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 Les dernières parutions

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Elisabeth
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MessageSujet: Re: Les dernières parutions   Mer 11 Oct - 21:05

- Les dépossédés
de Steve Sem-Sandberg
Éditions Robert Laffont / Août 2011


De 1940 à 1944, le ghetto de Lód est placé sous la direction de Mordechai Chaim Rumkowski, président du Conseil juif. Contrôlé strictement par l'administration allemande, le Conseil juif dirige tous les aspects de la vie quotidienne dans le ghetto: police, justice, santé, travail, alimentation. Convaincu que, si les juifs se rendent indispensables à l'effort de guerre allemand, ils seront épargnés, Rumkowski transforme le ghetto en un immense atelier super productif. Pris au piège de sa logique, il sacrifie les inadaptés et les indésirables. Il se mue ainsi, consciemment ou non, en un très efficace rouage de la machine d'extermination nazie. En septembre 1942, il prononce un discours insoutenable pour exhorter les parents à livrer leurs enfants de moins de neuf ans, incapables de travailler. Les trahisons et les efforts de Rumkowski furent vains: en 1944, Himmler donna l'ordre de liquider le ghetto. Il ne restera qu'un peu plus de 800 survivants sur une population ayant dépassé les 250 000 habitants. Traître pour certains, héros pour d'autres, le personnage très controversé de Rumkowski suscite de nombreuses interrogations sur la dignité, l'abjection et la survie. Pour écrire ce roman, Sem-Sandberg s'est inspiré des archives du ghetto de Lód. Y étaient collectés quantité de faits officiels concernant le ghetto, mais aussi des informations interdites cachées par les résistants, comme des bulletins de guerre alliés, des cartes des fronts, des journaux intimes. Privilégiant une écriture sobre ponctuée de purs moments de poésie, tantôt vague de fond ressassant les événements de 1942, tantôt mélodie vibrante d'émotion, Sem-Sandberg fait le pari de la littérature. En montrant que le roman peut rendre compte de la Shoah, il se pose en héritier d'une autre manière d'accomplir le devoir de mémoire: il n'est pas témoin, mais il est passeur. Sans témoin l'Histoire perd son sens; sans passeur, elle s'efface.


- Votre fumée montera vers le ciel
de Joseph Bialot
Éditions L'Archipel / Mai 2011


Joseph Bialot est l'un des rares Français à avoir vécu la libération d'Auschwitz. Entre le 18 janvier 1945, début de l'évacuation du camp et des marches de la mort, et le 27 janvier, date de l'arrivée des Soviétiques, la vie, ou la mort, de milliers de déportés s'est jouée en Haute-Silésie. Entre le départ des SS et l'arrivée des libérateurs, les prisonniers de l'enceinte concentrationnaire ont vécu un purgatoire indéfinissable, jamais oublié et qui permet à l'auteur de raconter sa déportation, copie conforme de celle de millions d'autres hommes et femmes, depuis le jour de 1944 où, à vingt ans, courant sous la menace d'une rafale de mitrailleuse, il a cessé de faire partie du monde normal pour revêtir une nouvelle peau, celle du déporté. Après "soixante-cinq ans de fausse résurrection", Joseph Bialot évoque les six mois qu'il a passé à Auschwitz, mais aussi le réapprentissage de la vie, d'abord à Cracovie puis à Paris et, dans un long avant-propos, la "prolifération d'autres feux" depuis le jour de 1945 où les crématoires se sont éteints.


- Ils attendaient l'aurore
de Claude Michelet
Éditions Robert Laffont / Avril 2011


Paris, 1940. Jean, Albert et René sont jeunes et bercés d'illusions. Mais ils ne savent pas encore à quel point leurs choix vont sceller leur destin. Le grand roman de Claude Michelet sur la Résistance. En cet hiver 1940, les Allemands occupent Paris. Trois amis, Jean, Albert et René partagent un goût commun pour la natation et la même inquiétude devant un avenir qui s'annonce très sombre. Le 11 Novembre, sans trop réfléchir, Jean participe à une manifestation anti-allemande organisée autour de l'Arc de Triomphe. Pris à parti par la police, il blesse un gendarme en voulant s'enfuir, lui laissant entre les mains son veston et ses papiers. Désormais, c'est un fugitif qui n'a d'autre choix que de se tourner vers une jeune journaliste américaine rencontrée peu avant, qui le conduit dans une maison de couture dirigée par une femme étonnante, Claire Diamond. Bien qu'elle habille les compagnes de tous les Allemands influents de Paris, Jean va vite comprendre que Claire joue un rôle dans la Résistance qui est en train de naître. C'est elle qui va lui permettre de rejoindre ces réseaux vers lesquels il se sent si naturellement attiré. Albert, lui, a choisi la Collaboration. Il n'hésite pas une seconde à infiltrer les cercles étudiants et dénonce tous les rebelles à la propagande nazie. Sous pseudonyme, il collabore activement aux journaux les plus virulents, tels Je suis partout où La Gerbe. Quant à René, trop préoccupé de son plaisir personnel, des femmes et de la belle vie, il ne choisit aucun des deux camps. Il se retrouvera pourtant enrôlé de force dans le STO et souffrira de mille morts au fin fond de l'Allemagne. À travers trois destins, Claude Michelet retrace avec la rigueur de l'historien et le souffle du romancier toutes les facettes de cette époque dramatique ou une infime poignée d'hommes et de femmes ont su redonner à la France sa grandeur et son honneur. C'est aussi, en filigrane, l'hommage de Claude Michelet à son père, le grand patriote et résistant que fut Edmond Michelet.


- René Cassin
de Antoine Jay-Winter
Éditions Fayard / Avril 2011


Né en 1887, mort en 1976, René Cassin est resté toute sa vie un soldat de la Grande Guerre. Elle le saisit à la fin de ses études. Grièvement blessé en 1914, il met des mois à se remettre. Cette expérience change sa vie: il ne sera pas seulement un grand professeur de droit, mais aussi un militant des droits des victimes du conflit au sein de la plus grande association: l'Union fédérale des mutilés. Persuadé que seule la solidarité internationale peut empêcher le retour de la guerre et de ses horreurs, il fonde un mouvement international d'anciens combattants, une ONG avant la lettre, ce qui lui vaut d'être l'un des délégués de la France à la SDN de 1924 à 1938. Mais l'approche de la Seconde Guerre Mondiale ruine ses espoirs. Accablé par la débâcle et la soumission à Hitler, il refuse l'armistice et rejoint dès juin 1940 de Gaulle qui lui confie de hautes responsabilités. Il joue un rôle central dans le rétablissement de la légalité républicaine, puis préside le Conseil d'État de 1945 à 1960. À Londres, puis à l'ONU, il contribue à préciser les buts de guerre alliés pour instaurer un "nouvel ordre international" démocratique qui limite la souveraineté des États en affirmant la priorité des droits de l'Homme: l'idée qu'au-dessus des lois il existe des principes généraux du droit qui s'imposent à tous. En 1948, la Déclaration universelle des droits de l'homme couronne cette action collective. Le Prix Nobel de la paix consacra en 1968 sa notoriété internationale. Onze ans après sa mort, en 1987, sa dépouille a été transférée au Panthéon. Nourrie d'abondantes sources et pièces d'archives inédites, cette biographie de René Cassin retrace une vie et une action imprégnées des espoirs et cauchemars de toute une génération, celle de 1918, qui initia le mouvement de défense des droits de l'Homme, omniprésent dans le monde d'aujourd'hui.


