Le Titre du Roman

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 Les dernières parutions

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Elisabeth
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MessageSujet: Re: Les dernières parutions   Mer 11 Oct - 21:46

- Le prix du courage. Une famille dans la Résistance
de Charles Kaiser
Éditions Du Seuil / 15 juin 2017


Le Titre du Roman

Après la défaite de juin 1940, la famille d'André Boulloche refuse en bloc l'armistice, le régime de Vichy et la collaboration. Tous vont participer de façon active et trois d'entre eux vont mourir en déportation: sa mère Hélène à Ravensbrück en octobre 1944, son frère Robert, inspecteur des finances, à Ellrich (annexe de Dora - Buchenwald) en janvier 1945, et son père Jacques, ingénieur général des Ponts et Chaussées, à Buchenwald en février 1945. Ses sœurs Jacqueline et Christiane se mettront à la disposition de la Résistance parisienne comme agents de liaison avant de rejoindre le maquis en juin 1944. Charles Kaiser nous conte, à travers la figure d'André Boulloche, délégué militaire du Général de Gaulle à Paris, unificateur des mouvements de Résistance de la région Nord, avant d'être trahi, arrêté, blessé et déporté, le récit de ces destins hors du commun brisés par le prix même de leur courage. Haut fonctionnaire après-guerre, ministre de l'éducation nationale sous la Ve République, pionnier de la construction européenne, André Boulloche fut un personnage de l'ombre qui œuvra sa vie durant pour la paix. Charles Kaiser qui a côtoyé la famille pendant près de cinq décennies raconte leur l'histoire. Le prix du courage est l'histoire édifiante de l'engagement héroïque d'une famille dans la Résistance.


- Dunkerque, 1940. Une tragédie française
de Jacques Duquesne
Éditions Flammarion / 07 juin 2017


Le Titre du Roman

"J'avais 10 ans en 1940, quand éclata la première grande bataille de la Seconde Guerre Mondiale, en France. Elle se termina par la victoire du dictateur allemand Adolf Hitler. À Dunkerque, où je vivais. J'avais 10 ans, et je rêvais, je voulais, je croyais que les Français allaient gagner, comme ils l'avaient fait vingt ans plus tôt, sur la Marne et à Verdun. Mais j'ai connu le drame d'une défaite comme mon pays en avait rarement subi. Et j'étais au cœur de cette bataille. J'ai vu les troupes anglaises la quitter, pour rentrer chez elle. J'ai aussi assisté, dans ma rue, aux tristes défilés de milliers de prisonniers français dont bon nombre avaient protégé ce départ, en luttant jusqu'à la dernière nuit, au soir du 3 juin. Depuis, j'ai toujours cherché à comprendre les raisons et le sens de la tragédie de Dunkerque, fouillé bien des archives. C'est pourquoi je veux apporter ici mon témoignage et le résultat de les recherches". C'est avec ces mots que s'ouvre le livre de Jacques Duquesne. Mêlant la grande histoire aux souvenirs de son enfance à Dunkerque, il raconte avec le talent qu'on lui connaît cette tragédie oubliée, enfouie dans les mémoires par les quatre années de conflit qui suivirent. Face aux Allemands, irréductibles et impétueux, la défaite des Alliés fut particulièrement cuisante. Quel jeu jouèrent vraiment les Anglais? L'ultime polémique de cette guerre est-elle toujours d'actualité?


- Les cent derniers jours d'Hitler
de Jean Lopez
Éditions Perrin / 27 avril 2017


Le Titre du Roman

Les derniers mois de la Seconde Guerre Mondiale en Europe sont les plus sanglants et les plus destructeurs de tout le conflit. Chaque jour, en moyenne, 30 000 êtres humains perdent la vie. De cette orgie de mort, Hitler est le grand responsable. Diminué par la maladie, traqué, contesté ou haï par son peuple même, réduit à vivre sous les bombes dans un trou humide, il continue néanmoins à alimenter le brasier. Pour comprendre ce cataclysme, Jean Lopez livre la chronique des derniers jours de la vie du Führer, de son retour à Berlin à la mi-janvier 1945 à son suicide en avril de la même année.


- Prisonnière de l'île glacée de Trofimovsk
de Dalia Grinkeviciute
Éditions Du Rocher / 12 avril 2017


Le Titre du Roman

Enfouie sous la terre pendant quarante ans, la vérité sur les structures de répression de l'URSS vient frapper la conscience du monde contemporain dans les années 90. Cette vérité, c'est le récit authentique de la déportée Dalia Grinkevičiūtė (1927-1987), arrêtée la nuit du 14 juin 1941, à l'âge de 14 ans, avec son frère et sa mère. Dalia fera partie des 14 600 Lituaniens qui, sur ordre de Staline, furent brutalement arrachés à leur foyer par les agents de la Tchéka. Emmenés de force dans des wagons à bestiaux, puis par bateau sur l'île gelée de Trofimovsk, au-delà du cercle polaire, ils durent y accomplir des travaux titanesques. Sans vêtements adaptés, sans nourriture ni abris chauffés, ces malheureux étaient voués à une mort certaine. Les mémoires de Dalia, d'une grande qualité littéraire et rédigés après son évasion avec sa mère en 1949, nous exhortent au souvenir des déportés de toutes nations que le régime stalinien a condamnés sans pitié à une fin solitaire, déshumanisée, tous ces morts dont les traces des tombes ont été effacées par les glaces et les vents de l'ex-Union soviétique. Traduit en plusieurs langues, ce texte fait désormais partie des œuvres classiques de la littérature des camps. Les dessins de Gintautas Martynaitis, rescapé qui s'était lui-même retrouvé dans l'enfer de Trofimovsk à l'âge de 6 ans, illustrent admirablement ce récit.


- Revue d'histoire de la Shoah
de Mémorial de la Shoah
Éditions Calmann Lévy / 15 mars 2017


Le Titre du Roman

En Italie, la mémoire de la Shoah occupe depuis la fin des années 1980 une place centrale dans le discours public. Transformée aujourd'hui en phénomène culturel et en un rite collectif qui trouve dans les "Trains de la Mémoire" l'exemple le plus éclatant, cette mémoire semble marquée par un contraste frappant entre la banalisation, parfois la légitimation, du passé fasciste d'un côté, et la reconnaissance de la Shoah en Italie de l'autre. Comme si le refoulement de l'adhésion d'une partie non négligeable de la population italienne à la politique anti-juive du régime était nécessaire pour décliner une mémoire nationale douloureuse en mémoire universelle capable de rendre opaque toute responsabilité individuelle et collective. Cette distorsion mémorielle se retrouve notamment dans la formulation de la loi de l'an 2000 pour l'instauration de la Journée de la mémoire de la Shoah. Le fascisme n'y est jamais mentionné et un accent démesuré est mis sur le sauvetage, ce qui permet de glisser sur le rôle des Italiens dans la persécution de leurs concitoyens juifs, en particulier à partir d'une pratique de délation plus répandue qu'on ne le croit souvent. Si la recherche historiographique et les milieux intellectuels sont marqués par une grande vitalité, avec la publication de travaux importants, la distorsion est nette avec la manière dont cette tragédie est transmise, caractérisée par une multitude de projets pédagogiques et d'actions publiques surtout animés par la nécessité de construire un "espace de citoyenneté" pour les jeunes générations. C'est pourquoi, en Italie, cette politique de la mémoire de la Shoah conjugue le mythe du "bon Italien" (catholique) et l'occultation fréquente des responsabilités nationales dans la persécution des Juifs au profit d'un discours moral autour d'Auschwitz.  


- Le déporté de Dora. Mémoires d'un survivant des camps de la mort
de Paul Schwarz
Éditions François Bourin / 23 février 2017


Le Titre du Roman

Début 1943, à vingt-trois ans, Paul Schwarz, originaire de Metz, se fait arrêter par la Gestapo alors qu'il occupait avec un groupe de résistants le château de Ponsampère, dans le Sud-Ouest de la France. Après un interrogatoire musclé, il est déporté à Buchenwald dans des conditions atroces, puis transféré fin 1943 à Dora, camp de concentration destiné à la fabrication des V2. Après des mois passés dans cet enfer où la souffrance et la mort sont sans cesse présentes, Paul Schwarz et un de ses compagnons parviennent à s'enfuir et, après avoir tué un soldat allemand, à rejoindre les troupes alliées. Soixante-dix ans après la Seconde guerre mondiale, beaucoup de témoignages ont été publiés sur cette immense tragédie. Mais cela ne retire rien à la force et à l'intensité du récit de Paul Schwarz, dont la violence et la crudité nous saisissent encore aujourd'hui. C'est pourquoi sa famille a décidé de le publier après beaucoup d'hésitations. Comme l'écrit sa fille: "La question qui se pose n'est pas celle d'un nouveau témoignage, mais celle-ci: lirons-nous jamais assez ce qui s'est passé pour que cette horreur ne se reproduise plus?" Un récit inoubliable.


- Carnets de clandestinité
de Moche Finkler
Éditions Calmann Lévy / 22 février 2017


Le Titre du Roman

À 16 ans, Moshé Flinker quitte les Pays-Bas avec ses parents et ses six frères et sœurs pour tenter d'échapper aux persécutions nazies. Arrivé à Bruxelles, complètement désœuvré et sans repère, il commence à écrire son journal en hébreu. Il retranscrit des scènes de la vie quotidienne et suit très attentivement l'évolution de la guerre. Fin connaisseur de l'histoire juive et fort d'une foi profonde, ses écrits sont imprégnés de réflexions religieuses. Ils sont également animés de la conviction que la création d'un État juif sur la terre ancestrale est la seule réponse possible à une tentative d'extermination unique dans l'histoire. Il comprend aussi que la connaissance de la langue arabe est un élément essentiel de la coexistence future en Eretz Israël. C'est pourquoi il apprend l'arabe, seul, à l'aide de manuels achetés dans les librairies de la ville. Son Journal se termine le 19 mai 1943 par ces mots: "J'ai l'impression d'être mort. Me voici". Un an après, jour pour jour, le 19 mai 1944, suite à une dénonciation, il est arrêté et déporté à Auschwitz avec plusieurs membres de sa famille. Il disparaît des listes d'appel du camp de Bergen-Belsen le 20 janvier 1945. Ces cahiers, retrouvés après la guerre par ses deux sœurs, à Bruxelles, dans la cave de l'immeuble où avait vécu la famille, racontent avec force et acuité les angoisses spirituelles d'un jeune garçon juif, d'une étonnante maturité intellectuelle et politique, engagé dans une lutte pour la survie au cœur de l'Europe nazie.


- Journal 1943-1944
de Leïb Rochman
Éditions Calmann Lévy / 08 février 2017


Le Titre du Roman

Leïb Rochman écrit son Journal entre 1943 et 1944 au moment où il vit caché derrière une double cloison chez une paysanne polonaise puis dans une fosse creusée dans une étable avec d'autres compagnons polonais, allemands, russes ou ukrainiens. Il ne livre jamais sa localisation exacte, il cite toujours, avec une extrême prudence, un village ou un lieu-dit à une certaine distance. Ils passent des jours entiers, en rang d'oignons, les visages tournés vers le mur sans possibilité de s'asseoir. Avec talent, Leïb Rochman réussit à faire entendre le monde extérieur, l'écho des animaux, les détonations des tueries, les conversations de leur hôte avec les villageois. Le texte frappe par la force de leurs relations, de l'amour qui les lie entre eux et avec le peuple juif, et qui leur permet de survivre. Leib Rochman nous fait entendre une voix folle de douleur mais il raconte aussi qu'en dépit de tout, lui et ses compagnons continuent d'observer l'essentiel des lois du judaïsme. Il nous livre ici une conception du monde pétrie de Torah (Pentateuque et plus largement Premier Testament) qui se déploie au fil des pages. Jusque dans son approche des animaux domestiques, des souris et des mulots, des déflagrations et du tonnerre des combats et, bien sûr, des eaux qui les submergent dans leur dernière cachette, l'empreinte divine, le caractère cataclysmique et annonciateur d'une ère nouvelle, ou de la fin du monde, sont omniprésents. Leur foi constitue l'un des aspects les plus poignants de ce témoignage. Ils ne cessent d'être portés par leur aspiration à construire une vie nouvelle comme à se reconstruire en tant qu'êtres humains, libres, dans un lieu où les Juifs seraient enfin les maîtres de leur destin. Un État juif, précise Rochman en Eretz-Israël. Là même où il s'éteindra en 1978.


- Chelmno. Prologue à l'industrie du meurtre de masse
de Patrick Montague
Éditions Calmann Lévy / 10 novembre 2016


Le Titre du Roman

Situé près de Lodz, en Pologne, le camp de Chelmno fut établi à l'initiative d'Arthur Greiser, gouverneur de la province, afin de résoudre un "problème juif local". Sans barbelés, sans rangées de baraquements, sans miradors, le camp était dépourvu des éléments communément associés aux camps de concentration ou d'extermination. Doté d'une capacité limitée et fonctionnant avec trois camions à gaz, les victimes étaient acheminées dans le camp, tuées et leurs restes jetés dans des fosses: il s'agit là de la première véritable usine de mort du genre avec comme objectif initial l'extermination de 100 000 personnes, des enfants, des vieux et des malades, considérés comme des bouches inutiles. Le modèle de Chelmno fut repris et amélioré dans les camps de l'Aktion Reinhard, processus industriel de mise à mort dans des centres de tueries, pour résoudre cette fois un "problème juif européen". Chelmno, qui fonctionna à partir du 7 décembre 1941 et continua durant des périodes distinctes jusqu'en janvier 1945, fut donc une étape essentielle vers le meurtre de masse et annonce la Solution finale en Europe. Extrêmement fouillée et documentée, cette étude est l'aboutissement de vingt ans de travail. Le camp de Chelmno est peu étudié, cette publication met pour la première fois en lumière les tâtonnements et les hésitations des tueurs, puis explore point par point la mise en œuvre de la destruction du cœur du judaïsme européen.


- Klaus Barbie, nom de code Adler
de Peter Hammerschmidt
Éditions Les Arènes / 10 novembre 2016


Le Titre du Roman

Capitaine SS et chef de la Gestapo à Lyon pendant la Seconde Guerre mondiale, Klaus Barbie se rend célèbre par sa cruauté et son efficacité dans la lutte contre les résistants et la persécution des juifs. En 1943, il arrête Jean Moulin et démantèle la quasi-totalité de la résistance régionale. À la Libération, Barbie se met au service des Américains qui, dans l'Allemagne occupée, n'hésitent pas à recruter parmi les anciens nazis des spécialistes de la lutte anti-communiste. C'est le début de la guerre froide et l'ennemi d'hier devient un précieux allié contre l'URSS. En 1951, désormais compromettant, il est exfiltré en Bolivie sous le nom de Klaus Altmann. Une fois sa vie reconstruite, il conseille activement les dictateurs boliviens et travaille aussi pour la CIA, et même pour les services secrets allemands. Traqué notamment par Serge et Beate Klarsfeld, il faudra attendre 1983 pour que ses protections le lâchent et qu'il soit enfin extradé en France afin d'y être jugé. Le 4 juillet 1987, la cour d'assises du Rhône reconnaît Klaus Barbie coupable de dix-sept crimes contre l'humanité et le condamne à la prison à perpétuité.


- Le procès de Ravensbruck
de Marie-Laure le Foulon
Éditions Cherche Midi / 10 novembre 2016


Le Titre du Roman

La reproduction inédite du témoignage de Germaine Tillion au procès de Ravensbrück. À Hambourg, le 5 décembre 1946, s'ouvre le procès de Ravensbrück auquel Germaine Tillion (1907-2008) assiste en tant que représentante de l'ensemble des déportées résistantes françaises. Quinze ans avant Hannah Arendt et le célèbre procès Eichmann, elle questionne déjà le système concentrationnaire. Elle observe les criminels nazis, commente à chaud les réquisitoires, s'interroge, s'indigne et rapporte le tout, par écrit, à ses camarades rescapées du camp. Marie-Laure Le Foulon revient sur ce procès et sur le parcours, pendant la Seconde Guerre Mondiale, de cette ethnologue entrée en 2015 au Panthéon aux côtés de Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay. Enrichi de documents précieux, tels les articles parus à l'époque dans le bulletin de l'Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance, Voix et Visages, ce livre est l'occasion de découvrir ou de réentendre une combattante de la liberté, une grande figure de la conscience humaine. Un travail de mémoire nécessaire qui éclaire le difficile exercice de la justice des hommes.


- Un camp très ordinaire
de Micheline Maurel
Éditions De Minuit / 04 novembre 2016


Le Titre du Roman

Micheline Maurel résistante du réseau Parco Polo, a été déportée en Allemagne en août 1943. Elle a passé vingt mois à Neubrandebourg, une succursale de Ravensbrück. C'était, dit-elle, "un petit camp très ordinaire", sans chambre à gaz ni crématoire (on se servait pour cela des installations voisines de Ravensbrück): un simple bagne pour femmes. Un bagne comme il en existe probablement encore dans le monde. Et c'est pourquoi ce livre n'a pas de date, et nous concerne tous. Il nous dit, ce livre, comment vivent dans un camp, du 1er janvier au 31 décembre, des femmes sans nom, sans appui et sans hommes, la vie en robes à croix, la vie tête tondue, sans maquillage, sans savon et sans vêtements de rechange, dehors par tous les temps, battues tous les jours, ne sachant jamais si elles retrouveront le soir leur couverture et si elles auront la force de grimper sur leur châlit. François Mauriac dans sa préface écrivait: "Dans un livre comme celui-ci, la protestation de l'âme éclate avec une simplicité et une humilité bouleversantes au point que notre pitié s'écarte de la victime pour aller à ses bourreaux".
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: Les dernières parutions   Mer 11 Oct - 21:44

- Eichmann avant Jérusalem. La vie tranquille d'un génocidaire
de Bettina Stangneth
Éditions Calmann Lévy / 12 octobre 2016


Lors de son procès à Jérusalem en 1961, Adolph Eichmann se présenta comme un petit bureaucrate qui n’aurait fait qu’obéir aux ordres. Envoyée par le New Yorker pour couvrir le procès, Hannah Harendt écrivit quant à elle qu’Eichmann était certes un criminel antisémite notoire devant être châtié, mais qu’il n’aurait fait preuve d’aucun fanatisme particulier: davantage préoccupé par sa carrière qu’autre chose, il aurait été incapable de distinguer le bien du mal. Cette thèse dite de la "banalité du mal" déclencha un tollé lors de sa parution. Très respectueuse de la grande spécialiste du totalitarisme, la philosophe et historienne allemande Bettina Stangneth démontre ici, nouveaux documents à l’appui, et l’on en reste saisi d’effroi, que cette thèse ne saurait s’appliquer à celui qui fut l’un des plus grands artisans de la "solution finale". Comment pourrait-il en aller autrement alors que, fuyant en Argentine avec la complicité du Vatican en 1950, celui qui s’assura que les Juifs soient massacrés dans les camps de la mort osa déclarer que même si l’Allemagne nazie perdait la guerre, il sauterait dans la tombe avec joie parce qu’avoir cinq millions de victimes sur la conscience lui procurait une intense satisfaction? S’il n’était que cela, cet ouvrage salué par la critique mondiale serait déjà un grand livre. Mais il y a plus. Il démontre qu’aujourd’hui encore l’abcès Eichmann est loin d’être vraiment percé.


- La promesse de l'est. Espérance nazie et génocide (1939-1943)
de Christian Ingrao
Éditions Du Seuil / 03 octobre 2016


Comment les nazis ont-ils rêvé leur victoire et le "Reich de mille ans"? Entre 1939 et 1944, l'utopie impériale nazie connut des débuts de réalisation dans les espaces conquis à l'Est, brutalement vidés de leurs habitants, déplacés, réduits en esclavage et, pour les Juifs, assassinés. Elle eut ses ingénieurs, ses agences et ses pionniers (pas moins de 27 000 jeunes Allemands). Elle suscita de la ferveur et de l'adhésion. Dans le Reich de mille ans aux frontières élargies par la conquête, une communauté racialement pure vivrait bientôt une existence réconciliée de prospérité sereine. Christian Ingrao examine pour la première fois, dans leur cohérence et dans leurs tensions, le travail des différentes institutions, le parcours des hommes et des femmes qui y ont pris part, l'ampleur des planifications successivement dessinées. Il poursuit une anthropologie sociale de l'émotion nazie et dévoile, à côté de la haine et de l'angoisse, la part de la joie et de l'attente, deux faces d'une même réalité. L'espérance nazie fut le cauchemar des populations. C'est ce que révèle crûment l'étude des violences déchaînées à l'échelle de la région de Zamosc, aux confins de la Pologne et de l'Ukraine. Un grand livre, qui porte sur l'un des aspects les plus méconnus du nazisme.


- Ginette Kolinka. Une famille française dans l'Histoire
de Philippe Dana
Éditions Kero / 22 septembre 2016


Dans l'entrée se tiennent des civils qui parlent français, des messieurs avec des chapeaux, vêtus d'un manteau de cuir: la Gestapo est chez nous. Ils sont trois autour de mon père, de mon petit frère Gilbert et de mon neveu Jojo qui étaient sur le point de partir à l'école. Je me souviens leur avoir demandé: “Qu'est ce qui se passe?” Ils répondent: “Vous êtes juifs”. Ginette Kolinka a 19 ans quand elle est déportée avec son père, son frère et son neveu à Auschwitz II-Birkenau. Ginette, devenue matricule 78599, y restera plus d'un an. C'est la seule de sa famille qui reviendra de l'enfer des camps. À son retour, elle se mure dans le silence. Même à son fils Richard Kolinka, batteur du groupe Téléphone, elle ne dira pas ce qu'elle a enduré. Mais un voyage en famille à Auschwitz va l'aider à raconter l'horreur. Aujourd'hui, à 91 ans, elle témoigne.


- Carnet de retour avec la Division Leclerc
de Pierre Bourdan
Éditions Payot & Rivages / 21 septembre 2016


"Cette nuit-là, nous avons reconnu la terre de France à son odeur". Été 1944: Pierre Bourdan débarque en Normandie comme correspondant de guerre auprès de la 2e DB du général Leclerc. Avec justesse et force, il dit l'émotion du retour d'exil combattant, raconte Leclerc et ses hommes au milieu des armées alliées, évoque l'absolue magie de Paris libérée, puis l'accomplissement, à Strasbourg, du célèbre serment de Koufra. Son récit, publié en 1945, est un document exceptionnel et un magnifique hymne à la liberté.


- Journal du ghetto de Lodz. 1939-1943
de Dawid Sierakowiak
Éditions Du Rocher / Septembre 2016


À la libération du ghetto de Lodz, cinq cahiers manuscrits furent découverts sur un poêle, prêts à alimenter le feu. C'était le journal d'un adolescent, Dawid Sierakowiak, l'un des 60 000 juifs qui périrent dans le deuxième plus grand ghetto établi par les nazis en Pologne. Le jeune homme y relate l'invasion allemande, la persécution des juifs de Lodz puis, une fois le ghetto instauré, sa rapide transformation en centre industriel pourvoyant aux besoins de l'armée allemande, véritable camp d'esclaves administré d'une main de fer par le très controversé Doyen des juifs Chaïm Rumkowski, sous la férule nazie. Passionné de politique et de philosophie, Dawid porte un regard engagé sur les nouvelles internationales que certains parviennent à capter clandestinement et sur l'organisation du ghetto, dénonçant la dégradation délibérée des conditions de vie, les déportations et la mise en place d'un effrayant système de classes. L'abîme entre les différentes classes du ghetto se creuse de plus en plus. Certains volent pour s'empiffrer, d'autres s'empiffrent officiellement, et le reste gonfle et meurt de faim, écrit-il le 27 mai 1942. Avec délicatesse, Dawid confie aussi à son Journal ses angoisses, ses espoirs, les souffrances de ses proches, ainsi que ses démarches incessantes pour tenter d'améliorer le quotidien de sa famille. Et affirme, jusqu'aux dernières pages retrouvées, sa volonté de continuer à grandir intellectuellement, lire, traduire, à lutter contre la mélancolie et tenir, tenir jusqu'à la fin de la guerre. Dawid Sierakowiak perdit la bataille en août 1943, à l'âge de 19 ans, victime de la "maladie du ghetto": tuberculose, faim et épuisement. Victime, surtout, de l'antisémitisme. Courageux et souvent ironique, son témoignage offre le portrait d'un brillant jeune homme, représentatif de la jeunesse intellectuelle juive polonaise de son époque, et constitue un document rare et précieux sur l'une des facettes les plus atroces de l'Holocauste. Le texte, augmenté d'un appareil critique, est accompagné de soixante-cinq photos du ghetto de Lodz.


- Journal du camp de Vittel
de Yitzhak Katzenelson
Éditions Calmann Lévy / Septembre 2016


Le 14 août 1942, Hannah, l'épouse d'Yitzhak Katzenelson, et leurs deux plus jeunes garçons, Ben Zion et Benjamin sont convoyés vers Treblinka depuis le ghetto de Varsovie. Katzenelson et son fils aîné, Zvi, en réchappent et travaillent alors quelques mois dans un atelier allemand situé dans les décombres du ghetto. Sans illusion sur le sort réservé à sa femme et ses enfants, celui qui est l'un des plus grands poètes juifs du xxe siècle cesse alors d'écrire. Grâce à la Résistance juive qui cherche à le protéger, il obtient des faux papiers de l'État du Honduras qui lui permettent de quitter la Pologne. Le 22 mai 1943 Katzenelson et son fils sont envoyés au camp de Vittel, en France, un camp pour "personnalités", c'est-à-dire des ressortissants de pays alliés ou neutres détenus comme d'éventuelles monnaies d'échanges. Miné par une terrible dépression, craignant de basculer dans la folie, Katzenelson écrit quelques lignes dans son journal puis s'emmure dans le silence. Ce n'est qu'à la veille de l'anniversaire de la liquidation du ghetto de Varsovie, qu'il commence à tenir véritablement son Journal. Bien qu'il ne coure que sur deux mois seulement, il s'agit là d'un document exceptionnel d'une rare intensité. À l'amie de Vittel qui le presse d'écrire, il répond: "Je ne peux pas écrire. Il n'existe pas de mots pour (…) décrire [ces horreurs]; ils n'ont pas encore été créés". Mais c'est aussi le même homme qui lui déclare un autre jour: "Non. Non. Cela doit être écrit. Le monde entier doit savoir ce qui est arrivé. (…) Tout doit être raconté". C'est le témoignage d'un homme brisé qui survit dans un entre-deux de la mort. Dans un cri poignant, le poète mentionne déjà l'extermination par balles, les déportations et les chambres à gaz. Mais surtout, avec une terrible préscience, il avance dès 1943 le chiffre de six millions de Juifs assassinés.


- Des adolescences au cœur de la Shoah
de Daniel Oppenheim
Éditions Le Bord de l'Eau / Août 2016


L'auteur montre comment des adolescents ont traversé la Shoah, dans les ghettos et dans les camps. La description précise de leur expérience, dans leur diversité et leurs points communs, permet de s'approcher au plus près de ce que fut la Shoah pour les individus, au-delà des connaissances historiques et des statistiques. Il montre aussi les qualités et les points d'appui qui expliquent, en partie, leur survie. Le regard qu'ils portent sur cette expérience n'est pas le même que celui des adultes. Ce regard, ce questionnement, cette réflexion se développent pour certains tout au long d'une vie d'écrivain, de professeur de littérature, de psychiatre, d'historien.
Dans leurs livres, ils montrent les moyens qu'ils utilisent pour transmettre, au plus juste, à leurs contemporains leur expérience et, ce faisant, pour essayer de se déprendre du traumatisme majeur subi. La rigueur qu'ils mettent à cette transmission, pendant et après, et qui n'est pas contradictoire pour certains avec la fantaisie et l'humour, a une valeur éthique mais constitue aussi une très belle leçon de littérature. La longue expérience de psychanalyste de l'auteur lui permet d'éclairer et de mettre en valeur tous les aspects de ces adolescences au cœur de la barbarie. Ce livre contribue à mieux comprendre ce qu'ont vécu des enfants et des adolescents, devenus parents ou grands-parents, qui ont traversé les autres barbaries qui se sont exercées depuis la Shoah, et aussi ce que vivent aujourd'hui d'autres enfants et adolescents victimes des barbaries actuelles.


- L'Europe en enfer, 1914-1949
de Ian Kershaw
Éditions Du Seuil / Août 2016


Été 1914. L'Europe plonge dans une guerre dévastatrice qui va ébranler le système politique et les valeurs d'un continent entier. Une génération plus tard, alors que les survivants du premier conflit mondial sont encore choqués d'avoir vu sombrer dans la barbarie une civilisation qu'ils considéraient comme un modèle, l'Europe s'achemine vers une déflagration plus inhumaine encore: une guerre où le massacre de civils occuperait une place centrale et dont le point culminant serait le génocide des Juifs. Le grand historien du nazisme Ian Kershaw livre une synthèse magistrale de ce premier XXe siècle européen ensanglanté par deux guerres mondiales et poursuit le récit de cette ère d'autodestruction jusqu'au moment où le continent émerge de ses ruines, recomposé en deux blocs, divisé par la guerre froide. Sa lecture restitue toute la cohérence de l'histoire européenne avec une maîtrise, une profondeur de vue et une vivacité inégalables, mettant notamment l'accent, pour rendre compte de cet enchaînement catastrophique, sur quatre facteurs: l'explosion du nationalisme ethnique, la virulence des révisionnismes territoriaux, l'acuité des conflits de classe et la crise prolongée du capitalisme. Incisif, brillamment écrit, L'Europe en enfer est le livre de référence pour comprendre cette séquence fondatrice de notre présent.


- Cinq ans au QG d'Hitler
de Walter Warlimont
Éditions Perrin / Juin 2016


De 1939 à 1944, le général Walter Warlimont fut affecté au bureau Opérations de l'OKW, le haut commandement de la Wehrmacht. Quotidiennement au contact d'Hitler, lors des points de situation militaire, il est le témoin privilégié de l'évolution de son comportement, comme de la vie des officiers allemands en charge de la direction de la guerre. Paru en 1962, ce texte décrit avec une rare acuité la lente dégradation des armes allemandes, l'atmosphère sinistre comme la paranoïa grandissante et le sentiment de toute-puissance du Führer. Médiocre stratège parfois porté par d'heureuses inspirations, le maître du IIIe Reich veut tout diriger, tandis que haut gradés et barons du parti nazi s'opposent de plus en plus frontalement. Tous se côtoient pendant de longues années dans les locaux exigus du Grand Quartier général, dans une ambiance "à la fois de cloître et de camp de concentration". Un témoignage puissant sur les mécanismes de décision au sein de l'état-major allemand, "réglés" pendant cinq ans sur les humeurs et les fantasmes d'Hitler.
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MessageSujet: Re: Les dernières parutions   Mer 11 Oct - 21:36

- L'odyssée de la peur
de Bernard Benyamin
Éditions First / Juin 2016


Allemagne, 1939. Les juifs allemands cherchent à quitter le pays pour échapper à la déportation. Lorsque le Consulat de Cuba à Hambourg met en vente des permis de débarquer assorti d'un billet sur un bateau allemand, le Saint-Louis, c'est la ruée. Le 13 mai 1939, le Saint-Louis largue les amarres, destination: La Havane. Ils sont 937 à bord, persuadés d'avoir sauvé leurs vies. Le 27 mai, le bateau jette l'ancre à La Havane mais personne n'est autorisé à y débarquer. Les règles ont changé. Pendant 6 jours, les négociations vont bon train. En vain. Le 2 juin, le bateau quitte La Havane et fait des ronds dans l'eau au large de la Floride. Pendant ce temps, tout sera fait pour tenter de trouver asile aux États-Unis, au Canada, en Amérique Centrale, en Amérique du Sud... La réponse sera toujours la même: non. Hitler peut exulter, les nazis ne sont pas les seuls à rejeter les juifs. Le 6 juin, le bateau est contraint de retourner en Europe. Il arrive à Anvers le 17, où ses passagers sont finalement accueillis par quatre pays européens: l'Angleterre, la Belgique, la France et les Pays-Bas. Trois mois plus tard, la guerre éclate, les Juifs du Saint-Louis seront déportés parmi les premiers, un tiers d'entre eux périra dans les camps de la mort. Pour raconter cette histoire, Bernard Benyamin a retrouvé une dizaine de survivants aux États-Unis. Il a eu accès à de nouvelles archives allemandes et américaines jusqu'alors peu exploitées. C'est un Exodus avant l'heure, le symbole de l'égoïsme des nations occidentales face à la tragédie qui se jouait alors en Europe... Un drame qui nous renvoie directement à celui des réfugiés de Méditerranée aujourd'hui.


- Ces anglais morts pour la France
de Jean-Michel Steg
Éditions Fayard / Mai 2016


Anglais, Écossais, Irlandais, Gallois, Canadiens, Sud-Africains, Australiens, Néo-Zélandais, nombreux sont les soldats de Grande-Bretagne et du Commonwealth à être volontaires en 1916 pour attaquer sur le front en Picardie, alors que leur implication dans le conflit n'avait rien d'évident en 1914. Le 1er juillet 1916, plus de 20 000 d'entre eux perdent la vie sur le champ de bataille de la Somme, venant en aide à une armée française épuisée par Verdun. C'est le jour le plus meurtrier de toute l'histoire britannique et la reconnaissance de ce sacrifice a été à l'époque, et est restée depuis, relativement mince en France, alors que ce sombre anniversaire est célébré outre-Manche, illustrant combien les mémoires collectives nationales diffèrent. Croisant les archives françaises et anglaises pour tenter de comprendre pourquoi et comment tant d'hommes sont morts, Jean-Michel Steg rend à cet épisode sa place capitale dans la mémoire de la Grande Guerre.


- Histoires extraordinaires de la Seconde Guerre Mondiale
de Dominique Lormier
Éditions Cherche Midi / Mai 2016


Nicholas Alkemade, mitrailleur d'un bombardier britannique, survit à une chute de 6 000 mètres. Giorgio Perlasca, Italien en poste en Hongrie, sauve 5 200 Juifs de la déportation. L'aviateur américain Charlie Brown est épargné par un pilote de chasse allemand. Jacques Sztark subit les horreurs des camps nazis et sauve des prisonniers allemands de la mort. Yves La Prairie joue un rôle important dans la Résistance, s'évade par les Pyrénées et termine la guerre dans la marine. Amedeo Guillet, officier italien, devient un héros en Afrique orientale. Adolf Galland demeure un aviateur atypique de la Luftwaffe. Les pilotes britanniques Robert Tuck et Douglas Bader multiplient les exploits en plein ciel. Les Britanniques mènent des raids commandos en Gironde et en Norvège. Erich Hartmann devient l'as des as. Jean-Baptiste Piron et ses soldats belges sont les grands oubliés de la Libération. Les parachutistes japonais taillent les Alliés en pièces. Charles Wingate et ses soldats s'illustrent dans la jungle birmane. Matome Ugaki est le dernier kamikaze japonais mort au combat.


