéma et les actrices. C'est à cette époque qu'il est tombé fou d'amour, et pour toujours, de Sylvie Vartan et de Marlène Jobert, dont il est devenu l'ami et l'agent. C'est lui qui a découvert quelques belles inconnues nommées Juliette Binoche ou Béatrice Dalle et défendu ensuite les intérêts de nombreuses stars: Anouk Aimée, Yvan Attal, Nathalie Baye, Michel Blanc, Alain Chabat, Christophe Lambert, Sophie Marceau, Jeanne Moreau, Line Renaud, Pierre Richard ou Emmanuelle Seigner. C'est lui encore, par son improbable "incursion en politique", qui fut le soutien inconditionnel de Ségolène Royal. Une affaire douloureuse dont il parle avec une grande franchise et beaucoup d'émotion. Personnage haut en couleur, homme de cœur, de passion et de fidélité, il a accepté de se confier sans langue de bois, sans rien cacher de ses interrogations les plus intimes, et de raconter, avec enthousiasme, sincérité et lucidité, quarante ans dans les coulisses et au cœur du cinéma. À la fois dans l'ombre et sur le devant de la scène, voici le récit du parcours atypique d'un boulimique qui vit, depuis toujours, avec ces êtres étranges et fascinants qui hantent le monde du spectacle et notre imaginaire.


- Dis, quand reviendras-tu ?
de Hubert Ballay
Éditions L'Archipel / Février 2014


Avant d'interpréter en récital sa chanson "Dis, quand reviendras-tu?", Barbara avait coutume de dire au public: "À cette époque je chantais seulement les autres; quand un monsieur me donna l'occasion d'écrire ma première chanson". Cet homme, Hubert Ballay, fut l'authentique amour impossible de Barbara. Sa vie? Un vrai roman d'aventures. À 14 ans, en 1942, il sauve des familles juives; à 16 ans, est cité à l'ordre de la Nation pour ses actes lors de la Libération de Paris. La décolonisation de l'Afrique Noire: Hubert en est acteur, côtoie de Gaulle, Houphouët-Boigny, Senghor, joue un rôle décisif dans la création des premières institutions sociales africaines. Les chansons: il en écrit, en compose, avec Barbara, Pétula Clark, et d'autres. Il les édite: chez Barclay, dont il est directeur général, puis dans la société qu'il crée. Et, pour finir, les femmes: Hubert Ballay aime les "ravir", nous raconte sans détour comment il a tenu dans ses bras les plus célèbres, Jacqueline Bouvier, la Princesse Margaret d'Angleterre, Barbara. Barbara qu'il a tant aimée, qui fut sa compagne de 1959 à 1962, et à laquelle il consacre une grande part de ses mémoires.


- Elisabeth de Belgique
de Patrick Weber
Éditions Payot & Rivages / Février 2014


En 2014, le monde se souviendra du conflit qui a précipité l'Europe dans l'abîme. L'occasion de se souvenir du destin exceptionnel d'Élisabeth de Belgique (1876-1965), arrière-grand-mère du nouveau roi des Belges, anticonformiste et artiste, entrée dans la légende comme "la reine infirmière" et incarnation de la résistance belge en 1914 auprès de son époux Albert 1er, le "roi chevalier". Un de ses personnages qui font de l'Histoire un roman.


- Grace
de Joanna Spencer
Éditions Payot & Rivages / Février 2014


Avec son expérience de la Principauté, Joanna Spencer évoque les blessures et les nostalgies d'une princesse qui n'était pas celle d'un conte de fées. Un portrait réaliste à mille lieues d'une biographie fleuve.


- Jean Jaurès
de Vincent Duclert et Gilles Candar
Éditions Fayard / Février 2014


Figure majeure de l'histoire française et européenne, personnage central de la République et du socialisme, premier mort de la Grande Guerre par son assassinat le 31 juillet 1914, héros du Panthéon depuis 1924, Jean Jaurès (1859-1914) ne bénéficie pourtant pas d'une biographie à la hauteur de sa place dans l'histoire contemporaine. C'est chose faite aujourd'hui avec l'ouvrage des historiens Gilles Candar et Vincent Duclert, qui orchestre les sources les plus vastes tout en restituant les acquis les plus récents de la recherche. Se dessine un portrait passionnant de ce brillant normalien, philosophe, professeur, plus jeune député de France, grand orateur et journaliste pénétrant, patriote internationaliste, fondateur du socialisme démocratique, aux avant-postes de la République. Son attention constante à la question sociale l'amène à s'engager dans de très nombreuses luttes ouvrières, paysannes, syndicales, intellectuelles. Ses écrits innombrables témoignent de ce choix de la justice et de la cause de l'humanité. Ce livre défend une interprétation de l'homme et de son action dans l'étude du combat politique, intellectuel et moral qui entraîna Jaurès tout au long de son existence, et même par-delà sa mort puisque sa mémoire continue d'agir puissamment sur les représentations contemporaines. Jaurès est un symbole pour les sociétés, un emblème à gauche, parfois disputé à droite, une icône aussi pour des générations de militants, un objet d'étude enfin, sans cesse renouvelé.


- Ninon de Lenclos
de Michel Verge-Franceschi
Éditions Payot & Rivages / Février 2014


Courtisane de légende, comme sa chère amie Marion de Lorme, Ninon de Lenclos (1623-1705) traverse tout le siècle de Louis XIV et meurt en octogénaire encore adulée par des amants qui ont fait sa réputation, de Richelieu au Grand Condé, du duc de La Rochefoucauld aux marquis de Sévigné père et fils, en passant par une foule de maréchaux. Fille unique d'un gentilhomme tourangeau athée et libertin, devenu assassin, orpheline à vingt ans d'une mère dénuée de morale, elle fait vite le choix de compter sur des galants, qu'elle range avec humour en trois catégories: les "payeurs" qui l'entretiennent, les "martyrs", ses soupirants sans espoir, et les "caprices", ses amants de cœur comme le marquis de Villarceaux, qu'elle partage avec Mme de Maintenon. Mais sa liberté de mœurs et de langage dérange le parti tout-puissant des dévots. Enfermée au couvent un an par la reine, elle en sort pour transformer son hôtel particulier du 36 rue des Tournelles en salon: ses cinq à neuf du Marais réunissent ainsi le Tout-Paris littéraire et artistique (Charles Perrault, Molière, Lully, Voltaire), savants (Huygens) et grands seigneurs de la Cour. Pour autant, Ninon, remarquable musicienne qui excelle au luth, n'est pas cette femme de lettres dépeinte par ses précédents biographes. C'est surtout une femme affranchie de toute convention sociale et de toute contrainte religieuse, indépendante financièrement, qui ne vécut que pour le plaisir, y compris homosexuel, et ne se maria point. Un portrait d'une femme épicurienne unique en son temps et d'un esprit rebelle, digne d'un roman de cape et d'épée.


- Pierre Brossolette
de Éric Roussel
Éditions Fayard / Février 2014


Tout le monde connaît son nom. Celui d'un résistant de la première heure devenu une figure, puis un héros de la France libre. Mais l'histoire de Pierre Brossolette restait à découvrir. Grâce aux papiers de famille confiés par ses deux enfants, à des sources inédites trouvées dans les archives françaises et britanniques, et même à un témoignage imprévu sur les dernières heures de Brossolette, Éric Roussel a écrit la biographie d'un homme libre. Avec empathie, mais sans statufier son personnage. On apprend ainsi beaucoup sur l'opposition de Brossolette aux accords de Munich, sa hantise de la guerre confortée par des jugements au scalpel sur la classe politique des années 1930, sa lucidité prophétique au sujet de l'Union soviétique. Eric Roussel suit les pérégrinations de ce combattant de l'ombre, du réseau du musée de l'Homme jusqu'à Londres où il va s'acharner à réunir autour du général de Gaulle toutes les familles spirituelles et politiques. On mesure ce que la disparition tragique, en 1944, de Pierre Brossolette a coûté à la France de la reconstruction.


- Pierre Herbart ou L'orgueil du dépouillement
de Jean-Luc Moreau
Éditions Grasset & Fasquelle / Février 2014


Voici la première biographie de Pierre Herbart (1903-1974), un homme engagé, un styliste, un dandy, un homosexuel qui ne se cachait pas de l'être, et une figure de la littérature française du XXe siècle. Né dans une famille de notables de Dunkerque, Herbart voit son père devenir volontairement clochard. Il en tire une aversion profonde pour l'ordre social. Elle ne fait que se renforcer une fois que, devenu reporter, il constate les excès de la colonisation française en Indochine. Il en revient communiste. Ami de Cocteau, puis de Gide, il devient écrivain. Herbart sera toujours contre les rôles imposés par la société. Déçu par le communisme, il le sera aussi par la Résistance, dans laquelle il s'est engagé avec courage (il a été le libérateur de la ville de Rennes), et pour la même raison: la trahison de l'idéal par les gens de pouvoir. De même dans la presse, qu'il quitte après avoir été appelé à Combat par Camus, fondé et dirigé l'hebdomadaire Terre des hommes. L'engagé s'est désengagé, jusqu'au dépouillement. Mort dans la solitude et la pauvreté, il a été enterré dans la fosse commune. Il est vrai que l'argent de ses funérailles avait été détourné par le dernier jeune homme qu'il avait aimé. Herbart a toujours gardé un public restreint mais enthousiaste de sa grâce, de la souplesse de son style. Amour des garçons, métaphorisation de sa propre existence, tels sont ses grands thèmes. Plusieurs de ses livres sont des chefs-d'œuvre, comme son récit L'Âge d'or ou son livre de mémoires La Ligne de force.


- Raspoutine, prophète ou imposteur
de Luc Mary
Éditions L'Archipel / Février 2014


Cette biographie de Raspoutine propose de faire la lumière sur les dernières zones d'ombre qui entourent la vie du personnage le plus énigmatique de la Sainte Russie. Sa date de naissance elle-même reste incertaine. Grâce à la découverte de nouvelles archives et aux témoignages des rares descendants de Raspoutine, mais aussi de son assassin Félix Youssoupoff, les historiens sont en mesure de reconstituer la vie débridée de ce moine sibérien en apparence plus puissant que le tsar lui-même. À compter de l'année 1905, ce moine venu du fin fond de la Sibérie éclipse les ministres, courtise les dames de la cour de Nicolas II et tutoie les princes. Et pourtant, rien ne prédisposait cet illettré buveur et bagarreur à tenir la Russie tsariste entre ses mains. Rien, si ce n'est ses dons de prescience et de guérisseur, qui permirent le rétablissement inespéré du tsarévitch Alexis, pourtant condamné par les meilleurs médecins de l'Empire, et lui valurent la reconnaissance aveugle de la tsarine. En l'espace de dix ans, le prophète se transforme en messie. Il devient le personnage majeur de la cour de Saint-Pétersbourg. Quelle fut son influence réelle sur les Romanov et peut-on véritablement parler d'un homme hors normes pourvu de dons surnaturels? Quant à son énigmatique assassinat en décembre 1916, fut-il commandité par les services secrets britanniques?


- Guillaume Depardieu, bande originale
de François Bernheim et Sylvie Matton
Éditions Grasset & Fasquelle / Janvier 2014


Guillaume Depardieu n'était pas seulement un grand acteur. Il était aussi, et surtout, un chanteur et un poète stupéfiant. Peu le savaient, un seul lui a permis de trouver la musique pour porter ses mots, son ami de toujours et parrain musical, François Bernheim. Cinq ans après sa mort, l'album sort, François raconte. Depuis quand Guillaume voulait-il être chanteur? Quand a-t-il écrit ses textes si intimes et engagés? Enregistré cet album? Quels projets musicaux nourrissait-il, loin des plateaux de cinéma? Des premiers pas de Guillaume en musique au jour où il lui a apporté ses textes, de l'enregistrement éclair de l'album à sa mort, François a confié à Sylvie Matton, son amie intime et écrivain, leur histoire d'amitié, de musique et d'amour. À travers ses mots et ceux de Guillaume, dont chaque chanson est reproduite dans ce récit inédit, on découvre la bande-originale d'un être médiatisé mais secret, ici enfin révélé.


- Un cœur indompté
de Winnie Mandela
Éditions Michel Lafon / Janvier 2014


Le 12 mai 1969, par une nuit glacée, la police spéciale sud-africaine fait irruption dans la demeure de Winnie Mandela à Soweto et l'arrête, sous les yeux de ses deux filles, alors âgées de neuf et dix ans. Interpellée parmi d'autres militants anti-apartheid, l'épouse de Nelson Mandela va passer en prison 491 jours, durant lesquels elle tiendra un journal quotidien. Confisqué à sa libération, puis retrouvé 40 ans plus tard, ce journal décrit les conditions abominables de sa détention qui l'ont amenée au bord du suicide. Seule lueur d'espoir, les lettres de Nelson Mandela qu'elle a reçues clandestinement. Ce journal et cette correspondance inédite permettent de mieux cerner l'intelligence et la grandeur d'âme de ces deux figures fortes de l'histoire du XXe siècle, mais aussi de mettre au jour le courageux combat de Winnie, souvent occulté par la célébrité de son grand homme.


- Belle et Sébastien
La fin de l'innocence
de Mehdi
Éditions Michel Lafon / Novembre 2013


C'est l'histoire de Sébastien qui apprivoise Belle. C'est l'histoire d'une amitié indéfectible. C'est l'odyssée d'un petit garçon qui recherche sa mère. Qui ne connaît cette histoire? À l'occasion de la sortie du film Belle et Sébastien, de Nicolas Vanier, en décembre 2013, Mehdi El Glaoui revisite son enfance solitaire et dorée. Il avait dix ans, il était le petit-fils du pacha de Marrakech et le fils d'une mère célèbre dans le monde du spectacle, qui le rêvait, lui le Franco-Marocain, en enfant chéri des Français. Le petit garçon vivait dans une demeure somptueuse, sans grand monde à qui parler. La jeune "star" évoluait sous les sun-lights, pouponnée par la production et les acteurs auxquels elle préférait, déjà, les techniciens qui lui semblaient plus proches. Lorsqu'il intègre le système scolaire et la réalité des gamins de son âge, Medhi se rend compte qu'il a, jusqu'ici, végété dans une bulle qui n'a rien à voir avec la vraie vie. C'est un choc, voire une rupture. À dix-sept ans, il choisit de quitter le domicile familial et part s'installer dans le Cantal où il mène une existence simple, loin des paillettes. Pourtant, si sa carrière d'acteur et le vedettariat ne lui manquent pas, il retrouve le chemin des plateaux du côté des techniciens et des "faiseurs de films" auprès desquels il s'est toujours senti si bien. Il devient réalisateur et obtient même le césar du meilleur court-métrage en 1985. Tel "un troublant retour vers le futur", ainsi qu'il nomme lui-même cette expérience, il joue le rôle d'un forestier dans le Belle et Sébastien de Nicolas Vanier.


- C'est comment votre nom déjà ?
de Marion Game
Éditions L'Archipel / Novembre 2013


"Scènes de ménage" en a fait une star. Le personnage d'Huguette, qu'elle incarne aux côtés de Raymond (Gérard Hernandez) depuis 2009, est plébiscité chaque soir par 5 millions de téléspectateurs. Mais qui est vraiment Marion Game? Cette comédienne longtemps cantonnée aux seconds rôles comiques a grandi auprès d'une mère égoïste et d'un père souvent absent. Marion a neuf ans lorsque sa grand-mère paternelle la récupère pour l'élever. De cette époque date son goût pour l'art dramatique. Devenue indépendante, elle se retrouve à Paris, mariée et mère d'une petite fille. Elle enchaîne les petits boulots et aboutit par frustration à une grave dépression. Elle s'en sort en fréquentant le cours Simon. L'obtention en 1968 du prix Marcel-Achard lui donne le courage d'aller de l'avant. Elle connaît enfin les planches et les studios. Les créations théâtrales, cinématographiques et télévisuelles s'enchaînent, les amours aussi; elle s'éprend de l'animateur de télévision Jacques Martin, qu'elle quittera pour le futur père de ses deux fils. Le portrait d'une femme de son temps, qui a su se forger un destin. Un récit entre blessures et renaissance.


- L'âme et la corde
de Ivry Gitlis
Éditions Buchet Chastel / Novembre 2013


Né à Haïfa dans la Palestine mandataire, Ivry Gitlis réclame un violon à l'âge de cinq ans, et son entourage se cotise pour lui en offrir un. Remarqué par Bronislaw Huberman, l'enfant prodige s'installe bientôt à Paris: premier prix du Conservatoire à treize ans, il étudie avec les plus grands maîtres (Flesch, Enesco, Thibaud) en Belgique, à Londres et à Paris. C'est le début d'une carrière de violoniste la plus libre et anticonformiste qui soit. Sa participation au concours Marguerite Long - Jacques Thibaud est ainsi l'occasion d'un scandale mémorable. Ce musicien hors normes, qui sera le premier artiste israélien à se produire en URSS, ne connaît pas de frontières et est aussi heureux dans le répertoire classique que dans le jazz ou la musique tzigane. En 1972, il fonde le festival de Vence, célèbre pour le caractère novateur de sa programmation. Il continue à donner des concerts, et depuis une trentaine d'années se rend souvent au Japon où il est adoré du public. L'Âme et la Corde est l'autobiographie de cet homme exceptionnel. Ivry Gitlis y raconte avec une passion et un style inimitable ses relations à son instrument, la musique, le public. On y découvre la personnalité attachante de l'un des violonistes les plus prodigieux de notre siècle.


- La nuit attendra
de Jacques Chancel
Éditions Flammarion / Novembre 2013


À travers un récit littéraire, nostalgique et émouvant, Jacques Chancel, dans La nuit attendra, raconte pour la première fois ses souvenirs inédits d'Indochine. Avec le charme et l'élégance qu'on lui connaît, il nous entraîne dans le Saigon des années des 50, entre fumeries d'opium et violences d'une guerre qui ne fait que commencer, c'est tout une époque, tout un monde, qu'il ressuscite.


- Marguerite Duras
La traversée d'un siècle
de Alain Vircondelet
Éditions Plon / Novembre 2013


À l'occasion du 100e anniversaire de sa naissance, LA biographie de référence de Duras, par un de ses amis les plus intimes. C'est dans ses foyers de douleur qu'il serait encore possible de la rejoindre, de comprendre le sens de toute sa vie, ce qui s'y cache et ce qui couve. Les repères brûlent dans le siècle en feu, mais plus encore que les dates, ce sont les braises qui parlent, comme chez Rimbaud, auquel sa marche ressemble: ivre, libre, utopique.


- Mémoire d'outre-monde
de Jimi Hendrix
Éditions JC Lattès / Novembre 2013


"Cet ouvrage a, pour ainsi dire, été écrit de la main de Jimi Hendrix. Toutefois, dans la mesure où il a été compilé bien après sa mort, quelques explications sur le processus d'élaboration du texte final s'imposent. D'une certaine manière, l'idée même de ce livre est venue de Jimi. Elle est née d'un projet de film biographique auquel je travaillais avec Alan Douglas. Ne souhaitant pas faire dire à Jimi des mots inventés, nous avons cherché à recréer des dialogues à partir de propos qu'il avaitréellement tenus. Une documentation considérable, tirée de toutes les sources dont l'authenticité pouvait être prouvée, s'est ainsi accumulée. Il y avait surabondance de matière, car au cours des quatre années qu'il a passées sous les projecteurs, Jimi n'a cessé de donner des interviews. C'était en outre un écrivain compulsif, qui griffonnait sur tout ce qui lui tombait sous la main, blocs-notes d'hôtel, bouts de papier épars, cartouches de cigarettes, serviettes. Mémoires d'outre-monde est le résultat de la réorganisation de tous ces éléments disparates dans une séquence narrative. En fait, il a si bien raconté son histoire que je n'ai presque pas eu à y retoucher. Outre la suppression des répétitions, je me suis contenté de restructurer quelques phrases ou d'arranger la syntaxe lorsque cela semblait nécessaire pour clarifier le propos". Peter Neal


- Aung San Suu Kyi
Un pays, une femme, un destin
de Jesper Bengtsson
Éditions Prisma / Octobre 2013


Tout comme Nelson Mandela, Martin Luther King et Mahatma Gandhi, Aung San Suu Kyi estdevenue, dans le monde entier, le symbole de la lutte pacifique contre la dictature, pour la démocratie et les droits de l'homme. Mais qui est-elle vraiment? Quelles sont ses motivations à faire de grands sacrifices pour son pays? Comment a-t-elle pu supporter plus de vingt ans d'enfermement au détriment de sa propre existence? Depuis son enfance jusqu'à nos jours, "The Lady" a surmonté tous les obstacles grâce à son courage inébranlable. Prix Nobel de la paix, son charisme exceptionnel irradie autour d'elle une force unificatrice. Jesper Bengtsson l'a rencontrée lors d'une entrevue personnelle après sa libération et dévoile dans cette biographie illustrée, les paroles de la Dame de Rangoun au destin hors du commun pour libérer son peuple à tout jamais de la peur.


- Cantona, le rebelle qui voulut être roi
de Philippe Auclair
Éditions Cherche Midi / Octobre 2013


Arrogant, talentueux, séduisant, exaspérant, insoumis... autant de qualificatifs qui viennent à l'esprit quand on se penche sur la personnalité complexe d'Éric Cantona. Un être charismatique, un joueur d'exception, qui ne cesse de fasciner. Mais qu'en est-il de l'homme, derrière le mythe? Nourrie par 200 entretiens avec les principales personnalités qui accompagnèrent cette carrière tumultueuse, Cantona, le rebelle qui voulut être roi est une biographie incontournable, couronnée, outre-Manche, par le prix du Meilleur Ouvrage consacré au football. Philippe Auclair retrace, dans ce portrait intime et passionnant, l'ascension de cet enfant de la banlieue marseillaise, recruté dès l'âge de 15 ans par Guy Roux pour l'AJ Auxerre avant de rejoindre l'équipe de France quelques années plus tard. C'est le début de l'ère des scandales: enchaînant les clubs (dont l'Olympique de Marseille), cumulant les différends avec joueurs, entraîneurs et responsables fédéraux, multipliant les incartades sur le terrain, Éric Cantona décide finalement de renoncer au football. Mais, poussé par ses admirateurs, et notamment Michel Platini, il gagne l'Angleterre et devient l'attaquant vedette de Manchester United, le king Éric. Loin de l'hagiographie, cet ouvrage ne contourne aucun des épisodes délicats qui ponctuèrent le parcours chaotique de ce joueur exceptionnel.