- Je vous écris du vél' d'hiv
Les lettres retrouvées
de Karen Taieb
Éditions Robert Laffont / Mars 2011


Réunies ici pour la première fois, quinze précieuses lettres écrites du Vél' d'Hiv nous plongent avec une très forte émotion dans la réalité vécue de la déportation. Les 16 et 17 juillet 1942, 4 500 policiers sont mobilisés pour réaliser la plus grande rafle à l'encontre des Juifs jamais organisée dans Paris et sa banlieue. 12 884 personnes sont arrêtées, 3 031 hommes, 5802 femmes et 4051 enfants. Les individus ou familles sans enfants seront dirigés sur le camp de Drancy, les autres, avec enfants, vers le Vélodrome d'Hiver. Dans ce lieu, jusque-là temple du sport, des milliers de personnes vont tenter de survivre pendant plusieurs jours. Les 6 000 Juifs envoyés à Drancy seront déportés rapidement, ceux du Vel' d'Hiv sont transférés dans les camps du Loiret, de Pithiviers et Beaune-la-Rolande. Le 22 juillet, soit six jours après le début de la rafle, le Vel' d'Hiv a été entièrement évacué. On parle beaucoup et souvent de la rafle du Vel' d'Hiv. Mais à y regarder de plus près, on ne sait pas grand-chose. Seuls une photo, quelques documents et des lettres disent la violence de l'arrestation, les conditions dramatiques de l'enfermement, la faim, les maladies, le bruit, les odeurs. À travers eux on a découvert l'enfer du Vél' d'Hiv. Ces lettres, ce sont quelques mots jetés à la hâte sur un bout de papier, remis à des mains complaisantes. Pour plus de 8 000 personnes internées au Vél' d'Hiv, moins de vingt lettres ont été retrouvées. Pour la plupart inédites, elles étaient conservées aux archives du Mémorial de la Shoah. Pour la première fois, les voici rassemblées et publiées dans cet ouvrage. Toutes sont clandestines puisque qu'aucune correspondance n'était autorisée. Ces lettres sont terrifiantes de vérité, de détails. Mais elles constituent aussi malheureusement seulement le point de départ de l'horreur puisque, à une exception près, toutes les personnes dont nous reproduisons les lettres dans ce volume vont être assassinées dans les camps de la mort. En dehors de ces quelques mots tracés de leur main, il ne reste pas grand-chose d'eux.


- Nuit et chansons
Les chanteurs français face à la Seconde Guerre Mondiale
de Bernard Lonjon
Éditions Du Moment / Mars 2011


Au vingtième siècle, la chanson est le principal vecteur de la culture de masse diffusée par le disque et par la radio. Elle devient pendant la période charnière de 1939-1945 le reflet de la culture politique et l'un de ses médias privilégiés. Cinq millions de postes permettent à l'occupant nazi, aux collaborateurs mais aussi aux résistants, de communiquer. Communication qui se résume en trois mots-clés: propagande, information et divertissement. La guerre des ondes est violente. On chante partout. À Vichy, à Londres, dans les maquis, les stalags, les cabarets, a la radio, au cinéma. Tout évènement est prétexte à chanson: disparition, déportation, torture, mort. Les chants sonnent comme un long cri, traduisent une colère infinie, mais aussi un formidable espoir. Nourri des textes des chansons qui rythment le récit, Nuit et chansons fait revivre l'atmosphère de cette "drôle de guerre". L'auteur établit aussi un pont permanent entre chansons d'époque et chansons contemporaines. On partage ainsi les vies de ceux qui ont vécu la guerre (Chevalier, Mistinguett, Piaf, Rossi, Brassens, Brel, Ferré.), les exilés (Ray Ventura, Germaine Montéro, Jean Sablon), ou ceux qui l'ont connu à travers la souffrance de leurs parents (Gréco, Barbara, Ferrat, .), sans oublier ceux qui sont nés après la guerre et qui l'ont chantée (Goldman, Rita Mitsouko, Sardou, Benabar, Renaud).


- Le crime et le silence
Jedwabne 1941, la mémoire d'un pogrom dans la Pologne aujourd'hui
de Anna Bikont
Éditions Denöel / Janvier 2011


Le 10 juillet 1941, quelques semaines après que l'Allemagne a attaqué l'URSS, la quasi-totalité des Juifs de Jedwabne, petite ville de l'est de la Pologne, ont été massacrés par leurs voisins. Alors que la propagande communiste imputait ce massacre aux nazis, on sait désormais grâce aux travaux de Jan T. Gross qu'il a été perpétré par des Polonais. Une remise en cause de l'histoire officielle d'une nation victime qui a suscité en Pologne une violente indignation. Faisant le constat de cette mémoire en friche, Anna Bikont a souhaité partir à la recherche des personnes susceptibles d'apporter un éclairage sur le drame. Rédigé à partir de documents d'archives inédits, d'observations recueillies au cours de nombreux séjours à Jedwabne, et, surtout, de conversations avec les acteurs du pogrom (rescapés, témoins et bourreaux), Le Crime et le Silence mêle habilement le retour sur les faits historiques à l'interrogation sur le présent. Cette enquête mémorielle livre un portrait bouleversant d'individus confrontés à des centaines de morts dont nul ne veut se souvenir, décrit leur évolution face aux preuves qui s'accumulent et donne à voir la réaction d'une communauté clouée au pilori pour des faits survenus soixante ans plus tôt. En filigrane, c'est à une réflexion sur la mémoire collective que nous invite Anna Bikont. Qu'arrive-t-il à une société qui refuse d'admettre une vérité susceptible de détruire sa bonne conscience? Comment accepter son passé, fût-il horrible?


- Etty Hillesum
Une voix dans la nuit
de Cécilia Dutter
Éditions Robert Laffont / Octobre 2010


Au cœur de la barbarie nazie qui s'exerce sur les Pays-Bas occupés, une voix s'élève, l'emporte sur les ténèbres. Cette voix est celle d'Etty Hillesum, jeune femme juive de vingt-sept ans, dont les cahiers et la correspondance tenus durant les années les plus noires de l'Histoire attestent d'une confiance absolue dans le sens et la beauté de la vie et d'une inébranlable foi en l'être humain. "Je cherche à comprendre et à disséquer les exactions, écrit-elle, j'essaie toujours de retrouver la place de l'homme dans sa nudité, sa fragilité, de cet homme bien souvent introuvable. Enseveli parmi les ruines monstrueuses de ses actes absurdes". Pour parvenir à cette lucidité, Etty a suivi un chemin singulier. Sa sensualité débordante l'a d'abord conduite à multiplier les conquêtes amoureuses auprès de partenaires toujours plus âgés qu'elle, rejoignant à cet égard une démarche résolument moderne. Puis, c'est l'un d'entre eux, Julius Spier, un psychologue de l'école jungienne, dont elle sera tour à tour la patiente, la maîtresse, la disciple et l'amie de cœur, qui l'aidera à "accoucher de son âme", et à aimer plus qu'un homme, Dieu et l'humanité tout entière. Grâce aux lectures auxquelles il l'initie, la Bible et les Évangiles, Saint Augustin, Maître Eckart ou le poète R. M. Rilke, et à la qualité de leurs échanges, elle emprunte peu à peu une voie spirituelle propre, en marge de tout dogme quoique proche de la morale chrétienne. À l'heure des convois pour Auschwitz, elle portera secours à ses frères détenus au camp de transit de Westerbork, antichambre des camps de la mort. Refusant de se désolidariser des siens, elle endossera jusqu'au bout le destin de son peuple. Celle qui rêvait de devenir un écrivain laisse des pages d'une indéniable qualité littéraire et d'une infinie sagesse: "Je ne crois plus que nous puissions corriger quoi que ce soit dans le monde extérieur, que nous n'ayons d'abord corrigé en nous. L'unique leçon de cette guerre est de nous avoir appris à chercher en nous-même et pas ailleurs".


- Himmler
de Peter Longerich
Éditions Héloïse D'Ormesson / Octobre 2010


Qui était Heinrich Himmler? Souvent considéré comme un simple auxiliaire du Führer, ce personnage falot et apparemment effacé fut en réalité l'ordonnateur de l'Holocauste et le concepteur de Dachau, modèle des camps d'extermination. Peter Longerich retrace l'étonnante ascension de ce fonctionnaire du mal, qui devint un des plus grands criminels de l'histoire alors qu'il n'était qu'un type ordinaire, bien loin du mythe aryen qu'il prétendait exalter. Maître absolu de la SS, garde prétorienne du régime, Himmler ne cessa de devancer les attentes d'Hitler jusqu'à devenir l'homme le plus puissant du Troisième Reich après le Führer. À partir d'un vaste éventail de sources, dont le journal intime et la correspondance d'Himmler, et de documents inédits, cette biographie apporte un éclairage nouveau sur celui qui fut l'un des véritables piliers de l'Allemagne nazie, un fanatique impitoyable dans la peau d'un homme insignifiant et frustré.