- Considérations sur Hitler
de Sebastian Haffner
Éditions Perrin / Avril 2016


À travers ce qui est sans doute l'étude la plus originale et la plus stimulante sur Hitler, Sebastian Haffner donne à comprendre l'action d'un homme qui a su séduire et entraîner dans le meurtre de masse une des sociétés les plus modernes de son temps. Le plan de l'ouvrage est inhabituel: Vie. Réalisations. Succès. Erreurs. Fautes. Crimes. Trahison. Sept essais incisifs, surprenants, stimulants. Sept angles différents pour éclairer le phénomène Hitler. Un livre rare qui allie l'histoire populaire à la plus haute exigence intellectuelle.    


- Entretiens avec Mussolini
de Émile Ludwig
Éditions Perrin / Avril 2016


De nature complexe et dissimulée, Mussolini ne s'est ouvert qu'à un seul interlocuteur étranger: l'écrivain et reporter Emil Ludwig. Leurs entretiens, qui eurent lieu au palais de Venise à Rome, en mars-avril 1932, dessinent le portrait d'un dictateur résolu, qui a éliminé tout adversaire à l'intérieur, mais qui semble encore soucieux de moderniser son pays et de contribuer à la paix européenne. Pour la première et la dernière fois, face à un vis-à-vis qui ne partage pas ses idées, Mussolini donne un aperçu de sa vie privée, de ses modèles et de sa vision du monde, dans un mélange étonnant de vrai et de faux. Un an plus tard, le Duce changera d'avis et essaiera d'empêcher la circulation d'un livre où il en a trop dit. Augmentés d'une préface et de notes limpides et éclairantes de Maurizio Serra, ces entretiens demeurent un document d'histoire exceptionnel. Une autobiographie à la fois de l'homme et du régime.    


- La censure en France pendant la Grande Guerre
de Olivier Forcade
Éditions Fayard / Avril 2016


Qu'ont su les Français des événements qu'ils traversèrent entre 1914 et 1919? À période exceptionnelle, attitude exceptionnelle: de droite ou de gauche, le patriotisme exigeait un soutien indéfectible au gouvernement. La propagande à ses côtés, la censure républicaine a occulté l'ampleur des destructions et des pertes, imposant silences ou vérités tronquées. Le sang coulait, l'encre était sèche. Dès les premiers jours d'août 1914, les pouvoirs publics et l'armée censuraient largement les informations diplomatiques et militaires à l'ensemble des agences de presse et des journaux. Prévu pour une brève période, ce contrôle préalable a étendu rapidement son empire à la vie politique, aux institutions et à tous les faits de guerre. Affaires de corruption, grèves, mutineries, révolution russe avaient disparu comme par enchantement. La censure, qui remettait en question les avancées libérales républicaines d'avant-guerre, a enflammé les esprits. D'Apollinaire à Maurras, de Poincaré à Clemenceau, intellectuels, politiques et militaires ont été les protagonistes de cette histoire qui allait inspirer le gouvernement de Vichy.


- Si c'est une femme
de Sarah Helm
Éditions Calmann Lévy / Avril 2016


Les femmes, qui arrivaient parfois de nuit, croyaient être près de la côte car le vent y avait un goût de sel et elles sentaient le sable sous leurs pieds. Quand venait le jour, elles voyaient que le camp était construit au bord d'un lac et entouré de forêts. Himmler aimait que ses camps soient dans des lieux d'une grande beauté naturelle, et de préférence dissimulés. Aujourd'hui, le camp est toujours hors de vue; les horribles crimes qui y ont été commis et le courage des victimes restent largement ignorés. De 1939 à 1945, au camp de Ravensbrück, 132 000 femmes et enfants furent les victimes silencieuses des nazis. Résistantes, Tziganes, Témoins de Jéhova, handicapées, prostituées ou juives, elles étaient pour le Reich des déclassées, des "bouches inutiles". Parmi elles, 8 000 Françaises dont Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz. Fruit d'un travail d'enquête minutieux à travers le monde à la rencontre des dernières rescapées et des familles des déportées, ce livre exceptionnel redonne la parole à ces femmes, vibrantes héroïnes d'une histoire restée trop longtemps marginale.


- L'institutrice d'Izieu
de Dominique Missika
Éditions Le Cercle Points / Mars 2016


Le 6 avril 1944, à Izieu, 44 enfants âgés de 4 à 17 ans et leurs 7 moniteurs sont raflés par des soldats allemands, sur ordre de Klaus Barbie. Gabrielle Perrier, leur institutrice de 21 ans, est absente pour les vacances. Ce jour-là, son monde s'effondre Elle se réfugiera dans le silence jusqu'au procès de Klaus Barbie, en 1987. Enfin, elle pourra porter le deuil de ses élèves morts à Auschwitz.


- La fraternité de nos ruines
de David Rousset et Gregory Cingal
Éditions Fayard / Mars 2016


Le 12 novembre 1949, l'écrivain et ancien déporté David Rousset lance un appel à tous les rescapés des camps nazis et à leurs organisations afin de constituer une commission d'enquête sur le régime des camps de travail en Union soviétique, ouvrant ainsi, le premier en France avec un tel éclat public, la question sacrilège de l'existence d'un système concentrationnaire soviétique analogue à celui du IIIe Reich. S'ensuivit un procès retentissant contre l'hebdomadaire communiste Les Lettres françaises, qui s'était répandu en injures en accusant Rousset de faux et usage de faux. Ce livre en restitue les débats et polémiques d'une violence inouïe (auxquels prirent part notamment Jean-Paul Sartre, Robert Antelme et Jean Cayrol), de même qu'il rassemble lettres, discours, articles et essais, devenus introuvables ou inédits, qui accompagnèrent la publication après-guerre des deux livres majeurs de David Rousset, L'Univers concentrationnaire et Les jours de notre mort. Redevable du surplus de vie que le camp lui avait accordé, c'est dans la hantise de ses frères esclaves qui agonisaient "à l'horizon désert de la planète" qu'il posa les premiers jalons d'une histoire comparée du Lager et du Goulag qui, curieusement, reste aujourd'hui encore à écrire.


- La guerre de cent ans
de Georges Minois
Éditions Perrin / Mars 2016


Une analyse en perspective de la première véritable "guerre totale". De Crécy à Azincourt, du Prince Noir à Jeanne d'Arc, la première guerre européenne (1337-1453) fut aussi une guerre totale, qui a bouleversé les sociétés anglaise et française, favorisé l'émergence des deux nations et profondément marqué les mentalités.    


- Le journal du diable. Les secrets d'Alfred Rosenberg, le cerveau d'Hitler
de David Kinney et Robert K. Wittman
Éditions Michel Lafon / Mars 2016


Document historique d'une valeur inestimable, Le journal du diable constitue une plongée fascinante  dans la pensée d'Alfred Rosenberg, l'ami intime d'Hitler et l'idéologue du nazisme, considéré comme l'initiateur de la solution finale qui consigna ce dont il fut le témoin et l'acteur de 1936 à 1944. Ces 400 précieuses pages d'archives inédites, pièces capitales du procès de Nuremberg, ont disparu mystérieusement avant même la fin des audiences: le procureur américain Robert Kempner, pourfendeur acharné des crimes du IIIe Reich était également un collectionneur d'archives nazies… À sa mort, le funeste journal passe de main en main: il traverse l'Atlantique et devient l'objet de toutes les convoitises. Un professeur le vole à une vieille dame en maison de retraite; il est égaré dans une benne à ordure; un archiviste rêve pendant dix-sept ans de se l'approprier… Jusqu'à ce que Robert K. Wittman, un ancien agent du FBI, le retrouve au printemps 2013, mettant ainsi fin à près de soixante-dix ans d'une quête acharnée. Sa redécouverte permet aujourd'hui de révéler les coulisses du nazisme, de la création du parti national-socialiste au suicide du Führer. Il relate entre autres les rencontres privées d'Alfred Rosenberg avec Hitler, Hermann Göring et Heinrich Himmler. Il décrit également les conséquences de l'invasion de l'Union Soviétique, les arcanes de la solution finale ainsi que la vaste entreprise de pillage des livres et œuvres d'arts à travers l'Europe occupée.


- Le sommeil le plus doux
Enfants de nazis
de Tania Crasnianski
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2016


Jusqu'en 1945, leurs pères étaient des héros. Après la défaite allemande, ils sont devenus des bourreaux. Eux, ce sont les enfants de Himmler, Göring, Hess, Frank, Bormann, Höss, Speer et Mengele, ces noms synonymes de l'horreur nazie. Ces petits Allemands ont vécu la Seconde Guerre Mondiale en privilégiés, entourés par des parents affectueux et tout-puissants. Pour eux, la défaite allemande a été un coup de tonnerre. Innocents, inconscients des crimes paternels, ils en ont découvert toute l'étendue. Certains ont condamné, d'autres n'ont cessé de révérer ces hommes honnis par l'humanité entière. Enfants de nazis retrace l'ascension et le quotidien à la fois fastueux et banal de dignitaires accomplissant chaque jour leur travail de mort avant de s'égayer auprès de leurs familles, installées parfois à portée de vue des camps. Il dépeint ensuite les expériences uniques de ces enfants devenus adultes: la déchéance, la misère, la honte ou le repli. Quels liens ont-ils entretenu avec leurs pères? Comment vivre avec un nom à jamais diabolisé par l'histoire? Quelle part de responsabilité des crimes est-elle transmise aux descendants? Comme ces enfants sont toujours hantés par le destin paternel, le passé nazi reste présent à nos mémoires. C'est en ce sens que leur histoire rejoint l'Histoire. Un document passionnant et de troublants portraits de famille.


- Noirs dans les camps nazis
de Serge Bilé
Éditions Du Rocher / Mars 2016


Serge Bilé dévoile dans ce livre un aspect totalement méconnu de la Seconde Guerre Mondiale: la déportation des Noirs dans les camps de concentration et d'extermination de l'Allemagne hitlérienne. Africains, Antillais, Américains ont eux aussi été pris dans la tourmente, arrêtés et envoyés dans ces camps où ils étaient sujets à toutes les humiliations… Outre les témoignages hallucinants collectés auprès des survivants ou de leurs compagnons d'infortune, ce livre révèle des faits méconnus: savait-on que les fameuses lois de Nuremberg concernaient également les Noirs installés à l'époque dans le pays? Ces Afro-Allemands, stérilisés de force, formèrent d'ailleurs les premiers contingents de déportés expédiés par Hitler dans les camps, bien avant la guerre. Savait-on que ces camps de concentration n'étaient pas l’œuvre des nazis, mais que les premiers avaient été construits dès 1904, en Namibie, pour éliminer le peuple herero opposé à la colonisation allemande et aux armées du chancelier Bismarck? Autant de pages d'histoire inédites où l'on apprend aussi, au fil des chapitres, les faits d'armes de ceux qui deviendront par la suite les grands leaders de la cause noire: Nelson Mandela, Martin Luther King, Léopold Sédar Senghor ou encore Aimé Césaire.


- Les juifs d'Orient, Israël et la Shoah
de Hanna Yablonka
Éditions Calmann Lévy / Février 2016


Au cours des vingt années qui suivirent la création d'Israël en 1948, une puissante vague d'immigrants juifs venus des pays arabes (Irak, Yémen, Libye, Égypte et Syrie) et du Maghreb s'établit dans l'État juif. Ils ont d'emblée le sentiment d'être mis à l'écart d'une société dominée par l'élément ashkénaze et, de fait, ont du mal à considérer comme faisant partie de leur histoire la Shoah, tragédie qui reste celle d'un monde ashkénaze qui les regarde souvent avec mépris. À travers l'analyse de discours politiques, de manuels scolaires ou de témoignages, l'auteur montre que si la destruction des Juifs d'Europe ne fut pas une mémoire partagée dès le début par tous les Israéliens, un tournant s'opère lors du procès d'Adolf Eichmann, véritable choc politique, dont le résumé des audiences est suivi chaque soir à la radio par des dizaines de milliers d'Israéliens. Mais c'est surtout dans les années 70 que progresse l'idée d'une catastrophe juive globale, et donc d'unité du destin juif: sans distinction d'origine, la Shoah aurait dû impliquer, en effet, tous les Juifs désignés pour la mort. Le rapport des Juifs orientaux à la Shoah démontre combien cette catastrophe n'est pas à l'origine de l'État juif mais a renforcé l'identité israélienne pour figurer peut-être aujourd'hui son lieu de mémoire cardinal.


- Paroles de Verdun
de Jean-Pierre Guéno
Éditions Perrin / Février 2016


L'"enfer de Verdun" à travers les lettres des poilus. Du 21 février au 18 décembre 1916, ce fut l'"enfer de Verdun". La bataille conduite par Pétain sera un revers terrible pour l'armée allemande, mais surtout une catastrophe humaine sans précédent avec ses 300 000 morts. Sur 95 divisions que comptait l'armée française, 70 furent engagées. Les lettres témoignent des souffrances des "poilus", de la boue des tranchées, de la faim, la soif, du désespoir, de la mort qui les côtoie à chaque instant, mais aussi des brimades hiérarchiques et de l'incapacité de certaines élites militaires à diriger. Qu'ils soient paysans, violonistes ou officiers, on y lit la bravoure de ces hommes, à la fois victimes et héros. Souvent émouvant, tendre, bouleversant, ce livre forme un véritable requiem pour la paix.    


- Visages de Verdun
de Bernard Michel
Éditions Perrin / Février 2016


Qu'est-ce que la France? À cette question, Verdun apporte la plus bouleversante et la plus précise des réponses. Trois cent mille soldats français et allemands sont morts pendant les trois cents jours de la bataille de Verdun, entre les mois de février et décembre 1916. À l'échelle démesurée de la Grande Guerre, ce n'est pas si important, rapporté au paysage de Verdun, à cet amphithéâtre de sombres collines que le regard embrasse en un instant, c'est vertigineux. Nul ne peut prétendre connaître la France et ce qui fait le fond de notre pays, ce peuple très ancien et mêlé qui vit là, au bout de l'Europe, s'il n'a posé son regard sur cet horizon de bois élevés qui s'appellent le Mort-Homme, la cote 304, Douaumont, Vaux, Fleury, le bois des Caures... Nul ne peut comprendre la relation singulière qui s'est nouée ici entre la France et l'Allemagne, s'il n'a vu sous l'Ossuaire les restes mélangés de leur commune humanité, témoignage d'une commune souffrance. Il s'est passé là quelque chose qui traverse le temps. Visages de Verdun en dévoile l'âme par la conjugaison de photos inédites et d'un récit prenant.    


- Le moment Eichmann
de Annette Wieviorka et Sylvie Lindeperg
Éditions Albin Michel / Janvier 2016


Seuls deux procès du nazisme peuvent prétendre au statut de lieu de mémoire: celui de Nuremberg et celui d'Adolf Eichmann. C'est ce dernier procès qui constitue le génocide des Juifs en événement distinct, le détourant de l'histoire de la Seconde Guerre Mondiale, jusqu'à effacer le contexte même dans lequel il se déroula, pour l'inscrire dans la seule histoire des Juifs. Le procès Eichmann fut l'un des tout premiers événements médiatiques mondiaux. Cet ouvrage collectif analyse pour la première fois la façon dont il fut raconté par la presse, la radio, la télévision ainsi que la postérité de ces premiers récits. Une pensée politique forte, un récit raconté de façon puissante par les témoins et une médiatisation bien pensée font de ce procès un événement fondateur. Il y eut bien un "moment Eichmann" qui délimita un avant et un après.


- Que sont mes amis devenus...
Une solitude juive à face à la dérive d'une certaine gauche (2000-2015)
de Brigitte Stora
Éditions Le Bord de l'Eau / Janvier 2016


Janvier 2015. "Le pire c'est que nous savions". Comme si cette destruction nous était intime, connue. Depuis quinze ans, nous étions presque seuls, ciblés, abandonnés. Charlie aussi avait été lâché, puis criminalisé et assassiné. À sa manière, il était devenu un peu juif. Onze mois plus tard, plus de 130 jeunes seront assassinés au Bataclan et sur les terrasses des cafés à Paris. La France toute entière est désormais visée. Pendant des décennies, l'idéal révolutionnaire d'une certaine gauche a épousé le désir d'émancipation, la soif de fraternité. Nous pensions qu'après la Catastrophe, la source du venin était tarie, nous avons cru en un monde pluriel où nous avions enfin notre place. Mais les amants du chaos se sont réveillés et abreuvent les jeunes générations de leur fiel et de leur ressentiment. Aux mots ont succédé les meurtres: celui d'Ilan Halimi, celui des militaires et des enfants juifs de Toulouse, des clients d'un magasin cacher puis le mitraillage de toute une rédaction. L'horreur des attentats de novembre a plus clairement encore ciblé le "nous", celui que depuis longtemps ils détruisent. Aujourd'hui la "révolte" s'avance trop souvent contaminée par la haine au point parfois de relayer insidieusement la terreur fasciste, de lui donner une justification. Alors que du temps de nos engagements,  le choix de la vie dominait, je me demande "que sont mes amis devenus?".


- Souvenirs d'une ambassade à Berlin. 1931-1938
de André François-Poncet
Éditions Perrin / Janvier 2016


Un témoignage exceptionnel sur Hitler et le IIIe Reich, raconté de l'intérieur par l'ambassadeur de France à Berlin. Ambassadeur de France à Berlin de septembre 1931 à octobre 1938, André François-Poncet a été aux premières loges pour assister à la chute de la république de Weimar et à l'avènement du IIIe Reich. Écrivain d'exception doté d'une plume acerbe, il décrit non seulement les événements d'envergure, avènement d'Hitler, nuit des Longs Couteaux, Jeux olympiques de 1936, conférence de Munich et marche à la guerre, mais aussi les séides du nazisme, à commencer par leur chef, dont il dresse un portrait d'une force qui n'a d'égale que la finesse. Ses développements sur l'idéologie brune constituent un autre modèle du genre. On l'aura compris: ses souvenirs constituent un témoignage essentiel, "le meilleur publié sur l'agonie de Weimar et les premières années de l'Allemagne hitlérienne. Soixante-dix ans plus tard, leur réédition constitue un événement tant leur lecture s'impose à quiconque s'intéresse à l'histoire de la période", résume Jean-Paul Bled qui a enrichi ce grand texte d'une présentation et d'un appareil critique inédits afin de rendre sa lecture accessible au profane.


- L'AFN dans la première guerre mondiale
Écrit en collectif
Éditions Riveneuve / Novembre 2015


Si, dans les mémoires, la Première Guerre Mondiale est une guerre européenne avec ses hauts lieux (Marne, Verdun, Somme…), les premiers coups de canons sont pourtant tirés par le Goeben et le Breslau dès le 4 août 1914 contre les ports de Bône et de Philippeville. L'Afrique française du nord (AFN), avec ses deux protectorats et ses départements français depuis 1848, se voit entièrement mobilisée dans l'effort de guerre contre l'armée allemande: pieds-noirs et indigènes sont enrôlés. Dans ces troupes formées pour les circonstances, à l'hétérogénéité des formations s'ajoute celle des statuts juridiques des hommes. Il y a de plus en AFN des cultures et des religions qui cohabitent et pour lesquelles le sentiment national n'a ni la même signification, ni le même degré de conscience d'appartenance, encore moins d'allégeance, à la métropole. Et la guerre, sous la forme de révoltes permanentes ou sporadiques, a lieu aussi au Maroc, au Sahara et dans l'Aurès. Les traces de la conquête n'ont pas disparu et l'opposition religieuse reste un trait spécifique à l'AFN; d'où les efforts déployés par la France au travers de la réouverture du pèlerinage de la Mecque et les monuments religieux érigés en métropole. Les contributions lors de la Journée d'études du 15 octobre 2014 sont ici réunies. Elles présentent ces différents aspects de la Première Guerre Mondiale, à travers le prisme de l'AFN.


- Les derniers secrets du IIIe Reich
de François Kersaudy
Éditions Perrin / Novembre 2015


Ce livre cherche à faire la lumière sur certains aspects méconnus de l'Allemagne hitlérienne. Comment des médecins dévoués et consciencieux ont-ils pu passer de l'eugénisme à l'administration des camps de la mort? Quels chemins un architecte manqué a-t-il parcourus pour réinventer sa capitale au beau milieu d'une guerre mondiale? Quelles aberrations ont conduit Hitler à imaginer que douze amateurs débarqués d'un sous-marin pourraient détruire l'industrie américaine et mettre les États-Unis à genoux? Comment la rumeur d'un baroud d'honneur des nazis dans les Alpes a-t-elle pu détourner les forces anglo-américaines de Berlin, avec tout ce qu'il en est résulté dans l'après-guerre? Pourquoi un "ramassis de boy-scouts" s'est-il lancé dans le terrorisme en 1945, avec l'espoir de réussir là où la Wehrmacht avait échoué? Où a disparu le Reichsleiter Martin Bormann dans la nuit du 1er au 2 mai 1945, et pourquoi l'"éminence brune" du Führer, condamnée à mort par contumace à Nuremberg, a-t-elle été aperçue 3 768 fois dans vingt-sept pays durant le quart de siècle qui a suivi? En lisant ces récits, on sera surpris de voir combien la réalité peut dépasser la fiction, et à quel point les douze années du IIIe Reich ont profondément marqué le demi-siècle qui a suivi.


- Les magiciens fous de Hitler
de Pierre Lunel
Éditions First / Novembre 2015


Pour comprendre les racines du mal, il faut  parfois oser jeter un œil dans la coulisse. Tout ou presque a été dit sur le sinistre destin de Hitler. En revanche, beaucoup reste à découvrir sur la face secrète du nazisme. Comment Hitler et ses comparses ont-ils pu réaliser le forfait de séduire le peuple allemand tout entier? D'où Hitler tire-t-il la fascination qu'il exerce sur les autres en général, et le peuple allemand en particulier? Les hauts dignitaires nazis, et Hitler lui-même, furent fascinés par l'ésotérisme, la magie noire et les forces occultes. Cette fascination ne fut pas sans conséquence sur leur comportement et leurs décisions. La présence, dans leur entourage, de gourous tous plus illuminés les uns que les autres, et les "recherches" secrètes qui leur étaient confiées confirment également "la folie ésotérique" qui s'était emparés de tous les nazis alors au pouvoir. Dans ce livre, Pierre Lunel nous emmène à la rencontre de ces gourous cachés,  qui endoctrinèrent Hitler et les siens. Un épisode résume à lui seul la force secrète à l'œuvre dans le cerveau du Führer: le 30 juin 1934, lors de la nuit des longs couteaux, durant laquelle les SS exterminent Röhm et ses SA, Hitler  avoue que cette tuerie lui est ordonnée "par une force totalement étrangère". Il est alors, racontent les témoins, comme possédé par une force magique dont il aurait été le médium. Une sorte de "Messie noir".
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: Les dernières parutions   Mer 11 Oct - 21:31

- Les origines de la Shoah
de Henry Friedlander
Éditions Calmann Lévy / Novembre 2015


Le meurtre en masse des patients handicapés, des Tziganes et des Juifs, dès juillet 1933 avec la loi de stérilisation puis prolongé avec le programme d'euthanasie à l'automne 1939, fut l'acte inaugural de la Solution finale. On retrouve d'un bout à l'autre de la chaîne une idéologie basée sur le sang et la race. Toute personne atteinte d'un quelconque handicap (arriérés, aveugles, sourds, épileptiques ou atteints d'une difformité physique) était jugée potentiellement dangereuse pour le "capital biologique" et était assassinée. Les tueurs du "programme d'euthanasie" furent, pour partie, ceux qui œuvrèrent sans les centres de mise à mort de Belzec, Sobibor et Treblinka où fut assassiné en 1942-1943 le cœur du judaïsme européen. La technique élaborée dans le "programme d'euthanasie" (Aktion T4) y fut testée et sans cesse réemployée. C'est cette continuité entre "euthanasie" et Solution finale que décortique ici Henry Friedlander. Àcet égard, il montre que la mise à mort des Juifs handicapés, d'abord à titre individuel, puis collectivement, est un maillon capital qui préfigure la Solution finale de l'automne 1941. Les opérations de tueries en masse opérées par l'Allemagne nazie sont toutes liées les unes aux autres. La publication de ce livre, il y a vingt ans, a imposé l'auteur comme l'un des grands noms des Holocaust Studies aux côtés de Hilberg, Browning, Friedländer et quelques autres. La traduction de ce livre vient combler un vide criant dans la bibliographie française sur le sujet.


- 1917: la paix impossible
de Jean-Yves le Naour
Éditions Perrin / Octobre 2015


1917 est une année de rupture. Le peuple épuisé, las de la guerre, doute et réclame la paix. Chacun cherche une porte de sortie honorable: le gouvernement français hésite, la Grande-Bretagne s'effraie, le chancelier allemand Bethmann-Hollweg, qui voudrait en finir, est congédié, tandis que la Russie renverse le tsar. L'empereur d'Autriche-Hongrie, Charles Ier, et le pape Benoît XV élaborent quant à eux des projets de paix. En vain, personne n'étant prêt à en payer le prix. 1917 est aussi l'année décisive du conflit qui marque la véritable naissance du XXe siècle, avec ces deux tremblements de terre que sont la révélation de la puissance américaine et la révolution bolchevique. La guerre, non plus nationale mais idéologique, échappe aux Européens et fait apparaître un monde nouveau, coincé entre deux messianismes: l'idéalisme wilsonien et le communisme. Après 1914. La grande illusion, 1915. L'enlisement et 1916. L'enfer, Jean-Yves le Naour continue de mettre son talent narratif au service de l'histoire et raconte avec brio cette année charnière. Se fondant sur des archives inédites et mêlant les expériences du peuple à celles des hauts fonctionnaires, il dresse un tableau complet qui n'épargne aucune grande figure. De l'échec de Ribot, alors président du Conseil, lors des négociations avec l'Autriche, aux basses manœuvres de Clemenceau pour parvenir au pouvoir, tout est révélé.


- De Gaulle, Mitterrand
La bataille des deux France
de Robert Schneider
Éditions Perrin / Octobre 2015


Alger, décembre 1943. Face à Charles de Gaulle, 53 ans, chef incontesté de la France libre, François Mitterrand, 27 ans, et son réseau de prisonniers résistants ne pèsent pas lourd. Lors de leur première rencontre où tout ou presque s'est joué, le jeune impudent tient pourtant tête au héros national. Le duel entre les deux futurs présidents qui marqueront leur siècle commence. Il durera plus de vingt-cinq ans et se prolongera après la disparition du général, Mitterrand ayant jusqu'à sa mort poursuivi un dialogue avec son illustre prédécesseur. Robert Schneider retrace d'une plume alerte l'histoire des relations tumultueuses entre ces deux hommes d'exception. En les suivant pas à pas, il montre pourquoi ces deux fils de la France barrésienne et catholique, qui se ressemblaient plus qu'on ne l'a dit, étaient voués à s'affronter. Leur face-à-face ne se résume pas à leur incompatibilité d'humeur ni même au choc de leur ambition. Il oppose deux visions inconciliables de la démocratie, de la République, de la France. À lui seul, il raconte l'un des chapitres les plus riches du roman national.


- De la paix aux résistances: les protestants en France 1930-1945
de Patrick Cabanel
Éditions Fayard / Octobre 2015


Résister. Par les mots et dans l'action; avec ou sans armes. C'est ce que firent les protestants français au cours de la Deuxième Guerre Mondiale, après avoir pris leurs distances à l'égard du pacifisme et de certaines équivoques du régime de Vichy. Forts de leur connaissance de la situation religieuse allemande et de leurs liens privilégiés avec des figures de la résistance spirituelle, dont le théologien Karl Barth, ils se montrèrent lucides face au nazisme. Et, forts de leur mémoire huguenote, ils se rangèrent parmi les premiers défenseurs des juifs. Pourtant, à leur tête, et parmi d'autres pasteurs ou membres des classes dirigeantes, Marc Boegner tarda à s'éloigner d'un maréchal Pétain auquel le liait une connivence initiale. En suivant l'engagement de ces hommes et de ces femmes, Patrick Cabanel retrace l'histoire de cette minorité sentinelle qui tenta d'alerter la France puis de se tenir aux côtés des nouveaux persécutés, dans les camps de Vichy comme dans les terres de refuge.


- L'arche des enfants
de Vladimir Lipovetsky
Éditions Fayard / Octobre 2015


En 1918, au lendemain de la Première Guerre Mondiale, alors que la guerre civile sévit dans l’ancien empire russe, la ville de Saint-Pétersbourg (à l’époque, Petrograd) décide d’envoyer huit cents enfants dans le sud de la Russie et dans l’Oural afin de leur permettre d’échapper à la famine. Partis pour trois mois, ils ne reviendront dans leur pays que trois ans plus tard, après un tour du monde complet passant par la Sibérie, la Chine, le Japon, les États-Unis et l’Europe, en train puis à bord d’un cargo affrété par la Croix-Rouge américaine. C’est l’histoire de ce voyage hallucinant, restée inédite jusqu’à la chute du régime soviétique, que raconte ici Vladimir Lipovetsky. Grand chercheur d’aventures humaines, il a mis une vingtaine d’années à reconstituer l’itinéraire de cette "arche des enfants", consultant les archives tant russes qu’américaines et interrogeant les survivants de cet épisode quasi biblique du grand Déluge russe.


- L'imposteur
de Olivier Truc
Éditions Le Cercle Points / Octobre 2015


Prisonnier de guerre, résistant, rescapé du goulag… Le destin du sous-officier français Richard Douchenique-Blostin est aussi exceptionnel qu’empreint de mystère. Était-il vraiment celui qu’il prétendait? En des temps de frontières floues et d’identités troubles, ce héros méconnu s’est construit une existence plurielle afin d’échapper à ses multiples ennemis. Une imposture nécessaire à sa survie.


- Le dernier des injustes
de Claude Lanzmann
Éditions Gallimard / Octobre 2015


"Le dernier des injustes, qui a son origine dans le film du même nom, est le plus extraordinaire témoignage sur la genèse de la solution finale. Il permet de comprendre comment les nazis passent en deux ans de l'expulsion impitoyable des Juifs d'Autriche, de Tchécoslovaquie et d'Allemagne à la mort de masse dans les chambres à gaz. Benjamin Murmelstein est le personnage central de ce livre, témoin capital qui deviendra le président du Conseil juif du ghetto de Theresienstadt, créé par Eichmann pour faire croire au monde à la vie heureuse que voulait Hitler pour les Juifs qu'il allait assassiner. Rabbin de la communauté juive de Vienne, d'une mémoire et d'une intelligence hors normes, d'une immense culture, d'un caractère d'acier, d'une clairvoyance inouïe, jusqu'à deviner et déjouer les mesures atroces projetées par les nazis, Murmelstein dresse un portrait extraordinaire d'Eichmann, qu'il dut fréquenter pendant sept ans: pas du tout l'homme de la "banalité du mal", comme l'a prétendu Hannah Arendt, mais un antisémite d'une cruauté sans frein, impitoyable et corrompu. En même temps, Murmelstein se livre à une critique féroce du procès d'Eichmann à Jérusalem, mal préparé, où on refusa de le convoquer et de l'entendre. Contraint par la force de coopérer avec les nazis, Murmelstein ne fut en rien un "collaborateur", même si des détenus de Theresienstadt voulurent le faire passer pour tel. Jugé à sa demande par la justice tchèque, il fut acquitté de toutes les calomnies portées contre lui. Avec sa femme et son fils, il s'exila à Rome, sans avoir jamais connu Israël. À sa mort, en 1989, le rabbin de Rome refusa de l'inhumer et de dire pour lui le kaddish, la prière des morts". Claude Lanzmann.


- Le dernier jour d'Hitler
Berlin, le 30 avril 1945
de Jonathan Mayo et Emma Craigie
Éditions Ixelles / Octobre 2015


Le 30 avril 1945 L'Allemagne est dans le chaos. Les troupes russes ont atteint Berlin. Partout dans le pays, les gens sont sur la route: les survivants des camps de concentration, les prisonniers de guerre alliés, les nazis en fuite. La population civile vit dans le pire dénuement. L'homme qui a orchestré ce cauchemar s’enferme dans son bunker sous la capitale et prépare ses adieux.
Le Dernier Jour d’Hitler est le récit chronologique tel qu’on pourrait le voir à travers les yeux de:
- Ceux qui ont côtoyé Hitler dans ces dernières heures tumultueuses.
- Ceux qui luttaient pour leur survie pendant les dernières heures du conflit.
- Ceux qui se battaient encore dans faubourgs de Berlin.
- Et ceux qui arpentaient les couloirs du pouvoir en Europe, en Amérique et dans le monde.
C’est donc la fin de ce bâtard. Staline, à l’annonce de la mort d’Hitler. Cette journée marqua une fin et un début. Elle a placé des gens ordinaires dans des situations extraordinaires et les dirigeants du monde dans une grande confusion. Prenez par exemple l’histoire de Sisi Wilczek, fuyant les Russes et emportant avec elle la fortune familiale dans une boîte à chaussures; le président Truman, pesant le pour et le contre de l’utilisation de la bombe atomique (que son secrétaire d’État à la Guerre appela "l'arme la plus terrible jamais connue dans l'histoire de l’humanité "); l’officier allemand Claus Sellier effectuant sa dernière mission à travers le pays; ou encore les troupes alliées livrant des colis alimentaires pour nourrir une population néerlandaise affamée. À travers leurs témoignages, le lecteur appréhende les dernières heures du Reich. Avec ce récit narratif vivant entrecoupé d’encadrés documentaires, découvrez le 30 avril 1945, le jour dont des millions de gens ont rêvé et pour lequel des millions d’autres sont morts.
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: Les dernières parutions   Mer 11 Oct - 21:27

- Vichy et les juifs
de Michaël Robert Marrus et Robert Paxton
Éditions Calmann Lévy / Octobre 2015


En 1981, dans la première édition de ce livre, les deux historiens américains révélaient que la politique antisémite menée en France dès l'été 1940 était due au seul gouvernement de Vichy, sans pressions allemandes. À l'époque, la question de la responsabilité du régime de Vichy n'était déjà plus complètement refoulée mais le sujet était traité en marge et l'accès aux archives françaises et allemandes extrêmement laborieux. Beaucoup de choses ont changé depuis. Les archives se sont ouvertes, notamment grâce à la loi du 15 juillet 2008, autorisant aux chercheurs l'accès à des dossiers ultra-confidentiels. Vichy est passé au centre des intérêts des historiens. Autres événements majeurs de ces dernières décennies: le gouvernement français a reconnu le rôle de l'État français dans la déportation des Juifs; l'Église de France a fait acte de repentance pour son silence initial; des citoyens français ont été accusés, jugés, et punis pour crimes contre l'humanité, ou pour complicité de crimes contre l'humanité. Les auteurs ont donc trouvé une matière abondante pour enrichir et approfondir leur argument de base. Ainsi, l'idée qui se répand actuellement que la survie de 75% des Juifs de France est un résultat louable, et que ce résultat heureux est en partie attribuable à Vichy qui aurait essayé dès le début d'épargner les Juifs anciennement établis en France, ne tient pas longtemps face à une analyse approfondie. Il est crucial de lire aujourd'hui ce classique enrichi et mis à jour, et de s'élever contre ceux qui se demandent pourquoi tant de Juifs ont survécu en France quand il faudrait plutôt comprendre pourquoi tant ont péri.