- Connivences
de Jean-Claude Dassier
Éditions Michel Lafon / Octobre 2013


À 71 ans, Jean-Claude Dassier est un vieux routier des médias. Derrière le regard perçant, les traits durs et le verbe haut se cache un indéboulonnable professionnel qui a voué sa vie à l'information. Sa route, rectiligne et ascensionnelle, ne devait a priori jamais croiser les chemins tortueux du football professionnel. Et pourtant… Par goût du challenge et aussi par passion, l'homme a plongé dans la bouillonnante marmite phocéenne. Une "folie" assumée qui lui vaudra finalement plus de déboires que de satisfactions. En dépit des premiers trophées rapportés sur le Vieux-Port après dix-sept ans de disette, il apprend, à ses dépens, les codes d'un univers qu'il pensait pouvoir maîtriser mais qui s'avère lui être chaque jour un peu plus insaisissable. Des petites mesquineries aux grandes perfidies, des espoirs déçus par Didier Deschamps à la trahison de Vincent Labrune, des dessous du foot-business à la rupture brutale de son contrat, Jean-Claude Dassier raconte ses deux années intenses passées à Marseille, qui ont compté autant que les quarante précédentes dans les médias.


- Danse avec ta vie
de Sheila
Éditions L'Archipel / Octobre 2013


En 1963, Sheila décrète que l'école est finie. Sa carrière débute... Cinq décennies après, elle se retourne sur sa carrière, et sur sa vie. On sait sa passion pour la danse, qui a rythmé son existence depuis qu'enfant elle rêva d'être petit rat de l'Opéra. Twist, yé-yé, pop, disco: elle a traversé toutes les modes et conservé intact sa popularité. Les moments de doute, pourtant, n'ont pas manqué. Mais Sheila a toujours rebondi, retrouvant le chemin des studios et la joie de vivre. Amitiés fortes, grandes rencontres, coups durs... Sheila refait ici le parcours de sa vie. En toute sincérité.


- Jacques Brel, l'aventure commence à l'aurore
de Fred Hidalgo
Éditions L'Archipel / Octobre 2013


Juillet 1974: Jacques Brel largue les amarres de son voilier pour un voyage qui va le mener jusqu'à l'"île au trésor" dont il rêvait depuis l'enfance. Bientôt seul à bord avec sa compagne Maddly, il traverse le Pacifique et jette l'ancre aux Marquises, dans la baie d'Hiva Oa. Ce devait être une simple escale, mais après un sérieux coup de semonce à l'amorce du voyage, ce sera sa dernière demeure, à côté de Paul Gauguin. Ce récit retrace l'histoire méconnue, et passionnante, d'un marin au long cours et d'un pilote au grand cœur. L'histoire d'un homme qui tourna le dos à la gloire pour réaliser "un impossible rêve": transformer une vie d'artiste en destinée d'exception. On connaissait le géant de la chanson, l'auteur-compositeur qui avait "mal aux autres"; on découvre l'être humain prêtant assistance à autrui jusqu'à la limite de ses forces. Opérant la jonction avec son œuvre, Brel s'illustre par un rare altruisme, aux manettes de son avion, volant par tous les temps pour transporter courrier et malades. Ce livre à la construction originale, à la fois reportage, essai biographique, roman et enquête, révèle notamment les secrets de l'écriture du dernier album (1977) et suit le Grand Jacques, pas à pas, jusqu'au bout de la vie.


- Le dernier amour d'Édith Piaf
de Christie Laume
Éditions L'Archipel / Octobre 2013


Théophanis Lamboukas, dit Théo Sarapo ("Je t'aime" en grec), a 26 ans lorsqu'il fait la connaissance d'Édith Piaf, le 20 janvier 1962. Il sera son second mari et l'interprète en duo de l'un de ses derniers succès, "À quoi ça sert l'amour?". Le fils d'un coiffeur grec installé à Paris en 1934 a rencontré la chanteur par l'intermédiaire du chanteur Claude Figus. La première fois, Théo est si impressionné par la "Môme" qu'il ne peut piper mot. Au point qu'Édith, mordue, dira à Figus: "J'aimerais inviter ton copain pour savoir s'il est aussi intelligent qu'il est beau, car il n'a pas dit un mot de toute la soirée". Conduits à se revoir, Piaf encourage Théo à entreprendre une carrière de chanteur. Ils formeront un couple à la vie et à la scène, jusqu'à la mort de Piaf. Théo Sarapo la rejoint sept ans plus tard, en 1970, victime d'un accident de voiture à seulement 34 ans. Christie Laume retrace les derniers mois de la vie de la chanteuse en mêlant éléments biographiques et souvenirs.


- Manhattan Folk Story
de Dave Van Ronk
Éditions Robert Laffont / Octobre 2013


Il a laissé son nom à une rue de Manhattan; il était le gourou des guitaristes de sa génération; il a enregistré une trentaine d'albums entre 1958 et 2002 et vous ne le connaissez pas. Dave Van Ronk, le "chanteur blanc à la voix noire", a pourtant incarné durant plusieurs décennies, le folk américain le plus exigeant aux yeux des meilleurs, à commencer par Bob Dylan, qui prit quelques leçons avec lui et lui "emprunta" la version la plus célèbre de "The House of the Rising Sun". Ce livre est un événement: écrit par un musicien aussi modeste que grande gueule, il est le récit du New York folk des années 1950 à 1970. À l'opposé de l'autobiographie trafiquée d'une vedette aigrie, il retrace avec malice et franc-parler le parcours d'un amoureux du jazz passant par le blues avant de devenir le virtuose d'une musique par essence collective (entre "folks", on propose une phrase et une mélodie que chacun répète et modifie). Dès l'adolescence, Van Ronk adopte l'atmosphère de vie de bohème qui règne à Greenwich, quartier ou se réfugient alors intellectuels, artistes, activistes divers et gauchistes. Il s'initie à la marijuana, vit de bric et de broc, bataille contre les Beatniks, envoie promener Albert Grossman, enregistre des premiers albums catastrophiques, hante la scène du Gaslight Café et rencontre les grands noms du blues et de la folk qu'il contribuera amplement à façonner. Avec l'art du conteur qui a fait sa légende, il révèle ainsi les débuts chaotiques de Bob Dylan, Joan Baez, Tom Paxton, Gary Davis, Simon et Garfunkel, Mississippi John Hurt... et tant d'autres. Ami généreux ou insupportable puriste, il se fait constamment piller et ne s'en plaint jamais; même quand il reste dans l'ornière, à dépendre de contrats mesquins. Loser? Au-dessus de la mêlée, Van Ronk fait surtout figure d'incorruptible.


- Piaf secrète
de Jean Noli
Éditions L'Archipel / Octobre 2013


Personnage caméléon, Édith Piaf a su, au gré de ses rencontres et de ses humeurs, brouiller les pistes et camoufler sa véritable identité. Parce qu'il l'a bien connue, il a été l'un des rares journalistes à gagner sa confiance, Jean Noli témoigne dans ce livre de la double personnalité de l'artiste, tantôt enjouée, tantôt en colère, trônant au milieu de sa cour, de ses fidèles réunis chez elle, boulevard Lannes, à Paris, tantôt épuisée, minée par l'alcool et la drogue, à bout de résistance et, soudain, ressuscitant lorsque tout semble fini. Ce livre est un témoignage sans pareil des cinq dernières années de sa vie où, diminuée par l'alcool et la drogue, comme l'explique Jean Noli, "Édith camouflait, derrière les truculences de l'artiste, sa détresse et sa solitude".


- Rien n'est grave dans les aigus
de Michel Legrand
Éditions Cherche Midi / Octobre 2013


Cent cinquante longs-métrages, trois oscars, des collaborations en avalanche avec Miles Davis, Ray Charles ou Claude Nougaro: Michel Legrand est l'un des compositeurs français les plus célèbres au monde. Pour la première fois, il se raconte. Avec humour, gravité et liberté. Entremêlant présent et passé, il réveille des souvenirs enfouis, des images intimes: l'enfance, la guerre, le Conservatoire, la révolution du be-bop, les débuts chez Philips, la Nouvelle Vague, Hollywood. Au détour du récit, des invités surgissent: Maurice Chevalier, Jacques Brel, Bill Evans, Jacques Demy, Louis Aragon, Françoise Sagan, Steve McQueen, Natalie Dessay... Tous prennent part au destin d'un créateur avide de musique au pluriel, dont l'identité doit autant à Bach, à Stravinski qu'à Dizzy Gillespie. Entre swing, lyrisme et comédie musicale, entrez dans l'univers d'un pulvérisateur de frontières, d'un monstre sacré qui a réussi, selon le mot de Malraux, à "être plusieurs dans une même existence".


- Road book
de Manu Katché
Éditions Cherche Midi / Octobre 2013


Roadbook, c'est le roman vrai d'un jeune musicien français qui va devenir une référence outre-Atlantique. Roadbook, c'est le roman d'une tournée qui n'en finit pas et qui s'appelle la vie. L'intrigue: l'histoire d'un batteur exceptionnel. Les personnages: Peter Gabriel, Sting, Michel Petrucciani, Stephan Eicher, Herbie Hancock, Marcus Miller... Manu Katché nous propose ici ses mémoires. Il revient sur les moments forts de sa carrière, sa musique, ses rencontres. Une confession musicale.


- Simone Veil, la force de la conviction
de Jocelyne Sauvard
Éditions L'Archipel / Octobre 2013


"Un personnage historique qui incarne l'Histoire de France", disait d'elle Frédéric Mitterrand le 18 mars 2010, au lendemain de sa réception à l'Académie française, où elle est la sixième femme à porter l'épée. Libre et véhémente, exigeante et sereine, Simone Veil (née en 1927), ex-ministre de la Santé, à l'origine de la légalisation de l'IVG, reste une combattante en lutte pour la justice et le respect de la personne, la cause des femmes, l'adoption et les droits de l'enfant. Mais aussi pour l'Europe, qu'elle incarne et porte avec passion. Enfin, pour la mémoire, quitte à s'opposer aux suggestions de Nicolas Sarkozy dans ce domaine. Au-delà de la figure d'exception, elle est avant tout une femme. Son histoire personnelle passe par les extrêmes: Auschwitz, la disparition des siens. Et par la politique, qui dit aussi l'ardeur de vivre, l'amour, les enfants, la culture, l'écriture. La littérature, enfin, qui l'a accompagnée jusqu'à l'Académie française. Cette intensité, elle la transmet jusque dans son mystère, sa retenue, son engagement et ses doutes. Cette biographie replace Simone Veil au cœur d'un siècle bouleversé et découvre les tranches de vie et les espaces de liberté d'une femme au destin incandescent.


- So far away
de Nicolas Peyrac
Éditions L'Archipel / Octobre 2013


Un certain 21 mars 2012, le diagnostic tombe: Nicolas est malade. Il décide alors de rédiger ce livre de souvenirs afin de déchirer l'image papier glacé "d'étudiant en médecine devenu chanteur à succès" qui a pu être la sienne. On sait sa passion précoce pour l'écriture et la musique, les voyages, de l'Afrique aux États-Unis et au Québec où il a longtemps vécu. Amitiés fortes, souvenirs, moments d'humeur et de tendresse, blessures... Entre arrêt sur image, rembobinage et retour en arrière, Nicolas Peyrac refait ici le parcours de la vie. En toute sincérité.


- Willy Brandt
de Hélène Miard-Delacroix
Éditions Fayard / Octobre 2013


C'est un Allemand qui a traversé le XXe siècle, témoin de ce que l'Allemagne y a fait de pire et acteur de son rachat et de son relèvement, sans jamais être un héros idéal. Willy Brandt est resté un homme de failles et de faiblesses, accusé d'indignité et victime de trahisons, humain en somme. Il fut résistant au nazisme dans les années 1940, anticommuniste durant les années 1950, maire de Berlin-Ouest lors de la construction du Mur en 1961, et, en 1969, le premier social-démocrate à devenir chancelier dans la République de Bonn. Prix Nobel de la paix pour son Ostpolitik, l'image de cet homme à genoux devant le mémorial du ghetto de Varsovie a fait le tour du monde. C'est l'histoire d'un fils de personne qui s'exila tout jeune en Norvège pour combattre la Wehrmacht, et consacra sa vie à la social-démocratie et à son désir d'Europe. Son autorité fut incontestable quand le Mur tomba et que cessa la guerre froide. Cette histoire est aussi celle d'une génération d'Allemands. Beaucoup ont vu en lui ce qu'ils auraient tellement préféré être.


- Et Fellini fonda Rome...
de Julien Neutres
Éditions Cherche Midi / Septembre 2013


Rome a existé avant Federico Fellini, elle existe et continuera d'exister après lui.Mais l'œuvre du cinéaste, vingt-huit siècles après la fondation légendaire de la cité par Romulus et Remus, a réinventé Rome et modifié son image aux yeux du monde entier. Fellini est bien sûr le réalisateur de La Strada, de Juliette des esprits, d'Amarcord et de La Cité des femmes. Mais il est aussi, et peut-être d'abord, celui de La Dolce vita et de Fellini Roma. Et ce n'est pas un hasard si, en plus de ces deux-là, neuf autres de ses films ont Rome pour cadre. Fellini l'a avoué en 1972: "Rome m'a créé. Alors, à mon tour, j'ai créé Rome". Dans Et Fellini fonda Rome..., Julien Neutres raconte une aventure unique. Celle d'un homme de cinéma qui se fait "alchimiste" pour transformer des décors et des scènes de vie plutôt triviaux en chefs d'œuvre cinématographiques. Pour y parvenir, il convoque devant ses caméras, confronte et fusionne entre eux les tréfonds archéologiques de Rome, ses lieux historiques, ses clichés anciens ou modernes. Et, dans cette "fosse aux images", il jette une faune improbable de prostituées et de paparazzi, de starlettes et d'hommes politiques, de touristes et de voleurs, de journalistes et d'écrivains, de cardinaux et de nobles désuets. Entièrement nourrie de réalité, mais définitivement remodelée et imaginée, surgit alors sur les écrans une Rome nouvelle, baroque et mythique à la fois. Et Fellini fonda Rome... ou comment le génie d'un artiste peut détourner et transformer l'Histoire.


- Itinéraire intime
de Nana Mouskouri
Éditions Cherche Midi / Septembre 2013


Rien ne prédestinait Nana Mouskouri à devenir la chanteuse internationale que l'on connaît et dont la carrière exceptionnelle dure depuis plus de cinquante ans. Une vie hors normes au cours de laquelle elle a parcouru le monde entier, c'est ce qu'elle nous raconte dans cet Itinéraire intime, avec toute la simplicité qui est la sienne. Ce parcours aux multiples facettes, jalonné d'amitiés riches et diverses, constitue un témoignage parfois bouleversant. Son évolution musicale, ses prises de conscience politique et sociétale, son empathie pour moult causes l'ont conduite, notamment, à devenir ambassadrice de bonne volonté à l'Unicef auprès des Nations unies pour défendre les droits de l'enfant. Elle continuera son chemin, toujours avec le même courage, la même détermination, et le respect sans faille des valeurs auxquelles elle est attachée: humanitaires, sociales, culturelles et politiques. En atteste son mandat de députée au Parlement européen. Nana, avec pudeur et enthousiasme, partage ici ce fabuleux destin. Celui d'une mère, d'une chanteuse et d'une femme de devoir.


- L'enfant du 15 août
de Régine Deforges
Éditions Robert Laffont / Septembre 2013


Audacieuse, belle, écrivain, éditeur, sulfureuse, censurée, courageuse... Pour définir Régine Deforges, les qualificatifs ne manquent pas. Elle a eu mille vies et mille aventures, elle s'est engagée sur tous les fronts, elle croit aux livres et aux êtres humains. Ses mémoires sont attendues car on est loin de tout savoir d'elle. Elles sont le témoignage d'un fougueux parcours personnel qui se confond avec la vie intellectuelle et politique de ces cinquante dernières années. Après une enfance dans le Poitou, Régine traverse une adolescence tumultueuse, se marie à dix-huit ans et s'installe à Paris. Elle prend des cours de théâtre au cours Simon, fait un peu de mannequinat mais trouve sa vocation en devenant libraire au drugstore des Champs-Élysées. Elle est représentante pour les Éditions Jean-Jacques Pauvert puis crée sa librairie, se spécialise dans les ouvrages érotiques avant de monter sa maison d'édition en publiant des ouvrages qui déchaînent la censure et lui valent de nombreux procès. Régine Deforges passe de l'autre côté du miroir: elle écrit et connaît d'immenses succès avec notamment la série des romans qui commence par La Bicyclette bleue. Divorcée, elle se remarie avec Pierre Wiazemsky, dit "Wiaz", le célèbre dessinateur du Nouvel Observateur. Son ardeur dans la vie n'a d'égale que sa curiosité passionnée pour le monde qui l'entoure. Quelqu'un a dit: "Ce qu'il y a d'important, ce sont les rencontres". Pas n'importe qui dans la vie de Régine. Des écrivains: Mandiargues, Vailland, Abellio, Hervé Guibert, Pascal Jardin, Pierre Emmanuel, Romain Gary. Des personnages: l'abbé Pierre, Jacques Lacan, Gaston Deferre, Louis Malle, René Andrieu. Les meilleures amies: Sonia Rykiel, Madeleine Chapsal, Geneviève Dormann et la plus admirée: Dominique Aury, l'auteur longtemps mystérieuse d'Histoire d'O. Un grand homme, François Mitterrand, qui l'emmène diner et lui parle littérature. Tous se pressent autour d'elle avant qu'elle ne reparte courir le monde: le Vietnam, l'Argentine, l'Algérie, Cuba, la bien-aimée. Retour à Malagar, la maison de François Mauriac, le grand-père de son mari, détours par Pigalle, les bars mal famés et les rues sombres. Mystérieuse Régine qui veut tout connaître et qui se cache en se dévoilant. Elle raconte aussi sa jeunesse à hue et à dia au fond d'une petite ville et d'une famille traditionnelle qu'elle a voulu fuir à tout prix et sur qui elle se retourne maintenant dans le respect et la tendresse. "Fille de Colette", a écrit Le Monde, "papesse de l'érotisme", Régine Deforges ne s'épargne pas dans ces magnifiques mémoires; elle écrit comme elle vit, avec un style, du courage, un grand charme.


- Le monde comme il me parle
de Olivier de Kersauson
Éditions Cherche Midi / Septembre 2013


"Je suis un nomade exalté par la découverte. Voilà, découvrir sans cesse. C'est le seul moment où l'on peut supposer que va surgir le "merveilleux". Fouiller le monde de tous les côtés, c'est exaltant. Je suis comme un chercheur d'or. Ce n'est pas tant l'or que je cherche que le moment magique quand je vais le découvrir. C'est toujours, au vrai, l'émotion que je cherche. Le nomadisme, c'est ça. Tous les jours, un chercheur d'or est tenu par sa capacité d'émerveillement. La magie. Le "merveilleux" est la raison de tout ce que je fais. L'émerveillement, c'est de la pluie d'or morale qui vous tombe dessus. Le tout, c'est de se trouver dans les bons endroits, là où il pleut de l'or". Olivier de Kersauson


- Piaf - Cerdan: un hymne à l'amour
de Dominique Grimault et Patrick Mahe
Éditions Robert Laffont / Septembre 2013


Cinquante ans après la mort de la chanteuse française la plus populaire du monde, redécouvrez l'histoire d'amour mythique d'Édith Piaf et Marcel Cerdan, dans la France de l'après-guerre. Édith Piaf et Marcel Cerdan: deux héros, deux mythes dans la France de l'après-guerre. La chanteuse des rues et le boxeur français le plus célèbre. Si ce n'est la gloire, rien ne semble devoir les rapprocher jusqu'au jour où le hasard, le destin peut-être, des amis communs sûrement, les font se rencontrer en 1946 dans un cabaret à la mode: Le Club des Cinq, faubourg Montmartre, à Paris. Ce soir-là, ni coup de cœur ni coup de foudre. Une poignée de main. Banal. Puis ils partent à la conquête de l'Amérique. Ils se retrouvent à New York. Les voici amoureux pour un jour, pour toujours. Pendant vingt-quatre mois, ils sont obligés de taire, de cacher leur "liaison impossible". Elle ne vit que pour lui. Il ne voit que par elle. Chaque séparation est une épreuve. Leur histoire s'arrêtera une nuit, quelque part dans le ciel, entre Paris et New York.


- Le roman de Boddah
de Héloïse Guay de Bellissen
Éditions Fayard / Août 2013


D'ordinaire les amis imaginaires s'éteignent de mort naturelle, peu à peu négligés par ceux qui les ont inventés. Pas Boddah. Pendant les vingt-sept années de sa courte vie, Kurt Cobain n'a jamais cessé de s'adresser à son double. Du coup de foudre entre l'icône grunge et Courtney Love à leur mariage à Honolulu au milieu des touristes obèses; des tournées triomphales aux soirs de doute, Boddah a tout vu et tout entendu. Il tenait tête à Kurt quand il le fallait, osait le critiquer, tentait même de lui faire prendre conscience des réalités. Dès lors, qui mieux que Boddah pouvait retracer le parcours de cette météorite trash que fut le chanteur de Nirvana, entre musique, héroïne et amour fou? Mêlant scènes réelles et imaginaires, conversations authentiques et dialogues inventés, Le roman de Boddah s'offre un narrateur omniscient d'un genre nouveau, témoin, confident, bonne et mauvaise conscience, Jiminy Cricket au milieu des guitares cassées.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 4 Juil - 7:06

- Bruce
de Peter Ames Carlin
Éditions Sonatine / Juin 2013


Les confessions de Bruce Springsteen. "Je suis peut-être président, mais lui c'est le Boss" a récemment admis Barack Obama en évoquant Bruce Springsteen. Et, en effet, avec plus de cent vingt millions d'albums vendus, Springsteen règne depuis quatre décennies sur le rock américain. Plus qu'un phénomène musical, c'est un véritable phénomène culturel, en prise directe avec le cœur et l'âme des États-Unis. Mais surtout, le Boss est un individu exceptionnel, à l'histoire personnelle complexe. Pour la première fois, celui-ci a accepté de se livrer à cœur ouvert et sans aucune autocensure à Peter Carlin. Mieux encore, considérant qu'on ne peut cerner un homme en écoutant sa seule vérité, il a ouvert son carnet d'adresses à l'auteur, qui a ainsi pu recueillir les témoignages inédits des membres de la famille du chanteur, de ses proches, de ses musiciens. Du gamin du New Jersey à l'activiste politique, en passant par le working class hero, l'évangéliste du rock, l'homme rongé par des démons intérieurs, Carlin dresse ici un portrait unique et passionnant de la star et retrace sa carrière exceptionnelle. D'anecdotes inédites en confessions d'une sincérité exceptionnelle, ceux qui jusqu'ici croyaient tout savoir de l'icône vont, à la lecture de cette biographie définitive, très vite devoir réviser leur jugement.