- Le secret de ma mère
de Ann Kirschner
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2010


Pendant près d'un demi-siècle, Sala Kirschner, Juive polonaise, a caché son passé à ses enfants: déportée à l'âge de seize ans, elle a survécu aux camps de travail nazis. En 1991, à la veille d'une opération, elle décide de leur révéler cette partie douloureuse de son existence, qu'elle a tout fait pour oublier en émigrant aux États-Unis après la Seconde Guerre Mondiale. À l'appui de cette révélation, plus de 350 lettres, cartes postales et photographies, des documents d'une valeur inestimable qui l'ont aidée à survivre dans les camps mais qu'elle a conservés au péril de sa vie. Après avoir effectué de nombreuses recherches sur cette période, Ann Kirschner, sa fille, a décidé de rassembler ces documents personnels et de relater le quotidien de Sala entre 1940 et 1945, se faisant ainsi la voix de milliers d'autres Juifs déportés dans les camps de travail "Schmelt".


- À mon cœur défendant
de Thibaut de Saint Pol
Éditions Plon / Avril 2010


Juin 1940, la Wehrmacht est aux portes de Paris. La victoire allemande est imminente, mais elle ne sera totale, aux yeux du Führer, qu'après la destruction du document original du traité de Versailles, souvenir cuisant de la défaite de 1918. Au péril de sa vie, une jeune employée du Quai d'Orsay reçoit la mission de tout faire pour sauver le précieux parchemin, relique inestimable de l'honneur de la France. Traquée par un officier allemand, Madeleine fuit à travers le pays dévasté. De la capitale aux rivages de la Méditerranée, la jeune femme s'engage alors, avec son poursuivant, dans un troublant jeu de piste. Peu à peu, elle verra grandir en elle la confusion du devoir et des sentiments.


- Monuments men
À la recherche des trésors volés par les nazis
de Robert Edsel
Éditions JC Lattès / Mars 2010


À peine un pays conquis, les armées d'Hitler se livraient au pillage systématique des plus belles collections d'art, des familles juives entre autres, en confisquant au nom du Führer des Michel-Ange, des Vinci, des Van Eyck ou encore des Vermeer avec le projet de construire le plus extraordinaire des musées à Linz, sa ville natale. Dès 1941, Eisenhower crée un groupe d'experts (Les Monuments Men) afin de protéger les trésors américains. En 1944, ce groupe élargi à treize nationalités, composés de conservateurs, de professeurs d'histoire de l'art, d'architectes, d'archiviste va accompagner les armées de la libération afin de protéger le patrimoine architectural européen et de récupérer les milliers d'œuvres enlevées par les nazis. Robert Edsel a tout particulièrement suivi les aventures de neuf hommes et d'une femme. George Stout, l'un des initiateurs du projet au courage et au charisme hors normes, JJ Rorimer qui deviendra le futur directeur du Metropolitan Museum of Art et découvrira dans le château de Neuschwanstein des milliers de tableaux, Jacques Jaujard, le directeur des Musées Nationaux qui réussira à protéger le Louvre et les trésors nationaux. Et surtout l'étonnante Rose Vaillant, véritable héroïne qui au jeu de Paume établira secrètement la liste des mouvements des œuvres vers l'Allemagne. Des plages du D-Day aux réserves des plus grands musées, des châteaux de Bavière au Nid d'aigle de Berchtesgaden, des mines de Merkers à celles de Altaussé, Robert Edsel nous fait participer à la plus extraordinaire et dangereuse chasse aux trésors du XXe siècle.


- Blanche Maupas, la veuve de tous les fusillés
de Macha Sery et Alain Moreau
Éditions L'Archipel / Novembre 2009


Août 1914. Théophile Maupas, instituteur de campagne, est mobilisé. Des tranchées, il écrit de longues lettres à Blanche, sa femme, institutrice elle aussi. Début mars 1915, elle demeure plusieurs jours sans nouvelles, pour apprendre que Théo a été fusillé pour l'exemple avec trois de ses camarades, ils auraient refusé de se battre. L'attaque avait eu lieu le 10 mars 1915 à 5 heures du matin. 18 soldats et 6 caporaux, désignés au hasard, furent accusés de "refus de bondir hors des tranchées". Emprisonné, Maupas avait comparu devant le conseil de guerre le 16 mars pour être exécuté le 17 mars à 13 heures. Intuitivement, Blanche ressent qu'il s'agit d'un assassinat et décide de rechercher la vérité. Alors que beaucoup lui tournent le dos, elle s'efforce de recueillir des témoignages. Son but, obtenir la réhabilitation de Théo. Seule d'abord, puis avec la Ligue des Droits de l'Homme et le Grand Orient de France, elle mobilise l'opinion publique et contraint le pouvoir politique à rejuger son mari. En 1934, une Cour spéciale composée d'anciens combattants annule le jugement de 1915. Ils sont réhabilités.


- Trame d'enfance
de Christa Wolf
Éditions Stock / Novembre 2009


Christa Wolf n'a que seize ans à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Au moment de l'exode en 1945, elle rencontre un homme qui a survécu aux camps, en fuite comme elle. Il porte un pyjama rayé et, constatant l'étonnement de la jeune fille devant sa tenue, il lui demande: "Mais dans quel monde avez-vous vécu?". C'est à cette question que l'écrivain tente de répondre dans Trame d'enfance. À l'occasion d'un voyage sur les lieux de son enfance (une partie de l'Allemagne devenue polonaise après 1945), elle s'efforce de faire revivre par l'écriture le souvenir d'une époque, l'Allemagne des années 1930 et 1940, et le destin de sa famille qui, comme beaucoup, a laissé le nazisme s'installer, non sans succomber parfois aux tentations de cette idéologie. Christa Wolf écrit ce texte en 1976, alors qu'elle a pris ses distances avec le régime communiste de RDA. Elle sera parmi les premiers écrivains allemands à affronter l'effet de séduction que les valeurs du nazisme ont pu avoir sur elle enfant, et à oser lier les deux grandes folies collectives du XXe siècle. Son éducation n'aurait-elle pas en effet favorisé l'élan avec lequel elle a défendu la mise en place du communisme dans la RDA de l'après-guerre? On retrouve de fait dans les deux systèmes le respect à la lettre de l'autorité, ou l'habitude de penser par idées reçues. Explorant ainsi avec audace et finesse le lourd passé familial et national, Christa Wolf livre un grand texte littéraire, qui résonne en chacun de nous.


- L'histoire d’Éva
Les mémoires de la demi-sœur d'Anne Frank
de Éva Schloss
Éditions Cherche Midi / Octobre 2009


Le témoignage bouleversant de la demi-sœur d'Anne Frank. Mai 1944. Le jour de ses 15 ans, Éva Schloss, une camarade d'Anne Frank, jeune juive réfugiée aux Pays-Bas comme elle, est découverte par les nazis dans sa cachette d'Amsterdam. Elle est envoyée à Auschwitz avec toute sa famille. Éva et sa mère réchapperont de l'enfer, son père et son frère n'en reviendront pas. Après la guerre, la mère d’Éva épouse Otto Frank, le père d'Anne Frank, qui a perdu sa femme et ses deux filles dans l'horreur des camps. Éva Schloss et Anne Frank, deux destins singulièrement parallèles pour ces deux adolescentes, à ceci près qu’Éva a survécu à une tragédie dont elle peut aujourd'hui témoigner. De sa rencontre avec le docteur Josef Mengele, qui faillit la choisir pour ses expériences sadiques, à la découverte par Otto Frank du journal de sa fille, ce récit déchirant retrace le combat inlassable d'une femme contre la folie des hommes et du génocide.