- 1945. Le retour des absents
de Alain Navarro
Éditions Stock / Septembre 2015


Plus de deux millions de Français sont rapatriés entre le printemps et l'été 1945. C'est le grand retour des absents. Une séquence capitale pour signifier qu'une parenthèse se referme. Le message officiel: la nation est prête à les accueillir, tous égaux, pour reconstruire une France unie. Au-delà des slogans, la rentrée en masse va se charger de remettre chacun à sa place. En haut de la "hiérarchie" vont vite figurer les déportés politiques. Puis viennent les prisonniers militaires, exilés du pays et de l'histoire depuis cinq ans. À l'égard des autres, les travailleurs volontaires et requis du STO, ou encore des "Malgré-nous", Alsaciens et Mosellans, enrôlés sous uniforme allemand, le regard traduit la gêne. Et puis le flou et l'opacité se font sur les victimes juives, ainsi au Lutetia, où parviennent les rescapés des camps de la mort. C'est tout ceci que révèle le fonds d'une exceptionnelle richesse des archives de photographies et de récits oubliés de l'Agence France-Presse.


- Ardennes 1944
de Antony Beevor
Éditions Calmann Lévy / Septembre 2015


Novembre 1944. La guerre semble perdue pour une Allemagne prise en étau entre les Russes sur la Vistule et les Alliés à sa frontière occidentale. Hitler se convainc qu'une contre-offensive éclair en Belgique pourra faire éclater la coalition anglo-américaine et lui donner le temps de déployer ses armes secrètes. Une concentration militaire de grande ampleur est organisée en secret dans les Ardennes belges, là où le front tenu par les Américains est le plus vulnérable. Le 16 décembre, sous la poussée inattendue et brutale de deux armées de panzers, le front est enfoncé sur cinquante kilomètres. Nombre d'unités américaines se replient en désordre, mais d'autres résistent héroïquement dans des températures qui tombent à moins 22 degrés avant Noël. Plusieurs unités américaines sont encerclées à Bastogne, alors que le mauvais temps empêche toute opération aérienne de ravitaillement ou de renfort. Froid glacial, pénurie de vivres, massacres de prisonniers, cadavres piégés, représailles contre les civils, combats rapprochés, amputations à la chaîne, snipers, 5e colonne: du 16 décembre 1944 au 4 février 1945, les Ardennes sont le théâtre d'une guerre totale qui mettra hors de combat 80 000 soldats américains et sensiblement le même nombre du côté allemand. En pure perte. Ayant sacrifié ses meilleures unités et ses dernières réserves contre une armée dont il a gravement sous-estimé les ressources matérielles et morales, Hitler a joué son va-tout et perdu. Une fois de plus, Antony Beevor excelle à multiplier les points de vue. Son récit alterne en permanence entre les niveaux politique, stratégique, tactique et individuel. Nourri d'une documentation impressionnante, il nous fait vivre cette lutte à mort telle que la vécurent les états-majors, les officiers sur le terrain et les hommes du rang, des deux côtés, sans oublier les civils, avec cette empathie dépourvue de jugement moral qui est sa marque de fabrique. Antony Beevor rend à cette bataille, l'une des plus féroces et des plus inutiles de la Seconde Guerre Mondiale, sa juste place dans l'histoire terrible de ce conflit.


- Journal: 1934-1944
de Alfred Rosenberg
Éditions Flammarion / Septembre 2015


Le journal inédit d'Alfred Rosenberg, considéré comme le penseur du nazisme. Ce document donne libre cours à ses opinions sur l'Eglise catholique, les Juifs, et bien évidemment son antisémitisme viscéral. Sous sa plume percent également son fanatisme et sa fascination pour le Führer.


- Les quatre coups de la Nuit de Cristal
L'affaire Grynzpan-Vom Rath, 7 novembre 1938
de Corinne Chaponnière
Éditions Albin Michel / Septembre 2015


Du 9 au 10 novembre 1938, les synagogues flambent de Munich à Rostock. L'un des pires pogroms de l'histoire allemande vient de commencer. Pour justifier cette explosion de violence, les nazis n'invoquent qu'un motif: l'attentat commis au cœur de Paris par un jeune juif polonais contre un diplomate du Reich. L'assassin a dix-sept ans, sa victime vingt-neuf. Pourquoi Herschel Grynszpan a-t-il tiré sur Ernst Vom Rath? Dès le lendemain de l'attentat, avant même que l'Allemagne ne déclenche ses représailles impitoyables, la question est sur toutes les lèvres. Coup d'éclat pour venger un peuple persécuté? Coup d'envoi d'une offensive d'envergure? Coup de tête tout personnel? Coup monté par ceux auxquels profitera le crime? L'Histoire, aujourd'hui, n'a toujours pas tranché. Que s'est-il passé à Paris le 7 novembre 1938? Qui a sonné l'hallali de la Nuit de cristal? Remontant aux sources de chacune des thèses en concurrence, Corinne Chaponnière entraîne le lecteur dans une enquête vertigineuse sur l'un des épisodes les plus mystérieux de l'avant-guerre où la vengeance, la propagande, le sexe et la raison d'État se disputent férocement le fin mot de l'histoire.


- Le IIIe Reich et le monde
de Bloch Charles
Éditions Perrin / Septembre 2015


De 1933 à 1945, Hitler et les diplomates du IIIe Reich conduisirent une politique étrangère d'envergure au service d'une vision du monde dans lequel la nouvelle Allemagne se taillerait naturellement la part du lion. Fruit de nombreuses années de recherches, ce maître livre raconte avec bonheur l'histoire des coups de forces et des négociations, sans perdre de vue le dessein d'ensemble conçu de bout en bout par Hitler. Alternativement rusé, patelin puis brutal, le Führer sut jouer avec habileté des divisions de l'Europe, avant d'abattre brutalement ses cartes après Munich. Embrassant l'ensemble des continents, consacrant de substantiels développements à l'histoire diplomatique des années de guerre, l'ouvrage s'est imposé d'emblée comme une "référence obligée" selon Hervé Couteau-Bégarie. En voici une nouvelle édition, revue et augmentée d'une lumineuse préface de Maurice Vaïsse.


- Le catalogue Goering: le grand pillage des œuvres d'art par les nazis
de Jean-Marc Dreyfus
Éditions Flammarion / Septembre 2015


La transcription du catalogue mentionnant l'intégralité des œuvres d'art pillées par les nazis pour le compte de Goering, retrouvé dans les archives du Quai d'Orsay. Avec le récit de leur collecte, puis de leur destin après-guerre (tous les propriétaires n'ayant pas été retrouvés).


- L.R.: le silence d'un résistant
de François Rachline
Éditions Albin Michel / Septembre 2015


Cofondateur de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) en 1927, engagé volontaire en 1940, évadé du Stalag où il était retenu prisonnier, L.R. est ce qu'on appelle un résistant de la première heure. Membre actif puis chef de la principale filière d'évasions de France, via Gibraltar, au sein du Special Operations Executive des services secrets britanniques, celui qu'on appelle alors Lucien, qui sera Lucien Rachet, et plus tard Socrate, devient agent des services français en 1943. Ses missions le conduisent en France, en Espagne, à Alger, à Londres où de Gaulle, en mars 1944, lui confie personnellement le soin de restructurer la Résistance dans la perspective de la Libération. Quelle singulière trajectoire que celle de ce juif russe immigré, né en 1905, et naturalisé français en 1938. De Jacques Chaban-Delmas à Pierre Mendès France, du général Koenig au général de Gaulle, de Joseph Kessel à Pierre Dac et bien d'autres, son itinéraire défile sous nos yeux. Sont ici restitués sans maquillage les figures de la Résistance, en ses rivalités comme en ses fraternités profondes, ses zones d'ombre et ses hauts faits d'armes. S'appuyant sur des archives officielles, françaises et britanniques, ainsi que sur des documents familiaux inédits, François Rachline revisite tout un pan de notre histoire. Il en offre une version humaine et inattendue au fil d'une enquête saisissante sur un homme: son père.


- Mystères et secrets de l'Occupation
de Michèle Cointet
Éditions Fayard / Septembre 2015


Que signifie vraiment l'Occupation? Comment saisir le vécu d'une catastrophe nationale, les bouleversements d'une nation et d'une société qui doit s'adapter du jour au lendemain aux contraintes de l'occupant? En s'attaquant à la vie quotidienne des Français pendant cette période, Michèle Cointet revient sur des sujets qui dérangent: le taux de natalité élevé, l'argent sale acquis par certains, les rivalités entre maquis qui ont pu engendrer des représailles dramatiques, le traumatisme toujours présent de villes et de villages détruits par les bombardements alliés, ou encore le retour d'Allemagne des prisonniers de guerre français.


- Les hommes d'Hitler
de Jean-Paul Bled
Éditions Perrin / Août 2015


Spécialiste reconnu de l'histoire allemande, et du IIIe Reich en particulier, Jean-Paul Bled raconte la vie et dépeint le rôle précis au sein de l'appareil de pouvoir nazi de vingt-trois de ses dirigeants et compagnons de route emblématiques. Il privilégie pour ce faire l'histoire méconnue de leur relation à Hitler, qu'ils soient complices (Papen, Blomberg, Schacht), intimes (Göring, Hess, Goebbels, Himmler, Bormann, Speer), séides (Rosenberg, Frick, Ribbentrop, Frank, Heydrich, Schirach), militaires (Keitel, Guderian, Rommel, Dönitz), artistes (Hoffmann, Riefenstahl), enfin éliminés à l'occasion de la "Nuit des longs couteaux". (Röhm, Strasser). À l'opposé d'une certaine vulgate présentant Hitler comme un dictateur hystérique et esseulé, qui contrôle peu ou mal ses principaux barons, l'auteur établit au contraire combien sa domination, politique et psychologique, fut écrasante et les divisions entre ses lieutenants, instrumentalisées, pour mieux affermir son absolutisme. Un ouvrage novateur qui fera date par ses nombreux apports.


- Les secrets de Vichy
de Bénédicte Vergez-chaignon
Éditions Perrin / Août 2015


Auteur d'une biographie incontournable du maréchal Pétain, Bénédicte Vergez-Chaignon, à travers 13 thèmes porteurs, raconte à tous l'histoire cachée des années noires. Qu'ils s'agissent des hommes de Vichy et de leur action, à commencer par celles de Pétain et de Laval, de l'organisation quotidienne, de la Milice, des coups bas au sein de la nébuleuse vichyste ou des relations complexes avec l'occupant, chaque chapitre est saisissant. Fondée sur des archives neuves et servie par une écriture alerte et fluide, cette plongée au cœur de la France de Vichy n'a pas d'équivalent. Le pari que fait l'auteur est que sur chacun de ces sujets, les lecteurs trouveront la réalité plus passionnante que n'importe quelle fiction.
- Une capitale provisoire: Vichy
- Qui a écrit les discours du maréchal Pétain?
- Quel est l'auteur du premier statut des Juifs?
- Le retour des cendres de l'Aiglon
- L'attentat de Versailles (août 1941)
- Les otages de Châteaubriant
- La rencontre de Saint-Florentin
- Pétain a-t-il sauvé les Juifs français?
- La mort de l'amiral Darlan
- Les allégeances de Joseph Darnand
- L'assassinat de Philippe Henriot
- Quand la milice s'entrainaît dans des camps en Allemagne
- Les dernières semaines de Pierre Laval


- Dönitz
de François-Emmanuel Brézet
Éditions Perrin / Mai 2015


Le dernier chef du IIIeReich. Karl Dönitz, né en 1891, grand amiral de la Kriegsmarine à partir de janvier 1943, incarne presque à lui seul la guerre sous-marine systématique menée par les Allemands contre les Alliés. Derrière l'organisateur hors pair se profile un inconditionnel de Hitler qu'il poussera à la résistance envers et contre tout. À la mort du Führer et à sa demande, il lui succède à la tête du Reich pour quelques jours. Condamné à Nuremberg à dix ans de prison, il cultivera, après sa libération et jusqu'à sa mort en 1980, une réputation usurpée de militaire rétif au nazisme.


- Drôles d'histoires de la "Drôle de guerre"
de Léon-Antoine Dupré
Éditions Michel Lafon / Mai 2015


Drôles d’histoires? Oui, à double titre. D’une part, elles montrent à quel point la "drôle de guerre" mérite son nom: une guerre sans combat, au calme trompeur, jusqu’à ce que la France succombe sous l’invasion allemande. D’autre part, elles relatent les expériences peu ordinaires que l’auteur accumule onze mois durant: son séjour inénarrable à l’hôtel-Dieu de Saint-Malo, où, à la suite de la mobilisation de septembre 1939, il est affecté comme médecin auxiliaire; le voyage épique qu’il accomplit en juin 1940, en pleine débâcle, pour fuir en zone libre; les quatre semaines qu’il passe dans le Gers à attendre on ne sait quels ordres, puis l’audacieux retour vers les siens. Avec un talent de conteur indéniable et un humour qui, malgré les circonstances, ne cède jamais au défaitisme, Léon-Antoine Dupré nous livre ici un récit surprenant, enrichi d’anecdotes parfois irrésistibles, qui révèle maints aspects méconnus d’une époque singulière.


- Histoire des trois Reich
de Henry Bogdan
Éditions Perrin / Mai 2015


Les origines du Reich, concept typiquement allemand, se rattachent à la fois à la tradition romaine de l'imperium romanum et à l'héritage carolingien. La synthèse de cette double origine, menée à bien par la papauté avec le sacre impérial du roi de Germanie Otton le Grand en 962, est réalisée sous la forme du Saint Empire romain germanique qui perdurera jusqu'en 1806. En 1871, le roi de Prusse, Guillaume Ier, chef de la Maison de Hohenzollern, et son chancelier Bismarck rétablissent un Deutsches Reich, qui n'est ni saint ni romain, mais seulement germanique. Il disparaît dans la tourmente de l'année 1918. Sous le Troisième Reich, réinventé par Hitler, l'appellation officielle de Deutsches Reich est remplacée en 1939 par celle de Großdeutsches Reich, le grand Reich allemand, pour tenir compte du rattachement à l'Allemagne de l'Autriche et de la Bohême-Moravie.


- La conférence de la honte: Evian, juillet 1938
de Raphaël Delpard
Éditions Michalon / Mai 2015


En 1938, alors que les Juifs essaient de quitter l'enfer germanique, les pays du monde entier refusent de leur ouvrir leur porte. Devant la gravité de la situation, le président américain Franklin Roosevelt, propose la tenue d'une conférence internationale à Evian-les-Bains du 6 au 15 juillet 1938, dont l'objectif sera de pousser chaque pays à accueillir un nombre d'émigrants. Chaque délégué trouvera des prétextes pour expliquer son impossibilité à recevoir la population juive.


- Les maîtres de l'air
de Donald Miller
Éditions Michel Lafon / Mai 2015


1942. Les Américains sont entrés en guerre et prêtent main-forte à l’Angleterre, pour résister aux terribles avancées nazies. Parmi les troupes engagées en Europe, les bombardiers de la 8e Air Force, à peine âgés de 18 ans, vont mener le plus grand combat aérien de la Seconde Guerre Mondiale. Trois années durant, aux côtés des Alliés, ils rivalisent d’audace stratégique: attaques en plein jour, destructions des raffineries de pétrole, gares de triage ou usines, privant ainsi l’ennemi de ressources. Mais l’héroïsme se paie cher. Beaucoup y laisseront leur vie, les jeunes prisonniers découvriront l’horreur des stalags, tandis que ceux qui réchapperont de l’enfer, traumatisés, devront être envoyés dans des centres de convalescence. Qui étaient ces "gamins" qui ne connaissaient rien à l’aviation avant d’arriver sur le sol anglais et se sont portés volontaires dans une guerre qui pourtant ne menaçait pas leur territoire? Tous, noirs ou blancs, étudiants de Harvard, paysans, ou futures stars du cinéma telles que Jimmy Stewart et Clark Gable, n’avaient qu’un seul but: mettre fin à cette guerre meurtrière.


- Souviens-toi Jeanne
de Geneviève Reumaux et René Charlet
Éditions Ravet Anceau / Mai 2015


"Jeanne était née avec le siècle et fêtait ses quatorze ans ce jour-là, un lundi pluvieux du mois d’août, comme il y en a souvent dans les Flandres, même en août. Mais ce n’était pas un jour ordinaire: le tocsin avait sonné. La guerre était déclarée". À l’occasion du centenaire de la Grande Guerre, Jeanne Dewilde choisit de transmettre son histoire à Catherine, une jeune journaliste. En 1914, elle a 14 ans. Elle ne se doute pas encore du bouleversement guettant la France. C’est pourtant lui qui guide son existence entre Cassel, Bailleul, Lille et Hazebrouck. Il est à l’origine de sa rencontre avec le lieutenant Destouches, futur Louis Ferdinand Céline, l’abbé Lemire ou encore le peintre William Orpen. Avec une volonté de fer, Jeanne traverse le conflit. Sa foi en l’humanité la transforme en une véritable héroïne. Pour le centenaire de la Grande Guerre, Geneviève Reumaux et René Charlet rendent hommage aux civils indirectement touchés par le conflit. Souviens-toi Jeanne dévoile un panorama réaliste de la vie quotidienne pendant la Première Guerre Mondiale et souligne l’importance de la transmission de l’Histoire entre les générations.


- À l'intérieur du camp de Drancy
de Annette Wieviorka et Michel Laffitte
Éditions Perrin / Avril 2015


La vie et la mort quotidiennes dans un camp dont le nom, aujourd'hui encore, suscite l'effroi. Entre 1941 et 1944, près de 80 000 Juifs transitèrent à Drancy, un camp commandé par les Allemands, gardé et administré par des Français. Des sources souvent inédites permettent pour la première fois de reconstituer l'existence des internés, avec son organisation, ses solidarités, ses violences et sa misère, sous la menace permanente et insupportable de la déportation.


- Drancy, un camp en France
de Renée Poznanski / Denis Peschanski / Bénoît Pouvreau
Éditions Fayard / Avril 2015


En mai 1944, Louis Aragon écrivait que le nom de Drancy faisait "frémir les Français les plus impassibles d'apparence". Aujourd'hui, sur le site du camp par lequel sont passés 84% des déportés juifs de France, une cité HLM côtoie un wagon et une statue monumentale, en vis-à-vis d'un musée-mémorial de la Shoah. Drancy a conservé en effet sa vocation initiale de logement social tout en devenant le lieu de mémoire central de la Shoah en France. C'est l'histoire complète de ce lieu qui est retracée dans ce livre. Elle démarre avec le projet architectural d'avant-garde des années 1930 et les "premiers gratte-ciel de la banlieue parisienne"; elle relate le passage par ce camp improvisé des prisonniers de guerre français, puis des civils britanniques et canadiens. Elle évoque toutes les étapes administratives et policières qui ont accompagné la création puis la vie du "camp des Juifs" et le rôle des acteurs de cette triste histoire, les Allemands, les Français; elle décrit la vie quotidienne des victimes juives, avec ses grandeurs et ses faiblesses. C'est l'histoire complète de ce lieu car elle dépasse les limites du camp pour en saisir la résonance au cœur des familles juives d'internés et dans toute la France; pour y suivre, après la Libération, les suspects de collaboration; pour en analyser les péripéties mémorielles depuis 1945. C'est l'histoire complète de ce lieu, enfin, car un grand nombre d'illustrations exceptionnelles accompagnent un récit fondé sur des documents largement inédits et extraordinairement émouvants.
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MessageSujet: Re: Les dernières parutions   Mer 11 Oct - 21:21

- Goebbels
de Peter Longerich
Éditions Perrin / Avril  2015


Une somme monumentale qui met à nu la sidérante personnalité de l'un des hommes les plus influents du IIIe Reich. Venu de l'aile gauche du nazisme, Joseph Goebbels commence sa carrière dans l'orbite de Gregor Strasser avant de se soumettre inconditionnellement à Hitler. Dès lors, son ascension épouse celle du Führer jusqu'à obtenir en 1933 le ministère de la Propagande, dont il fera l'un des piliers du IIIe Reich. Archétype du narcissique, d'un orgueil qui n'a d'égal que sa soif de pouvoir, il souffre en regard de violents accès de dépression résultant pour partie de son handicap physique. En puisant méthodiquement dans les carnets de ce mégalomane torturé, l'auteur nous invite au cœur de l'intimité de l'homme et, ce faisant, du pouvoir national-socialiste.


- Hitler contre Berlin
de Pierre Vallaud
Éditions Perrin / Avril  2015


Le 2 mai 1945, Berlin dévastée tombe aux mains des Soviétiques. Avec la ville symbole du "Reich de mille ans" voulu par le Führer, c'est toute l'Allemagne nazie qui succombe. Pourtant, rien ne prédestinait la plus grande métropole allemande à jouer ce sinistre rôle, bien au contraire. Dès le lendemain de la Première Guerre Mondiale, Berlin se signale par sa singularité. Creuset de toutes les tensions d'un pays vaincu, elle donne naissance à un bouillonnement politique et culturel qui fait d'elle l'avant-garde d'une Europe en quête de modernité. Aussi ni Hitler ni l'extrême droite allemande ne se reconnaissent-ils dans cette ville libérée, voire dépravée aux yeux de certains, où l'on peut côtoyer Thomas Mann et Marlène Dietrich, Brecht, Kandinsky, Feuchtwanger ou Fritz Lang. C'est à contrecœur que le tout nouveau chancelier s'attaque à ce Berlin qu'il n'aime pas, et qui le lui rend bien. Dès son arrivée au pouvoir, il entreprend une mise au pas sanglante: incendie du Reichstag, autodafés, arrestations de masse arbitraires, camps de concentration, pogromes et Nuit de cristal. Dès lors, Berlin n'est plus dans Berlin, et c'est une ville vidée de ses personnalités les plus emblématiques et de ses audaces qui va se trouver précipitée dans une guerre totale où elle perdra tout,son originalité, son intégrité et jusqu'à son âme.


- Ils étaient allemands contre Hitler
de Philippe Meyer
Éditions L'Âge d'Homme / Avril  2015


La Résistance allemande au régime nazi est peu connue en France. Plusieurs milliers d'Allemands y ont cependant adhéré, et se sont sacrifiés héroïquement pour lutter contre le pouvoir nazi. Tout a été fait par les Alliés en 1945 pour minimiser cette action. À la faveur de l'entrée au Panthéon de Pierre Brossolette, dont Philippe Meyer est le gendre, la sortie de cet essai prend sens dans une actualité autour de la Résistance.


- Le journal de Rywka Lipszyc
de Rywka Lipszyc
Éditions Calmann Lévy / Avril 2015


Soixante ans après le journal d'Anne Frank, un nouveau témoignage exceptionnel, une lecture incontournable. 1945. Une femme médecin de l'Armée rouge tire des ruines d'Auschwitz- Birkenau un petit carnet. Elle n'en sait rien encore mais il s'agit de l'un des témoignages les plus bouleversants de la Shoah. Ilsera oublié pendant des décennies… Entre octobre 1943 et avril 1944, Rywka Lipszyc a dépeint dans les pages de son journal le cauchemar qui fut le sien et celui de centaines de milliers de Juifs dans le ghetto le plus dur du régime nazi, celui de Lodz, en Pologne. Avec l'éloquence de l'innocence, Rywka relate son quotidien terrible. Mais elle raconte aussi comment elle trouve dans l'amitié, la spiritualité et dans sa foi en l'humanité la détermination de vivre. Et pour Rywka vivre, c'est continuer d'aimer, d'étudier, d'écrire de la poésie. C'est continuer de croire en un avenir meilleur. "Mon jeune sang bouillonne dans mes veines. La jeunesse. La jeunesse vers la vie. Quelque chose a chanté en moi. Je veux vivre. Vivre de suite. Vivre".


- Le pogrom de Jassy
de Radu Ioanid
Éditions Calmann Lévy / Avril 2015


Plus de 13 000 juifs furent assassinés en neuf jours à Jassy (Roumanie). Ce pogrom est un des événements les mieux documentés de l'histoire de la Shoah car les troupes allemandes, présentes dans la ville, étaient autorisées à utiliser un appareil photo pour envoyer des "souvenirs" du front de l'Est à leur famille. Des membres des renseignements roumains, sur place eux aussi, photographièrent également le massacre. Pourtant, ces images sont pour la plupart méconnues du grand public. Les archives roumaines, longtemps restées fermées, s'ouvrent depuis quelques années seulement sous la pression de la société civile. Les 127 photographies de cet album, accompagnées des témoignages des rescapés ou des bourreaux recueillis après la guerre et souvent restés enfouis pendant des décennies dans des cartons, sont d'une valeur historique inestimable et donnent un éclairage sans pareil sur cette tragédie. L'historien Radu Ioanid continue ici son exceptionnel travail de recherche pour mieux faire connaître la Shoah en Roumanie. Publié en collaboration avec le musée mémorial de l'Holocauste des États-Unis et l'Institut national Elie Wiesel pour l'étude de l'Holocauste en Roumanie.


- Mascarade
de Tivadar Soros
Éditions Fayard / Avril 2015


"La vie est belle, encore faut-il avoir la chance de son côté". Ainsi commence Mascarade, témoignage hors du commun d'un homme qui a réussi à tromper l'ennemi par sa clairvoyance dans des circonstances terrifiantes. En 1944, les nazis envahissent sur le tard la Hongrie, mais avec l'objectif d'y appliquer d'emblée la Solution finale. Avocat, juif, Tivadar Soros décide aussitôt de donner à sa famille (sa femme et ses deux fils) une fausse identité chrétienne, chacun devant se séparer et changer d'abri selon les circonstances. Il relate ici cette entreprise de survie quotidienne dans Budapest qu'il a étendue à des dizaines d'autres juifs, constituant à lui seul un véritable réseau d'entraide, tout en jouant au chat et la souris avec la Gestapo et la police hongroise. L'ensemble est raconté avec un humour décapant et une profonde humanité par un homme d'exception.
   

- Résister toujours
de Marie-José Chombart de Lauwe
Éditions Flammarion / Avril 2015


M. J. Chombart, résistante, est arrêtée et déportée à Ravensbrück en 1942. À la fin de la guerre, elle reprend ses études de médecine. Par la suite, elle s'engage contre la torture pendant la guerre d'Algérie et rejoint la Ligue des droits de l'homme dans les années 1960. Elle offre également son soutien aux Mères de la place de Mai durant la dictature argentine.


- Un monstre à la française
de Éric Brunet
Éditions JC Lattès / Avril 2015


14 juillet 1918, sur les hauteurs du Mont-sans-nom. Un jeune homme de vingt et un ans réussit l'impensable: forcer en plein jour les lignes allemandes et capturer vingt-trois prisonniers qui révéleront les plans de l'ultime offensive ennemie. La France fait plier l'Allemagne. Joseph Darnand est acclamé. On le nomme "artisan de la victoire", distinction suprême qu'il partagera seul avec Clemenceau et Foch. Quelques années plus tard, tout recommence. 1940, Forbach. Le lieutenant Darnand manifeste de nouveau sa bravoure en menant à bien une mission de renseignements hautement périlleuse. Il devient Officier de la Légion d'honneur et reçoit le titre de "Premier soldat de France". Mais la guerre s'enlise. Pétain, son modèle absolu, finit par abdiquer et se prononce pour la collaboration. La spirale est enclenchée. Fascisme, antisémitisme, anti-bolchevisme, crimes et ignominies en tout genre: Darnand devient en 1943 le Secrétaire général de la Milice. Il négociera avec Himmler, enverra ses hommes dans la Waffen-SS, usera de la torture et ira jusqu'à prêter allégeance au Führer. C'est la naissance d'un monstre, mais un monstre à la française, trouble, insaisissable, moyen. Fruit d'un important travail de documentation et d'une enquête de terrain, voici un livre qui mêle avec brio sources historiques et ressorts romanesques.


- La France face au génocide des Arméniens
de Vincent Duclert
Éditions Fayard / Mars 2015


En 1915, un événement, l'extermination des Arméniens ottomans,  fait basculer le monde dans l'ère des tyrannies et des crimes de masse. Le traité de Lausanne signé avec la Turquie, huit ans plus tard, scelle la disparition de l'Arménie plurimillénaire, à l'exception de la Petite République des régions russes, soumise à la terreur stalinienne. Parmi les Alliés, la France porte une lourde responsabilité dans le premier génocide du XXe siècle et l'abandon des survivants. Critiques d'une telle politique impériale, des savants, des écrivains, des intellectuels, des parlementaires et diplomates français, des hommes de foi, rejoints par leurs homologues belges et suisses, choisissent de défendre un devoir d'humanité. Dès la fin du XIXe siècle, ils s'engagent contre l'injustice des grands massacres qui se répètent dans l'Empire ottoman. À la suite de Séverine, Jaurès ou Anatole France, une majorité de dreyfusards se mobilisent. La solidarité devient une cause morale et politique majeure, débouchant sur la formation d'un large "parti arménophile". Dans cette étude passionnante, Vincent Duclert révèle l'histoire française de ce génocide tombé dans l'oubli. Il faudra attendre le 29 janvier 2001 pour que le Parlement, retrouvant la mémoire de ses engagements pour les Arméniens, adopte une loi de reconnaissance, tandis qu'intellectuels et historiens réinvestissent le champ de la connaissance du premier génocide.


- Les cent derniers jours d'Hitler
de Jean Lopez
Éditions Perrin / Mars  2015


Les derniers mois de la Seconde Guerre Mondiale en Europe sont les plus sanglants et les plus destructeurs de tout le conflit. Chaque jour, en moyenne, 30 000 êtres humains perdent la vie. De cette orgie de mort, Hitler est le grand responsable. Diminué par la maladie, traqué, contesté ou haï par son peuple même, réduit à vivre sous les bombes dans un trou humide, il continue néanmoins à alimenter le brasier. Pour comprendre ce cataclysme, Jean Lopez livre la chronique des derniers jours de la vie du Führer, de son retour à Berlin à la mi-janvier 1945 à son suicide en avril de la même année. Ce sont ses déplacements, ses proclamations, ses actes de gouvernement et de commandement militaire, sa vie quotidienne et ses humeurs qui sont racontés grâce aux témoignages de ceux qui l'entourent jusqu'à la fin: les Goebbels, bien sûr, mais aussi son chauffeur, son garde du corps, son médecin... Cette chronique est aussi celle des événements militaires, absolument indispensable tant la résistance de la Wehrmacht aux offensives des Alliés détermine directement le temps qu'il reste à vivre au Troisième Reich et à son maître. Elle est enfin politique et permet d'appréhender l'action des organisations criminelles que sont le parti nazi, la SS, la Gestapo et la Jeunesse hitlérienne comme de comprendre le poids des quatre plus puissants hommes du Troisième Reich après Hitler: Himmler, Goebbels, Bormann et Speer. Plus de cent photos accompagnent le récit. Elles donnent à voir la réalité de l'effondrement de l'un des régimes les plus ahurissants du XXe siècle. Texte et images répondent à la question centrale de ce livre sans équivalent: à quels desseins obéit la volonté du Führer de ne jamais capituler, de résister jusqu'à la mort, en entraînant ses 80 millions de sujets dans l'apocalypse?


- Mémoires
de Serge Klarsfeld et Beate Klarsfeld
Éditions Flammarion / Mars 2015


Leur couple est une légende, leur biographie une épopée. Pourtant, rien ne prédestinait cette fille d'un soldat de la Wehrmacht et ce fils d'un Juif roumain mort à Auschwitz à devenir le couple mythique de "chasseurs de nazis  que l'on connaît. Leur histoire commence par un coup de foudre sur un quai du métro parisien entre une jeune fille au pair allemande et un étudiant de Sciences Po. Très vite, avec le soutien de Serge, Beate livre en Allemagne un combat acharné pour empêcher d'anciens nazis d'accéder à des postes à haute responsabilité. Sa méthode: le coup d'éclat permanent. Elle traite ainsi de nazi le chancelier Kurt Georg Kiesinger en plein parlement, puis le gifle en public lors d'un meeting à Berlin, geste qui lui vaut de devenir le symbole de la jeune génération allemande. Leur combat les conduit aux quatre coins du monde. En France, ils traînent Klaus Barbie devant les tribunaux et ont un rôle central dans les procès Bousquet, Touvier, Leguay et Papon. Ni les menaces ni les arrestations, notamment lors de leur tentative d'enlèvement de Kurt Lischka, ancien responsable de la Gestapo, ne parviennent à faire ployer un engagement sans cesse renouvelé jusqu'à aujourd'hui. Dans cette autobiographie croisée, Beate et Serge Klarsfeld reviennent sur quarante-cinq années de militantisme, poursuivant par ce geste leur combat pour la mémoire des victimes de la Shoah.


- Portraits de nazis
de Éric Kerjean et Wiebke Hildebrandt
Éditions Perrin / Mars  2015


Haut dignitaire du IIIe Reich, Werner Best a occupé des postes clés au sein de l'appareil nazi: juriste et éminence grise de la SS, il fut chef adjoint de la police secrète, administrateur de la France occupée, puis plénipotentiaire du Reich au Danemark. Emprisonné à Copenhague à la fin de la guerre, Best entreprit de croquer six hiérarques du nazisme qu'il a, par ses fonctions, côtoyés à de nombreuses reprises: Hitler, Göring, Ribbentrop, Himmler, Heydrich et Canaris. Ces portraits de nazis par l'un d'entre eux mêlent souvenirs personnels, analyses psychologiques et réflexions historiques. Best montre par exemple un Hitler fort chaleureux à ses débuts en politique, puis sombrant dans la folie. Se découvrent également un Göring à la fois boute-en-train, amateur d'art et de secrets, ou un Ribbentrop nerveux et souffreteux, totalement soumis au Führer. Publiés en France pour la première fois, ces six portraits sont présentés et annotés afin de donner au lecteur les clés de compréhension de ce texte au goût de soufre. Car Werner Best reste un idéologue et vise trois objectifs: justifier ses actes, expliquer l'échec du IIIe Reich et repenser le nazisme.
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MessageSujet: Re: Les dernières parutions   Mer 11 Oct - 21:19

- De Weimar à Vichy
de Dorothea Bohnekamp
Éditions Fayard / Février 2015


À l'issue de la Première Guerre Mondiale, les Juifs d'Allemagne avaient tout lieu d'imaginer que leur intégration telle qu'elle se dessinait devait se prolonger, forts de l'affirmation du modèle républicain. Mais, tandis que l'antisémitisme reprenait force et vigueur, ils furent bientôt identifiés à la "République juive". La communauté jouera le plus longtemps possible la carte de l'intégration démocratique et républicaine, foi si enracinée que ceux des Juifs allemands qui perçurent à temps le péril nazi crurent qu'ils pouvaient poursuivre leur idéal en France. En suivant les migrations juives de l'entre-deux-guerres, Dorothea Bohnekamp met en résonnance les reniements de la République et le destin tragique des Juifs d'Europe, de la réflexion sur l'identité judéo-allemande à la construction du discours antisémite au sein de la propagande nationaliste allemande, de l'accueil des grandes figures intellectuelles germaniques à Paris à l'organisation des terribles rafles. Dorothea Bohnekamp est maître de conférences à l'université Paris III-Sorbonne nouvelle. Ses recherches portent sur les enjeux politiques et culturels de l'exil juif, ainsi que sur les questions de mémoire collective contemporaine en Allemagne et en France.