- La dernière reine
Victoria, 1819-1901
de Philippe Alexandre et Béatrix de l'Aulnoit
Éditions Robert Laffont / Juin 2013


Béatrix de l'Aulnoit et Philippe Alexandre dépoussièrent le mythe de la souveraine impérieuse et puritaine, révélant pour la première fois son tempérament sensuel et violent. Il y a cent-douze ans, la reine Victoria mourait et entrait dans la légende comme une petite dame obèse et impérieuse. Son nom symbolise un siècle d'hypocrisie, d'austérité sourcilleuse, de chasteté puritaine. Le moment est venu de corriger le mythe d'une Victoria "victorienne". La reine du plus grand empire depuis la Rome antique, la grand-mère de l'Europe, la souveraine de la révolution industrielle était une femme sensuelle qui aimait les hommes beaux, les soldats en uniforme, les Écossais en kilt, les Indiens en turban. Meilleure danseuse du royaume, elle raffolait des bals qui se terminaient à l'aube, elle ajoutait du whisky à son thé, apprenait l'italien en chantant du bel canto. Séduite par les couleurs de la Méditerranée, elle lança la Côte d'Azur. Aux lords, elle préférait ses serviteurs simples et bons. Son peuple l'appelait "la reine républicaine". Mais à quarante-deux ans, devenue veuve, elle respecta aveuglément les principes luthériens d'Albert, son prince allemand, qu'elle avait aimé jusqu'à la folie. Journal de Victoria, mots d'esprit d'un Bernard Shaw ou d'un Oscar Wilde, sarcasmes et courbettes de la presse de l'époque, mais aussi discours de Palmeston et Disraeli brossent le tableau fastueux de la cour britannique à son apogée, officielle autant qu'intime. C'est une Victoria ardente et violente que fait revivre cette biographie sans révérence.


- Mick
Sex and rock'n'roll
de Christopher Andersen
Éditions Le Cercle Points / Juin 2013


Être riche et adulé de tous, tel est le rêve du jeune Michael, fils de bonne famille. Une nouvelle musique à la réputation sulfureuse va le débrider: le rock. Avec les Rolling Stones, il se transforme en bête de scène. Son travail, son génie? stimulé par ses conquêtes et divers psychotropes? ainsi qu'un peu de chance feront de lui Mick Jagger, icône sexuelle et musicale de toute une génération.


- Thérèse De Lisieux - Vivre d'amour
de Thérèse de Lisieux
Éditions Michel Lafon / Juin 2013


Thérèse Martin: une si courte vie pour un si grand destin. La petite Thérèse perd sa mère à l'âge de quatre ans et cette disparition entraîne le déménagement de sa famille à Lisieux. Quelques mois plus tard, sa sœur aînée Pauline, qui veillait sur elle, entre au Carmel. Désemparée, fragilisée, Thérèse tombe gravement malade. Mais sa foi l'éclaire, la guérit, et à quatorze ans elle décide de se faire à son tour carmélite. L'âge requis pour l'entrée au Carmel est de dix-sept ans? Qu'à cela ne tienne: elle va jusqu'à Rome plaider sa cause auprès du pape Léon XIII et devient sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte-Face. Dix ans plus tard, elle s'éteint à l'âge de vingt-quatre ans. Auteur prolifique, elle nous a laissé des poèmes, des pensées, des correspondances, des mises en scène théâtrales. Ses Mémoires, publiées un an après sa mort, ont ému des milliers de lecteurs. Elle a été béatifiée en 1923, canonisée en 1925. Sainte Thérèse de Lisieux a même été proclamée docteur de l'église par Jean-Paul II en 1997.


- Et mes secrets aussi
de Line Renaud et Bernard Stora
Éditions Robert Laffont / Mai 2013


"What a personality!" Voilà ce que dit Frank Sinatra de la jeune Line Renaud, phénomène que le Tout-Hollywood s'empresse d'aller applaudir à Las Vegas au début des années 1960. C'est en effet une personnalité hors du commun qui livre ici ses mémoires. Il en faut du talent, de l'énergie, de la générosité à la petite chanteuse de Pont-de-Nieppe pour monter et se faire acclamer sur les plus grandes scènes du monde, du Moulin-Rouge au Dunes à Las Vegas. Il en faut, de la personnalité, pour fréquenter et se faire aimer des plus grands: Joséphine Baker, Dean Martin, Gregory Peck, Cary Grant, Elvis Presley, Sugar Ray Robinson, Liz Taylor, sans oublier Charles Trenet, Dalida, Johnny Hallyday ou Jacques Chirac. Dans ce témoignage exceptionnel, Line Renaud ouvre son cœur comme jamais auparavant. La lignée de femmes aux caractères bien trempés dont elle descend, les chances qu'elle a su saisir, ses remises en cause et ses tournants de carrière sont confiés avec la franchise et la verve qu'on lui connaît. Ces mémoires fourmillent d'anecdotes, de confidences inattendues, de secrets bien gardés. Line Renaud nous en dit long par exemple sur ses (mauvaises) relations avec Édith Piaf, sur Loulou Gasté et leur vie amoureuse bien plus mouvementée qu'il n'y paraît. Chanteuse, meneuse de revue, comédienne, Line Renaud a connu une carrière et une vie personnelle aussi dense que trépidante. Ce livre est à son image, une traversée du siècle en bolide rutilant.


- Mick Jagger
de Philip Norman
Éditions Robert Laffont / Mai 2013


De ses débuts à aujourd'hui, l'odyssée de Sir Mick Jagger, la plus légendaire figure de rockstar de tous les temps. Qu'y-a-t-il derrière le produit Mick Jagger? Qui est véritablement cet homme de soixante-dix ans qui, aujourd'hui encore, s'agite le nombril à l'air avec la même souplesse et la même conviction qu'à ses tout débuts, lorsqu'il chantait: "I Can't Get No Satisfaction"? Tout le monde connaît les premiers pas des Rolling Stones et les grandes étapes, dont la rencontre originelle avec Keith Richards en 1961, puis avec Brian Jones et les autres membres du groupe, puis encore l'irrésistible ascension, les tubes et les délirantes tournées américaines, les provocations sexuelles et les scandales à répétition - la consommation de drogues, le séjour en 1967 à la prison de Brixton, les trois morts du festival d'Altamont, l'exil fiscal, les mariages, les aventures et les divorces... Lorsque la mythologie s'en mêle, il devient toutefois difficile de percer à jour le mystère Jagger. Mystère qui confine au paradoxe: comment expliquer qu'un personnage aussi brillant demeure, interview après interview, incapable de se livrer a minima? D'échapper, malgré son aura rebelle, à une étonnante neutralité? Comment se fait-il qu'après avoir passé toute sa vie sur scène, à fasciner des centaines de milliers de personnes, il dise n'avoir gardé aucun souvenir pour écrire l'autobiographie qui lui fut commandée en 1983 et dont le manuscrit se révéla, à la lecture, "mortellement ennuyeux"? Autant de questions auxquelles Philip Norman apporte des éléments de réponse dans une véritable enquête, passionnante, grâce aux témoignages de tous ceux qui, compagnons de route ou compagnes de vie, ont approché au plus près le chanteur des Stones. Selon lui, le secret de Jagger, et le secret de sa longévité à toute épreuve, c'est son égoïsme sans nostalgie qui le pousse, en toute circonstance, à évaluer ce qui est bon pour lui et pour sa carrière. Un instinct hors du commun. Et, retraçant pas à pas le parcours de ce jeune garçon devenu pour toujours l'incarnation de la rockstar, il nous fait revisiter cinquante ans de rock, de révolte, de conquête, de mode, de rythme et de passion.


- Moi, Giuseppina Verdi
de Karine Micard
Éditions Robert Laffont / Mai 2013


2013 marque le bi-centenaire de la naissance de Verdi. Pour la première fois, hommage est rendu à la muse et l'inspiratrice de Verdi, Giuseppina.
Giuseppina Strepponi est l'une des plus grandes cantatrices de son temps. Fille du compositeur Giuseppe Strepponi, elle débute en 1834, à dix-neuf ans, dans L'Elixir d'amour de Donizetti. Travailleuse acharnée, elle compte bientôt à son répertoire les œuvres de Rossini et Bellini. Elle chante à guichets fermés tous les soirs et fait l'admiration des plus grands musiciens. C'est elle, au sommet de sa gloire, qui lance la carrière de Giuseppe Verdi. En 1842, en effet, elle plaide pour que le jeune compositeur ait accès à la Scala de Milan, le temple de l'opéra. Elle crée Abigaille dans Nabucco. C'est un triomphe, avec cinquante-sept représentations consécutives. Assez vite cependant, sa voix décline, notamment à cause du surmenage, elle qui va jusqu'à chanter six fois Norma en une semaine. De plus, sa vie personnelle est très chaotique; elle met au monde quatre enfants hors mariage, qu'elle devra abandonner. Giuseppina renonce à la scène en 1846, à tout juste trente ans. Elle s'installe à Paris comme professeur et Verdi la rejoint l'année suivante. Désormais, leurs vies sont liées. Ils s'installent à Sant'Agata en 1851 et se marient le 29 avril 1859. Suivra la période sereine de leur vie à tous les deux, entre Paris, Gênes et Milan, celle de la pleine maturité créatrice de Verdi, riche de succès et d'inspiration.


- Rod Stewart
L'Autobiographie
de Rod Stewart
Éditions Michel Lafon / Mai 2013


Avec sa voix rocailleuse, ses compositions uniques et ses performances live totalement habitées, Rod Stewart est l'un des rockers les plus charismatiques du monde, et l'un des plus aimés. Chanteur du groupe d'avant-garde The Jeff Beck Group puis de The Faces, il commence sa carrière d'artiste solo en 1974 et explose avec des tubes internationaux tels que Maggie May, Sailing, Da Ya Think I'm Sexy?, Young Turks ou encore Baby Jane. Fils de plombier au cœur de l'Angleterre ravagée par la guerre, nourri par les influences folk et blues, Rod Stewart nous livre ici pour la première fois le récit sans concession de sa vie sur scène et en coulisses. Ses passions, mélange de football écossais, de voitures, de manoirs, de modèles réduits et de peinture préraphaélite. Ses amours mouvementées de blonde en blonde (3 mariages, 8 enfants) et ses infidélités jusqu'à sa rencontre avec Rachel Hunter. Mais aussi les épreuves terribles qu'il a dû surmonter, comme son addiction destructrice à la drogue et son cancer. Il nous entraîne avec brio dans son parcours, l'un des plus fascinants du rock'n' roll.


- Tout est permis mais tout n'est pas utile
de Daniel Darc
Éditions Fayard / Mai 2013


Daniel parlait, puis je faisais le tri. Il avait tant de passions, de souvenirs, d'enthousiasmes, d'attachements, de fidélités... Il emmêlait les fils et je les démêlais, construisant des pages, des séquences, des chapitres. Il aurait aimé s'y replonger par la suite, réécrire lui-même, réaménager, éclairer des angles morts. Mais il s'est éteint trop tôt. Ce livre paraît néanmoins parce que ses proches comme son équipe ne souhaitaient pas que soient perdus ces entretiens dans lesquels Daniel se livrait depuis plus d'un an. C'est lui qui en avait choisi le titre, "Tout est permis mais tout n'est pas utile". Une phrase de Paul dans sa première épître aux Corinthiens, et qui était au cœur de sa propre réflexion spirituelle. Daniel s'est permis beaucoup de choses, mais il voyait à sa vie une logique et même un droit fil. Il est parfois tombé, mais il s'est toujours relevé. Aussi ne souhaitait-il pas que son autobiographie soit un récit crépusculaire dans lequel il n'apparaîtrait qu'en miraculé de la dope et du rock. Il voulait que son livre soit fidèle à son chemin vers la lumière. Voici, forcément inachevé, le récit que Daniel Darc a fait de sa vie. Bertrand Dicale


- Comment voulez-vous que j'oublie
Madeleine et Léo Ferré, 1950-1973
de Annie Butor
Éditions Phébus / Avril 2013


Pour la première fois, l'histoire de l'amour fou qui unit durant dix-huit ans Madeleine et Léo Ferré est racontée de l'intérieur, par la fille de Madeleine, qui partagea leur quotidien dès l'âge de cinq ans. Celle pour qui Léo Ferré écrivit 'Jolie môme' évoque la misère des débuts, le succès, la gloire et les dérives. Elle assiste à la création de plus de deux cents chansons, aux rencontres avec André Breton, Aragon, Louise de Vilmorin, le prince Rainier, pour ne citer qu'eux, et partage la passion du couple pour les animaux, des Saint-Bernard aux oiseaux en passant par les chimpanzés. Témoin privilégié de cette époque peu connue de la vie de Léo Ferré, Annie Butor réhabilite la mémoire de sa mère et trace un portrait émouvant, mais sans concession, de ces deux êtres exceptionnels. Un témoignage unique.


- Margarita Louis-Dreyfus
de Élise Conesa
Éditions Grasset & Fasquelle / Avril 2013


Quand on est une orpheline russe élevée à Leningrad, qu'on a rencontré son mari, le milliardaire Robert Louis-Dreyfus, dans un avion entre Zurich et Londres, et que rien ne vous a préparé à hériter d'un empire planétaire et obscur, comment vit-on? De Leningrad à Zürich, de Davos à Paris, des salles de marchés aux officines du pouvoir, la journaliste Elsa Conesa a enquêté sur l'un des secrets les mieux gardés du monde économique. Comment une discrète mère de famille a-t-elle pu prendre les rênes d'une multinationale centenaire, véritable institution des matières premières, et évincer les barons de l'establishment financier? De Robert Louis-Dreyfus, businessman redoutable, repreneur d'Adidas et patron de l'OM, Margarita a hérité la ténacité, l'intelligence stratégique, et le sens viscéral de ses intérêts. L'orpheline devenue la Tsarine, qui ne quitte jamais son petit chien, fait désormais régner l'ordre. Mais à quel prix? Quel est le mystère de cette réussite?


- Barbara, une vie romanesque
de Alain Wodrascka
Éditions Cherche Midi / Mars 2013


Avec sa voix de violoncelle blessé, son personnage de sorcière gothique, ses chansons-confessions si intimes que chacun peut s'y reconnaître (Dis, quand reviendras-tu?, Nantes, Göttingen, L'Aigle noir...), Barbara est l'unique auteur-compositeur féminin d'envergure patrimoniale. Et, aujourd'hui, son œuvre intemporelle continue de fasciner les jeunes générations. Son existence semée de drames et de bonheurs intenses, enfant juive traquée pendant la guerre, inceste, ses relations avec le milieu, son lien fusionnel avec le public, le déclin de sa voix, est digne d'un roman intrigant et trépidant. Alain Wodrascka côtoya Barbara pendant dix ans et eut le privilège de travailler avec elle. Dans ce livre, fruit de longues années d'enquêtes et de recherches, où il consulta les archives et les journaux intimes de la chanteuse, il nous raconte Barbara au-delà du mythe. Déjouant les pièges de l'hagiographie, il nous révèle ici les visages contrastés d'une artiste généreuse ou cruelle, flamboyante ou pathétique, inspirée ou à bout de souffle.


- La vie est si courte après tout
Retrouvailles avec Thierry
de Martine Simon-Le Luron
Éditions JC Lattès / Mars 2013


Tout petit déjà, cet enfant non désiré, celui qu'on appelait "le surplus", n'a cessé de vouloir se faire remarquer. Une sorte de revanche. Devenu grâce à son charme "le poussin", il réalisera l'ambition refoulée de sa mère de devenir une star. À deux ans, il s'installait à table debout sur sa chaise pour arroser le déjeuner de ses besoins pressants sous les rires enchantés. À quatre, il simulait un suicide pour s'attirer l'attention de sa sœur; à dix chez les scouts, il s'était constitué un public déjà captif en offrant ses premières imitations à des admirateurs médusés. Et à dix-sept ans, il était une star. Sa famille n'ignorait rien de sa vie privée turbulente et mondaine, mais il était de bon ton de ne pas en parler. Aujourd'hui, sa sœur décide de l'évoquer avec une très grande délicatesse. Voici le portrait intime d'un homme secret, exigeant et parfois coléreux, à la fois seul et très entouré, tel qu'on ne vous l'avait encore jamais dévoilé. Thierry Le Luron aurait eu soixante et un ans en avril 2013.


- Ma vie n'a pas commencé
de Leny Escudero
Éditions Cherche Midi / Mars 2013


Au début des années 1960, à contre-courant de la vague yéyé qui déferlait, Leny Escudero a fait irruption dans les transistors avec ses chansons passionnées et romantiques. En particulier avec Pour une amourette, qui va faire le tour du monde et que va reprendre Sarah Vaughan: Pour une amourette/Qui m'avait souri/Je me suis fait honnête/J'ai changé ma vie. Personne ne s'y attendait, même pas lui. Il n'était pas destiné à devenir chanteur. Né en Navarre, enfant de républicains espagnols réfugiés en France, élève de la communale à Mayenne, il s'était retrouvé ouvrier du bâtiment à Paris, à 20 ans à peine. "Créchant" à Belleville, devenu carreleur, que pouvait-il espérer de l'existence? La suite est racontée dans ce récit autobiographique: Ma vie n'a pas commencé. C'est un époustouflant feuilleton à épisodes multiples qui, entre rires et larmes, emprunte à la fois à l'émotion d'un Jules Vallès et aux fresques enlevées d'Alexandre Dumas père. Un ton unique. Chez Leny Escudero, la maîtrise du verbe signe le début de l'émancipation. Parlée ou écrite, sa langue est chantante. Elle est à son image: directe et combative. Ce raconteur est un artiste de la liberté.


- Lincoln
de Doris Kearns-Goodwin
Éditions Michel Lafon / Janvier 2013


Le 18 mai 1860, alors que la question de l'esclavage déchire les États-Unis, quatre hommes attendent les résultats du vote d'investiture du tout jeune parti Républicain. Face à trois politiciens renommés d'envergure nationale, c'est contre toute attente le quatrième homme, Abraham Lincoln, un petit député de l'Illinois, qui l'emporte. Quelques mois plus tard, il devient le seizième président des États-Unis, confronté à la plus grande crise que le pays ait jamais traversée: la sécession de onze États du Sud et la guerre civile qui s'ensuivra. À la surprise de tous, Lincoln décide alors de rassembler ses rivaux pour former un gouvernement d'exception qui mènera l'Union à la victoire et délivrera l'Amérique du démon de l'esclavage. Doris Kearns-Goodwin conte ici l'histoire de ce quasi-inconnu, autodidacte, "avocat des prairies" sillonnant les plaines de l'Illinois pour plaider dans les villages les plus reculés, et qui a réussi le tour de force de se hisser au pouvoir. Au-delà du génie politique, on découvre le destin d'un homme aux profondes qualités humaines, marqué par des tragédies personnelles qu'il a su dépasser pour transformer en réalité son rêve d'une Amérique unie.


- Lincoln
de Bernard Vincent
Éditions L'Archipel / Janvier 2013


Abraham Lincoln (1809-1865) occupe une place à part dans l'Histoire des États-Unis. De la cabane en rondins de son enfance à son assassinat, l'ascension du "bûcheron devenu roi" est l'exemple même du rêve américain, au point d'être l'objet d'un véritable culte laïc. Tenu à l'écart des études, promis à une existence sans relief, cet autodidacte, devenu avocat par son seul mérite, se lance en politique à 23 ans et sera élu à la Maison Blanche en 1860, à cinquante et un ans. Il y accomplira l'impensable: remporter la victoire militaire contre les États du Sud, sauver l'Union fédérale du naufrage et proclamer l'abolition de l'esclavage, pratique indigne d'une nation formée pour "éclairer le monde". Tant de courage vaudra à Abraham Lincoln d'être assassiné, le 14 avril 1865, quelques jours après la fin des hostilités. Deux siècles après sa naissance, il demeure dans la mémoire américaine une figure mythologique, un "père de la nation" au même titre que Washington.


- Double Dior
Les vies multiples de Christian Dior
de Isabelle Rabineau
Éditions Denöel / Novembre 2012


Devenu synonyme de haute couture, le nom de Dior est universellement célèbre. Mais le succès planétaire de la marque, jamais démenti depuis ce jour du mois de février 1947 où surgit à Paris cette révolution de la mode qu'on appela le New Look, a recouvert l'homme auquel on le doit, pour le moins méconnu. Car le personnage, un des grands créateurs de la modernité, entrepreneur visionnaire, grand amateur de peinture, d'architecture, de photographie et de fleurs, ami des plus grands artistes de son temps, détestait s'exposer au regard du public. C'est ce Christian Dior, homme paradoxal et complexe, plein de "doubles", qu'entend explorer l'auteur. À travers, de l'enfance à Granville jusqu'à la gloire avenue Montaigne, un faisceau de regards sur les étapes de son parcours qui restituent la vérité et la grandeur de ce véritable "monument national". Un couturier qui, en l'espace d'à peine dix ans, avant sa mort prématurée à l'âge de cinquante-deux ans en 1957, fit de la mode un art.