- Enclave
de Philippe Carrese
Éditions Plon / Août 2009


Janvier 1945, Slovaquie. Les Allemands en fuite sous la pression de l'avancée soviétique abandonnent à leur sort les détenus du camp de travail de Medved'. Isolée au cœur des monts Tatras, coupée du cours de l'Histoire, une communauté oubliée du reste du monde se réorganise dans ce temps suspendu. Dans son petit cahier, le jeune Matthias tient la chronique du peuple de Medved'. Il écrit tout: les hommes, les femmes, le doute, l'horreur, l'espoir, le quotidien du camp, le courage, l'abnégation, l'ignominie. Il décrit les cycles de l'amour et des haines. Il témoigne des mécanismes du pouvoir, de la capacité de soumission des hommes et de l'inéluctable retour des réflexes despotiques.


- Le violon d'Auschwitz
de Maria Angels Anglada
Éditions Stock / Juin 2009


Auschwitz, 1944. Les privations et les coups. Les humiliations s'enchaînent, les hommes sont traités comme des chiens, déshumanisés, ils n'existent aux yeux de leurs persécuteurs que comme des numéros échangeables, de la main-d'œuvre peu chère. Un prisonnier juif, Daniel, y lutte pour la survie de son âme. Surprenant un concert organisé par Sauckel, le commandant du camp passionné de musique classique, Daniel révèle son talent de luthier pour sauver son ami Bronislaw, violoniste de génie. Il va alors être mis à l'épreuve et devoir construire un violon imitant le son d'un Stradivarius. Tentant d'oublier pour quelques instants la faim, le froid, l'horreur, Daniel comprend vite que de la construction de ce violon dépendent leurs vies. Tragique ironie du sort, il va ainsi éviter les expériences de Rasher, le médecin machiavélique. Mêlant subtilement réalité historique et fiction, les chapitres s'ouvrent sur des documents: lettres, rapports qui viennent interrompre le récit à la manière d'une pause, glaçante. Petite et grande Histoire s'entremêlent et se fondent dans une danse fatale et poétique, entre la cruauté et la dignité, deux partenaires aussi rivaux qu'inséparables, pourtant inhérents à la nature humaine. À la manière d'une partition musicale, tout vibre et sonne dans le texte, avec des crescendos que constituent les silences, silences irréels qui laissent le lecteur paralysé et sans voix.


- Le pays de mon père
Histoire d'une famille dans la tourmente du nazisme
de Wibke Bruhns
Éditions Les Arènes / Mai 2009


À la fin des années 1970, l'auteur tombe par hasard sur un documentaire consacré à l'attentat contre Hitler. Elle aperçoit quelques images fugaces de son père Hans Georg Klamroth, qu'elle surnomme HG, qui a participé avec son gendre (chargé de se procurer l'explosif de la bombe) à l'attentat manqué contre Hitler du 20 juillet 1944. HG a fait partie des quelque deux cents personnes exécutées, pendu à un croc de boucher. Wibke Bruhns avait enfoui cette histoire, dont personne ne lui parlait. En apercevant son père vivant à l'écran, elle décide de remonter le cours de son histoire. À la mort de HG, Wibke avait six ans. Il lui faut donc tout exhumer, les albums de photos, les innombrables lettres et les témoignages. C'est à partir de ce matériau qu'elle compose une chronique sans équivalent. Pendant des années, l'auteur travaille à son livre. Elle commence à la source, à la veille de la Première Guerre Mondiale. "Je regarde fixement cet homme au visage éteint. Je ne le connais pas. Mais je me reconnais en lui, ses yeux sont mes yeux, je sais que je lui ressemble. Et que sais-je de lui? Rien".


- La route vers la liberté
de Mietek Pemper
Éditions L'Archipel / Avril 2009


La véritable histoire de la liste de Schindler. "Ne me remerciez pas d'être vivants", déclarait Oskar Schindler en mai 1945 à ses ouvriers juifs venus le remercier d'avoir inscrit leur nom sur sa liste. "Remerciez plutôt MM. Stern et Pemper, qui n'ont cessé de regarder la mort en face". En 1941, Mietek Pemper est en effet devenu secrétaire de sa communauté du ghetto de Cracovie. À de la liquidation de celui-ci, il est envoyé au camp de Plaszow. Amon Göth, le commandant sadique et redouté du camp, l'engage en mars 1943 comme secrétaire bilingue. Placé par le destin à "l'épicentre du mal", Pemper accède alors aux dossiers classés "secrets" et rassemble de nombreuses informations sur le fonctionnement de l'administration nazie. Avec l'aide de l'entrepreneur Oskar Schindler, sa position unique va lui permettre, cinq cents jours durant, de contribuer au sauvetage d'un millier de détenus. Ils vont ainsi élaborer la fameuse "liste de Schindler". Après la guerre, adversaire convaincu de la thèse de la "responsabilité collective", Mietek Pemper sera le principal témoin de l'accusation lors du procès d'Amon Göth en 1946, puis témoin et interprète lors des procès d'Auschwitz.


- Résistante
de Gisèle Guillemot et Samuel Humez
Éditions Michel Lafon / Avril 2009


Dans la cité ouvrière où elle a grandi, Gisèle étouffe. Elle ne supporte plus la sirène de l'usine qui la réveille tous les matins à 6 heures, ni l'attitude résignée des manœuvres de son quartier face à l'exploitation dont ils sont victimes. Aux sorties entre filles, Gisèle préfère les réunions politiques, celles des Jeunesses communistes où elle se rend avec sa bande de copains. Elle a 17 ans, et veut changer le monde. Quand les Allemands envahissent la Normandie en juin 1940, les habitants de la cité baissent la tête, comme d'habitude. Gisèle et ses amis, eux, sont impatients d'en découdre. La petite bande couvre les murs de la ville de slogans antinazis et trafique les motos des soldats. Un grain de sable dans la machine de guerre allemande, mais Gisèle et ses camarades se voient déjà des héros. L'adolescente exaltée devient une combattante de l'ombre. Des cartes de rationnement volées dans les mairies aux convois d'explosifs sur les routes normandes, Gisèle s'engage aux côtés des résistants communistes du Calvados. Jusqu'aux premières trahisons. Traquée par la Gestapo, condamnée à mort, déportée en Allemagne, Gisèle doit maintenant se battre pour sa propre survie. Un témoignage précieux qui dévoile un pan méconnu de l'histoire de la Seconde Guerre Mondiale: la résistance à l'oppression nazie de milliers de femmes restées anonymes.


- Ceux qui ne dormaient pas
de Jacqueline Mesnil-Amar
Éditions Stock / Janvier 2009


Ce livre est le journal intime tenu par l'auteur (1909-1987) depuis l'arrestation par la Gestapo de son mari, résistant juif, jusqu'à l'évasion de celui-ci du wagon qui l'emmenait, lui et ses camarades, à Auschwitz; autrement dit du 18 juillet au 24 août 1944.Elle confie à son journal ses inquiétudes d'abord, l'amour immense qui la lie à son mari pour qui elle craint les tortures et la mort; mais elle raconte aussi le quotidien d'une femme de la bourgeoisie juive française, très assimilée, très cultivée, dont l'enfance s'est déroulée dans les beaux quartiers de Paris et qui découvre avec la guerre qu'être française juive ce n'est pas tout à fait la même chose qu'être française non-juive. Dans ce Paris de la Libération, juste avant, juste après, elle erre, cherchant refuge ici et là avec sa fille d'une dizaine d'années; retrouvant des camarades du même réseau, se souvenant de la vie "d'avant", avant la déchirure de la guerre. Après la guerre, Jacqueline Mesnil-Amar a publié dans le Bulletin du service central des déportés israélites quelques articles sur la déportation, dont un sur les enfants, assurément le plus poignant. Ils sont repris ici. Ce qui frappe dans ce livre, c'est l'extraordinaire qualité d'écriture au service d'une émotion toujours retenue, mais constante; c'est la force d'un style à nul autre pareil, qui prend le lecteur dès les premiers mots.