- La bande du Bauhaus
de Nicholas Fox Weber
Éditions Fayard / Février 2015


Fondée en 1919 en Allemagne, à Weimar, l'école pionnière du Bauhaus accueillit jusqu'au début des années 1930 une communauté bouillonnante d'artistes. C'est en côtoyant pendant de nombreuses années Josef et Anni Albers, le seul couple parmi les résidents du Bauhaus, que Nicholas Fox Weber a pu pénétrer les secrets de cette petite "bande" et, surtout, les ressorts de leur activité créatrice. Dans cette extraordinaire biographie de groupe, on rencontre Walter Gropius, le fondateur de l'école, architecte qui, très tôt, chercha à rationaliser le design, mais aussi amant ardent d'Alma Mahler, femme fatale alors mariée au compositeur Gustav Mahler; Paul Klee, l'observateur fumant sa pipe, qui invente des recettes de cuisine avec la même spontanéité et le même sens des proportions qu'il crée ses tableaux; Wassily Kandinsky, le pionnier de la peinture abstraite né en Russie, qui, dans ses peintures vivantes, utilise des couleurs éclatantes en raison de l'effet "sonore" qu'elles produisent; Ludwig Mies van der Rohe, impérieux, souvent cassant, qui devient le dernier directeur du Bauhaus, jusqu'à la fermeture de l'école par la Gestapo en 1933. En nous entraînant dans l'intimité de la vie et de l'œuvre de ces grands artistes, Weber réalise un portrait de groupe magistral où transparaît toute la passion avec laquelle ils ont, finalement, réussi à révolutionner l'art et l'architecture.


- Le crime de silence
de Gérard Chaliand
Éditions L'Archipel / Février 2015


Il y a cent ans, d'avril 1915 à juillet 1916, était perpétré le génocide du peuple arménien par les nationalistes jeunes-turcs. L'Empire ottoman, alors en guerre au côté des puissances centrales, les accuse d'avoir pactisé avec les Russes et de se rebeller contre Constantinople, trouvant là l'occasion de régler la "question arménienne". Sous prétexte de déplacer la population arménienne loin du front, commencent des opérations de déportation et de massacre systématique: plus d'un million d'êtres exterminés, les deux tiers des Arméniens de Turquie. Ce n'est qu'en 1984, après un demi-siècle de silence, que ce crime imprescriptible était porté à la connaissance de l'opinion mondiale par le Tribunal des peuples, à Paris. Reconnu par les Nations unies l'année suivante, puis par le Conseil de l'Europe, le génocide des Arméniens ne l'est pas par la Turquie, et demeure un sujet de friction entre Istanbul et l'Europe. Ce livre reprend les contributions au colloque, signés des plus grands spécialistes de la question (Yves Ternon, Pierre Vidal-Naquet…) et inclut une nouvelle préface.


- Le juif qui parlait yiddish à l'oreille d'un nazi
de Henri Morez
Éditions Cherche Midi / Février 2015


Vivre dans la gueule du loup, façon Chaplin, telle fut l'aventure d'Henri Morez durant la Seconde Guerre Mondiale. De son vrai nom Hers Askenasi, il fuit l'antisémitisme et quitta la Roumanie avec ses parents. Sa langue maternelle était le yiddish: il apprit le français et la solidarité à l'école, mais aussi la castagne. Le musée du Louvre visité chaque dimanche tissa la trame d'une vie conte de fée. Apprenti tailleur pour aider sa famille, il fut exposé au Salon d'Automne à seulement 16 ans. Repéré par le peintre Mané-Katz, son avenir avait les couleurs de la paix. La guerre trancha dans le vif. Les saynètes truculentes de la petite communauté juive de Montmartre s'évaporèrent. Gavroche d'adoption, Henri se réfugia en Normandie. Malgré les rafles, sa candeur, sa bravoure en firent un apprenti résistant. Deux ans et deux mois de fuite le métamorphosèrent. Face aux frayeurs à répétition, il pratiqua le courage et l'ironie. Après le débarquement, ce qui le sauva des griffes des Allemands en pleine débâcle, ce fut d'oser parler à un haut gradé Nazi en yiddish. Il suivit ensuite les troupes américaines et partit à vélo pour retrouver Paris libéré. Son récit est à couper le souffle; écrit au présent pour restituer les situations cocasses, les émotions et les rebondissements, c'est l'histoire d'un anti-héros, héros malgré lui.


- Le rêve brisé des Arméniens
de Gaïdz Minassian
Éditions Flammarion / Février 2015


À l'occasion du centenaire du génocide arménien en 1915, G. Minassian revient sur les origines du massacre au cours duquel 1.500.000 personnes furent tuées. Il reconstitue les événements à travers le parcours d'un groupes de jeunes Arméniens qui se sont battus pour la reconnaissance de leur identité et pour l'égalité entre les nationalités


- Un héros. Vie et mort de Georges Guingouin
de Jean-Pierre le Dantec
Éditions Gallimard / Février 2015


Parmi les figures héroïques de la Résistance, l'une des plus controversées est celle de Georges Guingouin. Un héros raconte la métamorphose de cet instituteur laïc et communiste en chef de guerre exceptionnel, et la façon dont il organise le premier maquis de France, sans hésiter à entrer en conflit avec la direction du parti communiste, dont il conteste la stratégie et les consignes. Il n'obéit qu'à sa conscience et à son intelligence politiques pour mettre sur pied des opérations de sabotage et de soulèvement, jusqu'à obtenir la libération de Limoges par capitulation de la garnison allemande. Tout sera fait, pendant et après la guerre, pour que Georges Guingouin paie son insoumission. Alors que de Gaulle voit en lui "l'une des plus belles figures de la Résistance" et l'élève au rang de compagnon de la Libération, d'autres s'emploient à le faire passer pour un fou, un renégat ou un bandit. Le récit de sa vie hors du commun se lit comme un roman d'aventures.


- Le journal de Polina
de Polina Jerebtsova
Éditions 10-18 / Janvier 2015


1999, début de la seconde guerre russo-tchétchène. Polina Jerebtosva a quatorze ans, l'âge d'Anne Frank, lorsqu'elle écrit les premières lignes de son journal. Cernée par la peur, la faim et les éclats d'obus qui lui criblent la jambe, l'adolescente réussit pourtant à grandir et à sauver ces instants de joie ou la vie triomphe. Un témoignage magistral du quotidien sous les bombes de Grozny.


- On ne veut rien vous prendre… Seulement la vie
de Barbara Engelking
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2015


On le sait peu mais entre fin 1942 et début 1943, 120 000 à 250 000 Juifs polonais parvinrent à s’échapper des ghettos ou des trains de la mort. La plupart cherchèrent refuge chez des paysans ou se cachèrent dans les bois. L’occupant allemand, avec le concours des autorités locales et d’une partie de la population autochtone, organisa une véritable "chasse à l’homme" pour traquer les Juifs cachés en mettant en place une politique de terreur destinée à dissuader quiconque de les recueillir. L’étude de Barbara Engelking souligne la participation active des paysans polonais, essentiellement mus par l’appât du gain, à la traque. Les Juifs payaient cher le silence et la nourriture de leurs hôtes. Une fois spoliés, ils étaient souvent dénoncés à la police ou tués des mains même de ceux qui les avaient accueillis. En s’appuyant sur les documents issus des procès et sur les témoignages de survivants qui n’avaient jamais été étudiés jusqu’à présent, ce livre permet de comprendre pourquoi seuls 30 000 à 40 000 Juifs polonais survécurent dans ces conditions.


- Rescapés d’Auschwitz
de Alain Vincenot
Éditions L'Archipel / Janvier 2015


Le 20 janvier 1942, secrètement réunis à Berlin, dans une villa du lac de Wannsee, les dignitaires nazis définissaient "la Solution finale à la question juive". C’est l’acte de création des camps d’extermination, dont l’objectif est la destruction industrielle des Juifs d’Europe au moyen des chambres à gaz. À Auschwitz, en Pologne, mourront de la sorte plus d’un million d’hommes, de femmes et d’enfants. Il y a 70 ans, le 27 janvier 1945, une unité de l’armée soviétique pénétrait dans le camp, évacué de la plupart des déportés par les SS qui les avaient contraints aux terribles "marches de la mort". Le monde découvrait alors le plus grand complexe de mise à mort d’êtres humains jamais conçu par d’autres hommes. Jamais, dans toute l’histoire de l’humanité, les assassinats massifs n’avaient été à ce point "taylorisés". Alors que les témoins encore vivants de l’abomination se réduisent aujourd’hui à quelques dizaines, Alain Vincenot a recueilli les témoignages de ceux qui n’en avaient pas encore tout dit.


- Sauver les Juifs de Hongrie
de Raoul Wallenberg
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2015


Juillet 1944. Tandis que la libération de l’Europe est en route, une partie de la dernière grande communauté juive encore intacte, celle de Hongrie, est en cours de déportation vers Auschwitz depuis qu’Eichmann et ses hommes se sont installés à Budapest quatre mois plus tôt. Raoul Wallenberg arrive de Suède pour tenter de sauver les Juifs de la capitale hongroise. Pendant six mois, à force de négociations et d’héroïsme, il aide des dizaines de milliers d’entre eux d’échapper à la mort. Quand, en janvier 1945, l’armée Rouge entre à Budapest, il est arrêté comme espion, et disparaît. Parfois qualifié de "Schindler suédois", Juste parmi les Nations depuis 1963, deuxième (après Churchill) des sept citoyens d’honneur des États-Unis, Wallenberg est célèbre dans le monde entier. Sauf en France. Ce livre éclaire cet homme de légende, son action et son destin, mais aussi, à travers lui, l’histoire dramatique du cœur de l’Europe. Avec les contributions de Tal Bruttmann, Tim Cole, Paul Gradvohl, Bengt Jangfeldt, Johan Matz, Fabrice Virgili et Annette Wieviorka.


- La mort est ma compagne
de Louis Zamperini
Éditions L'Archipel / Décembre 2014


Fils d’immigrants italiens, Louis Zamperini est né en 1917. Après une jeunesse délinquante, il arrache le record du monde étudiant du mile. Sélectionné pour courir aux jeux olympiques de Berlin, il est présenté à Hitler et Goebbels. En 1941, il s’engage comme pilote de bombardier dans l’US Air Force. Le 23 mai 1943, son B-24 est abattu au-dessus du Pacifique. Avec deux camarades, il dérive durant 47 jours sur un radeau, survit miraculeusement avant d’être fait prisonnier par les Japonais. A Yokohama, il doit supporter pendant plus de deux ans la faim, les brutalités, les humiliations et le sadisme du sergent Watanabe. Libéré en 1945, il est accueilli en héros chez lui mais se réadapte mal à la vie civile, malgré le soutien de son épouse Cynthia et la naissance de leurs deux enfants. Une rencontre avec Billy Graham, le célèbre prêcheur, l’aide à retrouver la foi et à mettre un terme à sa vie désordonnée. En 1950, il accepte de repartir à Tokyo en tant que missionnaire, afin de faire la paix avec ses anciens bourreaux.


- Journal d'une survivante
de Eva Schloss
Éditions Terra Nova / Novembre 2014


Le jour de son quinzième anniversaire, Eva est arrêtée et déportée à Auschwitz. Grâce à l'amour de sa mère et à la chance, elle va parvenir à survivre à l'innommable. Juste avant son arrestation, à Amsterdam, Eva s'était liée d'amitié avec une jeune fille de son âge: Anne Frank. Leurs vies vont être entremêlées à tout jamais lorsqu'elle devient sa demi-sœur. Dans ce témoignage, Eva raconte comment elle a survécu à l'Holocauste, des souvenirs déchirants. Mais c'est aussi un récit de ce qui s'est passé ensuite, pour réussir à vivre en paix avec ses fantômes et perpétuer le souvenir d'Anne Frank. Pour que personne, jamais, n'oublie.


- Le concert héroïque
de Brian Moynahan
Éditions JC Lattès / Novembre 2014


La première de la Septième Symphonie de Chostakovitch eut lieu à Leningrad le 9 août 1942, au 335e jour d’un siège qui tua plus de 1 800 000 personnes. Aucun concert n’a jamais égalé celui-ci. Les Allemands avaient commencé le blocus de la ville près d’un an auparavant. Les combats, le froid et surtout la faim avaient déjà fait plusieurs centaines de milliers de victimes. Les musiciens, recrutés jusque dans les bataillons et les fanfares militaires, car seuls vingt des cent membres initiaux de l’orchestre avaient survécu, étaient si affamés qu’on craignait qu’ils ne puissent jouer l’œuvre jusqu’au bout. En ces jours les plus sombres de la Seconde Guerre Mondiale, cette musique et l’attitude de défi qu’elle inspirait furent pour le monde entier un rayon de lumière. Entre-tissant l’histoire de Chostakovitch et de bien d’autres dans le contexte du maelström des purges staliniennes et de l’invasion de la Russie par les Nazis, Le Concert héroïque est le récit magistral et émouvant d’un des épisodes les plus tragiques et héroïques de la Seconde Guerre Mondiale et sans doute le plus émouvant de l’histoire de la musique.


- Mickey à Gurs
L’intégralité des carnets inédits de Horst Rosenthal
de Joël Kotek et Didier Pasamonik
Éditions Calmann Lévy / Novembre 2014


En octobre 1940, le jeune illustrateur Horst Rosenthal, réfugié juif allemand, interné au camp de Gurs, dans les Pyrénées-Atlantiques, dessine trois carnets de croquis, jamais publiés à ce jour. Son Mickey à Gurs met en scène le héros de Walt Disney qui incarne, à travers des situations burlesques, autant le rêve américain que le fantasme d’un monde sans entraves et sans parias. Ces illustrations et les deux autres carnets, La Journée d’un hébergé et Petit guide à travers le caps de Gurs, racontent sur un ton ironique, subversif et potache, la cruauté de la condition d’apatride et l’insupportable monotonie de l’enfermement concentrationnaire. Ces petits carnets qui ont circulé entre les mains des prisonniers, ont, par miracle, échappé à la censure et à la mort de leur auteur. On sait peu de choses de la vie de Horst Rosenthal. Né à Breslau en 1915, il fuit à Paris en 1933. Comme la majorité des exilés, il multiplie, en vain, les démarches pour obtenir des papiers. Interné dans plusieurs camps, il est déporté le 11 septembre 1942 à Auschwitz où l’on suppose qu’il a été assassiné dès son arrivée.
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MessageSujet: Re: Les dernières parutions   Mer 11 Oct - 21:17

- Une histoire du IIIe Reich
de François Delpla
Éditions Perrin / Novembre 2014


Né voici quatre-vingts ans, mort en sa treizième année, le Troisième Reich n'en finit pas d'être scruté et analysé. Mais il a été au total assez peu raconté: c'est à quoi s'attelle cet ouvrage, dans une approche strictement chronologique, loin de tout débat théorique. Le régime apparaît comme un mouvement tourné vers un seul but: une réorientation complète de l'humanité sous la conduite d'une prétendue "race aryenne". Contrairement à d'autres totalitarismes, ce projet ne se rattache pas à une idéologie précise, tout en empruntant à beaucoup. Il s'inscrit pleinement dans son époque, mobilise une Allemagne humiliée plus qu'affaiblie en 1918-1919, et donne vie aux fantasmes mortifères de son chef, Adolf Hitler. L'ouvrage mène de pair l'étude de sa folie et celle des procédés, toujours retors et souvent habiles, qui l'amènent tout près d'une réussite durable en 1940. De l'accession au pouvoir à l'effondrement apocalyptique, il montre la prise en main de la société allemande par un mélange de terreur et de séduction, analyse la longue passivité de la communauté internationale comme le résultat d'un jeu mené à un rythme paralysant toute réflexion et décrit la lente agonie du régime après le zénith de 1940, en mettant en valeur l'action de Winston Churchill pour rassembler la coalition adverse et maintenir vaille que vaille son unité. Pendant ce temps, le fauve blessé du Reich déploie toutes ses potentialités criminelles. Cette trace de feu et de sang dans l'histoire du XXe siècle, effacée au prix d'un effort planétaire, structure encore le monde actuel et nourrit ses débats. Une synthèse, exhaustive et enlevée, qui faisait défaut.


- Amon
Mon grand-père m'aurait tuée
de Jennifer Teege et Nikola Sellmair
Éditions Plon / Octobre 2014


Le témoignage bouleversant d'une métisse qui, à 38 ans, a découvert qu'elle était la petite-fille d'Amon Göth, le sanguinaire commandant du camp de concentration immortalisé par La liste de Schindler. "La Liste de Schindler n'était pour moi qu'un film qui n'avait rien à faire avec mon histoire, pourquoi personne ne m'a dit la vérité?" Jennifer Teege découvre à 38 ans qu'elle est la petite-fille d'Amon Göth, le "boucher de Hitler", commandant du camp de Płaszów. L'homme qui tirait sur des prisonniers "pour se détendre". Cette histoire la concerne-t-elle? Pourquoi sa mère, qui ne lui a jamais parlé, la confie-t-elle à une famille d'accueil qui va l'adopter? Doit-elle se sentir coupable d'aimer sa grand-mère complice de tous ces crimes? Que dire à ses enfants, à ses amis juifs? Après une longue enquête personnelle, une douloureuse psychothérapie, Jennifer Teege choisit d'affronter la vérité et se rend au camp de la mort qui fait partie de son histoire. Une chose est certaine: son père nigérian lui a donné une couleur de peau qui l'aurait immédiatement condamnée aux yeux de son grand-père.


- Courrier de guerre
de Raphaël Delpard
Éditions L'Archipel / Octobre 2014


Les Français avaient cru que la guerre serait courte; ils comprennent vite qu’il n’en sera rien. Et, très vite, le moral des soldats dégringole. René Viviani, président du Conseil, prend conscience qu’il faut tout mettre en œuvre pour que le lien ne soit pas rompu avec les familles, en décrétant par exemple la gratuité de l’affranchissement. Chaque jour, l’homme de troupe et l’officier adressent en moyenne deux ou trois lettres par jour et en reçoivent autant. On écrit à la famille, à la fiancée, y compris aux camarades de la tranchée voisine. Le trafic atteint en quelques semaines 4 millions de lettres, 1,5 million de colis et 590 000 journaux par jour. Sans compter les télégrammes et cartes postales. Au Conservatoire de Paris, siège du tri postal, les retards s’accumulent. Sous le feu des critiques, Viviani demande au général Alfred Marty de moderniser la poste aux armées, créée pour les besoins de la guerre de 1870. Raphaël Delpard raconte les étapes de cette réorganisation stratégique. À l’aide de documents et de lettres inédits, il rappelle le rôle des vaguemestres et des marraines de guerre, évoque le problème de la censure militaire et s’intéresse aux courriers des prisonniers de guerre et des combattants africains.


- Ils étaient camarades de tranchées
Sur les traces de Louis Maufrais
de Martine Veillet
Éditions Robert Laffont / Octobre 2014


La suite de J'étais médecin dans les tranchées. En 2008 paraissait J'étais médecin dans les tranchées. Retraçant son itinéraire de l'Argonne au Chemin des Dames en passant par Verdun et la Somme, le journal de guerre de Louis Maufrais, un document exceptionnel, illustré de photos de l'auteur et présenté par sa petite-fille, Martine Veillet, suscita un engouement considérable. Martine Veillet était alors loin de se douter que ce livre donnerait naissance, quelques années plus tard, à une suite. Après avoir lu J'étais médecin dans les tranchées, des descendants de soldats évoqués par Louis Maufrais dans son journal proposèrent en effet à sa petite-fille de lui ouvrir leurs archives familiales. De son côté, Martine Veillet décida de replonger dans celles de sa propre famille, ou sommeillaient encore bien des trésors cachés, correspondances, cartes postales et photos inédites. Fondé sur les témoignages croisés de soldats et de leurs proches, Ils étaient camarades de tranchées s'articule autour d'une question lancinante: comment les poilus ont-ils fait pour survivre à l'horreur de la guerre? Martine Veillet insiste notamment sur le rôle décisif joué par "ceux de l'arrière", autrement dit par les familles des combattants, ainsi que sur la place centrale que tint l'amitié entre soldats dans les tranchées.
 

- Tribunal de guerre du IIIe Reich  
Des centaines de Français fusillés ou déportés
Résistants et héros inconnus.1939-1945
de Auguste Gerhards
Éditions Cherche Midi / Octobre 2014


S'intéressant au parcours de son oncle, guillotiné fin octobre 1943 dans la maison d'arrêt de Halle an der Saale à la suite de sa condamnation par le plus haut tribunal de la Wehrmacht, le RKG (Reichskriegsgericht, Tribunal de guerre du Reich), Auguste Gerhards a effectué un travail de recherches, qui l'a conduit aux Archives militaires de Prague, où l'auteur a mis au jour des cartons d'archives inédits, retraçant le parcours de l'ensemble des Français victimes de ce tribunal. Les biographies des Français traduits devant ce tribunal témoignent, dans ce volume, de l'ampleur de la traque opérée par la justice militaire allemande. Le RKG a eu une activité particulièrement intense, puisqu'il a prononcé, entre le 26 août 1939 et le 7 février 1945, plus de 1 000 condamnations à mort. Le travail monumental accompli par l'auteur en fait un ouvrage de référence, un véritable mémorial, qui recense les noms de plusieurs centaines de disparus, rappelant avec force leur chemin d'hommes libres. Ce livre, établi sous la direction d'Anne Pouget, historienne, est dédié à la mémoire, au combat et au sacrifice de ces inconnus dont l'action a contribué à la lutte contre la dictature nazie.


- Hitler et la France
de Jean-Paul Cointet
Éditions Perrin / Septembre 2014


Entre ce petit matin de juin 1940 où Hitler visite un Paris vidé de ses habitants et jusqu'à l'ordre d'août 1944 de détruire la capitale, en passant par la rencontre de Montoire avec le maréchal Pétain, quelle a été réellement la mainmise du Führer sur la destinée de la France et des Français? Le livre de Jean-Paul Cointet est le premier à démonter le projet d'Hitler pour la France, mûri depuis la Première Guerre Mondiale, inscrit en toutes lettres dans Mein Kampf et déployé méthodiquement sous l'Occupation. Projet terrifiant d'asservissement et de mutilation, issu d'une personnalité dont la connaissance est ici profondément renouvelée par l'étude de documents émanant directement de lui et de son entourage. Face à lui, un régime de Vichy mi-victime, mi-complice. En creux se dessine le visage d'une France mal remise du traumatisme de 1914-1918 et majoritairement incapable de saisir dans son essence le phénomène hitlérien.


- Invasion 14
de Maxence Van Der Meersch
Éditions Albin Michel / Septembre 2014


Saisissante fresque humaine et historique, Invasion 14 restitue un épisode méconnu de la Grande Guerre: l’occupation du nord de la France par l’Allemagne. Situé à Roubaix, au cœur de l’industrie textile, le roman nous plonge dans le quotidien d’une population aux prises avec le froid et la famine, acculée au travail forcé, à l’exode et à la mort par une armée allemande particulièrement féroce. Publié en 1935, ce témoignage magistral déclencha la polémique: en réaction à la propagande patriote, Dorgelès exaltait l’esprit de résistance du peuple et dénonçait la collaboration des élites avec l’Allemagne.


- La Nueve, 24 août 1944
de Evelyn Mesquida
Éditions Cherche Midi / Septembre 2014


Voici des héros magnifiques, sortis tout droit d'une page d'histoire trop longtemps occultée: les soldats de la Nueve. Officiellement, la libération de Paris a commencé le 25 août 1944. En réalité, c'est la veille, le 24 août, que le général Leclerc a lancé l'offensive: il a donné l'ordre au capitaine Dronne, chef de la 9e compagnie de la 2e DB, d'entrer dans Paris sans délai. Le premier véhicule de cette 9e compagnie, appelée la Nueve, est arrivé place de l'Hôtel-de-Ville le 24 août 1944 peu après 20 heures, "heure allemande". Le soldat Amado Granell, le premier libérateur de Paris, en est descendu pour être aussitôt reçu, à l'intérieur de la mairie, par Georges Bidault, successeur de Jean Moulin à la présidence du Conseil national de la Résistance. Comme 146 des 160 hommes de la Nueve, Granell était un républicain espagnol. Le 26 août, de Gaulle descendra les Champs-Élysées escorté et protégé par quatre véhicules de la Nueve. Ensuite, les républicains espagnols de la Nueve contribueront à libérer l'Alsace et laLorraine et se battront en Allemagne jusqu'au nid d'aigle d'Hitler, à Berchtesgaden. Evelyn Mesquida leur rend la place qui leur est due dans la mémoire collective. Et elle donne la parole à neuf des survivants qu'elle a pu retrouver. Témoin de la libération de Paris, Albert Camus aura ces mots, en 1954, pour dire toute sa reconnaissance aux républicains espagnols: "Pour l'Europe et pour nous, sans le savoir, vous avez été et vous êtes des maîtres de liberté".


- La victoire endeuillée
La sortie de guerre des soldats français (1918-1920)
de Bruno Cabanes
Éditions Du Seuil / Septembre 2014


Le 11 novembre 1918 marque l’arrêt des combats sur le front occidental. Mais, pour cinq millions de soldats français, ce n’est pas encore la fin de la guerre. Il leur faut attendre longtemps avant d’être démobilisés et pouvoir revenir dans leur famille. Cette histoire de la sortie de guerre, jusqu’ici méconnue, nous permet de découvrir des combattants épuisés, impatients de rentrer chez eux, et résolus cependant à ne pas accepter une paix hâtive. La haine de l’ennemi se manifeste alors avec force, et la violence de la "culture de guerre" est portée à son apogée. On imagine les soldats et les civils communiant dans la joie de la victoire. Il n’en est rien, et la fracture entre le front et l’arrière n’a jamais été aussi forte. L’armée française en 1918 est une armée victorieuse. C’est aussi, avant tout, une armée en deuil.


- Ma vie dans les services secrets 1943-1945
de Noreen Riols
Éditions Calmann Lévy / Septembre 2014


"Je suis la seule agent femme encore en vie en France et il ne reste plus aujourd’hui que trois survivants hommes". N. R.
Lorsque la France s’effondre en 1940, Winston Churchill aide de Gaulle à passer à Londres et fonde le SOE, ou Special Operations Executive. Buts de cette armée secrète: infliger le maximum de pertes aux Allemands, créer des réseaux de résistance et informer Londres des mouvements de l’ennemi. Pour cela, il faut former des agents bilingues capables de sauter en parachute, de tuer par tous les moyens, d’envoyer des informations par radio, de faire sauter des ponts… Et tout cela dans le plus grand secret. Noreen Riols sort à peine de l’adolescence lorsqu’elle se voit contrainte de travailler dans une usine de munitions ou de rejoindre la Royal Navy. Mais puisqu’elle parle couramment français, quelqu’un l’expédie dans un bâtiment de Baker Street où règne une activité aussi folle qu’entourée de mystère. Sans le savoir, Noreen Riols vient d’atterrir au QG du SOE. Recrutée à la section F (comme France), elle va travailler deux ans durant sous les ordres du colonel Buckmaster et débriefer des agents revenus de France, servir d’appât, déchiffrer des codes, faire passer des messages. Soixante-dix ans plus tard, seule survivante de la section F avec Bob Maloubier, Noreen se souvient de ce que furent ces années et nous dit les êtres d’un courage exceptionnel qui aidèrent tant la France à retrouver la liberté. Tour à tour aimables, plaisants, humoristiques et terrifiants, ces souvenirs sont l’œuvre d’une femme aussi exceptionnelle qu’extraordinairement modeste.


- Mineurs de charbon à Auschwitz
de Christian Langeois
Éditions Cherche Midi / Septembre 2014


L'effort de guerre allemand nécessite une augmentation de l'extraction dans les mines de charbon, dont celle de Jawischowitz, à Auschwitz. Sélectionnés pour leur vigueur relative, environ 6 000 déportés venus de toute l'Europe vont travailler dans cette mine du 15 août 1942 au 18 janvier 1945. Parmi eux, 3 800, les plus fragiles, meurent sur place d'épuisement. D'autres, à bout de forces, victimes des coups des kapos, de la dénutrition, du froid, de la maladie, d'accidents, sont gazés. La question primordiale, pour Henri Krasucki, l'un de ces jeunes Juifs résistants devenus mineurs, est de préserver la dignité, le respect de soi-même, pouvoir se regarder dans les yeux des autres, vouloir vivre, bien sûr, mais pas à n'importe quel prix. Ce document est fondé sur 47 témoignages de déportés, lesquels, au-delà de la pitié et de l'indignation, de l'admiration et du respect qu'ils provoquent, sont examinés avec humanité et rigueur. Ces archives permettent d'approcher la complexité du travail et de la vie de ces mineurs malgré eux.


- Un train en hiver
Le train des femmes pour Auschwitz
de Caroline Moorehead
Éditions Cherche Midi / Septembre 2014


La plus jeune a 17 ans, la plus âgée, 67. Un matin glacé de janvier 1943, 230 femmes enfermées dans des camps d'internement français, ces "châteaux de la mort lente", sont conduites par la Gestapo en gare de Compiègne. Leur destination: Auschwitz-Birkenau. C'est en chantant La Marseillaise qu'elles feront leur entrée dans le camp d'extermination. Seules 49 d'entre elles en reviendront vivantes. C'est l'histoire de ces femmes que Caroline Moorehead nous raconte ici. Des femmes "ordinaires", dont beaucoup de résistantes, qui ont tout sacrifié pour combattre le nazisme. Venues d'horizons divers, de classes sociales variées, elles vont puiser leurs forces dans l'amitié, la solidarité et l'entraide. Depuis leur arrestation, leur torture par la police française ou la Gestapo, leur voyage dans le train de la mort, leur vie dans le camp jusqu'à leur libération par l'Armée rouge en janvier 1945, ce livre restitue, avec une émotion rare, leur traversée des cercles de l'enfer.


- Une enfance dans la gueule du loup
de Monique Lévi-Strauss
Éditions Du Seuil / Septembre 2014


"Le récit de mon enfance peut se lire comme un témoignage: le destin singulier d’une enfant belge, fille de mère juive, à qui on impose de vivre en Allemagne de 1939 à 1945 sous le IIIe Reich. Ce livre raconte aussi l’histoire d’une adolescente aux prises avec ses parents qu’elle juge irresponsables parce qu’ils ont entraîné leur famille dans la gueule du loup. J’aurais dû tenir un journal entre treize et dix-neuf ans, pendant ces années de guerre où mon père nous avait emmenés dans l’Allemagne nazie, ma mère, mon frère et moi. Or, dès mai 1940, la Gestapo perquisitionnait nos chambres. Nous étions prévenus: toute trace écrite pouvait nous trahir. Non seulement nous devions nous taire, mais ne rien posséder de suspect. Rentrée en France en 1945, les épisodes que je venais de vivre bouillonnaient dans ma tête, j’aurais tant aimé en parler. Personne pour m’écouter, on voulait tourner la page. Si j’avais été perspicace, j’aurais prévu qu’un jour une nouvelle génération s’intéresserait à la vie quotidienne pendant la guerre. Je n’ai pas anticipé, je n’ai pas écrit en 1945. J’ai donc attendu presque soixante-dix ans avant de livrer mes souvenirs décharnés". Monique Lévi-Strauss


- Une histoire de Berlin
de Philippe Meyer
Éditions Perrin / Septembre 2014


Comment, de quelques cabanes de pêcheurs slaves sur une courbure de la Sprée, a-t-on construit, en mille ans, l'immense et moderne capitale de l'Europe continentale? Il faut dire que les défis de la grande plaine nordique, sables et marais, ont été relevés et que des hommes venus de toute l'Europe ont convergé vers les îles de la rivière pour partager leur destin. Ils étaient principalement germaniques, mais aussi slaves et français. Cette diversité a produit à Berlin une culture unique dans l'Empire allemand, favorisant l'éclosion des lettres, de la philosophie, des sciences et des arts. À partir du XIXe siècle, les empereurs issus de la lignée des Hohenzollern ont gouverné pour le meilleur comme pour le pire, et la ville porte encore en elle les cicatrices douloureuses de leur mégalomanie et du nazisme qui a parachevé leur décadence. Suivit l'épreuve destructrice de la bataille de 1945 et de la séparation entre Est et Ouest, symbolisée par le Mur. Aujourd'hui, Berlin a su retrouver les valeurs de son passé et donne l'exemple d'une mégapole souriante et cultivée, exemplaire en Europe.


- Pétain
de Bénédicte Vergez-Chaignon
Éditions Perrin / Août 2014


Ce que l'on sait du maréchal Pétain (1856-1951) se résume souvent à Verdun, sa réputation d'homme à femmes, sa rivalité avec de Gaulle, Vichy, sa condamnation à mort. Voici en revanche une biographie très complète, nourrie d'éléments nouveaux, qui met en perspective la trajectoire lente mais extraordinaire d'une personnalité d'apparence mystérieuse. Pétain l'orphelin fut d'abord un homme sportif, épris d'études et d'enseignement. Août 1914 changea sa destinée: en quatre ans, le colonel à la veille de la retraite devient le chef des armées françaises, tout en menant une vie amoureuse active. Dès lors commence un lien particulier avec les Français, qui durera jusqu'à l'été 1944, parfois même après. À la fois politique, militaire, intellectuel, physique et psychologique, le portrait évolutif auquel aboutit l'auteur est bien différent des images d’Épinal qu'on lui attribue.