- Françoise Sagan, ma mère
de Denis Westhoff
Éditions Flammarion / Novembre 2012


Célèbre à dix-neuf ans, Françoise Sagan n'est pas seulement un écrivain populaire et un personnage qui hante les nuits parisiennes. Elle est l'image de l'après-guerre, d'une France libérée, d'une nouvelle vague brûlant les interdits, au style littéraire épuré et tranchant. Mais c'est au fils des succès en librairie que se construit le "mythe Sagan". Une légende sulfureuse et réductrice. Denis Westhoff, son fils, nous ouvre son album personnel et nous propose de découvrir le vrai visage de cette femme moderne et insaisissable. De souvenirs en analyses, il décrit au plus juste celle qui disait de lui: "Avec Denis, c'est la première fois que j'ai le sentiment de me trouver devant quelqu'un qui a le droit de me juger". "Au-delà de la légende, au-delà des récits et des bavardages, les bruits et les expressions que je connais si bien de ma mère transparaissent derrière les photographies de ce livre. J'y retrouve intacte une femme et une mère aimante, attentive, généreuse et éprise de liberté, une femme que j'ai si bien connue et avec qui, en fouillant dans ce passé peuplé d'images de toutes sortes, je m'aperçois que j'ai partagé infiniment plus de choses que je ne le croyais". Denis Westhoff


- Hitchcock par Hitchcock
de Alfred Hitchcock
Éditions Flammarion / Novembre 2012


"Je ne suis pas un écrivain", déclarait Alfred Hitchcock. Moins pour affirmer qu'il était un homme d'images, comme le présumait François Truffaut, que pour établir la souveraineté qu'il entendait exercer sur son langage. Sans complexe vis-à-vis de la littérature et sans vénération pour l'image. La sensation de liberté qui continue d'animer ses films est le fruit de cet usage souverain qu'Alfred Hitchcock a fait de la parole. Les écrits rassemblés ici pour la première fois en français en apportent la preuve éclatante. De "Gaz hilarant" à "Survivre", en passant par "La femme qui en sait trop", "L'élégance au-dessus du sexe", "L'écran de mes souvenirs" et "Ferme les yeux et vois", l'humour supérieur d'Alfred Hitchcock fait son œuvre de ravage et de rédemption. Ravage sanglant des illusions communautaires que l'industrie du cinéma ne cesse de recycler. Rédemption comique, donc érotique, de quelques rares femmes (toutes gauchères, si vous regardez bien) et de certains hommes (plus rares encore). Au fil de ces écrits, dans ce mouvement de l'un à l'autre, Hitchcock ne cesse de penser aux raisons de tuer toute concurrence et aux moyens de sauver, un par un, ses films du déluge.


- Les Stones
de Philip Norman
Éditions Robert Laffont / Novembre 2012


Cette histoire de gloire, d'argent, de drogue, de sexe, de femmes et d'hédonisme est celle du plus grand groupe de rock de tous les temps. En 2012, les Rolling Stones célèbrent leur cinquantième anniversaire. Leur histoire fait partie de la légende du XXe siècle et se situe au cœur même de la culture populaire. Ils ont su capter et traduire l'air du temps: la frustration des adolescents dans un monde encore proche de l'après-guerre; la provocation envers les autorités d'une jeunesse qui n'entend pas se faire dicter sa loi par les adultes, le Swinging London. Des années plus tard, les Stones symboliseront la fin du rêve hippie avec le tragique concert d'Altamont. "Les Stones sont plus qu'un groupe, ils sont un mode de vie". (Andrew Loog Oldham)Grâce à son talent d'enquêteur et de biographe, Philip Norman donne une dimension nouvelle au mythe. Écrit avec l'entière confiance et la collaboration des protagonistes, cette version intégralement modernisée est sans conteste le plus complet de tous les livres jamais écrits sur les Stones. La rencontre et l'ascension fulgurante du groupe, les premières tournées, les scandales Marianne Faithfull et Brian Jones, le succès de leurs morceaux révolutionnaires. On croise Les Beatles, Bob Dylan, Eric Clapton et Andy Warhol, on assiste aux enregistrements de leurs albums, on se tient dans les coulisses de leurs concerts. Philip Norman n'écarte aucun détail, abordant ici les procès pour détention et consommation de drogue, le divorce de Jerry Hall et Mick Jagger, l'évasion fiscale des Stones, l'enregistrement épique d'Exile on Main Street, la fin tragique de Brian Jones, le contrôle obsessionnel de Mick Jagger sur les affaires du groupe, le différend entre les Glimmer Twins suite à la publication des mémoires de Keith Richards, Life.


- Who i am
de Pete Townshend
Éditions Michel Lafon / Novembre 2012


"Durant des années, j'ai écrit des chansons pour mon groupe. Ce livre pourrait bien être mon premier album solo". Pete Townshend Il est l'un des guitaristes les plus novateurs du rock, une légende de la musique britannique, connu pour son jeu de scène, ses bris de guitares, et ses effets sonores précurseurs du hard-rock et du punk. Sa contribution à la culture populaire est immense, mais l'art de Pete Townshend ne se résume pas à son succès mondial avec les membres de son groupe mythique, Roger Daltrey, Keith Moon et John Entwistle. Se renouvelant sans cesse, il a inventé l'opéra rock, l'album concept, travaillé en tant qu'éditeur littéraire et développé des scénarios pour la télévision ou le théâtre, tout en composant les chansons qui ont influencé toute une génération. Dans cette autobiographie, l'une des plus attendues de l'univers rock, Pete Townshend se révèle sans tabous. Ses plus grandes fiertés, l'origine de ses créations, les coulisses de Woodstock, mais également les passages les plus sombres de sa vie, comme les abus sexuels qu'il a subis étant enfant, son alcoolisme et la manière dont il a fini par briser son mariage. Ce livre, marqué par son ambition insatiable, son perfectionnisme acharné, ses excès et sa fièvre rock' n' roll, est de son propre aveu l'une de ses plus grandes fiertés.


- Diamant brut
de Beth Ditto
Éditions Michel Lafon / Octobre 2012


"Ma vie devait être simple et non négociable: naître, aller à l'église, travailler, me marier, avoir des enfants, mourir. Mais quelque chose est survenu sur le chemin. Diamant brut est mon histoire, grandir en éprouvant le sentiment d'être en marge de la société et lutter pour trouver sa place. Mes Mémoires s'adressent directement aux enfants démunis et incompris, où qu'ils se trouvent". Manger des écureuils, poser nue dans les magazines et chanter en sous-vêtements: Beth Ditto n'a pas froid aux yeux. Fière de ses rondeurs et ouvertement homosexuelle, cette égérie du rock est définitivement hors normes. Très tôt, elle a quitté sa petite ville natale du fin fond de l'Arkansas, et est devenue, à seulement 30 ans, une chanteuse adulée, une icône gay et une muse atypique pour les créateurs de mode. Dans cette autobiographie, la diva se montre sans artifices: celle qui fait de la nudité un acte politique livre ici le récit d'une enfance difficile passée entre un hypermarché et une décharge, et surtout la genèse du groupe de rock le plus apprécié de sa génération. Elle dévoile également les coulisses de ses concerts tonitruants qui font la réputation de Gossip et revient sur les déclarations tapageuses qui ont jalonné sa carrière et font d'elle la coqueluche des médias. C'est le récit brut d'une rockeuse déjantée qui a su imposer ses formes généreuses, ses rugissements dignes de Janis Joplin et sa rage d'être différente.


- Une autobiographie
de Neil Young
Éditions Robert Laffont / Octobre 2012


Neil Young est sans aucun doute l'une des figures les plus marquantes, les plus attachantes et les plus énigmatiques de l'histoire du rock et de la culture pop des quarante dernières années. Depuis ses débuts avec le groupe Buffalo Springfield jusqu'à ses albums révolutionnaires en solo, en passant par ses immenses succès avec Crosby, Stills & Nash et son adoubement en tant que père spirituel du grunge au début des années quatre-vingt-dix, s'essayant tour à tour à la country la plus traditionnelle et au punk-rock le plus radical, Neil Young a su se renaître et se réinventer en permanence sans jamais trahir son idéal artistique. Son autobiographie présente un kaléidoscope de la vie mouvementée et du parcours musical foisonnant du Loner (le Solitaire, son surnom, s'inspirant du titre de l'une de ses chansons). Neil Young y revient pour la toute première fois en détail sur son enfance, sa découverte de la musique et sa vie de star. Un voyage qui nous conduit des neiges de son Canada natal aux boulevards de Los Angeles sous l'influence du LSD dans les années soixante, jusqu'aux rivages plus calmes d'Hawaii aujourd'hui. Pleins d'esprit, d'humour et de fraîcheur, les souvenirs de Neil Young sont un véritable cadeau pour tous les amateurs de musique, et ses Mémoires sans nul doute destinés à devenir un classique du genre.


- Mick, Sexe et Rock'n'roll
de Christopher Andersen
Éditions JC Lattès / Juillet 2012


Le célèbre journaliste Christopher Andersen nous offre ici une biographie sans détour, aussi foisonnante et bouillonnante que Mick Jagger lui-même, à l'occasion du 50e anniversaire des Rolling Stones et de leur tournée mondiale. Mick Jagger est l'une des grandes icônes culturelles de notre époque, extravagant, arrogant, inquiétant et fascinant, et pourtant il a juré de ne jamais écrire son autobiographie. Aujourd'hui, Christopher Andersen nous propose une biographie explosive et irrésistible qui fera date pour les fans des Stones toutes générations confondues, avec des révélations et des enquêtes étonnantes, telles que:
- Le passé bisexuel de Mick Jagger et la liste de ses amantes célèbres qui continue encore de s'allonger.
- Le redoutable sens des affaires de Jagger, qui lui a permis d'amasser une fortune dépassant les 400 millions de dollars.
- Cocaïne, LSD, haschisch, amphétamine, les détails surprenants quant à la réelle étendue de l'addiction de Jagger.
- Les relations du chanteur avec la famille royale, des liens qui se poursuivent aujourd'hui avec William et Kate, et les circonstances étonnantes de son anoblissement au Palais de Buckingham.
- Les menaces qui ont pesé sur la vie de Jagger, dont le récit terrifiant d'une tentative d'assassinat que le FBI garda secrète pendant des années.
- Et bien sûr, la relation étrange et ambivalente entre Mick Jagger et Keith Richard, toujours aussi explosive aujourd'hui encore.
Mick est une exploration sans concession du leader charismatique du plus grand groupe rock de tous les temps et est destinée à devenir la biographie définitive que tout fan devra avoir dans sa bibliothèque.


- Brigitte Bardot, plein la vue
de Marie-Dominique Lelièvre
Éditions Flammarion / Janvier 2012


Elle était la plus belle. Elle a éclipsé toutes les autres. Vadim lui a offert la célébrité, Godard un chef-d'œuvre, Gunter Sachs sa fortune, Kate Moss et Beauvoir leur admiration. Son énergie fracassante, sa franchise et ses amours tissent sa légende. Elle est avant tout une petite fille mal aimée qui ne tenait pas spécialement à faire du cinéma. Une jeune bourgeoise devenue une star à son corps défendant. À mi-parcours, elle a sabordé sa carrière pour se mettre au service des animaux. Il y a un mystère Bardot. La plus célèbre des Françaises reste une inconnue. S'appuyant sur des témoignages inédits, l'enquête de Marie-Dominique Lelièvre en dresse un portrait neuf.


- Carnets intimes
de Gala Dali
Éditions Michel Lafon / Mai 2012


"J'aime Gala plus que ma mère, plus que mon père, plus que Picasso et même plus que l'argent". Ainsi s'exprimait Salvador Dalí lorsqu'il parlait de sa muse. On connaît pourtant peu de choses sur cette femme mystérieuse qui entra sur la scène culturelle parisienne des années 1920 au milieu des artistes surréalistes tels que Paul Éluard, Louis Aragon, Max Ernst et André Breton. Peu d'écrits existaient jusqu'ici de cette personnalité séductrice et insaisissable. L'extraordinaire découverte de ses carnets intimes cachés dans un coffre du château où Gala Dalí repose en Espagne permet de mieux cerner cette figure énigmatique. Elle y relate son enfance et son adolescence en Russie, et livre des confidences inédites sur sa passion pour Dalí. On découvre une femme tourmentée, vulnérable et passionnée. Pour la première fois, ces documents jamais publiés lèvent le voile sur cette Russe discrète: comment a-t-elle pu susciter une telle fascination chez les plus grands artistes du XXe siècle? Jusqu'où allait vraiment la collaboration artistique de Gala et de Dalí? Fut-elle une femme d'argent ou une amoureuse? Autant de questions auxquelles ses carnets intimes répondent en grande partie.


- Dalida
de David Lelait-Helo
Éditions Payot & Rivages / Mai 2012


Ce jour de Noël 1954, la jeune Yolanda Gigliotti quitte Le Caire en quête des lumières de Paris. Pour seules armes, son titre de Miss Egypte et la force de ses rêves. Elle sera Dalida. Chanteuse de rengaines latines, madone dramatique au service de Brel, Ferré, Trenet ou Lama, incontournable reine du disco, en dix langues et trois décennies durant, elle triomphe de toutes les modes. Pourtant, quand le rideau tombe, l'âme est grise et le mal de vivre tenace. Blessures de l'enfance, impossibles deuils de ses trois hommes suicidés, amours douloureuses. Sa quête de soi la mènera dans un ashram en Inde, dans les textes de Jung et de Freud. En vain. De guerre lasse, elle suspend sa vie à 54 ans, le


- "Maintenant, tu es seul…"
de Axel Bauer
Éditions Michel Lafon / Janvier 2012


En 1974, son père le lâche au milieu d'un concert des Who à Paris avec ces mots: "Maintenant, tu es tout seul". Axel Bauer, à 13 ans, est ainsi projeté en pleine rock'n'roll attitude, ce qui va le révéler et le brûler à la fois. La rue, les groupes, les pots, et son inséparable guitare. En 1983, Cargo de nuit fait de lui une star planétaire. Avec les écueils qui s'ensuivent: l'argent, les groupies, les paillettes et la drogue. Sept ans de silence radio. Puis la gloire revient avec Éteins la lumière en 1990. Reconnu par toute la scène musicale française, ce "puriste du rock" n'en est pas moins à la poursuite d'une autre vérité. Il nous dévoile ici sa quête ésotérique, son initiation au chamanisme et aux voyages de l'esprit. Il a vécu six ans dans une maison en rase campagne sans eau ni électricité et s'est découvert des talents de guérisseur. Il s'est libéré de ses "vieux démons" et explose à nouveau avec À ma place, avec Zazie, et Personne n'est parfait. Mais la recherche de l'amour total et des mystères du monde ne le quitte pas pour autant. "Maintenant, tu es seul…": le témoignage hallucinant d'un Simple mortel, intello des riffs, que la musique du diable a incité à franchir les portes de l'ultime.


- Marlène Dietrich
de Louis Bozon
Éditions Michel Lafon / Mai 2012


Pendant trente ans, Louis Bozon a partagé le quotidien de Marlène Dietrich. Une amitié née au début des années soixante qui est devenue une complicité quotidienne jusqu'à la disparition de la star, le 6 mai 1992. Au temps de sa gloire, il a mille fois savouré en tête-à-tête, chez elle, un pot au feu qu'elle adorait cuisiner. Il lui a rendu d'innombrables services, l'a accompagnée partout dans Paris, a subi ses colères et ses caprices, n'a pas cessé de se fâcher avec elle, puis de se réconcilier. Lorsqu'elle s'est définitivement enfermée dans son appartement parisien de l'avenue Montaigne, il a été l'un des rares à pénétrer dans cette forteresse dont elle lui avait donné la clé. Vingt ans après la disparition de "L'Ange Bleu", Louis Bozon raconte par le détail la légende vivante qu'il a eu le privilège de côtoyer. Il évoque ses folies, ses excès, son mélange de dépenses excessives et d'économies de bout de chandelle, une vie cloîtrée entre un lit qu'elle ne quittait plus, une télévision où elle suivait l'actualité du monde et un téléphone qu'elle utilisait en permanence pour appeler sa fille, la Reine d'Angleterre, ou… Louis Bozon, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit. Des coups de fil qui débutaient toujours par "Allo, mon ange, c'est Marlène. Je ne vous dérange pas?".


- Rosa Bonheur
Liberté est son nom
de Gonzague Saint Bris
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


Gonzague Saint-Bris consacre son trentième livre à une femme d'exception, et à travers elle, toutes celles qui ont choisi la liberté de créer pour apprendre à devenir elles-mêmes. Rosa Bonheur a connu, dans la seconde moitié du XIXe siècle, un succès si extraordinaire en France, ainsi qu'à l'étranger, qu'on la considérait comme le peintre le plus célèbre de son temps, alors que cette même époque maintenait les femmes dans une dépendance totale, ne leur reconnaissant aucun droit et, le plus souvent, les empêchant autant de s'exprimer que de créer. Mais Rosa Bonheur, petit bout de femme en apparence et grande artiste dans l'âme, sut très jeune s'affranchir des préjugés, avant d'assurer, par son talent, une émancipation qui fit d'elle un des peintres essentiels de son temps, et la première femme artiste à recevoir la Légion d'honneur. Acharnée au travail et jalouse de son indépendance, cette rebelle qui se forma toute seule apprit, au fil des années, à devenir un être pleinement libre. Émule de Delacroix, de Géricault et de Corot, qui lui vouèrent une grande admiration, très appréciée de l'impératrice Eugénie, du duc de Morny, de la reine Victoria ou de Buffalo Bill, la petite bordelaise d'origine modeste, qui finit châtelaine dans la forêt de Fontainebleau, sut imposer à l'Europe cultivée la force de son caractère et la virtuosité de son style. Saint-simonienne convaincue, adorant les animaux, cette vestale de l'art qui, selon sa volonté, vécut et mourut vierge, n'a cessé de peindre ces présumés inférieurs parce que, disait-elle, "ils ignorent les passions". En leur compagnie, celle que Ruskin surnommait la "French Lady" a ainsi composé, à travers des milliers de dessins, de tableaux et de sculptures aussi subtilement savants que formidablement vivants, une grande géorgique de l'histoire de l'art occidental.


- Saint-Exupéry
La soif d'exister (1900-1936)
de Bernard Marck
Éditions L'Archipel / Avril 2012


Comment faire le portrait de l'auteur du Petit Prince, de Terre des hommes et de Vol de nuit? Du héros de l'Aéropostale, aventurier séducteur, l'un des hommes les plus complets du XXe siècle, dont son ami Léon Werth disait qu'"en lui, tout était lié, maths, biologie, poésie des espaces, d'un tableau de bord ou d'un drôle de bistrot, amour de Pascal, tours de cartes"? Homme d'action, prisonnier d'une carcasse qu'il n'aimait pas et qui lui valut le surnom de "Pique-la-Lune", Saint-Exupéry fut d'abord un enfant surprotégé par un aréopage féminin dans la propriété de Saint-Maurice de Rémens, au sud de Lyon. Toute sa vie, il recherchera la compagnie des femmes, amies, amantes, mère, épouses, inspiratrices. Louise de Vilmorin, qu'il ne sut retenir. L'éruptive Consuelo. Mais aussi l'invisible Hélène de Voguë, dont les biographes ne parlent guère, rencontrée en 1927 au Bal des Petits Lits Blancs, et qu'il ne délaissa jamais. Toujours, "Saint Ex" sut trouver un giron compréhensif ou l'épaule solide d'un de ses rares amis, Guillaumet ou Mermoz, avec qui partager risques et bonnes fortunes, auxquels il se confiait. Bernard Marck raconte la vie courte, bouillonnante et sans temps morts du pilote que le général de Gaulle désespéra rattacher à la cause de la France libre, mais aussi de l'écrivain autodidacte que d'aucuns comparent à Malraux et Conrad, ami de Gide, Cendrars, Prévost et Fargue, disparu entre ciel et mer le 31 juillet 1944, au large de Marseille.


- Une semaine avec Marylin
de Colin Clark
Éditions Payot & Rivages / Mars 2012


En 1956 à Londres, le jeune Colin Clark est l'assistant de Laurence Olivier, qui tourne Le Prince et la Danseuse et partage la vedette avec Marylin Monroe. Elle qui aspire au rang d'authentique comédienne est traitée comme une blonde écervelée par son partenaire et comme une enfant difficile par Arthur Miller, son nouveau mari. Le sex-symbol du grand écran tente alors de noyer son mal-être en séduisant Colin. Entre le 11 et le 19 septembre, se noue une étrange idylle faite de longues conversations et d'escapades. Mais que se passera-t-il lorsque le garçon se retrouvera assis au bord du lit de Norma Jean?


- La vie secrète de Geneviève M.
de Amel Brahmi
Éditions Du Moment / Novembre 2011


"Geneviève! Geneviève!" Debout, le public l'applaudit et scande son nom. Sur la scène, engoncée dans son légendaire tailleur noir et blanc, les bras levés vers le ciel, Geneviève de Fontenay ne cache pas sa joie. "Le général de Gaulle disait "Paris libéré". Maintenant, c'est "Geneviève libérée" hurle-t-elle ce soir de gala en Normandie. À 79 ans, Geneviève de Fontenay, Mulmann de son vrai nom, vient de lancer son opération Miss Nationale. En décidant de concurrencer Miss France, elle a réussi son pari, devenir une femme libre. La jeune et jolie esthéticienne de province, qui débarqua à Paris à 17 ans, sa valise au bout du bras, a sacrifié sa vie privée pour un concours de beauté. Manipulation, violence, trahison, l'ascension de Geneviève dans cet univers impitoyable ne s'est pas faite dans la douceur. Ses anciens collaborateurs la décrivent comme un despote et certaines Miss comme une "vraie méchante". Pourtant, cette femme, qui a été profondément meurtrie par la mort de son fils aîné Ludovic et de son compagnon Louis Poirot, n'a de cesse de protéger Xavier, son fils aîné et partenaire intransigeant. Cette première biographie de celle qui est devenue l'ambassadrice de la France morale et vertueuse se nourrit de témoignages personnels troublants. Où l'on découvre que la plupart de ses proches l'aiment et l'admirent autant qu'ils la détestent. La dame au chapeau n'a plus désormais qu'un seul souhait: "mourir sur scène".