- Je suis le dernier juif
Treblinka (1942-1943)
de Chil Rajchman
Éditions Les Arènes / Janvier 2009


Chil Rajchman a 28 ans quand il est déporté à Treblinka en octobre 1942. Séparé de ses compagnons à la descente du train, il échappe aux chambres à gaz en devenant tour à tour trieur de vêtements, coiffeur, porteur de cadavres ou "dentiste". Le 2 août 1943, il participe au soulèvement du camp et s'évade. Après plusieurs semaines d'errance, Chil Rajchman se cache chez un ami près de Varsovie. La guerre n'est pas finie. Dans un carnet, il raconte ses dix mois en enfer. À la Libération, il est l'un des 57 survivants parmi les 750 000 Juifs envoyés à Treblinka pour y être gazés. Aucun camp n'avait été aussi loin dans la rationalisation de l'extermination de masse. Ce texte, publié pour la première fois, est unique. Écrit dans l'urgence, avant même la victoire sur les nazis, il s'inscrit parmi les plus grands.


- La maison des témoins
de Christiane Kohl
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2009


Les coulisses du procès de Nuremberg. "Savez-vous ce que m'a instamment recommandé l'officier américain qui m'a confié cette maison? "Faites en sorte que tout se passe bien". Je m'y efforce, mais c'est au prix d'efforts permanents, et les Américains sont à mille lieues de se douter de tout ce qui se passe ici". Voilà ce que confie à un prêtre la comtesse Ingeborg Kalnoky, chargée à partir de septembre 1945 de diriger à Nuremberg une "pension de famille" d'un genre très spécial: s'y succèdent en effet des dizaines et des dizaines de témoins à charge ou à décharge venus déposer de 1945 à 1948 aux treize procès du Troisième Reich. Avant de quitter cette maison, ils consignent quelques mots dans le livre d'or, sans toujours laisser leur nom. Complices et victimes du nazisme doivent cohabiter dans la villa de la rue Novalis. Rudolf Diels, premier chef de la Gestapo, croise dans les couloirs des résistants allemands revenus de Dachau. À table, l'ex-photographe du Führer, Henrich Hoffmann, tente d'expliquer à un déporté juif qu'Hitler avait horreur de la vue du sang, tous deux se séparent pourtant en échangeant leurs adresses. Christiane Kohl dévoile ici un aspect des procès de Nuremberg d'autant plus méconnu que les Américains se sont employés à rendre la maison des témoins aussi discrète que possible. Si ce document exceptionnel restitue une atmosphère de huis clos, c'est pour mieux ouvrir notre réflexion sur l'ensemble de la Seconde Guerre Mondiale.
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Elisabeth
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MessageSujet: Les dernières parutions   Mer 11 Oct - 21:01

- Mémoires du convoi n°6
Un train parmi tant d'autres
de Antoine Mercier
Éditions Cherche Midi / Janvier 2009


Cela fait soixante-six ans, et pourtant aucun des témoins de ce livre n'a pu oublier ce 17 juillet1942 où, à 6 h 15 du matin, à Pithiviers, 785 hommes, 119 femmes et 24 enfants sont montés dans des wagons à bestiaux à destination d'Auschwitz; voyage dont la plupart ne reviendront pas. Mais, pour ces témoins, les déportés ne sont pas de simples noms sur une liste. Ils sont avant tout des membres de leur famille qui avaient un visage, une vie et une histoire avant leur arrestation. Ils étaient venus en France, pays des droits de l'homme, afin de fuir les pogroms qui sévissaient en Pologne et en Russie. Ils étaient pleins d'espoir et de vie. Leur seul crime: être nés juifs. Ils voulaient simplement s'intégrer et travailler paisiblement, d'où leur incompréhension, quand on vint les arrêter le 14 mai 1941 avec, comme motif, "surnombre dans l'économie nationale", qu'on les interne dans des camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande, en France, sous la surveillance de gendarmes français, avant de les envoyer à la mort. Tous ces gens ont tant à nous raconter du drame des leurs. Ils ont tous vécu une jeunesse terrible, personne ne s'est soucié de leurs traumatismes d'enfants n'ayant jamais connu de fêtes mais devant se cacher sans pouvoir se faire entendre, perdre leur père ou leur mère, parfois les deux, souvent aussi les frères et sœurs. Et l'après-guerre, avec la recherche d'un membre de la famille vivant, les maisons d'enfants pour ceux qui n'ont retrouvé personne. Et pour ceux qui étaient, soi-disant, les plus favorisés, retrouver des parents qui revenaient de cet enfer et n'étaient plus les mêmes. C'est également pour amener les jeunes générations à être "des passeurs de mémoire" afin que notre monde, dans l'avenir, ne soit pas une répétition de l'histoire et que le leitmotiv des rares déportés survivants, "Plus jamais ça", n'ait pas été vain, que ces précieux témoignages ont été réunis ici.


- Chasseur de nazis
de Efraïm Zuroff
Éditions Michel Lafon / Octobre 2008


Soixante-trois ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, tous les fidèles du IIIe Reich ne sont pas morts. Aux quatre coins du monde, d'anciens criminels nazis coulent une retraite paisible sans avoir jamais été inquiétés. Durant les années 1960 à 1980, Simon Wiesenthal, Serge et Beate Klarsfeld en ont identifié plusieurs qu'ils ont traînés devant les tribunaux. Mais un jour, la poursuite a pris fin. Devenu rare, le gibier ne valait plus la peine d'être traqué. Insupportable pour Efraïm Zuroff, fils et petit-fils de rabbin. Désir de vengeance? Non. Besoin de justice. En 2002, Zuroff déclenche une vaste campagne de recherches baptisée "Operation Last Chance". Le but: débusquer le plus grand nombre de nazis en Europe avant qu'il ne soit trop tard. Ses méthodes: panneaux publicitaires, petites annonces, appel à la délation avec fortes récompenses à la clé. Cinq ans plus tard, malgré l'ancienneté des faits, l'opposition de plusieurs gouvernements, des décisions de justice aberrantes, des articles haineux et des menaces de mort, il inscrit 488 noms sur son tableau de chasse. À l'automne dernier, nouvelle offensive: l'Opération Last Chance traverse l'océan Atlantique et débarque en Amérique du Sud, au Brésil, au Chili, en Argentine et en Uruguay. Au total, Efraïm Zuroff a retrouvé 2 884 personnes, suspectées d'être des nazis ou leurs complices, dans 22 pays.


- Dans la tourmente de la Shoah Les enfants d'Izieu
de Pierre-Jérôme Biscarat
Éditions Michel Lafon / Octobre 2008


1943. Des enfants juifs, venus de toute l'Europe, trouvent refuge dans une colonie à Izieu, un petit village bâti sur les contreforts du Jura dans l'Ain, à 90 km de Lyon. Moins d'un an plus tard, le 6 avril 1944, ils sont arrêtés avec leurs sept éducateurs par la Gestapo de Lyon, sur ordre du SS-Obersturmführer, Klaus Barbie. Le 13 avril, ils sont déportés à Auschwitz. Aucun des quarante-quatre enfants ne reviendra. Ils sont gazés le 15 avril. La tragédie d'Izieu est exemplaire de la réalité de la déportation et de l'assassinat des enfants juifs. Raconter cette histoire, c'est partir à la rencontre des enfants d'Izieu: Esther, Henri-Chaïm, Arnold, Isidore, Rénate, Paul, Max, Claudine, Mina, Georgy, Marcel… Raconter cette histoire, c'est parler de l'Europe des années noires: les pogroms à l'Est, l'acharnement antisémite des nazis, la collaboration meurtrière de Vichy et la responsabilité de la France dans la "Solution finale", le mécanisme froid et implacable de l'extermination. À l'heure des débats sur la transmission de la Shoah et sur les enjeux de mémoire, cet ouvrage, destiné à un large public, propose de retracer, à partir de documents précis et souvent inédits, l'une des pages les plus sombres de notre histoire commune.