- Histoire religieuse de la Grande Guerre
de Xavier Boniface
Éditions Fayard / Mai 2014


Les religions se sont largement impliquées dans la Grande Guerre. Leurs responsables, qu'ils soient chrétiens, musulmans ou juifs, ont accompagné toutes les dimensions du conflit: de la légitimation de la guerre au soutien à la mobilisation des peuples belligérants, en passant par la charité à l'égard des victimes, voire des appels à la paix. Or, jusqu'à présent, aucun historien n'avait traité ce thème à l'échelle du monde en guerre, un défi que Xavier Boniface a relevé. Dans les deux camps en présence, l'auteur observe les évolutions spirituelles des combattants et des civils, ainsi que les attitudes des hiérarchies confessionnelles. Il montre les initiatives religieuses, comme celles du Vatican, en faveur de la paix et du respect des populations. Mais il pointe aussi le rôle parfois ambigu des hommes de foi, prompts à justifier la guerre et ses horreurs. En privilégiant le fait religieux, à travers ses composantes géopolitique, sociale, politique, culturelle et théologique, il décale notre regard sur la Grande Guerre.


- Histoires vécues du débarquement
de Jean-Louis Morgan et Alain Stanké
Éditions L'Archipel / Mai 2014


Ce jour-là, à Juno Beach, ils furent des milliers à perdre la vie. À l'aide de témoignages bouleversants, Alain Stanké et Jean-Louis Morgan racontent l'épopée des fantassins et officiers canadiens mais aussi celle de Normands dont plus de vingt mille furent les victimes "collatérales" des bombardements. Parmi les témoignages, celui de Maurice Tremblay, le premier à soigner le para américain John Steele, resté accroché au clocher de Sainte-Mère-Église; celui d'une fillette de dix ans (maintenant octogénaire) qui offrit un foulard à son libérateur canadien et qui le retrouva des décennies plus tard. Mais aussi le récit inédit de Charly Forbes, lieutenant d'infanterie qui devint le combattant canadien le plus décoré de la Seconde Guerre Mondiale. Documents classés "secrets", récits de pilotes, redécouverte d'un souterrain par des enfants qui s'y cachèrent, souvenirs d'un couple qui eut l'idée peu banale de se marier un certain 6 juin 1944 côtoient les aventures incroyables d'agents canadiens et québécois du MI9 et de la SOE britanniques.
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: Les dernières parutions   Mer 11 Oct - 21:15

- Les champions d'Hitler
de Benoît Heimermann
Éditions Stock / Mai 2014


"Qu'est-ce donc, au fond, que le sport, sinon la lutte des forces au service de la Patrie?". D'une phrase, Eckart Hans von Tschammer und Osten, Reichssportführer de 1933 à 1943, défi nit les motivations du régime nazi en matière d'exploits athlétiques. Dans Les champions d'Hitler, Benoît Heimermann explore l'histoire de ces athlètes et aventuriers allemands, alpinistes, footballeurs, tennismen, boxeurs, pilotes qui, de records en surpassements de soi, ont joué les fers de lance du régime nazi. Sauf que tous, à l'image du sauteur en longueur Luz Long battu par le Noir américain Jesse Owens, ont échoué avant même que la guerre n'embrase la planète entière. Représentants d'un sport utile, codifié et instrumentalisé, ces funestes messagers se croyaient des héros infaillibles, ils n'étaient que de vulnérables otages.


- Les crimes nazis lors de la Libération de la France (1944-1945)
de Dominique Lormier
Éditions Cherche Midi / Mai 2014


Ce livre captivant, richement documenté d'archives et de témoignages souvent inédits, dresse le tableau complet des crimes nazis sur l'ensemble du territoire français en 1944-1945. Cette période couvre à elle seule 70 % des atrocités commises par l'occupant durant la Seconde Guerre Mondiale en France. Les nazis appliquent méthodiquement le concept de guerre totale, déjà mis en œuvre par l'armée allemande en 1914-1918 et visant à multiplier les massacres contre les civils afin de terroriser la population, de tarir tout sentiment patriotique, tout soutien aux maquis et de diminuer leur activité en générant la crainte de représailles contre les habitants. Les SS, la Gestapo et les unités régulières de l'armée allemande participent à ces exactions, en fonction des directives venant du haut commandement lui-même. Les massacres en Périgord, en Limousin, dans les Pyrénées, des Glières et du Vercors, dans l'Ain, d'Ascq, de Maillé, des Manises, de Penguerec, de Saint-Genis-Laval et de Bron, de la vallée de la Saulx, ainsi que bien d'autres, sont présentés en détail dans cet ouvrage de référence.


- Les mystères d'Oradour
Du temps du deuil à la quête de la vérité
de Régis le Sommier
Éditions Michel Lafon / Mai 2014


Le 10 juin 1944, 642 habitants d'Oradour-sur-Glane ont été massacrés par la division allemande Das Reich. Ces hommes fusillés, ces femmes et enfants brûlés vifs dans l'église sont devenus le symbole de la barbarie nazie sur le territoire français. On comprend que l'émotion ait longtemps pris le pas sur l'analyse historique. L'horreur ne saurait avoir de "raisons" d'être, mais les circonstances, parfois, la portent à son paroxysme. Or, de l'enlèvement de l'officier SS Helmut Kämpfe à la veille des exactions au procès de 1953 où les Malgré-Nous, Alsaciens enrôlés de force sous l'uniforme allemand, ont été jugés, des zones d'ombre demeurent. En s'appuyant sur des archives et des témoignages inédits, tels celui du fils du "bourreau d'Oradour" Adolf Diekmann et celui d'un Malgré-Nous qui s'exprime pour la première fois, ce livre nous apporte de nouveaux éclairages. Fort de son expérience de reporter de guerre, Régis Le Sommier nous replonge dans le climat explosif du moment: la dérive finale d'une armée qui voit s'écrouler l'hitlérisme, et une Résistance galvanisée par l'annonce du débarquement des forces alliées. Les Mystères d'Oradour: 70 ans après les faits, ce document se révèle nécessaire, pour le deuil, pour la paix, et pour la réconciliation définitive entre la France et le Limousin, que ce drame a déchirés.


- Les ombres d'Oradour
de Jean-Paul Picaper
Éditions L'Archipel / Mai 2014


Début juin 1944, des éléments de la division blindée SS "Das Reich" remontent du Sud-Ouest vers la Normandie. Le soir du 9 juin, le commandement SS et la Gestapo choisissent le village d'Oradour-sur-Glane comme cible. Le lendemain, sur leur chemin, cent vingt Waffen-SS massacrent 642 habitants, dont 246 femmes et 207 enfants, à Oradour-sur-Glane. Seul, un sous-lieutenant SS a été condamné en 1983 à Berlin-Est avec le concours de Paris et de Prague, et a purgé quinze ans de prison. Autrement, ce crime et ses instigateurs sont restés impunis. Depuis un demi-siècle, historiens de fantaisie et négationnistes brodent des légendes et forgent des contrevérités sur le plus grand crime de guerre commis par l'Occupant en Europe occidentale. Plus que jamais, il importe de détruire ces manœuvres contre la mémoire et l'intelligence. Jean-Paul Picaper a donc mené l'enquête. Reconsidérant des faits pollués par mille scories et fictions, il a étudié le site, fait parler des survivants, leurs enfants, des témoins et des historiens. Sa connaissance de la langue allemande et sa notoriété outre-Rhin lui ont permis d'accéder à des documents inédits du IIIe Reich.


- Les prisonniers de guerre allemands
de Fabien Théofilakis
Éditions Fayard / Mai 2014


Entre 1944 et 1948, presque 1 000 000 de prisonniers de guerre allemands sont détenus en France, d'abord dans des enceintes sauvages et des sites provisoires, puis dans des camps réguliers, enfin chez des particuliers. Figures honnies de l'Occupation, ces soldats de Hitler deviennent, vaincus, un enjeu majeur de la sortie de guerre de l'Europe en pleine reconstruction. Les Allemands réclament leur libération, les Américains comptent sur eux lorsque la Grande Alliance cède la place à la guerre froide et le gouvernement français entend se servir de cette main-d'œuvre peu chère et docile pour effacer les traces de la défaite. De sa plongée au cœur des archives françaises, allemandes, suisses, américaines, britanniques, vaticanes, Fabien Théofilakis nous offre une connaissance renouvelée de la transition française de la guerre à la paix. À partir de documents inédits et de nombreux témoignages d'anciens prisonniers qu'il a recueillis, il rend compte de cette captivité oubliée. Il campe ainsi le face-à-face inversé entre vainqueurs et vaincus d'hier dans une France qui a du mal à surmonter les traumatismes de l'Occupation et de la collaboration. Il dévoile une cohabitation intime comme les petits entrelacs d'une vie quotidienne tendue entre Français et Allemands. Il interroge le lien ambigu de la société allemande sous le nazisme puis sous occupation française avec ses prisonniers jusqu'à leur rapatriement. Il resitue l'enjeu des prisonniers de guerre dans la redéfinition des relations entre Alliés. Ce travail magistral comble une lacune et propose une autre vision de l'immédiat après-guerre, celle du retour de la paix en Europe occidentale.


- Nous n'étions pas des héros
de Benoît Hopquin
Éditions Calmann Lévy / Mai 2014


Du millier de Compagnons de la Libération, il ne reste aujourd'hui qu'une vingtaine d'hommes. Quatorze d'entre eux, modèles de courage et de dignité, livrent ici un témoignage exceptionnel. Alors que la France, abasourdie par la défaite, remettait son destin entre les mains de Pétain et entrait dans les petits arrangements de l'Occupation, ces hommes ont d'emblée refusé ce que chacun disait inéluctable. Résistants, soldats de la 2e DB, officiers de la Légion étrangère ou pilotes de chasse, considérés en 1940 comme des parias, ils étaient la France combattante. François Jacob, Alain Gayet, Daniel Cordier, Hubert Germain et dix autres Compagnons racontent, soixante-dix ans plus tard, le contexte de leur engagement et leur parcours, en humbles figurants de la grande histoire. À travers ces récits remarquables, mais sans gloriole, se dessine une fresque de la France libre. On y voyage de Londres à Tunis, de Damas à Mourmansk. On y croise les figures de Leclerc, Koenig, Jean Moulin et du général de Gaulle bien sûr. "Nous ne sommes pas des héros", disent-ils. "C'était une évidence", expliquent-ils à l'unisson. Pas tant que ça puisqu'ils furent si peu nombreux à faire le bon choix.


- Paroles de jour J
Lettres et carnets du Débarquement, été 1944
de Jean-Pierre Guéno
Éditions Les Arènes / Mai 2014


Au fil des pages, il n'y a plus d'alliés ou d'ennemis, de civils ou de militaires, seulement des hommes, des femmes et des enfants jetés dans la tourmente. Cet album nous transporte en Normandie au cœur de l'été 1944 pour nous faire vivre de l'intérieur l'un des plus grands séismes de l'Histoire.


- Rire le jour, pleurer la nuit
de Katy Hazan
Éditions Calmann Lévy / Mai 2014


Dès 1939, de nombreux enfants d'étrangers juifs, surtout allemands, sont exilés en France et séparés de leurs parents. Jusqu'à novembre 1943, le château de Chabannes, situé dans la Creuse, accueille une colonie d'enfants juifs âgés de 5 à 17 ans, pris en charge par l'Œuvre de secours aux enfants (OSE), une organisation médico-sociale juive née au début du siècle. En 1941, à l'occasion des deux ans d'existence de la maison, en guise de projet pédagogique, le directeur, Félix Chevrier, propose aux enfants de rédiger un journal. Illustré par des dessins, des lettres, des chansons, des poèmes et des photographies, ce journal raconte la vie quotidienne du château jusqu'en mai 1942. Courte période, mais intense parenthèse, qui dans la chronologie de la guerre correspond à un moment de répit pour les Juifs de la zone libre. Ce livre, qui contient la transcription intégrale du journal, est un document historique exceptionnel et émouvant. À travers les histoires intimes d'enfants juifs en France sous l'Occupation, il nous raconte un pan méconnu de l'histoire de la Shoah dans notre pays.


- Résistant
de Robert Chambeiron
Éditions Fayard / Avril 2014


À 98 ans, Robert Chambeiron, ancien député des Vosges, fut le secrétaire adjoint du Conseil national de la Résistance, instance qui fédéra la Résistance intérieure sous l'autorité de Jean Moulin et qui élabora le fameux programme auquel la plupart des partis ne cessent aujourd'hui de se référer quand on évoque l'édification du "modèle social" français. Interrogé par son amie Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne, Robert Chambeiron évoque avec maints détails inédits les thèmes suivants: comment on devient résistant, la mise en place du CNR, celle de l'Assemblée consultative, le rôle des partis dans la Résistance, le déroulement concret de la lutte contre l'occupant (prises de contact, soutiens, lieux clandestins et, plus généralement, la vie quotidienne), l'affaire de Caluire et l'arrestation de Jean Moulin, les tortures, les exécutions sommaires... Ce précieux témoignage historique n'exclut pas la polémique, entre autres sur les rapports entre Pierre Brossolette et Jean Moulin, ou sur certains récits ou mémoires publiés tels ceux de Daniel Cordier. Un ouvrage de première main qui ajoute à l'histoire de la Résistance telle que l'a vécue le dernier survivant du Conseil national de la Résistance, adjoint de Jean Moulin.


- Réveille-toi, papa, c'est fini !
de Jean-Raphaël Hirsch
Éditions Albin Michel / Avril 2014


Médecin radiologue, originaire de Roumanie, Sigismond Hirsch fut un grand résistant, particulièrement actif dans les réseaux des organisations juives du Sud-Ouest de la France au sein desquelles il a pu sauver 400 jeunes Juifs. Déporté à Auschwitz, il est affecté au service de Josef Mengele. À son retour de déportation, consulté par le général de Gaulle et Pierre Laroque, le premier directeur général de la Sécurité sociale, il prend une part considérable dans l'instauration d'un système social de soins médicaux et fonde le COSEM (Coordination des œuvres sociales et médicales) qui, grâce à des dispensaires et des centres de soins, offrit au plus grand nombre une médecine conventionnée de qualité. Son fils, Jean-Raphaël, agent de liaison dès l'âge de neuf ans, a suivi les traces de son père en devenant chirurgien. En entrecroisant les souvenirs qu'il a conservés de sa mère, Berthe, résistante assassinée à Auschwitz, et le témoignage de son père, Jean-Raphaël Hirsch nous plonge dans une des pires périodes de notre histoire; à travers son récit, la psychologie de l'enfant caché et le traumatisme qui perdure à l'âge adulte sont évoqués avec talent. Mais c'est aussi une leçon de vie et d'espoir qui nous est donnée à lire, et à méditer: survivre et construire après Auschwitz.


- Radio Londres, la guerre en direct
de Jacques Pessis
Éditions Albin Michel / Juin 2014


"Ici Londres, les Français parlent aux Français". Cette phrase fait partie de notre histoire. Entre le 18 juin 1940 et septembre 1944, la voix de la France a été celle de "Radio Londres". Chaque soir, dans le studio de la section française de la BBC, des "Voix de la Liberté" se sont relayées pour mener une impitoyable "guerre des ondes". Répondant à la propagande nazie, elles ont fait passer, de l'autre côté de la Manche, des informations, des messages de combat et d'espoir, souvent personnels et parfois codés. À travers les éditoriaux, des chroniques, ou des sketches, elles ont trouvé les mots, les phrases, les formules qui ont donné aux Français la force de résister. Journalistes, volontaires de la France Libre, militaires, ces "soldats du micro", femmes ou hommes, étaient pour la plupart des amateurs vivant la guerre en direct. D'où venaient-ils? Comment s'étaient-ils engagés dans cette aventure? Croyaient-ils en la victoire finale? Mesuraient-ils le prix de leur sacrifice? Après la guerre, il suffisait qu'ils s'expriment dans un lieu public pour que l'assistance reconnaisse leurs voix et applaudisse. Écrit à partir d'archives inédites et fourmillant d'anecdotes, le livre de Jacques Pessis, journaliste au Figaro et auteur de nombreuses biographies, est le "roman vrai" de leur épopée.
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MessageSujet: Re: Les dernières parutions   Mer 11 Oct - 21:13

- Carnets d'un préfet de Vichy
1939-1944
de Paul-Émile Grimaud
Éditions Cherche Midi / Mars 2014


Paul-Émile Grimaud évoque dans ces Carnets tous les événements souvent tragiques dont il fut le témoin et, parfois, l'acteur. De la préfecture de Mont-de-Marsan à son arrestation en juin 1944 et sa déportation à Dachau, en passant par ses affectations à Blois (1941), Vannes (1942), Pau (1943), Bordeaux (1944), il relate d'une plume acérée le mardi noir, la collaboration, les officiers allemands courtois et barbares, les intrigues de Vichy et, évidemment, la survie dans l'univers concentrationnaire. Sur les 460 hommes déportés du Fort de Ré à Dachau, il sera des 60 qui auront survécu, onze mois plus tard, lors de la libération du camp. Un témoignage et un document exceptionnels.


- Izieu, des enfants dans laShoah
de Pierre-Jérôme Biscarat
Éditions Fayard / Mars 2014


En 1943, grâce aux efforts de Sabine et Miron Zlatin, en lien avec l'œuvre de Secours aux Enfants, de jeunes juifs, venus de toute l'Europe trouvent refuge dans une colonie à Izieu, un petit village sur les contreforts du Jura. Une année plus tard, le 6 avril 1944, la Gestapo de Lyon, sous le commandement de Klaus Barbie, arrête quarante-quatre de ces enfants et leurs sept éducateurs. Ils sont déportés; aucun enfant ne reviendra. Le plus jeune, Albert Bulka, n'avait pas encore cinq ans, le plus âgé, Arnold Hirsch, venait de fêter ses dix-sept ans. Dans cet ouvrage poignant, Pierre-Jérôme Biscarat retrace ce sombre événement à partir de documents, de témoignages familiaux et de lettres. Izieu, des enfants dans la Shoah, édition revue, corrigée et augmentée de l'ouvrage publié en 2008, paraît à l'occasion de la sortie en avril 2014 du documentaire sur France 2 tourné en partie au mémorial d'Izieu. Pierre-Jérôme Biscarat, historien, fait partie du service pédagogique de la Maison d'Izieu, mémorial des enfants juifs exterminés. Il est aussi membre de la commission "Enseignement" de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et de plusieurs conseils scientifiques, dont celui du Mémorial de Caen.


- Journal de guerre
de Hans Carossa
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2014


Son Journal de guerre, paru en 1924, participe de l'irrésistible besoin de Hans Carrossa de témoigner. Il consigne, d'octobre à décembre 1916, parfois heure par heure, l'expérience de l'auteur, alors médecin dans l'armée allemande, parti de la baie de Somme pour rejoindre le front roumain avec son régiment. Aux soldats fantômes, aux chairs à canon anonymes, Carossa rend leur humanité. D'une sobriété impressionnante, il sait arracher à l'horreur la beauté d'un geste, l'éclair d'un visage, la couleur d'un ciel. La découverte dans la cave d'un cantonnement d'un "véritable filon de fromages de Hollande", l'espoir des mères accueillant les soldats à l'entrée des villages, les loups hurlant dans les montagnes roumaines, le soldat ressuscitant dans ses excréments auquel son frère montre la croix qu'il lui avait taillée pour sa sépulture, prennent ici toute leur dimension de morceaux de bravoure. "Ces heures angoissantes où la vie et la mort s'unissent étroitement, cela raffermit et rend plus lumineux l'être de chacun et, comme une mauvaise cloche trempée dans un acide pur rend le son d'une cloche d'argent, ainsi chacun se met à parler sa propre parole".


- La fille des camps
de Nadia Sweeny
Éditions Michalon / Mars 2014


Née d'une mère française juive et d'un père berbère et musulman, Nadia, journaliste de vingt-quatre ans, part s'installer dans les Territoires palestiniens où elle retrouve Amjad, jeune réfugié dont elle est tombée amoureuse lors d'un précédent voyage. Le couple est fusionnel et le mariage s'impose. Très vite, la jeune femme va découvrir la réalité de la vie quotidienne: les camps de Naplouse, l'occupation israélienne, l'entraide entre réfugiés et le poids de la tradition. Pour Nadia, le contraste est rude. Mais sous le voile de l'épouse obéissante, la jeune Occidentale résiste, couvre le conflit israélo-palestinien et multiplie entretiens et reportages afin d'échapper à l'emprise de son mari. Entre Ramallah et les camps de réfugiés, en plein cœur des bombardements et incursions de l'armée israélienne, la jeune femme se cherche. Elle, que tout le monde surnomme "la fille des camps", doit se plier aux exigences de la société: elle est l'une des leurs. Jusqu'au jour où tout va trop loin: Amjad la frappe, violemment. Admise de toute urgence dans un hôpital israélien, Nadia n'a d'autre choix que de subir une opération du crâne. Pour la jeune femme, c'est la première étape d'une spirale infernale dont elle ne sortira pas indemne. Rien ne sera jamais plus comme avant. Le témoignage unique d'une jeune femme en quête d'identité, prise dans les paradoxes de la société palestinienne, entre résistance et survie, tradition et modernité, crime d'honneur et violence extrême, résignation et espoir.


- Le 11 novembre 1918
de Patrick de Gmeline
Éditions Presses De La Cité / Mars 2014


L'armistice du 11 novembre 1918 concrétisa la victoire des Alliés sur l'Empire allemand et marqua d'une façon profonde la vie et les mentalités des Français. Patrick de Gmeline donne, à cette occasion, une approche originale et inédite de l'événement clé de l'histoire du XXe siècle. Mené comme un reportage, jour par jour et souvent heure par heure, chaque détail résultant d'une enquête presque "policière" grâce à de précieux témoignages, ce document se veut le fidèle reflet des événements, petits et grands, vécus au quotidien chez tous les acteurs du drame et dans tous les pays concernés. Il fait revivre au lecteur les faits, les gestes et parfois même les pensées des Français, des Britanniques, des Allemands, des Américains, des Belges, militaires et civils, généraux et humbles troupiers, chefs d'Etat et souverains, diplomates et politiques, acteurs majeurs et modestes témoins.


- Les Poilus
de Joseph Delteil
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2014


Quoique Delteil ait fait la guerre, Les Poilus n'est pas un livre de souvenirs. Se réclamant explicitement de l'épopée, il s'ouvre sur les mots: "J'ai la tête épique". De cette proclamation découle un livre inclassable, à l'image de l'œuvre de son auteur. À la geste héroïque des soldats anonymes de la Marne, des tranchées et de Verdun répond celle de leurs chefs, Gallieni, Clemenceau, Foch, dont Delteil trace des portraits inoubliables. Il refuse de se restreindre à la seule description des combats: il veut restituer la guerre dans toute sa diversité et sa densité. D'où l'évocation d'aspects originaux comme les fameuses marraines de guerre, et un traitement original et surprenant de l'arrière, qui s'incarne en la femme, la "Poilue". Cet arrière mythique, lieu de toutes les détestations dans une bonne partie de la littérature consacrée à la guerre, n'est pas caricaturé sous la plume de Delteil, mais finement restitué avec un mélange d'humour et d'émotion. Les Poilus n'omet pas d'évoquer les ennemis de la France, en la personne de Ludendorff, ni ses amis, les Américains. Le vrai héros de ce livre est bien entendu le poilu, incarnation de la France terrienne qui s'est sacrifié pour le pays. "La victoire, la défaite: il s'en fiche. L'essentiel c'est l'honneur".


- Pain de soldat
de Henry Poulaille
Éditions Grasset & Fasquelle / Mars 2014


Henry Poulaille a fait la guerre de 1914, dont il est revenu marqué à jamais. Avec Pain de soldat, publié en 1937, Poulaille raconte la saga autobiographique des Magneux, famille d'ouvriers du XVe arrondissement de Paris, durant la Grande Guerre. 1914. Louis Magneux, dix-huit ans, double de l'auteur, travaille chez un pharmacien de la rue de Grenelle. Le 31 juillet, Jaurès est assassiné. Deux jours plus tard, c'est la mobilisation générale. La guerre, le jeune Magneux, prolétaire anarchisant, pense comme beaucoup qu'elle ne durera pas, qu'il y coupera. Hélas, au bout de quelques mois, "petit à petit, tout le monde s'était installé dans la guerre, tant bien que mal, la révolte n'étant plus possible, les plaintes inutiles". Caserné à Lons-le-Saunier, il découvre la vie de chambrée, tragi-comique: il mange son "pain blanc". Dans les pires mois de 1917, il monte sur le front de l'Aisne et de Champagne. Chemin-des-Dames, Plateau de Craonne. Aux gaietés de l'escadron succèdent l'orage d'acier des shrapnels, la peur, le carnage. Magneux le pacifiste répugne à se servir d'une arme. Oubliant un jour sa baïonnette, un autre ses grenades, il réussira un singulier exploit: ne pas tuer. Pain de soldat échappe au lyrisme, au spectaculaire, au moralisme des récits de guerre. L'auteur, qui voulait écrire un "roman de guerre contre la guerre" n'a pas besoin d'en rajouter: la vérité, l'horreur, l'absurdité des faits suffisent.


- Heinrich Himmler d'après sa correspondance avec sa femme
de Katrin Himmler et Michaël Wildt
Éditions Plon / Février 2014


Un portrait intime de Heinrich Himmler, funeste chef de la SS, à travers sa correspondance inédite avec sa femme Marga entre 1927-1945. Un document historique d'une valeur exceptionnelle, mis en lumière par l'un des plus grands spécialistes du nazisme et la petite-nièce de Heinrich Himmler. Longtemps on a cru que les lettres de Heinrich Himmler à sa femme Marga, ainsi que d'autres documents appartenant au Reichsführer-SS, étaient définitivement perdues. Mais plusieurs décennies après son suicide et la fin de la Seconde Guerre Mondiale, les lettres ont été retrouvées à Tel Aviv, en Israël. Complément parfait de celles de Marga, conservées aux archives fédérales de Coblence, et mises en lumière par Michael Wildt et Katrin Himmler, elles constituent une plongée inédite dans la vie privée de l'une des figures les plus importantes du IIIe Reich. Lorsque Heinrich Himmler et Marga Siegroth font connaissance, en 1927, ils se portent une véritable affection. Le couple est uni dans son antisémitisme (Marga évoque "la bande de Juifs") autant que dans son rêve de vie à la campagne. Himmler, permanent du parti nazi, voyage souvent avec le "chef": de loin, il conseille à sa petite aimée "de préparer le sureau en compote"; tandis que Marga raconte fièrement à son mari que sa maison est le "point de rencontre de tous les nationaux-socialistes". Après 1933, Himmler devient l'homme le plus puissant après Hitler; nommé Reichsführer de la SS et chef de la police allemande, il organise la "Solution finale de la question juive" tout en envoyant à sa "petite femme" qui parcourt la Pologne occupée ("cette crasse indescriptible") au profit de la Croix rouge ses "chères pensées pour la fête des mères", et joint des photos de ses voyages auprès des Einsatzgruppen de la SS et des unités de la Waffen-SS. Mais ces lettres n'ont que l'apparence de l'anodin: derrière la façade petite-bourgeoise transparaissent la brutalité et l'insensibilité qui caractérisent aussi la vie privée de Himmler.


- Moisson d'or
Le pillage des biens juifs
de Jan Tomasz-Gross
Éditions Calmann Lévy / Février 2014


L'idée de ce livre est née d'une photographie publiée pour la première fois le 8 janvier 2008 dans le plus grand quotidien polonais, la Gazeta Wyborcza. Ce cliché, montrant des paysans polonais munis de pelles, illustrait un article sur l'habitude prise après la guerre de fouiller les fosses communes sur le site du camp d'extermination de Treblinka. De longues années encore après la guerre, les glaneurs passaient au crible les cendres et les restes des Juifs assassinés dans les camps d'extermination nazis de Pologne, à l'affût de bijoux et d'or dentaire. Moisson d'or décortique la controverse née de cette photographie. On s'efforça de montrer qu'il ne s'agissait ni du camp de Treblinka ni de glaneurs, afin de faire oublier son unique sujet: la collusion de la population polonaise dans le pillage et la tuerie des Juifs à la périphérie de la Shoah. Ce livre suscita dans son pays de nombreuses polémiques car il ne soulève pas seulement un problème moral, il met en lumière, sans aucune complaisance, une face peu explorée du génocide: le profit tiré du pillage des biens juifs par des millions de familles d'Europe, essentiellement allemandes. Le génocide fut une entreprise lucrative, depuis l'appartement jusqu'aux meubles, depuis la literie jusqu'aux livres voire aux ustensiles de cuisine: tout fut volé. Enfin, l'ouvrage met au premier plan les questions de mémoire. On ne peut plus cantonner la destruction des Juifs d'Europe à une clique de voyous. En Pologne, une majorité de la population, si elle n'a pas forcément prêté main forte au crime, s'en est réjouie et en a économiquement profité. Exemplaire par sa méthodologie et la clarté de son écriture, Moisson d'or est un livre profond et salutaire qui dément l'idée trop répandue que tout a été dit.


- Naître ennemi
de Fabrice Virgili
Éditions Payot & Rivages / Février 2014


On les appelait "enfants de Boches". Entre 1941 et 1949, des dizaines de milliers d'enfants sont nés, en France, de père allemand soldat puis prisonnier de guerre, ou en Allemagne, de père français prisonnier puis soldat de la zone française d'occupation. Des enfants nés ennemis. Dire l'histoire de ces pères, de ces mères et de ces enfants, lui donner un sens général, suivre leur parcours depuis l'invasion allemande jusqu'à aujourd'hui, tel est l'objet de ce livre qui a nécessité presque dix ans de recherches et qui, à travers les thèmes de la guerre démographique, de la maltraitance et du rejet, de l'amour et de l'abandon, du secret et de la quête des origines, se veut à la fois une histoire politique, une histoire de la filiation et une histoire de l'intime.


- La catastrophe allemande
de Nicolas Patin
Éditions Fayard / Janvier 2014


Ils étaient 1 674 parlementaires représentant l'Allemagne sous la république de Weimar. Ils ont vécu la destruction d'une démocratie éclatante et le triomphe d'un régime politique criminel qui justifia l'invention du mot "génocide". Quelles ont été leurs responsabilités dans ce tournant du siècle? Comment ces femmes et ces hommes ont-ils traversé la Catastrophe allemande? Pendant quatre ans, Nicolas Patin a étudié les archives allemandes et internationales pour comprendre les parcours de chacune de ces personnalités. Son enquête décrypte les destins atypiques de ces élus du peuple allemand: simples soldats de la Première Guerre Mondiale puis militants politiques, martyrs assassinés dans les camps ou bourreaux nazis dominant l'Europe occupée. Avec ce grand livre, Nicolas Patin met au jour la terrible conquête des institutions par les nazis et la funeste transformation de la société allemande. Nicolas Patin est ancien élève de l'École normale supérieure de Lyon, agrégé et docteur en histoire contemporaine. Il est spécialiste de l'histoire allemande, de la république de Weimar et du IIIe Reich.


- La musique à Paris sous l'Occupation
de Myriam Chimènes et Yannick Simon
Éditions Fayard / Janvier 2014


Sous l'Occupation, Paris ne reste pas silencieux. Peu après l'installation des Allemands, les musiciens reprennent leurs activités comme l'ensemble des artistes. Les salles de concerts et les studios radiophoniques et d'enregistrement se remettent à fonctionner. Dans ce contexte, nombre d'interprètes et de compositeurs français bénéficient de conditions de travail inédites, profitant de l'absence de concurrence étrangère conjuguée à la mise à l'écart des œuvres des compositeurs, morts ou vivants, exclus par les lois scélérates. Centré sur la musique savante, cet ouvrage collectif traite de la diffusion de la musique, grâce à des études sur quelques sociétés de concerts spécifiques à cette période, sur des œuvres du répertoire, sur la création contemporaine et sur le rôle de certains interprètes. Il met en évidence les personnalités de Francis Poulenc, Olivier Messiaen et Arthur Honegger ainsi que d'Alfred Cortot, Germaine Lubin, Charles Munch et Wilhelm Kempff, en insistant sur les ambiguïtés entretenues rétroactivement par certains acteurs de la vie musicale sur leur carrière pendant les années noires. Il analyse également la manière dont quelques grandes figures du passé (Mozart, Berlioz, Wagner) sont susceptibles de s'inscrire dans un discours de propagande, largement véhiculé par les critiques et les musicologues. Cette réflexion sur la trace mémorielle d'une époque se clôt par l'évocation de deux débats récents, qui montrent que ce passé passe difficilement.


- Nos familles dans la grande guerre
de Jean-Louis Beaucarnot
Éditions JC Lattès / Janvier 2014


De nombreux livres ont été ou vont être publiés sur les soldats de la Grande Guerre. Jean-Louis Beaucarnot de son côté applique sa technique de recherche qui rassemble une belle connaissance historique avec la multiplication de témoignages pour reconstituer la vie quotidienne des familles pendant le premier conflit mondial du XXe siècle: familles séparées, divisées, éclatées, transplantées, brouillées; familles ruinées (ou enrichies…); couples unis, désunis, réunis,); familles victimes de la grippe espagnole ou, comme en Alsace, dramatiquement divisées entre deux camps; familles de l'après-guerre aussi, devant organiser leur deuil et panser leurs blessures, tant au plan physique que moral, avec aujourd'hui de curieux héritages, d'ordre psychogénéalogique. Près de 200 témoignages inédits et de nombreux dossiers, de la guerre espagnole à la vie des Poilus, des correspondances aux monuments des morts. Un livre intime et complet sur tout ce que l'on cherche à savoir sur l'histoire non événementielle de la Grande Guerre.


- Une vie contre une autre
de Sonia Combe
Éditions Fayard / Janvier 2014


À Buchenwald en 1944, des communistes allemands sauvent un enfant juif âgé de trois ans d'un convoi pour Auschwitz en rayant son nom de la liste. Un autre partira à sa place. Les circonstances de ce sauvetage et la découverte de procès secrets de détenus politiques, kapos de Buchenwald, menés à la fin de la guerre dans la zone d'occupation soviétique et en RDA, ont soulevé un débat en Allemagne de l'après-réunification: victimes du nazisme, les antifascistes auraient-ils été aussi des collaborateurs? Fondée sur l'écoute de témoignages (en anglais, allemand, russe et français) essentiellement collectés par la Shoah Foundation, croisés avec la littérature mémorielle ainsi qu'avec des archives personnelles de déportés (notamment de David Rousset), l'étude de Sonia Combe montre comment la substitution de déportés a pu être une modalité de survie dans les camps de concentration dont ont bénéficié aussi bien Stéphane Hessel qu'Imre Kertész ou encore Jorge Semprun. Analysant la pratique de l'échange comme une situation à laquelle médecins déportés et prisonniers politiques ont été confrontés au quotidien, elle s'interroge sur les usages de la révision de l'histoire de l'antifascisme dans l'Allemagne actuelle. Loin d'idéaliser la conduite des détenus comme avait pu le faire une certaine vulgate de la résistance antifasciste, il s'agit de voir dans quelle mesure le jugement porté désormais sur eux serait tributaire d'un nouveau climat politique et d'une reconfiguration des mémoires.