- Est-ce que ce bruit dans ma tête te dérange ?
de Steven Tyler
Éditions Michel Lafon / Octobre 2011


"J'ai été mythifié, Jaggerisé, encensé, statufié en taré, j'ai été ColePorterisé, ringardisé, j'ai été LedZeppisé, désalcoolisé. Pur rimeur, beau parleur, c'est moi, avec Fritz le Chat, le plus félin des prédateurs américains. Des histoires inracontables, j'en ai plein, trop, et je vais toutes te les révéler. En version intégrale, bien décapante: débauche, sexe et drogue, transcendance et dépendance, tout ce que tu as toujours eu envie de savoir, et même plus. Voici la vérité, rien que la vérité à bout portant, entre tes deux yeux". Steven Tyler
Fils d'un pianiste classique et tout droit sorti du Bronx, ambiance BD "Archie", Steven Tyler était né pour être une star du rock. Bercé par Cole Porter, Nat King Cole, Mick Jagger et son idole Janis Joplin, Tyler a foulé de nombreuses scènes avant de rencontrer son jumeau providentiel et partenaire légendaire, le guitariste Joe Perry. Dans cette autobiographie rythmée, Tyler raconte sans fard la montée tonitruante d'Aerosmith. Il entraîne le lecteur dans sa peau de leader du groupe culte, la décadence, l'argent, les bagarres, les gourbis infâmes et les dorures des palaces, les vestiaires en parpaings, les limousines, les bus, les jets et les cures de désintox. Il révèle sa spiritualité occultée par les stéréotypes du boulimique sexuel, du toxico invétéré et du démon hurleur mais aussi sa vie romantique épique, ainsi que ses véritables liens avec ses quatre enfants. Aussi éblouissant, culotté et hors normes que l'homme lui-même, est un accès aux coulisses tumultueuses de cette extraordinaire existence de showman.


- Le couteau jaune
Un rebelle place Vendôme
de Alain Nemarq
Éditions Calmann Lévy / Octobre 2011


Rien ne prédestinait un enfant d'une famille modeste de la banlieue d'Asnières, à l'aube des Trente Glorieuses, à devenir l'homme qui, au tournant du siècle, démocratiserait la joaillerie de luxe et révolutionnerait la place la plus chic de Paris, avec pour mot d'ordre le luxe pour toutes les femmes. Alain Némarq, patron de Mauboussin, artiste et joaillier, s'est fait par les femmes. Ce timide qui se croyait dénué de toutes qualités leur doit l'essentiel. Ce livre, qu'il leur dédie, paie à son tour, après son métier-passion de joaillier, sa dette à tous les dons, les leçons qu'il a reçues d'elles. De multiples portraits, des femmes admirables de sa famille, des égéries qui lui ont appris la joaillerie, des grandes dames des Arts et des Lettres, font de ce livre un bréviaire amoureux dans la Cité des Femmes. Alain Nemarq, joaillier rebelle et inspiré, est un homme de conviction et de combat qui n'aura cessé de se battre en actes contre tous les establishments. On trouvera dans ces pages authentiques et sincères qui nous emmènent d'Asnières 1950 à Saint-Germain des Prés et New York des années 2000, le récit sans complaisance et au parfum littéraire d'un ami du genre humain.


- Marthe Richard
de Elizabeth Coquart
Éditions Payot & Rivages / Octobre 2011


De la petite à la grande vertu. Le 9 avril 1946, l'Assemblée nationale décidait la fermeture des maisons closes sur l'ensemble du territoire français. À cette loi, l'histoire a donné un nom: Marthe Richard (1889-1982). Armée d'une ambition de fer et veuve d'un officier britannique, elle fut elle-même prostituée à seize ans puis pilote d'avion, avant que la Grande Guerre n'en fasse une espionne. Élue en décembre 1945 au conseil municipal de Paris, elle s'engagea dans la lutte contre les maisons closes et la police des mœurs; mais tandis qu'elle parlait asservissement des femmes, la classe politique pensait épuration: il était temps de fermer ces lieux de collaboration active sous l'Occupation. Marthe Richard, qui n'est pas l'auteur de la fameuse loi, sera pourtant considérée comme la seule responsable de la fermeture.


- Éditeur
de Robert Laffont
Éditions Robert Laffont / Septembre 2011


À l'occasion des 70 ans des Éditions Robert Laffont, voici la réédition du livre de référence de son fondateur. Éditeur, livre à la fois personnel et professionnel, aussi sincère que passionnant, fut le premier d'une collection qui se proposait de donner à des hommes et des femmes, quels qu'ils soient, l'occasion de décrire leur univers, de réfléchir à haute voix sur leur place dans la société. Il a fait date, et demeure d'une incroyable actualité. Robert Laffont y évoque un métier demeuré mystérieux pour le public (et parfois pour les auteurs eux-mêmes.); il y dit ses ambitions, ses conceptions, ses relations avec tous les acteurs de la chaîne du livre, dans un récit truffé d'anecdotes; il y relate aussi ses rencontres les plus frappantes (de Graham Greene à Henri de Montherlant, de Charles de Gaulle à Gaston Gallimard), et les grandes joies que ce métier lui a apportées.


- Montand, qu'est-ce qu'elles avaient à tant l'aimer ?
de Philippe Crocq et Jean Mareska
Éditions Presses De La Cité / Septembre 2011


Brune, blonde, comédienne, chanteuse, mythe ou inconnue, Pygmalion ou groupie, les femmes de Montand ont façonné l'homme et l'artiste, ont fait du petit Ivo Livi le grand Yves Montand passé à la postérité. Lydia, Edith, Simone, Marilyn, Carole et les autres, toutes les autres, les vraies comme les supposées, Catherine, Isabelle, Barbra, Shirley, on lui en a tant prêté. Certaines ont fait éclore l'artiste, d'autres l'ont accompagné, toutes ont aimé l'homme, Ivo, l'apprenti coiffeur à Marseille devenu l'immense star Yves Montand. Soeur, pygmalionne, partenaire, épouse, inconnue, mythe ou compagne, ces femmes, et quelles femmes, sont au cœur de ce récit ponctué de confidences inédites, de révélations étonnantes, et composent le portrait intime le plus juste d'un homme et d'un artiste d'exception, disparu il y a vingt ans. Et la vérité des propos rapportés n'est pas moins romanesque que la légende.


- Quand j'étais superman
de Raphaël Poulain
Éditions Robert Laffont / Septembre 2011


Splendeurs et misères d'un rugbyman. Sur le sport de haut niveau, un témoignage comme on en n'en a rarement lu. Mai 2010. Sur le bord du trottoir, un brun mal rasé de 1,86 m pour 100 kilos, dont le débardeur exhibe la musculature impressionnante, a installé son petit étal pour le vide-grenier de son quartier du XIVe arrondissement de Paris. À vendre ses maillots du Stade Français ou de l'équipe de France, ses survêtements, ses chaussures de marque. Raphaël Poulain, ex-rugbyman depuis deux ans, est au RSA, quelques mois plus tôt il a failli glisser dans la clochardisation. Printemps 1999, un "cheval fou" de 19 ans, qui a appris le peu qu'il sait du rugby en Picardie (pas vraiment la région centrale de ce sport.), impose son physique et sa fougue dans les compétitions de jeunes. De son propre aveu, il ne sait ni plaquer ni faire une passe, mais peu importe pour Bernard Laporte, entraîneur du Stade Français et futur entraîneur du XV de France, à qui son physique hors norme plaît. Le voici du jour au lendemain dans le club phare de la capitale, avec un salaire confortable, un studio, un cabriolet, table ouverte dans les bars branchés de Paris. En quelques mois, Raphaël devient un espoir du rugby français, on le surnomme le "Lomu blanc", en référence au célèbre ailier All Black dont le physique effrayait ses adversaires. Il joue, il gagne, il s'amuse. D'étape en étape, il raconte sa carrière sans faux semblants , les émotions partagées du vestiaire et du terrain, les grands moments sportifs, les blessures à répétition et les galères, les potes, les fameuses "troisièmes mi-temps", les entraîneurs qui t'aiment et ceux qui te saquent. Il raconte avec un humour dévastateur ses (nombreuses) bêtises, et porte un regard tendre mais sans concession sur un monde qui est passé en quelques années du "rugby de village" au sport-business, avec ses sponsors et ses déferlantes médiatiques. Il raconte également comment, dans une étonnante reconversion, on le retrouve sur les planches avec Isabelle Adjani. Aujourd'hui, sans amertume mais sans illusion, il se souvient du petit enfant qui rêvait d'être Superman et se voyait indestructible. Il a payé avec son corps et son cœur pour découvrir qu'il ne l'était pas. Avec son livre il ne se contente pas de se livrer, il évoque la beauté du sport et sa solitude, son ivresse et ses dangers. C'est un livre qu'on aura envie d'offrir ou de faire lire à tous ceux qui rêvent de devenir Chabal ou Zidane et à leurs parents.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 4 Juil - 7:01

- C'est beau la vie
de Isabelle Aubret
Éditions Michel Lafon / Mai 2011


L'incroyable parcours d'une petite fille pauvre du nord de la France, cinquième d'une fratrie de onze enfants, ouvrière en usine à 14 ans, devenue l'interprète des plus célèbres auteurs de son temps. Fracassée par deux accidents terribles qui l'ont éloignée de la scène pendant plusieurs années, elle s'en est sortie avec un acharnement exemplaire, renouant avec le succès et retrouvant, près d'elle, ses plus chers soutiens. Aragon, secrètement amoureux, allant dérober ses photos dans sa maison de disques; Brassens la portant dans ses bras, de la scène à sa loge, quand elle ne pouvait plus marcher; Brel, fasciné par son courage, lui offrant à vie les droits de La Fanette. Ferrat, enfin, son frère d'âme. Ferrat, l'ermite d'Antraigues, qui partagea avec elle "des idées et des envies" jusqu'à ses derniers instants, et dont elle défend l'œuvre autant que la mémoire.


- J'ai toujours su que c'était toi
de Gilbert Montagné
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2011


Souvent, trop souvent, les secrets de famille laissent dans leur sillage chagrins et souffrances irréversibles. Celui qui a bercé les jeunes années de Gilbert Montagné est resté enfoui pendant un demi-siècle. Seule, sa mère, qui avait fait de son fils cadet son confident privilégié, avait accepté de le partager avec lui. Pour la première fois, Gilbert relate le combat de sa petite mère courage pendant la guerre et révèle, dans un récit romanesque à souhait, l'existence d'une femme-fantôme qui a hanté ses jours et ses nuits. Ils s'aimaient sans se connaître. Le destin a décidé de les réunir avant qu'il ne soit trop tard. "Je t'attendais. J'ai toujours su que c'était toi".


- La ballade de Bob Dylan
de Daniel-Mark Epstein
Éditions Robert Laffont / Mai 2011


La meilleure biographie écrite à ce jour sur la complexe et fascinante histoire de Bob Dylan, dont on célèbrera les 70 ans en mai 2011. Considéré comme l'un des meilleurs biographes actuels, Daniel Mark Epstein entretient avec Bob Dylan une relation particulière qui remonte à ce jour de 1963 ou, âgé de quinze ans, il alla voir et entendre à Washington un jeune chanteur protestataire dont on commençait à beaucoup parler, c'était après Elvis, c'était avant les Beatles. La marque indélébile laissée par ce concert dans la mémoire et dans le cœur de l'auteur est à l'origine de cet ouvrage. Pour retracer le parcours de Robert Allen Zimmerman, gamin juif du Minnesota devenu prophète en son pays comme en bien d'autres, Epstein a choisi de s'inclure lui-même de façon discrète et ingénieuse dans le dispositif de son ouvrage en retenant quatre concerts auxquels il a personnellement assisté en 1963, 1974, 1997 et 2009. Quatre moments-clés qui servent de trame et de prétexte pour retracer, au cours de longs flash-back, l'odyssée dylanienne, depuis l'émergence du jeune chanteur de folk jusqu'à la "tournée sans fin" du quasi septuagénaire qui, toujours sur la route, ne cesse de revisiter ses fulgurantes chansons, en passant par l'apogée de la rock star de la fin des années 60 et des années 70. L'amour sincère qu'Epstein porte à Dylan n'est toutefois en aucun cas aveugle et ne l'empêche nullement, à la différence de tant d'autres, de porter un regard lucide et distancié sur la statue du Commandeur de la musique populaire contemporaine, son impact et son rayonnement, mais aussi sur sa vie privée mouvementée (relatée avec beaucoup de pudeur) et les contradictions parfois déroutantes de l'homme. Ayant eu l'intelligence de s'effacer derrière son sujet, Epstein livre un portrait sans concession de l'un des plus considérables artistes du XXe siècle, un récit clair et étayé de la complexe et fascinante histoire de Bob Dylan, et propose certainement la meilleure biographie écrite à ce jour sur un sujet et une légende qui ont pourtant inspiré plus d'un auteur.


- La circassienne
de Guillemette de Sairigné
Éditions Robert Laffont / Janvier 2011


Exilée du Caucase, mannequin chez Chanel, cette célèbre beauté fut une héroïne de la Seconde Guerre Mondiale et une icône de la Légion étrangère. Leïla Hagondokoff est une enfant qui vit entre le Caucase et Saint-Pétersbourg dans une famille de militaires. En 1917, elle a dix-neuf ans, elle est très belle, et tombe amoureuse d'un officier atteint d'une grave blessure à la tête qu'elle épouse contre l'avis de ses parents. La Révolution les pousse à fuir vers l'est et ils atteignent Shanghai au terme d'un terrible voyage. En Chine son existence est aventureuse, elle divorce et parvient à gagner la France. Chanel l'engage comme mannequin et sa vie sentimentale bien remplie se termine par un élégant mariage français. Mais cette séductrice devient une combattante pendant la guerre d'Espagne et la Seconde Guerre Mondiale. Elle invente, fait financer et dirige des ambulances qui, pour la première fois, sont conçues afin d'opérer les blessés intransportables. Elle fait la campagne d'Italie, la campagne de France, repartira en Algérie pendant la guerre afin d'établir un centre de repos pour les soldats désargentés. La fin de sa vie et le reste de sa fortune sont consacrés à la Légion étrangère, pour qui elle est une bienfaitrice et une légende vivante. Personnalité complexe, libre et transgressive, sa volonté de fer et son courage physique et moral n'eurent d'égal que sa célèbre beauté.


- Ramones. 18 nouvelles punk et noires
Écrit en collectif
Éditions Buchet Chastel / Mars 2011


One, two, three, four. En 1976, avec leur Perfecto, leurs cheveux longs et leurs jeans déchirés, les Ramones ont fait tomber les murs. Une technique rudimentaire: trois accords joués à vitesse supersonique, un riff hurlant, une voix électrisante, le punk était né. Dix ans après la mort de Joey Ramone, dix-huit auteurs de polar français leur rendent hommage, à travers autant de nouvelles noires, pleines de bruit, de fureur et d'amour.


- Tant d'histoires pour un fauteuil
de Marc Germanangue et Michaël Jeremiasz
Éditions Michel Lafon / Mars 2011


"On me demande souvent comment j'ai réagi quand j'ai appris que j'étais paraplégique, que je ne remarcherais plus jamais comme avant. J'essaie de me souvenir de ce que j'ai pu ressentir, il y a déjà dix ans. Mon accident est survenu quelques jours après mon premier semestre à la fac. L'année suivante, j'y suis retourné, super excité à l'idée de reprendre les études, mais j'appréhendais les réactions des autres. Comment mes anciens camarades vont-ils me regarder? Et les nouveaux? Sans parler des filles. Est-ce que je vais encore plaire, pouvoir séduire?" Michaël Jérémiasz, champion paralympique de tennis, confie sa perception de la réalité, raconte les heurts, les malheurs, et aussi les bonheurs de sa vie en fauteuil. Face à lui Marc Germanangue, son prof à Sciences po, son ami. Il prend la plume pour incarner dans de courtes fictions l'entourage de Michaël. À la première personne, il se met dans la peau de ceux qui le croisent ou partagent sa vie, sa mère, un de ses frères, ses ex petites amies, un flic, les autres. Des rencontres, des confrontations, des amours, des amis, des emmerdes, la famille. La vie…


- Madame Geoffrin
de Maurice Hamon
Éditions Fayard / Novembre 2010


Lieux de sociabilité certes, mais surtout lieux de pouvoir à travers lesquels de nouvelles élites, celles de la finance et de l'industrie, s'affirmèrent socialement, les salons des Lumières ont joué un rôle historique capital. En lançant les écrivains et les artistes, en répandant les idées nouvelles, en faisant et défaisant la réputation des hommes d'État, en drainant vers la Ville (et non plus vers la Cour) l'Europe de la création et de la pensée, les maîtresses de maison de cette époque ont écrit une page fascinante de l'histoire des femmes, car elles ont brisé le modèle qui les réduisait à l'état de pourvoyeuses de dots et de génitrices. Madame Geoffrin est certainement celle qui est allée le plus loin dans cette voie. N'ayant pour elle ni la naissance (elle devait son opulence à son mariage, à quinze ans, avec un barbon, "caissier" de la Manufacture des Glaces de Saint-Gobain), ni l'esprit de galanterie, ni la culture (son orthographe est très approximative), elle usa, pour supplanter ses rivales, notamment Madame du Deffand, de sa force de persuasion, de son entregent, de sa capacité à se servir des uns pour attirer les autres. Vaniteuse bien sûr, fière de ses prises de guerre et soucieuse à l'extrême de toucher les gens importants, elle visait à gagner la confiance des décideurs politiques, par exemple pour faire renouveler le privilège royal de Saint-Gobain ou consolider sa position d'actionnaire principale. Peut-être même s'est-elle faite femme d'influence pour être meilleure femme d'affaires. Ses liens avec Catherine de Russie ou avec le roi de Pologne Stanislas Poniatowski, en tout cas, semblent l'avoir mobilisée davantage que sa familiarité avec Fontenelle, Montesquieu ou Van Loo. De la même façon, ses relations orageuses avec sa fille, Mme de La Ferté-Imbault, qui tenait salon avec elle et qui prit plus tard sa suite, ne furent jamais dépourvues d'arrière-pensées financières. Femme de tête intelligente et énergique, Mme Geoffrin méritait bien cette biographie entièrement nouvelle. Exploitant avec une science et un talent littéraire exceptionnels une masse d'archives absolument inédites, Maurice Hamon renverse bien des idées reçues sur son héroïne et plus généralement sur la société, les idées et l'économie au XVIIIe siècle. Son livre modifie en profondeur notre perception du siècle des Lumières et dissipe nombre d'erreurs et de mièvreries colportées par une historiographie paresseuse.


- Ma voie
de Barbara Hendricks
Éditions Les Arènes / Novembre 2010


CD inédit inclus.
Depuis 30 ans, sur les scènes du monde, elle chante Mozart et Duke Ellington. Elle a vendu 14 millions d'albums et enregistré plus de 80 disques. Son combat inlassable contre l'injustice a marqué les esprits. Les Mémoires d'une grande dame. "Je suis née dans le sud des États-Unis: la ségrégation ne nous permettait pas d'aller dans le mêmes écoles, les mêmes bus, les mêmes restaurants que les Blancs. Mon père était pasteur, ma mère institutrice. Nous n'avions pas beaucoup d'argent. Mes premiers chants furent les negro spirituals, la musique des esclaves. Un jour, un bienfaiteur m'a entendue à la messe. Grâce à lui, j'ai rencontré Miss Tourel, mon professeur de chant. Mon destin a basculé". Comment la petite fille aux pieds nus de l'Arkansas issue d'un monde "interdit aux Negroes" a conquis les plus grandes scènes internationales? Barbara Hendricks raconte son parcours hors du commun: son enfance, son travail avec Karajan, Bernstein, les coulisses de l'opéra, son combat pour les droits de l'Homme, ses rencontres avec Mitterrand, Clinton, Maria Callas, Aung Sung Suu Kyi. À travers ce destin de femme libre, de chanteuse, de militante et de mère, Barbara Hendricks a tracé sa voie.


- En flagrant délire
de John Lennon
Éditions Robert Laffont / Octobre 2010


Livre-culte réunissant textes, poèmes et dessins de John Lennon, dont certains datent de ses années de lycée, In His Own Write paraît outre-Manche en 1964. L'année suivante, les Éditions Robert Laffont en publient une version française, intitulée En flagrant délire, orchestrée de main de maître par deux traductrices intrépides et talentueuses, Rachel Mizrahi et Christiane Rochefort. Intrépides car traduire In His Own Write n'allait pas de soi. Bien sûr, John Lennon et ses trois comparses étaient déjà, ou presque, plus connus que Jésus-Christ. Bien sûr le livre avait remporté, dès sa sortie en 1964 dans le monde anglophone, un succès considérable. Mais cet étrange ouvrage plein de non-sens, dont Lennon, grand fan de Lewis Carroll, avait coutume de dire que lui-même n'y comprenait pas grand-chose, était, disons-le, quasi intraduisible. Imaginez. Lieu des explorations linguistiques les plus foutraques, le plus spirituel des Beatles y joue avec les mots comme d'autres s'amusent avec un ballon: avec une aisance et une dextérité à toute épreuve. On y trouve, dans le désordre, libres associations, calembours, métonymies, hypallages; mais aussi, coquilles et autres usages impropres, farfelus et absurdes, qui prennent sens dans un travail de résonance et de distorsion de la langue tout droit inspiré des pratiques surréalistes. Autant dire, en fin de compte, qu'entreprendre cette traduction était un acte de folie pure, motivé certes par une admiration sans bornes et une indéniable tendresse pour l'auteur, et soutenu par un solide sens de l'humour. Et pourtant, le talent aidant, le résultat est un bijou de virtuosité dans lequel s'incarne l'humour légendaire de Lennon, parfois noir et grinçant, parfois léger, en tous cas toujours décalé.


- John Lennon, une vie
de Philip Norman
Éditions Robert Laffont / Octobre 2010


8 décembre 1980, peu avant vingt-trois heures. John Lennon regagne son appartement new-yorkais au sortir d'une session d'enregistrement. Un homme s'approche, l'apostrophe - "Monsieur Lennon" - avant de faire feu à cinq reprises. John Lennon titube, s'écroule; deux mois plus tôt, il avait célébré son quarantième anniversaire. La nouvelle de son assassinat se répand aussitôt à travers le monde comme une traînée de poudre. À Manhattan, en pleine nuit, une foule immense en état de choc converge vers le Dakota Building ou le drame vient de se produire. Pour quelles raisons, trente ans après sa mort, le culte voué à celui qui proclamait à propos des Beatles: "Nous sommes plus célèbres que Jésus-Christ" ne s'est-il jamais démenti? Pourquoi la marque imprimée à toute une époque par John Lennon, l'homme et sa musique, demeure-t-elle indélébile? Quels secrets inavoués défendent les célébrissimes lunettes rondes du fondateur du plus fameux groupe de rock de l'histoire? Pour le savoir, Philip Norman, déjà auteur d'une mémorable biographie consacrée aux Beatles, a rembobiné le film de l'existence de John Winston Lennon, enfant de la guerre né en pleine période du Blitz, au milieu d'un raid de l'aviation allemande. Et le résultat est saisissant. À partir de sources et de témoignages inédits, Norman parvient à faire revivre tant le gamin anonyme, écorché vif, querelleur, moqueur, voire cruel, que le working class hero milliardaire idolâtré, complexe et paradoxal. Plus encore: qu'il évoque le Liverpool de la fin des années 1950 ou les quartiers chauds de Hambourg ou les Fab Four font leurs premières armes, Norman réussit le prodige de restituer l'esprit, et l'énergie, du temps. Biographie monumentale à la hauteur du sujet traité, John Lennon, une vie retrace autant l'itinéraire d'une pop star qu'il éclaire le parcours de l'une des figures majeures du XXe siècle.