- Le 11 Novembre 1918
de Patrick de Gmeline
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2008


L'armistice du 11 Novembre 1918 concrétisa la victoire des Alliés sur l'Empire allemand et marqua d'une façon profonde la vie et les mentalités des Français. Patrick de Gmeline donne, à cette occasion, une approche originale et inédite de l'événement clé de l'histoire du XXe siècle. L'ouvrage de Patrick de Gmeline aborde l'événement de l'armistice du 11 Novembre 1918, événement-clé de l'histoire du XXe siècle, avec, pour point d'orgue, les quatre jours menant à la signature de la capitulation allemande dans le wagon du maréchal Foch, à Rethondes. Le livre, qui considère le sujet sous un angle nouveau, est mené comme un reportage, jour par jour, et souvent heure par heure, chaque détail résultant d'une investigation presque policière dans les témoignages connus et surtout peu ou pas connus qui ont paru depuis cette époque. Un récit authentique et vivant, qui prouve une fois de plus que la petite histoire est inséparable de la grande et aide à la comprendre.


- Leni Riefenstahl
de Steven Bach
Éditions Jacqueline Chambon / Mai 2008


Après des débuts de danseuse et d'actrice dans le Berlin des années 1920, la jeune Leni Riefenstahl se lance vite dans la réalisation, où elle manifeste un sens du cadre et du montage époustouflant. Remarquée et admirée par Hitler, elle accepte de réaliser un documentaire sur le congrès annuel du parti national socialiste: ce sera Le Triomphe de la volonté, film majeur, mais aussi le produit le plus remarquable de la propagande nazie, celui, sans doute, qui a le plus contribué au culte du Führer. Financée par les fonds personnels d'Hitler, elle réalise ensuite en 1936 Les Dieux du stade, qui retracent les Jeux olympiques de Berlin, où elle donne la pleine mesure de son esthétique et de sa maîtrise cinématographique. Compromise avec le régime et son leader, elle subit après-guerre plusieurs procès de dénazification, dont elle sort libre. Pourtant, jusqu'à la fin de sa vie, à plus de cent ans, en 2003, les mêmes accusations ne cesseront de ressurgir. Aujourd'hui, s'appuyant sur des sources inédites, Steven Bach livre une enquête historique implacable. Il met au jour les paradoxes, les dissimulations et les mensonges d'une femme qui se disait apolitique et niait toute complicité avec le régime criminel dont elle profita et qu'elle sanctifia alors même qu'elle refusait de renier l'admiration qu'elle éprouvait pour Hitler. Au fil des pages se dessine le passionnant portrait d'une immense cinéaste, dont un historien dit que les films évoquaient "le regard désincarné et omniprésent de Dieu", mais aussi d'une artiste corrompue par une ambition sans mesure.


- Hitler, la chute
de Mario Frank
Éditions Presses De La Cité / Avril 2008


La reconstitution minutieuse des dix derniers jours d'Hitler, qui s'achèveront par son suicide et sa conséquence inéluctable: la chute du IIIe Reich. 20 avril 1945. Alors que son Führer fête ses cinquante-six ans, l'Allemagne est au bord de l'effondrement. Le déluge de feu des bombardements alliés a transformé sa capitale en "bûcher du Reich", le surnom que lui ont donné les Berlinois. Entouré d'Eva Braun, de son personnel et, dans les tout derniers jours, de la famille Goebbels, le dictateur nazi, terré dans son bunker, véritable village souterrain, n'a plus rien de commun avec l'homme qui faisait trembler la terre entière. C'est un être malade, dépressif, dépendant des "stimulants" injectés par son médecin personnel et qui, sourd aux supplications de ses proches, refuse de quitter sa capitale car c'est là qu'il doit "remporter la victoire, ou périr". Jour après jour, heure par heure, c'est dans l'intimité de Hitler que Mario Frank, journaliste et historien allemand réputé, retrace l'inexorable chute de l'Allemagne nazie telle qu'elle se vit dans le sous-sol de la Chancellerie du Reich. Jusqu'au 30 avril qui, avec le suicide du dictateur, ouvrira le chapitre final du Götterdammerung, ce Crépuscule des dieux misérable et dérisoire qui marquera la fin d'un empire qui devait durer mille ans.


- Le journal de Rutka
de Marek Halter / Rutka Laskier / Zahava Sherz
Éditions Robert Laffont / Mars 2008


1943. Dans le ghetto de Bedzin, en Pologne, une jeune fille de quatorze ans tient son Journal. Comme beaucoup d'adolescentes, elle y relate ses premiers émois, les petites histoires intimes ettroublantes d'une jeune fille. Mais malgré son jeune âge, Rutka est très consciente de la situation générale. Avec une incroyable lucidité elle raconte aussi la vie dans une communauté dont les membres, amis et parents, disparaissent peu à peu. Elle parle, entre autres horreurs, de l'existence des chambres à gaz et pressent qu'au bout de la route l'attend la mort. En août 1943 les nazis liquident le ghetto de Bedzin. Rutka périt un mois plus tard à Auschwitz. Avant d'être déportée, Rutka a eu le temps de glisser son cahier sous le plancher de sa maison. Dans une cachette qu'elle avait révélée à Stanislawa, son amie polonaise catholique. La jeune femme le retrouvera et le gardera dans un tiroir sans en parler à personne. Jusqu'à ce que, soixante-cinq ans plus tard, elle le fasse lire à son neveu après une discussion animée sur la Shoah. Le jeune homme comprend que ce journal appartient à l'Histoire et encourage la vieille dame à le donner pour publication au musée de Yad Vashem. Ce journal est un récit poignant en même temps qu'un témoignage historique unique, enrichi par une passionnante préface de Marek Halter. Né à Varsovie, celui-ci a toujours été impressionné par la relation complexe que les Polonais ont entretenue avec les millions de juifs qui ont partagé leur histoire depuis plus de dix siècles. En une soixantaine de pages il raconte cette relation, faite d'amour et de haine. Une exceptionnelle réflexion sur ce "monde d'hier" et sur la mémoire judéo-polonaise qui habite son œuvre.


- Porteur de mémoires
de Patrick Desbois
Éditions Michel Lafon / Octobre 2007


"Elle devait être la cinquième fusillée. Elle attendait debout dans le froid. Détonations. Sa voisine, touchée par une balle, l'entraîna dans sa chute. Elle reprit conscience au petit matin, au fond de la fosse, sous les corps. Elle ressortit nue, s'accrochant aux racines, couverte de sang".
1941. Les Einsatzgruppen, unités mobiles nazies, s'enfoncent dans le territoire soviétique. Partout où elles encerclent les villages, tous les hommes, femmes et enfants juifs sont rassemblés, dénudés puis abattus avant d'être enterrés dans des fosses communes.
Juin 2002. Le père Patrick Desbois part sur les traces de cette Shoah jusqu'alors ignorée. Village après village, il va recueillir les témoignages de ceux qui ont vu. Fosse après fosse, il va récolter les preuves et reconstituer les conditions de ces milliers d'assassinats d'une rare sauvagerie. Pour que ces Juifs aient une sépulture digne de l'espèce humaine. Et pour que l'espèce humaine se rappelle qu'elle est aussi capable du pire. Et prenne garde.


- La voix des survivants
de Lyn Smith
Éditions Presses De La Cité / Septembre 2007


Ils étaient juifs, polonais, Témoins de Jéhovah, homosexuels, tsiganes, communistes ou prisonniers de guerre russes. Tous ont en commun d'avoir connu l'enfer des camps nazis. Et d'y avoir survécu. Ce sont les témoignages d'une centaine de ces "voix oubliées" qu'a enregistrés Lyn Smith, professeur de sciences politiques, pour le compte de l'Imperial War Museum de Londres, sur une période de vingt-cinq ans. Avec leurs propres mots, ces rescapés de l'inconcevable racontent comment la terreur nazie a peu à peu affecté leur vie quotidienne, jusqu'à l'horreur des ghettos, des camps de concentration ou d'extermination et des marches de la mort. Quels qu'aient été à l'époque leur âge, leur nationalité, leur confession et leurs convictions politiques, tous s'expriment avec une retenue et une pudeur qui contrastent avec l'étendue des sévices moraux et physiques qu'ils ont subis. Et pourtant, à travers ces récits de cruautés banales ou d'atrocités inimaginables rayonnent comme par miracle des moments d'espoir et de grâce.