- Belzec
de Robert Kuwalek
Éditions Calmann Lévy / Novembre 2013


Fin 1941, Himmler ordonne de faire construire un "centre spécial" à Belzec, près de Lublin, sans en préciser la finalité. Le 17 mars 1942, le camp de Belzec commence à fonctionner: l'élimination des Juifs de Pologne, appelée par les Allemands Aktion Reinhardt, est en marche. On fait croire aux prisonniers qu'ils arrivent dans un "camp de transit" avant un renvoi vers des camps de travail. Ils sont d'abord massacrés dans trois chambres à gaz en bois, fonctionnant au monoxyde de carbone, puis, après des travaux, dans six chambres à gaz en béton, également au monoxyde de carbone. Les SS peuvent alors assassiner 1 500 personnes à la fois. Les cadavres sont retirés et enfouis par des commandos juifs, régulièrement tués et remplacés. Le processus de mise à mort que Robert Kuwalek reconstitue étape par étape est rapide, empêchant toute prise de conscience collective. Certes, il rapporte de nombreux actes individuels de rébellion, mais il n'y eut aucune révolte organisée. Au début de 1943, les installations sont détruites, les cadavres ont été déterrés et brûlés en plein air. Entre 450 000 et 600 000 personnes y ont péri, quasi exclusivement des Juifs polonais. On ne connaît que deux survivants identifiés. Robert Kuwalek a ouvert pour la première fois les archives allemandes et polonaises et nous livre ici la seule monographie sur le camp de Belzec qui servit de prototype à tous les camps de concentration.


- Le journal d'Helga
de Helga Weissova
Éditions Belfond / Novembre 2013


Un document exceptionnel: le seul journal connu à ce jour écrit par une petite fille pendant l'Holocauste et miraculeusement conservé. Un témoignage unique, illustré par les propres dessins d'Helga, le récit poignant de ce que fut la vie, ou plutôt la survie, d'une enfant dans les camps de la mort. Helga a huit ans quand elle ouvre la première page de son journal. Nous sommes en 1938 et les nazis ont envahi Prague; les écoles sont fermées, le père a perdu son travail et toute la famille est confinée dans l'appartement. Un à un, les amis et les proches disparaissent, les déportations commencent. En 1941, Helga et ses parents sont envoyés à Terezín, ils y resteront trois ans. Et Helga raconte: les voyages interminables dans des conditions inhumaines, la faim, les maladies, la souffrance; mais aussi l'amitié, les petits moments de joie, l'espoir. Et puis ce sera l'horreur à Mauthausen et Auschwitz. Et Helga écrit et dessine encore et encore pour obéir à la prière de son père: "Dis-leur ce que tu vois". Helga ne reverra jamais son père, mais elle et sa mère survivront. À la fin de son journal, Helga a quinze ans. Elle fait partie de la petite centaine d'enfants rescapés sur plus de quinze mille déportés.
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: Les dernières parutions   Mer 11 Oct - 21:11

- Ressources inhumaines
de Fabrice d'Almeida
Éditions Fayard / Novembre 2013


Quelle était la durée du temps de travail d'un gardien de camp de concentration? Préférait-il jouer aux cartes, pratiquer la boxe ou se délasser en lisant un roman policier? Sa famille vivait-elle avec lui? L'enquête reconstitue la stratégie de gestion des ressources humaines que Himmler et ses adjoints ont mise en œuvre dans les camps de concentration et d'extermination ainsi que des établissements annexes moins connus, non seulement pour permettre aux bourreaux d'accomplir leur office, mais surtout pour éviter qu'ils s'ennuient. En adoptant l'angle de vue des tueurs, le livre ne prétend pas excuser leur crime. Mais ce regard dérangeant dévoile la gouvernance de l'entreprise SS et les choix des leaders nazis. Jeux, lectures, cinéma, théâtre, bordel et vie de famille: le temps libre était pensé dans le détail. Tout cela banalisait la nature du "travail".


- Eichmann était d'une bêtise révoltante
de Hannah Arendt et Joachim C. Fest
Éditions Fayard / Octobre 2013


La philosophe Hannah Arendt, auteur des Origines du totalitarisme, couvrit à sa demande le procès d'Eichmann à Jérusalem en 1961 pour le compte du New Yorker. Le livre qui en est l'aboutissement, Eichmann à Jérusalem, sous-titré Rapport sur la banalité du mal, déclencha immédiatement la polémique aux États-Unis puis lors de sa publication en France en 1966, tandis que d'aucuns déconseillèrent même sa publication en Allemagne (1964). Elle y soutenait qu'Eichmann n'était ni un Iago ni un Macbeth, imputant ses crimes à la pure absence de pensée, ce qui, précisait-elle, n'équivalait nullement à la "stupidité". Comment s'explique dès lors le titre du présent entretien qu'elle accorda à l'historien allemand Joachim Fest, auteur notamment des Maîtres du IIIe Reich? De même comment expliquer que, bien qu'Eichmann lui répugnait, s'exprimant sur Albert Speer, l'architecte de Hitler qui devint ensuite ministre de l'Armement, elle puisse affirmer dans la seconde partie de leur entretien: "L'homme me plaît, mais je ne parviens pas à le comprendre"? Faut-il y voir une nouvelle provocation de la part de celle qui pourtant, ne se targuait que de "dire la vérité des faits"?


- Le fouet vivant
de Milo Urban
Éditions Fayard / Octobre 2013


Le Fouet vivant raconte le quotidien d'un village slovaque, Ráztoky, pendant la Première Guerre Mondiale. La guerre, ici, n'est évoquée qu'à travers ses conséquences morales sur des villageois qui, au début du roman, n'en ont qu'une idée abstraite. Le retour des premières "Gueules cassées" leur fait peu à peu prendre conscience de la gravité des événements et, surtout, la guerre, bien que Ráztoky soit à l'abri de ses assauts, libère et exacerbe les instincts mauvais que les habitants, en temps de paix, dissimulaient derrière une morale de façade. Si l'intrigue tourne autour de deux figures principales, la jeune Eva Hlavajová qui, pour faire rappeler son mari du front, cède aux avances d'un notable, et le soldat Adam Hlavaj qui, devenu déserteur, prend la tête de la rébellion des villageois contre les représentants de l'autorité austro-hongroise, le véritable protagoniste est le village lui-même. Bouleversant plaidoyer contre la guerre qui s'accompagne d'une réflexion sur la nature humaine capable du pire lorsque des circonstances exceptionnelles font éclater le vernis des conventions, le Fouet vivant, écrit par un jeune homme de vingt-trois ans, est considéré comme le roman fondateur de la littérature slovaque moderne. Écrivain, traducteur, journaliste, Milo Urban (1904-1982) fit paraître en 1927 le Fouet vivant, qui connut un immense succès et fut aussitôt traduit en plusieurs langues. L'ouvrage figura ensuite sur la liste des livres que les nazis ordonnèrent de brûler, puis fut interdit par le régime communiste jusqu'en 1957. Depuis, il est devenu un classique incontournable en Slovaquie.


- Les Fantassins du Chemin des Dames
de René-Gustave Nobécourt
Éditions Albin Michel / Octobre 2013


Parmi tous les livres évoquant "la Grande Guerre" avec un recul de cent ans, il en fallait un qui fût consacré aux fantassins du Chemin des Dames. Cette falaise du Soissonnais évoque surtout l'offensive du général Nivelle le 16 avril 1917, les espoirs qu'elle fit naître, puis l'abattement et les mutineries. Cette offensive prend place dans une suite de péripéties dont le Chemin des Dames fut en quelque sorte le champ clos, de septembre 1914 à octobre 1918. Sous la plume de R.-G. Nobécourt, tout ressurgit: les "grands chefs", leurs doctrines, leurs ordres, leurs rapports, leurs humeurs, les "hommes"  surtout, et les chefs de section ainsi que les capitaines, leur vérité quotidienne, dans les tranchées, dans les cantonnements, avec leurs chansons et leurs peines, et pour beaucoup leur vingtième printemps. Les lettres mêmes des poilus, gardées, censurées ou résumées par le contrôle postal expriment ici, selon les saisons et les moments de la guerre, les chutes et les remontées du moral.


- Mes Berlin
de Edgar Morin
Éditions Cherche Midi / Octobre 2013


"1945: l'Allemagne était effondrée, décapitée, morcelée, dévastée, hagarde, terrorisée. Et c'était du Berlin désormais en ruines qu'était partie la puissance fabuleuse qui avait asservi l'Europe et déferlé jusqu'au Caucase et à l'Égypte". Ce livre décrit les expériences et les rencontres incroyables d'Edgar Morin dans Berlin, d'abord dans la ville morte de l'été 1945, puis au cours de séjours successifs dans les années 1946, 1950, 1990, 2012 et 2013. Il assiste à la scission d'une ville en deux parties, puis, à partir de chacune d'elles, à la naissance de deux métropoles juxtaposées et opposées relevant de deux systèmes solaires étrangers et ennemis, dont naissent deux nations qui semblent stabilisées à jamais, la RDA et la RFA. Enfin, après la chute du mur, un nouveau Berlin en métamorphose ininterrompue. Voici le récit personnel, subjectif et objectif, de près de soixante-dix ans d'ébranlements et de transformations formidables dans la ville où se sont joués, à diverses reprises, le sort de l'Europe et celui du monde.


- Trafics et crimes sous l'Occupation
de Jacques Delarue
Éditions Fayard / Octobre 2013


L'Occupation de la France demeure mal connue. Période confuse, fertile en événements, propice aux combinaisons les plus sordides, elle fut marquée par les trafics les plus divers qui ont permis l'édification de fortunes rapides sur la misère générale. Jacques Delarue, qui a travaillé officiellement de 1945 à 1952 sur de très nombreux dossiers judiciaires concernant cette période, ouvre ici ces dossiers brûlants, montrant les coulisses de l'organisation du pillage du marché noir français. Son livre est nourri d'informations, de témoignages directs et de précisions qui en font, encore aujourd'hui, après qu'il a connu une nouvelle édition, une des seules références sur le sujet.


- Goebbels
de Peter Longerich
Éditions Héloïse D'Ormesson / Septembre 2013


"Le transfert du rôle de sauveur sur un autre et la fusion symbiotique avec ce modèle correspondaient au trouble narcissique de Goebbels. Il ne pouvait se sentir grand que s'il était confirmé dans sa grandeur par l'idole qu'il s'était choisie. Cette idole serait Hitler". Premier biographe à avoir puisé méthodiquement dans les carnets de Joseph Goebbels, Peter Longerich pénètre, par ce biais inédit, dans l'intimité du pouvoir national-socialiste. Il révèle ainsi, de l'intérieur, la pathologie narcissique de l'architecte de la propagande nazie, et dévoile les relations complexes qui l'unissaient à sa femme et à Hitler, évoquant même un triangle amoureux. Simultanément, il souligne le rôle endossé par Goebbels d'inconditionnel du Führer jusque dans le suicide. Enfin, s'appuyant sur les enregistrements de ses discours, l'historien explore les rouages de la "méthode Goebbels", manipulation des masses et démagogie, qui a façonné l'opinion publique allemande, entièrement contrôlée par le parti. Somme monumentale, la biographie de Joseph Goebbels démonte pièce par pièce la machine du concepteur de la "guerre totale", à l'origine de ce régime camisole, et met à nu la sidérante personnalité de l'un des hommes les plus influents du IIIe Reich.

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MessageSujet: Re: Les dernières parutions   Mer 11 Oct - 21:09

- Histoires extraordinaires de la Résistance Française
de Dominique Lormier
Éditions Cherche Midi / Avril 2013


Terroristes pour les nazis et le régime de Vichy, les résistants français de l'intérieur ont déployé un courage extraordinaire durant la Seconde Guerre Mondiale. Cet ouvrage captivant nous fait découvrir la multiplicité de leurs actions, à travers les réseaux, les mouvements et les maquis, sur l'ensemble du territoire national. La lutte clandestine connaît une extension considérable, malgré les nombreuses arrestations. L'affaire Grand clément ne cesse de fasciner par les incroyables événements qui s'y rattachent. Les évadés de France sont les acteurs d'une épopée allant des Pyrénées à l'Afrique. Le colonel Rémy fonde l'un des réseaux de renseignement les plus performants. Ginette Vincent-Baudy incarne la place des femmes dans la Résistance et le martyre des déportés. Les maquis jouent un rôle reconnu par les Alliés dans la libération du territoire. La guérilla mobile de Romans-Petit et du corps franc Pommiès illustre parfaitement l'efficacité de la lutte armée contre l'occupant. Ces histoires relatent ainsi l'immense sacrifice consenti dans les rangs des combattants de l'ombre, voués en cas de capture à la torture, à la déportation et à la fusillade.


- Le Ghetto de Wilno, 1941-1944
de Avrom Sutzkever
Éditions Denöel / Avril 2013


Le 27 février 1945, Avrom Sutzkever témoignait devant le tribunal de Nuremberg des atrocités commises par les nazis dans le ghetto de Wilno. Son témoignage, capital, entrera dans l'histoire, tant la parole des victimes fut rare lors du procès. C'est dire l'importance que revêt le récit qu'il a laissé de sa vie quotidienne entre 1941 et 1944. Jeune poète, il décrit dans ce texte l'horreur et la mort comme faisant partie de l'ordinaire, avec la volonté de restituer la sincérité du témoin tout en gardant le recul d'un observateur neutre. Avrom Sutzkever donne notamment à voir les tentatives désespérées d'une poignée de résistants pour sauvegarder les trésors de la Jérusalem de Lituanie tandis que subsiste au sein du ghetto une vie culturelle foisonnante mais clandestine, ultime rempart devant la barbarie. Chef-d'œuvre oublié de la littérature yiddish et document historique de première importance, Le Ghetto de Wilno mêle une écriture de l'immédiateté, guidée par l'urgence de raconter, à l'évocation sensible et dramatique d'un monde plongé dans l'abîme.


- Persécutions et entraides dans la France occupée
Comment 75% des juifs en France ont échappé à la mort
de Jacques Semelin
Éditions Les Arènes / Mars 2013


Près de quatre-vingt mille juifs (français et étrangers) demeurant en France en 1940 ont été tués par les nazis durant les années d'Occupation. Cette tragédie est désormais établie et documentée. Leur histoire en appelle cependant une autre, trop peu étudiée par les historiens, et que l'auteur de ce livre prend à bras-le-corps. Puisque environ trois cent trente mille juifs vivaient alors dans notre pays, cela signifie que 75% d'entre eux ont pu échapper à l'extermination. Pour les juifs français, cette proportion avoisine les 90%. Par comparaison, la Belgique n'a compté que 55% de survivants et les Pays-Bas 20%. Comment comprendre cette singularité du cas français, puisque la volonté nazie de détruire les juifs est partout semblable et que Vichy collabore à leur déportation?


- Sans armes face à Hitler
1939-1945 La résistance civile en Europe
de Jacques Semelin
Éditions Les Arènes / Mars 2013


Publié par Jacques Semelin en 1989, ce livre est devenu un "classique" de l'historiographie de la Seconde Guerre Mondiale. C'est une étude qui reste sans équivalent. L'auteur y examine, à l'échelle européenne, les diverses façons dont les peuples sont parvenus à s'opposer quotidiennement, et sans armes, à la domination nazie. Cette opposition multiforme, faite d'actions non armées, individuelles et collectives, correspond à ce qu'on a pris l'habitude d'appeler la "résistance civile". D'autres ont pu parler de la résistance des anonymes.


- Dans l'enfer du bagne
Mémoires d'un transporté de la commune
de Bruno Fuligni et Alexis Trinquet
Éditions Les Arènes / Février 2013


Cordonnier à Belleville, Alexis Trinquet prend en 1871 le parti de l'insurrection et est élu membre de la Commune. Échappant aux exécutions sommaires de la Semaine sanglante, il est condamné aux travaux forcés à perpétuité et envoyé à Toulon, où il s'embarque pour le bagne de la Nouvelle-Calédonie. Ce témoignage, d'une rare vigueur, est rédigé par un homme à vif qui ne veut pas que soient ignorées les atrocités commises sous ses yeux.


- Adolf Hitler
de Laurence Rees
Éditions Albin Michel / Janvier 2013


"Laurence Rees, historien renommé et auteur du remarquable Auschwitz. Les nazis et la Solution finale, pose comme toujours les bonnes questions avant d'y apporter les meilleures réponses. Mêlant témoignages de contemporains, preuves et documents, son livre nous offre une vision saisissante de ces millions d'Allemands tombés sous le "charisme" d'Hitler et l'adulant". Ian Kershaw


- Hitler mon voisin
de Edgar Feuchtwanger et Bertil Scali
Éditions Michel Lafon / Janvier 2013


Âgé de 5 ans, Edgar Feuchtwanger, fils unique d'un éditeur juif, a une enfance heureuse dans la ville de Munich. C'est un petit Allemand insouciant, choyé par ses parents et sa nounou, lorsque Adolf Hitler, chef du Parti national socialiste, s'installe dans l'immeuble d'en face. En 1933 se brise le bonheur de cette vie sans nuage. Hitler est nommé chancelier. Les parents d'Edgar, déchus de leurs droits de citoyens ordinaires, tentent de le protéger des humiliations. À l'école, sa maîtresse lui fait dessiner des croix gammées, ses camarades rejoignent les jeunesses hitlériennes. Depuis sa fenêtre, en regardant de l'autre côté de la rue, Edgar va assister à la préparation de la Nuit des longs couteaux, de l'Anschluss et de la Nuit de Cristal. Les Juifs sont arrêtés, son père est enfermé à Dachau où il connaîtra la peur, le froid et la faim. En 1939, Edgar est envoyé seul en Grande-Bretagne. Il y fera sa vie, sa carrière, fondera une famille et s'efforcera d'oublier le cauchemar de son passé. Un passé qui a soudain rejailli lorsqu'il a voulu, à 88 ans, raconter cette enfance enfouie.


- Le berceau de la honte
de Mano Gentil
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2013


La folie du Troisième Reich, le développement de la race pure, le type aryen, Marthe n'en a que faire. Si sa beauté est un don de Dieu, elle n'en est pas moins une malédiction. La jeune femme en fera la triste expérience. Elle aime Johannes, il est officier de la SS, beau, attentionné. Il a du pouvoir et en particulier celui de lui permettre d'échapper à la misère des paysans picards en intégrant l'institution la plus mystérieuse de la domination nazie: le Lebensborn. Par amour, par arrivisme mais aussi par ingénuité, elle arrive aux Mésanges, unique foyer français de la grande organisation mise en place par Himmler et dont le but est de créer une "race supérieure". Marthe collabore alors à la mission de Johannes: donner un enfant au Fürher. Elle change de vie et de nom, devient Agatha, la belle Agatha. Et donne naissance à Sven, appelé à représenter l'élite de la Grande Allemagne. Mais le temps de l'insouciance est court, la débâcle allemande oblige la jeune maman à quitter seule le confort et l'ordre du Heim. S'installent alors les interrogations, et les certitudes jusque-là sans faille cèdent la place aux doutes. Un roman où l'amour et tous ses paradoxes éclairent un chapitre méconnu de la politique nazie.


- Le livre noir des Juifs de Pologne
de Jacob Apenszlak
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2013


"Premier compte rendu complet de la tragédie vécue par les Juifs de Pologne, cet ouvrage constitue un témoignage pour le tribunal qui siégera un jour". Ignacy Schwarzbart, membre du Conseil national de la République polonaise, 1943. À la publication de ce livre en octobre 1943, plus de 80 de des victimes de la Shoah ont déjà été assassinées. L'Aktion Reinhardt, qui a causé la mort de la plupart des Juifs de Pologne, touche à sa fin. Ville par ville, cet ouvrage présente toutes les étapes du génocide: l'entrée meurtrière des Allemands sur le sol polonais (le Blitzpogrom), la ghettoïsation, les déportations et l'extermination. Il constitue un état des lieux précis et implacable fondé sur une multitude de témoignages et d'articles de journaux officiels ou clandestins. On y trouve notamment des extraits du rapport de Jan Karski, alors en mission d'espionnage au service du gouvernement polonais réfugié à Londres.


- Rescapé
de Sam Pivnik
Éditions Fleuve Noir / Janvier 2013


Sam Pivnik est l'un des tout derniers survivants de la Shoah. Un miraculé. Il a à peine 13 ans lorsque les nazis envahissent la Pologne et sa ville, Bedzin, en 1939. Pour la communauté juive, c'est le début de la vie en ghetto, les privations, les humiliations, les violences arbitraires, la peur, les rafles. Puis en 1943, Sam est déporté avec son père, sa mère, ses deux sœurs et ses trois frères cadets au camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. Il est le seul à échapper aux chambres à gaz. Il n'a que 16 ans. Porté par une volonté de vivre hors du commun, il travaille alors successivement au déchargement des trains à leur arrivée au camp, sur la funeste Rampe de la mort, puis dans la mine de Fürstengrube, avant de connaître les Marches de la mort et de survivre au bombardement accidentel du paquebot Cap Arcona par la RAF. Aujourd'hui âgé de 86 ans, Sam Pivnik raconte son histoire pour la première fois: un témoignage saisissant à destination des générations futures, pour ne jamais oublier que cela a eu lieu, que des millions d'hommes, de femmes et d'enfants n'en sont jamais revenus.


- Tué à l'ennemi
de Michel Laval
Éditions Calmann Lévy / Janvier 2013


Le 1er août 1914, la France décrète la mobilisation générale. Comme trois millions cinq cent mille Français, le lieutenant Charles Péguy reçoit sa feuille de route, embrasse les siens et rejoint son unité, le 276e régiment d'infanterie de réserve, à Coulommiers. Intellectuel engagé, normalien d'origine modeste, chrétien fervent, républicain et dreyfusard, pamphlétaire et poète, Péguy est à la croisée des grandes traditions françaises et incarne plus que tout autre ce qu'on appelle encore le "génie français". S'il vit ce moment avec un sentiment de plénitude, c'est que s'impose à lui comme à tous le devoir sacré de défendre la patrie, et, à travers elle, un système de valeurs démocratiques issu des Lumières et de la Révolution face à une puissance dont il a, l'un des premiers, compris la menace qu'elle faisait peser sur la vieille Europe. Ce combat unit dans une même détermination, une même exaltation quarante millions de Français, sans distinction d'opinions et de croyances, d'origines et de conditions. La bataille des frontières se solde par une série de terribles défaites. Comme des centaines de milliers de soldats, le lieutenant Charles Péguy et ses hommes doivent marcher jour et nuit pendant quatre semaines sous des pluies battantes ou dans des chaleurs torrides, les pieds en sang dans leurs godillots cloutés, reculant sans cesse devant l'invasion ennemie jusqu'à ce que Joffre donne l'ordre de la grande contre-offensive de la Marne. Charles Péguy ne verra pas cette première victoire. Il meurt le 5 septembre 1914 près de Meaux dans un assaut du 276e face aux mitrailleuses allemandes. Il repose depuis avec plus d'une centaine de ses soldats dans une grande tombe à l'endroit même où ils ont été ensemble "tués à l'ennemi". Michel Laval, en racontant les trente-cinq derniers jours de la vie de Charles Péguy, entonne un requiem à la gloire de ce vieux peuple français en marche, avant que quatre ans d'une guerre impitoyable et inhumaine ne l'engloutissent dans la boue et le sang et emportent la grande illusion d'une dernière guerre pour la justice et la paix.


- Invincible
de Laura Hillenbrand
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2012


Le destin incroyable de Louis Zamperini, coureur olympique et vétéran de la Seconde Guerre Mondiale. Louis Zamperini est né en 1917 à New York. Quand il arrive en Californie, trois ans plus tard, il ne parle que l'italien. Dans un contexte de dépression économique, peu de perspectives d'avenir s'offrent à lui. C'est son inscription dans l'équipe scolaire de course de fond qui changera sa vie à tout jamais. Il devient alors une gloire locale et participe aux jeux Olympiques de 1936. Mais sa chance tourne en 1941, lorsqu'il s'engage dans l'armée. Après un bombardement japonais, son avion s'abîme dans le Pacifique et il est fait prisonnier. Dans les camps de travail, il est soumis à des conditions de vie atroces mais surtout à un tortionnaire vicieux et sadique. En véritable force de la nature, il survit à toutes ces épreuves. À son retour aux États-Unis, il est considéré par ses proches comme un héros. Toutefois, son traumatisme est tel qu'il plonge dans l'alcool et la violence. Sa rédemption vient alors de sa foi et de son premier amour: la course. Ce livre témoigne du parcours prodigieux d'un champion pris dans la tourmente d'une période historique chaotique.


- Le feu
Journal d'une escouade
de Henri Barbusse
Éditions Payot &Rivages / Octobre 2012


"Rien ne bouge, que le vent qui passe et que l'immense humidité qui s'égoutte. Je lève les yeux. Un deuil épouvantable écrase tout. J'ai l'impression d'être tout seul, naufragé au milieu d'un monde bouleversé par un cataclysme". Prix Goncourt 1916, Le Feu est un chef-d’œuvre de la littérature de guerre. Il provoqua un choc d'autant plus grand qu'il exprimait le pacifisme des poilus: avec ce livre, ce sont les héros, ceux-là mêmes qui font l'épreuve du feu, qui réclament que cesse le carnage. D'une justesse de ton bouleversante qui empoigne son lecteur et le force à descendre dans les tranchées, à hauteur d'homme, Le Feu alterne l'action, l'attente et l'horreur pour cerner ce que vécurent ces hommes et le sens qu'ils tentèrent désespérément de donner au cataclysme.


- Les Enfants des Justes
de Christian Signol
Éditions Albin Michel / Octobre 2012


En 1942, dans le département de la Dordogne, la ligne de démarcation croise le cours de l'Isle. La ferme des Laborie est à deux pas de la rivière et Virgile, n'écoutant que son cœur, ne refuse jamais sa barque à ceux qui tentent de passer en zone libre. Lorsqu'on propose à Virgile et à Victoria qui n'ont jamais pu avoir d'enfants, de cacher Sarah et Elie, deux gamins juifs perdus dans la tourmente, ils accueillent les petits réfugiés comme un don du ciel. Au fil des jours, malgré les trahisons, les dénonciations, les contrôles incessants, la Résistance s'organise dans le Périgord jusqu'aux reflux des troupes allemandes dans le sang et la terreur.


- L'homme qui s'était infiltré à Auschwitz
de Denis Avey et Rob Broomby
Éditions JC Lattès / Septembre 2012


L'Homme qui s'est infiltré à Auschwitz raconte l'histoire véridique d'un soldat britannique qui s'est clandestinement introduit dans le camp de concentration de Buna-Monowitz, également connu en tant qu'Auschwitz III. À l'été 1944, Denis Avey était détenu, en tant que prisonnier de guerre, dans un camp de travail, l'E 715, près d'Auschwitz III. Au courant des violences infligées aux détenus, il a résolu d'être témoin de ce qui se passait là-bas. Il a conçu un plan consistant à prendre la place d'un prisonnier juif et pénétrer en catimini dans un secteur du camp où il a passé la nuit à deux reprises. Il a été témoin de la cruauté qui régnait en ce lieu où des travailleurs esclaves étaient condamnés à trimer jusqu'à ce que mort s'ensuive. Chose incroyable, il a survécu à la marche de la mort au cours de laquelle des milliers de prisonniers ont été tués par les Nazis à mesure qu'avançait l'Armée rouge. À l'issue de son long périple dans le centre de l'Europe, il a enfin été rapatrié en Grande-Bretagne. Pendant des dizaines d'années, il n'a pu se résoudre à revisiter le passé qui hantait ses rêves mais, à présent, Denis Avey se sent enfin capable de raconter son histoire, aussi prenante qu'émouvante. Son récit nous offre un rare aperçu de l'état d'esprit d'un homme ordinaire au courage insensé.


- Les amants du goulag
de Orlando Figes
Éditions Presses De La Cité / Septembre 2012


Déporté à la fin de la guerre, Lev croupit dans un camp du Goulag. Svetlana, l'amour de sa vie, est à Moscou. Pendant dix ans, de 1945 à 1955, grâce à toutes sortes de complicités, ils vont échanger une correspondance amoureuse inouïe, qui forme la trame de ce récit. Une ode à l'amour qui déplace les montagnes, magistralement orchestrée par le grand historien de l'ère soviétique Orlando Figes. En 2007, à Moscou, Orlando Figes découvre dans les locaux de l'association Mémorial, qui défend la mémoire des victimes de Staline, trois malles dont le contenu le laisse pantois. C'est un couple de Moscovites âgés, Lev et Svetlana Mishchenko, qui les ont confiées à l'association. À l'intérieur se trouve l'intégralité de la correspondance amoureuse qu'ils ont échangée clandestinement dix ans durant, grâce à toutes sortes de complicités, pendant que Lev était prisonnier du Goulag et que Svetlana l'attendait à Moscou.


- Vel d'Hiv
de Alain Vincenot
Éditions L'Archipel / Mai 2012


Il y a 70 ans, les 16 et 17 juillet 1942, dans la capitale occupée, la police parisienne se livrait, sur ordre des nazis, à la plus grande rafle jamais organisée en France, plus de 12 000 Juifs, dont 4 000 enfants, étaient arrêtés dans le cadre de l'opération "Vent printanier". Les célibataires et les familles sans enfants de moins de seize ans étaient aussitôt dirigés vers le camp de Drancy, les autres étaient parqués au Vélodrome d'Hiver. Les conditions d'internement étaient effroyables. La soif, la faim, l'absence d'hygiène. La plupart de ces malheureux mourront à Auschwitz. Le 16 juillet 1995, dans un discours historique, reproduit dans le livre, Jacques Chirac dira, "La France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable". Ce livre inclut les témoignages inédits de survivants de la rafle, la plupart étaient enfants à l'époque, ainsi que des photographies d'eux et de leurs familles détruites. Il présente également une chronologie détaillée des mesures antisémites prises par Hitler à partir de 1933, et par le gouvernement de Vichy, à partir de 1940.


- Gagner à en mourir
de Pierre-Louis Basse
Éditions Robert Laffont / Avril 2012


S'ils remportent ce match de football contre les nazis, les Ukrainiens savent que leur existence est menacée. Et pourtant, ces hommes choisiront de remporter la victoire plutôt que de souffrir une vie de déshonneur. Retour sur une histoire incroyable, celle d'une équipe de football qui, durant la Grande Guerre, préférera encourir les plus graves sanctions plutôt que céder au déshonneur d'un match arrangé. Lorsqu'en 1941 le régime nazi décide d'organiser un grand tournoi européen de football, c'est bien évidemment pour affirmer la supériorité du Reich. Mais le FC Start, équipe montée de bric et de broc par un ancien boulanger de Kiev venu recruter de vieux joueurs sur le retour et de jeunes sportifs en manque de compétition, accumule les victoires. Durant plus d'une année, l'équipe ukrainienne bat platement tous ses adversaires. Se répand alors partout en Europe la rumeur qu'une équipe de pauvres hères, dont bon nombre sont juifs en plus, défie l'Allemagne nazie. Le 9 août 1942, l'équipe ukrainienne du FC Start doit affronter l'équipe nazie pour son match retour. Les Allemands ont été corrigés 7 à 2 à l'aller et il est impensable qu'un tel scénario se reproduise. L'État-Major allemand signifie aux joueurs ukrainiens l'ordre impératif de s'incliner. Sinon, ils encourent la peine capitale, la mort. Ce match qui aura lieu au Zenit stadium de Kiev va révéler toute la brutalité du régime nazi. Ce jour-là, même réduits à dix joueurs dès la première mi-temps, même menacés par les armes dans leur propre vestiaire par des officiers nazis, les hommes du FC Start ont décidé qu'ils ne céderaient pas. Personne ne leur fera courber l'échine. Ils remportent le match sur le score de 5 à 3. Par leur victoire, portée par la ferveur populaire, les Ukrainiens ont rendu leur fierté à tout un peuple. Mais pour avoir défié avec une telle maestria et une telle insolence envers l'oppresseur, l'ensemble des joueurs du FC Start sera arrêté, torturé et déporté dans des camps ou bon nombre d'entre eux périront.


- Hitler et les femmes
de Erich Schaake
Éditions Michel Lafon / Mars 2012


"L'avoir rencontré est une expérience que je n'aurais pas voulu rater". Winifred Wagner
Adolf Hitler n'a pas toujours été ce Führer à la personnalité charismatique qui savait électriser les foules pour mieux provoquer la haine. Il a également été un fils, un cousin énamouré, un jeune homme emprunté qui ne savait pas s'habiller. Pour la première fois, un journaliste allemand nous révèle le destin de ces femmes qui ont entouré, soutenu et parfois adulé Hitler. Sans elles, il n'aurait pas bénéficié de financements pour lancer ses campagnes politiques, ni de relais d'opinion pour imposer ses idées et accéder au pouvoir suprême. Certes, on connaît son idylle fatale avec Eva Braun, la fascination qu'il a exercée sur Winifred Wagner qui lui offrit le papier sur lequel il écrivit Mein Kampf en prison, ou sur Magda Goebbels qui sacrifia ses six enfants avant de se suicider. Mais qui sait qu'une jeune aristocrate anglaise était présente à ses côtés lorsqu'il annexa l'Autriche, et qu'il avait une petite amie française, qui donna naissance à un fils neuf mois après leur rencontre?


- Quatre petits bouts de pain
de Magda Hollander-Lafon
Éditions Albin Michel / Mars 2012


Ce livre n'est pas un témoignage sur la Shoah, mais une méditation sur la vie. À seize ans, Magda Hollander-Lafon a été plongée dans un monde de ténèbres: juive hongroise, elle a été déportée à Auschwitz-Birkenau en 1944 avec sa famille, qui y a péri. Arrachées à cette expérience de la mort, ces pages sont nées d'une longue traversée tissée de renaissances. La première fut le don de quatre petits bouts de pain offerts à l'adolescente par une mourante dans le camp. L'homme est capable du pire, mais c'est au meilleur qu'appelle Magda Hollander-Lafon, c'est-à-dire à la joie. Une joie spirituelle ravie à la désespérance, volée à l'enfer qui a failli l'engloutir, nourrie par une vie de foi et de rencontres d'âme à âme. Une joie dont elle partage ici toute la fécondité et qui resplendit en un vibrant appel à devenir créateur de sa vie.


- En classe avec Anne Frank
de Théo Coster
Éditions JC Lattès / Février 2012


En 1941, Théo Coster fait partie du groupe de vingt-huit enfants juifs inscrits au lycée juif d'Amsterdam. Anne Frank est, elle aussi, du nombre. À travers cet émouvant récit choral, Théo Coster et cinq autres élèves nous livrent leurs impressions et souvenirs d'Anne. Mais ce livre est bien plus qu'un simple portrait de cette courageuse jeune fille. Parmi ses amis d'enfance, Albert Gomes de Mesquita s'est caché dans plus de dix villes à travers l'Europe; Hannah Goslar, qui a connu les horreurs de Bergen-Belsen, a revu Anne quelques jours seulement avant sa mort. Ils ont chacun une histoire remarquable de survie à partager.