- La voix du corps
de Mady Mesplé
Éditions Michel Lafon / Octobre 2010


Vivre avec la maladie de Parkinson. Soprano célèbre, Mady Mesplé a triomphé à l'Opéra de Paris, à la Scala de Milan comme au Metropolitain Opera de New York dans les rôles les plus prestigieux du répertoire français, italien ou allemand. Elle est aujourd'hui un professeur de chant très recherché et la marraine de l'Association France Parkinson. Car ce mal l'a frappée, elle parmi tant d'autres. Mais elle a décidé de lutter, et surtout de soutenir tous ceux qui sont atteints par ce fléau invalidant. Ils sont nombreux. Plus de 150 000 en France et 10 000 nouveaux cas par an. Avec en toile de fond le récit intime de sa carrière de cantatrice, de ses joies et de ses drames, Mady Mesplé nous offre un témoignage unique sur cette affection, ses signes précurseurs, les souffrances quotidiennes qu'elle inflige, mais aussi sur les soins nécessaires au confort des patients, les moyens de les soulager et de leur redonner l'espoir. "Oui, être heureux malgré la maladie de Parkinson est possible". Cet ouvrage sera d'un grand secours pour les malades comme pour leur entourage.


- Life
de Keith Richards
Éditions Robert Laffont / Octobre 2010


"Je ne fais pas ça pour l'argent, ni pour vous. Je fais ça pour moi". Un événement, la sortie mondiale de l'autobiographie d'une des plus grandes icônes du rock’n’roll, le guitariste des Rolling Stones. "On me demande souvent, "Tu ne comptes pas t'arrêter?" Je ne pourrais pas, je prendrai ma retraite quand je passerai l'arme à gauche. C'est dur à expliquer". Hors-la-loi malgré lui, fouteur de merde patenté, guitariste génial, Keith Richards s'est forgé une existence dont beaucoup rêveraient mais dont peu s'imaginent la réelle teneur. Et le plus incroyable, c'est qu'il est toujours là pour la raconter. Voici donc l'inégalable autobiographie d'un original qui a toujours fait ce qu'il avait à faire et dit ce qu'il pensait. Dans un récit unique, féroce et sans le moindre fard, Keith Richards nous raconte cette vie à deux cents à l'heure, qui a vu un gamin d'une banlieue modeste de Londres obsédé par Chuck Berry et Muddy Waters s'unir à Mick Jagger pour fonder les Rolling Stones et hisser ses parties de guitare au rang d'hymnes planétaires. Avec une totale franchise, il raconte les hauts et les bas, l'ascension fulgurante, les arrestations, les tournées démentielles, les femmes, l'alcool et l'addiction à l'héroïne qui ont fait de lui l'un des plus notoires "mauvais garçons" du rock. Il nous explique comment il a créé les riffs révolutionnaires, explosifs qui font de "Satisfaction", "Jumping Jack Flash" ou "Gimme Shelter" les plus grands classiques du rock, il évoque pour nous la vérité derrière la relation passionnelle qui l'a uni à la non moins scandaleuse Anita Pallenberg, dont il a eu trois enfants, sans oublier la mort tragique de Brian Jones en passant par son histoire d'amour avec Patti Hansen et ses rapports tumultueux avec Jagger. C'est un véritable road-movie qui défile devant nos yeux, celui d'une vie sur le fil du rasoir, débridée, sans crainte du qu'en-dira-t-on, menée au pas de charge par celui qui restera à jamais "Keith".


- Phil Spector, le mur de son
de Mick Brown
Éditions Sonatine / Septembre 2010


Splendeur et décadence d'un génie du rock. 1958. À 18 ans, Phil Spector est au sommet des hit-parades américains. À 22 ans, il est à la tête de son propre label. Tom Wolfe chante les louanges du "premier adolescent millionnaire". Dans les années qui suivent, Spector va littéralement inventer le son de son époque, et incarner mieux que quiconque la musique des années soixante. La liste des artistes avec qui il collabore est impressionnante, des Ronettes aux Beatles, en passant par Ike et Tina Turner, Sonny and Cher, Bob Dylan, Leonard Cohen, les Ramones... Devenu une véritable légende vivante, il va alors peu à peu sombrer dans une réclusion volontaire, où il laissera libre cours à sa folie paranoïaque. Il n'en sortira qu'à l'hiver 2003, pour répondre de l'accusation d'homicide volontaire sur la personne de Lana Clarkson, une jeune comédienne retrouvée morte dans son manoir californien, qui lui vaudra une condamnation à dix-neuf ans de prison. Mick Brown, qui a recueilli en exclusivité les confessions de Phil Spector après un silence de plus de vingt-cinq ans, retrace dans cette biographie passionnée et passionnante l'incroyable existence de ce génie dérangé du rock. À partir de centaines d'heures d'entretiens avec les principaux protagonistes de cette tragique success story, il nous livre bon nombre d'anecdotes inédites et lève le voile sur le destin maudit d'un bad boy au talent fou.


- Philippe Noiret de père en filles
de Déborah Grall-Noiret et Frédérique Noiret
Éditions Michel Lafon / Septembre 2010


"J'ai faim". Quand Philippe Noiret rentrait à la maison après une journée de tournage ou une chevauchée dans les bois, toutes les femmes se mettaient au garde-à-vous. Sa fille se souvient de ce personnage hors du commun, aux colères d'Ancien Testament et à l'intérieur "tout de soie". Un homme fou d'amour pour son épouse Monique Chaumette, immense actrice qui a tout laissé tomber pour lui. Un papa-tendresse, mais qui ne savait pas comment s'y prendre avec un enfant. Un gentleman élégant et baroque, qui collectionnait les pulls en cachemire, les chaussures sur mesure, les grenouilles miniatures et les tables. Goût du luxe? Non. Goût de l'élégance et du confort ouaté. "La vie est courte, disait-il, autant faire le voyage en première classe". Il pouvait se l'offrir: 150 films. Il en partageait les anecdotes "de coulisse" avec Jean Rochefort, Alfred Hitchcock, Romy Schneider ou Alain Delon. Bien sûr, Frédérique se sentait un peu seule parmi ces monstres sacrés. Il a fallu la naissance de sa fille Deborah pour que Philippe Noiret découvre les vraies joies de la famille. Deborah elle aussi a aimé passionnément ce grand-père qui l'a encouragée dans sa vocation de comédienne. De tous ces souvenirs est sorti un livre de sourires embués d'émotion, où le talent de l'acteur se trouve presque supplanté par le charme de l'homme.


- Signoret, une vie
de Emmanuelle Guilcher
Éditions Michel Lafon / Septembre 2010


Vingt-cinq ans après sa disparition, Simone Signoret reste irremplacée et irremplaçable. Emmanuelle Guilcher n'a cessé de l'admirer dès son adolescence: "J'avais treize ans et toute l'audace des jeunes filles timides persuadées que le monde leur appartient si elles désirent lui appartenir. Simone Signoret me fascinait. J'ai décidé de lui écrire comme à quelqu'un qui m'était familier. Simone a répondu". Par la suite, Emmanuelle Guilcher a nourri sa passion pour cette femme, rencontrant ceux qui l'ont fréquentée, célèbres ou non. Après avoir recueilli plus de cinquante témoignages inédits, passé des heures à visionner de nouveau tous les films qu'elle a pu retrouver et enquêté durant dix ans sur les lieux foulés par les pas de son icône, elle retrace son parcours. Des ses débuts de comédienne dans la France occupée à la rencontre de sa vie avec Yves Montand, de Casque d'or à la Madame Rosa de La Vie devant soi, de l'oscar à "l'affaire Marilyn", de l'artiste à l'écrivain, elle relate les épreuves et les choix de cette femme engagée dans les grands combats de son temps, d'une actrice dans son époque, un témoin sans pareil d'un demi-siècle fécond.


- Derrière le conte de fée
de René Angélil
Éditions Michel Lafon / Mars 2010


1980. René Angélil, producteur de disques et impresario de Ginette Reno, rencontre une jeune chanteuse à voix d'ange mais plutôt timide: Céline Dion. Son existence va en être bouleversée, et celle de Céline aussi. Follement amoureux de sa future étoile, René va la métamorphoser totalement. Le physique, le look, l'aisance sur scène, le sens artistique: tout y passe. Notre Pygmalion a 26 ans de plus que son élève mais cette dernière est séduite et ce sera l'amour fou. Inconditionnel, fusionnel. René Angélil nous dévoile ici les coulisses de cette passion mais aussi son combat pour propulser sa belle au firmament des stars. Tout cela grâce à son expérience de joueur d'échecs et de fin stratège des affaires, qui nous entraîne ici dans les jeux du pouvoir, du business et de la politique où l'art et la culture font courageusement leur chemin. Avec, en toile de fond et par-delà les décors kitsch que le couple affectionne, le soutien sans faille de la famille et le souvenir des temps difficiles.


- J'aurais pu virer malhonnête
La jeunesse tumultueuse de Georges Brassens
de Bernard Lonjon
Éditions Du Moment / Janvier 2010


Presque trente ans après sa mort, Georges Brassens est devenu une figure mythique de la chanson française. Pourtant, certaines facettes de sa personnalité demeurent méconnues, même de ses inconditionnels. Sa complicité dans plusieurs cambriolages perpétrés avec sa bande de copains à Sète et ses démêlés judiciaires sont détaillés dans ce livre pour la première fois. Ils conduiront le jeune homme de vingt ans à s'exiler à Paris où il écrira ses plus beaux textes. Plus inattendue encore, la révélation de son dossier aux Renseignements généraux. Les RG le qualifient à l'époque de chantre des théories libertaires qui insulte la police, la gendarmerie et l'armée. Nourri d'archives inédites, d'entretiens avec ses proches et d'anecdotes savoureuses, ce récit évoque l'immense poète à travers le charme et l'emprise de Sète, sa ville natale, son île singulière. Il serpente entre l'histoire du XXe siècle et l'œuvre de Brassens jusqu'à la réussite en pleine lumière de ce sculpteur de mots, brillant artisan de la rythmique. La jeunesse tumultueuse, les premières amours, les relations avec les staliniens et les francs-maçons, les amitiés ambiguës: Bernard Lonjon dresse le portrait d'un Brassens fougueux et inclassable. Jusqu'à ce que la Camarde ne le transforme en éternel estivant.


- La frondeuse
Marguerite Durand, patronne de presse et féministe
de Elizabeth Coquart
Éditions Payot & Rivages / Février 2010


Comment être libre et indépendante à une époque où le carcan des traditions enrégimentait toute vie en société? Tel fut le défi de Marguerite Durand (1864-1936), figure de proue du féminisme qui jamais ne renonça à la féminité et dont la biographie est aussi l'histoire de la Troisième République. Jeune actrice adulée à la Comédie-Française puis journaliste, égérie du boulangisme puis ardente dreyfusarde, elle devint la première patronne de presse de France en fondant en décembre 1897 La Fronde, journal entièrement écrit et fabriqué par des femmes. Souvent villipendé par ses confrères à moustache, il n'en joua pas moins un rôle majeur dans les grandes campagnes qui firent changer les lois en faveur de la cause féminine. En digne briseuse de tabous, Marguerite Durand fut aussi une grande amoureuse. Courtisée par Georges Clémenceau, Aristide Briand et Guillaume II, elle ne négligea pas de séduire également le gratin de la finance. Car elle était très dépensière pour elle-même comme pour les œuvres qu'elle défendait, et dont la plus originale fut le tout premier cimetière animalier, ouvert à Asnières en 1899. Dans un autre genre, elle créa la bibliothèque féministe qui porte son nom, située aujourd'hui dans le XIIIe arrondissement de Paris. C'est là que sont conservés ses carnets intimes, lesquels n'avaient jamais été étudiés. Ils constituent le fil conducteur de cette première grande biographie consacrée à l'une des femmes les plus remarquables, remarquées et romanesques de son temps.


- Le roi de l'Amérique
de Peter Stephan Jungk
Éditions Jacqueline Chambon / Avril 2010


Ce roman, qui fait revivre au quotidien un Walt Disney vieillissant, nous en apprend plus qu'une longue biographie sur la vie de cet homme qui se trouva confronté au mythe qu'il avait lui-même créé. Une visite à Marceline dans le Missouri en compagnie de Roy, le frère gestionnaire de la société Disney, en dévoile l'origine. C'est en effet dans la petite ville que l'enfant Walt, élevé à la dure dans une famille de paysans pauvres, aurait découvert la nature qui ne ment pas et les sympathiques petits animaux qui peupleront son œuvre et là, inventé Mickey, la souris planétaire. C'est aussi dans cet État du sud profond que se sont sans doute forgées les idées ultra-conservatrices, voire fascisantes, qui guideront sa vie. Au nom de la grande Amérique, Disney fraternisera avec Hoover et ira jusqu'à dénoncer Charlie Chaplin à la commission MacCarthy. Vulgaire et génial, abject et fascinant, celui qui se disait plus connu que Jésus Christ, est ici mis à nu par la hargne du narrateur, un ancien employé licencié. Un roman remarquablement documenté et écrit avec une ironique alacrité.


- Les derniers jours de Stefan Zweig
de Laurent Seksik
Éditions Flammarion / Janvier 2010


Le 22 février 1942, exilé à Pétropolis, Stefan Zweig met fin à ses jours avec sa femme, Lotte. Le geste désespéré du grand humaniste n'a cessé, depuis, de fasciner et d'émouvoir. Mêlant le réel et la fiction, ce roman restitue les six derniers mois d'une vie, de la nostalgie des fastes de Vienne à l'appel des ténèbres. Après la fuite d'Autriche, après l'Angleterre et les États-Unis, le couple croit fouler au Brésil une terre d'avenir. Mais l'épouvante de la guerre emportera les deux êtres dans la tourmente, Lotte, éprise jusqu'au sacrifice ultime, et Zweig, inconsolable témoin, vagabond de l'absolu.


- Mots de tête
de Diane Dufresne
Éditions Michel Lafon / Février 2010


"J'écris c'qui m'chante", dit-elle. Et elle a bien raison. Au lieu d'une biographie pompeuse, Diane Dufresne nous livre avec bonheur une vie en éclats. Écrivain, peintre, chanteuse: nous la retrouvons sous ses multiples facettes, l'existentialiste, la rockeuse, l'amoureuse impudique (sur scène) et la femme secrète, inattendue. Nous nous retrouvons aussi nous-mêmes, à travers les émotions que Diane exprime. Des pages magnifiques sur l'amitié, l'amour, la solitude. D'intimes confidences où resurgissent nos peurs: peur de l'inconnu, de la mort, du destin de la Terre et du nôtre. Et parmi toutes ces craintes un oubli capital: celui de savourer la vie. Pourquoi sentons-nous toujours qu'on a quelque chose à faire au lieu de quelque chose à vivre? Avec ses splendeurs d'écriture, sa fantaisie, son humanité, son humilité, cette diseuse de belle aventure nous enchante et nous fait du bien.


- Qu'en pense Keith Richards ?
de Mark Blake
Éditions Sonatine / Avril 2010


Avec une patience et une admiration à toute épreuve, Mark Blake a recueilli les pensées, les maximes et les aphorismes les plus percutants du bad boy le plus légendaire de l'histoire du rock. Keith Richards se confie peu, mais quand il parle l'effet est saisissant, jugez-en vous-même:
"J'ai eu au moins trois docteurs qui m'ont dit: Si vous continuez comme ça, je ne vous donne pas six mois. Je suis allé à l'enterrement des trois".
"Par miracle, grâce à l'abstinence et à la prière, mes dents ont repoussé".
"On frappe à la porte de la loge. Notre manager, qui crie: Keith, Ron, Police, c'est pour vous. On a paniqué, on a tout jeté dans les chiottes. La porte s'est ouverte, et qui on voit rentrer? Sting et Stewart Copeland".
"Le truc le plus bizarre que j'ai sniffé? Mon père. Il a été incinéré et je n'ai pu résister à l'envie de le mélanger à un peu de poudre. Le connaissant, mon père s'en serait foutu".


- Time of my life
de Lisa Niemi et Patrick Swayze
Éditions Michel Lafon / Janvier 2010


Patrick Swayze et Lisa Niemi se sont rencontrés quand ils étaient adolescents. Ensemble, ils ont connu les hauts et les bas de la carrière d'acteur de Patrick, la célébrité envahissante avec le succès mondial de Ghost ou de Dirty Dancing, les démêlés de Patrick avec l'alcool, et cette ultime épreuve: le cancer, qui l'a terrassé en septembre 2009. Lisa retrace dans ce témoignage exceptionnel le parcours phénoménal de son époux, se souvient comment leur couple a tenu malgré le statut de sex-symbol de Patrick, et raconte avec délicatesse les derniers instants de sa vie, son combat acharné et lucide contre la maladie, et toujours, l'amour profond de son métier de comédien, qui l'a conduit à jouer, jusqu'au bout de ses forces.


- Une femme célèbre
de Colombe Schneck
Éditions Stock / Août 2010


"Denise était une vedette de télévision des années soixante, elle animait tous les dimanches l'émission Discorama, où elle a lancé, soutenu de nombreux chanteurs, comme Barbara, Maxime Le Forestier, Véronique Sanson. Elle ne vivait que pour cela, le talent des autres. En janvier 1975, elle a été licenciée pour des raisons politiques. Elle espérait revenir pour "un dernier tour de piste", comme elle le disait. En 1981, on lui a fait de nombreuses promesses. Aucune ne sera tenue. Elle est morte, seule, oubliée de tous, deux ans plus tard. Qui était vraiment Denise? Que devient-on après avoir été une femme célèbre? Avoir sa photo dans le journal, être courtisée et vivre avec la crainte lancinante que tout s'arrête un jour. Jeanne Rosen est-elle si loin de ce précipice où on vous oublie? Jeanne Rosen est journaliste, auteur d'un livre qui a connu un succès immérité, et se rend compte qu'elle se trompe sur sa vie, que ces questions ne sont pas les bonnes. Comme Denise, il lui aura fallu dix ans pour comprendre que la personne qui marchait sur le fil n'était pas elle". Colombe Schneck dessine le portrait digne de Denise Glaser, femme de télévision, à la vie discrète et mystérieuse, toute en ombre et lumière, tandis qu'en parallèle elle met en miroir une jeune journaliste et écrivain de notre époque qui ressent les fragilités de la gloire. C'est une façon d'hommage, pudique et sincère, autant qu'une réflexion fine sur les revers de la célébrité.


- London Calling
Écrit en collectif (sous la direction de Jean-Noël Levavasseur)
Éditions Buchet Chastel / Novembre 2009


Le célèbre album London Calling du groupe The Clash fête ses trente ans en décembre 2009 . Dix-neuf auteurs français lui rendent hommage à travers autant de nouvelles inédites, chacune inspirée par l'une des dix-neuf chansons de London Calling. Ce qui donne des histoires tour à tour sarcastiques, haletantes, burlesques, tragiques, engagées, toujours noires, et toujours rock. Une façon de prendre acte de l'évolution de la littérature noire: auparavant plutôt associée au jazz, elle voit aujourd'hui une nouvelle génération d'auteurs, dont l'univers est très marqué par le rock, parmi lesquels: Jean-Hugues Oppel, Thierry Crifo, Pierre Mikaïloff, Max Obione, Olivier Mau, Annelise Roux, Jan Thirion, Marc Villard, José-Louis Bocquet, Mouloud Akkouche, Michel Leydier, Jean-Noël Levavasseur, Thierry Gatinet, Sylvie Rouch, Jean-Bernard Pouy, Frédéric Prilleux, Christian Roux, Caryl Férey, Jean-Luc Manet. Le recueil est précédé d'une préface d'Antoine de Caunes. Chaque nouvelle est précédée d'une illustration noir et blanc en pleine page tirée d'une bande dessinée de Serge Clerc sur les Clash parue dans Métal Hurlant en 1980. Il présente en annexe une chronologie du groupe.


- Solange Sand, la folie d'aimer
de Christine-Fanny Drouard
Éditions Belfond / Novembre 2009


"Ce n'était pas la peine d'écrire tant de romans pour me voir dépassée dans l'imagination par la folie de la vie que tu mènes" assène un jour George Sand à sa fille. Solange naît en 1828, mais l'écrivain lui préfère son fils aîné, Maurice. Envoyée très jeune en pension, la fillette souffre de l'absence de sa mère, la réclame, lui écrit. Nohant lui manque. L'horizon s'éclaircit le temps d'un été, lorsque George décide d'emmener ses enfants en vacances en Suisse, ou elle doit retrouver son ami Franz Liszt et la compagne du musicien, Marie d'Agoult. L'élégante se prend d'affection pour la petite Solange, qui le lui rend bien. À dix ans, elle est déjà très féminine. À l'opposé de sa mère qui fait scandale en portant des pantalons. Et lorsque Sandeau, Chopin, Delacroix, amis et amants de Sand sont à leur tour séduits par cette enfant pétillante et vive, les relations entre la mère et la fille s'enveniment. La rupture survient quand Solange met un terme à des fiançailles voulues par sa mère afin de l'éloigner de son cercle, et épouse le sulfureux sculpteur Clésinger. Commence alors pour la jeune femme une vie d'errance et de souffrances. Tous les intimes de George Sand, monument du féminisme, ont fait couler sur l'écrivain des torrents d'encre, mais jamais il n'évoqueront sa fille. Fantaisiste, intelligente, fidèle en amitié comme en amour, Solange, comme le fut sa mère, sera en avance sur son temps. Entre ruptures et réconciliations, les deux femmes s'affronteront pourtant, jusqu'à la mort de George. Sous la plume délicate et sensible de Christine Drouard, l'histoire tourmentée et émouvante de celle qui aura été, sa vie durant et même au-delà, la fille de l'ombre.