- La mémoire spoliée
de Sophie Cœuré
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2007


Août 1940: l'original du Traité de Versailles est saisi par les Allemands et envoyé à Berlin; on ne le reverra plus. Comme cette source clé de l'histoire européenne, des millions de documents publics ou privés, archives ministérielles, d'institutions juives ou de la franc-maçonnerie, correspondances, livres, photographies, appartenant à des hommes célèbres ou à des anonymes, vont connaître, dès la défaite, une étrange odyssée, parcourant des milliers de kilomètres de Paris à Berlin, puis, les Soviétiques ayant pris la capitale du Reich, de Berlin à Moscou, et enfin, quand ils ne furent pas perdus, volés ou brûlés, mais restitués, de Moscou à Paris. Quel est le sens de ce "mémoricide", tant pour les spoliateurs que pour les spoliés? Et pourquoi, malgré les enquêtes menées à la Libération, le silence est-il retombé sur ces disparitions pendant plus de cinquante ans? Alors que notre monde semble obsédé par la mémoire des grands crimes du XXe siècle, cette histoire inédite des pillages de la Seconde Guerre Mondiale révèle le rôle fondamental que jouèrent, pour les nazis et les Soviétiques, la connaissance des rouages des régimes adverses, le contrôle du passé, l'assassinat des mémoires collectives ou privées.


- Le Jardin des Justes
de Gabriele Nissim
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2007


"Quelques mois après le brusque réveil qui l'avait ramené à l'époque d'Auschwitz, Moshe Bejski ressentit le besoin de rendre hommage à celui qui lui avait sauvé la vie. Il voulut que le devoir de mémoire ne s'appliquât pas seulement au mal, mais aussi au bien". Le nom de Bejski, né près de Cracovie en 1920, figurait sur la liste d'Oskar Schindler, qui évita une mort certaine à son millier d'employés. Émigré en Israël et devenu juriste, le rescapé cacha son passé à tous et à lui-même jusqu'en 1961, quand il fut appelé à témoigner au procès Eichmann. Il comprit alors qu'en s'efforçant d'oublier ses tortionnaires il avait aussi oublié son bienfaiteur. En ces années où Simon Wiesenthal devint chasseur de nazis, Bejski, lui, entreprit de rechercher ces non-Juifs qui avaient sauvé des Juifs. Il devint membre puis président de la commission du mémorial de Yad Vashem, chargée de remercier ces héros. Jusqu'en 1995, il se battit pour élargir la définition du "Juste parmi les nations". En se confiant à un journaliste, Moshe Bejski n'a pas seulement voulu honorer les vingt et un mille Justes recensés aujourd'hui pour la Seconde Guerre Mondiale: il souhaite qu'on en reconnaisse d'autres, qui se sont distingués durant trop de génocides à travers le monde.


- Les SS
de Guido Knopp
Éditions Presses De La Cité / Octobre 2006


Incarnation de la terreur, exécuteurs du génocide, les SS représentent comme nulle autre organisation toute la folie du IIIe Reich. Comment la petite garde rapprochée de Hitler s'est-elle muée en quelques années en Etat dans l'Etat totalitaire du Führer? Qui étaient ses têtes pensantes? Que sont devenus ses membres survivants après la guerre? Guido Knopp se livre ici à un bilan sur l'histoire de la SS, du vivant des dernières victimes et des derniers bourreaux. Il s'appuie sur de nombreuses sources inédites et fait parler des témoins qui ne s'étaient jamais exprimés. Un outil indispensable pour une meilleure compréhension de la période la plus sombre du XXe siècle.


- Histoires de résistants en Bretagne
de Reynald Secher
Éditions Presses De La Cité / Mai 2006


À partir d'une vingtaine de récits, Reynald Secher explique les motivations profondes et les circonstances qui firent que de jeunes Bretons de quatorze à trente-cinq ans s'enrôlèrent dans la Résistance. Étudiants, prêtres, menuisiers, lycéens, facteurs, marins, médecins, ils furent tous animés d'une même foi, poussés par la même force, stimulés par le même désir: celui de résister pour être libre. Actions exceptionnelles, épiques, voire romanesques, toutes furent cependant marquées par la peur, l'angoisse, les larmes, l'esprit de sacrifice, et sont inscrites de manière indélébile dans l'histoire de la Bretagne, dont elles ont façonné l'identité.


- Le dossier Hitler
de Henrik Eberle et Mathias Uhl
Éditions Presses De La Cité / Mars 2006


D'après les interrogatoires des deux plus proches collaborateurs de Hitler. Soixante ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale, Matthias Uhl, jeune historien allemand, découvre dans les archives russes un document d'un intérêt historique majeur. Intitulé Le Dossier Hitler, rédigé à l'usage exclusif de Staline, il a été établi sur la base des procès-verbaux des interrogatoires de deux officiers SS: Otto Günsche, l'aide de camp personnel de Hitler, et Heinz Lilnge, son majordome. Débriefés par le NKVD, les services secrets soviétiques, de 1945 à 1949, les deux hommes avaient évolué dans la proximité immédiate de Hitler durant de longues années. Apportant une foule de renseignements inédits sur la vie au jour le jour du dictateur, de sa prise de pouvoir en 1933 à son suicide en 1945, ce document unique contient non seulement un grand nombre de détails qui étaient restés ignorés sur la politique et la conduite de la guerre de Hitler, mais il donne également une image sans fard de ce qui se passait réellement dans son entourage. Publié récemment à grand fracas en Allemagne, cet ouvrage fascinant constitue à coup sûr l'une des sources historiques les plus impressionnantes récemment mise au jour sur le Troisième Reich.


- La butte sanglante
de Pierre Miquel
Éditions Plon / Février 2006


Ce livre raconte une des plus grandes tragédies de la Première Guerre Mondiale restée totalement méconnue. Pierre Miquel nous en fait revivre les moindres détails, avec talent et un sens remarquable du récit. En 1915, en Artois, la division marocaine est envoyée par Pétain à l'assaut des lignes allemandes devant Notre-Dame-de-Lorette et la "butte rouge" de Vimy. Au prix de pertes importantes, cette division sera la seule à percer les quatre lignes allemandes. Mais les renforts ne vont pas suivre et ces hommes, isolés au cœur des lignes ennemies, abandonnés par leur chef tenteront de revenir sur leur position de départ en le payant d'un coût humain considérable. Parmi les rescapés, le légionnaire Blaise Cendrars. Cette enquête méticuleuse sur les erreurs de commandement qui ont transformé en désastre cette percée victorieuse fera date.


- L'exil de la Joconde
de Jean-Louis Perrier
Éditions Albin Michel / Juin 2005


1942. Face à la rapacité des Allemands et aux menaces de bombardements, le conservateur du musée du Louvre décide de mettre à l'abri ses toiles les plus célèbres en les cachant dans des demeures privées. Pour Roland Courrèges, qui voyait ses vingt ans comme un perpétuel été, c'est la fin des vacances. Parce qu'il veut échapper au STO et qu'il parle allemand, il est chargé de protéger et de cacher quelques chefs-d’œuvre, dont la fameuse Joconde, au château de Montal dans le Lot. C'est le début pour lui d'une rocambolesque aventure où, entre héroïsme et passion, il va peut-être vivre ses plus belles années. Dans ce roman aux multiples rebondissements, Jean-Louis Perrier fait revivre un épisode méconnu et passionnant de la Résistance: la sauvegarde du patrimoine artistique français.