- Ainsi finissent les salauds
de Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


Séquestrations et exécutions clandestines dans Paris libéré. Un polar? Non, un livre d'histoire. Ou quand la réalité se fait plus noire que la fiction. "À l'Institut dentaire du square de l'avenue de Choisy [.], on allait, durant un mois ou deux, jouer les émules de la Gestapo. Ceux qui se réclamaient du bon droit. Des meilleurs principes". (Alphonse Boudard, Les Combattants du petit bonheur, 1978). Entre le 20 août et le 22 Septembre 1944, près de quarante cadavres sont repêchés dans la Seine, à Paris et ses alentours. Tous les corps portent au cou, attaché par une cordelette de soie, le même pavé de grès, pas assez lourd, semble-t-il, pour les lester correctement. Qui sont ces hommes et ces femmes? Qui sont les tueurs? Dans la tourmente de la Libération de Paris, toutes les hypothèses peuvent être formulées. Jean-Marc Berlière et Franck Liaigre ont mené l'enquête, qui à l'époque, n'est jamais allée à son terme. Ils ont retrouvé les identités des victimes et remonté le cours de leurs vies. Tous les chemins les ont conduits à l'Institut dentaire, sinistre centre clandestin de séquestration et d'exécution, ou plus de deux cents personnes furent incarcérées et torturées entre le 20 août et le 15 Septembre 1944. Qui tenait ce centre? La Milice? La Gestapo? Non, des "FTP" de la dernière heure qui profitèrent de ces troubles journées pour régler quelques comptes sanglants.


- Journal du ghetto
de Janusz Korczak
Éditions Robert Laffont / Janvier 2012


Janusz Korczak, pédagogue de notoriété internationale et juif polonais, fonde en 1913 La Maison des orphelins, ou il recueille des enfants. En 1939, lorsque l'Allemagne envahit la Pologne, il accompagne "ses" enfants dans le ghetto de Varsovie, refusant de fuir seul et de les abandonner. Pendant tout le temps de la guerre, il mène une lutte de chaque jour afin de trouver et mendier de la nourriture pour tous et leur dispenser de l'amour et de la joie. En 1942, lorsque les enfants sont embarqués pour les chambres à gaz de Treblinka, il les accompagne et meurt avec eux. Durant les derniers mois de sa vie, Korczak profita de la nuit pour écrire Journal du ghetto, dans lequel il relate avec une plume acerbe et un humour cinglant le quotidien du ghetto. C'est un témoignage bouleversant d'amour et de dignité. Le journal, confié à des amis avant sa déportation, est publié pour la première fois en 1956.


- Le dernier convoi
de Eva Danos-Langley
Éditions Albin Michel / Janvier 2012


Comme des centaines de milliers de juifs hongrois, Eva Dános (1919-2001) a été déportée après l'invasion de son pays par les nazis en 1944. Elle a survécu aux camps de la mort et refait sa vie en Australie dans les années 50. Son témoignage, écrit à vif juste après sa libération, relate au jour le jour l'horreur des derniers convois de déportés errant de camp en camp, sous les bombardements alliés, dans les toutes dernières semaines du IIIe Reich. Ces wagons à bestiaux, où régnaient la faim et la soif dans une atmosphère de folie, ont été le tombeau de milliers de victimes. Dans cet enfer, Eva Dános avait pour compagnes Hanna Dallos et Lili Strausz, deux femmes qui ont vécu l'expérience extraordinaire relatée dans le livre Dialogues avec l'Ange. Elle les avait rencontrées dans l'atelier d'uniformes militaires mis en place en 1944 à Budapest pour cacher des juives, sous la direction de celle qui allait faire connaître les Dialogues dans le monde entier: Gitta Mallasz, reconnue récemment "Juste parmi les Nations". Eva avait assisté avec Hanna et Lili aux dernières séances des "dialogues" et partagé leur quotidien au camp de Ravensbrück. Jusqu'à présent, on ne savait que peu de chose sur la fin de ces deux femmes remarquables. Leur amie raconte ici leur agonie bouleversante, ce qui rend ce document d'autant plus exceptionnel.


- Quelques jours avec Hitler et Mussolini
de Ranuccio Bianchi Bandinelli
Éditions Carnets Nord / Octobre 2011


En 1938, Ranuccio Bianchi Bandinelli, professeur d’archéologie et d’art antique, est réquisitionné par le gouvernement de Mussolini pour accompagner la visite d’Hitler dans les musées de Rome et de Florence. Pendant une semaine, cet "homme ordinaire" va côtoyer deux dictateurs, les mettre à nu, témoignant du contraste brutal entre la beauté de l’art et le pouvoir mortifère de ces prétendus surhommes. Récit d’un arrêt dans le temps, où nous guide le regard indigné mais impuissant de Bandinelli. Cette cohabitation forcée nourrira le sentiment de révolte du jeune professeur qui en sortira conforté dans son antifascisme et s’engagera par la suite aux côtés des communistes. Ce texte est tiré du journal de Ranuccio Bianchi Bandinelli, Dal diario di un borghese (Journal d’un bourgeois), où il a consigné ses réflexions sur l’art et sur la politique.


- Après la rafle
de Joseph Weismann
Éditions Michel Lafon / Septembre 2011


16 juillet 1942. Joseph a onze ans, c'est un titi parisien comme tant d'autres. À ceci près qu'il porte l'étoile jaune. Arrêté avec toute sa famille, il passe quatre jours au Vél d'Hiv, avant d'être transféré dans un camp de transit du Loiret. Il garde quand même le cœur léger: ses parents sont là. Mais lorsque qu'on les lui arrache et qu'il se retrouve seul avec des centaines d'enfants dans la même détresse, il n'a plus qu'une idée: s'enfuir avec un copain aussi téméraire que lui, il franchit, en quinze heures, le mur de barbelés. Jusqu'à la Libération, cet enfant chétif va devenir le Juif le plus recherché du pays. Survie dans la forêt, longues marches, dénonciation ignoble, protection inattendue d'un gendarme, famille d'accueil qui le maltraite. Puis, après la guerre, un couple merveilleux qui va en faire un homme. Dès lors, il cherche à comprendre, jusqu'en Israël où, les armes à la main, il assure la sécurité d'un kibboutz avant de rentrer chez lui, au Mans, dont il ne fréquente pas la synagogue. Il veut tout gommer, la souffrance a presque engendré le déni. Mais au soir de sa vie, quand il ose enfin mettre en mots ce qu'il a vécu au camp de Beaune-la-Rolande, c'est l'enfant de onze ans qui parle et qui fait des cauchemars la nuit.


- Un château rose en Corrèze
de Michel Peyramaure
Éditions Presses De La Cité / Septembre 2011


Pendant la Seconde Guerre Mondiale, en plein cœur d'une Corrèze verdoyante, un château a marqué l'Histoire à jamais. À vingt ans, Pauline s'est engagée dans la Résistance avec courage et détermination. Mais un jour, une tragédie frappe sa famille entière qui péri sous les feux de la Wehrmacht. Seule au monde, avec sa sœur Luce, elle se réfugie dans le château de Castelfranc, un lieu unique et incroyable qui a existé. La jeune fille y côtoie d'autres Résistants et non des moindres: André Malraux, Louis Aragon, André Cayatte et un célèbre couple de comédiens. Dans cette communauté bigarrée voisinent des officiers allemands, des adversaires du nazisme, des résistants mais aussi des filles de la milice. Julien, narrateur et témoin privilégié, nous offre le récit de ces moments bouillonnants et intenses. Fiancé à Pauline qu'il suit dans les maquis, il nous fait vivre le combat de ces hommes et de ces femmes qui n'ont jamais cédé à l'ennemi.
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: Les dernières parutions   Mer 11 Oct - 21:05

- Les dépossédés
de Steve Sem-Sandberg
Éditions Robert Laffont / Août 2011


De 1940 à 1944, le ghetto de Lód est placé sous la direction de Mordechai Chaim Rumkowski, président du Conseil juif. Contrôlé strictement par l'administration allemande, le Conseil juif dirige tous les aspects de la vie quotidienne dans le ghetto: police, justice, santé, travail, alimentation. Convaincu que, si les juifs se rendent indispensables à l'effort de guerre allemand, ils seront épargnés, Rumkowski transforme le ghetto en un immense atelier super productif. Pris au piège de sa logique, il sacrifie les inadaptés et les indésirables. Il se mue ainsi, consciemment ou non, en un très efficace rouage de la machine d'extermination nazie. En septembre 1942, il prononce un discours insoutenable pour exhorter les parents à livrer leurs enfants de moins de neuf ans, incapables de travailler. Les trahisons et les efforts de Rumkowski furent vains: en 1944, Himmler donna l'ordre de liquider le ghetto. Il ne restera qu'un peu plus de 800 survivants sur une population ayant dépassé les 250 000 habitants. Traître pour certains, héros pour d'autres, le personnage très controversé de Rumkowski suscite de nombreuses interrogations sur la dignité, l'abjection et la survie. Pour écrire ce roman, Sem-Sandberg s'est inspiré des archives du ghetto de Lód. Y étaient collectés quantité de faits officiels concernant le ghetto, mais aussi des informations interdites cachées par les résistants, comme des bulletins de guerre alliés, des cartes des fronts, des journaux intimes. Privilégiant une écriture sobre ponctuée de purs moments de poésie, tantôt vague de fond ressassant les événements de 1942, tantôt mélodie vibrante d'émotion, Sem-Sandberg fait le pari de la littérature. En montrant que le roman peut rendre compte de la Shoah, il se pose en héritier d'une autre manière d'accomplir le devoir de mémoire: il n'est pas témoin, mais il est passeur. Sans témoin l'Histoire perd son sens; sans passeur, elle s'efface.


- Votre fumée montera vers le ciel
de Joseph Bialot
Éditions L'Archipel / Mai 2011


Joseph Bialot est l'un des rares Français à avoir vécu la libération d'Auschwitz. Entre le 18 janvier 1945, début de l'évacuation du camp et des marches de la mort, et le 27 janvier, date de l'arrivée des Soviétiques, la vie, ou la mort, de milliers de déportés s'est jouée en Haute-Silésie. Entre le départ des SS et l'arrivée des libérateurs, les prisonniers de l'enceinte concentrationnaire ont vécu un purgatoire indéfinissable, jamais oublié et qui permet à l'auteur de raconter sa déportation, copie conforme de celle de millions d'autres hommes et femmes, depuis le jour de 1944 où, à vingt ans, courant sous la menace d'une rafale de mitrailleuse, il a cessé de faire partie du monde normal pour revêtir une nouvelle peau, celle du déporté. Après "soixante-cinq ans de fausse résurrection", Joseph Bialot évoque les six mois qu'il a passé à Auschwitz, mais aussi le réapprentissage de la vie, d'abord à Cracovie puis à Paris et, dans un long avant-propos, la "prolifération d'autres feux" depuis le jour de 1945 où les crématoires se sont éteints.


- Ils attendaient l'aurore
de Claude Michelet
Éditions Robert Laffont / Avril 2011


Paris, 1940. Jean, Albert et René sont jeunes et bercés d'illusions. Mais ils ne savent pas encore à quel point leurs choix vont sceller leur destin. Le grand roman de Claude Michelet sur la Résistance. En cet hiver 1940, les Allemands occupent Paris. Trois amis, Jean, Albert et René partagent un goût commun pour la natation et la même inquiétude devant un avenir qui s'annonce très sombre. Le 11 Novembre, sans trop réfléchir, Jean participe à une manifestation anti-allemande organisée autour de l'Arc de Triomphe. Pris à parti par la police, il blesse un gendarme en voulant s'enfuir, lui laissant entre les mains son veston et ses papiers. Désormais, c'est un fugitif qui n'a d'autre choix que de se tourner vers une jeune journaliste américaine rencontrée peu avant, qui le conduit dans une maison de couture dirigée par une femme étonnante, Claire Diamond. Bien qu'elle habille les compagnes de tous les Allemands influents de Paris, Jean va vite comprendre que Claire joue un rôle dans la Résistance qui est en train de naître. C'est elle qui va lui permettre de rejoindre ces réseaux vers lesquels il se sent si naturellement attiré. Albert, lui, a choisi la Collaboration. Il n'hésite pas une seconde à infiltrer les cercles étudiants et dénonce tous les rebelles à la propagande nazie. Sous pseudonyme, il collabore activement aux journaux les plus virulents, tels Je suis partout où La Gerbe. Quant à René, trop préoccupé de son plaisir personnel, des femmes et de la belle vie, il ne choisit aucun des deux camps. Il se retrouvera pourtant enrôlé de force dans le STO et souffrira de mille morts au fin fond de l'Allemagne. À travers trois destins, Claude Michelet retrace avec la rigueur de l'historien et le souffle du romancier toutes les facettes de cette époque dramatique ou une infime poignée d'hommes et de femmes ont su redonner à la France sa grandeur et son honneur. C'est aussi, en filigrane, l'hommage de Claude Michelet à son père, le grand patriote et résistant que fut Edmond Michelet.


- René Cassin
de Antoine Jay-Winter
Éditions Fayard / Avril 2011


Né en 1887, mort en 1976, René Cassin est resté toute sa vie un soldat de la Grande Guerre. Elle le saisit à la fin de ses études. Grièvement blessé en 1914, il met des mois à se remettre. Cette expérience change sa vie: il ne sera pas seulement un grand professeur de droit, mais aussi un militant des droits des victimes du conflit au sein de la plus grande association: l'Union fédérale des mutilés. Persuadé que seule la solidarité internationale peut empêcher le retour de la guerre et de ses horreurs, il fonde un mouvement international d'anciens combattants, une ONG avant la lettre, ce qui lui vaut d'être l'un des délégués de la France à la SDN de 1924 à 1938. Mais l'approche de la Seconde Guerre Mondiale ruine ses espoirs. Accablé par la débâcle et la soumission à Hitler, il refuse l'armistice et rejoint dès juin 1940 de Gaulle qui lui confie de hautes responsabilités. Il joue un rôle central dans le rétablissement de la légalité républicaine, puis préside le Conseil d'État de 1945 à 1960. À Londres, puis à l'ONU, il contribue à préciser les buts de guerre alliés pour instaurer un "nouvel ordre international" démocratique qui limite la souveraineté des États en affirmant la priorité des droits de l'Homme: l'idée qu'au-dessus des lois il existe des principes généraux du droit qui s'imposent à tous. En 1948, la Déclaration universelle des droits de l'homme couronne cette action collective. Le Prix Nobel de la paix consacra en 1968 sa notoriété internationale. Onze ans après sa mort, en 1987, sa dépouille a été transférée au Panthéon. Nourrie d'abondantes sources et pièces d'archives inédites, cette biographie de René Cassin retrace une vie et une action imprégnées des espoirs et cauchemars de toute une génération, celle de 1918, qui initia le mouvement de défense des droits de l'Homme, omniprésent dans le monde d'aujourd'hui.


- Je vous écris du vél' d'hiv
Les lettres retrouvées
de Karen Taieb
Éditions Robert Laffont / Mars 2011


Réunies ici pour la première fois, quinze précieuses lettres écrites du Vél' d'Hiv nous plongent avec une très forte émotion dans la réalité vécue de la déportation. Les 16 et 17 juillet 1942, 4 500 policiers sont mobilisés pour réaliser la plus grande rafle à l'encontre des Juifs jamais organisée dans Paris et sa banlieue. 12 884 personnes sont arrêtées, 3 031 hommes, 5802 femmes et 4051 enfants. Les individus ou familles sans enfants seront dirigés sur le camp de Drancy, les autres, avec enfants, vers le Vélodrome d'Hiver. Dans ce lieu, jusque-là temple du sport, des milliers de personnes vont tenter de survivre pendant plusieurs jours. Les 6 000 Juifs envoyés à Drancy seront déportés rapidement, ceux du Vel' d'Hiv sont transférés dans les camps du Loiret, de Pithiviers et Beaune-la-Rolande. Le 22 juillet, soit six jours après le début de la rafle, le Vel' d'Hiv a été entièrement évacué. On parle beaucoup et souvent de la rafle du Vel' d'Hiv. Mais à y regarder de plus près, on ne sait pas grand-chose. Seuls une photo, quelques documents et des lettres disent la violence de l'arrestation, les conditions dramatiques de l'enfermement, la faim, les maladies, le bruit, les odeurs. À travers eux on a découvert l'enfer du Vél' d'Hiv. Ces lettres, ce sont quelques mots jetés à la hâte sur un bout de papier, remis à des mains complaisantes. Pour plus de 8 000 personnes internées au Vél' d'Hiv, moins de vingt lettres ont été retrouvées. Pour la plupart inédites, elles étaient conservées aux archives du Mémorial de la Shoah. Pour la première fois, les voici rassemblées et publiées dans cet ouvrage. Toutes sont clandestines puisque qu'aucune correspondance n'était autorisée. Ces lettres sont terrifiantes de vérité, de détails. Mais elles constituent aussi malheureusement seulement le point de départ de l'horreur puisque, à une exception près, toutes les personnes dont nous reproduisons les lettres dans ce volume vont être assassinées dans les camps de la mort. En dehors de ces quelques mots tracés de leur main, il ne reste pas grand-chose d'eux.


- Nuit et chansons
Les chanteurs français face à la Seconde Guerre Mondiale
de Bernard Lonjon
Éditions Du Moment / Mars 2011


Au vingtième siècle, la chanson est le principal vecteur de la culture de masse diffusée par le disque et par la radio. Elle devient pendant la période charnière de 1939-1945 le reflet de la culture politique et l'un de ses médias privilégiés. Cinq millions de postes permettent à l'occupant nazi, aux collaborateurs mais aussi aux résistants, de communiquer. Communication qui se résume en trois mots-clés: propagande, information et divertissement. La guerre des ondes est violente. On chante partout. À Vichy, à Londres, dans les maquis, les stalags, les cabarets, a la radio, au cinéma. Tout évènement est prétexte à chanson: disparition, déportation, torture, mort. Les chants sonnent comme un long cri, traduisent une colère infinie, mais aussi un formidable espoir. Nourri des textes des chansons qui rythment le récit, Nuit et chansons fait revivre l'atmosphère de cette "drôle de guerre". L'auteur établit aussi un pont permanent entre chansons d'époque et chansons contemporaines. On partage ainsi les vies de ceux qui ont vécu la guerre (Chevalier, Mistinguett, Piaf, Rossi, Brassens, Brel, Ferré.), les exilés (Ray Ventura, Germaine Montéro, Jean Sablon), ou ceux qui l'ont connu à travers la souffrance de leurs parents (Gréco, Barbara, Ferrat, .), sans oublier ceux qui sont nés après la guerre et qui l'ont chantée (Goldman, Rita Mitsouko, Sardou, Benabar, Renaud).


- Le crime et le silence
Jedwabne 1941, la mémoire d'un pogrom dans la Pologne aujourd'hui
de Anna Bikont
Éditions Denöel / Janvier 2011


Le 10 juillet 1941, quelques semaines après que l'Allemagne a attaqué l'URSS, la quasi-totalité des Juifs de Jedwabne, petite ville de l'est de la Pologne, ont été massacrés par leurs voisins. Alors que la propagande communiste imputait ce massacre aux nazis, on sait désormais grâce aux travaux de Jan T. Gross qu'il a été perpétré par des Polonais. Une remise en cause de l'histoire officielle d'une nation victime qui a suscité en Pologne une violente indignation. Faisant le constat de cette mémoire en friche, Anna Bikont a souhaité partir à la recherche des personnes susceptibles d'apporter un éclairage sur le drame. Rédigé à partir de documents d'archives inédits, d'observations recueillies au cours de nombreux séjours à Jedwabne, et, surtout, de conversations avec les acteurs du pogrom (rescapés, témoins et bourreaux), Le Crime et le Silence mêle habilement le retour sur les faits historiques à l'interrogation sur le présent. Cette enquête mémorielle livre un portrait bouleversant d'individus confrontés à des centaines de morts dont nul ne veut se souvenir, décrit leur évolution face aux preuves qui s'accumulent et donne à voir la réaction d'une communauté clouée au pilori pour des faits survenus soixante ans plus tôt. En filigrane, c'est à une réflexion sur la mémoire collective que nous invite Anna Bikont. Qu'arrive-t-il à une société qui refuse d'admettre une vérité susceptible de détruire sa bonne conscience? Comment accepter son passé, fût-il horrible?


- Etty Hillesum
Une voix dans la nuit
de Cécilia Dutter
Éditions Robert Laffont / Octobre 2010


Au cœur de la barbarie nazie qui s'exerce sur les Pays-Bas occupés, une voix s'élève, l'emporte sur les ténèbres. Cette voix est celle d'Etty Hillesum, jeune femme juive de vingt-sept ans, dont les cahiers et la correspondance tenus durant les années les plus noires de l'Histoire attestent d'une confiance absolue dans le sens et la beauté de la vie et d'une inébranlable foi en l'être humain. "Je cherche à comprendre et à disséquer les exactions, écrit-elle, j'essaie toujours de retrouver la place de l'homme dans sa nudité, sa fragilité, de cet homme bien souvent introuvable. Enseveli parmi les ruines monstrueuses de ses actes absurdes". Pour parvenir à cette lucidité, Etty a suivi un chemin singulier. Sa sensualité débordante l'a d'abord conduite à multiplier les conquêtes amoureuses auprès de partenaires toujours plus âgés qu'elle, rejoignant à cet égard une démarche résolument moderne. Puis, c'est l'un d'entre eux, Julius Spier, un psychologue de l'école jungienne, dont elle sera tour à tour la patiente, la maîtresse, la disciple et l'amie de cœur, qui l'aidera à "accoucher de son âme", et à aimer plus qu'un homme, Dieu et l'humanité tout entière. Grâce aux lectures auxquelles il l'initie, la Bible et les Évangiles, Saint Augustin, Maître Eckart ou le poète R. M. Rilke, et à la qualité de leurs échanges, elle emprunte peu à peu une voie spirituelle propre, en marge de tout dogme quoique proche de la morale chrétienne. À l'heure des convois pour Auschwitz, elle portera secours à ses frères détenus au camp de transit de Westerbork, antichambre des camps de la mort. Refusant de se désolidariser des siens, elle endossera jusqu'au bout le destin de son peuple. Celle qui rêvait de devenir un écrivain laisse des pages d'une indéniable qualité littéraire et d'une infinie sagesse: "Je ne crois plus que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur, que nous n'ayons d'abord corrigé en nous. L'unique leçon de cette guerre est de nous avoir appris à chercher en nous-même et pas ailleurs".


- Himmler
de Peter Longerich
Éditions Héloïse D'Ormesson / Octobre 2010


Qui était Heinrich Himmler? Souvent considéré comme un simple auxiliaire du Führer, ce personnage falot et apparemment effacé fut en réalité l'ordonnateur de l'Holocauste et le concepteur de Dachau, modèle des camps d'extermination. Peter Longerich retrace l'étonnante ascension de ce fonctionnaire du mal, qui devint un des plus grands criminels de l'histoire alors qu'il n'était qu'un type ordinaire, bien loin du mythe aryen qu'il prétendait exalter. Maître absolu de la SS, garde prétorienne du régime, Himmler ne cessa de devancer les attentes d'Hitler jusqu'à devenir l'homme le plus puissant du Troisième Reich après le Führer. À partir d'un vaste éventail de sources, dont le journal intime et la correspondance d'Himmler, et de documents inédits, cette biographie apporte un éclairage nouveau sur celui qui fut l'un des véritables piliers de l'Allemagne nazie, un fanatique impitoyable dans la peau d'un homme insignifiant et frustré.


- Le secret de ma mère
de Ann Kirschner
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2010


Pendant près d'un demi-siècle, Sala Kirschner, Juive polonaise, a caché son passé à ses enfants: déportée à l'âge de seize ans, elle a survécu aux camps de travail nazis. En 1991, à la veille d'une opération, elle décide de leur révéler cette partie douloureuse de son existence, qu'elle a tout fait pour oublier en émigrant aux États-Unis après la Seconde Guerre Mondiale. À l'appui de cette révélation, plus de 350 lettres, cartes postales et photographies, des documents d'une valeur inestimable qui l'ont aidée à survivre dans les camps mais qu'elle a conservés au péril de sa vie. Après avoir effectué de nombreuses recherches sur cette période, Ann Kirschner, sa fille, a décidé de rassembler ces documents personnels et de relater le quotidien de Sala entre 1940 et 1945, se faisant ainsi la voix de milliers d'autres Juifs déportés dans les camps de travail "Schmelt".


- À mon cœur défendant
de Thibaut de Saint Pol
Éditions Plon / Avril 2010


Juin 1940, la Wehrmacht est aux portes de Paris. La victoire allemande est imminente, mais elle ne sera totale, aux yeux du Führer, qu'après la destruction du document original du traité de Versailles, souvenir cuisant de la défaite de 1918. Au péril de sa vie, une jeune employée du Quai d'Orsay reçoit la mission de tout faire pour sauver le précieux parchemin, relique inestimable de l'honneur de la France. Traquée par un officier allemand, Madeleine fuit à travers le pays dévasté. De la capitale aux rivages de la Méditerranée, la jeune femme s'engage alors, avec son poursuivant, dans un troublant jeu de piste. Peu à peu, elle verra grandir en elle la confusion du devoir et des sentiments.


- Monuments men
À la recherche des trésors volés par les nazis
de Robert Edsel
Éditions JC Lattès / Mars 2010


À peine un pays conquis, les armées d'Hitler se livraient au pillage systématique des plus belles collections d'art, des familles juives entre autres, en confisquant au nom du Führer des Michel-Ange, des Vinci, des Van Eyck ou encore des Vermeer avec le projet de construire le plus extraordinaire des musées à Linz, sa ville natale. Dès 1941, Eisenhower crée un groupe d'experts (Les Monuments Men) afin de protéger les trésors américains. En 1944, ce groupe élargi à treize nationalités, composés de conservateurs, de professeurs d'histoire de l'art, d'architectes, d'archiviste va accompagner les armées de la libération afin de protéger le patrimoine architectural européen et de récupérer les milliers d'œuvres enlevées par les nazis. Robert Edsel a tout particulièrement suivi les aventures de neuf hommes et d'une femme. George Stout, l'un des initiateurs du projet au courage et au charisme hors normes, JJ Rorimer qui deviendra le futur directeur du Metropolitan Museum of Art et découvrira dans le château de Neuschwanstein des milliers de tableaux, Jacques Jaujard, le directeur des Musées Nationaux qui réussira à protéger le Louvre et les trésors nationaux. Et surtout l'étonnante Rose Vaillant, véritable héroïne qui au jeu de Paume établira secrètement la liste des mouvements des œuvres vers l'Allemagne. Des plages du D-Day aux réserves des plus grands musées, des châteaux de Bavière au Nid d'aigle de Berchtesgaden, des mines de Merkers à celles de Altaussé, Robert Edsel nous fait participer à la plus extraordinaire et dangereuse chasse aux trésors du XXe siècle.


- Blanche Maupas, la veuve de tous les fusillés
de Macha Sery et Alain Moreau
Éditions L'Archipel / Novembre 2009


Août 1914. Théophile Maupas, instituteur de campagne, est mobilisé. Des tranchées, il écrit de longues lettres à Blanche, sa femme, institutrice elle aussi. Début mars 1915, elle demeure plusieurs jours sans nouvelles, pour apprendre que Théo a été fusillé pour l'exemple avec trois de ses camarades, ils auraient refusé de se battre. L'attaque avait eu lieu le 10 mars 1915 à 5 heures du matin. 18 soldats et 6 caporaux, désignés au hasard, furent accusés de "refus de bondir hors des tranchées". Emprisonné, Maupas avait comparu devant le conseil de guerre le 16 mars pour être exécuté le 17 mars à 13 heures. Intuitivement, Blanche ressent qu'il s'agit d'un assassinat et décide de rechercher la vérité. Alors que beaucoup lui tournent le dos, elle s'efforce de recueillir des témoignages. Son but, obtenir la réhabilitation de Théo. Seule d'abord, puis avec la Ligue des Droits de l'Homme et le Grand Orient de France, elle mobilise l'opinion publique et contraint le pouvoir politique à rejuger son mari. En 1934, une Cour spéciale composée d'anciens combattants annule le jugement de 1915. Ils sont réhabilités.


- Trame d'enfance
de Christa Wolf
Éditions Stock / Novembre 2009


Christa Wolf n'a que seize ans à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Au moment de l'exode en 1945, elle rencontre un homme qui a survécu aux camps, en fuite comme elle. Il porte un pyjama rayé et, constatant l'étonnement de la jeune fille devant sa tenue, il lui demande: "Mais dans quel monde avez-vous vécu?". C'est à cette question que l'écrivain tente de répondre dans Trame d'enfance. À l'occasion d'un voyage sur les lieux de son enfance (une partie de l'Allemagne devenue polonaise après 1945), elle s'efforce de faire revivre par l'écriture le souvenir d'une époque, l'Allemagne des années 1930 et 1940, et le destin de sa famille qui, comme beaucoup, a laissé le nazisme s'installer, non sans succomber parfois aux tentations de cette idéologie. Christa Wolf écrit ce texte en 1976, alors qu'elle a pris ses distances avec le régime communiste de RDA. Elle sera parmi les premiers écrivains allemands à affronter l'effet de séduction que les valeurs du nazisme ont pu avoir sur elle enfant, et à oser lier les deux grandes folies collectives du XXe siècle. Son éducation n'aurait-elle pas en effet favorisé l'élan avec lequel elle a défendu la mise en place du communisme dans la RDA de l'après-guerre? On retrouve de fait dans les deux systèmes le respect à la lettre de l'autorité, ou l'habitude de penser par idées reçues. Explorant ainsi avec audace et finesse le lourd passé familial et national, Christa Wolf livre un grand texte littéraire, qui résonne en chacun de nous.


- L'histoire d’Éva
Les mémoires de la demi-sœur d'Anne Frank
de Éva Schloss
Éditions Cherche Midi / Octobre 2009


Le témoignage bouleversant de la demi-sœur d'Anne Frank. Mai 1944. Le jour de ses 15 ans, Éva Schloss, une camarade d'Anne Frank, jeune juive réfugiée aux Pays-Bas comme elle, est découverte par les nazis dans sa cachette d'Amsterdam. Elle est envoyée à Auschwitz avec toute sa famille. Éva et sa mère réchapperont de l'enfer, son père et son frère n'en reviendront pas. Après la guerre, la mère d’Éva épouse Otto Frank, le père d'Anne Frank, qui a perdu sa femme et ses deux filles dans l'horreur des camps. Éva Schloss et Anne Frank, deux destins singulièrement parallèles pour ces deux adolescentes, à ceci près qu’Éva a survécu à une tragédie dont elle peut aujourd'hui témoigner. De sa rencontre avec le docteur Josef Mengele, qui faillit la choisir pour ses expériences sadiques, à la découverte par Otto Frank du journal de sa fille, ce récit déchirant retrace le combat inlassable d'une femme contre la folie des hommes et du génocide.


- Enclave
de Philippe Carrese
Éditions Plon / Août 2009


Janvier 1945, Slovaquie. Les Allemands en fuite sous la pression de l'avancée soviétique abandonnent à leur sort les détenus du camp de travail de Medved'. Isolée au cœur des monts Tatras, coupée du cours de l'Histoire, une communauté oubliée du reste du monde se réorganise dans ce temps suspendu. Dans son petit cahier, le jeune Matthias tient la chronique du peuple de Medved'. Il écrit tout: les hommes, les femmes, le doute, l'horreur, l'espoir, le quotidien du camp, le courage, l'abnégation, l'ignominie. Il décrit les cycles de l'amour et des haines. Il témoigne des mécanismes du pouvoir, de la capacité de soumission des hommes et de l'inéluctable retour des réflexes despotiques.


- Le violon d'Auschwitz
de Maria Angels Anglada
Éditions Stock / Juin 2009


Auschwitz, 1944. Les privations et les coups. Les humiliations s'enchaînent, les hommes sont traités comme des chiens, déshumanisés, ils n'existent aux yeux de leurs persécuteurs que comme des numéros échangeables, de la main-d'œuvre peu chère. Un prisonnier juif, Daniel, y lutte pour la survie de son âme. Surprenant un concert organisé par Sauckel, le commandant du camp passionné de musique classique, Daniel révèle son talent de luthier pour sauver son ami Bronislaw, violoniste de génie. Il va alors être mis à l'épreuve et devoir construire un violon imitant le son d'un Stradivarius. Tentant d'oublier pour quelques instants la faim, le froid, l'horreur, Daniel comprend vite que de la construction de ce violon dépendent leurs vies. Tragique ironie du sort, il va ainsi éviter les expériences de Rasher, le médecin machiavélique. Mêlant subtilement réalité historique et fiction, les chapitres s'ouvrent sur des documents: lettres, rapports qui viennent interrompre le récit à la manière d'une pause, glaçante. Petite et grande Histoire s'entremêlent et se fondent dans une danse fatale et poétique, entre la cruauté et la dignité, deux partenaires aussi rivaux qu'inséparables, pourtant inhérents à la nature humaine. À la manière d'une partition musicale, tout vibre et sonne dans le texte, avec des crescendos que constituent les silences, silences irréels qui laissent le lecteur paralysé et sans voix.


- Le pays de mon père
Histoire d'une famille dans la tourmente du nazisme
de Wibke Bruhns
Éditions Les Arènes / Mai 2009


À la fin des années 1970, l'auteur tombe par hasard sur un documentaire consacré à l'attentat contre Hitler. Elle aperçoit quelques images fugaces de son père Hans Georg Klamroth, qu'elle surnomme HG, qui a participé avec son gendre (chargé de se procurer l'explosif de la bombe) à l'attentat manqué contre Hitler du 20 juillet 1944. HG a fait partie des quelque deux cents personnes exécutées, pendu à un croc de boucher. Wibke Bruhns avait enfoui cette histoire, dont personne ne lui parlait. En apercevant son père vivant à l'écran, elle décide de remonter le cours de son histoire. À la mort de HG, Wibke avait six ans. Il lui faut donc tout exhumer, les albums de photos, les innombrables lettres et les témoignages. C'est à partir de ce matériau qu'elle compose une chronique sans équivalent. Pendant des années, l'auteur travaille à son livre. Elle commence à la source, à la veille de la Première Guerre Mondiale. "Je regarde fixement cet homme au visage éteint. Je ne le connais pas. Mais je me reconnais en lui, ses yeux sont mes yeux, je sais que je lui ressemble. Et que sais-je de lui? Rien".