- Fille du silence
de Julie Pietri
Éditions Michel Lafon / Octobre 2009


Elle s'est tue si longtemps. Muette devant une mère dont un drame de naissance a fait pour la vie une enfant coupable, muette devant les horreurs de la guerre d'Algérie, hantée par la peur de mourir, la petite fille se tait. Même quand, rentrée en France, elle se fait traiter de "sale pied-noir". Plus tard, elle ne parle toujours pas mais elle chante et sa voix est un cri: Ève, lève-toi. s'adresse à toutes les femmes opprimées. Le succès ne la lâche plus. Auteur-interprète, égérie des années 80, Julie Pietri aligne les tubes, Magdalena, Et c'est comme si, des millions de disques. Mais un bébé arrive, une fille, Manon, que Julie ne veut pas voir livrée à la solitude: elle met sa carrière entre parenthèses. Quitte à trop en faire, à "étouffer" son enfant, et à continuer d'avoir peur. Alors un jour elle dit "Stop". Cette fois, elle va parler, à un psy d'abord. Puis à nous, à qui elle raconte comment elle a repris sa vie d'artiste, écrit de nouveaux textes, sorti un album, Autour de minuit, et un DVD, et retrouvé son public à guichets fermés au Bataclan et à l'Alhambra, qui lui a fait un nouveau triomphe en 2009. Tout ça parce qu'elle a déposé les armes et décidé de laisser "couler la vie", comme coule dans ses veines le sang de cet ancêtre noir dont la photo jaunie l'a toujours accompagnée, seule confidente des années de silence.


- Annie, te souviens-tu ?
de Léo Bardon
Éditions Michel Lafon / Septembre 2009


C'est l'histoire d'Annie et de Léo. Elle, c'est Annie Girardot. Elle est de ce monde, mais dans un pays étrange et cruel, dans un pays qui fabrique de l'oubli prématuré, en accéléré: Alzheimer. Lui, c'est Léo Bardon. Il était l'assistant personnel de l'actrice, un statut qui, face à la maladie, a dû évoluer. Aujourd'hui, il est vivant, mais un peu mort aussi. Amoché par un long combat dont il est sorti K.-O. À présent, dans le silence tonitruant de son absence, il parle d'elle, des dernières années passées à ses côtés, avant la maison de retraite, quand elle se souvenait et puis après, lorsque tout a commencé à s'effacer. C'est donc l'histoire d'Annie et de Léo qui s'amusent de la vie et défient la mémoire, c'est aussi celle d'Alzheimer qui gagne chaque jour un peu plus de terrain.


- La vie passera comme un rêve
de Gilles Jacob
Éditions Robert Laffont / Mars 2009


Les Mémoires inattendues de l'homme le plus secret de la planète cinéma, Gilles Jacob, le président du Festival de Cannes. Son image est indissociable de la "montée des marche" qui fait tant rêver, chaque année sur la Croisette, dans la deuxième quinzaine de mai, depuis 1977, Gilles Jacob est l'âme du festival de Cannes. Il en a fait le premier festival du monde, devenant l'un des hommes les plus courtisés de la planète cinéma, et aussi sa cheville ouvrière. Mais il en est aussi l'un des plus secrets, la publication de ses Mémoires est donc un événement. Né en cinéphilie à l'âge de dix-huit ans pour ne plus jamais en sortir, ce grand amoureux du Septième art dit joliment qu'il a eu "deux vies, la biologique et la cinématographique, qui se sont toujours nourries l'une de l'autre telles deux sœurs jumelles". Des souvenirs d'une enfance très marquée par la Deuxième Guerre Mondiale (d'origine juive, il l'a vécue en partie caché dans un séminaire) au portrait sur le vif des plus grandes stars, de ses rencontres avec les monstres sacrés dans les coulisses de l'extraordinaire "foire aux vanités" qu'est le Festival de Cannes, son autobiographie est à l'image de cette "double vie" revendiquée, d'une rare élégance de style et de pensée, riche de scènes d'anthologie (la rencontre avec Pialat, les obsèques de Fellini, le tremblement de terre avec Clint Eastwood) et servie par un générique éblouissant (Sharon Stone, Roman Polanski, Stanley Kubrick, Roberto Rossellini, Gérard Depardieu, Isabelle Huppert, Catherine Deneuve, Orson Welles, Alfred Hitchcock, Jack Nicholson, Woody Allen).


- Le roman de Jeanne
de Isabelle Delamotte
Éditions Belfond / Février 2009


Si celle à qui Zola a tendrement murmuré: "Tu seras dans mes pages, dans toutes mes pages désormais" est restée dans l'ombre, l'œuvre de l'écrivain porte l'empreinte de cette union. Jeanne Rozerot connaît une enfance miséreuse en Bourgogne. Il y a d'abord le décès de sa mère, puis l'arrivée de Rosalie, la nouvelle épouse de son père, qui ne l'aime guère, le départ de Cécile, sa grande soeur adorée, enfin le soulagement lorsque les deux fillettes s'installent chez leur tante maternelle, à Paris. Jeanne commence un apprentissage dans un atelier de couture. Mais vient la crise, les ateliers ferment les uns après les autres et Jeanne perd son emploi. C'est alors qu'un de ses amis lui présente Alexandrine Zola, qui l'embauche comme lingère. La belle saison arrive. Jeanne part à Médan, ou le couple Zola a pris ses quartiers d'été, puis elle les accompagne à Royan. Et c'est le coup de foudre entre la jeune femme et l'écrivain. Le roman de Jeanne est une magnifique plongée dans la France du XIXe siècle, il éclaire aussi d'un jour nouveau les quinze dernières années de la vie de Zola, un homme tiraillé entre deux femmes, mais aussi le père attentif et comblé de Denise et Jacques, les deux enfants que lui a donnés Jeanne. L'écrivain ne se séparera jamais d'Alexandrine, et Jeanne devra accepter son statut de femme cachée. Seule la force de leur amour l'aidera à supporter les contraintes de cette double vie, y compris la fureur d'Alexandrine lorsqu'elle découvrira leur histoire. À la mort de l'écrivain, en 1902, Alexandrine et Jeanne feront la paix pour élever ensemble Denise et Jacques. Jeanne rejoindra celui qui a fait de sa vie un roman, transposée dans Le Docteur Pascal, emportée à quarante-sept ans par la maladie.


- Quand je serai grande, je serai actrice américaine
de Valérie Mairesse
Éditions Michel Lafon / Février 2009


Sous les palmiers de Casablanca, dans la cour de récréation, une petite fille, prenant la pose, signe des autographes sous le nom de Sandra Mac Day. "Quand je serai grande, je serai actrice américaine. Dès l'âge de quatre ans, j'ai voulu être actrice pour embrasser Jean Marais rêve réalisé quelques années plus tard. À douze ans, j'ai arrêté de me ronger les ongles pour faire plaisir à Claude François. À quinze ans, j'ai pensé au suicide pour un garçon qui a voulu me violer avec ses amis. À dix-huit ans, bac en poche, après avoir lutté contre les conventions bourgeoises, je débute au café-théâtre, à Paris, en bleu de travail, avec ma nouvelle famille, le Splendid, que je quitterai pour jouer dans L'une chante, l'autre pas, film d'Agnès Varda". Avant d'avoir mes enfants, les vrais amours de ma vie, je quittais mes amoureux tous les deux ans… J'ai toujours eu un rapport conflictuel avec les hommes. Déjà mon père et mon oncle me collaient des coups, de cravache pour l'un, de ceinturon pour l'autre, et je leur disais: "Vas-y, bourreau d'enfant, continue." J'ai été mère à l'âge où ma mère, soumise, était déjà grand-mère… Et à quinze ans, ma fille m'a dit: "Maman, je veux être actrice américaine". Aujourd'hui, elle fait du théâtre à Paris et sait que le prince charmant n'existe pas". Étonnante, Valérie Mairesse se livre ici, évoquant son parcours insolite, jalonné de rencontres et d'expériences éclectiques. Elle dévoile aussi ses engagements et ses convictions de femme.


- Syd Barrett, le premier Pink Floyd
de Emmanuel le Bret
Éditions Du Moment / Janvier 2009


Avant même de quitter ce monde en 2006, Roger Keith "Syd" Barrett avait gravé sa légende. Sa carrière de musicien fut fulgurante, aussi courte que lumineuse. Fondateur de Pink Floyd, il signe à vingt ans l'essentiel du premier album du groupe, "The piper at the gates of dawn", véritable révolution sonore. Le rock psychédélique anglais est né. Le charisme, le talent, la créativité exceptionnelle de Syd Barrett font de lui une icône vivante. Pourtant, son aventure au sein du groupe mythique est vite interrompue. Dès le deuxième album, en 1968, sa fragilité et son instabilité ont raison de lui. Il est exclu du Floyd. Après une brève carrière solo, il quitte en 1972 la galaxie des musiciens rock. Peintre, musicien, écrivain, poète, Syd vivra reclus dans sa maison de Cambridge, entre peinture, bricolage et botanique. Malade, il consacre les dernières années de sa vie à l'écriture d'une Histoire de l'art universelle. Riche d'innombrables anecdotes, solidement documenté, Syd Barrett, le premier Pink Floyd retrace le parcours de ce personnage hors du commun. L'auteur revisite également de très nombreuses chansons de l'artiste, racontant la "petite histoire" de chacune d'elles. Cet ouvrage est donc non seulement une biographie quasi exhaustive de Syd Barrett mais aussi une analyse inédite de l'œuvre de ce créateur devenu culte.


- Sympathie pour le démon
de Zachary Lazar
Éditions JC Lattès / Janvier 2009


À la fin des années 60, l'univers des Rolling Stones et celui de Charles Manson se sont entrechoqués pour un instant terrible, sur le fil du rasoir. Ce roman montre l'irrésistible ascension de ces forces dévastatrices et leur collision finale. Sympathie pour le démon, c'est l'histoire des Rolling Stones, depuis les clubs miteux de Londres jusqu'aux tournées déjantées aux Etats-Unis, c'est l'histoire de Brian Jones, le premier leader du groupe dont la confusion et la jalousie s'intensifient tandis que le groupe se transforme. Il y aussi ce jeune paumé, Bobby Beausoleil, sous l'emprise d'une dangereuse influence. Ami du réalisateur Kenneth Anger, il apparaît aux côtés de Mick Jagger dans le film Invocation of my Demon Brother. Zachary Lazar donne vie à une époque tourmentée, torturée entre les mouvements puritains et l'emprise du rock'n'roll. Sous sa plume, les stars du rock et leurs démons s'animent pour montrer leur part d'ombre. Il signe un magnifique roman sur une génération, sur l'emprise des hommes, l'emprise des gourous, l'emprise de la musique.


- Et le souvenir que je garde au cœur
de Zizi Jeanmaire
Éditions Les Arènes / Novembre 2008


Les mémoires d'une grande dame: L'Opéra de Paris, Hollywood, Broadway, le Casino de Paris et les ballets de Roland Petit.
- Elle a été petit rat de l'Opéra, elle a dansé sous la direction de Serge Lifar, star de comédie musicale à Hollywood par la grâce de Samuel Goldwyn, vedette acclamée pour Carmen à Broadway, meneuse de revue au Casino de Paris, tête d'affiche à l'Alhambra, égérie à Marseille.
- Le milliardaire Howard Hugues lui a offert un contrat mirifique pour la voir danser pendant deux ans.
- Elle a côtoyé Raymond Queneau, Jean Cocteau, Marlon Brando, Léonor Fini, et bien d'autres. Boris Vian, Aragon, Barbara et Gainsbourg ont composé des chansons pour elle.
- Elle a dansé avec Yvette Chauviré, Noureev et Baryshnikov.
- Elle a inspiré Dior et Yves Saint Laurent.
- Elle forme avec Roland Petit, qu'elle a connu à neuf ans, un couple qui dure depuis soixante ans.


- Quel beau métier vous faites !
de William Rejault
Éditions Michel Lafon / Octobre 2008


"Quel beau métier vous faites". Cette phrase-là, je l'ai entendue plus d'une fois en service. J'enfile ma blouse, je suis là pour vous, je suis votre infirmier. Je vous vois nu, je vous vois souffrir, parfois j'écoute ces secrets que vous n'auriez jamais racontés à vos proches. Je suis à votre service, dévoué et compréhensif. Depuis des années je note des souvenirs, des rencontres, quelques mots griffonnés sur les corps que j'ai croisés, ces rires et ces pleurs, des blessures qui ne partiront pas et des sourires qui me réjouissent encore. Petites traces écrites de ces moments, petits carnets au fond de mes poches que je partage aujourd'hui avec vous. Quel beau métier je fais, oui, laissez-moi vous en parler.


- Si je m'étais trompé de vie
de Yves Rénier
Éditions Michel Lafon / Octobre 2008


- Quel âge avez-vous, monsieur Rénier? lui demande le médecin de l'hôpital où l'on vient de le transporter d'urgence. - Bientôt cinquante… - Vous ne les fêterez pas, si vous continuez comme ça.
- Si vous étiez mon fils, je vous opérerais demain. - Je suis votre fils, répond Rénier.
Et en avant pour un triple pontage. Une opération désormais banale, dont on ressort "tout neuf", comme ils disent. Mais avec quelques interdits. Fini les virées à l'autre bout du monde, les excès en tout genre, les amours sans lendemain, les nuits sans sommeil. "Si je m'en sors, que vais-je faire de ma vie?". Une question existentielle qui donne lieu à un témoignage d'exception. Avec une réelle pudeur mais sans se cacher derrière ses démons, Yves Rénier nous offre ici l'autoportrait de l'artiste et de l'homme face à son miroir, et nous livre l'histoire d'une reconstruction.


- Bessie Coleman, l'Ange noir
de Jacques Béal
Éditions Michalon / Mars 2008


Novembre 1920. Bessie Coleman, originaire de Chicago, débarque du SS Imperator à Cherbourg. Elle vient en France pour apprendre à voler. Aux États-Unis, pour cause de ségrégation raciale, aucune école de pilotage n'a accepté de l'accueillir. Après sept mois de formation au Crotoy, petit port de la baie de Somme, la jeune Afro-Américaine de 28 ans obtient le brevet de pilote de la Fédération aéronautique, devenant la première femme noire au monde à pouvoir piloter un avion. Dès lors, Bessie n'a plus qu'un désir: créer une école de pilotage ouverte à tous, l'aviation étant pour elle une façon active de combattre les discriminations. Après s'être spécialisée dans la voltige aérienne, "l'Ange noir" participe à de multiples shows aériens pour financer son école d'aviation. Devenue une icône dans la communauté noire américaine, elle impose la mixité raciale dans les tribunes. Bessie Coleman trouvera la mort lors d'un meeting aérien en 1926. A 34 ans. Première biographie française consacrée à cette personnalité exceptionnelle, Bessie Coleman, l'ange noir plonge le lecteur au cœur de l'Amérique des années 20. Suivre cette aventurière des cieux dans ses folles soirées à Chicago, c'est aller à la rencontre du Jazz, du blues, de Louis Amstrong ou passer des nuits enfiévrées en compagnie de quelques gangsters fameux. C'est faire connaissance avec des personnages étonnants du Black Chicago comme le patron de presse Robert S. Abbott, le banquier Jesse Binga ou encore C. J. Walker, première milliardaire noire. Au fil des pages, on découvrira l'incroyable destin d'une jeune femme qui parvint à imposer son rêve d'émancipation à tout un pays.


- Demain, tout commence
de Danièle Delorme
Éditions Robert Laffont / Mai 2008


Pour la première fois, Danièle Delorme a accepté de se raconter et, chemin faisant, de raconter ceux qui ont croisé et peuplé sa vie. Artistes, écrivains, comédiens et politiques ont accompagné sa route, de sorte que ce livre de Mémoires est aussi un rappel des figures les plus aimées du dernier demi-siècle, ou les têtes d'affiche sont saisies avec simplicité et naturel. Née dans une famille d'artistes à l'esprit insoumis, la jeune Danièle ambitionne de devenir pianiste quand la guerre éclate. Réfugiée à Antibes, elle y fait la connaissance d'un étudiant en droit qui devient aussitôt son premier amour et qu'elle entraîne avec elle sur les voies du théâtre. Celui-ci a pour nom Gérard Philipe. Après des débuts en 1942, dans un rôle d'ingénue, sa carrière ne cesse de s'amplifier jusqu'à faire d'elle l'étoile en vue du jeune cinéma d'après-guerre. On fait appel à elle pour donner la réplique à Jouvet, Gabin ou Bourvil, quand ce n'est pas à son premier mari, Daniel Gélin. Séparée de Daniel Gélin, Danièle Delorme rencontre Yves Robert au début des années 1950, et ne le quittera plus jamais. Elle devient sa partenaire sur scène dans Colombe, de Jean Anouilh, son alliée en affaires pour monter leur société de production (à l'origine de laquelle on trouve La Guerre des boutons jusqu'à La Gloire de mon père et Le Château de ma mère, mais aussi la saga du Grand Blond avec une chaussure noire), celle sans qui ces films n'auraient été produits ni réalisés. D'anecdote en anecdote, on découvre, saisis sur le vif, ceux qui ont fait le quotidien d'un des couples les plus en vue de Paris, André Suarès ou Saint-John Perse, Colette ou Ionesco et, bien sûr, au gré des tournages, comme Alexandre le Bienheureux, Un éléphant, ça trompe énormément, ou des après-midi de farniente heureux dans leur moulin, loin de la capitale, Jean Carmet, Pierre Richard, Jean Rochefort, Philippe Noiret, Jean-Luc Godard ou Simone Signoret.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Lun 4 Juil - 6:58

- Grand Jacques - Le roman de Jacques Brel
Marc Robine
Éditions Anne Carrière / Août 2008


Dès 1953, l'année de cette chanson et de sa venue à Paris, Jacques Brel savait que sa vie serait un roman. Il savait déjà qu'il ne ferait jamais semblant, qu'il ne vivrait jamais sa vie par procuration, mais qu'il irait au bout de ses rêves, quoi qu'il lui en coûte. En l'espace d'un quart de siècle, il deviendra l'une des figures les plus populaires et importantes de l'histoire de la chanson, mais aussi un comédien hors pair, un navigateur et un pilote de catégorie professionnelle, avant de découvrir l'île de ses rêves tout au bout du parcours. Le parcours d'un Don Quichotte plus vrai que nature, retracé ici comme jamais il ne l'a été, fidèle, précis et sans complaisance, de sa plus tendre enfance à son dernier salut, vaincu "face au cancer / Par arrêt de l'arbitre". Le roman de Jacques Brel raconté tout entier, au terme de dix ans d'enquête scrupuleuse, par l'un des spécialistes les plus réputés de la chanson française. Fervent admirateur du chanteur, Marc Robine a suivi pas à pas les traces de cet homme étonnant qui a vécu aussi vite qu'il a cessé de chanter, de sa maison natale de Schaerbeek à celle des Marquises; recueillant des dizaines de témoignages essentiels, dépouillant des masses de documents et fouillant inlassablement son œuvre pour en analyser les thèmes récurrents, les contradictions ou les aspects autobiographiques.


- Martin Luther King le visionnaire
de Lilas Desquiron et François Forestier
Éditions Michel Lafon / Avril 2008


Au milieu du siècle dernier, qui aurait pu imaginer qu'un Noir se présenterait à la Présidence des États-Unis? Sans Martin Luther King, pareil événement n'aurait jamais eu lieu. Apôtre de la non-violence, infatigable défenseur des opprimés, le pasteur King a changé l'avenir d'une nation. À travers la biographie de cet homme extraordinaire, qui a fédéré le mouvement noir et s'est dispersé dans une vie intime désordonnée, qui a connu la haine, la gloire et le péché, voici le portrait de l'Amérique des sixties, déchirée par le racisme et les meurtres des frères Kennedy. Avec, en héritage, le message d'un combattant qui "avait un rêve" et a fait en sorte qu'il se réalise dans son pays, mais dont les vœux, en maintes parties du monde, restent d'actualité.


- Barbara
de David Lelait-Helo
Éditions Payot & Rivages / Novembre 2007


"La chanson est une conversation", se réjouissait Barbara, disparue en novembre 1997 à l'âge de soixante-sept ans, et c'est bien une conversation que renoue David Lelait en mêlant au récit biographique les mots de celle qui se voulait une "murmureuse". Paroles de chansons, interviews, confidences... De Barbara il traduit les colères et le mal de vivre; avec elle il feuillette le livre jauni de ses amours, il égrène les souvenirs d'une enfant juive que la guerre a jetée sur les routes, d'une fillette dont le père a sali l'insouciance, puis d'une femme qui a renoncé au couple pour chanter comme on prend le voile. "Refaire le chemin de sa vie, confie-t-il, c'est s'enfoncer dans des forêts profondes et tendre sa joue à des bruissements d'ailes. C'est aussi découvrir les fantaisies d'une espiègle dont les proches jurent qu'elle était la femme la plus drôle du monde, prête à tout pour une blague".


- Mes ailes
de Clémentine Célarié
Éditions Michel Lafon / Octobre 2007


Le jour où l'on m'a dit que le Père Noël n'existait pas, j'avais quatorze ans. J'ai été si triste que, dans mon chagrin, quelqu'un m'a sans doute entendue et, secrètement, pendant mon sommeil, est venu planter des ailes dans mon dos. Pour que je me réveille moins triste. Et effectivement, au fil du temps, la vie est devenue possible, sans le Père Noël. Mes ailes m'amenaient vers le haut, et là-haut c'est l'univers des rêves, de l'imaginaire. Depuis, je ne fais que voler. Parfois je tombe, mais grâce à mes ailes je me relève toujours. Et je décolle... Et je vole...


- Des rires et une larme
de Michel Fugain
Éditions Michel Lafon / Septembre 2007


Un vieil ami m'avait un jour cité un proverbe de sa culture: "Pour guérir d'un passé qui te retient prisonnier et te cache l'horizon, traverse une eau". Je suis donc parti m'installer définitivement en Corse. Et là, pour en finir avec les regrets, moi le mélodiste, j'ai pour la première fois pris la plume et mis en mots les souvenirs que m'ont laissés les choses et les gens de ma vie: les grands auteurs qui m'ont fait chanter beaux vers et belles idées, la vie en troupe, l'éclate en meute, l'amour en fêtes, et les rencontres magiques, avec en bandoulière l'idéal de mon père, mon pap', mon héros, que j'ai toujours vu se battre pour qu'on soit tous égaux et qu'on s'aime. J'ai retracé mon parcours de saltimbanque où j'ai essayé de ne pas m'égarer ni me trahir et de rire autant que faire se pouvait, même si, bien malgré moi, une grosse larme est tombée sur le papier.