- Ce qu'il reste de nous, les déportés
de Murielle Allouche
Éditions Michel Lafon / Avril 2005


Il est des héritages qui n'épargnent pas, des pans de l'Histoire que l'on ne peut oublier. Pour la première fois, trois générations sont rassemblées dans un même ouvrage et nous font part de leur expérience de la Shoah. Les uns ont échappé par miracle a une mort programmée par le régime nazi, les autres ont grandi et construit leur identité avec le lourd passé de leurs parents: jamais des déportés n'avaient témoigné aux côtés de leurs enfants et de leurs petits-enfants. Personnages médiatisés ou témoins inconnus, tous se sont confiés à Murielle Allouche et Jean-Yves Masson qui nous transmettent ici leurs lettres inédites, accompagnées de dessins d'un implacable réalisme. Des récits poignants, des destins extraordinaires, un bouleversant travail de mémoire.


- Violette Morris. La hyène de la gestap
de Raymond Ruffin
Éditions Cherche Midi / Avril 2004


Espionne au service de l'Allemagne nazie à partir de 1936, puis responsable de secteurs dans les organigrammes de la Gestapo de la rue des Saussaies à Paris de 1942 à 1944, créatrice de contre-réseaux d'infiltration dans la Résistance, Violette Morris avait connu auparavant la gloire sur les stades, et s'était comportée héroïquement sur le front d'Artois en 1915 en tant qu'ambulancière, puis à Verdun en 1916 comme estafette. Cette personnalité étrange, fascinante, bisexuelle, représenta la France dans les compétitions sportives entre les années 1912-1935. Championne de France et du monde des lancers, footballeuse internationale, également brillante en natation, water-polo, cyclisme, boxe, championne de rallyes automobiles, vainqueur du Bol d'Or, de Paris-les-Pyrénées-Paris (2 fois), du Grand Prix de San-Sébastian, elle devint une figure du Tout Paris. Mais c'est son activité d'espionne fascinée par l'ordre nazi qui demeure dans la mémoire historique. Chargée par la Gestapo sous l'Occupation de juguler les réseaux anglais du S.O.E., elle causa tant de pertes aux Britanniques que l'I.S. la condamna à mort. Tortionnaire sadique de patriotes, elle tomba sous les balles des maquisards normands du Surcouf en avril 1944. Ainsi finit celle qu'Auguste Le Breton, qui l'avait bien connue lors de son incursion dans le Milieu en 1940-1941, avait surnommée: "La hyène de la gestap". Un document étonnant sur un personnage hors du commun et monstrueux.


- Les femmes d'Hitler
de Guido Knopp
Éditions Payot & Rivages / Janvier 2004


Adolf Hitler disait toujours n'avoir pour seule épouse que la nation allemande. Si on lui connaît Eva Braun pour compagne, sans doute ne fut-il vraiment amoureux que de sa nièce, Geli Raubal. Mais dès avant la prise du pouvoir il noua des liens de profonde amitié avec quelques femmes tout acquises à sa cause. Il les admirait, comme il en admira plus tard quelques autres qui œuvrèrent à la propagande du régime, ou qu'il eût voulu convertir au nazisme, ainsi Marlene Dietrich. Guido Knopp a rassemblé dans ce livre six portraits féminins, depuis la disciple inconditionnnelle jusqu'à l'adversaire incorruptible. Magda Goebbels, épouse du ministre de la Propagande, fut la première dame officieuse du Reich, l'incarnation des "vertus" de la femme et de la mère nationale-socialiste. Elle mit fin à ses jours en 1945 après avoir tué ses six enfants. Eva Braun, qui tenta deux fois de se suicider à cause d'Hitler, ne rêvait que de l'épouser et ne vit ce vœu exaucé qu'au seuil de la mort, en 1945, après n'avoir jamais été reconnue officiellement comme une compagne. Winifred Wagner, belle-fille du compositeur et directrice du festival de Bayreuth, fut la muse du Troisième Reich. Elle déposa aux pieds du Führer l'œuvre du compositeur et accepta la récupération idéologique totale de ses opéras. Morte en 1980, elle refusa toujours de percevoir la véritable nature de son idole. Leni Riefenstahl, décédée en 2003 à l'âge de cent-un ans, fut la grande propagandiste du régime avec ses films sur les congrès du parti nazi et les jeux Olympiques de Berlin. Elle a toujours prétendu n'aimer que l'art et ne pas s'occuper de politique. Zarah Leander, actrice et chanteuse destinée à remplacer Marlene Dietrich, connut la richesse et la gloire. Disparue en 1981, elle a toujours fermé les yeux sur les atrocités hitlériennes sous prétexte qu'elle n'avait jamais renoncé à sa nationalité suédoise. Marlene Dietrich a bien sa place dans cette galerie de portraits car elle fut longtemps courtisée par le régime. D'emblée elle sut résister à l'ensorcellement du dictateur, "par décence".


- La bataille de la Marne
de Pierre Miquel
Éditions Plon / Octobre 2003


250 000 morts, blessés et disparus du 15 août au 10 septembre 1914. La guerre est perdue, la France envahie jusqu'à la Marne. Les soldats de Joffre font retraite depuis quinze jours. Le gouvernement est parti à Bordeaux. Trois armées allemandes marchent sur Paris. Et c'est le miracle. Raconter la Marne, cet incroyable sursaut, ce n'est pas seulement parler des taxis, des trains de secours de Joffre, mais aussi des marais de Saint-Gond, des Marocains sur l'Ourcq, des attaquants de Mondement. C'est faire revivre une histoire oubliée. C'est aussi parler de cette guerre particulière où sont mêlés les civils, où les témoins des batailles sont là, cachés dans les caves, prêts à secourir les blessés, à fournir leurs derniers morceaux de pain, l'eau fraîche des puits pour que les soldats épuisés reprennent leur souffle. Les pantalons rouges ont eu leur revanche. En cinq journées atroces, ils ont gagné. Ils sont vainqueurs. Le vrai miracle, c'est leur courage. Les poilus de la Marne ont sauvé le pays. Même si après leur victoire, il leur faudra s'enterrer pour quatre ans dans les tranchées, et tenir jusqu'à la fin du cauchemar. Pierre Miquel, auteur de nombreux et célèbres ouvrages, est considéré comme le meilleur spécialiste de la Première Guerre Mondiale.


- L'Exode. 10 mai - 20 juin 1940
de Pierre Miquel
Éditions Plon / Avril 2003


La première fresque sur l'exode, reconstitué au jour le jour d'après des témoignages directs. Les victimes de l'exode de mai-juin 1940 sont des mal aimés de l'histoire, 100 000 morts ou disparus que l'on ne peut même pas compter parce que leurs restes dispersés n'étaient pas identifiables. Que faisaient-ils sur les routes? On leur en fait reproche. On leur impute la déroute, ils ont empêché l'armée de manœuvrer, ils sont une cause de la défaite. Comme si l'armée n'avait pas de plus sérieuses raisons d'avoir été vaincue. Les morts de l'exode ont droit à leur place dans la mémoire. En proie à la panique organisée par Hitler sur les routes, les gens ont été mitraillés, bombardés, fuyant les villages en flammes où les premières unités SS sont déjà à l'œuvre. Aucune autorité ne s'est souciée de les secourir, après les avoir tantôt engagés puis empêchés de partir. Ni préfets, ni maires, sauf exception, ni gendarmes, ni médecins, ni commerçants, un pays entier implose. On enterre les morts à la diable, les parents cherchent leurs enfants perdus, des villes sont pillées, des millions de Français et de Belges sont sur les routes (douze millions si l'on compte les militaires sans armes) cherchant à passer les ponts de la Somme, de la Seine, de la Loire, de l'Allier, avant de sur-peupler le Sud-Ouest. Écrire cette histoire appuyée sur le témoignage des survivants, c'est aussi contribuer à entretenir la mémoire d'un peuple pour qui l'exode fut une série d'aventures individuelles sur fond de débâcle. Avec au cœur, pour beaucoup d'entre eux, la volonté de résister et de vaincre.
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