- La route vers la liberté
de Mietek Pemper
Éditions L'Archipel / Avril 2009


La véritable histoire de la liste de Schindler. "Ne me remerciez pas d'être vivants", déclarait Oskar Schindler en mai 1945 à ses ouvriers juifs venus le remercier d'avoir inscrit leur nom sur sa liste. "Remerciez plutôt MM. Stern et Pemper, qui n'ont cessé de regarder la mort en face". En 1941, Mietek Pemper est en effet devenu secrétaire de sa communauté du ghetto de Cracovie. À de la liquidation de celui-ci, il est envoyé au camp de Plaszow. Amon Göth, le commandant sadique et redouté du camp, l'engage en mars 1943 comme secrétaire bilingue. Placé par le destin à "l'épicentre du mal", Pemper accède alors aux dossiers classés "secrets" et rassemble de nombreuses informations sur le fonctionnement de l'administration nazie. Avec l'aide de l'entrepreneur Oskar Schindler, sa position unique va lui permettre, cinq cents jours durant, de contribuer au sauvetage d'un millier de détenus. Ils vont ainsi élaborer la fameuse "liste de Schindler". Après la guerre, adversaire convaincu de la thèse de la "responsabilité collective", Mietek Pemper sera le principal témoin de l'accusation lors du procès d'Amon Göth en 1946, puis témoin et interprète lors des procès d'Auschwitz.


- Résistante
de Gisèle Guillemot et Samuel Humez
Éditions Michel Lafon / Avril 2009


Dans la cité ouvrière où elle a grandi, Gisèle étouffe. Elle ne supporte plus la sirène de l'usine qui la réveille tous les matins à 6 heures, ni l'attitude résignée des manœuvres de son quartier face à l'exploitation dont ils sont victimes. Aux sorties entre filles, Gisèle préfère les réunions politiques, celles des Jeunesses communistes où elle se rend avec sa bande de copains. Elle a 17 ans, et veut changer le monde. Quand les Allemands envahissent la Normandie en juin 1940, les habitants de la cité baissent la tête, comme d'habitude. Gisèle et ses amis, eux, sont impatients d'en découdre. La petite bande couvre les murs de la ville de slogans antinazis et trafique les motos des soldats. Un grain de sable dans la machine de guerre allemande, mais Gisèle et ses camarades se voient déjà des héros. L'adolescente exaltée devient une combattante de l'ombre. Des cartes de rationnement volées dans les mairies aux convois d'explosifs sur les routes normandes, Gisèle s'engage aux côtés des résistants communistes du Calvados. Jusqu'aux premières trahisons. Traquée par la Gestapo, condamnée à mort, déportée en Allemagne, Gisèle doit maintenant se battre pour sa propre survie. Un témoignage précieux qui dévoile un pan méconnu de l'histoire de la Seconde Guerre Mondiale: la résistance à l'oppression nazie de milliers de femmes restées anonymes.


- Ceux qui ne dormaient pas
de Jacqueline Mesnil-Amar
Éditions Stock / Janvier 2009


Ce livre est le journal intime tenu par l'auteur (1909-1987) depuis l'arrestation par la Gestapo de son mari, résistant juif, jusqu'à l'évasion de celui-ci du wagon qui l'emmenait, lui et ses camarades, à Auschwitz; autrement dit du 18 juillet au 24 août 1944.Elle confie à son journal ses inquiétudes d'abord, l'amour immense qui la lie à son mari pour qui elle craint les tortures et la mort; mais elle raconte aussi le quotidien d'une femme de la bourgeoisie juive française, très assimilée, très cultivée, dont l'enfance s'est déroulée dans les beaux quartiers de Paris et qui découvre avec la guerre qu'être française juive ce n'est pas tout à fait la même chose qu'être française non-juive. Dans ce Paris de la Libération, juste avant, juste après, elle erre, cherchant refuge ici et là avec sa fille d'une dizaine d'années; retrouvant des camarades du même réseau, se souvenant de la vie "d'avant", avant la déchirure de la guerre. Après la guerre, Jacqueline Mesnil-Amar a publié dans le Bulletin du service central des déportés israélites quelques articles sur la déportation, dont un sur les enfants, assurément le plus poignant. Ils sont repris ici. Ce qui frappe dans ce livre, c'est l'extraordinaire qualité d'écriture au service d'une émotion toujours retenue, mais constante; c'est la force d'un style à nul autre pareil, qui prend le lecteur dès les premiers mots.


- Je suis le dernier juif
Treblinka (1942-1943)
de Chil Rajchman
Éditions Les Arènes / Janvier 2009


Chil Rajchman a 28 ans quand il est déporté à Treblinka en octobre 1942. Séparé de ses compagnons à la descente du train, il échappe aux chambres à gaz en devenant tour à tour trieur de vêtements, coiffeur, porteur de cadavres ou "dentiste". Le 2 août 1943, il participe au soulèvement du camp et s'évade. Après plusieurs semaines d'errance, Chil Rajchman se cache chez un ami près de Varsovie. La guerre n'est pas finie. Dans un carnet, il raconte ses dix mois en enfer. À la Libération, il est l'un des 57 survivants parmi les 750 000 Juifs envoyés à Treblinka pour y être gazés. Aucun camp n'avait été aussi loin dans la rationalisation de l'extermination de masse. Ce texte, publié pour la première fois, est unique. Écrit dans l'urgence, avant même la victoire sur les nazis, il s'inscrit parmi les plus grands.


- La maison des témoins
de Christiane Kohl
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2009


Les coulisses du procès de Nuremberg. "Savez-vous ce que m'a instamment recommandé l'officier américain qui m'a confié cette maison? "Faites en sorte que tout se passe bien". Je m'y efforce, mais c'est au prix d'efforts permanents, et les Américains sont à mille lieues de se douter de tout ce qui se passe ici". Voilà ce que confie à un prêtre la comtesse Ingeborg Kalnoky, chargée à partir de septembre 1945 de diriger à Nuremberg une "pension de famille" d'un genre très spécial: s'y succèdent en effet des dizaines et des dizaines de témoins à charge ou à décharge venus déposer de 1945 à 1948 aux treize procès du Troisième Reich. Avant de quitter cette maison, ils consignent quelques mots dans le livre d'or, sans toujours laisser leur nom. Complices et victimes du nazisme doivent cohabiter dans la villa de la rue Novalis. Rudolf Diels, premier chef de la Gestapo, croise dans les couloirs des résistants allemands revenus de Dachau. À table, l'ex-photographe du Führer, Henrich Hoffmann, tente d'expliquer à un déporté juif qu'Hitler avait horreur de la vue du sang, tous deux se séparent pourtant en échangeant leurs adresses. Christiane Kohl dévoile ici un aspect des procès de Nuremberg d'autant plus méconnu que les Américains se sont employés à rendre la maison des témoins aussi discrète que possible. Si ce document exceptionnel restitue une atmosphère de huis clos, c'est pour mieux ouvrir notre réflexion sur l'ensemble de la Seconde Guerre Mondiale.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mer 11 Oct - 21:01

- Mémoires du convoi n°6
Un train parmi tant d'autres
de Antoine Mercier
Éditions Cherche Midi / Janvier 2009


Cela fait soixante-six ans, et pourtant aucun des témoins de ce livre n'a pu oublier ce 17 juillet1942 où, à 6 h 15 du matin, à Pithiviers, 785 hommes, 119 femmes et 24 enfants sont montés dans des wagons à bestiaux à destination d'Auschwitz; voyage dont la plupart ne reviendront pas. Mais, pour ces témoins, les déportés ne sont pas de simples noms sur une liste. Ils sont avant tout des membres de leur famille qui avaient un visage, une vie et une histoire avant leur arrestation. Ils étaient venus en France, pays des droits de l'homme, afin de fuir les pogroms qui sévissaient en Pologne et en Russie. Ils étaient pleins d'espoir et de vie. Leur seul crime: être nés juifs. Ils voulaient simplement s'intégrer et travailler paisiblement, d'où leur incompréhension, quand on vint les arrêter le 14 mai 1941 avec, comme motif, "surnombre dans l'économie nationale", qu'on les interne dans des camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande, en France, sous la surveillance de gendarmes français, avant de les envoyer à la mort. Tous ces gens ont tant à nous raconter du drame des leurs. Ils ont tous vécu une jeunesse terrible, personne ne s'est soucié de leurs traumatismes d'enfants n'ayant jamais connu de fêtes mais devant se cacher sans pouvoir se faire entendre, perdre leur père ou leur mère, parfois les deux, souvent aussi les frères et sœurs. Et l'après-guerre, avec la recherche d'un membre de la famille vivant, les maisons d'enfants pour ceux qui n'ont retrouvé personne. Et pour ceux qui étaient, soi-disant, les plus favorisés, retrouver des parents qui revenaient de cet enfer et n'étaient plus les mêmes. C'est également pour amener les jeunes générations à être "des passeurs de mémoire" afin que notre monde, dans l'avenir, ne soit pas une répétition de l'histoire et que le leitmotiv des rares déportés survivants, "Plus jamais ça", n'ait pas été vain, que ces précieux témoignages ont été réunis ici.


- Chasseur de nazis
de Efraïm Zuroff
Éditions Michel Lafon / Octobre 2008


Soixante-trois ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, tous les fidèles du IIIe Reich ne sont pas morts. Aux quatre coins du monde, d'anciens criminels nazis coulent une retraite paisible sans avoir jamais été inquiétés. Durant les années 1960 à 1980, Simon Wiesenthal, Serge et Beate Klarsfeld en ont identifié plusieurs qu'ils ont traînés devant les tribunaux. Mais un jour, la poursuite a pris fin. Devenu rare, le gibier ne valait plus la peine d'être traqué. Insupportable pour Efraïm Zuroff, fils et petit-fils de rabbin. Désir de vengeance? Non. Besoin de justice. En 2002, Zuroff déclenche une vaste campagne de recherches baptisée "Operation Last Chance". Le but: débusquer le plus grand nombre de nazis en Europe avant qu'il ne soit trop tard. Ses méthodes: panneaux publicitaires, petites annonces, appel à la délation avec fortes récompenses à la clé. Cinq ans plus tard, malgré l'ancienneté des faits, l'opposition de plusieurs gouvernements, des décisions de justice aberrantes, des articles haineux et des menaces de mort, il inscrit 488 noms sur son tableau de chasse. À l'automne dernier, nouvelle offensive: l'Opération Last Chance traverse l'océan Atlantique et débarque en Amérique du Sud, au Brésil, au Chili, en Argentine et en Uruguay. Au total, Efraïm Zuroff a retrouvé 2 884 personnes, suspectées d'être des nazis ou leurs complices, dans 22 pays.


- Dans la tourmente de la Shoah Les enfants d'Izieu
de Pierre-Jérôme Biscarat
Éditions Michel Lafon / Octobre 2008


1943. Des enfants juifs, venus de toute l'Europe, trouvent refuge dans une colonie à Izieu, un petit village bâti sur les contreforts du Jura dans l'Ain, à 90 km de Lyon. Moins d'un an plus tard, le 6 avril 1944, ils sont arrêtés avec leurs sept éducateurs par la Gestapo de Lyon, sur ordre du SS-Obersturmführer, Klaus Barbie. Le 13 avril, ils sont déportés à Auschwitz. Aucun des quarante-quatre enfants ne reviendra. Ils sont gazés le 15 avril. La tragédie d'Izieu est exemplaire de la réalité de la déportation et de l'assassinat des enfants juifs. Raconter cette histoire, c'est partir à la rencontre des enfants d'Izieu: Esther, Henri-Chaïm, Arnold, Isidore, Rénate, Paul, Max, Claudine, Mina, Georgy, Marcel… Raconter cette histoire, c'est parler de l'Europe des années noires: les pogroms à l'Est, l'acharnement antisémite des nazis, la collaboration meurtrière de Vichy et la responsabilité de la France dans la "Solution finale", le mécanisme froid et implacable de l'extermination. À l'heure des débats sur la transmission de la Shoah et sur les enjeux de mémoire, cet ouvrage, destiné à un large public, propose de retracer, à partir de documents précis et souvent inédits, l'une des pages les plus sombres de notre histoire commune.


- Le 11 Novembre 1918
de Patrick de Gmeline
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2008


L'armistice du 11 Novembre 1918 concrétisa la victoire des Alliés sur l'Empire allemand et marqua d'une façon profonde la vie et les mentalités des Français. Patrick de Gmeline donne, à cette occasion, une approche originale et inédite de l'événement clé de l'histoire du XXe siècle. L'ouvrage de Patrick de Gmeline aborde l'événement de l'armistice du 11 Novembre 1918, événement-clé de l'histoire du XXe siècle, avec, pour point d'orgue, les quatre jours menant à la signature de la capitulation allemande dans le wagon du maréchal Foch, à Rethondes. Le livre, qui considère le sujet sous un angle nouveau, est mené comme un reportage, jour par jour, et souvent heure par heure, chaque détail résultant d'une investigation presque policière dans les témoignages connus et surtout peu ou pas connus qui ont paru depuis cette époque. Un récit authentique et vivant, qui prouve une fois de plus que la petite histoire est inséparable de la grande et aide à la comprendre.


- Leni Riefenstahl
de Steven Bach
Éditions Jacqueline Chambon / Mai 2008


Après des débuts de danseuse et d'actrice dans le Berlin des années 1920, la jeune Leni Riefenstahl se lance vite dans la réalisation, où elle manifeste un sens du cadre et du montage époustouflant. Remarquée et admirée par Hitler, elle accepte de réaliser un documentaire sur le congrès annuel du parti national socialiste: ce sera Le Triomphe de la volonté, film majeur, mais aussi le produit le plus remarquable de la propagande nazie, celui, sans doute, qui a le plus contribué au culte du Führer. Financée par les fonds personnels d'Hitler, elle réalise ensuite en 1936 Les Dieux du stade, qui retracent les Jeux olympiques de Berlin, où elle donne la pleine mesure de son esthétique et de sa maîtrise cinématographique. Compromise avec le régime et son leader, elle subit après-guerre plusieurs procès de dénazification, dont elle sort libre. Pourtant, jusqu'à la fin de sa vie, à plus de cent ans, en 2003, les mêmes accusations ne cesseront de ressurgir. Aujourd'hui, s'appuyant sur des sources inédites, Steven Bach livre une enquête historique implacable. Il met au jour les paradoxes, les dissimulations et les mensonges d'une femme qui se disait apolitique et niait toute complicité avec le régime criminel dont elle profita et qu'elle sanctifia alors même qu'elle refusait de renier l'admiration qu'elle éprouvait pour Hitler. Au fil des pages se dessine le passionnant portrait d'une immense cinéaste, dont un historien dit que les films évoquaient "le regard désincarné et omniprésent de Dieu", mais aussi d'une artiste corrompue par une ambition sans mesure.


- Hitler, la chute
de Mario Frank
Éditions Presses De La Cité / Avril 2008


La reconstitution minutieuse des dix derniers jours d'Hitler, qui s'achèveront par son suicide et sa conséquence inéluctable: la chute du IIIe Reich. 20 avril 1945. Alors que son Führer fête ses cinquante-six ans, l'Allemagne est au bord de l'effondrement. Le déluge de feu des bombardements alliés a transformé sa capitale en "bûcher du Reich", le surnom que lui ont donné les Berlinois. Entouré d'Eva Braun, de son personnel et, dans les tout derniers jours, de la famille Goebbels, le dictateur nazi, terré dans son bunker, véritable village souterrain, n'a plus rien de commun avec l'homme qui faisait trembler la terre entière. C'est un être malade, dépressif, dépendant des "stimulants" injectés par son médecin personnel et qui, sourd aux supplications de ses proches, refuse de quitter sa capitale car c'est là qu'il doit "remporter la victoire, ou périr". Jour après jour, heure par heure, c'est dans l'intimité de Hitler que Mario Frank, journaliste et historien allemand réputé, retrace l'inexorable chute de l'Allemagne nazie telle qu'elle se vit dans le sous-sol de la Chancellerie du Reich. Jusqu'au 30 avril qui, avec le suicide du dictateur, ouvrira le chapitre final du Götterdammerung, ce Crépuscule des dieux misérable et dérisoire qui marquera la fin d'un empire qui devait durer mille ans.


- Le journal de Rutka
de Marek Halter / Rutka Laskier / Zahava Sherz
Éditions Robert Laffont / Mars 2008


1943. Dans le ghetto de Bedzin, en Pologne, une jeune fille de quatorze ans tient son Journal. Comme beaucoup d'adolescentes, elle y relate ses premiers émois, les petites histoires intimes ettroublantes d'une jeune fille. Mais malgré son jeune âge, Rutka est très consciente de la situation générale. Avec une incroyable lucidité elle raconte aussi la vie dans une communauté dont les membres, amis et parents, disparaissent peu à peu. Elle parle, entre autres horreurs, de l'existence des chambres à gaz et pressent qu'au bout de la route l'attend la mort. En août 1943 les nazis liquident le ghetto de Bedzin. Rutka périt un mois plus tard à Auschwitz. Avant d'être déportée, Rutka a eu le temps de glisser son cahier sous le plancher de sa maison. Dans une cachette qu'elle avait révélée à Stanislawa, son amie polonaise catholique. La jeune femme le retrouvera et le gardera dans un tiroir sans en parler à personne. Jusqu'à ce que, soixante-cinq ans plus tard, elle le fasse lire à son neveu après une discussion animée sur la Shoah. Le jeune homme comprend que ce journal appartient à l'Histoire et encourage la vieille dame à le donner pour publication au musée de Yad Vashem. Ce journal est un récit poignant en même temps qu'un témoignage historique unique, enrichi par une passionnante préface de Marek Halter. Né à Varsovie, celui-ci a toujours été impressionné par la relation complexe que les Polonais ont entretenue avec les millions de juifs qui ont partagé leur histoire depuis plus de dix siècles. En une soixantaine de pages il raconte cette relation, faite d'amour et de haine. Une exceptionnelle réflexion sur ce "monde d'hier" et sur la mémoire judéo-polonaise qui habite son œuvre.


- Porteur de mémoires
de Patrick Desbois
Éditions Michel Lafon / Octobre 2007


"Elle devait être la cinquième fusillée. Elle attendait debout dans le froid. Détonations. Sa voisine, touchée par une balle, l'entraîna dans sa chute. Elle reprit conscience au petit matin, au fond de la fosse, sous les corps. Elle ressortit nue, s'accrochant aux racines, couverte de sang".
1941. Les Einsatzgruppen, unités mobiles nazies, s'enfoncent dans le territoire soviétique. Partout où elles encerclent les villages, tous les hommes, femmes et enfants juifs sont rassemblés, dénudés puis abattus avant d'être enterrés dans des fosses communes.
Juin 2002. Le père Patrick Desbois part sur les traces de cette Shoah jusqu'alors ignorée. Village après village, il va recueillir les témoignages de ceux qui ont vu. Fosse après fosse, il va récolter les preuves et reconstituer les conditions de ces milliers d'assassinats d'une rare sauvagerie. Pour que ces Juifs aient une sépulture digne de l'espèce humaine. Et pour que l'espèce humaine se rappelle qu'elle est aussi capable du pire. Et prenne garde.


- La voix des survivants
de Lyn Smith
Éditions Presses De La Cité / Septembre 2007


Ils étaient juifs, polonais, Témoins de Jéhovah, homosexuels, tsiganes, communistes ou prisonniers de guerre russes. Tous ont en commun d'avoir connu l'enfer des camps nazis. Et d'y avoir survécu. Ce sont les témoignages d'une centaine de ces "voix oubliées" qu'a enregistrés Lyn Smith, professeur de sciences politiques, pour le compte de l'Imperial War Museum de Londres, sur une période de vingt-cinq ans. Avec leurs propres mots, ces rescapés de l'inconcevable racontent comment la terreur nazie a peu à peu affecté leur vie quotidienne, jusqu'à l'horreur des ghettos, des camps de concentration ou d'extermination et des marches de la mort. Quels qu'aient été à l'époque leur âge, leur nationalité, leur confession et leurs convictions politiques, tous s'expriment avec une retenue et une pudeur qui contrastent avec l'étendue des sévices moraux et physiques qu'ils ont subis. Et pourtant, à travers ces récits de cruautés banales ou d'atrocités inimaginables rayonnent comme par miracle des moments d'espoir et de grâce.


- La mémoire spoliée
de Sophie Cœuré
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2007


Août 1940: l'original du Traité de Versailles est saisi par les Allemands et envoyé à Berlin; on ne le reverra plus. Comme cette source clé de l'histoire européenne, des millions de documents publics ou privés, archives ministérielles, d'institutions juives ou de la franc-maçonnerie, correspondances, livres, photographies, appartenant à des hommes célèbres ou à des anonymes, vont connaître, dès la défaite, une étrange odyssée, parcourant des milliers de kilomètres de Paris à Berlin, puis, les Soviétiques ayant pris la capitale du Reich, de Berlin à Moscou, et enfin, quand ils ne furent pas perdus, volés ou brûlés, mais restitués, de Moscou à Paris. Quel est le sens de ce "mémoricide", tant pour les spoliateurs que pour les spoliés? Et pourquoi, malgré les enquêtes menées à la Libération, le silence est-il retombé sur ces disparitions pendant plus de cinquante ans? Alors que notre monde semble obsédé par la mémoire des grands crimes du XXe siècle, cette histoire inédite des pillages de la Seconde Guerre Mondiale révèle le rôle fondamental que jouèrent, pour les nazis et les Soviétiques, la connaissance des rouages des régimes adverses, le contrôle du passé, l'assassinat des mémoires collectives ou privées.


- Le Jardin des Justes
de Gabriele Nissim
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2007


"Quelques mois après le brusque réveil qui l'avait ramené à l'époque d'Auschwitz, Moshe Bejski ressentit le besoin de rendre hommage à celui qui lui avait sauvé la vie. Il voulut que le devoir de mémoire ne s'appliquât pas seulement au mal, mais aussi au bien". Le nom de Bejski, né près de Cracovie en 1920, figurait sur la liste d'Oskar Schindler, qui évita une mort certaine à son millier d'employés. Émigré en Israël et devenu juriste, le rescapé cacha son passé à tous et à lui-même jusqu'en 1961, quand il fut appelé à témoigner au procès Eichmann. Il comprit alors qu'en s'efforçant d'oublier ses tortionnaires il avait aussi oublié son bienfaiteur. En ces années où Simon Wiesenthal devint chasseur de nazis, Bejski, lui, entreprit de rechercher ces non-Juifs qui avaient sauvé des Juifs. Il devint membre puis président de la commission du mémorial de Yad Vashem, chargée de remercier ces héros. Jusqu'en 1995, il se battit pour élargir la définition du "Juste parmi les nations". En se confiant à un journaliste, Moshe Bejski n'a pas seulement voulu honorer les vingt et un mille Justes recensés aujourd'hui pour la Seconde Guerre Mondiale: il souhaite qu'on en reconnaisse d'autres, qui se sont distingués durant trop de génocides à travers le monde.


- Les SS
de Guido Knopp
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2006


Incarnation de la terreur, exécuteurs du génocide, les SS représentent comme nulle autre organisation toute la folie du IIIe Reich. Comment la petite garde rapprochée de Hitler s'est-elle muée en quelques années en Etat dans l'Etat totalitaire du Führer? Qui étaient ses têtes pensantes? Que sont devenus ses membres survivants après la guerre? Guido Knopp se livre ici à un bilan sur l'histoire de la SS, du vivant des dernières victimes et des derniers bourreaux. Il s'appuie sur de nombreuses sources inédites et fait parler des témoins qui ne s'étaient jamais exprimés. Un outil indispensable pour une meilleure compréhension de la période la plus sombre du XXe siècle.


- Histoires de résistants en Bretagne
de Reynald Secher
Éditions Presses De La Cité / Mai 2006


À partir d'une vingtaine de récits, Reynald Secher explique les motivations profondes et les circonstances qui firent que de jeunes Bretons de quatorze à trente-cinq ans s'enrôlèrent dans la Résistance. Étudiants, prêtres, menuisiers, lycéens, facteurs, marins, médecins, ils furent tous animés d'une même foi, poussés par la même force, stimulés par le même désir: celui de résister pour être libre. Actions exceptionnelles, épiques, voire romanesques, toutes furent cependant marquées par la peur, l'angoisse, les larmes, l'esprit de sacrifice, et sont inscrites de manière indélébile dans l'histoire de la Bretagne, dont elles ont façonné l'identité.


- Le dossier Hitler
de Henrik Eberle et Mathias Uhl
Éditions Presses De La Cité / Mars 2006


D'après les interrogatoires des deux plus proches collaborateurs de Hitler. Soixante ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Matthias Uhl, jeune historien allemand, découvre dans les archives russes un document d'un intérêt historique majeur. Intitulé Le Dossier Hitler, rédigé à l'usage exclusif de Staline, il a été établi sur la base des procès-verbaux des interrogatoires de deux officiers SS: Otto Günsche, l'aide de camp personnel de Hitler, et Heinz Lilnge, son majordome. Débriefés par le NKVD, les services secrets soviétiques, de 1945 à 1949, les deux hommes avaient évolué dans la proximité immédiate de Hitler durant de longues années. Apportant une foule de renseignements inédits sur la vie au jour le jour du dictateur, de sa prise de pouvoir en 1933 à son suicide en 1945, ce document unique contient non seulement un grand nombre de détails qui étaient restés ignorés sur la politique et la conduite de la guerre de Hitler, mais il donne également une image sans fard de ce qui se passait réellement dans son entourage. Publié récemment à grand fracas en Allemagne, cet ouvrage fascinant constitue à coup sûr l'une des sources historiques les plus impressionnantes récemment mise au jour sur le Troisième Reich.


- La butte sanglante
de Pierre Miquel
Éditions Plon / Février 2006


Ce livre raconte une des plus grandes tragédies de la Première Guerre Mondiale restée totalement méconnue. Pierre Miquel nous en fait revivre les moindres détails, avec talent et un sens remarquable du récit. En 1915, en Artois, la division marocaine est envoyée par Pétain à l'assaut des lignes allemandes devant Notre-Dame-de-Lorette et la "butte rouge" de Vimy. Au prix de pertes importantes, cette division sera la seule à percer les quatre lignes allemandes. Mais les renforts ne vont pas suivre et ces hommes, isolés au cœur des lignes ennemies, abandonnés par leur chef tenteront de revenir sur leur position de départ en le payant d'un coût humain considérable. Parmi les rescapés, le légionnaire Blaise Cendrars. Cette enquête méticuleuse sur les erreurs de commandement qui ont transformé en désastre cette percée victorieuse fera date.


- L'exil de la Joconde
de Jean-Louis Perrier
Éditions Albin Michel / Juin 2005


1942. Face à la rapacité des Allemands et aux menaces de bombardements, le conservateur du musée du Louvre décide de mettre à l'abri ses toiles les plus célèbres en les cachant dans des demeures privées. Pour Roland Courrèges, qui voyait ses vingt ans comme un perpétuel été, c'est la fin des vacances. Parce qu'il veut échapper au STO et qu'il parle allemand, il est chargé de protéger et de cacher quelques chefs-d’œuvre, dont la fameuse Joconde, au château de Montal dans le Lot. C'est le début pour lui d'une rocambolesque aventure où, entre héroïsme et passion, il va peut-être vivre ses plus belles années. Dans ce roman aux multiples rebondissements, Jean-Louis Perrier fait revivre un épisode méconnu et passionnant de la Résistance: la sauvegarde du patrimoine artistique français.


- Ce qu'il reste de nous, les déportés
de Murielle Allouche
Éditions Michel Lafon / Avril 2005


Il est des héritages qui n'épargnent pas, des pans de l'Histoire que l'on ne peut oublier. Pour la première fois, trois générations sont rassemblées dans un même ouvrage et nous font part de leur expérience de la Shoah. Les uns ont échappé par miracle a une mort programmée par le régime nazi, les autres ont grandi et construit leur identité avec le lourd passé de leurs parents: jamais des déportés n'avaient témoigné aux côtés de leurs enfants et de leurs petits-enfants. Personnages médiatisés ou témoins inconnus, tous se sont confiés à Murielle Allouche et Jean-Yves Masson qui nous transmettent ici leurs lettres inédites, accompagnées de dessins d'un implacable réalisme. Des récits poignants, des destins extraordinaires, un bouleversant travail de mémoire.


- Violette Morris. La hyène de la gestap
de Raymond Ruffin
Éditions Cherche Midi / Avril 2004


Espionne au service de l'Allemagne nazie à partir de 1936, puis responsable de secteurs dans les organigrammes de la Gestapo de la rue des Saussaies à Paris de 1942 à 1944, créatrice de contre-réseaux d'infiltration dans la Résistance, Violette Morris avait connu auparavant la gloire sur les stades, et s'était comportée héroïquement sur le front d'Artois en 1915 en tant qu'ambulancière, puis à Verdun en 1916 comme estafette. Cette personnalité étrange, fascinante, bisexuelle, représenta la France dans les compétitions sportives entre les années 1912-1935. Championne de France et du monde des lancers, footballeuse internationale, également brillante en natation, water-polo, cyclisme, boxe, championne de rallyes automobiles, vainqueur du Bol d'Or, de Paris-les-Pyrénées-Paris (2 fois), du Grand Prix de San-Sébastian, elle devint une figure du Tout Paris. Mais c'est son activité d'espionne fascinée par l'ordre nazi qui demeure dans la mémoire historique. Chargée par la Gestapo sous l'Occupation de juguler les réseaux anglais du S.O.E., elle causa tant de pertes aux Britanniques que l'I.S. la condamna à mort. Tortionnaire sadique de patriotes, elle tomba sous les balles des maquisards normands du Surcouf en avril 1944. Ainsi finit celle qu'Auguste Le Breton, qui l'avait bien connue lors de son incursion dans le Milieu en 1940-1941, avait surnommée: "La hyène de la gestap". Un document étonnant sur un personnage hors du commun et monstrueux.


- Les femmes d'Hitler
de Guido Knopp
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2004


Adolf Hitler disait toujours n'avoir pour seule épouse que la nation allemande. Si on lui connaît Eva Braun pour compagne, sans doute ne fut-il vraiment amoureux que de sa nièce, Geli Raubal. Mais dès avant la prise du pouvoir il noua des liens de profonde amitié avec quelques femmes tout acquises à sa cause. Il les admirait, comme il en admira plus tard quelques autres qui œuvrèrent à la propagande du régime, ou qu'il eût voulu convertir au nazisme, ainsi Marlene Dietrich. Guido Knopp a rassemblé dans ce livre six portraits féminins, depuis la disciple inconditionnnelle jusqu'à l'adversaire incorruptible. Magda Goebbels, épouse du ministre de la Propagande, fut la première dame officieuse du Reich, l'incarnation des "vertus" de la femme et de la mère nationale-socialiste. Elle mit fin à ses jours en 1945 après avoir tué ses six enfants. Eva Braun, qui tenta deux fois de se suicider à cause d'Hitler, ne rêvait que de l'épouser et ne vit ce vœu exaucé qu'au seuil de la mort, en 1945, après n'avoir jamais été reconnue officiellement comme une compagne. Winifred Wagner, belle-fille du compositeur et directrice du festival de Bayreuth, fut la muse du Troisième Reich. Elle déposa aux pieds du Führer l'œuvre du compositeur et accepta la récupération idéologique totale de ses opéras. Morte en 1980, elle refusa toujours de percevoir la véritable nature de son idole. Leni Riefenstahl, décédée en 2003 à l'âge de cent-un ans, fut la grande propagandiste du régime avec ses films sur les congrès du parti nazi et les jeux Olympiques de Berlin. Elle a toujours prétendu n'aimer que l'art et ne pas s'occuper de politique. Zarah Leander, actrice et chanteuse destinée à remplacer Marlene Dietrich, connut la richesse et la gloire. Disparue en 1981, elle a toujours fermé les yeux sur les atrocités hitlériennes sous prétexte qu'elle n'avait jamais renoncé à sa nationalité suédoise. Marlene Dietrich a bien sa place dans cette galerie de portraits car elle fut longtemps courtisée par le régime. D'emblée elle sut résister à l'ensorcellement du dictateur, "par décence".


- La bataille de la Marne
de Pierre Miquel
Éditions Plon / Octobre 2003


250 000 morts, blessés et disparus du 15 août au 10 septembre 1914. La guerre est perdue, la France envahie jusqu'à la Marne. Les soldats de Joffre font retraite depuis quinze jours. Le gouvernement est parti à Bordeaux. Trois armées allemandes marchent sur Paris. Et c'est le miracle. Raconter la Marne, cet incroyable sursaut, ce n'est pas seulement parler des taxis, des trains de secours de Joffre, mais aussi des marais de Saint-Gond, des Marocains sur l'Ourcq, des attaquants de Mondement. C'est faire revivre une histoire oubliée. C'est aussi parler de cette guerre particulière où sont mêlés les civils, où les témoins des batailles sont là, cachés dans les caves, prêts à secourir les blessés, à fournir leurs derniers morceaux de pain, l'eau fraîche des puits pour que les soldats épuisés reprennent leur souffle. Les pantalons rouges ont eu leur revanche. En cinq journées atroces, ils ont gagné. Ils sont vainqueurs. Le vrai miracle, c'est leur courage. Les poilus de la Marne ont sauvé le pays. Même si après leur victoire, il leur faudra s'enterrer pour quatre ans dans les tranchées, et tenir jusqu'à la fin du cauchemar. Pierre Miquel, auteur de nombreux et célèbres ouvrages, est considéré comme le meilleur spécialiste de la Première Guerre Mondiale.


- L'Exode. 10 mai - 20 juin 1940
de Pierre Miquel
Éditions Plon / Avril 2003


La première fresque sur l'exode, reconstitué au jour le jour d'après des témoignages directs. Les victimes de l'exode de mai-juin 1940 sont des mal aimés de l'histoire, 100 000 morts ou disparus que l'on ne peut même pas compter parce que leurs restes dispersés n'étaient pas identifiables. Que faisaient-ils sur les routes? On leur en fait reproche. On leur impute la déroute, ils ont empêché l'armée de manœuvrer, ils sont une cause de la défaite. Comme si l'armée n'avait pas de plus sérieuses raisons d'avoir été vaincue. Les morts de l'exode ont droit à leur place dans la mémoire. En proie à la panique organisée par Hitler sur les routes, les gens ont été mitraillés, bombardés, fuyant les villages en flammes où les premières unités SS sont déjà à l'œuvre. Aucune autorité ne s'est souciée de les secourir, après les avoir tantôt engagés puis empêchés de partir. Ni préfets, ni maires, sauf exception, ni gendarmes, ni médecins, ni commerçants, un pays entier implose. On enterre les morts à la diable, les parents cherchent leurs enfants perdus, des villes sont pillées, des millions de Français et de Belges sont sur les routes (douze millions si l'on compte les militaires sans armes) cherchant à passer les ponts de la Somme, de la Seine, de la Loire, de l'Allier, avant de sur-peupler le Sud-Ouest. Écrire cette histoire appuyée sur le témoignage des survivants, c'est aussi contribuer à entretenir la mémoire d'un peuple pour qui l'exode fut une série d'aventures individuelles sur fond de débâcle. Avec au cœur, pour beaucoup d'entre eux, la volonté de résister et de vaincre.
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