- La Callas
de Ève Ruggieri
Éditions Michel Lafon / Septembre 2007


Callas, c'est à la fois un mot mythique et magique. Qui n'a pas au moins une fois dans sa vie entendu parler d'elle. Petite fille mal aimée, diva adulée, elle va mourir d'amour comme les héroïnes qu'elle a sublimées sur scène lorsqu'elle sera abandonnée par le seul homme qui a su faire battre son cœur. Personne, mieux qu'Ève Ruggieri, ne pouvait raconter l'histoire de cette femme amoureuse et celle, complexe, de la plus grande diva du XXe siècle.


- Il s'appelait Luis Mariano
de Claude Dufresne
Éditions Michel Lafon / Août 2007


Il a disparu il y a plus de trente ans mais sa légende lui survit et sa tombe est aussi fleurie que celle de Claude François. Claude Dufresne l'a bien connu et a pu mesurer l'ampleur du phénomène Mariano. Des foules en délire à chacune de ses apparitions, des admiratrices pâmées, une voix d'or qui lui aurait sûrement valu une carrière à l'opéra. Il lui préféra les grandes heures de l'opérette, de la Belle de Cadix jusqu'au prince de Madrid en passant par le célèbre chanteur de Mexico, toutes œuvres signées Francis Lopez. Quant à privée, Claude Dufresne nous livre avec délicatesse le drame de ce Basque au grand cœur, amoureux fou des femmes et qui pourtant se tenait loin d'elles.


- The end Jim Morrison
de Sam Bernett
Éditions Michel Lafon / Juin 2007


Il était une fois, au siècle dernier, un monde fantastique peuplé de gens étranges et magnifiques. De déjantés et de maléfiques, d'hommes et de femmes qui n'auraient cédé leur place pour rien au monde pour faire ce voyage extraordinaire dont nous ne nous remettrons jamais. Je vais vous raconter une histoire de cinglés. Une histoire vraie avec de vrais cinglés. Dans la nuit du 2 au 3 juillet 1971, les W-C du Rock and Roll Circus étaient fermés de l'intérieur. Janis Joplin déboulait sur les platines. Jim Morrison n'était plus accoudé au bar. Le général de Gaulle avait pris une tôle aux élections. Les Rolling Stones dansaient avec le diable au banquet des mendiants. Jacques Prévert et Antoine Blondin refaisaient le monde au bar de l'Alcazar. Aux États-Unis, la police avait tiré sur des étudiants. Au Vietnam, les GI's se passaient des joints et les Doors en boucle. Richard Borhinger n'avait pas encore de césar. Gene Vincent voulait une caisse de bières pour chanter "Be bop A Lula". James Douglas Morrison se pourrissait la vie avec Pamela Courson. Je peux vous confirmer que le chanteur des Doors est bien mort à Paris. En revanche, une chose est certaine, Jim Morrison n'est pas mort dans sa baignoire le 3 juillet 1971. Un fragment de l'histoire véritable est donc par nature un véritable mystère.


- Annie Girardot, la mémoire de ma mère
de Giulia Salvatori
Éditions Michel Lafon / Avril 2007


- Maman, tu n'es vraiment pas gentille avec moi. Un frisson m'a parcourue. Elle faisait des mots croisés sur la table de la cuisine et c'est à moi, sa fille, qu'elle s'adressait ainsi.
Dehors resplendissait le ciel toujours bleu de Sardaigne…
- Comment m'as-tu appelée?
- Maman, pourquoi?
- Mais maman… C'est toi ma maman.
Depuis cette scène, avec amour, Giulia Salvatori accompagne sa mère sur les sables mouvants et arides du désert d'Alzheimer, où affleurent pour elle les souvenirs intimes du passé d'Annie Girardot.


- L'amour n'est pas si simple
de Francine Distel
Éditions JC Lattès / Mars 2007


Francine est la femme de l'ombre. Pudique, discrète, cette ancienne championne de ski n'ignore rien lorsqu'elle l'épouse, de la renommée, du succès et des frasques amoureuses de Sacha Distel. Elle s'unit à l'homme qu'elle aime, triomphant des critiques familiales, des jaloux qui ne parient pas un sou sur l'avenir du couple, de ses propres doutes et inquiétudes. Plus de quarante ans, ont passé et Francine ne regrette rien. Elle nous confie, avec émotion et sincérité, les plus beaux souvenirs de son amour, fait de respect, d'admiration, de liberté et d'une compréhension immédiate de l'autre, et les moments de souffrance où il lui a fallu déployer des trésors de courage et de pardon. Chaque trahison de Sacha, chaque scandale comme celui qui suivit l'accident de Sacha et d'une actrice, et la maladie qui s'acharne contre le chanteur, manquent de tout détruire. À une époque si prompte aux changements, aux séparations, à la moindre contrariété, à l'égoïsme, Francine Distel nous offre une précieuse leçon faite de bon sens et de sages conseils: Toutes les histoires d'amour qui durent se ressemblent. D'abord par l'amour qui leur donne vie, puis par toutes les ressources insoupçonnées qu'il faut trouver en soi pour dépasser la tentation du découragement, pour que l'amour ait le fin mot comme il eut le premier".


- Marie, l'Ange rebelle
de Gonzague Saint Bris
Éditions Belfond / Février 2007


Coup de foudre absolu, bonheur fusionnel, désir ardent, passion dévastatrice, souffrance et haine. Leur histoire d'amour fut unique. Elle, comtesse Marie d'Agoult, mère de deux enfants, ange de douceur mais rebelle comme un animal traqué; lui, Franz Liszt, jeune homme à la beauté éclatante et au génie artistique exceptionnel. Un jour, le musicien l'enlève et une folle aventure commence, à la manière d'un voyage initiatique qui les conduit en Suisse, puis en Italie, ou naîtront leurs trois enfants dont Cosima, qui épousera Richard Wagner. Brisée par le doute, les incertitudes et le poison mortel de la jalousie, leur flamboyante liaison ne durera pourtant pas jusqu'à la mort. Lorsqu'ils se séparent, après dix ans d'étreintes et de tumultes, Franz poursuit sa spectaculaire carrière de pianiste et de compositeur sur les plus grandes scènes d'Europe. Marie se retire à Paris, tient salon avec son amie puis rivale George Sand, et devient Daniel Stern, un auteur engagé au côté des républicains progressistes, avant qu'une sombre folie ne s'empare de son âme. L'écriture lumineuse de Gonzague Saint Bris fait revivre la déchirante histoire d'amour qui a scellé à jamais les destins de Marie d'Agoult, figure parfaite et avant-gardiste de la femme libre, et de Franz Liszt, l'un des plus grands compositeurs de tous les temps.


- Mes sixties
de Frank Alamo
Éditions Michel Lafon / Novembre 2006


Jean-François Grandin, fils d'un industriel à qui le transistor et la télévision doivent beaucoup, est devenu Frank Alamo sous l'égide d'Eddie Barclay dans les années soixante. Fiche signalétique: réussit tout ce qu'il entreprend. Il a été le premier à propulser au hit-parade de "Salut les copains" des succès anglais tels que Da doo ron ron, File, file, file ou Ma biche. S'ensuit une carrière fulgurante, qu'il arrête en 1969 pour l'amour d'une femme. Il devient photographe, et, le premier encore, importe des machines permettant de développer des photos couleur en moins d'une heure. Une gageure à l'époque. Peu après, sa passion de l'automobile (c'est aussi un sportif de haut niveau) l'incite à lancer sur le marché la "Dallas". Une Jeep étonnante et une réussite… Et soudain, l'envie le prend de chanter les sixties dans ce livre, leur joie de vivre, leur folie, leur convivialité. Comme il chante sur scène, pour ses sixties à lui, dans "Âge tendre et tête de bois, la tournée des idoles", qui triomphe dans toute la France depuis mars 2006. Comme quoi, la nostalgie de ces années-là est toujours ce qu'elle était… Retrouvez-la dans ces pages.


- Quand ça vous arrive
de Macha Béranger
Éditions Michel Lafon / Novembre 2006


Depuis 29 ans, au studio 134 de la maison de Radio-France, de minuit à 1 heure du matin, elle apaisait ses "sans sommeil". Des centaines de milliers d'auditeurs, de tous âges et de toutes conditions, lui ont confié leurs joies, leurs peines, leurs problèmes, faisant de "Allô Macha" un véritable phénomène de société. "S'occuper des autres est le meilleur moyen d'oublier ses propres misères", pensa-t-elle lorsque, il y a quelques mois, elle se sut atteinte d'une tumeur cancéreuse au sein. Le livre qu'elle commença alors, ainsi que son émission, lui permettraient de surmonter l'épreuve. Seulement voilà: soudain il n'y a plus d'émission. Jetée du jour au lendemain, "comme un Kleenex", sous prétexte qu'il "faut changer les formules", Macha n'a même plus la consolation de consoler. Alors elle a poursuivi l'écriture de ce livre, où elle évoque sa lutte de "petite maligne" contre le mal sous toutes ses formes, et les marques de soutien qu'elle a reçues du monde entier, Alain Delon en tête. Sans compter les souvenirs qui affluent, les dernières heures bouleversantes vécues à l'antenne,autant d'émotions intenses qu'elle nous fait ici partager avec humour. Un vrai témoignage de vie.


- Il était une fois Joséphine Baker
de Claude Dufresne
Éditions Michel Lafon / Octobre 2006


La veille encore, la "petite negrillonne", comme l'appellera Mistinguett qui recevra à cette occasion une tannée mémorable, était une inconnue. Mais quand elle apparaît sur la scène du théâtre des Champs-Elysées, une nuit de 1925, Joséphine Baker fait un triomphe. Claude Dufresne a souvent rencontré cette flamboyante "Perle noire". Lors des nombreuses conversations qu'il a eues avec elle, elle lui a confié tous ses secrets. Et il l'a vue évoluer. Un peu ostentatoire dans ses goûts, amoureuse des plaisirs du corps, mais aussi à l'écoute des souffrances humaines auxquelles ses années d'enfance misérable à Saint-Louis (Missouri) l'ont sensibilisée. En témoignent son combat incessant contre la ségrégation dont sont victimes ses frères noirs américains, son comportement de vaillant soldat de la France libre, et les douze enfants, de couleurs et d'origines différentes, qu'elle adopte et élève dans un domaine conçu à cet effet: les Milanes. Une générosité qui va les ruiner. Il était une fois Joséphine Baker: un hommage pétillant, et aussi toute une époque, où l'engouement pour la revue nègre n'était pas nécessairement innocent.


- Mon ami Fernand Raynaud
de Michel Vocoret
Éditions Michel Lafon / Septembre 2006


"Quoi? Cette face de rat qui avale sa langue à chaque phrase? Moi vivante, jamais" s'écrie Marie Bell quand Michel Vocoret lui propose de monter un spectacle de Fernand Raynaud. Le lendemain, la tragédienne reçoit le comique et s'exclame "dans mes bras, le génie de mon cœur". Vocoret a dit à Fernand qu'elle le trouvait formidable et celui-ci, bouleversé, lui a envoyé une boutique de fleurs. Ainsi naît le premier one man show en France: un succès triomphal. Des péripéties de ce genre, il y en a eu bien d'autres dans la vie de l'artiste. L'auteur de ce livre les raconte avec truculence, car il les a vécues avec lui, au fil d'une longue amitié. Mais il s'applique aussi à montrer le vrai visage d'un "amuseur public" trop souvent confondu avec ses personnages, qui ne comprenait pas qu'on lui tape sur l'épaule en s'esclaffant "Sacré Fernand" quand on le croisait dans la rue: un fin psychologue qui savait mettre une fausse naïveté au service de sketches surréalistes; un homme, enfin, très loin de la légende noire que certains lui ont forgée. Fernand Raynaud aurait quatre-vingts ans aujourd'hui. Après trente-trois années de deuil, son ami Vocoret, qui reste hanté par le mystère de sa mort, se souvient.


- Une réussite en beauté ou la fabuleuse aventure de Clarins
de Jacques Courtin
Éditions JC Lattès / Avril 2006


Rien dans les mains, rien dans les poches. Des études médicales interrompues par la guerre, un bagage incomplet. Alors comment, en cinquante ans, Jacques Courtin va-t-il créer un empire à partir de rien? Construire, sans un centime en poche, l'une des plus belles réussites françaises? Donner ses lettres de noblesse à la beauté, et installer la marque qu'il a créée à la première place des produits de soin en France et dans le monde, avec 6000 employés dans 157 pays? Clarins, c'est l'histoire d'un succès. Une histoire exemplaire, qui peut servir de modèle à tous ceux qui veulent entreprendre, dont Jacques Courtin est le héros. Un héros discret, réservé, qui partait dans la vie avec trois qualités: savoir écouter les autres, pouvoir se mettre à leur place, vouloir faire le bien en étant désintéressé. Une devise: faire plus, faire mieux et aimer le faire. Et quelques excellentes idées: l'utilisation de l'air d'abord, puis de l'eau, puis des plantes, pour embellir les femmes et parvenir à une marque mondialement reconnue. Grandes décisions et anecdotes savoureuses, principes essentiels et règles judicieuses, la saga Clarins est retracée pas à pas par ceux qui l'ont vécue. Le tout émaillé de nombreux conseils de beauté, donnés par le plus éminent spécialiste en ce domaine.


- Billie Holiday
de Véronique Chalmet
Éditions Payot & Rivages / Septembre 2005


En juillet 1959, dans la salle commune réservée aux "gens de couleur" d'un hôpital de New York, une femme se meurt. Son esprit s'envole alors que s'égrènent quelques notes de jazz. Chicago, Los Angelès, New York, Paris, des visages amis, d'autres personnes encore, qu'elle aurait voulu ne jamais connaître. Les images défilent tandis que s'enfuit sa vie, la vie de Billie Holiday. Véronique Chalmet nous raconte ici cette existence trop courte avec le talent d'une romancière. Eleanora Holiday, née en 1915 à Baltimore et surnommée "Billie" en hommage à l'actrice Billie Dove, est confrontée dès sa plus tendre enfance à la violence et à la haine raciale. Sa mère, célibataire, la confie à des parents et part chercher du travail à New York. La fillette devient bonne à tout faire dans un bordel de Baltimore. Elle y est violée dans l'indifférence générale. Elle a treize ans lorsqu'elle rejoint sa mère, mais elle est arrêtée au bout de quelques jours parce qu'elle se prostitue. Elle sort de prison quatre mois plus tard et trouve un emploi de chanteuse payé au pourboire dans un beuglant miteux. Sa voix sensuelle aux accents parfois aigres est bientôt connue de la plupart des grands clubs new-yorkais. En 1935, elle enregistre avec Duke Ellington. Sous la houlette du manager de Louis Armstrong, Joe Glaser, elle signe bientôt ses propres albums, travaille avec Count Basie, Teddy Wilson et Benny Goodman, se produit dans les clubs les plus cotés de Chicago et de Los Angelès. On passe ses tubes à la radio, dont Gloomy Sunday, qui sera banni des ondes en 1941 pour avoir provoqué plusieurs suicides. C'est que l'existence de Billie est en parfaite adéquation avec ce qu'elle chante: le désespoir amoureux, l'errance, la solitude, l'alcool, la drogue. Bref, le "blues". En 1947, d'ailleurs, elle est arrêtée pour usage de stupéfiants. Au début des années 1950, elle alterne contrats et cures de désintoxication. En 1954, elle fait une tournée en Europe, enregistre avec Count Basie et son orchestre, mais celle que le saxophoniste Lester Young appelle affectueusement "Lady Day" est usée par l'alcool et la drogue. En mai 1959, elle donne son dernier show au Phoenix Theater de New York. Quelques jours plus tard, elle est hospitalisée, probablement pour overdose. À quarante-quatre ans, Billie s'éteint doucement, toute seule, dans des conditions déplorables. Quelques années plus tôt elle a confié à Françoise Sagan: "Tu sais, je vais mourir bientôt à New York, entre deux flics". Treize ans après sa mort, Diana Ross rendra hommage à Lady Day en l'incarnant dans un film, Lady sings the blues.


- James Dean
de Bertrand Meyer-Stabley
Éditions Payot & Rivages / Septembre 2005


Il y a un demi-siècle, le 30 septembre 1955, un jeune homme de vingt-quatre ans devenu une star du grand écran en quelques mois se tuait au volant de sa Porsche, sur la route de Salinas en Californie. James Dean entrait dans la légende; il n'avait joué que deux pièces et tourné que trois films, mais, comme l'a écrit Malraux, "la mort transforme la vie en destin". C'est ce destin exceptionnel de fulgurance que raconte Bertrand Meyer-Stabley avec cette verve et cette sensibilité qui ont fait de sa biographie de Rudolf Noureev chez Payot un grand livre. Né en février 1931, Jimmy passe la plus grande partie de son enfance à la campagne dans l'Indiana après la mort prématurée de sa mère. Son air angélique et boudeur lui confère un charme particulier qui le fait aimer de ses professeurs mais mépriser par ses camarades. Le théâtre l'attire, il ne veut pas devenir fermier: élève à l'Actor's Studio, il lui faut deux ans pour conquérir Broadway. Avec À l'est d'Eden (1954) un nouveau type de héros de cinéma voit le jour, un héros juvénile, tourmenté et rebelle. Bisexuel, il multiplie les aventures, mais une seule le marquera: sa romance avec l'actrice Pier Angeli.


- Tout ce que Mistinguett m'a dit
de Claude Dufresne
Éditions Michel Lafon / Septembre 2005


"Alors, mon petit, on vient voir si la vieille remue toujours ses gambettes?" C'est ainsi que "la Miss" apostrophe l'auteur de ce livre, alors jeune journaliste, venu l'interviewer. On est en 1948, elle a soixante-treize ans et mène tambour battant la revue de l'ABC… Claude Dufresne la reverra souvent, se délectant de ses confidences dont il nous fait profiter ici. Gosse de pauvres, Jeanne Bourgeois débute à Paris au café-concert en 1893 dans des salles de quartier. Quelques années plus tard, elle règne sur la capitale, séduit Londres, New York, l'Amérique du Sud et les hommes les plus puissants. Trois amants royaux, Édouard VII d'Angleterre, Alphonse XIII d'Espagne et Gustave V de Suède, deux princes russes et une foule d'admirateurs passionnés ne lui feront pourtant jamais oublier le seul amour de sa vie, "son" homme, Maurice Chevalier. Des jambes qui parlent, un sourire éclatant, aussi généreuse que radine, effrontée, culottée, un sens de la repartie sans égal mais aussi, disait Chevalier, un cœur de midinette: on suit avec un plaisir sans mélange cette môme des faubourgs qui, de la Belle Époque aux années d'après-guerre, fut la reine du music-hall et de la vie parisienne.


- Diana & Jackie
de Jay Mulvaney
Éditions Payot & Rivages / Mars 2005


Destins croisés. Nombreuses sont les biographies de Jackie Kenedy et de Lady Di, mais jamais aucun auteur n'avait encore songé à comparer ces deux grandes figures féminines du vingtième siècle. Or, malgré la différence de génération, elles présentent un grand nombre de points communs. Toutes deux enfants du divorce et particulièrement attachées à leur père, elles ont été unies à des hommes de douze ans leurs aînés ayant pris une épouse pour les besoins de leur "carrière". Elles ont dû trouver leur place avec plus ou moins de bonheur dans les clans puissants que formaient leurs belles-familles. Après que le mariage leur eut procuré une forme de pouvoir en les plaçant sous le feu des projecteurs, elles ont su se rebeller contre leurs rôles officiels, bouleversant l'image de première dame des États-Unis et celle de princesse de Galles. Mais alors que Jackie l'intellectuelle a toujours cultivé la discrétion et s'est employée à protéger son intimité familiale, Diana a laissé les médias porter au grand jour ses problèmes personnels; la première a su maîtriser la célébrité, la seconde s'est laissée gouverner par elle et c'est cette célébrité même qui l'a tuée au moment où la princesse apprenait à l'utiliser. Si leurs couples respectifs ont évolué différemment, elles ont été les mères exemplaires de deux enfants. Enfin, après avoir assumé le choc d'un assassinat pour l'une et la violence d'un divorce pour l'autre, elles ont rencontré deux hommes de la Méditerranée: Aristote Onassis et Dodi al-Fayed leur ont fait radicalement changer d'univers. Pour comparer Jackie et Diana, l'auteur n'est pas tombé dans les pièges d'une analyse fastidieuse. Avec un réel talent de conteur, elle s'est fait la biographe de ses deux personnages à la fois au fil des grandes étapes d'une vie de femme. Le résultat est un récit passionnant qui aide à comprendre comment, à trente ans d'intervalle, deux héroïnes de l'Histoire ont pu devenir des mythes qui n'ont pas fini de faire couler de l'encre.


- Mon frère s'appelait John Lennon
de Ingrid Pedersen-Lennon
Éditions Michel Lafon / Mai 2005


John et Ingrid Lennon ont vécu leur prime enfance à quelques rues l'un de l'autre sans savoir qu'ils étaient nés de la même mère, Julia, un papillon inconséquent qui a confié son fils à sa sœur, après avoir accouché de sa fille dans le plus grand secret. Car Ingrid est l'enfant du scandale. Julia est encore mariée au père de John quand elle la conçoit avec un autre. Quel autre? En tout cas, dans l'Angleterre austère de l'époque, cet adultère est intolérable. On cache donc la petite, avant que la meilleure amie de sa mère l'adopte, et l'emmène à l'autre bout du pays pour mieux se l'approprier. John Lennon a cherché désespérément sa sœur toute sa vie; Ingrid a mis des années à découvrir que la vedette des Beatles était son frère aîné. Elle retrace ici l'histoire de cette longue quête d'identité, de fraternité, d'amour. Une existence brisée par le poids du silence, des rêves de musique avortés, et un signe, enfin: l'espoir fou de retrouvailles programmées à la veille de l'assassinat de ce frère qu'elle ne connaîtra jamais. Un récit bouleversant.
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